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Hier — 11 avril 2021Le courrier des stratèges

Laisné : comment les quasi-mafias françaises s’enrichissent sur le dos du contribuable

Par Éric Verhaeghe

Yves Laisné a rédigé un très important ouvrage intitulé Le Vè empire. Il y décortique méticuleusement les mécanismes du capitalisme de connivence dominant en France. Nous l'avons interviewé pour qu'il évoque avec nous l'une des thèses de son livre, la présence de "quasi-mafias" qui s'enrichissent sur le dos du contribuable. Nous consacrerons d'autres interviews à cet ouvrage méconnu, mais de référence, qui constitue une véritable théorie du capitalisme de connivence à la française.

Le Vè Empire d’Yves Laisné est à lire absolument pour comprendre ce qu’est au juste le capitalisme français, n’est pas un capitalisme libéral au sens classique, mais un capitalisme de connivence dont les Français ont parfois l’intuition. Dans cette construction collective, les intérêts privés et les intérêts publics sont étroitement mêlés. 

Quasi-mafias et capitalisme de connivence

Dans le capitalisme de connivence, la corruption institutionnelle est une pratique largement répandue, à des degrés d’intensité différents. Elle passe notamment par ce qu’Yves Laisné appelle des quasi-mafias. Celles-ci sont très présentes sur les marchés publics, et permettent de « gonfler les prix » des services ou des prestations fournies par des entreprises, au détriment du contribuable. 

Je vous recommande de suivre cet entretien tout à fait édifiant….

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À partir d’avant-hierLe courrier des stratèges

L’assurance-réélection d’Emmanuel Macron: Marine Le Pen n’a rien appris depuis 2017

Par Edouard Husson

Marine Le Pen donnait voici quelques jours un long entretien au magazine L'Incorrect. Edouard Husson l'a lu et le commente dans la nouvelle lettre que lance Le courrier des stratèges ("Les droites de Husson") et à laquelle vous pouvez d'ores et déjà vous abonner. Extraits.

 Marine Le Pen a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle ce vendredi 9 avril 2021. Si beaucoup de commentateurs français et étrangers sont convaincus que sa victoire est devenue possible, comment la présidente du rassemblement Nationale profite-t-elle d’une situation apparemment favorable ? La candidate du débat raté a donné un entretien au magazine L’Incorrect. Eh bien le contenu est, malgré le titre de la publication, politiquement très correct ! La candidate montre que malgré les apparences, elle n’a pas bougé d’un iota depuis 2017 :

« Je crois qu’il n’y a plus de droite ni de gauche, mais ce n’est pas parce qu’on passe d’un clivage gauche/droite à un clivage mondialistes/nationaux qu’il ne faut pas savoir s’adresser, sans doute en des termes différents pour exprimer la même chose, aux patriotes qui viennent de l’ancienne droite et aux patriotes qui viennent de l’ancienne gauche. Le vrai sujet que je compte exposer à tous est: est-ce que l’on considère que la nation reste la structure qui permet de défendre l’identité, d’assurer la prospérité, d’apporter la sécurité – pas seulement physique – et de conserver au peuple sa souveraineté, ou est-ce qu’on est voué à basculer dans une optique post-nationale, où les frontières n’ont plus aucune importance, où l’on est d’ici comme on peut être d’ailleurs et où l’on appartient plus à une classe sociale qu’à un pays? »

Pas un mot pour la France des entrepreneurs

Certes. Mais qu’en est-il de la politique économique ? Poussée dans ses retranchements par les intervieweurs, la fille de Jean-Marie Le Pen s’en tire par une pirouette digne de Jacques Chirac : « Incontestablement, la sortie de l’euro a beaucoup effrayé. C’est pourquoi, dès 2017, nous avons décidé qu’il fallait entendre les inquiétudes de nos électeurs. Nous avons bien fait puisque, aux européennes de 2019, ils ont validé notre positionnement. Y a-t-il d’autres points qui posent problème ? » Il est frappant de constater que la candidate n’aborde jamais d’elle-même les sujets économiques. Elle n’a pas un mot pour la France des entrepreneurs, pour cette France active dont la création de richesse est ponctionnée de plus en plus par un Etat qui se nourrit de bureaucratie et d’inflation législative. (…)

"Arrêtez d'emm... les Français" (Georges Pompidou à Jacques Chirac, 1966)

Alors, un coup pour rien, cet entretien à L’Incorrect ? Les rédacteurs  du journal, proche de Marion Maréchal, font le meilleur commentaire pour souligner indirectement ce qu’ils auraient voulu entendre :

 

« Ce que nous attendons du prochain chef de l’État, c’est que, quelle que soit la bannière sous laquelle il aura été élu, il mène une politique de droite. Profondément, viscéralement de droite, comme cela n’a pas été le cas depuis…? Depuis tellement long- temps que nous-mêmes en avons perdu le souvenir. Une politique de droite, pour faire simple et court, ce serait que l’essentiel des moyens de l’État soit consacré à ses fonctions régaliennes. Que l’État, pour reprendre la formule de Georges Pompidou, arrête « d’emmerder les Français ». Que les « forces vives » de la nation puissent prospérer en paix. Qu’il soit mis fin à l’inflation législative et réglementaire, et même, soyons fous, que la décrue soit engagée par la réduction substantielle des différents codes. »

 

On ne saurait mieux dire. Surtout si on se souvient que ces propos de Georges Pompidou s’adressaient à un certain Jacques Chirac, jeune énarque, qui arrivait dans le bureau du Premier ministre de l’époque avec une masse de parapheurs à signer.

Aucun des candidats briguant des suffrages à droite   – et Madame Le Pen pas plus que les autres – ne met la question de la liberté au centre de son programme. C’est la meilleure assurance pour Emmanuel Macron d’être réélu. Et pour le pays de s’enfoncer un peu plus sur « la route de la servitude » (F. Hayek).     

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Fallait-il supprimer l’ENA ?

Par Didier Picot

Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de l’ENA qui sera remplacée par un Institut de Service Public. Mais ne s'agit-il pas d'un leurre ? Nous sommes suffisamment habitués à dénoncer les dysfonctionnements et les gaspillages de l'Etat, dans Le Courrier des Stratèges, pour dire que le problème ce n'est pas l'ENA. Nous sommes même convaincus que la fin de l'ENA aggravera encore les dérives de l'Etat en France. Emmanuel Macron s'en est pris au symbole pour mieux préserver l'essentiel d'une machine étatique de plus en plus incontrôlée.

L’ENA, fille de l’école des cadres d’Uriage

L’Ecole nationale d’administration (ENA) a été fondée par une ordonnance du Gouvernement provisoire de la République française datée du 10 Octobre 1945. Intellectuellement, sa création se fonde sur le constat du dysfonctionnement de la III° République qu’a posé André Tardieu,homme d’Etat important (et injustement oublié) de l’époque, dans « la Réforme de l’Etat » (1934). André Tardieu y dénonce déjà la mainmise de certaines administrations (Conseil d’état, inspection des finances) sur l’appareil d’Etat. Leur fonctionnement parallèle, en chapelles concurrentes plaçant leur intérêt de corps avant celui du pays, est ensuite dénoncé comme une des causes de la défaite de 1940, diagnostic aussi posé par Marc Bloch dans « L’étrange défaite » (1940).

 

Dans le cadre de la terrible Révolution Nationale lancée par le Maréchal Pétain  à l’âge de 84 ans, évoquée dans nos colonnes, l’Etat français créait en 1940 « l’école nationale des cadres de la jeunesse d’Uriage », généralement connue sous le nom d’école des cadres d’Uriage, du nom de la ville d’Isère où elle est implantée. Elle exerça sa mission de formation des nouvelles élites françaises jusqu’à ce qu’elle soit fermée par Pierre Laval fin 1942, lorsqu’elle s’avèrera un foyer de résistance à la politique ouvertement collaborationniste de son gouvernement.

 

Les attendus de la création de l’ENA sont intéressants :

 

  • créer un corps de secrétaires d’administration et un corps d’administrateurs civils qui seront « transverses », comme nous dirions aujourd’hui, à toutes les administrations,
  • transformer le mode de recrutement des fonctionnaires,
  • fournir une formation supplémentaire à des fonctionnaires muris par l’expérience, et exceptionnellement à des « hommes ayant fait leur preuve dans des activités privées »,
  • développer « le sentiment des hauts devoirs que la fonction publique entraine et les moyens de les bien remplir »
  • les études poursuivies n’auront pas un caractère scolaire mais seront basées sur la confrontation des idées,
  • enfin, l’ordonnance énonce que « le diplôme délivré ne confèrera aucun droit : il attestera seulement une vocation et une attitude ».

 

On ne peut qu’adhérer et de fait, ça a bien fonctionné pendant environ 30 ans, jusqu’à ce le premier fonctionnaire accède à la présidence de la République : Valery Giscard d’Estaing.

L’ENA, troupe d’élite

Incontestablement, l’ENA a formé une élite administrative de très haut niveau ; elle a su constituer un bataillon de professionnels dotés d’un bel idéal du service de l’Etat. L’école est-elle dysfonctionnelle ? La formation prodiguée est-elle inadaptée ? A ces deux questions, la réponse est non. C’est ce qui ressort clairement du rapport Thiriez sur la mission de la haute fonction publique(Février 2020) dont le « constat  sévère, mais (qu’il) croit lucide de la situation » fait en creux un éloge, à mon avis mérité, de la formation qui y est prodiguée.

Emmanuel Macron a repris les conclusions du rapport Thiriez en annonçant, ce 8 Avril 2021, la suppression de l’ENA et la création, en 2022, de l’Ecole d’Administration Publique. Comme l’ENA, cette dernière sera située à Strasbourg (et Paris). A part la destruction d’un symbole, cette réforme qui semble tenir du ravalement de façade va-t-elle changer quelque chose ?

Le dysfonctionnement structurel de l’administration est sans rapport avec l’ENA

Le vrai dysfonctionnement, me semble-t-il, provient de ce que « les règles d’engagement » de la fonction publique, les conditions fondamentales d’exercice de sa mission, sont en contradiction radicale avec les quatre principes unanimement reconnus de performance d’une organisation : responsabilité, exemplarité, convergence d’intérêt, compétence. Jugez plutôt :

 

  • les fonctionnaires ne sont, en pratique, statutairement pas responsables de leurs actes professionnels. Nous en avons une nouvelle fois l’illustration avec le maintien de Jérôme Salomon à son poste du Directeur de la Santé, malgré sa performance abyssale,
  • ils ne sont pas tenus de respecter la plupart des lois et règlements qu’ils édictent : actuellement, sur présentation de leur carte de fonctionnaire, ils sont exemptés des protocoles sanitaires qu’ils ont eux-mêmes conçus et brutalement imposés aux Français. Maintenant, nous savons qu’ils font la fête dans les bureaux, assistent à des repas clandestins ou déjeunent à la salle à manger du Sénat,
  • leur caste est structurellement en conflit d’intérêt avec les Français : nous citoyens souhaitons qu’ils réduisent le coût de l’Etat et donc nos impôts, alors que leur intérêt est, à l’opposé, de s’approprier une part grandissante du travail et du patrimoine des Français,
  • enfin, de par leur emploi garanti à vie, ils n’ont aucune idée du monde économique dans lequel vivent les Français alors qu’ils passent leur temps à le réguler.

Inutile de faire des réformettes des écoles de formation à la fonction publique, tant qu’ils bafouent les fondamentaux de la bonne performance d’une organisation, l’administration publique et l’Etat sont condamnés à dysfonctionner gravement. C’est d’ailleurs ce que nous constatons avec une consternation grandissante depuis plus de 40 ans.

En tuant le symbole, la caste préserve l’essentiel

Les dysfonctionnements que nous avons relevés ci-dessus trouvent leur source dans le statut de fonctionnaires qui confère aux fonctionnaires français des  privilèges inouïs, quasiment uniques au monde :

 

  • un emploi garanti à vie,
  • une irresponsabilité statutaire dans l’exercice de leur fonction,
  • le droit de faire grève,
  • le droit d’être candidat à des mandats électifs et de retrouver leur poste et leur rémunération de fonctionnaire en cas de malheur électoral.

Ce statut, rédigé, rappelons-le, en 1946 par la CGT et le cabinet de Maurice Thorez, alors premier secrétaire du Parti Communiste français, a permis aux fonctionnaires de mettre la main sur les pouvoir exécutifs, administratifs, législatifs et judiciaires et de contrôler les contre-pouvoirs que sont les partis politiques, les syndicats et la presse, comme exposé dans « Vendons les Parisiens ! ».  

En prime il leur confère le privilège de vivre dans un monde rêvé, dans une réalité parallèle, déconnectée de celle des Français. Les fonctionnaires ne sont en effet pas confrontés aux menaces quotidiennes que vivent le reste de la population : ils ne connaissent pas le chômage, leur statut leur donne la priorité dans la location de leur logement ou dans le financement de son acquisition, ils n’ont pas à craindre de conséquences sérieuses en cas de non performance professionnelle, ils bénéficient d’un système financier et de retraite privilégié par rapport au reste de la population. Pour finir, l’INSEE l’a enfin dévoilé, les revenus moyens des fonctionnaires d’Etat sont désormais environ 20% supérieurs à ceux du privé.

Toute l’action de la caste des fonctionnaires, emmenée par le Président Emmanuel Macron qui a impérativement besoin de son soutien, est d’éviter que ce statut ne soit remis en cause. Telle est la motivation profonde de la suppression de l’ENA annoncée par Emmanuel Macron.

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La folie fiscale française reprend avant même la fin de l’épidémie

Par Éric Verhaeghe

La folie fiscale est décidément une maladie psychiatrique bien française, une sorte de phénomène endémique qui traverse les époques et résiste à tous les traitements. Alors que l'épidémie nous paralyse encore et tue à petits feux nos entreprises, les appels à la taxation tous azimuts reprennent sous tous les prétextes. On voit mal comment le gouvernement pourrait résister longtemps à cette invocation religieuse qui émane d'une part croissante du landerneau médiatique.

La folie fiscale française a connu une courte (et apparente) pause entre 2017 et aujourd’hui. Mais elle ne devrait pas tarder à reprendre à court terme, tant les discours enflammés de Biden sur la hausse de l’impôt sur les sociétés, et l’appel du FMI à imposer les riches suscitent des vocations dans le vaste groupe des taxophiles français. 

Le gouvernement sommé d’augmenter les impôts

Plus un homme politique, et de préférence un ministre, ne peut rencontrer un journaliste sans qu’il ne soit désormais sommé de se dire favorable à une hausse des impôts. 

C’était par exemple le cas de Bruno Retailleau, sur RMC, qui a contesté le principe de l’impôt. C’était aussi le cas de Bruno Le Maire ce matin sur Sud-Radio. Au train où vont les choses, plus aucun ministre n’osera sortir de son bureau par peur d’annoncer qu’il n’augmente pas ou ne soutient pas une augmentation des impôts. 

La logique de Biden fait des ravages

Bien entendu, c’est l’annonce d’un relèvement du taux d’impôt sur les sociétés par Joe Biden qui nourrit tous les fantasmes. Que ce paradis de l’ultra-libéralisme que sont les Etats-Unis se mettent à augmenter les impôts des entreprises en plein milieu de la crise est bien la preuve qu’on nous ment sur le poids de la pression fiscale en France !

Le journaliste moyen pense comme ça, et ne perdez pas votre temps à lui expliquer que Biden va porter à 28% un impôt qui est à 33% en France. Cette rationalité-là est inaudible désormais. La nomenklatura française n’attendait qu’un signal pour crier en coeur son amour de l’impôt et son besoin de faire rendre gorge à toutes ces entreprises qui exploitent la planète. Alors que le chômage, c’est tellement mieux !

Donc, Biden augmente l’impôt sur les sociétés, nous aussi, nous devons l’augmenter !

Pour l’instant, le gouvernement tient

Dans ce contexte de folie fiscale, le gouvernement tient sa ligne… pour l’instant. La copie remise à la Commission Européenne sur notre trajectoire de finances publiques ne prévoit pas de hausse d’impôts. Ce faisant, elle propose un retour à un déficit budgétaire de 3% pour 2027. 

Ces hypothèses sont fondées sur des taux bas qui n’asphyxient pas le budget de l’Etat. On sait tous que cette hypothèse repose sur du sable et que l’hyperinflation qui arrive va bouleverser la donne dans des proportions encore inconnues. Les taux vont inexorablement monter, et le recours à la dette sera donc beaucoup plus douloureux et compliqué dans les années à venir. 

Dans cette hypothèse évidente, et imminente, la réponse aux difficultés est déjà trouvée, et les gouvernements qui viendront joueront sur du velours : il faut augmenter les impôts et ne surtout pas diminuer les moyens de nos brillants services publics que le monde entier nous envie. 

Vous savez donc à quelle sauce les entrepreneurs et les épargnants seront mangés dans les mois à venir. 

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Suppression de l’ENA : le combat risqué de Macron contre le gouvernement profond

Par Éric Verhaeghe

Emmanuel Macron a annoncé hier la suppression de l'ENA, ou plutôt son remplacement par une nouvelle école de la haute fonction publique, dont rien ne garantit qu''elle règlera les problèmes de l'actuelle institution. Surtout, à un an de la fin de son mandat, il se lance dans le combat compliqué, dont les contours restent à préciser, contre l'accès direct aux grands corps, clé de voûte de la "méritocratie républicaine". La réponse du gouvernement profond pourrait être très rude contre ce mauvais coup porté à un moment où des alternatives à une candidature Macron sont testées auprès de l'opinion.

La suppression de l’ENA est devenue, depuis une dizaine d’années, l’arlésienne de la Vè République et même l’arlésienne du quinquennat Macron. Le Président devait en effet s’attaquer à ce sujet dès le mois de décembre 2018 (mais la crise des Gilets Jaunes a fait rentrer ce dossier dans un long labyrinthe qu’il ne sera pas inutile, le jour J, d’éclairer et d’expliquer). Finalement, c’est à un an des élections présidentielles que le Président commet cette déclaration ambiguë selon laquelle l’école serait « en même temps » supprimée et remplacée par une autre école

La vraie réforme : la fin de l’accès direct aux grands corps

Mais derrière la posture de communication (largement décriée) selon laquelle le Président supprime l’école, la vraie réforme est celle de la fin de l’accès direct aux grands corps. Si l’on en croit les propos présidentiels, tout élève de la future ENA, rebaptisée ISP, sigle furieusement proche de l’IEP ou Sciences-Po Paris, devra commencer par une expérience de 5 ans sur le terrain avant d’intégrer une administration centrale. 

Si ce projet est confirmé, il s’agira d’une vraie révolution qui devrait contrarier l’appétit bien connu de l’Inspection Générale des Finances et du Conseil d’Etat pour les jeunes sortis de l’école et malléables à volonté. 

Cette réforme heurte les intérêts du gouvernement profond

Les Français soupçonnent assez peu la dose de courage qu’il a fallu au Président Macron pour imposer une disposition qui devrait susciter la rage des grands corps, très puissants dans l’appareil d’Etat. C’est en effet une tradition bien ancrée dans ces administrations d’élite que de recruter « à la sortie de l’ENA ».

La réforme Macron devrait obliger ces univers ouatés à une forme de prolétarisation tout à fait urticante. Elle pourrait coûter cher au candidat Macron pour 2022, au point que la volonté du président de faire entrer cette réforme en vigueur immédiatement apparaît comme une provocation. 

Faut-il en déduire que le président sait qu’il a d’ores et déjà perdu la bataille de sa candidature l’an prochain et qu’il veut dès lors punir l’appareil d’Etat de lui préférer un autre jockey ?

Le diable se nichera dans les détails

Pour toutes ces raisons, il est encore bien trop tôt pour juger de la situation. Il faudra connaître les détails de la réforme pour en mesurer l’ampleur. Et dans ce genre, le diable se niche toujours dans les détails. 

On se demandera en particulier par quel mécanisme Macron a prévu d’assurer les recrutements au Conseil d’Etat et à l’Inspection des Finances pendant les 5 ans de vaches maigres qu’il leur promet. 

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Emmanuel Macron préfèrera détruire le cadre de l’Etat plutôt que de quitter l’Elysée

Par Edouard Husson

Une tendance au nihilisme a toujours caractérisé Emmanuel Macron. Porté au pouvoir sur la ruine des partis traditionnels, il envisage d'être réélu après avoir fait exploser la matrice de la haute fonction publique. Le président de la République a décidé d'aller au bout de la suppression de l'ENA. Au moment où il est en mauvaise posture dans les sondages, cette annonce permet à Emmanuel Macron de se présenter à nouveau comme celui qui fait bouger les lignes et qui répond à une demande sociale profonde. En réalité, le président ne fait que détruire un peu plus les institutions qu'il a le devoir de préserver. Mais l'important est de se maintenir au pouvoir. A tout prix.

Emmanuel Macron est en difficulté dans les sondages. Comme nous l’avons analysé, ces dernières semaines, les reports de voix de gauche, très mauvais selon les projections des enquêtes d’opinion, rendent difficile, sinon impossible la réélection du président en 2022. D’un côté, la presse étrangère ou Arnaud Montebourg ont commencé à évoquer une possible victoire de Marine Le Pen. De l’autre, les milieux dirigeants français ont commencé à réfléchir à des personnalités alternatives, comme en témoignent les entretiens accordés, deux semaines consécutives, par le magazine Le Point à Xavier Bertrand et à Edouard Philippe. 

Mais le président en place n’a pas l’intention d’assister passivement à sa propre paralysie politique, comme François Hollande, naguère. Ce qui distingue Emmanuel Macron du reste de la classe politique, c’est une volonté de puissance peut-être inégalée dans l’histoire politique récente de notre pays. 

C’est dans cette perspective qu’il faut interpréter la résurrection d’un projet que l’on croyait enterré, la suppression de l’ENA au profit d’un Institut de Service Public. 

En tenant parole, le Président (1) envoie le message qu’il tient ses engagements; (2) il véhicule l’idée qu’il a répondu au ras-le-bol des Français face à la bureaucratie et à l’hypercentralisation, comme la crise des Gilets jaunes avait semblé l’exprimer; (3) il se présente comme celui qui continue à faire bouger les lignes et critique implicitement l’immobilisme de ses adversaires. 

Clientélisme et fin de l'Etat républicain

En réalité, le président de la République porte un coup sérieux aux cadres de l’Etat républicain. Est-ce à l’ENA que les Français en voulaient? L’école a toujours gardé un prestige dans la société; outre le fait qu’elle contribuait au rayonnement de la France. Ce que les Français reprochent, c’est le blocage de l’ascenseur social, un phénomène qui atteint tous les pays de l’OCDE, pas simplement la France et son ENA. Ce qui caractérise la France, c’est qu’il est beaucoup plus difficile d’entrer dans une grande école en venant d’un milieu populaire que ce n’était le cas il y a trente ou cinquante ans. Le grand paradoxe des cinquante dernières années, c’est que la dénonciation par le sociologue  Pierre Bourdieu – dont les livres ou du moins l’oeuvre vulgarisée sont devenus le pont-aux-ânes des demi-savants – de la reproduction des élites a abouti à un renforcement de cette reproduction. 

En fait, Bourdieu, comme tous les penseurs d’inspiration marxisante, croyait que le « capital culturel » ou le « capital social » étaient quelque chose qui était thésaurisé par des milieux sociaux fermés. Exactement comme Marx et la plupart des socialistes ont toujours confondu la thésaurisation pré-capitaliste et l’épargne-investissement capitaliste. Alors que le grand mérite de l’école républicaine et de l’université moderne, construites en même temps que la révolution industrielle, avait été d’accélérer la circulation de la culture dans des cercles sociaux toujours plus larges. Que la logique de la société moderne soit une circulation toujours plus rapide de la connaissance, au même titre que des inventions techniques ou des ressources financières, cela allait de soi.

Pourtant, obnubilés par la fausse science de Bourdieu, plusieurs générations de dirigeants politiques, de droite comme de gauche, se sont ingéniés à détruire le capital culturel existant et à priver les jeunes français de l’augmentation de ce capital culturel.  L’école républicaine, qui avait été un extraordinaire outil de transmission et développement du capital culturel et social français a été méthodiquement détruite par la coalition des marxistes et des pédagogistes. 

Comme le disait le Général de Gaulle, « la culture générale est l’école du commandement ». Or c’est précisément cette culture générale que l’on s’est attachée à détruire sous prétexte qu’elle aurait sécrété des inégalités sociales. On a généralement fait baisser le niveau de tous les savoirs, au nom de l’égalité. 

On a aussi voulu mettre les formations plus en phase avec les formations professionnelles. mais sans se rendre compte que ni l’école ni l’université ne sont les lieux de l’apprentissage d’un savoir professionnel. On l’apprend sur le terrain, en alternance, par confrontation avec la vie réelle des entreprises ou des services de l’Etat. Mais les concepteurs des programmes détestaient le plus souvent le monde réel, l’économie, l’entreprise. On a donc enfermé les élèves et les étudiants dans des pseudo-savoirs idéologiques et la plus récente mode intellectuelle, coupée du réel. 

Au fond, ce que le Président de la République vient d’annoncer ce jeudi 8 avril 2021 comme réforme du recrutement de la haute fonction publique ne fera qu’aggraver le mal. On va même assister à une sorte de « gel » des défauts d’un système décadent. 

  • S’agit-il de revigorer le concours républicain, sa transparence, son impartialité? Non, l’Institut du Service Public sera dans lla logique d’une « Ecole de Guerre » de la haute fonction publique. Mais où est son Saint-Cyr? 
  • en coupant le lien entre les grands corps et le recrutement par concours, on retombe dans le défaut que l’on prétend combattre, ce pour quoi justement l’ENA avait été créé: mettre fin au système de la cooptation et des clientèles
  • S’agit-il de revenir à plus de culture générale pour pallier – par exemple – l’affligeant déficit de culture scientifique de nos dirigeants pendant une pandémie? Ou l’effondrement de la culture géopolitique? Non. On continuera la spirale de destruction des repères généraux au profit d’un charabias idéologique sur les sciences, la nouvelle révolution industrielle, l’écologie, la laïcité, les enjeux sociétaux etc….? 

Surtout, à notre connaissance, Emmanuel Macron ne traite pas l’un des plus gros problèmes posés par notre système, celui de ces hommes politiques qui n’abandonnent pas leur statut de haut fonctionnaire quand ils entrent en politique.  Voilà une vraie revendication des Français à laquelle le président ne répond pas. 

Macron le nihiliste

La destruction de l’ENA n’est pas qu’un symbole. Elle n’est pas non plus une façon de faire en sorte que « tout change pour que rien ne change » selon la formule de Lampedusa. Dans Le guépard, il y a une culture sicilienne à préserver et un accommodement avec le monde moderne à trouver. Le problème de la suppression de l’ENA est exactement inverse. Alors qu’il se serait agi de mettre fin à une dérive de la haute fonction publique, on l’accroît en supprimant une école réformable – et qui s’était beaucoup réformée depuis dix ans, répondant à beaucoup des objections du corps social. 

Premier problème: nos dirigeants ne croient plus – à la différence de leurs homologues américains, allemands, britanniques, russes, indiens japonais ou chinois que la nation soit essentielle dans la compétition mondiale. Il s’agirait de recentrer notre haute fonction publique sur l’importance des nations dans la mondialisation

Second problème: comme nous le rappelons souvent dans le Courrier des Stratèges,  la France a laissé proliférer sa fonction publique – encore plus territoriale que centrale – au détriment de la compétitivité française. En pouvant s’endetter à bas taux, à l’abri de l’euro, notre pays a manqué le tournant de la troisième révolution industrielle et combattu le chômage par l’emploi public.  On a réduit toujours plus l’Etat dans des secteurs où il est essentiel (régalien, intelligence économique, infrastructures) pour le laisser proliférer dans des secteurs où le contrôle public parasite l’esprit d’entreprise. 

Une réforme de la formation de la haute fonction publique aurait voulu que l’on renforce le caractère unique de l’ENA, en se donnant comme objectif de former une élite plus patriote et….moins étatiste. Une élite chargée, pour la génération qui vient, de réduire le périmètre de l’Etat. C’était d’autant plus un retour à l’esprit républicain que l’on oublie combien la IIIè République était libérale économiquement et faisait confiance au Parlement pour faire avancer la décision publique.  Le contraire de la république macronienne. 

Mais Emmanuel Macron n’est pas intéressé par la réforme de l’Etat. Il pense qu’il a plus a profiter de la prolifération des clientélismes, du nivellement par le bas, de l’implosion des repères républicains, de la multiplication des lobbies idéologisés qui pousseront leurs candidats vers l’Institut de Service Public avec une vague teinture d’idéologie écologiste, scientiste ou mondialiste. 

Celui qui a construit sa première élection sur l’implosion des partis politiques, prépare la seconde sur quelque chose d’irréparable: l’implosion des cadres de l’Etat républicain

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L’impôt du FMI pour un gouvernement mondial par le FMI

Par Simone Wapler

Le Fonds monétaire international en appelle à un impôt sur les riches qui auraient profité de la crise sanitaire. L’idée du gouvernement mondial est le Graal des élites – fonctionnaires internationaux et dirigeants de grandes entreprises transfrontalières. C’est un des axes du Great Reset. Mais qui dit gouvernement mondial dit impôt mondial. Le Covid 19 représente une opportunité exceptionnelle de le mettre en place.

Petit à petit, le gouvernement mondial prend corps contre la volonté des peuples. L’analyse du FMI est la suivante :

  • Des riches -particuliers et entreprises- ont profité de la crise sanitaire
  • Vite il faut les punir par une taxe de solidarité, ponctuelle bien sûr
  • Il faut réduire les inégalités

 

Nous assistons ici à une dérive du FMI qui parle et réagit comme une institution politique socialiste pour deux raisons.

Premièrement, le FMI reprend le raisonnement « lutte des classes » ou gagnant-perdant caractéristique du socialisme. Des riches ont pris de l’argent indûment à la faveur d’une situation anormale. Pour un socialiste, le riche n’est riche que parce qu’il a profité de plus pauvres que lui. Jamais parce qu’il a proposé des produits ou services qui ont satisfait beaucoup de gens. Dans la pensée libérale, la loi est censée assurer une concurrence loyale et la richesse est la sanction du succès. Le marché – dans la mesure où les lois sont justes et où la concurrence règne  – est une véritable démocratie. Le client vote en payant.

Deuxièmement, le FMI reprend le raisonnement socialiste de l’impôt. L’impôt ou la taxe ne sont pas dévolus au financement d’une tâche nécessaire à tous (jeunes et vieux, riches et pauvres, hommes et femmes) mais sont une punition, un instrument de « justice sociale », de rabotage des inégalités. Dans la pensée socialiste une inégalité est toujours injuste. Le seul monde supportable pour les socialistes est une société peuplé de petits Playmobils, une ruche ou une fourmilière ne comportant que quelques castes alimentées par des bestioles indifférenciées. Dans la pensée libérale, la seule inégalité insupportable est l’inégalité en droit ; le droit aux rentes et prébendes d’une majorité sur une minorité en fait partie, comme je l’expose dans La rage de l’impôt. Pourquoi pas un impôt sur le QI ou la beauté physique pour mieux raboter les inégalités ?

Rappelons aussi que la bureaucratie internationale qui peuple le FMI ne paie pas d’impôt. C’est le privilège des fonctionnaires internationaux à l’abri, comme tous les autre fonctionnaires, des conséquences nuisibles de leurs décisions.

Enfin, comment le FMI définit-il le « riche » et l ‘enrichissement « pour cause de Covid » et non pas pour une autre raison ? Il serait intéressant d’avoir des repères clairs sur ces sujets.

Ne nous y trompons pas. Nous voyons ici le programme de Davos se mettre progressivement en place.

D’autres étapes importantes seront le revenu universel, les monnaies numériques, directement contrôlées par les banques centrales et le bannissement du cash, des espèces et de toutes monnaies privées matérielles (or ou argent) comme immatérielles (cryptomonnaies). Pourquoi ? Parce que le contrôle de la monnaie est le contrôle de l’impôt.

Il est important d’avoir bien en tête ces repères parce que le socialisme (de droite ou de gauche) a toujours échoué. La véritable solution à la montagne de dettes créées par les social-démocraties sera l’inflation-hyperinflation qui ruinera la classe moyenne et établira la « justice sociale » dans la misère. Ce que ne manquera pas de faire le revenu universel promesse du « du retour au Paradis d’Adam et Ève : ce lieu béni où nous étions de simples gardiens du merveilleux jardin public de la Création divine, sans avoir besoin de travailler, jamais ». Merveilleuse promesse de donner à tout individu un revenu lui permettant de satisfaire à ses besoins essentiels ou de vivre dans la dignité. À charge évidemment pour le législateur de définir « besoins essentiels » et conditions d’une vie digne. D’où viendrait ce revenu universel ? De Dieu dans sa version moderne, à savoir l’État et même du « gouvernement mondial » ? Non : l’argent viendrait de l’impôt de ceux qui ne se contenteraient pas de leur mini-job de gardien de square paradisiaque et seraient exploités par une majorité de parasites.

Le socialisme prétend avoir la solution contre les inégalités et établit l’indigence.

Le libéralisme classique s’intéresse aux conditions qui permettent d’établir la prospérité et le socialisme n’en fait pas partie. Si les impôts de justice sociale permettaient d’enrichir les populations, la France serait la première puissance économique des pays développés.

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Clément Bosqué: « Petit traité sur la fonction de direction dans le secteur social « 

Par courrier-strateges

Nombre de livres écrits par des dirigeants, des managers, des directeurs ont pour but de justifier leur action passée ou présente. Ils sont souvent l’œuvre de dirigeants sur le départ voire à la retraite. Et l’on y retrouve un schéma identique : « Le pari était difficile, mais je l’ai tenu. » Et de nous relater force situations de crises surmontées, de nous expliquer leurs stratégies, leurs réussites. Parées de quelques échecs qui ne font que faire ressortir leur talent. Tout autre est le livre de Clément Bosqué : Petit traité sur la fonction de direction dans le secteur social. On ne comprend qu’à la fin du livre qu’il parle de lui, de son expérience, dont on ne saura rien d’ailleurs, tant les cas sont exemplarisés, ramenés à leur sens universel, anthropologique. Il y a un style patristique chez ce jeune directeur qui ne manquera pas de faire sourire les adeptes du tutoiement et du nivellement culturel.

Clément Bosqué

Auteur du "Petit traité sur la fonction de direction dans le secteur social" aux éditions CHAMPS SOCIAL Editions.
Clément Bosqué est agrégé d'anglais, formé à L'EHESP et au CNAM.
Il a dirigé plusieurs établissements de protection de l'enfance et dirige actuellement le site de l'IRTS Île-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne.
Il a donné le cours sur la "fonction de direction" pour les étudiants de Master Management des Organisations Sanitaires et Sociales de l'université Sorbonne Paris Nord.

Apprendre à diriger, un chemin de vie

Le livre n’est pas un énième journal de bord d’un directeur vainqueur ou vaincu, on comprend in fine qu’il est le fruit d’un véritable retour sur soi, d’une sorte d’introspection non pas psychologique, mais philosophique, éthique. Même si modestement Clément Bosqué s’interdit de trop utiliser ce mot et ne se décrit sûrement pas comme le directeur d’un « organisme mission » comme les nouveaux managers du CAC 40.

Dans sa conclusion, il décrit la fonction de direction comme un combat contre soi, une façon de s’élever moralement.

« Je crois qu’il y a une responsabilité humaine et si l’on veut sociale du directeur dans n’importe qu’elle organisation de s’efforcer à s’élever moralement et à se structurer affectivement. Si diriger est à bien des égards un combat, c’est peut-être essentiellement contre soi et pour la découverte de soi un agon. » p. 115

Il ne faut donc pas s’attendre en ouvrant ce court ouvrage à un manuel de management ou à une boite à outils pour  directeurs.  Pour l’auteur, diriger est plus que manager :

« si le management, c’est-à-dire la capacité à animer des équipes, est bel et bien une compétence nécessaire pour diriger, diriger ne se résume pas à manager ». p.13

Diriger pour l’auteur est en quelque sorte un un art, presque un art de vivre, « une conduite ». Il reviendra d’ailleurs sur cette comparaison à la fin de l’ouvrage, en reprenant cette phrase de Sénèque, particulièrement forte en ces périodes de réflexion sur le rôle des médecins : « Le sage a envers tous les hommes la même disposition que le médecin envers ses malades. »

On pourrait donc s’attendre à une réflexion dite humaniste telle qu’on nous la sert de toutes parts : empathie, participation, management collaboratif, partage émotionnel etc. Et bien non. Ou alors c’est un humanisme au sens étymologique du terme, une plongée dans l’humus, une attitude d’humilité.

Non, Clément Bosqué est old school, il pense et il dit que le directeur incarne l’autorité. Il dirige. Reprenant une phrase de Bergson, Bosqué pense que le directeur est celui qui « agit en homme de pensée et pense en homme d’action ».

Et comment se noue cette potion faite de pensée et d’action ? par la rhétorique justement. Par la capacité du directeur à comprendre la narration qui constitue l’institution qu’il dirige (chapitre 1, Comprendre où l’on est), en saisir l’héritage sans en être l’héritier prisonnier.

 

Le directeur hérite de l’épopée institutionnelle, il ne doit pas s’en faire l’héritier.

Clément Bosqué

 

En se situant dans sa fonction de transmetteur, de passeur en quelque sorte. Sans sacraliser l’ancien monde, sans se projeter dans un nouveau monde jamais advenu, mais en étant là, au présent.

Je disais que la rhétorique était pour Bosqué l’instrument principal de la direction. (chapitre 2, Expliquer ce que l’on fait). Est-ce à dire que la fonction de direction serait simplement un rôle, au sens le plus péjoratif du terme. D’aucuns ne manqueront pas de reprocher à ce jeune directeur sa conception de l’institution :

 

L ‘organisation est une représentation, un spectacle perpétuel. Une œuvre humaine où tout fait écho. Les réunions, instances, moments d’échange sont, ainsi, de véritables pièces de théâtre à l’intérieur d’une plus vaste pièce de théâtre institutionnelle que chacun joue individuellement et collectivement.

Clément Bosqué

 

Dans un milieu professionnel encore tout enserré dans le jargon de l’authenticité, voilà qui va faire frémir quelques bonnes âmes. Comment, un directeur qui ne croirait pas au sens profond de sa mission ? Qui ne penserait pas être le sauveur, l’ami, le frère, le père ? Eh bien non, Clément Bosqué ambitionne tout simplement d’être le « dit-recteur ». Celui qui dit et qui dit  non pas soi, mais ce qui est au-delà de soi.  L’art de la rhétorique, est l’art de dire. Et non pas l’art de dire la parole la plus juste, la plus vraie, la plus rationnelle.

« Il est un biais répandu chez les décideurs et donc les directeurs : celui de croire qu’on persuade par le raisonnement et d’un seul coup ».

Non, de dire la parole qui va être entendue. En pratiquant notamment la répétition, ce qu’il appelle « la tactique du  disque rayé » !

L’auteur nous ramène à son éthique du renoncement à l’ego 

Est-ce à dire que la fonction de dirigeant serait pure séduction ? non point. Là encore, l’auteur nous ramène à son éthique du renoncement à l’ego :

Pour Bosqué, le positionnement du directeur par rapport à soi est le renoncement à une facilité d’être, à l’illusion que son travail lui appartient, renoncer à l’idée qu’il peut se passer de la contrainte, de la menace.

« Diriger ce n’est pas que gérer. C’est aussi jouer ce que Vigny appelait « la comédie nécessaire de l’autorité ». »

On le voit le chemin de vie et de pensée que nous trace Clément Bosqué est en quelque sorte une ascèse : ne pas vouloir du passé faire table rase, s’inscrire dans l’épopée en cours, sans l’accaparer, sans la rejeter. En faisant avec.

Ne pas entraîner les autres en les convainquant qu’on a trouvé le meilleur chemin, mais simplement en traçant ce chemin de multiples façons, dans les langues de chacun.

Et tout ceci pour aboutir à une conception encore plus humble du rôle de directeur, une fonction qui n’est plus sa propriété, mais une fonction qu’il incarne. (chapitre 3, Savoir (ne pas) diriger).

« Ce n’est pas vous qui dirigez. Quelque chose dirige »

« Diriger non pas au « nom de l’institution », mais l’institution dirigeant au travers de vous. »

« Honorez donc ce rôle précisément parce qu’il n’est pas à vous, mais qu’il est un bien que vous transmettez à votre successeur et que vous teniez de votre prédécesseur ».

 

On pourrait alors imaginer que Bosqué se situe en quelque sorte dans une idéologie, qu’il se sentirait une âme de messie ou de prophète. Rien de plus éloigné de sa conception.

Bosqué travaille au présent, dans l’institution telle qu’elle est et telle qu’elle est déterminée par l’environnement dans lequel elle se trouve : son conseil d’administration, sa tutelle, le cadre juridique, les contraintes économiques, l’objet social etc. Il y travaille avec les collaborateurs tels qu’ils sont. La plupart du temps en convainquant, parfois en « mordant », notamment ceux pour qui les dysfonctionnements constituent le moteur de leur statut professionnel.

Mais il ne se perd pas dans un passé enchanté ou au contraire perpétuellement recomposé comme il ne se projette pas dans un futur utopique.

 

« C’est bien au présent que tout se joue et que l’on attend le directeur. Nul ne sait de quoi demain sera fait. Inutile d’espérer un lendemain libre ou dégagé de toute catastrophe. La catastrophe, c’est l’attente ». p. 96

 

L’ouvrage se nomme « Petit traité sur la fonction de direction dans le secteur social »

Et pourtant l’on n’y entendra parler ni des pauvres, ni des handicapés, ni même des travailleurs sociaux ou de la bureaucratie sociale.

Est-ce à dire que Bosqué penserait qu’on est directeur dans le secteur social comme on pourrait l’être dans n’importe quelle institution, voire entreprise ? oui et non.

Oui, parce qu’il ne justifie jamais sa fonction au nom d’un hypothétique devoir être, d’un bien pour les autres, d’une mission. On ne trouvera pas plus de logorrhée sur le « sens » du métier, le service public etc.

Non, parce que être ce directeur là, celui qu’il aspire à être,  implique une mise au service du bien commun sans qu’il soit besoin d’en faire une justification de sa carrière personnelle comme le font trop de fonctionnaires.

L’on sent en arrière-fond de sa réflexion quelque-chose qui est de l’ordre de l’engagement, de l’adoubement.

 La fonction du directeur est certes gestionnaire, managériale, mais elle est également symbolique

Clément Bosqué parle de la fonction de direction comme requérant une noblesse d’esprit et d’attitude. Noblesse au sens féodal du terme, le directeur se situant dans une organicité sociale.  Le secteur social acquiert dès lors une dimension sociétale bien au-delà de la simple gestion de la redistribution des biens matériels. La fonction du directeur est certes gestionnaire, managériale, mais elle est également symbolique, elle est un des rouages de l’échange symbolique qui permet à l’institution de vivre.. On admirera comment l’auteur expédie d’une petite phrase toute cette idéologie du social qui justifie avant tout  le statut de ses travailleurs : pour lui le dit recteur doit énoncer « « Les vérités qui tonnent d’elles-mêmes » (Saint Simon) : si vous travaillez dans le secgteur non lucratif, rappelez par exemple que votre structure n’a pas vocation à faire des bénéfices, mais qu’elle n’a pas non plus vocation à générer des déficits ». Point n’est besoin d’en dire plus !

Écrit souvent à la deuxième personne du pluriel, s’adressant ainsi à de jeunes apprentis directeurs, cet ouvrage s’inscrit dans une forme d’apprentissage par l’accompagnement, le compagnonnage. Par la narration justement. C’est ce qui fait que ce livre composé pour large part de références à des auteurs passés a une telle fraicheur. Loin d’être confit en dévotion de nos idoles managériales et autres recherches de sens, Clément Bosqué suit pour nous un chemin original et bien balisé par tous ceux qui depuis l’antiquité se sont posés ces mêmes questions de l’autorité et de la façon de l’exercer.

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L’hilarant projet de nationalisation de l’AGIRC et de l’UNEDIC déposé par le Sénat

Par Éric Verhaeghe

Nationaliser l'AGIRC et l'UNEDIC ? C'est l'objet d'une proposition de loi organique déposée, dans l'indifférence générale, par Jean-Marie Van Lerenberghe, sénateur démocrate-chrétien du Nord bien connu des initiés de la protection sociale, et quelques autres. Ce n'est pas tant l'ambition du projet que son mode de raisonnement qui fait rire, puisque les sénateurs se proposent d'étendre aux régimes AGIRC et ARRCO qui sont aujourd'hui en situation financière saine les méthodes qui ont provoqué l'effondrement de nos finances publiques.

Nationaliser l’AGIRC et l’UNEDIC, l’idée n’est pas nouvelle. Elle était proposée clairement par la Cour des Comptes depuis… décembre 2014 ! Le mécanisme de cette nationalisation (qui constituerait plus une finlandisation, pour remettre des termes empruntés à l’histoire) est simple: il suffit d’inclure dans le périmètre de la loi de financement de la sécurité sociale les comptes des régimes complémentaires AGIRC-ARRCO, et de l’UNEDIC. Une loi organique, et le tour est joué…

L’AGIRC et l’UNEDIC victimes de leurs choix

D’une certaine façon, cette mécanique est relativement inévitable, puisque, dans les années 90, ces régimes ont refusé leur ouverture à la concurrence, au contraire de ce que l’Allemagne a pu faire à la même époque. La logique des partenaires sociaux était simple : refusant les conséquences du traité de Maastricht fraîchement approuvé par referendum, les « partenaires sociaux » (patronat compris…) ont souhaité garder leur monopole « obligatoire » qu’ils ont figé par une loi de généralisation des régimes. 

Ce faisant, ils ont fait basculer les comptes de ces régimes dans les « finances publiques », signant alors leur arrêt de mort à terme. Comment imaginer que des partenaires sociaux aient la main sur les finances publiques, sans que le Parlement ne les domestique tôt ou tard ?

Grâce au « bordel » français, la décision n’a jamais été prise officiellement par les parlementaires de contrôler ces régimes complémentaires. Cette faiblesse du Parlement a laissé libre cours à la direction de la sécurité sociale pour prendre de fait le contrôle des opérations sans que personne ne pipe mot. 

Les arguments hilarants du Sénat

Au lieu de rappeler cette réalité simple (que les partenaires sociaux ont renoncé à leur liberté pour garder leur monopole après Maastricht), la proposition de loi Van Lerenberghe se lance dans une explication sinueuse et tordante :

Ainsi, une « règle d’or » serait mise en place fin 2024 pour garantir un équilibre sur cinq ans des comptes de la sécurité sociale. En évitant de transmettre aux générations futures le financement des droits des générations actuelles, les auteurs de la proposition de loi entendent assurer la pérennité de notre modèle social et la confiance des plus jeunes en son avenir.

L’intégration de l’AGIRC-ARRCO et de l’UNEDIC dans une loi annuelle de financement de la protection sociale permettrait donc de faire respecter une « règle d’or » garantissant leur retour à l’équilibre à partir de 2025 ? On n’a jamais autant ri depuis l’appel au front républicain de Chirac, en 2002, qui a permis de berner la gauche dans les grandes largeurs. 

En effet, les comptes de la sécurité sociale sont déficitaires de façon quasiment constante depuis 1975. Et l’invention des lois de financement de la protection sociale par Juppé en 1995 n’y a absolument rien changé. 

Imaginer que l’intégration des régimes complémentaires dans ce dispositif leur sera bénéfique relève donc d’un humour sans limite. 

Van Lerenberghe enfonce le clou

La lecture du texte signé par les sénateurs ne fait que confirmer ce sentiment de parlementaires qui ont fumé la moquette et vivent dans un monde déconnecté du réel. 

Ainsi, ces sénateurs consacrent un chapitre III à leur dispositif, intitulé : « Reproduire le chaînage vertueux des lois de finances »…

Le chaînage vertueux des lois de finances… On ne savait pas que Van Lerenberghe carburait aux champignons hallucinogènes. Car il faut vraiment chercher loin pour trouver un quelconque « chaînage vertueux » dans des lois de finances qui constatent, sans discontinuer depuis plus de trente ans, un déficit annuel de l’Etat, généralement non contrôlable. Rappelons que, depuis la crise de 2009, aucune loi de finances n’a ramené le déficit budgétaire sous les 3% de PIB exigés par Maastricht, alors qu’à peu près tous nos autres partenaires européens y parvenaient. 

Désastre social en vue

Si l’on comprend bien que les sénateurs aient envie d’étendre le champ de leur pouvoir au contrôle de régimes complémentaires qui échappent pour l’instant à leur regard, l’argumentation « d’intérêt général » mobilisée pour justifier ce projet ne tient évidemment pas la route. Les assurés sociaux ont otut intérêt à méditer longuement la leçon.

Alors que la crise du coronavirus vient de confirmer le naufrage du service public et la ruine programmée de notre système de protection sociale obligatoire, les parlementaires vivent encore dans le monde d’avant, et ne proposent que des solutions périmées qui ont montré non seulement leur inefficacité, mais même leur toxicité. 

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Brune Poirson : héroïne de la nouvelle politique ou énième pantoufleuse de la macronie ?

Par Éric Verhaeghe

Brune Poirson, élue du Vaucluse (de l'ancienne circonscription de Marion Maréchal, qui est décidément marquée d'un sceau particulier...), vient de démissionner de son siège de députée pour se tourner vers "d'autres horizons" , encore non dévoilés à ce jour. L'affaire fait grand bruit, car elle illustre bien l'ambiguïté de la nouvelle façon de faire de la politique selon la macronie : à la fois moins professionnalisée, mais aussi plus poreuse aux intérêts privés. Les nouvelles fonctions de l'ancienne ministre permettront de dire si les profils issus de la société civile et révélés par En Marche dynamisent la vie politique ou s'ils la font dériver un peu plus vers un capitalisme de connivence qui exaspère de façon grandissante l'opinion.

Brune Poirson, ancienne secrétaire d’Etat à la Transition écologique, qui avait porté la loi sur l’économie circulaire, vient d’annoncer qu’elle démissionnait de son poste à l’Assemblée Nationale pour se tourner vers d’autres horizons. Elle aurait l’intention de continuer le combat écologique, mais sous d’autres formes, encore imprécises aujourd’hui. 

Brune Poirson, figure emblématique de la macronie

Citoyenne franco-américaine, Brune Poirson aurait été investie par LREM en 2017 sur recommandation d’Hubert Védrine auprès de Jean-Paul Delevoye. Ce « parachutage » succédait à un passage chez Veolia sur des fonctions de « greenwashing » dont le bien-fondé a été contesté. 

Il n’en reste pas moins que Brune Poirson appartenait bien à cette élite mondialisée de tendance « écologiste » (mais pas trop, ce qu’on pourrait appeler de l’écologie superficielle) qui a soutenu En Marche dès ses premières heures, et est arrivée au pouvoir dans le sillage d’Emmanuel Macron. 

Sa démission est un marqueur fort de l’échec du macronisme dans son implantation idéologique sur ces thématiques. 

Culture de l’amateurisme ou dérive pantouflarde ?

Reste à savoir, au vu des fonctions que Brune Poirson occupera à l’avenir, si son passage en politique relève d’une saine culture de l’amateurisme propre à cette nouvelle génération qui ne souhaite pas « s’encroûter » en politique, ou s’il s’agit d’une nouvelle illustration de la porosité grandissante entre intérêts publics et intérêts privés. Fait-on de la politique pour servir l’intérêt général ou pour accélérer sa carrière ?

La suite le dira, et ne manquera pas de susciter de nombreux commentaires. Il n’y a en effet pas très loin entre « l’amateurisme » lué (pas forcément à tort) par Emmanuel Macron, et l’instrumentalisation de la politique à des fins très individuelles. 

Être député a-t-il encore un sens ?

Sur le fond, la question du rôle des députés revient une fois de plus à la surface. Est-ce à l’Assemblée Nationale qu’il faut mener le combat ? Ou bien les députés sont-ils de simples porte-voix sans influence et sans véritable capacité à agir dans la réalité ?

La Vè République a poussé à l’extrême la subordination du Parlement au pouvoir exécutif, et l’on comprend, à travers la décision de Brune Poirson, qu’être député national fait beaucoup moins rêver l’élite mondialisée que des postes visibles et bien rémunérés dans des multinationales comme Veolia…

La suite du parcours de Brune Poirson permettra de donner des réponses à ces questions. 

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Le confinement est contre-productif

Par Simone Wapler

Le confinement n’a aucune vertu médicale. Son unique justification réside dans le fait d’étaler dans le temps les vagues de contamination afin d’améliorer la prise en charge des patients critiques. Mais mettre le public au service du service public (en l’occurrence l’APHP) est-ce efficace ?

Rappelons le but du confinement : étaler dans le temps la prise en charge de patients nécessitant des soins importants (intubation). Imaginez un Airbus de 400 places arrivant dans un aéroport conçu pour des avions de 200 places. Ou un train de 40 wagons plein de passagers dans une gare. Des goulets d’étranglement surgiraient inévitablement. Il vaut donc mieux étaler les arrivées. Ce qui ne veut pas dire qu’il y aura moins de partants (moins de patients dans le cas qui nous préoccupe). La solution consiste simplement à adapter le flot d’arrivants à la capacité des infrastructures.

 

Le confinement fait passer de ceci :

Courbe de contamination sans confinement

À cela …

Courbe de contamination avec confinement

Source 

 

En soi, le confinement ne soigne pas. Dans les deux cas le nombre de contaminés ne change pas vraiment. Toutefois, le confinement peut être utile s’il permet de prendre en charge plus tard des gens qui n’auraient pas pu être soignés s’ils avaient été contaminés plus tôt. C’est ce qu’illustre la ligne horizontale de capacité du système de soin. Le même raisonnement s’applique au couvre-feu.

 

Plus d’un an après le début de l’épidémie, peut-on dire que le confinement a limité le nombre de décès de gens contaminés ? Aucun gouvernement ayant décidé du confinement ne s’est hasardé à le soutenir. Aucun média (subventionné) en France n’a décidé de lancer une enquête sérieuse. Seul France Soir a osé posé la question en juin 2020 et avait déjà à l’époque répondu « non ».

Depuis est parue en février 2021 une étude de l’université de Stanford, peu relayée en France sauf par Le Parisien et Nice Matin. Mais il est inconcevable que notre Comité stratégique n’en ait pas entendu parler. La principale conclusion : « Bien que des petits bénéfices ne sont pas à exclure, nous n’avons pas trouvé que les mesures les plus restrictives faisait significativement baisser les hausses des cas. Des réductions similaires [des contaminations] peuvent être obtenus avec des mesures moins restrictives. » 

 

Il est donc injustifiable que des mesures aussi liberticides et moyenâgeuses soient décrétées dans le silence absolu des élus du gouvernement comme des oppositions.

On peut manipuler des centaines de statistiques mais certaines ont plus de poids que d’autres. La première est le nombre de décès par rapport au nombre de cas déclarés. Une statistique de second ordre est la densité de population car les virus ont besoin de sauter d’une victime à l’autre. La mortalité par million d’habitants reste donc une bonne approximation simple.

Le confinement propage l’inertie bureaucratique

En réalité, le confinement a un effet désastreux. Il n’incite pas la bureaucratie à adapter les infrastructures à la situation. Il ne s’agit évidemment pas d’une adaptation permanente mais de la création d’hôpitaux de campagne, de capacité d’accueil provisoires.

On le voit un an plus tard. Les fameux lits supplémentaires promis par le gouvernement Macron ne sont toujours pas là. Ni les vaccins…

En fait, confinement et couvre-feu sont contre-productifs car ils retardent la prise de mesures adaptées à la situation. En y recourant abusivement, le gouvernement et l’administration démontrent encore une fois qu’ils ne nous protègent pas mais se protègent eux-mêmes comme je le dénonce dans ce livre.

Exactement comme les actions des Banques centrales consistant à forcer les taux d’intérêt à la baisse et à rendre indolore l’accumulation de dette publique retardent les réformes absolument nécessaires de notre appareil étatique.

Car tout est lié. La gabegie des fonds publics provient de l’inefficacité des services publics. Pour camoufler le gâchis il faut éviter de lever l’impôt, les gouvernements successifs ont donc lâchement recouru à la dette. Cette crise sanitaire sert de révélateur.

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Sortie de route des finances publiques

Par Simone Wapler

Chaque comparaison internationale qui tombe est peu flatteuse pour la France comme le montre ce classement sur la qualité des routes qui voit la France chuter derrière le Portugal ou l’Espagne.

La Fédération française des motards en colère recense les nids de poule sur un site dédié, niddepoule.fr et s’alarme de leur prolifération.

« Qu’est-ce que vous faites du pognon ? » : dans une vidéo devenue virale, l’égérie des Gilets Jaunes de la première heure, Jacline Mouraud, posait cette question de façon répétitive fin 2018.

 

En tous cas, notre « pognon » n’est pas mis dans les routes. En quinze ans, la France a sombré de la deuxième à la dix-huitième place, comme le montre www.theglobaleconomy.com/rankings/roads_quality qui collecte des données sur 141 pays.

 

 

Qualité des routes

Notation de 1 (faible) à 7 (élevée)

En France, sur 1 000 € de dépenses publiques, 43 € seulement sont affectés au transports et équipements collectifs. (source : la fiscalité et les dépenses publiques, janvier 2019 )

 

On pourrait multiplier les comparaisons de ce genre qui prouve le gâchis de l’argent public auquel se livre l’administration.

 

Concernant l’école, bien que le budget de l’Éducation nationale absorbe 96 € sur 1 000 € de dépenses publiques, la position de la France dans les divers classements ne cesse de chuter. Que ce soit le classement généraliste PISA (dernier en date publié en 2019) ou le classement plus orienté sciences TIMMS, les résultats se ressemblent et sont affligeants. Malgré son système éducatif monopolistique et coûteux, la France ne figure pas au tableau d’honneur et serait même dans les cancres.

Ce système monopolistique est aussi d’une inertie regrettable.

En un an, le Mammouth n’a même pas été capable de mettre au point un enseignement à distance fonctionnel pour les périodes de confinement.

Concernant les soins, la récente crise sanitaire a montré que bien que le budget santé de la France soit considérable (11,2% du PIB, comme l’Allemagne), les résultats n’étaient là aussi pas à la hauteur.

Dans ce domaine, le « pognon » passe en réalité dans un effectif administratif pléthorique, le double de celui de l’Allemagne comme je l’explique dans « Non, l’État ne nous protège plus ».

Par comparaison avec les hôpitaux publics, les hôpitaux privés paraissent rutilants et luxueux. Question de moyens ? Allons donc, les hôpitaux privés et les hôpitaux publics facturent la même chose pour les mêmes actes dont les prix sont codifiés par l’Assurance maladie. C’est même parfois moins pour les hôpitaux privés (en vertu d’un barème dit GHS qui compense le fait que les hôpitaux privés accueillent moins de patients « lourds » que certains hôpitaux publics). Simplement, dans le cas du privé, un établissement mal entretenu serait immédiatement fermé. Tout le personnel soignant ou non le sait, personnel dont le taux d’absentéisme est d’ailleurs très inférieur à celui du public. Une erreur médicale d’un praticien du privé a des conséquences lourdes sur la police d’assurance de ce médecin qui ne peut s’abriter derrière un service dirigé par un mandarin

sanctuarisé.

L’État n’investit pas, il dépense, sans résultats

Longtemps, il était d’usage de dire que lorsque l’État s’endettait, il « investissait ». C’est faux. Tout investissement donne lieu à un retour sur investissement. Si la dette grossit c’est que l’investissement est mauvais. N’importe quel acteur du monde concurrentiel se retrouverait alors en faillite. En réalité, l’État dépense. S’il dépense bien, les résultats devraient être au rendez-vous. Ce n’est pas le cas dans de nombreux domaines importants.

L’État ne « protège pas », il dépense pour se protéger

L’État dépense beaucoup mais néglige ses fonctions régaliennes qui sont la protection de la propriété, de la liberté et le droit à la sûreté de chacun.

Le peuple semble de moins en moins dupe. Il a compris que les finances publiques risquaient la sortie de route imminente. Un récent sondage d’Ipsos réalisé pour le ministère des Finances établit que 84 % des Français jugent important, voire prioritaire une baisse de la dette publique. Pour ce faire, plus de 60% sont favorables à une baisse des dépenses de l’État et à limiter constitutionnellement le recours au déficit (mise en place d’une règle d’or). Jusqu’à présent, les candidats à la présidentielle, officiellement déclarés ou non, semblent en retard sur l’opinion.

Il serait temps que la classe politique et l’administration apprennent le principe de base de tous les prestataires de service : la généralisation des meilleures pratiques. Plutôt que de vouloir réinventer la roue, ou de distribuer de l’argent à des fins clientélistes, il faut s’inspirer de ce qui marche chez les autres.

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Rosenzweig : chronique de la violence policière ordinaire à Bruxelles

Par courrier-strateges

Michel Rosenzweig

Philosophe et psychanalyste

Merci à l’auteur de nous permettre de republier son article  

 

1er avril 2021 : Grand Polo policier au Bois de cambre

 
Fin d’après-midi ensoleillée. Des centaines de personnes, quelques milliers, environ cinq mille, se retrouvent éparpillées et regroupées dans la grande plaine du bois de la Cambre à Bruxelles pour respirer, échanger, danser, respirer, chanter, crier après un an de régime sanitaire étouffant, enfermant, déprimant. Une véritable petite armée composée de plusieurs bataillons de policiers les attend à pieds accompagnés des brigades canines, équestres, en autopompes, en petits véhicules blindés, à vélo, l’ensemble surplombé par un hélicoptère tournant en cercles continus à quelques centaines de mètres d’altitude avec le bruit caractéristique des pales brassant les masses d’airs dans une atmosphère angoissante digne d’une scène collector du film culte Apocalypse Now.
Progressivement, les forces de l’ordre dépêchées en nombre impressionnant vont encercler la foule par la tactique de la nasse, avançant en cohortes rectilignes en tapant sur leur bouclier avec leurs matraques pour intimider et effrayer la population comme le faisaient les vikings et les légions romaines ou encore les guerriers spartiates donnant l’assaut aux troupes troyennes lorsqu’elles engageaient le combat.
Ambiance.
Bienvenue au royaume de Belgique, capitale et cœur de l’UE dont le parlement approuvera le passeport sanitaire au début de ce mois de juin.
 
 

Piétons renversés et piétinés

Les scènes violentes qui se sont déroulées pendant des heures ont fait le tour de la toile médiatique en débordant largement les petites frontières belges et chacun aura pu voir au moins l’une d’entre elles.
Comment ne pas éprouver du dégoût, de la colère et un sentiment de révolte face à ces séquences relevant d’une esthétique fasciste obscène et pornographique qui rappelle quelques régimes disparus et d’autres encore en vie?
Chevaux, bottes, longues matraques, charges équestres, piétons renversés et piétinés, jeunes maintenus au sol par la technique dangereuse du pliage qui consiste à maintenir une personne assise, la tête appuyée sur les genoux afin de la contenir, puis menottés à l’aide de colsons, arrestations administratives et judiciaires, camions autopompes fonçant dangereusement sur la foule, largages de gaz lacrymogènes, spray au poivre, tout ceci je l’ai vu et vécu ayant été au cœur de l’événement.
A plusieurs reprises on pouvait palper la tension montante qui parfois culminait en éclatant en hurlements et en cris scandant « liberté, liberté ». Il y eu aussi quelques mouvements de foule dans lesquels on pouvait voir des jeunes courir et converger vers un endroit où un des leurs était malmené par la police. Il s’en fallut de très peu pour que la situation dégénère dangereusement, objets contondants lancés sur les véhicules de police, échauffourées corporels, feux de bois.
Violence légitime illégale contre violence légale illégitime de l’Etat.
Et tout ça pour quoi ?
Quelles infractions, quels délits ou quels crimes ont commis ces personnes, jeunes et moins jeunes, qui justifient un tel déploiement de forces de l’ordre et de tels abus de l’usage déplacé et excessif de la force publique ?
C’est dans la réponse que se trouve la gravité des faits du Bois de la Cambre et leur portée symbolique et politique : s’être rassemblés en nombre dans un espace public en plein air pour faire la fête ou tout simplement se détendre, sans avoir respecté les mesures sanitaires, à savoir la distanciation physique entre individus, un mètre cinquante, quatre personnes par groupe et le port du masque obligatoire en plein air qui est en vigueur depuis des mois à Bruxelles, même dans les espaces verts, voire même en pleine forêt.
Dura Lex sed Lex.
Certes, mais de quelle loi parle-t-on ?
D’une loi inexistante pour le moment, car en préparation puisque l’état a été contraint de la faire voter endéans le mois suite au récent jugement du tribunal de première instance de Bruxelles afin de rendre légales et conformes à la constitution toutes les mesures sanitaires prises par arrêtés et au nom desquelles le carrousel policier émétique a pu avoir lieu.
En attendant, la chaîne de commandement ignore tout simplement ce vide législatif et les autorités locales agissent comme bon leur semblent, le baron local Philippe Close fait ce qu’il lui plaît et le pouvoir fédéral approuve et collabore en donnant ses ordres à exécuter. Après moi les mouches, s’asseoir sur les fondements de l’état de droit semble devenir la norme et un sport fédéral en Belgique. Mais attention, le bourgmestre est juriste et répète sur les ondes officielles qu’il est très attaché à cet état de droit et qu’il demande depuis un an déjà qu’une loi pandémie soit approuvée par le parlement, vous savez, cette chambre des représentants sensée contrôler l’exécutif qui est en roue libre depuis un an.
Autrement dit, ce qui s’est produit le 1er avril n’est que l’avant-goût illégal de ce qui se produira légalement lorsque l’état se sera mis en conformité légale avec la constitution après que des juristes avisés et des constitutionnalistes émérites auront pondu leur projet de loi pandémie pour le faire approuver et voter par un parlement godillot aux ordres d’un pouvoir devenu malsain (tiens bonjour Maître Uyttendael et Maître Delpérée, on se cache dans sa résidence secondaire, on est devenu mutique ?)
Et comme toujours, deux camps s’affrontent, celui des covidistes convaincus qu’en plein air ces mesures sont nécessaires quand bien même elles ne tiennent pas la route scientifiquement comme cela a déjà été mainte fois démontré, approuvant et plaignant la police, les pauvres, et accablant ces jeunes inconscients et égoïstes ainsi que tous les « complotistes » récalcitrants qui ne demandent qu’à pouvoir respirer librement en se baladant ou en faisant la fête, activité devenue dangereuse car mettant paraît-il la vie d’autrui en danger, alors que les derniers mois ont bien montré qu’aucun de ces événements festifs n’avait donné naissance à un seul « cluster ».
 
 

Photo: ronde policière nocturne au bois de la Cambre, auteur inconnu.

Le crépuscule de la démocratie

La dictature sanitaire n’a jamais aussi bien porté son nom, ceux qui ne la voient pas ont le regard mutilé et le jugement aboli. Il sont devenus étrangers à eux-mêmes, soit aliénés par la peur et la propagande.
Au nom de la santé et d’un danger décrété urgence absolue, la virocratie biocidaire tourne à présent au fascisme blanc et elle s’installera bientôt totalement légalement dans l’indifférence quasi générale et avec l’approbation d’une large majorité consentante.
Après, il ne restera que les ruines d’une société dont la liberté fut jadis le phare et la pierre angulaire. Et les larmes pour pleurer ou la révolte et l’insurrection, au choix.
Lorsque les lois ne respectent plus les libertés fondamentales, elles ne sont ni respectées ni respectables. La loi n’est pas le gibet.
Lorsque le Droit n’est plus au service des êtres humains mais au service de la tyrannie (sanitaire), la démocratie s’évapore dans les vapeurs du totalitarisme sanitaire.
Il est temps de reconquérir nos droits et nos libertés, comme le prescrit notre constitution.
 
 
 
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Comment Biden applique loyalement le Great Reset de Davos

Par Éric Verhaeghe

Les conditions dans lesquelles Joe Biden est arrivé au pouvoir ont été mouvementées, ce que la presse française s'est empressé d'oublier. Le président démocrate présente un deuxième plan de relance en un mois qui satisfait tous les fantasmes des castes au pouvoir en France, qui s'enthousiasment pour ainsi dire unanimement devant les désormais plus de 4.000 milliards $ déversés sur l'économie américaine, même si l'ampleur de ces sommes soulève des questions. Ceux qui ont lu le Great Reset ont pourtant les réponses à cet ensemble, car la politique de Biden paraît directement inspirée par les propositions de Davos.

Joe Biden vient d’aligner son second plan de « relance », en seulement un mois, à 2.200 milliards $. Le premier a permis de pratiquer l’helicopter money et favorise une reprise massive de l’économie mondiale qui crée des pénuries et causera probablement un mouvement durable d’inflation. Le second vise à investir dans les équipements publics, à la manière du New Deal de Roosevelt. 

Le retour du Big Government d’avant Reagan

Les pourfendeurs du « néo-libéralisme » applaudiront avec joie le retour du « Big Government » voulu par Joe Biden. Le gouvernement fédéral va investir massivement dans les infrastructures, notamment les autoroutes et les ponts, pour stimuler l’activité économique. On connaît par coeur cette logique keynésienne (dont l’inefficacité est bien connue) qui fait fantasmer la caste dominante en France. 

Le pari de Biden est assumé : il veut mettre fin à 40 ans Reaganomics, selon qui « l’Etat n’est pas la solution, mais le problème ». C’est la logique même de l’énarchie qui triomphe outre-Atlantique, après un mandat de Trump largement contesté par l’establishment démocrate : l’Etat vous protège, l’Etat vous sauve. 

Ce principe dont l’effondrement de nos finances publiques et la persistance de notre chômage de masse prouvent l’ineptie  nourrit déjà les fantasmes macroniens d’un nouveau plan de relance pour 2022

Mais Biden ne se contente pas d’inonder l’économie américain de milliers de milliards $, il propose aussi des hausses d’impôts sur les entreprises au niveau international. Ce que les Etats-Unis font, tout le monde devrait le faire pour ne pas leur livrer une « concurrence déloyale ». Le nouveau président américain compte donc sur le G20 et le multilatéralisme pour éviter l’optimisation fiscale des GAFAM

Des propositions proches du Great Reset de Davos

Ce qui frappe dans cet ensemble de mesures prises rapidement après l’accession de Biden au pouvoir, c’est leur proximité avec le programme préconisé par les acteurs du Great Reset et du forum de Davos. Nous pourrions reprendre ici l’énumération des mesures de la nouvelle administration américaine explicitement proposée par Klaus Schwab :

Mesure de Biden Proposition Great Reset
Helicopter money
Page 16 édition française
Maintien allocation chômage
Page 45
Vaccination massive
Page 41
Investissement massif dans les infrastructures
Page 50
Lutte contre le changement climatique
Page 77
Affirmation du Big Government
Page 73
Hausse de l'impôt sur les sociétés
Page 150

Comme on le voit, il existe de vraies concordances entre ce que Biden « déroule » pour l’Amérique et ce que les concepteurs et animateurs du Great Reset avaient imaginé, en rongeant leurs freins face à la politique de Trump dont ils souhaitaient ardemment le départ. 

Ces ressemblances supposent toutefois de ne pas se laisser emprisonner dans une vision trop systématique des ponts existants entre le forum de Davos et la politique démocrate aux USA. 

Comment Davos a influencé Biden

Il serait erroné, ici, d’imaginer un quelconque complot caché. L’influence de Davos n’a rien à voir avec une intervention mystérieuse. Elle a été détaillée par le New York Times à la mi-janvier

Biden s’est en effet entouré d’une équipe d’experts sous la houlette du patron de la banque JPMorgan pour préparer son programme. Cette équipe était purement Davos compatible, intégrant le président du laboratoire Johnson & Johnson (à qui Joe Biden vient d’acheter 200 millions de doses de vaccins, comme c’est bizarre !) et… le Français Bernard Arnault. 

Tous ces gens montrent comment le forum de Davos n’a pas besoin d’être « présent » pour percoler. Il suffit que les adeptes de ce think tank international participent à des groupes de travail pour mobiliser les idées conservées en stock par le World Economic Forum, et le tour est joué. 

C’est précisément à cela que sert un think tank : à exercer un soft power, ou pouvoir d’influence. 

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Olivier Galland : L’écologie politique nous amène-t-elle sur la route de la servitude?

Par courrier-strateges

Olivier Galland

Sociologue, directeur de la recherche au CNRS

 

( Nous remercions L’auteur et le site Telos-eu de nous permettre de republier cet article )

 

 

Friedrich Hayek fit paraître La Route de la servitude en 1944 alors que la Seconde Guerre mondiale n’était pas encore arrivée à son terme. Cet ouvrage soutenait la thèse iconoclaste que, malgré leurs divergences sur d’autres points, le nazisme et le communisme avaient une racine commune dans leur haine du libéralisme et de l’individualisme. Il valut quelques déboires à son auteur et l’isola un temps de ses pairs avant qu’il obtienne finalement le prix Nobel d’économie en 1974[2].

Les principes individualistes auxquels Hayek est attaché et qu’ont combattus le nazisme comme le communisme ne sont pas équivalents à l’égoïsme. Ils consistent, dit Hayek, à « respecter l’individu en tant que tel », à « reconnaître que ses opinions et ses goûts n’appartiennent qu’à lui » et à « croire qu’il est désirable que les hommes développent leurs dons et leurs tendances individuels ». Sa pensée s’inscrit dans la défense de l’autonomie du sujet. Combattue par différentes formes de totalitarisme au XXe siècle, ce courant philosophique issu des Lumières n’a fait que s’étendre et se développer par la suite dans les sociétés occidentales.

Dans son ouvrage, Hayek veut avertir ses contemporains des dangers que font courir aux sociétés libérales et aux individus partageant ce goût de la liberté les programmes politiques qui visent, parfois avec les meilleures intentions du monde et au nom d’idéaux élevés, à « une refonte totale de la société », en ne cherchant pas à « augmenter ou améliorer l’outillage existant » mais en décidant « de le mettre tout entier au rebut et de le remplacer ». Il cite en exergue d’un de ses chapitres cette phrase du poète Friedrich Hölderlin : « Ce qui fait de l’Etat un enfer, c’est que l’homme essaie d’en faire un paradis ».

Nazisme et communisme avaient rêvé un « homme nouveau », une société purifiée et régénérée. Ces expériences ont défini une bonne partie, la pire, du XXe siècle. Elles pourraient sembler derrière nous. Mais l’ambition qui les animait n’est pas née avec elles et ne s’arrête pas avec elles. C’est en cela que la lecture de Hayek a du sens aujourd’hui, quand resurgissent des programmes politiques prônant un virage radical des sociétés contemporaines. Tout un pan de l’écologie politique est concerné, sans qu’on sache bien s’il s’agit des dernières traces d’une radicalité activiste et marginale ou si c’est le début d’une vague nouvelle, plus inquiétante. Hayek n’est évidemment pas un oracle et il a certainement pu se tromper sur certains points. Mais beaucoup de ses arguments sont affutés et méritent d’être passés au crible de la situation contemporaine, dans une sorte d’exercice intellectuel.

Notons au passage qu’Hayek aurait pu être aujourd’hui un économiste de l’environnement. N’écrit-il pas (p. 44) qu’il y a des cas où « il y a une divergence entre les éléments qui entrent dans les calculs individuels et ceux qui affectent le bien-être social » ; et il poursuit que « chaque fois que cette divergence devient importante, il faut peut-être imaginer une autre méthode que la concurrence pour fournir les services en question ». À cet égard, il prend l’exemple « des effets funestes du déboisement, de certaines méthodes agricoles, de la fumée et du bruit des usines », dommages pour lesquels il faut « imaginer quelque chose qui remplace le mécanisme des prix ».

Mais l’écologie politique est loin de n’être qu’un programme environnementaliste. Son programme va bien au-delà de la préoccupation de réparer ou de prévenir les dégâts causés à l’environnement par les sociétés modernes. Il vise explicitement à une transformation radicale de ces sociétés, en renversant la plupart des tendances qui les ont fait évoluer jusqu’à présent. Les tenants de ce programme affirment que cette radicalité est absolument indispensable pour atteindre les objectifs environnementaux qui sont visés. On n’est pas forcé d’être d’accord avec cette idée ; en tous les cas elle peut être discutée, mais ce n’est pas l’objet de ce papier. Supposons simplement que le programme politique de transformation sociale puisse être indépendant et puisse être dissocié des objectifs purement environnementaux, ou si l’on pense que cette dissociation est impossible convenons qu’il faut étudier lucidement les conséquences politiques de ce choix.

 

Un programme anticapitaliste

Car le programme de l’écologie politique, du moins le programme français, est bien radical[3]. Beaucoup d’électeurs n’en ont probablement pas conscience car il n’est pas mis en avant dans le débat public qui porte avant tout sur les questions du climat et de l’environnement, constat sur lequel il y a un large consensus (à part quelques climato-sceptiques déconsidérés et très isolés). Ce programme est explicitement anticapitaliste, et d’une façon moins pensée il est aussi anti-individualiste. Pour s’en convaincre il suffit de se rendre sur le site d’Europe Ecologie les Verts et, dans la rubrique « Le projet », de consulter l’onglet « Bien vivre 2017 » qui « actualise le projet écologiste ».

La dénonciation du capitalisme y est omniprésente : « Le capitalisme, productiviste et consumériste, impose la marchandisation générale du vivant et du non-vivant. (…) Tous ces signaux sont inquiétants et nécessitent de déconstruire l’imaginaire capitaliste qui domine la planète et impose sa «volonté de puissance», son rapport de prédation à la nature, ses choix économiques, sociaux, politiques… »

Cette dénonciation conduit au choix d’une « société de post-croissance » où il sera « indispensable de prévoir et de planifier » en engageant une « politique volontariste » menée par « un État stratège face aux lobbys et aux puissances financières qui refusent de prendre le virage d’une société post-croissance ». Ce type d’orientation politique est ce que Hayek appelle le « planisme » qui veut se  substituer à la concurrence pour organiser toute la société en vue d’un but donné. Cette politique, dit Hayek, en prenant l’exemple de l’Allemagne du dernier tiers du XIXe siècle, a recours au protectionnisme et à la création, par incitations puis par contrainte, de monopoles.

Le programme de « Bien vivre 2017 » prévoit ainsi que des activités comme l’éducation, la santé, la protection de la nature et de l’environnement, mais aussi la culture, les transports, l’énergie ou les télécommunications « doivent demeurer sous maîtrise d’ouvrage publique et pouvoir déroger à l’exigence de rentabilité financière ». D’une manière plus générale, on lit dans le document qu’il « s’agit ‘d’écologiser’ l’ensemble des secteurs de l’économie », sans qu’on sache quel sera le sort des récalcitrants. Mais il ne fait guère de doute que le principe de la libre entreprise aura vécu puisque les « nouveaux principes de management » prévoient « la mise en place d’un processus permettant de passer de la soft law (mesures incitatives) à la hard law (mesures contraignantes) et d’accompagner les entreprises dans leur progression afin d’inscrire dans le dur de la loi les progrès réalisés ».

Un nouveau collectivisme?

Mais le plus important dans le programme de l’écologie politique, et ce que Hayek aurait probablement dénoncé avec le plus de vigueur, est son orientation clairement anti-individualiste. Hayek écrit des pages très pénétrantes au sujet du planisme et de la démocratie, qui trouvent un écho avec le projet de l’écologie politique. Son argument est que le collectivisme (qui découle de la volonté d’orienter toute la société de manière unilatérale, projet de ceux que Hayek appelle les « idéalistes unilatéraux »), fait faire à la société un formidable retour en arrière, la fait revenir à l’état des sociétés prémodernes où l’homme « était entravé par d’innombrables tabous » et « pouvait à peine concevoir la possibilité d’agir autrement que ses semblables ». Or il s’agit bien de cela dans le projet de l’écologie politique, rien de moins que de « changer de logique sociale et de système de valeurs, qui enferment dans le consumérisme, le ‘toujours plus’, les effets délétères de la compétition et la recherche de puissance ». Il faut mettre fin à « la multiplication des besoins matériels inutiles » et « en finir avec cette foi quasi religieuse dans le progrès ».

Mais comme l’explique Hayek, « il n’existe pas, ou de moins en moins, de ‘code moral complet’ qui indiquerait à chacun la façon de se conduire ». Au contraire, poursuit-il, « la morale a de plus en plus tendu à devenir une simple limite autour de la sphère à l’intérieur de laquelle l’individu peut faire ce qui lui plaît ». Et il conclut : « L’adoption d’un code éthique assez complet pour déterminer un plan économique unitaire signifierait un renversement assez complet de cette tendance ». N’est-ce pas quelque chose de ce genre que propose l’écologie politique en France ?

Hayek reconnaît néanmoins que les « fins individuelles » peuvent coïncider avec des « fins sociales », mais il limite cette idée au cas « où les idées individuelles coïncident ». Ce qu’on appelle alors des fins sociales « sont simplement des fins identiques d’un grand nombre d’individus ». Mais Hayek ajoute que « plus une action a de portée, moins il est probable qu’ils se mettront d’accord à son sujet ». Or, le problème avec l’écologie politique c’est qu’elle entend changer fondamentalement les modes de vie et les modes de consommation. Elle entend donc s’introduire dans la vie intime de chaque individu et transformer fondamentalement son orientation au regard de ce qu’elle est depuis des siècles.

 

Un rapport ambigu à la démocratie

Que risque-t-il de se passer alors ? Hayek l’explique de façon très claire. On risque de s’engager dans une voie « dont l’exécution requiert plus d’accord qu’il n’en existe en fait ». On aura, dit-il, défini le but par un terme vague, « comme par exemple ‘bien-être général’ qui ne fait que dissimuler l’absence d’un véritable accord sur le but du plan ». Et ce flou risque de conduire au discrédit des institutions démocratiques : « On en vient à considérer les parlements comme d’inutiles parlotes, incapables d’accomplir les tâches en vue desquelles ils ont été élus. » On sera de plus en plus conduit à penser que « pour arriver à un résultat il faut libérer les autorités responsables des entraves de la procédure démocratique ». Les tenants de l’écologie politique ont d’ailleurs par avance anticipé cette faiblesse, à leurs yeux, des institutions de la démocratie représentative, puisqu’ils proposent de développer hardiment la « démocratie directe » et de « généraliser les conventions de citoyens ».

L’idée de Hayek est qu’un projet politique fondé sur un plan total d’orientation ou de réorientation de la société dans tous les domaines ne peut trouver l’accord de tous sauf à rester vague sur le but à atteindre. Cette impossibilité d’un accord, un moment camouflée, finit par déboucher sur des mesures autoritaires imposées par une minorité qui elle, est bien d’accord sur les finalités. Pour lui, « lorsque le régime est dominé par une doctrine collectiviste, la démocratie finit inévitablement par se détruire elle-même ». Il remarque aussi fort justement « qu’il est au moins concevable que sous le gouvernement d’une majorité homogène et doctrinaire, la démocratie soit aussi tyrannique que la pire des dictatures ».

L’objet de ce papier n’est pas de prédire que la mise en œuvre du programme de l’écologie politique débouchera inéluctablement en France sur une formidable régression démocratique. Hayek lui-même aurait détesté cette sorte de déterminisme historique. Mais il vise à pointer les risques que fait courir aux libertés individuelles un projet politique (qui n’est pas simplement un projet écologique) visant à réformer fondamentalement les comportements et les désirs humains, tels qu’ils se sont manifestés depuis plusieurs siècles « avec le développement du commerce » qui a permis, dit Hayek, « de satisfaire des désirs sans cesse plus étendus » et d’enraciner chez les hommes la « croyance en la possibilité illimitée d’améliorer leur sort », désirs et croyance que l’écologie politique voudrait freiner ou réorienter.

Ceux qui sont attachés à la fois à la préservation de l’environnement et à la préservation des libertés individuelles doivent réfléchir aux moyens de rendre ces objectifs conciliables, ce qui n’est certainement pas une tâche impossible si l’on croit à l’ingéniosité humaine et aux progrès de la science mise au service de l’environnement.

 

[2] Dans son excellent essai L’Appel de la tribu (Gallimard, 2021), Mario Vargas Llosa consacre un chapitre à Friedrich Hayek, un de ses mentors intellectuels.

[3] Ce n’est pas le cas des Grünen allemands qui défendent l’économie de marché et reconnaissent que les « échecs du marché » comme la pollution au sens large (y compris CO2), peuvent être corrigés par des mécanismes de marché (ils prônent une extension du système ETS).

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Nouveau couac de l’Etat, cette fois sur l’école à la maison

Par Éric Verhaeghe

Le premier jour de l'école à la maison, qui inaugure la semaine de fermeture forcée des écoles, a donné lieu à un couac majeur. Les espaces numériques de travail sont en effet massivement tombés en rade... comme l'an dernier dans les mêmes circonstances, prétendument à cause d'une attaque massive venue de l'étranger. Une fois de plus, l'Etat centralisateur semble incapable de mener à bien ses missions, alors même que le budget de l'éducation nationale est colossal. La faillite des services de l'Etat est une nouvelle fois patente.

Jour 1 des cours à distance : l'espace numérique de travail est en panne. Mais pas de souci "on est prêts" dit @jmblanquer ! #BlanquerMent @SNESFSU @VosgesMatin @VosgesFM @magnumlaradio @viaVosges @HuartJean pic.twitter.com/0tDKOnDXf9

— SNES-FSU-VOSGES (@SnesFsuVosges) April 6, 2021

Le premier jour de l’école à la maison a assez mal débuté pour les familles et les enseignants. Dès potron-minet, le service est tombé en rade, condamnant tous les enfants inscrits dans une école publique au « chômage », et suscitant une vague d’indignations et de protestations dans la communauté éducative. 

Le ministre Blanquer accuse l’étranger

Selon le ministre Blanquer, cette panne géante est le résultat d’une attaque venue de l’étranger

« Vous avez des attaques informatiques. C’est le cas de ce qu’il se passe pour le Cned ce matin où vous avez des attaques informatiques, apparemment venues de l’étranger pour (…) empêcher les serveurs de fonctionner. Le travail technique est en train d’être fait pour rétablir cela. Fort heureusement, cela ne touche pas tout le monde partout »

Le même motif avait été invoqué l’an dernier, dans les mêmes circonstances, pour expliquer l’incapacité des enseignants et des élèves à se connecter au système de l’éducation nationale. 

Une fois de plus, l’Etat centralisateur n’a pas anticipé

L’agacement de la « communauté éducative » vient du défaut d’anticipation qui définit si bien l’Etat centralisateur. Si l’on peut comprendre que les systèmes informatiques soient la cible d’attaques en règle, pourquoi conserver un seul système centralisé qui met tout le monde en difficulté au moindre problème ?

Une fois de plus, le risque d’effondrement de ce système unique ne semble pas avoir été pris en compte par l’administration qui en a la charge, et aucune parade crédible ne semble avoir été trouvée à un problème déjà rencontré il y a un an…

À quoi servent les moyens colossaux de l’Éducation Nationale ?

Cette répétition des mêmes problèmes pose la question de l’utilisation des moyens colossaux mis à disposition de l’Éducation Nationale pour accomplir ses missions. Rappelons que, en 2020, le seul enseignement scolaire (c’est-à-dire le premier et le second degré, hors enseignement supérieur) a coûté 74 milliards € au contribuable, dont 2,2 milliards pour la bureaucratie éducative (officiellement). Ce chiffre intègre les près de 8 milliards attribués à l’enseignement privé.

À cette somme considérable, il faut ajouter les 29 milliards de la recherche et de l’enseignement supérieur. Soit une dépense de plus de 100 milliards pour l’enseignement… ce qui est, de très très loin, le premier budget de l’Etat. 

L’utilisation de ces moyens étonne. 

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Le « couple franco-allemand » est mort. Conseils stratégiques aux dirigeants français qui ne s’en sont pas encore aperçus

Par Edouard Husson

Le "couple franco-allemand" n'existe plus depuis longtemps. Les Allemands le savent et ont l'intelligence politique de ne pas le dire. Car les dirigeants français y croient encore dur comme fer. Et, ce faisant, se privent d'une politique plus conforme aux intérêts français au sein de l'Union Européenne.

Jeudi 1er avril, lors d’une audition devant la commission des Affaires européennes du Sénat, Clément Beaune expliquait à propos d’une évolution du pacte de stabilité européen: « Nous devrons avoir une discussion franco-allemande d’abord, sans doute en fin d’année 2021, début 2022 avec le nouveau gouvernement fédéral » issu des législatives de septembre. 

Laissons de côté la maladresse qui consiste à faire de ce sujet un thème pour la campagne électorale allemande de cet été alors qu’une partie non négligeable de l’opinion allemande reste hostile à un assouplissement des règles d’équilibre budgétaire issues des traités européens. Bruno Le Maire lui-même s’est plaint récemment des freins mis par des personnalités conservatrices et le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe à l’adoption du plan de relance. Laissons de côté aussi la question de fond: est-ce une bonne chose pour la France que la France continue à laisser filer ses finances publiques, tout en obtenant de l’UE une distinction entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement. 

Le problème posé par la déclaration de M. Beaune tient au caractère anachronique de la politique française. Les dirigeants français  s’accrochent à la priorité du couple franco-allemand au sein des institutions européennes alors qu’ils n’en ont pratiquement rien retiré ces dernières années, comme je l’ai montré dans un livre récent.. 

Le mythe du couple franco-allemand

Il existe en France tout un récit officiel qui mène de la réconciliation à l’amitié franco-allemande et de cette amitié à l’approfondissement constant de la construction européenne.  Or cette « amitié » politique à laquelle les commentateurs français donnent le nom de « couple » – une expression jamais utilisée en Allemagne – (1) a connu de sérieuses interruptions et (2) a été en permanence l’objet de considérations de puissance chez les deux partenaires. 

(1) On mentionne rarement le fait que le Général de Gaulle mit largement en sommeil, à partir de 1963, la coopération franco-allemande car la République Fédérale ne voulait, à la différence de la France, aucune prise de distance vis-à-vis de l’OTAN. On ne veut pas rappeler non plus comme les discussions entre François Mitterrand et Helmut Kohl furent âpres, en 1989-90 au moment de la réunification.  Ou bien comme Madame Merkel détestait Nicolas Sarkozy, derrière les apparences, et supportait mal la pression que le président français, soutenu par Barack Obama, mettait sur elle pour qu’elle ait une politique financière active de lutte contre la crise. La même Chancelière a traîné des pieds pour se rallier à la vision macronienne d’une « souveraineté européenne »; et sans le COVID 19, il n’y aurait jamais eu d’augmentation du budget européen, malgré le plaidoyer constant d’Emmanuel Macron. 

(2) La France et l’Allemagne poursuivent des objectifs différents  au travers du partenariat européen: Paris cherche une « Europe puissance« ; Berlin fait en sorte que ses voisins suivent les règles d’organisation de la vie économique qui régissent la République Fédérale – en gros « l’ordo-libéralisme » – afin de limiter la compétition pour son économie sur le continent et de pouvoir déployer une stratégie d’exportations  à l’échelle du monde.  

6 conseils statégiques aux dirigeants français face à l'Allemagne

L’Allemagne est en train de changer à grande vitesse. En particulier, dans les sondages, on assiste à une chute accélérée de la CDU, le parti de Madame Merkel. Elle devrait avoir du mal, lors des prochaines élections législatives, à dépasser les 25% (alors qu’elle était à 41% en 2013) et n’aura vraisemblablement que quelques points d’avance sur les Verts et moins de dix sur le SPD. Le prochain chancelier, vraisemblablement à la tête d’une coalition de trois partis, sera donc bien plus faible que ses prédécesseurs. D’autre part, l’Allemagne a perdu progressivement les arbitrages au sein de l’UE, depuis une dizaine d’années, concernant les politiques d’assouplissement budgétaire et monétaire: ils se sont fait malgré elle. Enfin, le départ de la Grande-Bretagne de l’UE est un coup dur pour l’Allemagne, dans la mesure où cette dernière pouvait le plus souvent compter sur un soutien britannique dans les votes, au service de l’approfondissement du « grand marché ».  

Tous ces bouleversements de la donne européenne devraient amener les dirigeants français à changer radicalement de stratégie face à l’Allemagne. 

  1. La consultation par Paris de Berlin, dont la position est affaiblie dans l’UE par la décennie 2010, doit clore une négociation européenne et non être un préalable, comme le croit encore M. Beaune. 
  2. Les décisions en Allemagne se prendront de moins en moins à Berlin et de plus en plus dans les capitales économiques régionales – Düsseldorf, Francfort, Stuttgart, Munich, Dresde. C’est là qu’il faut développer nos réseaux, tisser des liens personnels désormais. La politique franco-allemande ne se traite plus seulement entre gouvernements nationaux mais aussi entre régions, entre villes
  3. Les Allemands qui travaillent au sein des institutions européennes sont devenus également très importants comme cible de lobbying. Qu’ils travaillent à la Commission, sous l’autorité d’Ursula von der Leyen ou au Parlement, leur avis compte beaucoup. A l’inverse, si on les oublie, ils peuvent bloquer une politique française. 
  4. Nous devons arriver à Berlin et aux conseils européens en ayant déjà constitué des majorités qui, au besoin, s’imposent à l’Allemagne. Cela veut dire que, du point de vue de la France, il n’y a plus de « petits pays ». Tous les votes comptent.   
  5. La présence à la tête du gouvernement italien de l’ancien président de la BCE, Mario Draghi, l’homme qui a forcé, en 2012-2013, les Allemands à une politique monétaire plus souple est un atout pour la France. Ce devrait être l’occasion de créer une vraie communauté d’intérêts de la France avec l’Italie et l’Espagne, pour peser plus dans les institutions européennes
  6. Enfin, quels que soient nos partenaires de négociation, pour être crédible, la France doit remettre ses finances publiques en ordre. Cela vaut particulièrement, bien entendu, vis-à-vis de l’Allemagne, qui ne nous prend plus au sérieux depuis des années, du fait de nos déficits (réalisés à l’abri des taux d’intérêts bas qu’elle garantit pour la zone euro). 
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Vaccin Johnson & Johnson : quand Joe Biden copine avec Big Pharma !

Par Laurent SAILLY

Joe Biden fait-il un cadeau à ses soutiens avec la campagne de vaccination massive et des commandes en veux-tu en voilà au labo Johnson & Johnson ?

 

1.UNE VALIDATION EXPRESS

Les États-Unis ont accordé le samedi 27 février une autorisation en urgence au vaccin de Johnson & Johnson pour les personnes âgées de 18 ans et plus. Johnson & Johnson s’est engagé à acheminer 100 millions de doses aux États-Unis avant la fin du mois de juin. Avec 600 millions de doses commandées au total à Pfizer et Moderna, les États-Unis disposeront déjà, d’ici la fin juillet, d’assez de vaccins pour immuniser la quasi-totalité de la population. 

 

2.UNE COMMANDE EXCEPTIONNELLE

Le 10 mars dernier, on apprenait que les États-Unis voulaient acheter 100 millions de doses supplémentaires du vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson, ce qui doublerait leur commande à l’entreprise pharmaceutique rapportent Le Figaro avec l’AFP.

Selon un article du New York Times du 31 mars, une erreur humaine survenue dans une usine américaine située à Baltimore a provoqué la perte malheureuse de 15 millions de doses. Un immense gâchis !

 

3.LES BEAUX JOURS DU COPINAGE CAPITALISTE

Sous la forme d’un document établi pour sortir de l’ère Trump, Jamie Dimon appelle les dirigeants à défendre des politiques publiques d’intérêt général, quand bien même ces mesures nuiraient à leurs propres intérêts financiers de court terme (Magazine Challenge). 

Comment douter de l’appel de ces dirigeants à défendre des politiques publiques d’intérêt général. Même si certaines de ces mesures nuisent parfois à leurs propres intérêts financiers de court terme, le temps d’entreprise travaille pour eux. Le capitalisme de copinage progresse à grands pas aux États-Unis et est la norme en Chine où l’on a le droit de s’enrichir tant qu’on plait au parti. L’affaire Johnson & Johnson en fournit un bel exemple.

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Conseil d’Etat : non, être vacciné ne garantit ni l’immunité ni la protection contre le COVID

Par Didier Picot

Un homme de 83 ans, vacciné, a demandé au juge des référés du Conseil d’État de suspendre les restrictions de déplacement prises par le Gouvernement afin qu’elles ne s’appliquent plus aux personnes vaccinées. Le Conseil d’État a rejeté sa demande considérant que les personnes vaccinées peuvent être porteuses du virus et contribuer à sa diffusion. Un mauvais coup pour ceux qui imaginaient qu'une vaccination complète leur rendrait une vie normale.

Vendredi 2 Avril 2021, le Conseil d’Etat, c’est à dire la juridiction ultime en France en matière de droit administratif, a publié une ordonnance déboutant un citoyen octogénaire qui demandait à ne plus être astreint au confinement puisqu’il était désormais vacciné. 

M. B, 83 ans, avait fait valoir que « les résultats d’études démontraient que les différents vaccins étaient pleinement efficaces » et que « l’interdiction de déplacement avait les mêmes effets qu’une assignation à résidence (…) » ce qui constituait « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir ».

La défense, c’est à dire les fonctionnaires du ministère de la santé et des solidarités, a pour sa part soutenu « qu’il n’est porté aucune atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées. » Les conseillers d’Etat, fidèles lecteurs du Courrier des Stratèges, n’ont pas porté au public les documents produits par le ministère de la Santé : impossible de savoir si, comme nous l’avions fait remarquer récemment, les services de Véran ont exposé leur scepticisme vis-à-vis de l’efficacité du vaccin. 

Pas de certitude quant au vaccin, donc pas de problème de liberté

Le juge des référés du Conseil d’Etat a tranché en faveur du ministère au motif (alinéa 7.) que « s’il est vraisemblable, en l’état, que la vaccination assure une protection efficace des bénéficiaires, (…) les personnes vaccinées peuvent cependant demeurer porteuses du virus et ainsi contribuer à la diffusion de l’épidémie dans une mesure à ce stade difficile à quantifier (…). En conséquence, poursuit l’ordonnance,l’atteinte à la liberté individuelle résultant des mesures de couvre-feu et de confinement ne peut, en l’état, au regard des objectifs poursuivis, être regardée comme disproportionnée en tant qu’elles s’appliquent aux personnes vaccinées. »

Le porteur de risque est exclus de la société

La décision du Conseil d’état constitue une modification radicale du principe fondamental de la liberté individuelle telle que stipulée dans notre constitution. Jusqu’à ce jour, un citoyen ne pouvait être privé de liberté que s’il avait été jugé coupable d’un délit et condamné. Désormais, c’est le point fondamental, une personne porteuse de risque pour son entourage peut être enfermée sans que cet enfermement ne constitue, aux regards des objectifs poursuivis, une atteinte disproportionnée à sa liberté.

Or, qui peut prouver qu’il ne présente pas un risque pour son entourage ? Même un test PCR fait à l’instant n’est pas une preuve incontestable. Même un individu vacciné ne peut l’affirmer, d’après le Conseil d’Etat.

Et, si on sort du registre sanitaire, quel conducteur peut prouver que, lorsqu’il prend sa voiture, il n’aura jamais d’accident ? Quel joueur de rugby peut prouver qu’il n’occasionnera pas une blessure à son adversaire, quel joggeur qu’il ne renversera pas une vieille dame, etc. ? Quelle compagnie aérienne peut prouver qu’aucun de ses avions n’aura d’accident ? Quel fabricant de couteau que personne ne se coupera avec ses produits, etc. ?

Par contre, il faut noter qu’un individu porteur d’une carte de fonctionnaire n’est pas tenu de produire une attestation dérogatoire et donc n’est pas astreint au confinement. Donc, par construction règlementaire, un fonctionnaire n’est donc pas un individu présentant un risque sanitaire.

Quel est le sens de ces décisions ?

Le règne de l’arbitraire fonctionnaire « au regard des objectifs poursuivis »

éEn réalité, le mot clé de l’ordonnance du Conseil d’Etat est « au regard des objectifs poursuivis ». Car manifestement, selon le Conseil d’état, il suffit qu’un gouvernement édicte un objectif pour que la constitution ne s’applique plus. Il suffit par ailleurs d’être fonctionnaire pour ne pas être tenu de respecter les règles édictées.

Aujourd’hui, pour autant qu’on puisse dire, l’objectif sanitaire en France semble être de maitriser l’utilisation des capacités de réanimation pour ne pas devoir choisir entre les patients qu’on va soigner. Soit. Si demain, l’objectif du gouvernement devient qu’il n’y ait plus un seul malade du Covid, que se passe-t-il ? S’il décide qu’il ne faut plus un seul mort sur les routes, on interdit les véhicules individuels et seuls les fonctionnaires pourront rouler ?

Est ce qu’un objectif du gouvernement est plus important que le respect des principes fondamentaux de la constitution en matière de liberté et d’égalité ?

La réponse est évidemment négative. En France, nous avons établi en 1789 un principe qui s’appelle l’état de droit, ce qui correspond à peu près à ce que les anglo-saxons appellent « the rule of law » (la règle de la loi).  L’état de droit ne signifie pas que les citoyens doivent obéir à la loi, car c’est aussi (et surtout) le principe des dictatures. Non, l’état de droit signifie qu’il existe des règles indépassables, par exemple la liberté individuelle, l’égalité de tous devant la loi, etc. qui sont supérieures à n’importe quelle loi : les lois qui ne les respectent pas sont invalides.

En prenant cette ordonnance, le juge du Conseil d’Etat énonce que désormais un citoyen ne peut bénéficier de son droit à la liberté que s’il ne présente pas de risque pour la société. Or aucun d’entre nous ne peut le prouver. Jamais. Nous sommes donc tous perpétuellement suspects par principe.

A l’opposé, la caste des fonctionnaires au pouvoir s’est elle-même exemptée de confinement. Par principe, un fonctionnaire est donc non suspect.

La France est donc coupée en deux : d’un côté une caste de fonctionnaires qui édicte la règle et s’exempt de la respecter, de l’autre une masse informe d’individus suspects qui peuvent être enfermés à tout moment « au regard des objectifs poursuivis ». Comment s’appelle un tel régime politique ?

A quel moment la société française va t elle prendre conscience que les fonctionnaires, élus et non élus, ont bel et bien instauré une dictature dont ils resserrent chaque jour davantage le lien autour du cou des Français. 

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Quelques condoléances amicales à Xavier Bertrand, victime de la lutte des castes et du suffrage censitaire

Par Éric Verhaeghe

La candidature de Xavier Bertrand, présentée dans une interview exclusive au Point, semble avoir fait flop... Une semaine plus tard Le Point, l'hebdomadaire de la caste managériale qui s'est imposée comme le maillon indispensable dans l'exercice du pouvoir, sort la carte Edouard Philippe, candidat de remplacement mis en test auprès de "l'opinion" (celle qui ne vote par principe ni Le Pen ni Mélenchon) pour faire barrage au Rassemblement National l'an prochain à la place d'un Emmanuel Macron de plus en plus hollandisé. C'est dommage pour Xavier Bertrand, qui n'a pourtant ménagé ni son temps ni sa peine pour s'attirer les bonnes grâces de ceux qui tirent les ficelles dans ce pays. Qu'il trouve ici des condoléances amicales : voici pourquoi nous les lui adressons.

Après avoir publié une interview de Xavier Bertrand où il déclare sa candidature à l’élection présidentielle, Le Point publie une interview d’Edouard Philippe où… il ne déclare pas encore sa candidature, mais c’est tout comme. On comprend bien à quoi joue l’hebdomadaire de François Pinault : l’émergence d’une candidature de droite modérée est désormais une affaire trop sérieuse pour être laissée, comme en 2016, à une primaire qui avait écarté le poulain Sarkozy et avait vu le triomphe écrasant d’un candidat qui prodiguait des conseils à l’establishment russe (en l’espèce François Fillon). 

Alors qu’Emmanuel Macron est de plus en plus hollandisé, la désignation du principal adversaire de Marine Le Pen est une affaire trop sérieuse pour être laissée à l’opinion et à la démocratie. 

Un suffrage censitaire qui ne dit pas son nom

Beaucoup de Français sont nourris dans le mythe d’autant plus facile qu’il est apparent, d’une élection du Président de la République au suffrage universel direct. Constitutionnellement, bien entendu, c’est vrai. Sauf que les différentes forces qui structurent le jeu démocratique ont inventé de nombreuses astuces pour rétablir un suffrage censitaire qui ne dit pas son nom. 

Dans ces coulisses du pouvoir, les castes dominantes, à savoir, pour aller vite, le CAC 40 et la noblesse d’Etat structurée en grands corps (inspection des Finances, Conseil d’Etat, en particulier), font feu de tout bois pour conserver le contrôle de la situation et trouver un candidat qui défendra leurs intérêts, c’est-à-dire fera barrage à un Rassemblement National par nature étranger à leur vision du monde.

Ces classes avaient sorti Emmanuel Macron du chapeau en 2016. Mais l’expérience tourne mal : non seulement, la capacité de leur créature à diriger le pays pose de sérieuses questions, mais la créature elle-même leur a largement échappé. On pense en particulier à Jean-Pierre Jouyet ou à Jacques Attali qui n’ont pas caché leur dépit de ne plus être pris au téléphone par le Président quand ils le souhaitaient. 

La hollandisation de Macron devient un problème

Laissons là encore la parole au Point, qui s’adresse en priorité à cette caste managériale dont le CAC 40 a besoin pour « tenir » le pays. Alors que l’hebdomadaire a commandé un sondage sur les chances qu’Édouard Philippe avait de gagner, il relaie un autre sondage, au moins aussi important : 2 Français sur 3 ont une mauvaise opinion de la gestion du COVID par Emmanuel Macron. 

Voilà le problème de fond qui effraie les castes dominantes : Emmanuel Macron pourrait perdre face à Marine Le Pen. C’est très gênant, cette hollandisation du président sortant qui risque de livrer la France à une aventure d’autant plus risquée qu’elle n’est pas sous contrôle. 

Marine Le Pen, honnie par les castes au pouvoir

Malgré sa dédiabolisation, Marine Le Pen continue à faire peur aux castes dominantes, et surtout elle continue à les répugner. Elle fait peuple. Elle porte encore sur elle l’odeur de soufre qui précédait son père. Intellectuellement, elle n’impressionne pas. Et surtout, elle ne fait aucun effort. 

Pour comprendre la distance entre les castes et Marine Le Pen, il faut lire entre les lignes de ce portrait du président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, dressé par Paris Match :

« Elle n’a jamais cherché à me rencontrer », confie le patron des patrons, qui ne s’en plaint pas. Il refuserait, dit-il, tout déjeuner amical avec elle : « Son isolationnisme économique est un problème pour nous, les entrepreneurs. »

Voilà les deux clés à comprendre. D’abord, Marine Le Pen ne fait pas la cour aux « milieux économiques » (comprenez le CAC 40), et c’est un défaut majeur. Ensuite, elle n’est pas « européenne ». Voilà deux bonnes raisons de l’écarter coûte-que-coûte du pouvoir. 

Xavier Bertrand, une bonne roue de secours ?

C’est dans ce contexte angoissant que Xavier Bertrand a pointé le nez de sa candidature, longtemps préparée depuis les Hauts-de-France. Rompu depuis des années aux arcanes du système, Xavier Bertrand a mis les formes nécessaires pour être adoubé par les puissants. 

Commençons par la fin. Ces dernières semaines, Xavier Bertrand, si l’on en croit la presse bien informée (en l’espèce le Journal du Dimanche, propriété de Lagardère), s’est allié au banquier Philippe Villin pour draguer le CAC 40

Énarque, inspecteur des finances et ancien homme de presse – il a été vice-PDG du Figaro et président de France Soir avant d’être débarqué par Robert Hersant en 1994 –, Philippe Villin conseille désormais les patrons du CAC 40.

Bertrand ne pouvait rêver meilleur entremetteur pour s’attirer les bonnes grâces des castes dominantes dont il n’est pas issu. Pour tous les Français qui s’imaginent que la course à la présidentielle est un 100 mètres couru loyalement par des candidats qui partent tous avec les mêmes chances, il n’est pas inutile de comprendre ici qu’on ne peut réellement concourir si de puissants intérêts financiers ne vous soutiennent pas. 

Il faut au moins 20 millions € pour réussir une campagne électorale. Et cette somme se trouve d’autant moins sous le sabot d’un cheval que l’hypothèse d’un candidat suffisamment riche pour se payer sa propre campagne n’est pas en odeur de sainteté en France. 

La candidature Bertrand, une usurpation ?

Ces efforts « d’intégration », qui confinent à la docilité, de Xavier Bertrand pour obtenir le soutien des puissants ne le dispensent pas d’en subir les mauvaises manières. Voilà ce « gaulliste social » venu d’un quartier populeux de Troyes, rompu à cette France du Nord en souffrance depuis si longtemps après une industrialisation massive qui reste une blessure vive et profonde, humilié par l’establishment. Le seul fait qu’une semaine à peine après le lancement de sa candidature l’hebdomadaire de Pinault la zappe déjà pour présenter celle d’Edouard Philippe en dit long sur le mépris que le CAC 40 peut avoir pour le petit gars du Nord. 

Ah ! Edouard Philippe, voilà un vrai candidat ! un homme du système, qui a fait Sciences-Po, puis l’ENA, puis le Conseil d’Etat. Voilà un pedigree dans la lignée de Chirac, de Hollande, de Macron, et en partie (mais en partie seulement, on le sait) de Sarkozy. Dans un Philippe, on peut se reconnaître quand on est un grand manager d’entreprise ou d’administration, quand on est l’un de ceux qui comptent dans le CAC 40.

Mais dans Xavier Bertrand… C’est évidemment beaucoup moins facile. 

Le mauvais calcul de Bertrand face à la crise des castes

Bertrand avait pourtant une carte à jouer dans ce paysage compliqué qu’offrent la France et sa crise des élites. 

Car à quoi assistons-nous, au fond, si ce n’est à la tentative désespérée des élites consanguines, des castes conniventes qui tiennent le capitalisme français et le conduisent à sa perte à force de médiocrité, de sectarisme et de courtes vues, à leur tentative désespérée, dis-je, de conserver leurs privilèges en mettant à l’Elysée un candidat qui leur irait bien, mais qui aurait les apparences d’un homme du peuple. Macron a joué ce rôle à une époque, Sarkozy aussi. Bertrand en rêvait. 

Ce que n’a pas compris Xavier Bertrand, c’est que les règles du jeu changent et se durcissent à chaque élection. La présidence normale de François Hollande a laissé des traces. La présidence baroque d’Emmanuel Macron encore plus. La synthèse entre la défense des puissants et le soutien populaire est de plus en plus difficile à réaliser.

Sur le fond, le conservatisme des castes, leur sectarisme, leur goût pour le mimétisme le plus crétin et pour le bannissement à tout-va de tous ceux qui ne répètent pas inlassablement les idioties entendues au dernier dîner du Siècle, leur médiocrité, pour faire simple, rendent impossible la préservation durable de leur domination. 

Il y avait là une carte à jouer pour Xavier Bertrand dans la relation avec les castes élitaires. Au lieu de chercher à être leur caricature, au lieu d’épouser leur mépris, leur haine de la divergence, du débat, de l’originalité, au lieu d’être leur pâle copie au fond, Xavier Bertrand était légitime à les mettre en garde contre leur manque de vision et à leur imposer autre chose : une ambition, un renouvellement, un souffle, une ouverture sur d’autres réalités que l’étiquette boursouflée des beaux quartiers parisiens. 

Bien entendu, cet exercice-là demandait un certain courage, que Bertrand n’a pas eu. Il aurait dû être l’homme qui réinventait le système. Il s’est présenté comme l’homme qui voulait le préserver et le garantir. Il a livré une déclaration de candidature qui s’est contentée d’empiler tous les poncifs du genre avec une imagination et une pulsion de vie proches de zéro. Dommage qu’il n’ait pas compris qu’à ce jeu-là, les castes produisent des candidatures endogamiques bien meilleures que la sienne, avec un verbe plus haut et une palette de couleurs qu’il n’égalera jamais. 

Aux yeux du CAC 40, du Conseil d’Etat, de l’inspection des Finances, Bertrand est un petit chose. Et, au lieu de tirer parti de ce statut de paria qu’il occupera toujours dans les beaux quartiers, Bertrand l’a vécu comme une faiblesse qu’il fallait gommer. Il a patiemment gommé toutes ses aspérités, toutes ses grossièretés, pour se faire admettre dans les salons. Voilà une grande faute : on ne gagne jamais rien à trahir ses origines, ni à devenir le domestique d’un monde auquel on n’appartient pas. 

La vraie crise de la caste managériale en France

Si Edouard Philippe a le bon goût de « cartonner » dans les sondages, nous parions donc sur le rapide oubli de la candidature Bertrand et son remplacement par le chouchou de ces élégantes en pamoison. Un candidat qui plaît aux castes dominantes aura été trouvé. Il n’en restera pas moins que la crise restera, profonde, incontrôlable, pendante : sans un renouvellement profond des élites qui ont torpillé ce pays depuis cinquante ans, le pire est à craindre. Non seulement en termes de compétitivité internationale, mais en termes même de cohésion sociale. 

Les Français sont suffisamment orgueilleux pour aimer des élites dignes de les conduire. Et le spectacle offert par les Duhamel, les Cohn-Bendit, les Lang et quelques autres, ne correspond pas exactement à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. 

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Moins de 4.000 personnes véritablement en réanimation du fait du COVID

Par Éric Verhaeghe

Moins de 4.000 personnes sont véritablement en réanimation du fait du COVID, ce qui fait près de 30% de moins que les chiffres officiels. Un articlel du Parisien vient de rétablir la réalité statistique, moins alarmante, une fois de plus, que la communication gouvernementale ne le fait croire. Le solde des patients est placé en soins critiques et non en réanimation proprement dit, dont les lits sont moins saturés qu'on ne pourrait le croire.

Moins de 4.000 personnes se trouvent en réanimation, selon un article du Parisien, qui a eu accès aux chiffres officiels. Soit beaucoup moins que les près de 5.500 personnes présentées dans les statistiques gouvernementales. Une fois de plus, la communication officielle paraît biaisée par rapport à la réalité, et volontairement dramatisée pour justifier des restrictions aux libertés. 

Distinction en réanimation et soins critiques

En réalité, les statistiques officielles amalgament les patients en réanimation et les personnes en soins critiques, qui nécessitent des interventions moins lourdes. Ce mélange des genres tend à donner une vision beaucoup plus dramatique de la situation, plus commode pour justifier le recours au confinement. 

Le nombre de lits de réanimation a augmenté

Parallèlement, le gouvernement fait assez peu valoir un vrai effort en matière de création de lits de réanimation. 

Ceux-ci sont un peu plus de 7.900 désormais, contre 5.500 il y a un an. On compte notamment 1.862 lits en Ile-de-France, dont un peu plus de la moitié seulement est occupée par des patients atteints du COVID (1.087 malades du COVID). Dans certaines régions comme le Nouvelle-Aquitaine, ce sont seulement 34,7% des lits de réanimation qui sont occupés par des malades du COVID. 

Une fois de plus, la dramatisation officielle en question

Une fois de plus, on s’interroge donc sur la dramatisation à outrance de la situation par les autorités sanitaires. Pendant plusieurs semaines, notamment au sein de l’AP-HP, les polémiques ont sévi sur les prochains débordements des services de réanimation par la vague épidémique. Dans la pratique, la réalité est un peu plus compliquée et beaucoup moins tendue que les chiffres officiels ne veulent bien le dire. 

De là à penser que les chiffres sont truqués pour faire peur, il n’y a qu’un pas… Pour le moins, la méfiance dans les doctrines officielles pourrait bien s’installer. 

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Angela Merkel, la « Chancelière qui venait du froid », a tué la droite allemande

Par Edouard Husson

Angela Merkel a tué la droite allemande. Tel est le bilan de seize ans au pouvoir d'une Chancelière sans convictions. Alors que l'année devait être un long fleuve tranquille jusqu'aux élections du 26 septembre 2021 pour les chrétiens-démocrates et leurs alliés bavarois, les chrétiens-sociaux, les sondages enregistrent une très rapide chute - résultat de la mauvaise gestion de la crise du COVID 19 par la Chancelière depuis l'automne, du "scandale des masques" mais aussi du lavage de cerveau que la "Chancelière venue du froid" a imposé à la droite allemande.

Angela Merkel a tué la droite allemande. Quand elle est devenue Chancelière en 2005, on avait considéré que le parti chrétien-démocrate, la CDU, alliée à la CSU chrétienne-sociale bavaroise, avec 35%,  était à un point bas. Effectivement, jusqu’en 1994, les chrétiens-démocrates avaient toujours obtenu plus de 40% des voix. Helmut Kohl, Chancelier de l’unification, avait décroché pour sa dernière tentative, en 1998, à 35% puis le parti était remonté à 38%. La mission de la première femme à occuper le poste était de recoller aux 40%. Or elle n’y a réussi qu’une fois, en 2013. En 2009 et 2017, la Chancelière n’a fait que 33%. Surtout, phénomène nouveau dans l’histoire de l’Allemagne, cette femme jugée longtemps indéboulonnable par les enquêtes d’opinion, a fait face, à chaque élection, à une abstention de 30%. Essentiellement du fait du décrochage de l’électorat populaire. 

Cependant, depuis quelques semaines, il se passe quelque chose de beaucoup plus inquiétant.  La CDU est passée sous la barre des 30% et tend vers les 25, tandis que les Verts, eux, ont franchi la barre des 20%. Le tableau ci-dessus compare des sondages effectués dans la seconde quinzaine de mars. Ils sont convergents.  

Requiem pour le libéral-conservatisme allemand

Quelles sont les raisons du décrochage de la CDU? 

Il y a bien entendu le récent scandale des masques. Plusieurs députés de la CDU et de la CSU, mais aussi le ministre de la santé, Jens Spahn, se voient reprocher d’avoir touché, directement ou indirectement, des commissions sur des livraisons de masques quand le pays en manquait si cruellement au printemps 2020, dans les premiers mois de l’épidémie de COVID 19. Aussi grave soit cette affaire dans une culture politique connue pour la probité de ses hommes politiques, elle n’est qu’un déclencheur, pas une cause profonde. 

La raison structurelle du déclin de la CDU-CSU se trouve dans la stratégie politique de Madame Merkel depuis qu’elle est au pouvoir. La Chancelière originaire de RDA et porteuse des valeurs de sa famille « chrétienne de gauche » a fait le choix d’emmener le parti chrétien-démocrate toujours plus loin de son centre de gravité libéral-conservateur: 

  • en gouvernant pendant 12 des 16 années où elle a été au pouvoir avec les sociaux-démocrates. 
  • en n’ayant pas le courage d’appeler les partenaires européens, à commencer par la France, à un respect des traités européens, à commencer par la remise en ordre de leurs finances publiques – sans quoi l’Allemagne sortirait de l’euro. Ce qui était le credo ordo-libéral classique
  • en faisant le choix de sortir complètement de l’énergie nucléaire en 2011. 
  • en ouvrant les frontières à 2 millions de « migrants » entre 2014 et 2016. 

Ce faisant, la Chancelière a déplacé le centre de gravité de son parti vers le centre-gauche. Cela a eu deux conséquences: 

  • le champ a été laissé libre, à droite, pour un nouveau parti conservateur, l’AfD, qui, d’une part, rassemble l’électorat chrétien-démocrate le plus à droite, désorienté; et d’autre part, est capable de mobiliser cet électorat populaire que les choix « bobo » d’Angela ne mobilisent plus. La Chancelière et le reste du système politique allemand peuvent bien crier à l’extrême-droite – et il est vrai que certaines personnalités de l’AfD sont insupportables par leur façon d’expliquer que le nazisme n’avait rien à voir avec l’histoire allemande – ou bien mettre le parti sous surveillance, cela ne changera rien au fait que la CDU et la CSU ont perdu 7% précieux à l’Ouest et environ 20% dans l’ancienne Allemagne de l’Est. 
  • D’autre part, avec l’usure du pouvoir, le créneau « vert » de la Chancelière anti-nucléaire s’est usé. D’une manière générale, les électeurs préfèrent l’original et la copie. Angela merkel a poussé, en sous-main, à des alliances entre la CDU et les Verts. A Stuttgart, les écologistes du Bade-Wurttemberg ont prouvé qu’ils savaient s’entendre avec l’industrie allemande et étaient capables de gouverner raisonnablement. Du coup, l’opinion en vient à se demander s’il faut qu’un chrétien-démocrate soit le prochain chancelier.  

Bien entendu, le moment n’est pas encore venu où les chrétiens-démocrates ont complètement perdu les élections. En particulier, les chances des Verts de passer devant la CDU restent faibles. Cependant, l’opinion s’habitue à la possibilité d’un gouvernement sans chrétiens-démocrates, dont les Verts seraient de fait le premier parti et fourniraient donc le Chancelier. Avec des Verts à 22-23%, un SPD se maintenant à 17% et un FDP à 10-12%, la majorité absolue en sièges est atteignable. 

On en aura la confirmation le 26 septembre prochain. Mais Angela Merkel pourrait bien avoir été la fossoyeuse du libéral-conservatisme allemand. 

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Point d’étape au 1er avril de la campagne vaccinale : “Caramba ! Encore raté…“

Par Laurent SAILLY

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, au 1er avril, il y a eu 8 806 108 premières injections (12,43% de la population) et 2 956 205 secondes injections de vaccin contre la Covid-19 en France (4,20% de la population).

Souvenez-vous, c’était le 16 décembre dernier, il y a un peu plus de trois mois, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé, Olivier Véran, présentaient aux députés le plan de vaccination du gouvernement et les étapes des prochains mois, à l’Assemblée nationale.

Mais souvenez-vous de l’objectif qu’avait fixé Jean
Castex ?

L’objectif était de vacciner « près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique » de même que « certains professionnels de santé ».
Le reste de la population ne sera, elle, visée que dans un « troisième temps »« à la fin du printemps ».
On en est loin…

Alors, nous avons bien l’intention dans « le Courrier des
Stratèges » de suivre de près les réalisations de la campagne vaccinale.

Le 13 mars dernier, Jean Castex promet 10 millions de français vaccinés à mi-avril.

« Nous sommes en mesure de vacciner (…) 70 millions de personnes, la totalité de la population française, d’ici à la fin août si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales » déclarait Olivier Véran le 21 janvier dernier au JT de 20h de TF1.

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Macron veut plus de « budget européen » : mais pour quoi faire ?

Par Bruno Alomar

Emmanuel Macron réclame un nouvel effort budgétaire européen alors que le plan de relance européen n’est toujours pas définitivement adopté ! Qu’à cela ne tienne, le président français veut anticiper sur une seconde « relance » car il ne faudrait pas perdre pied face au « plan Biden ». Le président oublie juste une chose : pour qu’un plan de relance ait un début d’efficacité – et pour que nos partenaires acceptent les nouveaux efforts budgétaires suggérés par Paris – il faudrait que la France libère son économie de tous les carcans qui pèsent sur elle.

A l’issue du conseil européen du 25 mars 2021, Emmanuel Macron a plaidé pour que l’UE augmente considérablement son effort budgétaire. La raison ? Eviter un décrochage de croissance avec les Etats-Unis, dont l’effort budgétaire pourrait être porté à plus de 20% du PIB (le recovery fund européen exceptionnel de 750 milliards représentant de l’ordre de 5% du PIB de l’UE).

Le chef de l’Etat a raison sur deux points. Le premier, c’est le décrochage de la croissance potentielle de l’UE par rapport aux États-Unis. Le temps de la convergence (entre 1957 et les années 1970) est derrière nous. Et il est vrai qu’avec une croissance potentielle d’environ 2% aux États-Unis et d’un peu plus de 1% dans l’UE (3,5% estimé en Chine), la richesse étant relative, les Européens vont mécaniquement s’appauvrir. Même s’il ne l’a pas formulé, le chef de l’exécutif s’est aussi inquiété des retards européens dans la mise en œuvre des décisions prises : c’est un fait, l’UE n’est pas un Etat et les décisions sont longues à mettre en œuvre car elles exigent – la démocratie exige – que les procédures soient respectées.

Pourtant l’approche retenue, est, une fois encore, insuffisante : comme toujours, mobiliser l’argent « magique » à des fins contra-cycliques (certains estiment que les retards risquent de nourrir un effet pro-cyclique). Mais la croissance potentielle que le Président appelle de ses vœux exige surtout ce qu’on appelle dans le jargon européen des réformes structurelles nationales – traduisez : une action résolue sur les facteurs qui nourrissent la croissance. Entre autres, le modèle de Solow a montré l’importance de la productivité globale des facteurs (PGF) comme conditions de croissance potentielle naturelle. Or, cette productivité globale ne se nourrit pas du policy mix relance budgétaire / création monétaire. Elle trouve sa source dans des réformes, qui – les traités européens sont sans ambiguïté sur ce point –  relèvent de la responsabilité nationale, et non de l’UE. C’est en France que se trouvent les clefs de la croissance qu’E. Macron appelle à juste titre de ses vœux : réformer et réduire la dépense publique, remettre l’éducation sur les rails et donc la productivité du travail, en finir avec l’instabilité réglementaire et fiscale, drainer l’épargne des Français vers les fonds propres des entreprises etc. Ces mesures, urgentes, ne produiront pas leur effet en quelques trimestres. Elles n’ont pas grand-chose à voir avec le budget européen.

 

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Attention au carnage économique qui menace dès le printemps

Par Éric Verhaeghe

Bruno Le Maire ne s'en vante pas trop, mais un carnage économique se profile dans les prochains mois, et même dans les prochaines semaines en France, qui devrait se traduire par un grand décrochage avec les autres pays industrialisés. Pour les entreprises françaises, la situation va devenir extrêmement complexe, et on voit mal comment elle pourrait s'améliorer sans les réformes structurelles que le gouvernement repousse. Les mois qui viennent devraient être marqués par trois maux majeurs : un creusement abyssal de la dette, une atonie économique et une pression fiscale orientée à la hausse.

Nous reproduisons ici les prévisions de croissance publiées le mois dernier par Rexecode, avant le confinement. Elles font apparaître un trompe-l’oeil qui peut donner le sentiment que tout va bien… quand tout ne vas précisément pas bien du tout. 

Croissance en trompe l’oeil

Dans le reste du monde, le dynamisme de la croissance économique d’après COVID est en effet dans une logique à somme à peu près nulle : les destructions de valeur enregistrées en 2020 (de l’ordre de 4% du PIB mondial) devraient être effacées en 2021. La dynamique de croissance devraient ensuite ralentir pour tourner autour de 3% annuels. 

En France, la situation est beaucoup plus embarrassante. En 2020, le PIB a perdu 8 points (8,3 points, officiellement). Bercy avait anticipé, pour 2021, un regain de 8 points en septembre, qui est tombé à 6 points fin 2020, et que Bruno Le Maire annonçait à 5,8 points environ courant mars, c’est-à-dire avant le nouveau confinement. 

Voilà qui n’était pas très réjouissant, puisque, selon les prévisions officielles, la France ne devrait retrouver son niveau de PIB de 2019… qu’en 2023 au plus tôt, c’est-à-dire une bonne année après tout le monde. 

Mais cela, c’était avant le nouveau confinement. 

Ajoutons que, si l’on regarde les prévisions de Rexecode, on constate que la reprise en France était supposée être aussi vigoureuse que la reprise mondiale, mais avec un passif à effacer beaucoup plus lourd. Ensuite, l’économie française était supposée revenir vers une atonie proche de la stagnation. Bref, dans les prévisions encore optimistes du mois dernier, la France était destinée à plafonner à son PIB de 2019 pendant plusieurs années, pendant que le reste du monde reprenait le processus de création de richesses. 

Bruno Le Maire n’ose pas le dire, mais il craint le pire

Avec le nouveau confinement, la situation devrait se dégrader encore plus et prendre une dimension véritablement préoccupante. Le ministre de l’Economie a commencé à l’annoncer : la prévision pour 2021 à 5,8% de croissance ne pourra être tenue. C’est un contre-temps d’autant plus dommageable que, même sans confinement, la situation se présentait plus mal que prévu. 

On notera par exemple que le déficit budgétaire prend des proportions abyssales, et que les dépenses de l’Etat sont désormais incontrôlables. La situation mensuelle du budget de l’Etat au 28 février le montre clairement :

Comme on le voit, fin février 2020, le déficit de l’Etat était légèrement inférieur à 25 milliards. Un an plus tard, à la même date, il s’élève plus de 35 milliards…. Ce n’est évidemment pas exactement la même chose. 

Les chiffres sont pires quand on intègre les comptes des collectivités. En un an, le déficit est passé de 35 milliards fin février à plus de 47 milliards de date à date. C’est tout simplement cataclysmique. 

La reprise reviendra-t-elle un jour ?

Face à cette implosion des finances publiques alimentée par le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron, on comprend à quelle fuite en avant l’imminence des élections présidentielles condamne l’exécutif. 

Tout le problème qui préoccupe Macron et Le Maire tient à l’absence de reprise dans un contexte de très fort endettement public. Alors que la croissance mondiale « explose » un peu partout, notamment aux Etats-Unis (temporairement en tout cas) avec l’helicopter money de Biden, l’économie française reste désespérément en panne. 

Bruno Le Maire a commencé, sur ce point, à lancer ses premiers cris d’alarme. 

Il faut que l’UE comprenne que nous ne pouvons plus attendre pour disposer du plan de relance européen. Il faut accélérer les procédures. La croissance, c’est maintenant. La relance, c’est maintenant. En 2022 ou 2023, il sera trop tard. #LaMatinale pic.twitter.com/cP0yoceEOi

— Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) April 2, 2021

Parallèlement, Didier Picot évoquait hier le plan de relance qu’Emmanuel Macron concocte pour faciliter sa réélection. Il faut bien comprendre ce que signifie, en creux, tout ce ramdam : les caisses sont vides, des montagnes de dettes s’accumulent, et l’activité ne repart pas. Tout le monde, dans les allées du pouvoir, commence à flipper. 

Les entreprises seront les dindes de la farce

Alors que partout les signaux passent du cramoisi au violet, la tentation maduriste ne cesse de grandir. 

La semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon a prôné l’instauration d’une taxe sur les profiteurs de crise. Elle vise à pénaliser les grandes entreprises qui n’ont pas perdu de chiffre d’affaires en 2020. Le ton est donné ! tous ceux qui auront eu le malheur de ne pas faire faillite seront punis de leur impudence ! 

Rappelons que Bruno Le Maire lui-même a estimé juste, la semaine dernière, de « flécher » l’impôt sur les sociétés vers le remboursement de la dette, compte tenu des aides que les entreprises avaient obtenues de l’Etat. Pendant ce temps, élections obligent, personne n’a le courage d’expliquer aux Français qu’il va falloir se serrer la ceinture, à commencer par les fonctionnaires dont la masse salariale a encore augmenté plus vite que l’inflation en 2020. 

Le problème qui se pose est bien connu : les entreprises ne votent pas, alors que les bénéficiaires des aides sociales et les fonctionnaires disposent chacun d’une voix. Le calcul est donc vite fait. Les entreprises devraient prendre un méchant coup de bambou fiscal dès 2022, notamment à travers un prélèvement confiscatoire sur les dividendes des SAS. 

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Les assistantes maternelles, nouvelles victimes de l’Absurdistan

Par Éric Verhaeghe

À la différence des premiers confinements, les assistantes maternelles ne devraient pas avoir le droit d'accueillir des enfants dans les 4 semaines qui viennent. Selon Matignon, il s'agit d'être "cohérent" avec la fermeture des crèches. Mais leur indemnisation pour cet arrêt forcé n'est pas défini... et l'impact de cette mesure sur l'absentéisme des parents n'est pas encore connu. La garde à domicile ne serait toutefois pas concernée. L'absurdistan a encore frappé !

Mais à quelle sauce les assistantes maternelles vont-elles être mangées à partir de mardi ? Personne ne le sait encore, mais une chose semble sûre : elles ne pourront garder leurs enfants habituels pour éviter les contaminations, à la différence des premiers confinements. 

Les assistantes maternelles dans le collimateur de l’absurdistan

Visiblement, c’est Matignon qui a brutalement décidé de cibler les assistantes maternelles, et de leur interdire de continuer leur activité pendant les semaines qui viennent. Lors du précédent confinement, l’Etat avait assoupli la réglementation et autorisé l’accueil de six enfants. Allez comprendre !

Officiellement :

« L’étude de l’Institut Pasteur montre qu’il y a plus de contaminations chez les assistantes maternelles que dans les écoles »

Mais on peine à le croire, et l’argument de la « cohérence » avec la fermeture des crèches semble avoir beaucoup joué. 

Brutalement, ce sont donc 280.000 salariées accueillant un million d’enfants qui sont frappées par l’interdiction de travailler, dans des conditions de confusion qui font peinent à voir. Seules les assistantes maternelles qui gardent des enfants de publics prioritaires pourront continuer à travailler. 

Chômage partiel ou pas ?

Pour l’instant, le gouvernement n’a pas décidé si les assistantes maternelles auraient droit ou non au chômage partiel. La décision devrait être prise ce vendredi. Cette improvisation laisse perplexe compte tenu du nombre de salariées concernées, qui travaillent à leur domicile. 

Ajoutons que ces salariées sont payées par les familles. Si elles sont autorisées à garder certains enfants (notamment ceux des soignants) et pas d’autres, leur régime d’indemnisation risque d’être particulièrement complexe. 

Un impact méconnu sur l’absentéisme des parents

Pour de nombreux parents frappés soudain par une mesure inattendue, la situation risque d’être compliquée. Pour ceux qui pratiquent le télétravail, en particulier, cette impossibilité de faire garder ses jeunes enfants devrait changer la donne en profondeur… rendant beaucoup moins facile le maintien à disposition de l’employeur.

Le souci d’épargner aux crèches une concurrence « déloyale » devrait fortement pénaliser l’activité des entreprises pendant le confinement et rendre la vie des salariés beaucoup plus compliquée.    

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L’insupportable gouvernement par oukases d’Emmanuel Macron: en 2022 changer l’homme et la méthode !

Par Edouard Husson

La méthode des oukases présidentiels doit disparaître. Hier, en quelques mots, Emmanuel Macron a condamné à une faillite quasi-certaine des dizaines de milliers de commerces indépendants en étendant des mesures restrictives pour plusieurs semaines à 70 nouveaux départements. Quel que soit le contenu du discours, la méthode Macron ne change pas. Des décisions prises hors de tout débat démocratique et loin du terrain sont assénées à une société considérée comme trop peu éclairée pour s'informer, débattre et décider de la manière de s'organiser. Emmanuel Macron représente l'aboutissement d'une dérive de la fonction présidentielle amorcée bien avant lui. Mais il la pousse à son paroxysme. Et il fournit l'occasion d'une prise de conscience et d'un changement radical dans la pratique des institutions. Nous n'avons pas seulement besoin de changer de président mais aussi de méthode présidentielle.

Certains auront été soulagés d’entendre qu’Emmanuel Macron n’avait pas décidé du confinement complet souhaité par les « enfermistes » lors de son allocution télévisée du 31 mars 2021. D’autres, comme Marine Le Pen ou les ténors des Républicains préfèrent jouer un jeu politicien et, loin du ras-le-bol des Français, reprocher au gouvernement de ne pas en faire assez en matière sanitaire. 

En fait, le vrai sujet est ailleurs. Quel que soit le contenu du discours, la méthode Macron ne change pas.  

Par un oukase, encore plus de petits commerces fermés et donc condamnés à la faillite

Pour ma part, je préfère retenir qu’en quelques mots le tsar Emmanuel a condamné à la faillite des milliers de petits commerçants. Il suffit d’une parole présidentielle pour décider de l’extension à soixante-dix départements supplémentaires de la fermeture de commerces jugé non essentiels. Ce n’est pas le seul oukase que le président de la République a prononcé hier. Mais c’est le plus significatif car il souligne l’arbitraire qui préside, depuis le début aux décisions sanitaires. Et plus généralement le style du quinquennat. 

Il y a eu la première année, où « Jupiter » marchait sur les eaux grâce à une « Chambre introuvable » En Marche. Les organisations syndicales et les partis traditionnels avaient peine à digérer l’élimination des forces établies du second tour de la présidentielle. 

Alors que les commentateurs se demandaient doctement ce qui pouvait encore faire obstacle au Président, le mouvement des Gilets Jaunes, à l’automne 2018, est venu rappeler qu’à force de mépriser les corps intermédiaires et de prendre le Parlement pour une chambre d’enregistrement, le pouvoir se retrouvait seul face à la rue. Un véritable affrontement eut lieu entre le pouvoir et la rue, qui se solda par 2500 blessés du côté des manifestants et 1800 du côté des forces de l’ordre. Qu’à cela ne tienne, à peine remis de ses frayeurs, Emmanuel Macron s’est lancé dans un « Grand Débat » qui était en fait un « Grand Monologue » devant des auditoires choisis contraints à l’écouter soliloquer pendant des heures. 

Et puis, alors que les relations entre le Président et la société se tendaient à nouveau, fin 2019, l’épidémie de COVID 19 et la méthode du confinement ont permis au Président de se remettre en selle dans une position jupitérienne. Il s’est proclamé « chef de guerre« , il est apparu mois après mois dans les petites lucarnes pour expliquer aux Français à quel sort il les assignait, dans sa grande sagesse de chef de l’Etat éclairé par des conseils sans légitimité démocratique (conseil scientifique) ni validation parlementaire ( conseil de défense).  En digne autocrate proférant des oukases, Emmanuel Macron n’a cessé de courir après l’efficacité: manque de lits d’hôpitaux, manque de masques, retard de vaccination etc…

Alors, au fond qu’importe le fait que le Président sente actuellement mieux la lassitude de l’opinion que les journalistes ou les chefs de service hospitaliers. C’est lui seul, toujours, qui fait tomber sur la population des décisions tranchantes, qui décident de l’interdiction de visite aux personnes âgées, de l’ouverture ou non des commerces, de la tenue des cultes, de l’ouverture ou la fermeture des écoles etc….Nous sommes gouvernés « par la grâce de Jupiter », à coups d’oukases éventuellement contradictoires.   

Le seul débat important de la présidentielle: quelle méthode de gouvernement voulons-nous?

Bien entendu, on pourra se rappeler avec le grand Etienne de La Boétie, que la servitude est toujours volontaire! A-t-on entendu les Chambres de Commerce et d’Industrie défendre les commerces indépendants depuis le début de la crise sanitaire? Les évêques n’ont-ils pas pris les devants pour fermer les Eglises en mars 2020? Les enseignants n’entrent-ils pas dans la rhétorique pseudo-guerrière du président, quand ils se décrivent comme « la chair à canon » d’un pays en guerre sanitaire? Les cadres supérieurs n’ont-ils pas fait leurs délices d’un confinement, en mars-avril 2020, passé au grand air, dans leur résidence secondaire? Les journalistes, jamais confinés, ne se réjouissent-ils pas, depuis un an, de n’avoir plus à chercher de sujet puisque le COVID 19 fait recette? Les partis d’opposition n’ont-ils pas été singulièrement aphones? 

On invoquera aussi le caractère des institutions de la Vè République. Le régime n’est-il pas une monarchie républicaine? Le quinquennat n’a-t-il pas mis encore plus le président en première ligne? 

En fait, il va bien falloir que le corps social sorte d’une contradiction: le 31 mars à 20h, 30 millions de personnes ont écouté Emmanuel Macron, ce président de la République qu’ils n’aiment pas. Les Français tiennent aux institutions de la Vè République et ceux qui proposent une VIè République font rarement recette. en revanche les Français n’aiment pas – et sanctionnent toujours – l’exercice solitaire du pouvoir. Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande en ont fait l’amère expérience. Au contraire, François Mitterrand et Jacques Chirac ont rebâti leur popularité et préparé un second mandat en période de cohabitation.  

En fait, ce que les Français veulent, c’est, comme aurait dit le Général de Gaulle, « un parlement qui délibère, un gouvernement qui gouverne et un président qui préside ». Les Français de toute catégorie sociale aimaient ces conférences de presse où le Général leur décryptait le monde et leur garantissait que le gouvernement avait un chef et que chacun des ministres avait une feuille de route et prenait ses responsabilités.  Au fond, ce que jacques Chirac avait compris de son mentor Georges Pompidou, c’est que les Français n’aiment pas un président qui se mêle de tout. Et François Mitterrand a pu gagner un référendum européen, en 1992, parce qu’il n’était pas usé par le « micro-gouvernement ». 

Le président que souhaitent les Français

Ce que les Français vont chercher, pendant la prochaine campagne présidentielle, c’est: 

  • un président qui soit un « chef d’équipe », qui écoute les avis qu’on lui donne;
  • un président dont le Premier ministre ne soit pas un simple « collaborateur »;
  • un président qui ne demande pas à son gouvernement de tout faire passer « par ordonnance » ou en déclenchant le 49.3 au Parlement; 
  • un président qui ne confonde pas autorité et autoritarisme, tel ce « si jeune président » obligeant le Général Pierre de Villiers à la démission dès son arrivée à l’Elysée.
  • un président dont la parole se fasse rare et dont les discours excèdent rarement 15 minutes
  • un président qui contienne les ambitions de l’administration centrale et qui fixe comme objectif au parlement de supprimer deux, trois ou quatre textes existants pour un nouveau texte voté
  • un président qui trque les dépenses publiques et baisse la ficalité
  • un président qui accepte de remettre son mandat en jeu s’il perdait un référendum. 

Nul ne peut dire si le candidat idéal existe. En revanche on peut être sûr qu’un candidat qui promettra d’être un président arbitre et non acteur permanent du débat politique, stratège et non micro-manageur,  modeste en communication et préoccupé de vérifier que toutes les politiques annoncées sont menées à leur terme, soucieux de réduire le périmètre d’intervention de l’Etat pour libérer les forces de la société civile, la démocratie locale et l’envie d’entreprendre, celui-là sera élu ! 

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Un plan de relance pour acheter les élections de 2022

Par Didier Picot

Les allées du pouvoir parisien bruissent des rumeurs d’un nouveau plan de relance de l’économie. Or les personnes vaccinées ne seront visiblement pas exemptes de confinement, si bien que l’économie va rester partiellement fermée de long mois, peut être des années. Dès lors à quoi sert un plan relance d’une économie volontairement castrée ?

L’analyse de la situation économique du pays est assez simple : en empêchant les gens de travailler, de se déplacer, de se réunir, de consommer, de nombreux secteurs économiques  sont en souffrance ou carrément à l’arrêt. Ceux qui ont des sous ne peuvent pas les dépenser, les autres, professionnels et employés, n’en ont pas car ils sont empêchés de gagner leur vie.

L’économie est grippée, aux deux sens du terme.

Or, la période entre les deux premiers confinements l’a démontré, il suffit de laisser les gens vivre normalement pour que l’économie reparte.

 

Le ministre Véran s’oppose au déconfinement des personnes vaccinées

Nous voici tous reconfinés une troisième fois (même dans les Pyrénées Atlantiques, département pourtant le moins touché de France métropolitaine) mais, si l’on écoute distraitement la propagande officielle, nous serons bientôt tous vaccinés et la vie normale reprendra. Vraiment ?

En fait, non, pas du tout ! En effet, notre ministre de la Santé Olivier Véran s’oppose au déconfinement des personnes vaccinées car, explique-t-il, il n’y a aucune certitude  1/ que le vaccin protège les gens vaccinés et 2/ qu’il empêche la propagation du virus. Question : à quoi sert la politique de vaccination alors ?

Question suivante : si donc le gouvernement va poursuivre sa politique d’étranglement de l’économie marchande traditionnelle, pourquoi envisage-t-il un plan de relance ? A quoi sert de poser une cautère sur une jambe de bois, comme on disait en Quatorze ?

 

A un an des élections, comment payer sa coalition ?

Nous sommes à un an environ des élections présidentielles. Pour prendre ou conserver le pouvoir, les différents concurrents doivent réunir autour d’eux une coalition d’intérêts. Et pour ça, il faut leur distribuer de l’argent ou promettre de le faire. Sous couvert de l’habillage intellectuel et de la justification politique qui lui conviendra, chaque groupe d’intérêt se ralliera au candidat qui semble le servir le mieux.

 

Le plan de Mélenchon

Pour sa part, comme expliqué dans nos colonnes, Jean-Luc Mélenchon propose de payer sa coalition avec l’argent (réel ou fantasmé) des « riches ». Il prévoit ouvertement de confisquer le patrimoine des particuliers, de nationaliser les entreprises pour prélever leurs richesses et de le distribuer (ou pas) à ses soutiens. Flatter la jalousie et les bas instincts de chacun est une stratégie de conquête du pouvoir qui a du sens : ça s’appelle le populisme, et sans aucun doute Mélenchon s’y entend.

 

Macron prévoit un plan de relance de l’économie  

Macron a lui aussi besoin de payer sa coalition, et ce d’autant plus qu’il n’est pas certain que sa gestion de la crise sanitaire lui rapporte beaucoup de soutien. Ainsi s’explique la préparation d’un plan de relance : c’est la meilleure méthode pour distribuer de l’argent. D’autant plus que, pour l’instant en tout cas, Emmanuel Macron semble proche de réaliser le rêve de ses prédécesseurs : pouvoir emprunter des sommes faramineuses sur le bilan de la Banque Centrale Européenne et, au moins partiellement, le crédit de l’Allemagne. Même pas besoin d’augmenter les impôts : elle est pas belle la vie !

Rappelons que le cœur de sa coalition est composé de tous ceux que j’appelle les Parisiens, c’est à dire tous les fonctionnaires, élus ou pas, et autres apparatchiks qui détiennent tous les pouvoirs et contre-pouvoirs. En effet, un plan de relance gouvernemental est un plan contrôlé par l’exécutif, ce qui veut dire que les fonds transitent par lui. Or nous l’avons vu, le coût de transaction prélevé par l’Administration pour effectuer son travail est de 32% : pour chaque Euro prélevé par l’impôt ou emprunté, 32 cents servent à nourrir la bête vorace, c’est à dire à payer les frais fixes des improductifs (soit deux à trois fois plus que la norme), le reste servant (peut-être) à quelque chose.

Donc un plan de relance est d’abord et avant tout un moyen de payer l’Administration, les Parisiens, qui forment le socle de sa coalition. Quant au reste du pays, il s’agira de le maintenir sous morphine financière.

 

Le job d’Emmanuel Macron d’ici Mai 2022 sera de convaincre la personne la plus puissante d’Europe de lui envoyer les fonds de son plan de relance : Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne.

 

 

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Un ministère des droits des animaux ou la défense de la cause du « grand méchant loup »

Par Laurent SAILLY

La morale et la loi réprouvent aujourd’hui les mauvais traitements aux animaux. Pour autant, consciemment ou non, le sens commun, tout au moins dans nos sociétés occidentales, établit une nette frontière entre l’homme et l’animal et admet que l’homme règne sur le monde végétal et animal. Notre charte de l’environnement conserve cet aspect humaniste : l’environnement est considéré comme "le patrimoine commun des êtres humains". Un mouvement d’idées, très minoritaire encore que très militant, conteste cependant cette conception du monde, non sans une certaine influence…

Une pétition, lancée sur mesopinions.com, demande la création d’un ministère dédié au droit des animaux. C’est pour les 50 000 signataires la priorité politique de cette année 2021. Alors que l’économie française est étouffée par les taxes et les réglementations ; que le chômage et la pauvreté croissent à cause d’une politique socialisante  ; que la société française est fracturée par la communautarisme et l’insécurité ; que la dette de l’Etat grandissante tue, chaque jour, l’avenir de nos enfants ; que l’innovation technologique est au point mort ; que les libertés sont attaquées de toutes parts ; que la crise sanitaire n’en finit plus ; on trouve encore quelques-uns de nos concitoyens pour estimer qu’il faut encore plus d’Etat. Alors, évidemment, la cause animale est importante. Mais il faut raison garder. Chaque chose à sa place et chaque place…

Les animaux n’ont pas de droit…

Les animaux, contrairement aux humains, n’ont pas la capacité de faire des choix moraux ; ils ne sont liés entre eux, et envers nous, par aucun contrat social. Les animaux n’ont pas de droits, de la même manière qu’ils n’ont pas de devoirs et qu’ils ne sont pas responsables de leurs actes.

On a déjà vu des humains sauver une baleine ou un éléphant, on n’a jamais vu en faire autant pour eux. Ce sont en revanche, comme nous, des êtres sensibles, susceptibles d’éprouver du plaisir et de la peine et même, de développer une intelligence et une affectivité considérables. C’est cela qu’il faut prendre en compte et respecter, sans pour autant les « humaniser ».

Créer une personnalité juridique spécifique pour l’animal impliquerait en effet de reconsidérer la légalité de ces activités. Si l’animal devenait un être vivant à part entière, pourrait-on encore le vendre ? le chasser ? le pêcher ? (et donc le manger !) ou l’utiliser pour l’agriculture ? la recherche pharmaceutique ?

… mais les humains ont des devoirs envers eux

S’ils n’ont pas de droits, les animaux sont des êtres sensibles et conscients.

Capables de choix moraux, les humains ont des devoirs, avec pour corollaire qu’ils ont également des droits. Cela inclut le devoir de ne pas imposer de souffrances inutiles aux animaux, mais ne nous empêche certainement pas de nous en servir comme outils (chien policier, cheval de trait, zoothérapie, expérience scientifiques) ou comme nourriture.

Un risque de dérive animaliste

Cette dérive existe déjà dans les mouvements végans qui mettent en place des actions extrêmement violentes à l’égard des boucheries, des charcuteries, des abattoirs, des élevages…

La reconnaissance de droits aux animaux dans nos sociétés occidentales actuelles ouvrira la porte aux extrémistes de tout poil : déconstructionnisme, idéologies victimaires. Des procès judiciaires pourraient être entamé à l’encontre d’anciens chasseurs, d’anciens agriculteurs. Puis viendrait le temps de la “Cancel culture animale“ avec ses lynchages en règle sur les réseaux sociaux. Enfin, droits-de-l’hommiste et droits-de-l’animaliste entreraient en conflit. Verra-t-on un sanglier condamné pour avoir tué un promeneur en forêt ? un lion pour “l’assassinat“ d’une gazelle ?

Devra-t-on réécrire ou censuré certains contes ? Un exemple (puisqu’il est aujourd’hui courant d’attaquer nos souvenirs d’enfance) : Le Petit Chaperon Rouge, conte de la tradition orale retranscrite en France par Charles Perrault. Tout d’abord, le descriptif de cette petite fille élevée par sa mère et qui se rend chez sa grand-mère, est issu du cerveau forcément perturbé de cet auteur, mâle blanc catholique et hétérosexuel ! Ensuite, le “grand méchant loup“, mangeur d’êtres humains, deviendra une victime de l’égoïsme humain qui accapare la nature et laisse les animaux mourir de faim. Enfin, l’ensemble du texte devra être rédigé en écriture inclusive.

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La Sécurité sociale au bord du gouffre

Par Simone Wapler

Les confinements ont un double coût : celui de la perte d’activité économique et celui des aides publiques, notamment la Sécurité sociale. Cet organisme monopolistique au bord du gouffre se plait à croire que tout est encore possible.

Et toc, encore quelques dizaines de milliards qui partent en fumée. Eh oui, le chômage partiel, les aides aux entreprises, les soins médicaux,… tout cela a un prix.

Un confinement ça coûte cher. Combien, vous demandez-vous peut-être  ?

La crise sanitaire aurait déjà coûté en 2020 plus de 160 milliards d’euros selon le ministre des comptes publics, Olivier Dussopt mais la facture n’est pas définitive. Comme la comptabilité publique prend son temps, nous n’aurons pas de réponse officielle avant … un certain temps.

L’iFRAP a de son côté calculé dès le mois de janvier 2021, les coûts des différents confinements subis en 2020 en séparant bien les pertes d’activité économique (puisqu’on empêche les gens de travailler normalement ) et les dépenses publiques supplémentaires.

Petite précision à l’usage des fonctionnaires et grands planificateurs omniscients : les humains étant mortels, le temps leur est compté. C’est même le capital le plus précieux. À l’échelle de l’individu, une perte d’activité n’est jamais récupérable toutes choses égales par ailleurs.

 

 

Coût hebdomadaire en perte d’activité économique

16 milliards pour une semaine de confinement dur (mars-avril 2020)

7,5 milliards pour une semaine de confinement adouci (novembre 2020)

Coût hebdomadaire en dépenses publiques supplémentaires

4 à 5 milliards pour une semaine de confinement dur (mars-avril 2020)

2 milliards pour une semaine de confinement adouci (novembre 2020)

 

 

Certains ont évalué le coût du récent confinement partiel de 16 départements à 1,2 milliard.

Selon Le Figaro, le ministère public évalue ce reconfinement partiel – qui occasionne la fermeture de 150 000 commerces – à 11 milliards d’euro par mois. Ce chiffre ne recouvre que les dépenses publiques : fond de solidarité, chômage partiel, exonérations de charges.

Une chose est certaine, la fermeture des écoles entrave l’activité des parents qui travaillent (encore).

D’où vient l’argent pour payer tout ça ? Bonne question. Un fonctionnaire vous répondrait qu’il vient du « budget ». Car voyez-vous, dans l’administration, on ne gagne pas d’argent. On a un budget.

Évidemment, ce budget ne tombe pas du ciel : il provient de l’argent pris aux contribuables ou de sommes empruntées. L’embêtant est qu’à ce rythme, il risque de rester bien peu de contribuables solvables. D’où la dette et ça tombe bien puisque la BCE a anesthésié les Allemands et les autres tenants de la rigueur monétaire. La dette ne coûte donc rien et même moins que rien par la magie des taux négatifs.

Point d’étape avant le naufrage

Rassurez-vous, notre valeureuse bureaucratie n’est pas sans rien faire (contrairement aux restaurateurs). La Sécurité sociale nous gratifie donc d’une « note d’étape sur les finances sociales après la crise Covid-19 ». C’est la Sécurité sociale qui ne s’intéresse donc qu’à son budget social. Mais on sent sourdre une toute petite pointe d’inquiétude.

En italique la prose officielle.

Par un courrier en date du 7 décembre 2020, le Premier Ministre a demandé au HCFiPS de travailler sur la soutenabilité et la cohérence du système de protection sociale, dans le contexte induit par la crise sanitaire

Il y aurait donc un doute sur la soutenabilité de nos merveilleuses protections sociales que tout le monde nous envie mais que personne ne copie ?

Le rapport parle de « situation la plus grave des finances publiques au moins depuis la deuxième guerre mondiale »de « déficits jamais atteints depuis la création de la sécurité sociale ».

Va-t-on tenter d’amender le système ? Comment ? Suspens insoutenable…

en travaillant sur les conditions d’acceptation du prélèvement social, élément central à la pérennité du système.

Zut, déception : la bureaucratie pense plutôt à travailler au corps le contribuable pour arracher son acceptation car c’est la condition pour que ce système qui nous ruine survive encore et toujours. On comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron nous vantait que l’URSSAF était notre amie.

La présente note constitue un point d’étape sur ces travaux. Elle repose notamment sur les échanges engagés dans le cadre des séances plénières du Haut Conseil, entre ses membres et les personnes auditionnées (démographes, sociologues, économistes).

Evidemment, tel que c’était parti, on n’allait pas interroger les contribuables, les artisans et les employés de PME empêchés de travailler, les rentiers pleurant leurs loyers impayés (a-t-on jamais vu qu’un éleveur demande à un cochon la permission de le saigner). On interroge donc des démographes, des sociologues et des économistes. C’est plus sûr, eux aussi ont des métiers subventionnés. Les intérêts convergent.

La réflexion doit se poursuivre d’ici la fin du premier semestre, avec pour enjeu, notamment de réfléchir à la conciliation des objectifs stratégiques, du cadre démocratique et de l’efficience du système de protection sociale

Bigre ! La situation est si grave qu’il y a désormais un enjeu démocratique.

L’arrachement du consentement risque cette fois d’être un peu violent !

Extraction dentaire – Attribué au Caravage

Suit un long délayage sur un « pilotage par les soldes » : en langage vulgaire, on compare les recettes (pardon, budgets) aux dépenses. Ne me demandez pas comment ça marchait avant , le rapport ne le dit pas. Que va apporter de nouveau ce « pilotage par les soldes » ?

 

« Le pilotage par les soldes permettant de fixer les trajectoires financières de court et moyen termes, il rend lisibles les (dés)équilibres financiers, et permet ainsi de responsabiliser les acteurs du système. Ces trajectoires donnent la possibilité de mesurer les marges de manœuvre ou les efforts à effectuer et donc de guider l’action des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs du système des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs du système, à la fois pour chacune des branches et, globalement, pour l’ensemble de la sécurité sociale, en créant une capacité d’arbitrage : cette faculté doit s’exercer au sein de chaque branche, mais aussi entre branches, ce à la fois en dépenses et en recettes, et ouvrir la possibilité à des réaffectations de ressources qui qui doivent être explicites et partagées entre les acteurs de la protection sociale. »

 

Là vous comprenez, cher lecteur, que ce n’est pas gagné ! Pas vraiment de mieux à espérer. Mais, ce n’est pas tout. Il semble, hélas, que ça pourrait empirer. Surtout quand on lit cette phrase figurant en gras dans le rapport :

« Quelles que soient les réformes, souhaitables, menées, il ne sera pas possible de rééquilibrer l’assurance maladie rapidement par la seule maitrise des dépenses, même avec des hypothèses favorables. ».

Les hypothèses en question sont des hypothèses économiques et démographiques. Il est vrai qu’un peu plus haut on parle d’une croissance à 3% !

Un faux postulat : la charrue qui tire les boeufs

On peut aussi lire une ineptie :

« La crise sanitaire nous rappelle avec force qu’une population en bonne santé est à la fois un des objectifs majeurs des politiques publiques et une des conditions sine qua non de tout développement économique. »

Non : la santé n’est pas le préalable au développement économique. C’est l’inverse. Lorsque les pays sont sortis petit à petit de la misère d’une économie de subsistance, ils ont pu développer les soins.

Car arrêtons les pleurnicheries moralisatrices. Oui, la vie (ou la mort) n’ont pas de prix surtout pour la personne concernée et ses proches. Mais les soins, eux, ont un prix. Ils se payent et pas en monnaie de singe ou en belles promesses.

À l’aube d’un week-end pascal, on peut méditer – quelle que soit sa foi, son athéisme ou son agnosticisme – la parabole du bon Samaritain.

Le bon Samaritain trouve sur son chemin de voyageur un homme qui – victime de bandits qui l’avait dépouillé et roué de coups  – git à moitié mort. Des prêtres et des lévites (les bien-pensants de l’époque) étaient passés sans intervenir. Mais le Samaritain (personnage considéré comme infréquentable car hérétique) s’émeut. Il soigne le blessé, le charge sur sa monture, le dépose chez un aubergiste, le veille. Le lendemain, le Samaritain donne deux pièces d’argent à l’aubergiste en lui demandant de continuer à prendre soin de son protégé.

Le Samaritain ne soigne pas avec rien – il a fourni pansements huile et vin, indique la parabole – et il paye l’aubergiste pour les soins futurs. Il paye ces soins avec son argent de riche. De l’argent déjà gagné pas celui qu’il promet à l’aubergiste de gagner dans le futur si jamais sa santé lui permet de travailler…

Revenons en ce XXIème siècle.

À un moment, il faudra bien parler des vraies réformes de la Sécurité sociale : mise en concurrence des assurances maladie, chômage, vieillesse, âge de la retraite. Plus, horreur et abomination,  retraite avec une dose de capitalisation (comme les fonctionnaires) et non pas 100% répartition.

 

Nous allons bientôt y arriver à parler de ces vrais sujets. Car chaque jour qui passe montre que l’État ne nous protège plus. L’obèse est impuissant. Même piloté par les soldes…

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Le bannissement de l’ivermectine est-il un cadeau à Big Pharma ?

Par Éric Verhaeghe

Mais pourquoi diable, venu de nulle part, l'Agence Européenne du Médicament a-t-elle rendu un avis déconseillant formellement l'usage de l'ivermectine contre le COVID ? Et pourquoi l'Agence française s'apprête-t-elle (selon une rumeur non vérifiée) à en faire de même ? Nous avons interrogé le docteur Maudrux sur ce sujet, et les éléments du dossier interrogent, une fois de plus, sur les interactions entre les autorités sanitaires et les intérêts des grands laboratoires.

Depuis plusieurs jours, l’avis négatif rendu par l’Agence Européenne du Médicament (EMA) sur l’ivermectine ne cesse d’intriguer, tant il est venu de nulle part et à un moment où on ne l’attendait pas. Quand une décision publique est prise dans ces conditions, l’expérience enseigne qu’elle cache généralement quelque chose (selon l’adage : « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup! »). Nous avons donc interviewé le docteur Maudrux sur cette affaire, après l’article qu’il a écrit sur son blog (désormais indépendant)

Le mystère de l’ivermectine

Il y a quelques jours, donc, l’Agence Européenne du Médicament a rendu un avis déconseillant l’utilisation de l’ivermectine contre le COVID. Cet avis (en anglais) était assez inattendu :

In the EU, ivermectin tablets are approved for treating some parasitic worm infestations while ivermectin skin preparations are approved for treating skin conditions such as rosacea. Ivermectin is also authorised for veterinary use for a wide range of animal species for internal and external parasites.

Ivermectin medicines are not authorised for use in COVID-19 in the EU, and EMA has not received any application for such use.

(Dans l’UE, les tablettes d’ivermectine sont autorisées pour le traitement de certaines infestations de vers parasites et les préparations dermatologiques d’ivermectine sont autorisées pour les traitements de la peau comme la rosacée. L’ivermectine est aussi autorisée à usage vétérinaire pour de nombreuses espèces contre les parasites internes et externes. 

Le traitement à l’ivermectine ne sont pas autorisés contre le COVID-19 dans l’UE, et l’EMA n’a reçu aucune demande pour une telle utilisation.)

N’ayant reçu aucune demande pour autoriser l’ivermectine contre le COVID, pourquoi donc l’autorité européenne répond-elle soudain à une question qui ne lui a pas été posée ?

Le docteur Maudrux apporte des éléments de réponse significatifs. D’une part, 48 études sérieuses attestent des bons résultats de l’ivermectine, avec très peu d’effets secondaires. D’autre part, l’ivermectine est une vieille molécule dont l’usage contre le COVID pourrait ruiner les laboratoires qui investissent massivement sur des traitements coûteux. Ceux-là n’ont nulle envie de voir des concurrents casser les prix sur le marché avec des molécules relevant du domaine public (donc non-brevetables).

L’Agence Française condamnée pour homicide involontaire

Rappelons que les agences du médicament n’en sont pas à leur coup d’essai en matière d’opacité et de décisions biaisées. Dans l’affaire du Mediator, l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) française vient d’écoper d’une amende de 300.000€ pour homicides et blessures involontaires par négligence. 

Une condamnation que la presse mainstream s’est bien gardée de relayer, mais qui en dit long sur la confiance que l’on peut avoir dans le système de santé. 

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Macron : « on vaincra le virus avec la tenaille »

Par Éric Verhaeghe

Emmanuel Macron vient d'annoncer la "tenaille" pour vaincre le virus : restriction des déplacements d'un côté, campagne de vaccination de l'autre. Et il a bien insisté sur cette tenaille ! De quoi inquiéter tous les Français qui connaissent leur classique, et tout particulièrement la série de la 7è compagnie où la "tenaille" est synonyme de dissimulation d'un échec magistral, et même d'un effondrement. Mais quel communiquant a bien pu lui souffler cette idée ?

Selon Emmanuel Macron, on vaincra le virus et on reviendra à la normale en faisant la tenaille (confinement + vaccination). Mais ils sont combien à faire « la tenaille » pour vaincre le virus qui nous occupe ?

Macron cède aux enseignants 

Une chose est sûre, la seule véritable annonce, en dehors de la fermeture des commerces « non essentiels » sur l’ensemble du territoire français, c’est la mesure spéciale de protection des enseignants appelée : fermeture des écoles mais maintien des cours à distance la semaine prochaine. Le Président a annoncé que le calendrier scolaire serait adapté… sauf au-delà de la date prévue de fin d’année. Car il n’est pas question de demander aux enseignants de récupérer une semaine en juillet. 

On prend des mesures, mais pas de vagues, tout de même. Et tant pis pour les élèves qui devront subir les 20% d’enseignants fonctionnaires reconnus comme décrocheurs l’an dernier. L’impunité règne dans les rangs.

10.000 lits de réanimation sortis du chapeau

Accessoirement, le Président annonce 10.000 lits de réanimation, soit 4.500 de plus que les chiffres officiels. D’où viennent-ils ? Ces détails n’ont pas été précisés. Mais on aimerait savoir si ces lits sont des lits de réanimation dont on sortira les malades ordinaires, ou s’il s’agit d’adaptation de lits de soins critiques actuellement vides (ce qui est un fantasme).

On suivra avec attention les informations sur ce sujet… si les hôpitaux publics en donnent, eux qui aiment tant, d’ordinaire, l’opacité. 

La « tenaille » de la vaccination

Selon le Président, ces efforts permettront un retour progressif à la normale à compter du 15 mai (ce qui fait un effort de six semaines et non de quatre…), avec la possibilité de rouvrir les restaurants (nous avions annoncé début janvier que la réouverture aurait lieu en mai…), parce que la campagne de vaccination permettra de faire tomber la circulation des virus. 

Le Président a affirmé que, à la fin de l’été, tous les Français de moins de 18 ans qui veulent se faire vacciner auront pu le faire. Que de promesses imprudentes !

Rappelons que, au 31 mars, environ 8 millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin. En décembre, il était prévu que 14 millions de personnes soient vaccinées à cette date. Bref, la campagne de vaccination va deux fois moins vite que prévu et, à l’époque, on la trouvait déjà beaucoup trop lente. 

Vous êtes combien à faire la tenaille ?

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Entrepreneurs, ne laissez pas les énarques de Bercy gagner la lutte des castes !

Par Éric Verhaeghe

La lutte des castes existe ! Elle est menée par les hauts fonctionnaires de Bercy, qui ont décidé d'éraser toute forme de statut soupçonné d'être plus avantageux que celui d'inspecteur général des finances. C'est le cas du statut d'entrepreneur propriétaire d'une Société par Action Simplifiée, qui devrait prochainement mis en coupe réglée et soumis à un matraquage fiscal au nom de la solidarité, de la simplification administrative et autres balivernes plus ou moins cautionnées par des organisations patronales financées par l'Etat. Entrepreneurs, ne perdons pas la lutte des castes !

La lutte des castes menée par les hauts fonctionnaires de Bercy contre tout ce qui échappe à leur contrôle devrait faire prochainement des victimes parmi les entrepreneurs. Selon les informations qui bruissent dans les couloirs, un plan « entrepreneurs » est en préparation, et il devrait s’occuper du statut fiscal des petites entreprises. Pour la énième fois (vive l’instabilité juridique ! c’est la meilleure façon de relancer l’activité…), les règles fiscales applicables aux dividendes des dirigeants entrepreneurs devrait changer. 

Les entrepreneurs bientôt rackettés fiscalement ?

On se souvient que le Haut Conseil au Financement de la Protection Sociale avait publié un rapport en septembre 2020, favorable à une fusion de fait des statuts de SARL et de SAS. On comprend bien l’objectif de cette mesure en apparence hyper-technique : depuis le passage du désastreux Hollande au pouvoir, la fiscalité des dividendes en SARL est devenue très dissuasive, poussant de nombreux gérant de SARL à opter pour le statut de SAS. 

Sauf que… Bercy se verrait bien désormais étendre aux SAS l’inquisition fiscale menée dans les SARL, consistant à requalifier en rémunération taxée à 75% l’essentiel des dividendes légalement versés dans les SAS et taxés à 30%.

Les mouvements patronaux consultés sont subventionnés

Bien entendu, ce dispositif sur lequel nous sommes les seuls à tirer la sonnette d’alarmes fait l’objet d’une consultation… auprès de mouvements patronaux subventionnés par l’Etat, dont on mesure spontanément la liberté d’expression. Ce sont d’ailleurs les trois mouvements patronaux représentatifs officiels : MEDEF, CPME, U2P, qui se financent largement grâce à la contribution obligatoire sur les salaires imposée par… François Hollande. 

La boucle est bouclée !

On ne risque pas d’entendre beaucoup de murmures dans leurs rangs contre les mesures scélérates de Bercy. Et ce silence constitue en réalité une ligne rouge qu’ils ont bien tort de franchir, car le moment du grand déballage vient sans doute…

La jalousie des hauts fonctionnaires a encore frappé

Bien entendu, Bercy va justifier cette mesure au nom de la solidarité, de l’intérêt général, de la participation à la relance. On sait déjà que Bruno Le Maire a désigné les entrepreneurs comme des profiteurs qui devaient « rendre » ce qu’ils étaient parvenus à « obtenir » dans cette crise sanitaire dont la dureté est très largement due à l’incompétence des hauts fonctionnaires, à l’incurie de l’Etat, et à l’incapacité de la bureaucratie à s’adapter à la réalité. 

On croirait, en écoutant tous ces gens, entendre Staline expliquer que la famine en Ukraine est causée par les koulaks et non par l’absurdité du régime communiste. L’image n’est ni innocente ni incongrue : de même que la bureaucratie soviétique a racketté les petits bourgeois ukrainiens et soviétiques au nom d’une idéologie qui ne fonctionnait pas, de même les hauts fonctionnaires de Bercy trouvent légitime de racketter les entrepreneurs moins diplômés qu’eux mais parfois plus fortunés. Par jalousie, tout simplement. 

Je vous invite à revoir l’interview d’Hélène Strohl sur l’opinion que les énarques ont des médecins. Elle ne dit pas autre chose. 

Ce qu’ils appellent la « solidarité » ou « l’intérêt général » n’est que le cache-misère de la jalousie qu’ils ont pour tout ce que les autres ont et qu’ils n’ont pas. L’appareil d’Etat est aux mains de prévaricateurs qui veulent faire rendre gorge à tous ceux qui leur tiennent tête et qui ne dépendent d’aucune subvention négociée à force de soumission à Bercy. 

La lutte des castes va encore frapper….

Je me souviens, début 2019, en pleine crise des Gilets Jaunes, d’avoir invité à déjeuner un haut fonctionnaire de Bercy qui m’avait expliqué son point de vue sur les événements. Selon lui, il y avait deux France, celle des Gilets Jaunes et celle de l’appareil d’Etat, qui s’éloignaient l’une de l’autre sans retour possible. « Et nous ne lâcherons rien ! » m’avait-il dit. 

C’est ce que j’appelle la lutte des castes : les hauts fonctionnaires défendent les intérêts de leurs castes en utilisant la réglementation pour faire payer leur train de vie par les autres castes. Et les autres, c’est ce petit peuple d’indépendants, de commerçants, d’entrepreneurs, déjà lourdement frappés par le COVID, par le confinement, par les décisions de l’Absurdistan. Mais les hauts fonctionnaires de Bercy pensent que tout ce petit monde industrieux n’est pas encore au bout de ce qu’il peut rendre. 

… ne la perdons pas !

Faut-il croire que la lutte des castes est déjà gagnée par cette coterie qui empoche plus de 10.000€ nets par mois grâce à des contribuables qu’ils détestent ?

Je ne le pense pas, car ces gens sont majoritairement des couards qui ne comprennent que le langage de la force. Et la force, nous l’avons ! Non la force physique, qui ne sert à rien, mais la force morale de dire non et d’agir pour contrer leurs mesures scélérates. 

Je reviendrai prochainement sur les bonnes mesures à prendre pour mettre leur stratégie en échec. Ensemble, nous parviendrons à les faire reculer. 

Il faut d’ici se pénétrer de la certitude intime que la guerre sera rude, mais que le rapport de force est en notre faveur. Je reviendrai sur toutes ces questions dans les prochains jours. Ne manquez pas de vous inscrire à la newsletter des entrepreneurs que je vais prochainement lancer pour vous aider. 

Bon courage !

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Confinement : les dealers organisent leur commerce essentiel !

Par Laurent SAILLY

Les chevelus voient leurs coiffeurs ouverts, mais pas les poilues car les esthéticiennes ne sont pas commerces essentiels. Les pieds trouvent des chausseurs ou des cordonniers, mais les jambes ne trouvent ni bas, ni chaussettes car les magasins de vêtements ne sont pas commerces essentiels. Les fumeurs peuvent fréquenter les bureaux de tabacs… et les consommateurs de drogues ? Cinq jeunes ont été condamnés par le tribunal de Nanterre mercredi 24 mars 2021, pour avoir organisé un trafic de stupéfiants via une centrale d'appels et des livreurs. Ce procédé leur a permis d’être contactés par plus de 600 correspondants.

Les policiers ont découvert le trafic en octobre 2020, après avoir réussi à faire avouer un client, qui avait ensuite fourni aux forces de l’ordre le numéro utilisé pour commander, rapportent  Actu Hauts-de-Seine. Cette plateforme téléphonique, active de 14 h à 22 h, était utilisée par 629 correspondants différents. Aussi : 16 500 SMS ont été échangés. Des armes, plusieurs kilos de drogues, de l’argent liquide et des munitions ont été retrouvés lors des différentes perquisitions menées aux domiciles des prévenus. Le trafic aurait rapporté 13 500 €, annonce le média francilien. Les cinq comparses ont écopé d’amendes et de peines de prisons avec ou sans sursis. A noter la “sévérité“ des peines complémentaires puisque tous se sont vu interdire de détenir une arme pendant cinq ans (comme s’il était naturel d’en détenir une) et surtout, ils ne pourront exercer la profession de livreur pendant trois ans (livreur de pizza comme livreur de cannabis). Il faut bien reconnaitre que le patron du réseau (déjà condamné six fois) exerce officiellement, l’activité de coursier pour Deliveroo.

 

Cette histoire est totalement ubuesque. Avec le confinement (ou même le couvre-feu) on aurait pu s’attendre à une baisse de la délinquance. Plus de forces de l’ordre dans les rues et sur les routes pour Pâque a-t-on prévenu. Mais pour quoi faire ? Uniquement pour limiter les libertés ? Il faut croire que oui puisqu’ un consommateur de drogue craint plus d’être sanctionné pour non-respect du confinement, qu’un dealer pour vente de stupéfiants !

 

Gérald Darmanin, qui donne chaque mois les chiffres des saisies de cannabis, cocaïne et héroïne, a fait de la lutte contre les trafics de stupéfiants sa priorité depuis son arrivée place Beauvau. Il a déclaré, en décembre dernier, lors d’un entretien accordé au quotidien Le Parisien:

 

“Je souhaite que la police et la gendarmerie s’attaquent à chacun d’entre eux. Je communiquerai tous les mois le nombre de points de deal démantelés sur le territoire“.

 

Depuis début mars, n’importe qui peut prendre part à la lutte contre le trafic de drogue. Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une plateforme permettant à chacun de signaler à la police et à la gendarmerie les points de deal à proximité de chez lui. On est en droit de se demander pourquoi cette plateforme de renseignement recevrait davantage d’échos qu’un simple coup de téléphone au commissariat de proximité ? De plus, chacun sait où sont ces fameux points de deal. J’en veux pour preuve que le ministère est dans la capacité de dénombrer exactement le nombre de points de deal au niveau national. Ils sont connus des policiers comme des consommateurs.

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Manifeste des Stratèges : ce que nous pensons des propositions des Républicains

Par courrier-strateges

La rédaction du Courrier des Stratèges a examiné avec le plus vif intérêt les propositions des Républicains. Un scoop : pas de renouveau neuronal printanier à attendre de ce parti qui semble sortir d’hibernation avec un électro-encéphalogramme plat dopé au Lexomil.

Un filet d’eau tiède pour enivrer les foules ?

Edouard Husson

En 2017, Les Républicains avaient un candidat, François Fillon, qui prenait des risques et avait proposé des mesures concrètes de réduction de la dépense publique.

Il entendait réaliser 100 Md€ d’économies sur la dépense publique en 5 ans. Celles-ci reposeraient pour 30 Md€ sur l’État (revues de dépenses systématiques), 20 Md€ sur les collectivités locales (contraintes pour leurs dépenses et leurs embauches, fusion de différents niveaux d’administration) et 50 Md€ sur la sphère sociale (retraites, assurance maladie et chômage).

Evidemment, parce qu’il faisait des propositions, il se prit immédiatement des coups. Les gardiens de l’illusoire « modèle français » (qui est essentiellement un droit pour l’instant illimité d’emprunter à l’abri des taux d’intérêt européens très bas, garantis par la confiance qu’inspire l’Allemagne) se mirent, y compris dans son propre parti, à attaquer telle ou telle mesure (âge de la retraite à 65 ans, réduction des dépenses de santé etc..). Au lieu de prendre du recul et de s’adresser à son public, la France des entrepreneurs, François Fillon esquiva, eut l’air de cafouiller, avant d’être happé par les accusations sur son train de vie dispendieux.

Privés du pouvoir en 2017, Les Républicains ressemblent à ces « émigrés » revenant après la Révolution française, dont Chateaubriand nous dit qu’ils n’avaient « rien oublié ni rien appris ». Contrairement à ce que croient les responsables de LR, ils ont une route à creuser entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La France est désormais endettée à 115% de son PIB ; elle a d’un côté laissé exploser les dépenses liées à la fonction publique territoriale et de l’autre négligé le régalien (police, justice, défense) dont elle aurait besoin ; qu’il s’agisse de la recherche ou de notre présence outre-mer, deux secteurs clé pour la puissance au XXIème siècle, notre pays néglige l’investissement (le budget des organismes de recherche est à 85% de la masse salariale ; l’outre-mer est prétexte à subvention, pas à innovation industrielle).

L’heure est venue de faire des choix car l’endettement indolore à taux bas voire négatifs ne durera pas éternellement. Il faut une nouvelle Révision Générale des Politiques Publiques ou RGPP (après tout, ce n’était pas si mal cette initiative de Nicolas Sarkozy, et cela a permis de contenir l’expansion de l’administration centrale) ; il faut tirer les conclusions de fiascos comme les Agence Régionales de Santé, ARS, qui absorbent dans la bureaucratie les dépenses hospitalières au lieu de créer les infrastructures dont nous avons besoin. Mais Les Républicains préfèrent l’eau tiède d’un programme sans contours.

Pour abolir les privilèges, il faut soi-même y renoncer

Didier Picot

Le parti politique Les Républicains présente timidement l’idée qu’il faudrait mettre fin à l’emploi à vie des fonctionnaires.

La garantie de l’emploi des fonctionnaires est en effet incompréhensible et inacceptable. Elle introduit dans la société française une inégalité choquante entre les fonctionnaires et le reste des Français face au chômage : d’un côté une caste de 20% des Français dont le taux de chômage est de zéro, de l’autre la population française dévastée et pressurisée par un taux de chômage mathématiquement supérieur de 25% aux statistiques biaisées de l’INSEE et qui seule subit l’impact du chômage technique lié au COVID.

Or, l’emploi à vie n’est pas la plus honteuse des dispositions de ce qui constitue le cancer inavoué de la vie politique française : le statut des fonctionnaires. Écrit en 1946 par la CGT et le Parti Communiste de Maurice Thorez, ce statut a été consolidé en 1983 par le ministre communiste de François Mitterrand, Anicet Le Pors. Quand on connaît le savoir-faire communiste en matière de manipulation des organisations et du pouvoir politique, on mesure que tout ceci n’est pas un hasard.

Car ce statut prévoit deux autres privilèges exorbitants, uniques au monde, qui ont permis à la caste des fonctionnaires de prendre un pouvoir total et sans partage sur l’appareil d’État et la vie politique française : le droit de grève et le droit de se présenter en politique, tout en maintenant leurs privilèges de fonctionnaires. Grâce à ce double mécanisme qui leur donne un avantage électoral majeur, les fonctionnaires détiennent et exercent les pouvoirs exécutifs, législatifs, administratifs, judiciaires et contrôlent les contre-pouvoirs que sont les partis politiques, les syndicats et la presse comme je l’ai exposé dans Vendons les Parisiens !

Alors, mettre fin à l’emploi à vie des fonctionnaires ? Oui bien sûr, il n’est que temps. Si les troupes d’élite du 1° RPIMA de Bayonne sont employées en CDD alors qu’elles exercent au péril de leur vie le pouvoir régalien par excellence, la défense nationale, comment justifier que les fonctionnaires des services administratifs de la Ville de Cahors bénéficient de l’emploi à vie ?

Mais pour qu’ils soient crédibles, les Républicains devraient commencer par eux-mêmes renoncer à leur statut de fonctionnaire. Ensuite, ils devront proposer une refonte totale du statut et un plan de mise en œuvre pragmatique : abolition immédiate du statut de fonctionnaire pour les hauts fonctionnaires, maintien du statut pour les moins gradés jusqu’à leur retraite, plus aucune embauche sous le statut actuel, primes ciblées pour encourager les départs, etc.

Ce qui nécessite au préalable d’affronter le constat que l’Etat en France n’est pas la solution mais le problème, la source fétide du profond malaise qui traverse le pays. Y sont-ils prêts ?

LR ne franchit toujours pas le Rubicon

Eric Verhaeghe

LR a esquissé un sujet intéressant : la fin de la garantie de l’emploi pour les fonctionnaires. On attend de voir si cette vraie question débouchera sur une énième mesurette avec des possibilités de rupture conventionnelle payée par le contribuable, ou si elle permettra la cure d’amaigrissement qu’une bureaucratie proliférante rend indispensable pour le relèvement du pays. Et tel que le document de LR l’annonce, on peut craindre le pire : celui de l’étouffement de la mesure à force d’avoir peur de son ombre.

Nous le savons tous, le problème fondamental de notre pays est qu’il est bloqué par une aristocratie administrative arrogante mais incompétente, prétentieuse mais incapable d’assumer la moindre responsabilité effective. On donne des leçons, et on dilapide l’argent public sans qu’aucune sanction ne soit jamais prise. L’affaire Salomon le montre une fois de plus.

La première mesure à prendre pour débloquer ce pays et pour lui remettre ses pendules à l’heure est de priver les hauts fonctionnaires de leur emploi à vie. Ces donneurs de leçons doivent pouvoir être licenciés en cas de fautes avérées, notamment en cas d’incapacité à atteindre les objectifs de dépenses qui leur sont fixés par le Parlement.

On craint fort qu’une fois de plus, les Républicains qui ont rédigé les propositions de réforme de l’Etat (Eric Woerth, ENA, Jean-François Copé, ENA), ne l’entendent pas de cette oreille. Auraient-ils à l’esprit que la remise en cause du statut du fonctionnaire ne doive surtout pas s’appliquer aux corps dont ils sont issus ?

Dans tous les cas, n’oublions jamais qu’un escalier se balaie par le haut. Réformer le statut des petits fonctionnaires ne résoudra aucun problème. C’est le renouvellement des élites administratives qui constitue la solution.

Ceux qui créent les problèmes sont-ils aptes à les résoudre ?

Simone Wapler

Heureuse surprise, on croit rêver en lisant le diagnostic et les propositions du plus gros parti dit de droite, Les Républicains. Ça commence magnifiquement :

« L’État est trop lourd là où il devrait être souple et trop faible là où il devrait être fort. »

Christian Jacob

D’où il s’ensuit des préconisations de baisse des prélèvements, de débureaucratisation, de report de l’âge de la retraite à 65 ans, de disparition du statut de fonctionnaire à vie, de revue des dépenses publiques.

Mais rien de chiffré, ne rêvons pas. Et surtout pas d’articulation logique solide. Par exemple, un fonctionnaire retraité ou en activité, c’est à peu près le même prix, il me semble… Et si on décide que l’âge légal de la retraite est porté à 65 ans pour tout le monde, l’effectif de la fonction publique ne diminuera pas des départs en retraite…

Tout ceci manque d’un grand souffle et de cohérence. Où l’État doit-il être fort ? Que sont vraiment ses missions ? Comme je l’explique dans Non, l’État ne nous protège plus, une police au service du pouvoir n’est pas une police au service des citoyens. Je rappelle que récemment nos « forces de l’ordre » pour reprendre le terme niais de la bien-pensance ont pour mission de traquer les déplacements de ceux qui, pour travailler, passent d’un département rouge à un département orange. A-t-on connaissance d’un vigneron cluster à lui seul passant de Pouilly (58 rouge) à Sancerre (18 pas encore rouge) pour faire son métier en plein air ?

Finalement qu’attendre de ce parti ? Il faudrait être bien naïf pour croire que ceux qui ont créé les problèmes seront aptes à les résoudre. D’ailleurs, nos cadors invertébrés le reconnaissent eux-mêmes !

Eric Woerth : « ce qui serait très nouveau, ce serait de le faire »

Jean-François Coppé : « Ça correspond à ce qu’on aurait dû faire chaque fois qu’on était au pouvoir »

Oui. Voilà. Pourquoi feraient-ils subitement en 2022 ce qu’ils n’ont jamais fait auparavant ? Le premier problème, c’est eux. Quand ceux qui créent les problèmes savent les résoudre, c’est que ce sont des racketteurs mais pas des gens honnêtes.

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Déficit commercial, dettes et partage de la future misère

Par Simone Wapler

Avec la mise à l’arrêt de l’économie, le déficit commercial se creuse. Mauvaise nouvelle pour les finances publiques, la dette et la pression fiscale. Incapables de créer les conditions de la prospérité, nos politiciens regorgent d’idées idiotes sur le partage de la misère.

Ce n’est pas surprenant, le déficit commercial de notre pays se creuse depuis la crise sanitaire.

Pour le tourisme à Paris, les chiffres sont déjà accablants : – 15 milliards de recette. Le tourisme est en quelque sorte de l’export puisque des étrangers viennent dépenser de l’argent chez nous.

Le bilan général et définitif 2020 n’est pas encore tombé : 62 milliards pour la Banque de France, 65 milliards selon les douanes mais 82,5 milliards pour Eurostats (sources).

La crise sanitaire a évidemment frappé des secteurs industriels encore traditionnellement exportateurs tels que l’aéronautique ou l’automobile, ainsi que le tourisme. Elle a favorisé le secteur médical et – divine surprise – allégé la facture pétrolière de quelques 20 milliards.

Un problème ? Une taxe !

Selon les étatistes de gauche et de droite, le déficit commercial est sans conséquence. Pour que tout rentre dans l’ordre, il suffit de recourir au protectionnisme, à la dévaluation et à la grande pompe taxations-subventions dont seuls quelques contribuables lucides déplorent les fuites et le rendement lamentable.

Selon que les propositions émanent du RN, de LFI, des Républicains, du PS ou d’En Marche, le dosage entre le recours au protectionnisme ou au mode taxation-subvention change. Les écologistes-pastèques eux sont désormais hors course : ils prônent le retour à l’économie de subsistance. L’ensemble de l’échiquier politique ne contestant plus l’euro, la dévaluation (qui consiste à brader à l’étranger la valeur ajoutée nationale) n’a plus la cote.

Ce qu’indique le déficit commercial

Raisonnons d’abord à l’échelle individuelle. Vous vivez en autarcie donc forcément à la campagne. Votre but est de vous nourrir, de vous chauffer, de vous vêtir. Vous n’échangez rien. Votre balance commerciale est nulle.

Par votre talent d’observation de la nature, votre acharnement au travail, et une météo clémente vous arrivez à produire un peu plus que les besoins de votre famille. Vous voici en mesure de vendre, d’exporter !

Du coup, vous vous laissez tenter par des chaussures fabriquées par un chasseur-tanneur-cordonnier qui sont nettement plus confortables que vos galoches en bois taillées  à la faveur d’une chute d’arbre. Vous achetez pour moins cher de chaussures que votre excédent agricole. On n’est jamais trop prudent et jamais à l’abri de mauvaises récoltes. Votre balance commerciale est donc positive.

Votre ferme autarcique prospère. Toute votre famille est désormais bien nourrie. Vos enfants portent des chaussures. Vous succombez au charme de chandails en cashmere produits par une vieille qui tricote au coin du feu la laine de ses chèvres qui viennent d’un pays bizarre. C’est cher mais c’est doux, chaud et moelleux. Vous tapez dans vos réserves. Votre balance commerciale devient négative, vous êtes en déficit commercial.

En principe, c’est une situation transitoire. Car une fois que votre épargne sera épuisée, il va bien falloir ressemeler vos chaussures, ravauder vos cashmeres et vous remettre au boulot. Sauf bien sûr si vous vous endettez…

En réalité, l’économie en autarcie n’existe pas. Cela conduit à une situation misérable. Voir l’URSS, la Corée du Nord et même la République Démocratique Allemande. Oui : même les Allemands n’ont pas réussi à faire fonctionner le communisme, c’est dire !

Pour qu’une économie soit prospère, il faut que chacun puisse échanger avec les autres ce qu’il fait de mieux. Plus les échanges sont fluides (sans taxe, barrières douanières, normes protectionnistes) plus l’économie se développe. La mondialisation a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté.

L’idéologie, le nationalisme, la lutte des classes n’ont jamais développé l’économie. Pire l’idéologie entrave comme le montre la différence de stratégie entre les industries automobiles allemandes et françaises.

Le déficit commercial récurrent et installé de la France prouve simplement que nous sommes incapables de produire en quantité suffisante des biens et services au bon prix que des étrangers souhaitent nous acheter. Si nous importons trop depuis des années sans exporter suffisamment, avec quoi payons-nous nos importations ? De la dette !

Notons que les pays avec lesquels nous sommes les plus déficitaires sont la Chine et l’Allemagne.

Le danger du double déficit

Nous devons donc à titre collectif affronter deux déficits : le déficit public dont le cumul est la dette publique et le déficit commercial qui n’est pas financé par l’épargne puisque l’État s’endette. Le discours selon lequel la dette est remboursable par la croissance est par conséquent inepte. L’arithmétique est d’ailleurs implacable, un pays qui est endetté à 100 % de ce que produit son économie et qui paie 2% d’intérêt sur sa dette doit dégager plus de 2% de croissance pour seulement stabiliser sa dette (on ne parle pas de rembourser mais de ne plus creuser le trou).

Avec l’Allemagne, nos déficits commerciaux s’entassent au sein du dispositif TARGET 2, sorte de trou noir de créances douteuses au sein de l’Eurozone, créances comptabilisées par les banques centrales nationales et la Banque centrale européenne.

Voici ce que cela donne.

Source Eurocrismonitor

En dessous de l’horizontale, les pays déficitaires et au-dessus les pays excédentaires.

Pour la France, la situation n’est pas encore dramatique, comparée à celles de l’Italie ou l’Espagne. De quoi recadrer les discours du style « salauds de Teutons qui profitent de l’euro pour nous écraser »… Dit autrement, l’Allemagne a plus de 1 000 milliards d’euros de créances douteuses sur l’Eurozone mais très peu avec la France.

C’est plus avec la Chine que ça risque de coincer. La solution serait évidemment la réindustrialisation. Mais pour cela, il faudrait renoncer au merveilleux modèle social (que personne ne copie vu qu’il est ruineux), taxer un peu moins le secteur productif et travailler un peu plus comme le font tous ceux qui nous entourent. Car figurez-vous que nous vivons dans un monde cruel : à talent égal, celui qui bosse le plus gagne.

Hélas, Bruno Le Maire ne semble pas l’avoir compris « Les entreprises vont rendre ce qu’elles ont réussi à obtenir grâce à la protection de l’État[…] c’est une solution juste et efficace qui mérite en tout cas d’être étudiée. »

En Marche donc vers plus de misère, plus d’impôts, plus de privations de liberté. Sauf à changer d’idéologie : les entreprises ou les individus n’obtiennent rien de l’État. Les salariés, les patrons, les individus payent l’État pour avoir en retour des services régaliens, c’est-à-dire la protection de leur propriété, de leur liberté et de leur sûreté. Services qui aujourd’hui sont de plus en plus mal assurés et nous coûte de plus en plus cher. C’est pour cela que même notre prétendument fabuleux modèle social ne s’exporte pas !

 

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L’automobile carbure à la technique allemande pas à l’idéologie française

Par Didier Picot

Pour contrer l’agression chinoise qui vise à marginaliser et détruire l’industrie automobile européenne, les Allemands visent à rendre les moteurs thermiques concurrentiels en matière de respect de l’environnement. L’Etat en France mise sur l’idéologie et fait le jeu de la Chine.

Porsche 911 au bord du lac de Wakatipu, Queenstown, Ile Sud, Zélande

Porsche, le célèbre fabricant de voitures de sport, s’est associé à Siemens Energy et à et la compagnie pétrolière chilienne ENAP, entre autres, pour développer au Chili une usine de production de carburant synthétique propre (e-carburants). L’objectif, atteignable, est de réduire les émissions polluantes des véhicules thermiques au niveau de celles véhicules électriques.

« Les émissions sont bien meilleures qu’avec un carburant actuel, avec moins de particules et moins de NOx produits », a déclaré Frank Walliser, vice-président des sports mécaniques et des voitures GT de Porsche. « Du point de vue du ‘puits à la roue’ – et vous devez tenir compte de cet impact – ce sera le même niveau de CO2 produit que dans la fabrication et l’utilisation d’un véhicule électrique. »

Ces e-carburants peuvent être utilisés dans des moteurs thermiques ou hybrides et sont compatibles avec le réseau de stations-service existant. Autrement dit, la stratégie du constructeur allemand, soutenu par son gouvernement, consiste à rendre les moteurs thermiques actuels concurrentiels avec les moteurs électriques en matière environnementale.

Une riposte stratégique à l’agression chinoise

Il faut comprendre une chose essentielle : le savoir-faire le plus stratégique, le plus différenciant des constructeurs automobiles occidentaux, et particulièrement allemands, est la conception et la production de moteurs thermiques. Les constructeurs automobiles chinois ont compris qu’ils ne pourraient refaire leur retard en la matière qu’au prix d’investissements énormes, dans la très longue durée.

Leur attaque concurrentielle a consisté à investir dans une technologie concurrente, la voiture électrique, et son cœur, la batterie, et à tenter de convaincre le monde entier que c’était la solution au dérèglement climatique.

On peut reprocher beaucoup de choses aux Chinois, mais pas d’être stupides. Car ce faisant, non seulement ils balaient l’avantage concurrentiel des européens en matière de moteurs, mais surtout, grâce à leur quasi-monopole sur les terres rares qui entrent dans la fabrication des batteries, ils visent à s’assurer la prééminence stratégique sur l’une des plus puissantes industries de la planète.

Carlos Tavares, Président de Stellantis, groupe issu de la fusion de PSA (Peugeot) et Fiat-Chrysler, a alerté solennellement le gouvernement français sur les dangers de la stratégie toute électrique qui aurait pour conséquence le déplacement de la chaine de valeur stratégique vers l’Asie. Autrement dit, perte massive de jobs, de ressources économiques et de prospérité.

Comme d’habitude en France, personne ne l’écoute. Nos dirigeants fonctionnaires et leurs alliés pastèques ne perdent jamais une occasion de détruire la fabrique de notre pays. Ils ont décidé que l’industrie était une nuisance et qu’il fallait s’en débarrasser, se faisant les alliés actifs de la stratégie chinoise visant à nous inféoder.

Les Allemands réfléchissent et travaillent

Si nous devons réduire la production de COpar les automobiles, faut-il pour autant détruire notre industrie, perdre nos savoir-faire, laisser partir des centaines de milliers d’emplois supplémentaires vers l’Asie, et à terme devenir leurs vassaux ?

Les savoir-faire automobiles européens sont les meilleurs du monde, la planète entière a investi des sommes astronomiques dans la constitution d’un réseau de production et d’approvisionnement en carburant. C’est un actif stratégique fabuleux.

Pendant qu’Emmanuel Macron annonce un plan de subventions à l’automobile destiné à promouvoir l’idéologie chinoise des véhicules électriques et ainsi détruire nos avantages concurrentiels, les Allemands, eux, vont utiliser leurs atouts technologiques pour apporter une réponse en matière environnementale qui soutiendra leur industrie.

Dit autrement, pendant que l’Etat en France fait dans la dernière idéologie chinoise à la mode, les Allemands réfléchissent et travaillent dans la durée.

Comme d’habitude.

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Origine du COVID : le directeur général de l’OMS relance l’hypothèse de l’accident de laboratoire

Par Éric Verhaeghe

Le COVID s'est-il échappé d'un laboratoire à Wuhan ? Le directeur général de l'OMS le pense si fort malgré les évidentes pressions chinoises qu'il vient de réclamer une enquête approfondie sur le sujet. Bien entendu, officiellement, cette hypothèse est hautement improbable. Sauf que cette improbabilité n'est défendue qu'en Chine. Dans la pratique, l'état-major de l'OMS réclame la possibilité d'accéder aux informations détenues par la Chine et préconise la mise en place d'une commission vraiment indépendante sur la question.

Le COVID s’est-il échappé d’un laboratoire de Wuhan ? Cette hypothèse maintes fois émise malgré la version chinoise du passant mordu par un pangolin mordu par une chauve-souris, semble beaucoup inspirer le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. 

Un enjeu de propagande essentiel pour la Chine

Les propos du docteur Tedros, prononcés à l’occasion de la présentation du rapport officiel de la mission envoyée en Chine par l’OMS pour enquêter sur l’origine du virus, constituent un véritable pavé dans la mare. Cette mission a déclaré que l’accident de laboratoire était très peu probable (et le seul fait qu’elle ne l’ait pas exclu est en soi un signal). 

La presse mainstream s’est empressée en France de reprendre cette affirmation sans nuance, servant de façon curieuse la thèse chinoise officielle. Nous avons déjà évoqué les conflits d’intérêts de cette mission mise sous surveillance par les Chinois. Les enquêteurs de l’OMS n’ont d’ailleurs pas pu interviewer les habitants présents à Wuhan au début de l’épidémie, pas plus qu’ils n’ont eu accès à toutes les souches possédées par le laboratoire P4, ce qui n’a pas permis de vérifier si ce fameux laboratoire était ou non en possession du COVID 19 avant le début de la pandémie (ce qui changerait, tout, bien évidemment).

On comprend pourquoi la Chine contrôle l’accès à l’information : le pays ne veut pas être accusé d’être à l’origine d’une pandémie dont il sort renforcé, et dont l’Occident sort affaibli. 

Les doutes explicites du directeur général de l’OMS

Face aux affirmations de la mission d’enquête, le directeur général de l’OMS n’a pas caché ses doutes :

In my discussions with the team, they expressed the difficulties they encountered in accessing raw data. I expect future collaborative studies to include more timely and comprehensive data sharing.

(Dans mes discussions avec l’équipe, les enquêteurs ont fait part des difficultés qu’ils ont rencontré dans l’accès aux données brutes. Je souhaite de nouvelles missions collaboratives qui permettront un partage de données plus immédiat et sincère). 

Et paf ! premier tacle contre le contrôle chinois de l’information. 

Et il ajoute :

Although the team has concluded that a laboratory leak is the least likely hypothesis, this requires further investigation, potentially with additional missions involving specialist experts, which I am ready to deploy.

(Bien que l’équipe ait conclu que l’accident de laboratoire soit une hypothèse très peu vraisemblable, ceci demande des investigations plus approfondies, potentiellement avec une nouvelle mission impliquant des experts spécialisés, que je suis prêt à envoyer).

On comprend donc que les membres de la mission envoyée en Chine n’étaient pas des experts spécialisés…

Toujours pas d’explication officielle sur l’origine du virus

Une chose est sûre à ce stade, la mission envoyée en Chine n’a toujours pas retrouvé le patient zéro, et n’a pu conclure à une origine sûre et convainquante. 

Les doutes exprimés à haute voix par le directeur général de l’OMS en disent long sur sa conviction intime. Même si la Chine ne veut pas le reconnaître, les soupçons autour d’un accident de laboratoire se confirment tellement que même le Monde s’en fait l’écho

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En deux ans, Macron a multiplié par 8 la contribution française à la très incompétente Organisation Mondiale de la Santé

Par Edouard Husson

L'Organisation Mondiale de la santé a étalé son incompétence pendant la crise du COVID 19: complaisance vis-à-vis des mensonges officiels de la Chine communiste, mots d'ordre successifs contradictoires, soupçons de conflits d'intérêt. Eh bien cela n'empêche pas la France de prévoir de multiplier par huit sa contribution à l'organisation internationale, contre tous les principes de la saine gestion des deniers publics.

On avait déjà reproché à l’Organisation Mondiale de la Santé d’avoir sous-estimé, début 2020, l’ampleur de la pandémie de COVID 19 pour ne pas déplaire au gouvernement chinois, peu désireux que l’on regarde de près la catastrophique gestion de l’épidémie en Chine, entre octobre 2019 et janvier 2020.  Un an plus tard, l’OMS a récidivé en acceptant de publier un rapport sur les origines du COVID 19 pour lequel les experts de l’organisations internationale qui se sont rendu à Wuhan ont été complètement cornaqués par des officiels chinois. Il s’agissait de mettre dans un texte officiel mondialement diffusé que l’origine du virus était bien advenue dans une transmission animal/être humain.

 

L’OMS défend la thèse officielle chinoise sur l’origine non accidentelle du virus

Pourtant, de plus en plus nombreux, des spécialistes du renseignement et des médecins arrivent à la conclusion qu’un accident de laboratoire a eu lieu. On lira en particulier le remarquable ouvrage du professeur de médecine Joseph Tritto, qui explique comment l’armée s’étant intéressée au programme civil de création de vaccin contre les coronavirus mené dans le désormais célèbre laboratoire P4 de Wuhan; l’armée chinoise y a vu en effet un potentiel pour le développement d’armes biologiques. Seulement voilà, à partir du moment où trop de personnes travaillent sur des programmes de virus dangereux, des fuites sont possibles. Et c’est précisément ce qui s’est passé à Wuhan à la fin de l’été 2020. Pas question, cependant, pour  la Chine, de laisser l’OMS parler de ces choses-là. Le rapport publié le 28 mars 2020 est donc un texte lénifiant, digne de la grande époque de l’Union Soviétique et de ses mensonges sur la scène internationale, colportés par les « idiots utiles » – comme Lénine les appelait –  en Occident. 

La France a l'intention de contribuer de plus en plus à l'OMS

Devant la complicité entre l’OMS et le Parti Communiste Chinois, Donald Trump avait décidé que les USA cesseraient de contribuer à l’OMS – une mesure annulée par son successeur Joe Biden, connu pour son biais pro-chinois. Emmanuel Macron, lui, n’a pas attendu l’arrivée d’un nouveau président américain. Depuis un an, il ne cesse d’engager plus la France dans l’OMS. 

Le budget est partagé entre les contributions fixées pour les Etats membres, qui représentent presque 20% du budget de l’OMS (environ un milliard de dollars), et des contributions volontaires, pour les 80% restants.

Concernant le milliard de contributions fixées, chaque Etat membre verse un pourcentage de la somme totale. Cette part est calculée «en fonction de la fortune et de la population du pays», peut-on lire sur le site internet de l’organisation. Pour le budget 2020-2021 la France est en sixième position (4,4% du budget fixe de l’organisation), derrière les Etats-Unis (22%), le la Chine (12%), le Japon (8,6%), l’Allemagne (6,1%) et le Royaume-Uni (4,6%). C’est-à-dire que la France paye environ 20 millions d’euros. 

Cette somme représente peu de choses par rapport aux engagements pris par Emmanuel Macron et le gouvernement français depuis quelques mois. 

 

160 millions d’euros promis par Emmanuel Macron à l’OMS, soit un budget multiplié par huit

  1. Dès le 11 juin 2019, la France s’était engagée à verser à l’OMS 90 millions d’euros pour l’installation à Lyon de « l’Académie de l’OMS ».  Au moment où la compétition mondiale se fait entre universités et où nos institutions académiques sont sous-dotées, on peut vraiment douter de l’opportunité d’une opération qui relève plus de la communication de l’OMS que de programmes de formation sérieux et utiles, c’est-à-dire adaptés aux contextes locaux des apprenants. Comment d’ailleurs contrôlera les coûts de fonctionnement d’une elle aventure. 
  2. Le 11 juin 2020,, la France a annoncé son intention de verser 50 millions supplémentaires à l’OMS au titre de l’initiative pour l’Accélérateur ACT destiné à soutenir la mise au point de tests, de traitements et de vaccins contre le COVID-19 et d’en assurer un accès équitable. On appréciera que notre pays, qui n’a pas été compétitif avec les USA, la Grande-Bretagne, la Russie ou la Chine pour produire des vaccins trouve en revanche de l’argent pour participer à un programme mondial de distribution de vaccins.  
  3. En juin 2020, le gouvernement français, toujours, a communiqué son intention de livrer à l’OMS 100 millions de masques. Non seulement e cela ne manquait pas de piquant vu que notre pays avait été privé de masques durant le gros de la vague épidémique, entre janvier et mai 2020. Mais autant dire que l’on achetait à la Chine une journée de fabrication de masques par ses usines pour ensuite les redistribuer. Il est peu probable que ce sont des masques en tissus Made in France qui seront envoyés. Pour que le lecteur ait un ordre de grandeur: la France dépense environ 800 000 euros pour affréter un transport aérien de5,5 millions  masques depuis la Chine  Le gouvernement français a donc promis, pour distribuer 100 millions de masques, de doubler, en gros, sa contribution ordinaire annuelle à l’OMS. Ajoutons en effet au transport, l’acquisition des  masques et la logistique de leur redistribution, on atteint facilement les 20 millions d’euros. 

On se retrouve donc devant un chiffre faramineux: 90 millions pour l’Académie de l’OMS, 50 millions pour l’Accélérateur ACT et 20 millions pour une opération de livraison de masques. Soit 160 millions dépensés en trois claquements de doigts au moment où le pays s’endette pour 115% de son PIB. Et tout cela pour financer une organisation internationale contestée. 

Il serait temps que le Parlement français, Assemblée Nationale et Sénat, et la Cour des Comptes, regardent de plus près toutes ces dépenses du gouvernement. Les rapports sur la contribution de la France à des organisations internationales sont trop rares – datant respectivement de 2007, et 2015. Les discussions dans le cadre des lois de finance sont trop contraintes et poussent en général à la dépense.   

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Des grandes banques en danger pour 20 Mds$ ?

Par Simone Wapler

Les ventes forcées d’un fonds obscur ébranlent de grandes banques européennes. Sommes-nous revenus en 2007, lorsque BNP-Paribas avait suspendu la liquidité de trois de ses fonds ? Peut-être mais les risques ont changé.

Le fonds Archegos est un hedge fund ou « fonds spéculatif » qui investit sur les marchés financiers à crédit. Il emprunte et place l’argent sur les marchés actions, les marchés des options, etc.

Le but : gagner sur la différence entre le coût de l’emprunt et les gains opérés en Bourse.

En principe, c’est un jeu d’enfants.

Le coût de l’emprunt est très faible puisque les banques centrales manipulent les taux à la baisse.

Les perspectives de gains en Bourse sont élevées puisque justement Archegos n’est pas seul et qu’une énorme quantité d’actifs financiers cotés sont achetés à crédit.

C’est un jeu d’enfants tant que les prix des actifs financiers progressent et ils progressent tant que les banquiers centraux créent du crédit quasi-gratuit en quantité infinie.

Hélas, ces beaux rouages se sont légèrement détraqués. Archegos a fait un mauvais placement sur ViacomCBS qui a récemment perdu 50,3% de sa valeur à Wall Street. Dans cette situation, le courtier ou la banque – qui prête de l’argent à son client pour qu’il achète des actions – augmente ses appels de marge, c’est à dire la somme à consigner en garantie. Archegos aurait calé et cela s’est su. D’autres prêteurs se sont alors manifestés sans plus de succès. La règle consiste alors à vendre les positions détenues par le client pour dégager de l’argent et couvrir l’appel de marge. Dans le cas qui nous intéresse, il a fallu vendre précipitamment pour 20 Mds$. De positions.

Le problème est qu’Archegos se concentrait sur quelques valeurs (Baidu, Discovery, Tencent) qui ont à leur tour lourdement chuté du fait des ventes.

Dans une telle configuration, la spirale baissière s’enclenche. Les autres prêteurs (des banques) réclament à leur tour leurs appels de marge pour couvrir les valeurs qui ont baissées ; faute de répondant, ils procèdent à leur tour à des ventes forcées. Impliquées : Crédit Suisse, Nomura, Goldman Sachs et Deutsche Bank.

La question que se pose désormais le microcosme financiers jonglant avec les produits dérivés est : est-ce terminé ou est-ce le début de l’effondrement de la bulle gonflé par l’achat à crédit quasi-gratuit de titres financiers surévalués ?

Pour ceux qui douteraient de l’effet des « comptes sur marge », c’est à dire achat à crédit au travers d’intermédiaire, voici un graphique qui représente les évolutions comparées depuis 1997de l’indice actions Standard &Poor’s 500 en bleu et des comptes sur marges en rouge. Ils atteignent aujourd’hui 800 Mds$.

Vous pouvez constater que la corrélation est très étroite.

Selon Mohammed El-Rian, un des ex plus grands gérants mondiaux de fonds de pension (Fonds Pimco appartenant à Allianz) qui s’exprimait sur CNBC :

 

« Pour le moment, cela semble être un cas isolé… pour le moment la situation paraît sous contrôle. Et c’est une bonne chose […] Ce que nous ne voulons pas c’est une accumulation »

 

L’avis de Mohammed El-Erian est précieux. Nous avons affaire à un individu qui a démissionné avec pertes et fracas en 2014, expliquant que les tripatouillages des banques centrales l’empêchaient de faire honnêtement son travail de gérant ayant des comptes à rendre et des revenus à remonter à des retraités. Mohammed El-Erian est resté chez la compagnie mère, Allianz qui en tant qu’assureur ne pratique pas le « levier », les investissements à crédit.

 

Les spectres des krachs de 2000 et 2008

Ceux qui n’ont pas une mémoire de poisson rouge se souviendront qu’en août 2007 BNP-Paribas s’était retrouvé contraint de geler les remboursements de plusieurs de ses fonds engagés dans les prêts immobilierssubprime. La crise de 2008 a éclaté en septembre de l’année suivante. Cette affaire avait été le « canari dans la mine ». Ce charmant petit oiseau succombait en premier aux émanations de gaz toxiques, donnant le signal de l’évacuation des mineurs.

Dans l’affolement, le secteur bancaire est en ce moment vendu par le marché et même les cours de BNP-Paribas, Société Générale ont perdu presque 2%. Faut-il s’en inquiéter ? Je ne le pense pas. Nos banques trop-grosses-pour-faire-faillite ont été de fait « supra-nationalisées » par la Banque centrale européenne. De toutes les façons, les actionnaires ont compris depuis bien longtemps que ces établissements ne pouvaient plus réellement s’enrichir avec de belles marges de transformation, la différence entre le taux de l’argent créé par la banque centrale et le taux d’intérêt facturé aux emprunteurs. Avec la baisse des taux, la valorisation du secteur bancaire est en chute libre mais vos dépôts ne sont pas en danger. Enfin à condition de respecter les plafonds indiqués par votre banque qui vous fait la grâce de vous envoyer un courrier annuel sur ce sujet.

Ce sont plutôt l’ensemble des marchés actions et obligataires qui sont en danger. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. En 2008, l’immobilier ne pouvait pas baisser car il y avait une demande, alimenté par du crédit subprime (on prêtait à des gens qui n’avaient pas les moyens de rembourser). En 2021, les marchés actions ne peuvent pas baisser car les taux d’intérêt sont bas et « il n’y a pas d’autre solution » que d’acheter des actions. On achète des actions à crédit en dépit de tous les vieux critères de valorisation (résultats, dividendes, capitalisation du marché actions comparé à l’économie).

Premier grand principe patrimonial : ne jamais oublier que lorsque les taux sont bas tout devient très (trop) cher. Inversement, les bonnes affaires se font lorsque le crédit est cher. Tout simplement parce qu’il y a moins d’acheteurs.

Deuxième principe : les banquiers centraux peuvent créer du crédit infini et gratuit. Mais ils ne peuvent pas contrôler ou l’argent se dirige. Et ils ne peuvent pas engendrer des contribuables solvables.

La prochaine crise ne sera pas une simple crise financière. Nous devons nous préparer à affronter une crise monétaire.

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Paris peut-elle se relever d’une année de COVIDalgo ?

Par Éric Verhaeghe

Alors que les bobos qui ont élu Anne Hidalgo à Paris se disputent sur le sexe des anges et les questions de minorité, la capitale vit une véritable destruction économique dans la plus parfaite indifférence des bien-pensants. Le comité régional du tourisme vient d'expliquer que la région Ile-de-France avait perdu, en 2020, 15 milliards de recettes dans le seul secteur du tourisme. Ce cataclysme n'a pas empêché la maire de continuer son oeuvre de "transformation" de la capitale qui rend Paris toujours plus hideuse. Assistons-nous à une relégation historique de la ville-lumière au rang de cité de second ordre ?

Paris confinée, Paris boycottée, Paris ruinée. Tel est le slogan qui ressort des dernières analyses du Comité Régional du Tourisme, selon lesquelles la capitale vit une véritable tornade économique due à l’arrêt brutal du tourisme de masse. Ce sont au moins 15 milliards € qui se sont envolés dans ce secteur, dans la capitale, à Paris, en 2020. Et il ne s’agit là que de la face émergée de l’iceberg.

Paris torpillée par une année sans tourisme

Comme le montre le document que nous reproduisons, l’année 2020 est un véritable cataclysme pour Paris, construite autour du tourisme de masse depuis quelques années. L’activité dans ce secteur s’est effondrée de 75% et la perte sèche dépasse les 15 milliards de chiffre d’affaires. 

Peu de Français mesurent la profondeur de la crise qui s’abat sur toute une filière du fait du virus. Il n’en reste pas moins que Paris qui, depuis des années, parie sur sa club-médisation, subit de plein fouet une crise inédite. 

L’épidémie de COVIDALGO a frappé jusqu’au bout

Comble de malheur, cette nuée de sauterelles qui s’est abattue sur tout un peuple de restaurateurs, d’hôteliers, de patrons de bar, de camelots en tous genres vendant des souvenirs et des parapluies, n’a pas rendue la maire de Paris moins toxique. La « réinvention » de la capitale par les bobos n’a pas molli pendant ce temps. Les rues se sont couvertes de sens interdits, de plots hideaux en plastic et en béton, défigurant un peu plus une ville qui constituait jusque-là le premier centre touristique du monde. 

Résultat : plus personne n’a eu envie de voir la capitale dans cette défiguration, où marcher dans les rues vous plongeait dans Beyrouth ou dans Bagdad, avec des chantiers partout, des interdictions partout, et de l’espoir nulle part. 

Le comble du drame vient sans doute de la fuite massive des bobos pour qui la ville était sacrifiée : les innombrables pistes cyclables installées à la hâte sont restées souvent vides, comme sur la rue de Rivoli, ancien pôle de la fébrilité parisienne, transformée en désert urbain par l’action conjointe du virus et de la maire. 

Paris peut-elle se relever de ce désastre ?

Beaucoup invoqueront de multiples souvenirs historiques pour expliquer que Paris peut se relever de ce désastre. En particulier, le point bas atteint sous la Commune, suivi d’une très belle renaissance, peut interroger. 

Il est encore trop tôt pour savoir combien de Parisiens ont profité de la pandémie pour quitter la capitale et pour s’installer ailleurs. Le phénomène interroge en tout cas le levier du tourisme de masse comme instrument de développement économique d’une capitale devenue invivable pour les autochtones. Paris conservera peut-être son rôle mondial de tout premier plan, mais elle devra interroger la place du tourisme de masse (comme Venise) dans ce projet. 

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Résidents d’EHPAD: un triste anniversaire !

Par courrier-strateges

Un an d'enfermement déjà! Le 11 mars 2020, les résidents d’EHPAD étaient les premiers d’entre nous à se voir imposer séance tenante un confinement strict. Un an plus tard, pour les rescapés de l’hécatombe du printemps dernier, la situation n’a guère changé : la vie entre quatre murs se déroule désormais en mode « stop and go », entre longs tunnels de quasi-détention et rares parenthèses de desserrement de l’étau.

Magali Soulatges

Le grand enfermement de nos aînés

Les familles des résidents d’EHPAD ne sont plus depuis longtemps admises dans les chambres, pourtant censées être le domicile privé dans lequel chaque résident doit pouvoir recevoir qui il souhaite, quand il veut. Au fil des mois, les conséquences désastreuses de cet enfermement de nos aînés et de la mise à l’écart de leurs proches, tant sur le plan physique que mental, sont apparues suffisamment délétères pour susciter un nombre croissant de réactions, du témoignage personnel sur les réseaux sociaux jusqu’à des actions judiciaires de groupe, en passant par la publication de tribunes libres et de dossiers dans de grands journaux, l’interpellation directe des pouvoirs publics par des associations de « victimes du Covid », ou encore des communiqués officiels d’instances du secteur médico-social. Un mouvement qui connaît une ampleur nouvelle depuis quelques temps, porté par des collectifs de plus en plus impliqués et de mieux en mieux organisés, misant sur une visibilité accrue auprès des autorités sanitaires et du grand public.

 

Une bureaucratie, ça n’entend pas

Cette salutaire montée en puissance de la réaction, pour ne pas dire de la révolte, face au sort réservé à nos aînés en EHPAD s’explique amplement par l’épuisement moral des « proches aidants » confrontés depuis une année à l’invivable. Elle s’explique aussi par une actualité juridique récente : le 3 mars, saisi par des familles, le juge des référés du Conseil d’État est en effet revenu sur la « suspen[sion] jusqu’à nouvel ordre » des sorties des résidents telle que « recommandée » par le Ministère de la Santé dans une circulaire du 28 janvier, jugeant la mesure disproportionnée au regard de l’avancement de la vaccination dans les EHPAD, en même temps qu’attentatoire à la liberté constitutionnelle d’aller et venir de tout un chacun. Habilement toutefois, le CE renvoyait dans le même temps l’interprétation de ses conclusions aux directions d’établissement en promouvant l’échelon local et le « cas par cas ». Deux jours plus tard, le 05 mars, sous couvert d’une « adaptation des mesures de protection […] face à la propagation de nouvelles variantes du SARS-Cov-2 », tombait la réponse du berger à la bergère, sur l’air technocratique bien connu du « oui… mais non », soit un sabotage en règle de l’ordonnance du CE par les autorités de Santé. Il semble que des familles à juste titre exaspérées, appuyées par des gériatres, aient dès la parution de cette circulaire hypocrite engagé d’âpres négociations en faveur d’un adoucissement des préconisations délivrées : le 12 mars une nouvelle circulaire est publiée, qui arrondit un peu les angles… mais pas trop. Présenté à grand renfort de communication par la Ministre déléguée à l’Autonomie, ce que l’on pourrait renommer le « protocole Bourguignon » atténue, il est vrai, certaines rigueurs de la circulaire du 05 mars — il corrige en particulier, quoique du bout des lèvres, la disposition discriminatoire conditionnant les sorties au statut vaccinal du résident, et insiste sur la nécessité de décisions collégiales appuyées sur la consultation du CVS [Conseil de la Vie Sociale, où siègent des représentants de familles], instance plus ou moins fantôme de l’organigramme des structures. Mais sur le fond comme sur la forme, ce qui est concédé au nom de l’« allègement post-vaccinal des mesures de protection » dément la lecture optimiste hâtivement faite par les médias. Non : au bout d’un an de réclusion, nos aînés en EHPAD ne sont pas « enfin libres », et leur « retour à la vie sociale » ne devrait pas intervenir avant la date des calendes grecques.

 

« Le soin est d’abord un humanisme » (C. Fleury)

D’une part, sans grande surprise, le protocole du 12 mars est rédigé de telle sorte — prose et logique administratives obligent — que la mise en œuvre de ses préconisations revient peu ou prou, pour les directions d’EHPAD, à devoir mettre en place et gérer une usine à gaz ; tandis que résidents et familles se voient eux imposer des mesures sanitaires renforcées, qui n’« allègent » donc rien, transformant la simple promenade hors-les-murs en une expédition de l’extrême. Un dispositif clairement dissuasif, dans la droite ligne de la séquence des sorties « dans les familles » à l’occasion des fêtes de fin d’année, elle aussi vendue (et médiatisée) comme un grand moment éthique, mais au succès médiocre compte tenu de sa quasi-infaisabilité, concrètement. S’agissant des EHPAD d’autre part, les intentions du gouvernement, fussent-elles les meilleures ou affichées telles, ont tôt fait de se fracasser sur le mur de la réalité, le Covid, comme pour les hôpitaux, ayant passablement accentué des dysfonctionnements bien antérieurs à la crise sanitaire. Ce qui ressort des nombreux témoignages remontant aujourd’hui de familles, mais aussi de soignants, est accablant. L’on y trouve une déclinaison sophistiquée du paradigme de l’enfermement assorti d’une confiscation des libertés fondamentales, ce au nom d’un impératif de protection sanitaire des plus fragiles interprété de façon rigide, si ce n’est rigoriste. Quand protéger revient à cloîtrer, isoler, surveiller, interdire, etc., sans que la moindre faute ait été commise sinon celle d’oser vivre encore, ni qu’un juge ait légalement prononcé la peine, n’en oublie-t-on pas que l’EHPAD ne saurait être confondu avec une prison, et que « le soin est [d’abord] un humanisme », selon la belle proposition de Cynthia Fleury ? Difficile dès lors de recevoir la circulaire du 12 mars autrement que comme un énième « coup de com’ », d’autant plus déplacé et suspect d’insincérité que sa rhétorique et sa présentation officielle surjouent le geste de la largesse empathique. Peu d’établissements d’ailleurs, à en juger par les premiers retours de terrain, n’ont à ce jour estimé urgent, deux semaines après la parution du nouveau protocole, de mettre en place les assouplissements préconisés, sinon de manière marginale ou extrêmement restrictive. 

 

Une maltraitance institutionnelle qui laissera des traces profondes dans le corps social

Pour nos aînés résidant en EHPAD, souvent à leur corps défendant, le bilan de l’année écoulée reste ainsi sans appel, même si l’engagement remarquable de la grande majorité des soignants dits de « première ligne » doit être rappelé, et salué. Verticale, insensible, cramponnée à un discours technique saturé d’éléments de langage, la technostructure sanitaire sous régime Covid s’est imposée, et s’impose hélas encore, comme une effroyable machine à broyer les individus, actionnée depuis le sommet du système jusqu’à sa base, via l’échelon-clef des ARS, rouages hégémoniques derrière lesquels les gestionnaires de structures se retranchent toujours in fine pour expliquer des mesures inhumaines, et justifier l’injustifiable. La puissance du zèle déployé, à chaque niveau de cette technostructure, pour balayer sans ciller ce qui au bout du chemin fonde encore une existence, continue de sidérer. Par l’effet cumulé de l’isolement, de la mise entre parenthèses du lien avec les proches, de l’escamotage des libertés, et des petits arrangements avec le « consentement éclairé », tous imposés sans que ni résidents ni familles n’aient eu leur mot à dire dans ces arbitrages, la dignité malmenée de nos aînés est aujourd’hui perçue comme un scandale de plus dans la gestion erratique de la crise sanitaire par le gouvernement. Un scandale que les proches aidants dénoncent à présent ouvertement, jusqu’à avancer le mot de maltraitance institutionnelle : palpable dans leurs témoignages, l’indignation semble alors vouloir rendre, mesure pour mesure, la violence psychologique subie depuis un an, à travers des accusations et des demandes de reddition des comptes formulées en des termes souvent sévères — « il est grand temps de dénoncer haut et fort nominativement chaque EHPAD pour qui le sens de l’humain a perdu toute valeur », fait valoir sur un réseau social l’initiatrice d’un hashtag #balanceTonEhpad. Comme dans bien d’autres domaines, le Covid aura été, au fond, le révélateur sans concession des limites d’un modèle, à repenser ici impérativement. Tous les EHPAD ne méritent certes pas d’être « balancés », mais rares semblent malgré tout ceux qui, dans leur fonctionnement administratif chimiquement pur, ne jettent pas aujourd’hui sous une lumière crue la consternante faillite du discernement et le renoncement tout aussi déplorable à un certain courage : celui de défendre avec intransigeance les libertés et les droits fondamentaux des plus vulnérables, premier gage d’un soin réellement humaniste.

Ordonnance du CE du 03 mars :

https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-suspend-l-interdiction-generale-et-absolue-de-sortie-des-residents-d-ehpad

Circulaire du Ministère de la Santé du 06 mars :

https://fr.calameo.com/read/006557038ba5b2310cfd9?page=3

Circulaire du Ministère de la Santé du 12 mars :

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/allegement_post_vaccinal_des_mesures_de_gestion_ehpad_et_usld.pdf

Rapport de Fabrice Gzil remis à Brigitte Bourguignon : Pendant la pandémie et après. Quelle éthique dans les établissements accueillant des citoyens âgés ? Un document repère pour soutenir l’engagement et la réflexion des professionnels, janvier 2021

https://www.espace-ethique.org/sites/default/files/document_repere_ethique_ehpad.pdf

Emmanuel Hirsch et al., Pandémie, mode d’emploi, 22 février 2021 :

http://ethique-pandemie.com/wp-content/uploads/2021/03/Pande%CC%81mie-mode-demploi-n%C2%B01-2docx.pdf

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Passeport vert : une victoire du Great Reset de Davos en Europe

Par Éric Verhaeghe

Le commissaire européen Thierry Breton a commencé la promotion du passeport vert, qui sera mis en place par l'Union Européenne avant l'été. Présenté comme un document facultatif, il sera en réalité peu à peu rendu obligatoire pour tous ceux qui veulent voyager, notamment par avion. Cette mesure savamment curiacée, c'est-à-dire présentée par petites touches avec l'air de ne pas y toucher, pour éviter de dresser l'opinion publique contre elle, illustre l'influence des idées distillées par le Great Reset du forum de Davos, favorable à une instrumentalisation de l'épidémie pour généraliser la surveillance des populations. Big Brother s'installe doucement dans les esprits.

La première version du certificat sanitaire qui va être mis en place dès cet été présenté en exclusivité par .⁦@ThierryBreton⁩ .⁦@RTLFrance#legrandjury : il existera évidemment en français pic.twitter.com/KJYIbwDoxO

— Mangin Catherine (@catherinemangin) March 28, 2021

Le passeport vert, aussi appelé passeport sanitaire européen, sera probablement disponible avant l’été. Il marque le tournant du « monde d’après », où la surveillance généralisée des populations se mettra en place l’air de rien, au nom de la protection sanitaire. Surveiller pour protéger, ou alors protéger pour mieux surveiller. Plus personne ne sait exactement si le thème de la protection est un prétexte pour faire admettre une violation massive de la vie privée dans les sociétés démocratiques. 

Que comportera le passeport vert ?

Le passeport ne servira pas seulement à établir si la personne qui voyage est vaccinée et si elle est ou non positive au COVID. Il servira surtout à nourrir un immense Big Data sur la circulation des personnes. 

Comme l’a dit Thierry Breton à l’antenne de RTL :

« On y trouvera votre nom, votre date de naissance, le numéro de votre passeport certifié avec le QR code,le fait que vous ayez été vacciné ou non, le type de vaccin et si vous avez été porteur de la maladie »

Autrement dit, la mise en place d’un QR Code (établissant le lien entre une personne et un passeport) permettra de « suivre » très facilement l’historique des déplacements de n’importe quelle personne à travers le monde. Il s’agit d’un véritable fichier enregistrant en temps réel tous les mouvements des individus, au moins à travers les frontières. 

Pour l’instant, ce document est présenté comme facultatif. Mais, tôt ou tard, une fois que la vaccination sera généralisée, il deviendra obligatoire. 

Le QR Code en attendant la reconnaissance faciale

Pour l’instant, personne ne veut brusquer le mouvement ni aller plus vite que la musique. Mais l’utilisation d’un QR Code constitue probablement une phase transitoire avant le recours à la reconnaissance faciale généralisée, comme en Chine. 

Contrairement à une idée reçue dans une opinion publique tenue à l’écart de ces innovations, il ne s’agit pas d’un scénario futuriste. Il y a une semaine, l’aéroport d’Orly annonçait son premier test de reconnaissance faciale pour les vols vers le Maroc

Progressivement, le traçage, voire la traque, des mouvements de personnes, se met en place, en utilisant les possibilités technologiques les plus récentes. 

Une victoire du Great Reset de Davos

Si l’Europe s’est montrée incapable d’acheter vite et bien les vaccins dont nous avions besoin, elle ne traîne pas sur la mise en place des projets portés par le Great Reset de Davos. On se souvient que le fondateur du forum de Davos, Klaus Schwab, a largement préconisé l’instrumentalisation du COVID pour accélérer la numérisation de nos sociétés, et spécialement l’introduction d’une surveillance généralisée des populations sur le modèle chinois

Manifestement, il ne s’agissait pas que d’idées en l’air. Le monde d’après ne donne pas très envie. 

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Covid-19 : les patients admis en réanimation sont-ils de plus en plus jeunes ou servent-ils la propagande de l’AP-HP ?

Par Laurent SAILLY

Les patients hospitalisés en réanimation pour une forme grave de Coronavirus seraient de plus en plus jeunes. C'est en effet, ce qu'a affirmé plusieurs médecins, invités de la presse mainstream, ces derniers jours, dont le Pr Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), affirme même que la moyenne d'âge de ces patients a baissé de près de 10 ans ces deux derniers mois dans son service. Encore une fois la communication gouvernementale lâche une affirmation approximative qui semble n’être qu’une impression collective. Le président Macron a, depuis un an, confié les rênes de la gestion de la crise sanitaire au Conseil scientifique. Les réactions, ces derniers jours de plusieurs médecins hospitaliers, amènent à s’interroger notamment sur la place de l’AP-HP dans le dispositif.

UNE “IMPRESSION COLLECTIVE“

Le Pr Nicolas de Prost, médecin réanimateur au CHU de Créteil, semble confirmer cette tendance : “Depuis deux semaines, nous sommes frappés par l’afflux de patients jeunes, de 30 à 40 ans, et cette impression est ressentie par l’ensemble des collègues réanimateurs avec lesquels j’ai pu échanger“.  Le Pr Jean Reignier, chef du service de médecine réanimation au CHU de Nantes confirme et déclare voir désormais arriver davantage de patients plus jeunes, âgés entre 30 et 40 ans. Mais celui-ci reconnait qu’il ne s’agit que d’une “impression collective“ et qu’il ne dispose pas de “données chiffrées fiables“. D’ailleurs, pour le Pr Jean-Yves Lefrant, anesthésiste-réanimateur au CHU de Nîmes, il faut rester prudent et attendre entre 4 et 6 semaines pour avoir des données fiables. [sources : Le Figaro]

Dans son point épidémiologique du 25 mars, Santé publique France (SPF) note que « depuis janvier 2021, un léger rajeunissement de la population admise en réanimation est observé »« Il y a un petit glissement sur la moyenne d’âge. Il n’est pas majeur, mais il est net », commente pour France Info Pierre-François Dequin, chef du service de réanimation du CHU de Tours, qui tempère : « La majorité des patients est quand même d’un âge moyen. » 

DES PATIENTS PLUS JEUNES PAR RAPPORT A QUI, PAR RAPPORT A QUOI?  

Distribution des personnes infectées par le COVID-19 et admises en réanimation en France le 16 mars 2021, selon la tranche d’âge

Au CHU de Nîmes, l’âge moyen des patients admis en réanimation est passé de 65 ans lors de la première vague à 63 ans actuellement. A l’hôpital Nord de Marseille, l’âge moyen des patients a diminué de quatre ans en quelques mois, de 66 à 62 ans.

Le service de communication de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) – cité par Le Mondeprécise que l’âge médian de “ces patients en 2020 était de 65 ans, contre 63 ans actuellement“ ; lAgence de Santé d’Île-de-France indique que l’âge moyen en réanimation dans cette région était de 67 ans en novembre dernier, pour descendre à 65 ans depuis fin février.

Si le nombre de malades de la Covid en réanimation ne cesse d’augmenter depuis le début du mois de janvier, et ce pour toutes les tranches d’âge – sauf les plus de 80 ans, comme toujours depuis le début de l’épidémie, les plus de 65 ans représentent la majorité des patients en réanimation (actuellement 60%, d’après Santé publique France). D’ailleurs, selon les données officielles du site data.gouv.fr les moins de 60 ans sont actuellement moins représentés dans les services de réanimation qu’ils ne l’étaient lors du pic de la première vague au printemps 2020 (28% contre 35%).

L’AP-HP EST-ELLE UN ETAT DANS L’ETAT SCIENTIFIQUE MACRONIEN ?

On peut s’étonner chaque jour, de l’importance prise, particulièrement en Ile-de-France par les médecins de l’AP-HP. On s’étonne encore plus de la prise en compte de cette parole par l’exécutif qui recrache ces paroles quasiment mots pour mots (en l’espèce chiffres pour chiffres).

D’abord jeudi soir par Olivier Véran. Le ministre de la Santé, après avoir indiqué que ses services avaient constaté un “certain rajeunissement des malades admis en réanimation“, explique par la vaccination des plus âgés ce phénomène ! Bref, merci M. Véran pour cette belle campagne de vaccination… Par construction, plus les personnes âgées seront vaccinées, moins elles fréquenteront les réanimations et plus la part des jeunes non protégés augmentera.

La réponse à cette question est donnée dans un appel de 41 médecins-chefs de service parisien qui ont décidé de mettre la pression sur l’exécutif face à l’augmentation du nombre de personnes admises en réanimation. Dans nos colonnes, Eric Verhaeghe constate qu’on “voit mal comment le gouvernement pourrait endosser la responsabilité d’une situation où les malades sont ‘triés’ dans les hôpitaux“. Face à l’inquiétude légitime des médecins, il faut se demander comment la direction de l’administration e l’AP-HP, avec ses 29 hôpitaux publics, ne peut proposer une alternative au confinement!

Effectivement, le rapport de la chambre régionale des comptes, pointe la question de la gestion de la situation financière par une administration pléthorique.

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Angela Merkel prise la main dans le pot de confiture par les juges constitutionnels allemands

Par Edouard Husson

Angela Merkel s'est fait prendre comme une gamine, la main dans le pot de confiture, par les juges du Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe. Vendredi dernier, la Chancelière a voulu faire accélérer la procédure de ratification du plan de relance européen par la Chambre des Länder. Afin de pouvoir faire signer par le président de la République l'adhésion de l'Allemagne au plan avant Pâques et mettre le Tribunal Constitutionnel Fédéral de Karlsruhe devant le fait accompli. Les juges ont particulièrement peu apprécié et confirmé vendredi 26 mars après-midi qu'ils examineraient bien la plainte déposée par plus de 2000 citoyens, qui jugent le droit donné à l'UE de s'endetter contraire aux traités européens. Décidément, Madame Merkel a perdu sa bonne étoile.

Coup de tonnerre vendredi 26 mars après-midi, dont la presse française s’est peu fait l’écho: le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe, Cour suprême de la République Fédérale d’Allemagne, a demandé au président de la République, M. Steinmeier, de surseoir à la signature de l’adhésion de l’Allemagne au plan de relance européen, après que le Bundestag (parlement fédéral) et le Bundesrat (Chambre des Länder) l’avaient voté.  En fait, le lundi 22 mars, une requête avait été déposée devant le Tribunal de Karlsruhe, signée par plus de 2000 citoyens de la République Fédérale, jugeant incompatible avec les traités européens l’autorisation donnée à la Commission Européenne de contracter des dettes au nom de l’Union Européenne : « Nous n’attaquons pas les dépenses, mais leur financement en violation du traité par le biais d’une sorte d’euro-obligations dont l’Allemagne serait solidairement responsable« , ont expliqué les plaignants, qui ajoutent qu’il n’y a rien de mal à ce que chaque État membre fournisse à l’UE les fonds nécessaires sur sa propre ligne de contribution au budget de l’UE. « Ce serait la voie normale prévue par le traité. Au lieu de cela, la Commission abuse de l’urgence Corona pour finalement endetter l’UE« .

Jusque-là, rien de très étonnant: les plans successifs de quantitative easing de la BCE ont fait eux-aussi l’objet de requêtes devant le Tribunal de Karlsruhe par le passé ou plus récemment. 

Angela Merkel a voulu court-circuiter le Tribunal de Karlsruhe

Cependant, ce qui a plus surpris les observateurs, c’est la rédaction de l’arrêt du Tribunal: 

« Il est ordonné que le Président de la République Fédérale sursoie à la ratification de l’acte sur la décision du Conseil [Européen] du 14 décembre 2020 relative au système des ressources propres de l’Union européenne  (…) jusqu’à la décision de la Cour constitutionnelle fédérale.

Motifs :

L’exposé des motifs sera soumis ultérieurement. » (C’est nous qui soulignons) 

Que s’est-il passé? Le grand journal économique allemand, le Handelsblatt, s’est offusqué du « manque de motifs », jugeant le Tribunal Constitutionnel soudain peu sérieux. En fait, le Tribunal de Karlsruhe a dû dégainer très vite, vendredi. En effet, le gouvernement allemand avait, sans prévenir, avancé le vote du texte par le Bundesrat, la Chambre des Länder, initialement prévu en mai. Il aurait été plus difficile pour le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe de rendre un avis négatif sur les modalités du plan de relance une fois la ratification allemande acquise. C’est bien ce sur quoi Madame Merkel et son gouvernement ont essayé de jouer. D’où la réaction extrêmement rapide de la Cour constitutionnelle, qui n’avait que quelques heures pour réagir et a renvoyé la rédaction des motifs à plus tard. 

L’état de droit, c’est quelque chose à quoi Madame Merkel,  qui a grandi en RDA, dans une famille favorable au régime, a toujours eu du mal à s’habituer, elle qui affectionne les décisions brusques, qui mettent les acteurs publics devant le fait accompli

En l’occurrence, les juges de Karlsruhe ont réagi très vite, trop vite pour une Chancelière en fin de règne et qui, décidément ces temps-ci, porte la poisse à ses alliés politiques, comme nous nous en faisons régulièrement l’écho dans le Courrier des Stratèges

 

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Un confinement dur désormais inévitable ?

Par Éric Verhaeghe

Un confinement dur est-il désormais inévitable ? Après le pseudo-confinement décidé il y a dix jours, tout laisse à penser qu'Emmanuel Macron va devoir se laisser dicter sa conduite, une nouvelle fois, par le virus. L'épidémie ne semble pas fléchir, et le nombre de personnes admises en réanimation ne cesse d'augmenter, pour atteindre désormais le pic du mois de novembre. La pression des médecins hospitaliers est désormais intenable après l'appel de 41 chefs de service parisiens. On voit mal comment le gouvernement pourrait endosser la responsabilité d'une situation où les malades sont "triés" dans les hôpitaux. Tout indique que le confinement devrait durer un mois et commencer le 2 avril, avec fermeture des écoles.

Un confinement dur dès le 2 avril ? Peut-être avant ? La pression monte sur Emmanuel Macron pour qu’il décide « d’enfermer » les Français pour plusieurs semaines afin d’abaisser la pression sur les services de réanimation. 

Le confinement au secours des statistiques

Si l’on admet l’hypothèse que la véritable variable qui détermine le recours au confinement est le nombre de personnes admises en réanimation, alors il n’y a guère d’hésitation à avoir. Avec près de 5.000 personnes touchées, et une courbe ascendante, Emmanuel Macron peut difficilement rester inactif face à la situation. 

Comme l’indique le graphique ci-dessus, tiré du site de Santé Publique France, le mois de mars n’a pas été bon… Nous avions d’ailleurs annoncé le recours au confinement depuis trois semaines, au vu de la tendance en cours. Les mesurettes annoncées il y a dix jours n’étaient évidemment pas proportionnées à l’urgence de la situation. 

Les médecins de l’AP-HP mettent Macron au pied du mur

En ce dimanche des Rameaux, 41 chefs de service de l’AP-HP (en l’espèce tous les chefs de service de réanimation) ont publié une tribune dans le Journal du Dimanche qui a fait grand bruit. Ce texte dégaine l’arme nucléaire :

Dans cette situation de médecine de catastrophe où il y aura une discordance flagrante entre les besoins et les ressources disponibles, nous serons contraints de faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possibles. Ce tri concernera tous les patients, Covid et non Covid, en particulier pour l’accès des patients adultes aux soins critiques.

Fermez le ban ! Le Président est désormais sommé de confiner… Et on voit mal comment il pourrait désormais se soustraire à cette injonction, peu de Français étant prêts à accepter le tri des malades.

Un confinement probable de 4 semaines, écoles comprises

Comme l’an dernier à la même époque (ce qui plaide pour un caractère très saisonnier du virus), les Français devraient donc être invités à se terrer chez eux pendant au moins un mois. Les modalités du confinement qui s’annoncent ne sont évidemment pas encore connues, mais il paraît raisonnable que la mesure soit relativement longue, et inclue la fermeture des écoles. 

Il est très probable que cette mesure soit annoncée jeudi, et entre en vigueur le samedi 3 avril. Mais, là encore, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise. 

Cette décision est d’autant plus regrettable qu’elle survient dans un contexte de baisse de la mortalité du virus, dont on comprend peu à peu qu’il engorge les services hospitaliers, mais qu’il tue peu.

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Où l’on prouve que le COVID n’a pas causé de réelle surmortalité en France

Par Éric Verhaeghe

Quelle est la surmortalité réelle en France due au COVID 19 ? Cette question est évidemment centrale, mais elle est complexe à résoudre. Les statistiques officielles se fondent sur le nombre de décès dont les victimes ont été testées positives au COVID et considèrent que cette statistique macabre évalue la surmortalité réelle due à cette maladie. Mais une démarche objective doit parvenir à projeter ce qu'aurait été le taux de mortalité sans COVID, puisque de nombreuses personnes âgées qui sont décédées en portant le virus seraient sans doute décédées en 2020 même si la pandémie n'avait pas éclaté. C'est à cet exercice que des chercheurs, dont les plus connus sont Laurent Toubiana et Laurent Mucchielli, se sont attelés. Ils en déduisent que le COVID n'a en réalité causé qu'une surmortalité de 23.000 personnes, bien loin des 400.000 victimes qu'Emmanuel Macron avait évoquées au début du confinement. Nous publions ici leur étude.

La surmortalité en France due au COVID se limiterait donc à 23.000 personnes, chiffre beaucoup plus bas que les 94.000 décès affichés par les statistiques officielles. Pour que chacun comprenne bien le sens de cette étude, il est important ici de repréciser le raisonnement qui est suivi par les auteurs du document que nous republions. 

La surmortalité n’est pas le nombre de morts du COVID

Les pouvoirs publics ont dénombré 94.302 décès dus au COVID à ce jour. Par une équation simpliste, les médias subventionnés déduisent que la surmortalité due au COVID est de 94.302 personnes, soit 15% environ des décès annuels. 

L’inconvénient de cette inférence tient au fait que nul ne sait combien de ces 94.302 personnes seraient décédées en 2020 d’une autre cause si le COVID n’avait pas éclaté. On comprend intuitivement que les personnes de plus de 80 ans, notamment, auraient très bien pu mourir d’un cancer, de vieillesse, d’une grippe saisonnière ou de tout autre cause. Sans COVID, une part importante de ces près de 100.000 victimes nourriraient quand même les statistiques de mortalité. 

Ce point est mis en exergue par de nombreuses critiques sur la méthode de comptage elle-même. Les autorités sanitaires françaises comptent parmi les victimes du COVID toute personne porteuse du virus, même si la cause du décès n’est pas le virus lui-même. Ainsi, une nonagénaire qui est morte d’un cancer « de vieillesse » en 2020 est considérée comme morte à cause du COVID si elle a été testée positive au moment du décès. Peu importe qu’elle ait été ou non asymptomatique, il suffit que son test soit positif pour être incluse dans le chiffre de 94.000 victimes. 

On mesure ici la fragilité du discours officiel sur la surmortalité réelle due au virus. Toute la difficulté est de savoir comment chiffrer le nombre de victimes du COVID qui seraient quand même décédées en 2020 sans COVID. 

C’est à cet exercice statistique que se sont collés les auteurs de l’étude que nous publions. 

Comment arrive-t-on à une surmortalité de 23.000 personnes seulement ?

La méthode suivie a consisté à travailler à partir des moyennes statistiques des décès des années précédentes. Comme le constatent les auteurs de l’étude, 2019 a été une année « faste » en termes de mortalité. Les grippes qui ont sévi de 2015 à 2017 ont causé de nombreux décès parmi les plus fragiles, de telle sorte que la « réserve » pour 2029 était épuisée. 

Comparer la mortalité de 2020 avec celle de la seule année 2019 introduit donc un biais majeur. Ce qu’il faut, c’est donc comparer la mortalité de 2020 avec la moyenne des autres années. 

Au final, cette méthode, dont le document ci-dessus donne le détail parvient à extrapoler que la surmortalité due au COVID n’est « que » de 3,34% pour les plus de 65 ans, aucune surmortalité n’étant constatée pour les moins de 65 ans. Ces 3,34% font 23.000 personnes mortes en 2020, qui seraient restées vivantes si la pandémie n’avait pas eu lieu. 

Soit 4 fois moins que les chiffres officiels. 

Un phénomène également constaté en Italie

Au demeurant, ces informations ne sont guère divergentes avec les analyses statistiques pratiquées à l’étranger. On signalera tout particulièrement les chiffres donnés par l’institut statitisque italien au début du mois de mars, qui corroborent ce phénomène. 

Selon cet institut, l’Italie a même connu une sous-mortalité dans la population des moins de 50 ans en 2020, grâce aux effets du confinement !

Per quanto riguarda la classe di età 0-49 anni, considerando l’intero anno 2020, i decessi totali sono
inferiori a quelli medi degli anni 2015-2019 dell’8,5%. Per le donne la diminuzione è ancora più
pronunciata e riguarda tutto l’anno e tutte le ripartizioni, mentre per gli uomini si registra al Nord un
lieve incremento dei decessi durante la prima ondata epidemica (+2,9% nei mesi da marzo a maggio)
e nel Mezzogiorno nei mesi di ottobre-dicembre (+1,5%). Il fatto che la mortalità della popolazione
più giovane nel 2020 risulti generalmente inferiore alla media del 2015-2019 è spiegata con la minore
letalità dell’epidemia al di sotto dei cinquanta anni e con la riduzione della mortalità per alcune delle
principali cause che interessano questo segmento di popolazione come quelle accidentali, per effetto
del lockdown e del conseguente blocco della mobilità e di molte attività produttive.

Contrairement à la croyance répandue, le COVID peut donc avoir un effet bénéfique sur la mortalité dans les tranches de population les moins exposées au risque de déclarer une forme symptomatique de la maladie. Voilà un phénomène assez peu souligné dans la communication sur le COVID, mais qui mérite d’être martelé. 

Pourquoi ces effets positifs du COVID, pourquoi sa neutralité sur la mortalité des moins de 65 ans en France, ne font-elles pas l’objet d’une communication plus répandue ? Laurent Mucchielli, qui signe cette note, a apporté pour nous quelques réponses à ne pas manquer. 

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Laurent Mucchielli : « Raoult est détesté par les élites parce qu’il est perçu comme un homme de droite »

Par Éric Verhaeghe

Le sociologue Laurent Mucchielli est intervenu pour nous sur la gestion du COVID et de la pandémie par les pouvoirs publics et par l'appareil médiatique. Ses propos formalise de façon claire et percutante les critiques dont le Courrier des Stratèges se fait régulièrement l'écho sur l'instrumentalisation de la maladie à d'autres fins que le soin. Mucchielli relève en particulier la normalisation de l'information qui s'est mise en place à l'occasion de cette crise, avec un bannissement assumé de l'esprit critique. Une interview passionnante où il revient longuement sur l'affaire Raoult, dont il démonte les mécanismes.

Le sociologue Laurent Mucchielli est longuement revenu sur la haine passionnelle que Didier Raoult a suscitée dans les élites sanitaires et politiques. Il en démonte les mécanismes, soulignant que la gauche a largement identifiée le savant marseillais comme un homme de la droite trumpiste à la française. Selon lui, ce trumpisme explique largement le rejet dont Raoult a été la cible dans l’appareil élitaire. 

Il ajoute par ailleurs un constat que nous partageons pleinement : les medias mainstream ont, tout au long de la pandémie, imposé une normalisation de l’information digne de la Pravda à ses meilleures heures. Il faudra un jour revenir sur les raisons structurelles qui poussent la presse subventionnée à se faire, sans recul critique élémentaire et souvent avec haine et mépris pour toute parole divergente, l’écho de l’information officielle. 

Le spectateur couplera utilement cette interview et celle d’Hélène Strohl, qui s’est expliquée la semaine dernière sur les coulisses de la problématique hospitalière. Nous republions son interview ci-dessous. 

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Le rejet de la personne d’Emmanuel Macron est de plus en plus fort à un an de la présidentielle

Par Edouard Husson

Le rejet d'Emmanuel Macron est de plus en plus marqué dans l'opinion et conduit à s'interroger sur ses chances réelles de réélection en 2022. Le simple fait que le président de la République prononce une longue allocution après 22h le 25 mars a provoqué des milliers de messages hostiles ou sarcastiques sur les réseaux sociaux. Rapproché des signes inquiétants qu'envoient les sondages, la désaffection vis-à-vis du président rappelle le décrochage dans l'opinion qu'avait connu Giscard en mars 1980 à un an du scrutin.

Emmanuel Macron a utilisé la traditionnelle prise de parole d’un président après un Conseil européen pour s’adresser longuement et directement aux Français.  Son allocution puis le jeu des questions-réponses ont été en effet retransmises en direct, au même titre qu’une allocution présidentielle programmée. Mais en l’occurrence, cette intervention n’avait pas été annoncée. Et elle a eu lieu à 22h passées. 

Il n’en a pas fallu plus pour déclencher des réactions, par milliers, sur les réseaux sociaux. Le ton est souvent très hostile, reprochant au Président de troubler la tranquillité d’une fin de soirée à domicile: « Quel est l’intérêt de cette allocution ??? Ça ne pouvait pas attendre demain? Bonne nuit Macron » tweetait une internaute quelques minutes avant. N’est-il pas normal que l’on veuille écouter le Président en période de pandémie? Mais comment peut-il avoir aussi peu de respect des Français que des les déranger à une heure aussi tardive. Et surtout pour ne rien leur dire?  Tel est le ton le plus répandu. 

Il est vrai qu’une partie des internautes a préféré le sarcasme: « Ok l’allocution de Macron à 22h30 c’est abusé mais on peut encore craindre le texto « tu dors ? » de Jean Castex sur les coups de minuit« 

Décidément, Macron ressemble de plus en plus à Giscard !

Paradoxalement, les réactions que nous citons disent combien les Français accordent encore du poids à la parole présidentielle. Mais la prise de parole des chefs de l’Etat successifs a toujours obéi à des règles implicites. L’une d’elles est que le Président parle soit dans le cadre d’une conférence de presse – genre institué par le Général de Gaulle –  en journée soit lors d’une allocution tenue vers 20h. Un président français ne s’invite pas chez les gens, on lui ouvre sa porte. Quand Valéry Giscard d’Estaing avait organisé des « dîners chez les Français« , cela était mal passé dans l’opinion. 

La comparaison avec Giscard n’est pas fortuite. On observe, concernant Emmanuel Macron au printemps 2021 un phénomène qui rappelle furieusement ce qui s’était passé au printemps 1980, à un an de la campagne présidentielle. Des sondages d’intentions de vote montrant de mauvais reports de voix au second tour; et une désaffection marquée de l’opinion. Tous les commentateurs prédisaient la réélection du président sortant; mais son conseiller Michel Pinton, analyste perspicace des enquêtes d’opinion, lui avait suggéré de ne pas se représenter.  Pourrait-il arriver la même chose à Emmanuel Macron pour qui les sondages montrent qu’il devra faire face à une abstention massive au second tour, s’il se représente en 2022? 

La France sous cloche depuis un an aura bien entendu en 2022 des réactions imprévisibles. Mais comment ne pas dresser l’oreille quand on entend un tel dialogue entre deux twittos:

– « Finalement c’est pour quand le retour des jours heureux. Quelqu’un a une date ? » demande l’une. 

– Et son interlocuteur de répondre: « « Le retour des Jours Heureux » ? Emmanuel Macron l’avait fixé comme un objectif lors d’une allocution. Mais au vu de ce qu’il fait pour y arriver, force est de constater, qu’ils ne commenceront que quand ce ventriloque partira et qu’on n’entendra plus parler de lui! » 

Le plus jeune président de l’histoire de notre pays, issu de l’Inspection des Finances, élu au centre par deux votants sur trois pour moderniser le pays est-il parti pour ressembler jusqu’au bout à Valéry Giscard d’Estaing? 

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La folie bureaucratique française: quand Olivier Véran veut empêcher David Lisnard de faire vacciner les Cannois.

Par Edouard Husson

La tentative d'Olivier Véran d'interdire à David Lisnard, maire de Cannes, de passer à la vaccination contre le COVID des personnes de plus de 50 ans qui le souhaitent offre un condensé de la folie bureaucratique française: à Paris on prétend mieux savoir qu'un élu local les besoins du terrain. Et l'on s'obstine dans l'hypercentralisation et le contrôle tatillon de l'Etat qui font de la gestion de la crise sanitaire une succession de fiascos: depuis l'absence de tests et de masques il y a un an au retard sur la vaccination aujourd'hui.

David Lisnard, maire de Cannes

« La crise du Covid révèle la folie bureaucratique française« . Ainsi s’exprimait David Lisnard, maire de Cannes et porte-parole de l’Association des Maires de France, dans le Figaro du 14 novembre 2020. David Lisnard est l’un des rares hommes politiques français qui connaisse, lise et mette en pratique les bons auteurs. Ainsi poursuivait-il: « La route de la servitude est pavée de bonnes intentions étatistes. Et jalonnée des décisions bureaucratiques qui réussissent à être à la fois contradictoires, inefficaces et aliénantes.

Ce n’est pas nouveau, Tocqueville, Bastiat, Aron et tant d’autres de nos penseurs français – souvent de génie – de la liberté, qu’il est urgent de faire (re)lire dans toutes les classes, nous ont toujours alertés sur les dérives potentielles de l’administration moderne. L’État est la condition de notre protection, mais à sa juste place. » 

Le maire de Cannes est passé ces jours-ci aux travaux pratiques puisqu’un bras de fer l’oppose à Olivier Véran, ministre de la Santé, sur la question de la vaccination contre le COVID 19 d’habitants de la ville de Cannes qui ont 50 ans ou plus

Olivier Véran: plutôt réglementer que vacciner

En apprenant que le maire de Cannes prenait des initiatives, Olivier Véran a menacé l’édile pragmatique des foudres de l’administration. Il vaut la peine de citer ce cri bureaucratique in extenso: 

« Je ne qualifierai pas la décision du maire de Cannes, je regrette qu’il l’ait fait de manière autonome sans alerter ni la direction générale de l’ARS ni même le préfet, ni même les soignants qui sont mobilisés pour vacciner à Cannes et partout ailleurs en France », explique le Ministre.  Il continue avec un aplomb courtelinesque: « Je suis certain parce que je le sais, que l’on peut trouver à Cannes, des personnes âgées de 85, 90 ans, qui n’ont pas encore été vaccinées comme partout ailleurs en France et qui ne comprendront pas que des personnes de plus de 50 ans en très bonne santé, puissent avoir un rendez-vous ».  Puis vient la leçon de morale du rond-de-cuir: « Je préfère les élus qui se battent pour aller chercher, chez eux s’il le faut les personnes à protéger, ce sont elles qu’il faut protéger en priorité ». Et enfin la poussée d’autoritarisme, qui condense en quelques phrases toute la folie administrative française si bien analysée par celui qui est visé, David Lisnard, prié d’obtempérer: « Je le dis, la vaccination des 50 ans et plus sans comorbidités ne se fera pas à Cannes, pas tant qu’elle n’aura pas été décidée au niveau national pour toute la population et donc pas tant que nous n’aurons pas protégé la totalité des personnes fragiles et vulnérables ». 

David Lisnard: plutôt sauver des vies qu'appliquer des règles a priori

David Lisnard a répondu au Ministre dès jeudi soir sur twitter: « Je suis étonné qu'(Olivier Véran) polémique et déjuge le président qui demande de vacciner ‘matin, midi et soir’. Donc, ayant terminé les autres publics, nous ouvrons la prise de rendez-vous pour les plus de 50 ans ». 

Au passage, le maire qui aime la liberté soulève un lièvre: d’un côté l’Etat nous dit que chacun est libre de (ne pas) se faire vacciner; de l’autre le Ministre implique qu’un maire n’aurait pas le droit de vacciner une autre catégorie d’âge si des personnes âgées, bien qu’à risque, ne souhaitaient pas se faire vacciner. 

Par un communiqué envoyé dans la foulée, le Maire a expliqué au ministre qu’il donnait la priorité aux résultats: « Nous avons ouvert la prise de rendez-vous pour les plus de 50 ans, y compris sans signe de comorbidité, car nous avons enfin de la visibilité en termes de dotations. Si nous sommes en capacité de le faire aujourd’hui, c’est parce que nos vaccinodromes sont opérationnels depuis le 4 janvier, quand le gouvernement prétendait qu’ils n’étaient pas utiles » 

Tout est dit. Depuis un an le gouvernement et l’Etat prétendent tout régenter depuis Paris et les bureaux feutrés des Agences Régionales de Santé. Les français sont contraints de subir des fiascos successifs: absence de masques au début de l’épidémie, manque de tests depuis de longs mois, incapacité du pouvoir politique à arrêter la folie bureaucratique de la suppression des lits d’hôpitaux.  Mais, dans la France de Monsieur Macron, un ministre n’est pas là pour créer le cadre de résolution des problèmes; il doit s’occuper d’interdire toutes les initiatives qui n’ont pas été validées par les agences de l’Etat. 

On verra jusqu’où Olivier Véran est prêt à aller pour entraver le travail du Maire. David Lisnard, en tout cas, n’a pas l’intention de céder. 

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