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Aujourd’hui — 20 octobre 2020Le courrier des stratèges

Coronavirus : l’Etat sabote-t-il des médicaments français efficaces ?

Par Éric Verhaeghe

Depuis plusieurs mois, l’Etat semble miser toute sa stratégie de lutte contre le coronavirus sur un vaccin que l’Institut Pasteur pourrait développer. Toute autre solution semble systématiquement s’embourber dans une boue bureaucratique digne de la Bérézina. Et pourtant la France ne manque ni d’idées ni de solutions rapides pour diversifier son offre. L’Etat cherche-t-il vraiment à protéger les Français ou cherche-t-il à privilégier une solution imposée d’en haut ?

avec Jean-Charles Teissèdre

Avocat pénaliste à Montpellier

L’Etat sabote-t-il des médicaments français efficaces contre le coronavirus, au profit d’une stratégie « tout vaccin » dont l’Institut Pasteur serait le principal bénéficiaire ? Plusieurs indices, que nous citons par ailleurs, montrent que des médicaments sur lesquels de très sérieux laboratoires français travaillent depuis plusieurs mois, avec des espérances de réussite très fortes, ne bénéficient d’aucune aide de l’Etat et sont obligés de chercher activement des partenariats privés (y compris avec la fondation Gates) pour mener leurs travaux à bien. Cette situation étonne, si l’on songe aux déclarations guerrières d’Emmanuel Macron et de son gouvernement sur notre « souveraineté sanitaire » et sur les relocalisations nécessaires de médicaments.

Médicaments français cherchent financements publics

Nous citons par ailleurs les molécules (ou les solutions de test) que les pouvoirs publics engluent dans l’indifférence, la passivité administrative, les blocages réglementaires en tous genres, et en toute opacité, au lieu de faire diligence pour les encourager et les porter pour accélérer leur mise sur le marché. Et ils sont nombreux, venus de toute la France (Lille, Montpellier, Paris) et éclairent d’un jour nouveau l’affaire Didier Raoult.

Une question se pose : pourquoi les pouvoirs publics français marquent-ils si peu d’empressement à défendre des solutions curatives françaises au coronavirus, depuis les manœuvres directes de menaces et d’étouffements dans l’affaire de l’hydroxychloroquine, jusqu’à l’abandon financier dans d’autres dossiers ?

Toujours est-il que les financements publics font défaut à ces alternatives. Tout le monde se souvient du retrait de l’INSERM (antérieur à l’arrivée du coronavirus) vis-à-vis de l’IHU du professeur Raoult, sur fond de désaccords entre les patrons d’institutions. Mais les laboratoires qui travaillent sur des solutions alternatives à l’hydroxychloroquine ne bénéficient pas plus du soutien de l’Etat.

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Le financement privé se substitue au financement public

Faute d’une aide de l’Etat, ces laboratoires sont donc contraints de se tourner vers des financements privés. Les uns ont une aide de Bill Gates. Les autres une aide de Bernard Arnault. Tous engloutissent un temps et une énergie considérables dans la recherche de solutions financières, au moment où l’Etat dépense des milliards dans un plan de relance sortis tout droit du cerveau de la bureaucratie.

Pourquoi une fraction de ces milliards (on parle ici de moins de 100 millions€ pour financer les recherches en cours) n’est-elle pas consacrée à des solutions proches d’aboutir mais qui manquent de l’ultime coup de pouce ? Il serait intéressant que la question soit posée officiellement aux pouvoirs publics.

Dans l’attente de cette explication, c’est le financement privé qui vient au secours de la recherche et qui pallie l’absence de l’Etat dans une mission qui est pourtant la sienne.

Une question stratégique de fond

Cette inaction de l’Etat pose évidemment la question de la pertinence stratégique des actions menées jusqu’ici. Depuis le début de l’épidémie, le gouvernement mise sur un vaccin et un test. Point. Le reste ne semble pas exister, et toute solution alternative est écartée, avec la violence qu’on a pu voir dans l’affaire de l’hydroxychloroquine lorsque cela est nécessaire, ou tout simplement par la lenteur désespérante de l’administration. L’affaire des tests salivaires l’a montré : le pouvoir des bureaux est immense dans le domaine de la santé, et n’importe quel bureaucrate peut paralyser une solution thérapeutique en se contentant… de ne pas agir. Par exemple en ne transmettant pas un dossier qu’il a entre les mains.

C’est précisément ce mono-centrage sur le vaccin et ce refus du reste qui nous pose problème. Il est le fait de quelques technocrates qui décident autoritairement dans un entre-soi troublant. Et il ne paraît guère conforme à l’intérêt général.

Quels sont les médicaments français en panne de financement public ?

Retrouvez leur liste sur notre article spécial abonnés consacré à la question. L’abonnement peut être interrompu à tout moment par un simple click. 

La bureaucratie sanitaire n’a toujours pas rendu de comptes

A ce stade, Emmanuel Macron, malgré ses déclarations guerrières, n’a en tout cas pas pris le taureau par les cornes. La destruction massive de masques depuis son arrivée au pouvoir, décidée par Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, selon ses propres propos à l’Assemblée Nationale, n’a donné lieu à aucune sanction, ni interrogation, ni remise à plat, ni rendu de compte devant les Français. L’incapacité du même Jérôme Salomon a organisé une campagne de tests digne de ce nom n’a pas non plus fait bouger les choses.

En lieu et place de ces mea culpa que la France attend, nous sommes supposés recevoir avec satisfaction les déclarations arrogantes et psycho-rigides du ministre de la Santé, qui s’est lui-même révélé incapable de mettre l’AP-HP au travail sur les tests salivaires cet été.

L’appareil sanitaire est-il verrouillé par la technostructure ?

Au fond, tout se passe comme si notre système de santé, et plus particulièrement notre appareil sanitaire (depuis les autorisations de mise sur le marché jusqu’aux recrutements dans les hôpitaux, en passant par la décision de travailler avec tel ou tel laboratoire ou prestataire, même au niveau local) était capté par une caste, une sorte de secte, obéissant aux mêmes mantras déconnectés de la réalité… et de l’intérêt général. Que les citoyens ne contrôlent pas l’appareil d’Etat n’est pas une nouveauté. Mais que celui-ci soit désormais capté par une classe sociale en ordre de marche, cohérente, décidée à faire de nous sa chose, est une évidence inattendue que la crise du coronavirus fait éclater au grand jour.

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🎖Ces médicaments français contre le coronavirus que l’Etat retarde…

Par Éric Verhaeghe

Plusieurs laboratoires ont sollicité l’aide de l’Etat ces derniers mois pour accélérer leurs recherches de médicaments français efficaces contre le coronavirus. En vain… Voici un passage en revue des molécules qui pourraient faire de la recherche française une championne mondiale. Mais cette ambition ne semble pas partagée par la bureaucratie sanitaire

Des médicaments français efficaces contre le coronavirus ? L’idée est très loin d’être utopique, et nous ne parlons pas ici de l’hydroxychloroquine du désormais très célèbre Didier Raoult, victime d’un impressionnant tir de barrage des pouvoirs publics (on se souvient de l’empressement qu’Olivier Véran a mis à interdire l’usage de cette solution aux médecins de ville). On parle d’autres médicaments, encore confidentiels, que l’Etat (sans doute à cause de la passivité de la bureaucratie sanitaire) a refusé de soutenir, obnubilé par la recherche d’un vaccin. En voici la liste.

Médicaments français : l’Ivermectine

L’une des molécules les plus prometteuses est actuellement poussée par un laboratoire montpelliérain. Il s’agit de l’Ivermectine, que des chercheurs australiens ont identifiée comme efficace contre le coronavirus.

Le laboratoire Medincell dispose de solutions d’injection d’Ivermectine à action prolongée. Son objectif est de mettre sur le marché un médicament qui soignerait le coronavirus en 2021. Mais… bizarrerie, c’est avec le soutien financier de la Fondation Gates que le laboratoire travaille. Fin septembre, le laboratoire était à la recherche d’autres partenariats pour accélérer le développement de sa production. Sans l’aide de l’Etat, semble-t-il.

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Médicaments français : le Clofoctol

Autre désintérêt de l’Etat pour les médicaments français qui pourraient soigner le coronavirus : la très grande solitude de l’Institut Pasteur de Lille dans ses recherches pourtant prometteuses sur le Clofoctol. Cette molécule a été identifiée par l’entité lilloise du géant français avec l’aide d’une start-up locale : Apteeus

Est-ce parce que l’Institut Pasteur est centré sur les vaccins que sa filiale du Nord ne reçoit aucun soutien pour exploiter le Clofoctol, par ailleurs peu coûteux ? Toujours est-il que c’est avec l’aide de Bernard Arnault et non celle de l’Etat que la laboratoire travaille pour développer sa solution.

Médicaments français : l’Interferon

La solution de l’Interferon est née au CHU d’Amiens, en avril 2020, à l’instigation d’un pharmacien de l’hôpital, le docteur Marty. L’interféron est une protéine de la famille des cytokines, naturellement synthétisée par l’organisme pour, notamment, se défendre contre les virus. Disponible en pharmacie par injection, il est utilisé comme médicament contre certains cancers ou l’hépatite B, par exemple. Marty proposait de l’administrer par aérosol, ce qui supposait un investissement pour l’adapter. Il manquait alors 100.000€ pour y arriver : une somme ridiculement basse. 

Finalement, même la région Hauts-de-France, présidée par le brillant futur candidat républicain Xavier Bertrand aux présidentielles a tardé à apporter les fonds nécessaires à cette opération. L’Etat n’a évidemment pas bougé. 

Le remake des tests salivaires

Rappelons que nous avons déjà pointé l’inaction criante de l’Etat sur la question des tests. La stratégie française a été celle du « tout PCR » dont les producteurs sont soigneusement tenus secrets (les pouvoirs publics ne publient pas la liste des laboratoires qui ont bénéficié d’une autorisation de mise sur le marché). Concurremment, la bureaucratie sanitaire a tout fait pour retarder au maximum l’arrivée de tests plus souples et plus simples à analyser.

Pourquoi ? le mystère reste entier.

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Hier — 19 octobre 2020Le courrier des stratèges

🎖Anticipez la réaction de Bercy face à la hausse de l’épargne durant le coronavirus

Par Éric Verhaeghe

Que va faire Bercy dans les prochains mois pour renflouer les comptes publics ? Taxer l’épargne accumulée durant le confinement. Mais oui bien sûr. Voici comment, à mon humble avis, le ministère des impôts devrait procéder. Mais ce n’est que mon opinion. Tirez-en toutes les conséquences…

Retenez une chose et une seule : vous devez anticiper une stratégie défensive vis-à-vis d'une fiscalité qui, en 2022, cherchera à rattraper le temps perdu en matière d'épargne.

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Ces versets du Coran qui appellent à la haine et au meurtre des infidèles

Par Éric Verhaeghe

Le Coran est très mal connu en Europe, alors qu’il est la source unique d’inspiration de l’Islam, présentée dans l’imaginaire collectif comme une religion de paix et d’amour. En hommage au professeur Paty, sauvagement décapité par un adorateur d’Allah, il me paraissait important de produire des citations tirées de ce livre sacré qui légitiment peu ou prou (religieusement) cet acte barbare. Le fanatisme islamiste n’est pas sans cause : la lecture du Coran peut facilement le nourrir. Voici un recueil relativement complet des versets les plus hostiles aux « Infidèles », « Incroyants », « Associateurs polythéistes » et aux autres « Injustes ».  

Pour établir ce recueil, j’ai croisé la traduction du Coran établie par le Cheikh Boubakeur, alors recteur de la Grande Mosquée de Paris, publiée en deux tomes augmentés chez Fayard en 1979, et la traduction la plus courante sur Internet. Les versets publiés sont issus de cette traduction. Elle permet de se faire une idée de ce qu’un profane peut comprendre et retirer du Coran lorsqu’il y a accès.

Je laisse chacun se faire une idée sur ces textes. Je précise que j’ai éliminé de ce recueil tous les versets qui promettaient l’Enfer aux incroyants, dès lors que leur formulation pouvait relever raisonnablement du symbolisme religieux. J’ai conservé toutes les formulations qui me semblaient dépasser ce symbolisme figuratif et appeler directement à une haine incarnée des « Incroyants ». 

Je précise que j’ai aussi écarté les nombreuses allusions à l’Incrédulité des Juifs. 

6. [Mais] certes les infidèles ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non : ils ne croiront jamais. 7. Allah a scellé leurs coeurs et leurs oreilles ; et un voile épais leur couvre la vue ; et pour eux il y aura un grand châtiment. 8. Parmi les gens, il y a ceux qui disent : "Nous croyons en Allah et au Jour dernier! " tandis qu'en fait, ils n'y croient pas. 9. Ils cherchent à tromper Allah et les croyants ; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte. 10. Il y a dans leurs coeurs une maladie (de doute et d'hypocrisie), et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti. 11. Et quand on leur dit : "Ne semez pas la corruption sur la terre", ils disent : "Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! " 12. Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s'en rendent pas compte.

Sourate 2, versets 6 à 12

Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste? Ceux d'entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l'ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection ils serons refoulés au plus dur châtiment, et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites . 86. Voilà ceux qui échangent la vie présente contre le vie future. Eh bien, leur châtiment ne sera pas diminué. Et ils ne seront point secourus.

Sourate 2, versets 85 (extrait) et 86

126. Et quand Abraham supplia : "Ô mon Seigneur, fais de cette cité un lieu de sécurité, et fais attribution des fruits à ceux qui parmi ses habitants auront cru en Allah et au Jour dernier", le Seigneur dit : "Et quiconque n'y aura pas cru, alors Je lui concéderai une courte jouissance, puis Je le contraindrai au châtiment du Feu. Et quelle mauvaise destination"!

Sourate 2, verset 126
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161. Ceux qui ne croient pas et meurent mécréants, recevront la malédiction d'Allah, des Anges et de tous les hommes. 162. Ils y demeureront éternellement; le châtiment ne leur sera pas allégé, et on ne leur accordera pas le répit.

Sourate 2, versets 161 & 162

165. Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d'Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour d'Allah. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Allah et qu'Allah est dur en châtiment! 166. Quand les meneurs désavoueront le suiveurs à la vue du châtiment, les liens entre eux seront bien brisés ! 167. Et les suiveurs diront : "Ah! Si un retour nous était possible! Alors nous les désavouerions comme ils nous ont désavoués" - Ainsi Allah leur montra leurs actions; source de remords pour eux; mais ils ne pourront pas sortir du Feu.

Sourate 2, versets 165 à 167

190. Combattez dans le sentier d'Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n'aime pas les transgresseurs! 191. Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. 192. S'ils cessent, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux. 193. Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S'ils cessent, donc plus d'hostilités, sauf contre les injustes.

Sourate 2, verets 190 à 193

221. Et n'épousez pas les femmes associatrices tant qu'elles n'auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu'une associatrice, même si elle vous enchante. Et ne donnez pas d'épouses aux associateurs tant qu'ils n'auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu'un associateur même s'il vous enchante. Car ceux-là [les associateurs] invitent au Feu; tandis qu'Allah invite, de part Sa Grâce, au Paradis et au pardon. Et Il expose aux gens Ses enseignements afin qu'ils se souviennent!

Sourate 2, verset 221

90. En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux là sont vraiment les égarés.

Sourate 3, verset 90

140. Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi l'ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin qu'Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu'Il choisisse parmi vous des martyrs - et Allah n'aime pas les injustes. 141. et afin qu'Allah purifie ceux qui ont cru, et anéantisse les mécréants.

Sourate 3, versets 140 - 141

48. Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

Sourate 4, verset 48

55. Certains d'entre eux ont cru en lui, d'autres d'entre eux s'en sont écartés. l'Enfer leur suffira comme flamme (pour y brûler). 56. Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d'autres peaux en échange afin qu'ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage!

Sourate 4, versets 55-56

116. Certes, Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s'égare, très loin dans l'égarement. 117. Ce ne sont que des femelles qu'ils invoquent, en dehors de Lui. Et ce n'est qu'un diable rebelle qu'ils invoquent.

Sourate 4, versets 116-117

140. Dans le Livre, il vous a déjà révélé ceci : lorsque vous entendez qu'on renie les versets (le Coran) d'Allah et qu'on s'en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu'à ce qu'ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer.

Sourate 4, verset 140

160. C'est à cause des iniquités des Juifs que Nous leur avons rendu illicites les bonnes nourritures qui leur étaient licites, et aussi à cause de ce qu'ils obstruent le sentier d'Allah, (à eux-mêmes et) à beaucoup de monde, 161. et à cause de ce qu'ils prennent des intérêts usuraires - qui leur étaient pourtant interdits - et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux.

Sourate 4, versets 160 - 161

167. Ceux qui ne croient pas et qui obstruent le sentier d'Allah, s'égarent certes loin dans l'égarement. 168. Ceux qui ne croient pas et qui pratiquent l'injustice, Allah n'est nullement disposé à leur pardonner, ni à les guider dans un chemin 169. (autre) que le chemin de l'Enfer où ils demeureront éternellement. Et cela est facile à Allah.

Sourate 4, versets 167 à 169

10. Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l'Enfer.

Sourate 5, verset 10

33. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, 34. excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir : sachez qu'alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Sourate 5, versets 33 - 34

36. Si les mécréants possédaient tout ce qui est sur la terre et autant encore, pour se racheter du châtiment du Jour de la Résurrection, on ne l'accepterait pas d'eux. Et pour eux il y aura un châtiment douloureux. 37. Ils voudront sortir du Feu, mais ils n'en sortiront point. Et ils auront un châtiment permanent.

Sourate 5, versets 36 - 37

51. Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.

Sourate 5, verset 51

66. S'ils avaient appliqué la Thora et l'Évangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d'eux et de ce qui est sous leurs pieds . Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture; mais pour beaucoup d'entre eux, comme est mauvais ce qu'ils font!

Sourate 5, verset 66

73. Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : "En vérité, Allah est le troisième de trois." Alors qu'il n'y a de divinité qu'Une Divinité Unique! Et s'ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux.

Sourate 5, verset 73

86. Et quant à ceux qui ne croient pas et qui traitent de mensonges Nos versets, ce sont les gens de la Fournaise.

Sourate 5, verset 86

68. Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d'eux jusqu'à ce qu'ils entament une autre discussion. Et si le Diable te fait oublier , alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes.

Sourate 6, verset 68

36. Et ceux qui traitent de mensonges Nos signes et s'en écartent avec orgueil, sont les gens du Feu et ils y demeureront éternellement. 37. Quel pire injuste, que celui qui invente un mensonge contre Allah, ou qui traite de mensonges Ses signes? Ceux là auront la part qui leur a été prescrite; jusqu'au moment où Nos Envoyés [Nos Anges] viennent à eux pour leur enlever l'âme, en leur disant : "Où sont ceux que vous invoquiez en dehors d'Allah? " - Ils répondront : "Nous ne les trouvons plus". Et ils témoigneront contre eux-mêmes qu'ils étaient mécréants. 38. "Entrez dans le Feu", dira [Allah,] "parmi les djinns et les hommes des communautés qui vous ont précédés." Chaque fois qu'une communauté entrera, elle maudira celle qui l'aura précédée. Puis, lorsque tous s'y retrouveront, la dernière fournée dira de la première : "Ô notre Seigneur! Voilà ceux qui nous ont égarés : donne-leur donc double châtiment du feu." Il dira : "A chacun le double, mais vous ne savez pas". 39. Et la première fournée dira à la dernière : "Mais vous n'avez sur nous aucun avantage. Goûtez donc au châtiment, pour ce que vous avez acquis".

Sourate 7, versets 36 à 39

96. Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisis, pour ce qu'ils avaient acquis.

Sourate 7, verset 96

182. Ceux qui traitent de mensonges Nos enseignements, Nous allons les conduire graduellement vers leur perte par des voies qu'ils ignorent. 183. Et Je leur accorderai un délai, car Mon stratagème est solide!

Sourate 7, versets 182 - 183

13. Ce, parce qu'ils ont désobéi à Allah et à Son messager." Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager... Allah est certainement dur en punition! 14. Voilà (votre sort); goûtez-le donc! Et aux mécréants le châtiment du Feu (sera réservé).15. Ô vous qui croyez quand vous rencontrez (l'armée) des mécréants en marche , ne leur tournez point le dos. 16. Quiconque, ce jour-là, leur tourne le dos, - à moins que ce soit par tactique de combat, ou pour rallier un autre groupe, - celui-là encourt la colère d'Allah et son refuge sera l'Enfer. Et quelle mauvaise destination! 17. Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah qui les a tués. Et lorsque tu lançais (une poignée de terre) , ce n'est pas toi qui lançais : mais c'est Allah qui lançait, et ce pour éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part! Allah est Audient et Omniscient. 18. Voilà! Allah réduit à rien la ruse des mécréants. 19. Si vous avez imploré l'arbitrage d'Allah vous connaissez maintenant la sentence [d'Allah] Et si vous cessez [la mécréance et l'hostilité contre le Prophète..], c'est mieux pour vous. Mais si vous revenez, Nous reviendrons, et votre masse, même nombreuse, ne vous sera d'aucune utilité. Car Allah est vraiment avec les croyants.

Sourate 8, versets 13 -19

38. Dis à ceux qui ne croient pas que, s'ils cessent, on leur pardonnera ce qui s'est passé. Et s'ils récidivent, (ils seront châtiés); à l'exemple de (leurs) devanciers. 39. Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah. Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils oeuvrent.

Sourate 8, versets 38-39

55. Les pires bêtes, auprès d'Allah, sont ceux qui ont été infidèles (dans le passé) et qui ne croient donc point (actuellement), 56. ceux-là mêmes avec lesquels tu as fait un pacte et qui chaque fois le rompent, sans aucune crainte [d'Allah]. 57. Donc, si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu'ils se souviennent. 58. Et si jamais tu crains vraiment une trahison de la part d'un peuple, dénonce alors le pacte (que tu as conclu avec), d'une façon franche et loyale car Allah n'aime pas les traîtres. 59. Que les mécréants ne pensent pas qu'ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n'importe quel moment). 60. Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d'effrayer l'ennemi d'Allah et le vôtre, et d'autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu'Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d'Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés.

Sourate 8, versets 55 à 60

65. Ô Prophète, incite les croyants au combat. S'il se trouve parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents; et s'il s'en trouve cent, ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent pas.

Sourate 8, verset 65

5. Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Sourate 9, verset 5

29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humilies .

Sourate 9, verset 29

73. Ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux ; l'Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination!

Sourate 9, verset 73

113. Et ne vous penchez pas vers les injustes : sinon le Feu vous atteindrait. Vous n'avez pas d'alliés en dehors d'Allah. Et vous ne serez pas secourus.

Sourate 11, verset 113

En fait, on a embelli aux mécréants leur stratagème et on les a empêchés de prendre le droit chemin. Et quiconque Allah laisse égarer, n'a plus personne pour le guider. 34. Un châtiment les atteindra dans la vie présente. Le châtiment de l'au-delà sera cependant plus écrasant et ils n'auront nul protecteur contre Allah.

Sourate 13, versets 33 -34

47. Ne pense point qu'Allah manque à Sa Promesse envers Ses messagers. Certes Allah est Tout Puissant et Détenteur du pouvoir de punir, 48. au jour où la terre sera remplacée par une autre, de même que les cieux et où (les hommes) comparaîtront devant Allah, l'Unique, Le Dominateur Suprême. 49. Et ce jour-là, tu verras les coupables, enchaînés les uns aux autres, 50. leurs tuniques seront de goudron et le feu couvrira leurs visages.

Sourate 14, versets 47 à 50

97. Celui qu'Allah guide, c'est lui le bien-guidé et ceux qu'il égare... tu ne leur trouveras jamais d'alliés en dehors de Lui et au Jour de la Résurrection, Nous les rassemblons traînés sur leur visages, aveugles, muets et sourds. L'Enfer sera leur demeure : chaque fois que son feu s'affaiblit, Nous leur accroîtrons la flamme ardente. 98. Telle sera leur sanction parce qu'ils ne croient pas en Nos preuves et disent : "Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création? "

Sourate 17, versets 97 - 98

100. Et ce jour-là Nous présenterons de près l'Enfer aux mécréants, 101. dont les yeux étaient couverts d'un voile qui les empêchait de penser à Moi, et ils ne pouvaient rien entendre non plus. 102. Ceux qui ont mécru, comptent-ils donc pouvoir prendre, pour alliés, Mes serviteurs en dehors de Moi? Nous avons préparé l'Enfer comme résidence pour les mécréants.

Sourate 18, versets 100 à 102

97. Nous l'avons rendu (le Coran) facile [à comprendre] en ta langue, afin que tu annonces par lui la bonne nouvelle aux gens pieux, et que, tu avertisses un peuple irréductible. 98. Que de générations avant eux avons-Nous fait périr! En retrouves-tu un seul individu? ou en entends-tu le moindre murmure?

Sourate 19, versets 97 - 98

98."Vous serez, vous et ce que vous adoriez en dehors d'Allah, le combustible de l'Enfer, vous vous y rendrez tous. 99.Si ceux-là étaient vraiment des divinités, ils n'y entreraient pas; et tous y demeureront éternellement. 100.Ils y pousseront des gémissements, et n'y entendront rien.

Sourate 21, versets 98 à 100

19.Voici deux clans adverses qui disputaient au sujet de leur Seigneur. A ceux qui ne croient pas, on taillera des vêtements de feu, tandis que sur leurs têtes on versera de l'eau bouillante. 20.qui fera fondre ce qui est dans leurs ventres de même que leurs peaux. 21.Et il y aura pour eux des maillets de fer. 22.Toutes les fois qu'ils voudront en sortir (pour échapper) à la détresse, on les y remettra et (on leur dira) : "Goûtez au châtiment de la Fournaise".

Sourate 22, versets 19 à 22

56.La souveraineté ce jour-là appartiendra à Allah qui jugera parmi eux. Ceux qui auront cru et fait de bonnes oeuvres seront dans les Jardins de délice, 57.et quand aux infidèles qui auront traité Nos révélations de mensonges, ils auront un châtiment avilissant!

Sourate 22, versets 56 - 57

11.Mais ils ont plutôt qualifié l'Heure de mensonge. Nous avons cependant préparé, pour quiconque qualifie l'Heure de mensonge, une Flamme brûlante. 12.Lorsque de loin elle les voit, ils entendront sa fureur et ses pétillements. 13.Et quand on les y aura jetés, dans un étroit réduit, les mains liées derrière le cou, ils souhaiteront alors leur destruction complète . 14."Aujourd'hui, ne souhaitez pas la destruction une seule fois, mais souhaitez-en plusieurs.

Sourate 25, versets 11 à 14

77.Dis : "Mon Seigneur ne se souciera pas de vous sans votre prière; mais vous avez démenti (le Prophète). Votre [châtiment] sera inévitable et permanent.

Sourate 25, verset 77

4.Quant à ceux qui ne croient pas en l'au-delà, Nous embellissons [à leurs yeux] leurs actions, et alors ils deviennent confus et hésitants. 5.Ce sont eux qui subiront le pire châtiment, tandis qu'ils seront dans l'au-delà les plus grands perdants.

Sourate 27, versets 4 - 5

58.Et combien avons-Nous fait périr des cités qui étaient ingrates (alors que leurs habitants vivaient dans l'abondance), et voilà qu'après eux leurs demeures ne sont que très peu habitées, et c'est Nous qui en fûmes l'héritier. 59.Ton Seigneur ne fait pas périr des cités avant d'avoir envoyé dans leur métropole un Messager pour leur réciter Nos versets. Et Nous ne faisons périr les cités que lorsque leurs habitants sont injustes.

Sourate 28, versets 58 - 59

47. Nous avons effectivement envoyé avant toi des Messagers vers leurs peuples et ils leur apportèrent les preuves. Nous Nous vengeâmes de ceux qui commirent les crimes [de la négation]; et c'était Notre devoir de secourir les croyants.

Sourate 30, verset 47

26. Et Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté l'effroi dans leurs coeurs; un groupe d'entre eux vous tuiez, et un groupe vous faisiez prisonniers. 27. Et Il vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n'aviez point foulée. Et Allah est Omnipotent.

Sourate 33, versets 26 - 27

64. Allah a maudit les infidèles et leur a préparé une fournaise, 65. pour qu'ils y demeurent éternellement, sans trouver ni alliés ni secoureur. 66. Le jour où leurs visages seront tournés dans le Feu, ils diront : "Hélas pour nous! Si seulement nous avions obéi à Allah et obéi au Messager!". 67. Et ils dirent : "Seigneur, nous avons obéi à nos chefs et à nos grands. C'est donc eux qui nous ont égarés du Sentier. 68. Ô notre Seigneur, inflige-leur deux fois le châtiment et maudis les d'une grande malédiction".

Sourate 33, versets 64 à 68

36. Et ceux qui ont mécru auront le feu de l'Enfer : on ne les achève pas pour qu'ils meurent; on ne leur allège rien de ses tourments. C'est ainsi que Nous récompensons tout négateur obstiné.

Sourate 35, verset 36

55. Voilà! Alors que les rebelles auront certes la pire retraite, 56. L'Enfer où ils brûleront. Et quel affreux lit! 57. Voilà! Qu'ils y goûtent : eau bouillante et eau purulente, 58. et d'autres punitions du même genre. 59. Voici un groupe qui entre précipitamment en même temps que vous, nulle bienvenue à eux. Ils vont brûler dans le Feu .

Sourate 38, versets 55 à 59

71. Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes à l'Enfer. Puis quand ils y parviendront, ses portes s'ouvriront et ses gardiens leur diront : "Des messagers [choisis] parmi vous ne vous sont-ils pas venus, vous récitant les versets de votre Seigneur et vous avertissant de la rencontre de votre jour que voici?" Ils diront : si, mais le décret du châtiment s'est avéré juste contre les mécréants. 72. "Entrez, [leur] dira-t-on, par les portes de l'Enfer, pour y demeurer éternellement". Qu'il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux!

Sourate 39, versets 71 - 72

15. Aujourd'hui donc, on n'acceptera de rançon ni de vous ni de ceux qui ont mécru. Votre asile est le Feu : c'est lui qui est votre compagnon inséparable. Et quelle mauvaise destination! 16. Le moment n'est-il pas venu pour ceux qui ont cru, que leurs coeurs s'humilient à l'évocation d'Allah et devant ce qui est descendu de la vérité [le Coran]? Et de ne point être pareils à ceux qui ont reçu le Livre avant eux . Ceux-ci trouvèrent le temps assez long et leurs coeurs s'endurcirent, et beaucoup d'entre eux sont pervers.

Sourate 57, versets 15 - 16

13. Ô vous qui avez cru! Ne prenez pas pour alliés des gens contre lesquels Allah est courroucé et qui désespèrent de l'au-delà, tout comme les mécréants désespèrent des gens des tombeaux.

Sourate 60, verset 13

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À partir d’avant-hierLe courrier des stratèges

Rester libre face au Covid : c’est plus urgent que jamais…

Par Éric Verhaeghe

Rester libre face au Covid et aux injonctions gouvernementales de plus en plus intrusives, invasives, violatrices de nos libertés… Tel ne devrait pas tarder à devenir notre préoccupation majeure. Peu à peu, la vie sociale nous devient interdite, et nous sommes invités sans ménagement à vivre comme des reclus, à peine autorisés à sortir pour travailler, et sommés de rentrer chez nous pour le reste, sans recevoir d’amis ni de famille. Plus grave : la fabrique du consentement a bien fonctionné, puisqu’un grand nombre de Français sont convaincus par avance qu’il faut rogner notre liberté pour sauver notre santé. Comme si vivre enfermés et surveillés s’appelait encore la vie. 

Rester libre alors que le COVID permet à l’Etat de terrasser nos libertés – et rester libre en toutes choses, dans notre vie privée, notre vie sociale, notre vie professionnelle. Tel est désormais le maître mot de tous ceux qui en ont assez d’être infantilisés par le papa Etat et par la maman sécurité sociale qui nous explique que, pour notre bien, notre protection et notre sécurité, nous devons désormais nous terrer chez nous, ne plus parler à personne, et surtout suivre les injonctions du gouvernement profond sans nous poser de questions. 

Et instinctivement nous sentons bien que nous ne sommes pas loin d’assister à la bascule des démocraties libérales vers autre chose, vers une dictature plus ou moins molle, selon les jours, qui prétend mieux savoir que nous quel usage nous devons faire de nos libertés.  Et pour tout cela, il nous faut aujourd’hui poser sereinement mais sans mollir des actes simples de liberté. 

C’est officiel : la vie privée sera surveillée

Pas question d’organiser chez soi des petites soirées entre amis si l’on est soumis au couvre-feu. Le très arrogant porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a expliqué que les soirées à la maison seraient désormais soumises à surveillance : «  Ce qu’on vise avec ce couvre-feu, c’est les rassemblements privés, parfois festifs, qui sont aujourd’hui une source importante, si ce n’est majeure, de contamination ».

Autrement dit, les condés auront la faculté de pousser votre porte le soir s’ils soupçonnent la tenue d’une soirée clandestine, et de vous verbaliser. Voilà une superbe régression dans les libertés. 

On aurait aimé qu’ils fassent la même chose dans les familles qui vivent du trafic de drogue en toute impunité depuis des années. 

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Les rassemblements de plus de 6 personnes

Autre mesure spectaculaire : on ne pourra désormais plus se réunir à plus de 6 personnes, que ce soit dans la rue ou au bureau. Jamais on n’avait non plus connu une telle restriction à notre sociabilité. Le couvre-feu à 21 heures n’est donc qu’une partie du problème. Pendant la journée, les rassemblements sont aussi limité, y compris dans un cadre professionnel. 

On entend bien l’excuse officielle selon laquelle cette mesure permet de limiter la circulation du virus. Il n’en demeure pas moins que, massivement, les Français ont mis des masques pour limiter cette circulation, et que, sur ce point précis des rassemblements de plus de 6 personnes, l’interdit fonctionnera moins bien que la responsabilité individuelle. 

Les entreprises sommées de pratiquer le télétravail

Dans le même temps, la ministre du travail Elisabeth Borne a expliqué la fleur au bout du fusil et la bouche en coeur que les entreprises étaient désormais obligées de pratiquer le télétravail au moins deux jours par semaine. Officiellement, bien sûr, la mesure s’applique « lorsque cela est possible ». Mais assez rapidement, on devrait oublier le « lorsque cela est possible » et ne retenir que l’injonction de préférer le télé-travail au travail en présenciel. 

Cette décision tombée du ciel, discutée entre ministres sans concertation avec les organisations patronales, illustre parfaitement le glissement autoritaire qui s’exerce et se déploie dans notre démocratie. 

ETHIC proteste contre le télétravail obligé

On notera que le mouvement ETHIC présidé par Sophie de Menthon est celui qui a réagi le plus promptement, dans un communiqué, au télétravail obligatoire : « Cette nouvelle contrainte inopinée est totalement décourageante et démobilisante, c’est le signe d’un puissant manque de confiance et d’une cacophonie gouvernementale », regrette Sophie de Menthon.

La fabrique du consentement a bien fonctionné

Il est probable qu’une majorité de Français souscrive à ces règles liberticides au nom de leur propre protection sanitaire. De ce point de vue, il faut saluer le parfait déroulement d’un plan de communication destiné à gouverner par la peur, mis en place depuis l’été, et qui permet de faire l’impasse totale sur l’immobilisme de notre système de santé face à la crise. 

Nous l’avons souligné plusieurs fois : personne ne contrôle plus le gouvernement sanitaire profond qui a par exemple fait front contre le développement de tests salivaires, souples, agiles, rapides. Pendant que les bureaucrates de la santé refusaient de modifier leur comportement et leurs méthodes, on préparait la population à un effort collectif destiné à compenser l’hostilité du système à tout changement. Et pendant que les bureaucrates de la santé sont sûrs de toucher leur salaire à la fin du mois, on oblige les Français à se terrer, désormais au risque de détruire leur emploi. Et tout ceci au nom de la santé et de la protection. 

Apprenez à résister, au besoin clandestinement

On comprend bien les objectifs induits de cette stratégie, marketée sous les auspices du « c’est pour votre bien », mais dont les ressorts sont ceux de toutes les dictatures et de toutes les occupations : restez chez vous, terrez-vous et obéissez ! Face à cette lente accoutumance au poison de la soumission, il est impératif d’apprendre à résister et à faire le meilleur usage possible des marges de liberté qui nous restent encore. 

Et quand cela n’est pas possible, résistez passivement, ou clandestinement. Par exemple, quand vous faites du shopping, faites semblant de passer du gel hydroalcoolique sur vos mains au bout du troisième magasin en quinze minutes où vous êtes sommé de vous désinfecter. 

Un tout petit conseil parmi bien d’autres. La liberté ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. 

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🎖Insolite : l’Assemblée supprime la taxe sur le Minitel porno

Par Éric Verhaeghe

Preuve que nos lois sont inadaptées et vieillissantes : l’Assemblée vient à peine d’adopter un amendement qui taxait le Minitel à orientation pornographique. Quand on vous dit qu’il faut donner un bon coup de balai dans notre appareil juridique et législatif… 

Amusant et insolite : la commission des Finances vient d’adopter un amendement au budget 2021 supprimant… la taxe sur le Minitel pornographique. Plus de vingt ans après l’invention d’Internet, le Parlement prend acte de la disparition d’un outil obsolète. Voici une nouvelle très belle illustration du caractère hors-sol de notre appareil juridique. 

Le Minitel et les lois obsolètes

On ne le dira jamais assez, mais l’épaisseur des codes de lois en tous genres va souvent de pair avec une épaisse couche de textes inutiles, obsolètes, inadaptées. On vient d’en avoir une nouvelle preuve avec cet amendement adopté par l’Assemblée Nationale qui supprime la taxe sur les activités pornographiques sur le Minitel. Mais… me direz-vous ! le Minitel a disparu depuis bien longtemps… Oui, mais pas les lois qui l’encadraient et surtout celles qui le taxaient. La preuve. 

Sur le fond, cet amendement pose quand même la question de l’adéquation de notre législation avec la réalité contemporaine. On s’aperçoit que nos codes regorgent de dispositions inapplicables ou complètement dépassées que le législateur ne prend jamais vraiment le temps de purger. 

Excès lois signifie aussi excès de lois inutiles ou dépassées. 

Voilà qui mériterait de soulever quelques réflexions de fond sur l’inutilité de tout taxer et de laisser l’Etat s’occuper de tout.  

Cet amendement supprime la taxe sur les services d’information ou interactifs à caractère pornographique qui font l’objet d’une publicité, assise sur les services télématiques interactifs (technologie « minitel ») et les services de kiosques téléphoniques (technologie « audiotel ») qui font apparaître une orientation pornographique. Cette suppression est justifiée par le caractère caduc de la taxe. En effet, les technologies sur lesquelles s’applique la taxe sont devenues obsolètes et ne sont plus exploitées. L’assiette de la taxe a donc disparu et le rendement de la taxe est nul.

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Maffesoli : le port obligatoire de la muselière dans les rues suffit-il à nous faire obéir ?

Par Éric Verhaeghe

Avec sa verve et sa vigueur habituelles, Michel Maffesoli met en lumière la ruse qui guide beaucoup de Français aujourd’hui, face à une classe politique essentiellement occupée à « communiquer » et à faire spectacle pendant que le pays décline. Cette ruse consiste à faire semblant d’obéir à un Etat qui ne remplit plus ses devoirs à l’égard du peuple qu’il encadre et qu’il administre. 

Michel Maffesoli

Professeur émérite à la Sorbonne

C’est tout au début de ce livre magistral qu’est « l’enracinement » que Simone Weil rappelle, d’une manière judicieuse, que « la notion d’obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative ».[1]

Voilà les fondations de ce qui, tout au long des siècles, permit la construction de ce temple qu’est la civilisation où l’humanité put, à loisir, se développer. Obligation engendrant ce que traditionnellement l’on appelait « devoir d’État » ; devoir inhérent au statut permettant étant à tout un chacun de se réaliser, au mieux, tout au long de son existence.

C’est en assurant la maintenance de l’idée d’obligation et en étant garante du devoir d’État que l’autorité publique justifie, sur la longue durée, la légitimité qui est la sienne. Mais est-ce que cette légitimité lui est encore acquise lorsque les valeurs qu’elle défend sont quelque peu obsolètes, voire totalement déphasées ?

C’est bien ce qui est en jeu en cette modernité finissante, où une oligarchie médiatico-politique s’emploie, au motif d’une crise sanitaire, à maintenir coûte que coûte, un individualisme exacerbé, ne correspondant en rien, au désir profond des tribus postmodernes.

En se référant aux analyses des histoires de l’art, on peut rappeler que l’individualisme, comme le style classique, est d’essence « optique » . C’est-à-dire de mise à distance. N’est-ce point cela que tend à faire perdurer les fameux « gestes barrières » et autres injonctions à la distanciation sociale ? Au travers de tout cela, il s’agit de maintenir la « grégaire solitude » qui fut la caractéristique de la société moderne.

 Mais voilà que dans la mutation sociétale en cours et dans la « baroquisation » caractérisant l’esprit du temps post-moderne, un tel individualisme a fait son temps. C’est plutôt l’haptique(« haptos) , c’est-à-dire le « tactile » qui est au fondement de l’être-ensemble du moment.

En témoigne, au-delà ou en-deçà de la stratégie de la peur qu’utilisent les pouvoirs publics, la multiplication des rassemblements festifs et autres formes d’afoulement rendant attentif au fait que c’est « l’être-avec » qui est l’essence même de notre humaine nature.

Et c’est bien pour dénier un tel « avec » anthropologique que l’on rend obligatoire le port d’une « muselière » ayant pour fonction d’isoler et par là-même de conforter une soumission nécessaire à la logique de la domination caractérisant un pouvoir public totalement déconnecté de la puissance populaire.

Mais la soumission n’est qu’apparente. Car s’il est une caractéristique essentielle du zoon politicon, c’est bien la ruse. Duplicité, en son sens fort : l’homme double et duple. Duplicité témoignant d’une résistance intérieure s’intensifiant, il faudra voir comment, quand le décalage vis-à-vis de l’oligarchie au pouvoir devient par trop évident.

Pour reprendre à Kierkegaard ou à Nietzsche, une expression éclairante, on fait « comme si » (als ob), l’on était soumis, et l’on n’en garde pas moins une essentielle méfiance vis-à-vis de la verticalité d’un pouvoir trop surplombant.

« Comme si » l’on appréciait ce que Platon nommait, dans la République, la « théâtrocratie » des « montreurs de marionnettes ». Mais tout en sachant que cette théâtralité est vite considérée comme lassante. Président ayant fait son apprentissage existentiel dans l’art de la scène, ministre de la Justice s’épanouissant sous la houlette du scénariste Claude Lelouch, au cinéma, et ministère censé conforter la grande culture française confié à une comparse de Hanouna dans une émission à la vulgarité affichée, on pourra multiplier les exemples de la confusion entre le théâtre et la politique.

Et c’est bien pour dénier un tel « avec » anthropologique que l’on rend obligatoire le port d’une « muselière » ayant pour fonction d’isoler et par là-même de conforter une soumission nécessaire à la logique de la domination caractérisant un pouvoir public totalement déconnecté de la puissance populaire.

On a là le résumé de ce « spectacle moderne » ayant accédé, pour reprendre l’analyse de Guy Ernest Debord, à « un statut de souveraineté irresponsable »[2]. Règne autocratique modelant les techniques de gouvernement sur un histrionisme spectaculaire où les frivoles le disputent à la superficialité !

Mais c’est chose connue, le spectaculaire achevé conduit, immanquablement, à son achèvement , c’est à dire à sa fin . La théâtrocratie lasse, surtout quand elle n’est pas de bonne qualité. Et les bouffons, dès lors, sont renvoyés à leur triste sort. Celui de leur misère existentielle.

Il n’y a qu’un pas du bal masqué à la danse macabre. Les muselières alors sont ôtées et les soulèvements se multiplient. Car du mouvement des « Gilets jaunes » au révoltes à venir, c’est le refus d’un pouvoir abstrait qui s’annonce. Refus d’une évidente mascarade. Refus fondamental vis-à-vis d’un pouvoir histrionesque qui, ayant oublié l’obligation et le devoir, se gargarise de « droits » qui, par un effet pervers et pour le dire vulgairement, lui « pètent à la gueule ».

Et ce, tout simplement parce que nous sommes confrontés à des « théâtreux » totalement incapables de faire face à cette « obligation » anthropologique qu’est le véritable « gouvernement de son ménage ». Pour être plus explicite, dans la Grèce antique, seuls ceux qui savaient gérer leur propre maison étaient à même de gérer la maison commune, c’est-à-dire la cité.

C’est cela ainsi que l’a bien montré Julien Freund, « l’essence du politique ». Ce que ne comprennent pas ceux qui se contentent de faire de la politique à la petite semaine. Et ce jusqu’à ce que la mascarade cesse ; tout simplement parce qu’elle ennuie.

À ce moment là le délire sanitaire ne marche plus. Certes il vaut mieux que tel ou telle ministre de la santé cache ses lippes derrière un masque, sinon on verrait la flétrissure d’une pauvre âme en déshérence : celle d’un ou d’une psychopathe.

Mais au-delà d’un ou d’une ministre, c’est toute une caste d’histrions dont il est question. Ils n’ont rien de vivant. Ce ne sont que des zombies venant de ce que Nietzsche nommait les « arrières-mondes » bien peu ragoûtants. Tout simplement car ils n’ont rien à voir avec le monde de la réalité quotidienne. « Arrières-mondes » d’un Pouvoir abstrait et déphasé.

Ne l’oublions pas, lorsque Descartes s’emploie à avancer masqué : prodeo larvatus, c’est justement pour ruser avec la pensée établie, toujours proche de l’attitude inquisitrice. Mais à l’encontre de ce que se prétend être tel ou tel locataire de l’Élysée, n’est pas philosophe qui veut. Pour ceux là, la mascarade comme arme suprême de l’hystérie sanitaire, c’est encore de la théâtrocratie pour masquer (c’est le cas de le dire) le fiasco qu’une élite en faillite va payer fort cher.

Faillite qu’il dire et redire. Ne serait-ce que pour dénoncer la jactance, la suffisance et l’outrance de son propos totalement déphasé. À l’opposé d’un tel propos, aux idées courtes, il convient de « dézoomer » : prendre de la hauteur, savoir mettre en perspective. C’est-à-dire, paradoxalement, être à la hauteur du quotidien. Et pour cela se contenter de ces pauvres mots provisoires qui, peu à peu, deviennent les paroles fondatrices de tout « être-ensemble » authentique. Et ce en sachant que les définitions, préétablies, celles d’un pouvoir qui, toujours, conforte et a besoin de la grégaire solitude, trompent toujours.   

[1] S. Weil, L’enracinement, éd. Gallimard, 1949, p.9

[2] G.E . Debord, Commentaire sur la société du spectacle, éd. Gallimard, 1992, p.14.

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Strohl : au nom de la santé, la forgerie du couvre-feu

Par Éric Verhaeghe

Hélène Strohl dénonce la forgerie d’un mythe politique, celui d’un combat contre une épidémie dont la létalité n’est aujourd’hui pas clairement ni statistiquement établie. Elle souligne les bénéfices politiques que l’aristocratie au pouvoir retire de cette mise en scène accréditée par les médias mainstream : l’étouffement des libertés individuelles qui sécurise un régime fragilisé par l’incompétence de ses dirigeants. 

Hélène Strohl

Inspectrice générale des affaires sociales honoraire
A publié L’État social ne fonctionne plus, Albin Michel, 2008

Un couvre-feu décidé dictatorialement

C’est la dimension symbolique de cette décision de couvre-feu qui est sans doute la plus significative. Bien sûr les conséquences « économiques » en seront importantes, comme celles sanitaires d’ailleurs, notamment psychiatriques.

Couvre-feu : c’est à dessein que le président a employé ce mot, plutôt que celui de confinement sanitaire partiel ou nocturne. Car bien sûr le couvre-feu évoque la guerre, et donc le légitime lui  comme chef de guerre. D’autant qu’il a pu, dans un pays dit démocratique, décider, tout seul, sans aucune opposition ni aucune délibération, ni aucune consultation obligatoire, de priver vingt millions de Français d’une large part de leur socialité de base. Le couvre-feu a pour objectif d’empêcher, pendant quatre semaines, six semaines, six mois, un an, sait-on jamais, le « manger et le boire ensemble ».

Les livreurs de pizza et les producteurs de télévision comme les plateformes de jeux et de films peuvent se réjouir, il n’y aura plus de repas conviviaux en Île-de-France et dans dix grandes villes. Exécution immédiate, pas même un samedi de répit !

Ni le Parlement, ni le Conseil d’État, ni le Conseil constitutionnel, ni le juge judiciaire, gardien des libertés publiques ne peuvent mais contre cette voie de fait.

Au nom de la santé !

Comme le dit un hebdomadaire mainstream, « les rassuristes sont à contre-courant », car la grande majorité des politiques, des hauts fonctionnaires, des médecins, des scientifiques, des journalistes applaudit à grands cris le choix « cornélien » qu’a fait notre Président.

Pourquoi y croit-on ?

Le mythe se construit lentement, mais sûrement. Il n’est même plus besoin de parler de la guerre explicitement, il suffit d’évoquer les scènes épouvantables auxquelles nous échappons : des réanimations saturées, et personne ne s’avise de dire qu’une toute petite partie des personnes en réanimation est intubée, que l’oxygène qu’on leur administre pourrait l’être à domicile de même que les corticoïdes dans grand nombre de cas, et qu’en tout état de cause ces malades en réanimation ne constituent qu’un petit pourcentage des malades hospitalisés qui eux-mêmes sont un petit pourcentage des malades symptomatiques,  qui eux-mêmes ne sont qu’une petite part des testés positifs dont une large partie sont de faux positifs.

Ce sont là des faits, les personnes qui les établissent et les diffusent n’ont pas été poursuivies pour diffusion de fake news et, pour cause, n’ont pas été démenties.

C’est sans doute d’abord par peur que nombre de personnes ne mettent pas en cause le fondement du mythe macronien du Covid. Chacun connaît maintenant un proche qui soit a perdu un proche, soit a lui-même été malade et on n’ose pas infirmer la gravité de la maladie. Pourtant, même en Suède, pays qui du fait du refus de tout confinement a connu une forte mortalité au printemps, mais qui maintenant a surmonté l’épidémie (plus aucun mort depuis début octobre), on n’a assisté qu’à une surmortalité de 15% par rapport à celle de 2019. Il est d’ailleurs fort possible que cette surmortalité soit compensée en 2021 par une « sous-mortalité » presque équivalente, car il s’agit essentiellement de personnes qui sont mortes six mois à un an plus tôt qu’elles ne seraient mortes sans le virus. C’est ce qui s’est vu durant la canicule de 2005. Mais trop de gens ont entendu quelqu’un leur raconter combien cette maladie l’a fatigué (comme une grosse grippe effectivement), combien ils peinent à s’en remettre, etc. Sans doute aussi la manière dont les personnes sont mortes frappe-t-elle de sidération la majorité des gens qui sont dès lors incapables de relativiser le phénomène. Car il est vrai qu’il est scandaleux de se dire qu’à cause d’une épidémie qui a représenté moins de 10% des morts de l’année, on a été incapable d’accompagner les mourants et de les enterrer dignement. Ils sont morts seuls et souvent ont été mis en cercueil sans même que les proches puissent les voir ! Dès lors, il faut, pour accepter cela, comparer cette épidémie à un épisode guerrier, une sorte d’immense catastrophe (18 000 morts directs pour la catastrophe de Fukushima, 260 000 morts pour le Tsunami de l’Océan indien) sans commune mesure avec les causes de mortalité ordinaires.

Honte et peur, culpabilité d’être le survivant d’une catastrophe, on trouve là tous les ingrédients propres à expliquer une partie de la docilité des populations face aux manipulations par la caste au pouvoir, ceux qui comme le dit Michel Maffesoli ont le pouvoir de dire et de faire[1].

Il y a aussi de la bêtise et de la paresse chez nombre de commentateurs de la politique gouvernementale. Comme le disait naïvement une journaliste à qui on faisait remarquer que son analyse de la mortalité par pays était erronée, « on ne peut pas tous être devenus des épidémiologistes ». Mais alors, si vous ne faites pas l’effort de comprendre ces chiffres et ce à quoi ils renvoient, pourquoi donc les reprenez-vous comme de petits perroquets ? Il y a assez actuellement de littérature critique des conceptions diffusées par les autorités pour pouvoir être au courant. Toussaint, Péronne, l’IHU, l’université John Hopkins, Jean-Dominique Michel, etc. Il n’est  pas besoin de faire Polytechnique pour comprendre que ces faits sont probants. Il faut juste considérer les chiffres sans fascination ni sidération. Ce sont de simples mesures. Qui les a établis, comment ? Que recouvrent-ils ? Comment les comprendre ? Ce ne sont pas les épidémiologistes qui choisissent ce qu’on va mesurer, ce sont plutôt les cliniciens. Ce ne sont pas non plus les épidémiologistes qui savent quels médicaments pourraient être efficaces, tout au plus peuvent-ils à priori (essai randomisé) ou à posteriori (données observationnelles) comparer des traitements entre eux ou l’absence de traitement et un traitement. Ce sont les médecins au lit des malades qui ont « l’idée » du traitement. Ce sont les réanimateurs qui en observant les malades et en échangeant entre eux ont changé le protocole conseillé au départ. Ces médecins, ces réanimateurs[2], ces épidémiologistes parlent, écrivent, il suffit de les écouter de manière attentive plutôt que de perdre son temps à écouter en boucle le chœur des pleureuses patentées. Car sauf de très rares exceptions  ̶ il faut citer l’émission d’André Berkoff sur Sud Radio  ̶, et les informations de grande qualité diffusées par le collectif France Soir actualités, dans les médias traditionnels,  on n’entend que répéter à l’envi les mêmes versions de l’épopée guerrière de notre président.  

Le mythe se construit lentement, mais sûrement. Il n’est même plus besoin de parler de la guerre explicitement, il suffit d’évoquer les scènes épouvantables auxquelles nous échappons : des réanimations saturées, et personne ne s’avise de dire qu’une toute petite partie des personnes en réanimation est intubée, que l’oxygène qu’on leur administre pourrait l’être à domicile de même que les corticoïdes dans grand nombre de cas, et qu’en tout état de cause ces malades en réanimation ne constituent qu’un petit pourcentage des malades hospitalisés qui eux-mêmes sont un petit pourcentage des malades symptomatiques,  qui eux-mêmes ne sont qu’une petite part des testés positifs dont une large partie sont de faux positifs.

 

La construction d’une épopée

Les visées sont-elles bassement politiques ? S’agit-il de reculer l’échéance électorale des régionales (perdues d’avance pour LREM) ? S’agit-il même de mener l’épopée jusqu’à quelques mois de la campagne présidentielle pour apparaître comme Moïse sauvant son peuple ? Les vagues de l’épidémie sont-elles à comparer aux douze plaies d’Égypte ou bien aux eaux qui se retirent pour laisser passer le cortège présidentiel vainqueur ?

Il y a en tout cas, depuis le début, une adhésion au mythe de ceux qui « font l’information » tout à fait extraordinaire. Certes aucun des auteurs ou des conteurs de cette épopée ne sont véritablement touchés par les décisions de confinement ou de couvre-feu.

Ce sont les sans grade, les prostitués, les mendiants, les travailleurs au noir, les déviants de toutes sortes, les chauffeurs d’Uber, les auto-entrepreneurs, les intérimaires et les saisonniers, bref tout ce grouillement de gens qui se débrouillent dans les interstices du système, qui sont malades et surtout qui se retrouvent sans ressources. Et que, pour part, on s’emploie depuis quelques années à virer ou en tout cas à désinciter[3]. En ce sens la « gestion » du Covid aura été un formidable instrument de rationalisation de l’économie et d’accroissement de la productivité. Activités et travailleurs inutiles peuvent mourir de leur belle mort. Ils n’apparaissent même pas dans les statistiques, sinon dans celles larmoyantes de la pauvreté : comme si c’était un scoop que de découvrir que les personnes pauvres vont plus facilement tomber malades et mourir dans une épidémie, elles qui ont déjà une espérance de vie bien amoindrie et souffrent plus que les riches de toutes les pathologies qui rendent le Covid mortel.  

Cette épopée avec ses coups de force laissant béats les vieilles institutions, les parlementaires, les juridictions, les universités, empêchant les rassemblements rituels traditionnels, quotidiens ou festifs, mettant à mal les rites collectifs de toutes les religions se fait au nom des plus vieilles valeurs de la modernité dix-neuviémiste : hygiénisme, puritanisme, individualisme.

Elle s’inscrit parfaitement dans l’idéologie construite par notre système public. Car ce combat contre « l’obscurantisme, les croyances irrationnelles, l’absence de scientificité » est celui qui sous-tend pour une large part l’action publique ; c’est en tout cas ce à quoi s’est réduit le service public.

Les acteurs ne sont pas tant les ministres, qui passent, mais les hauts fonctionnaires qui eux jouent, jour après jour, à cette bataille navale.

L’épopée covidienne de Macron s’inscrit parfaitement dans ce petit monde. Choisir la santé contre l’économie, quel beau slogan pour enfin moderniser, rationaliser l’économie, en faisant le bien des gens, contre leur gré. Quel bel outil d’asservissement des esprits et des comportements.

Et tout ceci pendant qu’applaudissent comme les moutons bêlants qu’ils sont tous ces beaux messieurs et ces belles dames que reconduiront à leur domicile leur chauffeur, après 20 h bien sûr.

Cette prétention à devenir une légende vivante (le sauveur), à écrire une épopée morbide, la tentative de  jouer et faire jouer un « Puy du fou du Covid » n’est cependant pas sans risque. Car le « bas peuple », privé de ce qui fait l’essence même de la vie, les amours, les amitiés, les solidarités proches, peut sombrer dans la désespérance, se suicider collectivement, mais aussi se révolter.

Le conte de l’apprenti sorcier est à relire d’urgence.

[1] Michel Maffesoli et Hélène Strohl, La Faillite des élites, éditions du Cerf, 2019.

[2] Il faut écouter par exemple la très belle vidéo de Louis Fouchet, médecin réanimateur à l’hôpital de la Conception à Marseille sur le site de l’IHU.

[3] On peut renvoyer aux travaux de Sarah-Marie Maffesoli dans sa thèse, La Déviance en droit : analyse d’un processus implicite de normalisation, thèse soutenue à Paris X en 2013, qui montre bien l’ensemble des instruments juridiques désincitatifs employés pour « empêcher » des comportements qui ne sont pas interdits, mais que tout simplement la morale et l’opinion majoritaire réprouvent.

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Vous aussi, osez dire « J’aime ma boîte »

Par Éric Verhaeghe

Nous relayons aujourd'hui l'excellent film réalisé par Ethic et sa sémillante présidente Sophie de Menthon, à l'Opéra de Paris, pour marquer la campagne J'aime ma boîte qui a lieu aujourd'hui. Vous aussi, aimez votre entreprise... et dites-le ! L'entreprise est plus que jamais un lieu de sociabilité et d'accomplissement pour les salariés.

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Est-il encore raisonnable de ne pas espérer une révolution dans la France de 2020 ?

Par Éric Verhaeghe

Existe-t-il des gens raisonnables dans la  France de 2020 qui ne souhaitent pas une révolution pour tordre le cou à la Vè République, à ses lourdeurs, à ses blocages, à sa technostructure qui l’accapare, la domine, lui mange la laine sur le dos et l’entraîne dans un déclin qui ressemble de plus en plus à une décadence ? Oui, bien sûr, une révolution est souhaitable, désirable, utile, indispensable dans ce gloubi-boulga institutionnel qu’aucune réformette n’est parvenue à améliorer. Il faut que ce pays se relève, et pour se relever, il doit commencer à balayer l’escalier par le haut. 

L’urgence ou non d’une révolution fait partie des tabous français actuels. D’un côté, tout le monde sent bien que le système politique actuel est au bout de quelque chose. La Vè République est exsangue. D’un autre côté, la Révolution fait peur, et d’autant plus peur qu’elle se rapproche. Un nombre grandissant de Français vit en se demandant non si elle éclatera ou pas, mais quand elle éclatera. Toute la question est de savoir si elle est souhaitable et si elle se traduira par des violences et des épisodes sanguinaires effrayants… Voici quelques éléments de réponse à l’adresse des gens rationnels. 

Révolution et ras-le-bol de la Vè République

Sur le fond, il est frappant de constater que peu de personnes se font aujourd’hui les apôtres d’un statu quo politique et d’une défense acharnée de la Vè République. L’élection d’Emmanuel Macron a d’ailleurs correspondu à ce besoin d’un renouveau en profondeur face à un système vieillissant où l’exercice du droit de vote est de plus en plus déceptif et où la classe politique est vécue comme non représentative et déconnectée de la réalité. 
 
Beaucoup ont pensé que l’homme nouveau Macron permettrait de changer la donne dans le pays sans rupture constitutionnelle. Un jeune Président devait, par la grâce de son âge, renouveler l’exercice politique du pays. 
 
Trois ans plus tard, la déception est grande, et la perspective d’un nouveau second tour entre Macron et Le Pen ajoute à ce sentiment de lassitude, voire de désespérance vis-à-vis d’un système qui ne parvient pas à se réformer de l’intérieur. 

La révolution commencera-t-elle par un défaut sur les retraites ?

Pour en savoir plus, ne manquez pas le papier que j’ai consacré aux 70 milliards€ du déficit des retraites prévisible sur les 5 années à venir. L’implosion de notre système de retraites est une opportunité pour la France. 

L’urgence commence à se faire sentir

Pendant ce temps, la situation du pays ne cesse de se dégrader. Emmanuel Macron s’est montré incapable d’inverser l’expansion constante de la dépense publique et de l’intervention étatique dans l’économie et dans la vie privée des Français. Il se montre tout aussi incapable de réformer l’Etat et de le rendre efficace : la police se fait désormais ouvertement marcher sur les pieds par les voyous, voire pire. Les résultats du système éducatif plongent. Partout, la justice prend l’eau. 

Au fond, notre système institutionnel est fatigué, épuisé par la technostructure qui l’encadre et le crible d’injonctions contradictoires sans cohérence et sans vision. Et pendant ce temps, les élus discutent, se chamaillent, s’occupent de leur carrière et se montrent incapables de redresser un pays à la dérive. 

Le naufrage de la gestion de crise du coronavirus donne un exemple pour ainsi dire caricatural de ce laissez-aller où nous dérivons. Il est temps de réagir. 

La révolution a peut-être commencé et nous ne le savons pas

Malgré ces constants accablants, la France tremble, et en son sein, les classes dirigeantes continuent à préférer absurdement, déraisonnablement, une survie sous tente à oxygène d’une Constitution en bout de course. On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne !

À tous ceux-là, il faut d’abord redire que la Révolution de 1789, qu’ils érigent souvent en repoussoir, n’a rien à voir avec l’épisode de 7 années de gouvernement par la rue souvent représenté dans les écoles. L’idéologie marxiste a volontiers travesti la Révolution en un épisode de terreur ininterrompue maintenue par un peuple en armes dans les rues. Cette vision très idéologique n’a rien à voir avec ce que décrit un témoin des faits comme Tocqueville, pour qui la France était entrée en Révolution sans vraiment le savoir ni s’en rendre compte, et qui en est sortie dans la même opacité. 

D’ailleurs, peut-être la Révolution a-t-elle déjà commencé sans que nous ne l’ayons vue survenir. La prise de l’Arc-de-Triomphe le 3 décembre 2018 apparaîtra peut-être dans dix ans comme la première journée d’une révolution qui fera florès dans les années à venir. Personne ne peut le savoir. 

Combien de journées révolutionnaires en 1789 ?

Un mythe tenace soutient que, de 1789 à 1799, le peuple en armes aurait semé la terreur dans les rues de France, et spécialement à Paris. Dans la pratique, les épisodes proprement révolutionnaires durant la Révolution ont été très limités et n’ont pas dépassé quelques journées par an dans le pire des cas. L’impression d’un peuple en mouvement est une reconstitution a priori. 

La Révolution est aujourd’hui le choix le plus raisonnable que nous puissions faire

Dans la pratique, la rationalité commande aujourd’hui d’en finir avec cette République qui a parfaitement fait son office en 1958 lorsqu’il s’est agi de rétablir l’ordre face aux troubles en Algérie. Mais, depuis quelques décennies, les avantages de cette constitution très autoritaire sont chaque jour surpassés par ses inconvénients : faible représentativité de l’Assemblée Nationale, immobilisme des élites protégées de l’intervention citoyenne par une multitude de barrières qui les déconnecte de la réalité, arbitrages politiques sans débat avec la Nation, déliquescence de l’Etat. 

Face à ces nombreux vices, rien n’y fait. Ni Sarkozy, ni Hollande, ni Macron ne sont parvenus à changer la donne. Quand un système ne se réforme pas, quand un système est bloqué, quand les gens qui en tirent parti se montrent incapables de le faire fonctionner dans l’intérêt général, ne faut-il pas changer le système et les gens qui le font ?

Ce choix de bon sens s’impose aujourd’hui, et n’est guère contrarié que par une peur irrationnelle du changement. 

L’immobilisme de la Vè République n’évitera pas la violence

La croyance naïve des élites consiste à penser que le choix se situe entre une révolution violente et un immobilisme pacifique. Posée ainsi, l’alternative porte forcément à préférer la paix à la guerre. Sauf qu’il reste à prouver que l’immobilisme à tout prix dans la Vè République nous évitera la violence. 

Il suffit d’examiner la situation dans les banlieues pour comprendre que ce pari est tout à fait audacieux. Tout porte à croire que la violence viendra beaucoup plus vite par le maintien dans la Vè République que par un changement de régime. Les policiers brutalisés dans les banlieues, les tensions dans la société française, les appels de plus en plus nombreux à une forme d’insurrection montrent que le statu quo institutionnel et constitutionnel ne nous empêchera pas de connaître des troubles extrêmement désagréables. 

Rationnellement, là encore, il n’est pas inintéressant de se demander si un changement de régime accepté et maîtrisé n’est pas beaucoup plus raisonnable qu’un maintien coûte-que-coûte dans un cadre obsolète. 

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🎖L’implosion de nos retraites, une chance pour les épargnants

Par Éric Verhaeghe

Avec plus de 70 milliards€ de pertes dans les 5 ans, le régime général de retraites de la sécurité sociale est en train de démontrer son « insoutenabilité », alors qu’il est déjà le plus coûteux du monde industrialisé. Si la situation paraît difficile à modifier d’ici à 2022, des réformes de structure sont inévitables après les présidentielles. Et elles pourraient constituer une sérieuse chance pour les épargnants.  

Le système français de retraites devrait accumuler plus de 70 milliards€ de pertes sur 5 ans selon une note d’étape fournie par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) au Premier Ministre, consultée par l’AFP. Cet effondrement financier pose un problème très au-delà du simple « trou de la sécu » habituellement évoqué. Il pourrait déboucher sur une remise en cause du régime général sous sa forme actuelle, et ça, c’est une très bonne nouvelle. 

Les retraites sont au plus mal

Le constat est donc accablant et devrait susciter un véritable émoi lorsque le rapport définitif du Conseil d’Orientation des Retraites sera publié fin novembre : pour de nombreuses années, le coronavirus devrait avoir mis à terre le système de retraites, étant entendu que, sans coronavirus, il faudrait augmenter les recettes de 5 milliards€ pour équilibrer les comptes. 

Autrement dit, une catastrophe financière est en cours et les moyens classiques pour juguler les déficits ne devraient pas suffire à sauver les meubles. Le système français de retraite est déjà l’un des plus coûteux des pays industrialisés comme le montre le diagramme ci-dessus, avec une dépense égale à 14% du PIB. Seules l’Italie et la Grèce font moins bien. Il paraît donc peu plausible d’augmenter la dépense (ce qui est pourtant fait indirectement par le recours au déficit). 

Un relèvement (sous une forme ou une autre) de l’âge de départ à la retraite permettra de combler les 5 milliards€ qui manquent structurellement à l’appel. Mais il ne permettra pas de couvrir les dizaines de milliards qui vont partir en fumée au moins jusqu’à 2024. 

Le déficit serait cependant « un peu moins important » cette année (-25,4 milliards) « du fait d'une conjoncture un peu moins dégradée » qu'il y a quatre mois. Le rebond espéré de l'économie en 2021 devrait entraîner une amélioration des comptes, avec une perte ramenée à -10,2 milliards. Cette embellie sera de courte durée car le solde se dégradera ensuite à -11,6 milliards en 2022, -12,1 milliards en 2023 puis -13,3 milliards en 2024.

La réforme Macron est désormais périmée

Face au désastre qui s’annonce, et dont personne ne prend la mesure à force d’avoir le nez rivé sur le coronavirus, mais qui reviendra comme un boomerang une fois l’épidémie calmée, une chose est sûre : l’illusion macronienne de nationaliser l’ensemble des cotisations retraite jusqu’à 10.000€ par mois et d’en confier la gestion à un opérateur unique paraît complètement périmée et inadaptée à la situation. Le sujet n’est plus de créer une grande machine étatique qui satisfait les fantasmes des technocrates. Le sujet est de concilier la dépense consacrée à la vieillesse avec la capacité de l’économie française à ne pas flancher irrémédiablement dans les bas-fonds de l’histoire. 

Or, l’inconvénient de la réforme Macron consiste bien à élever au niveau politique tout arbitrage sur les retraites destiné à maîtriser la dépense. Et cela, c’est ce que souhaite toute l’extrême gauche pour bloquer le système, mais c’est ce que ne doit surtout pas faire un système rationnel qui s’inscrit dans un contexte social complexe, friable et mouvant. 

Il y a donc peu de chances pour qu’Emmanuel Macron continue à gaspiller de lourdes cartouches politiques sur une réforme qui n’a pas de sens. 

Revenir au sens originel des retraites

Emmanuel Macron avait eu l’ambition d’étatiser toute la retraite, comme s’il s’agissait d’une ambition conforme au projet du Conseil National des Retraites. Historiquement, pourtant, le consensus national n’a existé que pour assurer une retraite dite « de base ». Cette idée apparaît dès la loi « ROP » (retraite des ouvriers et paysans) de 1910 qui instaure une retraite obligatoire (par capitalisation, à l’époque) pour tous les salariés sous un plafond déterminé, qui devient en 1944 le fameux plafond annuel de la sécurité sociale. 

Ce choix stratégique est confirmé par les lois suivantes, y compris la loi de janvier 1941 qui crée la retraite par répartition et l’actuelle CNAV (c’est-à-dire le régime général). Il était alors question de garantir une retraite universelle « minimum » pour la plupart des salariés, avec un plafond de revenus remplacés. Au-delà de ce plafond, il appartenait à chaque épargnant de se trouver sa propre solution. 

Baisse de 200.000 retraites en octobre

C’est le « miracle » signalé par le Monde aujourd’hui : 200.000 retraités ont vu leur pension baisser en octobre, à l’occasion du rattrapage de revalorisation pratiqué par la CNAV. Décidément, le régime général est bien opaque. Et défavorable pour un certain nombre de ressortissants. 

Efficacité des régimes supplémentaires

Dans les années 30, et dans la foulée des lois de 1928 et 1930, la France a assisté à la floraison de systèmes professionnels de retraite par capitalisation par branches. C’est d’ailleurs ainsi que sont nés les régimes spéciaux : RATP, SNCF, opéra de Paris, etc. Ces régimes étaient tellement avantageux et bien conçus que, 80 ou 90 ans plus tard, les syndicats de salariés se battent encore pour les préserver.

La période qui s’ouvre devrait permettre la résurrection de ce système adopté par l’Allemagne dans les années 90. Il consiste à réserver le régime général aux salariés les moins bien payés. Pour le reste, et au-delà d’un certain seuil de revenus, le bon sens est de laisser place à la différenciation et à la liberté de choix. 

De ce point de vue, l’Allemagne a créé des avantages fiscaux pour les entreprises qui offrent des plans de retraite collectifs à leurs salariés. Ce système mis en pratique en France dans les années 30 était plein de vertus. 

L’implosion des retraites, une chance pour les épargnants

Accessoirement, les retraites supplémentaires peuvent aussi bénéficier aux épargnants individuels. C’est déjà un peu le cas avec l’assurance-vie et avec le tout nouveau plan d’épargne retraite individuel (PERIN) créé par la loi PACTE. Le bon sens consiste bien aujourd’hui à favoriser ces systèmes plutôt qu’à les décourager par une refiscalisation abusive. 

Les épargnants peuvent donc se réjouir des malheurs du temps : ils sont propices à bien des révolutions que nous attendons depuis des années, mais que les blocages de la société française empêchent de survenir. 

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Picot : terrifiante convention citoyenne sur le climat (2è partie)

Par Éric Verhaeghe

Nous poursuivons la publication de l’article de Didier Picot dédié à la convention citoyenne sur le climat.  Didier Picot s’intéresse aujourd’hui à la question de la soumission aveugle attendue des Français et des pouvoirs publics vis-à-vis des prescriptions de l’écologie. 

Dans les années 1950, un étudiant américain en psychologie, Stanley Milgram, a noté que les bureaucrates et bourreaux nazis au procès de Nuremberg se justifiaient en indiquant qu’ils avaient obéi aux ordres et que donc ils ne pouvaient être tenus responsables de leurs actes. Afin de comprendre si ces comportements étaient propres aux nazis ou s’ils étaient universels, Stanley Milgram a conçu et exécuté, de 1961 à 1963 à Yale, une expérience destinée à évaluer le degré d’obéissance d’un individu à une autorité qu’il juge légitime, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience, comme l’infliction de chocs douloureux voire mortels.

L’obéissance de l’individu à l’autorité  

Pour ce faire, l’équipe du professeur Milgram a recruté au hasard  par petites annonces les sujets d’une expérience, bien rémunérée, présentée comme une étude scientifique de l’efficacité de la punition sur la mémorisation.

Elle mettait en présence une figure d’autorité, l’expérimentateur, sûr de lui et vêtu d’un uniforme gris de technicien, l’enseignant, objet de l’étude, et un étudiant attaché à une chaise électrique. Chaque fois que l’étudiant répondait mal à une question, l’enseignant devait lui envoyer un choc électrique dont la puissance augmentait graduellement (de 75 à 450 volts). L’expérimentateur et l’étudiant étaient des acteurs et il n’y avait pas de chocs électriques, mais l’enseignant-cobaye qui était censé punir ne le savait pas.

Si l’enseignant-cobaye demandait qui était responsable au cas où quelque chose arrivait à l’élève, l’expérimentateur répondait : « je suis responsable ». Cette réponse soulageait le sujet et beaucoup ont poursuivi. L’expérience a révélé que, malgré les cris et supplications de l’étudiant et la dangerosité explicitée des chocs élevés, jusqu’à 65% des participants avaient administré des chocs maximum, potentiellement mortels. Avant l’expérience, les chercheurs pensaient que ce taux serait de 1 à 3%.

Des séries d’expériences dans le temps ont fait varier les divers paramètres. Elles ont été reproduites et confirmées par des successeurs de Milgram. Elles ont démontré que :

  • Les femmes obéissaient de la même manière que les hommes, voire davantage,
  • Le sujet devait être convaincu de la légitimité de sa mission,
  • La distance entre l’enseignant-cobaye et la victime influençait l’obéissance,
  • Même chose pour la distance entre la personne d’autorité et l’enseignant-cobaye,
  • L’apparence et le rang de la personne en position d’autorité pouvaient augmenter ou diminuer l’obéissance.

Cette expérience et ses résultats, qui ont alors beaucoup choqué, ont valu à Stanley Milgram d’être reconnu comme un des psychologues sociaux les plus importants du XX°s. Les films d’époque de l’expérience sont visibles sur YouTube.

La Convention Climat et l’autorité

Dans la première partie de cette chronique sur la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) publiée fin Juillet, j’ai partagé avec vous mon inquiétude :

  1. avant même le début des travaux de la Convention, le Président s’était engagé à soumettre ses propositions « sans filtre » au référendum, au vote du Parlement ou à application réglementaire,
  2. plus de 80% de ses propositions reposaient sur la contrainte, la taxation, l’augmentation du rôle de l’Etat ou la restriction des libertés.

En fait, le protocole d’organisation de cette CCC m’a immédiatement évoqué l’expérience de Stanley Milgram : les participants sont tirés au sort, ils sont mandatés par la plus haute autorité du pays, représentée au quotidien par les fonctionnaires du CESE. Elle leur confiait une mission légitime : faire des propositions socialement justes pour sauver le monde de la catastrophe écologique en 2030. Pour compléter le dispositif, le Président indiquait qu’ils ne seraient pas responsables de leurs recommandations puisque le pouvoir politique assumerait.

A la lumière de Stanley Milgram, il était prévisible que la CCC produirait des recommandations punitives et liberticides. Nos dirigeants le savaient puisqu’ils ont appris tout ça à Science Po.

La Convention Climat : rien de nouveau

L’idée de réunir un groupe de citoyens tirés au sort pour travailler sur des sujets de société peut sembler intelligente, voire judicieuse à un moment où la parole des politiques et de l’administration semble largement discréditée.

Mais en réalité, l’exercice n’est en rien une nouvelle forme d’exercice de la démocratie, il ne fait que confirmer que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les participants ont reçu les données d’entrée produites par l’administration et ils ont suivi le même raisonnement hypothético-déductif qu’elle. Les règles d’engagement du processus sont les mêmes que celles de nos fonctionnaires au quotidien : ils ont l’autorité sans assumer la responsabilité de leurs actes et leurs victimes sont loin. Le résultat est tristement habituel : contraintes, punitions, taxation et restrictions de liberté. Non seulement, ces propositions ne sont pas plus légitimes que les autres lois, mais tenter de nous le faire croire discrédite la démocratie parlementaire.

Comme pour la crise sanitaire, il est temps que  nos dirigeants cessent de nous prendre pour des imbéciles et des enfants irresponsables.

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🎖Annulation de titres : le Parlement élargit l’imputation aux réductions totales de capital

Par Éric Verhaeghe

La commission des Finances a adopté un amendement au projet de loi de finances pour 2021 qui modifie le régime fiscal des annulations de titres. En l’espèce, il s’agit de transposer dans la loi une jurisprudence du Conseil d’Etat en date du 22 novembre 2019, qui supprime l’imputation au seul cas de la procédure collective. Un amendement technique qui n’est pas sans conséquence en temps de crise…

L’affaire est technique mais n’est pas sans importance. L’Assemblée vient d’enrichir l’article 150-0 D (alinéa 12) du Code Général des Impôts d’un nouveau cas d’imputation en cas d’annulation de titres : le cas de la réduction totale de capital sans procédure collective, conformément à une jurisprudence du Conseil d’Etat de novembre 2019. C’est ce qui ressort d’un amendement adopté par la Commission des Finances

L’amendement étend la possibilité d’imputer les pertes résultant d’une annulation de titres aux hypothèses de réduction totale du capital de la société en application du deuxième alinéa des articles L. 223-42 et L. 225-248 du même code, dès lors que les pertes restant à imputer sont supérieures ou égales aux capitaux propres.

Seule la réduction totale du capital est concernée, dans la mesure où la réduction partielle du capital, également possible dans le cadre des articles précités du code du commerce, peut se faire soit par l’annulation des titres, soit par la réduction de la valeur nominale des titres. La réduction partielle laisse ainsi une liberté de choix aux associés s’agissant des moyens d’action pour remédier aux difficultés financières de leur société. Cela permet d’éviter un biais en faveur des annulations de titres plutôt que d’une réduction de la valeur nominale de ceux-ci.

Le premier alinéa du 12 de l’article 150‑0 D du code général des impôts est complété par les mots : « , soit la réduction totale du capital de la société en application du deuxième alinéa de l’article L. 223‑42 du code de commerce ou du deuxième alinéa de l’article L. 225‑248 du même code dès lors que les pertes sont égales ou supérieures aux capitaux propres ».

Amendement à l'article 3 du PLF Tweet

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🎖L’exonération des droits de surélévation est prorogée de deux ans

Par Éric Verhaeghe

L’exonération des droits de surélévation concerne les propriétaires immobiliers qui cèdent leur bien pour permettre… sa surélévation. Inventée en 2012, ce dispositif temporaire devait s’arrêter fin 2020. Il est prorogé de deux ans. Son objectif est de permettre une « densification » de l’habitat urbain. 

L’exonération des droits de surélévation est prorogée de deux ans, jusqu’à la fin 2022. Ainsi en a décidé la commission des Finances dans un amendement adopté la semaine dernière

On notera l’intéressant exposé des motifs de cet amendement :

« L’exonération d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des plus-values réalisées lors de la cession à titre onéreux d’un droit de surélévation a été créée par l’article 42 de la loi de finances rectificative pour 2011.

Elle bénéficie aux personnes physiques et aux sociétés relevant des articles 8 à 8 ter du CGI au titre de la cession d’un droit de surélévation, à condition que le cessionnaire s’engage à réaliser et à achever les locaux destinés exclusivement à l’habitation dans un délai de quatre ans à compter de la date d’acquisition. En cas de manquement à cet engagement, le cessionnaire est redevable d’une amende d’un montant égal à 25 % de la valeur de cession du droit de surélévation.

Ce dispositif d’exonération des plus-values de cession d’un droit de surélévation est amené à s’éteindre au 31 décembre 2020. Le présent amendement propose de le proroger pour deux ans, jusqu’au 31 décembre 2022.

Cette mesure répond à la volonté d’améliorer l’offre de logement et de lutter contre l’artificialisation des sols et contre l’étalement urbain. Elle permet de favoriser la densification de l’offre de logement par l’exploitation de terrains bâtis plutôt que nus, en compensant le surcoût que représente le fait de bâtir sur une structure préexistante. »

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Le gouvernement profond veut faire payer le trou de la sécu aux petits entrepreneurs

Par Éric Verhaeghe

Faire payer le trou de la sécu aux petits entrepreneurs ? En voilà une bonne idée, exprimée à mots à peine couverts dans un rapport du Haut Conseil au Financement de la Protection Sociale sur la protection sociale des travailleurs indépendants. Une fois de plus, les technocrates qui rédigent les rapports officiels expriment leur détestation de la petite entreprise et leur préférence pour le capitalisme financier, en oubliant allègrement leurs propres dérives. Voici comment et pourquoi.

Tout part de ce fameux rapport quasiment confidentiel (il n’a fait l’objet d’aucun relais dans la presse mainstream) consacré à la protection sociale des travailleurs indépendants, c’est-à-dire des entrepreneurs, des auto-entrepreneurs et des professions libérales. C’est au détour d’une lecture attentive et au « second degré » qu’on y découvre les propositions qui devraient fâcher les 700.000 ou 800.000 dirigeants français de SAS qui seront bientôt, selon toute vraisemblance, accablés par des impôts nouveaux. Pour ce faire, il suffit que le gouvernement reprenne ces propositions à son compte l’an prochain… voire même cette année. Et le tour sera joué. 

Quelles nouveautés prévues par ce rapport pour les entrepreneurs ?

Pour comprendre ce dossier discret, technique et caché, il faut avoir en tête que les entrepreneurs préfèrent statistiquement se rémunérer en dividendes plutôt qu’en salaire. Le salaire d’un entrepreneur est en effet surtaxé par rapport au salaire d’un salarié. Le rapport lui-même montre que, pour se verser un SMIC, un artisan doit débourser 50% de cotisations de plus qu’un salarié. 

Beaucoup de travailleurs indépendants se versent donc un faible salaire et complètent leurs revenus avec des dividendes annuels. Ceux-ci sont soumis à la CSG, mais ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales de droit commun. C’est le fameux prélèvement forfaitaire unique de Macron à 30% sur les revenus du capital, plus économique que le salaire qui est soumis à cotisation, à CSG, puis à impôt sur le revenu. 

Face à cette stratégie de contournement, la loi de financement de la sécurité sociale de 2013 avait déjà prévu le « socialisation » des dividendes supérieurs à 10% du capital. C’est ce qu’on appelle la clause anti-abus. Le rapport du HCFiPS préconise d’étendre cette clause aux dirigeants exécutifs de SAS. Pour tous les détails sur ce dispositif technique, nous vous invitons à nous reporter à notre article détaillé sur le sujet. 

En savoir plus sur les mesures proposées par le rapport ?

Consultez notre article consacré à la réforme de la fiscalité applicable aux dirigeants de SAS exposée dans ce volumineux dossier que personne n’a lu !

Les dirigeants de petites SAS dans la tourmente

Cette disposition devrait cibler tout particulièrement les dirigeants effectifs de SAS (société par action simplifiée, la pâle copie des sociétés anonymes) qui se rémunèrent essentiellement en dividendes et non en salaire. Il s’agit des dirigeants des plus petites SAS, et non des plus gros patrons qui se versent d’importants dividendes. Comme par hasard, ces derniers ne subiront aucun impact de la réforme qui est en préparation. Celle-ci ne vise que les petits entrepreneurs auto-financés, c’est-à-dire qui n’ont pas fait appel à des fonds d’investissement pour développer leur entreprise. 

Et c’est probablement cette dimension qui gêne le plus : son ciblage sur tous ces petits entrepreneurs qui ne comptent sur l’aide de personne pour vivre, qui prennent des risques et qui n’ont l’appui d’aucun fonds, d’aucune institution pour les affronter. On préférerait que Bercy s’occupe de ceux qui sont vraiment privilégiés. 

Injustes prélèvements nouveaux sur les entrepreneurs

Ajoutons que cette mesure est d’autant plus injuste qu’elle prétend améliorer la protection sociale dont bénéficient les entrepreneurs, mais qu’elle vise en réalité à alourdir la pression sociale et fiscale qui pèse sur eux. Alors que tous les cotisants à la sécurité sociale bénéficient de prestations nouvelles en échange de leurs cotisations, les entrepreneurs seront les seuls à voir leurs revenus amputés sans contrepartie. 

De notre point de vue, ce point annonce d’ailleurs de possibles recours contre la rupture d’égalité prévue dans cette disposition. Il reste à bâtir un argumentaire robuste sur le sujet, mais tout indique que la sécurité sociale obligatoire, prévue historiquement pour les salariés, ne peut éternellement imposer des règles à géométrie variable aux assurés sans offrir de contreparties. 

Sur ce point, il faudra sans doute approfondir la question du libre choix face à la protection sociale, aboli en France au nom d’une solidarité dont les termes paraissent de plus en plus flous et de plus en plus fourre-tout. Peut-on éternellement, au nom de la solidarité, financer des prestations par l’impôt très lourd pour une catégorie qui n’en retire que très peu de contrepartie ? Le moment vient sans doute d’éclaircir ce point. 

La technocratie déteste les entrepreneurs

Ce qui justifie que les entrepreneurs soient soudain soumis à un impôt confiscatoire ne tient évidemment que facialement à des motifs de justice sociale. L’enjeu, la raison sont ailleurs. 

Le fond de l’affaire tient à la détestation que le gouvernement profond, cette technocratie qui tient le pays, voue à la petite entreprise et aux petits entrepreneurs. Pour un énarque ou un polytechnicien, il est de salubrité publique qu’un petit gars qui ouvre une boulangerie, une boucherie ou une épicerie, n’ait pas un seul instant l’illusion qu’il pourra s’enrichir par son travail et sa prise de risque. Au nom de l’égalité et de la solidarité, il doit d’autant plus payer qu’il ne compte sur personne pour assurer sa subsistance. 

Telle est la loi du capitalisme de connivence : ceux qui n’entrent pas dans l’enchevêtrement de relations capitalistiques qui permettent au système de « tenir » par cet entrelacs d’obligations réciproques doivent payer le lourd tribut de leur liberté.  

Au-delà des déclarations « pro-business » des élus et des politiques, le gouvernement profond impose donc ses dispositions techniques qui visent à supprimer, peu à peu, le travail indépendant, la rémunération du risque, à décourager l’initiative individuelle pour favoriser la subordination et la passivité. 

Les entrepreneurs paieront pour le « trou de la sécu »

Cette proposition de lever des cotisations sur des dividendes en les considérant comme du salaire, qui nie la prise de risque, ne vient évidemment pas à n’importe quel moment. En deux ans, la sécurité sociale accumulera plus de 70 milliards € de dettes. Contrairement au doux rêve vendu par Emmanuel Macron, il faudra tôt ou tard payer et rembourser. 

On voit qui seront les premières victimes de l’inquisition fiscale qui se prépare : ceux qui prennent des risques, ceux qui sont libres, ceux qui recrutent des chômeurs. Ce sont eux, les petits entrepreneurs, qui paieront pour le trou de la sécurité sociale. Et pendant ce temps, ceux qui ne prennent aucun risque, ceux qui sont protégés par le statut de la fonction publique, continueront à profiter d’un système protecteur. Il serait intéressant de savoir par exemple combien de hauts fonctionnaires sont aujourd’hui payés à rester chez eux, faute d’être encore employables…

La publication des chiffres serait édifiante. 

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🎖Alerte : le gouvernement prépare une très forte augmentation des cotisations sociales pour les entrepreneurs

Par Éric Verhaeghe

Augmenter très fortement les cotisations sociales pour les entrepreneurs qui dirigent leur SAS : tel est le projet que devrait prochainement formaliser le gouvernement, à la suite d’un rapport sur la protection sociale des travailleurs indépendants. Les technocrates envieux qui ont pondu ce rapport s’y lâchent de façon impressionnante sur la confiscation nécessaire des rémunérations du risque pris par les entrepreneurs. 

Augmenter très fortement les cotisations sociales des entrepreneurs au nom de leur « protection » et de l’égalité de traitement avec les salariés : tel est le projet que le gouvernement devrait commencer à formaliser après la remise du rapport du Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale (HCFiPS) sur la protection sociale des travailleurs indépendants, commandé l’an dernier par Edouard Philippe. 

Les cotisations sociales des entrepreneurs devraient exploser

Initialement, ce rapport, commandé dans la foulée de l’absorption du RSI par le régime général, devait faire le point sur les discriminations qui frappent les entrepreneurs dans la protection sociale. Il s’est évidemment, sous la plume des technocrates envieux qui l’ont instruit et rédigé, transformé en plaidoyer pour les « travailleurs des plate-formes » et en réquisitoire contre les travailleurs indépendants qui ne demandent rien à personne. 

Après avoir proposé de changer l’assiette de calcul des cotisations des gérants de SARL pour améliorer leur revenu de remplacement, ce rapport s’est attaqué à la question de la protection sociale des dirigeants de SAS, en proposant de leur appliquer le dispositif anti-abus adopté en 2013 pour les gérants majoritaires de SARL… Cette disposition impliquerait d’assujettir aux cotisations sociales les dividendes supérieurs à 10% du capital. 

Autrement dit, c’est un vrai matraquage social qui se prépare !

Recommandation n° 6 : étendre les dispositions « anti-abus » applicables depuis 2013 aux gérants majoritaires de SARL à l’ensemble des dirigeants de sociétés.

Singulière remise en cause du PFU…

Cette proposition est d’autant plus surprenante qu’elle contrevient à l’instauration d’un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30% au début du quinquennat. Cette mesure visait à récompenser le risque pris par les entrepreneurs et à éviter la confiscation de leur travail par une CSG à près de 13% n’ouvrant droit à aucune contrepartie. 

Ce que propose le HCFiPS, c’est une suppression du prélèvement forfaitaire pour tous ceux, nombreux qui se rémunèrent avec un faible salaire mais d’importants dividendes. On ne pouvait imaginer mesure plus déstabilisante pour les dirigeants de SAS que celle-là. Dans la pratique, elle cherche à matraquer socialement les entrepreneurs, ces bêtes bizarres détestées par la technostructure auteur de ce rapport. 

… qui frapperait les vrais entrepreneurs

La plus grande injustice de cette mesure réside évidemment dans la catégorie d’entrepreneurs qu’elle vise. Elle cerne immédiatement tous ceux qui se versent des rémunérations proches du SMIC pour éviter de payer des cotisations sociales trop importantes. Il ne s’agit donc pas des « grands patrons », ni même des patrons d’entreprise de taille moyenne, qui échapperont à la mesure, mais de tous les petits, le boulanger ou le coiffeur du coin, qui vivent comme ils peuvent et se versent une prime de fin d’année sous forme de dividende, soumis à 30% de cotisations après un impôt sur les sociétés de 15 ou 30% selon les cas. 

Il s’agit bien ici de frapper aux porte-feuilles ces petits entrepreneurs qui affrontent le coronavirus et le subissent de plein fouet, sans filet de sécurité. 

En effet, depuis la LFSS pour 2013, les dividendes excédant le seuil de 10% du capital social sont réintégrés dans l’assiette des cotisations sociales pour les gérants majoritaires de SARL ; cette disposition avait été adoptée pour éviter les phénomènes d’optimisation consistant pour certains indépendants à déclarer des revenus professionnels très faibles et à se rémunérer essentiellement sous forme de dividendes, assujettis aux seuls prélèvements sociaux sur les revenus du capital. Les dirigeants de SAS et de SASU et les gérants minoritaires de SARL ne sont en revanche pas concernés par ce dispositif « anti-abus », et peuvent plus aisément pratiquer une forme d’optimisation, en arbitrant entre rémunération professionnelle et dividendes. Il peut ainsi résulter de ce traitement différent une forme de concurrence déloyale entre indépendants, entre ceux qui sont en mesure de pratiquer cette forme d’optimisation, et ceux pour qui cette pratique est encadrée.

Une mesure qui pénalisera le Made In France

C’est surtout dans la méthode de calcul des cotisations que l’inéquité apparaît – inéquité au profit des plus « gros » et au détriment des plus petits. La clause anti-abus est en effet calculée en pourcentage (en l’espèce 10%) du capital social de l’entreprise. 

Autrement dit, un dirigeant de SAS qui a créé son entreprise avec 10.000€ de capital devrait payer des cotisations sociales supplémentaires dès qu’il se verserait un dividende supérieur à 1.000€. En revanche, le dirigeant de SAS qui a levé d’importants fonds auprès d’investisseurs et dispose d’un capital social de 500.000€ pourrait pour sa part se verser 50.000€ de dividendes en s’acquittant juste du prélèvement forfaitaire de 30%.

Autrement dit, les technocrates qui ont rendu leur copie au Premier Ministre ont une vision en tête : faire payer les petits entrepreneurs qui prennent des risques pour renflouer le « trou de la Sécu » et accorder une parfaite tranquillité à toutes les entreprises d’une taille suffisante pour les recruter un jour sur un poste de pantouflage. 

Nous touchons ici à la préférence du gouvernement profond pour le grand capital international, pour le cosmopolitisme de l’investissement, et à son aversion pour l’auto-financement, pour la réussite entrepreneuriale individuelle et pour le Made In France. Et nous commençons à apercevoir une nouvelle mesure confiscatoire pour tous ceux qui ont la prétention d’échapper au salariat. 

Les vrais problèmes n’ont pas été posés

Dans la pratique, il est vrai que la protection sociale sous monopole d’Etat coûte très cher et offre peu de prestations en contreparties. C’est particulièrement vrai pour les indépendants, de l’aveu même des auteurs de ce rapport. Mais au lieu de réduire le différentiel de prestations entre cotisants, ce rapport propose finalement, selon une bonne tradition française, un nouveau matraquage des indépendants. 

Or, le vrai problème n’est pas que les entrepreneurs ne paient pas assez de cotisations. Il est que la sécurité sociale fonctionne mal, coûte cher et offre peu de garanties en contrepartie. Le vrai sujet n’est donc pas de trouver des ressources nouvelles pour nourrir un Moloch-Baal toujours plus boulimique. Le vrai sujet est de changer de religion et d’adopter, comme en Allemagne, une mise en concurrence de nos organismes de protection sociale pour améliorer leur efficacité. 

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🎖L’aide exceptionnelle aux indépendants ne sera ni fiscalisée ni socialisée

Par Éric Verhaeghe

L’aide financière exceptionnelle aux travailleurs indépendants, accordée à l’occasion de la crise du coronavirus, ne sera ni fiscalisée ni socialisée. Ainsi, en a décidé la commission des Finances dans un amendement qui précise le régime de ce dispositif. 

Bonne nouvelle ! L’aide exceptionnelle versée aux travailleurs indépendants ne sera soumise ni à l’impôt, ni aux cotisations sociales. C’est ce qu’a prévu la Commission des Finances dans un amendement adopté la semaine dernière

En voici le texte :

« I. – L’aide financière exceptionnelle versée par le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants mentionné à l’article L. 612‑1 du code de la sécurité sociale en application de l’article 10 de loi n° 2020‑734 du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d’autres mesures urgentes ainsi qu’au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne est exonérée d’impôt sur le revenu, d’impôt sur les sociétés et de toutes les contributions et cotisations sociales d’origine légale ou conventionnelle.

Il n’est pas tenu compte du montant de cette aide pour l’appréciation des limites prévues aux articles 50‑0, 102 ter, 151 septies et 302 septies A bis du code général des impôts.

II. – Le bénéfice de l’exonération prévue au I du présent article est subordonnée au respect du règlement (UE) n° 1407/2013 de la Commission du 18 décembre 2013 relatif à l’application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux aides de minimis.

III. – La perte de recettes résultant pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts. »

 

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Dividendes et capital : faut-il revenir en France ou la quitter ?

Par Éric Verhaeghe

France Stratégie (héritière lointaine du Commissariat au Plan) vient de publier son deuxième rapport d’évaluation des réformes fiscales sur le capital, qui vaut la peine d’être lu attentivement. Toute la bien-pensance en a tiré une leçon unique (et simpliste) : les riches se sont engraissés avec Macron. Dans la pratique, l’examen des chiffres montre que la question reste entière de savoir s’il faut ou non revenir en France si on l’a quittée pour des raisons fiscales, ou s’il faut la quitter. Et sur ce point, l’incertitude plane. 

Bien entendu, la planète gauchiste a hurlé autant qu’elle a pu en découvrant les chiffres du rapport publié par France Stratégie sur la fiscalité du capital. Il est désormais avéré, mesuré, évalué, que l’adoption du Prélèvement Forfaitaire Unique de 30% sur les revenus du capital a provoqué une explosion des dividendes pour quelques milliers de foyers. Au passage, personne ne se sent obligé de rappeler les impôts que cette explosion fait rentrer. Mais c’est un grand classique du genre. 

Les dividendes et l’exil fiscal

Dans la pratique, l’imposition des revenus du capital par un prélèvement forfaitaire au lieu d’une taxation progressive au barème de l’impôt sur le revenu visait à juguler l’exil fiscal enclenché depuis de nombreuses années. Les bénéficiaires d’un patrimoine financier ont en effet pris l’habitude de partir sous d’autres cieux fiscaux plus cléments afin d’échapper à ces taux dissuasifs pratiqués en France. 

Le tableau ci-contre montre clairement que, en 2012, l’arrivée de la gauche au pouvoir et la contribution exceptionnelle sur la fortune ont créé un véritable appel d’air vers l’étranger, déjà bien ouvert durant la dernière année du quinquennat Sarkozy. L’ISF moyen des partants s’élevait, en 2012, à 87.000€, contre 14.000€ en 2009. 

Ces chiffres montrent l’extrême sensibilité de l’exil fiscal aux variations de taux à la hausse. 

PFU et retour fiscal ?

Toute la question est de savoir si la baisse des taux, par la création du Prélèvement Forfaitaire, suffit à inverser la tendance et à provoquer un retour des exilés. Sur ce point, France Stratégie reconnaît tout de go manquer d’éléments pour répondre définitivement à la question. 

Si, officiellement, la création du PFU et la suppression de l’ISF semblent avoir jugulé les départs, le mouvement en arrière reste bien fragile. Certes, le nombre de retours d’exilés a doublé entre 2017 et 2018, pour s’élever à 240. C’est donc une bonne performance… qui, en trompe-l’oeil, laisse entendre que les réformes du quinquennat ont inversé la tendance. 

Le retour des exilés, vraiment ?

Mais ce chiffre doit être fortement pondéré par comparaison avec d’autres éléments illustratifs. 

Premier point : le retour des exilés était beaucoup plus important dans les années Sarkozy, à l’époque où le bouclier fiscal plafonnait l’imposition du capital. En 2014, lorsque la gauche a commencé à desserrer la pression sur les patrimoines, elle a aussi atteint un meilleur score, avec 311 retours en 2014. Avec 240 retours, la réforme Macron ne produit aucun choc marquant. 

Deuxième point : les départs continuent. France Stratégie n’en donne pas le chiffre pour 2018, mais il s’élevait encore à 376 départs en 2017, un chiffre bien supérieur aux retours. 

Il faut attendre la comparaison avec les départs en 2018 pour se forger une idée plus définitive. Mais une chose est évidente : la suppression de l’ISF et de l’imposition au barème n’ont pas provoqué un retour massif des exilés. 

Les classes moyennes principalement touchées

Au passage, contrairement au fantasme distillé à gauche, les exilés fiscaux ne sont pas tous des chefs d’entreprise aux salaires élevés et au train de vie scandaleux. En 2017, par exemple, le quart des exilés dans l’année était exonéré d’impôt sur le revenu, et un autre quart était taxé dans la tranche dans la tranche à 30%. 

Autrement dit, la moitié des exilés fiscaux appartiennent aux classes moyennes. Si ces détenteurs d’importants patrimoines ne peuvent faire pleurer sur leur sort, ils sont en tout cas très loin des gros capitalistes qui sortent d’une limousine avec un cigare au bec. 

Et c’est probablement ce qu’on regrettera le plus dans cette campagne contre les « riches » : elle vise au moins pour moitié des gens qui ont épargné, mais qui perçoivent des revenus bas ou moyens. 

Toute la question est de savoir si ces gens-là ont vraiment intérêt à rester en France ou à y revenir dans les années à venir. Et sur ce point, on a un doute. 

Encore de bonnes raisons d’émigrer

Le tableau que nous publions en ouverture de ce papier rappelle que la France reste la championne de la pression fiscale toutes catégories dans l’Union Européenne. C’est en France que l’Etat taxe le plus le capitale, mais aussi le travail et partiellement la consommation. 

On ajoutera que l’endettement affolant du pays sans stratégie de remboursement laisse penser que, après les élections de 2022, un choc fiscal interviendra pour renflouer les caisses. Et ce choc devrait commencer par une forte taxation des avoirs financiers accumulés durant le confinement. 

Donc, on ne voit guère de raison décisive pour revenir, ou pour ne pas partir. 

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🎖Alice Coffin : la chantre des lesbiennes bouffait au râtelier des cathos de gauche

Par Éric Verhaeghe

Alice Coffin, conseillère de Paris bourreau de Christophe Girard, est désormais bien connue pour son hymne simpliste en faveur des lesbiennes et en défaveur des hommes. Elle vient de perdre un job qu’on ne lui connaissait pas : enseignante à l’Institut Catholique de Paris, repaire des cathos de gauche, qui l’employaient depuis 8 ans. Comme quoi, on peut critiquer l’ordre ancestral et en tirer sa subsistance. Une fois de plus, l’hypocrisie des donneurs de leçon est à la manoeuvre. 

Alice Coffin, la chantre des lesbiennes parisiennes, est désormais bien connue pour ses écarts sur la domination masculine. Son activisme sans limite lui a permis d’avoir la peau de Christophe Girard, emblématique adjoint à la Culture. Et l’on découvre qu’elle vient de perdre son autre job : professeur vacataire à l’Institut Catholique de Paris, fief des catholiques de gauche bon teint parisiens. Pas si désagréable que ça, finalement, l’ordre patriarcal…

La chantre des lesbiennes veut éliminer les hommes…

Alice Coffin s’est déjà illustrée par de nombreux exploits, quoiqu’elle soit élue depuis peu de temps à Paris. Elle a notamment obtenu la tête de Christophe Girard, et elle a, dans la foulée, publié un livre chez Grasset intitulé le Génie lesbien

Ce livre défraie la chronique par la haine des hommes qui l’inspire. Beaucoup ont fait mine de découvrir les positions de cette activiste. Nous reproduisons ici les images d’un débat auquel elle participait en 2018, sur la chaîne RT, qui donne un bon aperçu de son extrémisme débridé. 

Dans son ouvrage paru chez Grasset, elle n’hésite pas à écrire : « Dans la guerre des sexes, l’oppresseur ne se montre pas comme un guerrier. Il ne dit pas « je suis en guerre contre les femmes ». Il tue, viole, frappe, mais je dit jamais que c’est une guerre, un combat, une lutte et une mise à mort. » 

On ajoutera de façon très révélatrice, comme le montre l’extrait du débat ci-dessous, qu’Alice Coffin ne s’est pas gênée, en 2018, pour dénoncer l’importance accordée à l’église catholique dans les médias, reprochant à la chaîne qui l’invitait d’ouvrir son journal par les propos des évêques sur la question de la PMA. 

La chantre des lesbiennes était nourrie par les cathos

Oh ! stupeur ! On découvre dans la presse que l’Institut Catholique de Paris stipendiait depuis 8 ans la dénommée Alice Coffin, grande militante de la cause anti-catholique, et grande défenseuse de la PMA pour les couples lesbiens. Pas dégonflée la nénette ! Face à sa haine des hommes, l’Institut a décidé de ne pas lui renouveler sa vacation, sans lui donner de motif comme la loi le permet. En attendant, on comprend que, depuis huit ans, l’une des plus grandes ennemies de la doctrine catholique mangeait avec l’argent des cathos et enseignait même dans leur université. 

Les bras nous en tombent !

La tartufferie, valeur fondamentale 

On épinglera donc volontiers à la fois Alice Coffin et l’Institut Catholique de Paris. La première, parce que vivre ostensiblement de l’argent de gens qu’on dénonce à longueur de journée, cela donne une splendide image de l’hypocrisie dont les milieux LGBT sont capables : toujours prêts à dénoncer… et à profiter de ceux qu’on dénonce. 

On épinglera aussi l’Institut Catholique de Paris, qui a nourri pendant 8 ans un serpent à sonnettes en son sein. Mais pourquoi les catholiques de gauche ont-ils toujours besoin de donner à manger à ceux qui les combattent ?

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🎖De (petites) nouvelles mesures favorables aux petits exilés fiscaux (ou autres raisons d’exil)

Par Éric Verhaeghe

Beaucoup de Français sont devenus des exilés fiscaux ou de simples non-résidents pour des raisons de commodité : qu’ils soient partis vivre en Thaïlande, à Nosy-Bé ou dans une montagne de l’Atlas ou des Apennins, ils continuent à percevoir des revenus en France et sont à ce titre soumis à l’impôt français. Les réformes de ces dernières années les avaient pénalisés. Un amendement de la commission des Finances devrait à l’avenir limiter les dégâts. 

Les exilés fiscaux (les Français non-résidents en langage administratif) sont, encore plus que les résidents, soumis à l’instabilité fiscale. L’adoption du prélèvement à la source a sonné comme une très mauvaise nouvelle pour ceux qui, partis à l’étranger, perçoivent des revenus de faibles montants en France, dans la mesure où la suppression de prélèvement partiellement libératoire dont ils bénéficiaient auparavant et la mise en place d’un prélèvement mensuel se transformait, à partir du 1er janvier 2021, en parcours du combattant. Accessoirement, les effets de bord contribuaient à une augmentation de l’impôt. Un amendement est venu mettre partiellement bon ordre dans cette affaire. Mais il en décevra beaucoup. 

Aménagement du prélèvement à la source pour les exilés fiscaux

Dans la pratique, l’amendement, porté par des députés LREM, ne rétablit pas le prélèvement partiellement libératoire qui existait auparavant, et il applique effectivement le prélèvement à la source tel qu’il était prévu dans les précédentes lois de finances. 

Simplement, dans l’hypothèse où la retenue finale est supérieure aux taux prévus par la loi, le contribuable pourra demander le remboursement de l’excédent de prélèvement. Précisons que les revenus inférieurs à 15.000€ sont exonérés d’impôts. 

Pour le reste, l’amendement n’apporte aucun changement au dispositif prévu par les précédentes lois de finances, dont l’application avait été retardée pour régler ce problème d’imposition excessive. Même si les députés prétendent avoir simplifié le dispositif actuel, on peut s’interroger sur l’effectivité de cette simplification…

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Un scénario minimaliste retenu

Cette affaire très technique, mais qui illustre la difficulté de la question posée par l’exil, qu’il soit fiscal ou non, n’est pas nouvelle. Elle a fait l’objet d’un rapport cet été, qui proposait trois scénarios possibles pour régler le problème. L’un des plus audacieux consistait à proposer de fortes baisses d’impôt pour tous ceux qui accepteraient de déclarer leur revenus mondiaux en France. 

Cette solution a finalement été écartée, sans doute parce qu’elle est trop audacieuse. Le gouvernement semble donc avoir fortement influencé cet amendement pour l’orienter vers l’issue la moins imaginative : appliquer la réforme, supprimer l’ancien prélèvement libératoire partiel, et rembourser les trop perçus. 

En ce sens, l’amendement constitue une défaite parlementaire : il reprend la solution que le gouvernement voulait, et que le Parlement aurait souhaité améliorer. 

Les revenus du travail moins bien traités que les revenus du capital ?

Ce choix d’un scénario minimaliste par Bercy pose une question de fond : l’État traite-t-il mieux les exilés fiscaux riches que pauvres ? La question de l’imposition des rémunérations perçues en France touche en effet beaucoup plus fortement ceux qui n’ont que peu de revenus du capital, et qui perçoivent essentiellement des revenus de leur travail. Comme l’a indiqué le rapport de France Stratégie, la baisse des prélèvements sur les revenus du capital a essentiellement profité aux plus hauts revenus, et a permis une véritable « libération » des dividendes. On est aujourd’hui gêné par le fait que ce souci de donner de l’oxygène aux plus riches ne soit pas répercuté sur les revenus du travail (ou sur les retraites issues des revenus du travail) perçues en France par des non-résidents. 

Pourquoi cette inégalité de traitement ?

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🎖La Cour des Comptes craint une catastrophe industrielle sur les cotisations AGIRC-ARRCO

Par Éric Verhaeghe

La collecte des cotisations AGIRC-ARCCO va-t-elle suivre le même chemin que feu le RSI, qui, en son temps, avait tourné au désastre ? La Cour des Comptes a clairement évoqué cette possibilité dans son rapport sur la Sécurité Sociale publié hier. La question est donc posée officiellement, ce qui en dit long sur l’état d’impréparation du régime général et de son bras « armé » l’URSSAF vis-à-vis des chantiers informatiques qui l’attendent. Attention aux dégâts. 

Le transfert de la collecte des cotisations AGIRC-ARRCO aux URSSAF se soldera-t-il par une « catastrophe industrielle » du même ordre que le transfert des cotisations RSI qui s’est soldé par un écroulement du système ? Il est assez rare que dans la langue feutrée des administrations et des corps constitués, ce genre de question soit posé de façon cash. Quand c’est le cas, c’est que les rédacteurs ont de bonnes raisons de se « mouiller » et les magistrats de la Cour des Comptes semblent en avoir sur ce point. 

URSSAF et AGIRC-ARRCO feront-ils bon ménage ?

Pour comprendre les détails de cette affaire, il faut se reporter au rapport de la Cour des Comptes sur la Sécurité Sociale publié ce mercredi. Un chapitre entier est dédié au réseau des URSSAF, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Cour des Comptes exprime une franche inquiétude sur la multitude de chantiers que le réseau de recouvrement des cotisations sociales doit suivre simultanément. 

Alors que l’ensemble des caisses d’indépendants ne sont pas encore entrées dans la moulinette des URSSAF, la loi de financement de la sécurité sociale (comme nous l’avons épinglé) a prévu d’intégrer désormais les cotisations AGIRC-ARRCO dans le même système. Ce transfert de collecte préfigure bien entendu une absorption de l’AGIRC par le régime général, rendu inévitable par la création du grand système universel imaginé par Emmanuel Macron et quelques réformateurs en chambre. 

Toute la question est de savoir si les URSSAF sont prêtes à absorber ce choc. Et la Cour, comme nous citons ses propos ci-contre, semble en douter. 

Afin de surmonter cette difficulté, il est prévu que les Urssaf réalisent la plupart des tâches de collecte, mais que le recalcul des cotisations de retraite complémentaire par salarié soit réalisé par des salariés de l’Agirc-Arrco mis à leur disposition, à l’aide des outils informatiques de l’Agirc-Arrco. À la lumière des expériences passées, en particulier du dispositif de l’Isu précité pour les artisans-commerçants, cette organisation duale fait peser des risques significatifs sur le bon enchaînement des différentes étapes de la collecte des cotisations

Le syndrome RSI revient

La Cour s’attarde sur la description du mode opératoire par lequel les URSSAF vont procéder pour collecter les cotisations AGIRC. Comme indiqué ci-dessus, le système informatique actuel ne permet pas de rapprocher le fichier des collectes et le fichier des droits ouverts. Autrement dit, les URSSAF ne sont pas capables, en l’état, de s’assurer automatiquement que les sommes prélevées sont justes. Voilà un sacré problème…

Pour pallier cette petite difficulté, des salariés de l’AGIRC seront donc en charge des rapprochements et vérifieront la qualité du travail de leurs nouveaux amis des URSSAF. Cette division des tâches n’est pas au goût de la Cour, qui rappelle que c’est précisément ce schéma qui a conduit à la déroute du RSI.

Et les comptes du RSI ne sont toujours pas soldés…

Au passage, la Cour ne manque pas de rappeler que le loupé du RSI n’est toujours pas soldé. Les URSSAF, qui ont définitivement récupéré le morceau, continuent à gérer les contentieux ouverts dans les années 2010. Comme l’indique la Cour : « malgré un resserrement du réseau d’études d’huissiers de l’ex-RSI (réduction de 609 à 456 entre janvier 2018 et mars 2019), leurs résultats présentent encore
des disparités marquées entre organismes. En 2019, le taux de recouvrement à six mois des titres exécutoires variait entre Urssaf de 41 % en Lorraine à 57 % en Bretagne, pour une moyenne de 51 % en métropole. »

Autrement dit, la situation n’est pas purgée, et certaines régions sont encore à la peine. 10 ans après…

Outre le rapprochement préalable des bases de comptes cotisants entre les deux réseaux, il convient donc de s’assurer que la collecte des cotisations de retraite complémentaire peut être effectuée dans de bonnes conditions, sans risque opérationnel excessif, tout en préservant impérativement le recalcul des cotisations par salarié. Si tel n’était pas le cas, le transfert devrait être différé jusqu’à la mise en place d’une organisation unifiée.

La Cour demande un sursis

Face à ce qui ressemble beaucoup à une vraie impréparation de l’ACOSS sur ce dossier, la Cour fait preuve de bon sens. Le RSI ne concernait que quelques millions de cotisants, et le bruit de leur mécontentement était déjà devenu si insupportable qu’il avait fallu faire disparaître le RSI lui-même. 

Cette fois, le risque est bien plus grand. Les ressortissants de l’AGIRC et de l’ARRCO sont bien plus nombreux, et bien plus turbulents que les indépendants. Et le recours aux huissiers pour recouvrer des sommes parfois ubuesques risque de devenir très compliqué à assurer pour tous ces cas litigieux que la Cour semble craindre. 

Par conséquent, la Cour suggère fortement de ne pas procéder au transfert de collecte si tout n’est pas prêt pour assurer sa réussite. L’avertissement ne peut pas être plus clair. 

Un risque létal pour le système URSSAF

Dans la pratique, on peut penser qu’un grain de sable dans cette opération pourrait avoir des conséquences funestes pour l’ensemble du système français de retraite. Psychologiquement, pour les assurés et les cotisants, le risque de délégitimation du système est réel en cas de perturbations du même ordre que sur le RSI. On comprend donc la prudence de la Cour. 

Reste à savoir si elle sera entendue et s’il est encore temps de retarder le calendrier prévu par la loi de financement de 2020. 

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Maya ATIG (FBF) : « Ce sont les banques qui financent les projets des particuliers et des entreprises »

Par Éric Verhaeghe

Maya Atig, déléguée générale de la Fédération Bancaire Française (FBF), a donné une excellente interview au Mouvement Ethic à l’occasion de la journée « J’aime ma boîte », que nous reproduisons ici en toute amitié avec Sophie de Menthon et son important mouvement patronal. Nous relayons ici cet encouragement à rapprocher les salariés et leur entreprise. 

A l’occasion du lancement de l’édition 2020 de l’opération « J’aime ma boîte », nous donnons la parole à Maya Atig, Directrice générale de la Fédération bancaire française.

Bonjour Maya Atig ! La FBF depuis plusieurs années au rendez-vous de « J’aime ma boîte » et en 2020 vous devenez partenaires. Racontez-nous les raisons de cette fidélité.

C’est un rendez-vous auquel la FBF tient car c’est une excellente façon de rappeler l’aventure humaine qu’est l’entreprise. C’est une occasion de partager un moment convivial, le jour J, le 15 octobre cette année. Mais surtout, cette fête des entreprises nous invite à rappelle l’essence même de l’esprit d’entreprise : ce sont les entrepreneurs et les collaborateurs qui forment, ensemble, le cœur du réacteur.

Et cela prend encore plus de sens dans la période actuelle. La crise sanitaire aurait pu compliquer les relations humaines et encore plus les relations humaines au sein de l’entreprise. Nous avons traversé une période très chargée sur le plan professionnel, où il a fallu rester soudés malgré la distance physique. Dans ce contexte, « J’aime ma boîte » prend un sens tout particulier.

« J’aime ma boîte et je me bats pour elle » ?

Oui, je trouve ce slogan en parfaite adéquation avec notre état d’esprit. Les banques ont été de ces entreprises d’importance vitale, qui n’ont pas cessé leur activité pendant le confinement. Elles étaient attendues par leurs clients, particuliers et professionnels. Elles sont été au rendez-vous, avec un engagement total. La mobilisation de tous les collaborateurs l’a permis avec succès. Ce slogan, « J’aime ma boîte et je me bats pour elle » incarne la responsabilité et la combativité collectives des banquiers et de leurs clients, et aussi la confiance réciproque avec laquelle nous devons continuer à avancer.

Le secteur bancaire a réussi à mettre en place des dispositifs spécifiques, du général (120 Mds€ de PGE pour presque 600 000 entreprises, par exemple) au particulier (des rendez-vous personnalisés pour trouver les meilleures solutions pour chacun). Ce travail est reconnu, c’est un honneur et c’est très motivant bien évidemment. Chaque métier, chaque maillon de la chaîne, a été sollicité : commercial, back-office, informatique, risques, juridique… C’est vraiment important de le redire : le travail collectif a permis une chaîne solide pour soutenir notre économie.

De quoi êtes-vous particulièrement fière dans votre boîte ?

Ma boîte, c’est la FBF, une petite entreprise car nous sommes une centaine, au service de 340 banques représentant 360 000 collaborateurs sur tout le territoire. Le secteur bancaire est une industrie centrale pour chaque citoyen, et pour l’économie. Ce sont les banques qui financent les projets des ménages et des entreprises. L’enjeu est énorme.

La FBF, c’est donc « la petite boîte dans les grandes boîtes » ! Je suis très fière de notre équipe, car nous traitons de nombreux sujets, parfois tortueux, complexes, mais nous y arrivons toujours, en nous appuyant sur nos adhérents, en dialoguant énormément avec tous nos interlocuteurs privés et publics, en France et à l’international, avec l’objectif d’apporter des solutions et d’expliquer de façon accessible notre métier, nos actions, nos contraintes et nos propositions.

Je suis vraiment fière de cela, du collectif, de la qualité du travail et de l’écoute, de notre capacité à nous connecter à l’écosystème.

Il n’est pas toujours évident, dans une période si sensible, de garder le rythme et la motivation des troupes au plus haut niveau. « J’aime ma boîte » en est l’occasion …

Oui, c’est pour cela que la FBF est heureuse d’en être partenaire. Les contraintes sanitaires sont là et empêcheront les petits-déjeuners ou pots, mais les collaborateurs sauront se retrouver, virtuellement ou physiquement, en petit comité, pour des moments conviviaux et des surprises.

Rendez-vous donc le 15 octobre, et d’ici là sur les réseaux sociaux !

Les banques ont été de ces entreprises d’importance vitale, qui n’ont pas cessé leur activité pendant le confinement. Elles étaient attendues par leurs clients, particuliers et professionnels. Elles sont été au rendez-vous, avec un engagement total. La mobilisation de tous les collaborateurs l’a permis avec succès. Ce slogan, « J’aime ma boîte et je me bats pour elle » incarne la responsabilité et la combativité collectives des banquiers et de leurs clients, et aussi la confiance réciproque avec laquelle nous devons continuer à avancer.

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🎖Prestation compensatoire en cas de divorce : une bonne nouvelle pour les gros versements

Par Éric Verhaeghe

La commission des Finances à l’Assemblée Nationale vient d’adopter un important amendement à la loi de finances pour 2021, concernant les prestations compensatoires et le régime fiscal des versements en capital. Cet amendement apporte un vrai soulagement aux plus gros versements. 

Le régime fiscal des prestations compensatoires n’était pas très favorable jusqu’ici. En effet, la règle par défaut des versements en capital était celle de la non-déductibilité des revenus, sauf à procéder au versement dans les douze mois. Les prestations compensatoires mixtes, prévoyant le versement pour partie en capital et pour partie en rente, étaient exclues de l’avantage fiscal. 

Pour rappel, la règle était donc celle-ci :

En ce qui concerne l'impôt sur le revenu, le régime fiscal de la prestation compensatoire s'articule autour de deux principes majeurs : Le débiteur de la prestation compensatoire (l'ex-conjoint qui la verse) qui s’acquitte de son obligation en numéraire dans les douze mois à compter de la date à laquelle le jugement est passé en force de chose jugée bénéficie d’une réduction d'impôt sur le revenu égale à 25 % du montant fixé par le juge, retenu dans la limite de 30 500 euros, conformément aux dispositions de l'article 199 octodecies du CGI. Si les sommes ont été réparties à cheval sur deux années, la réduction d’impôt est également répartie sur deux ans au prorata des versements effectués. Si les versements excèdent au total 30 500 €, la base de calcul de la réduction d’impôt de la première année s’obtient en multipliant le plafond global de 30 500 € par le rapport existant entre les versements effectués la première année (ligne 7WN) et le total des versements prévus (ligne 7WO). Si le total des versements prévus est inférieur à 30 500 €, la base de la réduction d’impôt de la première année est égale au montant des versements effectués la première année. La réduction d'impôt est également applicable : aux prestations compensatoires versées sous forme d’attribution de biens ou de droits (1° de l’article 26 de la loi n° 2004-439 du 26 mai 2004) ; aux versements en capital se substituant à l’attribution de rentes (2° de l’article 26 de la loi n° 2004-439 du 26 mai 2004).

Un amendement de la commission des Finances vient de modifier ce régime pour tenir compte d’une décision du Conseil Constitutionnel censurant la limitation de l’avantage fiscal aux seuls versements en capital. Désormais, l’avantage bénéficiera aussi aux prestations mixtes. En outre,  l’avantage fiscal profitera aussi aux prestations conclues par une convention sous seing privé. Cet amendement entrera en vigueur au 1er janvier 2021. 

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Didier Picot : terrifiante convention citoyenne pour le climat (1ère partie)

Par Éric Verhaeghe

Didier Picot revient pour nous sur la Convention Citoyenne pour le Climat, que nous avions évoquée lors de la publication de ses conclusions. Il souligne le caractère liberticide et punitif de l’essentiel de ses conclusions et s’alarme de leur mise en oeuvre. 

En réponse à la crise des Gilets Jaunes au printemps 2019, le Président de la République a initié le Grand Débat national. C’est dans ce cadre qu’a été lancée, en Octobre 2019, la Convention Citoyenne pour le Climat.

La Convention Citoyenne pour le Climat, c’est quoi ?

150 citoyens tirés au sort ont travaillé pendant 9 mois sur cinq thèmes : consommer, se nourrir, se déplacer, se loger, travailler et produire. Répondant à la feuille de mission que leur a donnée le Premier ministre, ils ont défini 149 « mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport à 1990. »

Comme beaucoup, je m’inquiète de la détérioration de l’environnement, je pense nécessaire d’agir pour améliorer la situation et je ne sous-estime pas l’immense complexité du problème. C’est pourquoi je me suis intéressé aux travaux de cette Convention conduits au Palais d’Iéna, au sein du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE). Troisième assemblée de la République, établie par la Constitution de la Vè République, cette assemblée largement inconnue des Français a un rôle consultatif sur les politiques publiques. Ses membres, rémunérés, sont nommés sur propositions de différentes associations et syndicats représentant les « forces vives de la nation » explique-t-on au CESE qui se veut le champion de la démocratie participative.

Le rapport de la Convention Citoyenne pour le Climat

Le rapport de la Convention Citoyenne pour le Climat a été publié le 21 Juin 2020 et présenté au Président de la République le 29 Juin dans les jardins de l’Elysée. Ce ne fut pas juste une garden-party comme tant d’autres, mais un évènement important, peut-être un moment charnière du mandat d’Emmanuel Macron, voire même de la Vè République. En effet, avant même de connaître les résultats de la Convention, le Président de la République s’est engagé à ce que ses propositions législatives et réglementaires soient soumises “sans filtre” soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe.

C’est pourquoi je me permets de vous recommander de vous rendre sur le site de la Convention Citoyenne pour le Climat et de voir par vous même ce qui s’est passé. L’explication du processus et du fonctionnement de la Convention, la consultation des documents mis à la disposition des membres de la Convention sont passionnants.

Je vous invite à ne pas regarder ce site de manière rapide et superficielle. Les objectifs définis par la Convention paraissent pertinents et souhaitables, les quelques mesures rejetées vous sembleront probablement extrêmes ou ineptes, celles retenues et mises en avant raisonnables. En écoutant la vidéo montrant la présentation du rapport au Président, vous noterez combien de fois les orateurs se félicitent du caractère démocratique de cette Convention. A survoler tout ça, vous pourriez en retirer l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes démocratiques, alors que la lecture des 149 propositions est proprement terrifiante :

  • 58 propositions (39%) reposent sur la contrainte, l’obligation, l’interdiction, le durcissement des lois, la réglementation ou l’imposition de sanctions,
  • 43 propositions (29%) représentent une augmentation des impôts et taxes ou une augmentation de coûts devant être supportées par les individus ou les entreprises,
  • 12 propositions (8%) constituent une attente aux droits fondamentaux tels que le droit de propriété ou les libertés individuelles (la liberté économique, la liberté de circulation, liberté d’opinion, etc.),
  • 10 propositions (7%) recommandent un élargissement du rôle de l’Etat,
  • 12 propositions (8%) concernent la formation, l’éducation, l’information, la conviction,
  • 14 propositions (9%) relèvent de la déclaration d’intention ou de la recommandation de bonnes pratiques.

Ainsi, plus des 4/5 (83%) des propositions reposent sur la contrainte, la taxation, l’augmentation du rôle de l’Etat ou l’atteinte aux droits fondamentaux des français garantis par la constitution !

Est-ce bien raisonnable ? Peut-on raisonnablement penser qu’une évolution majeure de notre société comme celle que la Convention appelle de ses vœux puisse se faire contre les Français, en les contraignant et les appauvrissant ?

Peut-on penser qu’en forçant la mise en œuvre de ces propositions, l’Etat français pourra, seul et contre le pays, atteindre les objectifs qu’il a contribué à fixer à la COP21 ? Alors que le nombre de Français du secteur privé dont l’activité fait vivre l’ensemble de la population (enfants, étudiants retraités, fonctionnaires, chômeurs, autres) est en diminution constante année après année, peut-on leur imposer un nouveau fardeau, restreindre leurs libertés, prélever leurs propriétés, réglementer leur vie à chaque moment et penser améliorer notre performance environnementale et notre société ?

Existe-t-il un seul exemple dans le monde et dans l’histoire d’un état qui ait réussi à imposer par la force et l’appauvrissement de sa population une évolution positive de la société qu’il représente ?

Je ne le crois pas. Nous faisons fausse route. Ce n’est pas le moment de brutaliser la société française en l’étouffant dans un nouveau carcan de lois, règlementations, taxes et restrictions de libertés. L’avenir de notre pays se construira avec les Français, pas contre eux.

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À Paris, l’impressionnant foutoir préfectoral autour du COVID et des mesures barrières

Par Éric Verhaeghe

Cinq arrêtés en une dizaine de jours pour lutter contre le COVID ! l’impressionnant foutoir préfectoral est à l’oeuvre à Paris. Visiblement, les chiffres de contamination sont mauvais dans la capitale. Mais si les règles changent tous les deux jours… Comment faire pour avoir le temps de les respecter. Elles sont à peine publiées qu’elles ont déjà changé. Ou comment le désordre est produit par ceux-là même qui doivent le combattre. 

À Paris, la Préfecture de Police met le bazar. Nous reproduisons ci-dessus la liste des cinq derniers arrêtes publiés pour mettre en oeuvre la politique anti-COVID dans nos rues. Le premier date du 25 septembre, le dernier date du 7 octobre, c’est-à-dire d’hier… soit très exactement 5 arrêtés en 12 jours calendaires, mais 8 jours ouvrables. Ce délire réglementaire trahit une véritable pagaille dans la fonction régalienne, à l’image du désordre qui domine la communication gouvernementale depuis plusieurs semaines sur le sujet du COVID. 

Un premier arrêté le 25 septembre…

Un premier arrêté en date du 25 septembre interdit les événements de plus de 1.000 personnes, et les rassemblements de plus de 10 personnes. Il interdit aussi la vente d’alcool après 22h, et ordonne la fermeture des bars au même moment. 

… complété le 28 septembre

Le lundi 28 septembre, la Préfecture de Police apporte une restriction nouvelle aux activités sportives en salles dans un cadre scolaire. La formulation est d’ailleurs assez énigmatique puisqu’elle vise les clubs et associations dont les « structures ne concernent que » les mineurs. Où l’on découvre qu’à la Préfecture de Police on croit à l’existence de « structures » qui seraient concernées. Pas sûr que ce sabir de néologismes soit complètement intelligible. 

Une nouvelle tartine préfectorale le 5 octobre

Nous l’avons évoqué en début de semaine, la Préfecture de Police a durci les règles, sur instruction du gouvernement, par un nouvel arrêté en date du 5 octobre qui ressemble à un labyrinthe jésuitique, avec une multitude de cas à peu près incompréhensibles. Nous avons déjà alerté sur l’opacité de ce texte.

De nouvelles précisions dès le 6 octobre

Le lendemain de cet arrêté qui pose déjà pas mal de problèmes, un nouvel arrêté paraît, qui limite les groupes, dans les restaurants, à 6 personnes, impose une distance d’un mètre minimum entre chaque chaise, et oblige à afficher en vitrine du restaurant la capacité d’accueil de la salle. 

D’encore nouvelles précisions encore plus obscures le 7 octobre

Hier, un nouvel arrêté énigmatique est venu préciser les mesures annoncées le 5 octobre et modifiées le 6. Cette fois, on apprend au détour d’un nouvel arrêté que, jusqu’au 19 octobre, l’article 7 de l’arrêté du 5 octobre est aussi applicable aux aéroports… Nous en publions la copie d’écran ci-dessous 

Quel commerçant a le temps de suivre ces changements de pied permanents ? Il est vrai que l’inflation désordonnée de mesures restreignant l’accueil des clients, jointe à la dévastation des quartiers commerçants par Anne Hidalgo, laisse à ceux-ci de plus en plus de temps libre aux heures d’ouverture. Il n’en reste pas moins que la Préfecture de Police à Paris, c’est le foutoir. 

On voudrait tuer le petit commerce et favoriser les hypermarchés et les chaînes de restauration rapide, on ne s’y prendrait pas autrement. 

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🎖Pourquoi vous paierez de plus en plus cher votre complémentaire santé

Par Éric Verhaeghe

On fait mine de s’étonner que les tarifs des complémentaires santé aient explosé en 2020… alors que la mise en place du « reste à charge zéro » sur les appareils auditifs, les soins dentaires et les lunettes a encouragé tous les assurés à la consommation. Les tarifs devraient encore fortement augmenter en 2021 pour compenser la taxe que le Parlement s’apprête à voter dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Toutefois, l’arrivée de la résiliation infra-annuelle desserre la contrainte : vous n’avez pas besoin de résilier au 31 octobre votre contrat en cours si vous n’en êtes pas content. Nous vous conseillons d’attendre. 

Une étude relayée par Le Parisien montre que les tarifs des complémentaires santé ont augmenté en 2020 dans des proportions importantes. L’étude prétend que certains seniors auraient vu leurs tarifs grimper de près de 15%. Nous pouvons d’ores et déjà vous livrer une prédiction pour 2021 : le mouvement va continuer. Voici pourquoi et voici comment y répondre. 

Les complémentaires santé répercutent les réformes

Fin 2018, Emmanuel Macron avait tordu le bras des assureurs santé en leur imposant le fameux reste à charge à zéro, supposé supprimer toute barrière à l’accès aux soins pour les dents, les lunettes et le surdité. Il avait donc sommé les assureurs de proposer un accès à ces prestations gratuitement et sans augmenter les tarifs. 

Seuls quelques esprits naïfs, convaincus qu’une économie peut prospérer à coups d’injonctions, ont pu imaginer que des prestataires pouvaient à la fois augmenter leurs dépenses et ne pas augmenter leurs prix. Donc, ce qui devait arriver arriva : les lunettes et les dents devenant gratuites, les assureurs ont anticipé une augmentation de la consommation en 2020… finalement contrariée par le confinement. 

On notera que cette augmentation a quasi-exclusivement concerné les retraités, qui sont les plus gros consommateurs de soin, et généralement souscripteurs de contrats individuels. Les salariés, qui sont couverts par une mutuelle d’entreprise, ont globalement échappé au phénomène. 

Il est hors de question que les mutuelles profitent d'une réforme à laquelle elles ont participé, qui a été négociée, qui a été signée entre tous les partenaires, pour augmenter leurs prix. Je ne le tolérerai pas

Agnès Buzyn, décembre 2018, à propos du reste à charge zéro Tweet

Le tarif est lié à la consommation

Sans surprise, là encore, les tarifs pratiqués par les assureurs sont intimement liés à la consommation de l’assuré. Comme le relève l’étude, les retraités de la Mayenne payent moins cher que les retraités parisiens, très largement parce que les prestations médicales sont plus coûteuses à Paris. La capitale ne compte pratiquement pas de tarif conventionné, et l’offre de soins à Paris est plus importante qu’en Mayenne. Forcément le retraité parisien coûte plus cher à l’assureur, donc son contrat est facturé plus cher. 

Inversement, le salarié parisien, généralement employé dans un bureau, paie moins cher qu’en province parce que, statistiquement, le jeune salarié consomme peu, surtout si son activité consiste à taper sur un clavier d’ordinateur. En tout cas moins que l’employé ou l’ouvrier de quarante-cinq ans qui travaille en Mayenne et qui fatigue sous le poids des efforts physiques. 

Ces mécanismes sont au demeurant parfaitement connus. 

Hausses inévitables en 2021 du fait de la nouvelle taxe

Même si les Français ont consommé moins de soins en 2020 du fait du confinement, il est évident et inévitable que les tarifs continuent leur course à la hausse en 2021, pour une raison simple : le Parlement a annoncé que les assureurs santé devraient s’acquitter d’une contribution exceptionnelle en 2021, et sans doute en 2022, d’environ 2 milliards au total, pour « payer » la bonne année qu’ils ont faites avec le coronavirus.

Or, comme tout le monde le sait, une taxe est toujours payée par le consommateur final, puisque l’agent taxé répercute le coût de celle-ci sur ses prix. C’est pourquoi nous avons alerté depuis plusieurs semaines sur le fait que la contribution décidée par le gouvernement pour punir les assureurs santé constitue en réalité un impôt nouveau. 

Nous pouvons donc assurer d’ores et déjà les Français que les tarifs augmenteront en 2021. 

« la hausse des cotisations en 2021 n'aurait pas été un sujet pour nous. Nos dépenses ont en effet baissé de 1,9 milliard d'euros en 2021 du fait du confinement, et nous ne sommes pas hostiles à l'effort national. Mais, à travers la taxe de 1,5 milliard d'euros nous visant, cela le devient »

Comment parer à l’augmentation des tarifs ?

D’ordinaire, les assurés ont jusqu’au 31 octobre pour résilier leur contrat de complémentaire santé, ou un délai très court pour le faire lorsque les tarifs augmentent et que les assurés refusent cette augmentation. Si vous avez cherché un nouvel assureur à compter du 1er janvier, nous vous conseillons quand même de ne pas vous précipiter. 

En effet, à partir du 1er décembre 2020 entre en vigueur la résiliation infra-annuelle des contrats santé. Vous pourrez à l’avenir résilier à tout moment votre contrat, à condition d’avoir respecté une première ancienneté dans ce contrat. 

La bonne stratégie consiste donc à attendre les majorations de tarifs de janvier pour chercher un autre assureur si le vôtre vous agace. Patientez donc quelques semaines avant d’agir…

Comment choisir un bon contrat santé ?

Pour le reste, si vous souhaitez résilier votre contrat, gardez à l’esprit que les tarifs sont intimement liés à la consommation moyenne de votre classe d’âge. Une fois arrivés à la retraite, vous aurez vocation à payer toujours plus. 

Avec la résiliation infra-annuelle, nous vous conseillons de bien faire la somme de vos besoins en matière de remboursement dans les mous à venir, et de chercher le contrat le plus avantageux sur les garanties qui vous intéressent. 

Dans la pratique, si vous payez moins de 200€ par mois pour votre « mutuelle », retenez quand même que votre contrat n’est pas très cher. 

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Séparatisme et Islam : l’apartheid à bas bruit des bobos oblige Macron à rétropédaler

Par Éric Verhaeghe

Dans le projet de loi sur le séparatisme, Macron opère un rétropédalage en beauté pour transformer son projet ambitieux en simple rafraîchissement de la loi de 1905 sur la laïcité. L’essentiel du discours offensif contre les visées politiques de l’Islam en France devrait être sévèrement arrondi. Une fois de plus, le discours bobo très islamophile fait le jeu d’un apartheid français à bas bruit contre le creuset républicain. 

Au détour d’une émission de radio, Gérald Darmanin hier a discrètement expliqué qu’il n’y aurait finalement pas de projet de loi sur le « séparatisme », et que le titre du texte viserait simplement la « laïcité ». Ce faisant, l’objectif ne serait plus seulement d’endiguer la montée de l’Islam radical, mais de viser toutes les religions : « ce n’est pas le seul objet du texte qui s’adresse à tous les cultes, contre tous les mouvements sectaires, impose la neutralité politique et religieuse », a-t-il dit. Voilà qui s’appelle rétropédaler. 

On est loin du discours de Macron sur le sujet la semaine dernière, en tout cas. Et (une fois de plus, dans la gouvernance macronienne qui est faite de tant de difficultés à transformer les discours triomphalistes en réalités tangibles et mesurables) on devine que toutes les annonces sur la limite posée à l’orthopraxie musulmane séparatiste ne vont pas tarder à passer à la trappe. 

Une opposition au sein même du gouvernement

Les raisons d’un rétropédalage aussi rapide ne sont pas claires. Certains penchent pour la crainte d’une nouvelle fracture au sein de la majorité parlementaire sur un sujet délicat. Comme nous le rappelions hier, Macron est d’ores et déjà prisonnier du MODEM, puisqu’il ne dispose plus que de 271 députés dans son groupe, quand la majorité absolue est à 289 voix. On peut donc imaginer qu’il prenne garde aux avertissements de certains des 271 qui craignent qu’un déport trop à droite sur ce marqueur urticant qu’est l’Islam ne leur coûte leur réélection en 2022, dans un contexte où LREM enchaîne déjà les bides électoraux. 

Mais, si l’on en croit les rumeurs colportées par la presse, l’opposition est moins venue du groupe LREM à l’Assemblée que de certains ministres eux-mêmes, qui sont mal à l’aise avec le discours présidentiel. Un ministre aurait même déclaré, selon le Parisien : « Un salafiste qui respecte les lois de la République, cela ne me pose pas problème ! Le salafisme ne mène pas au djihadisme. Ce sont deux sujets différents. »

Belle illustration de l’incompréhension des élites gouvernementales sur ce qu’est le fait salafiste. Pour le comprendre, on se reportera aux extraits de la lettre écrit par le Guide Suprême des Frères Musulmans à Macron, citée ci-contre. 

Les Frères Musulmans menacent Macron

L’affaire est relevée par Marianne et mérite une ample réflexion. Le Guide Suprême des Frères Musulmans a menacé Emmanuel Macron de représailles s’il persistait dans sa loi sur le séparatisme. Une bonne occasion pour ce « Guide » de rappeler que la loi d’Allah se situera toujours au-dessus des lois humaines : « Nous tenons vous affirmer, à vous-même [au Président Macron], au peuple français et à tous les peuples de la terre, que la pensée de la confrérie des frères musulmans, qui émane de la religion à laquelle ses partisans sont attachés, a toujours su vaincre les bavures de certains régimes, qui œuvrent délibérément pour les pousser à renoncer à leur religion, et qui usent de dépassements illégaux et inhumains en vue de dénaturer cette religion ».

Tous ceux qui imaginent encore qu’on peut être salafiste et respectueux des principes de la République devraient relire précieusement ce texte précieux plusieurs fois par jour. 

Les bobos et l’incompréhension du fait musulman

Cette idée selon laquelle un salafiste qui voile sa femme et ses filles ne pose pas de problème s’il respecte les lois de la République est assez répandue dans les milieux bobos. L’expérience montre qu’il en est de trois sortes. Seule une petite minorité de ces bobos vit au jour le jour au contact de la communauté musulmane (par exemple dans des quartiers mixtes) et n’a pas de problème avec le voile. 

La majorité des bobos se divise en deux groupes. Il y a d’abord ceux qui tirent profit du vote musulman pour arriver au pouvoir. Ils forment les rangs de ce qu’on appelle « l’islamo-gauchisme », dont les élus de la France Insoumise sont les meilleurs représentants (mais on en trouve aussi chez les écologistes). Et il y a les autres, ceux qui vivent enfermés dans des quartiers ethniquement purs où l’éloge du voile pour les femmes est une figure de style d’autant plus courante qu’elle ne concerne pas leur vie quotidienne. 

Macron est aujourd’hui largement prisonnier de cette faction : il est entouré de gens brillants et ambitieux qui vivent dans de beaux quartiers et, du haut de leur remparts bien gardés, vantent les mérites de la vie dans les faubourgs. 

Ceux-là forment une espèce de bourgeoise byzantine, toujours prête à minorer le danger ottoman, jusqu’à l’irréparable affaiblissement. Et nul ne sait combien, parmi eux, sont à la solde de gouvernements étrangers pour expliquer que le salafisme n’est pas un danger pour la démocratie. 

Une logique d’apartheid à bas bruit

Officiellement, le déni bobo sur la toxicité du salafisme est inspiré par la tolérance, la bienveillance et le respect des libertés. Ceux-là même qui n’ont d’ordinaire pas de mots assez durs pour l’église catholique, pour les adversaires du mariage pour tous et autres Gaulois réfractaires, n’ont pas de complexe à fermer les yeux sur l’homophobie et la domination masculine dans l’univers salafiste qu’ils ne fréquentent pas au quotidien et dont ils se servent à l’occasion pour décrocher des mandats électifs. 

Dans la pratique, il faut savoir se demander à qui le crime profite. 

Et la réponse à cette question est tout à fait évidente. Accepter que le salafisme impose son orthopraxie dans les communautés musulmanes nombreuses dans les « quartiers » est une façon à moitié avouée de valider un principe d’un apartheid. Chacun chez soi avec son mode de vie et ses habitudes, et les vaches seront bien gardées. 

On retrouve ici la logique d’apartheid à bas bruit qui domine les esprits bobos, en pleine réaction contre l’égalité des chances. Au fond, quoi de mieux qu’une société où les classes moyennes supérieures qui se retrouvent dans la « bienveillance » bobo sont sûres de leur domination sociale en enfermant les nouveaux entrants dans des modes de vie socialement stigmatisants ? Quelle meilleure façon de protéger des privilèges durement acquis ces dernières décennies ?

Erdogan aussi menace la France

Les Frères Musulmans ne sont pas les seuls à avoir réagi vivement aux intentions françaises de légiférer sur le séparatisme islamique. Le président turc Erdogan s’est fendu de déclarations incendiaires, entre autres : « Les propos de Macron, qui a dit que ‘l’Islam est en crise’ dans une ville où les musulmans sont majoritaires est plus que de l’irrespect. C’est une provocation claire ». Une évidence se dégage : l’Islam en France est une affaire sous surveillance internationale. 

Le séparatisme contre l’égalité des chances

Les jeunes issus de l’immigration, souvent très virulents et totalement prisonniers d’une éducation islamique fondée sur le renoncement à l’esprit critique, n’ont malheureusement pas tous compris que ce soutien inespéré des bobos à la cause de l’Islam est un cadeau empoisonné qui creuse la tombe de toutes leurs aspirations à la réussite et à une meilleure intégration. La protection accordée par certaines classes dominantes en France à leur pratique religieuse vise seulement à figer la société dans un ordre social injuste. En bas de l’échelle, les enfants issus de l’immigration arabo-musulmane, dont les échecs scolaires et sociaux sont légion, surtout comparés aux grandes réussites des communautés asiatiques (qu’on n’entend jamais se plaindre de discrimination de la part des Français de souche). En haut de l’échelle, les hauts fonctionnaires et les cadres supérieurs bien bobos avec leur bienveillance ostentatoire qui constitue une arme fabuleuse pour légitimer des discriminations sociales. 

Certaines bonnes consciences de gauche oublient d’ailleurs de préciser que le combat pour la laïcité contre l’église catholique, il y a un siècle, était d’abord un combat pour donner une chance à leurs grands-parents ou à leurs arrières-grands-parents de bénéficier d’une promotion sociale par l’école. Ces héritiers indirects de l’égalité des chances sont aujourd’hui, sous le sceau d’une bonne conscience généreuse, les plus grands adversaires de cette égalité des chances pour les jeunes issus de l’immigration. 

L’ignorance bobo de ce qu’est l’Islam

Sur le fond du débat, à savoir la mise en place d’un Islam des Lumières selon Emmanuel Macron, ou la liberté religieuse qu’il serait bon d’accorder aux femmes et aux fillettes voilées, rappelons l’excellent ouvrage d’Albert Hourani, historien libanais, appelé Arabic Thought in the Liberal Age (La pensée arabe à l’âge des Lumières). L’ouvrage montre comment la modernité dans le monde arabe est passée par un retour au fondamentalisme islamique, au contraire du mouvement occidental pour lequel la modernité a rimé avec l’émancipation vis-à-vis du cléricalisme. 

Autrement dit, l’Islam des Lumières, c’est le salafisme. Et ça ne fait vraiment pas envie. 

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🎖Le MODEM veut aligner la fiscalité de l’assurance-vie dès 2021

Par Éric Verhaeghe

Pour la deuxième année consécutive, le groupe MODEM à l’Assemblée Nationale demande un alignement de la fiscalité de l’assurance-vie sur celle des successions à l’occasion du débat sur le projet de loi de finances pour 2021. On attend avec impatience la réaction du gouvernement qui a désormais besoin du soutien des centristes pour conforter sa majorité. 

Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises : l’assurance-vie fait des envieux et des députés de la majorité se verraient bien aligner son régime fiscal sur le droit commun, ou en tout cas l’en rapprocher progressivement. Dans le cadre du débat budgétaire, les députés MODEM ne se sont pas gênés pour déposer un amendement en ce sens. 

Le MODEM en veut à l’assurance-vie

Dans une interview lunaire, le député savoyard Patrick Mignola (par ailleurs anciennement patron de l’entreprise familiale qu’il a fini par placer en liquidation judiciaire) avait déjà dit tout le mal qu’il pensait des avantages fiscaux de l’assurance-vie en cas de succession. Sans surprise donc, le groupe qu’il préside à l’Assemblée a déposé un amendement en ce sens, co-signé par des députés de poids comme Laurence Vichnievsky, Marielle de Sarnez ou Bruno Millienne, proches de François Bayrou. En tout, 56 députés ont souscrit à cette idée lumineuse, ce qui est en fait une vraie proposition politique. 

Cet amendement propose de réformer la fiscalité de l’assurance-vie dans le sens exposé depuis longtemps : il faut supprimer les avantages des successions qui passent par ce système d’épargne. 

On s'adresse donc à des gens qui ont très bien réussi, ce qui n'est pas une tare, d'ailleurs, mais on leur donne plus de responsabilités économiques. S'ils détiennent, par exemple, un million d'euros, moitié en assurance-vie et moitié en immobilier, ils pourraient laisser leur argent en immobilier, car le secteur en aura bien besoin si on veut faire de la rénovation thermique des bâtiments et opérer un vrai virage écologique. Mais les 500 000 euros en assurance-vie, on leur laisse quelques mois pour les réintégrer dans l'économie réelle.

La réforme proposée : un alignement

En l’espèce, l’amendement propose d’augmenter le prélèvement forfaitaire sur les sommes versées dans le cadre d’une succession à partir d’un contrat d’assurance-vie. Pour mémoire, le prélèvement forfaitaire actuel est de 20% pour les sommes allant de 152.000 à 700.000€ issues de versements pratiqués avant 70 ans. L’amendement propose de relever le prélèvement forfaitaire à 30% à partir de 552.000€ par bénéficiaire. 

S’agissant des sommes supérieures à 700.000€, le prélèvement serait porté de 31,25% (niveau actuel) à 40% (voire 45% pour les plus gros contrats). L’amendement est donc ciblé sur les plus grosses successions. Il revient en fait à aligner les droits de succession en assurance-vie sur le droit commun…

La réponse sous la ceinture de l’AFER

Gérard Bekerman, président de l’AFER, déjà très occupé sur le dossier H2O, a taclé les propositions du MODEM en faisant remarquer que l’un des députés signataires de l’amendement était un notaire bien connu. Or… les notaires augmenteront leurs revenus grâce à cet amendement. 

L’argument fait sourire. Il souligne que la planète de l’épargne est plutôt démunie devant cette vague qui monte, et qui cible les plus gros patrimoines. On peine désormais à trouver des arguments pour s’opposer au fameux alignement fiscal…

Un projet de réforme de la fiscalité de l’assurance vie n’est pas à l’ordre du jour. L’avantage fiscal accordé sur les produits au bout de 8 ans de détention se justifie pour inciter les Français à épargner dans une logique de moyen terme, et donc de soutenir l’investissement. Le cadre fiscal sur les successions, quant à lui, renvoie à la question fondamentale de l’héritage, qui concerne un vrai choix de société. Sur ce point, une évolution ne pourrait s’envisager que dans le cadre d’une réflexion d’ensemble sur la fiscalité des successions.

Un test politique majeur

Au final, ce texte ne paraît donc pas si farfelu que les épargnants ne pourraient le penser, et, politiquement, il n’est pas interdit de penser qu’il puisse prospérer. Rappelons que, en l’état, le groupe de La République En Marche (LREM) ne compte plus que 271 membres (dont 2 apparentés) sur une Assemblée de 577 députés. C’est un peu court pour faire une majorité ! 

Face à un amendement signé par 56 députés MODEM, le gouvernement risque donc de connaître un grand moment de solitude et ne se trouve plus complètement en position d’imposer sa loi sans compromis. 

Autrement dit, on suivra de près le débat qui s’annonce… mais politiquement, il est très plausible que cet amendement soit adopté. Ce serait au passage une belle démonstration de force du MODEM dans le groupe majoritaire, et un beau pied de nez à Bruno Le Maire qui avait fermé la porte à toute réforme de l’assurance-vie en avril 2020. 

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Ces vérités que Didier Raoult nous dévoile sur nos élites au pouvoir

Par Éric Verhaeghe

Didier Raoult n’en finit pas de susciter la haine dans les élites au pouvoir. Dernier acte du procès en sorcellerie : une lettre ouverte et une interview à l’acide donnée au Midi-Libre par un infectiologue à la retraite, par ailleurs ancien de l’industrie pharmaceutique et de la bureaucratie sanitaire. Cette vague de dénigrement a un intérêt majeur : elle montre le vrai visage des élites, loin de l’image flatteuse qu’elle s’est attribuée, faite de rationalité, de sens de la mesure et d’attachement aux valeurs humanistes. 

Il faut lire la lettre ouverte et l’interview de Gilles Roche, dans le Midi Libre, consacrée à Didier Raoult. Elle est une suite d’injures, de jugements de valeur, d’imprécations, d’excès, au fond, qui atteint presque le comique. Ce Gilles Roche, infectiologue de Montpellier à la retraite, dénonce chez Raoult ce dont il est lui-même le producteur : l’affirmation gratuite, le procès d’intention, le jugement péremptoire et la considération personnelle. Et soudain, on comprend que ceux qui dénoncent Raoult ne sont pas mieux que lui, ou que ce qu’ils voient en lui. Simplement, ils sont plus nombreux, et ils ont le pouvoir. Et il faut remercier Didier Raoult de les forcer à tomber le masque.   

Raoult dévoile les élites

Que Didier Raoult puisse se tromper, qu’il commette des erreurs d’appréciation ou de jugement, voilà qui est une évidence dont on voit mal pourquoi on la contesterait. Comme tous les autres médecins, Raoult est un homme avec ses forces et ses faiblesses, ses vérités, ses ratés, ses revirements. 

Mais les élites ne l’ont pas entendus comme cela. Dès lors que les opinions émises publiquement par Didier Raoult ont divergé de la parole autorisée par le pouvoir, il a réveillé dans les détenteurs de ce pouvoir des bas instincts dont la manifestation au grand jour nous en dit long sur la façon dont nous sommes gouvernés. 

Et le premier reproche qui est fait par cette élite est contenue dans la phrase que nous citons, tirée de la lettre ouverte de Gilles Roche, qui se vante lui-même d’avoir empilé les postes à responsabilité dans les laboratoires pharmaceutiques au cours de sa carrière : Raoult a utilisé les réseaux sociaux pour s’adresser au petit peuple des « malades » au lieu de confiner sa parole aux seuls médecins. Et ça, c’est déjà du populisme. 

Dans le monde bien organisé de Gilles Roche et de ses puissants amis, l’élite par l’élite, et le peuple par au peuple. Toute violation de cet apartheid fondamental est une faute gravissime qui mérite sanction. 

Tu as utilisé des canaux de communication totalement inadaptés, tes vidéos virales sur les réseaux sociaux, en refusant toute controverse exprimée par des gens qui connaissent le sujet. […] Tu as encouragé sans vergogne les tendances complotistes et populistes les plus basses, porté par l’enthousiasme des foules en délire qui te confortaient dans ton idée d’être une sorte de divinité et te rendaient aveugle à la réalité.

Gilles Roche à Didier Raoult Tweet

Non, Raoult n’est pas populiste, mais oui, les élites sont élitistes

Didier Raoult serait donc populiste parce qu’il préfère parler au peuple des Marseillais plutôt qu’aux élites parisiennes. On se pince, parfois, si on ne rêve pas, et soudain on mesure que les élites françaises ont cinq siècles de retard, et en sont encore à critiquer la lecture de la Bible par les profanes. Seuls les clercs devraient avoir accès aux textes sacrés, et le paroissien moyen doit se contenter, en matière d’écriture, des interprétations que le prêtre veut bien lui donner. 

Tout manquement à cette règle est une violation du code implicite : le savoir doit être réservé à une élite. Ce réflexe profond, particulièrement prégnant dans la médecine française, explique l’essentiel de l’affaire Raoult. Si le médecin marseillais n’était pas d’accord avec les états-majors officiels, il n’avait pas à le faire savoir à la presse, et surtout pas en utilisant des réseaux sociaux accessibles à Monsieur et Madame Tout le Monde. 

Pour ma part, je n’ai jamais cru que s’adresser aux quidam relevait du populisme. En revanche, j’ai toujours considéré que réserver le savoir à une minorité de gens bien nés relevait d’un élitisme coupable, qui doit faire l’objet d’un dégagisme sans mollesse. Luther l’a très bien exprimé au moment de la Réforme. Il en a d’ailleurs fait l’objet de la Réforme elle-même. 

Nos élites n’aiment pas la démocratie

Si l’on se réfère à ces paroles de haine vis-à-vis de ce qui ressemble à une adresse publique au petit peuple, on comprend en creux que ce qui est reproché de façon hystérique à Didier Raoult, c’est sa manière de parler aux gens, sans se retrancher derrière la prétendue supériorité du médecin reconnu internationalement qui considère qu’il appartient à un cercle fermé dont rien ne doit transpirer. Au fond, Didier Raoult est un démocrate à la sauce Internet. Et ça, dans les beaux milieux, on n’aime pas du tout. 

Évidemment, ni un Gilles Roche, ni un Martin Hirsch (dont nous citons les propos plus bas) ne reconnaîtront jamais qu’ils détestent la démocratie. Ils s’autoproclament même rempart de celle-ci contre les extrêmes. Donc on dit : Raoult est un populiste. Il fait croire à des esprits simples des choses qui ne sont pas. Alors que les élites, au contraire, sont sérieuses et ne disent que des choses vraies. 

Donc, lorsque Jérôme Salamon ou Sibeth Ndiaye, ou d’autres, affirmaient urbi et orbi que les masques ne servaient à rien dans la lutte contre la contagion, eux disaient vrai. Et lorsque, trois mois plus tard, ils ont soutenu le contraire, ils disaient encore vrai. Et cela, bien entendu, n’avait rien avoir avec le populisme. 

Vérité un jour, vérité toujours, même si les postulats changent du tout au tout : tout ce qui est validé par les élites est vrai. Tout ce qui ne sort pas d’elles est un mensonge populiste. 

Jusqu'à présent la science était une sorte de rationalité contre le populisme. C'est quoi le populisme? C'est faire croire aux gens que tout est possible n'importe comment, qu'il n'y a pas de contraintes, dictées par le réel. Et quand la science devient elle-même irrationnelle et utilise les recettes du populisme (faire semblant de se différencier par rapport aux autres, à considérer que tous les gens sont pourris sauf soi et ce même quand on a le même type de comportement, à faire croire à des recettes miracles, à penser que quand cent mille personnes signent pour l'usage d'un médicament, on devrait l'utiliser plutôt que de regarder en double aveugle ce qui se passe, etc.) –ça c'est quelque chose de nouveau.

Élites et culture du bannissement

L’affaire Didier Raoult nous révèle un autre aspect très intéressant du fonctionnement toxique et conformiste de nos élites : la chasse en meute, qui rappelle assez curieusement la chasse à courre. Lorsqu’un dissident prend publiquement position contre l’avis validé des élites, il s’expose au bannissement et à la poursuite collective. 

Le cas de la plainte déposée auprès de l’Ordre des Médecins contre Didier Raoult est, de ce point de vue, emblématique. Il faudrait que Raoult soit radié de l’ordre des médecins pour avoir soutenu que l’hydroxychloroquine était efficace contre le coronavirus. Et qu’importe si des pays comme le Maroc ou l’Allemagne l’ont massivement utilisé. Le récalcitrant, le dissident, doit être poursuivi pour avoir violé les règles de discrétion et d’obéissance qui s’imposaient à lui, même en temps de crise, même s’il entendait sauver ainsi des vies humaines. 

La plainte devant l’Ordre est déposée par une sorte de consortium d’associations professionnelles, qui vont des plus orthodoxes comme la Spilf jusqu’à NoFakeMed, l’association sectaire dont le mari d’Emmanuelle Wargon est l’un des agitateurs. C’est la chasse à courre. On se rassemble pour tuer le vieux cerf dans la forêt. 

Didier Raoult, révélateur du malaise français

Dans cette cohue qui a tout de la bagarre de village dans un mauvais Astérix, Didier Raoult est devenu, par la faute des élites qui ont clivé au-delà de ce qui était raisonnable, le symbole de la résistance populaire à un ordre parisien incompétent, autoritaire et décadent. Le soutien à Raoult a des accents de 1789. 

Si les élites françaises avaient un comportement raisonnable, nous ne saurions quel camp choisir dans ce conflit. Mais qu’est-ce que l’establishment médical français, à l’image du reste de l’establishment, nous a montré dans ce dossier depuis que l’on parle d’hydroxychloroquine : du clivage, de la haine, du mépris, de l’arrogance, des coups bas, en faisant l’impasse sur l’influence des grands laboratoires comme Gilead sur les termes du débat. Ce serait donc cela, lutter contre le populisme ? Devenir arrogant et sectaire, et mépriser la terre entière. 

Voilà qui ne donne vraiment pas envie. 

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Ces absconses mesures anti-COVID qui vont tuer le commerce parisien

Par Éric Verhaeghe

À Paris, les mesures anti-COVID prises par le Préfet de Police sont d’une telle complexité et d’une telle inconstance (elles sont prises pour 15 jours) qu’on voit mal qui pourrait les comprendre… et les appliquer correctement. Pour le petit commerce, elles sonnent comme un arrêt de mort. En voici le détail tel qu’il est donné par l’arrête préfectoral. Un monument de la littérature bureaucratique. 

Il faut absolument lire l’arrêté préfectoral qui entre en vigueur ce mardi matin à Paris, regroupant les mesures anti-COVID. Nous offrons un paquet de lessive à ceux qui le comprennent…

Les mesures anti-COVID, une liste à la Prévert

Alors que les commerçants parisiens ont le nez dans le guidon, occupés à essayer de sauver un peu de chiffre d’affaires, à payer leur loyer commercial, à faire face à des traites, il leur faudra prendre plusieurs heures supplémentaires pour (tenter de) comprendre les droits et les limites qui pèsent sur eux dorénavant au titre des mesures anti-COVID. 

Dans un long arrêté aux considérants indigestes, le Préfet de Police a listé, établissement recevant du public par établissement recevant du public les règles à suivre pour… les 15 prochains jours. On avale son Aspirine et on se prépare au même exercice dans les 15 jours. 

On découvre donc que les bars doivent fermer, sauf s’ils livrent à domicile ou s’ils font de la vente à emporter, mais pas les restaurants. Les salles de danse ferment. Les salles des fêtes aussi, sauf si elles reçoivent des groupes scolaires, des sportifs de haut niveau, des concours, des examens, et des distributions de repas pour les sans-abri. 

Allez comprendre ! 

Les salons, les lieux d’exposition, les foires-exposition doivent fermer. Les centres commerciaux, en revanche, restent ouverts à condition de disposer de 4m2 par client. 

Par ailleurs, à 22 heures, extinction des feux et interdiction des rassemblements de plus de 1.000 personnes, sauf les manifestations de la CGT. 

Quelle est la rationalité de cette règle générale d’interdiction assortie de dizaines d’exception ? Personne ne le sait, probablement. 

Un cahier de rappel devra être mis en place à l’entrée des restaurants et conditionnera l’accèsà l’établissement. Les clients laisseront leurs coordonnées dans le cahier de rappel et lerestaurateur mettra ce cahier à la disposition de l’Agence Régionale de Santé ou del’assurance maladie en cas de déclenchement d’un contact-tracing. Dans tous les cas, cesdonnées seront détruites après un délai de 14 jours.

Instruction d'Olivier Véran, ministre de la Santé Tweet

Les mesures de Véran sont pires

Mais au chapitre de l’obscurité bureaucratique, les instructions signées par Olivier Véran concernant la conduite à tenir dans les restaurants remportent sans doute la palme. Nous les publions ci-dessous. 

Comme on le voit, la France met en place des cahiers de rappels où les clients devront mentionner leur identité. Superbe violation du droit à la vie privée au nom de notre santé et de notre protection. L’instruction du ministre va jusqu’à préciser où doit se faire la paiement, quelles affiches doivent préciser l’organisation du restaurant. 

Tout ceci peut changer encore dans 15 jours ! 

Bravo pour cet empilement bureaucratique où les règles sont si nombreuses et si compliquées que, dans les huit jours, nous pouvons nous attendre à une revendication de recruter mille ou deux mille fonctionnaires nouveaux pour surveiller leur application. 

Si les commerçants parisiens ajoutent ces règles à l’épaisse couche d’interdits de circulations posée par Anne Hidalgo et ses amis écologistes, et à la disparition quasi-totale des touristes étrangers, on peut considérer que le Préfet de Police vient de leur donner un superbe coup de grâce. 

Encore un effort, et Paris perdra tout son rayonnement mondial, si elle ne l’a pas déjà perdu. 

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La grosse arnaque de la rénovation thermique des bâtiments

Par Éric Verhaeghe

En 2021, la France devrait consacrer près de 7 milliards€ de budget à la rénovation thermique et énergétique des bâtiments, qu’ils soient publics ou privés. Cet affichage permet au gouvernement de communiquer sur son engagement écologique. Mais à quoi sert au juste cet investissement massif qui donne du travail à la filière du bâtiment ? L’exemple de l’Allemagne permet de répondre : à rien ! la consommation énergétique par habitant ne diminue pas dans les logements rénovés. 

La rénovation énergétique des logements, plus couramment appelée rénovation thermique par le gouvernement, est aujourd’hui présentée comme le Graal pour diminuer nos émissions de gaz à effets de serre et autres thématiques à la mode. L’État finance à tour de bras les changements de fenêtre et autres isolations de façade pour sauver la planète. Mais, en dehors de subventionner les métiers du bâtiment en crise, on n’est pas bien sûr que tout cela serve vraiment à quelque chose. 

La rénovation thermique, une mesure-phare 

Inscrits au budget 2021, 6,6 milliards€ devraient financer la rénovation thermique de nos bâtiments, notamment à travers le dispositif appelé MaPrimeRénov’ dont Emmanuelle Wargon, la ministre du Logement, fait actuellement la promotion urbi et orbi. En réalité, seuls 2 milliards sont dévolus à la prime que les particuliers peuvent demander directement. Le reste de l’enveloppe est réservé aux administrations (pour leurs propres bâtiments) et aux organismes propriétaires de logements sociaux. 

Toujours est-il que la ministre a versé « tout le monde », c’est-à-dire les 20% les plus riches dans ce dispositif alors que, jusqu’ici, ceux-ci bénéficiaient d’un crédit d’impôt.

Selon la communication officielle, il s’agit d’une dépense écologique qui devrait réconcilier la macronie avec les Verts. Dans la pratique, on remarquera que le gouvernement (en tout cas la ministre du Logement) communique surtout sur les effets positifs de la mesure en matière d’emploi. 

On pense que cette réforme va permettre une hausse de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire pour les entreprises concernées et créer 22000 emplois.

Emmanuelle Wargon, ministre du Logement Tweet

Une mesure demandée par le bâtiment

Comme nous le mentionnons dans la vidéo ci-dessus, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) a beaucoup lobbyié, au nom du sauvetage de la planète bien sûr, en faveur de ce dispositif coûteux. À un moment où les constructions neuves sont en forte baisse, un dispositif de ce genre constitue un très beau pis-aller qui permet de redonner du travail à la filière. 

La ministre du Logement ne s’en cache d’ailleurs pas. L’ensemble du dispositif devrait profiter à 22.000 salariés. Ce n’est pas rien. 

La rénovation thermique, un échec écologique

Quoiqu’en disent les statistiques égrenées par tous ceux qui tirent profit de cette mesure, la réalité écologique de la rénovation thermique laisse un peu perplexe. Comme l’a souligné un article du Monde, l’important effort de rénovation mené en Allemagne n’a débouché sur aucune forme de diminution effective de la consommation thermique chez les particuliers : « En 2010, un foyer consommait en moyenne 131 kilowatt/heure thermique par mètre carré. En 2018, il en consomme… 130. Si la tendance se poursuit, les objectifs de l’Allemagne en matière de diminution de CO2 des habitations – moins 55 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, moins 80 % à 95 % en 2050 – ont peu de chances d’être tenus. Le logement compte pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre totales du pays et 35 % de la consommation d’énergie. »

Les Allemands ont pourtant dépensé 340 milliards€ en 10 ans pour rénover leurs logements. Ces chiffres s’appuient sur un rapport de la GdW, la plus grande fédération allemande de sociétés immobilières, qui représente 6 millions de logements et 13 millions d’habitants. Autrement dit, la rénovation thermique est un flop. 

Nous devons abandonner les rénovations énergétiques et les isolations de plus en plus chères, et opter pour une fabrication d’énergie décentralisée faible en carbone, avec des techniques numériques d’évitement des émissions.

La religion de la rénovation est une arnaque

Autrement dit, l’examen des politiques publiques déployées pour sauver la planète réserve de sacrées surprises. Dans la pratique, les milliards consommés pour réduire les émissions de gaz à effets de serres servent surtout à faire de l’affichage… et de l’emploi dans le bâtiment. En revanche, leur efficacité énergétique reste à démontrer. 

Les explications du phénomène sont assez simples : l’isolation des bâtiments permet de se chauffer plus pour le même prix, et certaines techniques d’isolation sont parfaitement inefficaces. 

De là à penser que les discours autour de l’écologie sont activés ou soutenus par des industries qui en tirent profit sans forcément se soucier de leur efficacité, il n’y a qu’un pas. 

Vers un développement du contrôle numérique

Les industriels allemands proposent aujourd’hui d’abandonner la logique quantitative de la dépense pour déployer des isolations plus ou moins performantes et de passer au suivi effectif de production de CO2. La logique consisterait à encourager financièrement ceux qui font de véritables économies d’énergie et à pénaliser ceux qui n’en font pas. De même qu’il y a des compteurs de consommation électrique, il y aurait des compteurs de production de CO2. 

On comprend incidemment la logique : peu à peu, des tarifs dissuasifs, voire punitifs, orienteront la consommation. D’ici là, la France dépense, s’endette pour dépenser, au risque de tailler sans mollir dans les dépenses sociales, comme les retraites

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🎖Dans le secteur privé, la baisse des retraites commence

Par Éric Verhaeghe

La baisse des retraites est un sujet urticant pour les Français, mais, nous le répétons souvent, inévitable et incontournable dans les prochains mois pour le gouvernement. Les fédérations AGIRC-ARRCO en donnent le premier signal (encore modeste, certes, mais c’est une préfiguration de la suite) avec un gel des pensions au 1er novembre. C’est la façon la plus simple et la plus indolore de dégrader les retraites… en attendant la grande réforme que le gouvernement annonce. 

La saison de la baisse des retraites est ouverte cette année par l’AGIRC-ARRCO. Dès le 1er novembre, les pensions complémentaires devraient être gelées. Le début d’une longue série pour les retraités. 

Baisse des retraites AGIRC-ARRCO

La première baisse de la saison devrait être indolore. Elle se résume à ne pas revaloriser le point à la date prévue, comme l’a évoqué le conseil d’administration de l’AGIRC le 30 septembre. C’est la méthode la plus simple pour dégrader les pensions : les geler quand les prix augmentent. Heureusement, l’inflation est historiquement basse et la revalorisation prévue se limitait à un tout petit 0,1%. Les retraités devraient s’en remettre. 

Les partenaires sociaux entrebâillent toutefois une porte qui n’est pas anodine :  si le gouvernement voulait faire le « même coup » sur les retraites de la CNAV, il jouerait désormais sur du velours. 

Avec la catastrophe économique que l’on connaît, c’est déjà bien pour les retraités de l’Agirc-Arrco de garder le montant de pension par rapport à ce que subissent globalement les actifs.

Attention à la réforme des retraites qui va reprendre

Cette décision de l’AGIRC-ARRCO devrait en effet faire précédent pour la version deux de la réforme des retraites prévue par Emmanuel Macron. Depuis l’été, les membres du gouvernement n’ont de cesse de rappeler que cette réforme sera reprise, moyennant un certain nombre de modifications, dont la teneur n’est pas encore connue, au printemps prochain. 

Ces derniers jours, Bruno Le Maire l’a redit : la réforme est impérative pour « rétablir l’équilibre des comptes sociaux ». On se souvient ici que Jean Castex a proposé cet été d’attendre le diagnostic du Conseil d’Orientation des Retraites avant d’aller plus loin. On voit donc bien l’orientation de cette réforme : diminuer les dépenses pour réduire les déficits. 

Les partenaires sociaux enclins à faire des efforts

Comme l’a dit Philippe Pihet, de FO, que nous citons ci-dessus, les retraités peuvent s’estimer déjà très heureux de garder leur retraite actuelle, quand tous les salariés vont entrer dans une cure d’austérité forcée par la situation économique. Qu’un syndicat comme FO prenne une position de ce genre donne la mesure de la facilité avec laquelle le gouvernement devrait « rentrer dans le dur » du sujet dans les prochains mois. 

Progressivement, la modération des retraites devrait apparaître comme une mesure de justice sociale… voire une baisse des prestations. Dans une certaine mesure, les syndicats de salariés accepteront même plus facilement une baisse des retraites, qui mettra les retraités dans le même bateau que les salariés, plutôt qu’un allongement de durée de cotisations, qui frappera des salariés éprouvés par la crise et par le chômage qui arrive. 

Attention, donc, aux ajustements du gouvernement, qui pourraient en surprendre plus d’un. Reste à savoir si Emmanuel Macron osera toucher au tabou de cette réforme très sensible. 

Il faut faire cette réforme au moment où le président de la République et le Premier ministre le jugeront utile, a-t-il encore indiqué. Mais elle est nécessaire pour rétablir l'équilibre des comptes sociaux, pour garantir aux jeunes générations qui entrent sur le marché du travail qu'eux aussi auront une retraite, et pour avoir un système plus simple, plus juste et plus lisible.

Ce qu’on sait déjà et ce qu’on ne sait pas encore de la réforme

En l’état, tout n’est pas secret sur le contenu de la prochaine réforme des retraites. Comme nous l’indiquions la semaine dernière, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 a d’ores et déjà mis sur les rails l’absorption de l’AGIRC et de l’ARRCO par le régime général. D’ailleurs, des groupes comme AG2R ont d’ores et déjà acté la « perte » de leurs services de retraite complémentaire au profit de l’État. 

Ce point fera forcément partie de la réforme. 

En revanche, on ne sait pas si Emmanuel Macron poussera les feux jusqu’à réformer la retraite des fonctionnaires, dont le coût pour les finances publiques est colossal. On ne sait pas non plus s’il assortira le très probable allongement de la durée de cotisations d’autres mesures désagréables. 

Nous venons de voir que le gel des retraites est d’ores et déjà préparé. Mais il faudra vérifier qu’il ne s’assortit pas de quelques à-côtés qui saleraient encore plus la note. 

Sous la pression des créanciers internationaux

Dans tous les cas, Standard & Poor’s vient d’envoyer un signal très fort sur l’urgence de cette réforme. Officiellement, l’agence de notation ne dégrade pas la note de la France en redisant sa confiance dans les réformes de structure : « Nous estimons que les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles gouvernementales ont amélioré la capacité de l’économie à affronter le choc temporaire actuel », affirme l’agence. Voilà une façon très élégante de dire que, sans réformes « structurelles », la note de la France sera rapidement dégradée. 

Si Emmanuel Macron cherchait un argument pour choisir le moindre des maux, il l’a trouvé : il va falloir avaler la pilule de l’allongement de durée de cotisations, voire de l’alignement de l’âge légal de départ à la retraite sur nos voisins européens. 

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Sophie de Menthon : le patronat aussi se préoccupe du bien-être animal

Par Éric Verhaeghe

Le patronat aussi se préoccupe de bien-être animal. Et il s’oppose aux interdictions en tous genres qui fleurissent dans les milieux dominants. C’est ce que nous dit Sophie de Menthon dans son interview choc pour le Courrier des Stratèges. 

Sophie de Menthon a bien voulu répondre à nos questions d’actualité. Elle s’étend notamment sur la question du bien-être animal et des positions patronales. Décapant !

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🎖Crise bancaire : combien faut-il laisser sur son livret A ?

Par Éric Verhaeghe

Le livret A est-il un placement d’avenir ? Est-il menacé par une éventuelle crise bancaire ? Combien faut-il laisser sur ce compte en attendant mieux ? Voici nos convictions sur le sujet. Mais souvenez-vous toujours de ce précepte : vous êtes les meilleurs artisans de votre avenir, et vous êtes les mieux placés pour choisir. 

Le livret A est une sorte de fétiche dans la mentalité française. Il est le bas de laine qu’on aime bien remplir de billets au cas où la tempête arriverait et qu’il faudrait un peu d’argent pour y faire face en urgence. Mais avec les risques de crise bancaire qui s’accumulent, vous êtes nombreux à vous demander s’il faut le conserver, et quelle somme il faut y laisser. Voici nos pistes pour réfléchir à une réponse à cette question délicate.  

Le livret A au coeur des convoitises

Si les « en-cours » (c’est-à-dire l’ensemble des sommes placées sur ce type de livret) reste cinq fois inférieur à ceux de l’assurance-vie (320 milliards sur les livrets A contre 1.600 milliards pour l’assurance-vie), le livret A reste un placement important dans la vie des Français. Il possède plusieurs vertus, dont celui d’être rémunéré à 0,5% sans fiscalité, et d’être immédiatement liquide. On peut donc aller retirer son argent à tout moment. 

Néanmoins, il présente un certain nombre d’expositions à des risques, totalement anecdotiques en temps de prospérité, mais qui prennent un peu de consistance par temps de crise. C’est pourquoi vous êtes nombreux à demander s’il s’agit encore d’un placement sûr. 

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L’État mobilise l’argent du livret A pour la relance

Le livret A constitue un tel matelas de sécurité pour le pays, que le gouvernement a pris l’habitude de s’en servir comme d’un réservoir (remboursable, rassurez-vous) pour ses bonnes oeuvres. Dernières idées en date : mobiliser 1 entre 5 et 10% des en-cours pour financer la relance. En l’espèce, il s’agit d’utiliser bon an mal an 25 milliards pour financer des investissements dits d’avenir, supposés rapporter un jour de l’argent. 

Dans la pratique, la réalité est souvent un peu annexe : l’État a besoin de quelques milliards par-ci par-là pour financer des projets d’investissement, et il mobilise sans recourir à l’emprunt de l’argent qui dort sur des comptes pour les financer. C’est dire si la confiance du gouvernement est grande vis-à-vis des bas de laine des Français. 

Le livret A, c’est un avoir bancaire !

Dans tous les cas, il faut se souvenir que le livret A est un avoir bancaire. Pour ceux qui s’angoissent sur l’impact d’éventuelles défaillances bancaires sur leur épargne, il ne faut donc pas se voiler la face : dans l’hypothèse (peu probable, disons-le et redisons-le) d’un scénario catastrophe où tout serait balayé d’un coup, l’argent de votre livret A serait donc vraisemblablement perdu, au moins en partie, pour des raisons techniques que nous avons déjà expliquées

Mais il faut ici se montrer raisonnable : pour qu’un scénario-catastrophe de ce genre se réalise, il faudrait que la BCE prenne l’eau, et que la crise atteigne des banques françaises sans que l’État ne puisse garantir les sommes placées, etc. Voilà beaucoup de conditions pour une seule crise qui nous amène à affirmer que la probabilité pour qu’un tel scénario ne se réalise est inférieure à 10%, et même à 5%.

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Livret A et rendement

Le vrai problème du livret A tient à la modestie de son plafond : 22.950€. Dans la limite de cette somme, vous percevez vos 0,50% annuels d’intérêt, soit à peine plus de 100 € par an, qui ne risquent pas de vous nourrir. Avec un taux d’intérêt minimaliste, vous êtes certes au-dessus des taux directeurs de la Banque Centrale, mais vous pouvez d’emblée renoncer à tous vos rêves de prospérité ou de rente. 

Pour dégager un SMIC mensuel avec les intérêts de votre livret A, il vous faudrait à la louche une bonne centaine de livrets A disséminés dans cent banques différentes. Autant dire que nous sommes loin du compte…

L’enjeu sur votre livret A est donc d’arbitrer entre la juste mesure d’une faible épargne de précaution (égale à quelques mois de salaires) qui sert en cas de coup dur inattendu, et l’ambition d’améliorer son sort, qui semble très loin de l’objet même du livret. Si votre objectif est d’arrêter de travailler pour vivre des revenus de votre épargne, le livret A n’est pas le bon placement. Si vous faites à lui, c’est vraiment pour parer au plus pressé en cas de difficulté. 

Pour l’instant, pas de crainte majeure

Comme le livret A est largement un placement de précaution, on peut penser qu’en cas de difficulté systémique, le gouvernement hésitera beaucoup avant de faire payer les épargnants qui ont misé sur ce produit. Politiquement, en effet, il paierait le prix fort en s’attaquant à ce dispositif connu comme le loup blanc, et dans lequel les Français ont confiance. On peut même penser que le livret A sera le dernier outil mis à contribution en cas de crise bancaire généralisée. Cette réticence tient à la conviction (juste) qu’en privant les Français de leur épargne de précaution, la France entrerait dans une aventure politique où plus personne n’aurait rien à perdre. 

Le moment ne semble donc pas venu de sacrifier son livret A, mais il faut toujours penser à diversifier son patrimoine. 

Ne manquez pas notre prochain rendez-vous sur les autres livrets bancaires. 

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Comment la Sécurité Sociale va se transformer en Big Brother

Par Éric Verhaeghe

C’est passé inaperçu dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, mais la Sécurité Sociale a désormais de grands projets pour nous simplifier la vie. En particulier, elle entend bien, dès 2021, utiliser les fiches de paie désormais informatisées pour calculer tous nos droits automatiquement, et sans nous demander notre avis. Elle entend aussi utiliser la biométrie pour mettre un visage sur chaque numéro de sécurité sociale et nous identifier par voie numérique. Ou comment un organisme unique qui fiche tous les Français va entrer au coeur de notre vie privée pour nous protéger en mode gouvernement chinois.

La sécurité sociale s’apprête à utiliser l’immense fichage des Français pour nous « simplifier » la vie, c’est-à-dire pour calculer tous nos droits et éventuellement nous détecter comme fraudeurs à partir d’une simple photographie. Ce projet orwellien devrait passer ni vu ni connu dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021. 

La sécurité sociale en mode Orwell

Il faut lire les « petites lignes » du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 pour comprendre qu’un projet très « chinois » de contrôle de la population par simple utilisation d’une photographie se prépare. 

Nous publions ci-dessus le dossier de presse qui a servi à présenter le projet de loi. Nous vous recommandons de vous rendre aux pages 39 et 46 du dossier pour comprendre comme les premières pièces de ce puzzle orwellien sont posées. Au nom de notre protection, bien entendu, et sous couvert de lutter contre la fraude. Nous l’avons écrit à plusieurs reprises (rejoint par Hélène Strohl), le thème de la lutte contre la fraude, agité par des fonctionnaires conservateurs comme Charles Prats ou Patrick Hetzel, à l’Assemblée Nationale, constitue le meilleur prétexte pour activer un dangereux contrôle social des populations au nom de la justice et de l’intérêt national. 

Utilisé pour le calcul de la revalorisation différenciée des pensions de retraite en application de la LFSS 2020, ce dispositif est au cœur de la réforme des « allocations personnalisées au logement en temps réel », et a vocation à être utilisé à terme pour l’ensemble des prestations sous conditions de ressources (prime d’activité, revenu de solidarité active, prestations familiales, etc..).

PLFSS 2021, dossier de presse Tweet

Le projet « Dispositif de Ressources Mensuelles »

Ce projet est assez simple. Il verra le jour en 2021. Il consiste à utiliser la « DSN », déclaration sociale nominative, c’est-à-dire les fiches de paie des salariés (pour aller vite) transmises chaque mois aux URSSAF, pour calculer automatiquement les droits sociaux de chaque salarié. 

Concrètement, vous demandez une allocation sous plafond de ressources ? Vous n’aurez plus besoin de demander quoi que ce soit : les URSSAF calculeront vos droits automatiquement. Le dossier de presse affiche clairement les ambitions du projet : dispenser l’administré de faire lui-même des demandes de prime d’activité, ou d’allocations familiales. Tout cela sera automatisé dans de grands algorithmes. 

Faut-il préciser que la déclaration sociale nominative n’englobe que les fiches de paie des salariés relevant des URSSAF, ce qui exclut les fonctionnaires, et les non-salariés ? Bref, les wagons de tous ceux qui cotisent dans le privé seront mis en coupe réglée. 

La fusion de fait fisc-URSSAF

Autre projet, permis par le prélèvement à la source : le « développement de synergies » entre la DGFIP (chargée de la collecte des impôts) et les URSSAF (qui prélèvent les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu). En l’espèce, il s’agira de confier aux URSSAF la collecte de toutes les cotisations sociales, y compris celles qui ne relèvent pas de la sécurité sociale. On pense ici tout particulièrement à la collecte des cotisations AGIRC-ARRCO, dont l’absorption par l’Etat est désormais préparée, même si la réforme des retraites est abandonnée. 

On comprend, en creux, que le projet de réforme des retraites adopté en février sera probablement remanié sous une forme simple : on récupère l’AGIRC et l’ARRCO, mais on abandonne le système par points. Astucieux, ou comment, avec Emmanuel Macron, tout restant de paritarisme, d’initiative privée, dans la protection sociale, a été aboli. 

L’usage de la biométrie, qui est utilisé pour l’enrôlement des assurés dans le cadre de l’expérimentation en cours de la carte vitale dématérialisée (application sur smartphone) constitue un exemple d’usage des nouvelles technologies qui pourrait être amené à se développer. Son utilisation est notamment envisagée pour prévenir la fraude à l’usage de la carte vitale par un non assuré, ou pour contrôler de manière efficace l’existence des retraités du système de retraite français résidents à l’étranger.

PLFSS 2021, dossier de presse Tweet

Lutte contre la fraude et biométrie

Autre innovation, citée ci-contre, mise en avant pour lutter contre la fraude : utiliser la biométrie pour vérifier l’identité des assurés sociaux. 

On comprend l’intention première qui justifie de flicage en règle de la population : débusquer à grande échelle tous les Algériens qui se font passer pour leur grand-mère retournée au pays et qui continuent à touchent sa pension de retraite en cachette. Sous couvert de lutter contre ces quelques cas maladivement mis en avant par quelques fonctionnaires conservateurs, c’est l’ensemble des Français qui va désormais entrer dans une délicieuse société futuriste.

Ainsi, à partir d’une simple photographie, il sera possible, in fine, de retrouver la fiche de paie d’une personne, et tout savoir d’elle. Notamment tout savoir sur ses droits sociaux, sa consommation de soin, le montant de sa retraite ou de ses allocations familiales, et autres. 

On n’en est pas encore au système chinois de notation des citoyens selon leur comportement social relevé sur les caméras de vidéo-surveillance dans les rues, mais on se donne progressivement les moyens d’y parvenir. Voilà qui fait vraiment envie. 

Sécurité sociale obligatoire ou contrôle social généralisé ?

Tout ceci est bien entendu réalisé au nom de notre protection. La mise sous surveillance selon des méthodes industrielles de l’ensemble de la population, ce grand pas vers le totalitarisme, n’est pas pratiquée au nom de la haine ou de la violence. Elle est légitimée par la protection, la bienveillance, le souci de l’autre. Pour vous éviter de vous laisser vous nuire à vous-mêmes, nous vous surveillons !

Et voilà comment, en quatre-vingts ans, le gouvernement profond est parvenu à dévoiler le vrai visage de la sécurité sociale : le contrôle social généralisé, au nom du bien. Durant cette longue guerre de conquête, il a balayé toute capacité d’opposition. 

Alors que de nombreux pays, comme l’Allemagne, ont mis leur système de protection sociale en concurrence, la France a curieusement fait le contraire. Et nous voici, de la naissance à la mort, surveillé par l’État, pour notre bien, jusque dans nos moindres secrets.  

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Covid-19 : faut-il vraiment obéir aux injonctions du gouvernement ?

Par Éric Verhaeghe

Il paraît qu’on va reconfiner Paris. Fermeture des bars, des restaurants, des lieux de vie, et tout et tout. Et comme nous sommes des petits enfants pas très malins, Olivier Véran, le ministre de la Santé qui s’est montré incapable d’organiser une campagne de tests digne de ce nom, nous explique que si on fait des efforts, ils finiront bien par payer et par diminuer la circulation de la maladie. Mais les pouvoirs publics savent-ils aujourd’hui vraiment de quoi ils parlent ?

Reconfiner Paris ? Voilà une idée absolument géniale. Alors que le ville s’est vidée de ses masses de touristes qui encombraient ses trottoirs, alors qu’elle s’est vidée de ses banlieusards dont l’odeur de diesel gênaient Anne Hidalgo et ses amis écologistes, il paraît qu’on n’en pas fait assez et qu’il faudrait encore tuer un peu plus les entreprises, les commerces, la vie de quartier, pour diminuer la circulation du virus et éviter un nouvel encombrement des hôpitaux. Mais sommes-nous sûrs d’avoir élu des gens qui savent vraiment de quoi ils parlent ?

Oui, le COVID tue ou a vraiment tué

Je voudrais commencer cet impertinent papier d’impressions en précisant que je n’ai aucun doute sur la dangerosité du coronavirus, contrairement à un certain nombre de Français qui s’interrogent régulièrement sur les intentions ou les vidées véritables des pouvoirs publics. Ces sceptiques remettent parfois en cause la létalité du virus. De mes propres yeux, j’ai vu le nombre de tombes fraîches s’accumuler au printemps dans des cimetières français, et il faut avoir vu ce triste cortège pour comprendre que le virus a fait des ravages là où il est passé. J’ai également entendu les récits poignants d’urgentistes ou de réanimateurs de mon entourage, et je n’ignore pas combien l’épidémie a constitué une épreuve pour les soignants, pour les hôpitaux. On peut en discuter les proportions, mais il est un fait que le virus est une tragédie pour beaucoup, et je ne voudrais pas faire croire que ma circonspection vis-à-vis des instructions officielles tiendrait d’un relativisme vis-à-vis des tragédies qui se sont jouées et qui se joueront dans les semaines à venir.

Qui est responsable de la dégradation de la situation ?

Ce qui me gêne est ailleurs. Comme beaucoup de Français, j’ai constaté l’impéritie, puis l’incompétence du gouvernement face à l’épidémie au printemps. Je ne peux pas oublier la très révélatrice audition du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, devant l’Assemblée Nationale, qui a reconnu dans un même mouvement avoir ordonné la destruction des masques existants, et n’avoir pas ordonné la commande de nouveaux masques pour les remplacer, compte tenu des doutes scientifiques sur leur utilité. Le même directeur général de la Santé a reconnu qu’il appliquait une doctrine de son fait qui n’avait été discutée par personne, sauf peut-être par quelques hauts fonctionnaires du ministère de la Santé qui ne rendent compte devant personne – en tout cas ni devant nous, ni devant l’Assemblée Nationale, ni devant un corps constitué. 

Les mêmes hauts fonctionnaires, visiblement inamovibles, ont organisé durant tout l’été des campagnes incitant à porter le masque partout dans les lieux publics, au nom de la lutte contre la propagation du virus. Les mêmes nous ont annoncé que des centaines de milliers de tests de dépistage seraient réalisés chaque semaine pour notre plus grand bien. 

Résultat de cette esbroufe agitée par des gens qui avaient démontré leur incompétence pendant plusieurs mois : il faut désormais reconfiner, ou fermer les lieux d’échanges sociaux, parce que l’ensemble des mesures prises durant l’été n’a servi à rien. Sitôt les Français revenus de vacances, le virus a retrouvé cette libre circulation dont nous devrions nous priver.

Tout ça, toutes ces vacances avec un masque, toutes ces visites de musées, toutes ces heures passées au bureau, au travail ou ailleurs, pour en revenir à la situation de quand nous n’avions pas de masques ? Euh… c’est une blague ?

“Il ne faut pas vous décourager (...) vos efforts ils doivent payer et vos efforts, ils vont payer.”

Les terribles loupés de la technostructure sanitaire

Entre-temps, Olivier Véran, avec son air plein de certitudes et de « pédagogie » vis-à-vis des abrutis que nous sommes, a quand même réussi quelques exploits qu’il semble bien décidé à passer sous silence, mais sur lesquels nous avons quelques comptes à lui demander. Parlons des tests. Il en a organisé des milliers. Ah! ça fait genre je fais mon boulot. Le problème, c’est évidemment que, lorsqu’une suspicion de COVID apparaît, il faut plusieurs jours pour avoir accès au test, et plusieurs jours pour avoir les résultats. Pendant ce temps, le virus court et fait des dégâts. 

On nous dit, qu’en Allemagne, l’accès au test est immédiat et le résultat tout autant. Pourquoi pas chez nous ? Sommes-nous tiers-mondisés à ce point ?

Accessoirement, de nombreux fabricants de tests plus simples (salivaires ou sanguins) se sont plaints de n’avoir pas accès à l’homologation de leur procédé. Nous avons signalé les retards sur les tests salivaires. Beaucoup ont dénoncé des procédures opaques mises en place par la technostructure sanitaire. Est-ce vrai ? Est-il vrai que ces retards servent des concurrents qui occupent la place ? Cela nous intéresserait que notre pétillant ministre de la Santé fasse le ménage dans ses écuries avant de nous infantiliser. 

Nous sommes prêts à croire que le virus circule par notre faute, notre insouciance, notre manque de respect vis-à-vis des règles, mais nous aimerions être sûr que ce service public (qui nous coûte) si cher à la France ne porte pas lui aussi une part de responsabilité dans le nouveau désastre qui s’annonce.

Arrêtez de nous infantiliser : voilà nos conditions

Pour le reste, nous savons tous aujourd’hui quel bénéfice collectif nous retirerons d’un nouveau confinement : un ralentissement progressif et provisoire de la circulation du virus grâce auquel l’engorgement des hôpitaux sera ralenti. Mais nous savons aussi quel sera le montant de l’ardoise à payer : des fermetures massives d’entreprises, du chômage, des ruines, des ravages économiques, un appauvrissement global qui fait sans doute rêver les amish. 

Personnellement, ce n’est pas trop mon truc. Je ne vois pas pourquoi je lèguerais à ma fille un pays moins prospère, moins heureux, moins facile, moins libre que celui que mes parents m’ont légué. Pour que j’accepte un nouveau confinement, c’est-à-dire pour que j’accepte la ruine définitive de ce pays, je pose donc deux conditions rédhibitoires. 

La première est que, pétri de doutes face à la compétence des gens au pouvoir, je veux pouvoir les traduire en justice et ruiner leur carrière si les méthodes qu’ils proposent ne sont pas les bonnes. Sur ce point, la désignation d’un juge d’instruction chargé de centraliser toutes les mises en cause de l’État dans les accusations portées à l’issue du premier confinement augure d’une volonté d’étouffer toute contestation, et elle est inacceptable. 

La deuxième condition est que ceux qui ont échoué à empêcher cette deuxième vague, ceux qui ont échoué dans la mise en place d’une véritable campagne de tests, ceux qui ont trop peu préparé les hôpitaux à faire face à une nouvelle vague doivent être punis sans mollir et rendre des comptes publics. 

Parce que la ruine des uns ne peut se faire dans l’impunité des autres. 

Sans quoi, reconfinement ou pas, nous savons que le virus continuera à courir, et qu’un nouveau sacrifice du pays ne servira à rien. Au fond, la guerre que nous menons, c’est un nouveau Verdun : les Poilus veulent bien mourir au front, mais les responsables de cette saignée doivent être jugés et sanctionnés. Sans état d’âme. 

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Quand les retraites des fonctionnaires coûtent plus cher que l’école publique

Par Éric Verhaeghe

Les retraites des fonctionnaires (de l’État) sont un sujet mal connu des Français et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les pouvoirs publics, et les fonctionnaires eux-mêmes, ne font rien pour qu’on y comprenne quelque chose. Et pour cause ! Les fonctionnaires à la retraite puisent directement dans les poches du contribuable pour équilibrer leurs régimes. L’addition s’élève tout de même à plus de 60 milliards annuels. Une somme supérieure au budget de l’Éducation Nationale… Tout un symbole. Encore ce sujet laisse-t-il de côté les retraites des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers…

Les retraites des fonctionnaires de l’État forment un véritable labyrinthe dont l’opacité est astucieusement nourrie par les services de l’État lui-même. Il est à peu près impossible de se repérer dans ce dédale de prestations servies dans des conditions beaucoup plus favorables que les retraites du privé. Quoiqu’en disent les syndicats de la fonction publique, les retraites des fonctionnaires sont en effet délivrées selon des calculs beaucoup plus favorables que le régime général de la sécurité sociale (ce qui permet à de nombreux fonctionnaires de vanter les mérites de la sécurité sociale, pourvu qu’ils n’y soient pas soumis). Petite plongée dans l’un des privilèges les mieux défendus par les pouvoirs publics. 

Les retraites des fonctionnaires et l’impôt

Petit rappel : les retraites du secteur privé ne sont financées que par les cotisations des employeurs et des salariés. Si les mêmes taux de cotisations étaient appliqués au public, il faudrait amputer les retraites des fonctionnaires dans des proportions colossales. L’équilibre des retraites des fonctionnaires est obtenu en puisant largement dans l’impôt des Français. L’ensemble est piloté à partir du « compte d’affectation spéciale » Pensions, aussi appelé CAS Pensions, en principe discuté en loi de finances (dans la pratique, le CAS Pensions est bien inscrit dans la loi de finances, mais peu de gens souhaitent en débattre…). 

Ce compte assure l’équilibre des régimes de retraites de l’État en piochant dans l’impôt les sommes que les cotisations ne suffisent pas à apporter (les pensions des fonctionnaires sont financées grâce à un taux de cotisations de 75%…). Cette discrète prédation revient à faire payer les salariés du privé pour les retraites des fonctionnaires. Mais cette réalité politiquement incorrecte est rarement rappelée dans les discours politiques… et syndicaux. Curieusement !

Le CAS Pensions, une invention récente

L’idée de « regrouper » toutes les dépenses de retraites engagées pour les fonctionnaires dans un compte spécial discuté en loi de finances date de la LOLF, qui a réformé l’exercice budgétaire en France. Ce système donne une meilleure lisibilité sur les dépenses de retraites dans la fonction publique. Mais nous sommes encore loin d’une parfaite transparence…

Une dépense annuelle de plus de 60 milliards €

Comme on le voit sur le tableau ci-dessus, les dépenses pour les retraites des fonctionnaires sont colossales. Les pensions civiles et militaires de l’État dépassent la somme de 56,7 milliards €. Les retraites des ouvriers de l’État atteignent pour leur part la somme de 1,9 milliard €. Au total, pour les seules pensions civiles, militaires et ouvrières, la dépense s’élève donc à 58,7 milliards € en tenant compte des arrondis. 

À cette somme, on peut ajouter les 1,5 milliards de pensions militaires versées aux victimes de guerre. Le total dépasse dès lors les 60 milliards €.

Une dépense supérieure au budget de l’Éducation Nationale

On rappellera, comme le montre le tableau ci-dessous, que les retraites des fonctionnaires constituent la première dépense de l’État. La mission de l’État la plus coûteuse est en effet l’enseignement scolaire, qui coûte un peu moins de 55 milliards. L’État dépense donc plus pour les retraites de ses fonctionnaires que pour l’éducation des enfants. 

En soi, ce petit rappel en dit long sur les priorités du service public dans ce pays. 

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🎖Optimisez votre assurance-vie en évitant les pièges…

Par Éric Verhaeghe

Vous disposez d’un contrat d’assurance-vie, ou vous souhaitez en ouvrir un, mais vous aimeriez connaître les ficelles du métier pour optimiser son rendement ? Guy Buisson, partenaire du Courrier des Stratèges et courtier d’assurances spécialisé dans l’assurance-vie, vous donne quelques tuyaux en exclusivité pour ne pas perdre d’argent. À regarder impérativement. 

L’assurance-vie est un exercice parfois plus compliqué qu’on ne l’imagine. Ce produit d’épargne et de transmission du patrimoine est parsemé de règles parfois mal connues. Guy Buisson, fondateur de GB Partenaires, cabinet de courtage à Rouen, nous livre quelques secrets pour optimiser ce placement et éviter de se faire flouer. 

Un document à regarder de toute urgence. 

N’hésitez pas à nous interroger si vous souhaitez de plus amples informations. 

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Sommes-nous sûrs que l’Europe ne nous décourage pas de nous réformer ?

Par Éric Verhaeghe

L’appartenance à l’Europe encourage-t-elle ou décourage-t-elle les réformes en France ? Si la réponse à cette question allait de soi par le passé, la création de l’euro, et plus encore l’intervention massive de la BCE dans le jeu économique sèment désormais le doute. Sommes-nous sûrs que l’Europe n’est pas un paradis artificiel (et éphémère) qui retarde notre évolution ? Il est en tout cas évident que, depuis François Hollande, la France joue à plein la stratégie du passager clandestin dans l’Union et en profite pour prendre du bon temps sans moderniser son économie. 

Alors, l’Europe… avantage ou inconvénient ? À la lecture du projet de loi de finances pour 2021, le bon sens consiste désormais à nous interroger sur les méfaits de notre adhésion à l’Union Européenne en termes de compétitivité internationale et d’encouragement ou non à nous moderniser. Voici une petite liste des arguments pour et contre notre appartenance à l’Union Européenne, vus du point de vue de notre capacité à affronter la compétition internationale et à moderniser le pays. 

 

Le marché unique a obligé les entreprises à se moderniser

Rendons à César, etc. Le marché unique a constitué un choc de compétitivité majeur qui a forcé les entreprises françaises à se moderniser pour résister à la concurrence européenne. Certes, cette ouverture a impliqué quelques "ajustements" dont les Français n'ont pas voulu entendre parler. Comme le discours de la "protection" a continué à s'imposer alors que notre principal concurrent, l'Allemagne, se réformait en profondeur, nous savons aujourd'hui clairement comment tout cela s'est terminé : désindustrialisation, délocalisation, tertiarisation à outrance de notre économie, faute de pouvoir encore produire dans de bonnes conditions dans notre pays. Mais, au total, le marché unique a constitué une opportunité pour rebattre beaucoup de cartes et développer des "champions" nationaux.

L'Union Européenne a dynamisé nos exportations

Pour mémoire, la France exportait, en 1957, pour 1 milliard € de biens par trimestre. En 1986, elle exportait pour 40 milliards € de biens chaque trimestre. En 1992, le cap des 60 milliards trimestriels était franchi. En 2000, c'était le cap des 100 milliards que nous passions. En 2018, nous dépassions la barre des 190 milliards trimestriels. Ces chiffres sont intéressants, parce qu'ils montrent que, entre 1957 et 2000, l'Europe a beaucoup profité à la France et aux entreprises françaises. Depuis 2000 et la création de la zone euro, cette croissance s'est substantiellement ralentie.

Grâce à la BCE, nous empruntons à taux très bas

Les Français y sont peu sensibles, mais la création de la monnaie unique constitue une véritable aubaine financière pour eux, dans la mesure où la "garantie" de la BCE (qui est celle de l'Allemagne, en réalité, et de quelques autres radins comme la Hollande ou l'Autriche) leur permet d'emprunter à taux très bas. Et quand cette garantie ne suffit pas, la BCE peut discrètement récupérer des dettes souveraines à taux bas. Grâce à cet argent facile, nous pouvons vivre très au-dessus de nos moyens...

Ne manquez surtout pas cet article explosif sur l’Europe :

À cause de la BCE, nous vivons au-dessus de nos moyens

C'est dit, su et répété de longue date, les interventions très efficaces de la BCE ont permis de juguler la crise des taux qui a failli abattre la Grèce il y a dix ans. La politique de taux très bas permet de s'endetter pour rien ou presque. L'argent facile est une tentation très forte pour les Français : on emprunte sans limite, en trouvant toujours un argument bidon pour justifier ce laxisme. En bout de course, c'est la BCE qui paie... du moins en apparence, car l'addition finira par être salée.

À cause de la dolce vita de la BCE, nous nous zombifions

Comme nous pouvons vivre au-dessus de nos moyens grâce aux interventions de la BCE, nous ne prenons pas garde au départ accéléré de nos entreprises de main-d'oeuvre. Obligée de jouer dans la même cour que leurs concurrentes, les entreprises françaises ne peuvent plus guère maintenir leurs établissements sur le sol français compte tenu des règles de protection excessives en faveur des salariés. D'où des départs industriels en masse... et un remplacement de nos usines par un tourisme de masse qui transforme la France en immense club de vacances. Bref, l'économie française ressemble de plus en plus à la Thaïlande ou au Mexique. Et plus à un pays industrialisé.

À cause de l'argent facile de l'UE, nous ne réformons pas

Autre inconvénient dû à l'argent facile de la BCE, il permet de nourrir grassement un État obsolète et incompétent. La crise du coronavirus en a donné la démonstration : nos services publics coûtent cher, nous obligent à nous endetter, et produisent peu ou mal. Si la possibilité de s'endetter à bas prix n'existait pas, nous serions contraints d'adopter des réformes pour réduire les déficits publics, et donc obtenir un meilleur rendement des services publics en proportion des sommes qui leur sont allouées.

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🎖Quand l’explosion des contributions à l’Europe pose la question du Frexit

Par Éric Verhaeghe

Mais combien l’Europe coûte-t-elle aux Français ? Officiellement, elle devrait nous rapporter 40 milliards € de subventions en 2 ans, chiffre à comparer avec les plus de 200 milliards € que la France emprunte sur les marchés chaque année. Dans la pratique, le nouveau budget à long terme négocié cet été en toute opacité devrait coûter aux Français plus de… 30 milliards sur six ans. Et, si on compare la contribution française à venir à celle de 2017, le surcoût sera de 60 milliards € ! Bref, la France a négocié un plan à 40 milliards pour en rembourser 60… Est-ce bien raisonnable ?

Les prélèvements sur le budget français au profit de l’Union Européenne, sous Emmanuel Macron, vont donc passer de 16,4 milliards en exécution en 2017 à près de 27 milliards en 2021. Cette augmentation exponentielle est faite pour durer puisque le grand bond de 2021 s’explique par la mise en place, l’an prochain, du nouveau cadre budgétaire de l’Union Européenne, négocié de façon mystérieuse cet été. Rappelons qu’officiellement le Conseil Européen de juillet était un triomphe français grâce auquel nous avons extorqué 40 milliards € à des radins comme la Hollande. Dans la pratique, il se soldera par un surplus de dépense de 60 milliards sur six ans, en contrepartie de 40 milliards de subventions !

L’Union Européenne va coûter très cher…

Nous produisons ci-contre l’historique des prélèvements sur le budget français en faveur de l’Union Européenne. Il est en fait qu’en 2017, le prélèvement avait atteint un point bas, avec une prévision de 18 milliards € et une exécution de 16,4 milliards selon les chiffres de Bercy. 

Dès 2018, les prélèvements ont fortement augmenté pour atteindre plus de 23 milliards en 2019. Avec le nouveau cadre européen, ces prélèvements passeront à 27 milliards. 

L’une des explications majeures de cette impressionnante croissance tient au départ du Royaume-Uni, qui oblige à remplacer l’argent qui ne rentre plus. Il y aurait long à dire sur ce sujet. Une chose peut être notée à ce stade : personne, en France, n’a jugé utile d’expliquer l’opération aux simples citoyens. 

D’où cette explosion de dépenses en faveur de l’Europe, qui a été vendue par Macron comme le contraire : une prédation sur le budget des autres. 

Les explications embarrassées de Bercy

On lira ci-dessous la « fiche mission PLF 2021 » produite par Bercy à destination de la presse. Personnellement, nous ne trouvons pas les explications très claires. On y comprend vaguement que les contributions à l’Union décollent du fait du plan de relance à 750 milliards, qui est annoncé, mais pas encore validé. À cette amère potion dont Macron avait pourtant dit qu’elles ne coûteraient pas un euro au contribuable français, on ajoute un budget de l’Union en hausse de 7% pour faire face à la crise. Puis on nous dit que la France a une forte ambition européenne qui coûte cher. Le mélange de ces ingrédients débouche sur une contribution majorée… + 10 milliards en trois ans, ce n’est pas rien !

L’inconnue de la contribution britannique

Bercy a le bon goût de mettre discrètement en garde sur une possible évolution… à la hausse ! de ce calcul au cas où le Royaume-Uni ne s’acquitterait pas de son chèque de 50 milliards de sortie. Dans cette hypothèse, on comprend que les contribuables français devront encore passer à la caisse. 

Sur ce point, et on peut le comprendre, les données sont encore inconnues et nul ne sait quelle sera l’addition finale. Mais au total, on voit bien que tout cela finit par coûter très cher, à un moment où l’argent manque. 

Réunis à Bruxelles, les dirigeants de l'UE se sont mis d'accord sur le budget à long terme de l'UE pour la période 2021-2027, qui s'élèvera à 1074,3 milliards d'euros. Le budget soutiendra l'investissement dans les transitions numérique et verte. Ils se sont également mis d'accord sur un effort de relance de 750 milliards d'euros destiné à aider l'UE à faire face à la crise provoquée par la pandémie, dont 390 milliards seront distribués sous la forme de subventions aux États membres et 360 milliards d'euros sous la forme de prêts.

Quel est le bilan coût-avantage de l’UE ?

L’idée n’est pas ici de minorer les acquis européens qui ont permis à la France de se moderniser comme jamais elle ne l’aurait fait sans cette contrainte extérieure. Bien sûr, certaines directives fondamentales ont structuré les paysages économiques que nous connaissons, et ont apporté la prospérité. 

Mais ce qu’est devenue l’Union Européenne pose aujourd’hui la question simple de son bilan coût-avantage. Est-il raisonnable de prélever près de 30 milliards sur un budget hyper-déficitaire pour finalement récolter 40 milliards de subvention en one-shot ? Peut-on démontrer l’utilité de l’ensemble des dépenses pour lesquelles le financement français est mobilisé ?

Certes, les dépenses de l’Union profitent à la France (mais imparfaitement, c’est-à-dire pour un montant inférieur à notre apport, et souvent avec la difficulté de dépenser les fonds autorisés du fait de nos lourdeurs). Certes la BCE est aujourd’hui notre meilleur pare-feu contre la spéculation financière, et c’est grâce à l’augmentation colossale de son bilan que nous pouvons nous endetter sans compter.  

L’appartenance à l’UE déresponsabilise-t-elle la France ?

Ce sont précisément ces derniers arguments qui interrogent. Au fond, au fil des ans, l’Union Européenne s’est transformée en une banque de crédit à la consommation pour les Français, grâce à laquelle nous vivons au-dessus de nos moyens sans nous en rendre compte, mais en payant toujours plus d’agios. Au fond, nous sommes sous addiction des interventions de la Banque Centrale Européenne, qui arrivera tôt ou tard au bout de ce qu’elle peut faire. Et, discrètement, nous commençons à payer toujours plus cher les intérêts de ce train de vie rempli d’illusions. 

Ne vaudrait-il pas mieux faire la vérité des prix ?

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🎖Crise bancaire : que faire de son contrat d’assurance-vie à 100.000€ pour éviter le pire ?

Par Éric Verhaeghe

Vous disposez d’un contrat d’assurance-vie doté de 100.000€ d’en-cours, arrivé à maturité, et vous vous demandez s’il est prudent de le conserver ou s’il vaut mieux le convertir en autre chose. Cette question nous est régulièrement posée par des lecteurs. Voici quelques éléments de réponse… qui débutent une série que nous consacrons à ce sujet. 

Faut-il ou non sortir de l’assurance-vie si l’on a accumulé un capital de 100.000€ qui dorment sagement chez un assureur-vie ? Faut-il craindre une grande crise qui vous ruinerait ? Des mesures fiscales désagréables ? Voici quelques opinions sur le sujet… Mais à chacun de se faire son opinion. 

L’assurance-vie ? Mais quelle assurance-vie ?

La première question à se poser est évidemment de savoir en quoi consiste effectivement votre portefeuille d’assurance-vie. La situation la plus courante est celle d’un compte en euros dont la gestion est déléguée à votre assureur ou à un fonds de gestion. 

Cette option est la moins risquée. Certes, les taux d’intérêts sont désormais négatifs, et il n’existe guère d’espoir de voir le rendement de ce type d’épargne prendre un envol inespéré. Atteindre un taux de 2% relève désormais de l’exploit. Mais… en dehors d’une faillite de votre assureur, il y a peu de risque pour que votre capital ne soit menacé. Ce n’est pas le cas avec les « unités de compte », qui sont des placements en bourse pour lesquels le pire peut survenir

Concrètement, donc, si vous avez placé 100.000€ il y a dix ans sur un fonds en euros auprès d’un assureur-vie ayant pignon sur rue, vous avez peu de risques d’être en mauvaise posture dans les prochaines semaines. 

Des questions sur votre épargne ?

N’hésitez pas à me les envoyer. Je tente d’y répondre de façon cash et indépendante…

Suivez notre série où j’interroge des praticiens pour vous donner des idées adaptées à votre niveau d’épargne…

Que faire si j’ai des unités de compte ?

En revanche, si vos 100.000€ sont placés en unités de compte, la situation est un peu plus risquée. Les épargnants qui ont fait confiance au fonds H2O dont Natixis est partenaire l’ont appris à leurs dépens. Les dérapages boursiers ont beaucoup coûté à ces fonds que Natixis a finalement décidé de placer auprès du grand public. 

On ne le dira jamais assez : la bourse n’est pas ce monde idéal, toujours en hausse, que décrivent certains analystes financiers souvent discrètement financés par des fonds d’investissement à la recherche de gogos pour faire monter les cours. Notre analyse depuis plusieurs semaines, confirmée par les faits, est même qu’il ne faut pas y retourner avant 2021, et au cas par cas. Les cours sont en effet orientés à la baisse

Si vous êtes détenteur d’une assurance-vie en unités de compte, il faut donc examiner clairement votre structure de portefeuilles et commencer à réfléchir à la suite des opérations. 

Le risque de détenir trop de liquide ou de livrets bancaires

Rappelons là encore que les contrats d’assurance sont plus sécures que les comptes, avoirs ou livrets bancaires. En cas de panique boursière, les banques sont en effet beaucoup plus menacées que les compagnies d’assurance. En outre, en cas de faillite bancaire, l’argent déposé à la banque, que ce soit sur un compte en banque ou un livret (type livret A) est beaucoup plus sujet à « saisie » de l’État que votre compte d’assurance-vie

Si votre projet consiste à clôturer votre contrat d’assurance-vie pour garder votre argent à la banque, par exemple en le dispersant sur des PEL et des livrets A, vous vous exposez à un risque plus grand. On ne saurait donc conseiller cette opération…

Rumeurs persistantes sur des crises bancaires

Les banques européennes, nous le signalons régulièrement, ne cessent de demander des aménagements réglementaires pour réduire les contraintes en fonds propres qui leur sont imposées. Concrètement, elles demandent un allègement grandissant des mesures de prudence imposées après la crise de 2008. Ce n’est pas très bon signe…

Pensez immobilier

Si, vraiment, vous n’êtes pas à l’aise avec votre assurance-vie, et que vous souhaitez trouver un placement refuge face aux tempêtes qui s’annoncent, réfléchissez à l’investissement immobilier, singulièrement à l’étranger… et singulièrement dans un pays où l’immobilier a peu de chance de perdre sa valeur. 

De notre point de vue, ce choix global de convertir son assurance-vie en immobilier n’est pas forcément judicieux, et n’emporte pas d’urgence particulière. Mais si votre objectif est de privilégier une logique de sécurité plutôt qu’une logique de rendement, et si vous n’avez pas besoin de cet argent à court terme, l’investissement peut valoir le coup. 

Nous sommes convaincus, paradoxalement, que certains pays sont proches de l’autarcie et ne subiront que de façon lointaine les tourments de la crise à venir. Y compris en Europe. Dans ces pays-là, un petit placement peut mériter réflexion. 

Le risque de l’alignement fiscal

Toute la difficulté est de bien penser sa stratégie par rapport à ses objectifs et à son âge. Si vous pensez transmettre votre assurance-vie à un bénéficiaire en profitant des mesures de défiscalisation sur l’héritage, vous pouvez vous faire un peu de souci. Il est en effet probable que l’assurance-vie soit refiscalisée d’ici à 2023, au moins pour les contrats supérieurs à 152.500€.

Pour l’instant, tout ceci relève toutefois de la supputation. Si votre contrat d’assurance-vie est d’abord un contrat d’épargne personnelle, il est difficile à ce stade d’anticiper une mesure fiscale qui vous serait directement défavorable. Pas de panique donc. 

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Inévitable disparition de la sécurité sociale

Par Éric Verhaeghe

Avec plus de 50 milliards € de déficit en 2020, et plus de 20 milliards € en 2021, la sécurité sociale n’est pas seulement ébranlée par un choc titanesque. Ce sont les fondements même de son modèle économique, qui repose encore très largement sur les cotisations assises sur le contrat de travail, qui sont compromis par la baisse spectaculaire de la masse salariale. Même si toute décision capitale semble gelée d’ici à 2022, une implosion du système actuel est prévisible. 

En deux ans, la sécurité sociale devrait accumuler environ 75 milliards € de dettes nouvelles, dont personne n’a la moindre idée du « comment » les financer. Pour l’instant, le remède proposé par le gouvernement se borne à mettre la poussière sous le tapis : on déverse ces sommes dans la CADES, et on reporte les arbitrages douloureux aux jours meilleurs (c’est-à-dire après la réélection espérée d’Emmanuel Macron, ou après l’arrivée de son successeur). Faut-il redire ici que jamais la sécurité sociale n’avait jamais connu une situation aussi alarmante? En 2009, au plus fort de la précédente crise, le déficit s’était « limité » à 20 milliards €.

La crise de 2020 est donc d’une ampleur sans commune mesure avec le pire connu il y a dix ans. Aujourd’hui, c’est le concept même de sécurité sociale bismarckienne, c’est-à-dire assise sur le contrat de travail, qui est mis en question. 

Sécurité sociale et masse salariale

Au-delà des déficits qui explosent, le principal sujet qui fait problème est celui de la baisse de la masse salariale. Selon l’ACOSS (mais nous avons évoqué ce sujet par ailleurs), la masse salariale connaît une baisse critique sur plusieurs mois. Les indicateurs ACOSS-URSSAF montrent que, en juillet 2020, cette baisse est proche de 5% par rapport à juillet 2019 (en glissement annuel, donc). Là encore, rappelons que, en 2009, la baisse de la masse salariale n’avait pas excédé les 2,5%. 

L’ampleur du choc est donc terrible. Deux mois après la fin du confinement, l’économie peine à se remettre, quoiqu’en disent les médias mainstream et leurs communiqués euphorisants sur la « reprise plus rapide que prévu ». 

Pour la sécurité sociale, cette baisse brutale de la masse salariale est un obstacle de taille. La moitié de ses recettes (environ 400 milliards) est assise sur des cotisations liées à la masse salariale. Mécaniquement, une baisse de 5% de celle-ci produit donc une baisse de 2,5% des recettes de la sécurité sociale, soit un bon 10 milliards. 

En juillet 2020, la masse salariale soumise à cotisations sociales du secteur privé est en baisse de 4,7 % par rapport à celle enregistrée en juillet 2019. La part de l’assiette chômage partiel continue de baisser après le pic enregistré en avril 2020 (15,6 %) : elle s’établit à 3,0 % en juillet 2020, après 5,2 % en juin. Son niveau reste toutefois nettement plus élevé que celui qui prévalait avant la crise du Covid-19 (moins de 0,2 % en général).

La sécurité sociale peut-elle encore être contributive ?

Les amateurs de droit de la sécurité sociale se souviennent que le principe initial de cette grande machine publique de protection sociale repose sur la « contributivité » : ne bénéficient de ses prestations que ceux qui y contribuent par une cotisation. Les autres ont droit à la solidarité, que la France a empruntée à sa manière au modèle beveridgien, mais par exception. La règle par défaut de la sécurité sociale bismarckienne pratiquée en France était, et devrait être, la contribution à raison de ses moyens. 

La crise de 2020 finit de bouleverser ce modèle, déjà bien entamé à travers le temps. Le graphique reproduit ci-dessus, construit par le Haut Conseil au Financement de la Protection Sociale, le montre clairement. En 1990, les cotisations apportaient 125 milliards €… et 90% des recettes de la sécurité sociale. Trente ans plus tard, les cotisations apportent 207 milliards (soit un quasi-doublement), mais seulement 53% des recettes. 

Entre-temps, la fiscalisation des recettes de sécurité sociale, mouvement historique que les syndicats combattent, a fait son oeuvre. 

On sait pourquoi : le poids des cotisations est un âne mort dans la besace des entreprises soumises à la concurrence internationale. La fiscalisation des recettes permet d’alléger le poids de l’âne mort, et de partiellement responsabiliser les assurés sociaux. La baisse actuelle de la masse salariale ne peut qu’encourager ce mouvement de fond. 

Vers une zombification par absence de réforme ?

Le paradoxe de la crise de 2020 est qu’elle accélère l’histoire tout en la figeant. Elle l’accélère parce qu’elle produit un séisme sans équivalent sur les recettes et les déficits, au point que, structurellement, nous savons que la situation ne peut durer. Elle la fige (provisoirement) parce que l’effort à fournir pour rétablir la situation est incompatible avec la séquence électorale qui se précise. 

Au demeurant, aucun parti ne semble prêt à assumer aujourd’hui un langage de vérité auprès des Français. Il suffit de lire les propos prudents d’Éric Woerth pour le mesurer

On connaît par avance la suite de la chanson : le déficits vont empirer au jeu du « c’est le premier qui l’a dit qui perd les élections », jusqu’au jour où la signature souveraine de la France sera attaquée et où la banqueroute menacera. En attendant, on aura fait vivre par le recours à la dette un système qui n’a plus d’avenir. 

Pour financer un système de retraite plus solidaire, il faut d’abord être plus solidaire dans le travail. Régler le problème de l’inégalité salariale entre les femmes et hommes, par exemple, représenterait 6,5 milliards d’euros de cotisations supplémentaires. On pourrait aussi augmenter globalement les salaires, ce qui augmente naturellement les cotisations. Augmenter la masse salariale rien que de 1 % dans le privé, cela rapporte 3,6 milliards d’euros de cotisations sociales supplémentaires.

Philippe Martinez, février 2020 Tweet

Quel est l’avenir de la protection sociale en France ?

Toute la question est de savoir comment on sort de ce système coûteux et inefficace (les graves ratés de la crise du coronavirus l’ont montré). Sur ce point, la construction d’un édifice de protection sociale est un processus collectif très lent qu’aucun gouvernement (surtout s’il est élu in fine avec 20 ou 30% de l’électorat seulement) ne peut décider à coup de hache ou d’oukazes. 

Il n’en reste pas moins que le sentier long de notre pays avait préféré, initialement, dans les années 30, un système de protection sociale qui n’a guère eu le temps de mûrir du fait de la guerre, mais qui correspondait assez bien à la mentalité française de l’époque : une obligation de s’assurer, et une liberté de choix de l’assureur, comme pour l’automobile ou l’habitation. 

Nous avons toujours dit que le modèle macronien du tout sécurité sociale, y compris sur les retraites, était à rebours de l’identité française et n’avait aucune chance de voir le jour sans troubler l’ordre public. L’échec du système universel par points le prouve. Nous persistons à dire que l’émiettement des régimes conviendrait d’autant mieux aux Français s’il intégrait une forte part de liberté de choix dans les caisses ou les régimes eux-mêmes. 

Une évolution déjà suivie par l’Allemagne

Rappelons que cette transformation d’un régime bismarckien monopolistique en un système ouvert à la concurrence est le modèle suivi par l’Allemagne, avec succès, dans les années 90. Les Allemands ont fait le choix de transformer leurs caisses primaires de sécurité sociale en instrument concurrentiels. 

Dans le domaine de la santé, cette réforme a montré ses bienfaits : les Allemands disposent désormais d’un système de santé beaucoup plus efficace que le nôtre et globalement moins coûteux. Preuve est faite que la remise en cause des dogmes profite aux assurés et à leur santé, et que la « défense des acquis sociaux » lui nuit gravement. 

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🎖Ces scandales de Gilead que les ennemis de Raoult cachent soigneusement

Par Éric Verhaeghe

Avec beaucoup d’efficacité, Gilead, qui finance de nombreux médecins français ennemis ouverts de l’hydroxychloroquine et du professeur Raoult, parvient à étouffer les informations qui nuisent à sa réputation. Deux d’entre elles viennent de passer sous les radars, alors qu’elles montrent dans quelle mesure les enjeux économiques (et notamment de prix élevé des médicaments) sont cruciaux pour ce laboratoire au coeur de toutes les convoitises financières. 

Nous avons déjà attiré l’attention sur Gilead et ses enjeux financiers, mais aussi sur ses pratiques d’influence auprès des médecins et des medias. Hasard ou fait exprès ? Deux informations gênantes pour ce laboratoire aux dents longues viennent de passer inaperçues. Elles sont pourtant très instructives. 

Une amende de près de 100 millions $ aux USA

Comme plusieurs autres laboratoires pharmaceutiques, Gilead a contourné les règles du Medicare américain en subventionnant les malades les plus pauvres pour pouvoir maintenir un prix de vente de ses médicaments élevés. Et comme subventionner directement les plus pauvres pour acheter un médicament est interdit aux États-Unis, les laboratoires (dont Gilead) ont trouvé une parade, consistant à financer une association caritative pour qu’elle donne l’argent aux malades…

La justice américaine a considéré cette pratique comme totalement illégale et a menacé tout le monde d’une amende générale. On découvre que Gilead est le dernier laboratoire à avoir payé… Mais pour le savoir, il faut commencer à bien fouiller dans la presse américaine. En Europe, cette affaire est passée à peu près sous silence. 

Si l’on ne peut invoquer, dans ce dossier, une pratique particulière à Gilead, on relèvera quand même que le prix des médicaments est un sujet majeur pour le laboratoire américain. En l’espèce, ce médicament est vendu à près de 250$ le comprimé

"le service médical rendu par VEKLURY (remdésivir) est faible dans la prise en charge des patients âgés de 12 ans ou plus et pesant au moins 40 kg, hospitalisés pour la COVID-19 avec une pneumonie nécessitant une oxygénothérapie à faible débit. [Ce SMR] est insuffisant dans la prise en charge par la solidarité nationale chez les patients âgés de 12 ans ou plus et pesant au moins 40 kg, hospitalisés pour la COVID-19 avec une pneumonie nécessitant une oxygénothérapie à haut débit, ou une oxygénothérapie lors de la ventilation assistée non invasive ou invasive ou une oxygénothérapie par membrane extracorporelle (ECMO)".

France, Commission de la Transparence Tweet

Le Remdesivir, un échec patenté ?

La même semaine, on apprenait que Gilead retirait sa demande de remboursement du Remdesivir dans le traitement du coronavirus. Manifestement, Gilead a préféré ne pas s’essuyer l’affront des tests officiels, qui montrent que ce médicament (appelé Veklury commercialement) est d’une efficacité extrêmement limitée. 

Il n’y aura donc pas de commercialisation de cette molécule inventée pour combattre la fièvre Ebola, et qui peine à trouver des débouchés économiques et sanitaires. Autrement dit, il n’existe aucun avis sérieux pour affirmer que le Remdesivir a une utilité en rapport avec son prix de près de 400$ par flacon… De l’avis même de Gilead (qui renonce à combattre), ce médicament est donc une arnaque. Toute la question est de savoir pourquoi tant de relais d’opinions en ont fait la promotion au printemps…

Il sera intéressant de voir si des médecins français le prescrivent malgré tout.

Les financiers de Gilead déçus : l’action baisse 

On se souvient que, au début de l’année, les actionnaires de Gilead escomptaient un chiffre d’affaire de 2,5 milliards $ grâce à la pandémie et au Remdesivir. Cette opération échoue lamentablement, et le Remdesivir n’est finalement pas le médicament qui soigne le virus. Pour le laboratoire américain, la situation se révèle même plutôt compliquée, puisque les attentes de ses actionnaires sont massives… et ses résultats ne sont pas au rendez-vous. 

Depuis avril (et les espoirs fous entretenus par des communiqués de presse perfides), l’action a perdu 25%. Depuis 2017, les cours ont baissé de 4%. Autant dire que la situation n’est pas très réjouissante pour ce laboratoire qui a finalement beaucoup parié et beaucoup perdu ces derniers mois.

Le 3 juillet, le Remdesivir est devenu le premier traitement autorisé, bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Cette autorisation facilite l'accès précoce aux médicaments dans des situations d'urgence sanitaire, comme la pandémie actuelle.

Les procédures européennes sont-elles corrompues ?

Il n’en demeure pas moins que les autorités sanitaires françaises se sont montrées plus sévères et circonspectes dans leur autorisation de mise sur le marché que les autorités européennes. On se souvient que, début juillet, la Commission Européenne a garanti l’accès du marché européen au Remdesivir. La Commission s’est même assuré de la disponibilité du médicament pour les patients européens en préemptant un certain nombre de doses. 

Selon le propre aveu de la Commission, il s’est agi de mettre à disposition de 30.000 Européens les doses de Remdesvir nécessaires pour les soigner. Le contrat global est d’un montant de 63 millions €. Soit un prix unitaire de traitement de 2.100€.

Dans quelles conditions la Commission Européenne a-t-elle pu acheter à plus de 2.000€ l’unité un médicament que les autorités sanitaires françaises jugent très peu efficaces, au point que le laboratoire qui le produit retire sa demande de remboursement par la sécurité sociale ?

Il serait intéressant de le savoir. Rien n’exclut que nous soyons ici face à un nouveau scandale financier…

Gilead et ses opérations d’influence

Dans la pratique, l’affaire Remdesivir constitue un fiasco de premier ordre pour les actionnaires de Gilead qui croyaient avoir trouvé, avec ce médicament, la poule aux oeufs d’or. Faut-il rappeler que même des journalistes de CNN s’étaient fait les VRP devant les autorités chinoises de ce médicament dont l’inutilité est désormais patente ?

On peut se demander dans quelle mesure Gilead n’est pas en position de faire porter par des scientifiques ou des journalistes la défense de ses intérêts au-delà des limites de ce qu’autorise la déontologie. Et on peut se demander dans quelle mesure la campagne de haine contre Didier Raoult a été complètement innocente. 

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🎖Les actions vont baisser parce que les futures de Wall Street se sont retournées

Par Éric Verhaeghe

Les actions devraient continuer leur tendance baissière dans les semaines à venir, conséquence d’un spectaculaire retournement sur les marchés à terme à New York, que nous avions annoncé la semaine dernière. Même si le mouvement est en dent de scie, il devrait durer jusqu’à la prochaine journée des quatre sorcières en décembre. On évite donc toute prise de position avant janvier prochain. Durablement, l’immobilier reste la meilleure option. 

Les actions sont à la baisse, comme en a témoigné la lourde chute des marchés lundi, que nous avions annoncée le samedi précédent, au vu des résultats de Wall Street. Ce mouvement baissier est enclenché pour le trimestre autour de quelques investisseurs qui parient à la baisse. Les marchés à terme ont entamé un retournement, particulièrement sur les techs, qui devrait amorcer un atterrissage assez brutal des cours. Les débats au sein de la FED, mais sur la place publique, sur le besoin d’un stimulus fiscal et sur le retour de l’inflation, n’arrangent pas les choses.  

Les actions plus que jamais fragilisées

Les actions ont entamé un mouvement baissier qui devrait durer sur l’ensemble du trimestre. Nous l’avons expliqué la semaine dernière et nous confirmons ce que nous affirmions au printemps : la tendance haussière enregistrée depuis le printemps est artificielle, et les cours risquent d’être fortement chahutés jusqu’à la fin de l’année. C’est particulièrement vrai sur les « techs », notamment les GAFAM, qui ont beaucoup monté durant le confinement et ont créé une bulle dont l’éclatement dans les prochaines semaines est plausible. 

Les amateurs de sensation forte y trouveront leur satisfaction, mais les épargnants prudents éviteront soigneusement de retourner sur ces marchés. Après la journée des 4 sorcières de la semaine dernière, tout indique en effet que les gros investisseurs parient à la baisse pour les trois prochains mois. Mécaniquement, les indices ne peuvent donc trop bien se porter. 

Marchés à terme : comment JP Morgan les manipule

Manipuler les cours du très opaque marché des futures n’est pas un fantasme. La célèbre major bancaire américaine JP Morgan vient d’être menacée d’une amende de 1 milliard pour avoir manipulé des cours à terme sur l’or et sur des bons du Trésor américain. Le poids des « futures » est désormais tel que l’ensemble du marché actions lui est subordonné, ou, en tout cas, en est directement dépendant. Toute la difficulté est de savoir comment sont manipulés les cours sur ces produits complexes. 

La tyrannie des marchés à terme

Comme toujours, le très opaque marché des futures, c’est-à-dire les marchés à terme, et tout spécialement ceux qui portent sur les indices, encadrent fortement les évolutions structurelles du marché. Cet encadrement est invisible au jour le jour, mais il permet de dégager des tendances à moyen terme. 

Tout indique que plusieurs grands fonds ont retiré leurs billes des contrats sur le NASDAQ et que celui-ci devrait subir une correction prochainement. On prendre donc avec scepticisme les déclarations enthousiastes ou optimistes sans nuance de certains analystes qui parlent sur commande

Dans tous les cas, les entreprises technologiques sont aujourd’hui survalorisées à New York et cela se sait. Il suffit de suivre l’évolution de l’action Tesla cette semaine pour comprendre que l’éclatement de la bulle sur certaines technologiques est désormais plausible. Ces atterrissages brutaux s’expliquent parce que plus aucun investisseur n’est prêt à redresser les cours d’ici à décembre. 

La FED envoie elle-même des signaux négatifs

Dans ce contexte très incertain, la FED (Réserve fédérale américaine) ne s’est guère montrée arrangeante. Les débats en son sein sont désormais publics : les gouverneurs de la banque hésitent sur la conduite à tenir. Certains considèrent qu’il faut rester optimiste et ne pas modifier la ligne générale de conduite. Mais une majorité se dégage, autour de Powell, pour réclamer un stimulus fiscal destiné à soutenir la consommation. Powell a commencé à documenter l’utilité de modifier les priorités de la Réserve Fédérale en protégeant au mieux le marché de l’emploi, quitte à laisser filer l’inflation au-delà de 2%

Ces débats alimentent les incertitudes de Wall Street et favorisent les spéculations à la baisse. La perspective d’une reprise très molle supposant une nouvelle intervention des pouvoirs publics fait craindre le pire. 

Les Banques Centrales veulent de l’inflation

La FED n’est pas la seule instance bancaire à plaider pour une inflation au moins temporairement supérieure à 2%. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a dressé le même plaidoyer cette semaine. Relance de la consommation et planche à billets rôdent donc dans les coulisses de nos économies. Attention à l’érosion du patrimoine !

Se tenir à l’écart des marchés

Tout indique, en tout cas, que les grands investisseurs de Wall Street sont plutôt enclins à laisser la correction se faire à l’automne. On peut d’ailleurs penser que cette possibilité est accrue par la crainte de voir Donald Trump remporter les élections. Certains pourraient, dans l’establishment américain, considérer qu’une correction avant le scrutin favoriserait les démocrates. 

Pour l’instant, aucune certitude n’existe, mais les soupçons et les doutes s’accumulent. Face à ces risques qui rejoignent le simple bon sens (des cours qui ont progressé de manière fulgurante quand l’activité s’arrêtait), il faut donc se montrer prudent. Rien n’est acquis mais un faisceau de présomption laisse à penser que la structure du marché penche aujourd’hui en faveur d’une forte correction. 

L’immobilier et (partiellement) l’or, valeurs refuge

Face à ces incertitudes qui se multiplient, il faut donc considérer avec attention la question de son patrimoine financier. Ceux qui détiennent un petit portefeuille en assurance-vie sont probablement en butte aux appels du pied des assureurs pour convertir leurs disponibles monétaires en unités de compte. 

Face aux taux négatifs et aux risques de marché, on peut penser que le placement le plus sûr pour quelques mois reste l’immobilier, même si les cours dans certaines villes subissent une inflexion. Reportez-vous à nos prochains papiers sur les investissements immobiliers qui valent la peine. Mais prenez garde à ne pas vous perdre dans des placements spéculatifs présentés comme miracles par des intermédiaires. Les voyants sont au rouge sur les marchés. 

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Reconfinement : le naufrage de la bureaucratie sanitaire

Par Éric Verhaeghe

Le Premier Ministre a évoqué un possible reconfinement, hier, sur une chaîne de télévision, après avoir pris des mesures brutales à Marseille. La dégradation de la situation sanitaire en France est à peu près unique en Europe. Aucune leçon ne semble avoir été tirée du premier confinement, ni des échecs commis par la bureaucratie sanitaire à cette occasion. La tension qui monte dans le pays illustre une nouvelle fois l’urgence d’une réforme profonde de l’Etat.

Article publié sur le Figaro Vox

L’idée d’un reconfinement, qui paraissait abstraite au début de l’été, prend soudain forme et se précise avec une étonnante vigueur. La décision brutale de retreindre fortement les échanges sociaux à Marseille préfigure ce qui attend les autres régions françaises. Et les réactions de la population marseillaise, élus compris, donnent au gouvernement une première idée de l’exaspération des Français vis-à-vis d’une gestion chaotique et déceptive de la crise.

Le reconfinement, ce qu’il fallait à tout prix éviter…

Si nous nous replongeons six mois en arrière, la perspective d’un reconfinement prend sa dimension urticante. Les commissions parlementaires d’enquête qui ont reçu les différents fonctionnaires à l’œuvre à cette époque ont pointé du doigt les incohérences, les angles morts, les plis dans les décisions publiques qui ont conduit la France à aborder l’épidémie en s’étant consciencieusement débarrassée de son stock de masques existants.

Aucune sanction administrative n’a été prise, et le directeur général de la santé qui a ordonné la destruction des masses sans reconstitution diligente des stocks est toujours en poste. On pouvait néanmoins imaginer que l’alerte avait été suffisamment sérieuse pour éviter une nouvelle torpeur administrative.

On se souvient ici que l’administration, qui avait vidé les stocks de masques, avait aussi limité l’accès aux tests, notamment en empêchant les laboratoires privés de les mettre en œuvre. D’une manière générale, l’équipement des hôpitaux a été systématiquement sous-estimé et la centralisation des décisions au sein de quelques bureaux a beaucoup ralenti le combat contre la maladie.

Avec le déconfinement, des promesses ont été entendues par les Français : celles d’un plus jamais ça, celles d’une reprise en main de l’administration, celles d’une prévention active contre une nouvelle vague, notamment grâce à un investissement massif dans les tests, et grâce à l’utilisation généralisée des masques.

malgré toutes les précautions gouvernementales, le virus semble désormais circuler aussi vite qu’avant le confinement…

Le naufrage d’une stratégie

Une fois de plus, les Français ont pu vérifier qu’il y a souvent loin de la coupe aux lèvres, et que la distance qui sépare les annonces politiques et leur mise en place concrète par les services de l’Etat peut parfois se révéler intersidérale.

Pourtant, tout l’été, le gouvernement a fait de la « pédagogie » sur la nécessite de prévenir la contagion en portant son masque autant que faire se peut et en se faisant tester au moindre doute. Beaucoup ont d’ailleurs reproché au gouvernement sa stratégie de la peur irraisonnée.

La mise en pratique de la « pédagogie » s’est révélée désastreuse. Il fallait limiter les contacts, mais les journées du Patrimoine ou Roland-Garros ont quand même eu lieu. Certaines soirées ou fêtes étaient interdites, mais pas d’autres. Plus personne n’a vraiment compris le sens de ces mesures.

Surtout, c’est la stratégie des tests qui semble en faillite complète. Alors que le test PCR est peu maniable et très rébarbatif pour l’inconfort qu’il procure, le ministère de la Santé ne semble avoir fait aucune diligence pour promouvoir d’autres types de tests, notamment les tests sanguins qui ne semblent parrainés par aucun grand laboratoire, ou les tests salivaires, dont la mise sur le marché tarde incroyablement.

D’où cette stratégie de test, épine dorsale de notre stratégie préventive, qui s’est noyée dans des délais d’accès aux tests, puis de résultats de ces tests, dont la déroute est bien connue aujourd’hui : trois jours d’attente pour subir l’examen, puis trois jours d’attente pour avoir accès aux résultats, parfois même quatre jours. Cette lenteur a donné le temps à donner de nombreuses contagions de se faire.

Le résultat est en tout cas fulgurant : malgré toutes les précautions gouvernementales, le virus semble désormais circuler aussi vite qu’avant le confinement…

Une nécessaire et urgence réforme de l’Etat

Dans la pratique, la France s’est donnée les moyens de prévenir la propagation du virus cet été. Il n’a pas été ici question de budget, ni de personnel, ni de matériel indisponible. Nous avions tout ce qu’il fallait pour réussir, et pourtant nous échouons.

L’échec tient aux mêmes causes qu’au printemps. Les lourdeurs, les lenteurs, les rigueurs administratives ont une nouvelle fois frappé, et tout montre qu’elles sont un problème de mentalité et non d’argent. Nos (plus ou moins hauts) fonctionnaires ont un problème avec la culture du contrôle et de l’efficacité. Ils peinent à décentraliser les décisions, mais sont rarement capables de prendre eux-mêmes les bonnes dans des délais acceptables.

Redisons-le : la question des tests salivaires, bien plus maniables et simples à analyser que les tests PCR, est emblématique de cette incorrigible paralysie administrative à la française. Alors que ces tests salivaires sont disponibles depuis le mois d’avril, Olivier Véran a dû batailler cet été pour que l’Assistance Publique à Paris trouve cinquante testeurs. Finalement, le comité d’experts de la Haute Autorité de Santé les a validés début août, mais ils ne sont toujours pas disponibles.

Et pourtant, les blocages alarmants des tests PCR étaient connus de tous.

S’il fallait une raison de réformer l’Etat sans mollir, ce seul exemple la donne.

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🎖COVID 19 : explosion de l’assurance maladie en vue ?

Par Éric Verhaeghe

Selon les Échos, qui ont eu accès au PLFSS 2021, l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (ONDAM) serait en pleine « explosion » du fait du COVID. Le gouvernement anticipe donc une continuation de l’épidémie l’an prochain. Au total, l’addition s’élève à plus de 10 milliards cette année, et à plus de 7 milliards en 2021. Cette prévision intègre le coût des tests, qui est d’ores et déjà colossal. Les complémentaires santé seront inévitablement mises à contribution. Toute la question est désormais de savoir si l’assurance-maladie peut survivre à cette épreuve…

Le COVID devient un problème majeur pour les finances publiques aussi à cause des dépenses qu’il occasionne par sa simple curation. Selon les Échos, l’ONDAM devrait fortement augmenter dès 2020 pour intégrer les opérations directement liées au coronavirus. Parmi celles-ci, on trouve notamment le remboursement des tests effectués en masse depuis plusieurs mois, dont l’addition s’élève à au moins 2 milliards. 

Le COVID constitue un choc important pour les finances sanitaires, et de nouvelles mesures verront sans doute le jour dans les mois à venir. 

L’ONDAM 2020 a explosé

Alors que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 avait prévu des dépenses d’assurance-maladie de seulement 205 milliards, l’addition finale, après COVID, devrait s’élever à 215 milliards. Ce bond de 5% en cours d’année tranche avec l’extrême modération historique de l’objectif. Rappelons que le gouvernement, dans la loi de financement initiale, avait déjà consenti à un effort de 5 milliards (soit + 2,5%) par rapport à 2019. 

Au total, les dépenses de l’assurance-maladie seront donc passées en un an de 200 à 215 milliards, soit une évolution inimaginable il y a encore quelques mois. Cette rupture impose au gouvernement d’apporter un correctif en cours d’année à l’occasion du PLFSS 2021, qui fera sans doute couler beaucoup d’encre. 

Une fois les textes connus, il sera possible d’analyser en détail l’impact sanitaire direct du virus sur les dépenses publiques. Mais tout indique que les seuls tests déployés partout en France coûteront en fin d’année au moins 2 milliards €. Ils font l’objet d’un remboursement de près de 80€ par tests. 

L’ONDAM, kesako ?

Depuis la réforme Juppé des années 95… l’assurance-maladie doit respecter un objectif de dépenses pour équilibrer son budget : l’objectif national de dépenses de l’assurance-maladie, déterminé par la loi de financement de la sécurité sociale. Il s’agit d’un objectif… parce qu’il ne saurait être question de refuser de soigner les patients faute d’argent. Si des épidémies frappent comme le coronavirus, il est assez naturel que l’objectif soit dépassé. D’une manière générale, les pouvoirs publics ont tenté, ces dernières années, de rapprocher la revalorisation annuelle de l’ONDAM et l’inflation. En 2020, l’objectif explose donc… 

La tendance se confirme en 2021

Autre nouvelle notable : le gouvernement anticipe un nouveau bond de l’ONDAM à 222 milliards en 2021. Là encore, il s’agirait d’une hausse de près de 3,5% en un an, chiffre situé dans la fourchette haute des évolutions pratiquées ces dernières années. Entre 2019 et 2021, les dépenses d’assurance maladie auront bondi en France de plus de 10%. 

Cette forte hausse s’explique notamment par un nouvelle programmation de 2 milliards pour les tests COVID en 2021. Le ministère de la santé semble annoncer des tests salivaires en plus des tests PCR. 

Dans tous les cas, le choc du COVID sur les dépenses de santé sera majeur et semble parti pour durer. 

Il va falloir payer

Toute la difficulté consiste désormais à savoir, dès lors que la crise du COVID semble produire une augmentation durable des dépenses publiques (ce qui paraît discutable pour une crise ponctuelle), comment adapter les recettes du régime à cette brutale inflation. Sur ce point, le gouvernement ne dispose guère d’outils très innovants pour agir. Sauf à diminuer certains remboursements contestables (notamment sur la « petite médecine » comme le Doliprane, ou sur des placebos), on voit mal comment il pourrait ne pas augmenter les cotisations. Ou la part des remboursements confiés aux complémentaires santé. 

Dans tous les cas, au déficit des retraites va s’ajouter le déficit de l’assurance-maladie, désormais, aggravé par la baisse des cotisations que crée l’effondrement de la masse salariale. On imagine mal que le gouvernement fasse vivre jusqu’en 2022 la fiction d’une traversée sans encombre de ce fleuve bien agité… 

Qui finance l’assurance-maladie ?

Il est bien fini le temps où l’assurance-maladie était financée par les cotisations des assurés. Désormais la CSG pèse plus dans ses recettes que les cotisations (un gros tiers pour la CSG, un petit tiers pour les cotisations). La TVA apporte un important complément avec près de 20% des recettes. C’est ce qu’on appelle la fiscalisation des recettes de sécurité sociale, système largement pratiqué par les pays du nord de l’Europe. 

L’assurance maladie peut-elle survivre à cette épreuve ?

Structurellement, l’assurance maladie se trouve désormais confrontée à un déséquilibre majeur entre les recettes potentielles espérées par les modes de financement actuels (notamment par la CSG, mais aussi par les cotisations) et les importantes dépenses qu’elle inscrit dans ses marbres. Assez inévitablement, les pouvoirs publics vont donc être conduits à poser la question d’une réforme de son financement pour éviter un déficit pérenne négatif pour l’image de la France… et pour la qualité de sa signature. 

Plusieurs pistes seront donc à ouvrir, toutes difficiles pour les pouvoirs publics. Le réflexe habituel consistera à relever les cotisations (par une augmentation du taux de la CSG par exemple). Mais le président a promis qu’il n’y aurait aucune augmentation d’impôt (au moins jusqu’à 2022…). L’autre astuce consiste à diminuer les remboursements. Là encore, la mesure est difficile à expliquer politiquement, après le fantasme (nourri par Agnès Buzyn) d’un zéro reste à charge en santé). 

Une troisième hypothèse est celle d’une banqueroute de l’assurance maladie. 

Le rôle des complémentaires santé est à repenser

Dans cet ensemble, le rôle des complémentaires santé sera supposé évoluer assez rapidement. Le débat mené dès cet été sur une contribution exceptionnelle des mutuelles pour restituer une partie du « magot » non consommé pendant le confinement, montre bien que les acteurs complémentaires et l’acteur monopolistique ont aujourd’hui des trajectoires de dépenses à l’orthogonale. 

Le débat latent d’une autre répartition des dépenses entre les différents acteurs pourrait donc ressurgir. Reste à savoir dans quel sens. Tout dépendra de la capacité des organismes complémentaires à s’émanciper des logiques étatiques pour proposer une vraie rupture avec le monopole de l’assurance-maladie. Mais on n’y est pas encore. 

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Comment Macron fait méticuleusement le lit de la tentation maduriste

Par Éric Verhaeghe

Emmanuel Macron a convaincu les Français, à moins de deux ans des élections présidentielles, qu’il pouvait épargner au pays un effort de redressement malgré une récession égale à 10 points de PIB. Cette démagogie le conduit à revendiquer désormais le droit de ne plus respecter le plafond de déficit budgétaire à 3%. Cette commodité qui devrait exaspérer nos partenaires européens vise à éviter un coup de pression fiscale après 2022. Mais elle prépare surtout un surendettement critique de la France, qui débouchera sur de dangereuses désillusions.  

Emmanuel Macron adore emmener les Français dans ses rêves éveillés : une débauche d’argent public tombée du ciel permettra de revenir à la croissance sans effort. Une dette illimitée financera la prospérité sans répercussion négative sur l’économie du pays. Ces croyances naïves qu’il partage avec la gauche (et avec Xavier Bertrand) devraient nous mettre, dans les deux ans qui viennent, en position extrêmement difficile. 

Cette dette publique que Macron imagine ne pas rembourser

On se souvient ici de la petite phrase d’Emmanuel Macron promettant que l’énorme dette publique qu’il creuse pour financer ses promesses pré-électorales ne serait pas remboursée par l’impôt. On ne pouvait formuler de promesse plus démagogique.

Dans la pratique, on sait déjà que quelques augmentations de taxes ou de contributions vont intervenir. C’est notamment le cas sur les complémentaires santé. Mais on peut penser que l’amélioration des EHPAD passera aussi assez rapidement par des contributions nouvelles. Celles-ci cibleront les retraités en priorité. 

Mais en dehors de ces mesures ponctuelles, le gouvernement fait vivre la fiction selon laquelle nos partenaires européens vont indéfiniment accepter nos déficits et ne pas exiger de nous un retour à une discipline budgétaire qu’ils ont eux-mêmes acceptée. Redisons-le : nous sommes extrêmement sceptiques sur le principe d’une exception française qui nous autoriserait ce que les autres se sont refusés. Et nous pourrons, tant que nous voudrons, ruer dans les brancards sur la « solidarité », la « souveraineté » et le « service public », tôt ou tard, nous devrons accepter la même discipline que les autres. 

Nos lecteurs savent que ces coups de moulinet dans les airs sur le mode du « nous, les Français, ne diminuerons pas nos dépenses », relèvent selon nous d’une tentation maduriste qui est, à ce stade, majoritaire dans le pays

«On ne pourra pas remettre en place le Pacte de stabilité tel qu'on l'a connu auparavant parce que la crise est passée par là, parce que nous sommes dans une période où il faudra, encore plus qu'avant la crise, investir pour nos économies»

La France réclame une révision des règles de Maastricht

Depuis le traité de Maastricht (approuvé par referendum, précisons-le), les États membres de l’Union se sont engagés à limiter leur déficit budgétaire à 3% de PIB. Avec un déficit budgétaire qui va allègrement exploser les 11% de PIB en 2020, la France mesure bien la difficulté qui l’attend pour revenir à l’orthodoxie maastrichtienne. Selon une bonne tradition gauloise, lorsque la règle est trop dure à respecter, on demande à la changer. 

C’est pourquoi notre jeune ministre des Affaires Européennes, Clément Beaune, a gentiment expliqué dans un entretien à l’AFP que les 3% étaient désormais caducs (voir ses propos ci-dessus). Officiellement, désormais, la dette publique sera une condition du retour à la croissance. Donc, il faut l’autoriser sans limite. 

L’illusion que le surendettement apporte la croissance

On comprend la logique sous-jacente à cette argumentation : l’endettement public sans limite apportera la croissance et permettra de redresser nos économies. Cette logique ne manque pas d’étonner, dans la mesure où elle repose sur l’idée implicite que la « planche à billets » est la solution qui permet de rétablir la bonne santé économique. 

Manifestement, Clément Beaune n’a pas connaissance des expériences menées en France, par le passé, dans ce domaine. On pense notamment aux assignats qui, sous la Révolution, ont débouché sur des émeutes révolutionnaires lorsque l’hyper-inflation a ruiné tous les détenteurs de ces titres. 

Mais il s’agit sans doute d’un détail, ou d’une broutille historique, qui ne doit pas nous empêcher de répéter, le coeur sur la main, que tout ira bien mieux en surendettant l’État, puis en fabriquant de la monnaie pour rembourser la dette. 

“En dépit des efforts des gouvernements européens pour accroître le partage des risques liés au coût budgétaire de la pandémie, nous n’avons observé que peu de signes allant dans ce sens de la part des banques européennes”, note S&P Global. “Au contraire, elles ont concentré davantage de risque dans leur pays d’origine en achetant plus de dette souveraine de leur pays d’origine, notamment dans les pays où son poids est le plus important, accroissant ainsi, de notre point de vue, les risques d’une nouvelle spirale de la dette si cette tendance persiste.”

Premières alertes sur une nouvelle crise de la dette

Sur ce point, le ministre des Affaires Européennes gagnerait peut-être à lire l’étude de Standard & Poor’s publiée lundi sur le retour plausible d’une crise des dettes souveraines en Europe. En 2020, les banques européennes ont en effet réuni les ingrédients de la crise qui s’est produite en Grèce en 2011. Elles ont massivement acheté des titres de leur pays (méthode recommandée par certains souverainistes, signalons-le). 

Cette accumulation de dettes souveraines présente l’inconvénient de lier étroitement la bonne santé des banques d’un pays à la capacité dudit à rembourser sa dette. En cas de défaut, les banques elles-mêmes sont mises en difficulté. 

On comprend incidemment que la crise de 2020 a forcé les gouvernements, dans l’urgence, à balayer d’un revers de la main toutes les mesures prudentielles susceptibles de produire des coupe-circuit en cas de début d’incendie. Cette prise de risque, qui s’accompagne d’allègements successifs des règles prudentielles imposées aux banques, a déjà, il y a 10 ans, montré toute sa nocivité. Mais il n’est pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre. 

La tentation maduriste prend forme

On comprend à quel excès la France est conduite par peur de réveiller l’opinion publique et de lui dire la vérité. Pour faire croire que la crise n’exige pas d’effort, nous nous dépouillons progressivement de toutes nos défenses et de toutes nos réserves. Cette stratégie extrêmement dangereuse pourrait produire des effets de blast, dans les trois ans à venir, qui en surprendront plus d’un. 

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🎖Comment Anne Hidalgo accélère le retournement du marché immobilier à Paris

Par Éric Verhaeghe

Paris assiste, sous le fait de la crise, au retournement de son marché immobilier. Certains arrondissements sont déjà en pleine déconfiture. Dans ce contexte, la politique radicale d’Anne Hidalgo, essentiellement fondée sur la désertion du centre ville, accélère le mouvement et devrait causer un sinistre durable pour l’attractivité de la ville. Dans quelques mois, il sera temps d’acheter à Paris… si cette ville vous fait encore envie !

Le marché immobilier à Paris est en plein retournement. La crise frappe sévèrement. Mais elle n’est pas seule : l’impact du confinement est amplifié et aggravé par l’insane politique urbaine d’Anne Hidalgo qui provoque une véritable (et spectaculaire) hémorragie de commerces dans les rues. Jour après jour, l’hyper-centre parisien se vide de toute activité et de tout dynamisme économique. Le désastre qui se prépare sera durable, douloureux, et ruineux. 

Le marché immobilier parisien se retourne

Les indices se multiplient d’un retournement du marché immobilier à Paris. Le phénomène en est à son balbutiement, mais il devrait rapidement s’accélérer lorsqu’il aura atteint son point de bascule. 

D’ici là, plusieurs évidences apparaissent de façon flagrante : les stocks d’appartements à vendre augmentent dangereusement dans certains arrondissements depuis le mois de mars. Ainsi, les IIè, Xè et XXè arrondissements assistent-ils à une croyance fulgurante « d’invendus » annonciateurs d’une forte baisse des prix. Le nord-est parisien ressortait comme le grand perdant des arrondissements qui avait le plus d’excès de biens en vente, avec une variation des biens qui oscillait entre 60 et 70% d’excès par rapport à l’an dernier, à la même période. L’ouest parisien enregistrait quant à lui des excès situés entre 0 et 30%.

Tous ces éléments devraient, dans les semaines qui viennent, se traduire par un éclatement de la bulle immobilière. 

Encore plus de pistes cyclables en vue

Paris déborde désormais de cyclistes. Sur certaines pistes, on dénombre près de 2.000 véhicules à l’heure. Aux heures de pointe, Paris assiste désormais à des… bouchons de vélo. D’ici la fin de l’année, la mairie annonce l’étape 2 du plan vélo, qui se traduira par une augmentation du nombre de pistes cyclables. Ce genre de décision indique que, durablement, les phénomènes qui tuent le petit commerce vont s’amplifier et se révéler mortifères pour l’activité économique.  

L’hyper-centre victime des mesures d’Anne Hidalgo

Dans le même temps, la fermeture de la rue de Rivoli aux voitures, après la piétonnisation des berges de la Seine, vide le centre de Paris du trafic commercial qui assurait la prospérité des magasins. Certes, la disparition du tourisme international de masse (à commencer par le tourisme chinois) est un élément majeur de la paupérisation du petit commerce. Mais la transformation brutale des rues en pistes cyclables, sans aucune concertation avec les habitants, sonne l’hallali de tous les petits commerces qui assuraient l’animation des rues. 

Le Parisien a assez bien dressé le portrait dramatique de la situation. La directrice de la grande enseigne BHV Marais explique par exemple : « Quand les berges de la Seine ont été fermées à la circulation, nous avons subi une baisse de 20 % de notre chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas encore mesurer l’impact de la piétonnisation. On se rend compte que notre clientèle vient davantage de l’Est que de l’Ouest »… Selon toute vraisemblance, la situation devrait être dramatique dans les semaines à venir tant les rues, les magasins, les terrasses, les cafés, sont vides. 

De dangereuses procédures de sauvegarde

Dans le même temps, plusieurs gros acteurs commerciaux à Paris se trouvent en situation extrêmement difficile. C’est par exemple le cas du plus organisateur de salons, Comexposium, qui s’est placé en procédure de sauvegarde pour une durée de 6 mois. Là encore, les chiffres sont terribles : 1.000 salariés sont menacés de licenciement. Surtout, ces difficultés pourraient avoir un effet domino sur ce géant de l’immobilier commercial à Paris qu’est Unibail-Rodamco, dont Benjamin Griveaux fut le lobbyiste officiel dans un passé récent. 

Rien n’exclut qu’en cascade le château de cartes qui s’est construit au fil des ans sur l’attractivité commerciale de Paris au niveau mondial ne s’effondre. Cette catastrophe serait la preuve la plus éclatante du déclin parisien durable sur la scène internationale. Là encore, la politique anti-business d’Anne Hidalgo sera la première accusée. 

La CJUE autorise Hidalgo à limiter les Airbnb

Dans un contexte morose, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a refusé de censurer les dispositions réglementaires en vigueur à Paris pour  limiter la place de Airbnb. Cette décision, qui fait l’affaire des locataires « ordinaires » qui disposeront à l’avenir de plus d’offres de logement, ne fait pas l’affaire des bailleurs qui comptaient sur Airbnb pour rentabiliser leurs investissements immobiliers. 

Paupérisation de Paris en vue

Dans cet inquiétant ensemble, tout indique que Paris devrait traverser une redoutable période de paupérisation. Déjà, de toutes parts, les signaux d’une dégradation de la qualité de vie sont envoyés, qui poussent à un véritable exode vers des cadres plus harmonieux et moins denses humainement. Partout, l’insécurité fleurit, y compris en termes de criminalité « dure ». C’est particulièrement vrai dans l’est parisien, où la violence quotidienne franchit désormais des caps manifestes

Ces phénomènes montrent que certains quartiers s’appauvrissent dangereusement, et que la politique très anti-entreprises d’Anne Hidalgo semble consolider cette tendance au lieu de la juguler. 

Le phénomène semble bien installé désormais, qui annonce une tendance baissière durable à ne pas sous-estimer. Dans la pratique, la baisse devrait durer plusieurs années, sauf à un renversement de la politique municipale qui paraît peu probable. 

Les tendances à retenir

Plusieurs phénomènes devraient amplifier la baisse des prix sur le marché immobilier parisien dans les semaines à venir. L’effondrement du tourisme du fait du COVID en est la cause principale. Mais la paupérisation de la ville, encouragée par la politique autoritaire et brutale d’Anne Hidalgo, accentue et accélère le phénomène : beaucoup de Parisiens, aidés par l’essor du télétravail, se verraient bien vivre ailleurs… et céder la place aux nouvelles populations que la municipalité porte au pinacle. 

Dans cet ensemble, la tendance baissière devrait être forte, durable, et résistante… Attendez encore quelques semaines avant d’investir. Vérifiez bien l’environnement du bien que vous voulez acheter avant de le faire. 

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🎖Tests salivaires du COVID 19 : encore des arrangements entre amis ?

Par Éric Verhaeghe

La Haute Autorité de Santé vient d’autoriser tardivement les tests salivaires pour dépister le COVID 19, après une longue bataille d’arrière-garde. Une fois de plus, la décision est rendue dans des conditions très opaques. Il a fallu plus d’un mois pour que la Haute Autorité autorise cette technique après un avis favorable rendu le 7 août par les experts. Il avait fallu beaucoup moins de temps pour interdire l’hydroxychloroquine. Quelques éléments permettent de deviner à qui cette autorisation à contre-coeur pourrait finalement profiter. On est néanmoins loin de tout savoir. 

La décision par laquelle la Haute Autorité de Santé (HAS) a autorisé les tests salivaires a été publiée il y a quatre jours, au terme d’une processus d’autorisation marqué par une lenteur qui intrigue. Alors que le collège compétent de l’autorité avait rendu un avis favorable le 7 août, en pleine reprise de l’épidémie, il a fallu plus d’un mois pour que l’Autorité elle-même autorise cette technique de test, et encore… en la limitant aux cas symptomatiques. Certains pourraient y voir une jolie manière de protéger les tests PCR dont les dysfonctionnements mettent à mal la stratégie française de tests. 

Des tests salivaires trop tardifs ?

Toute la question est évidemment de savoir si l’autorisation des tests salivaires (et dans des conditions limitatives) vient ou non trop tard, et si elle a été retardée au maximum pour favoriser les désagréables tests PCR, dont la lenteur met à mal la stratégie de prévention à la française. Car même avec 1 million de tests par semaine, la France n’est pas parvenue à endiguer la reprise de l’épidémie. 

Cet échec tient en partie au délai nécessaire pour obtenir