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Aujourd’hui — 26 janvier 2021Le courrier des stratèges

🎖Une aubaine fiscale de deux ans pour les Français installés en Belgique

Par Éric Verhaeghe

Les Français installés en Belgique, qui disposent d'actifs financiers, peuvent se féliciter d'un revirement de jurisprudence qui les arrangera bien pour deux ou trois ans. Les dividendes d'actions françaises seront en effet beaucoup moins imposés par le fisc belge. Mais cet avantage devrait être passager. Rappelons que la fiscalité belge est tout sauf avantageuse.

L’information est passée inaperçue en France, mais les résidents en Belgique viennent de bénéficier d’une jurisprudence de la Cour de Cassation belge (si, si, eux aussi ont ça), tout à fait favorable quant à l’imposition en Belgique des dividendes versés par des entreprises françaises. C’est l’occasion de mettre en garde sur la complication administrative et l’enfer fiscal qui règnent dans ce sympathique pays créé à l’issue du Congrès de Vienne de 1815 à partir de territoires français.

La Cour de Cassation belge donne un coup de pouce aux actionnaires

L’affaire est obscur pour tous ceux qui ne suivent pas en temps réel l’évolution des relations fiscales entre la France et la Belgique, mais le résultat est simple à comprendre : la Cour de Cassation à Bruxelles a réinterprété la convention fiscale entre les deux pays, de telle sorte que le fisc belge réimpute sur le précompte mobilier belge une partie du précompte français perçu sur les versements de dividendes. 

On ne rentrera pas ici dans les calculs belges, qui n’ont rien à envier aux calculs bercyens pour perdre le contribuable dans les méandres de la pensée technocratique digne des plus grands névrosés. Le résultat est simple à comprendre : les dividendes versés par des entreprises françaises à des actionnaires résidents en Belgique ne seront plus précomptés à 40,5%, mais à 27,75%, soit un gain de 13 points sur le coin socio-fiscal qui n’est pas neutre…

Un avantage qui ne devrait pas durer

Pour tous ceux qui lorgnent sur la Belgique pour s’expatrier, cette bonne nouvelle devrait toutefois être de courte durée. En effet, les deux pays renégocient actuellement leur convention fiscale (sujet peu discuté en France, d’ailleurs, voire pas du tout). Le nouveau texte qui devrait entrer en vigueur dans deux ou trois ans, selon l’Echo, interdira à la Belgique d’accorder des réductions d’impôts aux revenus d’origine française. 

Il faut bien mesurer la portée de ces indications données par le fisc belge sur cette nouvelle convention qui va changer la donne : elle est explicitement rédigée pour cibler les exilés fiscaux disposant d’actifs financiers. Les dispositions à venir seront donc beaucoup moins intéressantes… et plaideront pour un autre choix d’expatriation que la Belgique. 

La Belgique est aussi un enfer fiscal

L’occasion est donc donnée de rappeler que la fiscalité belge est tout sauf avantageuse pour les revenus du travail et du patrimoine. La Belgique n’est d’ailleurs classée qu’au 25è rang des pays les plus libres du monde, avec, selon le Human Freedom Index, un piètre score en matière d’intervention de l’Etat, et surtout de taux d’imposition. 

C’est particulièrement vrai pour les entrepreneurs, qui devront acquitter des cotisations sociales de près de 25% sur les salaires. Les salariés sont pour leur part soumis à des cotisations de 13%. Au total, le coin social est donc de 38 points !

Voilà de bons arguments pour ne pas ou ne plus s’expatrier en Belgique…

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Chronique d’un duel Macron – Le Pen annoncé

Par Éric Verhaeghe

Le deuxième tour de la prochaine élection présidentielle devrait tourner au duel Macron - Le Pen selon toute vraisemblance, une configuration qui déplaît d'ailleurs à beaucoup de Français, frustré que le jeu démocratique soit "plié" à l'avance. Les sondages se succèdent et confirment tous cette tendance à une confrontation quasiment à huis clos entre les deux "sortants" de l'élection de 2017. Aucun candidat ni de droite ni de gauche ne semble en mesure de perturber cet affrontement dont Emmanuel Macron est donné vainqueur par avance.

Comme en 2017, le second tour des présidentielles devrait tourner à l’affrontement entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, configuration la plus confortable pour le Président de la République sortant, puisqu’elle laisse augurer un triomphe facile. 

Marine Le Pen en tête au premier tour

Selon un sondage publié par le quotidien libéral l’Opinion, l’avance de Marine Le Pen au premier tour serait relativement confortable, avec 27% des voix, contre 24% pour Emmanuel Macron. On se souvient qu’au premier tour de 2017, Macron avait obtenu 24% des voix, contre 21,3% à Marine Le Pen. 

Le scrutin de 2022 (dont nous avons dit que le calendrier pourrait être bouleversé par un « coup » d’Emmanuel Macron) devrait donc marquer une nouvelle poussée du Rassemblement National dans l’Opinion, sans qu’il ne débouche sur une remise en cause du jeu politique actuel. 

Droite et gauche inexistantes

Le sondage de l’Opinion montre par ailleurs l’écrasement complet de la gauche et de la droite dans le jeu politique. Le troisième candidat au premier tour décrocherait 16% s’il s’agissait de Xavier Bertrand, et 14% s’il s’agissait de Valérie Pécresse. Viendraient ensuite les candidats de gauche, avec des scores autour de 10% pour Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, et un coude-à-coude autour de 7% entre Anne Hidalgo et Nicolas Dupont-Aignan. 

Autrement dit, Marine Le Pen ne disposerait que d’une faible réserve de voix au second tour, qui laisse à penser que, sans une modification radicale de son image personnelle, elle n’a aucune chance de passer au second tour. 

La popularité de Macron en hausse 

Ces indications confirment les sondages sur la popularité en hausse du Président de la République. 40% des personnes interrogées se déclarent satisfaites de son action. 

Il y en a un, au moins, à qui le couvre-feu et le confinement réussissent.  

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Hier — 25 janvier 2021Le courrier des stratèges

Macron annoncerait un nouveau confinement mercredi

Par Éric Verhaeghe

Le confinement serait imminent en France, accéléré par l'arrivée de variants du COVID dont la dangerosité serait plus forte. Les pouvoirs publics craignent une montée rapide de cas graves qui engorgeraient les hôpitaux. Le nouveau confinement pourrait durer trois semaines, mais toutes ses modalités ne semblent pas fixées. En particulier, les écoles resteraient ouvertes. L'opinion ne paraît pas, en revanche, tout à fait prête à recevoir sereinement cette mesure qui relance le débat du confinement ciblé.

Ce week-end, le nombre de personnes en réanimation a joué au yoyo. Samedi, on comptait 16 réanimés en moins par rapport à vendredi, mais ce nombre a connu une nouvelle poussée de fièvre dimanche (2.955 personnes) pour flirter dangereusement avec les 3.000 personnes, jauge qui appellera un nouveau confinement. 

Macron prendrait la parole mercredi

Il semblerait qu’Emmanuel Macron prenne la parole mercredi soir pour annoncer un nouveau confinement, dont les détails ne sont pas encore connus. Si l’Elysée a démenti cette rumeur, il est en tout cas acquis d’un conseil de défense se tiendra mercredi pour évoquer la question. Et, à moins d’un miracle, la lente montée du nombre de réanimés devrait lever toute réticence du pouvoir exécutif pour imposer une mesure qui durerait au moins trois semaines. 

Mais, pour l’instant, les écoles resteraient ouvertes. 

Au demeurant, le professeur Delfraissy, président du conseil scientifique qui entoure Emmanuel Macron, préconise lui-même un reconfinement rapide et ne s’en cache pas

On ne peut pas attendre parce qu'il est toujours plus efficace d'être en préventif plutôt que de mettre en place un confinement alors qu'on est déjà au bord de craquer. Plusieurs indicateurs nous laissent penser qu'on est très proche d'une situation extrêmement dangereuse.

Karine Lacombe

24 janvier 2021

Le reconfinement ciblé revient en force

Le principe du reconfinement ne coule toutefois pas de source et de nombreuses voies s’élèvent pour privilégier un reconfinement ciblé sur les personnes les plus exposés au virus (en particulier les personnes âgées). C’est notamment le cas de l’infectiologue Odile Launay, qui préconise cette mesure pour épargner le reste de la population

Un mouvement de refus sur les réseaux sociaux

Il n’est pas évident que ce reconfinement passe dans l’opinion comme une lettre à la poste. Sur Twitter, le hashtag « JeNeMeReconfineraiPas » était en tête des tendances quotidiennes. 

#JeNeMeReconfineraiPas
Faites tourner au maximum !!!! pic.twitter.com/PLoW7y3gTp

— NRM (@NRM13889593) January 24, 2021

Des appels à la désobéissance citoyenne sont lancés pour le 1er février. Il est probable que l’opinion publique soit, pour une part importante, lassée par l’isolement et par les restrictions de libertés. Aux Pays-Bas, des manifestations contre le confinement ont tourné à l’affrontement

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À partir d’avant-hierLe courrier des stratèges

Castelnau : Les juges demandent en ce moment à Macron « Qui t’a fait roi? »

Par Éric Verhaeghe

Régis de Castelnau vient de publier Une justice politique aux éditions de l'Artilleur. Cet ouvrage consacré à la politisation de la justice détaille la façon dont un gouvernement des juges s'est mis en place durant les trente dernières années en France, violant au besoin l'état de droit pour mettre le pouvoir exécutif sous l'influence discrétionnaire d'une haute magistrature de gauche. Castelnau souligne le rôle déterminant que ces magistrats ont joué dans l'élection d'Emmanuel Macron, et le rôle qu'il joue aujourd'hui dans la mise sous pression du pouvoir politique.

Cette interview détaillée de Régis de Castelnau dresse un portrait édifiant de la dérive qui éloigne chaque jour un peu plus la justice française de l’état de droit et de l’impartialité. En examinant l’évolution de l’autorité judiciaire depuis la création du Parquet National Financier (PNF) par François Hollande jusqu’aux informations judiciaires ouvertes contre Eric Dupont-Moretti, on comprend que, progressivement, la justice est devenue un acteur politique redoutable, faisant et défaisant les présidents.

Un livre salutaire. 

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Génération-Frexit : « Le Frexit obligera à de nombreuses suppressions d’emplois publics »

Par Éric Verhaeghe

Le Courrier des Stratèges a reçu Charles-Henri Gallois, leader du mouvement Génération Frexit qui porte actuellement une pétition pour un referendum sur un Frexit. Cette pétition peut être signée sur le site : www.referendum-frexit.org. N'hésitez pas à la signer. L'interview a donné l'occasion d'examiner les conséquences prévisibles du Frexit, notamment la contrainte de diminuer les dépenses publiques et les emplois de fonctionnaires en cas de sortie de l'Union.

Je remercie l’excellent Charles-Henri Gallois de m’avoir accordé cette interview sur le Frexit, qui me donne l’occasion de préciser ma position libertarienne sur le sujet.

De mon point de vue, l’adhésion de la France à l’Union Européenne, et plus singulièrement encore au traité de Maastricht, comporte un effet pervers : compte tenu de notre poids politique en Europe, cette appartenance nous permet de jouer aux passagers clandestins, en profitant de la signature de l’épargnant allemand pour emprunter à taux bas et pour dépenser sans compter. Cette facilité nous dispense de réformer, nous permet de recruter toujours plus de fonctionnaires, toujours moins efficients, de lever toujours plus d’impôts qui appauvrissent et épuisent progressivement les forces vives du pays. 

La seule façon efficace de revenir à un Etat efficace et sobre est de sortir de l’Union Européenne : seuls face à la concurrence internationale, nous devrons nous adapter, notamment en licenciant sans délai la masse de bureaucrates qui vivent sur le dos du pays en inventant toujours plus de règles étouffantes pour justifier leur emploi. 

Le Frexit est une bonne chose, donc. Non pour les facilités qu’il nous donnera, mais pour les contraintes qu’il créera…

Je remercie Charles-Henri Gallois d’avoir conforté ce point de vue. Signez sa pétition ! et ne manquez pas l’illustration que je donne de ces propos dans l’article que je consacre au projet de l’excellent Boris Johnson appelé « Singapour sur Tamise ». Un projet édifiant !

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🎖Pourquoi il faut attendre encore un peu avant de s’expatrier à Londres…

Par Éric Verhaeghe

S'expatrier à Londres était une idée à la mode avant le Brexit. Le divorce avec l'Union Européenne a créé un climat d'incertitude, et beaucoup ont nourri la conviction que la Grande-Bretagne sans l'Union n'avait pas d'avenir et était condamnée à un inexorable déclin. Dans la pratique, la solitude nouvelle des Britanniques devrait leur permettre de se livrer à une concurrence féroce avec leurs anciens partenaires, même si le traité de sortie limitent en théorie les possibilités de recourir à cette stratégie. L'émergence d'un Singapour-sur-Tamise est toutefois plausible dans les années à venir, avec tout ce que cela peut comporter.

L’expatriation à Londres a longtemps été à la mode pour les entrepreneurs français et pour quelques rentiers prêts à subir le climat grand-breton. Mais le Brexit a changé les mentalités, donnant le sentiment que le commerce entre la capitale anglaise et le reste du continent, dont la France, serait moins fluide. Dans la pratique, les prochaines années pourraient donner lieu à une résurrection de Londres, portée par le projet dit de « Singapour sur Tamise », qui mérite d’être étudié avec soin. 

Singapour sur Tamise, c’est quoi ?

Le projet de « Singapour sur Tamise » consiste évidemment à créer un paradis fiscal grâce aux changements de règles du jeu permises par la sortie hors de l’Union Européenne. En particulier, depuis plusieurs mois, il est acté que l’impôt sur les sociétés doit passer à 15% (au lieu de 19%) en 2021, et il est fortement question que la TVA passe de 20 à 10%. 

En outre, la Grande-Bretagne devrait fortement baisser ses droits de douane. 

Bien entendu, les Français se pincent en lisant ces taux d’imposition ridiculement bas par rapport à l’enfer fiscal dans lequel nous vivons. Mais c’est précisément l’objectif recherché par les Anglais et leur fameux Bo-Jo que la presse française adore traîner dans la boue façon Trump. Le Singapour-sur-Tamise vise à créer un lieu d’attractivité pour tout ce que l’Europe compte d’entrepreneurs talentueux ou prometteurs. 

Boris Johnson passe à l’attaque

Avant-hier, Boris Johnson a d’ailleurs tenu la première réunion de son « business council » pour passer en revue les mesures de dérégulation qui permettrait de stimuler la croissance économique de Londres, et son attractivité mondiale. Avec une trentaine de grands patrons britanniques, il a commencé à bâtir une stratégie dite du « build back better », « reconstruire en mieux », en français, qui inquiète beaucoup les Européens. 

“The prime minister outlined the need to seize opportunities of Brexit, support job creation, cement the UK’s position as a science superpower, deliver an upgrade to infrastructure and launch a green industrial revolution”

Premier Ministre UK

Devenir une superpuissance scientifique, améliorer les infrastructures pour lancer une révolution industrielle verte : le dynamisme britannique devrait transformer le visage d’un pays sclérosé par son appartenance à l’Union Européenne. 

Une réaction cinglante de la Commission Européenne

Cette volonté de profiter du Brexit pour se développer rapidement a beaucoup agacé la Commission Européenne qui s’est fendu d’un communiqué vengeur. La Commission menace Boris Johnson d’un chaos commercial à ses frontières si le projet du Singapour-sur-Tamise n’est pas abandonné. 

On n’en est pas encore à parler de blocus continental, mais ça ne saurait tarder. En tout cas, alors que les Européens du continent entendent depuis plusieurs années des vociférations catastrophistes sur les risques du Brexit pour la Grande-Bretagne elle-même, Bo-Jo a l’air de plutôt garder la forme et d’avoir plein de projets d’avenir…

Suivre l’évolution de près, et ne pas se précipiter

Face à l’enfer fiscal dont la dégradation en France est d’ores et déjà programmée, il faudra donc suivre avec attention l’évolution de la Grande-Bretagne. Nous avons déjà évoqué l’intérêt de la Suisse, du Luxembourg ou des Pays-Bas, pour tous ceux qui souhaitent sauver ce qui peut encore l’être du désastre qui s’annonce en France. Mais la transition que vit aujourd’hui a Grande-Bretagne est intéressante et pourrait donner lieu à de très belles surprises. 

En revanche, il faut attendre un peu avant de se précipiter et de vanter les mérites de la Grande-Bretagne. Les prochaines semaines devraient clarifier la situation.

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Maffesoli : une société en pleine décadence

Par Éric Verhaeghe

Michel Maffesoli nous livre un texte direct et panoramique sur la décadence de notre société que suscitent nos élites. A force d'être obsédées par la morale et par une étiquette de cour, ces élites se sont détournées de flux du vivant et entretiennent une vision artificielle de la société dont le seul destin est de disparaître.

Michel Maffesoli

Professeur émérite à la Sorbonne

S’accorder au cycle même du monde, voilà ce qui est la profonde sagesse des sociétés équilibrées. Tout comme, d’ailleurs, de tout un chacun. C’est cela même qui fonde le sens de la mesure. Le « bon sens » qui, selon Descartes, est la chose du monde la mieux partagée. Bon sens qui semble perdu de nos jours. Tout simplement parce que l’opinion publiée est totalement déconnectée de l’opinion publique.

Mais pour un temps, sera-t-il long ? cette déconnection est quelque peu masquée. C’est la conséquence d’une structure anthropologique fort ancienne : la stratégie de la peur.

La stratégie de la peur pour se maintenir au pouvoir

D’antique mémoire, c’est en menaçant des supplices éternels de l’enfer que le pouvoir clérical s’est imposé tout au long du Moyen-Âge. Le protestantisme a, par après, fait reposer « l’esprit du capitalisme » (Max Weber) sur la théologie de la « prédestination ». Vérifier le choix de dieu : être élu ou damné aboutit à consacrer la « valeur travail ». L’économie du salut aboutit ainsi à l’économie stricto sensu !

Dans la décadence en cours des valeurs modernes, dont celle du travail et d’une conception simplement quantitativiste de la vie, c’est en surjouant la peur de la maladie que l’oligarchie médiatico-politique entend se maintenir au pouvoir. La peur de la pandémie aboutissant à une psycho-pandémie d’inquiétante allure.

Comme ceux étant censés gérer l’Enfer ou le Salut, la mise en place d’un « Haut commissariat au Bonheur » n’a, de fait, pour seul but que l’asservissement du peuple. C’est cela la « violence totalitaire » du pouvoir : la protection demande la soumission ; la santé de l’âme ou du corps n’étant dès lors qu’un simple prétexte.

Le spectre eugéniste, l’aseptie de la société, le risque zéro sont des bons moyens pour empêcher de risquer sa vie. C’est-à-dire tout simplement de vivre ! Mais vivre, n’est-ce pas accepter la finitude ? Voilà bien ce que ne veulent pas admettre ceux qui sont atteints par le « virus du bien ». Pour utiliser une judicieuse métaphore de Nietzsche, leur « moraline » est dès lors on ne peut plus dangereuse pour la vie sociale, pour la vie tout court !

La morale comme instrument de domination

Étant entendu, mais cela on le savait de longue date, que la morale est de pure forme. C’est un instrument de domination. Quelques faits divers contemporains, animant le Landernau germanopratin montrent, à loisir que tout comme le disait le vieux Marx, à propos de la bourgeoisie, l’oligarchie « n’a pas de morale, elle se sert de la morale ».

Le moralisme fonctionne toujours selon une logique du « devoir-être », ce que doivent être le monde, la société, l’individu et non selon ce que ces entités sont en réalité, dans leur vie quotidienne. C’est cela même qui fait que dans les « nuées » qui sont les leurs, les élites déphasées ne savent pas, ne veulent pas voir l’aspect archétypal de la finitude humaine. Finitude que les sociétés équilibrées ont su gérer.

C’est cela le « cycle du monde ». Mors et vita ! Le cycle même de la nature : si le grain ne meurt… Qu’est-ce à dire, sinon que la beauté du monde naît, justement, de l’humus ; du fumier sur lequel poussent les plus belles fleurs. Régle universelle faisant de la souffrance et de la mort des gages d’avenir.

En bref, les pensées et les actions de la vie vivante sont celles sachant intégrer la finitude consubstantielle à l’humaine nature. À la nature tout court, mais cela nous oblige à admettre qu’à l’opposé d’une histoire « progressiste » dépassant, dialectiquement, le mal, la dysfonction et pourquoi pas la mort, il faut s’accommoder d’un destin autrement tragique, où l’aléa, l’aventure le risque occupent une place de choix.

Pour une philosophie progressive

Et au-delà du rationalisme progressiste, c’est bien de cette philosophie progressive dont est pétrie la sagesse populaire. Sagesse que la stratégie de la peur du microcosme ne cesse de s’employer à dénier. Et ce en mettant en œuvre ce que Bergson nommait « l’intelligence corrompue », c’est-à-dire purement et simplement rationaliste.

Ainsi le funambulisme du microcosme s’emploie-t-il pour perdurer à créer une masse infimie de zombies. Des morts-vivants, perdant, peu à peu, le goût doux et âcre à la fois de l’existence . Par la mascarade généralisée, le fait de se percevoir comme un fantôme devient réel. Dès lors, c’est le réel qui, à son tour, devient fantomatique.

Monde fantomatique que l’on va s’employer à analyser d’une manière non moins fantomatique. Ainsi, à défaut de savoir « déchiffrer » le sens profond d’une époque, la modernité, qui s’achève, et à défaut de comprendre la postmodernité en gestation, l’on compose des discours on ne peut plus frivoles. Frivolités farcies de chiffres anodins  et abstraits

Il est, à cet égard, frappant de voir fleurir une quantophrénie ayant l’indubitabilité de la Vérité ! Carl Schmidt ou Karl Löwith ont, chacun à leur manière, rappelé que les concepts dont se servent les analyses politiques ne sont que des concepts théologiques sécularisés.

La dogmatique théologique propre à la gestion de l’Enfer ou la dogmatique progressiste théorisant la « valeur travail » s’inversent en « scientisme » prétendant dire ce qu’est la vérité d’une crise civilisationnelle réduite en crise sanitaire. « Scientisme » car le culte de la science est omniprésent dans les divers discours propres à la bien-pensance.

Cet étrange culte de la science

Il est frappant d’observer que les mots ou expressions, science, scientifique, comité scientifique, faire confiance à la Science et autres de la même eau sont comme autant de sésames ouvrant au savoir universel. La Science est la formule magique par laquelle les pouvoirs bureaucratiques et médiatiques sont garants de l’organisation positive de l’ordre social. Il n’est jusqu’aux réseaux sociaux, Facebook, Tweeter, Lindkedin, qui censurent les internautes qui « ne respectent pas les règles scientifiques », c’est-à-dire qui ont une interprétation différente de la réalité. Doute et originalité qui sont les racines de tout « progrès » scientifique !

Oubliant, comme l’avait bien montré Gaston Bachelard que les paradoxes d’aujourd’hui deviennent les paradigmes de demain, ce qui est le propre d’une science authentique alliant l’intuition et l’argumentation, le sensible et la raison, le microcosme se contente d’un « décor » scientiste propre à l’affairement désordonné qui est le sien.

Démocrates, peut-être, mais démophiles, certainement pas

Politiques, journalistes, experts pérorant jusqu’à plus soif sont en effet, à leur « affaire » : instruire et diriger le peuple, fût-ce contre le peuple lui-même. Tant il est vrai que les démocrates auto-proclamés sont très peu démophiles. Au nom de ce qu’ils nomment la Science, ils vont taxer de populistes, rassuristes voire de complotistes tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs lieux communs.

On peut d’ailleurs leur retourner le compliment. Il suffit d’entendre, pour ceux qui en ont encore le courage, leur lancinante loggorhée, pour se demander si ce ne sont pas eux, les chasseurs de fake news, qui sont les protagonistes essentiels d’une authentique « complosphère »[1]. Très précisément parce qu’ils se contentent de mettre le monde en spectacle.

Pour reprendre le mot de Platon, décrivant la dégénérescence de la démocratie, la « Théâtrocratie » est leur lot commun. Politique spectacle des divers politiciens, simulacre intellectuel des experts de pacotille et innombrables banalités des journalistes servant la soupe aux premiers, tels sont les éléments majeurs constituant le tintamarre propre à ce que l’on peut nommer la médiocrité de la médiacratie.

Face à l’inquisition de l’infosphère

J’ai qualifié ce tintamarre « d’infosphère ». Nouvelle inquisition, celle d’une élite déphasée regardant « de travers » tout à la fois le peuple malséant et tous ceux n’adhérant pas au catéchisme de la bienpensance. « Regarder de travers », c’est considérer ceux et ce que l’on regarde en coin comme étant particulièrement dangereux. Et, en effet, le peuple est dangereux. Ils ne sont pas moins dangereux tous ceux n’arrivant pas à prendre au sérieux la farce sanitaire mise en scène par les théâtrocrates au pouvoir.

Il faudrait la plume d’un Molière pour décrire, avec finesse, leurs arrogantes tartufferies. Leur pharisianisme visant à conforter la peur, peut aller jusqu’à susciter la délation, la dénonciation de ceux ne respectant pas la mise à distance de l’autre, ou de ceux refusant de participer au bal masqué dominant. Leur jésuitisme peut également favoriser la conspiration du silence vis-à-vis du mécréant. (celui qui met en doute La Science). Et parfois même aller jusqu’à leur éviction pure et simple des réseaux sociaux.

Dans tous ces cas, il s’agit bien de la reviviscence inquisitoriale. La mise à l’Index : Index librorum prohibitorum. Délation et interdiction selon l’habituelle manière de l’inquisition : au moyen de procédures secrètes. L’entre-soi est l’élément déterminant de la tartufferie médiatico-politique. L’omerta mafieuse : loi du silence, faux témoignages, informations tronquées, demi-vérités, sournoiseries etc. Voilà bien le modus operandi de la fourberie en cours. Et tout un chacun peut compléter la liste de ces parades théâtrales.

Voilà les caractéristiques essentielles de « l’infosphère », véritable complosphère dominante. Mafia, selon la définition que j’ai proposée des élites, rassemblant « ceux qui ont le pouvoir de dire et de faire ». Puis-je ici rappeler,  à nouveau,  une rude expression de Joseph de Maistre pour décrire ceux qui sont abstraits de la vie réelle : « la canaille mondaine ».

Peut-être faudrait-il même dire « demi-mondaine ». Ce qui désigne, selon Alexandre Dumas, une « cocotte » richement entretenue et se manifestant bruyamment dans la sphère médiatique, le théâtre et la vie publique ou politique. Demi-monde on ne peut plus nébuleux dont les principales actions sont de déformer la réalité afin de la faire rentrer en congruence avec leur propre discours. Demi-mondaines entretenues par l’État ou les puissances financières de la démocratie afin de faire perdurer un état de choses désuet et rétrograde.

Mais cette déformation de la réalité a, peu à peu, contaminé l’espace public.

C’est cela le cœur battant du complotisme de « l’infosphère » : entretenir « mondainement » la peur de l’enfer contemporain. Anxiété, restriction des libertés acceptée, couardise, angoisse diffuse et tout à l’avenant au nom du « tout sanitaire ». Forme contemporaine du « tout à l’égoût » !

Une vraie psycho-pandémie

Sans nier la réalité et l’importance du virus stricto sensu, sans négliger le fait qu’il ait pu provoquer un nombre non négligeable de décès, ce qui n’est pas de ma compétence, il faut noter que le « virus » s’est introduit de manière essentielle dans nos têtes. Ce qui devrait nous conduite à parler d’une « psycho-pandémie » suscitée et entretenue par l’oligarchie médiatico-politique.

Psycho-pandémie comme étant la conséquence logique de ce que Heidegger nomme la « pensée calculante » qui, obnubilée par le chiffre et le quantitatif et fascinée par une  logique abstraite du « devoir être », oublie la longue rumination de la « pensée méditante » qui, elle, sait s’accorder, tant bien que mal à la nécessité de la finitude.

Voilà ce qui, pour l’immédiat suscite une sorte d’auto-anéantissement ou d’auto-aliénation conduisant à ce que ce bel esprit qu’était La Boétie nommait la « servitude volontaire ». Ce qui est, sur la longue durée des histoires humaines, un phénomène récurrent. Cause et effet de la stratégie de la peur qui est l’instrument privilégié de tout pouvoir, quel qu’il soit.

Stratégie de la peur qui, au-delà ou en-deçà de l’idéal communautaire sur lequel se fonde tout être ensemble, aboutit, immanquablement à une grégaire solitude aux conséquences on ne peut plus dramatique : violence perverse, décadence des valeurs culturelles, perte du sens commun et diverses dépressions collectives et individuelles. L’actualité n’est pas avare d’exemples illustrant une telle auto-aliénation !

Il est deux expressions qui devraient nourrir la pensée méditante, ce que Durkheim nomme le « conformisme  logique », ou ce que Gabriel Tarde analyse dans « les lois de l’imitation ». Des insanités déversées d’une manière lancinante, dans la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle par l’oligarchie, au spectacle du bal masqué que nous offre la réalité quotidienne, on voit comment la stratégie de la peur induite par l’inquisition contemporaine aboutit à un état d’esprit tout à fait délétère, et on ne peut plus dangereux pour toute vie sociale équilibrée.

Cette grégaire solitude est particulièrement angoissante pour les jeunes générations auxquelles est déniée tout apprentissage vital. Et c’est pour protéger des générations en fin de vie que l’on sacrifie une jeunesse qui est, ne l’oublions pas, la garante de la société à venir.

De diverses manières de bons esprits ont rappelé qu’une société prête à sacrifier la liberté, la joie de vivre, l’élan vital en échange de sécurité et de tranquillité ne mérite ni les uns, ni les autres. Et, in fine, elle perd le tout. N’est-ce point cela qui menace, actuellement, la vie sociale en son ensemble ?

De la raison sensible

Mais une fois le diagnostic fait, il est nécessaire de formuler un pronostic pertinent. Ainsi, en accord avec le réalisme que l’on doit à Aristote ou à Saint Thomas d’Aquin, il faut savoir mettre en oeuvre un chemin de pensée alliant les sens et l’esprit. Ce que j’ai nommé la « raison sensible ».

Voilà qui peut mettre à bas les châteaux de cartes du rationalisme étroit dans lequel les concepts abstraits servent de pseudo-arguments. Le bon sens et la droite raison réunis peuvent permettre de mettre un terme au brouhaha des mots creux. C’est bien d’ailleurs ce qui est en train de se passer sur les réseaux sociaux dans lesquels grâce aux tweets, forums de discussion, échanges sur Facebook, sites et blogs de résistance divers et presse en ligne est en train de s’élaborer une manière de penser et d’agir différente. Il faut être attentif à la société officieuse en gestation, totalement étrangère à la société officielle propre à l’oligarchie médiatico-politique.

Il est une heureuse expression que l’on doit à l’universitaire et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard (1763 – 1845) qu’il est utile de rappeler de nos jours. C’est ainsi qu’il oppose « le pays légal au pays réel ». Par après cette opposition a été reprise, diversement, par Auguste Comte ou Charles Maurras. Mais elle a l’heur de nous rappeler que parfois, il existe un divorce flagrant qui oppose la puissance populaire, puissance instituante, au pouvoir officiel et institué. C’est ce qui permet de saisir la lumière intérieure du bon sens populaire. C’est ce qui permet de comprendre qu’au-delà de la décomposition d’une société peut exister une renaissance. C’est cette métamorphose qui est en cours. Et au-delà de la soumission induite par la protection, c’est dans le « pays réel » que se préparent les soulèvements fondateurs d’une autre manière d ‘être ensemble.

Ainsi de la révolte des « gilets jaunes » à la résistance, multiforme, à la mascarade, à la distanciation, voire aux vaccins, c’est une métamorphose sociétale qui se prépare. Le « monde d’après » est déjà là. Métamorphose qui bien évidemment à ce que Vilfredo Pareto nommait, avec pertinence, la « circulation des élites ». 

La faillite des élites est déjà là

Une telle circulation est inéluctable. La faillite des élites est, maintenant, chose acquise. La forte abstention aux diverses élections, la désaffection vis-à-vis des organes de presse, émissions de télévision ou radio en portent témoignage. Ce que l’on peut appeler « des bulletins paroissiaux » n’intéresse que des affidés, des petites sectes médiatico-politiques se partageant le pouvoir.

Or le propre des « sectaires » est, en général, d’être totalement aveugles vis-à-vis de ce qui échappe à leur dogmatique. C’est ainsi que tout en considérant cela comme dangereux, ils sont incapables de repérer et de comprendre ces indices hautement significatifs que sont les rassemblements festifs se multipliant un peu partout. Il en est de même des multiples transgressions aux divers « confinements » et autres « couvre-feu » promulgués par l’appareil technico-bureaucratique. Et l’on pourrait multiplier à loisir des exemples en ce sens.

Lorsque dans les années 70, je soulignais que la vraie violence, la « violence totalitaire » était celle d’une « bureaucratie céleste » voulant aseptiser la vie sociale et ce en promulguant la nécessité du risque zéro, je rappelais qu’à côté d’une soumission apparente existaient une multiplicité de pratiques rusées. Expression d’une duplicité structurelle : être tout à la fois double et duple.

Il s’agit là d’un quant à soi populaire assurant, sur la longue durée, la survie de l’espèce et le maintien de tout être ensemble. C’est bien un tel « quant à soi » auquel l’on rend attentif tout au long de ces pages. Il témoigne d’une insurrection larvée dont la tradition donne de nombreux exemples et qui ponctue régulièrement l’histoire humaine.

Duplicité anthropologique de ce bon sens dont Descartes a bien montré l’importance. Duplicité qui à l’image de ce qu’il disait : « larvatus prodeo », l’on s’avance masqué dans le théâtre du monde. Mais il s’agit là d’un masque provisoire qui sera, plus ou moins brutalement, ôté lorsque le temps s’y prêtera. Et ce en fonction du vitalisme populaire qui sait, de savoir incorporé, quand il convient de se soulever. Et ce avant que le bal masqué ne s’achève en danse macabre !

[1] Je renvoie ici à la lucide et sereine analyse de Raphaël Josset, Complosphère. L’esprit conspirationniste à l’ère des réseaux, Lemieux éditeurs, 2015

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Mais pourquoi LREM fait-il tant pression pour obtenir le vote électronique ?

Par Éric Verhaeghe

Alors que le vote électronique est au coeur de nombreuses polémiques aux Etats-Unis où il a conduit à un soupçon large de fraude (qui explique la prise du Capitole par des insurgés), les hiérarques de LREM et de son entourage n'ont de cesse de vouloir son extension à la France. Après une tentative de passage par une porte dérobée à l'Assemblée Nationale, au travers un amendement sur les élections présidentielles, le parti revient à la charge en proposant l'instauration du vote électronique et du vote par correspondance. Bizarre.

On se souvient qu’il y a peu, des députés, dissidents de LREM comme Matthieu Orphelin, avaient déposé un amendement favorable à l’instauration du vote par correspondance aux élections présidentielles, quelques jours à peine après que ce vote a provoqué la colère de la foule américaine tant il est opaque. L’amendement a finalement été jugé irrecevable. 

Mais… chassez le renard par la porte, il revient par la fenêtre. Les militants de LREM ont reçu cette semaine un mail circulaire leur annonçant le nouveau combat de leur parti favori : l’instauration du vote électronique et… du vote par correspondance. Une véritable obsession !

La proposition est mentionnée dans un livret intitulé « Nouveaux outils démocratiques », dont l’ancien ministre de la Défense Alain Richard a coordonné la rédaction. Décidément, l’attachement à quelque chose qui ne marche pas est aussi une pratique (inexpliquée à ce jour) de la République en Marche. 

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Document exclu : l’azithromycine de Raoult largement prescrite dans les EHPAD

Par Éric Verhaeghe

Le débat sur l'efficacité des traitements préconisés par le professeur Raoult est très loin d'être fini. Alors que l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine a soulevé des tempêtes en France, plus discrètement, on s'aperçoit que les prescriptions d'azithromycine pour les cas complexes de COVID sont légion, y compris dans les EHPAD. Nous publions aujourd'hui la copie de deux commandes dressées par Médecin sans Frontière à l'occasion d'une intervention dans un EHPAD. Comme on le voit l'azythromycine y figure en bonne place.

Dans les cas graves, l’azithromycine est régulièrement commandée et recommandée par les médecins en charge des traitements. C’est notamment le cas des patients soignants pris en charge par Médecins sans Frontières. 

Médecins sans Frontières a beaucoup utilisé l’azithromycine

Comme on le voit sur les documents ci-dessus, MSF utilise l’azithromycine 250 pour les personnes âgées présentant des complications liées au COVID. On y verra la reconnaissance de l’efficacité d’un produit sur l’utilisation duquel l’ANSM avait pourtant émis une alerte dès le mois de mars

MSF présente dans 56 EHPAD !

Au passage, le système public de santé doit beaucoup à l’association non gouvernementale, qui est intervenue dans 56 EHPAD depuis avril 2020 pour prendre en charge des clusters. Cet effort colossal rappelle la grande misère des EHPAD, confrontés à des cas de vieillissement de plus en plus complexes, de plus en plus lourds à prendre en charge, sans qu’un système viable de dépendance n’ait été mis en place. 

En situation de crise, ce sont finalement les associations sans but lucratif qui ont évité que les établissements publics ne chavirent. 

MSF témoigne de la grande difficulté des EHPAD

On lira les témoignages fournis par MSF sur la très grande difficulté des EHPAD, sous-dimensionnés pour faire face au défi sanitaire du virus. 

Faute de renforts médicaux suffisants et régulièrement confronté à l’impossibilité d’hospitaliser leurs résidents malades lors de la première vague, une partie du personnel de ces établissements est épuisé après avoir vécu des expériences traumatisantes qu’il redoute de devoir à nouveau affronter. Des aide-soignants ont ainsi rapporté à nos équipes avoir dû gérer, de nuit et avec pour seul soutien une assistance téléphonique, des cas médicaux complexes, allant bien au-delà de leur formation, voire assister impuissants à l’agonie de résidents en manque d’oxygène, faisant de leur mieux pour les soulager sans moyen adaptés. 

Médecin sans frontières

En réalité, les EHPAD ont été régulièrement abandonnés par le système sanitaire et ont dû improviser leur réaction au virus sans soutien clair des pouvoirs publics. La campagne de vaccination a confirmé, par ses ratés, ce sentiment d’isolement ou de solitude. 

Des personnes âgées ont-elles été sacrifiées durant la lamentable gestion de la crise ? Une enquête parlementaire serait ici bien utile. 

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Fin annoncée du chômage partiel : quelle conséquence fiscale de l’imminente casse sociale ?

Par Éric Verhaeghe

Subrepticement, Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, vient d'annoncer la fin programmée du "quoiqu'il en coûte", poussé par le Fonds Monétaire International. Concrètement, en 2021, le gouvernement devrait juguler l'hémorragie de fonds publics qui zombifient nos entreprises et explose les comptes de l'Etat. Sauf que l'arrêt du chômage partiel risque de déstabiliser en profondeur une société française endormie par les promesses inconsidérées de ses dirigeants sur la possibilité de traverser la crise sans effort. Attention aux effets de bord qui risquent d'avoir un fort impact sur votre épargne.

«Si 2021 marquera la fin de la crise et de la pandémie comme tout le monde l'espère, il faut aussi que 2021 marque la sortie du 'quoi qu'il en coûte' (...) «le niveau de dépenses que nous connaissons aujourd'hui n'est pas soutenable dans le temps».

Olivier Dussopt

Ministre des Comptes Publics

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On nous aurait menti ? L’Etat ne peut pas, en permanence, s’endetter pour payer les salaires des entreprises dont il ordonne l’arrêt d’activité ? Non… on n’y croit pas. On avait compris le contraire…

Dussopt et l’effet FMI

Au demeurant, cette petite phrase n’a surpris aucun de ceux qui suivent l’actualité. Dès lundi, le FMI publiait un rapport invitant la France à restreindre ses dépenses publiques. La réaction n’a pas tardé. Le jour même, Bruno Le Maire remettait la réforme des retraites sur le tapis, et le lendemain, Dussopt annonçait la fin prochaine du chômage partiel. 

On ne sera au demeurant pas complètement dupe de ces prises de position : elles servent autant à calmer les créanciers qu’à annoncer de vraies mesures, et il y a souvent loin de la coupe aux lèvres. Il n’en demeure pas moins que, même si la volonté du gouvernement de tailler dans le vif est relative et ne doit pas être sur-estimée, l’angoisse monte et les mots qui fâchent sont prononcés. 

La fin du chômage partiel, un moment douloureux

Le rapport du FMI n’a pas caché ses intentions : il faut arrêter la zombification de l’économie par des aides qui maintiennent vivantes des entreprises sans avenir. Chacun y lira ce qui l’arrange, mais, en substance, le moment de lâcher en rase campagne tous les artisans, commerçants, et autres travailleurs indépendants que l’Etat soutient à bout de bras est venu. Et l’une des premières mesures prises pour y arriver passe par l’interruption du chômage partiel, qui va contraindre à de nombreux licenciements. 

Une casse sociale se prépare donc, qui aura des allures de gueule de bois pour beaucoup de Français. Shootés depuis plusieurs mois à l’illusion que l’Etat peut s’endetter sans avoir jamais à rembourser ses dettes, beaucoup de salariés vont brutalement découvrir qu’on leur a menti et que le moment est venu de passer à la moulinette de l’austérité budgétaire. Et cette moulinette devrait d’abord se traduire par des caravanes de chômeurs un peu partout dans nos villes et nos campagnes. 

L’épargnant, victime expiatoire commode

On sait par coeur quels sont les réflexes de la gauche française, et particulièrement de la gauche syndiquée, lorsque le gouvernement annonce une réduction des dépenses publiques et un effort collectif pour rétablir les comptes publics : l’antienne du « il faut faire payer les riches » est immédiatement répétée à l’envi jusqu’à ce qu’épuisement s’en suive. Bien évidemment, personne ne sait exactement ce qu’est un « riche », et personne ne s’occupe non plus de savoir si les vrais riches sont encore en France ou, depuis longtemps, à l’étranger. 

L’essentiel est que ce soit « les autres » qui portent l’effort, c’est-à-dire ceux qui ont disposent de revenus supérieurs à la moyenne. On comprend rapidement qui sera visé dans cette bronca : les propriétaires immobiliers (surtout ceux qui disposent d’une résidence secondaire), les épargnants qui ont mis un peu d’argent sur un contrat d’assurance-vie, les possesseurs d’actifs financiers. 

Il n’est pas acquis, face à la curée qui se prépare, que le Président puisse encore longtemps tenir sa promesse de ne pas augmenter les impôts, et les raisons de taxer les riches pour plaire à la masse s’imposeront d’elles-mêmes. Voilà un paramètre à bien réfléchir dans les semaines qui viennent dans toute stratégie patrimoniale. 

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Instrumentalisation politique du COVID : la vérité sort de la bouche des Flamands

Par Éric Verhaeghe

Le COVID est-il instrumentalisé par certains gouvernements pour transformer la société, comme le préconise le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, dans son livre The Great Reset paru en juillet 2020 ? Cette idée est largement combattue par les propagandes officielles du monde entier... sauf en Belgique, et plus particulièrement en Flandre, où les élites n'ont pas la malice des grands pays. On retiendra, au cours de ces trois derniers mois, des aveux confondants sur les calculs politiques qui expliquent certains choix ou certaines décisions jugées absurdes par les citoyens.

Si certains soupçonnent les ou des gouvernements d’instrumentaliser le COVID, en s’entendant accuser de complotisme, ils trouveront dans les déclarations successives de responsables belges, et tout spécialement flamands, de bonnes raisons de nourrir la suspicion. 

Un banquier belge lâche une bombe sur le travail indépendant

Il y a quelques jours, le PDG namurois (mais le Comté de Namur appartenait à la Flandre bourguignonne…) de la banque Belfius a publiquement lâché une bombe sur la disparition des petits commerces. Ce fameux Marc Raisière, ancien de l’université catholique de Louvain, a dit les choses telles qu’il les pense :

Bien sûr qu'il y aura des faillites! Mais n'avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique? Etaient-ils tous rentables? Etaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir? J'ai bien conscience de parler très crûment mais les économies ont de temps à autre besoin d'une vague d'assainissements. Les entreprises zombies (ces entreprises dont les actifs ne couvrent pas les dettes, Ndlr) vont disparaître. Est-ce grave? Pour leur propriétaire et leur personnel, certainement, mais pas pour l'économie. D'autres naîtront sur leurs cendres. De nouvelles activités se créeront.

Marc Raisière, PDG de Belfius

Pour ceux qui avaient un doute sur le sens des propos de Klaus Schwab à ce sujet (à savoir que le COVID conduira au remplacement des petits commerces de bouche par des chaînes mondialisées de restauration), les réponses de Marc Raisière dissipent le flou. 

Eva de Bleeker, la ministre flamande qui a vendu la mèche sur le prix des vaccins

Durant la trêve des confiseurs, la ministre belge du Budget, la libérale flamande Eva de Bleeker, avait commis une autre boulette. Elle a tout simplement révélé le prix d’achat des vaccins par la Commission Européenne, à l’occasion d’un tweet malheureux. 

Waarom is die tabel nu weg? pic.twitter.com/lVugcatLd5

— Pieter Vanderwee (@VanderweePieter) December 17, 2020

Qu’est-ce qu’ils sont gaffeurs, ces Flamands…

Quand le ministre de la Santé avoue que le confinement sert à produire un électrochoc, pas à prévenir la contamination

Fin novembre, un autre politicien flamand, le ministre fédéral de la Santé, Franck Vandenbroucke (socialiste), avait commis un autre impair, en donnant les vraies raisons du confinement décidé en Belgique au mois de novembre :

Malgré le soulagement, un goût amer traîne dans la gorge des commerçants après que le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a) a indiqué que faire ses courses ne présentait "pas de grand risque" d'augmenter la propagation du coronavirus, si cela se faisait de manière contrôlée. Alors, pourquoi cette fermeture d'un mois? Pour provoquer un "électrochoc" dans la population, a-t-il répondu.

Franck Vandenbroucke, ministre de la Santé

Pour tous ceux qui cherchaient à comprendre, l’explication est donnée : la pandémie est un prétexte à produire des électrochocs, en sacrifiant le petit commerce. 

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Loi Avia : le retour en catimini…

Par Éric Verhaeghe

On se souvient que la loi Avia avait été vidée de son contenu par le Conseil Constitutionnel à cause de son imprécision et du pouvoir exorbitant qu'elle accordait aux plate-forme numériques. Ce naufrage en rase campagne ne désarme pas la volonté du gouvernement de réduire la liberté d'expression sur Internet. Un amendement à la loi sur le séparatisme cherche en effet à réintégrer les grandes dispositions de la loi Avia en rendant les plate-forme responsables des contenus qu'elles publient, et en les sanctionnant en cas d'inaction. Il s'agit d'une application anticipée du règlement européen Digital Services Act, que nous évoquions hier dans nos colonnes.

C’est au détour d’un amendement à la loi sur le séparatisme que le gouvernement veut réintégrer la loi Avia. Cet amendement, qui déplace le délit de presse du juge vers les plate-forme elles-mêmes, est déposé par… Laetitia Avia elle-même. Il obligera les sites Internet à censurer eux-mêmes leurs propres contenus haineux sous peine d’amende. 

« Art. 6‑5. – Les opérateurs de plateformes en ligne définis à l’article L. 111‑7 du code de la consommation qui proposent un service de communication au public en ligne reposant sur le classement, le référencement ou le partage de contenus mis en ligne par des tiers et dont l’activité sur le territoire français dépasse un seuil de nombre de connexions déterminé par décret, qu’ils soient ou non établis sur le territoire français, concourent à la lutte contre la diffusion publique des contenus contrevenant aux dispositions mentionnées au troisième alinéa du 7 du I de l’article 6 de la présente loi ainsi qu’à l’article 24 bis et aux troisième et quatrième alinéas de l’article 33 de la loi 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. À ce titre : 

« 1° Ils mettent en œuvre des procédures et des moyens humains et technologiques proportionnés permettant :

« a) D’informer, dans les meilleurs délais, les autorités judiciaires ou administratives des actions qu’ils ont mises en œuvre à la suite des injonctions émises par ces dernières relatives aux contenus mentionnés au premier alinéa du présent article ;

« b) D’accuser réception sans délai des demandes des autorités judiciaires ou administratives tendant à la communication des données dont ils disposent de nature à permettre l’identification des utilisateurs qui ont mis en ligne des contenus mentionnés au premier alinéa, et d’informer ces autorités dans les meilleurs délais des suites données à ces demandes ;

« c) De conserver temporairement les contenus qui leur ont été signalés comme contraires aux dispositions mentionnées au premier alinéa et qu’ils ont retirés ou rendus inaccessibles, aux fins de les mettre à disposition de l’autorité judiciaire pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales ; la durée et les modalités de conservation de ces contenus sont définies par décret en Conseil d’État, après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

« 2° Ils désignent un point de contact unique chargé de la communication avec les autorités publiques pour la mise en œuvre des dispositions du présent article, auquel pourront notamment être adressées par voie électronique les demandes présentées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel en application de l’article 62 de la loi n° 86‑1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ;

« 3° Ils mettent à la disposition du public, de façon facilement accessible, les conditions générales d’utilisation du service qu’ils proposent ; ils y intègrent des dispositions prévoyant l’interdiction de mettre en ligne les contenus mentionnés au même premier alinéa ; ils y décrivent en termes clairs et précis leur dispositif de modération visant à détecter, identifier et traiter ces contenus, en détaillant les procédures et les moyens humains ou automatisés employés à cet effet ainsi que les mesures qu’ils mettent en œuvre affectant la disponibilité, la visibilité et l’accessibilité de ces contenus ; ils y indiquent les mesures qu’ils mettent en œuvre à l’égard des utilisateurs qui ont mis en ligne ces contenus, ainsi que les recours internes et judiciaires dont disposent ces utilisateurs ;

« 4° Ils rendent compte au public des moyens mis en œuvre et des mesures adoptées pour lutter contre la diffusion des contenus mentionnés audit premier alinéa, par la publication, selon des modalités et une périodicité fixées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, d’informations et d’indicateurs chiffrés définis par celui-ci, portant notamment sur le traitement des notifications reçues et des recours internes des utilisateurs ainsi que, le cas échéant, les critères de sélection des tiers de confiance dont les notifications font l’objet d’un traitement prioritaire et les modalités de coopération avec ces tiers ;

« 5° Ils mettent en place un dispositif aisément accessible et facile d’utilisation permettant à toute personne de porter à leur connaissance, par voie électronique, un contenu qu’elle considère comme contraire aux dispositions mentionnées au premier alinéa, en lui permettant de préciser clairement son emplacement ainsi que les raisons pour lesquelles elle estime que ce contenu doit être considéré comme illégal et de fournir les informations permettant de la contacter, et en l’informant des sanctions encourues en cas de notification abusive ;

« 6° Ils mettent en œuvre des procédures et des moyens humains et technologiques proportionnés permettant :

« a) D’accuser réception sans délai des notifications relatives aux contenus mentionnés au premier alinéa, sous réserve de disposer des informations nécessaires pour contacter leur auteur ;

« b) De garantir leur examen approprié dans un prompt délai ;

« c) D’informer leur auteur des suites qui y sont données ainsi que des voies de recours internes et judiciaires dont il dispose, sous réserve de disposer des informations nécessaires pour le contacter ;

« d) Lorsqu’ils décident de retirer ou de rendre inaccessible un contenu pour un motif tiré de la méconnaissance des dispositions mentionnées audit premier alinéa, d’en informer l’utilisateur à l’origine de sa publication, sous réserve de disposer des informations nécessaires pour le contacter :

« – en indiquant les raisons qui ont motivé cette décision ;

« – en précisant si cette décision a été prise au moyen d’un outil automatisé ;

« – en l’informant des voies de recours internes et judiciaires dont il dispose ;

« – et en l’informant que des sanctions civiles et pénales sont encourues pour la publication de contenus illicites ;

« 7° Ils mettent en œuvre des dispositifs de recours interne permettant :

« a) À l’auteur d’une notification relative à un contenu mentionné au premier alinéa, de contester la décision adoptée par l’opérateur en réponse à cette notification ;

« b) À l’utilisateur à l’origine de la publication d’un contenu ayant fait l’objet d’une décision mentionnée au d du 6° , de contester cette décision ;

« c) À l’utilisateur ayant fait l’objet d’une décision mentionnée au a ou au b du 8° , de contester cette décision.

« Ils veillent à ce que ces dispositifs soient aisément accessibles et faciles d’utilisation et à ce qu’ils permettent un traitement approprié des recours dans les meilleurs délais, qui ne soit pas uniquement fondé sur l’utilisation de moyens automatisés, une information sans délai de l’utilisateur sur la décision adoptée, et l’annulation sans délai des mesures relatives au contenu en cause ou à l’utilisateur mises en œuvre par l’opérateur lorsque le recours le conduit à considérer que la décision contestée n’était pas justifiée ;

« 8° Lorsqu’ils décident de mettre en œuvre de telles procédures, ils exposent dans leurs conditions d’utilisation, en des termes clairs et précis, les procédures conduisant :

« a) À suspendre ou, dans les cas les plus graves, à résilier le compte des utilisateurs qui ont mis en ligne de manière répétée des contenus contraires aux dispositions mentionnées au même premier alinéa ;

« b) À suspendre l’accès au dispositif de notification à l’égard des utilisateurs qui ont soumis, de manière répétée, des notifications manifestement infondées relatives aux contenus mentionnés audit premier alinéa.

« Lorsque de telles procédures sont mises en œuvre, elles prévoient un examen au cas par cas visant à caractériser de façon objective l’existence d’un comportement mentionné au a ou au b en tenant compte notamment :

« – du nombre de contenus illicites mentionnés au premier alinéa, ou de notifications manifestement infondées, dont l’utilisateur a été à l’origine au cours de l’année écoulée, à la fois en valeur absolue et en proportion du nombre total de contenus ou de notifications dont il a été à l’origine ;

« – et de la gravité et des conséquences de ces abus.

« Lorsqu’elles sont mises en œuvre, ces procédures prévoient que les mesures mentionnées au a et au b sont proportionnées, dans leur nature, à la gravité des agissements en cause et, dans le cas d’une suspension, que celle-ci est prononcée pour une durée raisonnable. Elles prévoient l’avertissement préalable de l’utilisateur et son information sur les voies de recours internes et juridictionnelles dont il dispose.

« 9° Les opérateurs mentionnés au premier alinéa dont l’activité sur le territoire français dépasse un seuil de nombre de connexions déterminé par décret et supérieur à celui mentionné au premier alinéa :

« a) Procèdent chaque année à une évaluation des risques systémiques liés au fonctionnement et à l’utilisation de leurs services en matière de diffusion des contenus mentionnés au premier alinéa et en matière d’atteinte aux droits fondamentaux, notamment à la liberté d’expression ;

« b) Mettent en œuvre des mesures raisonnables, proportionnées et efficaces visant à atténuer les risques de diffusion de ces contenus, qui peuvent notamment porter sur les procédures et les moyens humains et technologiques mis en œuvre pour détecter, identifier et traiter ces contenus, tout en veillant à prévenir les risques de retrait non justifié au regard du droit applicable et de leurs conditions générales d’utilisation ;

« c) Rendent compte au public, selon des modalités et une périodicité fixées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, de l’évaluation de ces risques systémiques et des mesures d’atténuation des risques mises en œuvre ;

« 10° Les opérateurs mentionnés au premier alinéa rendent compte au Conseil supérieur de l’audiovisuel des procédures et des moyens mis en œuvre pour l’application du présent article dans les conditions prévues à l’article 62 de la loi n° 86‑1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication. »

Amendement Avia

On le voit, cet amendement reprend l’essentiel de la loi censurée (ce qui constitue une façon très peu démocratique de contester l’autorité de la chose jugée!) en reprenant des dispositions qui figureront dans le règlement que la Commission Européenne prépare sur les services numériques. 

Nous avons présenté hier l’analyse de Jean-Philippe Delsol, président de l’IREF, sur ce sujet. Nous reproduisons la vidéo de l’entretien qu’il nous a accordé. 

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Great Reset : le Forum de Davos, agent de la propagande chinoise ?

Par Éric Verhaeghe

L'attention que la Chine porte, au plus haut niveau, au Forum de Davos, est de plus en plus étonnante, voire suspecte. Une fois de plus, le dirigeant chinois Xi Jinping va intervenir au Forum qui se tient, de façon virtuelle, fin janvier. Il y développera des thématiques très proches du Great Reset prôné par le fondateur du Forum, Klaus Schwab. Ce rapprochement idéologique majeur pose ouvertement la question des liens d'intérêt entre la Chine et le think tank suisse auquel adhère de nombreuses grandes entreprises mondialisées. La grande bascule du capitalisme libéral vers un capitalisme de connivence à la chinoise se confirme.

En 2017 déjà, Xi Jinping était venu à Davos (en chair et en os, à cette époque), pour dire tout le bien qu’il pensait de cette instance où se réunissent les puissants de ce monde. Cette année, Xi Jinping interviendra par vidéoconférence, si l’on en croit la presse chinoise. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères (un certain Hua) a insisté sur l’importance du discours que Xi prononcera le 25 janvier. 

"We hope that the event will help reach global consensus, rebuild global trust, and boost global cooperation," together finding solutions for urgent global problems the international community is facing, Hua said.

Porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères

Trouver un consensus mondial, reconstruire une confiance mondiale, stimuler une coopération mondiale… que ces mots ressemblent à ceux de Klaus Schwab et à son Great Reset. Faut-il en déduire que le Forum de Davos est devenu un agent de la propagande chinoise ? C’est de plus en plus tentant, et de plus en plus révélateur de l’orientation nouvelle que suit le capitalisme de Davos. 

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Le FMI acte les prémices en France d’une crise de la dette

Par Éric Verhaeghe

Le FMI vient de rendre un rapport sur la France particulièrement cinglant sur la situation de notre pays. L'institution internationale invite d'ores et déjà le gouvernement à préparer un plan de réduction des dépenses publiques, pour éviter le gaspillage de nos deniers par une administration pléthorique. On sent poindre l'inquiétude des organisations financières sur la fragilité de nos comptes publics, déséquilibrés par de fortes ponctions fiscales avant la pandémie, qu'Emmanuel Macron n'a pas réduites. En cas de panique des marchés sur la capacité de la France à rembourser, les solutions que les bailleurs demanderont au gouvernement français du moment de mettre en place sont déjà exposées.

Le Fonds Monétaire International dresse un portrait particulièrement limpide (et ressemblant) de la situation actuelle de la France. Il invite Emmanuel Macron à présenter dès maintenant un plan de réduction des dépenses publiques. 

Une explosion inquiétude de la dette des entreprises

Le graphique que nous présentons ci-dessus est particulièrement éclairant sur l’aggravation, depuis la pandémie, de tendances déjà inquiétantes avant la crise. Il s’agit en particulier de l’endettement des entreprises, qui prend des proportions extrêmement risquées. 

Ainsi, depuis la pandémie, la liquidité a beaucoup diminuer dans les entreprises, et surtout la solvabilité des entreprises s’est dégradée de façon dramatique, dans des proportions bien plus fortes que le reste de la zone euro. Autrement dit, l’ensemble de notre tissu économique est désormais fragilisé, ouvrant la voie à des défauts en cascade qui sont une épée de Damoclès sur les finances de l’Etat (garant pour 300 milliards de prêts dont le remboursement est hypothétique). 

Il s’agit d’une véritable bombe à retardement. 

Le FMI alerte sur la « relance verte » prévue par le gouvernement

Le FMI rappelle que le plan de relance français vise à financer l’économie verte (notamment la filière hydrogène). Mais il s’inquiète de l’insuffisance des mesures prises, notamment en faveur des ménages qui risquent de ne pas accepter la réorientation de notre économie vers l’écologie. 

Au moment où la reprise se confirme, la France devrait prendre d’autres mesures vertes cohérentes avec les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat et les initiatives européennes sur la réduction des émissions, notamment la tarification adaptée du carbone dans tous les secteurs de l’économie. En complément, les pouvoirs publics devraient prendre des mesures d’atténuation afin d’aider les ménages à faible revenus à s’adapter et ainsi renforcer l’acceptation de cette transformation par la société.

Rapport du FMI

Le FMI favorable à la réduction des dépenses publiques

Parallèlement, le FMI plaide pour une réduction des dépenses publiques. L’inquiétude grandit sur l’hypertrophie du secteur public français. 

Lorsque la reprise s’affermira en France, un ciblage progressif des mesures d’appui faciliterait la restructuration économique et permettrait de contenir les coûts budgétaires. 

Rapport du FMI

Concrètement, le FMI préconise de ne plus aider les secteurs sans avenir, et de porter l’effort de relance sur les secteurs les plus « dynamiques ». Bref, il faut arrêter de zombifier l’économie. 

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Delsol : l’espace numérique européen poussera les GAFAM à devenir payants

Par Éric Verhaeghe

L'espace numérique européen fait partie des sujets techniques qui intéressent peu l'opinion, alors qu'ils ont un impact essentiel pour la vie quotidienne future des citoyens. Présenté récemment par la Commission européenne, ce projet de règlements devrait en effet modifier fortement le visage d'Internet, au moins en Europe. En l'espèce, le Digital Services Act (dédié aux contenus numériques) et le Digital Market Act (dédié aux contenants) devraient très rapidement obliger les plateformes à lutter contre les contenus haineux, et interdire aux GAFAM de collecter des données personnelles. Jean-Philippe Delsol, avocat et président du think tank libéral IREF, nous explique ce que contient ce projet et en quoi il est dangereux.

On retiendra de cette intervention très précise deux points majeurs, qui structurent le futur espace numérique européen. 

Le Digital Services Act reprend la logique de la loi Avia

On se souvient que la loi Avia faisait peser sur les éditeurs et les hébergeurs de site la responsabilité des contenus éditoriaux et de leur suppression, sous peine d’amende. Dans le Digital Service Act, le principe est le même. Les réseaux sociaux auraient la responsabilité de censurer les contenus litigieux sous peine de lourdes amendes. 

Comme le souligne Jean-Philippe Delsol, le projet européen comporte donc le risque de pousser les acteurs du Net au sens large à pratiquer, par précaution, une censure extrêmement large sur les contenus qu’ils publient. 

Le Digital Market Act change le modèle gratuit des GAFAM

Le Digital Market Act devrait limiter fortement la possibilité pour les acteurs du numérique de se livrer à une collecte large des données personnelles. Les défenseurs des libertés individuelles applaudiront sans doute ce principe, mais ils savent aussi que la collecte de données est le principal moteur économique des GAFAM. L’interdiction de ce procédé limitera donc la rentabilité des sites et les obligera à trouver de nouveaux moyens de financement, par exemple en faisant directement payer leurs services. 

La liberté n’a pas de prix, comme on dit, mais elle a un coût !

Des règlements d’application directe

Ces deux textes devraient donner lieu à la promulgation de nouveaux règlements, qui sont un objet juridique différent des directives. Pour être applicable, une directive a besoin d’être transposée en droit national, alors qu’un règlement est directement applicable sur tout le territoire de l’Union. On mesure ici l’impact de cette future réglementation, qui pourrait rendre la navigation sur Internet beaucoup plus coûteuse qu’aujourd’hui. 

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🎖Réforme des retraites : le point sur ce qui risque bien d’exploser à nos figures

Par Éric Verhaeghe

La réforme des retraites aura-t-elle lieu ? Depuis plusieurs semaines, une sourde bataille fait rage au sein de l'exécutif entre ceux qui prônent son report au prochain quinquennat, et ceux qui plaident pour sa mise en place dès maintenant. Entre ces deux camps, le rapport de force est incertain. Mais l'Union Européenne devrait imposer un minimum de décisions destinées à juguler les déficits publics avant 2022. En revanche, ces arbitrages devraient se situer très en retrait par rapport à la réforme avortée de 2020.

Une vraie confusion entoure le sujet de la réforme des retraites. Depuis l’adoption de la réforme en première lecture par l’Assemblée Nationale, en février 2020, et la non-promulgation du texte pour cause de COVID, les opérations sont suspendues sans que personne ne comprenne réellement quelle option le Président de la République (qui a épuisé le pays pour faire passer ce texte controversé) retiendra pour sortir du gué dans lequel il baigne. 

Deux tendances se dessinent aujourd’hui. 

Les partisans du report de la réforme

Une part importante de la majorité présidentielle est opposée à la mise en application d’une quelconque réforme des retraites d’ici à 2022. L’argument que ces « conservateurs » mettent en avant est bien connu : en temps de pandémie, il ne faut pas mettre les Français dans la rue pour une mauvaise raison, et la réforme des retraites en est une, et peut-être même la principale. 

Cette ligne est principalement tenue par la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Voilà une actrice pas complètement dépourvue de poids dans le jeu des retraites, puisqu’elle a notamment en charge le dialogue avec les organisations syndicales. Elle emmène avec elle la macronie de gauche et de centre gauche. 

Les partisans de sa mise en oeuvre

Face à elle se dresse l’hallucinant ministre de l’Economie Bruno Le Maire, dont il est acquis qu’il obtiendra plus facilement un prix Goncourt qu’un prix Nobel dans la discipline qui inspire son maroquin ! Hier encore, au micro de RTL, Le Maire a déclaré que la réforme des retraites restait une priorité

Cinq jours plus tôt, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait déclaré la même chose. Il sortait alors du séminaire gouvernemental convoqué par Macron pour examiner les réformes de sortie du quinquennat, dont nous avons dit qu’il pourrait intervenir avec un peu d’avance

Il n’est donc pas exclu que la réforme des retraites revienne sur le tapis au printemps (selon nous, sous une forme simplifiée intégrant des propositions de nature plébiscitaire). 

Quelle forme pourrait prendre la réforme des retraites ?

Ces atermoiements permettent de livrer une première conclusion : il y a peu de chances pour que la réforme des retraites intervienne sous la forme initiale d’un grand régime universel qui toucherait toutes les catégories de salariés. Selon toute vraisemblance, la voilure sera réduite, notamment pour éviter de fâcher inutilement les fonctionnaires. Ils sont aujourd’hui les grands gagnants du système et ont tout à perdre dans un alignement de tous les régimes. Pour cette raison, le gouvernement avait déjà sorti une réforme au rabais où les fonctionnaires gardaient un régime spécifique

Il est donc probable qu’un projet de réforme désossé soit présenté (et, selon nous, soumis pour l’essentiel à un referendum plébiscitaire au printemps) qui visera essentiellement à limiter les déficits en allongeant la durée de cotisation et en récupérant les réserves de l’AGIRC et de l’ARRCO.

Dans ce cadre, le régime général deviendrait probablement gestionnaire des tranches A, mais aussi B et C de revenus. Autrement dit, il empocherait les cotisations jusqu’à 10.000€ de revenus mensuels. Il faudra toutefois juger sur pièce de l’étendue de l’intégration, qui est une opération techniquement risquée. 

Les impacts possibles pour les retraités

Faute d’une vision claire des décisions qui seront prises, il est difficile aujourd’hui de forger un avis définitif sur la suite des événements, qui reste entourée de nombreuses incertitudes. En revanche, plusieurs décisions sont quasiment acquises, qui changeront la donne. 

Première décision : l’absorption de l’AGIRC et de l’ARRCO par le régime général devrait laisser peu de marge aux acteurs concurrentiels pour proposer de l’épargne-retraite. Sur ce point, nous redisons que l’arbitrage du gouvernement est en délicatesse avec la doctrine européenne du service d’intérêt économique général, qui prévoit de limiter la solidarité au strict nécessaire. Et nous considérons que l’instauration d’un régime unique jusqu’à 10.000 € de salaire est au-delà du nécessaire. 

D’ici à ce que l’Union Européenne ne s’oppose au processus ou le censure, il faut donc avoir conscience que les revenus supérieurs au premier plafond de la sécurité sociale seront susceptibles d’être saignés à blanc dans les années à venir, au nom de la solidarité. Sans relèvement fort de la durée de cotisations, le régime obligatoire sera en effet déficitaire, et l’on sait tous qui paie les déficits dans ce pays. 

Deuxième décision : la durée de cotisation devrait être allongée dans de brefs délais. C’est en effet le critère qui, à moyen terme, permet de gérer au mieux les déficits sans toucher directement au niveau des pensions. Il est inévitable de tendre progressivement vers les 45 annuités de cotisations pour décrocher un taux plein. 

L’incertitude majeure sur la réforme des retraites

L’incertitude qui plane le plus est celle du gel ou de la dévalorisation progressive des retraites. Pour l’instant, le gouvernement a privilégié les désindexations partielles, c’est-à-dire pratiquées seulement au-dessus d’un certain seuil de retraite. Cette mesure est inique, dans la mesure où elle dégrade les droits acquis dans certaines tranches de revenus. Après avoir annoncé la règle d’un euro cotisé, un euro transformé selon une règle universelle, le gouvernement pratique l’inverse : certains euros cotisés valent plus que d’autres. 

Reste à savoir jusqu’où ira la logique de dégradation des niveaux de pension : mesure générale ou pas ? simple gel des pensions ou dégradation claire des droits ?

Il est encore trop tôt pour le savoir, mais une chose est à peu près sûre : le principe contributif initial des retraites selon lequel le travail rapportait une pension est de plus en plus contesté et de moins en moins vrai…

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Le feu roulant pour un confinement en mars commence

Par Éric Verhaeghe

Un troisième confinement au mois de mars ? Telle est la nouvelle obsession du moment... Alors que l'évolution de l'épidémie est encore inconnue, et alors que nous ne sommes qu'à la fin du mois de janvier, les esprits sont d'ores et déjà préparés à un nouveau confinement qui interviendrait à la même date que l'an dernier. La presse mainstream a commencé à donner la troupe pour habituer les esprits à cette décision à venir.

Un troisième confinement, qui bloquerait le pays au mois de mars comme l’an dernier : telle est le nouveau mantra de la presse mainstream qui prépare visiblement les esprits à cette idée présentée comme inéluctable, quoiqu’il arrive. 

Le début du feu roulant pour un nouveau confinement

L’idée d’un troisième confinement en mars n’est pas nouvelle : dès le mois de novembre, elle circulait et faisait déjà l’objet de nombreuses rumeurs. D’ailleurs, à l’époque, le ministère de l’Intérieur avait dû dénoncer un faux document émanant de la sécurité civile qui alertait sur l’impopularité de cette mesure. 

Preuve, s’il en est, que la mesure n’a rien de complètement innocent et qu’elle nourrit de sérieuses craintes depuis plusieurs semaines. 

Fidèle à sa mission de chien de garde et d’édification des masses, France Inter a donné la parole au professeur Lelièvre qui, pour sa part, n’hésite pas à annoncer ce confinement au mois de mars. Voilà qui ne manquera pas de nourrir de nouveaux fantasmes complotistes contre un gouvernement qui a démenti il y a deux mois une rumeur qui est en passe de se vérifier. 

La dramatisation outrancière de l’épidémie continue

On sent bien que la presse mainstream est à l’affût de tout élément susceptible de dramatiser la situation, sans jamais vérifier l’exactitude de ses données. Le moindre point d’accroche permettant de nourrir la peur est saisi, durci et amplifié. Le Nouvel Obs titrait ainsi hier sur la franchissement de la barre des 2.800 personnes en réanimation, comme s’il s’agissait d’un événement majeur. En réalité, nous en sommes au stade atteint le 26 octobre. En mois d’avril 2020, nous avions atteint les 7.000 personnes en réanimation. 

Imitation de l’Allemagne ?

Au passage, la France rejoindrait ainsi l’Allemagne, où Angela Merkel annonce des mesures drastiques. Il est question, en Allemagne, de prolonger le confinement jusqu’à Pâques. En confinant en mars, la France éviterait donc de trop fortes distorsions de concurrence avec sa voisine qui la finance abondamment. 

Voilà une imitation qui tomberait bien pour les deux pays. 

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🎖S’expatrier en Afrique ? l’inquiétant exemple de Madagascar

Par Éric Verhaeghe

Ces derniers mois, plusieurs entrepreneurs français ont eu l'idée de s'expatrier en Afrique pour échapper à l'enfer fiscal français. Voilà une démarche que l'on peut comprendre, à cette nuance près qu'une fois passés les premiers mois d'expatriation où tout est beau, chaud et facile, les défaillances de l'Etat de droit au sud de la Méditerranée peuvent jouer bien des tours désagréables à ceux qui ont cédé au mirage. L'exemple donné ces jours-ci par un Français propriétaire terrien à Madagascar fait, sur ce point, beaucoup réfléchir.

S’expatrier en Afrique peut parfois réserver quelques très mauvaises surprises, qui rejoignent la problématique de l’Etat de droit dont nous avons parlé la semaine dernière. Si l’affaire qui suit ne se passe pas directement en Afrique, mais à Madagascar (c’est-à-dire très près de l’Afrique), elle aurait pu se dérouler à peu près partout ailleurs sur le continent africain. 

L’affaire est expliquée par RFI

Un producteur de litchis a été placé sous contrôle judiciaire peu de temps après avoir dénoncé un monopole dans la filière. Jean-Louis Bérard, 78 ans, est propriétaire de vergers aux alentours de Tamatave, d'où sont exportés par bateau les litchis à destination de l'Europe. Son placement sous contrôle judiciaire fait suite à une plainte déposée par le GEL, le Groupement des exportateurs de litchis. Jean-Louis Bérard avait saisi en octobre 2020 le Conseil de la concurrence pour constitution de monopole à l'encontre de ce groupement.

Poursuivi pour dénonciation calomnieuse, dénonciation abusive, dénigrement, désorganisation et banqueroute frauduleuse, Jean-Louis Bérard ne peut plus quitter Tamatave et doit attester de sa présence chaque vendredi en se rendant à la gendarmerie. « J'ai été interpellé le 28 décembre par trois gendarmes de la section de recherche criminelle. Après audition et signature du PV, j'ai été déféré sur le champ devant le procureur général », fait savoir ce dernier.

Ce propriétaire de 40 000 arbres de litchis explique ne pas pouvoir exporter ces fruits par bateau à cause « d'un monopole qui s'est institué en 2011 et qui est tenu par le Groupement des exportateurs de litchis, ainsi que par deux importateurs de Rungis. Je ne fais pas partie de ce groupement et je ne peux donc pas travailler normalement et exporter les fruits de la production de mes vergers », déclare-t-il.

Depuis septembre 2011, un arrêté interministériel a confié l'organisation de la campagne de litchis au GEL sous la supervision du ministère en charge du Commerce. Jean-Louis Bérard fait savoir qu'il a été écarté du groupement en 2010.

En octobre dernier, le producteur décide de saisir le Conseil de la concurrence à Madagascar. Une saisine à l'origine, notamment, de la plainte du GEL. « Suite à des dénonciations auprès du conseil de la concurrence, des articles parus sur certains quotidiens, le GEL a porté plainte contre Jean-Louis Bérard pour les faits sus visés », indique la décision de mise en liberté sous contrôle judiciaire signée par le procureur de Tamatave le 30 décembre.

RFI

Les ingrédients sont réunis : un patron français investit, il est écarté d’un marché complètement truqué par des acteurs locaux, il se plaint et se retrouve devant la justice pour dénonciation calomnieuse. 

Une anecdote qui mérite d’être longuement méditée. 

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Cette ruine de l’épargnant que Pierre Moscovici vient d’annoncer

Par Éric Verhaeghe

Pierre Moscovici était reçu sur Radio J, la radio de la communauté juive, ce dimanche. Il s'y est littéralement déchaîné, en expliquant que le rôle à venir de la Cour de Comptes (qu'il préside depuis plusieurs mois) serait de mieux orienter les dépenses publiques. Sans complexe, il a validé le maintien d'une dette supérieure à 100% du PIB pour au moins dix ans, et a dressé un éloge de la dépense publique. Bref, tout ceci annonce clairement une ruine de l'épargnant, au nom d'un laxisme budgétaire qui se terminera par une spoliation fiscale pour parer au plus pressé.

Il n’est pas commun que le premier Président de la Cour des Comptes se fasse publiquement l’apôtre du laxisme budgétaire. C’est à cet exercice que Pierre Moscovici s’est pourtant adonné ce week-end au micro de Radio J, la radio de la communauté juive. Et l’on n’est pas déçu du voyage. 

Les terribles prédictions de Pierre Moscovici

Visiblement à l’aise de ces micros, Moscovici n’a pas hésité à annoncer quelques vérités qu’on pressentait, mais qui deviennent inéluctables dès lors que c’est le Premier Président de la Cour des Comptes qui les prononcent en public :

Nous allons vivre pendant dix ans au moins avec une dette publique supérieure à 100% du PIB. Nous allons vivre pendant au moins 5 ans, 4 à 5 ans, avec des déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB.

Pierre Moscovici

Prononcée par le juge des comptes, cette phrase annonce par avance qu’aucun contre-pouvoir en France n’envisage aujourd’hui de diminuer la dette. Autrement dit, la Cour des Comptes ne projette aucune action pour diminuer les dépenses publiques dans les dix ans à venir. Et, s’agissant, du déficit de l’Etat, la Cour n’envisage pas de lutter pour qu’il redescende rapidement sous les 3% de PIB. 

Si même la Cour des Comptes le dit, on voit mal pourquoi le gouvernement ferait un effort particulier pour rétablir les grands équilibres. Concrètement, nous devons nous habituer à vivre, pendant plusieurs années, avec des dépenses publiques galopantes qui vont exploser tous les plafonds d’endettement que nous avions pu imaginer jusqu’ici. 

L’éloge de la dépense publique par Moscovici

Le Premier Président de la Cour ne s’est pas contenté de présenter l’explosion de la dette comme inéluctable, il s’est aussi livré à une profession de foi keynésienne qui surprend un peu lorsqu’elle est prononcée au pays de la dépense publique. On peut en effet penser que, compte tenu de l’inclination générale en faveur de l’Etat qui règne en France, la Cour des Comptes sort de ce rôle lorsqu’elle se met elle-même à plaider en faveur de la dépense publique. 

"la dépense publique ne peut plus être considérée comme un ennemi. A crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles"

Pierre Moscovici

Après une phrase de ce genre, il va devenir décidément très compliqué de plaider pour un retour à l’équilibre budgétaire, et encore plus de combattre le désordre des dépenses publiques, qui est pourtant majeur. Alors même que la déroute d’une bureaucratie hypertrophiée s’étale chaque jour sous nos yeux dans le gestion de la crise du coronavirus, on trouve donc un responsable d’un corps constitué pour plaider en faveur de la persévérance dans l’erreur. 

La ruine annoncée de l’épargnant

Tout ceci n’annonce évidemment rien de bon pour tous ceux qui disposent de quelques actifs en France. Les trois solutions bien connues pour sortir d’une aussi longue crise de la dette sont en effet très bien connues. 

La première consiste à lever des impôts pour rembourser la dette qui explose. Et l’on sait par avance où ces impôts seront levés : là où l’argent qui n’a pas pu fuir se trouve. La deuxième consiste à ne pas rembourser la dette, ce qui revient à déprécier les actifs placés en dette publique. Là encore, ceux qui disposent d’un peu d’assurance-vie en seront pour leur grade. Enfin, le grand fantasme de l’énarchie est de relancer l’inflation pour diminuer le coût de la dette. On sait quel impact l’inflation peut avoir sur le patrimoine. 

Bref, l’appauvrissement des patrimoines est programmé en France, et il devrait commencer dès le lendemain de la prochaine élection présidentielle, en principe en 2022, mais sait-on jamais…

Dix-huit mois au plus pour agir

Pour éviter ce désastre, les épargnants disposent donc de douze mois utiles, dix-huit mois au plus, avant de ne plus pouvoir mettre le fruit de leurs efforts à l’abri. Il faut dès maintenant envisager des solutions de repli. Ne manquez pas de suivre notre série consacrée à l’expatriation. Il n’est pas trop tard pour sauver quelques meubles. 

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Gros malaise sur des incohérences dans les chiffres de l’épidémie

Par Éric Verhaeghe

Les chiffres de l'épidémie sont-ils justes ? La question se pose sérieusement après une enquête de Nice-Matin qui montre que Santé Publique France attribue à Nice parfois 2,5 fois de personnes hospitalisées que dans la réalité. Manifestement, la direction générale de la Santé découvre ces étranges discordances dans des indices officiels qui déterminent des décisions essentielles pour nos libertés. Manipulation ? nouveau raté de notre bureaucratie ? La France pourrait être moins malade qu'elle ne le pense.

On doit à Nice-Matin d’avoir comparé, ce week-end, les chiffres fournis à Santé Publique France sur les malades hospitalisés du COVID par les hôpitaux des Alpes Maritimes, et la publication que Santé Publique en retire. Et la comparaison n’est pas piquée des vers. 

Au 11 janvier, 2021, 2 fois plus de malades dans les chiffres officiels que dans la réalité

Comme on le voit, selon les Alpes Maritimes comptaient, le 11 janvier, 273 personnes hospitalisées. Mais Santé Publique France en recensait 587… soit 2,5 fois plus environ. 

Pire : alors que le nombre d’hospitalisés du fait du COVID a décru de façon constante entre la fin novembre et la fin décembre, les chiffres officiels rapportaient un phénomène inverse. Pour quelle raison ? Tout cela n’est pas clair. 

Des biais statistiques qui n’expliquent pas tout

Le quotidien niçois avancent plusieurs explications partielles de cette distorsion entre chiffres officiels et chiffres réels. En particulier, Santé Publique France continuerait à compter dans ses statistiques des malades qui ont quitté l’hôpital ou des patients positifs au coronavirus mais hospitalisés pour une autre raison que le COVID. 

Mais ces biais ne suffisent pas à expliquer des inversions de tendance qui semblent n’exister que dans l’esprit de Santé Publique France. 

Les statistiques sanitaires, un enjeu politique

Au détour de cette enquête très révélatrice, on mesure l’enjeu politique qui entoure les statistiques sanitaires. Des statistiques anxiogènes permettent de justifier des restrictions grandissantes aux libertés. Des statistiques optimistes permettraient un retour rapide à la normale qui ne semble pas faire l’unanimité dans les allées du pouvoir. 

Pendant que le couvre-feu est imposé (qui ressemble furieusement à un confinement partiel), les habitudes changent et notre modèle de société se trouve altéré.  

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Le Great Reset: mythes et réalités

  • Le Great Reset est à la fois un livre écrit au printemps 2020 par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et son proche Thierry Malleret, et le thème dominant du Forum de Davos lui-même. Il alimente beaucoup de fantasmes et de peurs. Voici le premier livre qui en analyse le véritable contenu, loin des théories du complot, et loin de la mièvrerie des medias mainstream.

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Scandale en vue : les chiffres de l’épidémie sont-ils faussés ou truqués ?

Par Éric Verhaeghe

L'épidémie de coronavirus est-elle, comme beaucoup le pensent ou le pressentent, intentionnellement dramatisée pour rendre l'opinion publique plus malléable et passive vis-à-vis d'une prise de pouvoir délibérée par la technostructure bureaucratique qui balaie tous les contre-pouvoirs mis en place par la démocratie libérale ? L'état d'urgence sanitaire est-il un prétexte fabriqué pour imposer des réformes scélérates qui n'ont rien à voir avec la protection de notre santé ? La question n'est pas tranchée, mais le scandale des faux chiffres de contaminations et d'hospitalisations divulgué par Nice-Matin devrait nourrir la polémique et accroître la défiance des libéraux devant l'hydre sanitaire qui multiplie les mesures liberticides comme le couvre-feu.

Il fallait lire attentivement Nice-Matin ce week-end pour comprendre que les chiffres de l’épidémie sont peut-être complètement faussés et truqués, et que la peur du virus, avec son cortège de confinements et de couvre-feux, ne répond pas qu’à une stricte logique sanitaire. 

La preuve par neuf que les chiffres officiels sont dramatisés

Dans tous les cas, l’information vaut d’être relevée. Alertée par des médecins qui, au fil de l’hiver, ce sont étonnés des divergences entre les chiffres dramatiques de Santé Publique France sur la contamination de la Côte d’Azur et la réalité qu’ils observaient dans les hôpitaux où ils travaillent, la rédaction de Nice-Matin a comparé les chiffres des hôpitaux et les chiffres publiés par l’établissement parisien. Et, ô miracle, les chiffres officiels ont indiqué en décembre une dégradation de la situation quand celle-ci était stable….

À titre d’exemple, le 3 janvier dernier, Santé publique France comptabilisait 564 personnes hospitalisées avec un diagnostic Covid-19 dans le département des Alpes-Maritimes (dont 69 en réanimation), quand dans la réalité "seulement" 233 patients au total (dont 55 en service de réanimation) étaient ce jour-là hospitalisés dans l’un ou l’autre des établissements (privés ou publics). Comment comprendre cette différence d’un facteur 2.5 entre ces deux sources?

Phénomène plus préoccupant, on observe de vraies divergences dans l’évolution des courbes, pendant des périodes déterminantes. Ainsi, alors que celles traduisant la progression des hospitalisations pour formes graves dans les Alpes-Maritimes, produites par les acteurs de terrain, font état d’une relative stabilité, voire d’une décroissance, à compter du 10 novembre et pendant plusieurs semaines, la courbe publiée par Santé publique France décrit une croissance constante de ces hospitalisations.

Nice-Matin

16 janvier 2021

Des chiffres officiels deux fois et demie supérieurs à la réalité ? Des admissions en baisse mais des statistiques publiées qui indiquent le contraire ? On se frotte les yeux. Mais d’où ce genre d’erreur peut-il provenir ?

Faut-il en déduire que les mesures sanitaires sont ordonnées à partir d’une vision biaisée de la réalité ?

L’absence d’explication rationnelle convaincante

Nice-Matin a fouillé dans les bureaux et les tiroirs pour comprendre la distorsion entre les chiffres de l’hôpital et leur traduction par Santé Publique France. Plusieurs biais statistiques identifiés expliquent partiellement ces divergences dans les tendances. D’une part, les personnes hospitalisées en soins de suite et de réadaptation à l’issue d’un COVD devraient être sorties des chiffres au bout de quinze jours, et ne le sont pas systématiquement, voire jamais. En outre, toute personne testée positive dans l’hôpital même si elle n’est pas hospitalisée à cause du COVID est comptabilisée dans les chiffres officiels du COVID. 

Mais, selon Nice-Matin, ces biais n’expliquent pas tout. 

Une dramatisation nationale…

Le fait qu’aucune explication convaincante ne soit donnée à ce noircissement sanitaire soulève tout de même de sérieuses questions. Le biais repéré à Nice est-il aussi vrai ailleurs ?

C’est ce que suggère le quotidien azuréen :

Si à l’issue de cette enquête de nombreuses questions restent posées, il reste que cette bataille des chiffres a matière à inquiéter de l’avis même des acteurs en première ligne dans cette crise: "C’est un biais terrible, alors que toute la communication est en effet basée sur les chiffres de Santé Publique France. Et la problématique est certainement nationale, nous confie l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat (chacun partage la même crainte d’être accusé de nourrir la théorie du complot).

En pleine décroissance des hospitalisations, les journaux titraient: l’épidémie repart! Et lorsque le couvre-feu à 18 heures a été instauré, on a aussi dit: ça explose à Nice! La réalité, c’est que ça n’évoluait pas plus qu’ailleurs."

Nice Matin

16 janvier 2021

On notera avec amusement l’arme absolue utilisée pour étouffer toute forme d’esprit critique vis-à-vis des chiffres officiels : ceux qui doutent désormais de la propagande de Santé Publique France sont immédiatement bannis au nom d’un prétendu complotisme. Décidément, le désarmement de l’esprit démocratique en période de crise est un jeu d’enfant. Il suffit d’un sobriquet pour faire taire toute forme de sain scepticisme vis-à-vis des rodomontades de la bureaucratie. 

La direction générale de la Santé sait-elle ce qui se passe ?

Quelques heures seulement après la publication de cet article très révélateur des enjeux politiques qui entourent la communication autour du virus, Jérôme Salamon semble (toujours selon Nice-Matin) avoir envoyé une note générale pour mettre à jour les bases de données en matière d’hospitalisation due au COVID. Le directeur général de la Santé demande en particulier de sortir toutes les personnes hospitalisées depuis plus de 50 jours pour ce motif. 

On devine dans cette note un aveu d’impuissance de la direction centrale de la Santé par rapport aux biais qui peuvent être produits aux différents échelons de la hiérarchie sanitaire, ou dans l’entrelacs des structures en charge du dossier coronavirus, et dont la complexité a atteint des proportions phénoménales. 

Qui est capable de contrôler l’information venue du « terrain » dans l’impressionnant labyrinthe que constitue désormais les organigrammes de santé publique, différents selon qu’il s’agisse de recueillir les données ou d’organiser la vaccination ? Une chose est sûre, plus les échelons sont nombreux entre les acteurs opérationnels de terrain et la direction de la santé publique, plus nombreux sont les risques d’erreurs ou de trucages dans les statistiques.

L’orchestration d’une panique ?

Reste que les différences notées dans un cas précis, celui de Nice, ne sont pas anodines. Redisons-le, elles vont du simple à plus du double, et parfois divergent complètement par rapport à la tendance courante. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions générales de ce phénomène (et nous faisons confiance à l’inertie administrative pour endormir toute forme d’interrogation démocratique sur ce sujet). Néanmoins, nous y voyons un indice de plus étayant l’idée selon laquelle l’épidémie de coronavirus fait l’objet d’une instrumentalisation politique sans vergogne. 

Plus la pandémie dure, plus elle permet de confisquer les libertés au profit d’une machine sanito-policière qui impose des réformes liberticides. 

Il ne s’agit pas de dire que le virus n’existe, ni qu’il ne tue pas. Bien entendu, que le coronavirus existe, et bien entendu qu’il peut tuer. En revanche, l’intensité de la crise est nourrie à outrance par une machine bureaucratique qui ne laisse pas passer sa chance d’imposer par la peur et la manipulation des mesures de plus en plus dictatoriales, dans l’impunité que lui garantit l’accusation de complotisme dégainée à tout bout de champ. 

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Le Great Reset: mythes et réalités

  • Le Great Reset est à la fois un livre écrit au printemps 2020 par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, et son proche Thierry Malleret, et le thème dominant du Forum de Davos lui-même. Il alimente beaucoup de fantasmes et de peurs. Voici le premier livre qui en analyse le véritable contenu, loin des théories du complot, et loin de la mièvrerie des medias mainstream.

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Great Reset : mythes et réalités, le livre est téléchargeable ici

Par Éric Verhaeghe

Le Great Reset est l'idée à la mode dans les élites mondialisées, qui gravitent autour du Forum de Davos. Mais que signifie-t-il au juste ? S'agit-il, comme on le lit parfois, du dernier projet néo-libéral destiné à balayer nos services publics ? ou bien est-il le complot pour une domination du monde dont parlent certains ? Loin des fantasmes, mon livre propose une lecture littérale du livre de Schwab et Malleret et en donne une interprétation conforme à sa lettre : ni complot, ni parole en l'air, le Great Reset formalise une aspiration profonde, à la fois étatiste et écologiste, qui structure la pensée dominante aujourd'hui.

Arrêtez de fantasmer sur le Great Reset, lisez mon livre ! loin des interprétations fantaisistes (qu’elles soient naïves ou complotistes), ce projet porté par le Forum de Davos mérite d’être analysé et compris, car il risque d’avoir un vrai impact sur votre vie quotidienne dans les années à venir. 

Le Great Reset, c’est l’appel officiel des élites à utiliser la pandémie et les confinements pour changer les comportements sociaux et sociétaux. C’est aussi un éloge de l’intervention de l’Etat pour imposer la transition écologique et l’économie circulaire. C’est encore une justification de la surveillance de tous les individus par l’Etat grâce à Internet et à la reconnaissance faciale.

Bref, ce livre montre comment un capitalisme de connivence se structure, fondé sur la disparition des Etats-Nations et la défense de toutes les idées que nous subissons aujourd’hui : le Vivre-Ensemble, la discrimination positive, le racialisme, l’activisme en tous genre. 

Si vous voulez comprendre le monde qui commence, lisez le Great Reset. Si vous voulez comprendre le Great Reset, lisez mon livre.

Il est téléchargeable ici, au prix de 3,99 €.

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Anceau : « La gestion du coronavirus fait le procès de la formation de nos élites »

Par Éric Verhaeghe

Eric Anceau, universitaire bien connu, vient de publier Les élites françaises, aux éditions Passés composés. À cette occasion, il nous a donné une passionnante interview sur l'histoire de nos élites, marquée par une méfiance constante du peuple français vis-à-vis de ceux qui les dirigent. Fait rare, cet historien s'avance sur le terrain du temps présent et décortique à la fois la macronie et la gestion du coronavirus. Un texte de référence que j'invite tout le monde à lire, et une interview haletante que je vous invite à regarder.

L’universitaire Eric Anceau a accepté de nous parler de son ouvrage Les élites en France, qui vient de paraître. Cet excellent livre, que je recommande chaudement tant sa lecture est passionnante dresse le portrait des élites en France depuis le siècle des Lumières, et surtout le portrait de leur contestation par les « Gaulois réfractaires ». 

Analyse de l’épistocratie

S’aventurant dans les méandres de l’histoire actuelle, notamment celle de la macronie et du coronavirus, Eric Anceau nous livre son diagnostic sur le gouvernement des experts, l’épistocratie, qui lui semble relever d’une logique dangereuse pour la démocratie. Elle participe de la même vision élitaire que la construction de l’Union Européenne ou du « gouvernement mondial » évoqué de plus en plus souvent par les adeptes du Forum de Davos. 

Une interview passionnante à regarder absolument. 

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🎖S’expatrier aux Pays-Bas : avantages et inconvénients

Par Éric Verhaeghe

Les Pays-Bas ne font pas partie de la destination favorite des Français pour s'expatrier. Très souvent, même, les Français portent un regard condescendant sur cette peuplade à la langue imprononçable, aux sons gutturaux, amateurs de bière et de plats incomestibles pour un humain éduqué. Et pourtant, la Hollande ne possède pas que des défauts et reste un havre de paix pour les entrepreneurs. Voici pourquoi.

Le Human Freedom Index 2020 place les Pays-Bas au 14è rang mondial pour la liberté, ce qui n’est pas rien, et au 8è rang en Europe Occidentale, grande terre d’accueil des libertés (au moins pour sa partie septentrionale, à défaut de l’être une fois la Loire franchie). En réalité, ce 8è rang est un peu trompeur, car, du point de vue de la liberté économique, les Pays-Bas talonnent l’Allemagne et se placent donc dans le sillage des pays les plus favorables à la création et au développement des entreprises. 

Les Pays-Bas, terre de liberté

Au demeurant, on aurait tort de croire que les Pays-Bas brillent surtout par leur liberté économique. La liberté politique y est bien plus grande qu’en France sur de nombreux aspects, avec une tolérance extrêmement forte pour toutes les formes d’expression, et une liberté de la presse très largement reconnue pour son authenticité. 

D’une certaine façon, le « modernisme » moral des Pays-Bas conviendra aux plus tolérants. Ce n’est pas pour rien que, sous l’Inquisition, notamment espagnole, de nombreux Juifs séfarades (dont Spinoza) ont trouvé refuge à Amsterdam et y sont restés.

En outre, historiquement, les Pays-Bas ont toujours préféré le libre-échange au protectionnisme, et se sont donc toujours méfié des barrières et des frontières. 

Une fiscalité douce pour les entreprises

Globalement, l’intérêt des Pays-Bas tient à la fiscalité des entreprises qui est favorable à tous points de vue (et vaut régulièrement des remontrances à ce pays, notamment pour le statut des entreprises détentrices de brevet). Le taux d’impôt sur les sociétés y est de 15% jusqu’à 200.000 € de bénéfices, et de 21,7% au-delà. 

Une fois de plus, les taux français sont dans les choux. 

Sur les dividendes, le taux par défaut est de 15%, mais de 0% pour les dividendes soumis à la directive de l’UE sur le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et aux filiales d’États membres différents ou payés à une société mère basée dans un pays avec lequel les Pays-Bas ont signé une convention fiscale supprimant cette retenue à la source. Cette disposition particulière explique très largement que nombre de sièges soient installés aux Pays-Bas…

Ce mécanisme est à bien réfléchir pour tous ceux qui disposent d’une cascade de sociétés dont la mère est délocalisable. 

Les cotisations sociales pèsent un peu

Du côté des cotisations sociales, la situation est assez complexe car la sécurité sociale néerlandaise a fait l’objet de plusieurs réformes. Dans la pratique, les employeurs doivent acquitter une cotisation allant de 18,19% à 23,19% du salaire brut. Ces cotisations n’incluent pas l’assurance santé, qui est à la charge des salariés. 

On le voit, les taux ne sont pas complètement neutres, mais présentent l’avantage d’être relativement lissés qu’on soit indépendant ou salarié. 

10 points d’imposition sur le revenu de moins qu’en France

Globalement, le coin fiscal de l’imposition sur le revenu aux Pays-Bas est de 37% quand il flirte avec les 47% pour un célibataire. Là encore, l’imposition aux Pays-Bas n’est pas neutre, mais elle est nettement plus favorable qu’en France. Ce point n’est pas à négliger, car il peut rendre ce pays septentrional vraiment attractif. 

Une souplesse de fonctionnement pour les entreprises

En outre, et c’est un point qui n’est pas anodin, on notera que le droit des sociétés hollandaises est d’inspiration germanique. On y distingue les simples partenariats sous seing privé et les sociétés en bonne et due forme. Le capital minimum pour une société anonyme est de 45.000 €, mais les sociétés par actions ne prévoient pas de seuil minimal. 

C’est un vrai plus par rapport aux sociétés luxembourgeoises ou suissesses. 

Un pays plein d’atout

En conclusion, l’installation aux Pays-Bas n’est donc pas, loin de là, dénuée d’intérêt. Elle constitue un compromis vraiment intelligent par rapport à des pays très coûteux ou ennuyeux. Pour peu qu’on aime les climats tempérés et l’esprit festif, la vie aux Pays-Bas est douce. Et les liaisons aériennes entre Amsterdam et Paris sont très fréquentes. 

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Un couvre-feu généralisé à 18h avant une introuvable 3è vague

Par Éric Verhaeghe

L'annonce d'un couvre-feu avancé à 18 heures pour tout le monde hier a suscité un nouvel agacement dans l'opinion, alors que la France figure dans les lanternes rouges de la vaccination européenne et même mondiale. De son côté, l'exécutif commence à hausser le ton contre les critiques dont il est l'objet sur cette question. Le durcissement des restrictions à la libre circulation se heurte pour l'instant à un constat : aucun signe sanitaire de troisième vague n'est visible dans la réalité, et le nombre de personnes hospitalisées reste stable.

« Jour après jour, on constate une nette remontée du virus, indique Laurent Moulin, l’un des responsables du réseau. En moyenne, sa concentration dans les eaux usées de la région a crû d’environ 50 % en trois semaines. »

Le Monde

Le Premier Ministre a annoncé hier le durcissement du couvre-feu à compter de samedi, qui entre en vigueur à compter de samedi 18 heures. Officiellement, le gouvernement craint une 3è vague qui submergerait les hôpitaux. 

Pour l’instant, les chiffres de l’épidémie sont stables

La difficulté, pour justifier cette mesure très impopulaire, tient à la stabilité des chiffres épidémiques. Comme on le voit sur le graphique ci-dessus, le nombre de personnes en réanimation reste stable, et globalement inférieur à la situation du début décembre. Le nombre de personnes hospitalisées suit la même tendance. En outre, aucune incidence claire des fêtes de fin d’année n’apparaît, alors même qu’un délai de quinze jours s’est désormais écoulé depuis le Nouvel An. Le raz-de-marée annoncé n’a toujours pas eu lieu…

Avec 2.700 personnes en réanimation, pour une capacité ordinaire de 7.500 lits, qui est montée à 15.000 lits au printemps, le système de santé est donc très loin d’être submergé aujourd’hui. 

La réponse est-elle dans les eaux usées ?

Le gouvernement s’est-il fié à l’indicateur des eaux usées pour anticiper une flambée des cas graves ? C’est l’explication la plus probable (mais l’expérience montre que plus le gouvernement fait de la pédagogie, moins on comprend ses motivations). Selon le Monde, la présence du virus dans ces eaux qui révèleraient par anticipation l’évolution de l’épidémie aurait cru de 50% en Ile-de-France. Mais le quotidien de Xavier Niel n’est lui-même très affirmatif sur la fiabilité de ces données. 

On saura rapidement si cette affirmation se vérifie : le délai entre la contamination des eaux usées et l’apparition des symptômes n’est que de quelques jours. Dans la semaine, on devrait donc constater une remontée des hospitalisations… au moins à Paris. 

Les vaccinations toujours en rade

L’une des causes de l’impopularité de ce durcissement tient à la lenteur de la vaccination. Beaucoup de Français ont le sentiment que le gouvernement ne fait pas ses diligences pour lutter contre le virus, et qu’il fait payer le prix de sa lenteur sur les travailleurs indépendants, notamment les restaurateurs, qui ne sont pas près de rouvrir leur enseigne. 

De fait, comme le souligne le Parisien, la France ne fait pas partie du Top 10 mondial des pays qui vaccinent le plus. Beaucoup y voient la preuve d’un décrochage de notre économie. C’est en tout cas la preuve que le gouvernement n’est pas si pressé de sortir de la crise sanitaire, si l’on admet l’hypothèse que le vaccin est la meilleure façon de la dépasser (ce qui reste à prouver). 

Dans tous les cas, l’ambiance se tend entre la moitié des Français qui souhaite des mesures protectrices, et l’autre moitié qui s’en méfie. 

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🎖Est-il encore raisonnable de s’expatrier au Luxembourg ?

Par Éric Verhaeghe

Le Luxembourg est le mythe vivant de tous les expatriés. Mais les évolutions de la coopération avec le Luxembourg ces dernières années a quand même beaucoup modifié la donne, de telle sorte que les bénéfices du Luxembourg ne coulent plus forcément de source. Nous livrons aujourd'hui notre analyse détaillée sur le pour et le contre d'une expatriation au Grand-Duché, question cruciale que beaucoup d'entre vous se posent.

L’improprement appelé Grand-Duché du Luxembourg est l’objet de nombreux fantasmes, surtout nourris par ceux qui n’y ont jamais mis les pieds. Les familiers de ce bout de terre un temps possédé par les ducs de Bourgogne en rêvent beaucoup moins. Mais voici, pour ceux qui songent à l’expatriation, notre avis sur l’intérêt de réaliser leur projet ou non au Luxembourg. 

Le Luxembourg, un vrai paradis fiscal et social…

Faut-il le redire ? Le Luxembourg est un paradis fiscal qui fait rêver les Français. Grâce à une politique souple et surtout stable dans le temps, le grand-duché a attiré à lui une grande partie de la richesse européenne, grâce à laquelle il dispose d’un haut niveau de revenus et d’une très faible fiscalité. 

Quelques chiffres suffisent à la rappeler : au-dessous de 175.000€ de bénéfices, l’impôt sur les sociétés est de 15%. Il est de 17% au-delà, avec une taxe spéciale pour les entreprises installées à Luxembourg Ville, qui porte le taux à 25%.

Quand on compare ces chiffres à la tyrannie française, on comprend tout de suite l’intérêt de s’exiler dans les forêts ducales. 

Les cotisations sociales des employeurs sont pour leur part de l’ordre de 12,5%, là encore imbattables en comparaison de la gabegie française. 

La taxation des dividendes est par ailleurs limitée à 15%. Que demander de mieux ?

Une administration qui fonctionne

Outre ces avantages évidents, le Luxembourg a eu la bonne idée de se doter d’une administration fiable et en état de marche, qui tranche avec la désinvolture du service public français, et avec l’arrogance de ses fonctionnaires. Au Luxembourg, un guichet électronique permet aux entrepreneurs d’avoir des explications de texte claire, et un regroupement des formalités à accomplir en ligne qui fait gagner beaucoup de temps et de sécurité. 

L’administration luxembourgeoise est attachée à rendre service au public, ce qui est un autre avantage non négligeable par rapport à l’administration, fiscale ou autre, française. 

Un statut de l’entreprise protecteur

Autre avantage (comparable à la Suisse), le droit des sociétés permet des formules très souples : de la société anonyme, à la SARL, le Luxembourg dispose de tout ce qu’il faut là où il faut, avec des suppléments que les Français apprécieront. En particulier, on signalera le principe de la société en nom collectif, qui permet de commencer une activité sans déclaration au tribunal de commerce. 

Une vraie barrière à l’entrée

Il faut toutefois savoir que le Luxembourg est très demandé, et que les places sont désormais très chères pour s’y installer. L’expatriation au Luxembourg suppose donc de bien maîtriser son processus entrepreneurial. 

En particulier, les formes simplifiées de société supposent la présence d’un Luxembourgeois comme gérant ou au moins associé. Pour créer une SARL, il faut apporter 12.000€ de capital. Pour créer une société par actions, il en faut au minimum 30.000.

En outre, le Luxembourg limite l’accès à son marché aux gens qui répondent à un certain nombre de conditions. En particulier, il faut prouver son honorabilité, mais pas que…

Ne vient donc pas au Luxembourg qui veut, et il faut avoir bien calculé son coup avant de s’y rendre. 

Une présence économique effective

Précisons par ailleurs que l’administration luxembourgeoise vérifie que l’entreprise installée sur son sol y mène une véritable activité économique, sans quoi son régime fiscal risque d’être remis en cause. 

Il faut au minimum y organiser un conseil d’administration par an, ou en tout cas prouver la réalité d’intérêts économiques sur place. Le Duché n’a donc rien avoir avec le Delaware, où une domiciliation fictive suffit. Il faut s’engager un peu plus, ce qui risque de modérer certaines ardeurs. 

Une destination de luxe… et ennuyeuse

Pour le reste, toute installation à Luxembourg suppose d’avoir un véritable projet local, qui ne peut se borner à espérer passer une deux fois la frontière chaque année pour profiter d’une manne fiscale. Dans la pratique, il faut réfléchir à une installation effective sur place, au moins de façon régulière, et se préparer à une vie morne et relativement ennuyeuse. 

L’agglomération de Luxembourg ne compte pas plus de 250.000 habitants, et la culture luxembourgeoise (si, si, ça existe), très empreinte de tradition germanique, n’est ni la plus souple ni la plus riante qui existe. Il existe par ailleurs une rupture forte entre le nord du Luxembourg, très rural, et le Sud, beaucoup plus urbanisé… très cosmopolite, et pas toujours très animé. 

Une destination à conseiller pour vivre de ses rentes, ou pour développer une activité très rentable, sans quoi, l’expérience risque d’être un peu morose et déceptive. 

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Une leucémie foudroyante enlève Marielle de Sarnez à François Bayrou

Par Éric Verhaeghe

L'émotion est grande autour du décès de Marielle de Sarnez, égérie de François Bayrou et du MODEM, emportée par une leucémie foudroyante. Son parcours se confond avec celui du centrisme, dans les coulisses duquel elle oeuvrait depuis les années 70. La presse insiste beaucoup sur sa proximité avec François Bayrou. Sa disparition est une page du centrisme qui se tourne, mis à mal par l'irruption d'Emmanuel Macron sur la scène politique.

Marielle de Sarnez est décédée à 69 ans d’une leucémie foudroyante. Elle est la fille du député Olivier de Sarnez, issue de la noblesse d’Empire. Elle a commencé son parcours à l’occasion de la campagne de Valéry Giscard d’Estaing. 

Marielle de Sarnez, grande giscardienne devant l’éternel

Marielle de Sarnez s’était engagée chez les Giscardiens et ne les avait plus quittés. Durant les années 80, elle collabore activement avec tout le gotha de l’UDF (nom oublié par un nombre grandissant de gens…) : Jean Lecanuet, Simone Veil, Raymond Barre.

La bascule François Bayrou

C’est sa relation avec François Bayrou qui va construire Marielle de Sarnez. De 1993 à 1997, elle collabore avec lui au ministère de l’Education Nationale, jusqu’à devenir sa directrice de cabinet. Elle ne quittera plus le sillage de celui qui, en 2017, a renoncé à se présenter à l’élection présidentielle pour laisser la place à Emmanuel Macron. Marielle de Sarnez disparue, c’est l’ensemble du mouvement centriste qui voit l’une de ses figures systémiques partir. 

Comment on faisait de la politique dans l’ancien monde

Marielle de Sarnez a largement construit François Bayrou durant cette période, à l’image de ce que les femmes avaient pour « mission » d’accomplir dans les années récentes. Elle était soupçonnée d’avoir organisé un système d’emplois fictifs au Parlement européen grâce auquel le MODEM pouvait disposer de permanents payés par l’Union. Elle a beaucoup oeuvré pour les alliances et les combinaisons électorales du MODEM, destinées à faire élire François Bayrou. 

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Anne Hidalgo veut lancer le Great Reset à Paris dès 2021

Par Éric Verhaeghe

Les voeux (virtuels) d'Anne Hidalgo, rapportés par l'AFP, donnent une bonne indication de l'esprit dominant du temps, particulièrement parmi les élites bobos parisiennes qui ont trouvé en Anne Hidalgo une sorte d'incarnation sainte. La maire a en effet annoncé que Paris, dès 2021, vivrait sur un nouveau modèle en rupture avec le monde d'avant-COVID. Un discours qui résonne étrangement comme le Great Reset de Schwab et Malleret dont nous avons donné les détails récemment (et qui sont repris dans un livre en cours de parution).

Les voeux d’Anne Hidalgo, rapportés par l’AFP, dévoilent brutalement l’ampleur des dégâts causés par le Great Reset du Forum de Davos, que nous avons analysé par le menu. La maire a en effet tenu des propos qui sont en parfaite résonance avec le projet porté par Klaus Schwab, d’utiliser la pandémie pour changer de « modèle » de société. Elle est peut-être la première élue de ce niveau à assumer aussi ouvertement les propositions formulées par la bourgeoisie mondialisée dont Davos exprime les opinions et les aspirations. 

La maire s’est en effet prononcée pour le déploiement dès 2021 d’un nouveau « modèle » à Paris. 

L'épidémie de coronavirus "nous met aujourd’hui face à un choix de société", a-t-elle souligné. "La tentation sera grande de vouloir refaire à l’identique, alors que notre avenir passe par la transformation profonde de notre modèle."

"C’est le choix que notre équipe municipale fait, celui d’un Paris plus solidaire et mieux préparé aux chocs de demain, un Paris plus juste, qui prend soin de son environnement et préserve la santé de ses habitants."

Anne Hidalgo

De la justice sociale, de l’écologie, de la santé : pile-poil les grands axes du Great Reset de Schwab. Bizarre… J’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre…

On sait maintenant que l’élite bobo se sent comme un poisson dans l’eau avec les idées mondialisée de Great Reset. 

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Redressement URSSAF : même la justice ne comprend plus les règles à appliquer, par Léo Guittet

Par Éric Verhaeghe

Le contrôle Urssaf est extrêmement encadré par toute une batterie de règles de procédures dans lesquelles même le juge se perd. Les entreprises contrôlées ont donc tout à gagner à contester un éventuel redressement dont elles feraient l'objet, tant le cadre légal et réglementaire est touffu. Sur ce sujet, la Cour de cassation vient de rendre une décision intéressante à propos d'une mauvaise interprétation du droit par la cour d'appel dans le cadre d'un redressement Urssaf.

Léo Guittet

Docteur en droit, chief data officer de Tripalio

La décision rendue par la Cour de cassation le 7 janvier dernier implique une société qui a été contrôlée sur la période 2012-2014. A l’issue de ce contrôle, l’Urssaf d’Ile-de-France a envoyé une lettre d’observations à l’entreprise datée du 7 juillet 2015. Cette lettre détaille les chefs de redressement en prenant soins de préciser, pour chacun d’eux, le mode de calcul et le montant dû par l’entreprise : ce formalisme est spécialement prévu par le code de la sécurité sociale. 

C’est à partir de là que l’affaire se gâte. En effet, la société contrôlée a répondu à ce courrier d’observation dans le délai imparti en faisant notamment valoir que certains calculs étaient erronés. L’Urssaf a alors répondu à ce courrier de l’entreprise par une nouvelle lettre, datée du 4 septembre 2015, acceptant de revoir à la baisse le montant du redressement (ainsi passé de 321 919 € à 314 027 €). C’est justement sur le formalisme de cette dernière lettre de l’Urssaf que le litige porte : s’agit-il d’une nouvelle lettre d’observations qui doit respecter un formalisme précis ? Ou s’agit-il seulement d’un courrier de réponse de l’Urssaf ? La question est très importante car sa réponse détermine la validité du redressement ordonné le 18 septembre 2015. 

Redressement Urssaf : la réponse de l’inspecteur n’est pas une lettre d’observations

En analysant les faits de l’affaire, la cour d’appel considère que le courrier de réponse de l’Urssaf, daté du 4 septembre 2015, aux observations de l’entreprise contrôlée est bel et bien une nouvelle lettre d’observations. Selon le juge d’appel « l’inspecteur du recouvrement, qui a procédé à un nouvel examen du dossier au vu des éléments apportés par la société, a revu partiellement le montant du redressement« . Le juge poursuit en indiquant que le courrier de réponse de l’inspecteur propose un montant minoré de redressement. Il en tire alors deux conséquences. 

Premièrement, ce courrier de réponse devient une nouvelle lettre d’observations destinée à remplacer celle du 7 juillet 2015. Deuxièmement, ce courrier devrait donc respecter le formalisme prévu par l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale (dans sa version applicable au litige). Or, le juge d’appel le constate clairement : la lettre de réponse du 4 septembre 2015 ne donne pas les éléments de calcul et ne permet pas à l’entreprise de savoir comment l’Urssaf a réduit le montant du redressement. Il en déduit donc que cette lettre d’observations ne respecte pas le formalisme prévu par le code de la sécurité sociale. Par conséquent, la cour d’appel prononce la nullité de ce courrier qui entraine la nullité de la lettre d’observations initiale du 7 juillet 2015 et de tous les actes de redressement qui en découlent. 

Face à cette victoire de l’entreprise redressée, l’Urssaf conteste la décision de la cour d’appel devant la Cour de cassation. Cette dernière a une toute autre vision de la situation. Le juge de cassation se fonde sur l’interprétation stricte de l’article R. 243-59 précité du code de la sécurité sociale. Il en déduit que : 

« La lettre par laquelle l’inspecteur du recouvrement répond, en application de ce texte, aux observations formulées par le cotisant à la suite de la notification de la lettre d’observations, ne constitue pas une nouvelle lettre d’observations » 

Tout est dit ! Seul le premier courrier envoyé le 7 juillet 2015 constitue la lettre d’observations qui doit permettre à l’entreprise redressée de déterminer les bases et modes du calcul de l’Urssaf. La lettre de réponse envoyée le 4 septembre 2015 à l’entreprise par l’inspecteur chargé du redressement ne remplace pas la lettre d’observations initiale. La Cour de cassation décide donc de casser la décision de la cour d’appel et de permettre au redressement d’avoir lieu. 

Bon à savoir : la version actuellement applicable de l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale indique désormais que la réponse de l’Urssaf aux observations de la personne contrôlée doit détailler « par motif de redressement, les montants qui, le cas échéant, ne sont pas retenus et les redressements qui demeurent envisagés ». Le courrier de réponse n’a donc toujours pas à donner le mode de calcul du redressement, contrairement à la lettre d’observations. 

Cette décision du juge de cassation remet finalement les pendules à l’heure, aussi bien pour la cour d’appel que pour les entreprises redressées : non, le formalisme de la lettre d’observations n’a pas à être respecté dans le courrier de réponse de l’Urssaf aux observations de l’entreprise. 

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L’article Redressement URSSAF : même la justice ne comprend plus les règles à appliquer, par Léo Guittet est apparu en premier sur Le courrier des stratèges.

Ce qui se passe vraiment dans le cerveau d’Emmanuel Macron, par Lionel Tourtier

Par Éric Verhaeghe

Lionel Tourtier nous propose aujourd'hui une passionnante exploration du cerveau présidentiel. Quand Emmanuel Macron parle du "en même temps", quels sont les mécanismes logiques qui agitent exactement son cerveau lorsqu'il est confronté au réel ? C'est à une exaltante dissection de ce que signifie vraiment ce "en même temps" que nous sommes conviés, et à une réflexion sur ce qu'Emmanuel Macron dévoile réellement de lui, de son psychisme, lorsqu'il se repose sur cette expression pour penser le monde et son action présidentielle. Un texte à ne pas mettre entre toutes les mains.

Lionel Tourtier

Consultant, spécialiste de la protection sociale, gaulliste fervent

Nous vivons une période difficile dont tout citoyen se doit de rechercher les causes. Non pour sanctionner, mais pour tirer les leçons de l’expérience et reprendre en main, de façon collective, la maîtrise des évènements ou du moins peser le mieux possible sur leur évolution.

Nous sommes conscients que notre situation sociale et économique est le produit des décisions gouvernementales, face à une situation d’épidémie du COVID 19. Si le gouvernement ne porte pas la responsabilité de l’irruption de ce virus dans notre vie, il doit cependant justifier devant la nation du bien fondé de ses choix de gestion de crise : maintien de l’ouverture des frontières, gestion des stocks de masques et de gel hydroalcoolique, confinements, et aujourd’hui cafouillage sur le vaccin et les super-congélateurs, etc.

Si l’on consulte la presse sur les derniers mois, beaucoup d’articles évoquent la démarche du « en même temps » suivie par le Président de la République depuis son élection, et plus particulièrement dans le traitement de la crise. Mais les commentaires des journalistes, souvent d’ailleurs critiques, ont tendance à introduire une confusion entre le « en même temps » et le « ET », sans discerner les différences fondamentales entre ces deux processus de décision.

Le but de cet article est de rappeler la typologie de ces décisions et de démontrer qu’une approche du « ET hiérarchisé » peut produire davantage d’effets positifs en termes de résultats, tout en apportant un élément de confiance qui fait défaut aujourd’hui au gouvernement.

Typologie des décisions selon Jean-Marie Descarpentries

La prise de décision en entreprise comme en politique est généralement une prise de risque. Décider, c’est accepter des conséquences, quelle qu’en soit leur nature et leur amplitude, pour atteindre un objectif considéré comme majeur.

C’est dans l’exercice de la liberté du choix que réside la responsabilité, et cette liberté du choix implique préalablement la prise de connaissance, donc la prise de conscience des conséquences du choix. Cela revient logiquement à prendre en compte les contingences[1] de l’environnement, c’est-à-dire l’anticipation des conséquences et des interactions que le choix va entraîner dans l’environnement du décideur (en économie, l’on parle des externalités positives et négatives). La RSE découle de cette préoccupation des contingences.

L’ancien PDG Jean-Marie Descarpentries, distingué en 1990 par le magazine Fortune comme l’un des « 25 chefs d’entreprise mondiaux les plus fascinants », instigateur en France de la « pyramide inversée », et co-auteur du livre « L’entreprise réconciliée », a conçu une démarche dynamique dans la prise de décision, en se fondant au départ sur l’utilisation du « ET » à la place du « Ou » binaire.

En développant ses réflexions, expérimentées ensuite dans la gestion des entreprises qu’il a dirigées (CarnaudMetalbox, Glaverbel, redressement de Bull, Ingenico, etc.), il a résumé sous forme de tableau les différents processus de décision, en mettant en valeur le ET hiérarchisé et les choix cumulatifs.

Source : Jean-Marie Descarpentries

 

Trois principales erreurs guettent le décideur : le choix réducteur, le compromis et l’inaction.

Notre formation privilégie l’enseignement du « OU » aux dépens du « ET »

Nous partons du choix qui nous est le plus familier : le « Ou ». C’est celui que l’on rencontre généralement dans son apprentissage de jeunesse et qui modèle notre raisonnement de base, en particulier avec les mathématiques : Aristote, par exemple, enseigne qu’une proposition soit quelque chose qui est vrai ou qui est faux. Boole a donné une interprétation aristotélicienne de ce principe qui a abouti à la fonction algébrique suivante :

« La fonction OU ou OU inclusif (OR en anglais) est un opérateur logique de l’algèbre de Boole. À deux opérandes, qui peuvent avoir chacun la valeur VRAI ou FAUX, il associe un résultat qui a lui-même la valeur VRAI seulement si au moins un des deux opérandes a la valeur VRAI ».

En langue française, les élèves comprennent spontanément mieux le « OU » exclusif (fromage ou dessert) que le « OU » inclusif (s’il pleut, s’il vente, je ne sortirai pas). A l’école, l’on donne ainsi des exercices pour aider les élèves à distinguer un caractère « exclusif », « inclusif » ou « équivalent », en appliquant les règles suivantes :

Le terme « ou » (une conjonction de coordination) peut être :

  • « inclusif » s’il peut être remplacé par « et » : La mandarine, les oranges ou les clémentines sont des agrumes.
  • « exclusif », s’il peut être remplacé par « ou bien » : Il ne sait plus quoi faire : garder le chien ou l’amener à la SPA.
  • « équivalent », s’il signifie « c’est-à-dire » : Les Indiens, ou Premiers Habitants de l’Amérique, étaient aussi dénommés péjorativement « Peaux-Rouges ».

C’est un apprentissage de nuance ou de précision selon. Mais comme on peut l’observer, le « ET » peut s’apparenter avec le « OU » dans un sens « inclusif ». Le « OU » exclusif est plus facile à comprendre que le « OU » inclusif ou équivalent. Par conséquent, le « OU » que l’on croit simplificateur ne l’est pas autant qu’il apparaît. C’est particulièrement clair dès lorsque que l’on en reste à des propositions (Vrai ou Faux) et non à des choix décisionnels : solution A plutôt que B ; « go » « no go » par exemple.

Pendant toute une période de notre histoire, la logique du « OU » dans la recherche du « Vrai » et du « Faux » a également joué un rôle de formatage des esprits, en raison des divergences de vue entre le rationnel scientifique et la foi religieuse. Ainsi au Moyen-Age[2], certains maîtres de la Faculté des arts de l’Université de Paris, dont le plus célèbre était Siger de Brabant, furent accusés d’avoir fait leur la doctrine de la « double vérité » selon laquelle certaines propositions pourraient être vraies selon la raison, et fausses selon la foi. En d’autres termes, la réalité peut être différente selon que l’on privilégie tel référentiel de valeurs ou tel autre.

L’on retrouve cette problématique de cadre référentiel (dans quelles conditions le « Vrai » est « Vrai » et le « Faux » est « Faux ») en physique. Par exemple, en physique classique, l’on retient le « principe d’incertitude» d’Heisenberg ou « principe d’indétermination » : il existerait une limite à la précision de la mesure de deux quantités en même temps, par exemple la vitesse et la position d’une particule. Or, si l’on utilise la physique quantique pour calculer d’autres quantités, comme l’énergie des atomes, ou leur magnétisme, elle est alors d’une redoutable précision. Il faut juste bien choisir ce que l’on veut prédire[3] nous explique le physicien Julien Bobroff.

Bien d’autres raisons expliquent le fait que nous avons tendance à raisonner plus facilement en « OU » et non en « ET », c’est-à-dire en appliquant non pas une position d’exclusion, ce qui nous semble le plus facile (« nous sommes tous d’accord, n’est-ce pas ? La solution A est stupide, il faut prendre la B »), mais une conception additive qui exige un réel effort de raisonnement.

Testez vous-même la situation : lors d’un dîner avec des amis, lancez un débat un peu polémique ; vous vous rendrez compte en prenant un peu de recul que beaucoup, si ce n’est la majorité des participants suivent spontanément une logique du « OU ». D’ailleurs, cela ne s’arrête pas à la simple expression d’une confrontation d’argumentations, mais s’y ajoute, bien sûr, un « effet de rivalité » : être celui qui a raison et qui emporte l’adhésion des autres. Le « OU » devient aussi un vecteur de conviction et donc de « pouvoir » sur les autres. Dans le milieu des entreprises, c’est assez fréquent et en politique encore davantage, sans parler des aspects idéologiques : « je sais que A est « Vrai », mais pour des raisons de cohérence politique avec mon parti, je déclare que c’est « Faux » ; ou autre exemple, que c’est injuste au lieu d’être juste ». Durant la crise sanitaire, nous avons eu plusieurs illustrations de ce manque d’honnêteté intellectuelle : un jour le masque ne sert à rien ; le lendemain, ne pas le porter est sanctionné par une contravention de 135 euros. Les « interdits » sont l’expression du « OU » autoritaire qui s’affranchit ainsi de la recherche de la vérité.

Dans leur livre, Jean-Marie Descarpentries et Philippe Korda en démontrent l’impasse intellectuelle lorsque l’on se situe dans le milieu de l’entreprise :

« Faudrait-il, lorsque l’on est dirigeant, privilégier la croissance OU la rentabilité ? L’innovation OU la productivité ? L’esthétique des produits OU leur technicité ? L’image de marque OU la compétitivité du prix ? … Formulées ainsi, ces questions sont évidemment absurdes »

Or, l’expérience montre que toutes les réussites sont liées à la poursuite d’objectifs a priori contradictoires, voire inconciliables. L’usage du « ET » audacieux devient le sésame du progrès et de la mutation. Nous y reviendrons en conclusion.

Du « OU » au « Ni-Ni »

Du « OU » l’on passe facilement au « Ni-Ni » lorsque l’on est confronté à la complexité et que l’on n’a pas le courage de trancher.

Ne pas choisir, donc ne pas prendre de décision, est en soi un choix : le « Ni-Ni » relève fondamentalement de la négation, du rejet de deux éléments ou plus.

Le « Ni-Ni » ne produit pas une dynamique venant de l’intérieur du décideur : c’est un statu quo, ce qui ne signifie pas que l’ordre des choses va rester inébranlable puisque l’on laisse les contingences se dérouler, interagir.

Le « Ni-Ni » ne fige pas le temps et donc la situation. Ce n’est pas un arrêt sur image. La dynamique de l’évolution trouvera son origine, c’est-à-dire le « déclencheur » ou le « fait générateur », par l’activation d’un ou plusieurs facteurs externes. Le non-décideur devient spectateur de son laisser-faire.

Ce qui ne supprime aucunement sa responsabilité au plan des conséquences : une illustration juridique en est la « non-assistance à personne en danger ». Ne pas agir sur les éléments pour en modifier le cours des choses n’exonère pas le spectateur de toute responsabilité, au moins morale.

Toutefois, il faut distinguer la « morale de l’action » des conséquences juridiques qu’une décision peut entraîner au regard du droit national ou des coutumes locales : aux Etats-Unis, venir porter secours ou aide à une personne en danger (par exemple un blessé à terre) peut entraîner une mise en cause et donc une recherche de responsabilité, la victime pouvant reprocher à l’aidant d’avoir aggravé sa situation. L’absence de décision, le laisser faire devient paradoxalement une façon de se protéger.

Ce faisant, nous constatons que dans le déroulement de notre raisonnement, nous nous sommes en fait éloignés du « Ni-Ni » pour en revenir au « Ou » : choisir ou pas d’intervenir. Il existe donc une relation directe entre le « Ou » et le « Ni-Ni ». Cela peut se résumer ainsi : « Choisir le noir ou le blanc ? Ni l’un, ni l’autre. ». Le « Ou » serait donc, dans l’ordre des décisions et de la logique, un préalable au « Ni-Ni ».

Le « Ni-Ni » peut introduire néanmoins un autre choix (ou une éventualité, une option, une hypothèse) pour autant que celui-ci soit formulé immédiatement ensuite. En procédant ainsi, le choix retenu (ou l’évocation d’une autre éventualité) est mis en exergue. Par exemple :

« On trouve des sociétés qui n’ont ni science, ni art, ni philosophie. Mais il n’y a jamais eu de sociétés sans religion ». Henri Bergson.

« La Banque X dément avoir pris à ce jour une décision concernant les modalités de sortie du « ni-ni » (ni facturation, ni rémunération). Une telle décision n’est d’ailleurs pas uniquement du ressort des banques : un changement réglementaire décidé par les Pouvoirs Publics est notamment indispensable pour rémunérer les dépôts. En revanche, la Banque X, comme les autres banques, estime que l’arrivée de l’euro conduira inéluctablement à la fin de l’exception française et à l’adoption d’une règle du jeu unique dans l’ensemble de la zone euro : notre pays est en effet l’un des seuls à ne pratiquer ni la rémunération des dépôts ni la facturation des chèques ou de la tenue de comptes ». Communiqué 29 septembre 2000.

Au plan politique, le « Ni-Ni » a été utilisé en 1988 par François Mitterrand pour résumer sa nouvelle doctrine de sa ligne économique : ni nationalisation, ni privatisation… Mais le non-choix ne définit rien en termes de « champ du possible ». Cette attitude peut aussi laisser entendre que le temps de la décision n’est pas venu et qu’il faut être patient : au « Ni-Ni » correspond ainsi la formule mitterrandienne[4] de « Il faut laisser le temps au temps ».

 « Les idées mûrissent comme les fruits et les hommes. Il faut qu’on laisse le temps au temps. Personne ne passe du jour au lendemain des semailles aux récoltes, et l’échelle de l’histoire n’est pas celle des gazettes. Mais après la patience arrive le printemps. » (Le Nouvel Observateur, 28-04-81).

En réalité, le « Ni-Ni » peut constituer une habilité politique : celle de reporter la décision dans le temps et d’espérer que d’autres préoccupations prendront le relais, dans un contexte plus favorable à l’exercice du pouvoir ; ce qui est une façon de le réactiver et donc de le relégitimer. L’exercice du pouvoir est ainsi fait de choix et de non-choix, de décisions et de non-décisions, et c’est le bilan d’ensemble qui est soumis au vote du citoyen.

Cela explique la référence de Mitterrand au « cycle », des « semailles » à la « récolte ». Habilement, il voulait faire passer l’idée qu’il y a un temps pour réfléchir et un temps pour agir, qu’il faut de la patience, ce qui est la traduction de la « force tranquille », son slogan de campagne en 1981 : dans le tumulte, le « héros » reste calme et domine les éléments. Il prend le temps de décider, il reste le « maître des horloges » selon la formule consacrée en politique.

C’est cependant une posture de communication en total décalage avec les impératifs du monde contemporain, caractérisé par des évolutions rapides, une forte imprévisibilité, des interactions fortes, ce qui réclamerait logiquement d’être prompt dans la prise de décision et dans la vitesse d’exécution. Cette réactivité est d’autant plus nécessaire que les facteurs d’inertie sont très importants aujourd’hui, par exemple le poids de la bureaucratie. La crise sanitaire de 2020 en est une bonne illustration. A une mesure enfin décidée, la mise en œuvre a souvent été très tardive, car obéissant à de multiples procédures décisionnelles en cascade. De fait, pratiquer le « Ni-Ni » gouvernemental ne prépare pas culturellement son administration, déjà engoncée dans les règles et le formalisme, à suivre des consignes d’urgence lorsque l’on passe au registre de l’autorité, pour ne pas dire de l’autoritarisme…

Une autre interrogation est soulevée par rapport au « Ni-Ni » : Est-ce que le décideur, dans les choix et non choix, procède à une hiérarchisation, à un agencement des priorités ? Car ce peut-être une tactique. Dans un contexte démocratique où existe une « dictature de l’opinion », cela revient d’abord à « écouter » les attentes du peuple, même contradictoires. Ensuite, la tentation est forte de décider de mesures symboliques, en évitant ainsi de prendre des décisions de nature plus structurelle ; c’est-à-dire plus importantes en termes d’impact sur la société : ce que l’on pourrait qualifier de « vrais choix ». Un « faible choix », mais ayant une forte dimension symbolique, masquerait ainsi la volonté de ne pas adopter (momentanément ou pas) un « vrai choix » structurel. Le « Ni-Ni » devient une tactique dans le sens où il prépare un « faux choix » qui va contenter le « bon peuple ».

L’exercice récent du pouvoir nous l’a démontré. Un gouvernement reporte des décisions difficiles mais fait voter par le Parlement des « mesures sociétales » qui ne coûtent rien au budget de l’Etat mais qui vont satisfaire une partie de son électorat par son poids symbolique : par exemple, satisfaire la revendication de certaines minorités. Un des problèmes de notre pays réside d’ailleurs dans le fait que l’on a beaucoup reporté les choix, en usant et abusant de la tactique du « Ni-Ni » pour ensuite décider de rien d’important. Le « Ni-Ni », le non-choix, le statu quo, peut être ainsi habilement noyé dans du « Ou ».

Macron, l’homme du « ni ni »

Le « Ni-Ni » a été retenu par Emmanuel Macron dans son positionnement politiques : « Ni gauche, ni droite », ce qui est une formulation d’exclusion, sans pour autant expliquer où l’on se situe, sauf à se déclarer au « centre ».  

Par comparaison, Valery Giscard d’Estaing avait déclaré lors de son discours de Charenton du 8 octobre 1972 que « La France souhaite être gouvernée au centre ». Dans un pays fortement bipolarisé à l’époque (gauche contre droite et vice et versa), il exprimait ainsi un message « simple » à l’attention du peuple. En réalité, il faisait valoir un positionnement « Orléaniste » par rapport au « Jacobinisme » du gaullisme. Mais encore fallait-il le comprendre.

Selon les chroniqueurs de « L’histoire en citation », il opposait ainsi le schéma politique national à la société réelle, telle qu’il la ressentait :

« Je crois que les Français verront leurs problèmes tout autrement le jour où ils verront la France, la société française, comme constituée par un grand groupe central avec des ailes, au lieu d’avoir l’idée qu’elle est constituée par deux grands blocs antagonistes, se divisant d’ailleurs, et se partageant la France en deux…  Et quand je dis que la France souhaite être gouvernée au centre, je veux dire par là que la France souhaite être gouvernée selon le centre, c’est-à-dire selon les conceptions de ce grand groupe central » (interview du 14 octobre 1976 sur l’avenir de la société française, « L’Événement », ORTF).

Tel qu’exprimé, le choix proposé par VGE reste du « OU » : le centre, ou la gauche ou la droite. Mais ce n’est pas du « Ni-Ni ». L’expérience a montré que tenir une ligne au centre n’était pas chose aisée dès lors que l’on dévie à droite ou à gauche, faute d’une véritable synthèse :

« J’entends me tenir à la ligne du juste milieu. Celle de la synthèse des propositions, de la rencontre des hommes, de la mobilisation des forces pour aider la France, et non pour déchirer la France. Ce n’est pas une ligne neutre. C’est une ligne de paix et d’entente, à suivre avec beaucoup de soin dans ces temps de tempêtes. »

Ce positionnement fut raillé par le dessinateur de gauche Georges Wolinski (Giscard n’est pas drôle 1976) : « Toute la droite est enfin au centre, merci mon Dieu ! »

Emmanuel Macron a joué sur l’usure des partis de gouvernement de droite et de gauche qui n’ont pas résolu les problèmes du pays et de sa population. Leurs échecs ont entraîné un rejet de la politique et du système démocratique. Plus ils s’effondraient, et plus les partis extrémistes se renforçaient.  Macron chercha donc à proposer une alternative sans pour autant se présenter au centre. Il réitère finalement l’appel au rassemblement du Général de Gaulle lors des élections présidentielles de 1965 :

« La France, c’est tout à la fois. C’est tous les français. Ce n’est pas la gauche, la France. Ce n’est pas la droite, la France ».

Mais la différence avec De Gaulle réside dans le fait que celui-ci avait, non pas de doctrine car il était fondamentalement pragmatique, mais un corpus de grands principes (suffrage universel, indépendance et souveraineté de la France, association Capital Travail, etc.). Il avait également pour lui le fait d’avoir mis en place, depuis la Libération, les Comités d’entreprise, la Sécurité sociale[5], etc. Son programme comportait une forte dimension sociale, face à une gauche communiste prônant la dictature du prolétariat. Il préemptait donc une version du socialisme non marxiste. En outre, il s’était positionné dès la Libération au-dessus des partis qu’il avait rendus responsables de la défaite de 40. En fait, ce qui primait avant tout, c’est l’intérêt de la France.

Le projet de Macron était, lui, et reste pour le moins assez flou ; ce qui lui fut d’ailleurs critiqué par ses opposants politiques, en raison notamment de plusieurs contradictions. C’est justement par son ambiguïté (Ni de droite, ni de gauche, voire à la fois de droite et de gauche) que l’« offre politique progressiste » de Macron avait séduit les Français en 2017. La tâche lui était d’autant plus facile que, selon lui, il n’existait plus que des oppositions de surface entre les politiques menées par les gouvernements de gauche et de droite de gouvernement durant plusieurs décennies.

Il apparaît aujourd’hui que le « macronisme » dérive fortement à droite, rejoignant ainsi les choix politiques d’une majorité de la population. Selon Opinionway, quand 67 % des électeurs Macron 2017 se considéraient à gauche ou au centre à cette date, ils ne sont plus que 43 % pour les électeurs LREM 2019. Dans le même temps, ceux qui se jugent à droite sont passés de 26 % dans l’électorat du Président au premier tour de la présidentielle 2017 à 51% dans celui de la liste Loiseau aux Européennes Toutes les études récentes montrent que le centre de gravité de la vie politique s’est déplacé à droite. A peine 30 % des Français enquêtés se reconnaissent dans la gauche aujourd’hui.

Pour autant, le « macronisme » reste encore peu structuré dans son corpus idéologique. Et l’impression domine que le Président a changé plusieurs fois de caps au grès des circonstances et des revendications d’une large partie de la population. Cela tient au fait que le « Ni-Ni » à l’origine aurait dû être transformé en « le meilleur de la gauche plus le meilleur de la droite », c’est-à-dire opter pour une synthèse additive qui, par sa nature, aide à construire. On prend les meilleurs composants politiques et c’est ainsi qu’on rassemble une majorité. Or, Macron reste dans une logique soustractive, ou plutôt exclusive avec son « Ni-Ni ». D’ailleurs, LREM a bien senti le « vide » du projet, ce qui lui pose désormais un problème existentiel, alors mêmes que l’on revient petit à petit au clivage gauche droite. LREM est nulle part …

Lorsqu’il était encore Délégué général de LREM avant d’être nommé ministre de l’intérieur, Christophe Castaner avait fixé un cap pour relancer une dynamique du parti :

« Notre progressisme, c’est revenir à la conception initiale de la gauche sociale qui voulait libérer les citoyens de leurs chaînes et à la conception initiale du libéralisme, celle qui refusait les abus, les privilèges, les monopoles, la concentration du pouvoir dans les mains de quelques-uns. Il faut conjuguer le meilleur de ces deux traditions d’idées » pour « bâtir un corpus nouveau» autour de cinq valeurs, « la dignité, l’émancipation, l’ouverture, l’engagement et la responsabilité ».

Cette déclaration depuis 2018 est restée sans concrétisation. En outre, l’on notera avec attention que Castaner reste ici dans une dialectique de la négation : par exemple, il utilise des items positifs pour la gauche sociale (« libérer les citoyens ») mais négatifs pour l’image du libéralisme (« abus », « privilège », « monopole »). Comme s’il niait que le libéralisme n’ait aucune vertus … De cette façon, il est impossible de procéder à une synthèse additive. LREM a encore de beaux jours d’impasse…

Pour reprendre les idées de Jean-Marie Descarpentries : « Le « Ni-Ni » est une erreur fondamentale. Il faut oser dire ce que l’on veut plutôt qu’affirmer ce que l’on ne veut pas. Et l’on ne motive pas, l’on ne mobilise pas une organisation ou des individus sur des objectifs formulés négativement ».

« Le compromis mou »

Une autre façon de décider en matière politique est de prendre, entre deux options, A ou B, un peu de A et un peu de B : c’est le « compromis mou ». Cependant, il est difficile de dire si au plan électoral, cette option procure un rendement en termes de satisfaction ou si elle ne génère pas plus de frustrations qu’un véritable arbitrage.

Il ne faut pas confondre compromis et consensus. Le consensus est fédérateur. Le compromis est souvent un pis-aller.

Parfois, l’on pourrait assimiler cette décision du compromis à « la poire coupée en deux », et par extension au jugement de Salomon. Ce serait une erreur. La décision de Salomon, celle de couper un enfant en deux pour départager deux mères qui en revendiquent la maternité, est une tactique de révélation de la vérité en appliquant la théorie des jeux : l’on cherche ainsi à forcer les joueurs à révéler leurs préférences.

Elle permet à Salomon de répondre à la question du « Ou » : à qui appartient l’enfant ? A la mère A ou à la mère B ? C’est donc un processus de décision intermédiaire et temporaire. Un « input » pour débloquer une situation d’antagonisme. Au sein d’un Conseil d’administration par exemple, une partie des administrateurs veut l’option A, et une autre veut l’option B, et le président doit choisir. Il doit à la fois maintenir le consensus au sein du Conseil et prendre la meilleure décision dans l’intérêt de l’entreprise. Cela peut le conduire à proposer une « mauvaise » solution C, afin de forcer son Conseil à marquer une préférence pour la A ou la B. Ce qui nous ramène d’ailleurs au constat que, selon les circonstances, il n’y a pas forcément de bonne ou de mauvaise décision dans l’absolu, mais une décision la moins mauvaise possible au regard des conséquences négatives dont on cherche à limiter les effets.

Mais cet objectif peut échouer si les deux protagonistes suivent le même raisonnement plutôt que leur émotion : qu’auraient fait Salomon si les deux mères avaient renoncé en même temps, comprenant le piège du dilemme posé ? Ce qui ouvre une autre réflexion : dans quelle mesure le décideur joue sur les comportements rationnels ou irrationnels pour orienter les choix sur la décision qu’il entend prendre ?

Si l’on reprend l’exemple de l’entreprise, un compromis « mou » de type un peu de A et un peu de B ne peut aboutir qu’à une faible performance voir à une contreperformance. Comme le souligne Jean-Marie Descarpentries : « si l’on prend par exemple l’innovation ou la productivité, un compromis aboutirait à choisir un peu d’innovation et un peu de productivité, ce qui, au total, aboutit à peu d’ambition et peu de progrès ».

Certaines décisions du gouvernement semblent résulter du choix d’un compromis mou. D’où une frustration générale de nos concitoyens. Cela nous conduit à rappeler qu’Emmanuel Macron est un disciple déclaré de Paul Ricoeur pour qui, selon l’universitaire Laure Assayag-Gillot[6], « le compromis est…[…]… signe d’une démarche de pondération des contraires, et un thème qui traverse et structure, entre les lignes, l’ensemble de sa pensée ».

« En fait, j’ai peut-être une attirance pour la contradiction. Le problème est de ne pas être écrasé, de trouver une voie moyenne qui ne soit pas un compromis faible, mais une position forte… » Paul Ricoeur 1996.

D’où la question suivante : un compromis peut-il être le reflet d’une « position forte » ou est-il toujours un « compromis mou » ?

L’universitaire Laure Assayag-Gillot répond que Ricœur ne réduit pas le compromis à la compromission, à la négation des valeurs et de l’intégrité de la conscience morale des individus, à des concessions réciproques qui ne conduiraient qu’à des propositions molles, des solutions de peu d’envergure, insatisfaisantes pour tous. Elle ajoute qu’en l’absence d’un bien commun reconnu pour tous, le compromis n’est pas seulement pour Paul Ricoeur une décision intermittente, mais une nécessité continue des parties à composer pour viser un but dans sa pluralité.

Toujours selon Paul Ricoeur, c’est en sacrifiant les prétentions exclusives de leurs points de vue, que les individus construisent un monde possible, où ils peuvent habiter et se reconnaître mutuellement. Cet itinéraire montre que, pour le philosophe, s’engager dans un compromis c’est faire le deuil d’une société homogène mais aussi, et surtout, créer de nouvelles possibilités de dialogue et de rencontres.

Si le compromis poursuit une variété de buts dans une pluralité de domaines (affectif, moral ou politique), l’intérêt des individus doit être mis entre parenthèses au profit de la recherche d’une solution intersubjective, collective. Le compromis suit ainsi une voie différente de la soumission ou de l’écrasement. En prenant au sérieux la relation d’interdépendance conflictuelle des acteurs, le compromis autorise ainsi une reconnaissance de soi, d’autrui et de la « multi-fondation » démocratique ; c’est-à-dire la reconnaissance mutuelle, par des acteurs et institutions diverses, à être tous acteurs du lien social et à construire un nouvel ordre prenant en compte la pluralité conflictuelle des valeurs.

Cette position du philosophe Paul Ricoeur semble bien éloignée de la réalité sociale actuelle des entreprises, mais aussi de celle du pays qu’est la France, de son histoire, de ses racines et de ses fractures. Cela illustre combien il est difficile d’aligner une politique sur une ligne philosophique. Mais peut-être que la pensée de Paul Ricoeur apporte quelques explications au comportement d’Emmanuel Macron, à la nature de ses décisions, parfois radicalement différente de celles prises antérieurement, ou de ces non-décisions.

Le « En même temps » de Macron

« Je continuerai de le dire dans mes phrases et dans ma pensée, car ça signifie que l’on prend en compte des principes qui paraissaient opposés ».

Selon le spécialiste de la communication politique, Michel Le Séac’h[7], le « En même temps » possède deux sens :

  • le premier exprime une similitude, employé comme synonyme de simultanément sous la plume, par exemple, d’Albert Camus, écrivain cité parfois par… Emmanuel Macron ;
  • à l’inverse, le second sens, populaire, signifie « cependant », « toutefois », « en revanche » et marque donc une opposition.

Les « en même temps » de Macron renvoient à « une résolution des contradictions » et « seraient représentatifs d’un mode de gouvernement ». « Ils font le lien entre la thèse et l’antithèse, c’est une sorte de synthèse ».

Mais pour les adversaires de Macron, c’est le signe, chez lui, d’un flou, la volonté d’un président conciliant et tiède qui entend, en reliant des choses qui semblent être irréconciliables, « satisfaire tout le monde sans trancher ».

Petrus Borel sur son blog à Mediapart apporte l’explication suivante que nous présentons à titre de réflexion pour nourrir notre analyse, sans que nous en validions la pertinence. Ce n’est pas le but. Son point de vue ouvre en effet plusieurs questionnements.

D’abord, l’incapacité de choisir entre deux solutions négatives.

Ensuite le fait de se retrancher derrière une tierce « autorité », ce qui est une façon de s’exonérer de sa propre responsabilité (« c’est le peuple qui a choisi Barabbas et non Jésus, et je m’en lave les mains »).

Enfin le rejet de la contradiction et un comportement obtus, celui de persister dans l’erreur pour sauver la face. Des comportements profondément humains. 

« Macron est incapable d’arbitrer entre deux solutions qui présentent chacune leurs aspects négatifs. Il se défausse en permanence de ses responsabilités en s’abritant tantôt derrière l’avis des scientifiques, tantôt en renvoyant la décision aux individus à qui est transféré le dilemme qu’il est incapable de trancher : envoyer ou non ses enfants à l’école, contraindre ou non au port du masque dans un commerce. Comme la plupart des grands velléitaires, Emmanuel Macron ne supporte pas d’être contredit, précisément parce qu’il n’est jamais assuré du choix qu’il a fait. Ainsi faut-il comprendre son obstination à vouloir faire passer la réforme des retraites en force alors que tous les indicateurs étaient au rouge, ainsi faut-il comprendre son refus de recommander le port du masque dans son entretien au Point du 15 avril, non pas pour des raisons objectives mais par volonté de ne pas se dédire ».

Le « et hiérarchisé » sait prendre en compte les contraires

Le « En même temps » ne doit pas être confondu avec le « ET ».

Les choix de Macron ne se fondent pas sur une synthèse entre les solutions contradictoires, puisqu’il ne les hiérarchise pas et laisse faire le déroulement des évènements.

Communiquer sur une prise de décision autoritaire relevant du « en même temps » avec des objectifs contradictoires ne peut entrer dans le champ d’une acceptation rationnelle des citoyens. Surtout lorsque la temporalité des mesures est espacée, et non simultanée. Le « en même temps » de Macron montre donc des mesures décalées et non synchronisées.

L’incompréhension est d’autant plus forte chez les citoyens dès lors que la décision est non concertée et prise, non pas en raison de l’autorité légitime, mais plutôt selon une démarche autoritaire. Autorité et autoritarisme ne produisent pas les mêmes effets. L’autorité entraîne une « adhésion de respect », ou du moins une attention sur le fond de la décision : « je suis d’autant plus attentif à la décisions prise ou qui va être prise que je « respecte » le décideur à qui j’accorde un certain degré de confiance et de légitimité ». Alors que l’autoritarisme suscite spontanément un rejet, au titre de l’autonomie de penser et d’agir : « je n’ai pas confiance et je ne vois pas pourquoi je devrais obéir ».

Quelle est l’alternative au « en même temps » ? Le « ET » dans différentes articulation, en particulier celle qui retient le maximum de A et le maximum de B, car cela favorise la mutation et permettrait ainsi de réaliser la transformation dont le pays a besoin.

Mais c’est une disposition d’esprit qui sort des normes habituelles, telles qu’elles ont été forgées par le système éducatif et l’enseignement supérieur centrés sur le « OU », ainsi qu’une énorme volonté de repositiver les contraires afin de franchir une nouvelle étape.

Cela réclame quelques qualités humaines qui permettent de distinguer le « vrai » du « faux » leader : œuvrer pour une nation ou pour une entreprise, c’est rechercher, au sens de Heidegger, la transcendance dans la poursuite de l’intérêt général ou de l’intérêt social, en se projetant au-delà de soi-même, pour ne pas dire en s’oubliant, en s’effaçant. Il y a une forme d’abnégation dans cette démarche parce que, fondamentalement, le but (la mutation) prime sur la personne qui conduit l’action. A ne pas confondre avec la recherche de la transcendance dans l’accomplissement du soi narcissique, du soi « jupitérien ».

 

[1] La « théorie de la contingence » a été très en vogue en 1950 dans la recherche des modes d’organisation des entreprises. Cette théorie a été développée avec « l’Ecole de la contingence structurelle » de Paul Roger Lawrence et Jay William Lorsch partant du constat que l’environnement a une influence déterminante sur la structure et les performances des organisations. Cela conduit à retenir trois facteurs : le changement des conditions de l’environnement, la certitude des informations acquises et la durée nécessaire pour connaître le résultat des décisions. Cette approche est aujourd’hui à la base de la RSE et plus globalement des préoccupations écologiques et sociales (dont la traduction en France a été, par exemple, la Loi RNE et son article 116.

[2] « La logique au Moyen Âge » Magazine Pour la Science. 1 octobre 2002.

[3] Julien Bobroff – Physicien, Professeur des Universités, Université Paris-Saclay : « Sept idées fausses sur la physique quantique »

[4] Cervantès a la paternité de cette maxime : « me parece muy áspera esta medicina y será bien dar tiempo al tiempo » (« ce remède me paraît fort sévère et il sera bon de donner du temps au temps »). Source AFBH.

[5] dans le prolongement des décisions prises sous Vichy. Cf. « Ne t’aide pas et l’État t’aidera: La Sécurité sociale et la mort de la responsabilité » Eric Verhaeghe Editions du Rocher.

[6] « Le compromis selon Paul Ricœur »

[7] « Tics de langage : « En même temps », le péché mignon de Macron » Le Parisien du 21 avril 2018.

L’article Ce qui se passe vraiment dans le cerveau d’Emmanuel Macron, par Lionel Tourtier est apparu en premier sur Le courrier des stratèges.

Doctolib peut-il sauver le service public de son naufrage et de son inefficacité ?

Par Éric Verhaeghe

Alors qu'un Conseil de Défense se réunit ce matin pour trancher sur un nouveau confinement ou pas, le gouvernement tente d'accélérer la campagne de vaccination, engluée dans les boues de la bureaucratie sanitaire et de sa Berezina. Doctolib est en charge de la prise de rendez-vous, action pour laquelle l'assurance-maladie est complètement dépassée. Une fois de plus, le service public se révèle incapable de s'adapter aux besoins de la société contemporaine et montre non seulement qu'il est rigide, mais coûteux et inefficace.

Ce matin, avant le séminaire gouvernemental chargé de préparer la campagne présidentielle de 2022 (ou 2021, comme nous le suggérions ce lundi), se tient un conseil de défense dont Jean Castex doit communiquer les résultats jeudi à 18h. Ce conseil est important, puisqu’il doit trancher sur un nouveau confinement. 

Un couvre-feu général à 19h selon toute vraisemblance

Selon certaines sources, le gouvernement écarterait un nouveau confinement permanent à ce stade et opterait plutôt pour un couvre-feu national avancé à 19 heures et, éventuellement, pour un confinement général le week-end. Reste à savoir si ces options seront supportées par l’opinion publique, ce dont nous doutions hier. La campagne grandissante sur le malaise étudiant montre bien que nous atteignons progressivement une limite. 

Doctolib chargé d’accélérer la campagne de vaccination

Après la polémique sur le rythme de vaccination, dont la lenteur est due aux incompétences de la bureaucratie sanitaire, l’exécutif est sans dessus dessous. Progressivement, Olivier Véran décroche de la paroi et devrait tout de même mal finir. Si, en public, Emmanuel Macron défend son administration, il semblerait qu’il ait piqué une gueulante légendaire en découvrant une pré-visite vaccinale obligatoire qui retarde d’autant le processus de vaccination. 

"L'administration, a-t-elle été défaillante dans l'encadrement des mesures pour protéger les Français, dans la clarté dans les territoires quand des fermetures ou des couvre-feu ont été décidés ? Tous nos voisins ont eu des manifestations terribles"

Emmanuel Macron

12 janvier 2021

Face à ce désastre, Macron a compris que les lenteurs ne provenaient pas seulement des difficultés d’approvisionnement en vaccin, mais aussi de l’incapacité de l’assurance-maladie à prendre rendez-vous efficacement. D’où un appel à Doctolib, dont la prise de rendez-vous est le métier, déjà mis en oeuvre aux Hôpitaux de Paris. 

Doctolib et le naufrage du service public

Il n’en fallait pas plus pour que les éternels défenseurs d’un service public qui ne marche pas monte en température. Jean-Luc Mélenchon s’est fendu d’un tweet dénonçant cet appel à une entreprise privée qui ficherait les malades. Mais quelqu’un lui a dit que les données de santé de l’assurance-maladie sont hébergées par Microsoft ?

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Dès le premier jour, 2.500 salariés se sont arrêtés de travailler pour symptômes du COVID

Par Éric Verhaeghe

Ce lundi, l'assurance-maladie inaugurait un dispositif permettant aux salariés présentant les symptômes du COVID de se mettre en arrêt maladie sans passer par un médecin. Ce dispositif a rencontré un succès impressionnant : dès le premier jour, 2.500 salariés ont fait appel à ce système qui leur garantit un plein salaire sans travailler et sans certification d'un médecin. L'illusion maduriste continue...

Il suffit, depuis lundi, de déclarer à l’assurance-maladie que l’on présente les symptômes du COVID pour être dispensé de travail jusqu’à la survenue des résultats… sans avoir besoin de consulter un médecin. Cette mesure ahurissante n’a échappé à aucun salarié, dont beaucoup ont vu l’intérêt du dispositif. 

Ainsi, selon les chiffres officiels, 2.500 salariés ont demandé à bénéficier de ce dispositif. 

On notera que, de son côté, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire ne manque pas une occasion de dire que les Français ne travaillent pas assez. On se demandait pourquoi… On commence à comprendre. 

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Le Parquet de Nantes a-t-il tardé à protéger Didier Raoult contre son confrère corbeau ?

Par Éric Verhaeghe

Le célèbre Didier Raoult avait reçu des menaces téléphoniques au mois de mars... qui avait poussé le savant marseillais à porter plainte contre X. Dans la pratique, tout le monde savait d'où venait cet appel visiblement passé en numéro affiché. Face à l'inaction du Parquet de Nantes, Didier Raoult a finalement déposé plainte avec constitution de partie civile au mois de décembre. Et l'auteur de la malveillant a très vite avoué. Le Parquet de Nantes cherchait-il à protéger ce notable local ?

Le milieu de la médecine n’est visiblement pas un havre de paix où les controverses se règlent de façon urbaine. Didier Raoult en sait quelque chose, puisqu’il a subi les foudres de l’establishment médical parisien et annexe durant plusieurs mois après ses déclarations fracassantes sur l’épidémie. 

On sait que le savant marseillais s’est attiré beaucoup d’ennemis, à commencer par des ennemis dans le corps médical lui-même. Au moins de mars, il avait ainsi reçu un coup de téléphone menaçant… passé depuis un portable professionnel par l’un de ses confrères nantais (preuve qu’on peut être médecin et moyennement malin). 

Raoult avait alors porté plainte contre X, mais la presse avait révélé que le portable qui avait servi à passer l’appel appartenait à la « flotte » du CHU de Nantes. Alors que l’enquête semblait facile à mener, et rapide, le Parquet de Nantes, saisi par le Parquet de Marseille, n’avait effectué aucune investigation neuf mois plus tard. 

Pour réveiller l’hydre judiciaire, le professeur marseillais a finalement déposé une plainte avec constitution de partie civile. Obligé de réagir, le parquet de Nantes a identifié le probable auteur des faits : il s’agit du professeur Raffi, qui conteste avoir proféré des menaces de mort. 

Précisons que François Raffi est chef du service de maladies infectieuses et tropicales de Nantes. La médecine vole vraiment haut, en France. Reste à savoir si cette sommité locale a été protégée par le Parquet de Nantes…

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Face à WhatsApp et Facebook, quels sont les réseaux sociaux les plus protecteurs ?

Par Éric Verhaeghe

Facebook est à la pointe des urticants qui dévoilent le vrai visage des GAFAM : entre bannissement unilatéral d'un Président élu démocratiquement et pillage sans vergogne des données personnelles collectées par WhatsApp, le réseau de Mark Zuckerberg donne envie de fuir. Voici quelques pistes pour protéger ses informations et ne plus se soumettre à la censure de Facebook... Petit guide pratique pour vous éclairer.

Officiellement, Facebook est le réseau tout puissant, et unique, qui vous permet de rentrer en contact avec n’importe qui dans notre petit monde. En achetant Instagram et WhatsApp, Zuckerberg s’est par ailleurs doté d’une impressionnante puissance de feu qui confère à son réseau une position dominante sur la Toile. 

Comme tout acteur en position dominante (qu’il soit public ou privé, rappelons ici les bienfaits du marché en libre concurrence), Facebook foule aux pieds les droits de ses utilisateurs, notamment en récupérant les données des utilisateurs sans vergogne, et en bannissant unilatéralement les gêneurs. Sur ce point, on parle beaucoup de Donald Trump, mais les cas de censure arbitraire par Facebook sont légion

Voici donc quelques acteurs alternatifs qui méritent d’être regardés de près.

Pour quitter Facebook : Viken ou Mastodon

L’un des intérêts de Facebook est de pouvoir « exposer » sa vie, ses idées, ses impressions, ses affinités, dans un espace d’édition relativement large : republication d’articles, partage de photos, micro-blogging, vidéos en direct, et messagerie. D’autres réseaux proposent peu ou prou les mêmes facilités, de façon gratuite et « neutre » (pour l’instant). 

On citera ici Viken qui est le frère jumeau, mais russe, de Facebook. Ce réseau est une sorte de clone de Facebook, mais avec moins d’utilisateurs. Ceux-ci sont souvent russes, pour des raisons évidentes. 

Viken peut toutefois vous accueillir de façon très simple.

Mastodon est le cousin de Facebook, mais en version « libre », c’est-à-dire mise au point de façon ouverte et gratuite par des développeurs qui travaillent tous sur le même code collectif. Il est également simple d’accès

On est évidemment tous d’accord pour dire que l’intérêt de Facebook tient au nombre de ses adhérents. Mais rien n’interdit d’avoir un compte chez Facebook, un autre sur Mastodon, et encore un autre sur Vixen.

Pour quitter WhatsApp, il n’y a pas que Signal

Signal a réussi une belle opération de communication en faisant croire que les départs de WhatsApp (dû au partage de données personnelles avec Facebook désormais imposé par le réseau de Zuckerberg) lui profitaient systématiquement. 

En réalité les choses sont plus nuancées. 

Signal est un outil assez pratique, qui propose des communications cryptées comme WhatsApp. L’une des fonctions appréciées par les utilisateurs est de pouvoir envoyer des messages éphémères qui s’effacent après lecture. Signal permet également de créer des groupes. 

Toutefois, Signal n’est pas exempte de soupçons. Récemment, une start-up israélienne a affirmé pouvoir casser le cryptage du réseau et avoir accès aux conversations privées qu’il héberge. La même start-up vend ses logiciels de hacking aux Etats qui veulent surveiller les citoyens. Il ne faut pas paniquer avec ce genre d’informations, mais avoir conscience des limites des réseaux vantés par leurs créateurs (même si ceux-ci n’ont pas de but lucratif avoué, comme Signal). 

L’intérêt de Telegram

Telegram est un réseau fondé par des frères russes émigrés à Dubai. Le gouvernement russe a plusieurs fois tenté de censurer Telegram, pour finalement y renoncer. Comme Signal, Telegram propose des conversations cryptées, dont des conversations secrètes où il est possible d’effacer automatiquement les contenus après un laps de temps choisi. Telegram permet également de créer des groupes interactifs, des « canaux » et d’échanger une multitude de média.

Comme Signal, Telegram permet de téléphoner ou d’avoir des échanges par vidéos. 

Certains ont parfois contesté l’efficacité du cryptage de Telegram (sous prétexte que son code n’était pas « ouvert ») et sa sécurité globale, mais personne n’a prouvé qu’il était parvenu à s’en affranchir. D’ailleurs, ce réseau avait la réputation d’héberger les groupes de djihadistes et leurs conversations…

Pour notre part, nous avons plutôt tendance à recommander ce réseau pour ses fonctionnalités pratiques, notamment la possibilité de ne pas communiquer son numéro de téléphone et d’y rester anonyme. 

Précisons qu’à la différence de Signal, Telegram peut directement être utilisé sur son écran d’ordinateur. 

Bref, voilà donc quelques suggestions pratiques. Chacun y cherchera son chat !

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🎖S’expatrier en Irlande : le pour et le contre

Par Éric Verhaeghe

S'expatrier en Irlande est-il un calcul particulièrement intéressant ? Nous apportons aujourd'hui des éléments de réponse à cette question largement débattue par ailleurs. Cette analyse s'intègre à nos réflexions sur les lieux possibles d'expatriation pour les entrepreneurs qui veulent échapper à l'enfer fiscal et bureaucratique français. Comme nous allons le voir, l'Irlande ne manque pas d'atout.

Nous reprenons notre lecture fidèle de l’Human Freedom Index de 2020, en décortiquant les analyses statistiques consacrées à l’Irlande, classée au 7è rang mondial des libertés, et au 10è rang pour les libertés économiques. Ce classement appelle quand même quelques observations. 

La question centrale du droit en Irlande

L’un des avantages majeurs de l’Irlande tient à son respect du droit, et au respect de la propriété privée dans le droit irlandais. Nous avons hier évoqué l’importance de ce point comme critère de choix d’un pays pour l’expatriation

En matière juridique, donc, on notera que l’Irlande figure parmi les tout premiers pays du monde pour sa sécurité et son respect des libertés, avec un score global de 9,11 quand la France décroche 8,70. Toutefois, on notera son score assez modeste, dans le domaine du droit des affaires, sur le critère important de la force légale des contrats, qui n’est pas très favorable aux entrepreneurs. 

On fera donc attention à ne pas oublier que, au-delà de l’ambition très libérale du pays, certains blocages ou certains risques peuvent exister. 

Une fiscalité favorable aux entreprises, mais…

Globalement, la fiscalité de l’Irlande est très favorable aux entreprises comme chacun le sait. Cette notoriété tient d’abord au taux d’impôt sur les sociétés absolument imbattable : 12,5%. 

Mais attention à cet effet d’affichage, qui profite aux entreprises effectivement installée en Irlande. Car, dans les autres cas de figure, les taux d’imposition remontent rapidement. C’est le cas pour les dividendes de sociétés résidant hors d’Irlande, les intérêts, loyers, redevances et revenus d’une entreprise exercée entièrement en dehors de l’Irlande et des opérations de négoce de terres, d’exploitation minière et d’extraction de pétrole, qui sont imposés à 25%… 

C’est immédiatement beaucoup moins intéressant, une fois l’IS de 12,5% passé.

Ajoutons que les dividendes ne sont pas taxés pour les résidents, mais soumis à une retenue de 25% pour les non-résidents. 

Autrement dit, l’Irlande est un bon plan si on s’y installe réellement et si on y joue le jeu. En revanche, l’idée de garder un pied en France pour y rapatrier ses revenus irlandais n’a aucun intérêt objectif. 

Une forte compétitivité sociale

Autre avantage de l’Irlande : elle n’assomme pas les employeurs avec des taux de cotisation sociale farfelus comme la France. Les taux y sont de 11,05% pour les salaires supérieurs à 386€ hebdomadaire. C’est simple et carré. Et facile à comprendre. 

On notera par ailleurs que l’Irlande est plutôt bien notée pour ses règles en matière du droit du travail, qui ne sont pas expropriatoires. 

Simplicité administrative

Enfin, ultime avantage de l’Irlande : les entreprises n’y sont pas écrasées par la bureaucratie. Selon la Banque Mondiale, l’Irlande est le 4è pays le plus simple du monde en matière fiscale, avec un faible temps absorbé à faire de la paperasse. La création d’entreprise y est aussi globalement assez simple. 

L’Irlande est un projet de vie

On retiendra de cet ensemble que les avantages de l’Irlande sont réels pour les entrepreneurs, à condition de s’y installer complètement. Ce sujet mérite réflexion car l’Irlande est une île et dans des hypothèses comme un confinement ou une restriction à la circulation des personnes, pas la peine d’imaginer passer par un quelconque petit poste frontière oublié le long d’une route pour s’y rendre. Sauf à posséder un bateau et à savoir naviguer, le voyage en Irlande est entièrement dépendant de l’avion. 

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Les Français accepteront-ils un troisième confinement ?

Par Éric Verhaeghe

Hier matin, Jean Castex a évoqué la possibilité d'un nouveau confinement devant les parlementaires. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres dans l'opinion, qu'on sent fatiguée par cette relégation permanente et cette restriction apportée aux libertés quotidiennes. Si l'utilité ou la pertinence de ce confinements apparaissent éminemment discutables au regard du nombre de personnes hospitalisées ou en réanimation, c'est surtout l'acceptabilité politique de cette mesure qui apparaît très douteuse : jusqu'à quand la jeunesse de ce pays acceptera-t-elle les privations pour sauver une génération qui lui laissera autant de dettes et de déséquilibres à réparer ?

Devant les parlementaires, ce lundi, Jean Castex a évoqué la possibilité d’un troisième confinement. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confirmé qu’un confinement, « à ce stade », n’était pas envisagé, ouvrant la porte à une modification de la doctrine officielle. Le spectre d’une interruption nouvelle de l’activité rôde donc et inquiète fortement les Français. 

«à ce stade, il n'y a pas de reconfinement prévu mais évidemment nous suivons la situation avec beaucoup d'attention (…) et évidemment on continuera à prendre les mesures nécessaires, notamment dans certaines villes»

Gabriel Attal

Les chiffres de l’épidémie ne sont pourtant pas mauvais

Ce confinement sera politiquement difficile à expliquer dans la mesure où les chiffres de l’épidémie en France ne sont pas si mauvais. En tout cas, douze jours après les tant redoutées fêtes de Nouvel An, si le taux d’incidence du virus a notablement augmenté, les hospitalisations et les réanimations n’enregistrent pas de mouvement significatif. 

Concernant le taux d’incidence, voici le graphique mis à jour sur les métropoles :

En Ile-de-France, le taux a donc allègrement franchi la barre des 150 ces derniers jours, ce qui pourrait justifier l’avancée du couvre-feu à 18 heures. Mais cette dégradation ne se traduit pas par un phénomène identique en réanimation, dont nous montrons la courbe globale en ouverture de cet article. Pour les hospitalisations, la stabilisation est la même.

Globalement, la gravité de l’épidémie reste stable, même si le virus se propage. 

Les Français accepteront-ils une troisième confinement ?

La question incidente est de savoir si, dans ce contexte très discutable, les Français sont prêts à encaisser un nouveau confinement du territoire. Globalement, la conviction que le gouvernement instrumentalise la crise sanitaire à des fins politiques progresse. Dans le même temps, Jean Castex paraît incapable de constituer une équipe compétente pour gérer la crise. Les ratés de la vaccination l’ont prouvé. 

Dans ces circonstances, les risques politiques d’un nouveau confinement sont grands. 

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🎖Démission imminente de Macron : les indices qui accréditent cette hypothèse

Par Éric Verhaeghe

Depuis plusieurs semaines, une hypothèse circule, nourrie discrètement et à son corps défendant par l'entourage du Président de la République : pour éviter un désastre complet en 2022 ou, en tout cas, une forte prise de risque face à Marine Le Pen (qui gagne des points en se taisant et en perd en prenant la parole), voire pour éviter une élimination dès le premier tour, par exemple face à Xavier Bertrand, Emmanuel Macron prendrait tout le monde de vitesse en démissionnant de son poste au début du mois d'avril. Il disposerait alors d'une trentaine de jours pour organiser un nouveau scrutin auquel il se présenterait en position de force, faute d'un véritable rival susceptible de gagner. Comme toujours, ces hypothèses sont soumises à de nombreuses cautions. Sauf que... deux indices (que nous qualifierons de signaux faibles) laissent à penser que l'hypothèse d'une démission du Président dans les 3 mois ne repose pas que sur du sable.

Depuis plusieurs semaines circule (dans les milieux autorisés) l’hypothèse selon laquelle Emmanuel Macron serait tenté de démissionner pour mieux se légitimer dans l’opinion à l’heure où la lutte contre les déficits va obliger à des arbitrages douloureux. Dans la pratique, on sent tous que, si le climat actuel dans l’opinion ne lui est pas favorable, il ne pourra aller qu’en se dégradant sous le poids des contraintes économiques. Attendre sagement 2022 pour se faire réélire ne coule donc pas de source, et il existe des arguments théoriquement valables pour provoquer un referendum dès 2021. 

Les arguments qui plaident en faveur d’une élection anticipée

L’argument principal qui milite en faveur de cette prise de risque, c’est le calendrier des autres candidatures. En 2017, Emmanuel Macron était passé de peu au second tour, talonné par François Fillon. Structurellement, il pourrait cette fois, compte tenu de son impopularité, souffrir d’une candidature Bertrand ou autre, et connaître le même sort que Lionel Jospin en 2002. 

Son intérêt objectif consiste donc à prendre de vitesse un éventuel candidat de droite, sachant que la gauche devrait aligner au moins quatre candidats (Mélenchon, Jadot, Montebourg et Hidalgo). Cette stratégie d’accélération a d’autant plus de sens que, économiquement, la situation de 2022 devrait être pire encore que celle de 2021. Il y a donc un risque moins grand à se présenter à l’élection maintenant plutôt qu’à la date prévue, en assumant un bilan dégradé et des candidats préparés et rodés. 

Si ce genre d’hypothèses est toujours compliqué à trancher, deux signaux faibles laissent à penser que le Président n’a pas exclu (à défaut d’avoir choisi clairement) de la mettre en oeuvre au printemps. 

Le signal faible de la réforme constitutionnelle

Premier signal faible qui laisse à penser qu’une démission prochaine pourrait avoir lieu : le calendrier de la réforme constitutionnelle avance. On sait désormais que le projet de loi intégrant la lutte contre le réchauffement climatique à la Constitution sera présenté le 10 février au Conseil des Ministres

Cette présentation devrait ouvrir une séquence « écologique » qui permettra à Emmanuel Macron de ratisser à gauche et de se donner une image plus consensuelle. Ce projet sert évidemment des buts électoraux. Dans un premier temps, on avait pensé que le projet de loi serait déposé au deuxième semestre 2020. Le fait que sa discussion commence très rapidement montre que le Président veut s’ouvrir un nouveau couloir dans le quinquennat et qu’il veut se redonner de l’air sur sa gauche, en coalisant les bonnes volontés sur le thème du « monde d’après ». 

On comprend implicitement que la campagne présidentielle devrait se faire sur le thème de la nature et de l’écologie, om il est plus facile de caresser l’opinion dans le sens du poil que sur la thème du redressement. Mais, tactiquement, Emmanuel Macron devrait chercher le plébiscite sur un programme fiscal et budgétaire traduisant la transition énergétique et écologique dans les chiffres, ce qui permettra de curiacer les réticences de droite. 

Les députés LREM commencent discrètement leur campagne

Autre signal faible : les députés LREM ont commencé leur campagne de terrain comme si les élections devaient arriver plus tôt que prévu. C’est notamment le cas du bien informé ex-sous-ministre Mounir Mahjoubi, qui arpentait le marché de la place des Fêtes, à Paris, ce dimanche, après trois ans et demi de brillante absence. 

Pour le coup, ce signal peut être diversement interprété. Mais, dans l’hypothèse où cet ancien responsable de la plate-forme numérique d’En Marche aurait eu vent de quelques intrigues sous cap ourdies dans les allées du pouvoir, sa présence très surprenante sur un terrain qui l’a élu (et qui a infligé une défaite en rase campagne à sa majorité aux dernières municipales) constitue un élément d’éclairage supplémentaire. 

Tout cela repose bien entendu, in fine, sur la capacité d’Emmanuel Macron à prendre une décision difficile et à s’y tenir. Et sur ce sujet, le Président n’a guère fait ses preuves.

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🎖Expatriation : pourquoi et comment choisir un Etat de droit pour quitter la France ?

Par Éric Verhaeghe

Quitter la France devient une décision urgente pour tous les entrepreneurs qui sentent bien qu'ils seront les boucs-émissaires de la crise économique. Nous continuons ici notre série dédiée à l'art de s'expatrier pour sauver ses meubles de l'enfer fiscal toujours moins supportable que devient la France en proie à la tentation maduriste. Nous avons recommandé de rechercher un Etat de droit pour s'installer... mais lequel ? Nous diffusons aujourd'hui les conseils d'Yves Laisné pour comprendre de quoi il s'agit.

Yves Laisné

Yves Laisné

Consultant spécialisé dans les questions d'expatriation

Le terme d’état de droit est souvent employé et fréquemment mal compris.

Etat de droit, ou état de droit ?

Une première erreur est une faute d’orthographe très répandue (cf. dictionnaire de l’Académie en ligne) consistant à l’écrire « Etat de droit ». En rattachant la question à la personne morale de droit public dénommée Etat. Sans doute l’Etat a-t-il normalement pour fonction de veiller à l’existence d’un état de droit, mais il ne l’est pas.

L’état de droit est une situation de la société dans laquelle les droits d’un individu sont reconnus et protégés contre les autres individus et, non en dernier lieu, contre la puissance publique.

Ce qui implique l’impératif catégorique d’une magistrature indépendante, dans le cadre d’une véritable séparation des pouvoirs.

Comme en dispose la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dans son article 16, toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Cette question centrale étant posée, pourquoi l’état de droit est-il nécessaire à l’exercice normale d’une activité et à la jouissance paisible de ses biens ?

À quoi sert l’état de droit ?

Selon Montesquieu, théoricien, par ailleurs de la séparation des pouvoirs, la liberté est le bien qui permet de jouir de tous les autres biens.

Dans la vie des affaires, et dans la vie tout court, un certain nombre de règles sont nécessaires : par exemple, les contrats doivent constituer la loi des parties (pacta sunt servanda) et celui qui a une créance doit pouvoir la faire valoir en justice et en obtenir, en cas de mauvaise volonté du débiteur, l’exécution forcée. La propriété des biens doit être garantie contre les empiètements de tiers y compris de la puissance publique et il doit être possible d’obtenir de justice sa protection.

Un pays sera donc d’autant plus accueillant à une activité et à une vie offrant un minimum de prévisibilité et de tranquillité, qu’il comportera un état de droit et répondra de ce fait aux conditions de base sus-énoncées.

Sur le plan philosophique, les fondements de l’état de droit se trouvent chez John Locke, Alphonse de Beccaria, Montesquieu, Grotius, Pufendorf et Burlamaqui. Ils puisent leurs racines lointaines dans le Décalogue, le christianisme primitif, le jus gentium, et les constitutions anglaises (Magna Carta, Habeas Corpus) et plus proches dans le droit naturel et, pour partie, la philosophie des Lumières (Voltaire).

Il s’agit ainsi clairement d’une conception occidentale libérale, dont aucune trace n’existe dans les prémisses philosophiques d’autres civilisations (Védas, Confucius, Coran par exemple) ou d’autres approches civilisationnelles (Marx, Lénine, Mao Tze Dong, Rosenberg, Evola, Sartre, par exemple).

Ce qui restreint fortement le champ des pays concernés.

Pierre angulaires de l’état de droit

En quoi consisteront précisément les pierres de touche d’un état de droit ? En voici quelques exemples :

  • Protection de la propriété privée immobilière contre l’expropriation pour cause d’utilité publique
  • Possibilité d’expulsion d’un locataire en cas d’impayé
  • Sécurité des actes authentiques et du cadastre relativement à la légitimité et aux limites spatiales de la propriété foncière
  • Stabilité des réglementations professionnelles
  • Stabilité de la législation, spécialement de la législation fiscale
  • Procédure pénale garantissant pleinement les droits de la défense
  • Facilité de l’accès au juge
  • Indépendance et liberté des avocats.

En outre, il faudra, comme la CEDH l’a réaffirmé dans de nombreux arrêts, que les droits garantis ne soient pas simplement formels, c’est-à-dire inscrits dans des textes qui demeurent inappliqués, peu appliqués ou mal appliqués, mais qu’ils le soient par une application effective et concrète.

Ce qui restreint encore le champ des pays concernés. Par exemple la Fédération de Russie est signataire de la Convention européenne des droits de l’homme, membre du Conseil de l’Europe et, en tant que telle, assujettie à la juridiction de la Cour de Strasbourg, comme le sont la Turquie et la Moldavie. Nul n’ira prétendre qu’il s’agit d’états de droit…

Les risques de s’expatrier dans un état de non-droit

Que se passera-t-il dans des Etats qui ne sont pas ou très incomplètement des états de droit ? Les fortunes seront révocables au gré du pouvoir (cf. le cas récent de Jack Ma), la propriété ne sera pas garantie contre la convoitise de satrapes, hiérarques locaux ou simplement envieux bien relationnés, l’arbitrage en cas de contentieux dépendra de la puissance relationnelle des parties, il n’existera pas de protection contre les arrestations arbitraires, pour ne citer que quelques exemples.

En pratique, l’expérience montre, sauf erreurs ou omissions, que

  • constituent des états de droit de premier rang, sous réserve des imperfections inhérentes aux institutions humaines, l’Allemagne, le Luxembourg, la Suisse, le Liechtenstein, l’Autriche, l’Irlande, la Suède, le Canada, les Etats-Unis, la Nouvelle Zélande,
  • constituent des états de droit de second rang, sous les mêmes réserves que dessus, le Royaume-Uni, l’Islande, la Norvège, le Danemark, l’Australie, Israël, Singapour, les Pays-Bas, Andorre, la Belgique, le Costa Rica,
  • constituent des états de droit atténués, en déclin ou non arrivés à maturité, la France et ses dépendances, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Tunisie, la République tchèque,
  • le reste du monde est constitué, à des degrés divers, d’états de non-droit, non sans des différences importantes : il y a plus de droit en Slovénie qu’en Chine et en Pologne qu’en Corée du Nord (et même du Sud).

A méditer pour faire des affaires ou se fixer.

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La gestion du COVID, un immense succès politique, par Didier Picot

Par Éric Verhaeghe

Le gouvernement profond dont nous parlons souvent dans nos colonnes, a-t-il instrumenté la crise du coronavirus pour élargir sa sphère d'influence et d'intervention ? En a-t-il profité aussi pour changer durablement les comportements des Français pour les rendre plus "malléables" ? C'est le propos de Didier Picot...

Didier Picot

Chef d'entreprise basque, ancien élu local

Personnellement, je suis bien incapable d’évaluer si la gestion de la crise du COVID par nos dirigeants est une réussite ou un échec en matière sanitaire.

Par contre je pense qu’elle est un immense succès politique pour l’Etat, c’est à dire l’organisation et les femmes et les hommes qui collectivement exercent les pouvoirs exécutifs, administratifs, législatifs et judiciaires. Trois éléments me semblent en effet dessiner le surgissement d’un nouveau régime politique à leur main.

Tout est interdit, sauf ce qui est permis

Le premier est apparemment le plus anodin : l’attestation de déplacement dérogatoire. Cette petite tracasserie, peu contrôlée mais qui a tout de même permis au Fisc de soulager les Français de plusieurs dizaines de millions d’Euros, est un marqueur symbolique fort du changement de nature du régime politique en France. Pourquoi ?

Rappelons le fondement d’un régime dictatorial : tout est interdit, sauf ce qui est spécifiquement autorisé. A la faveur de la Révolution, le peuple français a inversé la norme et exigé la liberté : par défaut tout est permis, sauf ce qui est interdit. Ca change tout !

Jusqu’à Mars 2020, malgré une submersion de lois, règlements et textes qui contraignaient nos comportements chaque jour davantage, le principe de la liberté première demeurait. Depuis, cette attestation faussement anodine a fait son apparition qui acte que désormais tout est interdit sauf ce qui est expressément permis et décrit dans la case cochée. C’est un basculement de sens, le basculement d’une liberté première vers une contrainte première. Elle crée un précédent infiniment perfectible pour instaurer à terme un véritable contrôle social.

L’incohérence, l’arbitraire sont le message

Nous avons tous remarqué l’incohérence des innombrables mesures et règlements destinés à dicter la vie des Français dans le moindre détail. S’en moquer, comme l’on fait certains commentateurs, me semble une double erreur. D’abord parce que, même s’il ne faut jamais perdre notre sens de l’humour, le massacre des libertés fondamentales (économique, mouvement, réunion, manifestation, culte, presse, vie privée, etc.) est gravissime. Mais surtout parce qu’en réalité cette incohérence, voulue ou non peu importe, signifie que l’arbitraire, le fait du prince, est le nouveau mode de gouvernement. Le medium est le message : l’incohérence, c’est à dire l’arbitraire, est désormais la norme.

Le pouvoir législatif s’est couché et a voté une nouvelle fois l’état d’urgence, le pouvoir judiciaire a abdiqué en rejetant tous les recours juridiques, la presse a révélé sa complicité en instaurant un bombardement médiatique hallucinant, au sens littéral du terme. Fin de discussion : le pouvoir de contrainte est total et sans limite, la Constitution, l’état de droit sont, a minima, suspendus.

Une France domine l’autre

Même si nous Français n’en avons pas pris la pleine mesure, il existe dans notre pays deux univers séparés par un fossé qui est devenu gouffre : le secteur public et le secteur privé. A l’occasion de cette crise, le secteur privé a été violemment agressé, notamment par la privation de liberté économique : revenus en forte baisse et taux de chômage en hausse verticale. Le secteur public, lui, n’a même pas été égratigné.

D’ailleurs, vous l’avez peut-être remarqué : quand le Président a fait appel à la solidarité et à l’esprit civique des Français, il ne s’adressait qu’aux jeunes et aux Français du privé. Les élus et le secteur public n’étaient pas concernés, comme si l’engagement, par ailleurs remarquable, de milliers d’hospitaliers dédouanait des millions d’élus et de fonctionnaires de prendre leur part de l’effort collectif.

Le fait qu’absolument personne ne l’ait relevé en 2020 est en soi un basculement. Comme l’inégalité de naissance sous l’Ancien Régime, personne n’ose plus remettre en cause la domination totale de la France publique sur le pays. Un clan a pris le pouvoir et, sans surprise, il s’en sert pour forcer le peuple à faire ce qu’il ne ferait pas volontairement et pour s’approprier leur patrimoine et les fruits de leur travail.

Alors, parenthèse ou basculement ?

Vous pourrez me rétorquer que, certes cette situation est désagréable, mais 1/ qu’elle est une réponse passagère à une crise indiscutable et 2/ qu’elle ne résulte pas d’une intention délibérée. Peut-être, mais peut-être pas.

  • Depuis 2015, nous avons vécu plus de la moitié du temps sous état d’urgence (attentats, gilets jaunes, crise sanitaire). Or, à chaque nouvelle instance, les mesures sont de plus en dures, puis elles deviennent permanentes. « Le coup d’état permanent » qu’était pour Français Mitterrand la V° république ne suffisait plus : nous vivons désormais sous « l’état d’urgence permanent »,
  • L’Etat a déjà annoncé que le prochain état d’urgence serait climatique. A cet égard, on peut légitimement se demander si la crise du Covid n’est pas finalement une simple répétition générale, un test grandeur nature destiné à affiner les méthodes de déstabilisation et in fine d’asservissement du bon peuple de France,
  • L’oppression, au sens premier de gêne respiratoire, que cause le port du masque est désormais imposée aux enfants dès 6 ans. Y-a-t il symbole plus clair de la volonté d’ancrer l’arbitraire et l’oppression dans la durée ?

Y a-t-il une intention dictatoriale ? A chacun son point de vue. Mais la sociologie des organisations nous enseigne que l’objectif de tout groupe dirigeant est d’asseoir un pouvoir toujours plus large et plus inexpugnable. A cette aune, la gestion du Covid par l’Etat est un immense succès politique.

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Les GAFAM déclarent la guerre au parti Républicain… et à la démocratie

Par Éric Verhaeghe

Depuis les événements du Capitole, les GAFAM ont pris des mesures radicales contre Donald Trump, et contre les éléments les plus conservateurs du parti Républicain : les faire taire. Cette offensive constitue probablement le premier dévoilement aussi assumé de la tentation liberticide qui anime les géants du Net aux Etats-Unis. Cette violation des libertés suscite un tollé en France, y compris chez ceux qui sont des ennemis déclarés du président américain. Le démantèlement de ces géants pour protéger la libre concurrence devient urgent.

Les GAFAM sont-ils entrés en guerre contre la démocratie ? Les événements survenus ces derniers jours, et même ces dernières heures aux Etats-Unis, montrent l’étendue des dégâts qu’une « modération » des contenus haineux confiée à des entreprises privées peut créer. 

Donald Trump banni des grands réseaux sociaux américains

Les uns après les autres, les réseaux sociaux américains ont décidé de bannir Donald Trump. Désormais, le président américain est interdit de Twitter, et banni de Facebook et d’Instagram jusqu’au 20 janvier, jour de sa « déposition ». 

C’est la première fois qu’un chef d’Etat démocratiquement élu est ainsi censuré par les réseaux sociaux.

Les GAFAM tentent de faire taire les conservateurs US

Les supporters de Donald Trump ont décidé de se « réfugier » sur le réseau social Parler. Pour éviter cet appel à la concurrence, Apple et Google ont décidé de ne plus proposer ce réseau en téléchargement, et Amazon a décidé de ne plus l’héberger. 

Les GAFAM utilisent donc leur position dominante pour empêcher l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché. 

Les réseaux sont-ils vraiment neutres ?

De façon claire et ouverte, cette affaire pose donc la question de la neutralité des acteurs du Net. Les réseaux sociaux ne cachent plus qu’ils sont porteurs d’une idéologie politiquement engagée, qui influence leurs choix en matière de « modération ». 

Le démantèlement des GAFAM devient indispensable pour revenir à des équilibres démocratiques plus satisfaisants. 

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La dictature Facebook et Twitter apparaît dans toute sa splendeur

Par Éric Verhaeghe

Facebook et Twitter sont-ils des instruments de démocratie ou d'oppression ? Les réseaux sociaux sont-ils au service d'une idéologie qu'ils tentent d'imposer en faisant taire toute opposition et en bannissant ceux et celles qui n'y adhèrent pas ? L'éviction de Donald Trump sur l'ensemble des réseaux (dont Facebook et Twitter), et l'éviction du réseau concurrent Parler, pose une nouvelle fois la question du droit à la diversité de points de vue dans la culture du Net, et de la nécessité de démanteler ces cartels qui sont devenus tout puissants dans la "régulation" des idées.

S’il fallait une démonstration du caractère liberticide de la loi Avia (jamais adoptée) et de l’ensemble des projets qui s’en remettent aux réseaux sociaux pour censurer les contenus haineux, Facebook, Twitter et quelques autres viennent d’en apporter une superbe démonstration en bannissant sans nuance Donald Trump, après les incidents du Capitole. On ne pouvait imaginer meilleure démonstration du danger qu’il y a à investir ces réseaux du pouvoir de censurer les contenus qui déplaisent.

Une dictature qui bannit les opposants

Il est assez saisissant désormais d’énumérer les réseaux sociaux qui ont banni Donald Trump pour une durée plus ou moins longue : bannissement définitif sur Twitter, mais aussi sur Snapchat (qui accuse Trump de violence raciale…), sur Twitch et TikTok, jusqu’au 20 janvier sur Facebook et Instagram. Seul Youtube s’est contenté de mettre le Président américain sous surveillance renforcée.

Cette mise sous silence d’un Président par les réseaux sociaux pour des considérations idéologiques en dit long sur leur capacité de nuisance : d’un geste, ils peuvent faire toute une opposition et faire disparaître socialement une personnalité. Ce pouvoir radical sans limite choque même dans les rangs des pires ennemis de Donald Trump.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à s’insurger contre ces décisions expéditives :

 

Je ne suis pas d’accord pour que des grandes entreprises comme #Facebook ou #Twitter décident de couper des comptes comme celui de Monsieur #Trump quoi qu’on pense de lui. #EnTouteFranchise #LCI pic.twitter.com/2Ms4YsYbsZ

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 10, 2021

De fait, et c’est bien le sujet qui est posé depuis le début, y compris par la loi Avia et par l’ensemble des textes qui visent à investir les réseaux sociaux d’un rôle de « régulation » ou de « modération » des contenus, demander aux réseaux sociaux de faire eux-mêmes la police en matière de « lutte contre la haine » est une porte grande ouverte à toute la dérive. 

On commence aujourd’hui par censurer un Trump, et à qui le tour demain ?

Une libre concurrence ouvertement faussée par les GAFAM

Les réseaux sociaux ne se contentent désormais pas de bannir certains contenus, ils cherchent également à interdire les contenus publiés ailleurs. C’est particulièrement vrai pour les contenus du réseaux Parler, devenu refuge pour les conservateurs américains. Google a décidé de retirer ce réseau de sa plate-forme de téléchargement, et Apple appelle ce réseau à durcir ses conditions de modération. De son côté, Amazon a décidé de ne plus l’héberger sur ses serveurs, provoquant un arrêt du système. 

Autrement dit, les GAFAM ne se cachent plus pour limiter l’accès au marché et pour fausser la concurrence, en abusant de leur position dominante. Face à ce risque, les nouveaux entrants sur le marché (comme Parler) sont bien démunis : ils n’ont pas d’autre choix que de renoncer à exercer leur activité, faute d’égalité et de concurrence sur le marché. Et la concurrence apparaît plus que jamais comme le meilleur rempart contre la dictature des dominants. 

Comment Facebook rackette ses utilisateurs

Ajoutons que, si les GAFAM ne se gênent pas pour museler les opinions divergentes au nom d’une modération supposée défendre la démocratie, ils ne se gênent pas non plus pour fouler aux pieds, dans le même temps, toutes les protections en matière de vie privée (signe que le discours sur la démocratie n’est rien d’autre qu’un discours de propagande de circonstance). Ainsi, WhatsApp, qui, comme Instagram, appartient à Facebook, annonce la mise en commun obligatoire des données personnelles collectées par le réseau avec Facebook

Cette utilisation intrusive et autoritaire des données personnelles vaut d’ailleurs au réseau prétendument crypté des désabonnements massifs. Beaucoup d’utilisateurs choisissent désormais de migrer sur d’autres réseaux, notamment Signal. 

Une fois de plus, la concurrence constitue le meilleur rempart contre les abus des dominants. Mais on voit bien comment la protection de la vie privée est une position de faiblesse face au poids des intérêts qui se constituent. 

Indispensable démantèlement pour sauver la démocratie

Le bannissement de Trump succède à de très nombreuses affaires liées aux censures arbitraires sur Facebook, dont certaines ont été dénoncées par Amnesty International. Mais les utilisateurs français remarquent très régulièrement que le réseau américain expurge sans nuance tous les contenus qui lui déplaisent. 

Face à ces abus de plus en plus visibles, le démantèlement des GAFAM apparaît comme la mesure la plus sage et la plus raisonnable à prendre. Il est indispensable de préserver un libre accès au marché et une concurrence la plus parfaite possible en empêchant un même groupe d’héberger et de publier des contenus, d’abord, mais aussi en l’empêchant d’animer plusieurs réseaux. Enfin, le fait qu’Amazon décide de ne plus héberger telle ou telle application au vu de ses utilisateurs devrait être interdit pour préserver la neutralité du Net.

La discrète idéologie mondialiste des réseaux sociaux

La question de la neutralité devient aujourd’hui centrale sur Internet : neutralité des hébergeurs, des fournisseurs d’accès et des applications. Jusqu’ici, l’opinion a pu croire qu’Internet était un monde de bisounours, et que les réseaux sociaux étaient un espace entièrement libre et divers. Vingt ans à peine après leur invention, les réseaux subissent désormais une dérive ouverte : ils souhaitent sans vergogne ne propager que l’idéologie qui les a vus naître, celle d’un mondialisme affinitaire sans limite. 

La culture des réseaux sociaux, c’est bien cet « aimons-nous les uns les autres sans frontière » particulièrement vrai pour ceux qui combattent les frontières, et beaucoup moins applicable à ceux qui les défendent. D’où une préférence systématique pour les Black Lives Matter qui combattent une prétendue forteresse blanche, et une disqualification systématique des mouvements souverainistes. 

En réalité, le monde tout beau tout joli des GAFAM est imbibé d’une idéologie qui vise à justifier l’ouverture des marchés nouveaux : il faut faire tomber les frontières pour créer un grand marché mondial. En soi, cette idée peut se défendre, mais elle n’a rien de neutre. Et visiblement ne s’embarrasse ni de démocratie ni de respect du pluralisme pour se diffuser. 

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Simone Wapler : « Davos rêve d’un gouvernement mondial »

Par Éric Verhaeghe

À l'occasion de la sortie de son livre "L'Etat ne nous protège plus", Simone Wapler nous a accordé une interview sur le rôle de l'Etat... qui a débordé sur la question du Great Reset, de la dette, du gouvernement mondial. Laissez-vous convaincre par ce moment de délire libertarien où une lecture de l'Histoire contemporaine extrêmement cohérente se déploie... jusqu'à vous montrer comment le Great Rest du Forum de Davos prend son sens. Garanti 100% politiquement incorrect.

Simone Wapler, auteur de « Non, l’Etat ne nous protège plus » (JDH éditions, collection Uppercut), nous a accordé une interview sur la question du rôle de l’Etat, qui a dérivé sur la question du Great Reset, prôné par le Forum de Davos. Ce grand format du week-end fait le point sur tout un tas de sujets qui fâchent, comme la question du gouvernement mondial ou du multilatéralisme. Ne manquez pas cette interview passionnante qui fait le point sur les sujets contemporains sans la moindre langue de bois. 

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Si vous êtes contre le masque à l’école primaire, rejoignez ce collectif !

Par Éric Verhaeghe

Nous interviewons aujourd'hui Pierre, animateur du collectif Enfance-libertés, qui s'oppose au masque à l'école. Voici ces arguments... Si vous partagez son combat, n'hésitez pas à rejoindre le collectif qu'il anime, et participez aux manifestations organisées demain dans toute la France contre cette mesure liberticide dont la pertinence sanitaire n'a été prouvée par personne...

Depuis plusieurs mois, la question du port du masque par les enfants à l’école est sévèrement débattue. Selon toute vraisemblance, le gouvernement s’est rallié à son principe pour éviter les conflits avec les syndicats enseignants qui ont freiné des quatre fers pour empêcher une reprise normale de l’activité scolaire. 

Le collectif Enfance-libertés pointe du doigt les inégalités d’apprentissage que cette mesure accroît. Si vous partagez leur combat, rejoignez-les, et participez à l’une de leurs manifestations organisées demain dans Paris. 

Il en va de l’avenir de l’éducation de nos enfants. 

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Great Reset : mythes et réalité… ce qu’il faut savoir

Par Éric Verhaeghe

Le Great Reset est-il un complot ? une élucubration ? un projet abouti ? une erreur de parcours ? Nous livrons ici notre dernier article consacré au sujet du Great Reset, qui formera la préface de l'ouvrage global sur la question que nous mettrons à disposition sur notre site dès lundi. Il traite de la question essentielle du statut du Great Reset : s'agit-il d'une parole en l'air ou d'une sorte de prédiction de ce qui va arriver ? Rendez-vous lundi pour retrouver l'ensemble du livre écrit avec vous au fil des semaines.

L’opuscule qui suit se veut un commentaire pour ainsi dire littéral consacré au Great Reset, qui est à la fois un livre publié en juillet 2020 par Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, co-écrit avec Thierry Malleret, ancien conseiller de Michel Rocard, un concept et un programme.

Le concept et le programme, nous pouvons les résumer simplement en renvoyant au site Internet du Forum de Davos, qui décline sous tous ses aspects cette conviction énoncée par Schwab, selon laquelle l’épidémie de coronavirus constitue une occasion historique d’accélérer la quatrième révolution industrielle, celle de la digitalisation. Trop d’obstacles réglementaires, politiques, sociétaux, retarderaient l’émergence d’une société nouvelle qui tirerait le meilleur parti des possibilités offertes par l’économie numérique. La pandémie de coronavirus, qui oblige à la relation à distance, permettrait de vaincre ces obstacles et d’annoncer l’heureux avènement d’un nouveau monde où les technologies changeraient nos habitudes et notre style de vie.

Pêle-mêle, Schwab et Malleret jettent dans leur énumération le télétravail, la surveillance en temps réel de la circulation des personnes, l’émergence de l’économie circulaire et la disparition de la monnaie fiduciaire. Ces quelques exemples sont loin d’épuiser la verve des auteurs.

En parcourant le site Internet du Forum Economique mondial, chacun pourra se rendre compte que ces projections futuristes (et opportunistes) ne sont pas une simple parole dans le désert. Le Forum a mobilisé son réseau pour pousser tous azimuts des projets prêts à réaliser pour changer la vie des gens, l’organisation de nos sociétés, et le cours de l’histoire. Une des questions fondamentales que pose ce livre est donc de démêler ce qui y relève de l’idéologie portée par Schwab et Malleret, de l’influence auprès de la grande bourgeoisie mondialisée qui manage les entreprises transnationales, et qui parfois les possède, et ce qui relève d’un agenda en arrière-fond qui dicterait la conduite de certains Etats ou de certains gouvernements.

Le Great Reset et la question du complot

Une grande partie de la presse mainstream (pour ne pas dire toute la presse mainstream) a observé un parfait silence sur ce projet de Great Reset au cœur des travaux menés par le Forum de Davos, au point que tous ceux qui en ont parlé ont été taxés de « complotisme », ce mot à la mode qui permet de stigmatiser toute pensée ou toute expression qui prend à rebrousse-poil le prêt-à-penser des élites. Dans un étrange délire idéologique, certains journalistes ont même pris pour réflexe d’accuser de complotisme tous ceux qui évoquent l’existence de ce Great Reset, ne serait-ce qu’en tant qu’objet-livre.

Cette accusation est évidemment grotesque, puisque le livre « The Great Reset » est non seulement en vente sur le site d’Amazon, mais il est disponible gratuitement sur Internet, sous forme de livre numérique. Il a été publié par Thierry Malleret lui-même, dans son format de tapuscrit. Si affirmer que ce livre existe relève du « complotisme », alors il faut aussi remarquer qu’en nier l’existence relève du « négationnisme » le plus idiot. Mais il est vrai que la peur qui étreint tant de journalistes de déplaire et d’être banni du microcosme parisien est telle que même les plus grandes absurdités peuvent trouver grâce sous leur plume, pourvu qu’elles leur permettent de conserver leur emploi.

Ce silence observé par la presse sur la question du Great Reset a nourri de nombreux fantasmes (authentiquement complotistes, ceux-là) sur une grande orchestration des malheurs qui marquent notre époque. Pour aller vite, et sans entrer dans le détail des différentes théories qui ont fleuri, l’épidémie de coronavirus aurait été sciemment fomentée pour permettre l’émergence d’un nouvel ordre mondial, où les élites confisqueraient définitivement le pouvoir et asserviraient les peuples en les soumettant notamment à une surveillance de tous les instants. On retrouve ici le besoin si humain de contester le hasard dans l’histoire, et de bâtir un récit rationnel et prémédité des événements. Au fond, il ne se peut pas qu’une épidémie éclate innocemment et transforme le cours de notre existence. Elle doit forcément obéir à une logique téléologique : un esprit intelligent organise l’histoire et se cache derrière les éléments désordonnés qui défilent sous nos yeux pour arriver à une fin cachée, inconnue de nous, mais déterminée à l’avance.

Ces élucubrations ont un effet très toxique sur la compréhension de ce qu’est le Great Reset, puisqu’elles décrédibilisent tous ceux qui veulent aborder le sujet de façon sérieuse, en les assimilant à des énergumènes convaincus que les reptiliens ou les illuminati ont pris le pouvoir. Il importe donc ici de démêler le vrai du faux avant d’aller plus avant dans la réflexion.

Ce que Schwab et Malleret écrivent effectivement, c’est que la pandémie est une opportunité pour changer les habitudes de vie. Ils n’hésitent pas à recommander aux leaders politiques de faire durer autant que possible l’urgence sanitaire pour que les comportements soient modifiés en profondeur, et pour que les réformes réglementaires dont la numérisation a besoin aient le temps d’intervenir. Instrumentaliser la pandémie à des fins politiques constitue même le fait générateur du Great Reset, en tant que livre et en tant que projet décliné par le World Economic Forum.

Sur ce point, on notera précieusement que les projets de révolution systémique et sociétale qu’égrène le Forum ne sont pas nés de la dernière pluie, et spécialement de l’apparition du virus. Pour une large part, ce sont des projets muris, programmés, préparés, comme la mise sous surveillance des populations, mais que des obstacles réglementaires empêchent ou entravent. Sur ce point, Schwab et Malleret citent l’exemple de la disparition de la monnaie fiduciaire enfin permise par l’idée qu’un billet de papier peut être porteur du virus, et donc qu’il vaut mieux généraliser le paiement par Internet pour limiter la contamination.

Ce qui n’est pas prouvé, et n’est même pas mesurable, c’est l’influence réelle de ces considérations sur la conduite des politiques publiques. Lorsque les gouvernements décident de recourir régulièrement aux confinements ou à diverses restrictions des libertés, agissent-ils parce qu’ils ont lu ou écouté Schwab, ou simplement parce que les éléments politiques à leur disposition leur recommandent d’agir de la sorte pour protéger les citoyens ? On voit bien que la part de fantasme et de réalité sera éternellement discutée par ceux qui ont décidé que l’enchaînement des séquences de 2020 obéit à un pur hasard, et ceux qui sont convaincus qu’au contraire il obéit à une nécessité secrète.

Sur ce point, chacun pourra se forger son avis librement. Mais une hypothèse vraisemblable apparaît désormais : il est plausible (mais cela n’est pas prouvé) que le coronavirus soit le produit d’une manipulation de laboratoire à Wuhan qui aurait mal tourné. Le gouvernement chinois s’est empressé d’isoler la ville sur le plan intérieur pour éviter une contagion dans le reste du pays, mais a laissé le trafic international continuer comme si de rien n’était pour ne pas inquiéter l’opinion mondiale.

Cette gestion funeste a pris de nombreux décideurs publics dans le monde entier (y compris des médecins en charge de la santé publique) au dépourvu, et ce vide intellectuel s’est révélé propice à l’influence d’une théorie comme celle de Schwab, dont l’immense mérite était de tracer une route simple et opérationnelle là où les boussoles n’indiquaient plus aucun Nord. Cette rencontre entre des hiérarques perdus et des gourous calculateurs a probablement nourri pas mal de notes, de réflexions, de mémos, qui ont circulé dans les allées du pouvoir, mais dont la destinée finale et la solidité sont encore inconnues.

Great Reset et Nouvel Ordre Mondial (NOM)

Dans la croyance populaire qui s’est répandue autour du Great Reset à la vitesse de la lumière, Schwab serait porteur d’un projet de Nouvel Ordre Mondial fondé sur une dictature internationale autoritaire. Cette conviction fait couleur beaucoup d’encre et agite beaucoup les touches des claviers.

Là encore, il faut distinguer le bon grain et l’ivraie et revenir à ce qui est écrit exactement pour comprendre la portée du discours distillé par les élites depuis la pandémie. L’ouvrage de Klaus Schwab est assez explicite sur le sujet de « l’ordre mondial » qu’il préconise et qu’il affirme entrevoir dans les années à venir. Il est d’ailleurs sans surprise et sans imagination. Il n’a rien à voir avec une sorte d’empire au sens où George Lucas l’avait imaginé pour Star Wars, avec une sorte de bureau politique central qui commanderait le monde et l’attirerait du côté obscur de la force.

Dans la pratique, Schwab et Malleret se contentent de réchauffer la soupe servie depuis des années dans les dîners des grands, faite de multilatéralisme et de décisions complexes, anonymes, âprement négociées dans des instances nébuleuses dont il ressort un épais bottin de mesures techniques qui ne suscitent jamais l’enthousiasme des peuples, mais qui récompensent obscurément tous ceux qui ont eu les moyens d’influencer leur élaboration. Le multilatéralisme, dont les Anglo-Saxons sont sortis avec fracas depuis 2016, en choisissant le Brexit d’abord, Donald Trump ensuite, est l’apanage des diplomates, des hauts fonctionnaires, des grands commis qui se substituent peu à peu aux peuples et aux élus pour gouverner le monde.

Sans surprise, donc, Schwab est un adepte du multilatéralisme sous toutes ses formes : Union Européenne qu’il cite en exemple, ONU, OMC, G7, G8, G20, qu’il trouve trop mous du genou. Il est accessoirement un ennemi des Etats-nations, qu’il juge rétrogrades, inadaptés à un monde « interconnecté », et autres mots des Start-Up Nations qui débouchent tous sur le constat plus ou moins assumé que la démocratie libérale telle qu’elle fut conçue au dix-huitième siècle en Europe a vécu, et qu’une nouvelle ère est arrivée.

Incontestablement, ce discours correspond au credo d’une certaine élite qui tient le monde. Après l’échec du referendum sur le projet de constitution européenne, et plus encore après le Brexit, les élites mondialisées ont nourri un sentiment de dépit grandissant vis-à-vis du suffrage universel. Au fond, faire voter tout le monde, c’est aussi donner la parole aux idiots, aux crétins, aux réfractaires, aux populistes, aux nationalistes, aux petites gens incapables de comprendre le destin de la planète. Alors que les élites contemporaines sont toutes issues de la démocratie libérale, elles se sont surprises à la mépriser toujours un peu plus au fil des années, et surtout à s’en méfier jusqu’à vouloir la court-circuiter. Il s’agit là d’une tendance longue constitutive de notre époque. Progressivement, sans qu’on n’y prenne garde, à force de voir la tenace obstination des peuples à défendre leurs Etats-nations, les élites ont vu dans le multilatéralisme une voie commode pour gouverner sans partage et sans avoir à composer avec la volonté populaire.

Cette soupe-là, l’éloge du multilatéralisme, Schwab et Malleret la servent d’autant plus volontiers aux puissants qu’eux-mêmes se sont enrichis grâce à elle et ses présupposés. Le Forum de Davos ne fonctionne en effet pas autrement qu’une instance multilatérale, non-gouvernementale, certes, mais si ressemblante à l’original qu’on s’y méprendrait. Comme les organisations multilatérales, le Forum économique mondial dispose de ses « sherpas », les technocrates qui rédigent les textes et font les agendas, de ses comités techniques sectoriels qui déclinent précisément les projets, de ses séances plénières où de grandes figues symboliques viennent prononcer un discours qui ressemble à une homélie, et viennent valider des décisions préparées ailleurs. Toute cette « comitologie », comme on dit à Bruxelles, sert à forger un « mainstream », c’est-à-dire une vision commune sur les grands objectifs, sur les grands axes de réflexion, sur les orientations principales, dont chaque adhérent, chaque participant aura d’autant plus à cœur de les mener à bien, au besoin en les amendant ou les sur-transposant, qu’il est laissé libre d’agir ou non.

Ici s’exprime le principe si efficace de l’émulation : parce que personne n’y est obligé, chacun veut montrer qu’il peut plus que l’autre, qu’il est plus enjoué, enthousiaste, déterminé que son voisin. Faute d’obligation, le processus fonctionne par adhésion et par intérêt personnel. Les familiers des discours d’Emmanuel Macron savent quel dégât ce genre de cécité idéologique peut causer dès lors qu’il s’agit d’instrumentaliser une cause collective pour en tirer des bénéfices locaux plus ou moins variés.

In fine, Schwab et Malleret se contentent donc de transposer à une échelle mondiale ce dont ils sont bercés depuis qu’ils sont enfants, et ce dont ils profitent à titre individuel : le remplacement de la volonté démocratique par un gloubi-boulga multilatéral, fait de conciliabules, d’instances techniques byzantines, de technostructure où plus personne n’est capable de prendre une décision simple et claire. Bref, leur dispositif donne le pouvoir aux techniciens, aux spécialistes, aux experts, au détriment du citoyen ordinaire qui vote par oui ou par non.

Le multilatéralisme consacre le règne de l’entre-deux, du tiède, du compliqué, là où la démocratie privilégie, in fine, la clarté du vote plébiscitaire.

Cette vision-là fabrique-t-elle un nouvel ordre mondial ? Certainement pas au sens où l’entendent les « complotistes » qui se réduirait à une table ronde de douze chevaliers qui enrégimenteraient secrètement la planète. Mais à coup sûr elle cherche à remplacer la démocratie par une comitologie opaque où plus personne ne sait exactement qui a décidé de quoi, ce qui est la porte ouverte à tous les débordements.

La fin programmée de l’Etat-nation

Là où les complotistes peuvent à bon droit dénoncer les arrière-pensées du Great Reset, c’est dans ce projet assumé par Schwab et Malleret de remplacer les Etats-Nations, par des entités régionales du même type que l’Union Européenne. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes de voir qu’au moment même où un Donald Trump a largement ébranlé le multilatéralisme onusien, à un moment où la Grande-Bretagne a douloureusement quitté l’Union Européenne au terme d’un bras de fer de plusieurs années, deux gourous franco-allemands se font les apôtres d’un système que les plus libéraux combattent.

Des défauts que Schwab et Malleret trouvent à l’Etat-nation, on en connaît l’essentiel : rétrograde, protectionniste, frileux, rétif au progrès, l’Etat-nation incarne une sorte de mal absolu pour tous les adeptes de la culture mondialisée. S’il n’est pas possible, en l’état actuel des choses, d’imaginer une gouvernance mondiale unifiée comme dans les films de science-fiction (de la Guerre des Etoiles au Cinquième Elément), en revanche, il est possible d’imaginer des coagulations d’Etats sur le modèle de l’Union Européenne. Ce triomphe suprême du multilatéralisme apparaît aux promoteurs de Davos comme la solution optimale pour débarrasser la planète du prurit nationaliste ou patriotique.

De ce point de vue, le Great Reset ne se contente pas de dresser l’éloge du multilatéralisme, il préconise une voie opératoire à suivre pour préserver un modèle de profit sans recourir au protectionnisme. Ce modèle consiste à créer des blocs régionaux, des marchés uniques à l’échelle de plusieurs pays, voire de plusieurs régions.

Cette logique a beaucoup inspiré la Commission Européenne (qui apparaît souvent comme une enfant de Davos), et ses multiples traités de libre-échange : avec l’Amérique du Sud, le Canada, les Etats-Unis, la Chine… La liste est longue de ces tentatives de faire tomber les barrières douanières région par région. Mais la Chine elle-même semble très proactive sur ce nouveau paradigme des relations internationales. On pourrait même voir dans le projet de « Nouvelles Routes de la Soie » porté par les Chinois l’extension pour ainsi dire parfaite du modèle de Schwab et Malleret.

Nous y reviendrons plus longuement, mais il faut sans doute s’appesantir ici sur la formalisation théorique de cette idée d’entités régionales multinationales appelées à remplacer les Etats-nations. Selon Schwab et Malleret, il s’agit d’une dérivée du trilemme de Dani Rodrik. Ce philosophe politique soutient en effet que, dans le monde contemporain, il n’est pas possible de faire coexister la démocratie, la mondialisation et l’Etat-nation. Autrement dit, un Etat-nation qui joue le jeu de la mondialisation ne peut être démocratique. Et une démocratie qui joue le jeu de la mondialisation ne peut rester enfermée dans les frontières de l’Etat-nation.

Les Européens ont commencé à éprouver la pertinence relative de ce trilemme. L’intégration des Etats-nations d’Europe au jeu mondialisé provoque des secousses : certains choisissent de perdre leur souveraineté (c’est le cas des pays d’Europe de l’Ouest qui adhèrent à l’idéologie européenne), d’autres tendent à devenir illibéraux pour garder leur souveraineté. C’est en partie le cas de la Hongrie et de la Pologne, qui, chacun à leur manière, préfèrent garder leur identité au détriment d’une forme d’Etat de droit.

Certes, cette vision très logique appelle de nombreuses nuances et rien ne dit qu’elle sera éprouvée et étayée dans la durée. Néanmoins, on sent bien collectivement que les vieux Etats-nations apparus au XIXè siècle peinent à endurer l’épreuve du libre-échange et du développement du commerce régional. On sent bien aussi que leur maintien en vie passe, d’une façon ou d’une autre, par la restauration de frontières, de tarifs douaniers, qui sont à l’orthogonale avec les chaînes de profit aujourd’hui. C’est particulièrement vrai pour les grandes entreprises qui ont construit parfois de véritables empires à l‘échelle d’un continent. Leur modèle serait rapidement remis en cause si les frontières revenaient en Europe.

Toute la difficulté tient évidemment au fait que l’Etat-nation vient d’en bas et que le multilatéralisme vient d’en-haut. Les Allemands sentent instantanément que leur capitale est à Berlin, les Autrichiens à Vienne, les Danois à Copenhague, et les Hongrois à Budapest. Il y a là un attachement affectif profond et façonné par l’histoire. Très peu d’entre eux peuvent se reconnaître dans une entité multilatérale abstraite dont la capitale serait Bruxelles. Et pourtant, Bruxelles fut capitale de l’empire de Charles Quint, qui réunissait le Luxembourg, l’Autriche, l’Espagne, les Pays-Bas et une partie de l’Italie.

Pour que la carte d’Europe soit refaçonnée par une disparition des Etats-nations, il faut donc une violence venue d’en-haut, faite par les élites aux petits peuples, pour modifier le cours de leur histoire. Ce genre de phénomène n’est pas impossible, et l’on peut considérer que la France donne cet exemple même d’une Gaule (territoire mal défini) transformée en un Etat nouveau, avec une capitale venue de nulle part, appelée Paris, sous l’effet d’une noblesse étrangère, les Francs. Mais il a fallu plus de dix siècles pour achever ce processus, et de nombreuses guerres, répressions, écrasements de révoltes… L’illusion du Great Reset est de croire qu’en quelques années et sans coup férir, les Allemands pourraient accepter que Bruxelles remplace Berlin, quand les Bavarois en sont encore à considérer que Munich est leur véritable capitale.

Dans la volonté d’accélérer l’histoire pour la rendre mieux adaptée à la révolution numérique, Schwab et Malleret endosse donc discrètement une véritable violence qui serait faite aux peuples en les dépossédant ouvertement de la souveraineté qu’ils ont parfois chèrement acquise au cours des décennies.

Le ralliement de la bourgeoisie mondialisée à l’Etat autoritaire

Il nous semble que nous touchons ici à une pierre angulaire du projet porté par le Great Reset, celui du ralliement des élites mondialisées à une gouvernance autoritaire, très peu respectueuse des droits de l’homme, notamment du droit à la vie privée.

Nous invitons les lecteurs à se reporter aux différents chapitres qui détaillent ces points pour en saisir le détail que nous synthétisons ici autour de la conviction que Schwab et Malleret portent d’un nécessaire épisode autoritaire pour changer les habitudes individuelles et les organisations sociales.

Comme dans l’ensemble du Great Reset, ce remplacement de la démocratie par ce qui ressemble beaucoup à des dictatures autoritaires est justifié au nom de la santé publique. Pour lutter contre la pandémie et éviter les troubles sociaux nés du chômage de masse que le confinement crée, Schwab et Malleret valident l’émergence d’Etats forts, qui interviendraient massivement dans la vie économique et auraient l’autorité pour prendre les mesures sanitaires qui s’imposent. Dans ces mesures, on citera en priorité la surveillance généralisée des citoyens et de leurs mouvements, avec des moyens numériques qui laissent peu de place à l’amateurisme.

Pour Schwab et Malleret, le bon système de surveillance est donné par Singapour plutôt que par la Chine. Selon eux, Singapour protège mieux les libertés que le gouvernement chinois. Mais si l’on se réfère aux prévisions économiques des deux auteurs, on est pris d’un doute. Le Great Reset est en effet indissociable d’une affirmation forte de l’Etat sur le plan économique, d’un encadrement du marché par des réglementations contraignantes et d’une redistribution des richesses par une pression fiscale assumée. Dans cet univers où le capitalisme devient indissociable de l’Etat et de son action, où le profit repose sur une intervention musclée de la police (fût-elle sanitaire) sommes-nous encore loin du modèle chinois ?

La question se pose avec d’autant plus d’acuité que la volonté du Great Reset est bien celle de changer la vie des gens ordinaires. Il faudrait instaurer une économie circulaire (c’est-à-dire de recyclage), pour briser le modèle de consumérisme capitalistique. Il faudrait redistribuer massivement les richesses pour éviter les troubles. Il faudrait dissuader sans mollir Monsieur Toulemonde de prendre l’avion pour partir en vacances, ou de prendre la voiture pour aller skier.

Tous ces changements seraient évidemment imposés plus ou moins directement, et c’est pour cette raison que les promoteurs du Great Reset voient dans la pandémie une opportunité. Au nom de la lutte contre le virus, bien des mesures inacceptables en temps ordinaires pour changer les modes de vie deviennent possibles.

On comprend ici l’étape suivante : plus l’état d’urgence dure, plus l’épidémie traîne en longueur, meilleur seront les impacts du confinement. Plus le temps passe, et plus le retour en arrière sera impossible. Schwab et Malleret n’hésitent d’ailleurs pas à écrire ouvertement que les dirigeants les plus éclairés seront ceux qui font durer l’urgence sanitaire pour obtenir d’autres bénéfices sociétaux que la simple éradication du virus.

D’ici là, on retiendra que les adeptes du Forum de Davos, grands bénéficiaires du profit capitaliste s’il en est, ne cachent plus leurs émotions pour un modèle étatiste autoritaire où le profit privé s’appuie sur des politiques publiques liberticides. Cette fascination plus ou moins avouée pour le modèle chinois en dit long sur la détresse des élites face à la baisse tendancielle des taux de profit.

Great Reset, écologie et disparition de l’humanisme

On pourrait s’étonner de voir deux influenceurs internationaux, mondialisés, attacher autant d’importance à une épidémie qui a beaucoup moins tué que la grippe espagnole, la variole, ou encore le tuberculose. Si les auteurs du Great Reset jouent une sorte de va-tout sur cette maladie au fond assez peu létale, c’est parce qu’elle cache un autre projet, avec lequel elle pourrait se confondre : la lutte contre le réchauffement climatique. Et l’on comprend assez rapidement que, dans l’esprit de Schwab et Malleret, la lutte contre la pandémie est un moyen détourné de promouvoir la transition écologique dont ils estiment que le monde a besoin pour éviter la disparition.

Sur la question de l’écologie, le Great Reset a son programme déjà arrêté : on arrête les déplacements à tout-va, on limite la consommation et on devient tous écologistes. Ce projet suppose que les humains se convertissent désormais au recyclage, au progrès technologique, aux mobilités douces, et qu’ils cessent d’avoir le nez rivé sur le compteur de la croissance du produit intérieur brut.

C’est en réalité ce projet-là que le Great Reset porte, assorti de quelques considérations étonnantes sur ce qu’est l’humanité. En creux, ce qui se dessine, c’est une anthropologie écologiste et hygiéniste qui pose question sur ses racines intellectuelles.

Le Great Reset a d’ailleurs le mérite de jouer cartes sur table. L’époque de l’humanisme est finie et le projet écologique qui nous est proposé est aussi un projet hostile à l’humanisme, au sens où l’homme serait au centre de la création. Schwab et Malleret rejoignent les expressions émotionnelles de Greta Thunberg pour expliquer que l’homme est un animal comme les autres et qu’il doit apprendre à limiter les dégâts qu’il cause aux autres espèces. Foin, ici, de la supériorité de l’homme sur le règne animal par la rationalité, le langage et autres convictions héritées de la pensée moderne.

Désormais, l’homme se réduit à être une boule d’émotions dont l’horizon fondamental n’est plus le salut, mais seulement le bien-être psychologique. Ce qui peut se passer après sa mort n’intéresse plus personne. L’enjeu est seulement de vivre bien, sans question, sans inquiétude, sans perturbation. Au fond, l’écologie selon Schwab et Malleret est un projet d’opiomane : il faut revenir à une sorte d’état anesthésié où la raison, le sens, n’agiraient plus. Il faut simplement accueillir la vie telle qu’elle est et ne plus se poser de question.

A leur insu peut-être, Schwab et Malleret distillent donc un projet profondément hostile à l’humanisme. Ils montrent ainsi comment les élites mondialisées ne croient plus en l’homme, et l’ont définitivement échangé contre une préservation éphémère de leurs profits.

Prédictions ou influence idéologique

Certains auront sans doute froid dans le dos en lisant cet ouvrage qui ressemble au énième projet « d’homme nouveau » dont l’histoire a eu le secret. Dans la lignée des idéologies totalitaires qui, de Lénine à Pol Pot, ont cru pouvoir changer l’homme par des décisions politiques, Schwab et Malleret prennent le relais de la grande utopie verticale et autoritaire.

En ce sens, on dira que le Great Reset est un projet du vingtième siècle perdu au siècle suivant.

Nous tenons à cette formulation particulière car il existe deux lectures possibles du Great Reset.

La première lecture repose sur l’idée que Schwab et Malleret seraient des sortes de Nostradamus qui prédiraient l’avenir. Ce qu’on lit dans leur livre aurait donc toute chance d’arriver, notamment parce que le Forum de Davos serait une sorte de gouvernement caché qui imposerait sa vision au reste du monde. Cette lecture est très pessimiste, dans la mesure où elle prend acte de façon quasi-irréversible de nos libertés, et qu’elle laisse à penser que les élites ont tout loisir de faire de nos sociétés ce qu’elles entendent en faire.

Une autre lecture, que nous préférons, est beaucoup plus engageante. Elle détecte dans le Great Reset la grande angoisse des élites capitalistes installées face à un changement de modèle où les citoyens les plus modestes ont la faculté de se fédérer grâce aux réseaux sociaux et à Internet. Ce changement de modèle change les sources de profit et les rapports de force. D’une part, ce qui faisait la valeur hier ne le fera plus demain, notamment parce qu’un modèle de consommation affinitaire, beaucoup plus sobre, devrait succéder à l’idéologie de l’hypermarché. D’autre part, des groupes de citoyens ont la faculté de s’organiser de façon agile pour imposer des décisions dont les élus ne veulent pas. L’affaire des Gilets Jaunes en France en a donné l’exemple.

Face à ces mutations profondes, la panique est évidente, et le Great Reset est une tentative autoritaire pour sauver des meubles qui sont, de notre point de vue, déjà perdus. L’ouvrage de Schwab et Malleret n’est donc pas une prédiction, mais une imprécation.

Est-ce à dire qu’il n’a pas d’avenir ?

Il est impossible de le savoir aujourd’hui, mais une chose est désormais claire : il existe deux projets concurrents pour notre avenir. L’un, formulé par le Great Reset, propose une réaction élitaire pour reprendre le contrôle de l’histoire et enrégimenter les peuples. L’autre, venu du sol, horizontal, consiste à laisser faire et à laisser les peuples libres d’agir avec les outils qui leur sont donnés.

Le décor est posé. Reste à savoir qui sortira vivant de la tragédie qui s’annonce.

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Exclu : les 35 pages de circulaire envoyées aux directeurs d’EHPAD par Véran pour le COVID

Par Éric Verhaeghe

En exclusivité, nous avons décidé de vous montrer aujourd'hui l'un des beaux exemples de l'excellence française : la circulaire administrative. En l'espèce, nous publions l'épaisse documentation envoyée par Olivier Véran et ses servies aux directeurs d'EHPAD en matière de vaccination. Et pour illustrer toute l'étendue de notre savoir-faire, nous publions les près de 35 pages supposées encadrer l'exercice dans les établissements pour personnes âgées. Voilà une nouvelle occasion de prendre la mesure du désastre de complexité organisé par notre bureaucratie en plein milieu d'une crise sanitaire qui obsède l'opinion.

Face au COVID, nous ne sommes pas bien sûrs que la bureaucratie sanitaire ait trouvé toutes les réponses pour protéger efficacement notre santé, ni sur la question des masques, ni sur celle des tests, ni sur celle de la vaccination. En revanche, nous sommes absolument certains qu’elle a donné le meilleur là elle excelle : la paperasserie bureaucratique. Nous en donnons ici une magnifique illustration. 

35 pages de circulation pour la vaccination dans les EHPAD

Nous publions ici l’intégralité des documents envoyés par Olivier Véran aux directeurs d’EHPAD, par l’intermédiaire des inévitables ARS, transformées pour la circonstance en chambres d’enregistrement. Elles illustrent le souci très administratif d’accorder plus d’importance aux procédures et à leur normalisation, qu’à la réussite des opérations elles-mêmes. On retrouve ici un mal très français, particulièrement répandu dans l’administration.

La crainte des effets secondaires des vaccins

On notera qu’une partie de cette documentation très fournie vise à « protéger » l’administration contre les effets secondaires éventuels indésirables des vaccins. Sur ce point, on se reportera particulièrement aux éléments relatifs aux réactions anaphylactiques, qui imposent systématiquement une hospitalisation, même lorsqu’elles se limitent à un malaise vagal. 

On voit ici que la bureaucratie sanitaire cherche à se protéger en multipliant les normes et les recommandations, ce qu’on appelle couramment « ouvrir le parapluie ». 

Une bureaucratie protégée par les medias mainstream

Le poids de la bureaucratie est volontiers nié ou minoré par les médias mainstream qui ne semblent pas vouloir informer clairement le public de la réalité du désastre. On pense ici à la polémique soulevée par France 2 sur les propos de Gérard Larcher concernant cette inflation circulaire

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Quand le Great Reset fait la promotion mensongère de l’immigration clandestine

Par Éric Verhaeghe

On ne le sait pas assez, mais le Great reset et sa structure support, le Forum de Davos, sont des grands amateurs d'immigration clandestine et de mouvements intercontinentaux (surtout s'ils servent à faire venir des travailleurs subsahariens sur le sol européen). Dans le cadre d'une promotion très favorables aux "migrants", le Forum a notamment fait la publicité d'un jeu mystérieux, "Salaam", supposé permettre des transferts financiers vers l'Afrique. Sauf que ce jeu n'existe toujours pas...

This video game lets you step inside the shoes of a refugee #refugees https://t.co/VmlFMWbT5a #sdi20 pic.twitter.com/OJhTGJ0phX

— World Economic Forum (@wef) January 5, 2021

Se mettre dans la peau d’un « migrant » quand on est européen, quel jeu délicieux ! C’est l’expérience que propose le jeu Salaam dont le Forum de Davos a fait la promotion sur son compte Twitter. Sauf que… ce jeu n’existe pas encore, comme le fait remarquer le site belge News-24. Officiellement, ce jeu est pourtant annoncé depuis plus d’un an. Il aurait été créé par un migrant. 

Accessoirement, le site belge fait remarquer que l’apport de fonds vers l’Afrique n’est pas très clair dans les descriptions actuelles. 

De là à dire que l’idéologie globaliste du Forum le pousse à promouvoir aveuglément des initiatives bidon, il n’y a qu’un pas. 

Reste la question de fond : quel intérêt stratégique le Forum de Davos et le Great Reset peuvent-ils trouver dans cet éloge des déplacements de population souvent réalisés dans des conditions inhumaines ?

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Quand Bernard Cazeneuve s’empresse de faire oublier ses liens avec Olivier Duhamel

Par Éric Verhaeghe

Depuis qu'Olivier Duhamel n'a pas démenti les accusations d'inceste portées contre lui par sa belle-fille, les élites parisiennes s'empressent de faire oublier la connivence qu'elles ont pu entretenir avec lui. C'est notamment le cas de Bernard Cazeneuve, président du discret Club des Juristes, un think tank juridique qui aurait inspiré de nombreuses rédactions de textes de loi, dont Olivier Duhamel était un membre fondateur. Sa photo n'a pas tardé à disparaître de la page d'accueil du site... avec quelques oublis !

Bernard Cazeneuve n’a pas perdu de temps pour faire oublier ses mauvaises fréquentations au Club des Juristes, auto-proclamé « premier think tank juridique français ». Comme on le voit sur la page d’accueil du site du Club, le visage du constitutionnaliste accusé d’inceste a disparu du trombinoscope officiel. Il faut fouiller un peu sur le site pour retrouver la page dédiée à ce membre éminent de l’équipe qu’était Olivier Duhamel. Nous la reproduisons ci-dessous. 

Duhamel a-t-il influencé une loi sur l’inceste ?

On notera au passage que ce think tank peu connu des Français est prétendument à l’origine d’un certain nombre de lois. Il semblerait notamment que Michèle Alliot-Marie se soit appuyée sur lui pour réfléchir à une modification du Code Pénal. Rien n’exclut qu’à cette époque, Olivier Duhamel ait été consulté sur la rédaction d’une proposition de loi adoptant la définition pénale de l’inceste.

Il se trouve (ça ne s’invente pas !) que cette loi fera l’objet d’une annulation totale de la part du Conseil Constitutionnel, à l’issue de l’une des premières questions prioritaires de constitutionnalité posées après l’introduction de ce dispositif dans la Constitution par Nicolas Sarkozy. Il se trouve qu’à cette époque, Olivier Duhamel était le spécialiste incontesté de la question prioritaire, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. L’histoire est parfois cruelle…

A l’époque (le 17 février 2012, pour être précis), le Conseil Constitutionnel avait considéré que la loi ne définissait pas assez précisément les liens familiaux nécessaires pour qualifier le délit d’inceste que la loi créait. 

Il serait intéressant de savoir quelle fut la participation éventuelle d’Olivier Duhamel à tout ce qui a pu entourer cette loi et sa censure par les Sages. 

Duhamel, l’enfant chéri de Sciences-Po

On notera que, selon Ariane Chemin, les langues s’étaient déliées depuis au moins 2017 sur les relations coupables qu’Olivier Duhamel aurait entretenues avec son beau-fils. Le directeur général de Sciences-Po le savait, l’a reconnu, et a néanmoins confié la séance inaugurale de son école, cette année, au même Duhamel qu’il a présenté comme un ami. 

On lira avec gourmandise le compte-rendu de cette « leçon » par le constitutionnaliste

L’apprentissage reçu par les élèves, au fur et à mesure des trois années qu’ils et elles passent au Collège universitaire, doit leur permettre d’acquérir les outils nécessaires pour faire face et se confronter au monde qui les entoure. Un apprentissage de la liberté, de la pensée, de l’esprit critique, « sèves sans lesquelles l’arbre de la démocratie dépérit, [qui] sont à Sciences Po des valeurs cardinales ». Le Collège universitaire se veut ainsi le lieu qui va aider les élèves à grandir pour être prêt.es, malgré les difficultés, à être les acteurs et actrices du monde dans lequel ils et elles se préparent à entrer.

Olivier Duhamel

Aider les élèves à grandir malgré les difficultés… quel superbe programme, qui devait sonner juste dans la bouche de cet ami de Sciences-Po.

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Fichage généralisé : Jean-Frédéric Poisson saisit la CEDH contre la France

Par Éric Verhaeghe

Le fichage généralisé des citoyens par la police (y compris sur leur patrimoine) est désormais autorisé en France et validé par le Conseil d'Etat. Jean-Frédéric Poisson, président de la Voie du Peuple, était à l'origine de l'un des référés au Conseil d'Etat. Débouté, il nous explique pourquoi il saisit désormais la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour obtenir la censure des décrets liberticides publiés par le gouvernement en plein état d'urgence sanitaire.

Jean-Frédéric Poisson, président de la Voie du Peuple (ex-parti chrétien démocrate) est tenace. Il est bien décidé à ne pas lâcher le « morceau » des décrets liberticides autorisant le fichage des citoyens, que nous avons évoqués sur ce site

Débouté par le Conseil d’Etat du référé-suspension qu’il avait déposé, le président du VIA annonce la saisine de la CEDH sur ce sujet. 

Nous vous tiendrons informés de la suite de ces opérations. Rappelons simplement que le gouvernement profite de l’état d’urgence sanitaire et de la pandémie pour faire adopter une batterie de mesures liberticides dont nous nous repentirons tôt ou tard. 

La mobilisation contre ces textes scélérats est indispensable. 

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🎖L’Estonie, nouveau paradis fiscal pour les entrepreneurs ?

Par Éric Verhaeghe

Nous continuons notre série dédiée à l'expatriation et à l'optimisation fiscale des entrepreneurs français. Face à l'enfer fiscal et à son durcissement probable dans les années à venir, le moment vient de préparer ses arrières et de se trouver le point de chute qui correspond le mieux aux aspirations de chacun. Nous examinons aujourd'hui le lieu "à la mode" en Europe pour s'expatrier : l'Estonie, perdue toute au Nord-Est de l'Europe, tout contre la Grande Russie, face à Helsinki.

L’Estonie n’est pas le pays d’Europe de l’Est le mieux connu des Français. C’est l’Etat balte le plus septentrional, perdu au bout de la mer Baltique, à une encâblure de Saint-Pétersbourg. Sa capitale est Tallinn et l’on y parle l’estonien. Le pays, qui est à peine plus grand que la Hollande, compte 15 fois moins d’habitants que celle-ci…

Autant dire que vous ne vous sentirez pas en surpeuplement critique dans ce paradis de la numérisation administrative. 

L’intérêt premier de l’Estonie tient à son excellent classement mondial par le Human Freedom Index de 2020. L’Estonie a gagné 4 places cette année et devient le 8è pays au monde le plus accueillant pour les entrepreneurs. Autant dire que le cas estonien mérite d’être regardé de près. 

L’Estonie est un vrai paradis fiscal

D’une manière générale, il faut dire du bien de l’Estonie pour les libertés qu’elle garantit aux citoyens… et aux entrepreneurs. Du côté des libertés, et c’est important pour l’activité du chef d’entreprise, le respect du droit par l’Etat y est plus important qu’en France, avec une justice indépendante et surtout des procédures protectrices pour les justiciables. C’est un élément à ne pas perdre de vue pour évaluer la pertinence d’une expatriation aussi septentrionale !

S’agissant des taux d’imposition, on croit rêver en les découvrant : l’Estonie n’a pas d’impôt sur les sociétés, mais seulement un impôt sur les bénéfices. Les bénéfices non distribués des entreprises sont exonérés d’impôts. Les bénéfices distribués sont taxés à 20%…

L’Estonie, reine du dividende

S’agissant des dividendes, un impôt libératoire de 7% est appliqué pour les personnes physiques…

Inutile, là encore, de préciser combien ce dispositif est favorable. 

Des cotisations sociales simples à comprendre

Autre avantage du système estonien, son extrême lisibilité en matière sociale. Indépendants ou employeurs sont soumis à une taxe de 33%, qui englobe la retraite et la maladie. Pas de complication, donc, et un dispositif qui suppose peu d’opérations administratives.

Une vie rêvée d’entrepreneur

Enfin, la simplicité de l’organisation estonienne explique que le pays brille par la légèreté de son emploi du temps administratif. Alors que, en moyenne en Europe l’Est, il faut consacrer 240 heures chaque année à l’accomplissement des obligations fiscales, l’Estonie n’en demanderait que 50.  Voilà un avantage comparatif qui fait forcément rêver, si l’on songe que, selon la Banque Mondiale, la même activité demande 139 heures en France…

Ajoutons que la même Banque Mondiale classe l’Estonie au 14è rang mondial pour la facilité d’y créer une entreprise (la France est classée 37è…).

Anglais obligatoire

Autant d’avantages font forcément réfléchir. Nous vous conseillons par ailleurs une lecture utile pour avoir un retour sur le fonctionnement de l’Estonie. Un point est à retenir : en Estonie, beaucoup de choses se font en anglais. C’est déjà ça. 

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Trump inaugure-t-il l’année des insurrections populaires ?

Par Éric Verhaeghe

L'impressionnante (mais bien sage, comparée aux journées révolutionnaires européennes d'il y a deux cents ans...) sédition à Washington largement nourrie par les discours incendiaires de Donald Trump constitue une onde de choc dans le monde entier. Les fondements de la démocratie américaine semblent désormais questionnés par un petit peuple libertarien qui ne se reconnait plus dans les institutions du pays. Aux États-Unis comme ailleurs, notamment en Europe. Mouvement de chauffe isolé ou présage d'autres insurrections populaires dans le monde ?

Le monde entier a observé avec stupéfaction hier Donald Trump, président sortant, harangué la foule devant le Capitole pour contester les résultats d’une élection qu’il a perdue. Et cette foule a laissé exploser sa colère en tentant d’empêcher la certification des résultats qui devait avoir lieu au Capitole. L’insurrection populaire constitue une importante onde de choc pour le monde entier. 

Vague de contestation libertarienne aux États-Unis

L’élection de Donald Trump avait largement reposé sur l’expression de ce petit peuple libertarien qui conteste le primat des élites américaines. La sortie de Donald Trump ressemble beaucoup à son entrée, entre effraction et passage en force. Elle est à l’image de la rupture consommé dans l’opinion entre le « système » de la démocratie représentative (ou ce qu’il est devenu) et l’opinion populaire qui ne cache plus sa défiance vis-à-vis de ceux qui en forment l’élite. 

D’autres insurrections populaires couvent dans le monde

Les États-Unis ne sont pas le seul pays touché par cette fracture entre démocratie représentative et électorat populaire. L’épisode des Gilets Jaunes, en France, l’a montré. Faut-il en déduire ou pressentir que la prise du Capitole hier annonce d’autres insurrections populaires dans le monde, notamment en Europe ?

Nous ne sommes pas loin de le penser, et nous renvoyons ici à l’entretien que le sociologue Michel Maffesoli nous a accordé fin décembre sur l’ère des soulèvements

Une crise de la démocratie représentative

En filigrane, la question qui revient de façon lancinante (y compris en France où les débats sur l’introduction de la proportionnelle l’illustrent) est celle de l’adaptation de la démocratie représentative à une société où les réseaux sociaux et les moyens numériques permettent l’exercice d’une démocratie directe. Incontournablement, la subsistance d’une représentation indirecte est vécue par beaucoup comme une usurpation de pouvoir ou comme un suffrage censitaire. 

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