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Aujourd’hui — 20 septembre 2019Hashtable

France : le hold-up démocratique silencieux

Par h16

Dans un précédent billet, nous avions vu que le rejet grandit de façon un peu inquiétante en France. Dans celui-ci, Nasier Ockham nous propose de nous pencher sur les votes invalides.

L’AFC de 2015 sur les élections régionales et celle menée sur les européennes de 2019 confirment qu’une partie croissante des Français, maintenant majoritaire, ne se retrouve plus dans aucun des partis traditionnels et qu’elle préfère de plus en plus l’abstention, le vote nul ou blanc. De surcroît, l’expression du vote FN puis RN (ou PLP pour les européennes) est très proche au sens statistique des expressions alternatives (blanc, nul, abstention).

Le problème est qu’avec l’accroissement de ce genre de votes et de cette abstention (qu’on peut résumer par « rejet »), la légitimité réelle du pouvoir s’érode franchement : difficile de prétendre représenter la France ou le peuple français si une part majoritaire n’a pas voté pour ceux qui entendent l’incarner.

Dans un pays démocratique, on admet assez facilement ce phénomène en introduisant la notion d’alternance du pouvoir : une partie du peuple n’a pas l’occasion de voir ses représentants exercer le pouvoir mais, d’une part, cette partie du peuple trouve tout de même à s’exprimer puisque ses représentants sont malgré tout présents dans les assemblées et une partie des institutions, et d’autre part, on admet la légitimité de ceux qui sont en place parce qu’il existe une possibilité claire, définie, palpable, que l’alternance joue à un moment ou un autre (à la prochaine élection, typiquement).

Autrement dit, le jeu démocratique fonctionne tant que les différentes parties du peuple ont bien une représentation dans les différents étages de pouvoir (législatif, exécutif, judiciaire) et que la probabilité d’exercer un jour le pouvoir est strictement non nulle.

Lorsque d’un côté cette représentation n’existe plus (une partie du peuple n’est plus représentée par personne, nulle part) et que de l’autre, la probabilité pour cette partie du peuple d’exercer le pouvoir devient nulle, le jeu démocratique est cassé : cette partie du peuple se désolidarise progressivement du reste. Tant que ceci se déroule avec une part négligeable ou minoritaire de l’ensemble d’une nation, cela passe à peu près inaperçu et peut durer longtemps.

En revanche, s’il s’agit d’une majorité qui se retrouve sans représentation, sans espoir d’en avoir une, et encore moins d’exercer le pouvoir, la situation devient véritablement instable.

Qu’en est-il en France ?

Les élections parlementaires françaises, à la participation stable de 1945 jusqu’en 1973, désignent depuis 1978 un parlement de moins en moins représentatif des Français et depuis les dernières élections, sous Macron, pour la première fois de l’histoire de France depuis très longtemps (au moins un siècle si l’on remonte aux élections parlementaires de 1919), ceux qui votent les lois de la France ne représentent plus la majorité des Français (le parlement à majorité LREM de 2017 n’a ainsi été élu qu’avec 42.64% des voix).

Pour le vote aux européennes, on constate la même érosion : depuis 1989, l’abstention a toujours été majoritaire à l’exception de 1994, suite à l’effondrement soviétique. Depuis, seule la dernière élection de 2019 (avec une abstention à 49.9%) peut prétendre envoyer des députés européens représentant une (courte) majorité du peuple. Progressivement, le vote aux européennes s’est mué en vote de protestation.

taux de participation élections france

Dans ce cadre d’analyse, la victoire du PLP (mené par Marine Le Pen) correspond à la première coïncidence entre le comportement protestataire du peuple (le rejet) et son expression électorale. Du strict point de vue de la dynamique statistique, les députés européens que la France envoie représentent plus fidèlement le peuple français que sur le quart de siècle précédent. Comme d’autres analystes l’ont noté, ce n’est certainement pas une victoire de Macron.

L’analyse menée pour les élections européennes peut être reproduite pour l’élection présidentielle : depuis 1965, les élections présidentielles représentent en effet toujours plus de 80% de l’opinion exprimée des Français, sauf évènement extraordinaire (en 1969, après la démission de de Gaulle).

Or, l’élection de Macron est la première depuis lors à passer sous la barre des 80%, semblant poursuivre à la baisse l’effet Hollande de désaffection des Français. Si ceci ne permet pas de conclure quoi que ce soit statistiquement, il en va autrement de la tendance des bulletins « invalides » (blancs et nuls) : cette dernière élection présidentielle a compté 11,5% de votes invalides. Si l’on se pique de comparer la France au reste du monde pour voir combien de nuls et de blancs sont déposés dans les ballots, on découvre une France avec un taux compris entre celui du Yemen (10.9%), de l’Angola, des Philippines ou du Guatemala (plus de 13%) :

votes invalides élections présidentielles monde

Que se passe-t-il ?

Si on se concentre sur ce vote présidentiel depuis 1965, la moyenne de votes invalides est de 4,12%. L’écart-type (sur neuf élections) est de 2,58. Statistiquement, la probabilité que les votes invalides dépassent les 11% à la dixième élection (celle de 2017) était de… 2,3 sur 1000 (0,23%). On pourrait supposer que les élections présidentielles ont davantage d’invalides, en proportion, que les autres élections, mais ce n’est pas le cas : si on regarde les élections présidentielles, parlementaires et européennes depuis 1945, la moyenne de votes invalides est de 3,56% avec un écart-type de 1,68. Autrement dit, il n’y a normalement pas de différence statistiquement significative entre les votes invalides pour les présidentielles et les autres élections…

Sauf en 2017.

On peut imaginer plusieurs raisons à l’écart statistique observé. Le pur hasard est assez improbable (au sens statistique, cette probabilité étant de l’ordre de 1 sur 1 million). Il reste la manœuvre délibérée, qui reviendrait à admettre une espèce de complot national aboutissant à un surcroît de bulletins biffés, ou, plus simplement, que ces bulletins nuls et blancs surnuméraires indiquent bel et bien un rejet, bien plus exprimé que d’habitude, des propositions politiques du moment.

Il n’en reste pas moins qu’une telle déviation statistique n’a pas été observée en France depuis 1945 au moins, et que le taux d’invalides de la dernière élection présidentielle correspond plus à un taux d’État en crise (Yemen, Angola, Philippines, Guatemala n’étant pas réputés pour leur actuelle stabilité et solidité démocratique) qu’au taux d’une démocratie saine et apaisée.

Par ailleurs, si l’on couple cette observation avec les constats établis lors du précédent billet statistique à ce sujet, on peut raisonnablement admettre que le président actuel dispose de la base électorale la moins solide de la Cinquième République. À force de diaboliser une frange croissante des opinions (la diabolisation de l’extrême-droite étant depuis longtemps largement dépassée, le politiquement correct s’étendant maintenant très au-delà de ce qu’il fut il y a encore 10 ou 20 ans), ces dernières ne trouvent plus à s’exprimer. Petit-à-petit, la démocratie ne sert plus qu’à exprimer un rang étroit d’opinions. Les autres sont tues par auto-censure, sont euphémisées jusqu’à perdre leur substance voire carrément interdites.

Se pose ici la notion de légitimité réelle : le rejet étant si fort, la représentation nationale si minoritaire, les orientations politiques et les lois qui y correspondent apparaîtront les moins légitimes. En fait, nous sommes passés sans bien le noter dans un régime qui n’est plus représentatif de la majorité, sans que ni les médias, ni les politiciens ne s’en émeuvent. Utilisant habilement les abstentionnistes et le(s) parti(s) repoussoir(s) pour éliminer toute concurrence, les représentants d’une frange de plus en plus étroite du peuple se maintiennent au pouvoir, sans plus aucune opposition réelle.

Véritablement, il y a eu hold-up silencieux.

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Hier — 19 septembre 2019Hashtable

Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

Par h16

L’invention de Bitcoin, à la fin des années 2000, et son lancement officiel le 3 janvier 2009, auront sans doute marqué le début d’une nouvelle ère pour la notion même de monnaie. Depuis, la première cryptomonnaie a été rejointe par une myriade d’autres : on compte à présent plus de 1500 cryptomonnaies de pertinence et de crédibilité variées…

J’ai déjà eu l’occasion d’en évoquer quelques unes : Ethereum, Monero, ZCash, Bitcoin Cash, Tezos ou Dash. Ces cryptomonnaies représentent toutes une alternative intéressante à Bitcoin, soit parce qu’elles offrent une différenciation technique notable, soit parce qu’elles cherchent à résoudre un ou plusieurs problèmes d’une façon différente de Bitcoin, soit parce qu’elles ont une construction économique ou sociale distincte qui peut leur apporter un avantage comparativement à Bitcoin.

Dans ce cadre, ce billet sera l’occasion d’introduire un dossier sur Dash, une cryptomonnaie que je suis avec attention depuis son lancement. Intéressé par l’évolution de cette cryptomonnaie, je pense utile de faire un petit passage en revue de ses forces et de ses faiblesses, ses atouts et ses défauts sur le marché maintenant mondial des cryptomonnaies.

Dans ce dossier, après une brève introduction et un petit rappel sur les caractéristiques principales des cryptomonnaies, je reviens sur l’histoire de Dash, les spécificités de cette crypto, pour ensuite détailler ses forces et faiblesses et tenter de brosser son futur.

Bonne lecture !

Dossier Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

À partir d’avant-hierHashtable

Nos cafés campagnards disparaissent ? Vite, aidons-les !

Par h16

Triste constat : les campagnes françaises se vident. En plus d’une population diminuant d’année en année, les petits villages perdent progressivement leur attractivité à mesure que leurs commerces ferment, à commencer par le plus central et le plus important d’entre eux : le café, celui sur la place de la mairie, pas loin de l’église… Mais grâce à l’initiative d’une association, la donne va peut-être enfin changer.

C’est par quelques articles de presse qu’on découvre l’idée du groupe associatif d’économie sociale et solidaire « SOS » dont le projet, lancé jeudi dernier, vise à l’ouverture (ou empêcher la fermeture) de mille cafés dans les communes rurales de moins de 3 500 habitants.

En substance, le groupe associatif qui a tout de même reçu le soutien du gouvernement via l’Agenda Rural (fortiche, non ?) va tenter de revitaliser les campagnes avec cette initiative et grâce aux quelques fonds qu’ils ont réussi à rassembler. Entre 150 et 200 millions d’euros.

Ah oui, tout de même, avec 200 millions d’euros, on peut en faire des choses, et notamment tenter de revitaliser les campagnes françaises…

Mais au fait, quelles sont donc les raisons qui font ainsi disparaître ces lieux de vie campagnards ? Si la presse n’est guère diserte sur la question qui a pourtant son importance – on ne combat jamais mieux un mal qu’en connaissant ses causes profondes – on peut néanmoins dresser un portrait globalement complet des raisons qui aboutissent à ces fermetures en fouillant un peu les articles consacrés au sujet.

Comme l’explique un article du Télégramme avec une phrase lapidaire (« Baisse de la clientèle, coût des produits, contraintes administratives, à commencer par celles des normes »), les raisons sont simples à comprendre : c’est ainsi qu’au-delà de l’évidente baisse d’activité consécutive à la diminution de la clientèle, cette dernière au mieux partant s’installer en ville, au pire s’éteignant avec les générations les plus âgées, on comprend que (ô surprise) les autres raisons des fermetures des cafés et des bars des campagnes tiennent essentiellement à l’accroissement des normes, des règlements et des contraintes de l’ensemble des services de l’État : eh oui, à force de bureaucratie, d’un déluge ininterrompu de contraintes administratives idiotes, de contrôles sanitaires et fiscaux, d’inspections du travail répétées, agressives, débiles et intransigeantes, et bien sûr de la créativité comptable des différentes caisses d’assurance étatiques, les patrons de bars et de cafés finissent par jeter l’éponge, rendre leur tablier et fermer boutique.

De ce point de vue, l’association aux poches bien remplie qui souhaite aider ces bars et ces cafés a bien compris le problème puisqu’elle se propose d’aider par exemple dans « la levée des freins réglementaires pour l’attribution des licences IV permettant de servir de l’alcool. »

Tout ceci est objectivement charmant puisqu’une solution se dégage peut-être…

Cependant, on ne pourra s’empêcher de noter que cette généreuse association, en intervenant ainsi, essayera donc concrètement de contrebalancer le travail de sape entrepris par l’État en premier lieu. Ainsi, si ce dernier ne s’échinait pas avec application à punir les artisans concernés, les poursuivre de ses assiduités à base de cerfas toujours plus nombreux, à considérer (fisc et inspection du travail en premier) qu’ils sont, par défaut, fraudeurs et délinquants, à créer un nuage de complexité administrative aussi grotesque qu’opaque, bref, si l’État ne sabotait pas le travail des cafetiers et des propriétaires de bars, l’intervention de l’association serait inutile.

Enfin bon, réjouissons-nous puisque le problème, enfin remarqué, déclenche à présent ce projet qui sera le bienvenu dans nos campagnes (de moins en moins) riantes, et ce d’autant plus que, de nos jours, trouver 200 millions d’euros n’est pas une mince affaire.

À ce propos, on est tout de même en droit de s’interroger sur la provenance des fonds en question. Bien évidemment, écartons tout de suite le trafic de drogue, d’armes ou le vol pur et simple puisque le projet est, rassurez-vous, financé par le « Groupe SOS » dont … vous n’avez probablement jamais entendu parler (ou très peu).

Et c’est dommage : c’est un groupe fort discret mais qui s’est fait fort d’agir dans le social et l’économie solidaire, et qui n’a jusqu’à présent pas réellement occupé la une des journaux. C’est étonnant compte tenu de la croissance de ce groupe d’associations non lucratives : eh oui, en France, on peut être une association ou un groupe d’association, être non lucratif, mais employer 18.000 personnes (non, pas bénévoles, hein) et réaliser un chiffre d’affaires de 950 millions d’euros.

Quasiment un milliard d’euros pour un groupe d’associations, dans le domaine du social, dont on n’entend quasiment jamais parler au niveau national (par comparaison, les Restos du Cœur, très visibles, fonctionnent avec moins de 200 millions d’euros) – sauf peut-être lorsqu’il remporte l’appel d’offre du ministère de la Justice pour le programme de déradicalisation qui avait fait parler de lui jadis – voilà qui est un fort joli chiffre qui ne saurait être résumé ainsi : la fiche Wikipedia du groupe est fort courte mais donne une petite idée de l’ampleur de ce groupe fort pudique financé essentiellement par les fonds publics (donc le contribuable, ici) dont le patrimoine immobilier se monte tout de même à 500 millions d’euros, et qui se positionne tout de même comme le leader européen de l’action sociale et en tout cas, première entreprise française dans le secteur (ce qui lui vaudra une étude détaillée de la Harvard Business School).

En tout cas, son patron a fait fort puisqu’il est parvenu à accroître la taille de ce groupe de 2200 salariés (et 155 millions de chiffre d’affaires) en 2009 au mastodonte actuel, dix ans plus tard : belle croissance grâce à ce patron, Jean-Marc Borello, qui a peut-être bénéficié d’un peu de chance, ce dernier ayant été – ô surprise – le professeur d’un certain Emmanuel Macron quand il était à Science Po.

Chance qui ne s’est pas arrêtée là puisque le sémillant patron du groupe SOS a aussi eu la bonne fortune, après avoir co-fondé En Marche, de découvrir une certaine Murielle Pénicaud fortuitement devenue Ministre du travail depuis.

On le comprend, tout se goupille fort bien pour qu’enfin, des mesures soient prises (par une association subventionnée par l’argent du contribuable) afin de contrer les méfaits de l’État (financé par l’argent du contribuable). L’argent dépensé par les uns n’ira pas ailleurs que dans la poche des autres, par de multiples et jolies tubulures chromées de ce qui pourrait ressembler à du capitalisme de connivence si tout ça n’était même pas du capitalisme du tout.

Décidément, au vu de ces éléments, il n’y a plus trop de mouron à se faire pour nos campagnes : leurs bars et leurs cafés sont sauvés.

Une rentrée plus judiciaire que sociale

Par h16

Alors oui, certes, c’est bel et bien la rentrée sociale qui nous l’est rappelée notamment grâce aux indéboulonnables grévistes des syndicats de transport ferroviaire français dont le crédo semble autant que possible de ne transporter aucun français. Certes. Mais avec la semaine qui vient de s’écouler, c’est surtout de rentrée judiciaire qu’on doit parler, tant on constate une avalanche d’affaires qui viennent débouler moelleusement en ce mois de septembre, ensevelissant les chroniqueurs sous une épaisse couche de poudre de perlimpinpin républicain…

Car, en quelques jours, les rebondissements judiciaires impliquant tout le spectre politique se sont enfilés comme autant de saucisses industrielles.

Ainsi, François Bayrou et Marielle de Sarnez (le président du MODEM et l’ancienne députée européenne du même parti) ont été auditionnés par la police judiciaire pour une affaire d’emplois fictifs, le lendemain de l’audition de Sylvie Goulard, elle-même ex-eurodéputée du MODEM et maintenant commissaire européenne, entendue pour la même affaire.

Ainsi, c’est l’increvable Jean-Luc Mélenchon (de la France Insoumise) qui sera convoqué avec ses acolytes pour son procès en correctionnelle, ce qui nous a valu une allocution de sa part. Pour rappel, une perquisition particulièrement houleuse avait eu lieu il y a un an au siège du parti néo-communiste dans le cadre d’une enquête sur (tenez-vous bien) des emplois fictifs et des comptes de campagnes douteux. Les réactions mélenchonesques outrées avaient déclenché (outre l’hilarité d’Internet) une procédure judiciaire dont le dénouement approche donc, ce qui a poussé le président de la France Insoumise à annoncer la publication d’un livre dans lequel, imperturbable, il enfonce le clou : « Face à un juge ou à un policier, la République c’est bien moi »

Le lider marxismo a très clairement laissé son égo enfler au-delà de toutes proportions raisonnables et si la stratégie du hurlement outré contre un procès qualifié de politique pouvait éventuellement marcher, elle s’en trouve nettement amoindrie par la publication concomitante de ce livre qui transforme l’ensemble en véritable cascade médiatique avec buzz et ventes lucratives à la clé plutôt qu’en brûlot politique d’un opposant lâchement embastillé par le pouvoir dictatorial en place, ♩ hasta la victoria siempre ♪ no pasaran ♫ et tout le tralala ♬ …

La semaine ne s’arrête pas là puisque grâce à Anticor (ou à cause d’elle, selon le point de vue), Richard Ferrand, membre LREM et actuel président de l’Assemblée Nationale, se retrouve mis en examen par la justice lilloise suite à l’enquête ouverte sur des soupçons de prise illégale d’intérêts dans ses anciennes fonctions de directeur d’une mutuelle bretonne de 1998 à 2012, par le truchement de laquelle il aurait permis l’enrichissement personnel de sa compagne.

Si mettre en examen le quatrième personnage de l’Etat peut faire désordre, on se rassurera en lisant ses déclarations qui rappellent avec bon sens qu’il n’est pour le moment, faute de procès, coupable de rien. Soit. On aurait cependant aimé la même pondération et la même considération lorsque d’autres affaires secouaient le paysage politique français et pour lesquelles notre aimable politicien ne s’était guère retenu de tweeter…

La rentrée judiciaire ne s’arrête pas là puisque pendant ce temps, l’inénarrable Balkany (maire LR de Levallois-Peret) a finalement été envoyé en prison, trophée logique de fraudes fiscales plus ou moins habiles et dont le montant total donne une assez bonne idée de la générosité de la République lorsqu’on est aux bons postes.

Ce tableau serait bien évidemment incomplet si l’on ne parlait pas un peu du Rassemblement National. Rassurez-vous, la rentrée judiciaire n’a pas épargné ses têtes d’affiche non plus puisque Jean-Marie Le Pen a été mis en examen dans une affaire concernant … (devinez ?) des emplois fictifs – un grand classique républicain de nos jours – au côté de sa fille Marine et d’une vingtaine d’autres membres du parti.

On le voit, pour un mois de septembre à peine écoulé de moitié, la justice française n’a pas chômé. De façon plus intéressante et au-delà de l’enchaînement comique de toutes ces affaires, on ne peut s’empêcher de noter qu’ici, tous les partis sont concernés par une mise en examen, des corruptions, des abus, des faits plus ou moins graves : LFI, RN, LREM, LR, tout le spectre des principaux partis du pays est ainsi représenté du mauvais côté des barreaux et l’absence du PS ou des Verts dans cette liste n’est qu’une simple partie remise.

Pire encore : il ne s’agit dans aucun de ces cas de sous-fifres ou de troisièmes couteaux, de cousins éloignés qu’on qualifie pudiquement de « différents », de petits magouilleurs maladroits. Non. Dans chacun de ces cas, on trouve des personnages qui marquent la vie politique française : pour le Modem, LFI et le RN, on parle des chefs, des présidents du parti. Pour LR, c’est l’ancien co-fondateur du RPR. Pour LREM enfin, c’est rien moins que le président de l’Assemblée Nationale.

Comment ne pas voir que cette brochette d’affaires ne va faire qu’amplifier la défiance et le rejet des Français pour cette classe politique corrompue jusqu’à la moelle ? Comment ne pas rapprocher ces dérives honteuses des derniers résultats de l’enquête du CEVIPOF sur la crise de la confiance politique en France ? Comment ne pas voir que le comportement lamentable de ces élus et de ces responsables politiques nourrit le rejet de plus en plus massif des Français pour l’actuel système, que je décris en détail dans un précédent billet ?

Comment, de la même façon, ne pas voir qu’avec un tel amoncellement de corruption, le Français qui tient malgré tout à voter se retrouve devant un choix de plus en plus cornélien entre la peste et le choléra, et qu’il doit lui-même souffrir d’une part d’incohérence à adouber de son vote des gens qu’il sait pourtant mauvais pour son futur ?

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[Redite] Et maintenant, des jeux vidéos à la française

Par h16

Article initialement paru le 15 janvier 2014

Ce n’est pas parce que c’est dimanche qu’il faut se laisser abattre. Ce n’est pas parce que le gouvernement fait assaut d’imbécillités qu’il faut virer pessimiste. C’est pourquoi je vous propose une fournée de jeux vidéos qui, s’ils ne sont pas tout frais, restent tout à fait adaptés à l’esprit du pays et trouveront une place de choix dans vos idées cadeaux pour le prochain Noël…

Tu es un gamer mais tu veux aussi t’impliquer dans la vie de la République ? Tu veux « jouer intelligent », ne plus te laisser manipuler par les grandes firmes capitalistes qui tentent de te laver le cerveau avec leurs idées de profit, de liberté et de plaisir facile ? Tu veux du fun mais tu veux qu’il soit éco-conscient ? Ca tombe bien : Demaerd Industries, division Jeux Vidéos, propose dès à présent toute une gamme de jeux vidéos qui ont tous été approuvés par les plus hautes autorités morales de la République Française du Bisounoursland. Et en voilà quelques uns décrits spécialement pour vous.

(Cliquez sur les jaquettes pour les avoir en taille maximale)

citoyen's creed bbr flagCitoyen’s Creed IV

– Description :
Citoyen’s Creed BLeu Blanc Rouge Flag est un jeu d’action / aventure sur différentes plate-formes dans lequel le joueur incarne Kevin Peillon, un citoyen de France sans foi ni roi, qui a décidé d’apporter la laïcité et la République dans les Caraïbes du XVIIIème siècle, dut-il le faire avec son sabre et ses pirouettes rhétoriques musclées. Sur son navire, le Pedalaw, il peut explorer librement une aire allant de la Gascogne à la Région Parisienne en passant par le Golfe du Lion et s’attaquer aux méchants discriminants et aux pirates du vivrensemble. La visite de villes comme Marseille ou Toulouse est également au programme, tout comme un mode multijoueur coopératif ou collectiviste ou les deux.

– Type : Action/aventure socialistes constructivistes
– Classification : Déconseillé aux moins de 72 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Ce jeu captivant vous permettra enfin d’exprimer le petit justicier laïc qui sommeille en vous : finies les longues prises de têtes politico-sociologiques pour justifier la dictature du prolétariat ! En quelques coups de sabres, vous convainquez aisément vos assaillants de vos arguments bien pesés. Le gameplay est très riche et vous permet d’enchaîner les phases d’ateliers citoyens de conscientisation avec les phases d’action pure sur le terrain avec la préparation des élections, la propagande larvée ou la publicité directe avec le collage d’affiches et la bagarre devant le magasin pour skins. Bref : un bon moment à passer.

la medaille pour tousLa Médaille Pour Tous

– Description :
La Médaille Pour Tous est un First Person Shooter sur les principales plateformes (PS3, XBox, PC) qui amènera le joueur à exercer ses talents de bateleur, de jongleur, d’artiste de rue et d’acrobate rebelle en pleine recherche de sens à sa vie. Au long du jeu, différents challenges sont proposés (comme se laver, nourrir ou faire vacciner Scruffy, le chien qui vous sera attribué en début de partie, récolter des dons auprès d’automobilistes en faisant du diabolo aux feux rouges, etc…). Le décor peut prendre place dans différentes villes comme Nanterre, Rennes ou Toulouse.

– Type : First Person Jonglage
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
C’est une véritable immersion dans la vie d’un étudiant en première année Histoire de l’Art ou en Sociologie, avec tout ce que cela peut comporter à la fois d’opportunités excitantes notamment en terme de soirées arrosées que d’événements frustrants comme le refus d’une bourse ou d’une chambre à la cité universitaire. Loin des poncifs du genre où la coopération n’est que rarement de mise, ce jeu vous demandera de composer chaque minute avec les assistantes sociales récalcitrantes, les demandes de bourses et d’aide au logement délicates, les parcours universitaires alternatifs. Une excellente préparation à la vie réelle lorsqu’on a décidément choisi « Sociologie Des Cirques » comme formation diplômante !

class effect 3

Class Effect 3

– Description :
Class Effect 3 est un jeu d’inaction-aventure à la troisième personne dont la toile de fond, un pays en lente décomposition, donne l’occasion à des scénaristes de se déchaîner. Le joueur incarne François-Jacques, un politicien, brillant énarque mais peu en phase avec les réalités de terrain, parvenu au pouvoir par une série de coups du sort inattendus et de médiocrité générale ; le but du jeu est de parvenir à rester au pouvoir malgré l’accumulation de ressorts scénaristiques inédits. Pour le joueur, il s’agira donc lors de ses nombreux déplacements dans le pays, de conserver l’esprit vif pour lui éviter les déboires d’un peuple de moins en moins coopératif ainsi que les attaques d’un groupe terroriste, les Knehls-Rouges, qui ne reculeront devant aucun geste pour faire vaciller la République.

– Type :TPS politique
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Rarement on aura vu dans un jeu un tel feu d’artifice de conspirations, de coups de théâtre, acharnements politiques, diversions ridicules pour occuper le joueur. Si le travail d’écriture qui aboutit à ce scénario foisonnant ne fait aucun doute, on peut cependant se demander si les auteurs ne sont pas allés trop loin, trop vite, trop fort : pour la quantité en effet, on est servi, mais la qualité laisse un goût persistant de grand n’importe quoi dont on soupçonne qu’une majeure partie est parfaitement voulue et assumée. Un bon point cependant : grâce à la coopération du réalisateur, le studio BioFware, avec le groupement Europécologiléverts, le jeu a été entièrement réalisé à partir d’octets recyclés ce qui garantit pour le joueur une empreinte carbone minimale.

GrandeFeteSocio Grande Fête Socio V

– Description :
Grande Fête Socio V est un jeu d’action se déroulant dans une banlieue parisienne virtuelle, baptisé Egality City. Le joueur y incarne Bruno Mulliard, un fils d’enseignants du secondaire, hyper impliqué dans la politique estudiantine et en lutte contre la privatisation rampante des services publics à la française pour lesquels il se bat chaque jour, le point levé comme le fit jadis son idole, le Che, qu’il porte en t-shirt tout au long du jeu. Dans ce dernier, il doit réussir des dizaines de missions dans un environnement très vaste.

– Type : Action
– Classification : Recommandé à partir de 32 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Pas de doute : réveiller les consciences est un travail de longue haleine et le jeu, qui vous demandera justement de conscientiser vos semblables aux problèmes des cités vétustes, des subventions trop difficiles à obtenir, de corruption ou d’arrangements politiques louches. De ce point de vue, la durée de vie est particulièrement longue et prenante. Entre les syndicalistes, les politiciens véreux, les associations lucratives sans but et les sans-papiers malmenés, vous aurez fort à faire pour obtenir des récompenses !

no need for speed
No Need For Speed
– Description :
No Need for Speed : France est un jeu de courses multijoueur sur PC. Il propose de visiter tous les coins possibles de la Capitale Française, au volant de puissants bolides personnalisables sous toutes les coutures, comme la Twingo TRS-Max ou la Clio Turbo/C. Il sera évidemment possible de se lancer dans des poursuites endiablées avec les forces de l’ordre. Attention, les écoportiques dissimulés un peu partout dans la ville taxent la carte visa pour de vrai ! Humour citoyen, certes, mais redressement productif aussi !
– Type : conduite responsable
– Classification : tous publics agréés NF64345234
– L’avis de Demaerd Software :
C’est véritablement un jeu familial qu’on trouve dans ce packaging d’adrénaline citoyenne responsable ! Au volant de votre twingo tunée, vous aurez par exemple pour mission de parcourir le périphérique parisien en vous rapprochant toujours plus des limitations de vitesses fluctuantes, tout en faisant attention aux radars et aux portiques écotaxe-la-visa-pour-de-vrai qui poussent de plus en plus dru sur la surface du parcours. Et attention : chaque manquement aboutira à une prune et des points en moins sur votre permis. Au final, attendez-vous à passer de courtes minutes en voitures et de longues heures en séance de rééducation citoyenne à la conduite dans lesquelles la simulation d’un cours de code sera extrêmement bien réalisée, ennui compris !

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La France qui taxe et la France qui paye

Par h16

En décembre 2015, par les bons soins d’un de mes lecteurs, Nasier Ockham que je remercie au passage, nous pouvions bénéficier d’une analyse factorielle des correspondances (AFC) des résultats de vote des régionales.

Pour rappel, l’AFC est une analyse statistique non dirigée permettant de trouver de façon systématique les corrélations (ou leur absence) entre les agrégats qui se dégagent des différentes dimensions de données qu’on lui fournit.

L’analyse de l’époque avait largement montré que la France semblait se découper en deux populations caractérisées essentiellement par leur localisation géographique, l’une des grandes villes, des métropoles et leurs banlieues et l’autre des villes moyennes et des campagnes, et que la représentation politique ne semblait plus s’occuper que de l’une de ces populations sans sembler être capable de s’occuper de l’autre, cantonnée alors à un vote de rejet ou un non-vote.

Dans une France qui se voudrait apaisée et qui a grand besoin de cohésion sociale, ce constat picotait quelque peu.

Depuis, de nouvelles élections, les européennes de mai dernier, ont eu lieu et on dispose maintenant de l’ensemble des votes par cantons de façon assez précise, mon aimable lecteur m’a gentiment proposé de réitérer l’opération d’analyse automatique avec ce nouveau paquet de données fraîches. Ce billet est l’occasion de vous livrer notre analyse.

En pratique, les férus de chiffres et ceux qui voudront éplucher les détails techniques auront tout intérêt à lire le PDF ci-joint. Le billet suivant se contente d’en faire un résumé synthétique et de dresser les conclusions que je pense fort éclairantes sur l’état du pays.

Le premier constat de cette nouvelle analyse, c’est qu’elle confirme les données de la précédente : l’opposition urbain-rural reste une structure majeure du vote observé ; deux dimensions de l’AFC permettent d’expliquer plus de 75% du vote observé. Si l’on choisit un axe horizontal pour la première dimension, on verra sur la gauche des cantons et départements correspondants à ceux qui sont plutôt opposés à la politique actuelle du gouvernement, alors que s’étaleront sur la droite ceux qui y sont plutôt favorables. De la même façon, verticalement, on trouvera plutôt des cantons de la France conservatrice (droite traditionnelle, pour schématiser) vers le haut, et les cantons de banlieues vers le bas.

Graphiquement, cela donne ceci :

Conformément à cette répartition spatiale dans ces deux dimensions, on peut raisonnablement libeller les axes comme proposé sur la figure ci-dessus. En ajoutant les deux diagonales, on complète les autres tendances observées. Au final, on obtient une « France de Bobos » qui s’oppose à la « France Matraquée », une « France conservatrice » opposée à une « France en otage », celle des banlieues pourries. Entre la « France matraquée » et la « France conservatrice », on trouve une « France du rejet », qui s’oppose à une « France urbaine », laquelle relie la « France en otage » à celle des bobos et des quartiers chics. La dernière diagonale apparaît comme l’archétype du système Macron, qui s’oppose à la France des revenus modestes, qu’on pourrait libeller « France déclassée ».

Au vu de ce graphique, on peut assez facilement noter que c’est la France urbaine qui a dominé le vote européen. La gauche traditionnelle est en pratique maintenant complètement éparpillée le long de l’arc de cercle figuré sur le graphique, avec LFI tout à gauche de l’arc, RLRM de l’autre côté et les partis EEES et EECO au long de cet arc, comme le montre le graphique suivant (avec les libellés des partis) :

Autant la démonisation du Rassemblement National (RN) est une stratégie d’éclatement de la droite qui semble avoir assez bien fonctionné, autant l’analyse statistique montre que l’emphase actuelle du discours écologique des marcheurs macroniens n’est pas autre chose qu’une stratégie d’éclatement de la gauche… Et qu’elle fonctionne pour le moment pas trop mal.

L’analyse statistique permet aussi de montrer que la gauche actuelle représente moins les ouvriers que les employés et les professions intellectuelles supérieures ou intermédiaires. Dans cette optique, les partis « néo-écolos » (du socialisme écologique) ne répondent plus du tout à une logique de lutte des classes ouvrière, mais sont en fait une logique d’urbains qui fantasment la nature et l’écologie, et survivent au biberon d’un étatisme omniprésent.

L’autre point important soulevé par l’analyse réalisée est celui de la formation d’un groupe finalement pas si hétéroclite des Français qui rejettent le système.

Par ceux-là, on entend aussi bien ceux qui votent Rassemblement National (PLP en l’occurrence pour ces européennes) que ceux qui votent blancs, nuls ou s’abstiennent carrément. Car oui, ces trois derniers groupes d’électeurs sont statistiquement très proche du PLP : contrairement aux images d’Épinal des médias qui présentent le vote RN quasi-exclusivement comme un vote de racistes et de xénophobes, il s’agit avant tout d’un vote de rejet des autres partis : cet ensemble est statistiquement plus proche des abstentionnistes où dominent les ouvriers, que de LFI qui est censé se préoccuper du sort de ces derniers. Autrement dit, il apparaît statistiquement que l’opinion des ouvriers est davantage le rejet du système, que l’adhésion au discours de LFI.

Or, et c’est à mon avis crucial pour comprendre ce qui se passe sociétalement en France actuellement, ce « groupe du rejet » est largement majoritaire dans l’opinion puisqu’il représente 63% des opinions.

Oui, vous avez bien lu : le rejet, qui était déjà important lors des précédents élections et qui, en 2015, était déjà visible dans la précédente analyse que nous vous avions fournie ici, est encore plus massif. Depuis, Hollande est parti, Macron est arrivé, et les Gilets Jaunes sont passés et l’analyse réalisée ici montre que la situation sociale française s’est largement dégradée.

Dans un prochain billet, nous reviendrons sur ce qu’on peut dire de plus sur ce rejet et sur ce qu’il entraîne mécaniquement pour la base électorale sur laquelle s’assoient la plupart des politiciens, et, par extension, l’État français. Mais indépendamment de cette étude plus poussée, on comprend déjà que ces statistiques illustrent le gouffre maintenant béant entre une caste favorisée, minoritaire mais qui seule trouve une représentation pertinente dans les différentes institutions de l’État, et le reste du peuple qui n’est plus effectivement représenté mais qu’on continue de ponctionner sans vergogne.

On imagine mal que cette situation va pouvoir perdurer encore longtemps.


Fichiers de l’analyse :
Fichier original du vote des européennes sur le site gouvernemental
Dataset RData AFC européennes utilisable dans R ; pour information, les colonnes 1-58 sont les données démographiques (il y a tout, la parité H/F, les tranches d’ages, etc) ; les colonnes 59-73 sont les votes au 2ème tour des régionales de 2015 (voir le billet de 2015) ; enfin les colonnes 74-114 sont les votes au 2ème tour des européennes de 2019 (voir ce billet pour les sigles et nom des variables).
Résultats bruts
script R de base

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Clownerie ministérielle : Bruno Le Maire veut une blockchain publique

Par h16

Ah, les cryptomonnaies ! C’est un sujet complexe, qui porte à la fois sur la monnaie, l’économie, les mathématiques, l’informatique et la souveraineté de l’État. Autant d’éléments que maîtrise Bruno Le Maire – BLM pour les intimes – dont la puissance intellectuelle lui a permis de devenir le plus frétillant des ministres de l’Économie que le pays ait connus. Il était donc malheureusement inévitable qu’il lance (encore !) une réflexion à ce sujet.

De façon intéressante, ce n’est pas la première fois que notre effervescent ministre lance ainsi le sujet dans l’actualité. On se souvient par exemple qu’en 2018, il avait nommé un « monsieur Bitcoin« , dont on soupçonnait dès la nomination que la production en terme de rapports dodus permettrait de placer un nouveau jalon dans la longue histoire des conclusions consternantes d’organismes d’État.

La sortie du rapport, en juillet de l’année dernière, confirmait globalement l’impression initiale puisque les conclusions se résumaient essentiellement à vouloir, encore une fois réguler, encadrer et mettre sous la coupe de l’État une technologie dont l’essence même a toujours été de s’en affranchir. Si le rapport du Monsieur Bitcoin n’était finalement pas aussi périplaquiste que le fut le rapport Thery en son temps, il n’en demeurait pas moins assez peu opérationnel, se limitant au mieux à des constats sans intérêt (voire faux pour certains, ne nous leurrons pas), au pire à quelques recommandations qu’on avait déjà lues ou entendues ailleurs. Les animaux politiques apprécieront, les autres pourront donc oublier ce rapport, exemple vraiment standard de ce que la nomenklatura française produit de temps en temps en feignant d’influer sur le cours des événements qui les dépassent de loin.

Mais voilà : six mois se sont écoulés, et il était donc grand temps pour notre BLM national de remettre le sujet sur le tapis. Entre-temps, Facebook a dévoilé son projet de produire sa propre cryptomonnaie, le Libra, ce qui n’a pas manqué de déclencher deux types de réactions différentes selon le milieu considéré.

Chez les pratiquants des cryptomonnaies, la lecture du « white paper » (le document technique décrivant le fonctionnement et les objectifs du Libra) aura été accompagnée d’un intérêt modéré en ce que le développement d’une telle technologie par un géant comme Facebook en permet sa démocratisation. Malheureusement, les choix techniques de la firme de Zuckerberg, notamment celui d’en faire une cryptomonnaie arrimée à un panier de monnaies étatiques, rendent l’ensemble de l’opération nettement moins crédible. Si l’on y ajoute la façon dont le Libra sera piloté par une fondation dans laquelle on retrouve, notamment, des banques et des organismes de carte de crédit (ces entités-mêmes que les cryptomonnaies entendent dépasser), ainsi que les flous techniques qui entourent la future cryptomonnaie de Facebook, la prudence s’impose.

Prudence qui fut bien évidemment complètement absente dans les déclarations de nos politiciens les plus enfiévrés (qui sont aussi les moins compétents en la matière – ce n’est pas un hasard) : l’apparition de cette monnaie interne à Facebook a rapidement été ressentie comme un véritable affront à la souveraineté des États, laquelle s’exprime notamment par sa capacité de battre monnaie et de spolier gentiment leurs peuples au travers de celle-ci. Une monnaie indépendante des États, fût-elle estampillée Facebook, fût-elle arrimée aux monnaies officielles, est un coin enfoncé dans leur capacité à lever l’impôt, prélever des taxes ou imprimer du billet à rythme soutenu afin d’éponger des dettes contractées pour arroser les électeurs les plus naïfs… Insupportable !

Dans ce contexte, le brave Bruno ne pouvait pas rester les bras croisés. Pour lui, c’est absolument clair, « la France refuse qu’une entreprise privée se dote des moyens de la souveraineté d’un État », scrogneugneu non mais alors. Peu importe que Bitcoin et les autres cryptomonnaies existent déjà et se soient assez voluptueusement passés de toute autorisation auprès de la France ou du petit Bruno lui-même. Pour ce dernier, c’est dit : la France refuse, et puis c’est tout.

Dès lors, il faut agir :!

Eh oui : en France, lorsqu’on est ministre, l’incompétence n’est jamais une excuse pour ne rien faire. C’est sans doute armé de ce principe inaltérable même devant les pires déficits budgétaires que Bruno s’est courageusement lancé dans une nouvelle aventure idiote dans laquelle il va tenter de pousser tout le pays. Bien sûr, le résultat sera très évidemment un désastre, mais pour Bruno, encore une fois, ce désastre est préférable à l’inaction : selon lui, c’est sûr, pour contrer la proposition de l’insupportable Zuckerberg, il faut « une monnaie numérique publique émise par les banques centrales qui garantirait la sécurité totale des transactions, leur rapidité, leur simplicité et leur gratuité. »

Vous avez bien lu : selon Bruno, le fait pour une banque centrale d’émettre une monnaie permettrait, de façon quasi-magique, d’en assurer la sécurité des transactions, leur rapidité, leur simplicité et surtout, leur fameuse gratuité. Dans l’imaginaire du petit Bruno, la banque centrale dispose des mêmes pouvoirs que les licornes mythologiques qui, nourries avec de la bonne herbe fraîche introduite à un bout peuvent produire des richesses innombrables à l’autre bout (ou des prouts parfumés et des cacas colorés, au choix).

Dans ce monde parallèle où Bruno s’ébat avec des petits couinements télétubbiesques, il n’existe aucune des catastrophes monétaires régulières sur les monnaies étatiques, depuis les hyperinflations exponentielles jusqu’aux actuelles plomberies financières incestueuses mises en place par la Fed ou la BCE pour éponger les abysses financières de la crise de 2008 (elle-même provoquée par les politiques monétaires débilissimes des années 2000). La perte de plus de 95% de la valeur du dollar pour cause d’inflation sur les 100 dernières années n’est pas plus un problème.

Partant, on peut décemment demander à ces institutions pourtant catastrogènes de s’emparer à bras le corps de ces cryptomonnaies, c’est évident. Il semble tout aussi évident que les intérêts de l’ensemble des acteurs qui participeront à cette blockchain publique convergeront aussi magiquement que les licornes précédemment évoquées.

Ainsi, les pouvoirs publics auront à cœur – c’est toujours évident – de ne pas défausser leur monnaie (parce que ce n’est pas déjà ce qu’ils font sur une base quotidienne, n’est-ce pas).

Chaque autre participant ne sera que trop heureux que l’ensemble de ses transactions soit enfin accessible à tous les agents de l’État qui ne feront de ces Niagaras d’informations qu’un usage modéré et parfaitement en ligne avec ce qu’on peut attendre de démocraties tirées au cordeau.

En outre, cette cryptomonnaie publique, située sur une blockchain tout aussi publique, ne verra jamais la moindre censure d’aucune de ses transactions : on peut être d’ores et déjà certain que tout le monde y aura accès, tout le temps.

Enfin, la centralisation complète inhérente à l’aspect public de cette géniale invention n’offrira ni « point unique de défaillance », ni aucune opportunité pour l’État de s’immiscer encore plus dans notre vie quotidienne. Ce sera garanti, c’est Bruno qui le dit. Il y aura une charte avec un petit tampon rouge en haut à droite, et une petite licorne en bas à gauche, avec la signature de Bruno en bas au milieu. Garanti.

Cerise sur le gâteau numérique : toutes ces transactions seront gratuites, comme l’école, la couverture sociale ou la sécurité du territoire qui, comme chacun le sait, sont assurées par des armées de bénévoles et de citoyens aussi socialement responsables que baignés de leur naturelle abnégation (sans compter leur horreur de toute rémunération financière, bien pratique pour conserver les comptes de la Nation à l’équilibre budgétaire).

On le comprend : un ministre tente de s’approprier une fois encore une question qui n’appartient surtout pas au domaine de l’État et dans lequel les citoyens ont un intérêt primordial, vital même, à ce qu’il en soit le plus éloigné possible.

Heureusement, l’absurdité des propositions faites et du discours tenu montre que, comme internet il y a plus de 20 ans, les autorités françaises sont parfaitement à la ramasse. C’est plutôt rassurant.

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France : une couverture (et une fraude) sociale légendaire ?

Par h16

Il est maintenant de notoriété publique qu’en Europe, la France jouit d’une natalité extraordinaire : outre un ratio de 1,87 enfants par femme, envié par les autres pays européens, son efficace administration statistique y a clairement recensé 67 millions d’habitants avec une précision assez peu discutée. Mais ce n’est rien à côté de sa couverture sociale qui, de particulièrement généreuse, vient ces derniers jours de passer au niveau légendaire.

On apprend ainsi, par le truchement pratique d’un petit tweet de Charles Prats, magistrat qui a été en charge de la coordination de la lutte contre la fraude aux finances publiques au ministère des finances de 2008 à 2012, que notre vigoureux pays peut aussi s’enorgueillir de recenser 84,2 millions d’individus bénéficiant de près ou de loin de notre système social :

https://twitter.com/CharlesPrats/status/1168829682659340289

67 millions de ressortissants français d’un côté, 84,2 millions de bénéficiaires de la Sécu de l’autre, pas de doute : manifestement, une petite partie du monde ne se contente plus de nous envier notre système social, il en profite directement…

L’analyse des chiffres laisse quelque peu dubitatif : sur ces 84 millions de personnes effectivement réputées vivantes (sur les 110 millions qu’enregistre le système), 3,1 millions sont officiellement centenaires, 11,9 millions de personnes nées à l’étranger ont été bénéficiaires de prestations sociales alors que l’INSEE n’en compte que 9,5 millions maximum, et 11.000 n’ont pas de patronymes. Non, décidément, il y a un petit souci quelque part…

La stupeur est presque totale.

Un tel niveau d’erreur semble totalement incompréhensible. Pensez donc : lorsqu’on avait appris, en décembre dernier, que 1,8 millions de numéros de sécurité sociale avaient été frauduleusement attribués, toute la garde et l’arrière-garde bien-pensante du pays s’étaient levées d’un seul coup, hashtag #YaPasDeFraude au poing, pour dénoncer d’évidentes erreurs de calcul et une instrumentalisation de ces chiffres par les méchants qui visent à détruire cet acquis social indépassable.

Dès lors, alors que ces chiffres d’un pré-rapport du Sénat sur la question ne viennent que de sortir, on se doute que l’enquête sera âpre, profonde et donnera lieu à moult débats animés. D’ailleurs, deux parlementaires ont déjà lancé quelques propositions comme celle de limiter la durée de vie d’une carte vitale.

Compte-tenu des droits auxquels ces cartes ouvrent, il est en effet relativement étonnant que ces dernières ne soient pas un tantinet plus sécurisées comme – au hasard – les passeports, les cartes d’identité ou même les cartes bancaires qui ont, tous, des dates d’expiration. Ainsi, demander un renouvellement régulier (tous les deux ou trois ans par exemple) de ces cartes par les personnes titulaires (ou son tuteur légal) ne semble ni insurmontable ni dispensable lorsqu’on voit la dérive constatée ces derniers jours. Imaginer que la plupart des 3 millions de centenaires réputés en vie n’ont en réalité aucun droit à un numéro ou à une carte ne demande pas un gros effort d’imagination dans un pays où le recensement officiel de l’INSEE ne compte effectivement que 21.000 personnes âgées de 100 ans ou plus.

Demander une preuve de vie crédible n’apparaît pas trop indécent, d’autant que le coulage constaté (16 millions de numéros en trop sur 67 millions de Français) frôle dangereusement les 24%. Devant ce constat, on pourrait gloser sur la solidité relative des systèmes informatiques qui aboutissent à ces écarts assez monstrueux. Manifestement, l’INSEE, en fournissant un suivi relativement précis du nombre de Français, parvient à réaliser ce qui semble hors de portée des caisses d’assurance maladie françaises. (Au passage, on se demandera comment l’administration fiscale, lors du passage au prélèvement à la source, a relevé le défi de ne supporter aucun bug massif. Parions à ce sujet un dénouement intéressant dans les prochains mois, voire les prochaines années si le tapis sous lequel sont poussés les problèmes est assez souple…)

En attendant, on peut se demander ce qui va maintenant se passer, une fois ces chiffres connus.

Quelle analyse sera tentée ?

Sécurité sociale

Certains évoquent bien sûr une « fraude de réseaux » parce que la naïveté, en République du Bisounoursland, se frotte ici un peu trop fort les fesses contre le dur crépi de la réalité : eh oui, il est difficile d’imaginer que ces millions de numéros ou de cartes vitales surnuméraires sont toutes de simples erreurs malencontreuses de l’administration sociale (sauf à la faire passer pour complètement incompétente), et il convient alors d’admettre qu’il y a bien une partie au moins qui correspond à une fraude d’une belle ampleur, ce qui suppose une organisation un minimum rodée tant on imagine mal plusieurs centaines de milliers de petits malins dénichant tous discrètement la bonne méthode afin d’obtenir qui un numéro, qui une précieuse carte sans que la manip soit largement éventée…

Dès lors, comment écarter complètement des complicités au sein même de cette administration ? Pire : peut-on vraiment repousser l’idée que les bénéfices de cette fraude s’étendent bien au-delà des seuls fraudeurs ? En effet, bien utilisés, ces numéros et ces cartes permettent à toute une économie de continuer à fonctionner, depuis des consultations jusqu’à des prescriptions en passant par différents examens qui, tous, génèrent chiffre d’affaire, donc taxes, impôts et cotisations diverses… Dans le cadre d’une économie socialiste et keynésienne où la dépense la plus généreuse semble toujours nécessaire pour garantir l’avenir, cet arrosage de prestations sociales n’est plus seulement une fraude, c’est aussi un puissant incitatif économique, social, citoyen et solidaire que beaucoup trop de politiciens aux notions vacillantes d’économie trouveront séduisant.

Il n’en reste pas moins que les chiffres laissent pantois : si l’on tient compte du fait que la consommation annuelle moyenne de soins par individu en 2012 – avant prise en charge – était en moyenne de 1.280€ pour les 25 à 45 ans et de 6.000€ pour les plus de 75 ans, selon la Direction des statistiques du ministère de la Santé, et en considérant avec bienveillance qu’une faible partie des centenaires surnuméraires font effectivement appel aux services disponibles grâce à ces enregistrements, on se retrouve rapidement avec des centaines de millions voire des milliards d’euros qui sont dépensés on ne sait où au frais du cotisant.

Avec le même raisonnement pour les autres 13 millions de surnuméraires rigolos, on peut facilement ajouter autant de millions d’euros annuels qui permettent de corroborer les précédentes estimations du montant de la fraude dont on parle ici, soit plusieurs centaines de millions d’euros (on l’évaluait à plus de 800 millions en 2014) ; Charles Prats évoque quant à lui plusieurs dizaines de milliards d’euros dans son entretien au Figaro

Indépendamment des chiffres, lorsqu’on sait que le déficit enregistré par les organismes sociaux de santé français s’établit déjà autour de 4 milliards d’euros qui s’ajouteront au 100 milliards de dette encore active, on comprend l’urgence qui existe à remettre enfin de l’ordre dans les comptes de ces organismes dont les prélèvements n’arrêtent pas d’augmenter et de peser lourdement sur l’économie française.

Bien évidemment, il est beaucoup plus simple et politiquement moins périlleux d’augmenter les cotisations et d’accroître la pression sur les cotisants que débusquer les réseaux de fraudeurs. De même, il sera beaucoup plus facile de multiplier les contrôles idiots, la paperasserie inutile et les vexations administratives pour les assurés sociaux honnêtes, que de faire un audit précis des pratiques, procédures et modes de travail au sein des administrations concernées et tenter de les optimiser voire (horreur syndicale !) de les remettre à plat complètement.

On peut donc raisonnablement parier, à l’instar de ce qui se passe partout en France depuis quelques décennies, que la découverte de ces fraudes accroîtra la misère subie par les gens honnêtes et que rien ne changera ou presque pour les fraudeurs.

Ce pays est foutu.

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[Redite] Les GAFA gogos des gars gonflés

Par h16

Article initialement paru le 07.09.2018

Avec les récentes avancées franco-américaines en terme de taxation des grosses firmes américaines de l’Internet (Google, Amazon, Facebook, Apple), le gouvernement français trépigne d’enfin pouvoir croquer à pleines dents dans une petite partie des juteux bénéfices que ces entreprises réalisent. Oh, bien sûr, il n’est pas dit que cette nouvelle taxe internationale ne se fera pas au détriment de certaines de nos productions françaises, mais au moins Macron et son gouvernement pourront-ils fanfaronner avoir « réussi » à faire plier les géants américains…

Pourtant, cette taxe (comme toutes les autres avant elle) ne garantira toujours pas la résolution de certains des enquiquinants soucis que ces grandes entreprises étrangères provoquent dans le petit paysage économique français. Ainsi et par exemple, la presse française continuera de se retrouver en concurrence directe avec les productions du reste du monde mises à disposition par ces GAFA. Comme les médias français ont obstinément choisi de ne surtout rien changer à leurs méthodes, il est peu probable que le résultat soit fort différent de ce que j’envisageais dans un billet produit il y a un an qui décrivait les agitations comiques de ces derniers pour tenter, enfin, de faire plier la méchante concurrence…

On pourra difficilement reprocher tout dilettantisme à la presse nationale lorsqu’il s’agit de ventiler avec force des affaires ridicules, de monter des broutilles en épingle ou de clouer au pilori l’un ou l’autre individu qui aurait dévié du chemin officiel tracé par le Camp du Bien. En revanche, elle sait se faire extrêmement discrète quand son avenir est en jeu et qu’elle doit user d’un bon gros lobbying des familles pour sauver ses tristes miches.

Il est ainsi peu probable que vous ayez entendu parler de la discrète pétition que des journalistes ont lancée afin de contraindre les géants du Net à contribuer au financement de la presse, par le truchement habituel de la loi. Eh oui : le lobbying, c’est très vilain sauf lorsque c’est utilisé par des journalistes.

Et dans le cas qui nous occupe, l’idée est comme à l’accoutumée simple, efficace et parfaitement inique : comme la presse a besoin de sous pour vivre, il serait plus que temps d’aller en piocher dans les poches des grandes entreprises de réseaux sociaux qui les ont pleines. Bien sûr, afin d’éviter de faire passer ça pour un vol tout ce qu’il y a de plus décontracté, on enrobera la proposition de nécessaires justifications à base de moraline, de justice et autres slips habituels des joueurs de pipeau : si Google, Alibaba, Facebook ou Apple doivent absolument rétribuer la presse d’une façon ou d’une autre, c’est parce qu’ils bénéficient directement des efforts qu’elle déploie pour chercher, analyser et diffuser de la bonne grosse information bien fraîche, bien solide, bien étayée.

Et il est vrai, comme on peut le lire de plus en plus souvent, que réaliser de la bonne presse qui vend autre chose que des produits de luxe en page de droite et des articles creux Mode/Conso en page de gauche, ça coûte fort cher.

Il faut faire des enquêtes, se déplacer, voire – soyons fous – prendre des risques au plus près des réalités du terrain. Parallèlement, le lectorat se fait plus difficile à attraper. Oh, il n’a pas disparu, loin de là mais – oubliant à quel point il est inculte – il se fait exigeant et demande avec arrogance de la qualité !

Tout indique même que plus on tente d’asperger les individus avec de la propagande standard subventionnée par l’État, plus ceux-ci se rebiffent : les voilà qui s’informent par eux-mêmes avec tous les risques que cela comporte depuis les sites complotistes jusqu’aux sites étrangers qui ont le mauvais goût d’être stipendiés par un autre État que le nôtre (oh !), en passant bien sûr par les sites turbo-libéraux dont on sait qu’ils sont tout acquis aux puissances pétrolières du complexe militaro-industriel des sauriens nazis. Minimum.

Autrement dit, le risque est grand de voir échapper une forte partie de la population à tout contrôle la diffusion de la Bonne Parole Gouvernementale ou aux onctueuses oukazes de la caste journalistique officielle. Ceci ne peut être toléré, et ce d’autant plus que, si on pousse le raisonnement à son terme, il arrivera finalement un douloureux moment où le lectorat, asséché par les méchantes GAFA, ne lira plus du tout les médiocres productions journalistiques actuelles mais où il sera malgré tout ponctionné, via les subventions directes à la presse ou celles, indirectes, au publipostage, aux réductions fiscales diverses et j’en passe.

Situation qui, un beau matin, pourrait être pénible à justifier.

Comme d’habitude, on assiste au niveau européen et au niveau français à une âpre bataille pour maintenir en état un domaine, la presse, où aucune mutation ne semblerait possible, et où pourtant la qualité, l’indépendance et l’intégrité des équipes laisse de franches marges d’amélioration pour le dire gentiment : on pourrait multiplier les exemples, mais entre les tweets idiots et particulièrement orientés de journalistes (un exemple récent ici), le deux-poids-deux-mesures systématique dont la presse fait preuve (de nombreux articles documentent cela) et les tombereaux d’argent public déjà consacrés à maintenir la presse existante en vie, on serait en droit de demander, en retour, que la presse soit suffisamment proche des notions de qualité et d’intégrité avant de demander des rallonges (par le biais de taxes supplémentaires, qui plus est).

Pour rappel, et rien qu’en se focalisant sur le cas français, douloureux dans sa médiocrité, les subventions à la presse ressemblent à ça :

Plus de 4.8 millions d’euros pour Libération, cette épave journalistique en perdition dont le contenu, brûlot gauchiste sans queue ni tête, n’est plus lu que par quelques dizaines de milliers de lecteurs par jour ou 3.4 millions d’euros pour l’Humanité, bricolage communiste improbable tétant à la fois aux subventions publiques et au capitalisme rotschildien dans une incohérence assumée presque cocasse, et plein d’autres exemples du même acabit (qu’on pourra éplucher ici) nous forcent à conclure que, question indépendance, la presse peut faire mieux.

D’autre part, on peine à comprendre l’envie de cette presse de s’acoquiner ainsi avec les GAFA qui deviendraient, une fois contraints à la subventionner, une ressource indispensable.

Difficile en effet de lui accorder cette intégrité que la presse prétend rechercher. Dernier exemple en date : un syndicat suisse décide de se faire un peu de publicité facile en bidonnant deux offres d’emplois, l’une pour un homme et l’autre pour une femme, avec exactement les mêmes descriptions de poste et (bien sûr) des salaires complètement différents en défaveur de l’offre féminine. Lourdement relayée par les réseaux sociaux, l’histoire a été repérée par Le Matin qui s’est empressé de diffuser encore plus largement le gras pipeau syndical. Alerté par des internautes, le journal suisse a pris son temps pour retirer l’article (clairement qualifiable de « fake news ») et n’a présenté aucun rectificatif ni aucune excuse.

Si cet exemple était unique, il ne serait qu’amusant. Malheureusement, on ne compte plus le nombre de reportages bidons, d’articles satiriques relayés massivement par une presse qui prétend faire son travail alors qu’elle se contente finement de reprendre les bêtises qui passent sur les réseaux sociaux. Réseaux sociaux qu’elle entend donc taxer par voie de lois afin de compenser pour leur impéritie. On appréciera l’ironie du message, et la solidité de la remise en question : à la place de ces journalistes, il vaudrait mieux s’éloigner de ces GAFA plutôt que se comporter en truffes cupides et être financée par elles.

Mais non ! Et au contraire, pétitionnons !

En pratique, on comprend qu’un double-jeu se met en place.

D’un côté, celui d’une presse qui a de plus en plus de mal à s’adapter aux contraintes modernes : elle n’a toujours pas compris que sa valeur ajoutée réside avant tout dans sa capacité d’analyse de l’information, et de sa présentation ordonnée avec un filtre connu, conscient et revendiqué pour son marché (son lectorat) et non pas, comme c’était le cas jusqu’à présent, à un moyen de collecte aux orientations politiques et aux agendas plus ou moins occultes. Dans ce contexte, il est peu étonnant qu’elle choisisse le chemin trop arpenté qui consiste à piocher chez les autres plutôt que se remettre en cause.

De l’autre côté, celui des États qui comprennent bien les enjeux de contrôle de l’information que la nouvelle situation permet. En pratique, cette capacité des GAFA à orienter les foules grâce au filtrage plus ou moins conscient, dirigé et assumé des informations n’est pas franchement combattu par le pouvoir ou s’il l’est, c’est en paroles, par des déclarations ou des rapports un peu grandiloquents lourds de sous-entendus ; mais en réalité, les gouvernements recherchent avidement le pouvoir de ces réseaux sociaux pour en profiter directement.

Bref, s’il subsistait un doute, il est maintenant levé : les journalistes de cette presse subventionnée, qui pouvaient prétendre jadis constituer un quatrième pouvoir, ont bien vite rejoint les mêmes rangs que les politiciens. Et ce faisant, ils y ont subi la même hontectomie.

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Grâce au glyphosate, la SNCF va nous coûter encore plus cher !

Par h16

Enfin, ça y est, la lutte vient enfin de commencer contre les produits chimiques qui font du mal chimique sur l’éco-système pas chimique : alors que le mois de septembre vient à peine de débuter, on ne compte déjà plus les petits articles relayant les déboires ou les victoires de ces maires qui parviennent à interdire l’épandage de l’une ou l’autre substance salement chimique dans des buts bassement agricoles.

Et dans la confusion habituelle pesticide/herbicide qui caractérise maintenant le travail extrêmement approximatif de la presse française à ce sujet, on découvre ainsi qu’une maire a interdit l’usage des pesticides de synthèse (mais autorise les pesticides bio, comme la bouillie bordelaise par exemple, pourtant bien plus toxique), ici aussi, et ici qu’un autre maire n’est, lui, pas parvenu à interdire ces chimiqueries du diable, et qu’au final, l’État imposera des zones de « non-traitement » aux pesticides dans un article illustré avec… un herbicide.

Bref, si la situation est un peu confuse, il n’en reste pas moins que de gros efforts sont très manifestement entrepris pour bouter les produits chimiques hors du territoire, à commencer par – bien évidemment – le glyphosate qui a eu l’honneur de faire la Une de la presse : grâce aux courageux reportages pas du tout biaisés de Glucet et sa troupe d’envoyés spécieux, le Français moyen est maintenant correctement informé que cet herbicide est directement produit par une société capitaliste à base de chatons et d’enfants communistes finement broyés dans le secret d’un complot mondial visant à augmenter scandaleusement notre espérance de vie et que cette infâme substance provoque la peste, le choléra, la dysenterie et l’inévitable cancer, mais si, c’est certain, ne discutez pas.

Et cette âpre lutte contre ces produits synthétiques en provenance directe de l’enfer satanique et turbo-libéral touche maintenant tout le monde, y compris des acteurs jusque là insoupçonnés du désherbage préventif, comme la SNCF : eh oui, les lignes de chemin de fer sont parfois entretenues (le parfois est nécessaire, je vous le rappelle ici), et nécessitent en conséquence l’épandage de produits phytosanitaires dont la présence déclenche immédiatement des crises d’urticaire métaphorique sur les populations avoisinantes qui n’hésitent plus alors à lancer des collectifs et des actions en justice.

Que ces riverains, consternés qu’on puisse encore, de nos jours, griller quelques herbes folles et découper des arbres avoisinant des voies ferrées, se rassurent : la SNCF a de toute façon clairement annoncé qu’elle allait progressivement se passer complètement du glyphosate dans les prochaines années, rejoignant d’ailleurs le reste du pays qui est bien dans les starting-blocks pour interdire une fois pour toute ce produit de malheur. Normalement, d’ici 2021 – c’est Pépy qui le dit, donc c’est du solide, la société nationale devrait avoir complètement remplacé le glyphosate qu’elle n’utilisera donc plus du tout. Il faut dire que la société en consomme entre 35 et 38 tonnes par an, ce qui, sans être absolument monstrueux, reste tout de même une bonne quantité puisque cela représente 0,4% du glyphosate utilisé en France.

Remplacé par quoi, au fait ?

Eh bien ne vous inquiétez pas parce que, comme d’habitude en France concernant l’environnement en général et la SNCF en particulier, tout est prévu, tout est planifié et tout a déjà été largement étudié pour qu’aucun problème ne subsiste ahem brummm et arrêtez avec vos questions oiseuses enfin bon bref…

Oui, certes, il est vrai qu’actuellement, tous les produits qui pourraient servir d’herbicide en remplacement du glyphosate n’ont pas ses qualités et ont même plusieurs défauts qu’il n’a pas. En pratique, le glyphosate n’a pas d’équivalent aussi fiable et aussi peu toxique ni dans la panoplie des jardiniers, ni des industriels et ceux qui s’en approchent ne bénéficient pas du même retour d’expérience qu’on peut avoir avec le glyphosate.

Mais baste, peu importe, il faut bien ce qu’il faut : la France, en plus d’avoir choisi un chemin résolument décarboné, sera aussi déglyphosaté, qu’on se le dise.

Ce qui veut dire qu’en contrepartie, la SNCF devra s’adapter à la nouvelle donne. Cela se traduit donc par l’utilisation d’autres produits (qu’il faudra probablement épandre un nombre de fois supérieur au glyphosate – les riverains apprécieront peut-être moyennement, mais rappelons-leur qu’ils ont bruyamment milité contre l’horrible Glyphotruc de l’Enfer), et d’autres techniques comme des moyens mécaniques ou l’utilisation de bâches et autres films empêchant la végétation de pousser autour des voies.

Bien sûr, tout cela a un coût qui sera – oh, zut, comme c’est surprenant – bien supérieur à celui des épandages traditionnels de glyphosate : au lieu des 30 millions d’euros annuels actuellement, la facture pourrait, selon les calculs de la société nationale, atteindre 500 millions avec les moyens actuellement à disposition, peut-être 350 millions « avec des standards dégradés » (ou encore plus dégradés si on ne perd pas de vue l’état actuel du réseau). Une somme qui, on s’en doute, passera comme une lettre à la poste pour l’entreprise qui dégage régulièrement de dodus bénéfices grâce à une gestion au cordeau, une efficacité et une ponctualité hors pair…

On pourrait gentiment proposer aux riverains de ces lignes SNCF qui luttent contre le glyphosate de prendre en charge le différentiel de coût, soit directement avec l’une de ces taxes dont le pays raffole (on l’appellerait « taxe glyphofuge » par exemple), soit indirectement en leur demandant d’aller désherber les sections dont ils deviendraient responsables. Ce serait un magnifique exercice de citoyenneté bio-écologique en syntonisation avec Gaïa, au passage, dont on peut être sûr que ces mêmes riverains s’acquitteront avec enthousiasme.

En attendant qu’une solution un tantinet crédible se dégage (ce qui pourrait durer quelques années encore), on peut d’ores et déjà se rassurer en voyant que l’ensemble de l’opération a finalement très bien été planifiée, dès le départ : l’interdiction mise en place, de nombreuses solutions opérationnelles ont été proposées par toute la cohortes de politiciens, écologistes et militants de terrain qui savaient, dès le départ, comment procéder. On peut les remercier. En outre, si l’on se rappelle que ce sont ces mêmes politiciens, écologistes et militants qui sont en charge de l’actuelle transition écologique, on est encore plus confiant dans l’avenir.

Pas de doute, tout ceci va très très bien se passer.

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Méchant Facebook qui ne censure pas que le Camp du Mal !

Par h16

Horreur et désespoir dans les rangs de la « gauche radicale » : il semblerait, comme en fait mention un récent article de Mediapart, que l’audience de certains sites de la gauche radicale s’effondre. Apparemment, ces sites – qui utilisent massivement Facebook pour faire connaître et distribuer leurs informations – ont récemment constaté que leur fréquentation s’était évaporée…

En substance, plusieurs collectifs aux noms évocateurs (Lille insurgée, Bretagne noire, Collectif Auto Média énervé, Cerveaux non disponibles, Groupe Lyon Antifa) administrent des pages Facebook et découvrent ces derniers jours avec stupeur la chute libre du nombre de vues de leurs publications dont certaines parvenaient jusqu’ici à inonder des centaines de milliers de personnes de leurs moelleuses informations.

La nouvelle agite donc le microcosme de ces sites pudiquement baptisés « radicaux de gauche », et on ne sera pas surpris que Mediapart, dont les accointances sur la gauche du spectre politique ne sont plus guère à démontrer, reprenne avec gourmandise une telle pépite. Leur enquête aboutit d’ailleurs à la conclusion relativement évidente que, oui, en effet, il y a bien eu une baisse de fréquentation subite de ces pages Facebook ces derniers jours. Il a d’ailleurs suffi de reprendre les tweets catastrophés de l’une d’elles pour s’en convaincre.

La question qu’on peut se poser (et que se sont posée ces militants puis, après eux, Médiapart) est de savoir s’il s’agit d’une censure politique, et ce alors que ces pages Facebook ont toutes repris des informations d’Indymedia Nantes, en marge du G7 et alors que plane le spectre de l’infiltration de ces charmants mouvements par les Renseignements républicains

Du côté de Facebook, interrogé, explique simplement que ces pages n’ont pas été censurées (elles sont effectivement accessibles) mais tout simplement que leur visibilité a été réduite parce qu’elles ont publié des contenus contrevenant aux (fameux) Standards de la Communauté…

Sapristi ! Voilà que Facebook impose des règles à ces sites et ces pages ! Où va le monde si, maintenant, les Standards de la Communauté permettent ainsi à des publications de disparaître ou d’être à peu près invisibles ?

Malheureusement, force est de constater que Facebook fait effectivement ce qu’il veut chez lui, et qu’il est nécessaire de rappeler que ceux dont la stratégie de communication dépend partiellement ou intégralement de Facebook s’en remettent directement à son bon vouloir avec tous les risques que cela comporte, comme on peut le constater ici. Du reste, le problème ne se posait pas dans ces termes lorsque les individus développaient leurs propres sites web il y a 10 ans : c’était plus compliqué, le succès était plus aléatoire et la diffusion moins simple, mais cette difficulté et ces complications étaient et sont toujours le prix de la liberté.

D’autre part, cette mésaventure désagréable pour ces sites d’extrême-gauche est une excellente leçon pour ces derniers et tous ceux du même bord qui, régulièrement, appellent pourtant à la censure et à la dépublication de ceux qui ne partagent pas leurs points de vue.

On ne compte plus le nombre de fois où certaines communautés d’extrême-gauche, de petits « guerriers de la justice sociale », de collectivistes plus ou moins venimeux cachés sous différentes dénominations appellent au blocage, sur l’une ou l’autre plateforme (Facebook, Twitter, Reddit, j’en passe) au motif que les propos de ceux qu’ils visent ne leurs conviennent pas. Même si on peut raisonnablement supposer que les sites « radicaux de gauche » dont il s’agit ici n’ont pas eux-mêmes appelés à une dépublication d’autres pages, on peut tout aussi raisonnablement imaginer qu’il n’en va pas de même pour certains de leurs membres (lecteurs ou auteurs), tant la pratique est maintenant répandue d’essayer de faire taire l’opposant en le « déplateformant ».

En outre, on ne peut pas non plus vivre dans un pays qui accumule les demandes de censure et d’un autre côté se plaindre amèrement lorsque ces demandes aboutissent. Or, ce nombre de demandes montre assez bien l’état d’esprit qui règne actuellement dans le pays dont le peuple n’a manifestement pas besoin qu’on le pousse beaucoup pour laisser s’exprimer ses penchants les moins reluisants…

En réalité, le souci de la liberté d’expression est qu’elle s’entend dans le cadre public (alors que Facebook est une plateforme privée), et que celui-ci est devenu de plus en plus étroit précisément parce qu’une frange bienpensante et particulièrement active a tout fait pour, ce Camp du Bien qui pourchasse toutes les expressions les plus irritantes que leurs adversaires persistent à utiliser : le danger d’appeler sans cesse à museler les gens par la loi (lois mémorielles, LCEN, LOPSI, encadrement de plus en plus strict de la liberté d’expression en France) c’est qu’à la fin, on finit inévitablement par tomber sous son coup, même lorsqu’on se croit officiellement du bon côté du manche.

Au-delà de ces éléments, cette mésaventure – qu’on pressent apte à se reproduire de plus en plus régulièrement en France – appelle quelques autres questions prégnantes dont les réponses, ces prochaines années, promettent d’être croustillantes dans un pays qui n’a décidément pas fait son deuil du contrôle total de ses ressortissants.

Ainsi, on peut se demander comment fonctionnent les modérateurs, décodeurs et autres vérificateurs de Facebook.

On n’a en réalité aucune idée de qui juge quoi et comment. L’arbitraire y est complet et comme, de surcroît, le facteur humain est particulièrement important, l’interprétation de ce qui est dedans ou en dehors « des règles de la communauté » varie d’un jour à l’autre, d’une page Facebook à une autre. En outre, les décisions prises ne souffrent en pratique guère la discussion : non seulement sur le plan du principe (on a finalement accepté cet état de fait en s’inscrivant volontairement sur le site) mais aussi sur le plan du fonctionnement (où, une fois une publication refusée, il sera très rare de voir la sanction commuée)…

Ainsi, on doit se demander jusqu’où s’étend la collaboration de Facebook avec l’État.

facebook - become a fan

De ce point de vue, on ne peut que s’inquiéter de la montée en puissance de Facebook et, surtout, de son implication de plus en plus importante avec les services de l’État (qu’ils soient français ou étranger, du reste). Facebook devient quasiment un organe de presse, ou un appendice à ces derniers et non plus un espace où les individus peuvent discuter entre eux. Tout ce qu’ils écrivent et commentent peut et sera, effectivement, retenu contre eux le cas échéant.

Dans ce cadre, on comprend que l’État n’a rien fait pour freiner l’orientation particulière de la plateforme, au contraire. D’ailleurs, Facebook (comme d’autres grandes firmes d’internet du reste) ne s’est par exemple guère cachée d’être ultra-favorable aux Démocrates américains, d’avoir des vues très progressistes sur la société. On peut être en accord avec ces vues ou non, il n’en reste pas moins qu’on ne peut plus écarter le fait que les dé-publications opérées (ou le positionnement très défavorable de certaines publications) le sont parfois (souvent ?) pour des raisons politiques et de biais idéologique et non simplement règlementaire ou imposées par la loi en vigueur dans le pays considéré.

Ceci n’a rien de sain en ce que la position de Facebook n’est absolument pas neutre même si, au départ, la firme se présentait comme une simple plateforme de mise en relation des individus. Ce qu’elle n’est plus à présent, loin s’en faut, et ce dont peu de ses utilisateurs, finalement, tiennent compte.

Dès lors, comment échapper à la dépendance de Facebook ? La mésaventure de ces sites « radicaux de gauche », qui rejoint celle d’autres sites (« radicaux de droite » ?) démontre qu’il n’y a guère que deux méthodes qui doivent être appliquées pour ne pas tomber dans ce piège d’une dépendance fatale à une plateforme.

D’une part, on doit toujours limiter l’intervention de l’État dans la liberté d’expression. Chaque entaille à cette liberté, sous des prétextes toujours généreux, ne fait qu’offrir des armes à ceux qui veulent museler les autres. L’accumulation de lois et de décrets réduisant cette liberté provoque directement les problèmes que nous observons à présent dans le pays lorsqu’il s’agit d’évoquer tous les sujets qui fâchent.

D’autre part, Facebook (ni aucune autre plateforme, d’ailleurs) ne doit pas être une source d’information ni le principal pilier de quelque campagne d’information que ce soit. Cette plateforme peut constituer un relai intéressant, mais ces informations doivent absolument exister indépendamment d’elle et doivent être hébergées de façon indépendante.

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France, terre de paix et d’amitié

Par h16

Ceci n’est pas un billet, c’est un simple constat, sur un peu plus d’un mois. Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez.

1. Les meurtres en France sont en pleine augmentation. Heureusement, des actions fermes de police et de justice sont en cours pour juguler le problème, n’est-ce pas.

2. Voici une liste, sur quelques semaines, de ce qui se passe dans le pays. Tout porte à croire qu’il y a 20 ou 30 ans, le tableau aurait été sinon différent, en tout cas plus difficile à dresser. On pourra raisonnablement douter que le nombre de fusillades qui y avait alors lieu était aussi élevé. Si mon lectorat a des statistiques fiables, je suis intéressé.

12.07.2019, à Royan : 1 blessé

16.07.2019 à Stains : 2 morts

19.07.2019 à Paris : 1 mort

28.07.2019 à Ollioules : 3 morts

02.08.2019 à Nantes : 2 blessés. On notera au passage qu’« Il s’agit de la dixième fusillade sur la place Mendès France ou à ses abords immédiats depuis deux ans »

03.08.2019 à Nantes encore : 1 mort

03.08.2019 à Simandres : 2 blessés

05.08.2019 à Marseille : 1 mort

13.08.2019 à Draguignan : 2 blessés

15.08.2019 à Kingersheim : 1 mort, 2 blessés

20.08.2019 à Aulnay sous bois : plusieurs blessés sur un tournage de clip.

24.08.2019 à Aubervilliers : 1 mort et 1 blessé

25.08.2019 à Montpellier, Perpignan et Nîmes pour un total de 1 mort et plusieurs blessés.

28.08.2019 à Brest : 2 blessés.

Et sinon, dans la catégorie « On ne plaisante pas avec la nourriture en France », signalons la reprise en main très ferme de la qualité culinaire de certains quartiers par des habitants qui n’hésitent pas à remettre les choses au clair.

Heureusement que l’usage d’armes à feu est très strictement contrôlé en France. Quant aux armes blanches, heureusement de ce côté là, tout va bien.

Oups.

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Greta d’un côté, Wong de l’autre : on a les héros qu’on peut

Par h16

La situation à Hong Kong s’assombrit de jour en jour : alors que les manifestations continuent dans l’ex-colonie britannique depuis le 31 mars de cette année, et que la dernière, samedi 31 août, s’est soldée par de très nombreuses arrestations par le pouvoir communiste chinois amenant à plus de 900 le nombre d’individus détenus, on apprend l’arrestation de Josuah Wong.

Vendredi 30 août, le parti Demosisto a annoncé l’arrestation de son secrétaire général Josuah Wong, militant pro-démocratie hongkongais âgé de 23 ans qui fut aussi le visage du mouvement des Parapluies en 2014.

Depuis plusieurs mois, Hong Kong est secoué par une mobilisation populaire sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, notamment organisée par la mouvance pro-démocrate. Ces manifestations ont été déclenchées suite à la volonté de Pékin de pousser un amendement contre la loi d’extradition des ressortissants hongkongais que beaucoup de manifestants considèrent comme une remise en question complète de l’indépendance de la justice locale vis-à-vis du pouvoir communiste de Pékin. Si la plupart de ces manifestations monstres se sont déroulées dans le calme, certaines ont dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Depuis la Révolution des Parapluies en 2014, Pékin tente de resserrer son pouvoir sur la province de Hong Kong en réduisant progressivement les libertés dont jouissent pour le moment ses ressortissants.

Josuah Wong, comme les autres figures du précédent mouvement et de celui qui agite la province actuellement sont tous des militants farouchement convaincus que leur liberté (d’expression, d’opinion, de déplacement ou de commercer) est maintenant gravement menacée par les agissements du gouvernement communiste chinois dont l’étau, sur Hong Kong et sur le reste de tout le pays, n’a cessé de se refermer ces dernières années, mettant lentement mais sûrement un terme à la période d’ouverture que la Chine a connu avec Jiang Zemin et Hu Jintao.

Dans le même temps et avec cette ironie que le sort nous dispense régulièrement, on apprend l’arrivée de Greta Thunberg à New-York. Les quelques jours qui ont suivi son arrivée auront été l’occasion pour tous les médias occidentaux de donner dans le reportage de terrain et les articles journalistiques d’une pertinence folle.

Et alors que l’hystérie réchauffiste continue – le GIEC annonce à nouveau dans une bordée de conditionnels baveux des millions de réfugiés climatiques, quand bien même ses précédentes prédictions se sont révélées complètement fausses – il ne nous aura été épargné aucune minute du passionnant périple atlantique de la militante écologiste qui, du haut de ses 16 ans, entend explicitement nous faire tous paniquer un bon coup, cette émotion étant, c’est bien connu, la meilleure des méthodes pour faire preuve de raison et agir de la façon la plus sage.

Pour rappel, notre adolescente s’était retrouvée embarquée sur un voilier de compétition pour effectuer une traversée Plymouth – New-York afin d’éviter de prendre l’avion, dont la pollution et le bilan carbone horrifiait la jeune fille. On notera que son retour en Europe se fera malgré tout de façon aérienne, et que le bateau, qu’il faudra bien faire rentrer de toute façon, sera ramené par ses skippers affrétés directement à New-York … par avion eux aussi.

Le bilan environnemental de l’opération, à l’instar d’à peu près toutes les initiatives écologiques médiatiques actuelles, est donc phénoménalement désastreux mais peu importe : dans cette société qui ne vit que de symboles, l’image d’une fillette cherchant à déclencher la panique chez les dirigeants mondiaux semble conquérir le cœur des rédactions et des gouvernements du monde entier.

On ne peut s’empêcher de constater un contraste violent dans ces deux événements proches l’un de l’autre.

D’un côté, un militant risquant littéralement sa vie pour cette notion de liberté qui semble particulièrement oubliée de nos jours en Occident. Il faut être particulièrement endoctriné, dogmatique et perdu dans des concepts fumeux (comme Edwy Plenel par exemple) pour voir dans le combat de Josuah Wong autre chose qu’une affirmation courageuse du besoin de liberté et d’un refus du communisme et du totalitarisme et pour croire y voir un refus du capitalisme ou un désir invraisemblable de contrôle plus important du gouvernement sur sa vie : si toute la population de Hong Kong (ou presque) est dans la rue actuellement, c’est pour réclamer davantage de libertés, et parce que ces libertés (dont le capitalisme découle) ont permis à ces individus de vivre heureux, de prospérer et de s’enrichir.

De l’autre, comment ne pas comprendre le projet particulièrement funeste qui se cache derrière les admonestations plus ou moins bien articulées de la jeune militante écologiste ? Comment ne pas voir l’exhortation à un gouvernement mondial, à un nouveau totalitarisme du carbone où chaque action sera minutieusement mesurée à l’aune de son impact, réel ou supposé, sur un environnement par ailleurs fantasmé ? Comment ne pas voir les connivences hideuses entre les vendeurs de technologies catastrophiques et les gouvernants trop heureux de trouver dans ces discours l’occasion de pressurer les peuples de taxes et d’interdictions faciles à sanctionner (moyennant amendes) ? Comment ne pas comprendre que l’agenda écologique actuel n’est qu’un collectivisme de plus, basé sur une peur, bien ancestrale celle-là, de catastrophes à venir toutes plus énormes les unes que les autres ?

Et alors que Josuah Wong réclame plus de liberté pour lui et ses concitoyens, Greta Thunberg réclame avec véhémence moins de libertés pour tous (de déplacements, de choix, d’expression, …). Alors que Wong cherche à s’exprimer le plus librement possible, Thunberg et ses suiveurs enfiévrés œuvrent résolument pour faire taire ceux qu’ils qualifient de sceptiques (comme jadis on distribuait de l’anathème « impie » à ceux qui doutaient trop vocalement), seuls les climato-crédules ayant droit aux médias et à l’oreille des gouvernants.

Dans ce tableau, la France, toujours prompte à pointer du doigt les turpitudes des autres pays et à larguer sur le reste du monde de façon guère chirurgicale ses barils de moraline par palettes entières, a choisi de relayer avec précision les pérégrinations de Greta qui n’a pour le moment pris aucun risque physique ni intellectuel avec ses discours et son parcours. En revanche, la même France fait preuve d’une pudeur de violette lorsqu’il s’agit de condamner les exactions du régime communiste de Pékin ; sa presse et ses politiciens sont restés fort discrets depuis le début des manifestations et la couverture des événements n’est que récente.

Du reste, il sera difficile d’oublier la position française (ou plutôt son absence chimiquement pure) concernant d’autres individus comme Snowden ou Assange.

La France a résolument choisi une gamine de 16 ans endoctrinée qui plaide pour un autoritarisme écologique, et s’est complètement détournée de ceux qui ont littéralement mis leur vie en danger pour des idéaux qui sont, pourtant, gravés dans notre Constitution…

On a décidément les héros qu’on peut.

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[Redite] La société française à deux étages

Par h16

Article initialement paru le 29.08.2013

Ce dimanche, parlons immobilier sur deux étages avec un billet qui, en six ans, n’a pas vieillit d’une fêlure et n’a pas eu besoin d’un ravalement de façade…

L’accession à la propriété, de nos jours, en France, peut conduire à tout et notamment à mesurer, en prise directe, l’état général de déliquescence du pays.

Pour plus de praticité, l’aimable lecteur qui nous rapporte ses aventures sera appelé Pierre par la suite ; pour faire comme les rédactions à sensation des journaux actuels, je tiens bien sûr à préciser que le prénom a été changé et choisi au hasard dans une liste contenant toute la dose de diversité et la parité nécessaire pour éviter la moindre discrimination et l’amalgame malheureux. Notez que j’aurais pu choisir Sven, Mouloud, Batman ou Pimprenelle, mais, vous le verrez, le sujet est suffisamment sérieux pour qu’on évite de s’éparpiller.

Bref.

logo ca - le bon sens a de l'avenirL’histoire est récente, puisqu’elle débute en juin de cette année. L’été s’installe, les petits oiseaux gazouillent, les arbres et les massifs municipaux des multiples rond-points se fleurissent à grands frais et Pierre se lance dans l’achat d’un bien immobilier. Pour cela, il va passer par des enchères publiques : un bien a en effet retenu son attention. Il s’agit d’un modeste immeuble de rapport constitué de deux logements, identiques, sur deux étages, et d’un local commercial, libre, au rez-de-chaussée. Pierre a pris soin, avant d’envisager l’achat, de consulter le dossier rédigé par l’avocat du créancier. Ce dernier, le Crédit Agricole, indique les conditions qui amènent ce bien aux enchères : le précédent propriétaire l’avait acquis en 2008, pour un montant de 162.000€, intégralement financé par un crédit sur 25 ans, alors que ses revenus de salarié d’une agence immobilière n’étaient que de 2250€ mensuels. « Le bon sens a de l’avenir », dit-on au Crédit Agricole, réputé pour une être une indécrottable bande d’optimistes.

enchères - balaisL’enchère est de courte durée, Pierre est le seul enchérisseur présent, et le montant initial est même revu à la baisse pour un total final de 60.200€… Le marché immobilier n’est plus ce qu’il était jadis, semble-t-il. Une fois reçu le jugement d’adjudication, validant Pierre comme nouveau propriétaire, ce dernier décide de rendre visite aux locataires afin de leur faire connaître leur nouveau propriétaire, et prendre connaissance des contrats locatifs qu’il n’avait pu obtenir avant l’achat.

La matinée touche à sa fin. Se rendant au premier étage et toquant à la porte, une dame de 35 ans environ, en robe de chambre, lui ouvre la porte. Pierre lui explique l’objet de sa visite : il désire simplement prendre connaissance du bail. Elle le fait entrer, ce qui permet à notre homme de découvrir qu’elle est l’heureuse maman de quatre enfants. Les fouilles qu’elle mènera dans les minutes qui suivent dans une paperasse assez peu organisée ne permettront pas de retrouver le document recherché, Pierre lui demande simplement le montant du loyer qu’elle acquitte. Petite surprise : elle s’avère incapable de lui dire le montant. Elle n’en paye rien, puisque « c’est la CAF qui gère tout ça ». Pierre insiste : après tout, c’est elle qui a signé le bail, et elle a forcément des courriers de la caisse d’allocations familiales sur le montant versé chaque mois au propriétaire. Malheureusement, les recherches s’avèreront aussi infructueuses que les précédentes. L’allocataire retrouve tout de même son numéro, habilement stocké dans son téléphone portable, ce qui permettra peut-être au nouveau propriétaire de retrouver l’information auprès du payeur réel.

… Auquel il se rend et apprend que le montant de l’APL de cette dame s’élève à 478€ versé directement au propriétaire. Heureuse surprise : compte-tenu de la localisation du bien, de son étage et des paramètres habituels, Pierre pensait le loyer moins élevé. Quant aux changements de propriétaire, tous les papiers devront être envoyés par courrier, avec le cerfa machin, le coup de tampon bidule et vous signez là et tout sera automatique et merci et bonne journée.

Bien évidemment, deux mois plus tard, et malgré l’envoi de tous les papiers nécessaires, la CAF ne parviendra pas à payer directement sur le compte de Pierre, comme prévu. Sur place, on expliquera à Pierre que, faute d’effectifs suffisants, par manque de moyens et parce qu’il n’y a pas assez de gens présents, et tout ça, les courriers ont un mois et demi de retard, et les virements des deux mois précédents ont encore été réalisés sur le compte de l’ancien propriétaire, mais rassurez-vous mon bravmôssieu, les paiement auront bien lieu rapidement, « Charge à nos services de récupérer les sommes indûment perçues par l’ancien propriétaire » (connaissant la situation de ce dernier, on leur souhaite bien du courage pour recouvrer les sommes).

Les bonnes nouvelles s’enchaînant joyeusement, un coup de téléphone le lendemain permet à la locataire du premier d’indiquer à Pierre qu’elle a retrouvé son bail et les papiers de la CAF. Leur lecture permettra d’établir que le montant du loyer est en réalité de 340€, et que le montant des prestations de cette dame est de 1542€ mensuel hors APL. Pierre profitera d’un nouveau passage à la CAF pour tenter de comprendre le différentiel entre le loyer versé par l’organisme et le bail du loyer. Stupéfaction (confirmée ensuite à la lecture du guide du bailleur) :

« Non, non, Monsieur, point d’erreur de nos services. Il arrive dans certains cas que le montant versé soit supérieur au loyer. Les droits de cette dame en aide au loyer sont de 478€. Charge à vous de faire le remboursement du trop perçu au locataire. »

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

Parallèlement à cette histoire CAFkaïenne, Pierre a bien évidemment tenté de rencontrer les locataires du second étage. Rarement là, ils sont difficiles à joindre. Après quelques jours, Pierre tombe en fin d’après-midi sur un garçonnet de neuf ans qui lui ouvre et lui apprend que ses parents travaillent et ne seront là le soir que vers 20H.

La prise de contact aura donc lieu le soir même. Pierre fait alors connaissance d’un couple dont le mari est artisan boulanger et la femme tient la boutique, qu’ils ont repris depuis quatre ans à quelques 300 mètres de l’appartement. Le bail, présenté rapidement, est de 340€, comme à l’étage inférieur. Mais ici, la CAF n’intervient pas : ils nagent en effet dans l’opulence avec des bénéfices de 19.800€ annuels et leur trop petit nombre d’enfants (un seul, pensez donc !). Les histoires de loyer évoquées, la discussion roule gentiment sur les banalités habituelles de la pluie et du beau temps, de la fatigue qu’on peut comprendre pour ceux qui se lèvent à 4H du matin et qui ferment leur boutique à 19H30, et sur les petits soucis d’argent. Eh oui. Le RSI (vous savez, le régime des indépendants si cher à nos artisans) vient d’envoyer un gros rappel (9.200€). Évidemment, aucune explication de ce rappel n’aura été fournie, ni par le comptable, complètement perdu, ni par les services concernés de l’organisme, complètement incompétents. ‘ Manquerait plus que ça ! On est en France, éternelle et merveilleuse, merdalafin.

Bilan : le papier timbré a été envoyé, et qu’importe si le rappel parait démesuré par rapport à l’activité de la boulangerie. Qu’importe finalement si cette somme, plus que probablement indue, n’est là que pour éponger les dettes d’un système qui s’écroule tous les jours un peu plus sous nos yeux. Qu’importe. C’était payer ou les huissiers. La bourse ou la vie (professionnelle, au début). Le boulanger clora la conversation dans un soupir :

« Mais rassurez-vous. Nos loyers ont toujours été versés en temps et en heure. »

Tout va bien, alors.

Pierre quitte donc l’artisan et sa famille, un peu sonné de la différence si radicale d’un étage à l’autre. Certains, en France, bénéficient plus de l’égalité et de la fraternité que d’autres. En passant par l’arrière-cour le menant à la sortie du bâtiment, il tombe sur deux vélos d’enfant. L’un d’eux est flambant neuf, un BMX 380 prêt à décoller pour de nouvelle aventures. L’autre est un vieux clou qu’on aurait du mal à recycler même à la communauté Emmaüs. Le premier appartient à l’un des fils de la locataire du premier. Pas le second.

ModernWelfareTout ceci n’est, bien sûr, qu’un exemple parmi tant d’autres et il est impossible, à partir de cette tranche de vie, d’établir une statistique, d’analyser une tendance de fond, de tirer de grandes conclusions sur l’état réel de la société. Il s’agit pourtant d’un témoignage vécu, d’une tranche de cette réalité que nos politiciens, notamment ceux qui se trouvent si mal payés, ne peuvent absolument pas toucher du doigt ni même approcher. Cette tranche, aussi malingre et critiquable soit-elle, entraîne cependant quelques questions.

Ainsi, on peut se demander si la fraternité dont la République se gargarise bien volontiers au perchoir est aussi belle à regarder en pratique ; les aides, qui coûtent si cher à ponctionner, sont-elles vraiment distribuées aux plus méritants ? Permettent-elles vraiment l’émergence ou la perpétuation de valeurs qui fondent la vie en société, qui s’appuient notamment sur l’équité, la justice, qui encouragent l’effort et sa juste rétribution ? Ainsi, est-il vraiment souhaitable que le travail des uns permette aussi manifestement l’oisiveté des autres ?

Et moralement, que peut-on attendre d’une société qui n’offre plus de perspective pour un artisan et sa famille, ou qui en offre plus à des personnes qui ont choisi l’assistanat qu’à celles qui ont choisi le travail ?

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En France, il est désormais interdit de juger les juges

Par h16

Le diable est, dit-on, dans les détails. En Socialie, les petits détails sont législatifs et sont insérés, discrètement, au détour de l’une ou l’autre réforme, loi de programmation ou décret d’application que la République se fera fort d’appliquer avec soin par la suite. La mise à jour de l’article 33 du 23 mars 2019 de la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice illustre fort bien mon propos.

Vous n’en avez probablement pas ou très peu entendu parler et c’est normal tant la vie en République Française du Bisounoursland est calme et très légèrement barbante : qui pourrait s’occuper de l’insertion d’un petit article législatif dont l’objet semble, à la lecture, particulièrement accessoire ?

En effet, cet article 33 semble interdire toute utilisation de l’identité des magistrats de la Justice française pour en tirer quelque analyse statistique que ce soit. En tournure légale, cela donne ceci :

« Les données d’identité des magistrats et des membres du greffe ne peuvent faire l’objet d’une réutilisation ayant pour objet ou pour effet d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. »

Plus exactement, la loi est ainsi écrite qu’elle interdit formellement d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. Et pour bien faire comprendre à quel point cette interdiction est importante, elle est assortie d’une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Voilà donc nos magistrats bien à l’abri de toute analyse statistique de leurs biais et penchants, de leur laxisme ou de leur sévérité ou, plus encore, de leur éventuel militantisme engagé dont les effets pourraient se faire sentir dans les décisions qu’ils prennent. Bien évidemment, telle n’est pas la cible officielle de la loi qui s’affiche plus sûrement comme un moyen d’éviter l’introduction, en catimini, de techniques d’intelligence artificielle sur les jugements rendus et l’analyse a priori des habitudes des uns et des autres pour permettre de calibrer les angles de défense ou d’attaque par des firmes d’avocats solidement outillées en technologies modernes.

C’est en tout cas ce que certains articles de presse expliquent, assez justement du reste, pour contextualiser l’apparition de cette loi que seuls les magistrats en question semblaient appeler de leurs vœux (qui ont donc été très favorablement entendus par le législateur). En substance, l’idée est aussi simplette que bassement communiste puisqu’elle tend à faire croire que la justice ne pourrait pas être un bien de consommation comme un autre, et qu’au travers d’une loi idoine, on pourrait ainsi empêcher une forme de consumérisme débridé (capitaliste, apatride et turbolibéral évidemment) dans le choix d’un tribunal ou d’un magistrat…

C’est bien sûr complètement idiot, tant est parfaitement artificielle une telle interdiction dans ce XXIème siècle interconnecté : il suffira à une société de droit étranger de collecter les données françaises (disponibles publiquement) pour réaliser les statistiques honnies et faire le profilage complet des magistrats, qu’elle pourra ensuite mettre à disposition de ses clients (français ou étrangers), tout en étant hors de portée de cette loi. C’est grotesque mais ça rassure les corporations françaises.

Mais en marge de cet aspect et tant que les décisions des tribunaux seront publiques et consultables facilement (gageons que ça changera vite), cette loi permet aussi de garantir qu’aucune statistique potentiellement médiatique et fort désagréable ne vienne se glisser dans le paysage judiciaire français.

Pas question qu’on puisse déterminer les juges les moins enclins à l’incarcération de délinquants multirécidivistes. Pas question non plus qu’on puisse repérer ceux ou celles d’entre eux qui seraient un peu laxistes, un peu trop favorables à un sexe plus qu’un autre, ou dont les vues politiques teinteraient les jugements (oh, qu’allez-vous penser là, honteux blogueur !). Non, vraiment, pas question qu’on puisse ainsi ternir les réputations des magistrats en face de faits statistiques quantifiables qui pourraient leur être opposés.

Plus fondamentalement, cet article (coïncidentalement rattaché aux mêmes sanctions que celles prévues pour les impétrants pratiquant les statistiques ethniques) revient à interdire purement et simplement aux Français d’avoir une idée précise de ce que vaut leur Justice, et, par contraposée, à empêcher que les juges, qui ne sont que des humains, puissent s’amender et tenter de rendre des décisions aussi uniformes et équitables que possibles.

Pire encore : l’introduction de cette nouvelle interdiction intervient alors qu’aucun scandale majeur contre l’un ou l’autre juge défaillant n’a émaillé l’actualité. Oh, il y a bien eu de nombreux scandales judiciaires (Mur des cons notamment), des traitements évidemment biaisés (répression des Gilets jaunes comparé à certains autres groupes activistes, …) mais, jusqu’à présent, personne n’avait eu l’idée de publier des statistiques sur un juge…

Autrement dit, ce nouvel article de loi semble précéder toute velléité de concrétiser cette idée, un peu comme si ceux qui l’ont poussé n’avaient pas totalement la conscience tranquille. Et ainsi, par prévoyance, ils étendent la tactique de mise sous le tapis déjà employée pour les statistiques ethniques. Après tout, elle a bien fonctionné pour priver tout contradicteur d’arguments chiffrés (nourrissant dans la foulée censure et complotisme dans un mélange jamais bon à long terme), pourquoi ne pas l’employer aussi dans ce domaine là ?

S’il y a, certes, un problème de moyens avec la justice, il y en a aussi un autre : celui de sa politisation à outrance, de son trop grand laxisme dans certains cas et de sa trop grande sévérité dans d’autres, de son inadéquation aux demandes de la société et de l’incompétence de certains juges enfin. Tout autant d’éléments que ces statistiques dévoileront inévitablement et que cette interdiction veut camoufler en criant « Ne regardez pas du côté de la justice, c’est interdit ! », comme un gamin qui crierait « Je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, c’est pas moi, c’est pas moi, n’allez par regarder par là, il n’y a rien ! »

Très inquiétante démarche que celle qui consiste à interdire le thermomètre pour cacher la fièvre.

this will not end well

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En marche … arrière, et surtout à petite vitesse

Par h16

Dès le départ et lorsqu’il avait lancé, en fanfare, son brochet projet pour la France, le président Macron souhaitait mettre le pays « En Marche ». À mesure que le dirigeant français s’enfonce dans son quinquennat comme une chips molle entre les deux coussins dans un gros canapé en cuir, le doute s’immisce sur la volonté de réellement faire avancer le pays.

En fait de le mettre en marche, Emmanuel Macron semble avoir poussé le pays à reculons : les réformes fanfaronnées dans toute la presse se dégonflent les unes après les autres, et les vagues bricolages présentés comme des progrès ressemblent de plus en plus à des reculades ou des atermoiements qui riment plus avec piétinement qu’avec avancement.

Les derniers résultats des élections européennes, bien que lourdement entachées d’une abstention record, ont de surcroît envoyé un message très clair au frétillant quadragénaire qui les interprète pourtant simplement comme un besoin des Français pour davantage d’écologie ou, plus prosaïquement, lui ont rappelé que sans vigoureusement ripoliner ses élucubrations politiques d’une solide couche de vert tendre, il risquait de se prendre une peignée aux élections suivantes.

La presse, comprenant le pari élyséen, lui a donc emboîté le pas dans cette nouvelle orientation écoloïde, ce qui aboutit aux torrents d’imbécillités niaiseuses auxquelles nous assistons actuellement, depuis les idioties sur les effets néfastes potentiels, supposés et particulièrement imaginatifs du réchauffement climatique sur notre avenir (ce dérèglement entraînant – par exemple – la prochaine crise financière ou les précédentes crises humanitaires, la disparition du poisson ou des nuages, …), jusqu’à l’hystérie complète devant l’un ou l’autre événement en rapport direct ou pas avec l’environnement (comme c’est le cas avec l’Amazonie).

On aboutit au final à un véritable tir groupé du politique et du médiatique pour bien nous faire comprendre que tout, absolument tout allait être fait pour nous sauver la mise d’une fin apocalyptique, contre notre gré s’il le faut, et grâce à l’empilement judicieux d’interdictions, de taxes et de contraintes (car tout le monde sait que les taxes et les interdictions, ça marche !).

C’est ainsi qu’on se retrouve avec les déclarations consternantes du président concernant la marine marchande, déclarations reprises sans la moindre remise en question par la presse, lors du dernier G7. Pour Macron, une des solutions pour réduire les émissions de dioxyde de carbone consiste à réduire la vitesse des cargos :

« De manière solennelle, pour la première fois, nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse des navires »

Eh oui : les calculs des transporteurs, des organisations plus ou moins non-gouvernementales, des journalistes et des politiciens du Ministère des Petits Oiseaux et de l’Air Pur sont formels puisqu’en réduisant sa vitesse de 12 à 11 nœuds (de 22 à 20 km/h), un pétrolier réduirait sa consommation de carburant de 18%…

Apparemment, personne ne semble trop se soucier de quelques éléments pourtant importants : ralentir le commerce maritime, cela veut aussi dire de façon quelque peu tautologique (mais apparemment nécessaire à rappeler) qu’un bateau qui avance moins vite prendra plus de temps à faire le trajet qu’on lui demande, et arrivera donc plus tard au port de destination. Or, ceci a des conséquences économiques évidentes à commencer par le fait qu’en accroissant les durées des flux, on en augmente substantiellement les coûts et les contraintes. Quand il s’agit de pétrole, cela peut avoir un impact (sur les cours). Quand il s’agit de nourriture, cela peut modifier là aussi sensiblement les impératifs de récolte, les pertes en transport, entraîner d’autres coûts annexes (chaîne du froid)…

Tout ceci n’est pas gratuit et l’introduction de ces nouvelles limitations, lorsqu’elles sont ainsi imposées par des politiciens et non par des contraintes de marché, revient à contraindre une série de prix qui s’en retrouvent inévitablement biaisés, rarement en faveur du consommateur.

En outre, la lenteur des uns fait le bonheur des autres, plus rapides. Au plan international, il apparaît fort peu raisonnable de parier sur le fait que tout le monde va ralentir alors que le premier à ne pas le faire va s’en retrouver sensiblement avantagé…

Pour le moment, les grandes sociétés de transporteurs qui se sont engagées à réduire la vitesse de leurs bateaux l’ont fait volontairement, en faisant avant tout un calcul économique et marketing : en se positionnant ainsi, elle peuvent (quitte à faire un peu de greenwashing ou écoblanchiment) prétendre œuvrer pour une meilleure planète, tout en réduisant leur facture de carburant, en tenant compte des contraintes de marchés auxquelles elles sont soumises et s’adaptent naturellement avec autant de souplesse que possible.

L’idée de Macron se traduira inévitablement par une loi qui anéantira cette adaptabilité : plus question alors, pour tel transporteur, d’autoriser exceptionnellement tel ou tel cargo à voyager plus vite sur cette ligne ou lors de ce trajet particulier afin de garder un contrat…

On le comprend : l’avenir maritime semble se diriger (doucement, tout doucement) vers une marche chaloupée et taxée pour s’assurer que rien n’arrivera trop vite.

Or, de façon inquiétante, il s’agit bien d’une tendance de fond à laquelle on assiste, alors que peu semblent prendre la mesure de ce qu’elle implique.

Il n’y a pas si longtemps, quelques décennies tout au plus, on cherchait plutôt à augmenter la vitesse de déplacement des biens, de l’information, des capitaux et des personnes. On semblait avoir compris que le temps était une denrée rare, la plus rare de toutes sans doute, et qu’il était donc désirable de diminuer le temps passé à attendre (fut-ce un bien, un service, un individu ou le résultat d’un calcul).

Il n’y a pas si longtemps, on cherchait à relier Paris à New-York en moins de trois heures et le Concorde le permettait. On cherchait à rapprocher les villes les unes des autres (quitte à engouffrer des fortunes dans un TGV au détriment de toutes les autres lignes). On cherchait à fluidifier les déplacements de ville en ville, et à l’intérieur de celles-ci.

Et puis subitement, dans quelques sociétés vieillissantes dont la France fait maintenant partie, il n’a plus été question que de ralentir.

La voiture fut la première victime, évidemment, avec la pluie de réduction des vitesses maximales autorisées au point que le 50 km/h en ville n’est plus qu’une chimère. Les aménagements urbains de plus en plus délirants, visant tous à la faire fuir hors de la ville, ont surtout multiplié les bouchons et rendu les commerces du centre inaccessibles (puis en faillite).

L’avion est maintenant sur la sellette : polluant, beaucoup trop bon marché et par conséquent proposant à trop d’individus d’aller voir ailleurs s’ils y sont, c’est une attaque en règle qu’il subit. La multiplication des contrôles et des contraintes débiles transforme un trajet de deux heures en l’air en périple de quatre heures dont deux à supporter un parcours anxiogène dans des mesures de sécurité aussi ridicules qu’inutiles. On en vient à encenser une adolescente qui refuse de prendre l’avion quitte à prendre la mer pendant plusieurs jours, ce qui impose (comble de l’ironie et de la stupidité) de multiples allers-retours en avions à tous les membres de l’équipe qui va l’entourer dans son coup de pub…

Voilà qu’on s’en prend maintenant aux bateaux, qui, gageons-le, ne seront pas les derniers sur la liste des transports qu’il faudra absolument handicaper…

Surtout ne perdez pas de vue que ce qu’on vous propose ici, ce n’est pas un monde moins polluant (il n’en sera rien), ce n’est pas un monde plus gentil ou plus doux. Non. Ce ne sera rien d’autre qu’un monde plus lent, plus mou, plus difficile à parcourir, plus pénible à arpenter, comme il le fut il y a 100, 200 ou 2000 ans de cela.

Charmante perspective !

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Une Amazonie bien pratique pour la politique idiote de Macron

Par h16

Comme l’expliquent fort mal certains auteurs, il ne faut jamais perdre une bonne crise : avec l’Amazonie qui brûle, il aurait été dommage pour le président français de ne pas en profiter pour pousser son agenda personnel et de ne pas utiliser ce magnifique tremplin médiatique pour une nouvelle fois enfiler le costume (manifestement trop étroit) de héros des temps modernes, sauveur de la veuve, de l’orphelin, de l’air pur et des petits animaux mignons.

C’est ainsi qu’Emmanuel Macron s’est fendu d’un de ces petits tweets indispensables qui auront permis d’amplement modifier les relations internationales de la France avec le Brésil.

Découvrant que des feux de forêts étaient en cours en Amazonie, le président français a donc prestement exprimé son opinion avec toute la diplomatie dont il était capable. On admirera la dextérité de l’homme d’État dans le tweet suivant :

Eh oui, c’est troporrible, nous allons tous mourir et pour beaucoup (trop), ce tweet de Macron ressemblait à un cri de détresse et à l’affichage d’une conscience écologique du président français.

La réalité est évidemment très différente puisqu’il s’agit surtout d’un « signalement vertuel », destiné d’une part à pleurer dans le sens des larmes écolo-hystériques, d’autre part à donner le change de tous ceux – très nombreux – qui ne peuvent pas encaisser le dirigeant brésilien qui est directement visé par cette agitation cosmétique, et enfin à donner un semblant de raison solide pour rejeter ensuite toute possibilité d’un accord marchand international, ce qui sera fait dans la foulée quelques heures plus tard avec le rejet officiel de l’accord Union Européenne-Mercosur, pourtant âprement négocié pendant 20 ans.

Les petits intérêts politico-politiciens du président français, très soucieux de ne pas trop effaroucher son maigre électorat, passent donc avant l’avenir du pays (dont une partie dépendait de cet accord), quitte à raconter absolument n’importe quoi

Parce qu’en observant l’information de base d’un peu plus près, on se rend surtout compte, encore une fois, de l’extraordinaire vacuité de l’agitation élyséenne. Outre la conception erronée de l’Amazonie en « poumon de la planète » (c’est faux), rien dans ce qui se passe actuellement au Brésil ne permet au chef de l’État français de décréter une situation de crise et d’illustrer son tweet d’une photo aussi spectaculaire qu’inexacte puisque vieille d’au moins 16 ans.

En effet, les incendies actuels d’Amazonie n’ont rien d’exceptionnel et ne méritent en rien ni l’hystérie qui s’est emparée des médias et des réseaux sociaux, ni de servir de prétexte aux rebuffades diplomatiques grossières de Macron : eh oui, l’Amazonie brûle régulièrement. Ce n’est certes pas souhaitable, mais c’est un fait qui dure depuis qu’on l’observe par satellite. Et justement, des photos sont disponibles qui montrent bien que les feux de 2019 sont un phénomène connu.

Pour illustrer, en voici quelques unes, de 2007, 2008, 2009 ou 2010, toutes ces années où Lula était au pouvoir au Brésil et où personne n’a semblé s’inquiéter plus que ça.

2007
2008
2009
2010

On en profitera pour noter que l’Amazonie n’est pas la seule zone concernée (Macron devrait d’ailleurs en profiter pour piquer une petite colère à l’encontre d’autres dirigeants politiques, tant qu’à distribuer des baffes). On attend qu’il rouspète un bon coup sur Evo Morales, dont une partie de la Bolivie crame aussi dans l’indifférence médiatique.

On notera en outre qu’en étudiant les données disponibles auprès de la Nasa ou ailleurs, pour noter aussi que 2019 n’est même pas une année record.

On notera enfin que, données récoltées et images analysées, tout indique de surcroît une diminution des zones brûlées sur Terre : depuis 2003, on estime que les surfaces incendiées ont diminué de 25%.

En somme, absolument rien dans le tweet ni dans les emportements de Macron ne peut se justifier réellement : on est dans le théâtre le plus pur. En revanche, le président français, en agissant de la sorte, montre une belle capacité à une forme d’ingérence maladroite, qui s’apparente presque à du colonialisme décontracté dans les affaires du Brésil dont la population n’a pas besoin de recevoir les leçons de morale françaises, pendant que, toujours en Amazonie mais du côté de la forêt guyanaise, les pollutions au mercure de l’industrie aurifère continuent de poser de graves problèmes locaux sans que Macron ne s’en préoccupe guère, le tartufe.

On le comprend : il ne s’agit pas du tout d’un problème environnemental, mais exclusivement politique.

Comme je l’expliquais en introduction, Macron joue ici à fond la carte du signalement vertuel destiné à montrer à tous à quel point il est un bon soldat du Camp du Bien, aussi ouvert d’esprit et progressiste que Bolsonaro serait populiste et vendu à la destruction de la planète, en commençant par la forêt et le climat.

En cela, le président Macron est aidé par une presse d’une servilité dégoulinante et trop heureuse d’enfin pouvoir cogner sur les méchants désignés, ceux qui n’ont pas l’heur de tomber du bon côté de la barrière sémantique du Camp du Bien.

Tout devra être fait pour tenter de broyer dans les polémiques montées de toutes pièces ceux qui refusent l’agenda progressiste. Il en a été ainsi avec Trump ou Orban, il en est ainsi avec Bolsonaro, Salvini ou même Boris Johnson qui bénéficie à son tour du même mécanisme minable.

On mettra par exemple en exergue une photo totalement sortie de son contexte pour mieux faire passer l’idée qu’il s’agit d’un lourdaud sans finesse et créer une belle polémique à peu de frais. La vidéo complète et le contexte qui n’ont (malheureusement pour la clique journaleuse) pas tardé à sortir donnent une explication différente et renvoient les polémistes à leurs petites manigances sur l’Amazonie.

Cependant, ne vous y trompez pas : que ce soit le climat, l’environnement, la gestion de l’immigration, du communautarisme ou des Gilets jaunes, le Camp du Bien est décidé à ne surtout pas se laisser faire. Sa vision du progrès n’est pas négociable.

Et s’il lui faut mentir, tordre les faits ou faire des crises d’hystérie, il le fera.

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[Redite] Le socialisme ne marche pas, même en petit

Par h16

Article initialement paru le 10.08.2015

À la faveur d’un G7 dont le programme, essentiellement construit autour d’un agenda socialiste où il s’agira, pour les Hommes d’État, d’intervenir dans la vie de tous les autres afin de montrer qu’ils le peuvent, quitte à y mettre un bordel indescriptible, on redécouvre quelques vérités qui, en plus de déranger, sont toujours exactes : le socialisme ne marche pas, ni en grand, ni en petit.

C’est l’occasion de ressortir un billet paru il y a quatre ans et qui revenait sur une de ces expériences socialistoïdes dont le résultat était – encore ! – un échec…

Malgré le nombre maintenant élevé de foirades magistrales lié à l’application de l’égalitarisme, on continue quand même à en user avec profusion. Son parfum le plus connu, le Socialisme, a pourtant largement prouvé sa nocivité, mais certains persistent pourtant, obstinément, à l’employer partout.

En Union Soviétique, on avait fait les choses en grand. L’égalitarisme soviétique devait être à la fois massif et toucher toutes les couches de population, et géographiquement très étendu au point de couvrir un nombre considérable de pays et un pourcentage important de la population terrestre. L’application consciencieuse du programme communiste aura bien sûr abouti à des millions de morts par douzaines, des famines, des déportations massives dans des camps de travail ou des génocides. Sans trop bousculer le sens des mots, on peut dire que ce fut un gros échec retentissant.

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De différentes façons, on testa ensuite les mêmes principes sur des zones plus restreintes, sur des populations moins bigarrées. Cuba, la Corée du Nord ou le Vietnam furent autant d’exemples qui montrèrent que les problèmes engendrés par les idées égalitaristes et socialistes ne provenaient pas de la trop grande taille géographique : même pour des plus petits pays, ça foirait lamentablement.

Actuellement, le Venezuela tente l’expérience d’un socialisme un peu plus modéré (si tant est que ça puisse exister, comme un viol modéré ou une gangrène discrète). Celui-ci s’installe plus doucement, avec marginalement moins de violence, et ne prend pied que progressivement dans tous les domaines de la vie locale. Tout indique là encore que c’est un naufrage complet pour un pays qui ne pourra même pas se cacher derrière une absence de ressources pétrolières ou un commode embargo américain. Dans la catégorie « encore moins vite, monsieur le bourreau », d’autres pays tentent aussi ce socialisme en mode « infiltration ninja » à doses plus ou moins légères et obtiennent — comme c’est surprenant — les mêmes déboires catastrophiques. La France en est un excellent exemple, et sa trajectoire actuelle, qui vise à contrer les problèmes issus d’un tsunami d’égalitarisme par une explosion de mesures égalitaristes, promet d’appuyer là où ça fait mal. Et ce sera, bien sûr, un échec épique.

gifa fail brouette

Et ce qui plante furieusement pour un continent, ce qui foire lamentablement pour un groupe de peuples, ce qui échoue minablement pour un pays seul, eh bien — nouvelle surprise ! — ça rate aussi complètement pour des individus et des entreprises. Le plus récent exemple (mais pas le dernier, rassurez-vous, les gens sont têtus, têtus, têtus) est celui de Dan Price et son entreprise, Gravity Payments.

Tout a commencé il y a trois mois, alors que l’opinion américaine était toute occupée à débattre de l’épineux problème des salaires minimums. Aux États-Unis, ce dernier est fixé au niveau fédéral, ainsi que pour chaque état voire chaque ville, et dernièrement, certains États et certaines villes ont décidé de le revoir à la hausse. À Los Angeles, le salaire minimum va par exemple passer de 9$ à 15$ de l’heure entre le 1er juillet 2016 et le 1er janvier 2021 à la suite d’une disposition municipale adoptée le 19 mai dernier. Et à Seattle, Dan Price a décidé d’apporter une pierre à l’édifice général d’égalitarisme et de bons sentiments en augmentant le salaire minimum en vigueur dans sa société de gestion de paiements par cartes de crédit, Gravity Payment, et en le plaçant au niveau fort élevé de 70.000$ par an (5800$ mensuels).

La presse nationale américaine et bientôt étrangère, toute acquise à l’élan philanthropique du patron de cette société, a largement repris cette information en louant l’initiative visant, comme il se doit, à rendre les gens heureux en diminuant les méchants écarts entre les mieux et les plus mal payés, bref, en renforçant l’égalité de traitement des employés de sa société. À l’époque, si on trouvait bien quelques voix américaines discordantes pointant l’aspect purement socialiste ou maladroit de l’initiative patronale, les médias étrangers et notamment français se contentaient de se réjouir d’une telle information en imaginant, l’œil déjà vaguement humide d’émotion, tous les (a priori cupides) patrons de la Terre, touchés par la grâce, et se décidant enfin à payer royalement tous leurs employés, de préférence autour de 100.000$/an et un Mars.

Malheureusement, patatras, trois mois plus tard, l’expérience tentée à Gravity Payments aboutit à un échec.

gravity : fight back !

Rien ne s’est passé exactement comme prévu (sauf pour les détracteurs de l’initiative) : non seulement, les gens n’ont pas été plus heureux, mais la société est maintenant en difficultés financières. Des clients, estimant soit que cette idée allait accroître les coûts des services soit qu’elle était néfaste sur le plan idéologique, sont partis. Des employés ont posé leur démission, jugeant les augmentations salariales plus du tout en accord avec l’effort qu’ils avaient fournis dans la société ; et bien évidemment, ce ne sont pas les plus mauvais qui sont ainsi partis, mais des employés clés, selon le patron lui-même…

Ce qui est logique. De l’aveu d’un des développeurs qui a quitté ce havre de bonheur socialiste,

« Now the people who were just clocking in and out were making the same as me. It shackles high performers to less motivated team members. »
« Maintenant, les gens qui se contentent de pointer touchent la même chose que moi. Ce système enchaîne les plus performants de l’équipe avec les moins motivés. »

Et pompon de l’affaire, le frère du patron, actionnaire à 30% de cette société, l’attaque en justice au motif que les bénéfices précédemment récoltés n’avaient pas à être utilisés pour les augmentations de salaires accordées. La société, aux finances maintenant extrêmement tendues, se retrouve au milieu d’un imbroglio juridique coûteux qui n’a, bien évidemment, pas été provisionné. Tout ceci sent la faillite.

En oui : le modèle de « récompense salariale » ainsi mis en place par Price ne fonctionne tout simplement pas et entraîne des effets de bords désastreux. En effet, il survalorise les moyens, les médiocres voire les mauvais en leur donnant artificiellement plus que leur valeur de marché. Dans la foulée, il dévalorise les bons en les payant marginalement moins bien (la valeur de leurs heures supplémentaires s’effondre), et aussi en écrasant le différentiel subjectif : non seulement, il devient inutile de faire des heures supplémentaires, mais en plus l’écart entre bon et mauvais n’est plus palpable ce qui n’incitera personne à faire des efforts. En outre, il envoie un message très ambigu aux clients (dont certains prennent peur d’un renchérissement des services, notamment).

Autrement dit : Price a augmenté ses coûts (les salaires), a mis en danger ses entrées (ses clients), et a diminué la productivité par tête de pipe.

well done old chap

Il faut se rendre à l’évidence : certaines idées, à la fois simples et parfaitement idiotes, aboutissent systématiquement à un échec. Et pourtant, loin d’être rapidement abandonnées, elles s’installent dans les esprits et les habitudes au point que, malgré leurs échecs répétés, les individus, les peuples ou les entreprises persistent à les appliquer avec assiduité, renouvelant sans cesse le bestiaire des bides de leurs applications. Ces idées seront systématiquement jugées à leurs intentions, généreuses, mais jamais à leurs résultats, catastrophiques.

Dans ces idées idiotes, l’égalitarisme et son pendant, le socialisme, sont des exemples frappants. Et devinez ce qu’on applique en France ? …

salaire minimum - minimum wage and imagination

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Vite, il faut nationaliser le réseau ferré. Oh. Wait.

Par h16

C’est dans la torpeur humide d’un été caniculaire aux températures sahariennes (25°C au thermomètre, 75°C ressenti dans les rédactions) et alors que se déroule un G7 hyper-important aux implications fondamentales, indispensables et inévitables qu’on apprend, écrasé de chaleur, que le réseau ferré français serait dans un état légèrement émoussé.

C’est Le Parisien qui nous apprend la nouvelle, en n’hésitant pas à sortir la grosse titraille d’occasion évoquant un état « alarmant » du réseau ferré, pendant que d’autres rédactions, encore plus hystériques, bondissent sur l’occasion d’utiliser le mot « désastreux ».

♩ Allons. ♪ Tout ceci est ♫ très exagéré ♬ …

Tout le monde sait que le réseau ferré de France n’est plus tout à fait au top de sa forme olympique et qu’il y a eu, par le passé, de petits égarements qui ont malheureusement conduit à des déraillements dont certains, un peu trop vigoureux, ont fait quelques blessés et quelques morts ahem broum bref… Mais tout ça c’est du passé et depuis, tout a été mis en oeuvre pour que les choses s’améliorent, tralali ♫ tralala ♩ …

Tout, ou presque donc puisque ce vilain rapport pointe quelques petits manquements, comme des « dizaines d’anomalies », dont certaines n’ont pas été traitées dans les temps réglementaires et dont la réparation affiche au moins « un an de retard ».

L’article du Parisien évoque même des éclisses aux boulons desserrés ou manquants. C’est enquiquinant parce que c’est ce genre de pièces qui a joué un rôle dans le déraillement du Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge. Si l’on ajoute les cas de câbles électriques rongés par des animaux, dont un « situé sur un passage à niveau de la ligne Le Dorat-Limoges (Haute-Vienne) », on comprend que le rapport n’est vraiment pas cheminot-friendly comme on dit de nos jours.

Bon. Soit.

Convenons-en : ce genre de rapport est un tantinet gênant en ce qu’il montre qu’encore une fois, le privé assoiffé de profits est incapable de chercher à fournir un service de qualité et que, de surcroît, même lorsque est survenu un accident entraînant des blessés et des morts , il n’est pas fichu de se remettre en cause comme seul le Service Public National d’une République Responsable serait à même d’y parvenir en faisant appel vibrant et citoyen à l’Intérêt Général et Supérieur de la Nation.

Ici, il ne fait pas l’ombre d’un doute que RFF, Réseau Ferré de France, a failli dans sa mission et qu’en faisant passer les profits de ses nombreux actionnaires avant la vie de ses clients, cette société capitaliste sans foi ni loi ne mérite que l’opprobre par une nationalisation bien sentie et à vil prix. Pas de pitié pour les exploiteurs capita…

On me souffle dans l’oreillette que RFF est une EPIC détenue à 100% par l’État français, que le réseau ferré est totalement nationalisé, que la concurrence ferroviaire, dans ce pays, est encore une très lointaine chimère pendant que les trains, aussi nationaux que publics, roulent en tchoutchoutant bruyamment d’un passage à niveau coincé à une volée d’éclisses déboulonnées, entre deux pannes de caténaires, des feuilles mortes qui glissent, des arrêts de travail inopinés d’une certaine catégorie de personnel indépendante de toute volonté et attention à l’augmentation de la recrudescence sur les lignes, merci.

Hum.

Ici, je sens déjà poindre les commentaires aigris sur la méchanceté de mon propos qui revient à tirer sur une ambulance, une ambulance arrêtée sur un chemin défoncé, à laquelle il manque une roue, dont le chauffeur est parti manger pendant que le malade à l’intérieur ne tient plus qu’au respirateur branché à même la batterie du véhicule dont on se doute qu’elle ne durera plus très longtemps, soit, mais une ambulance tout de même.

L’ensemble ferroviaire français (j’inclus SNCF et RFF tant la scission de ces deux entités n’est qu’un pur artifice comptable destiné à embrouiller Bruxelles en camouflant une dette afférente colossale) n’est plus, on l’a compris depuis un moment, qu’une vaste pétaudière dans laquelle même le fleuron français du rail, le TGV, tire la langue à chaque période de grands départs, subissant les pannes matérielles tant sur le matériel roulant, vieillissant, que sur l’infrastructure, tenue à bout de bras avec ficelles, scotch et trombones par des équipes dont le nombre, la gestion, les motivations et le savoir-faire se sont progressivement évaporés à mesure que les « réformes » ferroviaires se sont empilées n’importe comment.

Malheureusement, les petits bricolages, ça ne peut tenir qu’un moment, et il semble qu’on parvienne au bout des expédients. Lorsqu’on en arrive à constater qu’une cause connue d’accidents mortels (des éclisses mal ou plus boulonnées) est encore repérée à de nombreux endroits des voies ferrées, plusieurs années après ces accidents, on ne peut aboutir à aucune autre conclusion : la situation est catastrophique et la vie des clients du service public de transport ferroviaire est effectivement en danger.

Devant cette catastrophe et cette mise en danger, les réactions ministérielles sont, comme on pouvait s’y attendre, parfaitement ridicules. Propulsée derrière un gros micro mou à la sortie de sa léthargie estivale, la marmotte ministérielle en charge de la question a ainsi déclaré :

« On va tous être vigilants à ce que des correctifs soient apportés à court et moyen terme. »

Ceci revient donc à demander aux Français en général et aux clients de la SNCF en particulier de faire confiance en l’État pour remédier aux problèmes, ces problèmes qui auraient dû trouver des correctifs à court terme après l’accident de Brétigny-Sur-Orge, il y a six ans de cela.

Autrement dit, on demande de faire confiance à l’entité qui a officiellement déjà échoué à tenir son infrastructure en état avant l’accident de Brétigny (et pour cause), qui a clamé à l’époque que les moyens seront mis en œuvre pour que ce type de problèmes ne se reproduise plus, et qui, six ans plus tard, réclame un renouvellement de confiance alors même que ce type de problème se reproduit, à l’identique et en plusieurs endroits, de façon alarmante, en plus d’autres problèmes au moins aussi graves.

Ceci porte un nom : ceci s’appelle du foutage de gueule.

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Amiante : vous reprendrez bien un petit repérage obligatoire ?

Par h16

Il faut bien comprendre que jusqu’à présent, être propriétaire d’un bien immobilier en France était quelque chose d’un peu trop simple et d’un peu trop lucratif pour que cela puisse décemment continuer. Heureusement, quelques nouvelles dispositions sont maintenant en place pour ramener cette possession à un minimum logique de complexité sans laquelle la vie ne vaut pas vraiment la peine d’être vécue en France.

Du reste, on se rappellera que l’État envisage de devenir le copropriétaire par défaut de tout terrain bâti ou à bâtir, car – rappelons-le – être propriétaire, en France, c’est un privilège consenti de façon bien réglementée et bien encadrée par l’État, dans son immense magnanimité, à certains de ses citoyens, dans un cadre bien compris comprenant notamment moult contraintes et forces taxes.

Partant de là, il était grand temps que soient prises des mesures afin que les travaux que vous seriez amenés à faire chez vous soient quelque peu encadrés, eux aussi.

C’est bien joli d’envisager un peu de maçonnerie, un peu de plomberie, de vouloir déplacer l’un ou l’autre interrupteur ou de considérer sérieusement quelques réfections murales ou que sais-je, mais tout ceci, fait sans prévenir les autorités, sans prendre absolument toutes les mesures de précaution indispensables à la survie du Français, c’est non seulement le début d’une vie débridée, la chemise débraillée et le pantalon de travers, mais c’est aussi une atteinte au vivrensemble !

En effet, dans beaucoup trop de bâtis du territoire national se cache un ennemi silencieux, littéralement tapi dans l’ombre, prêt à bondir : l’amiante. Cette substance s’est nichée partout, elle a été utilisée si industriellement et si industrieusement qu’on ne peut plus lui échapper. Provoquant des milliers de morts par an en France et bien que maintenant totalement interdite, elle se cache encore parfois dans certains matériaux et, à la faveur de travaux, aussi menus soient-ils, peut se retrouver à flotter dans l’air dans l’attente silencieuse du poumon égaré au tendre flanc duquel elle ventousera ses fibres immondes pour provoquer un cancer abominable en lentes métastases barbouillées et bulbeuses.

C’est probablement pour cela qu’à la faveur de la Loi Travail de 2016 s’est glissé un petit article imposant un « Repérage amiante avant travaux » (RAAT) dont le décret d’application est paru au cours du mois de juillet dernier.

En substance, il va donc falloir qu’à chaque fois qu’un artisan intervient chez vous et afin d’éviter la moindre embrouille tant au niveau de l’assurance qu’au niveau des administrations, vous fassiez intervenir une société spécialisée dans le repérage de la fibre tueuse, qui fournira un joli petit rapport dont l’aspect poussé n’a pas échappé aux spécialistes du métier, qui le jugent plus exigeant que le Dossier Technique Amiante (DTA), le Dossier Amiante – Parties Privatives (DAPP) ou le Constat amiante produit lors de la vente d’un bien.

Alors certes, la France aime bien les services gratuits (payés par les autres) mais pour le coup, ce repérage avant travaux ne le sera pas : on peut raisonnablement compter autour de 300 à 400 euros pour un petit repérage correspondant à de petits travaux, mais cela peut monter rapidement à plusieurs milliers d’euros lorsqu’on parlera d’une réhabilitation d’une maison.

Bref, on comprend que la possession immobilière vient de s’alourdir d’un nouveau fardeau dont les impacts sont pour le moment difficiles à cerner mais dont on peine à deviner le bénéfice palpable sur le long terme. En tout cas, il semble clair que la multiplication des diagnostics divers et variés aura largement profité aux agences « certifiant et attestant » dont l’existence n’est maintenant garantie que par l’inflation législative, créant une véritable bulle de sociétés spécialisées bénéficiant ainsi d’une rente de situation.

Tout ceci augmente de surcroît le coût de l’immobilier et le coût de sa possession ou de son entretien, qui n’était déjà pas mince. Le rendement de la pierre, déjà faible, devient lentement mais sûrement négatif. C’est – bien sûr – excellent pour l’économie du pays de se noyer ainsi dans sa propre paperasse qui ne manquera pas de grossir encore lorsqu’il faudra vérifier que tout a été fait dans les normes, et surtout que les sociétés qui vérifient ont bien été vérifiées par les agents vérificateurs de l’État.

En creux, on constate encore une augmentation du pouvoir de l’État qui démontre une fois de plus qu’il peut à tout moment créer un marché ex nihilo (celui du certificat de bonne conformité à l’amiante, aux dahuts et au temps qui passe) et qui peut donc non seulement tomber à bras raccourcis sur le particulier qui faillit à ses obligations (ceci est d’autant plus facile que le nombre d’obligations atteint des niveaux stratosphériques et que l’individu n’a plus le temps de les suivre toutes) mais en plus en tirer un profit évident, à 18.000 euros l’amende (que voilà un bon business encore plus juteux que les radars !)…

Enfin, on ne pourra même pas éviter le grotesque de la situation où l’inspecteur pourra faire un constat d’absence d’amiante et donc d’un faible risque de santé pour les artisans concernés pendant que le propriétaire, fumeur invétéré, exhalera de longues bouffées de havane chargées de goudron dans la direction générale de l’agent vérificateur. La cohérence d’ensemble y perdra ce que l’État gagnera en certitude d’avoir agi pour donner, enfin, de nouvelles armes aux procéduriers d’aller créer de gros contentieux dans les juridictions qu’on sait tous heureusement désœuvrées.

Ah, décidément, rien de tel qu’une nouvelle obligation pour revigorer les Français !

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Un petit pas pour l’homme, un Salto de trop pour le contribuable

Par h16

La France a un incroyable talent. Ou disons qu’elle en a certainement plusieurs et dans sa liste bien fournie, on trouve celui de faire des choses insensées pour un pognon de dingue, comme si elle en avait réellement les moyens, avec une décontraction assez consternante.

Or, à bien y réfléchir, il faut un certain talent pour arriver à se détacher ainsi des contingences du réel et cramer des sommes de plus en plus folles pour des projets de plus en plus ridicules, ou pour lesquels le parfum d’échec est si fort dès leur conception qu’on ne peut comprendre l’acharnement des uns et des autres à poursuivre, malgré tout, vers un fiasco garanti qu’en se rappelant qu’à chaque fois, une quantité astronomique de piscines olympiques remplies d’argent public y est consacré.

Et s’il est un domaine où les autorités publiques ont un tel talent, c’est bien celui des technologies de l’information. Pour illustrer mon propos, je pourrais revenir sur les nombreuses tentatives, certaines frôlant la bonne idée, d’autres carrément loufoques qui ont émaillé la vie de la Cinquième République, mais je me contenterai de rappeler les deux dernières pirouettes avant d’introduire la toute nouvelle dont le potentiel de rigolade est déjà fort élevé.

L’actualité récente me permet de revenir sur la première de ces deux pirouettes qui aboutit, une fois de plus, à des dépenses somptueuses de la part du contribuable pour un résultat inexistant, exactement comme prévu : il s’agit de la tentative de mettre en place un « cloud souverain » en France.

Initiative décidée par le pouvoir en place en 2012, l’idée de base consistait à fournir aux administrations et entreprises françaises sensibles une solution d’hébergement de données informatiques alternative aux solutions existantes, toutes américaines (Microsoft, Amazon, IBM) dont on se doute qu’elles permettent à la NSA d’en éplucher le contenu avec gourmandise. Or, s’il n’est pas idiot de vouloir protéger ses administrations et ses entreprises sensibles des espions internationaux, la façon dont s’y est prise l’État français (ainsi que son historique lourdement chargé en catastrophes informatiques diverses) laissait envisager le pire dès le début : comme je l’expliquais dans un billet de l’époque, tout indiquait dès le départ que la solution proposée allait tourner rapidement au vinaigre.

En 2015, j’en profitais pour dresser un bilan d’étape qui ne manqua pas d’être aussi lamentable que prévu : non seulement l’initiative s’était traduite non pas par un Cloud souverain, mais deux, en concurrence l’un avec l’autre sur l’étroit territoire national, mais en plus, les questions fondamentales (à savoir : doit-on vraiment mettre dans un cloud, qu’il soit souverain ou non, des données très sensibles ? Le risque en vaut-il vraiment la chandelle ? Les entités concernées ont-elles la capacité de ce genre de changement ?) n’avaient toujours pas reçu de réponse. Bilan, trois ans après le lancement, cela sentait déjà l’échec cuisant.

Et comme prévu, août 2019 verra donc la fin officielle du « cloud souverain à la française » : chiffres d’affaires microscopiques (quelques millions d’euros par an de rentrées alors que les investissements se comptaient en dizaines de millions), incapables d’attirer des clients et de toute façon complètement hors de tout marché potentiel dans une illustration périplaquiste de marketing sur-réaliste en quatre dimensions dont aucune n’intersecte avec le monde réel, les deux clouds français, Numergy et Cloudwatt sont officiellement morts. Compte tenu de la facture finale (au moins 100 millions d’euros), l’enterrement se fera dans la discrétion, sans fleurs ni couronnes, merci.

Cloud

C’est aussi quelques articles récents qui me donnent l’occasion de revenir sur la seconde pirouette informatique dans laquelle le contribuable français (à hauteur de 15 millions d’euros) et européen (à hauteur de 25 millions d’euros) est encore une fois mouillé : Qwant, le moteur de recherche internet français, lancé en 2013 sur le principe d’une neutralité complète vis-à-vis des données de l’utilisateur que le moteur ne stocke pas.

Depuis 2013 cependant, outre des questions sur l’impact d’un tel moteur (dont les résultats ne sont pas toujours pertinents), d’autres se font jour sur la qualité des données renvoyées et leur étrange similarité avec celles de Bing (de Microsoft). D’autre part, et alors que les serveurs de Cloudwatt et de Numergy sont très désœuvrés tant les clients manquent, il semblerait que Qwant ait préféré ceux de Huawey (en Chine donc).

Récemment, on apprenait les efforts plus ou moins judicieux du gouvernement français derrière Emmanuel Macron afin de pousser le moteur de recherche alternatif dans les administrations françaises. Si vous trouvez que le discours ressemble furieusement à celui qui fut prononcé jadis par Sarkozy pour pousser un Cloud souverain, c’est normal : ce sont les mêmes ficelles, ce sont les mêmes idées générales et ce sont pour partie les mêmes bailleurs de fonds, les contribuables.

Depuis, une enquête détaillée et lisible sur NextInpact (ici et ) donne un petit aperçu du problème : manifestement, le moteur de recherche français n’est pas aussi révolutionnaire ni aussi bon que ce qu’on pouvait croire. Apparemment, investir quelques dizaines de millions d’euros 20 ans après Google (qui, pendant cette période, a investit par dizaines de milliards de dollars à l’année) ne permet pas de révolutionner le domaine (ou en tout cas, pas comme ça).

Au contraire de Numergy et Cloudwatt dont on se doute que la période des réjouissances financées par le contribuable touche maintenant à sa fin, on ne sait pas encore combien de temps la CDC et la BEI resteront dans cet investissement dont l’aspect lucratif échappe un peu à l’analyse pour le moment…

Heureusement, rassurez-vous : comme je le disais en introduction, la France a au moins cet incroyable talent de toujours savoir à quoi dépenser l’argent qu’elle emprunte goulûment sur les marchés pour endetter sa population et tabasser ses contribuables de taxes et d’impôts tous les jours plus créatifs.

Pendant que les robinets se ferment pour le Cloud Souverain, que le doute s’installe quant à la pose de sprinklers à pognon public pour Qwant, les robinets s’ouvrent en fanfare pour Salto.

Salto, ce n’est pas le mouvement gymnastique que le contribuable devra effectuer pour récupérer son argent (s’il se risque à ça, il lui sera vite rappelé par le fisc que salto rime avec lumbago), c’est le nom de cette nouvelle aventure télévisuelle croustillante que viennent de lancer les télévisions privées du capitalisme de connivence, TF1 et M6, avec les télévisions publiques de la dépense idéologique décontractée, FranceTélévisions.

Apparemment, les trois groupes veulent répondre de façon « ambitieuse » – eh oui, rien de moins – « aux nouvelles attentes du public » qui, apparemment, semblait extatique à l’idée d’enfin pouvoir regarder Joséphine Ange Gardien ou Louis La Brocante en streaming sur leur smartphone dans les transports en commun ou en soirée Chill et Plus Belle La Vie en binge watching. Car, vous l’avez compris, il s’agit cette fois, après la concurrence frontale avec Microsoft, Google, Amazon ou IBM, de rentrer dans le lard de Netflix.

Et donc encore une fois, une quantité assez rondelette d’argent public (au travers ici de FranceTélévisions) sera investie dans un projet qui vise essentiellement à fournir quelque chose qui existe déjà, en concurrence avec plusieurs plateformes déjà massivement implantées, développées directement par des sociétés qui existent depuis plus de 20 ans dans le domaine (1997 pour Netflix, 1994 pour Amazon) et qui ont acquis un savoir-faire redoutable.

Faire la même chose que d’autres, pas mieux voire moins bien, de la même façon ? Cela sent déjà la réussite cuisante et un départ sur des bases extrêmement solides.

Rassurez-vous : un échec dans de telles conditions initiales ne serait que probable. Grâce à la culture franco-française de l’administratosclérose, l’échec peut vaillament devenir certain puisqu’en épluchant les inévitables conditions règlementaires, légales et égalitaristes qui ont accompagné la création de ce Salto, on découvre que l’Autorité de la concurrence a consciencieusement cadenassé toute possibilité de rendre la nouvelle plateforme compétitive ou même vaguement intéressante pour le public français.

On goûtera notamment au fait que les chaînes ne pourront pas favoriser Salto avec des exclusivités de leur cru (parce que c’est comme ça et puis c’est tout), que la publicité pour Salto sur les trois groupes télévisuels sera fermement encadrée (ou sinon, la plateforme risque de se faire connaître), le contenu proposé ne pourra pas provenir à plus de 40% des chaînes actionnaires, le tout dans un budget annuel rikiki qui correspond probablement à ce que Netflix ou Amazon Prime brûlent en 1 semaine. Pour ce dernier point, on pourra s’en réjouir compte tenu qu’il sera vraisemblablement dépensé en pure perte et qu’il sera composé pour une bonne partie d’argent public : autant qu’il soit aussi petit que possible…

Après le « cloud à la française », le « moteur de recherche à la française », on a maintenant le « streaming à la française ». Dans les trois cas, de l’argent public a été investi. Dans les trois cas, on a choisi la concurrence frontale avec des boîtes multi-milliardaires solidement implantées et très largement leader de leur marché.

Forcément, ça va bien se terminer.

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[Redite] Le fluffy radioactif

Par h16

Billet initialement paru le 26 août 2009

Il y a dix ans (oui, dix) de cela, je me fendais d’un petit billet sur les risques sérieux qu’il y avait à restreindre l’accès à l’énergie nucléaire. En 10 ans, les choses ont peu changé. On voit, de temps en temps, des articles évoquer les problèmes récurrents (comme ici en 2014) d’approvisionnements en matériaux radio-actifs pour les demandes médicales, tant en France qu’ailleurs dans le monde. Avec l’hystérie écologique qui pousse à laisser tomber le nucléaire comme source d’énergie, couplée à la perte assez marquée de toute culture scientifique d’une part croissante de la population, la tendance ne s’est pas inversée…

J’avais déjà évoqué, lors d’un précédent billet, toute la puissance d’action du fluffy, c’est-à-dire le gentil écologiste extrémiste, cette personne cohérente qui souhaite de façon relax la mort de son prochain pour assurer, par exemple, une descendance nombreuse aux otaries, baleines et autres crustacés au détriment de sa voisine de palier dont il sait pertinemment qu’elle ne trie pas ses déchets, cette vieille radasse. Il m’arrive aussi de souligner l’incurie de l’état dans la gestion des affaires courantes, et sa propension assez incroyable à foirer lamentablement une planification, quinquennale ou pas. Aujourd’hui, nous allons pouvoir étudier les conséquences sur le long terme d’un esprit fluffy couplé à toute la puissance de l’inattention laxiste des états.

Or donc, tout commence il y a quelques années, alors que les Verts, Ecolos et autres environnementalistes deviennent très très conscients que nous, tous autant que nous sommes, polluons la planète comme des malades.

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que ceux-ci prennent les grands conglomérats industriels comme cible privilégiée, puisque ce qui se voit bien se dénonce facilement. Et des groupes pétroliers en passant par les chimistes et les industries lourdes, nos combattants de Gaïa ont toujours su trouver un groupe ou une multinationale sur qui taper.

L’Etat n’était pas en reste, tant pour taper que pour recevoir les coups.

Pour taper, l’Etat tape : la petite bruine de règlementations confuses eco-friendly s’est, progressivement, muée en pluie de taxes et impositions diverses, qui s’est elle-même transformée, ces dernières années, en un véritable déluge fiscal aux proportions bibliques dont, en France, la taxe carbone est le dernier avatar, ce qui va encore bien aider le pouvoir d’achat des Français.

Quant à recevoir les coups, entre le terrrrrrible complexe militaro-industriel et le nucléaire, les Verts de combat n’ont jamais manqué une occasion de dénoncer les bidouilles étatiques sur l’atome, qui polluent l’environnement et détraquent le temps, favorisent la prolifération d’armes de destruction massive, poussent les gens à la consommation irréfléchie d’électricité et les détournent des éoliennes, des panneaux solaires, des potagers macrobiotiques et des voitures à pédales.

De fil en aiguille s’est instauré un dogme en béton armé à la sarcophage du réacteur n°4 : le nucléaire, c’est mal, c’est même l’œuvre du diable en personne.

Petit à petit, les lobbys verts auront donc tout fait pour diaboliser le nucléaire et, de surcroît, pour en détourner l’état qui était, finalement, trop heureux de modifier l’allocation de ses dispendieux budgets vers d’autres technologies plus politiquement rentables. Au bilan, les installations (et surtout celles qui tripotent de l’uranium grade militaire) sont rapidement devenues vétustes et les budgets pour les entretenir ou en construire de nouvelles se sont bien vite dirigés dans d’autres domaine comme les campagnes de sensibilisation au pédalage durable (et festif) par exemple.

Un électeur n’ayant qu’un choix limité aux politiciens en présence, et ces politiciens s’occupant surtout du court terme, on comprend très bien que les planifications de long terme (on parle de plusieurs décennies, ici) n’intéresse finalement ni le politicien, ni l’électeur qui s’imagine qu’après tout, s’il s’emmerde à aller voter le dimanche, c’est bien pour que certains, de temps en temps, fassent un chouilla d’organisation à sa place.

Bref : tout le monde était fort content de cet état de fait.

Mais il y a un hic.

Une quantité non négligeable de l’uranium enrichi de grade militaire est utilisé non pour produire des bombes mais bien pour faire des isotopes spécifiques indispensables dans certaines technologies … médicales. Et l’uranium grade militaire, enrichi à 95%, qui sauve (indirectement, certes, mais tout de même) des vies par centaines de milliers, vous en aviez entendu parler ? Non ? C’est normal.

Ce n’est ni vert, ni fluffy.

Et après quelques dizaines d’années, on se retrouve donc dans la situation où on peut encore produire l’uranium enrichi, mais … pas les isotopes médicalement intéressants. Panique et mains moites.

Comme chacun sait que le nucléaire, c’est le diable en personne, et que le diable avec un haut-de-forme et un cigare, c’est le libéralisme, ça donne ceci dans Le Monde :

« Il faut trouver une meilleure articulation entre public et privé. Nous avons vécu pendant des années sur un modèle économique qui ne tient plus », souligne M. Dujardin. Aux deux bouts de la chaîne, des acteurs le plus souvent publics : l’hôpital et les réacteurs exploités sur fonds d’Etat. Entre les deux, des intermédiaires privés, dont certains cotés en Bourse, qui pouvaient espérer extraire 90 % de la valeur ajoutée de ce marché de 1 à 2 milliards de dollars par an. Lors de réunions internationales prévues en septembre, l’OCDE appellera ses membres à imaginer un autre système.

Eh oui les petits amis : le marché, c’est mal (parce que c’est mal) et il faut imaginer un autre système !

Reprenons :

  • ce sont des organismes militaires (donc étatiques) qui produisent l’uranium enrichi.
  • ce sont des institutions étatiques qui produisent le molybdène radioactif.
  • ce sont des institutions de droit public qui utilisent le molybdène ou son produit de réaction (le technétium) pour les besoins médicaux.

… mais il y a un problème avec le marché.

Parce que les intermédiaires privés se situent entre ceux qui produisent et ceux qui utilisent. Et ça, évidemment, c’est mal, parce qu’ils captent (ou pouvaient espérer capter, mais c’est pareil, hein) 90% de la valeur ajoutée du « marché ». Surtout, ne constatons pas que l’Etat a lamentablement failli à assurer la production d’un bien nécessaire à la population. Comme par exemple la nourriture en économie soviétique pendant que l’Ukraine était le grenier à blé de l’Europe ou le pétrole raffiné au Vénézuela parallèlement détenteur d’une des plus grosses réserves au monde… Bref, vous voyez le tableau.

Certes, des solutions alternatives existent partiellement, mais on ne voit pas non plus les politiciens se lancer dans leur organisation ou dans la gestion de la pénurie. Bref : le marché, absent de la production et de la consommation, n’a pas trouvé de solution, et il faut donc imaginer un autre système.

Je serai curieux de savoir ce que cet « autre système » va être.

Parce que, rappelons-le, il faut absolument qu’en plus de satisfaire aux exigences médicales (encore qu’après tout, sauver des humains, c’est un peu has been), le prochain système ne soit pas trop libéral, voire totalement collectiviste, ce qui sera un gage de réussite flamboyant comme – mettons – la sécurité sociale, et surtout, surtout, qu’il soit Eco-Friendly, Green-Compliant, EPA Certified et ISO 14001.

Avec ces quelques contraintes, gageons qu’un autre type d’isotopes est possible.

Et un bon conseil : ne tombez pas malade.

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Hidalgo a ruiné Paris

Par h16

En 2014, le programme du parti socialiste pour la mairie de Paris s’intitulait « Paris qui ose » et annonçait donc clairement la couleur : le mandat d’Anne Hidalgo serait placé sous le signe de l’audace, budgétaire notamment. Cinq ans plus tard, le constat est sans appel : la mairie a effectivement osé, l’audace fut au rendez-vous et Paris est en ruine.

C’est à la faveur d’une récente étude de l’IFRAP que les plus naïfs d’entre nous (dont, il semble, la presse francophone fait largement partie) découvriront l’ampleur des dégâts.

Pour ceux qui lisent ces colonnes en revanche, la surprise sera fort modérée.

D’une part, il est maintenant de notoriété publique que différents projets se sont soldés par des fiascos et des ratages mémorables, entraînant de lourdes pertes pour le contribuable parisien (est-il besoin de revenir en détail sur Autolib, Velib et les manifestations aussi festives que déficitaires que la mairie de Paris enchaîne dans un tourbillon de flonflons coûteux ?).

D’autre part, les choix culturels et sociétaux de cette même mairie amènent de façon visible et rapide la capitale française à découvrir des plaies qu’on croyait disparues depuis longtemps : poubelles pleines, insécurité galopante, rats grouillants et autres nuisibles, parasites divers et variés, la liste des problèmes que la mairie semble décidée à traiter par dessus la jambe continue de grossir à mesure que le temps passe.

Dans ce contexte, l’étude de l’IFRAP constitue surtout une confirmation de ce qu’on savait déjà, et permet de brosser un tableau complet là où chacun des points précédents ne constitue qu’une touche d’un désastreux ensemble plus vaste.

C’est ainsi qu’on prend la mesure de l’accroissement de la dette sous le mandat d’Anne Hidalgo. Si cette dernière s’évaluait à 507€ par habitant en 2001 pour atteindre 1636€ par habitant en 2013 (soit 94€ par habitant et par an sur cette période), elle atteint maintenant 2835€ par habitant en 2018, après avoir subi une augmentation annuelle de 239€ par habitant. Pas de doute : les boosters à dette ont été utilisés par l’équipe de la mairie de Paris qui n’ont donc lésiné sur aucune dépense…

Malheureusement, cet accroissement des dépenses et de la dette de la mairie de Paris, qui atteint maintenant la coquette somme de 5,7 milliards d’euros, ne se traduisent absolument pas en une capitale plus propre, plus facile à vivre pour les Parisiens, plus agréable à visiter pour les touristes et globalement plus sûre pour ceux qui y vivent ou y travaillent.

En fait, c’est même parfaitement l’inverse.

C’est l’explosion du nombre de chantiers, qui rendent la vie impossible aux piétons, cyclistes, motards, automobilistes, chauffeurs de bus et autres trottinetteurs métrosexuels. On compte ainsi plus de 7000 chantiers ouverts dans la capitale, et si une part d’entre eux sont des travaux de ravalement de façade ou d’autres dépendants de tiers, 3219 dépendent d’opérateurs de réseau (gaz, électricité, infrastructure de communication) et 643 relèvent de la Ville de Paris.

La lutte contre les nuisibles (notamment les rats) ne semble guère porter ses fruits : les riverains des parcs inondent internet de vidéos pas toujours amusantes où des groupes de rongeurs s’égayent joyeusement à la recherche de nourriture ; sur la promenade Barbès-Chapelle-Stalingrad, les rats grouillent.

Il faut dire que ces charmants mammifères sont largement aidés par d’autres qui produisent un nombre assez phénoménal de détritus alimentaires, et d’autres encore qui « oublient » de les ramasser : entre la diminution des effectifs affectés à la propreté, l’absentéisme qui mine les rangs des éboueurs et une gestion de plus en plus discutable des services, l’état sanitaire de la capitale française est catastrophique, au point que les touristes ne manquent pas de le remarquer

Quant à la sécurité, elle n’est plus qu’un vaste souvenir pour les habitants de certains quartiers maintenant à peu près laissés à l’abandon des forces publiques. Les camps de fortune, véritable cloaques à ciel ouvert pour lesquels tant la mairie de Paris que chacune des mairies d’arrondissement semblent complètement dépassés, recueillent aussi bien les immigrants que la pire des racailles, les zones où règnent des faunes interlopes qui profitent de méchants trottoirs trop étroits pour harceler les habitants ou pratiquer le trafic de drogues en toute impunité.

En quelques années, Paris est devenue une ville plus dangereuse qu’elle ne l’était avant : cambriolages en hausse fulgurante, hausse des vols, vols avec violence

Si l’on y ajoute les choix idéologiques de faire une guerre constante aux automobilistes (par exemple en fermant les voies sur berge, ce qui a provoqué une hausse de la pollution), force est de constater que ces 5,7 milliards d’euros de dette semblent s’être évaporés avant d’avoir irrigué les services compétents pour résoudre tous ces problèmes

Mais où est donc parti l’argent ?

C’est là que les travaux de l’IFRAP éclairent la situation : il apparaît que pour la seule année 2018, les dépenses de la Ville atteignent la coquette somme de 9,4 milliards d’euros, dont 7,8 milliards de dépenses de fonctionnement (en hausse de 35% depuis 2010). Or, les plus importants coûts de fonctionnement sont les charges du personnel ce qui est logique puisqu’en l’espace de 20 ans, le nombre d’agents employés par la ville est passé de 40.300 à 52.000, pendant que la population, elle, diminue depuis le début des années 2010, permettant à Paris de compter un agent pour 43 habitants. Par comparaison, Rome n’en compte qu’un pour 95 et Londres 1 pour 107. À ce constat effarant s’ajoute celui des primes, avantages et indemnités qui ont augmenté de 7% entre 2007 et 2015.

En somme, la mairie de Paris emploie beaucoup trop d’agents aux avantages trop importants et les indemnise de façon trop large, pendant que le service rendu diminue de façon affolante en quantité et en qualité.

De façon intéressante, l’étude de l’IFRAP estime qu’une partie de ces problèmes de gestion provient d’une dilution des compétences et des responsabilités dans le millefeuille administratif municipal, départemental, régional et national. On ne peut pas leur donner tort tant il est réputé que les guerres picrocholines agitent régulièrement ces différentes administrations pour savoir qui évitera avec le plus de brio de faire un travail pourtant de sa compétence.

La solution préconisée par le think-tank spécialisé sur la recherche et l’efficacité des politiques publiques est intéressante puisqu’elle consiste, in fine, à supprimer purement et simplement la mairie de Paris en s’inspirant de l’organisation territoriale du Grand Londres…

On le comprend, une telle révolution ne risque pas d’arriver, d’autant plus qu’approchent les élections municipales : compte-tenu de la brochettes de semi-habiles qui se présentent en face d’Anne Hidalgo, aussi pourri soit son bilan, il lui reste une chance non négligeable de reprendre la queue du Mickey pour refaire un tour gratuit. Autrement dit, Anne Hidalgo a ruiné Paris et va fort probablement continuer à le faire.

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L’insupportable ultra-libéralisme des supermarchés ouverts le dimanche sans caissière

Par h16

Il faut se faire une raison : la France fut jadis un beau pays, mais elle a été sauvagement jetée dans les bras du turbolibéralisme assoiffé du sang des travailleurs par tous ses dirigeants depuis 50 ans qui, tous, sans exception, se sont bruyamment réclamé de ce courant du Diable. Le bilan est désastreux puisqu’on ne compte plus tous les effets néfastes de cette liberté totale et cette absence de toutes lois et de tous règlements qui ont mis le pays dans le chaos le plus total.

Je veux pour preuve de cette tempête ultra-libérale la dernière abomination consumériste qui est en train de se mettre en place actuellement à Angers, dans l’un de ces temples modernes de la consommation échevelée sans freins ni lois : un supermarché Casino va prochainement ouvrir ses portes le dimanche après-midi, et, pire encore, les clients devront utiliser des caisses automatiques car aucun caissier ne sera en poste !

Oui. Vous avez bien lu : les clients devront eux-mêmes faire passer leurs achats devant les scanners pour obtenir leur total. C’est absolument horrible !

Ouvrir un supermarché le dimanche, mais c’est complètement inouï ! Cela veut dire que des gens seraient assez veules pour vouloir vendre des biens et des produits même le dimanche, pendant que d’autres seraient assez lâches pour accepter de les acheter ! La République, certes laïque et normalement pas du tout intéressée par les célébrations religieuses, n’en est pas moins très à cheval sur le repos hebdomadaire, surtout lorsqu’il tombe le dimanche et pas un autre jour.

Tout le monde sait que le dimanche, on se repose. On ne va pas à la boulangerie (le boulanger se repose). On ne peut pas aller à l’hôpital (qui est fermé). Les pompiers ne travaillent pas le dimanche. L’électricité n’est pas produite par des employés d’EDF et d’autres opérateurs qui sont de toute façon en repos. Les autoroutes n’acceptent pas de véhicules, les péages, incapables de fonctionner sans la moindre présence humaine, étant fermés. Quant à internet, les cinémas, les activités diverses de tourisme, les bars et les restaurants, ils se concentrent sur leur reprise du lundi après un dimanche à buller, c’est bien connu.

La France, le dimanche, est à l’arrêt total, c’est maintenant admis et cela justifie donc amplement les cris d’orfraie qu’on entend à chaque fois qu’un commerce (ou une chaîne de magasins) tente de façon beaucoup trop turbo-libérale d’ouvrir ce jour-là.

Dans ce contexte, ouvrir un supermarché le dimanche et demander aux clients de scanner eux-mêmes leurs achats relève du crime de lèse-vivrensemble, au moins. D’ailleurs, les petits sondages gluants effectués en marge de cet événement ne laissent aucun doute sur l’ampleur de l’outrage ressenti.

L’horreur est palpable et c’est d’autant plus insoutenable que moyennant l’un de ces saltos arrières carpés avec double pirouette élastique dont les têtards subventionnés de l’URSSAF sont coutumiers, on pourrait requalifier les clients de ce supermarché de travailleurs dissimulés de Casino, ceux-ci effectuant le travail des caissières en semaine. J’exagère ? Malheureusement, des affaires précédentes ne laissent guère de doute.

Ces constats effectués, il n’en reste pas moins vrai qu’encore une fois, le Français de base (celui qui vote « non » au sondage précédent, par exemple, ou le syndicaliste qui frémit de la moustache à l’idée qu’une telle pratique se développe sur le territoire) ne baigne guère dans la cohérence ni même l’intelligence minimum qui lui permettrait pourtant de voir son pays remonter une pente aussi glissante qu’aigue qui l’amène pour le moment droit vers le cloaque dans lequel barbote actuellement le Venezuela (notamment).

D’une part, il ne semble effleurer l’esprit de personne qu’un magasin ouvert le dimanche, même s’il n’a plus de caissières, n’en constitue pas moins une source de revenu pour tout un tas de salariés qui bénéficient directement de cette ouverture. Les produits ne se mettent pas en rayon tout seuls. Les livraisons ne sont pas automatiques. La surveillance nécessite toujours des présences humaines. Bref : les caissières ne sont pas là, mais tout ou partie de l’équipe habituelle sera bien là, et percevra un salaire pour ce travail.

On peut, comme les syndicaliste, imaginer que ces salariés, corvéables à merci et dont on a saboté le week-end avec cette méchante ouverture, sont donc exploités et misérables. Ou on peut se rappeler que le travail du dimanche apporte de nombreuses primes, que pas mal de personnes préfèrent travailler ce jour là et disposer d’un autre jour de la semaine pour leur repos, que souvent, le samedi et le dimanche constituent des jours de choix pour toute une classe de population qui doit aussi travailler, ailleurs, le reste de la semaine (à commencer par les étudiants) et qui trouve dans ces ouvertures un intéressant revenu d’appoint. Ces cas là, les syndicalistes n’en ont généralement rien à faire puisqu’ils représentent des populations qui sont assez faiblement syndiquées.

D’autre part, le dimanche travaillé, c’est exactement comme ces périodes où certains sont en vacances et d’autres travaillent pour les satisfaire. Très souvent, les tenanciers de camping sont en vacances pendant que leurs clients travaillent (et inversement). Lorsqu’on a 44% de Français qui ne partent pas en vacances en été, certains pour raisons financières, certains par choix assumés et non subis, expliquer qu’il est indécent d’ouvrir le dimanche revient à gifler près de la moitié d’une population.

En outre, on ne s’étonnera pas de l’incohérence complète de certains (CGT en tête) : d’un côté, ils s’offusquent que certains travaillent le dimanche – des caissières obligées de venir travailler ce jour-là, c’est autant d’enfants qui ne verront pas leur maman, c’est autant de maris esseulés, c’est autant de malheur dans les familles françaises, ma brave dame ! De l’autre, ces mêmes frisent l’apoplexie lorsque, finalement, les caissières pourront rester chez elles parce qu’on pourra se passer d’elles ce jour-là. Le mieux serait sans doute que ces dernières restent chez elles mais soient payées pour leur travail dominical qu’elles ne font pas : être payé pour un non-travail, c’est, en quelques mots, la synthèse parfaite des revendications permanentes de ces offusqués.

Évidemment, nos habiles incohérents emballeront leurs cris dans un argumentaire déjà rôdé : tout le monde sait que ces caisses automatiques vont créer du chômage, car tout le monde sait que plus il y a de robots, moins il y a d’humains, et plus l’emploi est en berne.

L’argument marche assez bien sur les Français moyens : repliés sur eux-même, sa presse a fait sur eux un excellent travail de cloisonnement en écartant toute réalité alternative en provenance du reste du monde. Rares sont ceux savent que la robotisation d’un pays lui permet de mieux salarier ses citoyens, et que le taux d’emploi est corrélé positivement avec le développement de la robotisation

Sauf à considérer les Français comme une masse d’idiots incapables de s’adapter, au contraire de leurs confrères allemands comme en témoignent les chiffres assez clairs ci-dessous, force est de constater que la numérisation et la robotisation des sociétés permettent de créer de la richesse, et de rémunérer davantage d’individus et non moins. Quant à l’évolution spécifique des caisses, tout indique que le personnel qui y est attaché ne disparaîtra pas avant un bon moment.

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Les énergies alternatives renouvelables : peu renouvelables et très alternatives.

Par h16

Lorsqu’on lit « énergies alternatives », on croit souvent qu’il s’agit d’énergies différentes aux énergies traditionnelles que sont les énergies fossiles ou nucléaires. Cependant, l’actualité vient une fois de plus prouver que « alternatif » est à prendre dans le même sens que pour « courant alternatif » : une fois c’est positif, une fois c’est négatif.

Et le 9 août dernier, ce fut plutôt négatif pour une partie de l’Angleterre, dont des quartiers de Londres, ont été plongés dans le noir vendredi en fin d’après-midi, en pleines heures de pointes, en raison d’une panne d’électricité qui a causé la pagaille dans les transports à l’heure de pointe, touchant environ 1 million de personnes. King’s Cross à Londres, l’une des gares les plus fréquentées de Grande-Bretagne, a dû être évacuée, provoquant une véritable marée humaine en surface, pendant que des milliers de navetteurs se sont retrouvés coincés dans des trains bloqués.

On pourrait, comme le fait la presse française avec un brio millimétré, détailler les zones géographiques touchées quitte à jeter un ou deux paragraphes sur le constat qu’une vie moderne sans électricité pose de sérieux soucis (sans blague !) : plus de trains, plus de métros, plus d’éclairage et plus de feux de signalisations, de gros soucis de communication, bref, une vie banale qui bascule instantanément dans un aperçu du Moyen-Âge, m’ame Michu, où va le monde, où va le monde…

On pourrait.

Ça ne mange pas de pain, et ça permet aussi d’éviter toute description précise de la nature exacte du problème survenu. Description et analyse qui, on va le voir, piqueraient un peu certaines rédactions et certains journalistes dont l’agenda politique est particulièrement difficile à cacher.

La panne, d’importance, est en effet survenue sur deux sites de production électrique : une centrale au gaz et un champ d’éoliennes. L’enquête pour déterminer précisément les raisons de l’ampleur même de la coupure est encore en cours, mais plusieurs sources confirment que la panne géante a été provoquée par l’arrêt inattendu du parc éolien offshore de Hornsea ainsi que celui de la centrale au gaz de Little Barford.

S’il semble étonnant que la perte de deux sources puisse provoquer une telle interruption – l’enquête déterminera peut-être tous les problèmes parallèles à ces deux sources principales qui ont accru le défaut initial, les Londoniens et plusieurs centaines de milliers d’autres Britanniques ont eu, au travers de cette expérience désagréable, un bel aperçu de ce qu’une extension générale des énergies alternatives veut dire pour la vie de tous les jours.

D’une part, cela permet de bien rappeler à tous que les fermes éoliennes, outre l’encombrement visuel et sonore qu’elles provoquent, leur durée de vie particulièrement faible (surtout lorsqu’elles sont offshore), ont toutes besoin, en parallèle, d’une source secondaire de production électrique, qui est généralement une centrale au gaz. Le vent ne soufflant pas toujours, et certainement pas de façon constante, la production électrique de ces champs éoliens est suffisamment erratique pour nécessiter le renfort systématique d’une autre source électrique.

Autrement dit, distribuer des éoliennes dans les campagnes, c’est ajouter des moulins disgracieux à la production aléatoire en plus de centrales traditionnelles et non en replacement d’icelles.

Les éoliennes, catastrophes écologiquesD’autre part, cela permet aussi de bien faire prendre conscience de l’importance d’un réseau électrique adapté aux besoins de la population, et des conséquences visibles lorsque ce n’est plus le cas. Or, s’il est certes coûteux d’adapter un réseau électrique aux demandes croissantes de la population et à l’augmentation démographique, ce n’est rien face à la complexité de faire le chemin inverse, à savoir adapter la population et ses demandes aux capacités effectives des réseaux de production. C’est pourtant exactement le trajet que les gouvernements tentent d’effectuer actuellement en poussant le crédo malthusien des écologistes politiques, en demandant à tous et chacun de limiter ses besoins et de réduire sa consommation en agonisant les populations de taxes et de vexations fiscales visant à les faire rentrer dans le bon chemin de la décroissance énergétique, en lieu et place des mécanismes naturels de marché et de fixation libre des prix de l’énergie qui permettent, en temps réel et sans distorsion, de tenir compte à la fois des capacités des producteurs et des besoins des acheteurs.

En outre, ce genre d’événements désagréables (et fort heureusement pour nos amis britanniques, de courte durée) permet de montrer à quel point l’actuelle centralisation de la production énergétique constitue un réel danger pour les économies modernes.

Cette centralisation ne doit pas grand chose au hasard.

Les économies d’échelles, imposées par les modèles techniques ou économiques des productions électriques, imposent souvent une production centralisée. Ce n’est pas le cas pour le nucléaire qui peut se satisfaire de réacteurs de petite taille, modulaires ; malheureusement et malgré un historique particulièrement favorable en matière de sécurité, le nucléaire a trop mauvaise presse pour qu’aucun gouvernement ne se lance dans cette aventure. Il en va de même avec les groupes électrogènes à base d’énergies fossiles, bien maîtrisés et faciles à gérer. Là encore, le travail de lobbying permanent et particulièrement bruyant de toute une frange d’écologistes a durablement enterré ces solutions pourtant efficaces et propres.

En revanche, les énergies dites renouvelables sont, par nature, fort « centralisables » (des milliers de petites éoliennes ne permettant pas de produire ce que de grands champs éoliens autorisent, typiquement) : centralisation des financements, centralisation de la production, et surtout centralisation du pouvoir qui l’accompagne, ce que tout gouvernement comprend fort bien lorsqu’à la faveur de troubles internes, le basculement d’un interrupteur suffit à calmer immédiatement toute une population…

Enfin, ce genre d’événements permet aussi de rappeler la fréquence de ces soucis liés aux énergies alternatives qui, finalement, ne fonctionnent pas trop bien et marquent le pas lorsque les conditions météo ne se plient pas aux désidératas humains.

Si, bien évidemment, ces « black outs » ne sont pas spécifiques des énergies alternatives mais plutôt la caractéristiques de réseaux centralisés, il n’en reste pas moins que l’introduction de sources d’énergies intermittentes, très sensibles aux conditions météorologiques, d’une durée de vie moindre et d’un coût de maintenance supérieure aux énergies traditionnelles ne va certainement pas améliorer la situation, comme en témoigne les exemples récents de pannes liées à des champs éoliens.

Mais apparemment, les populations et les gouvernements ont déjà décidé : les sources d’énergies dites « écologiques » vont continuer à se multiplier, moyennant un peu de propagande, de vœux pieux répétés comme des mantras et selon l’idée que, tous ensemble, si on y croit très fort et en dépit de toutes les règles physiques et économiques, ça va marcher…

La panne électrique de Londres de ce mois-ci montre en tout cas une chose claire : nous nous acheminons littéralement vers un retour aux heures les plus sombres de notre histoire.

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[Redite] Taxes par-ci, taxes par-là, échec partout.

Par h16

Billet initialement paru le 18/08/2017

En plein été 2017, l’arrivée au pouvoir de Macron qui laissait au début entrevoir un vent de renouveau, se traduisait très concrètement par une avalanche de taxes et de nouvelles interdictions, règlementations et vexations fiscales. Cette partie du peuple qui avait voté pour le frétillant quadragénaire devait se rendre à l’évidence que le changement ressemblait furieusement au socialisme du présiflan précédent.

Deux ans plus tard, le constat reste le même : les taxes continuent de s’abattre en pluie drue sur les Français qui, confrontés à une érosion de leur pouvoir d’achat, enfilent des Gilets jaunes et, remontés comme des coucous, se mettent à réclamer… plus de taxes (pour les autres) – ce qu’ils obtiennent (pour tout le monde)…

Eh oui : tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire mal.

En Socialie, il n’est pas un problème qu’une bonne non-solution ne saurait résoudre. En Macronie, c’est globalement la même chose, le panache communicationnel en plus : devant un problème donné, on continuera à employer les mêmes procédés foireux avec une obstination qui confine à la psychiatrie lourde mais au moins le fera-t-on avec la fougue et l’entrain que la jeunesse permet. Et en Macronie en particulier comme en Socialie en général, une vraie bonne non-solution à tous les problèmes, c’est une bonne taxe, pardi !

Le cas du paquet neutre est tout à fait symptomatique. Mesure constructiviste typique basée sur la remise en question d’un comportement réprouvé (fumer des cigarettes) non par la morale mais bien pour des raisons de coûts dans la santé collectivisée, l’idée consiste à faire croire qu’en enlevant sur les paquets de cigarette la spécificité des logos et autres emballages colorés, on parviendrait à réduire la vente des tiges à cancer.

Bien évidemment, plutôt que faire des paquets réellement neutres (i.e. blancs), il a rapidement été question d’introduire des images dépeignant les désagréments encourus suite à l’abus de cigarette, espérant ainsi dégoûter le consommateur devant les photos plus ou moins abominables de tumeurs et autres joyeusetés que l’addiction au tabac entraînerait. Malheureusement et comme prévu, six mois après l’introduction de ces paquets pas neutres du tout, le constat est particulièrement peu encourageant puisque les ventes ne se sont pas effondrées.

Elles n’ont même pas réellement diminué. Du reste, notons la polémique typiquement aoûtienne qui entoure les chiffres puisque si RTL affirme que depuis le premier janvier dernier, la consommation de cigarettes a augmenté, pour d’autres médias, elle n’a simplement pas bougé.

Une chose est sûre : comme en Australie où la mesure est en place depuis plusieurs années, on constate le même non-événement, à savoir l’absence d’effet sur la consommation. L’argument majeur qui avait donc présidé à la mise en place de ce paquet à photo gore est donc, comme on pouvait s’en douter, complètement bidon. On peine de la même façon à justifier la mesure avec l’autre argument habituellement utilisé (enlever l’envie aux enfants d’acheter leur premier paquet de cigarette) dont la portée n’a toujours pas été vérifiée et qui nécessite, de l’avis de ses promoteurs, une bonne grosse génération de 25 ans pour pouvoir être observé.

Avec cet échec, la diminution de la tabacomanie sera-t-elle remise à plus tard ? En Macronie, que nenni !

Devant le problème « cigarette », il suffit d’une solution simple : une bonne grosse taxe amenant le paquet à 10€.

Tant pis si le problème est surtout lié au coût pour les finances publiques de la santé collectivisée. Tant pis si l’augmentation du prix précipite les consommateurs sur le marché noir et les délinquants sur le sentier cossu de la contrebande. Tant pis si le reste des pays européens permet de s’approvisionner facilement en paquets à prix cassés. Tant pis si cette solution crée de nouveaux problèmes : cela va marcher, parce qu’elle a déjà été utilisée maintes et maintes fois avec succès.

D’ailleurs, puisqu’on parle de taxes, comment ne pas évoquer cette nouvelle taxe exceptionnelle sur les grandes entreprises que le gouvernement envisage de créer pour résoudre un enquiquinant problème de trésorerie ?

Le problème est d’autant plus enquiquinant qu’il est directement issu d’un récent jugement de la Cour de justice de l’Union européenne. Cette dernière, saisie par l’Association française des entreprises privées et une vingtaine de grands groupes, a en effet jugé que la taxe à 3% sur les dividendes des grandes entreprises, mise en place par la fine équipe du président Hollande, revenait bien à une double imposition des grandes sociétés multinationales et qu’elle contrevenait donc à l’article 4 de la directive européenne sur les sociétés mères et leurs filiales.

Or, cette juteuse (mais illégale) ponction fiscale rapportait 2 milliards d’euros par an. Retoqué, l’Etat français va donc devoir trouver, rapidement, de quoi remplir son budget puisque tout le monde sait qu’il lui est absolument impossible de réduire ses dépenses à hauteur de ses ponctions illégales ; son obésité morbide ne sera pas combattue, pas plus en Macronie qu’en Socialie hollandesque, je vous rassure.

Et qui mieux que ceux qui se faisaient taxer illégalement pour abonder à nouveau au tonneau des Danaïdes ? Puisqu’on ne peut pas vous taxer le fondement par vos dividendes, on va le faire via la contribution sociale de solidarité des sociétés, pardi ! Et tant pis si la légalité de cette magnifique opération de taxe temporaire (forcément temporaire) « Sois Solidaire Et Tais Toi » ressemble à s’y méprendre à la légalité de la précédente opération « Par Ici La Bonne Taxe Sur Les Dividendes » : on a gagné trois ou quatre nouvelles années.

Ce petit tour de passe-passe, parfaitement inique et qui évite, encore une fois, toute remise en question au niveau de l’Etat et de ses sicaires fiscaux, permettra évidemment de résoudre le problème budgétaire en tabassant derechef ceux qui se faisaient tabasser : histoire de varier, le fisc frappera sur la joue droite après la joue gauche. Subtil.

Bien évidemment, la réussite flamboyante d’une telle mesure (en terme d’emplois, en terme d’incitation entrepreneuriale, et même en terme de rentrées fiscales – un comble) est à prévoir.

Enfin, il serait dommage de clore le sujet des taxes rigolotes et si singulièrement efficaces sans évoquer un nouveau cas particulier de taxe individuelle tout à fait pertinente et judicieuse.

L’histoire a été éventée par l’Est Républicain qui relate dans une récente édition la délicieuse aventure taxatoire vécue par Francisco Castano. Ce dernier, qui avait installé une petite serre artisanale de 6 m² (quelques planches et quelques pièces de film plastique) au dessus des dix pieds de tomates plantés dans son jardin, a eu l’idée réellement lumineuse (et, reconnaissons-le, remarquablement honnête et citoyenne) de déclarer cette serre à sa municipalité. Municipalité qui s’est empressée de taxer l’impétrant : 168 euros seront à payer, dont 126 pour la part communale et 42 pour la part départementale, soit 28 euros du mètre carré de serre artisanale, ou presque 17 euros par plant de tomates.

Même en admettant une vigoureuse production de plusieurs kilos de tomates, notre contribuable aura bien du mal à rentabiliser ses salades estivales, bios ou non.

Cette mésaventure, qui a pas mal tourné sur les réseaux sociaux, illustre à merveille toute la logique étatique et l’aptitude de l’administration de ne surtout pas s’adapter aux cas concrets qui lui sont fournis, écrasant ainsi les citoyens et les entreprises, petites ou grandes, dans le même égalitarisme fiscal aux résultats collatéraux toujours plus amusants.

Ainsi, il est peu probable que cet épisode favorise l’honnêteté future des citoyens. Ceux qui auraient eu des velléités de déclarations savent à présent qu’ils seront, eux aussi, sauvagement taxés, sans la moindre marge de manœuvre. Les rentrées fiscales correspondantes disparaîtront donc petit à petit.

Ainsi, il est peu probable même que ces citoyens se tracassent à construire quoi que ce soit de visible qui pourrait attirer l’oeil des voisins (la dénonciation fiscale étant un sport national couru) ou du fisc. Les achats et investissements correspondants disparaîtront donc petit à petit.

Ainsi, il est même possible que ceux qui voulaient se lancer dans le potager y réfléchiront à deux fois, notamment si l’on doit rajouter les taxes et contrôles sur la récupération de l’eau de pluie et autres misères potentielles que l’administration fiscale ne manquera pas de trouver. Potager qui pouvait entraîner commerce et socialisation avec les voisins, voire déclencher des vocations ou des économies sur le budget familial. Tout ceci disparaîtra là encore petit à petit.

En somme, les gens honnêtes sont invités à ne plus rien faire, ou à verser dans l’illégal ou cette zone grise loin des doigts prédateurs de Bercy.

Pas de doute, ces taxes, comme solution à tous les problèmes, c’est une excellente idée, un magnifique projet de société, et un avenir évidemment florissant qui se profile à l’horizon !

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Zapata contre Greta

Par h16

Ainsi donc, de nos jours, pour sauver la Terre, son climat, les ours polaires et leur banquise, il faut absolument revoir tous nos moyens de transports. C’est ce que tente de nous prouver l’extraordinaire Greta Thunberg qui n’en finit plus de défrayer une chronique pantelante de désir pour elle.

Joignant le geste à la parole, il s’avère en effet que la gamine a décidé de se rendre à New-York depuis l’Europe en employant le moyen le plus idoine pour cela, à savoir l’avion pardon le bateau : pour celle qui ne mange qu’en train ses bananes suédoises et ses collations sous blister plastique, il est absolument indispensable de montrer l’exemple d’un déplacement éco-responsable.

Et quoi de mieux qu’un bateau « zéro-carbone » pour cela ?

Bien sûr, par « zéro-carbone », on entend ici que le bateau ne devrait normalement et si tout se passe bien, qu’il ne fait pas trop moche et que les conditions climatiques le permettent, pas produire de CO2. Pour le reste, ce bateau est en acier (énergivore à produire) et en fibres de carbone, comprenant de nombreuses parties en plastique, disposant malgré tout d’un moteur diesel et de panneaux photovoltaïques dont les terres rares, provenant de Chine, ont été extraites avec des procédés pas particulièrement eco-friendly. Il sera barré en toute simplicité par un membre de la famille princière de Monaco, Pierre Casiraghi, vice-président du Yacht Club de Monaco, régulièrement sponsorisé par BMW (les voitures à mazout allemandes).

Manifestement, devenir une égérie écofondamentaliste permet d’intéressantes expériences qui donneront aux classes laborieuses un aperçu alléchant des perspectives futures où le tourisme et les affaires se noueront évidemment à coup de yachts rutilants reliant les plus grands ports du monde en seulement quelques semaines (contre de longues heures d’avion polluant actuellement). Les prochaines décennies vendent déjà du rêve !

En tout cas, force est de constater que la presse est déjà toute acquise à la cause de Greta et qu’aucune dépense ne sera épargnée, surtout pas énergétique, notamment de la part de toute la jet-set qui n’hésite d’ailleurs pas à montrer sa bonne conscience environnementale en allant jusqu’au Google Camp organisé cette année en Sicile, quitte à cramer un peu de kérosène dans les 114 jets privés nécessaires à ses déplacements, ainsi que les milliers de litres de fioul que ses yachts brûleront.

Gageons du reste que le déplacement de la mineure suédoise dans un bateau monégasque ne posera pas plus de soucis aux administrations pourtant soucieuses du bien-être des enfants et très pointilleuses des visas, autorisations et des réglementations encadrant bien tous les déplacements des citoyens européens, tout comme ces mêmes administrations ne verront aucun problème à ce que des bateaux à moteurs s’approchent de l’île de Panarea, proche du happening de Google, pourtant interdite à ces embarcations.

Il est d’ailleurs particulièrement piquant de comparer d’un côté les réactions de cette presse, de ces administrations et des internautes en général à ces différents éléments (Greta en bateau, les célébrités en jet, Google sur une île) avec, de l’autre côté, les réactions de la même presse, des administrations et des internautes face à l’aventure humaine d’un certain Franky Zapata.

Zapata, c’est un peu le petit caillou dans le Louboutin de ces célébrités, le morceau de viande dans le repas végan de Greta ou le grain de sable dans les beaux engrenages des bureaucraties administratives françaises puisque notre homme, entrepreneur autodidacte, enchaîne les inventions et refuse de lâcher l’affaire malgré les adversités que ne manquent pas d’accumuler un nombre croissant d’individus et d’institutions sur son parcours.

L’entrepreneur obstiné a ainsi inventé une sorte de plateforme légère à turbine permettant à un homme de voler de façon autonome à plus de 190 km/h pendant une dizaine de minutes. Afin de prouver l’efficacité de son invention, il a ainsi tenté de traverser la manche il y a quelques jours. Grâce à l’indispensable intervention de la préfecture maritime française délivrant un avis défavorable à l’opération, le premier essais fut un échec. Le second fut heureusement couronné de succès, permettant ainsi de renouveler l’exploit de Louis Blériot, 110 ans après lui, avec un nouveau type de transport.

La parallèle de cet exploit, dont on peut voir quelques images prises depuis un hélicoptère, avec le déplacement nautique tout en mobilité douce de Greta, elle aussi filmée par une caméra de télévision à bord, est intéressant en ce qu’il montre la façon dont l’humain peut se comporter face aux éléments et, à son tour, la façon dont ce comportement sera ou non valorisé par ceux qui regardent, autour.

Difficile de ne pas voir l’adversité combattue par l’un et les tapis rouges déroulés pour l’autre. Difficile de ne pas voir que l’un risque effectivement sa vie pour ses idées (aussi farfelues soient-elles), là où l’autre risque, tout au plus, l’argent des autres pour les siennes. Difficile de ne pas noter que le premier n’engage que lui-même et ceux qui le veulent, de leur plein gré, dans ses aventures risquées, là où la seconde entend ouvertement contraindre les autres à suivre ses préceptes (aussi farfelus soient-ils). Impossible de ne pas voir que l’un tente de repousser les limites de ce qu’il est possible de faire ou d’imaginer, tandis que l’autre s’ingénie à rapprocher dangereusement nos limites de niveaux moyenâgeux.

Et surtout, en terme de message, le premier réveille en chacun le désir d’aventures et d’expériences nouvelles là où la seconde entend bien éteindre toute velléité de courir le monde et favoriser un indispensable repli sur soi nécessaire à une mort aussi silencieuse et ennuyeuse que possible.

Il est dès lors extrêmement éclairant que le premier soit régulièrement la cible des moqueries ou des reproches de tous ceux qui entendent comptabiliser, au gramme près, les émissions de CO2, les pollutions, les risques et les impacts potentiels ou fantasmés de cette insupportable aventure, pendant que la seconde est encensée par tout ce que la presse, les politiciens et les internautes comptent de fiers défenseurs d’une cause pourtant complètement déprimante et foncièrement ancrée dans un malthusianisme et un collectivisme qui ont tous les deux amplement démontrés leur nocivité.

Le contraste entre Franky et Greta, c’est le contraste entre deux mondes diamétralement opposés. Le premier est celui qui a propulsé l’Homme sur la Lune, lui a ouvert l’air et l’espace et lui apporte, quotidiennement par ses inventions, la prospérité, une hygiène et une qualité de vie inouïe pour une part maintenant très majoritaire de la population dans le monde.

Le second, c’est celui qui pousse les politiciens à des décisions tous les jours plus idiotes, qui impose à chacun un repli sur lui-même, un abandon en rase campagne bio écoconsciente de ce qui fit sortir tant d’individus de leur misère quitte, d’ailleurs, à les y replonger pour toujours. C’est aussi ce monde qui permet aux riches hypocrites de barricader leurs privilèges dans un capitalisme de connivence bien appliqué sous les applaudissements des peuples manipulés croyant bien faire.

En France, la presse, les politiciens et une grosse partie de la population adulent ce second monde de Greta. Souhaitons donc avec plus de Franky que le premier monde ne jette pas l’éponge ou sinon, ce pays est foutu.

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Harcèlement de rue : un an après la loi, un bilan médiocre peu surprenant

Par h16

On s’en rappelle avec une émotion qui noue la gorge et embue les yeux ; c’était il y a un an : le féminisme de combat de Marlène Schiappa marquait enfin d’une pierre blanche une victoire décisive sur l’adversité et le monde méchant qui en veut à toutes les femmes en faisant adopter la loi contre « Le Harcèlement De Rue ». La France, propulsée dans une nouvelle dimension de citoyenneté duveteuse, avançait enfin dans la lumière.

Un an plus tard, c’est le moment idéal de dresser un petit bilan histoire de bien montrer à quel point nos secrétaires, nos armoires, nos guéridons et nos potiches d’État sont indispensables à la sécurité de nos compatriotes. Cela tombe bien, toute la presse frémit pour nous transmettre cette information capitale : plus de 700 contraventions ont été dressées.

Malgré tout, s’il est vrai qu’il est toujours plus simple de dresser des contraventions que des individus à ne pas se comporter comme de parfaits crevards, et malgré le tour fanfaron donné par la presse et le gouvernement à ce bilan, force est de constater qu’un peu plus de 700 contraventions pour ce fléau moderne des cités françaises, cela fait franchement médiocre.

Pourtant, tout avait commencé sous les meilleures auspices : une secrétaire d’État au taquet, qui avait poli son texte de loi en le frottant aux plus abrasives des intelligences, une volonté claire et affichée par tout l’appareil d’État, un soutien inconditionnel de toute la classe jacassante véritablement au garde-à-vous pour bouter le sexisme, le fascisme, le libéralisme et les trottoirs trop étroits hors de France, une loi ciselée, une applicabilité sans faille grâce à une administration policière redoutable d’efficacité doublée d’une Justice irréprochable, vraiment toutes les bonnes fées s’étaient penchées sur cette œuvre schiappatesque.

Manque de bol, la meilleure volonté du monde se heurte parfois au monde moderne, âpre, et à la réalité physique, intransigeante : outre une absence scandaleuse de volonté de la part des pouvoirs publics d’élargir les trottoirs, il faut reconnaître que 713 procès verbaux (soit pas tout à fait 2 par jour), cela semble intuitivement très, très, très en-dessous de la réalité tangible du Harcèlement De Rue ou, pour le dire en français courant, du nombre de tentatives de dragues lourdingues voire d’agressions sexuelles que certaines doivent subir tous les jours dans leurs quartiers animés. Manifestement, choper de l’impétrant en plein outrage sexiste n’est pas aussi simple que ce que Marlène laissait croire lorsqu’elle besognait sa loi entre deux grommellements guturaux.

Cet écart à la réalité n’a pas manqué d’être noté par les associations de féministes qui se sont donc fendues de grosses réserves suite à la publication des chiffres officiels. Pas étonnant : on leur avait vendu un outil enfin efficace pour faire taire les harceleurs, stopper les gestes déplacés et en finir avec les attitudes scandaleuses, on se retrouve avec un bricolage administratif approximatif dont l’impact est… nul. Tout porte à croire en effet que les auteurs de ces outrages et de ces harcèlements se débrouillent pour opérer loin de la police, ou, au moins, lorsqu’elle n’est pas là.

Il faut dire qu’à côté du monde fantasmé par la loi, où le harcelé peut déposer plainte aisément contre son harceleur, et dans lequel ce dernier est facilement condamnable, le monde réel n’offre aucune facilité aux victimes.

Ainsi, bien que les lieux où ces harcèlements se pratiquent de façon industrielle soient connus de tous, on n’y voit que très rarement des forces de l’ordre. Force de l’ordre qui ont de toute façon reçu des consignes claires de ne surtout pas aller « provoquer des incidents » (lire « faire leur travail ») dans ces quartiers, la situation étant déjà tendue et la République ayant d’autres chats (généralement automobiles et solvables) à fouetter. Ce serait tout de même idiot de risquer une bordée d’insultes finissant en « phobes » et une flambée dans certaines banlieue en tentant d’y faire respecter l’ordre et le calme alors qu’aller brigander de la classe moyenne sur les routes du pays est nettement plus lucratif et foutrement moins dangereux.

Ainsi, il est réputé particulièrement complexe de trouver des témoignages solides et concordants pour confondre les perpétrateurs. S’ajoute à cette difficulté le naturel besoin de la Justice de ne surtout pas stigmatiser les mauvaises personnes (« les hommes non blancs », selon Elsa Cardona ou Anaïs Bourdet), qui, bien que défavorablement connues des forces de l’ordre, ont toujours eu pour elles d’être en porte-à-faux avec la société méchante qui les martyrise ou – mode du moment – sont parfois aussi déséquilibrés que le climat.

Bref, derrière les 713 condamnations, on comprend surtout que, comme prévu, la loi Schiappa se traduit par un flop mou dont on peut parier, les prochaines années, qu’on n’en entendra plus parler. La loi perdurera, avec la myriade de ces autres lois de circonstances pondues à la va-vite pour répondre par l’émotion législative à une émotion sociétale, le tout en ayant consciencieusement écarté non seulement toute analyse réelle du problème, mais aussi toute solution opérationnelle efficace.

Pourtant, ni cette analyse, ni les solutions ne sont complexes à évoquer.

Pour l’analyse, est-il réellement nécessaire de revenir sur le manque total d’éducation et de tenue des individus qui s’adonnent à ces pratiques ? Est-il utile de détailler l’abandon complet de toute autorité, depuis les parents jusqu’aux administrations en passant par la Justice et les médias qui se relaient depuis 40 ans pour broder des tissus d’excuses à ces attitudes insupportables et à toutes les autres, y compris les plus criminelles ? Est-il vraiment nécessaire d’expliquer que ces attitudes de voyous et de prédateurs frustrés ne sont que le résultat de 40 ans de laxisme qu’on a fait passer, avec la décontraction caractéristique des hypocrites manipulateurs, pour une lutte contre le racisme, la xénophobie ou toute autre niaiserie sociétale destinée à camoufler le problème ?

Quant aux solutions, en plus de celles connues (ne serait-ce que par contraposée de l’analyse précédente) et des évidents efforts en matière d’éducation et d’intransigeance de toutes les sphères concernées, tant privées que publiques, notons tout de même que les individus autonomes restent encore une fois les mieux placés pour résoudre le problème, bien avant l’État, ce véritable serpent obèse (très encombrant, une gueule immense toujours ouverte et affamée mais jamais de bras) : on peut signaler une solution comme Handsaway, proposée par une association loi 1901, pour signaler et localiser une agression avec son smartphone ce qui permet aux inscrits (40.000 à ce jour) proches du lieu de l’agression d’intervenir, de témoigner ou d’apporter son soutien à la victime.

Néanmoins, ne nous leurrons pas : les citoyens français ont été châtrés de toute possibilité de légitime défense, consciencieusement honnie dans le pays, et de toute idée de Justice, constamment tordue et bafouée par des principes moraux dévoyés. N’en déplaise à Schiappa, tant que ces problèmes n’ont pas été résolus, les harceleurs et autres gouapes auront de beaux jours devant eux.

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La France Clochemerle

Par h16

L’avantage de la période estivale est qu’elle donne l’occasion à beaucoup de Français de faire des expériences dont ils n’ont pas l’habitude, à commencer par faire découvrir aux urbains les joies de la campagne. L’inconvénient de la période estivale est qu’elle donne aussi l’occasion à beaucoup de Français de la campagne de découvrir certains Français décidément urbains…

Et d’années en années, les faits divers et les petites histoires dont les journalistes sont friands s’accumulent, montrant de façon de plus en plus claire le décalage croissant entre cette France de la campagne et cette France de la ville.

C’est ainsi qu’on découvrait, il y a quelques années de cela, la consternante histoire d’un couple de Grignols en Dordogne qui fut condamné par la Cour de cassation à reboucher la mare qui leur appartient. En cause : le bruit, insupportable pour les oreilles sensibles des voisins fraîchement installés, des grenouilles qui y avaient élu domicile. L’affaire aurait seulement baigné dans le parfaitement grotesque si elle n’avait pris en plus un tour parfaitement ubuesque lorsqu’on découvre dans le même temps que le Code de l’environnement interdit de toucher à cette mare qui abrite des espèces protégées, garantissant ainsi que le couple serait condamné d’une façon ou d’une autre, et plutôt deux fois qu’une.

Condamnable s’ils bouchent, condamnable s’ils ne la bouchent pas : gageons que l’administration française, ses codes, ses juges et son intelligence hors pair sauront venir à bout de ce petit dilemme quitte à ruiner ce couple qui fera un coupable d’autant plus facile qu’il est solvable.

Rassurez-vous ! Depuis cette affaire de 2017, de l’eau a coulé sous les ponts et la situation, déjà bien pourrie à l’époque, s’est largement détériorée : ce genre d’affaires idiotes, qui n’apparaissait qu’une fois l’an à l’approche des périodes de vacances, est devenu maintenant routinier puisqu’on trouve sans mal, dans les journaux locaux puis dans la presse nationale, de nombreux exemples de ces réclamations et autres dépôts de plaintes pour des raisons de plus en plus farfelues.

Que voulez-vous : le confort de la ville peine à atteindre la campagne et il semble nécessaire, pour les Français des villes, de bien faire comprendre à leurs bouseux compatriotes un peu attardés des campagnes profondes qu’il va devenir nécessaire de hausser quelque peu les standards locaux s’ils veulent continuer à bénéficier de leurs visites et de leur tourisme.

C’est donc ainsi que se multiplient les plaintes contre les inconvénients pourtant ancestraux de la campagne. En effet, Homobobo Festivus ne supporte vraiment pas les cloches des vaches ou de ces clochers ridicules qui tintinnabulent de façon insolente aux petites heures du matin, ni les cocoricos éraillés de volailles bruyantes, ni le crincrin lancinant de ces cigales encombrantes qu’on entend partout (zut et flûte, l’armageddon des insectes n’a pas eu lieu !), ni les déjections d’abeilles (oui, vous avez bien lu), ni les bruits mécaniques assourdissants de moissonneuses qui pourraient fort bien passer plus tard ou un autre jour, merde à la fin.

L’avalanche de plaintes idiotes et de comportements crétins des néoruraux est telle que certains maires doivent prendre des précautions à l’arrivée de ces touristes qui croient un peu trop que leurs états d’âmes sont légitimes, et imaginent sans doute qu’on peut régler ces problèmes comme des soucis de bougies parfumées dans un appartement AirBnB pas exactement conforme aux photos sur le site…

On pourrait croire que ces plaintes tiennent d’un simple malentendu de la part de certains individus pas au fait des us et coutumes des campagnes. Il n’en est rien : c’est bel et bien une véritable lame de fond qui s’empare des campagnes françaises qui voient se multiplier ces comportements. La vie à la ville, devenue progressivement inabordable pour un nombre croissant d’urbains, les pousse à aller voir en campagne s’ils y trouveraient leur bonheur.

L’écologie de bazar, vendue de façon permanente dans tous les médias, qui dépeint une campagne quasi-idyllique et définitivement moins polluée que la ville, plus douce et généreuse que le béton, l’acier et l’asphalte citadins, a fini par prendre racine dans les esprits simplistes de ces populations qui y croient maintenant dur comme fer : tout le monde sait que les campagnes sont plus propres, moins bruyantes et plus douces que la ville, voyons !

Dès lors et à mesure que les conflits (et la consternation) s’empilent, il ne faut pas s’étonner qu’en plus des malheurs des campagnards devant gérer leurs semi-débiles incapables de s’adapter aux conditions spécifiques de la campagne, on doive à présent se taper l’inévitable intervention politique. Et c’est Pierre Morel – un récidiviste de ces colonnes qui s’était déjà illustré dans une affaire de pneus neige – qui s’y colle avec brio puisqu’il entend créer des commissions départementales (la commission étant, comme chacun sait, l’alpha et l’oméga de la décision politique en France) chargées de déterminer les bruits et les odeurs qui font partie prenante de la vie locale, ce qui permettrait d’éteindre rapidement toutes les velléités pour les néoruraux un peu bas du front d’ester en justice.

Il va de soi que la proposition est aussi peu opérationnelle (imaginez des Commissions statuant sur le degré de puanteur acceptable pour un purin ou un lisier campagnard traditionnel, pour rire) qu’intelligente tant le problème ne se situe pas au niveau de la loi mais de l’inadaptation de certains à la vie qu’ils se sont choisie et que ce genre de problèmes ne peut jamais se corriger à coup de circulaires ou de décrets.

Cependant, reconnaissons à notre député qu’il a su se placer dans une tendance lourde du moment puisque la République toute entière est bien lancée en terme de lutte contre les nuisances qui grattent, qui irritent, qui froissent et qui turlupinent : pendant que Pierre le député partira en campagne pour catégoriser bruits et odeurs légitimes, l’administration s’ingéniera quant à elle à installer des radars anti-bruits d’abord dans les Yvelines puis un peu partout, pour en finir une bonne fois pour toutes avec les méchants moteurs qui pétaradent insolemment.

Et ainsi, pendant que la France – Clochemerle partira une nouvelle fois dans ses batailles picrocholines, au moins les Français (de la campagne et de la ville) ne s’occuperont pas trop de la croissance globale du pays en berne ou des renoncements lamentables de nos ministres à tenter la moindre réduction de périmètre d’un État pourtant obèse morbide.

À l’inverse de la crise des Gilets Jaunes où la France campagnarde devait aller à la rencontre de la France de la ville pour lui crier son ras-le-bol de ses taxes, contraintes et interdictions qu’elle entendait lui imposer, c’est maintenant la France de la ville qui va à la rencontre de celle de la campagne et, comme par hasard, qui entend à nouveau lui imposer d’autres règles, contraintes et interdictions.

Le dialogue s’annonce déjà aussi intelligent que fructueux, et si délicieusement adapté aux réalités de terrains qu’on ne doute pas que les uns et les autres finissent par trouver un magnifique terrain d’entente : manifestement, le futur est plein d’avenir et de nouvelles lois indispensables, qui tenteront peut-être de compenser l’ardeur des uns à empiéter sur les platebandes des autres là où le savoir-vivre, un minimum de culture, de bon sens et une dose maintenant massive de coups de pieds au cul auraient résolu les problèmes.

Pas de doute : au vu de la tournure des choses, il semble évident que tout ceci va très bien se terminer.

Certaines fins ne sont pas heureuses... (Not everything can end well)

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[Redite] Collectivisation des soins : le pire est à venir

Par h16

Article initialement paru le 31.08.2018

Il y a un an, je dressais une nouvelle fois le constat bien triste d’une santé française en déliquescence avancée, loin des poncifs où ce système serait la panacée vantée de par le Monde et que le reste des nations nous envieraient jalousement.

Un an plus tard et bien malheureusement comme prévu, la situation s’est encore largement dégradée : la situation dans les EHPAD est toujours aussi mauvaise et elle s’ajoute à la crise maintenant endémique des urgences, avec un système hospitalier à bout de souffle dans lequel il n’est plus invraisemblable de rester cinq jours prostré sur un brancard.

La collectivisation d’un système, quel qu’il soit, aboutit toujours à la création d’une unique production : celle de pénuries diverses, de place, de biens, de services, de résultats et surtout de temps.

La France des queues, des bouchons et des retards n’a pas fini de faire parler d’elle…

S’il est commun de passer ses vacances à l’étranger, il l’est moins qu’elles tournent au vinaigre. Et lorsque cela arrive, qu’on est Français et qu’on a un pépin de santé, on peut heureusement se reposer sur un système de soins que le monde entier se garde bien de copier. Et ce qui était un pépin se transforme alors en catastrophe.

Aujourd’hui, je vous propose un témoignage qui est d’autant plus triste qu’il est banal : l’histoire d’un homme de 78 ans qui passe des vacances à l’étranger. On ne saura jamais si c’est le stress du retour en avion et la joie pourtant feutrée des contrôles inutiles de sécurité à l’aéroport, la chaleur, la déshydratation peut-être conséquente à l’absence de messages officiels répétés de boire des litres, quoi qu’il en soit, notre homme fait un AVC la veille de son retour.

Grâce à la réactivité d’Europ-Assistance (qui n’est pas du tout une assurance publique), il est pris en charge dans un très bon établissement hospitalier pendant deux semaines puis rapatrié en France, terre de la médecine moderne (Pasteur, Laennec, Paré, Schwartzenberg, Montagnier, Kouchner…) et hôte du plus formidable système social et médical du Moôonde.

Hospitalisé au plus proche de son domicile, à Rambouillet, sa famille pensait qu’il n’y passerait que quelques jours dans l’attente d’accéder aux soins de suite, une nécessaire rééducation lui permettant de regagner un minimum d’autonomie.

Un malheur n’arrivant pas seul, l’hôpital détecte dès son arrivée la présence d’une bactérie résistante aux antibiotiques (une BHRe, bactérie hautement résistante émergente, dans le jargon médical si fleuri). Il est cependant porteur sain et le médecin estime très probable qu’elle disparaisse plus ou moins spontanément. Ce qui fut le cas en quelques semaines. Cela fait donc des mois que la bactérie n’apparaît plus dans les prélèvements sanguins.

Le patient patiente

Malheureusement, cette BHRe est un anathème pour les établissements de rééducation : même si elle n’apparaît plus, les précautions à prendre pour les patients BHRe (y compris négatifs), sagement répertoriées dans moult cerfas et force règlements taillés par une bureaucratie délirante, leur semblent trop contraignantes. Il est dès lors bien plus simple d’oublier ce patient encombrant, de cliquer rapidement sur « refuser » lorsque les demandes répétées de l’hôpital arrivent par une application ultra-séduisante et totalement déshumanisée dont l’État a le secret, de ne jamais répondre à la famille ni même de la rencontrer.

Malgré des démarches auprès de dizaines d’établissements de rééducation, l’hôpital n’ayant jamais relâché ses efforts pour trouver une solution pour ce patient volontaire, le constat est amer : aucune place n’est disponible. Après trois mois passés à l’hôpital, l’épouse du patient, contrainte et forcée, finit par accepter une hospitalisation à domicile avec une rééducation en chambre, pilotée par le Centre de rééducation du Sud Yvelines, le CERRSY. Et pour faire passer la pilule, le CERRSY évoquera une possibilité d’hospitalisation complète ultérieure, arguant d’un manque de personnel pendant la période estivale.

Aussitôt de retour au domicile, les difficultés s’empilent et, le hasard faisant bien les choses, la perspective d’une hospitalisation complète au CERRSY s’éloigne pour disparaître totalement (« non non, on n’a jamais promis une telle chose ! »).

La Sécu temporise l’urgence

Un appartement n’est pas une chambre d’hôpital et rien n’est adapté. Entre la taille d’un lit médicalisé et du matériel pour réapprendre à marcher et le manque d’espace nécessaire pour manœuvrer un fauteuil roulant, il faudra donc renoncer à l’accès à la douche ou aux toilettes. Les charges (financières, psychologiques) pesant sur l’épouse étant considérables, le stress la gagne rapidement ce qui finit par aggraver la condition du patient qui doit retourner à l’hôpital plusieurs fois (pour infection puis insuffisance rénale aiguë, le traitement étant lourd et aux importants effets secondaires).

Ce qui devait arriver arriva : moins d’un mois après le retour à domicile, le patient récidive.

Grâce au suivi millimétrique et aux bons soins apportés par un système de santé que le monde entier nous envie mollement, sous les applaudissements du public qui paye fort cher pour ce tour de magie, un patient hémi-négligent volontaire avec de bonnes perspectives de récupération (selon l’ergothérapeute très optimiste) est ainsi transformé sous vos yeux ébahis en patient quasiment paralysé, aphasique et qui demande à mourir.

Dit autrement : aujourd’hui, en France, un patient (parmi une multitude d’autres) est en train de mourir faute de soins appropriés. Et pas d’inquiétude à avoir puisque dans une obstination qui confine à la compulsion, les établissements de soins de suite continuent à lui refuser toute entrée. En somme, à ce stade, il n’y a plus qu’à attendre la fin, qu’élus locaux (contactés en pure perte) et responsables d’établissements conseillent vivement de survenir dans un EHPAD qui aura l’immense avantage de lui offrir une mort seul dans un coin, à l’abri des regards trop sensibles.

Lot de consolation : le seul discours tenu jusqu’à présent à la famille concerne la « gratuité » des soins.

« Ne vous en faites pas, tout est pris en charge ! »

C’est rassurant : la non-prise en charge est globalement non-payante.

Voilà qui donne de quoi se réjouir, ou de faire réfléchir : cette aventure abominable, succession pénible de débâcles en rase campagne et de démission tant du corps soignant que de l’administratif, en dessous de tout, est malheureusement extrêmement commun, et permet de classer le système de santé français à la même hauteur que certains pays en voie de développement, à la différence sensible que les pays en voie de développement offrent tout de même d’excellents soins pour qui veut et peut payer là où la France, dans un égalitarisme forcené, parvient le tour de force de mettre tout le monde à la même mauvaise enseigne : tout y est gratuit mais plus rien n’est accessible (l’image des rayonnages de supermarchés vides au Venezuela communiste vient en tête, on se demande pourquoi).

Pire : la voie suivie par les pays en développement autorise à penser à une amélioration palpable des services fournis. Celle de la France laisse redouter, au contraire, une dégradation de plus en plus rapide de son système de santé.

En définitive, seul un réseau relationnel, des accointances et le système D permettent d’accéder aux soins de qualité (qui existent toujours, bien à l’abri de la foule nécessiteuse sans relations) : si l’un de nos ministres était dans une situation semblable, nul doute que la situation aurait été fort différente. L’égalité, c’est pour les autres.

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Cette si pratique hystérie climatique

Par h16

Juillet 2019 vient de s’achever et le moins qu’on puisse dire est qu’il aura été particulièrement fécond : au rythme des vagues de canicule puis de froinicule qui ont eu lieu, toute la presse, tous les politiciens et tous les individus socialement assoiffés de signalement vertuel se sont relayés pour tympaniser la population avec l’effroyable constat qu’on va évidemment tous mourir de chaud.

Jouant goulûment sur une météo favorable à leurs hystéries et sur la publication de fadaises écologiques d’un absurde dépassement de ressources au timing aussi efficace qu’une campagne de marketing pour des jouets pendant la période de Noël, tout aura été organisé pour que ce mois de Juillet soit intégralement rempli de considérations climatiques visant presque exclusivement à nous faire enfin comprendre un message aussi clair que simpliste : le climat est en train de devenir aussi déséquilibré que certain Erythréen en gare de Francfort et il ne fait aucun doute que des millions, que dis-je, des milliards d’humains vont passer sous le train du dérèglement climatique lancé à pleine vitesse.

Les moins habitués de mes lecteurs pourraient croire à de l’exagération macabre.

Il n’en est rien tant il suffit de se pencher sur la titraille de gros calibre qui pleut actuellement depuis les rédactions francophones décidées à nous bombarder de leur idéologie la plus massive : pour elles, c’est évident, le dérèglement climatique est proche du point de non-retour, et tout indique (mais si, absolument tout) que nous n’en avons plus guère que pour 18 mois.

Pour les folliculaires enfiévrés, le GIEC serait formel et aurait prévenu que les émissions de CO2 devraient commencer à baisser dès l’année prochaine pour qu’il y ait une chance de limiter la hausse des températures. Si elles ne baissent pas comme convenu, tout pourrait partir en cacahuète, ce qui imposerait de changer drastiquement de style de vie. Très pragmatiquement, cela veut « simplement » dire qu’il faudrait, outre se faire taxer de tous les côtés (quelle taxe n’a pas réussi à résoudre un problème, voyons ?), revenir à un mode de vie préindustriel qui est réputé pour nous assurer à tous une certaine frugalité favorable à la méditation. Grâce à cette nouvelle donne écolo, on ne vivra pas plus vieux (au contraire même) mais ce qui nous restera d’existence va nous paraître beaucoup, beaucoup plus long.

Évidemment, une telle présentation avec un titre aussi catastrophiste n’a pas manqué de susciter quelques réactions qui ont donc forcé l’avant-garde de la révolution écologique à préciser sa pensée dans un second opus permettant de mieux comprendre ce que « Il ne nous reste plus que 18 mois » veut vraiment dire.

Et l’analyse de la production journaleuse laisse assez peu de doute : outre les conditionnels, omniprésents, qui permettront de se dédouaner à bon compte plus tard, on découvre tout de même l’affirmation assez claire que, pour corroborer cette échéance dramatique de 18 mois, « aucune source n’est citée ». Quant à savoir pourquoi ces affirmations déboulent précisément maintenant, le « Spécialiste de l’environnement, Matt McGrath ne l’explique pas vraiment ». L’épaisseur des sources et la solidité de l’ensemble basé sur du gros conditionnel baveux commence à en prendre un coup. Tout juste admet-on du bout du stylo, pensif, que l’échéance de 18 mois correspond pas du tout fortuitement à la prochaine tenue de futures négociations internationales sur les mesures à prendre pour le climat, avec la COP26 (qui n’est plus que dans 16 mois, ce qui laisse d’autant moins de temps pour un battage médiatique d’enfer).

Quant au point de non-retour évoqué avec insistance, il s’évapore quelque part au milieu des paragraphes suivants : « On sait déjà que si le point culminant est atteint en 2020, on aura du mal à limiter à ce point le réchauffement ». Voilà : on sait que ce sera plus dur, mais personne n’ose affirmer que ça deviendra impossible. Autrement dit, le point de non-retour n’est pas vraiment sans retour.

La suite est un florilège de « on risque de », « possibles effets », de « si » enfilés comme des perles sur une broderie de doutes et de conditionnels, dont le but ultime n’est que d’introduire les régulations, taxations, privations et sanctions sans lesquelles ces hurlements catastrophistes n’auraient pas vraiment lieu d’être : limitation drastique du transport routier, interdiction de la vente de véhicules diesel et essence d’ici à 2030, suppression des logements « passoires énergétiques », non-ratification des prochains accords de libre-échange, réduction de la consommation de viande… Bref, un collectivisme joyeux et un retour au bon vieux monde d’antan plus simple où les gens mouraient jeunes, de faim ou de maladies modérément rigolotes mais surtout sans trop carboner l’atmosphère.

On le comprend, les journalistes, utilisant tous les artifices rhétoriques pour cacher leur complète ignorance et transformer de grossières supputations en quasi-certitudes, jouent ici sur du velours : quelques journées chaudes en plein mois de Juillet (rargh, quelle surprise !), habilement bardées de slogans publicitaires aussi sensationnalistes que bidons (« jamais vu à la télé », « tous les records sont battus », « sans les mains, sans les pieds, sans la clim' ») suffisent à montrer le décalage entre la puissance réelle de la Nature et de ses éléments et l’image que s’en font encore beaucoup de Français où le climat est évidemment réglé, c’est-à-dire limité entre pas trop chaud et pas trop froid, avec un peu de pluie en hiver et un peu de soleil en été et des petites variations au milieu.

En réalité, si l’on peut établir quelques certitudes sans se barder de conditionnels gluants, ce sont celles qui consistent à rappeler la litanie de prédictions lamentablement foirées des hystériques climatiques et autres politiciens avides de récupération écologique.

En 1979, on prévoyait allègrement l’engloutissement de Nice sous les eaux en 2000. 19 ans après la date fatidique, Nice n’a toujours pas les pieds sous l’eau. Quant aux autres prévisions visibles dans d’autres reportages, elles sont amusantes et à classer dans le même ensemble de pipeaux et autres instruments d’orchestre à vent.

Grâce à l’INA, regarder un petit reportage de 1989 qui prévoit catastrophes sur catastrophes pour les 10 ans à venir (1999 donc) permet de mieux comprendre que le carabistouillogène est coincé au maximum. Toujours en 1989, c’était sûr : la neige allait disparaître complètement dans les 10, 20 ou 30 ans à venir. Les stations de ski alpines ont probablement rêvé leur chiffre d’affaire des 30 dernières années.

On pourra aussi se délecter des prévisions entassées dans les rapports (depuis celui du Club de Rome jusqu’au rapport Global2000) qui, 20 ans après les dates proposées, montrent un délicieux décalage, très défavorable aux vendeurs de catastrophes mondiales.

De la même façon, en 2011, je revenais en détails sur la tentative de camouflage des prévisions de l’ONU qui se sont révélées franchement fausses au point que l’organisme international faisait (pas assez) discrètement disparaître ses cartes d’îles submergées. Las : si l’eau des océans monte, elle ne le fait pas autour des îles. Zut alors : loin de diminuer par déportation tragique de ses habitants refoulés par les eaux, leurs populations augmentent !

Bref, s’il est une chose certaine, c’est que systématiquement, depuis 40 ans, les prévisions des alarmistes ont toutes été battues en brèche : les catastrophes annoncées tous les ans pour dans 10 ans depuis un demi-siècle, du refroidissement glacial jusqu’au réchauffement infernal, toutes se sont soldées par un échec.

Mais toutes ont été écrites, reproduites, diffusées, écoutées, aucun bilan n’a été établi, aucune conclusion tirée et toutes ont finalement servi à accroître le pouvoir et l’audience des politiciens qui ont eu la finesse d’aller dans leur sens, tant et si bien qu’actuellement, les Français sont persuadés que le gouvernement n’en fait pas assez pour la planète.

Dit autrement : toutes les prévisions enchaînées depuis 50 ans se sont révélées éhontément exagérées, toutes font maintenant sourire ou consternent l’honnête homme, toutes ont été utilisées pour passer les lois diminuant nos libertés, augmentant taxes et impôts, appauvrissant le pays et les Français… Et tous, ils réclament qu’on en fasse encore plus, pensant sans doute que cette fois, la prévision est bonne, la taxe supplémentaire nécessaire, et qu’il n’y a pas d’autres solutions pour éviter ces catastrophes fantasmées.

L’hystérie climatique continue donc. Si, cet hiver, il fait anormalement froid, c’est que le climat se dérègle encore plus. Et s’il fait doux, ce sera une preuve supplémentaire que le réchauffement est bien là.

Infalsifiable, le pipeau climatique continuera de servir les politiciens.

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Pause et lectures estivales

Par h16

Il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre que le mois de juin a encore de longues heures devant lui : juillet arrive déjà et avec lui, quelques jours d’une pause bien méritée. Les quelques jours qui suivront ne verront normalement pas de nouveaux billets sur ce blog et j’encourage donc mes lecteurs à éplucher les archives en attendant.

Je dis « normalement » parce qu’on n’est jamais à l’abri d’une nouvelle sensationnelle : Macron pourrait décider de réformer la France pour de vrai, par exemple. Les Français pourraient se réveiller et comprendre que les stupides boulets que nous nous mettons aux pieds, depuis les taxes carbonées jusqu’aux impôts carabinés en passant par les interdictions et autres contraintes administratives artificielles, nous garantissent un déclassement dans la course mondiale où la France semble décidée à prendre une place de plus en plus modeste dans les pays en voie de développement.

Il pourrait y avoir une canicule qui fait des milliers de morts. Ou une vague de froid sans précédent (que nos écohystériques qualifieraient immédiatement de preuve supplémentaire indéniable d’un dérèglement profond du climat et de notre mort future dans d’atroces souffrances). Ou des attentats. Ou Barnier bombardé président à la Commission Européenne. Allez savoir ! On n’est en réalité jamais à l’abri d’une catastrophe…

Mais plus probablement, tout se déroulera comme prévu : la France continuera sa trajectoire vers un embaumement et une momification de première classe, vieux pays jadis grand qui s’engoncera dans ses certitudes que le reste du monde a tort et qu’il détient, seul, la vérité (fiscale et écologique, notamment). Les politiciens, pour le mois à venir, diminueront progressivement le débit d’âneries à mesure qu’ils partiront eux-mêmes en vacances pour ne rouvrir les vannes à conneries que fin août. L’écologie, le collectivisme et le Camp du Bien se dissoudront temporairement dans l’huile solaire et les odeurs de grillades avant de revenir, plus forts et plus invasifs, à la rentrée scolaire.

En somme, la trajectoire étant définie, les obstacles rares, je ne peux que conseiller aussi à mes lecteurs quelques jours de repos. L’occasion se prête d’ailleurs à la lecture et, ça tombe bien, je vous conseille plusieurs ouvrages à ce sujet.

Ainsi, par les temps qui courent, peut-être est-il indispensable de remettre les pieds sur terre et arrêter de croire au catastrophisme ambiant et permanent qui dépeint l’Homme comme une nuisance insupportable dont il faut absolument se débarrasser, si ce n’est par l’atome, au moins par la guerre et/ou la famine et un Etat aussi totalitaire que possible pour faire bonne mesure. En cela, « Toutes ces idées qui nous gâchent la vie », le livre de Sylvie Brunel, géographe, économiste, professeur à la Sorbonne et difficilement qualifiable d’illuminée, remet un peu les pendules à l’heure.

Dans un autre registre, mais tout aussi salvateur dans ce pays où la dépense publique semble aller d’elle-même (dans le sens : « sans plus aucune restriction, ni direction, ni limite »), notons « Le Livre Noir du gaspillage 2019 », le livre de Jean-Baptiste Léon, directeur des publications de Contribuables Associés et rédacteur en chef de Tous contribuables, qui a collecté quelques unes des plus marquantes gabegies que le pays subit dans la plus grande décontraction.

Enfin, je profiterai de l’occasion pour faire la publicité de cet ouvrage destiné aux enfants d’une dizaine d’années, « Je suis un pain au chocolat » de la collection « Petite introduction » à la Librairie des écoles, qui fournit une petite leçon d’économie de base en retraçant tous les trésors d’ingénierie et d’invention que l’humanité a déployé pour permettre à cette pâtisserie d’exister, à la manière d’un « Moi, le crayon » de Milton Friedman.

J’espère que ces lectures feront passer un bon moment d’ici au prochain billet à vous lecteurs que je remercie de votre assiduité, de vos partages sur les réseaux sociaux, de vos nombreux commentaires qui, outre leur bénéfices au travers de joutes croustillantes, permettent aussi d’éclairer l’actualité de nombreuses informations supplémentaires et opinions divergentes… dont l’exercice est, de nos jours, de plus en plus sérieusement menacé.

Pour ceux qui le désirent, cette pause sera aussi l’occasion de s’abonner au dossier mensuel du 10ème Homme qui, pour un prix très modique, vous fournira en lecture, en idées décalées et en sujets de conversation pour les repas de famille où il faut absolument terminer en baston générale.

En vous souhaitant un excellent mois de Juillet pas trop plein d’affaires politiques crapuleuses, de polémiques idiotes, de starlettes effarouchées et de nouvelles taxes délirantes, je vous dis donc à bientôt.

père noel à la plage

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Comme prévu, les réformes Macron n’en sont pas

Par h16

Les années passent et, malgré tous ces dérèglements climatiques qui amènent un peu de neige en hiver et quelques vagues de chaleur en été, les événements s’enchaînent et se ressemblent dans une France qui peine à se renouveler vraiment. Tout indique même que les tendances sont conservées, notamment les plus néfastes.

Oh, bien sûr, l’emballage change régulièrement : à la faveur d’élections, le vieux château France est régulièrement repeint aux couleurs chatoyantes d’une énième forme de sociale démocratie, sous les concerts de pipeaux joués fortissimo pour couvrir les grognements persistants de la foule.

C’est ainsi que l’avènement d’Emmanuel Macron laissait comme d’habitude espérer un changement de cap dans la politique française, avec une vraie remise à plat des paradigmes qui agitent l’État français depuis plus de 40 ans : promis, cette fois, on allait réformer, vraiment ! Finies les dépenses publiques explosives, finis les impôts paralysants, finies les interdictions, obligations et contraintes débilitantes ! Place à la startup-nation !

Depuis deux ans, les effets d’annonce se sont donc enchaînés.

Il y a un an, Macron prenait même certains par surprise en décidant de réformer le statut de cheminot (réputé intouchable) et de faire passer le ferroviaire français d’une régulation publique du monopole à une régulation tout aussi publique de la concurrence, ce qui augurait d’un printemps ferroviaire fortement agité dans le pays. Cela ne loupa pas : les syndicats, aux taquets et jamais en retard d’une grève, mirent en place une petite grève perlée extrêmement pénible pour les usagers qui purent, une nouvelle fois, goûter aux plaisirs renouvelés de ces services publics que le monde entier nous envie très très modérément.

Depuis, un an s’est écoulé et s’il est probablement trop tôt pour tirer le bilan définitif de ces immMmmmenses réformes opérées par Emmanuel Macron au sein de la SNCF, le temps passé permet déjà de voir les premiers bourgeons de ces changements profonds qui… Ah bah non : c’est globalement un échec.

À l’analyse, il apparaît en effet que rien ne semble altérer la course de la société française de chemins de fer, lancée sur le rail de l’indifférence dans la direction générale des dettes et de la médiocrité. Ses performances sont toujours aussi calamiteuses, que ce soit sur le plan financier ou sur le plan opérationnel.

Là où l’Allemagne rouvre des lignes, là où la concurrence a fait des miracles en Italie, la SNCF se contente d’accumuler des dettes remboursées par les contribuables, de fermer des lignes et, surtout, d’absolument tout faire pour saboter toute possibilité d’ouverture de lignes concurrentes.

Pourtant, la fameuse loi de Pacte ferroviaire du 28 juin 2018 complétait les différentes étapes (de 2009 à 2014) garantissant sur le papier l’indépendance du gestionnaire de l’infrastructure (SNCF Réseau), ce qui aurait empêché la SNCF d’entraver l’accès aux concurrents à son réseau, tout en donnant à ces nouveaux entrants des assurances raisonnables de sécurité et d’opérabilité sur le réseau français.

Las. C’était sans compter sur le génie de la bureaucratie française d’un côté et de la mauvaise volonté de la SNCF de l’autre : les ordonnances et les décrets d’applications de cette « loi de Pacte ferroviaire » détricotent méticuleusement les petites avancées obtenues.

Ainsi, lorsqu’elle perdra un contrat, le décret de transfert des personnels autorise la SNCF à fixer unilatéralement le nombre et la qualité des salariés transférés ce qui revient aux gagnants du contrat à voir leurs effectifs imposés par la SNCF. Mieux encore : les concurrents ne pourront pas proposer leur propre matériel roulant. Comme l’explique l’article des Échos, tout est fait pour que les lourdeurs, les contraintes idiotes et les habitudes antédiluviennes et de préférence inefficaces de la SNCF soient finalement imposées aux concurrents, ce qui a l’énorme mérite de casser leurs petites pattes : en leur collant suffisamment de boulets, ils ne pourront pas courir plus vite que la SNCF ce qui permettra ensuite à cette dernière de fanfaronner sur ses performances finalement aussi bonnes – voire meilleures – que la concurrence (et pour cause).

Le pompon est atteint lorsqu’on apprend que le projet d’ordonnance concernant la gouvernance du groupe SNCF s’affranchit sans complexes des exigences d’indépendance et de neutralité fonctionnelle de SNCF Réseau. Il ne faudrait pas que la SNCF soit vraiment en concurrence, malheureux, on se rendrait compte qu’on paye cher pour des services pourris, des trains qui roulent mal, partent en retard et n’arrivent pas toujours. Le risque de grogne des clients usagers serait trop grand !

Diluons plutôt cette entité SNCF Réseau au sein du groupe SNCF dont l’État reste bien évidemment propriétaire et décisionnaire unique, ce qui aura le mérite de ne surtout pas changer du monopole actuel. Forcément, ça va bien marcher.

Et bing le train !

La conclusion est sans appel et peut s’appliquer sans mal à toutes les autres réformettes entamées en fanfare par Macron et son équipe : en fait de changement, on assiste à un ripolinage frénétique des lourdeurs bureaucratiques françaises, au changement méthodique du papier-peint des cabinets (toujours fermés de l’intérieur) sans aucune modification fondamentale des grands principes qui semblent animer le pays (collectivisme, immobilisme, endettement).

Cette absence de tout résultat concret, l’ampleur véritablement rikiki des changements opérés n’échappent qu’à la presse française, trop souvent outrée de la fameuse « casse des services publics » (qui n’ont pourtant pas besoin de ces réformes pour s’enfoncer dans leur caca tiède). Pour le reste du monde, en revanche, cet immobilisme et cette pusillanimité consternante finissent par inquiéter franchement, notamment au sein de l’Union Européenne où la France passe de plus en plus comme une mauvaise élève incapable de remettre de l’ordre dans ses affaires, au point de se mettre à dos à peu près tous les pays européens du Nord et de l’Est, associés dans une nouvelle ligue hanséatique bien décidée à ne surtout pas laisser la France pousser ses lubies dans le cadre de la politique européenne…

Finalement, les beaux discours, les formules ampoulées et les brochets projets vibrants de lyrisme de Prisunic ne suffisent pas à redresser l’économie du pays. Les petits bricolages opérés jusqu’à présent n’améliorent en rien la situation et tout indique qu’ils ont même tendance à la compliquer encore. Après plus d’un demi-siècle de sclérose syndicale, corporatiste et collectiviste, après plus de 40 ans de marxisme culturel, de croyance forcenée dans la lutte des classes, d’économie administrée de tous les côtés, de compromissions, d’endettement et d’absence de courage, le pays est maintenant dans une impasse. Plus rien ne bouge.

Non, décidément, les réformes Macron n’en sont pas.

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Une canicule prévisible mais insurmontable

Par h16

C’est horrible. Nous sommes en Juin 2019 et la France a chaud. Jusqu’à présent cantonnée à des températures idoines aptes à favoriser un travail léger, par exemple dans un bureau climatisé, le pays vient d’être subitement heurté de plein fouet par une canicule aussi imprévisible que catastrophique.

Pensez donc : des températures qui fricotent avec les 34° en plein mois de Juin, c’est ahurissant ! C’est bien simple, pour un peu, on se croirait en été ! À l’évidence et tout en se rappelant bien évidemment que ♩ lorsqu’il fait froid, ♪ ce n’est pas le climat et lorsqu’il fait chaud ♫, ce n’est pas la météo ♬, cet épisode caniculaire abominable est le fruit inévitable d’un dérèglement climatique complètement fou qui provoque de la neige en hiver et des canicules en été.

Or, comme tout ce qui est totalement imprévisible, ces épisodes de folie climatique provoquent des catastrophes en chaîne. Lorsque la neige survient en plein mois de décembre ou de janvier, les services de l’État, complètement pris au dépourvu, peinent à rendre aux routes leur navigabilité.

De la même façon, l’un des pays les plus riches du monde ne peut qu’être complètement désemparé lorsqu’une vague de chaleur survient en plein mois de juin, obligeant les administrations à reporter l’examen du Brevet des Collèges : le fragilisme, cette terrible maladie qui frappe de plus en plus de Français anémiques et sous-vitaminés à force de lire la propagande officielle, vient à nouveau de furieusement démotiver toute un partie de la population qui va entrer en mode « Survie ».

Au passage, on devra hausser un sourcil circonspect sur l’attitude générale de nos gouvernants qui manque un peu de cohérence.

Clamant partout que le réchauffement climatique général va nous frapper durement, on comprend qu’aucune autorité ne décide plus jamais de faire le moindre investissement pour protéger inutilement nos routes des chutes de neige, cette dernière ne continuant de tomber en hiver que pour les faire bisquer (tout le monde sait que c’est une chose du passé qui va disparaître définitivement).

En revanche, ces mêmes autorités ne font pas non plus assaut d’investissements pour nous protéger du chaud dans les établissements ou les transports publics. Il semble que la climatisation, rigoureusement honnie du pays, continuera d’en être bannie. Ce qui veut probablement dire que les examens de fin de cycles scolaires devront avoir lieu en mars, seul moment où il ne fait pas trop chaud, pas trop froid et où les rares technologies encore maîtrisées dans le pays permettent au plus de garantir un toit au-dessus de la tête des élèves.

Vous l’avez compris : c’est un véritable festival foisonnant de niaiseries consternantes dans les médias et chez les politiciens qui semblent tous destinés à nous présenter cette vague de chaleur comme un avant-goût d’Armageddon.

N’hésitant pas à jouer la surenchère à base d’outrances ridicules (« du jamais vu », « sans précédent », …) même si, en pratique, les exemples de précédentes vagues sont bien documentés, la presse s’est décidée à transformer cette canicule de quelques jours en événement cataclysmique auquel on ne survivra qu’avec une chance inouïe et – forcément – l’intervention de tout l’appareil d’État, mobilisé comme un seul homme pour moult initiatives dont le caractère indispensable ne souffre aucune discussion.

Pourtant, c’est bel et bien le froid qui tue davantage que le chaud en France (3,9% de la mortalité totale dans les villes était attribuable au froid et 1,2% à la chaleur, soit trois fois moins).

Malgré cela se multiplient les messages à caractères lourdement informatifs (« Buvez si vous avez soif. Mettez-vous à l’ombre. Prenez des vêtements légers. Ménagez-vous. Ne mangez pas trop gras, trop salé ou trop sucré. Etc. ») qui permettent de rappeler aux Français qu’ils sont considérés comme des abrutis par nos autorités.

Bien évidemment, pour l’ensemble de l’appareil administratif français, le but n’est absolument pas d’accompagner le peuple dans cet épisode climatique un peu inhabituel mais aussi prévisible que surmontable. Non. Le but avec ces assauts d’informations inutiles est de pouvoir annuler toute critique éventuelle si jamais cette canicule devait, ô grand malheur, se traduire par un nombre conséquent de décès surnuméraires.

Un autre avantage non négligeable de cette communication tous azimuts (l’exemple du report d’une épreuve nationale est typique) est d’occuper le temps de cerveau disponible sur des actions à la fois faciles et particulièrement spectaculaires, ce qui permet d’occulter l’inaction complète voire l’incompétence crasse en coulisse. En effet, des pays qui connaissent des conditions caniculaires sont nombreux. Ils ne sont pas tous en voie de développement, ils ne sont pas tous désarmés contre ce type de climat, et ont même pour certains des niveaux de vie supérieurs au niveau français (comme Singapour par exemple).

L’absence de moyens des administrations françaises pour équiper leurs bâtiments (notamment scolaires) d’air conditionné ou, au moins, d’une isolation raisonnable, ne provient pas d’un choix délibéré de tenir compte d’un climat tempéré, ce qui aurait le mérite de la cohérence, mais d’un abandon en rase campagne des principes que l’État impose partout ailleurs mais se refuse pour lui-même avec une décontraction caractéristique de celui qui dirige autoritairement en se foutant radicalement de la piétaille qui paye.

Et c’est une attitude d’autant plus facile à observer que les ressources publiques financières rapprochent tous les jours un peu plus la France d’un pays en voie de développement plutôt que du haut de tableau des pays développés, les gabegies, choix économiques désastreux et le socialisme mortifère accélérant la tendance.

En s’imposant partout, en contraignant tous et chacun à des normes plus ou moins idiotes, en tabassant tout le monde de taxes et d’impôts, l’État a consciencieusement poussé deux messages dans la tête de chaque citoyen français : « Vous n’êtes qu’une bande d’irresponsables qu’il faut cornaquer à coups de carotte ou de bâton », et « L’État est omnipotent et s’occupera de vous quoi qu’il arrive ». Moyennant quoi, le citoyen français, appauvri et limité au plus haut point dans ses choix opérationnels, ne peut que se laisser guider, généralement vers l’abattoir fiscal, la prison mentale et la résignation.

Et lorsque survient un événement inattendu (mais pas du tout imprévisible), que ce soit un ouragan dans des îles tropicales ou une canicule en métropole, il se retrouve en slip avec un État indigent qui agite des pseudopodes inutiles en faisant croire à son action.

C’est l’été, il fait chaud et tout a été entrepris pour qu’un épisode banal se transforme en calvaire.

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Immobilier : Les Français organisent leur propre misère

Par h16

Assez paradoxalement, la fin annoncée de la taxe d’habitation est l’occasion d’illustrer comment les Français organisent sciemment leur misère, par idéologie, par méconnaissance de l’économie, et par ce désir immature de toujours vouloir contrôler tout, tout le temps et partout…

Ainsi donc et péniblement, le gouvernement tente de mettre en place la fin de la taxe d’habitation, annoncée à grands renforts publicitaires gouvernementaux depuis la décision de sa suppression à l’automne 2017 par un président Macron survitaminé et encore certain de pouvoir transformer sa parole en actions concrètes. Jusqu’à présent, tout ne s’est pas exactement passé au mieux : entre les maires qui ont multiplié les protestations pour comprendre comment serait compensée la disparition de cette ressource indispensable à l’équilibrage précaire de leurs budgets, le calendrier peu clair de la disparition de la taxe, et les diminutions déjà plus ou moins actées de cette taxe pour une partie seulement des contribuables, le gouvernement a dû faire assaut de pédagogie pour expliquer ce qui allait se passer.

Sur le papier, en 2023, plus personne ne devrait donc payer de taxe d’habitation…

Ce qui ne manque pas de déclencher chez certains une petite crise d’urticaire marxiste : grâce à cette non-taxe, regardez, les riches vont encore gagner de l’argent ! Et c’est même les inénarrables « Décodeurs » qui nous expliquent leurs mathématiques foireuses avec cet aplomb que les cuistres déploient pour embobiner les naïfs : puisque les plus riches ne sont plus assommés de cet impôts, ils vont gagner de l’argent, pardi !

Eh oui, pour les fins mathématiciens Décodeurs du Monde de la Lutte Des Classes, quelqu’un qui paie moins d’impôts s’enrichit, là où n’importe quelle personne sensée comprend qu’elle ne fait que s’appauvrir un peu moins (et ce d’autant plus lorsqu’on voit à quels résultats calamiteux l’impôt aboutit).

Cette idéologie stupide, qui a fini par faire fuir ceux dont le capital sert pourtant à faire tourner les entreprises, créer des emplois, des richesses et financer les services publics, n’est malheureusement qu’un aspect de cette volonté étrange des Français à construire consciencieusement leur propre misère.

Économiquement, si on ne peut que se réjouir de la disparition d’une taxe, on doit cependant s’interroger par exemple sur la pertinence de supprimer celle-ci plutôt que la taxe foncière. En effet, la taxe d’habitation, aussi pénible soit-elle, peut se comprendre comme le paiement de services (plus ou moins utiles, plus ou moins efficaces, certes) produits par la commune et donc facturés à ceux qui y vivent. En revanche, la taxe foncière n’est, en définitive, qu’une forme subtile d’expiation financière pour la faute d’être propriétaire.

petit facepalmOn comprend qu’électoralement ce soit la taxe d’habitation qui fut choisie : au vu des puissantes analyses de tout ce que la journalistaillerie contient de fins « décodeurs », supprimer la foncière revenait à « faire un cadeau aux riches », ces riches dont, on le rappelle, la France se passe maintenant comme jadis elle se passa de scientifiques pendant sa Révolution, avec sur le moyen et long termes, des effets tout à fait comparables.

En outre, on s’interroge aussi sur le différentiel de financement provoqué : puisque cet argent sera donc non-ponctionné et ira (après « décodage »), enrichir les plus riche (et probablement appauvrir les plus pauvres si l’on s’en tient à la « méthode » de « décodage » de nos journalistes à la mathématique contrariée), il va falloir trouver un financement ailleurs. Diminuer les dépenses ? Vous n’y pensez pas mon brave ! Il faut conserver le record mondial de prélèvements et de dépenses publiques par habitant, n’est-ce pas !

Bref, malgré les assurances d’un Darmanin confit dans sa propre importance que tout sera compensé par d’autres mécanismes, on comprend que cette disparition ne se fera pas sans douleurs, ces douleurs typiques d’un pays qui souffre lorsqu’on lui retire son cilice.

Et quoi de mieux, lorsqu’on s’enlève des boulets, que d’en remettre de nouveaux pour s’éviter de se sentir libre ?

C’est en tout cas ce à quoi semblent s’employer nos législateurs, frénétiquement lancés dans la course à la taxe, à l’obligation, la contrainte, l’interdiction et la sanction. Quand une taxe s’éteint, d’autres s’éveillent aussi vite que possible, dont le total, n’en doutons pas, sera bien supérieur aux recettes disparues !

Je pourrais ici lister les dernières idées de taxes déjà dans les tuyaux, comme cette nouvelle taxe sur les ordinateurs qui pointe le bout de son nez.

Je pourrais ajouter cette lumineuse idée des députés qui veulent ponctionner 5% du prix des ventes immobilières pour rénover les logements mal isolés : qui, mieux que des députés, sait ce qu’il faut faire avec l’isolation d’un logement ? Ses propriétaires ? Pfff, vous n’y pensez pas ! Ce sont des propriétaires, ils sont donc forcément riches, donc méchants !

Et quand il ne s’agit pas de nouvelles taxes, c’est d’une nouvelle police qu’il s’agira : que diriez-vous d’une petite Police Spéciale du Logement, au départ utilisée pour traquer les propriétaires indélicats louant des logements indécents et dont on sait qu’elle pourrait ensuite servir à repérer les locations inavouables via AirBnB ? Du reste, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas déjà tout l’arsenal juridique nécessaire à la répression de ce fléau. Du reste, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas une législation outrageusement favorable au locataire, biais si évident qu’il en provoque une pénurie de logements disponibles. Que diriez-vous d’accroître le problème ?

Je pourrais multiplier les exemples.

En réalité, le peuple français se soumet à une sorte d’autoflagellation permanente qui lui permet d’expier des fautes de plus en plus abracadabrantes. Peuple au ventre plein, qui dispose de l’eau, de l’électricité courante, d’un niveau de vie très supérieur à la moyenne mondiale, dont la santé s’améliore envers et contre toutes les mauvaises nouvelles, il semble à la fois ne pas pouvoir accepter les bénéfices de tous ces siècles passés dans les luttes et un travail acharné, et à la fois décidé à dilapider le capital qui lui fut laissé en héritage, ce qu’il fait maintenant avec une application hystérique qui frôle la psychiatrie.

Il lui semble intolérable que nous ayons un tel niveau de vie tant qu’il reste des pauvres, tant qu’il reste des malheureux. Et comme assurer l’égalité dans la richesse suppose des efforts incommensurables, réalisons l’égalité dans la misère.

C’est bien plus facile à atteindre.

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[Redite] Dépenses sociales : un pognon de dingue

Par h16

Article initialement paru le 25.06.2018

Décidément, les chiffres sont têtus. Heureusement, à ces chiffres têtus répondent des politiciens bornés qui, vaille que vaille et surtout, surtout, coûte que coûte, persistent à appliquer les mêmes recettes foireuses aux problèmes qu’ils ont pourtant créé avec acharnement. Et, youpi, grâce à leur entêtement, la France caracole maintenant en tête des pays les plus socialistes d’Europe, distribuant à ses pauvres (pas toujours pauvres) plus de 720 milliards d’euros pris de force à d’autres pauvres (les riches étant partis depuis un bail). On imagine sans mal que les sommes effectivement collectées sont bien supérieures, les administrations s’étant servies au passage pour mener à bien cette grande opération de ventilation d’argent gratuit ponctionné chez les autres.

Il y a un an, je découvrais que Macron évoquait ces sommes affolantes, pardon ce pognon de dingue. Je notais qu’on continuait à appliquer un système qui avait pourtant amplement démontré sa médiocrité, les résultats étant au mieux mauvais, au pire catastrophiques. En un an, rien n’a changé : on continue d’envisager âprement de ne plus rembourser l’homéopathie (mais rien n’est joué, mes petits amis) ; on découvre toujours des scandales alimentaires, les médicaments un peu trop facilement distribués ; le nombre de chômeurs est toujours fort élevé, dans un pays dont la croissance est mollassonne ; la gestion des retraites est toujours aussi finement huilée, les EPHAD fonctionnent toujours aussi bien, comme les urgences hospitalières.

Bref : un an s’est écoulé. Rien, absolument rien n’a changé. 12 mois de perdus. Si c’est ça, la « République En Marche », on redoute le moment où elle va se retrouver à l’arrêt, devant un mur de dettes…

Stupéfaction il y a quelques jours lorsque, frappé par une lucidité toute calculée, Manu Le Président s’est rendu compte que les dépenses sociales du pays étaient particulièrement dodues mais que les résultats, en face, laissaient amplement à désirer : dans une saillie au franc-parler qui a tout tourneboulé les médias, voilà que le locataire élyséen découvre qu’on dépense « un pognon de dingue ».

Bien évidemment, l’idée pour l’équipe de communicants de Macron consiste à essayer d’amener les médias et le pays après eux à prendre à bras le corps la problématique de ces dépenses sociales, alors que la nécessité d’économies commence à se faire sentir (assez vaguement et pas à une vaisselle ou une piscine près, n’exagérons rien), tout en ne proposant très précisément rien qui puisse, d’une façon ou d’une autre, déclencher quelque prise de conscience que ce soit.

Bien évidemment, quand bien même le constat est correct, la fine fleur du journamisme de piposophie comprend la manœuvre, évidemment politique, qui vise d’après elle à surtout faire oublier le problème migratoire. La dette, les résultats merdiques, la pression fiscale, tout ça n’existe pas réellement.

Pourtant, à 33% du PIB du pays et à hauteur de plus de 700 milliards d’euros, la France représente au niveau mondial et à elle seule 10% des dépenses sociales, comme nous l’apprend un Libération frétillant d’aise que ce ne soit pas 15%, oubliant de bien mesurer l’énormité du chiffre.

Du reste, soyons heureux : la protection sociale du chômage, ça marche très bien ! De plus en plus de chômeurs, une précarité qui s’est installée et se répand malgré les excitations et les agitations spasmodiques de tous les gouvernements, et des cotisations afférentes qui ne font qu’augmenter, voilà véritablement une recette qui a fait ses preuves et que les Français semblent approuver.

L’assurance maladie marche si bien qu’on oblige à présent tous les salariés à disposer d’une complémentaire qui, au final, ne parvient toujours pas à rembourser les frais les plus banals (lunettes, dentisterie de base) ; on continue de se tortiller la nouille pour savoir s’il faut ou pas rembourser l’homéopathie alors qu’aucun bénéfice médical n’a jamais réussi a être prouvé, ce qui coûte un pont au cotisant. On continue de rembourser des trouzaines de séjours en cure et autres aménagements de conforts, des trajets en taxi en lieu et place d’ambulances qui pallient les manques et autres absurdités règlementaires. En collectivisant la santé, on a de facto forcé les uns à payer les vices des autres, on a obligé la population à suivre des recommandations médicales de plus en plus douteuses (depuis la pyramide alimentaire jusqu’aux statines en saupoudrant de scandales médicaux que la dilution de responsabilité et le capitalisme de connivence à tous les étages expliquent fort bien).

Franche réussite.

Mais de loin, le pompon reste sans doute tout ce qui concerne la dernière période de notre vie, depuis la retraite jusqu’à l’assistance médicale des personnes âgées dépendantes.

La notion de pension décente est devenue une vaste blague pour une portion croissante de la population : bercée de la douce illusion qu’elle cotisait pour ses vieux jours, la vérité qu’elle ne faisait que payer pour ceux de ses propres anciens a fini par poindre lorsqu’elle a, à son tour, tenté de toucher quelque chose d’un système essentiellement pyramidal dont l’avenir ne dépend que d’une démographie qui n’a plus aucun lien avec la réalité.

Autrement dit : après avoir cotisé toutes ces années, pouf, le réveil est brutal lorsque la pension minuscule (frôlant l’injure) arrive à la fin du premier mois de retraite, lorsque les impôts continuent d’augmenter alors que les pensions baissent, lorsqu’on parle de sucrer les pensions de réversion, lorsqu’on comprend qu’on s’est fait complètement avoir. On n’évoquera pas les pensions grotesques de la plupart des artisans et autres commerçants que leur verse un RSI à la gestion à la fois catastrophique et honteuse.

Bien sûr, le tableau ne serait pas complet si, en parallèle de ces retraites massacrées, on n’y empilait pas d’autres problèmes directement consécutifs de quarante années de gabegie, de laxisme budgétaire, d’impréparation chronique et de désorganisation calculée.

Régulièrement, l’un ou l’autre scandale humain dans un Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) permet de rappeler à tous ce qui nous attend peu ou prou si l’on n’a pas pris de solides dispositions (financières notamment) bien en amont : là encore, le résultat est à la hauteur de tout ce que peuvent produire le capitalisme de connivence, des incitations économiques perverses, l’avalanche de lois, normes et autres règlementations complexes, le collectivisme et la dilution complète des responsabilités dans un tout-à-l’État mortifère.

Il suffit de lire les nombreux témoignages, récurrents, des personnels et des clients de ces établissements pour mesurer l’ampleur du problème. Bien évidemment, lorsqu’il est confronté au problème, le Français moyen (et son gouvernement, tout aussi moyen) s’empresse de réclamer… plus d’État, sans doute parce qu’avec la première place au monde des dépenses sociales, l’État n’en fait pas assez et que tout cet ultraturbolibéralisme, ça commence à bien faire.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et heureusement, magie du socialisme oblige, à force de réclamer un accroissement majeur de l’emprise de l’État sur tout le traitement social du début, du milieu et de la fin de vie, le Français l’obtient : alors qu’une journée par an est déjà entièrement consacrée à travailler pour l’État et personne d’autre, on envisage de doubler ce nombre, et ce alors même que les pistes pour faire des économies et tenter de mettre un peu d’ordre dans cette immense foutoir n’ont même pas encore été seulement évoquées.

Le plus beau restant la constatation – effarée – que même avec ce niveau de dépenses sociales complètement affolant et qui, financièrement, ne peut amener le pays qu’à la faillite (Venezuela, nous voilà !), une part importante des Français (autour de 30% !) n’en profite même pas… alors qu’ils pourraient. On imagine sans mal le regain de Bonheur Intérieur Brut si cette nouvelle masse de Français entreprenait subitement les démarches pour bénéficier activement de la manne sociale disponible !

En somme, oui, le pays dépense des montants tous les jours plus élevés pour ses dépenses sociales. Ce faisant, les nécessiteux, loin de s’évaporer, se font tous les jours plus nombreux. Devant la détérioration de la situation et au lieu de prendre du recul et de remettre en cause ce modèle qui ne fonctionne pas, les Français choisissent d’en rajouter.

« Les montants explosent, la pauvreté aussi ? Accélérons le mouvement ! »

Si ça, ce n’est pas dépenser un pognon de dingues, qu’est-ce ?

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Surprise : la confiance des Français envers les journalistes baisse encore !

Par h16

J’en parle régulièrement (ici et par exemple) dans ces colonnes et parfois, la presse nationale, constatant l’ampleur du problème, est obligée de l’évoquer : le citoyen croit de moins en moins aux journalistes, et en France, la défiance du public vis-à-vis des médias d’information n’a jamais été aussi forte.

Il faut dire qu’il serait délicat de cacher l’information (maintenant disponible partout) et que tenter de puissants euphémismes pour la faire passer comme anodine ne marche pas mieux : en effet, le rapport annuel du Reuters Institute montre que la confiance se dégrade un peu partout dans le monde, notamment en France où la confiance s’effondre de 11 points en un an… En 2019, les Français ne sont plus de 24% des interrogés à croire aux médias hexagonaux.

Quelle énhaurme surprise, ne trouvez-vous pas ?

Voyons, voyons, qu’est-ce qui pourrait bien avoir bousculé les Français dans leur convictions pour leur faire croire que leur presse était à ce point si partiale ?

Serait-ce la présentation systématiquement manichéenne et caricaturales des positions des uns et des autres, dans laquelle le Camp du Bien, paré de mille vertus, combat âprement l’hydre hideuse du Camp du Mal qui est plus méchante et plus bête chaque jour qui passe ?

Serait-ce les titres putassiers et carrément faux qui provoqueraient un nuage de doutes sur la solidité des informations distribuées par la presse officielle, pourtant ointe du saint sacrement de la subvention publique ?

Serait-ce la grande qualité et l’approvisionnement régulier de fake news qui force les Français à accorder une confiance de plus en plus modérée à leurs médias qu’ils financent pourtant tous les ans un peu plus de leur poche ?

Serait-ce enfin la tenue générale des débats médiatiques sur la plupart des sujets où il s’agit essentiellement de présenter des documentaires si chargés idéologiquement qu’il en devient difficile de ne pas voir les nombreux biais déployés ?

Difficile de trancher : chaque jour qui passe nous apporte son lot de notules journalistiques écrites avec les pieds, à l’orthographe hésitante, au propos mal articulé et aux arguments souvent spécieux et il est délicat de dire que, oui, finalement, c’est cet article, cette ligne de comportement qui poussent un peu plus de Français à douter des informations qui leur sont soumises.

Néanmoins, il apparaît clair que les informations diffusées par les organes de presse et les journaux, télévisés, radiophoniques ou sur papier, ne sont plus du tout prises comme parole d’Évangile. Si on peut évidemment redouter que cela pousse certains vers un complotisme ridicule qui verrait les Sauriens Illuminatis Francs-Maçons à la tête de l’État profond dans le but d’exterminer l’Humanité par un réchauffement climatique insupportable qui nous grillerait tous à petit feu, il n’en reste pas moins que, d’un autre côté, un nombre croissant d’individus ne croit tout simplement plus aux calembredaines éhontées que reproduisent les journalistes avec une application qui oscille entre l’incompétence et la compromission la plus assumée.

Peut-on blâmer les Français ?

Peut-on les blâmer de faire ce que justement les journalistes ne font plus, par manque de temps parfois, par paresse ou par idéologie, souvent, à savoir vérifier les sources, utiliser leur sens critique, poser des questions, interroger ce qui apparaît comme des évidences pour tenter d’aller au fond des choses ?

Peut-on leur reprocher de prendre leur distance avec ce que ces journalistes présentent comme des faits et qui sont, de plus en plus régulièrement, démontés comme des grosses opérations de propagande menées soit par le pouvoir, soit par les journalistes eux-mêmes pour faire avancer des agendas plus ou moins officiels ? Dois-je vraiment illustrer ce passage en sortant un Castaner de ma poche, ou dois-je revenir en détail sur les élucubrations de plus en plus grotesques d’Elise Lucet et sa clique néfaste inventant des apocalypses diverses et variées pour mieux vendre leur soupe idéologique ?

Peut-on reprocher à ces Français de trouver particulièrement lassant le bombardement maintenant quotidien de leur espace médiatique de messages de plus en plus alarmistes, qui, tous, dépeignent un avenir catastrophique à base de catastrophes naturelles, de pandémies abominables, d’horreurs multiples alors même que l’Humanité va pourtant de mieux en mieux ?

Peut-on leur reprocher de douter de la parole journalistique alors qu’elle n’a fait que répéter, sur les 40 dernières années, qu’on n’en avait plus que pour 10 ans à vivre, qu’on allait inévitablement manquer de pétrole en 2000, pardon, en 2010, pardon en 2020, pardon en 2040 ? Que nous allions tous mourir noyés en 2010, non 2012, non 2016 ? Que les eaux montent partout (sauf autour des îles) ? Que la fin du monde était inéluctable, c’est la NASA que le dit !

Peut-on leur reprocher de constater que, partout, c’est un perpétuel signalement vertuel de ces journalistes sur toutes les ondes, qu’on assiste à un barbouillage de moraline en barils industriels, partout, tout le temps, mais que ces mêmes journalistes se comportent comme des dépravés dès qu’ils en ont l’occasion, montrant de façon parfois symptomatique ce qu’ils sont réellement et la variabilité de la morale qu’ils entendent distribuer partout sans pourtant en conserver le moindre échantillon sur eux-mêmes ?

Comment reprocher vraiment aux Français de ne plus croire aux pipeaux de plus en plus éhontés que nos journalistes jouent à longueur de temps alors que, lorsque l’un d’entre eux fait l’effort de faire des recherches, d’argumenter sa position, de sortir des sentiers battus de la bien-pensance, elle est poursuivie et vilipendée par le reste de la profession ? Il suffit de voir ce qui est arrivé à Philippe Verdier, de France 2, pour comprendre l’ampleur du phénomène. Plus récemment, il suffit de regarder les torrents de haine déversés sur Géraldine Woessner ou sur Emmanuelle Ducros (qui a même été obligée de suspendre son compte twitter pendant un temps) – lisez les fils twitter pour voir la cabale en cours – pour mesurer toute l’ampleur du problème des médias en France. Il faut même parfois que l’Académie se lève pour dénoncer les pressions inouïes que subissent ces hideux contradicteurs, surtout lorsqu’ils ont des arguments et ne se laissent pas faire…

En réalité, la défiance grandissante que les Français éprouvent à l’égard de leurs médias est parfaitement logique et encore trop en dessous de ce que ceux-ci méritent : bien que grassement subventionnés, les informations qu’ils distribuent sont de très médiocre niveau. Les analyses fournies sont inexistantes ou d’une pauvreté indigente, tout comme la qualité générale des débats ou, plus exactement, des polémiques voire des pugilats qu’ils suscitent sans vergogne.

Mais pire que tout, ce qui achève de détruire toute confiance, c’est sans doute le décalage patent entre le peuple qui cherche, par tous les moyens, à comprendre le monde qui l’entoure, et cette presse maintenant presque intégralement anti-capitaliste qui ne fournit plus que des clés de compréhensions marxiste dans un monde qui abandonne progressivement ces vieilles lunes destructrices.

Et comme on ne voit aucun signe de changement, gageons que les prochaines années confirmeront cette défiance.

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Cryptomonnaie : le Libra sera libre comme les démocraties populaires sont démocratiques et populaires…

Par h16

Ah, tiens, finalement, les cryptomonnaies, ce n’est pas si pourri que ça ! Regardez, même Facebook se lance dans l’aventure ! Avec l’arrivée d’un tel poids lourd dans l’espace des cryptomonnaies, pas de doute, cette invention financière majeure vient de faire un grand bond en avant… Mais avant de crier victoire, assiste-t-on réellement à la naissance d’une nouvelle cryptomonnaie ?

Pour le moment, c’est l’agitation sur la toile.

Du côté des médias traditionnels, c’est même la bousculade de petits articles pour détailler la nouvelle : pour les uns, Facebook veut bousculer les monnaies, pour d’autres, l’arrivée d’un tel géant doit même faire peur aux États.

Bref, on en parle un peu partout, les médias trépignent et c’est pour eux l’occasion de revenir à la fois sur le concept des monnaies et de s’interroger sur la place de cette technologie si vieille et pourtant si indispensable dans notre économie. La vulgarisation aidant, le lecteur le plus chanceux comprendra que la proposition de Facebook est essentiellement une nouvelle forme de coupons adossés à un groupe d’entreprises partenaires, à l’instar des « miles » aériennes ou d’autres jetons proposés par des chaînes ou des alliances commerciales.

Plus concrètement cependant, ceux qui voudront éplucher les caractéristiques du nouveau joujou de Zuckerberg pourront aller voir le joli site de la cryptomonnaie Libra, aux couleurs moyennement vitaminées de Facebook. On y notera les déclarations de principes, onctueuses comme un onguent sophistiqué, dans lesquelles on découvre que le but est d’offrir un moyen simple à des centaines de millions, que dis-je, des milliards d’individus de disposer d’avoirs numériques, de manipuler de la monnaie, et de faire des opérations bancaires.

Car si de moins en moins d’êtres humains meurent de faim, beaucoup trop sont encore exclus de l’accès aux services des banques et, plus prosaïquement, de la possibilité de recevoir ou d’échanger de la valeur de façon rapide, simple, efficace et sans danger. Avec un téléphone portable, une connexion au réseau et une cryptomonnaie qui fonctionne, « bancariser » ces personnes devient possible et le Libra de Facebook entend jouer ce rôle.

Cependant, une fois passées les présentations trendy et les jolies photos de banques d’image, les vidéos inspirantes à la musique neutre produite au kilomètre, l’épluchage du « whitepaper » technique refroidit quelque peu l’enthousiasme que cette initiative pouvait avoir déclenché.

En termes de caractéristiques techniques, il s’agit d’une chaîne de blocs dont les principes se rapprochent un peu d’Ethereum plus que de Bitcoin, avec un système de paiement de la transaction intégré, un consensus basé apparemment sur une preuve d’enjeu plutôt qu’une preuve de travail même si, comme Ethereum, les détails sur l’implémentation de cette preuve d’enjeu restent flous.

Pour fonctionner, Libra disposera d’un langage de script, permettant de faire fonctionner les transactions (et par la suite de mettre en place des contrats automatisés, à l’instar d’Ethereum là encore). Le langage, « Move », n’est pas détaillé et personne n’a idée ni de ses capacités, ni de sa solidité, ni des caractéristiques importantes (à commencer par sa vérification formelle).

Faisant fi des mécanismes de consensus déjà explorés par les cryptomonnaies existantes, Libra propose un nouveau mécanisme tolérant aux fautes byzantines, construit sur l’algorithme « HotStuff » produit par une chercheuse israélienne, Dahlia Malkhi. Si on peut admettre que, sur le papier, l’algorithme en question est plein de promesse en termes de performances et de facilité d’implémentation, force est de constater qu’on n’a pour le moment aucun recul sur sa résistance et sa capacité de monter en charge.

À ces éléments qui laissent penser que les personnes embauchées par Facebook pour créer une nouvelle cryptomonnaie ne sont pas complètement à côté de la plaque, on doit cependant ajouter quelques points qui laissent plus que perplexes sur l’avenir de cette aventure.

La lecture des documents fournis par la firme de Zuckerberg ne donne en effet qu’assez peu d’indications sur la nature publique des informations de transactions qui seront disponibles. Si, on le comprend, une centaine de grandes firmes participeront à la validation des transactions et à leur écriture dans le « grand livre général », on peine à voir où ce grand livre sera lisible, sachant que cette caractéristique – une publication au su et au vu de tous – est la base essentielle pour garantir la validité de ces transactions…

De la même façon, s’il est clairement indiqué que le protocole autorise chaque utilisateur à conserver un pseudonyme et plusieurs adresses pour effectuer des transactions sur la chaîne, on comprend malgré tout que les transactions, elles, seront hautement traçables, à l’instar de Bitcoin mais avec votre compte Facebook au bout. Question anonymat et fongibilité, ce n’est vraiment pas ça.

La Libra Fundation, qui se charge d’accueillir les premiers fondateurs, ces sociétés aptes à payer le ticket d’entrée de 10.000.000 de dollars pour participer, peut a priori refuser n’importe qui. Dès lors, il est naïf de penser que les 100 premiers participants de cette blockchains seront neutres. Leurs intérêts ne recouperont peut-être d’ailleurs pas celui des consommateurs…

Afin de contrebalancer la volatilité frénétique des cryptomonnaies, Libra propose un jeton adossé à un panier de monnaies. Ces monnaies – fiat, émises par des États – étant toutes inflationnistes, on peut donc garantir que le libra sera lui-même inflationniste et intrinsèquement manipulable par les États, ainsi que, par ricochet, soumis aux règles qu’ils mettent en place à commencer par les contraintes parfois exorbitantes que le dollar impose. À ce titre, si le dollar fait partie du panier, le libra ne sera donc pas accessible aux Iraniens, par exemple…

En somme, cette monnaie sera donc centralisée, censurable sur un claquement de doigt étatique, inflationniste et reposant intégralement sur les marges de manœuvre laissées par des États. On peut donc ainsi garantir qu’il y aura des KYC et des AML, ce qui fera voler par la fenêtre les belles présentations précédentes expliquant vouloir offrir cette monnaie à ces milliards d’individus non bancarisés : comment être reconnu de façon crédible et passer ces filtres alors que, dans beaucoup de pays, l’acte de naissance, la carte d’identité ou les moyens d’identification ou de gestion de propriété privée (comme le cadastre par exemple) sont au mieux naissants, au pire inexistants ou complètement sujets à corruption ?

En réalité, on comprend surtout que pour Facebook, cette nouvelle aventure est l’occasion de mesurer son impact réel puisque, la fondation Libra l’explique directement, l’un des buts est de développer un véritable « standard d’identité » :

« An additional goal of the (Libra) association is to develop and promote an open identity standard. We believe that decentralized and portable digital identity is a prerequisite to financial inclusion and competition. »

Un monde où la monnaie, devenue globale, est à la merci des États qui n’auront aucun mal à tordre le bras de toutes les sociétés privées acoquinées dans cette fondation, où les identités de tous et de chacun sont connues et traquées efficacement, et où absolument tous les actes marchands sont potentiellement disséqués par des entreprises qui ont fait fort de mettre le « Big data » et l’Intelligence Artificielle à leur service, voilà qui vend du rêve, non ?

On peut cependant raisonnablement parier sur une réussite (au moins à court terme) de cette nouveauté : c’est nouveau, c’est facile d’emploi, cela donne quelques opportunités supplémentaires d’échanger (de l’argent ici) avec des connaissances, des amis, etc, et ça utilise la puissance du réseau social Facebook, autant d’ingrédients qui garantissent que la masse foncera allègrement vers les promesses dorées portées par Libra…

Avant de clore ce billet, il serait dommage de ne pas noter la réaction immédiate, quasi compulsive et réflexive des autorités françaises, avec Tracfin en tête (dont le directeur, paniqué, croit encore qu’il va falloir réguler cette cryptomonnaie), rapidement suivi de notre Bruno Le Maire national, égal à lui-même c’est-à-dire à pas grand chose de valable.

Entendant que Facebook allait lancer sa propre monnaie, ne comprenant ni la technologie sous-jacente, ni même le concept de monnaie en général, notre Minustre de l’Économie En Déroute s’est donc fendu d’une remarque, parfaitement idiote comme il se doit :

« Que Facebook créé un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question »

Autrement dit, Bruno a fermé ses petits poings et déclaré qu’il entendait fixer des limites à Facebook. Ce qui revient à croire qu’il a son mot à dire ; c’est déjà comique au niveau de l’Euro, c’est hilarant pour une cryptomonnaie en général, c’est juste consternant concernant ce projet en particulier. Évidemment, si le panier de monnaies comprend des dollars, le dernier mot appartiendra de toute façon au pouvoir fédéral américain qui se fera un plaisir de passer sur le corps frêle du petit Bruno, dont les petits couinements n’attireront aucune pitié.

Le Libra est annoncé pour débuter en 2020. Il reste donc encore plusieurs mois pour collecter des informations sur ce que veut être cette nouvelle cryptomonnaie. Mais tout indique que, derrière les buts sucrés présentés à grands renforts d’images colorées, se cache un mécanisme redoutable pour étendre encore un peu plus la domination des États sur les individus.

Du reste, ce sera un excellent test : si ces derniers laissent Facebook continuer, s’ils poussent même à la roue, vous pouvez être certains que ce ne sera pas pour votre plus grand bien. S’ils s’y opposent, s’ils paniquent et ruent dans les brancards, alors peut-être sera-t-il temps de s’y intéresser.

Restons prudents.

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HADOPI, 10 ans et 88 millions d’euros pour rien

Par h16

10 ans déjà ! C’est formidable, comme le temps passe vite ! Eh oui, il y a 10 ans, était instaurée la Haute Autorité Destinée à Observer les Petits Internautes, HADOPI pour faire court, qui, outre une consternation compacte chez tous les acteurs d’internet un tant soit peu compétents, déclenchait immédiatement la mise en place de toute une série d’intéressantes mesures dont on peut maintenant mesurer les effets réels.

Ah, 2009 ! Rappelez-vous, c’étaient la fin des années disco tecktonik et internet était encore, dans l’esprit brumeux des parlementaires français, un vaste champ des possibles, une espèce de Far West indompté à l’assaut duquel internautes indisciplinés et politiciens se lançaient, un peu fous, pour y découvrir de nouvelles sensations. Facebook ou Twitter n’existaient pas, la presse n’avait pas encore compris qu’elle était destinée à disparaître et croyait encore y trouver son compte.

Logo HADOPI : haute autorité destinée à observer les petits internautes

Le cyberespace de 2009, c’était – toujours dans la tête du législateur de l’époque – cet immense espace à légiférer, où les uns pillaient sauvagement les autres, à coups d’octets, de cryptographie, de hacking et d’autres mots complexes qui font encore frissonner une bonne partie des politiciens d’aujourd’hui.

L’abominable problème du piratage se posait alors dans des termes crus qui semaient l’effroi dans les populations les plus fragiles : des bandits, armés d’épaisses bandes-passantes et de redoutables pair-à-pair, attaquaient des diligences entières de musiques et de clips vidéos pour en faire des copies intégrales sans payer les producteurs, les artistes et la ribambelles de taxes étatiques attachées aux transactions légitimes. Et même si les industries musicales et cinématographiques ne pouvaient pas présenter de chiffres en bernes, leurs petits cris stridents, leurs yeux parcourus de spasmes d’effroi et la perspective de toutes ces rentrées fiscales évaporées poussèrent donc le gouvernement d’alors, cornaqué par Albanel Épaisseur Triple, ministre de la Culture, à lancer enfin une pacification musclée des intertubes et des miniternets. HADOPI était créée.

Le mandat était simple : choper des internautes rétifs, et leur faire cracher au bassinet les droits et indemnités qu’ils devaient à tous les ayant-droits (État compris) à la suite de leurs copies illégales et sans vergogne. Pour cela, aucun moyen ne serait laissé au hasard et, histoire de ne pas trop terroriser tout le monde, on mit donc en place la Riposte Graduée qui est à la lutte contre le piratage ce que les sites du gouvernement en matière de mangibougisme sont à la consommation de pizzas, de plats préparés (lasagnes au cheval y compris) et autres mets trop gras, trop salés, trop sucrés et trop plein de fun que la morale réprouve : tout le monde écoute poliment, et tout le monde s’en fiche aussi poliment.

Bref : dès le départ et compte-tenu de l’évident capitalisme de connivence dégoulinant qui s’était installé dès les prémices du projet, on savait que l’ensemble de la démarcher aboutirait à un bilan minable.

Sans HADOPI, Frank Riester n'aurait jamais pu frimer à la radio.Deux ans plus tard, en 2011, les premiers résultats confirmait l’évidence du départ : le petit Franck Riester, alors membre du collège de cette HADOPI, venait bafouiller des explications vasouillardes devant l’inefficacité consternante de l’institution et la médiocrité amusante des publicités qu’elle avait produites.

Quelques années supplémentaires ne permirent pas de désensabler le navire, déjà profondément enfoncé dans des douzaines de mètres-cubes de sable législatif et des kilomètres de câbles STP reliant l’institution avec ses partenaires (privés) chargés d’écumer mollement les intertubes à la recherche de pirates. En 2013, on constatait surtout un report des utilisateurs depuis les sites en P2P (pair-à-pair), scrutés avec plus ou moins de bonheur par la Hautotorité, vers les sites de streaming qu’elle n’était équipée ni techniquement, ni légalement, pour observer.

Epic Fail

Depuis, quelques rebondissements ont bien alimenté la chronique au sujet de la HADOPI (vous pourrez les relire ici si vous le désirez), mais la substance fondamentale est surtout l’énième observation d’un échec pourtant annoncé, malgré tout persistant et renouvelé, dans la décontraction la plus parfaite de l’ensemble des acteurs concernés qui ne financent absolument pas ça de leur poche (puisque cette partie-là est remplie par le contribuable).

Et nous voilà en 2019 : dix ans se sont écoulés et le bilan reste obstinément le même.

Les chiffres, les constats, disponibles assez facilement un peu partout, ne laissent que très peu de marge à l’interprétation généreuse et aux louanges. Bien sûr, les médias traditionnels jouent sur la demi-teinte, les tons pastels et les adjectifs les plus arrondis possibles pour camoufler le désastre, mais il n’en reste pas moins là : après avoir versé 10 millions d’euros en 2010, puis 11,4 en 2011, 11 en 2012, 8,4 en 2013, 5,6 en 2014, 5,52 en 2015, 7,8 en 2016, 9 en 2017, 10 en 2018 puis 9 millions pour cette année, l’État aura donc cramé 88 millions d’euros sur ces dix années de bonheur ouaté.

En face, la HADOPI peut fanfaronner d’avoir totalisé 83 condamnations à des amendes allant de 100 à 2000€, soit 8 par an en moyenne. À près de 9 millions d’euros par an, cela nous fait un million d’euro claqué par condamnation, ce qui est exactement à l’image de l’efficacité du dispositif : désastreux.

Qu’on ne se méprenne pas : si ces chiffres sont tout à fait risibles, ce n’est pas parce qu’on aurait souhaité que la HADOPI soit efficace et harponne du pirate par trouzaines giboyeuses, mais bien parce qu’ils confirment que cette institution est parfaitement inutile pour la tâche qui lui a été confiée. Les millions d’e-mails aspergés sur le territoire ne servent à peu près à rien, sinon à indiquer à l’internaute qu’il a été repéré et qu’il doit donc rapidement changer de méthode. Ce qu’il fait, du reste, tous les indicateurs du niveau de piratage globale dans les industries du disque et de la musique montrant qu’après le P2P puis le streaming, c’est maintenant l’IPTV qui se met en place…

Pratique à laquelle la HADOPI ne peut d’ailleurs pas répondre (et pour cause : en 2009, elle n’existait pas et la HADOPI ne sait combattre que la guerre précédente qui a été perdue, jamais la prochaine).

Mais qu’à cela ne tienne : même si le piratage continue et que, finalement, personne ne s’en porte plus mal, contrairement à ce que hurlaient les Majors et autres firmes de lobbying parlementaire, même si cette Hautotorité grotesque ne sert très concrètement à rien, même si les techniques évoluent plus vite que les lois, même si le marché a, en 10 ans, amplement prouvé être capable de s’adapter aux demandes (les offres légales de bonne qualité abondent), même si tout ceci nous coûte 9 millions d’euros par an, on va continuer !

Quand bien même l’argent du contribuable sert très clairement à protéger des intérêts privés, au travers d’une HADOPI qui n’existe nulle part ailleurs et dont tout le reste du monde se passe très bien, comme pour les lois dont les effets pervers s’amoncellent et dont personne ne semble jamais responsable, on va continuer !

La HADOPI continue donc de trottiner sur le petit chemin qui sent, outre la noisette, la petite odeur insistante de l’argent public cramé en pure perte.

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[Redite] Des élus de plus en plus dangereux

Par h16

Article initialement paru le 22.06.2018

Un an s’est écoulé depuis le constat effarant que les élus et les responsables politiques français étaient passés avec souplesse du statut global d’incompétents à celui plus gênant encore de dangereux. Depuis, la situation s’est heureusement nettement améliorée : Bruno Le Maire a amplement prouvé qu’il pouvait réussir certaines choses comme empêcher la fusion de Renault avec Fiat-Chrysler ou qu’il pouvait parvenir à un accord de budget pour la zone euro qui se traduira essentiellement par … de nouvelles taxes, ce qui tombe vraiment bien dans un pays en plein boom économique…

En France, l’administration fait, tous les jours, d’immenses dégâts et, comme un occupant intérieur, prélève une dîme chaque année plus lourde. Cependant, sa frénésie de tabassage fiscal doit beaucoup à cet esprit ponctionnaire débridé qui souffle au sein de son appareil de direction : chaque jour, à côté d’une inculture économique consternante, nos élus nous font la démonstration d’un état d’esprit totalement vicié.

Et il n’y a guère besoin d’aller chercher bien loin puisque chaque semaine, que dis-je, chaque jour amène son lot d’âneries affolantes proférées par l’un ou l’autre personnage politique d’importance relative.

Ici, il serait facile d’exhiber des exemples particulièrement comiques en tapant dans l’immense vivier de populistes d’extrême-gauche dont la réputation en matière d’inculture économique n’est plus à faire. Dans l’une ou l’autre saillie où le populisme s’y disputera l’indigence du raisonnement sous-jacent, on trouvera toujours une bonne raison d’aller saboter un pan de l’économie sous des prétextes fallacieux mais électoralement vendeurs.

Dois-je réellement m’appesantir sur le dernier tweet de Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il se demande, pas suffisamment in petto, si l’argent fait le bonheur et si, quelque part, il ne faudrait pas arrêter un peu d’accumuler bêtement, oubliant (commodément ou par simple absence de raisonnement) que c’est précisément l’accumulation de capital qui a permis, depuis l’aube des temps, de sortir l’humanité de sa condition animale et du dénouement qui s’y rattache ?

Je dis aux très riches : réfléchissez, est-ce que tout cet argent que vous accumulez vous sert encore à quelque chose, est-ce que cela vous rend heureux ? #questionspol #FranceInter #FranceInfo

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) June 17, 2018

Si l’on n’est guère étonné de trouver ce genre de propos chez quelqu’un qui se fait fort de confisquer tout ce qu’il pourra (et d’accumuler pour lui et sa clique – l’accumulation, dans ce cas là, ne le rendant pas morose), on pourra s’inquiéter un peu plus en découvrant les opinions aussi informées que frappées au coin du bon sens avec 3g d’alcool dans le sang d’un certain Guillaume Peltier, occulté jusque-là, dont on a la tristesse d’apprendre qu’il est vice-président des Républicains, poste qu’il aura décroché probablement à la suite d’une épique partie de beer-pong (je ne vois guère d’autre explication possible).

Et pour ce Vice caché jusqu’à présent, il faudrait très clairement augmenter le SMIC de 10, 15 voire 20% : eh oui, puisqu’avec 1100 ou 1200 euros par mois, il est difficile de vivre en France, l’individu propose un électrochoc en augmentant le salaire minimum d’une façon musclée, tout en prétendant rééquilibrer cette hausse par « une baisse des charges drastique » sur ces salaires. Qui sont déjà, très largement, particulièrement allégés de charges.

Autrement dit, outre l’absence assez inquiétante de connaissance du sujet spécifique du salaire minimum en France, le frétillant demi-président nous démontre une méconnaissance dramatique d’une règle de base de l’économie : si vous contraignez artificiellement un prix à la hausse, vous créez, mécaniquement, des frictions dans le marché correspondant et accroîtrez inévitablement les inefficacités. En d’autres termes, le coût de l’emploi augmentant, vous allez créer encore plus de chômeurs.

Mais le politicien n’en a cure. Tout comme Jean-Luc et ses saillies ridicules à faire pousser des dents de travers, le brave Guillaume sait qu’on attrape plus de mouches électorales avec une pinte de populisme qu’avec une goutte de réalisme.

Heureusement, ni le premier ni le second ne sont au pouvoir. Il n’y a rien de plus dangereux qu’un populiste au pouvoir, surtout s’il se double d’un parfait crétin ou d’un inculte chimiquement pur en économie. Le Vénézuéla en fait les frais tous les jours, le Zimbabwe avant lui et la France n’y échappe pour le moment que par la grâce d’un énième concours de circonstances pas trop défavorables.

Mais voilà, la chance finit toujours par tourner.

Après tout, nous avons Bruno Le Maire comme ministre de l’Économie, et ce type n’a manifestement jamais été équipé pour en parler, l’analyser et à plus forte raison, la comprendre.

En témoigne la dernière enfilade d’imbécilités qu’il a proférées avec un aplomb que seuls peuvent afficher les innocents aux mains pleines et aux crânes vides.

Ainsi, pour ce minustre, aucun doute : il faut taxer Amazon, il faut taxer leurs livraisons, et puis c’est tout.

En cela, il rejoint donc avec une belle vigueur de vainqueur le train des sénateurs parti un peu avant lui qui ont décidé de fusiller ce qui restait de commerce en France, et de réintroduire une forme pas du tout subtile d’octroi dans nos villes et nos campagnes. On attend avec gourmandise les subventions aux troubadours et autres jongleurs que la République réintroduira pour ce nouveau Moyen-Âge festif, citoyen et un tantinet rigoureux que nous dessinent Bruno et sa brochette de déconautes de l’économie.

Pour entrer en politique, il faut une confiance en soi absolument inoxydable. Ce trait permet de sélectionner les plus obstinés, et la frontière est fine avec les plus bornés. Frontière que Bruno franchit allègrement, tel un réfugié de l’économie alternative franchissant une véritable Méditerranée de concepts foireux sur le petit pédalo de son intelligence : non content de vouloir fusiller Amazon et l’e-commerce français dans le même pédalage vigoureux, le voilà qui s’en prend avec finesse à la rémunération de l’ex-PDG de Carrefour.

Eh oui : alors même que Bruno Le Maire n’a jamais été bénévole toutes ces années où il a sévi en politique (ce qui aurait mis son salaire à la hauteur de ses réussites), voilà celui qui est parvenu 5ème sur 7 candidats de la Primaire républicaine avec un imposant 2.36% distribuer des bons et des mauvais points à quelqu’un dont la rémunération dépend, au final, du bon vouloir d’actionnaires dont Bruno n’est normalement pas responsable.

N’en déplaise à Bruno, les rémunérations octroyées par Carrefour à ses dirigeants ne le regardent en rien et ne regardent que les propriétaires légitimes de cette entreprise privée qui finirait, magie du marché, par une faillite méritée si elle persistait à payer n’importe qui n’importe comment.

Faillite que Bruno n’envisage même pas, ce concept ayant été soigneusement gommé tant dans les administrations où il a laissé ses traces que dans toutes les boîtes où l’État met ses doigts boudinés et qui sont devenues littéralement impérissables, par la force des interventions catastrophiques de Bruno et de types de son « calibre » avant lui.

Ce faisant, le ministre de l’Économie intervient, encore une fois, dans un domaine qu’il ne maîtrise en rien, ce qui ne manquera pas de déclencher, un jour ou l’autre, des effets indésirables. Eh oui : un incompétent au pouvoir, c’est toujours dangereux.

Et ici, je ne parle malheureusement pas de prospective ou d’hypothétiques dérapages malencontreux, mais bien de faits certains et de conséquences inéluctables avec lesquels nous devrons vivre des décennies durant, de la même façon que nous vivons, ici et maintenant, avec les conséquences catastrophiques des colliers de nouilleries que les brillants prédécesseurs de Bruno ont enfilées avant lui.

Il me suffira, pour illustrer ce propos et conclure cet article, d’exhiber la dernière trouvaille du Conseil Constitutionnel dégotée par un Laurent Alexandre effaré (et il n’est pas le seul), et de constater que oui, décidément, avec ce genre d’olibrius aux commandes, ce pays est foutu.

Le conseil constitutionnel bloque fortement le deep learning : les chinois et les GAFA applaudissent ! pic.twitter.com/5EyKa8zXEg

— Laurent Alexandre (@dr_l_alexandre) June 18, 2018

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Loi Alimentation : quelle surprise, encore des effets pervers !

Par h16

Ce fut long, ce fut rude, mais nous y sommes à peu près parvenu : l’imprévisible a été courageusement repoussé hors de France et depuis, tout se déroule exactement comme prévu. C’est-à-dire mal.

Il y a de cela quelques années, on voyait déjà monter, comme une mayonnaise aussi onctueuse qu’épaisse, la nécessité d’une grosse loi joufflue pour insérer un peu plus l’État, ses normes, obligations, contraintes et autres taxations dans le domaine de l’alimentation, pourtant déjà bien investi par lui auparavant : l’interventionnisme étatique a ceci de particulier qu’il se croit autorisé à intervenir d’autant plus qu’il est déjà dans la place.

À l’époque, je notais dans un billet facepalmogène les efforts consternants du petit Guillaume Garot, alors sous-fifre d’un pitoyable gouvernement hollandiste, pour pousser le marché alimentaire dans ses derniers retranchements. L’empilement d’âneries qu’il proposait fut globalement dilué par les années et les détours parlementaires habituels, mais petit-à-petit, des effets pervers pointaient le bout du nez et la lutte contre le gaspillage, l’objectif d’affichage initial, aboutissait à un échec parfaitement calculable.

Dans la foulée, et sans doute pour célébrer ce merdoiement tranquille avec un faste ostentatoire et passer à la vitesse supérieure, le gouvernement suivant, macroniste cette fois (différence cosmétique), se lança dans l’écriture, le vote puis la mise en application d’une Loi Alimentation dont tout indiquait, dès le départ, qu’elle serait bien évidemment une catastrophe pour le secteur agro-alimentaire, pour les enseignes de distribution et les agriculteurs.

Devant les soucis qu’elle posait dès le départ, il fut rapidement décidé de la jouer à quitte ou double en remettant une épaisse couche d’âneries aux strates déjà nombreuses empilées jusqu’alors.

De façon assez peu stupéfiante, quelques mois plus tard, des effets pervers furent rapidement constatés : grâce à l’effort conjugués des imbéciles législateurs et des abrutis administratifs, des milliers de produits virent leur prix augmenter de 1 à 10% en grande surface.

Pour l’observateur extérieur, tout se passe exactement comme si le peuple français, trop joyeux de vivre dans une opulence relative, s’infligeait régulièrement pénitence en se coltinant la plus belle brochette d’idiots destructeurs à leur tête, dont le but quasi-avoué lors des campagnes électorales consiste à diminuer le pouvoir d’achat de tout le monde et d’en appauvrir le maximum.

Force est de constater que pour le moment, carton plein, c’est une réussite !

Quelques mois se sont écoulés depuis ces constats de merdoiement intense. C’est le moment que choisit le Sénat pour aboutir à ses conclusions : ahurissement total, la Loi Alimentation serait bourrée d’effets pervers !

Eh oui : comme prévu, l’encadrement des promotions (rappelez-vous, le vilain Nutella vendu trop peu cher) se révèle catastrophique pour tout le secteur. Certains élus, les yeux humides devant le constat, expliquent leur désarroi dans une voix chevrotante d’émotion :

« Il faut de toute urgence assouplir l’ordonnance sur ce point car certaines PME ne passeront pas le cap des deux années d’expérimentation prévues par la loi »

La promotion, c’est mal, mais quand une entreprise réalise 50% de son chiffre d’affaires grâce à elle, l’interdire revient à signer son arrêt de mort. Bien joué les gars et merci pour votre coup de pelle derrière la nuque. Pour certaines entreprises vendant des fruits et légumes, les promotions sont vitales au moment des surproductions. Sucrez les promotions, vous tuez ces entreprises. Merci la députaillerie, vous nous avez bien aidé !

Mieux encore (et toujours comme prévu), il apparaît que l’autre mesure phare de cette loi ridicule, à savoir la hausse de 10 % du seuil de revente à perte (SRP), obtient des résultats … maigrichons : en lieu et place des 650 millions d’euros que la mesure auraient dû permettre de récolter suite à cette hausse des prix, on se retrouve avec un petit 300 millions très sujet à débat. Les sommes récoltées, au départ destinées aux entreprises et aux agriculteurs concernés, semblent bizarrement n’être jamais arrivées à destination.

C’est ballot.

Enfin, pas pour tout le monde puisqu’il semble que le grand gagnant de ces hausses soit… l’État (oh, mais quelle surprise !) au travers des hausses conséquentes de TVA que ces nouveaux prix ont entraînées.

L’idée de départ, qui consistait à lutter contre les guerres des prix et autres opérations commerciales agressives entre enseignes, peut bien évidemment passer complètement à la trappe puisque les guerres et les opérations se poursuivent exactement comme avant.

Autrement dit, dès le départ, on savait que ces empilements législatifs aboutiraient, tous, à accroître la misère globale au lieu d’augmenter le bien-être des agriculteurs, créer de l’emploi ou calmer les ardeurs malsaines des consommateurs. On savait qu’aucune des « solutions » apportées ne résoudrait les « problèmes » analysés. On savait que ce serait un fiasco. En somme, cette initiative destinée à apporter la misère et les emmerdements massifs à une part croissante de la population se retrouve magnifiquement couronnée de succès !

Ces exercices législatifs affligeants sont maintenant une habitude en République Socialiste du Bisounoursland Démocratique Populaire. Plus rien ne semble pouvoir arrêter l’appareil législatif devenu complètement fou : on sait dès le départ que le problème a été analysé de travers (si tant est qu’il existe en premier lieu), on sait que les solutions proposées n’en sont pas, qu’elles vont provoquer des effets pervers. On le comprend dès les discussions parlementaires, dans les amendements, puis au moment du vote, puis de la mise en application.

Lors du bilan, ça ne rate pas : avec une ponctualité de coucou suisse, exactement comme prévu, le résultat est catastrophique.

Et que fait-on ? Mais on continue comme si de rien n’était, pardi ! La République est en marche, à fond les ballons, comme une locomotive folle sans freins ni chauffeur, et rien ne pourra plus l’arrêter !

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Loi Mobilité : plus de lois, moins de mobilité

Par h16

♩ Quand on partait de bon matin ♪ quand on partait sur les chemins ♫ à trottinette ♬ … on n’avait pas une belle loi pour nous encadrer tout bien comme il faut et nous border afin d’éviter de graves soucis de santé. Heureusement, le législateur s’est attelé à remédier à ce problème délicat, d’autant que tous les autres (insécurité galopante, chômage incompressible, urgences hospitalières débordées, immigration mal gérée, etc…) sont maintenant largement résolus…

Cela fait maintenant une semaine que l’Assemblée nationale s’est saisie du texte du moment, un très copieux projet de « Loi d’orientation des mobilités » qui, comme son nom ne le laisse pas suffisamment penser, vise effectivement à orienter la mobilité des gens vers un but bien précis qu’on se gardera de leur expliquer de façon trop claire, un peu à l’instar d’un chien de berger jappant autour du troupeau qu’il faut absolument diriger dans un sens ou un autre sachant qu’éviter le ravin ne reste qu’une option.

Le texte est dodu, pour ne pas dire obèse. Il contient une cinquantaine d’articles bien joufflus qui entendent couvrir tout un tas de domaines dans lesquels l’Etat a amplement montré sa totale maîtrise, ce qui est extrêmement rassurant. En effet, il ne s’agit pas moins que, via la loi, de pallier le manque de solutions à la mobilité dans de nombreux territoires (eh oui : qui construit les routes et les voitures qui roulent dessus ? La loi, pardi !), de résoudre les problèmes d’infrastructure (l’argent pour les financer sera là aussi trouvé par la loi, décidément fort pratique), de « révolutionner les pratiques » ce qui, de l’aveu même du texte, « constitue une formidable opportunité » de taxer les moutontribuables, et bien évidemment, forcément, obligatoirement, inévitablement, de répondre à l’urgence climatique sans laquelle tous ces suppositoires à ailettes passeraient beaucoup moins bien.

Devant un projet aussi ventripotent, c’est donc sans surprise que les amendements et les propositions se multiplient : chaque député, chaque politicien y va de sa proposition pour être sûr de participer à l’édifice global qui vise à nous rendre plus et mieux mobiles à grands coups de boulets, de chaînes et de bâtons dans nos roues.

Si les mois qui ont précédé ont tous été mis à profit pour tâter l’opinion publique avec l’une ou l’autre proposition plus ou moins débile qui m’avaient donné l’occasion de m’effarer à maintes reprises, si l’on savait quasiment dès le début que ce projet de loi allait enfler et métastaser gravement, il n’en reste pas moins qu’on est toujours attristé de voir que les pires âneries qu’on avait imaginées sont en pratique en deçà de ce que nos vaillants parlementaires se sont relayés pour produire.

Il faut regarder la réalité en face : c’est un déferlement.

La semaine passé, je revenais ainsi sur la tendance lourde de l’actuel gouvernement à utiliser cette loi d’orientation pour faire passer toutes les lubies écolos les plus dévastatrices pour l’économie française, à commencer par sa lutte maintenant ouverte contre les automobilistes, puis les autres moyens de transports arbitrairement jugés néfastes, transformant ainsi petit-à-petit le pays en véritable théocratie écologique incluant l’obligation de syntonisation avec Gaïa quasiment inscrite dans la Constitution.

Cette semaine, l’idée est de faire passer auprès du public que la soudaine prolifération de moyens de transports alternatifs pourrait bien être néfaste et mérite donc amplement d’être encadrée (comme le sont les prisonniers d’un établissement pénitentiaire moderne – pas en France donc, mais vous saisissez l’idée).

Car oui, on assiste depuis peu à la multiplication des vélos, scooters, trottinettes, mono-roues gyroscopiques et autres gadgets plus ou moins branchouilles : présentés par beaucoup (y compris des édiles) comme vitaminés, écolos, à la mode et surtout s’inscrivant dans cette recherche écobiocompatible de « mobilité douce », ces nouveaux moyens de transports ont eu d’autant plus de succès qu’ils viennent en alternatives à la voiture, ouvertement détestée par toute une frange de la population qui prétend ne pas en avoir besoin et qu’on ne trouve en concurrence que des moyens de transports en commun gentiment calamiteux sur le plan financier, écologique ou simplement pratique.

Souci évident : avec leur accroissement rapide, les trottoirs sont devenus impraticables, les rues de nos villes deviennent des pistes de slalom géantes pour adulescents et autres clowns à roulettes dont la compréhension et l’application du code de la route sont généralement très évanescentes… Et là, c’est le drame : premier accident mortel répertorié, gageons cependant que notre nouveau martyr du festivisme écolo-compatible sera très rapidement récupéré pour bien faire comprendre à tous qu’il faut absolument encadrer ces nouvelles mobilités qui, si elles sont évidemment douces, gentilles et vitaminées, n’en demeurent pas moins dangereuses quand elles servent à se propulser dans le reste de la circulation (cette mobilité dure, méchante, agressive et franchement cracra, je vous le rappelle).

On peut donc garantir que de nombreux accidents (mortels ou non) de « moyen alternatif doux de branlouiller en ville » qu’on ne mentionnait pas jusqu’à présent vont faire leur entêtante apparition, régulièrement, dans les journaux, histoire de préparer l’opinion à une petite régulation des familles qui – cela tombe vraiment fort bien – pourra s’inscrire justement dans ce projet de « loi d’orientation des mobilités »…

Parallèlement et puisque s’acharner sur les roulettes ne remplirait pas une vie d’élue, c’est la publicité pour les voitures qui est maintenant dans le collimateur : on avait vu la semaine dernière qu’on se dirige doucement vers des messages obligatoires dans les publicités automobiles (« Ne conduisez pas trop gras, trop salé, trop sucré »), il semble à présent que l’idée suivante consiste à bannir complètement la publicité automobile, comme en témoigne le tweeet virulent d’un de ces gentils élus qui sera le premier à pleurer démagogiquement sur le sort des chômeurs quand les usines Renault et PSA commenceront à fermer.

Sérieux @MBFRANCE_ ? Vous n'avez pas honte de cette pub?
En effet, quelle *citadine* que ce #pickup de 2,1 tonnes émettant 230 gCO2/km!
Juste lamentable. Avec @delphinebatho nous défendrons dès mardi dans #LoiMobilités des amendements pour interdire ce type de pub débiles ! #SUV pic.twitter.com/YOrptQmB32

— Matthieu ORPHELIN (@M_Orphelin) June 9, 2019

Ce n’est pas tout ! Tant qu’il reste des Français en voiture, il reste du pain écolo sur la planche de la mobilité douce ! Et la meilleure des mobilités douces, c’est tout de même de rester pépère chez soi sans bouger, n’est-ce pas !

Heureusement, en obligeant les applications Waze, Coyote et autres à ne plus indiquer les lieux de contrôle de la police, on peut parvenir à coincer les derniers réfractaires, en les faisant cracher au bassinet à chaque déplacement un peu trop voluptueux. Comme d’habitude, on présentera la mesure en utilisant l’emballage-cadeau du terrorisme : en interdisant l’affichage des barrages de police, on évite ainsi de donner de précieuses informations aux terroristes qui tenteraient de fuir.

Tout se passe comme prévu : la Loi Mobilité Truc Machin, dont on se doutait déjà qu’elle serait remplie d’inepties coûteuses, continue, à chaque amendement idiot de député bouffi d’orgueil, de grossir comme un gros comédon. A chaque idée géniale, un pan de liberté (dont celle de se déplacer) disparaît et avec lui, la part de responsabilité des adultes d’une société normalement constituée. Chaque ajout participe à rendre cette population assistée de plus en plus irresponsable de tout, encadrée au plus près, comme placée dans un gros cocon de ouate imbibée de formol.

Avec l’hystérie écologique qui s’est emparée du pays, le rythme des amendements est maintenant frénétique. Et comme chacun le sait, les meilleurs lois sont toujours celles qui sont passées sous le coup de l’émotion.

Forcément, ça va très bien se terminer.

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Ces invendus qu’il faudrait pourtant laisser détruire

Par h16

Cette semaine encore, la lutte contre les méchancetés bat son plein. Si, la semaine dernière, il s’agissait essentiellement de faire entendre raison à ces abrutis d’automobilistes qui inconsciemment osent encore rouler dans leur voiture, il a été décidé cette semaine que ce serait ces scandaleux commerçants qui seraient la cible de la prochaine bordée de lois finement ciselées par un parlement en pleine ébullition, car il va bien falloir lutter contre le gaspillage, nom d’une pipe en bois de bazar en zinc !

Eh oui, vous l’avez compris : c’est le retour dans les astres politiques de la Comète du Gaspi qui revient nous visiter régulièrement et distribuer à tous, petits et grands, ses délicieuses lumières, ses principes bien étudiés et ses lois dont les effets délétères, aussi inévitables qu’imprévus, seront combattus lors du passage suivant.

Et cette fois-ci, c’est le premier ministre qui se colle donc à la tâche et nous propose d’interdire purement et simplement la destruction des invendus non alimentaires. L’étonnement est modeste puisque les âneries ministérielles interviennent après les précédents passages de la Comète Gaspi, en 2012 où on avait découvert les propositions loufoques d’un mini-ministre suivies en 2015 des saillies drolatiques d’un autre commis de l’État qui avaient abouties à une « loi consommation » consternante.

Avec l’arrivée de Macron au pouvoir et compte-tenu de l’absolue nécessité de tout bouleverser pour faire pareil, il était donc logique que l’actuel gouvernement prenne la suite de ces errements intellectuels. Voilà qui est fait avec les déclarations d’Ed l’Épicier de Matignon : présentée comme une « première mondiale », la mesure du premier ministre vise à imposer que les produits non alimentaires invendus ne soient plus détruits, mais recyclés ou donnés.

Comme d’habitude, l’idée derrière cette nouvelle interdiction part d’un dégoulinant sentiment de révolte face à ces stocks de produits en parfait état mais qui ne trouvent pas preneurs, dégoulinant puisqu’occultant complètement les mécanismes économiques qui aboutissent à ces stocks invendus, et occultant encore plus le fait que ces mécanismes sont le résultat des interventions grossières des précédents ministres dans l’économie.

Eh oui : comme je le mentionnais précédemment, les petits coups de mentons de Philippe interviennent après bien des lois entassées les unes sur les autres qui ont provoqué le constat courrouçant. C’est ainsi que l’interdiction de plus en plus stricte des ventes à perte a participé à cette situation : comme un produit ne peut plus être vendu à perte, on va le détruire.

Et si les commerçants les détruisent, c’est tout simplement parce qu’un stock qu’on ne vend pas est un poids financier qui grandit alors que le temps passe. Donner systématiquement ses invendus, c’est offrir la possibilité au client d’arbitrer sa consommation dans le temps : consommation immédiate mais payante, ou repoussée et gratuite… Pour beaucoup de biens non alimentaires, le calcul est vite fait.

Avec cette interdiction de la destruction des stocks, on signe de fait la mort de la distribution de détail et des petits et moyens commerces. Ne pouvant plus constituer de stock (tout invendu accroissant l’intérêt du consommateur à attendre pour l’obtenir gratuitement), ces commerces vont donc privilégier la prise de commande, et perdre alors le seul intérêt qu’ils avaient (la disponibilité immédiate, au lieu d’achat) par rapport aux commerces en ligne, déjà installés et dont la logistique quasiment en flux tendu ne souffrira pas de cette loi.

L’étape suivante est limpide : Édouard ou son remplaçant, les yeux vaguement humides de constater la disparition des commerces de proximité, se fendra d’une nouvelle loi ou préférablement d’une bonne grosse taxe « pour sauver ces commerces » et pour tabasser « faire payer les sites en ligne ». Ceux qui seront contre (forcément ultralibéraux) seront taxés de peticommerçophobes et naturellement voués aux gémonies.

La taxe, bien évidemment autant payée par les sites en ligne que celle sur le lait est payée par les vaches, sera donc intégralement reportée sur les clients finaux, augmentant les prix, diminuant la consommation, ce qui propulsera un nouveau clown à roulette sur le devant de la scène : la lippe tremblante, l’œil encore une fois légèrement humecté par l’émotion, il nous vendra la nécessité d’un grand plan de sauvegarde du pouvoir d’achat, probablement financé avec une hausse d’impôts (pour changer des taxes, soyons raisonnables).

On imagine sans mal que ce nouvel impôt aidera bien évidemment les plus pauvres (dont le nombre aura augmenté, comme c’est étrange !) et qu’il ira frapper en priorité ces classes moyennes un peu trop dodues dans lesquelles on trouve les consommateurs habituels des commerçants (en ligne ou non), qui reporteront donc certains de leurs achats pour pouvoir s’acquitter de ce nouvel écot. Forcément, ça va très bien se passer.

Sans que personne n’en parle vraiment, sans qu’aucun débat ne prenne vraiment place, sans que l’opinion ne prenne vraiment la mesure des sottises qu’un premier ministre vient ainsi de débiter, c’est pourtant une nouvelle bombe à retardement pour l’économie française qu’on va, sciemment, mettre en place.

La vente à perte, la destruction d’invendus sont des étapes indispensables pour la formation d’un prix. C’est par ces mécanismes que la concurrence s’établit, que le marché reconnaît ce qui est nécessaire (i.e. là où le capital financier peut être investi) de ce qui est superflu (i.e. là où le capital n’aurait pas dû aller). C’est par la destruction de ce capital mal investi qu’on peut prendre l’exacte mesure de l’erreur commise. C’est aussi ce qui donne la valeur à ce qui a été effectivement vendu en adaptant la quantité finalement disponible aux prix effectivement négociés.

Avec cette loi et sans s’en rendre compte, Edouard Philippe collectivise encore davantage l’économie française : en interdisant ces mécanismes par pure idéologie, par démagogie ou par inculture crasse, on ajoute de nouveaux boulets (et pas des moindres) dans la formation de l’information la plus indispensable à un marché, le prix. Un marché avec des prix biaisés, ou pire, sans prix, est un marché mort. Un marché mort, c’est la garantie de misères diverses et variées (demandez aux Vénézuéliens pour la panoplie complète).

En France, l’étau se resserre, partout. Il ne se passe plus une semaine sans qu’un nouveau pas soit franchi pour lutter contre la méchanceté, la vilénie, les bassesses quotidiennes et les situations scandaleuses en tout genre. Et à chacun de ces fléaux, un ministre pond une loi, dégaine une interdiction ou une obligation, trouve une belle taxe.

Chaque loi, chaque obligation, chaque interdiction, chaque taxe, vient s’empiler telle une nouvelle couche de neige fraîche sur un versant déjà trop chargé. Les gouvernements français, qui font du hors piste depuis de trop nombreuses années, se rendent-ils compte de la puissante avalanche qu’ils vont déclencher ?

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[Redite] Macron : des réformes à pas de fourmis et des économies inexistantes

Par h16

Article initialement paru le 27.06.2018

Réformes, réformes, réformes ! Voilà le cri qu’on entend partout dans les couloirs de l’Assemblée, dans ceux du Sénat ou dans ceux de chacune des institutions de la Cinquième République : c’est la bousculade de réforme, que dis-je, un véritable embouteillage de réformes diverses et variées que le gouvernement et le législateur lancent à la suite de la vigoureuse impulsion présidentielle, bien décidé qu’est Emmannuel Macron à régler tous les problèmes du pays rapidement avant sinon les municipales, au moins la fin de son mandat…

Sauf qu’en réalité et exactement comme je le décrivais il y a un an dans un billet qui faisait déjà le bilan d’un an de mandat macronien, ces fumeuses réformes s’évaporent les unes après les autres dans la bureaucratie française. Pire : elles semblent toutes prémices à de nouvelles charges financières et de nouvelles gabegies qui viennent grossir les montants déjà astronomiques des dépenses publiques…

Ah, décidément, ce n’est vraiment pas simple d’être Monsieur Manu, le Président De La République ! Vu depuis son poste de ministre, puis du poste de candidat, l’affaire semblait pourtant bien engagée : moyennant de solides réformes en poussant les boutons ici, là et là, et en abaissant ce levier-ci tout en remontant ce levier-là, pouf, on remettait le pays au travail et tout le monde était content. Las, il y a beaucoup plus de boutons et de leviers que prévu, et beaucoup, beaucoup plus de monde pour en interdire l’accès.

En principe, il suffisait pourtant d’engager de vigoureuses réformes de fond et de forme et l’affaire était pliée assez rapidement. On lui avait dit, et il le savait, que tout devrait se jouer sinon dans le six premiers mois, au maximum dans la première année. Après, lassitude de l’exercice du pouvoir, fatigue du peuple attendant des résultats, tout risquait de devenir plus complexe, plus gluant, plus long à dépanner.

Il avait donc lancé, en fanfare, moult révisions, force réformes et grands textes de lois auprès d’un parlement dont la composition, ultra-favorable à son brochet projet, permettait d’attendre une mise en musique rapide et sans faille.

Cependant, des petits grains de sables se glissèrent dans la machine bien huilée du nouveau président, de son nouveau gouvernement, de son nouveau parlement, de son nouveau parti et de ce nouveau peuple qui, mine de rien, ne semblaient pas tout à fait aussi volontaires que prévu dans leurs démarches pro-actives de changement calculé.

En fait de réformes, qu’on espérait fondamentales, profondes et revigorantes, ce fut essentiellement des petits changements, souvent minimaliste, parfois purement cosmétiques, annoncés et médiatiquement poussés en fanfare : celle du code du travail ne jouera qu’à la marge et sur le long terme, et sa traduction en terme d’effets restera de toute façon mineure ; les bricolages sur l’ISF touchent peu de gens, la baisse des impôts sur les entreprises s’étale mollement jusqu’en 2022 (ce qui veut dire qu’elles ont encore le temps de se faire tabasser fiscalement ailleurs) et toutes ces petites bidouilles seront amplement compensées dans le mauvais sens par la complexité effarante introduite avec la retenue à la source ; les autres bricolages (dans la formation ou la gestion du chômage par exemple) semblent, là encore, une longue enfilade de patchs et autres rustines sur des systèmes fondamentalement vérolés. Je n’évoquerai pas la « réforme » de la SNCF qui, hormis un nombre invraisemblable de jours de grève, d’incidents de réseau et de passagers mécontents, n’a entraîné aucune perspective d’en finir une fois pour toute avec la dette abyssale et les caprices insupportables de la vieille dame incontinente.

Beaucoup d’observateurs, fins analystes de la vie politique française, feront mine de récriminer devant cette courte liste et cette appréciation négative des efforts fournis : « oh, mais, que dites vous là ! Toutes ces réformes, tous ces textes kilométriques de loi qui épuisent du député par douzaines, tous ces aménagements et ces modifications partout dans des codes de lois, bien sûr que si, c’est important, c’est courageux, c’est fortiche même ! » Et tous ces observateurs en concluront à la mauvaise foi, au procès à charge et à l’absence de lucidité.

Malheureusement, ils auront beau fermer leurs yeux et leurs petits poings en espérant, fort fort fort, que ces « réformes » vont avoir un impact majeur, la réalité refuse de se plier à leurs prières, aussi ardentes soient-elles. Et pour cause : la belle vigueur des révolutions envisagées s’est complètement évaporée dans la bureaucratie, les petits détails administratifs et les compromis politiques médiocres.

D’une part, l’État profond, c’est-à-dire les administrations, les agences, les entreprises plus ou moins publiques et tous les rentiers de la République n’entendent absolument pas laisser passer la moindre réforme d’envergure qui aboutirait d’une façon ou d’une autre, supposée ou réelle, à amoindrir leurs privilèges.

D’autre part, les syndicats, les médias et tout ce que le pays compte d’influents engagés n’ont absolument pas envie de voir leur part du gâteau diminuer sans broncher. Laisser le champ libre à Macron, c’est prendre un risque important de remise en question de ces petits viagers juteux qu’ils ont installés ces 40 dernières années (ou plus).

En outre, il faut bien comprendre que, malgré l’affichage médiatique d’une volonté de fer, malgré la communication musclée destinée à rassurer tout le monde sur des intentions fermement fixées et des convictions boulonnées au corps, Macron lui-même n’a rien d’un révolutionnaire : on parle d’un énarque, d’un inspecteur des finances dont le seul fait d’armes marquant pendant son temps à Bercy fut la mise en place de lignes de car dont l’impact fut, finalement, très modeste. Si l’on ne peut pas vraiment nier la mise en avant exubérante d’une certaine détermination pour remettre le pays sur les rails, on peut largement douter de la volonté réelle, consciente, de passage à l’action et le courage de vraiment ruer dans les brancards.

En pratique, Macron a, comme ses prédécesseurs, tenté de corriger quelques problèmes mineurs qui préoccupent un peu les Français, et c’est tout ce qu’il a fait parce que c’est à peu près toute la marge de manœuvre qu’on lui accorde, peuple compris : il suffit de voir que d’un côté, ce peuple admet sans problème que trop d’argent est claqué dans les aides sociales, et que de l’autre, il réclame que le président renforce sa politique sociale pour bien saisir l’ampleur du problème de cet électorat bicéphale et schizophrène.

Dans le temps d’un an de quinquennat, on est (encore une fois, comme sous Sarkozy, comme sous Hollande) passé d’une volonté de tout remettre à plat, éventuellement avec fracas, à des réformettes de petit législateur besogneux, des discussions oiseuses sur de la vaisselle ou une piscine, des bricolages mineurs, des vexations multiples à 80 km/h et des économies de bouts de chandelle.

Alors que le pays aligne des statistiques catastrophiques (chômage, dette, déficits, dépense publique stratosphériques et dépenses sociales open bar de numéro un mondial), que le nombre de pauvres continue d’augmenter, que la bureaucratie se fait tous les jours plus délirante, personne au gouvernement ne semble prendre la mesure des vraies mesures courageuses qu’il faudrait prendre, à commencer par des économies drastiques.

Le régalien continue de faire les frais de quelques coupes souvent hasardeuses : alors que le ministère de la Culture baigne dans un pognon de dingue (10 milliards d’euros), la Justice doit « composer » (et faire avec seulement 7 milliards) au risque de libérer des dealers faute de juges.

Pompon des réformettes : la cataracte d’impôts et de taxes directes et indirectes continue de tomber, mais les recettes baissent, démontrant l’ampleur des gabegies, des fuites, de l’abandon croissant des Français industrieux qui préfèrent la mettre en veilleuse ou s’en aller plutôt que se faire refaire le fondement avec un trépan fiscal de la taille d’une installation pétrolière offshore.

Et toujours pas d’économies solides en vue, seule transformation qui, en rétrécissant enfin le périmètre de l’État-maman, aurait libéré des énergies et des possibilités de croissance. On pratique la microchirurgie dans les recettes, sans comprendre que c’est le volet dépense qui mérite d’être motoculté aux engins lourds de chantiers.

En fait de transformation, Macron fait paysagiste armé d’un coupe-ongle dans un jardin à la française abandonné depuis un demi-siècle, qu’on camoufle tant bien que mal à coup de communication, de slogans creux et d’un xyloglotte très raffiné mais qui ne change pas de l’habituel.

Combien de temps ceci peut-il encore perdurer ?

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FAIL : Le ministère de l’intérieur à l’assaut des cryptos

Par h16

Dans de précédents billets qui relataient notamment les fines analyses de la Banque de France au sujet des cryptomonnaies, on s’était assez vite aperçus que ces nouvelles technologies sont assez impénétrables pour la plupart des administrations françaises.

En fait, il y a un peu plus d’un an de cela, je constatais même l’obstination des politiciens et des institutions républicaines à voir dans ces technologies une source de dangers, de problèmes et de bonnes combines destinées avant tout à frauder, à déposséder la veuve et l’orphelin, à mener des opérations illicites, bref à échapper à l’État pourtant indispensable à toute société civilisée, policée et onctueuse comme peut l’être la République Française du Bisounoursland.

Par principe, les cryptomonnaies sont vues, en France, au mieux comme une curiosité opaque aux perspectives mineures, et au pire comme quelque chose oscillant entre l’arnaque pour gogos ou la sulfureuse monnaie des terroristes, des dealers et des pédophiles.

Il n’est donc guère surprenant qu’à la fin, sentant bien les remugles soufrés se dégager à grosses volutes piquantes des intertubes cachés et autres darkwebs interlopes, le Ministère de l’Intérieur se décide enfin à engager une partie de ses ressources à étudier les cryptomonnaies, entre l’un ou l’autre projets plus ou moins idiots de surveillance des populations ou l’épandage massif de nouveaux radars routiers en lieu et place de toute action de retour à l’ordre dans certains quartiers émotifs.

On apprend en effet, par le truchement discret mais heureusement obligatoire des appels d’offres publics sur la plateforme web dédiée, que notre ministère cherche actuellement une entreprise capable de lui fournir des outils spécialisés dans l’analyse des transactions en cryptomonnaies.

Comme le détaille un intéressant article de Capital, le ministère a donc passé un appel d’offre visant à obtenir une solution logicielle capable de « surveiller, analyser et de suivre les transactions en vue de désanonymiser les utilisateurs de bitcoins ».

Le préambule du document ne laisse guère de doute sur l’orientation tout à fait neutre du ministère dans sa démarche :

« Les services de la sécurité intérieure sont de plus en plus confrontés à des vendeurs agissant sur le Darknet : sur cette partie de l’Internet, les vendeurs se sentent à l’abri de toute capacité d’identification. Afin de démasquer ces vendeurs frauduleux, les enquêteurs et analystes s’attachent à l’examen de toutes les traces laissées par ces derniers. Parmi les indices, figurent notamment les traces de transactions illicites dans la blockchain Bitcoin. »

Darknet, fraude, transactions illicites, blockchain et Bitcoin : c’est bon, Commissaire Castaner, toutes les cases sont cochées, on va pouvoir rameuter du beau monde qui va nous décrypter cette méchante technologie et nous serrer les coupables vite-fait, bien fait. Et pour changer, ce sera une technologie française, de qualité française, avec du « made-in-France » montebourgeois d’un bout à l’autre, ce qui nous changera des firmes américaines (Chainalysis) ou de la perfide Albion (Elliptic).

À ce point du billet, on se doute que les choses partent déjà fort mal : d’une part, la blockchain Bitcoin ne permet pas franchement d’anonymiser les transactions. D’autre part, Bitcoin n’est plus, depuis un moment, la cryptomonnaie de référence en matière de transactions frauduleuses, précisément à cause de ce premier point. Des cryptomonnaies qui garantissent l’anonymat de leurs utilisateurs, il y en a, mais Bitcoin n’en fait pas partie. Zut alors.

D’autre part, le principal souci des transactions illicites sur le Darkweb provient plutôt de la nature même du darkweb, pas vraiment des transactions (qui, rappelons-le, seront de toute façon visible de tous par construction). L’analyse de la blockchain pour en déduire des choses sur le darkweb est quelque peu tordu.

Soyons charitables et mettons cependant ce galimatias du préambule sur le dos d’un stagiaire du Ministère un peu trop joyeux. Cela arrive.

Là où les choses prennent une tournure amusante, c’est lorsqu’on épluche la suite de l’appel d’offre. On y découvre alors quelques pépites qui donnent une assez bonne idée du terrain sur lequel les équipes de ministère se sont engagées à l’image de bobos barbus à claquettes colorées sur des trottinettes électriques parcourant un champ de mines vietnamien pendant que des hélicoptères survolent le tout en diffusant la Chevauchée des Walkyries à fond…

En effet, pour remporter l’appel d’offre, les prétendants devront tout de même être capables « d’identifier à la fois des portefeuilles (ou wallets) qui regroupent des adresses de paiement bitcoins appartenant à la même entité (clusterisation) et des flux (groupes de transactions entre les différents portefeuilles) ». Le produit devrait permettre de « disposer de l’adresse IP, du port source, de l’adresse mail, de données de géolocalisation liées aux ordres de paiement, du logiciel de gestion de wallet utilisé pour le paiement » et d’« effectuer une requête à partir d’une adresse IP, d’une clé cryptographique de type PGP et d’une adresse mail » pour retrouver les petits plaisantins qui oseraient utiliser ainsi Bitcoin (mais aussi, apparemment, Bitcoin Cash, Litecoin, Ethereum ou Tether) pour se lancer dans des opérations illicites…

Sur le plan strictement humain, chacun comprend bien qu’il s’agit pour le Ministère de retrouver ses marques dans un domaine où il est, de fait, complètement perdu. Avec les banques et même avec l’argent liquide, il sait plutôt bien retrouver qui fait quoi, où et quand, et peut facilement tracer les habitudes de ses cibles. Moyennant l’une ou l’autre autorisation légale, commission rogatoire ou autre effet juridique, on peut faire une petite clef de bras aux établissements bancaires qui cracheront tous les renseignements demandés sans protester (sans même évoquer que, de nos jours, certains livrent carrément les clefs de leurs coffres aux autorités avant qu’elles demandent, avec cette déférence dégoulinantes que les pleutres et les coupables affichent toujours sans sourciller).

Avec les cryptomonnaies, tout cela devient flou et beaucoup trop complexe : personne sur qui faire pression, pas de tête de proue qu’on peut viser. L’humain laisse le pas à la technique.

Et lorsque, maniée par des non-experts, la poudre (technique) parle, cela éparpille façon puzzle aux quatre coins du pays.

Parce la réalité technique est que retrouver aisément une adresse IP, des e-mails, une géolocalisation ou – tant qu’on y est – l’historique Facebook d’un utilisateur de cryptomonnaie, c’est franchement délicat dans le cas des monnaies non anonymisées par défaut, mais c’est carrément impossible dans le cas des monnaies anonymes (comme Monero ou Zcash par exemple). Pire : le besoin d’anonymat a rapidement été placé en haut des besoins des utilisateurs, comme la fongibilité complète des cryptomonnaies. Ceci aboutit directement au développement de surcouches spécialisées sur beaucoup d’entre elles, dédiées justement à l’anonymisation des transactions.

Il reste enfin les points d’entrée et de sortie de ces monnaies : pour beaucoup, transformer un Bitcoin en euros ou en dollars revient à passer par une plateforme spécialisée (un « échange ») comme Bitstamp, Kraken ou tant d’autres. Bien évidemment, ces établissements ayant pignon sur rue, on comprend que c’est là que les autorités veulent venir mettre leur nez.

Manque de pot là encore : non seulement les usagers des cryptomonnaies qui s’adonnent à des activités illicites ne passeront pas par ces plateformes (et échangeront directement leurs cryptomonnaies en liquide de la main à la main, rendant le traçage bien plus complexe), mais en plus peut-on actuellement observer un développement des plateformes qui ne servent plus de tiers de confiance (le dernier exemple en date étant local.bitcoin.com), ce qui les affranchit complètement de devoir garder toute trace des transactions et des usagers qui les font.

Autrement dit, le Ministère passe un appel d’offre pour des technologies et des logiciels dont la pertinence sera, dans les semaines et les mois à venir, extrêmement limitée et dont tout indique qu’ils seront obsolète très rapidement. Eh oui : encore une fois, une administration va griller une somme considérable d’argent public pour obtenir un résultat à peu près nul.

Peut-on encore s’en étonner ?

Pour résumer cette France du XXIème siècle sous Macron, force est de constater que, pendant que le fougueux législateur français déclare sa flamme pour les voyages en train, de préférence aussi écologiques qu’obligatoires surtout s’ils sont au détriment de l’avion, les administrations continuent leur petit bonhomme de chemin vers une mise en coupe totale de l’ensemble du cheptel contribuable.

C’est de plus en plus inquiétant. La seule chose qui rassure un peu, c’est que ces administrations sont globalement incompétentes et ne parviendront pas à leurs fins sans nous faire rire.

C’est toujours ça de pris.

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La France, nouvelle théocratie écolo

Par h16

Et voilà qu’après avoir consciencieusement tapé sur la voiture, au point de mettre directement en danger les emplois de tout le secteur automobile, des députés entreprennent à présent de cogner sur l’avion, histoire de ne pas laisser le sujet refroidir.

Il faut dire que, du côté de l’aviation, le terrain est actuellement fort propice à toutes les démarches les plus taxatoires et liberticides.

On se souvient en effet qu’il y a quelques semaines, devant le constat d’une absence de taxe sur le kérosène utilisé par les avions, de nombreux acteurs de la vie civile, rapidement suivis par les habituels démagogues de la politique facile, ont réclamé que ce carburant soit enfin taxé dans les mêmes proportions que celui des automobiles… Probablement parce que demander l’inverse, à savoir que le carburant des automobiles soit taxé dans les mêmes proportions que le kérosène (i.e. plus du tout), leur semblait parfaitement ridicule : tout le monde sait que, grâce aux taxes et impôts, l’Etat peut se passer d’entretenir les routes avec succès, ne construire ni écoles ni prisons avec décontraction, peut généreusement fournir une éducation aussi coûteuse qu’approximative et assurer les citoyens d’une retraite misérable, d’un chômage inévitable et mal payé ainsi qu’une protection anecdotique contre les maladies et les accidents dans un système de santé en délabrement avancé que personne n’ose copier nulle part.

Il était dès lors logique que les institutions démocratiques se lancent dans l’aventure de l’établissement d’une bonne taxe kérosène bien claquante dans la gueule des méchants avions, car, là encore, tout le monde sait qu’une taxe sur le kérosène sera payée par l’avion, tout comme les taxes sur le lait sont évidemment payées par la vache.

Cependant, ces histoires de taxes, c’est bien mignon mais ça ne suffit pas. Le capitalisme est une horreur des horreurs qui sort bien trop d’humains de la pauvreté et impose donc un stress énorme sur l’écosystème terrien et qui a la triste tendance à toujours trouver un moyen pour contourner les bâtons qu’on lui met pourtant dans les roues avec acharnement. Autrement dit, on sait que ces taxes seront absorbées autant par les compagnies, leurs actionnaires que par les clients et que, finalement, la situation ne changera pas. Ou du moins, pas suffisamment pour les plus volontaristes de nos législateurs.

Et parmi ceux-là, on retrouve sans mal les indépassables insoumichons et autres extrémistes de gauche qui n’ont de cesse que de régenter la vie des autres qui ne vivent et ne pensent pas comme eux, garants de la morale, de l’ordre égalitariste et de l’indispensable syntonisation de l’Humanité avec Gaïa, notre mère à tous. Pour la belle brochette communiste, point de doute : il faut maintenant interdire purement et simplement certaines lignes aériennes.

Alors que la « loi d’orientation des mobilités » est actuellement discutée à l’Assemblée, François Ruffin a ainsi déposé un amendement, cosigné par d’autres larrons dans cette foire au mieux-disant écologique, dont l’inévitable ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho qui ne s’est jamais stoppée dans ses pulsions autoritaires dès lors qu’elle peut les camoufler sous un vernis éco-compatible.

Avec la simplicité et la décontraction que peuvent se permettre les cuistres et les incompétents, cet amendement propose d’interdire les vols intérieurs en France qui peuvent être remplacés par des trajets en train dans un délai similaire. Prenant pour exemple un Paris-Marseille (qui prend, porte-à-porte, trois heures tant en avion qu’en train, ce dernier arrivant en centre ville là où l’avion nécessite des trajets complémentaires pour le même résultat) ou un Paris-Nantes (deux heures dans ce cas), le député y va de ses petits calculs de kilogramme de CO2 pour justifier que soit enfin interdit l’horrible moyen de transport.

Devant le constat de l’équivalence des temps de trajet, pas un député et pas un journaliste ne se pose pourtant la question de savoir pourquoi les passagers continuent pourtant de prendre l’avion et de le préférer régulièrement au train soi-disant plus pratique…

Apparemment, les performances techniques et tarifaires du train ne semblent en rien choquer la classe jacassante qui y va donc de sa comparaison écologique, considérant implicitement que tout le monde a bel et bien les moyens de payer 2 à 5 fois plus cher pour le même trajet en train, avec des aléas – depuis la panne en rase campagne en passant par les retards, les annulations et les grèves de saison – de plus en plus fréquents. Tout le monde sait que le consommateur lambda prend l’avion pour nuire à Gaïa, parce qu’il est un égoïste individualiste sans morale, alors qu’en prenant le train, il participe à la Sainte Lutte Contre La Pollution Impie. S’il ne le fait pas, c’est qu’il n’a pas été suffisamment éco-conscientisé, ou que les contraintes contre son geste blasphématoire ne sont pas assez fortes.

Et peu importent les conséquences d’une interdiction ferme : la France a déjà trop peu de chômeurs, son économie est bien trop florissante pour ne pas s’autoriser un petit resserrement de sa liberté laxiste et ramener quelque peu les gens à la raison. La fermeture de ces lignes ne provoquera aucun souci économique, n’aura aucune conséquence inattendue. Tout sera contrôlé, tout se passera même mieux que bien et Gaïa nous le revaudra.

En fait, tout se passe comme si les politiciens avaient compris qu’aucun répit n’était plus possible depuis qu’ils se sont rendus compte à quel point l’écolo-bigoterie fonctionnait à merveille pour faire passer absolument toutes les taxes, toutes les interdictions et toutes leurs autres lubies comme une lettre à la Poste (des années 60, la Poste actuelle perdant trop souvent les plis pour être prise en référence).

L’accélération est palpable : non seulement, plus aucun parti n’ose se prétendre réellement à droite (le suicide mou des Républicains, aussi réjouissant soit-il, n’en demeure pas moins tout à fait symptomatique), mais tous sont devenus redoutablement étatistes, réclament l’intervention de la force publique à tous les étages, à tous les stades de la vie, à toutes les occasions, pour tous les problèmes présents et à venir.

Offrant un véritable boulevard à qui veut imposer ses vues aux autres en fermant toute discussion et en interdisant toute dissidence, la Religion Écologique est maintenant présente dans tous les partis, à tel point que les devoirs régaliens de l’État sont totalement passés aux oubliettes. Offrir paix, justice et sécurité au citoyen français n’est plus qu’un encombrant reliquat des années passées. Maintenant, on s’occupe du climat, des températures, des particules fines, des pesticides, des perturbateurs endocriniens et des petits zanimaux mignons dont la biodiversité finira par figurer dans l’article 1 de la Constitution. Les violeurs, voleurs, tueurs, escrocs, trafiquants et autres petites frappes ne sont plus la priorité, et d’autant moins s’ils sont un minimum écolo.

Faisant consciemment le choix d’un « retour à la terre » qui s’apparente de plus en plus à un enterrement de seconde classe dans la plus triste contrition environnementale, la France se rapproche à chaque élection d’une véritable théocratie écolo où chaque pensée, chaque parole, chaque action et chaque omission seront jugées à l’aune de leur impact sur une nature maintenant complètement fantasmée.

Cela va forcément très bien se terminer.

Certaines fins ne sont pas heureuses... (Not everything can end well)

Nouvelle étape dans la guerre contre les automobilistes

Par h16

Pour les automobilistes, ces dernières années ont vu se multiplier les vexations aussi diverses que variées qui se sont toutes progressivement traduites par une tendance générale à transmettre un message clair : de nos jours, oser rouler en voiture tient véritablement du crime de lèse-Gaïa ce qui, il faut en convenir, mérite un châtiment exemplaire.

Ceci, sur les vingt dernières années, s’est donc directement traduit par une série de mesures essentiellement fiscales dont le but a toujours été de bien faire prendre conscience de la trahison environnementale ainsi perpétrée.

Dans cette doxa, avoir l’aplomb de choisir une voiture qui brûle de l’essence, ou pire, du gazole, c’est commettre deux énormes faux-pas : le premier, bien sûr, est celui d’apporter une contribution négative à notre lutte contre l’abominable CO2 qui, en plus de reverdir la planète, a le mauvais goût d’augmenter en concentration dans l’air après que les températures augmentent, ce qui terrorise une petite frange particulièrement vocale de la population.

Le second, c’est évidemment de vouloir se déplacer individuellement, c’est-à-dire sans tenir compte des plans de mobilité que l’État et ses sbires s’ingénient à mettre en place pour le plus grand bonheur (obligatoire et millimétré) de tous. Comment voulez-vous rendre rentable les gros bus qui crament 100L au 100 km si personne ou presque ne monte dedans en plein milieu de journée ? Comment garantir que les trains arriveront correctement en retard, casseront en rase campagne comme prévu ou se tromperont de direction avec succès si personne ne les prend et préfère prendre sa voiture ?

L’idée qui consiste donc à pénaliser autant que possible l’individualiste égoïste qui roule en voiture thermique prend alors tout son sens, et contrairement à ce que les plus naïfs pourraient croire, il ne s’agit pas d’un combat pour améliorer les automobiles, pour chasser celles qui pollueraient le plus, ou pour mieux coller aux besoins de transports individuels.

Non. Il s’agit avant tout d’un combat idéologique, d’une lutte sans merci d’une frange de la population, aisée, qui sait comment se passer de la voiture et entend faire payer ses déplacements par le reste du peuple, contre le reste de la population qui n’a pas les capacités de s’en passer et doit donc composer avec l’averse de contraintes qu’on déverse sur elle.

J’en veux pour preuve l’un des derniers amendements récemment voté (camouflé aussi sec par une indispensable proposition de réglementation ferme des lâchers de ballons) dans la loi d’orientation des mobilités :

Toute publicité en faveur de véhicules terrestres à moteur est obligatoirement accompagnée d’un message promotionnel encourageant l’usage des mobilités actives ou partagées, telles que définies à l’article L. 1271‑1 du code des transports, des transports en commun ou partagés.

Autrement dit, il n’y aura bientôt plus un spot publicitaire automobile en France qui ne porte pas l’une ou l’autre mention légale du style « Vous devriez avoir honte : une trottinette vous irait mieux » ou « Gros pollueur égoïste. Quand on pense qu’un bon vélo suffit ! »

Eh oui : il faut absolument faire comprendre qu’on ne doit plus se vautrer dans la facilité d’une voiture trop grasse, trop sucrée ou trop salée. À ce titre, un message gouvernemental sera donc apposé sur chaque publicité afin de bien laver le cerveau informer le citoyen du dérapage écologique qu’il commet lorsqu’il s’intéresse de près ou de loin à sa mobilité personnelle, le gredin.

Cependant, on sait pertinemment que ce genre de message est rapidement oublié par les cibles initiales tant il devient complètement habituel. Il n’est qu’à voir le peu de cas que font les Français des messages indiquant pourtant clairement que le Nutella est – toute proportion gardée – la nourriture du diable en personne puisqu’il fait grossir, rend moche et méchant, tue des orangs-outans dans leur forêt dévastée et des ours polaires sur leur banquise en pleine fonte : on observe encore régulièrement de véritables ruées sur le produit, malgré ces rappels salutaires, malgré les lois ad-hoc, malgré la propag l’information largement disponible…

Autrement dit, on sait déjà – et notre magnifique législateur en premier – que cette mesure prophylactique ne suffira pas à endiguer la soif perverse de nos compatriotes de vouloir se déplacer en voiture.

C’est pourquoi le gouvernement a conservé quelques cartes dans son jeu, à commencer par celle de l’augmentation brutale de la sévérité des contrôles techniques.

Là encore, on remarquera que le discours initial, carrelé de ces bonnes intentions dont on pave l’enfer, destinait avant tout ce fameux contrôle technique à assurer la sécurité des véhicules roulant sur le territoire : une voiture avec des équipements de sécurité décents (freins, feux de signalisation, etc.) donne une bien meilleure assurance à celui qui l’utilise et aux autres usagers de la route qui pourraient croiser son chemin. Par la suite, la défense du consommateur sera employée pour accroître les points de contrôle (« Vendre une voiture dont on ne connaît pas la qualité du moteur, vous n’y pensez pas, mon brave !).

Vint enfin le moment d’introduire les objectifs écologiques en surcouche aux précédentes déjà placées ; le dix-mille-feuilles administratif, assurant que des adultes n’iraient pas exercer sans limite leur responsabilité individuelle, grossit à nouveau de ces exigences climato-polluphobes pour frôler une onctueuse obésité réglementaire sans laquelle nos législateurs se sentent un peu tout nus.

Et voilà : ce premier juillet, une nouvelle bordée de contraintes déboule dans les centres agréés pour ce contrôle technique. L’idée générale est simple : votre voiture à moteur thermique est a priori un danger pollueur, une errance technologique honteuse, une épave au moins putative et dont le seul usage légitime serait le trajet pour la mener à la casse.

En gros, moyennant quelques ajustements des seuils de test, on va multiplier par trois le nombre de véhicule recalés ce qui va évidemment faire les affaires des centres en question, et nettement moins celles des automobilistes dont – rappelons-le – une partie n’avait pas hésité à brandir un gilet jaune ces derniers mois suite aux augmentations stratosphériques des taxes sur les carburants (qui ont, depuis, à nouveau dépassé les seuils déclencheurs de la colère initiale).

Si l’on ajoute les prochains tests (sur cinq gaz d’échappement), encore plus restrictifs, qui seront introduits dans les trois ans à venir, on peut raisonnablement s’attendre à une augmentation encore plus significative des visites supplémentaires et des coûts induits pour l’automobiliste.

Rassurez-vous : tout ceci n’aura bien évidemment aucune incidence ni sur la capacité des Français à se déplacer sereinement, à épargner avec calme, à renouveler leurs véhicules auprès de constructeurs par ailleurs choyés sur notre territoire. Ce véritable tabassage de l’automobiliste semble acquis et vise à mettre fin à la voiture thermique le plus vite possible sans qu’aucune solution équivalente ne soit pour le moment sur le marché.

Peu importe. Puisqu’on vous dit que le Français peut fort bien se passer de sa voiture, c’est qu’il peut s’en passer, voyons ! L’intendance suivra.

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[Redite] Youpi, les tarifs progressifs de l’énergie arrivent !

Par h16

Article initialement paru le 14.03.2013

C’est un vieil article que je ressors ici puisqu’il nous remonte en 2013, année à laquelle le gouvernement avait décidé de mettre en place des tarifs progressifs d’électricité basés sur différents critères plus ou moins obscurs, dans le but à la fois de tenir compte d’un réchauffement climatique aussi évident que la disparition de la neige en hiver, et à la fois à cet égalitarisme sans lequel la France, découvrant le succès, ne serait plus vraiment la France.

Cet article résonne de façon intéressante avec l’actualité du jour qui détaille une nouvelle hausse des tarifs de l’électricité française. Cette hausse est d’autant plus piquante qu’elle intervient après plusieurs mois de protestation des Gilets Jaunes, après des années de hausses régulières, alors que la France sait produire l’électricité la moins chère du monde.

En pratique, à chaque élection (depuis ce billet de 2013 et même avant), les Français ont clairement indiqué leur besoin d’expier leur faute de disposer ainsi d’une énergie à bon marché et très peu polluante : en réclamant, à cors et à cris, que l’environnement passe absolument avant tout, en appelant de leurs voeux une écologie politique inscrite dans l’action gouvernementale, eh bien, voilà, c’est fait : ils l’ont.

Et ça se traduit évidemment par tout plein de taxes. Bien joué ! Il est maintenant un peu tard pour venir pleurer…

Franchement, on n’aurait pas rêvé mieux comme timing : le Parlement vient d’adopter la loi pour une progressivité des tarifs énergétiques alors que la moitié de la France patauge dans des centimètres de neige froide et poudreuse, et que le réchauffement climatique vient encore de nous jouer un petit tour par la case « Pas cette fois-ci ».

J’en parlais déjà en septembre de l’année dernière : le parlement a donc adopté la loi visant à instaurer un tarif progressif de l’énergie sur le territoire français. Comme d’habitude, on part d’une idée généreuse de l’argent des autres (« fournir à tous une énergie abordable ») décrivant un problème de façon biaisée (« l’énergie est trop chère ») pour laquelle on va s’échiner à trouver une solution, de préférence complètement bancale (« introduisons des tarifs progressifs ») qui introduira une myriade de problèmes pratiques et des dérives évidentes avant même la mise en place sur le terrain. Ensuite, un petit bataillon de Commissions seront sans doute créées pour résoudre la brochette de problèmes créés par cette nouvelle loi débile. Le peuple, convaincu qu’on s’occupe de lui (comme le cuisinier s’occupe du poulet) trouvera tout ceci normal et applaudira des deux mains, ce qui tombe très bien pour la popularité du Chef de l’État.

Lorsqu’en septembre, j’avais pris connaissance des velléités consternantes de François Brottes, fier député de l’Isère (que vous pouvez injurier contacter sur le mail fbrottes@assemblee-nationale.fr), qui a coordonné les méfaits travaux du groupe socialiste, je m’attendais déjà à un parcours chaotique d’une loi si mal écrite. Cela n’a pas loupé puisqu’en octobre, elle avait été retirée et modifiée (deux fois !), alors même que les factures énergétiques continuaient d’enfler de façon presque grotesque quand on connaît les quantités de gaz et de pétrole sous le sol français dont on s’interdira hermétiquement toute exploitation.

Save the planet !Mais faire passer une loi débile coûte que coûte ne représente un défi que lorsqu’on est consciencieux et attaché à une certaine mission de service public ; pour la majorité des députés et des membres du gouvernement, ce genre d’exercice est au contraire routinier, et ce d’autant plus facilement que finalement, personne ne s’occupe vraiment (à part quelques olibrius comme moi et de rares autres blogueurs) de ce qui se passe dans les Chambres républicaines. Il n’est qu’à lire les déclarations confondantes de stupidité de la minustre en charge de la pompe fécale qu’ils sont en train d’installer pour comprendre que le rouleau compresseur écolâtre est en marche et que rien ne pourra l’arrêter :

« Je suis fière que ce texte étende le bénéfice des tarifs sociaux de l’énergie alors qu’explose dans notre pays le scandale de la précarité énergétique. Cette loi est un signal vertueux pour les consommateurs. »

Eh oui : la frétillante endive frisée est toute fière d’avoir réussi à pousser sa petite crotte dans les innombrables tuyaux législatifs français, et se réjouit d’avance des misères administratives et des débilités kafkaïennes que cette loi va provoquer sur une population qui n’en peut mais. En effet, pour elle, la précarité ne se résout pas par la création de richesse, ne se combat pas en abaissant les prix de l’énergie en augmentant ou optimisant sa production, mais bien par la production de fumier technocratique dont on va épandre généreusement les plates-bandes contribuables en espérant qu’il y pousse autre chose que des taxes. C’est naïf, c’est mignon, c’est socialiste, et c’est évidemment voué à l’échec.

Mais bon. La loi est passée. À quoi pouvons-nous nous attendre ?

Eh bien dans un premier temps, à une bonne petite saisine du Conseil Constitutionnel, pour continuer sur la route caillouteuse et mal dégrossie que nos amis socialistes empruntent avec tant d’obstination. En effet, la loi, toujours aussi mal boutiquée, devra probablement en passer par là avant que le Chef de l’État ne puisse la promulguer, entre deux soupirs d’impuissance molle.

Et cet obstacle est de taille puisque, je vous le rappelle, la progressivité du tarif est obtenue par le truchement de moyens que le pragmatisme et le bon sens obligent à taxer de complètement cons : établir précisément, par exemple, le « volume de consommation » pour un habitat, volume sur lequel est décidé s’il doit y avoir malus ou bonus, nécessite de savoir combien d’habitants sont présents, de quels types (un enfant et un adulte ne consommant pas les mêmes choses, et pas dans les mêmes quantités), quel est le mode de chauffage installé et utilisé, quel est le type d’isolation, quelle est la localisation du logement, etc. Les cas amusants (double résidence lié à des obligations professionnelles par exemple, domiciles alternés pour certains étudiants, les enfants de parents divorcés en garde alternée, …) vont se multiplier et engendrer, soyez en sûr, une bureaucratie à côté de laquelle celle de Brazil aura l’air ancrée dans la réalité et l’empirisme le plus terre-à-terre. Bref, on voit se profiler tout un joli tas de questions pas du tout intrusives, extrêmement simples à collecter sans usage irraisonné de la coercition, avec des Cerfa rigolos par dizaines (écrits tout petit avec des douzaines de champs à remplir par page) et dont on devine déjà que les réponses vont donner lieu à une nouvelle créativité de la part des Français en terme d’approximation avec la réalité.

Si l’on ajoute que tout ceci fleure bon la discrimination un peu arbitraire d’un foyer à l’autre (à la façon dont un pain à tarif progressif serait vendu plus cher à un supposé bourgeois et moins à un supposé nécessiteux), que le Conseil d’État a déjà émis de nombreuses remarques, le tableau brossé est plutôt tristounet : on sent que le Chef de l’État n’aura peut-être même pas à promulguer cette créature législative de Frankenstein, fait de bric et de broc égalitariste, écocompatible et bisou-agressif.

Dans un second temps, et en imaginant que la loi passe donc les fourches caudines du Conseil Constitutionnel, que Hollande parvienne à rassembler le minimum d’énergie pour la promulguer (il pourra pour l’occasion acheter un peu de coke à son ami Sarkozy), la mise en place de l’usine à gaz promet ensuite des crises de non-rire citoyen particulièrement violentes, surtout que, je le rappelle, le texte entend lutter contre la précarité énergétique, avec des mesures telles que l’extension des tarifs sociaux de l’énergie à 4 millions de foyers parce que, comprenez-vous, c’est ainsi qu’on va aider la France à se sortir de l’ornière : en s’acharnant une fois de plus à camoufler ou réduire les symptômes (l’extension de la précarité) sans vouloir s’attacher à diminuer les causes de ceux-ci (le coût du travail, la déresponsabilisation de tous les individus, la solidarité forcée à grand coût / coups), la loi va simplement ajouter une vague supplémentaire de difficultés bouillonnantes à une population dont on sent maintenant clairement qu’elle n’a déjà plus pieds et boit la tasse à grosses gorgées salées et râpeuses.

Mais, comme je le disais en introduction, le pompon est largement atteint lorsqu’on prend connaissance des commentaires des articles de presse relatant l’affaire : le consommateur lambda, aussi électeur et contribuable soit-il, a très bien compris que tout ça va se terminer de façon fumante pour lui. Rares sont ceux qui applaudissent à l’arrivée d’une loi dont l’invraisemblable complexité promet des crises de nerfs et une multitude de contentieux dont chacun aurait largement pu se passer.

L’écologie à la mode socialiste, c’est très rigolo lorsqu’on en a les moyens. C’est en revanche un passe-temps extrêmement coûteux lorsqu’on est en période de disette. C’est même une lubie agaçante lorsqu’il s’agit d’égalitariser au panzer législatif une énergie qu’on pourrait produire à bas coûts si on ne s’acharnait pas sur les mauvais chevaux.

Et quand on se rappelle que tous ces élus votent avec fierté ce genre d’abrutissante connerie en étant tous totalement imbibés de la certitude d’un réchauffement en cours, alors même que plus rien n’est certain, l’écologie à la mode socialiste devient carrément dangereuse. Les pauvres, encore une fois, vont trinquer.

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Les aventures de la route solaire de la Reine des Neiges

Par h16

Le 22 décembre 2016, la France se préparait déjà à passer la période des fêtes de fin d’année dans des températures et des précipitations de saison. Toute la France ? Presque puisqu’une fine politicienne, Ségolène Royal, résistait alors à l’envie de prendre une retraite amplement nécessaire et venait faire profiter de son immense talent les habitants de Tourouvre-au-Perche en Normandie en inaugurant, avec pompe et fanfare, une extraordinaire « route solaire ».

Comme l’expliquait alors Le Monde dans un article étonnamment prudent, la Reine des Neiges s’était alors entichée de ce projet de tronçon routier recouvert de panneaux photovoltaïques, sans précédent au monde par sa taille : un kilomètre de pavage solaire, permettant d’après les industriels derrière le concept de produire de l’électricité en suffisance pour la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants.

À l’époque, en dehors de quelques petits doutes sur la rentabilité globale du projet financé par un État décidément pas avare de l’argent gratuit des autres, nombre de journalistes avaient loué l’innovation technologique que représentait cette fumisterie prouesse électrique en revenant avec plus ou moins de détails sur la technique employée pour enfermer les feuilles photovoltaïques dans une résine soi-disant résistante aux impératifs routiers.

L’idée de base était, comme souvent, aussi simple qu’idiote : puisqu’installer des panneaux solaires représente à la fois un risque de défigurer des paysages naturels et un manque à gagner en termes de surface agricole dès lors qu’on veut le faire sur une surface un peu sérieuse, pourquoi ne pas mettre à profit ces vastes surfaces déjà largement exposées au soleil (et donc aussi à toutes les intempéries) que sont les routes du pays ? Et quoi de mieux que ces routes, qui supportent le passage d’engins pouvant peser des dizaines de tonnes, à des vitesses importantes, qui soulèvent une quantité considérable de poussière généralement opaque, pour accueillir un matériau à la fois fragile, très sensible aux obstructions lumineuses, pour fournir à tous une énergie aussi variable qu’intermittente et dont la gratuité claironnée haut et fort s’arrête au moment de payer la facture du fameux revêtement ?

En plus, à 5 millions d’euros du kilomètre, pourquoi se priver, puisque c’est l’Etat qui paye ?

Aussitôt dit, aussitôt payé, aussitôt fait : prometteuse d’une vaste extension de cette filouterie idée lumineuse à un réseau plus large de routes françaises, l’expérience pilote était lancée.

Pourtant, dès le départ, plusieurs pointaient les problèmes inhérents de cette fausse bonne idée : rendements faibles, durabilité discutable, tout pointait déjà vers un désastre financier. Vingt mois plus tard, en août 2018, les choses se précisaient, levant la plupart des doutes sur la foirade magistrale qu’on pouvait deviner dès le départ : entre des rendements encore plus faibles que prévus (409 kWh au lieu de 767) et une production totale dont le prix global se montait à peine à 6000€ (soit un rendement de 0.1%), le désastre financier était consommé.

ségolène royal : la crisitude

C’est donc avec une surprise très mesurée qu’on apprend ces derniers jours que cette même route solaire va subir un ravalement complet et subir de lourds travaux après ses trois belles années de bons, loyaux et microscopiques services.

Le constat est cruel et sans ambiguïté : le projet initié par Ségolène Royal a subi le même sort que tant d’autres dans lesquels celle qui était alors ministre de l’Environnement a fourré ses doigts avec insistance. Il n’a pas rempli ses objectifs initiaux et doit être entièrement revu. Pour cela, une nouvelle tranche de travaux (dont le coût total n’est pas encore connu) a été lancée afin de tenir compte du magnifique « retour d’expérience » de ces trois premières années. Parce qu’en plus du rendement minable, il faut y ajouter les plaintes des riverains agacés par le bruit que génère cette installation : dès que les véhicules dépassent 50 km/h, les nuisances sonores sont suffisamment fortes pour que la mairie ait décidé d’abaisser la vitesse maximale autorisée.

Pour faire bonne mesure, le tronçon recouvert par les panneaux sera donc réduit à 700 mètres, ce qui ajoute au sentiment de fiasco total sans lequel ce projet n’aurait probablement pas pu bénéficier du « Label Ségo, Des Fiascos Rigolos »™.

Mais nous sommes en France et même un Fiasco Rigolo labellisé peut toujours nous emmener vers des sommets de lolitude et de cramage décomplexés de pognon des autres : non seulement le désastre précédent ne semble pas avoir suffi pour qu’enfin, une administration, un politicien ou simplement la populace qui finance ces âneries y mettent le holà, mais en plus est-on décidé à rendre toute l’opération aussi citoyenne que festive en faisant réaliser une fresque murale aussi peu gratuite qu’utile à sauver le projet : grâce à l’intervention dûment facturée d’un collectif de grapheurs nantais, la glissière de sécurité en béton qui longe cette route solaire de la servitude carbonée va être joliment décorée ce qui ne manquera pas, espérons-le, de camoufler le désastre…

Cette pénible aventure illustre à elle seule plusieurs maux que le peuple français subit régulièrement sans trop grogner : idiotie d’une idée initiale, sa récupération pour des raisons purement médiatiques par des politiciens aussi incompétents qu’avides d’exposition facile, capitalisme de connivence qui permet à certaines entreprises bien en cour de bénéficier d’une publicité gratuite et, dans une certaine mesure, d’investissements publics coûteux, résultats navrants mais qui ne remettront en cause ni le projet ni les investissements et n’apporteront aucune opprobre pourtant logique sur le politicien qui aura porté cette ânerie à bout de bras, et, mieux que tout, relance du bourrichon pour une nouvelle fournée encore une fois payée au moins en partie par le contribuable qui n’a, dans cette affaire, jamais son mot à dire.

La France crève de ces initiatives idiotes et coûteuses, de ces politiciens sans vergogne et systématiquement oubliés lors des bilans, de cette presse bien trop arrangeante pour rappeler leur responsabilité directe dans ces échecs. De millions cramés en routes inutiles en autres millions perdus dans des projets tout aussi dispensables, ce sont finalement des milliards qui, chaque année, disparaissent et appauvrissent chacun d’entre nous.

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Édouard part en lutte contre Théodule

Par h16

Aaaah, enfin, il était temps : la chasse aux comités inutiles vient d’être lancée ! On apprend par voie de presse, dans un petit sursaut surpris (et quelque peu incrédule) que le Premier ministre Édouard Philippe va tenter de faire le ménage parmi les trop nombreux comités, commissions, conseils, organismes ou agences tétant directement aux mamelles de l’État français.

Comme il s’en est expliqué dans la presse, notre Premier ministre entend par ce ménage retrouver quelques marges de manœuvre budgétaires : alors que les déficits s’accumulent avec cette décontraction que seuls ceux qui n’auront jamais à payer leurs erreurs peuvent se permettre (Philippe en sait quelque chose, lui qui a laissé une ardoise colossale dans la ville dont il fut le maire dispendieux), l’actuel locataire de Matignon tente de faire passer cet indispensable nettoyage pour un financement d’hypothétiques baisses d’impôts à venir (promis juré craché).

Au passage, on ne pourra être qu’étonné de constater que le Premier ministre lui-même convient qu’on peut amplement financer une part notable du déficit par élimination de ces fromages républicains. Vu la taille du déficit d’année en année (à plus de 90 milliards d’euros en 2019 par exemple), on doit comprendre que ces Comités Théodule pèsent donc pour plusieurs milliards… Sans qu’on puisse identifier clairement ce qu’ils apportent au pays, au peuple ou à l’État.

Sur le papier, il est donc plus que temps : c’est un amas de plusieurs centaines de bidules technocratiques qui pompent ainsi vigoureusement aux finances publiques. Régulièrement, la Cour des Comptes revient sur ces nombreux appendices républicains aussi coûteux qu’inutiles sans qu’une action ne soit réellement entreprise pour les faire disparaître.

Pour s’en convaincre, il suffira d’éplucher le « jaune » paru récemment sur les seuls comités directement sous la responsabilité des ministres (dont le Premier justement) : plusieurs centaines de bidules aux noms à rallonge, des millions d’euros mobilisés pour des buts obscurs et des résultats au mieux microscopiques, des ministères (Culture, Éducation nationale, Action et comptes publics par exemple) sur-représentés dans cette bousculade de fromages républicains… En tout, on compte plus de 1200 instances diverses dont l’écrasante majorité n’a de raison d’être qu’une de ces lubies politiques passagères qui se traduit immanquablement par le recasage de vieux chevaux de retour politiciens, coquins et copains parfois badigeonnés d’affaires louches dont on ne peut pas se défaire trop facilement mais qu’un placard en or massif satisfera amplement.

Au-delà de ce que l’annonce de Philippe laisse entendre sur la gabegie budgétaire que ces comités représentent, on pourra aussi admirer son sens inné de l’à-propos puisque cette décision capitale intervient peu de temps après la décision, par Emmanuel Macron, de créer… un nouveau Comité Théodule, le Conseil de défense écologique destiné à impliquer l’ensemble du gouvernement sur ce sujet qu’on a décidé, en haut lieu, de rendre sensible avant d’autres (insécurité, chômage, immigration, systèmes de retraite ou de santé en décrépitude, etc.)…

Il est d’ailleurs piquant de noter que ce « Conseil de défense contre les températures qui varient » s’ajoute à un précédent Haut Conseil sur le climat, créé par le même Macron en novembre dernier, ainsi qu’aux instances qui existent déjà et sont, peu ou prou, chargées des mêmes objectifs flous. On compte en effet une soixantaine de ces comités pour le seul sujet du climat.

En somme, pendant que Macron produit du Comité idiot avec une cadence de poule pondeuse en batterie, Édouard Philippe explique vouloir les supprimer pour faire mine d’équilibrer un budget en déficit de plusieurs dizaines de milliards. Pour les Français qui ont encore le temps d’observer la vie politique et économique du pays avec un peu de recul, tout ceci s’apparente fortement à un nouveau chapitre de foutage de gueule en cinémascope et son dolby-stéréo.

Le plus triste (ou comique, selon le point de vue) de cette histoire est qu’on peut raisonnablement parier sans risque de perdre que dans six mois, on pourra peut-être lire dans une presse extrêmement discrète à ce sujet quelque chose comme ceci :

« Six mois se sont écoulés depuis la grande chasse aux comités Théodule lancée par Édouard Philippe. La Commission de l’Étude de la Pertinence des Comités et Commission de la République, chapeautée par le Comité de dissolution des Comités inutiles, ont permis l’élimination d’une Haute Autorité à la Mesure du Cambrage des Cornichons. Un bilan en demi-teinte puisque le nombre précis de comités, hautes-autorités et commissions, après le travail de cette Commission et de Comité, s’établit à un de plus. »

Indépendamment du résultat de cette énième tentative d’élagage, on ne s’étonnera pas trop de voir que le Premier ministre s’est bien vite arrêté aux comités, agences et autres commissions surnuméraires que la République nourrit trop généreusement. Manifestement, la recherche d’économies dans le budget de l’État s’arrête très vite aux petits postes qu’il ne serait pas trop complexe de faire disparaître avec un minimum de volonté.

En revanche, l’idée même de faire disparaître à leur tour les ministères Théodule qui se bousculent sous les ors républicains ne semble toujours pas sur le tapis. C’est dommage, parce qu’en termes d’économies, c’est probablement là que réside le plus ample gisement.

Ainsi, peut-on considérer le ministère de la Culture comme encore utile lorsqu’on voit les sommes engouffrées dans les réalisations de plus en plus douteuses qu’il sponsorise avec générosité ? Quand on se rappelle que la Justice dispose maintenant d’un budget inférieur à ce ministère et que c’est ce ministre de la Culture qui nous inflige une radio, une télévision et une presse dont le niveau s’enfonce chaque année toujours plus bas, quand on se souvient des sommes ahurissantes dépensées dans des happenings aussi festifs que coûteux et inutiles, quand on note que, de surcroît, ce ministère n’assure même pas le minimum syndical pour la sauvegarde du patrimoine, ce qui était sa mission essentielle et qu’il serait par exemple bien infoutu de rétablir Notre-Dame de Paris dans son état original malgré tous les moyens qui lui sont dévolus, voilà bien 9 milliards qui pourraient largement être rendus aux Français.

Ainsi, on pourrait complètement supprimer le Ministère de la Ville dont les politiques depuis plus de 40 ans sont surtout marqué leur totale inutilité voire le contre-productivité : les banlieues mal gérées sont toujours là, encore plus mal gérées maintenant qu’avant ; les quartiers « sensibles » se multiplient tout comme les affaires de détournements divers et variés par des associations lucratives sans but financées directement ou indirectement par ce ministère…

Ainsi, le ministère de la Transition écologique et solidaire, parfait croupion d’une écologie complètement bidon et inféodée à des objectifs politiques intenables, ridicules et économiquement suicidaires, pourrait amplement disparaître et laisser le marché régler seul ces problèmes qui n’en sont que pour ceux qui en vivent.

Ainsi, le ministère de la Cohésion des territoires, dont le nom seul donne une idée de la vacuité de l’objet, pourrait lui aussi se faire dissoudre dans un mois d’été, sans tambour ni trompette et sans qu’aucun contribuable n’en souffre réellement.

Je pourrais multiplier les exemples : la plupart des ministères actuels se contentent d’utiliser les ponctions opérées sur les contribuables divers et variés pour les redistribuer sur des citoyens plus ou moins méritants, en ayant bien sûr fait passer des montants considérables dans les tubulures complexes de leurs administrations, comités Théodule compris, ce qui ne manque pas d’amoindrir nettement les sommes distribuées…

Laisser toutes ces sommes dans les poches des contribuables contribuerait beaucoup plus à enrichir les Français que toutes les opérations de communication et de redistribution farfelues que nos ministres s’emploient à multiplier niaisement pour justifier leur existence.

On le comprend : la petite opération d’affichage du comité Édouard Philippe de suppression des comités Théodule ne nous mènera pas loin. Il n’y aura que des économies minuscules, s’il y en a. L’absence de tout courage de revoir les dépenses publiques de fond en comble garantit que les déficits continueront de s’accumuler et les taxes de s’empiler.

Dès lors, ce pays est foutu.

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