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Encore une belle semaine pour la liberté d’expression en France

Par h16

La liberté d’expression en France est totale, à condition de ne parler que de la pluie et du beau temps et si c’est pour constater qu’il fait de plus en plus chaud. Pour le reste, force est de constater que l’érosion de cette liberté est non seulement galopante, mais qu’elle subit un assaut bien plus pervers que tout ce qu’un législateur, un censeur ou un état ouvertement totalitaire pourrait faire.

Oh bien sûr, on compte déjà plusieurs lois iniques, depuis les mémorielles jusqu’à l’encadrement de plus en plus strict de tout ce qui tombe dans le vocable de l’incitation aux haines diverses et variées. Mais ces lois n’ont qu’un pouvoir limité comparé à l’effet complètement asphyxiant de la myriade de groupes de pression qui sont apparus ces dernières années, quasiment d’un coup comme autant de champignons vénéneux dans notre société.

Et les derniers jours qui viennent de s’écouler illustrent à quel point sont puissants les efforts déployés pour bâillonner tout adversaire idéologique du Camp du Bien dont l’extension politique, sémantique et sociétale est telle qu’il en vient, de façon comiquement macabre, à se déchirer lui-même.

On pourrait illustrer les délires liberticides des infatigables combattants de la justice sociale en prenant exemple d’un récent débat (pathétique) entre Finkielkraut et Taddéi d’un côté, contre une Caroline de Haas et une Maboula Soumahoro remontés comme des coucous de l’autre, qui permet de bien apprécier la volonté maintenant exacerbée et tout à fait officielle de vouloir faire taire toute dissidence et toute opinion contraire, par la force s’il le faut.

Dans ce contexte, les harpies ont un véritable boulevard puisqu’elles s’appuient sur cette masse d’individus de plus en plus nombreux issus de la génération récente où la moindre contrariété, la moindre péniblerie et la moindre opinion adverse sont vécues comme un outrage, une attaque quasi-physique provoquant une douleur d’autant plus insoutenable que chacun de ses membres se déclare toujours multi-traumatisé par un peu tout et son contraire.

Cette génération, rivée derrière ses nombreux écrans et toujours en butte aux mille et une difficultés de la vie auxquelles leurs parents se sont bien gardés de les préparer (l’État devant y pourvoir, pardi !), constitue maintenant le gros des troupes frémissantes de ces armées qui réclament l’amour, l’inclusivité, le droit à la différence, la solidarité et l’entraide sociale moelleuse tout en semant haine, dissension, appels aux boycotts et autres fatwas.

Cette génération arrive maintenant à l’âge où l’on fricote dans les facs, où l’on se conscientise et où l’on militantise en refaisant le monde. Et sans surprise, c’est dans les facs qu’on retrouve les attaques les plus virulentes contre la liberté d’expression.

Faits nouveaux : s’il est maintenant entendu et même plus qu’admis puisque considéré comme normal qu’un tenant du Camp du Mal (celui qui n’est pas inclusif, solidaire, moelleux, en un mot, de gauche) ne devra jamais plus avoir la parole, ni sur un plateau télé, ni en radio, ni dans une tribune d’un média plus ou moins officiel, et donc certainement pas sur l’estrade d’un amphithéâtre universitaire, il semble maintenant clair que cette interdiction sinon légale au moins informelle mais stricte s’étend à présent aussi aux tenants d’un Camp du Bien un peu trop pastel pour nos Justiciers Sociaux de la République du Bisounoursland.

C’est ainsi que, dans le mois écoulé, on a vu Sylviane Agacinski, pourtant tout à fait officiellement compagne d’un ancien premier ministre pas du tout à droite, se faire interdire une conférence par les milices du progrès à l’université de Bordeaux au motif qu’elle a une opinion non conforme à la doxa, à savoir opposante à la gestation pour autrui.

De la même façon, on a vu le président de la Sorbonne annuler courageusement un colloque sur l’islamisme suite à des pressions exercées par des « associations communautaires ». Ce même président de cette même faculté avait d’ailleurs, quelques temps plus tôt, suspendu sa formation de prévention à la radicalisation, jugeant sans doute que les travaux pratiques étaient déjà fort bien entamés.

On n’est donc qu’à moitié surpris lorsqu’on apprend que François Hollande, pourtant parangon de mollesse, de compromis et de rien du tout monté en neige, pourtant lui aussi estampillé Camp du Bien, se trouve lui aussi interdit de conférence à l’université de Lille, alors que de véritables milices d’étudiants surexcités y ont détruit plusieurs cartons de sa production littéraire (dont les ventes peinent à décoller) aux cris vengeurs d’ « Assassin ». Ironie de l’histoire : Hollande entendait discuter de la crise de la démocratie ainsi illustrée avec brio par ces troupes d’illettrés dont on soulignera qu’ils n’ont pas été trop gênés par les enseignants dont certains ont même soutenu leur action.

Si l’on ajoute à ce contexte particulièrement gratiné la récente combustion spontanée (mais imparfaite) d’un étudiant à Lyon pour des motifs politiques consternants, on a bien du mal à ne pas voir l’effondrement intellectuel complet de l’université française : à l’indigence de la pensée moyenne qui y règne et favorise ainsi la tenue de discours aussi caricaturaux qu’imbéciles, il faut y ajouter le climat maintenant particulièrement délétère de sectarisme, d’intolérance et de chasse aux sorcières permanente d’une minorité de ces « étudiants », devenus aussi militants que dangereux et qui font régner un véritable terrorisme intellectuel qui abolit complètement toute liberté d’expression.

On retrouve d’ailleurs cette même ambiance abominable devant les cinémas lorsqu’il s’agit pour certains d’empêcher le public d’accéder à « J’accuse », la dernière production cinématographique de Polanski. Le réalisateur du film étant actuellement empêtré dans des accusations de viol, il semble indispensable de censurer sa production. Et si l’on ne peut pas (encore ?) le censurer officiellement – c’est-à-dire en utilisant la force de l’État plutôt que celle de militants hystériques – on peut en tout cas appeler à son boycott, pour faire bonne mesure : la sénatrice Laurence Rossignol (habituée de ces colonnes) estime commodément qu’il est impossible de détacher l’artiste de sa production, ce qui, si l’on devait appliquer son raisonnement boiteux partout, enverrait probablement 80% de la production culturelle des 2000 dernières années au broyeur médiatique de nos ligues de vertu et autres milices anti-tout forcenée.

Si les années passées ont amplement prouvé que la France est sur une fort mauvaise pente en matière de liberté d’expression, ces dernières semaines montrent une accélération réellement inquiétante de la frénésie de censure castratrice d’une frange d’extrémistes de gauche de plus en plus violente.

Pénétrée de surcroît d’une idéologie islamiste maintenant patente (la dernière manifestation ne laissant aucun doute sur les compromissions électorales auxquelles ces factions sont prêtes pour s’assurer une miette de pouvoir), l’extrême-gauche a complètement ruiné l’université française et à peu près entièrement muselé la liberté d’expression dans le pays.

Certaines fins ne sont pas heureuses... (Not everything can end well)

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Cette belle gauche de France

Par h16

Ah, qu’il est doux d’être de gauche en France ! Cela offre finalement tant d’opportunité de dire des trucs et de faire leur contraire, de professer et encourager des comportements qu’on s’abstiendra bien de pratiquer soi-même, et le tout, en ne supportant que de vagues et rares reproches, qu’il serait dommage de s’en priver.

Par exemple, comme pour l’actrice Anémone récemment décédée, il sera beaucoup plus simple pour vous d’avoir des comptes en Suisse si vous vous êtes toujours officiellement affiché de gauche : oh, bien sûr, un petit soupçon pourra toujours faire bruisser quelques médias, mais le rappel à la réalité de votre militantisme et de votre vie de bohème affichée suffira à calmer les rumeurs. Eussiez-vous été de droite, voire pire encore, patron (quand bien même apolitique), l’affaire n’aurait pas été si simplement réglée et ce n’est pas un entretien radio ou un communiqué de presse expliquant la situation qui auraient suffi.

Non, décidément, si vous avez un compte en Suisse, affichez-vous de gauche. Revendiquez des valeurs populaires ! Exhortez les uns et les autres à l’abnégation, au dénuement, vivez chichement s’il le faut (sans oublier toutefois d’acheter du café certes plus cher mais surtout équitable, du quinoa certes plus cher mais surtout bio et un appartement au centre de Paris certes très cher mais surtout très rentable en location), que dis-je, choisissez un soutien sans faille aux leaders charismatiques les plus à gauche possible comme (au hasard) Jean-Luc Mélenchon, et tout se passera très bien. Le capitalisme et la fortune personnelle sont des pêchés hideux mais on peut s’en absoudre par un vote efficace !

D’ailleurs, on peut en France très bien amasser une fortune considérable qui sera d’autant moins insupportable pour toute la presse, tous les politiciens de tous bords et tout le Camp du Bien en général si l’on s’affiche résolument à gauche toute. L’illustration de la catégorie « millionnaires et milliardaires de gauche » sera laissée en exercice au lecteur. Comme quoi, on peut rester riche même après une bonne distribution d’argent (surtout quand c’est celui des autres) !

millionnaires de gauche

Mais être de gauche, c’est – heureusement – bien plus qu’une simple histoire d’argent.

Et si tout n’est pas qu’une affaire de pognon, il n’en reste pas moins qu’en étant de gauche, tout peut se négocier, tout est ouvert à discussion, depuis la localisation de ses comptes jusqu’aux valeurs qu’on pourra défendre un matin et renier le soir, ou les opinions qu’on pourra arborer fièrement une année pour s’en éloigner aussi vite que possible l’année suivante.

Eh oui, comme le montre par exemple Jean-Luc Mélenchon, être de gauche nécessite une souplesse assez olympique qui, si elle ne lui permet pas de s’adapter à des fauteuils d’avions en classe éco, l’autorise cependant amplement à retourner sa veste tout en baissant son pantalon, ainsi que l’aura illustré la récente manifestation difficilement classable comme républicaine.

Dans cette dernière, le brave Jean-Luc aura voulu démontrer à quel point il était concerné par l’accumulation insupportable de tous ces abominables actes terroristes qui endeuillent presque quotidiennement la France (depuis la fusillade pathétique d’une mosquée jusqu’aux puzzles Peppa Pig déposés dans les boîtes à lettres de musulmans officiels) en défilant dans une manifestation contre l’islamophobie.

Pour un leader charismatique de cette aile et de cette envergure, le défaut de participation aurait été impardonnable et justifie largement que, tout pourfendeur de curé soit-il, il puisse défiler bras-dessus, bras-dessous avec des fondamentalistes qui crient « Allah Akbar« … Que voulez-vous, une partie de son électorat défilait aussi ce jour-là, et ne pas s’y montrer, c’était risquer n’être pas assez de gauche.

Et la souplesse reste admirable pour ce quasi-septuagénaire qui avait en 2015 exprimé pourtant clairement l’impérieuse nécessité d’une certaine islamophobie, celle qui s’inscrit dans cette liberté d’expression permettant de moquer et de critiquer toutes les religions, musulmane incluse.

Je conteste le terme d'islamophobie. On a le droit de ne pas aimer l'islam comme on a le droit de ne pas aimer le catholicisme. #SLT

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) November 21, 2015

Cette souplesse s’inscrit d’ailleurs dans le temps puisque le même Jean-Luc (un peu plus jeune il est vrai et donc d’autant plus à même de réaliser des pirouettes sémantiques somptueuses) n’hésitait pas en 2010, tout de gauche qu’il était déjà alors, à renvoyer les porteuses de voile dans leurs 22 avec ce talent de tribun qu’on lui accorde sans mal :

« En ce moment, on a le sentiment que les gens vont au-devant des stigmatisations : ils se stigmatisent eux-mêmes — car qu’est-ce que porter le voile, si ce n’est s’infliger un stigmate ? — et se plaignent ensuite de la stigmatisation dont ils se sentent victimes. »

Décidément, être de gauche permet, en plus de conserver un compte en banque dodu, d’assurer une élasticité redoutable !

Mais ce n’est pas tout, car être de gauche, c’est enfin avoir des valeurs fermement chevillées au corps, ces valeurs qui font de vous un humaniste qu’il sera de bon ton de fréquenter lors de dîners en ville, un phare de lumière dans la grisaille du quotidien, une balise d’utopie dans la tempête de réalité froide.

C’est ce qui vous permettra par exemple de détourner en toute décontraction un symbole infâme qui fut porté par tant d’individus condamnés à une mort atroce, comme l’a démontré avec une belle désinvolture la sénatrice Esther Benbassa, faisant paraître sur son fil Twitter la photo d’une gamine (qui n’a pas été endoctrinée, elle, au contraire évident de ces enfants présents lors de Manifs Pour Tous) arborant une étoile jaune.

Bon, soit, cette fois-ci, être officiellement de gauche n’aura pas suffi puisque quelques protestations furent émises et relayées : vouloir comparer, par le truchement de ce symbole lourd de sens, la situation actuelle des musulmans en France avec celle des Juifs il y a 80 ans est une très grosse maladresse qu’une sénatrice républicaine aurait dû ne surtout pas cautionner.

Heureusement, être de gauche permet de disposer de toute une armée de réserve qui, comme un seul homme, se lèvera pour ferrailler au combat et dissiper bien vite le malentendu : articulets remettant les choses au clair et rappelant les petits tweets sirupeux d’âmes charitables (de gauche aussi, évidemment), explications précises et pointues dans le style maintenant inimitable des faux-checkers de Libération, soutien affiché de partis tendrement acquis à la cause, tout est fait pour atténuer et faire oublier une récupération et un symbolisme si honteux qu’il aurait directement expulsé tout autre politicien dans les geôles médiatiques s’il avait été autre chose que de gauche.

Ah, décidément, qu’il est bon d’être de gauche en France : compte en banque dodu et laissé tranquille, souplesse juvénile assurée, service après-vente au taquet, rien n’est laissé au hasard et cela explique sans mal pourquoi la droite n’en est plus une et qu’elle dérive assez résolument vers les mêmes contrées où coulent miel, lait et argent des autres…

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Pass-Culture : un flop, mais pas pour tout le monde

Par h16

Août 2017 : la France vient tout juste d’élire un sémillant quadragénaire à la Présidence de la République, et déjà souffle le vent des réformes, des initiatives courageuses et des projets d’avenir qui vont redresser le pays. C’est dans cette immense vague d’espoir qu’enfin, après des années d’âpres luttes et de demandes incessantes de toute une population assoiffée de culture, naît le Pass Culture.

Il était temps : les banlieues, les petites villes de province, les quartiers défavorisés et les familles modestes n’en pouvaient plus d’attendre enfin que se libère l’accès à la culture, que nos jeunes puissent enfin mettre la main sur une connexion internet (éventuellement partagée dans un centre culturel ou une de ces médiathèques de quartier qui font la fierté de notre pays) voire – pour les plus chanceux – des livres ou, carrément – soyons fous – un abonnement Astrapi Alternatives Économiques.

Dans le grand bon en avant la mise En Marche joyeuse de tout le pays, il avait été décidé la mise en place d’un Pass Culture, réclamé par tous et voué à une réussite flamboyante : permettant à chaque jeune éligible de dépenser 500 euros en biens culturels (livres, entrées aux musées ou, plus exactement, places de cinéma, jeux vidéos et autres abonnements streaming), le gouvernement envisageait d’abonder à un fonds dédié à cette opération pour les jeunes qui, comme toute légumineuse, doivent être régulièrement arrosés.

À l’époque, on évoquait 180 puis 400 millions d’euros dévolus à cet épandage d’argent des autres dans les poches de certains. Les discussions allèrent bon train et ce Pass, qui fut un temps présenté comme le « GPS de la Culture », fut donc ouvert à expérimentation courant 2018 et sur différentes plateformes dont Netflix et Spotify qui se retrouvaient alors en pôle position pour récupérer la manne publique par le truchement de ce Pass instamment réclamé par toutezétous.

L’année passa, et nous nous retrouvons à présent, en novembre 2019, à l’heure où, gaillard, on dresse des bilans. Et force est de constater qu’encore une fois, avec cette régularité d’horloge dans l’échec que seul l’étatisme permet de garantir, tout se déroule exactement comme prévu c’est-à-dire mal.

On apprend ainsi que ce Pass Culture n’aurait été utilisé que par 25.000 jeunes de 18 ans, qu’ils n’en auraient utilisé que 100 euros en moyenne sur les 500 alloués au départ, et qu’au final, un million d’euros avaient ainsi été dépensés par le truchement de ce dispositif macronesque, ce qui frise le consternant aux petits fers, face aux 34 millions d’euros budgétés au départ pour 2019.

Cet échec serait presque une bonne nouvelle puisqu’au final, 33 millions d’euros du contribuable sont restés dans les caisses : dans un pays normal, l’échec serait constaté, un trait tiré, les fonds réattribués et la parenthèse Pass-Culture refermée pudiquement. Nous sommes en France, il n’en sera rien et l’échec de cette distribution gratuite d’argent des autres se double, bien évidemment, d’une gabegie scandaleuse qui ajoute à l’ensemble du dispositif dispendieux un parfum de foutage de gueule auquel nous ont, malheureusement, habitué toute la clique au pouvoir.

Il apparaît en effet que ce dispositif est piloté par une SAS (société par actions simplifiée), détenue à 70% par l’État et à 30% par la Caisse des dépôts et consignations (c’est-à-dire l’État aussi, si vous suivez l’argent), SAS dont les dirigeants n’ont bien évidemment pas oublié de se rémunérer. Grassement.

C’est ainsi que Damien Cuier, son président – dont le nom est malencontreusement cité dans l’affaire BygmillionsBygmalion – sans avoir été poursuivi – toucherait 170.000 euros par an pour son poste, pendant que Eric Garandeau, son conseiller à tiers-temps dans la SAS et lui-même à la tête d’une société de consulting – Garandeau Consulting, toucherait 6.000 euros mensuels, alors que cette dernière société aurait touché 651.600 euros entre septembre 2018 et mai 2019 en provenance direct des fonds de la SAS pour laquelle elle aurait travaillé.

Ce Pass Culture pour quelques peu nombreux s’apparente à un véritable Pass-Droits pour d’autres happy very few… Le tout, cependant, dans une forme de légalité suffisante qui fait à l’évidence du trampoline sur la morale et l’argent public, et ce d’autant plus que l’outrage semble passer assez calmement dans l’opinion publique, fort occupée par les cabales organisées contre des évidences choquantes.

Devant cette gabegie honteuse, c’est d’ailleurs la même indifférence médiatique que celle qu’on peut observer lorsqu’on apprend que les embauches continuent bon train pour les cabinétards du gouvernement : grâce à cette belle vigueur de l’emploi public (payé par les emplois privés, dois-je le rappeler ?), le montant cumulé des salaires de conseillers ministériels – hors Matignon !! – a atteint 27,92 millions d’euros en 2019, et 31,65 millions d’euros environ si l’on cumule tout.

Eh oui : 30 millions par ci, 30 millions par là, et on commence à parler pognon…

… Pognon que certains ne verront jamais, comme par exemple le GIGN dont les entraînements sont sérieusement compromis suite à des impayés à hauteur de 500.000 euros.

À mesure que les tensions s’accumulent dans le pays, je ne suis pas sûr que les dépenses des fonds publics soient correctement ventilées, à moins bien sûr de considérer que les conseillers et cabinétards divers ont tous des capacités en close combat et protection de tiers qui permettent de cumuler efficacement fonctions ministérielles et sécurité de l’État…

Et au-delà de ces évidentes absurdités, il faut bien comprendre que le dévoiement complet d’un projet politique comme celui du Pass Culture n’est en rien une péripétie. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours malencontreux dans lequel, de façon aussi inopinée qu’un arrêt de travail de la SNCF, des dirigeants se sucreraient sur la Bête dans les grandes largeurs.

Non, c’est un effet attendu et assez probablement planifié dès le début : dès qu’une taxe apparaît, dès qu’un gros marché public se passe, dès qu’une distribution d’avantages et de prébendes se met en place, dès qu’une commission se crée ou qu’un institut apparaît qui sont financés par l’État, il faut bien comprendre qu’un copain ou un coquin en profitera parce que c’est précisément pour celui-ci que ce dispositif est créé.

Le Pass Culture n’a jamais été créé pour distribuer de la culture aux jeunes (si tant est que la puissance publique puisse distribuer autre chose que de l’argent ou des coups de LBD), mais bien pour assurer un petit cocon confortable aux dirigeants de la SAS en charge de cette distribution.

Et ce genre de manœuvres qui consiste soit à embaucher directement les copains comme dans les cabinets, soit à créer une structure comme celle du Pass-Culture pour y placer les coquins, est maintenant institutionnalisée dans la plus parfaite indifférence d’une presse qui s’outrage plutôt d’évidences. Cette presse, ces médias dont l’une des missions consiste précisément à servir de garde-fous à ces dérives, ne font absolument plus ce travail.

Laissée à elle-même, l’administration française n’a plus aucun compte à rendre à personne : le service après-vente, dont la qualité aurait dû être vérifiée par ces médias, n’existe plus. Il n’y a plus aucune garantie de résultats et la seule garantie de moyens qu’on a maintenant, c’est qu’ils seront partout aux commandes, avec les médiocres et les nuls.

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[Redite] Quand le pédalo vogue dans l’atoll de Taxatouva

Par h16

Article initialement paru le 05.11.2018

Apparemment, une nouvelle solution a été trouvée pour sortir la France de son marasme : on va arrêter de trop s’en faire avec la dette, car cette règle des 3% de limite au déficit budgétaire, c’est un peu un règle d’un autre temps, surannée, qui mérite amplement qu’on l’oublie surtout à l’approche d’une élection n’est-ce pas. En somme, comme l’explique en creux le bon président Macron, on va pouvoir ouvrir à fond les sprinklers d’argent gratuit pour arroser le peuple et calmer ses ardeurs.

Tout va donc très bien. Et quand on compare à la situation d’il y a un an, quel chemin parcouru !

Nous sommes en 2018 et il n’y a plus aucun doute possible : le pédalo hollandesque a fait une escale dans l’atoll du Taxatouva et Macron, malgré toute la puissance de ses petits bras, n’a jamais pu l’en faire partir.

On ne sait pas exactement comment, mais le frêle esquif, barré d’une main dilettante par un François Hollande particulièrement peu maître des éléments, s’est échoué assez rapidement après mai 2012 sur les rivages ensablés, gluants et acides de l’atoll. Depuis, malgré quelques coups de pédales manquant franchement de conviction, l’embarcation n’a guère bougé. Tout indique qu’elle s’est même plutôt enfoncée.

À l’arrivée d’Emmanuel Macron, certains naïfs avait cru qu’enfin on pourrait profiter de la belle santé du nouveau capitaine pour tenter un désensablement. Peine perdue : dilapidant ses premières forces sur la décoration du pédalo, la taille de la barre et faisant mine d’attendre une météo clémente, le capitaine ne l’aura finalement poussé que dans le mauvais sens.

Et dernièrement, c’est même avec une vigueur quasi-rabique que lui et son équipe semblent s’acharner à enfoncer encore un peu plus le pédalo dans plusieurs tonnes de sable, pendant que les conditions climatiques se dégradent furieusement.

Il n’est guère besoin de reprendre en détail les derniers mois pour s’en convaincre et il suffira même de se pencher sur les derniers jours pour comprendre que ce qui tenait déjà d’une bonne pluie de taxes s’est à présent transformé en véritable déluge où pas une journée ne passe sans qu’une nouvelle ponction soit imaginée ou publiée ou mise en forme ou votée ou entrée en application.

Petit-à-petit, le peuple français commence à comprendre que la ponction ne fait que commencer ; et alors même que son anus ne s’est pas encore remis des terribles forages pneumatiques entrepris par le gouvernement et les députés, voilà que l’association des maires de France se lève comme un seul homme, trépan pétrolier à la main, en hurlant qu’il veut, lui aussi, participer à la belle opération.

On apprend en effet que cette association veut instaurer une nouvelle taxe d’un euro sur chaque colis livré à domicile.

Comme bien souvent, le geste politique suit une analyse économique indigente et part d’un sentiment aussi bon que stupide puisqu’essentiellement émotionnel et avant tout destiné à cacher l’appât d’un gain facile : pour nos maires, il s’agit officiellement de « revitaliser les centres villes » en tabassant les commerces en ligne, espérant ainsi compenser la désaffection de ces centres par une taxe qui pourrait éventuellement aider les petits commerces locaux (dans le meilleur des cas).

On comprendra qu’en réalité, les gains éventuels de cette taxe seront bien vite affectés à l’une ou l’autre niaiserie municipale dont le résultat électoral, bien qu’incertain, sera certainement plus intéressant que la survie de l’une ou l’autre boutique qui ne représente jamais qu’une poignée d’électeurs (au mieux). Non seulement, la taxe ne servira en rien les intérêts des commerces, mais elle renchérira les objets arrivant dans la commune pour les particuliers y vivant… Ce qui les incitera (en plus du reste) à aller voir ailleurs, d’autant que ces taxes viennent d’abord gréver le budget de ceux qui ont le plus de mal à se déplacer, c’est-à-dire les individus les moins aisés en premier lieu.

Les maires voudraient faire fuir les pauvres de leurs communes qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Parallèlement à cette nouvelle invention idiote et pour ne pas être en reste sur le niveau communal, notre représentation nationale, jamais en retard d’une ânerie si elle peut aider à remplir le tonneau des Danaïdes de nos finances publiques, s’emploie à étendre encore le domaine de la taxe.

Cette fois-ci, ce sont les chèques vacances et autres bons de Noël qui pourraient être soumis à l’impôt : selon un amendement au projet de budget 2019 pour la Sécurité sociale, au-delà de 331 euros par an et par salarié (ou 662 euros si le salarié a au moins un enfant), le montant de ces aides (bons et autres chèques) sera soumis à la fois aux cotisations patronales et à l’impôt sur le revenu.

Malgré leur totale non-représentativité et leur existence de plus en plus marginale, les syndicats de salariés ont déjà émis de vives protestations qui seront, comme il se doit, largement ignorées. Cela prendra le temps qu’il faudra mais on peut d’ores et déjà s’en assurer : bientôt, les quelques petits avantages qu’une entreprise pouvait encore offrir à ses salariés seront, eux aussi, amputés d’une bonne part (on peut raisonnablement tabler entre 25 et 50%) pour aller abonder à cette redistribution sociale que le monde entier nous envie moyennement de financer ainsi.

La queue du Mickey est largement atteinte, saisie et même mâchonnée dans le grand manège français de la taxation en folie lorsqu’on apprend que, non content de tabasser les salariés, les consommateurs et les automobilistes comme jamais, certains députés La République À Pied entendent créer … un chèque carburant.

Encore une fois, la stupidité de l’idée s’y dispute à son invraisemblable côté contre-productif, caractéristiques maintenant spécifiques des productions de nos élus qui semblent véritablement lancés dans une espèce de concours à celui qui sortira la plus fameuse ânerie. Pour le moment, reconnaissons à Guillaume Peltier de caracoler en tête, les bras en l’air et la mine ahurie de contentement à l’écoute de ses propres niaiseries : entre deux poncifs habituels dans lesquels le député explique qu’il faut castagner encore un peu plus les méchantes multinationales, il préconise de taxer les sociétés d’autoroute afin de financer ce chèque carburant qui serait remis aux familles françaises les plus nécessiteuses face à la hausse des prix du carburant.

Hausses très largement imputable aux taxes, contrairement à l’insupportable propagande des thuriféraires de l’Etat, presse incluse : depuis 2008, le prix du baril est ainsi passé de 89 à 62 euros, pendant que le prix du gasoil à la pompe est lui passé de 1.42€ à 1.55€, sans que ni les procédés de fabrication, ni les coûts de distribution se renchérissent tant ces filières sont largement rodées et amorties depuis le temps. En revanche, sur la période, les taxes de toutes sortes (depuis les taxes sur le travail en passant par les cotisations jusqu’aux taxes sur les énergies et les ponctions soi-disant vertes) ont, elles, augmenté pour passer de 153% du prix hors taxe à 297%.

La proposition de notre petit marcheur consiste donc à oublier consciencieusement la raison même de l’écrasante augmentation des prix. Pour résumer et selon cette tête pensante, pour contrer les taxes que l’État impose et que le client paye aux pompes, l’État devrait imposer les sociétés d’autoroute que paye le client pour que l’État reverse ces thunes au client. Méfiez-vous : il y a un gros dindon dans l’histoire.

Tout ceci pourrait faire rire si le pays ne croulait pas déjà sous les taxes, si la situation économique d’un nombre croissant de Français ne tournait pas déjà au vinaigre, si la situation économique et sécuritaire du pays n’était pas déjà dramatique et si toutes ces gesticulations de plus en plus furieuses n’augmentaient pas dramatiquement le niveau de misère général.

Mais il y a pire : l’introduction n’était qu’une figure de style ; non pas que le pédalo n’existerait pas, ou qu’il ne serait pas coincé dans cet atoll maudit : pour le coup, c’est absolument certain et il n’est plus question de métaphore amusante.

La figure de style est surtout dans cette image du président Macron tentant de refaire partir le pédalo loin des eaux corrosives de l’atoll : rien de ceci ne s’est jamais produit.

En pratique, c’est même le contraire : Emmanuel Macron, maintenant parfaitement déconnecté des réalités de terrain, dit « assumer » cette hausse et explique préférer voir le carburant augmenter que le travail être taxé davantage, sans comprendre qu’il s’agit effectivement de la même chose, tant ceux qui travaillent sont aussi ceux qui prennent leur voiture pour s’y rendre ou pour l’effectuer.

Perdu dans une représentation typiquement germano-pratine de la France, il s’exclame même, emporté :

« Les mêmes qui râlent sur la hausse du carburant, réclament aussi qu’on lutte contre la pollution de l’air parce que leurs enfants souffrent de maladies »

Mais non, Emmanuel, désolé de vous surprendre, mais à peu près personne ne réclame qu’on lutte contre la pollution d’un air déjà fort propre : ceux qui réclament qu’on lutte sont le noyau de bobos éco-conscients syntonisés avec Gaïa qui habitent à 300 m de leur lieu de travail, vivent dans des grandes villes aux transports en commun déficitaires payés par la collectivité, et qui ne se déplacent en voiture que lorsqu’un Uber vient les prendre en bas de chez eux pour les amener au Starbucks le plus proche où ils dégusteront un petit moccacino bio Guatemala Antigua arômes cacao, caramel et noisette en y touillant leur tringle en bambou biodégradable et en se moquant des culs-terreux de province.

Ces derniers, qui y sont, y vivent majoritairement dans des villes petites ou moyennes, se déplacent très majoritairement en voiture parce qu’il n’y a pas de transports en commun et que 40 km en trottinette, ça n’amuse qu’une fois ; l’air y est suffisamment bon pour que les préoccupations des suceurs de cafés luxueux leur passent au-dessus de la tête mais le prix de l’essence impacte directement sur leur vie quotidienne…

Il faut se rendre à l’évidence : la giboulée de taxes prend des proportions biblique et tout indique que ce n’est pas fini. Pire : de plus en plus azimuté sur des réalités alternatives, le chef de l’État, refusant un nécessaire retour à la raison, entend poursuivre dans cette voie suicidaire qui entraîne le pays vers une dissociation complète de ses « élites » et de son peuple, et vers une catastrophe financière majeure par épuisement des classes moyennes.

Ce pays est foutu.

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Les inaudibles évidences de Zineb et Julie

Par h16

Cette semaine, les femmes sont à l’honneur et pour une fois, je ne parle pas de Marlène La Sorcière Bien Barrée : grâce à deux interventions sur deux sujets pourtant fort différents, deux femmes auront créé une jolie paire de polémiques dont les médias et les réseaux sociaux sont friands.

La pôle position de la polémique médiatique est actuellement détenue par une certaine Julie Graziani qui nous aura servi une belle saillie lors d’un de ces énièmes débats-télévisés, ces équivalents modernes de discussions de cafés du commerce où apéritifs alcoolisés et cacahuètes salées sont désavantageusement oubliés au douteux profit de sujets souvent moisis et d’invités improbables aux savoirs approximatifs.

Cette fois-ci, c’est donc une chroniqueuse de LCI, apparemment habituée des raccourcis verbaux expéditifs, qui a déclenché une homérique polémique franco-française : tout part d’un reportage montrant une femme se plaignant à Emmanuel Macron de sa situation économique fort tendue, alors qu’elle n’est qu’au SMIC et doit nourrir deux enfants. Réagissant à ces informations, la chroniqueuse du plateau de « 24h Pujadas » enchaîne en s’interrogeant ainsi :

« Qu’est-ce qu’elle a fait pour se retrouver au Smic ? Est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ? Et puis si on est au Smic, il ne faut peut-être pas divorcer dans ces cas-là… »

Il n’aura pas fallu longtemps pour que cette répartie déclenche une magnifique vague d’indignation à la fois sur le plateau, dans les médias et sur les réseaux sociaux dont la production habituelle d’indignation de synthèse et d’élevage a rapidement cédé le pas devant l’indignation naturelle élevée en plein air, qui s’est immédiatement égaillée partout.

Et malgré la réponse plus argumentée et plus nuancée de la chroniqueuse devant le tsunami de hurlements, la polémique n’a pas désenflé.

Au passage, notons que ceci est fort pratique : cela masque complètement le fait que la détresse de la mère de deux enfants s’adressait d’abord à Emmanuel Macron, qui bénéficie maintenant d’un magnifique écran de fumée lui laissant amplement le temps de préparer sa réponse médiatique dans un avenir proche et choisi avec soin.

Pendant ce temps, Graziani pagaye de plus en plus vigoureusement contre un torrent de réponses acrimonieuses dont on se doute qu’il finira par l’emporter dans un petit chplouf misérable, …

… Et alors même qu’une autre chroniqueuse la rejoint dans ses petits mouvements frénétiques pour ne pas disparaître dans le flot tumultueux des polémiques médiatiques.

Car pendant que la chroniqueuse de LCI déclenchait un séisme de force 8, une confrère journaliste en faisait autant sur un autre plateau, celui de CNews : pour l’ex-journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui, devant les montées de violence observées ces dernières semaines dans les banlieues (et que j’évoquais dernièrement ici), « il faut que la police tire à balles réelles ».

Horreur et stupéfaction sur le plateau : les invités et les animateurs / chroniqueurs / journalistes / troubadours n’en reviennent pas et s’écrient tous en chœur que sortir ça, en Rrrrépublique FrrRrrançaise, c’est abominable, et qu’on frôle pour ainsi dire le retour aux heures les plus sombres de notre Histoire.

Il n’y a maintenant plus de doute : à voir ces polémiques se développer, le pays a courageusement choisi la fragilité, le renoncement et une forme de lâcheté élevée au rang de vertu.

Oh certes oui, les termes choisis par nos deux polémistes (volontaires ou non) sont terribles. Oh certes oui, relier ainsi situation économique et divorce ne pouvait que déclencher une violente réaction de rejet. Oh certes oui, expliquer de but en blanc que la police doit tirer dans le tas ne peut que provoquer des réactions ébahies ou de consternation.

Le souci est que, dans le fond, les deux messages – qui ne sont absolument passés à cause de cette forme déplorable – n’en sont pas moins indispensables.

Ainsi, nonobstant l’histoire spécifique de cette mère de famille en difficultés qui, comme beaucoup de Français, a sans doute subi un douloureux accident de la vie, rappeler que l’État n’a pas pour mission de venir en aide à tous et à chacun reste un message que plus aucun Français ne semble supporter sans immédiatement fondre en larmes ou sans péter un câble en hurlant « droits acquis », « solidarité », « filet de sécurité » et tout le tralala habituel.

Dans un monde normal (celui d’un nombre croissant de pays, du reste), l’État s’occupe d’abord du régalien, c’est-à-dire de la sécurité de ses citoyens, d’une justice efficace et d’une armée en bon ordre. Moyennant quoi, les charges faibles, les taxes peu élevées et les impôts modérés libèrent l’économie et enrichissent toute la population.

Le Français a choisi l’autre voie, celle qui ne mène jamais au repas gratuit : ponctionné de toutes parts, taxés comme un animal, tondu, corvéable à merci, il s’attend niaisement à ce qu’en face correspondent des services publics qui lui permettent, justement, de parer au pire, de constituer ce fameux filet de sécurité pour les plus pauvres. Et malgré une réalité qui lui vole dans le museau à chaque minute, dans laquelle plus il est tondu, et plus l’État le traite comme un pourceau, malgré une dégradation de tous les services publics alors que jamais, dans son Histoire, il n’a payé autant en dîmes, gabelles, accises, octrois et ponctions, malgré tout ça, il réclame toujours plus d’État.

Et lorsqu’on a l’impudence de lui faire remarquer que c’est précisément cette attitude qui provoque les problèmes dont il se plaint, … On déclenche une tempête.

De la même façon, lorsqu’on rappelle l’évidence pourtant essentielle que la force doit rester à la Loi, que ses représentants sont armés précisément pour cela, et qu’une situation d’embuscade dans laquelle on se retrouve sous des tirs de mortier, d’artifices, voire de cocktails molotov (quitte à rester cramer dans son véhicule en feu) justifie amplement par le surnombre des attaquants une réponse armée, le Français se rebiffe : impossible de remettre en cause un vivrensemble (qui n’existe pas, n’a jamais existé et ne risque pas d’exister vu la tendance actuelle), impossible d’imaginer un policier faire feu !

Le Français des médias, celui qui s’indigne sur les plateaux, qui bouillonne sur les réseaux sociaux a complètement perdu le sens des réalités. Pire : même devant les constats imputrescibles d’un délitement complet de certaines zones, même devant l’évidence du pourrissement complet du pays par un trop-plein d’État obèse qui gangrène maintenant tout ce qu’il touche, il refuse mordicus qu’on lui rappelle cette réalité.

La France de ces médias, de ces plateaux, de ces réseaux sociaux est une France douce, molle, gentille qui a les moyens infinis de venir en aide à tout le monde, quelles qu’en soient les raisons.

Cette France bienveillante et chaleureuse ne recule devant aucune nouvelle chance (même après 124 récidives – la 125ème chance sera la bonne, c’est sûr) pour chacun de ses ressortissants – à l’exception sans doute des mâles blancs cis de plus de 35 ans, faut pas déconner.

Cette France solidaire et compréhensive saura se mettre en quatre, en huit, que dis-je en dix-mille façon puzzle s’il le faut pour ne surtout pas décevoir un peu plus des jeunes déçus, ces petites bandes de canaillous d’imbéciles irresponsables, ces sauvageons un peu délicats à recadrer.

Pour cette France-là, l’inversion des valeurs est telle qu’il en devient choquant de demander à des policiers de « tirer à balles réelles », ce qui est pourtant la définition même de leur métier de base qui n’a jamais été de faire intermédiaire de relations sociales, tampon-buvard d’émotions citadines ou que sais-je encore.

Pour cette France-là qui a basculé du côté mou de la force, la forme prime sur tout, le fond sur rien.

La France a un incroyable talent : celui de transformer des évidences en polémiques. Ce n’est pas ça qui la sortira de l’ornière. Au contraire, même.

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Chili : comment le socialisme mine encore une fois un pays qui s’enrichit

Par h16

Aujourd’hui, je vous propose un billet un peu plus long que d’habitude sur le Chili : co-écrit avec Vilfredo (que je remercie au passage pour son travail de sourçage essentiel), il permet de dégoter l’une de ces magnifiques Pignouferies de Presse que Le Monde nous produit avec assiduité.

—o—

Chili : comment le socialisme mine
encore une fois un pays qui s’enrichit
“They’d rather have the poor poorer”
Par Vilfredo & h16

Le gros souci du marché libre, c’est qu’il cesse de fonctionner dès que ses principes sont abandonnés. Et à moins de vivre dans une grotte, le récent exemple du Chili ne vous aura pas été épargné.

Grâce à une presse transie d’amour pour un collectivisme qui ne se cache même pas, vous avez probablement déjà eu au mieux un compte-rendu de la situation chilienne appuyant lourdement sur les inégalités ravageant le pays, au pire une dissertation nous rappelant notre chance à nous Français de vivre dans le confort douillet d’une économie dirigée.

Cette tornade d’idioties mérite cependant une réponse, notamment méthodologique lorsqu’on lit par exemple nos Trissotin journalistes du Monde qui en ont apparemment abandonné toute velléité.

Le système chilien de retraites

La réforme du système de retraites chilien est due en 1980 au ministre du Travail de Pinochet, Jose Pinera. Pour la presse, pas de doute : les troubles que le pays subit actuellement sont principalement dus aux dysfonctionnements de ce système.

Comment fonctionne-t-il ?

En pratique, au lieu de payer une cotisation sur son salaire, le salarié en verse l’équivalent (10% en moyenne) sur un compte privé personnel géré par des entreprises privées (AFP) indépendantes de l’entreprise. Ceci entraîne ainsi qu’il n’y a pas d’âge pour partir à la retraite et l’entreprise ne peut rien faire pour retenir ses employés puisque personne d’autre qu’eux-mêmes ne paye pour la retraite. Concrètement, la moyenne de départ à la retraite au Chili est de 65 ans depuis des années.

Ce système inclut par ailleurs une prime d’assurance incapacité et décès. Cette réforme a considérablement augmenté le taux d’épargne, le plus élevé d’Amérique latine (30% du PIB en 1989), dont le taux de rendement, largement obtenu par la mise en concurrence des AFP (il en existe une quinzaine) a dépassé les 10% en 2008, reflétant les performances du marché boursier chilien. Il est par ailleurs plébiscité par les Chiliens qui, dès 1990, avaient opté à 70% en sa faveur. En outre, il a favorisé un taux d’endettement des ménages parmi les plus faibles de l’OCDE.

Cette épargne, comme l’expliquait déjà un article de Contrepoints en 2010, bénéficie majoritairement aux Chiliens et favorise la stabilité des prix : l’inflation reste faible, surtout comparée à celle des pays voisins, et avoisine les 2%.

Devant cette réussite, de nombreux pays ont emboîté le pas chilien : le Pérou en 1993, l’Argentine et la Colombie en 1994, l’Uruguay en 1995, et le Mexique, le Salvador et la Bolivie en 1997 ont entrepris une réforme similaire. Dans ces sept pays d’Amérique, environ 25 millions de travailleurs ont un compte de retraite privé.

« Privatisation de la santé » : plongée dans l’ultralibéralisme fantasmé

Si l’on s’en tient aux articles du Monde (par exemple celui 28.10.2019, « Mobilisation historique au Chili contre les inégalités »), le Chili serait quasiment un pays post-apocalyptique dans lequel les malades errent en déambulateur et sous perfusion dans des rues enlaidies par la pollution pour finalement ramper jusqu’à la porte automatique du seul hôpital du continent, équipée d’une alarme qui vous vrille les oreilles et de quinze caméras, dont sort prestement un cadre dynamique et arrogant qui demande au malheureux s’il a de quoi payer son traitement contre le cancer du sein en époussetant son costume et en regardant sa montre Omega.

À lire les articles que Le Monde multiplie sur le sujet, le système de santé chilien serait totalement privatisé : « L’éducation, la santé, les retraites… et même l’eau : tout est privatisé » gémit Aude Villiers-Moriamé. Dans son éditorial du 23 octobre, « Chili : les limites de l’ultralibéralisme », il est encore question de « la privatisation de secteurs-clés comme la santé ».

Sapristi ! Les Chiliens crèvent-il donc dans l’indigence et l’indifférence du monde entier ?

Non.

L’espérance de vie chilienne à la naissance dépasse 79 ans (record en Amérique latine). Le nombre de lits par habitants est également au-dessus de la moyenne : en 2012, on en comptait 2.1‰ au Chili, pendant qu’on n’en trouve que 1.5‰ au Pérou, 0.9‰ au Venezuela chaviste, 1.5‰ au Mexique ou 1.1‰ en Bolivie. Quant aux médecins, il n’y en a aucune pénurie significative ; même si l’on observe un nombre croissant d’étudiants se dirigeant vers des emplois de recherche mieux payés que les services publics, ce qui n’est absolument pas propre au Chili.

De plus, on note de surcroît que la privatisation entamée par Pinochet a aussi permis une décentralisation de la dispensation des soins et une allocation plus équitable de l’accès aux soins entre riches et pauvres en faisant passer le contrôle des cliniques du niveau gouvernemental au niveau municipal.

En outre, cette privatisation est loin d’être totale :

Le privé ne représente finalement que 33% des dépenses et 19% de la population couverte. Contrairement à ce que Le Monde et ses journalistes affûtés tentent de faire croire, le secteur public (la FONASA, soit 67% des dépenses et 81% de la population couverte) ne peut s’affranchir de sa responsabilité.

Le Chili consacre 7.4% de son PIB à la santé, ce qui est plutôt substantiel dans le contexte de l’Amérique latine, comme en témoigne ce graphique issu des statistiques de l’OMS (p. 47) pour 2018.

Le rapport de l’OMS indique également que le Chili occupe la première place dans la lutte contre les retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans et en seconde position sur le continent pour sa gestion de l’eau potable. Le nombre de programmes de formation en internat à l’hôpital est aussi plus élevé au Chili que dans le reste de l’Amérique latine. Pour nos journalistes du Monde, c’est presque du trolling. Cela recoupe néanmoins le rapport de l’OCDE sur le Chili en 2018 qui lui donne un indice de santé (« Health status ») proche de la moyenne des pays de l’OCDE justement :

Les vraies raisons de la colère

En pratique, la cause des manifestations actuelles réside dans l’accroissement de l’écart entre les salaires et le coût des soins dans le secteur privé : les prix y ont augmenté pour suivre mécaniquement la demande en soins de qualité.

En conservant un large système d’assurances publiques et avec des mesures comme l’Explicit Guarantee System du président Ricardos Lagos qui interdit le financement privé des soins pour 56 maladies (on en est à 80 à présent), assurées et dont les soins sont fournis par le secteur public, le Chili maintient une situation dans laquelle les prix du secteur privé ne peuvent que rester supérieurs à ceux du public, qui a en retour intérêt à garder des prix suffisamment bas pour garder ses clients, prix que le privé, qui n’a pas le monopole du FONASA, ne peut atteindre. Les faibles investissements dans le système de santé maintiennent les salaires des praticiens du public en-dessous de ceux du privé.

Horreur, de l’eau privatisée !

L’eau chilienne est privatisée et serait donc très chère.

C’est Eduardo Frei, président chrétien démocrate, qui entama le processus de privatisation des branches régionales de SENDOS (la compagnie publique de distribution et de traitement des eaux) en 1998. Ceci fut immédiatement suivi d’une envolée du taux d’épuration des eaux :

Abominable privatisation qui ne fut remise en cause par aucun des successeurs de Frei. C’est vraiment étonnant…

Tellement que l’OMS revient ici troller nos journalistes du Monde en citant le système d’allocation des ressources en eau comme modèle pour l’Europe. Les tarifs varient grandement entre les régions, ce qui est normal, et incluent malgré tout des subventions pour les ménages en difficulté.

Le Guardian se fait l’écho des plaintes des citoyens de Santiago souffrant de pénuries d’eau, ressource gérée par l’importante compagnie Aguas Andinas, privatisée en 1999. L’eau est transportée des sommets des Andes au bassin de Santiago dans le réservoir El Yeso, dont la modernisation a permis une extension de l’accès à l’eau et la construction de projets ambitieux la construction de 12 autres réservoirs d’une capacité de stockage de 225 000 m³ chacun.

Le climat chilien rend en effet l’eau rare et importante.

Dans la plupart des rivières, les propriétaires de l’eau se regroupent en Water Users Organizations (WUOs), vieilles de plusieurs siècles et qui ont acquis expérience sont bien acceptés socialement pour gérer les ressources aquifères.

Si les pénuries existent, elles sont brutales, liées à la sécheresse et aux pluies (qui avaient, en avril 2016, laissé 4 millions de Chiliens en situation de pénurie) et/ou à l’augmentation de la population (de Santiago par exemple, qui a gagné 500 000 habitants entre 2013 et 2017).

La demande en eau est donc supposée augmenter à l’horizon 2050 (alors qu’elle est plutôt supposée baisser ailleurs), également du fait de l’expansion du secteur minier, qui peut également entrer en compétition avec la population dans l’allocation des ressources en eau, compétition particulièrement tendue dans les régions du nord comme Antofagasta (dont 66% du PIB est constitué par le secteur minier) où le secteur minier est le plus présent, comme le souligne un rapport de l’OCDE daté de 2017 :

Il apparaît toutefois assez clairement que dans l’écrasante majorité des cas, les ressources en eau s’ajustent à la demande.

Un pays riche peuplé de pauvres

Une autre explication régulièrement proposée pour ces manifestations, et s’appuyant sur l’idée de la privatisation (partielle) de la santé et celle (plus complète) de l’eau, est celle selon laquelle le Chili, quoique riche, serait un pays gangrené par la pauvreté.

Malheureusement, cette explication ne résiste pas à l’analyse.

Balayons rapidement les comparaisons des taux de pauvreté qui sont faites par exemple dans l’article du Monde d’Aude Villiers-Moriamé : elle y compare hardiment le taux de pauvreté du Chili (8% paraît-il) à celui de l’Argentine (35%).

Cette comparaison n’a aucun sens : ce taux de pauvreté ne renvoie pas à la même chose selon les pays. D’une part, chaque organisation internationale a sa propre définition : 25% du revenu médian pour l’OCDE, revenu tel que 60% de la population gagne autant ou moins pour la BCE. D’autre part, le salaire médian argentin ne donne pas le même niveau de vie en Argentine qu’au Chili (à cause des différences de devise et des niveaux d’inflations différents).

En outre, il existe des indicateurs plus raffinés qui donnent des informations plus pertinentes sur la situation locale : selon l’Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes, le Chili se situe largement en-dessous de la moyenne des pays d’Amérique latine en ce qui concerne le nombre de personnes travaillant avec moins de 2$/j :

Bref, la notion même de pauvreté étant fort relative, elle est devenue le slip des joueurs de pipeau lorsqu’il s’agit non pas d’informer mais d’orienter le lecteur, ce que Le Monde démontre une fois encore.

Un ticket pour le socialisme

En première analyse, cette révolte a été déclenchée par la hausse du prix du ticket de métro (+4%) à Santiago, où le réseau est contrôlé par une entreprise … publique , dont les frais de fonctionnement dépendent en premier lieu des coûts de l’énergie.

Or, une bonne partie de l’énergie nécessaire au Chili est produite en dehors du pays qui a donc les USA et la Chine comme partenaires commerciaux privilégiés. Conséquemment, la politique de Pinera est directement dépendante du cours des matières premières, plutôt sensibles à la guerre commerciale que se livrent actuellement ces deux grandes puissances.

Avec ces éléments de contexte, il devient ridicule de comparer ce président élu qui augmente le prix du ticket de métro de quelques centimes avec le président vénézuélien Maduro, qui tue plus d’opposants en quelques années que Pinochet en une génération.

Les affreuses inégalités

On l’a vu : par comparaison aux autres pays d’Amérique du Sud, le pays n’est pas le plus pauvre (il est même l’un des plus riches), les pauvres (quelle qu’en soit la définition) n’y sont pas majoritaires (ils y sont même minoritaires), et les privatisations, si facilement décriées par nous journalistes européens, ont largement contribué à l’enrichissement des Chiliens.

Reste l’angle des affreuses inégalités, dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont insupportables et qu’il faut les combattre.

Selon Le Monde, 1% de la population chilienne détiendrait 25% des richesses du pays. Il semblerait que ce soit plutôt 33% mais peu importe : l’analyse qui est faite de ce genre de statistiques est presque toujours fausse, comme le montre remarquablement Taleb dans Skin in the Game.

En effet, cette statistique ne veut pas dire qu’un nombre réduit de personnes fixes dans le temps détient une quantité figée (25%) de la richesse du pays, laissant 99% de la population avec les miettes.

En réalité, n’importe qui dans la population peut se retrouver dans les 1% et beaucoup d’entre eux le seront, par mobilité sociale (qu’on observe de façon plus ou moins marquée dans tous les pays). Plus pertinente que la statistique de base, c’est cette mobilité sociale qu’il convient d’étudier avant la seule répartition des richesses qui n’apprend rien en elle-même.

Concrètement, au Chili, cette inégalité ne touche pas les plus pauvres, dont la situation tend plutôt à s’améliorer :

Ce tableau issu du site de la Banque Mondiale témoigne de l’augmentation de la part du revenu national détenu par les 20% les moins fortunés ainsi que de la diminution du fameux taux de pauvreté selon sa définition chilienne.

De façon assez cohérente, l’indice de Gini, référence de mesure de l’inégalité, est en baisse de 10 points sur la période 1990-2016, qui correspond presque exactement à celle dont s’occupe la Banque Mondiale :

« Si les socialistes comprenaient l’économie, ils ne seraient pas socialistes. » (Hayek)

Le Chili rencontre actuellement des problèmes économiques et sociaux, mais ils sont sans commune mesure avec la situation des pays voisins.

De surcroît, tenter d’y voir les dérives du libéralisme, les errements de la privatisation n’est qu’une erreur puisant plus sa source dans l’idéologie et le dogmatisme que dans les faits, tant il apparaît que ce processus a enrichi le pays et amélioré la qualité de ces services.

Mais au fond, il semblerait que les journalistes du Monde aient instinctivement perçu cette vérité sans oser la formuler. Olivier Compagnon, qui répondait aux questions du Monde, est contraint à le reconnaître :

« Dans les années 2000 jusqu’à environ 2012, la hausse du prix des exportations de matières premières a permis un boom économique dans de nombreux pays d’Amérique latine. Au Chili, qui dispose de grandes ressources de cuivre, celui-ci s’est accompagné, comme au Brésil, d’une baisse de la pauvreté. Mais cela n’est pas synonyme d’une réduction des inégalités, qui nécessité la mise en place d’une politique de redistribution. »

La réalité ne pouvant être trop tordue sans que ça se voie, le journaliste reconnaît qu’il n’y a pas de problème significatif de pauvreté au Chili (et surtout, moins qu’ailleurs en Amérique latine), et s’empresse donc d’introduire aux forceps la question des inégalités, qui devient par conséquent prioritaire. Ben voyons.

Il nous faudrait une nouvelle Thatcher pour répondre à Olivier Compagnon avec autant de repartie que la Dame de Fer : « vous préférerez toujours avoir des pauvres plus pauvres si cela permet d’avoir des riches moins riches ».

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Chanteloup-Les-Vignes : mortiers et vivrensemble

Par h16

Il y a quelques jours de cela, je notais dans un précédent billet que le gouvernement, tendu comme un seul homme face aux problèmes du pays, s’était décidé pour prendre le problème de l’insécurité à bras le corps… En pourchassant les cueilleurs de champignon, en taxant le rosé-pamplemousse et en créant un poste d’officier LGBT à la préfecture de police de Paris.

C’était il y a cinq jours et devant la fermeté de cette action indispensable, le pays pensait pouvoir souffler un peu. C’était sans compter sur la vitalité véritablement survitaminée de notre jeunesse des banlieues qui n’aura pas hésité à faire appel à ses ambianceurs exotiques les plus frétillants pour mettre un peu de peps dans un pays par ailleurs très casanier voire – il faut bien le dire – un peu plan-plan.

On apprend en effet qu’après les soirées « barbecue festif » de Mantes-La-Jolie le 25 octobre dernier, c’est maintenant au tour de Chanteloup-Les-Vignes de proposer une nuitée pyrotechnique à nos forces de l’ordre et nos pompiers qui ont, comme les fois précédentes, été pris pour cible, dans une joie et une bonne humeur que le reste du monde nous envie.

En fait, après plusieurs semaines d’accumulation d’un même schéma, la presse finit par se réveiller et noter enfin qu’il y aurait comme un motif récurrent : manifestement, certaines banlieues se sont lancé des défis à qui fera la meilleure soirée incendiaire, à qui tendra la meilleure embuscade à la police et aux pompiers.

Petit-à-petit, les journalistes commencent à entrevoir une réalité qui ne dépassait pas jusqu’à présent l’étape du petit articulet malingre dans leurs colonnes, par ailleurs copieusement remplies des gémissements pénibles de toute cette myriade d’associations lucratives sans but réclamant des aides, de la considération et l’arrêt des amalgames et des stigmatisations (mais pas des financements publics, merci).

Petit-à-petit, les journalistes font mine de découvrir le fait que certaines banlieues connaissent de façon quotidienne des voitures qui brûlent, des caillassages de forces de l’ordre, une insécurité consternante, et des guet-apens mettant directement en danger la vie de personnels médicaux, de pompiers, de police (mais jamais d’inspecteurs des impôts qui ont la présence d’esprit de ne jamais y mettre les pieds, les malins !).

Petit-à-petit, l’information filtre selon laquelle des quartiers entiers sont maintenant rigoureusement hors d’atteinte des lois et des valeurs ♩ tagada ♪ de la République ♫ tsoin-tsoin ♬ …

L’accumulation récente des barbecues de cités est tellement visible qu’elle déclenche chez une intelligentsia qui en semblait immunisée une lente prise de conscience qu’une bonne partie du peuple français avait pourtant eue il y a déjà 20 ou 30 ans… On en arrive au point où d’intéressantes infographies permettent de retracer les quatre dernières semaines d’actions festives :

Ceux des journalistes qui lâchent le plus leurs élastiques vont même jusqu’à (accrochez-vous bien) tenter un petit recensement de la quinzaine commerciale sur les mortiers d’artifice et autres amusements pyrotechniques : Chanteloup-les-Vignes, Mantes-la-ville, Trappes, les Mureaux, La Courneuve, Bobigny, Clichy-sous-Bois, Étampes, Béziers, Tours, Champigny-sur-Seine, Chenôve, Émerainville, Limeil-Brévanne… Le lecteur innocent découvre ainsi, au travers de quatorze étapes pittoresques, une autre facette de l’actualité façon « Tour de France des Territoires Perdus de la République ».

On pourrait se réjouir qu’enfin la presse s’empare de ce problème qui existe depuis maintenant des dizaines d’années et qui n’a, pour le moment, reçu qu’une exposition particulièrement spartiate et orientée par ces mêmes médias, au-delà des semaines à thème comme en 2005. On pourrait.

Mais il faudrait avant ça que la presse prenne enfin la mesure de l’ampleur des dégâts dans l’esprit de certains, dont le témoignage laisse pantois :

Chanteloup les Vignes : les jeunes ont brûlé le cirque parce qu'ils veulent des plages islamiques… bah oui, comprenez bien, il y a déjà des plages nudistes. pic.twitter.com/cIR1us7MYT

— JOD (@jo_delb) November 3, 2019

Apparemment, cette enfilade d’embuscades parfaitement criminelles n’a lieu qu’en réponse à une méchante stigmatisation, cette vilaine habitude que la France, la société, la police ou plus généralement le blanc cis-mâle de 40 ans qui écoute Canal+ font subir à ces jeunes de banlieue qui, agacés d’être assimilés à des délinquants, choisiraient donc de multiplier les crimes et les délits pour donner tort à ces vilaines stigmatisations, je présume.

C’est d’une logique imparable, et gageons qu’elle aura l’oreille attentive de tous les peignes-cul aux commandes, les abrutis décisionnaires et autres sociologues de mon cul sur la commode finement payés par le contribuable pour pondre les âneries habituelles destinées à calmer ces banlieues : en jouant encore une fois le couplet des quartiers défavorisés, et moyennant quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires dans l’une ou l’autre « association de terrain-perlimpimpin », on tentera de camoufler la multiplication des exactions de plus en plus graves que subit le pays.

Millions d’euros publics qui iront rejoindre les milliards injectés dans plus d’une dizaine de plans banlieue dont les résultats sont tous plus catastrophiques les uns que les autres.

Non, rassurez-vous : au-delà de la petite liste des exactions récentes, il est assez peu probable que cette presse se retrouve en proie à une fièvre informationnelle et décide d’abandonner son sacerdoce d’éducation et de conscientisation de ses lecteurs.

Il n’y a aucune chance que, subitement, cette presse tente de faire le bilan objectif de 30 ans d’une politique de la ville catastrophique et de la corruption qu’elle a entraîné, qu’elle s’essaie à une analyse complète et détaillée des maux des cités, qu’elle en décrive les dérives religieuses, politiques, économiques, qu’elle explique que les comportements observés sont le résultat de décennies d’entretien d’un discours lamentable de lâcheté et de perversion pour des buts purement électoralistes.

Il n’y a aucune chance que cette presse, touchée par la grâce ou l’envie de simplement faire son boulot, énonce quelques vérités bien senties comme l’impérieuse nécessité d’un retour à l’ordre dans ces cités, et par la force puisque c’est de ça qu’il s’agit et qu’elle en vienne, par conséquent, à demander des comptes aux autorités pour ces dérives consternantes.

Demander des comptes ? Vous n’y pensez pas, mon brave !

Cette presse qui a déjà été fort timide pour admettre les exactions policières lors des manifestations des Gilets Jaunes sera, on peut le garantir, encore plus timorée lorsqu’il s’agira de suggérer que, peut-être, cette force qui fut fort mal dosée contre un peuple en souffrance pourrait l’être un peu mieux (enfin !) contre des groupes de dégénérés qui n’ont plus fait l’expérience de l’autorité de l’État depuis plusieurs générations et qui se réclament ouvertement contre ce peuple, contre cette autorité et contre cette République qu’ils n’en finissent pas de vomir – tout en se servant copieusement dans son portefeuille (qu’elle lui tend d’ailleurs avec cette commisération si spécifique des gauchistes patentés).

Cette presse ne se penchera pas plus sur le décalage maintenant effrayant entre ce que la République devrait être, et ce qu’elle offre vraiment, à savoir une absence complète de réponse adaptée à ce genre de débordements invraisemblables dans un pays qui fanfaronne d’être une puissance mondiale.

Non. Cette presse aura mieux à faire. Bien avant tout ça, elle ira rappeler l’insupportable calvaire de cette femme voilée dans un conseil régional, les insupportables discours d’Eric Zemmour, les insupportables livres de Laurent Obertone, et vous fera reprendre deux fois de la transition écologique napée d’une louche de cette onctueuse nécessité d’augmenter un peu taxes et impôts pour garantir le vivrensemble.

Parce qu’il faut garantir le vivrensemble, pardi !

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[Redite] Grâce aux taxes, la France s’appauvrit sans souci

Par h16

Article initialement paru le 09.11.2018

Il y a un an, le pays commençait à se crisper franchement sur les prix du carburant, à l’époque tournant autour de 1,53€ le litre (gazole). Depuis, grâce aux efforts colossaux d’un gouvernement décidé, courageux et âpre à la tâche, on constate une baisse énorme puisque le litre ne vaut plus que 1,44€ et que les taxes ne frappent plus les carburants qu’à hauteur de 270% environ.

Comme les choses vont nettement mieux et que les perspectives s’éclaircissent, les revendications de l’époque, qui débouchèrent sur la crise des gilets jaunes, ont largement pu s’évaporer et ne reviendront plus. Les deux années qui restent à l’actuel locataire de l’Élysée se passeront donc sur du velours.

Quant au billet d’il y a un an, il se relit toujours avec les mêmes conclusions.

L’actuelle crispation des Français sur les prix des carburants a ceci d’intéressant qu’elle oblige enfin les grands médias et les politiciens à aborder la question de la fiscalité française. Bien évidemment, cela ne sous-entend en rien que le problème ait été correctement perçu et analysé, et encore moins qu’une solution opérationnelle sera bientôt mise en place. Nous sommes en France, après tout.

Il n’en reste pas moins que la presse se retrouve dans la position délicate de devoir brosser un état des lieux de cette fiscalité, tout en conservant à l’esprit que, pour une trop grosse partie de cette presse, cette fiscalité la fait vivre et qu’une obséquiosité dégoulinante envers le pouvoir n’est jamais une mauvaise chose.

Ceci donne donc lieu à d’amusants exercices journalistiques dans lesquels les taxes (sur les carburants puisque c’est le sujet actuel) sont disséquées de toutes les façons possibles tout en camouflant, avec plus ou moins d’habileté, que ces dernières n’ont pas arrêté d’augmenter et que même en inversant le calcul normal d’une taxe (c’est-à-dire en prenant sa part dans le prix TTC au lieux de calculer normalement sa proportion sur le prix HT), elles atteignent des niveaux stratosphériques (ce qui revient à pipeauter par exemple que les taxes sur les carburants forment 60% du prix TTC en omettant de dire qu’elles atteignent en réalité 200% du prix HT, ce qui rend la TVA et son taux de 20% presque indolore en comparaison).

Mieux encore : les mêmes journalistes, largement investis de la mission sacrée de défendre les taxes et le fameux consentement à l’impôt, voyant en outre que l’amalgame « grogne contre les taxes = mouvement fasciste et populiste » ne fonctionne plus, se retrouvent perdus dans des contorsions assez comiques pour montrer que l’État n’y est pour rien et qu’en réalité, ces taxes, même élevées, permettent (au choix) de lutter contre le réchauff le changement clima la pollution, de payer pour les routes trouées correctement déneigées et salées encombrées en hiver, d’éduquer vos enfants à braquer des profs ou d’assurer la sécurité des quartiers émotifs.

Moyennant quoi, il ne manquerait plus qu’un petit appel au don et l’affaire serait presque dans le sac.

Sauf que l’explication réelle sur l’explosion récente de ces taxes, ce n’est évidemment ni dans cette presse subventionnée ni auprès de ces journalistes bien en cour qu’il faudra la trouver. C’est au détour d’un article de Eric Verhaeghe qu’on la trouve et en substance, elle peut se résumer ainsi : l’État a d’autant plus augmenté sa ponction fiscale que les rentrées liées à la consommation diminuaient.

En effet, il apparaît qu’au cours des dernières années, la consommation – notamment de carburant – n’a cessé de décroître (on parle de plus de 10% en un an) au point que les rentrées financières liées aux taxes sur celle-ci ont diminué dans des proportions d’autant plus inquiétantes que, traditionnellement, le gouvernement ne sait jamais boucler son budget.

En bon perd père de famille, nos gouvernants ont donc progressivement augmenté ces taxes pour compenser comme ils pouvaient cette diminution inopinée des rentrées fiscales, punissant ainsi les Français de leur écologisme : moins ils utilisent leur voiture, plus ils sont taxés, illustrant par l’exemple à quel point il faut toujours faire attention à son environnement qui peut attaquer (fiscalement) de tous côtés.

Devant ces faits troublants (et pas abordés par la presse traditionnelle, trop occupée à commenter les niaiseries affligeantes du président commémoratif), on ne peut qu’aboutir à quelques constats pas très réjouissants.

Ainsi, on doit s’interroger sur les raisons profondes de cette baisse de consommation. Pour l’expliquer, il n’y a pas 36 raisons, mais globalement trois.

D’une part, force est de constater que les rendements des moteurs sont meilleurs et les progrès sont notoires. Comme le parc automobile est à peu près saturé en France (toute la population pouvant avoir un véhicule est maintenant servie), chaque renouvellement de véhicule se fait sans réelle augmentation du parc ; l’amélioration des rendements impacte donc directement et sensiblement la consommation globale. Comme dit plus haut, les automobilistes français sont en réalité de plus en plus écolos, et la tendance ne risque pas de s’inverser.

D’autre part, avec un carburant de plus en plus coûteux, il va de soi que les gens réfléchissent à prendre la voiture s’ils peuvent s’en passer. Et c’est ce qu’ils font. Non seulement, les moteurs consomment moins, mais les Français roulent eux-mêmes plus parcimonieusement (une baisse de 10% de distance parcourue a été ainsi constatée sur les motorisations diesel entre 2004 et 2017).

Enfin, à mesure que des solutions alternatives émergent, les individus consommateurs contribuables, bien forcés, les emploient. Le vélo, la trottinette, la voiture électrique finissent par gagner des parts de marché. J’éviterai ici d’évoquer transports en commun dont l’impact est au mieux nul, au pire négatif dans le tableau financier global (à moins que vous m’exhibiez un cas significatif de transport collectif qui ne soit pas structurellement en faillite dans le pays).

Or, de ces trois raisons, la seconde (la baisse d’utilisation de la voiture) s’inscrit fort bien dans une tendance globale qui n’est pas à une espèce de conscientisation naïve du Français qui se syntoniserait tout seul comme un grand avec Gaïa, mais plutôt avec une réalité plus âpre : les Français s’appauvrissent.

Tout comme l’insécurité qui n’est — on le sait grâce aux fines études ethno-sociologiques de Libération, Le Monde et Le Nouvel Obs — qu’un simple sentiment, on pourrait croire que cet appauvrissement n’est lui aussi qu’un simple sentiment de se faire tarauder les tréfonds par les engins de terrassement de Bercy qui masquerait une réalité plus rose de vallées de miel et de lait.

Manque de pot, pas mal d’indicateurs concourent à renforcer ce vilain sentiment.

On pourrait parler de l’impôt sur les sociétés, qui n’arrête pas de diminuer. Malheureusement, ceci ne prouve pas vraiment que ces dernières, malines, utiliseraient tout l’arsenal de trucs et astuces pour s’affranchir de l’impôt (en utilisant massivement le CICE par exemple). On peut l’admettre dans une certaine mesure, mais de façon bien plus probable et en corrélation avec la morosité globale du marché de l’emploi français, on peut raisonnablement tabler sur une simple diminution des profits des entreprises. Ceci tend bien à prouver que le pays ne s’enrichit pas trop fort actuellement.

Parallèlement, on rappellera que la France « jouit » déjà de recettes fiscales supérieures à 1000 milliards d’euros par an (record récemment battu), ce qui fait tout de même 43,3 milliards de plus qu’en 2016 (994,7 milliards), 59,6 milliards de plus qu’en 2015 (978,4 milliards) et surtout 368,5 milliards de plus qu’en 2002.

Plus de 1000 milliards, tous les ans… Si, en face de ces ponctions, on observait un foisonnement d’infrastructures rutilantes, une qualité d’enseignement irréprochable, des établissements de soins impeccables, des administrations au taquet pour rendre un service taillé au cordeau aux assujettis, on pourrait admettre cette facture rocambolesque.

Malheureusement, en fait de services publics solides et d’une population rose et dodue, on ne voit que l’administration qui merdoie et la route empruntée par les Marcheurs qui poudroie de plus en plus.

Sachant qu’en même temps, la dette du pays grossit, où diable passe l’argent ?

Ne cherchez pas trop : il passe d’abord dans cette immense usine à redistribution ventilée qu’est devenu l’État français : il collecte tant et plus pour redistribuer de moins en moins en commençant par payer tous ses affidés au passage, ce qui appauvrit tout le monde, la friction ne bénéficiant qu’aux premiers têteurs de robinets publics.

Il passe aussi dans toutes ces administrations, leurs innombrables cerfas manipulés par d’aussi innombrables petites mains, même pas bien payées mais ô combien trop nombreuses, avidement tamponnés pour faire avancer la machine.

Il passe dans les innombrables gabegies, commissions, comités, associations lucratives sans but qui au mieux servent de prétexte à l’une ou l’autre cause idiote dont le politicien local se sera fait le porte-parole, au pire servent à payer des intermédiaires pour une paix sociale dans certains quartiers explo émotifs.

Les faits sont têtus : la France décroche lentement (de moins en moins) mais sûrement, le chômage refuse de baisser, le nombre de SDF explose. La classe moyenne, celle qui permet justement à un pays de vivre dans l’opulence, est de moins en moins riche ; cela se voit dans le coefficient de Gini, de plus en plus bas en France : youpi, on est tous égaux, mais égaux via un nivellement par le bas…

Et mis devant ces faits, les Français, politiciens en tête, refusent de comprendre que l’essentiel de leurs maux provient justement de cette ponction délirante, enrobée d’une logorrhée législative maintenant impossible à arrêter.

À l’occasion et pour camoufler cette vérité gênante, on se servira de quelques statistiques plus ou moins bien digérées pour aller dénigrer les voisins qui font mieux, ou on entreprendra de se comparer aux pires histoire de ne plus se lamenter sur son sort dans une schadenfreude ridicule.

Bref : rien n’indique la moindre prise de conscience, ni dans les médias, ni chez les politiciens, ni (pire encore) chez nos compatriotes que le cœur du problème n’est pas simplement la taxation des carburants, mais le niveau global, délirant, de taxation supporté par tout le pays, et ce pour faire tourner la machine étatique, dont le train de vie est devenu inabordable.

Tant que le citoyen français continuera à réclamer avantages et couvertures, tant qu’il choisira consciencieusement les services publics plutôt que les offres de marché, tant qu’il choisira de déléguer à l’État ce qui pourrait être fait par le privé, ses taxes et impôts augmenteront. Tant que le train de vie de l’État, que personne (surtout pas Macron) ne semble vouloir dompter, ne sera pas remis en cause, tant qu’aucune coupe massive et courageuse ne sera entreprise, l’État continuera de grossir et ses taxes d’augmenter.

Dès lors, ce pays est foutu.

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Les délires de la République de la Plomberie-Chauffagerie

Par h16

Un texte de Nafy-Nathalie et h16

En théorie et depuis les années 70, les frais de chauffage des logements collectifs auraient dû être individualisés… Las ! De dérogations en cas spécifiques, la mesure est restée lettre morte et ces frais restaient payés en fonction d’une grille établie non sur la consommation réelle de chacun mais de la surface de chauffe. Cette situation ne posait globalement pas de problème et n’entraînait pas débat.

Cette absence de problème et de débat étant intolérable à certains lobbys et certains ministres de l’écologie (au premier rang desquels on retrouve l’inénarrable Ségolène Royal), il a rapidement été question de tout remettre à plat.

Ce qui fut fait par le truchement de la loi de Transition Energétique pour une Croissance Verte (LTECV), promulguée en 2015, d’après laquelle tous les bâtiments collectifs devaient se mettre aux normes à l’exception de ceux pour lesquels l’obligation aurait entraîné une modification des installations même.

Comme bien souvent, l’idée de base n’est pas forcément mauvaise puisqu’il s’agit au départ de faire payer à chaque résident uniquement sa propre consommation de chauffage, ce qui a la vertu supplémentaire de le pousser à faire des économies : le Syndicat de la mesure avait par exemple calculé que dans un trois-pièces de 67 m², le comptage par répartiteur ne coûterait que 50 euros, et permettrait de gagner 100 euros sur une facture annuelle de 1000 euros.

Youpi, donc.

Sans traîner, un arrêté de mai 2016 est pondu pour préciser que la mise en service doit avoir lieu avant le 31 mars 2017 pour la majorité des installations avec des possibilités de reculer un peu en cas de faible consommation.

En somme, sur le papier, tout semble idéal : tout a été prévu et on a même décidé de tenir compte de la situation spécifique des logements. Ainsi, selon le chauffage déjà en place, on installe un appareil à l’entrée du logement (compteur individuel d’énergie thermique sur des boucles horizontales) ou sur chaque radiateur (répartiteurs sur des installations verticales) pour mesurer la consommation effective.

Moyennant un calcul de pondération tenant compte de la forme du logement et des parties communes dans les immeubles, on peut en déduire le coût du chauffage par résident : on applique un coefficient de 0,3 sur la consommation globale pour les nouveaux appareils de mesure posés après la parution du décret, mais si les appareils sont posés avant le décret, un coefficient compris entre 0 et 0,5 est applicable sauf si les copropriétaires peuvent décider aussi d’appliquer le coefficient de 0,3, ce qui permet de répartir selon la clef chauffage ces frais définis par coefficient, de même que ceux relatifs au fonctionnement de l’installation. Le reste de la consommation est, elle, répartie en fonction des relevés des appareils de mesure. Absolument limpide, non ?

confused

Malheureusement, quelques complications supplémentaires arrivent.

Et ce d’autant plus vite qu’un rapport sur ces répartiteurs, commandé par l’ARC et réalisé par le bureau d’études techniques Enertech, sort en 2017 : après analyse, il semble que ces appareils ne peuvent pas mesurer de manière fiable la consommation réelle. Zut.

sapristi

Selon cette étude qui rappelle que ces répartiteurs ne fournissent pas « une mesure de consommation mais uniquement une estimation de la part d’énergie fournie » par ailleurs très imprécise, ces engins peuvent aussi bien surestimer la consommation de 80 % que la sous-estimer de 30 %.

saperlipopette

Devant ce constat, les associations de consommateurs montent au créneau ; L’ARC conseille par exemple la rébellion et aux copropriétés de ne pas poser ces répartiteurs. Que Choisir conseille d’attendre. La CLCV dénonce quant à elle une mesure « inaboutie et injuste ».

Manifestement, la situation est délicate pour l’Etat et ses alliés écologiques. Elle l’est d’autant plus qu’une sanction financière de 1500 euros par an et par logement non doté de répartiteur est prévu par le décret.

oups

Une porte de sortie est trouvée puisque l’obligation englobe la pose d’appareils capables de « déterminer la quantité de chaleur fournie à chaque logement ». Les associations considèrent donc que les répartiteurs sont sortis de l’obligation, puisque seuls les compteurs d’énergie répondent au décret. Par conséquent, les immeubles d’avant les années 90 (la majorité d’entre eux) ne sont donc plus concernés par le dispositif.

Les copropriétaires font également de la résistance et refusent de s’équiper.

Zut et zut : le gouvernement ne peut plus maintenir l’obligation de poser des répartiteurs, mais ne peut, idéologiquement, revenir en arrière. En sueur, il détricote donc discrètement le dispositif avec la loi ELAN (via son article 71 et un décret d’application qui rabotent encore un peu plus les obligations effectives).

Cependant, avec l’État, une erreur ne peut s’arrêter là : tout en détricotant, il en profite malgré tout pour l’étendre en impliquant aussi les frais de refroidissement.

facepalm

Tout ceci est bel et bon, mais il semble qu’on a oublié un petit quelque chose…

Ah, oui, c’est vrai : les calculs des économies potentielles se basaient sur un coût qui se révèle en pratique bien supérieur. Finalement, il faut compter 90 euros pour un (malheureusement nécessaire) robinet de régulation de chaleur, 180 euros pour l’installation d’un compteur de chauffage, 5 euros pour la location annuelle d’un répartiteur (soit 30 euros pour un trois pièces avec six radiateurs). Enfin, la location d’un compteur coûte 85 euros.

On est loin du budget initial.

fail

Tout ceci commence à sérieusement sentir la Réussite Royal (par référence à la Reine des Pôles), à savoir une déroute complète nappée de petits fours joyeux. Surtout lorsqu’on découvre que le décret impose aussi aux syndics d’établir, le cas échéant, une note justifiant de l’impossibilité technique ou du coût excessif de l’installation.

Cette note doit bien évidemment répondre à des impératifs légaux – exposé dans le sabir habituel du législateur déséquilibré qui sévit en République française – à base de carnets numériques d’information, de suivi et d’entretien des logements et autres petits cerfas rigolos à remplir. Note dont le syndic ne pourra décemment prendre la responsabilité sans s’exposer à des désagréments si cela tourne au vinaigre…

Quant aux copropriétaires, ils éviteront les pénalités de 1500 euros par an et par lot pour ne pas avoir posé de répartiteurs trop chers et inefficaces en payant un bureau d’études techniques qui garantira que leur démarche est économiquement et/ou techniquement justifiée.

En somme, pour éviter une mesure onéreuse qu’on ne peut pas respecter, on doit effectuer une mesure onéreuse auprès d’un cabinet qui conviendra effectivement que la mesure est inapplicable et onéreuse, et qu’on doit donc s’en dispenser.

Imparable.

logicar

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La lutte contre l’insécurité bat son plein

Par h16

Certes, ces dernières années, le pays a été bousculé par des actes immondes de terrorisme abject. Certes, depuis quelques décennies, le sentiment d’insécurité s’est quelque peu cristallisé pour précipiter en insécurité palpable et quantifiable. Certes. Ce n’est pas une raison pour sombrer dans le pessimisme, et ce, d’autant plus que les élites du pays ont pris la mesure du problème.

À tel point que le Président de la République lui-même est monté au créneau pour bien mettre ses petits poings musclés sur les « i » de « méchanzislamistes » : dans un discours qui – on en est sûr – marquera l’Histoire de la France, Emmanuel Macron a fermement dénoncé l’ « hydre islamiste » que tout le pays va maintenant s’employer à combattre pied-à-pied.

Evidemment, cela ne veut pas sous-entendre qu’avant, la République, ses administrations, sa Justice, ses forces de police et ses importants ministres faisaient du baby-foot en fumant des pétards, mais bien que l’ampleur de la tâche n’a pas échappé à nos dirigeants qui, avec cet affichage clair et ce verbe haut, entendent bien passer à la vitesse supérieure, au cran supérieur de fermeté et tout le tralala.

À présent, fini de rire ! On va s’attaquer à l’hydre et la découper façon puzzle ! Terminé les compromis ! Fini les atermoiements ! Allons Enfants de la Patrie, envoyez les forces spéciales, le Charles-De-Gaulle et BHL ! Chaaaaaargez !

Mais avant ça, on va tout de même prendre quelques mesures indispensables et vigoureuses pour que la Loi, toute la Loi, rien que la Loi soient enfin appliquées en France.

D’abord, on va (enfin !) créer un poste d’officier de liaison LGBT à la Préfecture de Police. Indispensable, surtout en cette période, ce nouveau poste permettra d’orienter et d’accompagner les victimes d’actes LGBTphobes dans leur dépôt de plainte.

Voilà au moins une chose que l’hydre n’aura pas !

Ensuite, on va (enfin !) mobiliser la Gendarmerie pour en finir une fois pour toute avec l’insécurité, le vol, la rapine, voire le braconnage qui gangrène nos forêts, nos bois et nos campagnes : grâce à l’action musclée de nos forces de l’Ordre au plus près des exigences de la population qu’elle sert avec un dévouement jamais démenti (notamment aux abords des radars), d’immondes réseaux de trafics de champignons sont enfin démantelés.

Voilà encore une autre chose dont l’hydre ne pourra pas profiter !

Enfin, toute cette fermeté, tout ce retour à l’Ordre Républicain musclé et tous ces discours ne seraient pas aussi efficaces sans des Lois décisives, une législation adaptée et, véritablement, un agenda législatif finement affûté pour enfin terrasser l’hydre.

C’est ainsi qu’on va (enfin !) mettre en place une taxe sur le Rosé-pamplemousse et les vins aromatisés.

Non seulement l’hydre ne pourra plus se vautrer dans la LGTBphobie sans se prendre des mains courantes dans l’une de ses nombreuses têtes, non seulement l’hydre ne pourra plus manger de petits bolets goûtus, mais en plus, c’en est fini pour l’hydre du petit apéro rosé-pamplemousse.

Vraiment, la guerre est déclarée, et Macron, notre grand président, est indubitablement devenu l’incarnation du Général menant ses troupes vers la victoire.

Cependant, après ces descentes de gendarmerie pour choper des cueilleurs de muguet fou, de ramasseurs de champignons déséquilibrés ou la taxation sévère de ces buveurs de rosé-pamplemousse radicalisés, il existe d’autres missions possibles, d’autres actions envisageables et d’autres domaines où la République pourrait utilement combattre l’hydre.

On sent par exemple confusément que les problèmes d’insécurité et de territoires perdus de la République pourraient avantageusement être compris dans cette lutte contre l’hydre précisément parce que celle-ci se nourrit de la démission complète, lamentable et coûteuse de tout l’appareil d’État dans ces zones.

Pendant que les forces de l’Ordre fondent sur les cueilleurs de champignons dont on se doute qu’ils n’ont pas dû opposer de résistance farouche, les mêmes forces de l’Ordre se dispersent piteusement alors qu’elles subissent de véritables guet-apens dans certaines cités. Embuscades dont le nombre et la violence augmentent chaque jour un peu plus et dont le traitement par les autorités est parfaitement lamentable : comme le rapporte un consternant article de presse, malgré ces embuscades, malgré des blessés dans les rangs de la police, non seulement la force ne reste pas à la Loi qui semble sagement empaquetée dans un papier alu avec les restes du repas du dimanche, mais en plus « aucun individu n’a été interpellé », montrant s’il était nécessaire que la volonté de rétablir l’ordre n’existe que dans les petits coups de menton du gouvernement et dans les discours creux d’un Macron parfaitement inutile.

La République, qui entend pourtant ramener l’ordre bien loin de ses frontières, qui prétend pacifier certaines zones lointaines, est rigoureusement infoutue de seulement garantir que ses forces de police sauront se faire entendre.

Rares sont les pays où l’absence aussi flagrante de tout courage politique aura duré aussi longtemps, des décennies mêmes, au point qu’il est à présent parfaitement inutile de réclamer un retour de l’ordre et de la loi dans certaines zones : des années de laxisme, de compromissions voire de corruption, d’électoralisme gluant, d’abandon complet au prétexte qu' »après moi le déluge » pour chaque clown adoubé par le suffrage universel, des décennies d’idéologie mortifère où les bourreaux deviennent des victimes et les victimes des pénibleries que le système tente d’oublier aussi vite que possible, tout aura concouru à cette situation.

Le territoire est maintenant morcelé, entre d’un côté, les zones où la maréchaussée peut intervenir de façon musclée pour pruner le père de famille en Doblo qui fait du 83km/h sur une départementale toute droite, ou pour choper sans ménagement des cueilleurs de bolets en bande organisée, et d’un autre côté, les zones où la moindre présence d’une vague autorité (pompiers, ambulances, polices) est immédiatement pilonnée au mortier et où les suites légales sont microscopiques voire nulles.

Seuls les plus naïfs pourraient encore croire au discours « musclé » de Macron qui ne démontre que sa totale incompétence, son courage lilliputien et sa déconnexion décontractée avec la réalité dont, il faut bien le dire, nos élites se foutent complètement.

L’islamisme est apparu, a grandi et s’est développé en France précisément sur cette incompétence, cette absence de courage, cette déconnexion et ce jmenfoutisme total. À présent que les services de l’État lui-même sont gangrenés, que ces dirigeants sentent, confusément, que les cibles se rapprochent dangereusement d’eux-mêmes, on les retrouve, comme des lapins dans des phares de voiture, à constater l’ampleur des dégâts et à bégayer des discours ineptes en zozotant sur l’hydre.

L’État français est foutu.

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Comme prévu, la presse a perdu

Par h16

Depuis plusieurs années, ces quelques billets sont l’occasion de suivre les cheminements souvent malaisés de la législation française et européenne en matière de droit d’auteur, droits voisins et droits relatifs : copieusement tabassée par des parlementaires généralement peu au fait des nouvelles technologies et généreusement cornaqués par des lobbys industriels et autres sociétés d’ayant-droits qui comprennent bien l’intérêt de verrouiller leurs marchés dans des lois toujours plus contraignantes, cette législation n’a pas arrêté d’empiler des textes inopérants voire contre-productifs.

Ainsi, malgré le travail remarquable de certains eurodéputés comme Julia Reda que j’évoquais dans un précédent billet, les lois se suivent et se ressemblent toutes dans leur aspect décalé avec la réalité opérationnelle.

Les derniers exemples en date ont largement prouvé l’invraisemblable inadéquation entre les technologies modernes et les législateurs, nerveusement auto-investi d’une mission de régulation de marchés qui se régulaient très bien sans eux. Le RGPD a ainsi illustré de façon éclatante l’imbécillité de cette législorrhée compulsive qui s’est emparée des députés français et européens : exactement comme prévu et malgré les avertissements de l’ensemble des acteurs concernés et technologiquement au fait, le règlement a été voté, appliqué, et son résultat est à peu près nul voire négatif puisque non seulement, l’Européen moyen n’est pas du tout mieux protégé au sujet de ses données personnelles, mais sa situation est même globalement moins bonne puisque, maintenant bombardé de fenêtres encombrantes demandant son accord explicite pour piller ses données, ce dernier s’empresse de les valider sans y porter plus attention, donnant ainsi un blanc-seing automatique à tous les sites web de France, de Navarre et du reste du monde.

J’ai aussi relaté les dérives, pourtant évidentes dès les discussions parlementaires, des articles 11 et 13 de la directive européenne sur les droits d’auteurs et droits voisins : outre les complications parfaitement inutiles que ces articles entraînent dans la mise en place des sites web et des technologies de l’information, la façon dont la directive fut produite puis prestement (très prestement) traduite en droit français ne pouvait entraîner qu’une seule réaction des concernés.

La directive entendait trouver un moyen d’obliger les grandes firmes internet (lisez « Google ») à payer pour l’utilisation de courts extraits de la presse, ou à rémunérer la mise en place de liens HTML. Ce qui devait arriver arriva : Google, appliquant à la lettre la loi votée, proposa de supprimer tout lien, tout extrait vers les articles de presse, sauf accord explicite de reprise gratuite par les organes concernés.

Devant cette réaction de la firme américaine, et se rendant probablement compte de leur propre imbécillité avec leur loi toute pourrie, inopérante et à rebours de leurs propres intérêts, les autorités politiques s’étaient immédiatement adaptées à la nouvelle donne en faisant amende honorable et… Bien sûr que non : l’attitude parfaitement prévisible autant que légale de Google est parfaitement insupportable pour toute l’habituelle coterie d’idiots inutiles en charge de ces législations, de la culture ou des sociétés de presse ou d’ayant-droits. Pour Franck Riester, cinquième roue du carrosse républicain de la Culture et vaguement en charge d’émettre des petits couinements lorsque les choses ne se passent pas comme nos élites l’ont prévu (souvent, donc), tout ceci est intolérable et Google viole l’esprit de la loi (mais bien sûr !).

En substance, tout se déroule comme prévu (c’est-à-dire mal) pour les organes de presse : une grosse partie d’entre eux voyaient la mise en place de cette loi comme un moyen de « faire payer Google » pour qu’enfin la présence de leurs beaux articles finement ouvragés dans le kiosque de Google News leur rapporte financièrement. Las : le service de Google étant gratuit, la firme américaine a donc proposé d’y mettre fin, sauf à souscrire à ses conditions (i.e. l’absence de rémunération).

C’était parfaitement logique, attendu, et cela a évidemment déclenché une violente crise de rage chez tous ceux qui, jusque là douillettement protégés par des monopoles franco-français illusoires, ont refusé mordicus de s’adapter enfin à l’ère numérique. Crise qui s’est évidemment exprimée dans une tribune parfaitement pathétique, mélange de pleurnichements grotesques sur ce qui aurait dû être et de cris d’orfraie sur la méchanceté de la réalité qui refuse de se plier à leurs rêves idiots, un groupe de journalistes, photographes, vidéastes et autres petits soldats de l’arrière-garde d’un vingtième siècle analogique qui n’en finit pas d’agoniser en soubresauts comiques.

On attend avec gourmandise la réaction des autorités politiques qui ne manqueront pas d’ajouter leurs âneries comme une cerise sur ce gâteau pitoyable, alors même que, pendant ce temps, plusieurs dizaines de sites et d’organes de presse ont d’ores et déjà accepté le marché proposé par Google : son portail d’information continuera donc d’afficher les informations de ces sites exactement comme avant, et il n’y aura ni rémunération de Google vers ces sites, ni l’inverse.

Pour les pétitionnaires et les rageux, c’est déjà un échec.

Du reste, si le bon sens semble avoir déserté depuis longtemps le cerveau de certains organes de presse, et de certains journalistes, il en reste heureusement qui, les pieds sur terre, ont bien compris l’apport considérable que Google et les moteurs d’indexation ont fourni, gratuitement, à leur cœur de métier et se réjouissent de continuer leur collaboration comme elle se déroulait jusqu’à présent.

L’échec de la presse ne sera pas le seul. Les mêmes maux, les mêmes idées idiotes provoquant les mêmes effets, les mêmes comportements imbéciles se retrouvent dans des domaines connexes : la Tribune de l’Art nous relate ainsi, logiquement dépitée, le combat complètement rétrograde de la CGT Culture pour s’opposer vertement à toute ouverture publique des fonds d’images du patrimoine national, quand bien même cette pratique est déjà monnaie courante pour un nombre grandissant d’institutions et de musées dans le monde entier.

Là encore, on retrouve – comme pour les lobbyistes de la presse – la même incompréhension des dynamiques de marché, des intérêts en jeu et cette idéologie anticapitaliste sous-jacente à toutes les réflexions françaises. Et comme pour le cas précédent, on sait déjà que ces combats d’arrière-garde, parfaitement contre-productifs (puisque contre le public lui-même) seront amplement perdus.

Si ces péripéties doivent nous apprendre quelque chose – outre le décalage des politiciens et des législateurs avec la réalité, qu’on retrouve maintenant dans toutes les lois qu’ils nous pondent – c’est l’incroyable vanité de ces individus qui croient pouvoir décider pour les autres ce qui est mieux pour eux. Et leurs excitations irréfléchies, leurs appels hystériques à la loi, la régulation, l’interdiction montrent surtout leur peur panique de perdre avec la montée des outils numériques leur parcelle de pouvoir qu’ils avaient sur l’accès à l’information ou l’accès à la culture : les petits gardiens de la vraie information garantie authentique, les contrôleurs de la culture officielle adoubée par l’intelligentsia ne peuvent supporter qu’on se passe d’eux.

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[Redite] Les experts internationaux en Rien du Tout

Par h16

Billet initialement paru le 18.10.2017

Heureusement, on ne manquera jamais d’experts. Des Experts En Rien sauront toujours nous indiquer le chemin qui nous mènera à la richesse, la réussite, le bonheur et l’équité totale, et dont l’historique calamiteux sera toujours oublié au profit de leurs intentions, toujours affichées comme onctueuses et souhaitables…

C’est bien connu : la politique mène à tout, à condition d’en sortir. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai qu’on a longtemps barboté dedans et qu’on est parvenu à un poste important. Peu importe, alors, les résultats observés : la retraite aura du bon et offrira un véritable seconde carrière à celui qui saura en profiter.

En lisant ceci, il sera facile de retrouver les étonnantes carrières et reconversions de certains politiciens qui se seront improvisés experts internationaux, dûment rémunérés pour des conférences et des discours devant des assemblées conquises.

Al Gore, candidat malheureux à l’élection présidentielle américaine, aura trouvé dans sa lubie climatique un parfait recyclage de ses idées socialistes moises. Et le voilà, urbi & orbi, distribuant ses prêches de malheur pour lutter contre les dérives climatiques forcément humaines, à ceux qui voudront l’écouter moyennant le paiement de sommes rondelettes. Sommes qui épongeront à peine ses dépenses fastueuses en déplacements polluants, en villas suréquipées et en conférences énergétiquement obèses, tout ce qui fait de lui un parfait hypocrite. S’ajoute à cela le constat, irréfutable, que sa capacité prédictive en matière de climat s’avère complètement nulle.

En somme, notre expert international pantoufle douillettement en distribuant à des prix prohibitifs des discours bidons et des prédictions fausses. Bien joué.

Il n’est pas le seul, et l’actualité récente tend à nous montrer que ce qui arrive pour Gore se reproduit à l’identique pour un paquet d’autres cuistres plus ou moins hypocrites.

On pourrait par exemple évoquer pour commencer un Arnaud Montebourg donnant des cours d’économie à Princeton, ce qui permet d’oublier les résultats désastreux dans ce même domaine lorsqu’il fut en poste en France…

Sarkozy grimaceOn pourrait par exemple évoquer ensuite Nicolas Sarkozy qui, bénéficiant de son titre d’ex-président français, distribue mollement des discours à droite et à gauche contre de fortes rémunérations pour rappeler à la face du Monde combien sa gestion de crise économique mondiale fut exemplaire, quand bien même notre homme aura laissé la France dans un état lamentable que seul le courage et l’abnégation de François Hollande auront permis d’amocher d’avantage.

L’expert international Sarkozy ne semble avoir aucun mal à parader de conférences en conférences, quand bien même son seul fait d’arme réel aura été de se faire élire.

On pourrait par exemple évoquer enfin le retour tonitruant de Yanis Varoufakis. Rappelez-vous ! Cet ancien ministre de l’économie grec était en poste suite à l’élection d’Alexis Tsipras, au moment où la Grèce manquait de basculer dans l’inconnu de la faillite étatique complète et totale. Depuis quelques jours, on le revoit dans les journaux et sur les plateaux télé à l’occasion de la sortie de son livre en français qui se pose en expert et témoin de l’économie contemporaine.

Notre aimable et sémillant quinquagénaire qui, en son temps, déchaîna des passions dans toute l’Europe, en profite au passage pour noter que, discutant récemment avec Michel Sapin, alors Ministre de l’Economie et des Finances françaises, il apprit de la bouche de ce dernier qu’il n’était en rien économiste et n’avait aucune compétence dans le domaine, ce qui expliquera au passage très bien la position de la France en matière de négociations économiques au sein de l’Eurozone ou dans l’économie mondiale en général pendant qu’il sévissait à Bercy.

Indépendamment de ce petit factoïde rigolo qui ne nous apprend rien sur Michel, force est de constater que la presse et la télévision semblent malgré tout fort intéressés par les « révélations » que le grand Yanis veut nous faire et semblent boire ses paroles avec gourmandise. Pourtant, il semble assez difficile d’oublier que son passage au pouvoir en Grèce s’est soldé par un échec retentissant, tout comme il est difficile de passer sous silence que les positions (politiques et économiques) de son parti sont considérées par tous les économistes solides comme complètement loufoques. Du reste, on ne peut qu’observer que la Grèce, passant par la phase d’austérité imposée en dehors des idées de Varoufakis, commence à émerger (lentement) des affres de sa gestion calamiteuse.

En somme, l’expert international fait d’intéressantes tournées de promotion de son livre d’idées alternatives et de « révélations » rigolotes malgré un historique franchement mitigé.

Ceci est à mettre en parallèle avec notre gloire nationale et pédalomane invétéré, François Hollande, qui a récemment été invité à Séoul pour donner son indispensable point de vue sur les enjeux géopolitiques mondiaux contemporains. Enjeux contemporains, géopolitique mondiale, François Hollande, point de vue… Décidément, dans cette belle salade de mots, le nom de l’ex-président français ressort comme un cornichon au milieu d’une boîte d’écrous, mais peu importe : le voilà parti pour nous faire un beau discours comme il en a le secret.

Quelques heures plus tard, le résultat est évidemment à la hauteur du quinquennat de l’amusante amibe républicaine : tant qu’à parler géopolitique, autant en faire un peu en utilisant sa parole pour « dynamiser » la diplomatie franco-américaine qui s’assoupissait certainement un peu dernièrement, en distribuant des mauvais points à un Donald Trump qu’il ne peut visiblement pas encaisser.

Notre expert international en gaffes protocolaires ne s’arrêtera pas là : tant qu’on y est, autant essayer de tacler l’actuel président. D’une part, c’est facile puisqu’on en est qu’au début du quinquennat et qu’on peut donc se payer de mots. D’autre part, ce sera tout à fait à la portée de l’ex-locataire élyséen et forcément dans les attributions du nouvel expert en géopolitique universelle.

Hollande fucking loves cocaineEncore une fois, on ne pourra s’empêcher de noter tout le croquignolet de la situation de notre ventripotent Ex qui n’avait jamais mis les pieds en Asie avant son élection et se permet maintenant d’y parader pour un sujet qu’il ne maîtrise même pas de loin, et dont la clairvoyance stratégique s’est traduite par l’embauche d’un Laurent Fabius vieillissant, incapable de faire la distinction entre des libérateurs et des fanatiques dans un Maghreb déjà passablement secoué par les interventions brouillonne de son prédécesseur.

Autrement dit, Hollande constitue encore un bel exemple d' »expert international » en rien du tout qui utilise la scène internationale pour continuer d’exister et, au passage, récolter d’assez coquettes sommes d’argent.

On en vient à se demander quel intérêt motive les rédactions de presse, les télévisions ou les radios à entretenir ces personnages dans l’illusion qu’ils sont encore quelque chose (à plus forte raison lorsque ces médias s’abreuvent d’argent public pour le faire).

Si l’on peut comprendre la démarche un peu malsaine (mais commerciale) de certains magazines « people » de suivre les stars vieillissantes et nous narrer leurs déboires voire leur déchéance dans une espèce de schadenfreude pas très morale, on comprend mal la démarche lorsqu’ils s’appesantissent sur des reliquats démocratiques qui ne représentent plus qu’eux-mêmes et dont le passé témoigne largement des lacunes ou, carrément, des vessies qu’ils firent passer pour des lanternes.

En pratique, on comprend qu’à côté de ces « experts » auto-proclamés, les éditorialistes, analystes et journalistes sont friands de relayer ces petites phrases de gens qu’ils jugent intéressants non à cause de leur historique mais plutôt eut égard aux belles intentions (toujours belles) qui les animèrent, nonobstant le résultat pitoyable qu’ils dégagèrent.

C’est finalement tout l’art de ces politiciens « experts » : se faire juger à l’aune de leurs intentions, jamais de leurs résultats.

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Les comités Théodule ont gagné

Par h16

Mai 2019, la France frémit ! En son sein s’est réveillée l’armée de l’ombre, celle qui va, discrètement mais inlassablement, couper les branches inutiles de l’administration française, l’élaguer de ses dizaines de commissions inutiles, de ses buissons touffus de comités Théodule sans intérêt et de ses agences sans buts clairs : dans une allocution ferme et décidée, Edouard Philippe, le premier de tous les ministres a expliqué lancer un chantier crucial de chasse aux organismes publics inutiles.

Octobre 2019, la France frémit moyen : exactement comme prévu en mai dans un petit billet de ma production, à peu près six mois se sont écoulés et le constat est tout à fait en ligne avec ce qu’on pouvait attendre à savoir un de ces échecs mous qui résume à lui seul toute la carrure de nos minustres.

Dans le chuchotement d’une presse toujours discrète lorsqu’il s’agit de constater le bilan désastreux des actions gouvernementales, on apprend en effet que ces comités inutiles ont vu leur nombre s’accroître, et leurs coûts augmenter.

Patatras : dans le « jaune » budgétaire annexé au projet de lois de finances pour 2020, on découvre la liste actualisée des commissions placées sous l’autorité du gouvernement, et – vous allez rire, d’autant plus que c’est vous qui payez – bien que 19 parasites entités aient été supprimées en 2017 puis 18 autres en 2018, le bilan global pour ces dernières passe de 387 à 394.

C’est aussi ça, la magie du Tout-État : 387 – 19 – 18 = 394 et par ici la bonne soupe.

En mai, je prédisais qu’on trouverait certainement dans la presse (courant novembre, donc), un petit paragraphe comme le suivant :

« Six mois se sont écoulés depuis la grande chasse aux comités Théodule lancée par Édouard Philippe. La Commission de l’Étude de la Pertinence des Comités et Commission de la République, chapeautée par le Comité de dissolution des Comités inutiles, ont permis l’élimination d’une Haute Autorité à la Mesure du Cambrage des Cornichons. Un bilan en demi-teinte puisque le nombre précis de comités, hautes-autorités et commissions, après le travail de cette Commission et de Comité, s’établit à un de plus. »

Nous n’en sommes qu’à cinq mois de la glande l’action vigoureuse des équipes d’Édouard, mais on sent qu’on ne sera pas loin de tomber exactement dans le cadre de cette prévision : si, dans le mois qui vient, nos clowns à roulettes coûteux parviennent à sucrer six nouvelles entités, nous atteindrons alors l’objectif d’une unique entité supplémentaire.

Rappelons que le but de l’action du Premier minustre est de faire baisser le nombre de ces entités. Pour le moment, il est surtout à peine parvenu à « faire baisser l’augmentation tendancielle de leur nombre », si vous me suivez.

Si vous trouvez ceci consternant, attendez avant de vous fouetter le visage : en effet, nos David Copperfield de la mathématique administrative ne s’arrêtent pas là puisque parallèlement, les dépenses de ces comités inutiles ont, par ailleurs, augmenté de 17%, pour un total d’au moins 26 millions d’euros.

D’après Matignon, interrogé sur ce free-style budgétaire aussi lamentable qu’habituel, tout ceci ne serait qu’un malencontreux effet d’optique et sera amené à s’atténuer dans les prochains mois : par un jeu de bonneteau dont nos élites ont le secret, il est entendu que certains frais de personnels ne seront plus imputés à ces Commissions Professionnelles sur la Cambrure des Cornichons Énarques et autres Comités de Suivi de la Méforme Globale, mais correctement répartis dans leurs ministères de tutelle. Parce que voyez-vous, savoir que 26 millions sont dépensés par les ministères Truc et Muche plutôt que par les Comités Bidules ou Chouettes va singulièrement relaxer le contribuable, eh oui ma brave dame.

Devant cet échec dont on sent qu’il ne sera pas corrigé et que les prochains mois, puis les prochaines années promettent de confirmer avec fracas, on pourrait se dire que la situation n’est pas rose.

N’en pensez rien ! Cette augmentation inopinée des dépenses publiques dans ces cochonneries de bordel de pompes à merde entités administratives seront heureusement financées par… les impôts qui augmentent encore plus vite !

Ici, il s’agit des impôts sur les entreprises : malgré l’annonce tonitruante d’une baisse par le même gouvernement que celui qui diminue le nombre d’entités inutiles, les petits calculs sont édifiants et relativement bien en ligne avec ce que les entreprises ont observé sur les trois dernières années, à savoir une hausse de la pression fiscale.

Quant à l’impôt des particuliers, il baisse, c’est-à-dire que les Français vont donc payer 7,3 milliards d’euros de plus que prévu en 2019 sur leurs revenus. Apparemment, les explications fiscales du gouvernement ne permettent pas d’y voir clair mais permettent d’aboutir à la conclusion qu’au final, les recettes augmentent. Avec des impôts en baisse, nos clowns sont résolument magiciens.

Et alors que les émoluments de certains fonctionnaires laissent quelque peu pantois par leur générosité qu’aucun résultat exceptionnel tangible ne viendrait justifier, le tableau d’ensemble brossé par ces baisses dans le mauvais sens et ces nettoyages bordélogènes ne laisse aucun doute : non seulement le gouvernement se moque ouvertement des contribuables – l’animal doit être tondu toujours plus ras mais sans cri, tout au plus – mais il affiche en réalité une véritable pusillanimité dans les actions qui seraient les plus décisives.

Visant des économies de quelques dizaines de millions d’euros là où il faudrait couper hardiment dans les dépenses et les impôts sur des dizaines de milliards en arrêtant, purement et simplement, l’aspersion permanente des copains et des coquins, il n’y a que discrétion, pudeur de violette à mettre fin à quelques petites agences aussi ridicules qu’inutiles, stopper les dépenses idiotes de comités Voie de Garage Pépère. Derrière ces bricolages marginaux du gouvernement pour faire croire à des suppressions, des économies, des baisses de dépenses, il n’y a en réalité que pleutrerie et lâcheté.

Triste conclusion : tout comme Bercy qui tient maintenant tout le pays sous sa coupe, à l’évidence, les comités Théodule ont gagné.

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Éducation nationale : l’inclusivité augmente et le niveau baisse

Par h16

À mesure que se multiplient les affaires terroristes, celles portant sur le burkini, le voile et autres chiffons devenus politico-religieux par la force médiatique, force est de constater que la France souffre manifestement d’un petit souci de vivrensemble.

Le vivrensemble, c’est selon ses vendeurs – toujours effervescent lorsqu’il s’agit d’en fourguer des caisses entières – cette pâte miraculeuse un peu gluante qui servirait à colmater tous les trous sociétaux et coller ensemble toutes les briques nécessaires à la construction solide et fiable d’une civilisation à la fois respectueuse de tous, éco-consciente, apaisée, forte et surtout soluble dans la démocratie.

Malheureusement, à chaque affaire de tissu politisé, à chaque couteau déséquilibré, à chaque voiture folle, ce vivrensemble semble une nouvelle fois remis en cause. Et si l’on peut gloser de longues heures sur les motivations des uns et des autres à agir comme ils le font, on ne doit pas s’épargner de noter que tous, autant qu’ils sont, sont passés par l’école française, celle qui n’a eu comme but, surtout ces 30 dernières années, d’être toujours plus ouverte, inclusive et respectueuse à la culture de l’autre.

Une question s’impose alors : tous ces Français qui s’affichent résolument contre ce vivrensemble et refusent de façon de plus en plus marquée cette inclusivité gourmande, ont-ils séché les cours ? Sauf à considérer que l’ensemble du corps enseignant s’est systématiquement abstenu de faire son travail, et aurait refusé, des décennies durant, de ripoliner tous les programmes scolaires avec le gros rouleau de la société inclusive, on ne peut que conclure à un échec complet de la démarche : enseigner le vivrensemble, l’inclusivité et tout le tremblement, ça ne marche pas du tout, du tout, du tout.

En fait, tout se passe même comme si c’était exactement l’inverse : plus nos élites et une partie de la société bien-pensante décidaient d’accroître la quantité d’inclusivité, de vivrensemble et de sujets choupinous du même ordre, enseignés à l’école, et plus la société semblait se cabrer, renâcler pour en arriver à un rejet maintenant aussi manifeste que violent de ces valeurs dégoulinantes.

L’hypothèse est hardie, mais elle mérite d’être étudiée : sur les 10, 20, 30 dernières années, le volume horaire des cours destiné à aborder ces sujets, ou, plus exactement, leur insertion aux forceps dans à peu près tous les domaines d’étude n’a effectivement cessé de croître. Cela déborde un peu partout, jusque dans l’éducation des professeurs eux-mêmes qu’on va syntoniser à grands coups de formations inclusives via des exercices parfaitement débiles qui ne débouchent bien évidemment sur rien d’opérationnel.

Il est de plus en plus loin le temps où l’école semblait se cantonner (avec succès, pourtant) à apprendre aux gamins à lire, écrire et compter correctement, et à fournir aux adolescents puis aux futurs adultes les bases d’un esprit critique apte à leur donner une colonne vertébrale culturelle et intellectuelle. Sans elle, difficile de faire des individus réellement autonomes et assez peu perméables aux idées extrémistes de tous bords.

À force d’inclusivité, de vivrensemble, de bonne conscience et de respect de tous et surtout de n’importe quoi, n’importe qui, n’importe quand dans une grande soupe relativiste tiède, on a abandonné tout espoir de former des gens sinon intelligents au moins raisonnables, espoir qui ne se concrétise qu’en passant du temps à étudier le français et l’argumentation, les mathématiques, les sciences, l’économie… Et pas en étudiant des sujets « à la mode » du moment.

Et cet échec se traduit très concrètement par une dégringolade du niveau global.

Certes, cette chute est devenue un véritable marronnier tant elle est à la fois connue de tous et niée avec véhémence par toute un partie de nos dirigeants.

Malheureusement, ce négationnisme politiquement correct ne tient guère devant les statistiques, précises et disponibles en provenance directe du ministère de l’Education nationale lui-même, notamment au travers de ses études pour différentes années (2007, 2017), qui permettent de faire une analyse des tendances depuis 1987. On pourra regarder les dernières de 2019, par exemple mars ici, ou septembre là, et le constat est sans appel : c’est un désastre.

Quant à l’explication (fameuse, récurrente et indépassable) du manque de moyen, on se permettra d’en rire grassement :

Cette baisse inquiétante provient en fait d’un mélange de facteurs depuis, par exemple, la hausse du temps passé par les élèves sur des écrans, en passant par une baisse des exigences tant du côté des parents que du côté de l’institution, jusqu’à l’inadaptation aux prérequis de base de plus en plus grande des programmes empilant les contraintes et les bidulotrons pédagoliques qui font le bonheur d’une élite complètement déconnectée.

S’y ajoute le problème patent de la formation des professeurs, issus d’une génération qui a subi de plein fouet les réformes les plus néfastes (à commencer par l’introduction de la méthode globale), auquel on peut adjoindre les effets catastrophiques des dernières expérimentations loufoques à la Belkacem dont on commence déjà à percevoir les conséquences.

Décidément, l’école inclusive, le vivrensemble républicain, de plus en plus enseignés, partout, dans chaque classe, chaque établissement, ça marche moyen pour le dire gentiment : à force de ne surtout pas vouloir discriminer, de ne plus imposer d’exigence, à force de viser toujours plus bas pour être certain de ne jamais laisser personne derrière, on n’exige plus rien de personne, et tout le monde se retrouve progressivement poussé au niveau le plus bas. Et alors même qu’on constate que la mixité sociale dans les grandes écoles s’effondre et que la reproduction sociale n’a jamais été aussi forte, il ne semble pas y avoir la moindre prise de conscience au plus haut niveau, sauf pour lancer encore plus d’inclusivité et de vivrensemble.

Pire : non seulement, ça n’inclut pas des masse, ça vivrensemble de moins en moins, mais ça tourne au vinaigre de plus en plus souvent, à raison de 20 à 30 incidents graves en milieu scolairepar jour.

Décidément, l’école du vivrensemble, c’est bien mignon sur le papier, mais en réalité, ça ressemble beaucoup à une déroute complète. Pour les générations futures (celles dont se gargarisent parfois nos élus), il est grand temps de revenir aux fondamentaux.

De toute façon, pour les générations courantes, ce pays est foutu.

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La SNCF sur un très mauvais rail

Par h16

C’est l’automne et avec la chute des feuilles, les châtaignes et les premiers frimas arrivent inévitablement les mouvements sociaux bien mûrs que la gréviculture française produit maintenant avec une régularité et une qualité reconnues dans le monde entier (qui nous envie assez peu).

Admirons au passage la récolte un peu particulière de cette année puisqu’au contraire des épisodes gréviculteurs précédents, cette période d’absence totale de services publics (ferroviaires dans le cas qui nous occupe) ne se traduira pas par une perte de salaire pour les cheminots : grâce à l’habile utilisation du joker « Droit de Retrait », nos petits malins vont pouvoir repasser par la case départ, toucher leur salaire et continuer comme si de rien n’était, sous les applaudissements de la presse qui se gardera bien de stigmatiser ce beau monde.

Pourtant, il y aurait de quoi dire puisque, sous prétexte de se protéger d’un danger grave et imminent provoqué par l’absence de contrôleurs dans chaque train, voilà nos braves cheminots syndiqués d’une entreprise sous perfusion publique massive qui refusent de faire leur travail : pour eux, l’accident d’un TER mercredi dernier, ayant fait plusieurs blessés dont un conducteur de train, était l’accident de trop dans la mesure où il n’y avait pas de contrôleur à bord.

Pourtant, tout le monde sait que le contrôleur de train est un véritable grigri institutionnel permettant d’écarter le mauvais sort et d’éviter que les voies ne soient trop maraboutées. Sans lui, des accidents se produisent qui sont sans rapport avec l’état lamentable du réseau dont je faisais déjà part dans de nombreux billets précédents.

Bref, les Français se sont une nouvelle fois fait sauvagement inopinés surprendre par un mouvement social surprise inopiné qui a rapidement paralysé la capitale, désorganisé une partie du territoire et mis un bordel monstre dans le planning de tout le pays alors que – ceci est une coïncidence totale – les vacances commençaient.

Il va de soi que le mouvement, subtilement commencé ce vendredi de départs en vacances, continue de plus belle le samedi afin de garantir qu’un maximum de contribuables usagers Français sera touché : la notion de sévices publics n’a jamais été aussi appropriée que lorsqu’on parle de la SNCF.

Cette absence de toute concertation, de tout préavis et la tentative de faire passer ce mouvement pour un droit de retrait agace la direction de la SNCF. Guillaume Pépy, l’excuse actuellement en charge du mammouth gangrené, s’est d’ailleurs offusqué de la façon cavalière dont les événements se sont déroulés : serrant un peu ses petits poings, entre deux systoles pas trop fortes, il envisage presque fermement le recours à une action judiciaire.

On retrouve la même tendance à hausser du menton chez Édouard Philippe (ce serait apparemment le Premier ministre en France actuellement) : pour lui, cet arrêt de travail sauvage serait un «détournement du droit de retrait» et tout ceci ne saurait continuer sans avoir des répercussions légales, scrogneugneu.

Et pour une fois, tant pour Pépy que pour Philippe, force est de constater qu’ils ont raison de souligner le caractère parfaitement illégal de l’action menée par les cheminots de l’entreprise : le droit de retrait supposerait un danger grave et immédiat pour les conducteurs de trains.

Or, soit l’on considère que l’état général du réseau, la déliquescence de la gestion de personnel de la société et le laxisme général qui entourent la sécurité de la SNCF sont bel et bien en cause, et dans ce cas, les cheminots devraient avoir fait usage de ce droit de retrait depuis littéralement des lustres (au moins quatre, ce qui nous ferait au moins 20 ans). Un tel retard à l’allumage – 20 ans !- pour les cheminots doit alors être porté à leur débit, compte tenu du nombre d’accidents graves ayant provoqué des morts sur les 20 dernières années. Faire alors les malins maintenant démontre rétrospectivement leur extraordinaire laxisme avec la sécurité et un magnifique foutage de gueule vis-à-vis des clients.

Inversement, on peut aussi considérer que les rapports qui s’entassent et pointent justement ces dérives lamentables sont de grosses exagérations. La situation de jeudi n’était alors pas différente de celle de vendredi, ce qui impose alors de voir ces mouvements pour ce qu’ils sont : une simple grève sauvage, parfaitement illégale, d’une certaine catégorie de personnels pour qui la sécurité n’est pas et n’a jamais été ici qu’un prétexte pour obtenir un levier de négociation politico-économique, ce qui ramène l’ensemble de ce mouvement à des considérations bassement terre-à-terre.

Ceci établi, il faudra pourtant faire notre deuil de voir toute action ferme de la part du gouvernement ou de la direction de la SNCF : eh oui, après des années de sélections rigoureuses d’énarques écouillés, de politiciens hontectomisés dès le plus jeune âge, après des générations à laisser les médias éructer leurs âneries collectivistes à la tête du Français moyen, plus personne n’a la moindre idée sur ce qu’il conviendrait de faire pour redresser la barre.

La SNCF est maintenant une synthèse dramatique de ce qui se fait de pire en termes de « management à la française » (qui est au management efficace ce que la cuisine anglaise est à la cuisine gastronomique), pour laquelle la position monopolistique aura permis de cultiver des avantages et des privilèges inouïs, la transformant de fait en petit État dans l’État devenu maintenant absolument incontrôlable.

Le monopole du rail aura permis à l’entreprise de s’enkyster à une position indéboulonnable du paysage économique et politique français, position qui lui a permis de réclamer toujours plus (de moyens, de salaires, d’avantages) sans même faire mine d’offrir un meilleur service.

Et alors qu’approchent les discussions sur une éventuelle réformette des retraites (dont tout indique qu’elle va se transformer en mise à la retraite de la réforme) qui auraient poussé l’idée ô combien iconoclaste d’une vraie égalité entre cotisants du public et ceux du privé (hérésie, horreur, abomination, ultranéolibéralisme que toute cette égalité gluante !), on comprend sans mal que ce mouvement inique et illégal vise surtout à montrer, une nouvelle fois, le pouvoir de nuisance de la SNCF.

Seulement voilà : petit-à-petit, les Français se réveillent à cette dure réalité que cette entreprise n’est plus guère que ce seul pouvoir de nuisance.

Jadis, il y avait encore l’opportunité de prendre un train, parfois rapide, pour des tarifs modiques. Cette histoire sent de plus en plus la naphtaline : pannes à répétitions, incidents plus ou moins graves, grèves et mouvements sociaux de plus en plus inopinés, services qui se dégradent visiblement, tarifs illisibles, dettes abyssales, … Si l’on y ajoute que même ceux qui ne prennent jamais le train le paient une fortune, la photo commerciale ne correspond plus du tout à la réalité de terrain et ressemble de plus en plus à une arnaque du tiers-monde.

Comme tant de fois auparavant, les mouvements sociaux de la SNCF illustrent fort bien la volonté farouche d’une partie du pays d’échapper à toute réforme, toute remise à plat pour essayer de sortir le pays de l’ornière. En face, l’absence de tout courage du gouvernement, la médiocrité cultivée des dirigeants garantissent que non seulement, la SNCF ne sera jamais remise sur le bon rail, mais qu’en plus, toute réforme de cette entreprise ou du système social qu’elle parasite vicieusement sera méticuleusement enterrée.

Ce pays est foutu.

Et bing le train !

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[Redite] Gouvernement : une médiocrité inquiétante

Par h16

Article initialement paru le 19.10.2018

Il y a un an, le gouvernement, particulièrement constipé, mettait deux semaines pour passer du Collomb à un trou du cul : Castaner se retrouvait après plus de 10 jours de vacance du poste, largué au ministère de l’Intérieur, illustrant à lui seul la déchéance de plus en plus inquiétante de nos élites dont le niveau ne laisse d’inquiéter…

Il y a des signes qui ne trompent pas, même s’ils sont écrits de travers avec une encre de couleur et d’odeur douteuses : la France, sa République et les « élites » qui la représentent s’enfoncent tous les jours un peu plus dans une médiocrité inquiétante.

Ici, je pourrais m’étendre sur le dernier sujet à la mode, celui de la nomination de l’inénarrable Christophe Castaner comme ministre de l’Intérieur (intérieur de quoi ou qui, on en vient à se le demander) et qui, à lui seul, prouve amplement que la situation devient préoccupante : habitué de « castâneries » nombreuses et bigarrées, l’homme apparaît bien plus taillé pour animer les soirées de mariage ou les retours de communion que le ministère de l’Intérieur où les seuls éclats qu’il provoquera seront ceux de rire.

De la même façon, l’actualité empile les saillies involontairement drolatiques de nos hommes politiques, depuis les seconds couteaux de la République En Marche (ministres ou non) jusqu’à Jean-Luc Mélenchon, pris dans la tourmente judiciaire et regrettant aussi amèrement que vocalement qu’on lui applique la même potion que celle qu’il entendait administrer avec force à ses opposants politiques comme Marine Le Pen ou François Fillon.

Il y a quelques jours, c’était Yannick Jadot, le député européen écologoïde, qui, utilisant un fait divers, tweetait quelques sottises au sujet des pesticides. Ceci a entraîné par la suite un débat homérique avec Geraldine Woessner, journaliste qui a – c’est assez rare pour être souligné et loué – pris le temps de faire des vérifications et quelques calculs statistiques de base pour tenter de remettre le pauvre écologiste dans le droit chemin.

7 bébés nés sans bras en 5 ans, dans une zone de 900 km2 dans l'Ain : entretenir la confusion entre cette affaire et les deux autres dossiers, vraiment problématiques, de Loire-Atlantique et du Morbihan, brouille toute compréhension… #Malformations #RécupérationPolitique https://t.co/wsc08VDkqe

— Géraldine Woessner (@GeWoessner) October 14, 2018

On ne pourra s’empêcher de noter que ce député fait partie de la même frétillante brochette de clowns à roulettes qui, à longueur de journées, parlent au nom de la « science » climatique ou du glyphosate et enfilent pourtant des perles d’absurdités et d’approximation lamentables dès qu’ils le peuvent. Pourtant, c’est bien ce genre d’individus sûrs d’eux et inconscients de leur complète incompétence qui, utilisant le paravent de sciences qu’ils ne comprennent ni ne maîtrisent, entendent dicter nos vies et surtout prétendent redresser les finances du pays.

Ce dernier exemple n’est pas du tout un cas isolé. Il serait même aisé de revenir en détail sur les aptitudes particulièrement consternantes de précédents ministres, comme Duflot (« le Japon est dans l’hémisphère sud »), Montebourg, Chatel, Pécresse, Copé ou Darcos pour les exemples les plus saillants.

Cependant, bien qu’amusant, ce serait louper l’éléphant dans le salon que s’éterniser sur ces cas.

Il faut se résoudre à l’évidence : si l’Éducation Nationale a été qualifiée il y a quelques temps de « fabrique du crétin » par Jean-Paul Brighelli, la politique française semble devenue une véritable usine de production d’incompétents plus ou moins pathologiques.

On pourrait sans doute trouver plusieurs raisons à ce résultat calamiteux, mais l’une d’elles serait très probablement l’existence même de l’École Nationale d’Administration dont la production personnelle, en terme de crétins approximatifs, semble s’être emballée au point de subir une dégringolade de niveau pire encore que le reste de l’instruction française.

Orthographe hésitante, lacunes dans la lecture et la compréhension des sujets, les élèves de l’ENA sont finalement, de l’aveu des jurys qui leur font passer le concours d’entrée, “Souvent soucieux de ne froisser personne, d’être politiquement corrects, mal à l’aise dès qu’il s’agit d’émettre un jugement, timide face à un quelconque engagement”.

Autrement dit, ils sont tout sauf brillants, autonomes et novateurs, précisément ce dont le pays aurait besoin pour tenter de se sortir de la boue morose et gluante dans laquelle il s’enfonce de façon presque résignée.

Le bilan est sans appel : alors que l’État devrait, devant les difficultés qui l’occupent, recruter les têtes les mieux faites et les mieux remplies, le voilà qu’il se coltine le fond de panier et les semi-habiles balbutiants des idées grotesques, mal formulées et à moitié cuites.

C’est si vrai que l’ENA elle-même est quasiment en faillite : d’après des documents auxquels Le Parisien a eu accès, la plus-si-prestigieuse école pourrait bien faire faillite dans quatre ans. Accumulant de solides dettes à la suite d’années de déficit (2.8 millions d’euros pour 2017), on apprend ainsi que ce sont les dépenses de personnel qui plombent l’institution, incapable de faire les coupes et les économies nécessaires à sa survie.

Toutes ressemblances avec un État dirigé par les élèves de cette école en perdition n’ont rien de fortuites : la façon de gérer cette école, petite administration à elle seule, se retrouve fort bien dans la façon de gérer l’État français et ses administrations. L’incroyable capacité des élèves, déjà pas trop pétillants en moyenne, à croire que l’argent tombe du ciel se retrouve jusque dans l’équipe en charge de l’école, et ses méthodes de gestion transpirent manifestement sur l’instruction prodiguée. Ou peut-être est-ce, tout simplement, dans l’air du temps qui considère qu’après tout, c’est l’État qui paye et qu’il n’y aura donc jamais de soucis…

austérité 2016 – dépense publique des administrations

Malheureusement, après quelques décennies de ce régime désinvolte et particulièrement éloigné de toute réalité tangible, le pays réel finit par crouler sous les problèmes économiques non résolus : mélangez une gestion fine, une attention précise aux détails économiques, une belle abnégation dans la dépense publique et des énarques particuliers affûtés, paf, ça fait des chocapics fiscaux… à hauteur de plus de 1000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires tout de même.

1000 milliards, cela finit par faire une belle somme surtout lorsqu’on la juxtapose avec la performance globale de l’Etat : il semble que, de nos jours, pour 1000 milliards, tu n’as plus rien.

Depuis l’école dont les élèves, en sortie de CP, ont de plus en plus de mal à lire, écrire et compter simplement, jusqu’aux infrastructures qui tombent plus rarement en marche qu’en panne, en passant par la couverture sociale qu’on pourra qualifier aimablement d’incomplète et de prohibitive ou d’une sécurité assurée de façon alternative et parcellaire sur le territoire républicain (lui-même sujet à un mitage inquiétant), on devra faire preuve d’un optimisme en béton armé pour continuer à clamer que la gestion par nos énarques est une réussite, ou que nos élites désignent bel et bien des cadors pour résoudre ces problèmes…

Bruno Le Maire, l’horloge arrêtée qui ne montre jamais l’heure exacte

Par h16

Une horloge cassée dont le cadran est difficilement lisible sous la rouille et la moraline indique malgré tout l’heure exacte deux fois par jour. Bruno Le Maire, c’est un peu cette grosse horloge normande dont le balancier ne bouge plus, qui encombre dans l’entrée, mais qui, à la faveur d’un courant d’air, va finir par faire tinter un petit carillon.

En effet, le ministre de ce qui reste d’économie en France vient récemment de tenter une explication sur le recul de la production. Pour lui, trois difficultés majeures semblent expliquer la déroute française. Stupéfaction : il n’a pas tort.

Selon lui et après une analyse pointue, la première raison serait les impôts de production trop élevés. La puissance de cette révélation donnera tout son sel à ce qui suit et permet de mieux comprendre pourquoi l’horloge, dans la tête de Bruno, s’est arrêtée il y a bien, bien longtemps, dans une galaxie fort, fort lointaine.

La seconde raison tiendrait à un déficit de compétences, ce que la composition de l’actuel gouvernement permet de confirmer avec certitude si tant est que les gouvernements doivent être une image à peu près fidèle du pays.

Enfin, pour notre brave Bruno, la troisième raison tient en un triste constat. Selon lui, les Français « ne travaillaient pas assez (…) Le volume des heures travaillées en comparaison de nos voisins du G7 et des grands pays de l’OCDE est insuffisant ».

Stricto sensu, il n’a donc pas tort puisque la France peut s’enorgueillir d’avoir tout fait pour saboter la moindre velléité de ses citoyens à travailler plus, que ce soit pour gagner plus, pour créer de la richesse, ou pour simplement joindre les deux bouts. Entre les 35 heures, appliquées nulle part sauf en France, un code du travail à la fois rigide et limitatif que personne ne nous envie, des restrictions de tous ordres à l’exercice de tous travaux et tous métiers, des normes à foison, tout a été fait pour que non seulement, travailler en France soit compulsivement encadré, mais sévèrement puni quand c’est fiscalement ou électoralement rentable.

Heureusement, Bruno Les Bons Tuyaux n’est pas en reste de solutions pour nous sortir de l’ornière.

Trop d’impôts, pas assez de travail ? Qu’à cela ne tienne !

Pour nous donner du cœur à l’ouvrage, le voilà donc qui monte directement au créneau. Ah, c’est qu’il ne faut pas lui en conter, au petit Bruno. Il va nous montrer de quel bois il est fait, notre ministre, scrogneugneu.

Et pour cela, il part donc à la conquête d’un territoire inexploré, armé de ses compétences multiples (notamment en technologies de l’information) et d’une idée aussi originale que géniale : on va faire du cloud souverain mes petits amis !

Alors franchement, je dis chapi chapo Chapeau Bruno ! Voilà qui nous change de tes âneries habituelles : pour éviter de te planter, tu as eu l’excellente idée de sortir l’ânerie d’un autre, en l’occurrence une resucée consternante du gouvernement Ayrault de 2012 lorsqu’il lança alors, tout en frétillements, le Cloud Souverain à la française pour lutter lui aussi contre l’hégémonie américaine, tralala.

Pour s’assurer d’un ratage sans précédent, l’offre était bien évidemment bicéphale, avec Numergy d’un côté, et Cloudwatt de l’autre. L’État y avait pris des participations de multiples façons (notamment au travers de la CDC). L’initiative qui devait foirer dès le départ foira exactement comme prévu (c’est une habitude). La facture finale fut adressée (il y a quelques mois seulement) au contribuable qui en est encore à se passer la Préparation H.

À l’époque, j’en avais parlé ici et , par exemple, pour noter à la fois le désastre à venir et faire le bilan, désastreux comme il se doit.

Cette fois-ci, les acteurs changent (OVH et Dassault). Même si leurs compétences sont reconnues, on peut émettre les mêmes critiques qu’à l’époque sur la faisabilité générale du « projet » de Bruno et raisonnablement parier sur un nouveau dérapage public qui n’empêchera pas Bruno de pavaner quelques temps encore. Et comme le plantage fut sévère au niveau français, Bruno envisage d’ores et déjà de se placer au niveau européen, pour transformer je suppose la catastrophe en séisme continental…

Oui, vraiment, il nous montre bien de quel bois il est fait : si ce n’est pas le bois du pipeau, c’est celui du cercueil.

Et attendez un peu, mes petits amis : ceci n’était que le volet destiné à répondre à la remarque sur la quantité de travail. Parce que Bruno, il a plus d’un tour dans son sac à malice !

Pour le volet « trop d’impôts », il a une autre idée géniale : et pourquoi ne mettrions-nous pas en place une bonne petite taxe carbone sur les carburants des avions et des bateaux ? Et pour s’assurer d’un succès retentissant, pourquoi ne pas la proposer au niveau européen ?

Comme pour Numergy et Cloudwatt qui n’ont pas fonctionné au niveau français et qui, c’est évident, fonctionneront au niveau européen parce que, parce que, parce que Union Européenne C’est Magique Par Ici La Monnaie, la taxe carbone, qui a déclenché les Bonnets Rouges d’abord puis les Gilets Jaunes ensuite a toutes les chances de mieux marcher au niveau européen, parce que Union Européenne C’est Magique Par Ici La Monnaie. Non ?

Et après tout, si, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas demander à tous nos partenaires européens de renoncer à des budgets sains, des taxes pas trop violentes et des prix compétitifs ? Pourquoi ne pas enfin, tous ensemble, aller d’un pas guilleret vers une avalanche de taxes et d’impôts pour soigneusement casser les petites pattes de marchés pourtant porteurs comme le transport ou l’aviation, pour saboter durablement le pouvoir d’achat non plus des seuls Français mais aussi de tous ces gros richous d’Europe du Nord qui ont la fort mauvaise idée de ne pas s’adonner à la taxation folle ? Hein, pourquoi pas ?

Pour Bruno, pas de doute : une Europe de la taxe musclée, ça aurait de la gueule ! Et quelles belles perspectives de croissance et de richesse ! Quelle idée merveilleuse pour attirer les entreprises et les capitaux ! Quelle lumineuse trouvaille dont les résultats, probants en France, donneront envie à toute l’Europe de nous rejoindre, elle qui fait – c’est évident – les yeux de Chimène à notre sémillant Grand Leader !

Même une horloge cassée dont le cadran est difficilement lisible sous la rouille et la moraline indique l’heure exacte deux fois par jour, à condition d’avoir deux aiguilles. Las, notre ministre de l’Économie n’en a qu’une, et encore, pas bien vaillante.

Il faut se résoudre à l’évidence : Bruno Le Maire est une horloge cassée qui montre le Sud.

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Loi alimentation : surprise, malgré les effets pervers, on continue !

Par h16

Fin 2018, la Loi Alimentation est votée. Elle ne satisfait personne, tout le monde sait qu’elle va très probablement avoir des effets pervers, mais peu importe : les parlementaires, bien trop idéologues, la votent quand même.

Le débat était en effet tranché dès le début puisqu’il s’agissait pour le législateur d’intervenir pour stopper la guerre des prix et redonner du pouvoir d’achat aux agriculteurs, tout simplement parce que l’État a toujours été efficace lorsqu’il s’agit d’intervenir (mais si !), qu’il a toujours mis en place des lois pertinentes lorsqu’il s’agit de réguler les prix (mais si !) et qu’il a toujours montré du discernement lorsqu’il s’agit de donner du pouvoir d’achat à l’un ou à l’autre (mais si !). Et puis pour les députés, il est toujours plus simple de faire du gros signalement vertuel dodu plutôt qu’un peu de pédagogie et expliquer pourquoi leur énième intervention dans le domaine allait provoquer des catastrophes.

Baste, passons : la loi votée, quelques mois s’écoulent et tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire mal.

C’est ainsi qu’en février de cette année, les premiers effets de bords néfastes commencent à se voir : le prix de certaines denrées augmente assez mécaniquement. Le pouvoir d’achat des agriculteurs, qui auraient dû bénéficier de cette hausse des prix, ne bouge pas d’un iota. C’est un échec.

Arrive le mois de juin et avec lui l’amer constat qu’en plus d’une hausse de certains prix, l’interdiction de certaines formes de promotions (qui permettent d’écouler des stocks à prix négociés) aboutit à fragiliser des PME dont le modèle d’affaire dépend étroitement de cette forme de ventes. Bref : aux agriculteurs qui ne voient pas leur pouvoir d’achat augmenter, aux consommateurs qui voient le prix de certains de leurs produits augmenter, il faut ajouter certaines entreprises maintenant en difficulté à cause de cette loi. L’échec, déjà lamentable, se fait cuisant.

À ce point de l’histoire, n’importe quel gouvernement un tant soit peu responsable aurait rapidement rétropédalé pour annuler ce fatras législatif dont l’expérimentation grandeur réelle tourne aussi rapidement au vinaigre.

Rassurez-vous : après l’inévitable parcours législatif qui permet la mise en place d’une loi mal torchée écrite avec les pieds par une brochette d’incompétents suite à des pressions de lobbies ridicules qui aboutit à des effets aussi prévisibles qu’indésirables, il est absolument hors de question de se remettre en question. Nous sommes en France, après tout.

Pourtant, les protestations des entreprises, menacées de fermeture par ces mesures idiotes, sont bien remontées à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui a été obligée de consentir à certaines dérogations pour sauvegarde quelques emplois (une fois n’est pas coutume). Et si ce comportement d’une rare clémence vous étonne, ne paniquez pas : la loi est destinée à rester encore jusqu’en 2020 et d’ici là, Bercy et ses minions pourraient amplement changer leur fusil d’épaule si l’odeur de la viande fraîche se faisait trop insistante sur leur museau délicat.

Pourtant, les protestations des agriculteurs, qui n’ont pas touché un rond de plus, sont bien remontées dans les différentes tubulures administratives que le pays choie de toutes ses forces. Pourtant, des enquêtes viennent maintenant confirmer ce que tous les observateurs un tant soit peu neutres avaient déjà remarqué : flûte et zut, toute cette opération n’a pas du tout profité à ceux qu’on visait d’emblée (les agriculteurs). Pire, tout indique à présent que ce sont les distributeurs qui ont largement bénéficié de cette loi et de la hausse des prix qu’elle a induit.

Autrement dit et comme le remarque finalement l’UFC Que Choisir dans une récente enquête, c’est la grande distribution qui récupère l’essentiel du bénéfice de ces hausses.

En somme, cet échec prévisible est devenu un échec total qui persiste depuis des mois et des mois, sans que ni les administrations, ni le gouvernement, ne semblent décidés à annuler au plus vite cette « expérimentation » d’ores et déjà désastreuse.

Le pompon est cependant atteint lorsqu’on découvre que, devant ce constat effarant, les syndicats agricoles, Confédération Paysanne notamment, réclament au gouvernement – je cite – « l’abandon immédiat » du relèvement du SRP et l’instauration d’un « véritable rééquilibrage » des négociations en faveur des acteurs agricoles.

Apparemment, l’intervention des chiens législatifs dans le jeu de quilles agricoles n’a pas suffi pour cette confédération : s’il semble entendu pour elle qu’il faille arrêter les âneries de la loi actuelle, il n’est pas dit qu’en relançant le bastringue d’un nouvel interventionnisme millimétré on n’arrive pas, enfin, à ce miraculeux rééquilibrage que tous attendent dans lequel les producteurs sont grassement payés, les distributeurs font une marge décente et les consommateurs trouvent des petits prix joliment adaptés à leur pouvoir d’achat microdosé.

Il est assez stupéfiant de constater que, dans ce pays, lorsqu’encore une fois et malgré la multiplication d’avertissements, on aboutit à une déroute cuisante et parfaitement prévue, certains ne renoncent toujours ni à la fin (une régulation complètement chimérique des prix par l’État), ni aux moyens (coercitifs en l’espèce).

Cette Loi Alimentation, sa déroute ahurissante parce que prévisible et coûteuse, et les réactions qu’elle entraîne maintenant sont une excellente démonstration de cet esprit français actuel qui pourrit absolument tout dans le pays et qui impose que tout problème ne trouve sa solution que dans l’État, la loi et l’usage de la force de certains groupes sur d’autres.

C’est ce même esprit qui impose qu’une fois un dispositif en place, jamais le gouvernement, l’État ou les administrations ne feront marche arrière, même devant l’échec patent.

C’est encore cet esprit qui refuse obstinément de tenir compte des bilans, des analyses des échecs et des retours d’expérience. Personne ne veut avoir à assumer l’idée même qu’une erreur ait pu être commise. La loi ne sera donc jamais annulée, elle sera amendée, triturée et noyée sous d’autres textes, décrets et correctifs ce qui permettra de transformer ce furoncle en Frankenstein législatif putride qu’on lâchera dans la nature, charge aux citoyens de s’en accommoder.

C’est cet esprit, mélange d’arrogance, d’entêtement crétin et d’idéologie collectiviste s’infiltrant dans tous les domaines qui permet d’affirmer que ce pays est foutu.

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AME, SNCF : nos si chères dérives

Par h16

Un des avantages de tenir un blog depuis pas mal d’années est qu’on peut noter la dérive de la société sur les temps longs, ceux qui échappent au fléau de l’instantané, des médias et des politiciens à la vue courte. On peut par exemple revenir un ou deux quinquennats en arrière et faire un petit point de situation, pour constater les améliorations ou, dans le cas français, la dégradation systématique et maintenant rapide de la situation.

L’actualité vient d’offrir, coup sur coup, deux magnifiques illustrations de cette tendance.

Il y a quelques jours, plusieurs articles de presse revenaient – assez timidement il faut le dire – sur le débat engagé à l’Assemblée nationale concernant l’immigration, qui a rapidement abordé la question de l’Aide Médicale d’État (AME) : cette aide permet aux étrangers en situation irrégulière sur le sol français de bénéficier de certaines facilités de soins dans le pays.

En pratique, le budget de cette aide n’a pas cessé d’augmenter ces dernières années : en 2006, 233 millions était consacré à cette AME, alors qu’en 2009, son budget était de 540 millions d’euros et il atteint à présent 800 millions d’euros. Pour une aide rapportée comme « stable », les années prochaines promettent donc de venir chatouiller le milliard d’euros puis de le dépasser dans une stabilité très moelleuse.

Pour le moment, le débat ne porte évidemment pas sur la pertinence de ce dispositif que nul, en France, ne semble vouloir remettre en cause, améliorer, affûter et, a fortiori, supprimer. Même si les cas de fraudes sont nombreux et aussi mal documentés que possible pour éviter tous hurlements médiatiques, même si, d’un autre côté, il ne fait guère de doute que le système social français soit l’un des plus généreux du monde au regard de la multiplication des possibilités d’obtenir des soins gratuits (i.e. payés par les autres) dans le pays, le débat porte essentiellement sur les petites modifications législatives, les arrangements cosmétiques légaux qu’il faudra apporter pour que tout continue exactement comme actuellement.

Pour l’AME, il semble acquis que la trajectoire ne changera donc pas. La France continuera d’éclairer le reste du monde de ses expériences sociales modérément enrichissantes, et se gardera très farouchement d’appliquer les recettes qui, pourtant, fonctionnent dans d’autres pays peu soupçonnables d’être des déroutes sanitaires complètes.

Quelques jours plus tard, à la faveur d’une étude menée par l’ancien magistrat de la Cour des comptes François Ecalle et habilement relayée par l’Opinion, certains Français – en particulier certains journalistes – faisaient mine de découvrir qu’une autre vénérable institution leur assurait, elle aussi, un enrichissement de plus en plus modéré au regard du service rendu : tous calculs faits, chaque Français a ainsi contribué à hauteur de 215 euros au financement de la SNCF en 2018, ou, si l’on se contente de regarder les foyers fiscaux, à hauteur de 379 euros pour les 38 millions de ces derniers, et ce, avant même d’avoir acheté le moindre billet.

Il faut dire que l’entreprise publique cumule les soucis.

Outre une dette colossale que rien ne semble pouvoir contenir, tant cette dernière augmente gentiment d’année en année pour atteindre à présent 54,5 milliards d’euros, l’entreprise doit aussi composer avec des régimes de retraites particulièrement favorables et essentiellement assis sur les efforts des salariés du privé, ainsi qu’une kyrielle de problèmes internes allant d’une fossilisation complète des syndicats jusqu’à un management digne des années 60 en passant par une gestion calamiteuse du personnel et des compétences professionnelles de l’entreprise.

S’y ajoute un service clientèle désastreux, qui oscille régulièrement entre l’absence totale de service (que ce soit par accident, panne, désorganisation ou grève d’une certaine catégorie de personnels) et une médiocrité presque assumée, comprenant des horaires approximatifs, des services à bord des trains aléatoires et une grille tarifaire absolument illisible.

Or, tout comme pour l’AME, peu importe que les sommes dont on parle soient absolument colossales à l’échelle d’un pays comme la France, que les effets de bords soient aussi nombreux que délétères : non seulement, tout ceci semble maintenant considéré comme normal, mais tout indique en plus que personne n’entend réformer réellement ces institutions.

Pour l’AME, il n’y aura pas de discussion parce que toute remise en question sera immédiatement taxée de scandale humaniste insupportable pour la République, puis rapidement habillée par des motifs xénophobes. Réclamer que les deniers du contribuable et de l’assuré social soient employés de façon responsable est rapidement assimilé à une vision étriquée, étroite voire purement comptable de la santé, ce qui est évidemment une tare dans un monde où la dépense se doit toujours d’être humaniste, large, joyeuse et sans limite pour les générations futures qui sont, on le rappelle, éminemment fragiles lorsqu’il s’agit de climat mais corvéable à merci lorsqu’il s’agit de finances.

Pour la SNCF, il n’y aura pas plus débat : d’une part, tout frémissement de réforme entraîne une paralysie du pays systématique qui permet de bien rappeler qu’un monopole, instauré de force, ne saurait se laisser diriger sans réagir. D’autre part, tout le monde comprend, devant les dérives accumulées depuis tant d’années, que ce n’est plus de réforme dont il faudrait parler mais d’un démantèlement complet, d’une remise à plat complète qui ne manquerait pas de provoquer un drame social, politique et médiatique sans précédent dans le pays, précisément parce qu’on a tout fait pour sur les 70 dernières années.

AME, SNCF, autant d’acronymes qui ne parviennent plus à cacher des dérives qui tiennent d’abord de l’idéologie : il n’existe pas d’autre moyen d’aider les étrangers en situation irrégulière que d’asperger le système de santé avec l’argent du contribuable, il n’existe aucun autre moyen que le monopole de droit public pour faire rouler des trains dans un pays, il n’y a pas de meilleur système que notre système d’assurance sociale, seule la collectivisation des transports et de la santé permettent d’améliorer le sort des individus, etc…

Peu importent les exemples nombreux des autres pays qui montrent, tous les jours, que ces dogmes sont faux, que les dérives n’ont rien d’inévitables, que ces déficits n’ont pas à être chroniques, que ces gabegies peuvent être évitées : non seulement, le contribuable ou l’assuré social doit continuer à cracher au bassinet, mais en plus devra-t-il le faire avec le sourire.

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[Redite] Les chenapans de la République ou ce petit sentiment d’insécurité qui persiste

Par h16

Billet initialement paru le 03.10.2018

Difficile de changer une ligne de ce billet datant d’un an.

Un des quelques avantages de tenir une chronique régulière des événements politiques, économiques et divers du pays depuis de nombreuses années est de pouvoir, même si c’est très imparfaitement, mesurer l’état général du pays.

La rédaction d’un petit billet suit en définitive toujours la même méthode ce qui permet, bon an, mal an, de dégager quelques tendances. Treize années d’existence ne permettent certainement pas de tirer des statistiques quelconques, mais autorisent cependant à remarquer quelques faits saillants.

Le premier, sur lequel je reviens régulièrement, est la nullité de l’action politique : il faut un aplomb phénoménal pour persister à penser que nos politiciens sont d’une aide quelconque dans les problèmes que le citoyen rencontre tous les jours. Au mieux devra-t-on conclure qu’ils jouent le rôle de mouche du coche. Au pire pourrait-on probablement argumenter solidement qu’ils empirent régulièrement les situations dès qu’ils interviennent.

Le second, c’est que la situation économique du pays a clairement empiré. De dirigeant social-démocrate mou en social-démocrate mou, on est passé d’une économie déjà fortement étatisée et vouée au capitalisme de connivence à une économie sous perfusion publique et complètement tabassée d’impôts. Les indicateurs économiques sont sans appel et il faut être d’une niaiserie confondante pour croire aux bobards toujours plus nombreux de nos dirigeants pour imaginer que « ça va mieux » ou que sais-je encore. Dette explosive, dépenses publiques sans frein, fonction publique pléthorique, bureaucratie galopante, pluie de cerfas, de taxes, d’impôts et de ponctions, tout est fait pour gripper définitivement le pays dans un délire kafkaïen proche de l’URSS. Vu notre course, l’avenir qui nous tend les bras est plus sûrement celui de la Grèce ou du Vénézuéla, moins celui de la Corée du Sud ou même de l’Allemagne.

Le troisième, c’est que les faits divers s’y font maintenant plus fréquents et plus violents. Si ces faits sont bien divers, c’est dans la créativité que déploient les crapules et les vomissures qui les commettent.

On pourrait par exemple prendre la moisson d’une courte semaine et comparer à ce qu’on pouvait récolter il y a 10 ou 15 ans, le constat ne serait pas du tout à l’avantage de la période actuelle.

Jugez plutôt.

Dans la catégorie « amusons les réseaux sociaux », on trouvera par exemple ce petit lynchage décontracté du côté de Garge-les-Gonesses. On ne s’étendra pas sur le viol collectif à Toulouse, ni sur le passage à tabac d’un SDF du côté de Nice.

On est bien dans le fait divers. Ce ne sont pas des meurtres, les statistiques d’homicides ne bougeront donc pas d’un iota. Mais le nombre d’occurrences et la désinvolture des agresseurs qui se filment de plus en plus souvent donnent une bonne idée du niveau de peur que la police et la justice du pays leur inspirent.

Mais décidément, des agresseurs qui se filment et fleurent bon l’impunité, ce n’est pas très bon signe.

Dans la même semaine, et si on écarte les faits divers filmés, on peut se concentrer sur les happenings citoyens et festifs : la République du Bisounoursland semble maintenant s’habituer à une certaine régularité dans des exactions menées non par un triplet d’individus dangereux, mais bien par des bandes dont les membres se comptent en dizaines.

Ici, c’est un groupe d’une trentaine de joyeux drilles qui attaquent un bus aux sabres et aux battes de baseball à Angoulême, qu’on connaissait bêtement pour son festival de la BD alors qu’une semaine Combats de Rues aurait probablement un beau succès. Au passage, c’est la deuxième agression de la sorte en une semaine. L’habitude s’installe. Bientôt, ce sera un rite, une coutume et les Angoumoisins seront heureux de compter ce nouvel enrichissement local.

Là, c’est Mantes qui nous propose son festival d’automne Herbe Qui Rit & Guerre des Gangs dans lequel trente-deux (32 !) jeunes termineront la nuit au poste histoire de débriefer un peu les autorités sur les réjouissances pratiquées. S’il y avait de la musique, j’espère que la SACEM enverra un de ses onctueux inspecteurs collecter les droits.

Bien sûr, il ne faudrait pas oublier les villes où il fait bon vivre dealer, comme Grenoble ou Marseille ou tant d’autres. Là encore, de nouvelles traditions s’installent.

Mais décidément, des gangs qui dealent et guerroient à ciel ouvert, ce n’est pas très bon signe.

Et puis, il y a tout le reste de ces petits faits croustillants qui remontent comme des rognures d’ongle dans une soupe pas très appétissante. Par exemple ces pompiers, agressés parce que prenant trop de temps pour intervenir. L’aspect habituel, très habituel, totalement banal même de ce genre d’agressions les pousse d’ailleurs à réclamer des actions concrètes, comme une escorte policière.

On peut les comprendre puisqu’il ne leur est plus du tout occasionnel d’intervenir sur des lieux d’accident au milieu d’une foule carrément hostile, comme en témoigne cet autre fait divers particulièrement sordide à Villetaneuse, où des témoins d’un accident ont jugé intéressant de dépouiller les victimes avant et pendant la présence des secouristes. L’étape suivante sera sans doute, outre l’escorte policière, de correctement militariser l’intervention des secours, à l’instar des casques bleus sur les théâtres d’opérations militaires ; l’idée n’a rien d’absurde puisqu’on voit déjà apparaître des services d’urgence harnachés de gilet pare-balles.

Mais décidément, un pays où les services de secours ne sont plus en sécurité, ce n’est pas très bon signe.

Et pour rappel, ces éléments rassemblés ici ne sont pas issus d’une recherche mesquine et orientée, qui m’aurait poussé à ne sélectionner que certains types de faits divers. Il s’agit bien de ce qu’on retrouve, en haut de page, un peu partout en France, en l’espace de quelques jours seulement. À raison d’un petit dérapage quotidien du vivrensemble, à raison d’une festivité citoyenne un peu trop vivace tous les deux jours, à raison d’une agression sordide par semaine, on brosse rapidement un tableau d’ensemble d’un sentiment d’insécurité particulièrement prenant qui, décidément, n’est pas très bon signe.

Devant ce tableau, il faudrait être de la plus parfaite mauvaise foi pour s’entêter à dire que la situation s’améliore. Il faudrait aussi faire preuve d’un optimisme d’airain pour croire que le gouvernement et nos dirigeants prennent la mesure du problème, et comprennent que toutes leurs agitations ridicules sur des sujets et dans des domaines complètement périphériques ne font que déforcer l’action de l’État là où il est réellement attendu, le régalien.

Si ces chroniques ne montrent qu’une chose au bout de ces quelques années, c’est que l’État, maintenant présent partout, tout le temps, n’est plus capable de rien nulle part ; qu’affublé de missions chaque jour plus variées, plus futiles et plus dispendieuses, ne remplit plus celles qui lui incombent pourtant au premier chef : assurer l’ordre, effectuer le travail de police et de justice sans lequel un pays ne peut pas fonctionner.

Décidément, ce n’est pas très bon signe.

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Méditation, yoga, « extinction rebellion » et on va tout péter

Par h16

Il fait trop chaud, trop froid, trop humide ou trop sec. Il faut donc absolument agir, intervenir, engager des opérations, faire des trucs, passer à l’action, d’autant plus qu’il n’y a ni doute sur la cause de ces vrais problèmes, ni la moindre incertitude sur les solutions à proposer.

Dès lors, de Sydney à Londres en passant par Le Cap, des militants écologistes ont débuté depuis lundi deux semaines d’ « actions coups de poing » dans le monde, avec envahissement et occupation sauvage de plusieurs centres urbains (dont Paris, Londres, Washington et Berlin). Lancé dans cette semaine d’action qui consiste à tout bloquer (un peu comme s’il avait proposé une course de fond de l’immobilisme), le mouvement Extinction Rebellion entend faire parler de lui (l’extinction n’est pas celle de voix), quitte à bloquer la place du Châtelet et un pont de la Seine à Paris.

Et voilà nos petits militants qui installent leurs tentes éco-conscientes en chanvre tressé au milieu de la place, et, entre une séance de méditation collective et une formation à l’acrobatie yoga (véridique – cf tract ci-contre), qui se proposent de refaire le monde, à coups de poing (comme les actions) s’il le faut, le tout dans la non-violence, cela va de soi.

En France, les choses avaient d’ailleurs commencé par l’occupation ce week-end d’un centre commercial du treizième arrondissement de Paris, occupation qui s’était faite dans le même calme, la même pondération et la même non-violence qu’on voit d’habitude déployée par certains groupes gauchistes en mal d’adrénaline. Ceux qui, à cette occasion, auront vu leur stand détruit se réjouiront de savoir qu’heureusement, tout ceci est pour une bonne cause et que cette vigoureuse non-violence va aider à sauver la planète contre le Chat Spatial Géant Rose.

Si ces préludes et la pousse subite de tentes ridicules au milieu d’une place de la capitale vous rappellent 2016 et ses petits moments pouilleux aux odeurs de foin humide où Nuit De Boue avait tenté l’incruste place de la République à Paris, c’est normal : ce sont, peu ou prou, les mêmes populations qui ont été recyclées pour ce nouveau mouvement « spontané », à savoir des jeunes et moins jeunes tendrement collectivistes, toujours délicieusement attachés à un égalitarisme forcené voire total et toujours ultra-favorables à l’action de l’État pour aller obliger les autres (les riches, les pas écolos, les méchants) à se plier à leur vision du monde. État contre lequel, ironie du sort, ils pleureront des rivières de sel lorsqu’il agira effectivement pour les déloger enfin lorsque l’impact économique, intellectuel et sanitaire de leur occupation sera devenu trop important.

En attendant, comme pour les événements gluants de l’époque, des CRS ont été éparpillés autour des importuns, histoire de s’assurer que la non-violence ne déborde pas trop mais tout le monde comprend que le pouvoir politique, en réalité tendrement acquis aux causes mortifères défendues par les hypocondriaques du climat, n’a pas envie de bouger le moindre petit doigt.

Et alors qu’une telle occupation par des Gilets jaunes aurait inévitablement provoqué la nervosité de nos gouvernants, le montage sauvage de tentes (produites de façon écoresponsable par le grand capitalisme) ou la mise en place de plateformes sonores (alimentées par des groupes diesel bio-syntonisés, au passage) laisse les autorités de marbre.

L’usage du gaz, des grenades et des lances à eau semble largement limité aux individus de la classe moyenne qui réclament moins de taxes. Ce n’est jamais ni pour les babosses pleins de poux, bien trop insolvables, ni pour les bobos enfiévrés arborant Che Guevara sur des t-shirts trop larges dont les connexions avec les instances républicaines sont trop nombreuses, que ce soit au travers des classes jacassantes, ou parce qu’il s’agit, finalement, de la fière progéniture de nos élites aux commandes.

Que voulez-vous, si on peut cogner sans problème sur les contribuables, il n’en va pas de même avec les électeurs. Et comme en France, ces deux catégories se recouvrent de moins en moins, on assiste à ce magnifique « Deux poids, deux mesures » que personne ne veut assumer.

Mieux encore, Extinction Rebellion sert, sur un plateau, les intérêts du gouvernement en donnant les meilleures raisons du monde pour accroître encore les vexations taxatoires et l’autoflagellation stupide que subit le pays pour expier une faute qui n’existe pas.

gifa hystérique écolo

Pourtant, le danger, en laissant faire ces hurluberlus, c’est de cautionner la dérive dramatique à laquelle on assiste concernant l’écologie qui s’était déjà muée en pure hystérie ces derniers mois et qui se dirige, inévitablement, vers la violence la plus dure : Extinction Rebellion, c’est l’étape suivante de l’écologie, un véritable « culte de la mort » comme l’explique fort bien Brendan O’Neill dans un récent article, c’est-à-dire le groupement d’individus (éduqués et bourgeois, ici) nous exhortant à abandonner tout progrès, pour parvenir à des buts parfaitement grotesques (le zéro carbone en une poignée d’années) qui signifient très exactement la fin de toute civilisation et le retour à un moyen-âge largement fantasmé, tout ça pour, je le rappelle, des problèmes incertains dont la cause est pour le moment très mal définie, et les solutions éventuellement efficaces purement putatives.

Et même si ces groupes approximatifs de peacekeepers furieux semblent vaguement amusants pour le moment, il faut comprendre qu’ils ne sont qu’un jalon, de plus, vers toujours plus de contraintes et donc de violence physique et morale. Eh oui, l’écologie collective, on la rêve « non punitive » mais – manque de bol – sauf à contraindre les individus, ça marche moyen : les gens n’aiment pas trop revenir à l’état de nature, c’est-à-dire concrètement au dénuement complet avec fesses à l’air, bronchite chronique et mort en bas âge. Le progrès, on peut largement s’en passer jusqu’à la première rage de dents…

La contrainte n’est pas un dérapage malencontreux mais elle est essentielle à cette écologie-là, cette version radicalisée de principes au départ sains d’une lutte raisonnable contre la pollution, récupérés par les épaves collectivistes à la suite de l’échec trop patent du soviétisme.

Pour le moment, pour des individus comme Hulot ou Royal, il vaut mieux contraindre par la taxe et la fiscalité, là où, pour Extinction Rebellion, il faudra en passer par de la « désobéissance » civile, étape juste avant la distribution de pains dans la gueule moyennement non-violents. Il s’agit ici d’une différence de degré, pas de nature. Au passage, l’État n’aimant pas du tout la concurrence lorsqu’il s’agit de violence, on comprend la réaction instinctive de Royal, qui a bien compris que pour plumer efficacement une oie, il fallait éviter de la faire crier…

Ne vous méprenez pas : avec ces nouvelles actions, l’hystérie écologique a franchi une étape. La prochaine sera probablement l’action ouvertement violente. Enfin, la radicalisation sera totale et la suite, logique, sera celle de l’éco-terrorisme.

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Bruno Le Maire veut la mort de l’automobile française

Par h16

Maintenant qu’une bonne hystérie climatique est installée, il serait vraiment dommage de ne pas en profiter. C’est probablement ce que se sont dit pas mal de politiciens à commencer par les plus étatistes d’entre eux, français et remontés comme des coucous contre le méchant réchauffement. En tête de cortège, on trouve sans mal Bruno Le Maire.

L’homme joue une partition quasiment écrite pour lui : d’un côté, l’État a toujours un besoin pressant d’entrées fiscales dodues pour des dépenses jamais en diminution. De l’autre, l’ambiance générale autour des questions climatiques en général et de la pollution atmosphérique en particulier fournissent un boulevard, que dis-je, une autoroute sans radar démocratique à toutes les lubies taxatoires possibles et imaginables.

Et dans le domaine, les politiciens sont à la fois intarissables et particulièrement créatifs. Certes, les aventures de l’écotaxe aboutirent à une déconvenue temporaire à base de portiques découpés, brûlés et mis bas, mais cela n’a en rien ralenti la production législative pour enfin essorer au maximum chaque contribuable devenu éco-conscient à force d’aspirateur fiscal.

C’est donc sans surprise qu’on a découvert, il y a quelques jours, les nouvelles dispositions qu’entend mettre en place l’actuel ministre de ce qui reste d’Économie en France : dans un entretien accordé au Grand Jury LCI RTL Le Figaro, il a confirmé l’augmentation du malus auto dès le premier janvier prochain, afin, selon lui, de lutter contre les véhicules les plus polluants…

Partant de ce principe, le malus-auto se déclenchera dès lors que le moteur émettra 110 grammes de CO2 par kilomètre (au lieu de 117 actuellement), et le coût de ce malus augmentera bien sûr, soit-disant « pour les véhicules les plus polluants » (c’est-à-dire les véhicules anciens, ce qui n’est pas la même chose mais ne rentrons pas dans les détails qui dévoileraient la supercherie). Grâce à un exemple habilement choisi, Bruno Le Maire entend faire passer la pilule comme une sorte de mesure de rétorsion contre les gros véhicule « pollueurs » : pour un véhicule tout terrain qui dégagerait 140 grammes de CO2/km, la taxe passera de 690 euros actuellement à 1901 euros.

Dans cette histoire, il faut bien comprendre que le pauvre Bruno est un simple accessoire un peu creux d’intérêts plus grands et plus lourds que lui, essentiellement électoralistes, qui visent à aspirer les voix écologistes vers la nébuleuse macroniste, et rien d’autre.

Aucune cohérence d’ensemble n’est recherchée : peu importe que ces dispositions poussent tous les jours un peu plus l’obsolescence administrative de véhicules pourtant tout à fait opérationnels, en se basant sur une mesure idiote (le taux de CO2), ce dioxyde de carbone n’étant pas un polluant, et dans un but grotesque surtout lorsqu’on se rappelle qu’on se trouve en France…

France qui vient d’être secouée par une crise sociale majeure, celle des Gilets Jaunes, déclenchée par des assauts multiples et inouïs sur le pouvoir d’achat des classes moyennes au travers de taxes iniques sur le carburant. France qui est un pays dont la production de CO2 par habitant est l’un des plus faible du monde. France dans laquelle une minorité réclame des mesures concrètes et palpables contre le méchant réchauffement climatique, mais dans laquelle l’État n’est qu’un être pusillanime lorsqu’il s’agit de faire autre chose que la guerre ou exercer la violence, et qui ne peut guère que proposer de taxer et interdire.

Dans ce contexte, les options sont limitées pour tout individu dont le cerveau n’a jamais été équipé que d’un gros marteau et qui ne voit donc tous les problèmes que comme des clous sur lesquels il faut taper avec acharnement, la voiture étant le dernier clou en date.

En relançant le bastringue du malus automobile, Bruno Le Maire croit envoyer un message écologique. Il n’en est rien (l’impact de la France dans la production de CO2 dans le monde est parfaitement négligeable, représentant moins de 1% des émissions humaines, qui représentent en tout elles-mêmes moins de 5% du CO2 atmosphérique, lui-même ne représentant que 0.04% de l’atmosphère, comme l’illustre le petit graphique suivant, à l’échelle, dans lequel 1 point représente le CO2 humain produit en France).

Non, vraiment, Bruno Le Maire lance ici un message bien clair, le seul qu’un petit commis de l’État sans imagination est capable de pondre : c’est un message de violence et de guerre.

De la violence, en effet, celle qui consiste à tabasser de taxes les plus pauvres et les plus faibles d’entre nous, ceux qui ne pourront pas se passer de voiture et qui paieront donc, chèrement, pour ce privilège d’être à l’écart des transports en commun et des centres villes où Bruno Le Maire se pavane facilement.

Et la guerre, sans doute, celle qui consistera à bouter les voitures hors du territoire, et donc, inévitablement, les constructeurs de ces engins climato-agressifs.

En fait, ce que Le Maire déclare ici, c’est ni plus ni moins que la mise à mort de l’industrie automobile française qui continue de ployer sous les freins que lui et ses sbires s’emploient à placer partout où ils passent.

Ce que Le Maire veut ici, c’est mettre enfin au chômage les milliers d’individus qui vivent de l’automobile et des centaines d’activités qui tournent autour. C’est fort malin, tant la France n’a pas assez de chômeurs.

Ce que Le Maire explique ici, c’est que les ploucs de campagne n’ont pas les mêmes droits que les bobos des villes. C’est drôlement futé, pour une France dont la classe moyenne pète dans la soie et l’opulence.

Peu importe ici la situation pourtant enviable de la France en matière de production carbonée : nous devons tous expier de cette faute impardonnable d’avoir décimé les ours polaires, fait disparaître Tuvalu et Venise sous les eaux et d’avoir affamé toujours plus de monde.

Cependant, après ces beaux discours et ces belles taxations supplémentaires, le petit Bruno risque d’avoir plusieurs problèmes à gérer.

Les chômeurs que ses gesticulations provoquent viendront grossir les mauvaises statistiques et n’apporteront plus la richesse dont la Nation a besoin. Ils viendront aussi s’ajouter aux mécontents déjà fort nombreux des politiques menées dans le pays sur les dernières décennies. Parions que Le Maire ne s’en souciera pas vraiment, mais cela n’empêchera pas le ressentiment à son égard de grandir.

Politiquement, cette impopularité se mariera mal avec l’approche des municipales ou toute augmentation inopinée du prix du pétrole par exemple, qu’une crise (au Moyen-Orient, boursière ou autre, pourrait déclencher).

Après le premier janvier prochain, quelques petits retours de manivelles sont donc possibles.

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La France et ses administrations criminelles

Par h16

On peut, légitimement, se demander combien de drames il faudra pour que les Français parviennent à une conclusion pourtant simple mais qu’il leur semble culturellement impossible à atteindre : les administrations de l’État français sont criminelles et plus elles sont nombreuses, plus elles ont de pouvoir, plus les dégâts qu’elles provoquent sont importants.

Pourtant, les faits sont têtus et, pour qui se donne la peine de regarder, de plus en plus nombreux. Les derniers jours qui viennent de s’écouler donnent même un pénible aperçu de la tendance générale à la multiplication des cafouillages administratifs qui se terminent par rien moins que des morts d’innocents…

Ainsi, il devient difficile de camoufler le rôle prépondérant de l’administration de l’Éducation nationale dans les suicides, de plus en plus nombreux, d’enseignants soumis à des pressions hiérarchiques, à un environnement de travail de plus en plus dégradé, à la multiplication d’ordres paradoxaux de supérieurs qui veulent à la fois des résultats (ce qui imposerait par exemple une certaine discipline au sein des établissements) et à la fois le minimum de frictions tant avec les rectorats qu’avec les parents d’élèves (ce qui oblige à tant de concessions qu’aucune discipline ne peut plus être mise en place).

J’en veux pour preuve le récent suicide de Christine Renon, une directrice de maternelle, qui s’est suicidée dans le hall de son école de Pantin en Seine-Saint-Denis : le silence épais, compact et gêné de l’institution scolaire, de son ministre et du gouvernement ne changent rien au constat sans équivoque que la victime dresse dans sa lettre de suicide où elle explique être seule face aux problèmes, parfois graves, qui lui sont posés et que l’administration, derrière elle, fera tout pour ignorer en abusant de la doctrine maintenant célèbre du « Pas De Vague »…

« Je n’ai pas confiance au soutien et à la protection que devrait nous apporter notre institution. (…) La cellule de crise, quelle blague ! L’idée est de ne pas faire de vague et de sacrifier les naufragés dans la tempête ! Pourvu que la presse ne s’en mêle pas ! »

Cet exemple, qui n’est connu que parce qu’il fut plus médiatisé que d’autres, pourtant concomitants, a marqué les esprits au point de déclencher un mouvement d’humeur de la part du corps enseignant, excédé de l’absence totale et parfaite de toute réaction et prise de conscience de leur administration et du ministre à sa tête.

Et tant qu’à parler de suicidé dont l’Éducation nationale est directement responsable, comment oublier le cas, sordide et révoltant, de cet instituteur qui s’est suicidé après des accusations portées contre un homonyme dont la lettre de suspension avait été envoyée au mauvais destinataire, parce que quelqu’un, dans cette magnifique administration, avait fait une erreur de copier-coller ?

Malheureusement, ce qui est vrai pour l’Éducation nationale l’est aussi dans bien d’autres administrations.

Devra-t-on revenir en détail sur les nombreux manquements de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) qui ont abouti à l’embrasement de la cathédrale Notre-Dame-De-Paris, comme le pointait le Canard Enchaîné il y a quelques mois ? Certes, il n’y a miraculeusement pas eu mort d’hommes dans cette catastrophe là, mais le puissant symbole de ce joyau en feu, lié à l’incompétence et la désinvolture d’une administration ne peut laisser de marbre.

L’inaction et l’incompétence d’une administration, l’incompétence et les inactions d’une autre ont déjà coûté fort cher à la France.

C’est, malheureusement, routinier dans le pays : il suffit de chercher pour découvrir que ces cas ne sont que les quelques uns que l’écume des jours retient, partie émergée d’un iceberg qui devient chaque mois plus énorme, plus sombre, plus effroyable.

Pendant que les administrations scolaires ou culturelles broient des individus et des monuments avec une décontraction typique du Léviathan, l’incompétence et la désinvolture s’étendent jusque dans les urgences hospitalières, consciencieusement désorganisées et sabotées par des années de laxisme, de paperasserie maintenant meurtrière, et de politique de distribution prodigue de l’argent, du temps et des compétences des autres, à tel point qu’il n’est plus rare d’apprendre que des gens en condition critique mais parfaitement traitable décèdent par abandon, oubli ou série de choix idiots. Tous ne meurent pas, mais tous sont frappés, à tel point que les urgentistes, bien conscients de l’empilement d’incompétences dans leur administration de tutelle – comme les enseignants pour la leur, du reste – enchaînent grèves, arrêts maladie et protestations.

Pour les uns comme pour les autres, il faut cependant bien comprendre que l’État et ses administrations ne sont pas simplement un des facteurs dans ces tristes événements, dans le délitement qu’on observe et, surtout, dans les cadavres qui s’empilent morbidement à mesure que les malaises et les problèmes s’étendent. Non, ici, ces administrations et l’État sont à la fois le contexte et l’agent indispensable sans lesquels ces drames ne seraient jamais advenus.

Comment ne pas voir que ce sont bien dans ces administrations d’État que le taux de suicide grimpe dangereusement ? Peut-on encore penser à une simple coïncidence, à un malaise passager lorsqu’on lit, toutes les semaines, le décompte morbide des suicides de policiers et de gendarmes ? Il y a un an, je constatais que, chez ces derniers, ça ne respirait pas trop la joie de vivre. La situation ne s’est pas vraiment améliorée, au contraire même puisqu’ils en sont arrivés au même point que les autres professions déjà évoquées dans ce billet : des marches, des protestations, une tentative supplémentaire de juguler la bête bureaucratique qui enfouit les individus dans ses démarches ubuesques, paradoxales et contre-productives au moment même où tout le pays a précisément besoin du contraire…

Pire que tout : non seulement ces administrations ne font plus leur travail correctement (l’éducation française n’est plus que l’ombre d’elle-même, l’hôpital français devient un mouroir dangereux, sous-approvisionné en médicaments et surperformant en matière de procédures et de cerfas idiots, la sécurité du territoire n’est plus qu’une vaste blague), mais ces administrations sont, de surcroît, dans la phase la plus délétère de directement produire des éléments toxiques pour le reste de la société : difficile de trouver meilleure illustration de la faillite complète du tout-État français, du délire d’intervention tous azimuts, que cette administration de police qui en vient à offrir un travail de surveillance des islamistes radicalisés à … un islamiste radicalisé, qui parvient même à lui accorder une habilitation secret-défense, qui ne sait même plus gérer en interne les signes pourtant nombreux d’un problème à venir, et qui, lorsque le drame survient, patauge dans les tentatives d’explications stupides pour, au mieux, camoufler son aveuglement, au pire, sa complète incompétence.

Ce dernier drame occupe maintenant les médias et les politiciens qui font des efforts assez amusants à regarder pour n’aboutir à aucune conclusion d’aucune sorte alors que tout le monde comprend sans mal que ces victimes viendront s’ajouter aussi bien à celles des précédents dérapages malencontreux de couteaux déséquilibrés et autres voitures folles qu’à celles directement issues des ratages et autres merdoiements intenses de tout l’appareil d’État…

Il faut pourtant se rendre à l’évidence : l’État français a maintenant dépassé le stade où ses administrations incompétentes causaient simplement du tracas à ses citoyens. Par leur incompétence, leur inaction et leur bureaucratie délirante, ces administrations sont maintenant criminelles.

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[Redite] #PasDeVague : du calme, tout est perdu.

Par h16

Article initialement paru le 24.10.2018

À l’école, les élèves apprennent (parfois) de jolis mots, de gros mots (souvent) et ce qu’il leur faudra peut-être pour faire un citoyen à la fois conscientisé, écofestif et pas trop casse-couille lorsqu’il remplit ses cerfas pour toucher son allocation chômage. Parallèlement, le professeur apprendra lui des maux, divers, variés et répétitifs : ceux que lui imposent, de façon directe autant qu’indirecte, une hiérarchie et une administration devenue complètement aveugle et sourde aux plaintes de la base.

Il y a un an, je découvrais le mouvement #PasDeVague, pendant logique de l’absence de toute politique ferme de remise en état de marche d’une administration éducative complètement éparpillée dans son nombrilisme obsessionnel et ses politiques périplaquistes forcenées : la violence à l’école ne cessant d’augmenter, le malaise du corps enseignant ne fait qu’augmenter.

Un an après ce billet, qui faisait lui-même déjà un bilan de quatre années de dégradation depuis 2014 où différentes enquêtes dressaient déjà un bilan calamiteux, la situation s’est encore nettement détériorée à tel point que le sujet de « violence à l’école » est devenu trop vaste tant il recouvre d’aspects tous plus hideux les uns que les autres : violence entre les élèves, violence sur le corps professoral par les élèves, violence sur l’administration, violence sur les familles et violence de la part des familles, tous les éléments sont réunis pour que la différence entre le milieu carcéral et l’école soit la plus ténue possible, en défaveur de l’école à mesure qu’on envisage sérieusement de remettre de l’ordre dans les prisons plutôt que dans les classes…

La polémique mélanchonesque de la semaine dernière passée, il n’a pas fallu longtemps pour qu’une autre, un chouia plus musclée, la remplace : cette semaine, c’est le retour du problème discret (mais persistant) de la violence à l’école, assorti, modernité oblige, d’un petit hashtag des familles, #PasDeVague, qui déclenche déjà quelques petits boutons dans l’administration nationale et au-delà…

Il semble en effet que, cette fois-ci, il sera plus compliqué de repousser sous le tapis les exactions de certains élèves dans leurs établissements scolaires : il y a quelques jours apparaît sur les réseaux sociaux la vidéo sans équivoque d’un élève braquant sa professeur avec un pistolet tout en lui intimant l’ordre de le marquer présent sur un relevé de présence. Cette vidéo, impossible à camoufler, aura rapidement fait parler d’elle, au point de déclencher une vague de témoignages, disponibles sous le fameux hashtag #pasdevague, tous plus glaçants les uns que les autres sur la situation réelle de l’Education Nationale dans certains quartiers.

Bien évidemment, la République du Bisounoursland est en émoi : une telle situation ne peut être tolérée !

Pourtant, ces témoignages qui s’empilent ne font que rejoindre les autres, déjà fort nombreux, qui s’entassaient déjà depuis des années. En 2014, j’écrivais à ce sujet une petite recension de problèmes épars découverts dans une presse un peu blasée.

Depuis, la situation ne s’est évidemment pas améliorée et s’est même largement dégradée à mesure que nos politiciens, toujours affûtés comme du beurre chaud, se sont occupés d’y mettre leurs gros doigts boudinés ; il suffira pour s’en convaincre de relire les prouesses de deux députés LREM – dont l’inénarrable Aurore Bergé – dans le domaine du pédagogisme olympique fumoïde.

En pratique, depuis la réforme du collège unique puis celle favorisant la montée en puissance des pédagogos au sein d’IUFM taillés sur mesure pour leur idéologie consternante, le niveau général d’instruction du pays n’a pas cessé de chuter, à mesure que l’école s’est transformée progressivement en garde-chiourme dont la transmission du savoir est devenu un objectif parfaitement annexe, optionnel et (au mieux) vaguement souhaitable.

Pire encore : certains quartiers émotifs sensibles pouvaient encore bénéficier, il y a une ou deux décennies, d’établissements où des professeurs rodés aux particularités locales faisaient régner un minimum d’ordre et pouvaient donc réellement instruire une bonne partie des élèves présents. Malheureusement, l’âge et la retraite aidant, ces derniers représentants de l’ordre républicain s’en sont allés, laissant la place aux tous nouveaux, tous beaux, fraîchement (dé)formés qui, jetés dans des conditions de travail qu’on qualifiera pudiquement de difficiles, finissent ou bien par démissionner, ou bien se taisent en attendant leur mutation la plus rapide possible, laissant leur place à une nouvelle fournée de chair à canon professoral.

Forcément, la situation se dégrade donc, et on ne parle plus, depuis un moment, d’un petit chahut gênant ou d’indiscipline potache. On parle plutôt de trafics (de drogue, d’arme), de vols (avec violence, si possible) en bande organisée éventuellement, de viols ou d’attouchements sexuels, d’insultes (bien sûr), de coups et blessures (sur les petits camarades et sur le corps enseignant), de rodéos automobiles avec les voitures des profs, de séquestrations, d’intimidation et menaces, de harcèlement de la part tant de ces « élèves » que de la hiérarchie (et s’il n’est que psychologique pour cette dernière, c’est un moindre mal).

Rien de tout ceci ne peut se ranger dans un simple délit ou dans ces petits actes gênants qu’un simple rappel à la loi suffirait à « canaliser ». Pourtant, on n’en entend parler (dans la presse, sur les réseaux sociaux) que de façon extrêmement épisodique. En réalité, personne ne veut entendre, encore moins écouter. Ni les élèves, ni leurs parents, ni les profs, ni leur hiérarchie, ni les politiciens, ni même les journalistes ne veulent prendre le problème à bras le corps tant on soupçonne qu’il va mettre à mal le vivrensemble et les images républicaines roses et pastels qu’on s’est employées à produire depuis 40 ans.

Gun Free Zone

Pourtant, on sait expliquer cette situation catastrophique : la carte scolaire a amplement contribué à la ghettoïsation de certains établissements. L’obligation forcenée et irréaliste de scolarité, parée de la belle (mais fausse) idée républicaine d’éducation gratuite pour tous, aboutit à trimbaler des voyous et des racailles de classes en classes qui pourrissent la vie des autres élèves et des profs. Il n’y a pas d’expulsion possible, mais juste un jeu de chaises musicales. Pire, on préfère garder le plus longtemps possible les racailles d’un établissement par crainte, une fois celles-ci finalement virées, de les voir remplacées par des racailles pires encore venant d’autres établissements.

À ceci s’ajoute l’indigence de la Justice qui permet d’avoir en classe des élèves avec des bracelets électroniques, en liberté conditionnelle, qui ont déjà des casiers pour braquage, pour viol, dans une classe avec des élèves qui voudraient s’en sortir. Dans ce contexte, est-il utile de rappeler que les profs ne sont pas (et n’ont jamais eu vocation) à être des gardiens de prison ou des assistants sociaux, ce qu’ils deviennent pourtant au bout de quelques semaines dans la jungle que sont devenus certains établissements ?

Du reste, pourquoi ces enseignants se taisent-ils, eux qui sont d’habitude si prompts à manifester ?

Parce qu’autant la hiérarchie, les syndicats et les associations diverses et variées gravitant autour des parents, des élèves et des enseignants sont actifs lorsqu’il s’agira de défiler dans les rues pour faire opposition au gouvernement ou réclamer plus de moyens, autant plus personne ne fera corps lorsqu’il s’agira de lever le tapis sur la poussière dégueulasse accumulée depuis des décennies.

Lorsqu’on lit ou qu’on entend sur les médias qu’a été aboli depuis 10 ans le règne du « Pas De Vague », qui consiste à étouffer toute affaire au niveau de chaque établissement, à ne jamais déposer plainte, à ne faire remonter aucun incident à la hiérarchie, à taire les exactions, on ne peut s’empêcher de pouffer tant le fil tweeter indique clairement le contraire. Tant de mythomanie chez les profs, cela peut inquiéter.

Lorsque l’actuel ministre Blanquer explique qu’il soutiendra les enseignants dans la tourmente, cela semble aller à l’encontre du témoignage de plusieurs d’entre eux qui l’ont eu lorsqu’il était lui-même recteur de l’Académie de Créteil. Encore des profs mythomanes, sans doute.

Le « Pas De Vague » existe bel et bien. Il est d’application quotidienne, partout dans les établissement scolaires (et au-delà, bien évidemment), et s’explique fort bien :

« Des proviseurs ne veulent pas que des affaires viennent entacher leur image et celle de l’établissement, lâche Yann, prof dans le Nord. Donc, ils l’étouffent. »

Eh oui, rendons-nous à l’évidence : il n’y aura aucune remise en question.

Le hashtag fera parler de lui, mais ne risque pas de déclencher la moindre prise de conscience. D’ailleurs, les chiens de garde de la République du Tais-toi sont déjà En Marche, depuis les ministres (Jean-Mimi préconise d’interdire les portables – pas de preuves d’exactions, pas d’exactions tout court, j’imagine – Mahjoubi, l’inutile appendice au Numérique, trouve que tout ceci démontre surtout la violence des réseaux sociaux, etc.), jusqu’aux journalistes (forcément engagés) qui ne voient bien sûr qu’un gros populisme gras dans ce méchant hashtag. Pour avoir rapporté le réel sans fard, les accusations de « fachos » viendront plus tard, ne vous inquiétez pas.

Quant aux parents (commodément interrogés par les journalistes jamais en retard d’une veulerie), l’éducation de leurs rejetons ne les concerne pas puisque c’est la version Nationale qui s’en occupe (c’est marqué dessus). Le résultat ne semble pas les effrayer. Totalement déresponsabilisés, ils laissent donc leurs aimables lardons foutre un bordel sans nom dans la classe. De toute façon, pour le parent moyen, biberonné à l’État depuis ses années sur les bancs de l’école, l’institution doit gérer ces impondérables, et puis c’est tout.

Aucun doute : la hiérarchie sait, le gouvernement est au courant, les autorités n’ignorent rien. Mais n’en ont cure.

Électoralement, faire quelque chose est coûteux et risqué, alors que la technique #PasDeVague employée jusqu’à présent a fonctionné à merveille (de toute façon, Macron est trop fatigué et il risque surtout de passer en mode Hollande).

Il est donc urgent de laisser la tension retomber, de passer à autre chose et surtout, pas de vague.

Non. Sérieusement. Rendormez-vous. Certes, il y a parfois des petites violences à l’école. Certes, parfois, des racailles élèves apprenants y volent, violent, tabassent, menacent ou foutent un bordel sans nom. Mais ces petits débordements sont le prix à payer pour une société pacifiée, une France apaisée et une République, une, indivisible et tournée vers les concours de prout.

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Ces réformes qui terminent en gouffres financiers inutiles

Par h16

En France, la politique est cette pratique sportive qui consiste à agiter énormément les membres supérieurs, les labiales et les maxillaires pour faire croire à une action concrète, tout en poussant discrètement l’une ou l’autre idée dont l’impact sera, au mieux, à peu près nul ou, au pire, suffisamment catastrophique pour alourdir encore un peu plus les finances publiques. Et tout le monde s’en fiche. Mais parfois, des petits malins arrêtent de battre des bras et, frappés d’une lucidité fugace, cherchent alors à connaître le bilan des agitations précédentes.

Et là, c’est le drame.

Récemment, ce sont deux (oui, deux) initiatives gouvernementales qui ont eu l’incroyable privilège d’être enfin confrontées à leur bilan. Rassurez-vous cependant : nous sommes en France et ce n’est pas parce que, tous comptes faits, les bilans en question sont mauvais (voire carrément désastreux) qu’une décision de repli stratégique ou qu’une tentative d’en tirer un enseignement quelconque seront prises. Non, décidément, ce n’est pas parce qu’une, deux, dix-huit ou des centaines d’erreurs coûteuses ont été commises qu’il faudrait profiter de ce bilan pour tenter de les corriger.

Néanmoins, saluons l’effort qui fut fait dans notre timide presse nationale pour évoquer rapidement ces deux sujets douloureux, avant de s’attarder lourdement aux oraisons funèbres d’un ancien locataire de l’Elysée (d’autant plus lourdement qu’une autre catastrophe, industrielle celle-ci, venait gâcher la fête noircir le tableau agacer les rédactions).

Ainsi donc, on découvrait une étude indépendante semblant montrer de façon peu ambiguë que l’instauration des limitations de vitesses à 80km/h sur certaines départementales auraient eu un impact beaucoup plus faible que prévu.

Alors que les membres du gouvernement fanfaronnaient sur les plateaux télé en affirmant que la mesure, assez mal accueillie des Français, avait pourtant permis de sauver plus de 200 vies entre juillet 2018 et juin de cette année, le rapport du Comité indépendant d’évaluation (CIE) n’en trouve, lui, que 39. Si ces 39 vies sont évidemment une vraie bénédiction pour ceux qu’elles concernent directement, on est cependant bien loin des chiffres gouvernementaux, ce qui s’expliquerait par une méthode assez différente de prise en compte des morts et des blessés.

Au-delà de l’inévitable bataille sur ces chiffres que beaucoup, au gouvernement, contesteront sans doute, d’autres aspects sont évoqués dans le rapport qu’il sera plus compliqué de contester aussi : pour le Comité, ces nouvelles limitations entraînent perte de temps et difficultés supplémentaires de circulation dont la facture totale tournerait à présent autour de 2,65 milliards d’euros.

Dans un pays qui sort de plusieurs mois de troubles intestins, à la dette galopante, aux déficits budgétaires chroniques et dont les contribuables sont particulièrement mis à contribution, que ce soit via les impôts ou via les pompes à essence, voilà un calcul qui devrait interpeller et, en temps normal, déclencher quelques crises d’urticaire chez ceux qui paient.

Mais, comme je le disais précédemment, on est en France et ce genre de constat n’entraîne au mieux qu’un petit haussement d’épaule désabusé.

Épaules qui seront à nouveau haussées lorsqu’on prend connaissance d’un nouveau rapport de la Cour des comptes, cette fois sur la réforme territoriale qui a amené la refonte des régions sous le quinquennat Hollande, amenant leur nombre en métropole de 22 à 12.

Là encore, le bilan est désastreux : cette fusion de régions se traduit essentiellement par un immense gâchis, avec à la clé un surcoût en matière de dépenses de personnel et une vaste reconduction des (mauvais) modes de gestion existants.

Ainsi, alors que le but affiché de la réforme était une économie chiffrée par le secrétaire d’État à la Réforme territoriale de l’époque, André Vallini, à 10 milliards d’euros à moyen terme, il apparaît à présent que cette réforme loupe complètement son objectif. Pour les magistrats de la Cour,

« Les gains d’efficience visés par ces réformes restent aujourd’hui limités en raison de la reconduction, dans la majorité des cas, des modes de gestion préexistants. Au contraire, des surcoûts sont identifiés, notamment en termes de rémunération des personnels administratifs et d’indemnités des élus. »

Multiplication des sites au lieu de concentration, doublons qui n’ont pas été éliminés, frais de structures supplémentaires, le bilan est désastreux et tout indique que les efforts qui auraient dû être menés pour réduire les infrastructures et les personnels n’ont pas été faits. Au contraire, les dépenses de personnel ont fortement augmenté :

«Globalement, en l’absence d’une politique volontariste de réduction des effectifs, en 2021 les dépenses annuelles supplémentaires en matière de régime indemnitaire des régions fusionnées représenteront entre 49,35 millions d’euros et 53,35 millions d’euros par rapport à la situation de 2016»

En somme, une réforme que personne ne réclamait, qui a été propulsée n’importe comment par n’importe qui François Hollande alors qu’on pouvait fort bien s’en passer a abouti, à la surprise générale, à une énième gabegie et l’inverse de l’effet recherché.

Cependant, le point important de ces deux exemples n’est même pas le bilan franchement mauvais qu’on commence tout juste à déceler, mais bien le fait, indéniable, que la misérable foirade était prévisible dans les deux cas dès le départ ; avant même que ces deux modifications ne soient effectives sur le terrain, on savait que les résultats ne seraient pas au rendez-vous et que des sommes colossales d’argent du contribuables partiraient au drain.

Comme pour la route solaire dont l’échec était prévisible, prévu et inéluctable, l’instauration du 80km/h et la « réforme » des régions étaient tous les deux voués à l’échec coûteux.

J’en veux pour preuve les nombreux articles qui ont émaillé la chronique, tant du côté de ces limitations de vitesse contre-productives et environnementalement idiotes, que pour cette pseudo-réforme territoriale menée n’importe comment, dont on savait dès sa mise sur la table qu’elle serait de plus en plus coûteuse.

Mais peu importe les trajectoires catastrophiques et l’échec certain : l’une et l’autre mesures furent prises et mises en place, démontrant à qui en aurait encore besoin ce que l’Etat français est réellement capable de faire : à peu près rien de bien, obtenir son contraire et le tout pour une facture totale absolument démente.

Devant ce constat, il serait grand temps que nos gouvernants arrêtent enfin de faire. Transformant tout ce qu’ils touchent en déficits, dettes et autres catastrophes, il devient urgent de s’assurer que leurs idées restent confortablement installées au chaud dans leurs têtes où elles ne manqueront jamais d’espace pour s’égayer et que jamais elles ne deviennent réalité tant cela se traduit systématiquement par des dérapages aussi prévisibles que coûteux.

En outre, il est plus que temps de noter qu’on évalue toujours les politiciens aux intentions mais jamais à leurs résultats.

C’est très regrettable.

S’il venait au peuple la fantaisie de le faire, à peu près la totalité de ces politiciens seraient démis de leurs fonctions et satellisés en orbite géostationnaire à coup de pied au derche tant leurs résultats démontrent leur manque chronique de courage, de compétence, de lucidité et de responsabilité.

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Google contourne habilement l’article 11. Les politiciens, hébétés, fulminent.

Par h16

Lorsqu’on prévient que tout va mal se passer, on est forcément désolé de constater que tout se passe comme prévu, c’est-à-dire mal. C’est exactement ce qui se déroule avec l’intervention massive des pouvoirs publics dans le domaine de l’Internet.

Cet interventionnisme débridé s’est traduit, ces dernières années, par la mise en place d’un règlement (le RGPD) et d’une directive, dite Copyright.

J’avais ainsi, dans de précédents articles, détaillé la mise en place de ce règlement au départ destiné à protéger les petits internautes, bipèdes un peu idiots que seules les administrations semblaient capables de protéger des entreprises turbocapitalistes ultralibérales assoiffées de leurs données personnelles, et j’avais correctement noté que ces mesures aboutiraient fort probablement à une palanquée d’effets pervers imprévus. C’est sans surprise qu’on découvrait ensuite que ce règlement avait essentiellement défavorisé les petites entreprises et largement favorisé les grosses.

Soit exactement l’effet inverse de celui recherché.

De la même façon, j’avais noté que les agitations incontrôlées du législateur dans le monde de l’internet, poussé aux fesses par les indéboulonnables lobbys des sociétés de droit d’auteur diverses et variées, aboutiraient plus que sûrement à des effets de bords désastreux lorsque fut introduit la directive européenne sur la gestion du droit d’auteur dans le monde numérique. Pour rappel, cette directive prétendait apporter une solution législative soi-disant opérationnelle d’encadrement des usages des biens numériques au regard du droit d’auteur, depuis les citations de presse jusqu’aux liens de page en page, en passant par les mèmes rigolos.

Là encore, sans la moindre surprise, on découvrit assez rapidement que les grosses entreprises s’adaptèrent rapidement à la nouvelle donne, au détriment des moins agiles et des plus petites qui, elles, durent soit changer de modèle économique, soit périr discrètement dans l’indifférence des médias. Parallèlement et là encore, en accord avec ce que les experts avaient clairement annoncé sans jamais avoir été entendus, différentes affaires s’accumulaient montrant les dérives rapides et inévitables que cette directive entraînait : mise en place de filtres massifs sur différents supports, montée en puissance d’une censure a priori – rebaptisée filtrage pour faire passer la pilule…

Bref, l’internet, par le truchement d’une nouvelle bordée de lois mal boutiquées et contre-productives, poussées par les intérêts bien compris d’un ancien monde arc-bouté sur ses privilèges poussiéreux, prenait encore une fois un tournant détestable vers davantage de concentration, de connivence et moins de liberté.

C’est dans ce contexte déjà relativement agité qu’on apprend récemment que Google vient de changer la façon dont seront indexés et représentés les articles de presse dans son portail thématique.

Dès janvier, en réponse à la mise en place de cette nouvelle directive, Google avait clairement annoncé réfléchir à la possibilité de mettre fin, purement et simplement, à l’indexation des sites de presse pour éviter de tomber sous le coup de la loi qui lui imposait notamment une rémunération de ces sites en fonction du trafic ainsi généré.

Depuis, la transposition de la directive a progressé puisque son application dans le droit français pointe le bout de son nez : fin octobre, la France sera l’un des premiers pays à avoir transposé cette directive dans son droit et aura donc le plaisir de goûter, enfin, à la rémunération des sites de presse par Google à chaque fois que ce dernier en fait des citations.

Sauf qu’évidemment, Google n’entend certainement pas larguer des millions d’euros pour un service qu’il offrait gratuitement jusqu’à présent et permettait à cette presse de faire connaître sa production qui, bien qu’indigente, bourrée de fautes d’orthographes et de nouvelles pour la plupart lourdement biaisées, disposait ainsi d’une large publicité et d’une audience qu’elle ne méritait clairement pas, le tout, gratuitement jusqu’à présent.

Dès lors, pour éviter toute rémunération des éditeurs de presse, Google cessera d’afficher les extraits d’articles et les photos dans ses résultats concernant l’actualité. L’affaire, expliquée dans un billet de blog du vice-président de Google News, ne laisse aucun doute :

Lorsque la loi française entrera en vigueur, nous n’afficherons plus d’aperçu du contenu en France pour les éditeurs de presse européens, sauf si l’éditeur a fait les démarches pour nous indiquer que c’est son souhait.

Sapristi, voilà qui va quelque peu modifier la donne : par défaut, si l’éditeur souhaite avoir ses articles, ses vignettes et ses extraits référencés, il faudra qu’il le fasse savoir auprès de Google, ce qui veut dire par la suite que toute idée de rémunération supplémentaire de la part de Google sera à abandonner pour cet éditeur (ou parions que, même forcé, Google facturera alors, pour ce service de présentation, le montant exact de la rémunération qu’aurait souhaité l’éditeur de presse, annulant l’effort législatif entrepris).

Autrement dit, si aucun éditeur ne souhaite apparaître dans les nouvelles présentées par Google, la page Google News promet d’être un peu terne, seulement remplie de liens sans résumés. Heureusement, tous les éditeurs qui ne vivent que par le trafic et les gains publicitaires générés par celui-ci auront tout intérêt à accepter la nouvelle donne. Les autres éditeurs, minoritaires, verront plus probablement leur audience s’étioler. Quelques semaines après l’entrée en force de cette nouvelle loi, on peut donc parier à un retour (peu ou prou) à l’état actuel.

En attendant et devant la nouvelle stratégie de Google, à la fois légale et terriblement illustrative de l’imbécillité des législateurs incapables de comprendre les enjeux économiques réels, la réaction des politicards ne s’est pas faite attendre : Frank Riester, actuelle excuse placée à la tête du Ministère de la Culture, a ainsi expliqué sur Twitter que, je cite, « la définition unilatérale des règles du jeu est contraire à la fois à l’esprit de la directive et à son texte. »

Très très chiffonné, le pauvre petit Frank a donc courageusement décidé de s’entretenir prochainement avec ses homologues européens, parce que, scrogneugneu, cette situation ne peut pas durer. Il faut faire quelque chose, voyons, c’est obligé, n’est-ce pas, non mais des fois et puis bon, hein, mffppfmmf.

On se demande bien comment notre ministre va, concrètement, obliger une société privée à faire de gros cadeaux publicitaires à des sites de presse et les rémunérer de surcroît. Le spectacle de sa déconfiture promet d’être amusant.

Ouf, Frank Riester n'a pas tout misé sur la politique

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Il n’y a pas assez de femmes scientifiques car les jouets sont sexistes.

Par h16

Certes, il est maintenant possible de mettre dès trois ans votre enfant à l’école maternelle. Mais avant cela, il s’écoule tout de même plus de mille jours pendant lesquels votre progéniture échappe totalement aux bons soins de l’État. Heureusement, Emmanuel Macron, le président de tous les Français, y compris des petits lardons de moins de trois ans, a bien compris le problème et entend donc y remédier.

Pour lui, c’est clair : il faut absolument agir le plus tôt possible, avant même la naissance et dès la conception s’il le faut, pour enfin donner à tous les mêmes chances, c’est-à-dire les mêmes probabilités d’être consciencieusement broyé dans l’un ou l’autre rouage idiot d’une administration aveugle et impitoyable.

Le constat est sinon implacable, au moins logique : qui, mieux que l’État peut s’occuper si bien des enfants, même en bas-âge ? Après tout, parce que l’État s’occupe déjà si bien des enfants plus âgés, des adolescents, des adultes, parce que les handicapés, les personnes âgées, les chômeurs et les réfugiés peuvent déjà lui dire merci chaleureusement, il semble normal que les bambins soient les prochains sur la liste à passer au hachoir festif et au broyage administratif à coups de cerfas rigolos, ne trouvez-vous pas ?

Vous trouvez que j’exagère ?

Eh bien à vrai dire, si on s’en tient aux premières idées qui fleurissent, force est de constater qu’on est plutôt en dessous de la réalité : l’enjeu semblant d’ores et déjà porter sur « une société plus égalitaire », tout sera donc fait pour que la moindre différence soit correctement aplanie, à coup de lois dans un premier temps (avant de passer au bulldozer ensuite puis aux coups de pelle sur la nuque dans un dernier temps pour les plus récalcitrants, comme le veut la tradition).

Dès lors, voici notre gouvernement poussé à agir immédiatement en proposant l’établissement d’un nouveau papelard qui s’accompagnera, soyez en sûr, d’une vigoureuse bordée de contraintes un jour ou l’autre prochain. Pour le moment, il s’agit simplement d’une charte pour lutter contre les stéréotypes dans les jeux, les joujoux et autres divertissements de nos chers bambins.

En charge de l’indispensable initiative, la secrétaire d’Etat à l’Économie Agnès Pannier-Runacher précise ainsi :

« On cherche à travailler sur la création de nouveaux jouets, la façon dont on en parle dans les annonces et la façon dont on les vend »

Oui oui, vous avez bien lu : Agnès cherche à travailler, ce qu’on ne peut qu’encourager, puisque tant qu’elle cherche ainsi, c’est avec l’argent des contribuables. En revanche, elle cherche aussi à travailler sur la création de nouveaux jouets, évaluer comment on les vend ou comment on en parle, ce qui ne semble absolument pas relever ni des devoirs régaliens de l’État, ni même du ministère de l’Économie (dont les productions ludiques ont plutôt tendance à filer des hémorroïdes aux Français), ni encore moins au secrétariat d’État dont elle a la charge.

À bien regarder la mission du ministère en question, non, décidément ma petite Agnès, vous n’avez pas à passer votre temps et donc cramer l’argent du contribuable pour créer de nouveaux jeux, vos concitoyens ont déjà le fondement suffisamment refait des productions de vos prédécesseurs pour se passer des vôtres.

Mais si on devait se formaliser pour si peu, on ne s’en sortirait pas tant, à bien y regarder, toute l’administration française semble tendue comme un seule homme dans ses multiples missions de jouer les mouches du coche et d’obstinément intervenir partout où les choses ne vont pas déjà assez mal. Et comme la petite enfance n’était que partiellement sabotée par les délires technocratiques, l’étape actuelle (des secrétaires d’État s’improvisant designer ludiques) semble logique.

Enfin, logique, utilisons ce mot avec la légèreté qui sied tout ce qui touche aux gouvernements français puisque, pour notre secrétaire, l’impérieuse nécessité de tripoter des jeux d’enfants est partie d’un constat « économique » d’après elle :

« La présence d’un nombre limité de femmes dans les carrières scientifiques. »

Bon, en fait, il s’agit plutôt d’un constat sociétal mais baste, si les politiciens utilisaient les mots idoines pour décrire vraiment leurs idées, ça fait belle lurette qu’ils auraient tous été pendus haut et court en place publique.

Indépendamment, il reste le constat, exact, que les femmes choisissent moins souvent les carrières scientifiques que les hommes.

Or, pour nos élus en charge de l’aplanissement des inégalités au bulldozer législatif, quoi de plus insupportable comme différence que celle introduite par le sexe ? Quoi de plus rageant que constater que, indépendamment de la société, de la culture, l’histoire, les petits garçons ont la fâcheuse tendance de plus se diriger vers les sciences que les petites filles ?

Oui, certes, cette tendance est observée partout dans le monde. Certes, plus une société est égalitaire sur le plan du genre, moins les femmes se dirigent vers les sciences. Certes.

Mais en réalité, on l’a bien compris, il ne s’agit pas ici de lutter vraiment contre les inégalités ; cette initiative n’est que l’aboutissement logique des efforts de propagande et d’infiltration d’idées déjà proférées plusieurs années auparavant : eh oui, qui se souvient des actions menées en 2014 qui visaient précisément ces mêmes domaines des jeux et l’insistance de certaines associations lucratives sans but louable à vouloir absolument dégenrer un peu tout ce qui leur passait par la tête ?

Finalement, les choses vont vite en sociale-démocratie lorsque tout l’appareil d’État a compris tout le bénéfice de contrôle qu’il pouvait retirer de ces lubies : il n’a fallu que cinq ans à ces idées plus ou moins farfelues pour devenir des leviers présentés comme opérationnels dans une lutte contre un problème fantasmé.

Car on est bien dans le fantasme, l’idée idiote qui consisterait à dire que les jeux formateraient l’esprit humain, raisonnement dans la même lignée que celui qui insiste pour dire que les jeux vidéos rendent violent (quand avant, ce fut le rock’n’roll ; manifestement, s’il y a bien un recyclage qui fonctionne à merveille, c’est celui des idées moisies), comme en témoigne l’une des membres de ces associations effervescentes :

« Dans la construction de soi et donc dans l’orientation, la place du jouet est fondamentale, si on ne donne pas à voir à des jeunes filles des jouets qui sont en lien avec la science, elles ne pourront pas se projeter dans ces métiers-là »

D’ailleurs, c’est bien simple, depuis que Super Mario et le Monopoly existent, le nombre de plombiers et de traders a littéralement explosé, ce qui suffit amplement à démontrer l’impact réel des jeux et des jouets sur l’esprit malléable des enfants. Heureusement que Pac Man n’a eu qu’un tout petit succès d’estime sinon nous aurions assisté à une invasion d’adultes spécialisés dans l’enfilage de boules de gommes.

En fait, dans ce contexte et avec ce mode de raisonnement, on part du principe que les petits garçons deviennent des hommes parce qu’ils jouent à des jeux de garçons. C’est aussi simpliste qu’idiot et cela occulte complètement la réflexion diamétralement opposée et nettement plus réaliste : les jouets et les jeux sont à ce point typés parce que les petits garçons sont des hommes en devenir, parce que les petites filles sont des femmes en devenir. Et non, bien évidemment, cela n’impose en rien qu’un petit garçon ne puisse pas avoir de poupée, une petite fille de garage à voitures, pas plus que cela interdirait à des parents de laisser leur jeune fils jouer à Barbie ou leur petite fille de monter un Légo.

Mais voilà : dans la société que ces associations construisent, si certaines différences sont louangées avec des chorales à 120 dB en son dolby, d’autres différences sont, elles, hideuses, à proscrire et parmi celles-là, celles qui voient moins de femmes, pourtant libres de leur choix, postuler dans les sciences dures. C’est insupportable.

La France est un pays merveilleux mais pour son État et son administration, il y reste tant et tant d’espaces de liberté à coloniser que chaque jour ne suffit pas à ajouter toutes les lois, programmes et autres décrets qui permettront enfin de réaliser un pavage complet de bonnes intentions de l’ensemble du territoire.

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[Redite] Un autre ministre de l’Écologie était possible !

Par h16

Article initialement paru le 05.09.2018

Un an s’est écoulé depuis la nomination de François de Rugy au ministère de l’Écologie. À l’époque, je notais que d’autres choix étaient possibles que ce fadasse politicien professionnel des dîners en ville et de la connivence habituelle dans ce milieu… Les événements m’ont donné raison puisqu’il n’a pas fallu attendre longtemps avant que soient découvertes ses petites frasques au frais du contribuable.

Las.

Viré de son poste, le pauvre François aura été remplacé par Elisabeth Borne, son strict équivalent féminin. Au moins pourra-t-on se consoler en se disant qu’on a, une nouvelle fois, échappé à un effervescent abruti ou une frétillante péronnelle qui nous auraient agoni d’insultes et de taxes vexatoires… Au moins, les taxes et les vexations s’abattront dans la discrétion.

Grand soulagement dans les couloirs de l’Élysée, de Matignon, dans les rédactions parisiennes et au sein des principaux partis politiques français : ouf, le poste de Ministre de l’Écologie ne restera pas vacant !

Et malgré la difficulté du maroquin, fort visible aux traits tirés, à la mine déconfite et aux yeux humides du petit Nicolas, il y avait bousculade pour le poste.

Mais jugez plutôt : avec le récent déferlement de moraline écologiste, délivrée par cargos entiers suite à l’intervention médiatico-festive de plusieurs centaines de célébrités gravement éco-conscientisées, la liste des prétendants venait brutalement de s’étendre bien au-delà du simple domaine politique où pullulaient déjà pourtant de frétillants candidats.

Ainsi, voilà nos célèbs’ déchaînées jugeant – je cite – qu’« Il est temps d’être sérieux ». Parce qu’avant, voyez-vous, malgré l’ouragan ininterrompu de taxes, de vexations, de culpabilisation, de films, de documentaires, d’articles en mode « on va tous mourir », on n’en était qu’à l’échauffement décontracté, n’est-ce pas. Il est maintenant temps de se concentrer sur les vrais enjeux planétaires. Et pour cela, quoi de mieux qu’une vertuoparade aussi bruyante que possible dans une presse gourmande de relayer cette friandise estampillée Camp du Bien ?

Car pas de doute : l’effondrement est en cours ! La planète reverdit ! La reforestation progresse ! Le nombre d’ours polaire augmente ! Les catastrophes climatiques diminuent, et leur nombre de victimes aussi ! Comme le WWF le montre, le capitalisme favorise la biodiversité !

Et alors qu’apparemment, même la Terre empile des dettes (on ne sait où, on ne sait envers qui), on comprend la montée au créneau, la levée de boucliers et l’authentique bronca de ces artistes à la fibre écologique évidente devant cet empilement de dettes, de catastrophes et de réchauffement qui n’en finit pas de ne pas arriver.

Las.

Finalement, nous n’aurons pas eu la joie d’hériter d’un débris cinématographique mou ou d’une pénible criailleuse de salon comme Ministre de l’Écologie qui auraient probablement eu l’envie de nous imposer cette écologie punitive décroissantiste. Plus traditionnellement, le choix du président s’est porté sur François de Rugy, l’actuel président de l’Assemblée Nationale : un élu professionnel de la profession, habitué au rond de serviette républicain aux frais du Contribuable et hontectomisé très jeune, de surcroît tendrement allié à Macron à la faveur des transhumances politiques de l’année 2017. Vraiment, l’actuel président ne prend aucun risque avec ce loustic, vibrant exemplaire de ce que l' »écologie » permet de produire comme animal politique au bout de quelques décennies de bonne et loyale démagogie éco-moralinée.

À présent et selon toute vraisemblance, le ministère de la Transition Écologique va pouvoir reprendre sa reptation transition vers une économie moins capitaliste, moins libre, plus taxée, plus chère, plus polluante et moins performante sous les vivats de plus en plus modérés d’une population qui voit surtout les factures s’empiler.

Il est finalement dommage que l’option d’un non-remplacement du petit Nicolas n’ait pas été choisie, quand bien même les Français se détachent de plus en plus des questions écologiques.

Peut-être les questions économiques liées au chômage, au pouvoir d’achat, voire – soyons fous – aux questions d’insécurité, d’immigration ou de désindustrialisation occupent-elles plus les esprits du corps électoral et du corps contribuable que les questions écologiques, au demeurant de plus en plus vastes, floues et dont la traduction en termes de politiques concrètes se fait systématiquement par le versant fiscal ou punitif ?

Allez savoir.

Quoi qu’il en soit, on ne pourra s’empêcher de penser qu’un autre ministre de l’Écologie qui Transite aurait été possible !

Tant qu’à piocher dans les célébrités ou ces gens qui ont par le passé largement prouvé leur attachement à la nature, aux petits oiseaux et à toutes ces choses rigolotes qui nous font vivre (mais pas les virus, n’exagérons rien), Emmanuel Macron aurait pu faire preuve d’une vraie innovation politique en nommant Jammy (de « C’est pas sorcier ») ou Mac Lesggy (pour ne rester que dans le monde télévisuel, comme Hulot). En évoquant ces deux noms et en les comparant à l’amusement microdosé provoqué par le nouveau ministre, on mesure toute la distance qui reste à parcourir pour rendre un jour l’écologie si ce n’est amusante, au moins intéressante.

Et si l’on élimine le personnage de la pub Cétélem (même s’il n’y a pas plus vert que lui, une partie des Français ne pourrait sans doute pas supporter qu’un vendeur de crédit soit aussi officiellement installé sous les ors républicains, même si le crédit est pourtant la mamelle indispensable à laquelle tètent tous les gouvernements depuis 40 ans avec un appétit féroce), il y avait malgré tout Jawad qui, bien qu’escroc, meurtrier et repris de justice, n’aurait pas dépareillé avec l’actuel aréopage républicain et n’aurait probablement pas fait pire que les précédents ministres. Au moins peut-on être certain que lui, il sait faire pousser des plantes, ce qui est toujours plus que les autres.

Pas de doute, il y avait bien d’autres choix que ce Rugy fadasse pour tenir le poste. Par ailleurs, il faut se rappeler que l’écologie n’a jamais été qu’un paravent aux dérives collectivistes auxquelles les socialistes et les communistes nous ont régulièrement habitués, ainsi qu’un prétexte pour tous les autres afin de taxer, ponctionner et prélever pour sauver qui le climat, qui la nature, qui les générations futures, qui [insérez ici un concept flou aux limites mal définies]. Dans ce cadre, un saltimbanque aurait eu le mérite d’amuser la galerie qui paye pour la facture finale et les propositions ci-dessus, aussi loufoques soient-elles, n’auraient en pratique absolument rien changé de ce qui sera effectivement réalisé par Rugy ou n’importe qui d’autre.

Enfin, si l’on doit évidemment écarter Alexandre Benalla pour éviter une écologie qui cogne trop fort, reconnaissons tout de même qu’Emmanuel Macron aura eu le petit courage politique de nous éviter Daniel Cohn-Bendit, Ségolène Royal ou Noël Mamère, éternels chevaux de retour d’une écologie poussiéreuse, agressive et correctionnelle.

C’est maigre, mais c’est toujours ça de pris.

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Poirson fait des ronds dans son économie circulaire

Par h16

Rien de tel qu’un peu de Poirson pour bien commencer le vendredi ! Brune Poirson, c’est cette photogénique secrétaire d’État à la Transition écologique qui, par le truchement de ses interventions de plus en plus insistantes dans les médias, nous apprend à mieux trier nos déchets, à conscientiser les marques de sport et qui s’occupe actuellement de porter le débat sur le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, ouvert mardi dernier au Sénat.

Le sujet est d’importance (au point que sur la question, notre sémillante secrétaire enchaîne les clips dont on aime le son), et les gouvernements successifs ont depuis longtemps bien compris tout l’intérêt qu’il pouvait y avoir à évoquer la question du gaspillage ; habilement cornaqué, le sujet autorise en effet l’introduction rapide d’une nouvelle myriade de contraintes plus ou moins idiotes sur le plan pratique mais qui ont deux avantages : elles permettent d’abord de multiplier les communications prouvant à quel point le gouvernement « agit » enfin pour lutter contre ces dérives insupportables, et elles ont ensuite l’énorme avantage d’offrir de nombreux angles d’attaque pour distribuer amendes et taxations diverses qui sont bienvenues pour boucler des budgets étatiques toujours serrés.

Lors des précédents gouvernements, on avait d’ailleurs pu goûter aux efforts déployés par d’autres secrétaires d’État aussi indispensables que l’actuelle, comme Garot qui avait agité ses petits bras pour proposer aux industriels de vendre les yaourts à l’unité (relisez cet ancien billet, la réalité est au-delà de ce résumé lapidaire) ou différents députés et leurs lois idiotes dont le résultat palpable sur l’économie française n’a (heureusement pour eux) jamais été évalué.

Et c’est donc tout naturellement que la petite Brune se lance dans la même brèche déjà explorée par tant d’illustres inconnus avant elle. Il y a de quoi faire.

C’est ainsi sans surprise qu’on retrouve une nouvelle bordée d’articles pour informer le consommateur. Il faut dire que c’est un petit mammifère fragile aux mœurs étranges qui tend à faire un peu n’importe quoi avec ce que l’État consent à lui laisser entre deux impôts (alors que si les autorités avaient enfin la clairvoyance de tout lui prendre et de plutôt distribuer des tickets et des bons donnant droit – ou pas – aux biens et services que la République saurait lui fournir – ou pas, toute cette indécision, tout ce temps perdu nous seraient épargnés, n’est-ce pas).

Comme d’habitude dans ce genre de package législatif vibrant d’incompétence économique, on trouve aussi les inévitables articulets destinés à interdire le gaspillage, les destructions d’invendus et autres marottes du moment.

Il n’y a pas le moindre doute que l’économie française s’en portera d’autant mieux une fois ces interdictions fièrement votées, tant il ne viendra jamais à l’esprit des commerçants d’aller faire détruire leurs stocks partout ailleurs en Europe. Rappelons (comme je le mentionnais dans un précédent billet) que le don est sévèrement puni taxé en France, ce qui aide encore plus à trouver une solution opérationnelle, pratique et pas chère aux stocks invendus sur notre territoire.

Au-delà de ces aspects dont les effets, pourtant néfastes, sont déjà connus, on bénéficiera aussi d’une petite aspersion rapide de moraline sur le secteur du bâtiment avec une filière « pollueur payeur » et des déchets repris sans frais ce qui n’amènera aucune dérive, on peut le garantir. (Ré)introduire ici des mécanismes normaux de marché est bien évidemment impossible, nous sommes en France après tout, et le désastre (y compris écologique) est toujours préférable au capitalisme.

Enfin, au-delà d’une nouvelle stigmatisation du plastique (quel bonheur de revenir aux sacs en papier, retirés pour des raisons écologiques dans les années 70), notons la volonté législative (forcément législative !) de revenir aux consignes dont la mise en place sera économiquement neutre, soyez en sûr.

Bref, rien de fondamentalement nouveau dans l’extension sans frein de l’État dans tous les domaines de l’économie pour des prétextes d’écologie, ce qui donne ainsi l’occasion à notre Poirson de faire de l’économie circulaire dans son bocal et de nous réexpliquer, entre deux bulles vidéos, à quel point l’obsolescence programmée est une honte insupportable.

« Coïncidence » troublante : au moment même où notre frétillante secrétaire se lance sur le sujet, sort inopinément le résultat d’une étude de l’association HOP, jusqu’alors inconnue mais dont les médias viennent subitement de s’enticher. HOP (Halte à l’obsolescence programmée) et la start-up Murfy, spécialisée dans la réparation de gros électroménager à domicile, révèlent en effet leur stupéfiante découverte : en l’espace de 8 ans, la durée de vie des lave-linge est passée de 10 à 7 ans.

Bon. Evidemment, dans le même temps, le prix de ce même équipement a chuté peu ou prou dans les mêmes proportions, comme en témoigne une étude de l’UFC Que choisir :

Autrement dit, la qualité semble relativement corrélée au prix : moins un lave-linge est cher, moins sa durée de vie est grande. C’est assez peu une surprise, mais avec un peu de paillettes et d’effet OMFG, on doit pouvoir arriver à appliquer l’étiquette « obsolescence programmée » à ce qui ressemble assez bien, vu de loin, à un simple ajustement du marché à une réalité indépassable : la main-d’oeuvre coûte de plus en plus cher là où les coûts de production de biens standardisés dégringole. Inévitablement arrive un moment où il devient moins cher de remplacer un produit standard par un autre plutôt que faire travailler un humain pour le réparer.

Dans un pays aux charges sociales délirantes, ce constat devrait aller de soi. Heureusement, les secrétaires (fussent-elles d’État) ne sont pas payées pour expliquer ces évidences et préféreront largement ergoter sur la couleur des poubelles, partir en guerre contre des Gremlins (comme Duflot avant elle) ou une fois encore pointer du doigt les vilains gaspilleurs et autres pollueurs qui ne font rien qu’à ne pas faire de l’économie circulaire.

On comprend que tout ceci n’augure rien de phénoménalement bon pour l’économie française (circulaire ou non). Les concepts étant mal maîtrisés, les bonnes intentions pavant l’enfer, tout ceci sent la déroute molle dans quelques mois ou quelques années. Mais rassurez-vous : on sait d’ores et déjà que Brune nous égayera encore souvent. On tient même, avec elle, un solide remplacement de Ségolène Royal.

Je ne suis pas sûr que le pays en avait vraiment besoin…

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Du jaune, du vert, du vieux : enfin, la protestation pour tous !

Par h16

C’est à nouveau la semaine, pardon le mois, que dis-je, la saison des grèves en France. Comme je le mentionnais dans de précédents articles, la rentrée est systématiquement l’occasion pour le pays d’entrer dans une période d’intense gréviculture.

Cette année, il y a même conjonctions de différentes grèves, dans une belle confusion.

Gilets jaunes sur le retour, réforme des retraites, hystérie climatique, voilà amplement de quoi générer quelques belles manifestations. Cependant, cette fois-ci, on peut déceler un phénomène un peu différent avec l’apparition du Français Essentiel, celui qui râle, manifeste, proteste, défile mais le fait pour tellement de raisons à la fois qu’on ne sait plus exactement ce qui motive le mouvement d’humeur ou, pire encore, la nature précise des revendications qui partent rapidement dans tous les sens.

On pourrait peut-être dater la cristallisation de ce phénomène avec l’apparition des Gilets Jaunes, épitomé du concept même de raisons multiples et de revendications large spectre tellement confuses que plus personne n’y comprend rien.

Avant ce phénomène, on pouvait aisément repérer des mouvements de grèves aussi pénibles que confus, avec les manifestations Kronenbourg-Merguez des indéboulonnables syndicats de la fonction publique, réclamant toujours « plus de moyens », des « revalorisations de salaires / avantages / primes », la « fin des cadences infernales » et autres poncifs installés dans le paysage français comme de véritables églises dans le landerneau politico-économique national. Ces manifestations ne concernaient cependant pas tous les Français, loin s’en faut (et la perte d’audience drastique des syndicats sur les 50 dernières années en atteste).

Inversement, les participants à la « Manif Pour Tous » n’ont pas du tout pu bénéficier du statut de phénomène récurrent, toléré ou habituel et se sont donc copieusement fait taper dessus.

La situation était problématique : une partie des Français s’est ainsi retrouvée dans l’incapacité de griller des merguez de façon festive et récurrente, et (comme l’a montré un précédent billet) la revanche électorale n’était même plus possible pour eux puisque, rapidement, il n’a plus dominé qu’un seul type de discours formaté et autorisé, le reste étant consciencieusement interdit (par la loi ou par la bonne société).

Il fallait donc trouver un moyen simple, une soupape d’expression populaire pour que chaque Français puisse enfin râler et défiler dans l’égalité de la protestation solidaire pour tous.

Et là, paf, instant de génie : Roger sort son gilet jaune !

Rapidement, comme on l’a vu par la suite, il fut impossible de décider une bonne fois pour toutes si Roger était un facho de droite, un abruti de gauche, rien de tout ça ou beaucoup des deux en proportions totalement inconnues.

Oh, bien sûr, au début, tout était clair : on sentait bien que les revendications, fort éloignées de l’éternelle litanie syndicaliste du manque de moyens, ne cadrait pas avec le phénomène habituel, compris et toléré. Cependant, dès que les copains de Roger ont commencé à réclamer plus d’aides de l’État, quand bien même Roger n’était pas d’accord, personne ne l’a écouté et les journalistes, se retrouvant enfin en terrain connu, se sont mis à parler des copains de Roger.

Sans surprise, le phénomène Gilets Jaunes est devenu un fourre-tout confus de revendications plus ou moins improbables, dont une caractéristique ressort : on n’est plus sûr du tout qu’elles soient de droite. Comment, dès lors, couvrir d’opprobre Roger et ses potes ? Au moins un sur deux fait partie de ceux qui défilent régulièrement dans d’autres manifestations quasiment adoubées du pouvoir, et l’autre, une fois sondé, apparaît clairement indécis… Un Gilet Jaune, finalement, on ne sait pas ce que ça veut : le pouvoir, les médias et les classes jacassantes ne peuvent pas le salir ouvertement, mais ne peuvent pas plus le défendre.

On a toujours vu que la France était difficile à réformer car peu importe qui gouverne, les Français descendent dans la rue dès que ça bouge. Partant de là, Macron n’a aucunement l’intention de réformer vraiment quoi que ce soit. En revanche, il pourrait utiliser la fine stratégie de figer les Français dans la routine de la manifestation plus ou moins calme mais finalement totalement contrôlable et ne rien réformer du tout, faisant ainsi entrer ces grèves et mouvements d’humeurs dans le cadre du « business-as-usual ». La technique a très bien fonctionné avec les Gilets jaunes, elle fonctionnera pareillement avec les autres.

Macron a donc toute latitude pour organiser des choses qu’on ne va pas lui reprocher : taxer plus mais en douce, renforcer les chaînes avec l’Europe, ramasser davantage de cash pour lui et sa clique, faire semblant de bidouiller une retraite avant de lâcher l’affaire, ramener plein d’immigrants dans le pays où être contre est officiellement ignominieux.

Les problèmes de la France sont déjà difficiles à identifier pour un Gilet jaune qui peut à bon droit se sentir complètement esclave d’un système sans comprendre comment il l’est devenu.

Avec ces développements, ces problèmes vont devenir encore plus emmêlés les uns dans les autres. Dans ce cadre, une frange revendicative qui ne sait pas contre quoi elle tempête est un très bon radiateur à mécontentement : on manifeste, on s’époumone, et comme ça ne correspond à rien de concret, on se félicite que le gouvernement soit de plus en plus à l’écoute. Sans les bonnes clefs d’analyse, une partie du peuple s’enferre dans les manifestations, les hystéries, les cris et les expressions violentes d’un mal-être généralisé, et correctement manipulé, finit par réclamer encore un peu plus de ce qui a causé son malheur en premier lieu.

C’est ainsi que, sans risque, le gouvernement vire au vert : l’écologie et la politique identitaire sont un exemple type de deux secteurs dans lesquels l’État peut continuer à augmenter son intervention, alors qu’elle est déjà à son maximum dans la plupart des autres secteurs. Et ainsi, moyennant un paravent de réforme ici, un arbre planté là, on enfume et on oublie les Gilets jaunes qui, de toute façon, ne savent pas ce qu’ils veulent.

Voilà, petit-à-petit, l’apparition du Français Essentiel, ce râleur invétéré mélange de Gilet jaune, d’écolo à tendance hystérique et de vieux attaché à sa retraite et à un modèle social que le monde ne nous a en réalité jamais envié ni copié.

Jusqu’à présent, Macron a été habile dans sa chimie politique lui permettant de réaliser cette synthèse de Français Essentiel : au début dépassé par la virulence des Gilets jaunes, il a progressivement intégré une touche d’écologie de plus en plus forte, le vert adoucissant nettement l’acidité du jaune.

Le Gilet jaune moderne sera vert tendre, ce qui lui donnera la pérennité écologique de celui qui va sauver la planète et contre lequel il sera politiquement suicidaire de se positionner. Par la suite, on introduira progressivement des doses de cette formidable solidarité qui fonde le pacte républicain ♪ tsoin tsoin ♫, ce qui permettra aux vieux, déjà foutrement bien syntonisés avec Gaïa, d’intégrer le mouvement d’ensemble.

Une fois la fusion du jaune, du vieux et du vert enfin opérée, on aura enfin le Français Essentiel Ultime, ce manifestant qui ne sait pas pourquoi il manifeste mais le fait dans le calme et la pondération pour un résultat aussi peu concret que possible mais strictement écolo ou vivrensemblesque.

Le futur est imprévisible : va-t-on assister à l’apparition de Gilets Verts avec Greta en tête, ou verra-t-on des Gilets Vermeil avec Attali en porte-parole ?

Le suspense est intenable.

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Ségolène Royal, invisible reine des neiges au Conseil de l’Arctique

Par h16

Panique dans le petit microcosme politique français : totalement ébahi, on apprend coup sur coup que Ségolène Royal est encore en vie, qu’elle serait ambassadrice des pôles depuis plusieurs années, et qu’à ce titre, elle ne se serait pas vraiment déplacée dans les réunions des instances relatives à ce poste au nom ronflant…

L’affaire est bien évidemment aussi grotesque que possible : invitée de l’émission « On n’est pas couché » du samedi 14 septembre, Ségolène Royal s’est fendue d’une explication de son rôle d’ambassadrice des pôles, et, fidèle à son habituelle emphase lorsqu’elle explique doctement, elle a déclaré :

« Que dit la France ? Qu’est-ce que je dis au nom de la France dans ces instances, et notamment dans ce qu’on appelle le Conseil de l’Arctique ? C’est d’attirer l’attention sur les conséquences du dérèglement climatique »

Manque de pot, Mikaa Mered, professeur de géopolitique, spécialiste des zones polaires et régulièrement présent dans ces instances, n’a pas pu retenir un tweet vengeur remettant les pendules royales à l’heure :

https://twitter.com/FranceArctique/status/1173204161476943872

Eh non, selon le spécialiste, la Reine des Neiges ne s’est jamais pointée au Conseil de l’Arctique et a donc été prise en flagrant délit de pipeautage éhonté. Au passage, on ne pourra s’empêcher de noter que notre professeur s’inquiète de la solidité des informations délivrées par les journalistes si elles sont à ce point entachées d’erreurs et qu’on les retrouve ainsi à donner la parole à des menteurs :

Oui, c’est ça que je trouve flippant : sur les sujets qui sont hors de mon champ d’expertise, comment du coup puis-je savoir si ce que j’entends est vrai, partiellement vrai, un peu faux, ou carrément mytho ? Un téléspectateur n’a pas le temps de tout vérifier !

— Mikaa Mered (@FranceArctique) September 15, 2019

La question est d’autant plus pertinente que, lorsqu’on recoupe les stupeurs d’experts sur différents sujets (OGM, glyphosate, réchauffement climatique, sujets scientifiques en général, géopolitique, histoire ou société), on en arrive assez vite à la conclusion qu’en moyenne, le journaliste (français notamment) n’est plus guère qu’un porte-voix de l’une ou l’autre personnalité ou mode du moment, et que le travail indispensable de recherche, tri et analyse d’informations n’existe quasiment plus.

Le résultat, évidemment décevant, est qu’une personne qui désire s’informer a tout intérêt à le faire par elle-même en fuyant les canaux d’information traditionnels qui débitent essentiellement des âneries, des contre-vérités, des approximations consternantes ou une propagande à peine camouflée.

Dans ce tableau, son mensonge proféré mais éventé, l’indémontable Ségolène ne se laissera pas facilement démonter.

Peu importe que les instances, contactées, confirment son absence. Peu importe aussi qu’elle enfile depuis les déclarations presque loufoques en parfaite contradiction avec les rétropédalages nerveux de son cabinet qui tente depuis d’éteindre l’incendie.

Peu importe tout cela puisqu’au final, voilà qui lui donne l’occasion à la fois de montrer qu’elle existe encore, qu’elle bouge, fait des trucs et des machins (quitte, lorsqu’elle ne fait rien, à dire habilement qu’elle optimise son empreinte carbone) et surtout qu’elle a encore une existence politique qui lui permet de revenir sur les plateaux médiatiques pour faire planer la sinistre menace d’une nouvelle candidature à la présidentielle de 2022…

ségolène royal la champagnitude

Ceci posé, si l’on peut quand même se rassurer en notant qu’elle n’est heureusement pas payée pour faire ce gros rien fort bruyant, on pourra malgré tout constater qu’elle coûte cher aux contribuables divers et variés qui ont eu à faire avec, au cours de son déchaînement politique qui dure au moins depuis 1992.

Et si l’on passe pudiquement sur ses contre-performances financières olympiques dans la gestion de la région Poitou-Charentes qui en conserve un trace plus qu’émue, force est tout de même de constater que tant ces différentes instances diplomatiques confidentielles que ces postes ronflants d’ambassadeurs en polystyrène expansé finissent par coûter des ponts au contribuable français.

Du reste, ce même contribuable est en droit de s’interroger sur la pertinence de ces institutions et autres « autorités administratives indépendantes » (AAI) dont un paquet sert essentiellement à justifier leurs actions plus ou moins motivées, sans lesquelles elles auraient fort à faire pour défendre vaille que vaille leur propre existence et le budget qui y est attaché…

Le cas de notre Ambassadrice des pôles illustre surtout que ces institutions servent magnifiquement de voie de garage pour les « encombrants » de la République, ces politiciens plus ou moins has-been dont on ne sait quoi faire mais dont on ne veut pas se faire un ennemi et qui trouveront dans ces sinécures aux noms et fonctions pompeuses une raison de s’écraser mollement en reprenant deux fois des nouilles.

Ségolène Royal entre parfaitement dans cette catégorie : à la fois parfaitement inutile (voire toxique si l’on regarde les routes et les champs de ruines qu’elle laisse derrière elle), elle pourrait s’avérer gênante pour le pouvoir en place si elle restait oisive tant elle dispose encore de l’écoute enamourée des médias toujours vibrants à l’idée de l’interroger sur ses palpitances du moment. Dans ce cadre, lui proposer des tête-à-tête avec des pingouins et des icebergs, même aux frais de la princesse, est un compromis raisonnable pour les dirigeants du moment.

De façon plus symptomatique, Ségolène Royal montre ici encore une fois le problème fondamental des politiciens français qui, d’élus, mandatés ou désignés, deviennent rapidement et systématiquement des irresponsables politiques auxquels rien n’est plus jamais reproché.

Ainsi, la politique française, c’est ce domaine magique et unique où les conneries, la mauvaise gestion et l’incompétence ne sont jamais sanctionnées, mais au contraire, encouragées et rétribuées avec faste.

Ce qu’on supporte avec Ségolène Royal, on le retrouve en mille autre exemplaires, depuis Hollande jusqu’à Ferrand en passant par l’écrasante majorité de notre classe politique : pour celle-ci, il n’existe finalement ni échec réel (puisqu’une branlée – électorale ou autre – ne lui coûte jamais vraiment cher), ni aucune retraite (au point qu’on n’échappe aux épaves politiciennes que lorsqu’elles sucrent les fraises de façon trop ostentatoire).

Au final, tout ceci finit par coûter « un pognon de dingue » : sur le coup bien sûr parce qu’il faut payer ces structures, qu’il faut payer ces mandatés, qu’il faut payer leur staff et leurs déplacements divers et variés, mais aussi après coup parce que leurs décisions, leurs prises de parole ont des conséquences souvent financières que le contribuable doit longtemps éponger. Enfin, à ces coûts financiers s’ajoutent les autres coûts cachés, ce genre de déploiement d’énergie, de mauvaise foi et de petits arrangements entre amis finissant inévitablement par nourrir le ressentiment de ceux qui paient pour ces fastes et ces piteux spectacles.

Le bilan financier, politique et démocratique de ce genre d’opération est désastreux et les petits couinements ridicules de Royal, qui croit déceler un complot contre sa personne en vue de son hypothétique (et grotesque) candidature présidentielle, démontrent une nouvelle fois à quel point certains personnages politiques sont déconnectés des réalités et s’accrochent aux oripeaux de pouvoir tant qu’ils le peuvent.

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[Redite] Le quinoa de Mélenchon ou la revanche du marché sur les collectivistes

Par h16

Article initialement paru le 9 septembre 2016

Alors que l’actualité nous montre à nouveau les facettes les plus sombres du personnage Mélenchon, ce dimanche est l’occasion de revenir sur le passé de celui qui était alors le « candidat Jean-Luc » à la dernière présidentielle, celle qui devait, selon ses petits calculs précis et indiscutables, le propulser à la tête du pays. On le découvrait alors simple et bonhomme, préparant lui-même des petites salades … de quinoa capitaliste.

Le vendredi, c’est poisson – enfin, pour beaucoup. Pour d’autres, c’est l’occasion de tenter un repas à base de petites plantes vertes, de nouveauté en sachets d’importation bio et de graines à la mode. Ce sera donc sans surprise qu’on découvre que Jean-Luc Mélenchon, frétillant candidat à la présidentielle pour les huit prochains mois, s’est récemment mis à en manger avec délectation.

Au point, d’ailleurs, de susciter la curiosité de quelques journalistes en mal d’article pour leur canard, comme Gala, qui s’empressent donc de le rencontrer chez lui, dans son milieu naturel et cossu, afin d’en apprendre plus. Pensez donc ! La course à la présidentielle nécessite une forme de marathonien et commande l’abandon du bedon électif qui apparaît souvent après l’obtention d’un mandat, pour Jean-Luc comme pour d’autres. Le régime minceur s’impose, et si ce régime peut aussi faire passer un message politique, pourquoi s’en priver ? Il sera bien temps de retrouver l’appétit une fois retourné sous les ors de la République…

mélenchon swag meluche plus

En attendant, le candidat Mélenchon explique très simplement comment il procède et dévoile son secret minceur : avec quelques dés de concombre, de tomate, de verdure diverse et d’avocat, il ajoute une céréale miracle, le quinoa. Oh, il admet sans mal être en retard sur la mode apparue il y a déjà plusieurs années qui incite le rurbain conscientisé et le citadin en syntonisation parfaite avec Gaïa à brouter joyeusement la pseudo-céréale venue des hauts plateaux d’Amérique du Sud, mais après tout, s’il aime ça et qu’en plus, cela lui permet de faire passer quelques messages subconscients en terme d’écologie, de nourriture bio, de respect des petits animaux et de l’agriculture équitable, après tout, pourquoi pas ?

Sur le plan politique, ce petit bout de stratégie alimentaire peut s’avérer payant : le candidat Mélenchon montre ainsi se soucier d’une poignée de ces thèmes chers à une certaine gauche, celle qui pourrait bien quitter les rangs déjà clairsemés du PS traditionnel, voire des Verts en déroute, pour venir grossir ses suffrages. Et gêner le candidat issu de la primaire socialiste, c’est tout ce que demande Jean-Luc pour s’assurer d’un avenir politique plus dodu que son actuelle gamelle.

Cependant, sur d’autres plans que politique, Jean-Luc fait ici une démonstration plutôt ambigüe.

MélenchonDéjà, sur le simple plan nutritionnel, on est dans l’embarras. Le quinoa contient naturellement de fortes doses de saponine qui imposent de le laver très méticuleusement. On peut bien sûr sans mal admettre que ce qu’on trouve dans le commerce a déjà été correctement nettoyé, mais on s’étonnera de constater le détachement qui entoure ces saponines du quinoa d’un côté et de l’autre, l’hystérie qui entoure certaines plantes (OGM, traitées avant ou après la récolte, …) et certains composants (parabènes, typiquement) aux concentrations beaucoup, beaucoup plus faibles, et au suivi industriel autrement plus tatillon : les réactions allergiques aux saponines (et l’inflammation intestinale qui résulte de leur présence dans le bol alimentaire) ne semblent pas inquiéter ceux qui grignotent cette graine. Le principe de précaution, indépassable pour des OGM pourtant inoffensifs depuis des décennies, s’arrête dans l’assiette dès que la plante est estampillée « gentille » par les bonnes associations, je présume.

Au-delà de ces considérations bêtement chimiques, on s’amusera de l’étonnante leçon que le marché administre à Jean-Luc, pourtant peu susceptible de le vouer à autre chose qu’aux gémonies. Le quinoa est en effet une plante dont la consommation mondiale n’a cessé d’augmenter, à mesure qu’ont grandi sa notoriété et son succès notamment auprès des occidentaux financièrement à l’aise. Jean-Luc rentre ici tout à fait dans le cadre du sexagénaire à la fois soucieux de sa ligne et de l’image qu’il renvoie auprès de son entourage, et qui dispose tout de même de solides moyens pour une alimentation millimétrée.

Et ce faisant, il favorise directement l’émergence d’un marché mondial du Quinoa… Qui voit la Bolivie exporter plus de la moitié de sa production, ce qui se traduit directement par une hausse des prix du produit, y compris sur le marché national qui devient progressivement inaccessible pour les populations les plus pauvres auxquelles le quinoa s’adressait pourtant.

Pour un chantre des petites gens et de la classe ouvrière laborieuse qui a du mal à joindre les deux bouts, voilà qui est ballot. D’un autre côté, difficile de ne pas voir que cette augmentation du prix du quinoa provoquée par ceux qui en ingurgitent goulûment bénéficie directement à ceux qui, à l’autre bout de la chaîne, en produisent : on peut même s’autoriser à penser que ces producteurs, en Bolivie ou au Pérou, sont en train de sortir de la misère précisément parce que des millions de Jean-Luc conscientisés se sont mis à en acheter.

melenchon corporatisme crony capitalismOn se devra donc de noter ironiquement que dans l’histoire, Jean-Luc, probablement sans le savoir, aura démontré par l’exemple pourquoi la mondialisation permet effectivement l’enrichissement des peuples et pourquoi le capitalisme, en permettant l’émergence de ces comportements, est un véritable bienfait pour l’Humanité, en parfaite contradiction des thèses qu’il soutient avec véhémence à qui veut l’entendre. Mieux : Jean-Luc permet ainsi à ces pays d’Amérique du Sud de s’extirper doucement de ces fièvres collectivistes qui les mettent systématiquement à genoux : sans s’en rendre compte, chaque bouchée de quinoa d’un Jean-Luc pourtant remonté comme un coucou contre le méchant marché, c’est un clou de plus dans le cercueil marxiste que ces pays se construisent régulièrement, à l’instar de la Bolivie de Morales (qui se fait dézinguer un ministre un peu trop interventionniste par la cheville ouvrière minière mécontente qu’on vienne empêcher son taf) ou du Venezuela de Maduro (chez qui le papier hygiénique compte plus que les billets de sa banque centrale).

Au passage, on ne s’étonnera même pas de cette incohérence qui vient simplement s’ajouter à celle, encore plus flagrante, qui veut qu’on doive consommer localement, tant pour contrer la méchante mondialisation (ultra-turbo-capitatruc) que pour favoriser nos petits artisans, nos petites entreprises et nos petits paysans locaux. Le candidat Mélenchon a très légitimement choisi de brouter du quinoa plutôt que de s’enfiler de la Charolaise, ce qui aurait pourtant contribué à soutenir une filière de viande française en difficulté à cause de la mondialisation / le mauvais soutien de l’État à la filière / les méchants groupe agro-industriels sans foi ni loi / le capitalisme apatride / le cheval roumain / biffez les mentions inutiles, panachage possible.

C’est un peu le souci avec ces idéologies mal boutiquées : qu’on choisisse local ou non, qu’on consomme quinoa ou pas, quoi qu’on fasse, on finit toujours par être incohérent, et, mieux encore, on aboutit à favoriser capitalisme et mondialisation qu’on entendait pourtant combattre fermement.

Décidément, le marché est plus fort que Jean-Luc.

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France : le hold-up démocratique silencieux

Par h16

Dans un précédent billet, nous avions vu que le rejet grandit de façon un peu inquiétante en France. Dans celui-ci, Nasier Ockham nous propose de nous pencher sur les votes invalides.

L’AFC de 2015 sur les élections régionales et celle menée sur les européennes de 2019 confirment qu’une partie croissante des Français, maintenant majoritaire, ne se retrouve plus dans aucun des partis traditionnels et qu’elle préfère de plus en plus l’abstention, le vote nul ou blanc. De surcroît, l’expression du vote FN puis RN (ou PLP pour les européennes) est très proche au sens statistique des expressions alternatives (blanc, nul, abstention).

Le problème est qu’avec l’accroissement de ce genre de votes et de cette abstention (qu’on peut résumer par « rejet »), la légitimité réelle du pouvoir s’érode franchement : difficile de prétendre représenter la France ou le peuple français si une part majoritaire n’a pas voté pour ceux qui entendent l’incarner.

Dans un pays démocratique, on admet assez facilement ce phénomène en introduisant la notion d’alternance du pouvoir : une partie du peuple n’a pas l’occasion de voir ses représentants exercer le pouvoir mais, d’une part, cette partie du peuple trouve tout de même à s’exprimer puisque ses représentants sont malgré tout présents dans les assemblées et une partie des institutions, et d’autre part, on admet la légitimité de ceux qui sont en place parce qu’il existe une possibilité claire, définie, palpable, que l’alternance joue à un moment ou un autre (à la prochaine élection, typiquement).

Autrement dit, le jeu démocratique fonctionne tant que les différentes parties du peuple ont bien une représentation dans les différents étages de pouvoir (législatif, exécutif, judiciaire) et que la probabilité d’exercer un jour le pouvoir est strictement non nulle.

Lorsque d’un côté cette représentation n’existe plus (une partie du peuple n’est plus représentée par personne, nulle part) et que de l’autre, la probabilité pour cette partie du peuple d’exercer le pouvoir devient nulle, le jeu démocratique est cassé : cette partie du peuple se désolidarise progressivement du reste. Tant que ceci se déroule avec une part négligeable ou minoritaire de l’ensemble d’une nation, cela passe à peu près inaperçu et peut durer longtemps.

En revanche, s’il s’agit d’une majorité qui se retrouve sans représentation, sans espoir d’en avoir une, et encore moins d’exercer le pouvoir, la situation devient véritablement instable.

Qu’en est-il en France ?

Les élections parlementaires françaises, à la participation stable de 1945 jusqu’en 1973, désignent depuis 1978 un parlement de moins en moins représentatif des Français et depuis les dernières élections, sous Macron, pour la première fois de l’histoire de France depuis très longtemps (au moins un siècle si l’on remonte aux élections parlementaires de 1919), ceux qui votent les lois de la France ne représentent plus la majorité des Français (le parlement à majorité LREM de 2017 n’a ainsi été élu qu’avec 42.64% des voix).

Pour le vote aux européennes, on constate la même érosion : depuis 1989, l’abstention a toujours été majoritaire à l’exception de 1994, suite à l’effondrement soviétique. Depuis, seule la dernière élection de 2019 (avec une abstention à 49.9%) peut prétendre envoyer des députés européens représentant une (courte) majorité du peuple. Progressivement, le vote aux européennes s’est mué en vote de protestation.

taux de participation élections france

Dans ce cadre d’analyse, la victoire du PLP (mené par Marine Le Pen) correspond à la première coïncidence entre le comportement protestataire du peuple (le rejet) et son expression électorale. Du strict point de vue de la dynamique statistique, les députés européens que la France envoie représentent plus fidèlement le peuple français que sur le quart de siècle précédent. Comme d’autres analystes l’ont noté, ce n’est certainement pas une victoire de Macron.

L’analyse menée pour les élections européennes peut être reproduite pour l’élection présidentielle : depuis 1965, les élections présidentielles représentent en effet toujours plus de 80% de l’opinion exprimée des Français, sauf évènement extraordinaire (en 1969, après la démission de de Gaulle).

Or, l’élection de Macron est la première depuis lors à passer sous la barre des 80%, semblant poursuivre à la baisse l’effet Hollande de désaffection des Français. Si ceci ne permet pas de conclure quoi que ce soit statistiquement, il en va autrement de la tendance des bulletins « invalides » (blancs et nuls) : cette dernière élection présidentielle a compté 11,5% de votes invalides. Si l’on se pique de comparer la France au reste du monde pour voir combien de nuls et de blancs sont déposés dans les ballots, on découvre une France avec un taux compris entre celui du Yemen (10.9%), de l’Angola, des Philippines ou du Guatemala (plus de 13%) :

votes invalides élections présidentielles monde

Que se passe-t-il ?

Si on se concentre sur ce vote présidentiel depuis 1965, la moyenne de votes invalides est de 4,12%. L’écart-type (sur neuf élections) est de 2,58. Statistiquement, la probabilité que les votes invalides dépassent les 11% à la dixième élection (celle de 2017) était de… 2,3 sur 1000 (0,23%). On pourrait supposer que les élections présidentielles ont davantage d’invalides, en proportion, que les autres élections, mais ce n’est pas le cas : si on regarde les élections présidentielles, parlementaires et européennes depuis 1945, la moyenne de votes invalides est de 3,56% avec un écart-type de 1,68. Autrement dit, il n’y a normalement pas de différence statistiquement significative entre les votes invalides pour les présidentielles et les autres élections…

Sauf en 2017.

On peut imaginer plusieurs raisons à l’écart statistique observé. Le pur hasard est assez improbable (au sens statistique, cette probabilité étant de l’ordre de 1 sur 1 million). Il reste la manœuvre délibérée, qui reviendrait à admettre une espèce de complot national aboutissant à un surcroît de bulletins biffés, ou, plus simplement, que ces bulletins nuls et blancs surnuméraires indiquent bel et bien un rejet, bien plus exprimé que d’habitude, des propositions politiques du moment.

Il n’en reste pas moins qu’une telle déviation statistique n’a pas été observée en France depuis 1945 au moins, et que le taux d’invalides de la dernière élection présidentielle correspond plus à un taux d’État en crise (Yemen, Angola, Philippines, Guatemala n’étant pas réputés pour leur actuelle stabilité et solidité démocratique) qu’au taux d’une démocratie saine et apaisée.

Par ailleurs, si l’on couple cette observation avec les constats établis lors du précédent billet statistique à ce sujet, on peut raisonnablement admettre que le président actuel dispose de la base électorale la moins solide de la Cinquième République. À force de diaboliser une frange croissante des opinions (la diabolisation de l’extrême-droite étant depuis longtemps largement dépassée, le politiquement correct s’étendant maintenant très au-delà de ce qu’il fut il y a encore 10 ou 20 ans), ces dernières ne trouvent plus à s’exprimer. Petit-à-petit, la démocratie ne sert plus qu’à exprimer un rang étroit d’opinions. Les autres sont tues par auto-censure, sont euphémisées jusqu’à perdre leur substance voire carrément interdites.

Se pose ici la notion de légitimité réelle : le rejet étant si fort, la représentation nationale si minoritaire, les orientations politiques et les lois qui y correspondent apparaîtront les moins légitimes. En fait, nous sommes passés sans bien le noter dans un régime qui n’est plus représentatif de la majorité, sans que ni les médias, ni les politiciens ne s’en émeuvent. Utilisant habilement les abstentionnistes et le(s) parti(s) repoussoir(s) pour éliminer toute concurrence, les représentants d’une frange de plus en plus étroite du peuple se maintiennent au pouvoir, sans plus aucune opposition réelle.

Véritablement, il y a eu hold-up silencieux.

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Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

Par h16

L’invention de Bitcoin, à la fin des années 2000, et son lancement officiel le 3 janvier 2009, auront sans doute marqué le début d’une nouvelle ère pour la notion même de monnaie. Depuis, la première cryptomonnaie a été rejointe par une myriade d’autres : on compte à présent plus de 1500 cryptomonnaies de pertinence et de crédibilité variées…

J’ai déjà eu l’occasion d’en évoquer quelques unes : Ethereum, Monero, ZCash, Bitcoin Cash, Tezos ou Dash. Ces cryptomonnaies représentent toutes une alternative intéressante à Bitcoin, soit parce qu’elles offrent une différenciation technique notable, soit parce qu’elles cherchent à résoudre un ou plusieurs problèmes d’une façon différente de Bitcoin, soit parce qu’elles ont une construction économique ou sociale distincte qui peut leur apporter un avantage comparativement à Bitcoin.

Dans ce cadre, ce billet sera l’occasion d’introduire un dossier sur Dash, une cryptomonnaie que je suis avec attention depuis son lancement. Intéressé par l’évolution de cette cryptomonnaie, je pense utile de faire un petit passage en revue de ses forces et de ses faiblesses, ses atouts et ses défauts sur le marché maintenant mondial des cryptomonnaies.

Dans ce dossier, après une brève introduction et un petit rappel sur les caractéristiques principales des cryptomonnaies, je reviens sur l’histoire de Dash, les spécificités de cette crypto, pour ensuite détailler ses forces et faiblesses et tenter de brosser son futur.

Bonne lecture !

Dossier Dash : une crypto de plus, ou plus qu’une crypto ?

Nos cafés campagnards disparaissent ? Vite, aidons-les !

Par h16

Triste constat : les campagnes françaises se vident. En plus d’une population diminuant d’année en année, les petits villages perdent progressivement leur attractivité à mesure que leurs commerces ferment, à commencer par le plus central et le plus important d’entre eux : le café, celui sur la place de la mairie, pas loin de l’église… Mais grâce à l’initiative d’une association, la donne va peut-être enfin changer.

C’est par quelques articles de presse qu’on découvre l’idée du groupe associatif d’économie sociale et solidaire « SOS » dont le projet, lancé jeudi dernier, vise à l’ouverture (ou empêcher la fermeture) de mille cafés dans les communes rurales de moins de 3 500 habitants.

En substance, le groupe associatif qui a tout de même reçu le soutien du gouvernement via l’Agenda Rural (fortiche, non ?) va tenter de revitaliser les campagnes avec cette initiative et grâce aux quelques fonds qu’ils ont réussi à rassembler. Entre 150 et 200 millions d’euros.

Ah oui, tout de même, avec 200 millions d’euros, on peut en faire des choses, et notamment tenter de revitaliser les campagnes françaises…

Mais au fait, quelles sont donc les raisons qui font ainsi disparaître ces lieux de vie campagnards ? Si la presse n’est guère diserte sur la question qui a pourtant son importance – on ne combat jamais mieux un mal qu’en connaissant ses causes profondes – on peut néanmoins dresser un portrait globalement complet des raisons qui aboutissent à ces fermetures en fouillant un peu les articles consacrés au sujet.

Comme l’explique un article du Télégramme avec une phrase lapidaire (« Baisse de la clientèle, coût des produits, contraintes administratives, à commencer par celles des normes »), les raisons sont simples à comprendre : c’est ainsi qu’au-delà de l’évidente baisse d’activité consécutive à la diminution de la clientèle, cette dernière au mieux partant s’installer en ville, au pire s’éteignant avec les générations les plus âgées, on comprend que (ô surprise) les autres raisons des fermetures des cafés et des bars des campagnes tiennent essentiellement à l’accroissement des normes, des règlements et des contraintes de l’ensemble des services de l’État : eh oui, à force de bureaucratie, d’un déluge ininterrompu de contraintes administratives idiotes, de contrôles sanitaires et fiscaux, d’inspections du travail répétées, agressives, débiles et intransigeantes, et bien sûr de la créativité comptable des différentes caisses d’assurance étatiques, les patrons de bars et de cafés finissent par jeter l’éponge, rendre leur tablier et fermer boutique.

De ce point de vue, l’association aux poches bien remplie qui souhaite aider ces bars et ces cafés a bien compris le problème puisqu’elle se propose d’aider par exemple dans « la levée des freins réglementaires pour l’attribution des licences IV permettant de servir de l’alcool. »

Tout ceci est objectivement charmant puisqu’une solution se dégage peut-être…

Cependant, on ne pourra s’empêcher de noter que cette généreuse association, en intervenant ainsi, essayera donc concrètement de contrebalancer le travail de sape entrepris par l’État en premier lieu. Ainsi, si ce dernier ne s’échinait pas avec application à punir les artisans concernés, les poursuivre de ses assiduités à base de cerfas toujours plus nombreux, à considérer (fisc et inspection du travail en premier) qu’ils sont, par défaut, fraudeurs et délinquants, à créer un nuage de complexité administrative aussi grotesque qu’opaque, bref, si l’État ne sabotait pas le travail des cafetiers et des propriétaires de bars, l’intervention de l’association serait inutile.

Enfin bon, réjouissons-nous puisque le problème, enfin remarqué, déclenche à présent ce projet qui sera le bienvenu dans nos campagnes (de moins en moins) riantes, et ce d’autant plus que, de nos jours, trouver 200 millions d’euros n’est pas une mince affaire.

À ce propos, on est tout de même en droit de s’interroger sur la provenance des fonds en question. Bien évidemment, écartons tout de suite le trafic de drogue, d’armes ou le vol pur et simple puisque le projet est, rassurez-vous, financé par le « Groupe SOS » dont … vous n’avez probablement jamais entendu parler (ou très peu).

Et c’est dommage : c’est un groupe fort discret mais qui s’est fait fort d’agir dans le social et l’économie solidaire, et qui n’a jusqu’à présent pas réellement occupé la une des journaux. C’est étonnant compte tenu de la croissance de ce groupe d’associations non lucratives : eh oui, en France, on peut être une association ou un groupe d’association, être non lucratif, mais employer 18.000 personnes (non, pas bénévoles, hein) et réaliser un chiffre d’affaires de 950 millions d’euros.

Quasiment un milliard d’euros pour un groupe d’associations, dans le domaine du social, dont on n’entend quasiment jamais parler au niveau national (par comparaison, les Restos du Cœur, très visibles, fonctionnent avec moins de 200 millions d’euros) – sauf peut-être lorsqu’il remporte l’appel d’offre du ministère de la Justice pour le programme de déradicalisation qui avait fait parler de lui jadis – voilà qui est un fort joli chiffre qui ne saurait être résumé ainsi : la fiche Wikipedia du groupe est fort courte mais donne une petite idée de l’ampleur de ce groupe fort pudique financé essentiellement par les fonds publics (donc le contribuable, ici) dont le patrimoine immobilier se monte tout de même à 500 millions d’euros, et qui se positionne tout de même comme le leader européen de l’action sociale et en tout cas, première entreprise française dans le secteur (ce qui lui vaudra une étude détaillée de la Harvard Business School).

En tout cas, son patron a fait fort puisqu’il est parvenu à accroître la taille de ce groupe de 2200 salariés (et 155 millions de chiffre d’affaires) en 2009 au mastodonte actuel, dix ans plus tard : belle croissance grâce à ce patron, Jean-Marc Borello, qui a peut-être bénéficié d’un peu de chance, ce dernier ayant été – ô surprise – le professeur d’un certain Emmanuel Macron quand il était à Science Po.

Chance qui ne s’est pas arrêtée là puisque le sémillant patron du groupe SOS a aussi eu la bonne fortune, après avoir co-fondé En Marche, de découvrir une certaine Murielle Pénicaud fortuitement devenue Ministre du travail depuis.

On le comprend, tout se goupille fort bien pour qu’enfin, des mesures soient prises (par une association subventionnée par l’argent du contribuable) afin de contrer les méfaits de l’État (financé par l’argent du contribuable). L’argent dépensé par les uns n’ira pas ailleurs que dans la poche des autres, par de multiples et jolies tubulures chromées de ce qui pourrait ressembler à du capitalisme de connivence si tout ça n’était même pas du capitalisme du tout.

Décidément, au vu de ces éléments, il n’y a plus trop de mouron à se faire pour nos campagnes : leurs bars et leurs cafés sont sauvés.

Une rentrée plus judiciaire que sociale

Par h16

Alors oui, certes, c’est bel et bien la rentrée sociale qui nous l’est rappelée notamment grâce aux indéboulonnables grévistes des syndicats de transport ferroviaire français dont le crédo semble autant que possible de ne transporter aucun français. Certes. Mais avec la semaine qui vient de s’écouler, c’est surtout de rentrée judiciaire qu’on doit parler, tant on constate une avalanche d’affaires qui viennent débouler moelleusement en ce mois de septembre, ensevelissant les chroniqueurs sous une épaisse couche de poudre de perlimpinpin républicain…

Car, en quelques jours, les rebondissements judiciaires impliquant tout le spectre politique se sont enfilés comme autant de saucisses industrielles.

Ainsi, François Bayrou et Marielle de Sarnez (le président du MODEM et l’ancienne députée européenne du même parti) ont été auditionnés par la police judiciaire pour une affaire d’emplois fictifs, le lendemain de l’audition de Sylvie Goulard, elle-même ex-eurodéputée du MODEM et maintenant commissaire européenne, entendue pour la même affaire.

Ainsi, c’est l’increvable Jean-Luc Mélenchon (de la France Insoumise) qui sera convoqué avec ses acolytes pour son procès en correctionnelle, ce qui nous a valu une allocution de sa part. Pour rappel, une perquisition particulièrement houleuse avait eu lieu il y a un an au siège du parti néo-communiste dans le cadre d’une enquête sur (tenez-vous bien) des emplois fictifs et des comptes de campagnes douteux. Les réactions mélenchonesques outrées avaient déclenché (outre l’hilarité d’Internet) une procédure judiciaire dont le dénouement approche donc, ce qui a poussé le président de la France Insoumise à annoncer la publication d’un livre dans lequel, imperturbable, il enfonce le clou : « Face à un juge ou à un policier, la République c’est bien moi »

Le lider marxismo a très clairement laissé son égo enfler au-delà de toutes proportions raisonnables et si la stratégie du hurlement outré contre un procès qualifié de politique pouvait éventuellement marcher, elle s’en trouve nettement amoindrie par la publication concomitante de ce livre qui transforme l’ensemble en véritable cascade médiatique avec buzz et ventes lucratives à la clé plutôt qu’en brûlot politique d’un opposant lâchement embastillé par le pouvoir dictatorial en place, ♩ hasta la victoria siempre ♪ no pasaran ♫ et tout le tralala ♬ …

La semaine ne s’arrête pas là puisque grâce à Anticor (ou à cause d’elle, selon le point de vue), Richard Ferrand, membre LREM et actuel président de l’Assemblée Nationale, se retrouve mis en examen par la justice lilloise suite à l’enquête ouverte sur des soupçons de prise illégale d’intérêts dans ses anciennes fonctions de directeur d’une mutuelle bretonne de 1998 à 2012, par le truchement de laquelle il aurait permis l’enrichissement personnel de sa compagne.

Si mettre en examen le quatrième personnage de l’Etat peut faire désordre, on se rassurera en lisant ses déclarations qui rappellent avec bon sens qu’il n’est pour le moment, faute de procès, coupable de rien. Soit. On aurait cependant aimé la même pondération et la même considération lorsque d’autres affaires secouaient le paysage politique français et pour lesquelles notre aimable politicien ne s’était guère retenu de tweeter…

La rentrée judiciaire ne s’arrête pas là puisque pendant ce temps, l’inénarrable Balkany (maire LR de Levallois-Peret) a finalement été envoyé en prison, trophée logique de fraudes fiscales plus ou moins habiles et dont le montant total donne une assez bonne idée de la générosité de la République lorsqu’on est aux bons postes.

Ce tableau serait bien évidemment incomplet si l’on ne parlait pas un peu du Rassemblement National. Rassurez-vous, la rentrée judiciaire n’a pas épargné ses têtes d’affiche non plus puisque Jean-Marie Le Pen a été mis en examen dans une affaire concernant … (devinez ?) des emplois fictifs – un grand classique républicain de nos jours – au côté de sa fille Marine et d’une vingtaine d’autres membres du parti.

On le voit, pour un mois de septembre à peine écoulé de moitié, la justice française n’a pas chômé. De façon plus intéressante et au-delà de l’enchaînement comique de toutes ces affaires, on ne peut s’empêcher de noter qu’ici, tous les partis sont concernés par une mise en examen, des corruptions, des abus, des faits plus ou moins graves : LFI, RN, LREM, LR, tout le spectre des principaux partis du pays est ainsi représenté du mauvais côté des barreaux et l’absence du PS ou des Verts dans cette liste n’est qu’une simple partie remise.

Pire encore : il ne s’agit dans aucun de ces cas de sous-fifres ou de troisièmes couteaux, de cousins éloignés qu’on qualifie pudiquement de « différents », de petits magouilleurs maladroits. Non. Dans chacun de ces cas, on trouve des personnages qui marquent la vie politique française : pour le Modem, LFI et le RN, on parle des chefs, des présidents du parti. Pour LR, c’est l’ancien co-fondateur du RPR. Pour LREM enfin, c’est rien moins que le président de l’Assemblée Nationale.

Comment ne pas voir que cette brochette d’affaires ne va faire qu’amplifier la défiance et le rejet des Français pour cette classe politique corrompue jusqu’à la moelle ? Comment ne pas rapprocher ces dérives honteuses des derniers résultats de l’enquête du CEVIPOF sur la crise de la confiance politique en France ? Comment ne pas voir que le comportement lamentable de ces élus et de ces responsables politiques nourrit le rejet de plus en plus massif des Français pour l’actuel système, que je décris en détail dans un précédent billet ?

Comment, de la même façon, ne pas voir qu’avec un tel amoncellement de corruption, le Français qui tient malgré tout à voter se retrouve devant un choix de plus en plus cornélien entre la peste et le choléra, et qu’il doit lui-même souffrir d’une part d’incohérence à adouber de son vote des gens qu’il sait pourtant mauvais pour son futur ?

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[Redite] Et maintenant, des jeux vidéos à la française

Par h16

Article initialement paru le 15 janvier 2014

Ce n’est pas parce que c’est dimanche qu’il faut se laisser abattre. Ce n’est pas parce que le gouvernement fait assaut d’imbécillités qu’il faut virer pessimiste. C’est pourquoi je vous propose une fournée de jeux vidéos qui, s’ils ne sont pas tout frais, restent tout à fait adaptés à l’esprit du pays et trouveront une place de choix dans vos idées cadeaux pour le prochain Noël…

Tu es un gamer mais tu veux aussi t’impliquer dans la vie de la République ? Tu veux « jouer intelligent », ne plus te laisser manipuler par les grandes firmes capitalistes qui tentent de te laver le cerveau avec leurs idées de profit, de liberté et de plaisir facile ? Tu veux du fun mais tu veux qu’il soit éco-conscient ? Ca tombe bien : Demaerd Industries, division Jeux Vidéos, propose dès à présent toute une gamme de jeux vidéos qui ont tous été approuvés par les plus hautes autorités morales de la République Française du Bisounoursland. Et en voilà quelques uns décrits spécialement pour vous.

(Cliquez sur les jaquettes pour les avoir en taille maximale)

citoyen's creed bbr flagCitoyen’s Creed IV

– Description :
Citoyen’s Creed BLeu Blanc Rouge Flag est un jeu d’action / aventure sur différentes plate-formes dans lequel le joueur incarne Kevin Peillon, un citoyen de France sans foi ni roi, qui a décidé d’apporter la laïcité et la République dans les Caraïbes du XVIIIème siècle, dut-il le faire avec son sabre et ses pirouettes rhétoriques musclées. Sur son navire, le Pedalaw, il peut explorer librement une aire allant de la Gascogne à la Région Parisienne en passant par le Golfe du Lion et s’attaquer aux méchants discriminants et aux pirates du vivrensemble. La visite de villes comme Marseille ou Toulouse est également au programme, tout comme un mode multijoueur coopératif ou collectiviste ou les deux.

– Type : Action/aventure socialistes constructivistes
– Classification : Déconseillé aux moins de 72 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Ce jeu captivant vous permettra enfin d’exprimer le petit justicier laïc qui sommeille en vous : finies les longues prises de têtes politico-sociologiques pour justifier la dictature du prolétariat ! En quelques coups de sabres, vous convainquez aisément vos assaillants de vos arguments bien pesés. Le gameplay est très riche et vous permet d’enchaîner les phases d’ateliers citoyens de conscientisation avec les phases d’action pure sur le terrain avec la préparation des élections, la propagande larvée ou la publicité directe avec le collage d’affiches et la bagarre devant le magasin pour skins. Bref : un bon moment à passer.

la medaille pour tousLa Médaille Pour Tous

– Description :
La Médaille Pour Tous est un First Person Shooter sur les principales plateformes (PS3, XBox, PC) qui amènera le joueur à exercer ses talents de bateleur, de jongleur, d’artiste de rue et d’acrobate rebelle en pleine recherche de sens à sa vie. Au long du jeu, différents challenges sont proposés (comme se laver, nourrir ou faire vacciner Scruffy, le chien qui vous sera attribué en début de partie, récolter des dons auprès d’automobilistes en faisant du diabolo aux feux rouges, etc…). Le décor peut prendre place dans différentes villes comme Nanterre, Rennes ou Toulouse.

– Type : First Person Jonglage
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
C’est une véritable immersion dans la vie d’un étudiant en première année Histoire de l’Art ou en Sociologie, avec tout ce que cela peut comporter à la fois d’opportunités excitantes notamment en terme de soirées arrosées que d’événements frustrants comme le refus d’une bourse ou d’une chambre à la cité universitaire. Loin des poncifs du genre où la coopération n’est que rarement de mise, ce jeu vous demandera de composer chaque minute avec les assistantes sociales récalcitrantes, les demandes de bourses et d’aide au logement délicates, les parcours universitaires alternatifs. Une excellente préparation à la vie réelle lorsqu’on a décidément choisi « Sociologie Des Cirques » comme formation diplômante !

class effect 3

Class Effect 3

– Description :
Class Effect 3 est un jeu d’inaction-aventure à la troisième personne dont la toile de fond, un pays en lente décomposition, donne l’occasion à des scénaristes de se déchaîner. Le joueur incarne François-Jacques, un politicien, brillant énarque mais peu en phase avec les réalités de terrain, parvenu au pouvoir par une série de coups du sort inattendus et de médiocrité générale ; le but du jeu est de parvenir à rester au pouvoir malgré l’accumulation de ressorts scénaristiques inédits. Pour le joueur, il s’agira donc lors de ses nombreux déplacements dans le pays, de conserver l’esprit vif pour lui éviter les déboires d’un peuple de moins en moins coopératif ainsi que les attaques d’un groupe terroriste, les Knehls-Rouges, qui ne reculeront devant aucun geste pour faire vaciller la République.

– Type :TPS politique
– Classification : Conseillé aux plus de 25 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Rarement on aura vu dans un jeu un tel feu d’artifice de conspirations, de coups de théâtre, acharnements politiques, diversions ridicules pour occuper le joueur. Si le travail d’écriture qui aboutit à ce scénario foisonnant ne fait aucun doute, on peut cependant se demander si les auteurs ne sont pas allés trop loin, trop vite, trop fort : pour la quantité en effet, on est servi, mais la qualité laisse un goût persistant de grand n’importe quoi dont on soupçonne qu’une majeure partie est parfaitement voulue et assumée. Un bon point cependant : grâce à la coopération du réalisateur, le studio BioFware, avec le groupement Europécologiléverts, le jeu a été entièrement réalisé à partir d’octets recyclés ce qui garantit pour le joueur une empreinte carbone minimale.

GrandeFeteSocio Grande Fête Socio V

– Description :
Grande Fête Socio V est un jeu d’action se déroulant dans une banlieue parisienne virtuelle, baptisé Egality City. Le joueur y incarne Bruno Mulliard, un fils d’enseignants du secondaire, hyper impliqué dans la politique estudiantine et en lutte contre la privatisation rampante des services publics à la française pour lesquels il se bat chaque jour, le point levé comme le fit jadis son idole, le Che, qu’il porte en t-shirt tout au long du jeu. Dans ce dernier, il doit réussir des dizaines de missions dans un environnement très vaste.

– Type : Action
– Classification : Recommandé à partir de 32 ans
– L’avis de Demaerd Software :
Pas de doute : réveiller les consciences est un travail de longue haleine et le jeu, qui vous demandera justement de conscientiser vos semblables aux problèmes des cités vétustes, des subventions trop difficiles à obtenir, de corruption ou d’arrangements politiques louches. De ce point de vue, la durée de vie est particulièrement longue et prenante. Entre les syndicalistes, les politiciens véreux, les associations lucratives sans but et les sans-papiers malmenés, vous aurez fort à faire pour obtenir des récompenses !

no need for speed
No Need For Speed
– Description :
No Need for Speed : France est un jeu de courses multijoueur sur PC. Il propose de visiter tous les coins possibles de la Capitale Française, au volant de puissants bolides personnalisables sous toutes les coutures, comme la Twingo TRS-Max ou la Clio Turbo/C. Il sera évidemment possible de se lancer dans des poursuites endiablées avec les forces de l’ordre. Attention, les écoportiques dissimulés un peu partout dans la ville taxent la carte visa pour de vrai ! Humour citoyen, certes, mais redressement productif aussi !
– Type : conduite responsable
– Classification : tous publics agréés NF64345234
– L’avis de Demaerd Software :
C’est véritablement un jeu familial qu’on trouve dans ce packaging d’adrénaline citoyenne responsable ! Au volant de votre twingo tunée, vous aurez par exemple pour mission de parcourir le périphérique parisien en vous rapprochant toujours plus des limitations de vitesses fluctuantes, tout en faisant attention aux radars et aux portiques écotaxe-la-visa-pour-de-vrai qui poussent de plus en plus dru sur la surface du parcours. Et attention : chaque manquement aboutira à une prune et des points en moins sur votre permis. Au final, attendez-vous à passer de courtes minutes en voitures et de longues heures en séance de rééducation citoyenne à la conduite dans lesquelles la simulation d’un cours de code sera extrêmement bien réalisée, ennui compris !

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La France qui taxe et la France qui paye

Par h16

En décembre 2015, par les bons soins d’un de mes lecteurs, Nasier Ockham que je remercie au passage, nous pouvions bénéficier d’une analyse factorielle des correspondances (AFC) des résultats de vote des régionales.

Pour rappel, l’AFC est une analyse statistique non dirigée permettant de trouver de façon systématique les corrélations (ou leur absence) entre les agrégats qui se dégagent des différentes dimensions de données qu’on lui fournit.

L’analyse de l’époque avait largement montré que la France semblait se découper en deux populations caractérisées essentiellement par leur localisation géographique, l’une des grandes villes, des métropoles et leurs banlieues et l’autre des villes moyennes et des campagnes, et que la représentation politique ne semblait plus s’occuper que de l’une de ces populations sans sembler être capable de s’occuper de l’autre, cantonnée alors à un vote de rejet ou un non-vote.

Dans une France qui se voudrait apaisée et qui a grand besoin de cohésion sociale, ce constat picotait quelque peu.

Depuis, de nouvelles élections, les européennes de mai dernier, ont eu lieu et on dispose maintenant de l’ensemble des votes par cantons de façon assez précise, mon aimable lecteur m’a gentiment proposé de réitérer l’opération d’analyse automatique avec ce nouveau paquet de données fraîches. Ce billet est l’occasion de vous livrer notre analyse.

En pratique, les férus de chiffres et ceux qui voudront éplucher les détails techniques auront tout intérêt à lire le PDF ci-joint. Le billet suivant se contente d’en faire un résumé synthétique et de dresser les conclusions que je pense fort éclairantes sur l’état du pays.

Le premier constat de cette nouvelle analyse, c’est qu’elle confirme les données de la précédente : l’opposition urbain-rural reste une structure majeure du vote observé ; deux dimensions de l’AFC permettent d’expliquer plus de 75% du vote observé. Si l’on choisit un axe horizontal pour la première dimension, on verra sur la gauche des cantons et départements correspondants à ceux qui sont plutôt opposés à la politique actuelle du gouvernement, alors que s’étaleront sur la droite ceux qui y sont plutôt favorables. De la même façon, verticalement, on trouvera plutôt des cantons de la France conservatrice (droite traditionnelle, pour schématiser) vers le haut, et les cantons de banlieues vers le bas.

Graphiquement, cela donne ceci :

Conformément à cette répartition spatiale dans ces deux dimensions, on peut raisonnablement libeller les axes comme proposé sur la figure ci-dessus. En ajoutant les deux diagonales, on complète les autres tendances observées. Au final, on obtient une « France de Bobos » qui s’oppose à la « France Matraquée », une « France conservatrice » opposée à une « France en otage », celle des banlieues pourries. Entre la « France matraquée » et la « France conservatrice », on trouve une « France du rejet », qui s’oppose à une « France urbaine », laquelle relie la « France en otage » à celle des bobos et des quartiers chics. La dernière diagonale apparaît comme l’archétype du système Macron, qui s’oppose à la France des revenus modestes, qu’on pourrait libeller « France déclassée ».

Au vu de ce graphique, on peut assez facilement noter que c’est la France urbaine qui a dominé le vote européen. La gauche traditionnelle est en pratique maintenant complètement éparpillée le long de l’arc de cercle figuré sur le graphique, avec LFI tout à gauche de l’arc, RLRM de l’autre côté et les partis EEES et EECO au long de cet arc, comme le montre le graphique suivant (avec les libellés des partis) :

Autant la démonisation du Rassemblement National (RN) est une stratégie d’éclatement de la droite qui semble avoir assez bien fonctionné, autant l’analyse statistique montre que l’emphase actuelle du discours écologique des marcheurs macroniens n’est pas autre chose qu’une stratégie d’éclatement de la gauche… Et qu’elle fonctionne pour le moment pas trop mal.

L’analyse statistique permet aussi de montrer que la gauche actuelle représente moins les ouvriers que les employés et les professions intellectuelles supérieures ou intermédiaires. Dans cette optique, les partis « néo-écolos » (du socialisme écologique) ne répondent plus du tout à une logique de lutte des classes ouvrière, mais sont en fait une logique d’urbains qui fantasment la nature et l’écologie, et survivent au biberon d’un étatisme omniprésent.

L’autre point important soulevé par l’analyse réalisée est celui de la formation d’un groupe finalement pas si hétéroclite des Français qui rejettent le système.

Par ceux-là, on entend aussi bien ceux qui votent Rassemblement National (PLP en l’occurrence pour ces européennes) que ceux qui votent blancs, nuls ou s’abstiennent carrément. Car oui, ces trois derniers groupes d’électeurs sont statistiquement très proche du PLP : contrairement aux images d’Épinal des médias qui présentent le vote RN quasi-exclusivement comme un vote de racistes et de xénophobes, il s’agit avant tout d’un vote de rejet des autres partis : cet ensemble est statistiquement plus proche des abstentionnistes où dominent les ouvriers, que de LFI qui est censé se préoccuper du sort de ces derniers. Autrement dit, il apparaît statistiquement que l’opinion des ouvriers est davantage le rejet du système, que l’adhésion au discours de LFI.

Or, et c’est à mon avis crucial pour comprendre ce qui se passe sociétalement en France actuellement, ce « groupe du rejet » est largement majoritaire dans l’opinion puisqu’il représente 63% des opinions.

Oui, vous avez bien lu : le rejet, qui était déjà important lors des précédents élections et qui, en 2015, était déjà visible dans la précédente analyse que nous vous avions fournie ici, est encore plus massif. Depuis, Hollande est parti, Macron est arrivé, et les Gilets Jaunes sont passés et l’analyse réalisée ici montre que la situation sociale française s’est largement dégradée.

Dans un prochain billet, nous reviendrons sur ce qu’on peut dire de plus sur ce rejet et sur ce qu’il entraîne mécaniquement pour la base électorale sur laquelle s’assoient la plupart des politiciens, et, par extension, l’État français. Mais indépendamment de cette étude plus poussée, on comprend déjà que ces statistiques illustrent le gouffre maintenant béant entre une caste favorisée, minoritaire mais qui seule trouve une représentation pertinente dans les différentes institutions de l’État, et le reste du peuple qui n’est plus effectivement représenté mais qu’on continue de ponctionner sans vergogne.

On imagine mal que cette situation va pouvoir perdurer encore longtemps.


Fichiers de l’analyse :
Fichier original du vote des européennes sur le site gouvernemental
Dataset RData AFC européennes utilisable dans R ; pour information, les colonnes 1-58 sont les données démographiques (il y a tout, la parité H/F, les tranches d’ages, etc) ; les colonnes 59-73 sont les votes au 2ème tour des régionales de 2015 (voir le billet de 2015) ; enfin les colonnes 74-114 sont les votes au 2ème tour des européennes de 2019 (voir ce billet pour les sigles et nom des variables).
Résultats bruts
script R de base

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Clownerie ministérielle : Bruno Le Maire veut une blockchain publique

Par h16

Ah, les cryptomonnaies ! C’est un sujet complexe, qui porte à la fois sur la monnaie, l’économie, les mathématiques, l’informatique et la souveraineté de l’État. Autant d’éléments que maîtrise Bruno Le Maire – BLM pour les intimes – dont la puissance intellectuelle lui a permis de devenir le plus frétillant des ministres de l’Économie que le pays ait connus. Il était donc malheureusement inévitable qu’il lance (encore !) une réflexion à ce sujet.

De façon intéressante, ce n’est pas la première fois que notre effervescent ministre lance ainsi le sujet dans l’actualité. On se souvient par exemple qu’en 2018, il avait nommé un « monsieur Bitcoin« , dont on soupçonnait dès la nomination que la production en terme de rapports dodus permettrait de placer un nouveau jalon dans la longue histoire des conclusions consternantes d’organismes d’État.

La sortie du rapport, en juillet de l’année dernière, confirmait globalement l’impression initiale puisque les conclusions se résumaient essentiellement à vouloir, encore une fois réguler, encadrer et mettre sous la coupe de l’État une technologie dont l’essence même a toujours été de s’en affranchir. Si le rapport du Monsieur Bitcoin n’était finalement pas aussi périplaquiste que le fut le rapport Thery en son temps, il n’en demeurait pas moins assez peu opérationnel, se limitant au mieux à des constats sans intérêt (voire faux pour certains, ne nous leurrons pas), au pire à quelques recommandations qu’on avait déjà lues ou entendues ailleurs. Les animaux politiques apprécieront, les autres pourront donc oublier ce rapport, exemple vraiment standard de ce que la nomenklatura française produit de temps en temps en feignant d’influer sur le cours des événements qui les dépassent de loin.

Mais voilà : six mois se sont écoulés, et il était donc grand temps pour notre BLM national de remettre le sujet sur le tapis. Entre-temps, Facebook a dévoilé son projet de produire sa propre cryptomonnaie, le Libra, ce qui n’a pas manqué de déclencher deux types de réactions différentes selon le milieu considéré.

Chez les pratiquants des cryptomonnaies, la lecture du « white paper » (le document technique décrivant le fonctionnement et les objectifs du Libra) aura été accompagnée d’un intérêt modéré en ce que le développement d’une telle technologie par un géant comme Facebook en permet sa démocratisation. Malheureusement, les choix techniques de la firme de Zuckerberg, notamment celui d’en faire une cryptomonnaie arrimée à un panier de monnaies étatiques, rendent l’ensemble de l’opération nettement moins crédible. Si l’on y ajoute la façon dont le Libra sera piloté par une fondation dans laquelle on retrouve, notamment, des banques et des organismes de carte de crédit (ces entités-mêmes que les cryptomonnaies entendent dépasser), ainsi que les flous techniques qui entourent la future cryptomonnaie de Facebook, la prudence s’impose.

Prudence qui fut bien évidemment complètement absente dans les déclarations de nos politiciens les plus enfiévrés (qui sont aussi les moins compétents en la matière – ce n’est pas un hasard) : l’apparition de cette monnaie interne à Facebook a rapidement été ressentie comme un véritable affront à la souveraineté des États, laquelle s’exprime notamment par sa capacité de battre monnaie et de spolier gentiment leurs peuples au travers de celle-ci. Une monnaie indépendante des États, fût-elle estampillée Facebook, fût-elle arrimée aux monnaies officielles, est un coin enfoncé dans leur capacité à lever l’impôt, prélever des taxes ou imprimer du billet à rythme soutenu afin d’éponger des dettes contractées pour arroser les électeurs les plus naïfs… Insupportable !

Dans ce contexte, le brave Bruno ne pouvait pas rester les bras croisés. Pour lui, c’est absolument clair, « la France refuse qu’une entreprise privée se dote des moyens de la souveraineté d’un État », scrogneugneu non mais alors. Peu importe que Bitcoin et les autres cryptomonnaies existent déjà et se soient assez voluptueusement passés de toute autorisation auprès de la France ou du petit Bruno lui-même. Pour ce dernier, c’est dit : la France refuse, et puis c’est tout.

Dès lors, il faut agir :!

Eh oui : en France, lorsqu’on est ministre, l’incompétence n’est jamais une excuse pour ne rien faire. C’est sans doute armé de ce principe inaltérable même devant les pires déficits budgétaires que Bruno s’est courageusement lancé dans une nouvelle aventure idiote dans laquelle il va tenter de pousser tout le pays. Bien sûr, le résultat sera très évidemment un désastre, mais pour Bruno, encore une fois, ce désastre est préférable à l’inaction : selon lui, c’est sûr, pour contrer la proposition de l’insupportable Zuckerberg, il faut « une monnaie numérique publique émise par les banques centrales qui garantirait la sécurité totale des transactions, leur rapidité, leur simplicité et leur gratuité. »

Vous avez bien lu : selon Bruno, le fait pour une banque centrale d’émettre une monnaie permettrait, de façon quasi-magique, d’en assurer la sécurité des transactions, leur rapidité, leur simplicité et surtout, leur fameuse gratuité. Dans l’imaginaire du petit Bruno, la banque centrale dispose des mêmes pouvoirs que les licornes mythologiques qui, nourries avec de la bonne herbe fraîche introduite à un bout peuvent produire des richesses innombrables à l’autre bout (ou des prouts parfumés et des cacas colorés, au choix).

Dans ce monde parallèle où Bruno s’ébat avec des petits couinements télétubbiesques, il n’existe aucune des catastrophes monétaires régulières sur les monnaies étatiques, depuis les hyperinflations exponentielles jusqu’aux actuelles plomberies financières incestueuses mises en place par la Fed ou la BCE pour éponger les abysses financières de la crise de 2008 (elle-même provoquée par les politiques monétaires débilissimes des années 2000). La perte de plus de 95% de la valeur du dollar pour cause d’inflation sur les 100 dernières années n’est pas plus un problème.

Partant, on peut décemment demander à ces institutions pourtant catastrogènes de s’emparer à bras le corps de ces cryptomonnaies, c’est évident. Il semble tout aussi évident que les intérêts de l’ensemble des acteurs qui participeront à cette blockchain publique convergeront aussi magiquement que les licornes précédemment évoquées.

Ainsi, les pouvoirs publics auront à cœur – c’est toujours évident – de ne pas défausser leur monnaie (parce que ce n’est pas déjà ce qu’ils font sur une base quotidienne, n’est-ce pas).

Chaque autre participant ne sera que trop heureux que l’ensemble de ses transactions soit enfin accessible à tous les agents de l’État qui ne feront de ces Niagaras d’informations qu’un usage modéré et parfaitement en ligne avec ce qu’on peut attendre de démocraties tirées au cordeau.

En outre, cette cryptomonnaie publique, située sur une blockchain tout aussi publique, ne verra jamais la moindre censure d’aucune de ses transactions : on peut être d’ores et déjà certain que tout le monde y aura accès, tout le temps.

Enfin, la centralisation complète inhérente à l’aspect public de cette géniale invention n’offrira ni « point unique de défaillance », ni aucune opportunité pour l’État de s’immiscer encore plus dans notre vie quotidienne. Ce sera garanti, c’est Bruno qui le dit. Il y aura une charte avec un petit tampon rouge en haut à droite, et une petite licorne en bas à gauche, avec la signature de Bruno en bas au milieu. Garanti.

Cerise sur le gâteau numérique : toutes ces transactions seront gratuites, comme l’école, la couverture sociale ou la sécurité du territoire qui, comme chacun le sait, sont assurées par des armées de bénévoles et de citoyens aussi socialement responsables que baignés de leur naturelle abnégation (sans compter leur horreur de toute rémunération financière, bien pratique pour conserver les comptes de la Nation à l’équilibre budgétaire).

On le comprend : un ministre tente de s’approprier une fois encore une question qui n’appartient surtout pas au domaine de l’État et dans lequel les citoyens ont un intérêt primordial, vital même, à ce qu’il en soit le plus éloigné possible.

Heureusement, l’absurdité des propositions faites et du discours tenu montre que, comme internet il y a plus de 20 ans, les autorités françaises sont parfaitement à la ramasse. C’est plutôt rassurant.

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France : une couverture (et une fraude) sociale légendaire ?

Par h16

Il est maintenant de notoriété publique qu’en Europe, la France jouit d’une natalité extraordinaire : outre un ratio de 1,87 enfants par femme, envié par les autres pays européens, son efficace administration statistique y a clairement recensé 67 millions d’habitants avec une précision assez peu discutée. Mais ce n’est rien à côté de sa couverture sociale qui, de particulièrement généreuse, vient ces derniers jours de passer au niveau légendaire.

On apprend ainsi, par le truchement pratique d’un petit tweet de Charles Prats, magistrat qui a été en charge de la coordination de la lutte contre la fraude aux finances publiques au ministère des finances de 2008 à 2012, que notre vigoureux pays peut aussi s’enorgueillir de recenser 84,2 millions d’individus bénéficiant de près ou de loin de notre système social :

https://twitter.com/CharlesPrats/status/1168829682659340289

67 millions de ressortissants français d’un côté, 84,2 millions de bénéficiaires de la Sécu de l’autre, pas de doute : manifestement, une petite partie du monde ne se contente plus de nous envier notre système social, il en profite directement…

L’analyse des chiffres laisse quelque peu dubitatif : sur ces 84 millions de personnes effectivement réputées vivantes (sur les 110 millions qu’enregistre le système), 3,1 millions sont officiellement centenaires, 11,9 millions de personnes nées à l’étranger ont été bénéficiaires de prestations sociales alors que l’INSEE n’en compte que 9,5 millions maximum, et 11.000 n’ont pas de patronymes. Non, décidément, il y a un petit souci quelque part…

La stupeur est presque totale.

Un tel niveau d’erreur semble totalement incompréhensible. Pensez donc : lorsqu’on avait appris, en décembre dernier, que 1,8 millions de numéros de sécurité sociale avaient été frauduleusement attribués, toute la garde et l’arrière-garde bien-pensante du pays s’étaient levées d’un seul coup, hashtag #YaPasDeFraude au poing, pour dénoncer d’évidentes erreurs de calcul et une instrumentalisation de ces chiffres par les méchants qui visent à détruire cet acquis social indépassable.

Dès lors, alors que ces chiffres d’un pré-rapport du Sénat sur la question ne viennent que de sortir, on se doute que l’enquête sera âpre, profonde et donnera lieu à moult débats animés. D’ailleurs, deux parlementaires ont déjà lancé quelques propositions comme celle de limiter la durée de vie d’une carte vitale.

Compte-tenu des droits auxquels ces cartes ouvrent, il est en effet relativement étonnant que ces dernières ne soient pas un tantinet plus sécurisées comme – au hasard – les passeports, les cartes d’identité ou même les cartes bancaires qui ont, tous, des dates d’expiration. Ainsi, demander un renouvellement régulier (tous les deux ou trois ans par exemple) de ces cartes par les personnes titulaires (ou son tuteur légal) ne semble ni insurmontable ni dispensable lorsqu’on voit la dérive constatée ces derniers jours. Imaginer que la plupart des 3 millions de centenaires réputés en vie n’ont en réalité aucun droit à un numéro ou à une carte ne demande pas un gros effort d’imagination dans un pays où le recensement officiel de l’INSEE ne compte effectivement que 21.000 personnes âgées de 100 ans ou plus.

Demander une preuve de vie crédible n’apparaît pas trop indécent, d’autant que le coulage constaté (16 millions de numéros en trop sur 67 millions de Français) frôle dangereusement les 24%. Devant ce constat, on pourrait gloser sur la solidité relative des systèmes informatiques qui aboutissent à ces écarts assez monstrueux. Manifestement, l’INSEE, en fournissant un suivi relativement précis du nombre de Français, parvient à réaliser ce qui semble hors de portée des caisses d’assurance maladie françaises. (Au passage, on se demandera comment l’administration fiscale, lors du passage au prélèvement à la source, a relevé le défi de ne supporter aucun bug massif. Parions à ce sujet un dénouement intéressant dans les prochains mois, voire les prochaines années si le tapis sous lequel sont poussés les problèmes est assez souple…)

En attendant, on peut se demander ce qui va maintenant se passer, une fois ces chiffres connus.

Quelle analyse sera tentée ?

Sécurité sociale

Certains évoquent bien sûr une « fraude de réseaux » parce que la naïveté, en République du Bisounoursland, se frotte ici un peu trop fort les fesses contre le dur crépi de la réalité : eh oui, il est difficile d’imaginer que ces millions de numéros ou de cartes vitales surnuméraires sont toutes de simples erreurs malencontreuses de l’administration sociale (sauf à la faire passer pour complètement incompétente), et il convient alors d’admettre qu’il y a bien une partie au moins qui correspond à une fraude d’une belle ampleur, ce qui suppose une organisation un minimum rodée tant on imagine mal plusieurs centaines de milliers de petits malins dénichant tous discrètement la bonne méthode afin d’obtenir qui un numéro, qui une précieuse carte sans que la manip soit largement éventée…

Dès lors, comment écarter complètement des complicités au sein même de cette administration ? Pire : peut-on vraiment repousser l’idée que les bénéfices de cette fraude s’étendent bien au-delà des seuls fraudeurs ? En effet, bien utilisés, ces numéros et ces cartes permettent à toute une économie de continuer à fonctionner, depuis des consultations jusqu’à des prescriptions en passant par différents examens qui, tous, génèrent chiffre d’affaire, donc taxes, impôts et cotisations diverses… Dans le cadre d’une économie socialiste et keynésienne où la dépense la plus généreuse semble toujours nécessaire pour garantir l’avenir, cet arrosage de prestations sociales n’est plus seulement une fraude, c’est aussi un puissant incitatif économique, social, citoyen et solidaire que beaucoup trop de politiciens aux notions vacillantes d’économie trouveront séduisant.

Il n’en reste pas moins que les chiffres laissent pantois : si l’on tient compte du fait que la consommation annuelle moyenne de soins par individu en 2012 – avant prise en charge – était en moyenne de 1.280€ pour les 25 à 45 ans et de 6.000€ pour les plus de 75 ans, selon la Direction des statistiques du ministère de la Santé, et en considérant avec bienveillance qu’une faible partie des centenaires surnuméraires font effectivement appel aux services disponibles grâce à ces enregistrements, on se retrouve rapidement avec des centaines de millions voire des milliards d’euros qui sont dépensés on ne sait où au frais du cotisant.

Avec le même raisonnement pour les autres 13 millions de surnuméraires rigolos, on peut facilement ajouter autant de millions d’euros annuels qui permettent de corroborer les précédentes estimations du montant de la fraude dont on parle ici, soit plusieurs centaines de millions d’euros (on l’évaluait à plus de 800 millions en 2014) ; Charles Prats évoque quant à lui plusieurs dizaines de milliards d’euros dans son entretien au Figaro

Indépendamment des chiffres, lorsqu’on sait que le déficit enregistré par les organismes sociaux de santé français s’établit déjà autour de 4 milliards d’euros qui s’ajouteront au 100 milliards de dette encore active, on comprend l’urgence qui existe à remettre enfin de l’ordre dans les comptes de ces organismes dont les prélèvements n’arrêtent pas d’augmenter et de peser lourdement sur l’économie française.

Bien évidemment, il est beaucoup plus simple et politiquement moins périlleux d’augmenter les cotisations et d’accroître la pression sur les cotisants que débusquer les réseaux de fraudeurs. De même, il sera beaucoup plus facile de multiplier les contrôles idiots, la paperasserie inutile et les vexations administratives pour les assurés sociaux honnêtes, que de faire un audit précis des pratiques, procédures et modes de travail au sein des administrations concernées et tenter de les optimiser voire (horreur syndicale !) de les remettre à plat complètement.

On peut donc raisonnablement parier, à l’instar de ce qui se passe partout en France depuis quelques décennies, que la découverte de ces fraudes accroîtra la misère subie par les gens honnêtes et que rien ne changera ou presque pour les fraudeurs.

Ce pays est foutu.

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[Redite] Les GAFA gogos des gars gonflés

Par h16

Article initialement paru le 07.09.2018

Avec les récentes avancées franco-américaines en terme de taxation des grosses firmes américaines de l’Internet (Google, Amazon, Facebook, Apple), le gouvernement français trépigne d’enfin pouvoir croquer à pleines dents dans une petite partie des juteux bénéfices que ces entreprises réalisent. Oh, bien sûr, il n’est pas dit que cette nouvelle taxe internationale ne se fera pas au détriment de certaines de nos productions françaises, mais au moins Macron et son gouvernement pourront-ils fanfaronner avoir « réussi » à faire plier les géants américains…

Pourtant, cette taxe (comme toutes les autres avant elle) ne garantira toujours pas la résolution de certains des enquiquinants soucis que ces grandes entreprises étrangères provoquent dans le petit paysage économique français. Ainsi et par exemple, la presse française continuera de se retrouver en concurrence directe avec les productions du reste du monde mises à disposition par ces GAFA. Comme les médias français ont obstinément choisi de ne surtout rien changer à leurs méthodes, il est peu probable que le résultat soit fort différent de ce que j’envisageais dans un billet produit il y a un an qui décrivait les agitations comiques de ces derniers pour tenter, enfin, de faire plier la méchante concurrence…

On pourra difficilement reprocher tout dilettantisme à la presse nationale lorsqu’il s’agit de ventiler avec force des affaires ridicules, de monter des broutilles en épingle ou de clouer au pilori l’un ou l’autre individu qui aurait dévié du chemin officiel tracé par le Camp du Bien. En revanche, elle sait se faire extrêmement discrète quand son avenir est en jeu et qu’elle doit user d’un bon gros lobbying des familles pour sauver ses tristes miches.

Il est ainsi peu probable que vous ayez entendu parler de la discrète pétition que des journalistes ont lancée afin de contraindre les géants du Net à contribuer au financement de la presse, par le truchement habituel de la loi. Eh oui : le lobbying, c’est très vilain sauf lorsque c’est utilisé par des journalistes.

Et dans le cas qui nous occupe, l’idée est comme à l’accoutumée simple, efficace et parfaitement inique : comme la presse a besoin de sous pour vivre, il serait plus que temps d’aller en piocher dans les poches des grandes entreprises de réseaux sociaux qui les ont pleines. Bien sûr, afin d’éviter de faire passer ça pour un vol tout ce qu’il y a de plus décontracté, on enrobera la proposition de nécessaires justifications à base de moraline, de justice et autres slips habituels des joueurs de pipeau : si Google, Alibaba, Facebook ou Apple doivent absolument rétribuer la presse d’une façon ou d’une autre, c’est parce qu’ils bénéficient directement des efforts qu’elle déploie pour chercher, analyser et diffuser de la bonne grosse information bien fraîche, bien solide, bien étayée.

Et il est vrai, comme on peut le lire de plus en plus souvent, que réaliser de la bonne presse qui vend autre chose que des produits de luxe en page de droite et des articles creux Mode/Conso en page de gauche, ça coûte fort cher.

Il faut faire des enquêtes, se déplacer, voire – soyons fous – prendre des risques au plus près des réalités du terrain. Parallèlement, le lectorat se fait plus difficile à attraper. Oh, il n’a pas disparu, loin de là mais – oubliant à quel point il est inculte – il se fait exigeant et demande avec arrogance de la qualité !

Tout indique même que plus on tente d’asperger les individus avec de la propagande standard subventionnée par l’État, plus ceux-ci se rebiffent : les voilà qui s’informent par eux-mêmes avec tous les risques que cela comporte depuis les sites complotistes jusqu’aux sites étrangers qui ont le mauvais goût d’être stipendiés par un autre État que le nôtre (oh !), en passant bien sûr par les sites turbo-libéraux dont on sait qu’ils sont tout acquis aux puissances pétrolières du complexe militaro-industriel des sauriens nazis. Minimum.

Autrement dit, le risque est grand de voir échapper une forte partie de la population à tout contrôle la diffusion de la Bonne Parole Gouvernementale ou aux onctueuses oukazes de la caste journalistique officielle. Ceci ne peut être toléré, et ce d’autant plus que, si on pousse le raisonnement à son terme, il arrivera finalement un douloureux moment où le lectorat, asséché par les méchantes GAFA, ne lira plus du tout les médiocres productions journalistiques actuelles mais où il sera malgré tout ponctionné, via les subventions directes à la presse ou celles, indirectes, au publipostage, aux réductions fiscales diverses et j’en passe.

Situation qui, un beau matin, pourrait être pénible à justifier.

Comme d’habitude, on assiste au niveau européen et au niveau français à une âpre bataille pour maintenir en état un domaine, la presse, où aucune mutation ne semblerait possible, et où pourtant la qualité, l’indépendance et l’intégrité des équipes laisse de franches marges d’amélioration pour le dire gentiment : on pourrait multiplier les exemples, mais entre les tweets idiots et particulièrement orientés de journalistes (un exemple récent ici), le deux-poids-deux-mesures systématique dont la presse fait preuve (de nombreux articles documentent cela) et les tombereaux d’argent public déjà consacrés à maintenir la presse existante en vie, on serait en droit de demander, en retour, que la presse soit suffisamment proche des notions de qualité et d’intégrité avant de demander des rallonges (par le biais de taxes supplémentaires, qui plus est).

Pour rappel, et rien qu’en se focalisant sur le cas français, douloureux dans sa médiocrité, les subventions à la presse ressemblent à ça :

Plus de 4.8 millions d’euros pour Libération, cette épave journalistique en perdition dont le contenu, brûlot gauchiste sans queue ni tête, n’est plus lu que par quelques dizaines de milliers de lecteurs par jour ou 3.4 millions d’euros pour l’Humanité, bricolage communiste improbable tétant à la fois aux subventions publiques et au capitalisme rotschildien dans une incohérence assumée presque cocasse, et plein d’autres exemples du même acabit (qu’on pourra éplucher ici) nous forcent à conclure que, question indépendance, la presse peut faire mieux.

D’autre part, on peine à comprendre l’envie de cette presse de s’acoquiner ainsi avec les GAFA qui deviendraient, une fois contraints à la subventionner, une ressource indispensable.

Difficile en effet de lui accorder cette intégrité que la presse prétend rechercher. Dernier exemple en date : un syndicat suisse décide de se faire un peu de publicité facile en bidonnant deux offres d’emplois, l’une pour un homme et l’autre pour une femme, avec exactement les mêmes descriptions de poste et (bien sûr) des salaires complètement différents en défaveur de l’offre féminine. Lourdement relayée par les réseaux sociaux, l’histoire a été repérée par Le Matin qui s’est empressé de diffuser encore plus largement le gras pipeau syndical. Alerté par des internautes, le journal suisse a pris son temps pour retirer l’article (clairement qualifiable de « fake news ») et n’a présenté aucun rectificatif ni aucune excuse.

Si cet exemple était unique, il ne serait qu’amusant. Malheureusement, on ne compte plus le nombre de reportages bidons, d’articles satiriques relayés massivement par une presse qui prétend faire son travail alors qu’elle se contente finement de reprendre les bêtises qui passent sur les réseaux sociaux. Réseaux sociaux qu’elle entend donc taxer par voie de lois afin de compenser pour leur impéritie. On appréciera l’ironie du message, et la solidité de la remise en question : à la place de ces journalistes, il vaudrait mieux s’éloigner de ces GAFA plutôt que se comporter en truffes cupides et être financée par elles.

Mais non ! Et au contraire, pétitionnons !

En pratique, on comprend qu’un double-jeu se met en place.

D’un côté, celui d’une presse qui a de plus en plus de mal à s’adapter aux contraintes modernes : elle n’a toujours pas compris que sa valeur ajoutée réside avant tout dans sa capacité d’analyse de l’information, et de sa présentation ordonnée avec un filtre connu, conscient et revendiqué pour son marché (son lectorat) et non pas, comme c’était le cas jusqu’à présent, à un moyen de collecte aux orientations politiques et aux agendas plus ou moins occultes. Dans ce contexte, il est peu étonnant qu’elle choisisse le chemin trop arpenté qui consiste à piocher chez les autres plutôt que se remettre en cause.

De l’autre côté, celui des États qui comprennent bien les enjeux de contrôle de l’information que la nouvelle situation permet. En pratique, cette capacité des GAFA à orienter les foules grâce au filtrage plus ou moins conscient, dirigé et assumé des informations n’est pas franchement combattu par le pouvoir ou s’il l’est, c’est en paroles, par des déclarations ou des rapports un peu grandiloquents lourds de sous-entendus ; mais en réalité, les gouvernements recherchent avidement le pouvoir de ces réseaux sociaux pour en profiter directement.

Bref, s’il subsistait un doute, il est maintenant levé : les journalistes de cette presse subventionnée, qui pouvaient prétendre jadis constituer un quatrième pouvoir, ont bien vite rejoint les mêmes rangs que les politiciens. Et ce faisant, ils y ont subi la même hontectomie.

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Grâce au glyphosate, la SNCF va nous coûter encore plus cher !

Par h16

Enfin, ça y est, la lutte vient enfin de commencer contre les produits chimiques qui font du mal chimique sur l’éco-système pas chimique : alors que le mois de septembre vient à peine de débuter, on ne compte déjà plus les petits articles relayant les déboires ou les victoires de ces maires qui parviennent à interdire l’épandage de l’une ou l’autre substance salement chimique dans des buts bassement agricoles.

Et dans la confusion habituelle pesticide/herbicide qui caractérise maintenant le travail extrêmement approximatif de la presse française à ce sujet, on découvre ainsi qu’une maire a interdit l’usage des pesticides de synthèse (mais autorise les pesticides bio, comme la bouillie bordelaise par exemple, pourtant bien plus toxique), ici aussi, et ici qu’un autre maire n’est, lui, pas parvenu à interdire ces chimiqueries du diable, et qu’au final, l’État imposera des zones de « non-traitement » aux pesticides dans un article illustré avec… un herbicide.

Bref, si la situation est un peu confuse, il n’en reste pas moins que de gros efforts sont très manifestement entrepris pour bouter les produits chimiques hors du territoire, à commencer par – bien évidemment – le glyphosate qui a eu l’honneur de faire la Une de la presse : grâce aux courageux reportages pas du tout biaisés de Glucet et sa troupe d’envoyés spécieux, le Français moyen est maintenant correctement informé que cet herbicide est directement produit par une société capitaliste à base de chatons et d’enfants communistes finement broyés dans le secret d’un complot mondial visant à augmenter scandaleusement notre espérance de vie et que cette infâme substance provoque la peste, le choléra, la dysenterie et l’inévitable cancer, mais si, c’est certain, ne discutez pas.

Et cette âpre lutte contre ces produits synthétiques en provenance directe de l’enfer satanique et turbo-libéral touche maintenant tout le monde, y compris des acteurs jusque là insoupçonnés du désherbage préventif, comme la SNCF : eh oui, les lignes de chemin de fer sont parfois entretenues (le parfois est nécessaire, je vous le rappelle ici), et nécessitent en conséquence l’épandage de produits phytosanitaires dont la présence déclenche immédiatement des crises d’urticaire métaphorique sur les populations avoisinantes qui n’hésitent plus alors à lancer des collectifs et des actions en justice.

Que ces riverains, consternés qu’on puisse encore, de nos jours, griller quelques herbes folles et découper des arbres avoisinant des voies ferrées, se rassurent : la SNCF a de toute façon clairement annoncé qu’elle allait progressivement se passer complètement du glyphosate dans les prochaines années, rejoignant d’ailleurs le reste du pays qui est bien dans les starting-blocks pour interdire une fois pour toute ce produit de malheur. Normalement, d’ici 2021 – c’est Pépy qui le dit, donc c’est du solide, la société nationale devrait avoir complètement remplacé le glyphosate qu’elle n’utilisera donc plus du tout. Il faut dire que la société en consomme entre 35 et 38 tonnes par an, ce qui, sans être absolument monstrueux, reste tout de même une bonne quantité puisque cela représente 0,4% du glyphosate utilisé en France.

Remplacé par quoi, au fait ?

Eh bien ne vous inquiétez pas parce que, comme d’habitude en France concernant l’environnement en général et la SNCF en particulier, tout est prévu, tout est planifié et tout a déjà été largement étudié pour qu’aucun problème ne subsiste ahem brummm et arrêtez avec vos questions oiseuses enfin bon bref…

Oui, certes, il est vrai qu’actuellement, tous les produits qui pourraient servir d’herbicide en remplacement du glyphosate n’ont pas ses qualités et ont même plusieurs défauts qu’il n’a pas. En pratique, le glyphosate n’a pas d’équivalent aussi fiable et aussi peu toxique ni dans la panoplie des jardiniers, ni des industriels et ceux qui s’en approchent ne bénéficient pas du même retour d’expérience qu’on peut avoir avec le glyphosate.

Mais baste, peu importe, il faut bien ce qu’il faut : la France, en plus d’avoir choisi un chemin résolument décarboné, sera aussi déglyphosaté, qu’on se le dise.

Ce qui veut dire qu’en contrepartie, la SNCF devra s’adapter à la nouvelle donne. Cela se traduit donc par l’utilisation d’autres produits (qu’il faudra probablement épandre un nombre de fois supérieur au glyphosate – les riverains apprécieront peut-être moyennement, mais rappelons-leur qu’ils ont bruyamment milité contre l’horrible Glyphotruc de l’Enfer), et d’autres techniques comme des moyens mécaniques ou l’utilisation de bâches et autres films empêchant la végétation de pousser autour des voies.

Bien sûr, tout cela a un coût qui sera – oh, zut, comme c’est surprenant – bien supérieur à celui des épandages traditionnels de glyphosate : au lieu des 30 millions d’euros annuels actuellement, la facture pourrait, selon les calculs de la société nationale, atteindre 500 millions avec les moyens actuellement à disposition, peut-être 350 millions « avec des standards dégradés » (ou encore plus dégradés si on ne perd pas de vue l’état actuel du réseau). Une somme qui, on s’en doute, passera comme une lettre à la poste pour l’entreprise qui dégage régulièrement de dodus bénéfices grâce à une gestion au cordeau, une efficacité et une ponctualité hors pair…

On pourrait gentiment proposer aux riverains de ces lignes SNCF qui luttent contre le glyphosate de prendre en charge le différentiel de coût, soit directement avec l’une de ces taxes dont le pays raffole (on l’appellerait « taxe glyphofuge » par exemple), soit indirectement en leur demandant d’aller désherber les sections dont ils deviendraient responsables. Ce serait un magnifique exercice de citoyenneté bio-écologique en syntonisation avec Gaïa, au passage, dont on peut être sûr que ces mêmes riverains s’acquitteront avec enthousiasme.

En attendant qu’une solution un tantinet crédible se dégage (ce qui pourrait durer quelques années encore), on peut d’ores et déjà se rassurer en voyant que l’ensemble de l’opération a finalement très bien été planifiée, dès le départ : l’interdiction mise en place, de nombreuses solutions opérationnelles ont été proposées par toute la cohortes de politiciens, écologistes et militants de terrain qui savaient, dès le départ, comment procéder. On peut les remercier. En outre, si l’on se rappelle que ce sont ces mêmes politiciens, écologistes et militants qui sont en charge de l’actuelle transition écologique, on est encore plus confiant dans l’avenir.

Pas de doute, tout ceci va très très bien se passer.

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Méchant Facebook qui ne censure pas que le Camp du Mal !

Par h16

Horreur et désespoir dans les rangs de la « gauche radicale » : il semblerait, comme en fait mention un récent article de Mediapart, que l’audience de certains sites de la gauche radicale s’effondre. Apparemment, ces sites – qui utilisent massivement Facebook pour faire connaître et distribuer leurs informations – ont récemment constaté que leur fréquentation s’était évaporée…

En substance, plusieurs collectifs aux noms évocateurs (Lille insurgée, Bretagne noire, Collectif Auto Média énervé, Cerveaux non disponibles, Groupe Lyon Antifa) administrent des pages Facebook et découvrent ces derniers jours avec stupeur la chute libre du nombre de vues de leurs publications dont certaines parvenaient jusqu’ici à inonder des centaines de milliers de personnes de leurs moelleuses informations.

La nouvelle agite donc le microcosme de ces sites pudiquement baptisés « radicaux de gauche », et on ne sera pas surpris que Mediapart, dont les accointances sur la gauche du spectre politique ne sont plus guère à démontrer, reprenne avec gourmandise une telle pépite. Leur enquête aboutit d’ailleurs à la conclusion relativement évidente que, oui, en effet, il y a bien eu une baisse de fréquentation subite de ces pages Facebook ces derniers jours. Il a d’ailleurs suffi de reprendre les tweets catastrophés de l’une d’elles pour s’en convaincre.

La question qu’on peut se poser (et que se sont posée ces militants puis, après eux, Médiapart) est de savoir s’il s’agit d’une censure politique, et ce alors que ces pages Facebook ont toutes repris des informations d’Indymedia Nantes, en marge du G7 et alors que plane le spectre de l’infiltration de ces charmants mouvements par les Renseignements républicains

Du côté de Facebook, interrogé, explique simplement que ces pages n’ont pas été censurées (elles sont effectivement accessibles) mais tout simplement que leur visibilité a été réduite parce qu’elles ont publié des contenus contrevenant aux (fameux) Standards de la Communauté…

Sapristi ! Voilà que Facebook impose des règles à ces sites et ces pages ! Où va le monde si, maintenant, les Standards de la Communauté permettent ainsi à des publications de disparaître ou d’être à peu près invisibles ?

Malheureusement, force est de constater que Facebook fait effectivement ce qu’il veut chez lui, et qu’il est nécessaire de rappeler que ceux dont la stratégie de communication dépend partiellement ou intégralement de Facebook s’en remettent directement à son bon vouloir avec tous les risques que cela comporte, comme on peut le constater ici. Du reste, le problème ne se posait pas dans ces termes lorsque les individus développaient leurs propres sites web il y a 10 ans : c’était plus compliqué, le succès était plus aléatoire et la diffusion moins simple, mais cette difficulté et ces complications étaient et sont toujours le prix de la liberté.

D’autre part, cette mésaventure désagréable pour ces sites d’extrême-gauche est une excellente leçon pour ces derniers et tous ceux du même bord qui, régulièrement, appellent pourtant à la censure et à la dépublication de ceux qui ne partagent pas leurs points de vue.

On ne compte plus le nombre de fois où certaines communautés d’extrême-gauche, de petits « guerriers de la justice sociale », de collectivistes plus ou moins venimeux cachés sous différentes dénominations appellent au blocage, sur l’une ou l’autre plateforme (Facebook, Twitter, Reddit, j’en passe) au motif que les propos de ceux qu’ils visent ne leurs conviennent pas. Même si on peut raisonnablement supposer que les sites « radicaux de gauche » dont il s’agit ici n’ont pas eux-mêmes appelés à une dépublication d’autres pages, on peut tout aussi raisonnablement imaginer qu’il n’en va pas de même pour certains de leurs membres (lecteurs ou auteurs), tant la pratique est maintenant répandue d’essayer de faire taire l’opposant en le « déplateformant ».

En outre, on ne peut pas non plus vivre dans un pays qui accumule les demandes de censure et d’un autre côté se plaindre amèrement lorsque ces demandes aboutissent. Or, ce nombre de demandes montre assez bien l’état d’esprit qui règne actuellement dans le pays dont le peuple n’a manifestement pas besoin qu’on le pousse beaucoup pour laisser s’exprimer ses penchants les moins reluisants…

En réalité, le souci de la liberté d’expression est qu’elle s’entend dans le cadre public (alors que Facebook est une plateforme privée), et que celui-ci est devenu de plus en plus étroit précisément parce qu’une frange bienpensante et particulièrement active a tout fait pour, ce Camp du Bien qui pourchasse toutes les expressions les plus irritantes que leurs adversaires persistent à utiliser : le danger d’appeler sans cesse à museler les gens par la loi (lois mémorielles, LCEN, LOPSI, encadrement de plus en plus strict de la liberté d’expression en France) c’est qu’à la fin, on finit inévitablement par tomber sous son coup, même lorsqu’on se croit officiellement du bon côté du manche.

Au-delà de ces éléments, cette mésaventure – qu’on pressent apte à se reproduire de plus en plus régulièrement en France – appelle quelques autres questions prégnantes dont les réponses, ces prochaines années, promettent d’être croustillantes dans un pays qui n’a décidément pas fait son deuil du contrôle total de ses ressortissants.

Ainsi, on peut se demander comment fonctionnent les modérateurs, décodeurs et autres vérificateurs de Facebook.

On n’a en réalité aucune idée de qui juge quoi et comment. L’arbitraire y est complet et comme, de surcroît, le facteur humain est particulièrement important, l’interprétation de ce qui est dedans ou en dehors « des règles de la communauté » varie d’un jour à l’autre, d’une page Facebook à une autre. En outre, les décisions prises ne souffrent en pratique guère la discussion : non seulement sur le plan du principe (on a finalement accepté cet état de fait en s’inscrivant volontairement sur le site) mais aussi sur le plan du fonctionnement (où, une fois une publication refusée, il sera très rare de voir la sanction commuée)…

Ainsi, on doit se demander jusqu’où s’étend la collaboration de Facebook avec l’État.

facebook - become a fan

De ce point de vue, on ne peut que s’inquiéter de la montée en puissance de Facebook et, surtout, de son implication de plus en plus importante avec les services de l’État (qu’ils soient français ou étranger, du reste). Facebook devient quasiment un organe de presse, ou un appendice à ces derniers et non plus un espace où les individus peuvent discuter entre eux. Tout ce qu’ils écrivent et commentent peut et sera, effectivement, retenu contre eux le cas échéant.

Dans ce cadre, on comprend que l’État n’a rien fait pour freiner l’orientation particulière de la plateforme, au contraire. D’ailleurs, Facebook (comme d’autres grandes firmes d’internet du reste) ne s’est par exemple guère cachée d’être ultra-favorable aux Démocrates américains, d’avoir des vues très progressistes sur la société. On peut être en accord avec ces vues ou non, il n’en reste pas moins qu’on ne peut plus écarter le fait que les dé-publications opérées (ou le positionnement très défavorable de certaines publications) le sont parfois (souvent ?) pour des raisons politiques et de biais idéologique et non simplement règlementaire ou imposées par la loi en vigueur dans le pays considéré.

Ceci n’a rien de sain en ce que la position de Facebook n’est absolument pas neutre même si, au départ, la firme se présentait comme une simple plateforme de mise en relation des individus. Ce qu’elle n’est plus à présent, loin s’en faut, et ce dont peu de ses utilisateurs, finalement, tiennent compte.

Dès lors, comment échapper à la dépendance de Facebook ? La mésaventure de ces sites « radicaux de gauche », qui rejoint celle d’autres sites (« radicaux de droite » ?) démontre qu’il n’y a guère que deux méthodes qui doivent être appliquées pour ne pas tomber dans ce piège d’une dépendance fatale à une plateforme.

D’une part, on doit toujours limiter l’intervention de l’État dans la liberté d’expression. Chaque entaille à cette liberté, sous des prétextes toujours généreux, ne fait qu’offrir des armes à ceux qui veulent museler les autres. L’accumulation de lois et de décrets réduisant cette liberté provoque directement les problèmes que nous observons à présent dans le pays lorsqu’il s’agit d’évoquer tous les sujets qui fâchent.

D’autre part, Facebook (ni aucune autre plateforme, d’ailleurs) ne doit pas être une source d’information ni le principal pilier de quelque campagne d’information que ce soit. Cette plateforme peut constituer un relai intéressant, mais ces informations doivent absolument exister indépendamment d’elle et doivent être hébergées de façon indépendante.

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France, terre de paix et d’amitié

Par h16

Ceci n’est pas un billet, c’est un simple constat, sur un peu plus d’un mois. Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez.

1. Les meurtres en France sont en pleine augmentation. Heureusement, des actions fermes de police et de justice sont en cours pour juguler le problème, n’est-ce pas.

2. Voici une liste, sur quelques semaines, de ce qui se passe dans le pays. Tout porte à croire qu’il y a 20 ou 30 ans, le tableau aurait été sinon différent, en tout cas plus difficile à dresser. On pourra raisonnablement douter que le nombre de fusillades qui y avait alors lieu était aussi élevé. Si mon lectorat a des statistiques fiables, je suis intéressé.

12.07.2019, à Royan : 1 blessé

16.07.2019 à Stains : 2 morts

19.07.2019 à Paris : 1 mort

28.07.2019 à Ollioules : 3 morts

02.08.2019 à Nantes : 2 blessés. On notera au passage qu’« Il s’agit de la dixième fusillade sur la place Mendès France ou à ses abords immédiats depuis deux ans »

03.08.2019 à Nantes encore : 1 mort

03.08.2019 à Simandres : 2 blessés

05.08.2019 à Marseille : 1 mort

13.08.2019 à Draguignan : 2 blessés

15.08.2019 à Kingersheim : 1 mort, 2 blessés

20.08.2019 à Aulnay sous bois : plusieurs blessés sur un tournage de clip.

24.08.2019 à Aubervilliers : 1 mort et 1 blessé

25.08.2019 à Montpellier, Perpignan et Nîmes pour un total de 1 mort et plusieurs blessés.

28.08.2019 à Brest : 2 blessés.

Et sinon, dans la catégorie « On ne plaisante pas avec la nourriture en France », signalons la reprise en main très ferme de la qualité culinaire de certains quartiers par des habitants qui n’hésitent pas à remettre les choses au clair.

Heureusement que l’usage d’armes à feu est très strictement contrôlé en France. Quant aux armes blanches, heureusement de ce côté là, tout va bien.

Oups.

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Greta d’un côté, Wong de l’autre : on a les héros qu’on peut

Par h16

La situation à Hong Kong s’assombrit de jour en jour : alors que les manifestations continuent dans l’ex-colonie britannique depuis le 31 mars de cette année, et que la dernière, samedi 31 août, s’est soldée par de très nombreuses arrestations par le pouvoir communiste chinois amenant à plus de 900 le nombre d’individus détenus, on apprend l’arrestation de Josuah Wong.

Vendredi 30 août, le parti Demosisto a annoncé l’arrestation de son secrétaire général Josuah Wong, militant pro-démocratie hongkongais âgé de 23 ans qui fut aussi le visage du mouvement des Parapluies en 2014.

Depuis plusieurs mois, Hong Kong est secoué par une mobilisation populaire sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, notamment organisée par la mouvance pro-démocrate. Ces manifestations ont été déclenchées suite à la volonté de Pékin de pousser un amendement contre la loi d’extradition des ressortissants hongkongais que beaucoup de manifestants considèrent comme une remise en question complète de l’indépendance de la justice locale vis-à-vis du pouvoir communiste de Pékin. Si la plupart de ces manifestations monstres se sont déroulées dans le calme, certaines ont dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Depuis la Révolution des Parapluies en 2014, Pékin tente de resserrer son pouvoir sur la province de Hong Kong en réduisant progressivement les libertés dont jouissent pour le moment ses ressortissants.

Josuah Wong, comme les autres figures du précédent mouvement et de celui qui agite la province actuellement sont tous des militants farouchement convaincus que leur liberté (d’expression, d’opinion, de déplacement ou de commercer) est maintenant gravement menacée par les agissements du gouvernement communiste chinois dont l’étau, sur Hong Kong et sur le reste de tout le pays, n’a cessé de se refermer ces dernières années, mettant lentement mais sûrement un terme à la période d’ouverture que la Chine a connu avec Jiang Zemin et Hu Jintao.

Dans le même temps et avec cette ironie que le sort nous dispense régulièrement, on apprend l’arrivée de Greta Thunberg à New-York. Les quelques jours qui ont suivi son arrivée auront été l’occasion pour tous les médias occidentaux de donner dans le reportage de terrain et les articles journalistiques d’une pertinence folle.

Et alors que l’hystérie réchauffiste continue – le GIEC annonce à nouveau dans une bordée de conditionnels baveux des millions de réfugiés climatiques, quand bien même ses précédentes prédictions se sont révélées complètement fausses – il ne nous aura été épargné aucune minute du passionnant périple atlantique de la militante écologiste qui, du haut de ses 16 ans, entend explicitement nous faire tous paniquer un bon coup, cette émotion étant, c’est bien connu, la meilleure des méthodes pour faire preuve de raison et agir de la façon la plus sage.

Pour rappel, notre adolescente s’était retrouvée embarquée sur un voilier de compétition pour effectuer une traversée Plymouth – New-York afin d’éviter de prendre l’avion, dont la pollution et le bilan carbone horrifiait la jeune fille. On notera que son retour en Europe se fera malgré tout de façon aérienne, et que le bateau, qu’il faudra bien faire rentrer de toute façon, sera ramené par ses skippers affrétés directement à New-York … par avion eux aussi.

Le bilan environnemental de l’opération, à l’instar d’à peu près toutes les initiatives écologiques médiatiques actuelles, est donc phénoménalement désastreux mais peu importe : dans cette société qui ne vit que de symboles, l’image d’une fillette cherchant à déclencher la panique chez les dirigeants mondiaux semble conquérir le cœur des rédactions et des gouvernements du monde entier.

On ne peut s’empêcher de constater un contraste violent dans ces deux événements proches l’un de l’autre.

D’un côté, un militant risquant littéralement sa vie pour cette notion de liberté qui semble particulièrement oubliée de nos jours en Occident. Il faut être particulièrement endoctriné, dogmatique et perdu dans des concepts fumeux (comme Edwy Plenel par exemple) pour voir dans le combat de Josuah Wong autre chose qu’une affirmation courageuse du besoin de liberté et d’un refus du communisme et du totalitarisme et pour croire y voir un refus du capitalisme ou un désir invraisemblable de contrôle plus important du gouvernement sur sa vie : si toute la population de Hong Kong (ou presque) est dans la rue actuellement, c’est pour réclamer davantage de libertés, et parce que ces libertés (dont le capitalisme découle) ont permis à ces individus de vivre heureux, de prospérer et de s’enrichir.

De l’autre, comment ne pas comprendre le projet particulièrement funeste qui se cache derrière les admonestations plus ou moins bien articulées de la jeune militante écologiste ? Comment ne pas voir l’exhortation à un gouvernement mondial, à un nouveau totalitarisme du carbone où chaque action sera minutieusement mesurée à l’aune de son impact, réel ou supposé, sur un environnement par ailleurs fantasmé ? Comment ne pas voir les connivences hideuses entre les vendeurs de technologies catastrophiques et les gouvernants trop heureux de trouver dans ces discours l’occasion de pressurer les peuples de taxes et d’interdictions faciles à sanctionner (moyennant amendes) ? Comment ne pas comprendre que l’agenda écologique actuel n’est qu’un collectivisme de plus, basé sur une peur, bien ancestrale celle-là, de catastrophes à venir toutes plus énormes les unes que les autres ?

Et alors que Josuah Wong réclame plus de liberté pour lui et ses concitoyens, Greta Thunberg réclame avec véhémence moins de libertés pour tous (de déplacements, de choix, d’expression, …). Alors que Wong cherche à s’exprimer le plus librement possible, Thunberg et ses suiveurs enfiévrés œuvrent résolument pour faire taire ceux qu’ils qualifient de sceptiques (comme jadis on distribuait de l’anathème « impie » à ceux qui doutaient trop vocalement), seuls les climato-crédules ayant droit aux médias et à l’oreille des gouvernants.

Dans ce tableau, la France, toujours prompte à pointer du doigt les turpitudes des autres pays et à larguer sur le reste du monde de façon guère chirurgicale ses barils de moraline par palettes entières, a choisi de relayer avec précision les pérégrinations de Greta qui n’a pour le moment pris aucun risque physique ni intellectuel avec ses discours et son parcours. En revanche, la même France fait preuve d’une pudeur de violette lorsqu’il s’agit de condamner les exactions du régime communiste de Pékin ; sa presse et ses politiciens sont restés fort discrets depuis le début des manifestations et la couverture des événements n’est que récente.

Du reste, il sera difficile d’oublier la position française (ou plutôt son absence chimiquement pure) concernant d’autres individus comme Snowden ou Assange.

La France a résolument choisi une gamine de 16 ans endoctrinée qui plaide pour un autoritarisme écologique, et s’est complètement détournée de ceux qui ont littéralement mis leur vie en danger pour des idéaux qui sont, pourtant, gravés dans notre Constitution…

On a décidément les héros qu’on peut.

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[Redite] La société française à deux étages

Par h16

Article initialement paru le 29.08.2013

Ce dimanche, parlons immobilier sur deux étages avec un billet qui, en six ans, n’a pas vieillit d’une fêlure et n’a pas eu besoin d’un ravalement de façade…

L’accession à la propriété, de nos jours, en France, peut conduire à tout et notamment à mesurer, en prise directe, l’état général de déliquescence du pays.

Pour plus de praticité, l’aimable lecteur qui nous rapporte ses aventures sera appelé Pierre par la suite ; pour faire comme les rédactions à sensation des journaux actuels, je tiens bien sûr à préciser que le prénom a été changé et choisi au hasard dans une liste contenant toute la dose de diversité et la parité nécessaire pour éviter la moindre discrimination et l’amalgame malheureux. Notez que j’aurais pu choisir Sven, Mouloud, Batman ou Pimprenelle, mais, vous le verrez, le sujet est suffisamment sérieux pour qu’on évite de s’éparpiller.

Bref.

logo ca - le bon sens a de l'avenirL’histoire est récente, puisqu’elle débute en juin de cette année. L’été s’installe, les petits oiseaux gazouillent, les arbres et les massifs municipaux des multiples rond-points se fleurissent à grands frais et Pierre se lance dans l’achat d’un bien immobilier. Pour cela, il va passer par des enchères publiques : un bien a en effet retenu son attention. Il s’agit d’un modeste immeuble de rapport constitué de deux logements, identiques, sur deux étages, et d’un local commercial, libre, au rez-de-chaussée. Pierre a pris soin, avant d’envisager l’achat, de consulter le dossier rédigé par l’avocat du créancier. Ce dernier, le Crédit Agricole, indique les conditions qui amènent ce bien aux enchères : le précédent propriétaire l’avait acquis en 2008, pour un montant de 162.000€, intégralement financé par un crédit sur 25 ans, alors que ses revenus de salarié d’une agence immobilière n’étaient que de 2250€ mensuels. « Le bon sens a de l’avenir », dit-on au Crédit Agricole, réputé pour une être une indécrottable bande d’optimistes.

enchères - balaisL’enchère est de courte durée, Pierre est le seul enchérisseur présent, et le montant initial est même revu à la baisse pour un total final de 60.200€… Le marché immobilier n’est plus ce qu’il était jadis, semble-t-il. Une fois reçu le jugement d’adjudication, validant Pierre comme nouveau propriétaire, ce dernier décide de rendre visite aux locataires afin de leur faire connaître leur nouveau propriétaire, et prendre connaissance des contrats locatifs qu’il n’avait pu obtenir avant l’achat.

La matinée touche à sa fin. Se rendant au premier étage et toquant à la porte, une dame de 35 ans environ, en robe de chambre, lui ouvre la porte. Pierre lui explique l’objet de sa visite : il désire simplement prendre connaissance du bail. Elle le fait entrer, ce qui permet à notre homme de découvrir qu’elle est l’heureuse maman de quatre enfants. Les fouilles qu’elle mènera dans les minutes qui suivent dans une paperasse assez peu organisée ne permettront pas de retrouver le document recherché, Pierre lui demande simplement le montant du loyer qu’elle acquitte. Petite surprise : elle s’avère incapable de lui dire le montant. Elle n’en paye rien, puisque « c’est la CAF qui gère tout ça ». Pierre insiste : après tout, c’est elle qui a signé le bail, et elle a forcément des courriers de la caisse d’allocations familiales sur le montant versé chaque mois au propriétaire. Malheureusement, les recherches s’avèreront aussi infructueuses que les précédentes. L’allocataire retrouve tout de même son numéro, habilement stocké dans son téléphone portable, ce qui permettra peut-être au nouveau propriétaire de retrouver l’information auprès du payeur réel.

… Auquel il se rend et apprend que le montant de l’APL de cette dame s’élève à 478€ versé directement au propriétaire. Heureuse surprise : compte-tenu de la localisation du bien, de son étage et des paramètres habituels, Pierre pensait le loyer moins élevé. Quant aux changements de propriétaire, tous les papiers devront être envoyés par courrier, avec le cerfa machin, le coup de tampon bidule et vous signez là et tout sera automatique et merci et bonne journée.

Bien évidemment, deux mois plus tard, et malgré l’envoi de tous les papiers nécessaires, la CAF ne parviendra pas à payer directement sur le compte de Pierre, comme prévu. Sur place, on expliquera à Pierre que, faute d’effectifs suffisants, par manque de moyens et parce qu’il n’y a pas assez de gens présents, et tout ça, les courriers ont un mois et demi de retard, et les virements des deux mois précédents ont encore été réalisés sur le compte de l’ancien propriétaire, mais rassurez-vous mon bravmôssieu, les paiement auront bien lieu rapidement, « Charge à nos services de récupérer les sommes indûment perçues par l’ancien propriétaire » (connaissant la situation de ce dernier, on leur souhaite bien du courage pour recouvrer les sommes).

Les bonnes nouvelles s’enchaînant joyeusement, un coup de téléphone le lendemain permet à la locataire du premier d’indiquer à Pierre qu’elle a retrouvé son bail et les papiers de la CAF. Leur lecture permettra d’établir que le montant du loyer est en réalité de 340€, et que le montant des prestations de cette dame est de 1542€ mensuel hors APL. Pierre profitera d’un nouveau passage à la CAF pour tenter de comprendre le différentiel entre le loyer versé par l’organisme et le bail du loyer. Stupéfaction (confirmée ensuite à la lecture du guide du bailleur) :

« Non, non, Monsieur, point d’erreur de nos services. Il arrive dans certains cas que le montant versé soit supérieur au loyer. Les droits de cette dame en aide au loyer sont de 478€. Charge à vous de faire le remboursement du trop perçu au locataire. »

bureaucratie : rien ne pourra plus l'arrêter !

Parallèlement à cette histoire CAFkaïenne, Pierre a bien évidemment tenté de rencontrer les locataires du second étage. Rarement là, ils sont difficiles à joindre. Après quelques jours, Pierre tombe en fin d’après-midi sur un garçonnet de neuf ans qui lui ouvre et lui apprend que ses parents travaillent et ne seront là le soir que vers 20H.

La prise de contact aura donc lieu le soir même. Pierre fait alors connaissance d’un couple dont le mari est artisan boulanger et la femme tient la boutique, qu’ils ont repris depuis quatre ans à quelques 300 mètres de l’appartement. Le bail, présenté rapidement, est de 340€, comme à l’étage inférieur. Mais ici, la CAF n’intervient pas : ils nagent en effet dans l’opulence avec des bénéfices de 19.800€ annuels et leur trop petit nombre d’enfants (un seul, pensez donc !). Les histoires de loyer évoquées, la discussion roule gentiment sur les banalités habituelles de la pluie et du beau temps, de la fatigue qu’on peut comprendre pour ceux qui se lèvent à 4H du matin et qui ferment leur boutique à 19H30, et sur les petits soucis d’argent. Eh oui. Le RSI (vous savez, le régime des indépendants si cher à nos artisans) vient d’envoyer un gros rappel (9.200€). Évidemment, aucune explication de ce rappel n’aura été fournie, ni par le comptable, complètement perdu, ni par les services concernés de l’organisme, complètement incompétents. ‘ Manquerait plus que ça ! On est en France, éternelle et merveilleuse, merdalafin.

Bilan : le papier timbré a été envoyé, et qu’importe si le rappel parait démesuré par rapport à l’activité de la boulangerie. Qu’importe finalement si cette somme, plus que probablement indue, n’est là que pour éponger les dettes d’un système qui s’écroule tous les jours un peu plus sous nos yeux. Qu’importe. C’était payer ou les huissiers. La bourse ou la vie (professionnelle, au début). Le boulanger clora la conversation dans un soupir :

« Mais rassurez-vous. Nos loyers ont toujours été versés en temps et en heure. »

Tout va bien, alors.

Pierre quitte donc l’artisan et sa famille, un peu sonné de la différence si radicale d’un étage à l’autre. Certains, en France, bénéficient plus de l’égalité et de la fraternité que d’autres. En passant par l’arrière-cour le menant à la sortie du bâtiment, il tombe sur deux vélos d’enfant. L’un d’eux est flambant neuf, un BMX 380 prêt à décoller pour de nouvelle aventures. L’autre est un vieux clou qu’on aurait du mal à recycler même à la communauté Emmaüs. Le premier appartient à l’un des fils de la locataire du premier. Pas le second.

ModernWelfareTout ceci n’est, bien sûr, qu’un exemple parmi tant d’autres et il est impossible, à partir de cette tranche de vie, d’établir une statistique, d’analyser une tendance de fond, de tirer de grandes conclusions sur l’état réel de la société. Il s’agit pourtant d’un témoignage vécu, d’une tranche de cette réalité que nos politiciens, notamment ceux qui se trouvent si mal payés, ne peuvent absolument pas toucher du doigt ni même approcher. Cette tranche, aussi malingre et critiquable soit-elle, entraîne cependant quelques questions.

Ainsi, on peut se demander si la fraternité dont la République se gargarise bien volontiers au perchoir est aussi belle à regarder en pratique ; les aides, qui coûtent si cher à ponctionner, sont-elles vraiment distribuées aux plus méritants ? Permettent-elles vraiment l’émergence ou la perpétuation de valeurs qui fondent la vie en société, qui s’appuient notamment sur l’équité, la justice, qui encouragent l’effort et sa juste rétribution ? Ainsi, est-il vraiment souhaitable que le travail des uns permette aussi manifestement l’oisiveté des autres ?

Et moralement, que peut-on attendre d’une société qui n’offre plus de perspective pour un artisan et sa famille, ou qui en offre plus à des personnes qui ont choisi l’assistanat qu’à celles qui ont choisi le travail ?

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En France, il est désormais interdit de juger les juges

Par h16

Le diable est, dit-on, dans les détails. En Socialie, les petits détails sont législatifs et sont insérés, discrètement, au détour de l’une ou l’autre réforme, loi de programmation ou décret d’application que la République se fera fort d’appliquer avec soin par la suite. La mise à jour de l’article 33 du 23 mars 2019 de la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice illustre fort bien mon propos.

Vous n’en avez probablement pas ou très peu entendu parler et c’est normal tant la vie en République Française du Bisounoursland est calme et très légèrement barbante : qui pourrait s’occuper de l’insertion d’un petit article législatif dont l’objet semble, à la lecture, particulièrement accessoire ?

En effet, cet article 33 semble interdire toute utilisation de l’identité des magistrats de la Justice française pour en tirer quelque analyse statistique que ce soit. En tournure légale, cela donne ceci :

« Les données d’identité des magistrats et des membres du greffe ne peuvent faire l’objet d’une réutilisation ayant pour objet ou pour effet d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. »

Plus exactement, la loi est ainsi écrite qu’elle interdit formellement d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. Et pour bien faire comprendre à quel point cette interdiction est importante, elle est assortie d’une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Voilà donc nos magistrats bien à l’abri de toute analyse statistique de leurs biais et penchants, de leur laxisme ou de leur sévérité ou, plus encore, de leur éventuel militantisme engagé dont les effets pourraient se faire sentir dans les décisions qu’ils prennent. Bien évidemment, telle n’est pas la cible officielle de la loi qui s’affiche plus sûrement comme un moyen d’éviter l’introduction, en catimini, de techniques d’intelligence artificielle sur les jugements rendus et l’analyse a priori des habitudes des uns et des autres pour permettre de calibrer les angles de défense ou d’attaque par des firmes d’avocats solidement outillées en technologies modernes.

C’est en tout cas ce que certains articles de presse expliquent, assez justement du reste, pour contextualiser l’apparition de cette loi que seuls les magistrats en question semblaient appeler de leurs vœux (qui ont donc été très favorablement entendus par le législateur). En substance, l’idée est aussi simplette que bassement communiste puisqu’elle tend à faire croire que la justice ne pourrait pas être un bien de consommation comme un autre, et qu’au travers d’une loi idoine, on pourrait ainsi empêcher une forme de consumérisme débridé (capitaliste, apatride et turbolibéral évidemment) dans le choix d’un tribunal ou d’un magistrat…

C’est bien sûr complètement idiot, tant est parfaitement artificielle une telle interdiction dans ce XXIème siècle interconnecté : il suffira à une société de droit étranger de collecter les données françaises (disponibles publiquement) pour réaliser les statistiques honnies et faire le profilage complet des magistrats, qu’elle pourra ensuite mettre à disposition de ses clients (français ou étrangers), tout en étant hors de portée de cette loi. C’est grotesque mais ça rassure les corporations françaises.

Mais en marge de cet aspect et tant que les décisions des tribunaux seront publiques et consultables facilement (gageons que ça changera vite), cette loi permet aussi de garantir qu’aucune statistique potentiellement médiatique et fort désagréable ne vienne se glisser dans le paysage judiciaire français.

Pas question qu’on puisse déterminer les juges les moins enclins à l’incarcération de délinquants multirécidivistes. Pas question non plus qu’on puisse repérer ceux ou celles d’entre eux qui seraient un peu laxistes, un peu trop favorables à un sexe plus qu’un autre, ou dont les vues politiques teinteraient les jugements (oh, qu’allez-vous penser là, honteux blogueur !). Non, vraiment, pas question qu’on puisse ainsi ternir les réputations des magistrats en face de faits statistiques quantifiables qui pourraient leur être opposés.

Plus fondamentalement, cet article (coïncidentalement rattaché aux mêmes sanctions que celles prévues pour les impétrants pratiquant les statistiques ethniques) revient à interdire purement et simplement aux Français d’avoir une idée précise de ce que vaut leur Justice, et, par contraposée, à empêcher que les juges, qui ne sont que des humains, puissent s’amender et tenter de rendre des décisions aussi uniformes et équitables que possibles.

Pire encore : l’introduction de cette nouvelle interdiction intervient alors qu’aucun scandale majeur contre l’un ou l’autre juge défaillant n’a émaillé l’actualité. Oh, il y a bien eu de nombreux scandales judiciaires (Mur des cons notamment), des traitements évidemment biaisés (répression des Gilets jaunes comparé à certains autres groupes activistes, …) mais, jusqu’à présent, personne n’avait eu l’idée de publier des statistiques sur un juge…

Autrement dit, ce nouvel article de loi semble précéder toute velléité de concrétiser cette idée, un peu comme si ceux qui l’ont poussé n’avaient pas totalement la conscience tranquille. Et ainsi, par prévoyance, ils étendent la tactique de mise sous le tapis déjà employée pour les statistiques ethniques. Après tout, elle a bien fonctionné pour priver tout contradicteur d’arguments chiffrés (nourrissant dans la foulée censure et complotisme dans un mélange jamais bon à long terme), pourquoi ne pas l’employer aussi dans ce domaine là ?

S’il y a, certes, un problème de moyens avec la justice, il y en a aussi un autre : celui de sa politisation à outrance, de son trop grand laxisme dans certains cas et de sa trop grande sévérité dans d’autres, de son inadéquation aux demandes de la société et de l’incompétence de certains juges enfin. Tout autant d’éléments que ces statistiques dévoileront inévitablement et que cette interdiction veut camoufler en criant « Ne regardez pas du côté de la justice, c’est interdit ! », comme un gamin qui crierait « Je n’ai rien fait, je n’ai rien fait, c’est pas moi, c’est pas moi, n’allez par regarder par là, il n’y a rien ! »

Très inquiétante démarche que celle qui consiste à interdire le thermomètre pour cacher la fièvre.

this will not end well

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En marche … arrière, et surtout à petite vitesse

Par h16

Dès le départ et lorsqu’il avait lancé, en fanfare, son brochet projet pour la France, le président Macron souhaitait mettre le pays « En Marche ». À mesure que le dirigeant français s’enfonce dans son quinquennat comme une chips molle entre les deux coussins dans un gros canapé en cuir, le doute s’immisce sur la volonté de réellement faire avancer le pays.

En fait de le mettre en marche, Emmanuel Macron semble avoir poussé le pays à reculons : les réformes fanfaronnées dans toute la presse se dégonflent les unes après les autres, et les vagues bricolages présentés comme des progrès ressemblent de plus en plus à des reculades ou des atermoiements qui riment plus avec piétinement qu’avec avancement.

Les derniers résultats des élections européennes, bien que lourdement entachées d’une abstention record, ont de surcroît envoyé un message très clair au frétillant quadragénaire qui les interprète pourtant simplement comme un besoin des Français pour davantage d’écologie ou, plus prosaïquement, lui ont rappelé que sans vigoureusement ripoliner ses élucubrations politiques d’une solide couche de vert tendre, il risquait de se prendre une peignée aux élections suivantes.

La presse, comprenant le pari élyséen, lui a donc emboîté le pas dans cette nouvelle orientation écoloïde, ce qui aboutit aux torrents d’imbécillités niaiseuses auxquelles nous assistons actuellement, depuis les idioties sur les effets néfastes potentiels, supposés et particulièrement imaginatifs du réchauffement climatique sur notre avenir (ce dérèglement entraînant – par exemple – la prochaine crise financière ou les précédentes crises humanitaires, la disparition du poisson ou des nuages, …), jusqu’à l’hystérie complète devant l’un ou l’autre événement en rapport direct ou pas avec l’environnement (comme c’est le cas avec l’Amazonie).

On aboutit au final à un véritable tir groupé du politique et du médiatique pour bien nous faire comprendre que tout, absolument tout allait être fait pour nous sauver la mise d’une fin apocalyptique, contre notre gré s’il le faut, et grâce à l’empilement judicieux d’interdictions, de taxes et de contraintes (car tout le monde sait que les taxes et les interdictions, ça marche !).

C’est ainsi qu’on se retrouve avec les déclarations consternantes du président concernant la marine marchande, déclarations reprises sans la moindre remise en question par la presse, lors du dernier G7. Pour Macron, une des solutions pour réduire les émissions de dioxyde de carbone consiste à réduire la vitesse des cargos :

« De manière solennelle, pour la première fois, nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse des navires »

Eh oui : les calculs des transporteurs, des organisations plus ou moins non-gouvernementales, des journalistes et des politiciens du Ministère des Petits Oiseaux et de l’Air Pur sont formels puisqu’en réduisant sa vitesse de 12 à 11 nœuds (de 22 à 20 km/h), un pétrolier réduirait sa consommation de carburant de 18%…

Apparemment, personne ne semble trop se soucier de quelques éléments pourtant importants : ralentir le commerce maritime, cela veut aussi dire de façon quelque peu tautologique (mais apparemment nécessaire à rappeler) qu’un bateau qui avance moins vite prendra plus de temps à faire le trajet qu’on lui demande, et arrivera donc plus tard au port de destination. Or, ceci a des conséquences économiques évidentes à commencer par le fait qu’en accroissant les durées des flux, on en augmente substantiellement les coûts et les contraintes. Quand il s’agit de pétrole, cela peut avoir un impact (sur les cours). Quand il s’agit de nourriture, cela peut modifier là aussi sensiblement les impératifs de récolte, les pertes en transport, entraîner d’autres coûts annexes (chaîne du froid)…

Tout ceci n’est pas gratuit et l’introduction de ces nouvelles limitations, lorsqu’elles sont ainsi imposées par des politiciens et non par des contraintes de marché, revient à contraindre une série de prix qui s’en retrouvent inévitablement biaisés, rarement en faveur du consommateur.

En outre, la lenteur des uns fait le bonheur des autres, plus rapides. Au plan international, il apparaît fort peu raisonnable de parier sur le fait que tout le monde va ralentir alors que le premier à ne pas le faire va s’en retrouver sensiblement avantagé…

Pour le moment, les grandes sociétés de transporteurs qui se sont engagées à réduire la vitesse de leurs bateaux l’ont fait volontairement, en faisant avant tout un calcul économique et marketing : en se positionnant ainsi, elle peuvent (quitte à faire un peu de greenwashing ou écoblanchiment) prétendre œuvrer pour une meilleure planète, tout en réduisant leur facture de carburant, en tenant compte des contraintes de marchés auxquelles elles sont soumises et s’adaptent naturellement avec autant de souplesse que possible.

L’idée de Macron se traduira inévitablement par une loi qui anéantira cette adaptabilité : plus question alors, pour tel transporteur, d’autoriser exceptionnellement tel ou tel cargo à voyager plus vite sur cette ligne ou lors de ce trajet particulier afin de garder un contrat…

On le comprend : l’avenir maritime semble se diriger (doucement, tout doucement) vers une marche chaloupée et taxée pour s’assurer que rien n’arrivera trop vite.

Or, de façon inquiétante, il s’agit bien d’une tendance de fond à laquelle on assiste, alors que peu semblent prendre la mesure de ce qu’elle implique.

Il n’y a pas si longtemps, quelques décennies tout au plus, on cherchait plutôt à augmenter la vitesse de déplacement des biens, de l’information, des capitaux et des personnes. On semblait avoir compris que le temps était une denrée rare, la plus rare de toutes sans doute, et qu’il était donc désirable de diminuer le temps passé à attendre (fut-ce un bien, un service, un individu ou le résultat d’un calcul).

Il n’y a pas si longtemps, on cherchait à relier Paris à New-York en moins de trois heures et le Concorde le permettait. On cherchait à rapprocher les villes les unes des autres (quitte à engouffrer des fortunes dans un TGV au détriment de toutes les autres lignes). On cherchait à fluidifier les déplacements de ville en ville, et à l’intérieur de celles-ci.

Et puis subitement, dans quelques sociétés vieillissantes dont la France fait maintenant partie, il n’a plus été question que de ralentir.

La voiture fut la première victime, évidemment, avec la pluie de réduction des vitesses maximales autorisées au point que le 50 km/h en ville n’est plus qu’une chimère. Les aménagements urbains de plus en plus délirants, visant tous à la faire fuir hors de la ville, ont surtout multiplié les bouchons et rendu les commerces du centre inaccessibles (puis en faillite).

L’avion est maintenant sur la sellette : polluant, beaucoup trop bon marché et par conséquent proposant à trop d’individus d’aller voir ailleurs s’ils y sont, c’est une attaque en règle qu’il subit. La multiplication des contrôles et des contraintes débiles transforme un trajet de deux heures en l’air en périple de quatre heures dont deux à supporter un parcours anxiogène dans des mesures de sécurité aussi ridicules qu’inutiles. On en vient à encenser une adolescente qui refuse de prendre l’avion quitte à prendre la mer pendant plusieurs jours, ce qui impose (comble de l’ironie et de la stupidité) de multiples allers-retours en avions à tous les membres de l’équipe qui va l’entourer dans son coup de pub…

Voilà qu’on s’en prend maintenant aux bateaux, qui, gageons-le, ne seront pas les derniers sur la liste des transports qu’il faudra absolument handicaper…

Surtout ne perdez pas de vue que ce qu’on vous propose ici, ce n’est pas un monde moins polluant (il n’en sera rien), ce n’est pas un monde plus gentil ou plus doux. Non. Ce ne sera rien d’autre qu’un monde plus lent, plus mou, plus difficile à parcourir, plus pénible à arpenter, comme il le fut il y a 100, 200 ou 2000 ans de cela.

Charmante perspective !

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Une Amazonie bien pratique pour la politique idiote de Macron

Par h16

Comme l’expliquent fort mal certains auteurs, il ne faut jamais perdre une bonne crise : avec l’Amazonie qui brûle, il aurait été dommage pour le président français de ne pas en profiter pour pousser son agenda personnel et de ne pas utiliser ce magnifique tremplin médiatique pour une nouvelle fois enfiler le costume (manifestement trop étroit) de héros des temps modernes, sauveur de la veuve, de l’orphelin, de l’air pur et des petits animaux mignons.

C’est ainsi qu’Emmanuel Macron s’est fendu d’un de ces petits tweets indispensables qui auront permis d’amplement modifier les relations internationales de la France avec le Brésil.

Découvrant que des feux de forêts étaient en cours en Amazonie, le président français a donc prestement exprimé son opinion avec toute la diplomatie dont il était capable. On admirera la dextérité de l’homme d’État dans le tweet suivant :

Eh oui, c’est troporrible, nous allons tous mourir et pour beaucoup (trop), ce tweet de Macron ressemblait à un cri de détresse et à l’affichage d’une conscience écologique du président français.

La réalité est évidemment très différente puisqu’il s’agit surtout d’un « signalement vertuel », destiné d’une part à pleurer dans le sens des larmes écolo-hystériques, d’autre part à donner le change de tous ceux – très nombreux – qui ne peuvent pas encaisser le dirigeant brésilien qui est directement visé par cette agitation cosmétique, et enfin à donner un semblant de raison solide pour rejeter ensuite toute possibilité d’un accord marchand international, ce qui sera fait dans la foulée quelques heures plus tard avec le rejet officiel de l’accord Union Européenne-Mercosur, pourtant âprement négocié pendant 20 ans.

Les petits intérêts politico-politiciens du président français, très soucieux de ne pas trop effaroucher son maigre électorat, passent donc avant l’avenir du pays (dont une partie dépendait de cet accord), quitte à raconter absolument n’importe quoi

Parce qu’en observant l’information de base d’un peu plus près, on se rend surtout compte, encore une fois, de l’extraordinaire vacuité de l’agitation élyséenne. Outre la conception erronée de l’Amazonie en « poumon de la planète » (c’est faux), rien dans ce qui se passe actuellement au Brésil ne permet au chef de l’État français de décréter une situation de crise et d’illustrer son tweet d’une photo aussi spectaculaire qu’inexacte puisque vieille d’au moins 16 ans.

En effet, les incendies actuels d’Amazonie n’ont rien d’exceptionnel et ne méritent en rien ni l’hystérie qui s’est emparée des médias et des réseaux sociaux, ni de servir de prétexte aux rebuffades diplomatiques grossières de Macron : eh oui, l’Amazonie brûle régulièrement. Ce n’est certes pas souhaitable, mais c’est un fait qui dure depuis qu’on l’observe par satellite. Et justement, des photos sont disponibles qui montrent bien que les feux de 2019 sont un phénomène connu.

Pour illustrer, en voici quelques unes, de 2007, 2008, 2009 ou 2010, toutes ces années où Lula était au pouvoir au Brésil et où personne n’a semblé s’inquiéter plus que ça.

2007
2008
2009
2010

On en profitera pour noter que l’Amazonie n’est pas la seule zone concernée (Macron devrait d’ailleurs en profiter pour piquer une petite colère à l’encontre d’autres dirigeants politiques, tant qu’à distribuer des baffes). On attend qu’il rouspète un bon coup sur Evo Morales, dont une partie de la Bolivie crame aussi dans l’indifférence médiatique.

On notera en outre qu’en étudiant les données disponibles auprès de la Nasa ou ailleurs, pour noter aussi que 2019 n’est même pas une année record.

On notera enfin que, données récoltées et images analysées, tout indique de surcroît une diminution des zones brûlées sur Terre : depuis 2003, on estime que les surfaces incendiées ont diminué de 25%.

En somme, absolument rien dans le tweet ni dans les emportements de Macron ne peut se justifier réellement : on est dans le théâtre le plus pur. En revanche, le président français, en agissant de la sorte, montre une belle capacité à une forme d’ingérence maladroite, qui s’apparente presque à du colonialisme décontracté dans les affaires du Brésil dont la population n’a pas besoin de recevoir les leçons de morale françaises, pendant que, toujours en Amazonie mais du côté de la forêt guyanaise, les pollutions au mercure de l’industrie aurifère continuent de poser de graves problèmes locaux sans que Macron ne s’en préoccupe guère, le tartufe.

On le comprend : il ne s’agit pas du tout d’un problème environnemental, mais exclusivement politique.

Comme je l’expliquais en introduction, Macron joue ici à fond la carte du signalement vertuel destiné à montrer à tous à quel point il est un bon soldat du Camp du Bien, aussi ouvert d’esprit et progressiste que Bolsonaro serait populiste et vendu à la destruction de la planète, en commençant par la forêt et le climat.

En cela, le président Macron est aidé par une presse d’une servilité dégoulinante et trop heureuse d’enfin pouvoir cogner sur les méchants désignés, ceux qui n’ont pas l’heur de tomber du bon côté de la barrière sémantique du Camp du Bien.

Tout devra être fait pour tenter de broyer dans les polémiques montées de toutes pièces ceux qui refusent l’agenda progressiste. Il en a été ainsi avec Trump ou Orban, il en est ainsi avec Bolsonaro, Salvini ou même Boris Johnson qui bénéficie à son tour du même mécanisme minable.

On mettra par exemple en exergue une photo totalement sortie de son contexte pour mieux faire passer l’idée qu’il s’agit d’un lourdaud sans finesse et créer une belle polémique à peu de frais. La vidéo complète et le contexte qui n’ont (malheureusement pour la clique journaleuse) pas tardé à sortir donnent une explication différente et renvoient les polémistes à leurs petites manigances sur l’Amazonie.

Cependant, ne vous y trompez pas : que ce soit le climat, l’environnement, la gestion de l’immigration, du communautarisme ou des Gilets jaunes, le Camp du Bien est décidé à ne surtout pas se laisser faire. Sa vision du progrès n’est pas négociable.

Et s’il lui faut mentir, tordre les faits ou faire des crises d’hystérie, il le fera.

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[Redite] Le socialisme ne marche pas, même en petit

Par h16

Article initialement paru le 10.08.2015

À la faveur d’un G7 dont le programme, essentiellement construit autour d’un agenda socialiste où il s’agira, pour les Hommes d’État, d’intervenir dans la vie de tous les autres afin de montrer qu’ils le peuvent, quitte à y mettre un bordel indescriptible, on redécouvre quelques vérités qui, en plus de déranger, sont toujours exactes : le socialisme ne marche pas, ni en grand, ni en petit.

C’est l’occasion de ressortir un billet paru il y a quatre ans et qui revenait sur une de ces expériences socialistoïdes dont le résultat était – encore ! – un échec…

Malgré le nombre maintenant élevé de foirades magistrales lié à l’application de l’égalitarisme, on continue quand même à en user avec profusion. Son parfum le plus connu, le Socialisme, a pourtant largement prouvé sa nocivité, mais certains persistent pourtant, obstinément, à l’employer partout.

En Union Soviétique, on avait fait les choses en grand. L’égalitarisme soviétique devait être à la fois massif et toucher toutes les couches de population, et géographiquement très étendu au point de couvrir un nombre considérable de pays et un pourcentage important de la population terrestre. L’application consciencieuse du programme communiste aura bien sûr abouti à des millions de morts par douzaines, des famines, des déportations massives dans des camps de travail ou des génocides. Sans trop bousculer le sens des mots, on peut dire que ce fut un gros échec retentissant.

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De différentes façons, on testa ensuite les mêmes principes sur des zones plus restreintes, sur des populations moins bigarrées. Cuba, la Corée du Nord ou le Vietnam furent autant d’exemples qui montrèrent que les problèmes engendrés par les idées égalitaristes et socialistes ne provenaient pas de la trop grande taille géographique : même pour des plus petits pays, ça foirait lamentablement.

Actuellement, le Venezuela tente l’expérience d’un socialisme un peu plus modéré (si tant est que ça puisse exister, comme un viol modéré ou une gangrène discrète). Celui-ci s’installe plus doucement, avec marginalement moins de violence, et ne prend pied que progressivement dans tous les domaines de la vie locale. Tout indique là encore que c’est un naufrage complet pour un pays qui ne pourra même pas se cacher derrière une absence de ressources pétrolières ou un commode embargo américain. Dans la catégorie « encore moins vite, monsieur le bourreau », d’autres pays tentent aussi ce socialisme en mode « infiltration ninja » à doses plus ou moins légères et obtiennent — comme c’est surprenant — les mêmes déboires catastrophiques. La France en est un excellent exemple, et sa trajectoire actuelle, qui vise à contrer les problèmes issus d’un tsunami d’égalitarisme par une explosion de mesures égalitaristes, promet d’appuyer là où ça fait mal. Et ce sera, bien sûr, un échec épique.

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Et ce qui plante furieusement pour un continent, ce qui foire lamentablement pour un groupe de peuples, ce qui échoue minablement pour un pays seul, eh bien — nouvelle surprise ! — ça rate aussi complètement pour des individus et des entreprises. Le plus récent exemple (mais pas le dernier, rassurez-vous, les gens sont têtus, têtus, têtus) est celui de Dan Price et son entreprise, Gravity Payments.

Tout a commencé il y a trois mois, alors que l’opinion américaine était toute occupée à débattre de l’épineux problème des salaires minimums. Aux États-Unis, ce dernier est fixé au niveau fédéral, ainsi que pour chaque état voire chaque ville, et dernièrement, certains États et certaines villes ont décidé de le revoir à la hausse. À Los Angeles, le salaire minimum va par exemple passer de 9$ à 15$ de l’heure entre le 1er juillet 2016 et le 1er janvier 2021 à la suite d’une disposition municipale adoptée le 19 mai dernier. Et à Seattle, Dan Price a décidé d’apporter une pierre à l’édifice général d’égalitarisme et de bons sentiments en augmentant le salaire minimum en vigueur dans sa société de gestion de paiements par cartes de crédit, Gravity Payment, et en le plaçant au niveau fort élevé de 70.000$ par an (5800$ mensuels).

La presse nationale américaine et bientôt étrangère, toute acquise à l’élan philanthropique du patron de cette société, a largement repris cette information en louant l’initiative visant, comme il se doit, à rendre les gens heureux en diminuant les méchants écarts entre les mieux et les plus mal payés, bref, en renforçant l’égalité de traitement des employés de sa société. À l’époque, si on trouvait bien quelques voix américaines discordantes pointant l’aspect purement socialiste ou maladroit de l’initiative patronale, les médias étrangers et notamment français se contentaient de se réjouir d’une telle information en imaginant, l’œil déjà vaguement humide d’émotion, tous les (a priori cupides) patrons de la Terre, touchés par la grâce, et se décidant enfin à payer royalement tous leurs employés, de préférence autour de 100.000$/an et un Mars.

Malheureusement, patatras, trois mois plus tard, l’expérience tentée à Gravity Payments aboutit à un échec.

gravity : fight back !

Rien ne s’est passé exactement comme prévu (sauf pour les détracteurs de l’initiative) : non seulement, les gens n’ont pas été plus heureux, mais la société est maintenant en difficultés financières. Des clients, estimant soit que cette idée allait accroître les coûts des services soit qu’elle était néfaste sur le plan idéologique, sont partis. Des employés ont posé leur démission, jugeant les augmentations salariales plus du tout en accord avec l’effort qu’ils avaient fournis dans la société ; et bien évidemment, ce ne sont pas les plus mauvais qui sont ainsi partis, mais des employés clés, selon le patron lui-même…

Ce qui est logique. De l’aveu d’un des développeurs qui a quitté ce havre de bonheur socialiste,

« Now the people who were just clocking in and out were making the same as me. It shackles high performers to less motivated team members. »
« Maintenant, les gens qui se contentent de pointer touchent la même chose que moi. Ce système enchaîne les plus performants de l’équipe avec les moins motivés. »

Et pompon de l’affaire, le frère du patron, actionnaire à 30% de cette société, l’attaque en justice au motif que les bénéfices précédemment récoltés n’avaient pas à être utilisés pour les augmentations de salaires accordées. La société, aux finances maintenant extrêmement tendues, se retrouve au milieu d’un imbroglio juridique coûteux qui n’a, bien évidemment, pas été provisionné. Tout ceci sent la faillite.

En oui : le modèle de « récompense salariale » ainsi mis en place par Price ne fonctionne tout simplement pas et entraîne des effets de bords désastreux. En effet, il survalorise les moyens, les médiocres voire les mauvais en leur donnant artificiellement plus que leur valeur de marché. Dans la foulée, il dévalorise les bons en les payant marginalement moins bien (la valeur de leurs heures supplémentaires s’effondre), et aussi en écrasant le différentiel subjectif : non seulement, il devient inutile de faire des heures supplémentaires, mais en plus l’écart entre bon et mauvais n’est plus palpable ce qui n’incitera personne à faire des efforts. En outre, il envoie un message très ambigu aux clients (dont certains prennent peur d’un renchérissement des services, notamment).

Autrement dit : Price a augmenté ses coûts (les salaires), a mis en danger ses entrées (ses clients), et a diminué la productivité par tête de pipe.

well done old chap

Il faut se rendre à l’évidence : certaines idées, à la fois simples et parfaitement idiotes, aboutissent systématiquement à un échec. Et pourtant, loin d’être rapidement abandonnées, elles s’installent dans les esprits et les habitudes au point que, malgré leurs échecs répétés, les individus, les peuples ou les entreprises persistent à les appliquer avec assiduité, renouvelant sans cesse le bestiaire des bides de leurs applications. Ces idées seront systématiquement jugées à leurs intentions, généreuses, mais jamais à leurs résultats, catastrophiques.

Dans ces idées idiotes, l’égalitarisme et son pendant, le socialisme, sont des exemples frappants. Et devinez ce qu’on applique en France ? …

salaire minimum - minimum wage and imagination

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