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Aujourd’hui — 20 octobre 2020RT en français

Minute de silence à l'Assemblée en hommage à Samuel Paty, victime de l'attentat de Conflans

Avant les débats, le silence. Ce 20 octobre à l'Assemblée nationale, avant la séance de questions au gouvernement, les députés se sont recueillis pendant une minute en hommage à Samuel Paty. Ce dernier a été décapité par un jeune terroriste islamiste de 18 ans, après avoir diffusé, dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, une caricature de Mahomet. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé ce 20 octobre que Samuel Paty serait décoré de la Légion d'honneur à titre posthume, et qu'une minute de silence serait observée dans tous les établissements scolaires de France à la rentrée.

  • 20 octobre 2020 à 15:04

Info ou intox ? Quand Le Monde invente une crise chez RT France

Dans un article paru le 19 octobre sur le site du quotidien Le Monde, la journaliste Aude Dassonville revient sur l’arrivée à leur terme de cinq contrats à durée déterminée au sein de RT France, qu’elle tend à présenter comme une véritable crise. L'article prend pourtant quelques libertés avec les faits, et passe même sous silence un témoignage clé ne cadrant pas avec son récit : celui du principal syndicat de l'entreprise, pourtant interrogé par le quotidien.

Le témoignage d'un syndicat interviewé... disparu !

Le prestigieux quotidien se penche en fait sur un épisode pourtant classique de la vie d'entreprise : la décision de la direction de la chaîne de ne pas reconduire les CDD de certains JRI (pour «journalistes reporters d’images», les journalistes caméramen), arrivés à expiration. Parmi les membres de l’équipe n’ayant pas bénéficié du renouvellement desdits contrats à durée déterminée, il s’en est trouvé un pour partager ses émotions sur sa page Facebook. Une publication vite repérée par Le Monde.

Dans son message, le JRI accuse : «Au moindre manquement, la personne reçoit un courrier recommandé lourd de menaces de pénalités, d’éventuelle réparation de préjudice, et une demande formelle de "s’abstenir de critiquer, dénigrer ou porter atteinte à la réputation de la société"». Un cas isolé dont Le Monde se saisit pour évoquer en long et en large une prétendue crise au sein du média, peu importe que ces séparations aient eu lieu dans le plus strict respect de la loi.

Et pour cause, l'angle de l'article semble avoir été déterminé bien avant sa rédaction... quitte à taire les éléments qui contredisent le récit apocalyptique livré par Le Monde. C'est la mésaventure à laquelle s'est heurtée une membre du Syndicat national des journalistes (SNJ), majoritaire au sein de RT France. Interviewée la veille de la parution de l’article, celle-ci raconte avoir expliqué à la journaliste : «J’ai dit que le SNJ avait suivi cette affaire, et qu’on avait demandé à la direction que les postes de journaliste reporter d’images soient pourvus par des contrats pérennes.» Faisant remarquer que «d’ailleurs, il y a une personne qui vient d’être promue au poste de JRI avec un CDI», la syndicaliste a ajouté qu'il existait un «réel dialogue social à l’intérieur de RT, avec un syndicat en permanence en contact avec la direction».

Concédant toutefois ne pas toujours obtenir «satisfaction» sur les demandes syndicales, elle rapporte avoir précisé au Monde que de «grandes avancées» avaient pu être obtenues par le dialogue social. Et de citer un exemple : «Comme par exemple la prime concernant le télétravail. A notre connaissance, c’est quelque chose d’inédit en France pour le télétravail imposé. Prime, qui plus est, dont le montant a été élevé.» 

Un autre son de cloche qui a vraisemblablement disparu du récit livré par Le Monde, au grand dam du principal syndicat de la rédaction de RT France, interlocuteur pourtant pertinent pour témoigner de questions liées aux contrats et à l'ambiance de travail au sein de l'entreprise.

Des chiffres faux

Autre point, démontrant que l'enquête ne fera pas date comme la plus sérieuse publiée par ce quotidien de référence, de nombreux chiffres cités sont simplement faux.

En particulier, on peut lire qu'il y a chez RT France «une quarantaine» de journalistes au web, alors que ce chiffre est en réalité d'une vingtaine. Autre approximation, signe de sources anonymes peu fiables, il n’y a pas non plus 40 journalistes assignés au montage, comme l'écrit Le Monde, mais sept à huit employés d’un prestataire technique travaillant effectivement comme monteurs, outre les reporters et la vingtaine de journalistes-rédacteurs préparant leurs sujets avec un logiciel standard dans la profession. Enfin, ce sont bien trois JRI qui demeurent actuellement à temps plein, et non deux comme cela est écrit.

Et le problème du storytelling livré par Le Monde ne s'arrête pas aux approximations. Evoquant un fonctionnement «très soviétique» dénoncé par une source anonyme, mais également une «purge», le quotidien souligne que les cinq JRI (sur le total de 103 journalistes qui composent la rédaction au jour d'aujourd'hui) ont été remplacés par «des techniciens, et non des journalistes», plus précisément des OPV (opérateurs de prises de vue, des caméramen professionnels).

Une manière de marcher au pas ? En réalité, n'en déplaise au Monde, sur le terrain, ce sont bel et bien les reporters, titulaires de cartes de presse françaises, qui sont responsables de leurs sujets, même lorsqu'ils sont accompagnés d’OPV.

Par ailleurs, le quotidien, qui tente de lier cet épisode au renouvellement, attendu fin de l'année, de la convention de RT France avec le CSA, souligne que «la chaîne a reçu un avertissement du CSA en 2018, à la suite de la diffusion d’un reportage à la traduction erronée». Pourtant, Le Monde ne rappelle pas qu'il s'agissait d'une erreur purement technique, de décalage entre les images diffusées et la traduction de propos qui ont bien été tenus par ailleurs, comme l'a reconnu le régulateur de l'audiovisuel français.

Mais qu'importe les faits et les sons de cloche contradictoires, Le Monde sélectionne les citations retenues. «On purge une période, une ligne et une équipe», peut-on lire, alors qu'une source anonyme «en interne» évoque une prétendue «volonté d’effacer toute trace de l’époque Bobin», ancien chef des informations de la chaîne parti l'été dernier pour raisons personnelles. Un argument qui, là encore, ne résiste pas à l'épreuve des faits, puisque la «purge» en question s'est en réalité traduite par... un accroissement de la rédaction. En effet, en janvier 2018, RT France comptait 67 journalistes, contre quelque 103 aujourd'hui (hors pigistes et intermittents).

Quant à la ligne éditoriale évoquée dans le contexte du départ de l’ancien chef des informations, elle n'a changé ni avant, ni pendant, ni après, et se résume toujours à offrir des perspectives différentes et une diversité d'opinions bienvenue dans un paysage médiatique français trop souvent à l’unisson.

  • 20 octobre 2020 à 13:24

Bolivie : Evo Morales affirme vouloir rentrer «tôt ou tard» dans son pays après la victoire d'Arce

Réfugié en Argentine depuis novembre 2019, l'ancien président bolivien Evo Morales (2006-2019) a déclaré le 19 octobre 2020 qu'il rentrerait «tôt ou tard» dans son pays. La veille, le candidat de la gauche, dauphin de l'ancien chef de l'Etat Evo Morales et membre du même parti (le Mouvement vers le socialisme, MAS), Luis Arce, a remporté les élections présidentielles dès le premier tour avec 52,4% des voix.

«Tôt ou tard, nous allons rentrer en Bolivie, il n'y a pas de discussion là-dessus. Mon grand souhait est de retourner en Bolivie, dans ma région. C'est une question de temps», a déclaré l'ancien président lors d'une conférence de presse donnée à Buenos Aires.

Le MAS a gagné largement les élections, y compris au Sénat et à la chambre des députés. Arce est le président de Bolivie

Quelques heures plus tôt, après l'annonce de la victoire de son parti, Evo Morales a exprimé son contentement dans la presse : «Le MAS a gagné largement les élections, y compris au Sénat et à la chambre des députés. Arce est le président de Bolivie.»

Sur Twitter, il a adressé ses «sincères félicitations aux frères [Luis Arces et Larama David] pour cette grande victoire, aux autorités élues, à l'Assemblée législative, aux mouvements sociaux, aux militants et sympathisants du MAS-IPSP», avant de les remercier «pour leur effort et leur engagement pour la Bolivie».

Il a précisé que le MAS détenait désormais «la majorité dans les deux chambres», un réel plébiscite pour le parti, qui reprend les rênes des pouvoirs exécutif et législatif.

Un an de crise politique qui déstabilise le pays

Après que 7,3 millions de citoyens Boliviens ont été appelés à élire leur président et leur vice-président, et à renouveler les deux chambres du Parlement, les résultats du scrutin marquent pour le MAS un retour au pouvoir après la longue crise politique qui déstabilise le pays depuis un an.

En effet, la Bolivie a traversé une longue crise électorale et politique à partir du mois d'octobre 2019. Evo Morales avait alors remporté le premier tour de l'élection le 20 octobre avec 47,08% des voix, contre 36,51% pour Carlos Mesa. La Constitution prévoit qu'en cas d'obtention de 40% des voix avec un écart entre deux candidats dépassant les dix points, celui qui est en tête est élu dès le premier tour. Le Tribunal suprême électoral avait proclamé Evo Morales vainqueur.

Cependant, l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA) avait publié dans la foulée des élections un rapport jugeant statistiquement erronée la marge de dix points nécessaires à Evo Morales pour être élu au 1er tour, plongeant le pays dans le désordre. Le président bolivien avait alors dénoncé un «coup d'Etat».

En février 2020 deux statisticiens du Massachusetts Institute of Technology (MIT), spécialistes des scrutins électoraux, publiaient à leur tour un rapport établissant l'absence totale de preuve de fraude, et affirmant qu'Evo Morales aurait «très probablement»  remporté les élections dès le premier tour. La candidature de l'ancien président au Sénat avait quand même été rejetée en février.

  • 20 octobre 2020 à 12:57

Bolivie : violemment agressée par l'opposition il y a un an, Patricia Arce est élue sénateur

Près d'un an après avoir été agressée et harcelée publiquement par des opposants à Evo Morales en novembre dernier, Patricia Arce, la maire de Vinto – ville de 14 000 habitants située dans le centre de la Bolivie – a été élue sénateur du parti Mouvement vers le socialisme (MAS) de l'ancien président Evo Morales.

Patricia Arce a été élue le 18 octobre tandis que Luis Arce, candidat de la gauche et dauphin d'Evo Morales, a été élu président dès le premier tour.

Elle s'est exprimée en ces termes sur Twitter : «Avec le travail, l'humilité et le soutien du peuple bolivien, nous sommes en train de récupérer notre pays, pour nous tous avec unité et courage. Je tiens à remercier les frères et sœurs qui ont eu confiance dans ce projet qui va permettre de récupérer l'État après ce coup d'État, merci beaucoup.»

Con trabajo, humildad y con el apoyo del pueblo boliviano, recuperamos nuestro país, para todas y todos con unidad y Valentía.

Quiero agradecer a las y los hermanos que confiaron en este proyecto que va a recuperar el estado luego de este Golpe de Estado, muchas gracias 🙌🏼🇧🇴 pic.twitter.com/op4yjRRngv

— Patricia Arce Guzman (@PatriciaArceGu2) October 19, 2020

Le 7 novembre 2019, des manifestants de l'opposition ne reconnaissant pas la réélection d'Evo Morales avaient enlevé, aspergé de peinture, coupé ses cheveux et forcé Patricia Arce à marcher pieds nus sur plus de sept kilomètres.

En avril 2020, la maire avait été arrêtée avec ses cinq enfants pour avoir organisé une fête et consommé des boissons alcoolisées pendant la période de restrictions liées au coronavirus. Après un test d'alcoolémie négatif, elle avait dénoncé une «persécution politique» à son encontre.

  • 20 octobre 2020 à 12:11

Disney ajoute des avertissements à plusieurs classiques accusés de véhiculer des clichés racistes

L'entreprise américaine Disney a ajouté des avertissements à certains de ses grands classiques, comme «Peter Pan» ou «Les Aristochats», pour mettre en garde les spectateurs contre des clichés racistes présents dans certaines scènes.

Ce programme comprend des descriptions négatives et/ou des mauvais traitements de certains peuples ou cultures

Les abonnés de la plateforme de vidéo à la demande Disney+ étaient déjà sensibilisés à des «descriptions culturelles démodées» comme celles de «peaux-rouges» de «Peter Pan» (1953) ou le chat siamois aux yeux bridés des «Aristochats» (1970). Le nouvel avertissement qui précédera désormais les œuvres concernées insistera sur le fait que ces stéréotypes «étaient fautifs à l'époque et sont fautifs aujourd'hui».

«Ce programme comprend des descriptions négatives et/ou des mauvais traitements de certains peuples ou cultures», prévient le message de Disney, qui ne peut être passé, au début de certains de ses films.

«Plutôt que de retirer ce contenu, nous voulons reconnaître son impact néfaste, en tirer la leçon et susciter le dialogue pour créer ensemble un futur plus inclusif», poursuit l'avertissement, rédigé en concertation avec plusieurs organisations, dont l'Association des critiques de films afro-américains.

«Les Robinsons des mers du Sud» ou encore «Dumbo», dont les corbeaux ont été critiqués par le passé comme une caricature raciste des Américains noirs, font également partie des films qui seront précédés d'un tel avertissement.

Disney modifie aussi des attractions de ses parcs américains

En juin dernier, Disney avait déjà décidé de modifier des attractions «Splash Mountain» de ses parcs américains, qui évoquent le passé ségrégationniste des Etats-Unis.

Le thème actuel de «Splash Mountain» est tiré d'un film Disney très controversé, «Mélodie du Sud». Dès sa sortie en 1946, il avait suscité de nombreuses critiques qui lui reprochaient de diffuser des clichés racistes et de peindre sous un jour idyllique les plantations esclavagistes du vieux Sud des Etats-Unis.

Pour ces raisons, le film n'est plus diffusé au cinéma depuis les années 1980 et n'a jamais fait l'objet de sortie en DVD. «Mélodie du Sud» a également été délibérément tenu à l'écart du catalogue de Disney+.

Les deux «Splash Mountain» de Disneyland (Californie) et Disney World (Floride) mettront à l'avenir en scène l'histoire de «La Princesse et la Grenouille», dont l'héroïne Tiana est la première princesse noire de Disney.

  • 20 octobre 2020 à 11:37

Covid-19 en France : record du nombre de patients en réanimation depuis mai

Le nombre de malades du Covid-19 actuellement en réanimation a dépassé les 2 000 personnes le 19 octobre, un seuil qui n'avait pas été atteint depuis mai, selon les chiffres officiels, qui font en outre état de 146 morts en 24 heures.

Au cours des dernières 24h, 269 nouveaux malades ont été admis en réanimation (contre 147 la veille) et sur les sept derniers jours, ce sont 1 441 cas qui y ont fait leur entrée.

2 090 patients en réanimation (+151 en 24h)

Le nombre de patients atteints de la forme la plus grave de la maladie et actuellement hospitalisés dans un service de réanimation est de 2 090, soit 151 de plus que la veille.

La dernière fois que l'on a compté plus de 2 000 personnes en réanimation pour Covid-19 remonte à la mi-mai. Au pic de l'épidémie, en avril, plus de 7 000 malades étaient hospitalisés en réa, un nombre qui a fortement chuté jusqu'à fin juillet, avant de remonter progressivement.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait affirmé le 15 octobre que la France disposait d'un total de 5 800 lits de réanimation.

La situation est particulièrement tendue en Ile-de-France : avec 605 patients le 19 octobre, une nette hausse par rapport au 16 octobre (528), le taux d'occupation de lits en réanimation par des patients Covid a dépassé les 50% dans la région (54%), a indiqué l'Agence régionale de santé.

Par ailleurs au niveau national, le taux de positivité (proportion des tests positifs par rapport au total des tests effectués) continue de progresser rapidement, à 13,4%, contre 9% il y a seulement 12 jours et environ 4,5% début septembre. Le nombre de nouveaux cas en 24H s'est établi à 13 243.

Le nombre de décès imputables à la maladie s'élève le 19 octobre à 146 (contre 85 la veille), portant le bilan total des décès depuis le début de l'épidémie à 33 623.

Au total, 11 640 malades du Covid-19 sont aujourd'hui hospitalisées, soit 743 de plus que le 18 octobre, tandis que le nombre quotidien de nouveaux malades hospitalisés a atteint 1 424.

D'après un décompte de l'AFP à partir des données publiées par Santé publique France, 11 départements ont dépassé ces derniers jours leur plus haut total de personnes hospitalisées depuis la première vague, comme l'Allier, l'Isère, le Puy-de-Dôme ou le Tarn et le Tarn-et-Garonne.

  • 20 octobre 2020 à 11:18

Covid-19 : Christian Perronne démis de ses fonctions à la FFMT après avoir critiqué les tests PCR

Le 19 octobre 2020, la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) a annoncé dans un communiqué démettre de ses fonctions de Vice-Président de la Fédération et de Président du Conseil scientifique le Professeur Christian Perronne.

La FFMVT justifie sa décision avançant le fait que les «nombreuses occupations récentes du Pr Christian Perronne sur des sujets extérieurs à la FFMVT l’ont rendu largement indisponible au travail effectué par notre Fédération», mais surtout par son «profond désaccord» avec les propos tenus par Christian Perronne sur Sud Radio le 15 octobre 2020.

Le médecin et professeur des universités avait alors mis en cause les tests PCR, affirmant qu'ils produisent une majorité de faux positifs créant ainsi des «millions de faux cas» de Covid-19, en raison selon lui d'un trop grand nombre de cycles d'amplification. Christian Perronne a ainsi déclaré qu'on «ruine la sécu pour des tests qui ne servent à rien», et qui seraient un «jackpot» pour les hôpitaux et les médecins généralistes, qui toucheraient plus d'argent lorsqu'un cas de Covid-19 est détecté. L'auteur de Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ? et soutien du Professeur Didier Raoult s'était également interrogé sur l’utilité du port des masques dans la rue et dans le métro.

Le nombre de patients en réanimation dans l'Hexagone dépasse les 2 000, un record depuis mai selon les chiffres officiels publiés le 19 octobre et 146 personnes sont mortes de suites du Covid-19 ces dernières 24h, portant le nombre total de décès du coronavirus en France à 33 623 depuis le début de l'épidémie.

  • 20 octobre 2020 à 10:56

Confinement, couvre-feu : des pays européens se protègent du Covid à l'approche des fêtes

L'Irlande et le Pays de Galles vont devenir cette semaine les premiers territoires en Europe à reconfiner leurs populations dans l'espoir de «célébrer Noël correctement». Du côté de la Belgique, de l'Italie et de la Slovénie, de nouvelles mesures restrictives seront également instaurées dans les prochains jours.

Les restrictions se durcissent de jour en jour pour tenter de freiner la pandémie qui a fait 250 000 morts en Europe et 40 millions de personnes contaminées dans le monde, dont plus de 2,5 millions ces sept derniers jours, le nombre le plus élevé sur une semaine.

Six semaines de confinement en Irlande

En Irlande, le Premier ministre Micheal Martin a annoncé le 19 octobre au soir que l'ensemble de la population sera reconfinée pour six semaines, dès la nuit du 21 au 22 octobre à minuit, cependant il a également précisé que les écoles resteraient ouvertes pendant cette période.

Si nous unissons nos efforts pendant les six prochaines semaines, nous aurons l'occasion de célébrer Noël correctement

L'ensemble des commerces non-essentiels devront fermer, les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter. 

«On demande à tout le monde dans le pays de rester chez soi», a lancé le Premier ministre, dont les compatriotes ne pourront sortir de chez eux pour faire de l'exercice que dans un rayon de cinq kilomètres autour de leur lieu de résidence.

«Si nous unissons nos efforts pendant les six prochaines semaines, nous aurons l'occasion de célébrer Noël correctement», a-t-il ensuite assuré.

Le Pays de Galle reconfine ses habitants pour deux semaines

Le Pays de Galles sera quant à lui soumis à compter du 23 octobre à un confinement de deux semaines, la mesure la plus dure instaurée au Royaume-Uni depuis les premiers cas de Covid-19 au printemps.

Le Premier ministre gallois Mark Drakeford a expliqué qu'à partir de 18h, les plus de trois millions de Gallois seront appelés à «rester à la maison», ajoutant que la durée de ce «pare-feu» est la plus courte qui puisse être introduite pour être efficace.

Les commerces non-essentiels devront fermer, conduisant à une situation comparable au confinement instauré au Royaume-Uni à partir du 23 mars.

Avec plus de 8 000 morts recensées en sept jours, l'Europe connaît son plus lourd bilan sur une semaine depuis la mi-mai, conduisant de nombreux pays à multiplier les mesures sanitaires.

Couvre-feu, confinement et restrictions dans de nombreux pays européens

En Belgique, cafés et restaurants sont désormais fermés pour quatre semaines et un couvre-feu de minuit à 5h est entré en vigueur le 19 octobre pour essayer d'endiguer la «montée en flèche» de la pandémie. 

Le même jour, ce pays de 11,5 millions d'habitants recensait 222 253 cas, un chiffre qui a plus que doublé sur un mois, et 10 413 morts, ce qui en fait l'un des plus endeuillés d'Europe en proportion de sa population.

En France, qui déplore 146 morts en 24 heures, huit grandes métropoles en plus de l'agglomération parisienne sont soumises à un couvre-feu de 21h à 6h depuis ce week-end. Le nombre des malades du Covid-19 en réanimation a dépassé le 19 octobre les 2 000 personnes, un seuil jamais atteint depuis mai.

Un couvre-feu entrera en vigueur aussi dès le 20 octobre en Slovénie où les deux millions d'habitants de ce pays membre de l'Union européenne n'auront pas le droit de sortir entre 21h et 6h. 

Pays voisin, l'Autriche a renforcé le 19 octobre ses mesures : les rassemblements devront être restreints à six personnes à l'intérieur et à douze personnes à l'extérieur.

En Italie, de nouvelles restrictions sont également entrées en vigueur le 19 octobre pour les bars et les restaurants, l'interdiction des fêtes et des foires locales et des sports collectifs amateurs. Les restaurants devront afficher leur capacité d'accueil maximale, fermer à minuit et n'accepter au maximum que six personnes par tablée. Les bars fermeront quant à eux à 18h s'ils ne peuvent servir leurs clients à table.

En Espagne, la ville de Burgos (Nord) rejoindra dans la nuit du 20 au 21 octobre la liste de plus en plus longue des municipalités partiellement bouclées. La région de Navarre subira le même sort à partir du 22 octobre.

En Suisse, le pays d'Europe où la maladie a progressé le plus vite la semaine passée (+146%), le masque devient obligatoire dans les lieux publics fermés.

En République tchèque, qui a le plus fort taux de contamination et de décès pour 100 000 habitants en Europe, le gouvernement a demandé à l'armée de bâtir un hôpital de campagne à l'extérieur de Prague.

Enfin, a Varsovie en Pologne, le stade national, construit pour le championnat d'Europe de football 2012, va partiellement se transformer en hôpital provisoire.

  • 20 octobre 2020 à 10:29

Macronleaks : six Russes inculpés aux USA pour piratage, une «chasse aux sorcières» selon Moscou

Le 15 octobre 2020, le grand jury fédéral de Pittsburgh (Pennsylvanie) a rendu un acte d'accusation contre six citoyens résidents et ressortissants de la Fédération de Russie, tous décrits par la justice américaine comme des «officiers dans l'unité 74455 du renseignement militaire russe (GRU)». Ils sont mis en cause pour plusieurs piratages, dont notamment le très médiatique Macronleaks, la fuite de documents de l'équipe de campagne d'En Marche peu avant la présidentielle française de 2017. Des accusations fermement démenties par Moscou, qui a fustigé une «chasse aux sorcières» et évoqué des manœuvres cherchant à alimenter la «russophobie».

On peut lire dans l’acte d’accusation – un document de de 50 pages – que les personnes soupçonnées auraient déployé des «logiciels malveillants destructeurs» à partir de novembre 2015 et au moins jusqu'en octobre 2019.

Les citoyens russes Iouri Sergueïevitch Andrienko (32 ans), Sergueï Vladimirovitch Detistov (35 ans), Pavel Valerievitch Frolov (28 ans), Anatoli Sergueïevitch Kovalev (29 ans), Artem Valerievitch Ochichenko (27 ans) et Piotr Nikolaïevitch Pliskine (32 ans) sont inculpés pour leurs liens supposés avec une série d’attaques informatiques considérée par le procureur Scott W. Brady comme étant «la plus perturbatrice et destructrice de l’histoire», d'après un communiqué de presse du Département de la Justice mis en ligne le 19 octobre.

«Des allégations cherchant encore une fois à discréditer Moscou»

Face à ces accusations, l'ambassadeur de Russie à Washington a affirmé auprès de l'agence RIA Novosti qu'il est «absolument clair que de telles histoires n'ont rien à voir avec la réalité» et qu'elles visent uniquement à alimenter la «russophobie», la «chasse aux sorcières» et une obsession de l'espionnage très en vogue aux Etats-Unis «depuis plusieurs années».

L'agence Interfax a par ailleurs relayé le même jour la réaction du président de la commission des affaires internationales de la Douma Léonid Slutksy, qui évoque des «allégations cherchant encore une fois discréditer Moscou», en précisant que «de telles déclarations n'ont jamais été accompagnées de preuves solides».

Le lendemain, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l'agence TASS, a lui dénoncé un «retour de la russophobie enragée».

Des accusations symboliques 

Les six individus sont notamment mis en cause pour le piratage des emails du parti En Marche ! d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017 en recourant au spear fishing (envoi d'emails personnalisés). Plusieurs milliers de documents internes à l'équipe de campagne du futur vainqueur de la présidentielle (certains vrais, d'autres faux) avaient en effet fuité sur internet.

Par ailleurs, les six citoyens russes se voient reprocher des attaques ayant visé le réseau électrique ukrainien de 2015 à 2016, l’attaque NotPetya en juin 2017 qui aurait causé un milliard de dollars de dommages aux Etats-Unis (en infectant notamment les ordinateurs d’une assurance de santé et d’une filiale de FedEx), l’attaque du réseau informatique de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2018 à PyeongChang en Corée du Sud, la perturbation de l’enquête sur Sergueï Skripal en 2018, et le hacking de 15 000 sites internet en Géorgie en 2019.

Cependant, comme le relève le site d'informations spécialisé dans les startups Internet Techcrunch, la possibilité de voir les accusés arrêtés ou extradés est très faible. Il s’agit avant tout d’un procédé de «name and shame» (nommer et faire honte), employé «fréquemment par le Département américain de la Justice ces dernières années».

Cet acte d’accusation a donc avant tout une portée symbolique, en particulier à deux semaines d’une élection présidentielle où se joue la réélection de Donald Trump, accusé par ses détracteurs – sans preuves – de bénéficier du soutien de la Russie. Aucun chef d’accusation présenté le 19 octobre n’évoque toutefois l’éventualité d’une ingérence dans le scrutin de 2020.

Une mise en cause de la Russie qui intervient alors que Vladimir Poutine a proposé fin septembre 2020 un accord de non-ingérence et de non-agression numérique aux autorités étatsuniennes.

  • 20 octobre 2020 à 10:15

La présidente de l'Unef huée à Paris lors du rassemblement en hommage à Samuel Paty

Des milliers de personnes sont venues témoigner leur solidarité après l'assassinat du professeur d'histoire géographie, Samuel Paty, le 18 octobre place de la République  à Paris. Un rassemblement auquel a participé la présidente du syndicat étudiant Unef, Mélanie Luce, invitée à prendre la parole pour l'occasion.

Mais sa prise de parole n'a pas été du goût de nombreux manifestants présents sur place, qui ont hué et sifflé la syndicaliste lorsqu'elle a pris le micro.

L'@UNEF se fait traiter de "traitres" et de "collabos" par des personnes présentes au rassemblement Place de la #République à Paris. #SamuelPatypic.twitter.com/05i6ZGspmt

— Léo Valadim (@LeoValadim) October 18, 2020

«Collabos», «dégagez», ont scandé certains, brandissant des journaux de Charlie Hebdo, obligeant un des organisateurs à demander «un peu de respect» pour la syndicaliste afin qu'elle puisse terminer son allocution. Mais l'intervenante ne parviendra pas à terminer dans le calme.

Mélanie Luce a réagi sur Twitter, s'estimant «choquée» par la réaction des manifestants. La syndicaliste rapporte par ailleurs avoir «reçu des menaces de mort». «On me traite de collabo, les collabos, ce sont des gens qui ont collaboré avec le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale» a-t-elle regretté. «Vous ne nous arrêtez pas, nous continuerons à parler, parce que si on était [à la manifestation], c'était pour exprimer quelque chose de fondamental, la solidarité dans la communauté éducative, dans la communauté universitaire», a conclu la militante.

À ceux·elles qui nous traitent de «collabos» & nous menacent de mort simplement parce que nous avons participé au rassemblement de soutien à #SamuelPatty: vous ne nous ferez pas taire!

Face à cet attentat affreux, touchant à l’école, le cœur de notre république, soyons uni·e·s! pic.twitter.com/dkvDTBnG1N

— Mélanie Luce (@luce_melanie) October 18, 2020

Un syndicat sulfureux

L'Unef a régulièrement suscité la polémique par le passé. Des députés LR et une élue LREM avaient ainsi quitté, le 17 septembre dernier, une audition de syndicalistes étudiants à l'Assemblée nationale autour du thème des effets de la crise du Covid-19 et la jeunesse, pour protester contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée, la vice-présidente de l'Unef, Maryam Pougetoux.

Le syndicat s'était aussi attiré de nombreuses critiques, en demandant, le 29 avril 2019, l'annulation de la représentation d'une pièce du dramaturge grec Eschyle à la Sorbonne car certaines comédiennes étaient maquillées de noir. Plus tôt encore, l'Unef avait mis en ligne une vidéo à visée antiraciste qui avait provoqué un tollé. On pouvait y voir des militants du syndicat clamer en chœur : «Je suis une personne "racisée" et je suis militant.e à l'Unef». A cette occasion, l'écrivain Pierre Jourde avait qualifié l'organisation de «syndicat de talibans».

Alors qu'au soir du 15 avril, la consternation dominait après l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, deux responsables de l'organisation avaient suscité la colère de nombreux internautes en se moquant du drame. Hafsa Askar, vice-présidente de l'Unef Lille, s'était ainsi empressée de tweeter un message : «Je m'en fiche de Notre-Dame-de-Paris car je m'en fiche de l'histoire de France.» Quatre minutes plus tard, elle ajoutait : «Jusqu’à les gens ils vont pleurer pour des bouts de bois. Wallah vous aimez trop l'identité française alors qu'on s'en balek objectivement, c'est votre délire de petits blancs.»

Hafsa Askar, l'étudiante de l'@UNEF dont vous me parlez tous en DM vient de supprimer son compte @arzengels / id 293520238#NotreDame#notredamedeparis#incendiepic.twitter.com/WKz9e2sB1R

— Fallait Pas Supprimer 📸 (@FallaitPasSuppr) April 15, 2019

Edouard Le Bert, membre du Bureau national de l'Unef, avait lui aussi ironisé sur la catastrophe dans laquelle il ne voyait qu'un feu dans un édifice lambda : «Ça y est, drame national, une charpente de cathédrale brûle.»

Interrogée par Le Figaro Mélanie Luce avait toutefois – après une première réaction ambigüe – souligné que les «positions» des deux membres n'étaient «pas celles de l’Unef», en décrivant des «propos inacceptables, sur le fond et sur la forme».

Un syndicat métamorphosé en dix ans

Pourtant, le positionnement politique des cadres de l'Unef semble bien loin de la doctrine historique du syndicat. Dans un billet d'août 2013, l'Unef était en effet elle-même vilipendée par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), qui reprochait à l'organisation étudiante de faire un «amalgame paternaliste et ignorant entre voile et soumission de la femme».

En cause, un communiqué de presse diffusé à l'époque par le syndicat étudiant après un rapport du Haut conseil à l'intégration sur la laïcité. Dans ce dernier (qui a depuis disparu du site de l'Unef), le syndicat étudiant expliquait, tout en précisant que la laïcité ne devait pas être «la stigmatisation de l'islam», qu'il militait le port du voile «qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes». Le CCIF invitait alors les responsables du syndicat à «ouvrir quelques livres» et à discuter avec des femmes musulmanes «avant de faire de tels raccourcis».

 

  • 20 octobre 2020 à 07:40

Darmanin a demandé au préfet de Seine-Saint-Denis la fermeture de la mosquée de Pantin

Gérald Darmanin a annoncé le 19 octobre avoir demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de fermer la mosquée de Pantin, qui avait notamment relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours sur les caricatures de Mahomet de Samuel Paty, le professeur assassiné le 16 octobre.

J’ai demandé au préfet de la Seine-Saint-Denis de faire fermer la mosquée de Pantin qui a relayé la vidéo de haine envers Samuel Paty.#LE20Hpic.twitter.com/NuT2ZASZyJ

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 19, 2020

«J'ai demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de faire fermer la mosquée de Pantin», a déclaré le ministre de l'Intérieur sur TF1, précisant que le préfet devait «signer le [19 octobre au] soir son interdiction». «Son dirigeant a relayé le message qui consistait à dire que ce professeur devait être intimidé, en relayant d'ailleurs l'adresse du collège», a poursuivi le ministre de l'Intérieur.

Gérald Darmanin a rappelé par ailleurs que cet imam avait ses enfants «scolarisés» dans une école clandestine fermée début octobre à Bobigny (93). «Des enfants de 2 à 6 ans portaient le hijab, sans cours de récréation, sans fenêtre, sans professeur», a déclaré Gérald Darmanin, précisant que l'interdiction, si elle n'est pas contestée par la justice, s'étalera sur «six mois».

34 opérations de police

L'annonce de cette fermeture intervient alors que des opérations de contrôles quotidiens visant des structures ou personnes soupçonnées de liens avec la mouvance islamiste ont été ordonnées par les autorités.

Le ministre a indiqué que 34 opérations de police avaient eu lieu le 19 octobre au matin et que certaines ont donné lieu «à des judiciarisations». «Le président nous a demandé hier d'accélérer un certain nombre d'opérations toujours sous le contrôle du juge» a précisé le ministre.

Ces opérations de police se poursuivront dans les prochains jours contre «des dizaines d’individus» de la mouvance islamiste, avait annoncé Gérald Darmanin au micro d’Europe 1.

Décidées à la suite du Conseil de défense tenu le 18 octobre, ces opérations ne ciblent pas des individus «en lien forcément avec l’enquête» sur l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty mais visent à faire passer un message : «Pas une minute de répit pour les ennemis de la République.», a déclaré Gérald Darmanin.

  • 19 octobre 2020 à 22:23

Le face-à-face - Le CCIF, «ennemi de la République» ?

Loïc Prud'homme, député LFI, et Gaëtan Dussausaye, membre du conseil national du Rassemblement national, en débattent sur RT France.

  • 19 octobre 2020 à 22:20

Le décryptage : l'école est-elle gangrenée par l'islam radical dans certaines zones ?

Preview Décryptage avec Noam Anouar, délégué syndical Vigi police, Alexis Poulin, éditorialiste, et Jacques Myard, maire LR de Maisons-Laffitte. Ils reviennent sur la radicalisation islamiste de certains quartiers et ses répercussions au sein de l'école.

  • 19 octobre 2020 à 22:18
Hier — 19 octobre 2020RT en français

Affaire Hunter Biden : «Pas une campagne de désinformation russe» selon le renseignement américain

Les révélations fracassantes – et potentiellement compromettantes – contenues dans les e-mails présumés d'Hunter Biden, le fils du candidat démocrate Joe Biden, n'en finissent pas de faire des remous outre-Atlantique. Pour s'en dépêtrer, le Parti démocrate, en la personne du président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants Adam Schiff, tente d'en attribuer la responsabilité... à Moscou.

Une ficelle si grosse, qu'une fois n'est pas coutume, le renseignement américain a tenu à apporter un démenti catégorique. Invité le 19 octobre par la chaîne conservatrice Fox Business, le directeur du renseignement national américain John Ratcliffe – qui supervise les 17 agences de renseignement des Etats-Unis – a ainsi mis les points sur les i. «C'est drôle que certaines des personnes qui se plaignent le plus de la politisation du renseignement soient celles qui politisent le renseignement», a commenté John Ratcliffe en début d'interview à l'intention d'Adam Schiff.

Il n'existe pas de renseignement qui appuie cela

Interrogé sur la possibilité que la Russie soit derrière ces révélations explosives, le directeur du renseignement national américain a répondu : «Malheureusement, c'est Adam Schiff qui a déclaré que la communauté du renseignement pensait que l'ordinateur portable de Hunter Biden et les e-mails qu'il contenait faisaient partie d'une campagne de désinformation russe.»  Et de poursuivre : «Permettez-moi d'être clair : la communauté du renseignement ne le croit pas, car il n'existe pas de renseignement qui appuie cela. Et nous n'avons partagé aucune information avec Adam Schiff, ni aucun membre du Congrès.»

John Ratcliffe a ajouté que les allégations du président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants n'étaient «tout simplement pas vraies». «L'ordinateur portable de Hunter Biden ne fait pas partie d'une campagne de désinformation russe», a-t-il martelé, mettant ainsi à mal la ligne de défense du camp démocrate.

Un ordinateur oublié chez un réparateur du Delaware

Le 16 octobre sur CNN, Adam Schiff avait laissé entendre que les e-mails retrouvés sur l'ordinateur portable de Hunter Biden feraient partie d'une campagne de diffamation à l'égard du candidat démocrate à la présidentielle américaine et de désinformation provenant «du Kremlin». «Nous savons que toute cette diffamation sur Joe Biden vient du Kremlin», avait lancé l'élu de Californie avant d'ajouter : «Cela est clair que depuis plus d'un an maintenant qu'ils [les Russes] mettent en avant ce faux récit sur l'ancien vice-président et son fils.»

Rep. Adam Schiff says he’s concerned that he hasn’t “gotten much from the intelligence community” on Russia peddling disinformation.

“At times, some of the leadership, like Director Ratcliffe, not been very forthcoming in terms of the intelligence on the Russian threat.” pic.twitter.com/JhcVYlCgcf

— The Situation Room (@CNNSitRoom) October 16, 2020

Une version qui ressemble davantage à un acte désespéré pour détourner l'attention sur le contenu des e-mails – dont personne n'a par ailleurs contesté l'authenticité – qu'à une ligne de défense sérieuse. Comme l'a indiqué le New York Post qui a révélé les e-mails, ainsi que l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui y a également eu accès, ils proviennent d'un réparateur d'ordinateur du Delaware. Le réparateur en question, John Paul Mac Isaac, a expliqué que l'ordinateur qui appartiendrait à Hunter Biden avait été déposé à son magasin pour réparation, mais que personne n'était venu le récupérer. Après avoir découvert des informations potentiellement compromettantes sur celui-ci, John Paul Mac Isaac affirme avoir fourni une copie du disque dur au FBI, puis face à l'inaction de l'agence, à l'ancien maire de New York, qui est un proche de Donald Trump.

Le contenu des e-mails échangés viendrait notamment appuyer les accusations de corruption visant Joe Biden pour son action en Ukraine. Ils révèlent que son fils Hunter, nommé au conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma Holdings, aurait permis à un dirigeant du groupe d'obtenir un rendez-vous avec le vice-président. Joe Biden est par ailleurs soupçonné d'avoir conditionné une aide financière à l'Ukraine d'un milliard de dollars au renvoi du procureur ukrainien Viktor Chokine. Ce dernier enquêtait alors sur une affaire de corruption concernant le groupe gazier ukrainien. Une accusation qui lui colle à la peau, puisqu'il s'est vanté publiquement d'avoir fait pression pour que Viktor Chokine soit renvoyé.

La résurgence de cette affaire à quelques jours seulement de l'élection présidentielle est en tout état de cause du pain béni pour le locataire de la Maison Blanche, qui ne se prive pas d'en faire un argument électoral : «L'ordinateur portable de Hunter Biden est un désastre pour toute la famille Biden, mais surtout pour son père, Joe. C'est maintenant un fait avéré, qui ne peut être nié, que toutes ces informations sont la vraie affaire. Cela rend impossible pour Joe «50% ou 10%» d'assumer la fonction de président !»

Hunter Biden’s laptop is a disaster for the entire Biden family, but especially for his father, Joe. It is now a proven fact, and cannot be denied, that all of that info is the REAL DEAL. That makes it impossible for “50%, or 10%” Joe, to ever assume the office of the President!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) October 18, 2020

  • 19 octobre 2020 à 20:55

A Paris, le procès du citoyen russe Alexander Vinnik soupçonné de cybercrimes reprend

Une nouvelle série d'audiences judiciaires dans l'affaire du citoyen russe Alexander Vinnik, soupçonné de vol d'identité et d'extorsion, s'est ouverte ce lundi 19 octobre au tribunal correctionnel de Paris. Frédéric Belot son avocat a déclaré à l'agence de presse Tass que son client était déterminé à prouver son innocence.

«Alexander est déterminé à faire en sorte que toute la vérité sur son rôle dans cette affaire soit révélée. Son accusation est injuste et il a l'intention de prouver qu'il n'a rien à voir avec le malware Locky», a précisé l’avocat.

Selon le défenseur d'Alexander Vinnik, le calendrier des auditions, initialement prévu jusqu'au 22 octobre, devrait être annoncé lors de l’audience de ce jour, et les positions des parties civiles devraient également être entendues.

«Mais la condamnation inéquitable [d'Alexander] Vinnik ne permettra pas aux parties civiles d'obtenir justice pour les crimes commis contre elles», a prévenu Frédéric Belo, soutenant que son client n’avait aucun rapport avec le Rançongiciel Locky dont ont été victimes en France près de 200 collectivités, sociétés et particuliers depuis 2016.

Arrêté à la demande des Etats-Unis

Alexander Vinnik, 41 ans, a d’abord été arrêté à la demande de la justice américaine au cours de l’été 2017, alors qu’il était en vacances dans la péninsule de Chalcidique, en Grèce, avec sa femme et son fils. Aux Etats-Unis, il est accusé de blanchiment de cybercrimes pour un montant de 4 à 9 milliards et risque jusqu’à 55 ans de prison. Son extradition a depuis été demandée par la Russie, pour une affaire mineure, puis par la France vers juin 2018, soit plus d’un an après son arrestation. Alexander Vinnik a rejeté les accusations portées par Washington et Paris et a accepté l'extradition vers son pays d'origine.

En l’attente de la décision finale des autorités judiciaires grecques relatives aux trois demandes d’extradition, Alexander Vinnik a été détenu près de 18 mois sans procès et sans qu’aucune charge ne pèse contre lui dans le pays où il a été arrêté.

Le 23 janvier, Alexandre Vinnik a finalement été extradé vers la France. Le 28 janvier Zoé Konstantopoulou, avocate spécialiste des droits de l’Homme enregistrée en Grèce et aux Etats-Unis, avait décrit cette affaire comme la «persécution d’une personne qui n’a absolument aucune activité criminelle, mais qui a quand même commis le crime d’avoir une connaissance […] très rare dans la technologie blockchain, qui permet la création de monnaie électronique […] qui l’a transformée en personne très, très voulue [par la Justice] aux Etats-Unis et en France».

Dénonçant «torture» et «traitement inhumain», ses avocats ont demandé fin juin sa libération pour causes médicales, Alexander Vinnik ayant été très affaibli par la grève de la faim qu’il avait commencée en Grèce pour protester contre son extradition. Mais sa demande a été refusée le 12 mai.

Selon, l’AFP, les enquêtes américaine et française aurait démontré qu’Alexandre Vinnik était «titulaire» du rançongiciel Locky, au moyen duquel aurait été perçu de façon criminelle 8 millions de dollars (6,8 millions d’euros).

  • 19 octobre 2020 à 19:03

Twitter censure un message d'un conseiller de la Maison Blanche contestant l'efficacité du masque

Twitter a supprimé, le 17 octobre, un tweet d'un membre du groupe de travail sur le coronavirus de la Maison-Blanche, le docteur Scott Atlas, mettant en doute l'efficacité du port systématique du masque.

«Les masques fonctionnent-ils ? NON», s'était interrogé dans son message original le docteur Atlas, avant de citer des propos de responsables de la santé qui ont remis en question l'efficacité des masques de protection. Le tweet prenait pour exemple des pays comme la France ou le Royaume-Uni où des villes et Etats américains comme Los Angeles, l'Alabama où Miami, arguant que toutes ces zones voyaient le nombre de cas de Covid-19 augmenter malgré des politiques de généralisation du port du masque.

Twitter censure un message d'un conseiller de la Maison Blanche contestant l'efficacité du masque© Capture d'écran du tweet supprimé

Egalement citée, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui déclarait dans une publication en juin qu'elle ne soutenait pas «une utilisation généralisée» des masques. Enfin, le conseiller américain citait un de ses confrères, le docteur Carl Heneghan, directeur du centre de recherche Evidence-Bases Medicine et chef d'édition de The British Medical Journal (The BMJ), qui avait déclaré qu'«il semblerait que malgré deux décennies de préparation à une pandémie, il existe une incertitude considérable quant à la valeur du port de masques».

En censurant le tweet original du docteur Atlas, l'entreprise de la Silicon Valley a laissé un message indiquant que les propos sus-mentionnés avaient «enfreint les règles de Twitter.»

Un porte-parole de l'entreprise a confirmé à Newsweek que le tweet du conseiller à la Maison Blanche violait la politique «anti-fake news» de la plateforme. La société Twitter précise en effet que le partage de contenus liés au Covid-19 jugées faux ou trompeurs par ses soins, et qui pourraient entraîner de graves conséquences selon elle, est interdit. Pour porter un tel jugement, le géant de réseaux sociaux s'appuie sur «les déclarations ou les affirmations qui ont été confirmées comme étant fausses ou trompeuses par des experts en la matière, tels que les autorités de santé publique».

«Twitter semble censurer la science si elle va à l'encontre de leurs propres objectifs d'endoctrinement public»

Une défense loin de convaincre le docteur Scott Atlas, qui rappelle dans un e-mail adressé à Newsweek, que son tweet citait plusieurs sources officielles sur l'efficacité du port généralisé du masque. «Twitter semble censurer la science si elle va à l'encontre de leurs propres objectifs d'endoctrinement public», a-t-il réagi. Dans un message ultérieur, le docteur Scott Atlas avait par ailleurs précisé qu'il n'argumentait pas contre le port de masque, mais qu'il remettait en cause son efficacité dans des situations où la distanciation sociale est impossible et en présence personnes à haut risque.

That means the right policy is @realDonaldTrump guideline: use masks for their intended purpose - when close to others, especially hi risk. Otherwise, social distance. No widespread mandates. #CommonSensehttps://t.co/GZpBZxfNYa

— Scott W. Atlas (@SWAtlasHoover) October 17, 2020

Longtemps larvé, le conflit entre le réseau social Twitter et le président américain Donald Trump est désormais totalement ouvert, et les escarmouches fréquentes. Le président étasunien dénonce de longue date ce qu'il estime être un biais idéologique et politique de la part des géants de la Silicon Valley. Il a notamment signé le 28 mai un décret visant à redéfinir la protection dont bénéficient les réseaux sociaux, et la latitude dont ils disposent dans la modération de leurs contenus.

  • 19 octobre 2020 à 18:38

Professeur décapité : quinze personnes en garde à vue, dont quatre collégiens

Quinze personnes sont toujours en garde à vue ce 19 octobre en rapport avec l'enquête antiterroriste sur l'assassinat sauvage de l'enseignant Samuel Paty, décapité devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre.

Selon une source judiciaire citée par l'AFP, de nouveaux individus ont ainsi été placés en garde à vue ce lundi 19 octobre dont une personne qui «a déjà été condamnée pour des faits de terrorisme et qui déclare spontanément avoir été en lien avec l'auteur quelques temps avant les faits», mais aussi quatre collégiens, alors qu'un élève a été relâché.

Selon une source proche du dossier citée par l'agence de presse, l'enseignant d'histoire-géographie du collège de Conflans-Sainte-Honorine a été «désigné» à l'assaillant, Abdoullakh Anzarov, «par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération». Les gardes à vue des quatre collégiens visent donc à déterminer leurs responsabilités éventuelles en la matière, selon la même source.

Les dix autres gardes à vue sont celles qui avaient commencé depuis 16 octobre et dans le week-end. Tout d'abord, l'entourage familial, avec les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Evreux (Eure). Est également questionné le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant. Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). 

L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur tout en ayant interviewé sa fille dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également.

Enfin, trois personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux le 16 octobre au soir, sont aussi en garde à vue. Parmi celles-ci, selon une source proche du dossier, une personne soupçonnée d'avoir convoyé l'assaillant, et une autre personne soupçonnée de l'avoir accompagné lors de l'achat d'une de ses armes.

  • 19 octobre 2020 à 17:31

Lutte contre l'islamisme : opérations de police en cours contre «des dizaines» d'individus

Des opérations de police sont menées depuis le matin du 19 octobre, et se poursuivront dans les prochains jours contre «des dizaines d’individus» de la mouvance islamiste, a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin au micro d’Europe 1.

Ces opérations, décidées à la suite du Conseil de défense tenu le 18 octobre, ne ciblent pas des individus «en lien forcément avec l’enquête» sur l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty mais visent à faire passer un message : «Pas une minute de répit pour les ennemis de la République.», a déclaré Gérald Darmanin.

Depuis l'assassinat le 16 octobre du professeur de Conflans Saint-Honorine (Yvelines), «plus de 80 requêtes ont été ouvertes pour la haine en ligne, pour ceux qui de façon apologique expliquaient d'une manière ou d'une autre que ce professeur l’avait bien cherché», a précisé le ministre. «51 structures associatives verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l'Etat et plusieurs d'entre elles, sur ma proposition […] se verront dissoudre en Conseil des ministres», a annoncé Gérald Darmanin.

Dissolution de plusieurs associations

Le ministre a déclaré souhaiter la dissolution de plusieurs associations dont le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), selon lui «manifestement impliqué» et dont «un certain nombre d'éléments nous permettent de penser que c'est un ennemi de la République». D'autant plus que l'organisation «touche des aides d'Etat, des déductions fiscales et dénonce l'islamophobie d’Etat». Il a également cité l'ONG Baraka City, dont le président Driss Yemmou a été placé le 15 octobre sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une enquête pour harcèlement sur les réseaux sociaux.

L'association, dont le compte Facebook est suivi par plus de 715 000 personnes, suscite un fort engouement chez beaucoup de jeunes mais aussi la suspicion pour ses prises de positions parfois radicales.

Le ministre a par ailleurs affirmé que le père d'une collégienne de Conflans Saint-Honorine et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui «ont manifestement lancé une fatwa» contre le professeur Samuel Paty pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet.

Les deux hommes font partie des onze personnes gardées à vue dans l'enquête sur cet attentat perpétré le 16 octobre par un Russe tchétchène de 18 ans.

  • 19 octobre 2020 à 17:19

#DissolutionCCIF vs #SoutienCCIF : l'association au cœur du débat après l'attentat de Conflans

L'annonce du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 19 octobre 2020 sur Twitter, dans laquelle il demande la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), considéré comme «une association ennemie de la République», et au centre de l'attention depuis l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) au cours duquel un enseignant a été décapité le 16 octobre, a suscité de vives réactions de personnalités politiques et publiques sur les réseaux sociaux.

Je vais proposer la dissolution du CCIF et de BarakaCity, des associations ennemies de la République.
Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission. #Europe1

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 19, 2020

La veille, le CCIF a mis en ligne un tweet dans lequel il se dit être la cible de menaces de mort. «Depuis hier [le 17 octobre], nous sommes la cible de menaces de mort et d'une campagne de haine qui exige la dissolution du CCIF. Devant autant de calomnies, d'une incroyable indécence compte tenu du contexte, notre équipe reçoit un soutien grandissant. Merci du fond du cœur», a fait savoir l'organisation.

Depuis hier, nous sommes la cible de menaces de mort et d’une campagne de haine qui exige la #DissolutionCCIF. Devant autant de calomnies, d'une incroyable indécence compte tenu du contexte, notre équipe reçoit un #SoutienCCIF grandissant. Merci du fond du cœur.

— CCIF (@ccif) October 18, 2020

Dans le même temps, les mots-clefs «DissolutionCCIF» et «SoutienCCIF», soutenus par diverses personnalités, se font face sur la plateforme de microblogging.

La droite, vent debout contre le CCIF

Après l'attentat qui a coûté la vie à l'enseignant Samuel Paty, plusieurs personnalités, comme la députée LREM des Yvelines Aurore Bergé et l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb el-Rhazoui, ont accusé le CCIF d'avoir participé à une «chasse à l'homme» contre le professeur de collège. Le CCIF avait annoncé porter plainte contre la présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale ainsi que contre Zineb el-Rhazoui.

Sans surprise, ces deux personnalités ont appelé à la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France.

«Oui, j'appelle à la dissolution du CCIF ! Cette organisation a apporté un support juridique à ceux qui ont lynché l'enseignant. Elle était à l'initiative de la "marche contre l'islamophobie". Elle cherche à créer du séparatisme entre les Français», a estimé Aurore Bergé, le 18 octobre sur Twitter.

"Oui, j'appelle à la dissolution du CCIF !
Cette organisation a apporté un support juridique à ceux qui ont lynché l'enseignant. Elle était à l'initiative de la "marche contre l'islamophobie". Elle cherche à créer du séparatisme entre les Français." @CNEWSpic.twitter.com/clSiHCuP4N

— Aurore Bergé (@auroreberge) October 18, 2020

Avant d'ajouter dans un second tweet quelques heures plus tard : «Les cibles dans le dos des laïcs et des républicains, c'est vous qui les posez depuis trop d'années. Le harcèlement ciblé, méthodique contre les laïcs et les républicains, c'est vous qui l'organisez. La République est une, indivisible et laïque.»

L'ancienne journaliste de Charlie Hebdo a elle considéré le 18 octobre que la dissolution du CCIF était «plus que jamais une question de salubrité publique», avant de lancer : «Les Français vous vomissent, le "délit de blasphème" que vous cherchez à imposer ne passera pas. Les Musulmans ne sont pas une race ! Dégagez !»

#DissolutionCCIF, plus que jamais, c’est une question de salubrité publique. Les Français vous vomissent, le « délit de #blaspheme » que vous cherchez à imposer ne passera pas. Les #Musulmans ne sont pas une race! Dégagez! #IslamistesDuCCIF#islamistes#SamuelPatyhttps://t.co/6WqUpIAVtG

— Zineb El Rhazoui (@ZinebElRhazoui) October 18, 2020

Zineb el-Rhazoui s'est également fendue d'un second tweet le lendemain, dans lequel elle félicite Gérald Darmanin pour sa «bonne décision», estimant qu'«il devient immoral de tolérer en France des officines qui accusent les gens d'"islamophobie" alors que cette accusation tue».

Par ailleurs, de nombreuses personnalités politiques de droite, principalement du Rassemblement national (RN), sont elles aussi montées au créneau afin de demander la dissolution du CCIF.

«Pendant trop longtemps, la France a supporté votre propagande antirépublicaine, vos visées communautaristes, votre infiltration islamiste, votre militantisme sournois, vos colloques haineux, vos invités antisémites et homophobes. Il est grand temps de dire Stop !», a déclaré le président du groupe RN en Bourgogne Franche-Comté, Julien Odoul.

Pendant trop longtemps, la France a supporté votre propagande antirépublicaine, vos visées communautaristes, votre infiltration islamiste, votre militantisme sournois, vos colloques haineux, vos invités antisémites et homophobes. Il est grand temps de dire STOP ! #DissolutionCCIFhttps://t.co/PtQisbuKMH

— Julien Odoul (@JulienOdoul) October 18, 2020

Le vice-président du RN et député européen Jordan Bardella a lui aussi appelé à la dissolution du CCIF «au plus vite», soulignant que le parti de Marine Le Pen le réclame depuis longtemps.

La #DissolutionCCIF doit être faite au plus vite, cela fait longtemps que nous le réclamons.

Je rappelle que les élus de gauche et d'extrême-gauche, les Jadot, les Mélenchon, les Obono, les Coquerel, s'affichaient il y a un an aux côtés du CCIF, cheval de Troie de l'islamisme ! pic.twitter.com/mhW7UiMn19

— Jordan Bardella (@J_Bardella) October 19, 2020

De son côté, le député européen du groupe Identité et Démocratie Gilbert Collard a dénoncé la «dangerosité» du CCIF, avant de déplorer : «Il aura fallu un attentat islamiste de plus pour que nous soyons enfin écoutés. Que de temps perdu par les lâches complicités !»

Cela fait des années que, sous les insultes, les plaintes, nous dénonçons la dangerosité du prétendu #CCIF. Il aura fallu un #attentat#islamiste de plus pour que nous soyons enfin écoutés. Que de temps perdu par les lâches complicités ! #DissolutionCCIFhttps://t.co/CO8MrLEcxC

— Gilbert Collard (@GilbertCollard) October 19, 2020

Face à cette levée de boucliers à droite de l'échiquier, aucune personnalité politique encartée à gauche, ou au sein d'autres mouvances, en France, n'a publiquement soutenu le CCIF. Manuel Valls a de son côté salué sur Twitter une «annonce très importante [qui] doit recevoir le soutien de tous les républicains»

Cette annonce est très importante et elle doit recevoir le soutien de tous les républicains. La bataille contre l’ islamisme sera longue et difficile et elle nécessite courage, volonté et unité. https://t.co/3pZenCRZHY

— Manuel Valls (@manuelvalls) October 19, 2020

La dissolution du CCIF «serait une grave atteinte aux libertés démocratiques», selon le politologue Julien Salingue

Si ces personnalités politiques ont semblé unanimes, d'autres (journaliste, politicologue, syndicaliste...) ont a contrario soutenu le CCIF.

«Incroyable de diffamation, rien que de savoir que [Manuel] Valls, Zineb Razoui ou [Aurore] Bergé demandent la dissolution du CCIF nous oblige au soutien du CCIF», a fait savoir le cheminot, aiguilleur à Paris Nord et syndicaliste SUD-Rail Paris Nord, Anasse Kazib.

Incroyable de diffamation, rien que de savoir que Valls, Zineb Razoui ou Bergé demande la dissolution du @ccif nous oblige au #SoutienCCIF .

Nous ne lâcherons pas à la vindicte des islamophobes. Chez eux le pedophile Polanski est un artiste et les musulmans des terroristes. https://t.co/bTvVfvbPcI

— Anasse Kazib (@AnasseKazib) October 19, 2020

Le politologue Julien Salingue a quant à lui estimé que la «dissolution du CCIF serait un terrible coup porté au nécessaire combat contre l'islamophobie. Ce serait en outre une grave atteinte aux libertés démocratiques, et un dangereux précédent. La réaction aux annonces de Darmanin doit être à la hauteur».

Une dissolution du CCIF serait un terrible coup porté au nécessaire combat contre l'islamophobie. Ce serait en outre une grave atteinte aux libertés démocratiques, et un dangereux précédent. La réaction aux annonces de Darmanin doit être à la hauteur. #SoutienCCIFpic.twitter.com/L5LOwXDuku

— Julien Salingue (@juliensalingue) October 19, 2020

«Merci à toutes les associations antiracistes qui font un travail formidable pour accompagner les victimes, souvent démunies face à tant de violence verbale et/ou physique, d'appels à la haine en ligne ou IRL [In real life, dans la vraie vie]. Un grand merci au CCIF que j'admire depuis des années», a déclaré le journaliste d'AJ+ Merwane Mehadji. 

Merci à toutes les associations antiracistes qui font un travail formidable pour accompagner les victimes, souvent démunis face à tant de violence verbale et/ou physique, d’appels à la haine en ligne ou IRL.

Un grand merci au @ccif que j’admire depuis des années. #SoutienCCIF

— Merwane Mehadji (@MerwaneMeh) October 18, 2020

En réponse à Aurore Bergé, qui a opposé le CCIF aux laïcs et aux républicains, la journaliste indépendante Widad Ketfi – collaboratrice au Bondy Blog – a d'abord rappelé que cette association «est un collectif de juristes et d'avocats qui font du conseil et de l'accompagnement juridique», avant de répliquer : «Demander leur dissolution en dit long sur ces gens : ils se disent républicains mais ils ne veulent pas que les musulmans aient accès à la justice.»

Le CCIF est un collectif de juristes et d’avocats qui font du conseil et de l’accompagnement juridique. Demander leur dissolution en dis long sur ces gens : ils se disent républicains mais ils ne veulent pas que les musulmans aient accès à la justice. https://t.co/rS4wNAvucR

— Widad.K (@widadk) October 19, 2020

«De Manuel Valls à l'extrême droite, ils veulent tous détruire le CCIF qui n'a pourtant strictement rien à voir avec l'attentat de Conflans. Pourquoi ? Parce qu'ils luttent fort contre l'islamophobie. Soyons des milliers à les soutenir en adhérant !», a quant à lui estimé le militant associatif et ancien directeur du CCIF, Marwan Muhammad.

De @manuelvalls à l'extrême droite, ils veulent tous détruire le @ccif, qui n'a pourtant STRICTEMENT RIEN à voir avec l'attentat de #Conflans.

Pourquoi? Parce qu'ils luttent fort contre l'islamophobie.

Soyons des milliers à les soutenir en adhérant ! https://t.co/A85uAPO0lFpic.twitter.com/xWJ3IauW5y

— Marwan Muhammad (@_MarwanMuhammad) October 18, 2020

Et de lancer dans un second tweet : «Pour les journalistes : on est d'accord sur le fait que depuis 3 jours, le CCIF est laminé en place publique sur l'ensemble de vos plateaux demandant la dissolution du CCIF, sans qu'à aucun moment on puisse tenir une parole contradictoire ?»

Cité par l'AFP, le ministre de l'Intérieur a également accusé le CCIF d'être «manifestement impliqué» dans l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. En réponse, l'association a dénoncé des «calomnies, d'une incroyable indécence compte tenu du contexte», d'après la même source.

  • 19 octobre 2020 à 16:10

Chili : manifestation d'ampleur avant un référendum historique sur la Constitution

Des dizaines de milliers de Chiliens se sont rassemblés le 18 octobre dans la capitale du pays, Santiago, pour célébrer le premier anniversaire du début d'une contestation sociale inédite. Une journée globalement festive mais ternie par des affrontements avec les forces de l'ordre et l'incendie de deux églises.

Les violences ont été le fait de «groupes minoritaires», selon le ministre de l'Intérieur

A une semaine d'un référendum historique où les Chiliens seront appelés à se prononcer sur un changement de Constitution, la manifestation s'est déroulée dans un premier temps de façon pacifique mais des affrontements ont éclaté en fin de journée avec les forces de l'ordre, déployées en masse dans le centre de la capitale, d'après l'AFP.

Une première église a notamment été pillée et incendiée, mais le feu a été rapidement maîtrisé par les pompiers. Une seconde église, toute proche, a en revanche été totalement détruite par les flammes. 

«Brûler des églises est une manifestation de brutalité», a déclaré le ministre chilien de l'Intérieur Victor Pérez, relevant que pendant la journée, les stations de métro de Santiago, les autobus publics et d'autres cibles visées un an plus tôt par une flambée de violence avaient été préservés. Selon lui, les actes de violences ont été le fait de «groupes minoritaires» au sein de la manifestation du 18 octobre.

Un élan d'espoir «très positif» pour «parvenir à changer les choses»

Les manifestants s'étaient rassemblés dès le début de la matinée dans le centre de la capitale, sur la Plaza Italia, point de rassemblement emblématique de la contestation.

Parmi eux, de nombreux jeunes, mais aussi des familles. Certains agitaient des drapeaux, sautaient ou criaient des slogans appelant à des réformes sociales profondes. De nombreuses banderoles avaient été déployées tout autour de la place.

«C'est beau, très positif. Nous devons nous unir, le peuple chilien doit s'unir et nous devons croire que nous pouvons parvenir à changer les choses», s'est réjouie Viviana Donoso, 43 ans, au milieu d'un groupe d'amis, citée par l'AFP.

Olga Neira, 68 ans, a affirmé, selon la même source, être venue manifester avec sa fille pour célébrer quelque chose que je n'aurais jamais imaginé au Chili depuis le retour de la démocratie en 1990. «Ce pays peut faire en sorte que les gens aient des retraites décentes, des salaires plus décents. Aujourd'hui, c'est beau et dimanche prochain [le 25 octobre], ce sera encore mieux !», a-t-elle déclaré, confiante en la victoire du «Apruebo» («J'approuve») au référendum pour une nouvelle Constitution.

Un référendum pour changer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet

Il y a un an, une protestation contre une hausse du prix des tickets de métro avait débouché sur une flambée de violence. Cette journée avait été le point de départ de manifestations massives, de pillages et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Plusieurs milliers de personnes avaient été blessées au cours des mois de contestation et une trentaine d'autres sont mortes, dont au moins cinq après l'intervention des forces de l'ordre, rapporte l'AFP.

Seulement un mois après le début de la contestation, la coalition gouvernementale et les principaux partis d'opposition étaient parvenus à un accord historique sur l'organisation d'un référendum pour changer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Reporté en avril à cause de la pandémie, il se tiendra finalement le 25 octobre.

Plus de 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer pour ou contre la rédaction d'une nouvelle Constitution en remplacement de l'actuelle, votée en 1980, en plein régime militaire. Le jour du vote, les Chiliens devront répondre à deux questions : l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, à savoir la mise en place d'une «Convention mixte» composée à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, ou d'une «Convention constituante» intégralement composée de citoyens spécifiquement élus.

Le gouvernement du président conservateur Sebastian Piñera, fortement contesté depuis le début de la crise, avait lui aussi appelé à la tenue le 18 octobre d'une manifestation pacifique et respectueuse des mesures sanitaires, dans ce pays qui recense quelque 490 003 cas de contamination et 13 588 morts depuis le début de la pandémie de Covid-19.

  • 19 octobre 2020 à 16:00

Données personnelles : Instagram sous le coup d'une enquête pour n'avoir pas protégé les mineurs

Le réseau social Instagram, filiale de Facebook, est visé par une enquête en Europe à propos du traitement des données personnelles d'utilisateurs mineurs, a annoncé le 19 octobre 2020 le régulateur irlandais.

La Commission irlandaise pour la protection des données (DPC, équivalent de la Cnil en France) a ouvert deux procédures distinctes le mois dernier après avoir reçu des plaintes selon lesquelles des numéros de téléphones et adresses e-mail de jeunes de moins de 18 ans étaient accessibles de tous les utilisateurs sur le réseau, selon un communiqué.

Le régulateur irlandais supervise Facebook pour le compte de l'UE, puisque celui-ci a son siège régional en Irlande.

Instagram déjà mis en cause en 2019

«Instagram est un réseau social qui est très utilisé par des enfants en Irlande et à travers l'Europe», rappelle Graham Doyle, un des responsables du régulateur.

«La DPC a activement regardé les plaintes reçues de la part d'individus et a identifié des problèmes potentiels liés au traitement des données personnelles des enfants sur Instagram, ce qui nécessite davantage d'examen», a-t-il complété.

La DPC va déterminer si l'application a mis en place les garde-fous nécessaires pour protéger les données des utilisateurs, surtout s'il s'agit de mineurs, alors qu'il faut avoir au moins 13 ans pour ouvrir un compte sur Instagram.

Le régulateur va vérifier en outre que le réseau social respecte le Règlement européen sur la protection des données (RGPD) concernant la configuration des profils et des comptes.

La BBC indique qu'en 2019 le spécialiste des données David Stier avait conclu, après l'analyse de 200 000 comptes dans le monde, que les utilisateurs de moins de 18 ans avaient trop facilement la possibilité de basculer vers un compte professionnel.

Ce type de compte exige des utilisateurs qu'ils rendent publiques leurs coordonnées, ce qui signifie qu'elles sont visibles par tous sur le réseau social.

Une porte-parole d'Instagram précise que le réseau social est en contact étroit avec la DPC et coopère avec le régulateur, contestant les conclusions de David Stier, et assurant qu'il a toujours été clair sur le fait que les coordonnées d'un compte professionnel étaient visibles des utilisateurs.

«Nous avons fait plusieurs mises à jour dans les comptes professionnels depuis les descriptions erronées de M. Stier en 2019 et les personnes peuvent désormais choisir de ne pas afficher toutes leurs coordonnées», reconnaît toutefois Instagram.

  • 19 octobre 2020 à 15:55

Bolivie : Luis Arce remporte la présidentielle après un an de crise politique et de rebondissements

En Bolivie, les urnes ont parlé. Il aura suffi d'un tour à Luis Arce, candidat de la gauche et dauphin de l'ancien chef de l'Etat Evo Morales, pour être élu président le 18 octobre 2020 dès le premier tour avec 52,4% des voix, selon un sondage de sortie des urnes diffusé par la chaîne privée Unitel.

L'ancien ministre de l'Economie devance de plus de 20 points son principal rival, le centriste Carlos Mesa (31,5% des voix), allié de la présidente par intérimaire – autoproclamée – Jeanine Añez. Celle-ci avait refusé de reconnaître les résultats du scrutin de 2019, plaçant le pays dans un état d'incertitude et de tensions, mais n'a pu contester ceux de l'élection du 18 octobre.

Lors d'une conférence de presse en compagnie de son vice-président David Choquehuanca relayée via Facebook, le nouveau président a déclaré : «Nous les Boliviens avons, aujourd’hui fait des pas importants, nous avons récupéré la démocratie et surtout nous avons, récupéré l’espoir». Ce à quoi il a ajouté : «Nous allons gouverner pour tous les Boliviens, nous allons construire un gouvernement d’union nationale, nous allons construire l’unité».

Muy agradecidos con el apoyo y confianza del pueblo boliviano. Recuperamos la democracia y retomaremos la estabilidad y la paz social. Unidos, con dignidad y soberanía #VamosASalirAdelante

Publiée par Lucho Arce sur Dimanche 18 octobre 2020

Après que 7,3 millions de citoyens Boliviens ont été appelés à élire leur président, leur vice-président, et à renouveler les deux chambres du Parlement, les résultats du scrutin marquent pour le Mouvement vers le socialisme (MAS), parti de l'ancien président Evo Morales, un retour au pouvoir après la longue crise politique qui déstabilise le pays depuis un an.

Après l'annonce de la victoire de son parti, Evo Morales a exprimé son contentement dans la presse, depuis Buenos Aires (Argentine) où il est réfugié : «Le MAS – Mouvement pour le socialisme – a gagné largement les élections, y compris au Sénat et à la chambre des députés. Arce est le président de Bolivie». «Tôt ou tard, nous allons rentrer en Bolivie, il n'y a pas de discussion là-dessus. Mon grand souhait est de retourner en Bolivie, dans ma région. C'est une question de temps», a ajouté l'ancien président bolivien.

Sur Twitter, il a écrit : «Mes sincères félicitations aux frères [Luis Arces] et Larama David pour cette grande victoire, et aux autorités élues, à l'Assemblée législative, aux mouvements sociaux, aux militants et sympathisants du MAS-IPSP, je les remercie pour leur effort et leur engagement pour la Bolivie».

Il a précisé que le MAS détenait désormais «la majorité dans les deux chambres», un réel plébiscite pour le parti, qui reprend les rênes des pouvoirs exécutif et législatif.

Mis más sinceras felicitaciones a los hermanos @LuchoXBolivia y @LaramaDavid por esta gran victoria, y a las autoridades electas, Asamblea Legislativa, a los movimientos sociales, a los militantes y simpatizantes del MAS-IPSP les agradezco su esfuerzo y compromiso con #Bolivia. pic.twitter.com/9DipRz8qWk

— Evo Morales Ayma (@evoespueblo) October 19, 2020

Hermanas y hermanos: la voluntad del pueblo se ha impuesto.
Se ha producido una victoria contundente del MAS-IPSP. Nuestro movimiento político tendrá la mayoría en las dos cámaras. Hemos vuelto millones, ahora vamos a devolver la dignidad y la libertad al pueblo.#JallallaBoliviapic.twitter.com/gTHa6qRhTB

— Evo Morales Ayma (@evoespueblo) October 19, 2020

L'annonce est d'autant plus réjouissante pour le mouvement socialiste que la Bolivie a traversé une longue crise électorale et politique dès le mois d'octobre 2019. Evo Morales avait remporté le premier tour de l'élection le 20 octobre avec 47,08% des voix, contre 36,51% pour Carlos Mesa. La Constitution prévoit qu'en cas d'obtention de 40% des voix avec un écart entre deux candidats dépassant les 10 points, celui qui est en tête est élu dès le premier tour. Le Tribunal suprême électoral avait proclamé Evo Morales vainqueur.

Un retournement de situation

Coup de théâtre : dans la foulée, l'Organisation des Etats d'Amérique (OEA) publie un rapport jugeant statistiquement erronée la marge de dix points nécessaires à Evo Morales pour être élu au 1er tour. L'organisation crie à la fraude électorale et appelle la Bolivie à prévoir de nouvelles élections, avec de nouvelles autorités électorales. Le 10 novembre, Evo Morales promet la tenue de nouvelles élections.

Des heurts éclatent alors entre partisans et détracteurs du MAS, faisant 33 morts et des centaines de blessés. Au moins quatre tribunaux électoraux sont incendiés. Lâché par la police et l'armée, Evo Morales démissionne. Il prend la direction du Mexique puis de l'Argentine.

Le 4 décembre, l'OEA publie un nouveau rapport. Celui-ci conclue à une «manipulation délibérée» du scrutin du 20 octobre. Ses rédacteurs considèrent que la marge qui sépare Evo Morales et Carlos Mesa est «minime par rapport au volume des manipulations et altérations détectées».

Le 13 novembre, la deuxième vice-présidente (de droite) du sénat Jeanine Añez s'autoproclame présidente intérimaire. Elle annonce avoir l'intention de «convoquer des élections au plus vite». Elle se rend le jour même au siège du gouvernement et y prête serment en martelant : «La Bible est de retour dans le palais». Evo Morales dénonce alors le «coup d'Etat le plus astucieux et le plus désastreux de l'histoire» et l'autoproclamation à la présidence, qui «viole la Constitution politique de l'Etat plurinational de Bolivie (CPE) et les normes internes de l'Assemblée législative».

Pas de fraude électorale selon le MIT 

Le 27 février 2020, un nouveau retournement de situation créé la controverse et vient démentir les conclusions de l'OEA et de l'opposition bolivienne. Deux statisticiens du Massachusetts Institute of Technology (MIT), spécialistes des scrutins électoraux, publient à leur tour un rapport établissant l'absence totale de preuve de fraude, et affirmant qu'Evo Morales aurait «très probablement» remporté les élections dès le premier tour.

Il n'y a aucune preuve statistique de fraude que nous puissions trouver [...] Dans l’ensemble, l’analyse statistique et les conclusions de l’OEA semblent profondément erronées

«Il n'y a aucune preuve statistique de fraude que nous puissions trouver [...] Dans l’ensemble, l’analyse statistique et les conclusions de l’OEA semblent profondément erronées», stipule le rapport. 

Une plainte pour génocide et terrorisme contre Evo Morales et Luis Arce 

Pour discréditer Evo Morales et appuyer ses positions, le gouvernement bolivien dépose une plainte au mois d'août 2020 contre l'ancien chef d'Etat et son candidat à l'élection présidentielle pour «terrorisme et génocide». La plainte concerne 12 personnes au total dont Luis Arce et son vice-président David Choquehuanca, ainsi que le dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), Carlos Huarachi, selon le procureur de La Paz Marco Antonio Cossio.

Le gouvernement les accuse d'avoir ordonné l'installation de barrages routiers, selon le parquet général, ainsi que d'avoir encouragé des protestations pour exprimer un désaccord quant au report des élections du 6 septembre au 18 octobre, celles-ci étant initialement prévues le 6 mai.

Jeanine Añez retire sa candidature 

Décidée à garder le pouvoir dans son camp, Jeanine Añez annonce au mois de janvier sa candidature à l'élection présidentielle, malgré sa promesse de ne pas en être. «La dispersion des votes et des candidatures m’ont conduite à prendre cette décision», précise-t-elle. Jeanine Añez prend cette décision après la parution d'un sondage publié le 26 janvier par le quotidien Pagina Siete, qui donne le MAS en tête des intentions de vote avec 26 %.

En réaction à cette annonce, sa ministre de la Communication, Roxana Lizarraga, démissionne l'accusant d’«avoir perdu de vue ses objectifs». 

Le 17 septembre, la présidente par intérim renonce à prétendre au poste qu'elle briguait. «Aujourd'hui, je mets de côté ma candidature à la présidence de la Bolivie pour veiller à la démocratie», déclare-t-elle dans un message télévisé. 

L'annonce est faite après la publication d'un autre sondage par la Jubilee Catholic Foundation, qui attribue à l'autoproclamée présidente par intérim la quatrième place avec seulement 7% des intentions de vote, loin derrière le candidat du MAS qui mène à 29,2%.

Jeanine Añez a expliqué retirer sa candidature «en raison du risque de voir le vote démocratique divisé entre plusieurs candidats, et qu'à la suite de cette division, le MAS finisse par remporter les élections».

Malgré sa féroce opposition au MAS, Jeanine Añez a félicité «les vainqueurs» et leur a demandé de «gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie». Elle a été contrainte de reconnaître que le scrutin qui a vu le retour du MAS au pouvoir s'était déroulé «dans la tranquillité dans tout le pays», ainsi que le résultat de l'élection : un véritable plébiscite pour la gauche.

Maïlys Khider 

  • 19 octobre 2020 à 15:37

Attentat aux anciens locaux de Charlie Hebdo : un sourire qui a changé le déroulé de l'attaque ?

D'après une information du Journal du dimanche publiée le 18 octobre 2020, une caméra de surveillance de l'immeuble où se trouvait autrefois la rédaction de Charlie Hebdo dans le XIe arrondissement de Paris aurait filmé la scène de l'attaque du 25 septembre commise par l'assaillant terroriste Zaheer Hassan Mahmoud contre deux salariés de l'agence Premières Lignes. Sur ces images, selon l'hebdomadaire dominical, on pourrait voir l'islamiste pakistanais de 25 ans aller et venir avant de frapper puis de courir après une cycliste qui passait par-là.

Selon le JDD, ces images permettraient de mieux comprendre le déroulé de l'attaque. Les deux personnes attaquées fumaient une cigarette devant les locaux de leur équipe de production lorsque le terroriste serait passé devant eux une première fois, ainsi qu'on peut le voir sur les images, selon le journal.

Mais ensuite, il aurait fait demi-tour puis les aurait blessés tous les deux à la feuille de boucher. Lorsqu'une femme serait passée non loin avec un vélo, toujours d'après cette source, il l'aurait poursuivie sans y parvenir. Ce serait le moment où le terroriste aurait lâché son arme, selon la section antiterroriste de la brigade criminelle évoquée par Le Point.

Le JDD précise que, le terroriste ayant vu les deux salariés de Premières Lignes lui sourire, il serait passé à l'attaque : «Ce geste innocent, en cet endroit, l'aurait exaspéré», relate l'article de nos confrères. Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste, avait expliqué que le terroriste pensait que les deux blessés travaillaient pour Charlie Hebdo alors que son projet initial était d'incendier les locaux. Il avait notamment acheté du white spirit à cette fin.

  • 19 octobre 2020 à 15:11

Meurtre de Samuel Paty : Marine Le Pen exige une «législation de guerre» contre l'islamisme

Marine Le Pen a réclamé le 19 octobre une «législation de guerre» contre l'islamisme qui s'inscrit à ses yeux dans une «stratégie de reconquête» républicaine et pas seulement «d'endiguement», après la décapitation Samuel Paty, l'enseignant qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

📹 "La France s'est réveillée devant la monstruosité d'un péril qui la guette depuis des décennies, mais que les pouvoirs impuissants et les gouvernements sans repère ont laissé entrer sur notre sol, s'y développer et prospérer. Que de temps perdu !" #SamuelPaty#Conflanspic.twitter.com/uUbtJ1QU1l

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) October 19, 2020

«L'islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme. Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre», a déclaré la présidente du Rassemblement national dans une allocution solennelle au siège de son parti à Nanterre (Hauts-de-Seine). «Face à une force organisée et déjà installée, prosélyte et conquérante, notre président n'a proposé qu'une insuffisante et anachronique stratégie d'endiguement. La situation appelle une stratégie de reconquête, [qui repose] sur trois piliers: la restauration de l'Etat, la réaffirmation de la République, l'unité de la nation», a estimé la candidate à la présidentielle.

Marre de la politique de la bougie

Quelques heures auparavant, Marine Le Pen s'était rendue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour déposer une gerbe devant le collège de l'enseignant décapité le 16 octobre. Aucun responsable du RN n'a participé aux manifestations du 18 octobre en son hommage, estimant en avoir «un peu marre de la politique de la bougie». La présidente du RN a réclamé une législation d'exception qui sera «conforme à l'Etat de droit», dirigée contre les terroristes et qui n'affecterait aucunement les libertés publiques, avec des procédures policières et judiciaires spécifiques, une possibilité de surveillance étendue et un régime carcéral spécifique.

Refusant toute «complaisance directe ou indirecte de l'administration», Marine Le Pen a souhaité de nouveau un renforcement des moyens de police nationale et municipale comme de la gendarmerie, une évolution de la légitime défense, un armement obligatoire des polices municipales, le renforcement des moyens de justice et la création de centres pénitentiaires adaptés.

📹 "Pour nous, la République doit reprendre le contrôle. Pour nous, comme pour tous les Français, l'éradication de l'islamisme sur le sol français n'est plus une option, mais une obligation." #SamuelPaty#Conflanspic.twitter.com/k6BiQMbHED

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) October 19, 2020

Elle a en outre réclamé un moratoire sur l'immigration et sur les naturalisations, estimant que «la politique migratoire nourrit le communautarisme, terreau de l'islamisme», et a redemandé une réforme du code de la nationalité. «Aucun étranger fiché S pour islamisme, en situation régulière ou irrégulière, ne doit pouvoir rester en France», a-t-elle insisté. «Un binational fiché S pour islamisme doit être déchu de sa nationalité et renvoyé. Un Français fiché S pour islamisme doit être poursuivi pour intelligence avec l'ennemi, condamné et incarcéré», a-t-elle encore avancé.

Marine Le Pen demande l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire

Marine Le Pen a également demandé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire «pour faire la lumière sur ces faits et sur les responsabilités».

La candidate à la présidentielle et députée du Pas-de-Calais veut «comprendre si, et dans quelles conditions, ce professeur consciencieux, a pu être abandonné par sa hiérarchie, livré à la vindicte de fanatiques religieux, par certains de ses propres collègues, et laissé sans protection par l'Etat». «Ces comportements indignes qui rendent ces personnes complices du lynchage qu'il a subi, et peut-être même de son assassinat, ne doivent plus pouvoir se reproduire», a estimé Marine Le Pen, qui demande que «de nombreux établissements scolaires puissent porter [le] nom [de Samuel Paty]».

«Il faudra aussi comprendre les défaillances administratives et la responsabilité personnelle éventuelle des agents de l'Etat ou de services qui ont permis l'admission en France de l'assassin et de sa famille», a conclu Marine Le Pen.

  • 19 octobre 2020 à 14:56

Covid-19: à Moscou, des codes QR et des SMS pour accéder aux boîtes de nuit et bars

Alors que le nombre de nouveaux cas de coronavirus en Russie ne cesse d'augmenter, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a mis en place une nouvelle limitation qui concerne des boîtes de nuit et des bars de la capitale. Ainsi, à partir du 19 octobre, l’accès des employés et des clients aux établissements restant ouverts de minuit à 6h du matin ne sera possible qu'après enregistrement de leur numéro de téléphone grâce à un code QR ou un SMS. L’objectif est de pouvoir prévenir ceux-ci s'ils ont été en contact avec une personne contaminée au cours de la soirée.

Si la hausse des nouvelles contaminations à Moscou pourrait entraîner des mesures plus strictes allant jusqu'à la fermeture de ces établissements, Sergueï Sobianine opte pour l'heure pour une solution plus souple. Sur son site officiel, il souligne : «Au bout du compte, cette industrie fait partie elle aussi de l’économie de la ville.»

  • 19 octobre 2020 à 14:27

Bruno Le Maire annonce le retour de la taxe française sur les géants du numérique

«Nous avions suspendu la perception de la taxe le temps que la négociation de l'OCDE aboutisse. Cette négociation a échoué, nous percevrons donc une taxe sur les géants du digital en décembre prochain», a annoncé le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire, lors de l'émission Dimanche en Politique sur France 3, le 18 octobre 2020.

«La France doit être fière d'être l'un des premiers pays en Europe, avec l'Espagne, avec l'Italie, avec l'Autriche à percevoir une taxation juste sur les gens du digital, dont je rappelle qu'ils sont les seuls vainqueurs de cette crise », a ajouté le ministre.

En début de semaine, les 137 pays négociant sous l'égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont échoué à trouver un accord pour que les grandes entreprises du numérique paient «leur juste part d'impôt».

Imposer une taxe sur le chiffre d’affaires des géants du numérique est un combat ancien pour Bruno Le Maire. Il a annoncé, il y a déjà près de deux ans, sa mise en œuvre, en décembre 2018 avant même que la loi soit adoptée par le Parlement. Selon les premières prévisions du gouvernement, elle devait rapporter au budget de l’Etat 500 millions d’euros. Mais cette estimation a depuis été revue à la baisse. 

Dès mars 2019 Washington menace Paris de représailles

Dès mars 2019 l’administration des Etats-Unis a fait savoir tout le mal qu’elle pensait de cette mesure française en faisant dire à Paris à son délégué américain pour les questions fiscales internationales : «Nous pensons que toute la base théorique des taxes sur les services numériques est mal conçue et que le résultat est extrêmement discriminatoire à l'égard des multinationales basées aux Etats-Unis».

En juillet 2019, l’administration Trump a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la taxe adoptée par la France, avec des représailles en perspectives, évoquée brutalement par le président des Etats-Unis Donald Trump. Le 26, sur son compte twitter personnel, il fustigeait la «stupidité» de Macron et il annonçait une substantielle action réciproque avec des allusions aux vins français.

En décembre la situation s’envenimait avec la proposition du Bureau du représentant américain au commerce d'imposer de nouveaux droits de douane sur l'équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français.

Finalement, la perception de la taxe avait été suspendue par la France le temps pour le groupe inclusif de travail de l’OCDE de fournir au G20 d’octobre 2020, sa proposition d’accord mondial sur la taxation des géants du numérique. Mais après le départ des négociations de la délégation des Etats-Unis, l’OCDE a échoué à proposer plus qu’un rapport sur les négociations.

  • 19 octobre 2020 à 13:28

Attentat de Conflans : le terroriste a-t-il payé des mineurs pour trouver Samuel Paty ?

Après le meurtre de l'enseignant Samuel Paty le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), non loin du collège où il enseignait l'histoire, l'enquête menée par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la Direction général de la sécurité intérieure (DGSI) cherche notamment à élucider comment l'assaillant islamiste Abdouallakh Anzorov, Tchétchène de 18 ans résidant à Evreux, est parvenu à localiser la victime.

Selon les informations du journal Le Monde, le terroriste islamiste aurait trouvé l'enseignant en payant des élèves du collège Bois-d'Aulne où enseignait Samuel Paty. Evoquant un «procédé inhabituel pour un terroriste», le quotidien vespéral décrit la démarche d'Abdouallakh Anzorov : «Muni de plusieurs centaines d’euros, il a abordé des collégiens en leur proposant de l’argent en échange d’informations. La somme a ensuite circulé de mains en mains. L’un des élèves, âgé de 15 ans, a pour cette raison été placé en garde à vue.»

Le journal précise que «rien ne permet de dire à ce jour, que le garçon ayant désigné Samuel Paty pouvait imaginer la suite macabre des évènements», mais il souligne que les investigations s'inscrivent «dans un environnement très tendu, dans lequel beaucoup de témoins sont mineurs».

Selon Le Monde, les enquêteurs de la police judiciaire se pencheraient également sur le parcours intérieur du terroriste. Radicalisé au cours des 12 derniers mois, selon des proches placés en garde à vue, dont les propos sont évoqués par cette même source, Abdouallakh Anzorov était «solitaire, taciturne» et «amateur de sports de combats», mais n'était pas connu des services de renseignement.

Il avait cependant créé un compte Twitter au mois de juin sous le pseudonyme Al-Ansar @tchétchène_270 et il y avait publié plus de 400 tweets au cours des dernières semaines, principalement des extraits du Coran. Après la commission du meurtre, il y a posté la tête décapitée de l'enseignant en déclarant dans un message : «Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux, […] à Macron, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment.»

  • 19 octobre 2020 à 11:24

Gilets jaunes : Drouet se déclare candidat à la présidentielle 2022 pour «un projet avec le peuple»

Invité à l'émission d'Aude Lancelin Pas de Quartier le 18 octobre 2020, l'un des pionniers du mouvement des Gilets jaunes, Eric Drouet, s'est déclaré «candidat» à l'élection présidentielle 2022 «hors de tout parti». Il se voit plus comme porte-parole d'un mouvement citoyen qui a pour but «de ramener des idées».

Interrogé sur son initiative politique, Eric Drouet a répondu que celle-ci se revendique du défunt humoriste Coluche, «car c'est quelqu'un qui ne vient pas du tout du monde politique et qui ne se dit pas faire de la politique». Avant d'ajouter : «C'est peut-être la seule image politique que beaucoup de personnes ont en tête avec [Daniel] Balavoine. Des gens qui montaient au créneau pour le peuple et pour faire entendre la voix du peuple.»

La figure des Gilets jaunes annonce qu'il fera campagne via les réseaux sociaux. «Peut-être que quand ça fera du bruit sur les réseaux sociaux, les journalistes et les médias n'auront plus que le choix de s'y intéresser», a-t-il fait valoir auprès d'Aude Lancelin.

Quant à ses revendications, Eric Drouet souhaiterait baisser les salaires au sein des élus, instaurer le RIC (référendum d'initiative citoyenne), et rapprocher le peuple de la gouvernance.

  • 19 octobre 2020 à 10:22

Gérald Darmanin va proposer la dissolution du CCIF

Le 19 octobre 2020 sur Twitter, Gérald Darmanin a fait savoir qu'il allait demander la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), présenté par le ministre de l'Intérieur comme un «ennemi de la République», et au centre de l'attention depuis l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) au cours duquel un enseignant a été décapité le 16 octobre.

Je vais proposer la dissolution du CCIF et de BarakaCity, des associations ennemies de la République.
Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission. #Europe1

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 19, 2020

Interviewé le même jour sur Europe 1, Gérald Darmanin a précisé : «Nous avons décidé qu'une cinquantaine de structures associatives [...] verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l'Etat et plusieurs d'entre-elles, à ma proposition [...] se verront dissoudre en Conseil de ministres». Le CCIF, mais aussi BarakaCity, sont dans le viseur du ministre.

Pas une minute de répit pour les ennemis de la République.

👉+ de 80 enquêtes ouvertes pour haine en ligne suite à l’attentat de vendredi.
👉 51 structures associatives verront toute la semaine des visites des services de l’Etat et plusieurs d’entres elles seront dissoutes. pic.twitter.com/r7F8UOTHJH

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 19, 2020

Après l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty, plusieurs personnalités, comme la députée LREM Aurore Bergé, ont accusé le CCIF d'avoir participé à une «chasse à l'homme» contre le professeur de collège. Le CCIF avait annoncé porter plainte contre la présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Le 18 octobre, le CCIF a mis en ligne un tweet dans lequel il se dit la cible de menaces de mort. «Depuis hier, nous sommes la cible de menaces de mort et d’une campagne de haine qui exige la dissolution du CCIF. Devant autant de calomnies, d'une incroyable indécence compte tenu du contexte, notre équipe reçoit un soutien grandissant. Merci du fond du cœur», a-t-il fait savoir.

Dans le même temps, les mots-clefs «DissolutionCCIF» et «SoutienCCIF» se classaient toujours en tendance sur Twitter en France ce 18 octobre en attendant le Conseil des ministres du 21 octobre.

  • 19 octobre 2020 à 09:36

Le père d'une collégienne et un militant islamiste avaient lancé une fatwa contre le professeur Paty

Ce 19 octobre sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a livré de nouveaux éléments au sujet de l'enquête sur l'attentat de Conflans Saint-Honorine, qui a mis la France en émoi. 

En particulier, il a fait savoir que deux des 11 personnes placées en garde à vue, avaient «manifestement lancé une fatwa» contre le professeur décapité après avoir montré une caricature du prophète Mahomet en cours. Il s'agit selon le ministre du père d'une collégienne et du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui.

Le premier s'était indigné, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que l'enseignant ait montré des caricatures de Mahomet «nu» pendant un cours dans la classe de 4e de sa fille. 

Le second, fiché S, avait notamment accompagné le parent d'élève à un rendez-vous avec la principale de l'établissement scolaire dans lequel enseignait Samuel Paty.

Selon une note du renseignement territorial que RT France a pu consulter, les deux individus ont averti la principale, après avoir refusé de rencontrer le professeur, de leur intention de médiatiser l'affaire et d'organiser une manifestation devant l'établissement.

Le CCIF et d'autres associations dans le viseur

Gérald Darmanin a en outre annoncé que des opérations de police contre des dizaines d'individus de la mouvance islamiste étaient en cours. Plus de 80 enquêtes ont par ailleurs été ouvertes pour haine en ligne, menant pour certaines à des interpellations.

Gérald Darmanin a par ailleurs annoncé vouloir dissoudre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), ainsi que d'autres associations.

Le terroriste présumé, Abdoulakh A., était inconnu des services de renseignements. Né le 12 mars 2002 à Moscou et d’origine tchétchène demeurant à Evreux (Eure), il était détenteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars 2020 et valable dix ans.

Dans le cadre de l'enquête ouverte pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle», 11 personnes ont été mises en garde a vue. Ces suspects sont issus de l'entourage familial de l'assaillant présumé qui a été tué par des policiers. Ses parents, son grand-père et son petit frère ont été interpellés à Evreux.

  • 19 octobre 2020 à 08:59

Cessez-le-feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan : une trêve de courte durée

L'Azerbaïdjan et l'Arménie se sont rejeté le 18 octobre la responsabilité de la violation d'une nouvelle «trêve humanitaire» entrée en vigueur le jour même à minuit dans le Haut-Karabagh, une semaine après un premier cessez-le-feu conclu mais jamais respecté.

Le ministère azéri de la Défense a affirmé que les forces arméniennes avaient rompu de «manière flagrante le nouvel accord», dénonçant des tirs d'artillerie ennemis. Le porte-parole Anar Eïvazov a précisé que des attaques séparatistes visant quatre localités avaient été repoussées.

Plus tôt dans la journée, la porte-parole du ministère arménien de la Défense, Chouchan Stepanian, avait elle rapporté des tirs d'artillerie et de roquettes azerbaïdjanais au nord et au sud du front, durant les trois heures ayant suivi le début de la trêve. L'armée du Haut-Karabagh a également fait état d'une attaque ennemie le matin dans le sud, déplorant «des pertes et blessés des deux côtés». «Mais les infrastructures civiles et les habitations n'ont pas été visées par des tirs», ont précisé les services de secours séparatistes.

Des combats condamnés par l'ONU et l'Union européenne

Depuis New York, le 18 octobre, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a fermement condamné «toutes les attaques envers des zones peuplées touchées par le conflit». Le secrétaire général de l'ONU a aussi profondément regretté «que les deux côtés aient continuellement ignoré les appels répétés de la communauté internationale à cesser les combats immédiatement».

Un condamnation à laquelle s'est associé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui a déploré la violation de la trêve humanitaire et condamné les «attaques, quelle que soit leur origine». «L'UE déplore que, malheureusement, les violations se poursuivent, des combats ayant été signalés dans le Haut-Karabagh et aux alentours. Cela entraîne davantage de souffrances pour les civils», a déclaré le diplomate dans un communiqué. L'Espagnol a annoncé s'être entretenu le 18 octobre avec les ministres arménien et azéri des Affaires étrangères «pour leur faire comprendre que le cessez-le-feu [devait] être inconditionnel et strictement respecté par les deux parties». «J'ai également souligné que les attaques contre les civils devraient cesser immédiatement. Elles ne peuvent être justifiées», a-t-il insisté.

I spoke to @ZMnatsakanyan & @bayramov_jeyhun welcoming the Armenia and Azerbaijan humanitarian ceasefire. But fighting in and around #NagornoKarabakh continues leading to more civilian suffering. Ceasefire should be unconditional and strictly respected. https://t.co/JPcUpKuvUj

— Josep Borrell Fontelles (@JosepBorrellF) October 18, 2020

Avant l'entrée en vigueur de ce dernier cessez-le-feu, Bakou avait affirmé qu'un missile arménien avait fait 13 morts et plus de 40 blessés à Gandja, la deuxième ville d’Azerbaïdjan dans la nuit du 16 au 17 octobre. Cette frappe aurait été suivie par un tir sur la ville stratégique voisine de Mingachevir, selon les autorités azerbaïdjanaises. Des informations démenties dans la foulée par l'Arménie qui assure que ce sont des villes du Haut-Karabagh qui ont été visées par des bombardements.

Malgré un premier cessez-le-feu signé le 10 octobre à Moscou, la situation dans la région reste très instable depuis la reprise des hostilités entre les forces du Haut-Karabagh soutenues par l’Arménie et les soldats azéris le 27 septembre.

Auteur: RT France

  • 19 octobre 2020 à 08:05

Attentat de Conflans : le renseignement a-t-il sous-estimé les tensions au collège du Bois-d'Aulne ?

«La communication entre la direction [de l'établissement] et les familles a visiblement permis d'apaiser les tensions [...]. Au sein du collège, aucune tension majeure n'est palpable, tant du côté de la communauté éducative que des fédérations de parents d'élèves, qui tout en reconnaissant une "certaine maladresse du professeur" (bien apprécié par sa hiérarchie) ne le désavouent pas pour autant.» Cette analyse conclue une note du renseignement territorial des Yvelines en date du 12 octobre, soit quatre jours avant que l'enseignant Samuel soit assassiné par le terroriste islamiste Abdouallakh Anzorov le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine non loin du collège où il enseignait l'histoire.

Le document retrace, jour après jour, le conflit qui a éclaté dans l'établissement scolaire et conclue à une forme d'apaisement de la situation. Pourtant, le document confidentiel que RT France a pu consulter faisait déjà référence à de nombreux constats établis par le procureur de la République, Jean-François Ricard, au lendemain du macabre assassinat du professeur d'histoire géographie. En particulier au sujet des fortes tensions qui agitaient le collège, il pointait le rôle trouble d'un prédicateur islamiste, Abdelhakim Sefrioui, fiché pour radicalisation et interpellé dans le cadre de l'enquête.

Le professeur s'était excusé

Ainsi, le rapport d'incident des policiers daté du 7 octobre soulignait que la principale du collège avait reçu «des messages anonymes de protestation via la boîte mail de l’établissement». L'un d'entre eux questionnait directement l'administration de l'établissement : «face au climat actuel de la France où un climat d'islamophobie s'est installé, pourquoi cherchez-vous à diviser dès le plus jeune âge ?» En outre, un parent d'élève s'inquiétait auprès de la direction de la «discrimination» que sa fille aurait subie «mise à l’écart sous prétexte qu’elle était musulmane», pendant le cours où le professeur avait montré les caricatures de Charlie Hebdo.

Invité à venir s'expliquer devant la famille de la jeune fille, le professeur s'était excusé «s'il avait été maladroit». La note du renseignement territorial soulignait aussi qu'une vidéo YouTube où l'on voit apparaître le père d'un des élèves, Brahim C., avait nourri les tensions au sein du collège. Des tensions qui étaient «principalement du fait de la famille C.» poursuivait encore la note, tout en précisant que les responsables de la communauté musulmane locale ne s'étaient pas manifestés.

Le procureur Jean-François Ricard a de son côté apporté une précision lors de sa conférence de presse quant à la demi-soeur de Brahim C. : partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie, elle fait l'objet d'un mandat de recherche. Toutefois, le procureur n'a publiquement établi aucun lien entre le père de famille, son entourage et l'assaillant.

Une macabre obsession pour la décapitation

Par ailleurs, Mediapart rapporte que des internautes avaient repéré, le 30 août dernier déjà, le compte Twitter du terroriste présumé, @Tchetchene_270. Celui-ci avait en effet publié un montage photo mettant en scène la décapitation d'un homme, pour l'instant non identifié. Un tweet inquiétant qui avait été rapidement supprimé par le futur auteur de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

Aucun autre élément ne permettait cependant de faire un lien avec un futur passage à l’acte. Le terroriste présumé, Abdoulakh A., était d'ailleurs inconnu des services de renseignements souligne Marianne. Né le 12 mars 2002 à Moscou et d’origine tchétchène demeurant à Evreux (Eure), il était détenteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars 2020 et valable dix ans.

Dans le cadre de l'enquête ouverte pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle», onze personnes ont été mises en garde a vue. Ces suspects sont issus de l'entourage familial de l'assaillant présumé qui a été tué par des policiers. Ses parents, son grand-père et son petit frère ont été interpellés à Evreux. Figurent également parmi les interpellés un père d'élève du collège qui avait eu un différend avec l'enseignant et un couple de proches. Le père en garde à vue est celui qui s'était indigné, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que l'enseignant ait montré des caricatures de Mahomet «nu» pendant un cours dans la classe de 4e de sa fille. 

  • 18 octobre 2020 à 22:30

Messages de haine, sécurité scolaire : le Conseil de défense décide des «actions concrètes»

Ce 18 octobre, deux jours après l'assassinat d'un professeur à Conflans dans un attentat islamiste, le Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron a décidé de mener des «actions concrètes» rapides contre les associations et les individus tenant un discours de haine. Les auteurs de 80 messages de soutien à l'agresseur seront ainsi contrôlés dès le 19 octobre.

«[Le chef de l'Etat a] demandé qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain», a précisé l'Elysée à l'issue de cette réunion avec six ministres et le procureur anti-terroriste Jean-François Ricard. Le Conseil a en outre prévu le renforcement de la sécurité des établissements scolaires et de leur environnement pour la rentrée du 2 novembre, avec des mesures devant être arrêtées d'ici quinze jours.

Des «actions concrètes» contre les structures proches des milieux radicalisés

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ont également présenté «un plan d'action qui va se mettre en œuvre dès le courant de la semaine et donnera lieu à des actions concrètes contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés», qui propagent des appels à la haine pouvant encourager les attentats, selon la présidence.

Une liste d'associations feront l'objet de «mesures appropriées» après contrôles, en attendant le projet de loi contre l'islam radical qui doit étendre les motifs de dissolution d'associations. L'Elysée na pas précisé si le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), l'un des mouvements dans le viseur des services de renseignement, en faisait partie. 

Le président de la République a par ailleurs demandé aux ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education de réfléchir à des mesures qui pourraient «enrichir ou améliorer» ou encore «parachever» le projet de loi, qui doit toujours être présenté le 9 décembre après avoir été envoyé dans une quinzaine de jours au Conseil d'Etat. «Nous ne sommes pas dans l'ajout, la surcharge ou l'émotion mais dans un travail de fond», s'est défendu le chef de l'Etat, précisant que quand survient un tel événement, il est nécessaire de faire un «retour d'expérience» pour identifier ce qui peut être amélioré, selon ses propos rapportés par l'Elysée.

L'Elysée a aussi encore promis la mise en place d'un «contre-discours» aux propos inexacts ou la propagande radicalisée, en citant l'exemple du discours d'Emmanuel Macron aux Mureaux qui a été «dévoyé» dans certains pays pour le présenter comme une «croisade anti-musulmans».

Victime, selon Emmanuel Macron, d'un «attentat islamiste caractérisé», le professeur d'histoire Samuel Paty, 47 ans, a été assassiné par décapitation le 16 octobre après avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète de l'islam Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression

Dans le cadre de l'enquête ouverte pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle», onze personnes ont été mises en garde a vue.

  • 18 octobre 2020 à 22:28

Prague : des milliers de manifestants contre les mesures anti-Covid, heurts avec la police

Plusieurs milliers de manifestants dont des supporteurs de football se sont rassemblés à Prague ce 18 octobre pour demander la démission du ministre de la Santé Roman Prymula, maître d'œuvre des mesures de restriction anti-Covid-19, contre lesquels ils protestent.

Le rassemblement a été organisé par l'association HON, mais les supporteurs de football ont représenté une partie importante de la foule, selon l'AFP. «[Le ministre de la Santé] n'admet aucune opposition. Comment ose-t-il ? A qui pense-t-il parler? Nous ne sommes pas des moutons, nous sommes des gens normaux», déclare à l'AFP Vlasta Ciencialova, une manifestante venue à Prague de l'est du pays.

Policie vyzvala všechny k opuštění Staroměstského náměstí, na kterém pokračují střety policie s demonstranty. Na náměstí je těžká policejní technika. pic.twitter.com/l5IKFkpR0c

— CT24zive (@CT24zive) October 18, 2020

La manifestation a pris un tour violent lorsque les policiers ont commencé à disperser la foule, le nombre de participants étant très largement supérieur à celui autorisé pour les rassemblements.

🔴🇨🇿 - Affrontements très violents à #Prague en République Tchèque lors d'une manifestation contre les restrictions sanitaires rassemblant des milliers de personnes dont des supporters de football et hockey. #COVID19#COVIDー19pic.twitter.com/E1dGkJTAzq

— Anonyme Citoyen (@AnonymeCitoyen) October 18, 2020

«Les participants ont attaqué la police sans aucune raison», a déclaré à la presse le chef de la police de Prague Tomas Lerch, tandis qu'un autre responsable de la police a mis en cause des «supporteurs radicaux». «Nous avons utilisé des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des pétards», a indiqué Tomas Lerch, précisant qu'une vingtaine de policiers avaient été blessés. Les services d'urgence ont indiqué dans un tweet avoir soigné neuf personnes et admis à l'hôpital quatre blessés. 

Dnešní válečná zóna na Staroměstském náměstí - část první // foto pro @Hospodarky@Aktualneczpic.twitter.com/hyo5n2WPpw

— Lukas Biba (@bibalukas) October 18, 2020

Le 16 octobre, le pays a enregistré un nombre record de 11 105 nouveaux cas en une journée, selon les autorités. Ce 18 octobre, le bilan s'élevait à un total de 170 000 cas et plus de 1 400 décès.

  • 18 octobre 2020 à 20:45

Gérald Darmanin devrait exiger l'expulsion de 231 étrangers fichés pour radicalisation

En corollaire à l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), au cours duquel le professeur Samuel Paty, 47 ans, a été assassiné par décapitation le 16 octobre après avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète de l'islam Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a convoqué le 18 octobre par visioconférence l'ensemble des préfets de l'Hexagone.

Selon une information d'Europe 1, Gérald Darmanin exigera des préfets dans les jours qui viennent l'expulsion de 231 étrangers qui sont dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Ces 231 étrangers expulsables – 180 sont actuellement en prison et 51 en liberté – feront l'objet d'une arrestation prochainement.

Le ministre de l'Intérieur s'était par ailleurs rendu au Maroc le 16 octobre pour évoquer notamment l'immigration clandestine et la question des mineurs isolés, leur identification et leur suivi. D'après Europe 1, il aurait également «demandé à Rabat de récupérer neuf de ses ressortissants radicalisés en situation irrégulière».

«[Lorsque les migrants] sont majeurs, nous avons convenu qu'il était normal de continuer, malgré la crise du Covid, à ce qu'ils reviennent sur le territoire marocain, et lorsqu'ils sont mineurs, de continuer à [les] protéger et pouvoir les ramener quand on le peut, auprès de leur famille au Maroc ou dans des centres éducatifs marocains», avait-t-il déclaré à l'occasion.

Par ailleurs, Gérald Darmanin va entreprendre des déplacements similaires en Algérie les 18 et 19 octobre, puis en Tunisie la semaine suivante. «[Il] apportera dans ses bagages une liste d'islamistes que la France veut expulser», et sera accompagné par le directeur général de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nicolas Lerner, toujours selon Europe 1.

Simple coup de communication visant à satisfaire l'opinion publique sur cette affaire brûlante dont l'émoi a saisi les Français, ou véritable changement de doctrine politique ?

  • 18 octobre 2020 à 18:41
À partir d’avant-hierRT en français

L’Iran annonce la fin de l’embargo de l'ONU sur les armes malgré la résistance des Etats-Unis

«A partir d'aujourd'hui, toutes les restrictions sur les transferts d'armes, activités liées et services financiers à destination et en provenance de la République islamique d'Iran, ainsi que toutes les interdictions concernant l’entrée ou le transit de citoyens et responsables militaires iraniens dans les territoires d’Etats membres des Nations unies, sont toutes automatiquement levées.» Par ces mots, et dans un communiqué de presse diffusé le 18 octobre 2020, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé considérer que l’embargo de l’ONU visant la République islamique avait expiré, y compris concernant les armes.

Mis en place lors de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA pour Joint Comprehensive Plan of ActionPlan d’action global commun), cet embargo, qui expire en principe «au cinquième anniversaire de la date d’adoption du Plan d’action [JCPoA]», soit le 18 octobre 2020, empêchait principalement la vente d’armes et de matériel militaire lourd à l’Iran en vertu de la résolution 2231 adoptée le 20 juillet 2015 à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Le ministère iranien met en lumière dans le document «un grand jour pour la communauté internationale qui, au mépris des efforts du régime américain, a protégé la résolution 2231 du Conseil de sécurité, ainsi que le JCPoA».

L'Iran accuse les Etats-Unis de déstabilisation régionale

En conséquence, la diplomatie iranienne précise dans son communiqué : «La République islamique d'Iran peut donc se procurer les armes et équipements nécessaires de n'importe quelle source sans aucune restriction légale et uniquement sur la base de ses besoins défensifs [et] peut également exporter des armements défensifs sur la base de ses propres politiques.»

Par ailleurs, le ministère fustige le comportement des Etats-Unis – qui avaient plusieurs fois tenté ces derniers mois, sans réussite, de faire prolonger l’embargo par le Conseil de sécurité – et les exhorte à «abandonner leur approche destructrice vis-à-vis de la résolution 2231», rappelant que les demandes américaines avaient été «catégoriquement rejetées» à plusieurs reprises lors des derniers mois et accusant les Etats-Unis de «déstabiliser l’Asie occidentale».

Le 14 août dernier, dans un communiqué de presse diffusé sur son site, l’ONU expliquait par exemple : «Le Conseil de sécurité a rejeté aujourd’hui par 2 voix contre, 2 voix pour et 11 abstentions, un projet de résolution présenté par les États-Unis, dans lequel il aurait [été] décidé que l’embargo sur les armes et l’interdiction de voyager imposés en Iran par la résolution 2231 du 20 juillet relative au Plan d’action global commun [JCPoA] sur le dossier nucléaire iranien, auraient continué de s’appliquer nonobstant la durée précisée pour chacune des sanctions, mais "jusqu’à ce que le Conseil en décide autrement".»

A ce titre, le ministère iranien des Affaires étrangères ajoute qu'il se réserve «le droit de prendre toutes les contre-mesures nécessaires pour garantir ses intérêts nationaux» en cas de «violation substantielle de la résolution et des objectifs», par exemple une prorogation unilatérale des sanctions

«La normalisation de la coopération défensive de l'Iran avec le monde est une victoire pour la cause du multilatéralisme, de la paix et de la sécurité dans notre région», s’est réjoui sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif. «Les armes en Iran ont toujours été défensives. Elles n'ont pas déclenché de guerres et n'ont pas semé la corruption […] Nos objectifs sont toujours pacifiques et défensifs», a-t-il également fait valoir.

تنتهي اليوم تلقائياً حسب اتفاقية 2231 القيودالمفروضةعلى التسلح في بلدي. ليس غريباً أن نعارض التسلح العشوائي فالسلاح في إيران لطالما كان دفاعيا لم يفتعل الحروب ولم يعث فساداً كما يفعل الاخرون. نؤمن بأن الأمان يتحقق بإرادة شعبنا واكتفائها الذاتي، اهدافنا سلمية و دفاعية دائما.

— Javad Zarif (@JZarif) October 17, 2020

Depuis le retrait américain du JCPoA décidé par Donald Trump en mai 2018, les Etats-Unis ne cessent de remettre en cause l’accord conclu à Vienne en 2015, arguant qu’il ne présente pas les garanties suffisantes pour éviter que Téhéran se dote de l’arme nucléaire. Des accusations balayées par l’Iran qui réfute avoir jamais voulu disposer d’un tel arsenal. Donald Trump avait même qualifié le JCPoA de «pire accord jamais négocié».

Toujours est-il que désormais, en théorie, les Etats devraient être libres de vendre des armes à l’Iran. Moscou n’a par exemple pas caché sa volonté de développer sa coopération militaire avec la République islamique après la levée de l’embargo. «L'expiration de "l'embargo sur les armes" contre l'Iran le 18 octobre facilitera sans aucun doute notre interaction avec Téhéran dans ce domaine [la coopération militaire]. Certaines perspectives s'ouvrent dans ce sens», a déclaré Levan Dzhagarian, ambassadeur de Russie en Iran, le 18 octobre auprès de l'agence Interfax, assurant que «la Russie agit invariablement en stricte conformité avec les normes du droit international et respecte strictement ses obligations».

La Chine, qui avait comme la Russie voté contre la résolution américaine présentée en août au Conseil de sécurité de l'ONU, s'est également montrée intéressée par le marché iranien et pourrait devenir un des principaux fournisseurs de Téhéran en armements, malgré la décision américaine de prolonger les sanctions contre l'Iran.

Alexis Le Meur

  • 18 octobre 2020 à 12:15

Reconnaissance faciale : où en est la France ?

Lundi 5 octobre, l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry a inauguré le système expérimental Mona. Une nouvelle technologie qui a pour ambition de réduire les files d'attente, par la reconnaissance faciale, sur l'ensemble du parcours des voyageurs.

Un première en France que défend ainsi Nicolas Notebaert, président de VINCI Airports : «L'un des éléments qui fait qu'on peut ne pas être très satisfait de son passage dans l'aéroport, ce sont les files d'attente, c'est la contrainte et la complexité de reconnaissance des documents [papiers d'identité, billet…]»

Pour pouvoir profiter de ce nouvel outil «depuis chez soi jusqu'à l'embarquement dans l’avion», les voyageurs doivent − gratuitement − ouvrir un compte client via une application mobile ou une borne à l'aéroport en y ajoutant une photo d'identité. Ils pourront ensuite emprunter un parcours dédié sur lequel les portiques des différents points de passage aéroportuaires s'ouvrent automatiquement sur «simple présentation du visage» à un capteur biométrique. Le gain de temps est estimé à une demi-heure.

D'un coût de «plusieurs centaines de milliers d'euros», le service Mona est d'abord testé pour les passagers des compagnies Transavia et TAP sur les vols à destination de Porto et de Lisbonne. Il devrait ensuite être progressivement étendu aux autres aéroports partenaires ou gérés par VINCI.

Une technologie qui soulève des inquiétudes

Lors de la présentation de Mona, Nicolas Notebaert a également assuré que les données des passagers n'étaient pas stockées car «leur protection est évidemment quelque chose de très important», tout en affirmant que le développement de cette technologie avait été accompagné par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

Des précisions nécessaires alors que le développement de la reconnaissance faciale dans de nombreux domaines n’est pas sans poser de sérieuses questions quant à la protection des données privées des citoyens.

En effet, cette technologie développée il y a une dizaine d’années permet en théorie d’identifier un individu dans les lieux équipés de caméras de surveillance et de logiciels adaptés. Un système pouvant se déployer dans de nombreux domaines du quotidien, comme en témoigne l'exemple chinois décrit par Le Progrès : dans le pays le plus peuplé du monde où sont installées plus de 176 millions de caméras de surveillance, la reconnaissance faciale fait partie du du quotidien depuis de nombreuses années et sert à payer ses courses, réserver un hôtel, accéder à certains sites touristiques ou encore à ouvrir une ligne téléphonique mobile… mais aussi à traquer les citoyens qui ne respectent pas les règles de la circulation par exemple. Ceux qui traversent en dehors des passages réservés sont systématiquement photographiés et doivent payer une amende de 20 yuans (3 euros) pour que leur visage disparaisse d’un grand «écran de la honte» situé au carrefour le plus proche. Il ne s’agit que d’un exemple du vaste système de «crédit social» que permet la reconnaissance faciale.

D'indispensables garde-fous

Pour lutter contre les potentielles dérives de la reconnaissance faciale, la France dispose d'un arsenal administratif et législatif conséquent.

Au niveau européen tout d'abord, la loi Informatique et liberté de 1978 et le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de 2018 interdisent le traitement des données biométriques, sauf pour une liste de cas préétablis et supposent en règle générale l'accord de la personne. Contrairement à au moins 75 autres pays (selon la liste établie par la fondation Carnegie), la France n'a pas pas encore autorisé l'extension de la reconnaissance faciale aux méthodes d'identification policière. Celle-ci ne peut se faire qu’a posteriori, via notamment le fichier TAJ − acronyme de «traitement des antécédents judiciaires» − qui recense près de 19 millions de fiches de personnes mises en cause, selon la CNIL. En novembre 2019, le tribunal correctionnel de Lyon a ainsi condamné un prévenu identifié par un logiciel de reconnaissance faciale

Par ailleurs, une application mobile d'identité numérique reliée à FranceConnect permettant aux utilisateurs d'accéder à plus de 500 services administratifs en ligne (impôts, Sécurité sociale, Assurance retraite…) devait être lancée par l’Etat français en novembre 2019. Mais ce projet, nommé ALICEM − acronyme d'«Authentification en ligne certifiée sur mobile» − a inquiété les associations spécialisées dans la protection de la vie privée. L'association de défense des libertés La Quadrature du Net a déposé en juillet 2019 un recours devant le Conseil d’Etat pour demander l’annulation du décret autorisant la création de l'application. Il est reproché à cette dernière l'obligation de recourir au dispositif de reconnaissance faciale pour valider son identité numérique, sans alternatives disponibles. Le déploiement d'ALICEM a donc été reporté à une date indéfinie, après l'organisation d'un «débat citoyen».

Beaucoup des critiques faites à la reconnaissance faciale sont formulées par la CNIL. Cette autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect de la vie privée des citoyens dans l’univers numérique a, par exemple, dans le cas d’ALICEM, recommandé au gouvernement de subordonner au développement de l'application des «solutions alternatives au recours à la biométrie», afin de «s’assurer de la liberté effective du consentement des personnes concernées au traitement de leurs données biométriques au moment de l’activation de leur compte ALICEM». C’est également la CNIL qui a demandé des explications complémentaires à la ville de Nice à la suite de l’expérimentation de la reconnaissance faciale lors du carnaval que la municipalité avait jugée concluante. L’autorité administrative s’était alors inquiétée d’un cadre législatif insuffisant concernant l’emploi de cette technologie dans l’espace public. La CNIL agit donc comme un garde-fou à l’encontre d’une technologie qui devrait prendre une place croissante dans la vie des Français à court terme.

La reconnaissance faciale s'implante doucement mais sûrement 

Si l’utilisation de la reconnaissance faciale, telle qu’elle est mise en œuvre à l’aéroport Saint-Exupéry est une expérience inédite en France pour l'ensemble du parcours des voyageurs, la technologie est déjà employée pour les passages aux frontières à Saint-Exupéry, mais aussi à Orly, Roissy, Marseille-Provence et Nice Côte d'Azur, ainsi qu'à la gare du Nord de Paris (pour l'Eurostar) et au départ d'Eurotunnel pour les autocars, à travers des sas dits «Parafe», comme le rappel Le Progrès.

Le nouveau marché de la reconnaissance faciale et ses multiples applications est évalué à sept milliards d’euros dans l’Hexagone. Outre le test réalisé à Nice, d'autres expérimentations ont déjà eu lieu dans l'espace public comme à Cannes lors du confinement : les caméras de surveillance réparties dans la ville permettaient de compter les passants munis d’un masque. A Marseille, une système de vidéo-surveillance «intelligent» capable d'analyser des flots de données pour détecter des mouvements de foule, des comportements jugés anormaux ou de retrouver automatiquement une personne signalée a été déployé. Peu à peu, le matériel nécessaire à la généralisation de la reconnaissance faciale s’installe donc dans de nombreuses villes avec l’aide des entreprises qui proposent leurs produits gratuitement aux communes, tel Huawei qui a offert des caméras de vidéosurveillance à Valenciennes.

Le sport, avec ses importants regroupements de populations et ses enjeux sécuritaires, est un terrain très propice à l’utilisation de la reconnaissance faciale. Ainsi, le club de football de Metz prévoit la mise en place d’un logiciel de reconnaissance faciale pour identifier les supporters interdits de stade. La Coupe du monde de Rugby de 2023 et les Jeux olympiques de 2024 à Paris devraient faire la part belle à la reconnaissance faciale : des entreprises comme Atos, Dassault Systèmes ou Capgemini sont déjà en lien avec le ministère de l’Intérieur pour remporter les marchés publics concernant la sécurité des JO.

Certains responsables politiques poussent également au développement de la reconnaissance faciale à l'échelle nationale : dans une interview donnée au Parisien le 27 décembre 2019, l'actuel secrétaire d'Etat en charge de la Transition numérique, Cédric 0, n'avait pas fermé la porte à une utilisation de la reconnaissance faciale dans les lieux publics, en plaidant pour une «phase d'expérimentation, de six mois à un an, sous la supervision de la société civile et des chercheurs». En janvier 2019, lors du débat sur la «loi anticasseurs» dans le sillon du mouvement des Gilets jaunes, le député LR Eric Ciotti avait quant à lui proposé un amendement visant à «autoriser le recours à la technologie de la reconnaissance faciale» en France. 

A l'échelle européenne enfin, le magazine The Intercept a publié une enquête le 21 février 2020 révélant qu'un groupe de dix polices nationales de l'Union européenne, dirigé par l'Autriche, militait pour la mise en place d'une base de données commune en la matière. Une initiative qui pourrait, à terme, englober les 27 membres de l'UE.

  • 18 octobre 2020 à 09:09

Le leader tchétchène Kadyrov condamne l'attentat, mais appelle à ne pas «provoquer les croyants»

L'assaillant tchétchène accusé d'avoir décapité un professeur en France a provoqué la réaction du leader tchétchène Ramzan Kadyrov d'une part, et de la Russie d'autre part. Les déclarations de Ramzan Kadyrov vont d'ailleurs certainement créer la polémique. «Cette tragédie laisse penser que la société française, quand elle parle de démocratie, la confond souvent avec la permissivité, la démonstration d'une attitude inadmissible envers les valeurs islamiques», a-t-il notamment expliqué le 17 octobre 2020 sur Telegram.

Il assure que l'islamiste Abdoullakh Anzorov «a passé presque toute sa vie en France, y ayant déménagé enfant avec ses parents, ayant grandi aux côtés des Français, communiquait, parlait et écrivait dans leur langue». «Et il était probablement conscient de ses actions, comprenant que l'Etat était sourd face aux croyants», justifie le dirigeant tchétchène.

«Nous condamnons cet acte terroriste et exprimons nos condoléances aux proches du défunt», affirme malgré tout Ramzan Kadyrov, qui «exhorte» même la France «à ne pas provoquer les croyants, à ne pas blesser leurs sentiments religieux». 

«Ce n'est pas la première fois que les Français essaient de rejeter tous leurs problèmes sur les Tchétchènes», appuie-t-il également.

La communauté tchétchène se dit pour sa part «horrifiée» par la décapitation d'un professeur d'histoire, explique l'Assemblée des Tchétchènes d'Europe qui «condamne avec la plus grande fermeté» l'attentat commis par un individu d'origine russe et tchétchène de 18 ans. Cette assemblée basée à Strasbourg relève «qu'aucune communauté ne peut être tenue pour responsable pour tous les actes isolés de ses ressortissants».

Fondée en 2017 et rassemblant une vingtaine d'associations tchétchènes d'Europe, l'assemblée estime que «de façon quotidienne [ses] membres font un travail acharné contre l'extrémisme et appellent [ses] compatriotes au respect de la loi et au respect envers tous les membres des sociétés dans lesquelles ils vivent».

Ce crime n'a rien à voir avec la Russie

De son côté, l'ambassade de Russie, citée par les agences russes, atteste qu'Abdoullakh Anzorov n'avait plus de liens avec le pays depuis 2008.

«Ce crime n'a rien à voir avec la Russie, étant donné que cet individu vivait en France depuis 12 ans et avait été accueilli par la partie française», a dit Sergueï Parinov, un porte-parole de la représentation russe à Paris, à l'agence TASS. 

«En l'occurrence, l'important n'est pas où il est né, mais où, quand et comment il a été converti à une idéologie terroriste que la Russie condamne, bien sûr, sous toutes ses formes», a-t-il ajouté.

Selon lui, l’assaillant présumé abattu, Abdoullakh Anzorov, est arrivé en France à l'âge de 6 ans avec toute sa famille, qui a obtenu le statut de réfugiée.

Ce statut, toujours selon la même source, conduit automatiquement à une déchéance de la nationalité russe. 

«Il n'y a jamais eu de contacts avec l'ambassade», a par ailleurs assuré le diplomate, expliquant à l'agence RIA Novosti que l'ensemble de ses informations sur l'assaillant provenaient des autorités françaises.

  • 18 octobre 2020 à 08:23

Covid-19 en France : nouveau record de contaminations avec plus de 32 000 cas en 24 heures

Le nombre d'infections par le nouveau coronavirus a atteint un record le 17 octobre 2020 en France, avec plus de 32 000 contaminations en 24 heures, tandis que le nombre de malades en réanimation a continué de progresser, selon les chiffres officiels.

32 427 tests de dépistage positifs ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, selon le bilan quotidien de l'agence sanitaire Santé publique France. Un niveau jamais atteint depuis le début de l’épidémie.

Un record de 30 621 cas avait été établi le 15 octobre et le cap des 20 000 cas avait été franchi le 9 octobre seulement.

Taux de positivité à 13,1%, contre 4,5% début septembre

Le taux de positivité (proportion des tests positifs par rapport au total des tests effectués) continue de progresser rapidement, à 13,1% contre 9% il y a seulement 10 jours et environ 4,5% début septembre.

1 868 patients atteints de la forme la plus grave de la maladie se trouvent actuellement hospitalisés dans un service de réanimation, soit 77 de plus que la veille.

Au cours des dernières 24 heures, 175 nouveaux malades ont été admis dans ces services, et sur les sept derniers jours, 1 204 patients y ont fait leur entrée.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué le 15 octobre que la France disposait d'un total de 5 800 lits de réanimation.

Au pic de l'épidémie provoquée par le nouveau coronavirus, en avril dernier, plus de 7 000 malades étaient hospitalisés en réanimation. Ce nombre a fortement chuté jusqu'à fin juillet, avant de remonter régulièrement.

Au total, 10 399 personnes atteintes du Covid-19 sont aujourd'hui hospitalisées, soit 378 de plus que le 16 octobre.

Le nombre de décès attribuables à la maladie s'élève à 90 pour la journée du 17 octobre (122 la veille), portant le bilan total des victimes depuis le début de l'épidémie à 33 392.

  • 18 octobre 2020 à 07:46

Premier couvre-feu à Paris marqué par une manifestation sauvage

Des Gaulois réfractaires étaient de sortie le 17 octobre 2020. Contestant le couvre-feu instauré entre 21h et 6h dans plusieurs villes et territoires, 150 à 200 personnes se sont donné rendez-vous à Paris pour une manifestation sauvage, comme l'a observé notre reporter Charles Baudry.

🔴Manifestation en cours dans les rues de la capitale contre le couvre-feu.#Paris#CouvreFeu#CouvreFeu21hpic.twitter.com/rnEOagM5GL

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) October 17, 2020

Les manifestants ont débuté le cortège dans le centre de Paris, vers Châtelet, renversant des poubelles sur leur chemin.

🔴Plusieurs poubelles sont renversées sur le trajet de la manifestation sauvage. #Paris#CouvreFeu#CouvreFeu21hpic.twitter.com/1iZ3jTkZ3F

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) October 17, 2020

45 minutes après, une intervention des forces de l’ordre a rapidement dispersé le cortège sauvage contre le couvre-feu.

🔴Intervention en cours des forces de l’ordre. La manifestation sauvage contre le couvre-feu se disperse.#Paris#CouvreFeu#CouvreFeu21hpic.twitter.com/a5sLk63q8T

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) October 17, 2020

En cas de non-respect du couvre-feu visant à lutter contre la propagation du coronavirus, le ministère de l'Intérieur a prévu plusieurs sanctions : une première infraction vaudra une amende forfaitaire de 135 euros, une récidive dans les 15 jours coûtera 200 euros, et trois infractions commises en 30 jours seront passibles de six mois d'emprisonnement et d'une amende pouvant aller jusqu'à 3 750 euros.

  • 17 octobre 2020 à 23:23

Face à la deuxième vague de la Covid-19, l'Europe prend des mesures draconiennes

Les nouvelles contaminations ont bondi de 44% cette semaine sur le continent, mais diminué en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie, selon un décompte de l'AFP. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la situation européenne serait très préoccupante.

Emballement en France

En France, le nombre d'infections par le nouveau coronavirus a atteint un nouveau record samedi 17 octobre, avec plus de 32 000 contaminations en 24 heures, tandis que le nombre de malades en réanimation a continué à progresser, selon les chiffres officiels.

Les habitants d'une dizaine de grandes villes dont Paris et sa banlieue - 20 millions de personnes au total - sont soumis depuis samedi à un couvre-feu entre 21h et 6h pour au moins quatre semaines. 

La France a un des pires bilans d'Europe, avec plus de 33 300 morts et 834 770 cas.

Outre la capitale, sont concernées les métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble, mais aussi des petites villes.

Interdiction de réunions entre famille au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe (43 429 morts, 15 000 nouveaux cas vendredi), les autorités ont également durci les restrictions. L'ensemble de l'Angleterre (plus de 55 millions d'habitants) limitait déjà les réunions à six personnes (en intérieur comme en extérieur) et fermait ses bars à 22h.

Mais depuis samedi, plus de la moitié de la population anglaise est soumise à des restrictions plus dures: Londres et plusieurs autres zones, soit 11 millions de personnes, interdisent les réunions en intérieur entre famille et amis de différents foyers, et le Lancashire (nord-ouest) et Liverpool sont en alerte sanitaire maximale (pas de rencontre entre différents foyers en intérieur comme en extérieur, fermeture des pubs ne servant pas de repas).

En Irlande du Nord, pubs et restaurants ont fermé vendredi pour un mois et les vacances scolaires été prolongées.

Des semaines décisives

En Allemagne, qui a comptabilisé 7830 nouveaux cas en 24 heures - un record pour le pays -, Angela Merkel a solennellement demandé samedi à ses concitoyens de réduire au maximum leurs relations sociales.

«Renoncez à tout voyage qui n'est pas vraiment nécessaire, à toute célébration qui n'est pas vraiment nécessaire. Veuillez rester chez vous», a déclaré la chancelière. «Ce que sera l'hiver, ce que sera notre Noël, sera décidé dans les jours et les semaines à venir».

De nouvelles restrictions entrent également en vigueur à Varsovie et d'autres grandes villes de Pologne: collèges et lycées fermés pratiqueront l'enseignement à distance, les restaurants devront fermer à 21h, les cérémonies de mariage seront interdites et le nombre de personnes admises dans les magasins, les transports publics et les offices religieux limité.

En République tchèque, qui a le plus fort taux de contaminations et de décès pour 100 000 habitants du continent, le gouvernement a demandé à l'armée de construire un hôpital de campagne de 500 lits à l'extérieur de Prague. 

Le pays de 10,7 millions d'habitants a enregistré 11 105 nouveaux cas pour la seule journée de vendredi - son troisième record quotidien d'affilée.

Hausse exponentielle

Dans le monde, tous les indicateurs sont au rouge : au moins 1 105.691 décès et près de 39,4 millions de contaminations ont été recensés depuis le début de la pandémie, selon un comptage réalisé samedi par l'AFP. Pour la seule journée de vendredi, 6 118 décès et 403 629 nouveaux cas ont été enregistrés.

L'Italie, déjà durement touchée au printemps, a signalé vendredi 10 010 nouveaux cas, son record quotidien absolu. 

La Lombardie (nord), la région de Milan, est la plus touchée. Tous ses bars et restaurants fermeront à minuit à partir de samedi et les activités sportives amateur sont suspendues, au moins jusqu'au 6 novembre.

La Campanie (sud-ouest), la région de Naples, avait déjà décidé de fermer ses écoles cette semaine et d'interdire fêtes et cortèges funèbres.

En Belgique, à partir de lundi soir, un couvre-feu sera mis en place de minuit à 5h, et cafés et restaurants devront fermer pour au moins un mois. Le pays vient de passer la barre des 200 000 cas, après avoir passé celle des 100 000 le 20 septembre, et ses hôpitaux sont engorgés.

«Semaine après semaine, les chiffres doublent, ils montent en flèche (...) c'est une hausse exponentielle», a justifié le Premier ministre Alexander De Croo, alors que la Belgique est un des pays les plus endeuillés par rapport à sa population (10 359 morts pour 11,5 millions d'habitants).

  • 17 octobre 2020 à 23:10

Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : l'heure est aux solutions

L'attentat islamiste du 16 octobre à l'encontre d'un enseignant a bouleversé la classe politique de gauche à droite, et la grande majorité des citoyens. Alors qu'Emmanuel Macron projette une loi pour lutter contre le séparatisme islamiste, les réponses abreuvent de toute part pour contrer l'obscurantisme.

La réponse immédiate au sein de l'école

Il y a d'abord, des réponses immédiates à apporter. Le journaliste Guy Konopnicki propose que, le jour de la rentrée du 2 novembre, les établissements scolaires montrent «des caricatures de Mahomet dans toutes les classes des collèges et lycées, en hommage au martyr de Conflans-Sainte-Honorine».

Monsieur Blanquer, le jour de la rentrée, il faut montrer des caricatures de Mahomet dans toutes les classes des collèges et lycées, en hommage au martyr de #ConflansSainteHonorine#laicite

— Guy Konopnicki (@GuyKonopnicki) October 16, 2020

Dans la même logique, l’eurodéputé du Rassemblement national (RN) Gilles Lebreton pense «comme [l'essayiste] Mohamed Sifaoui, [...] que la France doit inclure la liberté d'expression et le droit au blasphème dans ses programmes scolaires».

Soyons fiers de nos valeurs, combattons farouchement l'islamisme ! Comme Mohamed Sifaoui, je pense que la France doit inclure la liberté d'expression et le droit au blasphème dans ses programmes scolaires !https://t.co/9drs0lLOVE

— Gilles Lebreton (@Gilles_Lebreton) October 17, 2020

Dans Le Point, Mohamed Sifaoui avertit en effet : si les Français croient qu'ils s'en sortiront «avec quelques déclarations de bonnes intentions et en organisant des marches blanches, [ils se] bercent d'illusions». «Il faut un sursaut culturel et éducatif», ajoute-t-il.

Au cours d'un point presse, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer annonce préparer l'organisation d'une minute de silence pour la rentrée scolaire et la création d'un «cadre» pédagogique pour aborder cet attentat avec les élèves.

Militante pour la laïcité et professeure d'histoire à Toulouse, Fatiha Agag-Boudjahlat, est pour sa part radicale, souhaitant les licenciements du recteur de l'académie de Versailles (dont dépend le collège de Conflans-Sainte-Honorine), du directeur académique des services de l'Education nationale et du chef d’établissement. Elle demande également des sanctions contre les collègues qui ont lâché le professeur assassiné. «Cette cascade de lâchetés a conduit à une décapitation», appuie Fatiha Agag-Boudjahlat.

Le recteur doit dégager. Le Dasen aussi. Le chef d’établissement aussi. Des sanctions doivent tomber, y compris sur les collègues qui ont lâché Samuel. Cette cascade de lâchetés a conduit à une décapitation.

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) October 17, 2020

Traquer les mosquées salafistes et les associations sulfureuses pour les fermer et les interdire ?

L'école n'étant pas l'unique responsable de ce drame, d'aucuns reviennent sur des antiennes comme solutions à l'éradication de l'islamisme. Il y aurait actuellement sur le territoire un peu plus de 100 mosquées tenues par un imam salafiste et un rapport sénatorial estime à environ 2% des musulmans en France qui ont un comportement ou une idéologie radicale.

Plusieurs élus relancent ainsi l'idée de fermeture de mosquées accusées d'être proches des salafistes et des associations controversées, jugées complaisantes avec l'islamisme.

Le sénateur Les Républicains (LR) de Vendée Bruno Retailleau, demande notamment la fermeture de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), «qui a diffusé une vidéo d’un père de famille qui appelait à dire "Stop à ce voyou" en parlant de [l'enseignant] Samuel Paty». «L’incitation à la haine ne peut rester sans conséquence, j’appelle l’Etat à la plus grande fermeté et à fermer cette mosquée qui méprise nos valeurs», exige le sénateur.

La mosquée de Pantin a diffusé une vidéo d’un père de famille qui appelait à dire « Stop à ce voyou » en parlant de Samuel Paty.
L’incitation à la haine ne peut rester sans conséquence. J’appelle l’Etat à la plus grande fermeté et à fermer cette mosquée qui méprise nos valeurs.

— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) October 17, 2020

Le député de l'Essonne Francis Chouat, a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo d'une figure de l'islam radical Abdelhakim Sefrioui (se présentant comme un cadre du Conseil des imams de France), qui a participé à la dénonciation publique de l'enseignant décapité. Outré, Francis Chouat demande à l'Etat de «mettre hors d’état de nuire ces "penseurs" de la barbarie», en interdisant plusieurs associations comme «le CCIF [Collectif contre l'Islamophobie en France], Barakacity et les officines salafistes qui veulent sortir l'islam de la République». Concernant le CCIF, celui-ci a été impliqué par un parent d'élève qui a appelé sur Facebook les autres parents à contacter l'association pour porter plainte collectivement contre le professeur d'histoire.

Maintenant ça suffit! Il faut mettre hors d’état de nuire ces « penseurs » de la barbarie. INTERDIRE le CCIF, BARAKA CITY et les officines salafistes qui veulent sortir l’#Islam de la #Republique#Conflans#islamismeterroriste@ZinebElRhazoui@ZohraBitan@manuelvallshttps://t.co/sUw7Lx4916

— Francis Chouat (@fchouat) October 17, 2020

Le conseiller régional Rassemblement national (RN) de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, a pour sa part suggéré la fermeture de «toutes les mosquées de la haine», l'expulsion de «tous les imams radicaux [et] de tous les fichés S étrangers en lien avec la mouvance islamiste».

« Face à cet ennemi, la République doit être radicale. Toutes les mosquées de la haine doivent être fermées, tous les imams radicaux doivent être expulsés, tous les fichés S étrangers en lien avec la mouvance islamiste doivent être expulsés. » @franceinfo#EragnySurOisepic.twitter.com/T28jielDXO

— Julien Odoul (@JulienOdoul) October 17, 2020

La question de l'immigration

Le lien entre immigration et islamisme est donc de nouveau pointé du doigt, principalement par la droite radicale. Pour Philippe de Villiers, «combattre le terrorisme sans stopper l'immigration, c'est une imposture car l'immigration est le terreau de l'islam, qui est le terreau de l'islamisme, qui est le terreau du terrorisme».

Combattre le terrorisme sans stopper l'immigration, c'est une imposture. Car l'immigration est le terreau de l'islam, qui est le terreau de l'#islamisme, qui est le terreau du terrorisme. #SamuelPaty#Conflans

— Philippe de Villiers (@PhdeVilliers) October 17, 2020

Le président de l'UPR François Asselineau, demande aux Français de s'interroger sur «pourquoi il y a tant de combattants islamistes en France». Il juge l'Union européenne et l'espace Schengen comme «les responsables numéro un de la "filière tchétchène" [l'auteur présumé de l'acte islamiste est d'origine tchétchène]».

PROFESSEUR DÉCAPITÉ
Cette abomination révulse tous les Français. Elle doit aussi les amener à réfléchir :pourquoi tant de combattants islamistes en France?
L'UE et Schengen sont les responsables n°1 de la "filière tchétchène" !#FREXIThttps://t.co/yXIrcJUfnD

— François Asselineau (@UPR_Asselineau) October 16, 2020

Les musulmans doivent combattre un ennemi de l'intérieur

La bataille contre l'islamisme se déroule également à l'intérieur de la religion musulmane. C'est pourquoi des recteurs de mosquées et responsables d'institutions musulmanes ont invité les autres mosquées et imams à se positionner clairement après l'attentat du 16 octobre. 

Dans un communiqué, le vice-président du Conseil du culte Musulman de Normandie Hakim Miftah, déplore que «l'attentat a été commis au nom de [sa] religion, l'Islam». Il appelle «toutes les mosquées de Normandie [à] condamner fermement cet acte barbare, sans délai» car «tous, citoyens français, musulmans, nous devons lutter ensemble contre le terrorisme islamiste dans notre pays».

🚨communiqué de #HakimMiftah président de l’Union des Mosquées de France pour la #Normandie qui appelle à lutter contre #islamisme#Conflans@NormandieActu@paris_normandie@LaurentRebours@CourrierdelEure@fbleubnormandie@UmfOfficiel@AnouarKbibech@chemshafiz@Seinemaritime76pic.twitter.com/p37vDYPxZP

— Nathalie Goulet 🐝 (@senateur61) October 17, 2020

Même son de cloche du côté du recteur de la Grande Mosquée de Paris. Hafiz Chems-eddine assure qu'il ne peut plus «suffire de condamnations». «Toutes les mosquées doivent agir et vite», insiste-t-il.

Je suis horrifié par le crime qui a coûté la vie à un enseignant à #ConflansSainteHonorine
D’autant plus horrifié que cet attentat est commis au nom de ma religion, l’islam.
Nous ne pouvons plus nous suffire de condamnations.
Toutes les mosquées doivent agir. Et vite.
Ça suffit !

— Hafiz Chems-eddine (@chemshafiz) October 16, 2020

Pour une action plus profonde d'Emmanuel Macron contre l'islamisme

Au-delà de la loi sur le séparatisme à venir (rebaptisée «Projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains»), des personnalités demandent des mesures plus profondes et pragmatiques dans la lutte contre l'islamisme.

Lors d'une intervention publique à Paris, Jean-Luc Mélenchon espère dans le futur texte, l'interdiction de l'école à la maison et des établissements hors contrat pour «réprimer la possibilité pour ces gens [sous-entendu les terroristes islamistes] de s'attrouper».

#Conflans : la riposte du peuple de France, c'est l'unité. #ConflansSaintHonorine#SamuelPatypic.twitter.com/iF4pIxmb1t

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) October 17, 2020

Le député LR du Vaucluse Julien Aubert, veut créer une cour spécial anti-terroriste : «1. On laisse entrer des barbares en dévoyant le droit. Voilà le résultat. 2. On n’arrachera pas l’islamisme de l’école avec des chartes. 3. Derrière le terroriste, des parents qui sont en sécession. 4. Il faut créer une cour spéciale anti-terroriste.»

1. On laisse entrer des barbares en dévoyant le droit. Voilà le résultat. 2. On n’arrachera pas l’islamisme de l’école avec des chartes. 3. Derrière le terroriste, des parents qui sont en sécession. 4. Il faut créer une cour spéciale anti-terroriste. https://t.co/6mw0conP5M

— Julien Aubert (@JulienAubert84) October 16, 2020

L'ancien ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb recommande, sur France info, des mesures pour favoriser l'intégration en revoyant les espaces de mixité dans les villes. Il propose de fait de «"déségréguer" les quartiers». «Ça fait très longtemps qu'on ne mène plus ce combat-là et qu'au contraire on contribue à faire en sorte que les mêmes gens se retrouvent dans les mêmes quartiers», regrette-t-il. «Avant c'était une idéologie importée, aujourd'hui, elle imprègne profondément un certain nombre de nos quartiers. Quand Jean-Louis Borloo avait fait la rénovation urbaine c'était pour remettre de la mixité», précise Gérard Collomb.

  • 17 octobre 2020 à 22:57

Des «fichés S» cités dans l'enquête dès le lendemain de l'attentat dans les Yvelines

Un militant islamiste très actif, fiché S, Abdelhakim Sefrioui, fait partie des personnes en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la décapitation d'un professeur d'histoire dans les Yvelines.

Il avait accompagné début octobre au collège du Bois-d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le père d'une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Se présentant comme membre du «Conseil des imans de France», Abdelhakim Sefrioui, avait diffusé il y a quelques jours sur YouTube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur. 

Il s'est fait connaître plus particulièrement en 2010. A la tête du collectif Cheikh Yassine (du nom du fondateur du Hamas, tué par l'armée israélienne en 2004), il a organisé durant des mois des manifestations devant la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis), où officie l'imam Hassen Chalghoumi.

En juillet 2014, il avait participé à Paris à des manifestations pro-Gaza, en scandant des slogans à la gloire du Hamas et du djihad islamique.

En 2004, il menait des actions dans la rue Jean-Pierre Timbaud (XIe arrondissement de Paris), réputée pour être un bastion de l'islam rigoriste, en faveur de «la liberté des femmes de porter le voile».

Selon France info, «les enquêteurs veulent savoir s'il a pu jouer un rôle dans le passage à l'acte de l'assaillant». Et le média public de préciser que «depuis une quinzaine d'années, il est dans les radars, remarqué par ses "prêches" antisémites à la sortie des mosquées qu'il juge "infidèles", c'est-à-dire qu'il estime trop complaisantes avec l'Etat d'Israël. Il appelle aussi depuis des années à des actions violentes contre "l'islam de France"».

Autre individu dans le collimateur du renseignement : la demi-soeur du parent d'élève ayant accompagné Abdelhakim Sefrioui au bureau de la principale. Cette demi-soeur était partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie et fait l'objet d'un mandat de recherche. Néanmoins, le procureur n'a fait publiquement aucun lien entre le père de famille, son entourage et l'assaillant.

  • 17 octobre 2020 à 22:56

Un journaliste de RT interrogé plusieurs heures par les renseignements américains

Selon l'ambassade de Russie à Washington, les services de renseignements américains ont, le 15 octobre à l'aéroport de New York, interrogé pendant plusieurs heures Konstantin Rozhkov, un reporter russe travaillant pour la chaîne RT. 

«L'interrogatoire [...] est allé au-delà de la procédure normale liée à la garantie de la sécurité publique», a fait savoir l'ambassade russe, citée ce 17 octobre par l'agence de presse Tass, avant de dénoncer «une tentative flagrante du gouvernement américain de faire pression sur le représentant d'un média qui propose au public des points de vue différents de ceux qui prévalent aux Etats-Unis».

Toujours selon l'institution diplomatique russe, Konstantin Rozhkov est arrivé aux Etats-Unis pour tourner un documentaire sur le pays à l'approche de l'élection présidentielle.

Ainsi que le rapporte l'agence Tass, l'ambassade a affirmé que les renseignements américains avaient notamment demandé au journaliste de «fournir l'accès à tous ses appareils électroniques».

«Nous exigeons une explication du département d'Etat américain», a fait savoir l'ambassade dans son communiqué.

Pour rappel, fin 2017, le département américain de la Justice avait sommé la société chargée de la diffusion de la chaîne RT aux Etats-Unis de s'enregistrer comme «agent étranger», en vertu d'une loi votée en 1938 pour contrer l'influence du nazisme... Entre subir des poursuites pénales et se plier à une demande qu’elle estimait discriminatoire et illégale, la chaîne RT aux Etats-Unis avait alors choisi la dernière option.

  • 17 octobre 2020 à 17:49

Conflit au Haut-Karabagh : l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent mutuellement de bombardements

Bakou affirme qu'un missile arménien a fait 12 morts et plus de 40 blessés à Gandja, la deuxième ville d’Azerbaïdjan, dans la nuit du 16 au 17 octobre 2020. Cette frappe aurait été suivie par un tir sur la ville stratégique voisine de Mingachevir. Des informations démenties par l'Arménie qui assure que ce sont les villes du Haut-Karabagh qui ont été visées par des bombardements.

Les accusations azéries ont été relayées dans la nuit sur les réseaux sociaux par Hikmet Hajiyev, un collaborateur du président Ilham Aliyev. Il a partagé des images supposées avoir été prises sur le lieu du bombardement, tout en affirmant que l’Arménie devait «cesser sa politique de terrorisme d’Etat».

Further update: More than 10 civilians killed, around 40 are wounded. Rescue operations continue. Armenia's policy of state terror must be stopped. pic.twitter.com/I6ahPmmLXy

— Hikmet Hajiyev (@HikmetHajiyev) October 17, 2020

De son côté, cité par l'AFP, le président azéri Ilham Aliyev a appelé à la vengeance, le 17 octobre. «La direction fasciste de l'Arménie a tiré sur nos zones peuplées […] Ce crime lâche ne brisera pas la volonté de notre peuple. Nous allons y répondre sur le champ de bataille, nous allons nous venger sur le champ de bataille», a-t-il fait valoir, promettant de «chasser comme des chiens» ses adversaires.

Une porte-parole du ministère de la défense arménien a cependant nié ces allégations sur Twitter, insistant sur le fait qu’ «aucun feu n'a été ouvert depuis le territoire de la République d’Arménie […] en direction de l’Azerbaïdjan».

In response to the statements of the #Azerbaijani military-political leadership, no fire was opened from the territory of the Republic of #Armenia or by the Armed Forces of Armenia in the direction of Azerbaijan.

— Shushan Stepanyan (@ShStepanyan) October 16, 2020

Le ministère arménien des Affaires étrangères a quant à lui fait état sur le même réseau social de bombardements azéris dans la nuit du 16 au 17 octobre, indiquant que trois civils avaient été blessés à Askeran.

According to preliminary data, three civilians are wounded in #Shosh community of #Askeran region of #Artsakh. The condition of one of the injured is assessed as severe. The community suffered great material damages. Details are being clarified.

Photos: David Ghahramanyan pic.twitter.com/PwZJ9ORlzk

— MFA of Armenia🇦🇲 (@MFAofArmenia) October 16, 2020

Plus tôt dans la soirée du 16 octobre, toujours sur la plateforme de microblogging, le ministère arménien de la Défense a déclaré que des drones azéris avaient été détectés au-dessus de l'espace aérien du pays, tout en affirmant qu'il prendrait «des mesures appropriées». 

#Azerbaijan'i UAVs detected in the airspace of the Republic of #Armenia. Appropriate measures are being taken

— MoD of Armenia 🇦🇲 (@ArmeniaMODTeam) October 16, 2020

Selon des journalistes de l'AFP présents sur place, des frappes azéries ont également visé la capitale Stepanakert. 

Malgré le cessez-le-feu signé le 10 octobre à Moscou, la situation dans la région reste très instable depuis la reprise des hostilités entre les forces du Haut-Karabagh soutenues par l’Arménie et les soldats de l'Azerbaïdjan, le 27 septembre.

  • 17 octobre 2020 à 12:02

«Jette ton arme !» «Il tire !» : la vidéo de l'intervention policière à Eragny-sur-Oise

Une vidéo amateur a été tournée pendant l'intervention policière du 16 octobre 2020, durant laquelle a été abattu l'individu qui, quelques minutes plus tôt, avait sauvagement décapité un professeur d'histoire de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

«Il tire», «C'est des billes !»

La scène s'est déroulée à Eragny-sur-Oise, commune limitrophe située dans le département du Val-d'Oise. Filmées depuis une résidence pavillonnaire, les images permettent de voir un policier à côté d'un véhicule de fonction, pointant son arme en direction d'une cible. Dès les premières secondes, on entend distinctement les voix d'au moins deux fonctionnaires de police s'adressant à un individu qui n'apparaît pas à l'écran : «Jette ton arme !», «Mets-toi au sol !»

«Il tire», hurle quelques instants plus tard un des policiers, avant que des collègues ne répondent : «C'est des billes !» S'ensuit un vacarme confus pendant lequel les agents semblent tenter d'interpeller l'individu, avant que ne retentissent neuf coups de feu.

ATTENTION LES IMAGES SUIVANTES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ :

#ConflansSainteHonorine, alors qu’un terroriste vient de décapiter un professeur d’école, les policiers seront encore une fois les derniers rempart entre notre #Republique et ces monstres assoiffés de vengeance. #Eragny#attentat#Libertedexpression#JeSuisCharliepic.twitter.com/UMsaKKxh9n

— Matricule007 (@DeltaMike59) October 16, 2020

Cité dans le cadre de l'anonymat, l'auteur de la vidéo s'est confié le jour même au quotidien Le Parisien. Alerté par des bruits émanant de la rue, il a expliqué avoir accouru à la fenêtre du domicile familial, d'où il a pu filmer avec son smartphone. «On a vu un homme courir et des policiers sortir des voitures […] Je ne sais pas ce qu'a crié l'homme, je ne me prononcerai pas. J'ai seulement vu qu'il était habillé de vêtements clairs et que ce n'était pas une tenue religieuse. Les policiers lui ont crié plusieurs fois : "Arrête-toi, baisse ton arme !" Je n'ai pas l'impression que c'était une arme à feu», se souvient-il, cité par le quotidien francilien.

Sous le choc, l'homme a coupé la caméra. «On était choqués ! Au début, on ne savait pas ce qu'il s'était passé avant, on n'a pas compris tout de suite ce qu'on a vu», a-t-il expliqué, toujours selon Le Parisien.

Neuf personnes, dont au moins un mineur, ont été placées en garde à vue dans la nuit du 16 au 17 octobre après la décapitation d'un professeur d'histoire près d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), selon des sources judiciaires. Le défunt enseignant avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux.

  • 17 octobre 2020 à 09:54

Covid-19 : restaurateurs et cafetiers toulousains font suspendre un arrêté préfectoral

Ainsi que le rapporte La Dépêche du Midi, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu le 16 octobre 2020 l'arrêté préfectoral qui, quatre jours plus tôt, ordonnait la fermeture des bars et instaurait des mesures supplémentaires dans les restaurants de Toulouse, ainsi que de 16 communes limitrophes. 

Le maire de la ville, Jean-Luc Moudenc (Les Républicains), avait immédiatement fait part de sa désapprobation vis-à-vis d'une telle décision. «Il y a une mesure que je n'approuve pas, c'est la fermeture totale des bars», avait ainsi déclaré l'édile en référence à l'imposition de nouvelles mesures restrictives.

Les restaurateurs et cafetiers toulousains, qui avaient de leur côté attaqué l’arrêté préfectoral, ont donc eu gain de cause : le jour même de la décision du tribunal administratif, les bars de la ville rose et de sa proche périphérie ont pu rouvrir et les restaurants ne sont plus obligés d’appliquer les mesures renforcées.

Le couvre-feu annoncé est susceptible de répondre à la dégradation de la situation sanitaire

«Pour justifier l’atteinte grave aux libertés en cause, le préfet de la Haute-Garonne s’est fondé sur l’évolution défavorable des indicateurs épidémiologiques […] Toutefois, ces établissements, débits de boissons ou restaurants, sont soumis à un protocole sanitaire strict et contrôlable, et il n’apparaît pas qu’il ne serait pas respecté», peut-on lire dans la décision rendue citée par le quotidien régional, qui souligne que «le tribunal a indiqué qu'aucun foyer de contamination n’a[vait] été détecté ayant pour origine une contamination survenue dans lesdits établissements».

«Le couvre-feu à venir, à partir de ce vendredi 16 octobre à minuit, a joué en "faveur" des établissements. Le tribunal, en effet, indique qu'une fermeture totale n'est pas "nécessaire", "alors même que le couvre-feu annoncé est susceptible de répondre à la dégradation de la situation sanitaire"», relate encore La Dépêche du Midi.

Cet épisode intervient simultanément à une affaire similaire outre-Rhin. Le même jour, le tribunal administratif de Berlin a annulé l'obligation imposée aux bars et restaurants de la capitale allemande de fermer tous les jours entre 23h et 6h, une restriction nocturne qui était entrée en vigueur depuis le 10 octobre.

  • 17 octobre 2020 à 09:14

Que sait-on sur la décapitation du professeur de Conflans-Sainte-Honorine ?

Alors qu'Emmanuel Macron, en déplacement sur les lieux du crime, a qualifié la décapitation d'un professeur de collège, le 16 octobre 2020, d'«attentat terroriste islamiste caractérisé», des précisions sur l'auteur et les circonstances du drame continuent à parvenir au compte-gouttes.

Que s'est-il passé ?

Selon une source policière, les faits se sont déroulés vers 17h. Des effectifs de la brigade anticriminalité (BAC) de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) ont été appelés pour un individu suspect rôdant près du collège du Bois d'Aulne, situé dans un quartier pavillonnaire et décrit comme calme et sans histoire par les riverains. 

Sur place, les agents de la BAC ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin à Eragny-sur-Oise (Val-d'Oise), ont tenté d'interpeller un homme armé d'un couteau qui les menaçait et qu’ils ont abattu. Un fusil aurait également été retrouvé à ses côtés, mais l’équipe de déminage n'a pas trouvé d'explosifs sur son corps.

Qui est l'assaillant ?

Selon Le Parisien et BFM TV, le suspect s'appellerait Aboulakh A., serait âgé de 18 ans et d'origine tchétchène. Né à Moscou, il serait domicilié dans les Yvelines. L'ambassade de Russie à Paris a demandé le 16 octobre aux autorités françaises des informations sur l'assaillant présumé. «Pour le moment, nous n'avons aucune information sur la citoyenneté du suspect», a déclaré, selon l’agence TASS, Sergueï Parinov, un porte-parole de l'ambassade russe. Les enquêteurs attendent une identification formelle.

Ceux-ci cherchent également à savoir si l'agresseur est l'auteur d'un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre une photo de la tête de la victime. Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron, «le dirigeant des infidèles», et son auteur assure vouloir venger celui «qui a osé rabaisser Muhammad».

Neuf personnes ont été placées en garde à vue, a appris l'AFP de source judiciaire. Ces personnes sont issues de l'entourage familial de l'assaillant, qui aurait crié «Allah akbar» avant d'être abattu, selon une source proche de l’enquête. Figurent également deux parents d'élève du collège où travaillait la victime, d'après la même source.

Qui est la victime ?

Il s'agit d'un professeur d'histoire-géographie du collège du Bois d'Aulne, un quartier pavillonnaire calme de Conflans-Sainte-Honorine. Cet enseignant avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux.

Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d'élèves, a expliqué avoir reçu un signalement qui faisait état «d'un père extrêmement énervé» après la présentation en classe d'une caricature de Mahomet.

Selon Rodrigo Arenas, la victime aurait «invité les élèves musulmans à sortir de la classe» avant de montrer une caricature du prophète – accroupi avec une étoile dessinée sur ses fesses et l'inscription «une étoile est née» – dans le cadre d'un cours visant à expliquer la liberté d'expression.

Une bienveillance du professeur d'histoire-géographie confirmée sur RT France par le père d’un élève ayant assisté au cours. Selon lui, le professeur ne cherchait pas à faire de discrimination et a proposé aux jeunes musulmans de sortir de la salle de classe «par pure gentillesse», souhaitant «préserver les élèves».

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est aussitôt saisi de l'enquête, ouverte pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle». L'enquête a été confiée à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard doit tenir une conférence de presse le 17 octobre dans l’après-midi.

Ce drame s'inscrit dans une vague d'attentats djihadistes sans précédent, amorcée en 2015 en France et qui a fait 259 morts, ce professeur compris. Plusieurs attaques ont été perpétrées à l'arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019, à Romans-sur-Isère en avril 2020, ou près des anciens locaux de Charlie Hebdo, le 25 septembre dernier.

  • 17 octobre 2020 à 08:53
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