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Aujourd’hui — 2 avril 2020RT en français

Réserver la chloroquine aux cas sévères serait-elle la «décision la plus bête du monde» ?

La décision du gouvernement de réserver l'utilisation de la chloroquine aux seuls cas sévères de la maladie suscite une grande incompréhension de «nombreux pontes de la médecine – qui se montrent pourtant très dubitatifs à propos du médicament fétiche de Didier Raoult», le chef de l’Institut hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection. C'est ce que rapporte le Canard enchaîné dans son numéro du 1er avril, publié pour la première fois de son histoire en ligne. 

Ainsi, de l'avis de nombreux experts cet antipaludique ne serait efficace, s'il l'était pour traiter le coronavirus, qu'au début de la maladie. En effet, lorsque les patients atteignent la phase aiguë de détresse respiratoire, leur charge virale deviendrait quasi nulle, et par conséquent la chloroquine serait inefficace à les soulager, ce médicament servant principalement à diminuer la charge virale. En découvrant la mesure gouvernementale qui reprenait «scrupuleusement les préconisations du Haut Conseil de la santé publique», les membres des académies de médecine et de pharmacie «sont tombés de l'armoire», assure le Canard. Et pour cause, dans un avis publié le 25 mars, l’Académie nationale de Médecine considérait en effet que «la libération par les pouvoirs publics de l’hydroxychloroquine pour les malades hospitalisés en détresse respiratoire ne saurait être une réponse adaptée pour des patients dont la charge virale est, à ce stade, le plus souvent inexistante et dont la maladie n’est plus une virose stricto sensu mais une défaillance pulmonaire (syndrome de détresse respiratoire aigu) liée à l’inflammation induite par le SarsCoV-2 [coronavirus]».

Une décision sous pression ?

Cet usage tardif de la chloroquine serait même «la décision la plus bête du monde !» selon le professeur Willy Rozenbaum, spécialiste du sida, dont les propos sont rapportés par le Canard enchaîné. «A supposer que ce produit ait une activité antivirale, il faudrait l'administrer le plus tôt possible comme tous les médicaments de cette catégorie», plaide-t-il, avant de rappeler que, comme pour les antiviraux utilisés contre la grippe, «le délai est de 48h, après cela ne sert plus à rien».

C'est la pression des soignants et des médecins

Encore plus gênant pour le gouvernement, le professeur Franck Chauvin, président du Haut Conseil de la santé publique, cette autorité scientifique à laquelle se réfère le décret gouvernemental sur la chloroquine, joint par le Canard, reconnait qu'une prescription aussi tardive de chloroquine n'a aucune utilité médicale. Et il explique que «c'est la pression des soignants et des médecins» qui a guidé ce choix, car «il n'était pas possible de les laisser sans rien dans la phase aiguë de la maladie». «Voilà qui a le mérite d'être clair», conclut le Canard enchaîné.

Lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 1er avril, alors que le Premier ministre et le ministre de la Santé répondaient  aux interrogations des députés, Joachim Son-Forget, lui-même médecin, a posé la question de l'intérêt de cette prescription de la chloroquine aux seules formes graves de la maladie. Le ministre de la Santé Olivier Véran a alors botté en touche, répondant simplement que plusieurs études sur l'efficacité de ce traitement étaient actuellement en cours, avant d'ajouter : «croyez-moi, s'il y a un médicament qui soit en mesure d'améliorer l'état de santé des Français, on le mettra en place.»

  • 2 avril 2020 à 13:24

Après des agressions, des vigiles escortent les soignants de l'hôpital Lariboisière à Paris

Certains soignants de l'hôpital Lariboisière se plaignaient d'être agressés, verbalement ou physiquement, par des individus errant dans ce quartier du nord-est parisien. Ils pourront désormais, s'ils le souhaitent, être raccompagnés jusqu'aux stations de métro ou aux gares, de 18h à 22h, par des agents de sécurité embauchés par la direction de l'établissement de santé.

Le quartier, de l'avis de nombreux riverains, est devenu un point de fixation de la toxicomanie et de la vente de drogue. Dans un reportage de BFM TV, plusieurs soignants se disent rassurés par la présence des agents de sécurité recrutés à cet effet. Dans les rues d'ordinaire animées, vidées par le confinement, les soignants représentent des cibles pour les toxicomanes livrés à eux-mêmes, présents en nombre inhabituel.

En effet, l'épidémie a occasionné la fermeture de nombreuses structures d'accueil pour les consommateurs de drogues de Paris. Ils affluent désormais autour de la salle de consommation de drogues à moindre risque du quartier, appelée aussi «salle de shoot», dont l'accueil a été maintenu. Faire la manche ne fonctionnant plus à cause du manque de passants, ce public aux abois devient plus agressif.


Alexandra Cordebard, la maire du Xe arrondissement, s'est félicitée que l'APHP ait décidé d'avoir recours à ces agents de sécurité.

La #sécurité des personnels soignants est une priorité, et je salue la décision prise par l’ @APHP, avec l'accord de la Police nationale, de mobiliser des personnels de sécurité pour les accompagner entre l’hôpital Lariboisière et les métros Gare du Nord et Barbès.

— Alexandra Cordebard (@ACORDEBARD) April 1, 2020

Cependant la syndicaliste et policière Linda Kebbab, déléguée nationale Unité SGP Police FO, s'est indignée de cette situation sur Twitter. Elle a rappelé que les riverains se plaignaient à longueur d'année de l'insécurité du quartier mais qu'aucun policier supplémentaire n'avait été affecté a la zone depuis l'ouverture de la salle de consommation à moindre risque.

Triste blague! Des années que les riverains/employés de Gare du Nord vivent l’enfer. 0 policier en + depuis l’ouverture de la salle de conso’ à moindre risque(de shoot).
Embaucher des bodyguards c’est comme un appel national au don ou coudre son propre masque: un échec de l’Etat https://t.co/pYUAVter7e

— Linda Kebbab (@LindaKebbab) April 1, 2020

De nombreux riverains se sont également offusqués de ce curieux transfert de compétences au secteur privé, accusant les pouvoirs publics et la municipalité d'abandonner la zone. Depuis quelques jours, voisins et collectifs du quartier se plaignent sur Twitter de l'état de déliquescence des abords de l'hôpital. Toxicomanes s'injectant de la drogue au pied des immeubles, attroupés en dépit des règles sanitaires, circulant à proximité des soignant, jetant des immondices : ce triste spectacle est diffusé sur les réseaux sociaux.

Hey @CCastaner il est ou ton confinement ??

Plein de gens, qui checkent les voitures devant #lariboisiere qui se frôlent
qui se droguent#salledeshoot
Elles vont être contentes ce soir les infirmières avec leur bagnole pétée
Merci @prefpolice et @Anne_Hidalgopic.twitter.com/DLJdUzbykO

— MK (@MKlovac) March 31, 2020

Les rues autour de la #SCMR sont de véritables #bombes sanitaires. @Anne_Hidalgo : qd demanderez-vous à @prefpolice d'y faire respecter confinement et mesures barrières ?
Grand temps que la Mairie de Paris se mobilise pour salubrité du quartier et sécurité sanitaire de tous ! https://t.co/yswQkV54fg

— Demain La Chapelle (@2mainLaChapelle) March 29, 2020

Rue St Vincent de Paul aujourd’hui, le nettoyage supplémentaire selon @ACORDEBARD autour de la #SCMR salle de shoot salle de consommation de #Paris10 !!! Aucun nettoyage depuis le début du confinement. Aucune mesure sanitaire dans 1 quartier sous pression,à risque,rien de rien 😤 https://t.co/4uWCAZSauWpic.twitter.com/ATvEUZl9cj

— Sophie Paris X (@SophieParisX) March 30, 2020

Anne Souyris, adjointe à la Santé de la maire de Paris Anne Hidalgo, a reconnu dans le quotidien Le Parisien le 29 mars que la situation était «dramatique». Selon l'élue, plusieurs centres d'accueil de toxicomanes vont rouvrir et des chambres d'hôtels leur seront attribuées.

Lire aussi : Covid-19 : le Conseil d'Etat rejette toutes les requêtes de syndicats de soignants

  • 2 avril 2020 à 13:11

«Tuez-les par balle» : Duterte menace de mort chaque Philippin ne respectant pas le confinement

Le président philippin, Rodrigo Duterte, a, une fois de plus, réalisé une sortie médiatique dont il a le secret. Lors d’une allocution télévisée à la date du 1er avril, le chef d'Etat des Philippines, a en effet prévenu ses concitoyens que les individus contrevenant aux mesures de confinement – mises en place pour enrayer la propagation de la pandémie de Covid-19 – risquaient d'être tués par balles.

Est-ce bien compris ? Morts. Au lieu de causer des troubles, je vous enterrerai

Rodrigo Duterte, mondialement connu pour ses frasques, insultes et autres écarts de conduite, a ensuite souligné que toute maltraitance envers le personnel médical philippin était un crime grave qui ne serait pas toléré. Précisant également qu'il était vital que tout le monde coopère à la lutte contre le Covid-19 et respecte les mesures de confinement, tandis que les autorités philippines craignent une surcharge du fragile système de santé, selon Reuters.

«Cela empire. Alors une nouvelle fois je vous fais part de la gravité du problème et vous devez écouter», a expliqué le président philippin le 1er avril au soir, lors de son allocution télévisée. S'adressant avec sérieux «à la police et à l’armée, mais aussi aux responsables des villages», Rodrigo Duterte a proclamé que «s'il y [avait] des troubles et qu'il y [avait] une possibilité [que des personnes] ripostent, avec un risque pour vos vies, tuez-les par balle». Et de poursuivre : «Est-ce bien compris ? Morts. Au lieu de causer des troubles, je vous enterrerai.»

D'après Reuters, des activistes ont reprochés au président philippin sa rhétorique et l'accusent d'inciter à la violence et au vigilantisme, comme c'est le cas selon eux dans la guerre que mène le président philippin contre le narcotrafic. Des milliers de personnes accusées d'avoir pris ou vendu de la drogue ont été tuées par la police ou des hommes armés.

Le pays a recensé 96 décès et 2 311 cas confirmés de contamination, tous au cours des trois dernières semaines, et les nouveaux cas d'infection sont désormais signalés quotidiennement par centaines.

«C'est devenu mon idole»

Rodrigo Duterte a été élu président des Philippines en 2016 grâce à sa promesse d'éradiquer le problème de la drogue dans le pays. Sa «guerre contre la drogue» a attiré l'attention à cause des nombreuses exécutions extrajudiciaires, plus de 12 000, auxquelles il a répondu avec une rhétorique scandaleuse.

En outre, le chef d'Etat, habitué des déclarations fracassantes, ne cesse d'attaquer verbalement ses détracteurs et de déclencher des tollés aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les médias traditionnels. En effet, de Barack Obama à Ban Ki-moon, en passant par Kim Jong-un, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein, les narco-trafiquants ou encore l'Union européenne, chaque homme politique ou institution reçoit sa volée de bois vert de la part du président philippin.

Par exemple, après avoir insulté Dieu de «stupide» et de «fils de p***» pour avoir laissé Adam manger la pomme dans la Genèse, point de départ du mal, Rodrigo Duterte a mis au défi les chrétiens de prouver l'existence de Dieu, balayant d'un revers de la main des siècles d'arguments théologiques sophistiqués.

Ou encore, le 2 août 2017, le président philippin s'en était pris au dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un : «Il joue avec des jouets dangereux, ce dingue, ne vous fiez pas à son visage, ce visage rondouillard qui a l'air sympathique». Et de poursuivre : «Ce maniaque de fils de p***, s'il fait une erreur, alors l'Extrême-Orient deviendra une terre aride.» Suite à quoi, Rodrigo Duterte, qui n'a pas pour habitude d'édulcorer ses propos, a opéré un virage à 180° concernant le dirigeant nord-coréen en lançant : «C'est devenu mon idole.»

  • 2 avril 2020 à 12:17

Selon le renseignement américain, Pékin a menti sur le nombre de victimes du coronavirus en Chine

Les Etats-Unis sont parvenus à la conclusion que la Chine a menti sur son bilan du nouveau coronavirus, largement sous-évalué, selon un rapport du renseignement américain relayé le 1er avril par plusieurs parlementaires. Pékin n'a pas pour l'heure pas répondu à ces accusations.

Interrogé sur ce sujet lors de son point de presse quotidien, le président américain Donald Trump est lui resté assez évasif : «Leurs chiffres semblent un peu sous-estimés, et je suis gentil quand je dis ça. [...] Sur la question de savoir si leurs chiffres sont corrects, je ne suis pas un comptable chinois», a-t-il ajouté un peu plus tard.

L'agence Bloomberg a évoqué le 1er avril ce rapport confidentiel remis la semaine dernière à la Maison Blanche. Le renseignement y estime que le nombre de morts et de cas de contamination affichés par Pékin sont faux, intentionnellement en-deçà de la réalité, affirme l'agence d'information.

«Le Parti communiste chinois a menti, ment et continuera à mentir au sujet du coronavirus pour protéger le régime», a réagi le sénateur républicain Ben Sasse. Et son collègue de la chambre des représentants, William Timmons d'abonder : «Le renseignement américain a désormais confirmé ce que nous savions déjà : la Chine a dissimulé la gravité de ce virus pendant des mois. Le monde paie à présent pour leurs erreurs.»

Michael McCaul, un ténor républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a aussi relevé, sur la base de ce rapport, que les autorités chinoises avaient «caché le vrai bilan des personnes contaminées par la maladie.»

L'administration de Donald Trump, à commencer par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, a très sévèrement critiqué la Chine ces dernières semaines, estimant qu'elle avait manqué de transparence sur la portée de l'épidémie à l'égard du reste du monde. Mais elle n'avait jusqu'ici pas accusé aussi clairement Pékin d'avoir menti sur son bilan.

La Chine a dissimulé la gravité de ce virus pendant des mois. Le monde paie à présent pour leurs erreurs

Le 31 mars, docteur Deborah Birx, la coordinatrice de la cellule de crise mise en place par la Maison Blanche pour lutter contre la pandémie, a toutefois semblé confirmer que le bilan chinois était sous-évalué : «Je pense que la communauté médicale a interprété les chiffres chinois en pensant que c'était grave, mais moins que redouté, probablement, à la lumière de ce que nous voyons maintenant en Italie et en Espagne, car nous ne disposions pas d'un nombre important de données.»

Les urnes funéraires Wuhan trahiraient la version chinoise

La Chine, où le premier malade a été détecté officiellement en décembre, a enregistré 3 312 morts et 81 554 cas, d'après les chiffres rendus publics. Soit moins que les Etats-Unis, où le Covid-19 a fait à ce jour plus de 4 700 morts et contaminé plus de 209 000 personnes, selon le comptage de l'université Johns Hopkins qui fait référence.

Leurs chiffres semblent un peu sous-estimés et je suis gentil quand je dis ça

Mais de nombreux experts estiment que les données chinoises sont largement sous-évaluées. Ils se basent notamment sur le grand nombre de familles qui se présentent ces derniers jours pour récupérer des urnes funéraires avec les cendres de leurs proches à la faveur de la levée du confinement à Wuhan, berceau de la pandémie.

  • 2 avril 2020 à 10:18

«J'accuse» : une soignante du Gard s'en prend à Emmanuel Macron dans une vidéo

Au moment où, sur les réseaux sociaux, le président de la République multiplie ses publications appelant à une «France unie» face au coronavirus, la pilule passe mal pour certains, particulièrement au sein du corps médical. Sophie Rainville, infirmière libérale dans le département du Gard, a ainsi publié le 31 mars une vidéo sur Facebook dans laquelle elle adresse à Emmanuel Macron de sévères remontrances concernant sa gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

J'accuse le président de la République d'envoyer son armée blanche au combat, à mains nues, sans armes

Elle lui reproche plus particulièrement le «mépris» qu'il porte, selon elle, aux personnels soignants.

«J'accuse le président de la République de non-assistance aux soignants en danger de mort dans l'exercice de leurs fonctions. J'accuse le président de la République d'envoyer son armée blanche au combat, à mains nues, sans armes, c'est-à-dire sans masques FFP2 et autres protections indispensables pour se défendre et pour soigner», incrimine la soignante d'Uzès, ville d'Occitanie de près de 10 000 habitants.

«Vous ne méritez pas votre peuple», «vous nous avez trahis»

Et Sophie Rainville d'égratigner le gouvernement dans son ensemble, qu'elle tient pour responsable du «génocide des blouses blanches sur l'autel de la mondialisation». «A chaque décès, c'est le corps soignant entier qui pleure et qui saigne», déplore l'infirmière.

«Vous ne méritez pas votre peuple [...] ce peuple si fraternel lui, ces soignants qui alertent, qui crient, hurlent, pleurent ; vous restez sourd à nos appels, vous en êtes méprisant monsieur, vous nous avez trahis. A jamais le sang de ces hommes et ces femmes en blouses blanches restera indélébile sur vos mains criminelles», déclare-t-elle encore, tout en remerciant «la nation» : «Celle-là même qui nous applaudit tous les soirs et qui de ses mains d'or, réalise des masques, prépare des repas [...] et respecte le confinement.»

Pénurie de masques pour les soignants, manque de dispositifs matériels pour la prise en charge des patients, impossibilité pour les Français d'accéder massivement aux tests de dépistage Covid-19... Alors que la France est frappée de plein fouet par la pandémie, l'exécutif voit les critiques s'accumuler concernant la détresse qui traverse le système de santé du pays. Un profond malaise sur lequel le milieu hospitalier tente pourtant d'interpeller le gouvernement depuis maintenant près d'un an, dans le cadre d'un mouvement social inédit, celui des urgentistes.

  • 2 avril 2020 à 08:44

Attestations illégales en pleine pandémie : comment des employeurs tentent de piéger leurs salariés

Comme l'a rapporté le JDD le 27 mars, certains employeurs font signer des décharges à leurs salariés leur demandant d'attester qu'ils viennent «exercer [leur] activité professionnelle de [leur] propre chef et s'engagent à n'exercer aucun recours contre la société XX en cas de contamination par le Covid-19».

Citant un document émanant d'une structure différente, l'hebdomadaire évoque également l'option laissée au salarié qui ne serait pas en mesure de poser des jours de congés ou des congés sans solde. Il lui faut ici signer une attestation selon laquelle il accepte de «reprend[re] le travail en toutes connaissances de causes et des dangers encourus concernant le Covid-19» et s'engage à «ne [pas] se retourner pas au cas ou il/elle serait infecté par ce dernier dans l'exercice de ses fonctions».

Observées selon le JDD dans les secteurs de la construction et du BTP, ces pratiques sont illégales et ne peuvent «en aucun cas exonérer les employeurs de leur responsabilité si ceux-ci ne prennent pas les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de leurs salariés», comme le rappelle l'avocate Déborah David, citée par le journal dominical.

«Si l'employeur propose une décharge au salarié, il est recommandé de ne pas la signer. Le salarié peut de toute façon engager une action contre son employeur», même la décharge signée, explique l'experte en droit social Sonia Yangui, dont les propos sont rapportés par RTL

La sécurité des salariés : une obligation de résultat de l'employeur

Dans une note publiée le 25 mars sur le site du gouvernement, celui-ci évoque la responsabilité de l'employeur dans le cadre de la crise sanitaire actuelle. «Face à la pandémie, la responsabilité de l’employeur est évaluée au cas par cas» peut-on lire dans le texte qui mentionne plusieurs critères tels que «l'étendue des mesures prises par l’employeur, notamment en termes de formation et d’information». La note précise également qu'une faute inexcusable de l'employeur «ne peut être retenue que s’il est démontré que celui-ci avait conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver».

«Le législateur précise également que chaque salarié est acteur de sa propre protection puisqu’il doit, "prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et sécurité ainsi que celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail". Il incombe donc ainsi au salarié au regard du risque de contamination d’assurer sa propre protection», peut-on encore lire dans le texte.

Coronavirus - COVID-19 | Sécurité et santé des travailleurs : les obligations générales de l’employeur https://t.co/oREFqLKyIs

— Préfet de Corse, préfet de Corse-du-Sud (@Prefet2A) March 26, 2020

L’employeur ne doit pas seulement diminuer le risque, mais l’empêcher

En tout état de cause, selon le code du travail français, les entreprises ont une obligation de résultat en matière de santé au travail. «L’employeur ne doit pas seulement diminuer le risque, mais l’empêcher. Cette obligation est une obligation de résultat (Cour de cassation, chambre sociale, 22 février 2002, pourvoi n° 99-18389), c’est-à-dire qu’en cas d’accident ou de maladie liée aux conditions de travail, la responsabilité de l’employeur pourra être engagée», rappelle en ce sens le site saisirprudhommes.com.

  • 1 avril 2020 à 22:25

«Boire de l'eau de javel peut être mortel» : l'UE s'attaque aux fake-news liées au coronavirus

A travers une vidéo publiée le 31 mars sur les réseaux sociaux, la présidente de la Commission européenne Ursula von Der Leyen a tenu à mettre en garde les internautes contre la circulation de fausses informations à propos du coronavirus.

De fausses infos #coronavirus sur les médias sociaux peuvent mettre votre vie en danger. Nous travaillons avec les plateformes pour arrêter ceux qui cherchent à profiter de la crise. Vérifiez vos sources, faites confiance aux professionnels. Ensemble, rétablissons la vérité. pic.twitter.com/zlUGTtfD97

— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) March 31, 2020

Ainsi, après avoir introduit le sujet en parcourant quelques mètres dans les locaux de l'exécutif européen, l'ancienne ministre allemande de la Défense s'est positionnée auprès du drapeau bleu aux douze étoiles d'or, afin d'alerter les internautes sur ce sujet sensible. «Un nombre croissant de "fake-news" ou fausses informations, circulent au sujet de la pandémie du coronavirus, en particulier sur internet [...] Certaines de ces informations peuvent vraiment faire du mal, comme celle selon laquelle boire de l'eau de javel permettrait de guérir du Virus», a-t-elle déclaré. 

«Boire de l'eau de Javel peut être mortel», a tenu à souligner la présidente de la Commission, avant que le plan ne se resserre sur son visage.

Dénonçant «ceux qui exploitent la peur du virus pour se faire de l'argent», Ursula von Der Leyen a alors expliqué que l'UE travaillait avec les plateformes en ligne et les encourageait à renforcer leurs efforts de lutte contre la désinformation.

Faites confiance aux médias fiables et réputés

«Les plateformes facilitent l'accès aux sources officielles [...] et rétrogradent ou suppriment les contenus préjudiciables ainsi que les annonces trompeuses [...] Nous continuerons à suivre de très près les mesures prises par les plateformes, nous voulons vous aider à vérifier les faits», a également expliqué la présidente de la Commission.

En guise de conclusion, Ursula von Der Leyen a appelé les internautes à la vigilance : «Faites confiance à vos autorités sanitaires, faites confiance aux médias fiables et réputés qui ont fait leurs preuves en ce qui concerne l'exactitude des informations [...] Ensemble, nous pouvons rétablir la vérité.»

D'apparence justifiée par l'afflux de fausses informations en période de crise sanitaire, l'annonce d'un travail rapproché entre les institutions européennes et les réseaux sociaux n'est pas sans rappeler les efforts de l'UE en termes de communication sur internet.

Au mois d'avril 2019, la Commission européenne avait ainsi organisé un «voyage d'étude» auquel étaient conviés des influenceurs du net, parmi lesquels plusieurs youtubeurs spécialisés dans l'actualité politique. Certains d'entre-eux avaient toutefois livré un résumé pour le moins critique de cette expérience.

  • 1 avril 2020 à 21:40

Muselier : «Sur le tarmac en Chine, une commande française a été achetée par les Américains cash»

C'est un exemple de plus qui témoigne de la bataille que se livrent les pays de la planète pour s'approvisionner en masques de protection alors que la demande est de plus en plus forte

Sur l'antenne de RT France, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a révélé en exclusivité que les Etats-Unis avaient racheté des stocks à des entreprises chinoises juste avant qu'ils ne soient livrés en France.

Une commande française a été achetée par les Américains cash, et l’avion qui devait venir en France est parti directement aux Etats-Unis

«La commande avec le paiement a été réalisée, c’est-à-dire que les masques sont fabriqués et en attente en Chine», assurait l’élu. «La difficulté que nous rencontrons c’est l’acheminement. Ce matin sur le tarmac en Chine, une commande française a été achetée par les Américains cash, et l’avion qui devait venir en France est parti directement aux Etats-Unis. Devant ces problèmes, je suis en train de sécuriser la marchandise de façon à ce qu’elle ne soit pas saisie ou achetée par d’autres», explique-t-il.

Les Américains payent le double et comptant, avant même d’avoir vu la marchandise

Et cette péripétie n'est pas isolée. Une source a confirmé au journal Libérationce 1er avril, que les Américains menaient une lutte intransigeante pour obtenir du matériel de protection : «Effectivement, les masques deviennent des denrées rares, et les Américains les achètent partout où ils en trouvent, peu importe le prix» explique au quotidien cette personne travaillant pour l’une des régions victimes du procédé. Cette source indique également au quotidien que les américains payent «le double et comptant, avant même d’avoir vu la marchandise.»

Comme d’autres présidents de collectivités, le président de la région Paca et de l’Association des régions de France, Renaud Muselier, a commandé à un fournisseur chinois plusieurs millions de masques hygiéniques, destinés à approvisionner les établissements de santé et les Ehpad de sa région.

Sa commande est en cours de livraison, comme il l'a précisé sur Twitter.

Je tiens à rappeler que les masques de @MaRegionSud sont en route et n’ont pas été achetés par une puissance étrangère. La logistique de l’opération est assurée par @cevalogistics, filiale mondiale du groupe @cmacgm. Merci encore à @RodolpheSaade pour son appui essentiel! pic.twitter.com/QRBeY4Ww3V

— Renaud Muselier (@RenaudMuselier) April 1, 2020

Les retards de livraisons ont de lourdes conséquences pour les personnels soignants qui manquent déjà cruellement de protection comme l'a rappelé sur notre antenne Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers.

Malgré les risques de se retrouver confrontées une telle mésaventure, de nombreuses collectivités ont procédé à leurs propres commandes de masques en Chine. Alors que l'Etat français centralisait jusqu'à mi-mars toutes les commandes et réquisitionnait les importations de masques, le Conseil de Défense a décidé de lever ces mesures. Les administrations sont désormais en concurrence avec les grosses entreprises françaises qui cherchent à s'approvisionner.

  • 1 avril 2020 à 20:51
Hier — 1 avril 2020RT en français

Pénurie alimentaire : trois organisations internationales lancent l'alerte

Perturbations des marchés des denrées agricoles, manque de bras dans les champs, protection déficiente des salariés de l'agroalimentaire face au coronavirus : dans un rare communiqué commun, les dirigeants des trois organisations multilatérales chargées de l'alimentation, de la santé, et du commerce, l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS, dépendant aussi de l'ONU) et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mettent en garde contre un risque de crise alimentaire mondiale.

Si certains pays exportateurs de céréales de base étaient tentés de retenir leurs récoltes par crainte de manquer ou pour faire baisser les prix, d'autres, plus fragiles, à l'autre bout de la chaîne alimentaire mondialisée, risquent de traverser des pénuries graves, préviennent les trois organisations.

«Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l'exportation [provoquant elle-même] une pénurie sur le marché mondial», soulignent le Chinois Qu Dongyu, qui dirige la FAO, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS et le Brésilien Roberto Azevedo, dirigeant de l'OMC.

Selon eux, il est «important» d'assurer les échanges commerciaux «afin d'éviter des pénuries alimentaires» notamment dans les pays les plus pauvres.

Pour faire face à la pénurie de matériel de protection, une entreprise de #Roubaix produit des visières#covid#coronavirus#impression3dpic.twitter.com/g620zMQxHu

— RT France (@RTenfrancais) April 1, 2020

Ce 1er avril, la Russie a décidé de vendre un million de tonnes de blé issu de ses propres stocks de réserve sur son marché domestique pour limiter la hausse de ses prix intérieurs, selon l'AFP qui cite une information du cabinet Agritel.

Pour les experts de la FAO, l'agence onusienne chargée de l'agriculture et de l'alimentation, les «restrictions à l'exportation» débouchent parfois sur des famines dans d'autres pays, parfois éloignés.

Les organisations incitent les pays à permettre le passage des marchandises et des travailleurs

Les trois organisations internationales s'inquiètent d'autres facteurs menaçant la chaîne alimentaire mondiale : le «ralentissement de la circulation des travailleurs de l'industrie agricole et alimentaire» bloque de nombreuses agricultures occidentales, après la fermeture de nombreuses frontières.

Autre maillon suscitant l'inquiétude, les «retards aux frontières pour les conteneurs» de marchandises, ce qui entraîne un «gâchis de produits périssables et une hausse du gaspillage alimentaire».

«Lorsqu'il est question de protéger la santé et le bien-être de leurs concitoyens, les pays doivent s'assurer que l'ensemble des mesures commerciales ne perturbe pas la chaîne de l'approvisionnement alimentaire», résument les chefs de la FAO, de l'OMS et de l'OMC.

Ils préconisent aussi : «Nous devons nous assurer que notre réponse face à la pandémie de Covid-19 ne crée pas, de manière involontaire, des pénuries injustifiées de produits essentiels et exacerbe la faim et la malnutrition.»

  • 1 avril 2020 à 20:21

Vladimir Poutine ouvre la voie pour déclarer l'état d'urgence afin de lutter contre l'épidémie

Le président russe Vladimir Poutine a signé une loi qui autorise le gouvernement à déclarer l'état d'urgence dans le pays et a souligné que la situation autour de la propagation du COVID-19 en Russie se compliquait.

Selon la note explicative, la loi a été rédigée dans le but de coordonner et encadrer la situation qui nécessite une réponse urgente aux défis liés à la propagation du coronavirus. En particulier, le gouvernement sera en mesure de prendre en charge le fonctionnement d'un système unifié de prévention et d'intervention d'urgence.

Aujourd’hui le président a tenu une réunion avec des membres du gouvernement sous forme de visioconférence ; les questions de lutte contre le coronavirus et d'autres questions d'actualité socio-économique ont été abordées. Selon Vladimir Poutine, cette réunion à distance est un exemple de comportement responsable et conforme à la loi dans la situation de lutte contre la pandémie du COVID-19. Il a insisté aussi sur la nécessité d'aider la population à continuer à travailler à distance et d'assurer l’accès gratuit aux informations en ligne socialement importantes.

En outre, le président Vladimir Poutine a signé une loi prévoyant des amendes pour violation de la quarantaine et diffusion de fausses informations. Conformément à cette loi, une responsabilité administrative est instituée en cas de violation des règles sanitaires pendant l'état d'urgence ou lorsqu'il existe une menace de propagation d'une maladie dangereuse, ainsi qu'en cas de non-respect des ordonnances ou des exigences prescrites pour les mesures sanitaires et épidémiologiques.

Par ailleurs la semaine chômée annoncée par le président Vladimir Poutine devra être prolongée, a déclaré Anna Popova, responsable de l'agence de protection des consommateurs Rospotrebnadzor. « La semaine chômée réduira le taux de propagation du coronavirus, cependant sa période d'incubation est de 14 jours », a-t-elle expliqué. Tatiana Golikova, vice-Premier ministre, a également soutenu cette proposition : « Après évaluation des trois premiers jours chômés mis en place par votre décret, nous pensons que ces mesures de distanciation sociale devraient être prolongées ».


Vladimir Poutine a annoncé le 25 mars lors de son allocution télévisée une semaine chômée afin de stopper la propagation du virus en Russie qui à ce jour a déjà fait 24 morts.

  • 1 avril 2020 à 18:35

Choc pétrolier : Poutine et Trump ont ouvert des négociations

Vladimir Poutine et Donald Trump ont discuté de la situation des marchés pétroliers et de la propagation du coronavirus lors d'un appel téléphonique lundi 30 mars. Au cours de cet entretien, les présidents russe et américain ont aussi décidé de charger leurs ministères de l'énergie de poursuivre les discussions sur les marchés mondiaux du pétrole, selon une déclaration du Kremlin.

Le Kremlin a également fait savoir que les deux présidents étaient convenus de poursuivre leur dialogue personnel, mais sans annoncer de calendrier pour ces discussions. 

Peu avant cette conversation téléphonique, lors d’un point presse à la Maison Blanche, le président américain avait estimé que l'Arabie saoudite et la Russie «étaient toutes deux devenues folles» dans leur guerre des prix du brut et avait déclaré : «Je n'aurais jamais pensé dire que nous devrions peut-être augmenter le prix du pétrole, parce que c’est le cas.»

Il a également annoncé des pourparlers entre l’Arabie saoudite et la Russie ainsi que son intention d’y participer. Donald Trump s’était d'abord félicité de la baisse des prix du pétrole qui, selon lui, profite aux Américains et avait déclaré :  «Les gens paieront 99 cents le gallon [environ 3,8 L] d'essence. C'est incroyable à bien des égards, cela aidera les transporteurs.»,

Mais lors de la conférence de presse à la Maison Blanche, il aussi estimé que l’effondrement des cours nuisait à l'industrie pétrolière américaines et que la guerre des prix du brut allait causer la perte de milliers d’emplois aux Etats-Unis.

Donald Trump avait déjà annoncé, le 19 mars, qu’il était prêt à intervenir au moment opportun pour tenter de mettre un terme à l’effondrement des cours de l’or noir.

Au début du mois, la fin de la coopération entre l'Arabie saoudite et la Russie entamée en 2016 pour limiter la production de pétrole et en soutenir les cours avait abouti à une brutale surabondance de l’offre. Cette dernière, cumulée à un très fort recul de la demande lié aux effets de la pandémie mondiale du nouveau coronavirus, avait entraîné un effondrement des cours du brut vers un seuil bas qui n'avait plus été atteint depuis près de 20 ans.

Depuis, le brut de référence aux Etats-Unis, WTI (West Texas intermediate) a chuté aux environs de 20 dollars le baril et le Brent de la Mer du Nord de 25 dollars.

  • 1 avril 2020 à 18:15

Géolocalisation, traçabilité et drones face au Covid-19 : Jacques Toubon donne l'alerte

Jacques Toubon, l'actuel Défenseur des droits nommé en 2014 pour une période de 6 ans par François Hollande, a analysé les dangers de l'amplification de la surveillance par les gouvernements pour lutter contre la pandémie de Covid-19, lors d'un entretien pour L'Obs, paru le 30 mars.

En effet, depuis le début de la pandémie, de nombreux pays à travers le monde ont recours aux drones, à la géolocalisation des téléphones portables, au stockage et à l'analyse de données personnelles grâce à la coopération des opérateurs téléphoniques, pour savoir si chaque citoyen respecte les mesures restrictives instaurées.

D'après Le Monde, au cours de ces derniers jours, l'opérateur de télécommunications Orange a fourni «aux autorités sanitaires, et à des chercheurs, des données anonymisées pour étudier les déplacements de la population, et aider à mieux modéliser la réalité de la pandémie et du confinement en France».

Aussi utiles que ces outils puissent être en temps de crise sanitaire de grande ampleur, Jacques Toubon, comme le lanceur d'alerte Edward Snowden la semaine dernière, alerte sur les risques d'une surveillance de masse renforcée et facilitée par les nouvelles technologies liées à l'intelligence artificielle. De surcroît, ce dispositif pourrait perdurer après la fin de la pandémie et avoir par conséquent des effets sur les libertés civiles. 

Des mesures «exceptionnelles et temporaires»?

Le Défenseur des droits relève que «le corpus juridique européen ouvre la possibilité de prendre des mesures exceptionnelles. Et donc de collecter des données individuelles sans le consentement des intéressés, en particulier en situation d'épidémie»Toutefois, précise Jacques Toubon, «il faut, dans ces conditions, que les Etats nationaux l’autorisent».

Car de telles mesures doivent être, d'une part, exceptionnelles et temporaires, et, d'autre part, nécessaires et proportionnées. Elles doivent faire l'objet d’une large acceptation sociale

En France, si de telles mesures exceptionnelles devaient être mises en place, comme un suivi généralisé de chaque individu, il serait nécessaire «d'ouvrir un débat devant la représentation nationale», souligne-t-il. Et de poursuivre : «Cette affaire ne pourra pas se régler seulement entre les industriels [les opérateurs de téléphonie], les épidémiologistes et le ministre de la Santé.»

«Car de telles mesures doivent être, d'une part, exceptionnelles et temporaires, et, d'autre part, nécessaires et proportionnées. Elles doivent faire l'objet d’une large acceptation sociale», précise ensuite Jacques Toubon. Pour celui-ci, «il faut en passer par un débat dans l'opinion, et forcément mettre à l'examen un texte qui fixe les règles».

Et le Défenseur des droits de s'interroger : «La nécessité de préserver des vies en obtenant le maximum d'informations justifie-t-elle de prendre des mesures qui seraient contraires à nos grands principes ? [...] Faudrait-il encore que ces méthodes soient assez efficaces pour que le rapport coût/bénéfice en termes d’atteintes aux libertés soit suffisamment positif.»

Jusqu'où aller pour préserver des vies ?

Le 23 mars, le lanceur d'alerte américain Edward Snowden revenait quant à lui, lors d'une interview par vidéoconférence pour le Festival du film documentaire de Copenhague, sur l'opportunité que représente une telle crise pour un gouvernement. Pour lui, les outils technologiques et législatifs mis en place par divers gouvernements dans l'urgence ont «tendance à se pérenniser».

Au-delà de l'amplification des moyens de surveillance, les gouvernements pourraient étendre durablement l'accès dont ils disposent déjà pour surveiller les informations personnelles des citoyens, soit bien après la fin de la crise sanitaire. 

Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, de plus en plus d'Etats ont émis «des propositions visant à surveiller l'épidémie en suivant les données de géolocalisation des téléphones portables. Cela pourrait s'avérer une méthode puissante pour suivre la propagation du virus et les déplacements des personnes qui en sont porteuses, mais ce sera aussi un outil tentant pour traquer les terroristes, ou tout autre ennemi potentiel des Etats», selon Edward Snowden. 

  • 1 avril 2020 à 17:52

Coronavirus et confinement : vers une pénurie de préservatifs ?

Une pénurie mondiale de préservatifs se profile. C'est ce que craint le plus grand producteur au monde de l'étui en latex, permettant contraception et protection contre les maladies sexuellement transmissibles. Forcée d'arrêter sa production à cause du confinement de ses employés, l'entreprise Karex Berhad de Malaisie, leader mondial de ce secteur, fabrique habituellement un préservatif sur cinq dans le monde. Mais avec la mise en place du confinement pour lutter contre le coronavirus, pas un seul préservatif n'a été produit pendant plus d'une semaine dans les trois usines malaisiennes de ce fabriquant.

C'est déjà un manque de 100 millions de préservatifs, normalement commercialisés à l'échelle internationale par des marques telles que Durex, fournis aux systèmes de santé publics tels que le NHS britannique ou distribués par des programmes d'aide tels que le Fonds des Nations Unies pour la population.

Nos boutiques en ligne Durex restent ouvertes

Devant cette faillite annoncée, le 28 mars, l'entreprise a été autorisée à reprendre sa production, mais avec seulement 50% de ses effectifs, en vertu d'une dérogation spéciale pour les industries essentielles. «Il faudra du temps pour relancer les usines et nous aurons du mal à répondre à la demande à moitié de sa capacité», a déclaré à Reuters le PDG de l'entreprise Goh Miah Kiat. «Nous allons voir une pénurie mondiale de préservatifs partout, ce qui va être effrayant», a-t-il prévenu. «Ma préoccupation est que pour beaucoup de programmes humanitaires au fin fond de l'Afrique, la pénurie ne sera pas seulement de deux semaines ou d'un mois. Cette pénurie peut s'étendre sur des mois», a-t-il alerté.

Dans des commentaires envoyés par courrier électronique et rapportés par Reuters, un porte-parole de la marque Durex a pour sa part déclaré que les opérations se poursuivaient normalement et que la société ne connaissait aucune pénurie d'approvisionnement. «Pour nos consommateurs, dont beaucoup ne pourront pas accéder aux magasins, nos boutiques en ligne Durex restent ouvertes», a-t-il précisé.

La Malaisie est le pays le plus touché de l'Asie du Sud-Est par le coronavirus, avec 2 161 infections à coronavirus et 26 décès. Le confinement devrait rester en vigueur au moins jusqu'au 14 avril. Les autres principaux pays producteurs de préservatifs sont la Chine, où est apparu le coronavirus, entraînant également des fermetures d’usines, l’Inde et la Thaïlande. 

  • 1 avril 2020 à 17:04

Ile-de-France: dans la cité des Indes, des jeunes se mobilisent pour aider les soignants

Au pied des tours de la cité des Indes, Piroo s'active. Il doit assurer une livraison de repas au personnel soignant du CHU d'Argenteuil. Le jeune homme et d'autres habitants se sont réunis au sein d'un collectif créé en juillet dernier. Et désormais, ils entendent apporter leur contribution à la lutte contre le coronavirus. 

«On sollicite les commerçants et restaurateurs de Sartrouville pour qu'ils nous mettent à disposition des paniers-repas qu'on apporte ensuite au personnel hospitalier. Ils ont tout de suite joué le jeu» poursuit Piroo.

On ne peut pas rester les bras croisés

Chaque jour à 13h, le collectif poste une vidéo sur les réseaux sociaux, un appel pour attirer ceux qui souhaitent participer à l'opération. Fedjer Rabah, qui tient un snack, a répondu présent en préparant une vingtaine de sandwiches : «On fait ce qu'on peut, ce n'est pas grand chose mais on ne peut pas rester les bras croisés face au personnel soignant qui est le premier à souffrir.»

Une fois les sandwiches chargés à bord de sa camionnette rouge, Piroo et son ami prennent la direction du CHU d'Argenteuil (Val-d'Oise). «On essaye d'apporter à manger aux différents services de l'hôpital tous les jours. Il y a un vrai sentiment de fierté car on est remerciés, et cela nous touche», assure le jeune homme.

Les initiatives solidaires se multiplient

En plus de ces livraisons, le collectif a lancé une opération de nettoyage des halls d'immeubles pour aider les femmes de ménage pendant cette période. Pour ces jeunes, l'objectif est aussi de montrer les quartiers sous un angle positif alors que Laurent Nunez, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur a récemment laissé entendre que le confinement en banlieue n'était pas primordial.

Face à la crise, les initiatives solidaires se multiplient pour soutenir les plus fragiles. Comme par exemple à Paris où la mairie s'associe au diocèse pour aider les sans-abris, ou encore le projet «1 lettre 1 sourire» qui permet aux Français d'écrire à des personnes isolées en Ehpad.

De son côté, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé, le 30 mars, sa volonté de mettre les Français à contribution avec un grand projet de dons.

  • 1 avril 2020 à 16:12

Face à la pandémie de Covid-19, vers un cessez-le-feu planétaire ?

L'Organisation des Nations unie (ONU) a salué le 26 mars la proclamation de cessez-le-feu de plusieurs pays en guerre face à la pandémie de Covid-19. En effet, coup sur coup, des cessez-le-feu ont été évoqués ces derniers jours aux Philippines, au Cameroun, en Colombie, au Yémen ou encore en Syrie.

Ces pays, parfois enlisés dans des conflits depuis plusieurs années, ont ainsi répondu favorablement à l'appel d'«un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» lancé le 23 mars par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, auquel se sont ensuite associés l'Union européenne (UE) et le pape François.

Un bref répit en Syrie

La crise sanitaire mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 peut également avoir quelques effets inattendus et réjouissants. Et pour cause, le 26 mars au soir, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a «salué la déclaration des Forces démocratiques syriennes (SDF) du 24 mars» soutenant l'idée d'un cessez-le-feu et leur «engagement à éviter les actions militaires» dans le nord-est du pays, dans un communiqué. «Le secrétaire général appelle les autres parties au conflit syrien à soutenir son appel» à l'arrêt des combats, a-t-il également ajouté.

Quelques jours plus tard, le 31 mars, le président des Etats-Unis, Donald Trump, et le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, ont convenu, lors d'un échange téléphonique de «l'importance» pour les pays en conflit, comme la Syrie et la Libye, «d'adhérer à un cessez-le-feu» en cette période de crise sanitaire mondiale, a indiqué la Maison Blanche. 

«Les présidents Trump et Erdogan sont d'accord sur le fait qu'il est plus important que jamais que les pays en conflit, en particulier la Syrie et la Libye, adhèrent à un cessez-le-feu et travaillent à une solution», a écrit l'exécutif américain dans un communiqué repris par l'AFP. Et de poursuivre : «Les deux dirigeants se sont mis d'accord pour travailler ensemble et en bonne coordination sur la campagne internationale pour vaincre le virus et soutenir l'économie mondiale.»

L'ELN déclare un cessez-le-feu

En Colombie, l'Armée de libération nationale (ELN) a annoncé le 30 mars un cessez-le-feu unilatéral d'un mois, «geste humanitaire» motivé par la pandémie de Covid-19, selon un communiqué diffusé par des sénateurs favorables à un processus de paix avec ce groupe armé.

«L'Armée de libération nationale [...] a déclaré un cessez-le-feu unilatéral actif, à partir du 1er avril et jusqu'au 30, comme un geste humanitaire envers le peuple colombien qui souffre du drame du coronavirus», a écrit l'ELN dans ce document.

Le groupe rebelle y évoque d'une part, l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu de tous les conflits dans le monde, et d'autre part, la demande «dans le même sens» émise par des «organisations sociales et politiques de Colombie».

Le 26 mars, au lendemain du confinement total de la Colombie en raison du Covid-19, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait annoncé la libération par l'ELN de trois otages de nationalité colombienne enlevés il y a un mois.

«Les Socadef sont prêts à soutenir le cessez-le-feu»

«Les Socadef sont prêts à soutenir le cessez-le-feu et garantiront sécurité et libre circulation aux observateurs internationaux et aux acteurs humanitaires en Ambazonie […] conformément au droit international humanitaire», a déclaré Ebenezer Akwanga, leader du mouvement indépendantiste, dans un courrier signé à Accra, au Ghana, le 25 mars et adressé au président camerounais, Paul Biya, d'après Jeune Afrique

Le chef des Socadef, également à la tête du Mouvement de libération des peuples africains (APLM), en a profité pour appeler les «autorités et les forces de sécurité de la République du Cameroun à répondre à l'appel du secrétaire général des Nations unies», toujours selon l'hebdomadaire panafricain. Il a également ajouté : «Nous sommes prêts à rencontrer des représentants désignés de la République du Cameroun pour une bonne application du cessez-le-feu.»

Ebenezer Akwanga s'est ainsi engagé à cesser toute hostilité à compter du 29 mars et pour une durée de 14 jours. Il a par ailleurs précisé qu'il maintiendrait ses positions afin d'être prêt à se défendre si besoin.

«Nous accueillons favorablement le cessez-le-feu temporaire annoncé le 25 mars par les Forces de défense camerounaises du sud (Socadef)», a déclaré pour sa part à New York le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, selon l'AFP.

Une accalmie au Yémen et aux Philippines.

Dans un communiqué du 26 mars, Martin Griffiths, l'émissaire de l'ONU au Yémen, pays ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, a salué les «réponses positives» des rebelles Houthis et du gouvernement yéménite en faveur d'un cessez-le-feu afin de mieux lutter contre le Covid-19 et de permettre une pause humanitaire. «J'attends des parties qu'elles se tiennent à leurs paroles et mettent l'intérêt du peuple yéménite avant tout», avait-il ajouté, réclamant une «réunion urgente» avec elles pour mettre en pratique le cessez-le-feu.

Toutefois, la coalition militaire dirigée par l'Arabie Saoudite qui intervient au Yémen en soutien aux forces gouvernementales a mené le 30 mars de multiples frappes aériennes sur Sanaa, la capitale aux mains des rebelles Houthis qui ont revendiqué de récentes attaques de missiles sur Ryad.

Quelques jours avant, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, s'était déjà félicité du cessez-le-feu temporaire annoncé le 24 mars par le Parti communiste des Philippines avec le gouvernement de ce pays. 

«L'heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous»

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé le 23 mars un appel «à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde» afin de préserver, face à la «furie» de la pandémie de Covid-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.

«La furie avec laquelle s'abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie», avait-il souligné lors d'une brève allocution au siège de l'ONU sans citer de pays en particulier. «Si les combats se poursuivent, nous pourrions avoir une extension absolument dévastatrice de l'épidémie», avait-il mis en garde. Et de continuer : «L'heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies.»

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde. Cela commence par l’arrêt des combats. Partout. Tout de suite

«Déposez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes», avait-il exhorté en soulignant que c'était «essentiel» pour «établir des couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies». Et d'insister : «Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde. Cela commence par l’arrêt des combats. Partout. Tout de suite.»

Après la sollicitation lancée par Antonio Guterres à la solidarité avec les pays pauvres et vulnérables afin d'éviter des «millions» de morts, les Nations unies avaient prévu de lancer le 25 mars un plan de réponse humanitaire mondial à la pandémie de coronavirus, avec un appel à financements à hauteur de 2 milliards de dollars pour un fonds dédié à cette lutte.

De son côté, le pape argentin François s'était associé le 29 mars à l'appel lancé par l'ONU en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et mondial. Enfin, l'UE appelait également le 29 mars à un cessez-le-feu dans toute la Syrie pour aider à mettre sur pied une meilleure réponse à la pandémie de coronavirus.

Toutefois, même en pleine pandémie, les Etats-Unis restent sourds aux demandes de suspension des sanctions qui frappent des pays gravement touchés par la crise sanitaire, comme l'Iran, voire renforcent leurs mesures punitives. L'Iran, la Russie, la Chine, le Venezuela, la Corée du Nord, le Nicaragua, Cuba et la Syrie ont demandé, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU et rendue publique le 26 mars, de faire pression sur les Etats-Unis pour qu'ils lèvent leurs sanctions qui s'opposent, selon eux, à une lutte mondiale et efficace contre le Covid-19. Une attitude qui provoque l'incompréhension de nombre d'observateurs.

  • 1 avril 2020 à 14:39

Coronavirus : l'Algérie convoque l'ambassadeur de France suite à des propos «mensongers»

Le ministère des Affaires étrangères a convoqué le 31 mars Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie, afin de lui faire part de ses «vives protestations» suite aux «propos mensongers, haineux et diffamatoires» tenus à l'égard de l'Algérie sur le plateau d’«une chaîne de télévision publique française», selon un communiqué du ministère.

«Tout en demandant à l’ambassadeur de France en Algérie de porter ces protestations aux plus hautes autorités de son pays, le ministre des Affaires étrangères a déploré que cette chaîne persiste dans son dénigrement systématique de l’Algérie au moment où tous les efforts doivent converger vers la lutte contre la pandémie du Covid-19», poursuit le communiqué, dans lequel n'est toutefois précisé ni le nom de la chaîne en question, ni la teneur des propos. Par ailleurs, l’ambassade d’Algérie à Paris «a été instruite à l’effet d’intenter une action en justice contre cette chaîne de télévision et l’individu auteur des propos injurieux à l’égard de l’Algérie», conclut le communiqué du ministère.

Selon les sites d'information Algérie 360 et Le Matin d'Algérie, l'ire d'Alger trouve sa source dans une interview du chercheur au Centre de Relations internationales à Barcelone, Francis Ghilès, diffusée par France 24 le 30 mars. Dans celle-ci, Francis Ghilès accuse les militaires d'avoir profité de 450 000 dollars d'aide médicale au détriment des citoyens, et critique «l'incompétence» et le «mépris de la population» du président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Auteur: France 24

Cette même interview a en outre provoqué la colère de Pékin, qui est à l'origine de cette aide médicale. Selon Francis Ghilès, l'assistance de la Chine ferait «partie de [sa]propagande», et Pékin ne serait quoi qu'il en soit «pas en train d'aider les Algériens», l'aide en question étant destinée, selon lui, à un hôpital militaire.

«Ce sont des mensonges haineux et ignorants de nos relations avec l’Algérie, et le gouvernement et le peuple chinois se souviennent toujours de l’aide de l’Algérie», a réagi l’Ambassade de Chine en Algérie dans un communiqué, soulignant que le rôle de Pékin était «d’apporter soutien et assistance à l’Algérie».

  • 1 avril 2020 à 14:26

En Tunisie, le village touristique de Sidi Bou Saïd s'organise face à la crise du coronavirus

Sidi Bou Saïd, village de Tunisie situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis, s'est vidé de ses habitants mais surtout de ses milliers de touristes annuels. La localité, haut lieu du tourisme tunisien, fait face à la crise sanitaire du coronavirus. Et selon Khalil Cherif, maire de Sidi Bou Saïd, l'organisation est primordiale pour soutenir l'ensemble des habitants : «On s’est organisé dès le début, on a essayé de préparer les villageois à rester chez eux. Petit à petit, les restaurants et les cafés ont fermé puis on a publié un communiqué pour prévenir qu'il y aurait des volontaires qui distribueraient de la nourriture et des médicaments.»

Pour le maire du village historique, protéger l’ensemble de ses habitants est devenu une priorité, surtout les personnes les plus isolées. Comme tous les jours depuis le début du confinement, le service de livraison à domicile est mené par les bénévoles de l'association La Rose bleue, en collaboration avec le Magasin Général et les pharmacies. Une initiative saluée par l’ensemble des habitants, parfois même considérée comme une bénédiction auprès des plus démunis.

Mais tous les Tunisiens ne sont pas traités à la même enseigne. Le 31 mars, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux travailleurs précaires, ont manifesté dans un quartier populaire de Tunis. Face au confinement général décrété il y a plusieurs semaines, les habitants de la capitale réclament des aides promises par le gouvernement. Soit plus de 150 millions de dinars (soit 50 millions d'euros) qui devraient être distribués sous forme d'aides directes exceptionnelles pour les plus pauvres. Reste qu'aucune date officielle n'a pour l'heure été annoncée.

  • 1 avril 2020 à 14:16

Coronavirus en Algérie : tous les malades seront traités à la chloroquine

Alors que le gouvernement français rechigne à généraliser l'usage de l'hydroxychloroquine pour le traitement du coronavirus et la réserve seulement aux cas graves, de l'autre côté de la Méditerrannée, l'Algérie a décidé que la chloroquine sera administrée en traitement à tous les cas confirmés de Covid-19.

Le ministre algérien de la Santé Abderrahmane Benbouzid l'a ainsi annoncé le 31 mars, confirmant une information qui circulait déjà depuis une semaine dans le pays. «Le Comité scientifique installé auprès du ministère de la Santé, s’appuyant également sur l’avis d’autres spécialités et experts, a décidé de démarrer le traitement à la chloroquine sur tous ceux qui sont déclarés positifs au Covid-19 ainsi que sur tous ceux qui auront des signes de contamination», a déclaré Abderrahmane Benbouzid à la Chaîne 3 de la Radio Algérienne. «À nos yeux, et sur la base des expériences vécues, nous espérons que cette méthode permettra de réduire le nombre des personnes atteintes», a-t-il ajouté. 

«La Chloroquine est une molécule antipaludéenne d'usage courant dans le traitement du paludisme, des maladies rhumatismales et dans le lupus», écrivait déjà le ministère algérien de la Communication, le 24 mars, dans un communiqué. «Elle a donné des résultats prometteurs contre le coronavirus Covid-19 en augmentant les capacités immunitaires de l'individu. Elle est produite localement et en quantité suffisante pour traiter les patients selon le protocole établi par les experts», détaille le communiqué.

En Algérie, le dernier bilan de la contamination au Covid-19, établi le 30 mars, fait état de 35 décès 584 cas confirmés d'infection à l'épidémie. 

Plusieurs pays ont déjà intégré la chloroquine comme traitement contre le coronavirus. Parmi eux, les Etats-Unis, le Venezuela, l'Iran, la Belgique, les Pays-Bas, le Maroc, l'Inde, la Corée du Sud, l'Italie et bien sûr la Chine dont les chercheurs ont produit des études sur cette molécule. En France, le débat entre pro et anti professeur Didier Raoult fait rage et le gouvernement a décidé de limiter l'usage du traitement préconisé par ce spécialiste en infectiologie aux seuls cas graves. Didier Raoult répète pourtant à l'envi que lorsque l'état du malade est trop avancé et qu'il se retrouve en réanimation, ce traitement n'est plus efficace et qu'il est à prendre au début de la maladie lorsque les symptômes ne sont pas sévères. Ses détracteurs lui reprochent la fragilité de son étude. A Marseille, où il préside l'IHU Méditerranée infection, Didier Raoult a cependant décidé de tester tous les patients et de prescrire son traitement à base de l'association d'hydroxychloroquine et de l'antibiotique azithromycine. 

  • 1 avril 2020 à 14:04

Selon Edward Snowden, le Covid-19 pourrait conduire à une surveillance étatique étendue et durable

Edward Snowden, ancien informaticien de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA) exilé en Russie depuis 2013, a une nouvelle fois lancé l'alerte sur la surveillance de masse omniprésente facilitée par les nouvelles technologies liées à l'intelligence artificielle, lors d'une interview par vidéoconférence pour le Festival du film documentaire de Copenhague, le 23 mars.

Cette fois-ci, le lanceur d'alerte américain a averti qu'une augmentation de la surveillance de masse par les structures étatiques, dans le cadre de la pandémie de Covid-19, pourrait demeurer après la fin de la crise sanitaire, et ainsi avoir des effets durables sur les libertés civiles. 

«L'urgence a tendance à se pérenniser»

«Lorsque nous voyons des mesures d'urgence adoptées, en particulier aujourd'hui, elles ont tendance à rester», a estimé Edward Snowden au cours de cette même interview. Et de poursuivre : «L'urgence a tendance à se pérenniser. Ensuite, les autorités [étatiques] se familiarisent avec ce nouveau pouvoir [et] commencent à l'apprécier.»

Ils savent ce que vous regardez sur Internet, où votre téléphone se déplace, et maintenant ils sont au fait de votre rythme cardiaque

Le lanceur d'alerte a ensuite déclaré que les gouvernements pourraient étendre l'accès dont ils disposent déjà pour surveiller les informations personnelles des personnes en cas de crise. Pour éclaircir sa pensée, Edward Snowden a pris comme exemple des trackers de fitness qui peuvent mesurer le pouls et le rythme cardiaque, comme l'Apple Watch. Selon lui, la peur de la propagation du Covid-19 pourrait persuader des gouvernements à se connecter aux trackers de fitness et smartphones pour obtenir en retour des données sur votre santé.

«Cinq ans plus tard, le coronavirus a disparu, ces données sont toujours disponibles pour [les services de sécurité et agences de renseignements qui] commencent à chercher de nouvelles choses», a ensuite conjecturé Edward Snowden. Et de prolonger son raisonnement : «Ils savent ce que vous regardez sur Internet, où votre téléphone se déplace, et maintenant ils sont au fait de votre rythme cardiaque. Que se passera-t-il lorsqu'ils commenceront à mélanger [ces données] et à leur appliquer une intelligence artificielle ?»

Plus de sécurité pour plus de liberté... Vraiment ?

Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, de plus en plus d'Etats ont émis «des propositions visant à surveiller l'épidémie en suivant les données de géolocalisation des téléphones portablesCela pourrait s'avérer une méthode puissante pour suivre la propagation du virus et les déplacements des personnes qui en sont porteuses, mais ce sera aussi un outil tentant pour traquer les terroristes, ou tout autre ennemi potentiel des Etats», anticipe le lanceur d'alerte. 

Israël a accordé à ses services d'espionnage le pouvoir de pirater les téléphones des citoyens sans mandat

Et pour cause, de nombreux pays sont d'ores et déjà capables de reconstituer les déplacements de personnes contaminées «via des images de vidéosurveillance, de leurs transactions bancaires et du bornage de leur smartphone», d'après Le Parisien

En Europe, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne «ont conclu des accords avec des opérateurs télécoms pour utiliser des données anonymes agrégées afin de créer des cartes thermiques virtuelles des mouvements des personnes», relaie Business Insider, qui poursuit : «Israël a accordé à ses services d'espionnage le pouvoir de pirater les téléphones des citoyens sans mandat. La Corée du Sud a envoyé des alertes par SMS pour avertir les gens lorsqu'ils ont pu être en contact avec un patient atteint d'un coronavirus, en indiquant des détails personnels comme l'âge et le sexe.»

Les autorités singapouriennes utilisent également une application pour smartphone permettant de suivre la diffusion du Covid-19 en traquant chaque individu qui pourrait avoir été exposé. En Pologne, poursuit Business Insider, «les citoyens mis en quarantaine doivent télécharger une application gouvernementale qui les oblige à répondre à des demandes périodiques d'auto-identification. Taïwan a introduit un système de «clôture électronique» qui alerte la police si les patients mis en quarantaine sortent de chez eux.»

En Russie, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a déclaré vouloir mettre en place un «système de contrôle intelligent», qui sera introduit «dans les prochains jours», après quoi les résidents ne seront plus autorisés à quitter leur domicile sans permis. L'édile de la capitale russe a assuré que ce système permettra «d'assurer un contrôle quasi-absolu sur les déplacements des gens».

Les autorités tchèques testent quant à elles un système informatique retraçant rapidement, grâce aux données notamment de téléphonie, les contacts qu'ont eus des personnes infectées par le Covid-19, afin d'enrayer sa propagation, a indiqué ce 31 mars une porte-parole du groupe à l'origine de cette initiative selon l'AFP. La solution proposée par un ensemble d'experts en informatique, Covid19cz, utilise les données des téléphones portables et des cartes bancaires des personnes testées positives, pour montrer leurs déplacements, toujours avec leur consentement. 

Enfin, le gouvernement américain travaillerait avec Facebook et Google pour utiliser les données de localisation pour garder une trace de la concentration des cas de coronavirus, selon le New York Post.

«Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux», déclarait Benjamin Franklin, l'un des pères fondateurs des Etats-Unis. «La sécurité est la première des libertés. C'est pourquoi d'autres libertés pourront être limitées», martelait quant à lui Manuel Valls, alors Premier ministre, le 19 novembre à l'Assemblée nationale. 

  • 1 avril 2020 à 13:00

Coronavirus : la Russie envoie un avion chargé d'aide humanitaire aux Etats-Unis

Le président russe Vladimir Poutine a proposé à Donald Trump l'aide du Kremlin pour fournir à Washington des équipements médicaux face à l'épidémie de coronavirus, a déclaré le 31 mars Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, cité par l'agence Interfax.

Le président américain a accepté la proposition de son homologue russe, formulée le 30 mars au cours d'un entretien téléphonique entre les deux hommes, selon cette même source. Un avion russe chargé de matériel médical devrait décoller prochainement pour les Etats-Unis, a poursuivi le porte-parole du Kremlin.

La Russie a envoyé un très, très gros avion rempli de matériel médical

Donald Trump a déclaré en conférence de presse le 31 mars que les relations avec «beaucoup d'autres pays» étaient actuellement très bonnes, avant de citer l'exemple du Kremlin : «La Russie a envoyé un très, très gros avion rempli de matériel médical, ce qui a été très apprécié.»

Le président américain avait seulement quelques heures d'avance sur la réalité puisque l'avion en question n'est attendu que ce 1er avril.

Moscou attend un geste réciproque en cas de besoin

Selon les déclarations de Dmitri Peskov, les deux présidents n'ont pas seulement évoqué l'aspect sanitaire de la crise, mais également celui des retombées économiques et particulièrement du marché du pétrole.

Le porte-parole du Kremlin a précisé qu'il y aurait une éventuelle contrepartie à cette aide : «Il est important de noter que lorsqu'il offre son aide à nos collègues américains, le président [Poutine] s'attend à un geste réciproque en cas de besoin et une fois que les fabricants américains de matériel médical auront retrouvé leur élan.»

Lors de son point presse, Donald Trump a effectivement précisé que si à un moment donné les Etats-Unis bénéficiaient d'un nombre de respirateurs suffisant, Washington pourrait aider d'autres pays... sans spécifiquement nommer la Russie, selon les informations de la radio américaine NPR.

  • 1 avril 2020 à 11:37

27 millions d'Américains sans assurance maladie menacés de ruine en cas d'infection au coronavirus

Selon un récent rapport de la base de données sur les coûts des soins de santé FAIR Health, les Américains non assurés atteints par le Covid-19 paieraient en moyenne 73 300 dollars pour un séjour à l'hôpital de six jours. Toutefois, les symptômes du Covid-19 variant largement et entraînant des traitements différents, les coûts d’hospitalisation peuvent être moins élevés, ou beaucoup plus.

Ce serait de toute façon un coût énorme pour les quelque 27 millions d’Américains ne bénéficiant d’aucune couverture médicale. D’autant plus qu’une simple inquiétude devant des symptômes, naturelle en tant de pandémie, peut se révéler coûteuse même si les personnes qui les ressentent se révèlent saines.

L’étude cite des cas de personnes finalement testées négatives et n’ayant pas été hospitalisées qui ont tout de même dû acquitter près de 3 000 dollars pour d’autres traitements et des tests connexes. Cette situation est aggravée par le creusement des inégalités sociales observées depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Ainsi, le Census, organisme fédéral de statistiques écrit que «le revenu médian des ménages […] augmente chaque année depuis 2013, mais l'augmentation d'une année à l'autre par rapport à 2017 est inférieure à celle des trois années précédentes». Il relève aussi que depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l'indice Gini d'inégalité des revenus a augmenté significativement par rapport à l’ère Obama où il avait connu une baisse.

Enfin, bien que les Etats-Unis soient le premier pays au monde pour la part des dépenses de santé par rapport produit intérieur brut (16,9%) loin devant la Suisse (12,2%) et la France (11,2%), ils sont loin d’être le mieux paré pour faire face à une épidémie d’envergure avec seulement 2,6 médecins pour 1 000 habitants contre 5,2 en Autriche, 4,3 en Allemagne et 3,2 en France.

En revanche ils arrivent en tête, selon le comparateur de systèmes de santé américain de la foundation Peterson KFF (health system tracker) pour le nombre de personnes déclarant des difficultés financières pour faire face aux dépenses de santé.

Dans une étude très récente destinée à mesurer la préparation des Etats-Unis face à l’épidémie, la fondation estime en outre que «le fardeau de la maladie causé par des conditions médicales qui ont exposé les patients à un nombre élevé de complications sévères du Covid-19 est plus élevé aux Etats-Unis que dans des pays comparables».

  • 1 avril 2020 à 08:57

Les femmes, victimes collatérales du confinement

Le gouvernement évalue à 220 000 le nombre de femmes victimes de violences chaque année dans la sphère domestique, un chiffre jugé largement sous-estimé par les associations. Durant le confinement, la situation s'est aggravée. Selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, les interventions des forces de sécurité pour violences conjugales ont augmenté de «32 % en une semaine» pour les zones couvertes par la gendarmerie et de «36 % en une semaine», à Paris. «C’était très prévisible, j’avais alerté dès le premier jour de confinement», explique Ernestine Ronai, membre du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, interrogée par RT France. «Le confinement du couple et des enfants, surtout si le logement est petit, avec trop peu d’outils pour étudier et travailler, décuple les tensions», poursuit-elle.

C’était très prévisible, j’avais alerté dès le premier jour de confinement

Alerté par les chiffres du ministre, les appels des associations et des professionnels, le monde politique semble se saisir de la question : 169 parlementaires, à la délégation du droit des femmes du Sénat, ont publié le 29 mars une tribune intitulée «Coronavirus et confinement : femmes et enfants en danger», appelant le gouvernement à «continuer à assurer la protection des femmes, en cette période de crise sanitaire majeure». Ils ont également noté que les centres d’accueil étaient «structurellement débordés». En effet, la France ne dispose actuellement que de 5 000 places pour héberger les femmes battues, alors que le Haut Conseil à l'Égalité avait préconisé d'en ouvrir 11 000 supplémentaires supplémentaires. Dans le cadre du Grenelle de lutte contre les violences conjugales en septembre dernier, le gouvernement n’en avait promis que 1 000 de plus.

Signalement en pharmacies, supermarchés et par chat : les mesures d'alerte adaptées au confinement

Les moyens ou pratiques qui se révèlent en temps normal insuffisants pour prévenir les féminicides, ou épargner la violence quotidienne aux conjointes, doivent aujourd’hui être adaptées aux circonstances exceptionnelles. La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a donc annoncé une série de mesures. 

Actions #ViolencesConjugales#confinement

✅Points d’accompagnement des femmes en face d’hypermarchés @urw_group
✅Arrêter la cohabition via 20000 nuits d’hôtel en +
✅1Million € de l’Etat pour aider les associations
✅Mission d’évaluation MIPROFhttps://t.co/Psefv2Lavv

— 🇫🇷 MarleneSchiappa (@MarleneSchiappa) March 28, 2020

Elle a révélé que le numéro national d’écoute et de conseils aux femmes subissant des violences, le 39 19, toujours effectif, était beaucoup moins contacté durant le confinement. Il est en effet souvent impossible pour les victimes de s’isoler pour appeler ce numéro, ou encore le 17 en cas d’urgence. La secrétaire d'Etat a donc annoncé un nombre d’alternatives pour que les femmes en danger puissent donner l’alerte facilement et en toute discrétion. Une campagne va être lancée pour porter à la connaissance de toutes la plateforme, de signalement des violences en ligne, «Arrêtons les violences», créée il y a un an et demi. «La communication sur cet outil a été insuffisante, pourtant l’interface est vraiment bien», estime Ernestine Ronai. «Si la victime ne peut parler, elle peut communiquer via un chat avec des policiers formés à ce danger. Elle peut donner l’alerte pour faire intervenir les forces de sécurité immédiatement. Ou encore prendre rendez-vous pour porter plainte», poursuit-elle.

Les pharmacies font partie également partie du dispositif d’aide, comme l’a annoncé Christophe Castaner, le 26 mars. Une femme pourra donner un code à son pharmacien, tel que «Masque 19», qui  contactera les forces de l’ordre si nécessaire. La méthode peut paraitre saugrenue, d’autant qu’elle a été révélée aux agresseurs potentiels, mais un homme a déjà été arrêté grâce à ce type d’alerte, le 29 mars à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Pour compléter le dispositif, des bénévoles renseigneront les victimes sur leurs droits dans une vingtaine de points d’accueil éphémères en face de grands ensembles commerciaux. La secrétaire d’Etat a également annoncé le déblocage d'un million d'euros pour soutenir les associations de terrain. A noter : la remise de téléphones «Grave danger» pour que les femmes menacées alertent les secours en cas d'approche de l'ex-conjoint violent. «A cause du coronavirus, des hommes en fin de peine sont sortis de prison. Comme ce sont de grands violents, le parquet a remis 3 téléphones de plus, il y en a 45 en tout en France», explique Ernestine Ronai.

L'éviction du compagnon violent comme mot d’ordre

La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et Marlène Schiappa ont, dès le début du confinement, souhaité que l'éviction du conjoint violent devienne la règle. Cette mesure est davantage favorisée par les parquets ces derniers temps, surtout pour les cas les plus graves, mais elle n'est pas systématique. Or cette demande spécifique est particulièrement forte en ces temps de confinement : «Les femmes qui m'appellent en ce moment souhaitent connaître les mesures d'urgence comme le recours à l'ordonnance de protection qui permet d'aboutir à l'éviction du conjoint violent, et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime», explique Anne-Claire Lejeune, avocate spécialisée dans les violences faites aux femmes et aux enfants. 

«Se retrouver dans une chambre d’hôtel sans pouvoir cuisiner, sans que les enfants aient leurs jouets, est invivable», tranche Ernestine Ronai. «Grâce à l'éviction, nous savons où sont les agresseurs. Et comme ils n’ont droit qu’à un kilomètre de latitude autour de l’hôtel, s’ils s'écartent alors qu'ils sont sous contrôle judiciaire, ils seront arrêtés et iront en prison», estime-t-elle. 

Encore faut-il que les juges se montrent fermes face à un homme violent. «C’est en tout cas une préconisation du ministère. Mais dans toute la France, la décision revient aux parquets. En tout cas, en Seine-Saint-Denis et à Paris, ils font vraiment le travail en éloignant l'agresseur», estime Ernestine Ronai.

Mais où les loger ? Tant pour les hommes agresseurs que pour les femmes victimes, Marlène Schiappa a annoncé financer un total de 20 000 nuitées. Hélène Bidard adjointe à la mairie de Paris chargée de l’Egalité femme-homme, s’interroge sur le chiffre. Pourquoi si peu alors que les hôtels sont vides ?

#Femmes et #enfants à la rue sont en danger; celles qui ne peuvent decohabiter des maris et pères violents le sont aussi🤯 200.000 chambres d’hôtels libres pourraient être réquisitionnées pour les mettre à l’abri pdt le #confinement! Mais le #gouvernement annonce 20.000 nuitées😡 pic.twitter.com/4vououCXTQ

— Hélène Bidard (@Helenebidard) March 29, 2020

«Depuis plusieurs années, de nombreuses associations alertent sur l'impérieuse nécessité de prendre de nouvelles mesures pour l'hébergement d'urgence. Dans ce contexte de confinement, où les violences sont exacerbées, et les victimes encore plus exposées, les mesures prises par le gouvernement me semblent toujours insuffisantes», réagit l'avocate Anne-Claire Lejeune. «Les 20 000 nuitées débloquées constituent certes une étape, mais ne correspondent pas à la réalité de la situation», poursuit-elle.

Les mesures prises par le gouvernement me semblent toujours insuffisantes

De son côté, Ernestine Ronai annonce les estimations de son groupe de travail : «Nous avons recommandé 500 chambres en avril, seulement pour les hommes. 600 000 euros, ce n’est pas grand-chose pour sauver des vies.»

Dans la foulée des annonces, certains élus locaux dégainent leurs plans d’action pour aider les femmes battues. La capitale va cofinancer 11 places supplémentaires en centre d'hébergement, qui seront occupées par les agresseurs. Dix logements sociaux seront mis à disposition à titre temporaire pour les femmes battues. Une autre initiative bienvenue sera assurée par les agents de la ville : rappeler d’anciennes victimes de violence pour connaître leur situation actuelle. En Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, président du Conseil départemental en lien avec le tribunal de Bobigny, prendra également en charge 10 chambres d’hôtel pour les conjoints violents. Laurent Wauquiez a promis 60 places d’hébergement pour les femmes et des places d’internats pour les enfants.

60 logements déjà opérationnels sont mis à disposition dès maintenant pour accueillir les femmes battues et leurs enfants. Loyer et besoins alimentaires sont intégralement couverts par la Région. En complément, des places en internat de lycées pourront être proposées.

— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) March 30, 2020
 

Un manque de moyens pour lutter contre les violences

Mais l’exacerbation de la violence conjugale durant le confinement ne vient que souligner une sombre réalité rappelée par Ernestine Ronai : «Les moyens financiers dégagés pour cette lutte sont très insuffisants, Il n’existe que dix centres régionaux de psychotraumatisme, alors qu'il en faudrait un par département. La société doit mieux prendre conscience de la dangerosité des hommes violents pour les femmes et les enfants. Tout cela implique du stress, des maladies que l’Etat doit ensuite prendre en charge. Il serait pérférable de dépenser en amont pour éviter que cela coûte très cher ensuite, pour éviter la souffrance et les dommages collatéraux.»

Face à la présomption d’innocence pour l’agresseur, il faut commencer par considérer présomption de crédibilité de la victime

Il convient aussi d’écouter enfin la parole des femmes, souvent dissoute dans les commissariats ou face aux juges. «Face à la présomption d’innocence pour l’agresseur, il faut commencer par considérer présomption de crédibilité de la victime. Seules 18% des femmes portent plainte pour violence, il faut absolument agir pour celles qui se signalent», recommande Ernestine Ronai.

Aujourd'hui, j'ai mis une petite affiche contre les violences faites aux femmes dans mon immeuble, si vous voulez vous en inspirer. pic.twitter.com/3g6U3nJIxK

— Pauline (@paulinemski) March 30, 2020

Concomitamment aux annonces gouvernementales, aux alertes des professionnels et au bricolage des élus, la société civile se mobilise. Des voisins de plus en plus nombreux collent des affichettes dans leur cage d’escalier pour rappeler les numéros d’urgence. 

  • 1 avril 2020 à 08:09

Venezuela : l'opposant controversé Juan Guaido doit comparaître pour «tentative de coup d'Etat»

Autoproclamé président par intérim du Venezuela bien que fortement contesté au sein même de l'opposition, Juan Guaido est convoqué le 2 avril par le ministère public dans le cadre d'une enquête pour «tentative de coup d'Etat» et «tentative de magnicide» contre le président élu Nicolas Maduro, ouverte «après la découverte en Colombie d'un arsenal de guerre destiné au Venezuela».

«Nous avons cité à comparaître le citoyen Juan Guaido jeudi prochain devant ce ministère public», a fait savoir le procureur général de la République Tarek William Saab, lors d'une déclaration retransmise à la télévision vénézuélienne.

Comme le rapporte l'AFP, le gouvernement vénézuélien a en effet dénoncé le 25 mars une tentative de coup d'Etat après la découverte en Colombie d'un stock d'armes incluant notamment 26 fusils d'assaut, des lunettes de vision nocturne et de l'armement silencieux, selon le ministre de la Communication Jorge Rodriguez. Cette découverte intervient en période de crise entre Bogota et Caracas, les deux diplomaties ayant rompu leurs relations au début de l'année 2019.

Les Etats-Unis proposent un nouveau «cadre pour une transition démocratique» 

Simultanément à l'annonce de la convocation de Guaido par le procureur général de la République, des responsables américains ont fait savoir ce 31 mars que l'administration Trump était prête à lever les sanctions contre le Venezuela à condition que soit étudiée une nouvelle proposition visant à former un gouvernement de transition représentant les alliés du président Nicolas Maduro et de l'opposant Juan Guaido.

La diplomatie américaine s'est ainsi de nouveau invitée dans la politique vénézuélienne en proposant un nouveau «cadre pour une transition démocratique», suggérant un schéma selon lequel Maduro et Guaido devraient «tous les deux» renoncer dans l'immédiat au pouvoir exécutif, confié pendant «une période de transition» à un «Conseil d'Etat» mis en place par «des élus de l'Assemblée nationale issus des deux camps», a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

Ce Conseil d'Etat serait chargé d'organiser des élections présidentielle et législatives «libres et justes» dans un délai de six à douze mois.

L'administration américaine a précisé que Juan Guaido resterait président de l'Assemblée nationale durant cette transition et serait ensuite autorisé à se présenter à la présidentielle. «La pression économique continuera jusqu'à ce que Maduro accepte une véritable transition démocratique», a tweeté le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Le plan américain a immédiatement été salué par l'opposant Juan Guaido qui a tweeté pour «remercier les États-Unis de leur soutien à la formation d'un gouvernement d'urgence et d'un conseil d'État pour résoudre la crise».

En tout état de cause, l'opposition vénézuélienne s'avère pour sa part particulièrement divisée au sujet de Juan Guaido, dans un pays dont les réserves pétrolières – parmi les plus importantes du monde – suscitent les convoitises non-dissimulées de Washington.

  • 31 mars 2020 à 22:38

Un nouveau témoignage accable Gabriel Matzneff

C'est un entretien qui pourrait affaiblir davantage la défense de l'écrivain Gabriel Matzneff, déjà visé par une enquête pour viols sur mineurs et qui doit être jugé en septembre 2021 pour «apologie» de la pédophilie. Dans les colonnes du New York Times, Francesca Gee, 62 ans, revient sur les trois années passées auprès de lui, alors qu'elle avait 15 ans et lui 37.

Elle raconte comment il a utilisé, contre son gré, son image et ses lettres dans ses écrits : La Passion Francesca : journal 1974-1976 et son essai qui défendait la pédophilie Les moins de seize ans.

Il n’a cessé de se servir de moi pour justifier l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents

«Il n’a cessé de se servir de moi pour justifier l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents», a-t-elle écrit dans un manuscrit refusé notamment par Grasset, éditeur du Consentement de Vanessa Springora. 

Comme cette dernière avant elle, Francesca Gee a rencontré Gabriel Matzneff pour la première fois en 1973, en compagnie de sa mère. Elle a ensuite vécu avec l'écrivain trois ans avec l'aval de ses parents. Aujourd'hui, elle qualifie cette expérience de «cataclysme». D'ailleurs, courant 2004, elle avait écrit un manuscrit sur cette relation traumatisante or celui-ci avait été refusé par tous les éditeurs sollicités.

Finalement elle décide de sortir du silence après la parution et le succès du livre Le Consentement de Vanessa Springora qui aura vécu la même expérience dans les années 1980 (soit 10 ans après celle de Francesca Gee). «Elle a fait le travail, je n’ai plus à m’en préoccuper», a-t-elle d'abord pensé, avant de changer d'avis. «Une ou deux semaines plus tard, je me suis rendu compte que je faisais totalement partie de cette histoire».

Une attirance pour les «moins de 16 ans»

Cette ancienne journaliste travaille actuellement sur un nouveau manuscrit après avoir passé des années à exiger que des photos d'elle et ses anciennes lettres soient retirées des ouvrages de Matzneff.

L'affaire Matzneff s'est emballée en début d'année avec la publication du récit de Vanessa Springora. Le livre a mis en lumière le fléau des violences sexuelles vis-à-vis des mineurs et la complaisance dont Matzneff a bénéficié dans un certain milieu littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot essai.

L'écrivain de 83 ans, actuellement réfugié en Italie, a longtemps revendiqué son attirance pour les «moins de 16 ans» et le tourisme sexuel en Asie. Il a affirmé, fin janvier, «regretter» ses pratiques pédocriminelles passées, tout en faisant valoir qu'alors «jamais personne ne parlait de crime».

  • 31 mars 2020 à 22:04

Russie : le responsable de l'hôpital dédié aux patients atteints du Covid-19 testé positif

Dans la banlieue de Moscou, le docteur Denis Protsenko, responsable du principal hôpital traitant les malades du coronavirus a annoncé être infecté. C'est ce même hôpital qui avait accueilli Vladimir Poutine la semaine dernière. 

Très actif sur Facebook, le docteur Denis Protsenko a confirmé être malade mais qu'il présente pas de symptômes inquiétants cependant. «Oui, le test au CoV est positif, mais je me sens tout à fait bien. Je m'isole dans mon bureau où toutes les conditions existent pour le télétravail (...) Je pense que l'immunité que j'ai bâtie ce mois-ci fera son travail», a-t-il certifié.

Les médecins ont confirmé que Denis Protsenko était dans un état satisfaisant, rapporte l'agence Interfax. «L'état de Protsenko est normal, il est avec nous, à Kommunarka», ont indiqué les médecins.

Le 24 mars, Denis Protsenko avait accompagné le président Vladimir Poutine lors de sa visite à l'hôpital de Kommunarka. En conséquence, le secrétaire de presse du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux médias que l'échange du médecin avec Vladimir Poutine ne devrait susciter aucune source d'inquiétude. «Poutine est régulièrement testé. Tout est normal», a affirmé Dmitri Peskov, selon l'agence Interfax.

La semaine dernière, Vladimir Poutine s'est rendu dans cet hôpital où il a rencontré l'équipe médicale et a échangé avec le médecin-chef Denis Protsenko. Lors de cette visite le président russe était équipé d'une combinaison de protection et d'un masque.

Selon les dernières estimations, le nombre de personnes infectées par le coronavirus en Russie a augmenté de 500 au cours des dernières 24 heures, faisant la plus forte augmentation depuis le début de la pandémie. Désormais le pays compte 2337 cas confirmés, 17 personnes sont décédées par le coronavirus.

  • 31 mars 2020 à 21:02

Prison ferme pour le médecin qui a toussé sur des gendarmes en disant être atteint du coronavirus

Un médecin, âgé de 66 ans, a été condamné le 30 mars par le tribunal de Lille à trois ans de prison dont un an avec sursis pour avoir notamment toussé en présence de gendarmes, appris l'AFP de sources concordantes ce 31 mars. L'homme a été placé en détention à l'issue de l'audience, a indiqué à l'AFP le parquet de Lille. 

Le 28 mars, des gendarmes ont interpellé ce médecin exerçant dans un centre hospitalier de la métropole lilloise à son domicile pour des faits de «violences par conjoint», ont affirmé ces mêmes gendarmes à l'AFP. «Selon les dires de son épouse», cet homme «est en arrêt maladie suite à une suspicion de Covid-19», a rapporté le parquet. 

Lors du transport du mis en cause, l'homme, «équipé d’un masque et de gants par les gendarmes», est «parvenu à ôter son masque puis a toussé dans le véhicule où il se trouvait avec les militaires, déclarant qu’il avait le Covid et qu’ils allaient l’attraper», selon le parquet. 

«Il a toussé de manière exagérée en disant aux gendarmes savoir que cela leur faisait peur», ont précisé les gendarmes. 

«La garde à vue initiale pour violences conjugales s'est donc doublée d'une garde à vue pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique», ont-ils ajouté. Jugé en comparution immédiate le 30 mars, le médecin a également été condamné «à suivre des soins», et «à indemniser les parties civiles», selon le parquet. 

  • 31 mars 2020 à 20:44

L'hydroxychloroquine doit être utilisée sans restrictions, selon Philippe Douste-Blazy

C'est une parole qui pèse dans la crise actuelle : celle de Philippe Douste-Blazy, ex-cardiologue, ancien ministre de la Santé et secrétaire général adjoint des Nations unies de 2008 à 2017. Invité de La Grande Interview sur RT France, il a répondu aux questions de Magali Forestier concernant la gestion de la pandémie de coronavirus en France. 

On est dans une médecine de guerre, une médecine de catastrophe

Alors que le Covid-19 a fait plus de 3000 morts dans les hôpitaux français, selon le dernier bilan du 30 mars, et qu'une partie du monde médical critique les décisions du gouvernement, il a appelé à ne pas polémiquer inutilement : «On est dans une médecine de guerre, une médecine de catastrophe. Il y a des questions qu'on peut se poser maintenant et d'autres qu'on se posera plus tard.»

L'ancien ministre a tenu à saluer la qualité du système de santé français qui, selon lui, a permis de retarder le pic de l'épidémie et de limiter les pertes pour la population. Pour Philippe Douste-Blazy, il faut désormais penser à la manière de sortir du confinement et s'inspirer de certains pays. En Allemagne, le taux de létalité du virus est de 0,7%, un pourcentage bien inférieur à celui de la plupart des pays européens.

«Il faut savoir comment on va dépister après la fin du confinement», s'est interrogé Philippe Douste-Blazy. «Il faudra mettre à l'écart ceux qui sont infectés et faire énormément de tests. Des pays comme la Corée du Sud ou l'Allemagne ont fait ce choix et c'est comme cela qu'ils ont des taux de mortalité plus bas que chez nous», a-t-il ajouté.

La différence entre un confinement bien fait ou non, c'est des centaines de lits de réanimation à la sortie

En attendant, il a appelé à un respect strict des consignes du gouvernement : «Nous avons tout fait pour retarder le pic. La différence entre un confinement bien fait ou non, c'est des centaines de lits de réanimation à la sortie.»

Un appel à utiliser sans réserve l'hydroxychloroquine

Philippe Douste-Blazy a également pris une position sans ambiguité concernant la chloroquine et l'hydroxychloroquine, ces médicaments dont l'efficacité dans le traitement du Covid-19 est actuellement au coeur des débats entre scientifiques. Pour l'ancien ministre de la santé, le décret paru le 26 mars au Journal officiel est encore trop restrictif pour permettre une utilisation massive de ces molécules.

Il y a la possibilité de diminuer la charge virale des malades

«Je ne comprend pas pourquoi il n'y a pas un décret qui permettrait à tous les médecins français d'utiliser l'hydroxychloroquine. Il y a la possibilité de diminuer la charge virale des malades. L'hydroxychloroquine permet de la diminuer drastiquement au bout de huit jours. Je demande à ce que le décret soit révisé pour permettre son utilisation sans restrictions. Cela fait 50 ans qu'on sait que ce médicament est inoffensif sauf pour les personnes âgées avec des troubles du rythme cardiaque», a-t-il fait valoir.

L'hydroxychoroquine a été mise sur le devant de la scène par le virologue Didier Raoult, chef de l’Institut hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection, pour qui le traitement a déjà prouvé son efficacité. Critiqué par certains médecins qui lui reprochent des études peu rigoureuses, le professeur a annoncé le 27 mars la publication de nouvelles données censées démontrer, selon lui, la «pertinence de l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine» dans le traitement du Covid-19.

Parmi les spécialistes sceptiques figure Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Il s'est exprimé sur l'antenne de RT France 

Comprendre que dame nature est beaucoup plus forte que nous

De son côté, Philippe Douste-Blazy a déclaré espérer que cette crise permettra de faire comprendre au gouvernement la nécessité de ne plus prendre à la légère les revendications du monde médical : «Il faudra arrêter de dire que le ministre de la Santé ne sert qu'à demander de l'argent. J'espère qu'il sera écouté lorsqu'il demandera des équipements hospitaliers.» Avant de conclure par un appel à l'humilité : «L'après coronavirus arrivera quand l'humanité sera immunisée et que ce virus ne fera plus peur, comme le virus de la grippe. Et c'est surtout comprendre que dame nature est beaucoup plus forte que nous.»

La pandémie de coronavirus a fait, pour l'heure, près de 33 000 morts à travers le monde.

  • 31 mars 2020 à 20:12

L’Europe livre du matériel médical à l'Iran en contournant les sanctions grâce au mécanisme Instex

L’Europe a activé pour la première fois le mécanisme de troc Instex pour livrer du matériel médical à l'Iran, lourdement frappé par le Covid-19 sans s'exposer aux sanctions américaines, ont annoncé le 31 mars Berlin et Paris. «La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni confirment qu'Instex a mené avec succès sa première transaction et permis ainsi l'exportation de matériel médical d'Europe vers l'Iran», a déclaré le ministère allemand des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Instex va travailler sur d'autres transactions» avec l'Iran et «continuer de développer ce mécanisme», a ajouté la diplomatie allemande sans plus de précisions.

Téhéran a signalé, le 14 mars, avoir reçu des équipements médicaux ou une aide financière de nombreux pays dont l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne et salué les «amis» dans l'épreuve. La pandémie de coronavirus touche désormais selon les chiffres officiels du pays plus de 40 000 personnes et a fait 2 757 morts en Iran. 

Du matériel non lié à l'épidémie de Covid-19

Le matériel livré via Instex n'est pas lié au Covid-19, a toutefois précisé une source européenne, en notant que la transaction était dans les tuyaux depuis décembre, soit avant la propagation du coronavirus. L'identité des fournisseurs n'a pas, à leur demande, été dévoilée la nature exacte du type de biens fournis.

L'économie iranienne pâtit fortement des sanctions édictées par Washington, qui peuvent frapper toute banque ou entreprise commerçant avec Téhéran, y compris non américaine, dès lors qu'elle opère en dollars ou exerce des activités aux Etats-Unis.

L'#Europe 🇪🇺 propose des pistes pour continuer à commercer avec l'#Iran 🇮🇷#international#economie#UE#EtatsUnis

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Instex a pour but d'encourager le commerce de biens non sanctionnés, notamment les produits pharmaceutiques, dans lequel les entreprises hésitent aussi à s'aventurer, par peur de se retrouver dans le viseur américain. Il exclut en revanche les exportations de pétrole, première source de revenus de l'Iran, qui restent frappées d'interdit par Washington.

Une lente mise en place du système

Ce mécanisme a été créé par Paris, Berlin et Londres, cosignataires de l'accord sur le nucléaire iranien, en réponse à la sortie fracassante des Etats-Unis de ce texte, en mai 2018, et la réintroduction de lourdes sanctions américaines contre l'Iran. Il fonctionne comme une chambre de compensation et permet à des entreprises occidentales de commercer avec l'Iran sans s'exposer aux foudres des sanctions américaines.

Créé en janvier 2019, ce mécanisme a tardé à se concrétiser, les Européens et l'Iran se renvoyant la responsabilité de ce retard. Paris, Berlin et Londres espèrent que le processus est désormais sur les rails et que d'autres transactions seront possibles, moyennant liquidités, relève la source européenne.

L'Iran reproche de son côté aux Européens de ne pas assez compenser le manque à gagner induit par les sanctions américaines sur son économie, et veut recommencer à exporter du pétrole sans entraves. Faute de contreparties, Téhéran a commencé à se désengager en 2019 de l'accord de Vienne qui visait à l'empêcher d'accéder à l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions occidentales, et de sa sortie de l'isolement politique et économique.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a aussi tiré la sonnette d'alarme le 3 mars, reprochant à l'Iran son manque de transparence sur ses activités nucléaires, et l'impossibilité d'accéder à deux sites suspects. Les Européens ont pour leur part levé leurs sanctions, a rappelé Paris, en exhortant l'Iran «à revenir au respect de ses obligations nucléaires» et à «coopérer pleinement avec l'AIEA».

  • 31 mars 2020 à 19:25

Manque de «collaboration européenne» : des hôpitaux interpellent leurs gouvernements respectifs

Face à la pandémie du coronavirus, les coopérations internationales sur le plan médical peuvent se révéler compliquées, à l'image de la situation de crise sanitaire qui frappe actuellement le Vieux continent. Comme le rapporte le journal Le Monde ce 31 mars, neuf des plus grands établissements hospitaliers d’Europe ont ainsi décidé d'écrire une lettre à leurs gouvernements respectifs.

Pas assez de collaboration européenne sur le plan médical

Les établissements médicaux à l'initiative du texte entendent alerter leurs pays sur les difficultés d'approvisionnement en termes de «médicaments essentiels pour traiter les patients atteints du Covid-19».

«A ce rythme de consommation, les stocks des hôpitaux les plus touchés seront vides dans quelques jours et dans deux semaines pour ceux qui disposent de stocks plus importants», peut-on lire dans le texte cité par Le Monde. «Les hôpitaux seront bientôt à court [...] Faute d’une collaboration européenne pour garantir un approvisionnement continu en médicaments, ils risquent de ne plus pouvoir fournir des soins intensifs adéquats d’ici une à deux semaines», précise encore la lettre.

En France, le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, qui fait partie des signataires de la lettre, s'est inquiété de la situation. «Je crains qu’il n’y ait pas beaucoup d’anticipation sur ces questions d’approvisionnement. Or c’est vital», a ainsi déclaré Rémi Salomon cité par Le Monde.

Face aux risques de rupture totale des stocks, de nouvelles recommandations ont été transmises, le 27 mars, aux médecins. Elles visent notamment à économiser les médicaments de réanimation, en diminuant les doses et la durée d’utilisation.

Ce cri d'alerte sur la nécessité d'une coopération médicale européenne accrue n'est pas sans rappeler les difficultés rencontrées au sein de l'Union européenne en termes d'actions coordonnées face au virus, comme en témoignent certains épisodes de tension, à l'image d'un récent détournement d'aide humanitaire entre Etats membres.

De part et d'autre du globe, la crise sanitaire continue d'éprouver des systèmes de santé nationaux dont les capacités d'accueil varient selon les pays. Dans ce contexte, certains Etats ont commencé à exporter leur savoir-faire médical dans le cadre de coopérations internationales, pour venir en aide à des systèmes de santé à bout de souffle.

  • 31 mars 2020 à 18:58

Confinement et scolarité : entre 5 et 8% d'élèves «perdus», estime Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer a estimé, ce 31 mars, qu'«entre 5 et 8% des élèves» ont été «perdus» par leurs professeurs, qui ne peuvent pas les joindre pour assurer la «continuité pédagogique» souhaitée deux semaines après la fermeture des écoles pour lutter contre le coronavirus.

«Il y a un grand risque» que la situation actuelle «creuse les inégalités», a reconnu le ministre de l'Education nationale sur CNews, entre les familles qui ont la possibilité de faire la classe à la maison et les autres.

Quels dispositifs pour «aller chercher ces élèves» ? 

Pour y remédier, il a détaillé plusieurs dispositifs qui doivent permettre d'«aller chercher des élèves».

Un accord a notamment été passé avec La Poste, qui «va permettre à chaque professeur d'envoyer, à partir de son ordinateur, un document imprimé à un élève qui n'a pas d'équipement numérique ou qu'il n'a pas réussi à joindre autrement», a-t-il détaillé.

Par ailleurs, des tablettes peuvent être distribuées par des collectivités locales ou des associations aux familles qui n'ont pas d'équipement informatique, a rappelé le ministre.

En attendant, il a aussi évoqué un dispositif de soutien scolaire gratuit à distance pendant les vacances de Pâques, qui commencent le week-end prochain pour la première zone.

Depuis le début du confinement, c'est aux parents que revient la charge d'assurer la «continuité scolaire» voulue par le ministère. Interrogé par RT France, Mehdi père de la petite Romane, déclare avoir dû apprendre un rôle qui n'est normalement pas le sien, en coopération avec les professeurs qui communiquent chaque jour un programme à suivre à la lettre. 

  • 31 mars 2020 à 18:30

Une usine française capable de produire 100 millions de masques par an a été fermée en 2018

Alors que la polémique sur l'impréparation du gouvernement devant la crise du Covid-19 se poursuit, l'histoire d'une usine bretonne de confection de masques fermée en 2018 est remontée à la surface, symbole de la désindustrialisation française. 

Situé à Plaintel, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), l'usine Spérian, rachetée en 2010 par l'américain Honeywell, pouvait, avant sa fermeture définitive en octobre 2018, produire 100 millions de masques par an sur des machines fabriquant 4 000 masques à l’heure.

«Les sections syndicales CGT et CFDT de l’usine de Plaintel avaient à l’époque, lancé un cri d’alarme pour empêcher la fermeture du site et la destruction de leur outil de production [...] Elles s’étaient même adressées au Président de la République Emmanuel Macron et au Ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais ces derniers ce sont contentés d’accuser réception de leurs courriers mais se sont bien gardés d’intervenir», a dénoncé le 26 mars un communiqué de Solidaires Côtes-d'Armor sur Facebook. 

L'entreprise spécialisée a bénéficié d'une commande de 200 millions de masques par l'Etat dans le cadre de la créations de stocks stratégiques après la crise du virus H1N1 en 2009, rappelle France 3 Bretagne. Ces commandes lui ont permis d'acheter de nouvelles machines et de recruter jusqu'à 280 salariés. 

Avec le changement de stratégie de l'Etat en 2011, l'entreprise s'est retrouvée en forte difficulté financière et a enchaîné quatre plans sociaux jusqu'à la fermeture de son site à Plaintel et la délocalisation d'une partie de la production en Tunisie. Quant aux machines, encore récentes, elles ont été pour la plupart détruites sur ordre du propriétaire américain de l'usine. 

«Solidaires propose également que le site industriel de fabrication de masques de protection sanitaire de Plaintel soit récréé en urgence sous un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) ou sous la forme d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOOP)», a réclamé Solidaires dans son communiqué du 26 mars. 

Plus d'un milliard de masques commandés à l'étranger 

Pris de cours par l'épidémie de Covid-19, l'Etat rencontre de fortes difficultés à répondre à la demande de masques : environ 40 millions par semaine pour une capacité de production nationale de 8 millions.

Je veux que d'ici la fin de l'année nous ayons obtenu cette indépendance pleine et entière 

«Je peux vous annoncer un chiffre qui dépasse désormais le milliard [de masques commandés à l'étranger]», a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre Edouard Philippe le 28 mars. Deux jours plus tard, un premier avion en provenance de Chine a débarqué 8,5 millions de masques médicaux en région parisienne dans le cadre du pont aérien mis en place entre la Chine et la France. 

«Fin avril nous serons à plus de 10 millions» de masques fabriqués en France et «nous continuerons cet effort», a déclaré Emmanuel Macron ce 31 mars depuis l'usine de masques de la PME Kolmi-Hopen en périphérie d'Angers (Maine-et-Loire). «Je veux que d'ici la fin de l'année nous ayons obtenu cette indépendance pleine et entière», a-t-il déclaré à cette occasion par ailleurs.

  • 31 mars 2020 à 17:50

Afghanistan : une attaque des Taliban tue une vingtaine de policiers et miliciens

Une vingtaine de policiers, soldats et miliciens pro-gouvernementaux ont été tués lors de deux assauts lancés par des Taliban, ont indiqué le 30 mars des responsables, alors que Kaboul et les insurgés se préparent à des discussions inédites afin de définir l'avenir du pays en guerre depuis 40 ans.

Dans la province de Takhar, dans le nord-est du pays, «les Taliban ont attaqué plusieurs postes de police et la maison du chef de police du district», a déclaré à l'AFP Khalil Assir, le chef de la police de la province. Six soldats ainsi que 13 policiers et miliciens anti-gouvernementaux ont été tués dans l'assaut qui a duré cinq heures, a-t-il précisé.

Un mariage était en cours dans la maison du chef des forces de l'ordre mais «la police l'a bravement défendue et empêché les Taliban d'atteindre la célébration», en tuant certains, a ajouté Khalil Assir. Selon Mohammad Azam Afzali, un membre du conseil de la province, les combats ont duré au moins 7 heures, et 17 policiers et miliciens ont été tués par les insurgés, qui ont capturé plusieurs avant-postes. 

Les Taliban n'ont pas encore officiellement réagi. 

Le 29 mars, six soldats ont été tués dans une autre attaque des rebelles, contre un poste de l'armée afghane dans la province de Zaboul (sud), selon un communiqué du ministère de la Défense. Quatre personnes ont également été blessées lorsqu'une bombe, attachée à un véhicule, a explosé à Kaboul le 30 au matin, selon le ministère de l'Intérieur. L'attaque n'a pas été revendiquée pour l'instant.

Négociations compromises

Ces violences interviennent alors que les tractations se poursuivent en vue de démarrer des négociations entre le gouvernement afghan et les Taliban. 

Ceux-ci ont accepté de discuter avec Kaboul dans un accord signé avec les Etats-Unis à Doha (Qatar) le 29 février, mais ce dialogue, censé débuter à Oslo (Norvège) le 10 mars, a été retardé par des désaccords, notamment au sujet d'un échange de prisonniers et de la composition de l'équipe de négociateurs proposée par le gouvernement afghan. 

Aucune nouvelle date d'ouverture de ces négociations inter-afghanes n'a été annoncée. 

La semaine précédente, des responsables du gouvernement afghan avaient annoncé qu'une rencontre avec les Taliban, afin de discuter de l'échange de prisonniers, devait avoir lieu «dans les prochains jours».

  • 31 mars 2020 à 17:19
À partir d’avant-hierRT en français

Le Parlement hongrois octroie des pouvoirs élargis à Viktor Orban pour lutter contre le Covid-19

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a obtenu à une très large majorité le 30 mars l'aval du Parlement – dominé par son parti, le Fidesz et ses alliés – pour légiférer par ordonnances dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le président Janos Ader (Fidesz), a signé cette loi sur l'état d'urgence dans le pays pour une durée indéterminée, déclarant qu'elle était conforme aux traités internationaux et à la Constitution hongroise. 

Les nouvelles dispositions permettent ainsi au dirigeant hongrois de prolonger indéfiniment l'état d'urgence, en vigueur depuis le 11 mars, sans demander l'aval du Parlement. Aucune élection ne peut par ailleurs se tenir dans ce contexte. Le gouvernement peut également «suspendre l'utilisation de certaines lois par décret [...] et introduire d'autres mesures extraordinaires» par ordonnances gouvernementales, dans le but de garantir «santé, sécurité personnelle et matérielle des citoyens, ainsi que l'économie».

La loi instaure en outre jusqu'à cinq ans de prison pour la diffusion de «fausses nouvelles» concernant le virus ou les mesures du gouvernement. Ce dernier point n'est pas sans susciter certaines inquiétudes : «La liberté de la presse pourrait être victime du coronavirus», a ainsi déclaré auprès de Reuters Miklos Hargitai, président de l'Association nationale des journalistes hongrois (MUOSZ). Qualifiée de «coup d'Etat», ou de «cap vers la dictature», par des élus d'opposition, la mesure est défendue par la majorité et l'exécutif comme n'étant destinée qu'à lutter contre l'épidémie de Covid-19, qui a fait 15 morts dans le pays.

A la fin de la période d'urgence, toutes les compétences du Parlement seront entièrement rétablies

«C'est une autorisation limitée à la fois dans le temps et dans sa portée [...] liée au coronavirus, et vous pleurez à la dictature», s'est agacé le député de la majorité Bence Retvari, s'adressant à l'opposition avant le vote approuvée par 137 voix contre 53. Un porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, a insisté le 29 mars sur le fait que l'état d'urgence était limité dans le temps par le pouvoir de révocation dont dispose encore le Parlement, et par la pandémie elle-même, qui «se terminera un jour».

«A la fin de la période d'urgence, toutes les compétences du Parlement seront entièrement rétablies», a assuré de son côté Viktor Orban après le vote, balayant le spectre d'une prolongation indéfinie des pleins pouvoirs de facto en vigueur.

Inquiétudes d'ONG et d'institutions internationales

Plusieurs organisations internationales ont rapidement réagi à l'adoption de cette loi : Amnesty International s'est indigné d'une «carte blanche à la restriction des droits humains», alors que le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a de son côté déclaré que la Commission européenne «[évaluait] les mesures d'urgence prises par les Etats membres en matière de droits fondamentaux». C'est «particulièrement le cas pour la loi votée aujourd'hui», a-t-il écrit sur Twitter le 30 mars. 

🇪🇺 @EU_Commission evaluates the emergency measures taken by Member States with regard to fundamental rights. This is particularly the case for the law passed today in #Hungary concerning the state of emergency and new criminal penalties for the dissemination of false information.

— didier reynders (@dreynders) March 30, 2020

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'était déjà inquiété la semaine précédente de l'évolution de la situation en Hongrie, tout comme le Conseil de l'Europe, le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias et neuf organisations de défense de la presse. 

  • 31 mars 2020 à 08:40

«Insuffisance des moyens» : le Conseil d'Etat saisi par une «coalition inédite» du monde médical

Plusieurs syndicats et collectifs du milieu médical (Collectif Inter Hôpitaux, Collectif Inter Urgence, Syndicat CNI, Act'Up Paris, Association de défense des libertés constitutionnelles, Observatoire de transparence dans la politique du médicament) annoncent dans un communiqué publié le 30 mars saisir le Conseil d'Etat avec une requête en «référé mesures utiles», pour demander des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments.

Une démarche annoncée deux jours après le rejet par la même institution de plusieurs recours déjà déposés par des syndicats de soignants contre le gouvernement français.

🔴COVID-19: Une coalition inédite, @actupparis, ADELICO, @CollectInterHop, @InterUrg, @CniSyndicat & @OTMeds, saisit aujourd'hui le Conseil d'État pour demander, au nom du droit à la dignité humaine, des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments🔴⬇️ pic.twitter.com/AO85FHEgq5

— COLLECTIF INTER-HOPITAUX (@CollectInterHop) March 30, 2020

A l'initiative de la démarche, la «coalition inédite» déplore dans son texte «l’insuffisance des moyens disponibles sur le terrain» pour lutter contre le CoviD-19, ainsi listés : «masques, tests, équipements, médicaments essentiels pour assurer la prise en charge des personnes malades, y compris des médicaments de réanimation et de soins palliatifs nécessaires pour assurer la dignité des personnes.»

Le gouvernement est épinglé à plusieurs reprises pour ne pas avoir pris «les mesures fortes» destinées à appuyer le corps médical face à la pandémie.

Les organisations signataires du communiqué estiment par exemple qu'il est «indispensable de mettre en place des mesures pour que la production industrielle s'adapte à la "guerre sanitaire" déclarée, et donne aux hôpitaux les moyens d’effectuer  leurs missions dans des conditions nécessaires en termes de sécurité pour les patients et les soignants». En outre, les auteurs du texte déplorent le fait que «les personnels étaient déjà en nombre insuffisant avant la crise, ce qui avait conduit à fermer de très nombreux lits, aujourd’hui rouverts en catastrophe devant l’urgence et la gravité de la situation».

«Aujourd’hui, compte-tenu de l’extrême urgence de la situation, seules des actions fortes comme des réquisitions, prises sans tarder, pourraient permettre d’éviter un drame et un scandale sanitaire majeur à notre pays», conclut le communiqué.

Selon le dernier bilan officiel, daté du 30 mars au soir, 3 024 personnes ont perdu la vie en France des suites du coronavirus. Le nombre total de personnes hospitalisées est désormais proche de 21 000 dont un très fort afflux de cas lourds en réanimation, où se trouvent à ce jour 5 056 patients.

  • 31 mars 2020 à 07:34

La Russie entame une semaine chômée pour lutter contre l'épidémie de Covid-19

Lors de son allocution télévisée du 25 mars, Vladimir Poutine avait annoncé une semaine chômée du 28 mars au 5 avril afin de freiner la propagation du coronavirus en Russie, sans toutefois ordonner à ce stade le confinement de la population.

Dans le sillage de ces recommandations, un régime «d’auto-confinement obligatoire» a été introduit le 30 mars à Moscou et dans sa région. Désormais, les Moscovites sont autorisés à sortir de chez eux uniquement pour se rendre au travail, en cas d'urgence médicale, pour aller au supermarché ou à la pharmacie les plus proches, afin de promener leurs animaux domestiques à une distance n'excédant pas 100 mètres du domicile ou encore pour sortir les poubelles. Il est également recommandé de respecter la distance de sécurité de 1,5 à 2 mètres. Néanmoins, les nouvelles règles ne restreignent pas la circulation des moyens de transport privés ou publics : les autorités soulignent que le régime d'auto-confinement ne limite pas le droit des citoyens de se rendre à Moscou ou de quitter la ville. Ce lundi 30 mars, le centre-ville de Moscou était quasi-déserté par les piétons, même si beaucoup de voitures circulaient encore.

Dans une optique de lutte contre le Covid-19, de nombreux commerces non-essentiels, restaurants, salles de sport, salons de coiffures et parcs les plus fréquentés avaient été fermés dès la fin de la semaine dernière. Outre Moscou et ses environs, au moins sept autres régions, en Russie européenne comme en Sibérie, ont annoncé qu'elles suivraient dans les heures et jours à venir l'exemple moscovite.

Les Russes respecteront-ils les mesures annoncées par le gouvernement ? Selon une enquête publiée sur le site officiel dédié à la lutte contre le coronavirus en Russie, la situation est plutôt rassurante : la plupart des Russes sont prudents et ne quittent leur domicile qu'en cas de nécessité absolue, et respectent les mesures de confinement liées au Covid-19. Une étude réalisée du 29 au 30 mars sur les pages officielles du site sur Viber (plus de 322 000 personnes sondées) et Telegram (plus de 7000) montre que près d’un quart des sondés ne quittent pas leur domicile (21% des répondants Viber et 25% Telegram), plus de la moitié ne le faisant qu'en cas de nécessité (65% des répondants Telegram et 68% Viber). Seules 7% de personnes interrogées sur Telegram (et 8% sur Viber) ont admis mener leur mode de vie habituel, mais disent avoir commencé à être plus attentifs à l'hygiène – ils se lavent régulièrement les mains et portent des masques dans les lieux publics. Un petit nombre de sondés (3% sur Telegram et 2% sur Viber) ont déclaré ne respecter aucune règle.

Toutefois, la semaine dernière, séduits par le beau temps qui régnait sur la partie centrale du pays, de nombreux Russes ont bravé les recommandations sanitaires pour se livrer à des activités de plein air, promenades en famille ou encore barbecue dans la nature, sans respecter les consignes de distanciation sociale.

Par ailleurs, le gouverneur du territoire de Krasnodar (sud de la Russie) Veniamine Kondratiev a déclaré sur sa page Instagram qu'après le discours de Poutine et la mise en place d’une semaine chômée, la région avait constaté une hausse des réservations de chambres d'hôtel. «Nous constatons que littéralement un jour après l'appel du chef de l'État, les réservations d'hôtels sur notre côte ont augmenté de façon spectaculaire, en particulier à Sotchi», a-t-il affirmé.

Aujourd’hui, le vice-président du Conseil de sécurité de Russie Dmitri Medvedev s’est adressé à la population pour rappeler le danger lié à la propagation du coronavirus. Selon lui, la pandémie du Covid-19 menace toute l'humanité, et un scénario défavorable de propagation du coronavirus nécessiterait des mesures plus strictes. Pour éviter cela, il a appelé les Russes à écouter le président et à faire preuve de discipline.

C'était ensuite au tour du président Vladimir Poutine d'exhorter les Moscovites à «prendre avec le plus grand sérieux et avec une totale responsabilité» ces mesures «justifiées et nécessaires», lors d'une réunion par visioconférence ce lundi. Il a par ailleurs demandé aux autorités des différentes régions russes d'agir résolument contre la propagation du virus et de ne pas se contenter «de bouts de papiers et de rapports».

Des experts appellent à des mesures plus strictes

Alarmés par la propagation de la pandémie de Covid-19, plusieurs économistes russes ont exigé des mesures plus strictes dans toute la Russie. La déclaration a été publiée le 26 mars sur Facebook par Konstantin Sonine, professeur à l'Université de Chicago et à l'EHESE. Les signataires du message estiment qu'au lieu d’une semaine chômée, proposée par Vladimir Poutine, il convient de mettre en place un confinement strict. Selon les économistes, les Russes percevront la semaine chômée comme des vacances, ce qui risque d'entraîner une recrudescence des infections. «Cette erreur a déjà été commise il y a un mois en Italie», indique le communiqué.

Plus tôt, le Premier ministre Mikhaïl Michoustine a souligné que la nécessité des mesures visant à lutter contre l'infection à coronavirus était «évidente pour tous ceux qui sont responsables de la situation». «Malheureusement, il y a des gens qui font preuve d'une frivolité rare - cela concerne la sécurité de tous et même leur propre santé», a-t-il ajouté lors d'une réunion du cabinet des ministres la semaine dernière.

Dans les prochains jours, les autorités de Moscou détermineront les sanctions frappant les contrevenants au régime d'auto-confinement et établiront également un mécanisme de délivrance de laissez-passer afin d’encadrer les déplacements de la population. Dans la capitale, le respect du confinement devrait être contrôlé grâce à un «système intelligent de surveillance», à savoir un réseau de caméras avec reconnaissance faciale, déjà utilisé pour surveiller les personnes placées en quarantaine chez elles.

Le nombre de personnes infectées par le virus en Russie a augmenté de 302 cas au cours des dernières 24 heures, pour s'élever désormais à 1836 personnes, dont plus de 1 200 à Moscou. Neuf personnes sont décédées en raison du virus.

  • 30 mars 2020 à 21:34

«Irresponsable» : un manifeste tacle Jair Bolsonaro pour sa gestion de la crise du coronavirus

«Ça suffit ! Bolsonaro est plus qu'un problème politique, il est devenu un problème de santé publique [...] Il devrait démissionner» : tels sont les mots que l'on peut lire dans un texte rédigé lundi 30 mars contre le chef d'Etat brésilien. Parmi les signataires figurent Fernando Haddad et Ciro Gomes, arrivés respectivement deuxième et troisième de la présidentielle d'octobre 2018.

En raison de son traitement de la crise du Covid-19, Jair Bolsonaro s'est mis à dos une grande partie des personnalités politiques du pays, à commencer par le parti de gauche. A l'instar de l'ancien président du pays, Luiz Inacio Lula da Silva, qui a accusé le gouvernement de «jouer avec la vie de millions de personnes».

Mais le président brésilien actuel ne l'entend pas de cette oreille. Dans sa dynamique de minimisation de la pandémie, il ne cesse de critiquer les mesures de confinement. Selon lui, les emplois détruits par de telles mesures pourraient entraîner le «chaos» en raison de leur impact économique. 

Le 29 mars, il est même allé à la rencontre de Brésiliens, au mépris des consignes de distanciation sociale. Le chef d'Etat avait déclaré qu'il fallait affronter le virus «comme un homme, pas comme un gamin», avant de lancer : «C'est la vie, on va tous mourir un jour.»

D'après le dernier bilan du ministère de la Santé, le Brésil, pays de 210 millions d'habitants, comptait 4 256 cas de coronavirus, dont 136 décès.

  • 30 mars 2020 à 20:33

L’Espagne et l’Italie réclament un «plan Marshall», la solidarité européenne mise en cause

Roberto Gualtieri, ministre italien de l’Economie, s’en est pris à la présidente de la Commission européenne pour ses déclarations concernant la politique de relance économique envisagée par Bruxelles face aux conséquences de la pandémie de Covid-19. 

Lors d’une conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres le 28 mars, il a ainsi déclaré : «Les paroles de la présidente de la Commission étaient une erreur et je regrette qu'elle les ait prononcées.»

La veille, Ursula van der Leyen avait émis des réserves sur la pertinence d’émettre des obligations pan-européennes au nom de la zone euro pour financer un plan de relance.

Rome s’était auparavant satisfait de la levée temporaire des contraintes budgétaires imposées par les traités. Mais le gouvernement du pays européen le plus touché par la pandémie (près de 100 000 cas et plus de 10 000 morts), qui vient d’annoncer un plan d’aide aux familles et aux entreprises d’environ 25 milliards d’euros, souhaite une aide européenne pour financer d’autres mesures en avril.

A Madrid, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a lui aussi exhorté, dimanche 29 mars, l’Union européenne à mettre en place un vaste programme d'investissement public de type «Plan Marshall».

Dans un discours cité par Reuters, il a estimé que l'Union européenne devait émettre des obligations pan-européennes – ou «coronabonds» – pour aider ses pays membres à répondre à la crise sanitaire et économique. Il a aussi salué les mesures prises jusque-là par la Banque centrale européenne (BCE).

«L'Europe peut faire et doit faire plus, et nous demandons à ce qu'elle fasse beaucoup plus dans un moment aussi critique», a-t-il cependant ajouté.

L’émission de coronabonds ou obligations pan-européennes au nom de la zone euro est désormais l’enjeu d’un débat qui divise les dirigeants européens. En milieu de semaine dernière, neuf d’entre eux, parmi lesquels Guiseppe Conte et Emmanuel Macron, ont adressé au président du Conseil, le Belge Charles Michel, une lettre lui demandant également d’intervenir pour favoriser l’émission de coronabonds.

Mais jusqu’à présent, cette proposition soutenue par Paris, Rome et Madrid, mais aussi Dublin et Luxembourg a rencontré l’opposition des capitales du nord de l’Europe (Allemagne, Autriche, et Finlande).

Dans une interview accordée au quotidien espagnol EL Pais, le président du conseil italien s’est largement expliqué sur cette question.

«Personne ne demande à l'Europe de reprendre des dettes souveraines», déclare-t-il, expliquant que ces coronabonds devraient être réservés à financer un large plan de sortie de crise. Pour Giuseppe Conte : «Le problème n'est pas de sortir de la crise, mais de le faire le plus tôt possible.»

Il en va selon lui de la crédibilité des institutions européennes. «Si l'UE ne respecte pas sa vocation et son rôle dans cette situation historique, continuera-t-elle d’avoir la confiance des citoyens ou la perdra-t-elle définitivement?», s'interroge également Giuseppe Conte.

  • 30 mars 2020 à 20:25

Déjà 15 000 lettres envoyées aux personnes âgées isolées en Ehpad via le site «1 lettre 1 sourire»

Alors qu'un profond malaise traverse le milieu des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, plus connus sous l'acronyme Ehpad, une bande de dix cousins a travaillé afin de mettre en place un site internet permettant aux Français d'écrire des lettres aux personnes âgées coupées du monde depuis le début du confinement.

On en est déjà à 15 000 lettres reçues

«De l'amour en quelques clics. Envoyez des lettres aux personnes isolées», peut-on lire en page d'accueil du site «1 lettre 1 sourire». Contactée par nos soins ce 30 mars, Mathilde, étudiante de 21 ans, fait partie des dix personnes à l'origine du projet. «On en est déjà à 15 000 lettres reçues», nous explique-t-elle, quelques jours seulement après une mise à jour du site avec l'aide de l'association Tous au Web.

Déjà 15 000 lettres envoyées aux personnes âgées isolées en Ehpad via le site «1 lettre 1 sourire»© 1lettre1sourire.org
«De l'amour en quelques clics», le slogan disponible sur le site 1 lettre 1 sourire.

Une initiative familiale

Fille du directeur des régions Nord et Île-de-France de la fondation Partage et vie, spécialisée dans la lutte contre les exclusions sociales liées aux situations de dépendance, Mathilde explique que l'équipe familiale a dans un premier temps contacté des établissements via l'institution de son père. «Des Ehpad se sont passé le mot et des établissements nous ont ensuite contactés via Facebook», confie-t-elle avant d'expliquer que près de 150 établissements participaient désormais au projet.

«Dès l'annonce du confinement, mon père nous avait encouragés à écrire aux personnes isolées [...] C'est à ce moment qu'avec mes cousins, on s'est mis en tête de rendre la démarche accessible à tous», raconte Mathilde.

De fait, le projet familial a d'abord réuni dix cousins autour de l'initiative. «On a de 13 à 24 ans», s'amuse Mathilde, selon qui chacun contribue selon ses capacités. «Aujourd'hui, le site fonctionne avec la contribution de personnes supplémentaires, qu'on mentionne dans l'onglet "les copains qui aident"», explique-t-elle encore.

c'était un magnifique cadeau de voir leur sourire à nouveau sur leur visage

«Hier, nous avons distribué certaines de vos lettres à nos résidents. Si vous saviez le bonheur qu'ils ont exprimé, eux qui sont confinés en chambre depuis deux semaines ! C'était merveilleux vraiment ! Je tenais donc à vous remercier pour votre travail, c'était un magnifique cadeau de voir leur sourire à nouveau sur leur visage», peut-on lire dans le témoignage d'une psychologue clinicienne en Ehpad dans les Yvelines, que Mathilde nous a fait parvenir. 

Une initiative qui pourrait perdurer après la crise sanitaire en cours, envisage Mathilde, qui ne s'interdit pas pour l'heure de prévoir de potentielles évolutions du projet, comme par exemple l'élargissement des destinataires à d'autres profils en situation de dépendance.

Pour l'heure, le Covid-19 fait des ravages dans les Ehpad. Le personnel soignant tente de faire face à l'épidémie malgré l'absence de véritables moyens. Beaucoup dénoncent aujourd'hui le manque d'anticipation du gouvernement.

  • 30 mars 2020 à 19:59

Covid-19 : Interpol recommande aux agents de porter un masque, les policiers français enragent

Avec ou sans masque ? La crise sanitaire du Covid-19 frappe la France de plein fouet et les forces de l'ordre s'inquiètent, depuis de longues semaines, des conditions sanitaires dans lesquelles elles doivent exercer.

Alors que de nombreux policiers anonymes, associatifs et syndicalistes ont fait savoir leurs points de désaccord avec l'administration, notamment par voie de presse et en suggérant dans des tracts à leurs collègues de ne plus procéder aux contrôles de confinement, c'est l'organisme international de lutte contre la criminalité, Interpol, qui met à nouveau le feu aux poudres entre les policiers nationaux français et la place Beauvau avec la publication d'une brochure le 26 mars qui préconise le port des équipements de protection individuelle dans la situation actuelle.

Porter gants, lunettes de protection et masque facial jetable en cas de contact rapproché avec une foule

En première page de la brochure figure un masque, puis en page 6 : «Compte tenu du mode de transmission de la maladie, il peut être recommandé que les agents des services chargés de l’application de la loi au contact de la population portent un masque et/ou des gants si ceux-ci sont disponibles.» Le document se poursuit, page 10, avec cette recommandation supplémentaire : «Porter un EPI [équipement de protection individuelle] (s’il est disponible) comprenant des gants, des lunettes de protection et un masque facial jetable en cas de contact rapproché avec une foule.»

Covid-19 : Interpol recommande aux agents de porter un masque, les policiers français enragent
Capture d'écran du fascicule d'Interpol sur le Covid-19.

Les effectifs de la police nationale ont été priés de retirer leurs masques de protection à plusieurs reprises au cours des dernières semaines lors des contrôles de confinement, à la fois dans des notes internes (e-mails, affiches dans les services) et sur les ondes radio

Selon des communications contradictoires des directeurs départementaux de la sécurité publique, du directeur général de la police nationale, du directeur central de la sécurité publique ou de la direction centrale des CRS, d'une semaine à l'autre, le port est parfois toléré voire encouragé dans certaines situations, mais proscrit dans d'autres... La haute hiérarchie semble avoir du mal à s'accorder sur ce point.

La moutarde monte au nez des gardiens de la paix

Le paradoxe n'a donc pas échappé aux organisations syndicales, à l'instar de l'Unsa-Police, qui s'est indigné dans un communiqué le 29 mars : «Cette recommandation n’est pas appliquée en France, le ministère de l'Intérieur préconisant le port des masques uniquement en cas de contact avec un individu "qui présente des symptômes de la maladie."»

Covid-19 : Interpol recommande aux agents de porter un masque, les policiers français enragent

Et de dénoncer : «Les policiers ne sont pas médecins et ne peuvent pas juger de l'état de santé de la personne qu'ils vont contrôler ou interpeller, ces instructions sont anormales et honteuses, elles exposent quotidiennement le policier non protégé, donc ses proches, à une possible contamination.»

Plusieurs collectifs et syndicats ont déjà souligné le fait que les mesures visant à restreindre le port du masque de protection individuelle dans les rangs des forces de sécurité démontrait en réalité la pénurie de masques FFP2 dans en France. Ces masques devant même être réquisitionnés dans la police nationale pour aller alimenter les stocks des soignants, et ce malgré les assurances futures d'un réapprovisionnement pour les policiers en «masques chirurgicaux».

#Coronavirus - #Police : «L’inquiétude a fait place à la colère», rapporte Antoine Boitel, journaliste spécialisé dans les questions sécuritaires@AntoineLaBoitepic.twitter.com/tQdNOcr0SG

— RT France (@RTenfrancais) March 25, 2020

Le même problème a été rapporté à RT France par deux surveillantes pénitentiaires qui ont souligné le manque de masques et de gants en latex au sein de cette administration dépendant de la chancellerie. L'une d'entre elles, Guillemette, confinée pour suspicion de Covid-19, a également relaté à RT France les grandes difficultés qu'elle avait rencontrées, seulement pour bénéficier d'un dépistage : «Je suis confinée chez moi et mon mari aussi, du coup, parce qu'il travaille dans les forces de l'ordre, mais je ne sais même pas quand je vais pouvoir retourner travailler. J'ai des symptômes, mais pas de test ! Au CHU où je suis allée, ils ne procédaient au test que pour les soignants et notre administration, évidemment, n'a rien prévu pour nous.»

Un groupe de collectifs veut des suites judiciaires

La coupe est pleine également pour les associations de policiers en colère actuellement réunies en groupe inter-associatif de sept collectifs. L'UPNI a ainsi tweeté dès le 28 mars : «Masques de protection : les consignes éhontées du ministre de l'Intérieur et de son secrétaire d'Etat, contrariées par Interpol et son guide qui nous apporte des précisions claires, précises et surtout honnêtes !»

#Masquesdeprotection : les consignes éhontées du Ministre de l'Intérieur et de son secrétaire d'Etat, contrariées par #Interpol et son guide qui nous apporte des précisions claires, précises et surtout honnêtes ! #fdoendanger#COVID19france#interassos2020#clip#fdo#Policepic.twitter.com/wGt2W3Oz2J

— U.P.N.I Police (@UPNI_Police) March 28, 2020

Cette organisation inter-associative va même plus loin et a produit un communiqué particulièrement vindicatif à l'égard des administrations concernées et les menaçant de poursuites en justice pour obtenir des réparations à différents préjudices : premièrement, les associations estiment que leurs alertes sur le phénomène du suicide au sein des différentes forces n'ont pas été prises en compte par les autorités.

Rendez-vous au procès

Deuxièmement, les collectifs rassemblés jugent que leurs professions ont subi l'opprobre en raison des nombreuses opérations de maintien de l'ordre «mal organisées» face aux Gilets jaunes.

Enfin, ce communiqué qui promet «après la crise, on réglera les comptes !», dénonce «l'exposition sans protection des forces de l'ordre au virus qui frappe notre pays». L'inter-associative invite donc les uniformes victimes du Covid-19 à se manifester auprès des associations pour enclencher une procédure auprès des tribunaux pour obtenir réparation. Parmi les mots-clefs utilisés par les associations sur Twitter, on peut notamment voir apparaître les noms des ministres de la Justice et de l'Intérieur et la mention : «Rendez-vous au procès».

Communiqué Inter Assos#Covid_19#restezchezvous#urgencecovid19pic.twitter.com/8J5TvAMnI2

— Uniformes En Danger (@UniformesEn) March 30, 2020

Une de ces associations, Uniformes en danger, a par ailleurs fait savoir à RT France que pendant ce temps, elle faisait en sorte de fournir des masques aux soignants et aux forces de l'ordre dans la mesure de ces moyens financiers.

Droit de retrait : le syndicat VIGI veut mobiliser les CRS

Du côté des syndicats de police, l'organisation VIGI a souhaité récemment s'adresser aux Compagnies républicaines de sécurité (CRS) avec l'intervention de Laurent Nguyen.

Non seulement nos officiers ne doivent pas s'opposer au droit de retrait, mais ils doivent accompagner ceux qui veulent en faire usage

Ce membre d'une CRS du Sud-Est de la France, mais également délégué régional CRS zone Sud-Est pour ce syndicat, a déclaré dans une vidéo à propos des moyens de protection des fonctionnaires : «Pour tous les collègues en CRS, [...] il est vraiment temps de se prendre en main, parce que, visiblement, il n'y a personne qui soit capable de nous protéger. [...] Ceux qui nous envoient aujourd'hui au casse-pipe sans protection, demain, ce seront les mêmes qui nous enverront réprimer la colère sociale... parce que derrière la crise sanitaire, il y aura une crise économique et donc une crise sociale.»

Scandaleuse manipulation du Premier Ministre concernant les réquisitions de masques pour approvisionner les Entreprises au détriment des Services Publics désormais en concurence avec les acteurs privés! La Police en danger! https://t.co/cqPSSzHvSn@EPhilippePM@VIGI_MI

— VIGI MI CRS Sud Est (@VIGIMI_CRS_SE) March 30, 2020

Contacté par RT France, le CRS qui revendique son statut de syndicaliste «en tenue» par opposition aux syndicalistes d'autres formations «qui font la tournée des plateaux mais qui n'ont plus été sur le terrain depuis longtemps», a expliqué pourquoi il était temps, à son sens, de dénoncer les conditions dans lesquelles les CRS exercent leurs fonctions.

Interrogé à propos de son engagement syndical dans une institution parfois surnommée la «petite muette», le CRS assure sans tortiller : «Nous sommes totalement conditionnés pour ne pas parler mais les syndicats ne vont pas assez loin actuellement. Nous arrivons donc à un point où il devient difficile de ne pas être radical.»

Le policier explique ensuite qu'il se trouvait encore très récemment dans le plus grand cantonnement de France réservé aux CRS à Pondorly (Val-de-Marne), du 10 au 24 mars précisément, en pleine pandémie de Covid-19 en France. Une source policière avait déjà relaté la situation dans cet hôtel reconverti en cantonnement de CRS : le septième étage a été réservé récemment aux cas avérés de policiers infectés au Covid-19 et à ceux dont il était suspecté qu'ils soient positifs.

Ceux qui nous envoient au casse-pipe sans protection sont les mêmes qui nous enverront réprimer la colère sociale... parce qu'il y aura une crise sociale

Or Laurent Nguyen, lui, se trouvait à cet étage avant ces mesures, il s'est donc retrouvé avec les positifs, du jour au lendemain... Le fonctionnaire excédé rapporte des scènes étonnantes : «On les croisait dans le couloir à l'occasion, sans protection. Ils n'étaient pas testés, donc pas forcément officiellement positifs, sauf pour ceux qui avaient pu bénéficier d'un diagnostic médical au téléphone. Mais nous avons eu des CRS avec de grosses poussées de fièvre, certains se sont réveillés dans leur chambre n'importe comment, même sous l'armoire !»

A présent, le CRS militant voudrait susciter une réaction de la part de l'administration : «Nous aimerions bien avoir des réponses, des chiffres précis et des informations sur ce virus. Notre administration ne communique pas avec nous et nous en apprenons plus dans les médias.»

Le délégué VIGI pointe également une certaine fébrilité des institutions face à la crise sanitaire : «Dans tous les ministères, ils s'accrochent aux branches et c'est en train de partir à vau-l'eau, on le voit bien.»

Laurent Nguyen dénonce également un phénomène hiérarchique «pyramidal» : «C'est systémique, le problème. Nous le voyons tous les jours : les chefaillons disent que tout va bien à leurs chefs à eux, pour que tout le monde touche sa prime... Mais en haut, ils n'ont pas une vue réelle de la situation. Le système est verrouillé.»

Le CRS s'en amuse presque : «La police nationale règle tous ses problèmes à coups de "rubalise" [ruban de signalisation de la police]... A Nice pour l'Euro 2016, nous n'avions pas de dispositif bélier pour prévoir une attaque terroriste, alors on a mis du ruban... A Pondorly, j'ai retrouvé ce ruban qui tenait les cas suspects à l'écart des autres, on a mis du ruban partout. C'est ainsi quand on n'a pas les moyens en police nationale : un coup de rubalise. Les grands syndicats, eux, ils font des tracts, c'est un peu pareil... Nous, chez VIGI, nous invitons les policiers à faire usage de leur droit de retrait et nous allons même insister pour que les officiers accompagnent les fonctionnaires dans ce choix.»

Nous ne pouvons même pas respecter le confinement entre CRS... Allons-nous devoir nous verbaliser entre collègues ?

Laurent Nguyen insiste : «C'est le rôle des officiers de protéger l'intégrité physique et mentale de leurs subordonnés, c'est-à-dire nous les CRS par exemple. Cela figure en toutes lettres dans le code de la déontologie de la police à l'article R.434-6. Non seulement nos officiers ne doivent pas s'opposer au droit de retrait, mais ils doivent accompagner ceux qui veulent en faire usage. Les policiers qui vont tomber malades après les contrôles de confinement, ce ne sont pas des incidents, c'est systémique ! On peut très bien contrôler des asymptomatiques sans le savoir et tout cela sans protection !»

La maison police en concurrence avec le privé pour importer des masques ?

Le syndicaliste s'étonne également des modalités de réquisition de masques de protection : «Par un décret, le Premier ministre réquisitionne les masques le 3 mars, puis le décret est précisé le 13 mars... Ensuite, le 20 mars, personne n'en a parlé, mais un nouveau décret est venu autoriser les entreprises et les particuliers à commander des masques d'importation à nouveau... Cela signifie que l'administration se retrouve en concurrence avec les grandes entreprises pour en acquérir et équiper ses agents ! Pendant ce temps, le gouvernement continue en revanche de réquisitionner sur le territoire national, y compris dans les rangs de la police depuis le 25 mars ! Et derrière Laurent Nunez [secrétaire d'Etat à l'Intérieur] vient nier la pénurie et nous vendre sa soupe sur des masques chirurgicaux qui seraient bientôt disponibles mais qui ne protègent pas correctement les fonctionnaires !»

Dernier paradoxe soulevé par le CRS en colère : «Le pire, c'est qu'on nous demande de nous confiner, mais dans les cantonnements et dans les véhicules, on fait comment sans matériel de protection ? Nous ne pouvons même pas respecter ces conditions entre CRS... Allons-nous devoir nous verbaliser entre collègues ?», ironise-t-il.

Antoine Boitel

  • 30 mars 2020 à 19:54

Covid-19 : accusé d'«instrumentaliser» son aide, Pékin recadre un membre du gouvernement français

Le ton monte entre la Chine et la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Amélie de Montchalin. Ce dimanche 29 mars, la membre du gouvernement avait en effet accusé Pékin de faire «de la propagande, des belles images et parfois d'instrumentaliser» son aide internationale lors de l'émission Questions politiques de France Inter, du quotidien Le Monde et de France Télévisions.

Que souhaitent-ils ? Que la Chine reste les bras croisés face à cette grave épidémie ? 

La Chine, qui affirme avoir réussi à juguler l'épidémie sur son territoire, exporte désormais massivement du matériel médical aux pays en difficultés, dont la France. Néanmoins, la République populaire est accusée par certains critiques de vouloir mettre à profit l'aide qu'elle apporte, notamment à des pays européens, afin de vanter son modèle politique. Face à de telles accusations, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré lors d'une conférence de presse : «J'ai entendu plusieurs fois des Occidentaux mentionner le mot de propagande par rapport à la Chine. J'aimerais leur demander : à quoi font-ils exactement référence ?».

Mentionnant les employés dans les usines chinoises qui travaillent d'arrache-pied pour fournir aux pays en difficulté des fournitures de protection face au Covid-19, Hua Chunying estime que «leurs efforts doivent être respectés, et non dénigrés». 

J'ai envie de demander aux personnes qui tiennent des propos cyniques : que font-elles, elles, contre l'épidémie ? 

Hua Chunying va même plus loin, en dénonçant le manque d'implication de la secrétaire d'Etat dans la coopération internationale. «J'ai envie de demander aux personnes qui tiennent des propos cyniques: que font-elles, elles, contre l'épidémie ?», s'interroge-t-elle, ajoutant : «Nous espérons que la personne concernée, par ses paroles et ses actes, fera davantage pour la coopération internationale».

Une hostilité envers la Chine de plus en plus affichée 

Les relations diplomatiques se tendent entre l'empire du Milieu et différents représentants européens. Le 24 mars dernier, c'était le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, qui s'était agacé de la «bataille mondiale des narratifs» et «des luttes d'influence» en cours via la «distorsion» des faits et la «politique de générosité». Il rappelait que s'il y a aujourd'hui «des tentatives pour discréditer» l'Europe, en janvier, la crise n'était que chinoise, localisée dans le Hubei, «aggravée par la dissimulation d'informations cruciales par les responsables du parti chinois».

  • 30 mars 2020 à 19:47

Covid-19 : droits de la défense menacés ? Des avocats contre une adaptation de la procédure pénale

Les avocats du Barreau de Lyon sont en colère. Ils dénoncent les mesures prises pour adapter les règles de procédure pénale aux contraintes de l'épidémie de coronavirus.

Dans une lettre adressée le 27 mars à la ministre de la Justice Nicole Belloubet et rendue publique ce 30 mars, ils déplorent les dispositions de l'ordonnance du 25 mars «prises, une fois de plus, dans le cadre d'un arbitrage répressif au détriment des libertés individuelles des personnes et de l'exercice effectif des droits de la défense».

L'avocat rencontrera son client à distance

L'article 13 de l'ordonnance prévoit notamment qu'une personne gardée à vue ou entendue puisse s'entretenir avec un avocat, ou être assistée par lui, à distance, «par l'intermédiaire d'un moyen de communication électronique, y compris téléphonique, dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges.»

Selon le bâtonnier Serge Deygas, le barreau lyonnais ne participera pas à «des désignations d'avocats en garde à vue pour la tenue d'entretiens ou d'auditions dites "immatérielles" et qui ne respectent pas, à l'évidence, les droits élémentaires de la défense des mis en cause ou des victimes.»

Ces mesures d'exception pour la justice été adoptées dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. Pour la ministre de la Justice, elles sont destinées à «simplifier» les procédures et à permettre la libération de «5000 à 6000» détenus. 

  • 30 mars 2020 à 18:28

Un pharmacien parisien produit ses propres gels hydroalcooliques

Le risque d'une pénurie de gel hydroalcoolique en France a donné des idées à un pharmacien parisien. Dans le VIe arrondissement de la capitale, Fabien Bruno s'est lancé en pleine rue dans la fabrication de solution antibactérienne : près de 10 000 litres sont ainsi produits chaque jour et envoyés partout dans l'Hexagone.

Pour réaliser une telle prouesse, l'officine a obtenu l'autorisation de l'État : bidons d'alcool, caissons, cartons, pompes et tuyaux s'étalent sur une centaine de mètres, et ce tous les jours de la semaine. Une fois la nuit tombée, des projecteurs permettent également de poursuivre la production.

«Ce soir, 150 000 personnes en France auront un gel hydroalcoolique qui a été produit ici»

«Ce soir, 150 000 personnes en France auront un gel hydroalcoolique qui a été produit ici. Pour les pharmacies, les hôpitaux, les pompiers, les commerçants : tous ceux qui continuent de travailler peuvent se fournir ici», indique Fabien Bruno à RT France.

Cette initiative rejoint celle de l'entreprise Lemahieu, qui produit des masques de protection pour le CHU de Lille.

La France commande un milliard de masques à l'étranger

Mais ces productions artisanales ne peuvent suffire à fournir les quantités suffisantes de matériel de protection pour faire face à la pandémie. Le gouvernement français a ainsi commandé plus d'un milliard de masques à l'étranger, alors que la France en produit 8 millions par semaine et en consomme 40 millions. La Chine fait partie des pays qui fourniront ces protections.

«Un pont aérien étroit et intensif entre la France et la Chine a été mis en place de manière à faciliter les entrées des masques sur notre territoire», a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse en compagnie du Premier ministre, le 28 mars. 

Le journal Le Monde évoquait le 27 mars une opération de grande envergure élaborée par la France et la Chine. Selon le quotidien, la Chine devrait livrer à la France, par voie aérienne, plus de 600 millions de masques dont 74 millions de type FFP2, mais également du matériel médical plus lourd comme des appareils respiratoires, afin d’endiguer la pandémie de coronavirus.

Plusieurs grandes entreprises se réorientent vers la production de gel hydroalcoolique

Concernant la production de gel antibactérien, qui commence déjà à manquer, plusieurs grandes entreprises ont annoncé qu'elles mettaient leur capacité à contribution. LVMH va fabriquer «en grande quantité» du gel hydroalcoolique sur trois de ses sites de production français d’ordinaire consacrés à ses parfums et cosmétiques.

Le groupe de chimie Arkema a de son côté décidé de produire 20 tonnes de solution hydroalcoolique par semaine, tandis que le groupe Pernod Ricard a fait don de 70 000 litres d’alcool pur au laboratoire Cooper. Ce dernier est le premier fournisseur de gel hydroalcoolique en pharmacie. Leur collaboration permettra de produire l’équivalent d’environ 1,8 million de flacons individuels de 50 ml.

Au total, les industriels du secteur de la chimie ont indiqué qu’ils allaient s’organiser pour produire 100 000 litres de gel hydroalcoolique par jour.

  • 30 mars 2020 à 18:16

Coronavirus : «Le projet européen risque de sombrer», juge le commissaire européen à l'Economie

«Le projet européen risque de sombrer» : le constat était déjà partagé par plusieurs observateurs, mais cette fois, il provient de la bouche du commissaire européen à l'Economie. Sur la station Radio Capital ce 30 mars, l'Italien Paolo Gentiloni se montre inquiet quant à l'impact de la crise du coronavirus sur les institutions européennes : «Il est clair que si les divergences économiques entre pays européens augmentent et si la crise accroît les différences entre divers pays européens, au lieu de [les] diminuer [...], il sera très difficile de maintenir en l'état le projet européen.»

Solidarité européenne et prêche dans le désert

Et pour cause, la crise du Covid-19 a agi, au-delà d'un lourd bilan humain, comme le révélateur du manque criant d'unité entre les différents Etats-membres de l'Union européenne. Ainsi, l'Italie et l'Espagne, deux pays du sud du Vieux continent qui sont les plus gravement touchés par la pandémie, n'ont guère pu bénéficier de la solidarité pourtant régulièrement mise en avant dans les discours des tenants de la construction européenne.

Rome et Madrid, qui font partie des capitales réclamant la création de «coronabonds», un mécanisme permettant de mutualiser les dettes des pays de la zone euro «pour faire face aux dommages causés par le coronavirus», se sont encore récemment heurtés aux divergences d'intérêts entre Etats-membres. L'Allemagne et les Pays-Bas ont ainsi opposé une fin de non-recevoir catégorique à la demande adressée le 25 mars par ces deux pays et sept autres (dont la France) au président du Conseil européen Charles Michel.

«Emettre des euro-bonds, c'est traverser la frontière vers une union de transfert, une mutualisation des dettes, et nous ne voulons pas de cela», résumait le Premier ministre néerlandais Mark Rutte le 27 mars. Moins loquaces sur le sujet, les autorités allemandes s'opposent elles aussi catégoriquement au mécanisme, selon des sources officielles citées par Reuters sous couvert d'anonymat. 

Répondant au ministre néerlandais des Finances Wopke Hoekstra, qui s'enquérait de savoir pour quelle raison les finances de certains Etats n'étaient «pas en ordre», la ministre espagnole des Affaires étrangères (et de l'UE), Arancha Gonzalez, a prêché dans le désert : «Nous sommes tous sur le même bateau européen, nous avons heurté un iceberg inattendu [...] Ce n'est pas le moment de discuter pour savoir s'il y a des tickets de première ou de deuxième classe.»

Résultat de ces positions aux antipodes : le Sommet européen du 26 mars, organisé par vidéoconférence, s'est soldé par un flop, les 27 de l'UE ne parvenant qu'à se mettre d'accord sur la nécessité de trouver une riposte économique à la crise... sous 15 jours. 

Appels à l'aide

Face à ce blocage et confrontée à l'urgence de la pandémie, qui a fait plus de 10 000 décès dans le pays selon un décompte de l'AFP en date du 30 mars, l'Italie s'est tournée vers des pays comme la Russie, la Chine ou encore Cuba, qui lui ont fourni équipes médicales, matériel sanitaire ou encore expertise dans le domaine de la recherche. 

Spectatrice, l'Union européenne a néanmoins pu donner un coup de main en transférant à l'Italie l'aide... venue de Chine. D'autres initiatives tardives, comme ces 15 médecins polonais déployés en Italie pour y aider leurs collègues ce 30 mars, suffiront-elles à changer le sentiment d'amertume qui prédomine dans le pays à l'encontre de Bruxelles ?

L'Espagne, où le virus a déjà emporté 7 340 personnes à la date du 30 mars, s'est elle aussi tournée rapidement vers Pékin pour obtenir du matériel sanitaire, même si Madrid a multiplié les appels à l'aide, s'adressant notamment à l'OTAN mais aussi à l'UE, sans obtenir gain de cause auprès de cette dernière.

Sur le continent européen, d'autres pays ont dû se résoudre à chercher des alliés à des milliers de kilomètres, faute de solidarité continentale. C'est notamment le cas de la Serbie qui a fait appel à la Chine après que, le 15 mars, Bruxelles a annoncé limiter les exportations de matériel médical comme les masques et autres combinaisons. Le président de ce pays, pourtant candidat à l'adhésion à l'UE, Aleksandar Vucic, déclarait, amer : «La solidarité européenne n'existe pas. C'était un conte de fée.»

Répondant à l'appel, #Cuba a dépêché le 21 mars en Lombardie, région de l'Italie la plus impactée par la pandémie de Covid-19 avec plus de 3 095 décès selon le dernier bilan, une équipe de 52 médecins et infirmiers#Italiehttps://t.co/J7Sdm72scn

— RT France (@RTenfrancais) March 23, 2020

Le manque de solidarité entre pays membres s'est même pratiquement mué en incident diplomatique lorsque la République tchèque s'est par exemple vue accusée d'avoir voulu détourner du matériel médical envoyé par Pékin à l'Italie.

«Souveraineté européenne» contre retour de l'Etat-nation

Face à cette situation, le commissaire européen à l'Economie Paolo Gentiloni appelle à un «dialogue avec l'Allemagne sans laquelle on ne trouvera pas de compromis». Cependant l'Italien dresse un constat amer : «Malheureusement, dans la dynamique des rapports entre les Etats européens, c'est la clé de lecture des crises précédentes qui a pris le dessus.»

Une vision partagée par le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte qui affirmait le 28 mars : «Si l'Europe ne se montre pas à la hauteur de ce défi sans précédent, l'édifice européen tout entier risque de perdre, aux yeux de nos propres citoyens, sa raison d'être.»

Le 29 mars, c'est la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin qui tentait, sur France inter, de faire entendre la voix du gouvernement français dans le concert des nations européennes : «Notre Europe c'est celle de l'action, de la solidarité. Et si certains n'en veulent pas, il se posera la question de leur place, de ce qu'on doit encore faire à 27 et c'est une question existentielle, fondamentale.»

Mais, mise à nu par la crise du coronavirus, la théorie de la «souveraineté européenne» chère à Emmanuel Macron fera-t-elle le poids face au retour, dans les faits, des souverainetés nationales ?

Louis Marechal

  • 30 mars 2020 à 17:39

Coronavirus : Philippe bientôt auditionné dans le cadre de la mission d'information parlementaire

Selon Franceinfo, le Premier ministre sera auditionné le premier avril dans le cadre de la mission d'information parlementaire sur le Covid-19. Présidée par Richard Ferrand, cette mission planchera sur la gestion de l'épidémie de coronavirus et contrôlera chaque semaine les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

🔴 Le #confinement sera renouvelé en #France 🇫🇷 pour 15 jours jusqu'au 15 avril, annonce #EdouardPhilippe#COVID19#coronavirus

➡️ https://t.co/6UjL4nHBGxpic.twitter.com/Y55HcRqadX

— RT France (@RTenfrancais) March 27, 2020

Franceinfo précise que chaque groupe politique sera représenté dans cette mission qui devra être opérationnelle d'ici le 31 mars. 

«Le combat ne fait que commencer», a déclaré le chef du gouvernement lors d'un point de presse conjoint avec le ministre de la Santé Olivier Véran le 28 mars au cours duquel les efforts du gouvernement contre le Covid-19 ont été détaillés. Malgré tout, les Français sembleraient de moins en moins convaincus par la gestion de la crise sanitaire par l'exécutif. Selon une enquête d'opinion menée les 24 et 25 mars, plus de la moitié d'entre eux ne fait plus confiance au gouvernement pour gérer la crise sanitaire posée par le coronavirus. Ils sont par ailleurs 70% à penser que l’exécutif leur ment.

  • 30 mars 2020 à 17:23

Dépistages et géolocalisation : contre le coronavirus, l'Allemagne s'inspire de la Corée du sud

La stratégie est simple : multiplier les tests et placer les malades en quarantaine afin d'empêcher une saturation des hôpitaux, où le personnel et le matériel manquent. Contrairement à la France, l'Allemagne a généralisé l'utilisation de ces tests, et affirme pratiquer entre 300 000 et 500 000 dépistages par semaine. En outre, un document du ministère de l'Intérieur cité par l'AFP prescrit la mise en place d'une stratégie de lutte contre le virus à la sud-coréenne, avec un objectif de 200 000 tests par jour. 

Ainsi, ce document avance qu'avec un tel nombre de tests, l'ensemble des personnes qui pensent être contaminées pourront être dépistées, ainsi que toutes celles ayant été en contact avec un malade. Pour l'heure, sont testées seulement les personnes étant à la fois malades et ayant été en contact avec une personne positive. 

L'utilisation de la géolocalisation «inévitable à long terme»

Afin de permettre à la population d'éviter les endroits où se trouveraient des personnes testées positives, le document juge le recours à la géolocalisation, déjà utilisée en Corée du Sud, «inévitable à long terme». 

Dans cette idée, Lothar Wieler, le responsable de l'Institut Robert Koch, chargé de piloter la lutte contre l'épidémie en Allemagne, admet au quotidien FAZ que la «Corée du Sud peut être un exemple». Louant également les avantages de la géolocalisation pour endiguer la propagation du virus, Lothar Wieler reconnait néanmoins une inquiétude dans l'opinion publique quant à l'utilisation d'une telle technologie. 

La crainte d'une catastrophe sanitaire toujours présente en Allemagne 

Malgré un début de gestion de crise encourageant, Lothar Wieler n’exclut pas que le pays finisse par connaître une situation à l’italienne, avec un système de santé débordé et un taux de létalité catastrophique.

Si l'Allemagne semble pour l'instant réussir à contenir l'épidémie grâce à un «excellent système de santé, peut-être l'un des meilleurs au monde» selon Angela Merkel, l'épidémie de Covid-19 expose tout de même les problèmes structuraux du système sanitaire allemand, notamment le manque de personnel. Comme le décrit Reinhard Busse, spécialiste en économie de la santé à l'Université technique de Berlin interrogé par l'AFP : «Ces derniers mois, certains lits de soins intensifs ont été fermés parce qu'il n'y avait pas assez de personnel.»

L'insuffisance des effectifs de santé est un enjeu crucial en Allemagne où «même avant la crise du coronavirus, des opérations normales ne pouvaient être maintenues en raison du manque de personnel», selon Uwe Lübking, de l'Association des villes allemandes, interrogé par l'AFP. 

  • 30 mars 2020 à 16:16

L'UE demande aux pays membres de faciliter la circulation des travailleurs transfrontaliers

Dans un discours prononcé en français ce 30 mars, la présidente de la Commission européenne a appelé les pays membres de l'UE à favoriser la circulation des «travailleurs mobiles» au sein de «l'Union». 

Ils doivent franchir la frontière pour aller au travail

«Certains gouvernements des Etats-membres ont mis en place des contrôles aux frontières intérieures. Toutefois, environ un million et demi de citoyens de l'UE vivent dans un pays et travaillent dans un autre. Ils doivent franchir la frontière pour aller au travail», a déclaré l'Allemande Ursula von der Leyen, évoquant notamment des emplois importants «pour aider à traverser la crise». Et l'ancienne ministre allemande de la Défense d'inviter les pays membres de l'UE à «faire en sorte que ces travailleurs puissent atteindre leur lieu de travail sans retard».

1,5 million d’Européens travailleurs frontaliers: ils doivent pouvoir aller travailler malgré restrictions #coronavirus. En particulier docteurs & infirmières, qui nous aident contre le virus. Aujourd’hui, publions lignes directrices pour les aider à aller travailler en sécurité. pic.twitter.com/TsuXfuvQRT

— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) March 30, 2020

Mettre en place des «examens sanitaires proportionnés»

La présidente de la Commission européenne a en outre appelé les Etats membres à prendre les précautions nécessaires pour «assurer la sécurité» de ces travailleurs et «limiter la propagation du coronavirus», recommandant ainsi des «procédures simples et rapides» aux frontières afin de garantir à ces travailleurs «un passage facile avec un examen sanitaire proportionné».

Après avoir mentionné le secteur de la santé mais aussi celui de la garde d'enfants et de personnes âgées, Ursula von der Leyen a également insisté sur la nécessité de favoriser la libre circulation des travailleurs saisonniers : «Ils aident nos agriculteurs, ils veulent gagner leur pain», a-t-elle fait valoir.

  • 30 mars 2020 à 15:56

Face au Covid-19, le maire de Moscou instaure un confinement avec «système de contrôle intelligent»

Sergueï Sobianine, le maire de la capitale russe, a décidé le 29 mars d'instaurer à Moscou plusieurs mesures restrictives, semblables à celles déjà en vigueur en France, dont un confinement d'une durée indéterminée, afin de lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19. Et pour cause, le nombre de personnes contaminées ne cesse d'augmenter en Russie, particulièrement à Moscou, qui concentre les deux tiers des cas du pays.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a appelé, ce 30 mars, les habitants de Moscou à «prendre au sérieux» le confinement, au moment où des dispositions similaires sont prises voire déjà appliquées dans un nombre croissant de régions russes. «Je demande aux Moscovites et aux habitants de la région de prendre ces mesures nécessaires [...] avec le plus grand sérieux et avec une totale responsabilité», a déclaré le chef d'Etat russe lors d'une réunion par visioconférence avec des responsables, dont les propos ont été rapportés par l'AFP.

Vladimir Poutine a également exigé d'«informer constamment et objectivement» les Russes sur l'évolution de la situation pour lutter contre les «provocations, rumeurs stupides et spéculations malveillantes» lors de cette même réunion, avant d'ordonner aux gouverneurs régionaux d'agir «réellement» contre la propagation du virus et à ne pas se contenter «de bouts de papiers et de rapports».

Enfin, le chef du Kremlin a demandé aux responsables russes d'augmenter le nombre de lits d'hôpitaux disponibles, de déployer des centres de test supplémentaires, de constituer une réserve de systèmes de respiration artificielle et de médicaments et d'exiger de contrôler l'assistance aux personnes âgées.

La situation moscovite est «entrée dans une nouvelle étape»

«La situation liée à la propagation du coronavirus est entrée dans une nouvelle étape. Plus de 1 000 cas ont déjà été enregistrés à Moscou. Personne n'est à l'abri [d'une contamination au Covid-19]», a écrit Sergueï Sobianine sur son blog le 29 mars.

Les nouvelles mesures entrées en vigueur à Moscou ce 30 mars, ainsi que dans sa région, autoriseront les Moscovites à sortir de chez eux seulement pour aller travailler, en cas d'urgence médicale, afin de se rendre à la pharmacie ou de faire des courses dans les magasins les plus proches de chez eux. Ils peuvent également sortir leurs poubelles et promener leurs animaux de compagnie dans un rayon de 100 mètres autour de leur domicile. Par ailleurs, des permis spéciaux seront prochainement délivrés aux personnes exemptées de l'obligation de confinement.

L'édile de Moscou encourage également le télétravail et la distanciation sociale, affirmant que les individus devraient maintenir une distance d'un mètre et demi entre eux. L'ensemble des commerces et magasins se sont vu enjoindre de créer les conditions adéquates pour y parvenir, y compris des marquages ​​au sol et l'introduction de régimes spéciaux de visite.

Plusieurs régions ont annoncé dans la foulée suivre l'exemple moscovite. Ainsi, la région de Mourmansk (nord-ouest) a ordonné un confinement général de la population dès le 30 mars au matin. Pour sa part, la région de Transbaïkalie (Sibérie orientale) compte instaurer des mesures similaires à partir du 30 mars au soir.

Vers «un contrôle quasi-absolu sur les déplacements des gens»

Outre le fait que le décret émis par Sergueï Sobianine s'applique à tous les groupes d'âge, les nouvelles mesures restrictives seront appliquées à l'aide d'un système de laissez-passer spécial. En effet, la déclaration du maire mentionne un «système de contrôle intelligent», qui sera introduit «dans les prochains jours», après quoi les résidents ne seront plus autorisés à quitter leur domicile sans permis, d'après le communiqué du maire.

«J'espère que d'ici la fin de la semaine, nous aurons des systèmes informatiques nous permettant d'assurer un contrôle quasi-absolu sur les déplacements des gens», a déclaré Sergueï Sobianine, cité par l'agence Interfax.

«La tournure extrêmement négative des événements que nous voyons dans les plus grandes villes d'Europe et aux Etats-Unis suscite une grande inquiétude pour la vie et la santé [des citoyens russes]», a justifié l'édile moscovite.

Par ailleurs, la Russie a entièrement fermé, ce 30 mars, ses frontières pour empêcher la propagation du Covid-19. Pour rappel, seuls les magasins d'alimentation et les pharmacies sont encore ouverts dans le pays depuis le 28 mars.

La pandémie aux portes du Kremlin

Bien que le président russe Vladimir Poutine ait notamment décrété, le 25 mars, la semaine du 28 mars au 5 avril chômée afin de ralentir la propagation de la pandémie en Russie, il n'avait cependant pas ordonné à ce stade de confinement de la population. Toutefois, plusieurs nouveaux cas de contamination, notamment celui d'un des employés de l'administration présidentielle testé positif au Covid-19, ont ensuite poussé le gouvernement et le Premier ministre russes, Mikhaïl Michoustine, à déclarer que les mesures restrictives introduites à Moscou et dans sa région en raison du coronavirus devraient être étendues à l'ensemble du pays.

Ainsi, Sergueï Sobianine, relayant l'appel du Premier ministre, a finalement décidé de restreindre les déplacements des Moscovites, qui, jusqu'à présent, ne respectaient pas totalement les demandes de distanciation sociale des autorités, notamment en profitant en nombre de l'arrivée du printemps dans les parcs de la ville.

Mikhaïl Michoustine avait appelé les autres régions russes à préparer «des mesures similaires» à celles appliquées dans la région de Moscou et à les imposer si nécessaire. La Russie a recensé officiellement 1 534 cas d'infection et huit décès, selon le dernier bilan officiel du 30 mars cité par l'AFP.

  • 30 mars 2020 à 15:23

«Qu'il ferme sa gueule et qu’il soit médecin» : le professeur Didier Raoult agace Daniel Cohn-Bendit

Si elles ne font pas consensus parmi les autorités et les médecins, les préconisations médicales du professeur Didier Raoult contre le Covid-19 convainquent de plus en plus dans le monde et dans une grande partie de l'opinion publique. Une chose est sûre : le truculent infectiologue ne laisse personne indifférent, à commencer par Daniel Cohn-Bendit. Invité sur LCI le 29 mars pour débattre avec le philosophe Luc Ferry, l'ancien eurodéputé s'est emporté contre les déclarations tonitruantes du directeur de l'IHU Méditerranée Infection, largement partagées sur les réseaux sociaux. 

🚨 Daniel Cohn Bendit à propos du professeur Didier Raoult sur LCI :

« Qu’il FERME SA GUEULE et qu’il soit médecin mais qu’il arrête de dire partout je suis un génie »

« Y’en a marre, y’en a marre de ce genre de mec ... »#ConfinementJour14#CODVID19pic.twitter.com/NW9MSsm2nb

— BalanceTonMedia (@BalanceTonMedia) March 30, 2020

«Raoult dit qu'il n'y a que lui [...] le 28 février, il va à la télévision et il dit : "Mais arrêtez de me casser les pieds avec le coronavirus, c'est une grippe ce n'est rien"», a rappelé l'ex-soixante-huitard avant d'exploser : «Qu'il ferme sa gueule et qu'il soit médecin ! Mais qu'il arrête partout de dire : "Je suis un génie"». 

Et l'ancien eurodéputé d'ajouter : «Il y en a marre de ce genre de mec.»

Espoir et polémique autour de la chloroquine

Les travaux du professeur Raoult ont suscité un vif espoir auprès d'une partie du public alors que le bilan du Covid-19 s'alourdit de jour en jour. Plusieurs pays, dont le Maroc ou le Venezuela ont dores et déjà adopté l'antipaludique chloroquine ou des médicaments proches pour le traitement des malades du coronavirus. En Russie, un protocole similaire à celui préconisé par Didier Raoult a été proposé et les autorités sanitaires des Etats-Unis ont donné leur feu vert le 29 mars à l'usage de la chloroquine et de l'hydroxychloroquine dans les hôpitaux, afin qu'ils soient «distribués et prescrits par des médecins aux patients [...] atteints du Covid-19».

En France, l'hydroxychloroquine a été ajoutée à l'essai clinique Discovery après avoir été dans un premier temps écartée des pistes de recherches en raison de ses effets secondaires jugés indésirables, ce qui avait soulevé une importante polémique. En attendant les résultats des essais cliniques, cette molécule peut cependant être utilisée à l'hôpital en France dans des cas graves de Covid-19, sous de strictes conditions précisées par décret. 

Mais au delà des questions scientifiques, ce sont les méthodes contraires aux préconisations des autorités sanitaires françaises et les prises de position du scientifique qui ont engendré un débat acharné dans une opinion publique chauffée à blanc par la crise du Covid-19. 

  • 30 mars 2020 à 11:56

Covid-19 : «profondément inquiet» de la crise, un ministre régional allemand s'est suicidé

En Allemagne, le ministre des Finances de Hesse, Thomas Schaefer, s'est suicidé, selon le ministre-président allemand de ce land, Volker Bouffier, qui le décrivait ce 29 mars comme «profondément inquiet» des répercussions de la pandémie de Covid-19 sur l'économie. Thomas Schaefer, âgé de 54 ans, marié et père de deux enfants, a été retrouvé mort le 28 mars près d'une voie de chemin de fer.

Le parquet de Wiesbaden (capitale de la Hesse) a dit privilégier l'hypothèse d'un suicide. Thomas Schaefer était responsable depuis dix ans des finances de ce land où se trouve Francfort, le centre financier allemand, siège de la Banque centrale européenne et de grandes banques allemandes.

Il travaillait «nuit et jour» pour aider les entreprises et employés à s'adapter aux répercussions économiques de la pandémie, selon Volker Bouffier, qui s'est dit «sous le choc», dans une déclaration enregistrée. «Aujourd'hui nous pouvons supposer qu'il était profondément inquiet», a estimé ce responsable, allié proche de la chancelière Angela Merkel et membre de la CDU (Union chrétienne-démocrate) comme Thomas Schaefer. Et d'ajouter : «C'est précisément dans ces moments difficiles que nous aurions eu besoin de quelqu'un comme lui.»

L'Allemagne a augmenté le nombre des dépistages du Covid-19 à «un demi-million» par semaine, selon Christian Drosten, un virologue de l'hôpital de la Charité à Berlin, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse le 26 mars. Cette détection précoce aide en partie à maintenir le nombre des morts à un niveau relativement bas, selon le virologue. De fait, l'Allemagne connaît l'un des taux de mortalité des personnes souffrant du Covid-19 les plus faibles au monde avec 0,5% alors qu'il atteint 5,2% en France et 7% en Espagne par exemple.

Près de 697 750 cas d'infection, dont au moins 33 244 décès, ont été officiellement déclarés dans 183 pays et territoires depuis l'apparition de la pandémie en décembre en Chine, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles le 29 mars à 20h GMT. Quelque 23 860 personnes sont mortes en Europe, continent le plus durement touché.

  • 30 mars 2020 à 11:30

Covid-19 : Twitter supprime deux vidéos de Bolsonaro bravant les règles de confinement

Twitter a supprimé le 29 mars deux tweets provenant du compte officiel du président brésilien Jair Bolsonaro dans lesquels il remettait en cause le confinement dédié à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Le réseau social a estimé qu'il avait «enfreint [ses] règles».

Le chef de l'Etat brésilien avait publié trois vidéos sur son compte dans lesquelles on le voyait notamment aller à la rencontre des gens dans les rues de Brasilia, la capitale brésilienne, en contradiction avec les consignes de son propre gouvernement prises pour éviter la propagation du virus.

«Ce que j'ai pu discuter avec les gens, c'est qu'ils veulent travailler. Ce que je dis depuis le début, c'est faisons attention, les plus de 65 ans restent à la maison», déclarait le chef d'Etat ultra-conservateur à un vendeur ambulant, dans l'une de ces vidéos supprimées.

«Le Brésil ne peut pas s'arrêter, s'il s'arrête, nous devenons le Venezuela»

Deux des trois vidéos publiées par Jair Bolsonaro ont été supprimées, et à leur place, Twitter a publié une note expliquant sa décision. «Twitter a récemment annoncé dans le monde le renforcement de ses règles pour prendre en compte les contenus qui vont éventuellement à l'encontre des consignes de santé publique émanant de sources officielles et qui pourraient augmenter le risque de transmission du Covid-19», a fait savoir le réseau social dans un communiqué.

Au cours de cette série de vidéos publiées sur Twitter, dont il ne reste qu'une, on pouvait voir le président brésilien se déplacer à la rencontre d'habitants, de commerçants et de sympathisants dans les rues de la capitale ou à l'extérieur de la résidence présidentielle.

- Conversa na entrada do Palácio do Alvorada.

. Link no youtube: https://t.co/JYIUWffXYN

— Jair M. Bolsonaro (@jairbolsonaro) March 29, 2020

Jair Bolsonaro n'a de cesse de minimiser la pandémie de Covid-19 qu'il a qualifiée de «petite grippe», et a durement critiqué les mesures de restrictions mises en place dans différents Etats par les autorités locales, notamment par les gouverneurs des Etats de Sao Paulo et Rio de Janeiro, les plus touchés par le virus.

«Ce confinement, s'il continue ainsi, avec le nombre de [personnes qui vont se retrouver au] chômage, un peu plus tard, nous allons avoir un très grave problème que nous allons mettre des années à résoudre», déclarait-il dans une autre vidéo. «Le Brésil ne peut pas s'arrêter, s'il s'arrête, nous devenons le Venezuela», ajoutait un peu plus tard le chef de l'Etat.

Moins de 24 heures plus tôt, le ministre de la Santé Luiz Henrique Mandetta avait souligné l'importance du confinement pour combattre la pandémie de coronavirus qui a déjà infecté 4 256 personnes et fait 136 morts au Brésil, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé.

Par ailleurs, un tribunal fédéral brésilien avait interdit le 28 mars au gouvernement de Jair Bolsonaro de diffuser des messages allant à l'encontre des mesures de confinement décidées au niveau local pour freiner la propagation de la pandémie de Covid-19.

  • 30 mars 2020 à 10:00
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