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Aujourd’hui — 14 novembre 2019RT en français

Agression sexuelle : visé par une enquête, Pierre Joxe porte plainte en diffamation

Pierre Joxe est visé par de nouvelles accusations d'agression sexuelle. Le parquet de Paris a annoncé, le 13 novembre, l'ouverture d'une enquête contre l'ancien ministre socialiste âgé de 84 ans. 

Selon Le Monde, une ancienne employée à domicile a porté plainte contre lui pour agression et harcèlement sexuels. Cette femme reproche à Pierre Joxe d'avoir eu des gestes déplacés quand elle travaillait à son domicile entre septembre 2017 et décembre 2018. Elle s'occupait alors de son épouse, atteinte d’une grave maladie et aujourd’hui décédée.

Dans sa plainte, déposée le 12 novembre et consultée par l'AFP, cette Haïtienne de 40 ans a déclaré que Pierre Joxe avait installé «un climat d’incertitude […] sur la pérennité de son contrat de travail». Il se serait ensuite livré à des attouchements «d’une manière répétitive et quotidienne», de sorte qu’elle «était contrainte de recourir à un arrêt de travail en date du 2 juillet 2018 afin d’éviter les agressions permanentes de Pierre Joxe qui se faisait de plus en plus pressant et grossier».

En juillet 2018, la plaignante avait déjà déposé une main courante, sans porter plainte.

Pierre Joxe dément

L'intéressé nie en bloc ces accusations de «harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles par personne ayant autorité». Ce 14 novembre, son avocat a annoncé à BFM TV qu'il allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Cette affaire intervient à quelques jours du procès en diffamation intenté par Pierre Joxe contre Ariane Fornia, fille d'Eric Besson, ministre sous Nicolas Sarkozy. En 2017, elle avait accusé l’ancien président de la Cour des comptes d'avoir mis, à plusieurs reprises, sa main sur sa cuisse, lors d'un spectacle à l'opéra en 2010. Des faits prescrits et vivement contestés par Pierre Joxe, qui avait dénoncé «un tissu de contre-vérités» et exigé des excuses.

Lire aussi : Des féministes bloquent une avant-première parisienne du film «J'accuse» de Roman Polanski

  • 14 novembre 2019 à 13:33

Emmanuel Macron en déplacement dans la Marne, les manifestations interdites

Le préfet de la Marne ne veut pas de manifestations pendant la visite d'Emmanuel Macron. Il vient de prendre un arrêté préfectoral pour interdire les rassemblements dans douze communes, dont Dormans et Epernay, où le président de la République est en déplacement, rapporte France Bleu. Le préfet justifie cette interdiction par des «appels à manifester sur les réseaux sociaux». L'interdiction prévaut sur tout le tracé du cortège du président de la République, entre 9h et 20h.

Emmanuel Macron doit assister à la cérémonie en hommage aux combattants des deux batailles de la Marne ce 14 novembre, organisée à Dormans, avant de participer au conseil municipal d’Épernay. Dans l'après-midi, il présidera «une réunion de suivi de la mise en œuvre des réformes et des actions engagées au niveau territorial» à la sous-préfecture d'Epernay, rapporte le journal local l'Union.

Cet arrêté préfectoral n'est pas du goût de la CGT. France Bleu explique que l'union locale d'Epernay avait déposé une demande en préfecture pour manifester ce 14 novembre, qui a donc été refusée. En réponse, la délégation de la CGT qui devait être reçue à la sous-préfecture a décidé de boycotter ce rendez-vous.

Lire aussi : «L’hôpital public s’écroule» : 70 directeurs médicaux tirent la sonnette d'alarme

  • 14 novembre 2019 à 11:47

Gaza : fragile accord de cessez-le-feu après deux jours d'affrontements

Après deux jours de combats ayant fait plus d'une trentaine de morts dans l'enclave palestinienne, un fragile accord de cessez-le-feu est entré en vigueur ce 14 novembre au matin dans la bande de Gaza, selon une source égyptienne au fait de la médiation et un haut responsable du Jihad islamique cités par l'AFP.

Cet «accord de cessez-le-feu intervient à la suite des efforts de l'Egypte» et a reçu l'aval «des factions palestiniennes incluant le Jihad islamique», a assuré ce haut responsable égyptien. Selon lui, l'accord stipule que les factions palestiniennes doivent aussi s'assurer de «maintenir la paix» lors des manifestations qui ont lieu depuis mars 2018 près de la frontière avec Israël contre le blocus israélien sur Gaza et pour le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres.

Le ministre israélien de la Défense nouvellement nommé, Naftali Bennett, a déclaré à cet égard que ce n'était «pas fini». «Les nouvelles règles du jeu sont claires : l'armée disposera d'une totale liberté d'action, sans restrictions. Un terroriste qui tente de blesser les civils israéliens ne pourra pas dormir en paix», a-t-il affirmé.

De son côté, Israël doit arrêter ses frappes et «s'assurer d'un cessez-le-feu» lors des manifestations de la Marche du retour, qui ont fait plus de 300 morts et des milliers de blessés dans la bande de Gaza, selon le responsable égyptien.

Les combats entre les deux camps avaient éclaté le 12 novembre à l'aube après l'assassinat ciblé par Israël d'un chef du Jihad islamique dans l'enclave, contrôlé par un autre mouvement islamiste, le Hamas. En réponse, quelque 450 roquettes ont été tirées depuis Gaza sur Israël, selon Tsahal. Interceptées à 90% par le système de défense Iron Dome, elle n'ont fait aucune victime côté israélien.

Une famille décimée

Les autorités israéliennes se félicitent d'avoir «atteint les objectifs de l'opération à Gaza, notamment nuire considérablement au Jihad islamique, détruire des infrastructures et éliminer plus de 20 terroristes», selon un responsable dont les propos ont été rapportés par le quotidien Haaretz.

Des propos qui interviennent quelques heures seulement après une frappe israélienne qui a tué huit membres d'une même famille palestinienne, dont cinq enfants, dans le sud de la bande de Gaza, selon les autorités locales.

«Six citoyens de la famille Abou Malhous, incluant trois enfants et deux femmes, ont été tués dans une frappe israélienne sur leur maison familiale à Deir al-Balah dans le sud de la bande de Gaza», a ainsi annoncé dans la nuit le ministère de la Santé de l'enclave. Au matin, les corps de deux autres enfants ont été retrouvés dans les décombres, selon la même source.

Ces décès portent ainsi à 34 le nombre de morts à Gaza dans des frappes israéliennes depuis le 12 novembre. Cet accès de violences est le plus meurtrier depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine. Cette décision avait entériné la reconnaissance par les Etats-Unis de cette ville contestée comme capitale d'Israël. 

Contrairement au Jihad islamique, le Hamas avait approuvé il y a plusieurs mois une trêve avec Israël négociée par l'entremise de l'ONU, de l'Egypte et du Qatar, prévoyant notamment l'entrée mensuelle de millions de dollars en aide pour l'enclave palestinienne, où le taux de chômage avoisine les 50%. 

Lire aussi : L’étiquetage des produits issus des «colonies israéliennes» importés dans l'UE validé

  • 14 novembre 2019 à 11:36

«Qu’il ferme sa gueule» : le général Georgelin malmène l'architecte en charge de Notre-Dame

Lors d'une audition devant la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale le 13 novembre, le général Jean-Louis Georgelin, représentant spécial d'Emmanuel Macron pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, a sévèrement dénigré l'architecte en chef des monuments historiques Philippe Villeneuve.

Alors qu'il était question de la reconstruction, à l'identique ou non, de la flèche de la cathédrale incendiée le 15 avril, le général n'a pas mâché ses mots à propos de Philippe Villeneuve. «Quant à l'architecte en chef [...] je lui ai déjà expliqué plusieurs fois et je le referai, qu'il ferme sa gueule et que nous avançons en sagesse pour que nous puissions sereinement faire le meilleur choix pour Notre-Dame, pour Paris, pour le monde», a tranquillement lancé le général, avec un léger sourire.

"Qu'il ferme sa gueule !"

Le général Georgelin répond, sans détour, à la prise de position de Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques, qui souhaite reconstruire la flèche à l'identique. >> https://t.co/2CXt8McrxG@maxenceka#NotreDameDeParis#DirectANpic.twitter.com/OAy1ADFwR4

— LCP (@LCP) November 13, 2019

L'Ancien chef d'État-major des armées est réputé pour son fort caractère. Sa cible, Philippe Villeneuve, maître d'œuvre du chantier, n'était pas présent dans la salle mais il s'était déclaré le même jour dans les colonnes du Figaro favorable à une reconstruction à l'identique de la flèche, qui s'est effondrée lors de l'incendie du printemps.

Visiblement passionné par ce projet auquel il voue un attachement très personnel, l'architecte estime qu'il faut refaire la flèche à l’identique afin «qu’elle ne soit pas datable», à la manière de celle construite par Eugène Viollet-le-Duc au 19e siècle qui s’intégrait parfaitement à un chef-d’œuvre médiéval du 13e siècle. «Mais ce n’est pas moi qui vais décider», précisait néanmoins Philippe Villeneuve. «Le gouvernement veut lancer un concours international. Déjà, on voit fleurir des dizaines de projets d’architectes… Je vais dire ce que j’ai à dire et, ensuite, le gouvernement tranchera», a-t-il expliqué.

La saillie du général laisse entrevoir une tension palpable à la tête du chantier de reconstruction de Notre-Dame. Philippe Villeneuve et le général Georgelin semblent toutefois s'accorder sur un point : les deux jugent possible que les travaux soient achevés en 2024. Un délai remis en cause par de nombreux architectes.

Toutefois, lors de son intervention, le général a expliqué que la cathédrale était «toujours en état de péril car la phase de sécurisation de l'édifice n'est pas terminée» et qu'elle ne le serait que lorsque l'ancien échafaudage de la flèche aura pu être démonté. «C'est le défi le plus important que nous avons devant nous», a-t-il expliqué.

Lire aussi : Notre-Dame : le projet de restauration à l'identique a-t-il du plomb dans l'aile ?

  • 14 novembre 2019 à 09:48

Israël extrade un Russe vers les Etats-Unis, Moscou dénonce la «chasse» américaine de ses citoyens

La diplomatie russe s'est indignée de l'extradition vers les Etats-Unis par Israël d'Alexeï Bourkov, informaticien russe accusé par un tribunal de Virginie d'avoir extorqué et vendu les informations de près de 150 000 cartes de crédits américaines. L'Ambassade de Russie aux Etats-Unis a publié un message sur Facebook, indiquant que des «mesures décisives» avaient été prises face à la «chasse» menée selon elle par Washington contre les citoyens russes «à travers le monde». 

Le texte précise ensuite qu'il a «été demandé à la partie américaine de respecter scrupuleusement les obligations bilatérales existantes» et qu'Alexeï Bourkov bénéficierait de «toute l'aide et tout le soutien nécessaires» de la part des autorités consulaires russes. 

Accusation de fraude en ligne, usurpation d'identité et blanchiment d'argent 

Le 12 novembre, le département américain de la Justice a déclaré dans un communiqué que le Russe de 29 ans, arrêté en 2015 pendant des vacances en Israël en vertu d'un mandat américain, se trouvait désormais aux Etats-Unis et qu'il avait comparu devant un tribunal de Virginie. 

Selon le quotidien israélien Haaretz, le jeune homme, originaire de Saint-Pétersbourg, a été identifié par les services de renseignements américains comme étant le principal administrateur du site cardplanet.cc, une plateforme qui aurait vendu les informations de 150 000 cartes de crédits américaines ayant entraîné 20 millions de dollars (18 millions d'euros) d'achats frauduleux. Alexeï Bourkov est accusé par ailleurs d'avoir organisé un trafic de biens volés via des forums en ligne. 

L’intéressé, qui prétend pour sa part être un spécialiste en cybersécurité et a toujours nié ces accusations, est désormais inculpé notamment pour fraudes en ligne, intrusions dans des systèmes informatiques, usurpation d'identité et blanchiment d'argent.

«Je suis un homme ordinaire. Je travaillais dans la sécurité informatique et la programmation, je travaillais avec des bases de données. J'ai bien des connaissances parmi les gens complices de piratage informatique, mais je n'ai moi-même pas commis ces crimes. Les Américains ont simplement décidé de tout me mettre dessus», avait-il expliqué à RT en octobre dernier.

Tensions entre la Russie et Israël sur le dossier

Le 11 novembre, la diplomatie russe s'est indignée du rejet par la Cour suprême israélienne de l'appel, interjeté par le citoyen russe, de la décision de son extradition vers les Etats-Unis. L'ambassade a estimé,  dans un message sur Facebook, que cette décision de justice n'était acceptable «ni d'un point de vue juridique, ni d'un point de vue humanitaire, ni d'un point de vue politique». 

L'ambassade a par ailleurs estimé que la décision allait à l'encontre des «droits d'un citoyen russe et constitue un retrait de la part d'Israël de ses obligations internationales». «Nous estimons que cette décision ne participe pas au bon développement des relations russo-israélienne, et jette des doutes sur les capacités des autorités israéliennes à assurer la sécurité et les droits des citoyens russes présents sur le sol israélien», pouvait-on lire plus loin. 

La Russie avait elle aussi formulé une demande d'extradition de l’informaticien à l'Etat hébreu, sans succès.

Lire aussi : La Cour suprême israélienne approuve l'expulsion du directeur local de Human Rights Watch

  • 14 novembre 2019 à 08:58

François Baroin, un disciple de Chirac qui place ses pions pour 2022

Ce pourrait être un énième vrai-faux départ dont les politiques raffolent. «J'ai fait mon temps», déclarait François Baroin en 2017 au moment d'annoncer son retrait de la vie politique nationale. Or, depuis deux ans, de l'eau a coulé sous le pont des Républicains, avec, entre autres, l'échec aux dernières élections européennes

De quoi donner des envies de retour au maire de Troyes ? Pour l'heure, nul ne sait s'il sera candidat à l'Elysée en 2022. Peut-être même pas lui. Une chose est sûre, le nouveau membre du comité stratégique de LR depuis l'élection de Christian Jacob à la tête du parti, se (re)place au cœur du jeu politique en cette rentrée 2019.

Elu des champs contre président des villes

Pour ce faire, le président de l'AMF, l'Association des maires de France, vient de sortir un livre : Une histoire sentimentale dans lequel il raconte l'histoire de la République à travers les villes et les villages. L'occasion de multiplier les interviews dans les médias − à l'instar de son passage au JT de France 2 le 3 novembre − et de jouer la carte de l'élu du terroir, en opposition à Emmanuel Macron qui peine à se défaire de son étiquette de président des métropoles mondialisées.

Problème, dans son camp, l'ancien ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy est loin d'être le seul sur ce créneau. Comme lui, Gérard Larcher ou encore Xavier Bertrand se sont erigés en élus de province, quitte à paraître parfois caricaturaux. 

A trois ans d'une élection présidentielle à l'équation inconnue, difficile d'évaluer les chances de qui que ce soit, notamment à droite, mais le maire aubois peut s'appuyer sur le dernier baromètre Elabe-Les Echos pour se rassurer. Il figure à la cinquième place des personnalités politiques préférées des Français, derrière Nicolas Hulot, Nicolas Sarkozy, Jean-Yves Le Drian et un certain... Xavier Bertrand.

TOP 1️⃣0️⃣ du baromètre

1. Nicolas Hulot
2. Nicolas Sarkozy
3. Jean-Yves Le Drian
4. Xavier Bertrand
5. François Baroin
6. Olivier Besancenot
7. Marine Le Pen
8. Marion Maréchal
9. Ségolène Royal
10. François Bayrou pic.twitter.com/DIeU7qlgjs

— 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗡𝗮𝘃𝗲𝘀 (@Laurentnaves) November 7, 2019

François Baroin peut aussi compter sur le soutien de quelques cadres de sa formation, parmi lesquels Eric Ciotti, député de Nice et questeur de l'Assemblée nationale.

Revirement sur la PMA, plus à droite que Macron sur l'islamisme

Si le maire de Troyes était amené à devenir le porte-drapeau des Républicains à la prochaine présidentielle, reste à savoir avec quel programme. D'autant que son positionnement est fluctuant sur certains sujets.

Pour preuve, le virage à 180 degrés opéré sur la PMA entre 2012 et 2019. «Je suis défavorable à la fois au mariage pour tous − je pense qu'un contrat d'union civile offrirait un meilleur cadre − et à la PMA», déclarait-il au micro de France Info en 2012. Sept ans plus tard, nouvelle version. «Si j’étais parlementaire, je voterais la PMA pour toutes, il ne faut pas être crispé, regarder la société telle qu’elle est», expliquait-il le 8 juillet 2019, toujours sur France Info. 

François Baroin (Franceinfo) : « Si j’étais parlementaire, je voterais la PMA pour toutes, il ne faut pas être crispé, regarder la société telle qu’elle est.»

— Marcelo Wesfreid (@mwesfreid) July 8, 2019

Sur le fondamentalisme islamiste, Baroin parle peu, mais sa ligne diverge de celle du chef de l'Etat. «Voilà quelqu'un qui comprend qu'on puisse placer les lois de la religion au-dessus des lois de la République», dénonçait-il en 2017, dans un livre aux allures de programme présidentiel. Il qualifiait alors d'«inacceptables » les positions d'Emmanuel Macron sur l'islam et la laïcité, rapporte le JDD. Il n'hésitait pas non plus à employer l'expression «d'hydre islamiste», en septembre 2019, sur France Info.

Plus de décentralisation

A propos des Gilets jaunes, l'élu local n'a pas été le plus audible depuis le début du mouvement, mais il a le mérite d'avoir saisi la colère de nombreux Français. Sa proximité avec Jacques Chirac − son mentor −, qui a toujours gardé une certaine popularité auprès de la France rurale, n'y est pas étrangère. «Le mouvement des Gilets jaunes est profond. Il vient des territoires, rassemble une partie de la population qui se situe en dessous du revenu médian français, entre 1 600 et 1 700 euros mensuels. La plupart de ces personnes ont un travail, paient des impôts, ont droit aux mêmes services publics que les autres mais, en réalité, ne les ont pas», a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec le Club de l’économie du Monde.

Celui qui porte également la casquette de «conseiller extérieur» de la banque Barclays depuis 2018 plaide pour plus de décentralisation en réponse à la crise. La Région «devrait avoir les pleins pouvoirs sur la formation professionnelle, l'insertion et l'emploi y compris la gestion de Pôle emploi» et les départements «un plus grand rôle sur les politiques de santé, pour l'accès aux soins et même les implantations d'hôpitaux», a-t-il expliqué au JDD en avril 2019. Quant aux communes, «elles peuvent en faire plus en matière d'environnement, de culture, de sport, de tourisme», a-t-il conclu.

Reste à savoir si ce positionnement suffira à convaincre les électeurs. Malgré une cote de popularité non-négligeable, il peine à s'imposer dans les sondages avec 11 % des intentions de vote, à peine plus que Xavier Bertrand (10 %) et Valérie Pécresse (7 %) si la présidentielle se déroulait aujourd'hui, selon un sondage Ifop-JDD. Pas sûr que cela suffise pour donner un nouveau souffle à une droite au bord de l'asphyxie.

Lire aussi : Après le choc des élections européennes, Les Républicains peuvent-ils remonter la pente ?

  • 14 novembre 2019 à 08:13

«Le 1er décembre, l'Elysée aurait pu tomber» : les manifestations des Gilets jaunes vues par un CRS

Le 1er décembre 2018, lors de l'acte 3 des Gilets Jaunes, Stéphane, un CRS, était en poste près de l'Avenue des Champs-Elysées. Très vite, il est surpris par la violence des manifestants. «Dès 8h30, 9h du matin, on entendait sur les radios de la police que ça commençait déjà à grenader et à partir à l'affrontement, chose qui est incroyable dans une manifestation. Là, on s'est dit : la journée va être très longue», déclare-t-il à France inter.

La journée sera longue en effet, et violente. Lors de la manifestation, l'Arc de triomphe sera orné d'un tag : «Les Gilets Jaunes triompheront». A la fin de la journée, on compte 270 interpellations et 200 blessés, dont plusieurs du côté des forces de l'ordre.

Devant le palais de l'Elysée, 3000 Gilets Jaunes font face à trois policiers

Stéphane est chargé de la protection de l'Elysée. Alors que certains Gilets Jaunes, comme Eric Drouet, ont appelé à prendre d'assaut le palais présidentiel, le CRS craint de ne pas pouvoir arrêter les manifestants qui décideraient d'en faire autant. «Quand vous avez 3 000 Gilets Jaunes qui passent devant votre barrière, vous vous dites : là, s’ils réalisent qu’on est que trois et que l’Elysée est à 100 mètres, on va peut-être téléphoner à la famille pour leur dire qu’on les aime et qu’on ne sera pas là ce soir», affirme-t-il à France inter.

«J’ai vu dans les yeux de mes collègues la crainte qu’on ne puisse pas tenir notre position. Si on avait été attaqués là où j’étais, on aurait pas pu tenir : l’Elysée tombait. À posteriori, ça fait vraiment peur», poursuit Stéphane. «Si on avait été vraiment enfoncés au niveau de l’Elysée, personne ne pouvait nous secourir». Pourtant, aucun manifestant n'attaquera le palais présidentiel.

Une semaine plus tard, Stéphane est appelé pour prêter main-forte à ses collègues sur les Champs-Elysées. «Là, ça a été la guerre. Je me suis dit : je vais sans doute y passer», se remémore-t-il à France inter. Déchaînés, les manifestants affrontent les policiers «avec tout ce qui leur tombe sur la main», affirme-t-il. Une bombe artisanale explose même à un mètre de Stéphane : «Si elle avait explosé au niveau de ma tête, je serais mort. Ça se joue à un mètre parfois, la vie ou la mort».

Aucun décès n'est heureusement à déplorer ce jour-là, mais l'on dénombre tout de même 120 blessés. De plus, le JDD révélera par la suite que, lors de cette manifestation, le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte iront se réfugier dans le bunker Jupiter, situé sous le palais de l'Elysée.

«C’est grâce à ces quelques milliers d’hommes que la République a tenu bon», affirme Stéphane

Le CRS assure ne pas vouloir «se dédouaner» sur ses supérieurs. Il leur reproche néanmoins de ne pas avoir été à la hauteur de la situation. «On pensait avoir une hiérarchie et des têtes pensantes de bon sens, professionnelles, qui prenaient les bonnes décisions, mais on s’est très vite rendu compte qu’il y avait eu de très très mauvaises décisions de prises au niveau des effectifs de terrain, et que la tactique prévue n’était pas du tout en phase avec ce qu’il se passait», affirme Stéphane.

«La qualité d'un commandement, on ne le voit pas en temps de paix : on le voit quand ça chauffe sur le terrain. Eh bien là, le 1er et le 8 décembre, ils ont été mauvais. À la préfecture de police de Paris, au ministère, ils n’ont pas pris l’ampleur de la situation», ajoute-t-il. Stéphane pointe du doigt une police «en sous-effectif, dispersée dans Paris, en manque de moyens, fatiguée». «Tout le monde crie au secours, il n'y a pas de renforts», déplore-t-il.

Stéphane proteste également contre le «manque de reconnaissance» du gouvernement après cette crise politique inédite. «C’est grâce à ces quelques milliers d’hommes que la République a tenu bon», estime-t-il. «Si les gens sont encore en poste dans les ministères, que notre Président est encore en poste, c’est grâce à eux. Et personne ne le dit».

Le policier considère néanmoins la colère des Gilets Jaunes comme légitime. «Jusqu'à fin novembre 2018, dans le fond, j'étais à moitié Gilet Jaune. Je trouvais anormal la hausse des taxes sur le gasoil, les réformes du gouvernement Macron». Stéphane ira jusqu'à manifester sur les ronds-points, et vivra une brève histoire avec une Gilet Jaune qui reste, encore aujourd'hui, une «amie fusionnelle». «Il n'y avait pas du tout de tensions, juste des revendications très fortes. Malheureusement, ça a été très mal géré politiquement. Il n'y a eu que du déni et de la fermeté», déplore Stéphane.

Nés d'un mouvement de protestation contre une taxe sur l'essence, les Gilets Jaunes fêteront leur première année d'existence le 17 novembre prochain.

Lire aussi : Le nombre de policiers et gendarmes blessés en mission en hausse en 2018

  • 13 novembre 2019 à 22:37
Hier — 13 novembre 2019RT en français

Quel est le bilan d'Evo Morales, paysan amérindien devenu président de la Bolivie ?

Une page de l'histoire de la Bolivie s'est tournée le 10 novembre 2019. Sous la pression de l'armée, de la police et d'une partie de la population, le président bolivien Evo Morales s'est résigné à quitter le pouvoir et à démissionner.

L'opposition contestait sa réélection, ayant eu lieu le 21 octobre avec 47% des voix. Soucieux d'apaiser les tensions, il a pourtant proposé à ses opposants la tenue d'un nouveau scrutin, mais il semble que ceux-ci n'aient pas voulu prendre de risques.

Evo Morales, un paysan amérindien devenu président modernisateur de la Bolivie

Mais qui est Evo Morales ? Né dans une famille de paysans pauvres amérindiens, il exerce d'abord divers métiers pour gagner sa vie. Parmi ceux-ci : éleveur de lamas, peintre en bâtiment, maçon, boulanger ou encore trompettiste.

Ce n'est qu'ensuite qu'il devient syndicaliste et prend la tête du mouvement des cocaleros, les paysans cultivateurs de coca, assimilés à tort à des trafiquants de drogue. Puis il décide de se lancer en politique et devient député de l'opposition en 1997, après avoir été élu au Parlement avec plus de 70% des voix.

Désireux de prendre le pouvoir, il rejoint en 1999 le parti ouvrier Mouvement vers le socialisme (MAS), d'inspiration bolivarienne, pluri-nationaliste et indigéniste. Sous l'étiquette de ce parti, il échoue à remporter l'élection présidentielle de 2002, ne récoltant que 20% des suffrages. Il est finalement élu président de la Bolivie en 2005, et ce dès le premier tour, avec 53,7% des voix. Premier amérindien à occuper ce poste, il ne cessera tout au long de ses mandats de mettre en avant son identité indigène.

Souhaitant réformer le pays en profondeur, il mène une œuvre modernisatrice, s'assurant de confortables réélections jusqu'en 2019. Durant sa présidence, il renforce le rôle de la compagnie gazière nationale − la Bolivie détient les deuxièmes réserves de gaz d'Amérique du Sud après le Venezuela − au détriment des compagnies privées étrangères. Cette politique nationaliste permet au pays d'engranger de meilleurs revenus tirés de l'exploitation de ses ressources.

Evo Morales, un socialiste du XXIe siècle

La croissance bolivienne atteint ainsi en 2013 un record historique avec 6,5%, selon RFI, alors que le PIB est multiplié par trois, relève France 24. Dans le même temps, le niveau de vie est multiplié par deux, passant de 1020 dollars en 2005 à 2590 dollars en 2013, selon les statistiques de la Banque mondiale. Enfin, Libération souligne que l'indice de Gini, qui mesure les inégalités, passe de 0,6 à 0,45.

Ces bons résultats économiques permettent à Evo Morales de mener une politique sociale ambitieuse. Souhaitant promouvoir un «socialisme du XXIe siècle», il se rapproche de Lula et de Hugo Chavez.

Sous sa présidence, le salaire minimum est multiplié par trois (avec une augmentation de 13% pour la seule année 2006). Le montant des pensions de retraite augmente, alors que l'âge légal de départ baisse pour atteindre 58 ans. De plus, Evo Morales met un coup d'arrêt aux privatisations mises en place par les gouvernements précédents. En 2016, la Bolivie détient le taux de chômage le plus faible d'Amérique du Sud (4,1% de la population active), relève Telesur. «Evo Morales a permis l’alliance de l’ouvrier, du paysan, de l’Indien et de la classe moyenne urbaine», analyse Claude Le Gouill, chercheur associé au Centre de recherche et de documentation sur l’Amérique latine, cité par Le Monde.

Le budget alloué à la santé, lui, augmente de 173%, devenant l'un des plus importants du sous-continent. Cette politique sanitaire ambitieuse permet à la Bolivie d'éradiquer presque totalement la rougeole, ou encore la rubéole. Sous la présidence de Morales, la mortalité infantile est divisée par deux, alors que la sous-nutrition infantile baisse de 14%, selon l'OMS.

De 13% en 2005, le taux d'analphabétisme passe à 4% en 2008, selon El Mundo, faisant de la Bolivie le troisième pays le moins illettré d'Amérique latine, après Cuba et le Venezuela.

Sur les questions sociétales, Evo Morales se caractérise par un progressisme marqué. La Bolivie devient ainsi le pays latino-américain comptant le plus de femmes au Parlement (52% à l'Assemblée nationale et 47% au Sénat). En 2016, une loi autorise les transgenres à modifier leur nom et sexe à l'état civil, même sans recours à une opération chirurgicale.

L'écologie et le bien-être (buen vivir) sont constamment mis en avant par le président, qui appelle en 2009 à la tenue d'un référendum mondial sur la création d'un «tribunal international climatique de la défense des droits de la Terre-mère».

Evo Morales, un anti-impérialiste devenu la proie des Américains ?

Evo #Morales, 13 ans à la tête de la #Bolivie

⚡️ EN CONTINU :
➡️ https://t.co/9IoRYprbElpic.twitter.com/ICd7k9lnXj

— RT France (@RTenfrancais) 11 novembre 2019

La politique d'Evo Morales suscite toutefois la méfiance des Etats-Unis. Mécontents de voir leurs compagnies gazières défavorisées, les dirigeants américains ne goûtent pas non plus les prises de position géopolitiques du président bolivien. Celui-ci s'oppose notamment à la présence de bases militaires américaines sur son territoire, accusant les Etats-Unis d'occuper militairement le pays sous prétexte de lutter contre le trafic de cocaïne. En 2008, l'ambassadeur des Etats-Unis Philip Goldberg et la DEA (l'équivalent de la brigade des stupéfiants américaine) sont expulsés du pays, accusés d'espionnage et d'opérations de déstabilisation. 

De fait, le gouvernement doit faire face en 2008 à une tentative de sécession de la province de Santa Cruz, la plus grande et la plus riche du pays. L'armée bolivienne est mise en alerte, mais Evo Morales se refuse à proclamer l'état de siège. 400 policiers seront envoyés dans la province pour rétablir l'ordre. Néanmoins, la déstabilisation interne de la Bolivie suivra lentement son cours, et finira par emporter le gouvernement en 2019.

Evo Morales organise en effet un référendum en 2016 afin de faire modifier la Constitution, pour lui permettre de briguer un quatrième mandat en 2019. Le président connaît alors son premier échec cuisant. Consultés par référendum, les électeurs rejettent à 51,3 % des suffrages la modification constitutionnelle. Quelques semaines plus tôt, une chaîne de télévision avait opportunément accusé le gouvernement dans une affaire de corruption impliquant une ancienne compagne du chef de l’Etat. Un rapport d'enquête d'une commission mixte finira par blanchir le président de ces accusations, mais il est déjà trop tard.

Après son désaveu électoral, Evo Morales refuse le résultat. En novembre 2017, la justice l’autorise finalement à se porter candidat, au motif que sa candidature relève «de son droit humain». Le président bolivien décide alors de se représenter et remporte l'élection avec 47% des voix. L'opposition l'accuse de fraude et déclenche une série d'émeutes dans les grandes villes du pays. Les villages plus défavorisés, eux, restent fidèles à Morales. Mais, contrairement au Venezuela, la police puis l'armée se retournent contre leur chef et le poussent à la démission.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, s'est depuis réjoui du renversement d'Evo Morales, appelant également la population du Venezuela à se soulever. L'opposant de droite au gouvernement d'Evo Morales et candidat à l'élection présidentielle Carlos Mesa a, lui, exprimé le souhait d'un rapprochement diplomatique avec les Etats-Unis et le Brésil de Jair Bolsonaro.

Peu avant d'être renversé par Augusto Pinochet en 1973, Salvador Allende déclara, lors d'un discours devant les Nations Unies en 1972 : «Nous combattons des forces de l'ombre, sans drapeau, avec des armes puissantes, postées dans des zones d'influence directe. Nous sommes des pays potentiellement riches, mais nous vivons dans la pauvreté. Nous courons après les aides et les crédits alors que nous sommes de grands exportateurs de capitaux. C'est le paradoxe classique du système capitaliste». Il est alors applaudi par l'assistance, et signe son arrêt de mort.

Evo Morales s'est-il opposé à ces mêmes «forces de l'ombre» et a-t-il été puni pour cela ?

Lire aussi : Un «signal» au Venezuela, Trump «applaudit» l'armée bolivienne après le départ de Morales

  • 13 novembre 2019 à 21:11

Nord Stream 2 : la Pologne veut infliger 40 millions d’euros d’amende à Engie

L’organisme anti-monopole polonais UOKiK a annoncé, le 8 novembre sur son site web, avoir infligé une amende de 170 millions de zlotys (40 millions d’euros) au français Engie, une des cinq sociétés européennes participant au financement du gazoduc Nord Stream 2.

L’UOKiK explique qu’Engie a «obstinément et de manière injustifiée» refusé de lui fournir des documents et des informations sur ses accords signés avec Gazprom, ce qui a «considérablement retardé [ses] actions concernant le financement de Nord Stream 2». «Nous menons une procédure antitrust très importante concernant l’affaire Nord Stream 2, dont les effets peuvent revêtir un caractère international. […] La punition décidée d'aujourd'hui n'est que l'une des étapes de cette procédure», a ajouté Marek Niechcial, président de l’UOKiK.

Dans un communiqué de presse, l’organisme polonais détaille les sanctions ultérieures qu’il pourrait décider à l’encontre de Nord Stream 2 et des entreprises partenaires, évoquant «une amende montant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires annuel de la co-entreprise fondée sans son autorisation». Dans certains cas, selon le communiqué de l’UOKIK, les sanctions peuvent aller jusqu’à la saisie de «tout ou partie des biens de l’entrepreneur», ainsi qu’à des actions «assurant le contrôle de l'entreprise et sa liquidation». 

En écho à la diplomatie américaine

L'annonce de l'organisme polonais a coïncidé avec des propos très durs contre la Russie et indirectement contre Nord Stream 2 prononcés le même jour à Berlin par Mike Pompeo. Le chef de la diplomatie américaine avait notamment déclaré : «Nous ne voulons pas que l'approvisionnement énergétique de l'Europe dépende [du président russe] Vladimir Poutine.»

En avril 2018, l’UOKiK a engagé une procédure antitrust contre six entreprises auxquelles il reproche de maintenir leur participation au projet Nord Stream 2 sans son approbation. Il s'agit du leader du projet, le russe Gazprom, du français Engie, des allemands Uniper et Wintershall, de l’anglo-néerlandais Shell et de l’autrichien OMV. Contacté par téléphone, Engie renvoie à sa déclaration reprise par Reuters et Bloomberg : «Nous contestons le fondement juridique de la décision et nous ferons appel.»

Négociation sur le transit du gaz russe 🇷🇺 à #Bruxelles : comment l'#UE 🇪🇺 se chauffera-t-elle cet hiver ?#Russie#Ukraine#UnionEuropéenne

➡️ https://t.co/jSUFtFwzpYpic.twitter.com/srVJhnKrOl

— RT France (@RTenfrancais) 20 septembre 2019

Le projet de gazoduc Nord Stream 2 devrait doubler la capacité actuelle (55 milliards de mètres cubes de gaz/an) du pipeline Nord Stream entré en service en 2011 et qui relie l’Allemagne à la Russie en passant par le fond de la mer Baltique.

Menacé à de nombreuses reprises par les Etats-Unis de sanctions extraterritoriales visant le projet et les entreprises européennes qui y participent, le consortium Nord Stream 2 semble toutefois en passe de réussir son pari d’une entrée en service en 2020. Sa construction est achevée à plus de 75% et en octobre, le Danemark, qui bloquait la construction du tronçon passant par ses eaux territoriales, a finalement donné son feu vert.

Lire aussi : Face à la guerre économique américaine le gouvernement français veut muscler la législation

  • 13 novembre 2019 à 20:33

Le leader islamiste Rached Ghannouchi élu président du Parlement tunisien

Rached Ghannouchi, chef historique du parti d'inspiration islamiste Ennahdha arrivé en tête des législatives d'octobre en Tunisie, a été élu ce 13 novembre président du Parlement avec 123 voix sur 217, selon l'AFP. Grande figure de l'opposition islamiste sous les présidents Habib Bourguiba puis Zine El Abidine Ben Ali, cet homme de 78 ans a accédé à la présidence de l'Assemblée après un accord avec le parti libéral Qalb Tounes de l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources au sein de ces partis.

Nabil Karoui, vaincu au second tour de la présidentielle du 13 octobre, avait pourtant tenté de se poser en rempart contre l'islamisme durant la campagne électorale. Son parti avait exclu avec véhémence jusqu'à la dernière minute tout accord avec la première force du Parlement.

Ennahdha avait quant à lui réussi à s'imposer en tête en se présentant comme le fer de lance des idéaux de la révolution de 2011, en promettant de rompre avec le passé, notamment incarné selon le parti par Nabil Karoui.

Cependant, avec seulement un quart des sièges dans un Parlement morcellé, Ennahdha doit faire d'importantes concessions pour arriver à ses fins. Cette élection a lieu en effet à quelques jours du dernier délai avant lequel Ennahdha doit annoncer à qui le parti confie la lourde tâche de former un gouvernement susceptible de convaincre la majorité des députés.

Lire aussi : Quels grands chantiers attendent le prochain président tunisien ?

  • 13 novembre 2019 à 20:01

Ambassade vénézuélienne au Brésil : tensions entre partisans de Guaido et de Maduro

Des partisans de Juan Guaido – qui s’est autoproclamé président vénézuélien par intérim le 23 janvier et a aussitôt été reconnu par Washington et une cinquantaine de pays – ont occupé le 13 novembre au matin une partie de l'ambassade du Venezuela au Brésil. Ces partisans pro-opposition ont réussi à entrer dans l’ambassade après que des personnels de la mission leur ont ouvert les portes, faisant ainsi allégeance au chef de l'opposition, a annoncé l'ambassadrice désignée par ce dernier, Teresa Belandria, d’après l’AFP.

Toutefois, selon une source policière brésilienne citée par l’AFP, les partisans pro-Guaido «tentai[en]t de négocier de manière pacifique» avec des soutiens du président vénézuélien Nicolas Maduro au sein de la représentation diplomatique.

«Les locaux de notre ambassade ont été envahis de force ce matin. Nous considérons que le gouvernement brésilien est responsable de la sécurité de notre personnel et de nos installations», a réagi le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza.

Dans cette vidéo, tournée il y a quelques minutes, notre Chargé d'Affaires à Brasilia transmet un message de force & de loyauté, entouré par tout le personnel de l’Ambassade & des amis brésiliens. L’information de la droite violente sur les défections est absolument fausse. https://t.co/RB8Pkh1rMF

— Ambassade du Venezuela en France (@EmbaVEFrancia) November 13, 2019

Dans un communiqué, Teresa Belandira a soutenu que des membres du personnel au sein de l’ambassade avaient cédé «volontairement la mission diplomatique à la représentation accréditée légitimement au Brésil». «Nous appelons tous les officiels accrédités de l’ambassade et dans les sept consulats du Venezuela [au Brésil] à prendre la même décision», a-t-elle ajouté.

Le député Eduardo Bolsonaro, l’un des fils du président brésilien Jair Bolsonaro – président qui soutient activement Juan Guaido – a tweeté le 13 novembre que «si le Brésil reconnaît Guaido en tant que président du Venezuela, pourquoi l’ambassadrice Teresa Belandria, qu’il a nommée, ne se [trouve] pas déjà physiquement à l’ambassade ? Il semble qu’à présent, ce qui est en train d’être fait est correct et juste».

Comunicado oficial da Embaixadora da Venezuela no Brasil, Sra. Maria Teresa Belandría @matebe .#ForaMaduropic.twitter.com/0eh9HkwkQh

— Eduardo Bolsonaro🇧🇷 (@BolsonaroSP) November 13, 2019

De son côté, Freddy Mergote, chargé d’affaire de l’ambassade resté loyal au président Nicolas Maduro, a témoigné que «des personnes étrangères à l’ambassade y sont entrées et violent le territoire vénézuélien», dans une vidéo obtenue par l'AFP auprès du Parti des Travailleurs (PT, gauche) de l'ancien président Lula.

«C’est une situation absurde que nous sommes en train de vivre ici au Brésil. Nous sommes en présence d’une agression violente contre un autre pays […] Notre Constitution interdit toute ingérence dans les conflits d’autres pays», a déclaré à l’AFP la députée du PT Maria do Rosario.

En réponse à l'ingérence des partisans de Jair Bolsonaro qui soutiennent Juan Guaido, des militants pro-Lula soutenant Nicolas Maduro ont investi les abords de l'ambassade, créant ainsi des tensions. 

Tensions devant l’ambassade du #Venezuela 🇻🇪 a #Brasilia#brésil 🇧🇷 entre partisans de #JairBolsonaro qui reconnaissent #JuanGuaido et partisans de #Lula qui soutiennent #NicolasMaduro . Le tout en marge du sommet des #BRICS2019#BRICSBrazilpic.twitter.com/DUD6a3oM0A

— Kyrill_RT_France (@KOTIKOV_RT) November 13, 2019

L’occupation de l’ambassade vénézuélienne au Brésil par des partisans pro-Guaido est intervenue alors que Jair Bolsonaro s’apprête à recevoir les dirigeants des BRICS pour le sommet annuel qui aura lieu le 14 novembre à Brasilia. Le Venezuela constitue une thématique qui divise les pays des BRICS, le Brésil étant le seul pays à reconnaître la légitimité de Juan Guaido, contrairement à la Chine et la Russie qui soutiennent Nicolas Maduro.  

Lire aussi : Venezuela : le Sénat français vote à une majorité écrasante pour le renforcement des sanctions

  • 13 novembre 2019 à 19:44

Déçue des mesures sur l'immigration, Jennifer de Temmerman quitte le groupe LREM à l'Assemblée

La députée du Nord Jennifer de Temmerman a annoncé ce 13 novembre quitter le groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, disant avoir perdu «espoir» après le vote de mesures sur l'immigration

Dans un communiqué intitulé «Pourquoi je pars» publié sur Twitter, la députée justifie son choix, en «accord avec [ses] valeurs et celles de la circonscription» qu'elle représente, de quitter le groupe LREM. 

Pourquoi je pars.

« Parfois, le combat se mène autrement. Pour porter les Objectifs de Développement Durable, pour les droits humains, pour la démocratie, je vais continuer d’agir. » pic.twitter.com/6USExKi87H

— Jennifer DeTemmerman 🌍🕊 (@JDetemmerman) November 13, 2019

La semaine dernière, à la suite du vote de mesures sur la couverture santé des migrants, Jennifer de Temmerman avait annoncé prendre du recul vis-à-vis du groupe majoritaire. Dans l'hémicycle, s'opposant au vote de dispositions sur l'aide médicale d'Etat (AME), elle avait interpellé ses collègues, demandant : «Où est notre âme [...] où allons-nous?». 

Jennifer de Temmerman continue de fustiger la mesure de restriction sur l'AME, qui selon elle «conforte les discours d'extrême droite».  Au-delà, elle affirme ne pas avoir «retrouvé le cap donné par notre Premier ministre [...] lors du premier discours de politique générale» ni «l'espérance que faisaient naître en [elle] les mots du président de la République Emmanuel Macron en 2017». La députée déclare toutefois qu'elle «continuera d'agir» pour «porter les objectifs de développement durable, pour les droits humains, pour la démocratie». 

Son ancien groupe politique comptera désormais 303 membres et apparentés, contre 313 au début de la législature. Un cadre de la majorité se dit «très surpris par sa décision. Car la vraie période de tensions, ce n'était pas sur ces mesures, mais en 2018 sur la loi asile et immigration. A cette époque, c'était très tendu». «Là, on a eu une vraie concertation. Le gouvernement a joué le jeu. Les parlementaires, y compris de l'aile gauche, ont été entendus et la situation était plutôt apaisée», affirme ce responsable, alors qu'une dizaine de députés de la majorité, dont Jennifer de Temmerman, avaient critiqué les mesures gouvernementales dans une tribune.

Avant son départ, Albane Gaillot, élue du Val-de-Marne, s'était en septembre mise en retrait du groupe LREM à l'Assemblée, devenant simple apparentée. Elle se disait déçue des actions en matière d'environnement, de «justice sociale» et de démocratie interne au sein de LREM. Avant elle, en juin, invoquant son «désaccord avec la ligne du mouvement», c'est la députée de la Marne Aina Kuric qui avait quitté le parti, tout en restant également apparentée. Une autre élue, Sandrine Josso, a quitté LREM en juin pour le groupe Libertés et territoires, affirmant qu'elle ne «trouvait plus le sens initial» de son engagement.

Lire aussi : «Reprendre le contrôle de notre politique migratoire»: que retenir des annonces d'Edouard Philippe ?

  • 13 novembre 2019 à 18:28

«L’hôpital public s’écroule» : 70 directeurs médicaux tirent la sonnette d'alarme

«L’hôpital public français a acquis depuis des décennies une réputation d’excellence [...] Nous vous alertons car ce système s’écroule et nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins». Dans une tribune publiée par Le Monde le 13 novembre, 70 directeurs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) demandent plus de moyens pour les hôpitaux publics. 

Un soignant sur deux exposé au burn out

«L’accès au diagnostic et aux soins médicaux et chirurgicaux à l’hôpital public est extrêmement difficile, et les équipes soignantes démotivées. Les délais de programmation des interventions s’allongent, les soins urgents ne sont plus réalisés dans des délais raisonnables», alertent-ils. Conséquence : «Les usagers sont de plus en plus obligés de se tourner vers les établissements privés», déplorent les signataires.

Selon les responsables, de nombreux postes de soignants ne sont pas pourvus et des personnels vont jusqu'à quitter les hôpitaux. «49 % des professionnels de santé sont exposés au burn out», constatent-ils. 

Pour pallier ce problème, les signataires de la tribune proposent trois pistes. Ils appellent à «réviser à la hausse» l'objectif national des dépenses d'assurance maladie et à revaloriser «le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins». Plus globalement, cela signifie «une refonte complète » de l'hôpital public français.

Une manifestation prévue le 14 novembre

Le 10 octobre, un collectif inter-hôpitaux composé de plusieurs centaines de médecins et personnels soignants avait décidé d'organiser une «grande manifestation» le 14 novembre à Paris et dans de nombreuses autres villes, comme Nantes ou Clermont-Ferrand.

Objectif : inciter le gouvernement à mettre en place un «plan d'urgence pour l'hôpital public». 

🚨 Manifestation du 14 novembre à Paris : départ à 14h de Port Royal.
Le parcours définitif reste en négociation avec la préfecture de police en raison de le « très forte participation attendue » 💪

— COLLECTIF INTER-HOPITAUX (@CollectInterHop) November 9, 2019

Les soignants ont reçu le soutien de plusieurs partis, à l'instar du Parti socialiste. «L'hôpital se meurt et le gouvernement regarde ailleurs. Face à cet abandon du système de santé à la française, il est de notre responsabilité commune d'apporter des réponses», explique le PS dans un communiqué.

#GreveUrgences Le 14 novembre, une délégation du Parti socialiste – comprenant notamment @faureolivier ; @StephanTroussel et @BorisVallaud – prendra part au cortège.
Nous appelons les militantes et militants socialistes à rejoindre le défilé. https://t.co/Fqs4oVmo2t

— Parti socialiste (@partisocialiste) November 11, 2019

Lire aussi : Urgences en crise : le plan Buzyn «à côté de la plaque» face à un service public en danger ?

  • 13 novembre 2019 à 18:15

Liban : nouveaux heurts après le discours du président Michel Aoun

Beyrouth ainsi que plusieurs villes libanaises ont été le théâtre de nouvelles manifestations sporadiques dans la nuit du 12 au 13 novembre à l’issue de l’intervention du président Michel Aoun. Lors d'une déclaration télévisée, celui-ci a notamment proposé la constitution d’un gouvernement composé de technocrates et d'hommes politiques. Une proposition de sortie de crise qui ne satisfait pas nombre de Libanais appelant de leurs vœux un gouvernement composé uniquement d'indépendants et de technocrates.

Si, au sein de l'Etat, il n'y a personne qui leur convient, qu'ils émigrent

Les gens ds la rue, bloquent les routes à nouveau! Très en colère discours #Président#Aoun#Révolution#Libanpic.twitter.com/ST7qo9BMTy

— Dr.Tarabay Rima د.ريما طربيه 🇱🇧 🌍 (@RimaTarabay) November 12, 2019

Mais une déclaration en particulier a suscité la colère de la rue : «Où est-ce que je peux aller les chercher [ces personnalités indépendantes] ? Sur la Lune ?», a lancé le chef de l’Etat libanais en réponse à la principale exigence des manifestants. «Si, au sein de l'Etat, il n'y a personne qui leur [aux manifestants] convient, qu'ils émigrent», s'est-il emporté. En réponse à cette fin de non-recevoir, certains contestataires ont bloqué des routes en brûlant des pneus.

#Lebanon : a number of roads already being blocked not only in #Beirut - but also in the #Bekaa (towards Kobb elias highway), and around #Tripoli (Palma road) - Barja (Towards South Lebanon) .. #LebanonProtests#lebanonrevolutionpic.twitter.com/Y44WcLizcu

— Luna Safwan - لونا صفوان (@LunaSafwan) November 12, 2019

Dans la capitale, écoles et banques sont restées fermées ce 13 novembre alors que des manifestants ont décidé de converger devant le palais présidentiel pour protester contre l'intervention du président libanais. 

Thousands of protesters at the road to the presidential palace in Baabda, #lebanon#LebanonProtests#لبنان__ينتفضpic.twitter.com/CTYu7pE35Q

— AymanOnline (@aymanonline) November 13, 2019

Un mort dans des circonstances encore floues

Les tensions ont par ailleurs été ravivées par le décès par balle d’Alaa Abou Fakhr, un cadre du Parti socialiste progressiste, dans la localité de Khaldé, au sud de Beyrouth. Dans un premier temps, l'armée avait rapporté un incident à Khaldé au passage d'un véhicule militaire, sur une route coupée par un groupe de manifestants, assurant qu'un soldat avait été «contraint d'ouvrir le feu pour disperser» les contestataires, «blessant une personne». Une enquête a été ouverte et le militaire auteur du coup de feu a été interpellé. Il s'agit du deuxième décès depuis la naissance du mouvement de contestation le 29 octobre dernier. 

Lire aussi : Liban : des milliers de manifestants pro et anti-pouvoir occupent tour à tour la rue

  • 13 novembre 2019 à 16:57

Étiquetage «colonies israéliennes» : les Etats-Unis se disent «profondément préoccupés»

Ce 13 novembre, les Etats-Unis ont assuré être «profondément préoccupés» par la décision de la justice de l'Union européenne (CJUE) d'imposer l'étiquetage «colonies israéliennes» aux denrées alimentaires originaires des Territoires palestiniens occupés par Israël, et ont fait part à l'Etat hébreu de leur soutien. «Les circonstances entourant les critères de labellisation dans les faits précis présentés à la Cour suggèrent un parti pris anti-israélien», écrit, dans un communiqué, Morgan Ortagus, porte-parole du département d'Etat américain.

Une décision «rejetée fermement» par Israël

Depuis la décision de la Cour de justice de l'Union européenne le 12 novembre dernier, les denrées alimentaires originaires des territoires occupés par Israël doivent dorénavant porter la mention de leur territoire d'origine, et le cas échéant préciser qu'elles proviennent d'une colonie israélienne. Sans surprise, la décision de la Cour a été «rejetée fermement» par Israël, tandis que les Palestiniens souhaitent aller plus loin en interdisant ces produits.

Pour la diplomatie américaine, cet étiquetage «sert uniquement à encourager, faciliter et promouvoir» le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre Israël. «L'Amérique est aux côtés d'Israël contre les efforts visant à lui imposer une pression économique, à l'isoler ou à le délégitimer», poursuit le communiqué.

A l'origine de ce jugement de la Cour européenne figure une décision contestée du ministère français de l'Economie en novembre 2016 obligeant à un étiquetage différencié des produits provenant des territoires occupés par Israël.

Cette décision avait été prise en application d'un règlement européen de 2011 sur l'information des consommateurs pour les denrées alimentaires.

En 2015, la Commission avait publié une «notice interprétative» sur l'indication d'origine des marchandises en provenance des Territoires occupés par Israël depuis juin 1967 et approuvé la mise en oeuvre de l'étiquetage controversé.

La mention «évite que les consommateurs ne puissent être induits en erreur»

Selon la Cour, la mention du territoire d'origine de ces denrées est obligatoire, au vu de ce règlement, «afin d'éviter que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l'Etat d'Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu'entité souveraine». La décision du ministère français avait été dénoncé comme «discriminatoire» par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) au motif qu'il aurait renforcé le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), accusé par le Crif de «détester» Israël.

Étiquetage des produits issus des colonies israéliennes : «Un impact économique, mais surtout un impact politique» selon Nicolas Shahshahani#Israël#Palestine#UE@Europalestine1pic.twitter.com/DuBQyTdsFO

— RT France (@RTenfrancais) 13 novembre 2019

Saisi d'un recours en annulation par l'Organisation juive européenne (OJE) et la société de vins casher Psagot, le Conseil d'Etat français s'en était remis à la justice européenne. La Cour européenne a suivi l'avis favorable à un tel étiquetage de l'avocat général.

Lire aussi : L’étiquetage des produits issus des «colonies israéliennes» importés dans l'UE validé

  • 13 novembre 2019 à 16:00

Chili : rassemblement pour dénoncer le nombre d'éborgnés par des tirs des forces de l'ordre

Carlos était en train de courir en pleine manifestation lorsqu'il a senti son œil se fermer. Quelques secondes plus tard, le sang dégoulinant sur son visage lui a fait comprendre qu'il venait de rejoindre la liste des 200 manifestants éborgnés par les forces de l'ordre depuis le début de la crise sociale au Chili contre le président Sebastian Piñera, débutée le 18 octobre et qui ne faiblit pas.

Une manifestation s'est tenue le 12 novembre à Santiago devant le palais présidentiel de la Moneda afin de susciter une prise de conscience autour de ces très nombreux blessés.

Au #Chili devant la Moneda, impressionnante mise en scène en hommage aux manifestants éborgnés et pour protester contre ces actes #barbares du régime #Pinera.
Un triste écho à la répression des #GiletsJaunes par #Macron.#Chile#ChileDesperto#NoMasBalinespic.twitter.com/s6fQDCUgHK

— 🌿🐝 Реми φ🦞 (@Callystor) November 12, 2019

Tirs de plombs et de gaz lacrymogènes

Selon l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant, 197 personnes ont subi des blessures oculaires, «surtout de tirs de plombs, mais aussi d'autres armes, comme les bombes lacrymogènes» depuis le début de la contestation.

Un chiffre qui dépasse largement le nombre de cas similaires constatés pendant la crise des Gilets jaunes en France – 24 selon le décompte d'un journaliste indépendant – ou des manifestations massives à Hong Kong, soulignent l'ordre des médecins chiliens et plusieurs organisations locales de défense des droits humains. 

Avec ces plombs «ils ont voulu que je ressente de la douleur, de la peine, du regret, de la peur, mais cela a eu l'effet inverse : je sens plus de rage que de peur, plus de haine que de peine, et c'est contre ces gens qui tirent et mutilent des gens», raconte à l'AFP Carlos Vivanco, 18 ans, dans sa maison de La Pintana, un quartier périphérique de Santiago. 

Ce lycéen a totalement perdu la vision de son œil gauche il y a trois semaines lorsqu'il participait à une manifestation dans son quartier. Alors qu'il fuyait les tirs de la police, il a été touché par huit plombs, dont celui qui a causé sa grave blessure oculaire.

Chili : rassemblement pour dénoncer le nombre d'éborgnés par des tirs des forces de l'ordre© Cristobal Basaure Source: Reuters
Une manifestante blessée lors d'une manifestation contre le gouvernement chilien à Vina del Mar, Chili, le 10 novembre 2019.

Son œil droit a été épargné de justesse : un autre plomb s'était fiché dans l'os lacrymal, sous le globe oculaire. A quelques centimètres près, Carlos aurait connu le sort dramatique de Gustavo Gatica, cet étudiant de 21 ans devenu presque totalement aveugle après avoir été blessé aux deux yeux. 

«J'avais conscience de ce qu'ils sont capables de faire, mais je ne pensais pas qu'ils avaient l'autorisation de tirer comme ça, comme des bouchers», confie Carlos à propos des forces anti-émeutes chargées de maintenir l'ordre.

«Triste record mondial»

César Callozo, 35 ans, a été blessé à un œil alors qu'il jouait des percussions avec d'autres musiciens à proximité de la Plaza Italia, devenue l'épicentre de la contestation.

«Il y avait une très bonne ambiance. Brusquement, j'ai senti un coup à l’œil et je suis tombé à terre. La douleur a disparu et mon visage s'est endormi ; je me suis levé et j'ai crié qu'ils n'allaient pas me vaincre», se souvient au bord des larmes le trentenaire qui attend son tour pour une consultation ophtalmologique à l'hôpital Salvador de Santiago.

Le mouvement m'a coûté un œil, mais je suis heureux

A ses côtés, Nelson Iturriaga, 43 ans, attend lui aussi de voir un spécialiste, espérant pouvoir retrouver une partie de sa vue. «Ils ont voulu éteindre le feu en jetant de l'huile dessus et les gens sont toujours dans la rue», constate ce maçon.

«Nous détenons le triste record mondial du nombre de cas de perte de vision. Bien plus que dans les zones comme Hong-Kong ou ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes à Paris, ou les manifestations en Espagne, et même la guerre en Palestine», constate Mauricio Lopez, chef de l'Unité de soins ophtalmologiques à l'hôpital Salvador, qui prend en charge la plupart des blessés. «C'est une épidémie», déplore-t-il. Selon lui, 35 personnes ont subi des blessures profondes et risquent de perdre totalement la vue.

Des représentants du gouvernement chilien ont défendu l'action de la police devant la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) lors d'une audience récente en Equateur, tout en s'engageant à «limiter» l'usage des munitions en plomb.

Au moins vingt personnes sont mortes depuis le début de la crise chilienne, dont cinq après l'intervention des forces de l'ordre, et plus de 2 000 ont été blessées, selon des chiffres officiels. Malgré cela, près d'un mois après le début de cette explosion sociale totalement sans précédent dans ce pays sud-américain, les manifestations restent massives. «Le mouvement m'a coûté un œil, mais je suis heureux» car la lutte pour un Chili plus égalitaire se poursuit, assure Carlos en montrant ses doigts tatoués du mot «liberté». 

Lire aussi : Chili : la contestation repart de plus belle

  • 13 novembre 2019 à 14:24

Attentats du 13 novembre : un procès hors norme qui s’annonce historique

Le 21 octobre, quelques jours seulement avant les commémorations des attentats du 13 novembre 2015, le parquet national antiterroriste a indiqué avoir mis un terme à la procédure les concernant. Toujours en attente des réquisitions du parquet, le procès, qui devrait avoir lieu en 2021, s’annonce extraordinaire, notamment compte tenu des moyens déployés et des milliers de personnes qui devraient le suivre. 14 personnes sont mises en examen dans ce dossier, dont 11 sont déjà en détention provisoire.

Un procès hors norme

L’organisation de la procédure promet ainsi d'être impressionnante : environ 1 700 parties civiles, plus de 300 avocats, plusieurs centaines de journalistes nationaux et internationaux, et un public qui pourrait atteindre les 3 000 personnes lors des journées les plus suivies. L’une des interrogations est donc de savoir quelle structure pourrait accueillir un tel événement, en prenant en compte les enjeux de sécurité.

Le comité de pilotage, qui s’intéresse à la question depuis plus d’un an, penche pour l’ancien Palais de justice, sur l’île de la Cité, à Paris. Ce choix répond à un besoin sécuritaire – compte tenu des personnes mises en examen et de leurs chefs d’inculpation − et comporte une dimension symbolique liée au caractère solennel de ce lieu. Toutefois, aucune des salles de l’ancien Palais de justice n’est en mesure d’accueillir autant de personnes. Ainsi, une nouvelle structure devrait être construite ; les autres salles du Palais de justice seront quant à elles équipées de vidéotransmission. «Un dispositif qui devrait aussi servir ensuite pour le procès de l'attentat de Nice, lors du feu d'artifice du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais», selon France Inter.

La durée du procès devrait elle aussi être inhabituelle, puisque celui-ci devrait s’échelonner sur six mois en raison de la densité et de la complexité des dossiers, notamment pour entendre les blessés, les traumatisés et les proches des victimes. En dehors de sa dimension hors norme à tous égards, ce procès se démarquera surtout par les enjeux profonds inhérents à l’affaire, et les personnes qui y seront jugées.

14 personnes mises en examen, dont 11 en détention provisoire

Le 13 novembre 2015, neuf individus ont attaqué plusieurs lieux à Paris – des terrasses de restaurants, le Bataclan, ainsi que les abords du Stade de France à Saint-Denis. Le bilan officiel de ces attaques est de 130 morts et de plus de 350 blessés.

Parmi les assaillants, Salah Abdeslam est incarcéré depuis début 2016 après avoir été arrêté en Belgique. «Cinq autres suspects, parfois présumés morts en Syrie ou en Irak comme les frères Clain, sont visés par un mandat d'arrêt», d’après France Info. D’après le Monde, sept personnes sont en détention provisoire en France, quatre en Belgique, trois individus sont sous contrôle judiciaire en France et cinq sont en fuite, sous mandat d’arrêt.  

Par ailleurs, les enquêtes ont permis de lever le voile sur une cellule djihadiste aux ramifications européennes, selon l’Express. Cette cellule, principalement basée en Belgique, serait derrière les attaques du 13 novembre, mais également derrière les attentats à l’aéroport et dans le métro bruxellois, qui ont fait 32 morts.

Lire aussi : Ankara expulse des djihadistes étrangers : quelles conséquences ?

  • 13 novembre 2019 à 14:08

Patrick Balkany va rester en prison jusqu'à son procès en appel

La cour d'appel de Paris a rejeté ce 13 novembre la deuxième demande de mise en liberté du maire LR de Levallois-Perret Patrick Balkany, accusé de blanchiment de fraude fiscale. 

«Le maintien en détention de Patrick Balkany est ordonné», a en effet annoncé le président, sans toutefois expliquer les motivations de la cour. Il a jugé la demande du maire «recevable» sur la forme mais «non fondée». Le baron des Hauts-de-Seine, qui a refusé d'être extrait de sa cellule de la maison d'arrêt de la Santé, n'était pas présent au délibéré.

Le 28 octobre, la première de ses deux demandes de remise en liberté, consécutive au volet fraude fiscale, avait pourtant été acceptée. Mais incapable de payer les 500 000 euros de caution – et ce en dépit de l'appel lancé aux habitants de sa ville pour réunir cette somme – le proche de Nicolas Sarkozy était resté derrière les barreaux.

Le procès en appel en décembre

Le 18 octobre, Patrick Balkany a été condamné à cinq ans de prison pour blanchiment d'argent ainsi qu'à une peine de dix ans d'inéligibilité. En revanche, il a été relaxé pour ce qui est du volet corruption de l’affaire. Sa femme, Isabelle Balkany a, elle, écopé de quatre ans de prison ferme, sans mandat de dépôt, et de dix ans d'inéligibilité. La compagne du maire de Levallois n'a pas été incarcéré en raison de son état de santé, jugé incompatible avec une détention.

Le procès en appel pour fraude fiscale aura lieu du 11 au 18 décembre. 

Lire aussi : La justice accepte la première des deux demandes de mise en liberté de Patrick Balkany

  • 13 novembre 2019 à 10:57

Gaza : six Palestiniens tués dans de nouvelles frappes israéliennes

Les frappes israéliennes se poursuivent dans la bande de Gaza ce 13 novembre et ont fait six nouveaux morts, selon le ministère de la Santé de cette enclave contrôlée par le Hamas. Ces décès portent à 16 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de cette opération lancée par Tsahal contre l'organisation Jihad islamique. La veille, un haut commandant du groupe, Baha Abou Al-Ata, et son épouse ont été tués dans une opération ciblée.

«En assassinant Abou al-Ata, les forces d'occupation tentent de créer le chaos et de compromettre nos efforts pour rétablir l'unité [entre les factions palestiniennes]», a accusé le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, sans toutefois remettre en cause la trêve. 

L'armée israélienne a de son côté fait état de tirs de roquette depuis Gaza et a indiqué que son aviation avait bombardé et touché une unité du Jihad islamique responsables de certains tirs. Selon le dernier bilan de l'armée israélienne qui a dit avoir intercepté 90% de ces projectiles, 220 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël, sans toutefois qu'aucun mort ne soit à déplorer.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé que Israël ne «souhaitait pas une escalade», mais devait faire «tout ce qui est nécessaire pour [se] protéger». «Je vous le dis d'avance, cela pourrait prendre du temps», a-t-il prévenu, après une rencontre avec les chefs de l'armée et du Shin Beth, alors que Tsahal avait dit se se préparer «à plusieurs jours d'affrontements».

Lire aussi : «Les Arabes veulent tous nous détruire» : Netanyahou se défend après un message sur Facebook

  • 13 novembre 2019 à 10:26

«Marée blanche» : plus d'une tonne de ballots de cocaïne s'échouent sur le littoral atlantique

«Depuis la mi-octobre, avec une intensification début novembre, nous constatons l'arrivée de ballots de cocaïne base sur le littoral français, arrivées qui s'étendent depuis les Landes jusqu'à la pointe bretonne puisque aujourd'hui nous avons récupéré cinq kilogrammes de produit à Camaret-sur-Mer», a déclaré le 12 novembre à l'AFP le procureur de la République à Rennes Philippe Astruc. 

Et le décompte ne devrait pas s'arrêter à 1 010 kilogrammes : «Chaque marée amène son lot de produits. C'est encore des arrivées relativement importantes, d'une centaine de kilos par jour sur l'ensemble du littoral... Donc je n'exclus pas que pendant quelques jours encore il y ait des arrivées sur le littoral», a ajouté le procureur. Par l'effet de la houle, une partie de la cargaison «s'est forcément perdue en mer», souligne le magistrat.

Une partie de la drogue, que l'on retrouve dans des ballots de la taille d'une boite de chaussures entourés de cellophane pour être hermétiques, a aussi été trouvée en mer par le service des douanes. Le procureur a qualifié cette affaire «d'exceptionnelle», par la quantité de ballots qui «arrivent de manière éparse sur un territoire aussi large». En revanche, par le passé, la JIRS de Rennes, compétente dans les affaires de criminalité organisée, a mené des procédures avec des saisies d'une envergure similaire.

Ainsi, à l'été 2015, deux skippers à bord d'un voilier avec à bord 1,6 tonne de cocaïne avaient été arrêtés tandis qu'en décembre de la même année, une saisie de 1,4 tonne avait eu lieu à la suite d'une arrivée par cargo au port du Havre. «En terme de quantité retrouvée, on est dans l'ordre de ce type de cargaison», a résumé le procureur.

Un jeune homme de 17 ans arrêté en possession de cinq kilogrammes

Pour tenter de comprendre d'où vient cette drogue, le procureur a expliqué que les enquêteurs se penchaient notamment sur les «flux maritimes» à la mi-octobre, les premiers ballots ayant été trouvés le 18 octobre. La piste privilégiée reste un délestage accidentel ou volontaire d'un navire d'une drogue dont le prix médian du gramme avoisine 70 euros en France. L'affaire, qui prend un fort écho médiatique en France et à l'étranger, pose également une question de santé publique et crée un risque pénal. 

«J'ai souhaité une communication forte ce week-end car nous avons craint que des personnes veuillent récupérer ces produits pour les consommer, ce qui est tout à fait dangereux, et que des trafiquants ou des apprentis trafiquants profitent de l'aubaine en se disant, "il y a de l'argent à faire"», a expliqué à l'AFP Philippe Astruc. En outre, cette cocaïne présente «un degré de pureté important, à 83%», selon la même source.

«Il est tout à fait interdit de récolter, de transporter, de recueillir ce type de produit. C'est un délit passible de 10 ans d'emprisonnement», a souligné le procureur, appelant au «civisme» des habitants qui doivent alerter policiers ou gendarmes en cas de découverte.

Le 11 novembre, un jeune homme de 17 ans, un Toulousain en vacances en Gironde, a ainsi été interpellé par les gendarmes en possession de cinq kilogrammes de cocaïne ramassés sur une plage de Lacanau, interdite au public. Il était toujours en garde à vue le lendemain. Plusieurs communes du littoral ouest ont pris des arrêtés similaires pour interdire l'accès aux plages. 

Lire aussi : Espagne : la cocaïne était dans les bananes

  • 13 novembre 2019 à 08:00

Pour 46 milliards de plus : EDF au bord du gouffre avec l’EPR, prêts pour un grand bond en avant ?

EDF évalue à au moins 7,5 milliards d'euros le coût unitaire d'éventuels nouveaux réacteurs EPR, selon un document interne dont le quotidien Le Monde a révélé le teneur le 9 novembre. «EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d'environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d'euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d'euros par réacteur», souligne le quotidien.

Ces six réacteurs correspondent à l’un des scénarios pour lequel les ministres de la Transition écologique et de l’Economie Elisabeth Borne et Bruno Le Maire ont récemment demandé une estimation à Jean-Bernard Lévy, PDG de l’électricien national. Contacté par l'AFP, EDF s'est refusé à tout commentaire, mais une source syndicale interne a confirmé les ordres de grandeur évoqués dans l’article du Monde. Elle a aussi insisté sur la réduction des coûts qu'ils représenteraient par rapport à ceux constatés actuellement en Europe, plutôt aux environ de 12 milliards d’euros par réacteur.

C’est par exemple le cas de celui que construit EDF à Flamanville, au bord de la Manche, et dont le coût annoncé était initialement de 3,3 milliards d’euros en 2006, face à des offres commerciales concurrentes alors comparables. Il devrait en outre être livré d’ici la fin 2021, soit avec près de 10 ans de retard.

«Ce n'est pas les Français qui vont payer ces retards»

Et c’est seulement après sa mise en service que le gouvernement français, qui se rapprocherait de la fin de la mandature actuelle, prendrait éventuellement la décision de construire ces six nouveaux réacteurs pour remplacer une partie du parc actuel, dont près de la moitié se rapproche de sa fin de vie.

A quelque 400 kilomètres plus au nord-ouest, EDF est aussi à la peine sur la construction de deux réacteurs de la même génération pour la centrale d’Hinkley Point, en Angleterre, dont les délais et les coûts ont également dérapé pour aboutir à une facture elle aussi proche de 12 milliards d’euros l’unité. Ces dépassements ont toutes les chances d’être à la charge d’EDF, malgré les déclarations de Bruno Le Maire, fin septembre, qui affirmait lors de la dernière réévaluation du coût du chantier d’Hinkley Point : «Ce n'est pas les Français qui vont payer ces retards».

Or les Français pourraient payer en fin de compte beaucoup plus, car l’entreprise nationale détenue à près de 84% par l’Etat est dans une situation financière préoccupante. Certes, les comptes de 2018 présentent un résultat net (part du groupe) positif de 1,2 milliard d’euros, mais le groupe reconnaît aussi un endettement financier net de 33,4 milliards d’euros. Même si ce montant n’était pas sous-estimé, il représenterait déjà près de 120% de la valeur boursière du groupe (28,22 milliards d’euros au cours de clôture du 11 novembre) dont l’action est passée de 32 euros lors de son introduction en bourse en novembre 2005 à environ 9,25 euros actuellement.

110 milliards d'euros d'investissements d'ici 2033

Mais à elle seule, la construction de ces six réacteurs serait insuffisante pour faire face au renouvellement du parc nucléaire actuel et à sa mise en conformité avec les réglementations de sécurité renforcées, notamment depuis Fukushima. En 2014 déjà la Cour des comptes évaluait ces investissements à 110 milliards d’ici 2033.  

En outre, l’électricien public est structurellement pénalisé par des règles visant à faire émerger un secteur concurrentiel en France. Dans une interview accordée au Monde à la mi-octobre, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy avançait que ce système mis en place «pour faire émerger des concurrents et pénaliser EDF [avait] atteint un niveau de pénalisation qui se retourne contre le contribuable, contraint de renflouer EDF». 

Bruno Le Maire en colère contre #EDF… et les #syndicats contre le gouvernement#BrunoLeMaire

➡️ https://t.co/zumrrtyaMApic.twitter.com/OLfH9FAMXs

— RT France (@RTenfrancais) 1 octobre 2019

EDF doit, en effet, livrer à ses concurrents des mégawatheures à un prix d’environ 40 euros alors que le dernier rapport de la Cour des comptes estime que le coût de production réel du mégawattheure se situe au-dessus de 54 euros.

Vers la fin du kilowattheure bon marché

Surtout, le nucléaire, qui a longtemps eu la réputation de fournir aux Français un kilowattheure bon marché, est maintenant regardé comme une énergie chère. Au point que dans l’édition du 10 novembre de l’Emission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a annoncé qu’elle demanderait aussi à EDF de «réfléchir» à son rôle au cas où un scénario «100% énergies renouvelables» serait retenu à terme pour la fourniture d'électricité en France, au dépens de nouvelles centrales nucléaires.

Or, en juin 2019, un consortium emmené par EDF Energies Nouvelles, allié à l’allemand Innogy et au canadien Enbridge, a été retenu pour la construction d’un champ éolien en mer, à 10 kilomètres au large de Cherbourg, composé de 45 machines d’une puissance totale de près de 600 MW. Il est prévu pour une entrée en service en 2026, et pour un coût de production du mégawattheure annoncé à 50 euros (contre 54 actuellement pour le nucléaire selon les calculs de la Cour des comptes).

L’électricien public français se retrouve donc aujourd’hui dans la situation peu enviable d’une entreprise industrielle surendettée dont les choix stratégiques sont soumis aux aléas de la politique. Il est de surcroît largement lié à une technologie à la fois potentiellement dangereuse et de moins en moins performante économiquement, tout en ayant l’obligation de vendre à perte à ses concurrents, tandis que les investisseurs privés lui ont massivement retiré leur confiance.

Nationalisation des pertes et privatisation des bénéfices

Pour faire face à cette situation, le gouvernement envisage une réorganisation d’EDF, qui devrait être fidèle au principe consistant à nationaliser les pertes et privatiser les bénéfices. Le projet, qui prend la poussière dans les cartons du PDG d'EDF sous le nom de code d'Hercule, consisterait en effet à créer deux entités. L’une resterait à la charge de la collectivité et regrouperait la production d’énergie nucléaire et hydraulique, avec tout le passif des dettes et investissements, tandis que l’autre, promise à la privatisation, regrouperait la commercialisation d’électricité aux particuliers et la production d’énergies renouvelables, en bénéficiant des avantages fiscaux d’une politique de transition énergétique.

Lire aussi : Elisabeth Borne s'en prend au PDG d'EDF, accusé de vouloir fixer la politique énergétique du pays

  • 13 novembre 2019 à 07:27

Sophie Auconie : «Nous avions prévenu, la France silencieuse ne se tait plus»

Sophie Auconie, porte-parole de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), est l’invitée politique de l’Info de Stéphanie de Muru. Sur RT France, elle donne son avis sur l’actualité : la question du nucléaire en France, le calendrier social chargé et les débats autour de l'islamophobie et du voile.

  • 12 novembre 2019 à 22:16

Etudiant immolé à Lyon : des manifestants forcent l’entrée du ministère de l'Enseignement supérieur

Ce 12 novembre, à l’appel de plusieurs organisations syndicales étudiantes, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du Crous à Paris en hommage à l’étudiant qui s'est immolé en pleine de rue devant un restaurant universitaire situé dans le VIIe arrondissement à Lyon. Agé de 22 ans, le jeune homme est brûlé à 90% et se trouve actuellement «entre la vie et la mort» au centre des brûlés de l'hôpital Edouard Herriot de Lyon, d'après les syndicats. Il entendait par cet acte protester contre ses conditions de vie précaires.

Les manifestants ont notamment dénoncé la précarité dans le milieu estudiantin et réclamé la démission de la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Frédérique Vidal. 

Rassemblement contre la précarité étudiante ce soir au CROUS de Paris.

Oui #LaPrecariteTue
Non nous ne l'acceptons pas. pic.twitter.com/EeQeYlVXko

— Tomek Skomski (@SkomskiT) November 12, 2019

Au début pacifique, le rassemblement s’est transformé en manifestation sauvage. Comme le montrent des images de journalistes présents sur place, un groupe de manifestants a pris la direction du siège du ministère de l’Enseignement supérieur. Arrivés sur place, certains d’entre eux se sont introduits brièvement dans la cour du bâtiment de la rue Descartes, après avoir fait tomber la grille d’entrée.

🔴Les barrières du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, rue Descartes, sont forcées par plusieurs dizaines de personnes.#laprécaritéTue#Paris#CROUSpic.twitter.com/6qZTZD2nJy

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) November 12, 2019

Par ailleurs, des tags «Assassin» ou encore «Vidal assassin» ont été inscrits à l'entrée du ministère. 

Des murs de l’enceinte du ministère ont été tagués « assassins » « #Vidal démission » #LaPrecariteTuepic.twitter.com/wi1Kxeyn8u

— Yahoo Actualités (@YahooActuFR) November 12, 2019

Les forces de l'ordre ont été dépêchées sur place pour sécuriser et évacuer les lieux. 

PARIS - Un bâtiment du ministère de l’enseignement supérieur a été forcé par les manifestants. pic.twitter.com/bwpC4kHqSI

— Clément Lanot (@ClementLanot) November 12, 2019

Plus tôt dans la journée, plusieurs rassemblements similaires ont eu lieu à travers la France. A Lille, les étudiants ont défilé dans les rues de la ville et devant le Crous – fermé pour la journée –, avant de pénétrer dans la faculté de droit, où ils ont empêché la tenue d'une conférence de François Hollande sur la crise de la démocratie. La conférence de François Hollande devait avoir lieu à 14h30, mais vers 15h les manifestants occupaient toujours les lieux en scandant notamment «Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon», ou encore «Hollande casse-toi, la fac n'est pas à toi !». La conférence a finalement été annulée.

Un autre rassemblement qui s'est également transformé en manifestation improvisée a également eu lieu à Lyon sur le lieu du drame, ainsi que devant le siège du rectorat. 

Lire aussi : Jeune immolé à Lyon : des étudiants lillois empêchent une conférence de François Hollande

  • 12 novembre 2019 à 22:02

L’étiquetage des produits issus des «colonies israéliennes» importés dans l'UE validé

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé, ce 12 novembre, que les denrées alimentaires originaires des Territoires occupés par Israël auraient désormais l’obligation de mentionner leur territoire d’origine, et de préciser si elles proviennent d’une colonie israélienne le cas échéant. Cet arbitrage de la CJUE a aussitôt suscité de vives réactions.

Avant de porter à nouveau cette affaire au niveau européen, c’est le ministère français de l’Economie qui, en novembre 2016, avait pris la disposition obligeant à réaliser un étiquetage différencié des produits importés en France depuis des territoires occupés par Israël. Décision elle-même possible en vertu d’un règlement européen de 2011 sur l’information des consommateurs pour les denrées alimentaires, dans un souci de transparence et d'éthique pour «que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l’Etat d’Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu’entité souveraine», selon l'AFP.

En outre, la Commission européenne s’était déjà prononcée en 2015 sur une «notice interprétative» quant à l’indication de l’origine des marchandises en provenance des Territoires occupés par Israël depuis 1967, avant de confirmer par la suite la mise en œuvre de l’étiquetage controversé.

Ainsi, alors que cette décision judiciaire, à portée politique et hautement polémique, faisait la navette entre différentes instances européennes depuis plusieurs années, la CJUE a finalement tranché, ce 12 novembre. Une décision qui permet aux Européens d’avoir pleinement connaissance de l’origine de produits qu'ils pensaient auparavant provenir d’Israël.

[L'UE ne] soutient aucune forme de boycott ou de sanctions contre Israël

Cet arrêt de la CJUE «confirme, comme le dit la notice de la Commission [européenne], que les indications d’origine des produits provenant des colonies doivent être exactes et ne pas induire en erreur le consommateur», a affirmé une porte-parole de la Commission à l’AFP. Celle-ci a également rappelé que l’application de cet étiquetage dépendait des Etats membres, et qu’il n’y avait donc aucune obligation provenant d’instances européennes. En outre, elle a précisé que l’UE ne «soutient aucune forme de boycott ou de sanctions contre l’Israël» et qu’elle récuse toute action du mouvement Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) dont l’objectif serait d’«isoler» Israël.

D’après l’Union européenne, cet étiquetage devrait être mis en place pour une liste de produits allant des fruits aux légumes frais, en passant par le vin et les produits d’origine biologique… Il est important de noter que l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël, avec des échanges se montant à environ 36,2 milliards d’euros en 2017, dont 14,7 milliards d’euros d’importations de l’UE en provenance d’Israël. Le montant total des importations issues des colonies israéliennes ne s’évaluerait qu’à 1% du volume total, selon les estimations de la Commission européenne.

Une décision clivante, témoin d’un sujet passionnel

Sans grand étonnement, la décision de la CJUE a provoqué des réactions nombreuses et diverses.

D’un côté, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’est montrée enthousiaste face à cette décision, souhaitant même que «tous les pays européens [mettent] en œuvre cette obligation légale et politique», pour que les produits en question «soient bannis des marchés internationaux».  

La Campagne BDS France s’est également positionnée en affirmant que «l’étiquetage des produits ne suffit pas. Nous demandons l’interdiction de ces produits sur le territoire européen».

De l’autre côté, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a déploré cette «décision discriminatoire et intolérable». Ajoutant qu’«on sait qu’il existe d’autres types de conflits territoriaux, par exemple entre le Tibet et la Chine, et Israël est le seul pays pour lequel on demande un double étiquetage. Une telle décision va renforcer le mouvement BDS qui va l’utiliser pour dire sa haine de l’Etat d’Israël».

Enfin, le ministère israélien des Affaires étrangères a souligné, dans un communiqué de presse repris par l’AFP, qu’Israël «rejette fermement» la décision de la CJUE. «Le seul but de la décision est de cibler Israël et d’appliquer deux poids deux mesures contre lui», a-t-il persisté.

Lire aussi : La tension monte à Gaza après la mort d'un commandant palestinien dans un raid israélien

  • 12 novembre 2019 à 21:07

Algérie : 28 manifestants condamnés à de la prison ferme pour avoir arboré un drapeau berbère

La justice algérienne a condamné ce 12 novembre 28 manifestants à 12 mois de prison, dont six ferme, pour «atteinte à l'intégrité du territoire national». Selon le Comité national de libération des détenus (CLND), les prévenus ont écopé de cette peine pour avoir arboré un drapeau berbère lors de manifestations contre le pouvoir.

2h20 Tribunal Abane Ramdane
Les manifestants arrêtés pour port du drapeau berbère condamnés à 1 an de prison, dont 6 mois ferme et 6 mois avec sursis #Algeriepic.twitter.com/6bulIqjRY2

— Khaled Drareni (@khaleddrareni) November 12, 2019

Le Parquet avait requis une peine de deux ans de prison, assortie d’une amende de 100 000 dinars (environ 750 euros) ainsi que la confiscation des drapeaux. En face, la défense, assurée par près de 70 avocats, avait plaidé l’acquittement. Les avocats ont notamment argué qu’aucune loi ne stipule l’interdiction «de brandir un drapeau [berbère]». Tombé à 2h30 du matin (heure locale), le verdict du tribunal algérois de Sidi Mhamed a été accueilli avec colère par les familles des prévenus qui avaient fait le déplacement.

«Justice du téléphone», ont-ils scandé alors que la justice est accusée par nombre de manifestants d'être instrumentalisée par le pouvoir.

2h20
موجة غضب داخل المحكمة "عدالة بالتيليفون"
Indignation à l’intérieur de la salle d’audience du tribunal Abane Ramdane à l’annonce du verdict « Justice du téléphone » pic.twitter.com/LEmT0c1hUv

— Khaled Drareni (@khaleddrareni) November 12, 2019

Avant le début même de l’audience, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal en soutien aux prévenus. «Libérez les détenus» et «Pouvoir, assassin», pouvait-on entendre parmi la foule.

Live:🇩🇿
11/11:
Tribunal Sidi Mhamed محكمة سيدي أمحمد
Les nobles familles des détenus et des braves citoyens solidaires devant le tribunal pour exiger la libération des détenus du Hirak populaire qui comparaîtront aujourd’hui devant le juge. pic.twitter.com/roOH53WCzH

— Said Touati (@epsilonov71) November 11, 2019
 

Cette décision de justice survient quelques mois après l’avertissement lancé par le chef de l'état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah. Alors qu’il réaffirmait l’engagement de l’armée à protéger le peuple algérien et à garantir la sécurité du pays «en toutes circonstances», le patron de l’armée avait fustigé la présence de drapeaux autres que celui de la nation algérienne lors des manifestations. Ces propos avaient été rapidement interprétés sur les réseaux sociaux et dans une partie de la presse comme une attaque à peine voilée à l’égard des Algériens berbérophones, qui représentent entre 20 et 30% de la population du pays. 

Lire aussi : Algérie : 18 manifestants écroués pour avoir brandi le drapeau berbère

  • 12 novembre 2019 à 20:25

Instabilité sécuritaire au Sahel : l'exception mauritanienne

Minusma, G5 Sahel, opération barkhane... L’important dispositif militaire déployé dans la bande sahélienne ne suffit guère, pour l’heure, à contrer la menace terroriste. De l'aveu même du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali ainsi que les autres Etats de la région font face à des organisations terroristes dont les capacités de nuisance demeurent à ce jour intactes : «Ces bandes terroristes dont nous ne savons pas comment elles sont financées, quelles en sont les différentes connexions, sont multiformes et multiples. Elles ont une capacité de mue à nulle autre pareille, elles arrivent dans les sociétés, s'insinuent dans ces sociétés [...] et arrivent à subvertir», a-t-il déploré sur RT France. Quant à la ministre française des Armées, Florence Parly, elle a qualifié lors de son récent déplacement au Mali de «difficile» la situation sécuritaire dans la région.

Le Sahel, une poudrière

Et les récents événements survenus sur le plan sécuritaire justifient les constats peu reluisants des responsables français et malien. Il y a encore peu, la région a connu de nouvelles attaques terroristes : le 1er novembre, 52 soldats maliens et un civil ont perdu la vie lors d’une attaque revendiquée par l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) visant le camp d'Indelimane, dans le nord-est du pays.

Le lendemain, dans la même région, «le déclenchement d'un engin explosif improvisé» au passage d’un véhicule blindé de l’armée française a tué le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, qui servait au sein du 1er régiment de spahis de Valence, dans la Drôme. Une attaque, là aussi, revendiquée par l’organisation terroriste EI.

Au Niger voisin, la situation sécuritaire est tout aussi préoccupante : plus de 250 civils ont été tués et près de 250 autres ont été kidnappés entre janvier et août 2019, selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Egalement limitrophe du Mali, le Burkina Faso est sévèrement touché par cette spirale de violences. Selon un décompte de l’AFP, près de 630 personnes sont mortes dans des attentats depuis début 2015.

Le Tchad, autre Etat situé dans le Sahel, n’est pas non plus épargné, comme en témoignent les récentes attaques perpétrées sur son territoire. Dans la nuit du 29 au 30 octobre, 12 soldats ont été tués et huit blessés lors de l'attaque d'une base militaire dans le sud-est du pays. Le ministère nigérien de la Défense avait alors très vite pointé du doigt la responsabilité de l’Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ex-Boko Haram, particulièrement actif au Nigéria.

Et la situation n’a cessé de se détériorer au cours des derniers mois : autrefois épargnées, des régions situées en lisière de ce territoire long de plusieurs milliers de kilomètres ont été secouées par de nombreuses attaques au cours de ces dernières années. La résurgence des conflits intercommunautaires, notamment au Mali, est venue compliquer davantage la lutte contre un phénomène faisant fi des frontières étatiques. Toutefois, dans cet environnement instable du Sahel, un pays reste toutefois relativement épargné : la Mauritanie.

Lire aussi : Mali : la France annonce l'élimination d'un important chef djihadiste lié à al-Qaïda

La singularité mauritanienne 

La dernière attaque meurtrière recensée dans ce pays remonte au 24 décembre 2007. Ce jour-là, quatre français d’une même famille ont été assassinés par trois assaillants mauritaniens qui ont finalement été arrêtés et condamnés à mort. Le pays a par la suite été secoué par l’attentat-suicide perpétré contre l’ambassade de France (8 août 2009) et les enlèvements de trois humanitaires espagnols (novembre 2009) et de deux touristes italiens (décembre 2009). L’attaque contre la représentation diplomatique française n’a pas provoqué de pertes humaines et les enlèvements des ressortissants étrangers depuis le territoire mauritanien ont tous connu une fin heureuse. On peut également citer la tentative d’attentat déjouée contre la représentation diplomatique française en février 2011.

Instabilité sécuritaire au Sahel : l'exception mauritanienne© THOMAS SAMSON Source: AFP
Des soldats mauritaniens montent la garde à partir d'un poste de commandement de la force opérationnelle du G5 pour le Sahel, le 22 novembre 2018, dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière avec le Mali (image d'illustration).

Depuis, ce pays vaste comme deux fois la France, n’a pas connu d’attaque à caractère terroriste sur son sol et cela malgré la forte détérioration du climat sécuritaire dans la région. Cette franche amélioration sécuritaire dans le pays est intervenue après une vaste réorganisation et professionnalisation, en janvier 2011, de l’armée mauritanienne. Les autorités mauritaniennes ont notamment décidé de se doter d’unités spéciales de lutte anti-terroriste. 

La Mauritanie a très vite compris l’effort important qu’elle devait consentir en matière de défense

Interrogé par RT France sur cette singularité, Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), met notamment en exergue «la grande expérience» des autorités mauritaniennes dans la lutte contre la radicalisation : «Beaucoup des [prédicteurs] qui contribuent à la radicalisation islamiste viennent de Mauritanie. Donc, leurs services ont une grande expérience. [Ces derniers] pratiquent une collaboration très étroite avec la France, la DGSE notamment est allée les aider, on a formé leurs unités antiterroristes.»

Egalement interrogé par RT France, Jemal Taleb, avocat et spécialiste de la Mauritanie, souligne de son côté les efforts consentis par l'armée mauritanienne pour s'adapter à la menace terroriste. 

«La Mauritanie a très vite compris l’effort important qu’elle devait consentir en matière de défense. Face à une armée non conventionnelle, les armes conventionnelles ne servent à rien. On est face ici à une guérilla, si on ne s’adapte pas à la menace, cela ne peut fonctionner. Le pays a donc décidé, sur les 2 300 km de frontière qu'elle partage avec le Mali, de constituer des unités de 20 à 50 pick-up mobiles et qui s’adaptent facilement à l’environnement. Elle a en outre acheté des appareils de surveillance aérienne qui sont équipés de moyens de frappe. Et comme c’est une armée disciplinée, le travail a été fait. Cela a été long, cette bataille n’a pas été gagnée toute suite», analyse-t-il.

Il rappelle en outre que la Mauritanie a également mené «un travail de sensibilisation interne» afin de combattre la radicalisation : «On ne trouve pas l’explication de la radicalisation dans le Coran. On trouve cette explication dans la situation géopolitique. Et l’assainissement de cette situation passe par la pédagogie et le gouvernement mauritanien a fait ce travail depuis plus de 10 ans. Le travail été entamé dès le début 2009.»

Depuis près d'une décennie, la Mauritanie n'a subi aucune attaque sur son territoire. Une stabilité qui tranche radicalement avec l'environnement instable qui prévaut dans la bande sahélienne. Déradicalisation, réorganisation de l'armée, renseignement : le pays peut se targuer d'avoir pris des orientations en matière de politique sécuritaire qui s'avèrent payantes sur le terrain. Pour autant, la difficile collaboration régionale sur la lutte contre le terrorisme – à l'image du laborieux démarrage du G5 Sahel – contraint le pays à rester sur le qui-vive. 

Malik Acher

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  • 12 novembre 2019 à 19:30
À partir d’avant-hierRT en français

«Placer le pays avant le parti»: Farage renonce à défier les conservateurs dans 300 circonscriptions

Nigel Farage, chef de file du Brexit Party (BP) et député européen, a annoncé le 11 novembre qu’il n’alignerait pas ses candidats dans les 317 circonscriptions remportées par le Parti conservateur lors des élections générales de juin 2017. L’ancien leader de l'UKIP (United Kingdom Independance Party), partisan du «Leave» sous forme d’un «hard» Brexit, présentera ainsi des candidats uniquement dans les circonscriptions détenues par le Parti travailliste.

Une alliance qui pourrait être décisive

Cette décision, qui s'apparente à un soutien de Nigel Farage à Boris Johnson, est aussi inattendue que capitale dans l'optique pour les conservateurs d'obtenir une majorité absolue au parlement (soit 325 députés), afin de pouvoir enfin voter l'accord négocié avec Bruxelles. Si le BP, fondé en février 2019, n’avait que très peu de chances de réaliser d’importants résultats lors des élections à venir du fait du mode de scrutin, uninominal majoritaire à un tour, les Tories n’en étaient pas moins inquiets pour autant. Ils craignaient en effet que le BP ne sape les assises des candidats du Parti conservateur et ne divise les électeurs en faveur du Brexit, notamment dans les circonscriptions aux pronostics serrés avec le Parti travailliste. 

C'est ce qui a fini de convaincre un Nigel Farage pourtant bien décidé initialement à concurrencer le parti conservateur, au motif que ce dernier n'avait pas intégré dans l’accord sa vision plus radicale sur le Brexit. «Placer le pays avant le parti» : c'est ainsi qu'il a donc annoncé sa décision de «ne pas s'opposer à Boris Johnson». Une alliance de dernière minute qui assurerait, selon le chef de file du BP, de ne pas obtenir un «parlement minoritaire et de second référendum», en guise de résultats suite aux prochaines élections. «Je viens de donner au Parti conservateur presque deux douzaines de sièges, et je l'ai fait parce que je crois dans le «Leave»», a encore expliqué Nigel Farage, le 12 novembre au micro de la BBC

We are putting country before party. pic.twitter.com/O2MUynSqWH

— Nigel Farage (@Nigel_Farage) November 11, 2019

Malgré tout, cette épine dans le pied de Boris Johnson enfin retirée ne garantit pas pour autant le succès des Tories. Ces derniers sont actuellement crédités de 36% des intentions de vote, contre 28% pour le Parti travailliste, selon le sondage ORB pour le Sunday Telegraph du 2 novembre. Viennent ensuite les Libéraux-démocrates avec 13% puis le Brexit Party avec 12%.

La course est donc lancée entre le Parti conservateur, et le Parti travailliste de Jeremy Corbin, mais Nigel Farage pourrait bien avoir fait pencher la balance de façon décisive du côté des Tories. Boris Johnson s'est en tout cas réjoui de cette nouvelle alliance, notant que les «Conservateurs [n'avaient] besoin que de 9 sièges supplémentaires pour obtenir la majorité et quitter [l'UE] à la fin janvier avec un accord».

Lire aussi : Une Travailliste britannique présente ses excuses pour avoir souhaité la mort de Bush et Netanyahou

  • 12 novembre 2019 à 14:32

«Normal d'y aller»: des députés LREM se rendent à une soirée déguisée avec des lobbyistes

C'est un anniversaire un peu particulier qu'ont fêté des députés de La République en Marche. Le journal Libération révèle que quatre d'entre eux ont participé, le 5 novembre, à la soirée des 25 ans de Com’Publics, un cabinet de lobbying qui se présente comme une «agence spécialisée en affaires publiques et communication institutionnelle» sur son site internet

«Com’Publics conseille les entreprises, les organisations professionnelles, les associations et les institutions dans le développement de leur stratégie de communication institutionnelle et de lobbying auprès des pouvoirs publics nationaux et territoriaux», détaille-t-elle.

L'information a été rendue publique par la députée de Haute-Savoie Marion Lenne. L'élue a posté sur son compte Instagram un photomontage où on la voit à cette soirée masquée, en compagnie de ses collègues Aina Kuric (Marne), Liliana Tanguy (Finistère) et Jean-Bernard Sempastous (Hautes-Pyrénées).

«Ca me semblait normal d'y aller»

Aina Kuric, députée LREM de la Marne, s'est justifiée auprès de Libération. «Ça nous arrive de travailler avec eux, explique-t-elle simplement. «L’anniversaire était juste à côté de l’Assemblée, ça me semblait normal d’y aller. Le lobbying n’est pas quelque chose que je vois forcément de manière péjorative», précise-t-elle.

Ce n'est pas la première fois que des politiques font parler d'eux pour leurs relations avec Coms'Publics, spécialisée notamment dans l'agroalimentaire. Le 12 juillet, le quotidien Ouest-France révélait que François de Rugy, alors ministre de l'Ecologie, avait organisé un dîner avec Marc Teyssier d’Orfeuil – directeur de Com'Publics – et des personnalités importantes du monde de l’énergie. 

Lire aussi : Homards, grands crus… : quand Rugy organisait des «dîners privés» luxueux sur des fonds publics

  • 12 novembre 2019 à 12:37

Opération franco-espagnole pour déloger des indépendantistes catalans qui bloquent l’autoroute A9

«Une opération franco-espagnole pour débloquer l'axe est en cours depuis 7h30», a déclaré à l'AFP une porte-parole de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Ce 12 novembre, alors que des centaines d'indépendantistes catalans prévoient de poursuivre le blocage de l'autoroute Montpellier-Barcelone durant quelques jours, une opération conjointe des forces de l’ordre françaises et espagnoles a débuté dans la matinée pour tenter de les évacuer.

Ayer era festivo en Francia y no estaba permitida la circulación de camiones. Hoy no. La Gendarmerie retira en 10 minutos a los radicales🎗que bloquean Le Perthus junto a la frontera con España. ZPedro seguirá mirándose al espejo, Marlaska lucirá palmito en Chueca. Asco de PSOE. pic.twitter.com/EdwdzoQiTE

— Espíritu indomable (@Esprituindomab1) November 12, 2019

Dans une vidéo partagée sur le réseau social Twitter, on peut voir des membres des forces de l'ordre déloger, parfois violemment, les manifestants. L’internaute commente la vidéo en ajoutant : «Hier était un jour férié en France et la circulation des camions n’était pas autorisée. Pas aujourd'hui. La gendarmerie déloge en 10 minutes les radicaux qui bloquent le Perthus le long de la frontière avec l'Espagne.»

La circulation sur l'A9 étant bloquée dans les deux sens, les perturbations sont importantes sur le réseau routier secondaire. Le 11 novembre dans la soirée, la fermeture de l'autoroute a été étendue côté français jusqu'à Narbonne (à quelque 90 kilomètres de la frontière).

Le jour se lève sur l’A9 bloquée au Perthus. Les manifestants catalans sont toujours là. Libération des indépendantistes en prison et dialogue avec l’Etat espagnol: les 2 revendications clés du blocage. #Tsunamidemocraticpic.twitter.com/xXIVTKT73s

— Celine Llambrich (@llambrich1) November 12, 2019

La plateforme «Tsunami démocratique» et des Comités de défense de la République (CDR), formés de collectifs d'indépendantistes radicaux, sont aux commandes de cette opération, déclenchée au lendemain du scrutin législatif en Espagne. Ce blocage est une nouvelle action de protestation contre la condamnation, mi-octobre, de neuf dirigeants indépendantistes catalans à de lourdes peines de prison pour leur rôle dans l'organisation du référendum d'indépendance de 2017. En Catalogne, les trois partis indépendantistes ont gagné un siège lors des élections législatives du 10 novembre, et comptent comptent désormais 23 députés à la chambre sur les 48 sièges en jeu dans la région.

Lire aussi : Des indépendantistes catalans bloquent l'autoroute entre l'Espagne et la France

  • 12 novembre 2019 à 11:45

Forum de Paris sur la paix : une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus

La Grande Halle de la Villette accueille les 12 et 13 novembre la deuxième édition du Forum de Paris sur la paix. La veille, «une soirée d’avant-première réservée aux membres de la communauté du Forum» a été organisée en présence notamment du secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres.

Aux côtés d’Emmanuel Macron, le chef de l'Etat congolais, Félix Tshisekedi, la présidente désignée de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le vice-président chinois Wang Qishan donneront le coup d'envoi de cette conférence diplomatique dont l’objectif affiché est, entre autres, de «défendre le multilatéralisme face à la montée des "égoïsmes nationaux" dans un monde de plus en plus fracturé». Le Forum abordera, au cours d’une série de débats, des problématiques relatives au changement climatique, aux inégalités socio-économiques, à la cybercriminalité ou encore à la désinformation.

Une absence américaine remarquée

En tout, une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement seront présents dont le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. A contrario, aucun officiel américain n’a fait le déplacement. Une absence qui fait écho aux nombreux points de divergence qui subsistent actuellement entre Paris et Washington sur certains dossiers épineux.

Il y a encore quelques jours, le 6 novembre, le chef d'Etat français avait, depuis Pékin, réaffirmé avec son homologue chinois son «soutien ferme» à l'accord de 2015 sur le changement climatique, deux jours après l’officialisation du retrait américain. «Je déplore les choix qui sont faits par quelques autres, et je veux les voir comme des choix marginaux», avait notamment déclaré Emmanuel Macron.

Sans la nommer, le président français n’avait également pas mâché ses mots sur la politique protectionniste menée par la président américain en dénonçant le recours «à l’action unilatérale, à l’utilisation de l’arme tarifaire, à la loi du plus fort».

A ces désaccords, s’ajoute celui portant sur le dossier du nucléaire iranien qu'Emmanuel Macron a tenté, en vain, de résoudre en organisant une médiation entre Hassan Rohani et Donald Trump en marge de la 74e Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue à New York en septembre dernier.

Lire aussi : Climat : les Etats-Unis notifient à l'ONU leur retrait de l'accord de Paris

Une clarification française sur l’OTAN ?

Se présentant en chantre du multilatéralisme, Emmanuel Macron sera particulièrement attendu sur ses récents propos sur l’Alliance atlantique. Dans un entretien accordé à The Economist, le chef d'Etat français avait émis un jugement particulièrement sévère sur l'état de l’organisation militaire. «Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN», avait-il notamment déclaré après avoir déploré le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés de l'Alliance atlantique et le comportement de la Turquie, également membre de l'organisation militaire.

Ecartant un revirement de la stratégie française en matière de défense, le président français avait appelé à «clarifier maintenant quelles sont [ses] finalités stratégique» tout en plaidant à nouveau pour «muscler» l'Europe de la Défense – une idée pourtant peu appréciée par l'allié américain.

Lire aussi : «La fin de l’hégémonie occidentale sur le monde» : le discours de Macron aux ambassadeurs

  • 12 novembre 2019 à 09:47

La tension monte à Gaza après la mort d'un commandant palestinien dans un raid israélien

Dans la matinée du 12 novembre, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé le domicile, dans la bande de Gaza, d'un commandant militaire de l'organisation du Jihad islamique, Baha Abou Al-Ata, et précisé que l'opération avait été menée conjointement avec le service de sécurité intérieure Shin Bet.

Le groupe armé palestinien, qui a ultérieurement confirmé la mort de son commandant dans un communiqué, a de son côté annoncé être en «alerte maximale», précisant que l'épouse de ce dernier avait également été tuée dans cette frappe.

Israël accuse Baha Abou Al-Ata d'avoir été derrière un récent tir de roquette depuis la bande de Gaza en territoire israélien, l'armée israélienne le décrivant comme une «bombe à retardement» dans le communiqué annonçant la frappe. Il est également accusé d'avoir organisé des tirs de snipers et des lancements de drones.

Tirs de roquettes vers Israël

Dans la foulée de cette annonce, Israël a fait état de tirs de roquettes vers son territoire en provenance de la bande de Gaza. «Il y a eu un nombre important de tirs vers Israël», a déclaré lors d'une conférence téléphonique le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus, affirmant que l'armée se préparait «à plusieurs jours» d'affrontements. Les sirènes d'alarme ont été activées ce 12 novembre jusque dans Tel-Aviv face à cette série de tirs de roquettes, selon Tsahal. Si une grande partie d'entre elles ont été détruites en vol par «Iron Dome», d'autres se sont abattues près de civils, dont une sur une autoroute fréquentée, selon des images diffusées par la télévision israélienne. 

Heavy barrage of rockets fired from #Gaza by #IsalmicJihad terrorists since the morning, sending more than a million Israelis to seek shelter, causing injuries & damage to properties.

Israel will continue to protect its citizens from unacceptable terrorism emanating from Gaza. pic.twitter.com/w4xgDrNtCM

— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) November 12, 2019

Et la tension monte désormais crescendo, un Palestinien ayant été tué dans une nouvelle frappe de l'aviation israélienne dans la bande de Gaza visant le groupe armé du Jihad Islamique, a indiqué le ministre de la Santé dans cette enclave palestinienne contrôlée par le Hamas.

Des roquettes se sont par ailleurs abattues à Damas sur la maison d'un autre responsable du groupe Jihad islamique, tuant deux personnes, selon l'agence officielle syrienne Sana qui impute la responsabilité de la frappe à Israël. Les roquettes ont touché la maison d'Akram Ajouri, tuant «son fils Mouadh et une autre personne», selon l'agence.

Un regain de tensions qui a poussé l'UE a appelé à une désescalade «rapide et totale». Cette désescalade est «maintenant nécessaire pour sauvegarder les vies et la sécurité des civils israéliens et palestiniens», a ainsi souligné la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué.

Lire aussi : «Les Arabes veulent tous nous détruire» : Netanyahou se défend après un message sur Facebook

  • 12 novembre 2019 à 08:49

Un manifestant blessé par balle, un homme incendié : nouvelle journée de violences à Hong Kong

Un manifestant blessé par balle par un policier, un homme transformé en torche humaine, la circulation paralysée dans toute la ville : Hong Kong a connu ce 11 novembre une de ses journées les plus violentes et chaotiques en cinq mois d'une mobilisation qui a démarré en réclamant davantage d'autonomie vis-à-vis de Pékin.

Les manifestants avaient multiplié les actions pour bloquer les transports au début de la semaine de travail. Dans la matinée, la situation s'est envenimée lorsque un émeutier masqué a été touché à bout portant par le tir d'un policier dans le quartier de Sai Wan Ho, dans le nord-est de l'île de Hong Kong. La police a souligné que l'homme se trouvait à l'hôpital, dans un état critique. La scène, choquante, a été filmée.

De nombreux secteurs ont vu s'ériger des barrages sur les routes, tandis que des radicaux mettaient à sac des stations de métro et des sociétés accusées de faire le jeu du gouvernement local ou de Pékin.

Un manifestant blessé par balle, un homme incendié : nouvelle journée de violences à Hong Kong© REUTERS/Shannon Stapleton
Des manifestants mettent en place des barricades.

Un individu a en outre aspergé un homme avec du liquide inflammable. Ce dernier a alors littéralement pris feu. Selon les forces de l'ordre, l'homme qui a mis le feu était un émeutier. Cette scène, particulièrement violente, a été captée par des téléphones portables et diffusée sur les réseaux sociaux. La victime a été hospitalisée dans un état critique.

Toujours d'après la police, plusieurs autres actes violents ont été répertoriés, comme notamment le jet d'un cocktail Molotov dans un train. 

Un manifestant blessé par balle, un homme incendié : nouvelle journée de violences à Hong Kong© REUTERS/Shannon Stapleton
Un individu tente d'éteindre un feu lancé par des émeutiers à l'Université polytechnique de Hong Kong.

De leur côté, les manifestants ont dénoncé un recours excessif à la force de la part des policiers, qui ont fait usage de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour tenter de disperser les protestataires.

Un manifestant blessé par balle, un homme incendié : nouvelle journée de violences à Hong Kong© REUTERS/Thomas Peter

«S'obstiner dans ce saccage ne fait qu'aggraver une situation à Hong Kong où tout le monde est perdant», a déploré devant la presse le porte-parole de la police hongkongaise John Tse.

Un manifestant blessé par balle, un homme incendié : nouvelle journée de violences à Hong Kong© REUTERS/Shannon Stapleton

La chef de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a assuré pendant une conférence de presse que les violences ne conduiraient à aucune concession du gouvernement.

Ce territoire traverse depuis cinq mois sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession par le Royaume-Uni, avec des manifestations quasi-quotidiennes et de plus en plus violentes.

Lire aussi : Démonstration de force de l'armée pour les 70 ans de la République populaire de Chine

  • 12 novembre 2019 à 07:21

Joaquim Pueyo : «Il faut un plan Marshall pour les hôpitaux»

Preview Le député socialiste Joaquim Pueyo était l’invité politique de l’Info avec Stéphanie De Muru, ce 11 novembre. Il est notamment revenu sur les raisons qui l'ont poussé à se présenter aux élections municipales de 2020 à Alençon.

  • 11 novembre 2019 à 23:19

Un «signal» au Venezuela : Trump «applaudit» l'armée bolivienne après le départ de Morales

«La démission hier [le 10 novembre] du président bolivien Evo Morales est un moment important dans l'Hémisphère ouest [...] Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua [tous deux dirigés par des gouvernements socialistes] que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a commenté Donald Trump dans un communiqué de presse publié le 11 novembre.

«Les Etats-Unis applaudissent le peuple bolivien pour avoir réclamé la liberté, et l'armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger, pas simplement une seule personne, mais la constitution de la Bolivie», poursuit le texte de la Maison Blanche. Et Washington de conclure : «Nous sommes désormais un peu plus proches d'un Hémisphère ouest complètement démocratique, prospère, et libre.»

Le président bolivien Evo Morales avait été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle du 20 octobre, mais l'opposition, qui conteste les résultats, a lancé une vague de manifestations, qui a rapidement tourné aux violences. Des incendies de bâtiments publics et de logements appartenant à des responsables du gouvernement ont été enregistrés. Le proche d'un ministre (qui a par la suite démissionné) a même été pris en otage.

Expliquant vouloir pacifier le pays, Evo Morales a tout d'abord proposé de nouvelles élections afin de lever les doutes, en vain. Lâché par l'armée puis par la police, le président socialiste a finalement consenti à renoncer à son quatrième mandat pour faire cesser les violences. Il a dénoncé un «coup d'Etat civil-politique-militaire». La situation ne s'est pas calmée pour autant, puisque des affrontements, des incendies ou encore des pillages sont survenus. Le domicile d'Evo Morales a d'ailleurs été attaqué. L'ancien président a en outre fait savoir qu'il serait sous le coup d'un mandat d'arrêt de la police, alors que l'incertitude demeure à la tête de l'Etat.

Dans la capitale La Paz, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L'ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l'agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d'Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d'Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d'Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Démission d’Evo #Morales : «On est face à un coup d’Etat», assure Maurice Lemoine#Bolivie 🇧🇴

⚡️ EN CONTINU :
➡️ https://t.co/9IoRYprbElpic.twitter.com/tryFJeCHmD

— RT France (@RTenfrancais) November 11, 2019

Dirigés par des gouvernements de gauche se revendiquant de l'anti-impérialisme dans une région où les Etats-Unis ont multiplié les ingérences et les coups d'Etat depuis plusieurs décennies, le Venezuela et le Nicaragua font partie, avec Cuba, de ce que l'ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis John Bolton, qualifiait de «troïka de la tyrannie». Encore récemment, Washington a tenté de saper la légitimité du président vénézuélien Nicolas Maduro en reconnaissant comme «président par intérim» de ce pays l'opposant Juan Guaido, qui s'était autoproclamé comme tel. De nombreux pays, dont la France, avaient suivi la décision américaine.

Dirigeant indigène qui avait fait de la lutte contre la pauvreté et l'analphabétisme ses principaux combats, Evo Morales se revendiquait lui aussi de ce courant, particulièrement critique vis-à-vis de la politique étrangère américaine.

Lire aussi : Bolivie : la gauche latino-américaine et européenne dénonce un «coup d'Etat» contre Evo Morales

  • 11 novembre 2019 à 20:54

Principal soutien des Casques blancs, le Britannique James Le Mesurier retrouvé mort à Istanbul

Le Britannique James Le Mesurier, fondateur de l'ONG Mayday Rescue, principale organisation ayant participé à l'entraînement des Casques blancs, a été retrouvé mort ce 11 novembre à Istanbul. Cette nouvelle, rendue publique par son bureau, a été très vite confirmée sur Twitter par le groupe controversé actif en Syrie.

The Syrian Civil Defense family extends its deepest condolences to the James family, and we express our deepest sorrow and solidarity with his family. As we also must commend his humanitarian efforts which Syrians will always remember. pic.twitter.com/t8IvpIhyFV

— The White Helmets (@SyriaCivilDef) November 11, 2019

Une enquête est en cours pour révéler les causes exactes de sa mort.

Selon des «informations de presse» citées par l'AFP, son corps, retrouvé en bas de l’immeuble dans lequel il résidait, aurait présenté des fractures au niveau des jambes et de la tête. Citant son épouse, le journal turc Sözcü a rapporté, de son côté, que James Le Mesurier prenait des médicaments pour traiter une dépression.

Organisation se présentant comme humanitaire, les Casques blancs sont régulièrement accusés par Damas et Moscou de collaborer avec les terroristes, et même de mettre en scène des attaques chimiques pour les attribuer au gouvernement syrien. Ils opèrent exclusivement dans des zones contrôlées par les rebelles islamistes en Syrie.

Auteur: RT France

Le 8 novembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait affirmé sur le compte Twitter de la diplomatie russe que James Le Mesurier avait travaillé dans le renseignement britannique : «Le cofondateur des Casques blancs, James Le Mesurier, est un ancien agent du MI6, qui a été repéré dans le monde entier, notamment aux Balkans et au Moyen-Orient. Ses relations avec des groupes terroristes ont été rapportées lors de sa mission au Kosovo.»

Lire aussi : «Hypocrisie» : les Casques blancs «ont préféré fuir la Syrie avec l'appui étranger», tance Moscou

  • 11 novembre 2019 à 18:51

Hommage de Macron aux soldats morts en opérations extérieures : retour sur les Opex de la France

Pour la toute première fois, un président français, Emmanuel Macron, inaugure, ce 11 novembre, un monument aux soldats morts en opération extérieure (Opex). Située dans le parc André-Citroën (Paris XVe), la sculpture en bronze représente six soldats, cinq hommes et une femme, portant un cercueil invisible matérialisant ces militaires tombés au champ d’honneur lors des nombreuses Opex menées par la France depuis 1963. 

«Celui qui meurt pour la France ne meurt pas en vain», a lancé Emmanuel Macron lors de son discours. «Du Tchad au Mali, du Liban à l'Irak, des Balkans à la Syrie et au Burkina Faso, vous avez fait honneur à la France, partout, à chaque fois. Ce monument, ce mémorial est le vôtre», a poursuivi le chef de l'Etat.

Le #11novembre@florence_parly et @GDarrieussecq participeront dans la matinée aux cérémonies de commémoration de l’Armistice.⁰À 15h40,elles assisteront à l’inauguration du #MonumentauxMorts pour la France en opérations extérieures par le Président de la République. pic.twitter.com/ZOQDcy632h

— Ministère des Armées (@Defense_gouv) November 7, 2019

Mais que sont les Opex ? Interrogé par RT France, le politologue et essayiste Guillaume Bigot apporte un premier élément de réponse. «Il y a plusieurs types d’Opex : des opérations très réactives afin de répondre à une situation d’urgence, qui sont extrêmement rapides et ponctuelles, et servent à libérer des otages, neutraliser des ennemis de la France ou encore, à évacuer des populations civiles, et puis il y a les Opex plus durables, pour le compte des Nations unies par exemple, afin d’empêcher d’anciens belligérants de reprendre le conflit, où de l’OTAN comme en Afghanistan, et enfin celles menées à titre franco-français comme Chammal ou Barkhane».

Depuis 1963, 549 militaires français sont morts sur 17 théâtres d’opération dont 141 au Liban, 129 au Tchad, 85 en Afghanistan ou encore 78 en ex-Yougoslavie. Le dernier nom apposé au monument est celui du brigadier-chef Ronan Pointeau, tué le 2 novembre dernier au Mali, où sont déjà morts 23 soldats français.

De l’utilité des OPEX

«Lorsqu'on lance une Opex, il faut avoir un but extrêmement précis et une fois qu’il est atteint, il faut immédiatement mettre un terme à la mission, sinon on devient une armée ennemie», rappelle Guillaume Bigot, citant notamment le cas de l’intervention en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001. «Avec le recul cela semblait assez rationnel de frapper al-Qaïda et de les détruire militairement pour apporter une sanction a leurs agissements chez nos alliés de l’OTAN […] Le problème est que cette opération s’est installée dans le temps, et c’est là le piège des Opex», précise-t-il.

Si ces interventions ne sont au départ pas faites pour durer, certaines s’effectuent sur le long terme et sont destinées à sauvegarder l’intégrité d’un Etat comme c’est le cas dans le Sahel avec l’opération Barkhane qui a mobilisés 4 500 hommes depuis août 2014 contre les djihadistes d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Dans le même registre, il y a également l'opération Chammal au Levant, contre l’organisation Etat islamique (EI), depuis septembre 2014, dans laquelle 1 000 hommes sont stationnés en Irak, n’intervenant en Syrie que par voie aérienne.

«La France s’engage ici à défendre l’intégrité territoriale d’Etats menaçant de s’effondrer comme [elle l'a fait] avec l’opération Epervier au Tchad (1986-2014) ou Serval au Mali (2013-2014), qui visait à empêcher les djihadistes de s’emparer de Bamako, capitale du pays, après avoir pris le contrôle de Tombouctou. Elles servent à sécuriser une région et à y apporter la stabilité», souligne le politologue.

Etat des lieux de Barkhane et Chammal

«L’opération Barkhane est considérable. A cheval sur 5 Etats (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), elle couvre une surface de 5 millions de kilomètres carrés, soit neuf fois celle de la France ou tout simplement celle de l’Union européenne», observe Guillaume Bigot, qualifiant cette intervention de «complexe et sophistiquée». «La grande majorité de l’opération se déroule dans la boucle du Niger, zone frontalière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, avec des troupes aéroportées, des troupes de choc ou de sécurisation mais aussi des soldats qui s’occupent de la formation militaire ou de la logistique», explique l’essayiste.

D'après lui, l’opération Chammal, menée en Irak et en Syrie, prend «principalement la forme d’une sécurisation aérienne avec des campagnes de bombardements mais aussi avec des troupes au sol en Irak». Néanmoins, il avance «qu’aucune opération offensive n’est plus prévue dans le cadre de Barkhane ou de Chammal» et préconise donc de «réduire la voilure».

Ces deux opérations toucheraient-elles à leur fin ? Pas pour Guillaume Bigot, qui estime que ces Opex «au-delà de faire refluer et neutraliser l’ennemi» revêtent également un «aspect dissuasif» permettant de tenir des «points de passages stratégiques comme des routes, des fleuves ou diverses infrastructures» et ainsi éviter le retour de l’ennemi dans la zone. «Le but politique final de ces opérations est de transmettre le pouvoir aux autorités locales», analyse-t-il.

Pour Guillaume Bigot, cette sécurisation doit déboucher sur «diverses potentialités parmi lesquelles le commerce». «Pour mettre en place un marché stable il faut une certaine sécurité. Si ces pays s’enfoncent dans le désordre, cela favorisera le jeu des islamistes qui vont installer non seulement l’instabilité en Afrique, mais aussi propager cette instabilité jusqu'en France. Si le Mali était tombé aux mains des djihadistes, cela aurait été extrêmement grave y compris pour Paris», fait-il remarquer.

Emmanuel Macron, «en même temps» patriote et européiste ?

Depuis son entrée en fonction, Emmanuel Macron n’a, de son côté, pas semblé remettre en cause le bien-fondé de ces deux opérations. L’inauguration de ce monument aux morts en Opex est même interprétée comme un signal positif envoyé aux armées après les tensions constatées au début du quinquennat. En effet, sa construction, prévue depuis 2011, était bloquée depuis plusieurs années, ce qu’avait rappelé début octobre, lors d’une audition devant l’Assemblée nationale, la secrétaire d’Etat aux anciens combattants Geneviève Darrieussecq. La raison ? des problèmes de budget récurrents mis en lumière par plusieurs généraux comme François Lecointre ou Pierre de Villiers, qui avait démissionné en juillet 2017, après l'annonce de coupes dans le budget de la Défense.

La première pierre du monument avait été posée par François Hollande en juillet 2017 mais la Ville de Paris avait par la suite remis en cause le financement de la sculpture, estimée initialement à 1,8 million d’euros selon la secrétaire d’Etat.

Guillaume Bigot relève dans le même temps une certaine dichotomie assez perceptible via la personne d’Emmanuel Macron. «Il est le président le plus européiste que l’on ait jamais eu, celui qui veut absolument accélérer la construction d’un état fédéral européen dans lequel la souveraineté française serait transférée à une autorité supranationale, mais simultanément, dans son "en même temps" macronien, il est très attaché à la célébration des symboles patriotiques et étatiques de la France et de l’armée française», fait-il valoir, ajoutant que le président de la République sait pertinemment que «celle-ci est la colonne vertébrale de l’Etat et donc la colonne vertébrale de la France qui est un Etat artificiel dans lequel s’est constitué un peuple».

Par ailleurs selon l'essayiste, les récentes attaques survenues sur le territoire national, et, à un titre plus symbolique, les tensions avec le général de Villiers «ont amené [le président] à insister sur son rôle régalien». Guillaume Bigot note en effet qu'«Emmanuel Macron ne souhaite surtout pas se mettre l’armée à dos». «Par ailleurs, à travers ces Opex, on voit que la France a toujours des moyens et des capacités opérationnelles, qui, si elles sont certes un peu plus virtuelles que par le passé, sont belles et bien réelles», insiste Guillaume Bigot, qui vitupère contre la possible création d’une armée européenne. «Ce serait une folie», appuie-t-il, rappelant que ces Opex font la preuve «que les soldats français mais aussi l’opinion publique française acceptent que chaque année entre 10 et 100 français meurent pour le drapeau en opération extérieure alors que personne ne mourrait pour le drapeau européen».

Alexis Le Meur

Lire aussi : Mali : un militaire français tué par un engin explosif, l'Etat islamique revendique l'attaque 

  • 11 novembre 2019 à 17:41

Grèce : un groupe anti-immigration organise un barbecue au porc près d'un camp de réfugiés (VIDEO)

«C'est une manifestation innovante pour montrer notre opposition aux flux continus d'immigration» : c'est en ces termes que Dimitris Ziambazis, leader du mouvement nationaliste Macédoniens unis, justifie l'organisation d'un barbecue au porc et à l'alcool à proximité d'un camp de réfugiés majoritairement musulmans, dans la petite ville grecque de Diavata. Cité le 11 novembre par la version anglaise du site Info Migrants (un projet collaboratif piloté par France Médias Monde, la chaîne allemande Deutsche Welle et l’agence italienne ANSA), l'organisateur principal de la mobilisation, explique également : «La situation ne peut pas continuer. Nos habitations et communautés se transforment en ghettos.» Et d'ajouter : «Il est grand temps pour les autorités de se réveiller et de réaliser ce qui est en train de se passer ici.»

Selon Info Migrants, des parlementaires grecs de gauche et des organisations de défense des droits de l'Homme ont condamné cette provocation, rappelant notamment que la Grèce avait, il a quelques décennies, accueilli plus de 600 000 Albanais qui étaient musulmans pour leur grande majorité.

En tout état de cause, l’événement survient dans un contexte migratoire tendu pour la Grèce qui fait partie des pays européens en première ligne des flux d'arrivée clandestine. Début novembre, l'AFP rapportait que la Grèce, pour la première fois depuis 2016, était redevenue cette année la principale porte d'entrée des demandeurs d'asile en Europe. «Plus de 34 000 personnes vivent dans des camps aux conditions de vie insalubres sur cinq îles de la mer Égée pour une capacité totale de 6 300 personnes», écrivait l'agence.

Quant aux forces nationalistes en Grèce, elles restent relativement faibles : le parti Aube dorée, qui était encore récemment la troisième organisation politique du pays, a complètement disparu de la nouvelle assemblée après les législatives de juillet. Le parti nationaliste Solution grecque a en revanche obtenu 10 députés.

Lire aussi : Le Conseil de l'Europe juge la situation des migrants sur les îles grecques «explosive»

  • 11 novembre 2019 à 17:38

«On est face à un coup d’Etat à caractère fasciste» en Bolivie, selon Maurice Lemoine

Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Maurice Lemoine s'est exprimé sur RT France ce 11 novembre au sujet de la démission d'Evo Morales en Bolivie. Pour ce spécialiste de l'Amérique latine, cela ne fait aucun doute : «On est face à un coup d'Etat [...] à caractère fasciste.» Précisant qu'il n'utilise pas souvent ce terme, à «manier avec précaution», le journaliste explique que, parmi les «protagonistes du coup d'Etat [...] Luis Fernando Camacho [l'un des principaux leaders de l'opposition] appartient à l'extrême droite raciste».

Pour Maurice Lemoine, «on est dans un vaste rapport de force en Amérique latine entre les secteurs néolibéraux qui viennent de perdre des batailles importantes» en Argentine, où le péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté la présidentielle dès le premier tour, avec l'élection du président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, ou encore avec les crises en cours au Chili et en Equateur.

«Evo Morales est une pièce importante et si on le fait tomber, on fait tomber l'un des alliés de ce que [l'ancien Conseiller à la sécurité nationale américain] John Bolton appelait la "troïka de la tyrannie", c'est-à-dire le Venezuela, Cuba et le Nicaragua», poursuit Maurice Lemoine, qui estime qu'on face à «une vaste confrontation à l'échelle du continent».

Evoquant l'avenir de la Bolivie, confrontée à une vacance du pouvoir après les démissions en cascade à la tête du pays, sous pression de l'armée et des violences qui ont éclaté depuis l'élection présidentielle du 20 octobre, qui donnait Evo Morales gagnant mais dont les résultats sont contestés par l'opposition.

«Je crains des violences. Il y a quand même 47% de Boliviens qui ont voté pour Evo Morales. Je ne pense pas que le renversement de leur président va passer comme une lettre à la poste», conclut Maurice Lemoine.

Lire aussi : Bolivie : Morales dénonce un mandat d'arrêt «illégal» à son encontre et l'attaque de son domicile

  • 11 novembre 2019 à 17:16

La présence d'étoiles et croissants jaunes à la marche contre l'islamophobie soulève un tollé

La marche pour dire «STOP à l'islamophobie», qui a réuni une dizaine de milliers de personnes le 10 novembre à Paris, a fait couler beaucoup d'encre. Une photographie postée sur le réseau social Twitter par la sénatrice Europe écologie Les Verts (EELV) Esther Benbassa, notamment, a soulevé un tollé chez certaines figures politiques et médiatiques. 

Le cliché relayé par l'élue écologiste montre plusieurs personnes, dont une petite fille, arborant une étoile (à cinq branche) et un croissant jaunes, rappelant celle (à six branches) que devaient porter les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Au centre de l'étoile portée par les manifestants apparaît le mot «muslim» (musulman en anglais). «Alors, cette marche contre l'islamophobie ? Calme, bon enfant, chaleureuse. Citoyenne, en un mot», a légendé Esther Benbassa pour accompagner la tweet-photo.

Alors, cette marche contre l'#islamophobie? Calme, bon enfant, chaleureuse. #Citoyenne, en un mot. pic.twitter.com/8vPEDlwqx8

— Esther Benbassa 🌻 (@EstherBenbassa) November 10, 2019

Mais ce sentiment est loin d'avoir fait consensus : le port des insignes jaunes a choqué un certain nombre de responsables politiques. 

Rugy, Bergé, Bellamy... Des politiques expriment leur indignation

C'est ainsi que le vice-président du Sénat David Assouline (PS) a fait part de son «écœurement» et a qualifié le procédé d'obscène sur Twitter. 

Cette photo avec une petite à qui on a collé une étoile jaune ... je cherche les mots pour dire mon écœurement. Pathétique ? Indigne ? Obscène...c’est ça OBSCÈNE ! https://t.co/VAiMidHKBt

— David Assouline (@dassouline) November 10, 2019

De même, l'ancien ministre et président de l'Assemblée nationale François de Rugy s'est interrogé : «Comment peut-on laisser penser que le sort des musulmans en France en 2019 équivaut au sort des Juifs sous le régime de Pétain ?»

«Cette comparaison [avec celle des juifs sous l'Occupation] est indécente», a tweeté la député La République en marche (LREM) Aurore Bergé. 

A droite de l'échiquier politique, l'eurodéputé Les Républicains (LR) François-Xavier Bellamy a estimé que chacun devait être «sidéré [...] de voir des Français défiler avec une étoile jaune - et parmi eux, des élus de la République». «C’est une insulte aux victimes juives du nazisme», a ajouté l'ancienne tête de liste LR aux élections européennes dans un autre tweet. 

«Honte aux voleurs de symbole, honte aux profanateurs de mémoire !», a encore tweeté l'eurodéputé du Rassemblement national (RN) Gilbert Collard.

Honte aux voleurs de symbole, honte aux profanateurs de mémoire ! #LaManifDeLaHontepic.twitter.com/OmrzKD3bhV

— Gilbert Collard (@GilbertCollard) November 11, 2019

«Ignoble» pour BHL, «à vomir» pour Alain Jakubowicz

Hors de la sphère partisane, le philosophe Bernard-Henri Lévy a dénoncé une «mise en scène [...] ignoble» sur le réseau social : «Il n’y a pas d’autobus place de la Contrescarpe. Pas de Vél d’Hiv ni d’étoile jaune contre les musulmans. Ce mélange de relativisme et de cynisme est effroyable», a-t-il fait valoir. 

Cette mise en scène est ignoble. Qu’une sénatrice la cautionne est indigne. Il n’y a pas d’autobus place de la Contrescarpe. Pas de Vél d’Hiv ni d’étoile jaune contre les musulmans. Ce mélange de relativisme et de cynisme est effroyable. #Marche10Novembrepic.twitter.com/pPBg0rpnka

— Bernard-Henri Lévy (@BHL) November 10, 2019

«S’il devait par malheur advenir que cette petite fille [parmi les manifestantes] risque un jour de terminer sa vie dans une chambre à gaz je serais prêt à sacrifier la mienne pour le lui éviter. Mais aujourd’hui cette photo est à vomir et ceux qui l’ont affublée de cette étoile se sont déshonorés», a déclaré sur Twitter l'ancien président de la LICRA Alain Jakubowicz.

Autre réaction indignée à la vue d'étoiles et croissants jaunes dans la manifestation : le journaliste du Figaro Ivan Rioufol qui a pointé du doigt des «islamistes antisémites [qui] se comparent aux Juifs» en commentant un autre cliché de la mobilisation, sur lequel on voit une pancarte indiquant : «Hier c'était les juifs, aujourd'hui les musulmans». Sur la pancarte apparaît une étoile de David ainsi qu'un croissant et une étoile islamiques.

La manif de la honte : les islamistes antisémites se comparent aux Juifs persécutés #Marche10Novembre#islamophobiepic.twitter.com/nWhig6WoCx

— Ivan Rioufol ن (@ivanrioufol) November 10, 2019

Interrogé sur France Info, l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou, a estimé, de son côté, que la manifestation s'était globalement «bien déroulée», tout en voyant dans le port de l'étoile jaune par des manifestants un «dérapage». «Ceux qui arborent cette étoile jaune, ne connaissent pas l'histoire des juifs en France. On ne peut pas faire des comparaisons comme cela, on n'est pas dans les années 1930», a-t-il déclaré. 

Madjid Messaoudene : Ces autocollants ont effectivement circulé mais ce n'est pas le fait des organisateurs

Co-organisateur de la marche, le conseiller municipal de Saint-Denis Madjid Messaoudene a, de son côté, jugé qu'il était «effectivement, compréhensible que des personnes soient interrogées et touchées» par cet état de fait. L'élu municipal estime que cette initiative était «malheureuse» et «n'avait absolument rien à faire dans la manifestation». «Ces autocollants ont effectivement circulé mais ce n'est pas le fait des organisateurs», a-t-il également déclaré au micro de France Bleu Paris, considérant que les personne les ayant arborés n'ont pas cherché à comparer «le sort des musulmans avec celui de Juifs d'hier».

Esther Benbassa défend les manifestants : «Personne ne vole ici sa souffrance à personne» 

Face au tollé que son cliché a soulevé, Esther Benbassa a pris de nouveau la défense des manifestants, dans une série de tweets. Et s'est en outre défendue de tout antisémitisme : «Me voici traitée d'antisémite et de négationniste. Moi, une juive, ayant consacré ma vie à écrire l'histoire des miens», a-t-elle écrit, illustrant son propos de couvertures de certaines de ses publications, consacrées à l'histoire du peuple juif. 

Je n'avais pas remarqué ces insignes: une étoile à 5 branches (celle portée par les Juifs en comptait 6), un croissant de lune évoquant la fin du Ramadan. Et me voici traitée d'antisémite et de négationniste. Moi, une juive, ayant consacré ma vie à écrire l'histoire des miens. pic.twitter.com/FM0kE6PSmO

— Esther Benbassa 🌻 (@EstherBenbassa) November 10, 2019

«Personne ne vole ici sa souffrance à personne», a-t-elle également déclaré, précisant au passage que «la condition des Juifs dans les années noires et celle des musulmans aujourd'hui ne sont pas comparables».

Dernier point: la condition des Juifs dans les années noires et celle des musulmans aujourd'hui ne sont pas comparables. Mais que nos contemporains stigmatisés s'identifient à ces souffrances passées est tout à fait compréhensible. Personne ne vole ici sa souffrance à personne.

— Esther Benbassa 🌻 (@EstherBenbassa) November 10, 2019

Lire aussi : Muhammad scande «Allahu akbar» à la marche contre l'islamophobie pour «dédramatiser l'expression»

  • 11 novembre 2019 à 17:14

La Turquie va renvoyer 11 djihadistes «d'origine française»

«Les démarches concernant 11 combattants étrangers d'origine française sont en cours», a déclaré ce 11 novembre le porte-parole du ministère turc de l'Intérieur Ismail Catakli, après avoir annoncé l’expulsion prochaine de 10 Allemands, deux Irlandais, un Danois et un Américain.

Ces 11 djihadistes d'origine française sont «en majorité des femmes», a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

Certaines de ces personnes sont en prison «depuis longtemps» et d'autres sont arrivées «plus récemment», a également confié cette source. Elles seront toutes interpellées et présentées à un juge à leur arrivée en France dans le cadre du «protocole Cazeneuve». Signé en 2014, cet accord de coopération policière entre Paris et Ankara permet que des djihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient immédiatement interceptés à leur retour.

Le début d'expulsion de djihadistes étrangers par la Turquie, à partir de ce 11 novembre, avait été annoncé le 8 novembre par le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines, notamment par le président français Emmanuel Macron, de prendre le risque d’affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de Daesh en lançant, le 9 octobre, une offensive en Syrie. Cette opération militaire turque visait la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qui lutte contre l'organisation terroriste djihadiste.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué, le 8 novembre, que la Turquie avait capturé 287 personnes qui s'étaient échappées de prison pour membres de Daesh en Syrie, après le déclenchement de l'offensive d'Ankara.

Lire aussi : «Pas un hôtel» pour Daesh : Ankara compte renvoyer dans leurs pays les djihadistes capturés en Syrie

  • 11 novembre 2019 à 14:44

Des indépendantistes catalans bloquent l'autoroute entre l'Espagne et la France

Des indépendantistes catalans bloquent ce 11 novembre la circulation dans les deux sens de l'autoroute AP-7 reliant l'Espagne à la France, au niveau de la frontière entre les deux pays. Interrogé par l'AFP, la gendarmerie a précisé, dans la matinée, que le blocage était du côté espagnol de la frontière. Il s'agit d'une nouvelle action de protestation contre la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes catalans à de lourdes peines de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Plusieurs dizaines de véhicules bloquaient la circulation au niveau de la frontière. Quelque 300 personnes sont sorties de leurs voitures pour édifier une barricade. D'autres ont commencé à installer une sorte de scène dotée de haut-parleurs et de projecteurs apportés dans des camionnettes, selon un photographe de l'AFP.

L'action a provoqué une interruption de la circulation sur plus de 20 kilomètres, selon le service régional d'information routière en Catalogne.

«Tous à la Jonquera», ville frontalière entre France et Espagne, avait écrit dans un communiqué publié sur Twitter la mystérieuse plateforme «Tsunami Démocratique». «Cette mobilisation est un cri adressé à la communauté internationale pour qu'elle fasse comprendre à l'Etat espagnol que la seule voie, c'est s'asseoir et parler», a affirmé cette plateforme sur son application de messagerie chiffrée Telegram.

Manifestantes de Tsunami Democràtic retiran un bloque de hormigón en la AP7.https://t.co/Fc40HUgwmjpic.twitter.com/Mpsh05ATF3

— La Vanguardia (@LaVanguardia) November 11, 2019

«Tsunami démocratique» avait organisé sa première grande action le jour de l'annonce de la condamnation des indépendantistes, le 14 octobre, en organisant un blocage des accès à l'aéroport de Barcelone qui s'était terminé par de premiers affrontements avec la police. Dans les jours suivants, d'autres manifestations avaient dégénéré en heurts violents entre jeunes manifestants et forces de l'ordre à Barcelone et dans d'autres villes catalanes.

Les Comités de défense de la République (CDR), formés depuis 2017 de collectifs d'indépendantistes radicaux, ont également appelé à gagner La Jonquera.

Le concessionnaire autoroutier français Vinci a averti les usagers que depuis 9h, «l’autoroute A9 [était] coupée dans les deux sens de circulation» et que des itinéraires de déviation avaient été mis en place.

#Manifestation sur AP-7 bloque l’autoroute #A9 en direction de l’Espagne au niveau du Perthus.
Écoutez @Radio1077https://t.co/3CLDKiXcKIpic.twitter.com/FLxIK8GmlD

— VINCI Autoroutes (@VINCIAutoroutes) November 11, 2019

Ce blocage intervient au lendemain des législatives espagnoles, marquées par un léger recul des socialistes au pouvoir et un bond du parti de droite nationaliste Vox, qui compliquent encore plus la formation d'un gouvernement.

Lire aussi : Les anti-indépendantistes catalans manifestent à leur tour à Barcelone

  • 11 novembre 2019 à 12:53

Bolivie : la gauche latino-américaine et européenne dénonce un «coup d'Etat» contre Evo Morales

En Amérique latine, les dirigeants de gauche du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez (péroniste, centre-gauche) et l'ancien président brésilien Lula, ont tous dénoncé un «coup d'Etat» contre Evo Morales. Le président bolivien, qui s'est dit lui-même victime d'un «coup d'Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents, a présenté sa démission ce 10 novembre, après avoir été lâché par l'armée et la police.

«C'est un coup d'Etat qui ne pardonne pas à Evo [Morales] d'avoir amené la Bolivie à la meilleure croissance économique et sociale d'Amérique latine», a twitté le président vénézuélien Nicolas Maduro. 

Las mafias fascistas están asaltando el poder en Bolivia, quemando casas de familiares del presidente @evoespueblo, dirigentes y líderes sociales. Es un golpe de Estado que no le perdona a Evo haber llevado a Bolivia al mayor crecimiento económico y social de Latinoamérica. pic.twitter.com/Wx3vVCzysZ

— Nicolás Maduro (@NicolasMaduro) November 11, 2019

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a condamné la «droite», responsable selon lui d'un «violent et lâche coup d'Etat mené contre la démocratie en Bolivie». 

La derecha con violento y cobarde golpe de estado atenta contra la democracia en #Bolivia. Nuestra enérgica condena al golpe de estado y nuestra solidaridad con el hermano Pdte @evoespueblo. El mundo se debe movilizar por la vida y la libertad de Evo. #EvoNoEstasSolo#SomosCubapic.twitter.com/dPvZ8zQqJA

— Miguel Díaz-Canel Bermúdez (@DiazCanelB) November 10, 2019

Cuba, allié traditionnel du dirigeant socialiste bolivien, a exprimé via son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez sur Twitter, sa «solidarité avec le frère président Evo Morales, protagoniste et symbole de la revendication des peuples indigènes de nos Amériques». 

Enérgica condena de @CubaMINREX al golpe de estado en #Bolivia y nuestra solidaridad con el hermano Pdte @evoespueblo, protagonista y símbolo de la reivindicación de los pueblos originarios de #NuestraAmérica. Llamamos a la movilizacion mundial por la vida y la libertad de Evo. pic.twitter.com/8BHCZT23M8

— Bruno Rodríguez P (@BrunoRguezP) November 10, 2019

Autre allié d'Evo Morales, le Nicaragua a «condamné énergiquement le coup d'Etat» contre le président bolivien. «Nous exigeons que l'on respecte sa liberté, son intégrité physique et sa vie», a déclaré dans un communiqué le président nicaraguayen Daniel Ortega.

En Argentine, le président élu (il doit prendre ses fonctions le 10 décembre) Alberto Fernandez, a dénoncé similairement un «coup d'Etat produit par l'action conjointe de civils violents, du personnel policier qui s'est démobilisé et de la passivité de l'armée». 

Nosotros, defensores de la institucionalidad democrática, repudiamos la violencia desatada que impidió a @evoespueblo concluir su mandato presidencial y alteró el curso del proceso electoral.

— Alberto Fernández (@alferdez) November 10, 2019

Le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard, a déclaré pour sa part que son pays, «conformément à sa tradition d'asile et de non-intervention», avait recueilli 20 personnes issues du pouvoir législatif et exécutif de Bolivie dans sa résidence officielle de La Paz (capitale bolivienne) et offrait par ailleurs l'asile à Evo Morales. 

México,de conformidad a su tradición de asilo y no intervención, ha recibido a 20 personalidades del ejecutivo y legislativo de Bolivia en la residencia oficial en La Paz, de así decidirlo ofrceríamos asilo también a Evo Morales.

— Marcelo Ebrard C. (@m_ebrard) November 10, 2019

Le ministre a par ailleurs appelé dans un autre tweet à la «solidarité internationale» pour faire respecter l'«intégrité» de ses établissements diplomatiques en Bolivie. 

Lula : «Il est regrettable que l’Amérique latine ait une élite économique qui ne sait pas accepter la démocratie»

Autre figure de la gauche anti-impérialiste latino-américaine, l'ancien président péruvien nationaliste Ollanta Humala a dénoncé une «rupture institutionnelle» et a exprimé sa «solidarité» avec Evo Morales, «obligé de prendre la décision de démissionner afin que la violence provoquée par l'opposition ne fasse pas plus de mal au peuple». 

Il est regrettable que l’Amérique latine ait une élite économique qui ne sait pas accepter la démocratie

Même son de cloche du côté de l'ancien président brésilien Lula (Parti des travailleurs), qui a dénoncé un «coup d'Etat» sur Twitter. 

Acabo de saber que houve um golpe de estado na Bolívia e que o companheiro @evoespueblo foi obrigado a renunciar. É lamentável que a América Latina tenha uma elite econômica que não saiba conviver com a democracia e com a inclusão social dos mais pobres.

— Lula (@LulaOficial) November 10, 2019

«Il est regrettable que l’Amérique latine ait une élite économique qui ne sait pas accepter la démocratie et l’inclusion sociale des plus pauvres», a-t-il par ailleurs estimé. 

Des chefs de file de la gauche européenne prennent position 

Depuis la France, le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi dénoncé un «coup d'Etat». 

Coup d’État en #Bolivie contre @evoespueblo. Les amis des USA et de l'Union Européenne ont rétabli leur «démocratie» : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d'élus, putch militaire. Tel est leur monde idéal.

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) November 10, 2019

«Les amis des USA et de l'Union Européenne ont rétabli leur "démocratie" : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d'élus, putch militaire. Tel est leur monde idéal», s'est indigné le député de Marseille. Son parti a publié un communiqué de soutien au président bolivien, dénonçant la «violence de l’extrême-droite putchiste» dans le pays. 

En Espagne, le chef de file du parti de gauche radicale Podemos, Pagblo Iglesias, a assuré le soutien de sa formation «au peuple bolivien et à Evo Morales». 

Golpe de Estado en Bolivia. Vergonzoso que haya medios que digan que el ejército hace dimitir al presidente. En los últimos 14 años Bolivia ha mejorado todos sus indicadores sociales y económicos. Todo nuestro apoyo al pueblo boliviano y a Evo Morales

— Pablo Iglesias (@Pablo_Iglesias_) November 10, 2019

«Je condamne ce coup d'Etat contre le peuple bolivien et je les soutiens pour la démocratie, la justice sociale et l'indépendance», a enfin twitté le chef des travaillistes britanniques Jeremy Corbyn. 

To see @evoespueblo who, along with a powerful movement, has brought so much social progress forced from office by the military is appalling.

I condemn this coup against the Bolivian people and stand with them for democracy, social justice and independence. #ElMundoConEvo

— Jeremy Corbyn (@jeremycorbyn) November 10, 2019

Evo Morales lâché par l'armée et la police

Evo Morales a présenté sa démission ce 10 novembre. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l'opposition, avait d'abord proposé, en vain, de nouvelles élections pour sortir de la crise et lever les doutes. Mais, lâché par l'armée et la police, il a finalement exposé les raisons de son départ lors d'une allocution télévisée : «J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères.» Rappelant ses responsabilités en tant que «président indigène et président de tous les Boliviens», il a ajouté : «J'ai l'obligation de rechercher la paix et cela me fait très mal que nous nous affrontions entre Boliviens.»

L'opposition ne reconnaît pas les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre qu'Evo Morales déclare avoir remportée dès le premier tour.

Lire aussi : Moscou : une «vague de violences déclenchée par l'opposition» a poussé Evo Morales à la démission

  • 11 novembre 2019 à 11:47

Moscou : une «vague de violences déclenchée par l'opposition» a poussé Evo Morales à la démission

«Une vague de violences déclenchée par l'opposition a empêché [Evo] Morales d’achever son mandat présidentiel», a déploré le ministère russe des Affaires étrangères ce 11 novembre. 

Moscou a estimé que l'exécutif bolivien «voulait une solution sur la base d'un dialogue politique, mais à la place les événements ont pris une tournure rappelant le scénario d'un coup d'Etat».

Faisant état de sa «préoccupation», la diplomatie russe a appellé toutes les forces politiques boliviennes à trouver «une voie constitutionnelle pour sortir» de la crise. 

Lâché par la police et l'armée, Evo Morales a présenté sa démission face au troubles qui secouent son pays depuis les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre qu'il a emportée dès le premier tour. Le chef d'Etat a dénoncé un«coup d'Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l'opposition, avait d'abord proposé de nouvelles élections, en vain. «J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères», a-t-il expliqué lors d'une allocution télévisée, faisant part de sa douleur de voir les Boliviens s'affronter. 

Avant l'annonce de cette démission, le commandant en chef de l'armée bolivienne, le général Williams Kaliman, et le général Vladimir Yuri Calderon, chef de la police, avaient enjoint le président à quitter son poste. 

L'opposition ne reconnaît pas les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre qu'Evo Morales affirme avoir remportée dès le premier tour.

Lire aussi : Chaos dans la capitale bolivienne, après le «coup d'Etat» dénoncé par Evo Morales

  • 11 novembre 2019 à 10:42

Chaos dans la capitale bolivienne après le «coup d'Etat» dénoncé par Evo Morales

Scènes de violence et de chaos dans la nuit du 10 au 11 novembre, après l'annonce de la démission du président bolivien Evo Morales, qui a dénoncé un «coup d'Etat».

L'AFP, citant la presse bolivienne, rapporte que de nombreux autobus et des domiciles de personnalités avaient été incendiés dans la capitale La Paz et dans une ville à proximité de celle-ci, El Alto. Le service municipal de transport public de La Paz a ainsi annoncé dans la nuit que des dizaines de manifestants étaient «entrés dans [leurs] installations et [étaient] en train d'incendier les autobus». Les médias ont montré que 15 véhicules étaient en flammes dans le centre d'entretien des autobus.

#LoÚltimo
. @LaPazAlcaldia denuncia que al menos 15 buses #PumaKatari fueron quemados en Chasquipampa pic.twitter.com/NkSQLKpnRm

— La Razón Digital (@LaRazon_Bolivia) November 11, 2019

De plus, l'AFP rapporte que plusieurs dizaines de personnes ont semé la terreur au cours de la nuit dans le quartier aisé d'Achumani, dans le sud de La Paz.

Au milieu de la nuit, des patrouilles de l'armée ont commencé à parcourir les rues de La Paz et d'El Alto, selon l'agence. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s'étaient mutinées ces derniers jours contre le président Morales, n'effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence ne soit expliquée par leur commandement.

Attaque des domiciles d'Evo Morales et d'anciens ministres

L'ancien président, dont la presse ignore où il se trouve à ce jour, a dénoncé l'attaque de son domicile, dans la nuit du 10 au 11 novembre : «Des groupes violents ont attaqué mon domicile. Les putschistes détruisent l'Etat de droit.»

Denuncio ante el mundo y pueblo boliviano que un oficial de la policía anunció públicamente que tiene instrucción de ejecutar una orden de aprehensión ilegal en contra de mi persona; asimismo, grupos violentos asaltaron mi domicilio. Los golpistas destruyen el Estado de Derecho.

— Evo Morales Ayma (@evoespueblo) November 11, 2019

Un ancien ministre, Juan Ramon Quintana, a également déclaré à la télévision que son domicile avait été pillé par des inconnus qui auraient emporté tous ses documents.

De même, le président de l'Assemblée nationale bolivienne, Victor Borda, a démissionné le 10 novembre après l'incendie de son domicile par des manifestants, tandis que César Navarro, ministre des Mines démissionnaire, a déclaré que son frère avait été pris en otage à son domicile de Potosi (sud-ouest).

En outre, Waldo Albarracin, recteur de l'université d'Etat de La Paz et à la tête d'un collectif de citoyens qui a œuvré aux demandes de démission d'Evo Morales, a déclaré que sa maison avait été incendiée et détruite par «une foule» de membres du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales.

Una turba de masistas quemó y destruyó mi casa, mi familia y yo nos encontramos bien y en un lugar seguro. Esta acción criminal demuestra el carácter violento y delincuencial del Movimiento al Socialismo. Esto no me acallara, seguiré denunciando las injusticias y la corrupción pic.twitter.com/Y3Zo6nUoWq

— Waldo Albarracin (@w_albarracin) November 11, 2019

L'ambassade du Venezuela occupée par des manifestants cagoulés

Egalement dans la capitale, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L'ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l'agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d'Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d'Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d'Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Evo Morales dénonce un «coup d'Etat civil-politique-militaire»  

Dénonçant un «coup d'Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents, Evo Morales a présenté sa démission ce 10 novembre. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l'opposition, avait d'abord proposé, en vain, de nouvelles élections pour sortir de la crise et lever les doutes. Mais, lâché par l'armée et la police, il a finalement exposé les raisons de son départ lors d'une allocution télévisée : «J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères.» Rappelant ses responsabilités en tant que «président indigène et président de tous les Boliviens», il a ajouté : «J'ai l'obligation de rechercher la paix et cela me fait très mal que nous nous affrontions entre Boliviens.»

L'opposition ne reconnaît pas les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre qu'Evo Morales déclare avoir remportée dès le premier tour.

Lire aussi : Bolivie : Morales dénonce un mandat d'arrêt «illégal» à son encontre

  • 11 novembre 2019 à 09:26
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