Lateo.net - Flux RSS en pagaille (pour en ajouter : @ moi)

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
Aujourd’hui — 20 septembre 2019RT en français

Législatives en Israël : le pays s’enfonce dans une impasse politique

La commission électorale israélienne a annoncé, ce 20 septembre, les résultats quasi définitifs des élections législatives qui se sont déroulées dans la semaine. D’après ces premiers chiffres, la formation centriste Bleu-blanc, emmenée par Benny Gantz et Yaïr Lapid, arrive en tête avec 33 sièges contre 31 pour le Likoud du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou. Chacun des deux camps aura donc échoué à accentuer son avance sur l’autre en vue de la formation d’une coalition gouvernementale, les résultats étant semblables à ceux des dernières législatives du mois d’avril.

Derrière les deux mastodontes, la Liste unifiée des partis arabes israéliens obtient 13 sièges, talonnée par le parti ultra-orthodoxe Shass (neuf élus). Suivent la formation nationaliste Israël Beitenou, de l’ancien ministre de la Défense Avidgor Lieberman, qui obtient huit députés, à égalité avec les ultra-orthodoxes de Judaïsme unifié de la Torah. Derrière eux se positionnent, la liste de la droite radicale Yamina (sept députés), le parti travailliste (six députés) et enfin la liste de gauche Camp démocratique (cinq élus). A noter que la commission électorale doit encore décompter les résultats de 14 bureaux de vote dans lesquels des irrégularités ont été constatées.

Le pays à nouveau dans l’impasse

Mais comme en avril lors des dernières élections, aucun des deux camps n’est en mesure de former une coalition gouvernementale en atteignant la barre fatidique des 61 députés. Benny Gantz et ses alliés de la gauche, auxquels pourraient s’ajouter les partis arabes, obtiendraient 57 sièges tandis que Benjamin Netanyahou, soutenu par la droite et les religieux, ne réunirait que 55 députés. Des chiffres très proches de ceux observés lors du dernier scrutin.

En avril, le Premier ministre sortant avait préféré dissoudre la Knesset plutôt que de voir le président, Reuven Rivlin, confier à son opposant la possibilité de former une coalition. Un scénario qui, s’il se reproduit, entraînerait Israël dans une crise politique sans précédent. C’est pourquoi les deux leaders ont plaidé, le 19 septembre, pour un gouvernement d’«union nationale». Une main tendue acceptée par Benny Gantz à une seule condition : que Benjamin Netanyahou soit exclu du gouvernement.

Au milieu des tractations, le leader d’Israël Beitenou, Avigdor Lieberman, ancien ministre des Affaires étrangères, se retrouve dans le rôle d’arbitre. Il pourrait à lui seul faire en sorte que l’un des deux partis obtienne cette fameuse majorité. Mais celui qui est né en URSS, dans la République socialiste de Moldavie, ne semble pas vouloir donner son blanc-seing à un des candidats. «Nous n’avons qu’une seule option : un gouvernement large, libéral, national, constitué de d’Israël Beitenou, du Likoud et de Bleu-blanc», a-t-il déclaré devant ses soutiens réunis à Jérusalem. L’ancien ministre des Transports semble vouloir jouer la carte du non alignement et se positionne donc comme un faiseur de roi. Dans cette éventualité, il pourrait bien faire son retour au gouvernement.

Entente impossible entre les deux leaders

Mais la solution proposée par Avidgor Lieberman ne semble pas ravir le leader de Bleu-blanc, qui craint d’être phagocyté par celui qui détient le record de longévité, 13 ans, à la tête de l’Etat d’Israël, devant l’historique David Ben Gourion. «Le parti Bleu-blanc que je dirige a remporté les élections […] Je vais former ce gouvernement et j’en prendrai la tête […] Nous écouterons tout le monde mais n’accepterons pas qu’on nous dicte des choses», a précisé Benny Gantz le 19 septembre, comme un message adressé à son adversaire.

Par ailleurs, les deux hommes s’opposent sur beaucoup de sujets, ce qui rend très improbable la constitution d’une large coalition. Tout d’abord en termes de politique internationale. Si ceux-ci s’accordent sur le fait que l’Iran représente la menace majeure pour l’Etat hébreu dans la région, Benny Gantz s’est dit ouvert à des concessions, notamment territoriales, envers les Palestiniens, tant que celles-ci ne portent pas atteinte à la sécurité d’Israël. De son côté, le Premier ministre sortant s’était engagé, quelques jours avant le scrutin, à annexer une partie de la Vallée du Jourdain et avait même légalisé la colonie sauvage de Mevoot Yericho.

De plus, le leader de Bleu-blanc a axé une importante partie de sa campagne sur la lutte contre la corruption. Or, Benjamin Netanyahou est lui-même empêtré dans plusieurs affaires de corruption qui pourraient bien le conduire derrière les barreaux s’il ne réussit pas à se maintenir à la tête du pays. Enfin, la liste des partis arabes, qui se pose comme la troisième force politique du pays, a clairement annoncé vouloir barrer la route du Premier ministre sortant qui avait été qualifié par Ayman Odeh de «psychopathe sans limites qui veut voir du sang» et de «délinquant méprisable» le 11 septembre sur Twitter. Mais Bleu-blanc n’est pas encore assuré d’obtenir le soutien de la liste des partis arabes. Ces derniers n’ont en effet pour le moment pas indiqué s’ils soutiendraient Benny Gantz, qui était chef de l’armée lors de la guerre de Gaza en 2014.

Il incombe donc à Reuven Rivlin de nommer un des deux candidats pour tenter de former une coalition. Les consultations débuteront le 22 septembre, au lendemain du shabbat, et chacun des partis devra proposer un potentiel Premier ministre en mesure de construire cette alliance pour enfin sortir le pays de l’impasse politique dans laquelle il se trouve depuis le début de l’année.

Alexis Le Meur

Lire aussi : Législatives en Israël : Benjamin Netanyahou échoue à obtenir une majorité

  • 20 septembre 2019 à 21:42

Réforme des retraites : un «hold-up» contre les salaires et les retraites ? (DEBAT)

Invités sur le plateau d'Interdit d'interdire sur RT France, Gérard Filoche, co-fondateur de Gauche démocratique et sociale, et l'avocate fiscaliste Virginie Pradel débattent sur le projet du gouvernement de réforme des retraites.

Gérard Filoche constate en premier lieu le non-sens d'une réforme des retraites sur la base de coupes économiques. Pour lui, le budget pré-affecté pour les retraites ou la santé, à travers les cotisations sociales, est en effet «à l'équilibre» : «Le budget aujourd'hui est en équilibre. Pourquoi nous embête-t-on ?» «Les gens entendent parler du trou de la [sécurité sociale], il n'y a pas de trou de la sécu», ajoute-t-il.

En revanche, pour l'avocate fiscaliste Virginie Pradel, ces cotisations restent du salaire en moins pour les Français. «On est le pays de l'OCDE qui taxe le plus», complète-t-elle.

Gérard Filoche s'oppose à cette vision : «La part que les patrons paient pour que vous ayez la santé, le logement, pour s'occuper des enfants, des accidents du travail, du chômage et de la retraite, c'est une part indissociable du travail. Macron veut dissocier cela. Or cette part est indissociable. [...] Quand on va à l'hôpital c'est grâce à notre salaire brut, quand on a une retraite, c'est grâce à notre salaire brut.»

Ainsi, l'ancien inspecteur du travail récuse les termes de «charges sociales» ou de «régimes spéciaux», préférant évoquer les conventions collectives, «négociées dans un certain nombre de métiers et de branches pour compenser les nuisances».

Virginie Pradel critique pour sa part l'idée de cette réforme des retraites, qui est «d'évacuer les partenaires sociaux, les syndicats». Gérard Filoche fait également savoir que le but de la réforme est de réaliser un «hold-up» contre les salaires et les retraites, pour faire basculer le financement des retraites dans le budget de l'Etat et d'ensuite faire varier la valeur du point, vers le bas probablement. Virginie Pradel avertit elle aussi que la «valeur du point ne sera pas garantie, contrairement à ce qu'on nous affirme».

Toutefois, elle estime que dans beaucoup de pays de l'Union européenne, «la retraite est à 65 ans, 66, 67 ans, et ça n'a pas suscité de levée de bouclier, comme en France».

Lire aussi : Grève RATP : échange tendu entre le macroniste Jean-Baptiste Djebbari et les syndicats

  • 20 septembre 2019 à 20:45

Idleb : Moscou accuse les USA de faire pression sur les membres du Conseil de sécurité de l’ONU

Les Etats-Unis ont fait pression sur les membres du Conseil de sécurité de l’ONU dans le but de conduire à une impasse la discussion d’un projet de cessez-le-feu à Idleb. C’est ce qu’a déclaré ce 20 septembre la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors de son briefing hebdomadaire.

Elle a souligné que le 19 septembre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, les représentants de la Belgique, de l’Allemagne et du Koweït, sous pression des Etats-Unis, ont mis aux voix leur projet de résolution qui appelle à suspendre toute opération militaire dans la zone de désescalade d’Idleb en Syrie, ce qui placerait automatiquement à l’écart des frappes les organisations terroristes agissant actuellement à Idleb et «très généreusement» alimentées de l’étranger.

Selon la porte-parole de la diplomatie russe, un certain nombre de ces organisations ont été officiellement considérées comme terroristes par décision du Conseil de sécurité des Nations unies, pourtant cela n’a pas arrêté les auteurs du projet.

«La Russie et la Chine ont présenté un projet alternatif de résolution de cessez-le-feu qui entrerait en vigueur le 20 septembre à partir de minuit, mais ne s’appliquerait pas aux opérations militaires antiterroristes. Il n’a pas été soutenu, malheureusement », a-t-elle poursuivi.

Les modifications ont été ignorées, les auteurs ne voulant pas continuer à chercher les formulations consensuelles, et, autant que nous le comprenons, sous la pression de Washington, ils ont forcé la mise aux voix du projet

Elle a également expliqué que le projet de résolution des trois co-auteurs, à savoir la Belgique, le Koweït et l’Allemagne, sur lequel la Russie et la Chine ont mis leur veto, aurait servi de base à des accusations sans fondement contre les autorités syriennes et les militaires russes. Ce projet de résolution aurait aussi bloqué la possibilité de mener des actions de représailles.

«Au cours des travaux sur le projet, la délégation russe a proposé des modifications constructives. Elles visaient à garantir que le cessez-le-feu ne concerne pas les opérations antiterroristes, toutefois, les modifications ont été ignorées, les auteurs ne voulant pas continuer à chercher les formulations consensuelles, et, autant que nous le comprenons, sous la pression de Washington, ils ont forcé la mise aux voix du projet. Nous avons également des informations précises selon lesquelles les représentants des Etats-Unis ont fait pression sur les membres du Conseil de sécurité pour que le processus d’adoption de la résolution aboutisse à une impasse et ne suive pas le cours constructif de la discussion», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe.

Elle a également noté que Moscou continuerait à contribuer au rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie, au retour du pays à une vie pacifique et à la victoire sur le terrorisme.

Lire aussi : Syrie : la Russie accuse les Etats-Unis de compromettre le cessez-le-feu à Idleb

  • 20 septembre 2019 à 19:39

La France persiste dans son refus de rapatrier les femmes et enfants de djihadistes

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé jeudi 19 septembre «être intraitable» sur le refus de la France de rapatrier les femmes et enfants de djihadistes français partis rejoindre les rangs de Daech en zone irako-syrienne entre 2014 et 2019. Dans son intervention, Jean-Yves Le Drian a souligné que ces membres de Daech étaient «allés combattre la France», soulignant qu'ils avaient «tué des Français en France à partir de leurs bases». En conséquence de quoi, le chef de la diplomatie française a soutenu qu'il fallait «qu’ils soient jugés sur les lieux où ils ont commis leurs crimes».

Les femmes et enfants de ces djihadistes français – en grande majorité en bas âge – sont détenus dans les camps de réfugiés d'Al-Hol, de Rukban, et dans les prisons kurdes et irakiennes ou les djihadistes s'entassent depuis l'effondrement du califat de Daech en février-mars 2019.

Comme lors du passage d'al-Baghdadi et de ses partisans à la prison irakienne de Bucca, alors sous contrôle américain, entre 2004 et 2008, la prison et les camps de réfugiés peuvent servir de lieu de formation pour les djihadistes, ils y apprennent ou perfectionnent les fondements théologiques mais également les méthodologies de l'action terroriste. La question du sort de ces femmes et enfants de djihadistes est ainsi d'une grande importance pour Daech.

L'annonce de Jean-Yves Le Drian fait suite à d'autre refus de la même nature en mai 2019, lorsque le gouvernement avait refusé le retour des mineurs et de leurs mères djihadistes. Des grands-parents avaient alors saisi la CEDH, tandis que leurs avocats avaient dénoncé une «violation des droits de l'homme». La France fait l'objet depuis janvier 2019 de nombreuses plaintes auprès des instances internationales réclamant le rapatriement des femmes et des enfants de djihadistes.

Une dizaine de familles de djihadistes Français ont ainsi déposé plainte le 16 septembre contre le ministre des Affaires étrangères pour «omission de porter secours» aux femmes et enfants de djihadistes qui sont actuellement dans des camps de réfugiés ou dans des prisons kurdes et irakiennes.

Auteur: RT France

Lire aussi : L'enregistrement d'Abou Bakr al-Baghdadi, ou la nouvelle génération du djihad

  • 20 septembre 2019 à 18:21

Des manifestations pour le climat se tiennent partout dans le monde (VIDEOS)

De Paris à New York, en passant par Sydney ou Sao Paulo, des millions d’écoliers et d’étudiants sont appelés à manifester contre l'inaction des gouvernements dans la lutte contre le réchauffement climatique le 20 septembre. A Paris, ils étaient plusieurs milliers selon notre reporter Katia Pecnik. «Et un, et deux, et trois degrés, c'est un crime contre l'humanité», «moins de banquiers, plus de banquise» font partie des slogans de la mobilisation parisienne.

Lire aussi : Salon de Francfort : des militants écologistes manifestent contre l’industrie automobile

  • 20 septembre 2019 à 17:21

Négociations sur le transit du gaz russe à Bruxelles : comment l'UE se chauffera-t-elle cet hiver ?

Une réunion trilatérale entre la Russie, l'Ukraine et l'Union européenne pour de nouvelles négociations autour du transit de gaz russe s'est déroulée à Bruxelles le 19 septembre.

Notre envoyée spéciale Katia Pecnik était sur place pour rendre compte de l'événement.

Malgré des discussions qualifiées de «constructives» par les participants, ces derniers n'ont cependant pas pu aboutir à un accord sur l'acheminement du gaz russe dans les pays de l'Union européenne via l'Ukraine, suscitant des inquiétudes sur l'approvisionnement de l'Europe cet hiver.

L'enjeu : chauffer l’Europe cet hiver

«Le sentiment d'urgence était très présent dans la salle», a commenté le Commissaire européen en charge de l'Energie, Maros Sefcovic, lors d'une conférence de presse. Et pour cause. L'accord de transit entre la Russie et l'Ukraine arrive à son terme fin 2019 et ces deux pays, dont les relations étaient tendues ces dernières années – mais qui semblent se réchauffer récemment – ne parviennent pas à se mettre d'accord pour la suite. 

L'arrivée au pouvoir à Kiev de Volodymyr Zelensky en mai a enclenché une nouvelle dynamique entre les deux pays. Mais comme l'explique notre journaliste, ces tensions conjuguées à des «dettes importantes» de Kiev ont entraîné une diminution des livraisons de gaz russe passant par l'Ukraine.

Fin 2019, deux gazoducs contournant le territoire ukrainien – le germano-russe Nord Stream 2 et le turco-russe Turkish Stream – sont censés entrer en service, ce qui priverait Kiev d'une manne financière conséquente.

«Je suis sûr que nous trouverons toutes les solutions pour que l'approvisionnement en gaz ne soit pas interrompu à compter du 1er janvier», a déclaré de son côté le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak.

Le ministre ukrainien de l'Energie, Oleksiy Orjel, a lui averti ce 19 septembre que «le risque de ne pas signer d'accord restait d'actualité». Il a souligné qu'en cas d'absence d'accord avec les Russes, l'Ukraine «serait prête à approvisionner ses consommateurs cet hiver grâce à ses réserves de gaz».

Se voulant rassurant, le Commissaire européen en charge de l'Energie a fait savoir que l'Union européenne et l'Ukraine étaient «bien préparées à toute éventualité» à propos des risques de perturbation dans l'approvisionnement de l'Europe. «Nous avons des stocks importants», a-t-il déclaré.

Lire aussi : Pour le patron de Gazprom, Nord Stream 2 a passé «un point de non-retour» et sera bientôt en service

  • 20 septembre 2019 à 16:30

«Vous connaissez l'UPR ?» Onfray fait son «outing» en souscrivant aux idées d'Asselineau

«Asselineau dit la vérité» : voilà un compliment de taille à l'adresse du patron de l'Union populaire républicaine (UPR). Lors d’une série de questions-réponses à l’occasion d’un salon de la Librairie Mollat à Bordeaux le 19 septembre 2019, le philosophe Michel Onfray a fait de son propre aveu son «outing» sur François Asselineau, dont il a affirmé souscrire aux thèses.

Pour Michel Onfray, l'UPR dénonce, comme il le fait lui-même avec ses mots, l’«empire Maastrichtien», du nom du traité fondateur de l'Union européenne dont l'UPR veut faire sortir la France, avec le «Frexit».

«Vous connaissez l'UPR?»

Devenue une blague et même un mème sur internet grâce au dessin ci-dessous, la célèbre rengaine «Vous connaissez l'UPR ?» des ardents sympathisants de François Asselineau est arrivée aux oreilles du philosophe, et pas qu'une fois visiblement.

pic.twitter.com/nm0xtIYy7x

— Jean Psch ن (@EclipseWho) April 8, 2017

«Votre parole Monsieur Onfray est capable de percer les murs de l'omerta médiatique, pourquoi est-ce que vous ne mentionnez jamais l'existence du seul homme politique français qui défend un véritable mouvement de libération nationale ?», a demandé au philosophe un homme dans le public. «Il faut me dire lequel», a alors répliqué Michel Onfray. Une fois confirmée l'identité du «libérateur», l'essayiste, pas surpris, a répondu : «Il y a toujours dans une conférence un défenseur de Monsieur Asselineau... et c'est bien d’ailleurs !»

«Je ne sais pas comment il fonctionne, il a du monde partout», a poursuivi le philosophe à la renommée internationale avant d'ajouter : «Il a très peu d'électeurs mais il y a toujours quelqu'un qui me dit "mais alors Asselineau, vous n'en parlez pas ?"»

En effet, la liste «Ensemble pour le Frexit» portée par François Asselineau aux élections européennes de 2019 est arrivée en treizième position, récoltant seulement 1,17 % des suffrages. Et ce en dépit des 38 000 adhérents que revendique l'UPR sur son site.

Rien à redire

Michel Onfray a avoué avoir péché par ignorance et avoir donc «beaucoup mal parlé» du président de l'UPR par le passé, car il n'avait entendu que des bouts, des fragments de son discours. Mais face à l'insistance des militants de François Asselineau, il s'est penché plus en profondeur sur les thèses défendues par leur «héros». «C'est très bien», a ainsi tranché le philosophe, ajoutant : «Tout ce que j'ai entendu de lui, je n'ai pas trouvé de choses à redire.»

Pour Michel Onfray, si les propos de François Asselineau sont si peu relayés «c'est parce qu'il dit comment fonctionne l'empire maastrichtien». Le président de l'UPR se plaint en effet souvent de n'avoir pas assez la parole dans l'espace médiatique français, ce à quoi Michel Onfray trouve une explication : «Comme il dit des choses majeures, tout est fait pour qu'on ne l'entende pas beaucoup.»

Ce 19 septembre était également l'occasion pour Michel Onfray de lancer un nouveau concept. Après avoir quitté il y a un an l’Université populaire de Caen qu’il avait lui-même fondée, en 2002, il compte désormais mettre en place une Université populaire nomade. A Caen, il avait fait face à des difficultés récurrentes dans l’obtention d’une salle pour y prodiguer ses cours de philosophie. Lassé, le philosophe a trouvé la solution : c'est en faisant appel à des libraires, partout en France, comme à Bordeaux le 19 septembre, qu'il pourra transmettre comme il le souhaite sa philosophie et, qui sait, peut-être prêcher la bonne parole... de François Asselineau ?

Michel Onfray réplique, comparant François Asselineau à Raël

Les propos de Michel Onfray ont rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux, relayés par de nombreux militants de l'UPR. Le philosophe a en effet a décidé de rectifier le tir dans la soirée du 20 septembre en publiant une vidéo sur son site internet, critiquant au passage les soutiens de l'UPR. Il assure ainsi que ceux-ci se déplacent régulièrement à ses conférences et les compare à des «raëliens». «Je trouve cette récupération indigne», ajoute-t-il.

«Ce n'est pas parce que je dis qu'il y a des propos intéressants chez François Asselineau, concernant la critique de l'Europe que, pour autant, je défends ce monsieur, que je défends la totalité de sa politique», poursuit-il, expliquant pourquoi il ne peut rejoindre les troupes de François Asselineau : «Il a quand même dit un certain nombre de choses un peu problématiques qui relèvent du complotisme».

Michel Onfray n'étaye pas ce dernier point, à savoir quels propos de François Asselineau pouvaient relever du complot. Il explique aussi apprécier les critiques de l'UE que font Florian Philippot ou Jean-Luc Mélenchon, sans les soutenir politiquement. Il conclut sa vidéo en jugeant François Asselineau «détestable» qu'il compare à «Raël». «Je ne veux pas être prêtre honoraire de Monsieur Asselineau», précise le philosophe.

Lire aussi : Pourquoi le Frexit ne fait-il pas recette ? (ENTRETIENS)

  • 20 septembre 2019 à 14:54

Russie : Pavel Oustinov libéré et assigné à résidence par le tribunal de Moscou

Selon une information révélée par l’agence de presse russe Interfax, l'acteur Pavel Oustinov a été libéré par le tribunal et assigné à résidence ce 20 septembre. L'acteur de 24 ans a été condamné par la justice à trois et demi de prison le 16 septembre dernier, au motif de «violences» à l'encontre de la police lors de son arrestation le 3 août, à l'occasion d’un rassemblement non autorisé de l’opposition.

Le procureur général adjoint, Ioury Ponomarev, a donc décidé de l'assigner à résidence jusqu'au 23 septembre, jour où le tribunal municipal de Moscou examinera le pourvoi en appel contre sa condamnation.

Вот тот самый «актёр» Павел Устинов, в отношении которого должен быть сегодня вынесен судебный приговор, и за которого готов вписаться Константин Райкин. Устинов утверждает, что в протестах не участвовал и сопротивления не оказывал. А это тогда что? pic.twitter.com/uKncIr1E8T

— Дегтярёв Леонид (@leon_elk) September 13, 2019

La déléguée russe aux droits de l'Homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova, a qualifié la libération de Pavel Oustinov de décision «véritablement juste».

«Une décision véritablement juste a été prise aujourd'hui. Je tiens à souligner le rôle particulier du parquet général […]. Aujourd’hui, nous venons d’entendre les arguments, tout d’abord, du procureur, de la défense, selon lesquels l'accusé devait être remis en liberté et qu’une sanction lui devait être appliquée sous forme d'interdiction de sortie du territoire. Nous allons attendre l’examen de l'affaire sur le fond», a déclaré Moskalkova aux journalistes.

Москалькова прокомментировала освобождение Павла Устинова - читать: https://t.co/YCvYbn29vCpic.twitter.com/FojeLrr9nI

— 3NEWS.RU (@3newsru) September 20, 2019

La Garde nationale russe, où Oustinov a effectué son service militaire, lui a donné une bonne lettre de recommandation, a déclaré le procureur lors de l’audience au tribunal municipal de Moscou le 20 septembre.

«Il est nécessaire de prendre en compte les lettres de recommandation positives qui lui ont été données à son lieu de résidence et pendant son service militaire», a déclaré le procureur.

Accusé d’avoir résisté à la police russe lors de son interpellation, sa peine de trois ans et demi de prison a provoqué une vague d’indignation au sein de la société russe. De nombreux représentants des milieux artistiques russes ont apporté leur soutien à l'acteur sur les réseaux sociaux en publiant des images «Je suis Pavel Oustinov» et en utilisant le hashtag #libertépourPavelOustinov. Une campagne de soutien inspirée par l’affaire du journaliste russe Ivan Golounov, qui avait été inculpé pour tentative de trafic de drogue et finalement libéré.

Lire aussi : «Je suis Pavel Oustinov» : pourquoi la condamnation d’un acteur indigne la société russe ?

  • 20 septembre 2019 à 13:06

Perquisition à LFI : trois mois de prison avec sursis requis contre Jean-Luc Mélenchon

Le parquet de Bobigny a requis ce 20 septembre trois mois de prison avec sursis contre le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de son parti LFI en octobre 2018.

Jean-Luc Mélenchon est poursuivi pour «actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation». Des amendes, allant de 2 000 à 10 000 euros, ont par ailleurs été requises contre les cinq autres prévenus, les députés LFI Alexis Corbière et Bastien Lachaud, l'eurodéputé Manuel Bompard, le conseiller d'Etat Bernard Pignerol et l'attachée de presse du parti Muriel Rozenfeld.

Pour le procureur de Bobigny Philippe Bourion, c'est par le leader LFI que «tout est arrivé». Pour l'autre représentante du ministère public, Juliette Gest, «les vidéos étaient claires, tout a été décortiqué devant vous». Et d'ajouter : «Nous travaillons dans l'intérêt général, il n'y pas de procès politique.»

Qu'est-ce qu'on nous demande ? De l'argent, encore de l'argent, c'est tout ce qui les intéresse

Les six prévenus n'ont de leur côté eu de cesse de dénoncer un «procès politique» au cours des débats. Les plaidoiries de la défense sont prévues dans l'après-midi de ce 20 septembre, et le jugement sera mis en délibéré. «Qu'est-ce qu'on nous demande ? De l'argent, encore de l'argent, c'est tout ce qui les intéresse», a déclaré à la presse Jean-Luc Mélenchon à la sortie d'audience. «De 10 ans on passe à trois mois avec sursis. Tout ce souk pour ça», a-t-il commenté.

Lire aussi : Mélenchon et cinq proches jugés après la perquisition de LFI : procès politique ?

  • 20 septembre 2019 à 12:37

«Bande de bâtards» : Kassovitz écope de 1 000 euros d'amende pour injure envers la police

L'acteur et réalisateur Mathieu Kassovitz a été condamné le 20 septembre à un total de 1 000 euros d'amende pour un tweet injurieux à propos d'une opération antidrogue réalisée par la police dans un hôpital de Nantes en décembre 2017. Le tribunal correctionnel de Paris a jugé que le réalisateur du film La Haine était coupable d'«injure publique» envers des fonctionnaires dépositaires de l'autorité publique, uniquement pour ses propos : «bande de bâtards». La cour a condamné l'acteur, dans deux jugements distincts, à une amende de 500 euros et à verser un euro de dommages et intérêts à chacun des 17 agents qui avaient porté plainte contre lui. Ceux-ci réclamaient 3 000 euros chacun.

A l'audience en mai, Mathieu Kassovitz avait défendu une simple «raillerie» face à la «vantardise» de la Sécurité publique : il avait expliqué avoir réagi à une publication de la Direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique faisant état des résultats d'une opération de sécurisation et recherche de stupéfiants à l'hôpital psychiatrique Saint-Jacques, lors de laquelle 24 policiers avaient été mobilisés et sept grammes de résine de cannabis découverts dans la chambre d'un patient : «Bande de bâtards. 7g ! 24 policiers ! Vous êtes une belle bande de bon à rien @Police nationale», avait tweeté Mathieu Kassovitz, s'attirant la colère de syndicats policiers.

A la barre de la 17e chambre correctionnelle, il s'était désolé de la «susceptibilité» des policiers, qu'il n'avait pas voulu «blesser» : «Moi, j'ai été éduqué beaucoup dans la rue. La "bande de bâtards", ce n'est pas une insulte, je l'utilise aussi pour les amis.»

Le tribunal n'a condamné qu'une partie de ses propos : les termes «belle bande de bon à rien», «employés au regard de la disproportion apparente entre les moyens employés et le résultat de l'opération [...] ne dépassent pas les limites admissibles de la liberté d'expression dans une société démocratique», selon la décision consultée par l'AFP.

#Kassovitz vs. la #police : la polémique sans fin https://t.co/fIFoHrHTio

— RT France (@RTenfrancais) December 31, 2017

En revanche, l'expression «bande de bâtards» est «outrageante» et «marque le mépris envers les forces de l'ordre», estime le tribunal, qui ne condamne donc l'acteur que pour cette seule expression.

«Nous sommes satisfaits de la condamnation. Si [Mathieu] Kassovitz a l'habitude de s'exprimer ainsi dans sa vie privée, il n'a pas à le faire en s'adressant à la police», a déclaré à l'AFP David-Olivier Reverdy, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance, dont quelques dizaines de membres s'étaient rassemblés devant le tribunal en attendant le jugement ainsi que l'a constaté RT France qui était présent sur place : 

M. Gaudon du syndicat ⁦@alliancepolice⁩ explique la raison de ce rassemblement au TGI de Paris pour le délibéré dans l’affaire Kassovitz pic.twitter.com/hSfNNZnnTR

— Antoine B (@AntoineLaBoite) September 19, 2019

William Bourdon, l'avocat du comédien a estimé quant à lui que «s'agissant de Malotru, les policiers ont manqué d'humour en le poursuivant en justice», gratifiant son client du nom de son personnage d'espion dans la série Le Bureau des légendes. Il a également précisé qu'il n'était «pas certain» que son client souhaite se pourvoir en appel après cette décision.

Lire aussi : «Bande de bâtards» : la police nationale répond tranquillement à Mathieu Kassovitz

  • 20 septembre 2019 à 11:29

Intervention du RAID à Lyon : l'individu armé et retranché a été interpellé, deux blessés

Selon des témoins sur place, les forces de l'ordre étaient présentes en nombre à Lyon, notamment rue Paul Bert, alors qu'un tireur était retranché avec une carabine à plomb ce 20 septembre depuis 9h. Selon les informations de BFMTV, l'individu a ouvert le feu et blessé légèrement deux passants, sans gravité, avant d'être interpellé.

Selon les informations de LyonMag, le secteur situé en plein quartier de la Guillotière avait été bouclé par la police, alors que l'homme était situé rue Villeroy, et tirait depuis sa fenêtre. La police nationale du Rhône avait prévenu sur Twitter : «Opération de police en cours rue Villeroy à Lyon IIIe, avec difficultés de circulation. Veuillez respecter le périmètre de sécurité, suivez les instructions des policiers sur place et ne les gênez pas, évitez le secteur.»

🚨 Opération de police en cours rue Villeroy à #LYON 3ème, avec difficultés de circulation.
➡️ veuillez respecter le périmètre de sécurité,
➡️ suivez les instructions des #policiers sur place et ne les gênez pas,
➡️ évitez le secteur pic.twitter.com/zNDHyohev3

— Police Nationale 69 (@PoliceNat69) September 20, 2019

Ainsi qu'on pouvait le constater sur des images captées sur place, le Raid est rapidement intervenu sur les lieux.

le RAID vient d’arriver sur l’intervention en cours à #Lyonpic.twitter.com/rK0wOqkNF0

— alex d&p (@bonjourviews) September 20, 2019

Un journaliste de LyonMag a également diffusé des images de l'opération policière sur Twitter : 

🔴 #Lyon : Un homme armé d'une carabine, vraisemblablement à plomb, actuellement retranché rue Paul Bert. Il a tiré dans la rue depuis sa fenêtre, aucun blessé. Situation en cours @lyonmagpic.twitter.com/mYm7kGUNVH

— Julien Damboise (@JDANDOU) September 20, 2019

Selon les informations de LyonMag, dont les reporters étaient présents sur le secteur : «Une équipe d'intervention est sortie d'un immeuble, juste à côté d'une boucherie. Du matériel a été évacué.»

L'intervention des forces de l'ordre est désormais terminée, et la police nationale a fait savoir que l'individu avait été interpellé par le Raid : «L'opération de police rue Villeroy à Lyon IIIe est terminée. Un individu a été maîtrisé par le RAID. Le périmètre de sécurité est levé.»

L'opération de police rue Villeroy à #Lyon 3ème est terminée. Un individu a été maîtrisé par le RAID.
✅Le périmètre de sécurité est levé. pic.twitter.com/7gF76YC0nD

— Police Nationale 69 (@PoliceNat69) September 20, 2019

Lire aussi : Villeurbanne : une attaque au couteau fait au moins un mort et huit blessés

  • 20 septembre 2019 à 10:27

Yémen : la coalition arabe frappe les rebelles houthis après les attaques en Arabie saoudite

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a annoncé avoir lancé, le 19 septembre, une opération militaire au Yémen contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, la première depuis les attaques de drones sur des installations pétrolières saoudiennes la semaine dernière. La coalition a détruit quatre sites situés au nord de la ville portuaire de Hodeida (ouest du Yémen), utilisés par les Houthis pour assembler des bateaux télécommandés et des mines marines, selon un communiqué publié par l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Elle considérait ces sites comme des menaces à la sécurité maritime dans le stratégique détroit de Bab al-Mandeb et le sud de la mer Rouge. Peu avant l'annonce de cette opération militaire, la coalition avait affirmé avoir déjoué une attaque au bateau piégé, sans équipage.

«La force navale de la coalition a détecté une tentative de la milice terroriste houthie liée à l'Iran de commettre un acte hostile et terroriste imminent dans le sud de la mer Rouge en utilisant un bateau piégé télécommandé», avait indiqué la coalition dans un communiqué diffusé par SPA. Le bateau a été lancé «depuis le gouvernorat de Hodeida», dans l'ouest du Yémen, a-t-elle ajouté, sans savoir ce qu'il visait. Il a été détruit. Les rebelles houthis n'ont pas réagi.

Ces nouveaux développements surviennent alors que les tensions régionales avec l'Iran croissent à la suite de deux attaques simultanées la semaine dernière contre d'importantes installations pétrolières saoudiennes, qui ont réduit de moitié la production du royaume et provoqué la chute libre des cours de l'énergie. Les Houthis ont revendiqué ces attaques, mais Washington et Ryad en ont tenu responsable l'Iran, qui a nié.

La coalition est intervenue pour soutenir le gouvernement yéménite en 2015 lorsque le président Abedrabbo Mansour Hadi s'est enfui en exil en Arabie saoudite alors que les rebelles s'approchaient de son dernier réduit, Aden, deuxième ville du Yémen. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, civiles pour la plupart, et plongé ce pays – le plus pauvre de la péninsule arabique – dans ce que l'ONU considère comme étant la pire crise humanitaire au monde.

Lire aussi : Arabie saoudite : Paris va envoyer ses experts pour participer aux enquêtes sur les attaques

  • 20 septembre 2019 à 09:35

Pénuries de médicaments : le gouvernement se décide à agir en sanctionnant les laboratoires

Après des difficultés d'approvisionnement de médicaments ces dernières années, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le 19 septembre le «renforcement d'un certain nombre de sanctions» qui pourront aller jusqu'à un million d'euros contre les laboratoires qui n'anticipent pas assez les pénuries. Ces sanctions seront introduites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020.

En l'espèce, des pénuries ont particulièrement observées pour un traitement contre la progression de la maladie de Parkinson en 2018, le Sinemet, mais également certains types de traitement par cortisone utilisés pour traiter les rhumatismes, les scléroses en plaque ou certains cancers. C'est aussi le cas de médicaments contre la tension et de certains vaccins comme le BCG (contre la tuberculose) et le DT Vax (diphtérie, tétanos).

Le chef du gouvernement a donc fait savoir lors d'une conférence de presse que le renforcement des sanctions interviendrait «lorsque l'information de l'agence nationale n'est pas suffisante, lorsqu'elle est trop tardive ou lorsque la constitution de stocks n'est pas à la hauteur de l'exigence et de l'intérêt que nous décelons». 

Edouard Philippe a également souligné «la nécessité d'avoir un comportement exemplaire», évoquant un «sujet difficile et qui suscite des inquiétudes du côté des Français», après avoir reçu à Matignon une délégation d'entreprises du secteur du médicament (Leem). Le ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a pour sa part détaillé les trois cas pour lesquels des sanctions seront prévues et qui figureront dans le PLFSS 2020. Les industriels devront désormais «augmenter la durée des stocks disponibles sur le territoire national pour pallier d'éventuelles pénuries», s'il s'agit de «médicaments d'intérêt thérapeutique majeur ou qui n'ont pas d'alternative». Pour ces médicaments, «deux à quatre mois de stock de sécurité obligatoire» seront requis, a détaillé Edouard Philippe sur Twitter.

Nous bénéficions déjà d'un arsenal très complet. Je ne suis pas sûr que de nouvelles sanctions amélioreraient la situation.

Matignon a ensuite précisé qu'en cas de rupture, l'entreprise pourra se voir appliquer une sanction pour chaque jour de rupture pouvant aller jusqu'à un maximum de 30% du chiffre d'affaires journalier moyen réalisé en France, dans la limite de 10% du chiffre d'affaires annuel ou un million d'euros.

Réagissant à l'annonce de ce plan, Frédéric Collet, le président du Leem, a souligné auprès de l'AFP qu'il y avait déjà des sanctions prévues : «La France fait partie des pays dont le cadre réglementaire autour de la disponibilité des médicaments est le plus large. Nous bénéficions déjà d'un arsenal très complet. Je ne suis pas sûr que de nouvelles sanctions amélioreraient la situation. [...] Lorsque l'on parle de sanctions supplémentaires, il faut comprendre de quoi il s'agit et surtout comprendre si elles viennent contribuer à résoudre une situation ou au contraire potentiellement à la rendre plus complexe.»

Agnès Buzyn avait déjà dévoilé une «feuille de route provisoire» qui prévoyait notamment la généralisation en 2020 d'une plateforme permettant entres autres aux pharmaciens de signaler les ruptures d'approvisionnement au laboratoire concerné.

Les tensions d'approvisionnement des médicaments se sont amplifiées ces dernières années, en raison de multiples facteurs: hausse de la demande mondiale, prix de vente de certains traitements jugés peu attrayants par les laboratoires ou les intermédiaires mais aussi politique de flux tendu visant à limiter les stocks, forte concentration des sites de production, parfois situés à grande distance, en Inde ou en Chine. Un quart des Français s'est déjà vu refuser la délivrance d'un médicament ou d'un vaccin pour cause de pénurie, selon une enquête publiée en janvier à l'initiative de France Assos Santé.

Lire aussi : En Iran, les malades du cancer victimes des sanctions américaines (VIDEO)

  • 20 septembre 2019 à 09:33

Alain Soral condamné à 24 mois dont 18 ferme pour avoir diffusé un clip de rap antisémite

L'essayiste Alain Soral a été condamné le 19 septembre à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite où des portraits de personnalités étaient brûlés. 

Alain Bonnet, de son vrai nom, devra également s'acquitter d'une amende de 45 000 euros. Il était poursuivi pour provocation à la haine raciale et injure publique aggravée. 

Le 15 avril dernier, l'essayiste, déjà condamné maintes fois, avait déjà écopé d'un an ferme pour négationnisme dans une autre affaire. Le tribunal correctionnel de Paris avait alors ordonné un mandat d'arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d'exécuter, estimant qu'il n'avait pas de base légale.

Dans l'affaire jugée à Bobigny, le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre l'essayiste, qui avait publié sur son site Egalité et Réconciliation un clip intitulé «Gilets jaunes» dans lequel une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photographies de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi étaient aussi envoyées au bûcher.

Dans ce clip, le rappeur appelait à «virer» Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de «parasites».

Cette condamnation intervient à la suite d'une citation directe d'un collectif d'associations comprenant l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), SOS Racisme, la Licra, J'accuse, le MRAP et la LDH.

«Cette décision importante marque légitimement la fin de l'impunité dont bénéficie, de fait,  Alain Soral, multirécidiviste de la haine, impliqué par le passé dans 57 procédures pour les mêmes infractions contre ses cibles habituelles», ont réagi ces associations dans un communiqué. 

Le tribunal a également demandé à Alain Soral de supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d'amende par jour de retard.

Des images et des propos devenus «par magie diffamation du Juif», selon l'avocat de Soral

Dans un communiqué publié le 19 septembre, l'avocat d'Alain Soral, Damien Viguier, détaille les modalités de la condamnation. On y apprend que le sursis d'une durée de six mois est accompagné d'une mise à l’épreuve pour une durée de trois ans. «L’épreuve consiste en trois mesures : 210 heures de travaux d’intérêt général, soit pour un temps plein un mois et demi de travaux forcés, suppression de la publication incriminée sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et indemnisation des "victimes"». Concernant les condamnations pécuniaires, elles pourraient, selon ce communiqué, dépasser les 171 000 euros.

Concernant le fond de le condamnation, l'avocat estime que dans le clip de rap incriminé «rien n’apparaissait comme répréhensible au premier abord». Mais, selon lui, les associations qui avaient déclenché les poursuites «prétendaient décoder les propos et images : le brasero d’un rond-point Gilet jaune devenait à leur yeux "un bûcher", le mot parasite était traduit comme volonté d’extermination totale et les photos de Rothshild, Attali, BHL et Drahi qu’on y jetait devenaient "l’oligarchie juive" dont "le projet de domination" apparaissait par la référence à la Palestine et à la chaîne i24news». Pour l'avocat, «isolées et surtout décodées, ces images et ces propos étaient par magie devenues diffamation du Juif, injure envers le Juif et provocation à la haine contre le Juif».

L'avocat n'a cependant pas annoncé dans son communiqué faire appel de cette condamnation.

Alain Soral multiplie les condamnations devant les tribunaux pour ses propos. En janvier dernier, l'essayiste avait déjà été condamné à un an de prison ferme, sans mandat d'arrêt, pour avoir injurié un magistrat et tenu des propos antisémites sur son site internet.

Le 15 avril, l'essayiste avait été condamné à un an ferme pour négationnisme dans une affaire distincte. Le tribunal correctionnel avait alors ordonné un mandat d'arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d'exécuter, estimant qu'il n'avait pas de base légale.

Enfin, le 5 juin à Paris, un an de prison ferme a été requis à son encontre pour avoir qualifié le Panthéon de «déchetterie casher» dans une vidéo postée en juillet 2018 sur son site internet.

Lire aussi : Le Panthéon, «déchetterie casher» pour Alain Soral : le parquet requiert un an ferme

  • 20 septembre 2019 à 09:19

«Syndrome de La Havane» : les diplomates américains auraient été infectés par des pesticides

Les mystérieux symptômes qui ont frappé ces dernières années des diplomates américains et canadiens en poste à La Havane ont peut-être été causés par des agents neurotoxiques utilisés dans des pesticides, selon une nouvelle étude obtenue par la chaîne publique Radio-Canada. Entre fin 2016 et 2018, une cinquantaine de diplomates américains et canadiens, ainsi que des membres de leurs familles, ont souffert de maux divers comme de fortes migraines, des acouphènes, des troubles visuels et cognitifs ou encore des problèmes d'équilibre et de vertiges.

Ottawa et Washington n'ont jamais établi publiquement la nature du phénomène désigné comme «le syndrome de La Havane», ni confirmé qu'il pourrait s'agir d'énigmatiques «attaques acoustiques» ou de micro-ondes, comme la presse américaine a pu s'en faire l'écho, ou encore que ces symptômes seraient dus à des grillons, sans toutefois apporter aucune preuve. Cuba rejette toute responsabilité.

Des neurotoxines en causes

A la demande du ministère canadien des Affaires étrangères, une équipe du centre de traitement des lésions cérébrales de l'université Dalhousie a réalisé une étude clinique sur les 15 victimes canadiennes, présentée comme «la plus poussée» à ce jour par l'émission Enquête de Radio-Canada. Dans son étude, l'équipe multidisciplinaire composée de 26 chercheurs et dirigée par le neurologue Alon Friedman avance «l'hypothèse d'une exposition à faible dose à des neurotoxines». Les résultats des examens, selon l'étude, «suggèrent fortement» une intoxication à des organophosphates, molécules utilisées dans la fumigation des moustiques.

Selon Radio-Canada, Alon Friedman a établi un «lien direct» entre l'apparition des premiers symptômes, en 2016 et 2017, et le lancement à cette époque par le gouvernement cubain d'«une vaste campagne de fumigation contre le virus Zika sur toute l'île, et en particulier à La Havane». Des ambassades ont aussi mené leurs propres opérations de fumigation. «Ces deux sources combinées ont certainement exposé les diplomates de manière excessive», conclut le Alon Friedman.

Les diplomates testés présentaient notamment des traces de ces contaminants dans leur sang, parfois plusieurs mois après leur exposition. Cette étude, dont les hypothèses devront être vérifiées, met à mal d'hypothétiques «attaques acoustiques», comme le souligne Radio-Canada.

«Aucune cause définitive des incidents de santé n'a encore été déterminée», a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères en assurant suivre toutes les pistes, «ce qui inclut les recherches à l'université Dalhousie». Le dernier cas de Canadien affecté remonte à décembre 2018 et la police canadienne poursuit son enquête en collaboration avec les autorités cubaines.

Lire aussi : La guerre froide de retour ? Washington suspecte une attaque acoustique à son ambassade de Cuba

  • 20 septembre 2019 à 09:08

Londres rejette le délai fixé par l'Union européenne pour trouver un accord sur le Brexit

La présidence finlandaise de l'UE a exigé ce 19 septembre du Royaume-Uni une proposition d'accord écrite sur le Brexit d'ici fin septembre afin d'éviter un «no deal», un ultimatum aussitôt rejeté par Londres. «Nous présenterons des solutions écrites formelles quand nous serons prêts, et non en fonction d'une échéance artificielle», a réagi un porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson devant la presse. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, avait averti que Londres avait jusqu'à la fin septembre pour soumettre une proposition d'accord écrite.

Nous devons également nous préparer à un Brexit sans accord

«De l'avis du Premier ministre Rinne [...] le Royaume-Uni doit présenter une proposition écrite d'ici la fin du mois», a fait part un porte-parole du cabinet du Premier ministre dans un courriel à l'AFP. Les responsables de l'UE ont appelé Londres à ne «pas faire semblant de négocier» pour éviter un divorce brutal du Royaume-Uni avec l'UE, prévenant les eurosceptiques britanniques qu'ils devraient rendre des comptes à leurs concitoyens. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait mis en garde contre «le risque d'un "no deal" qui reste très réel», lors d'une séance plénière au Parlement européen à Strasbourg (France). «Nous pouvons avoir un accord» a-t-il assuré ce même 19 septembre dans une interview à la chaîne britannique Sky News.

Le 18 septembre, à l'occasion d'une visite diplomatique à Paris, Antti Rinne avait déclaré que «toute proposition» du Royaume-Uni devait «être présentée très prochainement, si elle doit être discutée». «Cependant, nous devons également nous préparer à un Brexit sans accord», avait-il ajouté à l'issue d'un entretien avec le président Emmanuel Macron. Downing Street avait savoir le même jour que Boris Johnson avait appelé Jean-Claude Juncker et que les deux hommes avaient discuté «de leur détermination commune à parvenir à un accord».

Lire aussi : Royaume-Uni : même les mains liées, Boris Johnson s'engage à faire appliquer le Brexit sans report

La France s'impatiente

«Le temps presse [pour négocier un accord]», a prévenu une source diplomatique française. «On ne négociera pas directement au Conseil européen mi-octobre», a souligné cette source. «Il y a encore beaucoup de "si", de points d'interrogation et d'hypothèses», avait souligné en début de semaine l'Elysée, se disant dans l'attente de «propositions britanniques précises». A ce stade, «on ne peut pas aujourd'hui dire si on sera en position ou pas d'avoir un accord» et «on se prépare à tous les scénarios», dont celui d'un Brexit sans accord, avait-on ajouté de même source.

Boris Johnson, dont la stratégie consistait à appliquer la volonté de Brexit exprimée en juin 2016 par 52% des Britanniques, envisage ouvertement un divorce sans accord. Londres exige notamment la suppression du «backstop», ou filet de sécurité, la clause de sauvegarde prévue pour empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord, province britannique, et la république d'Irlande.

Dans ce cas, l'UE réclame à Londres des solutions alternatives au «backstop», prévu pour maintenir le Royaume-Uni dans un «territoire douanier unique» à défaut d'autre solution. Jean-Claude Juncker s'est montré disposé à abandonner le «backstop» si tous ses objectifs sont atteints. «Si les résultats sont là, je me fiche de l'instrument», a-t-il déclaré sur Sky News.

Le Royaume-Uni espère progresser suffisamment dans les discussions pour faire du sommet européen du 17 octobre une étape cruciale afin de finaliser un nouvel accord. Les Européens exigent un ordre de marche plus rapide. Selon une source européenne, la question du calendrier devrait être discutée lors d'une rencontre entre Boris Johnson et Jean-Claude Juncker la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York (Etats-Unis).

Le 20 septembre, une rencontre entre le secrétaire britannique au Brexit Stephen Barclay et le négociateur de la Commission européenne sur le Brexit Michel Barnier est également prévue à Bruxelles. Les 28 se réuniront les 17 et 18 octobre à Bruxelles, soit une dizaine de jours avant la date prévue pour le divorce, le 31 octobre.

Lire aussi : «Pas besoin de l'UE» : ces Britanniques qui entendent faire valoir la légitimité des urnes

  • 20 septembre 2019 à 09:06

La France et l'Espagne, les deux seuls pays de l'OCDE où les demandes d'asile augmentent

La demande d'asile ne cesse de baisser dans les pays de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), y compris aux Etats-Unis, principale destination des demandeurs d'asile, mais pas en Espagne ni en France, qui ont connu les plus fortes progressions en 2018, souligne l'organisation dans un rapport publié ce 20 septembre. Avec 1,07 million de demandes, l'asile a de nouveau reculé en 2018, que ce soit parmi les pays européens (-10%) ou non-européens (-17%) de l'OCDE, après avoir émargé à 1,26 million de demandes de protection en 2017. Et loin des records de 2015 et 2016, lorsqu'elles culminaient à 1,65 million.

Les Albanais, les Géorgiens et les Afghans occupent le trio de tête des demandeurs d'asile en France

Paradoxalement, la tendance à la baisse est insufflée par les Etats-Unis, pourtant premier pays de l'OCDE en termes d'asile avec 254 000 nouvelles demandes en 2018, selon le rapport «Perspectives des migrations internationales». C'est 77 000 de moins qu'en 2017, lorsque l'Amérique de Donald Trump avait reçu quelque 330 000 demandes. Le net durcissement de l'administration Trump, qui a lancé en 2018 une politique de «tolérance zéro» envers l'immigration clandestine, n'est peut-être pas étrangère à cette baisse, dans un pays où près de 50% de la demande provient de quatre pays: Salvador, Guatemala, Venezuela et Honduras.

En France on constate une augmentation de 20% de la demande d'asile pour la deuxième année consécutive

«Le recul du nombre global de demandes dans les pays de l'OCDE (-175 000) est en grande partie lié à trois pays de destination : les Etats-Unis, l'Italie (- 73 000) et l'Allemagne (- 36 000)», peut-on lire dans le document. Le reflux est «partiellement contrebalancé par une augmentation en Espagne (+ 22 300) et en France (+ 19 000)», souligne encore le rapport, publié à une dizaine de jours d'un débat parlementaire en France sur l'immigration, où la question de l'asile devrait occuper une place prépondérante. Avec près de 110 000 demandes, la France se situait en 2018 au 4e rang selon l'OCDE, juste derrière la Turquie (116 000) et l'Allemagne (162 000).

«La baisse en Europe n'est pas uniforme. En France, où l'on constate une augmentation de 20% de la demande d'asile pour la deuxième année consécutive, ce sont les Albanais et les Géorgiens qui tirent la demande, derrière les Afghans», détaille Jean-Christophe Dumont, chef de la division Migrations internationales, en marge de la présentation du rapport. La France ne bénéficie donc pas de la baisse des arrivées en bateau par la Méditerranée centrale, qui se situe à un taux "historiquement bas", un canal par lequel passe l'immigration syrienne ou d'Afrique subsaharienne, rappelle-t-il.

Lire aussi : «Protection de notre mode de vie européen» : la Commission européenne virerait-elle identitaire ?

La France, un choix par défaut pour les demandeurs d'asile ?

L'hexagone présente également la «spécificité» d'attirer une immigration «secondaire», précise-t-il à l'AFP, évoquant notamment les personnes ayant déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays européen : «La France est très exposée à cela.» Pour autant, nuance Jean-Christophe Dumont, auditionné mardi par la Commission des Affaires étrangères du parlement en vue du débat sur l'immigration, «la France n'est pas en première ligne et n'est pas le premier pays en Europe pour l'asile». 

Surtout si l'on rapporte le nombre de demandes à la population générale : la France devient ainsi sixième derrière la Suède, par exemple. C'est l'Espagne qui a connu la plus forte croissance de cette demande, avec une explosion de 73% en 2018, à la faveur de la multiplication des arrivées en provenance de la Méditerranée occidentale, surtout de Vénézuéliens. 

Le Venezuela, désormais, figure dans le top 4 des pays d’origine des demandeurs d'asile avec l'Afghanistan, la Syrie et l'Irak. Pour l'Espagne, la tendance est spectaculaire : en 2016, le pays recensait 15 000 demandes. En 2018, il en a reçu 52 000. A l'échelle mondiale, «le nombre de réfugiés enregistrés a également reculé» de 28%, selon l'OCDE. «En 2017, dernière année pour laquelle on dispose de données détaillées [...], 700 000 permis environ ont été délivrés pour raisons humanitaires, contre 900 000 en 2016. D'autres types de migrations permanentes sont cependant en hausse, notamment les migrations de travail (+ 6%)».

Encore à rebours de la tendance globale, le nombre de réfugiés a lui aussi augmenté en France. «Il ne faut pas nier le problème», reconnaît Jean-Christophe Dumont. «Il y a une pression sur le système. D'autant que la forte demande s'accompagne d'une baisse du taux d'acceptation de l'asile, très faible par exemple pour l'Albanie et la Géorgie, ce qui crée un engorgement.»

Lire aussi : «Aller plus loin» pour intégrer les réfugiés : la SNCF lance un programme d'1,3 million d'euros

  • 19 septembre 2019 à 23:13

La dimension linguistique génère des frustrations chez des fonctionnaires de l'UE

Afin de défendre l'usage du français au sein de la Commission européenne, un groupe de fonctionnaires européens francophones, baptisé «Carré bleu», est à l'origine d'une lettre ouverte destinée à la nouvelle présidente de l'institution, l'Allemande Ursula von der Leyen dont l'investiture est prévue le 1er novembre 2019. «Nous voulons avoir le droit de travailler en français», expliquent en effet les fonctionnaires, comme le rapporte Le Point qui s'est procuré une copie de la lettre.

Faisant officiellement partie, avec l'anglais et l'allemand, des trois langues procédurales utilisées au sein des services de l'exécutif européen, la langue de Molière y serait-elle en voie de disparition ?

En tout état de cause, le phénomène ne date pas d'hier et l'anglais a visiblement, au fil des ans, «supplanté les deux autres idiomes dans des proportions grandissantes» relève Le Point, qui s'appuie sur un rapport parlementaire de l'Assemblée nationale publié en 2016, dans lequel on apprenait que la quantité des documents de la Commission rédigés en français avait diminué de 40 % à 5 % entre 1997 à 2014, alors que l'anglais passait de 45 à 81 % dans la même période.

«Nivellement par le bas», «signal déplorable»...

«[On en arrive à] un nivellement par le bas, chacun étant forcé de se conformer au plus petit dénominateur commun, ce qui en retour affaiblit, par manque de pratique, la maîtrise des autres langues», dénonce le groupe de fonctionnaires francophones, qui déplore par ailleurs qu'«à quelques rares exceptions», les réunions d'information soient exclusivement rédigées en anglais, «y compris parfois lorsque les deux interlocuteurs sont francophones». C'est donc dans ce contexte que le Carré bleu souhaite tirer la sonnette d'alarme, alertant notamment sur les enjeux stratégiques de l'utilisation de l'anglais. «La Commission utilise une langue qui est essentiellement une langue tierce, et qui donne un avantage concurrentiel (économique et culturel) à des États tiers comme le [Royaume-Uni] ou les États-Unis», regrette en effet le Carré bleu.

Citée par les Echos, une des personnes à l'origine de la lettre s'inquiète pour sa part du signal «déplorable» donné «aux peuples d'Europe» : « Il ne faut pas s'étonner si les Européens se sentent éloignés de cette Union qui communique majoritairement en anglais sur ses sites internet», ajoute la source en question.

A l'image des difficultés rencontrées par les institutions européennes en termes d'harmonisation politique des Etats membres, la dimension linguistique s'avère donc à l'origine de frustrations, au sein même de l'exécutif européen... A défaut de parvenir à rapprocher les peuples, l'UE multiplierait-elle les facteurs de discorde ?

Lire aussi : «Libre circulation» des Européens : entre éléments de langage pro-UE et réalité (ANALYSE)

  • 19 septembre 2019 à 22:21

«La page difficile de nos relations a été tournée» : la Russie participera aux JO de Tokyo

Le drapeau russe sera présent aux Jeux olympiques 2020. L’invitation de la Russie à participer aux Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo est considérée comme un signe réel indiquant que la page des relations difficiles dans les relations entre le Comité international olympique (CIO) et le Comité olympique russe (ROC) a été tournée, a déclaré le président du ROC, Stanislav Pozdniakov, le 19 septembre à la suite d’une réunion du comité exécutif. Ses propos ont été cités par le correspondant du Service de presse national russe. En juillet, le ROC a reçu une invitation officielle du CIO à participer aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo sous le drapeau russe et avec l’hymne national russe. 

«Nous avons reçu une invitation aux Jeux de Tokyo, elle est signée par le président du CIO, Thomas Bach, le 24 juillet. Mais la prise de la décision sur la participation à ces Jeux relève de la compétence du Comité olympique. C’est pourquoi je soumets la question au vote. Y a-t-il d'autres suggestions ? Alors je propose de voter. Oui ? La décision est prise à l'unanimité», a déclaré Stanislav Pozdniakov au cours de la réunion du comité exécutif du ROC. La Russie participera donc aux Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo qui se dérouleront du 24 juillet au 9 août. 

Lors des Jeux olympiques d'hiver de 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud, des athlètes russes étaient présents sous la bannière neutre avec le statut d’ «athlètes olympiques de Russie» (OAR).

Nous considérons l'invitation du CIO comme un signe réel que la page difficile de nos relations a été tournée

Le 5 décembre 2017, le Comité international olympique a suspendu la participation du Comité olympique russe en raison de violations des règles antidopage par des athlètes russes lors des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Pour participer aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, les athlètes russes ont reçu des invitations individuelles. Finalement, tous les athlètes de l’équipe nationale russe n’ont pas pu y participer. De plus, le drapeau russe ainsi que l’hymne du pays ont été interdits lors des JO 2018. Les athlètes russes ont dû participer aux compétitions sous la bannière olympique, une bannière neutre.

Le 28 février 2018, le CIO a pleinement rétabli les droits du COR.

Lire aussi: Le Comité international olympique lève la suspension de la Russie

  • 19 septembre 2019 à 20:50
Hier — 19 septembre 2019RT en français

Interpol a détecté une douzaine de «combattants terroristes» aux frontières en Méditerranée

L'organisation de coopération policière Interpol a annoncé ce 19 septembre avoir détecté que plus d'une douzaine de personnes soupçonnées d’être des «combattants terroristes» étrangers traversant la Méditerranée, lors d'une opération menée cet été sur les frontières maritimes du pourtour méditerranéen.

Baptisée Neptune II, cette opération «a permis l'ouverture de 31 nouvelles enquêtes, dont plus de douze liées à la circulation de personnes soupçonnées de terrorisme», précise Interpol dans un communiqué.

Six pays ont participé à l'opération de renseignement

L'opération s’est «appuyée sur le renseignement criminel pour viser les réseaux criminels impliqués dans la traite des êtres humains, le trafic de migrants, d'armes à feu et les stupéfiants», précise Interpol.

Basée en France, Interpol a coordonné cette opération menée entre le 24 juillet et le 8 septembre. Six pays y ont participé. Les ports de l'Algérie, de l'Espagne, de la France, de l'Italie, du Maroc et de la Tunisie ont ainsi été mis à contribution pour mener à bien l'opération.

En conjuguant leurs efforts, plus de 1,2 million de recherches ont été effectuées sur les bases de données d'Interpol spécialisées dans les documents de voyage volés ou perdus, les données criminelles ou encore les véhicules volés. Les individus ciblés étaient soupçonnés d'utiliser les liaisons maritimes entre l'Afrique du Nord et l'Europe du Sud pendant la haute saison touristique. 

Dans cette vidéo postée par Interpol, Jean Michel Mascaro, Commandant du SPAF Port de Marseille qui assure le contrôle de la frontière maritime française des liaisons avec l'Afrique et la Turquie, explique le fonctionnement de l'opération Neptune II.

Lire aussi : La Russie dénonce une «ingérence» américaine dans l'élection du président d'Interpol

  • 19 septembre 2019 à 19:40

Faute de visa américain, Rohani pourrait être absent de l'Assemblée générale de l'ONU

Les Etats-Unis sont-ils en train de prendre en otage les Nations Unies ? Etat hôte du siège de l'ONU, ayant en principe l'obligation d'accorder rapidement des visas aux responsables internationaux afin d'assister aux réunions, Washington semble en passe d'empêcher le président iranien de participer à l'Assemblée générale des Nations Unies qui doit se tenir fin septembre.

Ainsi, le voyage de Hassan Rohani à New York «pourrait être annulé», faute de visas délivrés par Washington, a rapporté le 18 septembre l'agence de presse iranienne Irna.

La délégation iranienne qui devait se rendre à New York pour préparer la venue de Hassan Rohani n'a pas encore été en mesure de faire le voyage, ses membres n'ayant pas obtenu de visas, explique l'agence.

Interrogé le 18 septembre à ce sujet lors d'une conférence de presse, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a dit espérer que le problème serait rapidement résolu grâce à des contacts pris par l'organisation internationale. «Nous avons été en contact avec le pays hôte», les Etats-Unis, «et j'espère que cela va résoudre le problème», a-t-il déclaré.

De son côté, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo s'est montré ambigu sur ce sujet à son arrivée en Arabie saoudite, frappée le 14 septembre par des attaques contre ses installations pétrolières, attribuées par Riyad comme par le diplomate américain à Téhéran.

«Nous ne parlons pas de l'octroi ou de l'absence d'un octroi de visas», a-t-il dit à des journalistes. «Si vous avez des liens avec une organisation terroriste étrangère... je ne sais pas», a-t-il ajouté. «Il me semble qu'il y a une bonne raison de s'interroger sur la question de savoir s'il faut leur permettre d'assister à des réunions portant sur la paix», a également précisé Mike Pompeo.

Le chef de la diplomatie iranienne ironise

Grand rendez-vous diplomatique mondial, l'Assemblée générale de l'ONU doit s'ouvrir formellement le 24 septembre. L'Iran doit intervenir à la tribune de cette session le 25 septembre, au lendemain des interventions des présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron.

Selon Irna, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a prévu de quitter Téhéran pour New York le 20 septembre au matin, trois jours avant Hassan Rohani. «Mike Pompeo tente de se soustraire à l'obligation des États-Unis de délivrer des visas aux délégués des Nations Unies en s'auto-arrogeant des prérogatives», a déploré le chef de la diplomatie iranienne sur son compte Twitter.

.@SecPompeo tries to dodge US obligation to issue visas for UN delegates by resorting to self-arrogated designations.

A history lesson, perhaps, for my novice counterpart:

Nelson Mandela was on U.S. Terrorist Watch List until 2008; 15 years after receiving Nobel Peace Prize.

— Javad Zarif (@JZarif) September 19, 2019

L'annulation du voyage des dirigeants iraniens ruinerait définitivement les efforts entrepris par la France en vue d'une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani en marge de l'AG onusienne, même si un tel tête-à-tête apparaît encore hautement hypothétique à ce stade. En juillet, les Etats-Unis avaient déjà été critiqués par l'ONU pour avoir accordé à Javad Zarif un visa limitant drastiquement ses déplacements à New York, où celui-ci devait assister à une réunion onusienne sur le développement durable.

«Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York», avait alors justifié le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo au quotidien Washington Post, accusant son homologue d'utiliser ses séjours aux Etats-Unis pour «diffuser une propagande malveillante». Les relations diplomatiques entre Washington et Téhéran sont rompues depuis 1980 lors de la crise des otages retenus à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

Dans le cadre de sa politique de «pression maximale» sur la République islamique, Washington a ajouté le 31 juillet le nom de Javad Zarif à sa liste noire des personnes faisant l'objet de sanctions financières américaines.

Le gouvernement américain avait alors indiqué qu'il chercherait aussi à empêcher ses voyages à l'étranger, mais pas à l'empêcher de participer aux activités de l'ONU à New York.

Lire aussi : Attaques en Arabie saoudite : Riyad n'écarte pas une frappe militaire contre l’Iran

  • 19 septembre 2019 à 18:31

Les autorités tunisiennes confirment la mort de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali

Le président déchu Zine el-Abidine Ben Ali est décédé ce 19 septembre à l'âge de 83 ans, en Arabie saoudite, où il vivait en exil depuis la révolution de 2011, a fait savoir à l'AFP le ministère tunisien des Affaires étrangères. «Nous avons eu la confirmation de sa mort il y a 30 minutes», a ajouté le ministère, sans plus de détails.

Ben Ali a été au pouvoir en Tunisie de 1987 au 14 janvier 2011, date à laquelle il a fui dans des conditions rocambolesques vers Jeddah, en Arabie saoudite, après avoir été chassé par la révolution populaire, dans le cadre de ce qui a été surnommé le Printemps arabe. Il n’a fait depuis que de très rares apparitions publiques.

Après avoir destitué Habib Bourguiba, considéré comme le père de la nation tunisienne, ce militaire a dirigé son pays sans partage pendant 23 années.

Il avait été condamné par contumace

En 2018, à l'issue de procès par contumace pour «homicides volontaires», «abus de pouvoir» ou encore «détournements de fonds», il avait été condamné par contumace à de multiples peines de prison, dont plusieurs à perpétuité.

Décès de #BenAli : le témoignage de Youssef Seddik#Tunisie 🇹🇳

En savoir plus :
📰 https://t.co/FukSWXgxDApic.twitter.com/GprmsPxEYS

— RT France (@RTenfrancais) September 19, 2019

Commentant cette disparition pour RT France, Youssef Seddik,  philosophe, anthropologue et islamologue tunisien, parle d'un «dictateur» et estime que sa mort va certainement peser sur l'avenir proche de la Tunisie et notamment sur le deuxième tour de l'élection présidentielle qui aura lieu début octobre.

Réagissant à des rumeurs sur le décès de Ben Ali mi-septembre, le Premier ministre tunisien Youssef Chahed avait assuré qu'il était prêt à donner son «feu vert» pour que le président chassé vive ses derniers jours dans son pays.

«C'est un cas humanitaire. S'il est malade, comme le disent les rumeurs, il peut rentrer dans son pays comme tout Tunisien», avait dit Youssef Chahed. «S'il veut rentrer pour être enterré ici, je donne mon feu vert», avait-il ajouté. Peu après l'annonce officielle du décès ce 18 septembre, le lieu des funérailles, Arabie saoudite ou Tunisie, restait inconnu.

Lire aussi : Quels grands chantiers attendent le prochain président tunisien ?

  • 19 septembre 2019 à 17:05

Interdit d’interdire, l’émission de débat de RT France, finaliste de l’édition 2019 des AIB Awards

L’émission de débat de RT France «Interdit d’interdire» et deux documentaires de RTDoc ont été sélectionnés parmi les finalistes des AIB Awards de l’Association for International Broadcasting.

«Interdit d’interdire», présenté par Frédéric Taddeï, est finaliste dans la catégorie «Politics and Business» pour ses débats sur les Gilets jaunes et sera en compétition avec, entre autres, des programmes d’Al-Jazeera et du Financial Times. Avec 153 émissions, 500 invités et plus de 6 755 000 vues sur les réseaux sociaux, la première saison d’Interdit d’interdire a tenu toutes ses promesses. L’émission a proposé de vrais débats, trop rares dans le paysage audiovisuel français, qui ont été appréciés par le public. L’émission a repris le 2 septembre sur RT France pour une seconde saison.

L'Association for International Broadcasting est une association professionnelle de télévision, radio et digitale créée en 1993. Elle compte parmi ses membres des chaînes de télévision et de radio internationales et des associations professionnelles de premier plan, regroupant plus de 25 000 organisations de médias comme BBC News, Al-Jazeera ou l'AFP. Outre son siège au Royaume-Uni, l'AIB dispose de bureaux régionaux dans des pays européens, en Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi qu'au Moyen-Orient.

  • 19 septembre 2019 à 16:55

Carburant : la hausse des prix inquiète, le gouvernement se veut rassurant

Commentant la crise dans le Golfe, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, avait prévenu le 17 septembre que les Français assisteraient une hausse des prix de l'ordre «de quelques centimes». L’Union française des industries pétrolières (UFIP) et le président de Total, Patrick Pouyanné, avait quant à eux avancé le chiffre d'une augmentation de 4 à 5 centimes des prix à la pompe.

Une inquiétude vivace des consommateurs

Cette annonce fait suite à un communiqué du collectif des «gilets jaunes citoyens» demandant le «gel immédiat» des prix à la pompe et ayant lancé une pétition sur le sujet. Son fondateur, Thierry Paul-Valette, avait rappelé le contexte social tendu de la rentrée, et affirmé qu'Emmanuel Macron «ne [devait] surtout pas laisser la situation se compliquer», «le président se [devant] de réagir très rapidement».

Dans la foulée des Gilets jaunes, l'association UFC-Que Choisir a également lancé une pétition appelant à supprimer une taxe sur le carburant. Matthieu Escot, responsable des études pour l'association, a expliqué qu'il s'agissait d'une «taxe sur une taxe», qui provoquerait une augmentation de 14 centimes pour le litre d'essence, et de 12 centimes pour le diesel. Cet ajustement de la TVA pour les taxes et les contributions n'a pas lieu d'exister, car «elle ne finance pas la transition énergétique. Il s’agit d’une TVA sur une taxe, donc elle est reversée directement dans les caisses de l’Etat», avait ajouté l'association.

L’UFC-Que Choisir exige des pouvoirs publics la suppression de l’assujettissement à la TVA des taxes et contributions, notamment sur l’énergie et appelle les consommateurs à renforcer la pression en signant la pétition qu’elle lance aujourd’hui.https://t.co/iaRgHgUagapic.twitter.com/6uypKy5D8r

— UFC-Que Choisir (@UFCquechoisir) September 18, 2019

Les cours du pétrole se stabilisent 

Les cours du pétrole avaient flambé dès le 14 septembre, dans la foulée des attaques contre les installations pétrolières d'Abaqiq et de Khurais dans l'est de Arabie saoudite, avant de refluer. Les installations gérées par Aramco, la compagnie nationale saoudienne, avaient essuyé de nombreux dégâts. Convaincus de l'implication des Iraniens, Washington et Riyad ont déclenché une crise diplomatique avec Téhéran, aggravant des relations déjà tendues.

«Le cours du pétrole aujourd'hui est revenu à ce que nous connaissions pour les semaines dernières, 63 dollar le baril [il est retombé le 19 septembre à midi en dessous de la barre des 60 dollars le baril], il n'y a donc aucune raison qu'il y ait une augmentation des prix à la pompe et aucune raison qu'il y ait une augmentation des prix du fioul domestique», a jugé ce 19 septembre le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire. 

L'augmentation des prix du carburant : un serpent de mer pour le gouvernement

Le gouvernement, après avoir renoncé le 5 décembre à la taxe «carbone» à l'origine de la mobilisation des Gilets jaunes, n'avait pu contenir une montée des prix à la pompe en février 2019. De décembre 2018 à mars 2019, le prix du gazole a augmenté de 7 centimes.

Selon Bruno Le Maire, le gouvernement veillera à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation «injustifiée» des prix des carburants et du fioul domestique. L'exécutif a «les moyens de faire face» en cas de nouvelle flambée, a-t-il assuré, citant le chèque énergie et l'absence de hausse de la taxe carbone en 2020 ainsi que «d'autres instruments», non spécifiés. Le ministre a toutefois écarté le retour à l'avenir d'une taxe «flottante» – comme entre 2000 et 2002 sous le gouvernement Jospin – visant à réduire les prix à la pompe en cas de flambée des cours. 

Les premières manifestations des Gilets jaunes de novembre 2018 visaient à protester contre un coût de l'énergie trop élevé pour les ménages utilisant quotidiennement leurs véhicules en milieu rural : une question qui reste d'une importance capitale pour l'Elysée.

Lire aussi: Gilets jaunes : Macron ne croit «pas du tout» que ce qui a généré la «colère» soit résolu

  • 19 septembre 2019 à 16:22

«Technopolice» : un collectif dénonce le recours aux technologies de surveillance en milieu urbain

Un collectif d’associations et de syndicats a lancé le 16 septembre une campagne de sensibilisation contre ce qu'il nomme les «safe cities». Ce terme désigne les technologies de surveillance en milieu urbain, il s'agirait selon le collectif d'une «déclinaison sécuritaire de la smart city», dont le but serait de «transformer nos villes en gigantesque tube où les formes les plus avancées du contrôle social pourront être mises au point».

La «Technopolice» ainsi que la nomme le collectif travaillera sur Internet mais également sur le terrain juridique en opposant des recours contre les projets urbains de vidéosurveillance dite «intelligente» impliquant notamment des logiciels de reconnaissance faciale et des drones.

Parmi les villes visées par le site internet du collectif regroupant La Quadrature du Net (LQN), la Ligue des droits de l'homme (LDH) et la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), figurent notamment Paris, Marseille, Toulouse et surtout Nice, ville «emblème» de la surveillance électronique.

C'est d'ailleurs le lieu qu'a choisi le collectif pour présenter sa campagne de lutte et son appel à soutiens. Félix Tréguer, de La Quadrature du Net, a ainsi expliqué à Mediapart : «Nous lançons un appel à participation. C’est une campagne qui a vocation à être décentralisée. Cela implique un travail colossal de collecte d’informations et de mobilisations.» Martin Drago, également membre de LQN a ajouté, dans ses propos à Mediapart : «Depuis presque deux ans, la Quadrature du Net et d’autres associations se sont intéressées au développement des soi-disant "villes intelligentes", les "smart cities" comme on les appelle, et surtout à leurs aspects sécuritaires. Avec les dernières avancées, en intelligence artificielle, en big data, on a constaté le développement d’outils de surveillance, de divers projets un peu partout en France.»

Et de dénoncer une potentielle incursion abusive du domaine privé dans l'espace public : «Ceux-ci sont en plus développés en partenariat avec des sociétés privées qui promettent à des élus locaux, à des collectivités le fantasme d’une ville totalement sûre, idéale selon leur propre définition de la sécurité. Ce développement se fait sans contrôle, sans débat public, sans réflexion même sur la légalité ou nos droits fondamentaux. [...] D'une manière générale, il y a beaucoup d’outils que nous appelons des "couteaux suisses sécuritaires" qui englobent plusieurs technologies : reconnaissance faciale, big data, police prédictive, etc. C’est ce que l’on peut voir à l’œuvre au sein de l’Observatoire de la tranquillité publique à Marseille et les projets de "safe cities" de Thalès à Nice et à la Défense.»

Lire aussi : Reconnaissance faciale : la CNIL demande des précisions à la ville de Nice après un premier test

  • 19 septembre 2019 à 12:45

Tunisie : Paris souhaite «l'impartialité» au second tour, la libération de Karoui en toile de fond

La France observe de près le processus démocratique en Tunisie.

Paris souhaite ainsi que le deuxième tour de la présidentielle en Tunisie se déroule «de manière impartiale», a déclaré ce 19 septembre le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Kais Saied, un juriste sans parti et Nabil Karoui, un magnat des médias emprisonné depuis le 23 août s'affronteront lors du second tour,balayant sur leur passage la classe politique traditionnelle tunisienne.

«Nous souhaitons que ces élections se déroulent de manière impartiale et que le résultat des élections ne soit pas contesté», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères sur la chaîne Cnews avant d'ajouter : «Nous avons dit aux autorités tunisiennes que nous souhaitions que ce deuxième tour des présidentielles se déroule dans les meilleures conditions d'impartialité.» Le chef de la diplomatie française a estimé que ce critère était très important pour la «démocratie tunisienne», née du «Printemps arabe».

Au premier tour, Kais Saied est arrivé en tête avec 18,4% des voix devant Nabil Karoui qui a obtenu 15,58%. Un scrutin qualifié de «transparent» par la mission d'observation de l'Union européenne qui a toutefois appelé à ce que les candidats aient «pleinement les mêmes chances» de faire campagne, une allusion apparente à Nabil Karoui.

Nabil Karoui reste en prison, ses avocats vont faire appel

Une nouvelle demande de libération de l'homme d'affaires Nabil Karoui qui a recueilli 15,58% des voix au premier tour de l'élection le 15 septembre, se qualifiant pour le second tour, a été rejetée le 18 septembre. Le juge a refusé de statuer, se déclarant incompétent. Ses avocats comptent faire appel.

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour la libération de Nabil Karoui car, selon lui, «c'est la liberté de vote des Tunisiens qui est en cause».

La #Tunisie mérite que ses votes soient respectés. Quoiqu'on pense d'eux, les candidats du 2ème tour doivent être libres. Monsieur Nabil Karoui doit pouvoir faire campagne en liberté. C'est la liberté de vote des Tunisiens qui est en cause.

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) September 18, 2019

Déjà, le 10 septembre, à l'Assemblée nationale française, le centriste  Jean-Christophe Lagarde (UDI) et M'jid El Guerrab (député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest), ont interpellé le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian sur le cas de Nabil Karoui.

L'homme d'affaires, un publicitaire poursuivi depuis 2017 pour blanchiment d'argent et évasion fiscale, a été arrêté le 23 août. La date de son arrestation, 10 jours avant le début de la campagne, avait suscité des interrogations sur une instrumentalisation de la justice par le politique.

«La Tunisie est souveraine et nous respectons sa Constitution et sa justice», a déclaré à ce sujet Jean-Yves Le Drian.

En fonction du temps de traitement des recours, le second tour de la présidentielle tunisienne pourrait être organisé le 6 octobre, soit le même jour que les législatives, ou le 13 octobre.

Lire aussi : L'arrestation du candidat à la présidentielle Nabil Karoui crée des remous en Tunisie

  • 19 septembre 2019 à 11:58

Paris douche les espoirs de Snowden pour un asile politique en France

La France, qui avait refusé d'accéder à la demande d'asile politique du lanceur d'alerte américain Edward Snowden en 2013, «n'a pas de raisons de changer de point de vue». C'est ce qu'a affirmé ce 19 septembre le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le lanceur d'alerte avait récemment fait savoir qu'il «aimerait beaucoup» que la France lui accorde l'asile dans une interview à France Inter diffusé le 14 septembre.

Lire aussi:  Six ans après le refus d'Hollande, Snowden «aimerait beaucoup» obtenir l'asile en France

«Pour l'instant, c'est une demande par voie médiatique mais a priori je ne vois pas de raisons de changer de point de vue», a ainsi réagi le chef de la diplomatie française interrogé sur la chaîne de télévision CNEWS, soulignant qu'Edward Snowden «résid[ait] à Moscou».

«Il avait demandé l'asile en France, mais ailleurs aussi, en 2013. A ce moment-là, la France avait estimé que ce n'était pas opportun, je ne vois pas aujourd'hui ce qui a changé ni d'un point de vue politique ni d'un point de vue juridique», a insisté Jean-Yves Le Drian. Francois Hollande avait déjà refusé l'asile au lanceur d'alerte en 2013. En 2015, à la suite des révélations d'écoutes des présidents français par la NSA, l'ancien ministre de la Justice, Christiane Taubira, avait annoncé souhaiter l'accueil d'Edward Snowden en France.

Nicole Belloubet, actuelle garde des Sceaux et Nathalie Loiseau,députée européene s'étaient également déclarées en faveur d'une admission d'Edward Snowden sur le territoire Français le 16 septembre. La déclaration du ministre des Affaires étrangères va donc à l'encontre de ces deux grandes figures de la macronie.

Employé de l'agence américaine de renseignement NSA devenu lanceur d'alerte, Edward Snowden avait révélé en 2013 l'existence d'un système de surveillance mondiale. Les États-Unis l'ont inculpé d'espionnage et de vols de secrets d'État. Snowden avait demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre. Il a finalement trouvé refuge en 2013 en Russie, où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020. 

Lire aussi: Edward Snowden : «On perd de vue que la Russie est un des plus beaux pays du monde»

  • 19 septembre 2019 à 11:39

Macron veut une répartition automatique des migrants en UE sous peine de «pénalités financières»

Le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte se sont dit d'accord le 18 septembre pour un «mécanisme automatique» de répartition des migrants, auxquels tous les pays de l'Union européenne devraient participer «d'une façon ou d'une autre», sous peine de «pénalités financières».

Après deux ans de dissensions sur ce sujet brûlant, Paris et Rome ont tenu à afficher l'unité en assurant qu'ils défendront au sein de l'UE «une position commune pour que tous les pays participent d'une façon ou d'une autre» à l'accueil «ou bien soient pénalisés financièrement», a expliqué Emmanuel Macron, en déplacement à Rome pour une brève visite.

Une annonce qui a fait réagir eu égard à la dernière déclaration du chef de l'Etat le 16 septembre sur ce sujet, appelant sa majorité et son gouvernement à la fermeté sur le détournement du droit d'asile pour éviter d'être «un parti bourgeois» qui ignore l'opinion de classes populaires séduites par «l'extrême droite».

Cette annonce de mise en place d'une répartition automatique des migrants en Europe n'a donc pas manqué de faire grincer des dents.

Le maire de Béziers Robert Ménard, connu pour ses positions anti-immigration, a estimé que «les peuples européens ne compt[aient] plus» pour les dirigeants.

#Macron nous prend pour des imbéciles. Il veut parler d'immigration mais donne son accord pour la
répartition obligatoire des #migrants... Les peuples européens ne comptent plus pour ces gens-là.

— Robert Ménard (@RobertMenardFR) September 19, 2019

Le député Les Républicains et candidat à la président du parti Guillaume Larrivé s'est élevé contre le fait qu'à travers cette proposition de répartition automatique «l’UE impose aux Etats-Nations des quotas de migrants». Il reproche au président de vouloir que l’UE «punisse financièrement les États qui refuseraient cette immigration supplémentaire».

Traduction : @EmmanuelMacron veut que l’UE impose aux Etats-Nations des quotas de migrants.

Pire : il veut que l’UE punisse financièrement les États qui refuseraient cette immigration supplémentaire.

🔴 STOP !https://t.co/Lb6UBm9QZV

— 🇫🇷 Guillaume Larrivé (@GLarrive) September 18, 2019

Le trésorier du Rassemblement national (RN) Wallerand de Saint-Just a lui aussi fustigé l'accord et dénoncer un président «menteur» qui veut «organiser en Europe la répartition forcée des clandestins».

.@EmmanuelMacron le menteur : il veut parler d’immigration mais se précipite en Italie organiser en Europe la répartition forcée des clandestins « sous peine de sanctions financières » https://t.co/WfdT2bem0h via @franceinfo

— W. de SAINT JUST (@wdesaintjust) September 19, 2019

Les deux dirigeants européens ont réclamé une gestion «plus efficace» du renvoi dans leur pays d'origine des migrants qui n'ont pas droit à l'asile. Le Premier ministre italien a souligné que l'Italie ne «laisserait pas les trafiquants décider des entrées sur le territoire», mais aussi jugé qu'il fallait «gérer ce phénomène». L'ex-ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, patron de La Ligue, refusait pour sa part tout débarquement de migrants.

Regrettant de son côté «l'injustice» vécue par les Italiens, Emmanuel Macron a répété que l'UE n'avait pas été suffisamment solidaire envers l'Italie. «La France est prête à évoluer sur ce point dans le cadre de la remise à plat des accords de Dublin», qui confient actuellement aux pays d'arrivée la charge du traitement des demandes d'asile, a-t-il dit. «Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu», a expliqué Emmanuel Macron, mais «la réponse au sujet migratoire n'est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace».

Plusieurs ministres de l'Intérieur de l'UE, dont les ministres français, allemand et italien, doivent se réunir le 23 septembre à Malte pour discuter de ce dossier.

Lire aussi : Italie : Matteo Salvini réagit à la nouvelle coalition et lance un appel à manifester à Rome

  • 19 septembre 2019 à 10:50

Canada : confronté par les médias en pleine campagne électorale Trudeau s'excuse pour sa blackface

Chantre du progressisme à la canadienne, le Premier ministre Justin Trudeau s'est vu obligé de présenter ses «profondes excuses» le 18 septembre pour s'être grimé en noir à une fête en 2001 dans l'établissement où il enseignait. Selon la porte-parole du chef du gouvernement qui a fait une déclaration le 18 septembre, il participait ce soir-là à une soirée déguisée sur le thème des Mille et une nuits et son costume était censé représenter un personnage de l'histoire d'Aladdin.

Exclusive: Justin Trudeau wore brownface at 2001 ‘Arabian Nights’ party while he taught at a private school, Canada's Liberal Party admits https://t.co/j3UobfYNIF

— TIME (@TIME) September 18, 2019

La photographie par laquelle est arrivée le scandale a été publiée par le magazine Time qui détenait le cliché depuis plusieurs jours. Elle lui avait été confiée par l'homme d'affaires de Vancouver Michael Adamson et figurait tout simplement dans l'album de fin d'année de l'établissement huppé de West Point Grey Academy.

Cette révélation intervient à un instant critique pour Justin Trudeau qui défend son parti libéral dans une course serrée pour les législatives prévues au mois d'octobre. Il a ainsi tenté d'expliquer cette image le 18 septembre en conférence de presse en marge de sa campagne : «C'est quelque chose que je ne considérais pas comme raciste à l'époque, mais je reconnais aujourd'hui que c'était raciste, et j'en suis profondément désolé. [...] Je me suis déguisé avec un costume d'Aladdin et je me suis maquillé. Je n'aurais pas dû le faire [...] C'était une erreur [...] Je regrette profondément. Je m'excuse profondément. Je suis vraiment désolé [...] Je suis déçu par moi-même. Je suis furieux de l'avoir fait. Je présente mes excuses», a-t-il expliqué, plaidant à plusieurs reprises l'erreur de jeunesse (il avait 29 ans à l'époque), mais excluant une démission.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau parti démocratique (NPD) de confession sikhe et portant un turban a dénoncé : «C'est troublant, c'est insultant. Les blackfaces, c'est rire de quelqu'un pour ce qu'il vit, ce qu'il est. [...] Il y a le M. Trudeau public, honnêtement il est très sympathique, chaleureux. Mais en coulisses, on dirait qu'il y a un différent M. Trudeau.»

Lire aussi : Flop ? Trudeau moqué après son appel à «monter le son» pour la chanson de campagne de son parti

  • 19 septembre 2019 à 10:30

Mélenchon et cinq proches jugés après la perquisition de LFI : procès politique ?

Le procès de Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI au mois d'octobre 2018 s'ouvre ce 19 septembre à Bobigny dans un climat électrique, alimenté par les accusations «d'instrumentalisation»  de la justice et de «procès politique». Jean-Luc Mélenchon a même affirmé ne plus «croire en la justice». Ses cinq co-prévenus, dont les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l'eurodéputé Manuel Bompard, et lui-même doivent comparaître à Bobigny pour «actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation». Ils encourent jusqu'à dix ans de prison, une amende de 150 000 euros et cinq ans d'inéligibilité.

Le garde des Sceaux a qualifié les propos du chef de file du mouvement d'inacceptables et l'a accusé de recourir à «l'invective», au «fantasme» et au «complot». Nicole Belloubet a également assuré : «La justice n'est pas instrumentalisée à des fins politiques.»

Jean-Luc Mélenchon s'est pour sa part félicité le 12 septembre que des images complémentaires (40 minutes de vidéo) la perquisition aient été diffusées par l'émission Quotidien presqu'un an après les premières vidéos qui le montraient, lui et ses partisans, dans une disposition plus véhémente. La France insoumise dénonçait un montage vidéo à charge pour ses représentants qui sont poursuivis pour rébellion. Mais le mouvement a salué la publication de l'intégralité de ces images (40 minutes) sur internet.

Ce 19 septembre, des partisans de la France insoumise sont réunis devant le tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis où l'affaire a été dépaysée «dans un souci d'impartialité», selon le parquet général de Paris. Le procès, dans lequel des policiers et magistrats figurent parmi les parties civiles doit durer, deux jours.

Un reporter de RT France est sur place qui a constaté la présence des manifestants.

Quelques dizaines de personnes sont déjà arrivées devant le Tribunal de #Bobigny afin de soutenir Jean-Luc #Melenchon et d'autres responsables de la @FranceInsoumise à l'occasion de leur procès pour rébellion, intimidation et provocation envers les autorités. pic.twitter.com/qKiGUPyIVU

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) September 19, 2019

En voyage en Amérique du sud au cours des dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon a rendu visite à l'ancien président brésilien Lula en prison et a dressé un parallèle entre leurs deux situations. Selon lui, tous deux subissent le «lawfare», une pratique d'instrumentalisation politique de la justice pour museler les oppositions. Jean-Luc Mélenchon dénonce une «dérive autoritaire du pouvoir».

Les panneaux des manifestants à Bobigny font d'ailleurs allusion au lawfare : 

"La politique ne se juge pas dans un tribunal", "#stoplawfare", etc. : des militants s'apprêtent à distribuer les premières pancartes devant le tribunal de #Bobigny avant le procès de #Melenchon et de 5 de ses proches #insoumispic.twitter.com/qaepV4wAwl

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) September 19, 2019

«Le parquet n'est pas indépendant», peut-on lire sur d'autres : 

"Le parquet n'est pas indépendant", "à quand des perquiz chez #Macron", "attention parquet glissant", etc : il est 8h et quelques dizaines de partisans de #Melenchon sont déjà arrivés devant le tribunal de #Bobigny. pic.twitter.com/RQa85n3MBY

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) September 19, 2019

Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens sont arrivés sur place : 

"Resistance ! Resistance", scandent les manifestants lors de l'arrivée de Jean-Luc #Mélenchon et de ses camarades insoumis au tribunal de #Bobigny pour leur procès.

Beaucoup de journalistes sur place pic.twitter.com/CaChhCS8gv

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) September 19, 2019

«Je souhaite répondre à M. Mélenchon que mes clients sont des fonctionnaires de police qui agissent dans un esprit républicain», a fait savoir pour sa part l'avocat François Saint-Pierre, qui représente cinq fonctionnaires de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Le conseil partagera le banc des parties civiles notamment avec Eric Dupond-Moretti. 

Invitée à s'exprimer au micro de France 2 ce 19 septembre, Marine Le Pen a de nouveau dénoncé  une «politisation de la justice qui s'est aggravée sous le mandat d'Emmanuel Macron», tout en refusant «d'entrer dans les considérations qui concernent les parties en cause et les magistrats» dans cette affaire.

Au micro de Fabien Rives, reporter web pour RT France, Mathilde Panot, vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, également présente devant le tribunal de Bobigny ce 19 septembre, a dénoncé : «Nous n'avons rien fait et c'est scandaleux qu'on traîne aujourd'hui un groupe d'opposition devant un tribunal et c'est aussi pour nous l'occasion de dire que nous faisons le procès de l'autoritarisme de ce gouvernement.»

La députée @MathildePanot dénonce ce qu'elle qualifie d'"autoritarisme" du gouvernement, qui ne touche pas que la @FranceInsoumise. Elle évoque notamment les procès contre des #GiletsJaunes et des militants écologistes. #Bobignypic.twitter.com/6AkunlhwLs

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) September 19, 2019

Ainsi que l'a constaté un autre reporter de RT France, David Khalifa, présent dans la salle d'audience, le parquet a demandé le renvoi de l'affaire à une date ultérieure. Cette information a été confirmée sur Twitter par le député LFI, Eric Coquerel, qui a estimé que cette demande contribuait à la thèse du procès politique : «C’est un procès politique et le renvoi demandé scandaleusement par le ministère public en fait partie.»

Première, et sûrement dernière fois, que je suis d’accord avec Dupont-Moretti : « ce n’est pas un procès de droit commun ». Exact c’est un procès politique et le renvoi demandé scandaleusement par le ministère public en fait partie #StopLawfare

— Eric Coquerel (@ericcoquerel) September 19, 2019

Toutefois, Jean-Luc Mélenchon s'est ensuite félicité sur ce même réseau social du refus de la cour quant à la demande de renvoi. Le chef de file des insoumis a directement attribué cette demande au ministre de la Justice, Nicole Belloubet : «Défaite de Belloubet : la demande de report du procès faite par ses procureurs fait flop et est rejetée. Première victoire : notre défense face au procès politique sera donc entendue aujourd'hui.»

Défaite de Belloubet : la demande de report du procès faite par ses procureurs fait flop et est rejetée. Première victoire : notre défense face au procès politique sera donc entendue aujourd’hui. #StopLawfare

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) September 19, 2019

Lire aussi : Jean-Luc Mélenchon apprend par la presse sa convocation en correctionnelle

  • 19 septembre 2019 à 08:27

Rome : des festivaliers frappent une piñata à l'effigie de Matteo Salvini, la maire condamne (VIDEO)

Théâtre de nombreuses rencontres culturelles, le parc romain de Schuster a été dans la soirée du 16 septembre, l’hôte d’un festival de musique… et d’une séquence pour le moins controversée.

Eté romain au parc Schuster, les habituels "démocrates" aiment frapper une tête affichant mon visage. Les pauvres ...

Accrochée à la scène où se sont produits les artistes, une piñata représentant grossièrement le visage de Matteo Salvini, a été frappée par des festivaliers dont les yeux étaient bandés comme le veut la tradition mexicaine. «C’est officiel les gars, nous avons fendu la tête de [Matteo] Salvini», peut-on entendre dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux.

LE "ANIME BELLE" E I "BRAVI RAGAZZI" DEI CENTRI SOCIALI!#RestiamoUmani#ParcoSchuster nella notte di lunedì 16 settembre intorno alle 01:30.
Lo speaker urla: "Ragazzi, è ufficiale: abbiamo ROTTO la TESTA a SALVINI!"
La folla festeggia e viene spaccata la piñata di Matteo Salvini. pic.twitter.com/gu5M22kiQR

— Roby Mas 🇮🇹💚🇮🇹 (@Mas1Roby) September 16, 2019

Quelques heures après l’apparition de cette vidéo sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre italien de l’Intérieur a ainsi réagi : «Eté romain au parc Schuster, les habituels "démocrates" aiment frapper une tête représentant mon visage. Les pauvres...»

Estate romana al parco Schuster, i soliti "democratici" si divertono a prendere a bastonate una testa col mio volto. Poveretti..... pic.twitter.com/vVR5UkxST8

— Matteo Salvini (@matteosalvinimi) September 18, 2019

De son côté, la maire de Rome, Virginia Raggi, a qualifié d’inacceptable cette initiative polémique et qualifié de «voyous» ceux qui «se sont amusés» à frapper la piñata. «Quoi que l’on pense, le respect des personnes passe avant tout», a-t-elle ajouté.

È inaccettabile ciò che è successo al Parco Schuster a Roma dove dei balordi si sono divertiti a colpire una pignatta che rappresentava il volto di @matteosalvinimi. Comunque la si pensi, il rispetto delle persone viene prima di tutto. pic.twitter.com/MfZrDwH3EN

— Virginia Raggi (@virginiaraggi) September 17, 2019

Un incident similaire s'était produit en janvier 2018 : l'effigie de l'ancienne présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, avait ainsi été brûlée sur une place de la ville de Busto Arsizio par des militants du mouvement des jeunes padaniens.

Lire aussi : Salvini propose au «généreux millionnaire» Richard Gere d'accueillir des migrants dans ses villas

  • 18 septembre 2019 à 23:07

«Je suis Pavel Oustinov» : pourquoi la condamnation d’un acteur indigne la société russe ?

Pavel Oustinov, un acteur russe de 24 ans, a été reconnu coupable par la justice de violences à l'encontre de la police lors de son arrestation le 3 août, jour d’un rassemblement non autorisé de l’opposition. Sa peine de trois ans et demi de prison, prononcée le 16 septembre, a provoqué une vague d’indignation au sein de la société russe. Il est accusé d’avoir résisté à la police russe lors de son interpellation.

Qui est Pavel Oustinov?

Pavel Oustinov est un acteur russe de 24 ans qui a interprété des seconds rôles dans plusieurs films et séries russes. Il est diplômé de l’Ecole supérieure des arts scéniques Konstantin Raïkine, où il est entré à l’âge de 17 ans, comme l’écrit le média en ligne russe Medouza. Il y a neuf mois, Pavel Oustinov a terminé son service militaire, qui est obligatoire en Russie.

Que s’est-il passé?

Avant les élections au Parlement de la ville de Moscou, qui se sont déroulées le 8 septembre dernier, des milliers de partisans de l’opposition ont défilé à Moscou. Alors que les autorités de la capitale ont autorisé des manifestations au centre-ville le 20 juillet et le 10 août, celles des 27 juillet et 3 août n’ont pas été autorisées. Résultat : plus d’un millier de personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre. Parmi les personnes arrêtées le 3 août, un jeune acteur russe interpellé pour avoir scandé des slogans insultants envers les autorités russes.

Вот тот самый «актёр» Павел Устинов, в отношении которого должен быть сегодня вынесен судебный приговор, и за которого готов вписаться Константин Райкин. Устинов утверждает, что в протестах не участвовал и сопротивления не оказывал. А это тогда что? pic.twitter.com/uKncIr1E8T

— Дегтярёв Леонид (@leon_elk) September 13, 2019

Les premiers jugements contre les détenus ont été prononcés début septembre, celui contre Pavel Oustinov ayant indigné une partie de la société et du monde artistique russe.

Version de l’enquête

Selon l’enquête, lors de sa détention le 3 août, l'acteur a résisté de façon active à la police russe, à la suite de quoi un des policiers a subi une entorse de l'épaule. Le procureur a requis six ans de prison contre Pavel Oustinov.

Le policier blessé, Alexandre Liaguine, a insisté sur le fait qu'Oustinov avait hurlé des slogans insultants contre les autorités russes, motif initial de sa détention. Selon Liaguine, au cours de son interpellation, l'acteur aurait tenté d’échapper à la police.

Version de Pavel Oustinov

Pavel Oustinov clame son innocence et affirme n’avoir participé ni à la manifestation non autorisée, ni avoir crié des slogans hostiles aux autorités russes. Selon lui, il s’est rendu sur la place Pouchkine parce qu’il avait un rendez-vous d’affaires.

Réactions de la société russe

Pavel Oustinov n’est pas le seul condamné en lien aux manifestations non autorisées à Moscou dont le verdict frappe par sa sévérité, mais le premier dont l’affaire a provoqué un tel retentissement. Auparavant, les verdicts suivants ont été annoncés :

  • cinq ans de prison ferme pour un tweet incitant à la violence contre les enfants de policiers ;
  • trois ans et demi de prison pour avoir jeté une poubelle sur un policier lors d’une manifestation
  • deux ans de prison pour avoir tiré la main d’un policier qui était en train de retenir des manifestants
  • trois ans de prison pour avoir utilisé une cartouche à gaz contre des policiers.

De son côté, Viktor Zolotov, le chef de la Garde nationale russe, a déclaré qu’un an de prison avec sursis suffisait pour l'acteur Pavel Oustinov mais que le blogueur Vladislav Sinitsa méritait une peine plus sévère.

«C’est le tribunal qui prend des décisions. Pour ma part, je donnerais un maximum d'un an avec sursis. Et ces trois ans et demi [prononcés à l'encontre d'Oustinov], je les transférerais à Vladislav Sinitsa [Sinitsa a été condamné à cinq ans de prison ferme pour un tweet incitant à la violence contre les enfants de policiers]. Voici mon point de vue.»

De nombreux représentants des milieux artistiques russes ont apporté leur soutien à Pavel Oustinov sur les réseaux sociaux en publiant des images «Je/Nous Suis/Sommes Pavel Oustinov» et en utilisant le hashtag #libertépourPavelOustinov. La campagne de soutien, lancée sur les réseaux sociaux, est inspirée par l’affaire du journaliste russe Ivan Golounov, inculpé pour tentative de trafic de drogue et finalement libéré. Son arrestation avait déclenché une vague d'indignation.

Pavel Oustinov a également été soutenu par Margarita Simonian, rédactrice en chef monde de RT, qui a qualifié cette affaire d’injuste sur sa chaîne Telegram. «En ce qui concerne Oustinov, je dois répéter mot pour mot ce que j'ai écrit à propos de Golounov. Ce n'est pas une question de solidarité. C'est une question de justice. L'injustice, voilà ce qui détruit les Etats ».

La déléguée russe aux droits de l'Homme auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova, a également déclaré le 16 septembre qu’elle allait se pencher sur l’affaire Pavel Oustinov. «J’ai reçu des demandes, mais aucun documents n'y figuraient. Je viens de demander des documents susceptibles de m’aider à étudier ce sujet plus en détails, à rendre mes conclusions et à formuler une requête appropriée au parquet», a-t-elle déclaré aux journalistes. Plus de 120 000 personnes ont signé une pétition exigeant de «libérer immédiatement l’acteur Pavel Oustinov condamné à trois ans et demi de prison pour rien».

Cette pétition a été lancée par l’initiateur du mouvement, Alexandre Pal, un acteur très connu en Russie. Ce 18 septembre, des centaines de personnes se sont réunies près du siège de l’administration présidentielle russe afin de participer à une manifestation en faveur de Pavel Oustinov. Parmi les manifestants figuraient des acteurs russes célèbres. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que le Kremlin avait pris note du tollé général suscité par la condamnation de l'acteur Pavel Oustinov, selon des propos rapportés la chaîne russe RBC.

La chaîne d’opposition Dojd, citant ses propres sources, estime quant à elle que l’administration du président Vladimir Poutine considère la peine infligée à l’acteur Pavel Oustinov injuste et espère que le tribunal municipal de Moscou réexaminera l’affaire.

A la demande de l'avocat Anatoli Koutcherena, le parquet de Moscou a envoyé au Tribunal municipal de Moscou une requête de modification des mesures préventives prises à l’encontre de l'acteur Pavel Oustinov.

Lire aussi : «Je suis Ivan Golounov»: trois quotidiens russes dédient leur Une au journaliste assigné à résidence

  • 18 septembre 2019 à 21:48

Syrie : Moscou accuse Washington de bloquer l'évacuation du camp de réfugiés de Rukban

La Russie a accusé ce 18 septembre les rebelles syriens et les Etats-Unis de bloquer l'évacuation d'un camp de réfugiés dans le territoire sous leur contrôle dans le sud de la Syrie, où l'ONU a déploré en juin des conditions de vie «critiques».

Lors d'une conférence de presse, l'armée russe a qualifié de «camp de la mort» le camp de Rukban, situé dans la zone contrôlée par Washington dans le sud de la Syrie, non loin de la base militaire américaine d'Al-Tanf et proche de la frontière avec la Jordanie. Les civils qui ont quitté le camp ont dénoncé une «situation humanitaire extrême».

Selon Moscou, une opération d'évacuation sous égide de l'ONU doit commencer le 27 septembre à Rukban afin de transférer les milliers de réfugiés restants dans des camps situés en territoire contrôlé par les forces syriennes.

Cette opération est «sur le point de s'effondrer à cause des provocations des rebelles sous contrôle des Etats-Unis», a affirmé le général russe Mikhaïl Mizintsev. «A l'heure actuelle, le seul obstacle à l'évacuation de Rukban est le refus des Etats-Unis de prendre la décision de principe de fermer le camp et de faire pression sur les groupes rebelles pour l'évacuer», a pour sa part dénoncé le général Alexeï Bakine, qui a annoncé que les réfugiés seraient évacués dans un délai de 30 jours.

Selon l'armée russe, les rebelles ont refusé d'assurer la sécurité des convois d'évacuation et se sont accaparés une partie de l'aide humanitaire distribuée dans le camp. L'armée jordanienne soupçonne que des éléments affiliés aux groupes terroristes qui sévissent dans la région puissent résider dans le camp.

Cet événement intervient alors que l'armée russe et l'ONU se déclaraient prêt à procéder à une évacuation pour le mois d'octobre. L'opération devait comporter la participation du Centre russe pour la réconciliation des parties du conflit et de contrôle des mouvements de réfugiés, des Nations unies, et du Croissant rouge syrien. Les réfugiés devaient être évacués à un rythme de 3000 à 5000 départs par jours. Selon Panos Moumtzis, coordinateur humanitaire régional pour la Syrie au sein de l'ONU, près de 12 700 personnes seraient encore entassées dans le camp le 30 août.

Lire aussi: Comité constitutionnel, réfugiés, terrorisme : les grandes annonces du sommet d'Ankara sur la Syrie

  • 18 septembre 2019 à 21:06
À partir d’avant-hierRT en français

Attaques en Arabie saoudite: Riyad pointe pour la 1ère fois la responsabilité de l'Iran (EN CONTINU)

Le ministre saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a affirmé ce 18 septembre que les attaques contre deux de installations pétrolières saoudiennes provenaient du «Nord» et ont été «incontestablement» parrainées par l'Iran, précisant que le royaume enquêtait toujours sur le lieu «exact» de leur lancement. Le responsable saoudien a effectué cette déclaration au cours d'une présentation où ont été dévoilés des débris de «drones» et de «missiles de croisière». 

Arab Coalition Spokesperson Colonel Turki al-Maliki says that “the Houthi militia are still trying to use civilians as human shields,” adding that reports indicate that more than 23,000 children were recruited by Houthis and used in military operations.https://t.co/eMt7QsanMPpic.twitter.com/pB1A3QKcvV

— Al Arabiya English (@AlArabiya_Eng) September 16, 2019

Le 14 septembre, les rebelles houthis du Yémen avaient revendiqué des attaques de drones visant l'usine d'Abqaiq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais, deux sites situés dans l'est de l'Arabie saoudite, provoquant une réduction de la production saoudienne de 5,7 millions de barils par jour, soit 6% de la production mondiale.

Donald Trump avait alors attribué la responsabilité des attaques à l'Iran et dépêché dans la foulée son ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo à Jeddah pour définir les contours d'une éventuelle réponse militaire. Apportant un démenti formel aux accusations américaines, Téhéran avait en réponse raillé la stratégie de «tromperie maximale» de Washington.

I have just instructed the Secretary of the Treasury to substantially increase Sanctions on the country of Iran!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) September 18, 2019

Les Etats-Unis annoncent un durcissement des sanctions contre l'Iran

Sur sa lancée, le président américain a annoncé ce même 18 septembre avoir ordonné au secrétaire au Trésor de durcir les sanctions contre l'Iran. Cette nouvelle offensive diplomatique a très vite été saluée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou : «L'agression iranienne s'est accrue récemment, y compris dans le Golfe, et c'est précisément le moment de renforcer les pressions et les sanctions. Je suis heureux que le président Trump ait fait exactement cela», s'est-il réjoui dans un communiqué.

Des experts de l'ONU attendus sur les lieux de l'attaque

Alors que Washington continue de souffler le chaud et le froid, des experts de l'Organisation des Nations unies (ONU) devraient se rendre en Arabie saoudite pour mener une enquête internationale, selon l'AFP. «C'est très bien qu'une enquête internationale soit menée [sur cette affaire]», a souligné ce 18 septembre une source diplomatique qui a requis l'anonymat.

Le mandat de ces experts repose sur la résolution ayant entériné l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran et sur la résolution ayant décrété un embargo sur les armes au Yémen, ont précisé des diplomates. La France a également informé les autorités saoudiennes qu'elle enverrait des experts sur place.

Lire aussi : Attaque contre des sites pétroliers saoudiens : l'Iran balaie les accusations américaines

  • 18 septembre 2019 à 18:53

Profond malaise chez les combattants du feu, inquiets pour «l'avenir de la sécurité en France»

Qui pour secourir les secours ? A l'instar de la grève des urgentistes qui a pris de l'ampleur pendant l'été, sept des neuf syndicats de pompiers professionnels entamaient de leur côté, à la fin du mois de juin, une grève symbolique de plusieurs semaines visant à attirer l'attention sur le profond malaise auquel la profession est en proie.

Si des problèmes d'effectifs et de rémunération ainsi qu'une récurrente surcharge de travail figurent parmi les principaux points soulevés par le mouvement social, les pompiers s’inquiètent également de la multiplication des agressions et des incivilités à leur encontre pendant leurs interventions.

Tout comme aux urgences hospitalières ainsi que dans les rangs de la police, les combattants du feu sont confrontés à une agressivité grandissante dans l'exercice de leur activité. «En trois jours, les pompiers de l'Essonne ont été victimes de quatre agressions [...] Depuis le début de l'année, 56 plaintes ont été déposées par les soldats du feu», rapportait par exemple France Bleu Essonne le 16 septembre.

Le capitaine Eric Brocardi, représentant de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), et l'acteur français Francis Renaud, qui vient de devenir le parrain de l'association «Uniformes en danger» – deux interlocuteurs au cœur des événements –ont été interrogés par RT France pour faire le point sur la situation.

A l'occasion du 126e congrès national des sapeurs-pompiers qui se déroule du 18 au 21 septembre à Vannes, une rencontre est prévue entre Christophe Castaner et le président de la FNSPF Grégory Allione, qui entend sensibiliser le ministre de l'Intérieur sur les difficultés rencontrées par la profession.

#Communiqué#FNSPF | "Lutte contre les #agressions de sapeurs-#pompiers : Les pistes avancées par le ministre de l’Intérieur @CCastaner sont encourageantes"#CP à retrouver en intégralité sur ➡ https://t.co/RryUv5u1VCpic.twitter.com/QWc6aMkjYs

— Pompiers de France (@PompiersFR) September 6, 2019

Il s'agit de «faire perdurer et de moderniser le système de sécurité civile en France», confie le sapeur-pompier Eric Brocardi. Aussi et surtout, il mentionne la multiplication des agressions visant ses collègues qui, il le rappelle, «sont composés à 80% de volontaires». L'axe principal alors évoqué par le capitaine est celui de l'éducation.

On a des moniteurs engagés pour éduquer les jeunes face au drapeau

«Quand un jeune agresse et caillasse un pompier, il n'a a priori pas bien compris le sens de la mission», regrette-t-il, suggérant pour sa part de «continuer à développer des méthodes d'éducation pour sensibiliser au sens républicain des missions». Encourageant particulièrement l'approfondissement des programmes destinés à l'Education nationale, Eric Brocardi voudrait par exemple multiplier «les classes citoyennes», au cours desquelles les soldats du feu ont l'occasion d'informer les jeunes scolarisés sur le sens de leur métier. «On a des moniteurs engagés pour éduquer les jeunes face au drapeau, pour donner du sens aux missions des uns et des autres», souligne-t-il.

On est sur un carrefour essentiel de l'avenir de la sécurité en France

En outre, Eric Brocardi tient à mettre en avant l'existence de différents facteurs qui, selon lui, peuvent expliquer l'agressivité croissante à laquelle les pompiers sont confrontés. Ainsi, au-delà du manque d'éducation de la population sur la profession, il estime qu'«un mal-être social» est à l'origine de certaines agressions. «Quand vous avez quelqu'un au chômage, en pleine détresse, qui fait appel au secours et qui, en ouvrant la porte aux pompiers devient agressif sous l'effet de l'alcool par exemple, c'est une conséquence de son mal-être au quotidien [...] La précarité, la solitude et le développement d'une société de consumérisme favorisent certaines agressions», déplore le capitaine Brocardi. Quant aux revendications portées par la profession, le sapeur-pompier préfère attendre l'issue de la rencontre entre le président de la FNSPF et le ministre de l'Intérieur. «On est sur un carrefour essentiel de l'avenir de la sécurité en France [...] On espère que l'Etat puisse apporter des solutions, on a besoin d'un calendrier précis, on ne veut plus d'annonces, on veut des actes», insiste-t-il.

«On a été trop laxiste», «C’est important de craindre»

Le 17 septembre, l'acteur et réalisateur Francis Renaud est devenu le parrain de l'association «Uniformes en danger», dont l'objectif affiché est de soutenir «toutes les forces de l'ordre, tous les uniformes confondus». Contacté par RT France, le cinéaste explique être affligé par la situation actuelle. «Je ne comprends pas comment on en est arrivés là. On a sûrement été trop laxiste», estime-t-il. «A une époque, on respectait l’uniforme, on craignait, c’est important de craindre», explique Francis Renaud en évoquant des souvenirs d'enfance où l'ordre et l'uniforme lui semblaient, de façon générale, plus respectés.

L’Etat fuit, c’est une pieuvre dont les tentacules n’adhèrent plus à certaines dégradations sociétales

Selon lui, il ne faut pas politiser le problème, car «la solution c’est d’être ensemble», considère celui qui, dans le polar 36 quai des Orfèvres, incarne Titi le brasseur au côté de Gérard Depardieu. Il décide alors d'évoquer l'existence de «marches de la colère» jusqu'alors organisées pour soutenir les forces de l'ordre face aux problématiques de la profession. Favorable à la mise en place de telles actions pour soutenir les combattants du feu, il insiste sur le fait qu'il n'attend pas de solution miracle du gouvernement : «On doit abandonner nos idéaux par rapport à la politique [...] L’Etat fuit, c’est une pieuvre dont les tentacules n’adhèrent plus à certaines dégradations sociétales.»

Pour l'heure, la récente multiplication des attaques visant les sapeurs-pompiers dans le département de l'Essonne a été à l'origine d'un élan de solidarité au sein de la profession, comme en témoignent des photos prises dans différentes casernes, sur lesquelles figurent des soldats du feu mobilisés «en soutien aux sapeurs-pompiers agressés».

Si le phénomène ne date pas d'hier, l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) décrit toutefois une agressivité croissante ciblant la profession. «En 2017, 2 813 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d’une agression au cours d’une intervention. En 2016, ce nombre s’élevait à 2 280, ce qui représente une augmentation du nombre de déclarations d’agression de 23 % en un an», relevait par exemple une note du mois de décembre 2018, rédigée par l'organisme chargé de rendre compte des évolutions des phénomènes délinquants et criminels en France.

Fabien Rives

Lire aussi : Des pompiers pris à partie par une trentaine de jeunes dans une cité des Yvelines

  • 18 septembre 2019 à 18:41

Juan Guaido confirmé comme président par interim par le Parlement vénézuélien

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, a désigné ce 17 septembre l'opposant Juan Guaido au poste de président par intérim du Venezuela. Les députés ont ainsi déclaré leur «soutien politique inconditionnel à la nomination de Juan Guaido en tant que président de l'Assemblée nationale et comme président par intérim jusqu'à ce que l'usurpation [de Nicolas Maduro] ne cesse». 

#AsambleaVE aprueba acuerdo que ratifica ruta política, vigencia del parlamento y presidencia encargada hasta que cese la usurpación

Leer nota oficial aquí: https://t.co/dcQWwRNKdU#17Sep#ANPoderLegitimo

— Asamblea Nacional (@AsambleaVE) September 17, 2019

Cet épisode de la crise institutionnelle au Venezuela entre l'opposition et le gouvernement marque une nouvelle étape dans le bras de fer qui dure depuis janvier. Dans les faits, le Parlement a été remplacé par une Assemblée constituante, élue en 2017 et composée de fidèles de Maduro. L'opposition l'a toujours considérée comme illégitime. Le 5 janvier, Juan Guaido, nommé à la tête du Parlement, n'a pas reconnu le second mandat de Nicolas Maduro, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle de 2018. Dans un second temps, le 23 janvier, il s'est autoproclamé «président en exercice», et a été reconnu dans la foulée par les Etats-Unis, le Canada, le Brésil, la Colombie et le Pérou.

Bénéficiant de la protection des Etats-Unis, Guaido s'est retrouvé néanmoins affaibli par l'échec de son «opération liberté» menée en avril, lors de laquelle une tentative de coup d'Etat militaire s'est brisée sur la fidélité de la grande majorité de l'armée au gouvernement. En août dernier, les Etats-Unis déclaraient le gel total des avoirs du gouvernement vénézuélien, plaçant le pays dans la même situation d'embargo total que la Corée du Nord ou Cuba.

La crédibilité de Guaido a par ailleurs été écornée par la publication d'une photographie le montrant avec des narcotrafiquants et des paramilitaires du groupe Los Rastrojos, avec qui il aurait négocié son entrée en territoire colombien. Le soutien inconditionnel d'Ivan Duque, président de la Colombie voisine, n'a pas affaibli la controverse.

Le 18 septembre, le gouvernement de Maduro a relâché l'opposant et soutien de Guaido Edgar Zambrano, vice-président du Parlement. Il était en prison depuis mai après avoir soutenu le projet de coup d'Etat militaire fin avril. Si cette libération constitue un geste d'apaisement de la part de l'exécutif, les tensions entre le gouvernement de Maduro et les autres pays du groupe de Lima restent vives. Ainsi, Nicolas Maduro a qualifié le 17 septembre Jair Bolsonaro, le président brésilien, «d'extrémiste» et l'a accusé d'être «en quelque sorte un Hitler sud-américain».

Lire aussi : Maduro à RT : «les richesses du Venezuela» sont la cause de l'ingérence américaine (EXCLUSIF)

  • 18 septembre 2019 à 18:38

L’Ouganda développera l'énergie nucléaire avec l'aide de la Russie

La Russie et l'Ouganda insufflent un nouvel élan à leur partenariat. Après la signature d’un protocole d'entente en 2017, Moscou et Kampala ont scellé un accord de coopération portant sur le développement de l’énergie nucléaire à des fins civiles. Officialisé ce 18 septembre par l’agence nucléaire russe Rosatom, cet accord avait été signé la veille par un représentant de celle-ci et la ministre ougandaise de l'Energie, Irene Muloni, en marge de la conférence générale annuelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui se tient à Vienne.

Selon Rosatom, cet accord «jette les bases d'une coopération concrète entre la Russie et l’Ouganda» dans le domaine du nucléaire civil. Il prévoit entre autres la construction «d’infrastructures pour l’énergie nucléaire, la production de radio-isotopes destinés à l'industrie, la médecine, l'agriculture, ainsi que la formation du personnel». 

Un accord en droite ligne du renforcement du partenariat entre Afrique et Russie

Moscou est engagé, depuis plus d'une décennie, dans un renforcement de ses relations avec le continent africain. L’explosion des échanges commerciaux entre l'Afrique et la Russie en est un bel exemple.

Selon le Centre de recherches sur les relations russo-africaines de Moscou, ils étaient évalués à 17 milliards de dollars en 2017. Un montant 15 fois supérieur à celui enregistré en 2000.

Une dynamique rendue possible grâce aux multiples accords de partenariats scellés dans de nombreux domaines. Au-delà de l'armement, secteur dans lequel elle est un important fournisseur de ses alliés historiques, comme l'Algérie, la Russie est notamment présente dans le secteur de l'énergie et des mines.

Les entreprises russes Alrosa (mines), Rosatom (nucléaire) ou encore Gazprom sont désormais actives dans une dizaine de pays africains comme l'Angola, le Ghana, l'Egypte, le Nigéria ou encore le Soudan.

Dans ce sillage, la station balnéaire russe de Sotchi accueillera du 22 au 24 octobre prochain le tout premier sommet Russie-Afrique. Un forum économique entre responsables russes et africains et des représentants de grandes entreprises sera également organisé en marge de cet événement.

Lire aussi : La Russie annule 20 milliards de dollars de dette des pays africains

  • 18 septembre 2019 à 16:52

Le chef de l'armée algérienne ordonne d'empêcher les manifestants d'autres régions d'accéder à Alger

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne, a annoncé ce 18 septembre avoir ordonné à la gendarmerie d'empêcher l'accès de la capitale, Alger, aux manifestants d'autres régions du pays lors d'une visite de terrain à Tamanrasset, dans le sud du pays. 

«J’ai donné des instructions à la gendarmerie nationale» en ce sens, a déclaré dans un discours le général Gaïd Salah, en appelant à «l’application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l’interpellation», à la saisie «des véhicules et des autocars utilisés», ainsi qu'à la délivrance d'«amendes à leurs propriétaires».

«Nous avons constaté sur le terrain que certaines parties [...] aux intentions malveillantes font de la liberté de déplacement un prétexte pour justifier leur dangereux comportement, qui consiste à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens, en drainant chaque semaine des citoyens issus de différentes wilayas du pays vers la capitale», a-t-il notamment avancé. 

Coutumier des discours concernant la situation politique de l’Algérie depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika, Gaïd Salah – devenu de facto l’homme fort du pays – est souvent critiqué par les manifestants pour ses positions controversées. Ainsi, alors qu’il réaffirmait, le 19 juin, l’engagement de l’armée à protéger le peuple algérien et à garantir la sécurité du pays «en toutes circonstances», le patron de l’armée avait fustigé la présence de drapeaux autres que celui de la nation algérienne lors des manifestations. 

Fervent partisan de la tenue d'une élection présidentielle qu'il estime être la seule issue pour résoudre la crise politique actuelle, Gaïd Salah continue de s'opposer à une transition politique réclamée par les manifestants. De fait, ces derniers réclament son départ depuis plusieurs mois.  

Lire aussi : Algérie : le patron de l’armée promet de nettoyer le pays de la «corruption» et des «corrupteurs»

  • 18 septembre 2019 à 15:54

Edward Snowden attaqué en justice par les Etats-Unis après la sortie de son autobiographie

A l'occasion de la sortie de Permanent record, l'autobiographie d'Edward Snowden, le 17 septembre, les Etats-Unis attaquent en justice le lanceur d'alerte. Déjà inculpé par le gouvernement américain pour espionnage et vol de secret d'Etat, Snowden, réfugié en Russie, essuie maintenant une plainte à son encontre, déposée au civil au tribunal d'Alexandria. Les Etats-Unis attaquent l'ancien employé de la CIA et ex-contractuel de la NSA pour «violation de contrat». 

Snowden is a spy who has caused great damage to the U.S. A spy in the old days, when our country was respected and strong, would be executed

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) April 19, 2014

Dans un communiqué, Jody Hunt, haut responsable du ministère de la justice, déclare «Nous ne permettons pas à des individus de s’enrichir aux dépens des Etats-Unis». Le gouvernement des Etats-Unis reproche donc le fait que Snowden «s’est injustement enrichi dans le processus», et que ses actes ont causés le plus profond désagrément aux Etats-Unis «en érodant la confiance envers la CIA et la NSA».

En guise de dédommagement, le gouvernement américain déclare vouloir l'intégralité des revenus tirées de l'autobiographie d'Edward Snowden, et la totalités des rémunérations issues de ses interventions publiques. 

Lire aussi : Edward Snowden : «On perd de vue que la Russie est un des plus beaux pays du monde»

Pourtant, l'union américaine pour les libertés civiles (ACLU), affiche d'emblée un soutien inconditionnel au lanceur d'alerte. Selon l'avocat spécialiste des questions de technologies et de droits Ben Wizner, «le livre ne contient aucun secret gouvernemental qui n’ait pas déjà été publié par des médias respectés».

La CIA exploite toutes les opportunités pour menacer les lanceurs d'alertes et les avertit de garder le silence

Le lanceur d'alerte, John Kiriakou, analyse la situation en ces termes : «La CIA exploite toutes les opportunités pour menacer les lanceurs d'alertes.» Mais cet ancien agent de la CIA explique que cette controverse aide Snowden. Car selon lui, en créant les conditions d'une controverse par une attaque en justice, Washington donne au livre une dimension bien plus grande au lecteur : «La CIA dit que vous ne devez pas lire ce livre parce que des secrets y sont enfouis. Du coup,tout le monde va l'acheter et en lire ses secrets!», assure-t-il.

Quant aux secrets gouvernementaux, Kiriakou fait remarquer que «les informations sont déjà la» et que Snowden ne fait «que se répéter». Si le livre comportait réellement des informations sensibles pour les Etats-Unis, le gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour faire interdire et combattre la publication du livre.

L'ouvrage d'Edward Snowden sera publié en France aux éditions du Seuil le 19 septembre.

  • 18 septembre 2019 à 15:24

Affaire Ferrand : Eric Alt, vice-président d'Anticor, est visé par une enquête

Magistrat et vice-président de l'association Anticor qui milite contre la corruption pour la transparence de la vie publique, Eric Alt est convoqué le 19 septembre par la direction des services judiciaires pour son rôle dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne qui a récemment éclaboussé le fidèle marcheur Richard Ferrand, actuel président de l'Assemblée nationale.

Selon les termes du Monde, l'équation est ainsi posée : «Un magistrat peut-il militer au sein d’une association de lutte contre la corruption ? Et doit-il s’en justifier auprès de sa hiérarchie ?»

Dans cette affaire de «prise illégale d'intérêt» et «manquement au devoir de probité» présumés, Anticor accuse Richard Ferrand d'avoir profité de sa fonction pour favoriser sa compagne, qui aurait financé l'acquisition de locaux, d'une valeur de 375 000 euros, par les loyers des Mutuelles de Bretagne. Déçue par un premier classement sans suite de l'enquête préliminaire par le parquet de Brest en 2017, notamment pour prescription, l'association avait ensuite déposé, en 2018, à Paris une plainte avec constitution de partie civile, afin de passer outre le refus du parquet d'entamer des poursuites pénales. 

Le 25 juillet, la Cour de Cassation a ordonné le dépaysement à Lille de l'information judiciaire ouverte à Paris «afin de garantir l’impartialité objective de la juridiction saisie». La défense de Richard Ferrand et de sa compagne avait dénoncé en mars un «conflit d'intérêts», le vice-président d'Anticor, Eric Alt, étant aussi premier vice-président adjoint au tribunal de grande instance de Paris.

Mise en examen de Richard #Ferrand : ces déclarations embarrassantes de 2017 qui refont surface#RichardFerrand

➡️ https://t.co/Gn08USnSq8pic.twitter.com/SwKGRvGVeE

— RT France (@RTenfrancais) September 12, 2019

Dont acte : ce 18 septembre, il est révélé par le quotidien vespéral que le magistrat fait l'objet d'une enquête administrative pour avoir représenté Anticor lors de l'audience de constitution de partie civile, une audience purement «technique», selon les termes du Monde qui précise que les avocats de Richard Ferrand ont exploité cette «maladresse» pour demander le dépaysement de l'affaire. Et de citer un bon connaisseur du dossier : «Anticor dérange et on sent une volonté de chercher des poux dans la tête tant des magistrats que de l’association.»

Lire aussi : L'affaire Mélenchon est-elle judiciaire, politique ou médiatique ?

  • 18 septembre 2019 à 12:11

Apple et Dublin main dans la main face à l'amende de 13 milliards d'euros requise par l'UE ?

Sommé par la Commission européenne, depuis l'été 2016, de rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux, le géant américain Apple a, ce 17 septembre devant le Tribunal de l'UE, demandé à faire annuler cette décision.

«Apple a-t-il conçu et développé l'iPhone en Irlande ? L'iPad ou l'iPod ? Non. La réponse est écrite sur chaque produit Apple: "Conçu par Apple en Californie"», a fait valoir Daniel Beard, le représentant d'Apple, devant les juges européens. Les représentants de l'Irlande, qui se placent du côté de l'entreprise de Tim Cook, ont pour leur part estimé qu'en voulant imposer une telle amende au géant américain, la Commission se trompait «fondamentalement» et avait «ignoré la loi irlandaise». 

La démonstration d'Apple n'est «pas pertinente», selon Richard Lyal, représentant la Commission qui reproche à l'entreprise américaine des arrangements avec l'Irlande ayant engendré une situation de concurrence fiscale déloyale vis-à-vis des autres pays de l'UE. En rapatriant, pendant plus d'une décennie, l'ensemble de ses revenus européens en Irlande, Apple a par exemple bénéficié d'un taux d'impôt variant de 0,05% en 2011 à 0,005% en 2014.

Un avantage qui constitue donc pour Bruxelles «une aide d'Etat illégale» alors que les revenus de l'entreprise américaine étaient placés dans un siège hors d'Irlande, «mais qui n'existait, selon la Commission, que sur le papier», comme le rapporte la Radio télévision suisse.

Une audience en plein bras de fer Bruxelles/Washington 

L'audience d'Apple devant les juges européens se déroule dans un contexte commercial tendu entre les Etats-Unis et certains pays de l'UE. Le 10 juillet dernier, réagissant à la proposition, portée par la France, de taxation des GAFA en Europe, Washington avait annoncé le lancement d'une enquête sur les effets d'une telle mesure, expliquant qu'elle pourrait être le prélude à des sanctions économiques contre la France.

Les premières informations sur le traitement qui pourrait être réservé à Apple sont attendues le 24 septembre : le Tribunal se prononcera, dans deux affaires similaires sur Starbucks et Fiat Chrysler.

En attendant, Apple a bloqué sur un compte les fonds réclamés: 14,3 milliards d'euros (15,8 milliards de dollars), avec les intérêts.

Lire aussi : Taxation des GAFA : les Européens exposent leurs divergences

  • 18 septembre 2019 à 10:23

«Sourde crise de confiance démocratique» : des experts veulent réécrire le droit des étrangers

Neuf personnalités expertes du sujet de l'immigration en France, dont l'ancien directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), ont écrit dans le journal Le Monde du 17 septembre une tribune annonçant leur volonté de proposer une «réécriture du droit des étrangers en France».

Publié deux semaines avant débat sur la politique migratoire voulu par le président Emmanuel Macron, le texte, aux accents lyriques, s'indigne : «Qui peut accepter de voir tant de femmes, d’hommes et d’enfants livrés à la violence et aux dérives de tous ordres dans les rues et les campements à Paris, Nantes, Metz, Bordeaux ou Toulouse ? La non-application du droit alimente une sourde crise de confiance démocratique. Comment s’étonner que cela nourrisse chaque jour un peu plus la défiance, le rejet et la xénophobie, masquant l’ampleur de l’intégration et des réussites ?»

L’accueil des étrangers est devenu [...] catalyseur d’une crise sociale, de clivages politiques et identitaires

Les signataires préparent donc «un rapport» d'ici le début de l'année 2020, qui constituera cette «réécriture», souligne Pascal Brice auprès de l'AFP. Et de souligner que l'idée est née d'une «inquiétude ancienne» et d'un constat selon lequel, en la matière, il y a «soit du déni soit une posture martiale».

Le collège de penseurs déplore aussi «la violence du débat aux Etats-Unis» et estime qu'«en France, comme ailleurs en Europe et dans le monde [...] l’accueil des étrangers est devenu – ou redevenu – l’un des catalyseurs d’une crise sociale, de clivages politiques et identitaires, d’une crise européenne, qui dépassent cette question.»

La #justice ordonne l'évacuation du camp de #migrants à Grande-Synthe@lucas_rtfrance#GrandeSynthe

Toute l'#actu par #RTFrance :
📰 https://t.co/he2RUZFWoupic.twitter.com/u446yDydoo

— RT France (@RTenfrancais) September 6, 2019

Selon eux cette problématique qui va de la «posture» anti-immigrationniste à «la surenchère pour un accueil sans règles ni limites» constitue «autant d’attitudes qui étouffent le débat.» Ils appellent donc à «sortir de ces postures stériles.» 

Ils préviennent également : «La non-application du droit alimente une sourde crise de confiance démocratique» et s'alarment : «Les politiques publiques adoptent trop souvent le réflexe conduisant à parier que de mauvaises conditions d’accueil dissuaderont les arrivées. Qui peut s'en satisfaire, sinon les partisans du désordre et de l'instrumentalisation de l'immigration ?»

Lire aussi : «Ces jeunes ont osé défendre notre frontière»: la condamnation de Génération identitaire fait réagir

  • 18 septembre 2019 à 09:20

Arabie saoudite : Paris va envoyer ses experts pour participer aux enquêtes sur les attaques

Emmanuel Macron a confirmé au prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane que la France allait envoyer des experts pour participer aux enquêtes sur les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, a fait savoir l'Elysée ce 18 septembre. Le président français, qui s'est entretenu avec lui le 17 septembre, «a fermement condamné les attaques ayant visé des sites pétroliers à Abqaiq et Khurais», selon un communiqué et il l'a assuré de «la solidarité de la France avec l’Arabie saoudite et sa population face à ces attaques et réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la sécurité de l’Arabie saoudite et de la stabilité de la région.»

«En réponse à la demande des autorités saoudiennes», il «a confirmé au Prince héritier l'envoi en Arabie saoudite d’experts français pour participer aux enquêtes destinées à faire toute la lumière sur l’origine et les modalités des attaques du 14 septembre», est-il précisé.

Le 14 septembre, les rebelles Houthis du Yémen ont revendiqué des attaques de drones visant l'usine d'Abqaiq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais, deux sites dans l'est de l'Arabie saoudite, provoquant la réduction de la production saoudienne de 5,7 millions de barils par jour, soit 6% de la production mondiale. Donald Trump a dépêché le 17 septembre son ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo à Jeddah pour discuter de la réponse à ces attaques alors que les Etats-Unis sont convaincus qu'elles ont été lancées depuis l'Iran avec des missiles de croisière.

Les cours du pétrole ont flambé dans la foulée le 16 septembre, avant de se replier au soir du 17 septembre après des déclarations du ministre saoudien de l'Energie assurant que la production pétrolière de son pays serait rétablie à la fin du mois de septembre.

Lire aussi : Attaque en Arabie saoudite : Washington hausse le ton contre l'Iran, la Russie appelle au calme

  • 18 septembre 2019 à 09:18

François-Xavier Bellamy, Nicolas Bay, les évêques : le front anti-«PMA pour toutes» se dessine

Vers un acte 2 de la Manif pour tous ? Alors qu'une grande manifestation de contestation à la loi de bioéthique – qui prévoit entre autre l'extension de la PMA à toutes les femmes – est prévue le 6 octobre à l'appel d'une vingtaine d'organisations, plusieurs politiques de droite ont d'ores et déjà annoncé leur participation. Outre la présence sans surprise de plusieurs personnalités tels les «chrétiens démocrates» Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson, Marion Maréchal, le vice-président du Rassemblement national Nicolas Bay ou la tête de liste Les Républicains aux dernières élections européennes François-Xavier Bellamy ont annoncé leur présence.

Tant que la parole est libre, parlons.
Tant que la rue est libre, marchons.

Ne gâchons pas notre liberté !
Tant que nous le pouvons,
MARCHONS
contre la #PMAsansPère
et la #GPA son corollaire.

➡️ Le 6/10, j’y serai. Et vous ? pic.twitter.com/FhTLbnmYfJ

— JeanFrédéric Poisson (@jfpoisson78) September 16, 2019

Nicolas Bay manifestera «contre un projet politique d'Emmanuel Macron et son gouvernement», qui lui «semble très dangereux», a-t-il fait savoir le 16 septembre sur France info. La présidente de son parti, Marine Le Pen, avait quant à elle fait savoir qu'elle voterait contre le projet de loi mais qu'elle laissait aux autres députés RN la liberté de leur choix de vote. 

📹 « Ce qui est présenté comme un progrès est une régression majeure. Nous avons des valeurs de civilisation à défendre : consacrer les droits fondamentaux des enfants et l'altérité homme/femme qui permet la construction de leur personnalité. » #8h30politique#PMASansPèrepic.twitter.com/E2Xdx3h7JL

— Nicolas Bay (@NicolasBay_) September 16, 2019

François-Xavier Bellamy a déclaré de son côté qu'il s'élevait contre une «fuite en avant perpétuelle dans l'insatisfaction et la frustration» et un changement de «logique» de la médecine qui sera «notre malédiction». «Depuis son apparition, la médecine a pour but de remédier à la maladie. Dans ce cadre, la loi autorisait la PMA pour pallier une infertilité pathologique, qui devait être médicalement constatée. Si nous supprimons ce critère, la technique médicale ne servira plus à rétablir l'équilibre de la condition humaine, mais à dépasser ses limites», a-t-il illustré dans les colonnes JDD.

[Cette logique] nous conduit directement au transhumanisme, par la transformation technique de nos corps [...] à rompre avec la condition humaine parce que ses limites frustrent nos désirs

«Une fois cette nouvelle logique acceptée, je ne vois pas ce qui nous arrêtera : elle nous conduit directement au transhumanisme, par la transformation technique de nos corps [...] à rompre avec la condition humaine parce que ses limites frustrent nos désirs. Je crois que ce choix sera notre malédiction», précisait-il. 

Un «devoir» de manifester, selon le président de la Conférence des évêques

Du côté de l'église, la levée de bouclier est aussi très forte. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Eric de Moulins-Beaufort a invité les «citoyens, catholiques ou non, inquiets de ce projet de loi» à se joindre à la mobilisation.

Précisant que l'Eglise n'organisait pas de manifestations car tel n'est pas sa «manière d'agir», il a précisé : «Personnellement, je ne vois pas comment nous pourrions empêcher des citoyens, catholiques ou non, inquiets de ce projet de loi, de manifester s'ils pensent que c'est un moyen utile pour se faire entendre.

«J'aurais tendance même à dire qu'ils ont le devoir de le faire», a-t-il ajouté le 16 septembre dans une conférence organisée par la CEF au Collège des Bernardins à Paris.

Les associations de défense des LGBT alertent le CSA 

Devant le débat public à venir qui s'annonce houleux, une dizaine d'associations dont SOS Homophobie, l'Inter-LGBT et GayLib ont écrit au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour lui demander de rappeler aux télés et radios «leurs obligations à ne pas se rendre complices explicitement ou et implicitement, de toute manifestation à caractère sexiste ou LGBTphobe», de sanctionner tout «débordement» de cette nature et de «veiller à faire respecter une représentativité équilibrée». 

Ces associations redoutent que le scénario de 2013 se reproduise, lorsque la controverse sur la question du mariage homosexuel avait occupé l'espace médiatique pendant des mois. «Il y avait une très grande violence lexicale, notamment à l'égard des enfants, qui était insupportable et rien pour faire taire ces propos qui débordaient de haine», s'était émue Véronique Godet, co-présidente de SOS Homophobie.

Une haine qu'Albéric Dumont, le vice-président de la Manif pour tous, affirme avoir lui aussi subie, raison pour laquelle il a été placé «sous protection policière» pendant six mois, comme il l'a révélé sur CNEWS le 17 septembre.

Lire aussi : Maréchal, Zemmour, Enthoven, Alexandre : les invités de la prochaine «Convention de la droite» 

  • 17 septembre 2019 à 23:12

Marine Le Pen appelle à un référendum sur le regroupement familial et le droit du sol

La présidente du Rassemblement national (RN) n'entend pas laisser la macronie débattre seule de la question de l'immigration, récemment remise au centre de l'attention médiatique par le président.

Marine Le Pen demande un référendum :

"Oui ou non pour le droit du sol
Oui ou non pour le regroupement familial
Oui ou non pour la maîtrise de nos frontières
Cela fait 30 ans qu'on mène une politique d'immigration contraire à la volonté des français"#BourdinDirect 📻 pic.twitter.com/fMzTXzdLrM

— RMC (@RMCinfo) September 17, 2019

«Il va y avoir un débat dans lequel nous aurons zéro seconde de temps de parole», a fustigé la députée devant Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 17 septembre, en référence au débat parlementaire prévu les 30 septembre et 2 octobre.

Cela fait 30 ans qu'on mène une politique d'immigration contraire à la volonté des français !

Pour Marine Le Pen, «ces gens-là [la majorité] prennent des décisions qui vont évidement à l'encontre de la volonté du peuple», brandissant au passage les derniers sondages montrant la défiance des Français envers l'immigration de masse.

Emmanuel Macron met le sujet de l'immigration au cœur de la rentrée parlementaire

La patronne du RN s'est dite favorable à un référendum sur «des questions très simples». «Oui ou non pour le droit du sol ? Oui ou non pour le regroupement familial ? Oui ou non pour la maîtrise de nos frontières ?», a-t-elle pris pour exemple. «Cela fait 30 ans qu'on mène une politique d'immigration contraire à la volonté des français !», s'est-elle ensuite insurgée.

Une sortie médiatique qui intervient au moment où Emmanuel Macron a remis le sujet de l'immigration au centre de l'actualité, en en faisant un des sujets clés de la rentrée. «Nous n'avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face», a en effet déclaré le rival de Marine Le Pen au second tour de 2017 devant 200 députés et sénateurs LREM réunis le 16 septembre. Dans une tribune publiée ce 17 septembre, 15 députés de l'aile gauche de LREM appellent en réaction à «éviter une hystérisation inversement proportionnelle à la réalité migratoire» et invitent à «parler intégration».

L’aile gauche de #LREM diffuse une tribune pour défendre l’intégration au lendemain des annonces du PR devant les parlementaires et avant le débat immigration à l’⁦@AssembleeNat⁩ le 30 septembre. ⁦@LCPpic.twitter.com/FVKvNGgP0Q

— Brigitte Boucher (@boucherbrigit) September 17, 2019

En attendant, selon un sondage Ipsos du 13 septembre, 60% des Français voient «les migrants comme une menace» et 77% d'entre eux estiment que la prise de pouvoir d'un leader fort serait «une solution pour améliorer la situation du pays».

Lire aussi : 60% des Français voient les migrants comme une menace, selon un sondage Ipsos

  • 17 septembre 2019 à 22:24

Co-organisée par une ONG saoudienne, une conférence sur le dialogue interreligieux suscite le tollé

Ce 17 septembre, le palais Brongniart a été l’hôte d'une «conférence internationale pour la paix et la solidarité» co-organisée par la Fondation de l’islam de France (FIF) et la controversée Ligue islamique mondiale (LIM). Cette organisation est en effet souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien et un instrument de diffusion du wahhabisme.

De quoi susciter les vives critiques de plusieurs responsables politiques, mais également de l'Observatoire national contre l'islamophobie. L’instance liée au Conseil français du culte musulman (CFCFM) avait appelé, quelques jours avant la tenue de l’événement, «les responsables des autres cultes à ne pas cautionner, par leur présence, cette initiative». Selon elle, la LIM incarne un islam «pas représentatif des musulmans de France et qui n'est [pas] compatible [...] avec les valeurs de la République». Du côté de l’Elysée et de Matignon, le silence est de mise. Annoncés dans une première version du programme de la rencontre, Emmanuel Macron ainsi qu’Edouard Philippe se sont bornés à démentir toute participation.

Tous les musulmans en Europe devraient respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays où ils vivent

Mais au-delà de la LIM, c’est la participation de son secrétaire général qui suscite nombre de crispations. Mohammed Al-Issa, ancien ministre de la Justice d'Arabie saoudite entre 2009 et 2015, est notamment accusé d’avoir signé de nombreux ordres d’exécution capitale et d’être le «bourreau» de Raif Badawi. Le blogueur a été condamné en 2012 à 1 000 coups de fouet et à une peine de dix ans d'emprisonnement pour «insulte à l’islam» et «apostasie». Si des séances de flagellation – par séries de 50 coups – ont bien eu lieu, d'autres ont été annulées à cause de sa santé fragile.  

Mais Mohammed Al-Issa adopte désormais un discours qui tranche radicalement avec les décisions prises par le passé par son ministère : «Nous soutenons totalement le contenu de discours du président français [Emmanuel] Macron en avril dernier quand il a parlé de "l'islam politique"», a-t-il déclaré à l’issue de la conférence.

« Nous refusons l'#Islam politique qui n'est pas le vrai islam et génère intolérance, idéologie et violence » : #MohammedAlIssa, Secrétaire General de la Ligue islamique mondiale #LIM#CIP2019#Religion#FIF#Parispic.twitter.com/wljPPhr37O

— Lilaafa Amouzou (@Lilaafa_RT) September 17, 2019

«Tous les musulmans en Europe devraient respecter les constitutions, les lois et les cultures des pays où ils vivent», a-t-il ajouté. «Ils ne devraient pas accepter l'importation de fatwas et des idées étrangères.» Une soudaine évolution idéologie accueillie favorablement par Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l'Islam de France. Réagissant au micro de RT France, il a ainsi déclaré : «Il faut savoir reconnaître les changements de cap quand ils sont décidés par des hommes. Les ravages du wahhabo-salafisme sont réels. [Mohammed Al-Issa] en a pris conscience. Je pense qu’il est de mon devoir de faire savoir cette évolution, de l’accompagner et de l’encourager.»

Malgré la polémique autour de cette participation, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le président de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France Emmanuel Adamakis ou encore le Grand mufti du Liban Abdelatif Derian ont fait le déplacement. En fin de journée devait être signé un «mémorandum d'entente et d'amitié entre les trois religions monothéistes». Le document comportera des «clauses qui nous font entrer dans l'Histoire», a affirmé Ghaleb Bencheikh.

Lire aussi : Fondamentalisme islamiste et scolarisation : Jean-Michel Blanquer a-t-il tordu la réalité ?

  • 17 septembre 2019 à 21:51

La Cedeao annonce un plan d’un milliard d’euros pour lutter contre le terrorisme

Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, accueillait du 12 au 14 septembre un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). A cette occasion, ses membres ont décidé de débloquer un milliard d’euros pour lutter contre le terrorisme. «Les débats nous ont permis d'adopter des décisions très fortes [...]. La conférence [élargie au Tchad et à la Mauritanie] a adopté un plan d'action et de mobilisation de ressources à hauteur d’un milliard de dollars pour la lutte contre le terrorisme», a annoncé le président nigérien Mahamadou Issoufou à la clôture du sommet, tout en évoquant une «menace pressante».

Malgré un dispositif militaire important, l’Afrique de l’ouest peine à vaincre la menace terroriste

Etalé sur quatre années, le plan de financement est destiné au renforcement des capacités opérationnelles des différentes armées nationales mais concernera également les «forces conjointes» de la force multinationale mixte du Bassin du lac Tchad et du G5 Sahel. Parrainée par la France, cette force multinationale dotée d’un effectif de 5 000 hommes avait connu un coup d'arrêt brutal avec l'attaque, en juin 2018, de son quartier général de Sévaré, dans le centre du Mali.

Pour l’heure, et malgré le déploiement de ces dispositifs militaires importants, les activités terroristes se multiplient dans la bande sahélienne. Pis, autrefois épargnées, des régions situées en lisière de ce territoire long de plusieurs milliers de kilomètres ont été secouées par de nombreuses attaques terroristes au cours de ces dernières années. La résurgence des conflits intercommunautaires, notamment au Mali, est venue détériorer davantage un climat sécuritaire déjà délétère. En effet, selon le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Brou, 2 200 attaques ont été recensées au cours de ces quatre années. Celles-ci ont fait 11 500 morts, déplacé des millions de personnes, dont des milliers de blessés, et mis à mal l’activité économique.

Un milliard d’euros, «une goutte d’eau dans l’océan» ?

Interrogé par RT France, le président de l'Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE), Emmanuel Dupuy, estime que le financement décidé par la Cedeao ne représente qu’«une goutte d’eau dans l’océan» au regard de la pluralité des défis auxquels est confrontée l’Afrique de l’Ouest, et notamment celui relatif au développement économique et social. Ousmane Drabo, journaliste spécialiste du Sahel, partage cette analyse : «Le développement est le moteur de la lutte antiterroriste. Les pays du G5 Sahel font partie des pays les plus pauvres au monde. Aujourd’hui, les groupes terroristes recrutent localement et l’extrême pauvreté constitue un terreau fertile au développement des groupes terroristes.»

Et le défi est immense : si les pays de la région affichent de forts taux de croissance, les inégalités sociales persistent voire augmentent dans certains pays. Selon l'ONG britannique Oxfam, «comparée aux autres régions du continent africain, l’Afrique de l’Ouest abrite le plus grand nombre de pays où 30% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour. Aujourd'hui les 1% les plus riches des Ouest-Africains gagnent plus que le reste de la population de la région réunie».

Lire aussi : Terrorisme, réconciliation nationale, climat socio-économique : le Mali à la croisée des chemins

  • 17 septembre 2019 à 21:18

Législatives en Israël : Benjamin Netanyahou échoue à obtenir une majorité

Les partis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (le Likoud) et de son rival Benny Gantz (le parti Bleu-blanc) étaient au coude-à-coude dans la soirée du 17 septembre à l'issue des législatives israéliennes, selon les premiers sondages à la sortie des urnes diffusés par les médias locaux.

Le Likoud de Benjamin Netanyahou récoltait entre 31 et 33 sièges sur les 120 de la Knesset (Parlement israélien) et le parti Bleu-blanc (centre-droit) de Benny Gantz entre 32 et 34, selon ces sondages qui ne voyaient aucun bloc majoritaire émerger au terme de ces élections. A 20 heures (heure locale), le taux de participation était de 63,7 %, un niveau légèrement supérieur à la même heure aux législatives d'avril.

Nous allons négocier [pour] éviter la formation d’un gouvernement antisioniste dangereux

Lors d'un discours en pleine nuit à Tel-Aviv, le Premier ministre sortant s'est d'ores et déjà exprimé sur les négociations qu'il souhaitait entamer dans les prochains jours. «Nous allons négocier avec le plus grand nombre de partenaires pour éviter la formation d’un gouvernement antisioniste dangereux [...] il n'y aura pas et il ne peut pas y avoir de gouvernement qui s'appuie sur des partis arabes antisionistes, des partis qui nient l'existence même d'Israël en tant qu'État juif et démocratique», a déclaré Benjamin Netanyahou.

Selon le média i24 News qui évoque ce 18 septembre au matin des résultats non-officiels «fournis par des sources au sein de la commission électorale sur le base de 90% des suffrages exprimés», les deux partis auraient obtenu le même nombre de sièges.

🇮🇱🗳️ sondage sorti des urnes #Kan en #Israël : pas de majorité pour @netanyahu. pic.twitter.com/SU3g2Uf3HT

— mathieu gallard (@mathieugallard) September 17, 2019

Outre les scores de ces deux partis, les résultats des alliés potentiels de chacun seront déterminants, car la question n'est pas tant de savoir qui aura le plus de sièges entre Benjamin Netanyahou et Benny Gantz, mais lequel des deux sera en mesure d'atteindre, par des alliances, le nombre de 61 députés, seuil de la majorité au Parlement. Or, selon les sondages à la sortie des urnes, aucun bloc ne semble pour l'instant capable de réunir ce nombre et donc de former un gouvernement à l'issue de ce second scrutin en cinq mois, les élections d'avril dernier ayant déjà abouti à une impasse.

Avec ses alliés traditionnels, le Likoud pourrait obtenir entre 54 et 57 sièges, et le parti Bleu-blanc entre 54 et 58, selon ces baromètres qui donnent l'image d'un pays polarisé.

Les Israéliens ont voté pour la seconde fois cette année, après un scrutin en avril au terme duquel Benjamin Netanyahou, qui détient le record de longévité pour un chef de gouvernement israélien, avait échoué à former une coalition. Si les sondages se confirment, il devrait faire face cette fois-ci aux mêmes difficultés pour constituer un gouvernement.

Israel Beitenou, le parti de l'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui avait fait échouer les négociations en avril et qui pourrait à nouveau faire figure de faiseur de roi, est crédité de 8 à 10 sièges selon les sondages. Peu après la publication des premiers résultats, il a appelé Benjamin Netanyahou et Benny Gantz à la formation d'un gouvernement d'union nationale auquel prendrait part son parti. 

Lire aussi : La Knesset ou la prison ? Législatives cruciales pour Benjamin Netanyahou

  • 17 septembre 2019 à 21:13

L'enregistrement d'Abou Bakr al-Baghdadi, ou la nouvelle génération du djihad

Dans un enregistrement audio publié sur Telegram le 16 septembre par l'agence de propagande de l'EI, Al Furqan, Abou Bakr al-Baghdadi a appelé ses partisans à «sauver» les djihadistes détenus dans les prisons kurdes et irakiennes. Il a également enjoint les détenus à la «patience» et les a appelés à observer la plus stricte discipline en matière de religion. En outre, al-Baghdadi conseille à ses adeptes d'accepter la «repentance» (des anciens ennemis), de craindre «Allah en toutes circonstances» et «d'éviter les injustices». Et de poursuivre : «Libérez vos frères et sœurs des prisons».

Le «calife» de l'organisation Etat islamique fait ainsi allusion aux situations au Yémen, en Egypte, au Soudan, en Libye et en Palestine. Selon lui, les options politiques que représentent Sarraj et Haftar en Libye, le régime militaire au Soudan, et toutes les autres options politiques en dehors du djihad dans le monde ont un seul point commun : «Les gens meurent sur les sentiers d'Allah».

#Baghdadi « acceptez la repentance [de ceux qui viennent vers vous]...craignez Allah en toutes circonstances...soyez justes et évitez les injustices...ceci est la Sounna...libérez vos frères & sœurs des prisons [priorité hist. de l’#EI] » à l’adresse des détenu.e.s «patience »

— Wassim Nasr (@SimNasr) September 16, 2019

Abou Bakr al-Baghdadi dément également à nouveau les rumeurs portant sur sa disparition. Il reste – malgré le mauvais état de santé qu'on lui prête – le chef incontesté d'une organisation mondialisée qui tente d'influer sur plusieurs pays malgré la perte de ses territoires en Irak et en Syrie.

En insistant particulièrement sur la libération des djihadistes détenus par les Irakiens et les Kurdes, al-Baghdadi ne fait que reprendre un leitmotiv constant de l'Etat islamique depuis sa création en 2006, pointant la «difficulté», selon lui, de «l'entreprise djihadiste». Pour lui il faut que les djihadistes «redoublent d'efforts» car «l’expansion est une épreuve d’Allah».

L'importance des djihadistes emprisonnés pour Daesh

Et de fait, les centres de détention ont occupé une place importante dans l'émergence de la nébuleuse terroriste de Daesh. Abou Bakr al-Baghdadi et ses plus fervents partisans ont en effet par le passé été emprisonnés dans le camp irakien de Bucca en 2004. Cette prison américaine a ainsi servi d'«école du djihad» pour les futurs djihadistes, al-Baghdadi ayant constitué un noyau de djihadistes autour de lui.

Jouissant déjà d'une considérable influence au sein du djihad irakien, il assurait alors l'enseignement coranique, faisait office de juge en cas de litige et dirigeait la prière. C'est également dans cette prison qu'il a théorisé la tentative de construire un «Etat» au hors de tout cadre international classique. Son but : créer une entité qui prendrait le relais du califat abbasside médiéval, considéré comme l'âge d'or de l'Islam (750-1258).

L'effondrement du califat territorial de Daesh, qui a culminé avec le siège de Baghouz (janvier-mars 2019), a débouché sur l'emprisonnement d'un grand nombre de djihadistes. Leur forte concentration dans les centre de détention kurdes et irakiens ont rendu à la prison la fonction qu'elle avait eue pour al-Baghdadi et ses partisans en 2004. Car plus qu'un lieu de formation théologique et méthodologique à l'acte terroriste, ces centres de détention font désormais office d'incubateurs où les djihadistes réfléchissent à la période de territorialisation réalisée entre 2014 et 2019, aux perspectives que la création d'un «Etat islamique» éphémère a ouvert, ainsi qu'aux erreurs commises, selon eux, dans sa création et son administration, en cherchant des moyens de les corriger.

Femmes et enfants, colonne vertébrale de la stratégie de Daesh

La grande importance accordée aux femmes et aux enfants en prison dans l’enregistrement d'al-Baghdadi atteste également de son intérêt pour les «lionceaux du Califat», ces enfants de djihadistes nés sous le régime de Daesh et faisant dès leur plus tendre enfance l'objet d'un endoctrinement conforme aux préceptes de l'Etat islamique.

Lire aussi : Pourquoi en réalité n'en sommes-nous qu’à la fin du début de Daech ?

Cette prégnance de l'éducation se trouve renforcée par le fait que le «ministre » de l'éducation de Daesh, Hamza Ryad Ziad, portait aussi le titre de contrôleur général du renseignement. Dans le sillon d'al-Baghdadi, l'EI ne cherche ainsi pas seulement à manipuler les enfants pour les mettre sur la voie du djihad, mais également à détruire toute trace des Etats nations qui l'ont précédé.

Lire aussi : Propagande : Daesh cible désormais les jeunes filles nées vers l'an 2000

  • 17 septembre 2019 à 20:06

Plan anti-drogue : pour un ancien des stups «c'est de la gesticulation, de l'affichage politique»

Une nouvelle organisation pour «mutualiser les forces» et «frapper fort», selon les mots de Christophe Castaner ce 17 septembre à Marseille, où il s'est rendu en compagnie du garde des Sceaux, Nicole Belloubet et du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, pour présenter la nouvelle réforme du gouvernement en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants. En conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a également adopté un lexique martial pour s'adresser aux narcotrafiquants : «La France ne sera pas leur terrain de jeu.»

Un acronyme chasse l'autre : l'Ofast pour remplacer l'Ocrtis

Mesure phare : la création de l'Ofast, un organisme pour remplacer l'ancien Ocrtis à partir du 1er janvier 2020 et afin de «coordonner l'action de tous les acteurs dans la lutte anti-stupéfiants au niveau local et national». Selon les informations du Parisien, cet office «remanié» resterait dans le giron de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). L'organisme ainsi créé associera pour la première fois dans sa gouvernance, police, gendarmerie, douanes et magistrats et il sera dirigé par une commissaire, actuellement conseillère justice d'Eric Morvan, directeur général de la police nationale (DGPN), Stéphanie Cherbonnier. Les effectifs compteront 150 enquêteurs ventilés sur 16 antennes territoriales en métropole et dans les outre-mers.

Le Parisien précise que l'objectif de l'Ofast est également de «faire taire les rivalités entre les services» et de mettre en commun les bases de renseignements en centralisant les informations. Au total la réforme se décline en 55 mesures. Un chiffre ronflant qui démontre, s'il le fallait, la détermination du gouvernement de marquer le coup sur le volet sécuritaire. Une plateforme d'appel sera également mise en place qui permettra aux citoyens de signaler les points de vente de stupéfiants. Le garde des Sceaux a également annoncé sa volonté de rendre «opérationnelle courant 2020» l'amende forfaitaire de 200 euros sanctionnant l'usage.

#ReconquêteRépublicaine : «Il y a donc des zones de non-droit reconnues par la République»@AlexLanglois_#police#Castaner#RTFrance en direct :
📺 https://t.co/1rBUkB2Ax4pic.twitter.com/UorDLCHKSC

— RT France (@RTenfrancais) September 7, 2019

Un ancien des stups n'y croit pas

Ancien commandant de police, Jean-Pierre Colombies, a été enquêteur pendant dix ans à la brigade des stupéfiants, dont cinq à Paris (aux fameux 36, depuis transféré au Bastion dans le XVIIe arrondissement de la capitale) puis cinq ans à Marseille. Contacté par RT France, il estime que le phénomène du trafic de stupéfiants n'est pas considéré de la bonne manière par le ministère de l'Intérieur : «Ce plan antidrogue ne résoudra jamais rien tant que ce gouvernement ne raisonnera qu'en terme de fric et de répression. On parle de toxicomanie, mais le ministre de la Santé n'est pas présent, alors que c'est en réalité un sujet de santé publique. De toute façon, je rappelle que la détention de stupéfiants est déjà punie dans le droit français, il faudrait relire l'article L.627 du code pénal !»

C'est de la démagogie motivée par la peur de passer pour des mous et de laisser le terrain sécuritaire au Rassemblement national

L'ancien policier va plus loin et considère que l'usage des drogues doit également être considéré comme un marqueur social : «La consommation de stup, c'est le baromètre d'une société qui va mal, au même titre que la consommation d'antidépresseurs et il n'aura échappé à personne que les Français en consomment beaucoup. Ce plan, c'est de la gesticulation, de l'affichage politique. Par ailleurs, on a des quartiers entiers qui vivent de ça et qui se considèrent comme des quartiers retranchés... Alors les mesures de ce type se succèdent, mais elles ne résoudront jamais rien si on ne travaille pas en profondeur. Il faut dénoncer le malaise social qui sous-tend cette consommation. Pour mettre fin à la crise de l'héroïne dans les années 1980, on a eu recours aux produits de substitution sous contrôle médical et ça a fonctionné parce qu'on a pris en compte les utilisateurs au lieu de chercher à faire du chiffre. Ce que je vois là, c'est de la démagogie motivée par la peur de passer pour des mous et de laisser le terrain sécuritaire au Rassemblement national dans les urnes.»

Antoine Boitel

Lire aussi : Quartiers de Reconquête républicaine et plan anti-suicides : Castaner à la hauteur pour la rentrée ?

  • 17 septembre 2019 à 19:51
❌