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Aujourd’hui — 27 janvier 2020RT en français

Trump à Davos : les Européens vont signer un accord parce qu’ils «n’ont pas le choix»

Juste avant de quitter la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos (Suisse), le président des Etats-Unis a donné une conférence de presse où il est apparu aux côtés de Roberto Azevêdo, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (l’OMC).

Bien que pressé de questions sur les derniers rebondissements de la procédure d’impeachment qui le vise aux Etats-Unis, il a malgré tout porté l’accent sur ses démarches pour tenter de rééquilibrer le commerce mondial dans un sens plus favorable, selon lui, aux Etats-Unis.

Il a répété que l’OMC avait jusqu’ici été «très injuste» et que c’était le «véhicule» qu’avait emprunté la Chine pour en arriver «là où elle est aujourd’hui». Mais il a également affirmé avoir une «relation formidable» avec le directeur général de l’OMC dont il a annoncé la visite prochaine à Washington pour discuter de la refonte de l’organisation.

A ses côtés Roberto Azevêdo a confirmé en déclarant : «Il faut la mettre à  jour ; il faut la changer ; il faut la réformer.»

Le président américain a aussi profité de cette conférence pour évoquer les démarches de son administration avec l’Union européenne (UE) à l’encontre de laquelle il a répété ses accusations : «L’Union européenne a des barrières commerciales qui empêchent de commercer. Ils ont des tarifs dans tous les sens. […] Franchement, c’est plus difficile de faire du commerce avec eux qu’avec la Chine.»

Une échéance «très proche»

Mais Donald Trump a également confié qu'il espérait que les Etats-Unis parviendraient à un nouvel accord commercial avec l'UE, précisant qu'il avait une échéance en tête pour conclure. Il a refusé de la préciser mais a confié qu’elle était «très proche».

Donald Trump est également revenu sur une interview diffusée quelques jours auparavant par le réseau télévisé américain CNBC, lors de laquelle il avait confié avoir eu une «conversation super» avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dont il a ainsi résumé la teneur :

«J'ai dit : "Regardez, si nous n'obtenons pas quelque chose, je vais devoir prendre des mesures", et ce sera des tarifs très élevés sur leurs voitures et les autres choses qui entrent dans notre pays.»

Ils vont conclure un accord, car ils doivent le faire. Ils n'ont pas le choix.

Mais il a ajouté que les «investisseurs ne devraient pas paniquer» à la perspective de tarifs sur les voitures européennes expliquant : «Ils [les Européens] vont conclure un accord, car ils doivent le faire. Ils le doivent. Ils n'ont pas le choix.»

Le 25 juillet 2018, le précédent président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait rencontré Donald Trump à la Maison Blanche où les deux hommes s’étaient mis d’accord pour tenter de parvenir à un accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis. Les négociations ont débuté en février 2019, mais patinent depuis sur un désaccord de fonds quant à son contenu.

L’administration des Etats-Unis veut impérativement y inclure des engagements sur l’agriculture tandis, que l’Union européenne, sous la pression de plusieurs de ses membres et en particulier de la France, veut le limiter aux biens industriels.

Jean-François Guélain

Lire aussi : Donald Trump transforme l'Organisation mondiale du commerce en coquille vide


  • 27 janvier 2020 à 18:46

La justice refuse la quatrième demande de mise en liberté de Balkany, évoquant un «risque de fuite»

La cour d'appel de Paris a une nouvelle fois rejeté, le 27 janvier, une demande de mise en liberté du maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany, âgé de 71 ans, une semaine avant l'ouverture de son procès en appel pour blanchiment aggravé.

La cour a également rejeté une demande d'abaissement de la caution, d'un montant de 500 000 euros, imposée à l'élu – actuellement incarcéré à la prison parisienne de la Santé (XIVe) – dans le cadre du contrôle judiciaire accordé après sa condamnation pour fraude fiscale.

Estimant d'une part qu'un «risque de fuite» persistait, et relevant d'autre part, que le prévenu avait lui-même reconnu avoir dissimulé des avoirs considérables à l'étranger, la cour a estimé que le maintien en détention de l'élu était «l'unique moyen pour maintenir Patrick Balkany à la disposition de la justice».

L'avocat du maire, Romain Dieudonné, a aussitôt fait part de son incompréhension face à cette décision, se déclarant «très inquiet» pour son client, de retour à la prison de la Santé après une nouvelle intervention à l'hôpital la semaine dernière.

Romain Dieudonné a rappelé que son client avait «perdu 24 kg en quatre mois» et indiqué ne pas savoir «à ce stade» s'il serait en état d'assister à son procès en appel à partir du 27 janvier.

Patrick Balkany, ancré dans une «délinquance fortement rémunératrice» ?

En première instance, l'élu a été condamné deux fois : à quatre ans de prison pour fraude fiscale le 13 septembre et, un mois plus tard le 18 octobre, à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé.

Fustigeant un ancrage dans une «délinquance fortement rémunératrice», le tribunal correctionnel avait reproché au couple d'avoir fraudé le fisc, estimant à quatre millions d'euros les sommes éludées, et d'avoir dissimulé 13 millions d'euros d'avoirs entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas aux Antilles et au Maroc à Marrakech.

Les condamnations de l'ancien conseiller général des Hauts-de-Seine ont été, à chaque fois, assorties d'un mandat de dépôt, entraînant son incarcération immédiate.

Depuis le 12 décembre, il est hospitalisé pratiquement sans discontinuer. Son avocat avait produit à l'audience des certificats médicaux attestant d'une «altération de l'état général» de Patrick Balkany.

A l'appui de cette troisième demande de libération dans le dossier blanchiment, Romain Dieudonné avait également souligné que «Patrick Balkany ne ser[ait] pas candidat aux municipales» de mars : «C'est un élément important dans la mesure où, en première instance, le tribunal l'a condamné à une peine d'inéligibilité [de dix ans].»

De son côté, Isabelle Balkany, première adjointe et épouse du maire de Levallois-Perret, a également été condamnée à quatre ans de prison ferme, sans mandat de dépôt, et 10 ans d'inégalité pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. L’ancienne conseillère régionale avait déjà été condamnée à trois ans de prison ferme et 10 ans inéligibilité, le 13 septembre pour fraude fiscale, sans mandat de dépôt. Elle avait fait appel et repris dans la foulée les rênes de la mairie de Levallois pour assurer l'intérim de son époux incarcéré.

Lire aussi : Les époux Balkany condamnés pour blanchiment de fraude fiscale

  • 27 janvier 2020 à 18:40

Le sénateur Jean-Noël Guérini, ex-membre du PS, sera jugé pour «prise illégale d'intérêts»

L'enquête aura duré dix ans. Ce 27 janvier, l'ancien homme fort du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, le sénateur Jean-Noël Guérini, est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour «prise illégale d’intérêts» concernant «l'exploitation d'une décharge par son frère».

Dans cette affaire tentaculaire, il est reproché à l’ancien président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et à 11 autres prévenus «un dévoiement généralisé de la chose publique au service d'intérêts économiques privés», écrit le juge d'instruction dans son ordonnance consultée ce 27 janvier par l'AFP.

Jean-Noël Guérini, dont les avocats avaient sollicité un non-lieu total, devra s’expliquer pour son vote, en juin 2006 en commission permanente, autorisant la cession d’un terrain situé sur la commune de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) à la communauté d'agglomération «alors qu’il savait que cette cession allait profiter à son frère Alexandre Guérini», selon l'ordonnance. 

Ce dernier dirigeait la société, SMA Environnement, attributaire d'un marché public portant sur l’aménagement et l'exploitation de ce terrain utilisé comme centre d'enfouissement des déchets ménagers.

Conflit d'intérêts ?

Les autres personnes – parmi lesquelles le frère de l’élu Alexandre Guérini – et une  entreprise dirigée par ce dernier seront également jugées dans cette affaire qui mêle des soupçons de trafic d’influence, d’infractions sur les marchés publics, d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux.

Le magistrat a prononcé un non-lieu pour les trois autres infractions pour lesquelles Jean-Noël Guérini avait été mis en examen, notamment la participation à une association de malfaiteurs, conformément aux réquisitions du parquet.

Outre le «dévoiement généralisé de la chose publique» reproché aux 12 prévenus, le juge Fabrice Naudé qui a bouclé cette instruction le 17 janvier, souligne «une confusion permanente dans la définition des priorités devant présider au fonctionnement des collectivités publiques et des entreprises privées».

Cette affaire, qui avait provoqué un séisme au sein du paysage politique marseillais, a concerné une trentaine de volets distincts dont bon nombre n'avaient pas abouti à des mises en cause. 

Procès en fin d'année ?

Sur les 25 personnes physiques initialement mises en examen, 14 bénéficient d’un non-lieu tout comme la société Vebolia Propreté – en tant que personne morale – qui avait été mise en examen pour recel de trafic d’influence. 

Au total, note le juge Naudé, «ce sont 99 interrogatoires et dix confrontations qui ont été conduits», dont une trentaine concernant Alexandre Guérini, personnage central du dossier. Quelque 13 millions d’euros ont été saisis sur des comptes en France, au Luxembourg et en Suisse. 

Le juge a signé un non-lieu général concernant l’infraction de participation à une association de malfaiteurs. Aucun fait matériel préparatoire n’a pu être identifié, indique-t-il.

Il précise cependant que «des comportements ou des méthodes présentant les caractéristiques de procédés de type mafieux [...] ont pu être ponctuellement mis en évidence, qu’il s'agisse du recours à des actes de soumission, d’intimidation, voire à une forme d’omerta, aux fins d’acquérir directement ou indirectement la gestion ou le contrôle d’activités économiques ou de marchés publics, de réaliser des profits indus ou encore de fausser le jeu d’élections en s’assurant des votes futurs».

Près de 11 ans après la mise en examen de Jean-Noël Guérini, un procès pourrait se tenir en fin d’année.

En retrait du PS

«Après avoir subi dix ans d'instruction, la levée de son immunité parlementaire, le discrédit politique et social par une mise en examen pour association de malfaiteurs [...] il est renvoyé simplement pour avoir présidé une assemblée dans le cadre de ses fonctions de président du Conseil général. A certains égards, c'est inquiétant pour le fonctionnement de l'institution judiciaire», a réagi l'un de ses avocats Dominique Mattei auprès de l'AFP.

Jean-Noël Guérini, qui a perdu la présidence du conseil départemental en 2015 après la victoire de la droite, s'était mis en retrait du PS après ses ennuis judiciaires et avait devancé son exclusion en avril 2014 en démissionnant du parti pour fonder son mouvement politique, La Force du 13 (LFD13). Il siège au Sénat au sein du Rassemblement démocratique et social européen.

Sollicité par l'AFP, il n'a pas souhaité réagir.

Lire aussi : La direction de La Provence ferait campagne pour la candidate LR à Marseille, selon Mediapart

  • 27 janvier 2020 à 16:43

«Va te faire en***** p***» : une association dénonce l'insulte homophobe d'un policier

Une vidéo tournée le 25 janvier à Besançon, montrant un membre des forces de l'ordre hurler des insultes à l'encontre de manifestants, a provoqué l’indignation de l'association de défense des LGBT SOS homophobie. 

La scène, tournée par une journaliste de Radio Bip et Média 25, deux médias indépendants basés à Besançon, a eu lieu au cours d'un rassemblement devant le commissariat de police de la ville en soutien à deux manifestants Gilets Jaunes arrêtés plus tôt dans la journée. La séquence laisse apparaître un contexte de tensions, et on peut notamment distinguer que du gaz lacrymogène a été employé.

«Eh va te faire en***** p*** ! Amène ta gueule je te la rectifie moi !», hurle un policier, manifestement hors de lui, à l'encontre d'un manifestant avant de se faire vite repousser par ses collègues à l’intérieur du bâtiment. 

«Vous êtes des fainéants, vous ne servez à rien !» ; «putes à Macron », entend-t-on invectiver côté manifestants avant que le fonctionnaire ne perde son sang froid. Un contexte qui n’excuse manifestement pas l'insulte homophobe pour SOS Homophobie

«Les insultes homophobes sont inacceptables, d’autant plus lorsqu’elles viennent des forces de l’ordre qui sont censées assurer notre sécurité», s'est indignée l'organisation sur Twitter. Contacté par RT France, le co-président de l'association Jérémy Falédam a dénoncé des propos «condamnables pénalement». Quant à d'éventuelles poursuites judiciaires, les membres de l'association seraient en train d'«étudier la question» en interne.

Selon SOS homophobie, ce genre de comportement se rencontrerait encore parfois dans les rangs des forces de l'ordre. «Sans parler de tendance [...] on a quand même des témoignages qui nous disent que l'accueil n'est pas correct», a-t-il déploré auprès de RT France. Selon lui, ce «type de comportement» se rencontrerait aussi parfois lors d'interpellations.

En fin d'après-midi du 27 janvier, L'Est républicain rapporte que le préfet a demandé au directeur central de la sécurité publique (DDSP) d’ouvrir une enquête administrative, «sans délai».

Lire aussi : L'élu RN Julien Odoul porte plainte après une agression verbale homophobe (VIDEO)

  • 27 janvier 2020 à 16:42

Des chefs d'établissements scolaires s'insurgent contre «la violence du climat social actuel»

Un collectif regroupant une cinquantaine de chefs d’établissements parisiens a publié une tribune, ce 27 janvier, dans le quotidien Le Monde, afin de dénoncer les récents blocages d’écoles, collèges et lycées par des professeurs et des élèves qui protestent notamment contre la réforme de Jean-Michel Blanquer.

Ces chefs d’établissements fustigent «la violence du climat social actuel» qui «impacte le quotidien de l’école, miroir de notre société», peut-on lire dans la tribune. Et de continuer : «Les tensions ne cessent de croître et se manifestent par des actions de blocage de plus en plus agressives et dangereuses.» «Ces actions sont illégales, il faut le rappeler avec force, et elles ont de graves conséquences», estiment-ils de surcroît.

Alors que la première session des épreuves communes de contrôle continu du baccalauréat, communément surnommée E3C, se déroule depuis le 20 janvier et jusqu'à la mi-mars selon les établissements, des actions ont été organisées dans plusieurs villes de France à l’appel de la quasi-totalité des syndicats étudiants, dès le premier jour des examens.

Selon le ministère de l'Education nationale, seulement «cinq établissements» ont été «bloqués» le 20 janvier, avec des épreuves qui ont dû être reportées et «24 actions de mobilisations» ont été recensées en France. Toutefois, quelques jours plus tard, «Stop bac Blanquer - Stop EC3», un compte Twitter anonyme et engagé, a recensé ces actions. Et il a dénombré, le 24 janvier, 95 lycées qui ont annulé ou reporté les épreuves, 16 lycées où il y a eu des actions symboliques avec passation partielle des épreuves et 74 lycées où des mobilisations se sont déroulées sans entraver le déroulement des épreuves. Une carte, réalisée par «Stop bac Blanquer - Stop EC3», recensant la liste des irrégularités pendant le déroulement de la première session des E3C est d'ailleurs consultable en ligne.

«Ce sont les plus vulnérables qui paient le plus lourd tribut»

Le collectif de chefs d'établissements a d'abord souhaité revenir sur les conséquences des blocages. «Nous déplorons collectivement la mise à mal de nos établissements : équipes divisées entre les jusqu’au-boutistes et ceux qui sont épuisés de ne plus exercer leur métier, élèves désorientés et à cran», est-il signalé dans la tribune. Avant de souligner : «Il faut encore une fois le dire haut et fort : ce sont les plus vulnérables qui paient le plus lourd tribut.»

Ces chefs d'établissements ont ensuite remarqué : «Ceux qui ont des parents aisés pourront toujours s’offrir des cours de rattrapage ou quitter l’école publique, mais qui s’occupera des autres ?»

Le collectif rappelle également son attachement à la liberté d'expression, mais aussi ses limites inhérentes, selon eux : «Nous soutenons l’expression des idées, pourvu qu’elle se fasse sans agresser les autres, sans nuire aux plus fragiles. La liberté de protester ne doit pas exclure la liberté d’étudier et de travailler.»

Et de continuer sur les conséquences, selon eux, du climat social : «Quand tout a échoué et que les élèves ne veulent plus nous écouter, quand la situation devient dangereuse et que notre autorité ne suffit plus à garantir les conditions de sécurité, nous prenons les mesures qui s’imposent : des sanctions décrites dans le règlement intérieur adopté par la communauté scolaire, le recours aux forces de l’ordre en cas de mise en danger d’autrui.»

Le collectif de chefs d'établissements conclut sa tribune en «demand[ant] solennellement aux élèves, à leurs parents, aux enseignants, à toutes les organisations syndicales qui les représentent ou qui les soutiennent, de faire cesser les blocages des établissements publics d’enseignement». Pointant du doigt : «Aucun élève ne doit rester sur le trottoir, aucun personnel ne doit être empêché de travailler : c’est une condition nécessaire pour que vive une réelle expression démocratique.»

 

Un début «chaotique» du nouveau baccalauréat

Professeurs, lycéens et manifestants, sur appel des syndicats, protestent contre la réforme du bac dont la toute nouvelle version, vectrice selon eux d'inégalités, entrera en vigueur en 2021 : les séries ES (économique et social), S (scientifique) et L (littéraire) sont supprimées au profit d'un bac dit «modulaire». Les épreuves anticipées des élèves de première de 2020, dites «E3C», entrent dans ce cadre.

Ainsi, le nouveau bac voulu par Jean-Michel Blanquer, qui démarrait la semaine dernière avec les premières épreuves de contrôle continu, a connu dans certains établissements un début «chaotique», d'après l'AFP.

Ce 27 janvier, les actions de protestation se poursuivaient également à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) aux abords du lycée René Cassin, où plusieurs dizaines d'élèves bloquaient l'entrée de l'établissement, et avaient installé des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Non aux E3C» et «Non à cette réforme».

Des mobilisations «contre les E3C» sont également en cours devant le lycée Auguste Renoir de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Lycée Renoir Cagnes sur mer bloqué, contre les E3C #e3cpic.twitter.com/BdHiXTl1Q5

— Virginie Martin (@titeprof) January 27, 2020

Le même jour, des élèves du lycée parisien Maurice Ravel (XXe) se sont allongés devant l'entrée du bâtiment pour bloquer les épreuves des E3C, le 27 janvier.

Contre #Bac2020#e3c ! L’épreuve est annulée à Ravel, les@eleves sortent de l’établissement ! pic.twitter.com/UuFvO5I5nu

— profsravel (@profsravel) January 27, 2020

Le 24 janvier, des dizaines d'élèves et étudiants bloquaient l'entrée du lycée Charles de Gaulle, dans le centre de Caen (Calvados). 

✊ Des lycéens et des étudiants de #Caen (#Calvados) ont décidé de bloquer leur établissement, ce vendredi 24 janvier 2020. Plusieurs lieux sont concernés par ces blocages 👉 https://t.co/1TrchKjavj#Normandie#Blocage#Manifestationpic.twitter.com/2QUKFUj1Td

— Côté Caen (@cotecaen) January 24, 2020

«A Saint-Etienne [Loire], des élèves ont fait irruption dans la salle où se déroulait l'examen, renversé des tables, arraché des copies et en ont aspergé certaines de détergent», a également rapporté, le 24 janvier, Pascal Bolloré, secrétaire général adjoint du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN), d'après l'AFP.

Le lycée Honoré d’Urfé bloqué à Saint-Etienne pour la deuxième journée des épreuves du nouveau bac. pic.twitter.com/RYGF8969wa

— France Bleu Saint-Étienne Loire (@bleustetienne) January 22, 2020

Le 21 janvier, des élèves du lycée François Mauriac à Bordeaux (Gironde) ont également bloqué le déroulement des E3C dans leur établissement. «Les E3C du bac sont reportées. Professeurs et parents d'élèves sont aux côtés des lycéens et soutiennent le mouvement», a rapporté France Bleu Gironde.

Mobilisation en musique devant le lycée François Mauriac à Bordeaux, l'électricité a été coupée par la CGT Énergie. Les E3C du bac sont reportées. Professeurs et parents d'élèves sont aux côtés des lycéens et soutiennent le mouvement. pic.twitter.com/LYa6DAfxXN

— France Bleu Gironde (@Bleu_Gironde) January 21, 2020

Dans la majorité des cas, les E3C ont toutefois pu avoir lieu. Mais pas forcément selon les mêmes modalités. Si dans certaines salles d'examen, on se rapprochait des conditions de passage normales du baccalauréat, dans d'autres, les élèves ont planché dans un cadre bien moins strict, d'après l'AFP.

Lire aussi : Lille, Bordeaux, Paris... lycées bloqués et épreuves perturbées contre la réforme du baccalauréat

  • 27 janvier 2020 à 15:49

La France appelle les Etats-Unis à ne pas réduire leur engagement militaire au Sahel

«Nous espérons qu'ils prendront conscience que l'enjeu du terrorisme se passe aussi là et seront suffisamment lucides pour garder ce partenariat.» L'appel lancé ce 27 janvier par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est clair : la France a besoin de l'appui militaire américain au Sahel dans le cadre de son opération antiterroriste. Cette déclaration, prononcée par le patron du Quai d'Orsay lors de ses vœux à la presse, vient en écho aux annonces des Etats-Unis d'une potentielle réduction de leurs forces militaires sur le continent africain. 

La ministre française des Armées, Florence Parly, s'est également exprimée sur le sujet, à l'issue d'un entretien avec son homologue américain Mark Esper à Washington. Elle a déclaré que le soutien des Etats-Unis apporté aux soldats de l'opération Barkhane était «essentiel». Une réduction du soutien américain «limiterait gravement» l'efficacité des efforts français contre le terrorisme au Sahel, a-t-elle insisté.

Le 13 décembre dernier, le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, avait en effet évoqué la réduction des ressources que le Pentagone consacre à l'Afrique et au Moyen-Orient. Celles-ci pourraient, selon lui, «être réduites et ensuite redirigées, soit pour améliorer la préparation de nos forces aux Etats-Unis soit vers le Pacifique». Une éventualité qui avait alors immédiatement fait réagir Emmanuel Macron.

A l’issue du dernier sommet du G5 Sahel organisé à Pau, soit quelques heures après l’intervention du général américain, le président de la République avait dit espérer «pouvoir convaincre le président [Donald] Trump que la lutte contre le terrorisme se joue aussi dans cette région [le Sahel] et que le sujet libyen n'est pas séparable de la situation au Sahel et dans la région du lac Tchad». En outre, les pays du G5 Sahel avaient aussi, dans leur déclaration finale, «exprimé leur reconnaissance à l'égard de l'appui crucial apporté par les Etats-Unis et [avaient] exprimé le souhait de sa continuité».

Washington fournit notamment à Barkhane − nom donné depuis août 2014 à l'opération militaire française au Sahel − des capacités de renseignement grâce à ses drones ainsi qu'une aide logistique, pour un montant de 45 millions de dollars par an.

Une stratégie militaire américaine floue 

Selon des chiffres rapportés par l'AFP, l'armée américaine déploie, par rotations, en Afrique quelque 7 000 soldats des forces spéciales qui mènent des opérations conjointes avec les armées nationales contre les djihadistes, notamment en Somalie.

Cependant la stratégie militaire américaine sur le continent reste floue : selon le site d’investigation américain The Intercept, qui dit s’appuyer sur des documents officiels, Africom (le commandement militaire américain coordonnant toutes les activités militaires et sécuritaires des Etats-Unis en Afrique) disposerait de 34 sites à travers le continent. Les documents obtenus auprès d'Africom mentionneraient «des sites non-confirmés dans des zones sensibles comme la Libye, le Niger et la Somalie». Un état des lieux qui contredit le discours officiel martelant une volonté de désengagement. 

En attendant, et malgré le déploiement de ces dispositifs militaires importants, les activités terroristes se multiplient dans la bande sahélienne. Autrefois épargnées, des régions situées en lisière de ce territoire long de plusieurs milliers de kilomètres ont été secouées par de nombreuses attaques terroristes au cours de ces dernières années. La résurgence des conflits inter-communautaires, notamment au Mali, est venue détériorer davantage un climat sécuritaire déjà délétère dans lequel l’armée française ainsi que les différentes armées nationales évoluent non sans en payer un lourd tribut

Lire aussi : Les présidents du G5 Sahel louent l'engagement militaire de la France et «l’appui crucial» américain

  • 27 janvier 2020 à 15:38

En Bolivie, le parti d'Evo Morales en tête des intentions de vote pour les élections présidentielles

Le Mouvement vers le socialisme (MAS), parti politique bolivien indigéniste auquel appartenait le président déchu Evo Morales, est actuellement en tête des intentions de vote pour les élections présidentielles boliviennes qui auront lieu en mai 2020, selon un sondage publié le 26 janvier par le quotidien Pagina Siete. D'après cette source, le MAS est crédité de 26% des suffrages, devant les candidats de la droite (Luis Fernando Camacho) et du centre (Carlos Mesa), qui recueillent 17% des intentions de vote chacun. Jeanine Añez, qui s'est auto-proclamée présidente par intérim, est créditée de 12% des voix. Le nombre d'indécis et de sans opinion s'élève à 9%.

C'est Luis Acre, ancien ministre de l'Economie d'Evo Morales, qui a été désigné comme candidat du MAS à l'élection présidentielle.

«Nous sommes en tête dans toutes les enquêtes d'opinion», s'est réjoui l'ancien président bolivien, exilé en Argentine depuis décembre 2019 après ce qu'il dénonce comme un «coup d'Etat» l'ayant conduit à démissionner. «Nous sommes prêts à vaincre les putschistes et récupérer la patrie», ajoute celui qui a dirigé la Bolivie durant 13 ans.

En todas las encuestas somos primeros; seguro que con nuestra nueva dupla, Lucho y David, en las siguientes encuestas llegamos mucho más arriba. Estamos listos para vencer al golpismo y recuperar la patria. #VolveremosYSeremosMillonespic.twitter.com/oZbnEIrF9e

— Evo Morales Ayma (@evoespueblo) January 26, 2020

Le MAS, parti des pauvres ?

Selon l'analyste politique Marcelo Silva, interrogé par l'AFP, ce sondage témoigne de la popularité persistante d'Evo Morales et du MAS dans les zones rurales et périurbaines, plus particulièrement auprès des populations indigènes défavorisées. L'expert estime toutefois que le mouvement peinera à retrouver des scores aussi élevés que lorsqu'Evo Morales se présentait.

Né dans une famille de paysans pauvres amérindiens, Evo Morales a mené une politique sociale ambitieuse, récoltant notamment de bons résultats en matière de lutte contre la pauvreté et de modernisation de son pays. Mais la police et l'armée, dans un contexte de violences qui ont agité la Bolivie, avaient réclamé le départ d'Evo Morales, pourtant réélu en octobre 2019 à l'issue d'un scrutin contesté par l'opposition.

Après plusieurs autres démissions, la présidente du Sénat Jeanine Añez s'était proclamée présidente par intérim sans le quorum de parlementaires nécessaires. Visé par un mandat d'arrêt émis par les nouvelles autorités du pays, Evo Morales est depuis en exil, mais continue de suivre de près la politique dans son pays.

Lire aussi : Evo Morales se dit «convaincu» d'avoir été renversé en raison des réserves de lithium de Bolivie

  • 27 janvier 2020 à 13:03

Les Israéliens autorisés à se rendre en Arabie Saoudite pour des séjours religieux ou d'affaires

Israël approuve désormais officiellement les voyages de ses ressortissants de confession juive ou musulmane vers l’Arabie Saoudite. Selon RFI, les Israéliens qui se rendaient jusqu'à présent dans le royaume ainsi que dans certains autres pays de la région étaient exposés à une peine pouvant aller jusqu'à quatre ans de prison. Rarement appliquée, la mesure n’est désormais plus en vigueur après la signature le 26 janvier d’un nouveau décret par le ministre israélien de l’Intérieur, Aryeh Decri.

Selon le communiqué du ministère israélien de l’Intérieur, cette décision débouchera sur la délivrance de permis de sortie vers l’Arabie Saoudite «à des fins religieuses pendant le hajj et la omra», désignant les deux pèlerinages effectués par les musulmans. Cette même source précise en outre que les Israéliens souhaitant se rendre dans ce pays «pour participer à des réunions d'affaires ou chercher des investissements» seront autorisés à le faire pendant une période d’une durée maximum de 90 jours. Ils devront néanmoins recevoir au préalable une invitation émanant d’un corps gouvernemental.  

Enième signe de rapprochement entre Tel-Aviv et Riyad

Si les autorités saoudiennes n’ont pas encore réagi à l’annonce des autorités israéliennes, cette nouvelle décision s’inscrit dans un contexte diplomatique particulier. En effet, depuis plusieurs mois, Israël et l’Arabie Saoudite – qui n’entretiennent officiellement aucune relation diplomatique – ont multiplié les signes de rapprochement.

Alors qu’à l’instar de la majorité des pays arabes, l’Arabie Saoudite ne reconnaît pas Israël, le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane avait créé la surprise en affirmant dans un entretien publié le 2 avril 2018 par la revue américaine The Atlantic, que l’Etat hébreu avait le «droit» à un territoire au même titre que les Palestiniens. Par ailleurs, les deux pays se sont retrouvés alliés de circonstance dans leur opposition commune face à l'Iran qu'ils accusent de déstabiliser la région.

Interrogé par l’AFP sur le décret signé ce 26 janvier, Yoel Guzansky, ancien directeur de la section «pays du Golfe» au Conseil national de sécurité israélien se montre pourtant prudent quant à l'éventualité d'une normalisation rapide des relations entre les deux pays : «Le fait que des Israéliens aillent [en Arabie saoudite] est une chose. Mais une fois que c'est officiel, cela peut embarrasser [les autorités saoudiennes]», notamment vis-à-vis des cercles les plus conservateurs du royaume et de ses adversaires régionaux comme l'Iran ou le Qatar.

En attendant, Israël continue de multiplier les appels du pied envers la puissance pétrolière : ce même 26 janvier, Benjamin Netanyahou a félicité Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), un organisme considéré comme le bras diplomatique saoudien, pour sa présence cette semaine en Pologne à des commémorations du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz.

«C'est un autre signe de changement dans l'attitude des acteurs islamiques et, bien sûr, des Etats arabes envers la Shoah et le peuple juif», a déclaré le Premier ministre israélien avant son départ pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump dans le cadre de l’annonce du très controversé plan de paix américain censé mettre un terme au conflit israélo-palestinien.

Lire aussi : Depuis l'Arabie saoudite et Israël, les Etats-Unis appellent à de nouvelles sanctions contre l'Iran

  • 27 janvier 2020 à 11:57

Coronavirus : Paris prépare une évacuation aérienne pour ses ressortissants à Wuhan

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a annoncé le 27 janvier une évacuation aérienne des ressortissants français de Wuhan alors que l'épidémie de coronavirus, qui engendre de graves pneumonies, continue de progresser en Chine. 

«En lien avec les ministères de l'Intérieur, de la Santé et des Armées, nous sommes en train de mettre en œuvre une opération de retour par voie aérienne au profit de nos ressortissants», a assuré le ministre lors de ses vœux à la presse, en précisant que cette évacuation aurait lieu «a priori au milieu de la semaine».

L'Allemagne a annoncé le même jour une «possible évacuation» de ses ressortissants de Wuhan, s'ils le souhaitent, et a prévu une réunion de crise du gouvernement sur cette question. 

Par ailleurs le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas a conseillé aux ressortissants du pays de «réfléchir à repousser ou annuler des voyages non indispensables en Chine». 

En Chine, l'épidémie de pneumonie virale poursuit sa progression. Le dernier bilan officiel fait état de près de 2 750 cas confirmés et 80 décès. Les autorités chinoises multiplient les efforts pour isoler le foyer principal de l'épidémie dans la zone de la ville de Wuhan. Le périmètre de sécurité sanitaire englobe depuis le 25 janvier 20 villes et concerne une population de 56 millions de personnes.

Les autorités chinoises ont par ailleurs investi 300 millions de yuans (39 millions d'euros) dans la construction accélérée de deux hôpitaux destinés uniquement à accueillir les malades. Les travaux du premier site doivent s'achever le 3 février. 

La France de son côté a été le premier pays d'Europe à confirmer le 24 janvier, trois cas de pneumonie virale sur son territoire : l'un à Bordeaux et les deux autres à Paris. Ces trois malades avaient récemment voyagé en Chine.

Lire aussi : Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?

  • 27 janvier 2020 à 11:54

Un avion s'écrase dans l'est de l'Afghanistan

Un avion s'est écrasé ce 27 janvier dans l'est du pays, dans la province de Ghazni. 

L'autorité civile de l'aviation afghane (ACAA) a indiqué dans un communiqué qu'«aucun crash d'appareil commercial n'a[vait] été enregistré». Plusieurs médias afghans avaient affirmé jusqu'ici qu'il s'agissait d'un vol de la compagnie nationale Ariana Afghan Airlines. Cette dernière a assuré sur son compte Facebook que «tous ses vols se sont achevés normalement». 

L'appareil s'est écrasé en début d'après-midi (heure locale), a indiqué le porte-parole de la police de la province, Ahmad Khan Seerat, en précisant que la «zone n'[était] pas sûre» à cause de la présence d'insurgés. 

L'accident est en effet survenu dans le district de Deh Yak, à l'est de la ville de Ghazni. En dehors des villes, la région est largement contrôlée par les Taliban, ce qui complique considérablement l'envoi de secours et d'enquêteurs. 

Les Taliban, de leur côté, ont assuré que l'avion qui s'est écrasé appartenait à l'armée américaine. «Un appareil spécial des occupants américains s'est écrasé [...] dans la province de Ghazni», a indiqué le porte-parole des talibans Zabiullah Mudjahid dans un communiqué, ajoutant que tous les membres de l'équipage avaient péri.

Un porte-parole du ministère afghan de la Défense, Rohullah Ahmadzai, a déclaré pour sa part à l'AFP que l'appareil n'appartenait pas aux forces afghanes. Les forces américaines à Kaboul, contactées par l'AFP, n'ont pas fourni de commentaire.

Lire aussi : Afghanistan : les Taliban revendiquent une attaque ayant tué un militaire américain

  • 27 janvier 2020 à 11:08
Hier — 26 janvier 2020RT en français

Visite controversée de Juan Guaido en Espagne, boudée par le chef du gouvernement Pedro Sanchez

En visite en Espagne le 25 janvier, Juan Guaido, autoproclamé président par intérim du Venezuela et principal opposant à Nicolas Maduro, n’a pas été reçu par le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, mais par la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez, qui lui a toutefois réaffirmé le «soutien total du gouvernement espagnol».

«Je vous demande de ne jamais vous agenouiller face à personne, que nous restions debout le temps qu'il sera nécessaire» face à la «dictature» au Venezuela, a lancé Juan Guaido sur la célèbre place de la Puerta del sol à Madrid. Avant de crier : «Vive le Venezuela libre», alors que ses partisans brandissaient des drapeaux du pays sud-américain.

C'est une crise complexe, qui exige le dialogue

«Je demande une chose à vous tous : l'union», a continué Juan Guaido. «Je sais que nous avons commis des erreurs, je le sais. Mais nous avons de nombreuses chances. Si nous restons ensemble, nous transformerons l'essai, en poussant dans la même direction. [...] Vous n'êtes pas seuls. Nous y arriverons. Vous aurez tous vos droits. Quand vous voudrez revenir, vous le pourrez», a-t-il ensuite indiqué.

Néanmoins, la décision du chef de gouvernement socialiste Pedro Sanchez de ne pas recevoir l'opposant vénézuélien, alors qu'il avait pourtant été l’un des premiers à reconnaître Juan Guaido en février 2019, a été lourde de conséquences. En effet, ce choix lui a valu des critiques virulentes de l’opposition de droite espagnole, qui administre notamment Madrid, la capitale, où le président par intérim autoproclamé a été accueilli avec les honneurs d’un chef d’Etat.

Rencontre avec un membre du gouvernement vénézuélien quelques jours auparavant

Selon Euronews, la droite espagnole reproche notamment à Pedro Sanchez d’être «l’otage» de son partenaire de coalition, Podemos (gauche radicale), dont le chef de file, Pablo Iglesias, a été longtemps proche du gouvernement du Venezuela.

La controverse s'est amplifiée lorsque le ministre espagnol des Transports, José Luis Abalos, a reconnu avoir parlé le 20 janvier à l'aéroport de Madrid à Delcy Rodriguez, numéro deux du gouvernement de Nicolas Maduro, pourtant interdite d'entrée dans l'Union européenne. José Luis Abalos cherchait à «éviter une crise diplomatique et a réussi», a assuré Pedro Sanchez, faisant part de son «appui» total à son ministre et homme de confiance, dont la droite exige désormais la démission, d’après l’AFP.

De son côté, le Premier ministre espagnol a tenté de calmer la situation : «C'est une crise complexe, qui exige le dialogue [...] La position du gouvernement espagnol a toujours été d'incarner, à travers les institutions européennes, une réponse passant par le dialogue» entre l'opposition et Nicolas Maduro, selon l’AFP. En difficulté dans son propre pays – ses appels aux manifestations ne déplacent plus les foules et il est même contesté au sein de son propre camp – Juan Guaido est en recherche active d'appuis extérieurs dans sa lutte contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, réélu en 2018.

C’est la raison de ses visites dans plusieurs pays européens. Présent le 21 janvier au Royaume-Uni, où Juan Guaido a rencontré le Premier ministre britannique Boris Johnson, il s’est ensuite rendu le 22 janvier à Bruxelles, puis au Forum économique de Davos le lendemain. Le 24 janvier, en France, il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et le président français Emmanuel Macron.

A lire aussi : Venezuela : contesté au sein même de l'opposition, Juan Guaido conserve l'appui de Washington

  • 26 janvier 2020 à 22:41

«Agnès Buzyn attend quoi ?» : la ministre de la Santé critiquée pour sa gestion du coronavirus

«Le risque d’introduction en France est faible mais ne peut pas être exclu» : le 21 janvier, Agnès Buzyn affichait sa sérénité face à une potentielle arrivée du coronavirus chinois sur le territoire français. Sa solution : des messages de précaution dans les avions directs pour Wuhan – épicentre du virus – et des affiches informatives dans les aéroports. Pas de contrôle aux frontières donc, comme cela a été mis en place aux Etats-Unis par exemple où des vérifications de la température des voyageurs ont lieu.

En Europe, plusieurs pays comme le Royaume-Uni ou l'Italie ont également instauré des mesures de précaution pour éviter toute contamination. «On nous a demandé nos coordonnées si d'aventure il se passait quelque chose mais c'est tout», ont témoigné à leur arrivée à Paris des passagers d'un vol en provenance de la Chine.

Agnès Buzyn sur le coronavirus: "Tous les aéroports internationaux ont des affiches d'information" pic.twitter.com/a9XmsL2NRB

— BFMTV (@BFMTV) January 23, 2020

Le ministère de la Santé dit suivre les recommandations de l'OMS

«Nous nous conformons aux recommandations de l'OMS», s'est justifiée Agnès Buzyn. L'Organisation mondiale de la santé «ne recommande aucune mesure sanitaire particulière concernant les voyageurs», explique-t-elle dans un communiqué publié sur son site le 23 janvier. Ajoutant que «le Comité [de l'OMS] se tient prêt à une nouvelle convocation dans dix jours environ, ou plus tôt si le directeur général le juge nécessaire».

Le 24 janvier, Agnès Buzyn était toujours aussi confiante. «Le risque d'importation de cas depuis Wuhan est modéré, il est maintenant pratiquement nul puisque la ville [...] est isolée», a-t-elle déclaré le 24 janvier à l'issue du conseil des ministres. Force est de constater que les affiches de prévention n'ont pas dissuadé le coronavirus. Quelques heures après cette prise de parole, trois personnes en France ont en effet été déclarées infectées par le nouveau coronavirus 2019-nCoV. Il s'agit des premiers cas recensés en Europe.

A quelques heures d’intervalles, Agnès Buzyn... #Coronavirus#Paris#Bordeauxpic.twitter.com/RbDxBmshff

— Nils Wilcke (@paul_denton) January 24, 2020

De nombreuses critiques

De quoi interroger sur l'efficacité des mesures mises en place par le ministère de la Santé, cible de vives critiques depuis le début de la propagation du virus. «Agnès Buzyn attend quoi pour prendre les mesures nécessaires ?», se questionne un internaute sur les réseaux sociaux. «Les mesures existent pourtant pour limiter et surtout empêcher tout avion en provenance de Chine d'atterrir en France. Seulement, il suffit d'un peu de courage de politique», ajoute un autre utilisateur de Twitter.

Les mesures existent pourtant pour limiter et surtout empêcher tout avion en provenance de #Chine d'atterrir en #France. Seulement, il suffit d'un peu de courage de politique. Et ça, #Buzyn et la macronie en manquent... #coronaviruschinahttps://t.co/JaBGThDeJB

— Guillaume Pot (@Guillaume__Pot) January 25, 2020

Du côté de la classe politique, l'opposition est restée discrète. Seul Jean Messiha, membre du bureau national du RN, a affiché sa crainte d'un risque de propagation du virus. «Avec le coronavirus, l’épée de Damoclès d’une pandémie plane sur la France. Et que fait le gouvernement ? Agnès Buzyn annonce un branle-bas de combat : placarder des affiches dans les aéroports (oui oui) et mettre en place un numéro vert ! Ça serait hilarant si ça n’était dramatique», a-t-il écrit sur Twitter.

Avec le #coronarovirus, l’épée de Damoclès d’une pandémie plane sur la France.
Et que fait le gvt ?@agnesbuzyn annonce un branle-bas de combat : placarder des affiches dans les aéroports (oui oui) et mettre en place un numéro vert !
Ça serait hilarant si ça n’était dramatique👇🏼 pic.twitter.com/PhLZJljK0l

— Jean MESSIHA (@JeanMessiha) January 24, 2020

De son côté, Adeline Noirmain, chargée de mission à la fédération Les Républicains du Nord, s'interroge sur la capacité des hôpitaux à faire face au coronavirus. «Je suis assez interloquée d’entendre la ministre Agnès Buzyn déclarer que «la France est apte à affronter le coronavirus alors que toutes les urgences sont débordées avec un manque cruel de lits et de personnel soignant», a-t-elle twitté.

Je suis assez interloquée d’entendre la ministre Agnès Buzyn déclarer que « la France est apte à affronter le #coronarovirus » alors que toutes les urgences sont débordées avec un manque cruel de lits et de personnel soignant.
La méthode Coué ne fonctionne pas pour tout !

— Adeline Noirmain (@AdelineNoirmain) January 24, 2020

Agnès Buzyn se défend, les autorités sanitaires rassurent

Interrogée sur les raisons de l'arrivée du coronavirus en France, Agnès Buzyn a défendu son action. Elle a estimé le 24 janvier que si la France était le premier pays européen à avoir identifié des cas, c’était «probablement parce que nous avons mis au point le test [de dépistage] très rapidement et que nous sommes capables de les identifier».

Elle a répété qu’il n’était pas possible de contrôler les «multiples voies» d’arrivée depuis la Chine ou de «fermer les frontières».

Les présidents du Samu et de l’association des urgentistes de France (Amuf), François Braun et Patrick Pelloux, se sont aussi voulus rassurants ce 25 janvier, assurant qu’il ne «servait à rien d’avoir peur» et que les «schémas d’organisation en cas de risque épidémique sont bien rodés».

Au micro de RTL le 26 janvier, Agnès Buzyn a assuré que les trois cas positifs au coronavirus détectés en France «vont bien». «Nous nous rapprochons d'un modèle (de virus) très contagieux mais moins grave que ce que nous pensions au départ», a assuré la ministre. Ce même jour, elle a annoncé que le gouvernement allait organiser «un rapatriement par voie aérienne directe» pour les Français de la région de Wuhan qui le souhaitent. En Chine, l'épidémie s'accélère : le 26 janvier, le bilan faisait état de 56 morts et près de 2 000 personnes contaminées.

Lire aussi : Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?

  • 26 janvier 2020 à 21:25

Villani maintient sa candidature à Paris en dépit de la demande de Macron de «rejoindre» Griveaux

Cédric Villani maintient sa candidature à Paris : «Je sais ce que je dois au président de la République. Je sais aussi la fidélité que je dois aux citoyens qui m'accordent leur confiance [...] Ma campagne pour Paris continue en toute indépendance», a fait savoir ce 26 janvier le mathématicien médaillé Fields à l'issue de sa rencontre avec Emmanuel Macron.

«Entre l'appartenance à un appareil politique et l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et Parisiens», ajoute le député de l'Essonne.

Pour justifier son choix, il met en avant la proposition du candidat écologiste David Belliard (EELV) de former à Paris une «coalition climat», allant jusqu'à LFI, que Cédric Villani estime être une idée «essentielle et centrale», même si pour l'heure il n'y a pas répondu, et renvoie son interlocuteur au soir du premier tour des élections municipales, le 15 mars.

Troisième selon un sondage

Depuis l'investiture de l'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux en juillet, deux camps s'affrontent sur le terrain et dans les urnes, plombant la campagne de La République en marche qui pouvait espérer de bons scores dans la capitale, à l'aune de ceux obtenus lors des derniers scrutins (présidentielle, législatives en 2017 et européennes en 2019).

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru ce 26 janvier, le candidat investi Benjamin Griveaux arrive en troisième position, devancé largement par Anne Hidalgo et la LR Rachida Dati, tandis que Cédric Villani se place en cinquième position dans les intentions de vote.

La veille, le mathématicien estimait que «son socle électoral n'est pas le même» que celui de son concurrent. «Moins de la moitié de mon électorat indique qu'il se reporterait sur LREM, dans le cas où je me désiste», ajoutait-il.

Lire aussi : Le dissident macronien Cédric Villani veut un référendum sur la réforme des retraites

  • 26 janvier 2020 à 20:10

Plusieurs roquettes s'écrasent sur l'ambassade américaine en Irak

Cinq roquettes ont été tirées ce 26 janvier en direction de l'ambassade américaine à Bagdad. Trois d'entre elles se sont abattues sur la représentation diplomatique, a annoncé à l'AFP une source des services de sécurité, précisant qu'un des engins s'était écrasé sur une cafeteria à l'heure du dîner. Les deux autres sont retombées à proximité. Pour l'heure, aucune information n'a filtré sur d'éventuelles victimes.

C'est la première fois que ces tirs de roquettes s'abattent directement sur l'ambassade des Etats-Unis, située dans la Zone verte, ultrasécurisée de Bagdad, régulièrement visée ces derniers mois.

Des journalistes de l'AFP ont entendu deux détonations provenant de la rive ouest du Tigre, où sont situées la plupart des ambassades étrangères.

«Il nous est conseillé de nous mettre à l'abri dans l'Union III», avait écrit sur Twiter une journaliste de la BBC présente près de la scène. Elle a toutefois précisé n'avoir «entendu aucune explosion».

#Breaking

"Seek shelter"
We are still advised to take cover in Union III, just across the road from the #US embassy in Green Zone #Baghdad. A few rockets allegedly hit nearby.
I didn't hear any explosions as we were in hard cover. pic.twitter.com/pj9U5KPUqi

— Nafiseh Kohnavard (@nafisehkBBC) January 26, 2020

Le 4 janvier, d'autres tirs de roquettes ont eu lieu près de l'ambassade américaine et d'une base militaire au nord de la capitale irakienne. Deux obus de mortier ont ainsi été tirés aux abords de l'ambassade des Etats-Unis dans la Zone verte, qui abrite des bâtiments gouvernementaux et des missions étrangères. Il n'y a eu aucune vicitime lors de cette attaque.

Dans la nuit du 7 au 8 janvier, Téhéran a confirmé avoir mené des frappes – en riposte à l'assassinat de Qassem Soleimani par l'armée américaine – sur deux bases militaires irakiennes utilisées par des soldats américains.

Lire aussi : L'Iran riposte après l'assassinat du général Soleimani, Donald Trump écarte des représailles

  • 26 janvier 2020 à 18:29

«Free Assange» : l'action coup de poing de Gilets jaunes devant la prison de Belmarsh

Quelque part derrière l'un des murs de la prison de Belmarsh, depuis l'aile de l'établissement où il vient d'être placé après une longue période en isolement, Julian Assange les aura-t-il entendus ? Les chances étaient minces mais l'espoir a motivé une petite centaine de Gilets jaunes français à faire le déplacement, pour une action coup de poing, ce 25 janvier, autour de cet établissement pénitentiaire de haute sécurité, situé dans la banlieue est de la capitale anglaise.

Un rendez-vous la veille au soir à porte de la Chapelle (nord de Paris), plusieurs heures de route, des arrêts prévus pour prendre quelques passagers sur le chemin, une attente aux douanes de Dunkerque, la traversée nocturne de la Manche en ferry : après un parcours de plus de dix heures, le trajet touche à sa fin. A travers les vitres embuées des cars, les passagers découvrent une petite poignée de camarades britanniques attelés à la construction d'une cabane devant la prison.

8h40 heure anglaise : arrivée des cars aux abords de la prison de haute sécurité de Belmarsh, des #GiletsJaunes déjà sur place construisent une installation temporaire#FreeAssange@wikileaks@WSWS_Updates@Doctors4Assange@DefendAssangepic.twitter.com/RNrws0hQwi

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Une fois garés, les deux cars s'allègent de deux petites foules qui enjambent le talus encore bien humide de rosée. La vapeur qu'ils expirent trahit le froid matinal. Les plus actifs aident à mettre en place des installations de fortune pour la journée.

Les #GiletsJaunes français arrivent devant la prison de Belmarsh où se trouve actuellement Julian Assange.

Mise en place d'une installation pour la journée. pic.twitter.com/40Bbp33ysx

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Pas question de «laisser mourir en prison la liberté d'expression»

L'initiative n'est pas la première en son genre. Le 2 mai 2019 déjà, soit trois semaines après l'incarcération de Julian Assange à la prison de Belmarsh où il avait par la suite été placé en isolement, un rassemblement devant le tribunal londonien de Westminster avait été organisé par le Gilet jaune Maxime Nicolle et le conférencier Juan Branco – avocat français du fondateur de Wikileaks – afin de s'opposer à la potentielle extradition du journaliste australien aux Etats-Unis. Le terme d'«extradition» est d'ailleurs contesté par Viktor Dedaj, administrateur du site Le Grand Soir et expert des rebondissements de l'affaire Assange, qui participe à l'action de soutien organisée ce 25 janvier devant la prison de Belmarsh.

«Julian Assange est australien, pas américain», rappelle-t-il, soulignant qu'une extradition consiste à «renvoyer quelqu'un sur le sol où il a commis un crime» : «Julian Assange a opéré sur le sol européen [...] à aucun moment donné il ne s'est trouvé sous la juridiction américaine. […] Il convient à mon avis de parler d'enlèvement, de kidnapping ou de rendition, c'est-à-dire d'une remise forcée.»

Comment peut-on laisser mourir en prison la liberté d'expression ?

Et Viktor Dedaj de dénoncer «l'extraterritorialité» du droit américain dans cette affaire : «Les Américains font semblant que leurs lois s'appliquent à des étrangers. Sous vernis juridique, ils viennent chercher un journaliste qui n'a fait que son métier sur le continent européen», estime-t-il. Après la première action du 2 mai 2019 – suivie d'une opération similaire en octobre de la même année – les Gilets jaunes ont cette fois décidé de venir sur le lieu d'incarcération de Julian Assange, dont l'état de santé suscite de vives inquiétudes, comme en témoigne une tribune signée en novembre 2019 par 60 médecins internationaux, ainsi qu'un texte rédigé par le rapporteur de l'ONU sur la torture, qui qualifiait trois semaines plus tôt les conditions d'incarcération de Julian Assange d'«inhumaines».

Co-organisatrice de l'opération à la prison de Belmarsh, Corrine, Gilet jaune de Nancy, décrit l'enjeu de l'action à ses yeux. «Le but est de mettre la pression en continu, de ne pas rebondir seulement lors des audiences. Un mois avant la fin des dernières audiences sur l'extradition, c'est très important d'avoir des actions concrètes», déclare cette quinquagénaire engagée qui, malgré les intenses contraintes familiales qu'elle traverse, déploie toute son énergie à soutenir la cause de Julian Assange. Fait notable, la veille de l'arrivée des Gilets jaunes français à la prison de Belmarsh, un porte-parole de WikiLeaks annonçait qu'après une rude bataille menée par des avocats et des militants – ainsi qu'une pétition signée par des détenus de la prison – Julian Assange avait finalement été placé dans une aile de l'établissement abritant 40 autres détenus, après plusieurs mois d'isolement.

De fait, la santé du fondateur de WikiLeaks est le premier motif d'inquiétude des citoyens français qui ont fait le déplacement. «Comment peut-on laisser mourir en prison la liberté d'expression ?», s'interroge par exemple l'écrivain militant Philippe Pascot, qui participe à l'action de soutien.

"Comment peut-on laisser mourir en prison la liberté d'expression ?"

L'écrivain militant @philipepascot participe à l'action de soutien à Julian Assange devant la prison de Belmarsh.#FreeAssange@wikileakspic.twitter.com/GY5EDzbz17

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Evoquant également la santé de Julian Assange, Gina estime elle que l'Australien a «plus que jamais besoin de soutien». «Il faut le sauver à tout prix», poursuit cette Gilet jaune venue de Normandie.

"Julian Assange a besoin de soutiens du monde entier, aujourd'hui plus que jamais", Gina, Gilet jaune de Normandie, nous explique pourquoi elle est venue sur Paris puis a traversé la Manche pour cette action devant la prison de #Belmarsh#FreeAssangeNow#FreeAssangepic.twitter.com/faOpNxsZs7

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Ici et là, les participants à l'action expliquent sans ambiguïté les raisons de leur présence. «L'enjeu, c'est que des vérités soient connues du grand public», souligne par exemple la lanceuse d'alerte Françoise Nicolas au micro de RT France. «Je suis réellement choqué par ce qui est en train de se passer [...] On se moque de quelqu'un qui a librement révélé une vérité que les puissants ne voulaient pas entendre», explique le réalisateur de films Laurent Bouhnik, dénonçant le peu de réactions à ce sujet de la part du monde artistique dont il fait partie. «J'enrage en tant qu'artiste car je vois le monde artistique qui regarde ça de loin», s'indigne-t-il encore.

L'art de la détermination

Les citoyens soutenant le fondateur de WikiLeaks sont venus de plusieurs villes de France : Marseille, Nancy, Amiens ou encore Lille. «Ce qui arrive à Julian Assange fait partie d'un système mondial qui est en train de tout tuer», déclare de son côté la Gilet jaune Nicole, venue de Nantes. Sylvie, de Saint-Nazaire, estime pour sa part que la presse mainstream ne parle pas assez du périple que traverse actuellement le journaliste australien. De son côté, Emmanuel, Gilet jaune parisien, juge le travail accompli par Julian Assange nécessaire à une «vraie démocratie» dans laquelle «les citoyens ont besoin de faire des choix éclairés. C'est le rôle des médias d'éclairer les citoyens», analyse-t-il en référence aux révélations effectuées par WikiLeaks.

Nicole, Sylvie et Emmanuel, 3 #GiletsJaunes venus respectivement de Nantes, Saint-Nazaire et Paris, expliquent pourquoi il est important à leurs yeux de soutenir Julian Assange#FreeAssange#Belmarshpic.twitter.com/0Xw5MW40Bl

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Malgré l'absence de déclaration officielle, l'action se déroule dans le calme, à l'image des rapports cordiaux qui s'installent dès le début entre Gilets jaunes français et policiers anglais. Bien qu'attachés au respect du cadre légal britannique, les participants à l'opération multiplient les tentatives de faire parvenir leur message de soutien à Julian Assange, qui se trouve derrière l'un des murs de la prison.

Nouveau déplacement des #GiletsJaunes aux abords de la prison de #Belmarshpic.twitter.com/mcrBJJrFcC

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

De fait, les slogans de soutien au fondateur de WikiLeaks reviennent comme un mantra. «Free Julian Assange», scandent pendant des heures les Gilets jaunes au cours de leurs multiples allers et retours autour de l'établissement de haute sécurité. Plusieurs lieux sont explorés, des passages de fortune s'apparentant à des brèches sont trouvés mais, malgré quelques initiatives audacieuses, la législation du pays sera respectée. Après avoir mené des opérations de sensibilisation auprès des automobilistes dans la matinée, les Gilets jaunes sont plus tard récompensés par des klaxons de soutien, entendus à plusieurs reprises au cours de la journée.

Les #GiletsJaunes décident de faire le tour de la prison de Belmarsh, recevant des klaxons de soutiens de la part d'automobilistes#FreeAssange@wikileakspic.twitter.com/IbKUbXAUFJ

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Silence médiatique pour cette fois

Souhaitant être du voyage, RT France a pu constater sur place l'absence de relais médiatiques, qui n'avaient pourtant pas manqué lors des précédentes actions de soutien à Julian Assange coïncidant avec les échéances juridiques le concernant. Absence de faits d'actualité marquants au sujet de Julian Assange ? Action répétitive qui aura fini par lasser les médias traditionnels ? En tout état de cause, au-delà de notre présence, seuls les smartphones de petites structures indépendantes à l'instar du média de Gilets jaunes «Vécu» filmeront le déroulement de l'action en début de journée. Plus tard dans l'après-midi, trois journalistes de médias étrangers (Sputnik, Ruptly, al-Jazeera et Press TV) seront aperçus.

En revanche, l'action de Gilets jaunes venus de l'autre côté de la Manche n'aura visiblement pas attiré la curiosité du paysage médiatique français. Quant aux médias traditionnels britanniques, les militants anglais venus se joindre à l'action regrettent leur absence. Croisé en fin d'après-midi, Bryan s'exprime à ce sujet. «Je sais qu'il y a des journalistes courageux au Royaume-Uni mais, pour la plupart, il semble qu'ils se cachent sous leur bureau par peur de soulever la question», se désole-t-il.

"Il semble qu'ils se cachent sous leur bureau par peur de soulever la question", Bryan, citoyen britannique, déplore l'absence des médias traditionnels de son pays pour relater des événements en cours. #Assange

[tweet posté en décalé à la suite d'un problème Twitter non résolu] pic.twitter.com/z51NNQIQHC

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Malgré l'abandon des poursuites par la Suède, Assange reste dans le viseur de Washington

Faute de preuves après l'ouverture d'une enquête préliminaire pour viol, le parquet suédois avait communiqué le 19 novembre l'abandon des poursuites contre le fondateur de WikiLeaks. Si le calvaire juridique suédois de Julian Assange a souvent été présenté comme une affaire de viol, Viktor Dedaj, souligne qu'après avoir consulté les dépositions des deux femmes en question concernant les rapports sexuels qu'elles ont eus avec Julian Assange, «le mot viol n'y est jamais prononcé».

Coïncidence ? Selon des documents révélés en 2014 par le lanceur d'alerte Edward Snowden, les premières suspicions du parquet suédois visant le journaliste australien pour «sexe par surprise» ont eu lieu au mois d'août 2010, au moment précis où l'administration de Barack Obama venait de solliciter des pays alliés pour l'ouverture d'enquêtes pénales à l'encontre des membres de WikiLeaks et des soutiens de l'organisation. Washington n'avait à l'époque pas apprécié des publications de WikiLeaks compromettantes pour l'administration américaine.

Redoutant plus que tout son transfert vers les Etats-Unis, Julian Assange avait alors choisi en 2010 de se réfugier dans la petite ambassade d'Equateur à Londres, bénéficiant d'un asile politique accordé par Rafael Correa, alors président du pays. Après avoir été confiné presque sept ans – plus précisément 2 487 jours – dans le bâtiment diplomatique, Julian Assange s'est vu retirer son asile politique par Lenin Moreno, le successeur de Correa, le 11 avril 2019, date à laquelle il est immédiatement placé à la prison de Belmarsh par les autorités britanniques. Lors de son incarcération, il a vu sa santé se détériorer significativement au fil des mois. Le fondateur de WikiLeaks encourt aux Etats-Unis une peine allant jusqu'à 175 ans d'emprisonnement pour avoir aidé à rendre publics des centaines de milliers de documents militaires et diplomatiques. En tout état de cause, celui à qui l'on doit les révélations sur les meurtres de journalistes en Irak par l'armée américaine, sur l'espionnage américain des présidents français de 2006 à 2012 ou encore sur les conditions de détention à Guantanamo, n'a jamais mis les pieds sur le sol américain.

Fabien Rives

Lire aussi : The Guardian corrige un article sur le «complot» visant à transférer Julian Assange en Russie

  • 26 janvier 2020 à 17:38

Irak : plusieurs dizaines de blessés lors d'un nouveau mouvement de contestation

Les forces de sécurité irakiennes ont tiré à balles réelles le 26 janvier sur plusieurs sites névralgiques du mouvement de contestation, entraînant des affrontements pour la deuxième journée consécutive à Bagdad et dans le sud, et causant des dizaines de blessés.

Les manifestants antigouvernementaux craignaient que leur mouvement, entamé début octobre, ne soit écrasé après l'intervention, le 25 janvier, des forces de sécurité pour les déloger de leurs campements à Bagdad, dans la ville portuaire de Bassora (extrême sud) et dans la ville sainte de Najaf (au sud de Bagdad). Trois manifestants hostiles au pouvoir irakien ont été tués le 25 janvier à Bagdad et dans le sud lors de ces affrontements avec les forces de sécurité.

Toutefois, le 25 janvier au soir et le lendemain matin, les protestataires sont revenus en grand nombre sur les sites visés et les forces de sécurité ont de nouveau tenté de les déloger.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser des petits rassemblements sur les places Khallani et Wathba, près du principal camp de manifestants place Tahrir, selon une source policière. Au moins 17 manifestants ont été blessés, dont six par balles, selon cette source. De leur côté, les jeunes protestataires ont notamment lancé des pierres sur la police antiémeute et certains ont lancé des cocktails Molotov.

A Nassiriya, plus au sud, les forces de sécurité ont également tiré à balles réelles, mais aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat. Les manifestants s'étaient rassemblés en grand nombre dans cette ville après que la police eut à nouveau ouvert les artères majeures de la ville menant au site principal de la protestation, place Habboubi.

Des signaux contradictoires ? 

Après avoir lancé un appel à un rassemblement pour réclamer le départ des 5 200 soldats américains stationnées en Irak, auquel ont répondu des milliers de ses partisans à Bagdad, le 24 janvier, le leader chiite Moqtada al-Sadr a finalement annoncé le même jour qu'il ne soutenait plus les manifestants, faisant craindre à certains que cela ne laisse le champ libre au pouvoir pour réprimer leur mouvement, qui réclame inlassablement des réformes en profondeur. Ses partisans, qui soutenaient jusqu'à alors la contestation, ont démonté leurs tentes installées depuis octobre dans la capitale.

Une situation qui soulève plusieurs contradictions, comme si «d’un côté, Moqtada [al-] Sadr tentait de se placer en tant que leader réformiste, et de l’autre, voulait garder son image de chef de la résistance à l’occupation américaine pour gagner les faveurs de l’Iran», a souligné Harith Hasan, expert au Carnegie Middle East Center, pour Le Figaro.

Sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné en décembre mais continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques n’arrivant pas à se mettre d’accord sur la composition d’un nouveau gouvernement. 

Les manifestations, composées majoritairement de jeunes, ont éclaté à Bagdad et dans le sud à majorité chiite le 1er octobre. Elles dénoncent notamment le manque d'emplois et de services, ainsi que la corruption endémique.

Lire aussi : Disparition à Bagdad de trois Français et un Irakien de SOS Chrétiens d'Orient

  • 26 janvier 2020 à 15:42

Plan de paix au Moyen-Orient : Netanyahou qualifie Trump de «plus grand ami qu'Israël ait jamais eu»

Les deux plus hauts responsables politiques israéliens, Benjamin Netanyahou et Benny Gantz, se sont félicités de l'«excellent plan» de paix au Moyen-Orient promu par Donald Trump, qu'ils doivent rencontrer à Washington dans cette optique. 

Une oreille attentive aux «besoins existentiels d'Israël»

Le Premier ministre israélien, qui a déjà consulté le projet selon des médias américains, ne tarit pas d'éloges à son sujet depuis. 

«Je vais rencontrer demain [à Washington] mon ami le président américain Donald Trump qui va présenter son "plan de paix". Je pense qu'une seule fois dans l'histoire se présente une telle opportunité, et il nous est interdit de la manquer», a-t-il déclaré le 26 janvier lors d'une réunion de son cabinet ministériel, quelques heures avant de s'envoler pour les Etats-Unis. «Depuis trois ans, je parle avec le président Trump et son équipe de nos besoins en matière de sécurité [...] J'ai obtenu dans toutes ces discussions une oreille attentive à la Maison-Blanche aux besoins existentiels d'Israël», a-t-il ajouté.

La veille, il avait déjà qualifié d'«historique» l'initiative de Donald Trump et avait présenté le président américain comme étant le «plus grand ami qu'Israël ait jamais eu».

Même emphase chez Benny Gantz, le chef de l'opposition et ancien chef de l'armée israélienne : «Le contenu de nos échanges comme les détails du plan resteront secrets pour le moment [...] Mais je peux déjà vous dire que le "plan de paix" conçu par le président Trump marquera l'histoire comme un jalon important permettant à différents acteurs au Moyen-Orient d'aller enfin de l'avant avec un accord régional historique», a-t-il déclaré le 25 janvier. 

Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent

Le plan, dont les grandes lignes économiques, dévoilées en juin, prévoiraient environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans, est cependant d'ores et déjà rejeté par les responsables palestiniens. 

Le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a ainsi estimé que «"l'accord du siècle" que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort». 

«Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent […] Israël doit mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967», a-t-il précisé. L'autorité palestinienne ne pardonne – entre autres – pas au président américain d'avoir reconnu Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu, en rupture avec le droit international, mais en accord avec la politique israélienne qui considère la ville comme sa capitale «unifiée et indivisible». Le projet américain a également été rejeté par le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. 

J'aimerais vraiment parvenir à un accord

«J'aimerais vraiment parvenir à un accord», avait déclaré Donald Trump le 23 janvier, se disant au passage «certain» que les Palestiniens «réagiront peut-être de manière négative au début, mais c'est en réalité très positif pour eux». «Nous leur avons parlé brièvement», avait-il par ailleurs précisé lorsqu'il avait été interrogé sur d'éventuelles discussions entre l'administration américaine et l'autorité palestinienne. 

Lire aussi : Mort de Soleimani : quelles conséquences au Moyen-Orient ?

  • 26 janvier 2020 à 13:35

Christophe Castaner annonce le retrait des grenades GLI-F4... déjà prévu depuis 2018

«J'ai pris cette décision parce qu'elles n'ont pas une couleur, elles n'ont pas un signalement spécifique et il est arrivé, il y a plusieurs mois déjà, pas récemment, que des policiers soient obligés de les utiliser pour se désengager d'une menace et que des manifestants les prenant volontairement en main se blessent gravement. C'est la raison pour laquelle je pense qu'il nous faut retirer les GLI-F4», a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France 3, ce 26 janvier. 

J'annonce le retrait des grenades explosives GLI-F4.
Les conclusions des travaux sur le nouveau schéma national du maintien de l'ordre seront rendues publiques dans les prochaines semaines. pic.twitter.com/LIkIewDNFh

— Christophe Castaner (@CCastaner) January 26, 2020

Une grenade décriée

L'utilisation des grenades explosives GLI-F4, à l'origine de blessures graves lors des dernières manifestations, est très controversée. En effet, ces armes comportent en effet une charge de TNT, un puissant explosif, dans leur composition.

Selon une note datée du 4 janvier 2018 obtenue par Mediapart, le GLI-F4 présente de graves défauts «identifiés mais non résolus». Toujours selon Mediapart, le fabricant Alsetex en avait d'ailleurs informé le ministère de l'Intérieur.

En mars 2019, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, avait qualifié les grenades de type GLI-F4 comme faisant partie des «plus dangereuses de l’arsenal de nos forces de sécurité». Le Défenseur des droits avait ajouté qu'elles «présent[ai]ent des risques disproportionnés dans la gestion des manifestations». 

Malgré les risques de mutilation, la France était jusqu'à présent le seul pays européen à en autoriser l'usage dans le cadre d'opérations de maintien de l'ordre. 

Vraie fausse annonce ?

Selon certains observateurs, l'annonce de Christophe Castaner n'en est pas une. Le reporter indépendant Maxime Reynié explique que «cette grenade n'est plus fabriquée depuis 2014 et est remplacée progressivement par la GM2L jusqu'à épuisement des stocks prévu pour 2021.» «Cela fait donc depuis deux ans que le gouvernement sait que la GLI-F4 va disparaître le temps de vider les stocks, ce qui était prévu pour 2021», ajoute-t-il.

Alors @CCastaner annonce le retrait de la #GLIF4
Cette grenade n'est plus fabriquée depuis 2014 et est remplacée progressivement par la #GM2L jusqu'à épuisement des stocks prévu pour 2021.
Les stocks sont déjà vides ou presque ? Fausse annonce.

— Maxime Reynié (@Maxime_Reynie) January 26, 2020

En effet, dès juin 2018 – avant le début du mouvement des Gilets jaunes – l'Etat avait décidé de ne plus commander de GLI-F4. Le 24 mai 2018, un avis du Bulletin officiel des annonces des marchés publics, déniché par Libération, indiquait que le ministère de l’Intérieur allait renouveler ses stocks de «grenades lacrymogènes et moyens de propulsions». Et ne plus commander de GLI-F4.

Lire aussi : Maintien de l’ordre : la France face au défi

  • 26 janvier 2020 à 12:50

Municipales à Paris : la «bataille du rail» a commencé entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani

Engagés dans une lutte fratricide pour la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, candidat officiel de La République en Marche (LREM), et Cédric Villani, entré en dissidence, s'affrontent désormais aussi sur le terrain du ferroviaire, avec des projets différents pour l'avenir de deux grandes gares parisiennes.

Dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD), Benjamin Griveaux propose de déménager la gare de l'Est aux portes de la capitale ou en banlieue, par exemple porte de la Villette, libérant ainsi 30 hectares pour créer un «Central Park parisien».

Quelques heures avant la publication de l'entretien, Cédric Villani a dégainé sa propre proposition auprès de l'AFP : déplacer le trafic des Eurostar et Thalys, qui desservent notamment Londres et Bruxelles, de la gare du Nord à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Distantes de quelques centaines de mètres seulement dans le nord-est de Paris, les deux gares deviennent un nouveau sujet de discorde entre les deux marcheurs, qui ont échoué jusque-là à s'entendre pour tenter de détrôner la maire socialiste Anne Hidalgo à l'occasion des municipales du mois de mars.

Un rapprochement entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani, respectivement à la troisième et cinquième places dans le dernier sondage Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio, n'est toujours pas à l'horizon. «On n'a jamais vu le candidat en tête rallier son challenger», prévient l'ancien porte-parole du gouvernement au JDD, tandis que son rival mathématicien, qui devrait être reçu par Emmanuel Macron ce 26 janvier, selon son entourage, s'époumone à dire qu'il ira «jusqu'au bout».

Le recyclage d'idées, ou comment faire du neuf avec du vieux

«Si elle disposait de ces 30 hectares, Anne Hidalgo bétonnerait sans doute. Moi, je ne construirai pas : j'y planterai une forêt», assure le candidat LREM au JDD, dénonçant la «politique B& B, bitume et béton» de la maire PS sortante.

Les deux candidats s'accordent également sur l'importance d'associer davantage la banlieue et la région Île-de-France dans leurs décisions.

Le projet de la gare de l'Est avait été proposé au moment de l'atelier du Grand Paris lancé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Cette proposition a plus de dix ans d'âge

Déplacer la gare du Nord à Saint-Denis Pleyel, qui doit devenir la plus grande gare du Grand Paris Express d'ici 2030, permettra, selon le lauréat de la médaille Fields, «d'assurer le développement économique de la Seine-Saint-Denis», département le plus pauvre de la France métropolitaine.

«Veut-on vraiment développer les transports et l'activité économique hors de l'hypercentre, rééquilibrer l'est et l'ouest ? Chiche !», abonde Benjamin Griveaux.

Mais voilà, les deux candidats ne sont pas d'accord sur le choix de la gare. «La gare de l'Est n'est pas le sujet prioritaire. La question est de savoir comment on allège le flux qui arrive à la gare du Nord», concernée par un projet controversé de rénovation et d'agrandissement, fait valoir Cédric Villani. Pire, si son projet s'avérait trop difficile à réaliser, son équipe plaide pour «déménager Eurostar à gare de l'Est», celle que son rival cherche justement à déplacer.

Adjoint d'Anne Hidalgo en charge de l'Urbanisme, Jean-Louis Missika compte les points et se montre sévère avec l'ancien porte-parole du gouvernement : «Le projet de la gare de l'Est avait été proposé au moment de l'atelier du Grand Paris lancé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Cette proposition a plus de dix ans d'âge», a-t-il affirmé à l'AFP.

«L'idée que l'Eurostar ait un terminal à Pleyel, c'est intéressant, et nous l'avons déjà dit», ajoute-t-il. Et de continuer : «Mais dans les deux cas, ça ne peut pas être le ou la maire de Paris qui prend une décision comme celle de déménager une gare. Cela relève de la SNCF et du ministère des Transports.»

Lire aussi : Le Macron-compatible Pierre-Yves Bournazel retire sa candidature pour soutenir Benjamin Griveaux

  • 26 janvier 2020 à 10:41

La Ville de Montpellier va porter plainte contre Nicole Belloubet pour «prise illégale d'intérêt»

La Municipalité de Montpellier va porter plainte contre la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour «prise illégale d'intérêt» suite à sa décision d'implanter une nouvelle cour administrative d'appel à Toulouse plutôt que dans le chef-lieu de l'Hérault, a annoncé son maire, Philippe Saurel, le 25 janvier. La plainte devrait être transmise le 27 janvier par courrier et par e-mail dès ce week-end, selon le quotidien régional Midi Libre.

Nicole Belloubet a menti sur l’argent, sur le calendrier et sur la décision

«Nicole Belloubet a menti sur l’argent, sur le calendrier et sur la décision. Nous avons découvert que le bureau d’études chargé d’évaluer les sites de Montpellier et Toulouse est situé à Blagnac. [Or] son principal client est la métropole» toulousaine, a affirmé Philippe Saurel lors d'une conférence de presse.

Dénonçant des accointances familiales et politiques de la ministre avec Toulouse, le maire de Montpellier compte déposer plainte, au nom de la Ville, auprès de la Cour de justice de la République, compétente pour juger les ministres pour les actes commis dans le cadre de leurs fonctions.

Cela prête à suspicion et va à l’encontre de l’intérêt général quand on sait que le volume traité par Montpellier est de 10 000 à 12 000 affaires par an contre 6 000 à Toulouse

«Nous pressentons l’existence d’un conflit d’intérêts dans cette décision en lien avec les intérêts électoraux de Mme Belloubet» et de La République en Marche (LREM) «avec la Ville de Toulouse. Or, un ministre n’a pas le droit d’intervenir dans les sujets où il détient des intérêts», a ajouté Gilles Gauer, l’avocat de la Ville. Auparavant, Nicole Belloubet occupait la fonction de première adjointe à la Mairie de Toulouse, de 2008 à 2010.

Philippe Saurel a également alerté l'opinion publique sur Twitter : «Implantation de la nouvelle cour administrative d'appel, Montpellier écartée pour raisons politiques». Avant de citer Jean de la Fontaine : «Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs.»

Implantation de la nouvelle cour administrative d'appel, #Montpellier écartée pour raisons politiques
"Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs"
La Fontaine@travier_b@GillesGauer@remy_levy@Midilibrehttps://t.co/fliFvPIKRL

— Saurel Philippe ⭐️⭐️ (@Saurel_P) January 25, 2020

Le maire divers gauche de Montpellier, soutien du président Emmanuel Macron, a également mis en cause le calendrier, soulignant que le dévoilement des investitures LREM aux municipales – comme à Toulouse où le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, l'a acceptée – avait concordé avec le choix de l’implantation. «Cela prête à suspicion et va à l’encontre de l’intérêt général quand on sait que le volume traité par Montpellier est de 10 000 à 12 000 affaires par an contre 6 000 à Toulouse».

La Ville de Montpellier reproche également à Nicole Belloubet d'avoir justifié son choix dans la presse par des raisons notamment financières, affirmant que le site de Montpellier nécessitait un investissement plus important (7,5 millions d’euros) que celui de Toulouse (5,3 millions d’euros). Or, l’agence chargée de l’étude de faisabilité annonce sur son site internet un coût de 8 à 8,5 millions d’euros pour Toulouse, ce qui «signifie qu’il est probable que la ministre de la Justice ait donné des informations inexactes», a souligné l'avocat Gilles Gauer. 

Les affaires administratives traitées à Montpellier sont aujourd'hui susceptibles d'appel à Marseille, et celles de Toulouse à Bordeaux. La nouvelle cour administrative d'appel doit permettre de les regrouper. La décision définitive sur son implantation doit faire l’objet d’un décret au conseil d’Etat.

Lire aussi : «Belloubet démission !» : action coup de poing des avocats grévistes au TGI de Paris

  • 26 janvier 2020 à 09:39

Coronavirus : les trois cas français font-ils craindre une propagation ?

«Les trois personnes vont très bien, nous sommes tout à fait rassurés sur leur évolution», a déclaré le 25 janvier au soir le directeur général de la Santé, Jerôme Salomon, lors d'un point de presse à propos du coronavirus

Les autorités sanitaires avaient annoncé la veille trois cas confirmés, sur un patient hospitalisé à Bordeaux et deux autres à Paris, soulignant qu'il s'agissait des «premiers cas européens». Les trois patients ont été hospitalisés en isolement. Tous étaient récemment arrivés de Chine et avaient séjourné à Wuhan, la grande ville où cette nouvelle infection est apparue en décembre.

On va avoir des patients suspects, il va y avoir des cas

Le directeur général de la Santé a annoncé qu'«une équipe médicale d'accueil» serait mise en place le 26 janvier à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle permettant notamment la prise en charge des personnes qui présenteraient des symptômes d'une infection par coronavirus.

La France n'a pas souhaité mettre en place un contrôle aux frontières

Contrairement à d'autres pays, la France n'a en effet pas mis en place de mesure de contrôle aux frontières des passagers venant de Chine, avec contrôle de température. 

D'autres personnes sont «en détection», a fait savoir de son côté le patron du Samu de Paris, Pierre Carli, sans donner de chiffre. «On va avoir des patients suspects, il va y avoir des cas», a renchéri le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat de Paris, où deux des patients ont été hospitalisés à l'isolement.

Alors que l'épidémie se propage à grande vitesse en Chine, où les autorités ont pris des mesures drastiques sur les déplacements dans et hors du pays, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a insisté sur la mobilisation. «Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source [et le] circonscrire le plus vite possible», a-t-elle souligné le 24 janvier en annonçant les premiers cas.

Une «enquête épidémiologique approfondie autour de ces cas a été immédiatement mise en œuvre», ont précisé ses services. Il s'agit notamment d'identifier les personnes ayant été en «contact étroit» avec les malades pour assurer une surveillance sanitaire et pour éviter une propagation. Ces personnes sont maintenant identifiées.

Le premier patient, un Bordelais originaire de Chine âgé de 48 ans, était rentré le 22 janvier en France. Il a été hospitalisé le 23 janvier à Bordeaux, après s'être présenté à SOS Médecins avec toux et fièvre. «Dix à quinze personnes» qui ont été en contact avec lui «se sont signalées», selon Nicolas Florian, le maire de la ville, où les festivités du Nouvel An chinois, qui devaient se tenir 26 janvier, ont été annulées par les organisateurs au nom du «principe de précaution». Les patients hospitalisés à Paris sont un couple «originaire de Wuhan» et qui était arrivé le 18 janvier en France pour un voyage.

Les symptômes : fièvre et toux ou présence des difficultés respiratoires

Le ministère a réitéré, notamment pour les «personnes qui auraient séjourné en Chine récemment», les précautions à prendre en cas de symptômes, fièvre et toux ou difficultés respiratoires : contacter le Samu (15) et ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination.

La concomitance avec l'épidémie hivernale de grippe peut notamment faire craindre un afflux de personnes inquiètes aux services d'urgences, déjà surchargés et en plein conflit social, et des témoignages signalaient déjà un afflux de demandes de masques de protection dans des pharmacies. Le président national du Samu François Braun s'est voulu rassurant le 25 janvier, assurant que les «schémas d'organisation en cas de risque épidémique sont bien rodés».

Agnès Buzyn a estimé le 24 janvier que si la France était le premier pays européen à avoir identifié des cas, c'était «probablement parce que nous avons mis au point le test [de dépistage] très rapidement et que nous sommes capables de les identifier». Elle a répété qu'il n'était pas possible de contrôler les «multiples voies» d'arrivée depuis la Chine ou de «fermer les frontières».

L'épidémie se répand rapidement en Chine, avec 1 400 cas de contamination dont 41 mortels recensés le 25 janvier. Les autorités chinoises cherchent à reprendre la main notamment en restreignant les déplacements. Wuhan et pratiquement toute la province environnante du Hubei ont été ainsi coupées du monde, avec plus de 56 millions d'habitants confinés. Plusieurs pays d'Asie ont identifié des cas. Deux ont également été confirmés aux Etats-Unis, quatre en Australie.

Lire aussi : Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?

  • 25 janvier 2020 à 22:55

Eric Drouet se met en retrait du mouvement des Gilets jaunes

Eric Drouet quitte le mouvement des Gilets jaunes et exprime son ras-le-bol. Lors d'une intervention le 24 janvier, à l'issue de la grande mobilisation contre la réforme des retraites, il a affirmé dans un premier temps que c'était «quelque chose de programmé». «C'était ma dernière manifestation aujourd'hui», a-t-il ainsi déclaré.

Cette figure médiatique des Gilets jaunes a en outre exprimé du ressentiment envers certaines personnes. Celles-ci lui auraient reproché son «avis critique» sur certaines manifestations déclarées qui, selon lui, «ne nous faisaient pas avancer». Il a, de fait, assuré qu'il souhaitait dans sa critique «renouveler les modes d'action» plutôt que de «s'enterrer» dans «quelque chose qui ne marchait pas», «fatiguant les gens sur Paris».

Il n’y aura pas de retour en arrière. C’est un choix mûrement réfléchi

Il a également confié avoir subi des «menaces», reprochant à certaines personnes – qu'il nomme par ailleurs – d'avoir été violentes au sein du mouvement à l'encontre d'autres – semble-t-il – Gilets jaunes. «Il n’y aura pas de retour en arrière. C’est un choix mûrement réfléchi, je préfère laisser les gens déterminés sur le terrain», a-t-il ajouté, en recommandant aux gens du mouvement de «rester anonymes», de «ne pas se mettre en avant» afin d'éviter les «problèmes».

Lire aussi : Paris : manifestation des Gilets jaunes à l’aéroport de Roissy

  • 25 janvier 2020 à 22:22

Coronavirus : plusieurs villes chinoises en quarantaine, les images de victimes affluent

Alors que le coronavirus 2019 n-CoV continue à se propager en Chine, avec un bilan s'alourdissant d'heures en heures (41 morts et 1400 contaminés au 25 janvier), des images de la ville de Wuhan – épicentre de l'épidémie – placée en quarantaine, ont émergé sur les réseaux sociaux.

#China's #Wuhan city, with a population of 11 million, has now turned into a ghost town.#coronovirus#koronaviruspic.twitter.com/R42dgwDsMc

— Joe Black (@JoeB14ck) January 25, 2020

Sur cette vidéo, on peut par exemple voir un homme portant un masque allongé sur le sol, visiblement inanimé. Au bout de quelques secondes, un autre homme en combinaison blanche arrive pour lui porter assistance.

Some videos from Chinese Wuhan pic.twitter.com/GtYHxpmByd

— Razumov Egor 叶博士 (@razumov_egor) 23 janvier 2020

D’après un montage diffusé par Epoch Times, journal diffusant en chinois basé à New York, ces scènes se sont répétées dans toute la ville, des personnes au sol étant ramassées au milieu de la rue par des hommes vêtus de blanc afin d'être transportées dans les hôpitaux.

📌#武漢 瀰漫恐怖氣息 有 #肺炎 病人直接倒地

💐 歡迎訂閱大紀元:
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— 大紀元新聞網 (@dajiyuan) 24 janvier 2020

Des milliers de personnes se sont rapidement massées dans les cliniques et les hôpitaux.

武漢最新疫情通報! #此武漢肺炎可從眼膜傳播#要戴護目鏡 中國武漢病毒實驗室流出的生化戰劑果然厲害

我的天,这么多人,这没病也会成有病了,现在医院是主要的传染源,知道啥是传染源不? pic.twitter.com/CsQ5hgM9Nu

— Cheng Kaifu (@Taihoku1895) 23 janvier 2020

武漢醫院已爆炸…周圍省市馬上要淪陷 pic.twitter.com/zHrvWIWC1G

— 剿匪學院 (@laichinan) 22 janvier 2020

Des gardes étaient postés devant la gare de Wuhan, empêchant ainsi les résidents de quitter la ville.

Pictures and videos of Wuhan city in lockdown are circulating on internet in China. People of Wuhan are making sacrifices. No matter how all this happened, I want to express my sympathy and salute to them. pic.twitter.com/8iQWj0RQvd

— Hu Xijin 胡锡进 (@HuXijin_GT) 23 janvier 2020

De nombreux voyageurs ont été pris au dépourvu par l’épidémie, se retrouvant à errer dans les gares, comme le montrent ces images captées par l’agence Ruptly.

En plein réveillon du Nouvel An chinois, 135 membres du personnel des hôpitaux de Shanghai ont pris le départ pour Wuhan, selon des images de la télévision publique chinoise. La scène, abondamment relayée, a provoqué une vague d’émotion sur les réseaux sociaux chinois. Enfin, une personne a partagé sur Twitter ce qu’il décrit être un homme venu de Wuhan, sortant de l’aéroport de Shanghai à bord d’une cage de quarantaine.

My cousin in Shanghai sent me this video. Apparently this happened today: a traveller with high fever from Wuhan went straight into a quarantine cage.#WuhanCoronaviruspic.twitter.com/NtFoeHpRTn

— Adam Ni (@adam_ni) 23 janvier 2020

Le président chinois, Xi Jinping, a averti ce 25 janvier que la Chine faisait face à une situation «grave» car l'épidémie de pneumonie virale «s'accélère», atteignant l'Europe (par la France), l'Australie et les Etats-Unis, malgré le renforcement des mesures prises pour tenter d'enrayer sa propagation.

A compter du 27 janvier, les agences de voyages chinoises ne pourront plus vendre de réservations d'hôtels ni de séjours à des groupes, a annoncé la chaîne de télévision CCTV. Si aucun patient n’est encore mort en dehors de Chine, le professeur français Yazdan Yazdanpanah, expert auprès de l'OMS et qui a pris en charge des patients en France, affirme auprès de l’AFP que «le taux de mortalité pour l'instant est de moins de 5 pour cent».

Lire aussi : Coronavirus chinois : trois cas confirmés en France, les premiers en Europe

  • 25 janvier 2020 à 21:36

Brest : sept suspects mis en examen et écroués après un coup de filet antiterroriste

Sept hommes, âgés de 16 à 38 ans, ont été mis en examen le 24 janvier par un juge antiterroriste parisien pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle».

Selon des sources concordantes, ils sont soupçonnés d'avoir préparé un projet d'«action violente» en France. Parmi eux, un homme né en Syrie et arrivé dans l'Hexagone début 2015 est au cœur de l'enquête. Ce trentenaire, qui disposerait d'un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l'enquête. 

D'après des sources concordantes, Mohammad D. est soupçonné d'avoir appartenu à Daech.

Selon une des sources proches de l'enquête, il s'agirait du personnage central de cette cellule, qui a agrégé une communauté de personnages radicalisés de la région brestoise suivis depuis des années par les services spécialisés. Plusieurs personnes étaient fichées S (pour Sûreté de l'Etat).

Parmi les suspects figure aussi le responsable d'une boucherie halal de Brest, qui a servi de lieu de rendez-vous au petit groupe, également constitué de quelques convertis et d'un lycéen de 16 ans, fils d'un commerçant brestois.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le propriétaire de la boucherie, âgé d'une trentaine d'années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l'arme automatique au passage d'une patrouille de police.

Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour «apologie du terrorisme». Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d'avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014 en compagnie de son épouse – décrite par les autorités comme radicalisée – et de leurs deux enfants mineurs.

Si aucune arme ni aucun explosif n'ont été découverts lors des perquisitions menées le 20 janvier, les enquêteurs ont néanmoins découvert des tutoriels récemment téléchargés permettant la confection d'explosifs ou de poison, mais aussi du matériel de propagande et plusieurs allégeances au nouveau calife de l'Etat islamique. 

Selon les investigations, les suspects auraient cherché à se procurer des armes et évoqué des «cibles» potentielles, par exemple des grands rassemblements. Ils sont ainsi soupçonnés d'avoir préparé un attentat. La France vit sous une menace terroriste constante depuis le début, en 2015, d'une vague d'attentats djihadistes qui a fait au total 255 morts.

Lire aussi : La cour d'assises condamne des djihadistes presque tous présumés morts

  • 25 janvier 2020 à 20:12

Fronde contre la réforme des retraites : les Gilets jaunes jouent les prolongations pour l'acte 63

Dans toute la France, des Gilets jaunes se sont de nouveau mobilisés pour manifester leur mécontentement à l'encontre la politique gouvernementale. Opposés à la réforme des retraites, les manifestants se sont placés dans le sillage de l'importante mobilisation interprofessionnelle du 24 janvier contre le projet.

A Paris, au moins 2 000 Gilets jaunes ont été recensés, selon notre reporter.

Durant le cortège, des habitants de la capitale ont pris à partie des Gilets jaunes et leur ont adressé des doigts d’honneur.

Des habitants prennent à partie les gilets jaunes et leur adressent des doigts d’honneur. #Acte63#GiletsJaunes#greve25janvier#manifestationpic.twitter.com/RoK8goRyG9

— Nadège Abderrazak (@Nadege_RTFrance) January 25, 2020

Un cortège très encadré, comme a pu le filmer le journaliste Charles Baudry.

🔴Départ de l’Acte 63 du mouvement des Gilets Jaunes de ce samedi 25 janvier. Le parcours est de Faidherbe-Chaligny jusqu’à Villiers. Le cortège est toujours très encadré par les forces de l’ordre. #GiletsJaunes#Acte63#Paris#ActeLXIII#YellowVests#Francepic.twitter.com/91mteo5rYG

— Charles Baudry (@CharlesBaudry) January 25, 2020

Interviewé par RT France, l'une des figures des Gilets jaunes, Jérôme Rodriguez, a affirmé qu'il restait «motivé» pour combattre la politique du gouvernement et défendre, de fait, une politique «plus humaine», notamment pour «les travailleurs» : «On s'est inscrit dans un combat, il est important de participer aux manifestations.»

A Toulouse, ils étaient aussi dans les rues.

Plusieurs milliers de #GiletsJaunes manifestent en cet #Acte63 à #toulouse. La préfecture leur a interdit l'accès à la place du Capitole cette semaine. pic.twitter.com/5zmokbLKRB

— Frédéric RT France (@frederic_RTfr) January 25, 2020

Parmi les slogans entendus dans la ville rose par notre reporter : «Macron nous fait la guerre et sa police aussi, mais on reste déter[minés] pour bloquer le pays.» Les forces de l'ordre ont par ailleurs empêché les Gilets jaunes de se rendre place du Capitole, dont l'accès a été interdit par arrêté préfectoral.

"Macron nous fait la guerre et sa police aussi, mais on reste deter pour bloquer le pays" : les forces de l'ordre empêchent les #GiletsJaunes de se rendre place du Capitole, dont l'accès est interdit par arrêté préfectoral. La situation est calme. #toulouse#acte63pic.twitter.com/lcRupEuINQ

— Frédéric RT France (@frederic_RTfr) January 25, 2020

La situation s'est tendue en fin de journée, avec des tirs de gaz lacrymogène envoyés par les forces de l'ordre alors que les manifestants tentaient de se rendre gare Matabiau.

Le cordon de gendarmes avance et multiplie les tirs de lacrymogènes. #GiletsJaunes#toulouse#Acte63pic.twitter.com/gFbJ328Fi6

— Frédéric RT France (@frederic_RTfr) January 25, 2020

En fin de journée, un petit groupe de manifestants a entrepris de bloquer la circulation, avant de se faire déloger par les forces de l'ordre par de nombreux tirs de lacrymogènes.

Un groupe de manifestants qui bloquaient la circulation est repoussé après avoir tenté de charger les forces de l'ordre. #GiletsJaunes#toulouse#Acte63pic.twitter.com/eSKSBpNCwM

— Frédéric RT France (@frederic_RTfr) January 25, 2020

Les protestataires ont reculé dans l'épais nuage, qui a également fait souffrir les forces de l'ordre.

Les forces de l'ordre souffrent aussi dans l'épais nuage de lacrymogènes. #GiletsJaunes#toulouse#Acte63pic.twitter.com/oNBxKCiq1k

— Frédéric RT France (@frederic_RTfr) January 25, 2020

A Bordeaux, le photographe et journaliste Valentin Stoquer a filmé l'acte 63 des gilets jaunes dans le centre-ville.

🔴 Acte 63 des gilets jaunes à Bordeaux au lendemain de la mobilisation nationale contre la #reformedesretraites.

➡️ Le cortège est dans la rue st Catherine. #greve#GiletsJaunes#bordeaux#greve25janvier#grevegenerale#Acte63pic.twitter.com/shyYPI2EYV

— Valentin Stoquer (@val_stoquer) January 25, 2020

Lire aussi : Affrontements, voiture renversée, barricade : des incidents émaillent l'acte 62 des Gilets jaunes

  • 25 janvier 2020 à 19:18

Coupée d'une photo avec Greta Thunberg, une militante ougandaise dénonce un acte raciste

Après avoir été coupée d'une photo où elle posait avec d'autres militantes pour le climat, dont Greta Thunberg, à Davos, l'Ougandaise Vanessa Nakate a accusé les médias de racisme. Dans une vidéo postée sur son compte Twitter, la jeune femme, très émue, a dénoncé le fait que «divers» organismes, dont l'agence de presse américaine AP, l'aient retirée des photos du forum économique qui se tient en Suisse chaque année. Elle a affirmé que cet incident lui faisait comprendre pour la première fois de sa vie «la définition du mot racisme».

You didn't just erase a photo

You erased a continent

But I am stronger than ever pic.twitter.com/J34WMXvPAo

— Vanessa Nakate (@vanessa_vash) January 24, 2020

«Vous n'avez pas simplement effacé une photo. Vous avez effacé un continent», a déploré la jeune activiste africaine, assurant toutefois être «plus forte que jamais». «L'Afrique est le continent qui émet le moins de carbone, mais nous sommes les plus touchés par la crise climatique», a expliqué Vanessa Nakate dans sa vidéo. Plusieurs personnalités ont exprimé leur indignation et leur soutien à la jeune femme. «Je suis vraiment désolée qu'ils t'aient fait ça», a notamment commenté Greta Thunberg. «Tu es la dernière qui mériterait cela ! Nous sommes tous si reconnaissants pour ce que tu fais et nous t'envoyons tout notre amour et notre soutien», a ajouté la jeune égérie de l'écologie.

I’m so sorry they did this to you... you are the last one who would deserve that! We are all so grateful for what you are doing and we all send love and support!!❤️❤️💖💖💖hope to see you soon again!!

— Greta Thunberg (@GretaThunberg) January 24, 2020

AP, qui a depuis retiré la photo coupée et mis à la place l'originale, a déclaré qu'il n'y avait «aucune mauvaise intention» derrière ce recadrage, réalisé pour des raisons esthétiques, selon les arguments avancés. «Le photographe a essayé de faire sortir une photo rapidement dans un délai très court et l'a recadrée pour des raisons de composition, car il pensait que le bâtiment en arrière-plan [derrière Vanessa dans le cliché] était distrayant», a déclaré le directeur de la photographie de l'agence de presse, David Ake.

Vanessa Nakate avait donné une conférence de presse à Davos le 24 décembre, aux côtés des autres militantes européennes pour le climat Greta Thunberg, Loukina Tille, Luisa Neubauer et Isabelle Axelsson.

Lire aussi : A 16 ans, la militante écologiste Greta Thunberg élue personnalité de l’année du magazine Time

  • 25 janvier 2020 à 18:28
À partir d’avant-hierRT en français

Julian Assange sorti de l'isolement en prison grâce à la mobilisation de ses soutiens

Joseph Farrell, le porte-parole de WikiLeaks, a annoncé le 24 janvier que Julian Assange a été sorti de l'isolement et placé dans une aile médicalisée à la prison de haute sécurité de Belmarsh, abritant 40 autres détenus.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le porte-parole se félicite de cette «victoire» obtenue grâce aux avocats, aux militants, mais aussi à des pressions exercées sur l'administration carcérale par les autres détenus qui estimaient que Julian Assange était injustement traité. «Cette décision est une énorme victoire pour l'équipe juridique d'Assange et pour les militants qui insistent depuis des semaines pour que les autorités de la prison mettent fin au traitement punitif d'Assange», a déclaré Joseph Farrell, avant d'ajouter que c'était aussi une victoire «massive des prisonniers de Belmarsh». En effet, il explique qu'un «groupe de détenus a adressé une pétition au directeur de la prison à trois reprises, insistant sur le fait que le traitement d'Assange était injuste et inique».

«C'est une victoire importante pour les militants à l'intérieur et à l'extérieur de la prison», s'est réjoui Joseph Farrell. Ce 25 janvier, une journée internationale de soutien à Julian Assange est justement organisée à l'extérieur de maison d'arrêt. Partis entre autres de France, plusieurs dizaines de militants, dont de nombreux Gilets jaunes, font le pied de grue devant les murs de la prison. Notre reporter Fabien Rives les a accompagnés.

"Même si la Reine ne veut pas, nous on est là" : les participants à l'action devant la prison de Belmarsh revisitent l'hymne des #GiletsJaunes et espèrent être entendus par Julian Assange à travers les barreaux#FreeAssangeNow#FreeAssangepic.twitter.com/MNvD3QdVWx

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

«Le traitement de Julian Assange à Belmarsh reste très préoccupant», a néanmoins dénoncé le porte-parole de WikiLeaks. «On lui refuse encore un accès adéquat à ses avocats, comme l'a même reconnu le juge lors d'une audience au tribunal de Westminster», a-t-il expliqué.

Julian Assange, 48 ans, fait face à 18 chefs d'accusation aux États-Unis, notamment pour complot en vue de pirater des ordinateurs gouvernementaux et violation d'une loi sur l'espionnage. Il pourrait passer plusieurs décennies en prison s'il était transféré aux Etats-Unis et reconnu coupable. Viktor Dedaj, animateur du site Le Grand Soir, qui a fait du combat pour la libération d'Assange une priorité, estime que l'«extradition» voulue par les Etats-Unis est en réalité «un enlèvement», car le lanceur d'alerte n'est pas citoyen américain et n'a commis aucun crime aux Etats-Unis.

Julian Assange menacé d'extradition vers les Etats-Unis ?

"Le terme qui correspond c'est enlèvement", affirme Viktor Dedaj (@legrandsoir), spécialiste de l'affaire#FreeAssange@wikileaks@DefendAssangepic.twitter.com/rjDC6Ho4uI

— Fabien Rives (@Fabien_Rives) January 25, 2020

Lire aussi : La directive européenne sur la protection des lanceurs d'alerte soutenue par la France

  • 25 janvier 2020 à 17:10

Rejet de la réforme des retraites : Sibeth Ndiaye met en cause la «compréhension» des Français

Présente le 24 janvier sur le plateau de l’émission Bourdin Direct, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a été amenée à commenter un sondage, datant du 22 janvier, selon lequel 61% des Français souhaiteraient voir Emmanuel Macron retirer son projet de loi contesté de réforme des retraites.

En effet, une enquête d’opinion sur l’image d’Emmanuel Macron, rendue publique par l’institut Elabe, assure que «61% [des sondés] pensent qu’Emmanuel Macron devrait prendre en compte les contestations et retirer la réforme». Mais pour la collaboratrice du président de la République, ce rejet est le reflet d’«une forme d’exaspération». Non pas contre le pouvoir politique, comme est parfois interprété le mouvement social lancé début décembre, mais bien contre le mouvement social lui-même.

#Retraites: "Je crois très profondément que c'est une inquiétude. Le système est tellement complexe qu'il suscite de l'anxiété" - Sibeth Ndiaye#BourdinDirect 🎙 https://t.co/5VHtjsEIvKpic.twitter.com/WcuZd3CRlN

— RMC (@RMCinfo) January 24, 2020

Contradictoire ? Pas pour Sibeth Ndiaye, qui ajoute : «D'abord qu'on en parle énormément, qu'il y ait beaucoup de manifestations, qu'il y ait parfois de la violence assez radicale dans certaines manifestations, je pense que ça traduit de la lassitude et que les Français ont envie de passer à autre chose.» 

Mais ce n’est pas tout. Poursuivant son propos, Sibeth Ndiaye adresse un message aux Français : «Cette réforme, si on la fait, avec les difficultés que ça représente, c'est parce qu'on est profondément convaincus qu'elle est massivement redistributive, et que les gens qui aujourd'hui sont les oubliés de la solidarité nationale, ceux qui sont à temps partiel, ceux qui ont des petites carrières, ce seront les grands gagnants de cette réforme.» «Oui mais Sibeth Ndiaye j’ai envie de vous renvoyer la question, l’interrompt alors le journaliste, si elle était si bonne cette réforme des retraites, pourquoi est-ce que les Français la rejetteraient franchement ?»

Des éternels incompris ?

Il n’en fallait pas plus pour que la porte-parole dégaine son argument ultime : «Mais parce qu'il y a une difficulté de compréhension !» Le président de la République ne rappelait-il pas lui-même, lors d’un déplacement à Pau, le 14 janvier dernier, que «quand on explique et qu’on écoute, généralement on arrive à comprendre» ? La réforme serait-elle donc mal expliquée ?

Eh bien non. «A la réforme précédente, quand il y a eu la réforme de Marisol Touraine, dans le quinquennat précédent, les gens ils ont manifesté, ils n'étaient pas du tout contents de la réforme qui était proposée», se défend-elle. En effet, la loi votée en 2014 allongeait déjà la durée de cotisations pour une retraite à taux plein jusqu’à 43 ans, et n’était en réalité qu’un prolongement de la réforme menée par François Fillon en 2010.

«Et aujourd'hui, c'est le système qui est produit par cette réforme qui est ardemment défendu, en particulier par des organisations syndicales qui étaient contre», conclut alors Sibeth Ndiaye, avec un sourire narquois.

Et pour cause, si une partie des Français avaient contesté la réforme Fillon, c’est parce qu’elle retardait l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, précisément ce que compte faire le gouvernement avec l’instauration d’un «âge d’équilibre», permettant de bénéficier de sa retraite à taux plein, pour le moment fixé à 65 ans pour les générations nées après 1975, selon la dernière «étude d’impact» dévoilée le 24 janvier par le gouvernement. D’après ce même document, «l’âge d’équilibre» augmenterait «d’un mois par génération», soit 66 ans pour la génération 1987 et 67 ans pour la génération 1999.

Lire aussi : Sondage : 61% des Français pensent que Macron devrait retirer la réforme des retraites.

  • 25 janvier 2020 à 16:39

Disparition à Bagdad de trois Français et un Irakien de SOS Chrétiens d'Orient

Quatre collaborateurs «expérimentés» de SOS Chrétiens d'Orient, trois Français et un Irakien, sont portés disparus depuis le 20 janvier 2020 à Bagdad, capitale de l'Irak. Aucune demande de rançon ni revendication n'a pour l'instant été reçue, a annoncé l'association le 24 janvier.

Les quatre hommes ont «disparu aux alentours de l'ambassade de France», dans le centre-ville de la capitale, a déclaré à Paris Benjamin Blanchard, le directeur général et cofondateur de l'association SOS Chrétiens d'Orient. L'organisation vient en aide à cette minorité religieuse victime de violentes persécutions dans la région. Les quatre hommes «sont des salariés expérimentés qui travaillent depuis des années avec nous», a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse, soulignant leur «parfaite connaissance des crises» qui secouent la région. SOS Chrétiens d'Orient a tenté vainement de les joindre dans la journée du 21 janvier avant d'alerter les autorités françaises, le 22 janvier au matin. Les identités des quatre hommes n'ont pas été révélées pour des raisons de sécurité.

«Ils étaient là pour renouveler leurs visas et enregistrer l'association auprès des autorités irakiennes», a poursuivi le directeur, précisant que SOS Chrétiens d'Orient n'était formellement enregistré qu'auprès du gouvernement régional autonome du Kurdistan, mais pas encore du gouvernement fédéral de Bagdad. «Ce sont des procédures longues et complexes», a-t-il expliqué. Sollicité par l'AFP, le ministère français des Affaires étrangères n'a fait aucun commentaire, pas plus que l'ambassade de France en Irak. «Les autorités françaises et irakiennes se coordonnent aujourd'hui pour enquêter et retrouver leurs traces», a indiqué Benjamin Blanchard qui précise être «en contact étroit» avec les familles.

Bagdad est en proie à des manifestations depuis plusieurs mois, certaines contre le gouvernement et l'influence de l'Iran, et d'autres, plus récentes, contre la présence de troupes américaines en Irak après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué à Badgad début janvier dans une attaque de drone américain.

«Un rendez-vous qui ne posait pas de problème particulier»

L'ONG se présente comme une association humanitaire aidant les chrétiens d'Orient, victimes de persécutions, en particulier sous l'emprise du califat auto-proclamé de l'organisation Etat islamique. Selon son site internet, elle a effectué sa première mission en Syrie en 2013, puis en Irak en avril 2014, avant d'ouvrir une mission permanente la même année à Bagdad. Elle est présente dans plusieurs points du Kurdistan irakien. Mais «depuis plusieurs jours, avant cet événement, tout le personnel avait été rapatrié à Erbil [capitale de la région autonome du Kurdistan, au nord de l'Irak] à la demande du consulat général de France, suite aux tensions entre les Etats-Unis et l'Iran qui secouent l'Irak», a précisé le cofondateur de l'association. Il a par ailleurs insisté sur la rigueur de ses opérations en matière de sécurité.

Les quatre personnels «devaient se rendre à un rendez-vous qui ne posait pas de problème particulier», a expliqué Benjamin Blanchard, indiquant que les quatre hommes ont quitté en voiture leur hôtel qui «fait partie des établissements qui, régulièrement, reçoivent du personnel international». Outre les démarches administratives, ils devaient «faire un suivi des opérations de l'association, dont l'ouverture de notre nouvelle école à Bagdad», reconstruite par l'association. Celle-ci assure avoir agi «en parfaite coordination avec les autorités consulaires pour l'organisation de cette mission». Dès 2015, l'association avait mis en place un «plan de sûreté» audité par des experts. «Nous avons créé dès cette époque un pôle sécurité mobilisable 24h sur 24 et sept jours sur sept», a ajouté le cofondateur qui relève que les procédures étaient «mises à jour et auditées trois fois par an», et que les personnels suivaient une formation obligatoire en la matière.

Durant les trois années du califat, les minorités religieuses, en particulier les Yazidis et les chrétiens chaldéens et syriaques de la plaine de Ninive – province dont Mossoul est le chef-lieu – ont été persécutées par les djihadistes, entraînant un exode. En Irak, les chrétiens, au nombre de 1,5 million avant 2003, étaient à l'été 2019 «bien en dessous des 150 000», selon l'organisation catholique Aide à l'Église en détresse (AED), une fondation internationale de droit pontifical. En Syrie, ils sont actuellement moins de 500 000 contre 1,5 million en 2011, toujours selon l'AED. En novembre, celle-ci avait toutefois fait savoir que la persécution des chrétiens avait «considérablement diminué» en Syrie et Irak, en raison notamment de «la défaite militaire de l'État islamique».

Lire aussi : Des milliers de personnes manifestent à Bagdad contre la présence américaine en Irak

  • 25 janvier 2020 à 15:31

Brexit : le Royaume-Uni sort de l'UE et ouvre un «nouveau chapitre de son histoire»

«Aujourd'hui, j'ai signé l'accord de retrait pour que le Royaume-Uni quitte l'UE le 31 janvier, honorant le mandat démocratique du peuple britannique. Cette signature annonce un nouveau chapitre dans l’histoire de notre nation» : c'est par un message solennel, qui sied au moment historique qu'il marque, que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a définitivement mis un terme à l'interminable feuilleton du Brexit, le 24 janvier.

Today I have signed the Withdrawal Agreement for the UK to leave the EU on January 31st, honouring the democratic mandate of the British people.

This signature heralds a new chapter in our nation’s history. pic.twitter.com/IaGTeeL2is

— Boris Johnson (@BorisJohnson) January 24, 2020

Quelques heures auparavant, le document avait également été paraphé par les dirigeants européens, le président du Conseil Charles Michel et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il ne reste plus qu'au Parlement européen à ratifier l'accord, une formalité dont il s'acquittera le 29 janvier, puis aux diplomates des Etats membres de l'approuver par écrit. Dès lors, le Royaume-Uni pourra – enfin – sortir de l'Union européenne, le 31 janvier 2020.

Signe des changements à venir, l'UE a d'ores et déjà annoncé la nomination de son futur ambassadeur auprès du Royaume-Uni, devenu un pays tiers. Le Portugais Joao Vale de Almeida prendra ainsi ses fonctions à partir du 1er février.

Trois ans après

Il aura donc fallu attendre trois ans pour que le vote populaire des Britanniques qui, lors du référendum de 2016, avaient majoritairement choisi de quitter l'Union européenne, soit respecté. Trois années durant lesquelles les vents contraires auront été puissants pour tenter d'inverser cette décision, au point de faire éclore une crise politique sans précédent dans le pays.

Paralysée par l'inaction d'un Parlement incapable d'appliquer les résultats du vote, la situation a finalement été débloquée lors des élections législatives anticipées de décembre 2019. Le triomphe du conservateur Boris Johnson, qui avait axé sa campagne sur une sortie effective rapide – possible uniquement grâce au soutien décisif de l'architecte du Brexit, Nigel Farage – s'est apparenté à un nouveau plébiscite du Brexit.

Après 47 ans de tracé commun, les chemins du Royaume-Uni et de l'Union européenne vont donc se séparer. «Les choses vont inévitablement changer, mais notre amitié restera. Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés», a tenté de rassurer le président du Conseil, Charles Michel, dans un tweet. Mais, si les relations entre les deux entités resteront vraisemblablement cordiales, le problème se situe ailleurs pour les partisans du projet européen : un pays qui quitte le bloc est une première qui va marquer un précédent indélébile dans son histoire.

Lire aussi : Trump, Brexit : 2020, année du protectionnisme ?

  • 25 janvier 2020 à 13:51

Droit du sol : Donald Trump interdit les visas pour le «tourisme de maternité»

L'administration de Donald Trump va limiter les visas octroyés aux femmes enceintes soupçonnées de vouloir se rendre aux Etats-Unis pour que leur enfant y bénéficie automatiquement de la nationalité américaine à la naissance.

«A compter du 24 janvier 2020, le département d'Etat ne délivrera plus de visas de visite temporaire aux étrangers qui veulent entrer aux Etats-Unis pour du "tourisme de maternité"», afin de tirer avantage du droit du sol américain, a annoncé la Maison-Blanche dans un communiqué diffusé le 23 janvier.

Ces nouvelles règles visent directement les femmes qui «se rendent aux Etats-Unis pour que, en donnant naissance sur le sol américain, leur enfant obtienne automatiquement et de manière permanente la nationalité américaine», est-il expliqué dans le document.

Des filières clandestines démantelées

«Ce changement réglementaire est nécessaire pour renforcer la sécurité», «le système d'immigration» des Etats-Unis et «l'intégrité de la citoyenneté américaine», a ajouté la présidence. Elle estime que cette «industrie du tourisme de maternité» menace d'être une «surcharge» pour les hôpitaux du pays, sans compter qu'elle «alimente les activités criminelles».

«Mettre fin à ces failles flagrantes» du système américain «va permettre de combattre ces abus endémiques, et en fin de compte protéger les Etats-Unis», a insisté la Maison-Blanche, assurant vouloir aussi défendre l'argent des «contribuables américains».

Il y a un an, les autorités judiciaires avaient annoncé le démantèlement de trois réseaux clandestins qui offraient illégalement à des ressortissantes chinoises la possibilité de venir accoucher en Californie. En Floride, ce sont parfois des Russes ou des Latino-Américaines qui viennent donner naissance à de futurs Américains.

33 000 naissances par an selon le Center for Immigration Studies

Selon une étude du Center for Immigration Studies (Centre d'études sur l'immigration, un think tank anti-immigration), 33 000 naissances ont été le fruit de ce «tourisme de maternité» entre mi-2016 et mi-2017, sur un nombre total de 3,8 millions de naissances annuelles aux Etats-Unis.

Le droit du sol est très extensif outre-Atlantique : il suffit de naître dans le pays pour bénéficier automatiquement de la nationalité américaine.

Le président républicain a fait de la lutte contre l'immigration une de ses priorités et a ouvertement menacé, par le passé, de s'attaquer au droit du sol. Il avait dit envisager en octobre 2018 de revenir par décret sur ce principe pourtant garanti par le 14e amendement de la Constitution américaine, en partie pour dissuader les migrantes d'Amérique centrale qui tentent de franchir la frontière. «Nous sommes le seul pays au monde où, si une personne arrive et a un bébé, le bébé est citoyen des Etats-Unis… avec tous les avantages», avait-il déploré. Le droit du sol est en réalité en vigueur dans une trentaine de pays.

Lire aussi : L’AFP et Reuters retirent une dépêche critiquant Trump pour des faits imputables à Obama

  • 25 janvier 2020 à 12:05

34 soldats américains blessés par la riposte iranienne selon un nouveau bilan du Pentagone

Le bilan de l’attaque iranienne menée le 8 janvier 2020 sur plusieurs bases militaires accueillant des soldats américains en Irak vient encore de s’alourdir. Alors que le Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) avait dans un premier temps fait état, le 16 janvier, de 11 blessés, le Pentagone vient d’annoncer, le 24 janvier, que ce sont désormais 34 militaires étasuniens qui souffrent de «lésions cérébrales traumatiques», en langage profane de commotions cérébrales.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a déclaré que huit d’entre eux avaient été transférés depuis le Centre médical régional de Landstuhl, en Allemagne, vers les Etats-Unis pour recevoir des soins, alors que neuf autres s’y trouvaient encore en observation. Le CENTCOM avait d’abord affirmé que seulement huit soldats avaient été transportés dans l’ouest de l’Allemagne, contre 17 selon ce bilan du département américain de la Défense.

Par ailleurs, toujours selon le porte-parole, un des trois militaires qui avaient rejoint le camp d’Arifjan, au Koweït, pour y recevoir des soins, a pu réintégrer son unité en Irak. Les 16 soldats blessés restés dans le pays ont tous pu reprendre leurs fonctions.

Manifestation à Bagdad contre la présence américaine dans le pays

Cette annonce intervient peu de temps après la sortie remarquée du président américain Donald Trump, le 22 janvier à Davos (Suisse). Celui qui avait assuré quelques heures après les attaques qu’«aucun Américain» n’avait été blessé, a semblé minimiser l’impact des lésions subies par ses troupes. «J'ai entendu dire qu'ils avaient des maux de tête et quelques autres choses. Mais je dirais, et je peux le certifier, que ce n'est pas très grave en comparaison aux autres blessures que j’ai vues», a-t-il lancé à la presse.

Le 8 janvier dernier, en réponse à l’assassinat du général Qasem Soleimani, ancien chef de la force al-Qods (branche des Gardiens de la Révolution chargée des opérations extérieures), cinq jours plus tôt par les Etats-Unis en Irak, Téhéran avait lancé plusieurs attaques contre des bases abritant des soldats américains en territoire irakien. Les bases d’Aïn al-Assad et d’Erbil avaient alors été prises pour cibles.

Enfin, ce nouveau bilan a été rendu public alors qu’était organisée le même jour dans la capitale irakienne Bagdad, et sous l’impulsion du leader chiite Moqtada al-Sadr, une gigantesque manifestation contre la présence américaine dans le pays qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Le 5 janvier dernier, le Parlement irakien avait enjoint les troupes étasuniennes à quitter le pays. 5 200 soldats américains se trouvent encore en Irak.

Alexis Le Meur

Lire aussi : Des milliers de personnes manifestent à Bagdad contre la présence américaine en Irak

  • 25 janvier 2020 à 11:13

Le Conseil d'Etat ne peut pas garantir «la sécurité juridique» de la réforme des retraites

Le Conseil d'État estime ne pas avoir eu le temps de «garantir au mieux la sécurité juridique» de la réforme des retraites, selon un avis publié le 24 janvier. L'institution déplore aussi les «projections financières lacunaires» du gouvernement et un recours aux ordonnances qui «fait perdre la visibilité d'ensemble».

Saisi le 3 janvier 2020, le Conseil d'État n'a disposé que de trois semaines pour rendre son avis sur les deux projets de loi (organique et ordinaire), que le gouvernement a en outre modifiés à six reprises durant cette période, ce qui «ne l'a pas mis à même de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l'examen auquel il a procédé», estime-t-il. Une «situation d'autant plus regrettable» qu'il s'agit d'une réforme «inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir […] l'une des composantes majeures du contrat social», ajoute la plus haute juridiction administrative française, dans ce document.

Un avis sévère qui n'épargne pas l'étude d'impact accompagnant les deux textes. La première mouture était «insuffisante», et même une fois complétée, «les projections financières restent lacunaires», en particulier sur la hausse de l'âge de départ à la retraite, le taux d'emploi des seniors, les dépenses d'assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux. Le Conseil d'État pointe également le choix de recourir à 29 ordonnances, y compris «pour la définition d'éléments structurants du nouveau système de retraite», ce qui «fait perdre la visibilité d'ensemble qui est nécessaire à l'appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité».

Celle portant sur la «conservation à 100% des droits constitués» au moment de la bascule entre le système actuel et le futur «système universel» est jugée «particulièrement cruciale». A tel point «qu'en l'absence d'une telle ordonnance», la réforme «ne s'appliquera pas» aux personnes nées à partir de 1975. Enfin, l'engagement visant à revaloriser les enseignants et des chercheurs via des lois de programmation est condamné à disparaître du texte, car «ces dispositions constituent une injonction au gouvernement de déposer un projet de loi et sont ainsi contraires à la Constitution».

Lire aussi : Sondage : 61% des Français pensent que Macron devrait retirer la réforme des retraites

  • 25 janvier 2020 à 10:08

Suspendu pour suspicion de radicalisation après l'affaire Harpon, un policier saisit la justice

Un capitaine de police converti à l'islam a été désarmé et écarté de son affectation, le 28 octobre 2019, pour des soupçons de «radicalisation islamiste» après l'attaque de Mickaël Harpon, qui a endeuillé la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019. Le 8 janvier 2020, il a formé un pourvoi devant le Conseil d'Etat et saisi le Défenseur des droits. L'enquête administrative sur sa suspension provisoire doit se conclure d'ici le 28 février.

La question qui devra être tranchée est celle de la dangerosité potentielle du fonctionnaire qui dirigeait depuis juin 2019 un groupe à la Brigade d'exécution des décisions de justice (BEDJ), et qui s'était vu confier la gestion du fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait)... Un poste octroyé au grand dam de représentants du syndicat Alliance, selon les informations de Franceinfo qui a eu accès à un courrier du chef de la brigade : «Alors qu’il était pressenti pour prendre la tête de cette unité, une délégation syndicale Alliance a demandé audience pour s’émouvoir du fait que Monsieur C., dont le service entier connaît la pratique religieuse, était susceptible de superviser le Fijait.»

Surréaction des autorités ?

Selon la même source, le capitaine est le seul gradé dont le ministère de l’Intérieur a demandé la suspension provisoire dans les jours qui ont suivi l’attaque à la préfecture de police de Paris, en raison d'une potentielle radicalisation.

Des collègues anonymes ont assuré que le capitaine n'embrassait plus ses collègues féminines et qu'il priait dans son bureau. Mais le rapport commandé «en urgence par le préfet au chef de la BEDJ», selon Franceinfo, n'a pas permis d'établir une radicalisation avérée. Au contraire, un commissaire divisionnaire témoigne en sa faveur en décrivant un policier «aguerri», «rigoureux», «loyal» et «dévoué».

Pourtant, le 9 octobre 2019, le capitaine musulman découvre qu'on lui a coupé l'accès au fichier des terroristes suivis par son service. Il est désarmé le lendemain, puis suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, le 28 octobre 2019, sur décision du ministre de l’Intérieur.

«Les autorités ont-elles surréagi ?», s'interroge Franceinfo qui suppose que la mesure a peut-être été prise pour «rassurer l'opinion publique». L'officier qui a saisi le tribunal administratif de Paris s'en est expliqué par la voix de son avocat après une audience en décembre 2019 : «Cette comparaison avec le dénommé Harpon pour mon client, c’est inouï de violence. La seule similitude qui existe entre les deux profils, c’est leur conversion à l’islam. Point. Et c’est terrible lorsque vous êtes en charge, en qualité de capitaine de police, du suivi de l’ensemble des personnes condamnées à Paris pour des faits de terrorisme, d’être comparé, sans procès, sans faits, sans éléments, à quelqu'un qui a commis un acte qui pourrait être un acte terroriste.»

Le juge des référés a pour sa part tranché le 3 janvier 2020 en faveur de la décision de l'administration.

Mais la question se pose également de la poursuite de la carrière du capitaine de police, dans le cas où il ne serait pas révoqué, ainsi que le relève Christophe Rouget, porte-parole du Syndicat des cadres de la sécurité intérieur (SCSI) qui le défend : «Il est probable, possible, qu’in fine cette personne soit blanchie. Comment va-t-on gérer cette situation ? Personne ne le sait. Il est difficile pour un collègue policier de revenir dans un service alors que ses collaborateurs ont eu une suspicion sur lui, d’autant plus qu’il a été stigmatisé par l’institution. On est dans une situation qui, humainement, est vraiment très délicate à gérer.»

Selon les informations de France Inter, confirmées par Le Figaro, 106 dossiers de policiers signalés pour radicalisation présumée dans toute la France font l'objet d'une étude, mais les soupçons portent principalement sur des comportements religieux incompatibles avec le métier de policier, et non sur une «radicalisation violente».

Lire aussi : Deux policiers franciliens soupçonnés de radicalisation islamiste auraient été désarmés

  • 25 janvier 2020 à 09:07

Un dirigeant du CFCM appelle Mila à assumer ses «responsabilités» et les «conséquences» de ses actes

Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), a tenu sur RMC, le 24 janvier, une argumentation bancale, en maniant le «en même temps» et le «oui mais», en réaction à l'affaire Mila – une adolescente qui a reçu de nombreuses menaces après avoir critiqué la religion islamique de manière virulente.

#JeSuisMila - "Je pense qu'elle aurait du se taire !! On a le droit de critiquer une religion mais pas de l’insulter !! Ça a été d'une vulgarité impossible !!" Abdallah Zekri, délégué général du CFCM #GGRMCpic.twitter.com/TJSeh8cNxY

— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) January 24, 2020

Le début de son propos pouvait pourtant laisser penser à une position ferme contre les internautes ayant menacé Mila de mort et de viol : «Je condamne fermement toutes [les] personnes qui ont menacé [Mila].»

Maintenant, qu'elle assume les conséquences de ce qu'elle a dit

Le dirigeant du CFCM a enchaîné en tenant à faire savoir aux auditeurs que lui-même recevait des menaces de mort : «Mais moi, je m'en fous, je ne porte pas plainte.»

Mila «aurait dû un petit peu se taire», selon Abdallah Zekri

Cela dit, Abdallah Zekri a ensuite argumenté en déclarant que l'âge de Mila (16 ans) «n'excusait pas» ses propos, et a estimé que la lycéenne «aurait dû un petit peu se taire». «Les propos qu'elle a tenus… Oui, on peut critiquer les religions, oui le délit de blasphème […] Mais faire des insultes comme elle a fait, elle sait très bien ce qu'elle fait», a poursuivi celui qui dirige également l'Observatoire national contre l'islamophobie.

Qui sème le vent récolte la tempête

«Cette jeune fille aurait dû un petit peu se taire», martèle-t-il encore. «Les insultes, je ne les accepte pas, que ce soit pour la religion musulmane, juive, catholique, peu importe», explique-t-il encore. Considérant que la vidéo de Mila «a été d'une vulgarité impossible», il ajoute : «Moi, je ne peux pas accepter ce qu'elle a dit.». Sa conclusion peut être vue comme une justification des menaces reçues par Mila : «Maintenant, elle assume ses responsabilités.» La veille, le 23 janvier sur Sud Radio, Abdallah Zekri avait déjà tenu un discours similaire : «Qu'elle critique les religions, je suis d'accord, mais insulter et tout ce qui s'ensuit… Maintenant, qu'elle assume les conséquences de ce qu'elle a dit.» Il avait aussi expliqué : «Qui sème le vent récolte la tempête.»

Lire aussi : Affaire Mila : le parquet ouvre deux enquêtes, dont une pour «incitation à la haine raciale»

  • 24 janvier 2020 à 23:08

Des milliers de personnes manifestent à Bagdad contre la présence américaine en Irak

Suite à un appel à manifester contre la présence des troupes américaines en Irak, lancé par le leader chiite Moqtada al-Sadr, des milliers de personnes ont déferlé dans les rues de Bagdad ce 24 janvier, comme on peut le constater sur ces images de l’agence Ruptly.

#Irak 🇮🇶 : des centaines de personnes manifestent contre le gouvernement à #Bagdadpic.twitter.com/zylwl4a2vD

— RT France (@RTenfrancais) January 24, 2020

Scandant «Dehors, dehors, occupant» ou encore «Oui à la souveraineté», la foule des fidèles de Moqtada al-Sadr s’est rassemblée dans le quartier de Jadriyah, agitant des drapeaux irakiens. Un porte-parole du leader religieux est monté à la tribune afin de lire un communiqué de celui-ci, dans lequel il a appelé au retrait des forces américaines d’Irak, à l’annulation des accords de sécurité entre Washington et Bagdad mais aussi à la fermeture de l’espace aérien irakien aux avions militaires américains. Une gigantesque banderole «Get out America» (Dehors l’Amérique) était déployée sur l’estrade.

#Irak 🇮🇶 : «une manifestation d'un million de personnes» contre la présence américaine 🇺🇸#Bagdad#EtatsUnispic.twitter.com/EyjpNhfoPs

— RT France (@RTenfrancais) January 24, 2020

Le fils de l’ayatollah Mohammad Sadeq al-Sadr, exécuté en 1999 sous Saddam Hussein, a par ailleurs conseillé au président américain de ne pas être «arrogant» face aux responsables irakiens. «Si tout cela est fait, nous traiterons [avec les Etats-Unis] comme avec un pays non-occupant, sinon, nous les considérerons comme un pays hostile à l'Irak», a-t-il fait savoir.

L’appel de Moqtada al-Sadr a été suivi par le Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires pro-iranienne formée pour lutter contre les djihadistes et désormais intégrée aux forces de sécurité irakiennes, habituellement rivale du leader politique, et dont le numéro deux, Abou Mehdi al-Mouhandis, avait été assassiné lors de l’opération américaine visant le général iranien Qassem Soleimani, ancien chef de la force al-Qods, le 3 janvier en Irak.

Dans son prêche du vendredi, lu par un porte-parole, le grand ayatollah Ali Sistani a de son côté souligné le droit des Irakiens à manifester «pacifiquement» pour leur souveraineté nationale. La plus haute autorité chiite du pays a par ailleurs dénoncé le «retard» des partis dans la formation d’un nouveau gouvernement.

En effet, depuis la démission du Premier ministre, Adel Abdel Mahdi en décembre sous la pression de la rue, celui-ci est resté au pouvoir afin de gérer les affaires courantes, les partis politiques n’arrivant pas à se mettre d’accord sur la composition d’un nouveau gouvernement. Une occasion pour Moqtada al-Sadr de se positionner non plus uniquement comme un leader de la contestation qui secoue le pays depuis le 1er octobre, mais également comme un résistant à l’occupation américaine du pays depuis 2003. Les 5 200 militaires étasuniens encore déployés en Irak avaient été enjoints à quitter le pays par le Parlement irakien le 5 janvier dernier.

Lire aussi : Retrait des troupes américaines ? Washington aurait menacé l'Irak de bloquer son compte à la Fed

  • 24 janvier 2020 à 22:00

Une nouvelle sortie de Salvini ulcère la diplomatie tunisienne

L'ambassadeur de Tunisie à Rome s'est dit «consterné par la conduite embarrassante» de Matteo Salvini, chef de file du parti italien de la Lega, qui lors d'un déplacement électoral le 21 janvier à Bologne, a sonné chez un résident d'origine tunisienne en lui demandant à l'interphone s'il «revendait de la drogue».

Il s'agit d'une «provocation sans aucun respect pour une habitation privée», a déclaré l'ambassadeur Moez Sinaoui à l'agence AGI qui l'interrogeait sur l'attitude et les propos de l'ancien ministre italien de l'Intérieur à l'égard d'une famille d'origine tunisienne. Le diplomate a aussi exprimé sa «consternation pour l’embarrassante conduite d'un sénateur de la République», en l’occurrence Matteo Salvini, dénonçant le fait qu'une famille tunisienne ait «été injustement diffamée». 

En campagne dans un quartier de Bologne pour l'élection régionale du 26 janvier en Emilie-Romagne (nord-est), Matteo Salvini, entouré par une nuée de caméras, s'est laissé guider par une résidente vers l'immeuble où habite, selon elle, un revendeur de drogue.

«Bonsoir, des habitants nous ont dit une chose désagréable [à votre sujet]. On nous a dit que c'est de chez vous que part une partie de la drogue qui est revendue dans le quartier. C'est vrai ou faux ?», demande le leader souverainiste après avoir sonné à l'interphone indiqué par la résidente. «C'est un Tunisien ? C'est lequel qui revend de la drogue, le fils, le père ?», demande Salvini autour de lui alors que son interlocuteur a déjà raccroché.

Exprimant son «indignation» face à ce geste «populiste» dans un contexte de «xénophobie grandissante, particulièrement contre les Tunisiens», le forum Tunisien des droits économiques et sociaux – importante ONG tunisienne – s’est dite prête dans un communiqué à apporter «un soutien légal à toute poursuite visant à obtenir justice face aux tribunaux italiens ou la Cour européenne des droits humains».

Selon des médias italiens, la famille tunisienne s'est déjà adressée à un cabinet d'avocats en vue d'étudier une possible action en justice contre Matteo Salvini. La Ligue espère elle remporter le 26 janvier une élection régionale cruciale en Emilie-Romagne.

Une victoire du parti de droite dans ce bastion de la gauche italienne pourrait entraîner la chute du gouvernement formé par la Parti démocrate et le Mouvement 5 Etoiles et provoquer des législatives anticipées, ardemment souhaitées par Matteo Salvini.

Lire aussi : Instagram : Salvini trolle le pape, qui avait tapé sur la main d'une fidèle trop empressée (VIDEO)

  • 24 janvier 2020 à 11:43

Nouvelle grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites (EN CONTINU)

Alors que la réforme des retraites portée par le gouvernement doit être présentée ce 24 janvier en conseil des ministres, la mobilisation sociale contre le projet de loi se poursuit avec une 7e grande journée d'actions, soit la 51e journée de grève depuis le lancement du mouvement le 5 décembre dernier.

Dans un tract daté du 22 janvier, intitulé «Un 24 massif et déterminé pour le retrait», l’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF, UNL) a appelé à «une mobilisation maximale le 24 janvier par la grève et les manifestations massives pour rejeter cette réforme, pour obtenir le retrait de ce projet de Loi et de véritables négociations sur la base des revendications portées par l’intersyndicale majoritaire».

Dans les transports, après un quasi retour à la normale ces derniers jours, le trafic est largement perturbé. La SNCF a annoncé, le 24 janvier au matin, un trafic quasi normal sur les TGV, 70% des TER/Intercités et 60% des Transiliens. A la RATP, seulement trois lignes fonctionnent normalement et plusieurs dépôts de bus ont été bloqués dans la matinée.

De nombreuses manifestations seront organisées sur tout le territoire. Dans la capitale, le cortège s’élancera à 11h de la place de la République en direction de la place de la Concorde. Le préfet de police, Didier Lallement, a indiqué craindre des «violences et des dégradations», faisant savoir qu’il «mobiliserait des moyens humains et matériels significatifs». Une déclaration qui a fait réagir Yves Veyrier, secrétaire générale de Force ouvrière. «Il faut cesser de stigmatiser le droit de manifester», a appuyé le responsable syndical, assurant que «les dernières manifestations qui ont eu lieu se sont passées dans le calme absolu».

Dans la soirée du 23 janvier, des marches aux flambeaux ont eu lieu dans plusieurs villes, regroupant des centaines de personnes à Dijon, Lyon ou Strasbourg, et quelques milliers à Paris, alors que les députés commenceront l’examen des amendements le 3 février prochain.

Lire aussi : Contre la réforme des retraites, des marches aux flambeaux dans toute la France

  • 24 janvier 2020 à 10:24

«Pas encore une urgence sanitaire mondiale» : l'OMS rassure à propos du nouveau coronavirus

Le coronavirus, qui frappe la Chine depuis le mois de décembre, continue sa progression et se répand désormais au-delà de ses frontières. 2019 n-Cov, c’est son nom, a déjà causé 26 morts et contaminé plus de 800 personnes. Mais selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), s’exprimant devant la presse à l’issue de deux jours de réunion de son comité d’urgence, ce virus n’est «pas encore une urgence sanitaire mondiale». «Je ne déclare pas aujourd'hui une urgence de santé publique de portée internationale», a-t-il souligné, ajoutant qu’il «il n'y a aucune preuve de transmission interhumaine en dehors de la Chine».

Dans le même temps, le comté de Brazos, dans le Texas (Etats-Unis), a annoncé le 23 janvier enquêter sur un nouveau cas présumé d’infection au coronavirus chinois chez un étudiant ayant voyagé à Wuhan, en Chine, berceau de l’épidémie. «Hier, un malade potentiel a été identifié dans une salle des urgences locales», a fait savoir le docteur Eric Wilke, membre des autorités sanitaires du comté lors d’une conférence de presse, indiquant que l’étudiant présentait des «symptômes respiratoires légers» comme une «toux» et une «congestion».

Par ailleurs, le ministère japonais de la Santé a affirmé, ce 24 janvier, avoir confirmé un deuxième cas d’infection dans l’archipel. «Il a ressenti de la fièvre le 14 janvier, a consulté un médecin en Chine les 15 et 17 et aucun signe de pneumonie n'avait été détecté à ce stade», a-t-il expliqué. La personne infectée est un résidant de Wuhan arrivé au Japon le 19 janvier. Il a pu quitter l'hôpital après avoir été traité.

La Chine a en outre confirmé un deuxième mort en dehors de l’épicentre de l’épidémie. Cette personne est décédée dans le Heilongjiang (nord-est), une province frontalière de la Russie, ont constaté les autorités locales sans fournir plus de détails. Cette province est située à plus de 1 800 kilomètres à vol d'oiseau de Wuhan, la ville de 11 millions d'habitants où ont été comptabilisés la grande majorité des cas de contamination et des décès dus au virus depuis décembre.

Plus de 30 millions d'habitants du centre de la Chine sont désormais bloqués par des mesures anti-épidémie, après la quarantaine imposée en réponse au nouveau coronavirus. Une commune riveraine du Yangtsé, Jingzhou, a mis en place une interdiction de quitter la ville en train, en bateau ou en autocar. La localité, qui compte plus de six millions d'habitants, est la neuvième à faire l'objet d'une telle mesure dans la région de Wuhan.

Lire aussi : Comment la Chine fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ?

  • 24 janvier 2020 à 09:06

Pourquoi le président polonais a boudé les commémorations de la Shoah à Jérusalem

Alors qu'une quarantaine de pays – pour beaucoup parties prenantes de la dernière guerre mondiale – étaient représentés à Jérusalem pour le forum «Se souvenir de la Shoah : lutter contre l'antisémitisme», l'absence de la Pologne n'est pas passée inaperçue. 

Convié aux commémorations mais absent du programme des prises de paroles, le président polonais Andrzej Duda a argué du fait qu'il ne pourrait pas répliquer à une éventuelle attaque du président russe pour bouder la cérémonie. 

Peine perdue, puisque Vladimir Poutine n'a prononcé le mot «Pologne» qu'une seule fois au cours de son allocution principale, pour rappeler que les «peuples slaves», avaient été eux aussi «visés par les nazis» dans leur quête d'un espace vital à l'Est. Considérés comme des «sous-hommes» par l'idéologie nazie, les slaves – dont les Polonais et les Russes – étaient en effet destinés selon les plans hitlériens à être éliminés ou réduits à l'état d'esclaves.

La Pologne et la Russie s'opposent régulièrement dans leur lecture de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Depuis une décennie, chaque commémoration est ainsi l'occasion de nouvelles passes d'armes entre les deux nations. Cette opposition a connu un point d'orgue ces derniers mois avec l'exclusion de la Russie des commémorations des 80 ans de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en septembre, et l'adoption dans la foulée d'une résolution par le Parlement européen, présentant le déclenchement du conflit mondial «comme une conséquence immédiate du tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939». Une considération inacceptable pour la Russie qui, en tant qu'héritière de l'URSS, revendique le plus lourd tribut payé dans l'élimination du nazisme avec près de 27 millions de morts civils et militaires de son côté.

Le 20 janvier, depuis Saint-Pétersbourg, le président russe promettait encore de faire «taire ceux qui tentent de réécrire l’Histoire, de la présenter sous un faux jour et de réduire le rôle de nos pères et nos grands-pères, de nos héros, qui ont perdu la vie en défendant leur patrie et presque le monde entier contre la peste brune». 

Malaise avec Israël et les Etats-Unis sur la question de la Shoah

Au-delà de son opposition avec la Russie, les relations entre Pologne et Israël sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale sont également tendues. Le torchon a ainsi brûlé entre les deux pays après le vote d'une loi par le parlement polonais début 2018 [retirée par la suite], prévoyant une peine de trois ans de prison pour ceux qui attribueraient «la responsabilité ou la co-responsabilité de la nation ou de l'Etat polonais pour les crimes commis par le Troisième Reich allemand».

Cette loi mémorielle, visant à supprimer dans le pays la notion de «camps de la mort polonais» avait suscité nombre d'indignations en Israël où elle avait été perçue comme une volonté d'effacer la participation de Polonais à la solution finale. Devant la pression, notamment des Etats-Unis, partenaire stratégique privilégié du gouvernement nationaliste polonais, les autorités du pays avaient reculé. 

Mais, depuis, de nouveaux incidents diplomatiques sur fond de mémoire ont égrené la relation entre les deux pays : la Pologne a en effet boycotté en février 2019 un sommet prévu à Jérusalem après les propos du chef de la diplomatie de l'Etat hébreux Yisrael Katz, qui avait parlé d'«antisémitisme que les Polonais tètent avec le lait de leur mère».

En mai, la Pologne avait annulé la visite de dignitaires israéliens en raison de leur volonté d'aborder la question de la restitution des biens des juifs morts pendant le conflit et tombés en déshérence après la guerre, une question que le gouvernement refuse catégoriquement d'aborder. 

En mai 2018 la promulgation par Donald Trump de la loi JUST (Justice for Uncompensated Survivors Today), sur la restitution de bien juifs confisqués pendant la Seconde Guerre mondiale de plusieurs pays, dont la Pologne, a provoqué de vives contestation au sein du pays, même si le gouvernement avait minimisé son impact réel. 

Lire aussi : Holocauste : des milliers de personnes manifestent à Varsovie contre la restitution des biens juifs

  • 24 janvier 2020 à 07:43

Epinal : deux interpellations après la découverte d'explosifs, le parquet antiterroriste saisi

Une enquête menée par le parquet national antiterroriste (Pnat) a abouti à la découverte d'engins explosifs dans un immeuble d'Epinal et à l'interpellation de deux individus ce 23 janvier. L'enquête, initialement ouverte par le parquet local, est conduite par le Pnat pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle» et «détention et fabrication d'engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste», a fait savoir celui-ci.

L'homme arrêté est fiché S pour radicalisation. Né en 1971 et présentant un handicap physique, il est sorti de prison en 2019 après avoir été incarcéré dans un dossier lié aux stupéfiants, selon une source proche du dossier.

Suivi depuis plusieurs années, il est notamment connu pour ses relations avec le groupuscule islamiste Forsane Alizza, dissous en 2012 par le ministère de l'Intérieur. Il s'était vanté en décembre 2019 de savoir manipuler des explosifs, ce qui avait alerté les autorités. Sa compagne a elle aussi été placée en garde à vue.

En début de matinée, des policiers du commissariat d'Epinal et du Raid (unité de Recherche, assistance, intervention, dissuasion) de Nancy avaient investi un immeuble du centre-ville dans le cadre d'une perquisition administrative.

Selon le journal Vosges matin, qui a révélé les faits, cette opération policière «fait suite à des signaux faibles des renseignements territoriaux évoquant la possible présence dans un immeuble de la rue d'une personne pouvant faire partie de la mouvance islamiste». La rue a été bouclée, selon le maire, Michel Heinrich, mais «il n'y a pas eu de confinement d'école, collège ou lycée, sauf un à l'initiative du chef d'établissement». Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg.

Lire aussi : Une femme en niqab porteuse d'un couteau interpellée gare d'Austerlitz

  • 23 janvier 2020 à 23:16

Le face-à-face - Réforme des retraites : le match est-il plié ?

Preview Alors que le projet de réforme des retraites sera présenté en Conseil des ministres le 24 janvier, les dés sont-ils jetés ? Pierre Roger, secrétaire national CFE-CGC, et Alain Trannoy, économiste, en débattent.

  • 23 janvier 2020 à 23:12

Performance remarquée de séminaristes orthodoxes russes dans l'émission «The Voice»

Ils s'appellent Kirill, Artour, Piotr, Denis et Vladimir, et leur performance a grandement ému le public de «The Voice». Le 18 janvier, cinq séminaristes orthodoxes russes se sont en effet présentés au concours à l'aveugle de la célèbre émission musicale de TF1. Le quintet, baptisé Schola Fratum (les frères de l'école en latin, les cinq prêtres étant eux-mêmes frères), est issu du séminaire orthodoxe russe de Sainte-Geneviève, à Epinay-sous-Sénart (Essonne).

Pour sa performance, Schola Fratrum a interprété Ô Mon âme, un kontakion datant des VII-VIIIe siècles et provenant du Grand Canon du saint André de Crète, auteur de nombreuses odes byzantines. Cette œuvre résonne habituellement dans les églises orthodoxes au début et à la fin du Grand Carême, appelant les pécheurs à la repentance.

Si le chant a envoûté le public de «The Voice», le jury, composé de Lara Fabian, Amel Bent, Pascal Obispo et Marc Lavoine, ne s'est pas retourné, considérant que les cinq aspirants à la prêtrise étaient déjà des professionnels de la chanson.

Jouissant d'une grande popularité en Russie, la chanteuse Lara Fabian leur a toutefois proposé de se produire avec elle sur scène lors de son prochain concert à Moscou.

Lire aussi : La Hongrie s'est-elle vraiment retirée du concours de l'Eurovision le jugeant «trop gay» ?

  • 23 janvier 2020 à 22:40

Vladimir Poutine à Jérusalem : «Le peuple soviétique a libéré l’Europe du nazisme»

Vladimir Poutine est intervenu le 23 janvier à Jérusalem lors des commémorations des 75 ans de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz par l'Armée rouge, le 27 janvier 1945 par la 100e division du général Krassavine de la 60e armée du Front de Voronej.

Vladimir Poutine a commencé par évoquer le sujet en déclarant : «L’Holocauste, c’est l’extermination intentionnelle d’êtres humains.» «Il faut aussi se souvenir que les nazis préparaient le même sort à bien d’autres peuples : furent déclarés "sous-hommes" les Russes, les Biélorusses, les Ukrainiens, les Polonais, les représentants de beaucoup d’autres nationalités», a-t-il ajouté en assurant que «leur terre natale devait servir d’espace vital aux nazis pour leur assurer une vie dans l’aisance, tandis que les Slaves et les autres peuples devaient subir l’extermination ou l’asservissement au prix de la perte de leur culture, de leur mémoire historique, de leur langue».

La mémoire de l’Holocauste ne servira de leçon et d’avertissement que si elle est préservée dans son intégralité, sans être expurgée, sans être tue

Le chef d'Etat russe a enchaîné en précisant qu'«en 1945, c’est avant tout le peuple soviétique qui mit fin à ces projets barbares». Pour lui, le peuple soviétique, «comme cela a déjà été dit à l’instant, a défendu sa Patrie et a libéré l’Europe du nazisme». Le président russe est également revenu sur le «lourd tribut» payé par les Soviétiques, ce «qu’aucun peuple n’a jamais imaginé, même en cauchemar : 27 millions de morts».

«Nous ne l’oublierons jamais», a-t-il poursuivi, en rappelant que «la mémoire de l’Holocauste ne servira de leçon et d’avertissement que si elle est préservée dans son intégralité, sans être expurgée, sans être tue». Vladimir Poutine a toutefois exprimé ses craintes : «Malheureusement, la mémoire de la guerre et ses leçons, son héritage, font aujourd’hui de plus en plus souvent l’objet de conjonctures politiques, de l’instant présent, du moment. C’est absolument inacceptable. Or, le devoir des responsables politiques d’aujourd’hui et de l’avenir, des acteurs de la vie publique et sociale, c’est de défendre le nom des héros vivants et morts, des civils qui ont été victimes des nazis et de leurs acolytes. Pour cela, il est important d’utiliser toutes les possibilités, qu’elles soient médiatiques, politiques, culturelles, que ce soient l’autorité et l’influence de nos pays dans le monde.»

«Je suis convaincu que tous ceux qui sont présents ici dans cette salle, à ce forum, partagent cette préoccupation et sont prêts à défendre avec nous la vérité et la justice», a-t-il conclu.

Lire aussi : Revivez le forum international «Se souvenir de la Shoah : lutter contre l'antisémitisme» à Jérusalem

  • 23 janvier 2020 à 22:17

Affaire Mila : le parquet ouvre deux enquêtes, dont une pour «incitation à la haine raciale»

Après avoir enflammé les réseaux sociaux depuis le 19 janvier, l'histoire de Mila a pris une tournure judiciaire. D'après les informations de Franceinfo, le parquet de Vienne a ouvert une enquête pour «menaces de mort». L'adolescente a en effet été la cible de multiples insultes et intimidations après avoir critiqué la religion, et particulièrement l'islam.

Néanmoins, le parquet a également décidé d'ouvrir une enquête pour «incitation à la haine raciale» après les propos virulents de Mila. Pourtant, une source proche du dossier a fait savoir à France Bleu Isère, qu'«on ne [pouvait] pas pour l'instant taxer la jeune fille de racisme». Est-ce que la critique de la religion peut être considérée comme du racisme ? Le parquet va semble-t-il ouvrir le débat à travers cette enquête. Le député et président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan, a exprimé sa colère : «Honte au Parquet qui met à égalité la victime et ses agresseurs ! Soutenons Mila face au Parquet qui vient d'ouvrir une enquête contre elle parce qu'elle a osé critiquer l'Islam... Ce sont ceux qui la menacent de mort qu'il faut condamner ! #JeSuisMila.»

Honte au Parquet qui met à égalité la victime et ses agresseurs !

Soutenons Mila face au Parquet qui vient d'ouvrir une enquête contre elle parce qu'elle a osé critiquer l'Islam... Ce sont ceux qui la menacent de mort qu'il faut condamner ! #JeSuisMilahttps://t.co/92LLjJe3oV

— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) January 23, 2020

Le député du Rassemblement national Gilbert Collard s'offusque, pour sa part, de l'attitude du parquet à «cirage variable» puisque n'osant pas «poursuivre de sa propre initiative le pseudo humoriste Frédéric Fromet qui parle "d'enc****" Jésus !». Celui-ci avait en effet réalisé le 10 janvier sur France inter une chronique dans laquelle il avait notamment qualifié le messie chrétien d'homosexuel (dans un terme plus vulgaire). Gilbert Collard se surprend dès lors que Mila soit poursuivie par la justice.

Puisque le parquet attaque #Mila pour incitation à la haine, qu'attend-il pour poursuivre de sa propre initiative le pseudo humoriste Frédéric #Fromet qui parle "d'enculer" Jésus !
C'est un parquet à cirage variable !#FranceInter#JesuisMila#Islamhttps://t.co/BQvrLCTq4M

— Gilbert Collard (@GilbertCollard) January 23, 2020

L'un des co-fondateurs de l'organisation de défense de la laïcité «Le Printemps républicain», Laurent Bouvet, se pose plusieurs questions :«Pourquoi "incitation à la haine raciale" alors qu'il s'agit de l'islam ? Est-ce parce qu'il n'existe pas de délit de blasphème en droit français (hors Alsace-Moselle de mémoire) ? On est donc là de la part du parquet face à un usage abusif de la loi Pleven qui rétablit de facto le délit de blasphème… La seule question qui se pose ici est : pourquoi ?»

Actuellement, Mila, 16 ans, a été déscolarisée du fait des menaces qui pèsent sur elle.

Lire aussi : Mila, adolescente menacée de mort après avoir déclaré que «l'islam c'est de la merde» sur le web

  • 23 janvier 2020 à 22:08

Sergio Coronado : «Le juge est le seul et unique garant de nos libertés»

Preview Sergio Coronado, tête de liste à l’élection municipale à Bondy (Seine-Saint-Denis) avec le soutien de La France insoumise, est l’invité politique de Stéphanie De Muru le 23 janvier. Il revient notamment sur la loi Avia contre la cyberhaine.

  • 23 janvier 2020 à 21:36

«Chirac du pauvre» : l'opposition moque Emmanuel Macron après son altercation verbale à Jérusalem

«Singer Chirac», «faux accent français», «calcul [pour] flatter l’électorat communautaire»... Immédiatement après sa diffusion sur les réseaux sociaux, le coup de colère du président français contre des policiers israéliens à Jérusalem a amplement fait réagir – essentiellement dans les rangs de l'opposition, de nombreux politiques pointant du doigt un calcul politique. 

«L’imitation de Jacques Chirac est pleine de bonne volonté, accent français inclus, mais cela sonne ... moins spontané», a notamment déclaré le député Les Républicains (LR) Julien Aubert, en référence à un coup de sang resté célèbre de l'ancien président contre les forces de sécurité de l'Etat hébreux, lors d'une visite officielle en 1996. 

L’imitation de Jacques Chirac est pleine de bonne volonté, accent français inclus, mais cela sonne ... moins spontané. https://t.co/p7ty369Ll0 via @Le_Figaro

— Julien Aubert (@JulienAubert84) January 22, 2020

«Jacques Chirac était sincère, vrai. Emmanuel Macron est factice, truqué», a estimé dans la même veine le député LR du Lot Aurélien Pradié, pour qui l’«insincérité est la plaie de la macronie».

Pauvre comédien. Jacques Chirac était sincère, vrai. Emmanuel Macron est factice, truqué. Il n’aspire qu’à sa propre mise en scène. Un sentiment ne se singe pas: la sincérité. L’insincérité est la plaie de la macronie. Un marqueur, une méthode, un cynisme moderne. Insupportable. https://t.co/oUKCs8nBym

— Aurélien Pradié (@AurelienPradie) January 22, 2020

«Le Chirac du pauvre, sans la spontanéité, sans la sincérité, sans le panache français», a estimé pour sa part l'élu Rassemblement national (RN) Julien Odoul sur Twitter. En outre, il y a vu un calcul politique visant à «flatter l’électorat communautaire viscéralement hostile à Israël». 

Le Chirac du pauvre, sans la spontanéité, sans la sincérité, sans le panache français

A gauche, les réactions à la colère présidentielle ont elles aussi été nombreuses : «Quand le "nouveau monde" finit par singer l’ancien... la spontanéité et l’inspiration en moins. Le faux accent français en plus», a commenté l'eurodéputé écologiste David Cormand, qui a ajouté que le proche-Orient n'était pas «un terrain de jeu pour mauvaise impro». 

«Singer Chirac pour faire oublier qu'il mène la politique de Sarkozy», a tancé de son côté l'élu parisien communiste Ian Brossat. 

Singer Chirac pour faire oublier qu'il mène la politique de Sarkozy... #Macronpic.twitter.com/bfPNFXU74q

— Ian Brossat (@IanBrossat) January 22, 2020

«Si Macron veut imiter Chirac, qu'il retire son projet de réforme contre nos retraites comme Chirac avait retiré son contrat première embauche», a ironisé, côté France insoumise (LFI), l'eurodéputé Manuel Bompard, en référence à l'abandon d'un projet porté par le gouvernement de Villepin en 2006 devant l'ampleur des manifestations. 

L'altercation verbale a éclaté à l'entrée de la basilique Sainte-Anne, dans la Vieille ville de Jérusalem. Alors qu'il se tenait devant l'entrée de l'édifice religieux, territoire français, le président de la République a piqué une colère, reprochant visiblement aux policiers israéliens d'avoir pénétré les lieux. Dans une séquence vidéo relayée sur les réseaux sociaux par un journaliste du Parisien, on peut l’entendre s’adresser à un policier, planté devant lui dans l'entrée de l'église – et ce, dans un anglais au fort accent français : «Tout le monde connaît les règles. Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi. Sortez !»

Quelques heures avant, un léger accrochage avait eu lieu, entre des membres du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), et un membre des forces de sécurité israéliennes qui avait voulu entrer dans la basilique.

Lire aussi : «Respect the rules !» : altercation verbale entre Macron et des policiers israéliens à Jérusalem

  • 22 janvier 2020 à 21:31

Au terme de son mandat présidentiel, Vladimir Poutine ne veut pas suivre l'exemple de Singapour

Depuis que le président russe Vladimir Poutine a présenté les contours d'une future réforme constitutionnelle, le 15 janvier, les interrogations vont bon train dans la presse quant au devenir de Vladimir Poutine à l'issue de son mandat présidentiel, en 2024. Si le chef d'Etat esquive d'ordinaire les questions sur ce thème, il a livré plusieurs commentaires qui lui sont liés ces derniers jours.

Ce 22 janvier, le président russe participait à une rencontre dans le centre éducatif Sirius, fondé en 2013 à son initiative et visant à repérer et former de jeunes talents. L'un des participants à la rencontre a interrogé Vladimir Poutine sur l'exemple de l'ancien dirigeant de Singapour, Lee Kuan Yew. Celui-ci a été Premier ministre de 1959 à 1990 et, après avoir démissionné de son poste, a continué de jouer un rôle central dans la politique de Singapour, en devenant «ministre senior» puis «ministre mentor», jusqu'en 2011. Vladimir Poutine ne souhaite pas s'en inspirer : «Notre pays devrait être une république présidentielle forte [...] Ce que vous proposez saperait l'institution présidentielle. Je pense que pour un pays comme la Russie, cela ne peut pas s'appliquer», a-t-il déclaré.

Le président russe a également jugé que la mise en place d'une institution supra-présidentielle en Russie provoquerait une situation de dualité du pouvoir exécutif, ce qui serait inacceptable à ses yeux. «Si nous avons une sorte d'institution [qui se trouve] au-dessus du président, cela ne se traduira par un double pouvoir. C'est une situation absolument fatale pour un pays comme la Russie», a-t-il dit ainsi déclaré.

Vladimir Poutine refuse de toucher à la limite des mandats présidentiels

Le 18 janvier également, Vladimir Poutine s'était exprimé sur le devenir des institutions russes. Lors d'une rencontre ce jour-là avec des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, un vétéran avait suggéré au président de modifier la constitution, de façon à ce que les mandats présidentiels ne soient pas limités. «Quant aux mandats, je comprends que beaucoup de nos concitoyens sont préoccupés par la stabilité de la société, la stabilité de l'Etat», a réagi le dirigeant russe, avant d'ajouter : «Dans le même temps, il serait très alarmant de revenir à la situation du milieu des années 1980 [en URSS], lorsque les chefs de l'Etat, un par un, restant au pouvoir jusqu'à la fin de leurs jours, ont quitté ce pouvoir, sans fournir les conditions nécessaires au transfert du pouvoir. Alors moi je vous remercie mais je pense qu'il vaut mieux ne pas revenir [à cette situation].»

Lire aussi : Nouveau gouvernement russe : les ministres régaliens maintenus, le secteur social remanié

  • 22 janvier 2020 à 20:59

Le prince héritier saoudien a-t-il aidé au piratage du téléphone du PDG d’Amazon ?

Selon un article du journal britannique The Guardian, mis en ligne le 21 janvier, le téléphone du PDG d’Amazon, Jeff Bezos, a été piraté avec l’aide du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. D’après le quotidien, citant des sources anonymes proches du dossier, le compte de l'actuel vice-Premier ministre du royaume wahhabite a envoyé, en 2018, sur la messagerie WhatsApp, un fichier vidéo malveillant ayant permis à des pirates de s’introduire dans le téléphone mobile du fondateur de la plateforme d'achats.

Une information confirmée par une analyse numérique mise en avant par The Guardian. Selon celle-ci, il est «hautement probable» qu'une intrusion dans le téléphone de l’homme d’affaires américain ait été causée par ce fameux fichier vidéo infecté. D’après le quotidien d'outre-Manche, qui s’appuie sur des sources proches du dossier souhaitant conserver l’anonymat, les deux hommes s’étaient entretenus sur la messagerie, le 1er mai 2018, dans un échange «amical», avant que le fichier possiblement infecté ne soit transféré vers le mobile de Jeff Bezos.

Une source proche du dossier a également confirmée auprès du journal britannique que de grandes quantités de données avaient été extraites du téléphone de Jeff Bezos en l’espace de quelques heures, sans toutefois préciser le contenu des données récupérées.

Jeff Bezos est propriétaire du Washington Post, qui employait comme chroniqueur Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien critique envers les autorités saoudiennes, assassiné en octobre 2018 au consulat saoudien à Istanbul.

Le 21 janvier également, deux responsables des Nations unies ont réclamé une enquête sur le piratage présumé du téléphone du patron d'Amazon. Dans un communiqué, Agnès Callamard, rapporteur sur les exécutions extrajudiciaires, et David Kaye, rapporteur sur la liberté d'expression, ont déclaré : «Le piratage présumé du téléphone de M. Bezos, et de ceux d'autres personnes, exige une enquête immédiate de la part des autorités américaines et des autres autorités compétentes, y compris une enquête sur l'implication [...] directe et personnelle du prince héritier dans les efforts visant à cibler les opposants présumés». Ils ont également fait savoir qu'ils possédaient des informations sur la «possible implication» du prince saoudien Mohammed ben Salmane dans la «surveillance» du PDG d'Amazon.

Ces révélations font en outre écho à la publication, fin janvier 2019, par le tabloïd National Enquirer, de messages privés appartenant à Jeff Bezos, dans lesquels était révélée une aventure extra-conjugale de l’homme d’affaires, qui a conduit à son divorce. Le patron américain avait engagé une société pour découvrir comment des messages et photographies privées avaient pu parvenir au journal people. Cette société, Gavin de Becker & Associates, avait mis en cause les autorités saoudiennes, sans désigner précisément le responsable de ce piratage au sein du gouvernement saoudien, ni donné de détails sur ce qui lui avait permis d'affirmer cela.

L'Arabie saoudite dément

Ces accusations ont été immédiatement démenties par le royaume des Saoud. Sur Twitter, l’ambassade d’Arabie saoudite aux Etats-Unis a assuré, ce 22 janvier, que «les récents rapports des médias qui suggèrent que le Royaume est derrière le piratage du téléphone de M. Bezos sont absurdes», soulignant demander une «enquête sur ces allégations afin de pouvoir connaître précisément les faits».

Recent media reports that suggest the Kingdom is behind a hacking of Mr. Jeff Bezos' phone are absurd. We call for an investigation on these claims so that we can have all the facts out.

— Saudi Embassy (@SaudiEmbassyUSA) January 22, 2020

Une ligne de défense reprise par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faiçal ben Farhan al Saoud, s’adressant à l'agence Reuters ce 22 janvier depuis Davos. «L'idée que le prince héritier pirate le téléphone de Jeff Bezos est complètement idiote», a-t-il fait valoir, qualifiant les accusations portées à l’encontre de Mohammed ben Salmane «d’absurdes».

Lire aussi : Les Saoudiens auraient payé un milliard de dollars pour renforcer la présence US, selon Trump

  • 22 janvier 2020 à 20:34

Syndicats «réformistes» vs «contestataires», une lutte qui sert Macron, le patronat et la CFDT ?

La réforme des retraites cristallise le monde syndical dans une opposition entre d'un côté la CFDT, la CFTC ou l'UNSA – plutôt favorables au nouveau système à points et au projet gouvernemental – et la CGT, FO ou SUD, fortement opposés à l'actuel plan gouvernemental.

Dans la pensée collective s'est donc installée une opposition entre des syndicats qui seraient vus comme sérieux, définis comme «réformistes», et les autres, «contestataires», qui seraient uniquement vus comme «radicaux». Une partie de la presse, à travers les éditorialistes, profite de cette dualité pour simplifier les débats. Dans le dictionnaire Larousse, la réforme signifie «le changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, et visant à améliorer son fonctionnement». La réforme est donc vue comme positive, dans le langage courant les «réformistes» aussi. Cela est-il néanmoins justifié ?

La sémantique est un enjeu de communication. Les premiers (CFDT ou UNSA) bénéficient effectivement d'épithètes positifs. Le patron de l'UNSA, Laurent Escure, est par exemple qualifié par le JDD de «réformiste combatif». Les organisations de la deuxième catégorie (Solidaires ou CGT) sont, pour leur part, régulièrement qualifiés par les éditorialistes dans des termes à connotation négative, les considérant comme forcément archaïques, désuets ou substrat de la radicalité contestataire. Bref extrémistes. Les différents politiques – particulièrement ceux qui ont participé aux gouvernements – qu'ils soient de droite ou plus marqués dans le social-libéralisme jouent aussi de cette opposition.

La CFDT, l'UNSA et la CFTC approuvent cette différenciation, même si Laurent Escure (UNSA) avoue qu'il n'aime pas le terme «réformiste». «Cela supposerait que l'on soutient toutes les réformes», confie-t-il au JDD le 13 janvier. En face, le leader de la CGT, Philippe Martinez, réfute de se voir déposséder du terme «réformiste». En mai 2019 lors du congrès de la CGT, il se décrit ainsi lui-même comme «réformiste» et «contestataire».

En fait, Philippe Martinez pointe ici du doigt – à juste titre – les limites du terme «réformiste» imposé par certains pour légitimer tel ou tel syndicat. Le fait de diviser le front syndical entre réformistes et ceux qui ne le sont pas (donc extrémistes) induirait que ceux-ci ne proposent pas de réformes. Or, sur la réforme ferroviaire ou sur les retraites, la CGT, FO ou Solidaires suggèrent bel et bien des contre-réformes. Philippe Martinez l'assure d'ailleurs : «Par essence, le syndicalisme est réformiste, à condition qu'on se mette d'accord sur ce qu'est une réforme. La casse du code du travail, ce n'est pas une réforme. La semaine de 32 heures, c'est une réforme.»  Solidaires, pour sa part, se définit comme un «syndicat de lutte».

Il y a aussi les originaux que les médias arrivent difficilement à étiqueter, tels que la CFE-CGC (syndicat de l'encadrement). Alors qu'elle a eu jadis les honneurs de faire partie du groupe des syndicats «réformistes», la CFE-CGC a peu à peu basculé pour se définir davantage dans une recherche de troisième voie, critiquant de fait fermement les réformistes de la CFDT ou de la CFTC. Son président, François Hommeril, affirme ainsi le 1er octobre 2019 : «Le réformisme est un gros mot, c'est une assignation à résidence. [Il suppose que] quoi qu'il arrive, on s'enlève une capacité à critiquer tel ou tel projet de réforme, ce qui ne nous paraît pas aller dans le bon sens.»

Le constat de la CFE-CGC est révélateur de l'opposition syndicale sur l'actuel projet de réforme des retraites. Les dits «réformistes» n'ont jamais caché leurs positions favorables à la réforme des retraites à points,  ayant pour principale – voire seule – ligne rouge l'âge pivot. Les autres syndicats comme la CGT, Solidaires, FO ou la CFE-CGC souhaitent, quant à eux, un retrait du projet avant toute remise en cause de mouvement social, estimant que le gouvernement n'a proposé aucune réelle négociation sur le texte.

🔴 - Communiqué de presse- #retraites#Grève11Janvier

Personne n’est dupe. Rien ne change dans l’architecture du projet. La mécanique infernale se met en place.

La CFE-CGC reste dans l’intersyndicale et demande au gouvernement le retrait du projet de #ReformeDesRetraitespic.twitter.com/KMl9ucDg0G

— CFE-CGC (@CFECGC) January 11, 2020

Les syndicats «réformistes», des syndicats pro-gouvernement ?

Si les premiers ont ainsi l'avantage d'être largement décrits en des termes plus flatteurs, cela peut également les classer comme des potentiels alliés pour les différents gouvernements. Particulièrement utiles pour ceux-ci, les «réformistes» ne sont-ils pas des marionnettes pour l'exécutif afin d'enclencher la fin du match social et la fin des concessions ? Aussi, les syndicats «réformistes» ont-ils intérêt à rechercher coûte que coûte l'alliance avec le pouvoir ? Le conflit social autour de la réforme du système des retraites semble illustrer la manière dont des syndicats «réformistes» peuvent être perçus.

Explicite, le chef de file des députés de La République en marche (LREM), Gilles Le Gendre, ne cache pas son intention sur LCI le 6 janvier : «[Cette réforme], nous la portons depuis le premier jour de la campagne présidentielle. [...] Nous voulons qu'elle réussisse et dans cette réussite, nous souhaitons embarquer les syndicats réformistes [...] notamment la CFDT qui se disent favorables à cette réforme.»

🗣 @GillesLeGendre, sur les #retraites :

"Cette réforme, nous la portons depuis le premier jour de la campagne présidentielle. Nous voulons qu'elle réussisse et dans cette réussite, nous souhaitons embarquer les syndicats réformistes".

📺 @EliMartichoux#LaMatinaleLCI. pic.twitter.com/jfm7q8izPl

— LCI (@LCI) January 6, 2020

Pareillement, comment peut-on percevoir autrement le jeu d'alliance qui s'est installé entre les proclamés «réformistes» et le gouvernement, après l'annonce le 11 janvier du Premier ministre sur le retrait provisoire de l'âge pivot pour 2027 ? Alors qu'au même moment Edouard Philippe confirme le maintien d'un âge d'équilibre (l'autre appellation de l'âge pivot) pour les générations suivantes, la CFDT, la CFTC et l'UNSA ne masquent pas une forme de réjouissance. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, par exemple, salue un «retrait qui marque la volonté de compromis du gouvernement». «Une victoire», ajoute-t-il en outre lors de son interview sur RTL le 13 janvier, quand le président de la CFTC Cyril Chabanier sur LCI considère qu'«aujourd'hui on a geste du gouvernement important avec le retrait de l'âge pivot». Laurent Escure (UNSA), pour sa part, y voit une stratégie «100% efficace».

#reformedesretraites Communiqué de presse #UNSA : retrait de l'âge pivot. UNSA 100% efficace !!!https://t.co/nxU9kCY0IW

— UNSA (@UNSA_officiel) January 11, 2020

Le gouvernement et l'exécutif ne peuvent que se délecter de la satisfaction exprimée par les «réformistes». A titre d'illustration, la ministre des Transports Elisabeth Borne déclare le 12 janvier  : «Je suis fière d'être dans un gouvernement qui sait trouver des compromis avec les syndicats réformistes.»

"Je suis fière d'être dans un gouvernement qui sait trouver des compromis avec les syndicats réformistes", a assuré @Elisabeth_Borne#BFMPolitique

📺 https://t.co/qd2mugPKCQpic.twitter.com/BduPBMnvkG

— BFMTV (@BFMTV) January 12, 2020

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye affirme aussi, le 13 janvier sur Europe 1 : «Il y a un bon compromis qui a été posé sur la table par le gouvernement et les syndicats réformistes.»

Sibeth Ndiaye : "Il y a un bon compromis qui a été posé sur la table par le gouvernement et les syndicats réformistes" #reformedesretraites#Europe1pic.twitter.com/50ehA8x8Sj

— Europe 1 📻 (@Europe1) January 13, 2020

Emmanuel Macron s'est lui satisfait d'un «compromis constructif et de responsabilité». Les syndicats réformistes sont donc également vus comme «responsables». Le 11 janvier, François Bayrou (président du MoDem, allié de la majorité) va dans le même sens : «L'accord négocié entre le gouvernement, les centrales syndicales réformistes et les organisations patronales, dont le texte vient d'être rendu public, mérite d'être salué. Les points en débat sont arbitrés dans un esprit de responsabilité. La France en a besoin !»

Par son centrisme, la CFDT apparaît comme une interlocutrice de choix et appréciée

Les organisations patronales semblent aussi trouver dans ces syndicats des interlocuteurs de confiance : le 12 décembre sur France inter, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, nomme d'ailleurs la CFDT, CFTC et UNSA comme «des syndicats réformistes [avec qui] on doit pouvoir trouver une solution».

S'ils se disent indépendants des partis, les syndicats «réformistes» pourraient être davantage décrits comme centristes, sociaux-libéraux pour certains (CFDT), démocrates-chrétiens pour d'autres (CFTC). Au choix. Avec un peu plus de 600 000 adhérents, la CFDT est la centrale qui mène le front des «réformistes». L'ex-Premier ministre, devenu macroniste, Manuel Valls est un ancien de la CFDT. En 2014, pour les 50 ans de la confédération interprofessionnelle, il saluait le «courage» réformiste de la CFDT, celui «de proposer», «de nouer des compromis».

En 2016, l'AFP rappellait par ailleurs que la CFDT avait signé toutes les réformes du quinquennat Hollande (marché de l'emploi, retraite, pacte de responsabilité, formation professionnelle, compte personnel d'activité). La CFDT se rallie même à l'un des plus controversés projets du quinquennat, la loi travail El Khomri de 2016... au risque d'être taxée par ses accusateurs de syndicat gouvernemental. Certes, la CFDT obtient des concessions sur celle-ci, comme la suppression du plafonnement des indemnisations prud'homales (finalement mis en place par Emmanuel Macron par les ordonnances travail en 2017), la généralisation de la garantie jeunes (des missions rémunérées pour les décrocheurs de moins de 25 ans) ou la création d'un compte épargne-temps.

La CFDT est ainsi une interlocutrice de choix pour désamorcer une crise. Les différents gouvernements ont compris qu'ils pouvaient se servir des syndicats «réformistes» pour casser la dynamique de la contestation sociale, comme sur la loi El Khomri. Une stratégie gagnant/gagnant puisque le fait de promouvoir ce type de syndicalisme permet à ces syndicats – longtemps minoritaires face à la toute puissante CGT – de devenir des structures bénéficiant d'une reconnaissance du pouvoir. Mieux considérés par une bonne partie de la presse et des gouvernants, les «réformistes» peuvent ainsi s'asseoir sur cette image pour grappiller des voix aux syndicats plus revendicatifs.

En cela, la stratégie de la CFDT semble payante électoralement. En 2018, elle ravit à la CGT la place de numéro un en terme de représentativité. Certaines analyses mesurent cette victoire : la CFDT a certainement bénéficié d'une participation moindre des salariés par rapport aux précédentes élections professionnelles – la traduction aussi d'une défiance générale et ancrée des Français vis-à-vis de leurs représentants qu'ils soient politiques ou syndicaux. En parallèle, la CGT pâtit de l'image globale de la structure, considérée par une partie du monde médiatique et politique comme une organisation «radicale» voire «caricaturale». «La CGT est dans une posture radicale, contestée par une majorité de Français», assure par exemple sans ambages le 23 mai 2016 l'éditorialiste de BFM TV Thierry Arnaud, en réponse aux blocages de raffineries à l'appel de la CGT, protestant contre la loi travail El Khomri.

Derrière ce vocable [de réformiste] se cache en fait un projet d'accompagnement social des politiques néolibérales

Durant cette réforme sous François Hollande, le patron du Medef Pierre Gattaz compare même la CGT à «des voyous et des terroristes» et qualifie l'organe de «syndicat à la dérive en décalage avec les attentes des salariés» : «On ne peut pas laisser une minorité agissante, révolutionnaire, paralyser l'économie. C'est la capacité de la France à se réformer qui est en jeu. Pour moi, le sigle CGT est égal à chômage.» Le Medef vient ainsi en soutien à la réforme du marché du travail menée par le président François Hollande. Les salariés électeurs font aussi payer à la CGT des sentiments de régression au sein de leur entreprise, une résignation sociale qui mêle abstention ou désir de changement.

En face, la CFDT apparaît comme le syndicat mesuré. Durant le débat sur la loi travail, le député européen Les Républicains Philippe Juvin ne dissimulait pas, par exemple, sa prise de position en faveur de la CFDT face à la «caricature» CGT.

.@philippejuvin: "La CGT a pris en otage les usagers. Au lieu d'ouvrir le dialogue comme la CFDT, elle se caricature elle-même" #Greves#CVR

— Ça vous regarde (@CaVousRegarde) June 8, 2016

La CFDT est souvent mise sur un piédestal face aux syndicats plus revendicatifs, bien aidée par le patronat, les politiques – de l'aile droitière du Parti socialiste à la droite radicale – et de nombreux médias. Ce trio opère de concert pour se faire les chantres de l'anti-syndicalisme lorsque les organisations proposent des luttes par des projets anti-néolibéraux et exigent la protection des acquis – notamment lorsque ceux-ci ont été obtenus dans le passé par les batailles sociales. La CGT et Solidaires sont donc généralement les premiers visés par l'entente de cette troïka. Pas étonnant que Le Point, de tendance droite libérale et plutôt prévenant à l'égard du chef d'Etat, consacre une une caricaturale le 16 janvier sur «Comment la CGT ruine la France». Dans son édito, Franz-Olivier Giesbert est sans surprise bienveillant vis-à-vis de la CFDT ou de la CFTC, qualifiant d'ailleurs la CGT de «syndicat anti-pauvres»...

Cela dévoile d'autant plus, au sein du monde syndical, les différences idéologiques entre ceux qui pourraient être nommés «les réformistes centristes» (CFDT, UNSA, CFTC) et les «réformistes moins mous» (CGT, Solidaires, FO).

La bataille est idéologique entre les syndicats

Dans cette logique, l'UNSA avait appelé en 2009, par la voie de son secrétaire général Alain Olive, à la création d'un pôle réformiste qui comprendrait son syndicat avec la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. En face, le secrétaire confédéral de la CGT, Michel Doneddu avait répondu : «Pourquoi ressortir une ligne de démarcation entre syndicat réformiste et syndicat contestataire ?» Pierre Khalfa de Solidaires s'était révélé plus direct : «Derrière ce vocable [de réformiste] se cache en fait un projet d'accompagnement social des politiques néolibérales.»

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, n'hésite pas à révéler le sens des «réformistes» en 2013, qui serait l'acceptation de la «mutation économique et du monde du travail qui nécessite de s’adapter par le compromis et la négociation». A l'opposé, Solidaires (composé majoritairement d'organisations SUD) prend clairement position en faveur d'une «transformation profonde de la société» par «les luttes collectives», contre le «capitalisme».

L'opposition idéologique se remarque franchement lors des différentes réformes. L'un des faits les plus marquants fut le hiatus entre la majeure partie des syndicats et la CFDT lors du mouvement de 1995 contre le plan Juppé. La patronne de la CFDT Nicole Notat, avait d'ailleurs été violemment prise à partie par ses propres militants au cours de la mobilisation des fonctionnaires, ses troupes lui reprochant son soutien à la réforme de la Sécurité sociale.

En 2003, la CFDT avait là aussi traversé une grave crise interne, après avoir soutenu une réforme controversée des retraites, menées par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le ministre des Affaires sociales François Fillon. La CFDT obtient de maigres concessions (comme l'ouverture à des retraites anticipées pour les actifs ayant travaillé 43 ans et débuté jeunes) sur un projet qui allonge la durée de cotisation pour les fonctionnaires, et incite les séniors à travailler plus longtemps (système de surcote/décote).

Les syndicats dits «réformistes» s’accommodent donc très bien des différentes couleurs politiques, puisqu'ayant accepté et assumé l'évolution progressive du travail et de la société vers une économie de marché. La recherche du compromis étant l'un de ses cœurs idéologiques, cela entraîne, par conséquent, une ambiguïté sur le cap souhaité. Dernièrement, sur la réforme des retraites, Laurent Berger confesse ainsi le 16 décembre sur France Info : «[Avec les autres syndicats] nous ne sommes pas sur les mêmes positions». Il précise : «Ça ne fait de nous ni des ennemis ni des partenaires de la réforme des retraites». Cette position du «en même temps», très à la mode, ne clarifie rien.

Le syndicalisme façon CFDT tranche singulièrement avec le syndicalisme plus bruyant, plus conflictuel contre les gouvernements successifs. Le syndicalisme plus revendicatif est cohérent idéologiquement puisque la CGT, SUD ou FSU ont une vision des rapports sociaux, notamment au travail, qui seraient le fruit de relations conflictuelles, avec l'idée marxiste d'une société divisée en classes sociales.

#GréveGénérale Une tribune rédigée avec l'ami Alessandro Stella sur la question essentielle du temps. La lutte de classe est une lutte pour la maîtrise du temps. Les maîtres du temps sont les maîtres du monde. Reprenons le contrôle de nos temps! https://t.co/kB8f95y7BQ

— Eric Beynel (@EricBeynel) January 6, 2020

Par voie de conséquence l'état d'esprit de la CGT, SUD ou FSU ne peut coller avec les orientations gouvernementales où les acquis sociaux et le modèle social sont peu à peu remis en cause, y compris par la gauche au pouvoir.

La logique de la grève est inévitable pour ces organisations lorsque le gouvernant tente d'imposer une réforme libérale, que celui-ci légitime par son élection à la tête de l'Etat. Il n'en demeure pas moins que l'idéologie de ces syndicats, la CGT entre autres, repose moins sur le grand soir et la révolution qu'à une préservation des acquis.

Le terme «réformiste» ne fait plus sens

Du reste, les syndicats les plus puissants en termes d'adhérents et de représentation au sein des entreprises, qu'ils soient décrits comme «réformistes» ou non, sont moins dans le discours révolutionnaire que dans le dialogue social. Preuve en est donné avec les accords d'entreprise. Les derniers chiffres du ministère du Travail, publiés en 2019, montrent que les syndicats signent en réalité une très large majorité des accords d'entreprises lorsqu'ils participent aux négociations. Les chiffres sont d'ailleurs stables d'une année sur l'autre. A titre d'exemple, la CGT a signé 84% des accords collectifs ou avenants. Souvent considérés comme l'une des organisations les plus revendicatives, Solidaires affiche une propension à signer, elle aussi, très forte (70%).

Si la majeure partie des syndicats a raison de se définir comme «réformiste», est-ce honnête de considérer que seules les structures centristes auraient droit médiatiquement à ce qualificatif ?

Le fait de diviser par facilité et abus de langage, les syndicats surnommés réformistes ou contestataires, c'est faire l'impasse sur les zones grises, à l'image de Force ouvrière (FO). Selon les périodes, elle serait mise soit dans le camp des réformistes – à l'image de la bière partagée entre son secrétaire général Jean-Claude Mailly et Emmanuel Macron le 3 mars 2016, en plein conflit sur la loi El Khomri – soit dans le camp des contestataires. Les commentateurs et monde politique ont aussi du mal à ranger dans une case la CFE-CGC, qui fut un temps cataloguée dans le camp des «réformistes» alors qu'elle se situe désormais dans la contestation aux réformes.

Plutôt que de trouver un adjectif afin de définir deux camps, sans prendre en considération les subtilités de chaque centrale, le mieux n'est-il pas d'oublier la simplification à outrance ?

Bastien Gouly

Lire aussi : «Il n'y a plus de motif à la grève» : Gérard Larcher appelle les syndicats à cesser le «blocage»

  • 22 janvier 2020 à 18:50
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