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À partir d’avant-hierRT en français

«Complice des Etats-Unis» ? L’ayatollah Khamenei fustige le rôle de Macron sur le nucléaire iranien

Le volontarisme d’Emmanuel Macron pour sauvegarder coûte que coûte l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – duquel  s’est retiré unilatéralement les Etats-Unis en mai 2018 – n'a guère reçu l’adhésion de l’ayatollah Khamenei.

«Le président français Emmanuel Macron agit comme un médiateur. Il contacte l’Iran en disant qu’une rencontre avec les Etats-Unis réglera tous les problèmes. On se demande s’il est vraiment si naïf, ou s’il est juste complice des Etats-Unis et travaille avec eux», a ainsi déclaré le 3 novembre, le guide suprême iranien selon des propos rapportés par la télévision publique, par la suite publiés sur son compte Twitter.  

The French president @EmmanuelMacron acts as a mediator. He contacts Iran and sends messages, saying that a single meeting with the U.S. president will solve all the problems! One wonders if he is really so naive, or just an accomplice and working with the U.S.

— Khamenei.ir (@khamenei_ir) November 3, 2019

La déclaration du dirigeant iranien fait écho aux tractations diplomatiques menées par le président français en marge de la 74e Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue à New York en septembre dernier. Ce dernier avait alors appelé les présidents Rohani et Trump à saisir l’opportunité de leur présence à cet événement diplomatique pour se rencontrer et ainsi poser les bases d'une résolution de la crise entre leurs deux pays. Une invitation à laquelle les présidents américain et iranien ont rapidement adressé une fin de non-recevoir. 

Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis se sont notamment amplifiées au cours de l’été dernier en corollaire à la stratégie de «pression maximale» décidée par Washington contre Téhéran. Plusieurs navires avaient été la cible d'attaques ou de saisies et des drones avaient été abattus au-dessus du détroit d'Ormuz par lequel transite une partie importante du trafic pétrolier maritime mondial.

Lire aussi : Emmanuel Macron appelle les Etats-Unis et l'Iran à reprendre des «négociations»

  • 3 novembre 2019 à 21:55

De la chute de Mossadegh à Donald Trump : 65 ans de relations tumultueuses irano-américaines

Alors que l’Iran célèbre le 40e anniversaire de la prise d’otage, le 4 novembre 1979, d’une cinquantaine de civils et diplomates américains par des étudiants iraniens dans l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, RT France passe au crible plus de 65 ans de relations entre les deux pays, qui les auront fait passer d’alliés à ennemis intimes.

Le coup d’Etat contre Mohammad Mossadegh

Arrivé au pouvoir au début des années 50, Mohammad Mossadegh, Premier ministre d’avril 1951 à juillet 1952 et de juillet 1952 à août 1953 – fondateur du Front national iranien – a la lourde tâche de faire appliquer la nationalisation du pétrole iranien votée par le Parlement en mars 1951, sous la houlette du Premier ministre Hossein Ala. Le 1er mai 1951, quelques jours après l'intronisation de Mohammad Mossadegh, le Sénat iranien approuve la mise en œuvre de de la loi de nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne.

De la chute de Mossadegh à Donald Trump : 65 ans de relations tumultueuses irano-américaines© Intercontinetale Source: AFP
Mohammad Mossadegh lors de son procès devant le Tribunal Militaire de Téhéranh, le 11 novembre 1953.

Mais l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC, aujourd’hui connue sous le nom BP) – dont le gouvernement britannique est le principal actionnaire – n’apprécie guère la manœuvre et en août 1953, la CIA et le MI6 orchestrent un coup d’Etat contre le Premier ministre en place. L’opération Ajax permet la destitution de Mossadegh et le retour du Shah Mohammad Reza Pahlavi, monarque constitutionnel de l’Iran, forcé de s’exiler, à Bagdad puis à Rome, après avoir voulu évincer une première fois le Premier ministre le 15 août 1953.

Après la prise de pouvoir par le général Fazlollah Zahedi, nommé nouveau Premier ministre, le Shah rentre finalement à Téhéran le 20 août. Jusqu’à sa chute à l’aube des années 80, il restera un des principaux clients de l’industrie militaire américaine mais également un rempart contre l’influence soviétique. A la fin des années 50, dans le cadre d’accords bilatéraux chapeautés par les Etats-Unis, les bases du programme nucléaire iranien sont posées avec la signature, en 1957, d’un accord de coopération civile portant sur le nucléaire avec Washington.

La prise d’otage du 4 novembre 1979

En 1979, l’Iran est balayé par un vent de révolte. Le Shah est de nouveau forcé à l’exil le 16 janvier 1979 et se réfugie en Egypte. Il ne reverra jamais sa terre natale jusqu’à sa mort le 27 juillet 1980. Quinze jours après son départ, le 1er février 1979, celui que l’on appelle alors «l’imam» Khomeiny rentre à Téhéran après plus de quatorze années d’exil. Le 11 février, il déclare la fin de la monarchie et devient en décembre le premier Guide de la Révolution de la toute nouvelle République islamique d’Iran.

Mais entre-temps, le 4 novembre, des étudiants iraniens prennent d’assaut l’ambassade américaine de Téhéran, demandant l’extradition en Iran de Mohammad Reza Pahlavi, alors soigné aux Etats-Unis. Une cinquantaine de civils et de diplomates américains seront retenus en otage pendant 444 jours. Quelques mois plus tard, début avril 1980, Washington rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran et décide de se faire représenter par la Suisse. L’Iran choisit lui de se faire représenter par le Pakistan. Washington débute alors sa politique de pression sur Téhéran avec la mise en place d’un embargo commercial.

Le 3 juillet 1988, un croiseur américain, l’USS Vincennes, abat un Airbus de la compagnie Iran Air, provoquant la mort de 290 personnes, dont 254 Iraniens, alors que l’engin survolait le détroit d’Ormuz. A l’époque, le président Ronald Regan exprime ses «regrets» pour la «terrible tragédie humaine» mais justifie une «action défensive appropriée». Cet événement va contribuer à tendre encore un peu plus les relations entre les deux nations.

George W. Bush et «l’axe du mal»

Après les attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001, le Etats-Unis se lancent à corps perdu dans la «guerre contre le terrorisme». Lors d’un discours sur l’état de l’Union devenu célèbre, prononcé le 29 janvier 2002, le Texan place la République islamique au sein de l’«axe du mal» avec la Corée du Nord et l’Irak. Selon lui, ces gouvernements «soutiennent le terrorisme dans le but de menacer l’Amérique ou ses alliés avec des armes de destruction massives».

Cette déclaration passe mal en Iran, aussi bien chez les réformistes que chez les conservateurs, et le 3 août 2003, Mahmoud Ahmadinejad accède à la présidence de la République islamique. Jusqu’à la fin du mandat de Georges W.Bush, début 2009, le nouveau président iranien entretient des relations tendues avec l’administration américaine, celle-ci l’accusant régulièrement d’avoir relancé le programme d’enrichissement d’uranium.

L’arrivée au pouvoir de Barack Obama offre une perspective crédible de réchauffement des relations, le nouveau chef d'Etat américain se déclarant prêt, en mars 2009, à «parler directement au peuple et aux dirigeants» iraniens. Mais quelques mois plus tard, en juin, à la suite de la réélection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, il met en doute la légitimité de celui-ci, qui, d’après Barack Obama, «pose de sérieuses questions».

La détente de Vienne

Il faudra l’avènement d’un nouveau président en Iran, Hassan Rohani, en août 2013, pour que des signes concrets de rapprochement apparaissent. En juin 2013, après l’élection du réformiste, les Etats-Unis annoncent être «prêts à collaborer» avec ce nouveau président dès son entrée en fonction. En septembre, les deux dirigeants s’entretiennent par voie téléphonique, une première depuis l’avènement de la République islamique en 1979.

L’entente entre les deux présidents fonctionne et le 14 juillet 2015, un accord est signé entre l’Iran et les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, France, Russie, Grande-Bretagne, Chine) auxquels viennent s’ajouter l’Allemagne (P5+1) et l’Union européenne (UE). L’accord de Vienne met ainsi fin à plus de dix années de tensions diplomatiques extrêmes sur le sujet du nucléaire iranien.

En échange d’une levée progressive des sanctions, l’Iran s’engage de son côté à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique. Début 2017, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) donne son feu vert à une levée progressive des sanctions sur l’Iran après avoir constaté la tenue de leurs engagements. L’accord est presque unanimement salué, seul Israël affichant des réticences, et entrouvre réellement la voie à une reprise progressive des relations diplomatiques entre l’Iran et les Etats-Unis.

Le coup de folie de Donald Trump

Mais une fois de plus, ces espoirs vont être réduits à néant par la volonté d’un seul homme. Il ne faudra en effet que six mois à Donald Trump pour ruiner une décennie d’efforts de toutes les parties. Le 8 mai 2018, le 45ème président des Etats-Unis annonce officiellement que son pays se retire unilatéralement de l’accord de Vienne. En août, puis en novembre, il durcit les sanctions contre la République islamique, notamment dans les secteurs pétroliers et financiers.

En réponse, Téhéran se désengage de certains engagements contractés lors de l’accord de Vienne. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, annonce le 8 mai 2019, un an après le retrait américain, que «l’Iran arrête de mettre en place des mesures que les Etats-Unis lui empêchent de respecter». Présent la veille sur le sol irakien, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo affirme, de son côté, avoir en sa possession des informations relevant «une escalade des activités de l’Iran», qu’il accuse de préparer des «attaques imminentes» contre les intérêts étasuniens. Ces nouvelles tensions vont même jusqu’à laisser augurer d’un possible conflit ouvert entre les deux nations.

Le 20 juin, l’Iran annonce avoir abattu un drone américain ayant selon eux violé leur espace aérien. Washington dément fermement ces accusations et réaffirme le déploiement de troupes au Moyen-Orient pour contrer l’influence iranienne ainsi que de missiles Patriot en Arabie saoudite. Enfin le 7 septembre, comme annoncé plus tôt dans l’année, l’Iran confirme la mise en route de centrifugeuses avancées, visant à produire de l'uranium enrichi à 4,5%, taux interdit par l'accord de Vienne.

Lire aussi : Trump suspend par décret le permis d'entrée américain aux autorités de l'Iran et du Venezuela

  • 4 novembre 2019 à 07:53

«France gauloise» contre «vision communautariste» : Le Pen réplique au secrétaire d’Etat Djebbari

Attaque en règle du camp présidentiel contre le Rassemblement national (RN) : invité du «Grand Jury» RTL/Le Figaro/LCI le 3 novembre, le secrétaire d'Etat en charge des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a accusé Marine Le Pen de «fantasme[r] une France qui n'existe pas».

«La France de Marine Le Pen», selon lui, est une «France gauloise, blanche, hétérosexuelle si possible comme le disait Eric Zemmour ; c'est une France qui [...] n'a jamais existé dans l'histoire [et qui] dresse les gens les uns contre les autres», a développé cet ancien député La République en marche (LREM) de la Haute-Vienne. Il dément par ailleurs une volonté d'Emmanuel Macron de faire du RN son principal adversaire, avec l'espoir de s'assurer ainsi une réélection en 2022. Enfin, le membre du gouvernement salue la volonté présidentielle «d'aller discuter et débattre avec des gens qui contestent complètement nos idées» – une référence à la fameuse interview du président de la République au magazine conservateur Valeurs actuelles.

Sur Twitter, Marine Le Pen a répliqué aux accusations de Jean-Baptiste Djebbari : «Merci de ne pas m’imputer vos obsessions raciales, sexuelles ou ethniques.» Et la présidente du RN d'accuser la majorité présidentielle de nuire à l'unité de la nation : «Moi, je défends tous les Français et, contrairement à vous, je n’en ai pas une vision communautariste», a-t-elle en effet fait valoir. 

M. @Djebbari_JB, merci de ne pas m’imputer vos obsessions raciales, sexuelles ou ethniques.

Moi, je défends tous les Français et, contrairement à vous, je n’en ai pas une vision communautariste ! MLPhttps://t.co/rNJrTgbB6L

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) 3 novembre 2019

Lire aussi : Marine Le Pen appelle à un référendum sur le regroupement familial et le droit du sol

  • 4 novembre 2019 à 09:27

Pyrénées-Atlantiques : des pilleurs défoncent l'entrée d'une cathédrale à la voiture-bélier

La cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été victime d'un pillage dans la nuit du 3 au 4 novembre. 

D'après Europe 1, vers 3h du matin, plusieurs personnes encagoulées ont défoncé la porte du monument «à l’aide d’un tronc d’arbre fixé sur un véhicule». France Bleu précise que le commando était constitué de trois personnes.

Une fois dans l'édifice, les individus auraient scié les grilles qui protègent le trésor afin d’en dérober une partie : un ostensoir, un calice et d’autres objets liturgiques. Ils n'ont toutefois pas emporté les reliques de Saint Grat, ni la crèche ancienne. «La valeur de ce trésor est inestimable», selon des propos du maire de la ville, Hervé Lucbéreilh, à la chaîne télévisée publique.

Les voisins, réveillés par le bruit causé par les malfaiteurs, ont immédiatement appelé les gendarmes, selon Europe 1. Leur arrivée a fait fuir les voleurs, qui ont abandonné leur véhicule sur place. Dans leur fuite précipitée, les suspects ont cassé un vase et une statue, retrouvés sur le parvis de la cathédrale, selon France Bleu.

Les gendarmes d’Oloron-Sainte-Marie se sont saisis de l’affaire : l’équipe scientifique a déjà pu effectuer des relevés et les suspects sont activement recherchés.

Lire aussi : Trois églises ont été profanées en une semaine en France

  • 4 novembre 2019 à 12:28

Jean-Luc Mélenchon dénonce le «communautarisme épais, violent et agressif» du Crif

Interrogé, lors d'un long entretien pour France Info et France Inter le 3 novembre, sur l'intense débat qui agite les médias depuis quelques semaines autour de la place de la religion dans la sphère publique, le chef de file de La France insoumise (LFI) a dénoncé le communautarisme dont ferait preuve selon lui le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

«Regardez, le – prétendu – Conseil – soi-disant – représentatif des institutions juives de France [...] pratique un communautarisme épais, violent et agressif, notamment contre moi [...] jusqu'au point d'avoir encouragé des gens à me frapper», a déclaré Jean-Luc Mélenchon, en faisant référence à un événement survenu lors de la marche blanche contre l'antisémitisme de mars 2018, en mémoire de Mireille Knoll, une personne âgée de confession juive assassinée à son domicile parisien. Le député des Bouches-du-Rhône avait alors été poussé à quitter le cortège par un groupe d'individus parmi lesquels se trouvaient des membres du groupuscule extrémiste Ligue de défense juive (LDJ). 

Malgré ses critiques contre le Crif, Jean-Luc Mélenchon a estimé que ce dernier ne constituait pas une menace pour «l'unité de la République», mais était plutôt «bizarre», «ridicule» ou encore «folklorique». «Le communautarisme a toujours été un problème par rapport à l'idée républicaine ; mais en même temps on ne peut pas dire non plus que ce soit une menace», a-t-il en outre estimé, de manière plus générale, au cours de l’entretien.

Nous sommes capables de faire France de tous bois

Sur le thème des religions toujours, l'insoumis a dénoncé lors de cet entretien la «stigmatisation des musulmans» et a accusé le président de la République d'avoir mis de l'«huile sur le feu» dans le débat public en appelant à l'organisation d'une «société de vigilance» face à la menace terroriste islamiste. «Il faut arrêter de montrer du doigt les musulmans», a-t-il martelé.

Il a enfin appelé chaque Français à «faire un effort» : «Nous sommes capables de faire France de tous bois, nous sommes capables de vivre tous ensemble !», a-t-il fait valoir. 

Mélenchon-Crif : une inimitié de longue date

Les relations entre le CRIF et Jean-Luc Mélenchon sont houleuses depuis plusieurs années. En décembre 2017 déjà, le leader de gauche avait dénoncé le «communautarisme» «particulièrement agressif» du Crif et accusé cette organisation de manier un «rayon paralysant» consistant à accuser d'antisémitisme tous ceux qui diraient «quelque chose qui ne leur plaît pas». L'insoumis reprochait notamment au Crif d'appeler la France à imiter la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

En mars 2018, à la suite de son départ forcé du cortège de la marche en mémoire de Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon avait écrit sur son blog : «[Francis] Kalifat [président du CRIF] et la LDJ ont fait plus pour l'antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites». Des propos qui lui avaient valu une demande d'excuses publiques et une menace de procès de la part du président de l'organisation communautaire.

Je renouvelle mes condoléances et l'expression de mon affection respectueuse à la famille Knoll. Et je ne confonds pas la communauté juive avec le Crif et les énergumènes qui rompent la solidarité nationale contre l'antisémitisme. #Marcheblanche

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) March 28, 2018

Lire aussi : Imbroglio au Grand Orient de France autour d'un texte accusant le CRIF de favoriser l'antisémitisme

  • 4 novembre 2019 à 13:30

«Mort à l’Amérique» : des milliers d'Iraniens célèbrent la prise d'otages de 1979

Ce 4 novembre, Téhéran ainsi que plusieurs autres villes iraniennes ont été le théâtre d’importantes mobilisations. Leur objet : commémorer le 40e anniversaire de la prise d’otage d’une cinquantaine de civils et diplomates américains par des étudiants iraniens à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran.

«Mort à l’Amérique» : des milliers d'Iraniens célèbrent la prise d'otages de 1979© ATTA KENARE Source: AFP
Des manifestants tiennent des pancartes où sont inscrits des slogans hostiles aux Etats-Unis lors d'un rassemblement devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2019.

Les célébrations ont débuté dès le 2 novembre, avec l’inauguration de nouvelles fresques anti-américaines sur les murs de l’ancienne représentation diplomatique américaine. Devant ce lieu, plusieurs milliers de personnes ont notamment scandé ce 4 novembre «Mort à l’Amérique» et «Mort à Israël» et brûlé des drapeaux américains.

«Mort à l’Amérique» : des milliers d'Iraniens célèbrent la prise d'otages de 1979© ATTA KENARE Source: AFP
Des manifestants brûlent un drapeau américain à Téhéran, le 4 novembre 2019.

D’autres ont brandi à cette occasion des pancartes fustigeant le président américain Donald Trump et sa politique étrangère, notamment à l'égard de l'Iran

«Mort à l’Amérique» : des milliers d'Iraniens célèbrent la prise d'otages de 1979© ATTA KENARE Source: AFP
Des manifestants tiennent une pancarte se moquant du président américain Donald Trump lors d'un rassemblement devant l'ancienne ambassade des Etats-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2019.

Parmi les dirigeants iraniens participant à cette commémoration figurait le général de division Abdolrahim Moussavi, commandant en chef de l'armée iranienne. S'exprimant devant l'ancienne représentation diplomatique américaine, il s'est lancé dans une violente diatribe : «Les Etats-Unis sont comme un scorpion au venin mortel qui ne cesse de vous agacer que lorsqu'il est écrasé». 

Avant de poursuivre dans le même veine : «La seule voie possible pour aller de l'avant est celle du maintien de l'esprit révolutionnaire, fondé sur la prudence et l'obéissance au guide suprême [iranien Ali Khamenei]». Discuter avec les Etats-Unis reviendrait à accepter «la soumission et la défaite», a-t-il encore déclaré.

Ces propos font écho à ceux prononcés la veille par l'ayatollah Ali Khamenei. Le guide suprême iranien avait ainsi réaffirmé sa ferme opposition à tout dialogue avec Washington : «Ceux qui voient dans des négociations avec les Etats-Unis la solution à tous les problèmes sont assurément dans l'erreur ; discuter avec les Américains ne mènera à rien car il est acquis d'avance et il ne fait aucun doute que cela n'aboutira à rien», avait-il notamment déclaré.   

La célébration de cet anniversaire intervient alors que les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis se sont amplifiées au cours de l’été dernier, Washington assumant une stratégie de «pression maximale» sur Téhéran. Plusieurs navires ont été la cible d'attaques ou de saisies et des drones ont été abattus au-dessus du détroit d'Ormuz, par lequel transite une partie importante du trafic pétrolier maritime mondial. Les relations se sont fortement détériorées après la décision unilatérale des Etats-Unis de se retirer en août 2018 de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015. 

Lire aussi : De la chute de Mossadegh à Donald Trump : 65 ans de relations tumultueuses irano-américaines

  • 4 novembre 2019 à 15:24

La commissaire à la Concurrence réaffirme son opposition à des champions européens «chouchoutés»

Dans un entretien accordé au quotidien Belge Le Soir, paru ce lundi 4 novembre, la Commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager a réaffirmé son opposition à la création de champions européens, qui d'après elle risquerait de réduire la concurrence sur le territoire de l’Union européenne.

Selon elle, l’Union européenne ne doit pas contribuer à la constitution de champions industriels «biberonnés et chouchoutés» mais laisser la concurrence stimuler leur création. Pour la commissaire danoise, reconduite à son poste dans la nouvelle commission européenne présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen, l’appel à la création de champions industriels européens, notamment dans le numérique, «est une façon de voir les choses très vieille école».

Une réponse implicite aux critiques du tandem franco–allemand qui, dans un manifeste publié le 19 février et signé par les ministres de l’Economie Bruno Le Maire et Peter Altmaier, plaidait au contraire pour un droit de veto des Etats membres aux décisions de la Commission en matière de fusions.

A l’époque, la décision de la Commission contrariant le projet de fusion entre les activités d’Alstom et de Siemens dans la construction ferroviaire avait provoqué la fureur Bruno Le Maire, qui avait jugé les règles de la concurrence en Europe «dépassées».

«L'industrie européenne, ce ne sont pas que des entreprises géantes. C'est un écosystème composé d'entreprises de toutes tailles et c'est l'une des raisons de la résilience de l'économie européenne», a aussi estimé Margrethe Vestager.

La Commissaire est-elle viscéralement opposée à l’apparition de grands groupes de taille mondiale ? Apparemment pas, tant qu'ils ont été «stimulés par la concurrence et non parce qu'ils ont été biberonnés et chouchoutés».

Nous n'avons pas de programme pour créer des champions européens et nous ne devrions pas avoir de programme de ce type

«Nous devons défendre nos entreprises lorsqu'elles font face à des pratiques inéquitables. Mais nous n'avons pas de programme pour créer des champions européens et nous ne devrions pas avoir de programme de ce type», a-t-elle aussi affirmé. Elle a dans la foulée défendu sa position en déclarant : «Le mandat de la Commission européenne est de veiller à ce que le marché serve les consommateurs. Il n'y a pas contradiction entre l'émergence de champions industriels et la protection des consommateurs.»

Bientôt patronne du numérique européen

Dans cet entretien, Margrethe Vestager était aussi interrogée sur la création d'une taxe sur le numérique qu’elle juge possible, mais en laissant le soin de son élaboration à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) «qui a le leadership pour instituer une telle taxe à l'échelle mondiale [et] a commencé à bien avancer, ce qui donne de l'espoir et les premières réactions européennes sont plutôt favorables».

Selon Margrethe Vestager, qui dans la nouvelle Commission ajoutera le secteur du numérique à ses domaines d’intervention : «La phase à venir est celle de la révolution technologique et nous sommes dans une situation bien meilleure car nous disposons d'un marché unique.» «Il y a en Europe autant de start-ups dans le domaine de l'intelligence artificielle qu'aux Etats-Unis. Sur les supercalculateurs, nous sommes en passe de devenir leader en termes de capacité et nos programmes satellitaires Corpernicus et Galileo sont les plus grands producteurs de données», a-t-elle ajouté.

L'objectif sera de «s'assurer que les petites et moyennes entreprises, qui constituent le gros de l'économie européenne, montent à bord du train technologique et [de] leur faciliter l'accès au numérique», a-t-elle conclu.

  • 4 novembre 2019 à 16:47

LBD, grenades : une étude scientifique note une spectaculaire augmentation du nombre d'éborgnés

Le phénomène a été largement constaté par la presse, les observateurs publics et les internautes depuis le début de la crise des Gilets jaunes, mais n'avait jusqu'alors fait l'objet d'aucune étude scientifique. La revue médicale scientifique britannique The Lancet a publié le 2 novembre les résultats d'un travail mené auprès de l'ensemble des services d'ophtalmologie des CHU français. A l'issue de ces recherches, les auteurs de l'étude ont pu dresser un bilan relativement détaillé du nombre de blessés et définir la nature de leurs blessures par l'armement non létal de la police et de la gendarmerie. 

«Depuis l'introduction des armes dites [sublétales] en France à la fin des années 1990, il n'y a pas eu d'injonction légale de collecter des informations sur les blessures induites par des impacts de projectiles [...] et aucune enquête épidémiologique n'a été planifiée», constatent les auteurs de l'étude, qui précisent n'être soumis à «aucun conflit d'intérêts» dans leurs recherches. 

43 blessures à l’œil depuis 2016

Les auteurs de l'étude ont recensé à l'issue de cette enquête 43 blessures causées par des armes non-létales depuis 2016, dont 40 pour les seules années 2018 et 2019, qui coïncident avec le mouvement de contestation des Gilets jaunes. En effet, alors que deux cas ont été recensés en 2016 et un seul en 2017, 25 blessures oculaires sont répertoriées pour l'année 2018 et 15 pour la période étudiée en 2019.

Les descriptions des blessures font froid dans le dos. Neuf personnes ont ainsi été énucléées, apprend-on dans l'article. 25 cas de fractures orbitales sont en outre rapportés, ainsi que 12 cas de fractures faciales et deux cas de lésions cérébrales. Seuls cinq blessés sur les 43 ont conservé une acuité supérieure à 20/100 immédiatement après leur blessure. 

A ce jour, ces résultats n’ont pas conduit à un moratoire sur l’utilisation de ces armes

La plupart de ces blessures, précise l'étude, sont dues à des tirs de projectiles de 40 mm (utilisés entre autre avec le lanceur de balles de défense [LBD]), ou à des grenades de dispersion. La plus jeune des victimes est âgée de 15 ans, la plus âgée de 59 ans.

Les auteurs de l'étude, qui n'ont eu accès à aucune information sur les circonstances ayant entraîné ces blessures, expliquent que cette augmentation phénoménale des blessures oculaires «ces 10 derniers mois pourrait être liée à l'utilisation des armes pour le maintien de l'ordre».

«A ce jour, ces résultats n’ont pas conduit à un moratoire sur l’utilisation de ces armes», concluent-ils.

«Ces chiffres n'ont jamais été donnés par @Place_Beauvau. L'Intérieur est capable de nous dire au projectile près combien de LBD ont été tirés dans l'année... Mais il est incapable de nous dire la quantité de blessures infligées par les mêmes armes.»https://t.co/SMq8YBUGJB

— David Dufresne (@davduf) November 3, 2019

«Ces chiffres n'ont jamais été donnés par [la place Beauveau]. L'Intérieur est capable de nous dire au projectile près combien de LBD ont été tirés dans l'année [...] Mais il est incapable de nous dire la quantité de blessures infligées par les mêmes armes», a confié à France inter le documentariste et auteur David Dufresne, qui s'est fait remarquer pendant le mouvement des Gilets jaunes par son comptage précis des blessés civils.

Blessures au visage

En août dernier, The Lancet avait publié un article consacré aux blessures du visage occasionnées par les balles en caoutchouc, l'étude ayant constaté que la tête était «particulièrement vulnérable» à ce type de projectiles. Les auteurs définissaient alors des fractures multiples caractéristiques des blessures occasionnées par les lanceurs de balles de défense et déploraient des lésions oculaires «extrêmement graves». 

Des cours de formation devront être dispensés

«Des cours de formation devront être dispensés pour optimiser les soins initiaux des patients par les services médicaux préhospitaliers», concluaient alors les auteurs, constatant que l’augmentation des violences caractérisant les mouvements sociaux dans le monde allaient mécaniquement entraîner plus de blessés par armes non létales ou sublétales. 

Lire aussi : «Maintenant vous leur rentrez dans le lard», la nouvelle stratégie des forces de l'ordre ?

  • 4 novembre 2019 à 17:04

Schiappa et 200 femmes signent une tribune pour les sorcières, «actrices involontaires» du féminisme

«Sorcière de tous les pays, unissons-nous !» : c'est avec ce titre que le 3 novembre, une tribune féministe, lancée par l’auteur et metteuse en scène Coralie Miller et par la chercheuse et présidente de l’association Parler Sandrine Rousseau, a été publiée dans Le Journal du Dimanche. Près de 200 personnalités féminines, parmi lesquelles la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, ont signé ce texte avec la volonté de réhabiliter les «sorcières», qu'elles désignent comme ces «femmes pourchassées et assassinées par des dizaines de milliers de personnes au cours de l’Histoire, simplement parce qu’elles vivaient en marge de la société patriarcale».

Parmi les signataires, on retrouve par ailleurs l’humoriste Muriel Robin, l’actrice et chanteuse Charlotte Gainsbourg ou encore l'activiste des Femen Inna Shevchenko. Les signataires de cette tribune affirment en outre reconnaître dans les sorcières «les actrices parfois involontaires d'une des luttes les plus longues de l'humanité : celle pour l'égalité et le droit des femmes». Elles se déclarent par ailleurs «sœurs de toutes celles qui aujourd'hui encore, parce qu'elles sont femmes, risquent la violence et la mort». 

Les auteurs de ce texte expliquent notamment qu'«à travers les sorcières, le féminin est devenu l’emblème de la duplicité et de la cruauté, surtout quand il incarne le pouvoir». Elles n'hésitent d’ailleurs pas à citer en exemple des personnages fictifs tels que la Reine-sorcière de Blanche-Neige, ou encore Mélisandre et la «femme rouge», de la série américaine Game of Thrones, qui, selon elles, représentent des «femmes fortes [qui] inspirent crainte et défiance». Une pétition en ligne a également été lancée par les signataires de cette tribune, qui récoltait quelque 700 signatures ce 4 novembre en début de soirée sur le site spécialisé Change.org.

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  • 4 novembre 2019 à 18:48

Les Etats-Unis reprochent à l'Union européenne de freiner l'adhésion de nouveaux membres à l'OTAN

L'élargissement de l'OTAN pourrait connaître un coup d'arrêt inattendu. Et pour cause, les négociations visant à permettre l'adhésion de la Macédoine du Nord et de l'Albanie à l'alliance militaire emmenée par les Etats-Unis sont au point mort, bloquées par l'Union européenne.

Ce blocage de Bruxelles a fortement irrité les autorités macédoniennes et albanaises, suscitant également de vives critiques outre-Atlantique. Cité par l'AFP, l'émissaire américain pour les Balkans, Matthew Palmer, a en effet déploré, lors d'une visite officielle en Serbie, une «erreur historique et un mauvais message pour toute la région». Et de poursuivre : «L’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l'UE de changer sa position.»

Paris à la base du blocage

A l'origine de ce blocage, la France, mais également les Pays-Bas et le Danemark. Les trois pays s'opposent à tout élargissement de l'Alliance atlantique jusqu'à nouvel ordre. Un moyen pour Emmanuel Macron de consolider sa tentative de normalisation des relations entre la France et la Russie, sans pour autant faire trop de vagues par rapport à Washington ?

Tandis que Moscou voit d'un mauvais œil tout élargissement du bloc militaire, qui multiplie les déploiements aux frontières de son territoire, Donald Trump n'est pas le plus fervent défenseur de l'OTAN parmi les présidents américains. S'il n'a pas remis en cause la participation de son pays à l'alliance dans les faits, le futur président qualifiait celle-ci d'«obsolète» lors de sa campagne en 2016, avant de nuancer son discours, une fois élu.

«Si, par exemple, le Monténégro est attaqué, pourquoi mon fils devrait-il aller au Monténégro pour les défendre ?», lui demandait encore un journaliste de la chaîne Fox news le 17 juillet 2018. Ce à quoi le dirigeant américain avait répondu : «Je comprends ce que vous dites, j'ai posé la même question.» Donald Trump avait même fait part de sa crainte que la clause d'assistance mutuelle (qui dispose que si un membre de l'OTAN est attaqué, tous les autres se doivent de lui prêter assistance, ne mène vers une «troisième guerre mondiale». 

L'OTAN, structure «d'intégration» ou de «subordination» ?

L'OTAN (acronyme pour Organisation du Traité de l'Atlantique nord) a été créée en 1949 dans un contexte de guerre froide. Rassemblant à l'origine 12 pays de l'hémisphère Nord alliés des Etats-Unis, elle se présente comme un organisme de sécurité collective et d'assistance militaire mutuelle. Dans les faits, elle permettait aux Etats-Unis de déployer troupes et missiles nucléaires à portée de l'Union soviétique, qui réplique en 1955 par la création du Pacte de Varsovie, organisation rivale.

Suite à l'effondrement de l'URSS en 1991, le Pacte de Varsovie cesse d'exister, mais l'OTAN n'est pas dissoute et sera même, au contraire, élargie, au grand dam de Moscou. Cette politique d'élargissement vers l'Est contredit pourtant les promesses faites à l'Union soviétique, et est, encore aujourd'hui, régulièrement dénoncée par la Russie.

La France, elle, a eu une relation tumultueuse avec l'Alliance. En 1966, Charles de Gaulle avait en effet ordonné le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, souhaitant marquer son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Il fustigeait alors une «subordination qualifiée d'intégration» qui «remet notre destin à l'autorité étrangère». Il encourageait également la France à «recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés». Les militaires américains n'avaient eu d'autre choix que d'évacuer leurs bases et de quitter le pays. A l'heure actuelle, la France ne compte aucune base américaine sur son sol, à la différence de la quasi-totalité des autres pays européens. Admirateur des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy reviendra sur la décision du général de Gaulle et réintégrera le commandement militaire intégré de l'alliance.

Entre gaullisme et atlantisme, Emmanuel Macron se livrerait-il à un nouvel exercice d'«en même temps» ?

Lire aussi : L'Ukraine est prête à accélérer les préparatifs d'adhésion à l'OTAN, selon le président Zelensky

  • 4 novembre 2019 à 20:09

Les Etats-Unis placent neuf proches du guide suprême iranien sur liste noire

Ce 4 novembre, à l’occasion du 40e anniversaire de la prise d'otages de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, le Trésor américain a annoncé le placement sur une liste noire de neuf personnes réputées proches de l’ayatollah Ali Khamenei. Selon Washington, tous occupent des postes clés au sein de différentes institutions iraniennes. «Cette mesure réduit encore davantage la capacité du guide suprême [iranien] à mettre en œuvre sa politique de terreur et d'oppression», a déclaré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué, affirmant dans la foulée que les personnes visées étaient «liées à un grand nombre d'actes néfastes menés par le régime».

Le second fils du guide suprême iranien dans le collimateur de Washington

Cette mesure impose à plusieurs responsables nommés par Ali Khamenei des mesures punitives, dont le gel de leurs avoirs. Figure notamment dans cette liste le second fils du guide suprême iranien, Mojtaba, accusé de poursuivre le travail de «déstabilisation régionale» entamé selon Washington par son père.  

Cette décision intervient alors que l’Iran a été le théâtre, ce même 4 octobre, d’importantes manifestations dans le cadre des célébrations de la prise d'otages de l'ambassade américaine à Téhéran, incident diplomatique qui allait déboucher sur une série de tensions dans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran.

Devant l’ancienne représentation diplomatique américaine, des milliers de manifestants ont notamment scandé «Mort à l’Amérique» et «Mort à Israël» et brûlé des drapeaux américains. D’autres ont brandi à cette occasion des pancartes fustigeant le président américain Donald Trump et sa politique étrangère, notamment à l'égard de l'Iran

Lire aussi : De la chute de Mossadegh à Donald Trump : 65 ans de relations tumultueuses irano-américaines

  • 4 novembre 2019 à 21:28

Climat : les Etats-Unis notifient à l'ONU leur retrait de l'accord de Paris

Les Etats-Unis ont formellement notifié ce 4 novembre à l'ONU leur sortie de l'accord de Paris sur le climat, décidée dès 2017 par Donald Trump. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a précisé que le retrait serait effectif un an après la notification. Cette étape-clé, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison d'une clause inscrite dans le texte, enclenche un compte-à-rebours d'un an avant que Washington puisse effectivement quitter l'accord. 

«Le retrait sera effectif un an après la notification [adressée à l'ONU]», a confirmé Mike Pompeo dans un communiqué. C'est-à-dire le 4 novembre 2020, le lendemain de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis, à l'occasion de laquelle Donald Trump briguera un second mandat. 

«Fardeau économique»

Le secrétaire d'Etat a de nouveau invoqué «le fardeau économique injuste imposé aux travailleurs, entreprises et contribuables américains par les engagements pris par les Etats-Unis dans le cadre de l'accord».

Présentant les Etats-Unis comme un bon élève de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, il a promis que Washington continuerait de «proposer un modèle réaliste et pragmatique dans les discussions internationales sur le climat».

«Nous continuerons à travailler avec nos partenaires internationaux pour renforcer la résilience face aux conséquences du changement climatique», a insisté Mike Pompeo. «Comme par le passé, les Etats-Unis continueront de promouvoir la recherche, l'innovation et leur croissance économique tout en réduisant les émissions et en tendant la main à nos amis et partenaires à travers le monde», a-t-il ajouté.

Lire aussi : Pour Macron, pas de lutte contre le terrorisme «sans action contre le réchauffement climatique»

  • 4 novembre 2019 à 21:48

Le face à face : l’histoire de la présidentielle de 2022 est-elle déjà écrite ?

Preview Didier Maïsto et Stéphane Rozès étaient invités à débattre du duel annoncé par les médias et les sondeurs entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle de 2022.

  • 4 novembre 2019 à 22:24

Elections anticipées à haut risque au Royaume-Uni : Farage fera-t-il de l'ombre à Johnson ?

Le 29 octobre, après trois tentatives infructueuses, Boris Johnson, successeur de Theresa May au poste de Premier ministre du Royaume-Uni depuis le 24 juillet, a finalement réussi à obtenir la tenue d’élections générales anticipées, qui se dérouleront le 12 décembre. Boris Johnson a souhaité mettre en place ces élections pour deux objectifs liés : la reconquête d'une majorité absolue à la Chambre des communes (perdue par Theresa May lors des élections générales de juin 2017), qui est la condition sine qua non de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne dans le cadre de l’accord négocié mi-octobre avec Bruxelles.

Un pays profondément divisé par le Brexit

Dans une élection dominée quasi-exclusivement par le thème du Brexit, le choix est laissé aux électeurs d'adosser les conservateurs de Boris Johnson et son compromis avec l’UE, ou sortie sans accord prônée par Nigel Farage et le Brexit Party (BP).

Quant au Parti travailliste (deuxième force du pays après le Parti conservateur), celui-ci s’oppose à un Brexit sans accord tout en faisant campagne pour que son chef de file Jeremy Corbyn soit élu Premier ministre et renégocie à son tour l’accord avec l’UE. Jeremy Corbyn propose ensuite de soumettre ce nouvel accord à un second référendum.

Les libéraux-démocrates souhaitent, eux, rester au sein de l’UE et annuleraient purement et simplement le divorce avec l’UE. S'ils n'ont que peu de chances d’emporter ces élections, tout dépendra des accords que seront en mesure de passer les divers acteurs du camp du «remain».

Le BP risque-t-il de disperser les voix pro-Brexit ?

Du point de vue de Boris Johnson, dont le pari est risqué, un obstacle majeur perturbe le dessein d’une majorité absolue en faveur du Parti conservateur : Nigel Farage et son Brexit Party (BP). Ce dernier, ex-président du UKIP (United Kingdom Independance Party), devenu ensuite chef de file du mouvement pour le Leave, prône un «hard» Brexit, soit un divorce total entre le Royaume-Uni et l’UE. Nigel Farage et les 600 candidats du BP présents dans l’ensemble de la Grande-Bretagne, pourraient donc diviser les votes en faveur du Brexit, et donc menacer les probabilités d’une majorité absolue en faveur du Parti conservateur. Ce partisan d'une ligne dure avait pourtant proposé un «pacte de non-agression» à Boris Johnson moyennant une révision de l'accord conclu avec Bruxelles, mais le Premier ministre l'a refusé.

Par ailleurs, afin d’appuyer son «hard» Brexit et de donner plus de visibilité au BP, Nigel Farage a organisé un entretien avec Donald Trump dans le cadre de son émission quotidienne sur la radio LBC, le 31 octobre. Déconstruisant l’un des principaux arguments du Parti conservateur en faveur de l’accord négocié mi-octobre avec Bruxelles, le président américain a jugé que ce texte «pourrait empêcher le Royaume-Uni de conclure un accord [de libre-échange] avec les Etats-Unis».

President Trump just reiterated his concerns that @BorisJohnson’s new EU treaty stops us striking a trade deal with America.

His deal is not Brexit and it does not get Brexit done. pic.twitter.com/s3J7lCPsuj

— Nigel Farage (@Nigel_Farage) 3 novembre 2019

A lire aussi : Royaume-Uni : les députés approuvent la tenue de législatives anticipées le 12 décembre

  • 5 novembre 2019 à 08:12

Le gouvernement annonce des quotas annuels d'immigrés professionnels

Des «quotas» ou «objectifs chiffrés» d'immigrés «professionnels» vont être fixés chaque année, dès l'été prochain, pour que la France recrute en fonction de ses besoins de travail, selon des propos de la ministre du Travail Muriel Pénicaud tenus ce 5 novembre.

C'est une approche nouvelle, un peu une approche qu'ont le Canada et l'Australie

«L'idée, c'est d'avoir des objectifs chiffrés, ou des quotas, c'est une question de sémantique», a-t-elle dit sur BFMTV/RMC, à la veille d'annonces officielles sur l'immigration par le Premier ministre Édouard Philippe. «C'est la France qui recrute par rapport à ses besoins. C'est une approche nouvelle, un peu une approche qu'ont le Canada et l'Australie, c'est assez proche», a-t-elle assuré.

Le soir du 4 novembre, le chef du gouvernement Edouard Philippe a présenté à plusieurs ministres et à des parlementaires de la majorité des mesures sur l'immigration, dont l'actualisation des filières en tension, datant de 2011. 

Des quotas en fonction du pays d'origine n'auraient «aucun sens» pour le gouvernement

«La Dares [cellule statistique du ministère du Travail] et Pôle emploi vont travailler pour analyser tous les métiers en tension [...] On vérifie que tous les efforts de formation ont été faits pour permettre à nos demandeurs d'emploi de prendre ces emplois et ensuite les réfugiés [...], on fixera le nombre de personnes par métiers et par territoire», a elle développé Muriel Pénicaud. La ministre a en outre précisé qu'il ne s'agirait pas de quotas en fonction du pays d'origine, estimant que cela n'avait «aucun sens».

L'immigré «professionnel» aura «un visa de travail pour une durée déterminée et un travail déterminé», a enfin fait savoir la membre du gouvernement.

Lire aussi : Que retenir du débat sur l'immigration à l'Assemblée nationale ?

  • 5 novembre 2019 à 09:52

Une Travailliste britannique présente ses excuses pour avoir souhaité la mort de Bush et Netanyahou

Petite polémique au Royaume-Uni : une candidate du parti travailliste pour les élections législatives anticipées de décembre, a présenté ses excuses pour d'anciens tweets polémiques qui venaient de refaire surface.

Le 4 novembre, le journal basé à Londres The Jewish Chronicle a épinglé des tweets datant de janvier 2015 de Zarah Sultana, fraîchement désignée candidate dans une circonscription des West Midlands (centre de l'Angleterre). Selon la capture d'écran d'un de ces tweets, Zarah Sultana déclarait : «Ne "célébrez" la mort de personne, quoi que cette personne ait fait." Essayez de m'en empêcher quand des Blair, des Netayahou et des Bush mourront», le tout accompagné d'emojis festifs.

La jeune femme, qui selon The Jewish Chronicle était étudiante à l'université de Birmingham et faisait partie des responsables nationaux de la section jeunesse du parti travailliste, avait également écrit sur les réseaux sociaux, d'après la même source : «Plus tôt ils rencontreront leur créateur, mieux [ce sera]. Les concepts de justice et de responsabilité n'existent pas véritablement dans cette vie. Seulement dans la prochaine.»

Une Travailliste britannique présente ses excuses pour avoir souhaité la mort de Bush et Netanyahou© Capture d'écran, thejc.com
Un tweet de 2015 Zarah Sultana, épinglé par The Jewish Chronicle.

Le journal a également déterré une ancienne conversation sur Facebook. Dans celle-ci, Zarah Sultana revenait sur un message dans lequel elle soutenait le droit des Palestiniens à la «résistance pacifique». «J'ai écrit "droit à la résistance non-violente" [...] Je voulais écrire "résistance violente"», rectifiait-t-elle.

Précisions sur Israël, dans un contexte d'accusations d'antisémitisme visant le Labour

L'exposition de ces anciens messages a suffisamment fait de bruit pour que la candidate du Labour se justifie sur Twitter, ce 5 novembre. «J'ai publié ces tweets il y a cinq ans, lorsque j'étais étudiante, avec un compte que j'ai supprimé depuis. J'ai écrit cela par frustration, plutôt que par malveillance, en réponse au cycle sans fin de souffrance, de violence et de meurtres inutiles résultant de décisions prises par des leaders politiques», écrit Zarah Sultana. Elle précise : «En particulier, la guerre d'Irak et le meurtre de 2 000 Palestiniens en 2014, pour la plupart civils, condamnés par les Nations Unies.» 

La guerre d'Irak a été déclenchée par le président américain d'alors George W. Bush et ralliée, notamment, par Tony Blair, Premier ministre britannique... travailliste. Le «meurtre de 2 000 Palestiniens en 2014» fait référence à l'opération israélienne «Bordure protectrice» à Gaza, qui a fait 2 251 morts du côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats, selon un décompte de l'AFP. Le chef du gouvernement israélien était alors Benjamin Netanyahou. 

My statement on tweets reported in the media today, from when I was a student: pic.twitter.com/khdSOUWEhi

— Zarah Sultana (@zarahsultana) 4 novembre 2019

La militante travailliste explique également sur Twitter ne pas soutenir la violence, déclare qu'elle n'aurait pas dû «exprimer sa colère de cette manière» et présente ses excuses pour cela. Dans deux tweets, elle se justifie en outre sur son rapport à Israël : «La critique d'Israël n'est, bien sûr, pas antisémite en soit. Et je pense que la confusion entre les actions et les politiques du gouvernement israélien d'une part et les actions des Juifs d'autre part peut constituer une forme d'antisémitisme.» Et d'expliquer encore : «Par le passé, j'ai parfois était négligente dans ma manière d'exprimer ma détresse face à la situation en Palestine [...] J'ai depuis accru mes connaissances sur les différentes significations que peut revêtir le sionisme pour des personnes différentes  et je m'engagerais dans des discussions sur le sujet d'une manière très différente aujourd'hui.»

pic.twitter.com/Ob4Nx7fqvg

— Zarah Sultana (@zarahsultana) 4 novembre 2019

Ces précisions revêtent une importance particulière dans le contexte britannique : le parti Labour dont fait partie Zarah Sultana, et son chef de file Jeremy Corbyn, ont été visés dans des accusations d'antisémitisme ces deux dernières années. En mars dernier, la police britannique avait annoncé avoir procédé à trois arrestations dans le cadre d'une enquête portant sur des messages antisémites qui auraient été postés sur les réseaux sociaux par des membres du parti travailliste. Un porte-parole du parti travailliste avait alors déclaré : «Nous saluons la police qui enquête sur les crimes présumés de ces personnes. L'antisémitisme n'a pas sa place dans notre société et nous nous engageons à le contester et à faire campagne contre lui sous toutes ses formes.»

Lire aussi : Que reproche-t-on à Jeremy Corbyn, leader de l'opposition britannique accusé d'antisémitisme ?

  • 5 novembre 2019 à 11:58

Microsoft Japon expérimente la semaine de quatre jours

Au Japon, pays connu pour ses heures supplémentaires à rallonge, la filiale de Microsoft a récemment expérimenté une approche inverse : travailler moins. Et elle s'est aperçue qu'une semaine de travail de quatre jours avait augmenté la productivité de ses salariés.

Microsoft Japon, a révélé dans un communiqué récent qu’elle avait fermé ses bureaux chaque vendredi en accordant un jour de repos hebdomadaire supplémentaire à ses 2 300 employés.

L'entreprise a aussi limité les réunions de travail à 30 minutes et cinq participants, et a encouragé les échanges en ligne plutôt que des rendez-vous physiques ou des courriels. Résultat : la productivité par salarié a bondi de 39,9% en août sur un an, tandis que la consommation d'électricité a chuté de 23,1% et celle du papier d'impression de 58,7%, selon Microsoft Japon.

«Les employés veulent avoir des modes de travail variés», souligne l’entreprise dans son communiqué. Elle prévoit de lancer un programme similaire cet hiver, mais sans accorder un congé spécial cette fois-ci : les salariés devront utiliser leurs jours de congés existants.

Cette expérience a pour contexte les efforts du gouvernement japonais pour promouvoir des modes de travail plus flexibles, comme le télétravail, le recours au temps partiel et à des horaires de bureau décalés pour éviter les heures de pointe dans les transports.

Ces initiatives visent notamment à lutter contre le phénomène du «karoshi» (mort d'épuisement au travail) et à favoriser la natalité, en berne dans le pays. Cependant leur adoption par les entreprises locales est jusqu'à présent limitée.

  • 5 novembre 2019 à 13:01

Privatisation d'ADP : la gauche réalise un clip pour promouvoir le référendum (VIDEO)

Le 5 novembre, une quinzaine de partis et organisations de gauche, parmi lesquels le la La France insoumise (LFI), Europe écologie les verts (EELV), le Parti socialiste (PS), le Parti communiste français (PCF), le journal Fakir fondé par François Ruffin ou encore l'ONG altermondialiste Attac, ont réalisé un un clip visant à faire connaître le référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP)... et à dénoncer cette privatisation. La diffusion de cette vidéo le 5 novembre sur les réseaux sociaux, constitue une opération de communication «commune et inédite», selon ses auteurs.

«Pour empêcher Macron d'offrir ADP à ses amis, nous devons nous mobiliser», peut-on lire dans cette vidéo, partagée avec le hashtag #privatisercestvoler. Après un rappel de données sur l'entreprise ADP (l'Etat français en est l'actionnaire majoritaire, c'est une entreprise rentable couvrant 24 aéroports dans 13 pays...), les auteurs du clip rappellent que sa privatisation peut être empêchée par la procédure du RIP. «Si le projet obtient 4 717 396 soutiens, alors le gouvernement devra consulter l'ensemble des Français», est-il expliqué. 

Une privatisation d'AFP, mettent en garde les organisations de gauche, ouvrirait la porte à la privatisation «des routes nationales, des barrages» et du groupe industriel énergétique ENGIE.

Quelque 250 députés et sénateurs (de La France insoumise aux Républicains, avec le soutien du Rassemblement national) avaient enclenché début avril la procédure de RIP, introduite dans la Constitution en 2008 mais jamais utilisée jusqu'alors, pour s'opposer à la privatisation d'ADP, l'un des principaux opérateurs aéroportuaires mondiaux avec 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2017.

La procédure a été lancée le 13 juin et se prolongera jusqu’au 12 mars 2020. Pour être validée, la proposition de loi référendaire doit être approuvée par un dixième des électeurs inscrits, soit 4 717 396 personnes d'ici cinq mois. Au 5 novembre, il est estimé par le site adprip.frp qu'un peu plus de 18% des signatures exigées ont été obtenues. 

L'activation de la procédure du RIP par des parlementaires est une épine dans le pied du gouvernement, qui avait réussi à faire voter par sa majorité la privatisation d'ADP dans le cadre de la loi PACTE adoptée le 11 avril. En conséquence, la privatisation a été suspendue par l'exécutif le temps de la procédure référendaire.

Lire aussi : Bruno Le Maire annonce la privatisation de la FDJ «dans les prochains mois»

  • 5 novembre 2019 à 13:02

Moscou, Pékin et Paris déplorent la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat

L'annonce le 4 novembre par les Etats-Unis de leur retrait effectif dans un an de l'accord de Paris sur le climat a suscité des réactions très critiques sur la scène internationale, en particulier en provenance de Chine et de Russie.

Cela porte atteinte à l'accord de la manière la plus sérieuse qui soit, car il s'agit d'un pays leader en matière d'émissions

Ainsi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n'a pas caché l'inquiétude de Moscou quant au devenir de l'accord : «Cela porte atteinte à l'accord de la manière la plus sérieuse qui soit, car il s'agit d'un pays leader en matière d'émissions [de gaz à effet de serre].» «Sans la plus grande économie au monde, il est même difficile de parler d'accord climatique», a-t-il par ailleurs fait valoir.

De son côté, la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, a également «déploré» l'officialisation du retrait américain. «Nous espérons que les Etats-Unis feront preuve de davantage de responsabilité et qu'ils contribueront davantage au processus de coopération multilatérale, au lieu d'ajouter de l'énergie négative», a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. «Le changement climatique est un défi commun lancé à toute l'humanité, tous les membres de la communauté internationale doivent coopérer main dans la main», a-t-il en outre déclaré.

Paris et Pékin devraient s'engager sur «l'irréversibilité de l'accord de Paris»

Même son de cloche à Paris, qui a dit «regretter» la décision américaine. «Cela rend encore plus nécessaire le partenariat franco-chinois sur le climat et la biodiversité», a indiqué la présidence française alors qu'Emmanuel Macron entame ce 5 novembre à Shanghai la deuxième journée d'une visite en Chine. La lutte contre le changement climatique devrait être au menu de l'entretien entre le chef d'Etat français et son homologue chinois Xi Jinping. A cette occasion, les deux hommes devraient signer un texte commun sur le climat et la biodiversité, dont un paragraphe affirmera «l'irréversibilité de l'accord de Paris», selon l'Elysée.

Les Etats-Unis ont formellement notifié le 4 novembre à l'ONU leur sortie de l'accord de Paris sur le climat, décidée dès 2017 par le président Donald Trump. Cette étape-clé, qui ne pouvait intervenir plus tôt en raison d'une clause inscrite dans le texte, enclenche un compte à rebours d'un an avant que Washington puisse effectivement quitter l'accord.

Le départ n'aura donc lieu au plus tôt que le 4 novembre 2020, au lendemain de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis, lors de laquelle Donald Trump compte briguer un second mandat. Les Etats-Unis sont le seul pays à se désengager de l'accord, qui a été signé par 197 pays.

Lire aussi : Climat : les Etats-Unis notifient à l'ONU leur retrait de l'accord de Paris

  • 5 novembre 2019 à 13:34

«Si on est au Smic, faut peut-être pas divorcer» : une chroniqueuse de LCI provoque un tollé

Le 4 novembre dans l’émission 24h Pujadas sur le plateau de LCI, la chroniqueuse Julie Graziani, par ailleurs éditorialiste à la revue L'Incorrect, commentait la venue d'Emmanuel Macron à Rouen, durant laquelle le chef de l'Etat a été interpellé par une mère célibataire. Julie Graziani s'en est vivement pris à cette femme, qui déclarait notamment avoir du mal à s'en sortir en gagnant le Smic, seule avec deux enfants.

«Je trouve que les aides ne sont pas terribles», avait en effet lancé la dame au président de la République devant les caméras le 30 octobre avant d’ajouter : «Seule avec deux enfants au Smic, je ne vois pas trop comment on peut s’en sortir.»

🔴 Julie Graziani (L’incorrect/LCI) 🔴

À propos d’une femme au SMIC seule avec 2 enfants #24hPujadas

« Qu’a t’elle fait pour se retrouver au SMIC, a-t-elle bien travaillée à l’école ou suivie des études ? »

« Et si on est au SMIC, faut peut être pas divorcer dans ces cas là » pic.twitter.com/2FLI5L4U51

— BalanceTonMedia (@BalanceTonMedia) November 5, 2019

«Si on est au Smic, il ne faut peut-être pas divorcer»

Julie Graziani a commenté l'échange en questionnant les choix effectués par cette mère : «Qu’est-ce qu’elle a fait pour se retrouver au Smic ? Est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ? Et puis, si on est au Smic, et bien il ne faut peut-être pas non plus divorcer dans ces cas-là. À un moment donné, quand on se rajoute des difficultés sur des difficultés, et des boulets sur des boulets, on se retrouve avec des problèmes», a-t-elle déclaré.

Ces propos ont vite fait le tour des réseaux sociaux. De nombreux internautes ont fustigé les propos de Julie Graziani, tout comme la Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa. «J’aimerais comprendre : quel est le message quand on blâme une femme de ne gagner que le SMIC puis qu’on lui reproche publiquement d’avoir divorcé ? Riche on peut divorcer, pauvre il faut subir ? Sous couvert d’opinion, un violent mépris des mères isolées !», a ajouté Secrétaire d'Etat.

Bonjour @LCI j’aimerais comprendre: quel est le message quand on blâme une femme de ne gagner que le SMIC puis qu’on lui reproche publiquement d’avoir divorcé ?
Riche on peut divorcer, pauvre il faut subir ?
Sous couvert d’opinion, un violent mépris des mères isolées ! https://t.co/JONiwubkqr

— 🇫🇷 MarleneSchiappa (@MarleneSchiappa) November 5, 2019

Elle présente ses excuses

Ce mardi 5 novembre, l'éditorialiste au magazine L'Incorrect a souhaité apporter quelques précisions et a présenté ses excuses sur Twitter, ainsi que dans un texte publié sur L'Incorrect.

Je mets les points sur i. Chacun est responsable de ses parcours de vie. Tu as fait le mauvais choix de boulot, tu as fait le mauvais choix de mec, tu assumes. Ce n'est pas à l'Etat d'arranger tes problèmes. #GiletsJaunes

— Julie Graziani (@grazianijulie) November 4, 2019

Point sur les i, suite. Notre société est devenue un gigantesque triangle de karpman avec des plaignants vindicatifs, attendant de l'Etat qu'ils les sauve et ne réalisant même plus que ce sont quand même eux les premiers responsables de leur sort.

— Julie Graziani (@grazianijulie) November 4, 2019

Et enfin, quand j'étais jeune, nous vivions à 5 dans 35m2. Ma mère a du emprunter de l'argent plus d'une fois pour les courses alimentaires. Et bien ça ne serait pas venu à l'esprit de ma mère de venir engueuler le Président de la République. #GiletJaunes.

— Julie Graziani (@grazianijulie) November 4, 2019

«Notre société est devenue un gigantesque triangle de Karpman avec des plaignants vindicatifs, attendant de l'Etat qu'ils les sauve et ne réalisant même plus que ce sont quand même eux les premiers responsables de leur sort», a-t-elle notamment expliqué avant d'évoquer sa situation personnelle. «Quand j'étais jeune, nous vivions à 5 dans 35m2. Ma mère a du emprunter de l'argent plus d'une fois pour les courses alimentaires. Et bien ça ne serait pas venu à l'esprit de ma mère de venir engueuler le Président de la République», a écrit l'éditorialiste.

Voilà, voilà, je suis désolée, ok ? Je me suis laissée gagner par l'énervement et j'ai été trop dure. 🧟‍♀️ https://t.co/81Ryv8VcCB

— Julie Graziani (@grazianijulie) November 5, 2019

Lire aussi : «Démission !» ; «Dégage !» : Hué, Emmanuel Macron voit sa visite à Rouen perturbée

  • 5 novembre 2019 à 18:04

31% d'indifférents, 25% d'opinions négatives : ce que les Russes pensent d’Alexeï Navalny

Souvent qualifié d'«opposant numéro un» au Kremlin, Alexeï Navalny est-il aussi populaire en Russie qu’on le pense en Occident ? Un sondage du centre analytique indépendant Levada, publié par l’agence russe Interfax le 5 novembre, vient bousculer les idées reçues à ce sujet.

Plus de 30% des Russes sont indifférents concernant Alexeï Navalny et 31% ne savent rien de son activité. Dans le même temps,  25% des personnes interrogées ont une attitude négative envers lui. Seuls 9% des sondés ont une opinion favorable de l'opposant. Selon les données du Centre analytique Levada, en 2017 Alexeï Navalny était connu de 55% des répondants.

Le sondage a été mené du 24 au 30 octobre 2019 auprès d'un échantillon représentatif des populations urbaines et rurales dans 137 communes de la Fédération de Russie.

Démêlés judiciaires

Alors que les démêlés judiciaires d’Alexeï Navalny ont été largement couverts par les médias et dans les réseaux sociaux ces derniers temps, près de la moitié des Russes (47%) ne sont pas au courant, indique le sondage.

Selon 18% des sondés, les perquisitions et poursuites pénales contre le Fonds anti-corruption créé par Alexeï Navalny sont le résultat des actions des autorités qui répriment les enquêtes indépendantes sur la corruption. Un même nombre de participants au sondage (18%) pensent que l’Etat russe cherche ainsi à se protéger des agents d’influence étrangers. 12% des personnes interrogées voient dans ces enquêtes le fruit de la lutte menée par l’Etat contre le blanchiment d’argent.

Le 9 octobre, le Fonds de lutte contre la corruption, fondé par l’opposant russe Alexeï Navalny, a été classé par le ministère russe de la Justice comme «agent étranger». La loi sur les «agents étrangers» a été adoptée en 2012. Pour qu'un organisme à but non-lucratif soit classé comme «agent étranger», il faut qu’il mène une activité politique et soit financé depuis un pays étranger.

Vladimir Titov, chef de département au ministère russe de la Justice, a expliqué que l'organisation avait reçu de l'argent de l'étranger, en l'occurrence de l'Espagne et des États-Unis, pour un total d'environ 140 000 roubles [1974 euros]. En outre, le ministère considère que les activités du Fonds sont politiques car ses employés tentent d’influencer les organes du pouvoir et d’organiser des manifestations et des rassemblements.

Le 12 septembre, le Comité d'enquête avait effectué des perquisitions aux sièges de l'organisation de Navalny et chez des employés de fonds, se rendant au total à environ 200 adresses.

Le 3 août, le Comité d'enquête russe avait ouvert une enquête visant le fonds de Navalny, organisation accusée de blanchiment pour un montant d'environ un milliard de roubles. Le 8 août, les comptes bancaires du Fonds anti-corruption d'Alexeï Navalny, ainsi que ceux de ses sièges régionaux, ont été bloqués.

Lire aussi: Suspecté de blanchiment, le Fonds anti-corruption de Navalny voit ses comptes gelés

  • 5 novembre 2019 à 18:16

Violences à Mantes-la-Jolie : «Il faut que la police tire à balles réelles», avance Zineb El Rhazoui

Zineb El Rhazoui, écrivaine et ancienne journaliste à Charlie Hebdo, était invitée à participer à l’émission L’heure des pros sur CNews le 5 novembre. Le débat portait notamment sur le phénomène des violences urbaines et les réponses du gouvernement à celles-ci. Faisant référence aux heurts qui ont éclaté à Mantes-la-Jolie le 24 octobre, Zineb El Rhazoui a laissé entendre que la police devait tirer à balles réelles sur les jeunes de banlieue qui s'en sont pris aux membres des forces de l'ordre. 

Commençant par parler de «racailles», puis de «barbares» pour évoquer les jeunes de banlieue ayant tendu un «guet-apens […] à une petite patrouille de policiers», la militante a posé son diagnostic : «Les gens de tous horizons étaient absolument unanimes : il faut que la police tire à balles réelles dans ces cas-là.» L’ancienne journaliste de Charlie Hebdo, sous protection policière depuis l'attentat commis à l’encontre du journal satirique, a en outre jugé que «la police américaine aurait tiré à balles réelles pour bien moins que ça».

Le 24 octobre, de violents affrontements ont éclaté entre une centaine de personnes et des policiers dans la zone urbaine sensible (ZUS) du Val Fourré. Les forces de police ont rapporté avoir été victimes d’un guet-apens tendu par plusieurs dizaines de jeunes.

Et maintenant Zineb El Rhazoui appelle à tirer à balles réelles sur les jeunes de banlieue.
Même Pascal Praud est choqué.pic.twitter.com/BA1nYNSfec

— Jean Hugon🔻 (@JeanHugon3) November 5, 2019

Durant ces heurts, les policiers ont été la cible de nombreux jets de projectiles, de tirs de mortier d’artifice et de cocktails Molotov. Ils avaient répondu avec des grenades de désencerclement, blessant deux jeunes, l’un à l’œil et l’autre à la jambe.

A lire aussi : Soirée de violences urbaines dans les Yvelines, un chapiteau de cirque incendié

  • 5 novembre 2019 à 19:02

Française des Jeux : une privatisation symbolique

Le lancement de la privatisation de la Française des jeux (FDJ) aura lieu le 7 novembre. A partir de cette date et jusqu’au 19 novembre, il sera possible aux investisseurs professionnels et aux particuliers de réserver une ou plusieurs des 191 millions d’actions émises. Elles représentent 52% du capital de l’opérateur national historique et unique de loterie, l’Etat en conservant 20%.

Une fourchette de prix doit être établie dans un premier temps. La valeur définitive, elle, ne sera fixée qu'une fois la période de souscription close, notamment en fonction de la demande. Interrogée sur la station de radio RTL, la présidente de la FDJ Stéphane Pallez a laissé entendre que le prix de l’action se situerait «plutôt dans les dizaines d'euros que dans la centaine».

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait, quant à lui, précédemment déclaré qu’il attendait environ un milliard d’euros de cette privatisation. Le produit de la vente doit abonder un fonds destiné au financement de l’innovation. Le principe en a été établi dans la loi PACTE (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) adoptée en avril 2018.

A un moment où les taux d’intérêt sont particulièrement bas et où le Trésor n’éprouve aucune difficulté à émettre tous les mois des milliards d’euros de dette à taux négatif, on peut douter de la nécessité d’organiser une telle vente, si le but était seulement de financer l’innovation.

Relancer l'actionnariat populaire

Mais cette privatisation a un autre but officiel : relancer l'actionnariat populaire. Un spot publicitaire largement diffusé clame : «Entrez dans l’histoire, entrez dans la capital de la Française des jeux !»  Et pour encourager les particuliers à «entrer dans l’histoire», une action gratuite leur sera accordée pour dix actions achetées, si ces actions sont conservées 18 mois, et une décote de 2% sur le prix du titre sera appliquée. Mi-octobre, le ministre de l’Economie, annonçant la date de la privatisation, avait dit vouloir en faire un «succès populaire». Toutefois, les Français sont semble-t-il devenus méfiants.

Charles-Henri d'Auvigny, président de la Fédération des investisseurs individuels et des clubs (F2IC), cité par l’AFP, explique : «Les particuliers présents en bourse étaient quelque neuf millions dans les années 2 000. Mais entre les krachs et la volatilité, les gens sont partis.» Le président de la F2IC estime qu’il ne reste aujourd’hui que trois millions de petits porteurs en France.

L'AFP a également recueilli l’avis de Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext (société privée qui gère plusieurs bourses, dont celle de Paris), lequel estime que la Française des jeux constitue «une bonne accroche» pour faire revenir les particuliers vers la bourse, «car son activité est facile à comprendre et assez prévisible».

Ces dernières semaines, on a tenté de présenter les actions de la FDJ comme un placement de père de famille. Et il est vrai que l’activité de la FDJ, insensible à la guerre commerciale et aux cycles économiques, a de quoi rassurer. De plus, l'entreprise verse chaque année environ 140 millions d’euros de dividendes, soit environ 80% de son bénéfice net à ses actionnaires, et la direction s’est engagée à maintenir ce niveau. Ainsi, à moins d'être proposée à un prix très élevé à l'issue de la période de souscription, l'action FDJ pourrait constituer un placement plus dynamique que le livret A, plébiscité par les Français, malgré son taux de rémunération actuel légèrement inférieur à celui de l'inflation. 

Les précédents décevants de France Telecom et EDF

Cela suffira-t-il à séduire les Français et à faire de cette privatisation sans enjeu réel un succès ? Les mauvais souvenirs laissés par les précédentes privatisations de France Telecom (devenu Orange) et d’EDF pourraient quand même peser négativement dans la balance. Les cours d'EDF, entré en bourse en novembre 2005 à 32 euros et de France Telecom, introduit en octobre 1997 à 27,75 euros, sont aujourd’hui très en dessous de ces niveaux. Pendant les douze derniers mois, les actions de la première ont chuté de 16 à environ 9 euros, alors que celles de la seconde se négociaient entre 13 et 15 euros.

La FDJ est la deuxième loterie nationale en Europe et la quatrième dans le monde. Sur 15,8 milliards d’euros de mise en 2018 (dont près de 70% reversés aux joueurs sous forme de gains), 3,5 milliards d’euros de taxes sur les jeux ont été reversés aux finances publiques qui conserveront cette manne régulière après la privatisation.

Compte tenu de ces divers versements, le groupe revendique en 2018 1,8 milliard de chiffres d’affaires, pour un résultat net de 170 millions d’euros. En 2020, un nouveau cadre fiscal «basé sur le produit brut des jeux, c’est-à-dire les mises moins les gains» selon l’explication Stéphane Pallez, présidente directrice général du groupe FDJ, doit entrer en vigueur.

  • 5 novembre 2019 à 19:08

RT est-il un média? Sibeth Ndiaye s'interroge sur le fonctionnement de la carte de presse

Invitée de l'émission Les Matins sur France Culture le 4 novembre, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye en a profité pour livrer sa vision du journalisme et de la liberté de la presse. Et, comme c'est devenu une habitude dans les rangs de la majorité, cela a donné lieu à un véritable numéro de contorsionniste.

Défendant avec emphase la nécessité pour les médias d'avoir des lignes éditoriales différentes – «une évidence» – lorsqu'elle s'est efforcée de justifier l'entretien accordé par Emmanuel Macron au magazine Valeurs Actuelles, Sibeth Ndiaye s'est montrée nettement plus perplexe au sujet de Sputnik et RT.

«Je ne sais si on peut les considérer en tant que [des médias]. C'est une vraie question déontologique que la profession, à mon sens, doit se poser. Je sais que la réponse est difficile à apporter d'un point de vue déontologique, mais moi je considère que ce n'est pas tout à fait des médias libres tels qu'on peut les connaître en France. En France, vous n'avez personne qui relit les éditos de Frederic Says, je ne suis pas sûre que ce soit complétement le cas pour les reportages de Sputnik ou RT», a-t-elle ainsi lancé à la volée, et sans s'embarrasser d'autre chose que son ressenti pour étayer son propos. Cet argument d'autorité lui aura toutefois permis de justifier le refus d'accréditation des journalistes des deux médias par l'Elysée, sans s'aventurer sur le terrain de l'entrave à la liberté d’informer, que lui reproche notamment le Syndicat national des journalistes.

«Avoir une carte de presse, ce n'est pas si difficile que ça»

Poursuivant son délicat numéro d'équilibriste, consistant à se placer en défenseur de la liberté de la presse tout en attaquant frontalement des médias dont les journalistes disposent d'une carte de presse, Sibeth Ndiaye a donc remis sur la table l'idée d'un «conseil déontologique» au sein de la profession, qui serait à même de juger qui est digne d'exercer ce métier et qui ne l'est pas. Une manière de dire que la Commission de la carte de presse, composée de représentants des éditeurs de journaux et de syndicalistes élus par les journalistes et qui est aujourd'hui chargée par la loi de délivrer cette fameuse carte, ne fait pas un travail satisfaisant aux yeux du gouvernement.

«Il y a ce sujet d'un conseil déontologique, qui est aujourd'hui en discussion. Je pense que si on ne fait rien, on finira par se faire tous avaler par la "fake news". Tout le monde pourra dire qu'il est journaliste, au fond, avoir une carte de presse, ce n'est pas si difficile que ça», n'a d'ailleurs pas hésité à lancer la porte-parole du gouvernement, s'ingérant sans sourciller au cœur du fonctionnement de ce «contre-pouvoir» qu'elle considérait plus tôt dans l'interview comme «indispensable».

Force est de constater que le gouvernement n'a pas abandonné l'idée avancée par le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, en juin dernier, de créer un «conseil de l'ordre des journalistes». Pourtant, à l'époque, face à la levée de boucliers de la profession, le secrétaire d'Etat avait immédiatement fait machine arrière.

Lire aussi : Discriminations envers RT France : pour Lavrov, Paris ne respecte pas ses engagements internationaux

  • 5 novembre 2019 à 19:40

Législatives en Espagne : le parti populiste Vox verra-t-il son nombre de députés doubler ?

La vague populiste qui parcourt le monde ne semble pas près de s'arrêter. En Espagne, les élections législatives prévues pour le 10 novembre prochain pourraient en effet être marquées par une forte progression du parti Vox. Cette formation politique unioniste, eurosceptique et nationaliste pourrait même voir son nombre de députés presque doubler, passant de 24 à 46, selon un sondage publié début novembre par El País. Vox deviendrait ainsi la troisième force politique du pays, derrière le Parti socialiste (PSOE) du Premier ministre Pedro Sanchez et le Parti populaire, conservateur.

El PP sube a 91 escaños, Vox se consolida como tercera fuerza con 46 y Cs se desploma, según el sondeo de 40dB para EL PAÍS. Podemos pierde 10 escaños e irrumpen CUP y Más País #10Nhttps://t.co/cECnt8OtNf

— EL PAÍS (@el_pais) November 3, 2019

Vox a le vent en poupe

Quasiment inexistant il y a quelques années, le parti populiste séduit de plus en plus d'électeurs issus des régions les plus défavorisées (notamment l'Andalousie, où le parti a réalisé une percée historique lors des dernières élections régionales), touchées de plein fouet par la stagnation économique et un chômage élevé (environ 14% de la population active espagnole en 2019).

Dans un pays qui se trouve au premier plan de la crise migratoire frappant le continent européen, Vox mise sur un discours résolument anti-immigration. Les enclaves espagnoles en territoire marocain de Ceuta et Melilla rendent en effet l'Espagne particulièrement vulnérable aux intrusions de migrants.

Autre point mis en avant dans un contexte d'inquiétude quant à la montée des tensions en Catalogne (région la plus riche d'Espagne tentée par le sécessionnisme depuis 2015), le parti populiste affirme son identité castillane et son idéologie centraliste.

La droite en progression, les autres partis à la traîne

D'après les projections d'El País, le Parti populaire, conservateur, serait l'autre grand gagnant du scrutin, et pourrait passer de 66 à 91 députés, s'imposant comme la deuxième force du pays. 

Les autres partis traditionnels seraient globalement à la traîne. Première force politique du pays, le Parti socialiste (PSOE) du Premier ministre Pedro Sanchez perdrait deux sièges, passant de 123 députés à 121.

Même coup dur pour la gauche de Podemos, proche de la France insoumise, qui passerait de 42 sièges à 31. Les centristes libéraux de Ciudadanos, parti auquel appartient Manuel Valls, connaîtraient quant à eux un véritable effondrement, passant de 57 députés à 14.

Enfin, si les résultats des derniers sondages venaient à être confirmés dans les urnes, aucune majorité claire ne parviendrait à se dégager. 

Lire aussi : Espagne : les frontières de Ceuta et Melilla toujours aussi perméables ?

  • 5 novembre 2019 à 19:47

Immigration : «Monsieur Macron fait le choix d’être le perroquet de madame Le Pen»

Preview Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, est l’invité politique de l’Info de Stéphanie de Muru. Il aborde la question des quotas d’immigration, les violences à Chanteloup-les-Vignes et l’anniversaire de la tragédie de la rue d’Aubagne.

  • 5 novembre 2019 à 21:22

Deux Gilets jaunes condamnés à de la prison ferme pour le saccage d'un McDonald's

Six Gilets jaunes auteurs du saccage, fin mars, d'un restaurant McDonald's de Saint-Priest-en-Jarez (Loire) ont été condamnés ce 5 novembre à des peines allant de trois mois de prison avec sursis à 18 mois ferme. Un homme de 38 ans, considéré comme l'auteur principal du saccage et dont le casier judiciaire comportait déjà 23 mentions, a été condamné à 18 mois de prison. Un autre membre du groupe a écopé de neuf mois de prison, dont six avec sursis, alors que les quatre autres, dont deux femmes, ont été condamnés à des peines avec sursis de trois à six mois. 

Les six condamnés devront verser solidairement 2 500 euros au restaurant, seule partie civile. La somme correspond à la franchise de son assurance. Les dégâts matériels ont été chiffrés à plus de 41 000 euros. Au procès, le ministère public avait requis de trois à 20 mois de prison ferme contre les prévenus.

Un flash-mob qui a mal tourné, selon les prévenus 

Le 30 mars, quelques heures après la fin d'une manifestation de Gilets jaunes à Saint-Etienne, une dizaine d'entre eux avaient répondu positivement à la proposition d'aller «bloquer un McDo», formulée autour d'un barbecue.

L'expédition devait prendre la forme d'un «flash mob», a expliqué à l'audience l'un des prévenus, artisan de métier. Elle a pris une tournure plus violente lorsque le meneur du groupe a méthodiquement cassé caisses, machines à boissons, vitres et bornes de commande à coup de marteau.

Revendiquant sa motivation «anticapitaliste» devant le tribunal, il avait tenté de rassurer les consommateurs présents le jour des faits en leur lançant : «N'ayez pas peur, c'est pas un braquage, on en veut juste à McDo qui ne paie pas ses impôts en France.»

Pendant le procès, les six prévenus âgés de 19 à 40 ans avaient exprimé des regrets et présentés des excuses aux personnes présentes dans l'établissement.

Lire aussi : Eric Drouet relaxé des accusations de violence, mais condamné à une amende pour port d'arme

  • 5 novembre 2019 à 22:06

L’Etat a-t-il les moyens d’apaiser le malaise au sein des banlieues ?

Preview Rost, de l’association Banlieues actives et François Bersani, du syndicat Unité SGP Police 78 débattent du rôle de l’Etat dans les banlieues. De récents épisodes de violences à Chanteloup-les-Vignes et Mantes-La-Jolie ont cristallisé les tensions.

  • 5 novembre 2019 à 22:33

Mali : la France annonce l'élimination d'un important chef djihadiste lié à al-Qaïda

La ministre française des Armées, Florence Parly, a annoncé ce 5 novembre à l’AFP la mort du marocain Abou Abderahman al Maghrebi, alias Ali Maychou. Le numéro deux et leader religieux du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), organisation djihadiste reliée à al-Qaïda, a été tué par les forces françaises au Mali début octobre, selon la ministre.

«[Le djihadiste a été tué] sur le sol malien en coordination avec les forces maliennes et un soutien américain», a-t-elle précisé dans l'avion qui la ramenait d'une tournée dans plusieurs pays de la région du Sahel, où quelque 4 500 militaires français sont déployés dans le cadre de l’opération anti-djihadiste Barkhane. «Il s'agit de la neutralisation d'un personnage très influent», a-t-elle en outre ajouté, dans l'avion qui la ramenait de Gao, au Mali, vers la France. 

Cerveau de l'expansion d'al-Qaïda au Sahel

La ministre a ajouté qu'Abou Abderahman al Maghrebi était «le deuxième terroriste le plus recherché au Sahel – y compris par les Américains». Il avait rejoint al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en 2012. 

Il en était devenu le leader spirituel avant de participer à la fondation du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) en 2017 avec Iyad ag Ghali, le numéro un de l'organisation, et qui est en tête de la liste des individus recherchés au Sahel.

Le GSIM a revendiqué les attaques récentes fin septembre contre les forces maliennes à Boulkessy et Mondoro, qui avaient tué 40 militaires. Le groupe a aussi revendiqué l'attentat de Ouagadougou de mars 2018 (8 morts).

Cerveau de l'expansion d'al-Qaïda au Sahel, artisan de l'unité des katibas (bataillons) du sud au sein du GSIM, Ali Maychou est le deuxième personnage d'importance du GSIM tué cette année, après la mort de l'Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou El Hamame en février. 

Une situation sécuritaire qui se dégrade dangereusement 

La nouvelle de cette élimination intervient quelques jours après la mort d'un soldat français dans le nord-est du Mali, tué par un engin explosif. Le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), autre organisation djihadiste active au Mali, a revendiqué cette attaque, de même que celle d'un camp militaire du Nord du pays où 49 soldats ont été tués le 1er novembre.

Malgré la présence des forces française, africaine et onusienne, la dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les doutes sur la capacité de l'armée malienne à faire face aux agissements djihadistes et aux autres violences auxquelles cet vaste pays est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants. Plus largement, l'ensemble des armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques.

Lire aussi : Mali : trois blessés dans une attaque au véhicule piégé à l'entrée de la base française de Gao

  • 5 novembre 2019 à 23:11

La police militaire néerlandaise déployée à l'aéroport d'Amsterdam après une fausse alerte

Une partie de l'aéroport Schipol d'Amsterdam, aux Pays-Bas, a été bouclée ce 6 novembre. La police militaire a été déployée sur place en raison d'une «situation suspecte» à bord d'un avion selon les termes des forces de l'ordre, rapportés par Reuters. Après avoir procédé à des vérifications, la police a ensuite fait savoir sur Twitter que les passagers et l'équipage étaient en sécurité à bord de l'appareil.

Schiphol. pic.twitter.com/Vfa321xUEH

— peter vandermeersch (@pvdmeersch) November 6, 2019

Selon le média néerlandais NOS, le commandant de bord de l'avion aurait appuyé, avant le décollage de l'avion, sur un bouton d'alarme habituellement utilisé pour faire état d'un détournement, provoquant l'intervention de la police militaire. 

La compagnie aérienne Air Europa, citée par Reuters, l'alarme a fait savoir que l'alarme avait été déclenchée «accidentellement», et a présenté ses excuses auprès des passagers de ce vol à destination d'Amsterdam.

  • 6 novembre 2019 à 20:24

Burkina Faso : au moins 37 morts dans l'attaque d'un convoi d'une société canadienne

Ce 6 novembre, dans l'est du Burkina Faso, une attaque contre un convoi d'employés burkinabés de la société minière canadienne Semafo a fait au moins 37 morts 60 blessés, selon le gouverneur de cette région, Saidou Sanou. Le ministère burkinabé de l'Administration territoriale et de la Cohésion sociale a annoncé qu'une opération de «ratissage» avait été déclenchée.  

Dans un communiqué, Semafo précise que l'attaque a visé un convoi de cinq bus transportant du personnel, des entrepreneurs et des fournisseurs liés à la compagnie minière, qui étaient escortés par des militaires. Elle s'est produite «à environ 40 kilomètres de la mine Boungou, propriété du canadien Semafo», qui n'a pas été affectée, selon l'entreprise.

Ce producteur aurifère canadien, basé à Montréal, possède deux exploitations au Burkina Faso, la mine Boungou dans l'est et celle de Mana dans l'ouest du pays.

L'attaque n'a pour l'heure pas été revendiquée.

Le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes, certains affiliés à al-Qaïda et d'autres au groupe Etat islamique.

Depuis début 2015, les attaques terroristes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l'est, ont fait près de 649 morts selon un comptage de l'AFP et environ 500 000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU. Cinq gendarmes et au moins cinq civils avaient été tués le matin du 4 novembre dans une attaque contre le détachement de gendarmerie de Oursi, localité de la province de l'Oudalan, dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière malienne.

Lire aussi : Double attaque de Ouagadougou : des infiltrés au sein de l'armée auraient-ils aidé les djihadistes ?

  • 6 novembre 2019 à 20:56

Trop laxistes, trop contraignantes ? Les mesures du gouvernement sur l'immigration font réagir

Le gouvernement d'Emmanuel Macron a décidé de mettre sur le devant de la scène la thématique de l'immigration, avec plusieurs annonces faites par le Premier ministre Edouard Philippe ce 6 novembre. Parmi celles-ci, la mise en place de quotas chiffrés d'immigrés économiques dans certains secteurs. Le gouvernement souhaite également, entre autres, restreindre l'accès à l'Aide médicale d'Etat (AME). Les réactions n'ont pas tardé à fuser dans la classe politique, peu convaincue. Les partis de droite ont ainsi dénoncé le laxisme du gouvernement et mis en doute sa volonté de prendre le problème à bras le corps, tandis qu'à gauche, on dénonçait des mesures trop contraignantes.

Les mesures d'Edouard Philippe font l'unanimité... contre elles

«Les Français attendaient la rupture, ils auront la continuité», a déploré le Rassemblement national (RN) dans un communiqué. «D'aucuns s’empressent d’invoquer des secteurs d’activité sous tension pour justifier leur idéologie immigrationniste : c'est oublier que près de six millions de nos compatriotes sont au chômage», ajoute le parti, considérant qu'il est «illusoire de ne cibler que les détournements ou les abus : c'est tout ce qui est aujourd'hui autorisé et permis par la loi qui est au cœur même du problème».

Même scepticisme chez Les Républicains (LR). Sur Twitter, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a dénoncé «des mesures gouvernementales sans ambition qui vont finalement faire augmenter l'immigration». «Derrière le ton présidentiel volontariste, le "en même temps" paralyse un pouvoir incapable de refonder notre politique migratoire», a-t-il ajouté.

La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer estime pour sa part : «Même si le discours va dans le bon sens, on est très loin des applications et des actes. 94% des personnes déboutées du droit d’asile restent en France. Commençons par appliquer les OQTF [obligations de quitter le territoire français]».

Du côté de la gauche, on juge au contraire trop dures les propositions d'Edouard Philippe. «Ils sont en train de faire un cadeau idéologique à l'extrême droite. Des règles existent déjà sur l'immigration économique. On ne voit pas pourquoi ils agitent encore le cocotier. Pourquoi ne pas commencer par régulariser tous les sans-papiers des secteurs sous tension ?», propose Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Celui-ci déclare que sur l'AME, «il peut y avoir des tricheurs, mais en s'y attaquant on risque de restreindre le droit de tous les autres, et de provoquer une crise sanitaire qui coûtera plus cher que l'aide».

Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat, affirme que le gouvernement «veut donner le gage à la droite, voire la droite extrême de ce pays sur un sujet qui sur le plan économique est mineur». Il présente Emmanuel Macron et Edouard Philippe comme «des pompiers pyromanes qui vont devenir peut-être des arroseurs arrosés dans cette affaire».

Dans un communiqué, la délégation de la gauche sociale et écologique au Parlement européen a pour sa part estimé que le président de la République poursuivait «son offensive sur le terrain régalien en perspective des élections municipales et présidentielle». «Il livre en pâture les questions de migration, que l’opinion publique ne place pourtant pas parmi les sujets prioritaires de préoccupation, afin d'étouffer la contestation sociale sur les retraites et sur l’assurance chômage», ont-ils ajouté.

Une rare réaction positive au projet gouvernemental est venue du mouvement Agir, proche d'Emmanuel Macron. Le parti politique a souligné la nécessité de «reprendre le contrôle de [la] politique migratoire sans rien céder aux populismes et la réaffirmation du principe de souveraineté en la matière». «L'équilibre entre les droits et les devoirs se traduit effectivement par la lutte contre les détournements autant que par le renforcement, via une stratégie de quotas, de la nécessaire immigration professionnelle, sans laquelle des pans entiers de notre économie seraient mis en difficulté», poursuit Agir dans un communiqué.

Lire aussi : Quotas d'immigrés professionnels, le projet du gouvernement sous le feu des critiques

  • 6 novembre 2019 à 21:01

Gaspard Gantzer : «Quand on adopte les arguments et les mots des adversaires, on a déjà perdu»

Preview Gaspard Gantzer, candidat indépendant à la mairie de Paris, est l’invité politique de l’Info de Stéphanie de Muru. Il évoque la privatisation d’ADP, les annonces d’Edouard Philippe sur l’immigration et sa campagne pour les municipales à Paris.

  • 6 novembre 2019 à 21:13

Une garde-frontière israélienne tire une balle en caoutchouc dans le dos d'un Palestinien (VIDEO)

La chaîne de télévision israélienne 13 News a diffusé le 2 novembre une vidéo tournée en mai 2018, devant un poste de contrôle en Cisjordanie occupée, dans laquelle on voit un civil palestinien aux prises avec cinq gardes-frontières israéliens.

Ces derniers refusent de laisser passer l'homme, et lui ordonnent de rebrousser chemin. «Cours !», lui crie l'une des gardes-frontières. L'individu obtempère et fait demi-tour, tournant le dos aux Israéliens.

Une fois que le Palestinien est à bonne distance, la garde-frontière lui tire dans le dos avec une balle en caoutchouc. L'individu s'effondre et hurle de douleur, alors que les policiers tournent les talons et s'en vont.

Israeli soldiers shoot rubber-coated bullets at a Palestinian man at Za'ayyen checkpoint in occupied East Jerusalem today, and despite him posing no security threat. pic.twitter.com/eSbsfd3ev6

— CJ Werleman (@cjwerleman) 3 novembre 2019

«La vidéo montre l'ampleur de la haine aveugle et du racisme sioniste», s'est indignée l'OLP, déplorant le sort des Palestiniens «dont la vie et le sang sont devenus le divertissement de meurtriers».

Les responsables du tir traduits en justice et sanctionnés

L'auteur du tir et ses quatre collègues ont été arrêtés et traduits devant la justice israélienne. Lors du procès, le juge a qualifié l'incident de «forme douteuse de divertissement». La garde-frontière a été démise de ses fonctions, et ses collègues mutés.

Sur les réseaux sociaux, la vidéo est devenue virale et a été visionnée des dizaines de milliers de fois, suscitant des réactions indignées.

L'armée israélienne occupe illégalement la Cisjordanie depuis 1967. Cette zone est peuplée de trois millions de Palestiniens et de 400 000 colons juifs, dont les implantations sont illégales selon le droit international.

Lire aussi : La Cour suprême israélienne approuve l'expulsion du directeur local de Human Rights Watch

  • 6 novembre 2019 à 22:34

Emmanuel Macron et l’économie, quel bilan à mi-mandat ?

La première moitié du mandat d'Emmanuel Macron a été marquée par de nombreuses réformes, mais aussi par le mouvement des Gilets jaunes et la contestation de sa politique économique. Alors que le président de la République avait annoncé de grands changements et souhaitait imprimer sa marque sur la politique économique et sociale du pays, quel est son bilan économique à mi-mandat ?

  • 6 novembre 2019 à 22:37

La plainte d'un adolescent ayant eu la mâchoire brisée par un tir de LBD classée sans suite

Selon des informations transmises par le parquet de Strasbourg ce 6 novembre, la plainte déposée par la mère d'un adolescent, blessé au visage en janvier par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) lors d'une manifestation des Gilets jaunes à laquelle il ne participait pas, a été classée sans suite.

Le classement sans suite a été motivé par «l'impossibilité d'identifier le policier qui a tiré» et le «défaut d'intention avéré du tir en direction du jeune homme», selon Francis Metzger, qui défend avec Xavier Metzger les intérêts de l'adolescent blessé et de sa mère.

Mâchoire brisée par un tir de LBD

L'adolescent, alors âgé de 15 ans, avait eu la mâchoire brisée par un tir de LBD en marge d'un rassemblement de Gilets jaunes émaillé d'incidents, près de la gare de Strasbourg, le 12 janvier.

Opéré, il a dû porter des broches pendant plusieurs mois, ce qui «a eu un impact majeur sur son parcours scolaire», comme l'a rappelé l'avocat.

«Un classement sans suite, c'est comme si on nous disait qu'il ne s'était rien passé. Comme si c'était banal de tirer sur un gamin qui vient d'aller s'acheter une veste dans un magasin. C'est du mépris total», a réagi dans Les dernières nouvelles d'Alsace (DNA), la mère de l'adolescent, Flaure Diessé. Elle avait déposé une plainte pour «blessures involontaires».

Selon elle, son fils «a perdu la sensibilité au chaud et au froid au niveau de la lèvre, côté droit et il lui reste une grande cicatrice sur le visage».

L'enquête, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a confirmé que le garçon ne participait pas à la manifestation. «C'était un badaud qui sortait d'un centre commercial et qui était au mauvais endroit au mauvais moment», a souligné Francis Metzger. 

Les deux avocats doivent rencontrer «dans les prochains jours» la mère de l'adolescent pour déterminer quelles suites donner à la procédure.

Trois alternatives sont envisageables, selon Francis Metzger : le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile permettant l'ouverture d'une information judiciaire confiée à un juge d'instruction, une procédure devant une juridiction administrative contre le ministère de l'Intérieur, ou la saisine de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions.

Contacté par l'AFP, le parquet de Strasbourg n'a pour l'heure pas réagi.

Lire aussi : «Pas de violences irréparables» contre les Gilets jaunes ? Les propos de Macron font scandale

  • 7 novembre 2019 à 07:52

Lafarge en Syrie : la justice annule les poursuites pour «complicité de crimes contre l'humanité»

Si les mises en examen du cimentier pour «financement du terrorisme», «violation d'un embargo» et «mise en danger de la vie» d'anciens salariés d'une usine en Syrie contre le groupe Lafarge ont été maintenues, la cour d'appel de Paris a annulé ce 7 septembre la mise en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité» de Lafarge. Le groupe français était accusé d’avoir financé des groupes terroristes en Syrie pour maintenir l'activité d'une de ses usines, selon des avocats cités par l'AFP.

«La chambre de l'instruction a fait le même constat que nous, à savoir qu'il n'existe pas d'éléments justifiant la mise en examen de Lafarge SA pour ce crime», se sont félicités les avocats du cimentier, Christophe Ingrain et Rémi Lorrain. «La cour reconnaît que Lafarge n'a jamais participé ni de près ni de loin à un crime contre l'humanité [et] corrigé une décision totalement infondée» des juges d'instruction des pôles financier et antiterroriste du tribunal de Paris, ont-ils ajouté. 

Des mises en examen de Lafarge pour d'autres motifs maintenues

En revanche, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a maintenu les mises en examen du cimentier pour «financement du terrorisme», «violation d'un embargo» et «mise en danger de la vie» d'anciens salariés de son usine de Jalabiya.

En outre, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en 2017 après des plaintes de plusieurs associations et du ministère de l'Economie, huit cadres de Lafarge au total été mis en examen, pour «financement d'une entreprise terroriste» et/ou «mise en danger».

La mise en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité» du groupe français, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim, avait suscité de vives réactions dans le monde économique. Selon l'ONG Sherpa, il s'agissait d'une première mondiale pour une entreprise.

Suspicions de versements à des groupes armés en Syrie

Lafarge est suspecté d'avoir versé entre 2011 et 2015 plus de 12 millions d'euros à des groupes armés en Syrie, dont Daesh, pour continuer à faire tourner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord du pays malgré la guerre.

Depuis la plainte déposée par Bercy fin décembre 2016, dans le cadre de l'interdiction d'acheter du pétrole en Syrie, Lafarge a été accusé de vouloir saboter des preuves exploitables dans le cadre de l'enquête. Ainsi, le 12 décembre 2017, l'association Sherpa, qui avait également déposé plainte contre le groupe, affirmait que «des ordinateurs [avaie]nt été passés à l'eau de javel pour empêcher la justice de travailler».

L'année suivante, après avoir eu accès aux procès-verbaux de l'audition du directeur de la sûreté du cimentier Lafarge, Libération révélait la participation, entre 2012 et 2014, de l’Elysée et du Quai d’Orsay à des discussions stratégiques sur l’envoi de soldats dans l’usine Lafarge en Syrie, alors occupée par des combattants de Daesh.

Lire aussi : Enquête sur Lafarge en Syrie : l'ex-chef de la diplomatie Laurent Fabius entendu comme témoin

  • 7 novembre 2019 à 09:29

Enrichissement d'uranium par l'Iran : Paris s'inquiète, Moscou pointe la responsabilité américaine

Conformément à ce que Téhéran avait annoncé la veille, l’Iran a repris ce 7 novembre ses activités d'enrichissement d'uranium à l'usine souterraine de Fordo, à environ 180 kilomètres au sud de la capitale. Dans un communiqué, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) précise que «toutes ces activités ont été réalisées sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique» (AIEA), organe de l'ONU chargé du contrôle du programme nucléaire iranien.

Le 6 novembre, le président iranien Hassan Rohani avait annoncé la reprise de ces activités gelées en vertu de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, en réaction au retrait américain de l'accord et du rétablissement de sanctions anti-iraniennes en résultant. 

Moscou pointe du doigt la responsabilité américaine

La Russie, qui avait conseillé en juillet à l'Iran de respecter l'accord sur le nucléaire de 2015 et à ne «ne pas céder à l'émotion», a choisi ce 6 novembre de ne pas blâmer Téhéran, pointant du doigt la responsabilité américaine dans cet enchaînement de décisions. «Nous sommes très préoccupés et cette préoccupation ne date pas d'hier ou d'aujourd'hui mais de mai de l'année dernière, lorsque les Etats-Unis ont annoncé leur sortie de l'accord», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par des agences russes.

Le ministre russe des Affaires étrangères a par ailleurs souligné que «toutes les mesures de l'Iran concernant la réduction de ses obligation se [faisaient] en informant l'AIEA en présence d'inspecteurs de l'AIEA et sans enfreindre la moindre disposition de l'accord sur la non-prolifération nucléaire et du protocole additionnel» (un autre accord que celui sur le nucléaire iranien de 2015).

Paris et Berlin haussent le ton

Les signataires occidentaux de l'accord ne se montrent pas aussi compréhensives à l'égard de l'Iran. Le président de la République française Emmanuel Macron a ainsi qualifié le 6 novembre de «grave» la décision de l'Iran de relancer ses activités d'enrichissement d'uranium jusque là gelées. «J'aurai des discussions dans les prochains jours, également avec les Iraniens, et nous devons collectivement en tirer les conséquences», a ajouté le chef d'Etat au dernier jour de sa visite en Chine. Néanmoins, dans la droite ligne de la position de conciliation qu'il avait tenue cet été, Emmanuel Macron a jugé que «le retour à la normale» ne pouvait se faire que si les Etats-Unis et l'Iran acceptaient de «rouvrir une forme d'agenda de confiance, d'élargir le dialogue et d'avancer avec des gestes».

«Ce que le président Rohani a annoncé n'est pas acceptable», a de son côté déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. Il a appelé «l'Iran à revenir sur toutes les mesures qu'il a prises depuis juillet et à respecter à nouveau pleinement ses engagements».

Enfin, Washington, par la voix du porte-parole du département d'Etat, Morgan Ortagus, voit en la stratégie de Téhéran «une tentative claire de chantage nucléaire qui va seulement aggraver son isolement politique et économique»

Téhéran déplore un manque de soutien des partenaires de l'accord de Vienne

La décision que vient de prendre l'Iran marque la quatrième phase du plan de réduction de ses engagements lancé en mai, en riposte au retrait américain.

La République islamique assure rester attachée à la survie de l'accord et être prête à revenir à l'application complète de ses engagements, à condition que les autres parties (la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne) respectent les leurs. Cela implique notamment, selon Téhéran, de l'aider à surmonter les conséquences du retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en 2018 et du rétablissement de sanctions américaines en résultant.

Lire aussi : Iran : Moscou souligne l’inefficacité du mécanisme visant à contrer les sanctions américaines

  • 7 novembre 2019 à 09:49

«Protectzeracaille» : le rappeur Booba appelle à «pourrir la vie» de Zineb El Rhazoui

La polémique continue. Zineb El Rhazoui avait soulevé un tollé en déclarant, le 5 novembre dans l’émission L’heure des pros sur Cnews, vouloir que la «police tire à balles réelles» lorsque les forces de l’ordre étaient confrontées à des embuscades tendues par des «racailles». Ce 6 septembre, un nouveau contempteur de l'écrivain et ancienne journaliste à Charlie Hebdo s'est manifesté : le «Duc de Boulogne».

Résidant à Miami, le rappeur Booba a mis en ligne sur les réseaux sociaux plusieurs clichés de Zineb El Rhazoui accompagnés de messages injurieux et de menaces. «Oh putain mais c’est qu’elle est sérieuse cette suceuse d’empereurs Romains», pouvait-on lire sur une story (publication temporaire) sur Instagram du rappeur, en commentaire d’une photographie de Zineb El Rhazoui sur laquelle elle apparaissait, un pistolet dans chaque main. La story était accompagnée du hashtag #punissonsla.

Tiens, on dirait que Zineb vient de rentrer dans le collimateur de Booba. pic.twitter.com/muLdDaqgFf

— Romain Caillet (@RomainCaillet) November 6, 2019

Dans une autre publication sur Instagram datée du 6 novembre, Booba a appelé ses fans à «pourri[r] la vie à cette grosse merde puante», en légende d'une vidéo de l'intervention de l'écrivain sur le plateau de CNews. La publication du rappeur s’accompagne des mots-dièses «protectzeracaille», «niquetamèreparlecul» ou encore «gestapute», et des deux emoji : un drapeau noir et une tête de mort.

L'avocat de l'écrivain, Thibault de Montbrial, a annoncé, ce 7 novembre sur Twitter, qu'il allait «déposer plusieurs plaintes dont une contre Booba» à la suite du «déchaînement de haine, d'injures et de menaces de morts reçues [par sa cliente] ces derniers jours».

🔴 Suite au nouveau déchaînement de haine, d’injures et de menaces de mort reçues ces derniers jours, @ZinebElRhazoui m’a demandé de déposer plusieurs plaintes dont une contre #Booba#justice#ZinebElRhazoui

— Thibault deMontbrial (@MontbrialAvocat) November 7, 2019

Lors de sa prise de parole sur le plateau de Cnews, Zineb El Rhazoui commentait les heurts survenus à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) dans la nuit du 2 au 3 novembre. Selon le parquet de Versaille cité part l’AFP, des policiers, envoyés dans le quartier de la Noé après que des poubelles et des luminaires d'éclairage public ont été incendiés, ont essuyé des jets de cocktails Molotov et de pierres de la part d'une trentaine d'individus, aux visages dissimulés.

Un événement similaire avait eu lieu le 25 octobre dans le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), où une centaine de personnes s’en étaient pris aux policiers. Un jeune homme avait été gravement touché à l’œil et un gardien de la paix blessé à la cuisse par un tir de mortier.

Lire aussi : Violences à Mantes-la-Jolie : «Il faut que la police tire à balles réelles», avance Zineb El Rhazoui

  • 7 novembre 2019 à 11:27

Selon Emmanuel Macron, l'OTAN est en état de «mort cérébrale»

«Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN» : le jugement, particulièrement sévère, est celui du président de la République française. Dans un entretien accordé au magazine The Economist, Emmanuel Macron a expliqué ce constat par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés de l'alliance atlantique et du comportement de la Turquie, également membre de l'organisation militaire.

Le chef d'Etat ne souhaite pas pour autant la fin de l'OTAN, appelant au contraire à «clarifier maintenant quelles sont [ses] finalités stratégique». En même temps, le président français a plaidé à nouveau pour «muscler» l'Europe de la Défense – une idée pourtant peu appréciée par l'alliée américain.

L'opération turque en Syrie, révélateur des désunions au sein de l'OTAN

La décision de la Turquie de lancer en octobre une offensive militaire contre les Unités kurdes de protection du peuple (YPG), qu'elle considère comme terroristes, a mis mal à l'aise ses partenaires de l'OTAN – les Etats-Unis et la France, entre autres, condamnant de leur côté fermement cette intervention.

«Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis [de se retirer des troupes du nord syrien] partiellement avec les partenaires de l’OTAN et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination», déclare Emmanuel Macron dans l'interview, concluant : «Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l'OTAN.» 

Dans ces conditions, le président français s'interroge en particulier sur l'avenir de l'article 5 du traité atlantique, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué. «C’est quoi l’Article 5 demain ? Si le régime de Bachar el-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C’est une vraie question», souligne-t-il.

L'OTAN est apparu à l'occasion de l'opération turque divisé sur une question d'ordre stratégique, au point que des commentateurs avaient, avant Emmanuel Macron, ni plus ni moins annoncé la «mort» de l'organisation militaire. «L'OTAN est morte puisqu'une puissance de l'OTAN a décidé de se battre, totalement librement, en achetant des armes russes sans l'accord des autres membres», avait par exemple jugé le mois dernier l'économiste Jacques Attali sur France Info.

Emmanuel Macron s'inquiète également de la «fragilité» de l'Europe

Outre la «mort cérébrale» de l'OTAN, Emmanuel Macron s'alarme, auprès de The Economist, de la «fragilité extraordinaire de l'Europe» qui «disparaîtra» selon lui, si elle ne «se pense pas comme puissance dans ce monde».

«Je ne crois pas dramatiser les choses, j’essaye d'être lucide», tient à souligner le président de la République. Il pointe trois grands risques pour l'Europe : qu'elle ait «oublié qu'elle était une communauté», le «désalignement» de la politique américaine du projet européen et l’émergence de la puissance chinoise «qui marginalise clairement l'Europe».

A l'occasion de cette interview, Emmanuel Macron invoque donc le projet de développement d'Europe de la Défense qui lui tient à cœur – au risque de froisser de nouveau Washington et d'accroître les divisions au sein de l'OTAN. L'«Europe [...] doit se doter d’une autonomie stratégique et capacitaire sur le plan militaire», estime-t-il. Or en novembre 2018, Donald Trump avait exprimé son indignation face à la proposition d'Emmanuel Macron de créer une «vraie armée européenne» pour «protéger [l'Europe] à l'égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d'Amérique».

Dans son entretien à The Economist, Emmanuel Macron estime que le président américain et la France ne partagent pas la même philosophie de l'alliance atlantique. «Le président Trump, j’ai beaucoup de respect pour cela, pose la question de l’OTAN comme un projet commercial. Selon lui c’est un projet où les Etats-Unis assurent une forme d’ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu’il y ait une exclusivité commerciale, c’est un motif pour acheter américain. La France n’a pas signé pour ça», a-t-il déclaré.

Enfin, le président français juge que l'affirmation de la puissance européenne passera par la réouverture d'«un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie». Une position affichée de longue date par le président français.

Lire aussi : Emmanuel Macron face au défi de «l'Etat profond»

  • 7 novembre 2019 à 11:32

Le nombre de policiers et gendarmes blessés en mission en hausse en 2018

Le nombre de policiers et gendarmes blessés «en mission» a augmenté de 15% en 2018 pour atteindre un niveau sans précédent depuis 2012, selon une étude publiée ce 7 novembre.

L'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), qui se base sur les données recensées par les services du ministère de l'Intérieur, décompte 10 790 agents blessés «en mission» en 2018.

Cette hausse concerne tant la police (+16%) que la gendarmerie (+13%). 

Les blessures et décès «en mission» correspondent aux faits survenus lorsqu'un membre des forces de l'ordre participe à une opération de maintien de l'ordre, de sécurité publique, d'investigation, de renseignement ou encore de prise en charge de personnes privées de liberté.

Ils sont à distinguer des faits survenus «en service» qui correspondent à des événements intervenus par exemple durant les heures de permanence ou d'astreinte ou lors du trajet domicile-travail, mais en dehors d'une mission de police stricto sensu.

Plus de 20 000 blessés chez les forces de l'ordre en 2018

Au sein des forces de l'ordre, le nombre total des blessés «en mission» et «en service» s'élève à 20 306 en 2018. «L'étude confirme l'augmentation tendancielle des blessures pour les deux forces», commente Christophe Soullez, chef de l'ONDRP. «Les derniers mois de l'année 2018 ont été marqués par des manifestations mais ils poursuivent une hausse visible les mois et les années précédents», ajout-t-il.

S'agissant des blessés «en mission», il s'agit de «la plus forte hausse annuelle enregistrée et le niveau le plus élevé» depuis 2009 pour les fonctionnaires de la direction générale de la police nationale (DGPN) et de la préfecture de police de Paris (PP), relève l'ONDRP.

L'Observatoire rapporte que dans 11% des cas, les blessures ont été occasionnées à l'aide d'une arme : 666 policiers ont été blessés par arme en mission contre 418 en 2017, soit une hausse de 60%, un niveau également inédit depuis 2009.

Pour la gendarmerie, 48% des militaires blessés lors d'opérations de police font suite à une agression. La proportion de ce type de blessés grimpe de 20% par rapport à 2017.

«La gendarmerie connait une hausse importante dans une zone de compétences, le rural et le périurbain, que l'on pouvait penser plus calme», observe en outre Christophe Soullez.

Lire aussi : 80 policiers et gendarmes menacés de mort : les dessous de l'enquête

  • 7 novembre 2019 à 13:06

Guerre au Yémen : des célébrités se mobilisent pour cesser la vente d'armes à l'Arabie saoudite

A l’initiative de huit ONG dont Médecins du Monde, Action contre la faim, la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme) ou encore l'organisation Mwatana, plusieurs personnalités de diverses nationalités se sont mobilisées pour demander à la France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis d'interrompre leurs ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis qui sont engagés dans la guerre au Yémen depuis 2015.

L’actrice Catherine Deneuve, l’ex-joueur de l'équipe des Bleus Vikash Dhorasoo, l’humoriste et chroniqueuse Sophia Aram ainsi que la chanteuse et compositrice britannique Annie Lennox (du groupe de musique Eurythmics) et son compatriote l'acteur Charles Dance (Tywin Lannister dans «Game of Thrones»), ont choisi de briser le silence régnant sur la situation au Yémen. Ils dénoncent dans une vidéo la responsabilité de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis dans le conflit qui ravage le pays et la très grave crise humanitaire qui s’y enracine. Pour y remédier, ces personnalités demandent à ces trois pays de cesser toute vente d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Il est de notre devoir d’empêcher que des enfants [...] aient leur vie brisée par des biens fabriqués au Royaume Uni, en France ou aux Etats-Unis

La vidéo s’inspire du documentaire «Yémen : les enfants et les guerre» de la réalisatrice primée yéménite Khadija Al-Salami.

Avec Catherine Deneuve, @AnnieLennox@vikash_dhorasoo et Charles Dance, nous interpelons @EmmanuelMacron : Cessez d’alimenter la guerre au Yémen. Suspendez les ventes d’armes à l'Arabie saoudite et aux EAU.#YemenCantWaitpic.twitter.com/Qu3ymsmtpR

— sophia aram (@SophiaAram) November 6, 2019

Lire aussi : Yémen : chronologie d'une guerre qui a dévasté le pays, devenu un «enfer sur terre» pour les enfants

 «Ce n’est pas notre histoire mais son histoire est aussi notre responsabilité», déclarent les célébrités dans ce clip vidéo qui évoque le cas d'une enfant de quatre ans dont les parents, les deux frères et un oncle ont été tués en 2017 dans un raid aérien sur un village. «Ce qui me révolte, c’est qu’on parle si peu du Yémen. Tout le monde devrait être choqué par des histoires comme celle d’Alanoud. Pourtant, nous regardons ailleurs, ce qui a permis à cette guerre tragique de se poursuivre depuis plus de quatre ans», confie Catherine Deneuve. 

Pour sa part, l’acteur Charles Dance estime «qu’il est de notre devoir d’empêcher que des enfants comme la petite Alanoud aient leur vie brisée par des biens fabriqués au Royaume Uni, en France ou aux États-Unis».

«Cessez les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis», concluent les personnalités, «le Yémen ne peut plus attendre».

La France a vendu pour 11 milliards d'euros d'armes et de matériel militaire à l'Arabie saoudite en neuf ans. Un commerce dont l'aspect éthique est très critiquée par de nombreuses ONG, dans la mesure où le royaume saoudien mène à la tête d'une coalition de pays arabes une guerre au Yémen depuis 2015, internationalisant la guerre civile yéménite commencée l'année d'avant. D'après les Nations unies, ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, trois millions de déplacés, et représenterait «la pire catastrophe humanitaire actuelle».

En avril dernier, après des récentes révélations de l'ONG Disclose concernant l'utilisation d'armes françaises dans le conflit au Yémen, la ministre française des Armées Florence Parly avait déclaré qu'«à [s]a connaissance, ces armes [n'étaient] pas utilisées de façon offensive dans cette guerre au Yémen».

Lire aussi : Armes françaises au Yémen : ce qui s'est dit lors de l'audition des deux journalistes par la DGSI

  • 7 novembre 2019 à 14:17

En 2018, les étrangers représentaient 43% des personnes accueillies par le Secours catholique

Les étrangers contraints de demander de l'aide au Secours catholique, en raison du «durcissement de la politique d’accueil» en France, sont de plus en plus nombreux, s'inquiète l'association dans son rapport annuel publié ce 7 novembre. 

716 500 adultes et 631 000 enfants

Le rapport du Secours catholique est alarmant : en 2018, l’association a accueilli plus de 1,3 million de personnes, dont 716 500 adultes et 631 000 enfants. Parmi elles, 43% étaient étrangères, dont des sans-papiers – une proportion qui augmente continuellement depuis 2016, avec trois points de plus en moyenne chaque année. D’après le Secours catholique, cette hausse s'explique en partie par la «nette précarisation de leur statut légal et socioéconomique, souvent liée à une absence de ressources et de droits reconnus». Pour la plupart d'entre eux, «les ressources se limitent souvent à la faible allocation aux demandeurs d’asile (Ada)».

La migration concerne de plus en plus de femmes et d'enfants

Parmi ces étrangers, 40% sont des hommes seuls et 60% ont moins de 40 ans, soit un âge bien inférieur à celui de la population française accueillie par l'association, qui donne notamment des vêtements et de la nourriture aux plus démunis. La population étrangère aidée par le Secours catholique se féminise par ailleurs «durablement» car «la migration concerne de plus en plus de femmes et d’enfants, notamment via le regroupement familial, mais également via la migration de familles entières et de femmes de manière autonome», détaille le rapport.

Un «durcissement de la politique d’accueil des étrangers», selon le Secours catholique

L'association relève également que trois étrangers accueillis sur quatre, arrivés en France depuis moins de deux ans, sont «sans statut légal stable», renforçant encore leur précarité. De plus, le rapport affirme que 70% des étrangers arrivés il y a plus de dix ans en France vivent toujours sous le seuil de pauvreté extrême, contre 57% des Français accueillis. «Ces disparités tiennent en grande partie à un accès au marché du travail qui reste dégradé chez les étrangers et à un niveau de prestations sociales globalement plus faible», précise le compte-rendu, qui souligne le «durcissement de la politique d’accueil des étrangers aux situations et statut légaux les plus fragiles».

Par ailleurs, la part des personnes étrangères rencontrées qui n’ont «pas le droit de travailler» a «fortement augmenté», atteignant 44% chez les femmes et 48% chez les hommes. Parmi elles, 40,2% sont dans cette situation depuis plus de deux ans, soit 15 points de plus qu’en 2010.

La publication du rapport survient au lendemain de l'annonce de mesures gouvernementales sur l'immigration et le jour même de l'évacuation de deux campements insalubres regroupant plus de 1 600 migrants dans le nord-est de Paris.

Lire aussi : «Reprendre le contrôle de notre politique migratoire»: que retenir des annonces d'Edouard Philippe ?

  • 7 novembre 2019 à 15:02

Marlène Schiappa défend l'expulsion des citoyens étrangers condamnés pour violences sexuelles

Dans une interview accordée au magazine Marianne le 7 novembre, la secrétaire d’Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a affirmé être favorable à l'expulsion des «citoyens étrangers condamnés pour violences sexistes ou sexuelles». Cette mesure faisait partie des annonces faites le 6 novembre par Edouard Philippe sur les grands axes de la politique gouvernementale à propos de l’immigration. L'ancienne élue du Mans s’est dite «à l’aise» avec ces mesures, qui relèvent selon elle «du bon sens».

La secrétaire d’Etat a souligné que les violences sexistes et sexuelles n'étaient «excusables en aucun cas, y compris lorsqu'elles se produisent chez des populations en difficulté». «Je ne vois pas qui pourra honnêtement nous dire qu’un citoyen étranger qui a violé une femme peut rester sur le territoire sans que cela pose problème», a-t-elle encore insisté, contestant le rétablissement de «la double peine».

Une «diplomatie féministe»

Marlène Schiappa a par ailleurs réaffirmé la volonté gouvernementale d’une «tolérance zéro vis-à-vis des actes de violences contre les femmes», assurant que «le ministre de l’Intérieur et la garde des Sceaux» décideraient «du meilleur moyen d’application pour mettre cette mesure en œuvre», sous la forme d’une «circulaire» ou d’une «loi». D'après elle, «l’entrée en vigueur des mesures annoncées sur la politique migratoire est prévue dans les meilleurs délais».

Saluant les actions qui «répondent aux causes de l’immigration», Marlène Schiappa a poursuivi : «Si on lutte contre les violences faites aux femmes en Afrique et si on favorise leur émancipation économique, on fait en sorte qu’elles puissent vivre dignement dans leur pays d’origine, au lieu d’être obligées d’en partir», a-t-elle fait valoir, militant pour la poursuite d’une «diplomatie féministe». La secrétaire d’Etat a également mis en avant «l’embauche d’étrangères ingénieures» comme «une piste à envisager, alors que les entreprises peinent à [en] recruter».

Enfin, questionnée sur la menace que pourrait faire peser «une vision rigoriste de l’islam» sur l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa a mis en lumière un «sujet tabou» qu’il ne faut pas «hésiter» à «aborder». Rappelant la polémique autour des déclarations du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui avait alerté sur le fait que certains élèves masculins refusaient de donner la main à leurs camarades féminines, la secrétaire d’Etat a dénoncé un phénomène «très grave» car «cela veut dire qu’on ne peut plus décrire certaines réalités sur l’emprise de formes dévoyées de la religion, et du communautarisme».

«Le projet de l’islam politique est de créer une nouvelle norme, qui va à l’encontre de l’émancipation des femmes. Les islamistes sont contre la contraception, l’accès à l’IVG, le fait de pouvoir sortir en jupe courte», a-t-elle assuré. Enfin, l’ancienne conseillère municipale a appelé à «décrire la réalité sans crainte» afin de «pouvoir les combattre [les intégristes islamistes] et défendre le libre choix des femmes».

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  • 7 novembre 2019 à 17:11

Début de fronde à LREM ? 11 députés s'opposent aux mesures du gouvernement sur l'immigration

Vertement critiquées à gauche comme à droite (pour des raisons différentes), les propositions annoncées le 6 novembre par le gouvernement pour «reprendre le contrôle de [la] politique migratoire» divisent jusqu'au sein même de la majorité. 11 députés LREM viennent de signer ce 7 novembre une tribune, rapportée par l'AFP, dans laquelle ils font connaître leur opposition aux choix du gouvernement, notamment sur l'Aide médicale d'Etat (AME).

Ce dispositif, qui permet à toute personne en situation irrégulière se trouvant sur le sol français de bénéficier de soins gratuits, a en effet été dénoncé comme trop coûteux par le gouvernement, qui entend donc limiter son application.

L'immigration, pomme de discorde de LREM ?

«Nous ne pouvons laisser croire que réduire cette aide aux dépens de la santé des plus vulnérables soulagerait notre système de solidarité nationale», déplorent les signataires de la tribune, communiquée à l'AFP.

Parmi eux, les députés LREM Martine Wonner, Jean-François Cesarini ou encore Sonia Krimi, appartenant à l'aile gauche de la majorité. Dans le texte, ils enjoignent le gouvernement à ne pas céder «à l'urgence et à la facilité».

Selon les députés, les propositions du Premier ministre «compliquent l'accès aux soins de personnes en situation de très grande précarité». «Députés de la majorité, nous nous attachons à l'efficacité des dispositions votées et à l'amélioration des services rendus à la population : sur ce sujet, nous craignons de ne pas répondre à ces deux impératifs», ajoutent-ils dans leur tribune.

Sujet sensible, l'immigration suscite un certain nombre de divisions au sein de la société française. Le camp présidentiel ne fait pas exception à la règle.

En 2018, lors du vote sur la loi asile et immigration, un certain nombre de voix discordantes s'étaient élevées au sein de la majorité. Déjà, la députée de la Manche Sonia Krimi s'était fait remarquer par une question incisive au gouvernement, rappelant les propos tenus par Emmanuel Macron lors d'un discours à Orléans, où celui-ci avait appelé à «plus d'humanité et de dignité» dans l'accueil des migrants. Elle s'était abstenue lors du vote du texte.

Le député LREM de la Vienne Jean-Michel Clément était allé jusqu'à voter contre la loi asile et immigration, ce qui lui avait valu une exclusion du groupe. A cette occasion, il avait dénoncé une «majorité pléthorique, où on nous impose un devoir de silence». Le président du groupe LREM Richard Ferrand avait alors déclaré : «Si s'abstenir est un péché véniel, voter contre un texte est un péché mortel qui mérite l'exclusion».

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  • 7 novembre 2019 à 17:41

Gilets jaunes : deux policiers jugés pour violences volontaires, 72 affaires en cours

C'est la première fois que des policiers comparaissent pour des violences depuis le 17 novembre, date du début du mouvement des Gilets jaunes. Ce 7 novembre, deux policiers ont été renvoyés en correctionnelle pour des violences présumées lors de manifestations, tandis que 18 affaires ont été confiées à des juges d'instruction, selon le procureur de Paris Rémi Heitz.

Les deux affaires concernent des faits survenus lors de la manifestation du 1er mai 2019, selon un communiqué du procureur. Les fonctionnaires devront répondre «de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique».

Jet de pavé et gifle

L'un des deux policiers est accusé d'avoir giflé au visage un Gilet jaune. La scène a été filmée puis mise en ligne sur les réseaux sociaux. Il comparaîtra pour «violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours».

L'autre policier est accusé d'avoir jeté un pavé sur des manifestants, une scène là aussi filmée et diffusée sur internet. Il devra répondre de «violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique n'ayant pas entraîné d'incapacité».

Au total, 212 enquêtes ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) par le parquet de Paris, selon le communiqué. Parmi elles, 146 enquêtes ont été clôturées par les enquêteurs.

54 affaires classées, 72 en cours

D'après le procureur de Paris, 18 procédures impliquant des policiers ont par ailleurs été confiées à des juges d'instruction.

Par ailleurs, 54 autres autres procédures ont été classées, faute de preuves suffisantes, et 72 affaires sont encore en cours d'analyse.

Les Gilets jaunes ont régulièrement dénoncé depuis un an les violences policières lors des manifestations. De nombreux cas de blessures graves, allant parfois jusqu'à la mutilation, ont en effet été répertoriés depuis le début du mouvement.

Selon le ministère de l'Intérieur, 313 enquêtes judiciaires ont été ouvertes au total en France par l'IGPN pour des violences policières présumées. L'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a quant à elle été saisie de 23 enquêtes.

24 personnes éborgnées

D'après les chiffres arrêtés mi-mai par l'Intérieur, 2 448 blessés ont été recensés côté manifestants et 1 797 côté forces de l'ordre.

Selon le décompte du journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement le 17 novembre. Parmi elles, cinq ont perdu une main, un a été amputé d'un testicule, et un autre a perdu l'odorat.

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  • 7 novembre 2019 à 18:02

A Budapest, Erdogan menace une nouvelle fois d'«ouvrir les portes» de l'Europe aux migrants

«Avec ou sans soutien, nous allons continuer à accueillir nos hôtes, mais seulement jusqu'à un certain point [...]. Si nous constatons que cela ne fonctionne pas, nous n'aurons pas d'autre choix que d'ouvrir les portes [vers l'Europe]», a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse ce 7 novembre à Budapest, au côté du Premier ministre hongrois Viktor Orban. Une déclaration qui n'est pas nouvelle puisque le président turc avait déjà menacé d'envoyer des flux de migrants en Europe au mois d'octobre.

La Turquie accueille plus de 4 millions de réfugiés, dont quelque 3,6 millions de Syriens ayant fui le conflit qui déchire leur pays depuis 2011. «Il est possible qu'un grand nombre d'entre eux migrent en Europe», a insisté le président turc, dont le pays est un point de transit majeur pour les migrants et réfugiés qui tentent de gagner l'Europe.

Si le flux vers l'Europe s'est épuisé après l’accord conclu en 2016 entre Ankara et l'UE, le président turc menace depuis plusieurs semaines d'«ouvrir les portes» aux migrants. En parallèle de ces déclarations, Recep Tayyip Erdogan exhorte les pays européens à soutenir le rapatriement des Syriens qu'il entend mettre en œuvre.

Une «zone de sécurité» pour accueillir les Syriens

Le pays a lancé le mois dernier une offensive dans le nord-est de la Syrie pour en chasser des milices kurdes et ainsi mettre en place une «zone de sécurité» qui pourrait accueillir une grande partie des Syriens réfugiés en Turquie. «La zone de sécurité que nous voulons créer vise à faire en sorte que les Syriens qui se trouvent dans notre pays retournent dans leurs maisons, sur leurs terres», a ajouté Recep Tayyip Erdogan.

Concrètement, le président turc appelle la communauté internationale à participer au financement de la construction d'une ou plusieurs nouvelles villes dans la zone où Ankara a lancé son opération en Syrie.

Lire aussi : «Pas un hôtel» pour Daesh : Ankara compte renvoyer dans leurs pays les djihadistes capturés en Syrie

  • 7 novembre 2019 à 21:28

Agnès Thill : «Il y a eu un déni de démocratie sur la loi bioéthique»

Exclue de La République en marche le 26 juin dernier à la suite de son engagement contre l'extension de la PMA à toutes les femmes, Agnès Thill s'estime désormais libre : «Je peux faire mon métier de députée». Une fonction qui se résume désormais trop souvent, selon elle, à «applaudir un exécutif ou défendre un parti».


Toujours opposée au projet de loi relatif à la bioéthique, adopté le 15 octobre à l'Assemblée nationale, elle considère qu'une de ses mesures phares, l'extension de la PMA à toutes les femmes, ne constitue pas un progrès. Elle estime que les logiques partisanes ont empêché un vote réellement démocratique.

  • 7 novembre 2019 à 21:46
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