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France : des dirigeants en roue libre

Par : h16 — 23 septembre 2024 à 09:00

Ah, ça y est ! Grâce à Super Barnier, nous disposons à présent d’un fort beau gouvernement état neuf, très peu servi. Et vu les cadors qui le composent, on sait que le pays va sortir en chantant de l’ornière dans laquelle son président l’avait malencontreusement fourré : en effet, grâce à la pirouette de la dissolution, nous sommes passés d’une situation complexe où le chef de l’État semblait avoir perdu les coudées franches ainsi qu’une partie de sa légitimité, à une situation encore un peu plus complexe où il a perdu encore un peu plus de ses marges de manœuvre et le peu de légitimité qui lui restait.

Voilà assurément, un progrès pour Macron qui, une fois encore, vole de victoire en victoire.

Certes, les plus naïfs persistent à penser que Macron, fin stratège, aurait prévu toute la piteuse séquence qui nous a été infligée depuis les élections européennes :: faisant ainsi mine de prendre la mouche après la déculottée de Cunégonde Hayer aux européennes, il aurait en réalité profité de cette déroute largement anticipée afin – via la dissolution – de rebattre habilement les cartes pour forcer le pays dans l’impasse dans laquelle il se trouve actuellement.

Les moins naïfs s’interrogeront sur l’intérêt de cette impasse, sur le bénéfice politique d’une assemblée bloquée et le gain obtenu de l’absence de gouvernement : le pays aurait plutôt besoin d’inspirer la confiance et la sérénité et absolument tout dans les séquences politiques qui se sont succédées depuis la dissolution montrent fébrilité, approximation et gesticulations.

Pire : avec le départ du nigaud de Bercy, on se rend compte que les finances françaises sont en pleine déconfiture et qu’il va falloir trouver 10, pardon 20 pardon 50 ou 60 milliards d’euros très très vite pour éviter de mauvaises surprises d’ici à la fin de l’année…

Heureusement, le calibre de ceux qui ont été placés par Barnier à l’Économie d’un côté et au Budget de l’autre laissent présager le meilleur : tous deux jeunes et inconnus au bataillon, l’un énarque – on en manque tant, en France ! – l’autre repêché de la BPI et autres émanations de l’État, tous deux macronistes de la première heure (et probablement de la dernière), il fallait au moins ce niveau d’inconscience pour se lancer dans ces ministères pas du tout minés.

Vraiment, la direction générale maintenant impulsée par le couple Barnier-Macron montre sans la moindre ambiguïté que le pouvoir a consciencieusement fait l’impasse sur le vote du peuple, ses préoccupations et qu’il n’a absolument rien à carrer de ce qui se passe effectivement dans le pays : alors que les Français ont très clairement indiqué par leurs votes qu’ils ne voulaient plus des bras cassés macronards, c’est dans ce vivier de semi-habiles terminés à la chaux que piochent allègrement le président et le blob mou qui lui sert de Premier ministre.

En réalité, ce gouvernement est la confirmation de ce que l’on pressentait déjà : on observe maintenant une partition complète entre la France provinciale, la France périphérique et la France de centre ville.

Cette dernière est, sans même beaucoup caricaturer, cette France des petits bourgeois aux fins de mois sans souci, mondialistes et connectés au reste du monde, éco-conscients en diable et, parce qu’auto-définis comme « de bonnes personnes », obstinément attachés aux discours lénifiants des médias de grand chemin, dans un extrême-centre sans compromis : ils ont signé pour le monde d’après, ils l’appellent de leurs vœux car croient farouchement qu’ils vont y gagner. Par nature, ils ne représentent en réalité plus qu’une frange assez minoritaire de la population totale mais comme ils sont à la tête des médias, des administrations, des grandes entreprises et des lieux de savoir et de pouvoir d’où l’on parle, on les voit tout le temps et on les croit donc nombreux.

Par opposition, la France périphérique, c’est cette masse nettement plus nombreuse de population qui voudrait bien accéder aux avantages et émoluments de la frange précédente notamment parce qu’elle est en contact quotidien avec elle, qu’elle en hume les fragrances enivrantes et qu’elle jalouse son pouvoir et ses introductions partout où il faut être. Là où la petite frange bobo vote bien sagement pour les macroneries, les républiconneries ou les autres horizonades ensemblistes, cette France périphérique estime trouver son compte auprès du Nouveau Front Populaire et des cas sociaux qui l’animent de façon colorée.

Enfin, par élimination, les principaux problèmes de la France provinciale n’étant abordés par aucun des blobs politiques précédents et ne semblant occuper un peu l’esprit que du Rassemblement National et de ces « divers droite » (rapidement fourrés à l’extrême-droite par la presse peu soucieuse de nuances), tout le reste de la population ou à peu près se retrouve donc là.

Le souci de cet état des lieux est que, par différents artifices démocratiques et politiques comme on l’a vu ces derniers mois, ce dernier groupe est sous-dimensionné par rapport à son assise populaire. Pire, les deux autres blocs n’ont pas du tout à subir les mêmes avanies que ce troisième. Le premier est à l’abri de l’insécurité et le second bénéficie largement des mannes de l’impôt, très essentiellement ponctionné sur le troisième.

En fait, la France est revenue à la situation d’Ancien Régime où le tiers-État paye toutes les factures (économiques, sécuritaires et sociétales).

Au passage, ce constat n’est d’ailleurs plus unique à la France : petit-à-petit, en Europe, on observe la même cristallisation avec des peuples, perclus d’impôts et de contraintes administratives de plus en plus ubuesques, admonestés sans arrêt par les Pères La Morale de l’élite mondialiste qui s’est progressivement arrangée pour conserver le pouvoir et en tenir éloigné ces peuples turbulents (populistes même !) dans un coup silencieux fort bien décrit ici : en France comme en Europe et de façon similaire aux États-Unis, les non-élus construisent une société parallèle, loin des pénibles contraintes introduites par les élections.

Quant à ces dernières, elles continuent avec plus ou moins de fraudes d’ailleurs mais n’aboutissent qu’à placer des factotums plus ou moins crédibles dans des institutions dont le pouvoir réel, mesurable, est rapidement devenu nul. L’Assemblée française en est un exemple, devenue chambre d’enregistrement quelque peu accessoire, le Parlement européen en est un autre.

Oh certes, l’opinion publique peut ainsi s’exprimer, des politiciens peuvent tout à fait être élus, mais finalement, les États et les administrations font exactement comme elles avaient prévu de faire depuis belle lurette, sans aucunement tenir compte des élections, des programmes et des promesses (de toute façon, qui les tient, hein). Ce n’est pas une vue de l’esprit, cela a même été quantifié (on pourra lire à profit ce récent billet).

Cependant, d’après vous, combien de temps peut tenir la supercherie ? Combien de temps peut tenir ce système alors que les élites ne s’imposent plus aucune limite et considèrent de plus en plus ouvertement que le peuple se trompe, qu’il est bête, inutile, ne sent pas bon et doit, à ce titre, disparaître ?

Les élites semblent persuadées pouvoir se passer du peuple. Mais à mesure que les tensions s’accumulent, il apparaît maintenant évident que le peuple n’est pas d’accord et qu’il entend de plus en plus le faire savoir.

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Législatives 2024 : déjouer la manipulation

Par : Jean-Pierre Page — 21 juin 2024 à 20:43

Dans le contexte de la crise politique sans précédent que nous connaissons, la montée du néofascisme auquel nous assistons, en France et ailleurs, est une menace d’une gravité extrême, une […]

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Pour Macron, il n’y avait pas dix solutions…

Par : pierre — 11 juin 2024 à 13:40

« Coup de poker », « pari osé », « saut dans le vide »… C’est peu dire que la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par Emmanuel Macron une heure seulement après l’annonce des premiers résultats français du scrutin du 9 juin, a sidéré les commentateurs et analystes politiques. Tout comme elle a désarçonné – et inquiété – de nombreuses personnalités de l’UE, même si ces dernières sont restées discrètes.

Le président français a pris prétexte du très haut score du Rassemblement national – 31,4% – pour convoquer les Français aux urnes les 30 juin et 7 juillet prochain. Preuve, au passage, qu’il n’y a pas eu une élection européenne, mais vingt-sept scrutins nationaux dans des pays qui diffèrent par le contexte, l’actualité, les conséquences, mais aussi l’histoire et la culture politiques nationales (même s’il convient d’analyser quelques tendances globales dominantes).

Naturellement, le maître de l’Elysée n’a pas fait ce choix en quelques minutes. Il y songeait depuis des mois, selon les confidences de certains de ses proches. Les sondages prédisaient déjà un très fort résultat pour le Rassemblement national, et une catastrophe pour la liste macroniste, conduite par la libérale Valérie Hayer. Celle-ci a finalement obtenu 14,6% des suffrages, en deuxième position mais moyennant un écart abyssal avec celle du vainqueur, Jordan Bardella.

Dans sa brève allocution, le chef de l’Etat a été contraint de reconnaître implicitement son échec cinglant. Il s’était en effet fait réélire en mai 2022 avec l’objectif affiché d’affaiblir le RN, qualifié de « nationaliste » et d’« anti-européen », au profit d’une stratégie de poursuite de l’intégration européenne qu’il incarne depuis 2017.

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Pour Macron, il n’y avait pas dix solutions

Par : pierre — 11 juin 2024 à 13:33

« Coup de poker », « pari osé », « saut dans le vide »… C’est peu dire que la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par Emmanuel Macron une heure seulement après l’annonce des premiers résultats français du scrutin du 9 juin, a sidéré les commentateurs et analystes politiques. Tout comme elle a désarçonné – et inquiété – de nombreuses personnalités de l’UE, même si ces dernières sont restées discrètes.

Le président français a pris prétexte du très haut score du Rassemblement national – 31,4% – pour convoquer les Français aux urnes les 30 juin et 7 juillet prochain. Preuve, au passage, qu’il n’y a pas eu une élection européenne, mais vingt-sept scrutins nationaux dans des pays qui diffèrent par le contexte, l’actualité, les conséquences, mais aussi l’histoire et la culture politiques nationales (même s’il convient d’analyser quelques tendances globales dominantes).

Naturellement, le maître de l’Elysée n’a pas fait ce choix en quelques minutes. Il y songeait depuis des mois, selon les confidences de certains de ses proches ; il semble que la décision ait mûri lors d’un déjeuner avec quelques conseillers le 20 mai. Les sondages prédisaient déjà un très fort résultat pour le Rassemblement national, et une catastrophe pour la liste macroniste, conduite par la libérale Valérie Hayer. Celle-ci a finalement obtenu 14,6% des suffrages, en deuxième position mais moyennant un écart abyssal avec celle du vainqueur, Jordan Bardella.

Dans sa brève allocution, le chef de l’Etat a été contraint de reconnaître implicitement son échec cinglant. Il s’était en effet fait réélire en mai 2022 avec l’objectif affiché d’affaiblir le RN, qualifié de « nationaliste » et d’« anti-européen », au profit d’une stratégie de poursuite de l’intégration européenne qu’il incarne depuis 2017.

Certes, le RN a mis beaucoup d’eau dans son vin, espérant être admis dans le cercle des élites jugées acceptables pour gouverner. Sa cheffe historique, et déjà candidate à l’Elysée, Marine Le Pen, a officiellement renoncé à consulter les Français sur l’appartenance à l’UE – en réalité, son parti ne s’était jamais engagé à sortir de celle-ci. De même, le parti a juré qu’il serait désormais fidèle au soutien occidental à l’Ukraine.

Mais il n’empêche : pour de très nombreux électeurs, le RN continue d’incarner l’opposition à Bruxelles. Et il garde l’image d’un parti moins hostile à Moscou et plus favorable à la paix que les forces politiques traditionnelles – c’est du reste ce que ces dernières n’ont cessé de lui reprocher. Dans ce contexte, le résultat du 9 juin constitue un revers non seulement pour Emmanuel Macron, mais pour « l’idée européenne » à laquelle ce dernier s’est identifié.

Les stratèges de l’Elysée ont estimé que la gifle électorale pouvait servir d’occasion pour rebattre les cartes

Cette monumentale gifle ne pouvant être dissimulée, les stratèges de l’Elysée ont estimé qu’elle pouvait servir d’occasion pour rebattre les cartes. Car, depuis 2022, Le chef de l’Etat ne dispose plus d’une majorité à l’Assemblée nationale. Dès lors, chaque projet, chaque loi nécessite d’interminables tractations pour être adopté. Et parfois, ces négociations parlementaires se terminent dans l’impasse, contraignant le gouvernement à utiliser des astuces constitutionnelles pour imposer des textes sans vote.

Cela a été le cas pour faire passer en force la très impopulaire réforme des retraites. Même l’adoption de textes budgétaires relève du casse-tête. Bref, depuis de longs mois, la paralysie de l’action politique s’installait. Et ce, au moment où l’UE exige la reprise des « réformes » et des restrictions budgétaires. Du reste, le président français, qui cherche à asseoir son influence à Bruxelles, est handicapé par l’image d’un pays irréformable et perpétuellement en déficit.

L’objectif stratégique du président consiste donc à sortir de cette situation. Pour ce faire, il n’avait pas dix solutions.

Accessoirement, des buts tactiques ont également joué leur rôle : Emmanuel Macron, qui ne peut se représenter en 2027, cherche à garder la main sur le choix de son successeur. Cela suppose de prendre de court certains prétendants qui étaient déjà quasiment en campagne.

Le pari du chef de l’Etat a-t-il une chance de réussir ?

Reste évidemment une question : compte tenu du désastre électoral du 9 juin, et de sa très grande impopularité qui y a contribué, le pari du chef de l’Etat a-t-il une chance de réussir ? A ce stade, il est trop tôt pour répondre de manière certaine.

En particulier en ce qui concerne la viabilité des calculs présidentiels. Ceux-ci reposent sur le slogan : « moi ou le chaos », le « chaos » étant ici représenté par le spectre fantasmé du retour de la « peste brune » et des « heures les plus sombres de notre histoire ». Un spectre contre lequel il conviendrait de faire l’union sacrée. Cet appel vise au premier chef le parti de la droite classique, Les Républicains (LR).

Le président espère ainsi capturer de larges pans de LR sous sa bannière, d’autant que des ralliements ponctuels ont déjà eu lieu, parfois récompensés par des portefeuilles ministériels (comme la nomination de Rachida Dati comme ministre de la culture). Il est vrai qu’aucun obstacle idéologique n’existe entre les amis d’Emmanuel Macron et LR (un parti qui, avec 7,2% des suffrages, reste électoralement exsangue).

Il n’y a pas non plus de fossé idéologique avec le Parti socialiste (dont la liste a obtenu 13,8% des suffrages, un score rachitique eu égard à l’histoire, mais tout de même le double de 2019). De ce côté cependant, le calcul macroniste est différent. En imposant la plus courte campagne possible, l’Elysée espère sans doute prendre de vitesse tout regroupement à « gauche ».

Certes, les différents partis de cette mouvance appellent tous à un « Front populaire » contre le RN. Mais entre le PS, fidèlement aligné sur les dogmes de l’UE, et La France insoumise (LFI) qui tient un langage plus radical et insiste sur la nécessité de s’entendre sur un programme clair, les tensions, qui se sont renforcées ces derniers mois, sont de plus en plus vives. Dès lors, au-delà de la déclaration commune signée le 11 juin par quatre partis, sera-t-il possible d’établir, comme en 2022 mais cette fois en quelques jours, des candidatures et un programme communs ?

Et quel sera le profil de la prochaine Assemblée nationale : dotée d’une majorité absolue de députés pro-Macron ? Conquise par une majorité de gauche hétéroclite ? Dominée par le RN ? Ou éclatée et plus ingouvernable encore que la chambre sortante ?

Aucune de ces hypothèses n’est à ce jour exclue. Les deux dernières ne sont pas les plus improbables – et sont précisément celles qui sont redoutées à Bruxelles. Car pour une Union européenne déjà plombée par ses divisions et contradictions entre Etats membres sur des sujets majeurs (contraintes budgétaires, emprunts communs, politiques industrielle et commerciale, environnement, élargissement, immigration…), la « déstabilisation » de la deuxième puissance du club constituerait un handicap majeur supplémentaire.

Accessoirement, la dissolution de l’Assemblée nationale française complique d’ores et déjà les tractations entre Etats, discrètes et déjà complexes, visant à choisir les titulaires des plus hauts postes de l’UE (présidents de la Commission et du Conseil, Haut représentant…).

Quoi qu’il en soit, compte tenu de la brièveté de la campagne, on y verra plus clair bientôt.

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DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE PAR MACRON

Par : Régis de Castelnau — 11 juin 2024 à 08:46
La dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Macron •        Une décision mûrie, absolument pas improvisée. •        Que dit l’article 12 de la constitution ? •         Des modalités pratiques extrêmement tendues, quelles sont les règles du code électoral ? Nécessité d’un… Lire la suite →
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La dissolution finale ?

Par : h16 — 10 juin 2024 à 09:00

Coup de tonnerre dans un ciel bleu : alors que les bulletins de l’élection européenne sont encore tout chaud sortis des urnes, Macron décide de dissoudre l’Assemblée nationale. Pour ceux qui ne se doutaient pas de cette manoeuvre politicienne du locataire de l’Élysée, c’est une vraie surprise ; Attal, le pantalon encore sur les chevilles, a donc appris dès ce dimanche soir que son CDD prenait fin dans les prochaines semaines.

Petit archange parti trop tôt, il ne nous aura sans doute pas gratifié de ses meilleurs moments et sera probablement regretté par l’EPHAD de Montcuq, mais l’Executif fut, ce dimanche soir, formel : des prochaines élections législatives auront donc lieu le 30 juin (premier tour) et le 7 juillet (pour le second).

Cependant…

On attendra l’avis éclairé de constitutionnalistes chevronnés, mais il apparaît à première vue qu’il va y avoir un petit souci : Macron, malin, a judicieusement choisi de doucher la victoire du RN aux européennes avec cette dissolution, mais le chef de l’État, en la déclarant ce dimanche, savait qu’il n’avait pas vraiment le choix dans la date.

En effet, la constitution impose que le scrutin intervienne dans une fenêtre de 20 à 40 jours après l’annonce de cette dissolution, ce qui nous amène entre le 30 juin et le 19 juillet. Or, certains auront noté que les jeux olympiques – dont on sait déjà qu’il se dérouleront dans la plus sobre des sérénités – s’ouvrent précisément ce 19 juillet, ce qui pourrait poser quelques problèmes logistiques. Dès lors, on comprend que le second tour doive se tenir impérativement avant, le 14 juillet constituant le dernier dimanche réellement pratiquable.

Toutefois, le facétieux petit article L157 du code électoral impose que les futures listes soient déposées, au plus tard, le quatrième vendredi avant le scrutin, ce qui nous ramène, goguenard, au vendredi 7 juin.

Les différents partis politiques vont donc devoir se dépêcher pour déposer leurs candidatures dans le passé. On espère que la Delorean électrique 0-émission sera prête rapidement.

Rassurons-nous : la souplesse d’endoscope de nos juristes et de nos politiciens garantit que ce petit souci de date sera rapidement réglé (je baisse, j’éteins, je décale) et que le plan de Macron pourra se dérouler comme prévu, c’est-à-dire de plus en plus mal.

Et quel plan machiavélique ! Pour les rares qui n’auraient pas compris, il semble assez clair que le président de la République utilise ainsi cette déroute électorale probablement calculée – Merci Mélusine Hayer – pour pousser le RN au pouvoir.

Et c’est probablement cette perspective qui déclenche une véritable apoplexie chez la plupart des politiciens (timing diabolique alors que la France subit actuellement un problème d’approvisionnement en ventoline) : on sent déjà monter la volonté de la classe médiatique de nous imposer sans finesse de l’évocation de jeux olympiques se tenant pendant que la France sombre dans le ventre fécond de ses heures les plus sombres, et on se doute qu’il en ira de même pour toute la classe politique lorsqu’elle sera sortie de sa stupeur post-électorale.

Mais pour le Président, tout cela tombe bien : d’une part, Ken & Barbie Marine & Jordan ne rêvent que de ça. Le concombre endimanché, affûté comme du beurre chaud, est tombé dans le panneau avec une gourmandise que seul Gérard Larcher, devant le rab de frite à la cantoche du Sénat, pourrait surpasser. D’autre part, l’état général du pays est suffisamment catastrophique pour que ceux qui en hériteront subissent la véritable tempête de merde qui ne manquera pas de déferler dès que possible, fusillant définitivement tout espoir pour nos deux pigeonneaux nationalistes d’accéder ensuite à la présidence.

On le comprend : il existe maintenant une réelle probabilité que le pays se retrouve avec une majorité RN à l’assemblée, qui obligera ce parti à dégoter des ministrables. La gageure est de taille, mais parions que le défi de trouver des remplaçants encore plus mauvais à Le Maire, Darmanin ou Séjourné sera fièrement relevé par le parti nationaliste. Au passage, il sera laissé comme exercice au lecteur le soin de trouver quelques noms potentiels, l’absence de têtes visibles étant particulièrement symptomatique de ce parti d’appendices politoïdes taillé pour occuper les médias plus que le pouvoir.

Néanmoins, des mondes parallèles ne sont pas totalement à écarter : soyons fous et imaginons un instant que les Français, comprenant le traquenard qui est en train de se mettre en place, décident finalement de ne pas donner plus de voix au Rassemblement national. Dans cette hypothèse amusante, les législatives aboutiraient à un résultat délicieusement différent de celui probablement souhaité par le chef de l’État qui devrait recomposer un gouvernement sur une base essentiellement équivalente à celle actuellement en place.

Dans cette hypothèse, le sabotage du pays continuerait dans les mains de Macron.

Et tant qu’à imaginer des mondes parallèles, celui dans lequel le parti présidentiel ferait des accords avec l’actuel Parti socialiste n’est pas à écarter : le président retrouverait potentiellement une majorité, ce qui lui laisserait les coudées franches pour achever de ruiner le pays dans une orgie de lois, de ponctions, de normes, d’égalité et de bisous.

En tout état de cause et comme le dit cette célèbre philosophe électorale, “on ne se trompe jamais quand on donne la parole aux Français”. Dès lors, il apparaît assez clairement que, quelle que soit l’issue de ces scrutins prochains, ce pays est foutu.

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Darmanin contre les libertés publiques

Par : Régis de Castelnau — 11 août 2023 à 09:41
L’épisode assez ridicule de la procédure de dissolution de l’association CIVITAS initiée par Gérald Darmanin sert une fois de plus de révélateur des passions liberticides qui animent la fausse gauche et en particulier Jean-Luc Mélenchon un de ses leaders les… Continue Reading →
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Démocratie parlementaire : Macron, la poule qui a trouvé un couteau

Par : Régis de Castelnau — 26 juin 2022 à 09:58
L’apparition d’Emmanuel Macron sur les écrans le 22 juin au soir avait quelque chose d’un peu lunaire. Même s’il n’y a pas d’illusion à se faire sur le personnage, on aurait pu espérer un minimum de hauteur, et pourquoi pas… Continue Reading →
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