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L'humeur de Veerle Daens : même les subventionnés n'en peuvent plus de Brigitte et Emmanuel

Par : Rédaction — 9 octobre 2026 à 16:32

Une pancarte passe deux fois derrière un présentateur. Personne ne donne d'ordre. Deux jours plus tard, toutes les équipes de la rédaction nationale de France 2 sont priées de surveiller les mots insultants. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, voilà comment on tient une antenne publique sans jamais rien ordonner.

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Reprenons. Mardi 6 octobre, 13 Heures de France 2. Derrière Julian Bugier défilent les images de la manifestation lycéenne. Une pancarte vise Brigitte Macron et joue, grossièrement, sur le fait qu'elle fut la professeure de son mari. Je ne la recopie pas. Vous n'y perdez rien, et ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est la suite. Mercredi, pas d'excuses à l'antenne. Et selon Le Parisien, le président n'a pas aimé, et il l'a fait savoir à la direction de France Télévisions.

Qui parle ? Un proche. L'Élysée n'a rien déclaré. Emmanuel Macron n'a rien déclaré. Le proche, lui, résume : « Évidemment que ça ne lui a pas fait plaisir. » Évidemment.

Très important !

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Une consigne sans auteur

Regardez maintenant la maison se mettre en ordre toute seule.

Le médiateur de France Télévisions trouve l'image fugace, mais juge qu'elle n'aurait pas dû se retrouver à l'écran. Le directeur de la rédaction nationale, Julien Duperray, plaide sa bonne foi : « Nous ne sommes pas responsables de ce qui est écrit sur des pancartes de manifestants. » C'est exact. Puis il concède que l'usage de l'image aurait dû être maîtrisé. Et la direction rappelle à toutes les équipes de veiller aux mots potentiellement insultants.

Amis libertariens, comptons. Un agacement rapporté par un anonyme. Un médiateur contrit. Une note de vigilance pour toute une rédaction. Aucun ordre, nulle part. Amai : la consigne existe, et elle n'a pas d'auteur.

C'est la forme la plus élégante du pouvoir. Il n'interdit rien. Il laisse savoir qu'il n'a pas aimé, et le reste s'organise dans les couloirs.

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Le plus subventionné des journaux

Le plus savoureux est ailleurs. Le journal qui raconte l'affaire est celui qui reçoit le plus d'argent public en France.

En 2024, 527 titres se sont partagé 175,2 millions d'euros d'aides directes. Premier du classement par titre : Aujourd'hui en France, l'édition nationale du Parisien, avec 12,24 millions. Premier par groupe : Les Échos-Le Parisien, avec 17,97 millions.

Ce journal-là ne dénonce rien, notez bien. Il raconte. Il rapporte qu'un chef d'État s'est plaint d'une chaîne publique à cause d'une pancarte. Pour le titre le mieux nourri du pays, c'est déjà mordre la main qui donne la gamelle.

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Compagnons d'Absurdistan, faites le tableau. D'un côté, une chaîne financée par l'État qui s'excuse d'une pancarte qu'elle n'a pas écrite. De l'autre, le journal le plus subventionné de France, qui publie ce que l'entourage présidentiel aurait préféré garder dans les couloirs.

Mardi, une pancarte. Mercredi, pas d'excuses. Jeudi, une note à toutes les équipes. Ordres donnés : zéro.

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Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

Par : Rédaction — 18 mai 2026 à 17:37

Selon le journaliste Florian Tardif, auteur de Un couple (presque) parfait paru le 13 mai, Brigitte Macron aurait fait reculer son mari sur la tenue d’un référendum envisagé lors de l’émission TF1 du 12 mai 2025. Motif invoqué : la peur des conséquences. Une révélation qui pose une question constitutionnelle gênante : qui, au fond, décide vraiment ?

Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

Vendredi 15 mai dernier, sur RMC, le journaliste de Paris-Match Florian Tardif, avait révélé que Brigitte Macron aurait convaincu le Président Emmanuel Macron de renoncer à l’organisation d’un référendum « par peur des conséquences que ça pouvait avoir ». Loin du simple rôle protocolaire, l'épouse du président apparaîtrait désormais comme un acteur politique officieux, consulté, écouté, souvent suivi.

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Brigitte Macron bloque le référendum par crainte du peuple

Auteur du livre sur Emmanuel et Brigitte Macron intitulé « Un couple (presque) parfait » publié le mercredi 13 mai 2026, le journaliste de Paris-Match Florian Tardif était présent sur le plateau de RMC le vendredi 15 mai. Il s’est défendu après les critiques générées par ses révélations, comme la gifle au Vietnam ou encore la vérité derrière la crise des gilets jaunes.

Par “peur des conséquences”, Brigitte Macron a “fait reculer” le Président sur le référendum
Le journaliste de Paris-Match Florian Tardif, auteur d’un ouvrage sur le couple formé par Brigitte et Emmanuel Macron, a révélé, ce vendredi 15 mai sur RMC, que la Première dame avait beaucoup d’influence sur le président.
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit nonRMCT. R.C.
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

Face aux GG, le journaliste a déclaré que Brigitte Macron était derrière l’annulation du référendum annoncé lors de l’émission « Emmanuel Macron – Les défis de la France » sur TF1 le 12 mai 2025. Selon Florian Tardif, elle « a fait reculer son mari parce qu’elle avait peur des conséquences que ça pouvait avoir ». Selon Florian Tardif, l’opération médiatique aurait initialement été conçue pour annoncer “un ou deux référendums”. Pourtant, aucune consultation populaire ne sera finalement proposée. Les peurs de Brigitte Macron ont peut-être évité un risque électoral immédiat. Elles ont surtout privé les Français d’un outil démocratique essentiel.

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Brigitte Macron et les « sales connes » : la guerre des castes en talons aiguilles, par Veerle Daens
Article modifié le 12 décembre : l’expression utilisée par Brigitte Macron est “sales connes” et non “sales connasses” comme nous l’avions indiqué dans un premier temps. Ah, quel spectacle délicieux nous offre encore votre République en carton-pâte, peut-être plus caricaturale encore que la Cour d’opérette réunie autour de notre insipide roi
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit nonLe Courrier des StratègesCDS
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

Son constat n’est pas nouveau. Depuis le premier quinquennat, plusieurs anciens collaborateurs évoquent en privé le poids de l'épouse de Macron, dans les arbitrages humains et politiques de l’Élysée. Conseils sur les nominations, gestion de crise, image présidentielle : Brigitte Macron serait devenue un rouage informel du dispositif présidentiel.

Brigitte Macron, centre de gravité du pouvoir ?

Selon le journaliste, “parler à Brigitte Macron, c’est parler à Emmanuel Macron”. Tardif rapporte une scène observée lors d'un déplacement officiel en Allemagne : une file de ministres patientant pour s'entretenir avec Brigitte Macron, sachant que lui parler, c'est en réalité approcher le président. Elle est un canal d'accès au pouvoir, peut-être le plus direct.

L’humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane
On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m’abonne au Courrier On nous
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Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

Sous la Ve République, le conjoint du chef de l’État ne dispose d’aucune existence constitutionnelle. Pourtant, au fil des présidences, le rôle politique des épouses du président s’est progressivement installé sans réel contrôle démocratique. Avec Emmanuel Macron, cette zone grise semble atteindre un niveau inédit.

Brigitte Macron: de « First Lady » à Marie-Antoinette?
Brigitte Macron avait d’abord fait dans le style “First Lady”, suivant une ridicule imitation des Etats-Unis, en place depuis le
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit nonLe Courrier des StratègesCDS
Influence conjugale à l’Élysée : Macron voulait un référendum. Brigitte a dit non

À l’heure où l’exécutif invoque sans cesse la “pédagogie” face à la crise démocratique, cette anecdote alimente surtout l’idée d’un pouvoir de plus en plus resserré, personnel et déconnecté des mécanismes classiques de responsabilité publique.

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L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

Par : CDS — 15 mai 2026 à 17:30

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard.

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani.

Pendant que la France sombre dans une léthargie fiscale qui ferait passer un paresseux sous Valium pour un trader de Wall Street, le bon peuple se réveille enfin. Non pas pour réclamer la fin de l’étatisme galopant ou le droit de disposer librement de son corps et de son portefeuille, mais pour compter les points dans une scène de ménage élyséenne.

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Le divertissement pour les masses avachies

Regardez-les, ces journalistes subventionnés, confortablement enfoncés dans leur canapé payé par un milliardaire avec l'appoint du contribuable, les yeux rivés sur les rumeurs de gifles. Ils ont lâché prise. Ils ne sont plus des citoyens, encore moins des individus souverains ; ils sont devenus les spectateurs d’une téléréalité financée par nos impôts.

L’actrice iranienne Golshifteh Farahani, icône de la liberté qui a fui un régime théocratique étouffant, se retrouve catapultée malgré elle dans ce psychodrame de cour. Quelle ironie ! Une femme qui incarne le courage individuel face à l'oppression d'un État totalitaire devient le déclencheur d'une crise de nerfs dans un pays qui, lui, s'installe volontairement dans la servitude.

Brigitte, le dernier rempart de l'autorité ?

Si l'information se confirme, Brigitte Macron serait donc la seule personne dans ce pays capable de demander des comptes au Président. Puisque les contre-pouvoirs institutionnels ont la colonne vertébrale d'une méduse échouée sur une plage de Deauville, il ne reste plus que la main de la Première Dame pour rétablir une forme de "justice" — certes domestique, mais bienvenue.

Mais ne nous y trompons pas. Ce spectacle n'est que la cerise sur le gâteau d'un naufrage collectif. Un peuple, en particulier de journalistes, qui s'excite sur une gifle conjugale au sommet pendant que sa liberté de circuler, de commercer et de penser s'étiole chaque jour davantage, est un peuple qui a définitivement renoncé.

L'anesthésie générale

Les Français sont devenus des spectateurs mous. Golshifteh Farahani, avec son talent et sa beauté, n'est qu'un prétexte à une nouvelle dose de dopamine médiatique pour compenser le vide sidéral d'une existence régulée par 400 000 normes administratives.

"On ne se bat plus pour ses droits, on se bat pour savoir qui a couché avec qui dans l’aile Ouest."

Le constat est amer : nous avons le gouvernement que nous méritons. Un gouvernement qui se donne en spectacle parce qu’il sait que le public est trop "avachi" pour quitter la salle ou demander le remboursement du billet. La gifle de Brigitte ? Un épiphénomène. La vraie gifle, c'est celle que les Français s'autoadministrent chaque matin en acceptant ce cirque permanent sans broncher.

Allez, rendormez-vous. La suite au prochain numéro, entre une taxe carbone et un nouveau variant de l'ennui généralisé.

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Mexico’s Central Bank, BIS, and BlackRock Discuss Phasing Out Cash and Future of Digital Money

Par : Rédaction Strategika — 30 mars 2026 à 10:00

As the 89th Banking Convention wraps up in Cancún today, Mexican President Claudia Sheinbaum and former Canadian Prime Minister Justin Trudeau share the stage with Visa, Mastercard, BlackRock, and the BIS—amid a focus on ending cash that ties perfectly into Mexico’s ongoing biometric ID rollout.

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Brigittegate : une décision judiciaire sévère qui soulève des interrogations surl’impartialité de la justice française

Par : Rédaction Strategika — 18 janvier 2026 à 08:23

par Cyrano de Saint Saëns Abonnez-vous au canal Telegram Strategika pour ne rien rater de notre actualité Pour nous soutenir commandez les

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Ary Abittan et le baiser de la mort

Par : Régis de Castelnau — 13 décembre 2025 à 06:58
Pauvre Ary Abittan. Vous aviez pris la foudre avec l’accusation majeure de notre temps. Tout s’est arrêté, vous avez dû vous mettre de côté, stopper tous les projets et attendre. Mis hors de cause, et même si les ignorants et… Lire la suite →
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Internet Censorship Tools Exported Along Belt and Road

Par : Jonah Reisboard — 6 décembre 2025 à 16:14

Executive Summary:

  • Over 600-gigabytes of leaked documents illuminate the connections between the People’s Republic of China’s (PRC) Mesa Laboratory and the firm Geedge Networks. The documents show implementation of Geedge’s technology outside of the PRC, including in Ethiopia, Pakistan, Myanmar, and Kazakhstan.
  • Technology transfers follow the Digital Silk Road and occur between the PRC and One Belt One Road (OBOR) initiative partners. This follows the PRC’s stated goals of enhancing digital infrastructure and data governance cooperation with OBOR countries.
  • Leaked data shows that Geedge does not exclusively utilize proprietary code, instead using existing commercial software development kits (SDKs) and open-source components. This could potentially raise legal concerns among developers.

In mid-November, the artificial intelligence (AI) firm Anthropic disclosed the first publicly documented case of a near end-to-end espionage operation orchestrated through a commercial AI coding assistant. The company claimed that a state-linked actor in the People’s Republic of China (PRC) had weaponized its Claude Code tool to automate elements of a cyber-espionage campaign targeting dozens of governments, defense firms, and technology companies worldwide (Anthropic, November 14). The attackers used the large language model to script malware, generate spear-phishing lures, and optimize software infrastructure. U.S. lawmakers responded by summoning Anthropic’s CEO to testify on AI-enabled cyber threats (Cyberscoop, November 26).

The model of state-linked commercial actors supporting the PRC’s hitherto unique approach to Internet governance is now moving overseas. A tranche of documents leaked in September 2025 show that Beijing is systematically equipping foreign governments to replicate and innovate its authoritarian Internet governance model. The materials, consisting of source code, field-test reports, project management software tickets, and internal briefings, reveal how Beijing’s Great Firewall is being packaged and exported as turnkey infrastructure to One Belt One Road (OBOR) initiative and Digital Silk Road partner countries. [1]

The 600-gigabyte tranche is the largest leak to date of internal documents relating to the Great Firewall (Great Firewall Report, September 12). It exposes the relationship between the PRC firm Geedge Networks (积至信息) and MESA Laboratory, which is under the Chinese Academy of Science’s Institute of Information Engineering. [2] Earlier research, such as analysis of files leaked from the Shanghai-based hacking contractor iS00n, focused on how the PRC monitors and penetrates its partners’ networks (China Brief, March 29, 2024, December 20, 2024). This latest dump provides insight on how partner countries seek to acquire and adapt Beijing’s repressive apparatus for themselves. [3]

From Domestic Firewall to Exportable Product

The Geedge and MESA documents show that the PRC’s system for domestic Internet control has been broken down into exportable components that are being sold as commercial products. At its core is the Tiangou Secure Gateway, a device that can be installed at major telecom operators to scan, filter, or block almost all Internet traffic in a country. On top of this, software modules known as Cyber Narrator and TSG Galaxy enable security agencies to run queries regarding virtual private network (VPN) users, and issue new blocking or monitoring rules based on those results.

Geedge has launched pilots and deployments abroad in Ethiopia, Pakistan, Myanmar, and Kazakhstan, as well as in PRC regions and provinces such as Xinjiang and Fujian. The company’s international clients have long records of surveillance and censorship; what the leaked documents show is that PRC technology is now being used to enhance their capabilities (InterSecLab, September 9). Once a government adopts the platform, new features can be rolled out through software updates, allowing foreign clients to “inherit” capabilities first tested and finetuned inside the PRC.

Exporting the logic of the PRC’s Great Firewall has normative consequences. When governments in Myanmar or Ethiopia adopt Geedge’s stack, they are not just acquiring a product; they are aligning their concept of “normal” Internet governance with that of Beijing. A key part of that concept is deep packet inspection (DPI). DPI is a technology that allows operators to examine data packets and see which websites or IP addresses users are connecting to, as well as analyze the content and patterns of their traffic in real time. It allows authorities to identify specific applications (such as VPNs, Tor or messaging apps), monitor who is using them and, if desired, block or degrade those connections. It is a key censorship technology that, in the PRC, is associated with privacy infringement (Yang, 2015; Li, March 3; ChinaFile, accessed December 4). [4] For Beijing, DPIs are deployed as routine infrastructure and behavior-based blocking is a standard security function.


Figure 1: Cyber Narrator Dashboard

(Source: Cyber Narrator/TSG Galaxy)


Table 1: Sample of City Codes Identified Based on M22 Myanmar’s Network Planning Document

City CodeFull Name
YGNYangon
NPTNaypyidaw
MDYMandalay
THLTachilek
MUSEMuse
MWDMyawaddy

(Source: Author research from Geedge database)


Geedge is public about its desire to market its products internationally. At an event in January 2024 in Hainan, co-founder Fang Binxing (方滨兴) described the company’s vision as “expanding into international markets, promoting Chinese solutions to the world, and promoting Chinese technologies globally” (辐射国际市场,把中国的方案推向世界,把中国的技术推向世界). Fang, who is often referred to as the “father of the Great Firewall” (中国防火墙之父), explicitly identified countries participating in the OBOR initiative as a key priority for this global push (Sohu, January 11, 2024).

Job advertisements posted by the company also provide evidence of the company’s international expansion. These show the that Geedge is seeking candidates “able to speak English or another foreign language with working proficiency” (可以使用英语或者其他外语作为工作语言) and willing to undertake three- to six-month assignments in countries such as Pakistan, Malaysia, Bahrain, Algeria, and India, several of which are key OBOR corridors (Zhipin, August 22; The Globe and Mail, September 8).

Geedge Provides Capabilities, Clients Set Censorship Parameters

A striking feature exposed by the leak is the degree of operational control delegated to foreign government clients. Rather than forcing foreign operators to rely entirely on Geedge engineers for rule updates and block lists, the company provides a client-side interface, sometimes referred to as “AppSketch Works.” Internal documents describe it as a management application through which local staff can define and maintain curated sets of VPNs and circumvention tools to be whitelisted or blocked. [5] This interface layer lowers the technical threshold for sophisticated censorship while the underlying DPI system remains proprietary and centrally updated by Geedge remotely from the PRC.


Figure 2: Screenshot of Appsketch

(Source: AppSketch)


Geedge also maintains a shared, cross-border database of VPN, proxy, and bridge nodes compiled from all deployments of its products around the world. This allows a circumvention endpoint exposed in one country to be added to block lists elsewhere almost immediately, effectively turning each customer into both a consumer and a contributor to a global censorship threat-intelligence pool centered on PRC-developed infrastructure (InterSecLab, September 9).

Geedge’s products do not rely exclusively on proprietary code. They often use existing commercial software development kits (SDKs) and open-source components, including well-known traffic analysis and visualization tools. In many cases, these libraries appear to be repurposed for mass surveillance, censorship, and data exploitation rather than their intended analytic functions. This lowers development costs and accelerates feature updates. But it also raises legal and ethical concerns. Upstream vendors and maintainers may not be aware that their work is being embedded in repressive systems, and it is unlikely that they would support such use cases. No attempts have been made, however, to anticipate or prevent the use of these tools for repressive ends.


Table 2: Open-Source and Commercial Tools Used by Geedge

TechnologyCategory
Apache Ecosystem (Kafka, Flink, Spark), GohangoutBig Data and Stream Processing
ClickHouse, ArangoDB, Redis, MariaDB, MySQLDatabase
Docker, KubernetesContainer
ZooKeeperCoordination & Configuration 
Prometheus, GrafanaMonitoring & Observability

(Source: Geedge leak)


Digital Silk Road Cooperation Part of Beijing’s Strategic Planning

In strategic policy documents, Beijing frames the export of its Internet governance system as part of its national strategy. Since the 14th Five-Year Plan period, the PRC has tied digital infrastructure, cyber security, and data governance to its ultimate goal of “national rejuvenation” (伟大复兴), calling for “digital sovereignty” (数字中国), and the need to become a “network great power” (网络强国) (PRC State Council, December 28, 2021). Early commentary on the upcoming 15th Five-Year Plan emphasizes both self-reliance in core technologies and deeper technological cooperation with OBOR partners (PRC State Council, October 28; China Brief, November 3). The recommendations for the upcoming 15th Five-Year Plans and the “High-Quality Belt and Road Cooperation: Partnership on Connectivity” document issued by the Ministry of Foreign Affairs (MFA) identify digital infrastructure, data governance, and “network security” as priority areas for cooperation and OBOR engagement (MFA, October 17, 2023).

These documents formalize and promote partnerships for the co-development of standards and platforms to strengthen network sovereignty and manage cross-border data flows. Within this framework, the Geedge–MESA systems deployed in Myanmar, Pakistan, and other OBOR states operationalize the vision of the Digital Silk Road by embedding PRC-developed surveillance and censorship capabilities into the core infrastructure of partner countries.

On-the-Ground Reception and Reactions

Local reporting reveals unease regarding the implementation of these systems. In Myanmar, work by the covert activist group Justice For Myanmar and the U.K.‑based investigative journalism organization Finance Uncovered have reported sharp criticism from civil society over the use of Chinese-built censorship platforms, including Tiangou Secure Gateway, by the post-coup military junta (Finance Uncovered, May 21; Justice For Myanmar, September 9). This technology enables authorities to directly target activists, journalists, and dissidents. Although there is as yet no direct evidence that Geedge’s technology has been used for these purposes, the growing capacity to do so signals risks for personal safety and the closure of civic space.

In Pakistan, a censorship and traffic surveillance platform has been installed at key Internet and telecommunications chokepoints since 2023. Known as Web Monitoring System 2.0 (WMS 2.0), it is based on Geedge technology and enables authorities to block content and monitor user behavior in near-real time. It is currently moving toward a centrally managed, scalable “national firewall” that is comparable in both architecture and effect to the PRC’s Great Firewall. Human rights defenders, journalists, and civil society organizations within Pakistan and elsewhere have voiced concern over the system’s lack of meaningful safeguards against overreach or abuse, and its capacity to defeat core anonymity tools (Amnesty International, September 9).


Figure 3: Flowchart of Technology Implementation

(Source: Geedge Leak)


Conclusion

The Geedge and MESA materials shed a partial light on how the PRC’s censorship-as-a-service model is marketed and deployed overseas. While the technical documentation is substantial, however, the leak contains limited information on pricing, contractual terms, making the exact mechanics of its commercial operations unclear. The leak also does not contain evidence of explicit state directives. Although Geedge is closely coupled to the MESA Lab under CAS, with which it shares research outputs and whose code bases point to joint development of core algorithms, the lack of direct state involvement reinforces the ambiguity of Geedge’s status as a “private” vendor. The line between state research and commercialization thus appears largely bureaucratic, not functional. This pattern echoes the relationship revealed in the iS00n disclosures, where a nominally private cybersecurity contractor conducted offensive operations against foreign telecoms, ministries, and financial institutions on behalf of PRC public security and intelligence clients.

Geedge’s implicit sanction by the state, through its work with government-run entities, puts its work on a continuum in the PRC’s digital strategy. This continuum runs from AI-enabled offensive operations as highlighted in the Anthropic report to the active shaping of international technical and legal norms of information control through the export of commercial digital censorship tools. The goal throughout is to further consolidate Beijing’s global power and influence.

Notes

[1] Note that the “Great Firewall” is an umbrella term for a series of Internet censorship systems (see Great Firewall Report, accessed December 3).

[2] MESA stands for Massive Effective Stream Analysis.

[3] Beijing is also externalizing its governance model in domains beyond cyber, such as public security and police work (Carnegie Endowment for International Peace, November 13).

[4] Feng Yang. “The tale of deep packet inspection in China: Mind the gap.” 2015 3rd International Conference on Information and Communication Technology (ICoICT). Nusa Dua, Bali, Indonesia, 2015, p. 348-351; Li Li. “Advancing Obfuscation Strategies to Counter China’s Great Firewall: A Technical and Policy Perspective.” arXiv, 2025, arXiv:2503.02018v1.

[5] These include a set of over 30 VPN tools with detailed blocking strategies (~yinjiangyi/VPN封堵需求.html), a VPN whitelist feature introduction (Galaxy Release 21.12 (21 Dec 2021).html), and a VPN whitelist recommendation program (OLAP 22.02 Upgrade Notes.html).

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Harcèlement contre Brigitte Macron : retour dans les mâchoires du piège

Par : Régis de Castelnau — 27 octobre 2025 à 08:25
Suite de l’interminable feuilleton concernant Brigitte Macron. Qui s’enracine dans la perception spontanée de l’illégitimité de l’arrivée du couple à l’Élysée. Emmanuel Macron, parfait inconnu installé à la Présidence de la république en 2017 par une forme de coup d’État,… Lire la suite →
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Today’s Technofascism

Par : AHH — 8 octobre 2025 à 14:22

Current events in America gallop towards the dark.

with appreciation to Dr. Karl at karlof1’s Geopolitical Gymnasium.

Most Gym readers are familiar with Orwell’s 1984 and how he envisioned the role of technology in controlling the masses. Much of what he described is now reality, although some are unaware that your “smart” TV is capable of watching you. We have security cams placed with high densities inside cities, and almost every store starting with banks has a video surveillance system. Facial recognition is now a norm. Cellular phones have tracking devices within them so you can be targeted and bombed. Computer chips have backdoors allowing the so-called security agencies to discover what you’re doing. The GPS system in your car can also be a tracking beacon. I recall what the Supreme Court ruled years ago on the issue of privacy—you essentially have none. Highly tuned “ears” can hear what you say to your partner as you take a walk in the woods. Walls can now be seen and heard through. The eye way up in space can read the license plate on your car. The resolution’s so good that your lips can be read as you talk. With the age of the semiconductor and microchip, Big Brother arrived in ways only imagined by Sci-Fi authors and Mr. Orwell.

All this has become very important because it’s now being made into a threat to what freedom Americans have remaining. It’s not just ICE. It’s the fact that an enemy needed to be invented for ICE to be deployed—the dreaded immigrant, or what the Scorpions called The Alien Nation. Once upon a time it was Communists and Socialists, Labor Union organizers, and the workers themselves, all of which remain to be resurrected when needed. But the main instigator is the intrusion of Zionist control of the federal government and its need to control American public opinion. And here I defer to the awesome work done by the team at The Grayzone—Max Blumenthal and his comrades. What began as an investigation into the clear political assassination of Charlie Kirk has become an investigation into the deep subversive activities of Zionist-American Billionaires aimed at controlling—distorting if you will—American public opinion of Zionism and Occupied Palestine: The state committing Genocide with the active complicity of the US Government beginning with Biden and continuing with Trump that in reality began in 1948 with the first Nakba. The presentation of evidence by Mr. Blumenthal to Judge Napolitano during this 40-minute chat is an absolute must see if you want to know how your freedom and children’s future are threatened. I highly suggest watching it before continuing to read this article.

Now that you’ve seen and understood the insidiousness of what’s planned and grasped the fact that it will be close to impossible to halt, I suggest you stop and take the time to notify your close circle of what you’ve learned and where they can also learn what you now know. This isn’t about immigrants anymore; this is about the ability of Americans to be free from undo influence, to not be propagandized, to be left alone, and certainly not to be goaded into doing something that’s actually very un-Christian. They are trying to get commonfolk to support Genocide; to somehow see benevolence in Zionist actions. They’re going to track you via your phone so they can further harass you with propaganda, and who knows what else they’ll do to you. Look at what they did to innocent Lebanese with their pager and cellphone terrorist devices. And they laughed and applauded. Occupied Palestine is a land populated by a people lacking morals of any sort.

There are other presentations of evidence by other people that have examined the ways and means of the Head Genocidal Zionist Netanyahu. One of them is the retired US Army Colonel Lawrence Wilkerson who revealed a great deal in his chat today with Nima of Dialog Works that complements what Blumenthal revealed. Previous revelations by others have detailed the extent of Big Brother infiltration into American lives and those of the entire planet. Much was provided by Edward Snowden and Julian Assange. Indeed, Wikileaks still provides a great deal of information the US government would rather you not know. Reading Snowden’s Saga is highly educational. Now the big issue is AI, which the Zionists employ in their Genocide and assassination programs. Recent US Supreme Court rulings have okayed racial profiling despite the fact that there’s only one Human Race. Given what the Outlaws are doing and getting away with, the Constitution is now what George W. Bush called it: Just A God Damned Piece of Paper. The Enemy Nation must constantly be reinvented. Trump now calls everyone who disagrees with him a terrorist, including members of Congress and judges.

What can citizens do now that they know they’re being targeted? The only real way to defend ourselves is to form community groups based on the neighborhood watch format while making it clear what the aim of the group is—to protect our Civil and Legal Rights from a federal government gone rogue. And it must be made clear that the D Party is just as complicit in this behavior as the R Party since both are controlled by AIPAC and Zionist Billionaire monies—Team Biden supported the Genocide just as much if not more than Team Trump. I’m not advocating going around with firearms. Just being in solidarity with your neighbors and community is enough, while also informing local government what you’re all about. Adopting a name like Citizen Civil & Legal Rights Brigade says what you’re all about to whoever you meet. Read the Second Amendment—being well armed begins with being well informed. Know that the military and almost all government officials at every level of federalism swears an oath to uphold and defend the Constitution from all enemies, foreign and domestic. Implore those people to obey their oath, local police especially since they’re the ones your Brigade will come into contact with. I did, and I consider what I’m doing part of my neverending duty. One of our oddities here in America is that Naturalized Citizens must also take that oath but not native-born citizens. The Declaration of Independence says the duty of the citizen when confronted by Tyranny is to rebel to secure what were seen as Natural Rights.

IMO, it’s imperative you watch the talk between Max Blumenthal and Judge Napolitano and share the link with everyone you know. The only way to beat the foes we face is to act collectively, and that means everyone as every conceivable group is being targeted except Zionists and Billionaires.

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Par son exercice du pouvoir, Macron est illégitime

Par : Régis de Castelnau — 4 août 2025 à 08:12
Nous avons vu dans une première partie que dans un système de démocratie représentative, pour qu’une majorité électorale puisse imposer son point de vue à la minorité, il était nécessaire que les représentants élus soient parvenus au pouvoir dans des conditions régulières… Lire la suite →
☐ ☆ ✇ Vu du Droit

Par son arrivée au pouvoir, Macron est illégitime

Par : Régis de Castelnau — 31 juillet 2025 à 07:55
La République française a toujours eu un gros problème avec celui qui lui a été imposé comme Président de la République par le coup d’état de 2017. Très tôt, quoique de façon contradictoire, il a été perçu massivement par le… Lire la suite →
☐ ☆ ✇ Global South

AI is the New Empire

Par : AHH — 23 juillet 2025 à 13:49

Exploring the dystopian technofeudalism at heart of the western A.I. race

The unnamed book EMPIRE OF AI is mine, based on 300+ interviews, 7 yrs covering AI, & my time as the first reporter who got extensive access to OpenAI. I sought OpenAI’s perspective throughout. For months they said it was coming. It never did. Pre-order: https://t.co/i5rNJ45fNo. https://t.co/Drr8Gzv7vW pic.twitter.com/0aJpF9P26U

— Karen Hao (@_KarenHao) April 4, 2025

The A.I. Religious Cult: “Just like empires of the past were competing against one another, so are these tech giants. There was this aggressive race of we, the French Empire, are better than the British Empire. We, the British Empire, are better than the Dutch Empire.

And we need to continue to relentlessly race and be number one because we’re the ones that have the right civilizing mission to bring modernity and progress to all of humanity.

And where their missions might have once been about scientific exploration and transparency, they are now about profit, which has resulted in a landscape where they are just scaling at all costs.”

this is about controlling “the civilizational transformation” of the “one global village.” “Our collective attention is their Manifest Destiny.” From Maggie’s “there is no society” to now, “Culture is just what is Next on your phone — and that is A.I.”

Quis custodiet ipsos custodes?

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“Superhumans” on the March

Par : AHH — 20 juillet 2025 à 16:08

What’s emerging in America is not a retreat from hegemony, but a reformatting of it.

By Artyom Lukin on Russia in Global Affairs.

[Ed.: this is a machine translation]

Where does the threat to the world come from, or Superhumans again on the march.

 

For half a thousand years, the West has been the dominant civilization in the world. Recently, this dominance has weakened, but has not completely disappeared. The West – and above all the United States of America as its core – is still the most powerful subject in world politics and economy. The colossal power of the West can be both a creative force and a source of existential threats to the rest of the world.

Today, in the West, primarily in the United States, a new ideology is being built, under certain circumstances no less dangerous than fascism and Nazism a hundred years ago. The second term of President Donald Trump could be a turning point when America will be under the control of ambiguous people and ideas.

The emerging ideology of the “new America” is still heterogeneous and represented by at least four key groups. The first is Trump himself and those his entourage, who professes views borrowed from the era of classical great-power imperialism and economic nationalism of the late 19th and early 20th centuries. The second is politicians and media figures, which can be attributed to right-wing populists. The third is Silicon Valley, committed to libertarian hypercapitalism and the cult of technology. Fourth, intellectuals who generate and promote the ideas of the “dark Enlightenment.”

If the views of the first two groups are not new to the American political landscape, then the last two are the phenomenon of the 21st century.

[1] Good old imperialism?

Trump’s ideology is in many ways a classic inconclusive imperialism on the “right of the strong.” Already in his inaugural speech, he openly declared the desire for territorial acquisitions: “The United States will again become a growing nation – increasing its wealth, expanding its territory, building its cities…”[1] Here, Trump speaks of America as an “exceptional nation” and “the greatest civilization in the history of mankind.” America’s geopolitical ambitions and exclusivity will be backed up by “the most powerful military force ever seen by the world.”

Claims to exclusivity, the desire for territorial expansion, military-force domination are essential signs of imperialism.

It is no coincidence that in the same inaugural speech, Trump approvingly mentions William McKinley and Theodore Roosevelt, presidents who have introduced the United States to the club of imperialist powers.

[2] Right-Populist Conservatism

This ideological faction includes figures such as Vice-President JD Vance, political strategist Steve Bannon and journalist Tucker Carlson. Their main slogan is America First. They act from the standpoint of the cultural and value traditionalism of the deep American people and the hostility to the liberal-cosmopolitan elite, which concentrates on the east and west coasts, position themselves as defenders of the working class, advocate tough economic protectionism for the revival of American industry, and in the sphere of foreign policy gravitate towards isolationism.

[3] Libertarian Techno-Capitalism

This trend of the new American ideology is represented by technillionaires – mainly immigrants from Silicon Valley. The most famous, of course, is Elon Musk, who from January to May 2025 served as head of the Department of Efficiency of the Government [DOGE] in the Trump administration. However, the level of publicity does not always correspond to the degree of political influence. The notorious venture capitalist Marc Andreessen (the creator of the first mass Internet browser Netscape) may have had an influence on the White House initially, being an unofficial adviser and helping Trump recruit to key posts. [2] Until recently, Andreessen was a supporter of the Democratic Party, but in 2024 he supported Trump – in part because Andreessen did not arrange the Biden administration’s course of tighter regulation of the crypto industry and artificial intelligence.

Andreessen, like Musk, advocates maximum freedom of business activity and minimize state interference in private business.

In 2023. Andreessen has published the Techno-optimistic Manifesto. The main idea is simple: scientific and technological progress is the greatest benefit and the key to solving the problems of mankind, but only free markets, coupled with the elimination of burdensome restrictions and barriers, will ensure the development of a high-tech economy. Andreessen advocates for “accelerationism” – the spurring of technological development, which should accelerate progress to unprecedented speeds. This is the literal way of the word “undisper” acceleration will be achieved through the synthesis of technological innovation and the capitalist economy (techno – capital machine), the term that Andreessen borrowed from the British philosopher Nick Land. Artificial Intelligence: “We believe that artificial intelligence is our alchemy, our Philosopher’s Stone… We believe that artificial intelligence should be approached as a universal solution to problems. [3]

However, in the optimistic picture drawn by Andreessen there are semantic nuances. With a clear reference to Frederick Nietzsche, whose name is mentioned in the manifesto in the list of the most respected Andreessen thinkers, the techno-billionaire sings the upcoming “technological supermen”: “We are not victims, we are the conquerors… We are the strongest predator on top of the food chain (apex predator).”

When Andreessen, talking about “technological superhumans”, uses a predator metaphor, is it not a typical Freud clause? At the top of the food chain, by definition, there can be only a few, the strongest predators, while the rest of the creatures have a different role. The Andreessen Manifesto contains a response to who is supposed to be the main predator: “We believe that America and its allies should be strong, not weak. We believe that the national power of liberal democracies is derived from their economic power (financial force), cultural power (soft power) and military power (hard force). Economic, cultural and military power stem from technological. Technologically powerful America is the power of good in a dangerous world. Technologically powerful liberal democracies guarantee freedom and peace. Technologically, weak liberal democracies are losing to their authoritarian rivals.

In the extensive list of “sacraments-patrons of techno-optimism” and Andreessen are Filippo Marinetti, the founder of futurism and one of the ideologues of Italian fascism. The last act of Marinetti was a voyage as part of the Italian expeditionary corps to the Eastern Front, where he was wounded near Stalingrad.

The most politically influential techno-billionaire is apparently the founder of Paypal Peter Thiel. It is probably not a mistake to call it the second most important ideologist of the “new America” after Trump himself. Although Thiel has never held official political posts, he is the key figure that unites Silicon Valley, intellectual right conservatism and Trump populism.

Thiel became the first of the most authoritative figures of Silicon Valley who openly supported Trump and became a donor to his presidential campaign back in 2016. However, Thiel’s most successful political investment was not Trump, but the current vice president (and, quite likely, the future president) J. D. Vance, for whom Thiel became a mentor and employer (Vance was at one time an employee of the Thiel Mithril Capital Investment Fund). Subsequently, Thiel donated $15 million to Vance’s election campaign in the U.S. Senate from Ohio and presented a young promising politician to Trump.

As befits a businessman, Thiel diversifies political investment. Simultaneously with Vance, he sponsored another young and promising politician (also his student and former employee) – Blake Masters, who was given $20 million for the Senate elections from Arizona (unlike Vance, Masters lost the election).

Thiel calls himself a Christian and often quotes the Bible, although he is an open homosexual (in 2017 he married in Vienna with his partner Matt Dunzesen, an investment banker). The techno-billionaire is known as a philosopher and thinker, being very widely read and himself being a prolific author of books and essays. Unlike Musk and Andreessen, who give away the expositions and memes designed for the public, Thiel’s target audience is an educated elite. He categorically quotes such difficult political philosophers as Carl Schmitt and Leo Strauss, is a fan of the ideas of anthropologist René Girard. Thiel positions himself as a libertarian, but does not hide that he has long believed in liberal democracy, as well as in democracy at all: “I no longer think that freedom is compatible with democracy”. [4]

It is significant that Thiel compares today’s America with Germany on the eve of Hitler’s arrival:

“There are undoubted parallels between the United States of the 2020’s and Germany of the 1920’s in the sense that liberalism has exhausted itself. It can be argued that democracy … has exhausted itself and we will have to ask ourselves a number of questions that go very far beyond the window of Overton. [5]

Thiel’s Libertarianism did not prevent him from founding Palantir Technologies, which is engaged in developments in the field of artificial intelligence in the interests of the Pentagon and intelligence services. He also acts as a major investor in young billionaire Palmer Lucky Anduril Industries, who creates drones and other autonomous weapons systems.

Thiel believes that in recent decades, America has plunged into the abyss of degradation and stagnation. We need a leap to new heights and great goals. Like his billionaire counterparts from the valley, Thiel is convinced that the formulation and achievement of ambitious scientific and technological goals should be the main priority of society and the state. His personal favorite is transhumanism technologies associated with the improvement of the human body, the prolongation of life and, potentially, the achievement of immortality. One of Thiel’s current projects is the organization of the alternative “Enhanced Games”, where doping control will be weakened and athletes will allow the use of biohacking methods. One of the co-organizers of Enhanced Games is the son of President Donald Trump Jr.

Of all the billionaire libertarians close to the current government, it is Thiel who has the most articulated views on foreign policy. Its geopolitical concept is quite simple and boils down to the fact that the main external threat to the United States is China.

Unlike a friend and former business partner Elon Musk, who is considered a Pro-Chinese figure, Thiel is a supporter on Beijing’s firm deterrence policy, including by forming a broad anti-Chinese coalition led by Washington. The US should go for an economic divorce from China and put pressure on other countries so that they also minimize ties with Beijing. Thiel believes that the Trump supertariffs on Chinese goods are a step in the right direction. Back in November 2022, he declared: “I believe in free trade, I am not a supporter of tariffs, but I would make an exception for our major geopolitical and ideological rival.”[8] Thiel is one of the most synophobic figures in the highest echelon of the current ruling elite. He calls China “semi-fascist, semi-communist gerontocracy,” accusing Beijing of “nationalism,” “racism,” and “xenophobia. [9]

Thiel treats Russia without sympathy, but much more calmly – he does not see it as dangerous as China as a geopolitical adversary, but perhaps also because Russia is racially and culturally much closer to the West. Thiel believes that the West should not push Moscow into Beijing’s embrace.

Thiel has repeatedly spoken out in support of Israel, and Palantir Technologies supplies AI technology to the Israeli military. Chance or not, the Trump administration’s foreign policy is still almost identical with Thiel’s views.

[4] Theorists of the “Dark Enlightenment”

Finally, the fourth group of representatives of the new American ideology is the intellectual provocateurs that create narratives of the Dark Enlightenment. Also called the “neo-reactionary movement” (NRx), it is an intellectual and philosophical current that denies many ideals of classical Enlightenment, was formed in the late 2000’s – early 2010’s, mainly in the countries of the Anglosphere.

One of the fathers of the “dark Enlightenment” and the author of the term itself is the British philosopher and writer Nick Land, now living in Shanghai, mentioned in Andreessen. At the beginning of the academic career in the 1990s, Land, who then taught at the University of Warwick, held leftist views, but then swung sharply to the right. [10] Land believes in the onset of a singularity – a moment when artificial intelligence and other technologies will surpass a person and get out of control, which will mark the beginning of a “post-human” era. Land draws inspiration from the aesthetics of cyberpunk, predicting the arrival of hyper-capitalist techno-authoritarian systems that are controlled by technology and markets, not traditional politics. Such systems, in his view, are much more effective than classical liberalism and democracy. In the spirit of Techno-Social Darwinism, Land predicts the emergence of post-human beings, which, thanks to the merger with super-technologies, will dominate the new world.

Land rejects anthropocentrism, arguing that human values and morality are insignificant in the face of much larger and impersonal forces such as capital and technology. In his philosophy, humanity is nothing more than a temporary stage in a more significant evolutionary process that is driven by machine and economic systems.

Another intellectual father of the Dark Enlightenment is the American programmer and blogger Curtis Yarvin, also known under the pseudonym Mencius Moldbug. Unlike Land, Yarvin is directly involved in the political process. He is friends with Thiel and is well acquainted with a number of politicians and officials from the Trump entourage. Yarvin is in favor of replacing a more effective political system in the form of an autocratic monarchy or a business corporation where the sole governing body has absolute powers. One idea is the creation of a system of numerous corporate-controlled sovereign entities (Patchwork), within which it will be possible to freely experiment with laws, rules and technologies.

Like most of the ideologues of the “new America”, in the sphere of foreign policy, Yarvin advocated the dismantling of the “liberal international order” that developed after 1945, where the United States played the role of a world police officer and a guarantor of security. Yarvin advocates the withdrawal of the United States even from Europe, although it is stipulated that Great Britain, being an Anglo-Saxon country, should remain under the protection of America.[11] Yarvin will have nothing against if, for example, Turkey and Greece begin to fight each other. This is exclusively their business, not America’s problem. Unlike his billionaire friend Thiel, Yarvin calmly and even with restrained admiration speaks of modern China.

Yarvin, whose Jewish ancestors emigrated from Odessa during the Russian Empire, holds an unorthodox view of World War II. In his opinion, Hitler did not thirst for world domination. He wanted “only” to recognize his domination in continental Europe by using European Jews as hostages for negotiations with the US and Britain. If Roosevelt had agreed to a deal with Hitler, the World War and the Holocaust, it might have been possible to avoid. [12]

Land, Yarvin and other “dark Enlightenment” intellectuals can, at first glance, seem much less significant figures compared to billionaires Musk and Thiel. But one of the main capitalists of Germany, Gustav Krupp, who supported Hitler, or the brilliant political philosopher and subsequently the chief lawyer of the Third Reich, Karl Schmitt (by the way, like to quote Yarvin and Thiel), who developed the theory of the “exceptional case” and later, by the way, by which in 1933 the Reichstag was adopted?

American hegemony – end or reformatting?

The emerging ideology of the “new America” is heterogeneous and it has different scenarios. It is not necessary that it materializes into something malignant, reminiscent of the Third Reich or the “Greater East Asia Co-Prosperity Sphere”. But in the ideas and meanings circulating today in America and other countries of the English sphere, there are many things that can not but alarm.

This is the desire for the cultivation of either “technological superhumans”, or “super-predators”, or “post-human beings” and rationalization proposals to delegate absolute power to the “single executive body”.

Although the ideologues of the “new America” are contemptuous of the liberal international order “rules” that for many years has been considered the sacred cow’s global hegemony of United States, this does not mean that they want to see America only one of the sovereign subjects of the multipolar world. American legions can be withdrawn from Europe, the Middle East or South Korea, but there will be more sophisticated and “technological” ways to control and dominate the bodies and souls. The main concept permeating the writings of Curtis Yarvin is “power”. Peter Thiel’s favorite book, a man who wants to live forever, is The Lord of the Rings.

Author: Artem Lukin, Professor of the Department of International Relations of the Eastern Institute of the Far Eastern Federal University.


[this is the RT (A.I.-abbreviated) version]

The ideology behind the ‘New America’ is more dangerous than it looks

The superhumans are coming – and so is the danger

By Artyom Lukin, an associate professor of international relations at Far Eastern Federal University in Vladivostok, Russia

For the past 500 years, the West has reigned as the world’s dominant civilization. Though its grip has loosened in recent years, the West – especially the United States – remains the most powerful force in global politics and the international economy. This power, while capable of building plenty, also carries the potential to destroy a lot.

Today, a new ideology is taking shape in the West, particularly in the US. Under the right conditions, it could prove as dangerous to humanity as fascism and Nazism were in the last century. The reelection of Donald Trump may mark a decisive turning point, transferring power to people and ideas that are, at best, deeply ambiguous.

This ‘New America’ is not driven by a single worldview, but rather by a convergence of four ideological factions.

[1] The Imperial Restorationists

At the center stands Trump himself and his allies – throwbacks to the era of great-power imperialism. Trump’s inaugural speech to launch his second term left little doubt: He called for territorial expansion, industrial growth, and a resurgent military. America, he declared, is “the greatest civilization in the history of mankind.” He spoke approvingly of President William McKinley and Theodore Roosevelt, both architects of American imperialism.

The vision is unmistakable: American exceptionalism, enforced by military might and driven by the logic of conquest. It is the language of empire.

[2] The Nationalist Conservatives

Then there are the right-wing populists – figures like Vice President J.D. Vance, strategist Steve Bannon, and journalist Tucker Carlson. Their rallying cry is ‘America First’. They champion traditional values, claim to speak for the working class, and disdain the liberal elite concentrated in coastal cities.

They oppose globalism, support trade protectionism, and promote isolationism in foreign policy. This faction is not particularly new in American politics, but its influence has deepened, especially under Trump’s patronage.

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Vice President JD Vance visits Los Angeles after unrest over ICE raids © Getty Images / Getty Images

[3-A] The Techno-Libertarian Billionaires

A newer – and perhaps more unsettling – element of America’s emerging ideology is represented by Silicon Valley billionaires. Elon Musk is the most visible figure, briefly heading Trump’s Department of Government Efficiency in early 2025. But the more influential actor may be Marc Andreessen, the venture capitalist and early internet pioneer who became an informal adviser to Trump.

Andreessen’s political turn followed his frustration with Biden-era regulations on crypto and artificial intelligence. In 2023, he published a manifesto called ‘The Techno-Optimist’, a document that preaches unrestrained technological acceleration. In his view, scientific innovation and free markets can solve all of humanity’s problems – if only government gets out of the way.

Andreessen quotes Nietzsche and invokes the image of the ‘apex predator’ – a new breed of technological superman who sits atop the food chain. He writes, “We are not victims, we are conquerors… the strongest predator at the top of the food chain.”

Such language might seem metaphorical, but it is revealing. Andreessen’s list of intellectual inspirations includes Filippo Marinetti, the Futurist who helped lay the aesthetic groundwork for Italian fascism and died fighting the Red Army at Stalingrad.

RT

Marc Andreessen © Getty Images / Getty Images

[3-B] The Philosopher-Kingmaker

The most intellectually developed thinker of the techno-libertarian camp is Peter Thiel, co-founder of PayPal and the data surveillance firm Palantir Technologies. Thiel is no longer a marginal figure – he is now arguably the second most important ideologue of the New America, after Trump himself.

Thiel is also a master strategist. He personally mentored and funded Vance, now vice president and possibly Trump’s heir apparent. At the same time, he backed Blake Masters in Arizona, although that bet didn’t pay off. Thiel reads the Bible, quotes Carl Schmitt and Leo Strauss, and speaks openly about the limits of democracy. “Freedom is no longer compatible with democracy,” he has said.

He has compared modern America to Weimar Germany, arguing that liberalism is exhausted, and a new system must rise. Despite his libertarian leanings, Thiel’s companies develop AI tools for the Pentagon and fund next-generation weapons systems through firms like Anduril.

Thiel believes that America has entered a long decline – and that radical technological leaps are needed to reverse it. One of his pet projects is the ‘Enhanced Games’, a competition where doping and biohacking are allowed. Co-organized with Donald Trump Jr., the event reflects Thiel’s obsession with transhumanism and human enhancement.

In foreign policy, Thiel views China as America’s primary enemy. He has called it a “semi-fascist, semi-communist gerontocracy” and pushed for complete economic decoupling. Interestingly, Thiel is far less hostile to Russia, which he sees as culturally closer to the West. In his view, pushing Moscow into Beijing’s arms is a strategic mistake.

RT

Peter Thiel © Getty Images / Getty Images

[4] The Dark Enlightenment

The final group behind the New America are the theorists of the ‘Dark Enlightenment’, or neo-reactionary movement. These intellectual provocateurs reject the Enlightenment values that once defined the West.

Nick Land, a British philosopher living in Shanghai, is among the founding thinkers of this school. He predicts the end of humanity as we know it and the rise of posthuman, techno-authoritarian systems governed by capital and machines. For Land, morality is irrelevant; what matters is efficiency, evolution, and raw power.

Curtis Yarvin (aka Mencius Moldbug), an American programmer, is another central figure. A friend of Thiel and an insider in Trump’s intellectual circle, Yarvin advocates replacing democracy with a corporate-style monarchy. He imagines a future of sovereign city-states run like companies, where experimentation with laws and technologies is unrestricted.

Yarvin is clear in his rejection of American global leadership. He believes the US should withdraw from Europe and let regional powers settle their own disputes. He speaks warmly of China, and his views on World War II are unorthodox to say the least – suggesting Hitler was motivated by strategic calculation rather than genocidal ambition.

RT

Curtis Yarvin

What comes next?

Many of these ideas may seem fringe. But fringe ideas have power – especially when they echo through the corridors of political and technological influence. Carl Schmitt’s legal theories enabled Hitler to seize dictatorial powers in 1933. Today, the intellectual allies of Trump and Thiel are crafting their own narratives of ‘emergency’, ‘decadence’, and ‘reawakening’.

What’s emerging in America is not a retreat from hegemony, but a reformatting of it. The liberal international order is no longer seen as sacred – even by the country that built it. The new American elite may be withdrawing troops from Europe, the Middle East, and Korea, but their ambitions have not shrunk. They are turning instead to subtler methods of control: AI, cyber dominance, ideological warfare, and technological superiority.

Their goal is not a multipolar world, but a redesigned unipolar one – run not by diplomats and treaties, but by algorithms, monopolies, and machines.

The threat to the world is not just political anymore. It is civilizational. The superhumans are on the march.

This article was first published by Russia in Global Affairs, translated and edited by the RT team

☐ ☆ ✇ Global South

How to fact-check Techno-Feudalism?

Par : AHH — 10 juin 2025 à 21:45

There are auspicious signs on the other side of dystopia. And right here in Russia.

By Pepe Escobar at the Strategic Culture Foundation.

The Global Digital Forum last week in delightful Nizhny Novgorod represented a landmark in the quest for a more equitable media landscape across the whole Global South.

Pride of place was taken by a new ambitious association, the Global Fact-Checking Network (GFCN). The last session of the forum was focused essentially on how to fight all the toxic declinations imposed by the post-truth anti-cultural ambiance – as in fact-checking an avalanche of fake news coming in most cases from states and official institutions.

Guest of honor was superstar Russian Foreign Minister spokeswoman Maria Zakharova, relaxed, in great spirits, who went full Deng Xiaoping by urging everyone to “fight for the truth and seek out the facts”.

By a twist of fate, the timeline left me with only two minutes to somehow wrap up our quite enlightening discussion. So I went hardcore and quoted Nietzsche: “There are no facts, only interpretations”. Later on, I was surprised at how that had struck a nerve especially among African delegates.

The key point is that in the artificially fabricated post-truth environment, not only facts are only facts if we say so; most of all, only one interpretation is allowed – be it from the Empire of Chaos, whoever may be in power, or from a Kafkaesque mechanism such as the European Union (EU)/European Commission (EC).

If you deviate from the official interpretation, they will come after you. That has led, for instance, in Europe, to journalists/EU citizens being prevented even from traveling to their own nation-states, and having their accounts frozen, or EU citizens being prevented from covering a supposedly democratic election (in Romania), and immediately deported (outside of the EU).

A startling essay on Nietzsche amplifies the diagnostic of Europe’s current cultural suicide. Nietzsche was an “untimely” outsider, a steppenwolf, pledging allegiance to no one and nothing, silently grappling with “the flat exhaustion of bourgeois modernity”, and searching, in vain, for “silhouettes among shadows”.

Nietzsche, in the late 19th century, was already a symbol of Resistance. Resistance as we see it today – from the Axis of Resistance in West Asia to Orthodox Christian military batallions fighting for the freedom of Novorossiya. No ceremony ever greeted Nitzsche: he was always alone. He shattered illusion after illusion as his solitude “became liturgy” and “his body turned into protest.” He impersonated “the ghost of nobility”. A species in extinction – indeed.


Tech visionaries want it all

That crystal clear Nietzsche intuition – arguably the best definition of truth in the history of philosophy – may be our guide in the labyrinth of post-truth where, to quote post-modernist masterpiece Twin Peaks, “the owls are not what they seem”.

Errol Musk, Elon’s father, showed up early this week in Moscow for the Future 2050 forum. Daddy Musk effusively showered praise on Russia as Ancient Rome 2.0 and Moscow itself as the “capital of the world”. Quite on point – in both cases.

But what really matters is why Daddy Musk is in Russia. That may align with a strategy of luring powerful sectors of Silicon Valley into doing business with Russia. Main actors/participants would be tech visionaries which used to be part of the notorious PayPal Mafia: Elon Musk and Peter Thiel.

That may pose a series of serious problems. Martin Armstrong has been instrumental in portraying this band of tech visionaries as a ubiquitous new oligarchy: active in social media, biotech, space, the surveillance industry, engineering policies and influencing monetary systems with their hardcore brand of venture capitalism, and not to mention shaping worldwide-interfering narratives.

The new tech elite shines brightly via the Trump-Musk love affair turned staged catfight. But its tentacles reach much further. J.D. Vance is Peter Thiel’s perfectly positioned candidate to become the next POTUS. Palantir, controlled by Thiel and totalitarian Alex Karp, have been awarded a massive contract to design a U.S. federally centralized database using very sophisticated AI models.

Trump’s Big Beautiful Bill is heavy on AI – including a 10-year moratorium during which any U.S. state and local government  cannot regulate AI. This will allow free reign for deepfakes and Big Tech doing whatever they feel like to manipulate unsuspecting consumers.

So that’s the key question. How to fact-check the tech elite? How to counterpunch multiple instances of techno-feudalism – when tech companies feed intel to governments, commit unlimited funds to political operations, and set up censorship platforms disguised as “democracy”, drenched in AI-generated fake news?


Go East, to Siberia, young man

At least there are auspicious signs on the other side of dystopia. And right here in Russia. This is a mesmerizing interview by Nora Hoppe and Tariq Marzbaan with legendary Prof. Sergey Karaganov, Honorary Chairman of the Council for Foreign and Defence Policy (Russia’s leading public foreign policy organisation) and academic supervisor at the Higher School of Economics in Moscow.

Welcome to a magic carpet ride through the really deep origins of Russia’s heritage. Starting with the Scythians: “Now we are rediscovering within ourselves these roots that unites us with the peoples of Eurasia.”

All the way to Byzantium: “The Russian princes, who baptized Russia, chose Byzantium ― at that time the richest, the most developed and intellectually flourishing country in Central Eurasia, much more developed than Europe was (…) The Russian princes’ astute choice of Byzantium largely predetermined Russian culture, Russian architecture, and, of course, Russian religion, that is, our Orthodoxy.”

And then reaching Pax Mongolica: “The Mongol Empire left a deep mark on Russian history also, because it was multicultural and very tolerant religiously, and this is where I think (although there is no complete agreement amongst historians on this matter) the Russians ― the dominant people in the former Russian Empire and the USSR ― inherited their unique cultural, religious, and national openness.”

Karaganov forcefully proposes that everything positive about Pax Mongolica should be re-examined to “substantiate the unity of Eurasia.” And “we must rely just as much on the heritage of the Scythians, who were the forefathers of so many peoples in Greater Central Eurasia.”

This is the essence of a true multipolar Russia in action – leading to the fascinating concept of “Siberianization”: a “spiritual, cultural, political, and economic development of Russia in the eastern direction to the Urals and Siberia. The western direction of our policy and economic ties has bleak prospects.”

Karaganov, whose analyses are deeply appreciated by President Putin, is adamant: it all amounts to a “civilizational struggle against techno-barbarism and techno-paganism”, and “against dehumanization”. Against, essentially, techno-feudalism.

☐ ☆ ✇ Strategika

El uso del efectivo como piedra angular de la soberanía personal y la proteccion de la democracia

Par : Rédaction Strategika — 1 juin 2025 à 10:00

El peligro claro y presente en Europa de adoptar la Moneda Digital de
Banco Central, MDBC o CBDC en ingles, como la única y exclusiva unidad
de transacciones financieras, evitando y prohibiendo el uso del efectivo
físico de eficacia probada, tiene consecuencias graves y nocivas para la
libertad de los ciudadanos de la UE, así como para la estabilidad de la
democracia en Europa. Es con este peligro en mente que una revisión
sumaria del ejemplo estadounidense sobre las protecciones derivadas del
uso de efectivo puede servir como referencia y brújula para advertir las
consecuencias catastróficas de instalar oficialmente el tecnofeudalismo
sobre poblaciones desprevenidas.

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☐ ☆ ✇ Strategika

The Use of Cash as the Cornerstone of Personal Sovereignty and the preotection of democracy

Par : Rédaction Strategika — 30 mai 2025 à 10:00

The clear and present danger in Europe of adopting CBDCs as the only and
exclusive unit of financial transactions, eschewing and forbidding the use of
the tried-and-true physical cash, has severe and noxious implications for
the freedom of EU citizens as well as the stability of democracy in Europe.
It is with this danger in mind that a summary review of the American
example on the protections stemming from the use of cash can serve as a
reference and compass in adverting the catastrophic consequences of
officially installing techno-feudalism upon unsuspecting populations.

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☐ ☆ ✇ Hashtable

Digital Markets Act : comme prévu, c’est un échec et ça va s’aggraver

Par : h16 — 13 mars 2024 à 09:00

On apprend via X.com que, suite à l’introduction discrète mais pas anodine d’une nouvelle “taxe CNM”, Spotify va devoir augmenter assez sensiblement le prix de ses abonnements pour ses clients français : la surprise est totale.

Oh, voilà qui est surprenant ! Au départ, le législateur avait une idée aussi simple qu’idiote : puisqu’il fallait trouver des ressources (lire “des thunes”) pour financer l’une des lubies étatiques du moment – ici, le Centre national de la musique, une instance créée en 2020 pour soutenir la filière musicale française, à l’instar du CNC pour le cinéma – autant instaurer une nouvelle taxe sur les diffuseurs de musique.

Vu les résultats obtenus de ce procédé sur le cinéma français, on peut légitimement s’attendre au pire en matière de chanson française (qui n’en a vraiment pas besoin), mais cela n’a pas empêché la mise en place de cette nouvelle ponction. Et comme à chaque fois, les autorités semblent découvrir, hébétées, que lorsqu’on taxe le lait de vache, ce n’est pas la vache qui paie : immédiatement, Spotify a reporté ce nouveau coût de fonctionnement sur ses clients.

On peut raisonnablement imaginer que la licorne suédoise s’accommodera assez bien de la perte d’une partie de son auditorat français. Il en sera probablement autrement pour les parasites qui entendaient profiter de la levée de cette taxe pour obtenir plus de financements faciles et qui vont vraisemblablement se retrouver avec moins…

Cette mésaventure de Spotify en France n’est qu’un énième avatar de l’incompétence du législateur qui imagine pouvoir “réguler” le marché et écrémer sa part au passage, sans conséquences adverses de son tripatouillage indirect mais bien réel de la structure des prix des marchés dans lesquels il met ses gros doigts boudinés. Cela rappelle les gesticulations du même législateur scandalisé par la gratuité des colis Amazon, qu’il avait finalement interdite et que la firme avait contournée en facturant 1 centime.

Ces mésaventures (comme tant d’autres avant elles) auraient pu servir d’avertissement à ces législateurs compulsifs : peut-être est-il nécessaire de bien évaluer les conséquences de nouvelles lois, de nouvelles contraintes avant de les mettre en place, leur égo empêchant généralement toute marche arrière…

Eh pourtant non : alors que la loi Égalim continue de faire de gros dégâts, que la stratégie “de la ferme à la fourchette” a déclenché le début d’une jacquerie européenne, voilà donc que déboule le règlement “DMA”, le « Digital Markets Act » auxquels sont maintenant confrontés les entreprises du numérique…

Règlement européen voté en juillet 2022, il est entièrement bâti pour toucher d’abord les grandes entreprises du numérique (celles avec 7,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires ou plus). Mais ici, il s’agit bien d’écrire d’abord, puisqu’en réalité, ces grosses entreprises ont de nombreux sous-traitants, de nombreux partenariats et sont naturellement très intégrées dans des écosystèmes vastes et complexes qui comprennent des milliers voire des millions de petites entreprises.

Et alors que ce règlement est rentré en application il y a quelques jours, on découvre – là encore, la surprise est totale – qu’il ne va probablement rien régler du tout, et qu’il est déjà en train d’ajouter confusion dans le marché et distorsion dans les prix.

Par exemple, les hôteliers comptaient beaucoup sur ce DMA pour enfin garantir, par la loi, que Google ne privilégie plus (dans les recherches et sur Google Maps, typiquement) ses propres services. Or, en se mettant en conformité avec la nouvelle législation européenne, la firme américaine ne va certes plus privilégier ses propres services, mais elle ne mettra pas davantage en avant ceux des hôtels. Oh, vraiment, cela était totalement imprévisible !

En fait, Google va valoriser d’autres plateformes, comme des agences de voyages et des comparateurs de prix appartenant pour la plupart à des géants américains, mais pas les hôteliers indépendants qui en seront pour leurs frais.

Pour un règlement dont le but était de détricoter ou d’empêcher les monopoles, voilà qui commence mal : son entrée en force pénalise les petits acteurs face aux grosses entreprises, et pour certains de ces acteurs, l’impact est déjà fort négatif au point que l’un d’entre eux, Mirai, a même écrit une lettre ouverte à Thierry Breton, le commissaire responsable de cette fine trouvaille législative et qui, après avoir copieusement détruit Atos, pourra s’enorgueillir d’avoir broyé le secteur hôtelier européen.

En substance, l’échec était prévisible et c’est exactement ce qu’on a, un échec : l’application du DMA n’avantage en rien les petites structures.

Quant à l’idée même de faire plier certaines grandes entreprises et casser leur monopole, elle va, elle aussi, au tapis.

Ainsi, pour Apple, le DMA … ne change concrètement rien : la firme se réserve toujours le droit d’accepter ou non certaines applications sur son magasin et l’éviction récente d’Epic (le studio derrière Fortnite) reste toujours d’actualité, même si les petits poings de Thierry Breton sont tous fermés et crispés de frustration.

L’apothéose du ratage est probablement atteinte (au moins pour le moment) lorsqu’on apprend que Google va consciencieusement appliquer le DMA aussi pour son magasin d’applications, mais que ceci se traduira par… une augmentation des coûts pour les développeurs qui veulent y être référencés.

C’est une variation sur thème qui rappelle l’aventure Spotify décrite en début de billet : ici, c’est une conséquence directe du règlement qui, avec ses nouvelles contraintes, entraîne des coûts supplémentaires pour Google qui ne se gêne pas pour les reporter sur ses clients (la vache, la taxe, le lait, rappelez-vous). Eh oui, pas besoin que le législateur impose une nouvelle taxe pour que ses actions finissent par coûter fort cher à tout le monde.

Nous ne sommes cependant qu’au début de la mise en place du DMA. Gageons dès à présent que ce sera l’occasion pour Breton et ses coreligionnaires d’écarter les petits couinements déjà audibles en expliquant que le bilan de ce règlement, dans cinq ou dans dix ans, sera forcément positif, vous allez voir ce que vous allez voir, nom d’un petit Européen !

Et dans cinq ou dix ans, lorsque les dégâts seront trop gros pour être camouflés, gageons aussi que le commissaire du moment se lancera dans une nouvelle idée de régulation pour contrer les effets désastreux constatés.

C’est sûr, ça va être magique, et cette fois-là, ça marchera !

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Répression du mouvement social : entre homme de main et garde-chiourme.

Par : Régis de Castelnau — 27 mars 2023 à 18:13
Emmanuel Macron n’avait aucune expérience politique avant qu’il soit propulsé à l’Élysée en 2017 grâce à une opération concoctée par la haute fonction publique d’État, probablement aujourd’hui une des plus corrompues d’Occident. Il ne possède aucune culture démocratique et considère… Continue Reading →
☐ ☆ ✇ Vu du Droit

Vidéo: violence légitime contre légitime violence

Par : Régis de Castelnau — 28 octobre 2022 à 11:03
Il y a plusieurs affaires d’autodéfense dans l’actualité et notamment celle de Roanne qui a vu un père de famille rouer de coups une personne qu’il accusait d’avoir sexuellement agressé sa fille de six ans à son domicile. Après l’affaire… Continue Reading →
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Guerre monétariste : le nouveau système monétaire international

Par : jp-chevallier — 26 mai 2022 à 17:01

[Article en libre accès]

Un nouveau système monétaire international est en gestation depuis le début de la guerre monétariste menée par le bloc américain contre la Russie, à savoir depuis le 27 février 2022.

Il repose sur une organisation de flux financiers transfrontaliers échangés entre banques portant sur des devises dont les parités sont définies les unes par rapport aux autres par les marchés sans passer par l’intermédiaire du dollar (USD).

***

Quelques petits rappels sont nécessaires pour comprendre ces problèmes…

Les accords dits de Bretton Woods de juillet 1944 ont défini un système monétaire international basé sur des échanges de devises entre banques centrales sur la base de parités fixes par l’intermédiaire du dollar (USD) défini lui-même par rapport à l’or.

Ainsi par exemple, lorsque la banque d’un importateur français de produits made in Japan voulait effectuer un paiement de son client à son fournisseur japonais, elle devait se procurer des dollars soit auprès de la Banque de France, soit en prélevant des dollars récupérés par d’autres de ses clients exportateurs, soit par des achats sur le marché des devises.

Ensuite, cette banque en France devait transmettre ces dollars à la banque de l’exportateur japonais, soit directement entre banques soit par l’intermédiaire de leur banque centrale respective, la banque japonaise créditant ensuite son client exportateur en yens.

Les paiements transfrontaliers étaient rares dans l’immédiat après-guerre. Les plus importants ont d’abord été les milliards de dollars envoyés par les autorités des États-Unis à leurs homologues de l’Europe de l’Ouest dans le cadre du Plan Marshall de façon à ce que les banques européennes puissent avoir des dollars (USD) pour payer des produits importés des États-Unis.

Ces dollars américains sortaient donc du territoire des États-Unis. Ils ont formé ce que les Américains ont appelé des Eurodollars, c’est-à-dire des dollars en Euro(pe). Il n’y a donc aucun lien entre ces Eurodollars et l’euro en tant que monnaie de la zone euro !

Ces Eurodollars ont évidemment augmenté au fil des années et ce mot s’est appliqué par extension pour désigner par la suite tous les dollars circulant hors du territoire des États-Unis et en dehors de l’Europe, en particulier dans les pays producteurs d’hydrocarbures et en Asie.

Ce système de Bretton Woods a plus ou moins fonctionné jusqu’au début des années 70. Cependant, il a fallu modifier trop souvent des parités monétaires pour tenir compte des évolutions relatives de l’économie des pays européens (cf. les dévaluations du franc français…).

Les montants des exportations des industries françaises étaient alors supérieurs aux montants des importations. Grâce à ces excédents de la balance commerciale française, les autorités françaises détenaient donc des réserves en dollars (USD) très importantes.

La France, c’est-à-dire le général de Gaulle et les dirigeants de la Banque de France ont fait la grosse erreur d’échanger ces dollars (USD) contre de l’or… au lieu d’en profiter pour inciter les entreprises françaises à acheter des équipements plus efficients importés des États-Unis (et à les payer en USD), comme par exemple des engins de la société Caterpillar, ce qui n’a pas permis d’optimiser la croissance en France car les achats massifs d’or sont non productifs et donc déflationnistes…

Les autorités américaines ont alors pris la décision le 15 août 1971 de ne plus échanger les dollars (USD) en or au prix de 35 dollars l’once ce qui constitue la date la plus importante de l’Histoire économique contemporaine

En effet, c’est à partir de cette date que les monnaies sont enfin définies les unes par rapport aux autres sans aucune référence à l’or ou à quoi que ce soit d’autre, sinon à la valeur de la richesse créée dans chaque nation car toute monnaie nationale n’a pour contrepartie que la richesse créée dans cette nation.

Ce système de Bretton Woods (II pour certaines économistes) après le 15 août 1971 a donc bien fonctionné pendant 50 ans jusqu’au 27 février 2022 car les parités monétaires pouvaient évoluer librement en fonction des marchés… censés être logiques et non manipulés…

Pendant cette période, les Eurodollars ont évidemment augmenté au fil des années et ils constituent en 2022 une masse considérable qui n’est plus contrôlée par la Fed, ce qui pose de gros problèmes !

Le 27 février 2022 le bloc américain a donc fait une erreur considérable en décidant de geler, c’est-à-dire de voler les avoirs en devises de la Russie qui se trouvaient dans les banques centrales de ce bloc !

Ce bloc américain n’est pas le monde entier car il ne comprend que l’Amérique du Nord, les pays européens, le Japon, la Corée, l’Australie et la Nouvelle Zélande, soit moins d’un milliard d’habitants (12 % de la population mondiale).

En effet, tous les dirigeants de tous les autres pays du monde, en dehors de ceux du bloc américain, ont alors compris ce que certains d’entre eux avaient déjà envisagé, à savoir que de telles sanctions pourraient être prises contre eux un jour à l’avenir.

Ainsi par exemple, les 3 252 milliards de dollars de réserves de la Chine pourraient être gelées, c’est-à-dire volées par les dirigeants des États-Unis en cas d’intervention de l’armée chinoise à Taïwan !

Idem pour ce qui concerne les avoirs et les réserves des dirigeants des pays musulmans producteurs d’hydrocarbures. Etc.

Depuis le 27 février 2022, tous les dirigeants de tous les pays du monde, en dehors de ceux du bloc américain, ont perdu définitivement confiance dans le bloc américain, et donc dans leurs monnaies, principalement le dollar et l’euro.

C’est une rupture totale dans le système monétaire mondial. Bretton Woods est mort le 27 février 2022.

Le problème est alors le suivant : comment remplacer ce système monétaire mondial de Bretton Woods qui a (assez bien) fonctionné pendant 50 ans ?

La réponse est (relativement) simple : par la généralisation du CIPS, le Cross-Border Interbank Payment System que les dirigeants chinois ont commencé à développer après la Grande récession américaine de 2008-2009 et qui est déjà pleinement opérationnel.

Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un système complet de paiements transfrontaliers entre banques comprenant à la fois la fonction de transmettre les informations sur ces paiements (à l’instar de SWIFT) et aussi, et c’est ça qui est le plus important, la fonction de transmission de l’argent entre les banques sous la forme des devises telles qu’elles ont été convenues par les parties (ce que ne fait pas SWIFT), le tout sans jamais passer par l’intermédiaire du dollar (USD).

Ainsi par exemple, lorsqu’un importateur chinois de pétrole russe veut payer son fournisseur en roubles, il lui suffit de lui en donner l’ordre, la banque chinoise pouvant alors acheter librement des roubles sur le marché des changes, ou à une autre banque partenaire du CIPS détenant des roubles, ou passer par l’intermédiaire de la banque centrale chinoise détenant des roubles.

Le problème est alors le suivant : l’importateur chinois doit recevoir in fine des renminbis et non pas des roubles, mais à quel taux de change ?

Il est étonnant de constater que ce problème très simple à résoudre ne l’est pas présentement !

En effet, Sergey Glazyev propose comme solution de monter une usine à gaz adossant les monnaies nationales utilisées dans le cadre du CIPS à une sorte d’ersatz de monnaie de base censée représenter un panier de matières premières dont les prix sont censés être stables !

C’est là une erreur grossière d’analyse monétariste car c’est ignorer que la contrepartie d’une monnaie nationale est la création de richesse au sein de cette nation.

Par ailleurs, ce système monétaire basé sur le CIPS s’inscrit dans la continuation d’une réalité où coexistent des devises dont les parités sont fixées les unes par rapport aux autres… depuis le 15 août 1971.

Il suffit alors d’utiliser les parités monétaires constatées présentement, données par les marchés,

Document 1 :

Ainsi, pour avoir 1 rouble l’importateur chinois doit payer 0,11 yuans, pour x roubles, il devra payer x fois 0,11 yuans.

C’est simple et parfaitement réalisable.

Le manque de compréhension des problèmes monétaristes de base est toujours surprenant, y compris chez les professionnels du plus haut niveau !

Il est possible que Sergey Glazyev et les personnes qui travaillent à la mise en place de ce nouveau système monétaire international soient obnubilés par l’utilisation du dollar (USD) pour établir cette parité entre le rouble et le renminbi mais il ne s’agit là qu’un élément utilisé couramment qui ne constitue pas l’utilisation du dollar des Américains tant honni car toutes les monnaies sont définies les unes par rapport aux autres, le dollar étant généralement la monnaie de référence car la plus utilisée dans les transactions internationales depuis l’après-guerre.

Cette parité rouble-yuan est établie à partir de la parité dollar-rouble…

Document 2 :

… et de la parité dollar-yuan mais sans utiliser en réalité le dollar dans les transactions financières transfrontalières.

Remarque importante : il est possible d’arriver à la même parité rouble-renminbi en passant par l’intermédiaire d’une autre monnaie que le dollar !

Document 3 :

Le grand perdant dans cette histoire de sanctions prises par le bloc américain contre la Russie est donc bien ce bloc américain et non pas la Russie !

En volant des actifs russes, le bloc américain a irrémédiablement perdu la confiance que le monde entier avait en ses monnaies principales (dollars des États-Unis et du Canada, et euro) depuis 1944 !

En un seul weekend, ce bloc américain a perdu la guerre monétaire à cause du manque de culture monétariste de ses dirigeants… et sans l’intervention de ses adversaires qui ont, inversement gagné cette guerre… sans combattre !

Les autorités américaines ne pourront plus jamais contrôler la plupart des activités critiques dans le monde entier à partir de l’utilisation de leur dollar comme ils l’ont fait depuis plus de 75 ans.

Les Eurodollars en circulation vont diminuer plus ou moins rapidement.

Les bons du Trésor des États-Unis qui étaient considérés habituellement comme le refuge par excellence en cas de turbulences financières ne seront plus attractifs ce qui fera baisser les prix des contrats et monter les rendements, donc les taux d’intérêts, ce qui pénalisera tous les acteurs américains.

La balance commerciale des États-Unis devra (difficilement) redevenir nécessairement positive. Jusqu’à présent, les déficits de cette balance commerciale engendraient la distribution de dollars (USD) aux pays exportateurs qui revenaient aux États-Unis sous la forme de placements (en actions et en obligations privées et publiques) et d’investissements en dollars, ce qui ne se produira plus.

Les pays hors du bloc américain seront ainsi amenés à investir les capitaux disponibles provenant de leurs exportations en dehors des États-Unis, ce qui facilitera le financement de leur propre développement et non plus les déficits de la balance commerciale américaine.

Les Américains (c’est-à-dire les dirigeants des États-Unis) ont su conserver leur leadership sur le monde depuis la Libération mais ils viennent de le perdre définitivement.

C’est un nouveau paradigme qu’il faut assimiler…

Ce nouveau système complet de paiements transfrontaliers entre banques (CIPS élargi) rend obsolète le concept de réserves monétaires nationales détenues par les banques centrales au nom des Etats.

En effet, il peut très bien fonctionner de banques à banques sans passer par l’intermédiaire des banques centrales qui n’ont donc plus à conserver les devises entrant sur le territoire de l’Etat pour le compte duquel elles les gèrent.

Ce sont les parités entre les devises qui évolueront en fonction des performances relatives de la création de richesse dans chacune des nations.

Ce système est donc très ouvert, très réactif et très libéral.

Par ailleurs, dans le cadre de ce CIPS élargi, l’or reste ce qu’il est, à savoir un métal ou un produit financier très recherché (pour différentes raisons) mais qui ne rapporte rien !

L’or n’est pas une monnaie, donc l’or n’est pas un moyen de paiement.

Ce CIPS élargi en développement coexistera avec le système de paiement du bloc américain SWIFT qui de ce fait est appelé à évoluer de façon à intégrer les deux flux : financiers et d’informations.

SWIFT peut aussi disparaitre (ou entrer en concurrence) avec un système de monnaies centrales numériques (Central Bank Digital Currencies, CBDCs) basé sur des blockchains comprenant à la fois les flux financiers et d’informations.

Le bloc américain et le reste du monde auront beaucoup moins de relations financières entre eux à l’avenir mais elles ne seront nécessairement pas entièrement coupées car toutes les nations sont déjà nécessairement plus ou moins interdépendantes.

Comme je l’ai déjà écrit précédemment, l’idée principale de Zheng Yongyian est de développer les relations commerciales entre tous les pays du monde (principalement entre la Chine, la Russie, l’Inde, les pays musulmans (producteurs d’hydrocarbures), africains, Sud-américains et aussi le bloc mené par les États-Unis (avec le Japon, la Corée, les pays européens, etc.) de façon à créer des réseaux interconnectés qui empêcheront l’une de ces puissances d’imposer ses décisions au détriment des autres, donc dans un monde multipolaire basé sur des relations d’interdépendances garanties par des accords bilatéraux et multilatéraux… et sans guerre !

C’est ce qu’il appelle le « nouvel ordre libéral ».

La libre concurrence fait naturellement évoluer les systèmes dans le bon sens…

***

Zheng Yongnian est doyen (par intérim) de l’École des sciences humaines et sociales et directeur et fondateur de l’Institut avancé d’études sur la Chine mondiale et contemporaine de l’Université chinoise de Hong Kong à Shenzhen.

Cliquer ici pour (re)lire mon article à ce sujet et mes autres articles sur le CIPS par le moteur de recherche.

Janet Yellen a déclaré récemment que les avoirs russes gelés ne pourraient pas être volés car cette opération serait illégale aux États-Unis. Son avis correspond présentement à des paroles verbales…

Cliquer ici pour lire un article de Reuters à ce sujet.

Et je remercie ma lectrice qui m’a fourni des informations importantes pour cet article, et pour d’autres…

© Chevallier.biz

☐ ☆ ✇ Hashtable

Digital Services Act : l’Europe veut des citoyens muets et obéissants

Par : h16 — 27 avril 2022 à 09:00

L’inertie bureaucratique n’est pas un mythe : ainsi, ce n’est pas parce que la France s’agite ou que les peuples européens commencent à grogner face aux diktats plus ou moins subtils de Bruxelles que la production législative européenne s’en trouve amoindrie, au contraire. Et c’est donc sans surprise que l’Union européenne vient d’ajouter avec gourmandise un nouvel arsenal répressif et attentatoire aux libertés dans le domaine du numérique.

Et avant même d’aller plus loin, soyez assuré que ce nouveau Niagara d’articles de loi, de directives et de contraintes supplémentaires sera avant tout présenté comme bénéfique et bienveillant dans une presse par ailleurs assez peu pressée d’en parler.

Il est vrai que le sujet n’est pas tout à fait simple : utilisant la volonté affichée par certains gouvernements de pays membres de l’Union (toujours les mêmes, sans surprise) de vouloir absolument tomber à bras raccourcis sur certaines entreprises du monde numérique, la Commission et les députés européens ont subtilement introduit toute une panoplie d’articulets et d’alinéas bien pesés pour largement étendre la mainmise européenne sur Internet, pour la joie des petits et des grands étatistes.

Destiné essentiellement (pour le moment) aux très grosses entreprises du numérique, et avec le but affiché de trouver un moyen simple de faire cracher au bassinet fiscal ces sociétés un peu trop maline avec les lois en vigueur, le texte sur lequel Commission et Parlement se sont mis d’accord établit toute une série de principes et d’obligations que les plateformes numériques vont devoir suivre scrupuleusement.

On admirera la rapidité avec laquelle les parlementaires sont arrivés à un accord pour – médiatiquement – cibler les grosses firmes américaines et trouver des moyens de les réguler et de les taxer, et – nettement moins médiatiquement – pour verrouiller l’identité numérique sur les citoyens dans un très proche avenir. Le projet de loi débuté en décembre 2021 a ainsi rapidement trouvé preneur auprès d’une bonne majorité de députés qui n’y ont vu que des bons points : toujours sous prétexte de sécurisation des individus sur les intertubes du Far West, enfin va-t-on pouvoir corseter le citoyen européen, le traquer constamment et ne lui laisser à peu près aucune marge de liberté, à commencer par celle d’expression.

Difficile de résister à une telle proposition lorsqu’on tient compte de la tendance globale des institutions européennes sur les dernières années.

Et comment ce texte s’y prend-il pour enfin fermer le clapet des citoyens récalcitrants ? Comme il est d’habitude depuis quelques années : en le noyant dans la douceur étouffante des bonnes intentions et de sa sacro-sainte sécurité.

En réclamant par exemple une lutte de plus en plus ferme et rapide contre la méchante et vilaine désinformation, ce Digital Service Act (DSA) va permettre de faire fermer ou au moins de bannir toutes les plateformes dissidentes qui auraient le toupet de présenter des informations alternatives ou séditieusement farfelues par exemple. Qui jugera ce qui est farfelu, séditieux ou de la désinformation ? Mais les actuels pouvoirs en place, pardi, ce qui garantit une information de qualité comme on a pu le constater ces dernières années !

Ainsi, sous prétexte de transparence de la modération des contenus sur les plateformes, le DSA autorisera des acteurs reconnus (je vous laisse imaginer qui obtiendra l’onction publique) à intervenir sur la modération pour faire disparaître des contenus jugés dangereux, ou au contraire imposer la présence de certains contenus jugés conformes.

Si vous avez aimé les KYC avec les banques, vous allez en avoir une nouvelle ration avec les plateformes de commerce en ligne.

Pour rappel, ces KYC (Know Your Customer, ou « Connaissance du client ») imposent aux organismes financiers la collecte d’informations très poussées sur leurs clients afin de lutter contre la corruption, la fraude ou les trafics illégaux. Le fait que ces informations permettent de traquer chaque citoyen pour des raisons fiscales et permettent aux autorités de « débancariser » rapidement quelqu’un sans procès est bien sûr complètement fortuit. Le fait que ces KYC sont maintenant propulsés jusque sur les plateformes de commerce en ligne (Amazon, eBay, etc.) est, on vous l’assure, pour votre bien, votre sécurité et là encore, le fait que cela entraîne une nouvelle réduction des libertés de commerce pour tout un chacun est purement fortuit.

Et au-delà de ces petits bonbons législatifs dont on sait qu’ils passeront très bien au moins auprès des autorités qui y verront immédiatement des bénéfices en terme d’extension de leurs pouvoirs, ajoutons les vœux pieux de limitation de publicité ciblée, d’une lutte contre le « revenge porn » ou une protection renforcée des mineurs dans différents domaines, dont on se doute déjà que la réalité d’application sera nettement plus sujette à caution : outre l’évident défi technologique que ces bonnes intentions laissent présager, on attend déjà avec gourmandise tous les contournements qui seront rapidement mis en place tant du côté des entreprises que du côté des consommateurs à nouveau plongés dans une épaisse mélasse bureaucratique.

(À titre d’illustration, on se rappellera de l’idée européenne lumineuse d’imposer un clickodrome du consentement pour les cookies – le fameux RGPD – qui s’est transformé en automatisme idiot pour l’internaute lambda, empirant la situation puisqu’à présent, il n’y a plus de doute que le consentement sur la récolte des données personnelles a été obtenu là où la situation précédente laissait au moins entendre qu’il n’était pas donné par défaut.)

Bien évidemment, ces petits nuggets législatifs ne sont qu’un début.

On sait déjà, notamment parce que c’est le but clairement affiché de l’Union pour les années à venir, que l’identité numérique s’imposera bientôt à tous et que celle-ci s’incrustera sans souci dans le paysage légal déjà taillé par ce Digital Service Act (qui vient après le Digital Markets Act ayant permis de bien dégrossir le travail). Munis d’une identité en ligne unique, avec un anonymat à peu près impossible et une traque permanente de ses faits et gestes sur internet, le frétillant citoyen européen sera alors mûr pour un contrôle social complet, à l’instar du prototype actuellement mis en place à Bologne par exemple.

La tendance occidentale (difficile à cacher tant les articles – comme celui-ci – se multiplient pour annoncer les mêmes mesures sur le continent américain) est claire : le citoyen occidental libre a vécu. Place maintenant au contribuable vache-à-lait, à la liberté d’expression millimétrée et aux capacités de révolte à peu près nulles.

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Kyle Rittenhouse innocenté : la légitime défense reste un droit

Par : h16 — 22 novembre 2021 à 09:00

Intéressant développement aux États-Unis où, après un procès dont le verdict a mis du temps à tomber, Kyle Rittenhouse a finalement été acquitté de tous ses chefs d’accusations : alors que la presse n’avait cessé, il y a un an, de présenter le jeune homme comme un fou de la gâchette ayant fait un massacre lors d’une manifestation à Kenosha, les jurés, après plusieurs semaines de procès, ont pourtant conclu qu’il était totalement innocent.

Ce verdict ne surprendra que les personnes qui se sont contentées de lire les explications fournies par les journalistes grand public : l’écrasante majorité des médias américains, canadiens et européens ont en effet largement présenté Kyle Rittenhouse, alors âgé de 17 ans, comme un suprémaciste blanc venu spécialement à Kenosha, petite ville du Wisconsin, pour y dégommer du militant d’extrême-gauche.

En réalité, Kenosha était devenu l’épicentre d’émeutes violentes suite à des tirs d’un policier blanc, Rusten Sheskey, sur Jacob Blake, un Afro-américain de 29 ans, lors de son arrestation pour violence domestique, ce qui s’inscrivait fort mal dans un contexte américain tendu par les manifestations violentes en soutien à George Flyod. Dans la nuit du 25 août 2020, 200 émeutiers se réunissent dans le centre-ville, où des échauffourées éclatent avec la police, rapidement débordée. Parallèlement, un nombre significatif de civils armés sont également dans les rues, tentant de protéger les propriétés privées des exactions en cours.

C’est dans ce contexte que Rittenhouse se retrouve poursuivi par plusieurs émeutiers qui, à plusieurs reprises, jettent différents objets sur lui. Au sol, l’adolescent se retrouve alors menacé et fait feu à plusieurs reprises, tuant deux de ses agresseurs et blessant un troisième qui venait de dégainer un pistolet. L’ensemble de la scène sera d’ailleurs filmé par plusieurs sources vidéos qui accréditeront assez facilement les explications des témoins et du tireur, solidifiant la thèse de la légitime défense.

Le cas était cependant trop beau pour être ainsi présenté par une presse devenue purement propagandiste : non seulement l’adolescent a été dépeint comme un suprémaciste blanc – ce qu’en réalité, rien ne permettait d’affirmer à moins d’ellipses si larges qu’elles vaudront probablement des procès en diffamation à ceux qui les ont tenues – mais en plus les titres et les articles, systématiquement à charge, ont tout fait pour le présenter comme un tueur en série venu se défouler à Kenosha en oubliant complètement les agressions pourtant évidentes des émeutiers à son égard, ainsi que leur pédigrée particulièrement salé : on découvrira en effet assez rapidement – mais surtout pas dans les journaux bien comme il faut – que les trois victimes de Rittenhouse sont un violeur d’enfants (condamné plusieurs fois, qui venait de purger 14 ans de prison), un adepte du tabassage de compagne (condamné plusieurs fois) et un cambrioleur (condamné plusieurs fois).

Harpant sur une justice de Blancs privilégiés qui donnerait un peu trop facilement l’absolution au jeune Rittenhouse, la même presse oubliera aussi commodément de comparer avec le cas d’Andrew Coffee, Afro-américain jugé lui aussi non coupable d’avoir tué un officier de police lors d’une descente violente de police chez lui.

Il ne faut donc pas s’étonner ensuite de la surprise qui peut toucher certains lorsque le verdict tombe, innocentant intégralement Rittenhouse des charges retenues contre lui, tout comme on ne pourra s’étonner du traitement ahurissant de certains plumitifs devant une sentence qu’ils ne comprennent pas.

En pratique, le cas Kyle Rittenhouse démontre à quel point la défense légitime est un droit inaliénable qu’il faut défendre à tout prix, et qu’il n’est jamais attaqué avec autant de virulence que lorsque les agents du chaos se retrouvent finalement confrontés à son application : un État bâti sans ce droit finit inévitablement en une dictature sordide, dans laquelle le citoyen, dépouillé à la fois de ses armes et du droit de s’en servir contre l’oppression, n’est plus qu’un contribuable et le simple sujet d’expérimentations sociales (voire médicales comme on le voit actuellement), et où le consentement librement éclairé (qu’il soit à l’impôt, à l’ordre imposé ou à l’un ou l’autre traitement sanitaire) se traduit par l’usage des véhicules blindés (légers pour le moment) par le pouvoir en place.

https://twitter.com/El_Dic_TatoR/status/1461749949994049541

Enfin, signalons les intéressantes conséquences juridiques du verdict : la thèse de la légitime défense ayant été retenue, les agresseurs survivants de Rittenhouse peuvent fort bien être à présent poursuivis, ce qui permettra de mettre un peu en lumière leurs motivations ainsi que leurs passifs généralement gratiné.

D’autre part, un nombre maintenant conséquent de célébrités, de personnalités en vues et de politiciens, au premier rang desquels Joe Biden, ont clairement fait preuve de légèreté en prenant clairement parti contre le jeune homme et en le présentant comme un suprémaciste Blanc, ce qu’il n’est pas et ce qui peut légitimement constituer, du point de vue de Rittenhouse, une diffamation qui pourra valoir un traitement judiciaire.

Il en va de même des médias comme CNN, NBC ou le Washington Post qui n’ont pas hésité à déployer de nombreux épithètes à son encontre : Rittenhouse pourrait choisir, à bon droit, de se retourner contre celles-ci et probablement obtenir gain de cause comme ce fut le cas pour Nicolas Sandmann, évoqué dans un précédent billet qui montrait, là encore, l’incroyable biais éhonté des médias…

Pour rappel, les litiges qui suivirent contre ces médias permirent à Nicolas Sandmann de trouver un accord financier dont le montant n’est pas connu mais qui ont clairement laissé une trace dans leurs finances. Il serait bon que cette nouvelle affaire soit, là encore, l’occasion de leur rappeler, financièrement s’il le faut, que leur métier est celui d’informer, pas de déformer.

Quant au cas Rittenhouse, il illustre fort bien qu’il n’y a pas d’autre moyen, pour défendre sa propriété puis sa vie, que l’usage raisonné de la violence : non seulement l’État ne peut pas tout, tout le temps, mais lui remettre ce droit comme seul privilège revient, in fine, à perdre tous les autres.

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Medays 2020

Par : Olivier Kempf — 14 novembre 2020 à 19:49

J'ai participé vendredi 1A3 novembre à la table ronde du Medays 2020, organisée sur les réactions à la pandémie, notamment du point de vue numérique.

Vous trouverez un bref compte-rendu de cette table ronde ici.

J'en extrait ceci : Selon Olivier Kempf, directeur de La Vigie, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et directeur de la Collection Cyberstratégie chez Economica, la crise sanitaire a contribué au renforcement des inégalités dans l’utilisation des outils numériques et a augmenté le risque de cyberattaques, appelant ainsi à investir beaucoup plus dans ce domaine en vue de garantir la sécurité des systèmes d’information. Il a dans ce sens mis en exergue l’intérêt de l’Afrique et l’Europe à œuvrer ensemble et mobiliser leurs efforts, à travers un partenariat liant les deux continents et visant à tirer profit de cette révolution numérique. M. Kempf a ajouté que ce partenariat permet aux deux parties d’intégrer un marché potentiel de près de 2 milliards de personnes et de pouvoir ainsi concurrencer la Chine et les États-Unis.

OK

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Le nouvel équilibre des DSI face à la transformation digitale

Par : Olivier Kempf — 21 juin 2019 à 15:29

Victor Fèvre est un jeune professionnel du secteur de la cybersécurité mais aussi de la transformation digitale. Je suis heureux de l'accueillir. OK

La transformation digitale a révélé que toutes les organisations - publiques ou privées, peu importe leur cœur de métier ou leur business model - étaient concernées par le numérique : paradoxalement, cela a été souvent mal vécu par les directions des systèmes d'informations.

L'irruption des métiers dans ce qui était considéré comme le "pré carré" et le monopole des DSI a rarement été vue d'un bon œil et a plutôt eu tendance à déclencher des réflexes de repli sur soi et de rejet.

La transformation digitale était parfois stigmatisée comme mode, sans chercher à comprendre les mécanismes profonds de cette transformation (le mot digital est accessoire) et la formidable opportunité qu'elle pouvait représenter grâce à une nouvelle approche du numérique.

En effet, le cycle court des métiers en front-office, en prise directe avec les clients et mettant au cœur de la démarche la convivialité de l'expérience utilisateur, n'est pas aisément compatible avec la temporalité plus longue des experts techniques des projets informatiques.

Pourtant, il s'agit bien là de la clé du succès d'une organisation conduisant sa transformation digitale. C'est là où la posture des DSI est en pleine évolution par rapport à la situation d'il y a 2 ou 3 ans.

Aujourd'hui, les DSI se sont réinventées un rôle dans le nouvel équilibre économique et restent régaliennes pour la cybersécurité de leur organisation. La sécurité des systèmes d'information commence de plus en plus à être vécue non plus comme une contrainte, mais bien comme une opportunité "au profit" des organisations.

La vague des rançongiciels de 2017 a marqué les esprits et les PME se sont réellement rendues compte que les cybermenaces n'étaient pas l'apanage de services de renseignement, des militaires ou des OIV. Une cyberagression peut être mesurable et avoir un impact monétaire immédiat.

Ainsi, les DSI peuvent maintenant se positionner en tant que garants d'une cybersécurité considérée comme facteur de réussite et parfaitement indissociable de la transformation numérique de leur organisation. Mieux, elles gagnent en visibilité, en reconnaissance et en importance: ce n'est pas le bastion d'ingénieurs ou d'informaticiens "dans leur monde", mais leur travail est l'affaire de tous. Les DSI deviennent vraiment un acteur incontournable.

La maturité des DSI sur les nouveaux modèles économiques (SaaS, Cloud) augmente notablement et nous pouvons espérer que les entreprises ne s'y précipiteront pas à l'aveugle, mais en ayant bien réfléchi aux avantages qu'un système ou un modèle pouvait apporter à leur SI ou leur produit, tout en prenant les mesures adéquates pour limiter les risques associés.

V. Fèvre

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Transformation digitale : une interview

Par : Olivier Kempf — 11 mai 2019 à 11:32

Le London Speaker Bureau m'a demandé une interview à la fois sur les questions de cyber et de transformation digitale: il était intéressant de relier les deux, c'est si rare. Lien ici, interview ci-dessous.

La chaîne hôtelière Marriott a été récemment victime d’une attaque de piratage qui a causé le vol d’un fichier informatique contenant les données personnelles de 500 millions de clients. Les affaires de piratage informatique à grande échelle font régulièrement la une des journaux. Sommes-nous réellement en mesure de contrer ces cyberattaques ? Sont-elles destinées à s’intensifier ?

Oui, on observe un double phénomène : celui de l’augmentation du nombre d’attaques, mais aussi celui de leur effet puisqu’à la fois elles sont plus évoluées et elles touchent des cibles toujours plus grandes. Malgré leur discrétion, comme la régulation oblige (notamment en Europe) à déclarer ses incidents, notamment touchant les données personnelles, le sujet devient plus visible. Ce qui était autrefois un « secret de famille » devient de notoriété publique, accélérant (heureusement) la prise de conscience du problème. La question de la transformation digitale est aujourd’hui omniprésente dans notre société. Quid de la cybersécurité ? Pensez-vous qu’il y ait une réelle prise de conscience des failles informatiques existantes ?

En fait, la transformation digitale amène toutes les entreprises et organisations à prendre conscience du rôle de leurs données. Pas seulement les données personnelles, mais toutes les données de l’entreprise, ce qui provoque la modification des modèles d’affaire (c’est bien pour cela qu’on parle de transformation). Une des questions collatérales est celle de la maîtrise de la donnée, donc de la protection des données de l’entreprise. De ce point de vue, il y a encore un effort de pédagogie à faire pour que la sécurité des systèmes ne soit pas seulement un problème de spécialistes (le RSSI, la DSI) mais intéresse aussi les autres directions, notamment production, marketing ou finances, qui s’intéressent désormais à la transformation digitale. Bref, l’objectif consiste à conjuguer deux cultures, dans un contexte déstabilisant. Ce n’est à l’évidence pas simple.

Les organisations gouvernementales sont-elles en mesure de faire face aux menaces à la cybersécurité au même titre que les grandes entreprises ou existe-il une course à deux vitesses ?

La différence ne tient pas tellement au secteur (public ou privé) mais plutôt à la taille. J’observe que tous les grands comptes ont des approches très matures et professionnelles, que les organisations de taille intermédiaire se sont saisies du problème mais font évidemment face à une question de moyens, que les petites organisations (par exemple petites villes ou PME) sont souvent désarmées. Mais quelle que soit la taille, tout le monde fait face à une course aux armements, due à l’augmentation de la menace évoquée dans la première question. Des dispositifs existants aujourd’hui auraient été considérés idéaux il y a dix ans et doivent être pourtant améliorés encore et encore…

Vous intervenez en tant que consultant en France et à l’étranger. Selon vous, quelle est la position de la France en termes de compétences en cybersécurité par rapport au reste du monde ?

Sans forfanterie, très bonne. Si on fait la comparaison avec le football, la France fait partie de la première ligue, même si elle ne joue pas le titre, seulement une place européenne. Il y a une véritable prise de conscience et de vrais experts mais évidemment, une limite de ressources, tant financières qu’humaines. Cela étant, la mobilisation des compétences existantes est de bonne qualité et permet à la France de survaloriser ses atouts comparatifs. C’est évidemment en Europe où elle est située en deuxième position, voir première. À l’échelle du monde, on ne se compare évidemment pas aux États-Unis ou à la Chine.

Pouvez-vous nous en dire plus quant au déroulement du processus de transformation numérique de l’armée de Terre ? Quels ont-été les principaux défis auxquels vous avez dû faire face au cours de cette mutation ?

Je me dois de rester discret, ne serait-ce que parce que je ne suis plus aux affaires ! Paradoxalement, une grande facilité a été d’avoir une page blanche et surtout le soutien du numéro un de l’armée de Terre. Du coup, cela aide à vaincre les scepticismes. Car la transformation consiste d’abord à changer les esprits, avant d’être une question de moyens. Bref, il a fallu mener un grand travail de définition du sujet, de conviction, d’identification des premiers projets éclaireurs qui ont permis de répondre à des questions pendantes ; puis de commencer à trouver des relais pour que ce ne soit plus une affaire de petite équipe.

Aujourd’hui, deux projets notamment permettent de répondre aux besoins de l’usager (dans l’armée, c’est le militaire du rang et le cadre de contact) : milistore (une sorte de magasins d’appli dédiées et sécurisées accessibles à partir de mobiles civils) et une appli de gestion des livrets d’instruction, sur l’intranet protégé du Ministère, destiné aux chefs de section. Il demeure deux grands défis (mes successeurs y travaillent) : poursuivre l’articulation avec les besoins de cybersécurité (j’étais également responsable de la politique de cyberdéfense de l’armée de Terre, cela a aidé à conjuguer deux approches en apparence opposées) ; mais aussi « passer à l’échelle », ce qui pose des questions techniques et financières, mais aussi de changement de mentalité et, à terme, de modification de la façon de travailler.

La course à l’innovation s’intensifie et les nouvelles technologies se renouvellent sans cesse. La digitalisation est-il un processus sans fin ?

Oui. La révolution informatique que nous connaissons a débuté il y a une quarantaine d’années avec plusieurs vagues. La première fut celle de l’ordinateur individuel, le PC, au milieu des années 1980. Deuxième vague avec la connexion à Internet, à partir du milieu des années 1990. Puis il y a eu le phénomène 2.0, où l’individu est passé de la consommation de données à la production de données. Puis à la fin des années 2000, il y a eu la prise de conscience de la menace cyber et simultanément l’arrivée de l’IPhone (et la 3G). Ce que nous connaissons depuis cinq ans, la transformation numérique, n’est finalement que la dernière vague de cette révolution, avec l’infonuagique, le Big Data, l’IA, la robotique, la virtualisation…

Cette dernière vague n’est certainement pas la dernière. On ne sait pas quelle sera la prochaine : blockchain, informatique quantique, autre chose ??? Mais on n’a pas fini de bouger, de découvrir, de s’adapter, de changer… La stabilité est une illusion.

Quels sont les leaders qui vous inspirent et pourquoi ?

Je ne vais pas vous citer un héros de la tech, mais plutôt un héros militaire : Leclerc. Ce type-là entre dans la Seconde Guerre mondiale comme capitaine, il en sort général ! Un destin comme au cours des guerres napoléoniennes, un talent fou, et surtout une immense qualité, fondamentale à l’époque mais aussi aujourd’hui : l’initiative. De Gaulle disait de lui : « il a obéi à tous mes ordres, même ceux que je ne lui ai pas donnés ». Autrement dit, il comprenait l’intention de son chef et savait décider au vu des circonstances, dans l’incertitude, assumant donc le risque inhérent à tout destin humain.

C’est une qualité indispensable en temps de transformation ; malheureusement, elle est mal valorisée par les organisations complexes alors qu’elle devient de plus en plus indispensable.

Quelle est votre « citation » favorite ?

« Dux in altium » : avance au large !

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5 - The Geopolitics of the Union in the Eyes of the Law and the Budget

Par : Gérard-François DUMONT · Pierre VERLUISE — 11 janvier 2019 à 10:32

Union law and budget : is the Union geopolitically federal or confederal ? The Common Agricultural Policy, a federalised policy. Federal regional policy and equitable territorial development.

- The Geopolitics of Europe. From the Atlantic to the Urals / , , , , ,

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Supprimer le liquide

Par : Olivier Kempf — 17 octobre 2018 à 16:33

Voici le texte de ma chronique parue dans le dernier numéro de Conflits, consacré au Brésil.

C’est une musique lancinante, qui revient sans cesse malgré la réticence des commentateurs : il faudrait cesser les paiements en liquide, officiellement pour lutter contre la criminalité organisée et le terrorisme. Les plaies du moment ont bon dos, car beaucoup soupçonnent en fait des puissants, qui ne sont pas ceux qu’on croit, avoir bien d’autres desseins.

Certes, l’argent liquide est parfait pour la fraude fiscale : voici un instrument de paiement légal et anonyme ! Bannir l’argent liquide, c’est donc le rendre illégal et empêcher l’anonymat. L’anonymat, voilà l’ennemi.

C’est d’abord l’ennemi des gouvernements, puisque le liquide permet allégrement la fraude fiscale. Ceci explique la décision surprise, en novembre 2016, du gouvernement Modi (Inde) de démonétiser les coupures en circulation. Le liquide permet de thésauriser en monnaie étrangère, ce que font les Vénézuéliens (pour contrer l’hyperinflation) et qui a donc incité le président N. Maduro à mettre en place une nouvelle monnaie. A chaque fois, un système économique profondément altéré.

D’autres motifs sont à l’œuvre : tout d’abord, l’épuisement des politiques « d’assouplissement quantitatif » qui sont à l’œuvre depuis dix ans pour lutter contre la crise financière. Or, ces facilités monétaires suscite l’accumulation de liquidité, ce qui ne suffit plus. Il faut donc aller plus loin dans l’endettement général en passant par les taux négatifs, notamment sur l’épargne. Le cash protège contre cette politique. Supprimons le cash, on pourra taxer l’épargne ! On pourra surtout verrouiller tout le fonctionnement de l’économie « si besoin s’en faisait sentir », comme quand la Grèce avait restreint l’accès au cash, en 2015.

Autres puissants intéressés : les géants du numérique qui déjà scrutent nos comportements et pourront, si nous sommes obligés de passer au tout électronique, observer vraiment tout ce que nous faisons.

L’absence de cash et donc le passage à une monnaie exclusivement électronique sont finalement de profondes menaces envers notre démocratie. Les technophiles mentionnent l’hypothèse de monnaies alternatives, fondées par exemple sur les blockchains (bitcoin, éthereum) : mais ces monnaies sont déjà justement surveillées par les autorités et en passe de devenir illégales.

Voici donc des intérêts autrement plus puissants, ceux de l’alliance entre Wall Street et la Silicon valley, qui se conjuguent contre le liquide. La thématique sécuritaire habituelle (lutte contre le terrorisme ou la criminalité armée) ne fera pas oublier que la NSA travaille surtout pour l’espionnage économique. Cela doit nous inciter à payer en liquide, manière pratique de défendre nos libertés quotidiennes : le liquide est aussi pratique que la carte bleue et surtout, il permet encore une qualité aussi rare que l’air pur à Pékin : l’anonymat !

O. Kempf

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La transformation digitale des entreprises (A. Dudézert)

Par : Olivier Kempf — 1 octobre 2018 à 12:18

Voici un petit livre de la collection Repères à La Découverte. L'auteur est une professeur de l'université de Pairs Sud et elle anime un Club sur a digitalisation avec un certain nombre de responsables d'entreprise en charge de la transformation digitale et de l'innovation. Voici donc un ouvrage qui fait l'aller-retour entre des approches théoriques et le retour des praticiens sur le terrain, ce qui constitue son principal intérêt.

A défaut de donner une définition de la Transformation digitale (ce qui est regrettable), l'introduction permet de préciser ce qu'elle n'est pas (ni une numérisation, ni même une informatisation) tout en recouvrant plusieurs champs: la notion de changement d'échelle, celle de la prédominance du client, celle de nouvelles pratiques sociales (mobilité, instantanéité, ubiquité, gratuité, personnalisation), celle de technologies "à portée de main", celle d'une "flexibilité adaptative", celle des nouvelles données, d'usages libérés mais aussi de difficultés à définir les tâches des collaborateurs, celle d'économie collaborative et donc les transformations internes de l’entreprise.

La première partie s'intéresse donc à la transformation digitale et ses enjeux, partant de l'appropriation de technologies de l'information "créatrices" pour traiter de la reconfiguration des pratiques de travail puis les mythes de la transformation digitale. Au fond, la TD remet en cause le vieux rapport entre Capital et Travail au sein de l'entreprise (p 36). Le livre met en valeur le rôle de la réputation dans la mise en œuvre de la TD (p 41). Enfin, le mythe de l'entreprise décloisonnée évacue tout enjeu de pouvoir (p 49) quand l'autre mythe du panoptique pose la question de la manipulation et de la liberté du collaborateur (p 53).

La deuxième partie s'interroge sur la mise en œuvre de la transformation digitale. Si l'élément déclencheur est la peur de l'ubérisation, le texte décrit les différents modus operandi de la TD puis s'intéresse aux responsables de celle-ci (et leur rôle ô combien ingrat dans l'entreprise, je sais bien de quoi elle parle). Plus que l'ubérisation, il faut comprendre que la TD est déclenchée par 4 facteurs : le client, le salarié, le coût et le concurrent. Les méthodes proposées ressortissent souvent de l'injonction paradoxale et il faut pour cela des leaders qui soient à la fois insérés et en marge : là encore, position paradoxale qui n'ouvre pas à leurs titulaires de belles perspectives de carrière, quel que soit l'enjeu transformationnel voulu par les dirigeants.

La troisième partie traite de la nouvelle équation managériale : le changement de posture dans les métiers (focus sur le DSI et le DRH), la valorisation de nouvelles compétences, la transformation de la fonction managériale (section qui mérite le détour puisqu'elle pose la question de l'autorité du manager de contact et des niveaux intermédiaires, très souvent oubliés dans les démarches de TD, p 100 sqq), enfin l'absence de cadre juridique clair.

Au final, un petit ouvrage qui se lit facilement, au carrefour des sciences de gestion, de la théorie du management, de la sociologie des organisation mais aussi, un peu, de la gestion des systèmes d'information. Appuyé sur des références académiques solides sans être trop nombreuses, faisant la part belle à des témoignages (divers et donc inégaux, mais c'est la loi du genre), il constitue une bonne entrée en matière au sujet. Tourné vers l'entreprise (plutôt la grande), il oublie ainsi les autres organisations (administrations, ONG) et les PME, mais qui ne font pas réellement partie de son champ d'étude.

Aurélie Dudézert, La transformation digitale des entreprises, Repères La Découverte, 2018, 127 pages.

O. Kempf

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Forum economique rhodanien et Transformation digitale

Par : Olivier Kempf — 18 septembre 2018 à 12:08

Je participerai vendredi prochain au Forum Économique Rhodanien (lien), qui rassemble des chefs d'entreprise du grand Rhône (jusqu'en Suisse). Il se tiendra cette année à Divonne les bains.

Le thème de cette année : Transformation digitale et impact sociétal : quels défis ?

J'interviendrai lors d'une table ronde du matin qui aura pour thème : L’industrie et le digital. Mutations industrielles et employabilité du futur.

La participation est gratuite mais il faut s'inscrire ici.

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Usages et pratiques sociales de la génération digitale

Par : Olivier Kempf — 17 septembre 2018 à 10:01

Poursuivons notre analyse de la transformation digitale, tout d'abord en insistant sur son aspect social, qui précède finalement l'impulsion technologique (nous reviendrons sur celle-ci, il ne s'agit pas de la négliger).

source

Beaucoup de commentateurs ont glosé sur la génération Y ou encore celle des millenials. Les mêmes parlent aujourd’hui d’une « génération digitale », traduction de l’américain digital natives. L’académicien Michel Serres en avait eu l’intuition quand il avait écrit dès 2012 un ouvrage sur le sujet . A l’époque, les téléphones avaient encore des claviers et les adolescents pianotaient sans cesse dessus pour s’envoyer des monceaux de textos. Nous sommes entretemps passés aux ordiphones, qui offrent encore plus de fonctions mais qui se commandent toujours du doigt. La génération de "petite Poucette" (l'héroïne de M. Serres) a grandi et s’est étendu à la société entière. Les traits que l’on reconnaît à cette génération digitale ont en fait infusé à toute la société. Les voici car ces pratiques sociales constituent le terreau qui rend possible la transformation digitale.

Nos contemporains veulent ainsi une hyper-connectivité : quel que soit mon emplacement, quelle que soit la situation, l’accès au réseau doit être présent. Cela encourage une mobilité accrue : nous sommes toujours en mouvement, nous voulons tout à portée de main, où et quand nous le souhaitons.

Cet accès permanent au réseau technologique permet l’accès au réseau humain. La société contemporaine est toujours sociale et interconnectée, car nous cherchons à rester en liaison avec ceux qui nous ressemblent ou avec qui nous partageons quelque chose (un centre d’intérêt, une relation d’affaire, …). Cela introduit, du moins en apparence, l’illusion de l’accessibilité et de l’ouverture : le monde entier est à notre portée. Cela étant, ce peut être une illusion. Les réseaux peuvent renforcer au contraire l’effet de club : je ne me connecte qu’avec mes pairs et me désintéresse des autres, au risque de développer une certaine endogamie qui renferme psychologiquement.

La génération digitale serait plus encline au partage, elle aurait un nouveau rapport à la propriété. Il y aurait une distanciation envers la société de consommation, une attirance pour le marché de seconde main et le partage d’un bien sous-exploité. Ceci explique d’une part le développement du marché de la location (la propriété d’un bien n’est plus forcément un signe de statut social élevé), du low-cost, ou encore le succès des plateformes de partage qui permettent d’offrir de nouveaux « biens » qui peuvent être l’usage temporaire d’une chambre de son appartement ou d’une place de sa voiture lors d’un trajet. Cependant, les critiques notent que ces pratiques existaient et étaient hors marché : d’une certaine façon, Blablacar a tué l’autostop, AirBnB les auberges de jeunesse. L’illusion du partage serait en fait l’entrée de logiques capitalistes dans des domaines jusque-là privés.

Autre caractéristique, celle de l’instantanéité. Comme tout est toujours accessible n’importe quand (conséquence de la permanence digitale), alors nous vivons dans l’instant et nous devenons impatients. Notre rapport au temps évolue et nous ne sommes plus capables de « perdre du temps » ou de « prendre le temps de vivre ».

En revanche, l’avantage de cette connexion prolongée est celle de la diffusion accélérée de l’information. Les réseaux sociaux ou les fils de presse des grands médias nous « poussent » sans cesse des informations. Cela étant, l’autorité des grandes instances traditionnelles est contrebalancée par l’autorité des pairs. La connaissance est plus partagée et horizontale.

La génération digitale aurait une quête de sens plus appuyée que ses aînées. Elle cherche donc avant tout un épanouissement (la notion d’expérience que nous avons déjà relevée). Cela affecte le contrat social en général, notamment au travail. Le Contrat à Durée Indéterminée (CDI) n’est plus requis, le jeune salarié veut la combinaison de plusieurs facteurs : intérêt, rémunération, conditions de travail, libre organisation du temps. Il est d’ailleurs prêt à changer très rapidement de postes et à zapper s’il n’atteint pas ses objectifs. Logiquement, cela entraîne des comportements qui peuvent paraître capricieux ou une intolérance à l’opiniâtreté. Mais cet esprit critique accentué est très exigeant en termes de rapports humains. La hiérarchie n’est plus acceptée en tant que telle, la confiance se mérite mais elle obtient en retour un engagement fort.

O. Kempf

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Définir la Transformation digitale

Par : Olivier Kempf — 5 septembre 2018 à 19:11

Il est temps désormais de proposer une définition de la transformation digitale.

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La transformation digitale est un processus utilisant de nouvelles technologies informatiques mobilisant des usages mobiles à grande échelle et très simples, ce qui procure un levier de puissance par la maîtrise de très gros volumes de données.

Cette définition nécessite quelques précisions de vocabulaire.

Digital ou numérique ?

Le lecteur aura pu s’agacer de notre utilisation du mot digital. En effet, la traduction française de l’américain digital est « numérique ». Pour être puriste, il faudrait donc parler de transformation numérique. Pourtant, ce n’est pas notre choix ce qui mérite quelques explications. Constatons tout d’abord que l’origine du mot américain vient du latin digit, le doigt. En effet, on comptait à l’origine sur ses doigts, ce qui explique l’association du mot à la notion de chiffre. Cette racine latine fait que le mot digital possède aussi un sens en français : ce qui est lié au doigt. Le français peut ainsi utiliser les deux mots : digital et numérique.

Pourquoi dès lors choisir l’un plutôt que l’autre ? Selon nous, le numérique est centré sur la technologie, le binaire (0 et 1), l’informatique, la dématérialisation. Le numérique indique une approche qui est d’abord technicienne. Or, le lecteur l’aura sans doute remarqué, ce n’est pas ce qui nous semble caractériser d’abord la transformation digitale. D’un autre côté en effet, le digital indique l’attention portée au le doigt, à l’écran tactile, donc à l’usage, donc à l’individu. L’adjectif digital suggère ici la prééminence du facteur social et humain de la TD, bien plus que sa caractéristique technicienne.

Ceci nous conduit à discuter justement l’expression de transformation digitale.

D’abord digital, ou d’abord transformation ?

La transformation digitale n’est-elle pas un effet de mode ? S’agit-il d’une tendance de fond, de l’établissement d’un nouveau standard ? Ne s’agit-il pas simplement d’une simple évolution technologique ?

Posons que le mot le plus important est celui de transformation : en effet, la transformation digitale est fondée sur la transformation des pratiques et des comportements, individuels et collectifs. Elle entraîne la transformation des organisations et notamment des entreprises mais aussi des administrations et autres ONG. Il ne s’agit donc pas d’une simple adaptation, d’une évolution techno-économique : c’est plus profond.

C’est pourquoi le mot important n’est pas digital, c’est bien transformation. Ne voir dans la TD qu’une vague technologique omettrait une part importante du phénomène. Pour autant, il va de soi qu’il a été rendu possible grâce aux conditions technologiques.

Digitalisation, ou transformation digitale ?

Souvent, certains parlent de digitalisation. L’inconvénient de ce mot teint à ce qu’il suggère qu’il ne s’agit que d’un processus technique, et non pas d’un phénomène plus large qui modifie non seulement les organisations mais aussi les comportements. D’ailleurs, la traduction de l’anglais digitalization est bien la numérisation : il s’agit du processus qui consiste à transformer une information analogique en information numérique. Cela peut toucher les documents (la numérisation des fichiers papiers, ce qu’on appelle la dématérialisation), mais aussi des processus plus complets (sans pour autant que l’on touche à la structure du processus.

Or, cette numérisation a déjà été mise en œuvre dans le passé. Cela fait plusieurs décennies que les entreprises et organisations se sont engagées dans des processus d’informatisation qui consistent, principalement, en une digitalisation de leurs activités. C’est pourquoi le mot de digitalisation ne rend pas compte exactement de la charge transformante de la TD. Les deux mots ne sont donc pas synonymes.

Transformer : mais quoi ?

Si le mot important est donc la « transformation », il vient immédiatement la question : quoi transformer ?

Il peut s’agir tout d’abord de transformer un processus professionnel, quitte à le désarticuler ou à proposer une nouvelle approche. Par exemple, un carnet de véhicule peut à la fois contenir des informations administratives (sur l’utilisation du véhicule, les responsables de son emploi), des informations de localisation (le véhicule est allé tel jour de tel endroit à tel autre) et des informations techniques (nombre de kilomètres parcourus, carburant consommé). Ce qui tenait dans une carnet papier, remarquable de simplicité il y a cinquante ans, n’a pas forcément besoin d’être mis sur la même application. On peut ainsi imaginer un processus administratif (tel responsable donne l’instruction à tel agent d’utiliser tel véhicule pour telle mission), un processus d’enregistrement de la localisation (grâce aux systèmes GPS qui sont aujourd’hui extrêmement courants), enfin un processus d’enregistrement des données techniques. Or, ces trois processus ne nécessitent pas forcément le même outil informatique ni le même capteur. On pourra ici utiliser un système propre à l’organisation, là une application utilisable par l’ordiphone personnel de l’agent, là enfin installer un dispositif de recueil des informations techniques sur les véhicules de la flotte.

Dès lors, la transformation digitale va toucher toutes les organisations : civiles (entreprises, ONG) ou publiques (administrations, collectivités locales, services publics divers). Les modalités seront différentes à chaque fois mais les principes demeureront, sachant que de toute façon, la transformation digitale suppose une adaptation au cas d’espèce.

Cela étant, cette transformation est double. Elle provient d’une part des nouvelles sociétés qui se placent d’emblée sous les principes de fonctionnement de cette transformation digitale : pour elle, tout est apparemment facile puisqu’elles partent de rien et que leur objet consiste précisément à défier les situations existantes, à trouver de nouveaux modèles économiques. Il s’agit évidemment des jeunes pousses (start-up en anglais), dont l’éclosion constitue le plus puissant levier de changement. Elle affecte d’autres part les sociétés existantes, qui font face à cette nouvelle concurrence, exacerbée et avec de nouvelles règles qui passent outre les barrières à l’entrée traditionnelles. C’est d’ailleurs cette vaste impulsion d’adaptation de sociétés « brick and mortar » au « clic and mortar » ,qui fait de la transformation digitale un mouvement massif depuis 2013 et 2014. Les organisations publiques s’y sont mises à leur suite car chacun comprend bien que l’adaptation est un gage de survie.

Ceci introduit la possibilité d’un changement systémique de la société. Constatons que la diffusion des ordiphones a d’ores et déjà modifié en profondeur les pratiques sociales de nos contemporains. Notre rapport aux autres s’en trouve modifié en profondeur, que nous en ayons consciences ou non. D’ailleurs, de nouveaux problème surgissent, notamment dans la sphère politique (débat en Amérique et en Europe sur les fausses nouvelles et les manipulations de l’information, mais aussi apparition en Chine d’un contrôle social des populations).

La transformation digitale s’applique donc à plusieurs niveaux, suivant le degré de focalisation que l’on recherche.

O. Kempf

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