
On ne sait pas si Qualcomm a décidé de s’ouvrir à Linux sur PC de gré ou de force. Avec en tête la perspective d’une alternative à Windows ou parce que le marché est devenu compliqué. Mais le résultat est là, les SoC Snapdragon X vont pouvoir faire fonctionner le système, à commencer par Debian.
Les choses ont beaucoup changé cette dernière année et Qualcomm est dans le même bain que les autres constructeurs. L’augmentation du prix des composants rend le secteur fébrile et prêt à explorer de nouvelles solutions. Comment continuer à vendre des machines abordables avec un Windows 11 qui tire rapidement la langue en multitâche si votre PC n’est pas équipé d’au moins 16 Go de mémoire vive ? La réponse est simple, en se passant de Microsoft.
Du reste, l’histoire d’amour fusionnelle entre Microsoft et Qualcomm est désormais terminée depuis que le papa de Windows s’est amouraché des puces RTX Spark que Nvidia vient d’annoncer. Pas de raison pour les Snapdragon de ne pas tenter l’aventure Linux.

Le Lenovo IdeaPad Slim 3 15Q8X10
Certaines configurations vendues sous Snapdragon X sont régulièrement pointées du doigt pour leur intégration jugée très légère. L’entrée de gamme de ces modèles souffre de n’être livrée qu’avec des solutions mémoire en 8 Go et souvent peu de stockage. Je me souviens d’avoir eu en main le Lenovo IdeaPad Slim 3 15Q8X10 ci-dessus. Un engin de ce type avec 8 Go de mémoire non évolutive. Ses performances étaient franchement médiocres. Sous Windows 11 le trio système, SoC et mémoire fonctionne tout juste passablement, n’autorisant bien souvent du confort qu’à l’ouverture d’une tâche après l’autre. Passer sous Linux pourrait permettre de transformer ces machines en des solutions beaucoup plus convaincantes tout en conservant des usages identiques. Ces modèles ne sont pas des solutions spécialisées mais très souvent juste des accès à des services de base : web, bureautique, média et communication. L’utilisateur lambda ne fera pas de différence d’usage entre un Windows et un Linux pour ces tâches.
Microsoft et Qualcomm poussent les puces Snadpragon X vers les solutions portables Windows depuis plusieurs années maintenant et les avancées des deux compères ont porté leurs fruits avec une émulation de plus en plus efficace. On reproche toujours au duo le manque d’implication des développeurs qui ne travaillent pas directement pour optimiser la plateforme ARM qui fait perdre une bonne partie de l’intérêt de la solution. Mais le travail effectué a tout de même permis à Qualcomm d’exister sur ce segment.
L’ouverture à des systèmes libre3 pourrait leur donner un nouveau souffle en encourageant différentes communautés à porter leur code vers ces SoC. Reste à voir comment les libristes vont travailler le sujet. Une version Debian est prévue d’ici la fin de l’année. Celle-ci ouvrira sans doute la porte à d’autres variantes si les sources sont disponibles. Ubuntu suivrait en 2027 mais avec une énorme restriction. Seules les puces Snapdragon X2 pourraient y prétendre.
Suivant la manière dont le code et les versions seront distribués, on peut s’attendre à un gros travail d’optimisation et de déploiement de la part des libristes… Enfin si le matériel suit. J’ai dans l’esprit qu’une bonne partie de la communauté ne va pas spécialement vouloir acheter un portable de ce type sous Windows 11 explicitement pour apporter leur aux puces Snapdragon X sous Linux.
Reste qu’à l’issue de son Qualcomm Summit 2026, où ces annonces ont été faites, le concepteur de SoC se veut plutôt confiant. Il annonce que différents fabricants seraient intéressés par le déploiement de nouvelles machines sous Snapdragon X2 et sous Linux. Asus en ferait partie. Il faudra analyser leur proposition et voir si cela ne serait pas juste un moyen de vendre des machines au rabais en sacrifiant les capacités des composants au minimum syndical. Là encore, je ne suis pas certain que le libriste moyen ait envie d’acheter un Asus sous Snapdragon X2 sous Ubuntu uniquement parce qu’il est sous Ubuntu…

En attendant le déploiement de ces nouvelles formules Debian et Ubuntu, Qualcomm annonce l’arrivée de ses puces dans les GoogleBooks de Google. Dès le 5 octobre prochain, on pourra retrouver en rayons ces nouvelles machines pilotées par un dérivé d’Android 17 et qui rappellent fortement les dernières mutations génétiques des Chromebooks mâtinées d’Android.
Des engins dont le succès est encore difficile à envisager, mais qui veulent probablement dépasser les cercles éducatifs des Chromebooks. La sauce Chrome n’a jamais vraiment pris dans le grand public Européen. Ces engins qui ont martelé leur côté dans les nuages ont souffert d’une image plutôt négative auprès des particuliers. La tentative d’en faire des « PC comme les autres » se soldant par une augmentation drastique de leurs tarifs, les foyers ont préféré investir dans des engins plus traditionnels aux mêmes prix. Est-ce que la promesse d’une IA comme Gemini implantée directement dans le système pourrait faire mouche ? À suivre.
Pour 2027 on dessine un tableau à faire pâlir une série à l’eau de rose. Microsoft va batifoler du côté de Nvidia tout en continuant toujours sa longue passion avec AMD et Intel. Qualcomm est toujours proche de Windows en façade mais se sent trahi par le rapprochement avec Nvidia qui fricote lui-même avec Mediatek. Surtout après tous les sacrifices consentis pour faire de leur histoire une véritable fusion. Il se console donc en se rapprochant de Linux pendant qu’Apple joue toujours tout seul dans son coin. Que va nous réserver le prochain épisode ?
Dans tous les cas, donnez-moi un petit format portable vif et réactif, avec un Snapdragon X ou autre chose, sous Linux, avec juste ce qu’il faut de mémoire et de stockage pour pouvoir surfer et travailler n’importe où et je serais ravi. Il y a quelques années, une marque comme Asus sortait un ultra-ultraportable avec 512 Mo de mémoire et 4 Go de stockage et un processeur Intel considéré comme une véritable catastrophe sur le marché. Cette minimachine aux caractéristiques ridicules était livrée sous un Linux inconnu au bataillon. Et Asus en a vendu des millions.
S si le sujet vous intéressse, Qualcomm a explicité finement le déploiement de Linux sur ses Sanpdragon X au travers de différents liens et de nombreux documents.
Qualcomm ouvre enfin ses puces Snapdragon X à Linux © MiniMachines.net. 2026

Valve a publié la liste des jeux compatibles SteamOS via sa base de données SteamDB. On y découvre un ensemble de 21 000 titres jouables et 31 400 jeux compatibles. C’est évidemment très loin des 264 000 titres Windows mais c’est une évolution importante des possibilités du système.

31 000 jeux compatibles SteamOS
Pendant très longtemps, le jeu sur Linux ce n’était pas un vrai sujet. Mis à part quelques titres développés nativement par des Linuxiens purs et durs qui mettaient en scène un bestiaire quasiment composé uniquement de pingouins, c’était pauvre. Ce qui était un souci pour Linux car si sa partie logicielle de service et de création se développait de son côté, beaucoup d’utilisateurs ne voulaient pas « sauter le pas » depuis Windows c’était parce que cela signifiait qu’il fallait abandonner ce loisir.
Avec la sortie du Steam Deck et les gros efforts communautaires pour faire évoluer la plateforme SteamOS et Linux, on a compté les listes de jeux. D’abord timidement, quelques dizaines à la fois. Puis de plus en plus vite et désormais ce sont des pans entiers du catalogue de Steam qui basculent du côté des compatibles, dont les deux tiers qualifiés de jouables.
Si cela ne représente toujours qu’une fraction de l’entièreté de ce que Windows sait piloter, il ne faut pas oublier qu’une énorme quantité de jeux Steam sont des titres anciens, souvent peu joués, et qu’une autre bonne partie est constituée de titres qui ne valent tout simplement pas le coup d’être lancés – et encore moins achetés. La permissibilité de publication de Valve, le fait que la marque ne cherche pas à censurer la production de titres, permet à certains de proposer des jeux médiocres par dizaines sans qu’aucun ne dépasse une poignée de téléchargements et encore moins de ventes.
Ce que nous dit cette énorme liste de jeux compatibles SteamOS, c’est qu’il y a désormais un catalogue important pour que chacun puisse trouver son bonheur. Et si on ajoute à cette liste les jeux compatibles Linux sur d’autres machines que le Steam Deck, on a un potentiel de jouabilité énorme. Valve prend en compte la lisibilité des textes sur son petit écran, la compatibilité avec les boutons et joysticks et évidemment les capacités de calcul de la machine. Autant d’éléments qui font qu’un jeu ne va pas être considéré comme compatible avec un Steam Deck, mais qui ne posera en réalité aucun problème à Linux.

Proton, qui assure la compatibilité des titres Windows sous Linux, propose une myriade de jeux différents désormais. Tout n’est pas compatible évidemment, certains ne trouveront pas un de leurs titres fétiches au catalogue. D’autres ronchonneront sur les performances et bien entendu l’éternel problème des systèmes anti-triche. Il reste plus de 6800 jeux qui ne sont absolument pas pilotés par le Steam Deck. Difficile de savoir exactement à quoi cela correspond cependant. Il doit y avoir un mélange de vieux titres, des jeux d’éditeurs disparus corps et âmes avec des moteurs exotiques.
Le point est qu’un nouveau joueur sur le marché du PC en 2026 ne va plus regarder Linux comme le repoussoir qu’il a été. Désormais il est possible de commencer à jouer sur Linux sans trop de contraintes. Si la période est trop trouble pour examiner les évolutions actuelles du jeu sans prendre en considération les effets de l’évolution des prix à la hausse qui viennent fausser les tendances. Je ne serais pas spécialement surpris de voir de plus en plus de joueurs considérer la solution Linux comme la plus évidente pour jouer. Avant la hausse des prix, j’ai pu constater que beaucoup d’utilisateurs de Windows ne souhaitant pas spécialement mettre à jour leur matériel avaient basculé la partie ludique sur Steam Deck. Cette tendance pourrait largement reprendre à l’avenir avec la console mobile de Valve mais également avec la Steam Machine.

Et cela, les éditeurs le prennent bien en compte. Valve a créé SteamOS et les matériels qui l’utilisent avec une idée en tête, assurer des ventes de jeux. Les développeurs ont bien compris que, s’il ne s’agissait pas d’un marché totalement captif, cela n’en reste pas moins un élément important du mix nécessaire à la rentabilité de leurs titres. Beaucoup d’indépendants développent désormais en prenant Linux en compte au travers de Proton, c’est clairement devenu un vrai sujet pour eux. Ce qui signifie que dans le futur, le catalogue va continuer a s’épaissir.
31 000 jeux compatibles SteamOS, Linux n’est plus un sujet © MiniMachines.net. 2026

La rumeur ne date pas d’hier, déjà en janvier GOG Galaxy annonçait vouloir s’intéresser à Linux. La société, pressée qu’elle était par les nouveaux joueurs sous Steam Deck et autres, annonçait alors étudier la question. Sept mois plus tard, l’étude semble toujours en cours mais sans aucune évolution réelle de son offre.
La nuance est peut-être qu’on est passé d’une étude de la question à une phase de travail plus amorcée, mais c’est un euphémisme de dire qu’on est encore très loin d’un résultat concret. GOG indique travailler activement à un support de son client/bibliothèque/boutique de jeu. La société annonce avoir embauché un spécialiste pour un portage de l’outil logiciel sur Linux. Un unique développeur en solo. Ce n’est pas un engagement énorme et le travail nécessaire pour rendre l’outil compatible et exploitable sous Linux demande peut-être un peu plus de matière grise pour que cela advienne rapidement.
Du reste, GOG n’annonce ni date ni projet véritable. L’éditeur décrit plutôt son intention dans une manœuvre très marketing mais sans réelle portée technique pour le moment. Il faut dire que la tâche est ardue. Pour que la solution GOG Galaxy ait du sens sous Linux il faut que l’entièreté de son offre soit reprise. Cela veut dire que le catalogue de jeux soit accessible, que les jeux Windows soient téléchargeables, mais cela sous-entend également la bonne prise en charge des mises à jour et la gestion des sauvegardes. L’offre GOG assure également une fonction Rollback qui permet de revenir à une version précédente d’un jeu si une mise à jour pose problème. Un véritable casse-tête puisque chacun de ces éléments réclame des protocoles spécifiques pour chaque jeu. Si on considère ce travail de portage comme premier défi, il faut le mesurer aux suivants qui entrent ensuite en jeu.

D’abord, rendre le catalogue lisible par les utilisateurs sous Linux, leur assurer que le jeu qu’ils achètent sera bien compatible avec leur matériel. Et ce n’est pas une mince affaire. Valve a réglé en bonne partie ce problème en proposant son propre matériel et n’indique pas la compatibilité Linux systématique, mais la compatibilité Steam Deck / Steam OS. L’éditeur a été largement aidé pour cela par la présence de son parc et des millions de jeux testés en direct avec retour de crash test de la part des joueurs. De quoi proposer des corrections de son écosystème tout en poussant les studios à proposer des mises à jour techniques de leurs titres. GOG n’a pas cette force de frappe et n’a pas de matériel pour parvenir au même résultat. Évidemment, GOG Galaxy pourrait parfaitement se baser sur les résultats de Valve pour alimenter ses propres bases de données. Intégrer le moteur de jeu Proton ou autre dérivé de Wine sera « peut-être » un peu plus compliqué sur une base de matériel protéiforme et là on voit assez mal comment un seul développeur pourrait « garantir » l’exécution parfaite d’un jeu sous Linux acheté via la plateforme.
Car c’est cela qui est en jeu ici, pour que l’offre Linux ait du sens pour l’entreprise, il faut pouvoir assurer qu’un jeu Windows acheté depuis un GOG Galaxy fonctionne bien. Et cela malgré tout l’exotisme possible de l’équipement du joueur. Sinon les ventes ne suivront pas. Valve a pris le taureau par les cornes en s’engageant sur un double front matériel et logiciel depuis fort longtemps. L’investissement en temps a dû être colossal tant pour la partie logicielle que matérielle. L’éditeur a pu compter sur son trésor de guerre pour l’assumer. La solution pourra être de proposer le téléchargement d’un test à faire tourner sur son PC sous Linux afin d’établir un niveau de capacité et de compatibilité… Là encore ce serait un vrai défi à développer en solo.
L’annonce d’un GOG Galaxy qui travaille à son portage sous Linux reste donc encore et toujours un vœu de la part de la marque. Mais comme pour EPIC, on sent que la solution miracle pour y parvenir n’a pas encore été trouvée. Et avec une seule embauche, il faudra bien un miracle pour y parvenir. À moins que le rôle de cette embauche soit de concentrer le talent de développeurs extérieurs, je ne vois pas comment l’éditeur pourrait s’en sortir.
GOG Galaxy bientôt sur Linux ? Vraiment ? © MiniMachines.net. 2026

PipeASIO est un développement indépendant, porté par un internaute tchèque sous le pseudo M0N7Y5 et quelques autres. Si vous avez déjà fait de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) vous savez forcément ce qu’est un ASIO. Pour tous les autres, je vais résumer grossièrement.

L’acronyme ASIO signifie Audio Stream Input/Output, ce qui se traduit simplement par « Entrée et sortie des signaux audio ». C’est le protocole qui permet à un logiciel de dialoguer avec la puce qui gère le matériel sonore de votre PC. Chaque logiciel s’appuie ainsi sur une sorte de chemin logique qui va dire à la « carte son » ce qu’elle doit faire.

Une prise en charge complète et autonome
Ce chemin direct offre un avantage énorme pour l’utilisateur, il permet un traitement instantané des ordres donnés. Ce qui n’est pas désagréable quand on fait de la musique. Personne n’a envie d’entendre un instrument « sonner » quelques instants après avoir appuyé sur la touche d’un clavier MIDI, par exemple.

FLStudio et PipeASIO
Le service proposé par PipeASIO permet de retrouver ce dialogue sous Linux depuis des outils développés sous Windows comme FL Studio ou Ableton. Le travail a été mené à partir d’un fork de WineASIO qui a été modifié pour dialoguer avec PipeWire pour retrouver une latence minimale.

Ableton et PipeASIO
Les tests ont montré que le résultat est beaucoup plus efficace qu’auparavant. La gestion audio est parfaite, le fonctionnement ne perd rien en route5, aucune information n’est égarée et la latence proposée est conforme à celle d’un synthétiseur commercial. Testé par l’auteur avec FL Studio sous CachyOS et Proton, PipeASIO est également fonctionnel sous Ableton et devrait l’être tout autant avec Reaper. Des logiciels de MAO parmi les plus standards du marché.
Toute la documentation est disponible sur Github. Vous trouverez les sources, un guide d’installation et plein d’informations sur le site dédié. Le tout est sous licence GPL 3.0… Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ce genre de développement est une vraie avancée pour certains utilisateurs sous Linux. J’imagine plein de petites « Steam Deck » se transformer en outils de composition du jour au lendemain.
Un grand merci à Alexis pour l’info !
PipeASIO, un pilote ASIO pour musiciens sous Linux © MiniMachines.net. 2026

Batocera 43 propose une liste de mises à jour et d’évolutions trop longue pour être ignorée, je vous la propose en vrac en fin de billet. Les outils intégrés sont quasiment tous déployés dans une nouvelle version. Enormément d’ajouts de fonctionnalités et de corrections de bugs sont également listés. De quoi redonner envie à certains de tester cette super distribution.

Cela fait un bail que je ne vous ai pas parlé de cette suite puisque mon dernier billet remonte à la version 29 en… 2020. L’idée globale de Batocera 43 est de vous permettre de transformer un PC, une carte de développement type Raspberry Pi ou Odroid, un Steam Deck, une console ou même une TV-Box Android en solution de jeux d’émulation facile d’accès et complète. Il existe même des versions dédiées aux anciens PC 32 Bits et aux solutions Atom si vous avez un vieux netbook qui traine.
Le système Batocera 43 est plug ‘n Play et ne nécessite pas de manipulations ou de réglages complexes. Il permet de nombreuses options de jeu, optimise les sauvegardes et offre une compatibilité exceptionnelle avec énormément de plateformes. Il reste évidemment totalement gratuit et Open source.
Batocera 43 est facilement disponible. Si vous utilisez une version plus ancienne, il suffit de lancer la mise à jour depuis le menu système. Si vous voulez tester la distribution, il suffit de suivre les instructions proposées. La page de téléchargement vous guidera pour trouver la version correspondant le mieux à votre matériel.
Special Notes
Hardware
Added
Fixed
Changed / Improved
Updated
System
Batocera 43 est disponible au téléchargement © MiniMachines.net. 2026

Avec Wine 11, le jeu sous Linux vient de connaître un bouleversement important. Imaginez un jeu qui fonctionne à un respectable 50 images par seconde sous Linux qui passe d’un coup à plus de 300. Rien n’a changé dans votre machine. Le jeu n’a pas eu de patch C’est simplement un « bout de code » qui a été mis à jour. Cela laisse rêveur ? C’est pourtant exactement ce qui arrive avec l’apparition de NTSYNC au cœur de Wine 11.

Je ne reprendrai pas la théorie de A à Z mais, à très gros traits, Wine 11 est un outil qui va lire, comprendre et traduire sous Linux le code écrit pour Windows afin de le rendre exploitable. Le nom Wine est une espèce de mise en abîme tautologique assez fine qui veut dire « Wine Is Not an Emulator ». Pas un émulateur donc, au sens des logiciels qui émulent de vieilles consoles par exemple. Non, une réinterprétation du code à la racine pour l’executer autrement.
La nuance est assez importante car elle protège de Wine 11 de toute attaque de son écriture pour des raisons légales. Wine, en ne copiant pas le fonctionnement du code, se préserve d’un point de vue droit. Cela pose par contre d’assez lourds problèmes techniques. Essayer de faire ce que fait Microsoft et qui a été optimisé pour Windows sans les mêmes outils, c’est évidemment compliqué. Surtout pour le jeu vidéo qui a été littéralement bâti pour Windows autour d’outils comme DirectX.
Le jeu sur Linux part donc de très loin. Les premières versions de Wine que j’ai pu tester ne cherchaient pas à refaire le monde mais à lancer simplement des outils de base qui n’existaient pas encore sous Linux. Souvent pour des raisons de droit et de gestion de fichiers. Cela n’allait pas très vite, on relevait souvent des bugs, mais le tout rustinait quelques problèmes à l’époque4.
Si pendant longtemps Wine était un outil réservé à des usages professionnels ou du moins « basiques » pour une informatique moderne, un gros changement a eu lieu en 2018 avec l’apparition de Proton, la solution de Valve pensée pour le jeu et le Steam Deck sous Linux. Valve lâche alors un gros morceau technique qui va permettre de jouer sous Linux avec des titres Windows. C’était déjà possible avant Proton mais ce n’était pas forcément de tout repos ni très optimisé. Cette évolution technique posée, Wine va prendre ses aises et gagner en performances au fur et à mesure de ses évolutions. Ce ne sera pas miraculeux mais un énorme travail de correction de bugs et de mises à jour va être fait. Souvent dans l’ombre de Patchnotes longues comme le bras, une armée de développeurs s’attaquent a rendre le nouveau vaisseau capable de prendre en charge de plus en plus de programmes écrits pour Windows.
Des centaines de bugs, des milliers de lignes réécrites, c’est en général ce qu’indique Wine dans ses mises à jour. Ce n’est pas super spectaculaire ni facile à mettre en avant pour un outil informatique. Pour Wine 11 c’est encore le cas, le travail de développement est massif mais il s’accompagne d’une jolie surprise. Elle n’est toujours pas simple à mettre en avant avec un nom imprononçable. Mais Wine 11 met en avant NTSYNC. Un outil qui a demandé un développement sur plusieurs années et qui change drastiquement la manière dont Wine fonctionne afin d’optimiser des tâches hypergourmandes pour faire tourner les jeux modernes. Ce changement va se faire en cascade, tous les outils qui emploient Wine comme base de construction vont en profiter.
Depuis des années, Wine fonctionne avec les solutions « winesync », « esync » et « fsync ». Ces outils permettent au système Linux de faire tourner des jeux en prenant en compte des multitudes de calculs. Pour construire leur univers, les jeux modernes font appel à toute la puissance des processeurs et à tous leurs cœurs. Certains vont piloter les évènements du jeu, d’autres la partie audio. La gestion physique des interactions du monde et toute la logistique de pilotage des textures à charger, des fichiers à diriger, les dialogues du réseau… Le tout doit être orchestré dans un temps précis. Ainsi, si une tâche nécessite une texture en particulier, il faut nécessairement qu’elle soit chargée avant de lancer l’affichage. Même chose pour le son, on ne peut pas entendre un bruit de choc avant que l’évènement se déroule à l’écran. Cette logique se pousse milliseconde après milliseconde avec précision. On n’imagine pas qu’un élément puisse être manipulé dans deux états différents simultanément.
Construits pour Windows, les jeux utilisent des technologies propres au système pour gérer cette énorme partition d’évènements en temps réel. Les différents chefs d’orchestre sont des routines intégrées au système de Microsoft et les développeurs de jeux dialoguent avec elles pour optimiser au mieux le résultat. L’opération se passe donc au travers d’une symphonie qui a eu droit à des présentations en bonne et due forme et de longues années d’entrainement et de répétitions. Wine ne peut pas faire cela. À la place, le logiciel présente chaque évènement à un chef d’orchestre créé pour l’occasion qui doit se débrouiller comme il peut pour donner le tempo.
Ce qui pose rapidement un petit souci car la méthode est compliquée. Elle demande un travail incessant au système qui doit gérer des milliers et des milliers d’évènements chaque seconde. Et, parfois, lorsque le système est débordé, elle génère des ralentissements. Si le nombre d’images par seconde est correct, Wine marque des ralentissements, des manques d’images ou des « sauts » techniques qui vous téléportent en jeu.
Esync et Fsync ont tenté de mieux jouer chaque symphonie en s’appuyant sur des solutions présentes dans les systèmes Linux pour les orchestrer. Esync développé chez CodeWeavers par Elizabeth Figura a été une superbe solution malgré ses limitations. Fsync, de la même développeuse a notablement amélioré les performances globales avec d’autres méthodes. Des outils qui demandaient des fonctions qui n’ont jamais été intégrées dans le noyau Linux global. Ce qui limitait fortement son usage aux utilisateurs les plus expérimentés. Pas vraiment l’idéal pour le grand public.

Esync et Fsync étaient donc des rustines techniques. Ecxellentes mais limitées. NTSYNC change d’approche. Sans trop rentrer dans les détails, l’outil est un nouveau chef d’orchestre, robuste et diligent, qui se positionne en remplaçant celui de Windows. Le nouveau venu sait exactement quoi faire, connait parfaitement son solfège et se positionne comme le donneur de tempo parfait pour Linux. Développé, encore, par Elisabeth Figura, il change le comportement de Wine.
NTSYNC est un développement de longue haleine par une personne de grand talent. Si bien que le web Linuxien remonte le genre de meme que vous voyez juste au-dessus. Tout le monde s’accorde à dire que le travail mené est impressionnant.

NTSYNC versus WineSync
Et le jeu en valait la chandelle. Les résultats sont vraiment spectaculaires. Un benchmark du jeu Dirt3 lui fait exploser les compteurs. Le jeu passe de 100 images par seconde sou Winesync à plus de 800 sur la même machine, sans rien changer d’autre. Le jeu Call of Juarez explose de 100 a 220 ips. Certains titres plus récents passent de médiocres à jouables Resident Evil 2 par exemple grimpe d’un faible 25 à plus de 70 images sur le même matériel. Call of Duty: Black Ops I devient exploitable sur Linux. Le gain depuis Esync est très notable, il l’est moins depuis Fsync mais au contraire de celui-ci, NTSYNC est directement intégré dans le noyau Linux 6.14. Ce qui apporte donc une excellente jouabilité sur un plateau à beaucoup plus utilisateurs.
Ces gains sont directement liés à la manière dont chaque jeu fonctionne et, comme expliqué en début de billet, au nombre de travaux à piloter en simultané. Toutes les distributions vont pouvoir en profiter. Ubuntu, Fedora et… SteamOS. Valve a déjà ajouté NTSYNC sous SteamOS 3.7.20 beta ce qui signifie qu’à terme, toutes les console Steam Deck et toutes les distributions exploitant SteamOS vont en profiter également.
Attention cependant, point trop d’optimisme. Les chiffres donnés sont très évocateurs et donnent l’impression d’une évolution quasi magique. C’est le cas mais dans certaines conditions. Passer de Fsync à NTSYNC ne fera pas évoluer autant vos résultats en jeu. Sur SteamOS par exemple, Fsync est déjà implémenté et les résultats obtenus après la mise à jour ne seront donc pas aussi spectaculaires.
Ce qu’il faut retenir ici n’est donc pas la puissance obtenue par NTSYNC mais son déploiement vers le noyau de Linux qui fait que toutes les distributions vont pouvoir en profiter. Le commun des mortels, même non technophile, aura droit à un gain de performances équivalent à ce qu’un expert pouvait obtenir en patchant son système avec Fsync. Les annonces qui expliquent que chaque jeu va doubler ses performances ou qu’un jeu sous Windows serait systématiquement plus performant sous Linux avec NTSYNC ne sont pas sérieuses.

Les studios communiquent désormais sur la compatibilité Linux et Steam Deck de leurs jeux.
L’alignement de planètes est impressionnant pour Linux en ce moment. La crise des composants fait que de plus en plus de particuliers comme de professionnels vont chercher à optimiser leur matériel au mieux et le plus longtemps possible. Des milliers de postes ont été mis au placard suite au passage forcé de Windows 10 à Windows 11 et beaucoup d’utilisateurs particuliers comme professionnels regardent avec envie ces machines anciennes souvent bien dopées en mémoire vive qui dorment dans un coin. Leur retour sur le devant de la scène sous Linux est devenu quelque chose.
Il va sans dire que pour un particulier, pouvoir installer un Linux efficace, peu gourmand, parfaitement fonctionnel, sécurisé et optimisé pour des machines dont ne veut plus Microsoft est plus que séduisant. Mais si en plus ces machines permettent de lancer des jeux Windows très correctement avec Wine 11, le basculement pourrait changer de philosophie. Passer d’un mouvement nécessaire à un choix clairement volontaire.
Le jeu est une excellente publicité pour le système. On l’a vu avec Steam OS et le succès du Steam Deck. Imaginez l’impact sur les joueurs si demain les distributions Linux communiquent en expliquant que, suite à leur prochaine mise à jour, une nouvelle galaxie de jeux deviendront exploitables sur leurs systèmes ? Pas besoin d’acheter de matériel supplémentaire, pas besoin de rajouter de la mémoire hors de prix ou de changer de carte graphique. Une simple mise à jour et un jeu qui trainait à 20-25 images par seconde frôlera désormais les 70.
Pour en savoir plus sur Wine
Pour plus de détais techniques
Wine 11 change de braquet et propulse Linux au sommet du jeu © MiniMachines.net. 2026

La transition d’un logiciel à un autre est parfois difficile, surtout si vous l’utilisez depuis longtemps. PhotoGIMP propose de se superposer au logiciel GIMP pour vous proposer une reprise de l’interface d’Adobe Photoshop.

PhotoGIMP sur GIMP 3.0
Si vous avez été biberonné par Photoshop depuis tout petit, basculer vers une solution alternative peut s’avérer difficile. Très difficile. Les réglages, les fenêtres, les raccourcis sont devenus autant un réflexe mental qu’une mémoire musculaire pour certains. PhotoGIMP propose donc de se superposer au logiciel de retouche GiMP bien connu des libristes pour retrouver ses marques en douceur.
Avec un Adobe qui fait absolument tout pour dégouter l’utilisateur de sa suite de programmes, la transition vers des alternatives est de plus en plus d’actualité. Je vous ai parlé depuis longtemps d’Affinity qui propose des fonctions très proches de celles des programmes d’Adobe. Désormais disponible dans une version totalement gratuite, elle remplace Photoshop, Illustrator et Indesign.

PhotoGIMP s’installera dans la langue de votre système
Mais il existe également des programmes libres comme GIMP qui est un des logiciels les plus connus du monde libre pour la retouche d’images. Un des reproches faits à GIMP est un des reproches classiques faits aux logiciels libres. Son interface n’est pas aussi « bien » pensée que sur les logiciels commerciaux. La raison n’est pas étrangère au fait que les produits commerciaux classiques embauchent des designers dont le métier tout entier consiste à améliorer les interfaces proposées.
Et c’est, en gros, la mission de PhotoGIMP, que je découvre aujourd’hui. L’idée n’est pas de remplacer GIMP mais de proposer une interface « à la Photoshop » par-dessus. Compatible avec Windows, macOS et bien sûr Linux, ce que l’on peut considérer comme une extension permettra de retrouver un univers connu. Passer de Photoshop à GIMP n’est, en soi, pas un souci mais cela peut poser un problème de productivité. Ce qui est, en général, un gros frein pour toute personne ayant un besoin intensif de son application.

Plusieurs choses sont à prendre en compte avant de basculer. La première est liée à l’omniprésence d’Adobe dans le monde professionnel. Si vous travaillez avec des imprimeurs ou d’autres personnes qui vont reprendre vos fichiers après votre travail, GIMP n’est pas forcément la meilleure solution. Et PhotoGIMP n’y changera rien. Vos fichiers pourraient être mal interprétés, mal reconnus ou pire mal lus et poser de gros problèmes en fin de chaîne.
Second souci, PhotoGIMP écrasera vos réglages GIMP sans aucun complexe. Il faut donc absolument penser à en faire une sauvegarde avant l’installation puis les récupérer après l’installation. Cela est dû notamment au fait que vous allez retrouver tous vos raccourcis Photoshopiens. Il sera possible de tout reparamétrer ensuite à la main si certains éléments proposés ne vous correspondent pas. L’interface n’est pas du tout figée et il est possible de revenir à l’interface de base de GIMP.
Plus d’infos sur PhotoGIMP ici
Pour télécharger PhotoGIMP cela se passe là
Le site de référence sur le logiciel GIMP
PhotoGIMP pour habiller GIMP comme Photoshop © MiniMachines.net. 2026

La version 2.0 d’AsteroidOS débarque huit ans après le lancement de la version 1.0 et dix ans après le début de son développement. Ce système vise à remplacer celui installé par défaut sur des montres lancées par différentes marques.

Dans la liste des montres compatibles avec AsteroidOS 2.0, on retrouve des solutions Asus, TicWatch, Oppo, Huawei, LG, Fossil, Moto mais aussi Samsung, Sony et Casio de manière plus expérimentale.
Le système reprend les fonctions les plus classiques de ces différentes montres dans pas moins de 49 langues. Il supporte évidemment les spécificités de chaque montre suivant leur déploiement. Boutons, écrans tactiles capacitifs, pilotage de l’écran pour adapter sa luminosité, contrôle des alarmes et des vibrations. Mais la version 2.0 apporte également son lot de nouvelles fonctionnalités utiles.

Affichage permanent de l’heure, détection des mouvements de poignet pour réveiller la montre, mise en veille avec la paume de la main, lecture du rythme cardiaque, contrôle de la musique, Bluetooth, boussole, mode nuit, podomètre et fonction « lampe de poche » avec l’écran. On retrouve évidemment les basiques avec des fonctions d’alarme, de chronomètre, de météo ou de calculatrice. Les notifications et le dialogue avec votre smartphone seront possibles. Certaines de ces fonctions semblent évidentes mais manquaient cruellement à AsteroidOS 1.0.
Evidemment, il faut prendre en compte l’étendue du travail demandé pour porter ces éléments sur un panel si différent de montres. Chaque constructeur a sa propre recette matérielle. Tant sur le plan des composants embarqués que sur la manière dont ils communiquent avec le système. AsteroidOS cherche à faire correspondre un tableau de bord logiciel unique sur différentes solutions. Ce qui ne doit pas être une mince affaire mais plutôt un travail exploratoire de fourmi qui demande aux développeurs d’avoir accès à chaque modèle de montre.
Le reste doit être du gâteau en comparaison et quand AsteroidOS propose un nouveau menu de gestion interne baptisé QuickPanel pour piloter des raccourcis et adapter l’interface à son goût, cela doit sonner comme une récréation bien méritée.

C’est la bonne question. Qui voudrait changer le système de sa montre connectée ? On se demande bien à quoi cela pourrait servir ? La réponse à cette question est assez simple en réalité. Il suffit d’avoir porté une montre de ce type depuis un moment pour y répondre. Il se trouve que le secteur des montres de ce type est souvent concerné par le fléau de l’enshitification. Plus le temps passe et plus votre produit devient lent et désagréable. Au fil des mises à jour, la montre qui était super fluide à ses débuts se transforme en un outil peu pratique, voire désagréable.
Certes, ce système propose une nouvelle fonction commune avec les nouveaux modèles sortis deux ou trois ans plus tard, mais au prix d’une autonomie divisée par deux ou d’un défilement façon diapositive. J’ai ainsi porté une montre de marque qui a rajouté une fonction parfaitement inutile en transformant radicalement le confort globalement proposé. Il a été possible de revenir en arrière, de réinstaller l’ancien système au prix de quelques manipulations hasardeuses. En revanche, cela n’a plus empêché la montre de me proposer chaque matin au réveil de télécharger une mise à jour dont je ne voulais pas. Ici, le système propose même une option d’installation « temporaire » pour vérifier que votre montre va bien supporter une nouvelle fonctionnalité.

Une autre raison pour avoir envie de basculer vers un outil comme AsteroidOS ? Se détacher d’un possible mouchard technique qui sait où vous allez, vos horaires et peut même relever des éléments concernant votre santé. Avec un système Linux que l’on peut contrôler, dont on peut adapter les outils et l’interface. On est à même de retrouver les éléments de son choix et même de les afficher comme bon nous semble. Il suffit de regarder la vidéo de présentation ci-dessus pour comprendre à quel point l’interface proposée est plus malléable que celle des fabricants.

Pour chaque montre compatible, un énorme travail de prise en main est réalisé. Bien mieux fait que beaucoup de solutions commerciales d’ailleurs. Cela commence par un listing des éléments supportés par chaque montre comme ci-dessus. Le site vous demande ensuite de choisir quelle version du système vous souhaitez, sur quel système tourne actuellement votre montre et depuis quel système vous l’installez.

Le téléchargement adapté est proposé puis le détail de la méthode d’installation pas à pas. L’idée est de rendre l’opération très facile et sans mauvaises surprises techniques. Vous savez dès le début ce qui risque de marcher ou non.
Le point négatif actuel de ce système est son absence de store, vous ne trouverez pas l’équivalent de ce que propose un WearOS par exemple. Pas de jeux, pas d’applications, aucun loisir de se balader dans un choix de centaines de cadrans. L’équipe en charge du projet y réfléchit mais ce n’est pas pour maintenant.
AsteroidOS 2.0 : une dose de libre pour montres connectées © MiniMachines.net. 2026

Proton 10 est disponible, pour être exact, c’est la version 10.0-4 qui vient de débarquer. Proton est la couche logicielle qui traduit les instructions de programmation des jeux sous Linux afin qu’ils puissent être interprétés par Linux. Développé par Valve sur la base des travaux de Wine, le code a offert au Steam Deck la possibilité de lancer des milliers de jeux Windows sous SteamOS.
Les travaux effectués sur Proton 10 et ses prédécesseurs ont évidemment débordé de la petite console de Valve et touchent aujourd’hui la quasi-totalité des PC sous Linux. De nombreux éléments sont mis à jour techniquement et pourront donc dialoguer avec de multiples configurations. On parle des composants SteamWorks SDK 1.63, de Wine Mono v10.4.1 et des versions VKD3D-Proton 3.0b et VKD3D 1.18. Tous ces éléments étant autant de traducteurs entre les jeux développés sous Windows et le système DirectX et le monde Linux.
C’est ce qui est amusant avec Windows aujourd’hui. DirectX a été forgé comme l’Anneau de Sauron. Un système pour unifier tous les univers du jeu PC et les rendre performant. Permettant aux différents éditeurs de profiter de toutes les ressources de Windows et de dialoguer plus facilement avec les composants proposés. Mais enfermant également ces mêmes éditeurs dans la main de Microsoft. Ce qui a été une force pour l’éditeur pendant de nombreuses années. Tout le temps où aucun constructeur n’a voulu prendre en main son destin sous Linux.

Parce que depuis que Valve est entré dans la course, avec le Steam Deck et SteamOS, tout a changé. Tel un Frodon motivé, épaulé par toute une communauté de développeurs, Valve s’est attelée à améliorer la compatibilité des jeux Windows sous Linux. En concentrant tout son pouvoir dans DirectX, Microsoft en a fait son talon d’Achille. Et l’arrivée d’un sortilège permettant de traduire cette unique langue qu’est DirectX offre le transfert de toute la force de Windows vers Linux.

Plusieurs corrections ont été mises à l’œuvre, la mise à jour détaille énormément de choses mais on retiendra notamment une solution aux écrans noirs ou vides lors du lancement de certains titres. Des corrections de nouveaux bugs portés par des mises à jour de jeux, moins d’alertes liées à des problèmes de composants graphiques et une meilleure gestion entre le passage du bureau vers les jeux à grands coups de Alt-Tab.
Autre mise à jour importante, le pilotage des applications d’éditeurs comme Ubisoft Connect est à nouveau fonctionnel. Cela reste un point faible de Proton, beaucoup de studios et d’éditeurs pensent toujours à Windows et uniquement à Windows pour leurs mises à jour. Sans s’inquiéter de l’impact de certains choix sur l’environnement Linux. Proton court donc après eux en permanence pour corriger ces bugs. Peut être que cela changera un jour.
Une nouvelle liste de jeux désormais totalement compatibles sous Proton 10 est également proposée :
Pour plus d’info sur Proton 10 : la note de version sous Github
Proton 10 pousse encore plus loin le jeu Windows sous Linux © MiniMachines.net. 2025

Emmabuntüs c’est un ensemble de développeurs qui ont eu l’idée de mettre leurs compétences en commun pour développer un système d’exploitation libre avec une idée très précise en tête. Sauver les machines données à l’organisme de collecte Emmaüs.
La solution d’Emmabuntüs ? Proposer un système léger et accessible, simple d’emploi et complet qui puisse tourner sur des machines anciennes. Ce qui rime souvent avec des processeurs plus très véloces, peu de mémoire et de stockage. La distribution s’appuie depuis 2016 sur Debian et vient de passer à Trixie, la version 13.2 de Debian. Cela veut dire que les machines sur lesquelles la nouvelle mouture sera installée devront obligatoirement fonctionner en 64 bits. Les PC 32 bits pourront toujours utiliser la version 5 qui continue d’être proposée.
Pour des raisons d’optimisation et de préservation des ressources disponibles, Emmabuntüs s’appuie sur l’environnement de bureau Xfce 4.20 et peut également basculer sur le très ascétique LXQt, au besoin.

Emmabuntüs 6
Cette nouvelle mouture a largement mis l’accent sur l’accessibilité. Avec l’ajout d’une synthèse vocale, d’un système de zoom d’écran, de réglage plus fin des contrastes. Une meilleure prise en charge multilangue, plus de souplesse dans la gestion des profils et même une gestion OCR permettant ensuite une synthèse vocale. La liste des outils installés par défaut est très importante et on découvre un système quasiment tout en un pour la bureautique, l’image, le son, la comptabilité, l’éducation, la vidéo et le surf.

Déchet sous Windows, ressource sous Emmabuntüs
Les autres missions remplies sont nombreuses et parmi celles les plus importantes, on peut citer deux éléments qui vont de pair. Éviter un gaspillage énorme de ressources dictées par l’obsolescence décidée de certains matériels. Le passage forcé vers Windows 11 en est un bon exemple. Beaucoup de matériel a été mis de côté alors qu’il était totalement fonctionnel et de nombreux particuliers et entreprises ont décidé de réinvestir dans des machines neuves. Au mieux, celles-ci ont été données au personnel ou à des organismes de redistribution. Au pire, elles sont parties vers la déchetterie du coin. Entre les deux, des milliers de machines sont venues s’entasser dans des cagibis ou des stocks. Même si tout le monde sait pertinemment que plus personne ne fera appel à elles.
L’autre mission d’Emmabuntüs est de proposer un système à des personnes qui n’ont pas les moyens d’en obtenir un. Cela même alors que de plus en plus de services passent par une informatisation généralisée. Difficile aujourd’hui pour un collégien ou un lycéen de faire simplement ses devoirs sans un ordinateur. Alors quand plusieurs enfants qui vivent sous le même toit finissent par travailler autour d’un même smartphone, cela complique grandement la tâche. Apporter un ordinateur dans ces foyers, c’est peut-être radicalement changer le trajet de vie de certaines personnes. Ce n’est pas rien face à l’idée de revendre un ordinateur pour quelques dizaines d’euros seulement.
Le but est donc simple, inciter les entreprises qui ont un ou des vieux PC qui traînent à se rapprocher d’un centre de redistribution plutôt que de les laisser moisir inutilement au fond d’un placard. Inciter les particuliers à faire don de leurs vieux coucous. Si vous avez un vieux PC que vous n’avez pas allumé depuis des mois qui vous encombre, vous pouvez télécharger une image ISO d’Emmabuntüs sur leur site, la monter sur une clé USB et l’installer. Je suis certain que si vous ne disposez pas de ressourcerie à proximité, vous connaissez un voisin ou votre enfant a un camarade à qui cela pourrait rendre un immense service. Après tout, c’est bientôt Noël.
Source : Next
Emmabuntüs 6 : la distribution de recyclage passe la sixième © MiniMachines.net. 2025

Si l’annonce de la disponibilité gratuite de la suite d’applications graphiques Affinity vous intéresse mais que vous êtes sous Linux, il existe des solutions pour en tirer parti. Le compte Github AffinityOnLinux propose différentes méthodes pour en tirer parti.

De nombreuses distributions ont été testées et tout est dûment répertorié sous AffinityOnLinux. On retrouve également plusieurs méthodes d’installation. Parmi les systèmes compatibles, on note Debian, Fedora, Arch, Ubuntu, Zorin, Cachy Pop!_OS et même SteamOS. Tous sont fonctionnels au travers de Wine 10.17+ mais certains peuvent aussi employer Lutris, Heroic Games Launcher ou Bottles. Le tableau ci-dessus vous aidera à vous repérer sur les possibilités.

Des guides pour les différents outils sont proposés dans la FAQ avec une recommandation nette d’employer Lutris pour sa grande compatibilité. Si vous essayez la suite gratuite sur des OS avec une méthode non répertoriée ou marquée d’un point d’interrogation rouge sur la tableau ci-dessus, n’hésitez pas à partager vos conclusions sur la page Github. Cela pourra servir à d’autres.
Si vous rencontrez des soucis techniques, n’hésitez pas à contacter les auteurs sur leur Discord pour en parler.
AffinityOnLinux : exactement comme son nom l’indique © MiniMachines.net. 2025
KDE Linux est en embuscade. Entre un Windows 10 qui coupe les vannes de ses mises à jour, des machines jugées obsolètes par Microsoft et un Windows 11 qui n’a pas les bonnes grâces du public. La distribution Linux se propose d’être le pas de côté qui permettrait de sortir de nombreuses machines de l’ornière.
En plus de ce passage en force vers Windows 11, passage rendu difficile par un cahier des charges pointilleux, KDE Linux compte également sur l’essor du jeu sous Linux. Une évolution rendue possible notamment par Plasma et Proton, solutions employées par Valve pour ses Steam Deck.
Cet alignement est fort, visible et a de réelles conséquences dans la vie des utilisateurs. Avoir investi dans une machine il y a plusieurs années, qui suffit encore très largement au quotidien, et qui est d’un coup jugée inapte. Ce n’est pas très agréable. Savoir que le contrat passé avec Windows est caduc et que votre PC ne sera plus maintenu en termes de sécurité, est vraiment perçu comme une trahison. La confiance de beaucoup d’utilisateurs est largement ébranlée par cette décision de Microsoft. Ce n’est pas la première fois que cela arrive avec Windows, mais aujourd’hui la pilule est plus difficile à avaler. Quand Windows est passé de 95 (1995) à XP (2002) par exemple, le problème était différent. Les évolutions matérielles entre les versions étaient importantes. Les engins changeaient d’époque et d’usages, l’arrivée en masse de nouvelles technologies comme les progrès réalisés par le matériel embarqué obligeaient à de gros changements logiciels. Notamment parce que les possibilités techniques, les codecs et les protocoles évoluaient a l’époque à vitesse grand V. Le Wi-Fi, l’USB, le SSD, l’explosion des performances des processeurs et circuits graphiques, tout cela justifiait de gros changements. Aujourd’hui, c’est différent, le passage de Windows 10 à Windows 11 est ressenti comme un aménagement plus cosmétique qu’autre chose par les utilisateurs. Le fait de pouvoir aisément outrepasser les réticences de Microsoft avec des programmes tiers, entretient cette idée.

Bref, c’est le moment de réagir. Et l’équipe en charge de l’interface KDE a bien senti qu’il était temps de proposer quelque chose. KDE c’est une des interfaces préférées du monde Linux. Un agencement efficace, rapide et agréable qui permet d’avoir des fonctionnalités de bureau avancées. Des éléments qui ont rendu l’interface hyper populaire auprès d’une large communauté d’utilisateurs.
Armé d’une version Alpha, un des développeurs de ce KDE Linux a présenté la distribution en détails. Moderne, frais et rapide, la distribution vise donc des machines qui n’ont pas reçu le sésame vers Windows 11 comme ceux qui recherchent une alternative au monde Microsoft. Un des points forts visés par ce système est dans la robustesse de son usage. L’image du système est comme gravée dans le silicium.
KDE Linux ne veut pas que les programmes téléchargés ou l’utilisateur puissent modifier son image système, celle-ci est stable, non altérable. L’idée est de pouvoir faire une mise à jour rapide de sa machine avec un système étanche du reste des éléments. Eviter également de vivre le pourrissement du système et pouvoir revenir à une version antérieure en cas de pépin technique ou logiciel. Cette idée est clairement pensée pour éviter de se retrouver en « panne logicielle » après une mise à jour ou simplement au quotidien. Elle ne conviendra peut-être pas aux utilisateurs les plus experts et vise clairement des gens pour qui l’informatique est plus un outil qu’une passion. Ceux qui ne veulent pas commencer la rédaction d’un courrier, une session de jeu ou une séance de comptabilité par la correction de bugs pénibles.

Pas moins de cinq versions antérieures du système seront ainsi stockées dans la machine avec la possibilité de revenir à chacune d’elle d’un simple clic. La partie logicielle externe s’appuiera sur ce KDE Linux sans l’altérer. L’installation se fera au travers d’outils secondaires comme Snap et Flatpak. Une solution qui ne satisfera pas encore une fois les amoureux des gestionnaires de paquet mais qui permet de conserver ce mur entre système et outils qui colle bien avec cette distribution. Une idée qui plaira énormément à tous ceux qui gèrent un parc de machines important ouvert à de multiples utilisateurs.
Le reste est au niveau des technologies logicielles avancées du monde Linux : la gestion des fichiers, l’affichage graphique et le son exploitent l’état de l’art en la matière. KDE Linux est intéressant à suivre pour plein de profils et répondre à plein d’usages. La version Alpha est déjà jugée exploitable même si sa parfaite stabilité n’est pas garantie. Les utilisateurs de solutions Nvidia datant d’avant 2018 et la génération Turing, n’ayant pas l’habitude d’avoir du cambouis logiciel sous les ongles, sont également invités à passer leur chemin. Il reste du travail à faire… Pour les autres, c’est un système à tester. La méthode d’installation est classique et elle est détaillée sur cette page. La distribution ne demande que 1 Go de mémoire vive et 6 Go de stockage minimum. Évidemment, des engins mieux équipés offriront plus de services. Sur l’image d’illustration de ce billet, le système tourne sur un PC Home Cinéma, un portable vieux de deux ans et un autre qui souffle sa dixième bougie.
KDE Linux profite de l’alignement de planètes de Microsoft © MiniMachines.net. 2025
Kazeta est une distribution Linux très particulière. Elle a été développée par le créateur de ChimeraOS, une des nombreuses distributions Linux qui s’est emparée du système d’exploitation du Steam Deck pour le porter sur d’autres matériels. Kazeta est un mot tchèque qui vient de l’italien cassetta et qui veut dire cassette ou cartouche de jeu.
Avec Kazeta, l’auteur a voulu aller plus loin dans son approche console. Le système, une fois installé sur un PC, fonctionne un peu de la même manière qu’une Nintendo NES. Le système n’embarque pas de jeu et n’en stocke pas. A vrai dire, les spécifications minimales de la distribution se contentent de 32 Go de stockage seulement. Une fois la machine allumée, elle attend de pouvoir lire les jeux sur une carte SD. Une fois celle-ci insérée, le système lit le jeu et le démarre.

C’est une approche assez étrange puisqu’elle suppose beaucoup d’aménagements contre-intuitifs dans le monde PC. On ne profite pas des capacités de stockage de ces engins mais, au contraire, on va multiplier les supports. Chaque jeu demande sa propre carte SD, ce qui va vite couter assez cher et risque probablement d’user le lecteur de cartes et les SD elles-mêmes.

Autre souci, les jeux doivent être « sans DRM » ce qui limite malheureusement beaucoup le catalogue. Certains jeux indépendants ont cet état par défaut ainsi que les titres achetés sur GoG. Mais tous les catalogues classiques de jeux Steam ou EGS ne pourront pas être déplacés sur les cartes. Ce « déplacement » est également à votre charge. Il faudra préparer votre jeu vous-même et le pousser vers une carte SD en amont en suivant un protocole précis. Puis créer un fichier .kzi pour indiquer au système le nom du jeu, ajouter une icône et le lien ver l’exécutable à lancer pour démarrer le jeu
Le fonctionnement est donc amusant, on glisse sa carte SD dans son PC qui lance ensuite le jeu. Si on a ajouté une petite étiquette sur la carte, on retrouve l’ambiance des cartouches. Cela peut rendre service à certains profils… Mais cela n’est finalement qu’assez peu pratique et fort peu économique. Sans parler du léger souci de devoir acheter de bonnes cartes SDXC… Les cartes entrée de gamme aux performances minimales demanderont un temps de démarrage des jeux totalement rédhibitoire. L’achat pour chaque titre d’une carte SDXC rapide et de belle capacité est tout de même une grosse contrainte par rapport à l’achat d’un unique SSD qui embarquera tous ses jeux sur un système classique.

Kazeta a tout de même ses avantages, il permet de jouer déconnecté, sans avoir de compte ou d’abonnement. Il n’a pas besoin d’une grosse machine et permet de contrôler ce qui va être lancé sur celle-ci. Cela peut avoir du sens pour certains utilisateurs de ne pas dépendre d’une connexion ou de ne pas y avoir accès. Cela évite également de laisser certains jeux ouverts à des microtransactions. C’est également peut être un moyen de recycler un engin un peu daté en une console en accès libre avec un pack de petites cartes SD contenant des titres « sécurisés ».
Le système est encore largement en développement et il est évidemment gratuit : https://kazeta.org/
Kazeta, un Linux pour transformer son PC en console de jeu ? © MiniMachines.net. 2025