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Faillite de Gibert : échec de la lutte contre le numérique et le gratuit

Par : h16 — 2 mai 2026 à 10:00

Un article de Henry Bonner

Le groupe Gibert, spécialisé dans les librairies, s’est placé dans une procédure de sauvegarde en raison de baisses de résultats et la nécessité de fermetures de magasins et ainsi des réductions d’effectifs.

Le Monde explique ainsi :

“Le groupe Gibert, qui se revendique premier libraire indépendant de France, va demander son placement en redressement judiciaire en raison du « déclin du marché des livres neufs », qu’il entend compenser en pariant sur l’occasion, a-t-il annoncé, lundi 27 avril.”

Le groupe réduit la voilure depuis les confinements, via la fermeture de magasins :

“En 2021, Gibert avait fermé quatre de ses librairies situées place Saint-Michel, en plein cœur de Paris, où il était installé depuis 135 ans, conservant essentiellement sa grande librairie située près de l’université de la Sorbonne.”

De plus, Gibert vise une hausse de la part de l’occasion, en raison de la rentabilité par rapport à la vente du neuf, et de l’essor du secteur chez les consommateurs.

Le journal continue :

“Pour assurer sa pérennité, « le groupe mise sur un virage stratégique autour du livre d’occasion, marché porteur qui connaît 10 % de croissance par an et offre une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges ». Son objectif est de « doubler la part de ses ventes de livres d’occasion d’ici 2029 », de 30 millions d’euros en 2025 à 60 millions. Ce segment a représenté l’an passé 35 % de son chiffre d’affaires annuel de 86 millions d’euros.”

Les difficultés pour les libraires comme Gibert proviennent en partie d’un déclin des ventes de livres depuis les dernières années.

Selon les données de NielsenIQ, le secteur a fait 307 millions d’exemplaires de ventes en 2025, une baisse de 2,5 %, et un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros, soit une baisse de 1,5 %. L’essor des livres d’occasion, et les hausses de prix des livres en moyenne, fournissent une compensation pour la baisse des ventes dans le neuf. Les librairies atteignent une hausse de revenus, au total, de 0,6 %, selon l’Observatoire de la librairie.

Le graphique ci-dessous (source) montre le chiffre d’affaires des éditeurs de livres jusqu’en 2024. Après une hausse en 2021 avec la réouverture, les ventes baissent sur 3 ans, en exemplaires et en chiffre d’affaires. Les éditeurs font grosso modo du surplace depuis 2019 malgré les hausses de prix et de coûts de fonctionnement sur la période.

La pression sur le secteur porte atteinte aux librairies en raison des coûts de personnel et de loyers, par rapport aux plateformes en ligne comme Amazon ou la Fnac.

Les difficultés de Gibert font partie d’une tendance autour du monde. Par exemple, le géant des grandes surfaces de livres aux États-Unis, Barnes & Noble, chute en Bourse de 99 % en 5 ans.

Echec de la lutte contre le numérique et le gratuit

Depuis des années, les librairies et éditeurs de livres obtiennent des protections de la part des gouvernements. Ainsi, fin 2023, le gouvernement crée par exemple des lois contre la gratuité des livraisons de livres. Dans le même contexte, le Syndicat de la librairie française propose des mesures contre les faillites de librairies comme Gibert. « Il faut éviter la contagion et, pour cela, il faut que les éditeurs et les pouvoirs publics s’engagent », affirme un représentant du syndicat.

Le gouvernement crée aussi des protections pour les éditeurs de livres via la loi sur le “prix unique” contre les ventes à rabais.

Le déclin des ventes de livres (et la fermeture de librairies comme Gibert) font en réalité partie des signes de l’échec de protections pour le secteur. En effet, les auteurs de livres et les consommateurs trouvent des contournements à ces protections.

En principe, les livres physiques conservent la majorité de la part de marché au profit des éditeurs et librairies. Le graphique ci-dessous montre la part des ventes par type de livre, selon les pays (source).

En revanche, la stagnation de la part du numérique dans les ventes passe sous silence la hausse des téléchargements de livres gratuits. En effet, selon une étude de 2014, plus de 70 % des téléchargements de livres sur Internet proviennent du gratuit !

Google Gemini donne des chiffres récents sur les téléchargements de livres gratuits :

“En 2025, les médiathèques publiques, et les écoles, ont fait des records dans le nombre de téléchargements de livres gratuits proposés via la plateforme OverDrive. Le nombre de téléchargements gratuits atteint 379 millions en 2025…. Mondialement, le nombre total de personnes qui ont consommé un livre numérique en 2025 a atteint plus de 1 milliard.”

De plus, la méthode de l’autoédition, via des plateformes comme Amazon, gagne davantage de popularité au fil du temps.

Le tableau ci-dessous de Automateed montre le nombre de publications de livres par des maisons d’édition, contre les auto-éditions, aux États-Unis. En nombre de parutions de livres, les éditeurs traditionnels comptent pour à peine 2 % du total !

Les maisons d’édition, en partie grâce à des réseaux de distribution et de promotion, font beaucoup plus de ventes par livre. Les auteurs autoédités font en moyenne 22 ventes par parution contre 1.458 pour les maisons d’édition selon un rapport du gouvernement.

Cependant, l’auto-édition permet une explosion du nombre de parutions en compensation pour le manque de promotion ou de communication.

L’autrice à succès Freida McFadden atteint par exemple 6,9 millions de ventes en France en 2025. Or, les succès de l’autrice depuis 10 ans proviennent de ses parutions en auto-édition aux États-Unis, après les refus de maisons d’édition.

En bref, les difficultés des éditeurs et librairies viennent de l’explosion de l’auto-édition et des téléchargements gratuits de livres sur Internet.

Les consommateurs de livres ont plus de choix, sans les coûts des livres de maisons d’édition.

Les librairies comme Gibert perdent des ventes à la fois en raison du tournant vers les téléchargements gratuits, et de la concurrence de plateformes en ligne, comme Amazon ou la Fnac.

Les protections contre l’innovation, pour des secteurs, créent pour un temps des freins contre la concurrence. Par contre, les mesures créent plus de coûts pour les consommateurs, sans effet sur la tendance à terme.

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Blocage de Shein, exemptions pour Iliad : connivence à Choose France

Par : h16 — 29 novembre 2025 à 10:00

Un article de Henry Bonner

Le gouvernement cherche des prétextes pour un bannissement de Shein, la plateforme de e-commerce. Des entreprises du secteur du vêtement font pression pour la création de taxes, et une interdiction de ces plateformes.

Cependant, le succès du e-commerce vient des avantages pour les consommateurs. Ils gagnent accès à plus de produits, et tirent profit de la pression de la concurrence sur les produits.

Ainsi, les ventes de produits en France via Internet atteignent 175 milliards d’euros en 2024, selon Statista, contre 93 milliards en 2019, et 8,4 milliards en 2005.

Un sondage récent, commandé par L’Hémicycle, montre la taille de la demande pour les vêtements bon marché, via des plateformes comme Shein.

Le Journal de l’Économie en résume les résultats :

“Les revenus intermédiaires et modestes citent avant tout le prix accessible et la fréquence des promotions comme principaux leviers. La fast fashion [les vêtements bon marché] leur permet de renouveler plus souvent sa garde-robe sans contrainte budgétaire. Chez les étudiants et jeunes actifs, elle joue un rôle fonctionnel : habiller à petit prix, suivre les tendances sans risque et consommer rapidement, souvent via mobile. Sans surprise, les ménages modestes privilégient Shein, Primark ou Temu, dont les prix très bas permettent des achats malgré les contraintes budgétaires.”

L’Hémicycle révèle aussi la popularité des plateformes, malgré ce qu’en disent des médias :

“[Même] parmi ceux qui jugent l’origine et les conditions de fabrication “essentielles”, 64 % ont acheté chez Shein ces 12 derniers mois, 42 % chez Zara, 33 % chez H&M.
“Et les scandales ? Leur impact est marginal. L’intention d’achat recule d’à peine 1 point : de 27 % à 26 % en moyenne. Marque par marque, la baisse ne dépasse jamais 6 %… La remise en question existe dans le discours, pas dans le panier.”

L’ouverture de magasins Shein, au BHV à Paris, augmente la pression de la part de l’industrie du vêtement sur le gouvernement. Des vendeurs en France, comme Décathlon, Kiabi, ou les magasins U, demandent des mesures contre les importations. Ils cherchent des protections contre la concurrence, aux dépens des choix et des pouvoirs d’achat des consommateurs. Ils tirent profit du soutien des dirigeants politiques dans la protection de leurs rentes.

En 2021, par exemple, des procédures contre Wish, une plateforme de produits américaine, mènent à l’élimination des activités du groupe en France.

Suite à l’installation d’un magasin de Shein au BFV, le gouvernement annonce une fouille des paquets à destination des clients de Shein en France, lors de l’arrivée à Roissy.

Le ministre de l’Intérieur veut le blocage de Shein en raison du “caractère systématique et répété des infractions de la plateforme ». Depuis l’annonce de la fouille, le gouvernement annonce aussi des poursuites contre les plateformes AliExpress et Joom. Il cherche aussi une suspension des ventes de Shein, en principe pour 3 mois. Au nom de la protection de l’emploi, des consommateurs, ou du climat, les dirigeants bloquent la concurrence au secteur de la distribution, aux dépens du pouvoir d’achat et du choix de produits.

Entreprises en quête de protections

L’opposition à l’ouverture des magasins de Shein vient, en partie, de l’industrie du vêtement. Elle propose, dans un rapport récent pour le gouvernement, des taxes et mesures contre les plateformes de e-commerce.

FranceInfo détaille :

“Rédigé par des acteurs de terrains, dont la maire de Saint-Quentin, Frédérique Macarez, et le patron de Coopérative U, Dominique Schelcher, le rapport dresse un état des lieux inquiétant du commerce de proximité et formule une trentaine de recommandations pour réimplanter des commerces essentiels en zone urbaine.”

Le rapport évoque la protection des commerces de centre-ville, comme prétexte aux mesures contre le e-commerce. En réalité, la concurrence aux commerces de centre-ville vient des grandes surfaces en périphérie des villes !

Le graphique ci-dessous, tiré du rapport, montre les ventes par type de commerce. Les grandes surfaces conservent la majorité du chiffre, avec 67 % des ventes. Les achats par Internet atteignent 11 % des ventes, malgré une croissance depuis 20 ans.

Le rapport demande des taxes sur le e-commerce. On peut y lire :

“Une telle taxe s’inscrit dans un effort de justice fiscale et dans la volonté de garantir une concurrence plus équitable tout en préservant la sécurité et l’intégrité du marché français.”

En réalité, les distributeurs de vêtements à bas coût, comme Système U, Décathlon,ou Kiabi, veulent des protections contre la concurrence. Or, la popularité des plateformes comme Shein, et la hausse des ventes via Internet, montrent la demande chez les consommateurs.

La lutte du gouvernement contre les plateformes comme Shein, en raison du lobbying des distributeurs, fait partie des surcoûts sur les consommateurs. Les régulateurs créent des freins aux achats de produits en demande, et font partie des causes de la stagnation des niveaux de vie.

Pourtant, l’annonce de la création de taxes sur les colis reçoit le soutien de la plupart des médias.

Une journaliste explique par exemple dans La Tribune la nécessité, selon elle, de tarifs aux frontières. Elle présente les dangers de l’échange avec l’étranger :

“Certes, il nous faudrait renoncer aux usines, souvent délocalisées, supprimer des emplois, mais à ceux qui s’inquiétaient, on demandait d’être patients, on leur assurait qu’ils pourraient bientôt consommer moins cher, une consommation riante, illimitée, à bas prix ! Ça a commencé par Amazon, et ça s’est transformé en une grande marée de petits colis venue de Chine, estampillés Shein, Temu… une marée de plus en plus incontrôlable.”

La circulation de produits via les échanges, à l’intérieur d’un pays ou à l’étranger, permettent les hausses de niveaux de vie depuis des millénaires. Le blocage du commerce, au nom de l’emploi ou du climat, créent des pertes de richesse et de bien-être.

Choose France : blocages ou exemptions via la connivence

Les concurrents de Leroy Merlin, l’enseigne des produits de construction ou de jardinage, font appel aux régulations pour le blocage de l’ouverture d’un supermarché en Charente. Les régulations autour de la protection de l’environnement fournissent un prétexte pour l’élimination de la concurrence. L’interdiction de l’ouverture du supermarché, à Saintes, crée à la fois une perte d’emplois, et d’une offre de produits aux consommateurs.

En revanche, le gouvernement propose aussi des exemptions à la régulation, dont les codes d’urbanisme et les règles sur l’environnement, à une poignée de bénéficiaires.

OpCore, le projet de salles de serveurs à 4 milliards d’euros du groupe Iliad, profite à la fois de financements du gouvernement, via la participation d’EDF, et d’exemptions aux régulations sur la construction.

En effet, malgré le blocage de magasins comme le supermarché de Leroy Merlin à cause de règles, les dirigeants offrent aussi des protections contre la régulation à certains.

Un rapport de l’Elysée du Sommet de l’IA de février dernier expliquait notamment le rôle des protections sous forme d’exemptions aux régulations :

“Nous avons créé le nouveau statut de ‘projet d’intérêt national majeur’ pour les grands projets industriels (ce qui n’inclut pas pour le moment les centres de données). Ce statut permet d’accélérer les ajustements aux règles des codes de développement dans les communes (si nécessaire), d’obtenir des exemptions aux règles sur la protection d’espèces menacées (si nécessaire), et de garantir un raccordement rapide au réseau électrique.”

Le projet reçoit aussi une préférence pour l’accès au courant. Sur le site d’EDF, on trouve ainsi :

“Grâce au soutien d’EDF et au dispositif de raccordement “fast-track” mis en place par l’État français pour accompagner les projets stratégiques de calcul intensif, une première mise en service est attendue en 2027.”

À part pour une poignée de bénéficiaires de protections du gouvernement, les régulations et tarifs créent des obstacles au commerce, à l’installation de magasins, et à la hausse des niveaux de vie.

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France : Héritage combattu, capitalisme impossible

Par : h16 — 17 octobre 2025 à 09:00

Les Français ne comprennent pas ce qu’est le capitalisme, et le rejettent assez majoritairement.

Pour beaucoup, c’est par simple ignorance, pour quelques uns, c’est par idéologie – ils ne veulent pas savoir, ne veulent pas le comprendre pour continuer à appartenir au camp du bien – mais finalement, très peu le comprennent et encore moins le pratiquent. C’est bien évidemment visible dans beaucoup de leurs réflexions au jour le jour, notamment avec cette manie de toujours vouloir non pas « aider les pauvres » mais surtout « taxer les riches ».

C’est aussi notable lorsqu’ils évoquent l’héritage, et à plus forte raison lorsque ceux qui l’évaluent s’annoncent de gauche : parmi ceux-là, certains veulent le supprimer complètement, d’autres l’imposer aussi lourdement que possible, et ce exactement comme s’ils n’avaient eux-mêmes rien à hériter de leurs parents.

Or, si l’on écarte les socialistes-caviar ou cette gauche de centre-ville décontractée de l’écologie qui prend l’avion 4 fois par an, et qui mentent donc comme ils respirent et n’avancent leurs âneries socialistes que par pur conformisme et croyances de luxe, beaucoup des autres Français, qu’ils soient d’ailleurs de gauche ou pas, n’auront très concrètement pas ou très peu d’héritage : ni monétaire, ni immobilier, ni culturel.

Pour le monétaire, c’est assez évident.

L’État ratiboise consciencieusement tout ce qui dépasse au moment où les gens travaillent, ne laissant qu’un ersatz d’économies aux classes moyennes et populaires (les plus nombreuses), en leur faisant croire que les 3.000 euros sur le livret A et les 10.000 d’assurance vie peuvent constituer une épargne alors que c’est à peine suffisant pour tenir en cas de coup dur – qui ne manque jamais d’arriver dans un pays socialiste remplie de racailles « en bas » et de crapules « en haut ».

De surcroît, on l’a déjà écrit, la plupart de ces Français ne comprend rien au capitalisme, donc à peu près rien à la bourse, aux placements et à la gestion patrimoniale en général. Et lorsqu’ils essaient, c’est avec les conseils des inévitables marchands de tapis approximatifs des banques de détail françaises dont les connaissances ne sont en réalité pas meilleures que la moyenne (c’est à dire à peu près nulles).

Bref, l’ignorance fait le beurre de l’État et des banques, mais garantit qu’en matière d’héritage financier, les Français n’auront pas à en bénéficier.

Pour l’immobilier, c’était un peu moins vrai il y a encore quelques décennies mais les coups de boutoirs de ces dernières années aboutissent au même bilan. Entre l’accroissement invraisemblable de lois très défavorables au propriétaire (au profit du locataire), et les choix « judicieux » de politiques « écologiques » qui visent essentiellement à punir sévèrement ceux qui ont l’audace d’avoir un bien immobilier (DPE notamment), les Français aboutissent à la conclusion assez logique que disposer d’un bien immobilier constitue surtout une source d’emmerdes et de vexations.

Cependant, il est amusant de constater que, comme un peu plus de la moitié des ménages sont encore propriétaires de leur bien, ceux qui étaient pour la disparition de l’héritage ou sa taxation bien poivrée s’en trouvent généralement fort maris lorsqu’il s’agit du leur. Gageons cependant que ce cas va se raréfier à mesure que la camarde socialiste s’étend sur le pays.

Finalement, dans ceux qui braillent le plus vocalement en faveur de la surtaxation de l’héritage, voire de son interdiction pure et simple, on retrouve de façon assez constante non seulement ceux qui n’ont ni argent, ni immobilier mais aussi et surtout pas d’héritage culturel.

C’est l’absence de ce dernier qui est le plus caractéristique des générations les plus récentes, celles qui rejettent avec vigueur le méchant capitalisme qui mange des chatons communistes au petit déjeuner (on le sait, c’est France Intox et Radio Pravda qui l’expliquent très bien, si si).

En réalité, ces Français rejettent autant le capitalisme que l’héritage car ils n’ont rien acquis de culturel de leur parents qu’ils aient réellement envie de sauvegarder et de transmettre.

Ce constat découle de l’environnement dans lequel les générations actuellement concernées par l’héritage – dans un futur plus ou moins proche – ont grandi.

Les générations antérieures, nées dans l’après-guerre et sous les auspices d’une croissance très solide et d’un État providence généreux, ont très concrètement « abandonné » leurs enfants – les générations actuelles – à une machine éducative déracinée : beaucoup d’entre eux ont été très littéralement éduqués et instruits par l’État, depuis la garderie jusqu’à la faculté en passant par l’école, le collège et le lycée, tout en augmentant sans cesse le nombre d’années d’études aux diplômes de plus en plus fumeux, méthode fort pratique du point de vue de l’État pour camoufler un chômage systémique croissant lié à la collectivisation de plus en plus massive de toute la société.

C’est la même génération qui a aussi connu la multiplication des divorces (de 10 % dans les années 1960 à 45 % aujourd’hui) et des remariages plus ou moins fructueux, ainsi que l’abandon complet de toute religion qui a scellé leur dévolution à une société de loisirs irresponsables, ce qui a laissé à leurs enfants le choix entre le new-âge et le socialisme.

Le résultat est sans appel : beaucoup trop de Français actuels, et en particulier les jeunes, n’ont pas vu s’accumuler de patrimoine culturel autour d’eux. Parfois (souvent ?) élevé par un seul parent qui n’a pas eu le temps, le courage, l’opportunité ou simplement la présence d’esprit d’accumuler cet héritage, beaucoup d’entre eux n’ont finalement été élevés qu’avec la soupe fade des idées citoyennes, festives, inclusives, en un mot « normies » qu’on distille dans les garde-chiourmes de l’État, et ont grandi dans un foyer sans passé, sans livre et sans histoire.

Pire, ils ont été implacablement empêchés d’entreprendre, tant parce que l’exemple a cruellement manqué autour d’eux, mais aussi parce que l’héritage même du goût du risque, tout autant que la volonté de construire pour soi et les autres, auront été consciencieusement effacés et combattus par les institutions et leur entourage direct.

En réalité, dans cette France du XXIe siècle, tout a été fait pour que l’héritage soit devenu une notion honteuse voire taboue : de nos jours, se réclamer d’une famille à la généalogie multicentenaire, se dire enraciné, avoir du vocabulaire, connaître ses classiques, respecter les règles, coutumes et traditions du pays, reconnaître voire participer aux fêtes pas toutes laïques car elles font partie de l’histoire millénaire du pays, bref, oser tout ceci ouvertement, c’est clairement prendre le risque de se faire traiter de réactionnaire d’extrême-droite ou de facho, de se faire ostraciser ou pire.

L’héritage est maintenant âprement combattu : la génération qui a été élevée sans, à laquelle on a répété qu’il était honteux, à celle qui fut montré qu’hériter était sale, cette génération accède maintenant aux responsabilités (ou fait tout pour).

Or, un pays qui condamne l’héritage, et notamment culturel, est un pays destiné à disparaître. Un pays qui ne comprend pas qu’héritage et capitalisme ont tout à voir l’un avec l’autre, et que le rejet de l’un amène au rejet de l’autre et à la misère de tous, est un pays foutu.

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Éoliennes, taxes anti-Shein, FiDA : profiteurs de connivence

Par : h16 — 4 octobre 2025 à 10:00

Un article de Henry Bonner

Des économistes ou chefs d’entreprises promettent plus de croissance à l’avenir, comme solution aux déficits. Ainsi, le patron des E. Leclerc affirme par exemple :

« Il faut investir pour notre croissance : l’éducation, les nouvelles mobilités, la transition énergétique, la transition numérique, la décarbonation, les 2,5 millions de logements sociaux à construire… »

Et d’ailleurs, cette croissance sert de prétexte pour la distribution de fonds par la Banque Populaire d’Investissement. Sur le dernier semestre, elle envoie des soutiens à 2 436 entreprises et startups ! Des groupes touchent ainsi des fonds sans rapport avec la création de valeur. Les financements répondent aux goûts des dirigeants, sans besoin de rentabilité.

En réalité, la solution à la stagnation requiert la liberté, pour la production et les échanges, mais les politiciens et profiteurs de ces programmes défendent à l’inverse la distribution de fonds et les restrictions sur les consommateurs.

Le secteur du « tout électrique » veut par exemple la fin des voitures à moteurs. Les installateurs d’éoliennes veulent plus de subventions. Dans beaucoup de cas, les défenseurs des programmes ont des conflits d’intérêt. Ils font partie des bénéficiaires de distributions !

Chute d’installations dans l’éolien : contre-attaques des profiteurs

Dans l’éolien, les installations en 2025 atteignent la moitié du niveau de 2024, et le tiers des chiffres de 2021 à 2023.

Déjà en 2024, la production de courant via les éoliennes baisse par rapport à l’année précédente. En effet, le réseau et les opérateurs des parcs mettent les éoliennes à l’arrêt à cause d’excès de courant. Le graphique ci-dessous vient de l’opérateur du réseau, le groupe RTE. La consommation de courant via les éoliennes chute de 8 % pour l’année.

Le graphique ci-dessous montre les mises à l’arrêt de parcs sur ordre du réseau. Les arrêts visent en quasi-totalité les éoliennes (turquoise), par rapport au solaire (jaune).

La hausse des capacités de renouvelables entraîne une explosion des mises à l’arrêt. Eh oui : malgré les investissements dans les parcs d’éoliennes ou de panneaux, la consommation du courant des renouvelables fait du surplace.

Dans les médias, en revanche, les profiteurs de subventions au secteur demandent – bien sûr – le renforcement des mesures ; le groupe Octopus France, un courtier d’électricité, tire profit du programme : il fait partie des intermédiaires dans la vente de l’électricité des renouvelables et sans surprise, le patron d’Octopus prend la défense des renouvelables via des tribunes.

Selon lui, le pays a besoin de beaucoup plus d’électricité à l’avenir. L’opposition au secteur vient ainsi de réactionnaires. Il écrit dans Les Echos :

“[À] chaque réforme perçue comme progressiste, on retrouve invariablement le même procès, en trois chefs d’accusation : le changement conduirait au résultat inverse de celui espéré, serait inutile, ou nous mettrait en danger. Trois arguments, trois peurs dressées face aux transformations.”

Il avertit ainsi :

“Depuis quelques mois, ces trois barricades réactionnaires ont été dressées contre les énergies renouvelables (ENR).”

Les entreprises de renouvelables promettent une hausse de la demande de courant à l’avenir, comme solution aux excès de production. Elles évoquent en particulier le programme du « tout électrique ».

Le graphique ci-dessous montre les prévisions de 2021 du gouvernement pour l’évolution de la consommation d’énergies jusqu’en 2050. Il montre un déclin dans le gaz, les carburants à base de pétrole (gris), et dans le nucléaire (jaune). Les renouvelables (rayures) prennent plus d’importance au fil du temps.

Selon les projections de Terra Nova, un « think-tank » d’obédience socialiste, les coûts en subventions grimpent jusqu’en 2027, puis baissent par la suite (comme par hasard).

En revanche, la baisse des coûts des garanties et subventions dépend d’une hausse de la demande pour le courant des renouvelables. Or, les périodes de mise à l’arrêt grimpent avec les capacités de renouvelables.

La baisse en cours dans la consommation de courant montre les failles des prévisions sur les effets du « tout électrique ».

Le graphique ci-dessous de RTE montre la consommation du pays. Le déclin de l’industrie, et ainsi la chute de consommation, s’accroît depuis les confinements.

Le secteur des renouvelables dépend en réalité d’illusions de demandes et des subventions ou de garanties par les dirigeants politiques et bien sûr, les bénéficiaires du gâchis, comme le groupe Octopus, demandent encore plus d’aides pour des installations sans rapport avec la demande réelle.

Taxes anti-Shein, banques : protections via la régulation

Dans la mode aussi, des entreprises demandent des mesures aux dépens des consommateurs. Elles veulent des protections contre la concurrence, en particulier les importations depuis la Chine.

Un groupe français de vêtements, Pimkie, signe un partenariat avec Shein, l’appli de mode chinoise. Il cherche des opportunités de croissance, grâce à l’ampleur du réseau de l’appli.

Les concurrents dans le vêtement, en particulier Décathlon et Kiabi, font opposition au partenariat et annoncent des poursuites. L’association des entreprises du vêtement annonce même l’expulsion de Pimkie.

Les élus lancent aussi des tentatives d’interdiction de l’ouverture de magasins par Shein dans le pays. Le maire d’Angers, un ancien ministre de la Transition, affirme ceci par exemple :

“L’arrivée de Shein va à rebours de nos convictions. Je le dis avec force : nous continuerons à nous battre pour la vitalité du centre-ville et pour nos commerces.”

Les entreprises du vêtement veulent l’élimination de la concurrence des importations, source de pression sur les ventes et les marges.

Dans la finance aussi, des entreprises tirent profit de régulations pour se protéger contre la concurrence : le secteur des banques obtient ainsi une victoire, via le blocage de Apple, Meta, et d’autres groupes de technologies, pour la proposition de services et produits de finance.

L’Union Européenne annonce l’exclusion des géants de la tech du système FiDA de régulations sur la création de produits de finance.

Tout comme dans le vêtement, des entreprises cherchent des protections, aux dépens de l’offre de produits et du pouvoir d’achat.

Dans ce cadre, les politiciens créent des restrictions et distributions, au nom du climat, de la croissance, ou de la protection des consommateurs. Une poignée d’entreprises tirent alors profit des restrictions ou subventions, et demandent ainsi encore plus de mesures de la part de ces dirigeants politiques.

Quatre extraits sur l’importance des libertés, et du Libéralisme

Au lieu de vous proposer encore un dossier sur l’or ou les placements, j’ai décidé de changer d’approche : j’ai préparé un dossier spécial avec 4 extraits de la part d’auteurs du courant du Libéralisme. Ces 4 textes expliquent, selon moi, l’importance du Libéralisme, et la source de la richesse et de la prospérité dans la réalité.

Ils mettent en lumière les dégâts pour les niveaux de vie, et le bien-être de tous, en raison de restrictions des libertés, ou d’incitations à des entreprises ou secteurs.

Cliquez ici pour ce rapport, offert.

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Nicolas, 35 ans, ne touchera jamais sa retraite

Par : h16 — 28 mars 2025 à 09:00

Un article rédigé à 4 mains par Citronne et h16

Avec le mois qui se termine, Nicolas, 35 ans, marié avec deux enfants de 5 et 8 ans, examine sa feuille de paie. Les petites lignes se multiplient mais un montant le rassure : celui que lui et son patron ont cotisé pour sa retraite.

Nicolas imagine son avenir : il se voit couler bien tranquillement des jours heureux, dans une petite maison à la campagne ou pourquoi pas au bord de la mer. Fier d’avoir obtenu son diplôme d’ingénieur à 23 ans, en suivant la ligne toute tracée des “études supérieures” comme tous ses professeurs le lui avaient conseillé à l’école, il savait que s’il commençait à travailler une fois le diplôme obtenu, il pourrait s’en sortir pour partir vers 63 ans, comme ses parents avant lui, aujourd’hui heureux retraités de l’époque bénie des trente glorieuses.

Avec son salaire médian, Nicolas est ainsi prélevé de 290€ pendant que son patron verse quant à lui 430€. Avec 720€ tous les mois, Nicolas, qui doit encore travailler une trentaine d’années, se demande combien il va toucher.

Dans l’esprit simple de Nicolas, le calcul est simple : puisqu’on lui prélève autant tous les mois, il s’attend à retrouver ses 43 annuités soit, pour 43 années de 12 mois à 720€, 371 520 euros. Si la somme le laisse un peu songeur, c’est parce qu’elle paraît un peu courte.

Décidé à tirer toute la question au clair, Nicolas se lance fougueusement sur les intertubes.

Après quelques minutes de recherche, il comprend rapidement son erreur : c’est évident (et rassurant), il lui faut bien sûr tenir compte d’un rendement de toutes ces cotisations placées, pardi !

Pour Nicolas, qui a toujours bien écouté les informations pertinentes et suivi tous les conseils précieux que lui prodiguent les médias et son gouvernement, il ne fait pas le moindre doute que les retraites sont gérées au millimètre près par nos administrations au taquet et nos politiciens prévoyants.

Nicolas fait donc un calcul rapide, ou plutôt, utilise l’un de ces nombreux outils de simulations sur internet : avec une durée de cotisation de 43 ans, un versement mensuel de l’ordre de 720€ (c’est marqué sur sa feuille de paie), Nicolas opte pour un rendement de 4%. Ce chiffre n’est pas complètement hasardeux : il a utilisé les calculs du brillantissime économiste socialiste Thomas Piketty dans son “Capital au XXIe siècle” lorsqu’il explique dans un calcul qui n’a pas été remis en question depuis que le rendement pur du capital a, entre le XVIIIème et le XXIème siècle, « oscillé autour d’une valeur centrale de l’ordre de 4 à 5 % par an ».

Et ceci donne un capital de sortie de l’ordre de 950.000 euros : voilà qui est nettement plus confortable, et, cerise sur le gâteau, 4% d’intérêts sur cette somme donnent, tous les ans, un revenu qui remplace largement son salaire actuel. Vivement la retraite !

Malheureusement, la discussion enjouée qu’il aura à ce sujet avec sa femme quelques minutes plus tard tournera au vinaigre : la voilà qui lui soutient mordicus que ses précieuses cotisations ne sont pas du tout versées sur un solide petit compte épargne-retraite que l’État gèrerait bien comme il faut. Pis encore, elle lui explique que contre toute attente, il ne pourra certainement pas prendre sa retraite aussi tôt qu’il le souhaiterait ! En effet, l’époque bénie dont ont joui leurs parents respectif, eux qui ont pu prendre leur retraite à 61 ans, ni trop vieux, ni trop jeune, était possible est bel et bien terminée.

Nicolas retourne donc sur internet et tente d’y voir plus clair. Les clics s’enchaînent et la figure soucieuse du trentenaire fait place à une mine carrément déconfite : sapristi, sa femme a raison !

Non seulement, Nicolas ne cotise pas du tout pour sa retraite, mais en plus absolument rien n’indique qu’il aura le droit à quelque chose lorsque son heure sera venue. Oh, il y a bien sûr tout un paquet de « partenaires sociaux » prêts à jurer-cracher que dans 30 ans, l’État fera le nécessaire : c’est d’autant plus facile pour ces partenaires que, vu leur âge déjà bien avancés, ils seront tous largement enterrés dans ce laps de temps.

Réalisant que ces promesses n’engagent que ceux qui y croient, et qu’il y croit de moins en moins, Nicolas commence à paniquer.

Nerveux, il se lance dans un premier calcul pour vérifier son âge de départ à la retraite. En ayant commencé à travailler à 23 ans, il fait un premier décompte. Il aurait cotisé 48 trimestres. Bien, après un rapide coup d’œil sur le site officiel de la retraite, il constate qu’au vu de son année de naissance, il est nécessaire de cotiser 172 trimestres. Le calcul est rapide, et il n’est pas bon, Nicolas ! 172 – 48 = 124 trimestres, soit l’équivalent de 31 ans et un départ en retraite à 66 ans. Ceci, en admettant de continuer à travailler de manière continue et sans interruption.

Les promesses sont dures et Nicolas y croit de moins en moins.

Lisant rapidement les explications souvent confuses fournies par différents sites, il comprend néanmoins que les sommes considérables qui lui sont prélevées ne sont absolument pas abondées pour lui-même, mais aussitôt claquées pour éponger les retraites actuelles et que même ainsi, ça ne permet pas de couvrir tous les besoins, d’autant plus que Nicolas apprend, au détour d’un clic hasardeux, que les pensionnés actuels touchent beaucoup plus que ce qu’ils ont cotisé.

Pire : en parcourant d’autres sites qui détaillent différentes simulations, il lui apparaît clair que sa future retraite ne sera qu’une portion de plus en plus congrue (en pratique, à peu près la moitié) de son salaire actuel, et ce dans le meilleur des cas où il y a encore un système en place. L’hypothèse qu’il doive se passer complètement de toute retraite n’est même plus à écarter vu la gestion sous-optimale du bazar.

Pour Nicolas, c’est la douche froide : s’il ne compte que sur la pension officielle, il va au devant d’une jolie déconfiture.

Il va lui falloir trouver un moyen de compenser ce que l’État semble maintenant incapable de faire, c’est-à-dire s’occuper lui-même de sa propre retraite.

Autrement dit, en plus des 720€ qui sont prélevés et qui ne lui donneront le droit à rien de vraiment tangible ou d’assuré dans 30 ans, le trentenaire va devoir consacrer une partie de son épargne pour constituer sa retraite.

Nicolas sait qu’il peut mettre environ 400 euros par mois à cette fin en espérant qu’aucun accident majeur ne survienne. En retournant sur le simulateur, Nicolas se rend compte qu’il devrait parvenir, au bout de 30 ans et en tablant hardiment sur un rendement moyen de 7% (pas trop farfelu, le rendement moyen du CAC40, dividendes réinvestis, sur les dernières décennies tournant entre 8,8% et 9,9% selon le calcul) à rassembler un capital de 450.000 euros qui lui permettront tout juste d’assurer un niveau de revenu moyen.

Bien évidemment, s’il avait constitué son épargne intégralement pour lui-même, Nicolas s’en serait nettement mieux sorti et beaucoup plus sereinement.

En tripotant le simulateur, Nicolas se rend d’ailleurs compte que même pour un ouvrier qui resterait toute sa vie au SMIC, la capitalisation serait largement préférable à l’actuelle répartition : en tablant sur les 159 euros que représentent les charges réelles de retraites ponctionnées sur le salaire brut employeur de 1881 €, le modeste épargnant disposera, toujours en considérant le rendement moyen de 7% évoqué précédemment, d’un capital de 472.000 euros à la fin des 43 annuités. Autrement dit, l’ouvrier hypothétique de Nicolas aurait une meilleure retraite et pourrait même léguer son capital à ses enfants à son décès, ce que bien évidemment la répartition ne permet pas du tout.

Ce dimanche, un peu trop rempli en émotions financières, a épuisé Nicolas qui va devoir vraiment changer sa façon d’épargner. Il a compris que sa retraite de base, il peut faire une croix dessus…

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Sommet de l’IA à Paris : connivences dans le secteur de la tech

Par : h16 — 8 février 2025 à 10:00

Le gouvernement met en place un événement pour la promotion de startups à des investisseurs dans l’Intelligence Artificielle (IA) : depuis ce 6 février se tient en effet le « Sommet pour l’action sur l’IA » à Paris, et pour une semaine.

Le site de l’événement explique ainsi :

“Cette rencontre internationale rassemblera près d’une centaine de pays et plus d’un millier d’acteurs du secteur privé et de la société civile venus de tous les continents. Les acteurs invités sont issus d’horizons très différents et portent chacun un engagement et une contribution forte en faveur des objectifs poursuivis par le Sommet.”

Le continent a besoin en urgence de plus d’investissements dans le traitement de données et des algorithmes, affirment-ils :

“L’Europe peut et doit en effet fortement renforcer son positionnement sur l’IA et accélérer les investissements dans ce domaine, afin d’avoir une place de premier rang sur le sujet. Le Sommet sera l’occasion d’échanger sur ces enjeux afin de faire de l’Europe un lieu idéal pour former des talents, implanter des infrastructures, développer des modèles et les déployer massivement et investir dans l’IA.”

Cependant, les freins à l’investissement sur le continent viennent des politiciens, au travers de régulations, de taxes, et du coût du travail.

Le gouvernement crée un événement pour la promotion de startups, mais laisse de côté le problème des entreprises du pays : l’excès de lois et de taxes.

IA : sauveteur de la French Tech

L’IA sauve la mise pour la French Tech !

En effet, selon l’incubateur 20VC, les startups touchent moins de fonds en 2024, par rapport à l’année d’avant, sauf dans le secteur de l’IA. Comme vous le voyez ci-dessous, les levées de startups dans l’IA (en jaune) grimpent de 82 % sur un an, et comptent pour 27 % des montants d’investissement. Les levées pour le restant des startups (bleu) atteignent 5,2 milliards d’euros en 2024, en baisse de 11 % sur un an.

Le gouvernement veut plus de levées par les startups, une preuve – selon nos dirigeants – de l’efficacité des politiques de croissance.

IA : une course à coup de centaines de milliards

Aux États-Unis, Donald Trump annonce des investissements de 500 milliards de dollars, dans les algorithmes et le traitement de donnés, au cours d’une cérémonie de lancement avec Masayoshi San, l’un des hommes les plus riches du Japon, avec Larry Ellison, le fondateur milliardaire du groupe Oracle, et Sam Altman, le co-fondateur d’OpenAI, la société créatrice de ChatGPT.

Les projets viennent d’investisseurs et d’entreprises.

En revanche, ils arrivent peu de temps après des programmes comme le CHIPS Act et l’Inflation Reduction Act, des subventions à la construction d’usines et à l’investissement dans le pays. Ils tirent ainsi en partie profit des incitations du gouvernement américain sous M. Biden.

Même sans Stargate, les dépenses sur les algorithmes et centres de données atteignent plus de 200 milliards de dollars par an, pour seulement 4 entreprises de la tech – Microsoft, Meta, Amazon, et Alphabet.

Le graphique ci-dessous de Visual Capitalist montre les dépenses de la part des quatre géants, de janvier à août 2024. Le gros des budgets va aux semi-conducteurs et salles serveurs (en vert). Les coûts de fonctionnement (en bleu) comptent pour une fraction des dépenses.

Malgré tant de dépenses, les investisseurs attendent des preuves de rentabilité. Par exemple, ChatGPT perd environ 5 milliards de dollars en 2024, selon les estimations, pour des revenus (en hausse ferme, cependant) de 3,7 milliards de dollars.

Mistral AI : danger des pertes et de la concurrence

La levée de fonds de Mistral AI de 600 millions d’euros en juin lui donne la valorisation la plus élevée du continent pour une startup de l’IA, à 5,8 milliards d’euros. Pourtant, selon le blog spécialisé Sifted, les ventes atteignent de l’ordre de 30 millions d’euros en 2024 !

La taille de la dernière levée suggère des pertes d’environ 10 fois le revenu annuel.

En plus, dans les classements de performance, Mistral arrive en général en fin des classements. Le graphique ci-dessous de Data Phoenix montre la comparaison de performances entre les modèles d’algorithmes, selon différents indices de performance. Il montre la version précédente de DeepSeek (bleu à rayures), ChatGPT-4 (rose), Gemini de Google (turquoise), Claude-3 de Anthropic (beige), Llama-3 de Meta (gris), et Codestral de Mistral AI (saumon).

Les indices de comparaison – comme HumanEval ou MBPP+ – consistent, en gros, dans le taux de succès pour résoudre des problèmes de maths, ou concevoir des logiciels en suivant des directions écrites. Le moteur français arrive en queue du peloton.

Avec le Sommet de l’action sur l’IA, le gouvernement fait la promotion de startups chez des investisseurs. Il laisse cependant en place les régulations, et prépare même des hausses de taxes en raison des déficits budgétaires gouvernementaux.

En réalité, le gouvernement crée des freins à l’innovation et à la rentabilité, malgré l’organisation d’événements comme le Sommet pour l’action dans l’IA.

Comme l’expliquait récemment H16 au sujet de la régulation :

“De façon intéressante, pendant que la France semble décidée à ne surtout pas prendre conscience du problème – ou, plus exactement, à le minimiser jusqu’à le rendre superflu – l’Union européenne, de son côté, semble comprendre que ces avalanches de lois handicapantes finissent par nuire durablement aux entreprises et donc, à la fin et surtout, à la capacité des bureaucrates de conserver leur train de vie, à tel point qu’une réflexion a été lancée pour essayer de défricher un peu tout ça.”

Au lieu d’un allègement du poids du gouvernement et des régulations – la cause de la stagnation – le gouvernement fait la promotion de startups chez des investisseurs, et distribue des fonds à la French Tech.

Sans surprise, le Sommet de l’action sur l’IA crée donc une opportunité pour le capitalisme de connivence et non pour la création de valeur via la technologie.

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Je vous enverrai gratuitement une poignée de nos idées de placements pour vous protéger – voire – profiter des déboires de la devise, et la dégradation de l’économie par les dirigeants.

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Dette française : l’épineux problème des retraites

Par : h16 — 11 septembre 2024 à 09:00

Michel Barnier vient d’arriver et avec tout le brio d’un teckel neurasthénique, forme son nouveau gouvernement qui saura, on n’en doute pas, relever les défis qui l’attendent. Parmi ceux-là, l’établissement d’un budget vaguement crédible.

Eh oui, il va falloir trouver “un pognon de fou”.

Bien sûr, la voie choisie consistera à augmenter les impôts (parce que pourquoi pas, après tout, ces cochons de riches – lire “classes moyennes” – pourront bien payer et l’intendance suivra, hein). L’alternative, bien trop libérale au goût d’un Barnier résolument socialoïde, consisterait pourtant à couper dans les dépenses les plus lourdes de l’État.

Une idée évidente consisterait en l’arrêt de la distribution de pognon gratuit des autres sous forme de subventions (à toutes les associations, à toutes les entreprises, tous les bidules que l’État encourage en pure perte), en accompagnant cet arrêt de saupoudrage par l’arrêt des ponctions correspondantes : l’argent distribué n’ayant jamais été que prélevé ailleurs auparavant, la disparition complète du prélèvement et de la distribution ferait économiser des sommes folles à l’État rien qu’en frais de fonctionnement, et ferait réapparaître des dizaines de milliards dans les poches des Français et des entreprises précédemment ponctionnées.

Pour donner un ordre d’idée, les subventions aux entreprises se montent (selon différents calculs) entre 92 et 260 milliards d’euros, le chiffre de 140 milliards étant généralement utilisé. Pour les associations de tout crin, on parle d’un montant oscillant autour de 23 milliards d’euros. Au total, ce serait donc au moins 160 milliards qui resteraient dans les poches des Français.

Le coup de fouet économique engendré serait biblique, mais il est absolument garanti que cette solution est politiquement impraticable dans la France actuelle.

Par ailleurs, les dettes publiques étant des promesses auprès du reste du monde qu’il serait particulièrement hasardeux de répudier, l’autre volant de réduction possible serait aménageable dans les redistributions sociales dont la promesse n’est, elle, que politique et qui n’engage que ceux qui y croient.

Après tout, la société française pourrait fort bien décider (au travers de politiciens courageux – ne cherchez pas, ça n’existe plus malheureusement) de réajuster le train de vie que l’État octroie à certaines populations avec les moyens financiers réels de la nation, et non plus en se basant sur un transfert vers les générations futures au travers de la dette… Autrement dit, arrêter de transformer des promesses politiques (généralement creuses ou pleines de filouteries) en promesses financières qui ne provoquent pas les mêmes problèmes en cas de dédit.

Très concrètement, cela revient à baisser la redistribution des retraites dont le financement actuel est justement sujet à ce genre de transfert : comme il devient difficile (pour ne pas dire impossible) de boucler les budgets gouvernementaux compte tenu du niveau actuel des pensions versées, l’État crée de la dette qui devra être remboursée par les générations futures. En fait, ces dernières auront mathématiquement une retraite plus lointaine et moins cossue afin de garantir les promesses politiques basées sur des modèles et des espérances de croissances de plus en plus fantaisistes.

La mesure, bien que d’autant plus impopulaire qu’elle constitue un motif pavlovien de grève et de manifestation de tout ce que le pays comprend de gauchistes, est pourtant à la fois la plus efficace et la plus réaliste pour retrouver des marges de manœuvre budgétaires : même avec des changements modestes dans les versements de ces pensions, les impacts seraient modérés sur les individus mais importants sur les finances publiques.

Cette dernière affirmation n’est pas gratuite.

Elle est en réalité étayée par la plupart des éléments économiques et financiers dont on dispose assez largement et dont, sans surprise, la presse ne fait qu’assez peu de cas tant il est devenu tabou d’expliquer que les générations salariées actuelles payent pour les pensions un tribut maintenant trop lourd. Oui, la génération des boomers coûte maintenant trop cher et on arrive actuellement au bout de ce qu’il est possible de faire supporter aux générations suivantes.

D’une part, la population concernée est de 17 millions d’individus et ne cesse de croître à un rythme plus marqué que celui des cotisants comme le montre assez clairement le graphique suivant (de l’INSEE) :

D’autre part, et comme le détaille les rapports de la DREES, les personnes retraitées sont sous-représentées parmi les Français ayant le niveau de vie le plus bas. Ainsi, le taux de pauvreté des retraités est nettement plus faible que celui de l’ensemble de la population à 8,7 % contre 14,6 % en 2019.

En 2019, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux de l’Insee, le niveau de vie médian des retraités vivant en France métropolitaine dans un logement ordinaire (hors institution) s’élève à 1900 euros par mois et est supérieur de 3,3% au niveau de vie médian de l’ensemble de la population, qui est de 1840 euros par mois. En outre, si l’on tient compte du fait que beaucoup de retraités sont propriétaires de leur logement, leur niveau de vie médian s’élève alors à 2 310 euros par mois. Il est supérieur de 9,5% au niveau de vie médian de l’ensemble de la population qui est de 2110 euros par mois (toujours en tenant compte du fait d’être propriétaire).

Par décile, la répartition des niveaux de vie est fort intéressante et permet de bien visualiser comment se répartissent les retraités. On note ainsi que les déciles à partir du quatrième (D4) offrent tous un niveau de vie moyen supérieur ou égal au niveau de vie moyen de la population générale (1837€).

À titre d’illustration, une baisse de 10% des pensions versées dans les déciles de 4 à 10 (soit les 9,7 millions de retraités les plus aisés) permet d’économiser plus de 30 milliards d’euros par an ; de la même façon, une baisse de 20% sur les pensions versées dans les déciles de 6 à 10 (soit les 6,4 millions de retraités les plus aisés) permettrait d’économiser plus de 47 milliards d’euros par an…

Bien évidemment, entre de nouvelles ponctions fiscales – difficile alors que le pays est perclus d’impôts comme jamais et que les Français le savent – et la diminution des prestations sociales (dont les retraites font partie et ne constituent qu’une des pistes possibles), le choix du gouvernement sera cornélien qui devra équilibrer le nombre d’individus impactés et la pénibilité (réelle et ressentie) de l’action.

Certes, les électeurs de Macron sont largement puisés dans le réservoir des retraités, mais d’une part, le mur de dettes est maintenant impossible à éviter et d’autre part, Macron ne peut espérer un troisième mandat ce qui rend ce stock d’électeurs sans intérêt pour lui. La douloureuse facture pourrait donc s’abattre sur ces derniers avec d’autant plus de désinvolture qu’en réalité, le pouvoir en place n’a cure ni de ces retraités, ni des autres Français à partir du moment où son avenir personnel est menacé.

Enfin, ce billet ne pourrait être complet sans rappeler que ces calculs, arguties et prises de têtes sur la retraite (et les pistes d’économies possibles) ainsi que l’espèce ce guerre intergénérationnelle qu’ils entraînent ne se seraient jamais produits si le système de répartition avait été convenablement remplacé par un système de retraite par capitalisation individuel qui est toujours bien meilleur que l’actuel, véritable vol pur et simple des classes les plus modestes.

Cependant, ne nous leurrons pas : les coupes nécessaires n’auront pas lieu, ni dans les retraites, ni ailleurs.

Et plutôt que d’augmenter la richesse en diminuant l’intervention de l’État, on peut parier que ses représentants choisiront l’accroissement de cette intervention afin de garantir l’égale répartition de la misère, bien plus politiquement vendable.

Et c’est exactement ce que nous aurons.

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Hydrogène : une industrie de connivence

Par : h16 — 18 mai 2024 à 10:00

Un article de Henry Bonner

Malgré des progrès, l’industrie de l’hydrogène ne parvient pas à satisfaire les attentes.

Ainsi, le distributeur d’énergie Engie recule par exemple à 2035 l’objectif de production de 4GW d’hydrogène sans émissions de carbone, au lieu de 2030. Selon la directrice du groupe, « la mise en place des bonnes conditions pour l’investissement dans l’hydrogène vert progresse plus lentement que nous le voudrions ».

Dans une étude sur le secteur, Engie exprime le besoin de plus de soutien aux renouvelables et aux technologies comme l’hydrogène. En effet, ces investissements dépendent des soutiens de la part des gouvernements.

Engie a déjà engagé des milliards d’euros d’investissements dans les projets de renouvelables, dans l’hydrogène, les batteries, ou d’autres. Le graphique ci-dessous, provenant d’Engie, montre leurs projets d’hydrogène actuellement en préparation :

Le journal Les Echos donne des détails des investissements d’Engie dans les renouvelables et dans la lutte contre les émissions de carbone, dont fait par exemple partie l’hydrogène :

“L’enveloppe globale consacrée aux investissements [chez Engie] va augmenter de 50 % sur la période 2023-2025, par rapport à la période 2021-2023. Ceux servant à financer la croissance atteindront 22 à 25 milliards d’euros dans les trois prochaines années, dont 70 % seront consacrés aux renouvelables et aux solutions de décarbonation proposées aux clients du groupe.”

Sans le soutien de quotas et des subventions pour l’hydrogène, comme pour les renouvelables, Engie risque des pertes de milliards d’euros sur les investissements dans ces projets.

Les écologistes contre l’hydrogène

Pourtant, l’hydrogène attire les critiques… de la part d’écologistes, évidemment. Ils veulent en effet non pas le remplacement des carburants de moteurs avec de l’hydrogène, mais une baisse de toutes les consommations dans toutes les énergies. En fait, ils veulent des restrictions sur les déplacements et les transports de biens.

Selon le journal Reporterre, l’industrie de l’énergie soutient la conversion à l’hydrogène, en alternative aux restrictions sur la consommation. En théorie, l’hydrogène fournit une alternative aux carburants pour les véhicules, les avions, et les navires et le journal met en avant les dépenses de l’industrie dans l’hydrogène, des sociétés comme Engie, pour le lobbying et les campagnes d’influence sur les politiciens. Pour Reporterre, l’industrie protège ainsi les consommateurs d’énergies contre les normes et les quotas.

Le graphique ci-dessous montre la comparaison dans l’Union européenne avec l’industrie de la tech et la finance. Les dépenses en lobbying de l’industrie de l’hydrogène atteignent 75 millions d’euros en 2023, contre 43 millions pour la tech, et 38 millions pour la finance.

Reporterre se fend du commentaire suivant : “L’engouement mondial autour de l’hydrogène est dopé par le lobbying massif de l’industrie des énergies fossiles. Objectif : nous rendre encore plus dépendants d’elle.”

Selon le journal, les producteurs d’hydrogène proposent ainsi une alternative aux restrictions contre la consommation d’énergies :

“L’hydrogène « vert », c’est-à-dire produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables, peut à la fois servir à stocker de l’énergie (un enjeu essentiel pour compenser l’intermittence de la production électrique des éoliennes et panneaux photovoltaïques), à fabriquer des carburants décarbonés et, surtout, à remplacer les énergies fossiles dans des secteurs industriels difficiles à décarboner autrement, comme la sidérurgie et de vastes pans de l’industrie chimique.”

Or, pour le journal, les promesses du secteur de l’hydrogène énergétique déçoivent les attentes :

“Ces derniers mois, pourtant, plusieurs analyses majeures se sont montrées assez pessimistes, voire carrément alarmistes quant à nos capacités à déployer l’hydrogène vert dans les temps impartis pour tenir nos objectifs climatiques.”

Le graphique ci-dessous montre le manque de projets en cours dans l’hydrogène, par rapport aux prévisions des dirigeants pour le secteur.

Le directeur de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, fait le même genre de constat sur l’hydrogène : “Reconnaissons que nous n’en sommes qu’au stade embryonnaire et cessons de parler de 10, 20 millions de tonnes”, dit-il dans un discours récent, en relation aux objectifs de l’Union européenne pour l’hydrogène.

En effet, le secteur produit en réalité peu d’énergies pour le moment.

Des restrictions en soutien aux bénéfices

En réalité, l’industrie de l’hydrogène – comme celle des renouvelables ou des batteries – dépend avant tout de la création de normes et de restrictions arbitraires contre les émissions de carbone. L’industrie de l’hydrogène requiert en fait plus de restrictions à l’avenir sur la consommation de carburants à base de pétrole. Les efforts de lobbying servent donc non pas à éliminer des règles pesantes – comme l’affirme Reporterre – mais à la création d’encore plus normes et de quotas… au profit de l’hydrogène.

En effet, les coûts de production de l’hydrogène – à base de renouvelable – dépassent de loin le coût du gaz naturel, par exemple.

Selon les estimations, les coûts de production de l’hydrogène via de l’électricité issue de renouvelables arrivent à 32 $ le MMBtu (une unité d’énergie), au minimum. En comparaison, le gaz naturel coûte 1,60 $ le MMBtu, sur l’indice américain. Il coûte 9,6 $ le MMBtu à l’indice d’Amsterdam. D’autres, comme la Manhattan Institute, placent le coût de l’hydrogène à base de renouvelables à 59 $ le MMBtu.

De plus, la transformation d’électricité en hydrogène aboutit à une perte d’énergie d’environ 50 % entre les pertes dans la production, le stockage, le convoyage puis l’utilisation comme carburant. Le graphique ci-dessous montre la comparaison à d’autres formes d’énergies, en termes de retour sur les besoins d’énergie dans la production.

Ainsi, le nucléaire produit 75 fois plus d’énergie que ce qui a été nécessaire pour s’en procurer (minage d’uranium, raffinement, enrichissement, construction de centrales, etc). Le charbon, lui, génère un retour de 30 fois sa consommation d’énergie pour l’exploiter. Le gaz naturel génère 28 fois la consommation d’énergie dans l’extraction, puis la transformation en électricité.

En face, la production d’hydrogène par des renouvelables revient en fait à une perte d’énergie pour environ la moitié de la consommation d’électricité. En somme, les efforts de l’industrie de l’hydrogène visent non un assouplissement des règles mais à plus de restrictions sur la consommation d’autres formes d’énergies. Et c’est logique : pour prospérer, l’industrie de l’hydrogène dépend d’une lutte active contre le pétrole, le gaz, et le charbon…

Ainsi, les sociétés d’énergies comme Engie cherchent – comme les auteurs chez Reporterre – des restrictions sur la consommation d’énergie, ici au profit de l’hydrogène. Pour ces sociétés, c’est une garantie de revenus (via les ventes d’hydrogène à l’industrie ou aux consommateurs) au nom de la protection du climat.

En pratique, la demande d’énergie grimpe sans ralentissement depuis des décennies, à travers le monde (voir graphique ci-dessous). L’avis des écologistes change peu de choses au global.

Les sociétés comme Engie voient dans l’hydrogène une source de rente grâce à systèmes de quotas et de subventions. Comme les écologistes, elles veulent plus de quotas sur les émissions de carbone, et sur l’utilisation d’énergie.

Suivez-moi gratuitement pour des idées d’investissement à contre-courant : je vous enverrai gratuitement une poignée de nos idées de placements. Tout d’abord, vous verrez le métal que nous recommandons d’acheter, un concurrent à l’or et l’argent. De plus, je vous enverrai le détail d’un secteur où nous voyons des opportunités en ce moment.

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Faillite d’Atos : échec de la connivence

Par : h16 — 10 février 2024 à 10:00

Un article de Henry Bonner

La dégringolade en Bourse d’Atos, à présent en procédure de renégociation de sa dette avec ses créanciers, attire l’attention ; son action baisse en bourse de 95 % sur les cinq dernières années en raison des déceptions sur les revenus et bénéfices.

Cette chute entraîne bien de l’embarras dans les milieux du pouvoir, notamment parce que Thierry Breton, à présent Commissaire de l’Union européenne et à ce titre, un des directeurs des politiques de l’Union, fait partie des raisons de la débâcle : en effet, il prend les rênes d’Atos en 2009 et jusqu’en 2019.

La dette à long-terme (qui cause à présent le danger de faillite) passe alors de 416 millions d’euros en 2013 à 2,6 milliards à présent. La part de la dette qui arrive à maturité dans les 12 prochains mois augmente, de 106 millions d’euros en 2013, à 2,9 milliards d’euros aux chiffres de décembre 2022. Selon les actualités, la société doit plus de 3 milliards d’euros de dette à maturité à fin 2025.

En plus de la dette, l’entreprise subit des pertes de fonds en trésorerie, à hauteur de plus d’un milliard d’euros en 2023.

Le groupe génère, en théorie, de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros d’excédent par an, une fraction de la dette, même sans prendre en compte le risque de dépenses élevées pour une réorganisation de l’entreprise.

De plus, les ventes baissent, en particulier en Amérique du Nord. En dollar, elles reculent ainsi de 20 % sur un an.

La société fait concurrence à des géants comme Amazon et Google dans le domaine du cloud. Selon les infos, elle a aussi des activités en lien à la cybersécurité du gouvernement.

La perte d’Atos – en cas de vente des activités à la casse par exemple – crée une perte d’emprise des dirigeants sur le monde de l’informatique.

Sans surprise, le gouvernement français entre dans la partie : il met en avant l’idée d’un rachat d’une partie des activités d’Atos par Airbus, une entreprise de l’entourage des dirigeants.

Les Echos rapportent ainsi :

“Depuis janvier, l’avionneur franco-allemand Airbus est officiellement sur les rangs pour reprendre BDS [la partie des activités dans le cloud et la cybersécurité], avec une offre correspondant à une valeur d’entreprise comprise entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros … Selon nos informations, l’option Airbus aurait les faveurs de Bercy parce que les activités seraient plus complémentaires et permettraient de développer l’avionneur dans les jumeaux numériques.”

Le gouvernement veut le maintien des activités d’informatique à l’intérieur du pays, sous le contrôle des dirigeants :

“En tout cas, Bruno Le Maire semble sous-entendre qu’il compte dissuader tout repreneur étranger de mettre la main sur cet actif sensible. Cela pourrait-il passer par une nationalisation, comme le proposaient des parlementaires il y a encore quelques mois ? Des offres par des groupes étrangers auraient été découragées, selon nos informations…”

Capitalisme de connivence

Le gouvernement préfère le maintien du contrôle sur les activités dans l’économie, et trouve en général des prétextes à des sauvetages, ou des subventions. L’Union européenne crée – par exemple – des barrières aux échanges afin, selon elle, de protéger l’industrie des renouvelables. Les dirigeants protègent le citoyen de la concurrence !

Selon Montel News,

“Les gouvernements nationaux devront tenir compte des critères non liés au prix dans leurs appels d’offres d’énergies renouvelables, selon un projet de loi sur l’industrie à zéro émission nette (NZIA) approuvé par les représentants de l’UE mardi en fin de journée…

Les gouvernements devront tenir compte de ces critères pour au moins 30% de volumes appelés, ou pour jusqu’à 6 GW/an, a déclaré le Parlement européen…”

Comme avec Atos, les dirigeants veulent le maintien du contrôle sur une industrie, et mettent en place des blocages au fonctionnement du marché – contre la concurrence.

Commodément, un livre sort actuellement en librairies, en soutien à la participation de gouvernements dans le marché. L’auteur, Naomi Oreskes, professeur à l’université de Harvard, veut plus de régulations, et de barrières à la création d’entreprise.

Elle fait une interview pour FranceTVInfo, en promotion du livre, Le Grand Mythe : comment les industriels nous ont appris à détester l’État et à vénérer le libre marché.

Elle évoque par exemple les causes – selon elle – de la crise de 2008 : bien sûr, c’est le manque de régulation !

Elle explique même :

“Alors la déréglementation financière va démanteler des mesures qui avaient été mises en place en termes bancaires après la Grande Dépression. Ça, ça va être complètement démantelé et comme par hasard, en 2008, une grande crise financière arrive. Et nombreux sont les économistes qui pensent que s’il y a eu cette crise en 2008, c’est probablement parce qu’on a eu ces garde-fous qui ont été supprimés à ce moment-là.”

Les marchés, en général, ajustent l’offre et la demande via le mécanisme des prix. En revanche, ils peuvent aussi provoquer des échecs pour les dirigeants, comme la faillite d’Atos, ou l’éclatement de la bulle de l’immobilier en 2008 – le résultat d’années de stimulation des crédits pour l’achat de logements par les banques centrales, et le gouvernement américain.

Les marchés évaluent la valeur des actifs, comme l’immobilier, selon la réalité de l’offre et de la demande. Ils mènent aussi à la faillite d’entreprises, dont l’échec des favoris du gouvernement – comme Atos.

L’opposition au mécanisme de marché provient non d’une préoccupation pour le bien du citoyen contre la menace de la concurrence – mais d’une volonté de contrôle par les dirigeants. Elle fait partie du capitalisme de connivence, c’est-à-dire le transfert de la richesse d’un pays vers une poignée de gens aux commandes, sous couvert de capitalisme.

Dans mes écrits réguliers, je partage des idées de placements – pour la recherche de gains et la protection de notre patrimoine. Nous évitons les renouvelables, l’hydrogène, et, justement, les entreprises comme Atos ou Airbus. Vous pouvez me suivre gratuitement en vous inscrivant ici.

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Le broyage des jeunes générations

Par : h16 — 11 octobre 2023 à 09:00

Tu es jeune, tu es Français et tu es plein d’énergie, d’optimisme et de détermination ? Tant mieux, il t’en faudra vraiment beaucoup car grâce au gouvernement actuel, tu seras consciencieusement broyé !

Comment, tu trouves le constat abrupt ? Tu penses que tout ceci est très exagéré ?

Cependant, force est de constater que, si tu rentres dans la vie active, tu vas devoir composer avec quelques petites difficultés qui sont bien franco-françaises.

Ainsi, tu es dans le pays le plus décarboné du monde, et celui dont l’électricité est, normalement, l’une des moins chères car produite en grande partie par une infrastructure nucléaire qui a amplement démontré sa productivité et sa fiabilité. Mais malgré cela, tu devras payer ton électricité (et toutes tes énergies) fort cher : taxes à gogo, distorsions massives du marché de l’électricité au profit de margoulins, de capitalistes de connivence et d’autres pays européens, choix géopolitiques débiles, tout a été fait pour que soit hors de prix cette énergie dont tu as tant besoin pour te lancer dans tes nombreux projets et pour alimenter tes idées.

Oh, bien sûr, il y a bien quelques tentatives timides du gouvernement actuel pour endiguer le problème mais après plusieurs années de n’importe quoi et d’atermoiements, on comprend qu’il ne s’agit que de théâtre et qu’il n’y aura rien de concret avant des mois, des années peut-être.

Ainsi, tu es dans un pays riche de son patrimoine immobilier, de ses villes aux réseaux d’électricité, d’égouts, de voirie bien agencées. Las : pendant que les mairies socialistes, écologistes ou simplement idiotes se battent pour saboter ces infrastructures, la quantité de biens disponibles à la location s’évapore à coup de législations de plus en plus délirantes. À Rennes par exemple, l’offre de location s’effondre de 42%, et de plus de 36% à Paris. Il faut dire que le gouvernement a tout fait pour aboutir à ce flamboyant résultat avec sa lutte imbécile contre les passoires thermiques.

Oh, bien sûr, il tente maintenant un piteux rétropédalage mais, engoncé qu’il est dans son dogme écolo-hystérique, il va lui falloir du temps – beaucoup trop – pour effectivement annuler complètement ses lois destructrices et ses décrets de crétins.

Ainsi, tu bénéficies d’un pays qui dispose de nombreuses écoles, de nombreuses universités, d’un bataillon conséquent d’enseignants et d’une culture riche et reconnue de par le monde. Mais de choix éducatifs désastreux (méthodes de lectures idiotes, dogmes éducatifs dépassés) en abandon des masses enseignantes à des syndicats collectivistes arc-boutés sur un immobilisme de mammouth formolisé, en passant par la manie nécrosante d’un centralisme totalitaire, tu as bien du mal à lire, écrire et compter correctement.

Oh, bien sûr, le gouvernement niera purement et simplement ces problèmes et te filera, entre des cours de poterie et de macramé, quelques notions d’empathie et pourquoi pas, une visite à un atelier “Godes en plasticine” dans le cadre de la nouvelle éducation sexuelle. Pour les matières solides, qui débouchent sur du concret et de l’opérationnel, tu devras te débrouiller autrement.

Ainsi et si tu parviens à l’université entre deux cours de pâte-à-sel inclusive et d’éco-sensibilisation au tri des déchets, tu pourras goûter à la joie d’une université à portée de bourse, mais compte-tenu du coût de la vie (celle qui t’attend et que 3000 milliards de dettes vont légèrement alourdir), tu devras probablement improviser quelque peu pour tes contingences quotidiennes : profitant des effets de bords de tout socialisme lorsqu’il se déploie, tu goûteras à la joie des queues interminables et du temps perdu pour des médicaments, ou pour des repas.

Mais comme tu es plein d’énergie, d’une farouche volonté d’affronter les petites difficultés de la vie, d’un courage d’airain et d’une solide formation, rien de tout cela ne t’effraiera.

Oh, bien sûr, la désindustrialisation galopante du pays (avec l’explosion du chômage chez les chefs d’entreprise) te donnera un peu de fil à retordre, d’autant qu’avec les efforts subtils du gouvernement pour pousser l’économie verte à coup d’argent gratuit des autres, certains effets de bords commencent à devenir gênants. Si, comme on te l’avait lourdement conseillé pendant tout ton enseignement, tu as tout misé sur les renouvelables, les miroirs magiques et le moulins à vent, tu auras peut-être une reconversion rapide à envisager, alors que les hausses d’intérêts entraînent une chute de 20% de ce secteur et que les projets d’implantation suscitent de plus en plus rejets. Pour le coup, il aurait peut-être mieux valu être Chinois.

Mais moyennant une implication de tous les jours, une abnégation complète et de solides efforts (qui n’en ferait pas pour un si beau pays plein d’avenir ?), toi aussi tu auras droit à quelques joies de vivre – les petites vicissitudes de la vie seront de toutes façon couvertes (ou presque) par cette sécurité sociale que le monde nous envie – et à la fin, tu auras droit à une bonne retraite, bâtie sur les solides entrées d’argent que le gouvernement voudra bien laisser aux organismes paritaires obligatoires.

Magie de la retraite par répartition assise sur des naissances qui s’effondrent, tu bénéficieras alors d’une pension minuscule pour les efforts croissants de toute une vie et ce, même si en réalité, tu es largement favorable à la capitalisation (qui t’aurait de toute façon largement rapporté beaucoup plus, mais c’est interdit dans un pays socialiste, alors oublie).

Bref, ce sera le bonheur…

Ah, finalement, tout bien considéré, qu’il fait bon être jeune en France !

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Quand le méchant capitalisme enrichit les salariés

Par : h16 — 20 février 2023 à 09:00

Décidément, il ne fait pas bon en France être salarié de grandes entreprises capitalistes : comme tous les syndicalistes, les collectivistes et les fines épées de la NUPES le répètent, ces groupes ne sont que les repaires de patrons exploiteurs et y travailler revient à s’asservir à des cadences infernales pour des salaires de misère. L’horreur, quasiment la lutte des classes !

Et puis dans le monde réel, on apprend que certaines entreprises distribuent des primes exceptionnelles à leurs salariés : c’est en tout cas ce que va faire Hermès, l’entreprise de luxe française, qui accorde ainsi – toute honte bue – une prime de 4000 euros à tous ses salariés suite à une année 2022 particulièrement bonne.

Ici, on doit clairement soupçonner une manœuvre particulièrement méchante du patronat pour faire croire qu’une entreprise qui engrange des bénéfices pourrait en distribuer une partie à ses salariés, ce qui est évidemment un mensonge antimarxiste éhonté et qui doit donc être combattu avec la plus grande fermeté. Nous attendrons donc que les fact-checkers fassent leur travail de débusquage de l’évidente combine louche que cache cette distribution d’argent qui ne peut être honnête puisqu’elle ne vient pas de l’État, enfin voyons !

Cependant, il y a pire : et comme dans ce monde il n’y a pas de coïncidences mais seulement des complots ourdis de mains de maître, on doit immédiatement considérer que le cartel des Capitalistes à Haut de Forme Mangeurs d’Enfants Communistes a encore frappé puisqu’on apprend aussi, éberlué, que les salariés de la Redoute vont eux aussi encaisser un très solide chèque cette année.

Pas de doute, ces salauds de capitalistes veulent semer la richesse et la confusion dans les rangs du salariat ! C’est immonde !

En effet, en 2014 et alors que l’entreprise de distribution montrait de grandes difficultés à surmonter la crise qui s’emparait alors de ce secteur, un millier de ses salariés avaient accepté d’investir dans la relance de leur entreprise, au moment de la vente par son propriétaire d’alors, Kering, à deux de ses dirigeants (Éric Courteille et Nathalie Balla). L’investissement minimum de l’époque était de l’ordre d’une centaine d’euros, mais avec le capital ainsi levé auprès des salariés, l’entreprise a pu se redresser au point que sa valeur actuelle dépasse maintenant le milliard d’euros : à présent rachetée par les Galeries Lafayette en décembre dernier, c’est une jolie culbute financière qui attend ceux qui ont participé à la première levée de fonds puisqu’ils vont se partager 100 millions d’euros, soit autour de 100.000 euros chacun en moyenne en fonction de la mise de départ.

Pour une mise modeste, voilà qui est réjouissant un enrichissement scandaleux d’actionnaire sur le dos des salariés et qui mérite immédiatement une nouvelle loi ou, au moins, une furieuse taxe pour calmer tout ce petit monde de capitalistes débridés, ne trouvez-vous pas ?

En pratique, ces deux petites nouvelles réconfortantes montrent plusieurs choses.

D’une part, lorsque les individus sont directement confrontés à des choix d’investissement dans des domaines où ils participent directement, leurs choix ne sont pas forcément les moins éclairés : eh oui, si, de façon évidente, tout le monde ne peut pas s’improviser gestionnaire de fonds, tout le monde peut, de temps en temps, mettre une petite somme d’argent (ici, on parle de 100€) dans l’une ou l’autre entreprise dont on connaît les performances, la structure, les perspectives et les produits.

On s’étonne que ce qui semble assez pratique et simple dans ce cas là soit refusé, poings fermés, par une grande partie des salariés lorsqu’il s’agit de se constituer un patrimoine de retraite et ce malgré les évidences déjà rappelées dans ces colonnes : la capitalisation bat systématiquement la répartition et permet de partir en retraite ou plus tôt, ou avec une meilleure pension, ou les deux que ce que permet un système par répartition à bout de souffle et sujet au petit théâtre pathétique parlementaire, à toutes les bidouilles gouvernementales et à tous les jeux de pouvoirs malsains auxquels on assiste actuellement.

Ceci montre aussi l’absolue nécessité de la création de richesse, qu’elle soit au travers de chaînes de distribution comme la Redoute ou par le luxe comme Hermès, et dans tant d’autres domaines : cette richesse aboutit effectivement à de la redistribution quantifiable au niveau des salariés, c’est-à-dire tout l’inverse de la redistribution étatique faite de coupons, de tickets et autres chèques-bidules et aides-machins dont l’aspect symbolique n’échappe plus qu’aux élites complètement coupées de la réalité. L’État, incapable de créer de la richesse, ne redistribue jamais que l’argent pillé à droite ou à gauche, ce qui se traduit surtout par une égale répartition de la misère.

Plus à propos, cela montre surtout que sans cette création richesse, il n’y a tout simplement rien à redistribuer ensuite. C’est bête d’évidence mais l’écrire et le répéter semble nécessaire tant les gouvernements qui se succèdent ne distribuent essentiellement que de la dette, accumulée maintenant à hauteur de 3000 milliards d’euros, un chiffre tellement énorme qu’il n’a plus aucune signification pour un individu lambda autre que l’assurance maintenant inévitable d’une ruine future de tout ce système.

Malgré ces constats, l’État s’acharne pourtant à piller les entreprises, au travers de taxes et de lois toujours plus stupides votées par des parlementaires à l’idéologie calcifiée depuis plus d’un siècle sur des notions dépassées et inopérantes.

Ces deux exemples sont pratiques car saillants mais il en existe des paquets d’autres, dans ces milliers de PME qui reproduisent les mêmes mécanismes, à leur échelle et plus discrètement, en dépit des monceaux de barrières et de lois toxiques que l’État s’emploie à pondre à rythme toujours plus soutenu.

Heureusement, aucun de ces exemples, saillants ou non, ne sera utilisé par un parlementaire afin d’améliorer le sort des entreprises et des salariés français, au contraire même.

C’est d’ailleurs pour cela que ce pays est foutu.

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1 jeune, 1 problème. Pardon, 1 solution.

Par : h16 — 23 novembre 2020 à 09:00

Cela va sans dire, mais toujours mieux en le disant : les problèmes modernes requièrent des solutions modernes et quoi, mieux que la République Française du Bisounoursland, peut offrir des solutions modernes et classieuses à des problèmes actuels ? C’est ce que démontre récemment avec brio Elisabeth Borne, l’actuelle occupante des pantoufles de Ministre du Travail, qui vient tout juste de lancer un nouveau site pour l’emploi des jeunes. Musique !

Et la puissance de la plateforme commence dès son nom.

Les pouvoirs publics, dont on sent au vu du résultat qu’ils ont lourdement charbonné sur le sujet, ont longtemps hésité pour ce nom de plateforme tant l’enjeu était grand : destinée à aider les jeunes qui cherchent actuellement un emploi, une formation ou une mission de service civique en cette lourde période covideuse et de l’autre les entreprises, la fine équipe qui s’est attelée à trouver un nom à ce nouveau produit a très probablement hésité entre LeBonCouin et PaulEmploy avant de se fixer sur 1jeune1solution.

« Le plan 1 jeune 1 solution, lancé le 23 juillet 2020, vise à offrir une solution à chaque jeune » s’égosille gaiement la réclame gouvernementale. Le contrat est clair : à chaque jeune, on fournit UNE solution. Pas Deux. Si le jeune n’est pas content, il n’a qu’à aller à Pôle Emploi, pardi.

Décidément, que voilà un groupe nominal ô combien percutant puisqu’il fait irrémédiablement penser à « un problème, une solution » et indique implicitement que, pour notre Grande et Belle Administration, un jeune est bien plus sûrement un problème qu’autre chose. Il est vrai que si l’on s’en tient à la presse et son vocable alternatif, le jeune est trop souvent celui qui, déçu, a bouté le feu à quelques voitures ou évacué son stress en tabassant quelques grand-mères.

On comprend dès lors qu’avec l’augmentation vigoureuse du nombre de jeunes au chômage suite aux crises sanitaires et économiques que le pays subit actuellement, sa Grande et Belle Administration se soit dit « oh zut, nous avons un problème de jeunes, il nous faudrait une solution ! » qui aboutit naturellement à ce nom grotesque.

Et au-delà du nom, il faut se rendre à l’évidence : cette magnifique nouvelle plateforme (qui, au passage, injurie le visiteur parce que ses certificats de sécurité ne sont pas à jour) n’est pas exactement l’outil idéal pour enfin résoudre le chômage des jeunes. Bien plus pragmatiquement, c’est un outil essentiellement destiné à dédouaner la ministricule de toute action supplémentaire.

Conformiste jusqu’au bout du brushing poivre et sel, Elisabeth Borne est, pour ainsi dire, entièrement conçue pour conserver son poste. Pour cela, elle veut bien faire et ses capacités de politicienne moyenne, très moyenne, font « tilt » lorsqu’on lui parle de 1Jeune1SolutionFinale : c’est une bonne idée, car ça rentre confortablement et sans racler sur les bords dans le petit tiroir étriqué de ce qu’on lui a appris à l’École d’Administration. Mieux : ça n’a aucun impact sur le reste de l’agitation gouvernementale. Certes, le décalage avec la réalité de terrain est abyssal mais administrativement, tout ça a du sens : le gouvernement fournit un service pour aider des gens, des choses se passent, des actions sont menées, il y a un truc, donc c’est idéal !

La suite, à savoir mettre en place une pompeuse conférence de presse et une communication ministérielle pour lancer le bidule, est d’une logique implacable : elle montre ainsi qu’elle n’est pas l’élève qui rendrait un devoir d’une seule feuille, torché, froissé, avec une trace de godasse et une tache de café dessus, non ! Elle est cette élève propre sur elle qui rend un très propre devoir d’une feuille, avec trois ligne écrites proprement, bien écartées sur la feuille pour prendre toute la place. Elle a mis la date et son nom et c’est tout mais, soulagée, elle pense avoir fini, et elle est vraiment convaincue de tenir un truc qui va marcher.

C’est si mignon ! C’est un peu comme son « plan Vélo » de mai 2020, celui qui vit naître un réseau de réparateurs de vélos « agrées » à 50 boules la réparation entièrement subventionnée par l’État ! Du vélo au chomdu, du boyau au boulot, c’est Zabou Les Bons Tuyaux !

Bons tuyaux pour la Boborne, mais percés pour tous les autres : ce gouvernement (comme les précédents) persiste à créer des commissions, autorités et autres agences sous forme de site web ou d’app-mobile fluorescentes mais n’ont toujours pas compris que les gens qui veulent travailler se passent (heureusement) déjà d’eux : LeBonCoin ou LinkedIn ont fait plus pour l’emploi en France sur la dernière année que Pôle Emploi en 10 ans et ces ministricules coûteux en 50.

Au passage, on pourrait voir de la propagande dans cet énième site gouvernementable et destiné à une mort lente et molle. Ce serait presque mieux que la réalité, cantonnée à un petit accès de zèle : quelqu’un de haut placé a probablement voulu que quelque chose, n’importe quoi, soit fait, et les petits cafards bureaucratiques se sont agités. Un appel d’offre a du être lancé, des sous gratuits des autres dépensés, et une réponse totalement institutionnelle, scolaire, inutile et molle a été apportée accolée à un problème chronique. Plouf.

Bon, on rigole on s’amuse, mais malgré tout et comme le soulignent humidement d’autres canards en verve, « ce sont déjà plus de 20.000 offres d’emploi qui sont déjà recensées, précisent Le Parisien et France Info. » ! Fouyaya, 850.000 jeunes, 20.000 offres, voilà qui couvre déjà plus de 2% de la demande !

Et ça tombe bien car, comme nous l’apprend un autre article concomitant, ça embauche à tour de bras. Ou presque : « les temps vont être durs, et trouver un emploi sera compliqué » semble pourtant indiquer le président du Medef, dès la quatrième ligne de l’article.

Manifestement, ce n’est pas tout à fait gagné pour la nouvelle plateformichette gouvernementale payée avec votre argent pour faire un travail qui est déjà réalisé par d’autres plateformes, un peu mieux dans le privé et n’importe comment dans le public.

Mais au moins Zabou pourra dormir tranquille, et, à mesure que le reste du gouvernement, pour de sombres prétextes sanitaires, détruit consciencieusement l’artisanat, les petits commerces et le job des indépendants, les bidulotrons étatico-insignifiants pourront alors s’exprimer à leur pleine mesure : le pays n’étant plus qu’un vaste champ d’expérimentations collectivistes miteuses, les seules entreprises à pouvoir encore embaucher seront les grosse compagnies bien vues par Bercy, avec tout le personnel nécessaire pour faire face à la cataracte de paperasse délirante que tous ces stages plus ou moins subventionnés génèrent.

Et petit à petit, la France deviendra le pays où la transition vers le zéro indépendants sera la plus facile.

Le Monde d’Après va être facilement centralisé, planifié et délicieusement crony-corporate.

corporations in bed with government

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