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Cette forêt interdite aux moins de quinze ans

Par : h16 — 27 juillet 2026 à 09:00

Il était une fois, dans le Royaume de France, une forêt immense et sombre où les villageois avaient pris la fâcheuse habitude d’aller dire ce qu’ils pensaient. Personne ne les y avait autorisés. Pire : personne ne pouvait les en empêcher.

Fâcheux.

Au Château, on s’inquiéta. Oh, pas de ce qui se disait, bien sûr – le Royaume est libre et l’on y professe la liberté d’expression avec une ferveur qui tire la larme – mais plutôt de la manière dont cela se disait, c’est-à-dire sans modération, sans hiérarchie, et surtout sans ceux du Château.

Il fallait un conte. On en fit un.

Premier acte : Gouvernemaman prépara le panier

Gouvernemaman, qui vous veut du bien et qui compte bien vous le faire savoir, prit donc les choses en main. Le 21 juillet 2026, le Parlement adoptait définitivement la proposition de loi Miller interdisant les réseaux sociaux aux moins de quinze ans, plaçant le Royaume De France comme premier pays d’Europe à se lancer dans cette noble quête avec application au 1er septembre pour les nouveaux comptes et au 1er janvier 2027 pour les anciens.

On applaudit. On se félicita. On protégeait les enfants, ce qui reste l’argument le plus difficile à contredire jamais mis au point par l’espèce humaine, et les députés le savaient parfaitement.

Puis on ouvrit le panier. Zut, il était vide : pas de méthode de vérification de l’âge, pas de sanction sérieuse, pas de dispositif d’exécution.

Voilà un bien étrange texte qui interdit sans dire comment, qui punit sans dire qui, et qui entre en vigueur sans que personne ne sache au juste ce qui entre en vigueur. La Quadrature du Net nota poliment que la loi demeurait floue sur son application, ce qui était une manière très diplomatique de dire qu’il n’y avait rien dedans. Xavier Niel, moins diplomate, parla d’une mesure totalement débile.

Néanmoins, pas démonté pour deux sous, le Petit Chaperon Rouge partit chez sa grand-mère avec une galette imaginaire et un pot de beurre conceptuel.

Deuxième acte : le royaume voisin avait déjà lu la fin

Le hasard voulait qu’un autre royaume ait tenté l’aventure avant le Royaume de France. L’Australie avait ainsi interdit ses réseaux sociaux aux moins de seize ans le 10 décembre 2025 et 4.750.000 comptes avaient été supprimés dans la foulée, chiffre d’ailleurs brandi comme un trophée de chasse.

Las.

Trois mois plus tard, une étude publiée dans le BMJ constatait que plus de 85 % des adolescents concernés fréquentaient toujours les plateformes, les chenapans, et dans leur majorité, depuis leur propre compte, les gredins. Le fameux contournement massif par VPN n’occupait que 3% d’entre eux et les autres n’en eurent pas eu besoin : ils se contentèrent de déclarer qu’ils avaient seize ans, et on les crut. Seulement 5% des 12-13 ans montrèrent un sauf-conduit d’identité, pendant que les autres envoyèrent un selfie (ou rien du tout).

Le loup australien fut vaincu par un formulaire mais ce formulaire fut vaincu par des enfants menteurs.

Et que fit l’Australie devant ce résultat ? Elle abrogea, penaude, en s’excusant du dérangement ?

Que nenni.

Elle porta l’amende maximale à 99 millions de dollars australiens et élargit les pouvoirs de son régulateur.

Troisième acte : la découverte du loup intérieur

Pendant que Gouvernemaman s’occupait des petits enfants, on découvrit aussi que la forêt grouillait de loups : des loups russes, d’abord, ce qui est devenu une catégorie administrative. Des loups chinois ensuite, par souci d’équilibre géographique.

Et puis, le 9 juillet 2026, trois sénateurs (Laurent Lafon pour le centre, Agnès Evren pour la droite, Sylvie Robert pour la gauche, soit l’intégralité du spectre officiellement autorisé) annoncèrent la découverte d’une espèce parfaitement inédite : le loup intérieur.

Ce loup intérieur pouvait être un villageois qui relaie, volontairement ou non, un élément de désinformation d’origine étrangère. Notez, manants, ce « volontairement ou non » : voilà belle trouvaille ! Ainsi, vous n’aviez pas besoin d’être un loup pour être traité comme tel et il suffisait d’être d’accord avec un loup, ou de le paraître vaguement, ou, plus insidieusement, de poser une question qu’un loup aurait pu poser.

Quatrième acte : on organisa une battue

Restait à équiper les bûcherons.

Le rapport sénatorial proposa alors un observatoire indépendant de la désinformation, et, pour les cas sérieux, une solide et ferme commission de censure indépendante présidée par un membre du Conseil d’État qui déciderait de ce qui circulerait et de ce qui ne circulerait pas.

Avec un certain toupet, le terme de shadowban d’État fut même employé. À tort, évidemment ! Tout le monde savait qu’un shadowban est une pratique privée et opaque, alors qu’ici tout serait public, transparent et présidé par un haut fonctionnaire.

Vous voyez bien que ce n’est pas pareil !

Le lendemain, le Conseil des ministres présenta un projet de loi contre les ingérences étrangères portant à trois ans de geôle et 45 000 écus d’amende la diffusion de fausses nouvelles en contexte électoral. Oui, trois ans d’oubliettes pour une publication, le peuple apprécia à sa juste valeur la parfaite sérénité du calendrier, à quelques mois d’une présidentielle.

Cinquième acte : il y a quelqu’un dans le lit

Il subsistait un angle mort.

Les enfants ne vivaient pas dans la forêt mais dans des maisons. Or, dans les maisons il y avait des parents (dispositif notoirement non homologué). Aurore Bergé, ministricule indispensable, régla bien vite la difficulté d’une phrase, prononcée sans trembler : « Ce qui se passe à l’intérieur des maisons regarde l’État ».

Voilà, le loup était dans le lit, portait le bonnet de Gouvernemaman et vous expliquait, avec une douceur infinie, que tout ceci était pour votre bien.

« Gouvernemaman, que vous avez de grands yeux !
_ C’est pour mieux observer la désinformation, mon enfant, depuis un observatoire indépendant !
_ Gouvernemaman, que vous avez de grandes oreilles !
_ C’est pour mieux entendre ce qui se dit à l’intérieur des maisons, mon enfant !
_ Gouvernemaman, que vous avez de grandes dents !
_ heu… »

Et c’est précisément ici que le conte s’interrompit.

Parce que des dents, il n’y en avait pas. Ou disons pas encore : la loi Miller n’a ni griffes ni crocs, et c’est exactement ce qu’on lui demande.

Car l’objet n’a jamais été d’empêcher un collégien d’ouvrir Instagram. Les Australiens en ont administré la démonstration en trois mois, et personne au Palais-Bourbon ne l’ignore.

Non, décidément, l’objet est d’installer une idée, une seule, et de l’installer avant 2027 : qu’un âge peut être vérifié, donc qu’une identité peut être exigée. Qu’une parole peut être classée en désinformation par une autorité qui ne dit pas son nom. Qu’un enfant, un étranger et un dissident, vus depuis le Conseil d’État, présentent d’utiles ressemblances.

La loi sans dents d’aujourd’hui est le précédent juridique de demain. On ne vote pas un texte, on vote une habitude. Et une habitude, cela ne s’abroge jamais : cela se durcit, éventuellement à 99 millions de dollars l’unité.

Il était une fois un Royaume si terrifié par les loups qu’il enferma ses enfants dans la maison de Gouvernemaman et posta un bûcheron devant la porte pour noter ce qu’ils disaient. Dans la forêt, les loups couraient toujours, parfaitement indifférents et absolument hors d’atteinte. Ce n’était pas eux qu’on avait mis en cage.

À la réflexion, ce n’était pas eux qu’on visait.

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Fraude fiscale : lorsque Bercy détecte beaucoup et récupère peu

Par : h16 — 20 juillet 2026 à 09:00

La France de Macron, c’est ce fier pays qui accumule les records avec entrain et jarrets pétillants. Tenez, prenez ce nouveau record en 2025 dans lequel le fisc français a notifié 17,1 milliards d’euros de droits et pénalités au titre de la fraude fiscale : eh oui, après 16,7 milliards en 2024, la courbe grimpe sans discontinuer depuis 2021.

Quelle force, quelle vigueur, quel entrain ! Les communiqués triomphants peuvent fuser, la presse peut dûment recopier, et le contribuable moyen pourra s’endormir rassuré : l’État veille, les fraudeurs tremblent, la justice fiscale progresse !

Malheureusement, une facétieuse Cour des comptes a publié en décembre dernier un rapport nettement moins festif dans lequel on découvre que si ces montants notifiés battent effectivement des records, les montants réellement encaissés, eux, font la sieste : les recettes effectivement recouvrées au titre du contrôle fiscal sont passées de 12,2 milliards d’euros en 2015 à 11,4 milliards en 2024, en euros courants, pendant que les recettes fiscales totales de la DGFiP bondissaient de 44 %.

Et plus intéressant encore, le taux de recouvrement des sanctions prononcées s’est effondré de 88 % en 2019 à 60 % en 2022, avec le montant des sanctions fiscales, qui représentait 30 % de l’impôt éludé en 2015 qui n’en représente plus que 15 % dix ans plus tard.

Autrement dit, Bercy détecte comme jamais mais récupère de plus en plus mollement.

Je vois certains ici, habitués de ces colonnes, tentés de sabrer le champagne : voilà enfin une bonne nouvelle ! L’État, ce gouffre insatiable qui ponctionne tout ce qui bouge et taxe tout ce qui ne bouge plus, renoncerait donc à une partie de son butin. Or, chaque euro que le fisc ne parvient pas à extraire est un euro qui reste dans l’économie productive au lieu de financer la prochaine agence de l’innovation du vivre-ensemble numérique ; on devrait donc déjà applaudir des deux mains cette soudaine apathie du bras armé de la prédation fiscale…

Bon en fait non.

Cette victoire est une illusion d’optique et il suffit de gratter le vernis pour découvrir deux réalités autrement moins réjouissantes.

La première, c’est que cette mansuétude n’est pas distribuée au hasard : elle est réservée à une clientèle très particulière.

Le rapport de la Cour détaille ainsi l’explosion des « règlements d’ensemble », ces accords discrets par lesquels l’administration rabote non seulement les pénalités mais aussi les droits eux-mêmes, pratique longtemps dépourvue de toute base légale : on est passé de 116 accords en 2019 à 315 en 2024, pour environ 1,3 milliard d’euros de droits et pénalités minorés chaque année.

Pendant ce temps, la Direction des vérifications nationales et internationales, chargée des 10 000 plus grandes entreprises du pays, n’applique de pénalités que dans 3,2 % des dossiers qui le mériteraient, soit moitié moins que le taux attendu, au nom (tenez-vous bien) de l’attractivité de la France. Oui. Voilà.

Bref, la fiscalité française, c’est une remise commerciale pour la clientèle premium, celle qui dispose d’avocats fiscalistes coûteux et de la capacité de faire durer un contentieux dix ans, et pour la piétaille, le tarif plein, prélevé à la source, contrôlé par croisement automatique de fichiers. Le quidam qui a oublié de déclarer trois cents euros de revenus locatifs recevra sa proposition de rectification générée par algorithme, avec majoration et intérêts de retard, sans la moindre possibilité de « conclusion apaisée ». Le grand groupe qui a optimisé quelques centaines de millions négociera tranquillement son règlement d’ensemble autour d’un café. La loi est la même pour tous, mais certains contribuables sont manifestement plus négociables que d’autres.

(Ici, on comprendra évidemment que s’il devait y avoir évolution, ce serait pour que tout le monde, piétaille incluse, bénéficie des conclusions apaisées, et pas cet inverse mélenchonesque qu’on sent poindre à l’horizon…)

La seconde réalité est plus inquiétante encore, et curieusement absente des gazettes habituelles : ce bradage généralisé des créances fiscales est en réalité le symptôme d’un État en crise de manque.

La Cour note en effet que l’administration justifie elle-même ces arrangements par la nécessité de « sécuriser les rentrées budgétaires ».

Autrement dit, plutôt que d’attendre dix ans un hypothétique jugement pour récupérer la totalité du redressement, Bercy préfère toucher tout de suite une fraction négociée ce qui est très exactement le comportement du drogué en manque qui revend sa télévision à 20 % de sa valeur parce qu’il lui faut du liquide dès à présent pour acheter sa dose tout de suite, et que la notion même de moyen terme a disparu de son horizon mental.

Avec un déficit qui flirte avec les 6 % du PIB et une charge de la dette qui enfle joyeusement, l’État français n’a effectivement plus les moyens d’avoir de la patience : il escompte ses propres créances, il liquide son stock, il fait les soldes sur la fraude.

Ajoutons, pour compléter le tableau, que les effectifs du contrôle fiscal ont fondu de 19 % en dix ans et que la fameuse levée du « verrou de Bercy », qui devait envoyer les gros fraudeurs devant le juge, ne s’est traduite par aucune augmentation des poursuites ou des condamnations, la justice étant elle-même trop exsangue pour absorber le flux.

Bref, un État qui affiche des records de fraude détectée pour la galerie, qui encaisse de moins en moins, qui accorde des ristournes croissantes à ceux qui coûtent trop cher à attraper, qui matraque d’autant plus fort les petits qu’ils ne peuvent pas se défendre, et qui explique lui-même qu’il brade parce qu’il a besoin d’argent frais immédiatement : tout ceci ressemble à l’aveu piteux, rance, d’une machine à la fois obèse et impuissante, trop affaiblie pour faire respecter ses propres règles, trop affamée pour y renoncer, et réduite à monnayer son autorité au guichet des transactions.

Les drogués en manque finissent rarement par se refaire une santé en vendant leurs meubles. Quant aux États qui en sont réduits à solder leurs créances pour boucler les fins de mois, l’Histoire est remarquablement constante sur le sujet : cela ne peut pas bien se terminer.

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Messages espionnés, factures tracées, conducteurs filmés : 2026, l’année où l’UE a soudé la cage

Par : h16 — 10 juillet 2026 à 09:00

Hier, le Parlement européen a donc rétabli la lecture automatisée de vos messages privés, sans vergogne.

La méthode employée mérite le détour, en vous rappelant que le D dans Union Européenne vaut pour « Démocratie » : même si une majorité des députés présents a voté contre (314 contre, 276 pour), le texte est passé.

Oui, vous avez bien lu et cela résume bien l’état de fébrilité d’une Union européenne qui ne cherche même plus à dissimuler son projet de fond : pister, tracer et contrôler chacun de ses citoyens, du berceau au cercueil, de la place publique à sa chambre à coucher.

En 2021, l’Union adopte une dérogation temporaire à la directive ePrivacy (mieux connue sous le sobriquet « ChatControl 1.0 », qui autorise les grandes plateformes américaines (Meta, Google, Microsoft et consorts) à scanner les messages privés, sans mandat ni soupçon, pour (prétendument) y détecter de la pédocriminalité.

Cependant, en mars 2026, ô surprise, le Parlement refuse de prolonger le dispositif, à l’issue de scrutins dont l’un s’est joué à une voix près, avec expiration de la dérogation en avril. Les GAFAM se frottent les mains (ils vont pouvoir recommencer à scanner sans se gêner) et Bruxelles s’empresse alors non pas de les rappeler à l’ordre, mais de leur refabriquer une couverture juridique sur mesure.

Avec la finesse d’un bulldozer, le 2 juillet, le Conseil adopte par procédure écrite un texte quasi identique à celui rejeté trois mois plus tôt, simplement recalé jusqu’en avril 2028, en le présentant comme une position du Conseil en première lecture.

Le dossier revient donc au Parlement en seconde lecture, où les règles s’inversent : là où, en mars, une majorité simple suffisait à rejeter, en juillet, il faut une majorité absolue de 361 voix sur 720 pour le faire, et les absents comptent mécaniquement pour le texte. Et histoire de sécuriser le vote, le PPE de Manfred Weber dégaine une procédure d’urgence casant le scrutin le 9 juillet, dernière plénière avant les vacances, période bénie d’absentéisme parlementaire.

La négociatrice du dossier, l’eurodéputée Markéta Gregorová, a bien dénoncé en séance une violation du règlement intérieur du Parlement lui-même (la procédure d’urgence étant prévue pour des premières lectures et certainement pas pour ressusciter un texte déjà enterré), personne d’autre que les opposant – minoritaires au bon moment – n’a bronché et l’affaire a donc été pliée très vite.

Comme ailleurs, France en tête, quand le Parlement vote mal, on le fait revoter vite, en changeant les règles, et hop ! Le tout, bien sûr, pour sauver les enfants. Bah oui, forcément.

Peu importe qu’en réalité, le dispositif soit une mauvaise blague : selon les chiffres de la Commission cités par l’ancien eurodéputé Patrick Breyer, le scan de masse des messageries ne représentait que 36% des signalements en 2024, la police criminelle allemande estime que près de la moitié des alertes ne sont pénalement pas pertinentes, et 40% des enquêtes déclenchées visent… des mineurs eux-mêmes, coupables de s’envoyer des messages coquins entre adolescents.

Au demeurant, nul besoin de statistiques fines pour comprendre l’évidence : le crime ne représente qu’une fraction infinitésimale des milliards de messages échangés chaque jour, et lire l’intégralité du courrier de 450 millions d’Européens pour y pêcher cette fraction est aussi proportionné que raser un quartier pour retrouver un voleur de vélo. Quant à la pente, elle est si glissante qu’on y a déjà installé les remonte-pentes : une infrastructure de lecture généralisée créée pour les pédocriminels servira demain, au choix, pour le terrorisme puis la « haine » en ligne, puis la désinformation et rapidement toute opinion vaguement inconvenante.

De surcroît, ceci n’est que le début : ChatControl 2.0 (le règlement CSAR) mijote toujours en trilogue pour rendre la détection obligatoire par ordres administratifs, y compris sur les messageries chiffrées, ce qui impose mécaniquement le scan côté client, directement sur votre téléphone, avant tout chiffrement. Autrement dit, on va droit vers la fin pure et simple du chiffrement de bout en bout, transformé en décor de théâtre.

Le service juridique du Conseil lui-même a conclu en juin que même le scan « volontaire » constitue une fouille généralisée incompatible avec la Charte des droits fondamentaux ; les négociations reprennent pourtant fin septembre sous présidence irlandaise, car à Bruxelles, un avis juridique gênant est un détail au même titre qu’un vote perdu.

Rassurez-vous, ce n’est pas tout !

Pendant que vous aviez les yeux rivés sur ce feuilleton, les autres barreaux de la cage ont été soudés en silence.

Ainsi, avec l’identité numérique européenne, chaque État membre devra fournir son portefeuille EUDI d’ici décembre 2026, que banques, télécoms et grandes plateformes devront accepter dès 2027, avec un objectif affiché de 80% des citoyens équipés en 2030, l’outil idéal pour la vérification d’âge que ChatControl 2.0 prévoit justement d’imposer. Comme c’est commode.

N’oublions pas la directive DAC8, en vigueur depuis le 1er janvier, qui complète MiCA en obligeant toute plateforme crypto de la planète servant des Européens à livrer au fisc votre identité, vos soldes et vos transactions.

Ajoutons la facturation électronique Peppol/ViDA, obligatoire en France au 1er septembre : dix millions d’entreprises dont chaque facture, chaque paiement, chaque relation commerciale transitera par des plateformes agréées reliées au concentrateur de Bercy.

Au passage, évoquons le règlement GSR2, dont la phase finale est entrée en vigueur le 7 juillet et qui impose à toute voiture neuve une boîte noire, un mouchard de vitesse et une caméra scrutant votre regard au volant, en attendant que les promesses d’anonymisation connaissent le sort habituel des promesses (sans parler d’un hacking de toutes ces données qui n’arrivera jamais, promis juré).

Bien sûr, ce serait dommage d’oublier l’euro numérique, déjà évoqué dans ces colonnes, qui parachèvera l’édifice côté paiements.

Et pour la touche comique, rappelons la récente mise en place du contrôle biométrique EES aux frontières, généralisé en avril, qui tourne au chaos avec des files de cinq heures dans les aéroports, au point que compagnies et aéroports supplient Bruxelles de suspendre le machin foutraque : on fiche donc consciencieusement empreintes et visages des touristes venus dépenser leurs devises, pendant que l’immigration illégale, elle, continue d’entrer sans selfie ni empreintes. Ajoutez le règlement e-Evidence qui permet à un juge de n’importe quel État membre de réclamer directement vos données à n’importe quel fournisseur, et le tableau est complet.

Chaque texte, pris isolément, présente une vertu de façade : les enfants, la fraude, la sécurité routière, les frontières, la lutte contre les vilains, les méchants et les affreux, etc. Sauver les enfants, les conducteurs et les innocents constitue décidément l’excuse universelle pour faire avaler des textes toujours plus liberticides, et plus le prétexte est larmoyant, plus le texte est ignoble.

L’assemblage de ces textes dessine pourtant autre chose : vos conversations lues, votre identité vérifiée, vos flux d’argent tracés, vos affaires radiographiées, votre conduite filmée, vos déplacements fichés, petit à petit, plus aucun recoin de votre existence n’échappe à Big Brother, ou plus exactement à un législateur européen devenu fou.

Enfin, difficile de passer à côté du calendrier frénétique de ces mesures : DAC8 en janvier, EES en avril, GSR2 et ChatControl en juillet, facturation électronique en septembre, portefeuille d’identité en décembre, cela nous fait six verrous en une seule année civile et une pelletée d’autres à venir en 2027. Voilà qui trahit une urgence acharnée à boucler la cage pendant qu’il en est encore temps.

On se demande bien ce que nos décideurs anticipent pour être si pressés. Cela ne peut pas être bon.

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Billet animal, milice tarifaire : la SNCF ou l’art de plumer le client poli

Par : h16 — 3 juillet 2026 à 09:00

Le rail, en France, c’est plus qu’un poème, c’est une véritable chanson de geste. Et le geste, c’est de plus en plus souvent un bras d’honneur.

Pendant que le Sénat pond de doctes rapports léni(ni)fiants sur la nécessité « d’harmoniser » les tarifs ferroviaires, déplorant avec gravité le « maquis tarifaire » où s’égare le pauvre voyageur, la vraie vie, elle, continue tranquillement son cours sur les quais. Et sur ces quais, c’est une authentique milice tarifaire qui pratique, jour après jour, son petit racket ordinaire.

Eh oui, les choses ont bien changé : le contrôleur n’est plus là pour vérifier que vous avez payé votre dû, mais pour traquer la faille administrative qui fera de vous, voyageur honnête mais surtout parfaitement solvable, un délinquant en puissance.

C’est en tout cas ce qui est récemment arrivé à une voyageuse accompagnée de sa famille et de son chien pour qui le voyage s’est rapidement mué en aventure kafkaïenne qui vaut son pesant de billets compostés. Dans son trajet avec son chien, elle s’apprête à enchaîner métro et train dans une grande gare parisienne. Elle a bien sûr tous les billets nécessaires et a même acquitté le fameux « billet animal » pour son compagnon à quatre pattes, ce sésame à 7€ sans lequel un caniche devient un passager clandestin.

Tout est donc en règle. À ceci près qu’entre la sortie du métro et l’entrée de la gare, sur quelques mètres de couloir souterrain, s’étend une « zone contrôlée SNCF », sous-royaume tarifaire dont les frontières invisibles réclament (paraît-il) un titre spécifique pour l’animal. Quelques pas de trop dans la mauvaise sous-zone, et hop : 35€ d’amende infligée séance tenante par deux agents zélés. La règle est inconnue de tous les passagers, elle n’est affichée nulle part et pour les agents en embuscade, cette ignorance se transforme en rente.

Cette fois-ci, la passagère aura fait un peu de foin sur ses réseaux sociaux et, sommée de s’expliquer, la SNCF a fini par reconnaître une « mauvaise interprétation de la règle », puis décidé d’annuler la prune. En somme, la maison admet elle-même que ses propres agents ne comprennent pas ses propres règles.

Pour une entreprise qui prétend faire rouler des trains à grande vitesse, voilà qui rassure, n’est-ce pas !

Cette histoire paraît lunaire, et le comportement des contrôleurs assez peu amène, mais ce genre d’affaire ne cesse de se multiplier. La presse en relate d’ailleurs suffisamment pour qu’on cesse d’y voir des cas isolés et qu’on y reconnaisse une tendance lourde, une certaine manière qu’ont les services publics du rail de concevoir leur « relation clientèle ».

Ainsi se souviendra-t-on de ce passager verbalisé à hauteur de 270€, au printemps 2024, pour le crime impardonnable d’avoir échangé sa place, d’un commun accord, avec un autre voyageur, histoire de rendre service.

On se souviendra aussi de cet usager délesté de 170€ parce que sa carte d’identité s’affichait sur son smartphone au format PDF et non sur le bristol cartonné officiel, l’administration adorant le numérique partout sauf le jour où un peu de papier lui permet de distribuer des amendes.

On se souviendra, enfin, de cette pluie de prunes à cinquante euros déversée début 2024 sur les familles et les touristes, coupables d’avoir une valise de trop au regard des nouvelles règles drastiques sur les bagages (Capital).

Mais comment peut-on arrive à de pareilles dérives ?

Pour réussir une pareille recette, il faut commencer par une pâte moelleuse d’incompétence et une crème épaisse de système tarifaire incompréhensible : celui de la SNCF et de la RATP est devenu si byzantin qu’il faut désormais faire appel à un avocat spécialisé pour traverser une gare avec son chien ou sa valise en parfaite conformité. Cependant, là où n’importe quelle entreprise normale chercherait à simplifier la vie de son client, la machine ferroviaire s’ingénie à la compliquer, à multiplier les sous-zones, les sous-tarifs et les sous-conditions, autant de chausse-trappes où le voyageur de bonne foi finit immanquablement par tomber. Comme si c’était fait pour…

La seconde catégorie d’ingrédients de notre recette pour l’enfer, c’est le gaspillage et l’expérience soviétique : on arrose ce dinosaure de dizaines de milliards d’euros de subventions chaque année, on réunit de doctes commissions sénatoriales, on pond des rapports mais au bout du compte, le service rendu reste digne de l’URSS finissante. Cher, souvent en grève, en panne ou en retard, sa seule efficacité véritablement redoutable réside dans sa capacité à punir financièrement un citoyen et un contribuable captifs.

Enfin, et c’est l’ingrédient qui fait véritablement lever le résultat final, ne surtout pas oublier la prime.

Car la presse le confirme : les contrôleurs touchent bel et bien 10% sur les amendes réglées immédiatement à bord. De contrôleurs, les voilà donc transformés en chasseurs de primes. Et comme chasseurs, ils sont terriblement sélectifs : le petit shérif bombe le torse devant la mamie étourdie, le père de famille trop poli ou l’étudiante manifestement solvable, mais retrouve une soudaine passion pour la contemplation de ses chaussures lorsque monte, musique à fond, le groupe qui n’a visiblement aucune intention de présenter quoi que ce soit.

L’État punitif et zélé ne s’abat jamais que sur ceux qui se laissent faire.

Cette petite tyrannie ordinaire illustre ce que n’importe quel économiste un peu sérieux connaît par cœur : quand on récompense financièrement des agents pour verbaliser, ils verbalisent. On récolte ici précisément ce que l’on incite.

Si l’on souhaitait, par extraordinaire, que ces mêmes agents renseignent, accompagnent et dépannent les voyageurs perdus dans le maquis tarifaire, il faudrait sans doute calibrer les primes pour cela. Mais cela signifierait que la SNCF transporte des clients et pas des usagés usagers. Parbleu, de fil en aiguille, elle deviendrait même un véritable service public !

Vous n’y pensez pas !

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Quand l’État transforme votre voiture en prison sur roues

Par : h16 — 27 octobre 2025 à 09:00

Au contraire de l’avalanche de taxes que nos frétillants parlementaires entendent nous faire tomber dessus, on a assez peu entendu parler de quelques importantes modifications concernant le permis de conduire et le contrôle technique automobile.

C’est dommage, ces modifications sont tout sauf anodines.

Ainsi, le premier janvier prochain, le contrôle technique va se durcir : au-delà de l’inévitable renforcement des normes anti-pollution (qui ne sert assez concrètement à rien de nos jours), notons que ce contrôle va imposer aux centres de vérifier que le véhicule ne fait pas l’objet d’un rappel constructeur. Si c’est le cas, le véhicule sera bon pour une contre-visite.

En somme, on transforme le contrôle technique en officier de liaison du service après-vente.

Or, si l’on peut admettre intéressant d’utiliser ce contrôle pour assurer une certaine sécurité des véhicules sur le principe général, on comprend qu’il ne s’agit que d’un principe. En réalité, cette sécurité dépend surtout du conducteur (la première cause d’accident étant avant tout la vitesse inadaptée à la circulation), la bonne tenue du véhicule n’entrant que dans une part modeste des accidents en général. Du reste, c’est l’amélioration constante des véhicules et notamment leur sécurité passive et active qui a permis une vraie décroissance des accidents routiers et non les (forts modestes) améliorations environnementales – notamment les radars dont la présence n’a, en pratique, absolument pas modifié la trajectoire globale des statistiques routières.

Plus gênant, ce contrôle sera l’occasion de collecter des données (nom, adresse, téléphone, email et donc marque et modèle du véhicule), collecte qui va venir alimenter de nouvelles bases de données qui seront aussi bien protégées que d’habitude : il est toujours rassurant de savoir qu’on va pouvoir trouver une véritable liste de pièces pas encore détachées ou certains modèles spécifiques, avec le nom des propriétaires et leurs adresses, prête à l’emploi. Voilà qui va grandement simplifier le rapprochement entre les modèles les plus luxueux et leurs propriétaires pour un futur cambriolage voire un petit car-jacking artisanal comme notre douce France sait les développer actuellement. À défaut d’État fort, on prépare l’open-bar des appétits mal intentionnés.

Parallèlement, c’est le permis de conduire qui va subir dans les prochaines années la plus forte évolution : récemment adoptée au Parlement européen, la réforme de ce permis instaure des règles plus strictes pour le renouvellement des permis, des exigences accrues pour leur obtention et favorise évidemment la fuite le partage d’informations entre États, pour éviter que les auteurs d’infractions routières graves à l’étranger échappent aux sanctions.

Elle met surtout en place une durée de validité de 15 ans maximum pour les permis voitures et motos, qui peut être ramenée à 10 ans si ce permis sert de pièce d’identité. Enfin, la durée de validité pourra être réduite pour les conducteurs de plus de 65 ans : avec un raisonnement assez vaseux, l’idée est d’éviter que des personnes âgées aux réflexes émoussés ne puissent plus prendre leur voiture, et ce même si toutes les statistiques montrent que le principal des accidents ne provient pas de cette population.

On attend avec gourmandise l’application du même raisonnement sur les accidents domestiques comme les chutes d’escalier qui font, eux, des ravages chez les personnes âgées ; le « Permis de prendre les escaliers » a de beaux jours devant lui.

Cependant, comme pour le contrôle technique, on retrouve là encore les lubies de la collecte d’information (et de leur échange entre États membres) – qui ne fuiteront jamais, ne vous inquiétez pas – et surtout de « dématérialisation » : grâce à un permis totalement numérique, le législateur peut rapidement imposer que le moteur de la voiture vérifie effectivement que tout est en règle pour démarrer. Plus de permis ? Plus de démarrage de votre voiture.

On ne s’étonnera dès lors pas du tout de l’engouement des voitures d’occasion : plus simples à gérer, avec des frais réduits, une voiture un peu âgée garantit qu’elle n’aura pas d’ordinateur de bord capable de couper le sifflet au conducteur.

On le voit ici avec ces deux élémentsn&bsp;: nos élites auto-proclamées ont décidé de transformer la voiture, par trop émancipatrice, en véritable objet de luxe.

Tout est fait pour rendre consciencieusement ces engins extrêmement coûteux, aussi pénibles que possible à gérer au jour le jour – multiplication des alarmes pour faute d’attention, dépassement de vitesse limite, rappels constants, etc. – et dont les caractéristiques techniques sont progressivement rendues de moins en moins attirantes.

L’actuel massacre de la filière automobile en France et en Allemagne, qui aurait pu être le résultat malheureux de politiques débiles, prend alors tout son sens et impose de se demander s’il ne s’agit pas d’un dessein planifié de longue date : eh oui, cela ne sert à rien de produire des véhicules par millions alors qu’on cherche, assez visiblement, à limiter les déplacements des populations, contraindre les options des citoyens et surtout rendre l’objet même aussi dépassé que coûteux.

Ainsi, rendre les contrôles techniques plus stricts garantit que les voitures d’occasion seront, à terme, toutes refoulées, obligeant les automobilistes à changer leur véhicule pour l’un de ceux qui – cela tombe bien – tiendra bien compte de toutes les nouvelles règles dont celles imposant une surveillance permanente et le verrouillage à distance. La suite (la ville de 15 minutes dans laquelle votre véhicule ne pourra pas aller bien loin) est alors triviale une fois que tout le monde dispose de son petit pot de yaourt électrique intégralement piloté et surveillé par les autorités…

Petit bonus dans les crânes d’œuf parlementaires : pour ces derniers, cela devrait pousser les ventes de voitures neuves qui en ont bien besoin actuellement, sans comprendre que cela ne fait qu’ajouter un clou dans le cercueil de l’automobile européenne. Eh oui, remplacer une voiture d’occasion de 3000 € par une neuve à 25 000 € n’est pas à la portée de tout le monde.

Plus vraisemblablement, à mesure que l’élite folle tente, sous l’indépassable couvert de sécurité, de rogner toutes les libertés les plus élémentaires des citoyens, ces derniers vont s’organiser pour rouler sans contrôle ni permis. Il est donc d’ores et déjà garanti que l’objectif de contrôle et de sécurité sera complètement raté.

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Fuck Gun Control et la joyeuse prolifération des armes à feu

Par : h16 — 9 février 2024 à 09:00

C’était en juin 2023, et la nouvelle a été consciencieusement tenue discrète dans les médias qui n’évoqueront la question que très récemment : une arme, fabriquée avec une imprimante 3D, a été retrouvée sur les lieux d’un règlement de comptes à Marseille.

On peut être surpris que la nouvelle n’ait pas fait plus de bruit il y a quelques mois de cela, et sa réapparition dans les journaux du moment doit peut-être au démantèlement en Belgique, lundi 29 janvier, d’un atelier de fabrication de ces armes particulières.

Il n’en reste pas moins qu’à lire les quelques titres consacrés à la question, l’anxiété semble gagner les rangs des autorités concernées dans les propos desquelles on peut nettement lire plusieurs préoccupations.

D’une part, il apparaît que construire ces armes est relativement simple, d’autant qu’il existe maintenant de véritables petits manuels bien détaillés (celui qui chercherait “PDF FGC-9 MK II” trouverait probablement pas mal de liens intéressants très facilement) expliquant en détail comment s’y prendre, depuis les plans de chacune des pièces à imprimer jusqu’aux éléments métalliques à façonner ou utiliser, et comment, pour les parties les plus sensibles de l’appareil.

D’autre part, de l’aveu même des autorités, ces FGC-9 (pour “Fuck Gun Control” en 9mm) sont à peu près impossibles à tracer, et comme n’importe qui peut en fabriquer, la plupart des méthodes traditionnelles de pistage des trafiquants d’armes ne tiennent plus.

Le pompon serait que la population se rende compte qu’il n’y a rien de tel pour sa propre sécurité que de l’assurer elle-même… Ce que, à en juger par certains articles de presse montrant une hausse nette des ventes de bombes lacrymogènes et autres cours d’auto-défense, le “sentiment d’insécurité” actuel (le fameux) pousse plus efficacement que toutes les campagnes baveuses de propagande médiatique mièvre prétendant que tout va plutôt bien en République Démocratique du Bisounoursland.

Oui, la démocratisation de la construction d’armes relativement fiables à l’ensemble des bricoleurs du dimanche devient donc un véritable casse-tête pour ceux qui ne désirent rien tant qu’une population désarmée. Il n’est pas étonnant que cette possibilité, ainsi donnée à tous par l’impression en 3D, de pouvoir créer, rapidement, facilement, des armes à feu et notamment des armes à tir semi-automatique – puis automatique et, éventuellement, jusqu’aux armes à bande de munitions, donc à cadence de tirs élevée – terrorise l’État et ses représentants, et ce d’autant plus dans les pays où la prohibition des armes est devenu une doctrine si puissamment ancrée dans les mœurs que toute remise en question en est devenue taboue.

Dans ce contexte, le retour à une relative symétrie de la force entre les autorités étatiques et les citoyens n’arrange absolument pas les représentants de l’État et pas davantage les barons des autres mafias concurrentes : une population libre de s’armer, c’est une population sur laquelle il devient particulièrement difficile de faire pression, que ce soit pour consentir à un taux de prélèvements de plus en plus obscène, prendre un traitement pharmaceutique arbitraire, ou subir une insécurité galopante en fermant bien sa gueule.

Et ça, il n’en est absolument pas question, quitte à débiter les âneries habituelles pour faire oublier à la population toute velléité de retrouver une saine liberté de se protéger : “vous n’y pensez pas, ce serait le Far West !” et autres idioties du même acabit qui semblent complètement oublier que le port d’arme fut autorisé en France jusqu’au régime de Vichy en 1939 sans que le pays n’ait sombré dans la pire anomie sanglante. Du reste, la France est un pays qui a toujours été traditionnellement armé au point que les Révolutionnaires ne jugèrent même pas nécessaire, tant il paraissait aller de soi, d’inscrire le port d’arme dans les droits fondamentaux (grossière erreur que les Américains ne commirent pas).

nombre d'armes à feu par habitant contre nombre d'homicides par habitant

Peu importe qu’il n’y ait aucun lien entre autorisation de détention ou de port d’arme et criminalité : des armes librement possédées et utilisées par des citoyens, c’est autant de points de résistance potentiel à un asservissement complet que l’État tentera toujours d’obtenir à un moment ou un autre.

Dès lors, la présence répétée de ce sujet spécifique dans la presse, actuellement, semble taillée pour alarmer le citoyen peureux et dont la crise pandémique aura amplement montré qu’il n’est qu’un conformiste niais. Pas de doute, il faut trouver une solution drastique devant ce danger et comme ces armes sont à peu près intraçables, seul un véritable Niagara de lois, de contraintes et d’interdictions permettront – mais si, mais si – de rassurer tout le monde, n’est-ce pas.

À partir de là, il suffira d’une affaire un peu plus médiatique, un crime un peu plus crapuleux, un règlement de compte un peu plus sanglant dans lequel seront (commodément) impliquées quelques unes de ces armes pour que l’État interdise avec ce prétexte l’impression 3D, déboule chez n’importe quel bricoleur du dimanche pour lui demander de justifier ses derniers achats d’outils ou de matériel un peu louches, et j’en passe.

Plus un État veut contrôler ses citoyens, plus il lui fait peur. Inversement, plus un État a peur, plus il tabasse ses citoyens et lui retire de libertés. Les campagnes répétées visant à supprimer les armes des mains des citoyens honnêtes, ces petits articulets de presse dégoulinants d’anxiété, les exhortations ministérielles à la plus grande fermeté contre les méchants et les vilains sont autant de signes avant coureurs d’opérations drastiques contre toute volonté d’auto-défense des citoyens.

Historiquement, ces étapes ont toujours précédé l’avènement de sociétés nettement moins bisounours…

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Et maintenant, un petit Contrôle Technique des logements

Par : h16 — 22 mai 2023 à 09:00

Et si, enfin, on encadrait un peu l’immobilier en France ? Il serait temps d’en finir avec ce véritable Far-West, non ?

Car oui, après tout, malgré les efforts récents, courageux et multiples entrepris par tout l’actuel gouvernement, tendu comme un seul homme vers le but d’améliorer la condition de tous et de chacun dans le pays, la France n’est pas encore un paradis complet : on trouve encore quelques frictions ici et là dans notre société pourtant douce de générosité et de largesses, frictions évidemment provoquées par une bien trop grande liberté des uns et des autres à disposer d’eux-mêmes, de leurs biens et de la façon dont ils dispensent leurs services.

Pour les députés en général et en particulier pour ceux de Renuisance, le parti présidentiel, cela se traduit par une nécessité d’agir, c’est-à-dire de proposer de nouvelles lois afin d’encadrer tout ça bien comme il faut.

Or, dans le domaine de l’immobilier, véritable friche laissée quasiment à l’abandon du législateur depuis trop longtemps (pensez donc, il s’est facilement écoulé plusieurs semaines sans que la moindre loi ni le moindre décret ne soit voté !), c’est donc Guillaume Vuilletet, un député Renuisance du Val-d’Oise qui propose de “responsabiliser les bailleurs”, ces petits mammifères souvent méprisables aux doigts crochus dont on a trop souvent pu constater que leurs biens n’étaient pour ainsi dire pas salubres lorsqu’ils les proposaient à la location.

Pour lutter contre ce fléau, le député a donc déposé – avec cette subtile décontraction qui caractérise bien les cuistres et les imbéciles (cumul possible) – une proposition de loi visant à instaurer un “contrôle technique” des logements, et ce pour lutter contre l’habitat indigne, ce que ne font absolument pas les lois déjà existantes sur plusieurs milliers de pages de code législatif écrit en police 8 sur papier bible.

Et afin de bien justifier sa démarche, le député s’est appuyé sur quelques rapports ad hoc, dont ceux de la Fondation Abbé Pierre, qui mettent en exergue l’insalubrité de certains logements et évoqueraient par exemple une hausse des intoxications au plomb. Il faut en finir avec ces peintures toxiques, scrogneugneu vite interdisons-les mais je m’égare.

La proposition de l’élu est donc aussi simple que pratique, facile à mettre en œuvre, et assurée de remporter un franc succès tant dans ses effets palpables qu’auprès des propriétaires : en instaurant un contrôle décennal pour renforcer le “permis de louer” (dispositif introduit par la loi Alur de 2014 mais qui ne faisait porter la responsabilité d’autorisation que sur les collectivités locales), le bailleur ne pourra plus échapper à l’obligation de consigner les informations (forcément exactes) de son logement sur une plateforme informatique développée par l’administration du ministère de la Transition énergétique.

De nouveaux formulaires bien fichus, des petites cases à remplir, des informations à pourvoir, une plateforme entièrement numérique (ah, youpi, une plateforme numérique !) développée et gérée par des cadors de l’administration, on sent déjà le fumet puissant du succès lors de la mise en place de cette nouvelle contrainte.

Dans les informations à fournir, on trouvera bien sûr les actuels diagnostics techniques déjà en place : performance énergétique, présence d’amiante, de termites, de gluten, de fruits à coques et (tiens, c’est étonnant) de ce plomb qui préoccupe Vuilletet, ce qui semble au passage indiquer l’efficacité toute relative de ces contrôles. Au passage, rassurez-vous : l’insalubrité potentiellement provoquée par la présence de bacs à compost (bientôt obligatoire partout) ne sera ni évoquée ni prise en compte dans ce “contrôle technique”.

Pour le député, “Cette mesure garantira que le local concerné respecte au moins la définition du décret de décence de 1982”, montrant ainsi que les 40 années passées depuis cette date ne lui ont pas appris grand-chose : pour qu’un contrôle soit efficace, encore faut-il qu’il soit fait, que son défaut soit suivi de conséquences dont, 40 ans plus tard, on devrait observer les effets. Si les intoxications au plomb continuent voire progressent, c’est manifestement que ces contrôles ne sont pas assez bien faits, qu’ils ne servent à rien, ou, lorsqu’ils détectent des problèmes, que tout le monde s’en fout.

Peut-être la multiplication des contrôles, des contraintes, des obligations et des lois dans le domaine n’est pas non plus une solution, mais là encore, je m’égare.

De façon plus intéressante, la partie sanction, aussi gourmande qu’inévitable dans ce genre de proposition de lois, donne cependant une bonne idée de la direction générale du texte et des idées derrière la tête du vaillant député : si les propriétaires concernés par ces nouveaux contrôles techniques devaient rechigner, ils pourraient voir leur bien cédés obligatoirement (mais temporairement ?) à des bailleurs sociaux qui le rénoveraient. Les frais subis par le bailleur social seraient alors recoupés en transformant le propriétaire occupant en locataire de son propre bien le temps que les loyers remboursent les travaux, ou, si le propriétaire était bailleur, en récupérant les loyers à sa place. Tranquillou et sans que le propriétaire ait son mot à dire, cela va de soi.

Autrement dit et moyennant un contrôle technique malencontreusement défavorable, un bien peut ainsi se retrouver très commodément et sans discussion du propriétaire dans le giron de l’État, et plus exactement à la charge des gestionnaires mandatés par ce dernier pour s’en occuper. Il n’y aura aucune dérive, aucune connivence, aucun arrangement entre copains et coquins car, en France, ce serait hautement improbable.

Si cette magnifique proposition de loi passe, attendez-vous donc ces prochaines années à voir de nombreux propriétaires vendre leurs biens rapidement plutôt qu’engager des travaux devenus prohibitifs (les contrôles techniques étant de plus en plus drastiques à mesure que les années passent), ce qui va assez probablement se ressentir sur les prix. Vous pouvez aussi parier sur la multiplication des débarquements (impromptus ?) de Forces Spéciales Du Contrôle Technique des Locations, probablement créées à l’occasion.

C’est Français, c’est de la paperasserie française !

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Le contrôle social à la chinoise est bien dans le Passe Sanitaire

Par : h16 — 16 juin 2021 à 09:00

On vous l’a dit, on vous l’a répété : il faut absolument que vous installiez l’application TousseAntiCovid tant elle s’inscrit dans l’indispensable boîte-à-outils de nos dirigeants pour aider le bon peuple à se sortir de l’actuelle pandémie et, surtout, pour parer aux prochaines qui ne manqueront pas d’arriver, mondialisation ultralibérale oblige.

Mais si. C’est ainsi.

Le fait que les gesticulations gouvernementales aient, sur l’année écoulé, amplement prouvé leur caractère toxique et castrateur sur l’activité spontanée ne doit pas rentrer en considération. Le fait que la précédente mouture de la même application ait coûté une blinde pour un résultat minable ne constitue en rien un critère pour ne pas relancer le manège en augmentant le volume de la sono quitte à faire clignoter le stroboscope encore plus vite.

Quant au fait que la dernière version de cette application, destinée à venir stocker les données de test médical et de vaccination, soit manifestement une passoire à données à tel point que plusieurs particuliers et associations, dont la Quadrature du Net, ont déposé plainte à ce sujet, que la sécurité afférente aux procédés mis en place n’est garantie en rien, que son financement soit toujours aussi opaque et l’attribution du marché public toujours aussi sujette à débat, tout cela ne peut pas non plus servir d’excuse pour ne pas le mettre en place.

Il en va de la réputation de tous les groupes publics et parapublics mouillés impliqués dans cette aventure électronique truculente, depuis les ministres qui en vantent niaisement les avantages sans en voir toutes les dérives possibles et avérées, jusqu’aux groupes nationaux stipendiés par le contribuable à son corps défendant comme IN Groupe, émanation de l’ancienne Imprimerie Nationale et dont on imagine déjà les babines luisantes d’appétit devant la masse de données juteuses et monnayables que représente l’introduction de cette application dans le public français.

Il faudrait en effet être fort naïf pour croire que ces histoires de passeports sanitaires ne sont qu’une histoire de suivi sanitaire et d’assurance globale qu’on ne court pas de risques de choper un virus : à mesure qu’on découvre les conflits d’intérêts, les correspondances personnelles de personnes haut placées et les contrats hippopotamesques entre États et grands industriels, il devient en effet difficile d’écarter que cette application et l’ensemble des contorsions gouvernementales autour de la crise sanitaire ne cherchent pas avant tout le profit personnel et très spécifique de certains individus, que ce soit financier ou politique.

Et si certains, douillettement confits de leurs certitudes que tout finira en chansons, croient encore mordicus qu’il y a bien un intérêt médical à souscrire à ces âneries électroniques, on se devra de leur rappeler les dernières saillies de quelques sénateurs manifestement en roue libre sur le sujet : pour eux, pas de doute et tant qu’à faire, il faut aller bien au-delà de ce qui est envisagé et déjà relativement cauchemardesque pour se lancer, tout nu et les bras en l’air avec un sourire idiot scotché au visage, vers une version même pas édulcorée du contrôle social totalitaire à la chinoise.

J’exagère ? J’aimerais.

On découvre ainsi le rapport des sénateurs Véronique Guillotin, Christine Lavarde et René-Paul Savary sur « le recours aux outils numériques dans la prévention et la gestion des épidémies » dont le contenu est détaillé dans quelques (trop rares) articles de presse qui ne font pas assez ressortir toute la fulgurante croustillance des propositions sénatoriales de ces sénateurs LR (ce qui montre au passage que l’opposition qu’on avait pu entrevoir n’était qu’une pure façade opportuniste et que ces clowns réussissent la parfaite synthèse du pire de la majorité et de l’opposition, ce qui donne une idée de l’infini).

Et finalement, c’est dommage qu’on n’entende pas plus parler de ce rapport tant l’avenir qui nous est brossé dans ses 182 pages veloutées mérite plus d’attention.

Au détour de la prose habituelle en sabir politico-sénatorial, on découvre que ♩ le numérique c’est fantastique ♪ et le tracking ♫ super doux ♬ (à partir de la page 126) où grâce à lui, on pourra s’éviter de nouveaux confinements si de nouvelles pandémies devaient à nouveau parcourir la planète.

Décidément, ces outils numériques – que la gent politique ne maîtrise même pas en rêve et affuble donc de qualités quasi-magiques – sont drôlement pratiques puisqu’ainsi dotés de ces superpouvoirs, ils peuvent sinon changer l’eau en vin et faire revivre les morts (encore que), au moins seraient-ils capables de mitiger les effets consternants des politiques idiotes menées par la troupe d’andouilles qui nous dirigent. Corriger des problèmes politiques et organisationnels par un bricolage technologique ? On y croit !

En pratique, on comprend surtout que ces outils, dont l’aspect invasif n’est plus à prouver, sont autrement pratiques pour paver l’enfer de bonnes intentions sénatoriales détaillées sur des douzaines de pages : grâce à un traçage numérique aussi précis que possible, géolocalisé et bien évidemment obligatoire, on peut offrir une solution crédible pour tabasser le citoyen qui viendrait à ne surtout pas se calfeutrer chez lui s’il était testé positif.

L’idée même qu’on puisse ensuite subrepticement tester positif tout citoyen enquiquinant (qui distribue des baffes par exemple) ne semble pas effleurer nos sénateurs. Nous sommes en démocratie, tralali, la justice fait son travail, tralala, il y aura des garde-fous youkaïdi et CNIL et contrôles et attossion les enfants tout sera encadré, youkaïda. Ayez confiance.

En fait, les idées fourmillent : un citoyen est (politiquement ?) détecté comme simplement positif ? Il est assigné à résidence, sans faire de vague. S’il veut tenter de bouger, on lui sucre les transports en commun et son argent est bloqué. C’est d’autant plus facile que, grâce à une habile convergence des données de différentes applications qu’on va s’empresser d’autoriser pour les piller sans vergogne « mettre à profit », on aura eu la présence d’esprit de rendre les transports individuels impossibles à utiliser (trop taxés ou purement et simplement interdits), et que l’argent liquide, préalablement banni sous forme de pièces et de billets physiques, sera donc exclusivement sous forme numérique particulièrement simple à tracer et geler.

Et rassurez-vous : nos gentils bouffeurs de chatons sénateurs ont même trouvé le toupet courage de pondre ce rapport afin d’améliorer la future réponse du pays aux prochaines pandémies. Ce sont des altruistes et des chevaliers du beau geste qui l’expliquent eux-mêmes :

« Nous ne proposons pas de limiter les libertés, nous cherchons un moyen de les retrouver »

Et qu’y a-t-il de plus beau que des gens de l’État qui permettent aux manants de retrouver des libertés que les gens de l’État leur avaient supprimé en premier chef ? Quel beau geste, et pour une si petite remise en question de nos informations privées !

Devant cet amoncellement de mesures toutes plus liberticides, intrusives et parfaitement scandaleuses, on doit se demander qui peut encore soutenir le passeport sanitaire tel qu’il est envisagé actuellement et tel qu’il se profile de plus en plus. Quand, il y a quelques mois, on évoquait déjà les dérives possibles d’un contrôle social à la chinoise, beaucoup trop expliquaient, l’index en l’air, que nenni il n’y aurait pas de dérives et que les pessimistes l’étaient vraiment trop. Il apparaît à présent que tout se déroule comme prévu, c’est-à-dire fort mal.

En outre, on peut s’interroger sur l’empressement de nos élus à ainsi pousser de telles mesures.

Sentiraient-ils le vent tourner défavorablement pour eux et, voyant la fenêtre d’opportunité de mettre en place les pires saloperies, se pressent-ils d’en faire le maximum avant l’ire des foules ? Ou pire encore, ces tristes graines de tyrans considèrent-ils au contraire que le peuple, malaxé par une douzaine de mois de propagande, est maintenant mûr pour l’estocade finale et la mise aux fers rapide ?

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L’inquiétante tendance derrière le déplateformage de Soral et Dieudonné

Par : h16 — 8 juillet 2020 à 09:00

Petites larmes sur les internets interlopes : on apprend par discrète voie de presse qu’Alain Soral vient d’être viré de Youtube sans autre forme de procès.

Le pauvret, malgré plus de 180.000 abonnés à ses logorrhées vidéastes produites ces dix dernières années, n’a pas échappé à la sanction de Youtube et Google, sa maison mère, qui estiment que l’essayiste a de trop nombreuses fois enfreint les règles en vigueur sur la plateforme : voilà que ses abonnés devront se réfugier sur Daimolytion et autres plateformes qui acceptent encore ses productions pour le moment.

Du reste, il rejoint en cela Dieudonné qui a fait, il y a une semaine, les frais de l’actuelle vague d’épuration éthique de la part de plusieurs plateformes internet, depuis Twitter jusqu’à Facebook en passant donc par Youtube ou Instagram et autres.

Sans surprise, beaucoup d’associations mensongèrement présentées comme en faveur des droits de l’Homme, comme la LICRA, se sont réjouies du triste sort de ces phares de la pensée moderne :

Il va de soi qu’en France, personne ne s’étonnera des frétillements de ces associations, massivement subventionnées par le contribuable qu’il soit d’accord ou non avec leurs agendas tortueux et leurs prises de positions délicieusement diaphanes lorsque les victimes ne sont pas de la bonne couleur ou de la bonne religion : pour elles, la lutte pour les droits de l’Homme ne comprend pas celle de la vraie liberté d’expression, qui comprend celle de dire d’immondes âneries. Car ces associations ont, elles, compris exactement les limites de cette liberté d’expression qui ne peut s’entendre que largement corsetée par des lois qu’elles aident amplement à écrire, leur subtile sagesse et leur morale d’airain guidant leurs mains expertes et celles des députains qu’elles cornaquent.

Il va aussi de soi – mais va toujours mieux en le rappelant – que les plateformes en question sont d’autant plus libres de virer ceux qu’elles n’aiment pas que les services d’hébergement qu’elles offrent sont généralement gratuits, que ce sont des entreprises privées et que l’impétrant qui y dépose ses petites vidéos le fait en acquiesçant explicitement aux conditions d’exploitations. Dès lors, à cheval donné, on ne regarde pas les dents et tant pis lorsque le couperet tombe.

De surcroît, il sera difficile de nier que certains des propos tant de Soral que de Dieudonné, éminemment sulfureux, sont actuellement comme du vitriol sur les nombreuses petites plaies de tout ce que la ouin-ouinosphère compte de guerriers de la justice sociale éparpillés sur les réseaux sociaux et systématiquement en lutte contre les méchants, la haine et ces visions du monde qui heurtent leur sensibilité de fleur frêle : leurs petits cris stridents a fini par atteindre Google qui les aura promptement exaucés.

Malheureusement, tout ceci illustre une tendance fort inquiétante qui culmine ces derniers mois, tendance dans laquelle le mouvement Black Lives Matter n’est que la partie émergée et virulente la plus visible et, paradoxalement, pas la moins difficile à canaliser. La partie immergée, elle, est beaucoup plus grande, pernicieuse et aux conséquences beaucoup plus graves.

On observe en effet qu’à côté des mouvements violents prétendument antiracistes et qui tournent objectivement au pillage pur et simple, se développent des phénomènes de meutes dans lesquelles l’individu sera gommé au profit d’une pensée unique, extrêmement simpliste et binaire où celui qui émet des réserves, cherche la nuance, sera immédiatement assimilé à l’ennemi : celui qui rappelle qu’un mouvement de défense des Noirs ne doit pas devenir un mouvement d’oppression des Blancs est immédiatement taxé de raciste ; celui qui rappelle que tous les hommes ne sont pas des violeurs sera taxé de machiste ; celui qui rappelle quelques bases évidentes de la biologie sexuelle se voit taxé de transphobe sans nuance ; etc…

Cette tendance de cliques, de meutes qui s’abattent sur les individus qui émettent des opinions différentes permet ainsi de mobiliser rapidement des troupes pour faire pression auprès des plateformes et d’éjecter ceux qui ont le malheur de penser de travers.

La subtilité des opérations consiste à choisir d’abord les cibles les plus évidentes, ceux dont l’écrasante majorité ne pleurera pas la disparition des canaux les plus visibles. On commence donc par sucrer les voix les plus désagréables et personne ne dit rien parce que, soyons clair, tout ce qui était dit était outrancier, choquant, vilain, etc. Dieudonné et Soral rentrent admirablement bien dans cette confortable catégorie.

Après ces voix infâmes, la vindicte populaire – jamais rassasiée – et les minorités collectivistes – jamais satisfaites – se tournent vers ceux qui ne sont pas infâmes mais suffisamment irritants. Bien évidemment, des protestations seront émises, car, voyez-vous, « le débat est sain » … Même si, à la fin, les irritants seront effectivement tus.

L’étape suivante est évidente, et les mêmes hordes affamées se jetteront sur les opposants seulement vocaux. Ils n’ont pas besoin d’être vraiment irritants, ils ont juste besoin d’être opposés, d’émettre des avis contraires et qu’ils soient vaguement entendus.

C’est plus compliqué pour ceux qui restent calmes, qui sont construits dans leurs argumentations, en ce qu’ils sont plus difficiles à faire tomber dans l’injure, l’expression malheureuse ou le mot de trop, mais, petit-à-petit, les uns après les autres tomberont, eux aussi. En appuyant suffisamment fort sur les bonnes personnes dans les médias, les partis politiques, les réseaux sociaux, on finit toujours par y arriver. Pour rappel, Mila n’a toujours pas retrouvé d’établissement scolaire, et ses harceleurs ne sont toujours pas condamnés…

Et là, les protestations se font de plus en plus discrètes : beaucoup ont compris, à ce moment, qu’un mot malheureux, mal interprété, peut leur couper l’accès. Lorsque le média ou la plateforme représentent une source importante de revenus, la corde est raide et lorsque les meutes s’acharnent aussi sur les employeurs, il n’y a plus guère de marge de manœuvre. Les protestations disparaissent alors complètement, la peur de chacun de se retrouver subitement sans emploi, poursuivi par des hordes de petits kapos sans nuance, aidant grandement à faire passer le message : « taisez-vous, ou sinon… »

L’étape d’après est malheureusement connue puisqu’il s’agira non plus de dénoncer, poursuivre puis « déplateformer » voire faire licencier ceux qui s’opposent, vocalement ou non, mais de faire cela à ceux dont on soupçonne seulement qu’ils pourraient penser s’opposer…

Regardez autour de vous, regardez les lois que nos États passent ou tentent de passer, écoutez les discours tenus par les médias officiels : le doute n’est plus permis et la direction prise fait froid dans le dos.

Oui, par une schadenfreude un peu facile, on peut pouffer du sort de Dieudonné ou de Soral lorsqu’ils se font ainsi virer de plateformes grand public. Malheureusement, ceci masque la tendance de fond qui, elle, s’installe de plus en plus en Occident actuellement qui, à ce train, rejoindra les pratiques chinoises du pire contrôle social qui soit.

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