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REA - J'ai testé le reverse engineering par agent IA

Par : Korben ✨ — 14 octobre 2026 à 10:13

REA , pour "Reverse Engineer Anything", c'est un serveur MCP qui buzze ces derniers jours et qui permet de connecter votre agent IA (Claude Code, Codex, Cursor...) sur Ghidra, Hopper ou IDA, et sur des analyseurs pour les applis Electron, .NET ou les sites web.

Vous repérez ainsi une fonction qui vous plaît dans une appli, puis l'agent la décortique sans le code source et vous en code une version toute fraiche... Tiens ça me rappelle quelque chose...

Comme je voulais voir ce que ça donnait, je me suis donc monté un petit banc d'essai à l'arrache sur mon ordi avec Claude Code en Opus 5.5, REA 6.4.0 comme seul serveur MCP et Ghidra comme moteur.

Mes tests se découpent donc en 4 exercices : un keygen, un patch, une fonction d'appli à recréer ainsi que des codes de triche. Pour les deux premiers, j'ai bien sûr compilé des programmes maison avec un faux système de licence afin de ne pas sombrer dans l'illégalité en codant un vrai keygen ou un crack (et au passage me faire delete mon compte Anthropic ^^).

rea doctor valide Ghidra 12.1.4

Mon crackme, c'est donc une fausse app nommée "PixelNote Pro" qui réclame un nom d'utilisateur et une clé d'activation, compilé pour Mac ARM.

Une fois que je lui ai dis ce que je voulais faire, l'agent a donc ouvert le binaire dans Ghidra via REA, lu le pseudo-code, l'a recoupé avec l'assembleur là où le décompilateur écrivait une rotation de bits sous une forme peu lisible, et m'a pondu un keygen en Python en 2 minutes chrono pour un coût API de Claude 50 centimes. J'ai ensuite fait tourner son générateur sur 479 noms tirés au hasard et le binaire les a tous acceptés.

Le crackme ouvert à la main dans Ghidra : la fonction entry et son pseudo-code

La boucle de calcul de la clé, dans le pseudo-code que REA sert à l'agent

Le patch, c'est le plus bluffant j'ai trouvé. Le petit utilitaire que je me suis fait a pour mission de compter les lignes et les mots d'un fichier texte. C'est très basique. Et j'ai donc voulu faire un patch pour qu'il affiche aussi les caractères. Comme REA, avec Ghidra, ne touche pas aux octets de l'exécutable, l'agent a donc dû faire le reste à la main... il a logé ses instructions dans une zone remplie de zéros de la partie exécutable, détourné trois instructions d'origine vers elles, puis re-signé le binaire pour que macOS le lance :

Le compteur d'origine, sa version patchée par l'agent, puis le keygen du crackme accepté par le binaire

Pour mon 3ème exercice, je me suis dit que j'allais cloner la fonction d' Amphetamine qui garde mon Mac éveillé tant qu'une appli donnée est ouverte. Via Ghidra, malheureusement REA a refusé le binaire universel Intel et ARM d'Amphetamine, alors l'agent en a extrait lui-même la partie ARM. Il a alors trouvé qu'Amphetamine posait une assertion d'énergie du système et surveillait la liste des applis lancées. Et magie de l'IA, il a ensuite codé en Swift un petit outil qui fait tout pareil. J'ai testé avec la Calculatrice, ça marche, à condition de lui donner le nom de l'appli dans la langue du système, ou son identifiant.

pmset ne montre l'assertion d'éveil que pendant que la Calculatrice est ouverte

Et le dernier, c'est Wolfenstein 3D (j'ai pris la version shareware 1.4) dont l'exécutable DOS est compressé. L'agent a donc écrit son propre décompresseur, puis retrouvé dans le code le raccourci clavier pour tricher (c'est M+L+I qui met santé à 100, munitions, clés, mitrailleuse... et score remis à zéro), le paramètre goobers qui, avec Maj gauche + Alt + Retour arrière, débloque les touches de debug comme le mode Dieu, et même un juke-box caché. Tout correspond au code source publié depuis par id Software.

Par contre, ses logs montrent qu'il cherchait ces codes par leur nom avant de les avoir vus. Je me suis donc fait avoir puisque le modèle les connaissait déjà. Par contre, il les a bien retrouvé dans le binaire.

Début de partie du shareware 1.4 dans DOSBox, lancé avec le paramètre goobers

Les trois occurrences de goobers dans l'exécutable décompressé

Alors, REA est-il indispensable ?

Hé bien pour le savoir, j'ai relancé les quatre exercices avec le même modèle, les mêmes fichiers et les mêmes consignes, mais avec REA en moins... juste Claude Code qui pilote Ghidra. Hé bien Claude tout nu a tout réussi lui aussi, mais en écrivant quand il en avait besoin ses propres scripts Ghidra en Java, là où REA lui servait le pseudo-code et l'assembleur sur un plateau.

Bref, ce que je peux vous dire avec mes tests, c'est que REA ne fait pas mieux qu'un Claude à qui on demande d'installer Ghidra et de l'utiliser. Par contre, REA a été plus rapide sur le keygen (2 minutes 22 contre 2 minutes 48 pour Claude), sur Amphetamine (9 minutes contre 16 minutes pour Claude) et sur Wolfenstein (10 contre 14 pour Claude), mais plus lent sur le patch (7 minutes et demie contre un peu plus de 2 pour Claude).

A voir ce que ça donnerait avec un modèle local genre Qwen (débloqué avec Heretic , alleeeez)...

REA est sous licence MIT et l'analyse tourne en local (même si ses résultats partent quand même chez le fournisseur de votre modèle, donc évitez d'y passer un binaire confidentiel), et Hopper comme IDA restent des outils commerciaux dont REA ne fournit aucune licence.

Notez aussi que son créateur exclut le contournement de licences et la fabrication de patchs pour les jeux, d'où encore une fois mon crackme fait maison et les codes qu'id a lui-même mis dans Wolfenstein ^^.

Autre précaution à prendre si vous vous lancez et qui touche cette fois à la fiabilité de ce que l'agent IA peut vous raconter : Des chercheurs ont publié fin mai un préprint montrant qu'un binaire piégé peut donner ses propres ordres à l'IA qui l'analyse . Pour cela, il suffit d'y glisser des chaînes de texte sans effet à l'exécution, qui se retrouvent ensuite dans le code décompilé et soufflent de fausses instructions au modèle, pour lui faire mal interpréter le programme. Je n'ai pas testé REA là-dessus, mais le principe vaut a priori pour tout agent branché sur Ghidra, donc faites bien attention avant de donner un échantillon suspect à votre agent IA préféré.

Et si seul Ghidra vous intéresse, sachez que le ce MCP dont je vous ai parlé en février permet aussi de faire le pont agent IA <> Ghidra.

Voilà, pour installer REA, un petit :

npx rea-agents setup

Et c'est parti !

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Googlebook - Le débloquer oui, mais le rooter pas encore

Par : Korben ✨ — 6 octobre 2026 à 09:08

J'sais pas si vous avez vu, mais Google vient de mettre en ligne une page d'aide qui explique comment déverrouiller le bootloader d'un Googlebook ! Je pensais pas écrire ça un jour. Les Googlebook, ce sont des portables mi-Android mi-ChromeOS qui sont commercialisé en France depuis hier, pour la modique somme de 1 099 euros.

Perso, je ne vois toujours pas l'intérêt d'acheter ce truc...

Je vois vraiment ça comme un PC bridé, ou un Android avec un gros clavier et je pense que c'est bien se compliquer la vie que d'acheter ce truc plutôt que de prendre un vrai PC ou un petit Macbook. Sauf, évidemment, si on est une personne qui n'a pas envie de s'emmerder la vie à apprendre quoique ce soit de nouveau, et qu'on veut juste aller sur le site de La Poste consulter le prix des timbres, ou faire un Mappy pour savoir comment se rendre au bureau de vote le plus proche.

Mais grâce à cette "possibilité" de déverrouillage, John Wu, le créateur de Magisk , a annoncé travailler sur une version de Magisk pour ces machines.

Pour déverrouiller le Googlebook, vous devez donc activer le déverrouillage OEM dans les options pour développeurs, vous passez ensuite en mode récupération avec Échap + F2 puis le bouton d'alimentation, et l'option "Unlock bootloader" se trouvera dans les options avancées. Google précise également que ça efface toutes les données, que ça désactive la sécurité de l'appareil, que les modifications ne sont pas supportées et que la garantie peut y passer.

Et côté root, Wu a posté dans la nuit du 4 au 5 octobre "Magisk on Googlebook", en promettant du code et des instructions dans les jours suivants.

Son profil indique d'ailleurs qu'il bosse sur Android chez Google, et il voit dans le Googlebook la plateforme idéale pour bidouiller ! En effet, sur un téléphone rooté, les applis bancaires et de paiement cassent, alors qu'ici vous pouvez y accédez depuis le navigateur, comme sur n'importe quel portable.

Le blocage, selon lui, vient du mode utilisateur du système. Googlebook OS fait tourner Android en Headless System User Mode, c'est-à-dire que l'utilisateur 0 reste en arrière-plan et que vous travaillez sur un compte secondaire, alors que Magisk part du principe qu'il n'y a qu'un utilisateur principal. Le support de ce mode a été fusionné dans la branche principale du dépôt dans la nuit du 5 au 6 octobre, par contre, aucun commit ne cite pour le moment le Googlebook.

Reste que rien n'est livré officiellement encore... La dernière version stable de Magisk, la 30.7, date de février et donc aucune version stable ne contient ce code. Sans oublier que pour flasher la machine, Wu explique que le fastboot par USB ne marche pas sans câbles spécialisés. Cependant, il dit avoir trouvé une solution, sans la détailler.

Donc voilà... aujourd'hui, le root d'un Googlebook n'a aucune méthode publique, et le déverrouiller maintenant en suivant la technique de Google, revient à couper la sécurité de la machine sans rien pouvoir en faire de plus côté root. Donc autant attendre les instructions de Wu pour Magisk qui devraient arriver dans les jours qui viennent.

Source : 9to5Google

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Relapse - Le jailbreak qui libère presque toutes les PS5

Par : Korben ✨ — 30 septembre 2026 à 17:02

Depuis quelques jours, la scène PlayStation 5 a un nouveau nom en bouche : Relapse !

Il s'agit d'un tout nouvel exploit qui vise assez large puisqu'il "libère" les consoles jusqu'alors restées bloquées du firmware 7.00 jusqu'à la version 13.60, pour les PS5 comme les PS5 Pro. C'est d'autant plus impressionnant que c'est la première fois qu'une faille kernel publique va aussi loin...

Mais ce qui a fait réagir tout le monde surtout, c'est la vitesse ! Car l'ancienne méthode, baptisée P2JB, pouvait prendre jusqu'à cinquante minutes avant que le jailbreak n'aboutisse, alors que Relapse, lui, fait le taf en quelques secondes à peine.

Pour réaliser ce jailbreak, il faut d'abord faire pointer le DNS de la console vers un serveur tiers, puis ouvrir une page web cachée dans le guide utilisateur avec le navigateur de la console. C'est à ce moment-là qu'une faille du moteur WebKit ouvre une première porte d'entrée pour un second exploit qui peut alors toucher le cœur du système afin d'obtenir un accès en lecture ET en écriture sur le système de fichiers.

Ensuite, grâce à cet accès, on peut lancer du code maison (les fameux homebrews) comme des applis ou encore des mods non officiels que la console refuserait normalement. Des utilisateurs sur le Reddit r/PS5_Jailbreak rapportent même avoir réussi à y faire tourner des jeux récents, comme le remaster de The Witcher 3 sorti le jour même !! Bien sûr, rien pour le moment n'a été vérifié sérieusement... On verra bien.

Par contre, on n'est pas encore sûr de la PS5 débridée pour la vie car l'exploit est éphémère... en effet, à chaque extinction on en perd les effets et il faut alors le relancer à la main au reboot suivant. Et surtout ce n'est pas toujours très clean car d'après des joueurs qui l'ont testé, il peut parfois provoquer des plantages (freeze, reboot...etc) mais rien de dramatique non plus. Voilà, avec cet exploit, l'accès reste donc partiel et pour le moment, y'a pas de Linux installable ni de réel contrôle complet de la machine.

Et surtout Relapse s'arrête à la 13.60, et le nouveau firmware 14.00 publié le 16 septembre corrige le bug, ce qui met hors course toute console mise à jour ces deux dernières semaines.

Maintenant si vous avez une PS5 qui n'a pas encore eu cette MAJ 14.00 car vous la gardez soigneusement à l'écart du PlayStation Network parce que Sony bannit sans pitié le matériel modifié, y'a peut-être moyen de tester, en n'oubliant pas non plus que ce fameux DNS dont je vous causais au début de l'article envoie le trafic de votre console vers un serveur dont on ignore encore le vrai propriétaire...

De son côté, Sony n'a pas encore réagi à part en publiant cette mise à jour de son firmware.

Source : le dépôt Relapse sur GitHub.

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Linux sur PS5 Pro n'arrivera pas tout de suite

Par : Korben ✨ — 18 septembre 2026 à 10:27

Andy Nguyen, le développeur qui portait le projet Linux sur PS5 , a annoncé mardi soir qu'il arrêtait tout !!! Plus de PS5 Linux, plus de scène PS5, c'est terminé pour lui. Adios donc le support de la PS5 Pro dont la sortie était prévue pour 2027.

Alors que s'est-il passé ? Hé bien pour lui, la scène était autrefois un groupe de chercheurs très doués et maintenant, c'est devenu une bande de débutants qui utilisent des LLM et écrivent des hacks qu'ils "ne comprennent même pas". Des "slop kiddies", comme il dit !

Ce qu'il leur reproche, c'est surtout d'avoir trouvé la toute dernière faille d'hyperviseur selon lui, celle qu'il avait lui aussi dans ses tiroirs, et d'être allés la signaler à Sony. Il leur avait pourtant demandé une seule chose : Attendre la sortie de GTA 6, pour que les gens puissent acheter le jeu normalement et profiter ensuite de Linux. Les slops kiddies avaient dit oui et pourtant, le lendemain, la faille se retrouvait dans les mains de Sony.

C'est moche ! Surtout que sa demande n'avait rien d'un caprice. GTA 6 sort le 19 novembre, et pour l'acheter sur le PSN il faut être à jour niveau firmware. Sauf qu'un firmware à jour, c'est ce qui referme le hack... Nguyen essayait donc de tenir les deux bouts durant des mois, en attendant que tout le monde ait son jeu.

Face à lui, on retrouve donc Jordy, celui qui a envoyé le rapport à Sony via HackerOne, et qui s'est exprimé publiquement sur cette affaire dès le lendemain. Il ne nie rien, explique que le bug est bien celui de Nguyen, qu'il lui avait demandé de ne pas le signaler, qu'il avait accepté. Mais comme quelqu'un d'autre a trouvé la même faille quelques heures plus tard, avec une IA, il l'a alors signalé histoire d'être le premier et de toucher le bounty.

Bref, tout ça, ce serait encore la faute de l'IA... Mais moi ce que je vois surtout, c'est qu'il n'y a plus vraiment d'étiquette respectée entre les hackers, qu'il soit confirmé ou du dimanche, et ça, c'est bien dommage.

Maintenant la bonne nouvelle c'est que Linux continue de tourner sur les PS5 Phat et Slim en firmwares 3.00 à 7.61, avec la sortie HDMI 4K60, l'Ethernet et le SSD M.2. Tout ça repose sur des failles que Sony a déjà corrigées et les cinq dépôts sont toujours en ligne. Bref, comme aucun n'est archivé, et que le loader est sous GPL-3.0, n'importe qui peut reprendre le travail là où Nguyen l'a laissé. Si ça vous tente !

Bref, pour moi toute cette histoire ce n'est pas uniquement un problème d'IA, c'est surtout un problème de gens qui font n'importe quoi. Je comprends donc parfaitement qu'il arrête, il doit être dégoûté le pauvre... des mois de boulot partis aux chiottes et on en paie tous le prix.

Après évidemment, Sony a poussé un nouveau firmware PS5 ce mercredi, et pas mal de monde dans la communauté, dont Jordy, incite fortement les gens qui aimerait installer Linux sur leur PS5 dans un futur proche, à ne surtout pas l'installer ! Tu m'étonnes !

Source : PC Gamer

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Un piratage bien gênant au Liechtenstein

Par : Vincent Lautier — 24 août 2026 à 10:59

Toutes les fuites de données ne se valent pas, et celle-ci a de quoi faire transpirer pas mal de monde. Des pirates ont siphonné le registre des ayants droit économiques du Liechtenstein dans la nuit du 29 au 30 juillet, embarquant les informations de 31 000 sociétés, fondations et fiduciaires d'un coup.

Un ayant droit économique, pour faire simple, c'est la vraie personne en chair et en os qui possède ou contrôle une société, celle qui empoche l'argent tout au bout de la chaîne même quand une cascade de sociétés-écrans s'emploie à la rendre invisible.

C'est tout le problème. Ce registre a été monté pour lutter contre le blanchiment, en forçant chaque structure à déclarer noir sur blanc qui profite réellement d'elle, si bien que les pirates viennent de mettre la main sur l'annuaire officiel des propriétaires cachés du pays.

Rappelons où l'on se trouve. Le Liechtenstein est ce mouchoir de poche coincé entre la Suisse et l'Autriche qui s'est taillé une réputation mondiale de terre d'accueil pour fondations et sociétés discrètes, l'endroit idéal pour ranger un patrimoine loin des regards.

Dans le butin, on retrouve le nom des entités et surtout le nom, la date de naissance, la nationalité et le pays de résidence des bénéficiaires planqués derrière chacune d'elles.

Une petite éclaircie pour ces gens quand même, puisque les adresses, les numéros de téléphone et les données financières comme le chiffre d'affaires, les actifs ou les dividendes sont restés hors de portée, ce qui atténue la casse sans rien retirer à la gêne provoquée par les noms exposés.

L'attaque aurait été menée avec un vrai savoir-faire technique d'après l'enquête, personne n'a encore été identifié, et le pays a réclamé un coup de main international pour espérer remonter la piste.

Une cellule de crise montée dès le samedi soir sous la houlette de la cheffe du gouvernement Brigitte Haas et du ministre de la Justice, pour prévenir les personnes concernées et éteindre l'incendie.

Franchement, pour un pays qui a fait de la discrétion de ses fondations un fonds de commerce, on imagine mal un fichier plus gênant à laisser filer dans la nature.

Source : Le Temps

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Boeing 737 - 60 secondes pour hacker l'avion

Par : Korben ✨ — 14 août 2026 à 11:07

Six chercheurs d'UC San Diego et d'Oberlin College ont présenté le 13 août dernier à l'USENIX Security Symposium de Baltimore un implant assez petit qui se branche sur un port de maintenance de la baie électronique d'un Boeing 737 et s'intercale ainsi entre le calculateur de vol et l'écran par lequel les pilotes le programment.

La trappe présente sur l'avion, qui y mène n'a ni serrure ni contrôle d'accès et est accessible depuis le sol, sans échelle. Les chercheurs estiment que ça peut se mettre en place en moins de 60 secondes, ouverture et refermeture comprises. Le boîtier, lui, disparaît sous le capuchon anti-poussière du connecteur.

Hé oui c'est un simple capuchon en plastique qui "protège" l'accès aux commandes de navigation d'un avion de ligne. C'est beau non ?

Ce connecteur donne un accès aux bus ARINC 429 qui transmette les échanges entre le calculateur, le FMC, et le clavier-écran du cockpit, le MCDU. La norme date de 1977 et ne prévoit aucune authentification et comme vous vous en doutez, c'est connu depuis longtemps, même si le plus souvent, les attaques envisagées sur les systèmes d'un avion visaient plutôt ses liaisons radio.

Toutefois, se brancher sur le bus ne suffit pourtant pas à le contrôler, puisque les autres équipements continuent d'émettre par-dessus. Sauf que les émetteurs légitimes passent par des résistances de 37,5 ohms qui brident leur courant, alors que le connecteur de maintenance, lui, attaque le bus en direct.

L'implant en profite alors pour pousser plus de courant que l'émetteur d'origine et écraser physiquement son signal. Les chercheurs appellent ça une attaque Bus Driver, et elle donne une interception complète du dialogue sans couper ni épisser le moindre fil.

Une fois ce dialogue sous contrôle, le boîtier ajoute un point de passage à la route programmée. Normalement, sur un 737, cette modification doit être confirmée par le pilote, qui appuie sur le bouton EXEC. Mais l'implant, lui, appuie tout seul, l'autopilote change de cap, et comme le voyant du bouton passe par le même bus, il reste éteint. Et comme les pages affichées sont réécrites en live pour montrer encore l'ancienne route, rien à l'écran ne trahit le changement.

Le même mécanisme peut servir aussi à fausser la masse de l'appareil saisie avant le départ, ou la température retenue pour calculer la poussée. Une masse sous-évaluée ou une température trop basse, et le calculateur commande alors une poussée insuffisante au décollage.

Bref, c'est la cata assurée... Et cela vaut pour tous les 737 NG et MAX.

Maintenant, reste à savoir dans quelles conditions cette attaque peut être réalisée. Car jusqu'à présent, tout a été validé mais uniquement sur un banc de vraies pièces de 737 câblées selon les schémas Boeing, et jamais sur un avion en service. Le Wi-Fi est bien intégré au boîtier, mais le papier précise que les auteurs n'ont pas pu tester si le signal de la cabine traverse le plancher de la baie.

Boeing a bien sûr été prévenu en avril 2020, et les chercheurs ont rejoué l'attaque avec succès sur le banc d'essai du constructeur en décembre 2023. Ils proposent de boucher ce type de connecteur, ou d'y déplacer les résistances de limitation. Boeing, lui, estime que "les couches de protection en place sur l'avion" limitent déjà "significativement la faisabilité et le risque d'attaques en conditions réelles".

Ouais les gars ont la flemme de sécuriser leur truc on dirait...

Source

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Il déverrouille une Xbox 360 avec un Teensy et un peu de bruteforce

Par : Korben ✨ — 28 juillet 2026 à 18:11

Il y en a qui récupèrent des vieux canapés dans des bennes à ordures et puis il y a eWastelander qui passe son temps à récupérer du matériel électronique pour ses futures bidouilles . Sa dernière prise, c'est une Xbox 360 à 15 dollars, dénichée au fond du rayon des "défectueux" d'un magasin de jeux qui soldait tout à moitié prix. Elle démarre parfaitement mais son unique défaut, c'est un contrôle parental verrouillé par un code que plus personne ne connaît.

C'est un modèle E, le dernier de la gamme, sorti à peu près au moment de la Xbox One . Malheureusement, ce verrou lui interdit tout ce qui dépasse la classification E, soit l'équivalent américain du tout public. Par exemple, le jeu Rock Band Blitz est classé T, donc bloqué. Autrement, dans cette console, il n'y a pas de disque dur, il n'y a aucun profil qui a été enregistré. Et il n'y a absolument rien à récupérer de l'ancien proprio. Voilà, il y a juste le code PIN et c'est tout.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Alors évidemment première tentative, la question secrète de récupération. "Quel est votre plat préféré ?" Il tape pizza, puis burger, puis chicken mais aucun ne passe...

Deuxième tentative, le code de réinitialisation d'usine planqué dans les menus. Il va donc dans les paramètres de la console où se trouvent les informations système. Il faut alors enchaîner une autre combinaison secrète de 6 boutons toujours identiques (gâchette gauche, gâchette droite, X, Y, bumper gauche, bumper droit) suivi de 4 pressions supplémentaires qui, elles, changent d'une console à l'autre. eWastelander programme alors les combinaisons en macros sur une manette 8BitDo, branchée via un adaptateur Brook Wingman et déroule toute la liste. Mais RIEN !

Mais il ne se laisse pas battre par le désespoir et amorce une troisième tentative : l'exploit logiciel bad update, qui se lance sur une console de série sans avoir à l'ouvrir et donne accès à une appli homebrew capable d'afficher le code en clair. Cet exploit ne se déclenche que depuis 2 jeux, Tony Hawk's American Wasteland et Rock Band Blitz. Sauf que, comme je vous le disais, Rock Band Blitz est classé T, et le verrou le bloque. Il bascule alors sur un autre exploit nommé bad avatar, mais la console freeze ! Quel enfer ! Comme cette 360 n'a aucun stockage interne, et que l'exploit réclame un disque dur ou une unité mémoire pour fonctionner, bah ça plante.

Restait la méthode "officielle", telle que décrite sur wiki Console Mods. Cela consiste à enregistrer la console sur son compte Microsoft puis à demander un reset du code, ou appeler le support qui le communique. Mais ce même wiki précise que la méthode "aurait été abandonnée d'après les retours négatifs, mais reste ici pour mémoire". Bref, y'a plus personne au comptoir !

Sa dernière option, qui se présente à lui, un peu comme la solution de la dernière chance, c'est d'effectuer un brute force sur la console. Et ça tombe bien parce qu'un autre dev surnommé Agent24 avait repris en janvier 2020 le code d'un autre bidouilleur (écrit à la base pour Arduino) puis adapté au Teensy.

Le Teensy, si vous ne connaissez pas, c'est une carte qui se fait passer pour un clavier USB et tape les combinaisons une par une. Cela représente 10 000 possibilités pour un code à 4 chiffres, soit entre une seconde et 17 heures selon la chance qu'on a. eWastelander coupe alors l'extinction automatique, laisse la carte tourner, et se barre...

5 heures après, il revient voir ce qu'il en est et, oh magie, sa console est déverrouillée !!

Bravo. Encore une fois, le brut de force a triomphé et ça ne date pas d'hier puisqu'en 2013, déjà, je vous parlais d'un bricoleur qui cassait le code PIN d'un GPS Garmin avec un Arduino et un vieux scanner, sur exactement le même nombre de combinaisons que pour la Xbox.

Et voilà comment ressusciter une console qu'on croyait perdue pour toujours à cause d'un simple code de contrôle parental !

Source

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Pentest sauvage à base d'IA, que dit la loi ?

Par : Korben ✨ — 23 juillet 2026 à 14:25

Benjamin Code , le développeur préféré de votre développeur préféré, a reçu ce week-end un e-mail d'achat bidon avec le mot pentester dedans. En grattant un petit peu, il a découvert que quelqu'un s'amusait à trifouiller l'un de ses SaaS sans le prévenir.

Visiblement, c'est un autre créateur, Melvyn (melvynx), qui lui propose des formations autour de l'IA, qui pour les besoins d'une vidéo a fait tourner Kimi K3 en mode "hack" pour poutrer certains sites et montrer, vidéo à l'appui, que l'IA trouvait les failles toute seule.

Depuis, X s'écharpe. D'un côté, ceux pour qui la faille est corrigée et tout le monde y gagne, zéro dégât. De l'autre, ceux qui parlent d'accès illégal, pur et simple.

Alors qu'en est-il exactement ?

Eh bien, parlons de la loi d'abord, parce qu'en France, elle est limpide. L'article 323-1 du Code pénal punit "le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement" dans un système informatique de "trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende". Créer un faux compte, simuler un paiement avec de faux numéros de CB, toucher aux données, ça aggrave les choses et on passe rapidement à cinq ans et 150 000 € (article 323-3).

Pour moi, l'argument du "il n'a rien cassé" ne tient pas une seconde en droit. Dans l'affaire Bluetouff, la Cour de cassation a validé une condamnation pour maintien frauduleux alors que les fichiers étaient accessibles sans mot de passe, tout simplement parce que Bluetouff avait continué en sachant l'accès anormal. Je trouve que ce qui est arrivé à Bluetouff, c'était abusé, mais peu importe mon avis, cela montre bien qu'aux yeux de la loi, zéro dégât ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'infraction.

Ce qui fait basculer un pentest légal en délit, ce n'est ni la compétence, ni la bonne intention de la personne derrière, ni même ce que j'en pense. C'est UNE seule chose : L'autorisation préalable du propriétaire du système. Et je ne crois pas que Benjamin Code pratique le bug bounty sur ses systèmes...

Si on parle d'un point de vue hacking éthique, voire tout simplement en matière de nétiquette, la règle (et le bon sens, et la courtoisie) c'est d'abord d'avoir l'accord écrit avant de faire le test, et puis bien sûr de signaler la faille en privé à l'éditeur, tout en lui laissant assez de temps pour la corriger avant de communiquer dessus publiquement.

Par exemple, un bug bounty, c'est ça... C'est un périmètre défini, un canal de signalement, une protection pour le chercheur qui reste bien dans ce cadre. En dehors, il n'y a aucune protection. Et le dispositif français qui couvre les lanceurs d'alerte (article L2321-4 du Code de la défense) ne protège que le signalement de bonne foi à l'ANSSI, jamais l'intrusion elle-même.

Melvyn a reconnu lui-même juste après son "exploit" que "certains tests sur des SaaS tiers n'ont pas été précédés d'une autorisation écrite". Tu m'étonnes...

Alors les kikoulol de X.com peuvent bien jouer les spécialistes en long en large ou en travers, ça ne change rien. Kimi K3 ou pas, dégâts ou pas, tester le système d'un autre sans son feu vert, même avec une IA autonome, ça a un nom dans le Code pénal...

Maintenant, je ne pense pas que ça ait besoin d'aller plus loin que ça... Dans un monde idéal, ce qui serait super, c'est que Melvyn fasse des excuses publiques à Benjamin Code et aux autres créateurs de SaaS qu'il a "poutrés", et puis qu'il évite de refaire ce genre de conneries dans le futur.

Source : le billet de Melvyn sur Codelynx

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727 mots de passe par seconde, la Game Boy Advance s'y met fort ^^

Par : Korben ✨ — 19 juillet 2026 à 12:23

727 mots de passe testés par seconde, c'est le score incroyable d'une Game Boy Advance reprogrammée en casseur de mots de passe par solst-ice, un développeur qui avait visiblement une console de 2001 qui traînait et pas mal de temps à tuer ^^. Son projet s'appelle GBA-Hashcat, et c'est un "port" de hashcat (le célèbre outil de crackage) sur le petit hardware portable de Nintendo.

Enfin, un port entre grosses guillemets, parce que le vrai hashcat gère plus de 300 algorithmes de hash optimisés et une palanquée de méthodes d'attaque alors que là, vous avez le droit à un seul truc, du SHA-256, et rien d'autre.

Le programme embarque la wordlist ignis-1M, une liste de 8 Mo qui contient environ 1 million de mots de passe parmi les plus courants. Pour chaque ligne, la GBA calcule le hash SHA-256, le compare à un hash cible codé en dur dans le programme, et regarde si ça correspond.

C'est une attaque par dictionnaire, quoi, sauf que, je vous rappelle, ça tourne sur une puce ARM7TDMI cadencée à 16,78 MHz avec 288 Ko de RAM.

Du coup, forcément, ça rame de fou... au rythme de 727 hachages par seconde mais c'est normal car cette console n'a jamais été pensée pour ce genre de calcul. Pour vous donner une idée, un PC moderne avec un GPU décent va environ 30 millions de fois plus vite, soit des milliards de tentatives par seconde.

Alors que la GBA, elle, met une bonne vingtaine de minutes à avaler toute sa liste de 1 million de mots.

Après côté bidouille c'est assez fort car, certes, la wordlist de 8 Mo tient dans la cartouche, mais faire tourner une routine SHA-256 propre sur une puce aussi poussive, avec ses malheureux 288 Ko de RAM pour bosser, il faut le vouloir ! Solst-ice s'est donc appuyé sur le moteur Butano, un framework C++ open source taillé pour développer des jeux GBA, qu'il a détourné pour faire mouliner des hashs à la place de sprites.

Et voilà, ce projet loufoque rejoint la longue tradition des gens qui font faire n'importe quoi à leur Game Boy Advance, comme ce clavier GBA à monter soi-même que je vous montrais récemment.

Bref, comme un ministre ou un notaire, ça ne sert strictement à rien, et c'est pour ça qu'on kiffe ! Le code est sur le GitHub de solst-ice si vous voulez jouer.

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Cette Atari Jaguar de 1993 boote sous Linux avec 2 Mo de RAM

Par : Korben ✨ — 8 juillet 2026 à 14:12

Une Atari Jaguar, la console de 1993 qu'Atari vendait comme la première machine 64 bits et que le marché a snobée, vient de booter sous Linux pour la première fois ! Derrière ce hack, un développeur connu sous le pseudo de Cakehonolulu , qui a collé un vrai noyau sur le Motorola 68000 de la bécane.

Le 68000 n'a pas de MMU , ce circuit qui gère la mémoire virtuelle et dont dépend le Linux que vous faites tourner sur votre PC. Sauf que le noyau embarque depuis toujours une branche pour les puces qui en sont privées, l'antique μClinux , et c'est elle qui fait tout le taf ici.

La Jaguar offre seulement 2 Mo de RAM et jusqu'à 6 Mo de ROM sur la cartouche, du coup Cakehonolulu a coupé le noyau en deux : le code qui ne bouge pas, le .text et le .rodata, reste dans la ROM et s'exécute directement depuis là en XIP, pendant que les données qui changent atterrissent dans les 2 Mo de RAM. Bref, chaque octet compte.

Après, ce n'était pas simple non plus parce que le 68000 ne sait pas lire une donnée qui serait mal alignée en mémoire. Alors que les processeurs modernes savent le faire sans broncher. Et comme le cross-compilateur d'Ubuntu générait quand même ce type de données mal alignées, alors qu'on lui précise bien que la cible c'était un 68000, ça faisait des plantages en cascade.

L'astuce a donc été de recompiler tout le toolchain à la main, puis de bâtir un user space minimal avec BusyBox et uClibc, tout ça en binaire FLAT au lieu du classique format ELF.

Et voilà, la Jaguar affiche maintenant fièrement ses 1,04 BogoMIPS. Soit une puissance de feu qui ferait chialer une calculatrice. Mais bon, elle boote et c'est le principal. Si vous avez encore une Jaguar dans un placard, vous pouvez parfaitement installer ça dessus, puisque le code est disponible sur GitHub .

Voilà, c'est assez génial parce qu'en fait, ça montre bien que Linux est vachement résilient. On est en 2026 et pourtant, le support des 68000 est encore présent dans le noyau, et bien vivant même !

Voilà, tant que ce bon vieux noyau gardera tous ses vieux pilotes, eh bien n'importe quelle console oubliée pourra toujours renaître avec un petit terminal dessus. Et ça, je trouve que ça clôt tous les débats sur la conservation et le poids du code legacy dans le kernel.

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Cold boot attack - Dumper la RAM d'un PC avec 5 Ko d'assembleur

Par : Korben ✨ — 6 juillet 2026 à 09:00

Vous branchez une clé USB sur un PC, vous démarrez dessus, et le temps de vous servir un petit café, hop, tout le contenu de la mémoire vive est recopié sur la clé. Le rêve pour les gens qui font du forensic, car dans la RAM on trouve des mots de passe, des clés de chiffrement et tout ce qui traîne. De quoi choper de sérieux indices !

Parce que oui, si vous pensiez être bien tranquille avec votre disque chiffré grâce à BitLocker, FileVault ou LUKS, sachez que la clé de déchiffrement se balade en clair dans la RAM. Pas la peine de casser de la crypto quand il suffit d'aller cueillir la clé là où elle traîne. C'est cet angle mort qu' ElcomSoft exploitait déjà en 2012 pour cracker TrueCrypt et BitLocker .

Sauf que pour aller cueillir cette clé, encore faut-il que la machine soit allumée, non ?

Eh bien pas forcément car contrairement à ce qu'on croit, la RAM ne s'efface pas d'un coup quand on coupe le courant.

Hé oui, les données restent lisibles plusieurs secondes, voire une minute, ce qui est largement suffisant pour récupérer des infos importantes. Et si vous refroidissez les barrettes (par exemple jusqu'à -60°C avec de l'azote liquide), le contenu peut tenir plusieurs heures !!

Ce phénomène n'a rien de neuf. On appelle ça une cold boot attack, et ce sont des chercheurs de Princeton qui l'ont mise en lumière dès 2008, en révélant un truc totalement contre-intuitif : une mémoire vive censée se vider dès qu'on l'éteint, garde en réalité ses secrets bien après.

Alors on va me dire que tout ça, c'est mitigé depuis des lustres : Le scrubbing mémoire au boot, où le firmware écrase la RAM au démarrage, les clés planquées dans les registres du CPU façon TRESOR, le chiffrement mémoire chez Intel et AMD, les barrettes carrément soudées à la carte mère... les parades existent, c'est vrai. Sauf qu'en 2018, deux chercheurs de F-Secure ont remis une pièce dans la machine en montrant comment désactiver ce fameux scrubbing sur quasiment tous les ordi portables modernes, Dell, Lenovo et même les Mac.

Et c'est là qu'arrive BareMetal RAM Dumper, un outil signé pIat0n qui rejoue justement cette vieille attaque de 2008. Le truc tient dans 5 Ko d'assembleur x86 et démarre directement sur le BIOS en mode legacy, avant de basculer en unreal mode pour aller taper dans toute la mémoire au-dessus de 1 Mo.

La récupération totale ne dépassera pas 4 Go par contre, car l'unreal mode ne grimpe pas plus haut, mais en général c'est bien suffisant pour repêcher quelques clés d'accès. Et surtout, ça fait gagner un temps fou aux gens qui font du forensic : plus besoin d'un labo dédié, une clé USB et le tour est joué. Ça rejoint donc la longue liste des façons d'ouvrir un disque soi-disant blindé, comme BitPixie qui déverrouille BitLocker en cinq minutes .

Bref, c'est aussi une bonne piqûre de rappel qu'un chiffrement ne protège vraiment vos données que quand la machine est éteinte pour de bon. Le code est sur GitHub sous licence AGPL !

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Claude Opus a écrit seul l'exploit qui a éventré la billetterie de Live Nation

Par : Korben ✨ — 3 juillet 2026 à 10:51

Un chercheur en sécurité nommé Ian Carroll s'est amusé à lâcher Claude Opus sur la billetterie de Live Nation, afin d'y trouver des failles de sécurité, et l'IA lui a carrément écrit toute la chaîne d'exploitation sans aucune aide. Lui n'a eu qu'à le lancer...

Tout démarre avec une session de fuzzing sur l'API des terminaux, fgtapi.frontgatetickets.com. Carroll repère un truc... chaque endpoint qui contient le mot "device" réclame un paramètre deviceUID, et ce paramètre ne demande aucune authentification. Il colle un simple guillemet à la fin, la requête se met à ramer, et là, signe classique, le paramètre file direct dans une requête SQL sans le moindre échappement.

Une injection SQL bien à l'ancienne (si vous voulez voir à quoi ça ressemble, j'avais déjà décortiqué le principe il y a un bail).

Sauf qu'un WAF AWS est planté devant pour bloquer ce genre de payload. Et c'est là que Claude entre en scène. L'IA pige toute seule que le pare-feu n'inspecte que la couche extérieure de la requête, et qu'il suffit de planquer l'injection dans une sous-requête imbriquée pour passer sous le radar.

Ensuite elle se fabrique un oracle booléen aveugle qui fait que selon que la condition testée est vraie ou fausse, le serveur renvoie deux réponses différentes, "MC70-023" pour vrai, "Intellitix Upload" pour faux. Vous enchaînez ensuite les questions oui/non, et vous reconstituez la base entière, caractère par caractère.

Et la base, elle est bien garnie. Plus de 500 tables dans un ensemble baptisé fgs avec dedans les emails et mots de passe du personnel, ceux des clients, les tokens de reset, les tokens d'API et les jetons OAuth encore actifs. Avec ça, Carroll précise qu'il aurait pu émettre autant de billets gratuits qu'il voulait, pour n'importe quel événement.

Mais c'est une personne pleine de sagesse (et qui ne veut pas aller en prison) alors il ne l'a pas fait. Et surtout, il a tout remonté à Live Nation. Le lendemain où il les a contactés, la boîte confirmait le déploiement d'un correctif.

Ce qui est intéressant ici, c'est que le contournement du WAF par sous-requête, et la construction de l'oracle, tout ça a été proposé par Claude, et ne vient pas d'une demande du chercheur. On avait certes, déjà vu l'IA d'Anthropic dénicher des failles dans Firefox ou éplucher du code Apple II vieux de 40 ans mais là, c'est un sacré cran plus loin, je trouve.

Merci à Ian Carroll pour le writeup détaillé .

Source : CyberSecurityNews

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PS5-Linux - La Slim peut enfin tourner sous Linux

Par : Korben ✨ — 1 juillet 2026 à 15:13

Il y a trois mois, Andy Nguyen (theflow0 pour les intimes) lâchait PS5-Linux et posait direct cette limite bien nette, à savoir que ça ne concernerait que les PS5 Phat, et pas les Slim ni les Pro. Bon ben cette limite vient de sauter pour les Slim. En effet, depuis fin juin, son ps5-linux-loader supporte le firmware 7.61, et comme c'est justement celui qui équipe les consoles fines, votre Slim peut à son tour se transformer en PC Linux complet.

Le rythme de sortie des nouvelles releases est d'ailleurs assez dingue. En avril, le hack se limitait aux firmwares 3.xx et 4.xx , autant dire à des consoles oubliées au fond d'un placard et aujourd'hui la liste grimpe jusqu'à la 7.61, en passant par les 5.xx et 6.xx. Attention quand même, ce n'est pas open bar sur tout ce qui est en dessous de 7.61, puisque PS5-Linux ne prend en charge que ce qu'il y a sur une liste bien précise de versions. Et puis surtout, les tout premiers firmwares 1.xx et 2.xx restent sur le carreau.

Pour les anciennes versions, faudra toujours passer par l'exploit umtx2. Et pour tout ce qui va de la 6.00 à la 7.61, Andy est passé par une autre faille touchant l'hyperviseur que Sony a déjà colmatée dans ses mises à jour récentes. Mais comme la 7.61 date de 2023, ça ouvre le hack à un sacré paquet de Slim vendus ces dernières années. Filez dans Paramètres, Système, Informations console pour vérifier votre numéro de firmware et s'il figure dans la liste supportée par le projet (jusqu'à la 7.61 incluse), vous êtes bon.

Par contre, rien pour la PS5 Pro qui elle est coincée en firmware 8.0.

Puis au-delà du support firmware, le reste avance également puisque le Bluetooth interne, le lecteur Blu-ray et l'Ethernet sont enfin fonctionnels... ça grossit, ça grossit... Après comme ça reste un soft mod, y'a pas de dual boot possible et faudra relancer l'exploit à chaque fois que vous voulez lancer Linux. Mais c'est pas grave, on est dans l'expérimental et peut-être que le multi boot pérenne arrivera bientôt.

Si vous n'avez pas peur de la ligne de commande, je vous renvoie vers mon article d'avril pour la procédure d'install complète et la liste du matos nécessaire. Une fois en place, ça vous ouvrira surtout les portes de Steam et des émulateurs !

Reprendre la main sur une bécane qu'on a payée plein pot, c'est quand même la base quand on est bidouilleur de l'extrême ^^. Puis couplé à la fuite des clés BootROM de la PS5 fin 2025 , je trouve que l'écosystème commence enfin à respirer un air plus libre.

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Communautés tech toxiques, faudrait en parler à un moment

Par : Korben ✨ — 26 juin 2026 à 16:16

Y'a un truc dont on parle pas assez dans le milieu tech je trouve, et pourtant tout le monde le constate : Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev...etc sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu'ils sont de gros nuls, qu'ils posent des questions de noobs, ou encore qu'ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j'en passe... Oui je parle bien entre autres du fameux barbu Linux qui vous toise parce que vous utilisez Ubuntu et pas Arch que vous avez compilé à la main.

Et le pire, c'est que tout ça est documenté et chiffré, et même reconnu par les pontes du milieu eux-mêmes ! Vous allez voir...

Prenez Linus Torvalds par exemple. C'est le créateur de Linux et pendant des années, il a insulté publiquement des développeurs sur la mailing list du kernel, leur balançant que leur code était une honte et compagnie. En septembre 2018, il a toutefois fini par mettre les choses à plat dans un mail d'excuses où il écrit noir sur blanc que ses attaques étaient "non professionnelles et injustifiées", et qu'il voulait s'excuser auprès des gens que son comportement avait blessés et je cite, "possiblement complètement chassés du développement du kernel". Il a même pris une pause pour aller se faire aider à comprendre ses émotions. Si même le mec au sommet de la pyramide reconnaît qu'il a fait fuir des contributeurs à coups de mépris, vous imaginez un peu l'ambiance qui grouille en dessous...

D'ailleurs, trois ans plus tôt, en 2015, une développeuse majeure du kernel avait déjà claqué la porte. Sarah Sharp, celle qui maintenait le pilote USB 3.0, était pourtant loin d'être une débutante. Dans son billet Closing a door , elle explique notamment qu'elle n'arrive plus à contribuer à une communauté où elle était respectée pour ses compétences mais jamais respectée en tant que personne.

Violence verbale, blagues sexistes et homophobes, voilà tout ce qu'elle subissait. Et en 2015, malheureusement, elle criait vraiment dans le désert. Personne ne l'a écouté et il aura fallu attendre 2018 et les excuses de M. Torvalds pour capter qu'il y avait un sérieux problème.

Je vous ai dit aussi que j'avais des chiffres, alors les voilà... En 2017, une étude publiée dans PeerJ a analysé plus de 3 millions de pull requests sur GitHub et le résultat bien que fascinant m'a déprimé. Le code proposé par des femmes est accepté à un taux plus élevé que celui des hommes, environ 79% contre 75%. SAUF quand leur genre est identifiable. Cela veut dire que quand on sait que c'est une femme, on accepte moins son code, alors même qu'en moyenne il est meilleur. Affreux non ?

La même année, l'enquête Open Source Survey de GitHub plantait également le décor en annonçant qu'il y avait environ 95% d'hommes, 3% de femmes et 1% non binaire parmi les contributeurs (le 1% restant c'est l'arrondi, btw). Et tristement, les femmes rapportaient bien plus souvent du langage qui les mettait mal à l'aise, et des remarques stéréotypées ("Pas mal pour une femme !", "T'es blonde ou quoi ?", ce genre de saloperies sexistes).

Voilà où en est la belle méritocratie du logiciel libre !

Et du côté de l'entraide soi-disant légendaire, c'est pas plus glorieux. Stack Overflow, le site où des millions de devs vont chercher de l'aide tous les jours, a carrément publié en 2018 un mea culpa officiel . Leur responsable "culture" y écrit que trop de gens vivent Stack Overflow comme un endroit hostile ou élitiste, en particulier les codeurs débutants, les femmes et les personnes de couleur.

Le vrai problème, selon lui, ce n'est pas la communauté, c'est qu'on a appris aux utilisateurs à dire aux autres ce qu'ils font de travers sans jamais leur apprendre à le faire correctement. C'est ce bon vieux RTFM de connard balancé à la gueule des débutants qui après n'osent plus poser de question.

Et tout ça, ça coûte cher, figurez-vous. Oui, oui, la Tech Leavers Study du Kapor Center , en 2017, a chiffré à 16 milliards de dollars par an le coût du turnover provoqué par une culture de travail injuste dans la tech. Les femmes, les minorités, les gens qui ne rentrent pas dans le moule, bah ils se barrent. Une autre enquête, Elephant in the Valley , montrait même que 60% des femmes de la Silicon Valley qui avaient +10 ans d'expérience avaient subi des avances sexuelles non désirées.

Bon, maintenant je vais quand même vous parler de moi, parce que tout ça, je le constate aussi depuis vingt ans.

Pour ma part, si je me suis retiré des réseaux sociaux, et je parle même des réseaux plus barbus, les Mastodon et compagnie censés être plus sains, c'est à cause de ça. Cette hostilité permanente, ce besoin maladif de certains de vous expliquer pourquoi vous avez tort, pourquoi votre choix technique est nul, pourquoi vous n'êtes pas un "vrai". Et si j'ai fermé mes commentaires il y a des années, c'est exactement pour la même raison. Pas parce que je ne voulais plus discuter avec vous, mais parce que je ne voulais plus servir de défouloir à une poignée de types qui confondent intelligence et agressivité.

Sachez que sur cette planète, 100% des problèmes que j'ai eus (et que j'ai encore) dans ma vie perso comme dans ma vie pro, ont été causés par des hommes. Pas 90%. 100% ! Et à chaque fois que quelqu'un m'a défendu, m'a tendu la main, m'a aidé quand j'étais au sol, c'était dans 80% des cas des femmes. Alors je le dis tout simplement, merci à elles, vraiment, du fond du cœur.

Donc voilà, messieurs les toxiques de la tech, sachez-le, je vous évite du mieux que je peux, parce que vous n'êtes pas les personnes ouvertes et sympathiques que vous pensez être. J'ai toujours refusé de rentrer dans vos cases et je pense que pour votre bien et celui du Monde en général, ce serait chouette à un moment d'arrêter de vous comporter en boy's club de connards, et surtout arrêter de croire que la tech vous appartient et que tous ceux qui ne pensent pas comme vous méritent de se faire détruire en place publique.

Et aux femmes, aux noobs, aux curieux, et à tous ceux qui ne sont pas ces clones qui se marrent à chaque blague sexiste, sachez que la tech, elle est à tout le monde.

Elle l'a toujours été d'ailleurs.

Franchement, je vous le dis, moi je trouve ça triste parce que ce milieu, moi je l'aime, j'y suis depuis le tout début, probablement bien avant eux et le voir se transformer en cour de récré pour mecs aigris incapables de gérer leurs émotions, et voir surtout que ça empire d'année en année, bah ça me fout le cafard.

Ah et si mon article vous a donné la rage et que vous voulez me casser la gueule, c'est probablement parce que vous vous êtes bien bien reconnu en 4K UHD Dolby Atmos avec les sous-titres et que vous venez de comprendre que vous n'êtes pas ce gars altruiste que vous pensez être... Déso / pas déso 😘 hein.

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Snake sur un switch Ubiquiti - Parfaitement inutile, donc génial

Par : Korben ✨ — 25 juin 2026 à 17:16

Si vous cherchez la définition exacte du mot bidouille, la voilà : Prendre un switch réseau à plusieurs centaines d'euros et s'en servir pour jouer à Snake.

C'est en tout cas comme cela qu'Adam Jezek voit les choses puisqu'il a eu l'idée de détourner les LEDs RGB des switches Ubiquiti pour y faire ramper le serpent de votre vieux Nokia 3310.

Son code traîne sur GitHub depuis plus de deux ans, et il vient de refaire surface grâce à une vidéo de Julien Metayer qui tourne en ce moment sur LinkedIn et que je vous partage ici :

Marrant hein ?

Pour comprendre comment ça fonctionne, il faut surtout connaître l'EtherLighting. C'est une techno qu'Ubiquiti a sortie fin 2023 sur sa gamme UniFi Pro Max, où chaque port réseau possède sa propre LED RGB. L'idée de départ est assez sérieuse puisque c'est pour permettre de voir d'un coup d'œil à quel VLAN appartient tel ou tel port, à quelle vitesse il tourne, ou encore quel appareil est branché dessus. C'est du diagnostic visuel, quoi.

Sauf que quand vous laissez une rangée de LEDs adressables individuellement à des gens qui ont trop de temps libre, ça part vite en cacahuète ^^ .

Après au prix du switch ça fait cher le Snake. Reste à voir si un jour, ce genre de routeur sera capable de faire tourner Doom... Pour l'instant non, mais vu que Doom tourne déjà sur un bracelet Xiaomi , je ne donne pas longtemps avant que quelqu'un s'y colle.

Bref, ça ne sert à rien, ça coûte une bolas, et c'est précisément pour ça que c'est trooop coooool. Et si Snake vous laisse sur votre faim, allez plutôt voir Deep Snake , qui est un clone nettement plus barré.

Merci Emmanuel pour le lien !

☐ ☆ ✇ Korben

Une tablette de prison américaine ouverte à la scie

Par : Vincent Lautier — 23 juin 2026 à 18:22

Le réparateur australien Hugh Jeffreys, connu pour ses vidéos de démontage et ses collaborations avec le site de réparation iFixit, a mis la main sur l'un de ces appareils que les prisons américaines louent à leurs détenus pour accéder à une poignée de services autorisés, et il a voulu savoir ce qu'on avait bien pu cacher à l'intérieur d'un objet aussi verrouillé.

Le résultat ne paie pas de mine, avec son boîtier en plastique opaque scellé hermétiquement, sa mousse de calage glissée à l'intérieur et sa finition que Jeffreys compare lui-même à un bricolage de travaux manuels de lycée, le tout pensé pour tenir le choc dans un environnement carcéral.

Screenshot

Premier souci, l'engin refusait carrément de démarrer, et les quatre pastilles métalliques qui affleurent sur la tranche, pourtant calées sur les broches d'un port USB, ne déclenchaient qu'un clignotement d'une seconde au branchement d'un chargeur avant que tout ne s'éteigne. Aucune vis accessible, aucune ouverture possible. La scie à métaux a donc été le seul moyen d'entrer.

Une fois la coque ouverte tant bien que mal, le diagnostic est sans appel, puisqu'on découvre une Iview Optimus-C-8001. Une tablette d'entrée de gamme qui fonctionne avec un vieux processeur Intel Atom Z8350 cadencé à 1,44 GHz et épaulé par 2 maigres Go de mémoire vive, soit une configuration déjà poussive le jour de sa sortie et complètement à la ramasse aujourd'hui.

Screenshot

Le plus parlant, en fait, se loge du côté du logiciel, parce que la machine tourne sous Windows 10 Home, une édition grand public installée en 2018 qui n'a, semble-t-il, jamais reçu la moindre mise à jour depuis, et qui s'est verrouillée en mode kiosque, ce réglage qui cloisonne l'appareil sur un unique navigateur bridé aux seuls services que la prison veut bien mettre à destination de ses pensionnaires.

Sauf que le verrouillage s'arrête net à la surface. L'installation de Windows ne comporte aucun chiffrement du disque, c'est-à-dire aucun de ces mécanismes qui rendent les fichiers illisibles tant qu'on ne tape pas le bon mot de passe, si bien qu'une fois le boîtier ouvert et l'appareil rallumé normalement, Jeffreys accède sans la moindre barrière supplémentaire à l'intégralité d'un système qu'on imaginait blindé.

Détail presque amusant, la tablette a visiblement fini à la poubelle à cause d'une carte de charge tierce défaillante, puisque rebranchée sur son port USB d'origine elle se rechargeait et fonctionnait sans problème. Du matériel jeté pour une broutille, donc.

Il faut savoir que ces tablettes ne sont pas distribuées par pure bonté, car elles sont louées aux personnes incarcérées, qui doivent souvent payer pour le moindre service rendu, ce qui transforme l'accès au numérique en source de revenus pour les prestataires qui équipent les établissements pénitentiaires américains. Et c'est précisément ça qui rend l'affaire sensible.

Parce que la vraie question n'est pas la prouesse technique, plutôt limitée vu le niveau de protection rencontré. C'est ce que l'objet raconte, à savoir du matériel bas de gamme scellé à la va-vite et facturé à une population captive au sens propre, au nom d'une sécurité dont on cherche encore les traces. On a connu nettement plus sérieux.

Source : Hackaday

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Relay attack - Ils volent une voiture avec un babyphone

Par : Korben ✨ — 22 juin 2026 à 20:36

Vous vous souvenez du streamer Twitch qui s'était fait piquer sa caisse en plein live, à cause d'un boîtier bizarre posé contre sa porte d'entrée ?

Tout le monde a crié au fake évidemment, sauf que dans une certaine mesure, c'était vrai ! Et le voleur, c'était Mark Rober en personne, l'ex-ingénieur de la NASA devenu YouTubeur, qui a inventé toute cette mise en scène pour démontrer une bonne fois pour toutes comment on vole une voiture récente sans même toucher à la serrure.

La méthode s'appelle la relay attack, l'attaque par relais, et le principe est tellement simple que c'en est gênant. En effet, les voitures passent leur vie à chuchoter, quatre fois par seconde environ, des petits "hé psst, t'es là, ma clé ?". Et quand la clé est assez proche pour entendre ce murmure, elle hurle en retour le mot de passe secret qui déverrouille les portes et permet de démarrer le véhicule. Sauf que ce chuchotement, une équipe de voleurs peut le capter depuis votre voiture, l'amplifier, et le balancer jusqu'à votre clé restée sur le meuble de l'entrée ou dans la poche de votre veste. La clé croit alors que la voiture est juste là, elle répond, et hop, la caisse s'ouvre. Ça prend 30 secondes chrono, ça ne déclenche aucune alarme, et surtout y'a aucune effraction, ce qui arrange bien ces inutiles d'assureurs.

Alors pour bien comprendre comment tout ceci fonctionne, Rober a voulu s'équiper comme un vrai voleur. Direction le dark web, où un certain Dimitri (un russe... Bah quoi les clichés ?) lui a vendu un boîtier de vol clé en main pour 12 000 dollars en Bitcoin. L'appareil arrive, il le passe au CT Scan pour voir ce qu'il y a dedans sans le faire péter, et le verdict tombe : il s'est fait escroquer comme un débutant.

En fait, tous les composants hors de prix de ce machin pouvaient être remplacés par la même chose que ce qu'on trouve dans un babyphone vidéo de 2004.

Le babyphone de 2004 dont les entrailles remplacent un boitier dark web a 12 000 dollars.

La caméra du babyphone capte un signal, l'antenne le transmet à l'écran déporté et il suffit de couper deux fils au bon endroit pour transformer ça en relais radio . Son clone maison lui est donc revenu à quelques centaines de dollars de matos au lieu des douze mille que Dimitri a empochés. Et surtout il fonctionnait mieux que l'original. Breeeef...

Avant ce genre d'attaque, voler une bagnole demandait quand même un peu de doigté. Le slim jim, une tige métallique qu'on glissait dans la portière, a été tué dans les années 90 par les constructeurs qui ont blindé les mécanismes de serrure. Le démarrage en pontant les fils façon Mac Gyver est devenu inutile le jour où un calculateur ECU a pris le contrôle du moteur. Et plus récemment, vous avez peut-être entendu parler des Kia Boys , ces ados qui ont fait le tour de TikTok en démarrant des Kia et Hyundai d'avant 2022 avec un simple câble USB enfoncé dans le contact.

C'était couillon, mais ces modèles n'avaient pas d'antidémarrage électronique... une économie de bout de chandelle des constructeurs qui leur a quand même coûté 8,3 millions de véhicules à patcher en urgence. Comme quoi, la sécurité par l'obscurité, ça finit toujours par se payer un jour ou l'autre...

Et est-ce que vous saviez ce que deviennent ces voitures une fois envolées ??

Eh bien, même si l'essentiel des vols est l'œuvre d'abrutis d'ados qui font joyride pour Instagram , le reste est récupéré par une filière criminelle très organisée, démonté en pièces détachées dans un atelier en moins d'une heure ou encore expédié en conteneur à l'autre bout du monde.

Maintenant, pour bloquer les attaques relais et toutes ses déclinaisons, il suffit d'empêcher votre clé d'entendre ce "chuchotement" de la voiture. La première règle, qui est aussi la plus bête, est donc de ne JAMAIS poser vos clés près de la porte d'entrée... Éloignez-les au maximum, à l'autre bout de votre logement si vous le pouvez

Et la deuxième règle, c'est d'empêcher la clé de capter quoi que ce soit... Une boîte à biscuits en métal fait par exemple parfaitement l'affaire. Ou alors un bout de papier alu pour l'emballer...

Une simple boite a biscuits en métal suffit a rendre la clé sourde.

C'est ce qu'on appelle une cage de Faraday dans laquelle le signal radio préfère filer dans le métal conducteur plutôt que de traverser. Les pochettes anti-RFID vendues une dizaine d'euros font pareil et sont quand même plus classe, mais testez-les avant de leur faire réellement confiance.

Ah et sinon, sur certains modèles comme ma Ioniq 5 , vous pouvez aussi désactiver l'ouverture automatique "à distance via la clé et "sans les mains" et exiger une pression sur le bouton de la clé. C'est plus safe même si c'est moins fun ^^.

Un grand merci à Lilian pour le partage.

☐ ☆ ✇ Korben

Doom tourne désormais sur un bracelet Xiaomi Mi Band 10

Par : Vincent Lautier — 22 juin 2026 à 15:06

Il y a des gens qui se détendent en regardant une petite série. Aaron Christophel, lui, se détend en désossant des bracelets connectés Xiaomi pour leur faire cracher du code qu'aucun ingénieur de la marque n'avait prévu.

Ce bidouilleur allemand, plus connu sous le pseudo atc1441, vient de s'attaquer au Mi Band 10, et il en a tiré ce que la communauté du hack matériel considère comme le sacre suprême depuis trente ans : un portage de Doom, le jeu de tir sorti en 1993.

Le jeu n'était pourtant pas le problème. La puce, si.

Le Mi Band 10 utilise un BES2700iMP, un composant fabriqué par Bestechnic, un fondeur chinois qu'on croise surtout dans des écouteurs sans fil parce qu'il est taillé pour la basse consommation. Petite subtilité qui complique tout : chez Bestechnic, cette même puce répond aussi au nom de code BEST1503.

Or pour programmer un composant pareil, il faut son SDK, autrement dit le kit fourni par le fabricant avec la documentation et les outils pour développer dessus. Et là, surprise : pour ce modèle, aucun SDK public. Rien du tout. Christophel s'est donc retrouvé face à une puce muette, sans plan ni notice.

Sa porte d'entrée, il l'a trouvée du côté d'une cousine quasi jumelle. Le BEST1306, un autre composant Bestechnic, partage la même architecture, et lui possède un SDK qui a fuité par le biais de kits de développement audio. En recoupant patiemment les deux, il a reconstitué par rétro-ingénierie, ce travail qui consiste à remonter le fonctionnement interne d'un appareil sans en avoir les plans, un SDK compatible avec le BES2700iMP.

Le reste a suivi. Firmware maison, c'est-à-dire le logiciel bas niveau qui pilote directement le matériel, puis portage de Doom via le projet GBADoom. Tout n'est pas nickel pour autant : l'écran fonctionne en SPI un seul bit au lieu du quad-SPI dont il est capable, deux manières d'envoyer les pixels dont la seconde va nettement plus vite, ce qui plombe ici la fluidité et écrase les couleurs.

Screenshot

Bref, ça se joue, mais c'est moche. Et sur une dalle large de quelques centimètres, on reste évidemment dans l'exploit pour l'exploit plus que dans la séance de jeu.

Le détail qui fait un peu marrer vu le contexte actuel, c'est l'aveu de Christophel sur l'intelligence artificielle : elle ne lui a quasiment servi à rien. Les données techniques de ces puces propriétaires n'existent nulle part dans les corpus d'entraînement des modèles, du coup les assistants brassaient du vide.

Et ce n'est pas fini. Le Mi Band 9 embarque exactement le même matériel, ce qui signifie que le SDK reconstitué devrait y tourner tel quel, sans toucher une ligne. Tout est documenté et publié sur GitHub, à la disposition de quiconque veut prolonger cette bien belle aventure.

Bref, faire tourner un jeu de 1993 sur un bracelet de sport ne sert objectivement à rien, et c'est précisément pour ça que c'est toujours très cool.

Source : Hackaday

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Le FBI a bâti une fausse ville entière dans un hangar, juste pour la pirater

Par : Vincent Lautier — 16 juin 2026 à 16:01

Le FBI possède sa propre ville, sauf que personne n'y habite, et pour cause, elle a été montée de toutes pièces dans un hangar de Huntsville, en Alabama, avec ses maisons meublées, son hôtel, sa station-service, son épicerie, son tribunal, son hôpital et jusqu'à sa compagnie d'électricité, le tout dans un seul but assez vertigineux, la pirater dans tous les sens sans jamais déranger âme qui vive.

Le décor porte d'ailleurs un nom, le Kinetic Cyber Range, près de 2 000 mètres carrés de fausse bourgade américaine ouverte en février 2025 et pensée comme un gigantesque bac à sable pour cyberattaques en conditions réelles.

Rien là-dedans n'est pourtant en toc, puisque chaque bâtiment grouille d'appareils et de systèmes qui réagissent exactement comme dans une vraie commune ou une vraie entreprise, à une nuance près, tout reste confiné à l'intérieur pour qu'une attaque lancée pendant un exercice de derappe jamais et impacte de vrais habitants.

Le nom vient justement de là, puisque le terme kinetic renvoie aux dégâts bien physiques d'un piratage, ce moment où une simple ligne de code éteint un feu rouge, bloque une pompe à eau ou plante les machines d'un hôpital.

Au cœur du dispositif, on trouve du coup une salle bourrée de plus de 200 serveurs physiques, ces gros ordinateurs qui font tourner les services d'une entreprise, pour moitié sous Windows et pour moitié sous Linux, histoire de coller au capharnaüm que les enquêteurs découvrent réellement quand ils débarquent après une intrusion ou avec un mandat de perquisition. Le responsable du site, Dave Beachboard, n'enjolive d'ailleurs rien et décrit des salles froides, exiguës, bruyantes et sombres, bref aussi pénibles que dans la vraie vie.

Plus de 1 400 personnes y sont quand même déjà passées, des agents du FBI mais pas seulement, puisque s'y ajoutent des collègues d'autres administrations fédérales et locales venus s'entraîner sur le terrain.

Le gros morceau de la formation, ce sont les rançongiciels, ces logiciels qui prennent vos fichiers en otage et réclament une rançon pour vous les rendre, l'objectif étant d'apprendre à garder son sang-froid pendant qu'une attaque se déroule sous les yeux tout en travaillant la criminalistique numérique, c'est-à-dire l'art de fouiller une machine après le passage des pirates pour reconstituer qui a fait quoi.

Si le FBI se donne autant de mal, c'est que c'est un problème massif, son rapport sur la cybercriminalité chiffre les pertes américaines à près de 21 milliards de dollars sur l'année et place les rançongiciels en tête des menaces qui visent les infrastructures critiques, ces hôpitaux, réseaux électriques et stations d'eau dont on oublie l'importance jusqu'au jour où ils s'arrêtent net.

Bref, bâtir une ville entière dans le seul but de la pirater, c'est quand même assez fou.

Source : TechCrunch

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FIFA - Un hacker pouvait rickroller le Mondial 2026 en direct

Par : Korben ✨ — 16 juin 2026 à 09:53

Avis aux fans de foot parmi vous qui comptent regarder cette Coupe du Monde 2026, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer ! Non, je déconne, je n'ai que des mauvaises nouvelles à vous annoncer !

La première, c'est qu'un chercheur en sécurité qui se fait appeler BobDaHacker s'est inscrit comme agent de joueurs sur la plateforme publique de la FIFA, et s'est retrouvé, quelques clics plus tard, à prendre possession des commandes de TOUS LES FLUX caméra de la Coupe du Monde ! Oui, tous ces flux en direct diffusés sur toutes les chaînes du monde.

La deuxième mauvaise nouvelle, c'est que la FIFA n'a jamais pris la peine de lui répondre parce que visiblement, elle s'en branle que quelqu'un hack ses flux vidéo.

Et le pire les amis, c'est que c'était super fastoche à faire....

Tout commence donc sur le site agents.fifa.org, un portail où n'importe qui peut demander une licence d'agent en uploadant une pièce d'identité. BobDaHacker s'execute et après 2 refus pour une photo de mauvaise qualité, une troisième tentative est alors validée, et hop, notre chercheur en sécurité se retrouve automatiquement ajouté à l'annuaire d'identités de la FIFA. Avec ce sésame, il peut alors accéder à la "Football Data Platform", puis au panneau de gestion du streaming.

A partir de là, l'appli Angular du service lui affiche un joli "access denied"... sauf que c'est du flan car, tenez vous bien, le contrôle d'accès fonctionne côté client. Ouais, ouais, c'est de la folie. En fait, les APIs derrière acceptent gentiment n'importe quelle requête authentifiée sans jamais vérifier votre rôle.

Et au moment où il ouvre l'outil de gestion du streaming, le gars hallucine !! Devant lui, il peut voir chaque match du Mondial 2026 avec ses 5 flux caméra : le programme principal, le flux tactique, la Camera1 et les deux caméras placées en hauteur derrière les buts. Pour chacun d'entre eux, il y a l'adresse d'envoi du flux vidéo (l'URL RTMP d'ingestion), le manifest de preview et la sortie HLS.

Alors histoire d'être sûr de ne pas halluciner, il colle un des liens dans VLC et le flux vidéo s'affiche en live !

Pour bien comprendre l'enjeu, cette diffusion du Mondial est gérée par HBS, qui couvre 104 matchs dans 16 villes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, avec 45 caméras par match. Ce sont littéralement les images que des milliards de gens, vous compris (mais pas moi), allez regarder. Et tout cela se monnaye à prix fort avec les chaines de TV par exemple.

Ce bon vieux BobDaHacker aurait pu balancer un rick roll, une vidéo de fesses, ou un faux discours de Trump annonçant l'arrivée des extraterrestre en direct, sur toutes les chaînes télé de la planète. Ou même tout couper...

Mais il ne l'a pas fait parce que c'est un professionnel ! (Sans parler de la certitude de finir en zonzon ^^.)

En prime, il pouvait aussi modifier les statistiques diffusées en temps réel, lire les notes préparées des commentateurs, et fouiller dans les fichiers planqués dans un blob storage Azure, à savoir des rapports de transferts, des comparatifs de revenus, des stats des arbitres et des coachs, et un mystérieux Debbie.xlsx dont on ne connaitra jamais le contenu...

Je me demande quand même dans quelle mesure, les mafias de l'IPTV n'étaient pas déjà au courant de ce "bug"... On ne le saura jamais.

Mais pour BobDaHacker, c'est là que commence la vraie galère, celle qui dure toute la nuit, parce que prévenir la FIFA d'un truc pareil, ça devrait être simple et pourtant, ça ne l'est pas du tout.

Il balance son rapport à plus de 10 adresses email de la FIFA, et 5 lui reviennent en erreur. Il tente alors un WhatsApp au responsable Football Technology & Data de la boîte, mais sans succès. Il appelle ensuite les bureaux de Zurich, mais pas de bol c'est fermé. Même la ligne téléphonique réservée à la presse est fermée aussi. Il laisse alors un simple message vocal au centre de diffusion de Dallas.

Et finalement, c'est MediaKind, le prestataire technique du streaming, qui décroche en pleine nuit. Puis la CISA américaine, dont la hotline 24/7 l'accueille plutôt bien. Et enfin le FBI, qu'il contacte carrément sur Signal.

Évidemment, la FIFA a été informée en suivant la règle du responsible disclosure et tout a été patché très rapidement.

Mais bizarrement, à ce jour, la FIFA n'a jamais répondu. Pas un merci, pas même un "vu". Voilà, le gars aura sauvé la Coupe du Monde mais n'aura même pas le droit à 2 places offertes pour aller voir un match, ni même une tape sur l'épaule.

La blague, c'est qu'ils ont même oublié de le retirer de la liste de diffusion de la Football Data Platform, du coup, il reçoit encore aujourd'hui les documents officiels des matchs du Mondial 2026 dans sa boîte mail.

Toute une analyse a été postée sur le blog du chercheur et je vous invite à la lire, parce que c'est un cas d'école.

Bravo à BobDaHacker qui a sans doute évité gratuitement l'un des plus gros bad buzz de l'histoire du foot.

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MOTHER 1 sur SNES - le remake que Nintendo n'a jamais fait

Par : Korben ✨ — 16 juin 2026 à 08:41

EarthBound Beginnings Remake est à l'origine un projet entre potes qui traine depuis 19 ans et qui youpi !, vient enfin de voir le jour ! Il s'agit d'un ROM hack mené par un certain Gabbls, qui recrée MOTHER, le tout premier jeu de la série EarthBound, en 16-bit sur le même moteur que celui d'origine. Le projet avait été lancé en 2007 par une légende du milieu, Clyde Mandelin, alias Tomato, cofondateur de Starmen.Net et surtout l'homme derrière la fameuse traduction fan de MOTHER 3.

Pour jouer à ce jeu, ça se passe sur le site officiel du projet . Vous arrivez avec votre propre ROM d'EarthBound (la version SNES, achetée légalement hein), vous la glissez dans le patcher intégré au site , et hop, vous récupérez MOTHER 1 relooké aux petits oignons. C'est un jeu 8-bit redessiné en 16-bit, avec de nouveaux sprites poussés directement dans la ROM du jeu. Et comme le patch est au format BPS, si vous préférez le bidouiller à la main avec un outil comme Flips, c'est possible aussi. Y'aura aucune ligne de code à toucher.

Et pour bien saisir pourquoi c'est un petit événement et pourquoi je vous en parle, faut remonter un peu le fil de toute cette histoire...

Car si vous êtes un ancien comme moi, vous connaissez forcément MOTHER, ce RPG culte sorti en 1989 sur Famicom, donc au Japon uniquement. Nintendo en avait préparé une version occidentale baptisée Earth Bound vers 1990, sauf qu'elle a été annulée et n'a jamais atterri dans les boutiques. Le jeu a alors fini par fuiter en version prototype, avec la traduction anglaise officielle que Nintendo avait remisé au placard, et c'est la communauté qui l'a alors ensuite rebaptisé EarthBound Zero, avant de ressortir officiellement en 2015, uniquement sur la Console Virtuelle de la Wii U.

Bref, petite précision pour les non-initiés : MOTHER c'est ce tout premier épisode, à ne pas confondre avec EarthBound qui est sa suite sortie sur SNES (MOTHER 2 au Japon), celle que vous connaissez sûrement grâce à Ness dans Smash Bros. Et ce MOTHER-là, c'est un espèce de jeu maudit que Nintendo a laissé moisir durant 25 ans.

Du coup, voir ses fans lui offrir le remake 16-bit que Nintendo n'a jamais fait, c'est chouette. Y'a quand même eu 3 équipes différentes qui se sont relayés sur le projet jusqu'à hier, date de sortie de ce remake.

Mais ce n'est pas tout car en plus, l'équipe balance un patch compagnon baptisé EarthBound: Giygas Strikes Back avec pour idée de proposer un patch pour le jeu d'origine qui apporte uniquement les améliorations de confort qu'ils ont ajoutées au remake. Donc les achats groupés, le bouton pour courir, + quelques bugs corrigés au passage. Soit de quoi rejouer à l'EarthBound original sans les petites frictions d'époque. Il y a même une jaquette façon boîte SNES signée BigSharkZ et un guide complet en couleur en préparation... tant qu'à faire les choses proprement, autant y aller à fond !

Si vous vous intéressez au rétro gaming ou aux ROM hacks, ça devrait donc vous plaire. Dans le même esprit, jetez aussi un œil au hack qui transforme Zelda en Super Mario ou au superbe hack de Super Mario Kart . Et moi de mon côté, je suis toujours en train de bosser sur mon recompilateur de roms pour mes patreons d'amour, et ça fonctionne plutôt pas mal... J'ai hâte de vous montrer ça.

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Régie des eaux US piratée - Le bluff iranien de Handala

Par : Korben ✨ — 15 juin 2026 à 12:30

Handala, un groupe de hackers liés à l'Iran, vient d'annoncer qu'il aurait pu couper l'eau de 2 millions de Californiens. Le groupe a en effet piraté California Water Service et balancé 5 Go de données pour le prouver.... Mais bon, peu importe ce qu'ils disent, la vérité c'est que non, il n'aurait pas pu.

Et c'est tout l'intérêt de cette histoire que je m'en vais vous conter....

Tout d'abord, quand on regarde ce qu'ils ont vraiment chopé, je vous avoue, on est trèèèèès loin du robinet. Leur point d'entrée, visiblement, c'est un serveur RTKBase, un outil open-source de correction GPS pour les équipes de terrain. Le truc traînait sur Internet, accessible en HTTP sur le port 10000, avec les identifiants admin et les mots de passe en clair. Comme à peu près tous les sites de l'administration française quoi... loool #troll # dataleakasaservice .

Et il tournait comme ça depuis plus de 780 heures d'affilée, soit plus d'un mois en libre accès. A partir de celui-ci, les attaquants ont alors pu sauter vers les systèmes de facturation, parce que rien ne séparait correctement le réseau GPS des données sensibles. Et ça leur a permis de récupérer les infos clients d'au moins 7 districts (Bakersfield, Chico, Salinas, Stockton, Visalia, San Mateo...) : noms, adresses, téléphones, numéros de compte, historiques de paiement.

Cela veut dire que ce qu'ils ont chopé en réalité, ce sont des fichiers clients, mais pas du tout un accès à une valve ou une pompe, ni même au moindre petit robinet qui goutte... snif...

Donc oui, grosse fuite de données perso, mais pas une seule ligne du système de traitement ou de distribution de l'eau n'a été touchée ! Pas de SCADA, pas d'automate, rien de ce qui pilote physiquement ce qui sort de votre robinet. Les analystes qui ont épluché les données sont très clairs là-dessus : Rien là dedans ne prouve que Handala peut couper l'eau d'une ville américaine. Le groupe n'a d'ailleurs aucun historique connu de sabotage de système de traitement d'eau. Le "j'aurais pu faire pire", c'est de l'intimidation et rien de plus...

Pour comprendre la différence, faut voir à quoi ressemble une vraie attaque sur une infra. Quand on pense sécurité et systèmes industriels, le premier truc qui vient à l'esprit, c'est en général le SCADA en place dans les usines, qu'on peut parfois croiser au détour d'un Shodan ou autre.

Une vraie attaque, c'est ça qu'elle vise. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en décembre 2015, environ 230 000 Ukrainiens ont été plongés dans le noir à cause d'un malware qui ciblait directement les systèmes de contrôle électrique. Ou Stuxnet , qui a physiquement détruit un millier de centrifugeuses iraniennes. Ou Oldsmar en 2021, où quelqu'un a brièvement fait grimper le taux de soude dans l'eau potable d'une petite ville de Floride. Ça, c'est toucher l'OT, la partie qui commande les machines pour de vrai.

Désolé Handala.... lol

Maintenant, faut pas non plus les ranger au rayon des script kiddies parce qu' Handala, c'est en réalité la façade "hacktiviste" de Void Manticore, un groupe rattaché au renseignement iranien, avec notamment tout un arsenal de wipers maison pour effacer des disques.

Par exemple en mars dernier, ils ont lancé une attaque destructrice chez Stryker, un géant de l'équipement médical. Leur mode opératoire, c'est de voler les données d'abord, puis de revenir ensuite pour tout casser. D'ailleurs ils sont loin d'être les seuls puisque dès 2023, un autre groupe iranien, CyberAv3ngers, avait piraté 75 automates Unitronics dans des stations d'eau et d'autres infras aux États-Unis, au point que la CISA a dû tirer la sonnette d'alarme. En clair, des hackers iraniens qui s'en prennent aux stations d'eau américaines , c'est devenu la routine....

Bref, Handala n'a pas coupé l'eau mais le jour où un groupe avec un vrai accès SCADA débarquera, faudra pas venir dire qu'on n'était pas prévenus.

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Des listes de cybercriminels à télécharger

Par : Vincent Lautier — 13 juin 2026 à 17:05

Si vous faites un peu de renseignements (OSINT) et que ce que vous cherchez, c'est des pseudos de cybercriminels, spmedia a un truc qui devrait vous plaire. Son repo GitHub Threat-Actor-Usernames-Scrape rassemble environ 773 000 pseudos uniques récupérés sur des forums de cybercriminels. C'est gratuit, en accès libre. Et ça peut vous faire gagner pas mal de temps si vous faites de l' OSINT .

Son délire, c'est de scraper les sections "Who's Online", les threads et les réponses de forums comme HackForums, DarkForums, BreachForums, XSS.pro, Dread, OGUsers et une vingtaine d'autres, ou de récupérer des extraits de fuites. L'intérêt de ce genre de truc, c'est de capter ces données pour ensuite les réutiliser dans vos propres projets. Ça vous permet par exemple de préparer un fichier texte propre par forum, qui est prêt à être ingéré dans un TIP (Threat Intelligence Platform) ou croisé avec vos données.

Au total, y'a environ 820 000 noms d'utilisateurs dans ce repo, dont ~46 000 en double. Les plus gros forums actifs sont Cracked.sh (~226 000 pseudos collectés), DarkForums.su (~75 000) et Altenen.is (~74 000). Côté forums morts, BreachForums.st domine avec ~57 000 entrées, devant la fuite Nulled (~42 000) et BreachForums.as (~39 000).

Il y a de quoi fouiller, quoi...

Spmedia a monté ce projet parce qu'il en avait marre des boîtes de threat intel qui facturent 5 à 6 chiffres par an pour accéder au même genre de données. On peut donc lui dire merci, même si ça ne remplace pas un vrai service CTI avec contexte et analyse. C'est juste des noms d'utilisateur sans autre enrichissement. Faudra donc croiser ça avec d'autres sources mais pour du pistage de pseudo ou une wordlist ciblée, ça peut aider.

Vous pouvez par exemple utiliser ces listes pour repérer un même pseudo sur plusieurs forums, constituer des wordlists ou simplement suivre quels sites ressortent après un takedown. Certains disparaissent, d'autres reviennent 48h plus tard sous un nouveau TLD (ambiance hydre de lerne, quoi).

Chaque fichier contient un pseudo par ligne et l'import dans un SIEM ou un script Python vous prendra 2 minutes. N'oubliez pas non plus qu'une bonne partie de ces comptes sont des kiddies ou des curieux, donc croisez toujours avec d'autres sources avant de pointer du doigt qui que ce soit...

Bref, si la chasse aux cybercriminels vous branche, vous pouvez récupérer les listes sur GitHub et voir ce que ça donne.

Amusez-vous bien !

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Faille kernel Linux - Un seul caractère et vous voilà root

Par : Korben ✨ — 9 juin 2026 à 09:35

Oliver Sieber, un chercheur de chez Exodus Intelligence, vient de publier l'exploit complet d'une faille qui tient dans un seul caractère. C'est la CVE-2026-23111, planquée dans nf_tables, c'est à dire au bout du noyau Linux qui filtre les paquets réseau. Un bug discret donc, qui transforme un compte tout pourri, sans le moindre privilège, en compte root sur la machine... et qui vous fait sortir d'un conteneur au passage.

Le scénario, vous le connaissez si vous traînez ici depuis un moment. Un utilisateur qui dispose d'un compte sans droit particulier sur une machine Linux (y compris parce qu'il a exploité une autre faille avant, dans une appli web par exemple) lance l'exploit, et se retrouve avec les pleins pouvoirs. Pas de vecteur distant, rien à cliquer : c'est l'arme qu'on dégaine une fois le pied dans la porte. Que ce soit un shell avec des droits limités, un conteneur compromis, un compte de service... tout y passe et hop, root sur l'hôte !

Le bug lui-même, c'est ce qu'on appelle un use-after-free, c'est à dire que le noyau réutilise un bout de mémoire qu'il a déjà libéré, et forcément ça part en vrille. Exodus a titré son analyse complète "Off By !", un clin d'œil au classique off-by-one des développeurs, sauf qu'ici le coupable c'est un test inversé. Un caractère de trop, une condition qui dit l'inverse de ce qu'elle devrait, et voilà. Et le correctif, lui, tient en une seule ligne.

Le fameux caractère : le ! qui inversait le test dans nft_map_catchall_activate(). Le correctif le retire, et c'est tout (commit 8fdb05de).

La faille a d'ailleurs été reproduite deux fois, par deux équipes qui ne se sont pas concertées. Exodus l'a validé sur Debian Bookworm, Debian Trixie, Ubuntu 22.04 et 24.04. FuzzingLabs avait sorti sa propre version dès avril, par un chemin complètement différent, et l'avait fait tourner sur RHEL 10 juste avant le Pwn2Own de Berlin. Bref, ça marche, c'est bien documenté, et c'est public.

Mais le pire, c'est le calendrier de tout ce merdier puisque le patch a été mis à dispo le 5 février. Ensuite, y'a eu l'exploit de FuzzingLabs publié le 16 avril, suivi d'un write-up détaillé d'Exodus le 8 juin. Autrement dit, ça fait des mois que le correctif existe et des semaines que le code d'exploitation traîne dans la nature.

La seule chose qui vous sépare donc d'un compte root offert à n'importe qui, c'est d'avoir mis à jour ou pas.

Et cette faille s'ajoute à une sacrée série de failles root-local sur Linux ce printemps. Y'a eu Copy Fail , y'a eu Dirty Frag et sa variante Fragnesia ... à chaque fois le même refrain, un compte sans droit qui finit root sur une install standard. C'est devenu presque routinier, et Synacktiv pointe une raison plutôt pertinente en nous expliquant que c'est à cause (ou grâce ^^) aux outils d'IA qui décortiquent les patchs pour en sortir un exploit rapidos, qui marche direct avant même que la correction soit déployée partout.

Du coup, qu'est-ce que vous devez faire ?

Hé bien le plus simple d'abord, c'est de mettre à jour le noyau et vous rebootez. Ubuntu a corrigé 22.04, 24.04 et 25.10, Debian a patché Bookworm et Trixie (avec un backport en 6.1 pour Bullseye), et Red Hat, SUSE et Amazon Linux ont suivi. Comme la version corrigée exacte dépend de votre distrib, jetez donc un œil à l'advisory qui correspond à la vôtre.

Si vous gérez une machine où tournent des utilisateurs ou des workloads pas franchement de confiance, vous pouvez également couper le chemin d'attaque sans attendre le patch. La faille a besoin des user namespaces non privilégiés, un mécanisme qui laisse un process lambda se bricoler son propre bac à sable avec des droits root à l'intérieur.

Et nf_tables comme ces namespaces, sur la plupart des desktops et pas mal de serveurs, c'est actif par défaut, donc oui, sans le patch vous êtes probablement exposé.

Pour les désactiver, le plus universel c'est user.max_user_namespaces=0 : un sysctl -w user.max_user_namespaces=0 pour tout de suite, et la même ligne dans un fichier genre /etc/sysctl.d/99-userns.conf pour que ça tienne au reboot.

Ça marche sur toutes les distros mais c'est radical, ça coupe tous les user namespaces, même ceux de root. Sur Debian et les vieilles Ubuntu, t'as plus fin avec kernel.unprivileged_userns_clone=0 qui ne vise que les non-privilégiés. Et sur Ubuntu 24.04, bonne nouvelle, c'est déjà restreint par défaut via AppArmor. Attention quand même, ça peut casser des trucs qui s'appuient dessus, genre le bac à sable de Chrome ou Flatpak.

À faire en connaissance de cause, donc.

La parade en vrai : une fois les user namespaces non privilégiés coupés, un compte lambda qui tente d'en créer un (le prérequis de l'exploit) se fait jeter sur un "No space left on device".

Après la bonne nouvelle, c'est que d'après les chercheurs, aucune exploitation dans la nature pour cette faille précise n'a été constaté à ce jour. Après comme sa cousine Copy Fail, elle, a déjà atterri au catalogue des failles activement exploitées de la CISA, ne traînez pas trop. Bref, comme d'hab padpanik, vous mettez à jour, vous rebootez, et on n'en parle plus.

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ESP32 Bit Pirate - Le Bus Pirate qui tient dans un Cardputer

Par : Korben ✨ — 7 juin 2026 à 09:38

Les Bus Pirate , si vous ne connaissez pas encore, ce sont des petites sondes que les bidouilleurs utilisent pour "parler" à des puces inconnues, lire une EEPROM ou dumper des firmwares. C'est assez spécifique comme matos, alors c'est pourquoi geo-tp a eu une autre idée, à savoir foutre l'équivalent d'un Bus Pirate dans un ESP32 pour en faire un Cardputer (contraction de "card" + "computer") de hacker.

Bus Pirate

Et voilà comme son bébé, nommé Bit Pirate transforme un ESP32, c'est à dire une carte à 30 balles en multitool de hacking matériel qui cause plus de 20 protocoles.

Grâce à ça, vous pouvez vous brancher sur n'importe quelle puce et lire / modifier ce qu'elle contient, sans dessouder tout l'appareil. Côté bus numériques, vous avez le I2C (scan, glitch, dump d'une EEPROM 24Cxx), le SPI pour lire une flash 25Q ou une carte SD, l'UART avec auto-détection du baudrate, le 1-Wire et le JTAG/SWD compatible OpenOCD.

Bref, en un seul firmware, il remplace une palanquée de petits outils dédiés.

Côté radio, c'est aussi beaucoup plus musclé, mais attention, tout ne sort pas d'une ESP32 nue. Le Wi-Fi (sniff, deauth), le Bluetooth (BLE HID, spoofing) et l'infrarouge tournent direct sur l'ESP32 mais le Sub-GHz, le RFID, le bus CAN d'une bagnole ou le dump d'une carte SIM nécessiteront des puces spécifiques en plus (un CC1101, un PN532, un transceiver, un peu de câblage...etc), ou une carte qui les embarque déjà comme la LILYGO T-Embed CC1101.

Forcément, j'imagine qu'en lisant ça, vous pensez au Flipper Zero mais c'est pas vraiment le même objet. Le Flipper, c'est un produit fini, boîtier, batterie, interface léchée, et lui aussi est open source d'ailleurs. Alors que le Bit Pirate, c'est plus brut, avec des fils qui dépassent, un firmware en plein chantier...etc... C'est plus un outil de bench pour bidouilleurs, qu'un gadget clé en main et surtout la vraie différence, c'est le prix et le fait que ça tourne sur du matériel tout ce qu'il y a de plus banal.

Ça marche donc sur un ESP32-S3 nu, mais le combo qui fait rêver c'est le M5 Cardputer , ce mini-ordinateur avec clavier vendu autour de 30 euros. Vous le flashez, et hop, vous avez un Bus Pirate autonome avec écran et clavier dans la poche !

A titre de comparaison, un Flipper Zero, c'est plutôt dans les 200 balles donc y'a pas photo. Et pour l'installer, pas besoin de toolchain, puisque geo-tp a mis en ligne un flasher web qui déploie le firmware depuis le navigateur en un clic, via Web Serial (oui, la même techno qui débarque enfin dans Firefox ).

Ensuite une fois que le firmware est en place sur votre matos, vous pilotez la bête de 3 façons : soit via un terminal série classique, soit une CLI web par Wi-Fi, ou en standalone sur le clavier du Cardputer.

Les trois disposent exactement des mêmes commandes et pour les petits feignants surproductifs TDAH que vous êtes, rassurez-vous ça se scripte, soit en bytecode façon Bus Pirate historique, soit en Python par-dessus le port série pour automatiser un dump de flash. Et notez qu'il sait aussi se faire passer pour un simple dongle USB-UART, un programmateur SPI ou un analyseur logique quand vous avez juste besoin de ça.

Le firmware Bit Pirate aura besoin d'au moins 8 Mo de flash, et attention à la tension, car l'ESP32 bosse en 3,3V sur ses broches, donc pour taquiner un bus en 5V il vous faudra une carte ou un module prévus pour, sinon vous cramerez la puce. Et selon le modèle que vous choisissez, vous n'aurez pas forcement le même nombre de broches GPIO donc le brochage demandera parfois un peu d'ajustement. Et niveau radio, sniffer le Wi-Fi du voisin ou rejouer un signal Sub-GHz dans la nature, c'est interdit sachez le !! Donc les mêmes précautions qu'avec un Flipper Zero s'appliquent.

C'est surtout pour tester votre propre matériel et apprendre, et pas pour faire le malin et finir en zonzon.

Bref, si le hacking matériel vous démange, sachez que Bit Pirate c'est open source, que le matos n'est pas cher et que ça s'installe facilement grâce au flasher web... Ce serait donc dommage de vous en priver...

Merci à Nicolas pour le lien !

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La boulette d'un pirate force tout un gang de rançongiciels à présenter ses excuses

Par : Vincent Lautier — 3 juin 2026 à 11:03

Un affilié du gang Nova, spécialisé dans les rançongiciels (ces logiciels qui chiffrent vos fichiers pour vous réclamer une rançon), a commis la bourde qui restera probablement dans les annales du milieu. Il a verrouillé les serveurs d'Eriell, une grosse société de forage pétrolier dont le siège se trouve en Ouzbékistan et qui garde un bureau à Moscou.

Le souci, c'est la géographie. L'Ouzbékistan fait partie de la CEI, la Communauté des États indépendants, en gros l'ensemble des anciennes républiques soviétiques. Et dans ce métier, on ne s'attaque pas à la CEI. Jamais.

"La première règle du club des rançongiciels, c'est qu'on n'attaque pas les organisations de la CEI, et elle est manifestement toujours valable en 2026", résume Allan Liska, analyste chez Recorded Future, une société spécialisée dans le renseignement sur les cybermenaces.

Eriell n'est pas une PME de quartier. C'est un acteur du forage qui travaille pour le secteur pétrolier et gazier de la région, et son nom avait bien été ajouté fin mai à la liste des victimes publiée sur le site du gang, avant le rétropédalage.

Cette règle n'a rien d'une question de politesse entre voyous. Les groupes qui opèrent depuis la Russie et les ex-républiques soviétiques sont tranquilles tant qu'ils dirigent leurs attaques vers l'Occident, mais le jour où ils s'en prennent à une cible locale, ils risquent de réveiller des autorités qui, jusque-là, fermaient les yeux. Pas d'extradition vers les États-Unis, pas d'ennuis, à condition de rester dans les clous.

En temps normal, le tri se fait tout seul. Une partie de ces logiciels vérifie la langue du clavier avant de s'installer, et s'ils détectent du cyrillique, ils s'effacent d'eux-mêmes plutôt que de risquer une cible russophone. L'astuce est tellement connue que des chercheurs en sécurité conseillent, à moitié sérieusement, d'installer un clavier russe sur sa machine pour passer sous le radar de ces logiciels. Là, le garde-fou a visiblement sauté.

Plus drôle encore, c'est Eriell qui a contacté Nova pour signaler l'erreur. Le gang, connu jusqu'à récemment sous le nom de RALord, fonctionne comme une franchise: les développeurs louent leur logiciel à des "affiliés" qui mènent les attaques sur le terrain et partagent ensuite le butin. Le reste du temps, Nova frappe sans état d'âme des cibles un peu partout dans le monde.

Et la suite vaut le détour. Nova a publié des excuses officielles, promis d'aider Eriell à tout remettre en état gratuitement, assuré qu'aucun fichier n'avait été chiffré et juré qu'aucune des données volées ne fuiterait. Quant à l'affilié maladroit, il a tout simplement été banni de l'opération.

Des cybercriminels qui dégainent des excuses publiques et un service après-vente, on ne voit pas ça tous les jours.

Source : The Register

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SixBack - Ressusciter une Bose SoundTouch avec un ESP32

Par : Korben ✨ — 29 mai 2026 à 11:25

Si comme moi, vous avez une enceinte Bose SoundTouch , vous savez que ses boutons de radio internet ont cessé de fonctionner début mai. En effet, Bose a coupé le cloud qui tournait derrière, et les six boutons de présélections sont devenus de jolis boutons inutiles. Mais un dev nommé Tostmann, lui, a refusé cette fatalité et a sorti SixBack, un firmware ESP32 qui ramène tout ça à la vie.

L'idée, c'est de faire croire à l'enceinte que rien n'a changé puisque l'ESP32 se fait passer pour les serveurs Bose disparus et répond à sa place, sans toucher au firmware d'origine de l'enceinte. Pour réussir cela, il a réimplémenté 22 des 30 points d'accès du service, de l'enregistrement du compte au streaming en passant par les vérifs de mise à jour et voilà comment pour la SoundTouch, c'est comme si le cloud n'était jamais parti !

D'habitude, ce genre de résurrection passe par une redirection DNS bricolée au niveau du routeur, un truc bien lourd et bien casse-gueule, mais Tostmann, lui, exploite un shell de diagnostic ouvert sur le port 17000, accessible en Telnet sans le moindre mot de passe et à partir de là, il réécrit directement les adresses des serveurs vers son ESP32 via ces quelques lignes de commande :

sys configuration bmxRegistryUrl http://IP_ESP32:8000/bmx/registry/v1/services
sys reboot

Côté installation, pas besoin de sortir le fer à souder rassurez-vous ! Vous branchez simplement un ESP32-S3 (comptez une dizaine d'euros) en USB, vous ouvrez sixback.io dans Chrome, Edge, ou maintenant Firefox vous cliquez sur Connect et le navigateur flashera tout seul le firmware de l'ESP32, l'interface et la config WiFi. Et voilà, votre enceinte se mettra à revivre !!

Et comme rien ne touche au firmware de l'enceinte, c'est réversible, suffit de remettre les adresses d'origine via le même shell.

Après, je le reconnais c'est un hack de niche qui ne va peut-être intéresser que 3 personnes parmi vous, mais c'est pas grave parce que moi ça m'intéresse fortement ^^. Notez quand même que ça ne marche que sur les SoundTouch 10, 20 et 30, et uniquement sous les firmwares 27.0.3 et 27.0.6, et rien d'autre.

L'interface pour régler les paramètres de votre enceinte

Côté carte, prenez donc plutôt un ESP32-S3 que les petits C6, qui décrochent parfois du réseau et exigent un reset à la main. Et comme la licence de son code est non-commerciale, sachez que personne ne vendra de boîtier clé en main pour faire ça, donc ce sera du système D ou rien ! Mais je suis certain que vous y arriverez !!

ESP32-S3

Comme je vous le disais, j'en ai une à la maison, que je ne fais tourner qu'en AirPlay, donc les fameux presets, je m'en passe très bien mais je suis content que ce SixBack existe.

C'est quand même dommage à chaque fois de voir un appareil parfaitement fonctionnel transformé en presse-papier parce qu'un fabricant a décidé d'éteindre un serveur... Heureusement que des gens comme Tostmann existent pour s'énerver un peu !

SixBack est dispo sur GitHub .

Source

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Un radioamateur décode le signal de la sonde chinoise Tianwen-2 en route vers un astéroïde

Par : Vincent Lautier — 28 mai 2026 à 11:08

Daniel Estévez est ce qu'on appelle un radioamateur de haut vol. Spécialisé dans le décodage de signaux satellites et de sondes spatiales, l'Espagnol partage ses analyses techniques sur son blog depuis plusieurs années.

Cette fois, il s'est attaqué à un gros morceau : la télémétrie de Tianwen-2, la sonde chinoise actuellement en route vers l'astéroïde géocroiseur Kamo'oalewa.

Pour capter le signal, Estévez s'est appuyé sur le radiotélescope de Dwingeloo, aux Pays-Bas. Cette antenne historique, construite en 1956 par les radioastronomes néerlandais et longtemps abandonnée, a été remise en service par une association de passionnés qui l'utilise en particulier pour suivre les missions spatiales lointaines. La sonde émet en bande X (une plage de fréquences radio utilisée par la plupart des engins interplanétaires), autour de 8428,19 MHz, soit pratiquement la même fréquence que sa grande sœur Tianwen-1.

Là où ça devient intéressant techniquement, c'est sur l'encodage du signal. Tianwen-1 utilisait un encodage Reed-Solomon (une méthode classique de correction d'erreurs, indispensable quand le signal voyage sur des centaines de millions de kilomètres) avec une astuce un peu bricolée qui obligeait à zapper certains octets pour faire rentrer le tout dans la trame.

Tianwen-2, elle, utilise un encodage concaténé avec une longueur de trame mieux pensée. Du coup, les codewords Reed-Solomon rentrent pile-poil, sans bidouillage. C'est un détail qui peut sembler insignifiant, mais ça simplifie la vie de tout radioamateur qui veut suivre la mission depuis chez lui.

La sonde a été lancée le 28 mai 2025 et doit atteindre Kamo'oalewa en juin 2026. L'objectif est ambitieux : prélever un échantillon et le ramener sur Terre, comme l'avait fait la mission japonaise Hayabusa2 sur Ryugu en 2020.

Mais Tianwen-2 vise encore plus loin. Après Kamo'oalewa, la sonde poursuivra sa route vers la comète 311P/PANSTARRS pour une étude rapprochée, dans une mission double assez inédite. Si l'opération réussit, ce sera une nouvelle étape importante pour le programme spatial chinois, qui enchaîne les missions depuis plusieurs années.

Estévez documente tout publiquement, avec les paramètres exacts du signal, les outils utilisés (essentiellement GNU Radio, un framework open-source de traitement de signal), et les écueils techniques rencontrés. Pour les passionnés, c'est une mine d'or. Pour les autres, c'est surtout une démonstration que l'observation spatiale n'est plus l'apanage des agences gouvernementales.

Source : Hackaday

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Heretic - Virer la censure d'une IA en une commande

Par : Korben ✨ — 26 mai 2026 à 10:08

Y'a des entreprises qui claquent des millions pour bien aligner leurs modèles d'IA afin qu'ils refusent toutes les questions sensibles qui font flipper nos amis puritains d'outre-Atlantique et y'a Heretic , un outil signé Philipp Emanuel Weidmann, qui balaye toute censure sur n'importe quel modèle en moins de 30 minutes avec une simple carte graphique de gamer.

Je vous explique... Vous devez avoir Python et une version récente de PyTorch sur votre machine, puis vous tapez pip install heretic-llm, puis heretic Qwen/Qwen3-4B-Instruct-2507 avec le nom du modèle que vous voulez décensurer.

Et l'outil fait alors sa vie et 20 à 30 minutes plus tard, vous récupérez une version du modèle qui a lâché prise sur l'essentiel de ses refus. Pas de dataset à préparer et surtout pas besoin de comprendre les entrailles d'un transformer, avec ce truc !

Dans un modèle aligné, le réflexe de refuser (le fameux "désolé, je ne peux pas vous aider avec ça") correspond souvent à une direction précise dans ses calculs internes. Les chercheurs appellent ça la "direction de refus". Et l'idée de l'abliteration, c'est de repérer cette direction et de la gommer des poids du modèle. En gros, on coupe le câble qui déclenche le "non", en touchant le moins possible au reste.

D'autres outils d'abliteration existaient déjà , mais leur réglage restait largement manuel et il y a aussi des gens comme mlabonne ou huihui-ai qui publient des modèles décensurés en ajustant les paramètres à la main, modèle par modèle, avec des résultats souvent inégaux. Mais Heretic, lui, automatise complètement le réglage. Pour cela, il s'appuie sur Optuna, un framework d'optimisation qui teste des dizaines de configurations et garde les meilleures tout seul. Et son seul objectif c'est de virer un max de refus tout en abîmant le moins possible le modèle d'origine.

Et de ce que je comprends, ça marche super bien ! Sur Gemma-3-12B, le modèle de Google de base refuse 97 fois sur 100 les prompts sensibles du benchmark maison. Mais après un petit passage dans Heretic, il tombe à 3 refus sur 100, soit le même niveau que les meilleures "nettoyages" manuels.

Et surtout, Heretic affiche une divergence de 0,16 là où les versions faites main grimpent à 0,45 voire 1,04 (C'est une mesure de l'écart de comportement sur les questions normales... plus c'est bas, mieux c'est).

Cela veut donc dire qu'il abîme beaucoup moins le modèle au passage.

Maintenant, tous les modèles n'y passent pas, car un gros calibre demande bien plus de VRAM et cela peut grimper à plusieurs heures. De plus, une étude comparative récente montre que le raisonnement mathématique est ce qui souffre le plus de ce genre d'abliteration, quel que soit l'outil utilisé.

Et surtout, y'a déjà des chercheurs qui bossent sur des défenses pour rendre les modèles résistants à ce genre d'attaque. Donc on verra bien, mais tant que c'est possible autant en profiter car des modèles sans bridage, ça permet notamment à des chercheurs d'étudier leurs propres failles, ou pour des usages du quotidien, de faire passer des demandes banales qui seraient bloquées (genre texte créatif, reverse engineering ou demande de conseils médicaux, ce genre de choses...)

Voilà, si vous bidouillez du LLM en local , allez voir ce projet car ça peut vous "ouvrir" quelques portes ^^.

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Flipper One - Le Linux de poche qui terrifie ses propres créateurs

Par : Korben ✨ — 21 mai 2026 à 15:16

Flipper Devices, les gens derrière le fameux Flipper Zero , viennent de dévoiler leur prochain joujou, le Flipper One . Et leur annonce démarre par cette phrase de Pavel Zhovner, le co-fondateur : « on est franchement terrifiés, et on a besoin de vous ».

Apparemment, ce nouveau projet l'angoisse et faut être honnête, y'a de quoi. Car le Flipper One, ce n'est pas un Flipper Zero en plus gros. C'est carrément un mini-PC Linux ARM de poche, pensé comme un couteau suisse pour le réseau. Et là où le Zero causait uniquement aux protocoles de proximité (NFC, RFID, sub-GHz, infrarouge), le One joue dans la cour du dessus, en s'adressant également au monde IP, donc tout ce qui est Wi-Fi, Ethernet, 5G et même satellite. Ahaha, j'adore !

Et côté tripes, s'ils tiennent leurs promesses, ça va envoyer du lourd ! En effet, on va y retrouver un Rockchip RK3576 8 cœurs cadencé avec GPU Mali et un NPU pour faire tourner des modèles d'IA en local, 8 Go de RAM, deux ports Gigabit Ethernet indépendants, du Wi-Fi 6E qui gère le monitor mode, un modem 5G en module M.2, et une sortie HDMI 2.1 en 4K.

En gros, vous avez un routeur, un analyseur de signaux et un thin client réunis dans un truc qui tient dans la poche.

Puis y'a surtout ce truc de "double cerveau" avec à côté du gros CPU, un microcontrôleur RP2350 (celui du Raspberry Pi Pico 2) en plus qui pilote l'écran, les boutons et l'alimentation. Comme ça, même quand le Linux est éteint, l'appareil reste vivant et vous pouvez toujours gérer le boot et l'affichage sans réveiller le monstre.

Mais le vrai sujet de cette annonce, ce n'est pas la fiche technique. C'est l'ouverture du bestiau car le Flipper One vise un noyau Linux pur, celui de kernel.org, sans patch vendeur, ni blob binaire ou autres drivers proprio. C'est un truc de puriste qui va faire plaisir à tous les barbus !

Parce que oui, chez Flipper Devices, ils en ont marre des fabricants ARM qui balancent leurs « board support packages » crades que personne ne comprend, comme le fait Raspberry Pi au passage. Alors pour y arriver, ils bossent à fond avec Collabora afin de pousser le support du RK3576 directement dans le kernel officiel.

Et c'est là qu'arrive le « we need your help » car plutôt que de bidouiller dans leur coin, ils ouvrent d'un coup tout le processus de développement dès le premier jour. Leurs trackers de tâches, leurs débats d'architecture, leurs docs à moitié finies, bref tout le bazar que les boîtes planquent d'habitude, bah eux, ils le mettent à dispo ! Et c'est pour cela qu'ils cherchent des gens pour le support du kernel, pour tester le Wi-Fi en audit et injection, pour trancher le choix du bureau (KDE Plasma ou un gestionnaire en tiling plus léger ?), et même pour entraîner un petit modèle d'IA maison.

Et au-dessus de tout ça, ils préparent leur Flipper OS, une couche sur du Debian qui introduit une notion de « profils » qui n'est ni plus ni moins qu'un instantané complet du système avec ses paquets préconfigurés. Vous bootez dessus, vous le clonez, vous le cassez, et hop vous revenez à une copie propre sans tout reflasher.

Ils bossent aussi sur FlipCTL, un framework pour habiller les utilitaires Linux en menus sur petit écran, avec comme objectif de le rendre installable d'un simple apt install ailleurs que sur leur produit.

Après, j'espère que ça va bien se passer pour eux car malgré leur succès, Flipper Devices traîne un passif chargé. Le Flipper Zero s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires, mais il a été viré d'Amazon en 2023, étiqueté « appareil de skimming », puis carrément banni au Canada début 2024 sous prétexte qu'il servait à voler des voitures.

C'était d'ailleurs des accusations bidons vu que le bestiau dans sa forme de base est incapable de mener les attaques par relais qu'on utilise en général pour voler des voitures. Heureusement pour eux, la justice canadienne a fini par reculer, mais bon, leur réputation grand public est faite malheureusement.

L'autre point qui va vous calmer, c'est que vous ne pourrez pas encore l'acheter... Le moyen le plus rapide sera de lâcher 350 $ dans leur prochaine campagne Kickstarter prévue cette année. Et encore, le projet pourrait ne jamais sortir...

Voilà, du coup, si l'idée d'un Linux de poche sans compromis vous parle, le mieux pour aider, c'est peut-être d'aller mettre les mains dans le cambouis sur leur portail dev.

Perso, un cyberdeck ouvert jusqu'au noyau, moi ça me plait bien. Le Flipper Zero, ça m'a jamais convaincu mais ce Flipper One, déjà pour moi, il est beaucoup plus convaincant... On verra s'ils tiennent la distance maintenant. Et si vous voulez creuser le genre, jetez un œil à ce cyberdeck fait maison , au WiFi Pineapple côté audit sans fil, et à Intercept pour l'analyse radio.

À suivre de très près !

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Hydracker / Darkiworld piraté - Pas de lien avec le gérant de YGG, confirme le leaker

Par : Korben ✨ — 18 mai 2026 à 18:51

Vous vous souvenez de YggTorrent qui s'est fait démonter en full 4K en mars dernier ?

Eh ben rebelote !! Le mec qui gérait Ygg serait, d'après le leaker, derrière une autre plateforme pirate nommée Hydracker (l'ex-Darkiworld relooké hier) qui elle aussi s'est fait éclater à son tour. Un certain blackspell81 a balancé le catalogue en accès libre sur darkileak.buzz. Le pirate qui pirate le pirate qui s'était déjà fait avoir. C'est un délice ^^!

Et ce qui a fuité, c'est du lourd avec environ 2,4 millions de liens de films et de séries, soit à peu près 130 000 torrents. En vrac, ça donne 17 Go de bases SQL d'un côté, 19 Go de JSON de l'autre, et 10 Go rien que pour les torrents.

De quoi lancer un téléchargement à la minute pendant 4 ans sans voir le bout du truc. Du coup, tout est dispo, gratos, maintenant ! Blackspell81 affirme aussi avoir aspiré la base utilisateurs, qui compte dans les 800 000 comptes (c'est l'héritage de Darkiworld, forcément, vu que le nouveau nom a à peine un jour) avec emails, mots de passe hashés, adresses IP, pseudos et historiques d'activité.

Sauf qu'il a décidé de NE PAS la publier ! Ouf pour tous les membres !

Et ce choix, il le revendique noir sur blanc car sur la page de leak, juste sous une citation d'Aaron Swartz ("Sharing is not immoral, it's a moral imperative"), le message est limpide : "Darkiworld a voulu imposer sa vision capitaliste du partage, nous avons donc pris les choses en main. Personne ne devrait avoir à payer pour du contenu piraté. Le but même de cette communauté est l'entraide et le partage. Nous avons ainsi hacké Darkiworld et ses serveurs internes afin de libérer le catalogue, désormais accessible à tous, gratuitement."

Le gars ne cible donc pas les utilisateurs, mais la "boîte" Darkiworld et son virage business.

Darkiworld, c'est surtout un vieux de la vieille qui a déjà changé de nom trois fois (PapaFlix, puis Darkino, et j'en passe) et ce mois-ci, il s'est "repositionné" pour ramasser les orphelins de Ygg : torrents, streaming intégré, téléchargement direct, abonnements premium, downloads accélérés, moins de pub, et même un navigateur maison baptisé "Hydra Browser".

Bref, du piratage en mode startup, avec offre freemium et tunnel de conversion. Donc au lieu de rester la petite communauté d'entraide du départ, la plateforme a foncé sur la monétisation, ce qui a fini par cristalliser la colère de ses utilisateurs et de ceux de Ygg.

Maintenant, d'après blackspell81, la personne qui tient le site aujourd'hui serait la même que celle qui pilotait Ygg, sous les pseudos Destroy et Oracle. Il évoque des adresses IP au Maroc qui correspondent et un mail "d'un certain Amine". À prendre avec des pincettes, hein, parce que personne d'autre n'a confirmé ça de façon indépendante pour l'instant.

Mais ces deux pseudos collaient déjà aux admins de Ygg dans plusieurs comptes rendus du hack de YggTorrent . Donc soit c'est le même bonhomme qui collectionne les fuites, soit quelqu'un veut très fort le faire croire.

Côté Hydracker, on assume mollement... Sur le Telegram officiel, un message signé "GANDALF" (oui oui) explique que "le dev vient de reprendre la main sur les serveurs", que c'est "très loin d'être la fin", et qu'ils ne se laisseront pas faire par "une dizaine de mécontents" face aux "milliers" qui apprécient le site.

Les changements indispensables dont il parle, ce sont donc les abonnements payants... voilà voilà.

Si vous aviez un compte sur Darkiworld ou Hydracker, partez du principe que vos identifiants ont fuité, même si la base users n'est pas publique. Car "Pas publiée" ne veut pas dire "pas exfiltrée". Ça veut juste dire "pas encore".

Du coup, changez ce mot de passe partout où vous l'avez recyclé (et je sais que vous l'avez recyclé ^^), activez la double authentification, et vérifiez votre email sur Have I Been Pwned .

Et souvenez-vous, T411 et Zone-Téléchargement tombés il y a des années déjà, le roi du scan manga Bato.to coulé en janvier, Ygg démoli en mars... les sites de téléchargement pirates se font dégommer en série depuis quelque temps pour des guéguerres internes qui surgissent à chaque fois quand le site se met à vendre du premium et qu'il devient, de fait, pile ce qu'il prétendait combattre.

Bref, qui sera le prochain ?

Édit du 18 mai : GANDALF, l'admin d'Hydracker, m'a contacté directement pour démentir. Selon lui, son équipe et le dev d'Hydracker n'ont aucun rapport avec ceux de Ygg. À ce moment-là, le hacker disait l'inverse, donc impossible de trancher.

Édit du 19 mai : Blackspell81 lui-même vient de confirmer qu'il n'existe aucun lien réel entre les propriétaires d'YGG et de DarkiWorld. Autrement dit, la connexion YGG évoquée dans l'article ne tient pas. Ce qui ne change pas : la fuite a bien eu lieu, les données sont dehors.

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MiniPlasma - La faille Windows que Microsoft croyait corrigée

Par : Korben ✨ — 18 mai 2026 à 12:51

Si vous tournez sur un Windows 11 à jour, sachez qu'il existe une faille qui permet à un programme local spécialement conçu de grimper tranquillou jusqu'au compte SYSTEM. Pour rappel, c'est le compte tout-puissant de la machine, c'est à dire celui qui passe même au-dessus de l'administrateur ! Et cette faille elle s'appelle MiniPlasma, et elle vient d'être balancée en public sur GitHub par un chercheur planqué derrière le pseudo Nightmare-Eclipse.

Et le plus gênaaaaant dans l'histoire, c'est que Microsoft était censé avoir bouché ce trou depuis 2020, dans cette CVE-2020-17103 , après un signalement de James Forshaw, le chercheur du Project Zero de Google.

Le bug vit sa life dans cldflt.sys, le pilote Cloud Files de Windows. Ce truc c'est un composant système livré d'office avec l'OS, qui est principalement utilisé par OneDrive mais aussi par d'autres stockages cloud. Et bien sûr, il reste présent sur la machine même si vous ne touchez jamais à OneDrive.

Du coup, en passant par une API non documentée baptisée CfAbortHydration, l'exploit crée des clés de registre là où il ne devrait pas, et s'en sert pour détourner un chemin d'exécution privilégié, ce qui finit par lui ouvrir les droits SYSTEM.

Le code de démo est dispo sur le dépôt GitHub du projet , écrit en C#, et il lance directement un cmd.exe en SYSTEM quand ça fonctionne. Parce que oui, ça ne marche pas à tous les coups puisque c'est une race condition. Le taux de réussite varie donc d'une machine à l'autre.

Le PoC en action : à gauche, un compte « user » standard lance l'exploit (« Exploit succeeded ») et à droite, le shell obtenu où whoami renvoie nt authoritysystem.

Maintenant, le truc qui fait vraiment mal au cul, c'est que la fameuse faille patchée par Microsoft est donc toujours vulnérable 6 ans après sa détection. Personne ne vérifie chez krosoft ??? C'est dingue !

Selon le chercheur, c'est exactement la même faiblesse qu'à l'époque. Reste à savoir pourquoi ça leur a échappé. Le patch n'a peut-être jamais corrigé la racine du problème, ou il a sauté quelque part en cours de route, j'en sais rien... Faudra analyser le code de Windows et de ses MAJ au fil du temps pour comprendre où ça a merdé.

Du coup, votre machine peut avoir avalé tous les Patch Tuesday et rester quand même exposée à une élévation de privilèges locale dès qu'un attaquant (ou un malware) arrive à exécuter du code dessus.

J'sais pas vous, mais on a déjà vu ce film avec d'autres dossiers Windows, comme cette histoire de BitLocker contournable , ou encore ces contournements de Secure Boot signés Microsoft . Certains trous de sécu sont tout simplement increvables !

Nightmare-Eclipse n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai puisque le chercheur enchaîne les divulgations publiques de 0-days Windows depuis quelques semaines, du contournement BitLocker au déni de service sur Defender en passant par plusieurs élévations de privilèges, toujours avec le PoC qui va bien et zéro divulgation coordonnée.

Et y'a pas de "on prévient Microsoft et on attend gentiment 90 jours" ici. Il balance tout car il est a ras-le-bol de la lenteur de Microsoft. C'est violent, dangereux et clairement discutable côté éthique, mais ça met une grosse pression pour corriger au plus vite. Maintenant pour nous tous, ça signifie surtout qu'un PoC public et fonctionnel, ce sont des malwares qui vont vite l'intégrer.

Côté protection, il n'y a pas de correctif officiel ni la moindre déclaration de Microsoft et ucune mitigation validée par l'éditeur non plus. Puis pour un particulier, pas de moyen simple de savoir après coup si la machine a été touchée.

La bonne nouvelle (relative c'est vraie), c'est que l'attaque est purement locale, donc il faut déjà pouvoir exécuter du code sur l'ordi pour en profiter. Votre vraie défense, c'est donc votre hygiène tech habituelle, à savoir ne pas lancer le premier binaire douteux venu, se méfier des cracks et autres pièces jointes, et côté admins, une surveillance EDR des élévations de privilèges inattendues vaut mieux qu'une règle maison non testée.

Source

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L'histoire géniale du programmeur qui a tout effacé en 1981 à cause d'une astérisque

Par : Vincent Lautier — 18 mai 2026 à 10:46

Sur The Register, un témoignage improbable d'un lecteur qui raconte la fois où il a effacé toutes les données et tout le code de son entreprise. Voilà qui date pas mal, puisque c,'était en 1981, il avait 21 ans, et il développait tout seul un script de nettoyage pour un mainframe IBM. Le genre de mission qu'on ne devrait pas trop confier à un dev junior sans relecture. C'est précisément ce qui a été fait, et la suite est exactement ce que vous pouvez imaginer.

Le système gérait des machines virtuelles pour les utilisateurs, chacune avec son disque attaché et une lettre attribuée de A à Z. À la fin de la journée, le script de Miller, notre héros, faisait trois choses simples : il rattachait tous les disques, les sauvegardait sur un disque temporaire, puis effaçait les originaux. Le problème, c'est que le disque temporaire recevait une lettre dynamique, pas prédictible à l'avance. Donc Miller avait écrit du code pour récupérer cette lettre au moment où elle était attribuée.

Sauf que voilà. Un jour, l'entreprise ajoute un nouveau compte utilisateur. Et là, les 26 lettres de l'alphabet sont toutes occupées. Le système ne peut plus attribuer de lettre au disque temporaire. 

La fonction censée renvoyer la lettre ne renvoie pas une erreur, mais une astérisque. Sauf que dans la plupart des langages de scripting shell, l'astérisque est un caractère joker qui veut dire "tout ce que tu trouves". Quand la commande de suppression s'exécute avec un astérisque à la place d'une lettre précise, elle ne supprime pas un disque. Elle supprime tout. Chaque fichier, toutes les données, tout le code de l'entreprise.

Une journée complète a été nécessaire pour restaurer ce qui pouvait l'être. Une vingtaine de collègues sont restés à se tourner les pouces pendant la restauration. Miller, lui, a appris ce jour-là pourquoi le contrôle de code par un pair existe. Plus de quarante ans plus tard, il dit que la leçon ne l'a jamais quitté.

L'histoire date de 1981, mais elle reste actuelle à un détail près. Aujourd'hui, on a les revues de code, les sauvegardes incrémentales, les snapshots, les outils de récupération, et on confie quand même des scripts shell critiques à des assistants IA qui n'ont pas toujours conscience de ces pièges . L'astérisque parasite n'a pas disparu, elle a juste changé de support. Méfiance donc !

Source : The Register

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Veilid - Tor pour les apps signé Cult of the Dead Cow

Par : Korben ✨ — 18 mai 2026 à 09:00

Cult of the Dead Cow , un des plus vieux collectifs hacktivistes encore en activité, ne se contente pas que de balancer des manifestes politiques depuis 1984. Ils codent. Et leur dernier bébé en date s'appelle Veilid , et c'est un framework P2P qui veut faire à vos apps ce que Tor a fait à votre navigateur.

Histoire de vous expliquer, vous prenez Veilid, vous l'intégrez dans votre app mobile ou web, et d'un coup tout votre trafic passe par un réseau pair-à-pair (P2P) chiffré de bout en bout. Cela veut dire qu'il n'y a pas de serveur central qui stocke vos messages.

Concernant votre IP, celle-ci n'apparaît alors plus au niveau applicatif (le routage privé l'obfusque entre pairs), et chaque nœud est identifié par une clé publique Ed25519 256-bit. Donc autant dire un truc carrément impossible à brute-force.

Le projet a été annoncé à DEF CON 31 en août 2023 par Christien "DilDog" Rioux et Katelyn "Medus4" Bowden, 2 membres historiques de cDc, et près de trois ans plus tard, ça continue d'évoluer toujours à un rythme régulier.

L'idée technique vous la connaissez si vous avez déjà touché à du décentralisé : Une table de hachage distribuée (DHT, en fait un annuaire éclaté entre tous les nœuds du réseau) gère le routage, chaque nœud relaie du trafic chiffré qu'il ne peut pas lire, et les pairs s'échangent des données sans jamais révéler leur IP.

Perso, c'est l'approche qui me semble vachement plus saine pour faire du social sans Mark Zuckerberg dans la boucle. C'est dans le même esprit que Tor et qu' IPFS , sauf que Veilid est pensé dès le départ pour les développeurs d'applications. Donc c'est pas fait pour anonymiser de la navigation web ou stocker des fichiers. C'est un Tor des applications si vous préférez...

Le framework est codé en Rust avec des bindings Flutter et Dart pour le mobile ainsi qu'une cible WebAssembly pour le navigateur. Vous pouvez donc carrément déployer une app Veilid sur Linux, macOS, Windows, Android, iOS, et même directement dans Chrome ou Firefox via WASM.

Le code, lui, est découpé en plusieurs composants : veilid-core pour le moteur, veilid-tools pour les utilitaires, veilid-flutter pour le mobile, veilid-wasm pour le navigateur et veilid-server qu'on installe sur un VPS Debian ou Fedora pour faire tourner un nœud public. Voilà, et le tout est sous licence Mozilla Public License 2.0, donc copyleft mais compatible si vous y ajoutez du code propriétaire par dessus.

L'app phare qui tourne déjà sur ce framework, c'est VeilidChat , une messagerie type Signal mais sans aucun serveur, sans numéro de téléphone et sans annuaire centralisé. Vous échangez votre clé publique avec un pote, et hop, c'est parti.

Si ça vous dit d'y jeter un oeil, sachez que le code de Veilid n'est pas sur GitHub mais sur GitLab . Après c'est encore assez nouveau, ce qui veut dire que ça bouge beaucoup de release en release. Donc si vous voulez coder votre prochaine app par dessus ce framework, va falloir vous accrocher car ça cassera souvent.

Mais si vous codez du décentralisé et que vous en avez franchement marre de bricoler libp2p à coup de colle forte Python, Veilid mérite un sérieux coup d'œil. Et même si vous codez pas, gardez l'œil sur VeilidChat car le jour où une appli grand public sortira là-dessus, ça va vraiment envoyer du lourd.

Beaucoup plus que Signal ou Telegram, je pense !

☐ ☆ ✇ Korben

Il fait tourner Windows CE sur une Nintendo 64, et ça marche pour de vrai

Par : Vincent Lautier — 17 mai 2026 à 11:35

Un développeur connu sous le pseudo ThroatyMumbo a réussi à porter Windows CE 2.11, un Windows allégé que Microsoft avait sorti à la fin des années 90 pour les petits assistants personnels et certains routeurs, sur une vraie console Nintendo 64

On ne parle pas d'un émulateur ici, mais bien d'une N64 qui démarre sur un vrai bureau Windows, avec sa barre des tâches, son explorateur de fichiers et la possibilité de lancer des programmes CE.

Pour bien comprendre le délire, il faut savoir que la N64 et Windows n'ont pas grand chose en commun. La console utilise un processeur MIPS et un système maison signé Nintendo. Windows CE, c'est l'inverse : un système Microsoft conçu pour tourner sur des appareils embarqués comme les assistants personnels.

Sauf que les deux mondes se croisent sur deux points clés. Windows CE tournait déjà sur des puces MIPS à l'époque, et il était conçu pour vivre avec à peine 1 Mo de RAM, ce qui correspond pile aux capacités de la N64. ThroatyMumbo s'est inspiré de l'IBM Workpad Z50, un ancien assistant qui tournait sous CE sur du MIPS, pour se dire que le portage était techniquement faisable.

Côté méthode, le kernel Windows CE d'origine n'est pas modifié. Tout le travail est dans la couche d'abstraction matérielle, la fameuse HAL, qui sert d'interface entre le système et le matériel. Le développeur a écrit la sienne de zéro pour la N64 : démarrage, gestion des interruptions, du timing, de l'affichage.

Le contrôleur N64 devient une souris (le bouton A pour clic gauche, le B pour clic droit, logique). L'EverDrive-64 X7, une cartouche qui fait office de lecteur SD, sert de disque dur. Et le son passe par la puce audio d'origine de la console.

Ce qui marche est franchement bluffant : déplacer les fenêtres, fermer une boîte de dialogue, naviguer dans les fichiers, lancer des exécutables CE tiers, et même afficher une démo 3D qui utilise la puce graphique de la console. Ce qui ne marche pas : pas de clavier physique, pas de réseau, et il faut le SDK Windows CE 2.11 de Microsoft, qui n'est plus commercialisé depuis longtemps.

Aucune utilité concrète, évidemment. Personne ne va remplacer Mario Kart 64 par Word pour Windows CE. Mais c'est rigolo, et permet de prouver qu'on peut faire un truc complètement absurde, juste parce que c'est techniquement intéressant.

Source : Hackaday

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Google neutralise la première cyber-attaque massive générée par une IA

Par : Vincent Lautier — 12 mai 2026 à 15:49

Google a balancé l'info via son équipe cyberdéfense, le GTIG (Google Threat Intelligence Group). Des cybercriminels ont utilisé une IA générative pour dénicher et écrire un code d'attaque exploitant une faille inconnue (ce qu'on appelle un zero-day, une vulnérabilité que l'éditeur du logiciel n'a pas encore corrigée).

Et ils s'apprêtaient à lancer une vague d'attaques massives. C'est, d'après Google, la première fois qu'on observe ça dans la vraie vie, pas en labo.

La faille concernait un outil d'administration de serveur open-source très utilisé, dont Google ne donne pas le nom (le temps que tout le monde installe le correctif).

Le bug permettait de contourner la double authentification, le fameux code à 6 chiffres ou la notification sur le téléphone qui sécurise vos comptes. En pratique, il fallait quand même un identifiant et un mot de passe valides au départ, donc ce n'est pas une attaque magique en un clic. Mais une fois ce sas franchi, la 2FA tombait toute seule.

Ce qui a mis la puce à l'oreille des chercheurs, c'est l'allure du script Python utilisé pour exploiter la faille. Trop bien écrit, trop documenté, trop scolaire en fait.

Il était bourré de commentaires pédagogiques (le genre qu'on retrouve dans un tuto pour débutant), il affichait un menu d'aide impeccable, et surtout un score de dangerosité CVSS complètement inventé. Cette dernière trouvaille, c'est l'indice qui ne trompe pas, seul un modèle de langage peut halluciner un chiffre officiel avec autant d'aplomb.

John Hultquist, le chef analyste du GTIG, explique que les IA génératives sont vraiment douées pour repérer ce genre de faille logique de haut niveau, là où les outils d'audit classiques (les "fuzzers" qui bombardent un logiciel de données aléatoires pour le faire planter) passent à côté.

Google précise au passage que ce n'est pas Gemini, son propre modèle d'IA, qui a été utilisé. Lequel alors ? Mystère, l'équipe de Mountain View ne le dit pas. On imagine que les criminels n'ont pas demandé poliment l'autorisation à un éditeur d'IA. Affaire à suivre.

Le rapport donne d'autres pépites. Le groupe nord-coréen APT45 utiliserait l'IA pour tester des milliers d'exploits en masse. Des opérateurs chinois liés à l'État expérimenteraient l'IA pour chasser les vulnérabilités.

Des backdoors (des portes dérobées cachées) sur Android interrogent directement Gemini pour piloter les téléphones infectés. Et côté désinformation, des opérations russes intègrent du faux audio généré par IA dans de vraies images d'actualités. Bref, ça bouge de partout.

Bonne nouvelle quand même, la campagne d'attaque massive a été désamorcée. Google a coordonné un correctif discret avec l'éditeur avant que les criminels puissent appuyer sur le bouton. Cette fois.

Bref, l'IA fabrique maintenant des armes prêtes à l'emploi pour les criminels, et personne ne sait quel modèle a fait le boulot. Rien de rassurant donc.

Source : The Hacker News

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Robots chiens Unitree - La backdoor que personne ne corrige

Par : Korben ✨ — 11 mai 2026 à 15:40

Si vous croisez un robot-chien Unitree dans un hall d'HLM, sur un parking, un chantier, ou en train de patrouiller dans votre ville, faut que vous sachiez 2 trucs quand même :

Un, n'importe qui peut le rooter en moins d'une minute avec son téléphone. Et de deux, le robot lui-même envoie en continu un flux chiffré vers un tunnel cloud opéré depuis la Chine. C'est en tout cas ce que Benn Jordan, musicien indépendant et chercheur amateur, vient de démontrer hier dans une enquête de 24 minutes qui fait, comme il le dit lui-même, un meilleur boulot que toute l'infrastructure cybersécurité du gouvernement américain.

Pour le hacker, suffit donc de se connecter au robot en Bluetooth, puis d'injecter une commande curl à la fin du mot de passe Wi-Fi, on éteint le toutou, on le rallume, et au reboot le robot exécute votre commande quand il active le Wi-Fi. C'est tout et c'est vraiment magique !! Pas besoin d'accès root physique donc mais juste un bon vieux téléphone et un Bluetooth pourri !

Le boss !

Alors vous pensez peut-être que ce n'est pas très grave parce que ces robots sont des gadgets mais c'est faux puisque les robots-chiens Unitree sont actuellement utilisés par les services de police de Pullman (Washington), Port St. Lucie (Floride) et Topeka (Kansas) et un peu partout ailleurs dans le monde.

Les Marines américains les déploient en test, certains armés de lance-roquettes, les forces chinoises leur sanglent diverses armes sur le dos depuis un moment et l'Ukraine s'en sert pour repérer des munitions non-explosées. Et dans le civil, ces robots circulent même dans des HLM d'Atlanta pour le compte de sociétés de surveillance privée...

En France, le tableau est un peu différent. Pas de déploiement confirmé par les forces de l'ordre ou l'armée pour l'instant. Chez nous, c'est Boston Dynamics Spot et l' E-Doggy d'Evotech (robot 100% français, utilisé au déminage pendant les JO 2024) qui tiennent ces marchés-là. Les Unitree restent encore dans les labos tels que l' INRIA Paris et le labo HUCEBOT de Nancy qui utilisent le Go2 pour leurs recherches en locomotion robotique.

En dehors de la recherche, le cas le plus avancé est celui d'Orano, qui a testé fin 2025 le G1 humanoïde d'Unitree sur son site nucléaire de Marcoule en partenariat avec Capgemini (c'est un humanoïde, pas un quadrupède, mais même fabricant, même firmware, mêmes questions). Côté distribution, INNOV8 Power est également partenaire officiel Unitree depuis VivaTech 2025 et INGEN Geosciences distribue la marque depuis 2020. Le réseau pour vendre ces robots à des boîtes de sécurité privées françaises est donc déjà bien en place.

Du coup quand un mec démontre qu'on peut en prendre le contrôle complet rapidement, ça mérite qu'on regarde ça d'un peu plus près...

Et quand je dis contrôle complet, c'est pas un excès de langage. Avec cet accès root, Benn Jordan a réussi à enregistrer, télécharger et live streamer l'audio et la vidéo captés par le robot. Sans authentification donc ni même sans passer par l'app officielle. C'est assez dingue... On peut même contrôler les mouvements du robot. Une belle merde donc !

Cette faille n'est d'ailleurs pas une nouveauté absolue puisque j'avais déjà couvert le hack BLE des humanoïdes Unitree en décembre dernier. Et ensuite rebelote en mars dernier avec deux nouvelles CVE sur le Go2, partiellement patchées. La répétition des conneries devient un peu lourdingue chez Unitree...

La deuxième partie de l'enquête, elle, atteint un autre niveau puisque Benn Jordan a entendu parler de rapports affirmant que d'autres robots Unitree contenaient une backdoor envoyant des données à des serveurs étrangers. Il a donc voulu vérifier ça lui-même.

Il a donc transformé un Raspberry Pi sous Linux en routeur avec le mode moniteur activé, et lancé BetterCap pour analyser chaque paquet sortant.

Et là, surprise, le robot refuse purement et simplement de s'authentifier. Le hic, c'est que quelque chose côté serveur cloud détecte que le routeur est anormal et bloque la connexion. En analysant un peu plus finement la connexion, il a remarqué que la première IP chopée au sniff pointait vers Odessa, en Ukraine... Vu qu'aucune doc fabricant ne mentionne ce point d'accès, le truc devient alors officiellement louche... Le robot semble savoir quand il est "analysé" et cette détection d'environnement anormal est précisément le truc qui transforme une affaire de faille classique en problème de sécurité nationale.

Benn Jordan a donc ensuite contourné ça avec un routeur de voyage standard avant de sniffer derrière les paquets, et il a fini par confirmer ce qu'on appelle officiellement la CVE-2025-2894 . Il s'agit d'un tunnel P2P préinstallé sur le Go1 qui se connecte automatiquement au démarrage à une plateforme appelée CloudSail, opérée par une boîte chinoise nommée Zhexi Technology.

Le truc est référencé dans MITRE depuis le printemps 2025, soit environ un an. En 2025, les chercheurs Andreas Makris et Kevin Finisterre ont même chopé la clé API de CloudSail et identifié près de 2000 robots vulnérables sur ce réseau, dont des unités installées au MIT, à Princeton, à Carnegie Mellon et à l'université de Waterloo.

Côté américain, la seule action gouvernementale connue suite à ça, a été une mise en garde des Marines US concernant l'usage de produits Unitree en opérations militaires. Rien d'autre.

Et là on arrive à un point de blocage assez brutal. Les failles démontrées par Benn (le hack Bluetooth, la prise de contrôle complète) et la backdoor CloudSail ne peuvent pas être corrigées en même temps, parce que les solutions se neutralisent mutuellement.

Pour boucher les failles de Benn, il faut passer par une mise à jour firmware officielle d'Unitree. Mais cette mise à jour ferme aussi l'accès root au système. Sans accès root, impossible de détecter ou bloquer le tunnel CloudSail de l'intérieur. Du coup, on a un robot sécurisé contre les hackers, mais des données qui filent quand même vers la Chine.

À l'inverse, si vous gardez le firmware actuel pour maintenir l'accès root (et donc la capacité de surveiller et bloquer CloudSail), les failles restent béantes. N'importe quel inconnu avec un téléphone peut alors prendre le contrôle complet de votre flotte de robots clébards. Bien sûr, couper Internet sur le robot évite les deux problèmes à la fois, mais le rend inutilisable dans la plupart des déploiements opérationnels.

Si vous avez un Unitree à la maison ou en entreprise, voilà la recommandation perso de Benn Jordan. Selon lui, plutôt que d'installer la dernière mise à jour, mieux vaut ne plus jamais mettre à jour le firmware (gardez en tête que c'est son avis radical, pas une bonne pratique standard). Parce qu'à la prochaine mise à jour, vous risquez de perdre la capacité de rooter votre propre robot, et avec elle la capacité de détecter, bloquer ou rediriger la backdoor.

Vous perdrez aussi la possibilité d'écrire manuellement des services qui empêchent les hackers d'exploiter les autres failles. En clair, sa meilleure défense contre Unitree, c'est de figer le firmware actuel.

Un Flipper Zero suffisait déjà à neutraliser un robot-chien de la concurrence, mais ici "couper" le robot de son fabricant pour s'en protéger, c'est un autre délire...

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Scattered Spider - Un cybercriminel arrêté à cause d'un collier en diamants

Par : Korben ✨ — 6 mai 2026 à 17:06

Y'a des génies du crime, et puis y'a Peter Stokes, alias Bouquet, 19 ans, presque toutes ses dents, double nationalité américano-estonienne, et surtout membre de Scattered Spider, le collectif qui a déjà plumé MGM et Caesars.

Le mec a tellement bien réussi son coup qu'il est parti se payer des vacances à Tokyo, sauf que pour fêter ça, en bon teubé, il a posté sur Snapchat des selfies de sa grosse tête avec un tout nouveau bijou : un collier en diamants HACK THE PLANET. Comme dans le film de 1995 mais en plus bling bling !

Hé bien grâce à ça, le FBI a fini par le coffrer lors de son escale d'Helsinki.

Bouquet (oui, j'ai pas précisé mais c'est son pseudo) opérait donc dans le groupe Scattered Spider, ce collectif d'ados anglophones qui ne s'embête pas avec des failles zero-day parce que de toute façon, ils ne sauraient pas les utiliser.

À la place, ils ont leur propre méthode super technique vous allez voir... ils appellent le support IT de la cible et embobinent un pauvre mec pour qu'il reset le 2FA d'un admin.

Et voilà comment notre cher Bouquet a pu sortir 100 Go de données d'un revendeur de produits de luxe (la plainte désigne sobrement la "Company F", mais ça pue Harrods d'après la presse anglaise) en seulement quelques heures, réclamé 8 millions de rançon, et causé plus de 2 millions de dégâts.

Du coup, plainte fédérale à Chicago, 6 chefs (wire fraud, conspiracy, computer intrusion comme ils disent là-bas avec l'accent cowboy), + extradition vers les USA en cours. C'est le bouquet final pour lui ! (Oui, jeu de mots, roh roh roh).

Tyler Buchanan, 24 ans, autre membre du club, a de son côté déjà plaidé coupable d'avoir empoché 8 millions en crypto via du SMS phishing. Faut dire qu'en 2024, le groupe envoyait fièrement des messages genre "Fuck off, FBI" aux agents fédéraux qui enquêtaient sur eux.

Très rebelles nos kikoulool ! Enfin, comme vous le savez, qui fait le malin tombe dans le ravin, et qui fait le mariole avec un collier finit avec des bracelets ^^. (J'ai pas trouvé mieux, déso... lol)

Bref, Bouquet vient à lui seul d'écrire le chapitre 1 du manuel "Comment ne PAS être un cybercriminel à succès" et dont la règle n°1 est : "Si t'es recherché par le FBI, ne montre pas ton butin sur Snapchat"

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Quand les hackers de Rockstar font monter l'action Take-Two

Par : Korben ✨ — 6 mai 2026 à 16:35

Énorme retournement de situation. ShinyHunters, le groupe qui avait piraté Rockstar via Anodot mi-avril et exigé une rançon, a fini par balancer ses données sur internet quand l'éditeur a refusé de payer. Le but était de faire mal financièrement à Take-Two, sauf que les chiffres révélés étaient si impressionnants que l'effet a été l'exact opposé. En effet, l'action Take-Two est passée d'environ 202 dollars à presque 208 dollars en une matinée, soit une capitalisation boursière qui a pris à peu près un milliard de dollars dans la foulée. C'est fou !

Ce que les hackers ont mis en ligne, c'est notamment que GTA Online génère plus d'un million de dollars par jour , soit autour de 500 millions par an. Et tout cela, 13 ans après le lancement sur 5 plateformes différentes, simplement grâce aux Shark Cards (les cartes prépayées du jeu). Pour un éditeur qui s'apprête à sortir son GTA 6 en novembre prochain, faut dire que ce genre de stats montre qu'ils ont les reins hyper solides, ce qui rassure les investisseurs.

Bref, au lieu de sanctionner Take-Two pour la fuite de données et la faille Anodot, Wall Street y a simplement vu la confirmation de ce que tout le monde soupçonnait : la machine à cash de Rockstar tourne à plein régime, et un éventuel GTA 6 au même niveau de monétisation, même partielle, ferait exploser les compteurs !!

Rockstar a également publié une déclaration courte et carrée pour dire que la violation n'aurait pas d'impact sur le studio ou le dev de GTA 6. Rien de plus...

C'est donc un retournement de situation assez fou côté où des hackers, en cherchant à frapper l'éditeur au portefeuille, lui ont en fait permis de gonfler sa capitalisation d'un milliard. Difficile de faire pire en termes de coup raté ^^. À moins que les gens de ShinyHunters aient fait un peu de délit d'initié en amont avant de leaker les données... allez savoir ??

Reste à voir si la SEC ou les autorités européennes voudront enquêter sur cette fuite, sachant qu'au passage des données salariés et de joueurs ont aussi été exposées. Quoi qu'il en soit, côté marché, c'est plié et le cours de l'action est resté bien haut !

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Il démonte une caméra gimbal de drone Shahed-136 récupéré en Ukraine

Par : Vincent Lautier — 5 mai 2026 à 12:11

Un chercheur du nom de Michel a mis la main sur une caméra de surveillance issue d'un drone Shahed-136 abattu en Ukraine, et il en a fait un démontage très complet.

Le Shahed-136, ce drone iranien que la Russie a adopté massivement et qu'elle modifie au fil des mois avec des charges utiles supplémentaires, embarque ici une caméra thermique pour les missions de nuit, montée sur un gimbal motorisé, le tout dans un boîtier qui tient dans la main.

Ce qui frappe quand on regarde l'intérieur, c'est l'origine des pièces. Vous avez deux cartes basées sur un FPGA Artix-7, plus un SoC Hi3519 qui s'occupe du flux vidéo. Le Hi3519, c'est un composant chinois qu'on trouve sans peine sur AliExpress et qui équipe une bonne partie des caméras IP grand public.

Ajoutez à ça une carte d'alimentation commerciale, une carte relais classique, un télémètre, et vous avez un assemblage qui ressemble plus à un projet maker qu'à du matériel militaire.

Côté gimbal, le constat est encore plus parlant : la majorité des composants sont occidentaux. Les marquages laser ont été soigneusement grattés ou poncés pour effacer la traçabilité, mais les pièces restent identifiables au format.

C'est cohérent avec ce qu'on voit depuis le début du conflit, avec ces drones russes bourrés de puces Texas Instruments, Analog Devices, STMicroelectronics ou Infineon censées ne jamais finir dans une arme.

Ce qui est fou dans cette histoire, c'est le contraste avec les missiles russes plus haut de gamme, où les ingénieurs partent de circuits sur mesure et de composants militarisés. Ici c'est plus simple. Du dev board reconverti et du off-the-shelf, sans doute parce que produire un Shahed à 50 000 dollars la pièce ça oblige à raboter partout, et que personne ne va concevoir une carte custom pour un drone qui se crashe par définition.

Source : Hackaday

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Un iPod Nano transformé en workstation triple écran

Par : Vincent Lautier — 4 mai 2026 à 10:23

Sur sa chaîne YouTube "Will It Work?", un bidouilleur a réussi à brancher trois moniteurs sur un iPod Nano de sixième génération. Oui, vous avez bien lu, l'iPod cliquable carré qui faisait 4 cm de côté en 2010, et qui n'avait à l'origine aucune sortie vidéo digne de ce nom. Le résultat est un setup absurde mais qui tient debout, et c'est franchement délicieux à regarder.

La clé magique pour que ça fonctionne, c'est un ancien Apple iPad Keyboard Dock 30 broches, l'un des rares accessoires de l'époque qui acceptait de relayer le signal vidéo composite généré par l'iPod. Le clavier en lui-même est inutile parce que l'OS du Nano ne sait pas quoi en faire, mais le dock sert de support physique et de relais électrique. De là, un câble 30 broches vers composite ressort vers les écrans.

Pour les écrans justement, le bidouilleur a sorti trois Sharp Aquos à dalle plate du début des années 2000, branchés en chaîne via leurs entrées composites. Du coup, chaque télé reçoit le même signal, mais visuellement on a bien l'impression d'avoir trois moniteurs distincts qui crachent l'image du Nano. C'est parfaitement inutile, donc très satisfaisant.

Côté son, le Nano alimente un splitter TRRS 4 pôles qui sépare le signal pour brancher en parallèle un micro Maono de bureau et une paire d'Apple Pro Speakers, ces fameuses enceintes transparentes du Power Mac G4. Le rendu fait vraiment penser à une station de podcast pro, sauf que tout sort d'un appareil qui pèse moins qu'une carte de crédit.

Le plus improbable, c'est que l'auteur a réussi à faire tourner du "vrai multitâche" sur le Nano, en lançant un diaporama photo sur les trois écrans pendant qu'une playlist tourne en fond. C'est techniquement la limite des capacités d'un iPod Nano de 2010, mais en pratique ça suffit largement à donner l'illusion d'un poste de travail complet quand on regarde la photo en plan large.

On est là dans la longue tradition des hacks autour des vieux iPods, où la communauté continue de creuser ce que la puce sous le capot peut vraiment faire. Le Nano 6G en particulier a déjà été modifié pour faire tourner des firmwares custom, des jeux, ou même Doom, et ce genre de détournement vidéo est une nouvelle pierre improbable à l'édifice.

Ce genre de bidouille rappelle bien pourquoi le détournement d'objets Apple est devenu un sport en soi.

Source : Hackaday

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Felix "FX" Lindner, le hacker de Berlin-Est qui a forcé Huawei à sécuriser ses routeurs

Par : Korben ✨ — 30 avril 2026 à 14:27
Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Felix "FX" Lindner est mort le 1er mars 2026 à l'âge de seulement 49 ans. Et si ce nom ne vous dit rien, c'est normal, car FX n'a jamais cherché les projecteurs. Par contre, ceux qui bossent dans la cybersécurité, eux, savent parfaitement qui il était.

Fondateur de Recurity Labs à Berlin, leader du groupe Phenoelit, co-auteur de "The Shellcoder's Handbook", et lauréat du Pwnie Award Lifetime Achievement 2017, Félix avait plusieurs casquettes. Et c'est également celui qui a forcé Huawei à créer une équipe de sécurité dédiée, tout ça grâce à une seule présentation de 45 minutes.

Felix "FX" Lindner, fondateur de Recurity Labs (CCS 2013)

Son pseudo sur Twitter/X c'était @41414141 car en hexadécimal, 0x41 c'est le caractère ASCII 65, la lettre "A". Car 4 "A" d'affilée, c'est le padding classique qu'on balance dans un buffer overflow pour écraser la mémoire. Hé oui même son pseudo était un exploit ! Petit détail au passage : ne le confondez pas avec "fefe", Felix von Leitner, l'autre Felix célèbre de la scène sécu germanophone. La confusion est fréquente, même dans les hommages post-mortem que j'ai pu voir.

Pour comprendre FX, faut remonter à 1977, à Berlin-Est, le côté soviétique du Mur. Gamin, il met les mains sur son premier ordinateur à 6 ans, lors d'une visite à l'Université de Sofia en Bulgarie puis à 10 ans, il programme en BASIC sur un Robotron Z9001 (un CPU U880 à 2.5 MHz, 16 Ko de RAM), qui était à l'époque la machine phare de la RDA (en fait c'était un des rares ordinateurs personnels fabriqués en Allemagne de l'Est). Pas exactement un Commodore 64 donc, mais bon... on fait avec ce qu'on a quand on grandit derrière le Rideau de fer.

Le Robotron Z9001, ordinateur est-allemand sur lequel FX a fait ses premières armes (Wikimedia Commons)

Et puis le Mur tombe.

En novembre 1989, FX a 12 ans et dans les décombres institutionnels de l'Allemagne de l'Est, il découvre un truc improbable : un club informatique rattaché à l'Organisation des Pionniers Ernst Thälmann, le mouvement de jeunesse du régime est-allemand (dissous quelques mois plus tard). C'est là qu'il croise ses premiers hackers, des gamins comme lui, curieux, qui bidouillent sur du matériel en voie de disparition.

Faut dire que Berlin dans les années 90, c'est un sacré terrain de jeu. Le Chaos Computer Club est déjà une institution, les loyers sont bas, l'énergie est dingue. Du coup, FX baigne là dedans tel un enfant de la Réunification, en quelque sorte.

Et c'est au tournant des années 2000, qu'il fonde Phenoelit, un groupe de recherche en sécurité basé à Berlin. Leur spécialité ? Les trucs que personne ne pense à auditer, parce que tout le monde part du principe que c'est sécurisé. Routeurs Cisco, imprimantes HP, systèmes SAP, BlackBerry RIM... tout y passe. Phenoelit, c'est de la recherche bas niveau et du reverse engineering pur et dur.

FX publie alors des outils qui deviennent des classiques. cd00r.c d'abord, une backdoor furtive qui n'ouvre AUCUN port en écoute. Le concept est trop fort puisque la machine écoute discrètement tout le trafic réseau qui passe et ne déclenche un /bin/sh que si elle voit passer un paquet "magique" porteur d'une signature codée en dur. Pas de port ouvert, pas de service à scanner, mais juste un guetteur silencieux qui réagit au bon mot de passe. Le concept inspirera plus tard le port knocking grand public.

Ensuite IRPAS (Internetwork Routing Protocol Attack Suite), un kit complet pour tester les protocoles de routage réseau. CDP, IRDP, HSRP... ces langages que les routeurs utilisent pour se causer entre eux et que personne n'avait sérieusement attaqués avant lui. Tellement utile que la suite finit intégrée dans Debian et Kali Linux. Et puis Ultima Ratio, un exploit remote code execution (RCE) pour Cisco IOS, présenté à la DEFCON.

FX avait un vrai don pour trouver les failles là où personne ne regardait.

Mais l'outil le plus connu du grand public, c'est la Default Password List. Une base de données des mots de passe par défaut de la quasi-totalité des équipements réseau du marché. Routeurs, switchs, imprimantes, caméras... pratiquement tous les pentesteurs de la planète l'ont utilisée au moins une fois. Elle a même fini dans SecLists, la bible du domaine.

Mais FX ne se contentait pas d'attaquer.

En 2010, il développe Blitzableiter (littéralement "paratonnerre" en allemand), un outil anti-exploitation Flash. En gros, ça analyse et reconstruit les fichiers .swf pour neutraliser les malwares, sans se baser sur des signatures CVE. Lors de sa démo à Black Hat USA et DEFCON 18, il balance alors 20 malwares Flash en live et 20 sur 20 bloqués. A une époque où Flash était LE vecteur d'attaque sur le web, c'était du lourd.

Quelque part avant 2007, FX lance Recurity Labs à Berlin. Audit de code C/C++, ingénierie inverse ARM et x86, architecture sécurisée... Il est rejoint par 12 consultants, chacun avec au moins dix ans d'expérience. Pas de marketing flashy, pas de bullshit corporate mais du boulot bien technique, et c'est tout.

FX décroche même un titre de Technicien Informatique Agréé et une certification CISSP, mais bon... c'est pas vraiment pour les diplômes qu'on le connaissait. C'était plutôt pour sa capacité à démonter n'importe quel système et expliquer clairement ce qui merdait dedans.

À partir de 2001, il enchaîne alors les conférences. DEFCON 9, puis 10, 11, 12, 14, 16, 17, 18... Black Hat USA, Abu Dhabi, HITB en Malaisie, PacSec, CanSecWest, Hashdays. Bref, chaque année un nouveau sujet, un nouveau système disséqué. En 2008, c'est le BlackBerry et en 2011, c'est Stuxnet et les systèmes industriels. Il n'est jamais à court de cibles.

Nous sommes maintenant le 11 octobre 2012, à Hack in the Box, Kuala Lumpur. Il y fait une chaleur étouffante, et les hackers du monde entier sont entassés dans l'InterContinental pour une conf qui attire le genre de types qui ne peuvent pas présenter leurs travaux ailleurs (car certains risquent l'extradition).

FX monte alors sur scène avec son sujet : "Hacking Huawei VRP".

VRP, c'est Versatile Routing Platform, le firmware des routeurs Huawei AR et NE. En gros, l'équivalent de Cisco IOS 12.x côté chinois et FX l'a bien sûr totalement disséqué.

Ce qu'il montre alors est accablant. Les routeurs Huawei utilisent des mots de passe statiques par défaut et un seul équipement compromis donne accès à TOUT le réseau. Y'a de quoi s'arracher les cheveux. Ce qu'il dit lors de sa conf résume tout : "Je ne sais pas s'il y a des backdoors, mais ça n'a aucune importance vu le nombre de vulnérabilités."

Et la réaction de Huawei ?

Hé bien pour une fois, plutôt correcte. John Suffolk, leur chef cybersécurité mondial, envoie une équipe d'ingénieurs rencontrer FX directement. Le géant chinois renforce alors son Product Security Incident Response Team (PSIRT, qui existait depuis 2005 mais restait peu visible) et publie des procédures de contact lisibles pour les chercheurs externes. FX racontera plus tard qu'ils ont tenu parole. C'est sa présentation qui a recalibré les pratiques de sécurité d'un des plus gros équipementiers télécoms de la planète.

Puis le 29 décembre 2013, 23h15, Saal 1 du 30e Chaos Communication Congress à Hambourg, FX est dans son élément et cette fois son sujet c'est "CounterStrike: Lawful Interception".

Le 30e Chaos Communication Congress, Hambourg, décembre 2013 (Wikimedia Commons)

L'interception légale, c'est cette fonctionnalité imposée aux fournisseurs d'accès Internet pour permettre la surveillance judiciaire. En clair... une backdoor officielle implantée dans les routeurs. Alors lors de sa conf, FX démontre que ce mécanisme viole le principe fondamental d'un routeur, à savoir transférer les paquets sans fouiller dans leur contenu, et crée ainsi une surface d'attaque massive.

Sa conclusion c'est que contourner la surveillance légale, c'est aussi facile que de tromper un antivirus. Pour lui, les backdoors "légales" ne protègent personne et fragilisent tout le monde. On est 6 mois après les révélations Snowden, et ce que FX démontre techniquement donne encore plus de poids au débat.

Snowden avait sorti les documents. FX en explique la mécanique.

Dans une interview au magazine Ethik und Militär en 2014, FX livrait surtout des opinions tranchées. Il est favorable aux capacités offensives étatiques comme complément aux défenses, mais également hyper critique du manque de responsabilité des éditeurs de logiciels, et pessimiste sur la place de l'Allemagne dans le secteur informatique. C'est pas le genre à tourner autour du pot.

Ceux qui l'ont côtoyé se souviennent également des soirées tardives, après les talks. À l'Alexis Park de Las Vegas, dans les bars de Kuala Lumpur, ou dans les clubs de Berlin, FX était de ceux qui restaient jusqu'au bout.

En 2007, il co-écrit "The Shellcoder's Handbook: Discovering and Exploiting Security Holes" avec Chris Anley, John Heasman et Gerardo Richarte. Un bouquin devenu référence pour quiconque s'intéresse à l'exploitation de vulnérabilités. Dans le milieu, c'est un classique.

Et en 2017, ses pairs lui décernent le Pwnie Award for Lifetime Achievement à la Black Hat de Las Vegas. Les Pwnie Awards, c'est un peu les Oscars du hacking, attribués par un jury de pointures (Travis Goodspeed, Charlie Miller, Katie Moussouris...). Recevoir le Lifetime Achievement, c'est la reconnaissance ultime de la communauté... Du beau monde, pour un prix super mérité.

Puis le 2 mars 2026, Nico Lindner et l'équipe de Recurity Labs publient un court message sur recurity-labs.com : "With heavy hearts, we announce that Felix 'FX' Lindner, a cherished friend, and the founder and owner of Recurity Labs, passed away on 2026-03-01."

FX nous a quittés.

Les hommages affluent alors immédiatement. Daniel Cuthbert, figure historique de l'infosec, écrit sur X : "Everyone today is a hacker in a sense but there are very few OG hackers on which shoulders we stand. Oh dude, Felix 'FX' Lindner you were so much a hackers hacker and you will be missed. RIP my friend and thank you."

Andrea Barisani, Federico Kirschbaum, des dizaines d'autres... Tous disent la même chose. FX était un vrai, quoi. Pas un influenceur sécu sur LinkedIn, pas un conférencier professionnel qui récite des slides. Mais un vrai type qui comprenait les systèmes en profondeur et qui partageait ce qu'il savait.

Felix "FX" Lindner laisse derrière lui des outils que les pentesteurs connaissent et utilisent encore, un livre que les étudiants en sécu continuent de lire, et une boîte qui continue de tourner...

Source | Wikipedia

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PS5-Linux - Andy Nguyen libère son hack

Par : Korben ✨ — 29 avril 2026 à 09:20

PS5-Linux est là !!

Andy Nguyen, le security engineer alias theflow0, vient de publier le hack qui transforme une PS5 Phat (les modèles originaux, pas les Slim ni les Pro) en PC 100% Linux. Et le truc cool c'est que ça marche désormais sur les firmwares 3.xx et 4.xx, et pas seulement sur les premières consoles oubliées dans leur boîte !

Pour rappel, en mars dernier, Andy Nguyen avait fait tourner GTA 5 Enhanced en ray tracing sur sa PS5 , mais l'exploit était limité aux firmwares 1.xx et 2.xx, donc autant dire à des consoles qui n'avaient jamais vu Internet. Mais depuis hier, le projet est officiellement sorti sur GitHub avec un guide d'installation complet, et il a élargi son périmètre.

Concrètement, le hack utilise une vulnérabilité patchée de l'hyperviseur PS5 (corrigée dans les firmwares récents, d'où la liste fermée) pour débloquer le hardware. Une fois en place, la PS5 expose son CPU 8 cores (16 threads) à 3.5 GHz max et son GPU à 2.23 GHz max (les fréquences de boost de la console, en pratique ça tape souvent un peu plus bas pour éviter la surchauffe), ce qui suffit largement pour faire tourner Steam et des émulateurs sans que ça rame.

Et surtout, la sortie HDMI 4K à 60 Hz fonctionne, l'audio aussi, et tous les ports USB de la console sont opérationnels !

Côté firmwares supportés, c'est précis, attention ! Les versions 3.00, 3.10, 3.20 et 3.21 fonctionnent, mais sans support M.2. Les versions 4.00, 4.02, 4.03, 4.50 et 4.51, elles, supportent en plus le SSD M.2 dédié à Linux.

Du coup, plus la console est récente dans cette plage, plus on a de flexibilité. Pour les firmwares 5.xx, ça pourrait ensuite arriver plus tard, mais Linux tournera dans un environnement virtualisé restreint à côté de GameOS, donc avec des perfs et des fonctionnalités un peu dégradées.

Maintenant, pour vérifier votre firmware avant de tenter le coup, c'est dans Paramètres > Système > Informations console.

Pour l'install, il vous faudra une clé USB de 64 Go minimum (un SSD externe est recommandé), un clavier/souris USB, un adaptateur Ethernet ou Wi-Fi USB, et en option un dongle Bluetooth si vous voulez utiliser la DualSense. Le Bluetooth interne de la PS5 n'est pas encore supporté par contre.

Les ports recommandés pour booter sont l'USB Type-C en bas à l'avant ou les Type-A à l'arrière.

Pour réussir ce tour de passe-passe, l'exploit passe par umtx2 , qui simule un faux DNS sur l'URL manuals.playstation.net pour envoyer le payload via socat. Du pur travail de hacker, mais le README est plutôt bien fichu et vous tiendra la main tout au long de l'install.

Évidemment, c'est encore expérimental.... Pas de dual-boot, donc il faut relancer l'exploit à chaque démarrage en mode Linux, le mode standby ne fonctionne pas, le screen saver est buggé, et certains écrans ont du mal avec la sortie HDMI. C'est donc pas pour du grand public et il vaut mieux être à l'aise avec la ligne de commande pour s'y mettre.

Reste que voir Andy Nguyen continuer son bon boulot sur la sécurité de la PlayStation, c'est toujours cool. Le mec est derrière plusieurs jailbreaks PS4 et début PS5, et combiné avec la fuite des clés BootROM PS5 fin 2025 , l'écosystème commence enfin à respirer un air plus "libre".

Donc si vous avez une PS5 Phat sortie entre 2020 et début 2022 qui traîne avec un firmware d'époque, c'est peut-être le moment de la ressortir du placard.

Source : Notebookcheck

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Denuvo enfin contourné sur tous ses jeux solo

Par : Vincent Lautier — 29 avril 2026 à 09:15

Pour qui n'a jamais fouillé là-dedans, Denuvo est le système anti-piratage le plus utilisé sur les jeux PC depuis 2014. Édité par une boîte autrichienne, il s'ajoute aux jeux pour les empêcher de tourner sans autorisation, et il a longtemps été considéré comme imperforable.

Mauvaise nouvelle pour ses clients : le 27 avril, le fil Reddit qui suivait l'état des jeux Denuvo encore non cassés est tombé à zéro. Tous les jeux solo protégés par Denuvo ont désormais une version pirate qui marche, dont les blockbusters récents comme Resident Evil: Requiem.

Deux équipes ont fait le boulot avec deux approches différentes. Un collectif appelé MKDev, associé à un développeur sous le pseudo DenuvOwO, a publié fin 2025 un programme qui s'installe au plus bas niveau de Windows et fait croire à Denuvo qu'il dialogue normalement avec un système autorisé.

Pas besoin de modifier le jeu lui-même, le programme se positionne entre Denuvo et le système. En parallèle, un cracker connu sous le nom de voices38 a fait un travail plus radical en retirant carrément Denuvo de plusieurs jeux récents, dont le dernier Resident Evil. Ces versions ont été relayées par FitGirl, figure historique de la scène pirate.

Denuvo et 2K Games, l'éditeur de NBA 2K et de Marvel's Midnight Suns, n'ont pas attendu pour répliquer. Plusieurs jeux récents ont reçu une mise à jour qui ajoute une vérification en ligne tous les 14 jours. 

Concrètement, votre jeu reçoit une sorte de ticket numérique qui expire au bout de deux semaines. Quand le ticket arrive à expiration, le jeu refuse de se lancer tant que votre PC n'a pas reconnecté les serveurs Denuvo pour en obtenir un nouveau. C'est le retour des vérifications en ligne forcées sur des jeux solo, modèle qu'on croyait remisé au placard depuis le naufrage de SimCity en 2013, où le jeu refusait de se lancer sans connexion permanente alors qu'il se jouait pourtant en solo.

Pour éviter une vérification en ligne, il faut soit fabriquer de faux tickets signés (impossible sans la clé secrète des serveurs Denuvo), soit retirer entièrement le système de vérification du jeu, ce qui demande beaucoup plus de travail que la technique précédente. Les crackers vont devoir se remettre à l'ouvrage.

Sauf que voilà, la mesure punit en premier ceux qui ont payé leur jeu. Si vous êtes en déplacement professionnel sans Wi-Fi, en train, sur un bateau, dans un coin où la 4G ne passe pas, ou simplement si les serveurs Denuvo tombent un soir, vous ne pouvez plus lancer NBA 2K26 que vous avez acheté 70 euros. Les pirates qui passeront par une version débarrassée de Denuvo n'auront, eux, jamais ce souci. La logique habituelle des protections anti-piratage agressives donc.

Vous l'avez compris, Denuvo a perdu sa bataille technique et se rabat sur des contraintes en ligne qui dégradent l'expérience des clients réels. C'est pénible.

Source : Tom's Hardware

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GTFOBins - 478 binaires Unix qui font tomber root

Par : Korben ✨ — 28 avril 2026 à 12:28

478 binaires Unix peuvent servir à devenir root sur un système mal configuré.

C'est ce que recense GTFOBins , le projet open source monté par Emilio Pinna et Andrea Cardaci, qui est devenu LE bookmark obligatoire de tout pentester Linux.

Ce ne sont pas des exploits, hein, mais juste des fonctions parfaitement légitimes de programmes installés partout, et qui dans le bon contexte (genre un bit SUID oublié, qui fait tourner un binaire avec les droits du propriétaire, souvent root) permettent de spawner un shell, lire un fichier protégé, ou grimper d'un cran dans la hiérarchie des privilèges. Petit rappel quand même, faut déjà avoir un pied sur la machine, ce n'est pas une porte d'entrée magique depuis Internet.

Une fois sur leur site, vous tapez le nom d'un binaire dans le moteur de filtre (ou vous cliquez sur une fonction), et hop, vous tombez sur les commandes exactes à recopier-coller, et c'est plié en moins de dix secondes.

Par exemple, si votre cible a un sudo find sans mot de passe, le site vous donne sur un plateau d'argent sudo find . -exec /bin/sh \; -quit.

Un mawk qui tourne en SUID root ? Direct, mawk 'BEGIN {system("/bin/sh")}' et bonjour le shell privilégié. Un vim mal configuré (compilé avec le support Python ou Lua, ce qui est le cas dans la plupart des distros desktop) ? La page documente comment l'utiliser via :py ou :lua pour exécuter du code arbitraire et retomber sur ses pattes.

C'est donc la fin des recherches désespérées sur StackOverflow à 3h du matin pendant un CTF...

La philosophie de ce projet est claire... on ne casse rien, on détourne juste l'usage prévu. Le hic, c'est que la frontière entre détournement et exploitation est mince quand un sudoers mal écrit donne accès à un binaire trop puissant.

Les 478 binaires sont rangés selon 11 fonctions et 4 contextes d'exécution. Côté fonctions, vous avez : Shell (228 binaires permettent de spawner un shell, oui presque la moitié du catalogue), File-read (199), File-write (84), Inherit (71), Upload (34), Download (32), Command (30), Reverse-shell (21), Privilege-escalation (14), Library-load (11), et Bind-shell (7). Côté contextes : Unprivileged, Sudo, SUID, et Capabilities.

Et sur la page d'un binaire, chaque case du tableau vous dit super clairement "voilà comment t'en sors selon ce que tu as sous la main".

Les champions toutes catégories ce sont les langages interprétés et les shells eux-mêmes. zsh, socat, ruby, python, php, node, lua plus bash, tous cumulent 7 fonctions différentes chacun. C'est logique, dès que vous avez un interpréteur sous la main vous pouvez faire à peu près tout (lire, écrire, exécuter, ouvrir une socket).

D'ailleurs c'est pour ça que les sysadmins paranoïaques tirent une tête bizarre quand on leur dit qu'on a installé Python sur un serveur de prod sans cas d'usage explicite. Pfff... je les comprends, un Python qui traîne sur un serveur Debian avec un sudo NOPASSWD au-dessus, c'est game over en trois lignes.

Y'a un autre détail que je trouve cool également, c'est l'intégration MITRE ATT&CK . Chaque fonction du site est mappée à une technique du framework officiel, accessible via /mitre.json.

Donc pour les blue teams qui veulent justifier une règle de détection en réunion, c'est tout simplement cadeau !! Et pour ceux qui automatisent leurs scans, l'API JSON complète est dispo sur /api.json, du coup vous pouvez parser les 478 entrées avec un jq ou un petit script Python pour générer des règles de monitoring custom.

Bref, GTFOBins c'est aussi un cadeau pour les défenseurs, à condition de retourner la logique du projet. Voilà, ça vaut le coup d'y passer dix minutes par mois sur un audit.

Pour les Windowsiens qui se sentent oubliés, sachez que l'équivalent existe et s'appelle LOLBAS (Living Off The Land Binaries And Scripts), bien suivi par les analystes Windows depuis 2018. Même philosophie, même format, même utilité, juste appliqué aux exécutables Microsoft signés que Windows installe par défaut.

Les deux projets se citent mutuellement et forment ensemble la cartographie communautaire des techniques de Living Off The Land cross-OS. Si vous bossez sur les deux côtés du fossé, gardez les deux onglets ouverts en permanence ^^ !

Maintenant si l'angle élévation de privilèges via shell restreint vous intéresse, j'avais déjà couvert une vieille faille sudo qui permettait carrément de sortir d'un chroot , et plus largement la bibliothèque Payloads All The Things qui complète bien GTFOBins sur tout ce qui est exploitation web et post-exploitation. Les deux projets sont complémentaires, GTFOBins se concentre sur les binaires Unix et les abus locaux de fonctionnalités légitimes (shells, transferts, lectures, élévation conditionnelle), PayloadsAllTheThings ratisse plus large côté exploitation web.

Côté admin, le réflexe utile, à vrai dire c'est de lister vos binaires SUID avec find / -perm -4000 -type f 2>/dev/null, vérifier /etc/sudoers plus les fichiers /etc/sudoers.d/* avec sudo -l, puis de passer chaque candidat dans le filtre GTFOBins.

Si une entrée matche, c'est qu'il y a une fuite potentielle à boucher. Attention quand même, l'absence dans GTFOBins ne valide pas une règle sudo ou un SUID custom (wildcards, variables d'env, paths inscriptibles peuvent toujours créer un chemin d'évasion). Bref, c'est à faire avant de filer le moindre sudo NOPASSWD à quelqu'un !

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UNIX Magic - Le poster culte de 1986 enfin décodé

Par : Korben ✨ — 27 avril 2026 à 20:58

Si vous avez bossé sous Unix dans les années 80, vous avez peut-être déjà croisé ce poster. Un sorcier barbu en robe noire, un chaudron qui déborde, des étagères couvertes de conteneurs étiquetés tar, awk, troff... C'est l'œuvre de Gary Overacre, publiée par UniTech Software dans les années 80 (apparemment 1986), et ce n'est qu'aujourd'hui qu'un dev nommé drio s'est dit que ce serait cool de cartographier chaque référence cachée sur unixmagic.net .

De ce que j'ai pu lire, le poster aurait été distribué en marge des conférences USENIX comme goodie et il n'y a visiblement jamais eu de réimpression. En 2021, le blogueur Jan-Piet Mens indiquait, après avoir contacté l'épouse de Gary Overacre et selon ses dires, il resterait environ 65 originaux du UNIX Magic chez les Overacre.

Overacre a aussi signé deux autres posters dans la foulée, encore plus rares (les titres listés varient selon les sources de revente : "Unix Feuds" ou "Computer Feuds", et "The View").

Computer Feuds (ou Unix Feuds selon les sources) - Gary Overacre.

Après si vous voulez l'un de ces visuels chez vous, deux options s'offrent à vous : Chasser un exemplaire sur eBay (et payer le prix d'un collector), ou imprimer la version 32 Mo dispo sur archive.org.

The View - Gary Overacre.

Maintenant, ce qui rend le poster culte, c'est pas juste sa rareté. C'est surtout la densité des blagues techniques planquées dedans. Selon les interprétations communautaires recensées sur unixmagic.net, le sorcier représente l'admin Unix maître du système, le chat noir perché à proximité serait cat, la fourche qu'il tient en main serait fork(), les tuyaux qui serpentent partout seraient les pipes (|), le crâne en bas du chaudron pointerait vers /dev/null là où les données vont mourir, et la botte qui traîne par terre serait un jeu visuel autour de boot (ou peut-être un sock/socket selon une autre annotation).

UNIX Magic - Gary Overacre, 1986. Source : archive.org / unixmagic.net

Sur les étagères, vous avez également des conteneurs avec les noms des outils Unix classiques : tar, awk, diff, uucp, troff, make. Et juste à côté, un détail que beaucoup ratent : un conteneur étiqueté C intact, et un autre étiqueté B... fissuré. Interprétation probable au fait que le langage C a remplacé son prédécesseur B (créé par Ken Thompson en 1969-1970 avant d'être supplanté par le C de Dennis Ritchie ). Il y a plein de petites subtilités comme ça.

Y'a aussi des initiales planquées un peu partout : dmr (Dennis M. Ritchie), kt (Ken Thompson), bwk (Brian Kernighan), soit trois grandes figures de la culture Unix dans un seul dessin. La robe du sorcier est également constellée de symboles shell, les caractères de redirection, le pourcentage du prompt csh, le dollar du prompt sh, l'astérisque du glob, le point d'exclamation de l'history expansion, les crochets... bref des symboles courants des shells Unix qu'on tape sans y penser en ligne de commande.

Même le titre du poster est présenté en grosses lettres bloc, comme la sortie de la commande banner. Et un peu plus loin, vous avez wall (l'utilitaire qui envoie un message à tous les utilisateurs connectés) représenté littéralement par un mur.

Voilà, le poster Unix Magic, c'est ce niveau de blagues visuelles partout.

Le projet de drio consiste donc à poser des marqueurs interactifs sur chaque détail du poster. À la date d'aujourd'hui, le site unixmagic.net affichait 41 références identifiées et documentées. C'est dans l'esprit, comparable à l'archéologie du Glider , ce symbole hacker dont je vous ai déjà parlé.

Et vous avez peut-être vu mais sur le poster, y'a aussi un sac d'origan posé dans un coin. C'est du folklore BSD non vérifié, mais d'après les spécialistes, ça ferait écho à une histoire de communauté où un acteur du milieu aurait été interpellé à la frontière canado-américaine avec un sac suspect dans ses bagages. Les douaniers étaient persuadés que c'était de la drogue alors que c'était de l'origan !

Et c'est ça, la vraie valeur du projet drio car sans ce travail de documentation, dans 20 ans, la référence au sac d'origan ou d'autres risquent de devenir impossibles à comprendre car les références se perdent avec les générations.

Après si en bon barbu survivant des années 80, vous reconnaissez un détail que personne n'a encore décodé, c'est le moment d'apporter votre pierre à l'édifice.

Et si vous voulez en faire un trophée mural, comme j'vous disais, archive.org a la version 32 Mo.

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CANviz - Analyser le bus CAN de sa voiture dans le navigateur

Par : Korben ✨ — 23 avril 2026 à 15:30

Vous voulez comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre bagnole ? Hé bien pour cela avant, il fallait du matos pro et des suites logicielles à licence annuelle. Mais maintenant, y'a CANviz .

Un pip install canviz, un module USB à quelques balles branché sur le bus CAN de la voiture, et hop, vous accédez à tous les secrets de votre voiture simplement en ouvrant votre navigateur sur localhost:8080. Toutes les trames qui circulent sur le réseau interne du véhicule s'affichent en direct dans un tableau qui défile sans ramer à 2000 fps si j'en crois le README, donc ça envoie !

Ce projet signé Chanchal Dhiman tourne sur n'importe quelle config équipée de Python 3.10 ou supérieur, et côté matériel, CANviz se branche sur plein de bazars tels que les modules à firmware Candlelight (genre FYSETC UCAN autour de 8 balles ou CANable 1.0 autour de 15), les périphériques slcan via port COM, et du matériel sérieux type PEAK PCAN-USB, Kvaser, Vector ou même socketcan sur Raspberry Pi. En gros, si votre clé USB CAN est compatible avec python-can, CANviz la gère !

L'interface décode alors les fichiers DBC (le format de base de données du CAN), donc au lieu de lire des paquets hexadécimaux chelous, vous voyez directement "vitesse moteur = 1450 rpm" ou "position accélérateur = 34%". Vous pouvez aussi filtrer par ID ou par nom de signal, et le filtre se garde dans l'URL. Comme ça, vous pouvez partager une vue à un pote en copiant simplement le lien.

Le truc vraiment pratique, c'est surtout la partie enregistrement. Vous capturez une session en .asc ou .csv, et vous la rejouez plus tard à vitesse variable (de 0.5x pour décortiquer lentement, jusqu'à 10x pour survoler), ou vous forgez vos propres trames depuis l'interface pour tester la réaction d'un module donné. Une API REST et du WebSocket ouvrent aussi la porte aux bricolages en Python, avec une doc interactive accessible sur /docs.

Autre truc malin, vu que c'est un serveur web derrière : vous pouvez déployer CANviz sur un Raspberry Pi planqué dans la bagnole et le consulter à distance en SSH. Par contre, pas de WebUSB ici. L'auteur a explicitement fait le choix de passer par python-can côté serveur pour des raisons de sécurité. L'accès USB reste donc dans le sandbox Python, et le browser ne touche rien. J'avoue, je préfère.

Le projet est sous licence MIT, et est encore jeune, mais l'approche est éprouvée. Pour ceux qui cherchent des alternatives desktop, y'a bien sûr CANgaroo côté Qt, ou SavvyCAN qui tourne aussi en natif. Et si vous voulez bidouiller votre voiture comme Charlie Miller l'a fait avec la Jeep , y'a toujours le Panda de Comma sorti en 2017 avec son soft Cabana.

Bref, pour quelques euros de module USB et un pip install des familles, vous pouvez transformer votre laptop en analyseur CAN niveau pro et ça c'est plutôt classe !

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bbDump - L'alternative moderne à pgAdmin, sauce MCP

Par : Korben ✨ — 23 avril 2026 à 09:00

pgAdmin, l'outil "officiel" pour administrer vos bases PostgreSQL, c'est le type d'interface qu'on n'a pas vraiment envie d'ouvrir un lundi matin ! C'est lent, c'est cheum de ouf en mode figé dans les années 2000 et ça rame sérieusement dès qu'on tente un export un peu costaud. Alors oui je sais, DBeaver, c'est plus joli, mais faut se coltiner Java et un workspace qui traîne au démarrage.

Du coup quand bbDump est passé sur mon radar, j'ai eu envie de creuser un peu. C'est un gestionnaire PostgreSQL moderne, en Electron + Vue + TypeScript, signé par Poups, un dev indé français. L'outil reprend tout ce que vous faites habituellement en CLI (pg_dump, pg_restore, coups d'œil aux tables, schéma de la DB) et met ça dans une interface vraiment propre.

Le dashboard bbDump, tout de suite plus respirable que pgAdmin

Côté fonctionnalités classiques, vous avez ce qu'on attend d'un client PostgreSQL correct. Gestion multi-bases organisée par projet, backups avec liste, restauration, filtre par base, tailles et dates. De leur côté, les tâches planifiées via expressions cron sont configurables par base, et il y a même une visionneuse de logs en temps réel qui trace chaque opération pg_dump.

Ajoutez à ça un navigateur de tables avec édition inline (avec support complet des types), un constructeur de requêtes SQL visuel en plus de l'éditeur brut, l'export CSV, et un diagramme entité-relation interactif via Vue Flow pour visualiser les tables et les clés étrangères. Grâce à bbDump, plus besoin d'aller chercher un outil externe pour comprendre une base héritée d'un projet qui traîne !!

Le schema visualizer en mode ERD interactif, pratique pour décortiquer une base héritée

Mais le vrai twist, c'est l'intégration du MCP (Model Context Protocol) puisque bbDump expose 31 outils MCP aux agents IA, ce qui veut dire que votre Claude d'amour ou votre LLM peut interroger la DB, regarder un schéma, tester une requête. Et comme les mutations passent par un système de confirmation, pas de DROP TABLE à l'insu de votre plein gré !

Je vous avais déjà parlé de cette approche avec Ghidra MCP côté reverse engineering et BrowserWing côté automatisation navigateur. bbDump rejoint donc la famille côté backend de données.

Autre détail sympa, le dev a pensé à la sécurité puisque les backups sont chiffrés en AES-256-GCM, donc si vous synchronisez vos dumps sur un cloud random, pas de panique sur les données sensibles. Sur macOS, y'a même une mini-app menu bar pour accéder aux bases et aux connexions proxy sans ouvrir l'app complète.

Côté installation, c'est facile :

curl -fsSL https://poups.dev/bbdump.sh | bash

sur macOS et Linux (qui reste en beta). Bien sûr, si balancer un script dans bash direct vous fait tiquer (normal), vous pouvez aussi chopper le DMG ou l'AppImage en release sur GitHub et inspecter avant. Le code est sous licence MIT, avec une doc dédiée et une page Ko-fi si vous voulez soutenir le projet. Par contre, rien pour Windows pour l'instant.

Le projet est encore tout jeune puisque sorti fin mars de cette année donc si vous cherchez un outil ultra-stable pour une prod critique, attendez un peu. Mais pour vos projets perso, votre dev local, ou juste pour arrêter de râler sur pgAdmin, ça vaut clairement le coup d'œil.

Bref, un dev français de talent qui se lance en indé sur un créneau pourri d'outils vieillots, avec une vision cohérente et une intégration MCP propre, moi j'aime bien. Je pense que Poups mérite d'être soutenu sur ce coup-là, d'où mon article !

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Razor 1911 - Le groupe qui a survécu à tout

Par : Korben ✨ — 22 avril 2026 à 17:01
Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Il y a quelques jours, lors de la demo party Revision 2026 , dans une salle plongée dans le noir à Sarrebruck, un public de sceners regarde défiler les crédits d'une demo victorieuse. Au milieu des pseudos des graphistes, un nom : Sector9.

Le même mec qui, quarante ans plus tôt, faisait partie des trois gamins norvégiens qui ont fondé Razor 1911.

Le logo historique de Razor 1911, signé JeD / ACiD (via Wikimedia Commons )

La demo s'appelle simplement "Razor 1911", elle dure dix minutes, et sans surprise, elle finit donc par gagner la compo PC et le prix du public. Et ce qu'elle raconte, plan par plan, c'est l'histoire d'un groupe que le Department of Justice américain a qualifié officiellement de "plus ancien groupe de cracking encore actif sur Internet".

Razor 1911 existe depuis que vous écoutez de la musique 8 bit sur cassette audio. Le groupe a traversé l'époque du Commodore 64, de l'Amiga, l'ère du PC, le passage au CD-ROM, au DVD, puis aux ISO torrents, sans oublier la répression fédérale et l'arrivée des protections Denuvo. Et au moment où j'écris ces lignes, leurs cracktros font partie du patrimoine culturel de tous ceux qui un jour ont téléchargé un jeu sur eMule.

Et voilà que, 40 ans plus tard, cette bande de joyeux lurons gagne un prix demoscene où elle se raconte elle-même...

Mais pour comprendre vraiment ce que ça veut dire, il faut que je vous emmène à Oslo lors de cette nuit d'octobre 1985.

Octobre 1985 : Oslo, la naissance de Razor 2992

Imaginez une chambre d'ado dans la banlieue d'Oslo. C'est l'automne norvégien, il fait nuit à 17h, et la seule lumière dans la pièce vient d'un écran CRT qui tire sur le vert. Un Commodore 64 chauffe doucement sur un bureau encombré et dans le lecteur de disquettes, une 5"1/4 tourne avec ce bruit caractéristique de crécelle électrique.

Les ordinateurs domestiques des années 80 qui ont vu naître la scene, Amiga 500 et Atari 520 ST (photo Sam Gamdschie, CC BY 3.0)

Doctor No, Insane TTM et Sector9, trois gamins, viennent de fonder un groupe de cracking. Leur premier nom, très éphémère, c'est Trøndelag Cracking Service, ou TCS. Sauf qu'un groupe anglais utilise déjà les mêmes initiales et ça crée la confusion. Un autre groupe norvégien de la scene, Hellmates, leur suggère alors un nouveau nom : Razor. On est encore à l'automne 1985 et ça s'appelle d'abord Razor 2992, puis en novembre, nouveau changement de nom pour adopter définitivement Razor 1911.

La raison de ce 1911 est géométrique. En hexadécimal, 1911 décimal équivaut à 0x777. Trois fois 7, un par fondateur, soit un joli clin d'œil numérologique qu'ils vont se traîner durant quarante ans. C'est aussi, selon certaines sources d'époque, une pique à tous les groupes de cracking qui abusaient du 666 pour leur côté satanique un peu too much. Razor 1911 choisit délibérément le chiffre opposé. Un détail qui en dit long sur l'esprit de la scene naissante à l'époque.

Leur premier crack, c'est Kik Start, un jeu de motocross sorti par Mastertronic en 1985 sur Commodore 64. Un classique des obstacles parcours sur deux roues que tout le monde avait chez soi. Et c'est précisément là dessus, ce petit jeu vendu pas cher en Angleterre, que nos trois gamins norvégiens vont poser leur première signature sur la scene européenne.

Kik Start (Mastertronic, 1985), le tout premier jeu cracké par Razor 1911 sur Commodore 64 (capture via Lemon64 )

La scene C64 européenne tourne à plein régime à ce moment-là. Les BBS échangent des disquettes par courrier postal, les cracktros fleurissent avec leur ASCII art et leur musique chiptune, les groupes s'affrontent pour la "first release" des jeux populaires. Razor 1911 grimpe alors très vite dans la hiérarchie, mais reste un groupe parmi d'autres. Les vraies légendes de l'époque, c'est FairLight en Suède, The Humble Guys aux US, et TRISTAR & Red Sector Inc côté Allemagne.

Ce qui distingue Razor 1911 à ce moment-là ? Pas grand-chose, en fait.

Enfin, si... une sacrée envie de durer ! Car quand la plupart des groupes de l'époque se dissolvent après deux ans, parce qu'un membre part à l'armée ou qu'un autre se fait piquer son Commodore par ses parents, eux continuent. Et continuent. Et continuent...

Et ils ne le savent pas encore, mais dans trois ans, ils vont devoir tout recommencer sur une nouvelle plateforme.

1987-1993 : du C64 au PC, la guerre des plateformes

Nous sommes maintenant en 1988. Un ado quelque part en Europe lance un jeu piraté sur son Amiga 500 flambant neuf. Avant que le jeu démarre, une intro 3D tourne en 50 fps pendant trois minutes. Des sphères qui tournent, un scrolltext qui envoie des greetings aux autres groupes de la scene, et une musique de tracker composée de huit canaux qu'il va siffler dans sa tête pendant des semaines. Et le logo à la fin ? Razor 1911 !

L'Amiga 500, la machine reine de la scene européenne à la fin des années 80 (photo Bill Bertram, CC BY-SA 2.5)

Entre 1987 et 1988, le C64 commence à fatiguer et Razor 1911 migre alors sur Amiga, la plateforme qui gagne toute la scene européenne. Ils font des demos, ils crackent des jeux, ils sortent des cracktros avec des effets graphiques qu'aucune autre plateforme ne permet. C'est l'âge d'or Amiga. On lance le jeu, on kiffe l'intro, et ensuite on joue.

Razor 1911 ne se contente d'ailleurs pas de cracker des jeux sur Amiga. Le groupe sort aussi des demos pures, des productions artistiques qui font la compét' avec les meilleurs sur la scene démo. En 1991, ils lâchent coup sur coup Yo! avec ses graphismes vectoriels fluides et ses transitions travaillées, puis Voyage, considérée comme leur chef d'œuvre Amiga avec un texture mapping 3D qui fait halluciner tout le monde à l'époque sur un simple Amiga 500. Leur musique trackée 4 canaux est même citée comme parmi les meilleures jamais produites sur la machine.

Voyage par Razor 1911 (1991), un chef d'œuvre avec texture mapping 3D sur Amiga 500 (capture via pouet.net )

Puis au début des années 90, nouveau virage. Le PC IBM prend la main, bon gré mal gré, et Razor 1911 suit le mouvement. Là, c'est une autre scene. Les rivaux changent, et The Humble Guys (THG) débarque en 1989 avec une idée qui transforme tout. Candyman et Fabulous Furlough, les fondateurs de THG, inventent le fichier NFO pour documenter leurs releases, et surtout ils établissent des relations avec les distributeurs pour obtenir les jeux avant leur sortie commerciale. Imaginez un jeu qui apparaît sur les BBS warez AVANT même d'arriver chez Babbage's. THG vient de redéfinir les règles du game.

Razor 1911 doit alors s'adapter, et vite. Ils perfectionnent leur méthode de cracking, recrutent des codeurs, signent leurs cracks avec des intros de plus en plus léchées. À ce stade, une cracktro Razor 1911 c'est un petit morceau d'art. Graphismes pixelisés travaillés pendant des nuits entières, musique, textes ASCII qui défilent, et timings précis pour impressionner un maximum de sceners avant que le jeu démarre. Comme ça, les gars gardent la cracktro pour la montrer aux potes et sans qu'ils ne le sachent, commencent à transmettre une nouvelle culture.

Sauf que les années 90 avancent, et un nouveau support va bientôt tout faire basculer.

1995-2001 : The Punisher et l'ère ISO

En 1995, quelque part en Amérique du Nord, un mec dont personne ne connaît le vrai nom se fait appeler The Punisher. Il passe ses nuits devant une tour beige de PC, ventilateur qui souffle fort, écran 14 pouces, et un clavier mécanique qu'on entendait depuis le salon. Devant lui, un graveur de CD, nouveauté de l'époque, qui met trois heures à "brûler" une rondelle de 600 Mo. Et c'est lui qui va sauver Razor 1911.

Parce qu'en 1995, tout bascule. Les disquettes disparaissent. Les jeux sortent sur CD-ROM, et 600 Mo, ça passe mal sur un modem 14.4k. Razor 1911 pourrait alors disparaître à ce moment-là, comme pas mal de groupes de l'époque qui n'arrivent pas à faire la transition.

Mais heureusement pour eux, The Punisher prend les choses en main et pilote le passage au CD-ripping, puis aux ISO quand ce format devient la norme. Les ISO, pour les plus jeunes, c'est une image binaire complète d'un CD ou d'un DVD, fidèle au bit près. Techniquement plus lourd que les cracks disquette, mais aussi plus propre. Razor 1911 se retrouve alors en tête du peloton et leurs releases circulent sur les topsites (les serveurs FTP ultra-privés de la scene, accessibles sur invitation uniquement), puis se diffusent sur les BBS, et ensuite sur les réseaux peer-to-peer naissants.

À la fin des années 90, le groupe devient l'une des références majeures de la scene, officiellement considéré comme l'un des plus prolifiques au monde. Ils sortent des ISO de jeux AAA quelques heures après la sortie commerciale, parfois même avant. Le palmarès est impressionnant : Quake, Warcraft II, Warcraft III, Red Alert, Terminal Velocity... Tous les hits du moment, tous disponibles sur les topsites Razor avant que les boîtes n'arrivent dans les rayons des Babbage's ou des CompUSA. Le Department of Justice citera explicitement ces titres dans son acte d'accusation, pour donner la mesure du phénomène.

La scene de l'époque pointe un autre leader que The Punisher : un certain The Renegade Chemist, souvent mentionné dans les fichiers NFO des releases. Quand l'opération Buccaneer va tomber, le FBI désignera Shane Pitman ("Pitbull") comme leader officiel, mais dans la scene, beaucoup disent que le vrai pilote au moment du raid, c'était The Renegade Chemist. Deux versions différentes de la même histoire, selon qu'on lise un rapport fédéral ou un NFO d'époque.

Et c'est là que ça devient dangereux.

Parce que quand vous êtes trop visibles, très rapides et très bons, il y a un moment où le FBI le remarque. Et en 2001, les fédéraux américains préparent quelque chose d'inédit dans l'histoire de la poursuite des groupes warez.

À Washington, dans un bureau de l'US Customs Service, un procureur imprime une liste. Dessus, des pseudos. Et surtout des adresses.

11 décembre 2001 : Operation Buccaneer

Conover, Caroline du Nord, ce matin-là. Shane Pitman, 31 ans, est au boulot quand son téléphone sonne. Au bout du fil, un agent du FBI et ce qu'il lui dit est glaçant : ils sont devant chez lui avec un mandat, alors il a intérêt à rentrer immédiatement ouvrir la porte, sinon ils rentrent eux-mêmes à coups de bélier.

Pitman quitte son bureau, monte dans sa voiture, et roule jusqu'à chez lui. Arrivé sur place, il trouve sept à huit véhicules du FBI et des douanes garés devant sa maison. À peine sorti de sa voiture, plusieurs agents en équipement d'assaut, gilets pare-balles et écussons "FBI" dans le dos, l'entourent, le plaquent sur le capot et le fouillent. Des années plus tard, dans une interview qu'il donnera sur un forum public, il racontera ce moment en expliquant que, je cite : "On aurait dit que j'étais Saddam Hussein ou quelque chose comme ça". Pour un mec qui distribuait des copies crackées de Warcraft, le dispositif était effectivement un peu surdimensionné.

Au même moment, à Richmond en Californie, Sean Michael Breen, 38 ans, se fait embarquer dans les mêmes conditions. Et à la même heure, dans cinq autres pays, Canada, Royaume-Uni, Australie, Finlande, Norvège, Suède, soixante autres personnes se font alpaguer simultanément.

C'est l'opération Buccaneer. 62 suspects visés, 70 mandats de perquisition, 150 ordinateurs saisis en une matinée et des pistes suivies dans 20 autres pays. C'est la plus grosse offensive coordonnée jamais menée contre la scene warez de l'histoire.

Reconstitution de l'opération Buccaneer - Image IA

Et les groupes visés ne sont pas que Razor 1911. Il y a aussi DrinkOrDie (DoD), RiSC, RequestToSend (RTS), ShadowRealm (SRM), WeLoveWarez (WLW), POPZ. Soit toute la tête de gondole de la scene cracker Internet de l'époque. Le FBI a passé 14 mois en investigation undercover, infiltré les serveurs, recoupé les pseudos, remonté les identités. Une opération patiente, méticuleuse, invisible. Certains membres sont alpagués à leur domicile, d'autres à leur travail, d'autres à la fac pendant qu'ils sont en cours.

Parmi les prises les plus symboliques, il y a aussi Christopher Tresco, 24 ans, connu sous le pseudo "BigRar". Pas un membre de Razor 1911 celui-là, mais de DrinkOrDie. Et accessoirement administrateur système du département d'Économie du MIT. Un boulot idéal pour héberger des topsites warez sur les serveurs d'une des plus prestigieuses universités américaines, ce qu'il faisait tranquillement jusqu'à ce matin du 11 décembre. Il prendra 33 mois de prison fédérale.

Le 6 juin 2003, Shane Pitman est condamné à 18 mois de prison fédérale pour conspiration de violation du copyright par le juge James Cacheris à Alexandria, Virginie. Le 10 février 2004, dans une cour d'Oakland, Sean Michael Breen prend 50 mois devant la juge Saundra Armstrong. C'est la peine la plus lourde de toute l'opération Buccaneer. Le chiffre qui sort lors du procès est vertigineux : Breen aurait distribué pour près d'un demi-million de dollars de jeux crackés sur une décennie. En plus de la prison, il doit donc verser 690 236,91 dollars de restitution au seul Cisco Systems. Au total, 22 personnes seront condamnées pour felony copyright infringement dans le cadre de Buccaneer.

Sur le papier, le groupe est décapité. Les leaders sont en taule ou en attente de jugement. Les membres restants se planquent, changent de pseudo, se disséminent. La communauté pense alors sincèrement que Razor 1911 est mort, tout comme DrinkOrDie qui ne se relèvera jamais.

Sauf que non.

22 juin 2006 : le retour, et la demoscene

Le 22 juin 2006, 5 ans et demi après Buccaneer, sur les topsites privés de la scene, une release apparaît silencieusement. Un vieux logo familier dans le fichier NFO, sans annonce triomphante. Juste un fichier qui commence à circuler. Les sceners qui le voient passer s'arrêtent une seconde. Puis sourient.

Razor 1911 est de retour.

Le groupe reprend le rythme, s'adapte aux nouvelles protections, signe ses cracks avec des cracktros modernisées. Au milieu des années 2010, ils sont de nouveau parmi les plus prolifiques du monde à cracker les nouveautés. Comme si Buccaneer n'avait jamais existé.

Puis arrive Denuvo, LA protection anti-copie hardware-assisted qui fait trembler toute la scene pendant des années. Razor 1911 y laisse des plumes, comme tout le monde. Les méthodes évoluent. Certains membres s'orientent alors vers la demoscene pure, tandis que d'autres continuent à cracker. Au bout du compte, les hyperviseurs finissent par contourner Denuvo en quelques heures . Le groupe mute, mais reste vivant.

Certaines sources affirment même que Razor 1911 se serait dissous vers 2012, ce qui est factuellement contredit par leurs releases récentes, notamment une cracktro pour Red Dead Redemption 2 sortie en mai 2024 et la demo de Revision 2026 dont on va parler juste après.

Entre temps, une autre histoire complètement dingue va éclater en 2023. Un joueur de GTA nommé Vadim M. remarque un truc bizarre en fouillant les fichiers des jeux Rockstar vendus sur Steam. Plusieurs titres, notamment Manhunt, Max Payne 2 et Midnight Club II, contiennent dans leurs exécutables des morceaux de code qui correspondent exactement aux cracks Razor 1911 de 2003. Rockstar Games, filiale de Take-Two, aurait tout simplement récupéré les versions crackées par Razor 1911 pour contourner ses propres DRM obsolètes et les revendre sur Steam.

Analyse du binaire de Midnight Club de Rockstar ( source )

Le comble, c'est que Rockstar a trifouillé le crack en question, ce qui a introduit des bugs sur Windows Vista et au-delà. Le message que ça donne c'est que même les studios qui chassent les reverse engineers en justice sont obligés, à un moment, d'utiliser leur travail pour faire tourner leurs propres jeux.

Et voilà... Tout ceci nous amène jusqu'à il y a quelques jours, quand lors de la Revision 2026 (la plus grosse demoparty mondiale, qui se tient tous les ans à Sarrebruck), Razor 1911 sort une demo PC de dix minutes titrée simplement "Razor 1911". Un voyage audiovisuel à travers les différentes époques du groupe. Windows 95, SoftICE, pixel art C64, effets Amiga et j'en passe... Le tout scripté avec des musiques signées brghtwhtlghtnng, zabutom et Ziphoid. Le concept est porté par Flopine, Anat, dubmood et goto80 et le code est signé rez, replay et blkpanther. C'est incroyable !

Et surtout dans les credits graphiques, un nom, celui de Sector9. Le même Sector9 qui, en octobre 1985, regardait une disquette tourner dans un C64 depuis sa chambre à Oslo. 40 ans plus tard, il est toujours à la table, toujours à faire du pixel art pour son groupe.

Je pense que vous comprenez maintenant pourquoi Razor 1911 n'est pas juste un groupe warez mais une vraie institution culturelle !

La longévité de ce groupe dépasse largement l'existence de la plupart des entreprises tech. Plus long que le leadership de Microsoft, plus long que l'histoire commerciale d'Apple sur le marché grand public, plus long que n'importe quelle plateforme de jeux vidéo encore active aujourd'hui. Razor 1911 a survécu au C64, à l'Amiga, à Windows 3.1, 95, XP, 7, 10, 11. Ils ont survécu aux BBS, à IRC, à eDonkey, à BitTorrent. Ils ont même survécu au FBI.

Et s'ils ont traversé les époques, c'est parce que la scene n'est pas un business. C'est une pratique culturelle qui se transmet de génération en génération, avec ses règles, son vocabulaire, ses rivalités, ses codes d'honneur bizarroïdes.

Des générations entières de développeurs et de chercheurs en sécurité sont passés par la scene avant de devenir des professionnels reconnus dans l'industrie. Je pense par exemple à Jonathan James ou Ehud Tenenbaum à l'époque. Razor 1911 illustre cette trajectoire fascinante où l'art, le crime et la passion se mélangent dans des proportions variables selon les décennies. Et le reverse engineering qui sert aujourd'hui à la recherche en sécurité, est exactement le même savoir-faire qu'avait celui qui crackait un jeu Amiga en 1990.

Bref, 40 ans après, la bande est toujours là, et rien que pour ça, chapeau bien bas !

Sources : Wikipedia | Wikipedia Operation Buccaneer | Waxy.org | DOJ Pitman | DOJ Breen | Interview Pitbull Defacto2 | MIT Technology Review | BleepingComputer Rockstar | Defacto2 | Les NFO de Razor1911

☐ ☆ ✇ Korben

Un YouTubeur a peut-être conçu la serrure la plus dure à crocheter qui existe

Par : Vincent Lautier — 22 avril 2026 à 08:38

La chaîne YouTube Works By Design vient de sortir un projet qui fait pas mal jaser chez les passionnés de crochetage : une serrure dont le cylindre se met littéralement en position fermée après que la clé ait été tournée, rendant l'accès aux goupilles quasi impossible pour n'importe quel individu qui tente de la manipuler sans la bonne clé.

Le principe est assez simple. Quand vous glissez la clé dans la serrure, elle se fixe grâce à un système de magnétisme commutable. C'est le genre de mécanisme qu'on trouve sur les bases magnétiques utilisées en usinage.

Une fois tournée, la clé bascule l'ensemble dans une configuration où le canal d'entrée est masqué. Du coup, même un crocheteur expérimenté avec ses tensors et ses picks classiques se retrouve face à une paroi complètement aveugle. Works By Design a aussi ajouté un système anti-bumping pour couper court à une éventuelle attaque par percussion.

Avant d'arriver à la version définitive, le créateur a imprimé plusieurs prototypes en 3D pour valider le mécanisme, puis il a fini par usiner la version finale en métal en CNC. Un serrurier à qui il avait envoyé le modèle CAO en amont n'avait pas réussi à identifier de vulnérabilité évidente. Premier bon signe.

Sauf que voilà, quand les serrures tests ont été distribuées à la communauté Lock Pickers United (qui rassemble une bonne partie des meilleurs crocheteurs amateurs du monde), certains ont pointé une faille potentielle : l'attaque par impressioning, où l'attaquant utilise une clé vierge pour marquer progressivement l'empreinte des goupilles.

Côté solidité, plusieurs commentateurs doutent de la fiabilité du système magnétique sur le long terme, surtout avec l'usure et la poussière qui viendraient s'y loger.

La serrure reste donc en phase d'évaluation à grande échelle. Historiquement, les innovations en serrurerie finissent quasi toutes par tomber, c'est une question de temps avant que quelqu'un trouve l'angle d'attaque. Mais l'approche de cacher physiquement le canal de la clé plutôt que de multiplier les goupilles est assez originale pour mériter qu'on la suive.

C'est clairement le genre de projet qui ne révolutionnera pas forcément le marché là maintenant tout de suite, mais qui peut faire un peu avancer le schmilblick côté conception mécanique et sécurité.

Source : Hackaday

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