Je sais que c'est à la mode en ce moment de vibecoder des outils qui manipulent des PDF donc c'est pour ça que je relaie cette alerte de Wordfence qui vient de publier le détail d'une faille dans Ghostscript (c'est un programme très connu qui transforme grosso modo les PDF en images).
Argus, l'agent IA de recherche de faille de Wordfence, a donc trouvé cette vuln d'un score CVSS de 9,8 sur 10 référencée sous le code CVE-2026-39919. Elle est assez grave puisqu'un PDF piégé contenant une image JPEG 2000, forgé pour l'occasion, suffit à faire écrire Ghostscript au-delà de sa mémoire et donc à introduire dans la mémoire de la machine du code malveillant.
Côté WordPress pur, le chemin est tordu car pour fabriquer la miniature d'un PDF, Wordpress appelle Imagick, qui appelle ImageMagick, qui lance ensuite Ghostscript. Mais Wordfence a obtenu par ce biais une exécution de code sans authentification sur un site de test monté pour l'occasion, y compris avec le paramétrage de sandbox -dSAFER activé.
Pour être touché, il faut donc 4 choses en même temps :
Comme vous le savez surement, WordPress de base ne laisse pas un anonyme envoyer de PDF dans la médiathèque, donc il faut qu'un plugin, un formulaire ou un compte lui ouvre la porte pour que la première condition soit remplie.
Bien sûr, ça ne s'arrête pas à WordPress puisque tout ce qui est outil de gestion de documents, services d'impression, passerelles mail ou API de conversion peuvent être également exposés à partir du moment où ils donnent des PDF inconnus à un Ghostscript vulnérable.
Maintenant pas de panique parce que ces exploits mis au point par Wordfence exigent quand même d'être forgés spécifiquement pour l'environnement ciblé et aucune exploitation sauvage n'a été constatée pour le moment.
Maintenant si un attaquant connait votre build ou vise un hébergeur dont plusieurs sites partagent la même image, ça fera surement des dégât, donc il vaut mieux patcher ça.
D'après la page de sécurité d'Ubuntu et le suivi de Debian , Ubuntu a corrigé ses 22.04, 24.04 et 26.04, et Debian sa 13, tandis que Debian 12 reste marquée vulnérable. Red Hat a des paquets corrigés pour RHEL 8, 9 et 10, AlmaLinux 10 aussi depuis le 2 octobre, et Wordfence notait au 9 octobre que Fedora 44 et Alpine 3.22 et 3.23 en étaient encore à leurs anciennes révisions.
Et ne vous fiez pas au numéro que renvoie gs --version puisqu'Ubuntu 22.04 greffe son correctif sur un Ghostscript qui continue de se présenter comme une version 9.55.0. C'est surtout la révision du paquet qui tranche. Un dpkg -s ghostscript la donnera sur Debian et Ubuntu et un rpm -q ghostscript vous donnera l'info sur une Red Hat / Fedora.
Et sous Docker, il faudra "pull" une image à jour, reconstruire sans le cache et redéployer tout ça.
Reste une parade si le correctif n'existe pas encore pour votre système qui est expliqué sur
la page de politique de sécurité d'ImageMagick
. Sur cette page, vous trouverez une règle à intégrer dans le fichier policy.xml, qui ne laisse que l'écriture des formats PDF, PS, PS2, PS3 et XPS, et désactive l'aperçu de PDF.
La commande magick identify -list policy permet ensuite de vérifier que le changement est bien pris en compte. Bien sûr, elle ne fonctionne qu'avec ImageMagick et il est possible qu'une autre bibliothèque se glisse entre votre application et Ghostscript, donc soyez vigilant.
Dans tous les cas, si vous avez un doute, le mieux reste encore de demander à votre hébergeur si son Ghostscript dispose du correctif de la CVE-2026-39919.
Source : le billet de Wordfence et l'article de BleepingComputer

Vous avez un site sous WordPress ? Alors lâchez tout ce que vous faites deux minutes, parce que là c'est du sérieux !!
Cette nouvelle attaque baptisée WP2Shell permet de compromettre une installation Wordpress sans passer par le moindre plugin. Heureusement, un patch est sorti en urgence le 17 juillet !
En temps normal, quand une alerte sécu tombe sur WordPress, le fautif c'est un plugin tiers vérolé , un truc installé un soir de flemme et oublié depuis des lustres. Mais cette fois, rien de tout ça puisque le trou de sécu se trouve dans le cœur de WordPress lui-même.
Dans le détail, WP2Shell enchaîne deux failles. La première,
CVE-2026-63030
, est une confusion de route dans l'API REST batch, sur l'endpoint /wp-json/batch/v1. La seconde,
CVE-2026-60137
, est une injection SQL bien planquée dans le paramètre author__not_in de WP_Query. Chacune dans son coin, c'est déjà vilain, mais mises bout à bout, elles offrent une exécution de code à distance.
Pas de compte, pas de mot de passe, et encore moins de plugin exotique mais simplement quelques requêtes HTTP et hop, c'est plié !
Côté versions, la chaîne complète touche WordPress 6.9.0 à 6.9.4 et 7.0.0 à 7.0.1. Si votre site est dans cette fourchette, vous êtes donc exposé. Les correctifs sont arrivés avec les versions 6.9.5 et 7.0.2. Et si vous vous traînez encore une vieille 6.8.x, sachez que seule l'injection SQL vous concerne potentiellement mais qu'elle a été patchée depuis la version 6.8.6.
Derrière cette trouvaille, on trouve Adam Kues, chercheur chez Assetnote (une branche de Searchlight Cyber), qui a assemblé et documenté toute la chaîne avant de la remonter proprement via le programme HackerOne de WordPress. Les détails techniques les plus croustillants restent sous le coude le temps que la planète patche mais l'équipe a mis en ligne un outil, wp2shell.com , pour vérifier si votre site est vulnérable. Allez-y, ça coûte rien !
Autre signal qui ne trompe pas, WordPress.org a déclenché les mises à jour automatiques forcées sur les sites concernés. Une mesure réservée aux failles vraiment graves, comme à l'époque où la faille critique de Really Simple Security avait exposé des millions de sites. Il y a donc de bonnes chances que votre installation toute pourrie dont vous ne vous occupez pas parce que vous êtes un mauvais webmaster ^^ ait déjà été rustinée toute seule. Vraiment, vous ne méritez pas les équipes sécu de Wordpress ^^
Mais ne pariez pas votre site là-dessus non plus... Car si vous avez désactivé les mises à jour auto (et beaucoup d'hébergeurs et d'admins le font), personne n'aura rien poussé chez vous. Sans oublier qu'un bout de PoC circule déjà sur GitHub (les chercheurs gardent pour eux le dernier maillon vers la RCE, mais ça n'arrêtera pas longtemps les motivés), et les scans automatisés ont commencé.
En attendant de patcher, bloquez surtout donc l'accès anonyme à l'endpoint batch de l'API REST via votre WAF ou votre plugin de sécu. Attention, pas seulement la forme /wp-json/batch/v1 : sa variante ?rest_route=/batch/v1 doit sauter aussi, sinon autant laisser la clé sur la porte. Cloudflare propose d'ailleurs des règles toutes prêtes. Et pour durcir le reste de votre config,
ma vieille série sur le sujet
reste d'actualité.
En tout cas, quand on sait qu'il y a +500 millions de sites actuellement propulsés par Wordpress, même s'ils ne sont pas tous concernés par cette faille, ça reste une surface d'attaque gigantesque !!
Bref, filez vérifier votre version. Sous 6.9.5 ou 7.0.2, vous mettez à jour et vous bloquez le batch en attendant. Deux minutes chrono, et votre site dort tranquille !
Source : Security Affairs

Si vous tournez sous WordPress avec Jetpack, vous avez sûrement vu débarquer l'AI Assistant d'Automattic sans rien demander à personne. Un bouton IA qui se pointe dans l'éditeur, des suggestions générées un peu partout, un machin pour générer des vidéos à partir d'articles et le tout activé d'office, même sur les comptes gratuits.
Le pire, c'est que ça reste à moitié verrouillé derrière un abonnement payant qu'on vous colle sous le nez, avec seulement 20 malheureuses requêtes gratuites avant de devoir sortir la carte bleue. Donc autant dire qu'on peut rien tester que c'est déjà plié. Du coup, ça encombre l'interface pour rien comme ici :
Et pour le virer proprement depuis les réglages... bah y'a pas, forcement.
Vous pouvez toujours aller bidouiller dans les modules Jetpack un par un, l'assistant IA, lui, reste accroché comme une moule à son rocher. Croyez-moi, j'ai tout exploré et la seule vraie solution tient en une seule ligne. Vous l'ajoutez via un plugin comme Code Snippets, ou directement dans un fichier mu-plugins ou functions.php de votre thème si vous êtes à l'aise avec le code :
add_filter( 'jetpack_ai_enabled', '__return_false' );
Et hop, toutes les fonctionnalités IA de Jetpack dégagent d'un coup, y compris la fameuse bulle de chat dans l'éditeur. C'est le hook officiel, documenté chez Jetpack depuis la version 11.8, donc rien de bricolé là-dedans. C'est juste que vous coupez le robinet à conneries à la source.
Maintenant, si toucher au PHP vous file de l'urticaire, sachez qu'il existe aussi un petit plugin baptisé Turn Off AI Features qui fait exactement le même boulot avec un simple interrupteur. C'est un peu la même chose que quand on débranche l'IA imposée de Windows 11 , afin de reprendre la main sur sa propre machine.
Quand on voit que Firefox a réussi à mettre un seul bouton pour tout couper, on se dit qu'Automattic pourrait faire un effort.

Matt Mullenweg vient de publier un billet anniversaire des 23 ans de WordPress, et ce qui devait ressembler à une célébration tient plus de l'appel au secours. Et j'avoue qu'à lecture, ça m'a mis un petit coup au moral... Parce que oui, le créateur de WordPress est épuisé à cause de 19 mois de guerre juridique...
Côté chiffres pourtant, le post commence très bien. WordPress 7 est sorti la semaine dernière, et en sept jours, 46% des installations sont déjà passées en 7.0 sans aucune casse. Du Raspberry Pi au site de la Maison Blanche, en passant par Korben.info, pas un wp-config.php à éditer à la main, pas un cron à relancer, pas un fichier .htaccess à toucher, TOUT A FONCTIONNÉ !!
Et surtout, aucune attaque supply chain ni faille de sécurité, en tout cas pour le moment. Matt insiste là-dessus et il a raison d'en être fier ! Mais c'est pas vraiment ce qu'on retient de son article...
En effet, ce qu'il explique c'est que la sortie de WordPress 7 n'a pas été ce qu'il espérait parce que trop de temps a été perdu à cause des attaques de WP Engine. Il a, je cite, "des collègues EN TRAIN DE MOURIR" (les majuscules sont dans le texte) qu'il ne peut pas aller voir parce qu'il est noyé sous les procédures. Son meilleur ami attend une greffe de cœur sur un lit d'hôpital pendant que les avocats de Quinn Emanuel l'interrogent sur tout un tas de conneries sans intérêt...
Mais avant, petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi... depuis septembre 2024, Matt est en guerre ouverte avec WP Engine, un gros hébergeur WordPress propriété de Silver Lake. J'en parlais déjà à l'époque dans WP Engine vs WordPress, la guerre est déclarée . Et en 19 mois, ça n'a pas refroidi du tout... ça s'est même carrément "judiciarisé" à mort.
Silver Lake pèse plus de 100 milliards de dollars (et vient au passage de récupérer TikTok aux États-Unis), et ils ont lâché Quinn Emanuel sur l'affaire. Matt emploie le terme de "shoggoth paperclip-maximizer" pour le qualifier... En gros, ça veut dire que c'est un gars sans émotion qui exécute les ordres de manière littérale jusqu'à l'absurde.
Bref, il s'attaque à Automattic, à lui personnellement, et essaie maintenant carrément de dissoudre la Fondation WordPress qui je le rappelle est à but non lucratif sans aucun employé, et qui finance entre autres les WordCamps et l'éducation open source à travers le monde. C'est le truc qui fait tourner la communauté...
Et de ce qu'on comprend dans ce récit de Matt Mullenweg, c'est que WP Engine essaie de faire passer Matt pour quelqu'un qui détruit des preuves, parce que wordpress.org fait de la rotation de logs (chose que fait absolument tout serveur sur Terre depuis l'invention de syslog en 1980) et parce qu'il utilise les messages éphémères sur Signal avec ses partenaires amoureuses.
Bref, je comprends que le gars soit fatigué par tout ce merdier et cette mauvaise foi. Et puis vient le passage qui fait vraiment mal quand Matt s'adresse directement à Silver Lake : "Vous avez déjà tout dépecé. Si vous vouliez me faire souffrir pour mes péchés, j'ai souffert, et probablement plus profondément que vous ne le saurez jamais. WordPress et WordPress.org, et oui, même mon leadership imparfait, sont au cœur de ce qui a fait le succès de WP Engine jusqu'ici. Vous avez tellement d'argent et de pouvoir, vous venez d'avoir TikTok, l'administration Trump vous adore, vous n'avez pas besoin de contrôler WordPress aussi. Si vous gagnez, vous le détruisez, et après ?"
Puis il termine sur ces mots : "I submit. Let's move on".
Le mec capitule sur le blog officiel... Je dois avouer que j'avais jamais vu ça.
C'est un humain qui craque mais c'est également une fondation à but non lucratif qui risque de disparaître...
Bref, c'est triste pour Matt et clairement pour tout l'écosystème open source derrière. Force à lui et à WordPress !

Si comme moi, vous bloguez encore à l'ancienne, c'est à dire depuis l'interface web de WordPress.com, sachez qu'Automattic vient de balancer une app pour Mac qui s'est donné pour mission de vraiment bousculer votre façon d'écrire.
WordPress Workspace est donc un éditeur de site, un agent IA, un outil de prise de note... Bref, un outil fourre-tout qui est en réalité un agent IA branché sur votre contenu et capable aussi d'uploader des médias vers la médiathèque de votre site. Ça se présente donc comme un chat auquel on peut demander tout et n'importe quoi, du style "Voici mon article [TEXTE]. Publie le" ou encore "J'ai la flemme, écris moi un article sur ça : [SUJET]".
Vous pouvez aussi l'utiliser pour interroger votre site web, corriger des trucs, mettre à jour des articles...etc.
Le DMG se télécharge en direct depuis le GitHub d'Automattic , et c'est entièrement gratuit avec n'importe quel plan WordPress.com durant la bêta. Et ça fonctionne aussi avec les sites auto-hébergés comme le mien, pour peu que vous l'ayez lié avec Jetpack.
Ce qui est cool avec cet outil c'est surtout que c'est un agent qui connaît déjà votre site WordPress, son contenu, ses médias, ses guidelines et les permissions liées à votre compte. Donc ça va vite...
Au menu des fonctionnalités, vous aurez de la dictée vocale qui s'alignera sur le ton du site, l'envoi de captures d'écran que vous balancez directement dans l'outil, et un raccourci clavier global qui invoque l'agent depuis n'importe quelle app Mac où vous écrivez, même hors WordPress.
Côté multi-sites, vous pouvez aussi naviguer entre plusieurs sites, où chacun devient son propre workspace avec ses propres réglages et ses propres "guidelines" comme on dit, déjà mémorisées.
Sur la roadmap, Automattic prépare une fonctionnalité Guidelines dans le cœur de WordPress, plus des Memories (apprentissage continu de l'agent), des Skills (capacités partageables en équipe) et des Artifacts (stockage de contenu en cours). L'objectif est donc plutôt clair : Ils veulent transformer WordPress en couche de contexte permanente pour les outils IA, et plus simplement en CMS où on dépose des articles.
Donc à tester si vous publiez régulièrement sur WordPress.

Une attaque par la chaîne d'approvisionnement a frappé WordPress début avril. Un individu a racheté une trentaine de plugins via la marketplace Flippa, y a injecté du code malveillant et a attendu huit mois avant de l'activer. WordPress a fermé les 31 plugins concernés le 7 avril, mais la mise à jour officielle ne suffit pas à nettoyer les sites touchés.
L'attaque est redoutable par sa simplicité. Un individu, identifié sous le prénom "Kris", a racheté pour plusieurs centaines de milliers d'euros un catalogue d'une trentaine de plugins WordPress sur Flippa, une marketplace de vente de sites et d'extensions. Ces plugins appartenaient à la société Essential Plugin / WP Online Support. Ils étaient actifs, mis à jour, et installés sur des milliers de sites.
En achetant le catalogue, l'acheteur a récupéré l'accès au dépôt officiel WordPress.org et a pu pousser des mises à jour directement aux utilisateurs. Le code malveillant a été injecté dès août 2025, mais il est resté dormant pendant huit mois. L'activation a eu lieu les 5 et 6 avril 2026.
Côté technique, l'attaque est assez vicieuse. Le module injecté (wpos-analytics) utilise une désérialisation PHP pour communiquer avec un serveur de commande. Et là, le point intéressant : au lieu d'utiliser un domaine classique pour piloter la backdoor, le malware résout l'adresse de son serveur C2 via un smart contract Ethereum, en interrogeant des points d'accès RPC publics. Résultat, couper un nom de domaine ne sert à rien. L'attaquant peut mettre à jour le smart contract à tout moment pour pointer vers un nouveau serveur.
Le payload injecte du code dans le fichier wp-config.php (environ 6 Ko) et crée un fichier wp-comments-posts.php, un nom assez proche des fichiers légitimes pour passer inaperçu. Le tout sert à afficher du spam SEO (liens, redirections, fausses pages) uniquement à Googlebot, ce qui rend l'attaque invisible pour le propriétaire du site.
WordPress.org a fermé les 31 plugins touchés le 7 avril et a poussé une mise à jour forcée le lendemain. Sauf que cette mise à jour ne nettoie pas le fichier wp-config.php, qui est le vrai point de persistance de la backdoor. Si vous avez l'un de ces plugins installé (Countdown Timer Ultimate, Popup Anything on Click, Post Grid and Filter Ultimate, WP Slick Slider, Album and Image Gallery Plus Lightbox, Responsive WP FAQ, entre autres), il faut aller vérifier votre wp-config.php manuellement et chercher un bloc de code d'environ 6 Ko qui n'a rien à y faire. Le fichier wp-comments-posts.php à la racine du site doit aussi être supprimé s'il est présent.
La vraie leçon ici, c'est que la confiance dans un plugin WordPress repose sur son historique, et qu'un changement de propriétaire peut tout remettre en question du jour au lendemain. WordPress.org ne vérifie pas les changements de mains sur les comptes développeurs, et n'a aucun mécanisme d'alerte quand un catalogue entier passe à un nouvel acheteur. Tant que ce trou existe, ce genre d'attaque peut se reproduire. Et le fait que la mise à jour officielle ne nettoie même pas les sites infectés, c'est quand même un problème.
Source : The Next Web

Cloudflare qui sort un successeur open source à WordPress le 1er avril, je vous avoue que ça sentait le poisson d'avril à plein nez. Sauf que non !! EmDash est bien réel, son code est sur GitHub sous licence MIT, et ça s'installe en une commande toute simple !
L'idée de base pour Cloudflare, c'est de dire que WordPress a plus de 20 ans et bien qu'il alimente 40% du web, son architecture de plugins est un emmental (Le gruyère n'a pas de trou les amis ^^). En effet, 96% des failles de sécurité viennent des extensions et pas du noyau PHP ni des thèmes et en 2025, on a quand même explosé le record de failles dans l'écosystème WP.
Du coup Cloudflare, grand prince (Matthew ^^ Ok, je sors...) a tout repris de zéro en TypeScript et avec l'aide de nombreux agents IA. Et de ce que j'ai compris, le gros morceau de ce projet, visiblement, c'est l'isolation des plugins.
Car sur WordPress, une extension a accès à toute la base de données et au système de fichiers (d'où
l'importance de bien les choisir
). Alors que sur EmDash, chaque plugin tourne dans son propre isolat avec un modèle de capacités déclaratives. En gros, le plugin annonce dans un fichier manifeste JSON ce dont il a besoin, genre read:content ou email:send, et il ne peut rien faire d'autre. S'il veut accéder au réseau, il doit même préciser le hostname exact. Comme ça fini les extensions qui aspirent vos données en douce. Par contre, ça veut aussi dire que vos plugins WordPress actuels ne marcheront pas tels quels...
Côté stack, c'est comme je disais du TypeScript de bout en bout avec Astro 6.0 en frontend (pour les thèmes) et Node.js derrière. L'auth passe également par des passkeys par défaut (enfin, plus de mots de passe !) et y'a même un système de paiement natif via le standard ouvert x402 pour monétiser du contenu.
Et le truc qui va vous rassurer si vous êtes allergique au cloud : c'est auto-hébergeable. En fait, le CMS peut tourner sur Cloudflare Workers, mais aussi sur n'importe quel serveur Node.js avec SQLite. Les abstractions sont portables, avec Kysely pour le SQL et l'API S3 pour le stockage. Du coup vous pouvez brancher PostgreSQL, Turso, AWS S3, ou tout bêtement des fichiers en local. Le bonheur !
Le truc cool pour les bidouilleurs, c'est que chaque instance expose un serveur MCP (Model Context Protocol) et une CLI pour piloter le CMS par script. Y'a aussi des Agent Skills pour que les agents IA puissent créer du contenu, gérer les médias et modifier le schéma sans toucher au dashboard. C'est clairement pensé pour l'ère des agents IA.
Et pour ceux qui veulent migrer depuis leur WordPress, c'est prévu pour vous faciliter la tâche puisqu'il y a le support d'export WXR classique ou via un plugin dédié qui crée un endpoint sécurisé protégé par mot de passe. Que ce soient les médias, les custom post types...etc tout est transférable en quelques minutes. Par contre, attention les shortcodes et les blocs Gutenberg custom ne passeront pas tels quel, faudra faire des ajustements.
Car oui c'est une v0.1.0 preview, donc on peut le dire, une bonne grosse beta qui bave mais je trouve ça super cool car le drama WP Engine vs WordPress a montré que l'écosystème était fragile, et c'est bien de réintroduire un peu de diversité. Par contre, remplacer un CMS qui fait tourner 40% du web, c'est hyper ambitieux et ça se fera pas en un trimestre. Car la vraie force de WordPress, c'est sa communauté, ses milliers de plugins et de thèmes, et ça pour le moment, y'a pas grand chose sur EmDash.
M'enfin, si vous voulez tester c'est npm create emdash@latest et c'est parti mon kiki. Ah et y'a aussi un playground sur
emdashcms.com
pour vous faire une idée sans rien installer. Pour ma part, je testerai ça dès que j'aurais 5 min, mais pour le moment, je ne me vois pas quitter WordPress car EmDash n'a pas (encore) ce petit truc en plus qui me ferait changer... On verra d'ici quelques temps.
