Marco Odermatt pourrait renoncer à certains géants, Mikaela Shiffrin délaisse (un peu) le slalom, Marco Schwarz l’abandonne… Alors que débute la saison de Coupe du monde, plusieurs stars répondent à l’exigence du calendrier en envisageant certaines absences
«Less is more»: c’est le mantra qui semble s’être imposé chez les athlètes de ski alpin, alors qu’une nouvelle saison de Coupe du monde débute ce week-end à Sölden (Autriche) avec les traditionnels slaloms géants féminin (samedi) et masculin (dimanche). Ils sont en tout cas nombreux, ces dernières semaines, à avoir annoncé des programmes resserrés autour de leurs disciplines fortes, ou amputés de certaines étapes, et à tempérer les ambitions exploratoires qui avaient pu les animer jusque-là.
Il existe une exception notable en la personne d’Emma Aicher. L’Allemande de 22 ans, qui a menacé Mikaela Shiffrin jusqu’à la dernière compétition de l’hiver dernier dans la course au grand globe de cristal, peut gagner dans les quatre épreuves classiques du ski alpin, du slalom à la descente, et elle n’envisage pas de s’en priver: «On apprend toujours quelque chose en alternant constamment les disciplines plutôt qu’en se focalisant sur une ou deux, déclarait-elle récemment sur Laola TV. J’ai besoin de cette variété.»
Voir plusSamedi matin le feu continuait de ravager la résidence Kehlsteinhaus, construite par le Führer pour impressionner les diplomates étrangers, au-dessus de Berchtesgaden. La police a placé une personne en garde à vue, mais ignore, pour l’heure, les causes du sinistre
Un suspect a été interpellé à la suite d’un incendie à la résidence Kehlsteinhaus d’Adolf Hitler, également connue sous le nom de Nid d’Aigle, en Bavière, dans le sud de l’Allemagne, a annoncé samedi la police. Près de 200 pompiers ont été mobilisés pour éteindre l’incendie de cette bâtisse, très difficile d’accès, surplombant un éperon rocheux au-dessus de Berchtesgaden. Au petit matin samedi, le feu continuait de ravager le bâtiment, selon une caméra météo. La police bloquait l’accès à la route menant au bâtiment, alors que de la neige tombait au sommet.
«Une personne suspecte a été placée en garde à vue», a indiqué la police qui a précisé que personne n’avait été blessé. Selon les forces de l’ordre, un détecteur de fumée du bâtiment a déclenché l’alarme incendie vendredi vers 21h50 locales. Les pompiers, alertés, ont aperçu des flammes s’élevant haut dans les airs alors qu’ils se rendaient sur place. Une fois arrivés, ils ont «constaté que le bâtiment était entièrement en feu». L’accès au lieu de l’incendie, situé à 1.834 mètres d’altitude, ainsi que les opérations d’extinction se sont avérés difficiles, a indiqué la porte-parole de la police, Lisa Maier. «On ne peut pénétrer dans le bâtiment qu’avec un équipement de protection respiratoire lourd», a-t-elle précisé.
Arrivés sur place, les secours n’ont trouvé personne à l’intérieur du bâtiment. Aucune information n’a encore pu être donnée quant à la cause de l’incendie. «L’enquête de la police judiciaire est en cours», a déclaré Mme Maier. Mais, peu après le début de l’incendie, «une personne suspecte a attiré l’attention des enquêteurs», a néanmoins précisé la police. Celle-ci a été placée en garde à vue. «L’enquête vise actuellement à déterminer si cette personne est impliquée dans l’incendie», a-t-elle ajouté.
Selon le tabloïd allemand «Bild», en se rendant sur les lieux, les forces de l’ordre auraient croisé un motard. Celui-ci aurait ensuite été interpellé, écrit le journal. Construit entre 1937 et 1938 près de Berchtesgaden, le Kehlsteinhaus faisait partie de la «zone interdite du Führer» d’Obersalzberg et devait servir de bâtiment de représentation à Adolf Hitler, qui s’y est très peu rendu. Popularisé dans de nombreux films américains d’après-guerre, le bâtiment offre une vue exceptionnelle sur un pittoresque paysage de montagnes qui tranche avec l’horreur du IIIe Reich, dont les politiques antisémites, racistes et expansionnistes ont provoqué la mort de millions de personnes et conduit à la Shoah. Construit de pierres et de granit, il était destiné à impressionner les diplomates étrangers. Le bâtiment a traversé la Seconde Guerre mondiale sans subir de dommages. Depuis 1952, il est utilisé comme restaurant et une exposition retrace l’histoire de la maison.
La percée historique de l’extrême droite dans l’ancienne RDA donne à penser que la réunification n’a pas porté ses fruits. La réalité est plus complexe, avec de grands contrastes au sein même de ces régions. Dans le Brandebourg, alors que la ville de Cottbus est en plein essor, celle d’Eisenhüttenstadt est en proie au doute. Reportage
«Nous avons réussi! Nous sommes tellement fiers d’avoir atteint les 300 mètres!» En ce matin d’octobre ensoleillé, Jochen Grossmann peut être satisfait. Le fondateur et président du bureau d’ingénierie Gicon, spécialisé dans les technologies durables, inaugure la plus haute éolienne au monde: 300 mètres de hauteur, et même 365 mètres si l’on prend en compte celle des pales. C’est 5 mètres de moins que la tour de la télévision à Berlin et 150 mètres de plus que les éoliennes installées à côté, au milieu des pins, dans cette commune de Schipkau, dans la région du Brandebourg.
«C’est l’aboutissement de dix années de recherche et cela prouve que le «made in Germany» reste en pointe», s’enthousiasme le dirigeant, casque jaune sur la tête. «Les Chinois essaient depuis des années d’atteindre cette hauteur. Nous y sommes arrivés», rappelle cet ingénieur, dont l’entreprise est forte de 700 salariés. Installée dans la Saxe voisine, à Dresde, dans la fameuse «Silicon Saxony», pôle d’excellence et premier site européen consacré à la microélectronique, Gicon affiche une croissance de «10 à 15% par an» de son chiffre d’affaires et du nombre de ses salariés.
Voir plusGrâce à ses températures douces, l’automne est la saison idéale pour les escapades citadines, qu’il s’agisse d’une courte escapade ou d’un circuit plus long de ville en ville
Les villes suisses sont particulièrement charmantes en automne. C’est notamment le cas de Montreux, élégante, comme de Winterthour, riche en découvertes culturelles. Qu’il s’agisse d’une escapade d’une journée ou d’un week-end complet, les villes suisses séduisent par leurs centres historiques pleins de charme, une multitude d’attractions culturelles et des trésors culinaires qui allient spécialités internationales et régionales. À cela s’ajoute une sélection d’hôtels chaleureux adaptés à tous les budgets et à tous les goûts.
Et parlons des ponts: si ces ouvrages extraordinaires vous fascinent, un détour par Fribourg s’impose. Véritable musée en plein air, cette ville au bord de la Sarine attire les visiteurs avec sa vieille ville médiévale, ses cafés intimistes et son funiculaire au charme d’antan; et grâce à sa topographie unique, Fribourg est la destination idéale pour une visite consacrée aux ponts. Ne manquez pas «Espace», le magnifique hommage rendu au légendaire couple d’artistes Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.
Zoug offre un tableau tout à fait différent, où le passé se mêle à l’avenir. D’un côté, la vieille ville aux ruelles sinueuses avec ses tours de la Poudrière, de l’Horloge et de Bouton, ainsi que la plus ancienne maison d’orfèvre de Suisse; de l’autre, l’ambiance cosmopolite de la Crypto Valley, dont le cœur battant se trouve à Zoug. Et les plaisirs de la table sont eux aussi du voyage: à La Colombe, par exemple, le chef a notamment cuisiné pour l’équipe nationale italienne de football
Découvrir la Suisse à travers ses villes, c’est s’embarquer pour un véritable voyage dans le temps et ce, en toute simplicité, car les distances sont courtes et les liaisons excellentes. À peine plus de deux heures de train séparent la promenade du lac de Neuchâtel du Munot, emblème de Schaffhouse. Le trajet lui-même devient ainsi un premier temps fort. Puis viennent l’accueil chaleureux des habitants, la place du marché animée et l’hôtel de caractère niché dans la vieille ville, empreint d’un charme typiquement suisse. S’y ajoutent les sites historiques, les musées et les événements, sans oublier un petit verre de vin pour trinquer, issu des raisins cultivés dans le vignoble que l’on aperçoit à l’horizon.
On ne peut guère faire plus «suisse» que cela.
Les hôtels et hébergements «Typically Swiss» conjuguent architecture régionale, charme historique et hospitalité suisse, des auberges de campagne chargées d’histoire aux majestueuses demeures urbaines. Le Tailormade Hotel Rüden, situé dans la vieille ville de Schaffhouse, en est un excellent exemple. Cet établissement familial empreint du charme d’antan constitue le point de départ idéal pour une flânerie à travers la ville.
La Suisse: Une sélection exceptionnelle d’hôtels, aussi singuliers que le pays lui-même.
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La plus ancienne ville de Suisse déploie plusieurs millénaires d’histoire sur fond de charme alpin. Avec ses ruelles étroites, son palais épiscopal et sa cathédrale, la vieille ville invite à la flânerie et à la découverte. Ne manquez pas, par exemple, l’exposition consacrée à Alberto Giacometti au Musée d’art des Grisons ni l’univers résolument futuriste du Giger Bar.
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Considérer Olten comme un simple nœud ferroviaire, c’est passer à côté des trésors qu’elle a à offrir. Cette petite ville au bord de l’Aar séduit par son centre historique et sa douceur de vivre aux airs de Riviera. À découvrir également: la Tour des sorcières et le Sentier des écrivains suisses. Ne manquez pas «Kalte Lust», dont Plusieurs fois élues meilleures glaces de Suisse.
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L’eau et les montagnes, les montagnes et l’eau. Et au milieu, Thoune, sans aucun doute l’une des plus belles villes du pays. Et quelle atmosphère particulière! Dominant la ville, le château de Thoune, auréolé de mystère, offre une vue imprenable sur la charmante vieille ville. Ne manquez pas le cadre idyllique du parc de Schadau, aménagé dans le style d’un jardin anglais.
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Neuchâtel, la ville de pierre jaune, séduit par l’élégance de sa vieille ville, son château, sa collégiale et ce mélange de savoir-vivre, de culture et d’histoire. À ne pas manquer: une flânerie dans le dédale des ruelles de la vieille ville, puis à travers le parc des Jeunes-Rives jusqu’à la promenade du lac. Avant de revenir sur ses pas.
Grandeur et convivialité. Avec ses places intimistes et ses arcades, la vieille ville respire l’art de vivre méditerranéen. En arrière-plan, la majesté imposante de Castelgrande, Montebello et Sasso Corbaro, les trois châteaux classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ne manquez pas les «baci», de délicieux gâteaux aux châtaignes.
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Ses détracteurs l’ont (trop) vite qualifiée d'«industry plant», terme désignant des stars soi-disant fabriquées de toutes pièces par l’industrie. Depuis, la Franco-coréenne a sorti un album et leur a donné tort. Confirmation le 4 novembre à l’Alhambra de Genève
C’est l’histoire d’une plante qui a poussé vite. Qui a eu de l’eau et surtout, beaucoup de lumière, pour faire sa photosynthèse. Miki, 27 ans, est l’une des nouvelles voix de la pop francophone qu’on a vue, ces derniers mois, s’épanouir dans les salles, sur les scènes des festivals (dont Festi’Neuch et Paléo) et dans les médias, qui l’ont scrutée ou encensée. Le genre de spécimens à la croissance fulgurante, encore validée par deux nominations aux Victoires de la Musique.
Justement: les critiques se sont empressés d’étiqueter la Franco-coréenne d'«industry plant». Une expression qui désigne ces chanteurs et surtout, chanteuses, soi-disant façonnés de toutes pièces par l’industrie. Imaginez une table de producteurs, les yeux luisants de convoitise, complotant pour fabriquer la prochaine star comme des biochimistes fous.
Voir plusComment parle-t-on du cancer et quel impact les mots ont-ils sur les patients? La chercheuse et autrice décortique ces récits et mythes collectifs après avoir elle-même traversé un cancer du sein. Elle appelle à prendre conscience de la puissance du langage, qui imprègne les corps et oriente les politiques publiques
Du sac de Joanne Chassot, installée dans un café de Vevey, s’échappe un livre. En grosses lettres, le titre signé Robert N. Proctor en 1995 est implacable: Cancer Wars. How Politics Shapes What We Know and Don’t Know about Cancer [«La guerre contre le cancer. Comment la politique façonne ce que nous savons et ignorons du cancer». Traduction libre]. On y devine la présence des sujets qui occupent et animent la chercheuse et autrice vaudoise: la maladie, les récits collectifs, l’intime indissociable du politique.
Touchée par un cancer du sein alors qu’elle avait 38 ans, elle a vu de près comment les mots façonnent nos représentations et nos actions, y compris quand il s’agit de notre propre santé. Formée en littérature anglophone et en études genre, Joanne Chassot s’attelle désormais à déplier les récits et mythes qui entourent la maladie pour mieux en cerner la portée sociétale – et les failles. Elle s’appuie tant sur les recherches scientifiques que sur l’analyse de textes littéraires et donne des conférences, notamment en milieu hospitalier.
Voir plusLes Brésiliens sont appelés à choisir leur prochain président dans un pays très polarisé. Luiz Inácio Lula da Silva ou Flavio Bolsonaro? Tout les oppose sur l’insécurité, l’économie, l’environnement et même l’avenir de la démocratie
Quand on lui demande ce qu’elle pense du 3e mandat (pas d’affilée) de Lula qui s’achève, Renata Lima, les cheveux retenus par un foulard coloré, soupire. «Si, aujourd’hui, mes trois enfants vont à l’école et si je peux les nourrir tous les jours, c’est grâce aux programmes que Lula a mis en place depuis des années comme la «Bourse Famille» ou le «Gaz du Peuple», explique cette mère célibataire de 36 ans, occupée à faire les ongles d’une voisine, devant le seuil de sa maison aux briques apparentes, dans la favela de Cajazeiras, à Salvador de Bahia, au nord-est du pays.
«Mais la vie reste difficile pour les personnes pauvres comme moi, enchaîne-t-elle. Bien sûr, pas comme lorsque j’étais enfant, où il m’arrivait régulièrement, avec mes frères et sœurs, d’aller dormir sans manger.» Aujourd’hui, Renata et les siens font trois repas par jour. Et ce, même si «le prix des aliments a beaucoup augmenté ces deux dernières années». Le pire, pour elle, reste quand même la violence et l’insécurité. «Il y a toujours eu des petits trafiquants de drogue. Mais là, ce sont des gangs armés qui se tirent dessus tous les soirs ou presque. On est obligés de se barricader dans nos maisons dès 20h. C’est pour ça que, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas voté pour Lula.»
Voir plusL’administration Trump a introduit un recours préventif en cas de victoire démocrate lors des élections sénatoriales en Alaska. Elle invoque le risque d’une «confusion» due à la présence de deux Dan Sullivan dans la course
L’administration Trump a introduit un recours préventif en cas de victoire démocrate au siège sénatorial en jeu en Alaska (nord-est), invoquant le risque de «confusion» due à l’homonymie entre le sénateur sortant et un autre candidat, qui s’appelle également Dan Sullivan.
Le Parti républicain a tenté en vain d’éliminer de la course le dénommé Dan J. Sullivan, arguant qu’il s’était présenté pour semer la confusion avec le sénateur sortant soutenu par le président Donald Trump, Dan S. Sullivan, devancé de peu dans les sondages par la candidate démocrate, Mary Peltola.
Mais la Cour suprême de l’Alaska a statué en juin que Dan J. Sullivan pouvait rester en lice. Particularité de l’Etat, les électeurs peuvent y classer les candidats par ordre de préférence sur leur bulletin de vote.
Dans un recours déposé jeudi, le ministère de la Justice a demandé à un tribunal fédéral d’Alaska d’interdire aux autorités de l’Etat de «certifier tout résultat qui puisse être affecté par la confusion des électeurs».
Selon le gouvernement, le résultat serait ainsi entaché si le sénateur Sullivan est battu et qu’il apparaît, au vu des suffrages recueillis par son homonyme et en fonction du système de vote par ordre de préférence en vigueur en Alaska, que sans cette candidature, le sortant «aurait remporté l’élection».
Il exige donc que la justice ordonne aux autorités de l’Etat, en cas de victoire démocrate, de vérifier dans quelle mesure la candidature de Dan J. Sullivan a fait perdre des voix au sénateur sortant.
La Constitution américaine confie au Congrès et aux Etats l’organisation des élections, y compris fédérales.
Donald Trump a remporté l’Alaska avec 13 points d’avance en 2024, mais le contexte actuel d’impopularité des républicains donne une chance sérieuse à Mary Peltola, ancienne juge tribale amérindienne de remporter ce siège.
L’Alaska, territoire gigantesque, compte 740 000 habitants.
Fermeture des bureaux de vote en Suisse romande et au Tessin, refus inexpliqués de pouvoir participer aux élections de dimanche: un collectif informel de citoyens serbes met en avant des anomalies
Des Serbes de Suisse sont en colère. A l’approche des élections législatives anticipées de dimanche, que chacun pressent cruciales, certains ont été écartés du scrutin, sans explication. D’autres s’organisent pour être à même de voter malgré ce qu’ils perçoivent comme un parcours d’obstacles destiné à entraver leur participation.
Président de la Serbie depuis 2017, Aleksandar Vučić arrivait au terme de son second mandat, après lequel la Constitution lui interdit d’en briguer un troisième. Qu’à cela ne tienne: en décidant de mener la liste de sa formation de droite populiste, le Parti progressiste serbe (SNS), il caresse l’espoir de redevenir premier ministre, un poste qu’il avait déjà occupé précédemment, entre 2014 et 2017.
Voir plusAnalyse. Trois ans après le scandale Xplain, le piratage de Publica et d’autres vols récents de données révèlent des faiblesses persistantes. Entre conservation excessive des informations, contrôles défaillants et sanctions limitées, la Suisse peine à tirer les conséquences de ces cyberattaques
La Suisse n’est pas un pays de scandales. Surtout quand cela concerne le secteur public, comme on l’a encore récemment vu avec l’affaire du prix des F-35. Il y a un peu d’émoi, des critiques, mais on passe rapidement à autre chose. Sans prendre le temps de tirer des leçons, et encore moins d’avoir un débat public.
C’est exactement ce qui se passe ces jours dans un autre domaine, la cybersécurité. On ne parle pas ici des failles PHP qui font trembler tous les éditeurs de sites web sur la planète, mais d’un vol massif de données en Suisse. Si vous avez manqué le début de l’affaire, voici un petit résumé. Début octobre, la société PK Softech AG, spécialisée dans les logiciels de gestion des caisses de pension, se fait pirater et voler des données. Parmi ses clients, il y a la Caisse fédérale de pensions Publica et de nombreux autres établissements de ce type.
Voir plusHuit élus UDC briguent le siège de Guy Parmelin. Expérience gouvernementale, canton d’origine, image au parlement: chacun part avec ses atouts et ses handicaps. L’UDC romande redoute que Céline Amaudruz soit éliminée avant même le vote à l’Assemblée fédérale le 9 décembre prochain
Huit noms, un siège et trois filtres. Avant le 9 décembre, chaque prétendant UDC devra convaincre la commission de sélection, puis le groupe parlementaire le 20 novembre, enfin l’Assemblée fédérale début décembre. Le président du parti, Marcel Dettling, n’exclut pas que certains renoncent en route, une fois confrontés aux exigences sur l’asile, la neutralité ou l’Europe, les trois thèmes choisis par l’UDC pour sélectionner les candidats.
Le premier filtre est interne. L’UDC veut des candidats capables de diriger les départements de Justice et Police (DFJP) et de la Défense (DDPS), ces «départements à problèmes». «Nous avons des gens qui viennent de l’exécutif, et d’autres avec une formation juridique ou une longue expérience politique, ce qui est important si nous obtenons le DFJP», relève Marcel Dettling. Trois candidats gouvernent un canton: Pierre Alain Schnegg, ministre bernois de la Santé depuis 2016, l’Argovien Jean-Pierre Gallati et le Valaisan Franz Ruppen. Le premier vient d’un canton déjà représenté, le deuxième traîne des frictions avec une partie de sa base, nées de la gestion du covid.
Voir plusTandis que les politiciens israéliens continuent de vanter le refuge que représenterait l’Etat hébreu pour les juifs, le pays affiche un solde migratoire négatif depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Un phénomène sans précédent qui inquiète
La famille de Yifat Rosemarin, 56 ans, habite Israël depuis trois générations. «Les parents de ma mère sont venus d’Alep, en Syrie, sous le mandat britannique dans les années 1930, et ceux de mon père sont des immigrés juifs d’Allemagne et de Pologne», explique cette mère de famille dans sa cuisine d’une ville en banlieue de Tel-Aviv. Sa fille Yaël, une jeune fille souriante de 19 ans, écoute avec attention.
Un rapport interne de la Confédération revoit à la baisse les ambitions de la Suisse en matière d’hydroélectricité hivernale. Sur les 16 projets de barrages et d’extensions, le gain attendu passe de 2031 à 1248 GWh
Les barrages étaient censés jouer un rôle clé dans la sécurité énergétique de la Suisse. Pourtant, les 16 projets hydroélectriques d’intérêt national pourraient produire nettement moins d’électricité en hiver que prévu, rapportent, ce vendredi 23 octobre, les journaux du groupe de médias alémanique CH Media.
Approuvés dans le cadre de la loi sur l’approvisionnement en électricité, acceptée par le peuple en juin 2024, ces projets visaient à renforcer l’approvisionnement durant la saison froide d’ici à 2040. L’objectif était ambitieux, avec 2031 gigawattheures (GWh) supplémentaires attendus en hiver.
Voir plusÉDITORIAL. Mais que fait l’UDC? Le premier parti du pays semble totalement dépassé et n’avoir pas préparé la succession du Vaudois au Conseil fédéral, alors que sa démission n’était pas une surprise. Plusieurs candidatures sont incompréhensibles et les chances de Céline Amaudruz ne cessent de diminuer
L’UDC est devenue le premier parti du pays grâce à un sens de la stratégie rarement égalé. Mais depuis l’annonce de la démission de son conseiller fédéral Guy Parmelin, elle fait preuve d’un total amateurisme. Quelques heures après le retrait du Vaudois, trois femmes se détachaient comme grandes favorites: Esther Friedli, Natalie Rickli et Céline Amaudruz. Les dirigeants du parti, peu sensibles aux questions d’égalité, n’ont pas réussi à convaincre les deux Alémaniques de se lancer dans la course. Désormais, la Genevoise est la seule femme candidate et, sortie trop tôt du bois, elle a été victime d’une campagne indigne de plusieurs membres influents du parti. L’ancien conseiller national et rédacteur en chef de la Weltwoche Roger Köppel l’a carrément décrite comme «un poids plume absolu». Des propos méprisants pour celle qui est conseillère nationale depuis 2011, a été élue vice-présidente en 2016 et siège dans les deux commissions les plus prestigieuses du parlement: celles de l’économie et la santé. Finalement n’a-t-elle été qu’un alibi aux yeux de Zurich?
Dans un premier temps, tous les Romands étaient derrière sa candidature, mais le Jurassien bernois Pierre Alain Schnegg a rompu cette union sacrée. Sollicité par des Alémaniques qui ne veulent pas de Céline Amaudruz, à laquelle ils reprochent notamment son soutien au «Mariage pour tous» ou à l’égalité, le conseiller d’Etat bernois a accepté d’affaiblir encore davantage la Genevoise. Sa candidature est difficilement compréhensible: le citoyen de Champoz, âgé de 63 ans, avait annoncé qu’il quitterait l’exécutif bernois au terme de cette législature. L’UDC compte déjà, avec Albert Rösti, un représentant du canton de Berne. Et à un an des élections fédérales, le Jura bernois n’est pas une région clé dans le développement du parti. Son élection créerait aussi un vrai problème pour la représentativité de la Suisse romande, avec une Jurassienne et un Jurassien bernois et personne de l’Arc lémanique.
Tout aussi incompréhensible, la double candidature haut-valaisanne. Cette petite section n’est même pas parvenue à faire un choix. Michael Graber semble très peu taillé pour la fonction, alors que Franz Ruppen, ancien conseiller national et conseiller d’Etat, l’est davantage. Mais que cela soit clair, en cas d’élection, il ne représentera aucunement la Suisse romande.
Autre candidature peu crédible, celle de Rémy Wyssmann, pourfendeur de l’Etat, qui veut occuper la plus importante fonction du pays. Quant au chef de groupe Thomas Aeschi, il est présenté par l’UDC zougoise, mais lui dit encore hésiter. Vraiment pas sérieux.
L’autre candidature inattendue, hormis Pierre Alain Schnegg, est celle de Marco Chiesa, ancien président du parti et sénateur. Toutefois, il a un sérieux handicap: il est Tessinois comme Ignazio Cassis. Jamais, dans l’histoire suisse, deux Tessinois n’ont siégé au Conseil fédéral. Au final, comme en 2015, l’UDC va-t-elle présenter trois candidats issus des trois régions linguistiques? Désormais, tout est possible.
Après les nombreux pillages survenus lors des manifestations du 17 octobre, le renseignement intérieur est pointé du doigt. Un ancien officier de ce service, qui a connu les Gilets jaunes et les émeutes urbaines, livre son témoignage au «Temps» avant un nouvel «acte» ce samedi
De retour d’une tournée dans les pays du Golfe, Emmanuel Macron a convoqué les agences de renseignement à l’Elysée ce jeudi, accusées d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Parmi l’arborescence de services français, l’un d’eux se retrouve dans l’œil du cyclone: le Renseignement territorial (RT). Par sa présence dans tous les départements, cette unité de police est considérée comme le premier maillon de la chaîne du renseignement face aux risques causés par les mouvements sociaux, l’islamisme radical, l’ultra-droite… Lundi matin, sur France Inter, en reconnaissant un «manque d’anticipation», le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pointé du doigt une sous-évaluation des événements du 17 octobre. Le vendredi 16 octobre, les renseignements prévoyaient une fourchette prudente de 100 000 à 170 000 manifestants en France. Ce sont finalement au moins 550 000 personnes qui ont participé à cette journée dans le pays.
Louis (prénom d’emprunt) a travaillé plus de trente ans dans ce service qui, auparavant, s’appelait les Renseignements généraux. Cet ancien officier, désormais à la retraite, a été en poste en région parisienne et en province. Il livre au Temps son analyse sur cette situation, les critiques et comment ce type de situation se prévient. «Notre mission est d’anticiper le mieux possible les risques lors de ces gros rassemblements, rappelle en préambule Louis. La semaine qui précède la manifestation, les agents du RT entrent de manière officielle en contact avec les organisateurs de l’événement. Avec eux, nous estimons une fourchette de participants à l’échelle d’une ville ou d’une région.»
Voir plusOPINION. Le traumatisme existentiel du 7-Octobre, l’anéantissement à Gaza, l’impunité en Cisjordanie, les attaques contre la CPI – il s’agit pourtant de notre humanité, écrit Erkan Oege, enseignant à Nyon (VD) et auteur de travaux sur la civilisation judéo-islamique, qui appelle à retrouver l’écoute et l’espoir des hassidim
Trois ans après les effroyables massacres terroristes du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas, et la guerre d’anéantissement qui a suivi à Gaza, force est de constater que nous assistons à la fin d’un monde. Tout ce qui faisait la fierté revendiquée de notre conscience collective occidentale a volé en éclats sous nos yeux: un génocide, crime des crimes, s’est déroulé en direct dans un atroce spectacle dont le médecin survivant de l’Holocauste Gabor Maté a pu dire: «C’est comme regarder Auschwitz sur TikTok.»
Il convient de garder à l’esprit l’immense traumatisme provoqué en Israël et bien au-delà par l’ampleur et la barbarie des tueries du 7-Octobre. Ces attaques ont fait proportionnellement plus de victimes que les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et ont brutalement réactivé chez des millions de gens le souvenir de siècles de persécutions antisémites ayant culminé avec le génocide nazi. Impossible donc d’ignorer ce sentiment ancré dans une douleur ancestrale d’une lutte pour la survie devant une menace perçue comme existentielle. Si cette profonde angoisse est dès lors infiniment légitime, l’instrumentalisation éhontée qui en est faite par Benyamin Netanyahou et son gouvernement de suprémacistes messianiques ne l’est pas.
Voir plusL’entreprise d’Elon Musk ambitionne de devenir un opérateur mobile mondial en connectant les smartphones à ses satellites. Mais l’Union européenne veut réserver les fréquences nécessaires à ces connexions à des acteurs européens. Cette semaine, quatre opérateurs se sont positionnés
C’est un caillou dans la chaussure d’Elon Musk. En mai dernier, la Commission européenne a proposé une révision de ses règles sur l’attribution de la bande de fréquences harmonisée de 2 GHz, utilisés pour les services mobiles par satellite, pour privilégier des acteurs européens. Ces fréquences permettent une connexion direct-to-device (D2D, du satellite au smartphone); autrement dit, il n’est pas nécessaire que l’utilisateur ait une antenne de réception comme celles que proposent actuellement Starlink.
La proposition de la Commission européenneprévoit de réserver un tiers de cette bande de fréquence à IRIS², le projet de constellation de satellites qui doit assurer des connexions sécurisées et souveraines aux Etats membres, notamment dans le domaine militaire. Les deux autres tiers seraient destinés à des acteurs commerciaux européens. Un projet qui intervient alors que les autorisations d’exploitation de ces fréquences, attribuées en 2008 aux américains Viasat et EchoStar, arrivent à échéance en mai prochain.
Voir plusLe vote d’une commission du Conseil des Etats sur le PLB, un prêt d’urgence bénéficiant d’une garantie d’Etat, révèle que les divergences entre la Confédération et le secteur financier dépassent la question des fonds propres d’UBS
Trois ans après la disparition de Credit Suisse, les débats autour de la nouvelle réglementation bancaire se sont jusqu’ici concentrés sur les fonds propres d’UBS. Cette disposition, qui cristallise les tensions entre la grande banque et la Confédération, n’est cependant pas la seule mesure en discussion pour améliorer la résilience de la place financière suisse.
La Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats (CER-E) s’est également penchée la semaine dernière sur un autre élément clé du dispositif too big to fail, comprenant les règles appliquées aux banques suisses d’importance systémique: le mécanisme public de garantie des liquidités, appelé le PLB. Et ce lundi, cette commission, mais cette fois-ci au niveau du National, entamera les débats très attendus sur les fonds propres du géant mondial de la fortune.
Voir plusAprès la défaite d’UBS au Conseil des Etats sur la couverture des fonds propres, une nouvelle manche débute au Conseil national. Entre tensions, bataille de chiffres et menace de délocalisation, sa Commission de l’économie se penche sur la «Lex UBS» lundi et mardi
Un nouveau champ de bataille s’ouvre au sein de la Commission de l’économie (CER) du Conseil national: la «Lex UBS» et le bras de fer autour de la couverture des fonds propres des filiales étrangères. Après des semaines de suspense, des heures de débat et des pressions énormes, les sénateurs ont opté en septembre pour une exigence de 90% de couverture des succursales à l’étranger. Une mesure qui vise spécifiquement la banque aux trois clés, seule banque systémique internationale siégeant en Suisse après la disparition de Credit Suisse.
Les braises du débat aux Etats étaient à peine refroidies que la Neue Zürcher Zeitungfaisait état de nouvelles étincelles. Car rien n’est encore complètement joué. Le Conseil national doit traiter à son tour de la couverture des fonds propres durant la session de décembre. Si la ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, a remporté une manche, elle n’a pas encore gagné la partie.
Voir plusQuel rapport entretient le chef du Domaine de Châteauvieux de Satigny avec le monde vinicole? Quel est son cru préféré? Et l’accord parfait mets-vin, quel est-il selon lui? Le restaurateur genevois vous dit tout
Entre la cuisine gastronomique et le sport d’élite, Philippe Chevrier file volontiers la métaphore. Quand il fait ses premiers pas dans un restaurant triplement étoilé du sud de la France après son apprentissage, il se sent comme un jeune pilote de karting se rêvant champion de formule 1. Une journée dans ses cuisines, c’est un match de sport collectif intense, avec une première période le midi et une seconde le soir. Et sa longévité à la tête du Domaine de Châteauvieux (il y est chef depuis plus de quarante ans), il l’explique entre autres grâce à ses capacités de marathonien, lui qui a terminé l’épreuve de New York huit fois, avec cette envie d’aller toujours plus loin et de devenir meilleur chaque jour. Finalement, les sportifs comme les chefs sont portés par la passion. Un amour du métier qui leur permet de transmettre des émotions. Mais assez parlé de sport et de gastronomie, concentrons-nous sur la relation que le chef entretient avec le monde vinicole.
Le Temps: Le vin, pour vous, c’est…
Voir plusL’une des trois grandes confédérations qui s’étaient alliées pour faire tomber le président italo-suisse de la FIFA se range de nouveau derrière lui. Sa réélection, en mars 2027, ne paraît plus aussi compromise qu’il y a quelques semaines
C’était le 10 août dernier. Dans une lettre ouverte, les présidents des confédérations européenne (UEFA), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) de football appelaient Gianni Infantino à renoncer à sa réélection à la tête de la FIFA.
En toile de fond: le projet finalement avorté d’ouverture de la Coupe du monde à des capitaux privés, que le dirigeant italo-suisse avait conduit en cavalier seul avant de l’enterrer sous la pression unanime du monde du football. Pas de quoi rassurer les trois instances, qui dénonçaient une rupture de confiance totale et définitive.
Voir plusReprésentant de la variété française de haut vol, Laurent Voulzy raconte ses influences et ses admirations, juste avant deux concerts lausannois la semaine prochaine, assurément chargés en émotions
Un coup de fil d’été indien, en ce mois d’octobre immaculé, et on comprend vite que ce n’est pas lui qui va rafraîchir l’atmosphère. Laurent Voulzy a la voix aussi chaleureuse dans la vie de tous les jours que sur disque, pour une conversation tantôt légère, tantôt profonde, et toujours pertinente. Voilà un homme qu’on sent foncièrement gentil, et ça tombe bien, car il fait partie de la famille des Français depuis un demi-siècle. C’est avec lui que la francophonie des boomers a bien vieilli, grâce au pouvoir de chansons faussement simples et terriblement émouvantes. En vrac: Le Cœur grenadine, Désir, Désir, Le Soleil donne, et tous les chefs-d’œuvre d’Alain Souchon au siècle dernier.
Des compositions qu’il viendra jouer deux soirs de suite sur la scène de la Salle Métropole à Lausanne le week-end prochain. Laurent Voulzy s’était raconté en début d’année dans son autobiographie (Caché Derrière, Editions Le Cherche Midi), où il avouait avoir volontairement délaissé le devant de la scène en début de carrière. Mais il vient occuper ici le tout premier plan, à évoquer les personnes qui ont fait de lui ce compositeur essentiel de la variété française.
Voir plusUn homme a tiré en rafales depuis sa voiture dans les villes de Trappes et La Verrière, à l’ouest de Paris. Il a tué une personne et en a blessé cinq. Le maire de Trappes a estimé que la fusillade était «objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe»
L’homme qui a tiré en rafale vendredi depuis une voiture dans la banlieue de Paris, soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration, a commis un «attentat à connotation raciste, probablement islamophobe», a accusé le maire de Trappes, Ali Rabeh.
Une personne a été tuée et cinq autres blessées à Trappes et La Verrière dans le département des Yvelines, au sud-ouest de la capitale, selon le ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez, dont une enfant de 12 ans.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est rapidement saisi des faits. Il a annoncé avoir ouvert une enquête pour «assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée».
Le maire de Trappes a estimé que la fusillade était «objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe». «C’est probablement l’un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste», a poursuivi Ali Rabeh (gauche), appelant à la «concorde républicaine».
En déplacement dans cette ville de banlieue populaire, Laurent Nuñez, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un «crime terroriste» et «un acte extrêmement grave», se félicitant de ce que le «périple meurtrier» ait été interrompu.
Le président Emmanuel Macron devait se rendre vendredi en fin d’après-midi à Trappes sur les lieux d'«un attentat terroriste raciste», selon un communiqué de la présidence. Le chef de l’État devait exprimer «sa solidarité à l’ensemble des personnes mobilisées» et s’entretenir «avec le maire, les forces de secours ainsi que des habitants de Trappes», ajoute le communiqué.
Après avoir tiré en rafale depuis une voiture, le suspect a été interpellé à Coignières (Yvelines), selon une source policière, indiquant que les faits s’étaient produits vers 10h30. Selon une autre source policière, le suspect est âgé de 39 ans et est domicilié à Plaisir, à quelques kilomètres des lieux de la fusillade.
Il a été interpellé en possession d’un pistolet-mitrailleur, de grenades de gaz lacrymogène et est inscrit dans le fichier du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial, selon cette source. Il a été placé en garde à vue, a précisé le Pnat.
Nicolas Dainville, maire de La Verrière, a précisé à l’AFP qu’une fille de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle, mais que son état était désormais «stabilisé». Il a ajouté que deux hommes de ménage, «de type africain», avaient été blessés alors qu’ils nettoyaient une école par le suspect, qui serait «sorti de son véhicule pour tirer». «C’est l’effroi, le traumatisme, un cauchemar», a-t-il déclaré à l’AFP.
Selon Ali Rabeh, qui s’exprimait sur la télévision BFMTV, parmi les victimes, «la personne décédée est d’origine africaine et la personne en urgence absolue est d’origine maghrébine».
Sur X, le président Macron a affirmé que «la Nation» se tenait «aux côtés» des victimes et des habitants des villes concernées par cette «terrible épreuve». Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a lui qualifié les faits de «très graves».
Samy, un habitant de Trappes, a vu un corps allongé au sol depuis sa fenêtre. Sa mère, a-t-il témoigné auprès de l’AFP, était dans la rue et a vu une voiture Renault Clio grise «passer à toute allure» et a entendu «des détonations».
«Clairement, là, j’ai le cœur brisé et ce qui m’anime, c’est la peur», a témoigné un autre résident, Adel, 50 ans, qui n’a pas non plus donné son nom. «Tout simplement parce que le profil des victimes, de ce qu’on en sait […] ce sont des profils de personnes qui sont racisées. Et moi-même, je suis d’origine maghrébine et […] ça fait peur pour toutes les personnes qui ont ce même profil dans la ville et Dieu sait qu’on en a beaucoup.»
«C’est un miracle qu’on n’ait pas davantage de victimes», a estimé Ali Rabeh sur BFMTV, faisant état de «nombreux tirs à travers différents quartiers» de Trappes. Il a évoqué un tireur qui, «manifestement, tirait au hasard et avait envie de faire un carnage». Une cellule d’aide psychologique a été mise en place.
Il a photographié durant sept ans les passants et les passages de la place Saint-François à Lausanne. A découvrir dans un (très beau) livre et une exposition
Il est toujours émouvant de pénétrer de bon matin dans une église vide et d’entendre tout à coup les grandes orgues emplir la nef. Prélude et fugue en ut mineur de Bach. S’asseoir et écouter. Puis ressortir. Olivier Vogelsang a donné rendez-vous sur cette place Saint-François (nommée ici «Sainf»), lieu de passages et de contrastes avec ses banques aux hautes façades, ses petites échoppes, ses enseignes de marque, sa large avenue, sa rue pavée qui monte, ses ombres et son ensoleillement.
Sous les arches de l’église, le photographe a suspendu sept grandes images. On voit entre autres un cortège féministe très coloré qui est passé par ici en 2019, un visage éreinté au travers de la vitre d’un trolleybus, deux adolescentes symétriquement les mêmes (des jumelles?) en doudounes sur un banc public. «La nuit, nous dit-il, des puits de lumière éclairent les images. L’effet est particulièrement beau.»
Voir plusLa grosse sortie automnale de France 2 raconte une histoire de vignes et de clans. Un couple de Corses ayant émigré à Paris revient et reprend le domaine familial. Les ennuis commencent… Une saga vintage
Les Natali et les Luciani. Des décennies que l’hostilité est patente entre les deux familles. Un couple interdit en est sorti – en migrant à Paris: Vanina (Vahina Giocante), issue des Luciani, et Anto (Thierry Neuvic), un Natali dont le père exploite un vignoble que convoite le patriarche Luiciani (Tchéky Karyo).
Voir plusFaute de mesures administratives préalables et de délimitation claire des zones interdites, les juges ont estimé que les sanctions pénales violaient le principe de proportionnalité
Le Tribunal fédéral acquitte six mendiants roms amendés par la justice genevoise pour mendicité. «Ces amendes, des sanctions pénales, ne respectent pas le principe de proportionnalité, car elles n’ont pas été précédées de mesures administratives», rappelle le TF dans des arrêts publiés vendredi.
La loi genevoise sur la mendicité interdit de faire la manche «aux abords immédiats» de toute une série d’établissements, des commerces aux banques, en passant par les bureaux de poste et les arrêts de transport public.
Les six mendiants avaient été frappés d’une amende pour mendicité par voie d’ordonnances pénales, qu’ils ont contestée jusqu’au Tribunal fédéral.
«Le principe de proportionnalité ne permet de frapper les mendiants d’une sanction pénale qu’en dernier recours», rappelle le TF. En effet, d’autres mesures administratives seraient plus adéquates, par exemple «l’éloignement par la police hors de la zone d’interdiction ou un avertissement administratif qui menacerait d’une amende en cas de récidive», relèvent les juges de Mon-Repos.
Les juges fédéraux ont constaté que les sanctions pénales infligées aux six mendiants n’ont été précédées d’aucune mesure administrative. Ils relèvent également que dans certains cas, aucune information n’a été donnée aux mendiants sur le fait qu’ils risquaient une éventuelle sanction pécuniaire lors de la contravention.
En outre, certains mendiants n’ont pas été informés de l’étendue de la zone interdite ni du fait que s’ils s’éloignaient de quelques mètres, ils quitteraient ainsi le périmètre interdit à la mendicité.
Les juges de Mon-Repos confirment ainsi leur jurisprudence, selon laquelle la notion d'«abords immédiats» ne peut délimiter qu’un «rayon de quelques mètres».
Selon les juges, mendier à «deux mètres de l’entrée» d’un magasin entre sans aucun doute dans la zone interdite à la mendicité par la loi. Il devient déjà moins clair si c’est le cas lorsque la personne se tient «à moins de 10 mètres» de l’entrée.
Le TF en conclut que si la personne se tient à moins de 10 mètres d’un magasin, le bénéfice du doute suffit à exclure que cette personne commette une infraction.
Pour toutes ces raisons, l’exigence de proportionnalité a été violée. Le TF acquitte donc les mendiants.
La loi genevoise remise en question par le TF est une deuxième mouture. Une première version, qui interdisait la mendicité sur tout le territoire cantonale, avait valu à la Suisse une condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
A l’échéance du délai fixé vendredi à midi, les sections cantonales de l’UDC ont annoncé huit candidatures pour succéder à Guy Parmelin. Le chef de groupe Thomas Aeschi, proposé par Zoug, n’a toutefois pas encore décidé s’il se lance
Ils sont huit. Vendredi à midi, à l’échéance du délai fixé par l’UDC, les sections cantonales avaient annoncé autant de candidatures pour succéder à Guy Parmelin. Le Vaudois avait annoncé le 2 octobre qu’il quitterait le Conseil fédéral à la fin de l’année, après onze ans au gouvernement.
La Suisse romande compte deux prétendants. La conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz, 47 ans, vice-présidente du parti, a été la première à se déclarer. Elle est la seule femme en lice. Pierre Alain Schnegg, 63 ans, président du gouvernement bernois et ministre de la Santé depuis 2016, originaire du Jura bernois, s’est aussi lancé. Le Tessin propose le conseiller aux Etats Marco Chiesa, 52 ans, ancien président de l’UDC Suisse.
Voir plusFrancis Martin est mycologue, spécialisé dans l’interaction entre les arbres et les champignons. Il a publié plusieurs livres sur le sujet, dont le dernier, plus personnel, mêle science et poésie pour raconter cette rencontre souterraine. Il sera au Festival Salamandre à Morges le 24 octobre
La pluie et le froid dans le ciel romand lancent la saison des champignons. Et cela tombe bien, puisque c’est la spécialité de Francis Martin, mycologue français, directeur émérite de l’unité de recherche Interactions arbres-microorganismes, à l’Institut français de recherche pour l’agronomie, l’agriculture et l’environnement (INRAE) à Nancy. Il sera présent à Morges ce samedi au Festival Salamandre pour donner une conférence sur ce phénomène naturel qu’il a étudié pendant près de quarante-cinq ans, et dont il parle dans son ouvrage La forêt hyperconnectée¹: les mycorhizes, soit l’association symbiotique entre les petites racines des arbres et le réseau souterrain des champignons, le mycélium. Il partage avec Le Temps ses connaissances et son émerveillement sans faille pour la forêt.
CHRONIQUE. En trente ans, le processus de recrutement a considérablement évolué. Notre chroniqueur, chasseur de têtes, retrace cette transformation pour mieux mettre en exergue le principal dilemme auquel font encore face les professionnels
Ces trente dernières années, les ressources humaines (RH) sont passées d’une fonction administrative à une fonction plus stratégique, numérique et orientée vers l’expérience collaborateur et les compétences. Le recrutement a suivi la même trajectoire.
Regardons de plus près cette évolution. Il y a 30 ans, le recrutement était principalement réactif (besoin, annonce, CV, entretien, embauche). Il pouvait se faire en deux ou trois semaines, parfois même en quelques jours. Au tournant des années 2000, les entreprises ont commencé à professionnaliser leurs processus de recrutement. Elles se sont davantage intéressées à la gestion des compétences et des talents, notamment grâce au développement des bases de données de CV et des ATS (applicant tracking systems), ces logiciels qui centralisent et automatisent la gestion des candidatures.
Voir plusOPINION. Notre génération doit affronter des problèmes de logement, de frais de santé, de formation – trop nombreux sont ceux pour qui le diplôme ne tient pas ses promesses; mais plutôt que descendre dans la rue il faut voter, nous informer et discuter, écrivent les deux membres de comités du Centre Amélie Brülhart et Renaud Rivier
Quand on regarde ce qui se passe actuellement en France, entre manifestations, violences et dégradations, une question se pose: est-ce vraiment la société dans laquelle nous voulons vivre?
Nous vivons dans une société où tout semble nous pousser à choisir un camp, à nous opposer et à considérer ceux qui pensent différemment comme des ennemis. Le désaccord fait partie de la démocratie; la haine et la violence ne devraient jamais devenir la norme. Détruire des commerces ou des biens publics ne fait pas avancer les idées.
Voir plusAu musée du Locle se déploie une petite histoire de la photographie qui démontre qu’elle ne cesse de se réinventer
Au Musée des Beaux-arts du Locle, on peut ce moment plonger dans une piscine d’art grâce à l’exposition For One Solid Time Wet: La piscine dans l’imaginaire qui occupe trois étages du MBAL. Mais on y découvre aussi, de plain-pied, une petite exposition ingénieuse, imaginée par Francesca Serravalle et intitulée Les premières photographies. Jusqu’à preuve du contraire.
A l’heure où on fête le bicentenaire de la première photographie de l’histoire, prise de vue des toits de Saint-Loup-de-Varenne par l’inventeur français Nicéphore Niépce, capturé à l’aide d’une camera obscura en 1827, le projet pose d’emblée ses propres limites. Et joue avec, en interrogeant autant qu’il tente de le donner à voir, le concept de «première photo»: première photo sur tel ou tel sujet ou obtenue selon tel ou tel procédé technique. On découvre donc la première photo sous-marine, la première photo, bien connue, de la terre vue de l’espace, la première photo du soleil, une première (fausse!) photo de la lune ainsi que la première photo déposée sur la lune par la mission Apollo. Il y a bien sûr aussi, la première photo de nu, la première photo érotique. Puis, la première imprimée au jet d’encre, la première digitale, la première photoshopée, la première envoyée par e-mail, par téléphone portable, publiée sur Internet, etc. Quelques icônes sont présentes, mais c’est aussi une collection de nombreuses curiosités.
Voir plusGuerres, attaques ciblées de raffineries et sécheresses historiques: le prix des carburants subit de plein fouet une succession de crises mondiales. Alors que l’essence et le diesel atteignent des sommets à la pompe, ces tensions géopolitiques et climatiques menacent directement le coût de la vie chez nous. On vous explique en vidéo
Le niveau du Rhin est historiquement bas. Si bas qu’il impacte directement depuis plusieurs mois le prix de l’essence en Suisse. Car les barges qui acheminent le carburant doivent en transporter moins que d’habitude pour continuer de naviguer. Mais pourquoi l’essence est-elle aussi chère en Suisse et ailleurs dans le monde? Le prix de l’essence dépend en réalité de plusieurs facteurs. Il y a le marché mondial du pétrole, les capacités de raffinage et la logistique pour l’acheminer.
Le pétrole brut a dépassé les 100 dollars le baril au début de l’année 2026. Cela est principalement dû à la guerre en Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, ainsi qu’au conflit entre les rebelles houthis et l’Arabie saoudite qui perturbe le fret maritime par les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb respectivement. Il faut y ajouter les frappes contre les infrastructures pétrolières saoudiennes par les houthis et contre les raffineries russes par les Ukrainiens. Ces attaques contre le raffinage accentuent cette rareté mondiale.
Mais en plus des conflits, la sécheresse record de cette année n’aide pas à améliorer la situation. Le niveau très bas du Rhin renchérit le transport depuis Rotterdam et ajoute environ 15 centimes par litre à la pompe selon des calculs du TCS. Pour savoir pourquoi, nous vous invitons à regarder la vidéo ci-dessus.
La maison d'édition revient sur sa position après avoir défendu publiquement l'écrivain il y a une semaine. Elle renonce à réimprimer «C'était ça ou mourir» et à publier ses futurs ouvrages
L’éditeur Boréal a annoncé mercredi mettre fin à sa collaboration avec Thélyson Orélien qui a bien, selon la maison d’édition canadienne, utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman C’était ça ou mourir, contrairement à ce qu’il assurait.
«De nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été utilisée dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir, alors que l’auteur nous avait assuré, à plusieurs reprises, ne jamais y avoir eu recours pour la création de son roman», a indiqué dans un communiqué l’éditeur qui «ne réimprimera pas le roman et ne publiera pas d’autres livres» de l’auteur.
Ce revirement intervient une semaine après que Boréal a pris publiquement la défense de son auteur. Le 14 octobre, la maison montréalaise annonçait en effet maintenir C’était ça ou mourir en librairie, affirmant ne disposer d’aucun élément permettant d’établir avec certitude un recours à l’intelligence artificielle pour son écriture. «L’éditeur n’a pas à exiger des preuves de la part (des auteurs), mais doit se tenir à leurs côtés et c’est ce que nous faisons», indiquait alors le communiqué.
OPINION. Le billet de Nicolas Jutzet dans «Le Temps» faisant d’une dérégulation la clé d’un meilleur logement est à côté de la plaque, écrit le conseiller national Christian Dandrès (PS/GE). Les grandes villes d’Europe les plus abordables sont au contraire celles où l’Etat a joué un rôle de bailleur
Dans son billet d’opinionpublié dans Le Temps du 13 octobre, M. Nicolas Jutzet, directeur adjoint de l’Institut libéral, plaide pour une dérégulation du marché du logement. Or, le logement, qui répond à un besoin social vital, ne doit pas être une marchandise. L’épouvantail brésilien agité par Monsieur Jutzet rate sa cible. En effet, quelle est la ville d’Europe avec les loyers les plus modérés, à niveau de revenus comparable: c’est Vienne.
C’est ce que montre le cabinet Deloitte dans une étude de 2024sur le prix du mètre carré moyen d’un appartement à louer: Londres, plus de 35 euros le mètre carré à louer par mois. Paris, plus de 30. Lyon, 18. Milan, 15. Et Vienne, 11 euros. Comment est-ce possible?
Il y a plus de 100 ans, la social-démocratie autrichienne a acheté de vastes réserves de terrains lui permettant de construire et de favoriser la construction d’un grand nombre de logements dont les loyers sont soustraits à la spéculation. 43% des logements à Vienne sont ainsi des logements sociaux, dont 22% des logements sociaux publics et 21% des logements privés d’intérêt général, notamment des coopératives.
L’effet bénéfique sur le niveau des loyers à Vienne est tellement évident que même les partis de droite ne réclament pas de diminution du parc locatif soustrait à la spéculation (voir entre autres la NZZ am Sonntag du 04.10.2026).
En revanche, il suffit de regarder dans quelle ville se trouvent les loyers les plus élevés pour réaliser qu’il s’agit de pays qui ont suivi les recettes de Monsieur Jutzet: en premier Londres, où Madame Thatcher a vendu les logements sociaux au début des années 1980 et où la municipalité doit les racheter aujourd’hui au prix fort pour éviter aux infirmières, aux enseignantes et aux policières des heures de transport quotidiennes – soit précisément «l’enfer brésilien» décrit par Monsieur Jutzet! Ensuite Paris, où sévit la doctrine économique néoclassique vantée par le Prix Nobel Jean Tirole, qui inspire les recettes de Monsieur Jutzet.
Quant à l’Espagne, à Barcelone et à Madrid en particulier, le triste exemple de Maricarmen (Maria del Carmen Abscal) démontre les conséquences de l’absence de protection des locataires prônée par Monsieur Jutzet. Cette femme de 87 ans, qui vivait depuis 71 ans dans son logement, en a été expulsée par un fonds spéculatif, pour décéder peu après.
Enfin, Monsieur Jutzet vante la politique du logement à Chicago. Or, il s’agit d’une des villes aux Etats-Unis où la crise du logement est la plus grave! En effet, la ville construit principalement pour les hauts revenus, le logement est là-bas pure marchandise, autrement dit inaccessible pour la majorité des salarié·e·s. Il doit ignorer l’ampleur de la crise du logement aux Etats-Unis fort bien étudiée par le géographe et professeur à l’Université de Paris Renaud Le Goix.
Voici ce que représenterait le logement livré aux recettes néolibérales de Monsieur Jutzet. Il y a deux siècles, le grand économiste David Ricardo, pourtant issu d’une famille bourgeoise de financiers, identifiait clairement le caractère parasitaire de la rente foncière. Ce fait doit être caché afin de répondre aux intérêts des spéculateurs immobiliers que l’Institut libéral épaule. Plutôt que de divaguer en direction de la savane brésilienne ou des gratte-ciels de Chicago, Monsieur Jutzet devrait ajuster ses lunettes et regarder la réalité, en Europe et ailleurs: les locataires n’avaleront pas ce prêchi-prêcha péremptoire que les spéculateurs immobiliers utilisent comme camouflage de leurs pratiques effectives.
Alors que sort «Une femme aujourd’hui», le 25e long métrage de Robert Guédiguian, son épouse Ariane Ascaride, qui est de tous ses films, rend hommage aux personnes qui l’ont guidée
Les films de Robert Guédiguian ont ceci de précieux qu’au plaisir constamment renouvelé de découvrir des œuvres socialement et politiquement engagées, on retrouve toujours sa famille de cinéma, qui s’est au fil du temps agrandie autour du noyau que forment Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan et Ariane Ascaride, dont il partage la vie depuis une cinquantaine d’années. Une femme aujourd’hui, le 25e long métrage du Marseillais, en salles à partir du 21 octobre, ne fait évidemment pas exception. L’histoire est celle de Juliette, une jeune trentenaire travaillant dans la finance qui, après avoir été violée par un collègue, va se reconstruire et redonner un sens à sa vie au sein d’une association venant en aide à des femmes migrantes.
Juliette est incarnée par Marilou Aussilloux, qui retrouve pour la deuxième fois Robert Guédiguian après La Pie voleuse (2024). Et pour la deuxième fois, c’est Ariane Ascaride qui joue sa mère. «Il y a quatre ou cinq ans, elle nous avait écrit une très belle lettre, à Robert et moi, pour nous dire qu’elle aimerait beaucoup travailler avec nous, raconte l’actrice marseillaise. Elle sortait du conservatoire, Robert a accepté de la rencontrer et il se trouve que juste après j’ai tourné avec elle Sous le tapis, de Camille Japy. J’ai alors pu la regarder travailler, la regarder jouer, et c’est ainsi qu’on a décidé de lui proposer La Pie voleuse. En plus d’être une super comédienne, avec une grande exigence, elle s’est intégrée dans l’équipe d’une manière absolument incroyable. Quand Robert a écrit Une femme aujourd’hui, elle s’est logiquement imposée.»
Voir plusLe titre de SpaceX s’envole en bourse ce mercredi à la suite des annonces d’Elon Musk concernant un éventuel rapprochement entre le groupe spatial et Tesla. Les résultats trimestriels du premier ont en outre nettement dépassé les attentes du marché
Les ambitions d’Elon Musk semblent être sans limites. Le milliardaire a non seulement présenté des résultats supérieurs aux attentes du marché pour l’entreprise Space X, dont il est l’actionnaire principal, mais il a également annoncé qu’un projet de fusion entre le groupe spécialisé notamment dans l’aérospatial et Tesla était à l’étude. Amenant l’action à progresser nettement ce mercredi.
Pour la première fois de son histoire, SpaceX a dégagé au 3e trimestre un bénéfice net: 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards de francs), soit 2 milliards de plus qu’attendu, alors qu’il y a un an une perte nette de 1,1 milliard de dollars avait été essuyée. «Le résultat est bien supérieur aux attentes mais si on regarde le bénéfice opérationnel, qui lui est de 2,79 milliards de dollars, on voit qu’il y a aussi des éléments financiers, tels que des intérêts perçus sur la trésorerie, qui ont contribué à cette performance», fait remarquer Charles-Henry Monchau, responsable des investissements de la banque Syz.
Voir plusDes attaquants pourraient prendre le contrôle de sites web en exploitant un défaut technique important. Apparemment, c’est une intelligence artificielle qui aurait détecté les failles
Vous le constatez peut-être en tentant d’accéder au site web de l’Université de Genève, de Bâle, de l'EPFL de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en France ou de plusieurs sites dépendant du ministère français de l’Intérieur: ils sont actuellement désactivés. Les éditeurs de ces plateformes craignent en effet de perdre le contrôle de ces sites si des pirates parviennent à exploiter une faille au sein de PHP. Voici l’essentiel à savoir.
La commission salue le compromis négocié par les syndicats et qualifie les résultats des négociations d'«absolument nécessaires». Les débats au National débuteront en décembre.
Le paquet Suisse-UE franchit une nouvelle étape. La commission de politique extérieure du National suit la position du Conseil des Etats et soutient la clause sur la protection des salaires.
La majorité de la commission estime «absolument nécessaire» que la Suisse entretienne de bonnes relations avec l’UE, écrit-elle mercredi dans un communiqué. Elle se félicite du résultat des négociations, «qui atteint, voire dépasse, tous les objectifs fixés».
La commission s’est prononcée sur une première série de points figurant dans le paquet d’accords. Elle soutient largement la position du Conseil des Etats, qui s’est prononcé en faveur en septembre après trois jours de débats.
La commission approuve notamment la protection des salaires, saluant le compromis négocié par les syndicats. Elle doit encore se prononcer sur le type de référendum. Les débats au National devraient démarrer en décembre.
Fumigènes, pillage au Printemps, lunettes ramassées au sol: les profils défilent devant des juges débordés qui jonglent avec les délais. Les peines oscillent entre sursis et détention, dans un climat de tension judiciaire
Alors que l’eurodéputée mélenchoniste Rima Hassan était jugée pour apologie du terrorisme à un étage inférieur du gigantesque Tribunal de Paris, au moins trois autres salles étaient consacrées aux «comparutions immédiates» ce mardi 20 octobre dès 13h30. S’y enchaînaient les auditions de dizaines de prévenus, en grande partie des casseurs ou pilleurs de la journée d’émeutes dans la capitale le samedi 17 octobre.
Un peu plus tôt, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait annoncé 123 incarcérations depuis les violences du week-end. Les interpellations concerneraient 95% d’hommes, 70% d’adultes. Le lundi déjà des peines parfois jugées sévères avaient été distribuées dans ces mêmes locaux. Emmanuel Macron avait promis dimanche soir que les juges avaient compris ce que la population française «attendait» d’eux.
Voir plusSelon un sondage YouGov, les initiatives sur les feux d’artifice et sur l’équité fiscale bénéficient d’un large soutien, tandis que le financement de la 13e rente AVS pourrait être rejeté. L’issue reste en revanche incertaine pour la loi sur le matériel de guerre
Selon le premier baromètre d’opinion de l’institut de recherche Yougov publié ce mercredi, le financement de la 13e rente AVS par la TVA serait clairement rejeté le 29 novembre, avec 51% de non contre 39% de oui. La mesure ne serait acceptée dans aucun canton, alors que la double majorité est nécessaire. Cet objet révèle en outre un clivage générationnel: il est soutenu par 46% des plus de 60 ans, alors que seuls 30% des moins de 45 ans glisseraient un oui dans l’urne.
La situation semble plus favorable pour l’initiative fiscale du Centre «Oui à des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés – Pour enfin en finir avec la discrimination du mariage!». Elle passerait par 51% de oui contre 29% de non, selon Yougov.
Les perspectives sont également bonnes pour l’initiative exigeant l’interdiction des feux d’artifice. Elle recueille 62% de suffrages favorables, contre 33% de refus et 6% d’indécis, selon l’institut de sondage.
Les jeux sont beaucoup plus ouverts s’agissant du quatrième objet, la loi sur le matériel de guerre. Trente-huit pour cent des personnes interrogées sont favorables à l’assouplissement des règles d’exportation, tandis que 33% s’y opposent, indique Yougov. Ce projet montre une nette différence entre les sexes: la moitié des hommes y est favorable, contre seulement 28% des femmes, par ailleurs nettement plus nombreuses à être indécises.
Selon Yougov, 42% des personnes interrogées ont jugé la loi sur le matériel de guerre complexe. Une proportion tout aussi importante de personnes interrogées estime ne pas être bien informée. C’est notamment ce qui explique la forte proportion d’indécis, près de trois électeurs sur dix n’ayant pas encore pris leur décision.
Yougov Suisse a interrogé 2949 électeurs issus de son panel entre le 7 et le 19 octobre 2026. La marge d’erreur est de plus ou moins 1,8 point de pourcentage.
Un précédent sondage, publié il y a un peu plus d’une semaine par l’institut Leewas montrait que seule l’initiative «pour une limitation des feux d’artifice» était acceptée, par 65% de oui. Les trois autres objets seraient refusés.
Une anthologie remet en lumière les articles publiés par le conseiller national socialiste dans le quotidien «La Sentinelle» entre 1903 et 1956. On y croise aussi Jean Jaurès, Léon Blum, Charles Naine et Jules Humbert-Droz
A l’instigation de l’ancien juge fédéral Raymond Spira et sous la houlette du jeune historien et archiviste Youssef Bessourour, une équipe d’une vingtaine de personnes a épluché la défunte Sentinelle (fondée en 1890, disparue en 1971), quotidien socialiste du canton de Neuchâtel et du Jura, à l’affût des éditoriaux d’Ernest-Paul Graber. Aujourd’hui tombé dans l’oubli, ce dernier en fut le directeur politique de 1914 à 1956 et le rédacteur en chef de 1916 à 1944. Sur près de 7000 articles répertoriés, il en est finalement resté 94. La sélection a été opérée selon dix thèmes représentatifs de la pensée et des préoccupations de Graber (idéal socialiste, progrès social, égalité hommes-femmes, pacifisme, etc.), et aussi selon le pouvoir de résonance actuel de ses analyses.
Fragilisée par trois ans de guerre, l’économie israélienne est dopée par les exportations militaires. Celles-ci battent des records, notamment en Europe, premier client de l’Etat hébreu. Un business qui reçoit le soutien quasi unanime des candidats aux législatives
On accède à l’usine d’Israel Weapon Industries (IWI) par les routes semi-désertiques du centre d’Israël. Fondée en 1933, la société fit autrefois partie de l’Israel Military Industries établie en Palestine mandataire. Après la création de l’Etat d’Israël, elle est devenue la principale fabricante d’armes du pays. Depuis 2005, elle est détenue par l’homme d’affaires israélien Samy Katsav (via son conglomérat privé SK Group) et se targue d’être l’un des spécialistes mondiaux de la manufacture d’armes légères.
«Nous fabriquons tout, des pistolets aux fusils d’assaut, en passant par les mitrailleuses, et jusqu’aux fusils de précision», détaille au Temps Semion Dukhan. Responsable du marché européen d’IWI, il désigne un par un les modèles exposés dans la salle de réunion dans laquelle il nous reçoit: «Ici, nous avons le Sten qui est l’une des premières armes qui ont été assemblées par Israel Military Industries… Et voici l’Uzi, un pistolet-mitrailleur légendaire des années 1950. Il a été modernisé pour devenir ce qu’il est aujourd’hui.»
Voir plusFaute d’accord avec l’industrie, le Conseil fédéral veut obliger les fabricants de produits chimiques et de médicaments à financer le centre antipoison, au bord de la faillite. Les cantons, eux, verraient leur facture fondre
Le 145 ne devrait plus dépendre du bon vouloir des donateurs. Pour ce faire, le Conseil fédéral a mis en consultation ce mercredi une révision de deux lois: celle sur les produits chimiques et celle sur les produits thérapeutiques. Elle oblige les industries concernées à prendre en charge le centre antipoison, Tox Info. Seraient tenus d’«exploiter conjointement» un centre d’information toxicologique les fabricants de substances soumises à notification ainsi que les titulaires d’autorisations pour des biocides, des produits phytosanitaires et des médicaments.
Le verbe «exploiter» a été choisi avec soin. Contraindre les entreprises à verser de l’argent à la fondation Tox Info reviendrait à créer un impôt, ce que la Constitution ne permet pas, relève le rapport explicatif du Département fédéral de l’intérieur (DFI). Berne leur confie donc la responsabilité du service. Libre à elles de la déléguer à Tox Info ou de choisir une autre voie.
Voir plusLe deal sur le diesel russe, c’est-à-dire la trahison de l’Ukraine par Trump, a inspiré une foultitude de dessins de presse. Le Bulgare Komarnitski a trouvé une manière astucieuse de nouer la gerbe avec une autre actualité trumpienne. Un dessin choisi par Chappatte, en collaboration avec Cartooning for Peace et la fondation Freedom Cartoonists
Le deal sur le diesel russe, c’est-à-dire la trahison de l’Ukraine par Trump, a inspiré une foultitude de dessins de presse. Le Bulgare Komarnitski a trouvé une manière astucieuse de nouer la gerbe avec une autre actualité trumpienne. Dessinateur pour SEGA Daily, l’un des médias indépendants les plus respectés de Bulgarie, Christo partage également ses dessins sur plusieurs plateformes en ligne. Un dessin choisi par Chappatte, en collaboration avec Cartooning for Peace et la fondation Freedom Cartoonists.
OPINION. Quel contresens que de baisser la dotation horaire en français en première année au collège alors que les études PISA font état d’une baisse de niveau et que l’IA déferle, écrit le directeur du département de français de l’Université de Genève, Frédéric Tinguely, qui appelle à revoir la mise en œuvre de la réforme de la maturité
Après l’histoire etl’histoire de l’art, c’est désormais le français, discipline fondamentale de la maturité gymnasiale, qui est pris pour cible, à Genève, par ceux-là mêmes qui devraient le défendre. Ces attaques se déroulent dans le contexte de la mise en œuvre cantonale, par le Département de l’instruction publique, de la nouvelle maturité fédérale. Mais le problème réside en réalité moins dans les directives fédérales, qui laissent une certaine marge de manœuvre aux cantons, que dans la manière pour le moins chaotique, entre précipitation et semblant de consultation, dont on voudrait définir leur application.
Ces attaques sans précédent sont lancées sur plusieurs plans. Il y a d’abord la grille horaire: le français (en incluant la diction, qui exerce la prise de parole) passerait désormais de six à quatre heures hebdomadaires en première année. On renoncerait ainsi au principe pédagogiquement pertinent et profondément égalitaire d’un important effort de mise à niveau à l’entrée du collège, et cela au moment même où les enquêtes PISA signalent, en Suisse comme dans tous les pays de l’OCDE, d’importantes pertes de compétences chez les élèves. Chacun s’attendrait évidemment à ce que l’on s’efforce d’inverser la tendance: dans l’état actuel des choses, tout se passe comme si on avait pris le parti d’accélérer le déclin…
Voir plusNé à Zurich en 1991 et ayant grandi à Lausanne, celui qui dirige désormais Art Basel Paris, dont l’édition 2026 a lieu cette semaine, raconte un parcours qui l’a mené de la Suisse romande à Vienne, de New York à Bâle et à Berlin et finalement à Paris, «ville de cœur»
«Pour moi, la Parisienne ultime, c’est Dalida. Une personnalité romanesque, qui n’est pas née à Paris mais y a fait sa vie. Elle combine une forme d’élégance totale, de beauté évidente à un attrait populaire, ainsi que le courage d’une forme de simplicité. Paris, c’est ça: le raffinement, le style, mais aussi la jeunesse, la diversité incroyable qui meut la ville et qui la rend si riche. Dalida, peinte par Nina Childress, a figuré sur les visuels d’Art Basel Paris en 2024, lors de la première année au Grand Palais.»
Enthousiaste, passionné, plein de ressources et d’envies, Karim Crippa a fêté ce 20 octobre son 35e anniversaire alors que s’ouvrait l’édition d’Art Basel Paris 2026, la première qu’il dirige. «Je ne ferme pas la porte du monde de l’art quand je sors de mon bureau. Je vais voir des expos, je lis des articles, je parle à des artistes, j’en découvre de nouveaux sur les réseaux. J’ai une vraie soif, j’éprouve un vrai plaisir à être confronté à toute la richesse et à la diversité de l’art aujourd’hui.»
Voir plusIl est né au Brésil, est polyglotte et citoyen du monde. Il accompagne désormais les expatriés pour une intégration réussie en Suisse. Il gère aussi un espace événementiel
Il y a, dans l’un de ses greniers, une collection tout aussi improbable qu’étonnante: quelque 2200 écussons bien rangés dans de petits tiroirs très stylés. «J’ai quasiment là les armoiries de toutes les communes suisses, en plusieurs exemplaires et par ordre alphabétique», dit-il. Des visiteurs les lui ont offerts, il en a déniché dans des boutiques de souvenirs ou dans des répertoires en ligne. Petit trésor qu’il choie et qui incarne l’amour pour son pays d’adoption.
Marcelo Simeone est citoyen du monde, polyglotte et un communicant hors pair. Bavard comme un Brésilien, sourit-il. Il est né là-bas, d’un père brésilien aux origines africaines et d’une mère uruguayenne aux racines italiennes. On le retrouve au Domaine du Château de Collex, dans la campagne genevoise, là où les avions en approche de Cointrin font dresser les têtes. C’est une ancienne ferme construite à la fin du XVIIIe siècle, dédiée aux cultures agricoles et vinicoles. Frédéric Probst, l’actuel propriétaire, a décidé dans les années 1990 de se concentrer sur la production de vins. Douze hectares de vignes, une cave d’une capacité de 44 000 litres – chasselas, chardonnay, pinot blanc, gamay, garanoir, merlot etc.
Voir plusREPORTAGE. Les tourbières sont des refuges écologiques et des puits de carbone très importants, qui ont longtemps souffert des activités humaines. Plus de 5 millions de francs sont investis dans les Franches-Montagnes pour restaurer celle qui a donné naissance à l’étang de la Gruère vers 1650
Non loin de l’étang de la Gruère, dans les Franches-Montagnes, une quinzaine de forestiers-bucherons s’affairent dans une vaste clairière. Ils regroupent les troncs et les branches qui jonchent un sol spongieux et instable, les enserrent de câbles, puis recommencent quelques mètres plus loin. Soudain, un hélicoptère surgit derrière les cimes avoisinantes, traînant dans son sillage un long filin équipé d’un crochet. En quelques secondes, le pilote récupère un fagot de bois d’environ 900 kg et repart dans les airs pour aller le déposer au bord d’une route proche. «On arrive gentiment au bout», sourit Quentin Choffat, le patron de l’entreprise forestière chargée des travaux. Après trois semaines de coupes réalisées par six bûcherons, 1500 m³ de bois ont été évacués afin de permettre les travaux de restauration de l’une des plus grandes tourbières de Suisse. Elle s’étend sur 22,5 hectares et est inscrite comme site d’importance nationale dans cinq inventaires fédéraux.
«C’est le chantier du siècle pour les milieux humides de notre canton», s’enthousiasme Marc Mallet, collaborateur scientifique à l’Office jurassien de l’environnement. Une fois le terrain dégagé, des palissades seront plantées à intervalle régulier en travers du drain qui parcourt la clairière comme une saignée sur plusieurs centaines de mètres. Cette tranchée, creusée par l’homme vers 1650 pour alimenter l’étang de la Gruère, sera ensuite comblée avec de la tourbe prélevée aux alentours, afin que le site marécageux retrouve sa capacité à stocker l’eau. Créé à l’origine pour fournir de l’énergie hydraulique à un moulin et une scierie, l’étang est depuis devenu un haut lieu du tourisme jurassien et attire environ 15 000 visiteurs par an.
Voir plusCriminalité organisée, terrorisme, cyberattaques: les menaces dépassent les frontières cantonales, mais les polices suisses restent largement cloisonnées. Face aux difficultés de coordination et au partage des informations, le fédéralisme montre ses limites. Faut-il repenser l’organisation de la sécurité en Suisse sans renoncer aux atouts de la proximité cantonale?
Trafic de stupéfiants, réseaux criminels organisés comme de véritables multinationales, traite d’êtres humains, cybercriminalité dopée à l’intelligence artificielle, désinformation, montée des extrémismes politiques… Aujourd’hui, les menaces transcendent les frontières, alors même que la sécurité en Suisse demeure quasi exclusivement aux mains des cantons. Ce sont donc 26 entités, avec des moyens financiers, des cadres juridiques et des priorités de coordinations différents. Dans ce monde qui s’accélère, le fédéralisme est-il toujours adapté aux nouveaux défis sécuritaires? Pour la conseillère nationale vaudoise PLR Jacqueline de Quattro, la réponse est clairement non.
«Par beau temps, le fédéralisme est un formidable outil de proximité que je défendrai toujours. Mais face au terrorisme, à la criminalité organisée ou au grand banditisme transfrontalier, nous n’avons pas les outils nécessaires», insiste la présidente de la Commission de politique de sécurité du National, qui fut également conseillère d’Etat de son canton, chargée de la Sécurité. A ses yeux, l’exemple le plus criant de ces lacunes est l’absence d’une base commune pour l’échange d’informations entre les polices, pourtant réclamée par les commandants et les procureurs du pays. Mais depuis des années, les négociations entre les autorités cantonales piétinent, entre considérations financières et questions liées à la protection des données. En 2022 déjà, Jacqueline de Quattro s’inquiétait des retards, interpellant le Conseil fédéral.
Voir plusUne analyse des recettes du magazine «Good Housekeeping UK» depuis 1922 montre comment cabillaud, saumon, thon, haddock et crevettes tropicales se sont imposés dès les années 1970, au détriment de variétés locales comme la sole ou le hareng
Cabillaud, haddock, saumon, gambas et thon. C’est le quinté des produits de la mer qui s’est progressivement imposé dans les cuisines britanniques à partir de la fin des années 1970, selon le travail de fourmi accompli par Ruth Thurstan, professeure d’écologie marine et historique à l’Université d’Exeter (Angleterre). La scientifique s’est procuré les archives numérisées du magazine de l'art de vivre Good Housekeeping UK depuis 1922, pour y dénicher, dans les recettes de cuisine, les références de poissons et fruits de mer. Un mensuel qui reste très populaire outre-Manche, diffusé à 375 000 exemplaires, tandis que son site internet reçoit 4 millions de visiteurs uniques chaque mois.
«J’ai longtemps travaillé sur l’offre et les captures de pêche, qui sont très bien documentées, explique Ruth Thurstan. Mais je ne trouvais pas d’informations sur l’évolution de la consommation réelle. En découvrant de vieilles recettes dans des archives, j’ai pensé que ce serait peut-être le moyen d’en savoir plus sur les habitudes culinaires. C’est une mesure certes indirecte, puisque ce n’est pas une jauge de la consommation, mais les médias populaires témoignent des normes culturelles et, dans ce cas, des espèces qui sont à la fois disponibles et familières dans les foyers.»
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