Lateo.net - Flux RSS en pagaille (pour en ajouter : @ moi)

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
Hier — 25 octobre 2020Dedefensa.org

PhG dans le désert ? Et dde.org ?

Par info@dedefensa.org

PhG dans le désert ? Et dde.org ?

On peut difficilement apprécier que la voix de PhG, depuis son Journal-dde.crisis du 23 octobre 2020, ait beaucoup porté. Comme une voix presque dans un désert, que bien peu entendirent... Quoi qu’il en soit, ceux qui tendirent tout de même l’oreille et agirent en conséquence doivent être chaleureusement remerciés.

En attendant et écrivant ce message, le fait est que nous nous trouvons à un niveau historiquement bas pour une donation mensuelle, de $557, ce 25 octobre au soir. C’est une donation, comme l’on dit dans une de ces phrases-fétiches qui nous font croire que l’on existe, vraiment à très-très “bas-bruit”. Bien entendu, jamais la situation n’a été aussi tendue, aussi bien pour notre donation que pour la crise du monde, évoluant à une vitesse stupéfiante.

Vous connaissez les nombreux arguments que notre site, qui ne dispose d’aucun autre soutien que celui de ses lecteurs et notamment pas celui de la publicité, peut avancer pour solliciter votre soutien. Nous sommes dans des temps toujours plus cruciaux, toujours de plus en plus cruciaux, chaque mois plus crucial que le mois précédent. Dans ce chambardement métahistorique, qui se place dans le cadre de la Grande Crise Générale d’Effondrement du Système, aidez-nous à tenir notre position, vous savez combien nous avons besoin de vous. (*)

Plus que jamais, nous avons besoin de votre mobilisation pour le soutien de dedefensa.org.

Mis en ligne le 25 octobre 2020 à 20H30

Note

(*) Notre rappel habituel :  « “…les montants de €2.000 et €3.000 [...] constituent pour nous les sommes permettant respectivement un fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site et un fonctionnement plus aisé de ces fonctions”. Nos lecteurs savent évidemment que, depuis mars 2011, les conditions économiques ont évolué et que les sommes proposées doivent être définies différemment. Le seuil du “fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site” dépasse aujourd’hui très largement les €2 000 et se trouve quasiment au niveau des €3 000, avec le reste à l’avenant... »

  • 25 octobre 2020 à 00:00

L’irrésistible ‘giletjaunisation’ des ‘Covidiens’

Par info@dedefensa.org

L’irrésistible ‘giletjaunisation’ des ‘Covidiens’

25 octobre 2020 – D’abord, entendons-nous sur le thème central, le sous-bassement nécessairement fondamental de cet essai très rapide : il ne s’agit de décrire ni une idéologie, ni un complot, ni un dessein politique, ni une fuite en avant ou une déroute, ni même, – surprise, surprise, – ni même une crise sanitaire. Il s’agit de décrire une mécanique effectivement irrésistible, une sorte de ‘En-Marche’ mais qui marcherait effectivement.

Maintenant, voyons les termes employés dans le titre, qui dépassent le seul jeu des mots qui m’est une si chère pratique, même s’il y sacrifie bien entendu.
• ‘Giletjaunisation’, il me semble avoir déjà vu ce néologisme facile sous la plume de l’un ou l’autre. Je ne réclame donc ici qu’un emprunt de circonstance, mais dans des circonstances qui justifient l’emprunt. Enfin, on comprend end ce que ‘giletjaunisation’ veut dire : transformation d’une cohorte sans but ni caractère en une troupe revendicatrice, assurée d’une tactique affirmée et s’élaborant par la pratique, éventuellement dure et résiliente, qui se juge dans son bon droit de fait comme une évidence, donc sans surprise ni même un certain élément de tragique, dans tous les cas une ferme résolution venue de loin, et tout de même une évolution inattendue.
• Le terme néologique de ‘Covidiens’ me paraît plus rare, mais qu’importe puisque je ne fais pas ici de porte-à-porte pour les droits d’auteur ; je ne fais qu’une fable qui a son poids. Dans ce cadre, on passe aisément du néologisme ‘Covidiens’ (être touché par le Covid, directement ou indirectement) à ‘Bovidiens” puis à “bovidés” ; et encore plus facilement, je veux dire plus vite parce que directement ; de ‘Covidiens’ à “Bovidés”.

Voilà, les codes de notre farce sont dévoilés, et je suis sûr qu’ici et là on distingue déjà un de ces petits maîtres qui abondent sur internet et se prennent pour un La Boétie postmoderne, ricaneur et condescendant, frétiller d’aise à l’idée de jouer au berger du troupeau rassemblé pour le sacrifice. Mais je ne vais pas parler de berger ici ou bien l’on se croirait en messe et en Evangelium ; je vais parler d’autres aventures plus de notre-temps, à la lumière de mauvais coups et de coups de colère, et de circonstances furieuses qu’on relève de plus en plus ici et ailleurs, de la part de ‘Covidiens’ qui en ont assez d’une façon assez confuse mais de plus en plus affirmée. Fier de ma trouvaille néologique, je dirais qu’ils en ont assez qu’on les prenne pour des “bovidés”, leur imposant des contraintes pesantes et aux perspectives certes incertaines, et peut-être bien effrayantes, avec des masques, des gestes étranges, des mœurs forcées et douteuses, des rassemblements interdits et des sentiments codifiés, et pourtant tout cela dont on les accuse d’en être les responsables. (Pour les détails, voir les divers La Boétie de service.)

Mais le point principal, essentiel, universel et exclusif parce que nous nous sommes construits un monde à cette mesure et selon cette horlogerie technologique, se trouve dans cet avertissement du début de cet essai de circonstance, repris ici et répété : “Il s’agit de décrire une mécanique effectivement irrésistible, une sorte de ‘En-Marche’ mais qui marcherait effectivement.” On comprend l’inutilité de tenter d’expliquer, et encore plus de comprendre ce qu’est effectivement cette mécanique : elle est, et c’est tout, et cela nous dépasse en nous emportant.

On admettra donc que nous n’y pouvons rien, que nous sommes dans les rets d’un enchaînement mécanique d’une puissance inéluctable, et que par conséquent nos psychologies en sont à la fois prisonnières et profondément sinon exclusivement influencées. Cela signifie (bis) que nous nous mettons nous-mêmes en scène, du fait de conditions objectives et du simulacre que la modernité a élaboré pour nous, et que cette mise en scène nous place dans une position de victimes récalcitrantes, et bientôt furieuses, jugeant que seule la révolte est la réaction adéquate. Bien que l’on ait conduit les ‘Covidiens’ sur les champs de l’herbe que l’on paisse et où l’on paisse, selon leur destin décrit avec aisance par nos La Boétie d’époque, ils n’en veulent plus entendre parler et refusent désormais de mastiquer le brin d’herbe au rythme des couvre-feux divers.

C’est-à-dire que, pour eux, la seule issue possible de cette situation est la révolte. Toute autre issue est barrée par les obligations qu’impose, de toutes les façons, la malédiction covidienne, et qui s’inscrivent dans plusieurs sortes de nécessités ;
• que ce soit la nécessité scientifico-sanitaire de vaincre le virus au nom de notre connaissance triomphante ;
• que ce soit la nécessité de solidarité laïque, qui fait de chaque victime désignée la cible d’un soutien salutaire de son compagnon de voisinage laïque, parce qu’ensemble ils fondent le Principe de la Laïcité qui est le nom courant du Dieu de circonstance ;
• que ce soit la nécessité de la Modernité, – ne dirait-on pas ‘Principe de Co-Modernité’, réglant souvent le sort mortel des bovidés-covidiens en fournissant la véritable cause de leur décès qu’on fait passer pourtant pour covidien ?, – de ne céder en rien à la possibilité d’une seule mort que la modernité-Science pourrait nous éviter, parce que c’est là son devoir imprescriptible de conduire à son terme toutes les possibilités de sauvegarde de toutes les vies possibles ;
• que ce soit la nécessité générale de la Morale-Système, qui domine tout, écrase tout, règle tout, et enfin verrouille toutes les clôtures par lesquelles le bétail covidien pourrait soit entrer ou soit sortir de l’aire du pâturage où il lui est ordonné et autorisé à la fois de remâcher plusieurs fois sa fureur, comme les covidés font habituellement, lorsqu’ils obéissent.

Tout cela fonctionne à merveille, comme ces portes qui se referment automatiquement une fois que vous avez franchi la seule ouverture permise par l’identification de votre carte magnétique. Le dispositif est impénétrable, il est insensible à tout argument qui ne soit de comptabilité, de logique interne au Système, d’absence absolue de possibilité de non-guérison d’une part, de ‘guérison-trahison’ par la mort d’autre part. Nous sommes enfermés, verrouillés à mort, et condamnés à la guérison perpétuelle ; nous irions s’il le faut et nous irons sans aucun doute jusqu’à l’extinction pour permettre que, perpétuellement, la guérison du fait de la Science et de la Modernité s’accomplisse. Nous nous éteindrons complètement guéris, et modernes que diable ! Voilà ce que dit la logique mécanique, qui ajoute, satisfaite, que cela suffit pour laisser tout cela en l’état et satisfaire à l’accomplissement de notre destin, et à la Fin de l’Histoire par conséquent.

Tout cela a un sens, vous affirme-t-on. Mais plus aucune oreille n’est plus là pour l’écouter, et plus encore, ou moins encore pour l’entendre.

Car la logique mécanique se trompe, car nos psychologies n’ont que faire, au bout du compte, ni de mécanique, ni de logique. Elles fonctionnent, nos psychologies, dans la mesure où certains impondérables irrationnels qui nous gouvernent sont satisfaits. Il y a là un divorce incompatible entre d’une part le broutage tranquille de l’herbage régulièrement arrosé, épandu sur tout l’espace de ‘confinement’ (le mot convient où l’on est soigné et où l’on est interdit de décès), et d’autre part la puissante et somptueuse nécessité où nous mettent nos psychologies, qui nous poussent à nous imposer une sortie de l’enclos herbagé.

Pour cette raison, nous nous révolterons, et ce sera la giletjaunisation des covidiens ; simplement parce qu’il n’y a pas d’alternative... Je ne vous dis pas que c’est raisonnable, ni promis au succès (de quoi, d’ailleurs ?), ni affublé d’un but constructif qui justifie l’audace de la chose. Je vous dis que cela se fera nécessairement, et extrêmement vite, parce qu’il s’agit bel et bien, dans cet acte fondamental du destin placé au milieu de toutes les contraintes et incertitudes, – il s’agit bel et bien de l’Effondrement du Système.

Il nous faut donc un nouveau La Boétie qui nous écrive, vite fait mais fait avec élégance, comme l’original, un Discours de l’inservitude volontaire, – sur cette catastrophique et inéluctable révolte des Covidiens, suivant bien contre leur gré l’exemple déplorable de qui-l’on-sait en se giletjaunissant contre leur gré, c’est-à-dire “à l’insu de leur plein gré”.

Aussi étrange que cela paraisse pour ceux qui croient me connaître, y compris pour moi-même, j’écris cela sans plaisir ni satisfaction quelconque. J’écris cela comme un de ces innombrables professeurs-médicaux de notre Corps-Médical-Mexicain, – abondance de généraux couverts de médailles et de commandements impératifs d’innombrables spécialités vitales et virales pour conduire à son terme l’Art Révolutionnaire du Bien-Guérir, comme à un Austerlitz grandiose de lits “de réa” et de Big Pharma, – j’écris cela comme un de ces innombrables professeurs-médicaux nous décrivant, sans nécessité de prendre le moindre gant de protection prophylactique, l’inéluctabilité de notre destin covidien. Moi aussi, je prétends savoir l’inéluctabilité, et ce n’est pas le leur, et le sort de notre destin tranchera.

Jamais, je crois, qu’en ces jours incertains où un bavardage dément écrase le monde de toute la communication du poids énorme de son vide, du « poids du rien » comme disait le comte Joseph, jamais je n’ai senti la Science humaine de la Modernité aussi et autant sans objet au fond d’elle-même, et aussi incroyablement bavarde à cet égard, c’est-à-dire sur rien du tout, aussi suffisante et bouffie de toutes ses multiples arrogances, aussi puantes de ses multiples parfums de Savoir et du Sachant-Tout ; jamais je n’ai eu tous mes sens les plus honorables, les moins modernistes, caressés comme on l’est d’une plume dans l’air vibrant, comme d’une brise du printemps ou de l’automne, par la beauté altière et l’ivresse contenues des effluves enchanteresses du passé salvateur, quand prétendument Sapiens Sapiens n’y connaissait rien et quand pourtant fleurissait l’antique sagesse.

... J’ignore si je me suis bien fait comprendre, – et à vrai dire, j’en doute un peu moi qui me comprend si peu, – et comprenne qui pourra, mais qui dira que cela importe... Mais ceci, par contre, doit figurer droitement et sûrement comme avertissement fondamental en Nota Bene pour les petites âmes les plus fragiles, aussi bien chez nos Sachants que chez nos antiSystème. Cette chose, cet essai qui précède dans les lignes qui viennent d’être écrites et parvient à son terme, ceci n’est en rien la description d’un complot ou d’une manigance dont nos fertiles imaginations sont coutumières. Je parlerais plutôt, moi, d’une ‘fatalité’ qui est le terme commun que les commentateurs en déroute offrent, comme une bouée de sauvetage qu’on jette dans la tempête, pour représenter le destin dont ils craignent tant de dire le nom.

  • 25 octobre 2020 à 00:00
À partir d’avant-hierDedefensa.org

Pâtir

Par info@dedefensa.org

Pâtir

Il a pâti de sa vision laïque des choses. Il voulait défendre la liberté d’expression, n’a rien trouvé de mieux comme travaux pratiques que d’utiliser les caricatures de Mahomet qui avaient valu à Charlie Hebdo la mort.

Voilà comment un homme, sans doute de bonne foi et sincèrement convaincu que la lutte contre l’islamisme passe par le droit au blasphème, est mort tragiquement. Voilà un homme qui sans doute n’a jamais appris la vie que dans les livres, les grands, ceux qui depuis deux siècles crient sus à la religion, à bas la calotte! Il savait que les images qu’il allait montrer avait déjà coûté la vie à une douzaine de personnes cinq ans auparavant. Ça ne l’a pas pour autant rendu prudent. Il s’est peut-être cru courageux de tenter la chose, s’est cru dans son bon droit, dans le Droit, ce droit dont nos élites se gargarisent à chaque occasion pour critiquer, tancer, dénoncer ce qu’ils voient comme de l’extrémisme, de la haine ou de l’antisémitisme. Beaucoup d’esprits de qualité qui sont allés dans les écoles de la république et sont devenus professeurs, ont adopté cette belle théorie de la liberté d’expression dont le complément quasi religieux est la patience, la tolérance, voire la magnanimité envers ceux qui ne l’acceptent pas. Ainsi, croyant à la capacité de la Raison à démontrer quelque chose, ils s’imaginent, depuis en gros cinquante ans, que ce qui se conçoit bien non seulement s’énonce clairement, mais que cette clarté porte le nom magique de Lumières et que tout être raisonnable s’agenouillera devant. Or, dans le monde actuel, dans la France actuelle, vivent des millions de gens (pas seulement les musulmans mais surtout eux) qui n’ont rien à faire des Lumières et du bonheur qu’elles sont sensés avoir apporté à notre peuple. Pourquoi ? Ce n’est pas seulement le fait de ne pas être allé assez à l’école, ou le fait que les Français seraient anarchistes nés et rouspéteurs congénitaux ayant besoin d’un roi pour se tenir tranquilles, c’est le fait que ce qu’ils voient de plus en plus autour d’eux leur fait beaucoup plus penser à l’obscurité de l’égoïsme grandissant de toute une époque qu’à une aveuglante lumière. Là, je parle surtout des Français autochtones ("de souche" est de droite), des Français nourris de culture française dont Macron le pervers, pendant sa campagne, disait qu’elle… n’existait pas ! A ces Français, depuis cinquante ans, s’est ajouté une masse de gens étrangers à 95% d’origine maghrébine, donc imbibés d’Islam. Eux et leurs familles n’ont pas adopté les Lumières et selon toute vraisemblance, ne se sont pas éclairés uniquement par les livres de l’école mais au dur combat de la vie. Dur combat dont la religion est naturellement l’opium. Croire que des habitués à l’opium pourraient être sevrés, qu’ils baiseraient avec reconnaissance notre drapeau et son mythe piétiné, Liberté, Egalité Fraternité, était une dangereuse illusion. C’est cette illusion que les humanistes universalistes laïques français (ils sont les seuls en Europe à avoir cette manie), répandent en voulant faire croire, et se faire croire, que la raison universaliste est la loi fondamentale de l’humanité. Les professeurs de France et de Navarre ont raison au moins sur un point : l’éducation c’est tout. Un homme est son éducation, et sauf miracle (ou catastrophe), il n’en changera pas. Quand ce professeur a eu le cerveau lavé depuis l’école (et jamais rincé), il ne pourra jamais penser autre chose et prendra le risque de vouloir l’imposer à tous, deviendra, il faut bien le dire, un fanatique. Samuel était un fanatique de la liberté d’expression, un fanatique de la croyance en la raison, un fanatique de la laïcité. Il était à la fois un hussard noir et un homme vêtu de probité candide et de lin blanc. Il a peut-être cru à l’agneau de la fable buvant dans une onde aussi pure que sa volonté de bien faire, sans voir en aval le loup qui le guettait. En dépit de tous les arguments rationnels que dans sa classe de 4e il pouvait lui opposer, ce loup attendait le moment favorable pour le dévorer.

Avoir eu l’inconscience de prendre comme support de la liberté d’expression le scatologique, pauvrissime-dépourvu-d’humour-et-d’intelligence Charlie, lui a coûté la vie. Paix à son âme. Pour les âmes qui ne veulent pas tout de suite le rejoindre, je conseille de choisir des supports plus consensuels. Ou alors, on vire tous les musulmans extrémistes de France qui sinon continueront leur œuvre mortifère. On sait cela quand on est suffisamment imprégné du Coran et qu’on a fréquenté les Musulmans ailleurs que dans les livres.

Marc Gébelin

  • 24 octobre 2020 à 00:00

Notre ‘Principe-de-Culpabilité’

Par info@dedefensa.org

Notre ‘Principe-de-Culpabilité’

Notre propos, ici, est moins d’accompagner le texte ci-dessous que d’en faire bon usage pour argumenter en faveur d’une approche systématique rénové de l’attitude des pays du bloc-BAO au sein de cette civilisation que cette entité informelle est enfin parvenue à subvertir, pour l’invertir complètement en contre-civilisation. L’idée est de promouvoir, à l’encontre de tous les actes posés au nom du Système, officiels ou non, à tendance politique, ou bien artistique et culturel, ou bien progressiste-sociétal bien entendu, ce que nous nommons ‘Principe-de-Culpabilité’...

Comme il y avait dans les temps anciens et disparus une “présomption d’innocence”, il y a aujourd’hui, pour le regard sans ciller de l’observateur, un “principe de culpabilité” (qui sera majusculé pour l'occasion) : par principe, le Système, le bloc-BAO, la modernité doivent être tenus pour absolument coupables des suites catastrophiques des événements en cours, par leurs actions de relayage et leur faiblesse de caractère face au charme discret à la fois de la bourgeoisie et de toute entreprise de subversion. Cela établi, nous voulons bien entendre le plaideur tenter de nous convaincre que, non, la culpabilité n’est pas tout à fait entière... On verra.

Passons à l’objet de la démonstration. Certains de nos imbéciles courants jugeraient qu’il s’agit de « Nous, devant l’Impériale Imposture, à peine dissimulée ! », selon la fameuse apostrophe d’un officier russe capturé, s’exclamant à la vue de l’Empereur Napoléon au soir d’Austerlitz ; il suffit, dans ce cas, de l’inverser comme les Occidentaux sont habitués à invertir, et dénoncer à propos de texte de provenance russe un agenouillement, tout masque retiré, devant le Nouveau-Tsar Poutine... Cela, pour faire une transition qui animera la galerie et les plateaux parisiens.

En effet, nous observons d’abord que le document ici sollicité est à verser au dossier de récompense des ‘russophrènes’, tant il apparaît évident que les Russes (les ‘médias d’État’, comme disent nos petits délateurs des salons parfumés de nos vertus), et particulièrement RT dans ce cas, se sont montrés acharnés dans le dévoilement d’une vérité-de-situation que le bloc-BAO passe son temps à conchier. Le texte ci-dessous est une version française (RT-France) d’un texte paru en anglais sur RT.com le 19 octobre ; on peut l’accompagner, ou l’enrichir c’est selon, de la vision et de l’audition d’une émission de la série La Grande Interview, sur RT-France là aussi, consacrée au même José Bustani qui est le héros des textes cités. Diplomate et technicien international, président de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (l’OIAC de l’ONU), de l’année de la création de l’Organisation en 1997 à 2002, Bustani a une très grande expérience, sans doute la plus importante professionnellement, dans le monde des armes chimiques, et du désarmement de cette sorte d’armes.

Bustani, éliminé en 2002, a été de nouveau sollicité en 2020, sur intervention... des Russes, naturellement ! Cherchez la mouche  du coche du Système qui passe son temps à jouer à l’antiSystème, vous trouverez un Russe ou la Russie tout court. Les grands-maîtres de l’ONU, les ‘inspirateurs’ de l’origine (USA et UK), avec l’adjonction d’une France devenue “plus blanche que blanche” grâce à la formule atlantiste-Ajax, courant du Chirac-finissant en Macron triomphant, et avec des ministres de la carrure de Fabius qui n’a jamais dit « Al Nostra, qui fait du bon boulot », – toutes ces grandes voix, donc, se sont récriées pour rejeter il y a quinze jours la proposition russe d’appeler Bustani pour donner de la chair à la contestation émise contre le rapport-bidon bidouillé par des faux experts-maisons de l’ONU, sur la fausse attaque chimique de Douma, en Syrie, le 7 avril 2018. Washington D.C. et “D.C.-la-folle”, pour une fois réconciliées, s’étaient emparées de cette attaque-bidon, montée pour l’occasion et comme en passant, pour justifier une attaque contre la Syrie, qui d’ailleurs s’était avérée elle-même (cette attaque) complètement bidon.

On vous laisse démêler les autres fils de cette histoire triste comme une guerre de Syrie à en mourir. L’intérêt du texte, reprenant les déclarations faites à RT par Bustani, est de montrer combien tout, absolument tout ce qui est dénoncé sur le moment comme un montage du bloc-BAO, américanistes en tête, combien tout se révèle absolument conforme à une vérité-de-situation qui devrait donc être retenue comme le ‘Principe-de-Culpabilité’. On passe aussi bien, avec le brave Bustani :

• des armes de destruction massive de Saddam qui n’existent pas (en 2002) ;
• à des menaces directes de Bolton contre Bustani, avec mention de ses enfants (deux de Bustani) séjournant à New York et qui pourraient faire, imagine-t-on parce qu’on est bons princes, objets de représailles, par exemple avec un Bolton allant les frapper à coups de batte de base-ball, très style-Capone ;
• à cette attaque chimique de 2018 de Douma, bidon comme toutes les autres, toutes grossièrement montées au prix de quelques dizaines/centaines de morts civils, pour avoir une raison d’accuser Assad ;
• à ce refus des “grands’ (USA, UK, France) d’appeler Bustani en octobre 2020 pour porter un jugement sur le rapport-bidon de 2019, sur l’attaque-bidon de 2028 ;
• à la révélation, également des ‘grands’ en question, que monsieur Bustani, pendant sept ans à la tête de l’OIAC, viré par les américanistes de Bush, menacé physiquement par Bolton, dénonçant les bidouillages autour de l’attaque-bidon de Douma, est « non-qualifié » pour parler des armes chimiques en Syrie ;
• au rappel que Bolton, homme de main et porte-flingue du Système, fut célébré comme l’un des multiples “seul adulte dans la pièce” avec le président Trump, et désigné par le New York Times pendant au moins 2-3 jours en janvier 2020 comme la référence morale pour justifier la destitution de Trump ;
• enfin et pour en finir, à une question posée au Guardian d’aujourd’hui de savoir s’il souscrit au commentaire du Guardian d’hier (16 avril 2002) concernant monsieur Bustani : « Il a, sans doute, fait plus au cours des cinq dernières années pour promouvoir la paix dans le monde que n'importe qui d'autre sur terre. Ses inspecteurs ont supervisé la destruction de deux millions d'armes chimiques ainsi que les deux tiers des infrastructures de l'armement chimique dans le monde. »

Notre idée assez simple est de suggérer que, dans ce qui se produit dans le désordre et le chaos du monde aujourd’hui, une position stable et justifiée au départ d’une analyse ou d’un commentaire, aujourd’hui toujours, est que la position initiale dispose de l’impératif catégorique de conformation au Principe-de-Culpabilité. C’est-à-dire : tout ce qu’on peut dire et penser en matière d’infamie, de tromperie, de simulacre, de dissimulation, d’ignominie, de la part du bloc-BAO, USA en tête, – tout cela a toutes les chances absolument d’être vrai et doit être absolument abordé de cette façon.

(Pour rappel et de la part de PhG à l’origine de la séquence, comme leitmotiv de ce ‘Principe-de-Culpabilité’ et devise de bonne vie et mœurs [ou “bonne vie et meurs!”]  : « La seule chose dont je suis sûr  [à propos de l’attaque du 11 septembre], c’est que la version officielle est fausse. »)

Maintenant, et parce que nous sommes bons bougres, à l’époque où éclatent les Cent-Fleurs de la démocratie en jachère, et à l’époque de l’héritage des-Lumières, on peut, s’il y a remarque ou contestation, envisager de vérifier certains des arguments, tout en suivant très réglementairement le Principe-de-Culpabilité. (Nota Bene : le texte ci-dessous, repris de RT-France, porte comme titre initial : « Manipulation, espionnage américain, menaces... Les révélations explosives de l'ex-chef de l'OIAC ».)

dedefensa.org

_________________________

 

Des révélations explosives et chimiques

Figure du désarmement chimique à travers le monde, José Bustani a été évincé en 2002 de l'OIAC, qu'il dirigeait depuis sa création. Désormais boycotté par des membres du Conseil de sécurité de l'ONU, il se livre dans un entretien édifiant.

Nous sommes le 5 octobre 2020, une querelle de procédure éclate au Conseil de sécurité de l'ONU. Celui-ci « a affiché ses divisions [au sujet] des armes chimiques en Syrie », ainsi que le rapporte le jour même un article publié sur le site des Nations unies. Plusieurs membres du Conseil, dont les représentants des Etats-Unis, de la France ou encore du Royaume-Uni, ont en effet refusé la proposition russe de faire intervenir le Brésilien José Bustani, ancien directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), au sujet des conclusions de l'organisme concernant l'attaque chimique présumée d'avril 2018 à Douma (Syrie), pour laquelle tous les regards accusateurs s'étaient immédiatement tournés vers Damas.

Bustani, directeur de l'OIAC depuis sa création en 1997 jusqu'au 21 avril 2002 (date à laquelle il est révoqué lors d'un vote à l'initiative de Washington, un an avant l’intervention militaire américaine en Irak), fait partie de ceux qui continuent, aujourd'hui encore, à contester les méthodes ayant abouti à la version finale du rapport susmentionné − publié le 1er mars 2019 − selon lequel du chlore a été utilisé comme arme chimique à Douma le 7 avril 2018.

Le 5 octobre, son intervention est donc rejetée au Conseil de sécurité de l'ONU par trois voix pour, six contre et autant d’abstentions. En pleine séance, la représentante des Etats-Unis affirme par exemple que José Bustani est un interlocuteur « inapproprié et non-qualifié » sur le dossier. Si ce récent épisode est resté relativement méconnu, les enjeux qu'il recouvre ne sont pas des moindres, compte tenu du fait que le rapport de l'OIAC en question serait par la suite utilisé pour justifier une intervention militaire conjointe en Syrie des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France, dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, soit six jours après l'attaque de Douma, imputée à l'armée syrienne.

Révélations passées sous silence

Dans le cadre d'un entretien mené par le journaliste américain Aaron Maté, publié le 18 octobre par le site d'investigation The Grayzone, José Bustani exprime sa vision d'un dossier dont il dénonce l'absence de couverture médiatique. Le diplomate brésilien regrette en effet le silence des grands journaux, citant les exemples du Monde et du Figaro en France, au sujet de révélations accablantes sur la version finale du rapport de l'OIAC, réalisées par plusieurs lanceurs d'alerte au sein de l'organisation. « Si les médias [de renom] s'étaient penchés sur l'affaire, cela aurait pu aider les enquêteurs qui ont tenté d'alerter sur le fait que leur travail avait été compromis, il y aurait eu un poids médiatique », estime en effet l'ancien directeur de l'OIAC. Entre autres exemples illustrant ces révélations, un courriel interne à l'organisation, publié par WikiLeaks le 23 novembre 2019, faisait état d'un rapport final publié après « une réécriture trompeuse » des faits observés sur le terrain.

Lors du même entretien, José Bustani rappelle qu'il connaît personnellement les lanceurs d'alerte en question. « Ce sont des inspecteurs avec qui j'ai travaillé, ils sont très compétents. [...] L'un d'entre eux [fait partie de l'équipe qui] a enquêté à Douma […] On devrait leur permettre de s'exprimer sur les résultats manipulés du rapport », souligne-t-il, expliquant ainsi son implication personnelle dans ce dossier.

« Si j'étais encore directeur de l'OIAC, ça ne serait jamais arrivé », déclare à plusieurs reprises José Bustani, tantôt interrogé sur le fait qu'une nouvelle équipe aurait pu être constituée afin de rédiger le rapport final à la place des enquêteurs initiaux, tantôt réagissant aux révélations de son interlocuteur, selon qui des membres d'une délégation américaine auraient rencontré des enquêteurs de l'OIAC pour tenter de les aiguiller dans la rédaction du rapport.

Pour José Bustani, il existe indéniablement des similarités entre la situation que traversent les lanceurs d'alerte de l'organisation au sujet du rapport en question, et sa propre éviction de l'OIAC en 2002. « Ces enquêteurs sont punis pour avoir respecté notre convention, j'ai aussi respecté la convention et j'ai été écarté de l'organisation », remarque-t-il. Pour rappel, l'organisation s'en était vertement pris, le 6 février 2020, à deux de ses anciens inspecteurs accusés d'avoir divulgué des documents internes confidentiels, ainsi que le rapportait l'AFP le jour même.

Washington, menaces & espionnage

Revenant sur sa carrière au sein de l'organisation, José Bustani confie avoir observé des changements inquiétants au sein de l'OIAC à partir de la période post-attentats du 11 septembre 2001. « Les choses ont commencé à s'effondrer sous la nouvelle administration Bush », se souvient-il avant de mentionner un épisode qui, selon ses dires, a fait de lui la cible d'une cabale de l'administration américaine : en novembre 2001, alors qu'il parvient à convaincre l'Irak et la Libye de rejoindre l'organisation après de longs efforts en ce sens, le directeur de l'OIAC se voit brutalement sermonné par la délégation américaine de l'organisation. « Qui vous a donné l'ordre de faire une telle chose ? », aurait-elle alors tonné à son encontre. Début 2003, les Etats-Unis envahiront l'Irak de Saddam Hussein, sous le faux prétexte, comme on le sait désormais, que ce dernier aurait disposé d'armes de destruction massive.

Si Bustani explique avoir été choqué, en tant que directeur d'un organisme indépendant, par une réaction aussi hostile à son initiative, il va plus loin encore dans ses révélations. « J'ai réalisé qu'il se passait quelque chose, ils ont immédiatement lancé une campagne pour me faire quitter l'organisation », confie le diplomate brésilien. « Vous avez 24 heures pour démissionner, nous savons où sont vous enfants, vous devez prendre la bonne décision », aurait été jusqu'à lui dire à l'époque, lors d'une réunion informelle, John Bolton, alors chargé des questions de désarmement par George Bush.

« Si les Américains avaient adopté une position différente, nous aurions pu éviter la guerre en Irak et toutes ses conséquences qui sont toujours d'actualité 20 ans plus tard. C'est une grande frustration pour moi », confie en outre le diplomate brésilien.

« Après ma troisième année en tant que directeur de l'OIAC, j'ai commencé à identifier des fuites concernant des discussions que j'ai eues avec des membres de l'organisation », raconte-t-il. Inquiet d'une de ces fuites, Bustani explique avoir fait appel à un de ses contacts, expert sur les questions sécuritaires : « Le mur derrière mon bureau était rempli de matériel d'écoute. Il a cassé le mur et tout retiré, il y avait des micros dans les tiroirs et le téléphone de mon bureau, j'étais choqué [...] C'est la première fois que je le dis aujourd'hui. »

Bustani explique alors avoir cherché à tirer au clair cette histoire avec la personne en charge de la sécurité de l'organisation qu'il dirigeait alors. « C’était un Américain. Quand j'ai voulu le convoquer, on m'a informé qu'il venait de partir en Allemagne [...] Il n'a jamais refait surface », relate encore l'ancien patron de l'OIAC, qui assure n'avoir jamais obtenu d'explications à ce sujet, malgré ses multiples démarches en ce sens.

Décrivant un climat de plus en plus stressant en tant que directeur de l'organisation, Bustani raconte également que plusieurs pays membres, les Etats-Unis en tête, avaient menacé de suspendre leur contribution financière à l'OIAC s'il ne démissionnait pas. C'est pourquoi, avant même le vote de La Haye à l'issue duquel il a été révoqué, il affirme qu'il s'apprêtait à quitter l'organisme : « J’avais décidé de m'en aller, mais je ne voulais pas être révoqué, je voulais gagner ce vote et ensuite démissionner [...] ce qui ne s’est pas passé », regrette-t-il en référence à un vote lors duquel 48 pays ont voté pour son départ, sept s'y étant opposés, et 43 autres s'étant abstenus.

A l'heure où certains membres du Conseil de sécurité de l'ONU considèrent José Bustani comme « non-qualifié » sur le volet des armes chimiques en Syrie, il est important de rappeler que c'est précisément dans le cadre de son combat pour un désarmement chimique sur la scène internationale que le haut diplomate brésilien a été écarté de l'organisation qu'il dirigeait depuis sa création.

« Il a, sans doute, fait plus au cours des cinq dernières années pour promouvoir la paix dans le monde que n'importe qui d'autre sur terre. Ses inspecteurs ont supervisé la destruction de deux millions d'armes chimiques ainsi que les deux tiers des infrastructures de l'armement chimique dans le monde », écrivait le Guardian dans un article daté du 16 avril 2002, soit cinq jours avant le vote de La Haye ayant mené à son départ.

« Jugé trop indocile, il faisait obstacle, par le sérieux de son travail, au plan de guerre [américain] contre l’Irak », souligne pour sa part l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dans un article d'octobre 2013.

Fabien Rives

 

  • 24 octobre 2020 à 00:00

Objectifs infâmes

Par info@dedefensa.org

Objectifs infâmes

Supposons que vous soyez l’un des génies maléfiques qui dirigent l’économie mondiale. Bien sûr, vous voudriez continuer à la gérer de manière stable, sûre et rentable malgré les problèmes qui pourraient surgir de temps en temps. Vous voudriez résoudre ces problèmes rapidement et efficacement sans attirer l’attention sur vous et vos mauvaises habitudes. Quels sont donc, selon vous, les principaux problèmes qui appellent une solution rapide et préventive, et comment devriez-vous les résoudre ?

Tout d’abord, vous constaterez qu’un problème majeur se pose en ce qui concerne l’approvisionnement énergétique mondial. Cela a été prédit encore et encore depuis le milieu des années 1990, mais diverses avancées technologiques et manœuvres géopolitiques ont repoussé la crise finale de deux décennies. Mais aujourd’hui, la crise finale se rapproche de plus en plus. Les nouvelles découvertes de ressources ont pris tellement de retard sur la production qu’il n’y a aucun espoir de la rattraper un jour. Le dernier grand espoir pour les États-Unis et le monde, la fracturation hydraulique, est maintenant en train de faire faillite, n’ayant jamais fait beaucoup de profit. La plupart des entreprises concernées ont fait faillite ou sont sur le point de le faire. Les énergies renouvelables, sous la forme d’électricité d’origine éolienne et solaire, se sont révélées trop coûteuses et trop peu intéressantes pour les réseaux électriques en raison de leur intermittence et de l’impossibilité de stocker de grandes quantités d’électricité. Les manœuvres géopolitiques, telles que la tentative de renverser le gouvernement du Venezuela et de voler son pétrole, ou de sanctionner la Russie pour qu’elle se comporte comme une station-service avec une économie en lambeaux, ont toutes échoué. Le taux de retour énergétique [EROEI] – une mesure difficile à calculer mais finalement décisive de la faisabilité de toute entreprise énergétique – continue de décliner.

En tant que génie maléfique et non pas en tant que simple pilote amateur et ignorant dans son fauteuil roulant, vous seriez pleinement conscient du fait que l’incapacité à faire quelque chose pour équilibrer l’offre et la demande d’énergie fossile provoquerait l’effondrement de l’économie mondiale. Depuis l’avènement de l’industrialisation basée sur le charbon, la croissance économique a toujours été accompagnée d’une augmentation proportionnelle de l’utilisation des combustibles fossiles. Mais de telles augmentations semblent désormais impossibles. L’économie mondiale actuelle repose sur le crédit pour soutenir la production, et sur une croissance continue pour rester solvable. Dans ce schéma, la seule alternative à une croissance économique continue est l’effondrement économique. On commence donc à chercher des moyens de rééquilibrer l’équation énergétique en fermant certaines parties de l’économie mondiale tout en permettant à d’autres de poursuivre leur croissance. Comme personne n’est particulièrement désireux de se ruer vers l’abattoir, votre tâche consiste à trouver un moyen de les induire en erreur pour qu’ils y aillent volontairement, soi-disant pour leur propre bien.

La prochaine question à se poser est de savoir quelles nations industrialisées sont prêtes pour le croc de boucher. Vous constaterez que certains pays ont continuellement vécu au-dessus de leurs moyens. Ils ont sans cesse emprunté de l’argent bien au-delà de leur potentiel de croissance économique et leur capacité à rembourser les dettes qu’ils contractent maintenant est précisément nulle. Le plus important d’entre eux est les États-Unis, qui vivent depuis des décennies sur des emprunts et dont la dette gigantesque éclipse tous les excès précédents réunis. Combiné à la perte progressive du statut de monnaie de réserve pour le dollar américain et à la perte concomitante par les États-Unis du privilège exorbitant d’imprimer de la monnaie selon ses besoins, cela a placé les États-Unis à l’épicentre de l’inévitable effondrement financier. Vous interpréteriez la panique du marché REPO d’août 2019, lorsque les intérêts des prêts au jour le jour utilisant la dette fédérale américaine comme garantie ont atteint 10 %, comme une fissure dans la façade du village Potemkine, soigneusement entretenu, du système financier américain.

Si l’on examine la situation budgétaire des États-Unis, on remarque que ce pays n’est plus en mesure de financer ses déficits budgétaires toujours croissants en empruntant à l’étranger, car les étrangers sont maintenant vendeurs nets de titres de créance américains. Vous serez choqué de découvrir que le gouvernement américain emprunte aujourd’hui près de la moitié de ses dépenses, accumule des dettes à court terme deux fois plus vite qu’il ne pourrait espérer les rembourser, et prévoit nonchalamment de s’endetter davantage à court terme tout en empruntant encore plus dans les années à venir. L’image qui vous vient à l’esprit est celle d’un taureau particulièrement têtu qui se tient au milieu des voies ferrées tentant de défier du regard un train qui arrive.

En tant que génie de la finance, vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur les schémas pyramidaux et vous identifiez facilement l’état de fait actuel comme un pur système pyramidal. Comme les systèmes pyramidaux échouent tous, et qu’ils ont tendance à le faire plus ou moins instantanément, vous commencez à chercher un moyen d’anticiper leur effondrement afin de garder le contrôle de la situation. Votre principal objectif à court terme serait d’éviter une panique en plongeant l’économie mondiale dans une sorte de coma induit médicalement, en l’alimentant avec une perfusion d’argent gratuit. Cette pause vous donnerait l’occasion d’apporter certains changements nécessaires, certains d’ordre cosmétique, d’autres plus spectaculaires.

Il n’y aura pas assez d’énergie pour faire fonctionner l’économie industrielle mondiale ; c’est pourquoi il faut en fermer certaines parties. Quelles parties ? Une approche ad hoc, à la carte, a peu de chances d’être efficace car ce qui reste de l’économie mondiale à la fin de ce processus doit être intact, contigu, stable, prospère et assez vaste, englobant, disons, deux ou trois milliards d’âmes sur un total tout à fait superflu de plus de 7,5 milliards, dont on dit déjà que la moitié subsiste avec moins d’un dollar mythique par jour. Le Sud indigent n’est manifestement pas un problème dont vous, le génie maléfique qui dirige le monde, devez vous préoccuper. Ces gens sont déjà en train de se débrouiller d’une manière ou d’une autre. Ils ne font pas vraiment partie de l’économie mondiale.

Alors, quelles parties de l’économie mondiale devriez-vous fermer ? Une excellente opportunité, immédiatement à votre disposition grâce à la peur de la pandémie artificiellement exagérée, est de tuer le tourisme international. C’est ce qui a été fait : les industries hôtelière et aérienne sont dévastées, de même que les restaurants, les stations thermales et de nombreuses autres entreprises qui accueillent des touristes internationaux. Les bateaux de croisière sont démantelés pour aller à la ferraille. Cela a fait baisser la consommation de distillats de pétrole. Contrairement à l’essence, qui est utile pour se déplacer sans but dans de petits véhicules de passagers et qui est en grande partie un déchet créé par les raffineries de pétrole, les distillats de pétrole tels que le kérosène, le fuel de soute et le diesel sont le précieux élément vital de l’économie mondiale. Leur utilisation pour transporter les touristes en avion vers les lieux de vacances est un énorme gaspillage, inabordable.

Mais si l’utilisation des distillats de pétrole diminue, il en va de même pour l’essence, puisque celle-ci représente environ la moitié de ce que chaque baril de pétrole brut peut raffiner. La solution consiste à empêcher les travailleurs de faire la navette vers leur travail en les faisant travailler à domicile. C’est du pur gaspillage que de fournir aux employés de bureau un endroit pour dormir et se distraire et un autre pour travailler ; ils peuvent tout faire à partir du même matelas et de la même connexion internet en utilisant le même ordinateur portable et le même téléphone portable. Une fois qu’il n’est plus nécessaire de se déplacer, la nécessité d’entretenir des bureaux dans les grandes villes disparaît également et les villes et les banlieues peuvent être dépeuplées. La population peut tout aussi bien faire du télétravail à partir de la campagne. La nécessité de se rendre en voiture au supermarché peut être remplacée par un camion de livraison hebdomadaire, ce qui permet de fermer la plupart des commerces de détail également. Dans un cadre rural, on peut éventuellement apprendre aux gens à cultiver et à produire leur propre nourriture, à se chauffer avec le bois de chauffage qu’ils ramassent et finalement à devenir à demi sauvages pour disparaître de la vue [des génies].

Une fois qu’il n’est plus nécessaire de faire la navette et de se rendre en voiture aux magasins, il devient possible de réduire la mobilité globale de la population, ce qui diminue encore sa consommation d’énergie. Le meilleur moyen d’y parvenir est d’éliminer le transport privé sur de longues distances en instaurant des péages autoroutiers très élevés tout en introduisant des réglementations strictes qui doivent être respectées avant de permettre aux passagers de monter dans les transports publics, les trains ou les avions. Les mesures de santé et de sécurité publiques peuvent jouer un rôle important à cet égard.

Un effet secondaire louable de la dispersion de la population dans les campagnes tout en limitant sa mobilité est que la protestation politique devient futile. Une fois que les gens ne sont plus autorisés à se rassembler et à protester en masse, leurs mouvements de protestation deviennent virtuels et se limitent aux plate-formes de médias sociaux qui, étant privées, peuvent simplement être fermées. Lorsque les autorités doivent intervenir, elles peuvent facilement surveiller le trafic Internet et téléphonique et restreindre les déplacements physiques de tous ceux qu’elles jugent suspects. Les coûts de maintien de l’ordre, de dispersion des manifestations et d’étouffement des émeutes sont ainsi considérablement réduits. Une première mesure utile consiste à cesser dans un premier temps de maintenir l’ordre dans les grandes villes, ce qui permet aux criminels et aux pillards de régner librement et de provoquer ainsi un exode parfaitement volontaire des villes vers la campagne.

Un autre effet secondaire louable de l’effondrement des grandes villes sous le poids des vagues de criminalité, des protestations et des émeutes est que les criminels, les manifestants et les émeutiers peuvent alors être rassemblés, arrêtés et utilisés comme esclaves. La surveillance électronique contemporaine, avec le suivi des téléphones portables, la vidéosurveillance et la reconnaissance faciale basée sur l’IA, permet d’identifier et de localiser facilement les auteurs de ces actes. Aux États-Unis en particulier, où l’esclavage est toujours légal à condition qu’un tribunal prononce une peine pour un crime précis (comme le stipule le 13e amendement de la Constitution) et où des masses d’esclaves noirs et latinos travaillent dur dans des prisons privatisées qui sont assez analogues aux plantations du Sud d’avant la guerre [de Sécession], il s’agit d’une technique puissante pour convertir le surplus de population en main-d’œuvre gratuite.

Une source importante de dépenses énergétiques est consacrée à ce que l’on peut définir comme un luxe. Dans une économie de marché libre, le choix du consommateur est sacro-saint et un grand nombre d’entreprises répondent à tous les besoins, des salons de manucure au toilettage des chiens, en passant par les bars, les pubs, les restaurants, les services de restauration, les studios de massage et de yoga, les vêtements de marque, etc. Aucune de ces entreprises n’est essentielle et peut donc être fermée à condition de trouver une excuse liée à la sécurité publique pour le faire. En remplacement de tout ce qui précède, un panier de produits de consommation essentiels peut être livré à domicile, gratuitement et régulièrement, par des équipes de volontaires communautaires lourdement armés.

Normalement, on s’attendrait à ce que la proposition de plonger l’économie mondiale dans un coma induit par la médecine rencontre une résistance considérable. Votre brillante solution est d’effrayer tout le monde pour qu’il se soumette en faisant sans cesse l’apologie d’un virus respiratoire pas particulièrement dangereux. Selon les dernières estimations, probablement encore trop élevées, de l’Organisation mondiale de la santé, le nouveau SRAS-CoV-2 a un taux de mortalité par infection (IFR) de seulement 0,14%. Ce taux est nettement plus élevé que le 0,10% de la dernière grande pandémie virale respiratoire, la grippe de Hong Kong de 1968-69, qui a tué entre 1 et 4 millions de personnes dans le monde et a peut-être un peu contribué à la chute de 0,6 % du PIB américain (bien que cette chute soit principalement due à la fin des dépenses liées à la guerre du Vietnam). Mais comme le taux d’infection du nouveau virus a tendance à être gravement sous-estimé (c’est délicat car il ne provoque aucun symptôme chez la plupart des gens), le chiffre final de l’IFR sera probablement nettement inférieur.

Comme on commence à le savoir, une certaine décrédibilisation des alarmistes devient inévitable. Mais jusqu’à présent, la mission des élites jouant sur la peur a été un grand succès. Les prévisions alarmistes de millions de morts basées sur un faux modèle informatique concocté par Neil Ferguson, ancien physicien théoricien du Collège Impérial d’Angleterre (dont les prévisions, depuis de nombreuses années, sont aussi fausses que la journée est longue), associées au cirque et au battage médiatique habituel,  à la frénésie autour de l’épidémie initiale en Chine, ont poussé les gouvernements du monde entier à réagir de façon excessive, en fermant de grandes parties de leur économie.

Les personnes les plus intelligentes ont déjà rassemblé un grand nombre de faits qui nuisent fortement au battage médiatique, à savoir que tenter d’empêcher le virus de se propager était une course folle ; que les dommages causés par les mesures d’urgence sont beaucoup plus graves que ceux causés par le virus lui-même ; que ce virus est un inoculant sûr et efficace contre lui-même, évitant ainsi la nécessité de recourir à des vaccins.

Mais rien de tout cela n’a d’importance : le coma économique mondial a été induit comme prévu et seules les nations et les économies les plus prometteuses et les plus stables en sortiront un jour. Cette pause fraîcheur vous donnera à vous, génie maléfique en charge de l’économie mondiale, une chance de résoudre certains problèmes majeurs, tels que

  • Longévité : régler le problème du surpeuplement des retraités, étant donné que les fonds de retraite seront vides et qu’il n’y aura pas de ressources à consacrer à la médecine gériatrique
  • Automatisation : réduire l’intensité énergétique de l’économie en revenant au travail manuel tout en maintenant un contrôle très strict sur la main-d’œuvre
  • Intelligence : éloigner les fonctions intellectuelles des cerveaux humains pour les confier à des serveurs Internet qui exécutent des algorithmes d’intelligence artificielle, tout en réformant les systèmes d’éducation publique pour les éloigner du développement intellectuel et les limiter à l’enseignement des compétences manuelles, c’est-à-dire presser des boutons et obéir
  • Gérer le problème des “singes avec des grenades à la main” : débarrasser les nations anciennement développées et industrialisées mais maintenant effondrées de certains armements très dangereux, y compris nucléaires, pour les empêcher de se blesser elle-même et de se blesser entre elles
  • Réorganiser : reconnecter les chaînes d’approvisionnement désormais définitivement interrompues en de nouvelles associations industrielles qui n’incluent que les pays et régions qui resteront économiquement viables au moins pour les prochaines décennies tout en déconnectant définitivement le reste.

Nous aborderons ces problèmes dans de prochains articles. En attendant, profitez de votre coma économique induit par la médecine, et si quelqu’un vous demande pourquoi tout cela est nécessaire, dites-lui que c’est à cause de l’horrible coronavirus et que cela n’a rien à voir avec des choses telles que la bulle financière américaine qui s’apprête à éclater ou la faillite de l’industrie américaine de la fracturation hydraulique (ce qui, soit dit en passant, est certainement le cas).

 

Le 16 octobre 2020, Club Orlov, – traduction du Sakerfrancophone

  • 23 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Le côté chinois du désordre

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Le côté chinois du désordre

Les manœuvres se poursuivent, s’accélèrent et s’entrechoquent aux USA . Ce fut le cas dans la courte période précédant le second débat, scandaleusement faussée en faveur de Biden selon certains commentateurs, du fait notamment de matières non retenues telles que la politique étrangère. Là-dessus, Trump a tenté un ‘coup’ qui pouvait être éventuellement très productif en invitant l’associé de Hunter, fils de Biden, devenu le principal accusateur de la corruption de toute la famille, notamment à l’avantage de la Chine et du CPP (Comité Central du Parti, dirigeant le pays).

Il ne semble pourtant pas que Trump ait profité de cette initiative durant le débat. En effet, les premiers échos du susdit débat montrent un style notablement différent, essentiellement du fait de Trump qui a écarté son attitude polémique. Ce changement de tactique, certainement imposé par son équipe de campagne, pourrait selon les résultats de l’élection lui être reproché par ses partisans les plus radicaux, qui jugent que Trump doit exploiter au maximum ses capacités de nuisance et de déstabilisation de ses adversaires, en jouant hors des normes de la profession, c’est-à-dire hors de toute hypocrisie.

Dans ce monde, tous sont au moins aussi menteurs que Trump, même si Trump peut souvent apparaître comme le plus menteur de tous. C’est sans doute et notamment parce qu’il lui manque la plus grande de toutes les vertus modernistes et postmodernes : l’hypocrisie. Trump est un colossal menteur, mais il ne lui importe pas de farder, de maquiller cette activité, – on dirait presque : au contraire. Son narcissisme le lui interdit, car ce serait alors risquer de dissimuler l’essentiel, ce type formidable qu’il est, maître-tacticien, faiseur de deal comme d’autres font des rois, etc. Ainsi, Trump, en ne dissimulant rien sur les tromperies et les coups bas du système de l’américanisme mais au contraire en s’en disant le maître, montre-t-il involontairement que le roi est nu. C’est en bonne partie pour cet aspect de son comportement, nous semble-t-il, qu’il est l’objet d’une haine aussi forte : il ne dissimule pas que le simulacre est bien un simulacre. C’est également l’absence de l’utilisation de cette arme qu’est son caractère qui fait que certains de ses partisans sont mécontents lorsque Trump veut redevenir ‘raisonnable’.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que Trump n’ait guère utilisé les facettes excessives de son caractère pour animer la soirée. Un point de vue général semble être que ce débat fut correct, donc ennuyeux et sans relief, et qu’il ne changea guère les choses en aucun sens.

« Dans l'ensemble, les deux candidats étaient beaucoup plus calmes et mieux organisés que lors du premier débat, – même si Biden a montré des attitudes de colère à plusieurs occasions. Nous doutons que quelqu’un changé d’avis après le débat de ce soir », écrit ZeroHedge.com.

D’une façon assez caractéristique et paradoxale, nous irions jusqu’à proposer vaguement l’idée que le débat a constitué un retour “à la normale”, c’est-à-dire aux positions normales, avec les divers écarts, des deux candidats, et que l’on ne trouva plus grand’chose de la vindicte et de la haine qui habitent normalement la vie politique actuelle aux USA. Cela implique que cette vindicte et cette haine sont des composants directs des relations politiques aux USA aujourd’hui, qu’elles sont les causes même de l’évolution de la situation, et nullement le résultat de politiques opposées. Ce sont cette vindicte et cette haine, toujours inexpliquées dans leur véritable fondement, qui sont créatrices des tensions et conduisent à des positions politiques exacerbées, radicales, et à des perspectives d’affrontement. La haine, dont la production et l’existence sont inexplicables par des causes rationnelles, et donc qui ne peut être ni résolue ni effacée, est le facteur-clef qui empoisonne toute la politique US et empêche la moindre réconciliation et le moindre compromis.

Joe est-il une marionnette du PCC ?

Les affaires importantes se passent donc en-dehors des normes et des pistes habituelles. Pour l’instant, il est manifeste que le candidat Biden pose un problèmes, et beaucoup plus à son parti qu’à son adversaire. Inédit et remarquable à cet égard, est l’intervention de Barack H. Obama, dont on sait qu’il fut le président des États-Unis. Il est intervenu à Philadelphie, dans les conditions héroïques habituelles, telles que précisées de cette façon : « dans la soirée du 21 octobre [dans] un meeting public de type drive-in – Covid oblige – devant le Citizens Bank Park, au sud de Philadelphie. Il a soutenu son ex-vice-président Joe Biden – en avance dans les sondages mais en retrait depuis les accusations de corruption visant son fils Hunter – en critiquant vivement le bilan et la personnalité du président sortant, Donald Trump. »

Cette soirée n’est pas passée inaperçue, même si elle n’est pas nécessairement inoubliable. Le texte référencé nous dit également ceci, avec comme référence une intervention tout à fait autorisée, Axelrod étant un membre estimé et à part entière de la bande Obama-Clinton : « Cette charge virulente de Barack Obama contre Donald Trump est inédite, comme l’a déclaré sur CNN son ancien conseiller David Axelrod : “Les ex-présidents ne se mêlent d'ordinaire pas trop de politique et certainement pas de la politique de leur successeur [...] Je pense que c’était [l’intention de Barack Obama] mais Trump a changé cette résolution.” »

L’“intention de Barack Obama” n’était certainement pas d’intervenir sans charger Trump, ou d’intervenir spécialement pour charger ; elle était dans la nécessité de céder aux pressions des démocrates, qui s’affolent des possibles conséquences sur l’élection de l’énorme affaire Hunter-Joe, – dans ce qui apparaît être l’énormité de cette affaire, c'est-à-dire “le côté chinois du désordre”, extrêmement embrouillé d'ailleurs. On ignore pour l’instant si le brulôt chinois pourra être ‘exploitée’ contre Joe avant les élections, d’une façon qui aurait un effet sur le résultat. Mais il apparaît surtout qu’elle pourrait affecter le sort de Biden s’il était élu, cela à la demande même des démocrates.

Il s’agit effectivement beaucoup plus des aspects ‘chinois’ du scandale que de son aspect ‘ukrainien’, dans la mesure la Chine joue un rôle mondial, économique et géostratégique, d’antagonisme au plus haut niveau avec les USA, – tandis que l'Ukraine n'est qu'une mouche de coche de la corruption qu'un peu de sable efface. Biden devenu président, si c’est le cas, se trouverait face à une compromission que représentent des sommes importantes, en divers nombre de millions de dollars, transférés par des sociétés chinoises contrôlées par le PCC vers des entreprises liées à Hunter Biden, – cela rapportant de l’argent à Hunter, et même à Joe lui-même. Breitbart.News a mené une vaste enquête auprès de divers experts sur cette question.

Bien entendu, les résultats obtenus, exposés dans un article du 22 octobre, sont très inquiétants et défavorables, ouvrant un nouveau chapitre dans l’imbroglio du désordre interne actuel des USA. Certains experts, – il s’agit bien entendu d’experts très ‘durs’, proches des positions du parti républicain, – envisagent même une situation où un président des USA (Biden) ne disposerait pas, à cause de ses activités avec les Chinois, des accréditations minimales pour les matières de ‘Secret-Défense’, – situation absolument invraisemblable, bien entendu...

« Les gouvernements ou les services de renseignement étrangers hostiles cherchent des moyens d’influencer les décisions des fonctionnaires américains en leur faveur, que ce fonctionnaire soit un bureaucrate, un vice-président des États-Unis ou un candidat à la présidence”, a déclaré J. Michael Waller, vice-président des relations gouvernementales du Center for Security Policy et membre du Comité on the Present Danger, dans une interview avec Breitbart News mercredi.
» “Ils cherchent des moyens d'avoir une relation avec cet individu, de le compromettre pour que ses décisions profitent au régime qu'il vise”, a-t-il déclaré. “C’est le vrai danger des investissements du Parti communiste en Amérique, surtout lorsqu'il s'agit de ceux qui sont liés à la prise de décision”.
» “Le nœud vulnérable de Biden serait donc son fils Hunter, qui ... est un perdant, un criminel, un cocaïnomane. Et un père veut s’occuper d’un fils tel qu’il est... mais les Chinois voient les choses très différemment. Ils disent : ‘C’est notre entrée dans le cercle des décideurs de la direction des États-Unis.’ Sinon, pourquoi auraient-ils engagé un drogué complètement indiscipliné pour faire confiance avec autant d'argent ?” a-t-il ajouté.
» Gordon Chang, auteur et grand spécialiste de la Chine, a déclaré que si Joe Biden recevait un pot-de-vin pour les affaires de son fils en Chine et qu'il devenait président, cela donnerait aux Chinois "une influence extraordinaire sur le président des États-Unis, surtout s'il y a d'autres choses que nous ne connaissons pas".
» Frank Gaffney, fondateur et président du Center for Security Policy, a déclaré que si Biden était un fonctionnaire du gouvernement fédéral ou un entrepreneur, ses liens avec la Chine le disqualifieraient pour la plus basse accréditation d'une habilitation de sécurité pour traiter du matériel classifié.
» “Il y a trop de vulnérabilités là-bas qui permettraient à une puissance étrangère hostile, – sans parler de celles qui ont été directement impliquées dans les transactions, pour l'amour du ciel”, a-t-il déclaré dans une interview accordée mardi au Breitbart News Daily de Sirius XM.
» Il a prédit que même les démocrates trouveront un moyen de le disqualifier s'il remporte l'élection.
» “Je ne peux pas concevoir que le parti l'autorise à s'approcher du Bureau ovale", a-t-il déclaré. "Ce que je crois, c'est qu'il y aura des raisons de le disqualifier s'il est élu - à cause du contenu de ce disque dur”.
» Le représentant Jim Banks (R-IN), un réserviste de la marine américaine et coprésident de la commission des services armés de la Chambre des représentants pour la défense du futur, a qualifié les liens de Biden de “pires exemples de conflits d'intérêts au sein du gouvernement qu'il ait jamais vus”.
» “Il devrait être très inquiétant, à la veille d'une élection historique, que n'importe qui puisse prendre la Maison Blanche dont la famille a gagné des millions et des millions en vendant l'accès à cette personne, en particulier lorsque cela implique notre plus grand adversaire - c'est-à-dire la Chine”, a-t-il déclaré dans un entretien avec Breitbart News mardi.
» “Ils ont la marchandise sur lui, [et] la façon dont le Parti communiste chinois fonctionne, ils vont utiliser tout cela contre Joe Biden et le peuple américain s'il devient président”, a-t-il dit, ajoutant que les travailleurs et les travailleuses victimes du vol par la Chine de la propriété intellectuelle et des emplois américains seraient les plus touchés.
» Le représentant Jim Jordan (R-OH), le républicain le plus important de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, a déclaré qu'il est préoccupant que Joe Biden refuse de discuter des courriels et des liens financiers de sa famille.
» “Si cela continue, et il semble bien que ce soit le cas, vous parlez d'un type qui sera à la Maison Blanche, le Président des Etats-Unis. C'est une information importante que le peuple américain doit connaître alors que nous nous dirigeons vers cette élection cruciale dans deux semaines”, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse téléphonique de la campagne Trump mardi.
» M. Waller a déclaré qu'il y a déjà des preuves que M. Biden se retient contre la Chine dans sa réticence à critiquer la Chine pour le coronavirus.
» “Vous n'avez jamais entendu Joe Biden critiquer le Parti communiste chinois pour tout cela”, a-t-il déclaré. “C’est ce que fait le PCC lorsqu'il investit massivement dans votre vie. Ce n'est plus une relation commerciale que nous avons, c'est aussi une relation politique, et vous ne pouvez pas critiquer les dirigeants chinois sur quoi que ce soit”, a-t-il déclaré. »

 

Mis en ligne le 23 octobre 2020 à 11H45

  • 23 octobre 2020 à 00:00

Ami lecteur, entends-tu...

Par info@dedefensa.org

Ami lecteur, entends-tu...

23 octobre 2020 – Nous traversons, comme il est souvent écrit sur ce site et comme moi-même j’y sacrifie, une “étrange époque”. Il est manifeste qu’il n’y a jamais eu une telle transe inexorable, une telle hystérie rampante, – je veux dire que ces choses évitent de se perdre dans des excès voyant pour se concentrer sur l’essence même de la folie qu’elles servent, –pour caractériser ce qu’on est en droit de considérer comme une séquence des Derniers Temps. Le mensonge n’existe plus à proprement le dire ; c’est de réalités différentes que l’on parle, qui se séparent et s’ignorent quoiqu’émargeant à la même ‘réalité’ (?) de simulacres d’une puissance extraordinaire et qui s’affichent comme simulacres impérialistes et furieux. Même du pasteur Robertson, certains se diraient : “Voilà un de nous qui voit loin...”

Je ne vous parle pas d’un coup de canon ni même d’une gorge tranchée bien que ces horreurs existent, mais de ce que nos psychologies dans leur perception collectives puis nos esprits dans leur interprétation personnelle en font. J’ai cité telle et telle référence par facilité, nullement pour m’en inspirer. S’il le fallait, je vous rappellerais simplement ce texte d’avant-hier, dans ce Journal, de Patrick Armstrong, sur la russophrénie, qui mesure la profondeur de l’abîme où nous précipitent les manigances de nos pathologies, comme autant de pandémies que les dieux furieux de notre comportement nous ont envoyés comme grondement de leur fureur.

 Ne percevez-vous pas cette folie qui nous presse, nous encercle, accable nos corps et défait nos psychologies comme une tempête de cytokines arrivée au galop de votre secours pour mieux vous étouffer ?! J’emploie à dessein des références et des analogies qui sont du domaine du constat médical d’affections pathologiques, – pas du domaine médical des grands spécialistes de la médecine qui conduisent leur œuvre de corrupteur  sans en rien comprendre, illustres et grossiers instruments aveugles de forces qui nous dépassent, venus plastronner devant leur Nouveau-Dieu de l’image de la télévision. Il est vrai que nous sommes dans une crise sanitaire qui est désormais totalement, – certains diraient dictatorialement ou despotiquement, cherchant-et-trouvant dans le passé assuré des complots innombrables la conformation de leurs grandes qualités des devins de nos catastrophes sans précédent qui frappent à nos portes dans un bruit terrible, – intégré dans notre Grande Crise d’Effondrement du Système.

Ainsi en est-il de ces “étranges” Temps extraordinairement troublés, à la fois comme rangés en bon ordre, à la fois comme grain de poussière emporté par un chaos inouï. Nous sommes, – je dis ‘nous’ en pensant  dededefensa.org et quelques autres, – dans cette situation où il nous faut tenir sans céder à la folie qui nous assaille, en ayant à l’esprit cette idée que notre grande tâche est justement de ne pas céder. Nous restons, dans cette extraordinaire réseau de communication alternatif, nous autres du clan de l’effet-Janus, comme les rares points de faible lumière dans cet pénombre funèbre et cosmique où le Système nous précipite.

Alors, il faut que vous nous aidiez, que vous nous encouragiez que vous nous souteniez, – toujours ces mêmes mots, toujours leurs mêmes forces, toujours ces mêmes instants dans la respiration mensuelle du site. Il faut faire en sorte que nous puissions survivre et vivre, et mener la bataille. Il faut que vous fassiez sentir la force de votre sauvegarde et de votre adhésion, simplement en nous aidant à conduire à son terme notre campagne mensuelle de donation.

  • 23 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Saveur du désordre

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Saveur du désordre

Il y a un passage très intéressant, disons pour la chronique de notre connaissance du monde grâce à la communication et au professionnalisme de nos journalistes courants (presseSystème), dans une interview de John Rick MacArthur, président et propriétaire de Harper’s Magazine. L’entretien a lieu le 20 octobre 2020, dans l’émission de Spoutnik-France ‘Le désordre mondial’ de Rachel Marsden et le moment signalé (sur le podcast, autour de 03’30”-05’30”), rapporte une manifestation pro-Trump à New York il y a deux ou trois jours, décrite comme absolument impressionnante. Témoignage direct d’un démocrate antiTrump (MacArthur), absolument stupéfait de voir de telles agitations d’une foule aussi importante en plein cœur d’une ville progressiste, célèbre pour sa posture antiTrump.

Cette émission est intéressante parce qu’elle nous donne une ambiance immédiate (de quelques jours à peine) de la part de deux Nord-Américains, avec des situations  complètement ou en partie aux USA, très proches de la culture française et parlant parfaitement le français, de tendance plutôt antiSystème, etc. MacArthur est d’autant plus intéressant qu’il dispose depuis très longtemps du poste d’influence qu’on a vu, et qu’il est resté assez constamment adversaire de la politiqueSystème des présidents Bush et Obama, – ce qui ne déplaît manifestement pas à Marsden. Pour autant, les deux sont antiTrump, en  fonction de ce qu’on perçoit du personnage. (Marsden parle de l’“agenda” de Trump ; MacArthur rigole : « Quel agenda de Trump ?! Il n’est pas capable de suivre une idée plus de cinq minutes ! »).

... Ainsi, ce qui est remarquable c’est que les deux interlocuteurs, après divers échanges, se trouvent salués par cette exclamation de Marsden avec la réponse de MacArthur, à peu près à une minute de la fin de l’émission [autour de 15’00”] :

— Ainsi, et comme d’habitude, dans ce genre d’émission, Trump a réussi à bouffer tout le temps d’antenne ! Il reste une minute et on n’a pas dit un mot de Joe Biden ! Y a-t-il quelque chose à dire de Joe Biden ?
— Presque pas, presque pas... Et mieux vaut qu’il se taise parce que Biden a du mal à s’exprimer...

C’est à ce point que nous voudrions intervenir plus directement, après avoir salué les deux débatteurs, et redire encore, et leur professionnalisme, et leur connaissance des situations, et leur ligne de jugement qui permet d’écarter les débris épouvantables des narrative et des simulacres qui ne cessent d’être jetés en pâture aux journalistes, – surtout, dans ce cas, celui de la presse européenne/du bloc-BAO. Et cela doit donc être dans ce contexte éminemment favorable selon notre point de vue, après le dernier échange qu’on a mentionné plus quelques considérations sans véritables prolongements, qu’on peut faire ces constats :
1) qu’effectivement on n’a quasiment rien dit de Biden, dont la principale mission, dit MacArthur, était de démolir Sanders, puis Warren, puis Trump désormais ;
2) qu’on ne s’est même pas préoccupé, une fois constaté ce silence à propos de Biden, de savoir à quoi allait servir Biden une fois élu, qu’est-ce qu’il ferait, ou plutôt qu’est-ce qu’il lui serait permis de faire, etc. ;
3) qu’on ne s’est pas préoccupé non plus des perspectives de troubles civils, qui sont d’ailleurs en filigranes du témoignage de MacArthur sur l’énorme manifestation pro-Trump de New York dont personne n’a parlé...

Cela nous dit que même pour les professionnels les plus avisés et les mieux informés, avec le jugement le plus ouvert possible comme sont Marsden et MacArthur, il est difficile, sinon impossible d’acquérir assez de distance et d’esprit de synthèse pour constamment en appeler à tous les éléments du problème. Ce n’est pas ici faire œuvre de critique acerbe, mais simplement constater un fait qui nous touche également. L’élection USA2020 est un très grand événement historique, et c’est aussi un événement complètement insaisissable, où les acteurs principaux n’ont finalement qu’une importance secondaire, – Trump n’a pas d’agenda puisqu’il ne pense à quelque chose que pensant 5 minutes, il vaut mieux que Biden se taise, etc., –  où les événements eux-mêmes se chargent de l’essentiel des choses.

 

Mis en ligne le 22 octobre 2020 à 21H40

  • 22 octobre 2020 à 00:00

En voilà un qui voit loin-près de nous

Par info@dedefensa.org

En voilà un qui voit loin-près de nous

21 octobre 2020 – On sait maintenant de source directe sinon de source sûre, plusieurs choses d’une incontestable importance :
1) le président Trump sera réélu, d’une façon qui ne laissera aucune ambiguïté ;
2) l’élection conduira à une insurrection civile, puis à une guerre contre Israël (pourquoi ? Comment ? A préciser) ;
3) cette guerre sera aussitôt suivie, sans contradiction logique ni nécessité d’explication de notre chef, par une période de paix notable mais, nous semble-t-il (plutôt parole d’instinct, d’après ce que je ressent), – assez courte ;
4) puis nous aurons la Fin des Temps, – point final.

Comme on le voit c’est encore, une fois de plus, les USA qui tiennent le premier rôle, même s’il s’agit de destruction, mais sans doute d’une façon qui sauverait la mise à l’honneur de la ‘nation exceptionnaliste’. C’est pourquoi le Bonne Nouvelle, même si nécessairement de nature transnationale et supranationale, et qui aurait pu être classée dans notre rubrique RapSit-USA2020 en raison de ce contexte si évident, est finalement annexée par moi-même, pour mon Journal-dde.crisis, pour qu’on puisse mieux en goûter tout l’effluve et le fumet ; pour que l’on puisse mieux jouer avec la matière du sérieux extrêmement douteux ou de la gravité extrêmement pressante, cachés l’un ou/et l’autre, de la chose.

La personne qui nous dit tout cela n’est pas n’importe qui, ni une personne de peu d’inférence, et pour son importance dans la communication, rien de moins que le pasteur évangéliste (et même télé-évangéliste) Pat Robertson ; 90 ans, bon pied bon œil et pas de Covid, créateur du genre télé-évangéliste avec la première chaîne mise en service fin des années 1950, richissime cela va de soi, ami des présidents des USA depuis longtemps et personnage central de la droite radicale chrétienne aux USA, avec comme position celle d’un “sioniste chrétien”.

Le courant “sioniste chrétien” est un courant religieux « selon lequel la création de l'État d'Israël en 1948 est en accord avec les prophéties bibliques et prépare le retour de Jésus comme Christ en gloire de l'Apocalypse.
» Cette croyance se distingue du soutien apporté par d'autres chrétiens à Israël et au sionisme pour des raisons autres que religieuses. Par sa lecture fondamentaliste de la Bible, elle se distingue également du caractère ‘non religieux’ du sionisme. Les évangéliques considèrent que l'existence même de l'État d'Israël ramènera Jésus sur terre, le fera définitivement reconnaître comme Messie et assurera le triomphe de Dieu sur les forces du mal, pendant que le peuple juif se convertira au christianisme. »

Le prédicateur a donc détaillé sa vision des événements de ces prochains mois, selon des sources qu’il assure excellente, puisqu’on y compte directement et quasi-exclusivement celle de la Voix de notre-Lord Soi-Même. Dans cette “étrange époque”, pourquoi y aurait-il à douter d’un pronostic si clair et si accordé au sens des choses ? En quoi vaut-il moins que les décharges d’ordures avariées et agressivement puantes qui constituent le courant de notre information libre et si consciente de ses valeurs, et si campée sur la raison et la Morale, de notre presseSystème BOA-globaliste ? En quoi le pasteur Robertson serait-il plus jobard et tordu, plus hypocrite et prisonnier de ses croyances, et en un autre mot un peu leste mais bien fourre-tout,  plus con, que le comité éditorial du New York Times-Le Monde ? Poser la question...

L’article RT.com (encore eux, certes) qui apporte la chose du pasteur Robertson, met l’accent sur le calme apaisé avec lequel le prédicateur apporte les sources de la Clarté Divine sur nos perspectives puis donne quelques précisions qu’on jugera anecdotiques ou polémiques c’est selon, mais toujours dans cette atmosphère de calme apaisée du type “de toutes les façons, ne vous inquiétez pas, tout est déjà décidé, et quasiment plié, déjà-fait quoi !”....

« La prospective apaisée de Robertson sur des événements mondiaux aussi radicaux a rapidement suscité des commentaires sur Twitter, avec de nombreux utilisateurs se plaignant d’un véritable kidnapping de la réalité au profit d’une ‘légitimité religieuse”.
» De nombreux commentateurs ont plaisanté en disant que le lien de Robertson entre la réélection de Trump et l'apocalypse ainsi décrite était une raison suffisante pour inciter à voter pour Joe Biden à la place.
» Comme de nombreux autres magnats télé-religieux, Robertson est renommé comme un fervent partisan du président Trump. Les deux hommes semblent cependant s'être brouillés l'année dernière, lorsque le pasteur a affirmé que le président “perdait le mandat du ciel” en ordonnant le retrait des troupes américaines de Syrie [et donc en perdant une occasion de lancer une guerre où Israël aurait sa part très belle]. »

J’ignore s’il est rassurant de savoir en plus,
1) que Robertson prédit la fin du monde assez régulièrement depuis les années1970 (mais l’on observera que certains, et pas des moindres, la prédisent depuis l’origine du monde) ;
2) qu’il l’a déjà prédite précisément pour 1982, puis pour 2007 ;
3) que 1982 était une année de pression maximale de la tension vers la possibilité d’un affrontement nucléaire à cause de la crise des missiles en Europe (dite “crise des euromissiles”) ; que 2007 fut l’année de la plus grande possibilité d’une attaque à très grande échelle des USA contre l’Iran, là aussi avec probable intervention d’Israël.

Tout cela étant bien entendu, lu et relu, cette intervention de Robertson ne saurait surprendre puisqu’il en est coutumier et qu’il ressemble tellement à l’image avinée qu’on se fait de ces charlatans de l’esprit le plus bas, qui vous parlent d’une tradition si bien adaptée aux pratiques modernistes de tous ordres, du fric-TV aux attaques déstructurantes de l’époque Bush et de la constante agressive israélienne. En un sens, c’est dire qu’on a les prophètes (sans majuscule) qu’on mérite. Mon impression est tout de même que cette médiocrité manifeste n’empêchera pas que cette prévision sera plus entendue que d’autres, en d’autres occasions.. Question d’époque.

Et puis, on le sait, les gens sont moutonniers, sans grandeur, effarés de ce qu’ils ressentent sourdement autour d’eux, effrayés de perspectives qu’ils n’osent mesurer à leur aune véritable. Il ne manque pas de commentateurs, autour d’eux, surtout parmi ceux qui font profession d’être de leur parti, de les soutenir, de les aimer même, pour les considérer aussitôt avec le plus grand mépris, parce qu’ils ne font rien, parce qu’ils ne se révoltent pas. Nous avons beaucoup, comme cela, d’imprécateurs de malheur qui dénoncent les hérétiques du courage de la révolte, eux, ces imprécateurs qui restent en arrière pour avoir plus de champ et mieux asséner leurs leçons. Je ne sais ce qui me soulève le cœur le plus haut, des vrais-collabos qui dénoncent une révolte qu’ils craignent tant de voir éclater, ou des faux-résistants qui accablent le tout-venant pour ne se pas révolter comme eux-mêmes recommandent de faire sans rien faire.

Mais tout cela n’est qu’anecdotique. Ce qu’il me paraît intéressant d’observer, c’est combien cette intervention d’un personnage aussi psychologiquement corrompu et intellectuellement pauvre qu’un Robertson, est susceptible d’accroître le sentiment d’irrémédiable catastrophe chez les faibles psychologies et les pauvres esprits des citoyens. Cela est dit comme d’un incident exemplaire de l’atmosphère et de ses potentialités telles qu’imposées par une époque volontairement délétère sinon pestilentielle et diabolique, corruptrice des psychologies,  et cela n’est dit nullement comme d’une orientation, d’un élan, d’une prévision.

Il me paraît simplement de fait que cette sorte de prévisions est en parfaite correspondance avec l’esprit du temps, ou si l’on pouvait dire le “dés-esprit du temps”, – la “pauvreté d’esprit”, la “faiblesse d’esprit”, toutes ces choses sans les vouloir, sans y céder, mais simplement comme effets du tourbillon tempétueux qui, dans ces temps morbides et catastrophiques, nous entraînent dans ce trou noir du monde parsemé des restes d’une civilisation qui se désintègre.

Vraiment, je n’ai aucune estime, aucun sentiment de respect pour un personnage tel que Robertson, dans le chef de ce qu’il représente à mes yeux (même si je parle par ouï-dire et par ce que je crois être d’intuition, mais je ne m’adresse qu’à la face publique qu’il nous offre). Je me le figure comme une sorte de faux-prophète en fer-blanc, un marchand du-temple tombé dans le bazar de récupération des déchets plastiques, un imposteur des restes d’une tradition fracassée et absolument souillée, retapée complètement moderne, dans ses aspects les plus bas et les plus vulgaires. Peut-être, – bis repetitat, – suis-je injuste en appréciant de la sorte, mais je ne fais que dire un “ressenti” comme ils disent comme une vertu, qui est d’abord un ressentiment du fond de l’âme. Il importe dans ces remarques que je fais, plutôt de distinguer combien l’ampleur de la terrifiante puissante des événements se saisit de nous, par les jugements les plus hauts et les impulsions les plus basses. Tout y concourt.

Il est extrêmement malheureux qu’il faille notamment trouver des signes de l’ampleur cosmique et métaphysique de la catastrophe qui nous défait, des signes marqués d’une si grande bassesse et d’une si piètre trace de l’esprit. La vulgarité de ces circonstances me glace et me conduit à penser que nous avons pour le moins ce que nous avons mérité, et que nous méritons plus médiocre, plus bas encore. C’est quelque chose de terrible, pour qui affronte avec une belle conscience une punition du Ciel d’une telle ampleur, de voir des êtres, – méritent-ils ce titre de gloire d’‘être’, car ‘sont-ils’ seulement ? – y réagir avec des sentiments et des comportements d’une telle pauvreté. Il s’agit bien du “dernier homme” de Nietzsche, de l’homme démocratique, l’homme-simulacre, aussi jetable que du plastique non-recyclable.

Peut-être, après tout, que le révérend Pat Robertson est de mon avis...

  • 22 octobre 2020 à 00:00

Êtes-vous russophrène, par hasard ?

Par info@dedefensa.org

Êtes-vous russophrène, par hasard ?

21 octobre 2020 – Effectivement, Bryan MacDonald nous a offert un nouveau mot pour indiquer une pathologie : “Russophrénie” (“Russophrenia”, d’un article publié par, – Who else ? – RT.com). Il s’agit d’une sorte de pathologie qui fixe la schizophrénie sur un territoire, des circonstances, une patrie, des gens d’une certaine ‘espèce’ et peut-être même (horreur) d’une race, d’une religion, etc. Je veux parler de la Russie, Who else ?

Dans Strategic-Culture.org, Patrick Armstrong s’est emparé du mot avec reconnaissance, saluant MacDonald et son esprit créatif, et il a voulu travailler comme fait un médecin, puisque nous sommes en présence d’une pathologie. Il a donc décidé de distinguer les symptômes de la russophrénie, montrant bien que la maladie, – que dis-je ! Que la pandémie est là, et qu’il s’agit de ne pas se masquer la vérité. Cela se passe donc sur le site précité, le 20 octobre 2020, sous le titre de « Russophrenia,  – or How a Collapsing Country Runs the World »

Je pense qu’il est inutile de traduire ce texte, outre le travail considérable et trop minutieux que cela me demanderait en transférant tous les liens URL qu’on y trouve. En effet, la démarche de Armstrong a été de présenter le “règne de la quantité” dans l’univers de la pathologie et de sa bêtise, si gracieusement représentée par la russophrénie ; soit une sorte de liste référentielle, incroyable par sa longueur, son entêtement, son aveuglement, son élégance, sur les articles écrits sur la Russie, sous le coup des ravages de la russophrénie (je prive le mot de majuscule, comme il se doit pour toute pathologie courante), c’est-à-dire dans les deux sens de la sottise, sur les deux faces du simulacre et ainsi de suite.

On trouve donc une première partie, qui vous renseigne sur l’état absolument pitoyable de ce pays, ignorant, pays du tiers-quart-monde, peuplé de sauvages incultes, vicieux, stupides et méchants, vilains comme des poux, paresseux et incapables ni de se battre, ni de fabriquer des armes ; avec un président criminel, idiot, médiocre, assassin, épouvantable, provincial et analphabète, d’une sottise à faire peur, incapable de faire son travail, qui bave en mangeant et mange en bavant, etc.

... Puis on passe à la seconde partie, qui vous parle d’une monstrueuse puissance (la Russie), qui menace le monde, viole toutes nos fragiles et vertueuses démocraties, qui intervient partout, qui interfère dans toutes nos élections, qui écrase la planète terriblement ; un pays dirigé par un maître du double jeu, un homme habile, épouvantablement talentueux dans l’art de tromper ses adversaires, puissant et fin stratège, un homme très mauvais et remarquablement efficace à la fois...

Voilà, vous êtes russophrène. Vous vivez dans un monde extrêmement bien équilibré, où l’on chute des deux côtés à la fois, où les vertus de raison, de vérité, de tolérance, de nuance, sont développées avec entrain et courage et éclaire notre destin d’une lumière chaleureuse et si rassurante. Vous êtes de votre et de notre temps. Parlez-en au Titanic, il vous confirmera tout cela.

PhG-russophrène

________________________

 

 

Russophrenia

 – or How a Collapsing Country Runs the World

I am indebted to Bryan MacDonald for this brilliant neologism: Russophrenia – a condition where the sufferer believes Russia is both about to collapse, and take over the world.

An early example comes from 1992 when the then-Lithuanian Defence Minister called Russia a country “with vague prospects” while at the same time asserting that “in about two years’ time [it] will present a great danger to Europe” (FBIS 22 May 92 p 69). Vague prospects but great danger. Given the vague demographic prospects of his own country, it was a rather ironic assertion given that Lithuania’s future would appear to be a few nursing homes surrounded by forest. But he said it in the days of the full EU/NATO cargo cult. In 2014 U.S. President Obama immortalised this in an interview:

But I do think it’s important to keep perspective. Russia doesn’t make anything. Immigrants aren’t rushing to Moscow in search of opportunity. The life expectancy of the Russian male is around 60 years old. The population is shrinking. And so we have to respond with resolve in what are effectively regional challenges that Russia presents.

Wrong on all counts: all he did was display how poorly advised he was.

Russia, Russia ever failing : will fail in 1992, finished in 2001, failed in 2006, failed in 2008, failing in 2010, failed in 2015. Russia’s failing economy, isolation, ancient weapons, instability ; 0a gas station masquerading as a country. Doomed to fail in Syria and losing influence even in its neighbourhood in 2020.

A country with GDP comparable to that of Australia cannot afford to be a superpower, fight a protracted war in Syria, fight in the Ukraine and develop its own stealth fighter and other equipment to match the United States. 

In 2016 Stratfor, predicting the world of 2025, thought it unlikely that the Russian Federation will survive in its current form. And neither will Putin. He was only a petty dictator with a Swiss bank account in 2000; a Lt. Col. Kije in 2001; another Brezhnev in 2003; facing his biggest crisis in December 2011, under dire threat and losing his leverage in January 2015 ; weak and terrified in July 2015;  overextending his reach in May 2016; losing his shine in June 2017 ; losing his grip in October 2018; losing their trustin June 2019 ; losing control in September 2019; his house of cards was wobbling and he was the symbol of Russia’s humiliationin August 2019. His political demise was near in January 2020; more crises and coronavirus could topple him in April, another biggest crisis in May ; losing popular support in June ; running out of tricks in August ; holed up in isolation, another gravest crisis in October. Soon gone. Russia’s economy won’t last much longer either: smaller than Spain’s or California’s in 2014; in tatters and facing a slow and steady decline in 2015 ; surprisingly small in 2017; about the size of Belgium plus the Netherlands and smaller than Texas’ in 2018 ; headed for trouble in 2019. Weak energy prices its Achilles heel in 2020. And on and on: really weak in 2006 ; its three biggest problems in 2013 ; Russia is not strong. And Putin is even weaker in 2015. Don’t fear Russia, marginalize it because it’s n 2018. Still weak in 2019 and Paul Gregory tells us that’s it’s weak but with nukes in 2020.

Occasionally – very occasionally – someone, more acute than most, wonders “How Did A Weak Russia Ever Become A Great Power Again?“ or why with less money than Canada and fewer people than Nigeria, it “runs the world now”. But the explanations are facile: too much butter spent on guns or a passing situation:

In the emerging post-Cold War-era Russia, no matter how poor it is in many key areas, can be #2 in the world for many years to come. Only when China rises in the next 20 years or a new kind of President emerges in the United States will that change. Until then Vladimir Putin can play his games to his heart’s content.

Of course all of these headscratchers assume that the exchange rate of the ruble is the true measure of Russia’s economy; which is a pretty silly and misleading idea.

* * *

But at the same time Russia is an enormous, dangerous, existential threat functioning with enormous effectiveness in all dimensions.

Far from having the deceptively weak military of 2015, it is developing the world’s most powerful nuclear weapon in 2018 and in future wars the U.S.  will have nowhere to hide. The next January we’re told that it and China are building Super-EMP bombs for ‘Blackout Warfare’. Russia has imposed aerial denial zones and fields eye-watering EW capabilities; it has “black hole” submarines, a generational lead in tanks, an unstoppable carrier-killer missile and devastating air defence. It’s working on a new missile threat to the U.S. homeland. General Breedlove, former NATO Supreme Commander who did much to poke the bear, gives us a particularly striking example: he now fears that a war “would leave Europe helpless, cut off from reinforcements, and at the mercy of the Russian Federation.” The British army would be wiped out in an afternoon, NATO would lose quickly in the Baltics – NATO’s totally outmatched. The Russian threat is unlike anything seen since the 1990s. The worry is that Nato has under-reacted.

Putin was the world’s most powerful man and, linking up with China, could soon become more powerful than the U.S. in 2018. He was wielding Russia’s formidable military and powerful economic policies in 2019. And never forget Russia’s major hacking threat and deadly malware. Its interference and influence in Western voting is stupendous: the 2016 U.S. election; Brexit; Canada; France ; the European Union; Germany; Catalonia; Netherlands; Sweden; Italy; EU in particular and Europe in general; Mexico: Newsweek gives a helpful list. And, long before Putin: “100 years of Russian electoral interference“. As a covert influence actor and purveyor of disinformation and misinformation Russia is the primary threat in the U.S. election.

Putin was a threat to the Rules-Based International Order in February 2007, May 2014, January 2017, February 2018, May 2018, June 2019 and many months before or since.

During two decades as Russia’s leader, Vladimir Putin has rarely concealed his contempt for Western-style democracy and the rule of law. The poisoning of Russian political activist Alexey Navalny, amid a widening Russia-supported crackdown on opposition leaders in Belarus, indicates the lengths to which Putin and his cronies will go to silence their enemies and maintain power.

 

* * *

So, on the one hand Russia is a failing country, with a trivial economy, a greatly over-rated military led by someone who is always facing a catastrophe at home. Nothing to worry about there: presently weak and future uncertain. On the other hand, Russia has a tremendously powerful military, an economy that does whatever its ever-young autocratic permanent ruler wants it to. Its propaganda power is immense and unbeatable, the background determinant of the world’s action. Russophrenia.

And, out of the blue, COVID gives him another opportunity to bamboozle the helpless West and undermine its precious Rules-Based International Order. Somehow. See if you can make sense of this incoherence:

This should worry the West once the pandemic has passed. Not because Russia poses a serious long-term threat to our interests; it doesn’t, although Putin would prefer us to think that his shrivelled realm does. But because Russia is not the only authoritarian state seeking to learn lessons from the current crisis which could be used in a future conflict.

Russia’s Vaccine Stunt which experts worry is dangerous is being supported by attacks on the Oxford vaccine which Russia tried to steal. Russians, Russians everywhere!

Russophrenics are unaffected by reality. Russia’s success? Forget maleficence and try competence. Its military is designed to defend the country, not rule the world: a less expensive and attainable aim. Its economy – thanks to Western sanctions – has made it probably the only autarky in the world. Election interference is a falsehood designed to damage Trump and exculpate Clinton which has been picked up by Washington’s puppies. But don’t bother with mere evidence; As the author of this New Yorker piece explains:

Such externally guided operations exist, but to exaggerate their prevalence and potency ends up eroding the idea of genuine bottom-up protest—in a way that, ironically, is entirely congenial to Putin’s conspiratorial world view.

Or as the Washington Post memorably put it: “Especially clever is planting tales of supposedly far-reaching influence operations that either don’t actually exist or are having little impact.”

Pretty crazy isn’t it? And getting crazier. All this would be funny if it were Ruritania ranting at the Duchy of Strackenz. But it isn’t: it’s the country with the most destructive military in the world and a proven record of using it ad libitum that is sinking into this insanity. And that’s not good for any of us.

Patrick Armstrong

  • 21 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Big Tech en Blade Runner

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Big Tech en Blade Runner

Blade Runner?  Le titre fameux, l’analogie qui ne l’est pas moins, sont suggérés par PhG ; suggestion, hein, selon ses propres termes dont nous lui laissons avec un courage hors du commun toute la responsabilité :

« Parce que nous interprétons le titre des films fameux, représentant des héros de l’histoire qui sont des probables-réplicants à la chasse de réplicants à dégager, comme des “gens qui courent [derrière les réplicants à liquider] sur le fil du rasoir [que constitue leur propre course d’eux-mêmes en menace permanente de chasseurs devenant chassés]” ; puisqu’enfin, ils sont eux-mêmes susceptibles, s’ils s’avèrent aussi défectueux que les réplicants à liquider, de devenir comme des candidats à la liquidation... Cela va bien aux mini-Frankenstein des Big Tech, gonflés de $zilliards mais si prompts à péter du $progressiste-$sociétal bien plus haut que leurs gracieux petits culs. »

(Une explication de poète anatomiste plutôt que de linguiste distingué ? On sait PhG doté d’une ‘âme poétique’... Alors.)

Comme d’habitude dans son langage chamarré, le colonel Lang nous résume, ce 20 octobre 2020, quelques nouvelles sur le scandale ‘Hunter-Joe’ (ou ‘Joe-Hunter’, c’est selon), à partir d’un article salé du Daily Mail. Auparavant, le 16 octobre, l’analyste spécialiste des coups tordus pour le même site, l’ancien officier de la CIA Larry C. Johnson, avait montré d’une façon catégorique la responsabilité-culpabilité des Biden.

Cette fois (Daily Mail), cela suit la découverte d’une intervention d’une boutique de Wilmington, Delaware, une MacShop de la ville où a été traité le disque dur de Hunter, sur l’affaire de laquelle Johnson travaille également ; avec documents signés Hunter, impliquant effectivement qu’il s’agit de Hunter et non d’un montage russe relevant plutôt de cette ravageuse et extravagante maladie qu’on nomme à l’initiative de Robert Bridge, une ‘Russophrénie’ comme l’on parle de ‘Schizophrénie’... Cette fois, il est également question de documents à caractère pornographique, particulièrement salés, avec en hors d’œuvre ou en dessert comme il vous plaira, des photos de Hunter nu dans sa baignoire, qui ont été diffusées publiquement sans crainte de choquer la puritaine santé mentale des militants de base...

« Eh bien, les pèlerins, il a l'air bien installé dans la baignoire.  Je me demande encore qui a pris les photos.  Est-ce la fille en Californie qui l'a poursuivi plus tard en justice pour la paternité de son enfant/fœtus ? Peu importe.
» A-t-il pris les photos lui-même ?  Il est intéressant de noter que les Biden n'ont pas nié l'accusation implicite de corruption, de pots-de-vin, etc.  Et puis, il y a les vidéos sexuelles dégoûtantes.  Quelqu'un pense-t-il qu'elles ont été truquées ?
» La SWMBO dit que les Bidens ont établi une nouvelle norme de stupidité dépravée et aggravée.  Comme d'habitude, elle a raison. pl.  »

• Wikipédia est aussi le terrain d’une solide bataille entre les pages pour nous véridiques, et les simulacres que l’équipe-Biden veut mettre en place sur toutes les voies de communication. Voici la présentation qu’en fait l’infâme RT.com, toujours occupé à tenter de donner une certaine place à ce qui se rapproche le plus d’une réalité qu’on qualifierait de relevant d’une certaine objectivité.

• Les GAFAM & Cie, disons les Big Tech pour parler court mais lourd, sont complètement, incroyablement, et semble-t-il tout de même, imprudemment de parti pris, avec leurs plans et actions de censure exposés sans la moindre hésitation. Ils prennent des risques dont ils pourraient se mordre les lames de ciseau du censeur aiguisées sans vergogne. Le verdict est pour l’instant que Facebook a réussi à étouffer l’affaire pour son compte, mais nullement Tweeter. Trump hurle devant la lenteur intéressée au plus haut point, de par ses accointances, du ministre de la justice de lancer des inculpations évidentes. En attendant, le ministre (Attorney General) Barr a dû céder du côté de Google sans aller au cœur du problème, et a lancé une procédure d’inculpation au nom de la législation antitrust contre Google, de concert avec quelques gouverneurs républicains au nom de leurs États.

Désormais commencent à apparaître des analyses argumentant que la seule façon de lutter contre Big Tech, c’est la nationalisation et le démantèlement. Même des auteurs proches des républicains, en principe dévoués au principe de la propriété privée et du non-interventionnisme jusqu’à la mort, tracent sur la comète des plans de nationalisation et de démantèlement, comme celui-ci : « Seule la puissance peut réduire la puissance. »

• Notons l’inévitabilité du Russiagate-redux alors que la compétition électorale atteint son point maximal d’intensité. Il s’agit de “cinquante officiers du renseignement” qui vous assurent et vous rassurent diablement, avec l’assurance tranquille du fait de n’avoir aucune preuve, mais alors aucune preuve du tout de la malfaisance de la tribu d’angelots que sont les Biden de père en fils, – tout cela qui est présenté comme la vertu suprême de la raison et de la preuve, – l’absence totale de preuve comme preuve totale de la preuve. Qui cela étonnera d’apprendre qu’on trouve bien entendu dans cette caravane qui passe sans même faire aboyer les chiens dégoûtés et fatigués de tant d’impudences, tous les acteurs recrus d’avoir tant et tant servi les mensonges et simulacres divers de la galaxie Russiagate depuis 2016, et depuis totalement démontée comme un montage de saltimbanque par l’équipe d’enquêteurs à plus de $100 millions lancée par ceux-là même qui dénonçaient le Russiagate, et désormais figurant comme l’archétype de la postvérité. Rien ni personne ne semble pouvoir espérer seulement freiner le torrent des mêmes défécations pourries, ressassées, resservies, réaffirmées devant la mine terrorisée des journalistes spécialisés et fort bien payés de la grande presseSystème qui, en Europe, nous informe sur l’évolution du monde. On reste sans voix, sans plume, simplement repliés sur le sarcasme et l’ironie épuisée. Bref, tout continue. (Si l'on veut tout de même des précisions sur le cas, on passe à nouveau à Larry C. Johnson, ancien officier de ;la CIA et spécialiste de cette sorte d'enquête,; il publie un travail sur ce montage grotesque, le 21 octobre, sur le site SST du colonel Lang.)

Enter CoBid20, Blade Runner d’occase

En fait, et à nouveau sur intervention de PhG en mal d’identification symbolique, apparaît ainsi « une sorte nouvelle de pandémie, à côté de notre Codiv19 bien connu sinon bien-aimé ». PhG proposerait donc que l’on nommât cette chose « de la désignation de ‘CoBid20’, abréviation habile et expéditive de Coronavirus-Biden 2020’. On garderait le B majuscule à l’intérieur de la chose linguistique ainsi composée, par respect pour le grand âge, dite des “personnes à risque”. » Enfin, l'on verrait CoBid20 comme une sorte d'annexe au Blade Runner vu plus haut...

CoBid20 marque l’extraordinaire singularité de cette séquence des quelques toutes petites semaines, des quelques jours qui nous séparent du 3 novembre, qui a marqué l’éclatement d’une “affaire-Biden” ; séquence où les caractères de narrative, de déterminisme-narrativiste, de simulacre, de contre-effet-Janus, de fabrication en production ultra-rapide de réalités alternatives en série, présentées à la face de tous et du monde comme telles, et goûtées comme autant de vérités-de-situation par les producteurs malgré l’absurdité de construire plusieurs vérités-de-situation là où il ne peut y avoir qu’une seule vérité par définition...

Car comment est-il enfin possible que cet être inexistant, palot, effacé, certes peloteur et violeur mais sans véritable éclat ni souvenirs immortels chez les victimes, vieille valise sans poignet déjà perdue dans les prémisses de la Maison-Alzheimer, confinée dans son sous sol-bunker de sa résidence-forteresse de cet État de l’Union perdu et inexistant qu’est le Delaware où nombre de lois illégales permettent d’en faire une sorte de paradis fiscal, – comment est-il certes possible que cet être transparent et insaisissable ait pris une telle consistance de corrompu ricanant et de trompeur-né depuis les origines de sa carrière ?

En d’autres mots, comment est-il possible que dans cette séquence où le scandale, l’excentricité et le côté-bouffe ne pouvaient être tenu que par un Trump offensif et donc d’autant plus vulnérable à la critique, et que l’on attendait au tournant, face à qui Biden n’avait qu’à suivre la feuille de route : n’exister point et laisser glisser l’indifférence protectrice de la presseSystème sur lui et ses vilenies, – comment est-il possible que ce Biden soit tout d’un coup devenu le potentiel excentrique vilain à ce point qu’un colonel Lang évoque la « nouvelle norme de stupidité dépravée et aggravée » que les Biden, perçus comme une véritable “Famille” de Cosa Nostra, ont mis en place et exploitée ? Retournement qui fait que, désormais, bien des coups pourraient être portés contre les Biden puisqu’ils existent, et des coups qu’il faut à tout prix stopper, désamorcer, ridiculiser, dénoncer, brandis comme autant d’atteinte lancée contre la vertu.

Le parti démocrate se retrouve donc avec des obligations stratégiques qu’il avait repoussées. Il privilégiait la défense contre Trump et rien que cela, jugeant que Trump avait fait et ferait assez d’erreurs pour que sa poussée offensive fonctionnât comme une auto-accusation, et qu’il n’y aurait plus qu’à pousser à la charrue. La stratégie impliquait l’inexistence de Biden. Voilà, soudain, que Biden existe : étaitce vraiment nécessaire ?!

Comprend-on que ceux qui avaient complétement ‘fabriqué’ un Joe Biden sorti du néant de sa nullité politique dans les premières primaires démocrates (même chose pour Tamara Harris) parce qu’ils n’avaient rien d’autre à opposer à Trump, espéraient que quitte à être éventuellement un bâton merdeux comme ils le sont tous dans ce monde, il serait le bâton merdeux d’une merde séchée et presque bonifiée par le temps, comme les piquettes devenant presque bons-vins. Eh bien, pas du tout ! Le bâton merdeux est bel et bien, et puant et gluant à la fois, et complètement vivant ; c’est même la seule chose encore vivante, par le biais de la complicité avec un fils exécuteur des hautes œuvres, qui le soit encore chez Sleepy Joe soudain devenu insomniaque.

Ainsi avons-nous une ‘October Surprise’ de plus dont, vraiment, nul ne sait ce qu’il en adviendra et quelle impulsion elle donnera au destin.

 

Mis en ligne le 21 octobre 2020 à 10H45

  • 21 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Joe, la ‘surprenante surprise’

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Joe, la ‘surprenante surprise’

Non seulement Biden est tout ce que l’on sait, – vieux-gâteux, inexistant, sans la moindre idée politique propre, destiné à être éliminé pour raisons médicales et compoertementales dans les mois suivant une éventuelle élection, – mais il nous présente également un cas de corruption oligarchique du type népotique qui est tout simplement exemplaire. Le très-souriant Joe (48 dents ? 64 ?) qui réussit des discours plein de fougue devant une foule minutieusement absente et un téléprompteur géant, réussit également à apparaître comme une des surprises de cette élection en se découvrant comme l’organisateur népotique d’un groupe prodigieusement corrompu, notamment avec l’aide de son fils Hunter. Les principaux terrains de chasse des Biden, outre les champs d’honneur intérieurs habituels de l’Amérique, sont l’Ukraine et la Chine.

Les révélations se multiplient après que la digue ait cédé sous la poussée de l’article du New York Post, aussitôt censuré par nos petits-‘Masters of Universe’, Tweeter et Facebook, et provoquant le fameux ‘effet-Streisand’ qui implique qu’un document censuré avec éclat et spectaculairement bénéficie d’une publicité extraordinaire et d’une diffusion à mesure, par les innombrables canaux doublant ceux qui ont été interdits par la susdite censure ; bref, nous parlons pour ainsi dire de ‘la censure censurée’, conduisant à la formule algébrique [moins + moins = plus].

Depuis mercredi, donc, et la notoriété publique du fait de censure d’une affaire pourtant connue dans ses moindres détails depuis des mois, c’est un torrent ininterrompu d’une boue bien grasse et bien épaisse éclaboussant la famille Biden. L’un des principaux artilleurs tapant sur les Biden, c’est l’avocat Giuliani, un proche de Trump et un maître-connaisseur des coups fourrés ukrainiens, qui dispose d’un formidable dossier  sur les Biden, à écouler d’ici le 2 novembre.

Ce cas-Biden est finalement une des surprises les plus inattendues de cette campagne qui semblerait devoir nous gâter jusqu’au bout. (Il y a en effet dans cette époque étrange des ‘surprises attendues’, ou ‘surprises sans surprise’, et des ‘surprises inattendues‘, ou ‘surprises surprenantes’ ; le cas Biden tel qu’il a évolué est de la seconde option.)

La candidature Biden était pliée d’avance : candidat médiocre, vieux routier corrompu mais pas plus que les autres, toussant et débitant des phrases sans queue ni quoi que ce soit, que personne n’écoutait pae conséquent... Biden était sans importance, l’ombre de son ombre dont la seule vertu était tout simplement qu’il n’était pas Trump, et donc que, s’il gagnait, il exploserait l’insupportable Trump. C’est tout ce qu’on lui demandait, dans une époque où voir les choses à plus de trois semaines de distance représente un effort absolument surhumain, qui vous envoie ‘en réa’ façon-Covid19. De toutes les façons, entre deux toux sinistres, Biden s’en serait allé pour cause d’incontinence verbale et autres, – qu’importe.

Soudain, les choses changent.

Le vieux Joe s’avère être un roué, un toursiveu (« homme fallacieux, insinuant, captieux, [qui] trompe avec art et méthode »), dont même son fils Hunter, exécutant de toutes les sales coups, se plaint dans un courriel à sa sœur que son père lui ponctionne la moitié des commissions et pots de vin qu’il ramasse ici et là, de Kiev à Pékin. Le vieux Joe s’avère un ‘homme scandaleux’ dans un milieu où il fait y aller à fond pour parvenir à faire scandale. Le nombre de caserolles qu’il traîne semble tout à fait impressionnant, au point où certains chez les démocrates-qui-ne-doutent-de-rien se demandent si les problèmes de Joe ne risquent pas de compromettre son mandat de président dès le début (ce sont effectivement des démocrates qui-ne-doutent-de-rien puisqu’ils ne doutent pas une seconde de la victoire de Joe, alors que les ‘scandales’ pourraient bien s’avérer être un redoutable champ de mines pour le 3 novembre).

La partie reste donc remarquablement ouverte, entre deux candidats qui illustrent si bien à propos la situation du système de l’américanisme, qui se résume assez curieusement par cette formule à l’emporte-pièce, traduite approximativement et avec prudence de notre part, venue d’un commentateur assez peu dans les normes de la décence américaniste et résolu à ne pas voter le 3 novembre… « Qui prendra le bâton merdeux ? »

A ce propos justement et finalement, sans doute est-ce Helen Buyniski qui n’a pas tort, écrivant pour RT.com dont les pauvres petits censeurs chargés de conteneurs de $milliards continuent à vous avertir, par exemple du côté de Tweeter que le susdit RT.com est bien, mais oui mais oui, un ‘média d’Etat’. (Quand vous mesurez les performances vertueuses des ‘médias privés’, vous êtres terriblement rassurés, camarades Corporate Socialists.) Pour Buyniski, finement psychologue, il se pourrait bien que chacun des deux candidats nourrisse secrètement le désir, après tout pourquoi pas, de n’être pas élu, – c’est-à-dire, lorsqu’on réalise en vérité le marigot de matières fétides en décomposition de ce que seront USA2021 et la suite. (« Et si ni les démocrates ni les républicains ne voulaient pas gagner en 2020 ?interroge Buyniski dans le titre de son texte. Personne ne veut avoir à changer la couche affreusement souillée de l’Empire américain... »)

Ce qui nous vaut cette triste conclusion, se rapportant à l’intéressant emploi, décidément fort couru, de la gestion de l’emplacement des chaises-longues sur le pont en forte déclivité du Titanic :

« À l'approche du 3 novembre, les deux candidats semblent faire campagne pour leur adversaire. Biden a exhorté les électeurs qui pensaient qu'ils étaient mieux sous Trump à le réélire tandis que Trump a récemment menacé de prendre en otage l’aide Covid-19 des Américains à court d’argent jusqu’à la fin de l’élection, avant de faire marche-arrière devant les protestations du public. Quiconque détient la patate chaude du pouvoir dont on entend le tic-tac avant l’explosion, celui-là ne trouve plus grand’chose d’exaltant dans son travail de déplacer les chaises-longues sur le pont du Titanic en train de couler vite fait, pour permettre une meilleure immersion quand on sera au bout du voyage... »

 

Mis en ligne le 19 octobre 2020 à 13H10

  • 19 octobre 2020 à 00:00

Paléontologie du New York Times et autres...

Par info@dedefensa.org

Paléontologie du New York Times et autres...

20 octobre 2020 – Cela fit, dit-on, benoîtement scandale... C’est-à-dire : “scandale sans trop s’en scandaliser”, – car il s’agit, n’est-ce pas, du New York Times [NYT], et que nul, en France, et surtout à Paris, et surtout dans les salons, nul n’échappe à la dévotion, au zèle empressé et servile, que l’on doit à ce monument, – qui, pourtant, n’est pas si impressionnant, de taille veux-je dire, de grâce, d’allure et d’esprit, – mais, n’est-ce pas, ne dit-on pas : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » ?

Ouf, reprenons notre souffle.

Il s’agit des éditions du NYT où il était annoncé qu’un enseignant français avait été décapité au nom de la religion et de ses enfers. Ainsi le NYT titra-t-il, comme le rapporte un texte de Spoutnik-français à propos duquel les délateurs postmodernes n’oublient jamais de vous alerter sur ce fait qu’il s’agit d’un ‘média d’État’ (russe), comme s’il s’agissait d’une tare ignoble qui provoque aussitôt des malaises physiques peu ragoûtants, y compris à moi l’impassible amphitryon de dde.crisis :

« “French Police Shoot and Kill Man After a Fatal Knife Attack on the Street”, à savoir “La police française tue un homme après une attaque mortelle au couteau dans la rue”

Quelques commentaires ont accompagné cette façon d’habiller avec une grande élégance, du type-Park Avenue mâtinée-BLM (et “violences policières” par conséquent), de la part de la référence-conscience de notre ensemble-civilisationnel. (Un esprit insolent et indiscipliné appellerait bien cela de l’expression buissonnière dite “[LePétomane-civilisationnel”, pour qualifier le NYT et ses flancs gardes type Le Monde, qui défendent la liberté et la diversité rien qu’à l’odeur et fort peu à la musique, – “dommage, dommage”, conclut notre insolent-indiscipliné à l’odorat vigilant.)

Dans le même texte diffusé par l’ensemble “Spoutnik-français-‘média d’Etat’” (russe, méfiance requise), d’autres nous communiquent les sentiments qu’a fait naître en eux cette digne mission d’information menée à bien par le NYT, toujours avec ses belles manières, son enthousiasme pour les libertés du type midi-à-quatorze-heures à-gauche-toute en-sortant, et toutes ces sortes de choses qui sont si pleines d’humanité adaptable aux conditions actuelles, selon la mémoire, l’exercice de réécriture, la maîtrise négociée a sinistra e a sinistra della ragione, l’hystérie présentée suavement sous des couleurs aimables, la dénonciation décrite civiquement comme un des beaux-arts de la néo-postmodernité, et j’en passe et des bien pires, – mais il est dit également qu’ils ne passeront pas...

« “C’est ainsi que le New York Times, journal de gauche de plus en plus répugnant, a décrit la décapitation d’un enseignant en France qui a eu lieu hier», déplore pour sa part l’homme politique anglais Peter Whittle.
» La journaliste du Figaro Eugénie Bastié a exprimé le même avis, mettant en évidence “l’art du déni dans la presse multiculturaliste américaine”.
» Le quotidien américain a modifié son titre depuis, supprimant l’“attaque mortelle au couteau” pour évoquer la décapitation de la victime. Néanmoins, comme le précise Mme Bastié, le chapeau de l’article garde un angle particulier : “la victime a immédiatement été érigée en martyr de la liberté d’expression”. »

Ainsi en est-il du NYT, dont le destin ressemble au singe de la balade générale de notre civilisation, dans les restes de ses mémoires repentantes, et les ordures ménagères de ses réécritures de soi-même. Le NYT ne me fatigue même plus, d’autant que je ne le lis pas et ne l’ai jamais lu, ayant toujours en confiance accordé à l’Organe toutes les traits que sa fonction exige. Il y a, comme ça, des choses, qu’il est inutile de regarder, encore moins de lire, pour identification à coup sûr, là aussi à l’odeur.

Faut-il en dire tant et tant à propos de cet acte de décapitation qui a bouleversé fort justement et dans une très grande émotion Paris, la Ville-Lumière et la ville des Lumières, où la guillotine fut inventée, testée, développée et jugée d’une efficacité qu’on continue à honorer avec bonheur et à vanter comme l’on dirait de la République-Sainte ? Certes, il le faut, puisque l’horreur reste l’horreur, même lorsque trépassent les siècles et passent les Républiques. Citons alors une courte chronique dans Valeurs Actuelles d’Armand Benedetti, qui trouve les mots pour situer l’événement et quelques-unes des responsabilités, – à vrai dire et malgré la gloire incommensurable de notre civilisation bienveillante de la démocratie et des droits de l’homme, ces choses ne sont pas à notre honneur.

« Il y a l’émotion et la colère, puis les questions, et enfin l’atonie. Le cycle post-attentat est, hélas, toujours le même. Il reproduit inlassablement les mêmes figures. Les propos récents du Président de la République contre le “séparatisme islamiste”, sa réaction immédiate juste après la découverte du corps mutilé de Samuel Paty martelant que les islamistes “ne passeront pas” ne peuvent dissimuler derrière l’incantation, une forme de désarmement intellectuel et de fragilité politique. Ils condensent des années de déni et d’impuissance dont ce jeune Président est au demeurant le produit parmi d’autres. Macron le candidat est aujourd’hui rattrapé par Macron le Président qui n’a rien vu ou rien voulu voir venir lorsqu’il n’était qu’un candidat. A sa décharge, toute sa socialisation intellectuelle, à l’instar de nombre de responsables de sa génération, est comptable d’une idéologie d’accommodement aux communautarismes. Et c’est bien l’accommodement qui a accompagné en silence la montée au calvaire de cet enseignant dont le seul tort consiste à avoir accompli sa mission : l’accommodement tout d’abord de sa hiérarchie qui, en lieu et place d’un soutien sans ambiguïtés, a préféré tergiverser en recevant des parents accompagnés d’un militant islamiste largement signalé ; l’accommodement aussi de responsables politiques qui paraissent s’excuser de devoir lutter contre les ennemis de la République, à coup de “oui mais…”, sans compter ceux qui ouvertement pactisent avec ces [ennemis de la République] tout en n’hésitant pas à manifester au nom de la République chaque fois que le sang coule.
» La peur au ventre, le complexe en bandoulière, la mauvaise conscience en viatique, voire la tartufferie dans les veines pour certains, ainsi offrons-nous à nos adversaires le visage d’une “résistance” affaiblie, doutant parfois jusqu’à la légitimité de nos principes et de la force de notre histoire, profondément désunie sur le fond également comme l’a attesté la manifestation de ce 18 octobre, Place de la République, où au-delà de la mobilisation et de son inévitable effet cathartique se sont exprimées les lignes de fractures de l’archipel français entre les sincérités et l’inquiétude réelle, les sauvetages communicants des appareils politiques faillis ou compromis, les faiblesses et contradictions des responsables. Cette réaction du lendemain, rite obligé bien plus que mouvement spontané, sorte de mélange des émotions réelles des uns et des arrière-pensées récupératrices des autres, n’a pu occulter l’extrême confusion du moment. Elle rajoute même le malaise au malaise
. »

L’on pourrait remonter plus loin encore, comme ferait un dernier de cordée qui refait le chemin tracé par ses brillants devanciers, pour rappeler d’où viennent nos enfers, nos peines et nos misères qui nous ont tant battus... Vous savez, pensant à cette misère de notre “étrange époque” qui ne demande, comme d’un don du Ciel, qu’à disparaître comme si elle n’avait jamais existé, je repense à l’universalité également de ces vers de Péguy, – car, même sortis de l’écrin de la Nécropole Sacrée de Verdun pour laquelle ils ne furent pas écrits et à laquelle ils adressent le salut fraternel le plus grand de nature et de beauté, ils marquent par toute leur intensité poignante un signe indicible de grandeur à l'intention d'un monde qui n’a plus comme émotions possibles que la souffrance silencieuse et l’ironie de la dérision, – cela, Péguy, pour tenter de la rattraper, cette “étrange époque” :

« Mère, voici vos fils qui se sont tant battus,
» Qu’ils ne soient pas jugés sur leur seule misère... 
»

Je veux dire par là que l’acte infâme, pour qui sait lire l’histoire du monde autrement que dans l’enceinte barbelée de nos salons et de nos ‘plate-formes’ transformés en universités, cet acte infâme a lui aussi une histoire. Il est vrai que notre responsabilité y est engagée, dans une profondeur et une ampleur à mesure de la gloire et de la maîtrise morale, servie par la puissance de la technique, de notre civilisation. Ce ne sont pas les pleurnicheries, les trahisons et les servilités des moralistes installés dans la capitale, baignant dans la modernité et les droits des minorités, toujours à la recherche d’occupants pour collaborer, ce ne sont ces manifestations qui me sont insupportables d’indécence qui y changeront quoi que ce soit ; ces pleurnicheries, ces trahisons et ces servilités, constituent l’acte terminal de l’hybris et de l’arrogance dont nous dénonçons les méfaits soi-disant fondateurs sans en rien savoir des vertus qui ont été brulés sur les bûchers dans les flammes desquelles nous jetâmes nos traditions et nos ancêtres, et les entendements originaux, et les civilisations qui en furent les précipiteuses.

Aujourd’hui, notre histoire consiste à gémir à propos des infamies bien réelles et monstreuses que nous font subir ceux que nous sommes allés ‘civiliser’ à coups de bombes et de produits manufacturés, dès franchi le cap du millénaire d’une façon affichée et exaltée, après les avoir ‘libérés’, ou disons ‘décolonisés’ d’une ‘colonisation’ dont nous étions nous-mêmes les exécutants et que vouâmes aux gémonies à cette occasion. Ainsi y a -t-il deux ‘colonisations’ qui sont le fait de notre ‘civilisation’, et qui ont droit à des traitements si différents qu’on croirait des mondes étrangers ; à tous les travers et les vertus de la première qui ne manque ni des uns ni des autres, la seconde a ajouté dans une dose écrasante qui étouffe tout le reste l’hypocrisie cardinale de l’auto-flagellation, d’ailleurs aussi bien moderniste que d’origine très-chrétienne, qui est finalement la marque ultime de l’acte décisif de l’effondrement (voyez la GCES de la rubrique Glossaire.dde).

Et vous, les civilisateurs et colonisateurs de la postmodernité, ‘colonisation’ de la deuxième série, typiquement de notre “étrange époque”, vous savez bien je ne suis pas de votre monde et ne l’ai jamais été.

Alors, dans mon passé à moi où il m’est parfois arrivé de retrouver la Tradition sacrée, j’étais encore de France et d’Occident sans en rougir, et je pouvais sans le trahir poursuivre Péguy en son quatrain sublime :

« ...Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre
» qui les a tant perdus et qu’ils ont tant aimée. »

  • 20 octobre 2020 à 00:00

L’étrange contrecoup de la Bolivie

Par info@dedefensa.org

L’étrange contrecoup de la Bolivie

TheMoonofAlabama (Moa) écrivait hier, à propos des résultats de l’élection présidentielle en Bolivie de ce week-end dont on avait appris quelques heures plus tôt l’issue qui est celle d’une victoire très large et superbe, au premier tour, du candidat du parti de l’ancien président Evo Morales, déposé par un coup d’État (ou un pseudo-coup d’État) en 2019 :

« Il semble bien qu’Elon Musk ait perdu les élections présidentielles en Bolivie :
» Même la tourmenteuse de Morales, la présidente intérimaire de droite, Jeanine Áñez, a concédé que la gauche était arrivée en tête. “Nous n'avons pas encore le décompte officiel, mais les données dont nous disposons montrent que M. Arce [a] ... gagné l'élection. Je félicite les vainqueurs et leur demande de gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie”, a tweeté Mme Áñez.
» Félicitations au Movimiento al Socialismo, à son candidat Luis Arce et au peuple bolivien qui a résisté aux intimidations et à la violence de la droite et de l’armée. Même si la démocratie est maintenant rétablie en Bolivie, il serait erroné de laisser la droite et l’armée s’en tirer comme ça. Autrement, ils essaieront de tenté à nouveau leur coup.  Les leaders du coup d'État devraient être traduits devant un tribunal. La Bolivie devrait demander au Venezuela des conseils sur la manière de mettre ses forces militaires à l'épreuve des coups d'État. »

Nous tendrions à être plus nuancé que cet avis très court (le reste de l’article de “b” étant consacré aux chances de réélection de Trump), en raison des traits extrêmement particuliers de la situation bolivienne depuis le départ de Morales. Il y a un mois, le 20 septembre 2020, nous accordions une place spécifique à cette situation bolivienne dans des Notes d’Analyse consacrées à une situation générale de revers enregistré par le système de l’américanisme.

« Comme on l’a vu précédemment, la Bolivie, anciennement [dirigé par Morales et] liquidé par un coup d’État d’ailleurs assez soft, est dans la liste de la clientèle de CLS-Strategies, particulièrement la présidente ad interim Jeanine Anez, qui s’est auto-proclamée avec l’aide de l’armée bolivienne et en suivant les conseils, sans doute de la CIA ou de l’affreux Elliott Abrams. On pensait donc la Bolivie verrouillée sous toutes les coutures, retombée dans l’escarcelle de l’oncle Sam, alias Mike Pompeo.
» Il n’en est rien... On découvre qu’une élection présidentielle a lieu en Bolivie le mois prochain (normal, puisque la Bolivie est [re]devenue une démocratie) et que la présidente Anez est en très mauvaise posture, en si mauvaise posture qu’elle abandonne la compétition. Elle déclare même, comme dans une bonne vieille démocratie française où l’on appelle à l’union pour “faire barrage” à une Le Pen, qu’elle se retire pour que les autres concurrents “fassent barrage” à Luis Arce, candidat du parti de Morales, en tête largement dans les sondages avec 40% des voix. Qui nous a donc arrangé cette élimination de Morales pour le bien de la démocratie Made In CIA, sans veiller à ce que la véritable candidate démocrate l’emporte démocratiquement ?
» “‘Aujourd'hui, j’abandonne ma candidature pour la liberté et la démocratie. L’enjeu de cette élection n'est pas mince. La démocratie est vraiment en jeu en Bolivie‘, a déclaré [Jeanine Arez], avertissant qu’un vote avec la division actuelle pourrait permettre l’élection du candidat du MAS, le parti de Morales. [...]
» “Un récent sondage en Bolivie indique que le candidat Luis Arce, – un ancien ministre de l'économie fermement dans le camp des pro-Morales, – pourrait obtenir plus de 40 % des voix lors des élections du 18 octobre. L'ancien président Carlos Mesa arrive en deuxième position avec 26,2 % des voix, ce qui pourrait donner la victoire à Arce au premier tour. Pour éviter un second tour en vertu de la loi électorale du pays, un candidat doit obtenir au moins 40 % des voix et conserver une avance de 10 points sur le second. Anez, quant à elle, est loin derrière avec un peu plus de 10 % des voix... 
» “Une élection contestée l’année dernière a abouti à un coup d'État qui a conduit à l’éviction de Morales, qui a fui au Mexique pour demander l’asile. L’armée bolivienne a imposé la démission de Morales et s'est rangée du côté de l'opposition, qui a également reçu le soutien des USA et de l'Organisation des États américains (OEA), un bloc régional latino-américain basé à Washington DC et fortement financé par le gouvernement américain.
» “Largement composée de partisans d’Anez et de Mesa, l’opposition a insisté sur le fait que l’élection d’octobre 2019 était frauduleuse, encouragée par un rapport de l'OEA qui prétendait trouver de “graves irrégularités”. Cependant, de nombreuses études menées depuis, dont une par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), ont révélé que les allégations de fraude ne pouvaient être étayées. »
» .... Certes, on insistera sur ce dernier détail, qui réhabilite l’élection de 2019 au profit de Morales. On mesure le degré de déliquescence de l’entité mercantilisatrice lorsqu’on apprend que ce rapport est effectivement venu (en février) d’une des sources académiques les plus prestigieuses aux USA, le Massachusetts Institute of Technology. Depuis quand le MIT contredit-il le département d’État et toutes les autres bonnes sources de la bureaucratie de sécurité nationale sur une matière aussi sensible ? Et cela, alors que le pays concerné est dans la mécanique d’une très-prochaine élection présidentielle destinée à acter la liquidation sans retour du diabolique Morales et de ses soutiens. »

Comment en est-on arrivé à cet échec US ? Car il s’agit bien d’un échec, c’est le moins qu’on puisse en dire pour décrire la situation... C’est bien Elon Musk, référencé par MoA, qui s’exprimait avec la joyeuse impudence et la suffisante arrogances propres aux nouveaux génies-trilliardaires de l’économie-simulacre type GAFAM et le reste, – par tweets, bien entendu, puisque c’est par Tweeter que s’expriment et se diffusent les grandes pensées du millenium :

« Le 24 juillet 2020, Elon Musk de Tesla a écrit sur Twitter qu'un deuxième plan de relance du gouvernement américain “n’est pas dans l'intérêt du peuple” Quelqu'un a répondu à Musk : “Vous savez ce qui n'était pas dans le meilleur intérêt des peuples ? Le gouvernement américain qui organise un coup d'État contre Evo Morales en Bolivie pour que vous puissiez obtenir le lithium là-bas”. Musk a alors écrit : “Nous faisons un coup d’État contre qui nous voulons et où nous voulons ! Il faudra que vous fassiez avec”. »

Car enfin nous “faisons avec” et il s’agit bien d’un échec US, et quel échec avec une élection du candidat pro-Morales au premier tour, et en plus élection saluée par celle qu’on croyait être la future appointée de la CIA/Pompeo. Comment tirer une autre conclusion que l’échec, sinon en envisageant des hypothèses abracadabrantesques comme celle de la corruption du candidat de Morales, voire du parti de Morales, voire de Morales lui-même (mais alors, le coup initial était-il bien utile ?). Ces hypothèses sont pour l’instant  bien inutiles et il y a sûrement mieux à faire que de songer à régler des comptes avec ceux qui ont servi les desseins d’une opposition à Morales évidemment soutenue par les USA. Ceux-là doivent être également abasourdis de l’échec de leur tentative, qui suppose bien des faiblesses du côté US, et sans doute devraient-ils plutôt songer à se désengager de tuteurs aussi maladroits.  

En effet, s’il et puisqu’il s’agit bien d’un échec, déjà annoncé le mois dernier et qui n’a pu être en rien contenu mais qui au contraire s’est aggravé, on trouve là une démonstration atterrante de l’état de délabrement et d’inefficacité de la machine de subversion et de puissance des USA. Ce ne sont évidemment pas les moyens, ni les capacités de corruption, d’élimination, etc., qui manquent aux USA, bien au contraire, et pas le moindre scrupule ni d’embarras de légalité pour en freiner l’usage. C’est la finesse de jugement, l’art des nuances, l’intelligence d’exécution, etc., qui font complètement défaut. L’interventionnisme US n’a d’ailleurs jamais brillé par cette sorte de capacités. Mais aujourd’hui, tout est étouffé, y compris la pression vers l’extérieur de la puissance et de l’influence, sous le poids d’une bureaucratie washingtonienne écrasante et d’un désordre politique sans aucun précédent, avec toutes les conséquences aux niveaux du commandement, du respect des priorités, etc.

Les USA sont aujourd’hui une énorme machine qui tourne folle. On pensait que c’était essentiellement le pouvoir politique et la cohésion civique qui étaient touchés, ce qui aurait laissé les mains libres pour les pouvoirs de la puissance brute. Il n’en est rien. Comme certains signes l’ont déjà montré au niveau structurel interne, la puissance de sécurité nationale US est également touchée par le délitement extraordinairement rapide de la cohésion des USA. Au reste, on pouvait déjà distinguer cette faiblesse interventionniste extérieure, avec le choix catastrophique de Guaino pour attaquer le pouvoir vénézuélien, et l’incohérence stratégique qui a suivi. A part les sanctions et les actes financiers totalement illégaux, qui devraient d’ailleurs réserver des surprises contre-productives désagréables, la puissance US n’est plus productrice d’aucune efficacité dans son action.

Ce qui est marquant dans ce processus, bien entendu, c’est sa vitesse. Cela ne fait pas grand’bruit, parce que tout cela évolue dans le confinement du “secret de sécurité nationale”, et que les moyens officiels (presseSystème et le reste) se gardent bien d’en parler à voix trop haute. La surprise est d’autant plus forte lorsque les effets du processus se font sentir en plein jour, en pleine lumière.

Il s’agit d’un problème d’une très grande importance et d’une gravité extrême. Pour le meilleur et pour le pire, – et l’on sait bien dans quel sens il faut incliner, – la machine de sécurité nationale US contrôle les principales structures de sécurité des relations internationales. Son délitement constitue une inconnue nouvelle d’une immense importance, affectant tous les domaines de l'évolution à venir des affaires. Il faudrait que des théoriciens, des experts, tiens même des hommes politiques, aient l’audace d’y songer : que faire des relations internationales sans la puissance de contrainte armée des États-Unis ? C’est, comme disent la gouaille populaire-bobo, la chanson et le dialogue de plusieurs films, « une putain de bonne question ».

 

Mis en ligne le 20 octobre 2020 à 14h45

  • 20 octobre 2020 à 00:00

Le programme de Monarc 1er, suite

Par info@dedefensa.org

Le programme de Monarc 1er, suite

La France s’est trouvée confrontée au début de l’année 2020 avec l’épidémie du Sars-Cov-2 à une pénurie en moyens hospitaliers, particulièrement insuffisants en réanimation. Accueillir un flux de patients nécessitant des soins intensifs spécialisés, élevé brutalement, a été impossible. La capacité en lits de réanimation est connue, 5000 pour toute la France, soit 7,5 lits pour 100 000 habitants. Trois fois moins que l’Allemagne dotée de 29 lits pour 100 000 habitants. 

Or cette capacité d’accueil s’est réduite en quelques décennies. Des réformes du système des services publics gouvernées par une  politique managériale de ‘réduction des coûts’ et de rentabilité l’ont progressivement diminuée. L’insuffisance du nombre de lits et de soignants est dénoncée régulièrement lors de mouvements sociaux. Ils dénoncent le séjour des heures voire des jours de patients sur des brancards où il arrive qu’ils soient oubliés surtout en hiver lors des pics de grippe.

Des économies avec effet

Le directeur d’établissement hospitalier organise des départements et en désigne les responsables chargés d’atteindre des objectifs économiques qui leur sont assignés depuis la réforme de 1983. Le financement global remplace la tarification à la journée d’hospitalisation. En 2004, une tarification à l’acte intervient pour corriger les distorsions qui se seraient introduites par la dotation globale qui ne financerait pas assez les hôpitaux à forte activité.  En valorisant les actes techniques rentables, la finalité du service public a été perdue de vue. La loi HPST, Hôpital Patient Santé Territoire a obligé en 2009, complétée par celle de 2016,  les hôpitaux à mutualiser leurs ressources et leurs capacités en adhérant à un groupement hospitalier de territoire. La masse salariale s’en est trouvée amoindrie. 

La réponse tardive de l’exécutif français à la pandémie ne put se faire qu’en usant d’un moyen autoritaire, le confinement, pour enrayer les contaminations. Elle s’est imposée car le nombre de malades graves et de décès s’élevait de manière exponentielle, impossible à camoufler. Il importe de souligner que cette décision a été assortie d’une coercition qui a mis en jeu des amendes dissuasives et des interventions musclées de la police le plus souvent arbitraires, spectaculaires visant les habitants des quartiers populaires. 

Deux autres mesures lui ont été associées. Les patients à réanimer ont été sélectionnés selon leurs chances de survie théorique, il a  donc été procédé à un triage des personnes à secourir en faisant des choix, comme on y a recours en médecine de guerre ou de catastrophe. Par ailleurs, certains patients furent transférés dans des TGV réaménagés depuis les épicentres de l’épidémie vers des structures de soin non saturées.

Le coût économique de l’arrêt brutal de l’activité « non indispensable » est considérable et difficile à évaluer. Une fourchette inférieure peut être avancée avec le chiffre de 450 milliards d’euros mobilisés pour venir en aide aux entreprises, paiements du chômage partiel pour 17 millions de salariés du privé, prêts, garanties de prêts et exonérations de toutes sortes pour les entreprises. Les licenciements et les ‘inévitables’ fermetures d’entreprises qui ne manqueront pas de survenir sous peu décupleront  la facture de la pandémie.

Prévisions sans effet

L’exécutif a prévu d’augmenter le nombre des lits en réanimation pour le faire passer de 5000 à 12 000 si nécessaire. Plus du tiers des lits de réanimation sont occupés depuis début octobre par des patients en situation de détresse respiratoire pour COVID-19, leur augmentation se fait linéairement. En réalité, il a été procédé à des fermetures, 14 lits ont été supprimés à Strasbourg. Si des appareils de ventilation assistée semblent avoir été acquis, le déficit se fait sentir au niveau du personnel soignant.

C’est donc pour éviter un nouvel afflux massif et brutal de malades qu’un couvre-feu a été imposé à de nombreuses métropoles. Ni le travail ni l’école, lieux par excellence de la dissémination du virus par le brassage de la population dans les transports en commun en particulier, n’ont été suspendus comme en mars-avril. 

Cette demi-mesure expose outre les professions qui doivent interagir directement avec leurs semblables, enseignants, services à la personne,  les travailleurs qui ne peuvent effectuer leur travail à distance, c’est-à-dire en grande majorité la classe des moins qualifiés qui transportent ou transforment des marchandises. Le système les considère comme interchangeables et donc faciles à sacrifier. Il a préféré mécontenter les métiers du loisir et de la restauration quitte à leur offrir une compensation plutôt que de compter des morts parmi ceux qui y auraient eu recours, les citadins moyennement aisés, la clientèle électorale ciblée par l’extrême-centre, que cette orientation résulte d’un choix inconscient ou conscient. Autrefois le prolo allait à la mine avec son canari, ce qui n’empêchait pas les explosions et les effondrements de veines, il risque aujourd’hui la contamination potentiellement mortelle par l’éternuement ou le postillon inopportun de son voisin dans le RER ou l’autobus. Le prototype du Français de la ‘classe moyenne inférieure’ qui proteste contre la confiscation de ses libertés fait donc un contre-sens absolu sur les motivations gouvernementales.

Des effets

La solution ainsi retenue pour faire face à l’actuel rebond épidémique consiste donc à faire acquérir une ‘immunité collective’ à la population. Quand un nombre critique (lequel ?) aura fait la maladie, le plus souvent de façon inapparente, le virus ne circulera plus puisqu’il se heurtera à des personnes non naïves qui ne le transmettront pas. Le pari est risqué. Si l’on considère que 5% des personnes atteintes par le virus risquent de développer des signes cliniques, parmi ces millions, combien auront besoin de soins en milieu hospitalier en même temps? Le coût immédiat et futur peut se révéler important. Bien sûr, le port du masque obligatoire dans les lieux publics rétracte favorablement les chiffres de cette prévision même si la perspective reste préoccupante. La Suède qui avait adopté cette attitude du laisser-faire, vantée par les libertariens, ayant eu le taux le plus élevé de décès par millions d’habitants en Europe, a décidé d’en venir à un confinement soft, sans contrainte policière.

En l’absence de médicament antiviral d’une efficacité réelle prouvée, des traitements symptomatiques anciens, comme l’anticoagulation et les corticoïdes, ont néanmoins amélioré le pronostic des patients graves sans que leur posologie ne soit encore parfaitement maîtrisée. 

Ce choix est compatible avec l’hypothèse qu’aucun vaccin efficace ne sera au point avant un long moment pour des raisons théoriques et pratiques. L’une d’elles, et pas des moindres, est que la maladie ne semble pas immunisante. De plus en plus de cas de patients réinfectés par la même souche ou par un virus d’un sérotype différent sont bien documentés. 

La présence éphémère des anticorps neutralisants après une guérison fait soupçonner qu’une éventuelle protection ne sera pas durable.

Et des choix

Dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité Sociale, l’exécutif français a choisi de créer une participation pour les consultations aux urgences hospitalières qui n’aboutissent pas à une hospitalisation. Instaurer un « forfait patient urgence » en lieu et place d’un ticket modérateur sera un frein puissant pour les plus démunis, ceux justement qui n’ont pas accès à la médecine de ville. 

Le Ségur de la santé qui devait instituer des revalorisations salariales et une augmentation du personnel hospitalier n’a pas convaincu. L’ensemble des syndicats, y compris les plus réformistes et collaborateurs du patronat et de l’Etat, avait appelé à une journée de grève et de mobilisation ce 13 octobre.   

L’exécutif poursuit son programme, peu ‘protecteur’ et plutôt agressif envers les plus faibles quand il se montre très généreux avec les entreprises. Sur l’enveloppe des 100 milliards qui seront déployés en deux ans pour la ‘relance’, il accorde 20 milliards d’exonération fiscale au patronat. Plus de € 7 milliards serviront à payer des salariés à la place des employeurs. Ainsi, près du tiers ira directement aux capitalistes, lequel sera payé aux banques privées sous forme d’intérêts pour la dette publique contractée à cet effet par les impôts indirects du plus grand nombre. La destination du reste de la répartition est trop floue pour déterminer dans quelle poche elle atterrira. La neutralité de l’Etat c’est concourir à perpétuer l’organisation capitaliste de la production et de la vie sociale. Concrètement, sans même appréhender comment s’extraie magiquement la plus-value du travail, chacun constate que les plus riches s’enrichissent vertigineusement, profitant de cette circonstance-ci comme des précédentes pour aménager des situations de monopoles, que les pauvres, de plus en plus nombreux s’appauvrissent. Ils se font abrutir par toute sorte de guerre psychologique qu’on leur oppose qui les divertit de leur domination réelle et les divise, sans quoi, ils se seraient émancipés depuis longtemps. Les travailleurs, de plus en plus précaires en proportion géométrique du nombre de ‘sans-emploi’, sont et seront sacrifiés pourvu qu’ils continuent de travailler, de consommer et ‘de fermer leur gueule’.

  • 19 octobre 2020 à 00:00

Le féminisme et son Titanic

Par info@dedefensa.org

Le féminisme et son Titanic

19 octobre 2020 – J’ai noté un passage dans le texte sur le Titanic de Charles Hughes Smith, ou CHS (*), qu’on voit par ailleurs sur ce site. Je l’ai noté, pour un membre de phrase, qui mérite mieux à mon avis que d’être perdu sur un “p’tit coin” de paragraphe. Voici un extrait de la chose, avec, marquée de gras pour l’occasion et par mes soins propres, le passage qui m’importe :

« Qu’ont fait les autorités de ces informations ? Totalement incapables d’agir efficacement, elles ont complètement oublié leur expérience et leur mesure et ont consacré toutes leurs ressources à faire respecter la hiérarchie des classes et l’aspect chevaleresque des relations entre sexes de l’époque : 80% des passagers masculins ont péri et 25% des passagers féminins. »

Je trouve, d’une façon très neutre et très volontairement neutre je le précise parce que je ne veux aucune polémique, que c’est un sujet pour le féminisme, ce constat : qu’on aime ou pas, qu’on décompte ou non, qu’on méprise ou ignore les vieux préceptes réactionnaires (« Les femmes et les enfants d’abord »), ceux-là qui si profondément inégalitaires pour une âme bien nettoyée au Ripolin moderniste, il reste que les femmes ont largement profité des mœurs dans tel ou tel cas où c’était une question de vie ou de mort.

Je rapproche aussitôt une autre remarque, qui concerne un événement chronologiquement très proche du naufrage du Titanic.

Je veux parler de la Grande Guerre. Que ne voyons-nous de si nombreux documentaires, voire de films, d’ailleurs fort intéressants quand c’est bien fait, sur la condition et la situation des femmes pendant la Grande Guerre ! C’est le fait qu’elles aient dues, en un sens, ‘remplacer’ les hommes, à l’usine, dans les champs, dans la direction des foyers... qu’elles aient donc été confrontées à des travaux de force et à des situations qui nécessitaient des décisions, tout cela à quoi elles n’étaient nullement préparées, – mais tout cela aussi, si l’on veut voir le bon sens de la chose comme c’est si souvent le cas, qui accéléra considérablement l’émancipation de la condition féminine, on sait dans quel sens, de quelle façon, etc.

(Sur ce dernier point de l’influence et de la direction des foyers : les femmes l’ont souvent dispensée et exercée dans l’histoire, souvent avec autorité et influence, parfois avec des constats inattendus. Par exemple, j’ai vu et entendu récemment un documentaire fort bien achalandé sur les plus récentes trouvailles historiques sur l’influence des femmes viking au sein de la société des Vikings, occupant une position de direction incontestée sur les terres où vivaient les colonies, pendant que les hommes partaient en expéditions guerrières, et position nullement remise en question lorsque les hommes rentraient. L’un dans l’autre, on peut juger que le poids des femmes dans la direction des colonies vikings était plus importante que celles des hommes, que cet ordre subsistait avec la présence des hommes revenus de la guerre, et qu’à cet égard on peut avancer l’hypothèse que les femmes se trouvaient en général dans des positions plus fortes que celles des hommes, dans une société où les tâches étaient démocratiquement réparties, sans interdit majeur et donc avec l’accord de tous.)

Fort bien pour ce rôle des femmes, suppléant à l’absence des hommes partis à la guerre. Imaginez pourtant que l’esprit d’aujourd’hui soit transporté en 1914-1918 et ait régné du temps de la Grande Guerre ; c’est-à-dire que les femmes jouent le même rôle que les hommes, bénéficient des mêmes droits et remplissent les mêmes devoirs. Cela signifie qu’elles auraient participé à la tuerie et qu’elles auraient été frappées selon les mêmes proportions, dans les mêmes conditions. Pour s’en tenir à la glaciale comptabilité, on décompterait 800 000 femmes mortes au combat et autour de deux millions blessées, et souvent affreusement blessées car, – “gueules cassées” obligent, – l’état technologique de la modernité et du Progrès durant la Grande Guerre faisait que la capacité destructrice par les éclats de fer, qui tranchent, coupent, amputent, déforment affreusement (surtout marquant au visage) était infiniment supérieure à la capacité réparatrice de la médecine de guerre et des grands blessés, avec la chirurgie esthétique de guerre. On retrouve cette situation comme une constante, expliquant en bonne part la terrifiante et affreuse boucherie (supériorité des armes défensives affreusement tueuses, – artillerie, mitrailleuses, – contre des armes offensives très faibles, jusqu’à l’arrivée à maturité de l’aviation d’appui en 1917-1918, et des chars en 1918).

J’écris cela en complète ignorance de l’examen ou pas de ce cas (la femme et le féminisme dans la Grande Guerre de ce point de vue), n’ayant qu’une culture très sommaire des études et travaux sur le féminisme. Si la question a déjà été traitée, qu’on me pardonne de la soulever ici à nouveau, et d’une façon sans aucun doute amateur[e] et béotienne ; si elle a été résolue, à Dieu vat et l’on verrait avec intérêt comment elle a été résolue ; si elle est irrelevant parce qu’un peu trop complexe à résoudre, le Sphinx s’en occupera...  Pour mon compte, je ne l’ai abordée qu’après y avoir pensé plusieurs fois, et avec mon attention attirée par le passage de l’article de CHS sur les pourcentages des personnes de chaque sexe emportées par le naufrage.

Je crois ou crains en même temps, que le féminisme, qui est une activité assez récente, qui est aujourd’hui (le féminisme d’aujourd’hui) très différent du mouvement des “suffragettes” qui impliquait une réelle autonomie du rôle des femmes et nullement une idée de concurrence, d’affrontement, du suprémacisme vis-à-vis des hommes, je crains que ce féminisme ne tende à emprisonner les femmes aux hommes d’une autre façon et de la façon inverse si vous voulez, quitte à les singer négativement, à les détester absolument en désignant comme idéal le contraire de ce qu’ils sont prétendument. Je crains que le féminisme courant soit beaucoup trop en rupture avec le passé des femmes de caractère, des femmes indépendantes, des femmes qui ont fait la gloire des femmes sans faire un mouvement sociétal. Je crains que la femme qui sorte de ce féminisme soit triomphante à la façon des hommes triomphants aujourd’hui, c’est-à-dire autant dépendante du Système que le sont les hommes dont elle entend planter leurs têtes au bout de leurs piques fort acérées.

Mais enfin, tout ça même crémerie, même simulacre ; heureusement, avant qu’on puisse répondre aux questions envisagées ici, le Système aura été pulvérisé en un milliard de morceaux, effondré, explosé, désintégré, pfffuittt... Seule chose qui importe. Ce doit être pour cette raison, en vérité, que je ne m’intéresse pas vraiment et refuse de m’y intéresser, au féminisme, comme aux autres mouvements sociétaux de la même boutique, assuré que nous sommes sur une autre voie, plus large, plus irrésistible et qui emporte tout, et qui imposera de toute autre références.

 

(*) CHS pour Charles Hugh Smith. J’ignore si son prénom est Charles ou Charles Hugh, et si son nom est Smith ou High Smith ; dans l’incertitude, et si j’y reviens, peut-être adopterais-je lâchement la formule des initiales comme proposé ici, puisque j’ai par ailleurs une complète détestation de l’emploi de l’ensemble ‘prénom + nom’, simplement par horreur de l’imitation des modes, des automatismes de langage imposés par notre organisation du vivre-ensemble, depuis que dans le monde politico-communicationnel et des communicants français, on est incapable de dire “Macron” sauf cas de colère ou de mépris ostentatoire, et alors qu’il faut s’attarder à l’interminable “Emmanuel Macron”. En fait, s’il le fallait vraiment, je préférerais encore un “monsieur Macron” sec et froid. Cette attitude pour les mœurs du pseudo-siècle, au fond, c'est du même type de celle que j'ai pour le féminisme. (J'avais d'abord écrit ‘félinisme’, coquille aussi récélatrice qu'un lapsus.)

  • 19 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Joe, la ‘surprise surprenante’

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Joe, la ‘surprise surprenante’

Non seulement Biden est tout ce que l’on sait, – vieux-gâteux, inexistant, sans la moindre idée politique propre, destiné à être éliminé pour raisons médicales et compoertementales dans les mois suivant une éventuelle élection, – mais il nous présente également un cas de corruption oligarchique du type népotique qui est tout simplement exemplaire. Le très-souriant Joe (48 dents ? 64 ?) qui réussit des discours plein de fougue devant une foule minutieusement absente et un téléprompteur géant, réussit également à apparaître comme une des surprises de cette élection en se découvrant comme l’organisateur népotique d’un groupe prodigieusement corrompu, notamment avec l’aide de son fils Hunter. Les principaux terrains de chasse des Biden, outre les champs d’honneur intérieurs habituels de l’Amérique, sont l’Ukraine et la Chine.

Les révélations se multiplient après que la digue ait cédé sous la poussée de l’article du New York Post, aussitôt censuré par nos petits-‘Masters of Universe’, Tweeter et Facebook, et provoquant le fameux ‘effet-Streisand’ qui implique qu’un document censuré avec éclat et spectaculairement bénéficie d’une publicité extraordinaire et d’une diffusion à mesure, par les innombrables canaux doublant ceux qui ont été interdits par la susdite censure ; bref, nous parlons pour ainsi dire de ‘la censure censurée’, conduisant à la formule algébrique [moins + moins = plus].

Depuis mercredi, donc, et la notoriété publique du fait de censure d’une affaire pourtant connue dans ses moindres détails depuis des mois, c’est un torrent ininterrompu d’une boue bien grasse et bien épaisse éclaboussant la famille Biden. L’un des principaux artilleurs tapant sur les Biden, c’est l’avocat Giuliani, un proche de Trump et un maître-connaisseur des coups fourrés ukrainiens, qui dispose d’un formidable dossier  sur les Biden, à écouler d’ici le 2 novembre.

Ce cas-Biden est finalement une des surprises les plus inattendues de cette campagne qui semblerait devoir nous gâter jusqu’au bout. (Il y a en effet dans cette époque étrange des ‘surprises attendues’, ou ‘surprises sans surprise’, et des ‘surprises inattendues‘, ou ‘surprises surprenantes’ ; le cas Biden tel qu’il a évolué est de la seconde option.)

La candidature Biden était pliée d’avance : candidat médiocre, vieux routier corrompu mais pas plus que les autres, toussant et débitant des phrases sans queue ni quoi que ce soit, que personne n’écoutait pae conséquent... Biden était sans importance, l’ombre de son ombre dont la seule vertu était tout simplement qu’il n’était pas Trump, et donc que, s’il gagnait, il exploserait l’insupportable Trump. C’est tout ce qu’on lui demandait, dans une époque où voir les choses à plus de trois semaines de distance représente un effort absolument surhumain, qui vous envoie ‘en réa’ façon-Covid19. De toutes les façons, entre deux toux sinistres, Biden s’en serait allé pour cause d’incontinence verbale et autres, – qu’importe.

Soudain, les choses changent.

Le vieux Joe s’avère être un roué, un toursiveu (« homme fallacieux, insinuant, captieux, [qui] trompe avec art et méthode »), dont même son fils Hunter, exécutant de toutes les sales coups, se plaint dans un courriel à sa sœur que son père lui ponctionne la moitié des commissions et pots de vin qu’il ramasse ici et là, de Kiev à Pékin. Le vieux Joe s’avère un ‘homme scandaleux’ dans un milieu où il fait y aller à fond pour parvenir à faire scandale. Le nombre de caserolles qu’il traîne semble tout à fait impressionnant, au point où certains chez les démocrates-qui-ne-doutent-de-rien se demandent si les problèmes de Joe ne risquent pas de compromettre son mandat de président dès le début (ce sont effectivement des démocrates qui-ne-doutent-de-rien puisqu’ils ne doutent pas une seconde de la victoire de Joe, alors que les ‘scandales’ pourraient bien s’avérer être un redoutable champ de mines pour le 3 novembre).

La partie reste donc remarquablement ouverte, entre deux candidats qui illustrent si bien à propos la situation du système de l’américanisme, qui se résume assez curieusement par cette formule à l’emporte-pièce, traduite approximativement et avec prudence de notre part, venue d’un commentateur assez peu dans les normes de la décence américaniste et résolu à ne pas voter le 3 novembre… « Qui prendra le bâton merdeux ? »

A ce propos justement et finalement, sans doute est-ce Helen Buyniski qui n’a pas tort, écrivant pour RT.com dont les pauvres petits censeurs chargés de conteneurs de $milliards continuent à vous avertir, par exemple du côté de Tweeter que le susdit RT.com est bien, mais oui mais oui, un ‘média d’Etat’. (Quand vous mesurez les performances vertueuses des ‘médias privés’, vous êtres terriblement rassurés, camarades Corporate Socialists.) Pour Buyniski, finement psychologue, il se pourrait bien que chacun des deux candidats nourrisse secrètement le désir, après tout pourquoi pas, de n’être pas élu, – c’est-à-dire, lorsqu’on réalise en vérité le marigot de matières fétides en décomposition de ce que seront USA2021 et la suite. (« Et si ni les démocrates ni les républicains ne voulaient pas gagner en 2020 ?interroge Buyniski dans le titre de son texte. Personne ne veut avoir à changer la couche affreusement souillée de l’Empire américain... »)

Ce qui nous vaut cette triste conclusion, se rapportant à l’intéressant emploi, décidément fort couru, de la gestion de l’emplacement des chaises-longues sur le pont en forte déclivité du Titanic :

« À l'approche du 3 novembre, les deux candidats semblent faire campagne pour leur adversaire. Biden a exhorté les électeurs qui pensaient qu'ils étaient mieux sous Trump à le réélire tandis que Trump a récemment menacé de prendre en otage l’aide Covid-19 des Américains à court d’argent jusqu’à la fin de l’élection, avant de faire marche-arrière devant les protestations du public. Quiconque détient la patate chaude du pouvoir dont on entend le tic-tac avant l’explosion, celui-là ne trouve plus grand’chose d’exaltant dans son travail de déplacer les chaises-longues sur le pont du Titanic en train de couler vite fait, pour permettre une meilleure immersion quand on sera au bout du voyage... »

 

Mis en ligne le 19 octobre 2020 à 13H10

  • 19 octobre 2020 à 00:00

Le Titanic, la tête dans le sable

Par info@dedefensa.org

Le Titanic, la tête dans le sable

Charles Hughes Smith n’est pas optimiste sur l’avenir de notre Système-à-tous. On le comprend et on le suit sur cette voie du raisonnement. Comme il sait la valeur du symbolisme et de l’analogie comme instruments de représentation et de communication pour mieux faire comprendre l’ampleur et la substance d’une situation, il a utilisé à plusieurs reprises (au moins deux fois d’une façon précise et élaborée, mentionne-t-il) l’analogie historique du Titanic pour représenter le sort de notre Système.

Personne ne le lui reprochera, et surtout pas nous qui ne nous privons pas, pour notre part, d’utiliser cette analogie de la tragédie de l’immense paquebot, symbole de toute la puissance et de toute la certitude du Progrès puisqu’il était garanti et certifié “insubmersible” à la face de tous les éléments et colère diverse de Mother Nature, naufrageant lors de son voyage inaugural, dans des conditions évidemment tragiques mais également piteuses puisque sans vraiment de pression des éléments naturels. Le Titanic succomba totalement et sous plusieurs aspects, notamment et y compris psychologiques, à la folie de la suffisance de l’hybris du Sapiens-Sapiens progressiste et moderniste.

... Il se trouve en effet que les conditions de son naufrage ont montré toutes les tares, les injustices idiotes, les pressions imbéciles et mortelles, les absurdités de gestion, les suffisances de jugements insupportables de sottise, dont le système qui avait accouché du ‘géant des mers’ était évidemment le promoteur et le porteur. Ce sont les mêmes traits, “injustices idiotes” et “pressions imbéciles et mortelles”, “absurdités de gestion”, “suffisances de jugements insupportables de sottise” qui affectent le Système en pleine surpuissance aujourd’hui, nous-mêmes en Majesté, dans tout l’étalage de l’extraordinaire dynamique de nos erreurs déstructurantes et productrices prodigieuses d’entropisations diverses.

Charles Hugh Smith a eu l’idée originale de reprendre l’analogue du Titanic et de décrire toutes les extraordinaires erreurs qui ont marqué les réactions des directions (déjà directionsSystème, peut-on dire, parlant des officiers dirigeant l’équipage) devant la catastrophe en train de se produire. Ces erreurs ont transformé ce qui aurait pu n’être qu’un accident grave et regrettable mais contenu, en une tragédie sans guère de précédent.

La cause de ce comportement est l’aveuglement de toute cette direction Système par rapport à la réputation du monstre “insubmersible” ; puisqu’“insubmersible” il était et le restait même en train de couler, et à quelle vitesse, c’est donc qu’il restait “insubmersible” envers et contre tous les océans du monde ; Mother Nature n’avait que se le tenir pour dit et se tenir à bonne distance. C’est dire enfin qu’il n’était pas question une seul seconde de se conduire comme si le bateau était perdu, pour appliquer les principes de sauvetage en mer de ce qui peut l’être, dans l’ordre et la discipline salvatrice autant que possible.

Au contraire, les lourdes bêtises du progressisme et du simulacre du Progrès continuèrent à mener la danse, au rythme des certitudes et des arrogances diverses, y compris les préjugés de classe dont la bourgeoisie su bien mieux et bien plus cruellement user que toutes les aristocraties du monde, puisqu’au départ sans aucun droit, puisque sans aucun devoir accompli en faveur des plus déshérités, – comme la défense des paysans (anciennement “serfs” disent avec ravissement nos philosophes-Lumière) par la chevalerie du domaine aux origines de ces classifications. On retrouve avec la bourgeoisie, qui a en plus la Révolution-République à son palmarès, cette inégalité totalement infondée, au contraire des inégalités naturelles qui ne reflètent que les différences de tâches ; on la retrouve dans les actions des officiers du Titanic, pistolets au poing pour contenir la racaille des troisième classes qui prétendait sauter dans l’eau plutôt que de couler avec la superbe réalisation du Progrès.

Il faut dire que l’analogie est fort bien faite. On reconnaît au premier coup d’œil tous les travers de notre période de Sous-Sol & Égouts de Bas-Empire, niveau des excréments, qui sont la caractéristique de nos Derniers Temps les bien-nommés. L’analogie de Charles Hughes Smith entraîne donc l’auteur à s’exclamer in fine (on l’entend d’ici) : mais pourquoi continuent-ils, nos Masters of Universe de l’époque, à vouloir sauver ce qui ne peut l’être, puisque nous coulons à la vitesse du Titanic, exactement comme le fit le Titanic, pour les mêmes raisons ?! Ces questions sont vraiment trop simplistes, alors et puisqu’on l’a voulu la réponse est finalement très simple ; “Pourquoi ?”, demande Charles Hugh Smith ? Sa réponse va d’elle-même, et c’est parce que nous sommes encore plus bêtes, bien plus vaniteux, encore bien plus suffisant, encore plus immensément bouffis d’hybris comme d’autres parmi les plus beaux biceps et pectoraux des bêtes de concours, le sont d’avalanches et de tempêtes de stéroïdes... Par conséquent et pour revenir au Titanic, un siècle plus tard “encore plus bêtes que plus bêtes” sommes-nous...

Par conséquent (suite), il n’y a, comme sur le Titanic, strictement rien à attendre de l’Effondrement du Système qui est en train de poursuivre son œuvre. Ce constat, on s’en doute, ne nous apprend rien, nous qui offrons comme hypothèse principale que l’Effondrement est en train de se faire (Grande Crise d’Effondrement du Système) tandis que l’orchestre, sur le pont incliné comme il se doit, continue sur l’air entraînant du “En avant-la-Zizique”, l’hymne transnational globaliste. Bien au contraire, toute cette agitation bienheureuse pour sauver ce qui peut être d’autant plus sauvé, sinon transmuté, qu’il n’y a aucune chance de le sauver, encore moins de le transmuter, – tout cela nous encouragera doublement, voire triplement, à “monter des ‘coups’”.

Nous citons, selon les flux et reflux de l’actualité de la communication qui n’est avare de rien, les entreprises de sauvegarde du type ‘reset-Davos’, du type Vaccinagate (ou VaccineGates) et fabrication de coronavirus en version à ailes variables, du type mise en fiche de la planète par insertion sous-cutanées, du type ‘goulag des masques’ de toutes les catégories et du couvre-feu postmoderne, du type de l’activité progressiste de la marque déposée Corporate Socialism, avec en vedette globaliste la société globalisée Anastasia & Co des docteurs Frankenstein Zuckerberg-Dorsey, etc. ; peut-être même que le Pentagone, qui n’a jamais raté un complot, réussira à en monter un de sa propre pate, fabriquant des porte-avions lanceurs de virus et frappant au cœur, – après régularisation et paiement de ses émoluments à la famille Joe-Hunter Biden, – le bâtiment du Parti Communiste Chinois à Pékin par des missiles baptisés hypersoniques (même s’ils volent en subsoniques, on est priés de croire qu’ils sont hyper...).

Et l’on verra, dans cette occurrence, – car c’est bien là finalement que nous voulions en venir, – que les complotistes eux-mêmes s’arrêteront, épuisés de voir tant de leurs projets dépassés par ceux des véritables acteurs du Grand Complot pour sauver le Titanic, soudain stupéfaits de découvrir que tous, absolument tous les complots qu’ils dénoncent depuis des siècles, sont vrais et archi-vrais, et même géniteurs de suites impressionnants de complots... En effet, le Titanic revu XXIème siècle, ne vaut pas moins que cela, aboutissement de tous les complots de notre longue histoire complotiste.

... Car, pendant ce temps, le Titanic des Temps d’Après poursuit son triste destin. Charles Hugh Smith ne se fait pas la moindre illusion, pas un seul instant. Nous non plus. Nous sommes destinés à boire l’iceberg jusqu’au dernier cube de glace de ces temps de crise climatique. Il est absolument évident que le Système suivra, en pire, en buvant la tasse encore plus monumentale, le destin du ‘géant des mers’. L’analogie de Charles Hugh Smith vaut donc d’être parcourue et méditée.

Reprise d’une part par ZeroHedge.com, la chronique de Charles Huigh Smith se trouve également sur son site, le 16 octobre 2020, sous le titre « L’analogie du ‘Titanic’ que vous ne connaissez pas : accepter passivement l’oubli » (« The ‘Titanic’ Analogy You Haven't Heard: Passively Accepting Oblivion »).

dedefensa.org

_______________________

 

 

Croisière sur le Titanic

Que nous nous en rendions compte ou non, nous réagissons par l'acceptation passive et l’oubli.

Vous avez sans aucun doute entendu l’anecdote cyniquement moqueuse du déplacement des chaises longues sur le pont du Titanic comme une analogie symbolique de la futilité d’approuver des ajustements politiques face à la crise systémique [la GCES, selon nous]. J’ai déjà utilisé le cas du Titanic comme une analogie de la fragilité de notre système financier face à la terrible catastrophe de la pandémie :

• |e15 mars 2016, “Why Our Financial System Is Like the Titanic” ;
• le 20 janvier 2020, “Coronavirus and the ‘Unsinkable’ Titanic Analogy.

Mais il y a une analogie très significative, que vous ne connaissez sans doute pas. Pour la comprendre cette analogie, nous devons rappeler récapituler le contexte de la tragédie.

Le 14 avril 1912, le paquebot Titanic, considéré comme insubmersible en raison de l'étanchéité de ses compartiments de coque, est entré en collision avec un énorme iceberg, par une nuit étrangement calme et sans lune. Aux premières heures du 15 avril, l’immense navire se brise en deux et coule, emportant dans son naufrage la majorité de ses passagers et de son équipage.

Sur les 2 208 passagers et membres d’équipage, 1 503 ont péri et 705 ont survécu. Les canots de sauvetage avaient une capacité maximale de 1 178 personnes, ce qui fait au moins 475 morts de trop.

La complaisance initiale des passagers et de l’équipage après la collision est une autre source d’analogies concernant la capacité sans fin de l’humanité à nier.

La structure de classe de l’époque était appliquée par les autorités, représentées par les officiers du navire. Alors que la situation devenait visiblement tendue et  menaçante, les passagers de première classe étaient installés dans les canots de sauvetage restants tandis que les passagers de troisième classe, – dont nombre d’immigrants, – étaient bloqués à bonne distance du pont. Les officiers avaient pour instruction de faire éventuellement usage de leurs revolvers.

Les deux tiers des passagers sont morts, mais les pertes n'ont pas été réparties de manière égale : 39% des passagers de première classe, 58% des passagers de deuxième classe et 76% des passagers de troisième classe ont péri.

Les calculs rudimentaires du concepteur du navire, qui était à bord pour superviser le voyage inaugural, révélèrent rapidement aux officiers que le navire allait couler et qu’il n’y avait aucun moyen de l’arrêter. Le navire avait été conçu pour survivre à la mise sous eau de quatre compartiments étanches, et pouvait probablement rester à flot si un cinquième était endommagé ; mais la sort en était jeté s’il y en avait six. L’eau se répandrait inévitablement dans les compartiments adjacents et chuterait comme des dominos jusqu'à ce que le navire coule.

Qu'ont fait les autorités de ces informations ? Totalement incapables d’agir efficacement, elles ont complètement oublié leur expérience et leur mesure et ont consacré toutes leurs ressources à faire respecter la hiérarchie des classes et l’aspect chevaleresque des relations entre sexes de l’époque : 80% des passagers masculins ont péri et 25% des passagers féminins.

L'embarquement des passagers dans les canots de sauvetage fut si mal organisé que seulement 60 % de la capacité des canots de sauvetage était utilisé.

Au contraire, si les officiers avaient courageusement accepté l’inévitabilité du naufrage du navire dès le début et conçu un plan pour minimiser les pertes de vie ? Il n’aurait pas fallu un extraordinaire sursaut de créativité pour organiser les volontés de l’équipage et des passagers afin de récupérer du navire tout ce qui pouvait flotter, – chaises de pont en bois, fauteuils, parois, etc. Du fait que la mer était extrêmement calme mais glacée cette nuit-là, il aurait suffi de maintenir les naufragés hors de l’eau sur les débris flottants.

Plutôt que de promouvoir l’absurde simulacre selon lequel le navire allait bien, très bien merci alors que le temps de la catastrophe était compté, les autorités auraient pu rassembler femmes et enfants à bord des canots de sauvetage.

Sur les 1 030 personnes qui n’auraient pu être placées dans un canot de sauvetage, 890 étaient des membres d’équipage, dont environ 25 femmes. Les membres d’équipage étaient presque tous dans la force de l’âge. Si quelqu’un pouvait survivre plusieurs heures sur un radeau partiellement submergé, c’était bien les gens de l’équipage. (Le premier bateau de sauvetage est arrivé environ deux heures après le naufrage du Titanic.)

Cet effort précipité pour sauver tout le monde à bord aurait-il réussi ? Au minimum, il aurait permis de sauver 475 âmes supplémentaires grâce à un chargement minutieux des canots de sauvetage à leur capacité maximale, et si les radeaux de fortune avaient offert une flottaison significative, beaucoup plus de vies auraient été sauvées.

Plutôt que de consacrer des ressources au maintien de la prétendue sécurité et de l'ordre, que se serait-il passé si les dirigeants du navire avaient concentré leur réponse sur une question simple : que fallait-il faire pour que les gens survivent à une nuit glaciale une fois les canots de sauvetage remplis et le navire coulé ?

Je pense que vous voyez l'analogie avec le présent. Nos dirigeants, tels qu’ils sont, consacrent des ressources à maintenir l'absurde prétexte que tout sera magiquement ramené à la situation de septembre 2019 si nous imprimons juste assez d'argent et renflouons l’aristocratie financière.

Que nous en soyons conscients ou non, nous réagissons en acceptant passivement l’oubli des réalités catastrophiques ou pré-catastrophiques. L’économie et l’ordre social étaient déjà fragiles avant la pandémie, et ces fragilités se désintègrent si rapidement. Nous devons commencer à penser au-delà des simulacres et des relations publiques.

Charles Hugh Smith

  • 18 octobre 2020 à 00:00

Qui perd gagne & vice-versa

Par info@dedefensa.org

Qui perd gagne & vice-versa

17 octobre 2020 – On cite souvent La Boétie, ce si grand ami de Montaigne mort si jeune, parce qu’il sut, avant de mourir, il y a si longtemps, nous parler en des termes superbes et cristallins, de La servitude volontaire, avec cette phrase essentielle et lumineuse, – et qui n’est absolument pas de lui semble-t-il, je le précise avec mon Wiki en mains, – ceci expliquant cela, – et l’on dit donc que c’est du révolutionnaire pourtant-guillotiné Pierre Victurnien Vergneaud, – mais enfin, phrase qui nous servira aussi bien vous en conviendrez :

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »

Même si elle n’est pas de lui, faisons-en une analyse selon les outils qu’il nous donne, et que nous utilisons à notre guise, en faisant mine de savoir depuis longtemps que ce n’est pas de lui (faisons mine d'embrasser ce que nous ne pouvons étouffer)... Cela signifie que les tyrans ne sont pas “grands” de nature, et donc qu’ils sont ‘petits’ et “faibles’ de nature, et qu’il est donc question de nature, je veux dire d’ontologie ; cela veut dire que nous ne sommes asservis qu’à cause d’une posture (“à genoux”) et nullement par une nature, une ontologie qui serait celle de l’asservissement. Par conséquent, l’étonnement de La Boétie devant la “servitude volontaire” est aisément compréhensible, et nous le partageons, notamment dans le chef des descriptions que les plumes soi-disant révoltées nous présentent de peuples innombrables qui se tiennent, disent ces plumes, innombrables à genoux et sans bouger :

« Chose vraiment surprenante [... qui est ] de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu'il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel. »

Mais n’est-il pas préférable, d’abord, de savoir précisément de qui parle donc l’auteur et moraliste politique La Boétie ? Car à lire cet extrait ci-après [voyez plus loin] de son œuvre, l’on découvre que les véritables opprimés ne sont nullement ceux que le tyran est censé opprimer, ce peuple que les critiques fustigent comme ‘des veaux’ qui sont incapables de la moindre révolte ; mais bien différemment, ceux qui, dans les salons et dans les rédactions, servent au tyran de complices zélés et de serviteurs empressés.

(Traduit en langage-dedefensa.org, nous dirions que ceux qui pratiquent la servitude -volontaire, – et l’on comprend pourquoi, – ce sont d’abord les élitesSystème, les intellectuels-zombie qui servent le tyran, c’est-à-dire le Système.)

« [Et c’est...] ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres...
» Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude ? Qu’ils mettent un moment à part leur ambition, qu’ils se dégagent un peu de leur avidité, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se considèrent eux-mêmes : ils verront clairement que ces villageois, ces paysans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils traitent comme des forçats et des esclaves, ils verront, dis-je, que ceux-là, si malmenés, sont plus heureux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut… »

Ainsi apparaît-il que, selon La Boétie, il ne s’agit pas tant de se battre, de ‘prendre le maquis’, de sortir contre les chars et de leur opposer ces splendides poitrines nues, – mais bien de ruser, de prendre à contrepied le gros lourdaud, d’organiser une résistance passive qui devrait être, pour notre époque, la clef même de la résistance ; quelle meilleure résistance passive aujourd’hui que celle de la communication, alors que le Système nous en donne les moyens puisque lui, le Système, a besoin de la communication comme d’oxygène pour survivre ? Il nous le dit explicitement, La Boétie, à nous qui disposons des outils de la communication, non pour tenir la tête du peuple sous l’eau mais pour la lui sortir, voyez-vous, – et ceci est bien, selon mon humeur à moi, la formule même de l’antiSystème (j’avoue avoir moi-même fait ajout du caractère en gras) :

« Pareillement les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour anéantir et détruire tout ; et si on ne leur baille rien, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper, ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien, sinon que comme la racine, n’ayant plus d’humeur ou aliment, la branche devient sèche et morte. »

Tant de plumes qui se disent révoltées voire indomptables,  qui se targuent d’être de la sorte disons des ‘vrais anti-systèmes’ (sans majuscule nécessaire), pratiquant le mépris pour ceux qui se disent antiSystème-majusculés et ne proclament pas la mort de toute espérance, et ne prennent pas les armes pour se faire crucifier, etc. ; et ces plumes révoltées sur papier qui font de cette façon de “la servitude volontaire” un caractère central des peuplades de notre civilisation.

Ils oublient de citer ceci, que La Boétie écrivit également, – bien entendu ! car cela doit nous apparaître enfin comme une évidence salvatrice, valant pour ceux qui veulent bien entendre plutôt que s’écouter eux-mêmes pour n’entendre que ce qu’ils veulent bien dire : « Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. »

L'expression transcrite dans la situation actuelle, La Boétie nous dit que l’oppression qui nous contraint aujourd’hui “nous éclaire” sur l’existence de cette oppression. C’est là l’une des contradictions les plus manifestes, et les plus expressives, de l’actuelle situation, la plus troublante également, la plus pressante enfin, celle devant laquelle les imbéciles vaniteux et acariâtres, faisant profession de révolte en cultivant avec attention l’absence complète d’espoir à cet égard, font allégeance la plus complète de “servitude volontaire”. Ces imbéciles vaniteux et acariâtres ne voient-ils pas que l’existence criante et furieuse de l’oppression est justement ce « feu qui me brûle [et] qui m’éclaire » ; que sans l’oppression je ne saurais gagner ma liberté, et puisque l’oppression est là je sais bien comment gagner ma liberté ?

D’autres formules gagneraient également à être envisagées dans les temps de Covid19, après examen à la lumière de La Boétie. Que vaut la servitude de “La société du spectacle”, lorsque nous sommes privés de spectacle pour cause de couvre-feu, et que l’on s’ennuie terriblement, et que du coup l’on se révolterait bien, non ? Fabrice Lucchini le dit bien, de “La société du spectacle” sans spectacle :

« Moi j’ai un naturel très triste. Ça ne m’embête pas le couvre-feu, ça me convient même très bien le couvre-feu. Je n’aime pas les fêtes, je hais les apéros donc on pourrait me mettre le couvre-feu à midi, ça ne changerait pas grand-chose. D’autant qu’en ce moment je suis dans Pascal, donc tout va très bien. Mais le sort des théâtres, des restaurants m’étreint. On leur dit qu’on va leur donner de l’oseille mais tout ce qui fait la vitalité, le charme d’une ville s’estompe. Je ne dis pas que c’est le restaurant qui crée la ville mais au niveau où ils sont, nos décisionnaires mesurent-ils ce qu’est un restaurant avec le personnel qui se défonce toute la journée, un théâtre avec une caissière qui appelle des centaines de clients pour changer les horaires ? Pendant deux mois et demi, passer douze heures par jour à dire aux gens : “ça n’est plus tel jour, ça n’est plus la même heure”. On a compris que la culture, la restauration c’est une toute petite chose dans le schéma global. Donc on va le faire ce couvre-feu. Le bonheur de sortir du théâtre et d’aller dîner chez l'italien sera amputé. Je n'ai pas d’opinion. Les médecins l’ont demandé. On le fait. »

Moi aussi, j’ai un ‘naturel très triste’ et je me permets aussi bien de ressentir dans ces mots de l’acteur-Lucchini une certaine rage tranquille, si aisément contenue, mais qui jaillirait comme une contestation globale si l’occasion se présente... Et l’occasion fait-elle le mouton ? Eux qui ricanent de voir le peuple pris dans les rets de “La société du spectacle”, presque comme si cela les satisfaisait alors qu’ils prétendent lutter contre l’oppression, que disent-ils de le voir (le peuple) privé de spectacle ? En d’autres mots, par exemple et alors que la formule pour le décourager de toute révolte se décline comme Panem et Circenses, comment le peuple sera-t-il satisfait, et donc soumis à ses tyrans, et donc privé de toute raison de se révolter, alors que le ‘pain’ se fait rare et coûteux au point qu’il pourrait venir à manquer, et que de toutes les façons le couvre-feu le prive de ‘cirque’ ?

Le complot des complots, c’est bien entendu l’absence de complot, sans nul doute.

Ainsi accueillerons-nous, le 28 octobre, dans un acte sans précédent pour une audition de cette importance devant le Sénat des Etats-Unis, à cinq jours de l’élection USA2020, la venue volontaire et très moyennement triomphante des trois CEO et d’autant de ‘Masters of the Universe’ : Google (Pichai), Facebook (Zuckerberg) et Tweeter (Dorsey), et dirons, d’un air sentencieux et infiniment respectueux :

« Serviteurs obéissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ. »

Ainsi en sommes-nous là, remarquant avec empressement qu’une des lectures actuellement favorites est effectivement celle de La Boétie, qu’aucun de ces gratouillons, bien entendu, ne connaît, et qu’il suffirait de bien peu pour retourner la formule à leur désavantage : “servitude volontaire” de Google, Facebook et Tweeter.

  • 17 octobre 2020 à 00:00

Requiem-pop pour un barbare intérieur

Par info@dedefensa.org

Requiem-pop pour un barbare intérieur

17 octobre 2020 – Pour clore son dernier commentaire, ‘b’, de The MoonofAlabama, termine par ces trois piètres et très courtes, et très tristes phrases concernant les Biden, avec l’un ou l’autre protagonistes de leurs tristes affaires de corruption ukrainiennes, ponctuées par la cosmique hypocrisie de la communication de l’américanisme, presseSystème en bataille, déterminisme-narrativiste en inspirateur, ou bien dira-t-on plutôt ‘aspirateur’ des restes si lointains et si épars de l’esprit de cette civilisation :

« Que les médias américains continuent de nier que Chokine s’en prenait effectivement au propriétaire de Burisma peu de temps avant que Joe Biden ne demande [le] licenciement [de Chokine] est méprisable.
» Les interventions de corruption de Joe Biden en Ukraine empeste tout.
» On peut dire la même chose des affaires louches de la famille Biden avec les entreprises chinoises. »

L’empestation, – c’est-à-dire l’infection, le remugle, la pestilence, l’empyreuma (mot assez rare, certes), etc., qui règnent sur tout et règlent tout dans cette affaire de la présidentielle USA2020, parfaitement symbolisée par la corruption des Biden, bien plus puante ne leur en déplaise que le soi-disant ‘fascismo’ en mode reality-show berlusconesque de Trump, cette puanteur de civilisation en décomposition affecte aussi bien les événements sanglants et tragiques en France.

Il y a, semble-t-il, la nécessité sinon l’exigence d’un parallèle, tragédie et bouffe mélangés sans que l’on parvienne à démêler l’un de l’autre, sans même parler de démêler le vrai du faux, – toutes ces notions tellement dépassées n’est-ce pas. Sans parler des coupables, des assassins et des corrupteurs, – même l’opprobre qu’on pourrait jeter aux politiciens semble déplacée et inutile, – comme si la supplique « Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » leur allait si bien comme un gant qu’on s’en retirerait sans un mot, avec discrétion et à basse continue, “à bas bruit” comme l’on dit désormais du Bas-Empire dans les salons et sur les plateaux sandwich-TV, sur la pointe des pieds chaussés d’escarpins et de bottes mal léchées, lorsque vraiment tout est dit, – lorsque vraiment, vous ne savez plus que dire sinon la dérision attristée et l’ironie sans illusion, puisque vraiment tout est dit.

Personnellement et pardonnez-moi, je trouve que toute cette lassitude à peine amère, même pas découragée, presque indifférente, sied mieux encore au sourire élargi et figé, stupide, complètement sénile, de la marionnette à roulettes et totalement irresponsable Joe Biden que tous ces crétins irresponsables (disons “à bas-prix”) des plus hautes sphères de nos directions-zombie s’entendent incroyablement, impitoyablement, à trouver honorable. Quant aux exactions islamistes qui montrent leurs pratiques les plus radicales en France, ce « cher pays de mon enfance » qui est ce pays avec sa vertueuse intelligence et ses principes de ‘tolérance républicaine’ auquel il s’emploie depuis plus d’un demi-siècle sur le sujet, et depuis plusieurs siècles sur le sujet de la modernité, tout cela lui en rend parfaitement justice car, Joe et nous ici en France, nous nous trouvons sur le même bateau. Non seulement nous avons ce qu’on mérite assez piètrement mais en plus, et bucoliquement, on en récolte les fruits comme dans une belle saison d’avant la crise climatique et le confinement qui va avec, – fruits amers, fruits puants, fruits déjà pourris avant que d’être mûrs, – bref, fruit du Jardin d’Eden laissé en friche et dont le gardien a oublié de verrouiller la grille.

Je ne perds pas confiance, en aucune façon croyez-moi si vous pouvez distinguer quelque ironie de mon chef dans tout ce charabia, mais je m’essaie à des parallèles qui sembleraient incongrus à d’autres, parce que je crois qu’au fond c’est le même chose : Biden le corrompu et l’enseignant décapité, les deux faces d’un même phénomène des débris de civilisation, et des poussières d’arrogante prétention. Nous progressons entre des bandits et des assassins, et ce sont nos créatures, nous les avons fabriquées, à la queue-leu-leu, fabrication à la chaîne et production en série, il n’y a d’autres que nous-mêmes à qui demander des comptes. Nous avons cédé, nous avons laissé aller la paresse de nos esprits, la veulerie de nos caractères, devant la fascination qu’exercent les fausses vertus mal gagnées et pas du tout soignées ; les bonnes consciences acquises en soldes, en liquidation, les qui-n’ont-jamais-servies sinon affichées dans les salons, avec toutes les séduisantes technologies qui vous font croire un autre homme ; en fait, hein, homme devenu femme, ou arrêté à mi-chemin, – et instantanément livrées par l’Amazon du sympathique et séduisant Jeff Bezos, l’Érasme du XXIème siècle.

Certes, l’on pourrait dire : “C’est notre civilisation que l’on attaque, que l’on veut détruire” ; ou bien encore “C’est une autre civilisation qui veut détruire la nôtre” ; l’on pourrait même dire : “Les barbares sont à nos portes”, en veillant bien, bien entendu, à ce qu’aucune communauté, racisés, transgenrées, LGTBQ[u]isées, ne se sente bafouée, dégradée, par cette affirmation des temps extrêmement obscurs où le suprémacisme (blanc du type ‘lave plus blanc que blanc’, avec je crois un bon de réduction) prétendait tenir le haut du pavé. Mais non, rien de tout cela.

Il s’agit, – badaboum boum boum, – de la chute, de la désintégration, de l’entropisation d’une civilisation à prétention universelle, jusque dans les moindres recoins. Enfin, regardez-les donc ! Les racisées, les transgenrées, les LGTBQ[u]isées n’aspirent qu’à une chose, les fous, avoir les privilèges que nous abandonnons, nous-mêmes incapables de nous tenir droit désormais avec notre colonne vertébrale aussi vertueusement souple qu’un éclair au chocolat. Car nous sommes, bien entendu, nos propres barbares, notre barbarie intérieure, les barbares de nous-mêmes, comme il y a des termites, – tout de même animal plus utile que le barbare intérieur, type-XXIème siècle...

Par ailleurs, – dernière précision, – si nous accordons au ‘barbare intérieur’ un statut spécial, de la catégorie LGTBQ(BI+), peut-être le Titanic fera-t-il encore quelques manières avant d’aller glouglouter ailleurs si j’y suis. Le temps pour le chroniqueur de laisser aller une fois de plus, bataille sans fin et héroïsme pour se supporter lui-même, sa chaleureuse empathie pour les gémissements sous le masque de Sapiens-Sapiens, le passager du dernier métro avant le couvre-feu.

« Ils ne mouraient pas mais tous étaient touchés », écrivait le bon monsieur de La Fontaine, je crois à propos de Covid19.

  • 17 octobre 2020 à 00:00

T.C.-95 : ‘The fog of the crisis’

Par info@dedefensa.org

T.C.-95 : ‘The fog of the crisis

15 octobre 2020 – Faut-il songer à ‘classer’ les choses crisiques dans cette période d’intense activité sismique secouant le Système, entre catastrophes, complots et reset, chutes et rechutes, confinements et couvre-feu, racialisme et wokeness, président-Covid et The-Donald guéri ? Est-ce bien utile ? Retrouverions-nous, en faisant ce classement, une vérité première, ou simplement une vérité-de-situation comme nous disons, ou contribuerions-nous à rendre encre plus épais le brouillard de la crise... ?

Il y avait le ‘brouillard de la guerre’, – ‘the fog of the war’, que l’on disait fort épais ; il y a désormais, entêtant et terrible, non plus épais mais complètement trompeur, chose cosmique aux limites improbables dissimulant en simulacres insaisissables des ombres indécises et catastrophiques, – il y a désormais le ‘brouillard de la crise’, – ‘the fog of the crisis’... Voilà un changement d’importance.

Prenez donc ceci, une chose parmi d’autres comme un exemple de ce qui ne cesse de me surprendre dans cette confusion tourbillonnante : l’affaire du conflit du Haut-Karabakh, dont certains analystes respectables vous assurent qu’il y a rien de moins qu’un risque de guerre mondiale, qui m’est passé complètement inaperçu jusqu’ici. Par la tournure un peu torturée de l’expression (“qui m’est passée”), j’entends affirmer que je plaide coupable.

Bien que j’en sois évidemment informée par le courant de la communication, cette crise n’a pas éveillé en moi le moindre intérêt de l’analyste. D’où vient cette attitude qui n’est ni délibérée, ni réfléchie, ni volontaire, mais simple réflexe intellectuel d’évidence que je me donne à moi-même ? C’est-à-dire, me dis-je également si je n’ai pas tort, – réflexe d’intuition, ‘simple’ peut-être mais nullement simpliste, et que finalement je crois juste ?

Ainsi le Haut-Karabakh ne compte-t-il pas pour moi comme d’autres disent qu’il faut compter avec lui.

D’un autre côté, méthodologiquement et géographiquement, il y a une sorte de nébuleuse qui s’est formée comme un immense phénomène du cosmos sans fin, dont sont effectivement absentes les crises géopolitiques assez classiques, même si échantillon de la Guerre de 4ème Génération (G4G), comme le Haut-Karabakh ; et cette “sorte de nébuleuse” qui réunit les maillons essentiels d’une nouvelle et gigantesque forme crisique.

Il s’agit principalement du Covid et de l’élection USA2020, parce que ces deux énormes ‘trous noirs’ dévorent gloutonnement tout le reste pour se constituer eux-mêmes en ‘matières’ essentielles constitutives de la Grande Crise (GCES), une sorte de ‘matière noire’ mystérieuse et profonde. Ce sont des ‘ogres’, comme les scientifiques disent des ‘trous noirs’ qui avalent étoiles et galaxies.

(On appréciera comment, notamment par ailleurs avec ‘L’Horizon de l’Événement’ évoqué justement à propos de USA2020, on est d’esprit très cosmique et universaliste dans le sens du cosmos-Univers, sur ce site par les temps qui courent si vite. Beaucoup question, précisément, de ‘trous noirs’, parce que l’image est parfaitement adaptée à ce qui se passe : les crise se dévorent les unes les autres, comme des ogres, pour grossir et se constituer en une irrésistible Grande Crise.)

Cela signifie qu’après un impeccable départ au début de cette année 2020, ‘impeccable’ dans le sens du groupement parallèles et presque coordonnées des dynamiques différentes, notamment des deux gros morceaux, Covid et USA2020, on voit l’ensemble transmuter comme un énorme phénomène galactique et se morpher en un seul gigantesque ensemble. Ce n’est pas le début de la Création d’un monde qui par définition n’a pas de début, ni un Big Bang pour nous donner un peu d’importance, mais tout de même...

Il y a ensemble dans la dynamique tourbillonnaire, le sens de l’aggravation des tensions, avec parfois des interférences, lorsqu’un président des États-Unis se prend une sorte de quick-Covid, comme les nourritures fast-foods qu’on réserve à nos chers obèses. The-Donald, lui, s’est contenté d’un fameux bras d’honneur, – “gardez la monnaie”, – à ses adversaires progressistes-sociétaux, et le voilà de retour sur les tréteaux de la campagne du spectacle !

La façon dont le Covid se mélange avec l’immense ébranlement aux USA, dont la France qui se balance et se ramasse en un saut périlleux renverse dans un régime de ‘couvre-feu’ sans que pas une de ces éminences bureaucratiques et financiarisées ne sache exactement la vérité du danger (lisez celui-là qui n’est pas d’accord), et pour d’excellentes raisons, ni ne sache encore moins ce que c’est qu’un couvre-feu.

(Moi, je sais, c’est lorsque les rues noires de la nuit deviennent comme une prison à ciel ouvert, cette situation qui pourrait se terminer par des gens d’armes qui ouvrent le feu avant de vous dire “Qui va là ?”, parce que l’instant d’avant un des leurs a été étendu raide par la ‘kala’ d’un dealer de marque agréé, migrant de migration récente et opportune, qui prétendait ne pas sortir de sa Porsche Cayenne modèle-2025 standard pour port d’héroïne. Si ce n’est pas cette sorte d’aventure et si tout le monde au contraire continue à se balader, c’est qu’alors le couvre-feu n’est que de carnaval ; crise balançant entre tragique et bouffe, et comment conçoivent-ils d’en sortir, ceux qui dirigent ?)

Il existe dans cet immense ébranlement cosmique des rassemblements crisiques complètement inédits, sans précédents dans la forme et la dynamique, dont on distingue mal le sens et la stratégie, qui manient des mesures à la fois liberticides, incohérentes, sans la moindre coordination s’il devait y avoir eu des intérêts communs, – ce qui n’est pas le cas. Comparez par exemple le comportement de quelques ‘Big Tech’, comme Facebook et Tweeter (qui vont devoir rendre des comptes au Sénat), censurant aussi bien des officiels, des parlementaires, etc., qui font circuler des articles mettant en évidence la corruption ukrainienne (et chinoise éventuellement) si incroyable de Hunter Biden, mettant en cause son père Joe.

...Et d’autre part, et dans un tout autre domaine mais qui suscite la même sorte de crise imprudemment liberticide, l’attitude qu’on a vue du gouvernement français sur ce que l’‘ordre de couvre-feu’ et toutes les mesures accompagnatrices peuvent avoir d’également liberticide dans un sens intrusif, presque comme un censeur pouvait faire montre dans l’ancien monde, et lui pour d’excellents motifs, dans les internats de lycée. En même temps et dans la même confusion cosmique, la situation dans ces quelques jours, dans ces quelques heures que nous vivons, donne la sensation de redevenir catastrophique, comme on l’avait ressenti en mars-avril, comme entraînée dans une sorte de colossal Niagara qui assaille cette civilisation aux abois.

A quoi jouent tous ces pouvoirs sans la moindre légitimité ou drapés dans une légitimité aussi vide qu’un squelette décomposé et aussi douteuse qu’une poubelle souillée, éructant dans tous les sens comme s’ils savaient de quoi il s’agit, sans le moindre souci de l’esprit des lois et des coutumes ? Peuvent-ils imaginer aller bien loin sur cette voie ? Pourront-ils exposer longtemps, d’une manière si obscène, la crise du pouvoir dans la postmodernité, l’irresponsabilité et l’extraordinaire abysse du vide intellectuel de ceux-là, eux-mêmes, qui prétendent le porter et le représenter ?

... D’autre part [bis, certes], qui d’autre pourrait les remplacer ? Qui d’autre saurait quoi faire, saurait comment agir, comment reconquérir la légitimité perdue ? Qui d’autre ?!

D’autres questions passant par là se pressent : qu’est-ce qui marche selon le plan prévu et selon nos prévisions, c’est-à-dire conjointement ? Qu’est-ce qui avait été prévu par nos augures, et même par nos augustes et propres visions d’observateurs indépendants ? Rien du tout, niente, nada, nothing, les sacrées choses se dissimulent dans ‘the fog of the crisis’. Nous nous trouvons devant d’immenses ébranlements, de formidables secousses, tout cela qui n’est pas nécessairement brutal dans l’instant où cela se fait, mais au bout du compte, 3-4 semaines, 1-2 mois au plus, valant dérive des continents et fin d’un monde pas moins.

(Attention, nous dit une voix de la retenue dans ce monde de la communication où l’on croirait marcher sur du sable : pas trop de collapsologisme ni d’eschatologisme, s’il vous plaît dites que tout va très bien même “s’il faut que je vous dise...”.)

Alors, il faut bien que je l’avoue, et vous disant avec la plus grande franchise, à la fois touché par une certaine lassitude, peut-être de la fatalité, mais aussi cette intuition qui ne me quitte pas qu’un grand et nouvel ordonnancement du monde tend à préparer sa mise en œuvre... Il ne me déplaît pas d’être ainsi remis à ma place, et dans l’attente que des forces formidables décident de notre sort. Il n’y a aucune hiérarchie à faire dans ces crises, comme s’il dépendait de notre jugement d’en établir l’importance et la dangerosité. Ces crises constituent un ouragan, un cyclone, dont nous sommes les jouets, auxquels nous ne comprenons rien, dans le cadre desquelles chacun des actes de ceux qui prétendent à leur maîtrise n’a comme effet que de mettre en évidence la vanité de ces prétentions.

  • 15 octobre 2020 à 00:00

Barkhane dégage !

Par info@dedefensa.org

Barkhane dégage !

Des milliers de personnes se rassemblaient en novembre 2019 place de l’Indépendance à Bamako pour exiger le départ de ce que les Maliens considèrent comme une armée d’occupation. Les mêmes slogans ont été scandés à Niamey en mai 2019 et à Ouagadougou en octobre 2019.

La jeunesse africaine n’a jamais été dupe quant à la nature de l’ingérence militaire française, elle ose désormais le proclamer en manifestant. Le délitement de l’Etat, amaigri par le service de la Dette, la tutelle monétaire française et la prédation des hommes politiques au pouvoir soucieux de détourner l’argent public et les aides internationales à leur profit, est tel qu’il n’assure aucun service, même le minimal, la sécurité des personnes et des biens. L’exigence du départ de l’armée française est vitale.

La rébellion dans le Nord du Mali est endémique depuis des décennies pour des raisons d’accès aux ressources, aires de pâturage restreintes par la crise climatique, les nomades sont délaissés et ne bénéficient pas de moyens éducatifs ni de santé. Elle réclame le désenclavement et l’intégration à la nation. Différents accords et pactes ont ponctué et conclu les cinq insurrections survenues depuis l’indépendance. Le mouvement autonomiste est récent, il s’est officialisé avec la création du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad en 2010 qui ne représente que quelques tribus touarègues dans l’Est et le Nord Est. Le MNLA est parrainé diplomatiquement par l’Etat français.

Des groupes hétéroclites

Par ailleurs différents groupes armés pratiquent dans la région tout type de trafic, humain, d’armement et de drogues ainsi que la prise d’otages depuis les années quatre-vingt. Certains se revendiquent de l’islamisme. Le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, né en 1998 d’une scission du GIA, groupe islamique armé algérien, prend le nom de Aqmi en 2007, signalant ainsi son allégeance à Al Qaïda. Cette affiliation est plus que symbolique, l’un des dirigeants du GIA, Mokhtar Benmokhtar avait rejoint les moujahidines en Afghanistan à l’âge de 17 ans. En 2002, des membres du GSPC ont rejoint le nord du Mali et ont entrepris de se financer en prenant des otages occidentaux.

La propagation de l’islamisme au Mali se fait donc depuis l’Algérie dont le gouvernement fait preuve de complaisance vis-à-vis de nouveaux groupes armés, sur le même mode que pendant la décennie sanglante de 1990. Ce contrôle des groupes islamistes partagé un temps avec la Libye de Qadhafi lui est nécessaire pour contenir un éventuel mouvement centrifuge de ses propres Touaregs alors qu’il octroie des appuis logistiques au Polisario au Sahara occidental.

Iyad Ag Ghali, formé militairement dans sa jeunesse dans l’armée libyenne, prend part à toutes les rébellions touareg des années quatre-vingt-dix et de 2006. En 2011, il fonde Ansar Dine, un mouvement fondamentaliste non séparatiste, appuyé par l’Algérie et recevant sans doute de l’argent de l’Arabie Séoudite. Ansar Dine aménage des alliances avec Aqmi et des milices tribales impliquées dans le trafic de drogue.

Beaucoup de jeunes sans travail, loin de toute conviction idéologique,  s’engagent auprès de milices qui leur assurent un revenu et la sécurité des gens de leurs tribus.

Les accords de réconciliation entre les rebelles du Nord et l’Etat central conclus après 2006 n’ayant abouti à aucune modification concrète pour la population délaissée dans les deux-tiers septentrionaux du pays, MNLA et Ansar Dine ont entrepris en janvier 2012 une avancée sans jamais rencontrer l’armée nationale malienne.  Profitant d’un vide institutionnel et politique créé par le coup d’Etat du 22 mars, le groupe dirigé par Iyad Ad Ghali a occupé en avril jusqu’à la ville de Douentza, à plus de 1000 km de Bamako.

Le sous-équipement de l’armée malienne qui n’a pu s’opposer aux rebelles résulte d’une volonté délibérée de la France. Une commande conséquente en blindés et armes légères auprès de la Russie et honorée par elle a été bloquée par les chefs d’Etat  de la CEDEAO, le matériel avait été retenu aux ports de Dakar et de Conakry en 2011.

D’une part, la France soutient le MNLA en encourageant sa tendance séparatiste, d’autre part elle empêche le gouvernement malien de disposer d’une force armée dotée de moyens suffisants tout en prétendant vouloir conserver l’intégrité territoriale d’un pays enfoncé dans la misère par le pillage de ses entreprises. De surcroît, la France impose l’ intervention militaire d’une armée étrangère qui ne peut régler en aucun cas un conflit social mais qui va au contraire l’attiser.

Y’a bon, or, uranium et pétrole.

Sous les apparents paradoxes de l’ingérence française se profilent des lignes directrices.

L’impératif absolu est de faire place nette et de contrer la concurrence nombreuse qui se manifeste en Afrique, lieu par excellence ‘d’une niche de croissance’ pour le patronat français. La Chine construit des autoroutes, les Libanais et les Turcs des supermarchés, les Séoud et les Qataris des hôtels. La Chine et la Russie sont des rivaux convaincants pour la vente des armes. L’Algérie par le biais de Sonatrach s’est vue attribuer un très large territoire d’exploration pétrolière même si la compagnie pétrolière algérienne exploite en commun avec Total le bassin de Taoudeni.

Les réformes structurelles imposées par la Banque Mondiale en 1995 avaient permis un code minier très avantageux pour les sociétés exploitant l’or malien sans contrôle effectif du niveau de production du gouvernement malien et très faiblement taxées (66% de ses exportations et troisième production africaine). Il n’est pas question de réviser l’organisation de ce pillage. De façon annexe mais sans être négligeable dans les décisions de l’exécutif français, il faut laisser toute latitude à Bouygues et Veolia pour distribuer l’eau et l’électricité et à Orange pour les licences de télécommunication.

La proximité de l’uranium  exploité par Areva au Niger est aussi un facteur important du quadrillage militaire de cette zone par la France.

Le ‘coup d’Etat démocratique’ réalisé par le Commandement des Opérations Spéciales placé directement sous les ordres de l’Élysée en Côte d’Ivoire en 2011 avait mis au pouvoir le très francophile Alassane Ouatara. Il répondait à l’ambition folle du précédent Président Gbagbo d’ouvrir à la concurrence les marchés publics, domaine réservé aux entreprises françaises. Bolloré ne souffrait pas la comparaison avec les propositions chinoise et sud-africaine pour la construction et la gestion des infrastructures portuaires, bien plus avantageuses pour le pays.

L’armée, source de la politique étrangère

La France s’est démenée pour faire admettre à la ‘communauté internationale’ une solution purement militaire à un problème réel d’accès aux ressources. Elle a prétexté une lutte antiterroriste exactement comme l’avaient fait les Usa avant d’envahir l’Afghanistan et l’Irak. Elle a réussi à imposer une résolution de l’ONU qu’elle a interprétée à sa manière. Elle a internationalisé son intervention en remorquant dans son sillage les moyens militaires de gouvernements africains peu connus pour leur respect des droits de l’homme comme Idriss Déby qui écrase dans le sang les révoltes contre sa dictature depuis plus de trente ans de pouvoir absolu clanique.

L ‘armée française en Afrique se comporte comme le Pentagone. Lieu de formation à la coloniale des  futurs généraux conseillers de l’exécutif, elle doit subsister pour elle-même et obtenir davantage de dotations publiques. Exosquelette articulé autour des avantages procurés par des séjours fort bien rémunérés dans les Opex, elle est capable de vampiriser les institutions politiques pour infléchir les décisions selon ses propres intérêts. Il lui faut perpétuer la présence militaire qui autorise des soldes décuplées et maintient une continuité de la tradition d’occupation colonialiste des régiments d’infanterie de la marine. La formation des officiers à Saint-Cyr s’inspire encore de l’épopée militaire outre-mer et de son ‘rôle positif’, elle enseigne la ‘fierté de ses exploits, de ses sacrifices et de ses héros militaires’.

La guerre présente un intérêt crucial  d’être une exposition en situation réelle des performances de l’armement français. Les marchands de canon pèsent du poids de leur influence médiatique pour disposer d’une vitrine tout en écoulant leurs machines de mort à l’Etat français transformé en leur VRP. Qu’importe si les opérations Serval et Barkhane ont eu besoin des USA pour le ravitaillement en vol de la flotte aérienne, le transport de la logistique et le renseignement électronique. Qu’importe si l’armée française a utilisé de l’uranium appauvri qui fera des dégâts sur la santé des Maliens et de leurs descendants. Qu’importe si elle a ‘reconquis ‘ le Nord seule sans le concours des Maliens, apparaissant pour ce qu’elle est, une armée d’occupation illégitime de manière ouverte et scandaleuse. Qu’importe si ces raids ont causé plus de morts et de déplacements de populations que les ‘terroristes ‘ eux-mêmes.

Par ailleurs, déclencher une opération de l’envergure de Serval et Barkhane pour mettre hors de nuire tout au plus 3000 combattants loin de leur zone de ravitaillement relève d’un mensonge affirmé avec arrogance dans un contexte de manipulation de l’information ? La  guerre psychologique dirigée contre les opinions du peuple français et de celui du pays à détruire est un dispositif théorisé, enseigné et pratiqué par des branches spécialisées en communication de l’armée.

Le chaos organisé

Ce qui se dessine en filigrane donc au travers de ces opérations soutenues par des armées supplétives africaines qui n’hésitent pas à recruter des enfants-soldats, un crime de guerre patent, c’est l’organisation délibérée d’un chaos.

La rébellion qui a pris naissance dans les confins des frontières du Niger, du Burkina Faso et du Mali est secondaire à la destruction de la Jomhourya libyenne décidée par l’Otan en mars 2011. Au bout de quelques mois, le Conseil National de Transition libyen aux membres dont l’identité a été tenue secrète, création des capitales occidentales,  s’est évaporé et toutes les institutions du pays, et singulièrement l’armée, se sont décomposées. Un gros contingent de soldats maliens a rejoint avec ses armes le Nord du Mali. En plus des arsenaux de l’armée libyenne pillés, les armes mises à disposition des rebelles libyens par l’Occident, le Qatar et les Séoud se sont disséminées à travers le Sahel.

L ‘installation du chaos dans les pays envahis militairement est une doctrine élaborée par les néoconservateurs la plupart anciens trotskystes devenus des sionistes invétérés.

La France semble l’avoir reprise à son compte.

Le chaos ce n’est rien d’autre que la reproduction des conditions de la conquête de l’Ouest en Amérique. En l’absence d’un Etat national en mesure de défendre ses citoyens, c’est le pillage effréné et l’extermination sans limites. Le génocide au Rwanda en 1994 témoigne de la ‘passivité active’ vis-à-vis des meurtres de masse de la part des Occidentaux, particulièrement de la France.

L’Après Après Guerre Froide

Cet état du monde, épisode que l’on peut qualifier de Post Post Guerre Froide, a atteint ses limites avec l’intervention en Syrie de la Russie et la relative stabilisation que celle-ci maintient dans l’Est de l’Ukraine.

La France est donc en retard d’une stratégie.

Elle ne comprend pas que les Usa, blessés dans leur suprématie contestée, ne lui épargneront aucune défaite, fut-ce sous la forme du procès fait à la BNP impliquée dans des transactions commerciales avec le Soudan pendant son bannissement des relations commerciales et financières internationales décrété par la Maison Blanche.

Vassalisée, après avoir refusé de livrer les frégates payées à la Russie en mettant son industrie navale en péril, elle joue à la mouche du coche en  prétendant vouloir punir Poutine pour une tentative d’un crime imaginaire sur un opposant d’opérette.

L’entreprise du chaos est en partie neutralisée également par la guerre économique entreprise par les Usa contre la Chine, laquelle absorbe une bonne partie de son énergie belliciste. C’est tout l’enjeu de l’empoignade entre les Démocrates, eux aussi en retard d’une guerre, promoteurs d’interventions militaires partout et tout le temps, et des ‘archéo-capitalistes ‘ qui ont pris Trump comme exécutant  de leur désir de réindustrialiser le pays, mission rendue presque impossible par la formation de monopoles puissants hostiles à l’existence des frontières.

Quant à la Gauche française, volontiers impérialiste et mondialiste plutôt qu’authentiquement internationaliste, elle ferait mieux de dénoncer la prédation du capitalisme français en Afrique plutôt que de se concentrer angéliquement sur la défense des travailleurs sans papiers, venus fuir la guerre et la misère installées chez eux par le capitalisme et le militarisme français en Afrique comme au Moyen Orient.

La publicité faite à l’établissement de relations diplomatiques entre des  micro entités arabes, les Émirats arabes unis et le Bahrein, petites chefferies tribales sur les côtes de l’Océan indien, promues États par l’ancienne puissance impériale britannique, reflète le désintérêt étasunien au Moyen Orient. L’attaque des Houtis de la capitale des Séoud et de deux infrastructures pétrolières vitales du royaume des Bédouins du Nedjd non contrariée par les immenses forces étasuniennes dans la zone en est un indice incontestable. Le terrain de confrontation avec l’ennemi chinois est l’Afrique dont la stabilité est nécessaire pour le développement économique chinois gage de sa propre stabilité sociale.

  • 16 décembre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Une journée-Tweeter qui tweete

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Une journée-Tweeter qui tweete

Hier a été une folle journée autour de Tweeter (de Facebook aussi, mais Tweeter fut particulièrement en vedette). L’une des hypothèses de cette folle journée est que l’on commence à distinguer comment les énormes GAFAM, absolument enivrés par la rapidité d’accumulation de leur puissance financière, peuvent très vite aller trop loin, en confondant comme c’est de rigueur aujourd’hui, leur ‘opinion’ avec à la fois la vertu et la vérité ; une autre hypothèse concerne effectivement, comme Tweeter l’a notamment affirmé, d’une “série d’erreurs”. Même si nous conservons jalousement la première, on admettra aussi que l’une n’exclue pas l’autre, ces nouveaux géants pouvant effectivement accumuler tous les travers de leur époque, comme on enfile un collier de perles.

Il y a eu plusieurs épisodes d’intervention de censure, – aucun autre mot n’est possible, – concernant des articles du New York Post sur des documents confirmant des liens de corruption avérés entre les Biden fils et père (et candidat), et divers correspondants ukrainiens (et chinois éventuellement). Nous le signalions hier, plaçant la chose dans le contexte global, sinon cosmique, qui est le sien :

« Il existe dans cet immense ébranlement cosmique des rassemblements crisiques complètement inédits, sans précédents dans la forme et la dynamique, dont on distingue mal le sens et la stratégie, qui manient des mesures à la fois liberticides, incohérentes, sans la moindre coordination s’il devait y avoir eu des intérêts communs, – ce qui n’est pas le cas. Comparez par exemple le comportement de quelques ‘Big Tech’, comme Facebook et Tweeter (qui vont devoir rendre des comptes au Sénat), censurant aussi bien des officiels, des parlementaires, etc., qui font circuler des articles mettant en évidence la corruption ukrainienne (et chinoise éventuellement) si incroyable de Hunter Biden, mettant en cause son père Joe. »

L’intervention de Tweeter a été extrêmement brutale, les réactions qui l’ont suivie en riposte également. L’intensité des échanges, ; notamment avec des personnalités médiatiques et politiques, a été d’une intensité rarement atteinte. Dans un premier temps après cet échange, Jack Dorsey, le CEO de Tweeter, est intervenu pour désavouer l’action de son entreprise et la qualifier d’« inacceptable », – bien qu’elle ait suivi les règles de conduite extrêmement excessives que lui-même, Dorsey, lui autorise. La saga s’est poursuivie dans la journée, avec d’autres interventions...

« Après avoir minimisé la censure des liens vers un article du New York Post sur les prétendues transactions commerciales douteuses de la famille Biden, Twitter a continué à bloquer les liens vers cet article qualifié de “dangereux”, même ceux publiés par les législateurs américains.
» Lorsque le New York Post a publié mercredi une série d'e-mails révélant les transactions en coulisses de Hunter et Joe Biden en Ukraine, l'histoire s'est répandue comme une traînée de poudre, jusqu’à ce que Twitter et Facebook commencent à empêcher les utilisateurs de partager des liens vers l’article incriminé. Alors que républicains et conservateurs dénonçaient la censure, le PDG de Twitter, Jack Dorsey, intervenait pour clarifier les choses, expliquant également que l’article contenait du “matériel piraté”, en violation des règles de Twitter.
» Les républicains de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants ont contourné l'interdiction en plaçant l’article sur leur site officiel (‘gov.’), recommandant  “Click, Share, and RT” l’article du NYP.
» Les utilisateurs qui ont essayé de cliquer sur le lien ont reçu jeudi un avertissement de Twitter, leur disant que le lien “pourrait être dangereux”, [...] pourrait “induire les gens en erreur ou perturber leur expérience”, avec “un contenu violent ou trompeur qui pourrait causer des dommages dans la réalité”.
» Les conservateurs ont été scandalisés. “Ils ne cachent même plus leurs choix politiques, ont tweeté les Républicains de la commission judiciaire. “C'est une attaque contre les conservateurs.” Le député Mark Walker (Caroline du Nord) a qualifié la suppression du lien d’“interférence électorale”.
» Twitter a annulé son interdiction plus tard dans la matinée de jeudi... Un porte-parole de Twitter a déclaré au Daily Caller (conservateur) que la décision de qualifier le site web de “dangereux” était une “erreur“.
» Néanmoins, les républicains de la commission parlementaire de surveillance [notamment les sénateurs Ted Cruz et Lindsey Graham] ont demandé une audition d’urgence [sans doute pour le 24 octobre] sur “les efforts répétés de Big Tech pour interférer dans l'élection de 2020”, avant que les électeurs ne se rendent aux urnes. Le sénateur Josh Hawley (R-Missouri), qui siège à la commission judiciaire, a également demandé jeudi que Dorsey et le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoignent sur d'éventuelles “violations de la loi sur les campagnes électorales”.

On ne s’arrête pas là. D’autres incidents sont survenus dans la soirée du jeudi, notamment des incidents généraux d’accès à Tweeter, mais dans ce cas plus comme une panne généralisée que comme une série de sanctions venues de Tweeter. Néanmoins, cette ‘panne’ avait un rapport direct avec les ‘sanctions’ du jour, notamment par les protestations que ces ‘sanctions’ avaient amenées.

« Les utilisateurs américains et européens ne pouvaient pas accéder à Twitter le jeudi soir, pour des raisons inconnues, et recevaient un message d'erreur indiquant que la plateforme de médias sociaux était “en surcapacité”.
» Le site de suivi des pannes DownDetector a noté une forte augmentation des plaintes concernant Twitter vers 21h30 GMT, et la carte des pannes montre les États-Unis et le Royaume-Uni comme les plus touchés.
» Cette panne inexpliquée survenait quelques heures avant les assemblées publiques télévisées concurrentes, auxquelles participaient le président américain Donald Trump et son challenger démocrate Joe Biden, et qui ont remplacé le débat initialement prévu pour le 15 octobre, mais qui a été abandonné en raison d'un désaccord sur un changement soudain des règles.
» Il se trouve également que la panne fait suite à une journée de critiques intenses à l’encontre de la plateforme, pour ses efforts en vue d'annuler le partage d'un article du New York Post sur le fils de Biden, Hunter, et ses relations d'affaires avec l'Ukraine et la Chine. En plus de signaler le lien vers l’article comme “potentiellement nuisible” et de prétendre qu’il violait la politique de partage des documents “piratés”, Twitter a verrouillé les comptes de plusieurs personnes qui l'avaient partagé, – de l’acteur James Woods et de la secrétaire de presse de la Maison Blanche Kayleigh McEnany aux républicains et journalistes de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants.
» La cause de la panne de jeudi soir n'est pas encore connue. Sur sa page de situation, Twitter a déclaré qu'il enquêtait sur une “irrégularité” impliquant ses interfaces de programmation d’applications (API). »

Voilà à peu près l’affaire de la ‘journée folle’ de Tweeter. Il est rarissime, sinon complètement inédit de relever un acte de censure aussi patent, indécent et grossier, portant sur des événements en cours de l’importance de l’élection présidentielle, et encore de cette importance de USA2020. Pourtant, tout un segment, largement puisé dans la presseSystème et la presseWoke (pour changer un peu en parlant de la presse progressiste-sociétale ou révolutionnaire qui s’affiche antiSystème mais qui est d’abord antiTrump et qui se retrouve là où on la retrouve, bien alignée en rang), ne s’est pas trouvé particulièrement bouleversé par cette aventure ; dans tous les cas, pour bon nombre d’entre eux, on s’est abstenu d’en parler.

(Il nous apparaîtra singulièrement amer et un peu triste, et également comme un rappel de la réalité de ce que représente comme appauvrissement du jugement et pourrissement de la psychologie l’idéologisation des personnes et des combats, que le site WSWS.org, qui s’est toujours montré à la pointe de la bataille  contre la censure dans internet n’ait semble-t-il, – à notre connaissance dans tous les cas, – pas publié une ligne sur cette affaire dans ses éditions du jour. Puisque cette affaire, n’est-ce pas, est d’abord une attaque contre les républicains et Trump., c’est-à-dire Hitler. Si cette accusation est fondée, l’est également le jugement de mépris qui s’ensuit.)

Quoi qu’il en soit, il est possible que cette fois, les wonder-boys de la Silicon Valley, Dorsey en tête, soient allés un peu trop loin. Il semble bien que, si Trump réussit à se faire réélire, il s’attaquera sérieusement à une législation de contrainte pour ce qui concerne le fonctionnement des GAFAM, et il sera soutenu par bien des républicains malgré leur réticence à s’engager dans une voie de l’interventionnisme de la puissance publique. La fameuse Section 230 de la Communication Decency Act de 1996 devrait être clarifiée et précisée, de façon à activer des sanctions et des contraintes sur les actions des grands acteurs de la communication, allant dans la démarche de les considérer désormais comme des éditeurs et non plus comme des plateformes, ce qui les soumettrait à une législation extrêmement rigoureuse en matière de respect de la liberté de publication et de diffusion.

 

Mis en ligne le 16 octobre 2020 à 10H50

  • 16 octobre 2020 à 00:00

T.C.-94 : ‘The fog of the crisis’

Par info@dedefensa.org

T.C.-94 : ‘The fog of the crisis

15 octobre 2020 – Faut-il songer à ‘classer’ les choses crisiques dans cette période d’intense activité sismique secouant le Système, entre catastrophes, complots et reset, chutes et rechutes, confinements et couvre-feu, racialisme et wokeness, président-Covid et The-Donald guéri ? Est-ce bien utile ? Retrouverions-nous, en faisant ce classement, une vérité première, ou simplement une vérité-de-situation comme nous disons, ou contribuerions-nous à rendre encre plus épais le brouillard de la crise... ?

Il y avait le ‘brouillard de la guerre’, – ‘the fog of the war’, que l’on disait fort épais ; il y a désormais, entêtant et terrible, non plus épais mais complètement trompeur, chose cosmique aux limites improbables dissimulant en simulacres insaisissables des ombres indécises et catastrophiques, – il y a désormais le ‘brouillard de la crise’, – ‘the fog of the crisis’... Voilà un changement d’importance.

Prenez donc ceci, une chose parmi d’autres comme un exemple de ce qui ne cesse de me surprendre dans cette confusion tourbillonnante : l’affaire du conflit du Haut-Karabakh, dont certains analystes respectables vous assurent qu’il y a rien de moins qu’un risque de guerre mondiale, qui m’est passé complètement inaperçu jusqu’ici. Par la tournure un peu torturée de l’expression (“qui m’est passée”), j’entends affirmer que je plaide coupable.

Bien que j’en sois évidemment informée par le courant de la communication, cette crise n’a pas éveillé en moi le moindre intérêt de l’analyste. D’où vient cette attitude qui n’est ni délibérée, ni réfléchie, ni volontaire, mais simple réflexe intellectuel d’évidence que je me donne à moi-même ? C’est-à-dire, me dis-je également si je n’ai pas tort, – réflexe d’intuition, ‘simple’ peut-être mais nullement simpliste, et que finalement je crois juste ?

Ainsi le Haut-Karabakh ne compte-t-il pas pour moi comme d’autres disent qu’il faut compter avec lui.

D’un autre côté, méthodologiquement et géographiquement, il y a une sorte de nébuleuse qui s’est formée comme un immense phénomène du cosmos sans fin, dont sont effectivement absentes les crises géopolitiques assez classiques, même si échantillon de la Guerre de 4ème Génération (G4G), comme le Haut-Karabakh ; et cette “sorte de nébuleuse” qui réunit les maillons essentiels d’une nouvelle et gigantesque forme crisique.

Il s’agit principalement du Covid et de l’élection USA2020, parce que ces deux énormes ‘trous noirs’ dévorent gloutonnement tout le reste pour se constituer eux-mêmes en ‘matières’ essentielles constitutives de la Grande Crise (GCES), une sorte de ‘matière noire’ mystérieuse et profonde. Ce sont des ‘ogres’, comme les scientifiques disent des ‘trous noirs’ qui avalent étoiles et galaxies.

(On appréciera comment, notamment par ailleurs avec ‘L’Horizon de l’Événement’ évoqué justement à propos de USA2020, on est d’esprit très cosmique et universaliste dans le sens du cosmos-Univers, sur ce site par les temps qui courent si vite. Beaucoup question, précisément, de ‘trous noirs’, parce que l’image est parfaitement adaptée à ce qui se passe : les crise se dévorent les unes les autres, comme des ogres, pour grossir et se constituer en une irrésistible Grande Crise.)

Cela signifie qu’après un impeccable départ au début de cette année 2020, ‘impeccable’ dans le sens du groupement parallèles et presque coordonnées des dynamiques différentes, notamment des deux gros morceaux, Covid et USA2020, on voit l’ensemble transmuter comme un énorme phénomène galactique et se morpher en un seul gigantesque ensemble. Ce n’est pas le début de la Création d’un monde qui par définition n’a pas de début, ni un Big Bang pour nous donner un peu d’importance, mais tout de même...

Il y a ensemble dans la dynamique tourbillonnaire, le sens de l’aggravation des tensions, avec parfois des interférences, lorsqu’un président des États-Unis se prend une sorte de quick-Covid, comme les nourritures fast-foods qu’on réserve à nos chers obèses. The-Donald, lui, s’est contenté d’un fameux bras d’honneur, – “gardez la monnaie”, – à ses adversaires progressistes-sociétaux, et le voilà de retour sur les tréteaux de la campagne du spectacle !

La façon dont le Covid se mélange avec l’immense ébranlement aux USA, dont la France qui se balance et se ramasse en un saut périlleux renverse dans un régime de ‘couvre-feu’ sans que pas une de ces éminences bureaucratiques et financiarisées ne sache exactement la vérité du danger (lisez celui-là qui n’est pas d’accord), et pour d’excellentes raisons, ni ne sache encore moins ce que c’est qu’un couvre-feu.

(Moi, je sais, c’est lorsque les rues noires de la nuit deviennent comme une prison à ciel ouvert, cette situation qui pourrait se terminer par des gens d’armes qui ouvrent le feu avant de vous dire “Qui va là ?”, parce que l’instant d’avant un des leurs a été étendu raide par la ‘kala’ d’un dealer de marque agréé, migrant de migration récente et opportune, qui prétendait ne pas sortir de sa Porsche Cayenne modèle-2025 standard pour port d’héroïne. Si ce n’est pas cette sorte d’aventure et si tout le monde au contraire continue à se balader, c’est qu’alors le couvre-feu n’est que de carnaval ; crise balançant entre tragique et bouffe, et comment conçoivent-ils d’en sortir, ceux qui dirigent ?)

Il existe dans cet immense ébranlement cosmique des rassemblements crisiques complètement inédits, sans précédents dans la forme et la dynamique, dont on distingue mal le sens et la stratégie, qui manient des mesures à la fois liberticides, incohérentes, sans la moindre coordination s’il devait y avoir eu des intérêts communs, – ce qui n’est pas le cas. Comparez par exemple le comportement de quelques ‘Big Tech’, comme Facebook et Tweeter (qui vont devoir rendre des comptes au Sénat), censurant aussi bien des officiels, des parlementaires, etc., qui font circuler des articles mettant en évidence la corruption ukrainienne (et chinoise éventuellement) si incroyable de Hunter Biden, mettant en cause son père Joe.

...Et d’autre part, et dans un tout autre domaine mais qui suscite la même sorte de crise imprudemment liberticide, l’attitude qu’on a vue du gouvernement français sur ce que l’‘ordre de couvre-feu’ et toutes les mesures accompagnatrices peuvent avoir d’également liberticide dans un sens intrusif, presque comme un censeur pouvait faire montre dans l’ancien monde, et lui pour d’excellents motifs, dans les internats de lycée. En même temps et dans la même confusion cosmique, la situation dans ces quelques jours, dans ces quelques heures que nous vivons, donne la sensation de redevenir catastrophique, comme on l’avait ressenti en mars-avril, comme entraînée dans une sorte de colossal Niagara qui assaille cette civilisation aux abois.

A quoi jouent tous ces pouvoirs sans la moindre légitimité ou drapés dans une légitimité aussi vide qu’un squelette décomposé et aussi douteuse qu’une poubelle souillée, éructant dans tous les sens comme s’ils savaient de quoi il s’agit, sans le moindre souci de l’esprit des lois et des coutumes ? Peuvent-ils imaginer aller bien loin sur cette voie ? Pourront-ils exposer longtemps, d’une manière si obscène, la crise du pouvoir dans la postmodernité, l’irresponsabilité et l’extraordinaire abysse du vide intellectuel de ceux-là, eux-mêmes, qui prétendent le porter et le représenter ?

... D’autre part [bis, certes], qui d’autre pourrait les remplacer ? Qui d’autre saurait quoi faire, saurait comment agir, comment reconquérir la légitimité perdue ? Qui d’autre ?!

D’autres questions passant par là se pressent : qu’est-ce qui marche selon le plan prévu et selon nos prévisions, c’est-à-dire conjointement ? Qu’est-ce qui avait été prévu par nos augures, et même par nos augustes et propres visions d’observateurs indépendants ? Rien du tout, niente, nada, nothing, les sacrées choses se dissimulent dans ‘the fog of the crisis’. Nous nous trouvons devant d’immenses ébranlements, de formidables secousses, tout cela qui n’est pas nécessairement brutal dans l’instant où cela se fait, mais au bout du compte, 3-4 semaines, 1-2 mois au plus, valant dérive des continents et fin d’un monde pas moins.

(Attention, nous dit une voix de la retenue dans ce monde de la communication où l’on croirait marcher sur du sable : pas trop de collapsologisme ni d’eschatologisme, s’il vous plaît dites que tout va très bien même “s’il faut que je vous dise...”.)

Alors, il faut bien que je l’avoue, et vous disant avec la plus grande franchise, à la fois touché par une certaine lassitude, peut-être de la fatalité, mais aussi cette intuition qui ne me quitte pas qu’un grand et nouvel ordonnancement du monde tend à préparer sa mise en œuvre... Il ne me déplaît pas d’être ainsi remis à ma place, et dans l’attente que des forces formidables décident de notre sort. Il n’y a aucune hiérarchie à faire dans ces crises, comme s’il dépendait de notre jugement d’en établir l’importance et la dangerosité. Ces crises constituent un ouragan, un cyclone, dont nous sommes les jouets, auxquels nous ne comprenons rien, dans le cadre desquelles chacun des actes de ceux qui prétendent à leur maîtrise n’a comme effet que de mettre en évidence la vanité de ces prétentions.

  • 15 octobre 2020 à 00:00

Gauchistes de tous les pays, friquez-vous Système !

Par info@dedefensa.org

Gauchistes de tous les pays, friquez-vous Système !

Si nos ‘amis’-trotskistes (du site WSWS.org, pour ne pas le nommer mais tout le monde aura reconnu les siens) étaient, disons assez habiles sans parler un instant d’honnêteté pour se libérer de quelques liens idéologiques qui les tiennent drôlement serrés, un article comme celui-ci devrait donner un peu de grain à moudre à leur pensée linéaire et impeccablement révolutionnaire-permanente. Car ce sont de drôle d’‘amis’, et leur ‘révolution permanente’ c’est devant leur porte qu’elle devrait être faite ; c’est-à-dire, certes, s’ils croient en leur mantra concernant le capitalisme, son impérialisme et tout le toutim d’anathèmes et de fureurs énormes dont leurs articles résonnent.

Michael Rectenwald, universitaire côté, plutôt de tendance libertarienne s’il fallait l’étiqueter, auteur d’une liste impressionnante de livres dont le plus récent sur et au-delà de la ‘woke ideology’ qui ravage les USA et le bloc-BAO en général, nous explique dans ce long texte pourquoi les gauchistes qui massacrent les rues des grandes villes américanistes et les grands groupes transnationaux (très souvent d’origine US mais pas seulement) du capitalisme globalisé avec leurs patrons hyper-riches du club-des-00,0099% ont totalement, organiquement, ontologiquement partie liée, – sous l’égide, notamment du ‘Corporate Socialism’.

(Nous préférons garder l’anglais de l’expression si frappante, dans la mesure où ‘Corporate’ est un terme typiquement capitaliste aux USA, dans le langage des Maîtres du monde’. En français, nous le trouvons trop proche de sa racine, – ‘corporation’, – qui garde une forte connotation passéiste, du temps du Moyen-Âge notamment. Ne parlons pas, enfin, du sujet qui fâche et enflamme les petites âmes, le corporatisme en fait d’outil ou de référence du fascisme.)

Les deux clans sont les deux frères-siamois nés comme la dernière monstruosité en date, – la dernière tout court, espérons-nous, mais particulièrement monstrueuse, – accouchée par le Système déstructurant et entropique qui opérationnalise le ‘déchaînement de la Matière’.” Ce qui se passe aux USA est par conséquent catastrophique devrait-on dire ; à moins, poursuivrait-on avec alacrité et une ardeur tranquille, que cette lie fangeuse ait enfin et victorieusement franchi le sommet ultime de son ‘principe de Peter’ et soit en train de se lancer dans l’ouvrage tant attendu de son autodestruction, – ce qui est de plus en plus notre intime conviction (maintes fois répétée) tant la méthode rend ceux qui l’appliquent, – à la fois fous complètement et de plus en plus stupides.

L’article de Rectenwald montre à la perfection comment le ‘Corporate Socialism’ et les gauchistes de BM-Antifa ont complètement et absolument partie liée ; ce qui explique que les $uper-riche$ du premier financent à fond et à mort les seconds. (Outre l’inévitable Soros, l’éternelle prostate de l’hypocondriaque du cancer, divers noms d’oiseau sont lancés et nous retenons pour ce cas un excellent article sur Warren Buffet, du 6 octobre, sur TabletMag.com, sous le titre : « Warren Buffet est-il le compte en banque derrière les Black Lives Matter ? ») C’est une explication fort acceptable du rôle, de la fonction, de l’organisation, de la résilience et nous en passons, des BLM avec leurs petites mains (fort-blanches) des Antifas, sans oublier la nébuleuse absolument abracadabrantesque-surréaliste des mille chemins de la révolution genriste-genrisé, LGTBQ, etc., tout cela acclamé et sponsoré par tout ce que le système peut avoir de simulacres-communication, de la presseSystème, de l’édition, de l’entertainment, de l’ex-Haute Couture, de la parfumerie et produits de luxe, de l’hollywoodisme, du porno, etc.

Rectenwald ne s’aventure pas trop vers les thèses d’un arrangement de A jusqu’à Z, du complotisme parfait, jusqu’à l’arrangement planifié de l’affaire Civid19. Il laisse le terrain dans le vague et il n’a pas tort, car il n’est pas temps de chasser des sorcières qui s’avèreraient des chimères, ni des chimères qui pourraient vous ensorceler. Il reste que l’affaire de la Covid est tombée à pic pour le ‘Corporate Socialism’ et qu’il a sauté dessus... Mais, comme l’on sait, car on n’arrête pas de disséquer l’affaire et de découvrir que l’affaire n’est pas finie et loin d’être faite, le Covid19 n’a pas que des vertus pour ces gens-là.

En fait, avec le texte de Rectenwald le champ de la bataille est parfaitement identifié et fait  surgir quelques questions qu’il serait, non qu’il sera intéressant de poursuivre. Par exemple, comment un homme de l’intelligence et de l’honnêteté d’un Mélenchon peut-il concilier son soutien absolument résolu à l’ouverte massive à l’immigration qui est objectivement un des buts principaux du ‘Corporate Socialism’ pour le but que mentionne Rectenwald, et son amitié et son estime ardentes pour Chavez qui fut ce populiste, adversaire redoutable et souvent victorieux de la chose ? C’est une question qui en fera naître d’autres, et franchement l’argument électoraliste ne peut en aucun cas nous satisfaire.

Mais laissons là le commentaire du texte de Rectenwald qui a bien assez en lui-même pour faire sa propre promotion. Ce qui nous importe est de mettre en cause certaines des plus probables conclusions que certains seraient tentés de tirer de ce texte.

Nous revenons sur une remarque faite plus haut dans notre propre texte : “Les deux clans [du gauchisme et du ‘Corporate Socialism’] sont les deux frères-siamois nés comme la dernière monstruosité en date, – la dernière tout court, espérons-nous, mais particulièrement monstrueuse, – accouchée par le Système déstructurant et entropique qui opérationnalise le ‘déchaînement de la Matière’.” Il y a deux points dans cette remarque :

• “la dernière monstruosité en date”, ce qui implique qu’il y en a eu d’autres auparavant ;
• “... mais particulièrement monstrueuse”, ce qui implique qu’elle fait du bruit, qu’elle est très visible, en même temps qu’elle profite à d’étranges alliances et entretient des crises non moins étranges, dans une époque dont nous ne disons pas assez qu’elle est, elle aussi, particulièrement étrange ;
• d’où (point annexe) la possibilité de réactions inattendues, imprévisibles, peut-être incontrôlables, du côté de chez l’un ou l’autre Swann de la postmodernité.

Le tableau que nous dresse Rectenwald est effectivement saisissant, sinon catastrophique, mais c’est pour cela que c’est bien intéressant... Nous voulons dire par là qu’il y a déjà eu des monstres accouchés par le Système, qui pour s’emparer d’une région, qui d’un pays, qui d’un continent (rappelez-vous les bananières de l’Amérique centrale, de United Fruit et de la CIA), qui d’une époque et de l’histoire elle-même. Il était souvent difficile de faire une certaine unité contre lui, par exemple quand Washington D.C. expliquait au ‘Monde Libre’ ébloui, qu’il fallait bien défendre la démocratie et la liberté contre la super-monstruosité communiste, en liquidant tout ce qui dépassait, du Castro de Cuba à l’Allende du Chili. L’‘avantage’ paradoxal de la situation actuelle est que l’ennemi s’est mis à découvert, parce qu’il doit se mettre à découvert pour accomplir son forfait et continuer à crever sous le poids du fric ; et l’on sait que, dans toute grande stratégie, l’identification de l’ennemi (de l’“ennemi principal”, disait Ho Chi-minh) est un acte fondamental sur le chemin, au moins de la bataille, sinon de la victoire.

Tout cela se fait alors que la nervosité est extraordinaire et ne cesse de grandir ; parce que, comme nous l’écrivions et nous sommes de plus en plus dans ce sentiment, les circonstances de contrainte et de confusion des autorités diverses vis-à-vis de la lutte contre Covid19 qui doit absolument se poursuivre pour favoriser le ‘Corporate Socialism’, « mettent en évidence autant qu’ils le favorisent ce fait qu’on ne s’habitue pas aux contraintes de Covid, que ni la durée ni la répétition ne parviennent à les banaliser ». En d’autres termes, rien ne vient nous distraire de la grognerie, de la mauvaise humeur, de l’insupportabilité, de l’emportement et de la fureur, de l’angoisse et de la haine, par rapport à tout ce qui a à voir avec les événements et plus précisément cet événement ; alors que l’évidence ne cesse de nous montrer le rôle qu’y jouent les monstres du ‘Corporate Socialism’.

Nous insistons là-dessus : même le soutien opérationnel et lourdement friqué du ‘Corporate Socialism’ apporté à toutes les poussées LGTBQ est en marche depuis des années, comme nous le notions à partir de remarques de Justin Raimondo et de Glenn Greenwald (tous deux homosexuels) en avril 2013. Aujourd’hui, il est visible, criant et puant, très souvent grotesque, aussi souvent d’une stupidité obscène parce que d’un conformisme extraordinaire, et enfin il est cause directe et souvent identifiée de toutes les instabilités psychologiques, révoltes, fureurs & Cie. C’est-à-dire qu’il mobilise les gens contre lui alors qu’hier nul ne s’en avisait vraiment, parmi les ‘braves gens’ qui ne font pas trop de politique et bien sûr parmi les autres qui étaient payés pour.

John D. Rockefeller pour à peu près tout, J.P. Morgan de Wall Street organisant l’aide financière US à l’Angleterre pendant la Grande Guerre, quelques grands trusts US, de Standard Oil à ITT, travaillant avec Hitler jusqu’en 1945, – nous en étions les dupes consentant, consommateurs et admirateurs, adeptes de l’American Dream qui avait les traits de JJSS vendant à un million d’exemplaires son Défi américain de 1966... Aujourd’hui ?

Les dupes, aujourd’hui, on les retrouve à l’extrême-gauche. Certes, il y a certaines choses qui les rapprochent, comme l’internationalisme, la haine des frontières, celle des identités lorsqu’elle est blanche ou Caucasienne-Américaine, leur commune croyance que le chaos est le détonateur du ‘Meilleur des Mondes’... Mais qui et quoi, et de quel ‘Meilleur des Mondes’ parle-t-on ? Il faut tout de même bien croire qu’il y en a quelques-uns à dire le vrai de leur sentiments et à détester en vérité le capitalisme, dans les cohortes BLM/Antifa & Consorts, et aussi chez nos ‘amis’ de WSWS.org qui continuent à voir dans le cirque BLM/Antifa un sous-jacent immensément trotskiste, et peut-être même chez Mélenchon, tout au fond du Pied-Noir de Staouéli... Ceux-là, ils seront bien obligés un jour de faire leurs comptes, sur insistance de leurs consciences.

Et aussi, et ainsi, que se passera-t-il le jour où ils n’auront plus Trump pour attirer, susciter, embraser, remettre en feu leur brasier d’une haine commune... ?

Le texte ci-dessous, adapté en français, est mis en ligne sur RT.com le 12 octobre 2020. Le titre original est : « Qui finance la gauche américaine émeutière et pourquoi ? La classe milliardaire

dedefensa.org

_________________________

 

 

Gauchisme & capitalisme : leur grande passion

Pourquoi les entreprises géantes et les milliardaires financent-ils Black Lives Matter et Antifa, deux groupes socialistes avoués ? Et pourquoi les gauchistes acceptent-ils leur aide ? Ils veulent tous deux une sorte de socialisme, mais un seul d'entre eux pourrait obtenir ce qu'il veut.

Si vous connaissez les sources de financement des entreprises et des milliardaires qui financent Black Lives Matter (BLM) et Antifa, ainsi que les engagements socialistes de ces groupes et de leurs dirigeants, vous vous êtes probablement demandé pourquoi la "classe capitaliste" soutiendrait un mouvement dont la doctrine est apparemment contraire à ses propres intérêts. Ces bailleurs de fonds ne sont-ils pas des capitalistes après tout, et les capitalistes ne s'opposent-ils pas naturellement au socialisme ?

Et pourquoi les gauchistes américains dansent-ils comme des marionnettes attachées à des ficelles tirées par des milliardaires globalistes ? Ne comprennent-ils pas qu'ils servent en fait les maîtres auxquels ils prétendent s’opposer ?

La réponse n’est pas aussi simple que le suggère le site World Socialist Web Site : « Les objectifs du mouvement Black Lives Matter se sont alignés sur ceux de Wall Street et du gouvernement américain ». La réponse n'est pas non plus que BLM/Antifa se soit simplement “vendu” aux capitalistes. La classe des donateurs ne commet pas non plus d’erreur et ne s’intéresse pas seulement à l'égalité raciale. La réponse est que les élites des entreprises et des milliardaires préfèrent une sorte de socialisme, à savoir le ‘Corporate Socialism’.

Le ‘Corporate Socialism’, késako ?

Et qu’est-ce que le ‘Corporate Socialism’ ? Le ‘Corporate Socialism’ n'est pas seulement un renflouement des entreprises par les gouvernements. Il s'agit d'un système à deux niveaux de ‘socialisme réel’ sur le terrain, parallèle à un ensemble de monopoles d'entreprises au sommet (‘socialisme réel’ est un terme péjoratif utilisé principalement par les dissidents dans les pays socialistes pour désigner ce qu'était réellement la vie sous le socialisme, plutôt que dans les livres trompeurs de Marx et ses épigones).

Richesse pour quelques-uns, ‘égalité économique’ dans des conditions réduites pour le plus grand nombre, – le ‘Corporate Socialism’ est une forme de néo-féodalisme.

Dans Wall Street and FDR, l’historien Anthony C. Sutton a décrit le ‘Corporate Socialism’, tel qu’il s’est développé au XIXe siècle, et l'a distingué du socialisme d’État, comme suit : « [Le] schéma de l’oligarque parasite et pilleur suit aussi, sous d’autres étiquettes, la même démarche que le plan socialiste. La différence entre un monopole d’État corporatif et un monopole d’État socialiste ne concerne que l’identité des groupe contrôlant la structure du pouvoir. L'essence du socialisme est le contrôle monopolistique de l’économie par l’État à l'aide de planificateurs appointés et d’agents d’influence du monde académique. D’un autre côté, Rockefeller, Morgan et leurs amis du Corporate Power visaient à acquérir et à contrôler leur monopole et à maximiser leurs profits par leur influence dans l'appareil politique de l'État ; cela, bien que planificateurs appointés et les agents d’influence du monde académique soient toujours nécessaires, est un processus discret et bien plus subtil que la propriété de l’État socialiste... Nous donnons à ce phénomène de monopole légal du Corporate Power, – le contrôle du marché acquis par le moyen de l’influence politique, – le nom de ‘Corporate Socialism’. »

Ce que Sutton appelle le ‘Corporate Socialism’ pourrait autrement être nommé ‘socialisme d’entreprise’ ou ‘capitalisme socialiste’.

Pour les socialistes d'État comme pour les socialistes d’entreprise, le marché libre est l’ennemi. Ils cherchent tous deux à l’éliminer. Le marché libre menace le système de contrôle de l’État dans le cas du socialisme d’État. Dans le cas du socialisme d’entreprise, le marché libre représente un obstacle à l’accumulation de la richesse. Les socialistes d’entreprise ne cherchent pas à éliminer le profit. Bien au contraire, ils veulent l’augmenter à leur seul avantage.

Pour garantir et apprécier les profits au maximum, les socialistes d’entreprise cherchent à éliminer la concurrence et le libre marché. Comme l'a écrit Sutton, pour les socialistes d'entreprise du XIXe siècle : « La seule voie sûre vers l’acquisition de richesses massives était le monopole : chassez vos concurrents, réduisez la concurrence, éliminez le laissez-faire et, surtout, obtenez la protection de l’État pour votre industrie grâce à des politiciens corrompus et des réglementations gouvernementales conformes. »

La différence entre le socialisme d'État et le socialisme d'entreprise est donc simplement qu’un autre groupe de monopolistes est aux commandes. Dans le socialisme d’État, le monopole est détenu par l’État. Dans le socialisme d’entreprise, les monopolistes sont des groupes et des conglomérats géantes. Mais les deux économies politiques sont caractérisées par le monopole.

Et les deux systèmes utilisent l’idéologie communiste-socialiste, – ou ses incarnations récentes, la “justice sociale” ou l’idéologie de l’“éveil” (‘woke ideology’) – pour faire avancer leurs programmes. Pour le ‘Corporate Socialism’, le monopole des entreprises est la fin souhaitée et l’idéologie socialiste est l’un des moyens.

L’idéologie socialiste profite aux socialistes d’entreprise parce qu'elle diabolise la concurrence et le marché libre dans le but de les éliminer. Cela explique pourquoi des entreprises capitalistes comme Amazon et des donateurs capitalistes méga-riches comme George Soros et Tom Steyer financent en fait des organisations ayant des programmes explicitement socialistes, comme Black Lives Matter, et pourquoi Google, YouTube, Facebook, Twitter et d’autres géants de l’Internet favorisent apparemment les contenus et les utilisateurs de gauche, voire socialistes, plutôt que de droite.

Codiv19 et émeutes : le verrouillage

Nous pouvons voir le plan socialiste des entreprises en action avec les confinements de Covid-19 et les émeutes Black Lives Matter/Antifa. Les mesures de verrouillage draconiennes employées par les gouverneurs et les maires démocrates et les destructions perpétrées par les émeutiers font le travail que les entreprises socialistes veulent voir faire. Faut-il s'étonner que les élites des entreprises favorisent la politique de gauche ? En plus de déstabiliser l'État-nation, les politiques de gauche contribuent à détruire les petites entreprises, éliminant ainsi les concurrents.

Comme le souligne la Fondation pour l'éducation économique (FEE), les fermetures et les émeutes se sont combinées pour donner un coup de poing à des millions de petites entreprises, – “l’épine dorsale de l'économie américaine”, – dans toute l’Amérique. La FEE a indiqué que « ...7,5 millions de petites entreprises américaines risquent de fermer leurs portes pour de bon. Une enquête plus récente a montré que même avec des prêts fédéraux, près de la moitié des propriétaires de petites entreprises disent qu'ils devront fermer pour de bon. Le bilan est déjà lourd. Rien qu'à New York, les commandes de produits à domicile ont forcé la fermeture définitive de plus de 100 000 petites entreprises ».

En outre, les entreprises appartenant à des minorités sont les plus à risque. Même le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, est d'accord : « Elles représentent 90 % des entreprises new-yorkaises et sont confrontées aux défis les plus difficiles. »

En attendant, comme le fait également remarquer la FEE, rien ne prouve que les mesures de verrouillage aient fait quoi que ce soit pour ralentir la propagation du virus. De même, rien ne prouve que Black Lives Matter ait fait quoi que ce soit pour aider les vies noires. Au contraire, la campagne émeutière et meurtrière de BLM et d’Antifa a prouvé que les vies noires n’ont pas d'importance pour BLM. En plus d'avoir assassiné des Noirs, les émeutes de protestation de BLM et d’Antifa ont causé d'énormes dommages aux commerces et aux quartiers noirs, et donc, elles ont couté des vies noires.

Alors que les petites entreprises ont été écrasées par la combinaison de fermetures draconiennes et de folies émeutières, des géants de l'entreprise comme Amazon ont prospéré comme jamais auparavant. Ces deux évolutions ont eu lieu “par hasard” pour nous rapprocher du socialisme d'entreprise.

Comme l'a fait remarquer BBC News, au moins trois des géants de la technologie, – Amazon, Apple et Facebook, – ont bénéficié de gains massifs pendant les mesures de verrouillage, gains qui ont sans doute été favorisés par des émeutes qui ont coûté entre un et deux milliards de dollars en dommages matériels. Au cours des trois mois qui se sont terminés en juin, Amazon a réalisé « un bénéfice trimestriel de 5,2 milliards de dollars (4 milliards de livres sterling), le plus important depuis la création de la société en 1994, et ce malgré les dépenses importantes en équipements de protection et autres mesures dues au virus ».

Les ventes d'Amazon ont augmenté de 40 % au cours des trois mois qui se sont terminés en juin. Comme le rapporte TechCrunch, Facebook et ses plateformes WhatsApp et Instagram ont vu le nombre d'utilisateurs augmenter de 15 %, ce qui a porté les revenus à un grand total de 17,74 milliards de dollars au premier trimestre.

Le nombre total d'utilisateurs de Facebook a atteint trois milliards d'internautes en mars, soit les deux tiers des internautes du monde entier, un record. Les revenus d'Apple ont grimpé en flèche au cours de la même période, les bénéfices trimestriels ayant augmenté de 11 % en glissement annuel pour atteindre 59,7 milliards de dollars. « Walmart, la plus grande chaîne alimentaire du pays, a déclaré que les bénéfices ont augmenté de quatre pour cent, à 3,99 milliards de dollars », au cours du premier trimestre de 2020, comme l’a rapporté le Washington Post.

Ces mêmes entreprises sont également des partisans majeurs de BLM et des groupes affiliés. Comme l'a rapporté CNET, « Google s'est engagé à verser 12 millions de dollars, tandis que Facebook et Amazon donnent tous deux 10 millions de dollars à divers groupes qui luttent contre l'injustice raciale. Apple s'est engagé à verser 100 millions de dollars pour une nouvelle initiative en faveur de l'équité et de la justice raciales qui ‘remettra en question les obstacles systémiques aux opportunités et à la dignité qui existent pour les communautés de couleur, et en particulier pour la communauté noire’, selon le PDG d’Apple, Tim Cook. »

Est-ce juste une coïncidence que le nombre de petites entreprises ait été presque réduit de moitié par les fermetures de Covid-19 et les émeutes BLM/Antifa, alors que les géants de l'entreprise ont consolidé leur emprise sur l'économie, ainsi que leur pouvoir sur l'expression individuelle sur Internet et au-delà ? Ou alors, les fermetures et les émeutes prouvent-elles que le socialisme d'entreprise est en marche ? Et le “woke capitalism” (‘capitalisme [r]éveillé’) n'est-il qu'une campagne de relations publiques concertée visant à apaiser les militants et les Noirs afin de s'attirer des faveurs et d’éviter de mettre en cause la culture (‘cancel culture’) ? Ou bien le ‘capitalisme [r]éveillé’ exprime-t-il réellement des intérêts socialistes corporatifs et globalistes ? À quoi ressemblerait une politique qui servirait de tels intérêts 

Le ‘Corporate Socialism’ et son gauchisme

Pour renforcer le programme globaliste du ‘Corporate Socialism’, leurs monopoles ou quasi-monopoles, un credo politique serait probablement de promouvoir la libre circulation des travailleurs au-delà des frontières nationales et serait donc internationaliste plutôt que nationaliste.

Les monopoles ou monopoles en devenir des entreprises globalisées géantes bénéficieraient probablement de la création de types d'identité totalement nouveaux pour de nouveaux marchés spécialisés. Ils accueillent donc et encouragent le pluralisme des sexes, le transsexualisme et d’autres morphismes sexuellement identitaires. Le bouleversement des catégories d’identité de genre stables érode et contribue au démantèlement de la famille, le dernier bastion d'influence protégeant les masses contre le pouvoir des entreprises.

En fin de compte, le ‘Corporate Socialism’ mondial bénéficierait d'un monopole gouvernemental unique globalisé avec un seul ensemble de lois, et promouvrait ainsi un internationalisme sans frontières sous un gouvernement mondial, de préférence sous leur contrôle total, autrement dit le globalisme [mondialisme pour les Français]. Tout cela bénéficierait plantureusement de l’élimination des petites entreprises.

Comment cela s’inscrit-il dans le cadre du gauchisme contemporain ? Il a les mêmes objectifs. Le gauchisme encourage une immigration sans entraves. Il encourage le pluralisme des sexes et le transgenrisme et appelle ouvertement à la dissolution de la famille. Il cherche à détruire la mémoire historique, la culture traditionnelle, le christianisme et l’État-nation. Il vise à créer un monopole mondial du gouvernement. Il méprise les petites entreprises et la libre entreprise.

Ainsi, la politique de gauche s’aligne parfaitement avec les intérêts globalistes des entreprises monopolistiques. Le ‘Corporate Socialism’ est le bénéficiaire de leur ‘activisme’.

Michael Rectenwald

  • 13 octobre 2020 à 00:00

Retour sur un futur bancal

Par info@dedefensa.org

Retour sur un futur bancal

Guillaume Travers est un économiste original, et donc intéressant selon les pratiques si conformistes-PC du temps courant autant que selon les habitudes pseudo-pérennes de cette matière (l’économie). Il semble bien qu’il ne place pas, surtout pas, l’économie au centre de tout. Il semble bien qu’il considère l’économie comme une matière disons ‘secondaire’ en ceci qu’elle soit dépendante du domaine auquel elle s’applique. Il constate dans tous les cas que ce fut la situation jusqu’à l’époque de la modernité considérée dans sa chronologie la plus profonde et la plus significatives. Il dit, pour illustrer cette appréciation :

« Jusqu’à la période moderne, l’économie n’a jamais existé comme domaine autonome. Les activités économiques étaient toujours ‘encastrées’ dans des relations sociales, politiques, communautaires. »

... Et pour suivre, il cite le Moyen-âge, notamment dans l’interview que nous reprenons ci-dessus (reprise par nous-mêmes à partir d’une reprise du 8 octobre 2020 par Éléments, dont Travers est un collaborateur régulier, d’une publication dans Présent du 7 octobre 2020). Il y avait une continuité entre l’Antiquité, ou disons “ce qui venait de la nature du monde”, et le Moyen-Âge, même si cette continuité pouvait traverser des épisodes catastrophique comme fut la chute de l’Empire Romain. Il y a eu sans aucun doute une rupture complètement fondamentale, une rupture ontologique, une dé-naturation du monde, avec l’arrivée de la modernité dont on recueille les premiers signes, les avant-coureurs, à l’orée du XIVème siècle, après ‘Le Temps des Cathédrales’.

Là-dessus et puisque cette évocation chronologique nous y invite, on fera une remarque qui est également très pertinente pour le temps présent, pour l’actualité la plus pressante (y compris celle du ‘couvre-feu’) : l’épidémie de ‘La Mort Noire’, de la peste dévastatrice dans les années 1340 de ce XIVème siècle, qui frappa le monde en frappant l’Europe, accéléra fondamentalement l’‘occasion’ et la profondeur tellurique de cette rupture, – en l’opérationnalisant, dira-t-on, par sa puissance de destruction de l’ordre ancien. C’est une idée qui a tout son intérêt et toute son actualité, aujourd’hui, dans le temps de la pandémie Covid19.

Les circonstances, les dévastations, les souffrances entre les deux événements sont incomparables tant la peste du XIVème siècle fut chose affreuse, mais les opportunités rupturielles sont assez proches en intensité accomplie et potentielle, et peut-être même celle de Covid19 est-elle, à l’inverse du cataclysme qu’elle fut, plus importante que celle de ‘La Mort Noire’, à cause du système de la communication ; et peut-être même [bis] est-elle la possibilité d’une rupture d’inversion justement, renversant celle du XIVème siècle. Cela rencontre bien entendu l’idée de Travers, parlant bien entendu en fonction de l’‘actualité pressante’ qui, comme nous l’a confirmé Finkielkraut, est directement métahistorique.

Les arguments que développe Travers sont certes économiques, mais selon une logique qui rencontre sa propre perception de l’économie. On y trouve alors des dimensions culturelle, politique, psychologique, et par-dessus tout, philosophique et métaphysique, et pour les meilleures raisons du monde : « On ne comprend rien à l’économie si on ne la replace pas dans un contexte plus large. »

Le travail de Travers renvoie évidemment à une approche holistique de l’économie, selon une perception liée à la Tradition dans le sens le plus large du concept. Il s’attache notamment à critiquer l’aveuglement moderniste pour les techniques et les technologies, qui est un caractère moderniste fondamental et une des clefs de l’orientation économique catastrophique que nous suivons.

Il rejoint la thèse que présente PhG dans son Tome-II de La Grâce de l’Histoire, notamment en attaquant frontalement les conceptions absolument modernistes et conformistes de l’historien-économiste Aldo Schiavone, parfait reflet du Système et parfaitement intégré au Système. (Le livre de Schiavone impliquée est L’Histoire brisée : la Rome antique et l’Occident moderne, publié en 1996 [traduction française publiée en 2003].)

 « “On ne possède rien rationnellement, que l’on n’ait directement produit”, écrit Aldo Schiavone, qui pose alors cet axiome fondamental pour son parti : “le vrai est seulement ce que l’on a fait”, cela qu’il termine par ce commentaire établissant effectivement la différence antagoniste fondamentale entre les civilisations de l’Antiquité et de la modernité “[Ces] énoncés [traversant] l’aventure cognitive de l’Occident, de Vigo aux physiciens de la toute fin du vingtième siècle, [...] aucune conscience antique n’aurait pu [les] formuler.”
[...]
» Quoi qu’il en soit mais en rassemblant les diverses données essen- tielles de la réflexion qui précède, c’est bien autour de cette question de la volonté de la modernité de maîtriser et de modifier la nature pour “être” pleinement, – et puisque l’être, c’est-à-dire “le vrai”, ne peut être conçu que dans ce qu’il fait et rien d’autre, – qu’il faut se compter et se mesurer en progressant dans son jugement. Dans la logique du jugement de Schiavone, qui rejoint complètement l’esprit de la modernite et l’esprit scientiste, la question de l’absence de sens de notre civilisation de la modernité posée implicitement par Toynbee, jusqu’à empêcher toute autre civilisation de se poser en alternative, – cette question n’a littéralement pas de sens. La puissance, c’est-à-dire les technologies pour s’exprimer d’une façon concrète, voilà qui non seulement fait sens, mais fait le seul sens acceptable et concevable pour la civilisation de la modernité, c’est-à-dire pour la modernité tout court, c’est-à-dire pour la seule civilisation acceptable (celle après laquelle plus aucune autre n’est possible, sinon concevable), c’est-à-dire pour le monde tel qu’il doit être et tel qu’il ne peut être autrement (“Les Lumières, c’est désormais l’industrie”)... Clic ! Clac ! Entendez les verrous claquer, porte verrouillée, prison hermétiquement assurée : Monsieur Schiavone, après tant d’autres, vient de nous confirmer que, pour le sens, le Système s’occupe de tout... Voyez d’ailleurs le résultat en l’an de grâce 2016.
» ... En effet, l’on peut alors se compter et, surtout, compter ce que nous sommes puisque nous sommes ce que nous avons fait, que nous avons fait ce que la puissance des technologies nous a permis de faire, et que le moment est bon pour mesurer ce qui a été fait. L’incertaine et grandissante perplexité à mesure que défilent très vite nos années de ce début de XXIe siècle, pour tous les Schiavone du monde, c’est que cette nécessité de bilan, encore d’un risque acceptable en 1994-1995 quand fut écrit l’ouvrage, est aujourd’hui obscurci d’un risque considérable pas loin de l’inacceptable et du risque métahistorique de l’indicible eschatologique pour acter du triomphe de la raison scientifique, de la modernité, de ce que les trois-cinq derniers siècles ont fait de nous. Il est en effet impossible d’écarter cette terrible relativité du “vrai que nous sommes” lorsque le temps va si vite et que la signification et le penchant de “ce que nous avons fait” changent avec une telle rapidité et une telle radicalité qu’il nous conduit en un gros demi-siècle du rassurant Capitole à l’effrayante Roche Tarpéienne. C’est-à-dire que nous pouvons poser aujourd’hui (ces lignes sont écrites, de leur premier jet à leur confirmation, d’octobre 2013 à mai 2016) qu’il existe une possibilité considérable, en considérant que “nous sommes ce que nous faisons” (et “ce que nous avons fait”, par conséquent), que nous soyons tout ensemble et d’un seul trait, à la fois destruction du monde, destruction de l’esprit, destruction de toute espérance d’harmonie, destruction de ce qu’il reste en nous du Principe. Et cela se fait dans une civilisation que nous n’hésitons plus à qualifier de “contre-civilisation”, dont la puissance même, que nous désignons comme une “surpuissance” et qui est née du développement des technologies, empêche toute alternative civilisationnelle autre que la voie qui nous est tracée, et produit ultimement une effrayante dynamique d’autodestruction. Nous voilà confirmé, pour notre compte, sur toutes les observations que nous suggère notre intuition sur le ‘déchaînement de la Matière’ et sur tout ce qu’elle enfante, et sur la modernité telle qu’elle s’est développée, et sur tout ce que nous ont apportés les technologies, cette opérationnalisation de la puissance dont nous poursuivons la quête pour dominer et changer la nature du monde, sur cette ambition même de dominer et de changer le monde que nous n’hésitons plus à ressentir au plus profond de nous comme essentiellement sinon profondément maléfique dans le sens métaphysique de l’Enfer lui- même, atteignant à l’entropisation ardemment poursuivie. »

Travers ne pense évidemment pas que l’on puisse aisément, si cela est possible et si l’on pouvait même y songer de façon sérieuse, “revenir au Moyen-Âge”, c’est-à-dire en fait retrouver des conceptions et des pratiques de cette époque, ou plutôt de la plupart des époques avant la modernité. « Cela suppose une révolution mentale », bien entendu et avec toute chose ; et une révolution dont on ne sait d’où elle viendra et comment. Cela suppose, finalement, une attention essentielle portée au domaine de la psychologie, comme nous aimons souvent à le répéter.

Quelle psychologie peut prétendre envisager une telle évolution ? « La plupart de nos contemporains sont aujourd’hui asservis à la technique, aux écrans, avec des conséquences mentales et intellectuelles désastreuses. Je ne vois malheureusement pas de ‘solution’ simple à court terme, mais un espoir à plus long terme : aujourd’hui, une petite élite élève ses enfants loin de toute dépendance technologique trop forte. Ils seront un jour ceux qui rebâtiront notre civilisation... »

La perspective considérée constitue certainement une voie possible, une partie du ‘comment’ (en sortir), et ‘pour quoi’ (mettre à la place). Pour autant, il reste l’énigme générale et totale de déterminer pour quelle cause fondamentale et selon quelle impulsion une telle évolution porterait ses fruits, quelle puissance serait assez grande pour entraîner tous les esprits après avoir impressionné (comme la photographie impressionnait la pellicule in illo tempore) la psychologie dans le sens vertueux qui importe. Nous sommes là dans le domaine d’en-dehors de la raison (heureusement d’ailleurs), dans le domaine de l’au-delà de ‘l’Horizon de l’Événement’. Pour autant, c’est notre conviction essentiellement sinon exclusivement d’ordre intuitif, l’événement est en marche.

Voici donc l’interview de Guillaume Travers par Pierre Saint-Servant, à partir d’une reprise du 8 octobre 2020 par Éléments d’une publication dans Présent du 7 octobre 2020.

dedefensa.org

________________________

 

 

Pour un retour au Moyen Âge ?

Pierre Saint-Servant : Telle qu’elle est traitée médiatiquement et politiquement, l’économie est réduite à des querelles techniques. Vous faites au contraire le choix de la ramener à la philosophie. Pourquoi ?

Guillaume Travers : Jusqu’à la période moderne, l’économie n’a jamais existé comme domaine autonome. Les activités économiques étaient toujours ‘encastrées’ dans des relations sociales, politiques, communautaires. Le Moyen Âge nous en donne maints exemples : les foires étaient l’occasion de célébrations religieuses (feria), les communautés de métiers organisaient toute la vie urbaine, bien au-delà des seules activités productives. On ne comprend rien à l’économie si on ne la replace pas dans un contexte plus large.

Pierre Saint-Servant : Le Moyen Âge fait figure d’âge sombre pour les progressistes de tous poils, qu’êtes-vous allé y puiser ? Pourquoi devrait-on y avoir recours ?

Guillaume Travers : Le Moyen Âge offre un contre-modèle à la pensée moderne, individualiste et progressiste. C’est pourquoi il a été tellement attaqué. Par bonheur, de nombreux travaux d’historiens depuis un siècle ont permis de le réhabiliter. Dans une période de crise profonde, le Moyen Âge peut nous inspirer : il est un monde de communautés plus que d’individus, un monde enraciné, ancré dans la terre, et assez largement autarcique. Ainsi, les solutions ‘localistes’ que l’on peut aujourd’hui envisager ont déjà existé par le passé. Le Moyen Âge est aussi un monde qui ne fait pas de l’accumulation monétaire l’alpha et l’oméga de l’existence. Il est un monde de limitation, où les excès de richesse sont consacrés à des fins plus hautes, par exemple la construction des cathédrales. Notons enfin que les structures féodales sont celles qui se sont mises en place au cours d’une autre période très troublée, à savoir la fin de l’Empire romain. Ce sont autant de raisons d’y être sensible.

Pierre Saint-Servant : Vous opposez à l’individualisme et à l’utilitarisme la notion de ‘commun’. Que désigne-t-elle ?

Guillaume Travers : Au Moyen Âge, le concept de propriété privée est très largement absent. Dire que le seigneur est ‘propriétaire’ de terres est une description très imparfaite. En vérité, il y a un enchevêtrement de droits réciproques, issus de serments passés et de la coutume. Par exemple, un seigneur ne peut pas vendre des terres sur lesquelles des paysans ont obtenu le droit de cultiver. Dans ce système, les ‘communs’ sont tous les espaces dont l’usage n’est pas limité à une seule famille : c’est par exemple un champ où certains peuvent faire paître du bétail, d’autres ramasser des baies, d’autres du bois, etc. Le terme de ‘commun’ est éloquent : le monde médiéval, on l’a dit, était un monde de communautés. Toute l’organisation sociale est donc subordonnée à une vision du bien de ces communautés, au bien commun. L’abandon des ‘communs’ (notamment par le ‘mouvement des enclosures’ en Angleterre) fut à l’inverse un moment clé dans l’essor de l’individualisme moderne.

Pierre Saint-Servant : L’écologie sera incontestablement au cœur des luttes idéologiques de demain. Le moins que l’on puisse dire est que celle qui domine le paysage médiatique est une écologie ‘à l’envers’. Que faut-il pour la remettre à l’endroit ?

Guillaume Travers : L’écologie, étymologiquement, touche à ce qui est proche (oikos, ‘maison’) ; l’environnement, c’est d’abord ce qui nous environne. Pour remettre l’écologie à l’endroit, il faut se ré-enraciner, retrouver un rapport de co-appartenance avec la nature proche. On ne respecte jamais autant une forêt ou une rivière que quand on s’y promène chaque jour. Ce qui tue l’environnement, c’est le mouvement généralisé des biens et des personnes, qui dévaste tous les milieux encore sauvages. Mais c’est aussi une maladie de l’âme : l’homme privé de racines n’est bien nulle part, il n’a pas la sérénité nécessaire à l’immobilité, à la contemplation. Il multiplie les occasions de prendre l’avion pour tenter (en vain) de voir mieux ailleurs. Si l’homme moderne veut se ‘dépayser’, c’est parce qu’il ne supporte pas les paysages qui l’entourent. Concrètement, il faut donc évidemment faire obstacle au libre-échange généralisé. Mais c’est aussi toute une culture qu’il faut rebâtir : retrouver des modes de vie plus sains, une plus grande sensibilité à la nature.

Pierre Saint-Servant : La préservation de ce qui fait la dignité de l’homme nous pousserait à freiner la course en avant technologique : 5G, robotisation, virtualisation de toute la vie humaine… Pourtant, cela nous ferait immédiatement décrocher dans la compétition mondiale, comment résoudre cette équation ?

Guillaume Travers : C’est une question épineuse. Jusqu’à la période moderne, les techniques ont évolué de manière presque continue, mais dans un esprit très différent. Le progrès technique n’était pas considéré comme une fin en soi, ni comme purement instrumental : pour gagner plus d’argent, pour satisfaire des fins individuelles. L’économiste allemand Werner Sombart nous donne un exemple. Les artisans médiévaux maîtrisaient des techniques pointues. Celles-ci se transmettaient par le compagnonnage et, en les employant, un artisan perpétuait une tradition. À la période moderne, on se met à appliquer une technique “parce que ça marche”, “parce que c’est moins coûteux”. Les gestes perdent leur dimension traditionnelle. Que cela nous dit-il ? Que la technique peut être évoluée et ne pas poser problème, dès lors qu’elle n’est pas une fin en soi. Cela suppose une révolution mentale. La plupart de nos contemporains sont aujourd’hui asservis à la technique, aux écrans, avec des conséquences mentales et intellectuelles désastreuses. Je ne vois malheureusement pas de ‘solution’ simple à court terme, mais un espoir à plus long terme : aujourd’hui, une petite élite élève ses enfants loin de toute dépendance technologique trop forte. Ils seront un jour ceux qui rebâtiront notre civilisation. Je ne vois donc pas de salut global mais, pour en revenir une dernière fois au Moyen Âge, l’émergence de petites communautés qui préserveront notre héritage et joueront un jour un rôle de premier plan.

  • 15 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : l’horizon du terrible événement

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : l’horizon du terrible événement

Désormais, nous sommes dans la phase finale de l’approche de l’élection présidentielle aux USA et, depuis la fin du mois de septembre à peu près, il est devenu courant, hors des USA, d’apprécier cette perspective comme incertaine et terrible, peut-être catastrophique. Les événements ayant contribué à fixer cette perception sont le débat Trump-Biden et sa sauvagerie, à la fin septembre, puis l’épisode ultra-rapide, surréaliste, à la fois tragédie et bouffe, de Trump-Covid19, de son hospitalisation et de son rétablissement.

(Il faut noter qu’une explication rationnelle et acceptable sinon scientifique de cet épisode, par rapport à la position conformiste-PC de la pandémie et de la séquence d’incubation, de la maladie ou pas, de sortie enfin de la maladie, reste encore et toujours à être présentée. Cette remarque vaut d’autant plus en fonction de la personnalité de Trump, des sentiments extrêmes qu’elle suscite, de la situation aux USA, etc. Tout se passe comme s’il y avait un peu de magie dans ce cas, ce qui ne peut étonner lorsqu’il s’agit des USA [American Dream] et de Trump-Hitler.)

 Il se fait donc que les commentaires se font désormais plus précis, et des expressions comme “guerre civile” sont monnaie courante. Nous citons ci-après quelques interventions et textes allant dans ce sens, présentant à notre sens un intérêt de circonstance ou un intérêt de fond caractérisant l’évolution des positions et du jugement. Nous donnons quand c’est le cas une appréciation sur la personne concernée, sur la circonstance, sur la signification qu’il faut à notre sens proposer, etc.

• « Y a-t-il un risque de guerre civile dans ce pays ? », question posée à Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’IRIS, par le chroniqueur économique Pascal Perri. “Ce pays”, ce n’est rien de moins que les États-Unis. Cela se passe sur LCI, chaîne de TV française, le 6 octobre un peu avant 16H30, dans l’émission PerriScope, – exactement à partir de 24’00” sur cette vidéo. Cette intervention est une sorte d’événement dans le sens qu’on parle pour une des premières fois de cette façon aussi abrupte de la situation aux USA, de cette possibilité-là, sur une chaîne aussi complètement MainStream (chaîne-Système, quoi) que LCI, dans une émission qui ne s’intéresse guère à la polémique des perceptions politiques. (Cette ‘avancée’ de la perception fait suite à cela, sans nul doute.) L’interlocutrice de Perri, plus au fait des événements aux USA et moins tenue aux règles-PC de fer des présentateurs, n’est pas étonnée par la question, et la prudence de la réponse, – un botté en touche en douceur, et nullement la moindre dénégation, – est aussi une bonne mesure de la prise de conscience dans les “territoires” du bloc-BAO, hors-USA et hors presse-antiSystème.

• De Alain de Benoist, répondant à des questions d’un intervieweur de BoulevardVoltaire, sur « la guerre civile à venir » (en France), que de très nombreux commentateurs « n’en finissent plus d’annoncer ». (Dans le reste de l’interview, il a été question du Liban, mais pas des Etats-Unis.) : « D’abord, pour qu’éclate une guerre civile, il faut déjà que la police et l’armée soient divisées, ce qui n’est pas le cas [en France]. Il faut ensuite que, de part et d’autre, il y ait des dizaines de milliers de personnes décidées à prendre les armes, ce qui n’est pas le cas non plus. Dans un avenir proche, une guerre civile me semble beaucoup plus probable au Liban, qui en a déjà connu, voire aux États-Unis, où les deux principaux camps politiques ont atteint, aujourd’hui, un niveau de détestation mutuelle que l’on n’avait pas connu depuis la guerre de Sécession. »

• D’Alastair Crooke, un extrait de son dernier commentaire, du 12 octobre en anglais sur Strategic-Culture.org et du 13 octobre en français sur RéseauInternational... Crooke a déjà souvent parlé de la situation interne aux USA, bien entendu, mais cette fois il la situe résolument d’une façon la plus large possible, rejoignant l’appréciation que nous en avons d’un très important ensemble de conséquences pour le reste du monde. En un mot, il lui donne sa dimension réelle, c’est-à-dire comme un composant central, sinon la matrice elle-même de la Grande Crise GCES... C’est dire s’il ne faut pas attendre de la crise aux USA une fin en elle-même tandis que le reste poursuivrait son chemin, mais un autre départ de feu, et sans doute le départ de feu fondamental de l’immense brasier du Système...

(Et l’histoire du monde de notre avenir jugerait alors que Trump, avec ses tweets au lieu de sa lyre, aurait été le Néron de la postmodernité, mettant le feu au monde au rythme de son clavier sarcastique et furieux.)

 « Alors que nous entrons dans le dernier mois des élections américaines, le point culminant attendu des animosités longtemps enfouies est tout proche. Il est peu probable qu’il soit bref ou décisif. Les convulsions internes des États-Unis sont cependant bien réelles. Mais l’implosion de la confiance sociale aux États-Unis se propage, et ses effets se font sentir dans le monde entier. Si l’incertitude de notre époque – aggravée par le virus – nous rend nerveux et tendus, c’est peut-être parce que nous avons l’intuition qu’un mode de vie, un mode d’économie aussi, touche à sa fin.
» La peur des bouleversements sociaux sème la méfiance. Elle peut produire l’état spirituel qu’Emile Durkheim appelait anomie, le sentiment d’être déconnecté de la société, la conviction que le monde qui nous entoure est illégitime et corrompu, que nous sommes invisibles – un “numéro” ; un objet impuissant de répression hostile, imposé par “le système” ; avec un sentiment qu’il ne faut faire confiance à personne.
[...]
» L’essai de David Brooks dans The Atlantic est centré sur l’effondrement actuel de la confiance sociale en Amérique – la confiance, dit-il, est une mesure de la qualité morale d’une société. Il explique comment, au cours des dernières décennies, l’Amérique est devenue “une société plus indigne de confiance … Les Américains connaissent aujourd’hui plus d’instabilité qu’à n’importe quelle autre période de leur histoire récente – moins d’enfants grandissent dans des ménages biparentaux mariés, plus de ménages monoparentaux, plus de dépressions et des taux de suicide plus élevés”.
» Les gens vivent aujourd’hui dans ce que le sociologue Zygmunt Bauman appelait la modernité liquide – tous les traits qui vous étaient autrefois attribués par votre communauté, vous devez maintenant les déterminer vous-même : votre identité, votre moralité, votre sexe, votre vocation, votre but et le lieu de votre appartenance.
» Ce que Brooks n’aborde pas, cependant, c’est la façon dont la méfiance des Américains les uns envers les autres, et pour quiconque d’autre qu’eux-mêmes, étant un empire, a eu un impact, plus largement, sur l’ordre géopolitique, et sur les perceptions de la bonne gestion des économies – qui, dans le cas de la Russie et de la Chine, sont tirées de l’expérience de convulsions antérieures qui leur sont propres.
» La méfiance [entre les pays et les puissances] se répand aujourd’hui plus vite que le coronavirus.
[...]
» Eh bien, la défiance géopolitique explosive se trouve dans ce fait que ces États qui sont en désaccord avec vous ne sont pas seulement en tort, mais illégitime et toujours menaçants. Ce sont les nouveaux barbares à nos portes. »

• Ici, une petite incursion sur le site Marxisme.fr qui défend nettement la ligne marxiste-léniniste classique, y compris avec Staline comme l’un des grands anciens. On trouvera dans ce texte une proximité certaine avec la Chine et sans aucun doute indirectement avec la Russie si l’on en juge par rapport aux sources référencées par liens, et aussi une appréciation générale de l’Amérique comme matrice du système de l’américanisme sans aucune préoccupation de la personnalité des acteurs de l’élection, et nullement comme terrain bien achalandé pour la classique lutte des classes. On jugera donc de la différence avec, par exemple mais puisé dans le même terreau marxiste originel, les trotskistes de la IVème Internationale (site WSWS.org), différence certainement jugée avec mépris et fureur par les seconds.

« Au moment où les USA durcissent leur politique extérieure anti-chinoise pour tenter de faire de la Chine leur bouc-émissaire et ainsi faire oublier les innombrables échecs nationaux et internationaux de l’administration Trump, les prochaines élections US risquent d’agir comme un catalyseur supplémentaire de la décomposition économique, politique et sociale du pays. Ce sont aujourd’hui 60 % des Américains qui pensent que leur pays est sur le point de sombrer dans la guerre civile, et 50 % d’entre eux ont d’ailleurs commencé à s’y préparer en stockant des produits de première nécessité. Les USA risquent donc de devoir faire face, outre une crise économique sans précédent, à une crise de civilisation qui pourrait revêtir la forme d’affrontements inter- ethniques. En effet, alors que 80 % des électeurs américains estiment que les électeurs du camp opposé n'ont ni la même vision politique, ni les mêmes valeurs que les leurs, révélant la profonde fracture qui traverse la société US, les milices noires d’autodéfense s’affirment et, en cas de contestation des résultats des élections du 3 novembre prochain, les heurts avec celles des suprématistes blancs pourraient donner le coup d’envoi d’une nouvelle Guerre de Sécession, qui s’avérerait inévitablement fatale pour la tête du monstre atlantiste. Aux USA, 85 % des Américains majeurs détiennent au moins une arme, ce qui offre certes la meilleure assurance pour les masses populaires que l’ordre bourgeois y réfléchira à deux fois avant de réprimer un mouvement de contestation sociale dans le sang, mais qui présente également d’immenses dangers dans une société fortement polarisée autour de la question raciale, comme le sont les USA aujourd’hui...
» Au même moment, la diplomatie chinoise qui proclame depuis plusieurs mois qu’ “une Amérique en panne n’est pas fondée à critiquer la Chine”, rend chaque jour les coups au centuple. “Leur ‘diplomatie du mensonge’ discrédite les Etats-Unis”, titrait encore aujourd’hui la grande presse chinoise internationale... »

• Exemple pris sur le vif d’un climat répandu dans tout le pays, pour ce qui concerne les perspectives : un document de la direction de la NYPD de New York City sur la posture et les précautions à prendre par la police de New York City pour avant et après, et au moins jusqu’en 2021, l’élection du 3 novembre... Tout cela sans surprise, simplement pour confirmation du climat et de la tension.

« Le document, rédigé par Dermot Shea, ‘Commissioner’ (le chargé de la direction) de la police de New York (NYPD), décrit le vote de novembre prochain comme “les élections présidentielles les plus disputées de l’ère moderne”, où le vainqueur “pourrait ne pas être désigné avant plusieurs semaines”.
» “En conséquence, nous devrions anticiper et nous préparer à des manifestations de plus en plus importantes, fréquentes et intenses avant les élections et probablement jusqu'en 2021”, a écrit le commissaire.
» Il est avancé par certaines sources que la direction de NYPD se prépare à des troubles électoraux et à d'éventuelles tentatives d'interférence dans le comptage des votes. Les fonctionnaires seraient surtout préoccupés par la séparation des manifestants pacifiques des groupes violents et armés. »

L’Horizon de l’Événement

Il est tout à fait possible que nous soyons en train de vivre un moment sans guère de précédent, avec l’annonce d’un événement d’une importance extraordinaire pour tous les domaines de la Grande Crise que nous vivons, événement annoncé, prévu, programmé, etc. La très grande question est d’abord de savoir si cet événement se produira, – c’est-à-dire non pas qui sera élu, ou bien s’il y aura un élu, etc., mais bien si le jour du 3 novembre, élection accomplie ou pas, sera le signal d’une accélération puissante et, quasiment, d’un verrouillage de la crise du système de l’américanisme dans la dynamique de sa totalité, avec, posées ‘sur la table’, toutes les options catastrophiques envisagées (guerre civile, sécession, désintégration, etc.) ; ou bien si, comme quelques voix de plus en plus timides l’espèrent, un sursaut aura lieu, avec un regroupement sur les quelques débris restants de quelques principes éparts de la Grande République.

Nul ne peut répondre à ces interrogations, même et surtout ceux qui prétendent en organiser l’une ou l’autre réponse. Cela fait qu’en tout état de cause, même ce qui est d’ores et déjà annoncé, programmé, prévu, etc., surviendra comme un choc considérable, comme s’il s’agissait d’une énorme et complète surprise déstabilisante et déconstructurante. Nous nous trouvons devant “l’horizon de l’événement” (le 3 novembre) au-delà duquel nous ne voyons rien, ignorant ce qui se trouve au-delà même si nous entretenons nombre d’hypothèses tout à fait acceptable pour cela. L’on voit ici les limites évidentes et d’ailleurs convenables, – on ne devrait pas lui en demander plus, – de cet outil qu’est la raison, lorsqu’elle est effectivement utilisée comme ‘outil’.

(Lorsqu’elle prétend à plus et à une majuscule, lorsqu’elle prétend être maîtresse du monde et organiser le destin du monde, c’est alors que la Raison montre toute sa vanité et son hybris absurde. Ainsi n’a-t-elle pas su entendre, depuis quasiment deux décennies sinon plus [depuis 1992, selon nous], les craquements terribles de l’ébranlement sismique de l’Amérique, et n’a-t-elle rien vu venir à cet égard, confiante dans les sondages, dans les éditos du New York Times et dans Hillary Clinton. Écrivant sur Pascal, Léon Chestov observe : « Notre raison, par ses vérités propres, fait de notre monde le royaume enchanté des mensonges. »)

Cette expression, que nous avons très récemment pêché dans un documentaire sur les ‘trous noirs’ de l’univers, et qui concerne dans ce cas la maîtrise des événements de l’univers qui l’entoure par cet ogre cosmique qu’est ce phénomène, nous paraît parfaitement convenir à cette situation que nous suivons actuellement. C’est pour cette raison que nous mettons un court extrait concernant ‘l’Horizon de l’Événement’, sorti de ‘La Grâce de l’Histoire’ (Tome-III, suite de la première partie) en cours de rédaction.

« Il est vrai, pour sacrifier un instant au ‘sérieux’ des affaires du monde, que la pensée-‘tragédie-bouffe’, sorte d’interprétation postmoderne d’une variante de la “pensée-Maozédong”, constitue une très-acceptable feuille de route pour poursuivre dans la voie de la pensée dominante. Ma mission est d’observer ce charmant phénomène qui nous propose une élégante façon d’être en constante modification ontologique de la démence en-cours ; car nous évoluons, mazette, à quelle vitesse, si grande qu’elle se confond avec le sur-place, comme au cœur du cyclone.

» Nous entrons par conséquent, dirais-je, dans le domaine phénoménologique de “l’horizon des événements”, traduit éventuellement en un concept théorique qui serait désigné avec une pompe toute majusculée : ‘l’Horizon de l’Évènement’. Ce phénomène est scientifiquement défini, depuis assez récemment où notre pensée astrophysicienne est entrée, peu avant la fin du siècle dernier, dans la logique ondoyante et abyssale, et absolument extra-or-di-nai-re selon Dali, du “trou noir”. Une définition succincte de la chose, – qui nous suffira amplement, nous autres scientifiques de l’‘âme poétique’, – se lit comme ceci, avec quelques accentuations de mon fait (les caractères gras sont arbitrairement posés) :

» “En relativité restreinte et en relativité générale, l'horizon des évènements est constitué par la limite éventuelle de la région qui peut être influencée dans le futur par un observateur situé en un endroit donné à une époque donnée.
» ”Dans le cas d’un trou noir, en particulier, on peut définir son horizon des évènements comme une surface qui l’entoure, d’où aucun objet, ni même un rayon de lumière ne peut jamais échapper du champ gravitationnel du trou noir. Cet horizon se trouve au niveau où la vitesse de libération à l’attraction gravitationnelle du trou noir devrait être supérieure à la vitesse de la lumière. Il s'agit d'une surface géométrique définie par la physique théorique (en relativité générale), et donc sans consistance matérielle, au contraire du cas des surfaces des planètes et des étoiles, gazeuses ou solides. ”

» Le cas qui nous importe, poussé à son extrême dans nos propositions de transmutation des sujets, étant celui-ci : et si nous remplacions, pour notre facilité et notre confort, “vitesse de la lumière” par l’‘éternité de l’âme poétique’ évoluant pour l’occasion en une dynamique de l’infini ? Tout cela nous avancerait-il, nous ferait-il progresser dans le sens de la Tradition, qui se fiche bien du sens physique ? N’atteindrions-nous pas l’‘horizon des événements de l’éternité’ ? »

 

Mis en ligne le 14 octobre 2020 à 15H40

  • 14 octobre 2020 à 00:00

Le problème avec Trump et la tarentule

Par info@dedefensa.org

Le problème avec Trump et la tarentule

14 octobre 2020 – Comme nul n’en ignore, le président Trump, qui se représente, est très fortement assimilé à un homme politique fasciste, sinon plus, à la limite, à un homme politique nazi, et enfin définitivement et décisivement, et pour faire bref, assimilé à Hitler par le biais de la résurrection de Hitler, cette manœuvre étant l’une des favorites du susdit Hitler. (On parle du même.) L’un de mes sites ‘favoris’, – actuellement dans une phase nettement ‘ex-favori’ parce que vraiment accablant et stupéfiant d’indigence et de servitude volontaire à leur doxa, – ce site donc nous présente depuis longtemps comme certitude avérée et vérifiée l’ombre la plus im-monde possible du ventre-fécond de la “bête im-monde” ; mais désormais, pour ces derniers temps particulièrement féconds eux aussi ; d’une façon extrêmement expressionniste dirais-je.  

Les gens de WSWS.org voyaient, déjà en février 2017, « Des nazis à la Maison-Blanche de Trump », dont un  officier SS soi-même, Stephen Miller. L’officier SS était ainsi présenté : « Born into an upper-middle class liberal Jewish family, something went seriously wrong in Miller’s personal development. » (En gros et dit de la façon grossière que mérite l’hypothèse que j’estime arrogante comme dans toute dialectique moderniste et gauchiste [pléonasme], sous cette forme si vous voulez : “Né dans une famille juive libérale du sommet de la classe moyenne, quelque chose a sérieusement déconné dans le développement personnel de Miller”, – bref il est dingue, malade, à envoyer en Vol au-dessus d’un nid de coucous.) Aujourd’hui, il n ‘y a plus de bornes : il s’agit bien de Hitler soi-même, et il y a même une Léni Riefenstahl dans la bande, en sus de l’officier SS Miller :

« Une vidéo tweetée par le président Trump décrivant son retour à la Maison Blanche le 5 octobre 2020 après avoir été hospitalisé avec COVID-19 était clairement calquée sur l'arrivée d'Hitler au Congrès du parti nazi de 1934 dans le film nazi “Triomphe de la Volonté”. »

J’ai pris l’exemple de WSWS.org mais, dans l’emphase et l’enflure de l’alarme progressiste-sociétale, les autres ne lui cèdent rien et le passé phantasmé en témoigne (je parle des celui des USA dans la séquence-2016, pas de l’Allemagne-1933). Je n’ai pas eu à chercher loin, c’est-à-dire à la date qu’il faut de l’apparition de la susdite “bête im-monde” ; tiens, prenez le 9 mars 2016 :

« ...Ainsi de Sally Kohn, à la fois commentatrice de CNN et de Daily Beast (le site-neocon favori), qui avait annoncé il y a une dizaine de jours que les démocrates devraient faire en sorte d’empêcher que les USA deviennent “a Nazi Germany” et qui confiait, il y a deux jours, son inquiétude à l’idée des camps d’internement (“camps d’extermination” serait plus juste, faudrait lui dire) que Trump a par dizaines dans sa muselière. [...]
» L’inquiétude néo-hitlérienne est déjà bien répandue chez les esprits les plus hauts, puisque le Washington Post écrivait le 1er mars, dans un édito du canard s’il vous plaît : “[Y]ou don't have to go back to history’s most famous example, Adolf Hitler, to understand that authoritarian rulers can achieve power through the ballot box...” »

Vous voyez que la dialectique se fait déferlement en cascade sur le long terme, qu’elle roule et gronde sans fin, se nourrit, s’enrichit, se monte à la tête depuis plus de quatre années, comme dans un bocal tournant fou en un tourbillon d’ailleurs superbe du rythme de la tarentella, marqué en quatre-temps par les piqures de la tarentule. Et tout cela répand ses mannes de richesses militantes et offre à tous les esprits démocratiques de très nombreuses et gratuites marches des gémonies où exposer les immondices de l’im-monde. Je m’étonne d’un tel entêtement thématique : ces gens sont-ils incapables de sacrifier au bon sens du commun ?

Je me fiche bien, ici, de défendre Trump, de le louer, de l’encenser, ni même d’ailleurs de tenter de comprendre ses buts et ambitions s’il y en a, parce que ce n’est en rien le débat et qu’un tel débat n’a qu’un intérêt mineur. Je voudrais simplement qu’ils reprissent langue, juste un contact et rien d’autre, comme simple expérimentation je veux dire et au moins pour un instant, avec la réalité, ou vérité-de-situation, comme nous disons modestement ici. Tout aussi simplement, ce serait l’occasion d’une belle respiration d’un air pas trop abîmé, l’occasion d’un coup de ménage pour nous débarrasser, pour quelques soixantaines de minutes disons, des toiles d’araignée encombrant le plafond.

Vous ne voyez pas que cela ne marche pas ? C’est comme le nez au milieu du visage, n’est-ce pas, aussi affreusement simple. Nous ne procédons pas par analyse, enquête, réflexion, là où il n’y a aucun objet justifiant de telles démarches. Nous procédons dans une société de la communication, bien au-delà de la société du spectacle puisqu’en capacité de monter plusieurs spectacles les uns par-dessus les autres, en mille-feuilles comme ils disent, plusieurs simulacres et plusieurs ‘réalités’ conditionnelles et adaptées en même temps. Trump trône au milieu de tout cela, homme de l’image, de l’enflure, du mensonge de l’au-delà du mensonge, homme chargé de multiples téléréalités, de si nombreuses vérités différentes : alors, le voyez-vous en Hitler, avec son incroyable coiffure, avec ses tweets qui swinguent ? Ce n’est pas le même univers, ces deux-là ne font pas cosmos commun ni Big-Bang contigu, et toute les ennuyeuses leçons de moraline des NeverTrump, leurs longues dissections idéologiques circa-1933, nous accablent d’autant plus que c’est n’y rien comprendre.

Pour rompre là-dessus, prenez la chose à l’envers : voyez-vous Hitler avec la chevelure de Trump ? Imaginez l’immense et tragique éclat de rire sinistre-bouffe que cela déclencherait ?

Faire de Trump un Hitler, quelle bouffonnerie est-ce là ?! Et tous ces gens, ces trotskistes si sérieux, cette gauche si moralinesque, ces grands esprits si ouverts qu’ils en deviennent courants d’air, ces milliardaires-woke qui pensent à l’avenir du monde, à quoi pensent-ils donc ! “Le problème avec Trump”, c’est qu’il n’est ni de leur temps, ni de leur univers, qu’il est lui bien de son temps contrairement à eux qui pagayent toujours avec entrain dans les années 1930. Ce n’est pas du tout une vertu d’être de son temps par les temps qui valsent-fou, et pour moi ce n’est certes pas une référence, sinon celle de la folie habillée des excès horribles de la barbare inculture ; mais c’est une opportunité et une façon d’être pour ceux qui veulent réussir en leur temps, et de mon point de vue, puisqu’il s’agit de Trump, une opportunité pour celui qui est “à l’insu de son plein gré” un formidable fouteur de désordre chaotique. Eux, les adversaires de Trump, quant à vouloir dissimuler qu’ils sont comme lui de leur temps en nous projetant les actualités du printemps 1933, c’est un peu fort... Une folie hallucinée, ils ont été piqué par Trump comme par la tarentule, ils sont les zombies de leur fantasme qui est aussi leur drogue... Tiens, la drogue justement !

Avez-vous médité cette phrase, volontairement placée là où elle est dans le texte d’hier, un de plus dont il est question pour cette époque étrange mais avec ce commentaire qui fut placé là dans une intention bien précise, – j’en témoigne : « Et aussi, et ainsi, que se passera-t-il le jour où ils n’auront plus Trump pour attirer, susciter, embraser, remettre en feu leur brasier d’une haine commune... ? »

Songez donc à cela s’il perd et disparaît le 3 novembre, comme vous souhaitez si ardemment qu’il se perde : que ferez-vous sans lui ? Ne voyez-vous pas que Trump, c’est votre drogue, celle qui vous permet de tenir sans regarder l’effondrement ? Et s’il est battu, s’il s’en va, vous n’aurez même pas le temps d’une cure de... – de quoi ? Comment dirait-on pour faire original ? Une cure de ‘ détrumpisation’ ? Vous n’en aurez même pas le temps, et d’ailleurs une danse endiablée et si vertigineuse, même la tarentella n’y suffirait pas, car le poison est vôtre si lui est votre drogue. Lui battu et parti, vous serez en l’instant balancé devant votre miroir, comme un domestique congédié sur le champ, braves zombies de ‘D.C.-la-folle’ ; et dans votre miroir, vous regardant vous-mêmes comme vous le regardiez jusqu’ici, avec cette haine qui constitue toute la charge de votre désarroi, de votre hybris foulé aux pieds par les dieux méprisants, de votre arrogance et de votre terreur de vous découvrir pour ce que vous vous êtes laissés aller à devenir... Craignez donc ce jour fatal.

En attendant, Trump continue sa lessiveuse washingtonienne, sans songer un instant à se laisser pousser la petite moustache que-vous-savez. Lui, il secoue le tremblement du désordre jusqu’à ce que la bicoque s’effondre. Chacun sa tâche et Dieu, s’il y pense et a du temps à perdre, reconnaîtra les siens ; le compte sera vite fait dans ces temps de vide entropique.

  • 14 octobre 2020 à 00:00

N’en croyez pas un mot, ni un Joe

Par info@dedefensa.org

N’en croyez pas un mot, ni un Joe

13 octobre 2020 – Comme nul ne doit en ignorer, l’Amérique est la terre de tous les possibles, et aujourd’hui, dans les circonstances qui-sont-ce-qu’elles-sont, cela se réalise comme une sorte d’American Dream au Pays des Merveilles, dans un terrible brouhaha. Je veux dire qu’il y a, fort bruyamment j’en conviens, du rêve fabriqué, du simulacre, du post-vérité et de l’after-postvérité (comme on dit aftershave), dans tous les sens et de toutes les façons, de bas en haut et du centre-extrême à l’extrême-centre. La folie est ravageuse, elle tourbillonne et fabrique des ‘trous noirs’ et les événements finissent par se résumer à n’être plus que des ‘horizons d’événement’ (je n’invente rien, ils inventent pour moi, cette étonnante et fascinante expression.)

... Dès lors et quoi qu’il en soit, qu’on puisse, presqu’avec un enthousiasme assuré et même avec de l’extase quasiment extatique pour certains, qu’on puisse disais-je accueillir la perspective d’une écrasante victoire de Joe Biden, et même la pronostiquer comme allant de soi, accepter pourcentage comptant les sondages qui vont bien pour saluer par avance cette “divine surprise”, relève d’une étape majeure des plus hautes montagnes d’un Tour de France de légende, du temps d’Anquetil ou d’Eddy Merckx. Il s’agit d’un exploit de la volonté simulacre.

En février 2020, il y a donc quelques mois d’ici comme l’on dit du Pont-Neuf aux Deplorables, le pauvre Joe se perdait misérablement au cœur et foulé aux pieds de la meute des candidats démocrates à la désignation, piétiné par elle, en queue de pelotons comme un Poulidor corrompu passant par l’Ukraine ; Tamara, elle, liquidée par Tulsi Gabbard, avait déjà jeté l’éponge. Les deux semblaient promis, pour ceux qui s’en rappelleraient, à l’essoreuse de l’Histoire... Et hop ! Lapins sortis du chapeau ! Mais non, z’aviez pas bien compris (sur l’air de « Z’avez pas vu Mirza ? »), c’étaient bien eux que le destin se réservait d’appeler.

D’ailleurs, c’est dit, les sondages le disent. On vous expose ci-dessous de multiples raisons d’y croire passionnément, la fiabilité, l’honnêteté, le simulacre, la vertu et les précédents. N’en croyez pas un mot, tout va très bien et ces hypothèses sont autant de provocations « i-na-dmi-ssible ! » ... Certes, pourtant, il faut que je vous en dise là-dessus, un peu plus qu’il n’est dit, tout en ne disant rien de tranché puisque le monde est fou, tête dessus-dessous... Laissez, laissez donc aller, puisqu’ils s’inclinent tous en majesté, du New York Times au Monde ; référence oblige, voyez-vous.

Cela vaut-il vraiment la peine satisfaite d’en parler ? Toutes les informations ci-dessous, collectées aux meilleures sources, sont évidemment fausses-vraies, pur FakeNewsisme des Derniers Temps. Inutile de s’attarder, ce sont eux, les faussaires, qui ont la charge de la preuve ; d’ailleurs, rappelez-vous, 2016, ils avaient tous donné les bons résultats, les justes et fondées, avec l’éclatante victoire d’Hillary ; et puis, il avait fallu que les électeurs y aillent de leurs bulletins, et faussent tous les sondages ! Craignez donc que le diable remette ça... Car il est de fait, paraît-il, que cela pourrait recommencer, qu’il y en a qui n’osent pas dire qu’ils voteront pour Trump et qui, dans le secret de l’isoloir, tenez-vous bien, tonnerre ! qui voteront pour Trump !

« On nous cache tout, on nous dit rien », on n’est plus sûr de rien du tout.

N’allez pas croire que je laisse entendre que je crois à la victoire de Trump, c’est-à-dire pour m’en réjouir bien entendu, moi le vieux réac’, pour contredire la séduisante narrative du retour d’Alice à bon port, ayant retrouvé toutes ses Merveilles. Non non, en vérité, je préférerais, dans l’ordre, mais plutôt du point de vue tactique et, disons-le aussi, pour le fun, pour la beauté de la chose et qu’enfin tout se termine en beauté :

• un résultat très serré, avec d’abord l’avantage pour Trump, puis cet avantage grignoté à mesure du dépouillement du reste des votes par correspondance, avec les agitations également à mesure, dans tous les sens des aiguilles d’une montre ;

• une victoire pas trop déferlante de Joe-Kamara, aussitôt suivie de la destitution du vieux Joe Alzheimer, 25ème amendement oblige, avec nomination d’un nouveau vice-président (VP), transcouleur Black & White, inscrit aux Black Lives Matter et dont on découvrirait qu’il est en cours d’inscription et d’infiltration dans les ProudPatriots.com pour le compte d’une cellule suprémaciste (Black ? White ? Chi lo sa ?) constituée au cœur brûlant du FBI.

Au désordre ajoutons le désordre, et « Marions-les, marions-les, ils vont très bien ensemble... » (bis). Il m’est assez difficile, je vous l’avoue, de prendre au sérieux tout ce qui se passe et qui se prend au sérieux, dans ce ‘trou noir’ d’arrogance et de certitudes affichées sur le pont incliné du Titanic. Le paysage, pour moi, est de la couleur et de l’ondulation de la chevelure de Trump, avec toutes les nuances de l’orange et de ses pépins, et de la catégorie décidément bien ancrée de la tragédie-bouffe.

Dans tous les cas, je crois que Trump prendra le maquis, que ce soit à la Maison-Blanche, dans un studio de téléréalité de New York City en pleine sécession, ou dans les Appalaches, sur la route de son club de golf de Floride. En attendant, la campagne des sondages vaut son pesant de pourcentages, y compris lorsqu’une équipe de professionnels du boulot juge bienvenu d’ajouter quelques pourcents d’électeurs démocrates bien typés, pour pouvoir annoncer que Biden à mis plus de 5% de plus dans la vue de son adversaire, le Président des Etats-Unis, ou bien pour préparer quelque coup fourré de haute volée.

ZeroHedge.com, lui, estime que le sondage le plus intéressant est celui qui dit que 36% des républicains et 33% des démocrates jugent justifiée l’usage de la violence pour faire progresser leur point de vue réciproques ; ils étaient respectivement 8% et 8% en 2017. Cela signifie qu’une partie toujours grandissante du public du système de l’américanisme estime que la ‘vérité’ est une chose qui se fabrique à la dure et s’impose à coups de poing et de cocktails-Molotov à chaque moment de chaque jour de chaque élection.

Voici donc un texte sur les sondages qui rythme la campagne électorale 2020, à vous couper le souffle. Trump, relevant d’un Covid19 à vitesse hypersonique, n’est pas dans une humeur et dans une posture où il pourrait accepter de perdre. Trump ne conçoit pas de perdre. Biden, lui, ne sait pas très bien qu’il y a des élections le 3 novembre et qu’il s’y colle avec la copine Tamara à qui il songe à faire quelque pince-fesse dont il a le secret, – sacré vieux Joe !

Cette présidentielle USA2020 ressemble à un entartrage extraordinaire, à une pièce politique de BHL sur la crise ukrainienne, à une leçon de morale civique de Covid19. Elle est absolument à l’image de la Folle Époque qui nous caractérise.

Pour suivre, ce texte de Frédéric Aigouy, sur RT-France, ce 12 octobre 2020, sous le titre complet de « Présidentielle américaine : Biden loin devant dans les sondages... pour un remake de 2016 ? »

Semper Phi

 

Un remake de 2016 ?

Le candidat démocrate caracole en tête des sondages. Mais, comme en 2016, se pose la question de leur fiabilité. Selon l'un des rares instituts à avoir prédit la précédente victoire de Donald Trump, le chef d'Etat disposerait d’électeurs «cachés».

A en croire les instituts de sondage et l'analyse médiatique qui en découle, l'issue de la présidentielle américaine ne fait aucun doute : le candidat démocrate Joe Biden va l'emporter et prendre en main la destinée des Etats-Unis. Avec près de 10 points d'avance sur Donald Trump selon le site Real Clear Politics, qui fournit une compilation des principaux sondages du pays, l’ancien vice-président de Barack Obama ne caracole pas seulement en tête, il a accru ces dernières semaines l'avantage dont il disposait.

Autant d'éléments repris en boucle par les médias américains – et français – ce qui renforce l'impression que les jeux sont faits. Pourtant, si l'histoire récente est un guide, il est bien imprudent de tirer quelque conclusion définitive à partir de ces données. Faut-il le rappeler, en 2016 Hillary Clinton dominait outrageusement dans les sondages ; à tel point que la veille du scrutin, le Huffington Post jugeait que la Secrétaire d'Etat avait... 98,1 % de chances de l'emporter. Avec, le lendemain, le résultat que l'on connaît.

Collège électoral contre vote populaire

L'histoire serait-elle en train de se répéter ? Impossible de se prononcer à l'heure actuelle bien entendu, mais cet emballement médiatique est l'occasion de rappeler un élément essentiel du processus électoral américain : le président n'est pas élu par vote populaire, c'est le collège électoral qui décide du vainqueur.

Chaque Etat dispose d'un nombre de grands électeurs défini (29 pour la Floride, 20 pour la Pennsylvanie, par exemple), et le candidat qui réuni le plus de suffrages dans l'état en question les rafle tous. Il est ainsi possible de remporter le vote populaire mais de perdre l'élection. Hillary Clinton en sait quelque chose ; avec 65,58 millions de voix, elle avait devancé en 2016 Donald Trump de près de 3 millions de votes. Mais ce dernier s'était largement imposé au collège électoral, (306 votes contre 232) pour devenir le 45e président des Etats-Unis.

Vus à travers ce prisme, les 10 points d'avance de Joe Biden au niveau national revêtent une importance relative. Si les médias ont tendance à insister sur cette donnée, il est davantage révélateur de s'intéresser aux chiffres État par État, plus particulièrement à ceux qui ne sont pas fortement marqués politiquement et donc susceptibles de basculer côté républicain comme démocrate, les fameux “swing states”.

Swing states” et ‘faux sondage’

Là encore, si l'on se fie aux sondages, Joe Biden serait en passe d'écraser le locataire de la Maison Blanche. Dans le Michigan et en Pennsylvanie par exemple, deux états clés de la Rust Belt remportés en 2016 par Donald Trump, le candidat démocrate dispose d'environ sept points d'avance, selon la compilation de Real Clear Politics. Joe Biden est également devant dans l'Arizona, en Floride ou encore en Caroline du Nord, trois autres états clés qu'avait gagnés Donald Trump il y a quatre ans.

En fonction des instituts de sondage, l'avance de Joe Biden apparaît même parfois irrattrapable : selon une récente étude du l'université de Monmouth – largement commentée dans les médias – l'ancien vice-président a pas moins de 12 points d'avance sur le chef d'Etat en Pennsylvanie.

Mais la question demeure : à quel point ces données sont-elles fiables ? Pas du tout, selon le président américain qui s'est publiquement interrogé début octobre : « Comment [Joe] Biden peut-il mener en Pennsylvanie alors qu'il est contre la fracturation hydraulique (des emplois!), le deuxième amendement et la religion ? Sondage-bidon. Je vais gagner en Pennsylvanie. »

La méfiance du chef d'Etat à quelques raisons pour se justifier : en 2016, pratiquement aucun institut ne lui donnaient une chance de remporter trois États de la Rust Belt, la Pennsylvanie, le Wisconsin, et le Michigan, dans lesquels il finit pourtant par s'imposer.

Or, les leçons de cet échec n'ont pas vraiment été tirées selon Courtney Kennedy, directrice de la recherche au Pew Research Center, qui s'est penchée sur la question dans un ouvrage récent. « Je dirais que la plupart, si ce n’est toutes nos inquiétudes, demeurent, certaines à un degré moindre », a-t-elle confiée dans un billet publié le 5 août.

« Les erreurs de sondages ne sont pas rares dans les élections présidentielles. Mais les sondeurs courent un risque réel de répéter cette année les erreurs de 2016. Ils ne tiennent toujours pas compte du fait que les électeurs plus éduqués sont davantage susceptibles de répondre à des sondages – et davantage susceptibles de voter pour les candidats démocrates », explique-t-elle. En d'autres termes, les échantillons sur lesquels s'appuient les instituts de sondages ne seraient pas représentatifs du corps électoral : « Certains des problèmes structurels, fondamentaux, qui ont atteint leur paroxysme en 2016 sont toujours là en 2020. 

“Cachés” par peur d'être stigmatisés ?

Malgré tout, un institut s'était distingué en 2016 par la justesse de ses prédictions – sans que personne n'y prête la moindre attention –, le Trafalgar Group. Or, aujourd'hui encore, cet institut est nettement moins catégorique que ses concurrents sur l'issue des résultats dans les États clés, comme par exemple dans le Michigan, où il donne les deux candidats au coude à coude. Selon les données du Trafalgar Group, le chef d'Etat est en outre en tête en Arizona, en Floride, en Caroline du Nord, et seulement deux points derrière Joe Biden en Pennsylvanie.

Dès lors, comment cet institut, qui dans la foulée de l'élection présidentielle avait continué d'impressionner par l'exactitude de ses pronostics, étant une nouvelle fois le seul à prédire en 2018 les victoires en Floride de Ron DeSantis pour le mandat de gouverneur, et de Rick Scott au Sénat, en arrive-t-il à de telles conclusions ?

Son patron Robert Cahaly explique que le Trafalgar group s'efforce de prendre en compte ce qu'il appelle les électeurs «cachés» de Donald Trump. Selon lui, ces individus sont affectés par un «biais de désirabilité sociale», que Robert Cahaly définit comme la peur des électeurs conservateurs et indépendants d'être marginalisés ou stigmatisés pour leurs opinions. Et selon lui, ce biais est en 2020 encore «pire qu'il y a quatre ans».

Pour dénicher ces électeurs «timides» de Donald Trump, peu enclins à divulguer leur opinion à un institut de sondage, Robert Cahaly a développé plusieurs techniques, dont la plus efficace est de demander aux sondés pour qui ils voteront, mais aussi comment ils pensent que leurs voisins envisagent de voter. L'idée de Robert Cahaly est que cela donne à ces électeurs un moyen socialement acceptable d'exprimer leurs propres sentiments, en les projetant sur les autres.

En tout état de cause, l'existence d'électeurs qui n'osent pas exprimer publiquement leur soutien à Donald Trump, et l'influence qu'ils pourraient avoir lors de cette élection est de plus en plus discutée outre-Atlantique. Selon une étude récente menée par l'institut Cloud Research, près de 12% des républicains interrogés ont affirmé qu'ils ne ne donneraient pas leur véritable opinion politique dans le cadre d'un sondage par téléphone.

Si c'est un signe encourageant pour lui, l'avance de Joe Biden dans les sondages est donc loin d'être un gage de victoire en novembre prochain. D'autant que la politique américaine n'est pas avare en rebondissements, et à un mois du scrutin, aucun des candidats n'est à l'abri d'une «surprise d'octobre», qui viendrait perturber sa campagne.

Frédéric Aigouy

  • 13 octobre 2020 à 00:00

Gauchistes de tous les pays, vive le fric-Système !

Par info@dedefensa.org

Gauchistes de tous les pays, vive le fric-Système !

Si nos ‘amis’-trotskistes (du site WSWS.org, pour ne pas le nommer mais tout le monde aura reconnu les siens) étaient, disons assez habiles sans parler un instant d’honnêteté pour se libérer de quelques liens idéologiques qui les tiennent drôlement serrés, un article comme celui-ci devrait donner un peu de grain à moudre à leur pensée linéaire et impeccablement révolutionnaire-permanente. Car ce sont de drôle d’‘amis’, et leur ‘révolution permanente’ c’est devant leur porte qu’elle devrait être faite ; c’est-à-dire, certes, s’ils croient en leur mantra concernant le capitalisme, son impérialisme et tout le toutim d’anathèmes et de fureurs énormes dont leurs articles résonnent.

Michael Rectenwald, universitaire côté, plutôt de tendance libertarienne s’il fallait l’étiqueter, auteur d’une liste impressionnante de livres dont le plus récent sur et au-delà de la ‘woke ideology’ qui ravage les USA et le bloc-BAO en général, nous explique dans ce long texte pourquoi les gauchistes qui massacrent les rues des grandes villes américanistes et les grands groupes transnationaux (très souvent d’origine US mais pas seulement) du capitalisme globalisé avec leurs patrons hyper-riches du club-des-00,0099% ont totalement, organiquement, ontologiquement partie liée, – sous l’égide, notamment du ‘Corporate Socialism’.

(Nous préférons garder l’anglais de l’expression si frappante, dans la mesure où ‘Corporate’ est un terme typiquement capitaliste aux USA, dans le langage des Maîtres du monde’. En français, nous le trouvons trop proche de sa racine, – ‘corporation’, – qui garde une forte connotation passéiste, du temps du Moyen-Âge notamment. Ne parlons pas, enfin, du sujet qui fâche et enflamme les petites âmes, le corporatisme en fait d’outil ou de référence du fascisme.)

Les deux clans sont les deux frères-siamois nés comme la dernière monstruosité en date, – la dernière tout court, espérons-nous, mais particulièrement monstrueuse, – accouchée par le Système déstructurant et entropique qui opérationnalise le ‘déchaînement de la Matière’.” Ce qui se passe aux USA est par conséquent catastrophique devrait-on dire ; à moins, poursuivrait-on avec alacrité et une ardeur tranquille, que cette lie fangeuse ait enfin et victorieusement franchi le sommet ultime de son ‘principe de Peter’ et soit en train de se lancer dans l’ouvrage tant attendu de son autodestruction, – ce qui est de plus en plus notre intime conviction (maintes fois répétée) tant la méthode rend ceux qui l’appliquent, – à la fois fous complètement et de plus en plus stupides.

L’article de Rectenwald montre à la perfection comment le ‘Corporate Socialism’ et les gauchistes de BM-Antifa ont complètement et absolument partie liée ; ce qui explique que les $uper-riche$ du premier financent à fond et à mort les seconds. (Outre l’inévitable Soros, l’éternelle prostate de l’hypocondriaque du cancer, divers noms d’oiseau sont lancés et nous retenons pour ce cas un excellent article sur Warren Buffet, du 6 octobre, sur TabletMag.com, sous le titre : « Warren Buffet est-il le compte en banque derrière les Black Lives Matter ? ») C’est une explication fort acceptable du rôle, de la fonction, de l’organisation, de la résilience et nous en passons, des BLM avec leurs petites mains (fort-blanches) des Antifas, sans oublier la nébuleuse absolument abracadabrantesque-surréaliste des mille chemins de la révolution genriste-genrisé, LGTBQ, etc., tout cela acclamé et sponsoré par tout ce que le système peut avoir de simulacres-communication, de la presseSystème, de l’édition, de l’entertainment, de l’ex-Haute Couture, de la parfumerie et produits de luxe, de l’hollywoodisme, du porno, etc.

Rectenwald ne s’aventure pas trop vers les thèses d’un arrangement de A jusqu’à Z, du complotisme parfait, jusqu’à l’arrangement planifié de l’affaire Civid19. Il laisse le terrain dans le vague et il n’a pas tort, car il n’est pas temps de chasser des sorcières qui s’avèreraient des chimères, ni des chimères qui pourraient vous ensorceler. Il reste que l’affaire de la Covid est tombée à pic pour le ‘Corporate Socialism’ et qu’il a sauté dessus... Mais, comme l’on sait, car on n’arrête pas de disséquer l’affaire et de découvrir que l’affaire n’est pas finie et loin d’être faite, le Covid19 n’a pas que des vertus pour ces gens-là.

En fait, avec le texte de Rectenwald le champ de la bataille est parfaitement identifié et fait  surgir quelques questions qu’il serait, non qu’il sera intéressant de poursuivre. Par exemple, comment un homme de l’intelligence et de l’honnêteté d’un Mélenchon peut-il concilier son soutien absolument résolu à l’ouverte massive à l’immigration qui est objectivement un des buts principaux du ‘Corporate Socialism’ pour le but que mentionne Rectenwald, et son amitié et son estime ardentes pour Chavez qui fut ce populiste, adversaire redoutable et souvent victorieux de la chose ? C’est une question qui en fera naître d’autres, et franchement l’argument électoraliste ne peut en aucun cas nous satisfaire.

Mais laissons là le commentaire du texte de Rectenwald qui a bien assez en lui-même pour faire sa propre promotion. Ce qui nous importe est de mettre en cause certaines des plus probables conclusions que certains seraient tentés de tirer de ce texte.

Nous revenons sur une remarque faite plus haut dans notre propre texte : “Les deux clans [du gauchisme et du ‘Corporate Socialism’] sont les deux frères-siamois nés comme la dernière monstruosité en date, – la dernière tout court, espérons-nous, mais particulièrement monstrueuse, – accouchée par le Système déstructurant et entropique qui opérationnalise le ‘déchaînement de la Matière’.” Il y a deux points dans cette remarque :

• “la dernière monstruosité en date”, ce qui implique qu’il y en a eu d’autres auparavant ;
• “... mais particulièrement monstrueuse”, ce qui implique qu’elle fait du bruit, qu’elle est très visible, en même temps qu’elle profite à d’étranges alliances et entretient des crises non moins étranges, dans une époque dont nous ne disons pas assez qu’elle est, elle aussi, particulièrement étrange ;
• d’où (point annexe) la possibilité de réactions inattendues, imprévisibles, peut-être incontrôlables, du côté de chez l’un ou l’autre Swann de la postmodernité.

Le tableau que nous dresse Rectenwald est effectivement saisissant, sinon catastrophique, mais c’est pour cela que c’est bien intéressant... Nous voulons dire par là qu’il y a déjà eu des monstres accouchés par le Système, qui pour s’emparer d’une région, qui d’un pays, qui d’un continent (rappelez-vous les bananières de l’Amérique centrale, de United Fruit et de la CIA), qui d’une époque et de l’histoire elle-même. Il était souvent difficile de faire une certaine unité contre lui, par exemple quand Washington D.C. expliquait au ‘Monde Libre’ ébloui, qu’il fallait bien défendre la démocratie et la liberté contre la super-monstruosité communiste, en liquidant tout ce qui dépassait, du Castro de Cuba à l’Allende du Chili. L’‘avantage’ paradoxal de la situation actuelle est que l’ennemi s’est mis à découvert, parce qu’il doit se mettre à découvert pour accomplir son forfait et continuer à crever sous le poids du fric ; et l’on sait que, dans toute grande stratégie, l’identification de l’ennemi (de l’“ennemi principal”, disait Ho Chi-minh) est un acte fondamental sur le chemin, au moins de la bataille, sinon de la victoire.

Tout cela se fait alors que la nervosité est extraordinaire et ne cesse de grandir ; parce que, comme nous l’écrivions et nous sommes de plus en plus dans ce sentiment, les circonstances de contrainte et de confusion des autorités diverses vis-à-vis de la lutte contre Covid19 qui doit absolument se poursuivre pour favoriser le ‘Corporate Socialism’, « mettent en évidence autant qu’ils le favorisent ce fait qu’on ne s’habitue pas aux contraintes de Covid, que ni la durée ni la répétition ne parviennent à les banaliser ». En d’autres termes, rien ne vient nous distraire de la grognerie, de la mauvaise humeur, de l’insupportabilité, de l’emportement et de la fureur, de l’angoisse et de la haine, par rapport à tout ce qui a à voir avec les événements et plus précisément cet événement ; alors que l’évidence ne cesse de nous montrer le rôle qu’y jouent les monstres du ‘Corporate Socialism’.

Nous insistons là-dessus : même le soutien opérationnel et lourdement friqué du ‘Corporate Socialism’ apporté à toutes les poussées LGTBQ est en marche depuis des années, comme nous le notions à partir de remarques de Justin Raimondo et de Glenn Greenwald (tous deux homosexuels) en avril 2013. Aujourd’hui, il est visible, criant et puant, très souvent grotesque, aussi souvent d’une stupidité obscène parce que d’un conformisme extraordinaire, et enfin il est cause directe et souvent identifiée de toutes les instabilités psychologiques, révoltes, fureurs & Cie. C’est-à-dire qu’il mobilise les gens contre lui alors qu’hier nul ne s’en avisait vraiment, parmi les ‘braves gens’ qui ne font pas trop de politique et bien sûr parmi les autres qui étaient payés pour.

John D. Rockefeller pour à peu près tout, J.P. Morgan de Wall Street organisant l’aide financière US à l’Angleterre pendant la Grande Guerre, quelques grands trusts US, de Standard Oil à ITT, travaillant avec Hitler jusqu’en 1945, – nous en étions les dupes consentant, consommateurs et admirateurs, adeptes de l’American Dream qui avait les traits de JJSS vendant à un million d’exemplaires son Défi américain de 1966... Aujourd’hui ?

Les dupes, aujourd’hui, on les retrouve à l’extrême-gauche. Certes, il y a certaines choses qui les rapprochent, comme l’internationalisme, la haine des frontières, celle des identités lorsqu’elle est blanche ou Caucasienne-Américaine, leur commune croyance que le chaos est le détonateur du ‘Meilleur des Mondes’... Mais qui et quoi, et de quel ‘Meilleur des Mondes’ parle-t-on ? Il faut tout de même bien croire qu’il y en a quelques-uns à dire le vrai de leur sentiments et à détester en vérité le capitalisme, dans les cohortes BLM/Antifa & Consorts, et aussi chez nos ‘amis’ de WSWS.org qui continuent à voir dans le cirque BLM/Antifa un sous-jacent immensément trotskiste, et peut-être même chez Mélenchon, tout au fond du Pied-Noir de Staouéli... Ceux-là, ils seront bien obligés un jour de faire leurs comptes, sur insistance de leurs consciences.

Et aussi, et ainsi, que se passera-t-il le jour où ils n’auront plus Trump pour attirer, susciter, embraser, remettre en feu leur brasier d’une haine commune... ?

Le texte ci-dessous, adapté en français, est mis en ligne sur RT.com le 12 octobre 2020. Le titre original est : « Qui finance la gauche américaine émeutière et pourquoi ? La classe milliardaire

dedefensa.org

_________________________

 

 

Gauchisme & capitalisme : leur grande passion

Pourquoi les entreprises géantes et les milliardaires financent-ils Black Lives Matter et Antifa, deux groupes socialistes avoués ? Et pourquoi les gauchistes acceptent-ils leur aide ? Ils veulent tous deux une sorte de socialisme, mais un seul d'entre eux pourrait obtenir ce qu'il veut.

Si vous connaissez les sources de financement des entreprises et des milliardaires qui financent Black Lives Matter (BLM) et Antifa, ainsi que les engagements socialistes de ces groupes et de leurs dirigeants, vous vous êtes probablement demandé pourquoi la "classe capitaliste" soutiendrait un mouvement dont la doctrine est apparemment contraire à ses propres intérêts. Ces bailleurs de fonds ne sont-ils pas des capitalistes après tout, et les capitalistes ne s'opposent-ils pas naturellement au socialisme ?

Et pourquoi les gauchistes américains dansent-ils comme des marionnettes attachées à des ficelles tirées par des milliardaires globalistes ? Ne comprennent-ils pas qu'ils servent en fait les maîtres auxquels ils prétendent s’opposer ?

La réponse n’est pas aussi simple que le suggère le site World Socialist Web Site : « Les objectifs du mouvement Black Lives Matter se sont alignés sur ceux de Wall Street et du gouvernement américain ». La réponse n'est pas non plus que BLM/Antifa se soit simplement “vendu” aux capitalistes. La classe des donateurs ne commet pas non plus d’erreur et ne s’intéresse pas seulement à l'égalité raciale. La réponse est que les élites des entreprises et des milliardaires préfèrent une sorte de socialisme, à savoir le ‘Corporate Socialism’.

Le ‘Corporate Socialism’, késako ?

Et qu’est-ce que le ‘Corporate Socialism’ ? Le ‘Corporate Socialism’ n'est pas seulement un renflouement des entreprises par les gouvernements. Il s'agit d'un système à deux niveaux de ‘socialisme réel’ sur le terrain, parallèle à un ensemble de monopoles d'entreprises au sommet (‘socialisme réel’ est un terme péjoratif utilisé principalement par les dissidents dans les pays socialistes pour désigner ce qu'était réellement la vie sous le socialisme, plutôt que dans les livres trompeurs de Marx et ses épigones).

Richesse pour quelques-uns, ‘égalité économique’ dans des conditions réduites pour le plus grand nombre, – le ‘Corporate Socialism’ est une forme de néo-féodalisme.

Dans Wall Street and FDR, l’historien Anthony C. Sutton a décrit le ‘Corporate Socialism’, tel qu’il s’est développé au XIXe siècle, et l'a distingué du socialisme d’État, comme suit : « [Le] schéma de l’oligarque parasite et pilleur suit aussi, sous d’autres étiquettes, la même démarche que le plan socialiste. La différence entre un monopole d’État corporatif et un monopole d’État socialiste ne concerne que l’identité des groupe contrôlant la structure du pouvoir. L'essence du socialisme est le contrôle monopolistique de l’économie par l’État à l'aide de planificateurs appointés et d’agents d’influence du monde académique. D’un autre côté, Rockefeller, Morgan et leurs amis du Corporate Power visaient à acquérir et à contrôler leur monopole et à maximiser leurs profits par leur influence dans l'appareil politique de l'État ; cela, bien que planificateurs appointés et les agents d’influence du monde académique soient toujours nécessaires, est un processus discret et bien plus subtil que la propriété de l’État socialiste... Nous donnons à ce phénomène de monopole légal du Corporate Power, – le contrôle du marché acquis par le moyen de l’influence politique, – le nom de ‘Corporate Socialism’. »

Ce que Sutton appelle le ‘Corporate Socialism’ pourrait autrement être nommé ‘socialisme d’entreprise’ ou ‘capitalisme socialiste’.

Pour les socialistes d'État comme pour les socialistes d’entreprise, le marché libre est l’ennemi. Ils cherchent tous deux à l’éliminer. Le marché libre menace le système de contrôle de l’État dans le cas du socialisme d’État. Dans le cas du socialisme d’entreprise, le marché libre représente un obstacle à l’accumulation de la richesse. Les socialistes d’entreprise ne cherchent pas à éliminer le profit. Bien au contraire, ils veulent l’augmenter à leur seul avantage.

Pour garantir et apprécier les profits au maximum, les socialistes d’entreprise cherchent à éliminer la concurrence et le libre marché. Comme l'a écrit Sutton, pour les socialistes d'entreprise du XIXe siècle : « La seule voie sûre vers l’acquisition de richesses massives était le monopole : chassez vos concurrents, réduisez la concurrence, éliminez le laissez-faire et, surtout, obtenez la protection de l’État pour votre industrie grâce à des politiciens corrompus et des réglementations gouvernementales conformes. »

La différence entre le socialisme d'État et le socialisme d'entreprise est donc simplement qu’un autre groupe de monopolistes est aux commandes. Dans le socialisme d’État, le monopole est détenu par l’État. Dans le socialisme d’entreprise, les monopolistes sont des groupes et des conglomérats géantes. Mais les deux économies politiques sont caractérisées par le monopole.

Et les deux systèmes utilisent l’idéologie communiste-socialiste, – ou ses incarnations récentes, la “justice sociale” ou l’idéologie de l’“éveil” (‘woke ideology’) – pour faire avancer leurs programmes. Pour le ‘Corporate Socialism’, le monopole des entreprises est la fin souhaitée et l’idéologie socialiste est l’un des moyens.

L’idéologie socialiste profite aux socialistes d’entreprise parce qu'elle diabolise la concurrence et le marché libre dans le but de les éliminer. Cela explique pourquoi des entreprises capitalistes comme Amazon et des donateurs capitalistes méga-riches comme George Soros et Tom Steyer financent en fait des organisations ayant des programmes explicitement socialistes, comme Black Lives Matter, et pourquoi Google, YouTube, Facebook, Twitter et d’autres géants de l’Internet favorisent apparemment les contenus et les utilisateurs de gauche, voire socialistes, plutôt que de droite.

Codiv19 et émeutes : le verrouillage

Nous pouvons voir le plan socialiste des entreprises en action avec les confinements de Covid-19 et les émeutes Black Lives Matter/Antifa. Les mesures de verrouillage draconiennes employées par les gouverneurs et les maires démocrates et les destructions perpétrées par les émeutiers font le travail que les entreprises socialistes veulent voir faire. Faut-il s'étonner que les élites des entreprises favorisent la politique de gauche ? En plus de déstabiliser l'État-nation, les politiques de gauche contribuent à détruire les petites entreprises, éliminant ainsi les concurrents.

Comme le souligne la Fondation pour l'éducation économique (FEE), les fermetures et les émeutes se sont combinées pour donner un coup de poing à des millions de petites entreprises, – “l’épine dorsale de l'économie américaine”, – dans toute l’Amérique. La FEE a indiqué que « ...7,5 millions de petites entreprises américaines risquent de fermer leurs portes pour de bon. Une enquête plus récente a montré que même avec des prêts fédéraux, près de la moitié des propriétaires de petites entreprises disent qu'ils devront fermer pour de bon. Le bilan est déjà lourd. Rien qu'à New York, les commandes de produits à domicile ont forcé la fermeture définitive de plus de 100 000 petites entreprises ».

En outre, les entreprises appartenant à des minorités sont les plus à risque. Même le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, est d'accord : « Elles représentent 90 % des entreprises new-yorkaises et sont confrontées aux défis les plus difficiles. »

En attendant, comme le fait également remarquer la FEE, rien ne prouve que les mesures de verrouillage aient fait quoi que ce soit pour ralentir la propagation du virus. De même, rien ne prouve que Black Lives Matter ait fait quoi que ce soit pour aider les vies noires. Au contraire, la campagne émeutière et meurtrière de BLM et d’Antifa a prouvé que les vies noires n’ont pas d'importance pour BLM. En plus d'avoir assassiné des Noirs, les émeutes de protestation de BLM et d’Antifa ont causé d'énormes dommages aux commerces et aux quartiers noirs, et donc, elles ont couté des vies noires.

Alors que les petites entreprises ont été écrasées par la combinaison de fermetures draconiennes et de folies émeutières, des géants de l'entreprise comme Amazon ont prospéré comme jamais auparavant. Ces deux évolutions ont eu lieu “par hasard” pour nous rapprocher du socialisme d'entreprise.

Comme l'a fait remarquer BBC News, au moins trois des géants de la technologie, – Amazon, Apple et Facebook, – ont bénéficié de gains massifs pendant les mesures de verrouillage, gains qui ont sans doute été favorisés par des émeutes qui ont coûté entre un et deux milliards de dollars en dommages matériels. Au cours des trois mois qui se sont terminés en juin, Amazon a réalisé « un bénéfice trimestriel de 5,2 milliards de dollars (4 milliards de livres sterling), le plus important depuis la création de la société en 1994, et ce malgré les dépenses importantes en équipements de protection et autres mesures dues au virus ».

Les ventes d'Amazon ont augmenté de 40 % au cours des trois mois qui se sont terminés en juin. Comme le rapporte TechCrunch, Facebook et ses plateformes WhatsApp et Instagram ont vu le nombre d'utilisateurs augmenter de 15 %, ce qui a porté les revenus à un grand total de 17,74 milliards de dollars au premier trimestre.

Le nombre total d'utilisateurs de Facebook a atteint trois milliards d'internautes en mars, soit les deux tiers des internautes du monde entier, un record. Les revenus d'Apple ont grimpé en flèche au cours de la même période, les bénéfices trimestriels ayant augmenté de 11 % en glissement annuel pour atteindre 59,7 milliards de dollars. « Walmart, la plus grande chaîne alimentaire du pays, a déclaré que les bénéfices ont augmenté de quatre pour cent, à 3,99 milliards de dollars », au cours du premier trimestre de 2020, comme l’a rapporté le Washington Post.

Ces mêmes entreprises sont également des partisans majeurs de BLM et des groupes affiliés. Comme l'a rapporté CNET, « Google s'est engagé à verser 12 millions de dollars, tandis que Facebook et Amazon donnent tous deux 10 millions de dollars à divers groupes qui luttent contre l'injustice raciale. Apple s'est engagé à verser 100 millions de dollars pour une nouvelle initiative en faveur de l'équité et de la justice raciales qui ‘remettra en question les obstacles systémiques aux opportunités et à la dignité qui existent pour les communautés de couleur, et en particulier pour la communauté noire’, selon le PDG d’Apple, Tim Cook. »

Est-ce juste une coïncidence que le nombre de petites entreprises ait été presque réduit de moitié par les fermetures de Covid-19 et les émeutes BLM/Antifa, alors que les géants de l'entreprise ont consolidé leur emprise sur l'économie, ainsi que leur pouvoir sur l'expression individuelle sur Internet et au-delà ? Ou alors, les fermetures et les émeutes prouvent-elles que le socialisme d'entreprise est en marche ? Et le “woke capitalism” (‘capitalisme [r]éveillé’) n'est-il qu'une campagne de relations publiques concertée visant à apaiser les militants et les Noirs afin de s'attirer des faveurs et d’éviter de mettre en cause la culture (‘cancel culture’) ? Ou bien le ‘capitalisme [r]éveillé’ exprime-t-il réellement des intérêts socialistes corporatifs et globalistes ? À quoi ressemblerait une politique qui servirait de tels intérêts 

Le ‘Corporate Socialism’ et son gauchisme

Pour renforcer le programme globaliste du ‘Corporate Socialism’, leurs monopoles ou quasi-monopoles, un credo politique serait probablement de promouvoir la libre circulation des travailleurs au-delà des frontières nationales et serait donc internationaliste plutôt que nationaliste.

Les monopoles ou monopoles en devenir des entreprises globalisées géantes bénéficieraient probablement de la création de types d'identité totalement nouveaux pour de nouveaux marchés spécialisés. Ils accueillent donc et encouragent le pluralisme des sexes, le transsexualisme et d’autres morphismes sexuellement identitaires. Le bouleversement des catégories d’identité de genre stables érode et contribue au démantèlement de la famille, le dernier bastion d'influence protégeant les masses contre le pouvoir des entreprises.

En fin de compte, le ‘Corporate Socialism’ mondial bénéficierait d'un monopole gouvernemental unique globalisé avec un seul ensemble de lois, et promouvrait ainsi un internationalisme sans frontières sous un gouvernement mondial, de préférence sous leur contrôle total, autrement dit le globalisme [mondialisme pour les Français]. Tout cela bénéficierait plantureusement de l’élimination des petites entreprises.

Comment cela s’inscrit-il dans le cadre du gauchisme contemporain ? Il a les mêmes objectifs. Le gauchisme encourage une immigration sans entraves. Il encourage le pluralisme des sexes et le transgenrisme et appelle ouvertement à la dissolution de la famille. Il cherche à détruire la mémoire historique, la culture traditionnelle, le christianisme et l’État-nation. Il vise à créer un monopole mondial du gouvernement. Il méprise les petites entreprises et la libre entreprise.

Ainsi, la politique de gauche s’aligne parfaitement avec les intérêts globalistes des entreprises monopolistiques. Le ‘Corporate Socialism’ est le bénéficiaire de leur ‘activisme’.

Michael Rectenwald

  • 13 octobre 2020 à 00:00

La (vraie)  guerre de FDR

Par info@dedefensa.org

La (vraie)  guerre de FDR

En 2003, nous mentions en ligne une analyse du livre de l’historien Robert Fleming, New Dealers’ War, FDR and the War Within World War II. Cette analyse venait de la rubrique éponyme de la Lettre d’Analyse dedefensa & eurostratégie, en 2001. Nous la donnons à nouveau aujourd’hui, à partir d’une analogie faite dans un texte très récent, concernant Covid19 et la question de la ‘reddition sans condition’ qui est abordée dans le livre autour de la décision de FDR de janvier 1943. On comprendra aisément la raison de cette référence à la lecture des observations de Browning, concernant un président qu’une épaisse muraille de Politiquement-Correct et une constante surveillance de la narrative historique protègent depuis des décennies. La technique des montages, des manœuvres internes autour des plus graves décisions de politique extérieure aux États-Unis, ne date ni du 11-septembre, ni d’hier.

Mais il n’y a pas que la référence actuelle pour nous intéresser dans ce livre. D’autres précisions apportées par Browning sont du plus grand intérêt, et notamment les conditions intérieures aux USA. Il faut surtout signaler les faits et les conséquences d’une fuite vers la presse particulièrement significatives, trois jours avant l’attaque de Pearl Harbor.

Il s’agissait du plan ultrasecret dit-Rainbow Five, prévoyant la planification de bombardements stratégiques sur l’Allemagne, qui avait fuité notamment vers le Chicago Tribune, fleuron de la presse Hearst ; c’est-à-dire un journal appartenant à un homme dont la puissance était considérable et qui s’était affirmé comme un isolationniste passionné, adversaire de FDR, farouchement opposé à l’entrée en guerre.  Ces révélations ont montré en leur temps ce qui est sans doute la cause réelle de l’absurde (du point de vue allemand) déclaration de guerre de l’Allemagne aux USA. Il y avait très probablement un montage de Roosevelt derrière la fuite qui fit tomber Hearst dans le piège, et qui, à cause de l’attaque de Pearl Harbor devenu inévitable à ce moment (et dont FDR devait être informé pour l’essentiel), accéléra le déploiement guerrier des USA sur les deux fronts.

The New Dealers' War, FDR and the War Within World War II (628 pages, Basic Books, New York) avait été donc publié en 2001. Aussitôt informé de sa parution par un article de Justin Raimundo, nous en avions publié une analyse à son propos dans dd&e. Un accident informatique (à nos débuts, en mars 2002) en avait privé le site ; nous avions retrouvé le texte et l’avions remis en ligne, pour le reprendre à nouveau aujourd’hui. Nous n’avons rien modifié du contenu, sauf une tournure de phrase, une éventuelle coquille ici ou là, – et sans doute, malheureusement, pas toutes...

dde.org

________________________

 

 

La (vraie)  guerre de FDR

Il est vraiment très nécessaire de lire ce livre, y compris et surtout en Europe où l'on sait si peu de chose de la politique intérieure et de l'histoire des États-Unis. Les Européens prétendent très bien connaître l'Amérique et ils font leur politique américaine en fonction de cette connaissance, qui est un tissu de lieux communs et d'idées toutes faites, construites à partir d'une vision complètement idéalisée de l'Amérique ; voilà pourquoi ils devraient, toutes affaires cessantes, se mettre à la lecture de ce livre. Comme on le note de façon plus explicite à la fin de ce texte, on doit d'autant plus lire The New Dealers' War que ce livre nous restitue une époque à laquelle l'Amérique dans la crise d'après le 11 septembre 2001 voudrait ressembler, — ou, dans tous les cas, aurait voulu ressembler dans les quelques mois qui suivirent.

Quel est le thème du livre? La Deuxième Guerre mondiale américaine (c'est-à-dire 1941-45) à l'intérieur de l'Amérique, vue de l'Amérique, appréciée à partir d'une Amérique d'abord préoccupée de ses problèmes intérieurs qui étaient extrêmement nombreux (d'où le sous-titre, qui en dit long : «FDR and the War Within World War II»). On appréciera, d'une façon générale, l'étonnante impression qu'on retire de la lecture de ce livre: loin des chromos habituels sur la grande mobilisation patriotique, sur l'unité nationale, sur l'unité fervente derrière Roosevelt, l’impression est celle du désordre intérieur, d'affrontements politiciens féroces, de troubles sociaux, de troubles raciaux avec des émeutes, de batailles électorales sans pitié, de conflits impitoyables entre forces industrielles.

Il est très nécessaire de lire ce livre, précisément, parce qu'on ne peut décidément s'en tenir à des insignifiances hollywoodiennes comme le film Pearl Harbor pour comprendre pourquoi la Deuxième Guerre mondiale a pris l'orientation qu’elle a prise, pourquoi les États-Unis sont entrés sur la scène mondiale en 1941, pourquoi depuis ils ont dominé le monde, pourquoi ils le font encore aujourd'hui mais connaissent des tourments considérables dont ils ne sont pas prêts de sortir. Peut-être, également, ce livre éclairera-t-il la situation actuelle des États-Unis, après l’attaque du 11 septembre, par exemple en montrant assez précisément ce qu'il faut retenir exactement des explications officielles que nous donnent les dirigeants politiques et ceux qui sont chargés de commenter leurs actions.

Les New Dealers, ce sont les partisans radicaux de Roosevelt (FDR), ceux qui le suivirent, l'aidèrent, le portèrent durant les rudes batailles de la Grande Dépression où l'Amérique manqua s'effondrer, se volatiliser, disparaître de la surface du globe en tant que nation organisée et pays soi-disant inspirateur du monde. (André Maurois rapportait dans ses Chantiers américains, en septembre 1933, retour d'un voyage aux USA : «Si vous aviez fait le voyage vers la fin de l'hiver (1932-33), vous auriez trouvé un peuple complètement désespéré. Pendant quelques semaines, l'Amérique a cru que la fin d'un système, d'une civilisation, était tout proche». Le professeur américain Albert Guérard, en 1945: «Je doute [que] beaucoup d'Européens [aient] pleinement réalisé l’étendue du désastre, et à quel point le pays était proche de sa ruine absolue, au moment où Roosevelt prit le pouvoir.»)

FDR sauva le pays de la dislocation par la mobilisation qu'il lui insuffla, par la magie de son verbe, entre 1933 (première année de son premier mandat) et 1935. C'est certainement, à cette échelle d'un continent et pour une cause aussi essentielle, et pour un résultat aussi radical, la première campagne de communication aussi parfaitement réussie, jusqu'à paraître magie pure. Le New Deal, lui, donna un répit à l’Amérique avant que le système ne replongeât, à partir de 1936-37.

(Les chiffres du chômage font l’affaire pour résumer cette terrible décennie de l'effondrement américain avec le mieux temporaire du New Deal et la chute à nouveau : 1,8 million de chômeurs en 1929, 4,7 millions en 1930, 8,5 millions en 1931, 12,8 millions en 1932, 13,2 millions en 1933, 11,4 millions en 1934, 10,6 millions en 1935, 9,3 millions en 1936, 8,3 millions en 1937, 11 millions en 1938, 10,4 millions en 1939 ...)

A partir de cet arrière-plan de misère et de bouleversement, comment l'Amérique de FDR en vint-elle à la guerre, jusqu'à la domination du monde, et que se passa-t-il en Amérique même pour accompagner et expliquer cette évolution? New Dealers' War nous donne de solides indications pour répondre de manière satisfaisante à ces questions.

Le livre montre bien, hors des bandes caricaturales de la propagande hollywoodiennes, l'histoire complexe, délicate, incroyablement compliquée de ces années-là; l'enchaînement des circonstances, revers et victoires intérieurs à l'arrachée. Surtout, Fleming nous montre combien, imperturbablement, tout, absolument tout dans l’histoire de l’Amérique, est d’abord une affaire de politique intérieure, y compris l’internationalisme et l’hégémonisme rooseveltiens. (C’est-à-dire que lorsque les Américains vous disent qu’ils ont une politique internationaliste, on peut être sûr que celle-ci est déterminée d’une manière isolationniste, hors de réelles références extérieures.) Bref, si nous ne nous savons rien des méandres de la politique intérieure américaine, si nous n’y comprenons rien, et si nous ne décidons pas à nous en instruire, nous mourrons dans un grand désarroi intellectuel vue l'importance de l'Amérique aujourd'hui et toutes nos politiques américaines seront inéluctablement vouées à l’échec.

Nous allons détailler certains faits et grandes tendances qu'éclaire ou révèle le livre de Thomas Fleming.

Autour de Pearl Harbor

L'attaque de Pearl Harbor a-t-elle été secrètement “permise” par FDR, qui aurait disposé de toutes les informations à ce sujet et qui aurait laissé faire, parce qu'il voulait précipiter l’Amérique dans une guerre dont elle ne voulait pas ? Seule la dernière proposition (précipiter l'Amérique dans une guerre dont elle ne voulait pas) est assurée. Sur les autres, Fleming ne dit rien de décisif. Au reste, il apparaît qu'il est inutile de savoir quelque chose de “décisif” à cet égard, après avoir lu ce que Fleming nous dit. En d’autres termes, il n’est nul besoin de révélations sur son éventuelle tromperie à Pearl Harbor pour être assuré que FDR fut un manœuvrier, un roué, et qu'il trompa complètement le peuple américain. Cela est une évidence aveuglante à la lecture du livre de Fleming, et cela laisse à penser, profondément, sur la personnalité de FDR et sur la réalité du personnage par rapport à cette dimension d'icône que l'histoire lui a accordée. (Certes, comme l'ont relevé certains, c'est la personnalité, disons la réputation de FDR qui est la première et incontestable victime du livre de Fleming, indirectement mais de façon très profonde.)

Il n’est nul besoin de manigances autour de l'attaque elle-même (sans doute y en eut-il tout de même, d'une façon ou l'autre) pour comprendre que le Japon fut, par rapport à ses ambitions et à sa puissance, et quoiqu'il en soit de ses responsabilités par ailleurs, acculé à la guerre par la politique de FDR. Il y eut une volonté évidente de refus d’arrangement des USA avec le Japon avant Pearl Harbor. Cela n’absout en aucune façon le Japon de ce qu’il fit avant ou après. Cela fixe les réalités et l’esprit qu'il faut avoir pour les appréhender. (La proposition implicite du livre de Fleming est qu'il faut arrêter de penser moralement, en pensée binaire, selon quoi si l'un s'avère noir brusquement, l’autre qui était noir jusqu'alors devient blanc. On ne peut qu’encourager le lecteur à sortir du jugement binaire sur les événements du XXe siècle, et précisément sur FDR. Le lecteur constatera que cela soulage et que cela éclaire, et que cela donne du cœur au ventre.)

Mais il y a un sujet, autour de Pearl Harbor, où le livre de Fleming est incontestablement une révélation: la question de l'entrée en guerre de l'Allemagne. Ce mystère-là est complet: pourquoi l'Allemagne commet-elle, le 11 décembre 1941, la faute stratégique incroyable de déclarer la guerre aux USA ? Son alliance avec le Japon ne l'y obligeait en rien ; au reste, Hitler nous a montré qu'il ne faisait pas de sentiment et qu’en fait de parole non tenue et de violation des promesses, il s’y entendait. Sur un autre plan, Fleming l'explique en détails, l’attaque japonaise n'impliquait nullement, du côté américain, la guerre contre l’Allemagne. Si FDR avait voulu déclarer la guerre à l'Allemagne, même après Pearl Harbor, il aurait presque à coup sûr connu la formidable humiliation de voir le Congrès le censurer, le mettant dans une position de faiblesse sans précédent et donnant une quasi-impunité à l’Allemagne.

Fleming analyse en détails l'affaire de la “fuite” du 4 décembre 1941, dont le souvenir a été obscurci dans la comptabilité des événements importants par l'attaque du 7 décembre (et, certes, la proximité des deux dates est un de ces points qui font quelque peu douter du comportement de FDR à l'égard de ces deux événements). Le 4 décembre, deux grands journaux de tendance isolationniste, dont le fameux Chicago Tribune du non moins fameux colonel McCormack, publient les détails du plan Rainbow Five. Ce plan, réalisé au Pentagone, étudie une entrée en guerre des USA et une intervention en Europe contre l'Allemagne, avec une armée de 12-13 millions d'hommes constituée et déployée en 1943-44.

Fleming montre que les Allemands perçurent aussitôt le danger (tout en montrant une parfaite méconnaissance de l'Amérique, car ce plan restait théorique si l'Amérique restait isolationniste, et elle avait toutes les chances de le rester vis-à-vis de l'Europe sans la déclaration de guerre du 11 décembre). Ils estimèrent qu'il leur fallait à tout prix prévenir ce déploiement américain et ses conséquences, pendant que les USA étaient encore faibles, de deux façons :
• en lançant une guerre sous-marine totale dans l'Atlantique pour couper les voies de communication navales avec l'Europe ;
• en lançant une offensive décisive sur la façade Sud de la Méditerranée pour interdire une invasion de l'Europe par le Sud.

Pour lancer la bataille de l'Atlantique, il fallait un état de guerre avec les USA et l'alliance avec le Japon devenait un bon prétexte. Les Allemands faillirent réussir: l'année 1942 fut un désastre total pour les communications navales USA-UK et Rommel faillit prendre Le Caire. L'échec de Rommel tint sans doute au refus d'Hitler de dégager quelques divisions du front russe en décembre 1941 et de les affecter à l'Afrika Korps.

Dans son livre, Fleming nous montre de façon de façon extrêmement convaincante que la “fuite” de Rainbow Five vers la presse le 4 décembre ne pouvait venir que de FDR lui-même, par l'intermédiaire d'un de ses officiers d'ordonnance. Fleming en conclut que cette manœuvre ne pouvait avoir pour but que de provoquer la déclaration de guerre allemande, et elle réussit. C'est plus que convaincant. (D'autre part, cela nourrit encore plus les doutes sur la connaissance de quelque chose qu'avait FDR à propos de l'attaque de Pearl Harbor; car la fuite du 4 décembre n'avait vraiment de sens, et tout son poids, que si elle se faisait parallèlement à une attaque japonaise qui donnait à l'Allemagne un argument de façade pour déclarer la guerre aux États-Unis.)

La guerre pour sauver l'Amérique

Fleming remonte aux sources également, après avoir décrit l'affaire de la “fuite” de Rainbow Five : pourquoi FDR voulait-il la guerre? Pour cela, nous remontons en novembre 1936 et à la première réélection de FDR. Ce fut un triomphe, un véritable plébiscite (11 millions de voix d'avance). La situation intérieure du président était pourtant catastrophique: la crise économique repartait de plus belle et, surtout, la Cour Suprême déclarait inconstitutionnelles les diverses mesures du New Deal, les unes après les autres. Fort de son appui populaire mais acculé par l'attaque de la Cour, FDR tenta un coup de force, un véritable “coup d'état constitutionnel”. En mars 1937, il proposa au Congrès une loi qui transférait nombre des pouvoirs de la Cour à la présidence. L'instant est capital, et FDR croit l'emporter en s'appuyant sur un Congrès à forte majorité démocrate. Mais il s'agit d'une affaire d'équilibre de pouvoir, pas de politique partisane. Une partie importante des démocrates vote contre le président. Sa loi est repoussée. Le président est humilié, réduit à sa position défensive par une défaite qui le prive de tout soutien politique sérieux. Politiquement, sur la scène politique intérieure, FDR est un homme fini.

C'est à ce moment, entre mars et septembre 1937 (son premier grand discours de politique extérieure “interventionniste”, à Chicago) qu'il effectue un tournant complet en orientant une part essentielle de son intérêt politique vers la politique extérieure et lance sa croisade anti-fasciste qui culminera avec l'entrée en guerre de 1941. Le président fini, estime Fleming, a choisi la seule voie de survie: s'affirmer dans le seul domaine où aucun autre pouvoir américain ne peut contester le sien, – la politique extérieure. (Cette attitude est universelle dans la République américaine. Clinton fit de même en 1994-95: les démocrates mis en minorité au Congrès par les élections de novembre 1994, dans l'impossibilité d'imposer son programme intérieur, il se tourna à partir du printemps 1995 vers la politique extérieure d'hégémonie. Cela commença par l'intervention US/OTAN en Bosnie en août-septembre 1995.)

Les New Dealers acceptèrent aussitôt ce tournant politique de FDR. L'orientation vers l'interventionnisme leur offrait une échappatoire, une fuite en avant pour résoudre la question du blocage intérieur. Ils feraient de l'activisme extérieur nouveau de FDR un tremplin pour faire la promotion des valeurs du New Deal. Une politique interventionniste et expansionniste devrait faire des USA la grande puissance dominatrice du monde, et les USA imposeraient, à leurs alliés d'abord, aux ennemis vaincus ensuite, les idées du New Deal. Henry Wallace, ministre de l'agriculture puis vice-président (de 1940 à 1944), fut le commis-voyageur de ces idées, qu'il synthétisait sous l'expression de Common Man, le citoyen démocratique mondial. FDR reçut aussi l'appui du Royaume-Uni, dont toute la politique tendait à faire entrer les USA dans la guerre; des milieux financiers de Wall Street, très proches des Britanniques et intéressés par une politique d'expansion; finalement, d'une bonne partie des républicains et du Big Businessséduit par l'expansion industrielle de l'industrie de guerre.

C'est pourquoi la politique interventionniste de FDR s'accompagna rapidement d'une forte poussée d'américanisation, à cause de cette dimension idéologique des New Dealers. Les idées du Common Manfurent rapidement marginalisées mais celles de l'américanisation demeurèrent. L'alliance britannique se concrétisa en une alliance de dupes dont les Britanniques (sauf quelques rares personnalités comme Anthony Eden ou l'historien John Charmley) ne se sont pas encore aperçus, et où ils perdirent conjointement leur Empire, la prépondérance de la livre sterling et leur supériorité technologique en matière aéronautique.

En 1945, la politique d'expansion et d'américanisation triomphait alors que FDR agonisait. Nous n'en sommes plus sortis, mais au moins serait-il temps de bien apprécier d'où elle nous vient précisément.

2 ans et 8 millions de morts plus tard

Un autre thème important du livre, peut-être le plus important dans le domaine des événements internationaux et stratégiques de la guerre, c'est la politique de Roosevelt de reddition sans conditions. Le président américain l'annonça lors d'une conférence de presse le 24 janvier 1943, à l'issue de la conférence de Casablanca. Plus tard, rapporte Fleming, FDR expliqua que l'idée de lancer publiquement l'affirmation de l'exigence de la reddition sans conditions de l'Allemagne « “m’est soudainement venu à l'esprit” lors de la conférence de presse, – une explication acceptée par un nombre consternant d'historiens. » Fleming relève l'absence totale de fondement de cette explication, pourtant si souvent citée. Les notes dictées par FDR pour préparer sa conférence de presse comportent les phrases quasiment mot pour mot qui furent ensuite prononcées par le président, pour présenter la reddition sans conditions. Dans tous les cas, certaines déclarations de Roosevelt, dès janvier 1942 où il estimait impossible « un compromis réussi entre le bien et le diable », montrent que cette idée était déjà fortement dans son esprit.

D'une façon générale, les réactions furent le plus souvent négatives, chez les chefs militaires anglo-saxons (et notamment américains, comme Marshall et Eisenhower), chez Churchill, et même chez Staline à qui l'initiative de Roosevelt était censée apporter tous les apaisements concernant la volonté américaine d'aller jusqu'au bout dans la guerre entamée contre l'Allemagne. L'argument venu à tous ces opposants à cette idée de reddition sans conditions, une conception sans précédent dans l'Histoire depuis la campagne menée par Rome pour l'anéantissement de Carthage, était qu'elle renvoyait tous les Allemands dans la position la plus radicale, du côté de Hitler et de ses idées de conduire la guerre jusqu'aux plus sauvages extrémités, – ce qui signifiait, pour le cas d'une victoire des Alliés, d'avoir à lutter jusqu'à l'anéantissement total de l'Allemagne.

Mais plus encore, l’exigence de la capitulation sans conditions était rendue publique au moment où des négociations très sérieuses étaient conduites entre les Alliés et l’opposition allemande (notamment avec l'amiral Canaris), qui avait les plus grandes chances de conduire à un renversement de Hitler et à l’installation d'un régime démocratique avec arrêt immédiat des hostilités. Lorsque l’exigence de capitulation sans condition fut connue, bien entendu, ces pourparlers furent rompus, de nombreux soutiens (allemands) à l'opposition clandestine se dérobèrent, l'opposition elle-même fut démantelée (cela aboutissant, deux ans plus tard, à l'arrestation et à l'exécution sommaire de l'amiral Canaris par Hitler).

Fleming a fait les comptes : il estime que l'exigence de la capitulation sans conditions a prolongé la guerre de deux ans et est par conséquent la cause indirecte mais réelle de la mort d'au moins 8 millions de personnes. Notamment, une partie importante des 6 millions de juifs exterminés par Hitler aurait pu être sauvés sans cette exigence.

(Roosevelt se montrait par ailleurs, à cette époque comme à d'autres, fort leste avec les associations juives qui lui demandaient de prendre position pour dénoncer et/ou tenter de freiner l'Holocauste. Il interdit à ces associations toute intervention publique aux USA sur ce sujet. Son obsession était toute électorale. FDR jugeait les Américains antisémites et il craignait de perdre leur soutien si la guerre prenait l'allure, d'une façon ou d'une autre, d'une “guerre pour sauver les juifs”.)

Le plus intéressant, finalement, est bien de savoir pourquoi FDR imposa cette condition de reddition sans conditions. On l'a vu, Fleming s'interroge là-dessus, dans une matière où aucune appréciation précise n'a pu être donnée. Finalement, il privilégie l'idée que la reddition sans condition a été choisie comme le symbole d'une cause dont FDR espérait, avec raison, qu'elle mobiliserait le peuple américain.

Lorsqu'il lança l'idée, début 1943, le peuple américain n’était pas moralement mobilisé. La situation intérieure était incertaine. Les premiers résultats de la guerre américaine avaient été catastrophiques, notamment dans la bataille de l'Atlantique. Le parti démocrate avait été battu, écrasé aux élections de novembre 1942. Fleming observe :

« L’exigence de reddition inconditionnelle fut tout sauf accidentelle et sa signification et son ambition étaient d’une profonde gravité. Elle représentait la tentative de FDR d’apaiser ses critiques progressistes aux USA et de donner à la guerre un but moral, comme un cri de ralliement qui lui avait fait défaut jusqu’alors. »

Il y a une certaine proximité entre cette décision de Roosevelt et celle de Lincoln, fin 1862, décidant de donner à la Guerre de Sécession (Civil War) le but de l'émancipation des esclaves (Emancipation Act de 1863). Cette décision donna effectivement un sens moral au combat du Nord, sens dont il manquait jusqu’alors, au point de risquer de voir s’effriter sa cohésion ; au-delà, elle justifia le Nord dans le développement d’une politique sauvage d’anéantissement des structures économiques et culturelles du Sud. Comme dans tous les cas importants de politique étrangère américaine, on retrouve la prépondérance de la politique intérieure dans les décisions de politique étrangère. Au début de 1945, le but de l'unconditional surrender était soutenu par plus de 90% des Américains. Roosevelt avait réussi. Pour le reste, il y a là un cas important à débattre, encore aujourd'hui, pour les historiens.

Aux États-Unis, New Dealer's War a connu un gros succès. Le livre a été accueilli, non seulement comme l'apport historique qu'il est incontestablement après des décennies surtout marquées par une orientation éditoriale pro-rooseveltienne, mais également comme un événement politique qui s'inscrit dans l'actualité. Certains commentaires et recensions du livre au moment de sa sortie sont apparus comme des textes de politique faisant directement référence à la situation présente, comme par exemple ce commentaire du libertarien et rédacteur en chef du site Antiwar.com, Justin Raimundo. Les Américains sont eux aussi privés d'une connaissance acceptable de leur histoire récente, de ce tournant essentiel de leur histoire de 1929-1941, le moment le plus important pour leur nation avec la Guerre de Sécession.

Enfin, on terminera par une référence encore plus pressante à l'actualité, depuis le 11 septembre et tout ce qui s'ensuit. Il faut lire ce livre, par conséquent, pour comprendre ce que fut la guerre 1941-45 aux USA, pour faire la comparaison avec l'image qu'on en a et pour apprécier tout cela en fonction de ce qu'on veut faire aujourd'hui aux USA dans le cadre de la “guerre contre le terrorisme”, cette façon qu'on a de vouloir recommencer 1941, mais bien sûr selon l’image de 1941 alors que le livre de Fleming nous en restitue la réalité.

  • 11 octobre 2020 à 00:00

Analogie devenant allégorie

Par info@dedefensa.org

Analogie devenant allégorie

12 octobre 2020 – ... Pour être plus précis et complet, nous devions plutôt envisager, – comme titre mais aussi comme définition de notre démarche, – l’expression “L’analogie, devenue métaphore, devenue allégorie”, – et plus encore, en complétant par l’expression ‘allégorie métahistorique’ (ou/et ‘allégorie spirituelle’), si les linguistes tolèrent cette audace. Dans un Wiki bien documenté sur l’‘allégorie’, il est noté ceci qui catégorise notre démarche plutôt comme “allégorie partielle” ; qui plus est, nous aurions l’intention de définir fondamentalement et pour notre compte, cette démarche comme la production irrésistible d’un courant intuitif qui a suggéré l’équivalence invertie Roosevelt1943-Covid2020 (ou Covid/USA2020) comme une analogie historique nous conduisant jusqu’à l’allégorie exposée ici :

« Chez les théoriciens anciens, l’allégorie était souvent confondue avec la métaphore. Alors que la métaphore porte sur un seul élément, l'allégorie porte sur une pluralité d’éléments organisés dans une syntaxe. Elle est donc “un système de relations entre deux mondes” ou “la mise en relation, sur le mode analogique, de deux isotopies plus ou moins détaillées”.
» Quintilien distingue entre “l’allégorie totale”, qui n'explicite aucun de ses éléments, telle la parabole, et “l’allégorie partielle” ou explicite, qui est la forme normale car elle laisse entrevoir le sens profond qu’elle enferme...
» En raison du travail cognitif qu’elle suscite, l’allégorie est une sorte de “discours secret et de discours raffiné que le peuple ne peut ou ne mérite pas d’entendre, c’est-à-dire de langage réservé à l’élite.” En imposant la recherche d'un sens caché, — notamment dans les fables —, l’allégorie a été décrite comme “la figure universelle par laquelle le genre humain tout entier entre dans l'ordre intellectuel et moral.”
» Outre un mode d’expression figurative, l’allégorie peut aussi désigner le travail d’interprétation du lecteur, aujourd’hui surtout appelé allégorèse ou exégèse allégorique. »

La phrase suivant cet extrait dit ceci, qui convient parfaitement dans notre démarche, dans un sens vertueusement invertie, dans le sens où nous prétendons effectivement, 1) que nous vivons sous un régime autoritaire  dans le sens de la fermeture des esprits par l’apprentissage de la destruction intellectuelle ; et 2) que c’est dans les formes dialectiques et figuratives du passé, et notamment de l’ancien temps, que nous approchons de la vérité-de-situation : « Florissante dans les époques dogmatiques et sous les régimes autoritaires, l’allégorie tend à s’affaiblir à l’époque contemporaine. »

Dans une Note d’Analyse très récente, nous développions l’“analogie devenue métaphore” de la reddition sans condition pour caractériser l’exigence indiscutable de la “Grande Guerre sanitaire” contre le Covid 19. Cette métaphore renvoie pour notre compte et dans ce cas à la décision du président Roosevelt (FDR) de donner comme but de guerre (contre l’Allemagne explicitement) la reddition sans condition. Ce point particulièrement important est exploré dans une analyse que nous avions mis en ligne en 2003, d’un livre de l’historien Thomas Fleming, New Dealers’ War, FDR and the War Within World War II.

(Nous remettons en ligne aujourd’hui cette analyse de 2003, concernant la ‘guerre de FDR’, qui n’est manifestement ni la ‘guerre des USA’ ni la Deuxième Guerre mondiale telle qu’on l’enseigne dans les livres politiquement-Correct des historiographes bienpensants de notre Système fort-bien-aimé.)

Nous reprenons ci-dessous l’extrait de l’article qui lie la situation de la crise- Covid19 nécessitant une capitulation sans condition du virus, avec  la décision de FDR d’exiger la reddition sans condition de Hitler. Au départ, il s’agit donc d’une simple analogie, extrêmement sollicitée puisque portant sur le seul aspect de l’exigence catastrophique de la “reddition sans condition”, mais analogie tout de même, – et dans l’esprit d’une grande richesse, sans aucun doute, – et c’est l’esprit de la chose qui nous intéresse...

« Nous pourrions tenter comme hypothèse une analogie qui va plus au fond des choses : la Science et la Raison, qui se sont laissés entraîner sur ce terrain de l’affrontement avec le Covid19, se trouvent désormais placées devant la nécessité absolue d’une victoire totale, pour affirmer leur statut fondamental de piliers de la modernité, donc d’outils absolument nécessaire de la modernité pour éviter l’effondrement. Puisque l’on va au fond des choses, alors proposons cette analogie en suggérant de ‘revisiter’ une grande décision historique qui a été largement désinformée en FakeNews métahistorique : l’analogie serait faite avec la décision-surprise de Franklin Delano Roosevelt, en janvier 1943 lors d’une conférence de presse à Casablanca de décider un but de guerre total avec l’exigence de la reddition sans condition de l’Allemagne (et du Japon). Loin d’être une décision intuitive de FDR, comme l’historiographie officielle l’affirme, il s’agit d’une décision personnelle élaborée de FDR, et nécessitée par une situation intérieure difficile, – comme le montra l’historien US Robert Fleming (The New Dealers’War, FDR and the War Within World War II, 628 pages, Basic Books, New York 2001).
» De même, la Science et la Raison se trouve, avec Covid19, devant une situation ‘intérieure’ (leur statut fondamental dans l’affirmation du Système et de la modernité) qui nécessité une victoire totale, selon la cause proclamée de la justesse absolue, nécessitant une victoire absolue, de la Science et de la Raison. L’analogie poursuivie par son inversion, – nous doutons grandement, au contraire de FDR avec sa guerre totale, que Science et Raison triomphent du Covid comme FDR, avec l’aide non négligeable de quelques ‘amis’ de circonstance et de fortune (mais il est inutile et peu recommandé de s’arrêter à ces ‘détails’), triompha de Hitler.
» Il est vrai qu’entre 1945 et 2020, un long chemin a été parcouru. L’on trouverait, si l’on s’attachait au cas (nous nous y mettrons), beaucoup plus de continuité qu’il n’y paraît entre FDR-1943 et Covid-2020, particulièrement d’un point de vue symbolique ; et Covid-2020 pourrait apparaître comme le double inverti, comme dans un miroir, de FDR-1943. Si la décision de janvier 1943 marque le pas indispensable et symbolique de l’établissement de l’‘empire’ de l’américanisme sur le monde, notamment par le biais de la prise de contrôle absolue de l’Allemagne et du Japon par les USA (avec en sus cette décision de l’accord FDR-Ibn Saoud sur le pétrole de février 1945), et au-delà le triomphe du Système reposant sur la Science et sur la Raison jusqu’à nos jours, alors l’impossibilité d’une victoire sans condition sur le Covid en marque le double inverti et la chute par conséquent.
» C’est ainsi que la religion moderniste rencontra son Apostasie fondamentale : Covid19, apostat catastrophique... »

La décision de Roosevelt de janvier 1943, qui est un événement en général très gênant pour l’interprétation-Système d’une guerre par ailleurs sanctifiée sous la bénédiction de Saint-FDR, souleva en son temps des oppositions très nettes et quasiment unanimes chez les Alliés, tant militaires (Marshall, Eisenhower) que chez les politiques (Churchill, Staline). L’exigence de reddition sans condition concernait le seul Hitler et l’Allemagne, dans le chef de FDR, mais par simple omission de circonstance. Le système de l’américanisme l’avait accueilli comme valant également pour le Japon. Finalement, MacArthur fit accepter la condition du maintien de l’Empereur-Dieu sur son trône comme condition de la survie du Japon en tant que nation, alors qu’étaient prévus sa destitution et son jugement.

Nous expliquons la cause de cette opposition à FDR1943 dans ce passage du texte de 2003 remis en ligne aujourd'hui ; – en ajoutant que l’estimation de l’historien Fleming, de 8 millions de morts ainsi rajoutés au bilan de la guerre du fait de sa prolongation devrait à notre sens être largement augmentée, qu’il faudrait parler d’au moins 15 millions de morts... :

« L’argument venu à tous ces opposants à cette idée de reddition sans conditions, une conception sans précédent dans l’Histoire depuis la campagne menée par Rome pour l’anéantissement de Carthage, était qu'elle renvoyait tous les Allemands dans la position la plus radicale, du côté de Hitler et de ses idées de conduire la guerre jusqu’aux plus sauvages extrémités, – ce qui signifiait, pour le cas d’une victoire des Alliés, d’avoir à lutter jusqu’à l’anéantissement total de l'Allemagne. Mais encore plus, l’exigence de la capitulation sans conditions était rendue publique au moment où des négociations très sérieuses étaient conduites entre les Alliés et l’opposition allemande (notamment avec l'amiral Canaris), qui avaient les plus grandes chances de conduire à un renversement de Hitler et à l'installation d’un régime démocratique avec arrêt immédiat des hostilités. Lorsque l’exigence de capitulation sans condition fut connue, bien entendu, ces pourparlers furent rompus, de nombreux soutiens (allemands) à l'opposition clandestine se dérobèrent, l’opposition elle-même fut démantelée (cela aboutissant, deux ans plus tard, à l’arrestation et à l’exécution sommaire de l'amiral Canaris par Hitler).

» Fleming a fait les comptes: il estime que l’exigence de la capitulation sans conditions a prolongé la guerre de deux ans et est par conséquent la cause indirecte mais réelle de la mort d'au moins 8 millions de personnes. Notamment, une partie importante des 6 millions de juifs exterminés par Hitler aurait pu être sauvés sans cette exigence. »

The-Donald & Alice

Notre but, avec ce travail, est de pousser aussi loin que possible le mécanisme intellectuel liant par toutes les voies possibles les principales crises en cours, essentiellement la crise Covid19 (pandémie) et la crise GrandeEmeute-2020 (présidentielles USA2020 et troubles progressistes-sociétaux avec poussée de marxisme-culturel et éventuellement G5G). Ainsi devons-nous progresser sur l’identification et la perception de l’évolution de l’événement essentiel, qui est la GCES, et cette démarche concernant ce qui devrait être considéré à cette lumière comme une ‘allégorie métahistorique’ y participe évidemment.

Il nous semble particulièrement bienvenu, et de grande sagesse, de faire appel à des notions des Anciens, pour mieux décrire la situation présente. Il s’agit du paroxysme de la crise de désintégration d’une civilisation dont la puissance technologique est absolument considérable et évidemment sans exemple, par contraste complémentaire avec son néantissement spirituel qui, par sa dynamique, frôle la folie et la pathologie de la perception et de la psychologie. Cette asymétrie conceptuelle radicale interdit une transition plus ordonnée vers un autre stade de civilisation ou une autre civilisation, suggérant au contraire l’hypothèse de la Chute caractéristique vers des enfers décrits par Tolkien comme le Mordor. (Il s’agit notamment de la thèse implicite de Toynbee, le philosophe des civilisations, par rapport à l’état de la civilisation dans les années 1940.)

L’emploi de notions de la sagesse des Anciens permet de nous écarter, par la simple supériorité qualitative écrasante sur la sottise arrogante du moderne, de tous les concepts d’une extrême complexité favorisés par le vide entropique recherché, et sottise heureusement mise en évidence par ce que nous nommerions l’aspect Janus-malus du système de la communication quand ce système choisit de se cantonner au tout-technologique qui est le vecteur de la toute-puissance, permettant par ailleurs (pour le ‘spirituel’ ?) la création d’artefacts du type déterminisme-narrativiste, tels que le simulacre, les rhizomes, la déconstruction, etc. La connaissance assurée de l’aspect maléfique et de ses caractères les plus saillants nous permet alors de progresser (Guénon : « On dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien ; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s'empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature... »).

Cette ‘méthode” est consolidée, sous la forme opérationnelle de l’emploi de l’idée de la ‘capitulation sans condition’ venue de l’histoire de Rome avec in fine notre idée exprimée souvent sous la forme métaphorique du Delenda Est Systemum renvoyant à l’anathème de Caton le Vieux du Delenda Est Cartago pour la guerre de Rome contre Carthage évoquée dans l’extrait ci-dessus. On observera qu’elle vaut également, dans le cadre de l’allégorie FDR1943, absolument et sans restriction (‘sans condition’ !) pour la crise paroxystique du système de l’américanisme avec l’élection du 3 novembre qui confirme des positions des positions extrêmes et absolument haineuses, par conséquent dans l’incapacité de concevoir dans l’affrontement politique et culturel autre chose qu’une victoire totale d’écrasement et de désintégration de l’adversaire.

Scott Ritter exprime bien, après d’autres, cette situation, après avoir défini l’affaire du projet de kidnapping de la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer comme un affrontement constitutionnel argumenté des deux côté, plutôt que l’argument primaire et obscène du ‘fascisme’-trumpiste avancé d’une façon pavlovienne par le site trotskiste WSWS.org (exemple d’une pensée élaborée fracassée en un aveuglement pathologique-primaire par l’idéologisation gauchiste). Ritter renvoie les deux côtés dos-à-dos dans un antagonisme totalement inconciliable, suscité par l’existence de deux mondes totalement étrangers selon un schéma qui est, à son tour, une allégorie de la Grande Crise de l’Effondrement du Système (GCES)...

« Il ne fait aucun doute que les États-Unis sont au bord d’une crise qui les mettra à l’épreuve comme aucune autre dans les temps modernes. Les deux parties ont adopté des positions fondées ostensiblement sur le droit constitutionnel et, à ce titre, elles peuvent et veulent affirmer que l’élection est une question de survie pour les États-Unis. En définissant le résultat de cette manière, les deux parties ont créé la condition dans laquelle aucune des deux ne peut accepter autre chose que la victoire [totale]. Il n’y aura pas de transfert pacifique du pouvoir.
» Malheureusement, cela signifie que cette élection sera probablement décidée par les tribunaux. Et pendant que cette bataille juridique fera rage, les partisans extrêmes de chaque camp descendront dans la rue. Il y aura du sang, et il n’y a pas grand-chose que l’un ou l’autre côté puisse faire pour l’empêcher, parce que les deux côtés sont également responsables de la création des circonstances sous-jacentes qui soutiennent l’activisme militant définissant le corps politique américain aujourd'hui. »

Dans ce cas décrit par Ritter, qui rejoint les observations les plus évidentes sur la vigueur impitoyable de l’affrontement jusqu’à l’enfermement des adversaires dans cette arène furieuse, il ne fait effectivement aucun doute qu’aucun des deux côtés ne veut autre chose que la capitulation sans condition de l’autre (« En définissant le résultat de cette manière, les deux parties ont créé la condition dans laquelle aucune des deux ne peut accepter autre chose que la victoire [totale] »). On rejoint alors, selon la méthodologie qui est ici le sujet de notre démarche, la même argumentation que celle que nous présentons pour le Covid19 : l’enfermement de la Science, de la Raison, du Système, dans la nécessité de la capitulation sans condition de l’‘adversaire’, jusqu’à sa destruction totale. Nous en revenons alors à la référence FDR1943 pour proposer une interprétation métahistorique où, effectivement encore, l’analogie devient en toute majesté une allégorie absolument fondamentale.

Ce que nous disons est que Roosevelt, en janvier 1943 à Casablanca, met en place les fondements “de l’Empire” : « ...la décision de janvier 1943 marque le pas indispensable et symbolique de l’établissement de l’‘empire’ de l’américanisme sur le monde, notamment par le biais de la prise de contrôle absolue de l’Allemagne et du Japon par les USA (avec en sus cette décision de l’accord FDR-Ibn Saoud sur le pétrole de février 1945), et au-delà le triomphe du Système reposant sur la Science et sur la Raison jusqu’à nos jours. » Cette démarche de FDR est largement explicitée, selon Fleming, par des causes internes tout à fait vraisemblable, essentiellement selon la nécessité de contenir, au nom d’une cause élevée qui serait proposée comme but de guerre à la nation, les dissensions internes à l’encontre de la participation des USA à ce conflit.

(Comme nous le notons dans l’article originel sur « La (vraie) guerre de FDR », l’attitude de FDR rejoint celle de Lincoln en 1862-1863 : « Il y a une certaine proximité entre cette décision de Roosevelt et celle de Lincoln, fin 1862, décidant de donner à la Guerre de Sécession [Civil War] le but de l’émancipation des esclaves [Emancipation Act de 1863]. Cette décision donna effectivement un sens moral au combat du Nord, sens dont il manquait jusqu’alors, au point de risquer de voir s’effriter sa cohésion ; au-delà, elle justifia le Nord dans le développement d’une politique sauvage d’anéantissement des structures économiques et culturelles du Sud. »)

Mais ce qui nous intéresse en l’occurrence, c’est la dimension stratégique non-perçue par les acteurs humains, FDR compris, beaucoup plus que les dimensions tactiques manipulées par ces acteurs et identifiées. La dimension stratégique est bien que cette décision conduit à l’anéantissement des puissances allemandes et japonaises au profit quasiment exclusif de la puissance industrielle et militaire prépondérante, les USA, et nullement au profit de relations internationales pacifiées. Elle date donc, chronologiquement en première place, le lancement de la dynamique de mise en place de la domination pseudo-‘impériale’, – en réalité conforme aux intérêts du Système, – des USA sur le monde. Le mécanisme de la reddition sans condition rend complètement inarrêtable cette dynamique ; elle correspond à un verrouillage de la situation générale du monde, selon une perspective de développement, de ‘Progrès’, voulue par la Science et par la Raison, selon le parrainage du Système. Elle met en chantier en mode accéléré, comme le fut pour les variations de la puissance cette guerre mécanique moderne que fut la Deuxième Guerre, le monde dont nous avons hérité et qui est entré aujourd’hui dans une crise sans fond et sans fin.

En effet, c’est à ce point que nous faisons correspondre la situation actuelle se caractérisant par deux crises complémentaires verrouillées par les mêmes exigences, également voulues par le trinôme constitué pour l’occasion de Science-Raison-Système (le Système étant l’acteur universel de tous les événements stratégiques, depuis janvier 1943, et au-delà, depuis le ‘déchaînement de la Matière’).

• D’une part, la ‘Grande Guerre sanitaire’ lancée contre Covid19, qui ne peut se conclure que par la capitulation sans condition du virus, et sa destruction totale.

• D’autre part, l’affrontement entre les deux ‘factions’ aux USA, absolument irréconciliables, qui ne peut se conclure que par la capitulation sans condition de l’une ou de l’autre, et la réduction de la déraison-Trump (déraison effective et involontairement antiSystème par le désordre) par la Raison retrouvée qui cache à peine, en vérité, un effondrement du système politique de l’américanisme dans le chaos hystérique et déconstructeur de la ‘woke attitude’ (BLM, LGTBQ, Antifa, etc.).

Dans les deux cas, la vision stratégique juge sans intérêt le résultat tactique de ces deux situations. Ce qui importe est le verrouillage où se trouve le Système, son emprisonnement à l’exigence impossible à rencontrer de la capitulation sans condition. La révolution en terme d’élipse spatiale avec retour au point de départ est ainsi rencontrée dans le destin stratégique du Système dans sa phase ultime, entre FDR1943 et Covid/USA2020, entre deux bornes infranchissable caractérisant un début et une fin emprisonnée dans la mécanique impitoyable de la capitulation sans condition.

L’allégorie est donc celle d’un destin ultime, dont la puissance US a servi d’outil tactique principal, dont les exigences virtuelles de la Science et de la Raison ont constitué les obligations tactiques conduisant à l’absolutisme de la reddition sans condition dans tous les cas. L’allégorie porte sur la correspondance des deux extrêmes des exigences (reddition sans condition) qui caractérisent les deux bornes (1943 et 2020). D’autres années d’engagement du processus pourraient être déterminées, pourvu que l’année (2020) d’achèvement de la révolution reste la même ; dans le cas choisi ici, l’intérêt se trouve dans l’état de l’esprit, – addition du radicalisme de l’opinion et de l’absolutisme de la méthode, – qu’on retrouve dans les deux exigences similaires de la reddition sans condition, à partir de notre interprétation de Covid/USA2020.

Dans tous ces cas divers, les USA jouent le rôle principal. Ils sont une sorte d’Alice in Wonderland, mais privée de l’ingénuité d’Alice et augmentée de leur propre duplicité, du fait de leur complicité active et vaniteuse dans l’élaboration de la Wonderland. On notera simplement, pour le sourire, que la dernière Alice en date, – Donald Trump, dit The-Donald, – semble presque, à force de vanité aveugle dans la duplicité, retrouver l’ingénuité originelle d’Alice, dans la façon qu’il a de piétiner le rangement prodigieusement complexe opéré par le Système dans le chef du pouvoir du système de l’américanisme.

Bravo l’artiste...

  • 11 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : La G5G métahistorique

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : La G5G métahistorique

Nous connaissons William S. Lind depuis longtemps, – homme d’église, conservateur proche de la tradition, citoyen américain qui se situe politiquement comme un ‘royaliste-français’, expert militaire respecté proche du Corps des Marines et théoricien de la Guerre de 4ème Génération (G4G), également historien de la Grande Guerre. Il s’est fait très discret depuis dix-15 ans, après avoir beaucoup œuvré pour son concept-G4G. Il garde tout de même un contact avec la vie publique, par le biais d’une chronique irrégulière sur le site TraditionalRight.com.

La dernière fois que nous l’avons cité longuement, c’était il y a quatre ans, le 5 décembre 2016, lorsqu’il semblait s’orienter vers une doctrine nouvelle pour protéger les États face aux poussées dissolvantes et néantissantes des organisations transnationales, sociétales et progressistes, au travers de concepts nouveaux depuis largement représentés par les concepts dits LGTBQ et, plus récemment, au concept-‘woke’ aux USA... Nous parlions alors, tentativement pas plus puisque Lind lui-même ne le fait pas, de G5G, en donnant à ce concept un tour nettement antiSystème ; à cette occasion, en plus de présenter le nouvelle orientation de Lind, nous rappelions nos liens avec lui :

« Nous-même connaissons bien William S. Lind (première citation et référence à Lind le 3 mars 2003) et son concept de G4G (première citation et référence le 30 juillet 2006). Le concept de Lind, que nous avons souvent interprété de différentes façons opérationnelles nous intéresse parce qu’il est si proche des conceptions gaullistes (voir le 23 janvier 2009), c’est-à-dire d’une conception principielle du monde basée sur la souveraineté et la légitimité.
» Nous-mêmes avons la perception que les événements, tout en ne déclassant en rien la G4G telle qu’elle est présentée, surtout selon sa référence à la Grande Stratégie, doit donner à un nouveau prolongement, que nous nommons G5G, déjà référencée pour introduire une analyse plus profonde. »

Du concept G5G, mentionné dans l’extrait à partir d’une référence, nous disions ceci, à partir de la référence citée. Il s’agissait d’identifier et de conceptualiser ce nouveau type d’action, – en général sommairement identifiée comme ‘populisme’, mais qui mérite à notre sens beaucoup plus de précision et d’attention à cause des moyens employés, de la puissance de la communication utilisée comme une arme, etc. L’‘idéologisation’ ou approchant, sous le nom de ‘populisme’, ne suffit certainement pas à définir le phénomène. Nous parlions donc, déjà, de G5G (qui rejoint évidemment, en lui donnant une nouvelle dénomination de meilleure convenance, à la GC4G [‘Guerre Civile de 4ème Génération’] dont nous avons parlé depuis sans revenir sur la G5G) :

« Le théoricien stratège William S. Lind avait défini et développé le concept de G4G (“Guerre de 4ème Génération”) pour définir ces attaques de violence et de contraintes diverses par déstructuration et dissolution d’entités transnationales, type organisations terroristes ou/et du crime organisée, et surtout finalement cette attaque généralisée de la globalisation-Système contre les structures principielles dans un but quasiment reconnu de destruction du monde. L’antiSystème est en train d’inventer la G5G, en gestation depuis un certain temps dans la G4G elle-même et qui emploie des méthodes de la G4G adaptées à ses moyens (la démocratie !) pour les retourner contre ses véritables adversaires. Les choses vont si vite : le “commencement de la fin” (“The Beginning of the End”) n’est plus très loin de la “fin du commencement” (“The End of the Beginning”) qu’on a déjà identifié ces dernières semaines avec l’élection de Trump. »

Par ailleurs, et aussitôt après le texte référencé sur le G5G, nous tentions de donner une approche plus conceptuelle et plus décisive de ce ‘néo-concept’ accouché de la G4G : « Ce qui fait le principal caractère qui apparente le G5G à la G4G, et qui donne à cette nouvelle forme d’affrontement une actualité et une légitimité exceptionnelles, c’est que son action porte finalement, au bout de la chaîne des effets & conséquences, sur des principes qu’il s’agit de rétablir ou de renforcer. En quelque sorte, il s’agit de la véritable “Grande Stratégie” des deux conflits, effectivement “stratégie sublime” à un point où l’adjectif prend le pas sur le sujet, où ce qui importe avant tout c’est la sublimité de la démarche, qui fait passer cette démarche du champ historique au champ métahistorique. En quelque sorte, le G5G, enfantée par la G4G, l’est en haussant décisivement son champ d’action et, par-là même, élève également la G4G dans ce même champ. »

Dans le texte ci-dessous, qui date d’hier 9 octobre 2020, et suivant un autre texte du 5 octobre sur le même sujet, sous le titre de « MAWA : Make America White Again », Lind aborde évidemment la question crisique de l’élection du 3 novembre. Il y a longtemps que Lind n’avait plus eu une telle activité éditoriale, et pour nous et parmi d’autres indications, il s’agit d’une mesure précise de la gravité de la situation. D’une façon générale, Lind juge que Trump remportera l’élection et que c’est certainement la moins mauvaise chose puisqu’il s’agit d’un obstacle brutalement érigé devant la poussée marxiste-gramsciste qui s’est brusquement développée à visage découvert ces derniers mois, selon Lind comme selon l’évidence du constat.

La variété d’opinion sur les résultats de l’élection du mois prochain est très grande, notamment chez ces conservateurs traditionnistes, paléoconservateurs ou libertariens selon la classification-USA, et en général personnalités très informées et producteurs de positions politiques extrêmement élaborées. (Tous, sans être, et de très loin, des soutiens de Trump, sont des adversaires affirmés de la poussée marxiste-culturelle/LGTBQ/progressiste-sociétale des démocrates.) Ainsi, et contrairement à Lind, le colonel Lang, que l’on peut classer dans cette catégorie, entretient l’opinion exactement inverse, dans plusieurs messages de ces derniers jours, accompagnés de nombreux messages intéressants des lecteurs de son site :

« J’estime que l’“équipe” Harris/Biden va gagner les élections et les deux chambres du Congrès.  Cela se produira en raison de l’hystérie de beaucoup de gens qui pensent avec leur émotion plutôt qu’avec leur tête et préfèrent ce qu’ils considèrent comme des ‘gentils’ par-dessus tout.  Les démocrates et leurs alliés marxistes et bientôt maîtres de la situation vont alors s’orienter vers la bolchevisation de ce qui a été connu sous le nom de ‘United States’. »
[...]
« La route de l’enfer est pavée de bonnes intentions.  Des gens qui n’ont jamais dirigé une organisation importante, qui n’ont jamais gagné d'argent qui ne leur ait été donné et qui pensent que tout ce qui importe pour créer une utopie est de la ferveur et de l’enthousiasme doivent s’attendre à être menés par le bout du nez par Old Joe. Les cadres combattants de rue des marxistes purs et durs prendront inévitablement le contrôle du processus et derrière eux se trouveront les ploutocrates de gauche qui jugent que c’est leur chance de tout diriger, – TOUT ! »
[...]
« Je tiens à préciser que, bien que mon jugement analytique me dit que les démocrates vont à une nette victoire grâce aux femmes, j’espère désespérément le résultat inverse. La mienne me dit qu’elle va voter pour Trump et moi aussi. »

On voit ainsi à quel degré d’angoisse et d’appréhension se trouve aujourd’hui le sentiment politique aux USA. Si le texte de Lind commence et se termine par sa croyance dans la victoire de Trump, l’essentiel se trouve être une analyse de “que se passera-t-il si... Trump perdait” ?

Manifestement, pour Lind c’est le pire des cas, et un cas où effectivement la nouvelle G5G se déploierait dans toute sa violence. Pour lui, la situation basculerait immédiatement dans le mode insurrectionnel d’affrontement de guerre civile, selon divers scénarios possibles, – soit l’interdiction et la saisie des armes individuelles ; soit l’interdiction des “discours de haine” (comprendre “des paroles antimarxistes”), impliquant des arrestations arbitraires de masse conduisant directement à une insurrection ; soit l’ouverture des frontières du Sud qui conduiraient certains États comme le Texas à refuser les ordres du centre, à faire de facto sécession et à boucler leurs frontières, tandis que l’administration centrale de Washington D.C. se désagrégerait.

Partout dans ces textes apparaît comme une chose acquise le fait qu’en cas de victoire démocrate, Biden ne fera pas long feu. Cette perspective semble quasiment assurée par la décision de Pelosi d’installer une ‘commission sur le 25ème Amendement’, chargé d’examiner le cas de cette disposition de la Constitution (le 25ème Amendement examine le cas de la destitution du président pour incapacité sanitaire ou mentale de porter sa charge). Interprétée d’abord comme une disposition concernant Trump et son Covid, l’interprétation, menée d’ailleurs par Trump lui-même, s’est déplacée et portée vers Biden lui-même. Les rumeurs à cet égard disent que Pelosi entend obtenir la destitution de Biden pour incapacité sanitaire dès le printemps 2021 en cas de victoire démocrate, ce qui conduirait quasi-automatiquement à un ‘gauchissement’ et une ‘marxisation’ extrême du pouvoir sous la direction de Harris.

Voici le texte de William S. Lind, du 9 octobre 2020. Il faut noter que Lind n’envisage qu’un seul scénario de troubles : le cas de la victoire des démocrates. Il semble considérer qu’une victoire de Trump éviterait ces troubles spécifiques jusqu’à la désagrégation des États-Unis mais il n’élabore pas sur la situation interne dans ce cas. Entre BLM, Antifas et marxisme-culturel, il nous semble que la crise serait évidemment très loin d’être finie et qu’il faut envisager d’autres scénarios tout aussi déstructurants ; cela, sans parler de la situation intermédiaire d’une élection non concluante en raison de la proximité des résultats et du refus probable des candidats, – porte ouverte à un chaos général.

« Plus jamais ça

» Je m’attends à ce que le président Trump soit réélu, probablement par une large majorité, et à ce que les républicains tiennent le Sénat et  reprennent la Chambre.  Pourquoi ?  Parce qu’à ce stade, le nombre d'Américains qui sont en colère est plus important que le nombre de ceux qui ont peur. Les démocrates sont le parti de la peur et les républicains celui de la colère. Ce sont donc ces derniers qui vont gagner. 

» Mais que se passerait-il si la peur l’emportait et que Biden deviendrait président alors que les démocrates tiendraient la Chambre et s'empareraient du Sénat ?  Biden est un politicien de l'establishment de la vieille école qui ne fera probablement rien de radical de sa propre initiative.  Mais il sera soumis à la pression de la gauche gauche “éveillée” [woke], des radicaux de la Chambre et de sa propre vice-présidente pour faire des choses très stupides.  S’il cède, ou si nous nous retrouvons soudain avec une femme de gauche dure de Californie à la présidence, les démocrates pourraient prendre des mesures qui déchireraient le pays.

» La plus évidente est une tentative de confisquer leurs armes aux citoyens américains.  Un espoir démocrate qui a fait long feu en début de campagne, Beto O'Rourke, a dit : « Allons-nous vous retirer vos armes ?  Absolument ! »  Il s’est effacé mais ce projet reste très cher à de nombreux démocrates.  S’ils le décident, peut-être après avoir élargi le collège des Juges de la Cour Suprême et obtenu qu’ils statuent pour changer l’interprétation du Deuxième Amendement, nous assisterions à une scission massive entre les villes et les campagnes.  Un signe que la guerre de la quatrième génération se propage serait la mise en place de points de contrôle armés dans les campagnes, avec des volontaires locaux.  Un signe plus important encore serait un mouvement de policiers et de militaires pour passer du côté des réfractaires. Dans cette hypothèse, je surveillerais ces deux champs d’action.

» Une deuxième possibilité serait d'amener la Cour Suprême à annuler la liberté d'expression selon l’idée que le “discours de haine” n'est pas protégé par la Constitution.  La “haine” est le terme utilisé par les marxistes culturels pour désigner tout défi au marxisme culturel.  Ainsi, quiconque critiquerait leur idéologie ou ne s'inclinerait pas devant elle serait en route pour le goulag.  Cela s'est déjà produit dans d'autres pays soi-disant “libres”, dont le Canada, la Grande-Bretagne et la France.  En Grande-Bretagne, un homme a été arrêté pour avoir critiqué l'Islam.  Lors de son procès, il a prouvé que tout ce qu'il disait était tiré du Coran.  Le juge l’a envoyé en prison, déclarant que « la vérité n'est pas une défense ».  La vérité n'est pas une défense dans le pays où nos libertés sont nées ?  Les générations précédentes de Britanniques auraient conduit ce juge hors de la ville à coups de pied dans le train.  Les Américains ne seraient pas aussi doux, je suppose, et la résistance à la perte de la liberté d’expression pourrait devenir violente.

» L’action la plus susceptible de briser le pays serait d’ouvrir la frontière sud et de dire : “Venez, Venez tous !” La surveillance frontalière serait abolie, les forces de surveillance verrait leur mission transformée en sauvegarde des immigrants illégaux perdus, et plus du tout de les expulser. En Amérique Centrale, des millions de personnes se formeraient en caravanes vers le nord.  Les démocrates ne cachent pas leur stratégie visant à noyer les votes des Américains de souche dans ceux des immigrés d'autres cultures, se garantissant ainsi une majorité permanente et faisant de nous des étrangers dans notre propre pays.

» S’ils font cela, je m’attends à ce qu’au moins le Texas et l’Arizona mobilisent leur Garde Nationale et l’envoient à la frontière pour les interdire aux envahisseurs.  Un président démocrate déciderait la ‘fédéralisation’ de la Garde et ordonnerait sa démobilisation. Les gouverneurs du Texas et de l’Arizona, ainsi que les adjudants généraux commandants les Gardes de leurs États, pourraient refuser l’ordre présidentiel.  À ce moment-là, Washington se trouverait au bord du gouffre.  Si le président acceptait que son ordre de fédéralisation soit annulé au niveau de l’État, il se révélerait délégitimé et impuissant.  S’il ordonnait à l’armée régulière de combattre la Garde, je pense que les forces refuseraient. Si les généraux, dont l’emploi est en jeu, ordonnaient à leurs troupes d’attaquer la Garde Nationale, l’armée elle-même pourrait se fracturer, probablement selon des lignes ethniques. À ce moment-là, le scénario du roman de Thomas Hobbes, Victoria, serait devenu réalité ; le gouvernement fédéral devrait laisser son marxisme culturel délégitimer l’État au point que l'Amérique se désagrégerait. La guerre de la quatrième génération ne serait plus une construction intellectuelle mais une réalité irrésistible.

» Je ne m’attends pas à ce que tout cela se produise, car je pense que le président Trump sera réélu triomphalement et que la colère l’emportera sur la peur. Mais si je me trompe, l’histoire dira alors à notre vieille devise ‘E Pluribus Unum’ : “Plus jamais ça !” »

William S. Lind

 

Mis en ligne le 10 octobre 2020 à 15H20

  • 10 septembre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : « Plot against America »

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : « Plot against America »

Effectivement, « The plot against America! » est la dernière phrase, dramatique et  de l’article de WSWS.org sur la tentative de kidnapping du gouverneur (démocrate) du Michigan, Gretchen Whitmer. Pour le site trotskiste, il ne fait aucun doute que cette affaire est tune toute petite partie d’une vaste conspiration dirigée par Trump, pour sécuriser une prise de pouvoir après l’élection du 3 novembre ; en bref, pour faire basculer les USA dans le fascisme,  comme Philip Roth l’avait imaginé dans d’autres circonstances, dans son ‘Complot contre l’Amérique’ de 2004-2006.

(Mais le ‘complot’ de Roth, lui, est avec Charles Lindbergh et se situe en 1940-1941, et l’appréciation de ce livre notamment : « Paul Berman et Martine Chard-Hutchinson voient dans ce roman une ré-invention de l’histoire des États-Unis dont le but est de montrer le risque d’une possible dérive fasciste de ses institutions, dans la lignée de ‘Cela ne peut arriver icide Sinclair Lewis ».)

WSWS.org, sur les péripéties bien présentes : « La nouvelle officielle hier des accusations de conspiration criminelle contre 13 fascistes qui ont comploté pour kidnapper et assassiner le gouverneur du Michigan, Gretchen Whitmer, lève tout doute sur ce que Donald Trump veut dire lorsqu’il refuse de s'engager dans une “transition pacifique du pouvoir”. Le président américain est clairement impliqué, en paroles et en actes, dans un vaste et violent complot visant à renverser le résultat de l'élection du 3 novembre. »

La droite pro-Trump est notablement discordante par rapport à l’interprétation des trotskistes. Ou bien elle ne s’intéresse guère à l’affaire, ou bien elle la minimise, ou bien elle nous procure des détails croustillants comme cette vidéo d’une des jeunes gens inculpés (Brandon Caserta) qui parle à partir d’un environnement notablement anarchiste, tout à fait différent de ce que nous décrit WSWS .org. Plus que jamais, le débat n’est pas tant pour observer et rendre compte de l’évolution des choses que pour tenter, souvent vainement, de répondre à la question de Finkielkraut : « Qu’est-ce qu'il se passe ? »

Ainsi, le site RedState observe-t-il :

« Le Detroit News a laissé entendre qu'il y avait un lien avec les Boogaloo Boys parce que Caserta portait une chemise hawaïenne dans une vidéo, mais ils ont omis de mentionner le drapeau anarchiste qui figure au mur derrière Caserta dans la vidéo. Pas de précisions non plus sur le fait que les Boogaloos comprennent des gauchistes, des anarchistes, sont très anti-gouvernement et anti-police, ayant beaucoup plus en commun idéologiquement avec les BLM/Antifa que tout groupe conservateur ou “de droite”. Il y a une discrétion révélatrice de cette dimension des Boogaloo Boys... »

Nous vivons dons aux USA, à trois semaines de l’élection et passé comme une lettre à la poste le Covid-ultraspeed du président Trump, dans une atmosphère de complot subversif à ciel ouvert. Pour faire pendant à l’affaire du Michigan et mettre un peu de diversité avec un mode un peu plus original, comme le veut le PC courant, on ajoutera un rapide épisode qui témoigne plus de la fatigue due à l’âge (81 ans) que de l’amorce d’une véritable offensive qui n'en serait d'ailleurs qu'une de plus, de la Speaker Pelosi contre le prédisent. Pelosi a lancé l’idée d’une ‘Commission du 25ème Amendement’ qui serait chargée de veiller à la bonne santé du président pour assurer ses fonctions. (Le 25ème Amendement prévoit la possibilité de destituer le président si sa santé, son équilibre mental, etc., ne lui permettent plus d’assumer sa fonction).

Comme nous l’explique ZeroHedge.com, avec exclamations de Trump en bruits de fond :

« La législation [envisagée par Pelosi] prévoit la création d'une Commission sur la capacité présidentielle à s'acquitter des pouvoirs et des devoirs de la fonction.
» La fonction exacte de la commission n’est pas claire, mais nous soupçonnons que, si elle était adoptée, cet organe serait chargé de faire des recommandations à l'administration sur la question de savoir si le pouvoir doit être transféré au vice-président via la section 3 ou la section 4 du 25e amendement.
»  Trump n’est pas du tout satisfait des commentaires de Pelosi sur le 25e amendement et a déclaré que ‘Nancy la dingue’ était ‘celle qui devrait être soignée’. »

D’autres réaction viennent de parlementaires républicains, qui se disent irtrités par la quête hystérique et sans fin de la Speaker de la Chambre pour avoir la peau du président. Par exemple, le député Doug Collins, dont le commentaire laisse clairement entendre qu’à défaut de la laisser faire contre Trumlp, on pourrait se rattraper en se débarrassant de Pelosi : « D’abord, c’était le canular de la Russie, puis la mise en accusation simulée. Maintenant, elle essaie le 25e amendement [pour santé incertaine], – parce qu'il s’est complètement remis du coronavirus, sans doute ?! Nous ne la laisserons pas s'en tirer comme ça. »

Ce qu’on veut montrer ici c’est que, comme à Vienne en 1814, “le Congrès s’amuse” dans une chasse devenue complètement incontrôlable, sinon incompréhensible, des uns contre les autres et des autres contre les uns. « L’épisode du Covid de Trump a paradoxalement renforcé le président dans la bagarre, dit un expert indépendant en stratégie politique, mais il a aussi renforcé l’opposition au président par tous les moyens, et désormais les plus illégaux si nécessaire ! Désormais c’est ‘open bar’ pour les affrontements comme celui d’O.K. Corral  » La référence très westernienne nous ramène à une Amérique avec bien peu de loi et de droit, et c’est évidemment dans cette direction qu’évolue Washington D.C., de plus en plus ‘D.C.-la-folle’.

« Cette période entre le Covid de Trump et l’élection, après le drame du Covid, qu’on aurait pu croire comme un moyen de désamorcer un peu de la tension, produit absolument l’effet inverse ! La haine antiTrump est plus forte que jamais, et Trump est persuadé qu’il peut écraser les démocrates ! Plus personne ne croit aux sondages et plus personne ne s’y intéresse vraiment. On est déjà dans l’après-3 novembre et les uns et les autres fourbissent leurs moyens d’intervention opérationnels !... »

La densité de la psychologie collective

C’est à ce point qu’il nous apparaît de bonne circonstance de faire intervenir un texte qui reprend une rencontre-interview de Spoutnik-France avec un politologue et universitaire canadien, Marc Simard, ; première personnalité d’origine Wendard (de descendance iroquoise) à tenir cette position professionnelle. Simard donne sa vision des événements aux USA dans les semaines et mois à venir, et cela s’orientant nettement dans le sens d’une guerre civile. Simard est clairement anti-Trump avec toutes les dérives et parti-pris qui vont dans ce sens (comme en face en sens contraire), mais ce n’est certainement pas ce qui nous intéresse en l’occurrence, sinon pour nous confirmer que des deux côtés on se sent agressé par l’autre et donc fondés à “répondre”. L’intérêt de son propos est sa radicalité opérationnelle puisqu’il va jusqu’à donner comme référence au conflit qui vient, à rien de moins que la guerre d’Espagne 1936-1939 ; dans ses prévisions, la présence et le déploiement de milices armées des deux côtés joue un rôle prépondérant.

Une fois encore, il nous faut insister, non sur la pertinence ou pas des orientations, détails, structures des mouvements envisagés, mais sur l’unanimité de la prévision de mouvements violents de type-guerre civile. Il s’agit d’un état de psychologie collective, et de la densité de cette psychologie collective qui semble ne plus être capable d’envisager autre chose que la violence ; et si cette violence devait se confirmer comme cela paraît inéluctable, ce serait l’ouverture d’une séquence décisive du point de vue de la cohésion structurelle des États-Unis... Ce serait aussi l’entrée dans la phase décisive et la plus imprévisible de l’effondrement du Système (GCES).

Le texte de Spoutnik-français ci-dessous, du 8 septembre 2020, est de Jérôme Blanchet-Gravel.

« “Un volcan au bord de l’éruption

» Milices armées, tensions raciales, colère et fatigue dues à la pandémie: aux États-Unis, l’élection présidentielle du 3 novembre prochain est sans doute l’une des plus redoutées de toute l’histoire de ce pays.

» Selon une récente étude commandée par le magazine Washington Examiner, plus de 60% des Américains estiment que leur pays est sur le point de basculer dans la guerre civile. 50% d’entre eux déclarent aussi avoir fait des provisions de biens essentiels pour parer à cette éventualité. Un réflexe survivaliste.

» Presque deux après la publication d’une chronique dans le journal québécois Le Devoir où il évoquait cette perspective, l’historien Marc Simard n’est guère plus optimiste. Invité à cette époque à développer son point de vue au micro de Sputnik, il rappelait que le nombre élevé d’armes à feu sur le territoire pouvait rapidement contribuer à une escalade des tensions, ce qui n’est pas moins vrai aujourd’hui:

» “Il y a eu 40.000 morts par arme à feu aux États-Unis en 2019. Il y a eu 25 fois plus d’assassinats par arme à feu aux États-Unis que dans la moyenne des autres pays occidentaux. C’est incroyable. […] Et avec la pandémie de Covid-19, il s’est vendu plusieurs autres millions d’armes. Des gens se sont constitué un arsenal. Il y a en fait 120 fusils pour 100 personnes dans ce pays”, précise-t-il.

» Mais s’il faut des armes pour faire la guerre, c’est surtout la vive polarisation qui pourrait mener à ce grave conflit, observe le professeur retraité du Collège François-Xavier Garneau, à Québec. La pandémie de Covid-19 aurait davantage fait ressortir les injustices vécues par les Afro-Américains, alors que le taux de mortalité du virus s’est avéré plus élevé parmi les communautés noires :

» “Avec la pandémie et le mouvement Black Lives Matter, c’est comme si la plaie s’était infectée encore plus. Il y a plus de colère et de frustration dans l’air qu’il y a deux ans. […] Le fait qu’il ne semble pas y avoir de progrès en matière de racisme crée un effet de répétition très néfaste pour le climat en général. […] Avec les réseaux sociaux, les cas d’abus se répandent plus vite et de manière plus crue”, analyse l’ex-enseignant.

» Auteur de plusieurs livres dans sa discipline, Marc Simard estime que le “blocage politique” des États-Unis n’améliore pas la situation. Il suffirait d’un seul incident de trop pour entrer dans “un scénario comparable à celui de la guerre civile espagnole” de 1936-1939, laquelle avait démarré dans un contexte de polarisation analogue, celui des “blancs contre les rouges”.

» Les États-Unis sont pris dans le même bipartisme depuis 1868 et la Constitution est devenue hyper-politisée. […] L’enjeu constitutionnel touche des questions très sensibles auprès de la population, comme celle de l’avortement. Sur une foule de questions comme celle-là, le feu couve et le dialogue est impossible. […] La société américaine est comme un volcan au bord de l’éruption», souligne l’historien québécois.  

» Récemment, les images d’une milice armée afro-américaine défilant dans les rues de La Fayette en Louisiane ont été diffusées dans divers médias.

» Se présentant sous le nom de ‘Not Fucking Around Coalition’ (NFAC, ‘La coalition qui ne déconne pas’), cette milice est loin d’être le seul groupe armé aux États-Unis. Plusieurs groupes paramilitaires comme les «Proud Boys» sont soupçonnés de vouloir intervenir sur le terrain si des irrégularités électorales étaient dénoncées par l’un ou l’autre des candidats.

» Durant le dernier débat télévisé l’ayant opposé au démocrate Joe Biden, Donald Trump a refusé de condamner directement les groupes ‘suprématistes blancs’, en demandant plutôt aux ‘Proud Boys’ de “reculer et de se tenir prêts”. Mais prêts à quoi?

» “On ne sait pas encore si Donald Trump sera assez dément pour lancer un appel aux milices comme celle des Proud Boys. Ce n’est pas totalement impossible et beaucoup de gens le craignent. […] Par rapport à il y a deux ans, il est évident que le risque de guerre civile a augmenté», poursuit Marc Simard.

» Dans un article publié en octobre 2018 dans le quotidien américain The Sunday Times, Niall Ferguson, professeur d’histoire de l’Université Harvard, a défendu un pronostic similaire à celui de Marc Simard. Il redoutait que l’élection présidentielle de 2020 ne provoquât “la scission définitive de la société américaine”.

» Le 3 novembre prochain, une défaite de Donald Trump mettrait-elle un terme aux tensions ? Marc Simard n’en est même pas sûr:

» “Si la guerre civile devait vraiment éclater, il s’agirait d’un conflit extrêmement sérieux qui entraînerait probablement une vague de migrations vers le Canada. Des régions éloignées comme celles dans les montagnes Rocheuses pourraient même se rabattre sur la guérilla […] Même si Trump est battu et quitte la Maison-Blanche, il y a de bonnes chances qu’il continue à marteler son discours”, avertit l’historien. »

 

Mis en ligne le 9 octobre 2020 à 14H15

  • 9 octobre 2020 à 00:00

Psychanalyse inquiète de notre-Président

Par info@dedefensa.org

Psychanalyse inquiète de notre-Président

9 septembre 2020 – Macron est vraiment le président de tous les reflux, de toutes les angoisses, de toutes les folles incertitudes, de toutes « les marées du soir » (malgré son jeune âge et la citation de Montherlant)... Ainsi lit-on, à notre sens, l’analyse du ‘communicant’ Arnaud Benedetti, qui semble plutôt savourer une sorte de fonction de psychanalyste quasiment proche de la magie rassurante par la voie du symbolisme, maître dans l’art de la ‘psychanalyse de l’enfance’.

Passons outre et à un autre paragraphe... Voilà comment, toujours et prudemment ‘à notre sens’, la très-récente causerie de Macron au coin du bois relève-t-elle de plus en plus du tour de France sans fin d’un président-enfantin nous confiant ses préoccupations apeurées, de la sorte qui doit l’empêcher malheureusement, sous l’aiguillon funeste et cruel de ses préoccupations, de se laisser docilement et maternellement emporter dans le ‘do-do-l’enfant-do’ réparateur de nos primes-enfances hors-genre et enfui de nos souvenirs, “réparateur” mais soumis à question, “maternellement” mais sacrément soupçonné d’être un “privilège de marmot blanc”.

Ainsi de son interview de mercredi soir, pour entendre la voix chaude et dynamique de notre-président en incursion salvatrice dans ‘les territoires’, – plutôt “quelques territoires des campagnes de la République” que le tout-net et trop-net “les territoires de la République“ dont on craint tant qu’il soient perdus ; ici après les grandes pluies sudistes, produits de l’incompréhensible colère des dieux qui semblent par instant prendre le relais des fausses-vraies attaques marseillaises du Covid parisianisé, suscitant les vraies-fausses insurrections marseillaises, pagnolesques et si attristantes par rapport aux promesses de la globalisation, quoique bombastiquement jubilantes, – « Tu me fends le cœur ! .. Pas vrai Escartefigue, il nous fend le cœur ! » ; car enfin,  “Il me fend le cœur, et à toi il ne te fend rien !”, dit César s’adressant au président-parisien venu porter la bonne nouvelle des sachants décidés à faire capituler sans condition l’infâme Covid.

« L’interview de ce mercredi d’octobre avait sans doute pour objet de planter le décor d’un chef d’État bivouaquant au milieu des secours, mais l’impression qui s’en dégageait était peut-être d’abord celle d’un homme au cœur des décombres », écrit Benedetti

Ainsi est-il fait bon cas de la ‘parisianité’ dans cette sorte d’occurrence, comme si cette sorte de président-GJ (pour ‘Gilets-Jaunes’) venait en province, dans l’intimité étoilée des bivouacs napoléoniens, pour tenter de restaurer un symbole emporté par les crues épouvantables de la nature déchaînée malgré les offrandes vertes et bio-diversifiées, à l’image des peuplades racisées de la France-séparatiste d’elle-même... Comme si le “séparatisme” dont Macron nous parle avec audace avant de reculer d’un pas, comme Grouchy devant Blücher, concernait d’abord et avant tout le pays français d’avec lui-même, la « Douce France » séparée du « Cher pays de [notre] enfance »

Voici donc encore un peu du professeur Benedetti qui se fait docteur Benedetti le temps d’un bivouac, – sachant qu’avec Macron, c’est “de bivouac en bivouac”, pour confier au « cher et vieux pays » les angoisses pubères d’un président craignant, averti par ses conseillers en com’ de possibles dérapages, de rouler vers les terreurs enfantines, quasiment « Like a rolling stone »...

« Emmanuel Macron dont on sait l’appétence pour le symbolique déroulait un discours dévoré par le poids d’un décorum à la Beckett suggérant inconsciemment que l’atmosphère «veillée d’armes» recherchée ramenait surtout à la sensation lancinante d’une «fin de partie». La magie des symboles n’opérait plus ou comme à rebours. »

Certes, je ne peux m’empêcher de présenter ce texte d’Arnaud Benedetti que je trouve ma foi fort bien troussé sur le ton que l’auteur, me semble-t-il, a choisi d’adopter ; et ton diablement juste, pour ce qu’il me semble et qui “nous semble”, ici, sur ce site, toutes précautions dehors ; ton à la fois inquiet, compatissant, indulgent, vis-à-vis d’un président qui, vraiment, ne nous veut que du bien. L’impression prévaut, en marge de ces catastrophiques colères de Mother Nature comme disent nos amis et modèles américanistes, que nous nous trouvons dans une sorte de pouponnière de la communication, à suivre Macron à la trace. Pouponnière jupitérienne ou pouponnière séparatiste, c’est selon, mais pouponnière à tous les coups.

« Mère, voici vos fils qui se sont tant battus » écrivait sublimement Péguy, comme en prémonition à l’affreuse tuerie de 1914 ; “Mère, voici ton fils qui préférerait ne pas être tant battu”, dit-on à l’exemple d’un Péguy de bon aloi quoique méchamment caviardé, entreprenant de lui consacrer quelques minutes, pour le rassurer, le materner, et préparer son communiqué commun avec Mama-Merkel sur l’avenir radieux de l’Europe-Berlaimont.

Aparté : cette Europe, elle me ravit, elle est toujours là, même aux bivouacs, mais pour s’ouvrir résolument en tournant le dos aux clochers et aux flots tumultueux d’une nature furieuse de voir ces « cher et vieux pays » frileusement repliés sur eux-mêmes et attirant, les benêts, la colère d’un Zeus climatiquement fort-inquiet et citoyennement-concerné. Avez-vous remarqué, comme le fait remarquer Olivier Rey dans ‘L’idolâtrie de la vie’ (Gallimard, Tracts, juin 2020), que « sur les billets en euros ne figurent que des portes et des ponts : manifestement, la possibilité du confinement n’était pas prévue au programme ».

Ah, mauvais esprits pourfendeurs de notre-Europe comme de notre-Président, – mauvais esprit décidément tu es bien trop là, frappant déjà tes sinistres trois-coups de si triste et mauvais aloi, – mauvais-esprit, esprit-frappeur, – du vent, du balai !

Je vous laisse vous plonger dans la fiche que le professeur Benedetti, un connaisseur, consacre aux dernières tribulations psychanalytiques de notre-Président. (Soyons juste et fair-play quant à l’emprunt : dans ‘Figaro-Vox’ du 8 octobre 2020, sous le titre de « Arnaud Benedetti: “L’interview d’Emmanuel Macron ramène l’État au centre du débat”. »)

PhG – Semper Phi

______________________

 

 

Ramener l’État au centre du débat

C’est le Macron réparateur qui s’est présenté aux Françaises et aux Français ce mercredi soir après une visite dans les communes sinistrées du sud-est du pays. Le président de la République ne fait pas la pluie et le beau temps mais il entend incarner à tout le moins le vecteur de toutes les compassions et de toutes les solidarités de la Nation pour ses terres cicatrisées. Cette «reterritorialisation» d’un chef de l’État , élu sur l’idée d’une France mondialisée en lieu et place d’une France enracinée, souligne en creux et à son corps évidemment défendant qu’Emmanuel Macron, après plus de trois ans de mandat, constitue une «étrange marque sans actifs», c’est-à-dire dénuée d’implantation locale et dépourvue d’un tissu éprouvé de militants.

Ce président «décentré» au regard de ce que fut l’histoire qui le produisit semble courir après la France. L’interview de ce mercredi d’octobre avait sans doute pour objet de planter le décor d’un chef d’État bivouaquant au milieu des secours, mais l’impression qui s’en dégageait était peut-être d’abord celle d’un homme au cœur des décombres. Les mots étaient-là, toujours volontaires dans leur tonalité, convaincus de la pertinence de l’action publique en ces temps incertains, vantant la réactivité de l’État, déployant en quelque sorte le «SAV» de son gouvernement, comme si les visites de ses ministres et de son chef de gouvernement n’avaient été que les gradations préliminaires de cette assomption compassionnelle de la puissance publique.

Néanmoins, la parole du président était comme effacée par la scène, une scène entêtante, où le visuel évacuait l’argumentation, où l’œil était convoqué comme pour rechercher la métaphore du moment. Emmanuel Macron dont on sait l’appétence pour le symbolique déroulait un discours dévoré par le poids d’un décorum à la Beckett suggérant inconsciemment que l’atmosphère «veillée d’armes» recherchée ramenait surtout à la sensation lancinante d’une «fin de partie». La magie des symboles n’opérait plus ou comme à rebours. Elle dévoilait l’anxiété, l’impuissance d’une sémantique, ou les fragments d’un discours qui s’efforçait de construire et de trouver le fil de sa cohérence: saisir l’instant catastrophique pour rappeler la dimension protectrice de la fonction présidentielle, tant sur l’environnement que sur le sanitaire.

Communication de ritualisation bien plus que d’annonce, de réassurance que de projection, l’interview présidentielle était loin des envolées transformatrices et réformatrices de l’épiphanie de 2017 et du début de mandat. Elle ramenait l’État au centre du débat, une centralité dont on ne sait à vrai dire si elle constitue le dernier recours pour préserver la France ou l’ultime secours pour sauver son chef.

Arnaud Benedetti

  • 9 octobre 2020 à 00:00

L’axe des fous en fer-blanc de l’UE

Par info@dedefensa.org

L’axe des fous en fer-blanc de l’UE

8 octobre 2020 – Après avoir longuement hésité pour faire ou non quelque chose de sérieux sur cette affaire, non décidément ce ne l’est pas, ce ne peut être sérieux ! Alors, je me permets de vous signaler derechef, dans ce Journal-dde.crisis et sans alarme particulière, que l’axe franco-allemand se trouve embarqué dans une attaque frontale type-Barbarossa contre la Russie à propos du vaudeville-bouffe ‘Navalny-Novichok’.

Sur cette affaire, je ne me prive pas de vous confier qu’à mon avis l’un des plus avisés commentateurs est l’inimitable Dimitri Orlov avec l’impassible ironie-bouffe dont il a le secret hypersonique. Ni Français, ni Allemands, ni Navalny ne méritent plus, dans le champ de la considération je veux dire, dans cette circonstance comme en d’autres, dans cette sidérante époque narcissimus-médiocrissimus-néantissimus, que ce regard moqueur et connaisseur de notre chroniqueur terriblement russe.

...Voici quelques références pour vous tenir au fait de la séquence particulière dite ‘axe des fous en fer-blanc’ déclenchée hier  par une communication de l’exaltant couple des ministres Maas-Le Drian (dans l’ordre, l’Allemand Heiko Maas et le Français Jean-Yves Le Drian). La porte-parole du ministère russe des affaires étrangère, Maria Zakharova-la-pugnace, et également aussi charmante et aussi remarquable danseuses folklorique que débatteuse à la dent dure, nous explique qu’il s’agit de ceci, qui ne plaît guère aux Russes :

« Apparemment, la France et l’Allemagne sont en train de se placer à la tête d’une ‘coalition antirusse’ qui se forme dans l'Union européenne, malgré les assurances de Paris et Berlin qui avaient à plusieurs reprises souhaité être partenaires de la Russie. »

Tout ça forme ce que nous nommerions l’‘axe en fer-blanc’, par un souci louable de réminiscence du ‘chancelier de fer’ (on verra plus loin pourquoi pas).

• Les Allemands ont reçu le 6 octobre les conclusion de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC). Maas-Le Drian en ont conclu « qu’il n’existe pas d’autre explication plausible à l’empoisonnement de M. Navalny qu’une responsabilité et une implication russes. »

• Je ne vais pas m’accabler à déchiffrer ce rapport, me creuser profond pour donner un avis de peu de poids et sans originalité. Je pense que pour avoir une bonne idée du travail de l’OIAC, on doit consulter John Helmer, citoyen américain (pas du tout américaniste, je trouve), habitant à Moscou, avec des réseaux partout, le contraire du genre-Soros et un fin connaisseur des arcanes du pouvoir russe. Helmer est le spécialiste de la mise à jour des énormes simulacres antirusses du bloc-BAO, autant sur son site que dans ses divers bouquins. La drôlerie de son texte d’hier est qu’il explore le rapport de l’OIAC qui permet aux Allemands de juger coupables les Russes, et que le résultat de son exploration est si notablement singulier par rapport à ce verdict de cumpabilité :

« Un rapport publié par l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), du 6 octobre, n’a pas permis d’identifier l'arme empoisonnée qui, selon Navalny et ses partisans, aurait été utilisée pour l’attaquer dans un hôtel de Tomsk le 20 août.
» Au lieu de cela, l’OIAC dit avoir trouvé des ‘biomarqueurs’ des troubles métaboliques de Navalny qui pourraient avoir été causés par un poison chimique non identifié. Selon un éminent chimiste britannique spécialiste des organophosphates, ces ‘biomarqueurs’ n'ont peut-être pas été causés par un crime. [...]
» “S'il s'agissait d’une preuve d’expert [pour nos tribunaux]”, commente une source de droit pénal londonienne, “la défense se lèverait pour dire que c’est une preuve de la maladie de la victime. Il ne s'agit pas d’une identification de l’arme. Ce n’est pas la preuve d'un crime. Il n’y a donc pas d’affaire à traiter ici. L’accusation a échoué et devrait être rejetée”... »

• Ce texte de Holmer permet d’avancer la proposition assez simplette que tout se passe comme s’il était dit, dans le chef de nos services diplomatiques de l’axe des fous en fer-blanc, qu’“en l’absence de preuve, aussi bien sur la réalité de l’attentat que sur l’identité des auteurs de l’attentat s’il y a attentat, on tient la preuve que ce sont les Russes les coupables” ; quelque chose de ce genre, voyez... Un peu comme le Covid et les Chinois, ou bien Trump et les tweets, tout ça ce sont des artefacts de notre civilisation, ce par quoi notre civilisation est grande et belle, et si sûre d’elle pour ce qui concerne le but à atteindre et le sens des choses.

• On n’est d’ailleurs pas sans noter, – avec Holmer, cette sorte de détails n’est jamais indifférent, – que les sources que cite Holmer viennent toutes des milieux juridiques britanniques. Il est vrai que les Britanniques ont l’expérience du simulacre-Skripal, que Holmer a écrit un bouquin sur le sujet, qu’il a beaucoup travaillé avec des sources britanniques hostiles au montage du MI6 contre les Russes. Dans ce cas, pourtant, on peut penser que les Britanniques ne sont pas mécontents d’aider à démonter l’initiative France-Allemagne dont ils sont exclus, avec leur forte expérience des canulars antirusses.

• Plusieurs auteurs estimés sur ce site se sont intéressés à l’affaire. On peut lire le travail d’Alastair Crooke du 5 octobre, où est évoquée une analyse analogique entre notre époque et celle de la fin du XIXème siècle, lorsque l’Allemagne du ‘chancelier de fer’ s’affirma en Europe... Mais contre la France cela, cette fois c’est avec elle ; j’ignore, moi, si l’on doit en être satisfait, c’est-à-dire si la comparaison qui paraît juste en fait de circonstance dans l’esprit de la chose, l’est au niveau qualitatif ; c’est que nous nous trouvons, un siècle et demi plus tard, dans cette situation d’arrière-cour et de cave sordide de l’histoire, surtout lorsqu’il est question de l’Europe.

• Pour étayer son propos, Crooke nous renvoie à deux autres auteurs excellents, qui tous deux nous parlent des mêmes questions, considérées sur le long terme. L’ancien diplomate indien Bhadrakumar développe l’analogie avec la période 1870-1914 et esquissant l’idée d’une renaissance de l’impérialisme allemand. Dimitri Trenine, du Carnegie Centre de Moscou et autre ami de nos pages, est également cité par Crooke, à partir d’un texte du 16 septembre qui garde toute sa saveur... Qu’on en juge, rien qu’au fumet :

« L’empoisonnement du militant de l'opposition Alexei Navalny est devenu un tournant dans les relations russo-allemandes. Les détails de l'incident sont encore largement flous, mais ce qui est clair, c'est qu'il a poussé Berlin à prendre une décision cruciale pour la politique étrangère allemande : elle ne suivra plus une politique spéciale à l'égard de la Russie. [...]
» Ce rôle particulier joué par l'Allemagne et son chancelier ces dernières années appartient désormais au passé. Désormais, l'Allemagne aura la même attitude envers la Russie que tous les autres pays d'Europe occidentale. Au niveau de la rhétorique, cela signifiera une opposition indéfectible de Berlin à la politique étrangère et intérieure du Kremlin, une critique sévère des mesures spécifiques prises par Moscou et une solidarité forte avec les pays d’Europe de l’Est. Sur le plan économique, beaucoup s’attendent maintenant à l’annulation du projet de gazoduc Nord Stream 2. Sur le plan diplomatique, nous assisterons probablement à une restriction importante des contacts officiels et peut-être à une suspension du dialogue au plus haut niveau.
» Il est peu probable que le président russe Vladimir Poutine ait envisagé cette tournure des événements lorsqu’il a autorisé le transport aérien de Navalny de la ville sibérienne d’Omsk à Berlin pour y être soigné. Il s’attendait probablement à ce que la chancelière allemande Angela Merkel coopère et à ce que l'aide de l'Allemagne permette de sortir ensemble d’un incident désagréable sans que la réputation de la Russie en souffre davantage.
» On ne peut qu'imaginer comment Poutine a réagi à l'annonce de Merkel que Navalny avait été empoisonné avec l'agent neurotoxique Novichok. Un coup de poignard dans le dos est la réaction la plus légère qui me vient à l'esprit. Pour Poutine, ses relations personnelles avec les dirigeants étrangers sont d'une importance majeure dans la détermination de la politique étrangère, et il n'oubliera pas les actions de Merkel... »

... Ce qui nous ramène à la réaction furieuse de Zakharova après la décision des franco-allemands de former un front antirusse au sein de l’UE. On prépare déjà les sanctions.

Là-dessus, je vous avouerais aussitôt que, malgré la justesse de ces analyse, l’impeccable rigueur qui est déployée pour les développer, je ne crois plus à rien de tout cela, je pense que tout cette apparence d’agencement, ce simulacre de structuration qu’on pourrait encore déstructurer, je pense et crois que tout cela n’est plus que poussière de souvenirs qu’un peu de sable efface.

La “renaissance de l’impérialisme allemand” qu’on nous ressort à peu près tous les 3-4 ans au moins depuis 1991, et depuis 1955 si on en croit les gens de la RDA d’alors et du site WSWS.org d’aujourd’hui, tout cela ne m’importe plus guère. L’Allemagne a définitivement démontré ses qualités atoniques de bestiau châtré et producteur de belles voitures ; quant à la France de Macron, ma doué, – décidément Danton postmoderne, – de la com’, encore de la com’, toujours de la com’. Macron, qui dit parfois des choses intéressantes, est totalement sans la moindre substance et totalement déstructuré lui aussi, avec une colonne vertébrale en forme d’éclair au chocolat ramolli, il vous glisse entre les doigts comme une anguille baladeuse dès qu’on veut mettre en regard une de ses paroles intéressantes et ses simulacres d’actes politiques. L’angoissante question que soulève son règne est celle-ci : mais après tout, Macron ne correspond-il pas à la France ? N’en est-il pas le reflet parfaitement exact ? ... Plutôt, dirais-je, ‘angoissante(s) question(s)’ puisqu’il y en a deux, et l’on sait d’ailleurs que les poser c’est déjà y répondre. Comme ça, c’est plus court.

La seule chose sérieuse dans cette affaire est à voir bien entendu du côté de Poutine et de la Russie, et l’étonnant entêtement du président russe à croire qu’il y a quelque chose à attendre d’un Allemand, d’un Français ou de l’UE, ou quoi que ce soit du bloc-BAO d’ailleurs. On me dira : que peut-il faire d’autre que de tenter de raccommoder ce qui peut l’être sans rien attendre de particulier, ni d’ailleurs la moindre réelle réparation ? Pourtant non ! Je trouve qu’il devrait un jour vraiment taper du poing sur la table, menacer l’un ou l’autre d’attaques hypersoniques et hollywoodiennes, faire un peu d’esbroufe, du tapage quoi... Disons qu’il serait intéressant de voir l’effet provoqué dans la fourmilière ; rien d’autre d’ailleurs : “intéressant”, ou peut-être tout simplement amusant.

Je veux dire par là qu’il n’y a plus aucun jeu à jouer. La position des Français et des Allemands est un simple retour d’élastique d’une politique totalement prisonnière des bureaucraties en place, notamment européennes. On n’imagine pas la montagne extraordinaire de sanctions que l’UE prépare actuellement contre la Biélorussie : quelque chose pour détruire ce pays à partir d’une circonstance anodine, entreprise selon un rituel subversif mélangeant Soros et Pompeo que tout le monde connaît. Tout ça pour fourrer ce pays dans les bras de la Russie et pousser des cris d’orfraie à cause de l’agressive agression russe.

Je me demande pourquoi il y en a tant pour se plaindre d’une absence de politique extérieure et de sécurité de l’UE. Mais il y en a bien une, énorme, colossale, écrasante ! Totalement fixée-figée sur un marigot collant, écrasant de tout son poids la moindre initiative, la moindre pensée inconforme, aussi puissante qu’elle est incroyablement stupide, voilà ‘notre-Europe’. Qui a dit qu’elle n’a pas de politique, celui-là n’a qu’à aller se promener dans les labyrinthes prétentieux et hystériques du Berlaimont, masque en bataille ! Dans cette époque des ébranlements stupéfaits, des étonnements satisfaits et des sombres regards zombifiés, l’Europe triomphe, exulte et étend la flagrance abyssale de sa formidable flasquitude, de sa mollassonerie cotonneuse sur les terres fécondes, genrées, racisées, Sorosisées, positivement discriminées, ces terres sociétales et moralinées de notre continent géniteur asexué de cette civilisation si bien pliée, qui nous berce sans la plus petite inégalité, sans la moindre discrimination, sans à-coups et sans à-valoir, et sans rien du tout enfin...

Chez nous, Monsieur, dans nos histoires, le mot ‘Rien’ a remplacé le mot ‘Fin’.

  • 8 octobre 2020 à 00:00

Novichok, le nouveau must du Spa

Par info@dedefensa.org

Novichok, le nouveau must du Spa

Au cours du siècle dernier, la guerre chimique est passée d’un moyen stratégiquement inutile mais techniquement efficace pour ruiner la santé de nombreuses personnes à un moyen politiquement puissant mais techniquement inefficace de jouer à des jeux politiques sur son utilisation présumée – mais généralement non prouvée. Et cette année, même les jeux politiques se sont transformés en quelque chose de pire qu’inutile.

Vous êtes peut-être, ou non, un grand fan de l’empoisonnement de masse mais, soyons honnêtes, la guerre chimique est définitivement tombée en désuétude. Pendant la Première Guerre mondiale, les attaques chimiques ont fait environ un demi-million de victimes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus d’un million de personnes ont été tuées par l’utilisation du Zyklon B. Plus tard, en 1988, les forces de Saddam Hussein ont utilisé des armes chimiques – fournies par les Américains – contre les Kurdes à Halabja, tuant jusqu’à 5 000 d’entre eux et en blessant peut-être deux fois plus. Mais depuis lors, les utilisations présumées d’armes chimiques ont été en grande partie politiques.

Un exemple en est l’attaque chimique de 2018 dans la Ghouta orientale en Syrie, qui a fait moins de cent victimes et qui était très probablement – en appliquant une norme occidentale contemporaine de preuve – une provocation occidentale contre le gouvernement syrien. En effet, le nombre de fausses attaques chimiques en Syrie est tombé à zéro immédiatement après la mort – que ce soit un meurtre ou un suicide – de James Le Mesurier, chef de la fausse organisation humanitaire dites des Casques Blancs. C’était comme si quelqu’un avait actionné un interrupteur !

Les deux derniers cas d’attaques chimiques présumées contre des individus – Sergei Skripal et sa fille Yulia à Salisbury, Wiltshire, Royaume-Uni en 2018, et contre le blogueur russe de l’opposition Sergei Navalny en 2020 – n’ont tué personne. Le lien entre les deux affaires est l’utilisation présumée d’une arme chimique russe – mais en fait soviétique – légendaire sur le champ de bataille, le Novichok, et c’est plutôt une tentative car aucune preuve n’a jamais été présentée au public. Jusqu’à preuve du contraire, il serait sage de supposer que les manigances autour du Novichok sont aussi réelles que les bouffonneries de feu Mr Le Mesurier en Syrie.

Le but de l’utilisation du Novichok est de tuer instantanément tout le monde aux alentours. Comme cela ne s’est produit dans aucun des deux cas, nous sommes obligés de nous demander si quelqu’un s’est donné la peine de trouver un moyen d’administrer le Novichok à des doses non létales, très faibles mais facilement détectables. Il est douteux que cela soit physiquement possible ; le Novichok est un gaz instable qui résulte du mélange de deux ingrédients stables amorcé par la détonation d’un obus d’artillerie ou d’un missile. Et puis il y a une autre question qui mérite réflexion : compte tenu de toutes les façons parfaitement raisonnables et fiables de tuer une personne, pourquoi diable quelqu’un se donnerait-il la peine de le faire de cette façon ? Comme aucune réponse à cette question n’est disponible, nous devrions supposer que le Novichok est de la même nature que les créatures mythiques conçues pour effrayer les petits enfants et les amener à bien se comporter.

Nous ne savons pas ce qui est arrivé à Sergei Skripal, un personnage louche, un has-been dont le sort n’intéresse personne en dehors de sa famille. On dit qu’il est vivant mais qu’il se cache quelque part. Mais le public a eu droit à une mise en scène soigneusement gérée par une apparition post-Novichok de Yulia Skripal. Et ce que nous avons vu était vraiment étonnant. [...] Avant le traitement au Novichok, ce que nous voyons, c’est une femme triste, mal habillée et vieillissante qui s’était clairement laissée aller. Elle semble beaucoup aimer le vin et affiche un léger surpoids. Il existe de nombreuses photos similaires d’elle – devant une assiette de nourriture et tenant un verre de vin – qui indiquent une sérieuse prédilection pour la nourriture et la boisson.

Après le traitement au Novichok, nous avons maintenant une femme qui a peut-être dix ans de moins, mince, radieuse, élégamment vêtue, pleine d’esprit et manifestement beaucoup plus heureuse qu’avant et réconciliée avec elle-même et sa vie. Plus surprenant encore, sa vue s’est améliorée : sur la photo prise avant le traitement Novichok, elle porte des lunettes qui, d’après la réfraction, indiquent une myopie sévère, alors que, selon les apparences, après le traitement elle lit des notes qu’elle tient à une certaine distance des yeux mais ne porte pas de lunettes. Le seul signe qu’il lui soit arrivé quelque chose de fâcheux est la cicatrice de trachéotomie sur son cou. Il ressort clairement de tout cela que ce que Yulia Skripal a reçu des mains des médecins militaires britanniques super-secrets était une sorte de traitement thermal super chic. Je l’appellerai « le Spa Novichok ».

Le dernier incident impliquant prétendument le Novichok s’est produit assez récemment. Le mignon blogger russe et candidat de l’opposition, Alexei Navalny, est tombé malade lors d’un vol de retour à Moscou en provenance de Sibérie où, comme d’habitude, il a prétendu enquêter avec intrépidité sur de graves malversations d’une sorte ou d’une autre. L’avion a été détourné vers une ville de province où des médecins locaux lui ont sauvé la vie. Une fois son état stable, il a été transporté par avion à la clinique de la Charité en Allemagne et peu de temps après, les autorités allemandes ont déclaré qu’il avait été empoisonné par… roulement de tambour s’il vous plaît… le Novichok, bien sûr !

Notez qu’aucune des personnes autour de lui, ni dans l’avion, aucun des médecins qui l’ont soigné et personne à la Charité n’est mort foudroyé sur place comme ils l’auraient fait si du Novichok avait été déployé à proximité. Une fois de plus, on nous demande de croire que ce poison de champ de bataille peut être administré à des doses homéopathiques, non létales, mais facilement détectables. S’agit-il d’un autre exemple de Spa Novichok ? A vous de juger [selon] des photos d’Alexei avant et après. Avant le traitement, il semble en surpoids, flasque et dépressif ; après, il semble en forme, mince et tranquillement exalté. Sa femme semble également satisfaite du résultat.

Tout le monde est heureux qu’Alexei se soit rétabli, le gouvernement russe en particulier. Pour situer Alexei dans un contexte politique, imaginez un chœur de personnes portant toutes un T-shirt « Je suis avec un idiot » avec une flèche pointant vers la droite. Alexei est au milieu. A sa droite, les différentes ONG occidentales qui ont canalisé des ressources financières vers lui ; à sa gauche, ses différents sous-fifres russes locaux qui ont été payés pour manifester bruyamment grâce à ces ressources financières. Et tous les Russes regardent cette ligne de chœur et votent pour Poutine ou, s’ils ne trouvent pas Poutine suffisamment nationaliste, pour Jirinovski, le pauvre Alexei se situant autour de 1% dans la plupart des sondages d’opinion. S’il venait à mourir, il y aurait une chance que les Américains – qui avaient formé Alexei pour son rôle de leader de l’opposition russe – trouvent quelqu’un de réellement compétent cette fois-ci. Heureusement, il est bien vivant.

Quant à ce qui s’est réellement passé, nous avons maintenant quelque chose qui ressemble à une confession. Dans une conversation rapportée entre le président français Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, ce dernier s’est aventuré avec prudence à dire que Navalny, étant un personnage si original, aurait pu s’empoisonner lui-même pour des raisons personnelles. Et puis Navalny, qui s’était alors remis, a réagi à cette nouvelle d’une manière purement freudienne : « Poutine m’a déjoué. Il n’est pas facile à duper. En conséquence, comme un idiot, j’ai passé 18 jours dans le coma, mais je n’ai pas obtenu le résultat que je voulais ». Il n’est pas le seul ; tous ceux qui ont pris le train en marche du Novichok ont l’air bien stupide maintenant.

Compte tenu de tout cela, je me risque à penser que le Spa Novichok ne sera pas particulièrement populaire à l’avenir.

 

29 septembre 2020, Club Orlov, – Traduction du Sakerfrancophone

  • 8 octobre 2020 à 00:00

Notes sur l’apocalypse-Covid

Par info@dedefensa.org

Notes sur l’apocalypse-Covid

7 septembre 2020 – L’infection au Covid19 du président des États-Unis annoncée vendredi, son hospitalisation illico-presto, son retour à la Maison-Blanche presto-illico, et aujourd’hui nous laissant dans la plus complète et tragique incertitude concernant la suite nécessairement terrible et immédiate de la crise du système de l’américanisme, – Trump sera-t-il décédé la semaine prochaine ou triomphera-t-il le 3 novembre ? – tout cela a marqué un formidable tournant dans la progression de la Grande Crise de l’Effondrement du Système (GCES). L’événement, déclenché à un moment-charnière incroyablement porteur de conséquences extrêmement importantes, a marqué symboliquement et opérationnellement la rencontre fusionnelle de la crise-Covid19 et de la crise-USA2020 (élection présidentielle aux USA). Désormais, les deux crises n’en font plus qu’une dans notre évaluation, ce qui marque une transmutation absolument décisive de la crise-Covid19 et confirme son importance quasiment ontologique pour la situation générale.

Nul ne peut songer à nier combien cette année 2020 est marquée par des événements inattendus et complètement inédits, voire improbables et incongrus ; des événements générateurs d’accélération crisique, bien entendu de la GCES elle-même d’une part, de la perte de contrôle de ce qui restait de contrôlable dans cette crise générale d’autre part. 2020 est le champ de ruine qui acte la perte totale du contrôle des événements de la politique générale et de l’orientation civilisationnelle par les Sapiens-Sapiens.

Il découle de ce qui précède que ces événements doivent être classés comme ‘supra-humains’, comme nous avons désormais l’habitude de faire pour la catégorie dite-‘stratégique’ des événements. Grosso modo, il y en a deux ou trois qui forment ce qui est décrit en introduction, tous liés à la même dynamique :

• La pandémie Covid19, dans ses effets, quelle que soit sa réalité, sa matière, ses interprétations, qui s’avère à la surprise générale une crise politique de première dimension, et bien entendu la crise-matrice des autres, de cette année 2020 ;

• La mort de George Floyd le 25 mai, si l’on veut en ce qu’elle a été l’occasion d’une dynamique de révolte aux USA, ponctuelle mais encore sous contrôle de manipulateurs, et sans terme prévisible selon leur logique apparente ;

• l’infection Covid19 de Trump, quelle que soit son intervention, épisode crisique majeur qui noue fortement le lien entre la crise-Covid19 et la crise-USA2020, dont la puissance est intrinsèque, par sa forme et par le ‘moment politique’ qu’on croirait ‘choisi’, – ni trop tôt pour permettre une résolution bien structurée, ni trop tard pour empêcher les effets politiques de prendre forme.

Nous allons nous concentrer sur la crise-Covid19 qui est manifestement le facteur-clef et l’élément d’une complète originalité. Pour autant, on doit garder à l’esprit tout ce que nous avons évoqué ci-dessus, essentiellement à propos de ses interférences directes, politique, etc., dans les autres événements crisiques et dans la GCES par conséquent.

PhG, « homme stupéfié »

On n’a pas, dans ces colonnes, vraiment ‘pris position’ par rapport au Covid19, – littéralement écrit, comme s’il y avait un choix politique à faire ! ... Pour son compte parce qu’il est d’un monde où il n’était pas de mode de bouleverser le monde pour une épidémie mondiale, PhG fut, dès l’origine de la présente séquence crisique,  un « homme stupéfié » (le 15 février 2020) par l’effet de Covid19 sur le monde. Un long extrait de son texte à ce propos nous permettra de souffler (par avance), ou bien pour ceux qui s’en rappellent de sauter et de passer à la suite.

 « Il y a eu un certain nombre d’épidémies de mon temps, notamment au XXème siècle, et j’ai l’expérience de l’effet de communication et psychologique de certaines d’entre elles. Je ne vous parlerai pas de l’épidémie de “grippe espagnole” (tout de même un milliard de contaminés et entre 40 et 100 millions de morts selon les évaluations) ; oui, j’étais encore un peu trop jeune, inexpérimenté, la tête ailleurs. Par contre j’ai vécu à l’âge d’une conscience presque déjà faite, ou déjà faite, notamment le temps de la “grippe asiatique” de 1957 (4 millions de morts, venue de Chine, – tiens donc) et celui de la “grippe de Hong-Kong” de 1968 (un à 2 millions de morts, venue de presque-la-Chine, – tiens donc). [...]
» Ce dont je puis témoigner “de l’extérieur”, – car je ne me suis pas vraiment intéressé à ces phénomènes mais en étais informé d’une manière générale, puisque déjà attentif aux affaires publiques du monde, indirectement ou directement sinon professionnellement, – c’est que dans aucun cas je n’ai le souvenir de ce déferlement extrêmement rapide sinon quasiment immédiat de préoccupations fiévreuses et parfois paniquées ; d’interprétations extraordinaires et apocalyptiques, de scénarios contradictoires et accusateurs ; avec des hypothèses de “guerre biologique”, de complots, de dénonciations de complotisme, etc. ; d’alertes économiques aussitôt mesurées à des risques d’effondrement catastrophique ; d’appréciations politiques entrant directement dans le jeu de l’affrontement, ou des simulacres d’affrontement des puissances ; avec enfin des perspectives dont certains vont jusqu’à en faire l’amorce de la fin d’une civilisation et de l’effondrement de notre bien-aimé Système.
» Dans mon temps, les événements survenaient, de manière imprévue mais sans prétention comme il sied à un événement. Nous n’y étions pas préparés et nous nous y faisions, nous nous y adaptions, tant bien que mal. Notre esprit n’était pas, en un instant, emporté par la chose, notre psychologie totalement fixée, et notre jugement immédiatement conduit aux hypothèses les plus extrêmes, jusques et y compris la protestation radicale et furieuse d’ainsi céder aux emportements extrémistes.
» En d’autres mots, nous n’étions pas prisonniers des événements, sinon complices de leur aspect dramatique, qui pour le confirmer, qui pour le combattre ; nous étions confrontés à eux et nous en arrangions comme nous pouvions, jusqu’à n’en plus pouvoir comme les plus malheureux dans ces épisodes. C’était le temps du monde qui poursuit sa destinée, la vie avec ses risques, parfois la mort qui termine le récit pour en ouvrir un autre ; mais jamais vraiment l’emprisonnement ni le bouleversement de soi à la seule nouvelle de la chose, à moins d’une confrontation directe... »

Depuis ce texte du 15 février, un effort certain de documentation a permis de mesurer l’extraordinaire différence d’intérêt et d’attention (de la psychologie autant que de la communication) durant ces deux pandémies, avec celle d’aujourd’hui. Une lecture à la lumière des événements depuis février, par exemple du Wiki sur la ‘grippe de Hong Kong’, encore bien plus ignorée que la ‘grippe asiatique’, donne une idée de cette extraordinaire différence de climat. De façon qu’on pourrait juger étrange, certains regrettent aujourd’hui cette “inattention” d’hier, comme pour applaudir sans bouger des mains ce qui est fait aujourd’hui, l’emprisonnement qui est en train de nous enrober et de nous verrouiller dans l’impuissance et la paralysie... («Il y a une volonté d’oublier un grand raté collectif  [de la ‘grippe de Hong-Kong’] : les politiques, les médias, les médecins. Et un bilan catastrophique : 31 000 morts en deux mois. Personne n’est bien fier de tout cela», selon Patrice Bourdelais, cité par Libération.).

Le monde était-il fou en 1968-1969 pour manquer ainsi d’attention pour lui-même ? La suite de la ‘grippe de Hong-Kong’ a-t-elle montré des effets généraux, – politiques, psychologiques, etc., – pires et plus terrifiants que ce qui semble s’annoncer pour l’après-Covid19, – s’il y a un ‘après’, certes ?

...Ainsi va la ‘Grande Guerre sanitaire’

Le titre du texte récent du Saker-US sur « Le monde devenu complètement fou » [en septembre 2020] a valeur universelle et toutes catégories, donc pouvant s’appliquer à la saga-Covid19, et aussi bien à la situation présentée qu’évoquait PhG en février dernier, en pire, en infiniment pire, comme dans une impuissance totale de se ressaisir, de reprendre le contrôle de soi ... Ce qui est banalement notable, c’est que la tension monte et continue de monter sans fin, à propos partout de la prolongation sans fin discernable de la cavalcade lancée contre le virus. On parle de ‘deuxième vague’, et même de ‘troisième’, là où la houle règne. Il semble parfois et pourtant que nous pourrions imaginer que nous nous approchions d’une sorte de point de rupture dont nul ne sait : “rupture de quoi ?” et “rupture pour déboucher sur quoi ?” tant la situation établie depuis mars semble totalement verrouillée.

• En France, la véritable ‘sédition’ marseillaise d’un week-end dirigée par les élus locaux, contre les mesures qui venaient d’être annoncées dernière par Paris (centre contre grande-province), a trouvé un soutien chez des personnalités dont la diversité témoigne du charme décousu de la variété exotique de cette contestation, – que ce soit par exemple le soutien de Mélanchon ou celui de Jean-Marie Bigard qui traite et interpelle le ministre de la santé de “Olivier Véreux”. (Notez que « Marseille est entre les mains d’un fou » en la personne du professeur  Raoult, selon Raphaël Einthoven.) L’épisode a marqué la limite de l’autorité centrale sur “les territoires”, toute crainte de “séparatisme” mise à part ; moyennant quoi, une semaine plus tard, c’est la région parisienne qui rejoint les Marseillais. L’histoire de France est aujourd’hui centrée sur l’idée d’une ‘Grande Guerre sanitaire’, sorte d’imagerie historique et symbolique de ce ‘tourbillon crisique sanitaire”.

• En Grande-Bretagne par exemple, l’opposition aux mesures anti-Covid devient une fronde régulière de plus en plus suivie, se rapprochant éventuellement du modèles ‘GJ’ (Gilets-Jaunes) où l’on voit une foule populiste, majoritairement pro-Brexit, se lever chaque week-end plus nombreuse contre le Premier ministre populiste dont elle a manifestement été l’électrice.

• Veut-on un autre exemple d’un phénomène encore plus en ébullition ? Prenez le cas d’Israël, où jamais la tension n’a été si forte au sein de la population par rapport au Système, – à cause de Covid19. Toutes les autres questions de ce pays autour de sa sécurité extérieure, lui qui n’a jusqu’ici vécu qu’autour de la problématique de la sécurité extérieure, passent au second plan.

• De toutes les façons, il s’agit d’une tendance née à l’été, qui est commune à toute l’Europe et touche de nombreux pays, sous diverses formes, y compris transnationales .Donc, rien de nouveau même si tout cela est absolument inédit, dans le chef d’une révolte à ce propos alors que tout dans le Système est mille fois motif de révolte. Ainsi, le vrai de l’humaine nature vient-il toujours d’où l’on ne voit rien venir (cas de Covid19, cause de complots divers bien plus qu’effet de ceux-ci), et Covid19 tend à devenir le réceptacle indirect et par conséquent innocent du crime de lèse-Système, de l’activité antiSystème consciente ou intuitive.

Il est peu utile de poursuivre cette liste évidente et connue de tous, qui ne fait que se renforcer et s’allonger comme si elle avait pour tâche de structurer la Grande Crise et cette Grande Guerre sanitaire. La crise du Covid est devenue un immense champ de désordre et de chaos, où s’affrontent des conceptions divergentes, où les scientifiques sont eux-mêmes déchirés, où circulent les théories complotistes les plus variées et les plus délassantes, où s’exerce une censure à la fois disparate, incompréhensible, impitoyable, absolument illégitime et complètement stupide, etc. Covid a activé l’Effondrement du Système et en expose tous les effets et les éclats. C’est évidemment de ce point de vue général qu’il importe d’appréhender l’événement cosmique auquel nous assistons.

En d’autres mots, il n’y a rien à attendre de concret, d’organisé, de décisif de ces événements et de ce désordre. On note simplement ces points divers :

• ces événements ont lieu ;
• ils ne cessent pas et ne cessent de ‘rebondir’, entretenant et relançant le tension constante ;
• ils mettent en évidence autant qu’ils le favorisent ce fait qu’on ne s’habitue pas aux contraintes de Covid, que ni la durée ni la répétition ne parviennent à les banaliser ;
• les autorités qui ont choisi de s’impliquer dans la crise dans le sens de la lutte contre Covid sont conduites à s’impliquer de plus en plus, ne cessant pas de se mettre en position de ne céder sur rien de l’essentiel ;
• quelle que soit l’orientation qu’on adopte pour considérer cette situation, le blocage paraît irrémédiable, dans la mesure où les choix non coordonnés de la majorité des pays implique leur engagement dans une ‘guerre contre le Covid’ ;
• ainsi va la ‘Grande Guerre sanitaire’, sans doute sorte de Guerre mondiale hybride de tous contre tous.

Regarder la GCES en temps réel

Ce qui est remarquable d’autre part dans le cas-Covid, et qui est absolument sans le moindre rapport avec aucune des pandémies du XXème siècle, et d’ailleurs de quasiment toutes les pandémies qui ont précédé, c’est son interprétation immédiate en termes politiques et même hyper-politique, ou ‘sur-politique’ comme l’on dit ‘surréaliste’. Nous ne parlons pas des effets et des conséquences politiques à terme (comme certains remarquent que la Grande Preste du XIVème siècle a eu des conséquences politiques et géopolitiques considérables.) Nous parlons de la perception immédiate, quasiment en temps réel ; et son interprétation idéologique quasiment immédiate elle aussi. Cela est absolument, complètement sans précédent ; et, par conséquent, on observe des conséquences politiques et psychologiques également immédiates et sans précédent dans cette situation, complètement hors-Covid19 ; par exemple sur les relations des USA avec la Chine, sur l’évolution de l’élection présidentielle aux USA et les troubles sociaux déstructurants graves depuis le 25 mai (Grande Emeute-2020).

Cela rejoint notre remarque faite à propos du 11 septembre, et qui est exclusivement la conséquence d’un système de la communication qui a franchi un palier et a changé de nature, et cela très souvent répété ; et cette remarque ne définissant plus désormais un instant exceptionnel (le jour du 11-septembre) mais une séquence temporelle en continu, établie depuis des mois et semble-t-il sans fin concevable sinon le passage dans une autre dimension de la métahistoire :

« ...[E]n même temps que nous subiss[ons] cet événement d’une force et d’une ampleur extrêmes, nous observ[ons] cet événement en train de s’accomplir et, plus encore, nous nous observ[ons] les uns les autres en train d'observer cet événement. »

Là-dessus, on peut et l’on doit faire certaines remarques.

• Le désordre concernant la “stratégie” à suivre contre la pandémie, évident dès le début, n’a cessé de se confirmer : désordre aussi bien à l’intérieur des pays, qu’entre les pays. Les positions vis-à-vis de la pandémie (défense sanitaire/confinement prioritaires versus un retour à la normale le plus rapide possible) ne sont nullement coordonnées ni alignées, ni encore moins fixées, et dans certains cas elles varient au sein des autorités même. Il y a le cas de la France, le gouvernement a tergiversé, écarté les alertes, reculé le plus possible le confinement, rejeté le port du masque, etc., pour observer ensuite une position contraire, très stricte ; puis à nouveau privilégier le déconfinement, avant à nouveau de forcer à de nouvelles mesures (actuellement) ; entretemps, le port du masque devenu obligatoire, etc. Tout cela rend difficile, – même si l’on tend à garder son calme et à jouer le jeu avec mesure, – de suivre la thèse d’une concertation, d’une coordination, d’un ‘complot’ même, – c’est-à-dire le thème de la manipulation des populations par un pouvoir supérieur coordonnant les acteurs gouvernementaux.

• Le désordre se trouve également dans le sens des politiques choisies, entre pays d’un même ‘bloc’ (bloc-BAO, pour le nommer d’une façon indubitable et selon l’intérêt que nous lui portons). Des gouvernements ont suivi une ligne anti-confinement avant de changer à 180° (Royaume-Uni), d’autres ont suivi une ligne modéré sur le confinement (Allemagne, aussitôt élevée au rang de ‘meilleur élève de la classe’ par les élitesSystème françaises), d’autres une ligne anti-confinement stricte (Suède), enfin il y a la ligne des mesures strictes imposées (France en fin de parcours à ce jour, démocrates aux USA).

On peut accumuler des remarques de cette sorte, d’ailleurs avec effets au niveau des dissidents élaborant des thèses complotistes : eux aussi ont varié/varient entre l’affirmation que les gouvernements veulent laisser mourir leurs populations et ne font rien, à l’analyse inverse de la volonté de contrôle absolue (confinement, etc.) sinon de ‘génocide’. On a cité le cas de WSWS.org , avec sa thèse maximaliste qui mesure l’extrémité des perceptions et des appréciations : « Depuis quelques semaines, cette thèse et cet outil sont le terrain d’action préféré des trotskistes et des autres, WSWS.org occupant l’argument radical que la poussée pour l’abandon du confinement et la reprise de l’activité, dans le chef des groupes capitalistes oppressifs, a pour but principal d’accélérer la pandémie et de provoquer un véritable génocide des plus pauvres et des plus démunis parmi les travailleurs... »

Le spectre de l’URSS contre Ron Paul

Quoi qu’on pense sur les origines de la crise, – et nous pensons qu’il n’y a pas eu de réelle organisation, manipulation, etc.,, – il y a bien une crise non seulement sévère mais catastrophique, dont les effets et enchaînements d’effets sont tout simplement extraordinaires. Le caractère de politisation extrême de l’épisode est désormais quasi-systématique et l’on retrouve les grands affrontements autour du Système, avec les diverses factions, et cela dans un ensemble chaotique et furieux au contraire de l’organisation que certains supposent, qui est radicalisée par les autres crises et radicalisent en effet-miroir ces autres crises. Le meilleur cas à cet égard est l’élection USA2020, mais la France pour notre compte n’est pas mal non plus ; ces deux pays présentent d’ailleurs une antinomie de la forme des effets politiques caractéristique :

• Aux USA, les effets sont d’exacerber la haine extraordinaire existant au niveau politique et l’accélération du désordre public et de la désintégration de tous les pouvoirs et des processus institutionnels jusqu’à gravement menacer la structure du pays ;
• en France, les effets sont d’exacerber le désordre des politiques et des réactions de ces politiques jusqu’à une complète incompréhension du cours des événements, perceptible même dans les commentaires de plus en plus excédés de la presseSystème et des moyens de communication normalement alignés sur le Système et sur eux-mêmes (mais qui peut dire où est la ligne et s’il y a une ligne ?).

Dans ce climat et ce chaos général, des forces puissantes tentent d’intervenir pour saisir la maîtrise de la situation et l’orienter dans le sens qu’elles veulent. C’est par exemple le cas des GAFAM aux USA et cela n’aboutit qu’à accentuer le désordre et à mettre en évidence les projets de domination de certaines de ces forces. On citera comme un exemple significatif et surtout symbolique l’action de YouTube contre l’Institut pour la Paix de Ron Paul, et la réaction de Ron Paul, parlementaire et médecin, connu pour sa mesure et sa sagesse, sa connaissance et son respect de la légalité, qui écrit dans sa dernière tribune du 28 septembre cette chronique absolument furieuse :

« En Union soviétique, il était interdit de contester la sagesse de la ‘ligne du parti’. C’était parce que le communisme marxiste était considéré comme la progression scientifiquement inévitable de l'humanité. Pour Marx et Lénine, ‘la science autorisée’ était maîtrisée et juste. Par conséquent, quiconque s'élevait contre la ‘science’ du système soviétique était automatiquement considéré comme agissant avec malveillance : il devait en fait vouloir la destruction, il cherchait la mort des gens.
» Toute personne s'opposant à la ‘science autorisée’ du marxisme-léninisme a rapidement vu sa voix réduite au silence. Souvent de façon permanente.
» Ironiquement, 30 ans seulement après la désintégration de la ‘science’ du marxisme-léninisme aux yeux du monde entier, nous assistons ici aux États-Unis à la résurgence de l'idée selon laquelle la mise en question de ‘la science officielle’ n’est pas la recherche de la vérité ou la détermination et la compréhension de ce qui semble être des preuves contradictoires. Non, c'est en fait souhaiter du mal à ses concitoyens américains.
» Et bien que nous qui remettons en question ‘la science officielle’, nous ne soyons pas physiquement envoyés dans les goulags pour avoir contesté la sagesse [du CDC ou de l’OMS], nous constatons que le résultat est le même. On nous réduit au silence et on nous accuse d'avoir des intentions malveillantes. Les communistes soviétiques ont traité les dissidents comme nous de ‘démolisseurs’. [...]
» YouTube, propriété de Google, qui est fermement intégré au ‘DeepState’, a expliqué en termes vagues que nous avions violé les ‘normes de la communauté’ en rapportant les propos de scientifiques qualifiés qui se trouvent être en désaccord avec le discours dominant sur le coronavirus.
» Ils ont offert cette explication choquante dans un courriel qui nous a été envoyé au Ron Paul Liberty Report :
» “YouTube n’autorise pas les contenus qui contestent explicitement l'efficacité de l’Organisation mondiale de la santé”.
» Incroyable !
» Ce n'est pas la science qui est ‘autorisée’. Ce qui semble être ‘autorisé’, c’est la démarche de faire taire quiconque demande ‘pourquoi ?’ »

On mesure dans cette intervention l’extraordinaire politisation des attitudes, des réactions, des mesures, etc., dans une matière qui ne l’est en principe pas. Tant il est vrai que la crise-Covid fait éclater toutes les barrières, tous les cloisonnements, pour donner le champ libre à toutes les facettes du tourbillon crisique accompagnant l’effondrement du Système.

Franchement, « est-ce bien raisonnable » ?

La question au bout du chemin, de la crise, est justement de savoir s’il y a un terme de la crise et un “au-bout du chemin” que nous puissions, nouys, concevoir (sabns parler de contrôle, bien entendu). En d’autres mots plus guerriers, puisqu’il fut question d’une ‘guerre’ et que l’idée n’a pas été révoquée mais est devenue structurelle : finira-t-on par ‘vaincre’ le Covid19 ? Il est vrai qu’on voit mal le sournois et ravageur Covid19 se suicider dans son bunker comme le chancelier-Führer bien connu.

Il est difficile de beaucoup s’attacher à ce sujet de la ‘capitulation sans condition’ du Covid. Pour marquer ce que pourrait être selon notre jugement parsemé d’expériences comme déjà-vu, d’une attitude d’assez bon sens, on citera des extraits d’une tribune d’un médecin, le professeur Carpentier, chef de service de neurochirurgie à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, reprise le 25 septembre d’un texte paru le 23 septembre dans le quotidien Les Échos, sur l’acceptation du « risque raisonnable d’être contaminé ».

« A la mi-mars, le monde s’arrêtait de tourner, grippé par le Covid-19. Six mois plus tard, les bavettes chirurgicales à la pâleur spectrale masquent les visages sur tous les continents. La peur de la contagion immobilise… Mais est-ce bien raisonnable de la laisser asphyxier notre pays ? Est-ce bien sensé de la laisser nous étrangler ? […]
» Peut-on revenir à la raison et mettre fin à cette médecine sanitaire préventive de groupe qui paralyse la France ? On égrène nos morts dans des litanies Covid à faire pâlir notre quatrième âge, mais pourrait-on mettre en balance toutes les victimes collatérales ô combien nombreuses : suicides, dépression, pauvreté et exclusion, surendettés, licenciés, déscolarisés, patients non-Covid et faillis. Un enfant qui décroche, un chef d’entreprise qui licencie faute de commandes, ne méritent-ils pas qu’on se libère de nos excès de précaution ?
» Empêcher un virus de circuler est une illusion. Plus de 60 % de la population sera atteinte, quel que soit le niveau de coercition des règles sanitaires. Ce sera ainsi et ce sera ‘la faute à personne’. C’est la vie d’un virus.
» Chaque année, des gens meurent de la grippe, bien que vaccinés. La maîtrise d’un virus n’est donc que partielle. Elle le sera tout autant avec le prochain antidote Covid. Et rappelons aussi 80 % des personnes emportées par les grippes saisonnières ou le Covid-19 ont plus de 75 ans : à quel âge la mort a-t-elle le droit de voler son butin sans qu’on l’impute à un autre ? Reprenons donc le cours de nos vies, acceptons de prendre le risque raisonnable d’être contaminé comme nous l’avons toujours fait. A-t-on jamais arrêté le pays pour pic épidémique de grippe ? Le “protéger quoi qu’il en coûte” aura un effet boomerang trop considérable pour que nous poursuivions ainsi plus longtemps.  […]
» Libérons de toute responsabilité morale les directeurs d’école, les chefs d’entreprise et nos gouvernants pour que la vie ne s’arrête plus, pour que les conséquences sociétales déjà majeures ne s’alourdissent pas. Le ralentissement économique d’un pays peut très vite engendrer une double faillite, sociale et sociétale, impactant non pas seulement une population à un temps T, mais plusieurs générations. Aujourd’hui nous sacrifions l’avenir, nous sacrifions nos jeunes.
» Alors, acceptons le risque d’être vivant et vivons pleinement notre vie de mortels. Là seulement réside notre vraie responsabilité. »

To be or not to be 'en réa’

Il faut aussitôt constater qu’une telle issue est absolument inenvisageable, impossible à concevoir, encore moins à réaliser, avec une direction faite d’un mélange de scientifiques occupés à se chamailler entre les subventions de Big Pharma pour affirmer le triomphe de la Science, d’une bureaucratie absolutiste et ennemie absolue de toute perte de contrôle de la situation et bloquant ainsi tout processus de décision libératrice, de dirigeants politiques lestées de leurs discours humanitaristes, des résultats des sondages et de leur totale impuissance politique. Autour de cela, le système de la communication, entre ses critiques, ses hypothèses, ses polémiques et ses idéologies, établit une ceinture serrée et infranchissable, – le tout constituant un véritable camp de concentration où s’ébroue la folie des débats de cette direction complètement vidée de toute substance et complètement déstructurée, et dont le seul but est de ne pas ‘ne plus sembler diriger’.

La déstructuration totale du pouvoir lui ôte toute possibilité d’envisager une décision structurée, c’est-à-dire qui prendrait en compte l’appréciation collective de la situation. Le résultat est une façon de raisonner des dirigeants complètement individualiste, ce qui conduit à une microgestion des crises, et écarte effectivement la possibilité de décisions non seulement efficaces, mais plus encore, portant sur autre chose que le simulacre que nous nous sommes, – qu’ils se sont construits. Cette démarche, si elle détruit tout sens politique, favorise l’affichage bien dans les habitudes de l’époque d’une préoccupation humanitariste des individus. La démarche devient complètement individualiste ; la direction politique s’adresse à un citoyen, plus qu’à tous les citoyens, et prend ses ‘décisions’ en fonction de lui.

Ainsi cette déclaration, en réponse à une question, du ministre français de la santé Olivier Véran, le 27 septembre 2020 lors de l’émission RTL-LCI Le Grand Jury. Une des questions débattues concernait évidemment les diverses mesures prises, annulées, reprises, etc., concernant différents secteurs, lieux, activités, etc., toutes choses qui contrarient évidemment une reprise d’une ‘vie normale’, – qui serait après tout, selon nous et nullement selon les personnes citées comme l’on s’en doute, celle d’accepter « le risque d’être vivant et [de vivre] pleinement notre vie de mortels. »

Se basant sur l’argument sans cesse répété que le ‘confinement’ de mars-juin avait été décidé pour freiner au maximum la contagion parce que les hôpitaux étaient débordés au niveau des lits de réanimation, la question se résumait à ceci : “Si nous avions assez de lits de réanimation aujourd’hui, pourrait-on envisager le retour à une ‘vie normale’, sans plus de contraintes ?”. Véran dit alors (autour de 09’30”-10’00” sur cette vidéo) :

 « Si on a suffisamment de lits de ‘réa’ pour laisser filer le virus, ça veut dire par là qu’on accepte l’idée que des gens vont aller massivement en ‘réa’, mais aller en ‘réa’ ce n’est pas neutre, ce n’est pas anodin... La jeune femme de 47 ans qui était en ‘réa’ dans son lit à Marseille, elle n’a pas demandé à aller en réanimation, elle ne l’a pas... Son sujet, ce n’est pas d’avoir un lit de ‘réa’ pour la soigner, cela signifie qu’on est allé au bout du bout et qu’on a pas le choix... Le sujet de cette femme, c’est de pas attraper le virus, de ne pas développer une forme grave... »

Ces remarques signifient une chose, dans l’extrême de leur logique : tant qu’il y aura une seule personne infectée, – « La jeune femme de 47 ans en “réa’ dans son lit à Marseille », l’on continuera à se battre contre le virus, et par conséquent à faire tourner diverses contraintes dans la vie quotidienne des gens selon la tactique de la Grande Guerre sanitaire. L’issue de la guerre dépend donc du sort d’une seule personne, la dernière personne à être contaminée : c’est une individualisation totale, sinon totalitaire, de la crise. Il est hors de question de revenir à une séquence comme celle de la “grippe de Hong Kong”, où on a « laissé filer le virus » ; il est hors de question de revivre ce « grand raté collectif : les politiques, les médias, les médecins. Et un bilan catastrophique : 31 000 morts en deux mois. Personne n’est bien fier de tout cela »

Cette individualisation implique une victoire totale avec capitulation sans condition de Covid19, jusqu’au « dernier homme » quasiment nietzschéen (formule à revoir, pas assez ‘genrée’). Cela satisfait certes les antichinois (ou anti-muchinois ?) jusqu’à la guerre totale, puisque Covid est une création du PCC que l’on finira bien par attaquer, par réduire, par détruire jusqu’à ce que l’herbe ne repousse plus ; mais cela satisfait surtout le scientisme déferlant qui baigne la direction de la Grande Guerre sanitaire. Là aussi, le politique a, par impuissance désormais actée, cédé sa place à une autorité de substitution, l’autorité scientifique ; et l’enjeu n’est pas tant le pouvoir, comme l’imagine les illustrateurs du complotisme, l’enjeu c’est la Science, c’est-à-dire la Raison, c’est-à-dire le Système.

Capitulation sans condition

La présence de la Science à la tête de l’opération, dans un certain nombre de pays dont certainement la France, peut être vue d’abord comme une inadvertance en même temps qu’une nécessité due à l’impuissance des politiques. La Science (médicale qu’importe, on parle ici de la démarche scientifique) s’adresse à la raison, c’est-à-dire à ‘tout-un-chacun’ en tant qu’individualité. Son projet est bien de rallier toutes les individualités puisque son action se terminera par une intervention vers chaque ‘tout-un-chacun’ concerné par la situation de son propre organisme, et nullement vers une collectivité ayant quelque chose de collectif à considérer, y compris le sacrifice de quelques ‘tout-un-chacun’ pour la sauvegarde de la coillectivité. Ainsi l’individualisme apparaît-il comme le garant de la Science, et par conséquent de la Raison, comme lorsque le citoyen ‘tout-un-chacun’ devient consommateur individuel et permet au capitalisme de progresser. Au reste, on sait combien toutes ces choses sont intimement mêlées depuis qu'un nommé Rouhier a ridiculisé Stendhal en donnant aux Lumières, c’est-à-dire à la Raison, sa véritable ‘raison d’être’ dans la modernité :

« Grave erreur : il  [Stendhal] s’oppose au credo fondamental de l’époque. Saint-Simon a eu le coup de génie de voir que l’industrie considérée d’un point de vue historial était l’achèvement des Lumières, ou si l’on veut un langage plus moderne, le point où la pensée métaphysique se réifie et s’abolit dans la pensée de la technique qui occupe et ferme tout l’horizon. Les Lumières, c’est désormais l’industrie, a indiqué brillamment H. Gouhier. »

Autrement dit, le biais ébouriffant du Codiv19, – les voies de Qui-vous-savez sont décidément complètement impénétrables, un vrai labyrinthe, – a brutalement mis en première ligne la Science et la Raison, non sur un sujet de polémique, d’époque, de communication, non sur un sujet-farfelu et exotique comme la postmodernité nous en réserve, entre transgenrisme et racisationnisme, mais sur un sujet complètement fondamental pour la Science (et pour la Raison). Les choses étant ce qu’elles sont et le Codiv19 n’ayant pas été escamoté comme le fut le H2N2 de la ‘grippe asiatique’, la Science, avec sa belle alliée indispensable la Raison, ne peut envisager de reculer et de réclamer autre chose que la capitulation sans condition.

Nous pourrions tenter comme hypothèse une analogie qui va plus au fond des choses : la Science et la Raison, qui se sont laissés entraîner sur ce terrain de l’affrontement avec le Covid19, se trouvent désormais placées devant la nécessité absolue d’une victoire totale, pour affirmer leur statut fondamental de piliers de la modernité, donc d’outils absolument nécessaire de la modernité pour éviter l’effondrement. Puisque l’on va au fond des choses, alors proposons cette analogie en suggérant de ‘revisiter’ une grande décision historique qui a été largement désinformée en FakeNews métahistorique : l’analogie serait faite avec la décision-surprise de Franklin Delano Roosevelt, en janvier 1943 lors d’une conférence de presse à Casablanca de décider un but de guerre total avec l’exigence de la reddition sans condition de l’Allemagne (et du Japon). Loin d’être une décision intuitive de FDR, comme l’historiographie officielle l’affirme, il s’agit d’une décision personnelle élaborée de FDR, et nécessitée par une situation intérieure difficile, – comme le montra l’historien US Robert Fleming (The New Dealers’War, FDR and the War Within World War II, 628 pages, Basic Books, New York 2001).

De même, la Science et la Raison se trouve, avec Covid19, devant une situation ‘intérieure’ (leur statut fondamental dans l’affirmation du Système et de la modernité) qui nécessité une victoire totale, selon la cause proclamée de la justesse absolue, nécessitant une victoire absolue, de la Science et de la Raison. L’analogie poursuivie par son inversion, – nous doutons grandement, au contraire de FDR avec sa guerre totale, que Science et Raison triomphent du Covid comme FDR, avec l’aide non négligeable de quelques ‘amis’ de circonstance et de fortune (mais il est inutile et peu recommandé de s’arrêter à ces ‘détails’), triompha de Hitler.

Il est vrai qu’entre 1945 et 2020, un long chemin a été parcouru. L’on trouverait, si l’on s’attachait au cas (nous nous y mettrons), beaucoup plus de continuité qu’il n’y paraît entre FDR-1943 et Covid-2020, particulièrement d’un point de vue symbolique ; et Covid-2020 pourrait apparaître comme le double inverti, comme dans un miroir, de FDR-1943. Si la décision de janvier 1943 marque le pas indispensable et symbolique de l’établissement de l’‘empire’ de l’américanisme sur le monde, notamment par le biais de la prise de contrôle absolue de l’Allemagne et du Japon par les USA (avec en sus cette décision de l’accord FDR-Ibn Saoud sur le pétrole de février 1945), et au-delà le triomphe du Système reposant sur la Science et sur la Raison jusqu’à nos jours, alors l’impossibilité d’une victoire sans condition sur le Covid en marque le double inverti et la chute par conséquent.

C’est ainsi que la religion moderniste rencontra son Apostasie fondamentale : Covid19, apostat catastrophique...

  • 7 octobre 2020 à 00:00

Extension du domaine de la crise

Par info@dedefensa.org

Extension du domaine de la crise

Lions ces deux faits qu’on a l’habitude de traiter, quand ion les traite, de façon séparée, et selon des approches différentes : d’une part le retour de Trump à la Maison-Blanche après un très court séjour-Covid à l’hôpital miliaire Walter Reed, à Washington ; d’autre part, la situation de la crise-Covid en France après les nouvelles mesures prises par le gouvernement français, – concernant Paris certes, mais selon une approche qui en fait une application démonstrative de sa ‘stratégie’ générale en la matière.

(Ce lien très fort établi entre deux crises centrales de la période satisfait entièrement notre besoin de cohérence dans le cadre d’un regroupement général sous le chapeau de la GCES qui concerne tout le monde et tous les domaines. Il s’agit alors de la crise du Système.)

• Dans le premier cas, on a déjà vu les polémiques sans nombre qui accompagnent, dans tous les sens, ce qui est désormais l’épisode-Covid19 de Trump selon une séquence désormais close. (Cela n’empêcherait évidemment pas d’autres séquences-Covid19 de faire leur apparition chez lui, selon l’évolution de l’état de santé de Trump.) D’une façon générale, et selon la domination écrasante des progressistes-sociétaux et du Système en général dans la partie officielle et de type-establishment du système de la communication avec la presseSystème comme fanion, les commentaires sont extrêmement, hypocritiquement critiques et diffamatoires, tandis que le sentiment de Trump tel qu’il l’a estimé de retour à la Maison-Blanche n’est pas inutile à consulter. Ici, quelques extraits sur l’épisode, pour ce qui concerne Trump, où l’on voit qu’il symbolise le virus comme acteur dynamique de la campagne (“ne vous laissez pas dominer par le virus” signifie aussi bien “Ne vous laissez pas dominer par les démocrates progressistes-sociétaux”) :,

« Trump a posté lundi sur Twitter une nouvelle vidéo qui semble avoir été enregistrée peu après son départ du Walter Reed National Military Medical Center de Bethesda, dans le Maryland, et son retour à la Maison Blanche.
» “Une chose est sûre : Ne vous laissez pas dominer [par le virus]. N'en ayez pas peur”, a-t-il déclaré. “Vous allez le battre. Nous avons le meilleur équipement médical. Nous avons les meilleurs médicaments.” “Ne le laissez pas vous dominer, ne le laissez pas prendre le contrôle de vos vies”, a ajouté M. Trump, reprenant les mots d'un tweet qu'il avait posté quelques heures plus tôt. »

Maintenant, les réactions les plus défavorables à la suite de sa décision de revenir à la Maison-Blanche, – une seule d’ailleurs, qui suffira amplement à donner le ton. Les démocrates à la manœuvre, bien entendu, comme si eux aussi avaient implicitement sinon inconsciemment compris que Covid19 est un acteur ‘politique’ de l’élection présidentielle, et que discréditer l’action-Covis19 de Trump c’est engager à ne pas voter pour lui le 3 novembre.

« Le court séjour du président à l'hôpital a incité les démocrates à l'accuser de politiser sa maladie. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (D-Californie), a reproché à M. Trump d'avoir passé trop peu de temps à l'hôpital, arguant qu'il pourrait devenir ‘un long-courrier’. Le terme est utilisé pour décrire un patient atteint de Covid-19, dont le test est négatif mais qui subit les effets débilitants à long terme du virus, comme une fatigue importante et une mémoire défaillante.
» “Il ne devrait pas s’en occuper politiquement pour faire croire qu’il a vaincu le virus parce qu’il a eu une bonne politique... Il a été très destructeur et dangereux pour le pays”, a déclaré Pelosi à MSNBC lundi.
» Il n’y a pas que les démocrates qui ont mis en procès le président. Christine Todd Whitman, ancienne gouverneure du New Jersey et administratrice de l’EPA sous l’administration de George W. Bush, a tweeté que l’“irresponsabilité” de Trump était “choquante”, faisant référence à cette série de tweets dans lesquels le président disait à ses compatriotes “de ne pas avoir peur” de Covid-19. »

• Le second cas est celui d’un autre front, sous d’autres cieux, en apparence moins politique mais en apparence seulement... Il s’agit du cas français, après les nouvelles mesures prises par le gouvernement pour la région parisienne. Malgré l’habituelle cohorte des appointés de la presseSystème, qui sont tout de même de moin en moins à l’aise, le mécontentement, les critiques acerbes, etc., ne cessent d’enfler devant une situation en dégradation constante, – encore plus sur les plans psychologique et politique, que sur le plan sanitaire où il est difficile de déterminer la gravité ou non de la situation, où justement cette incertitude alimentée par les voltefaces du gouvernement constitue l’une des causes principales du mécontentement à son encontre. Ce mécontentement, de plus en plus relayé par des condamnations techniques qui ont nécessairement un substrat politique de plus en plus évident, de plus en plus influent sur le jugement politique des citoiyens.

« Face à l’épidémie de Covid-19, le gouvernement serre de nouveau la vis. À Paris et dans trois départements limitrophes, à savoir les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, la fermeture des bars et cafés, gymnases, salles polyvalentes et piscines, sauf pour les mineurs, et l’interdiction des rassemblements festifs ou familiaux dans les lieux publics sont prévues pour mardi 6 octobre.
» De surcroît, les mesures restrictives annoncées dimanche 4 octobre par l’exécutif ne concernent pas que les seules ‘zones d’alerte maximale’. Au-delà de celles-ci, il est également exigé des centres commerciaux et universités des zones d’alerte renforcée de limiter leur capacité d’accueil de moitié. Par ailleurs, tous les congrès sont marqués d’interdiction et les parcs d’exposition fermés.
» Visiblement peu compréhensifs, des Franciliens, qui verront leurs sorties restreintes quasiment du jour au lendemain, ont sur les réseaux sociaux partagé les images de métros bondés lundi matin, soulignant l’incohérence de telles mesures d’interdictions. Mais les réseaux sociaux ne sont pas les seuls ulcérés: une partie du corps scientifique dénonce aussi les travers du plan gouvernemental:
» “Tout cela me semble totalement délirant», réagit au micro de Sputnik Laurent Toubiana, chercheur épidémiologique à l’Inserm et directeur de l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (IRSAN), “Il me semble qu’il serait plus judicieux d’appliquer des mesures de protection envers les personnes les plus à risque plutôt que d’appliquer des mesures de protection à des personnes qui ne le sont pas du tout.”
“On n’est plus à un étonnement prêt” depuis le début de la crise sanitaire, estime ainsi cet épidémiologiste qui a notamment cosigné deux tribunes appelant le gouvernement à “changer de cap” tant en matière de communication que dans son approche de la pandémie de Covid-19. Ainsi, regrette-t-il, le gouvernement agit “par la peur” et plaide pour un changement de stratégie sanitaire.

» En cause notamment, “l’abandon”, par le gouvernement, de “l’indicateur fondamental” qu’est dans une épidémie la mortalité au profit des seuls tests positifs, “pourtant incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries”. Des tests de surcroît beaucoup plus nombreux par rapport au mois de mars. “Cette politique du chiffre appliquée aux tests conduit à une nouvelle aberration consistant à s'étonner du fait qu'on trouve davantage aujourd'hui ce qu'on ne cherchait pas hier”, soulignaient les signataires.
“Je vous rappelle que 96% de la population française n’est pas positive, et que sur les 4% restant 95% ne sont pas symptomatiques», insiste l’épidémiologiste, qui réfute le qualificatif de “rassuriste” dont certains titres de presse l’ont affublé, lui préférant le terme d’“objectiviste”. “Dès le chapeau nous sommes traités d’irresponsables”, commente Laurent Toubiana, amer, regrettant qu’«aucune de ces deux tribunes ne semble avoir eu un quelconque écho au gouvernement.»
“Quand vous faites la somme de tout cela, ça fait tout de même 99,7% de gens qui ne sont pas gravement malades. Or, dans une épidémie, seuls les gens gravement malades ou qui vont mourir sont réellement importants.”

» “On est dans la folie la plus totale”, insiste l’épidémiologiste. S’il souhaiterait voir émerger une “médecine personnalisée, adaptée en fonction des risques des gens”, Laurent Toubiana regrette qu’il soit dans l’absolu “beaucoup plus facile de faire peur”. Un tel choix politique serait gagnant “à tous les coups”, selon notre interlocuteur: “Si l’événement très négatif prédit n’arrive pas, la personne qui a fait cette prédiction pourra toujours vous dire que c’est grâce à elle, parce qu’elle a donné l’alerte. Et si l’événement arrive quand même, elle pourra toujours dire qu’elle vous avait prévenu et que vous n’avez pas suivi ses conseils.”
» Afin d’illustrer son propos, le docteur Toubiana évoque les restrictions annoncées le 23 septembre pour Marseille par le ministre de la Santé, Olivier Véran.
» “En fait c’est faux, puisqu’à Marseille dès le 13 septembre le taux d’incidence, dont on nous rabat les oreilles, était déjà en baisse” dans la cité phocéenne “et les hospitalisations étaient déjà en baisse, pareil du côté des réanimations. Cela commençait déjà à baisser avant même qu’ils mettent en place les fameuses mesures, mais ils vont quand même nous baratiner en disant que c’est grâce à leurs mesures”, expose l’épidémiologiste. Pire : “il y a un nombre incalculable de preuves montrant que le confinement n’a absolument pas eu d’incidence sur le nombre de morts”.
» “C’est une erreur de logique classique, c’est confondre la corrélation, c’est-à-dire que deux événements sont simultanés ou tout juste l’un après l’autre, avec la causalité, c’est-à-dire qu’un événement est la cause de l’autre. En l’occurrence, le confinement serait la cause de l’arrêt de l’épidémie. Ce qui est faux, et ils vont nous rejouer exactement le même coup avec ces mesures disant que c’est grâce à cela que la seconde vague n’arrive pas, mais tout cela n’est fondé sur rien.” »

Les deux cas peuvent être liés, et selon l’approche que nous choisissons, parce qu’ils constituent chacun dans leurs catégorises, quoiqu’avec des esprits différents et des domaines choisis différents, une même approche critique générale de ce qui est grosso modo l’attitudes des autorités ‘dominantes’ ou s’instituant comme telles par rapport au Système (la direction politico-sanitaire en France, les démocrates progressistes-sociétaux et l’establishment à Washington D.C.)  au niveau de l’influence dans la crise Covid19. Les deux situations montrent qu’on est en train d’évoluer rapidement vers une crise dans la crise, c’est-à-dire une crise dans les réactions des autorités en place ; aux USA, directement avec le rôle de Trump par rapport à Covid19 ; en France, où la direction politique est complètement sous la coupe d’un ‘pouvoir’ sanitaire institutionnalisé, à la fois irresponsable et idéologisée, et éventuellement contesté par certains de ses réseaux, et sous la coupe également d’une bureaucratie totalitaire qui soutient naturellement la seule apparence de pouvoir, le sanitaire. Il ne s’agit nullement de contestations marginales, dissidentes et de résistance sporadique, mais de contestations fondamentales indiquant des fractures de plus en plus profondes dans l’appareil général qu’on estimerait normalement être sous l’empire du Système sans défection ni variation notables.

Cela conduit à faire une estimation par rapport au principal problème politique posé par de très nombreux commentateurs politiques : l’idée selon laquelle la pandémie, provoquée ou non mais de toutes les façons bien réelle, est un moyen, préparée ou adopté en route, pour soumettre la population globale à une sorte d’‘esclavage doux”, de contrôle général, d’endoctrinement forcé, une sorte de 1984 adapté à des circonstances nouvelles. L’accusation se retrouve même dans la bouche d’un évêque, Mgr. Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astanan dans le Kazakhstan, qui vient d’effectuer une visite à Paris. On voit très bien la structure, l’ambition et l’opérationnalisation de ce schéma de type globaliste, certes complotiste dans le sens critique qu’on développe de cette catégorie, mais nullement dénué de sens ni de vraisemblance. Il est vrai qu’il y a pour cela des inspirateurs du calibre d’un Attali, vieux crouton ranci encore utile pour faire une bonne figuration. Pourtant, notre constat est, comme d’habitude et plus que d’habitude encore, parfaitement contraire : la tendance à la globalisation au travers d’une sorte d’esclavagisme et d’un ‘Gouvernement Mondial’ n’est à notre sens absolument pas en marche.

Le spectacle que nous offrent les autorités en place dont la mission serait dans ce cas d’organiser ce rangement au profit de la globalisation et du ‘Gouvernement Mondial’ qui va avec, est celui du désordre, de l’incapacité de la moindre coopération ni coordination, tout cela accompagné d’hostilité sinon de haine entre les uns et les autres, en même temps qu’une myriade d’accusations  croisées et souvent fondées d’incompétence. Ces dernières ne sont effectivement pas sans fondements et ne pârvient guère à se dissimuler ; l’incompétence éclate dans tous les domaines, de toutes les façons, – et ce constat vaut aussi bien pour les démocrates et progressistes-sociétaux du parti démocrate, de la presseSystème, etc., aux USA et en Europe, engagés effectivement dans une argumentation globaliste. Qui ne voit comme une criante évidence qu’à côté des communiqués de l’Union Européenne et des déclarations de Nancy Pelosi et de Joe Biden quand ils ont le temps et qu’ils en ont l’esprit, le résultat est parfaitement grotesque?

La poussée pour une organisation mondiale, une administration mondiale, au-delà vers le charme discret d’un “Gouvernement Mondial’ est évidente, on dirait ‘grosse comme une montagne’. Au plus elle s’affirme, au plus le ridicule, l’impossibilité, le déséquilibre, l’absurde prétention du projet s’affirment. Les ‘maîtres du monde’ sont en train de s’auto-démontrer qu’ils ne sont maîtres que de rien du tout, qu’ils sont au contraire prisonniers de l’ambition qu’on leur prête et qu’ils accréditent vaniteusement, qu’ils voudraient satisfaire mais qu’ils ne font qu’abaisser, entraînant dans cette course systémique à l’utopie un processus suicidaire d’auto- destruction redoutablement efficace, une sorte de Covid19 politique et psychologique contre lequel un masque ne peut rien.

 

Mis en ligne le 6 septembre 2020 à 10H15

  • 6 octobre 2020 à 00:00

Comment ose-t-il ?

Par info@dedefensa.org

Comment ose-t-il ?

5 septembre 2020 – ... Comment ose-t-il, lui Trump, défier la narrative de la presseSystème et le conformisme-Covid19 ? La presseSystème a écumé de rage en découvrant que Trump avait faussé compagnie au sacro-saint pool des journalistes-Système accrédités à la Maison-Blanche ; tous gens en extrême majorité conformément représentatifs de la presseSystème. Trump est parti en balade dimanche après-midi, en SUV super-protégé, protégé par d’autres SUV super-protégés, pour saluer ces grappes de foules stationnant autour de l’hôpital Walter Reed pour lui dire leur soutien ; et il a fait ça sans faire dire à ses chevaliers de la vérité-Système que sont les ‘accrédités’ qu’il se déplaçait.

La petite sortie était une bonne “idée de communication”, ont apprécié les professionnels. Mais il y a l’aspect ‘moral’, n’est-ce pas, et là nous eûmes droit à un déferlement. D’une façon générale, si vous voulez le sentiment était celui-ci : “Comment ?! Ce type n’est pas encore en train de crever ? ...N’est pas déjà mort ?!” On a pas mal mis en évidence l’intervention assurée et vertueuse d’un de ces grands médecins US émargeant à la grande communauté scientifique internationale globalisée, un de ceux qui nous montrent et surtout nous expliquent, depuis des mois, sur tous nos chers petits écrans devenus grands, dans tous les sens, se croisant et s’insultant, leur maîtrise pour nous protéger du terrifiant Covid19, nous les paumés, les incultes, les non-sachants, ceux qu’on destine à une rigoureuse conduite sous surveillance et avant le couvre-feu. Le Dr. James Phillips, attending physician à l’hôpital militaire de Walter Reed, couvert de diplômes et de gloires hypocratiques, s’est donc écrié, tweet dégainé et vertu progressiste ebn bataille :

« Ce SUV présidentiel est non seulement à l'épreuve des balles, mais aussi hermétiquement fermé contre les attaques chimiques. Le risque de transmission de COVID19 à l’intérieur est aussi élevé qu’en l’absence de procédures médicales de défense. L’irresponsabilité est stupéfiante. Mes pensées vont aux gens du Secret Service contraints de jouer dans cette pièce sordide. »

Sauf que, notèrent les commentateurs dont nous nous portons garants de la neutralité, sauf que les agents de cet SS sans rapport avec l’im-monde, portent des masques N95 comme tout le personnel médical en contact constant avec les personnes infectées ; sauf que ces agents du SS collent au président depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche, y compris dans sa suite, dans sa chambre, près de son lit, presque lui tenant la main comme c'est touchant, etc., – et donc ils ne risquaient pas plus dans la voiture, ils faisaient leur travail. D’ailleurs, apprend-on bientôt, – toujours cette bienveillante neutralité, – le docteur Phillips a le tweet facile, et toujours dans le bon sens, comme le démontre sans rien dissimuler celui du 10 septembre : « Le président a vis-à-vis du pays le devoir de démissionner ».

...On est rassuré parce qu’on a compris, n’est-ce pas, que son avis sur la balade en SUV est essentiellement médical et moral, qu’il n’a rien à voir avec la politique partisane. On comprend, on comprend, et ils vont finir, ces connards emplumés et peinturlurés de diplômes, de guirlandes d’apparat et de bananes diplômées, et avec un zeste d’autosatisfaction, par nous rendre sympathique le Trump en question, au moins le temps de son hospitalisation ; je dirais “sympathique par réaction”, parce que je suis essentiellement, devant ce qui se passe vertigineusement, un bon et solide réactionnaire.

On ignore comment la situation du malade évolue, entre des comptes-rendus vagues et contradictoires, notamment des médecins très optimistes et de sources (en fait son chef de cabinet, rien que ça !) qui ne le sont pas du tout, et les médecins détaillant très précisément la batterie de médicaments qui lui sont administrés, dont certains pas encore sûrs, dont d’autres réservés aux phases graves de la maladie. Par contre Trump est en train de se faire une grande une grande pointure auprès de ses partisans. Il ne mâche pas ses mots pour décrire sa maladie : « J’en ai appris beaucoup à propos du Covid. Je l’ai appris de la plus terrible des façons, comme lorsqu’on va à l’école, cela n’a rien à voir avec les bouquins et les articles qu’on lit. C’est du vrai, et je le subis complètement, et je comprends désormais ce que c’est. »

Certains avaient cru, les angelots, que la maladie de Trump allait interrompre le cycle infernal de la haine Made In USA. L’un d’entre eux relevait, dans les premières heures suivant l’annonce de la maladie, quelques tweets peut-être inattendus, dont un de Biden et un, très inattendu celui-là, de Rachel Maddows, de MSNBC ; et l’infortuné commentait : « Cependant, des exemples comme ceux-ci montrent que nous ne sommes peut-être pas aussi divisés qu’il n’y paraît. »

Mais une voix venu du poulailler doucha cette attente : “Tu parles, Charles”.

Car le fait est que, depuis vendredi finalement, comme on l’a bien senti dans les quelques mots que j’ai écrits sur la promenade en SUV dimanche, le déchaînement de la haine, – pourtant déjà déchaînée alors c’est un sur-déchaînement, – l’hyper-déchaînement de haine est un véritable raz-de-marée. Un commentateur pas précisément anti-Trump, comme on le comprend, rapporte que le New York Post signalait le 2 octobre en fin de journée que Tweeter « di[sait] qu’il [allait] suspendre les messages des utilisateurs qui “souhaitent [sa mort]” après le diagnostic COVID-19 de Trump ». Le message de Tweeter, un peu plus tard, dit ceci : « Tout contenu qui souhaite, espère ou exprime un désir de mort, de blessure corporelle grave ou de maladie mortelle à l’encontre d'un individu est contraire à nos règles. » Notre commentateur résume : « Cela en dit long. » ; oui, cela en dit des kilomètres... D’ailleurs, les sondages, hein !  

Quel est votre sentiment à propos de la maladie de Trump ? demande le sondeur, à des républicains et à des démocrates. Je passe sur les premiers, avec des réponses allant du “très inquiet” au “un peu inquiet”. Ce sont les démocrates qui méritent un peu d’attention :

• 40% d’entre eux ont déclaré être “heureux” que ce président de 74 ans « ait été diagnostiqué comme atteint d’une maladie potentiellement mortelle, – une maladie particulièrement active pour les personnes de sa catégorie d’âge. »
• 41% se disent “indifférents”, – bref, ils s’en foutent.

Et notre commentateur de résumer sobrement, incontestablement car nul ne peut contester ce constat, – par définition, dirais-je : « Voilà, nous en sommes là. » Je crois que le test qu’est cette maladie du point de vue des réactions du public, qui est une confirmation de ce qui a précédé, est que le sentiment de haine recouvre tout, emporte tout, règle tout pour régner sans possibilité d’une contestation. Il n’y a plus d’espoir de réparation de quelque sorte que ce soit, que ce soit vis-à-vis de l’homme évidemment, mais dans la logique de ce fait, que ce soit le fait d’une vie commune, même côte-à-côté, – leur ‘vivre-ensemble’, comme disent les Tartuffe et les Magdelon de la postmodernité, même à bonne distance.

On ignore où mènera cet épisode puisqu’il reste à déterminer le degré de maladie de Trump, la longueur de son immobilisation, son sort ultime, etc., mais mon intuition est que les réactions de ceux qui sont encore libre d’avoir une variété de jugement selon ce quoi leur est donné de percevoir, seraient plutôt favorables. Le comportement de trump, sa promenade elle-même qui ne doit pas être une partie de plaisir s’il est dans un état sérieux, tout concourt à lui donner une dimension personnelle nouvelle.

Je retiens à cet égard ce jugement ; il s’agit de la description donnée par le colonel Lang du départ de Trump de la Maison-Blanche, vendredi dernier. Lang n’est ni un tendre, ni un partisan de Trump, mais tout cela de façon assez détachée. Je ressens cette remarque comme assez touchante de vérité dans sa simplicité, la sécheresse des mots pour représenter la volonté de l’effort dans des conditions de grande faiblesse et de réelle détresse ; et finalement, je trouve que c’est une remarque assez convaincante, qui influence le jugement qu’on peut avoir sur Trump :

« J’ai reconnu dans sa marche vers l’hélicoptère la pression massive d’une volonté pour forcer le corps à faire ce qu’il avait à faire. Il a pris garde de ne pas s’arrêter devant la presse qu’il savait toujours hostile.  Il a fait une fois un signe de la main parce qu’il savait qu’il devait le faire. Il était absolument soulagé de pouvoir saisir la main courante de l’escalier mobile de l’hélicoptère. Il était très malade. »

Veut-on avoir un coup d’œil sur l’avenir à moins que le Ciel rencontre le vœu de ces 40% de démocrates qui ont décidé de prendre la voie de la vertu ? Un sondage NBC-Wall Street Journal donne 39% pour Trump, 51% pour Biden, dans tous les cas à la suite du débat, et entendu qu’on aime à la presseSystème que la science de statistique affirme sa solidarité avec la science de l’objectivité. Par contraste exotique, un sondage Zogby, mais engagé avant l’hospitalisation, donne 49% (Biden)- 47% (Trump) ; le sondage du même donnait 49%-42% fin juillet et 48%-42% fin août.

« Voilà, nous en sommes là », pour mon compte également. J’ai parfois l’impression que le ‘test’, il est pour les autres, plus que pour Trump, tant leur réaction, leur production de haine, sont absolument stupéfiante. Sans doute est-ce le Progrès qui “les rend fols”, toutes ces grandes âmes. Dans cette affaire, et Dieu sait si je ne suis en rien ‘trumpiste’, je vais finir par croire qu’il vaut mieux et plus qu’eux ; je vais finir par penser, en pensant à cette promenade en SUV comme à certaines autres de ses attitudes, – vais finir par croire qu’il a ... du panache, lui ! Oui, cette vertu si française, d’une France qui n’existe plus, d’une civilisation qui a disparu, d’un passé dont plus personne ne se souvient parmi les vigilantes sentinelles de l’humanitarisme, – par contraste avec eux, il l’aurait bien après tout.

Pour en arriver là, on mesure quelle appréciation j’ai de leur bassesse, de leur formidable hypocrisie, de leur haine absolument inextinguible, de leur médiocrité. J’espère qu’ils sont ‘fols’, parce qu’ainsi ils seront à moitié pardonnés, avant d’être internés dans les asiles psychiatriques conçus selon les plans du déconstructionniste Michel Foucault.

  • 5 octobre 2020 à 00:00

Le Progrès la rend folle

Par info@dedefensa.org

Le Progrès la rend folle

“Donnons le la” : qui est ce “la” du « Le Progrès ‘la’ rend folle » ? Deux choses à la fois, et pourtant une seule et même chose : ‘la gauche’ et ‘la modernité’, ou bien, si l’on veut faire plus ample : ‘la modernité’ et, par conséquent, ‘la gauche’. Pour notre compte, nous emploierons dans ce texte seulement le mot-concept ‘Progrès’ majusculé en majesté, et non le simplissime et ambigu ‘progrès’ dont use à certains moments Pierre-André Taguieff dans son texte « Feux et failles du progrès, la grande désorientation à gauche », en alternance avec le ‘Progrès’ majusculé, d’ailleurs selon une logique tout à fait bienvenue justement dans le cadre même de son texte, et le domaine qu’il aborde.

Taguieff, ou PAT selon la mode angliciste donc suprémaciste dont nous n’userons pas dans ce texte de la reductio ad initialum, est un intellectuel de grande et large culture et un chercheur qui aime et œuvre pour le rangement rationnel d’importantes matières intellectuelles. Aussi son catalogue est-il impeccablement aligné et absolument compréhensible, et par conséquent totalement vertigineux sans obscurcir le jugement sur la cause de l’affection. Il est vrai que le Progrès a rendu la gauche folle, et par conséquent la modernité puisque les deux concepts sont biologiquement du même organe, dans tous les cas sans aucun doute du même corps. Il se trouve pourtant quelques presque-îlots du concept-‘gauche’ à prétention de devenir des îles, qui tendent à s’échapper radicalement de l’archipel-‘modernité’. Ce n’est le moindre des charmes de ce texte, et de la situation ainsi décrite, puisque le résultat est une sorte de désordre-kaos.

Comme nous l’avons dit et comme nous le répétons, le travail de Taguieff est exceptionnel de précision et de minutie. Toutes les nuances de la gauche, – on parlerait, pour paraphraser un titre célèbre, des ‘mille nuances de la gauche’, – sont signalées, disséquées, définies en quelques mots et rangées selon les courants en cours, – ce qui fait beaucoup... A lire Taguieff, on comprend que la formidable poussée déconstructurante des événements de ces dernières décennies, et surtout de ces deux dernières décennies, concerne essentiellement la gauche qui vole en éclats, en mille morceaux, en ‘mille nuances’. Pourquoi ? Parce que ces événements, la dynamique qui les pousse follement, sont la cause et la conséquence à la fois de la dislocation en cours du dieu-Progrès et de sa fureur d’une telle dislocation. Taguieff ne manque pas de préciser quand cela importe qu’il est question, avec le Progrès, véritablement d’une religion, – et donc d’un dieu, le dieu-Progrès.

(...Ce pourquoi il importe à notre sens de majusculer constamment le ‘Progrès’. Par contre, ‘dieu’ peut, sinon doit être laissé en minuscule, – ‘en bas-de-casse’ disaient les typographes du temps d’antan. Il est manifeste que l’élément ‘transgenré’, ‘racisé’, etc., c’est-à-dire l’élément effectivement moderniste et donc essentiel et vertueux ,à la fois, c’est le ‘Progrès’ et nullement ‘dieu’.)

Cette myriade extraordinaire des ‘mille nuances de la gauche’, qui finit par donner le vertige et le tournis c’est selon, est la marque directe de l’immense crise du Progrès, que dans ce cas le Progrès a son équivalent opérationnel dans le Système, que le ‘déchaînement de la Matière’ est à la base de tout cela, que l’on retrouve notre fameuse équation ‘surpuissance-autodestruction’ dans cette observation faite ci-dessus selon laquelle “ces événements, la dynamique qui les pousse follement, sont la cause et la conséquence à la fois de la dislocation en cours du dieu-Progrès et de sa fureur d’une telle dislocation”. La gauche, accouchant en permanence d’une monstrueuse prolifération de ‘diverses gauches’ qui constituent comme une sorte de basse continue de l’Effondrement du Système, restituant une extraordinaire complexité faite d’utopie et de simulacres, la gauche est le principal sinon l’unique acteur de cette grandiose immolation à laquelle nous sommes conviés : immolation de soi-même, ou disons des multiples soi-mêmes, pour répondre à l’intensité de la crise autant qu’à sa complication.

Dans son texte, Taguieff nous permet d’envisager un travail de reconnaissance et d’identification. Comme déjà signalé, nous sommes un peu dans la même situation que le fameux (?) ‘K.’, dans Le Château de Kafka, et nous tenons enfin quelque chose d’assez massif, d’assez considérable, d’assez auto-complexificateur, pour nous aligner en un rangement acceptable et ainsi justifier de l’ampleur extraordinaire et de l’espèce de perfection de l’incompréhensibilité et de l’hermétisme des événements. Il est logique et ‘normal’ que les événements soient incompréhensibles et énigmatiques, – même si, bien entendu, nous avons notre conception spécifique du domaine (extra-humain) où se situent la lumière et l’explication de cette incompréhensibilité et de cet hermétisme.

L’introduction du texte de Taguieff nous restitue bien ce climat enfiévré et cette humeur incroyablement déconstructurée que nous essayons de décrire :

« Le progrès ne va plus de soi, et l’idée de progrès s’est obscurcie à force d’être invoquée par des enthousiastes et instrumentalisée par des démagogues. Désormais, la référence au progrès divise plutôt qu’elle ne rassemble. Si le mot magique «progrès» reste mobilisateur, c’est paradoxalement parce qu’il produit du conflit entre les thuriféraires et les dénonciateurs du «progressisme» comme religion séculière.
» En France, ces divisions et ces affrontements traversent autant la droite que la gauche, extrêmes compris. Mais c’est surtout dans l’espace occupé par une gauche résiduelle et fragmentée, avant tout en raison de l’irruption fracassante de l’écologie politique, que se mène une guerre sans merci autour du progrès. Les évaluations positives et négatives du progrès jouent un rôle décisif dans les reclassements et les redéfinitions des courants de gauche. “Le progrès” a cessé d’être un marqueur idéologique de gauche. Il est devenu le plus puissant diviseur de la gauche.

... Taguieff nous convainc moins quand il nous propose l’idée selon laquelle, quoi qu’il en soit, les vaticinations du Progrès en tant qu’objet central du Culte vont se poursuivre, sinon redémarrer, ‘rebondir’ dit-on en langage du temps : « Ce serait s’aveugler toutefois que de s’en tenir au moment présent, et de conclure hâtivement à la fin du culte du Progrès. Les nombreuses éclipses du Progrès, cette idole des Modernes, n’ont pas empêché son triomphal retour dans des contextes fort différents. »

Notre conviction n’est pas dans ce sens. Nous voyons, pour notre part, – et le feu d’artifice des ‘mille nuances’ nous y aide, – en même temps l’effondrement du culte et son “triomphal retour” plutôt comme une chose ‘rebondie’ et une variante non-nietzschéenne, plus un spasme qu’un événement structuré ; c’est-à-dire, traduit dans notre langage, surpuissance et autodestruction de concert, comme cela doit être, dans un contexte général de l’Effondrement du Système. Pour nous, il y a dans ce cas également et nécessairement une appréciation tactique et une appréciation stratégique : tactiquement, le Progrès est sans aucun doute promis à d’autres bas-et-hauts, mais à condition bien sûr que la dynamique stratégique lui en laisse le temps ; car stratégiquement, le Progrès se trouve emporté dans une dynamique générale qui est celle de l’effondrement.

Cela conduit à une appréciation extrêmement positive du travail de Taguieff, d’un point de vue ‘tactique’ selon nous. Dans le domaine stratégique, toujours selon notre appréciation et en nous détachant complètement du diagnostic de l’analyse tactique, nous dirons que le sort du Progrès est absolument lié à celui du Système ; par conséquent, notre vision stratégique de la question est que le Progrès coule au moins aussi vite et même  encore plus vite que le Titanic auquel il est attaché. Cela affecte considérablement notre psychologie, ouverte à cette intuition de l’effondrement.

(Sur ces conceptions de ‘tactique’ et de ‘stratégie’, on rappellera ce qu’on en disait dans notre texte du 27 septembre 2020 :

« “Il est bien possible que notre temps se caractérise par un tel déséquilibre entre l’ingéniosité de la pensée tactique et les difficultés éprouvées par la raison lorsqu’elle tente de s’élever à la conception de desseins stratégiques liés à des enjeux, dans certains cas devenus planétaires.”
» Nous voulons donc pousser ce constat à l’extrémité de sa logique interne en opposant ‘tactique’ et ‘stratégie’, à partir de la disparité entre la “virtuosité tactique” et l’impuissance de la raison confrontée à la nécessité de “la conception de desseins stratégiques”, et évoluant jusqu’au constat intellectuel et métahistorique suggéré par le phénomène de l’inversion que l’évolution tactique si réussie est finalement délibérément orientée vers la création d’une situation qui bloque et même détruit complètement la stratégie. C’est cette même idée que nous voulons appliquer aux déconstructionnistes par rapport à l’effet induit par leur influence, contraire à ce que nous dit l’apparence. »)

Ci-dessous, nous reprenons donc le texte de Pierre-André Taguieff sur ‘le P(p)rogrès’, en lecture ouverte sur Figaro-Vox du 2 septembre 2020. Le titre complet est : « Pierre-André Taguieff : “Feux et failles du progrès, la grande désorientation à gauche”. »

dedefensa.org

________________________

 

 

Feux et failles du progrès

Le progrès ne va plus de soi, et l’idée de progrès s’est obscurcie à force d’être invoquée par des enthousiastes et instrumentalisée par des démagogues. Désormais, la référence au progrès divise plutôt qu’elle ne rassemble. Si le mot magique «progrès» reste mobilisateur, c’est paradoxalement parce qu’il produit du conflit entre les thuriféraires et les dénonciateurs du «progressisme» comme religion séculière.

En France, ces divisions et ces affrontements traversent autant la droite que la gauche, extrêmes compris. Mais c’est surtout dans l’espace occupé par une gauche résiduelle et fragmentée, avant tout en raison de l’irruption fracassante de l’écologie politique, que se mène une guerre sans merci autour du progrès. Les évaluations positives et négatives du progrès jouent un rôle décisif dans les reclassements et les redéfinitions des courants de gauche. «Le progrès» a cessé d’être un marqueur idéologique de gauche. Il est devenu le plus puissant diviseur de la gauche.

Ce serait s’aveugler toutefois que de s’en tenir au moment présent, et de conclure hâtivement à la fin du culte du Progrès. Les nombreuses éclipses du Progrès, cette idole des Modernes, n’ont pas empêché son triomphal retour dans des contextes fort différents.

Une notion floue mais indispensable

Le progrès est une notion floue mais indispensable, comme bien d’autres notions philosophiques descendues dans l’arène politique. Elle constitue la pièce maîtresse de l’autoreprésentation des Modernes. Dans la pensée sociale ordinaire, un progrès, c’est une nouveauté souhaitable, une innovation ou un changement qui répond à une attente ou un désir. Disons une amélioration reconnue comme telle. Il n’y a pas de débat sur une telle définition descriptive. Les controverses commencent et se multiplient dès lors qu’on veut formuler une définition du progrès en général.

Rappelons sommairement que pour les premiers théoriciens du progrès à l’époque des Lumières, le genre humain avançait irrésistiblement sur la route du progrès, c’est-à-dire d’une transformation générale vers le mieux. Le processus d’amélioration était supposé nécessaire, linéaire, continu, irréversible et illimité. Les humains étaient donc embarqués, qu’ils le veuillent ou non, en direction de la perfection dans toutes les sphères de la pensée, de l’action et de la création.

Telle est la vision nécessitariste du progrès, cette forme modernisée du fatalisme, qui a été soumise à la critique des philosophes comme à celles des faits historiques - rappelons que les massacres industriels du XXe siècle ont réveillé nombre de progressistes assoupis et que la dévastation de l’environnement a exhibé l’envers répulsif du progrès.

Dans les échanges polémiques, la question de savoir ce qu’est «véritablement» le progrès est centrale. Face à ceux qui pensent classiquement le progrès comme croissance et développement sans fin, disons les «progressistes» au sens fort du terme (et qui sont tous des productivistes), on trouve ceux qui considèrent que le «vrai» progrès est dans la décroissance, dans l’acceptation d’une certaine austérité, de sacrifices et de privations pour «sauver la planète».

Contre les partisans de l’optimisme technicien qui pensent que tous les problèmes politiques et sociaux peuvent être résolus par la science et la technique, s’insurgent ceux qui soulignent non seulement que le pouvoir de la techno-science a des limites, mais aussi qu’il engendre des effets pervers, qui peuvent être des catastrophes. Sans parler de ceux qui pensent, à juste titre, que les humains se posent souvent des problèmes qu’ils ne peuvent résoudre, ni par la science, ni par la technique.

On peut définir sommairement la modernité à la fois comme l’âge des progrès techniques et scientifique, qui sont mesurables, et comme l’âge des rêves d’amélioration de la condition humaine, dont les traductions politiques sont multiples. Toutes supposent le culte du changement en tant que mouvement bon en lui-même, célébré comme une promesse de bonheur ou de justice, de liberté ou de solidarité, d’amour fraternel ou de paix universelle.

C’est ce changement producteur de nouveautés supposées universellement désirables et chargé de réaliser les fins dernières qu’on rencontrait dans les théories classiques du progrès, chez Condorcet ou chez Saint-Simon. Ces fins ultimes dont l’accomplissement était supposé nécessaire dessinait les contours de l’insaisissable «monde meilleur» tant espéré, voire ceux, plus exaltants encore, d’une «humanité meilleure».

Un nouveau pessimisme

Lorsqu’on analyse les débats contemporains opposants les «progressistes» auto-déclarés à leurs adversaires, qu’ils nomment «conservateurs «ou «réactionnaires», on doit avoir à l’esprit la métamorphose contemporaine de la vision linéaire et nécessitariste, voire fataliste, du progrès comme évolution ou transformation inévitable, qui suffisait à remplir l’horizon d’attente des Occidentaux. Par l’effet de la diffusion croissante des croyances écologistes, cette vision longtemps dominante est en passe de changer de sens et de valeur: la marche fatale vers le mieux se renverse en marche fatale et finale vers le pire et l’anticipation enchanteresse devient anticipation anxiogène. Il y a là une grande inversion de sens et de valeur, qui bouleverse le champ des croyances politiques modernes.

L’ébranlement de la foi dans le progrès annonce la fin de la modernité triomphante. Héritage de l’Aufklärung et du combat contre le mythe et la peur, l’esprit critique a fini par se retourner contre la foi dans le progrès, en la traitant comme une croyance relevant elle-même du mythe, réduit à un récit trompeur. Mais le mythe moderne du progrès nécessaire, ensemble d’illusions et de promesses intenables, est en outre dénoncé comme fondamentalement toxique.

Porté par la magie de la prédication écologiste, l’anti-progressisme vertueux est devenu une vulgate, qui rend acceptables des perspectives catastrophistes inédites, lesquelles se traduisent soit par de nouvelles prophéties de fin du monde émises par les collapsologues, soit par des flambées d’utopisme révolutionnaire appelant à détruire la société marchande, voire l’Occident tout entier, supposé intrinsèquement coupable, accusé d’être la source de tous les malheurs du genre humain.

Le vieux pessimisme historique et anthropologique a fait place à un pessimisme cosmologique, tandis que l’anticapitalisme gnostique s’est redéfini comme un anti-occidentalisme frénétique ou une hespérophobie radicale, incluant la haine de soi des Occidentaux hébétés par leur sentiment de culpabilité.

On a de bonnes raisons de considérer que les écologistes, emportés par leurs récents succès électoraux et grisés par leurs projets d’une totale rupture avec l’ordre sociopolitique productiviste, occupent désormais le centre dynamique du camp anti-progrès. Mais la question n’est pas si simple. Tout dépend de ce qu’on entend par «progrès», mot plastique avec lequel il est facile de jouer, en l’employant soit comme repoussoir (chez les antimodernes et les écologistes radicaux), soit comme signe de ralliement (chez les partisans de l’optimisme historique, qui ne prennent plus la peine de le définir).

À l’instar de la plupart des leaders politiques, qui pensent l’avenir à la lumière du progrès, le président Macron s’efforce de monopoliser les convictions et les passions dites «progressistes», en jetant dans l’enfer de la pensée réactionnaire ou conservatrice les positions de ses adversaires politiques, même lorsque ces derniers se réclament eux-mêmes du progrès. On plonge alors dans un océan de dialogues de sourds et d’arguments de mauvaise foi, chacun reprochant à l’autre de n’être pas vraiment ou pas suffisamment «progressiste».

Quoi qu’il en soit, ces diatribes «progressistes» visant de présumés opposants au progrès présupposent que l’idée d’un «camp du progrès» est susceptible de rassembler la majorité des citoyens français. Or, désormais, l’étoile du Progrès est loin de jouer pour tous les citoyens le rôle de guide suprême pour la pensée et l’action. L’enthousiasme progressiste est en baisse, il paraît même être en voie d’extinction dans certains secteurs de la population.

Cela dit, la référence positive au progrès ne se réduit pas chez le président Macron à une stratégie rhétorique, elle constitue un pilier de sa pensée philosophico-politique. Mais ce pilier s’avère fragile, ce dont il ne semble pas conscient. C’est pourquoi la grande tâche de ceux qui ne veulent pas en finir avec l’héritage des Lumières devrait être de repenser l’idée de progrès par-delà le progressisme, ce rejeton du culte productiviste et de la religion positiviste, qui postule l’existence d’une marche universelle et nécessaire vers le mieux.

Cette vision nécessitariste du progrès oublie le hasard, la contingence et l’imprévu, elle néglige aussi le rôle de la volonté humaine. Elle est aujourd’hui fortement ébranlée. C’est pourquoi il paraît vain de l’ériger en méthode de salut en imaginant ainsi pouvoir déclencher de l’enthousiasme militant. Le résultat risque de se réduire à une profusion de discours incantatoires.

«Progrès»: le grand diviseur de la gauche

Quant à la gauche telle qu’elle est devenue, on constate qu’elle s’est divisée dans les positions prises face à plusieurs questions qui, dépassant le cadre stato-national, ont émergé depuis la fin du XXe siècle. En premier lieu, le surgissement des questions liées à la pollution de la planète, au réchauffement climatique et à la destruction de la biodiversité. Tous les militants de gauche, écologistes compris, sont tiraillés entre les promesses des «techno-prophètes» raisonnables et les prêches catastrophistes des collapsologues.

Face à la gauche qui reste attachée à la religion du Progrès, on trouve une nouvelle gauche, qu’on peut appeler préservatrice ou «conservationniste», qui récuse tous les dogmes du progressisme. À cet égard, elle peut être traitée de «réactionnaire».

En second lieu, l’irruption de l’islamisme comme nouvel ennemi mondial, abordé sous ses deux dimensions: l’islam politique avec ses stratégies de conquête (Frères musulmans, salafistes) et le terrorisme jihadiste. Face à la menace islamiste, la gauche s’est fragmentée, pour faire surgir deux camps antagonistes: d’un côté, ceux pour qui le combat contre l’islamisme doit se mener avec intransigeance au nom des Lumières, donc d’une certaine conception du progrès ; de l’autre, ceux qui placent au premier rang la «lutte contre l’islamophobie» au nom de l’idéal antiraciste.

Face à une gauche engagée dans une lutte sans complaisance contre l’obscurantisme islamiste, on trouve une gauche qui, postulant que les musulmans sont désormais les principales victimes du racisme et des discriminations, prétend incarner un «antiracisme politique» dont l’un des postulats est qu’il existe en France un «racisme d’État» - alors même que la République française se caractérise par son antiracisme d’État sans équivalent. Cette gauche «islamismophile», dénoncée par les musulmans dits «modérés» ou «progressistes», peut être légitimement perçue comme «réactionnaire».

Son antiracisme proclamé, qui trahit l’idéal des Lumières, peut être vu comme un pseudo-antiracisme au service de causes douteuses, oscillant entre une politique des identités ethno-raciales et une banalisation des normes islamistes de comportement et de pensée. Ayant tendance à voir de l’islamophobie partout, cette gauche pseudo-antiraciste s’emploie à limiter le champ de la liberté d’expression. Elle alimente l’esprit de censure, en criminalisant l’ironie et la satire.

En troisième lieu, l’apparition de mouvements protestataires anti-élites, dits populistes, à l’extérieur du champ politique organisé. La gauche s’est divisée face aux Gilets jaunes: certains ont vu dans cette mobilisation populaire informelle la promesse d’une régénération de la démocratie, donc l’expression d’un progrès politique possible, alors que d’autres n’y ont vu qu’une régression de la contestation politique vers des formes impolitiques de violence s’accompagnant d’antisémitisme et de complotisme. Ici encore, la gauche s’est brisée en deux camps: les populistes-souverainistes et les sociaux-démocrates-pluralistes.

En quatrième lieu, la montée des préoccupations et l’exacerbation des affrontements idéologiques concernant les questions de bioéthique, notamment à propos des pratiques biomédicales et des technologies de la reproduction humaine, qu’il s’agisse de la procréation médicalement assistée (PMA), du diagnostic pré-implantatoire (DPI), de l’avortement sélectif ou «thérapeutique» (interruption médicale de grossesse, IMG), de la Gestation pour autrui (GPA) ou de la thérapie génique germinale. Ces pratiques et ces techniques sont dénoncées par certains pour leurs «dérives eugénistes» ou pour leur caractère immoral et célébrées par d’autres comme des instruments d’émancipation.

À gauche, on trouve des «progressistes» jouant la carte de l’extension sans fin des droits subjectifs (qu’illustrent les exigences de diverses minorités actives, dont les néo-féministes «radicales»), mais aussi d’autres «progressistes» qui appellent à fixer des limites au pouvoir des humains sur eux-mêmes. Ce que les premiers appellent «progrès», les seconds l’appellent «barbarie». Ils n’ont pas la même conception de ce qu’on appelle «civilisation», autre terme devenu problématique.

En cinquième lieu, le surgissement d’un néo-féminisme misandre, d’affrontement, un lesbiano-communautarisme engagé dans une guerre permanente contre les mâles traités en ennemis, mais aussi contre les féministes universalistes accusées d’être complices du système patriarcal. La haine des mâles, de préférence les «mâles blancs», va de pair avec la haine de la République censée être une expression politique du patriarcat. Ces féministes ennemies se réclament du «progrès», terme auquel elles donnent un sens différent.

En sixième lieu, le dynamisme idéologique des «politiques de l’identité», qu’elles prennent la forme douce du multiculturalisme (mieux nommé «multicommunautarisme») ou la forme dure du décolonialisme, laquelle implique de postuler l’existence d’un «racisme systémique» ou d’un «racisme d’État» dans les démocraties occidentales et de privilégier la dénonciation des discriminations censées dériver du fonctionnement même de la «société blanche». Face à cette nouvelle offre idéologico-politique qui, portée par une mode culturelle et légitimée par sa thématique «antiraciste», séduit une partie de la jeunesse, la gauche est fortement divisée.

Au camp multiculturaliste-décolonial s’oppose le camp républicain-national, chaque camp ayant sa propre définition de l’antiracisme. Or, ces définitions sont mutuellement incompatibles et sources de conflictualité. La défense des minorités supposées discriminées dérive vers une tyrannie effective des minorités actives, incompatible avec le projet républicain d’une intégration des individus dans la communauté des citoyens sur des bases universalistes.

Le conflit des antiracismes est aujourd’hui le miroir des conflits internes à la gauche. La gauche post-nationale accueille favorablement l’«antiracisme politique» des minorités extrémistes imitant le mouvement étatsunien Black Lives Matter, alors que la gauche nationale-républicaine y voit l’expression d’un «racialisme» militant, voire d’une forme déguisée de racisme anti-Blancs.

Du Progrès aux progrès

Les vieux débats sur les différents types de progrès ne sont nullement «dépassés», comme semblent le croire ou veulent le faire croire les «progressistes» déclarés. Il n’y a pas d’harmonie préétablie entre les progrès respectivement scientifiques, techniques, économiques, politiques et moraux. Et l’on ne voit pas poindre la possibilité d’une harmonie post-établie entre ces différents types de progrès.

En outre, d’une façon générale, les progrès collectifs apparaissent beaucoup plus problématiques que les progrès individuels dans tel ou tel domaine, qui peuvent être mesurés. Peut-on par exemple parler d’un «progrès culturel» ou d’un «progrès intellectuel» du genre humain dans sa longue histoire? Et quels en seraient les critères non subjectifs? Ce n’est pas cependant une raison suffisante jeter aux orties la notion confuse de progrès, qui reste irremplaçable.

Par exemple, la prise de conscience que tout ce qui est techniquement possible n’est pas désirable peut être considérée comme un progrès intellectuel et moral. Mais il faut reconnaître en même temps que certains progrès techniques ont eu et ont toujours d’heureuses conséquences sociales. Quant au progrès moral, quelle que soit la définition qu’on en donne, il n’a rien à voir avec le progrès technique, ni avec le progrès scientifique. Ici encore, les critères du progrès moral ne sont pas les mêmes lorsqu’on parle des entités collectives ou des personnes individuelles.

Pour éviter de poser litaniquement de faux problèmes dus à l’équivocité du mot «progrès», il faut procéder à une analyse critique de cette notion floue pour en dissocier les composantes hérérogènes, dont on suppose abusivement qu’elles sont liées d’une façon vertueuse. Le conflit est déjà présent dans la notion: voilà ce qu’il faut avoir le courage de reconnaître. Ce qui a longtemps été l’opium des Modernes risque de devenir leur diable.

Nous ne gagnerions rien à ce changement de statut symbolique d’un terme magique. Il est à espérer qu’on cessera un jour de traiter le Progrès comme une idole, que ce soit pour l’adorer, pour la maudire ou pour en diagnostiquer la disparition en cours. La grande tâche est de le repenser, après plus de trois siècles d’expérimentation historique.

Pierre-André Taguieff

  • 4 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Bataille suprême vs Covid19

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Bataille suprême vs Covid19

Il y a la bataille de Trump contre son ‘meilleur ennemi’ qu’il n’avait pas vu venir et dont il niait parfois l’existence, et la bataille plus ou moins en coulisses pour l’acte le plus important d’ici le 3 novembre. Dès son arrivée à l’hôpital militaire Reed, Trump a eu un long entretien téléphonique avec le chef de la majorité au Sénat, le républicain Mitch McConnell. Les deux hommes sont tombés d’accord : la priorité des priorités, dans les prochaines semaines d’ici la fin du mois, c’est la confirmation par le Sénat de la nouvelle Juge de la Cour Suprême, Amy Coney Barrett.

Il s’agit d’une véritable bataille que livre McConnell, certes contre les démocrates qui veulent à tout prix empêcher la confirmation de Barrett avant le 3 novembre, mais également et surtout contre le Covid19. En effet, trois sénateurs républicains ont déjà été testés positif, et la sénatrice démocrate Warren a émis un tweet suave observant qu’il n’était pas raisonnable, qu’il était même dangereux de tenir des séances accélérées pour Barrett, que l’on pouvait attendre, n’est-ce pas, au-delà du 3 novembre. McConnell ne veut évidemment rien entendre et fonce aussi rapidement que possible. Il a plus ou moins mis le Sénat en vacances jusqu’au 19, – Covid oblige – mais ne change pas un seul jour au calendrier de la confirmation de Barrett.

« Le coronavirus a atteint les rangs des républicains samedi, forçant le Sénat à annuler l’adoption de lois, car un troisième sénateur du parti a été testé positif au COVID-19. Malgré cela, le chef de la majorité Mitch McConnell a déclaré qu’il pousserait pour la confirmation de la Juge Barrett nommée par le président Donald Trump avant les élections du début novembre.
» La menace posée par COVID-19 est si grande que McConnell a annulé la procédure, mais pas les audiences de Barrett, qui devaient commencer le 12 octobre. Le républicain du Kentucky, qui se bat pour sauver la majorité du parti républicain et se présente lui-même aux élections, n’était pas prêt à y renoncer.
» “Le calendrier des travaux du Sénat n’interrompra pas le processus de confirmation approfondi, équitable et historiquement soutenu”, a écrit M. McConnell samedi. Le président de la commission judiciaire, Lindsey Graham (Caroline du Sud), qui comme McConnell se présente à la réélection, a ajouté que les sénateurs peuvent assister aux auditions à distance. »

Outre le “tweet suave” de Warren, les démocrates et ceux qui les soutiennent déploient effectivement toutes leurs forces pour bloquer la confirmation de Barrett. La probable absence de trois sénateurs républicains, pour cause de Covid, est largement diffusée comme argument, mais les républicains ont déjà contré cet argument, comme le dit Graham. De toutes les façons, McConnell entend s’appuyer sur un précédent décidée par Pelosi pour le Congrès... Ironie par conséquent, dans ce désordre et ces manœuvres furieuses.

« Ironiquement, ou pas si ironiquement si vous avez noté la myopie des démocrates, c’est sans doute Nancy Pelosi qui a fait en sorte qu’Amy Coney Barrett puisse être confirmée.
» Pourquoi ? Parce que c’est Pelosi qui a insisté pour créer un précédent au sein du Congrès, à savoir qu’il était acceptable pour les parlementaires, non seulement de mener des affaires à distance, mais même de voter à distance par procuration. Cela signifie qu’il n’y a pas d’obstacle réel à ce que Mitch McConnell puisse faire voter le Sénat, même si certains membres ne peuvent pas être présents en personne pour le faire. Quelqu’un pense-t-il vraiment que Mitch McConnell n’utilisera pas cet outil pour s’assurer que le vote se fasse avant les élections ? » Même pas en rêve...

Comme on le voit par ailleurs avec le tweet de Chris Hayes, journaliste de la chaîne antitrumpiste-maximaliste MSNBC, tous les moyens sont utilisés contre la confirmation de Barrett, jusqu’aux plus dérisoires et ridicules. Hayes critique la présence de Barrett à la cérémonie tenue il y a huit jours à la Maison-Blanche et juge que cela n’est pas digne d’une Juge, donc à considérer pour la confirmation de sa nomination... La trêve n’a pas duré longtemps, constate RedState (« Cela n’a pas pris beaucoup de temps. Après que le président Trump ait été testé positif au coronavirus, certaines personnalités [antiTrump] des médias ont tenu leur langue pendant au moins quelques heures. Mais le retour du venin était inévitable et maintenant il coule à flots.) RedState lui-même montre qu’effectivement la guerre n’a jamais vraiment cessé,  juste un coup de cessez-le-feu pour laisser passer l’ambulance...

Hayes : « Traitez-moi de fou si vous voulez mais il me semble que pour être un bon juge, il faut avoir un bon jugement. Participer à un événement de super-contamination qui enfreint la loi locale de Washington DC et les directives du CDC ne me semble pas être la marque d’un bon jugement. »

On voit qu’il y a beaucoup d’agitation autour de la confirmation de Barrett, et en vérité, en temps réel et immédiatement, cette affaire est même plus importante, même à terme, même en cas de malheur, que l’évolution de la maladie-Covid de Trump. Si Barrett est effectivement confirmée, la Cour est au complet (neuf Juges) et elle est très fortement antidémocrate et anti-progressiste dans une atmosphère chauffée au rouge. Quelle que soit l’issue du chaos politique actuel, la Cour dans sa composition avec Barrett, occuperait une position de frein ultime et sans appel contre toute forme excessive de poussée progressiste ou révolutionnaire de gauche. Cela explique la position très ferme de McConnell et des républicains, qui ne correspond pas vraiment aux coutumes du Congrès.

Une situation aussi grave avec la maladie du président et l’hécatombe-Covid chez les sénateurs devrait conduire normalement à un ralentissement des processus les plus importants, dans l’incertitude de la situation des pouvoirs à Washington, – si l’on raisonne selon la meilleure marche possible de la démocratie idéale qui nous est décrite au cœur du simulacre du système de l’américanisme. Mais nous ne sommes certainement pas dans une de ces illusions d’apaisement et de concorde politiques, mais au contraire au milieu d’un combat de chiens (‘dogfight’) d’une intensité et d’une cruauté sans guère de précédent. La nomination de Barrett dans ce contexte raffermit encore un peu plus les possibilités d’affrontement après le 3 novembre, quelle que soit l’issue de l’élection, parce que les démocrates contestent désormais la Cour Suprême telle qu’elle est constituée et structurée, et par conséquent ils pourraient en venir à lui dénier toute légitimité.

Ainsi voit-on également que l’un des effets inattendus (mais pas vraiment surprenant lorsqu’on connaît la circonstance) de la maladie de Trump, c’est le durcissement républicain, notamment au Sénat. Les républicains sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Même s’ils n’aiment pas beaucoup Trump, ils n’ont pas de candidat sérieux de remplacement, et ils commencent à réaliser qu’une victoire des démocrates pourrait effectivement conduire à une sorte de ‘coup d’État’ institutionnel. Si les démocrates ont vraiment les projets qu’on leur prête (réforme de la Cour Suprême avec augmentation du nombre de Juges, statuts d’États de l’Union donné à Porto-Rico et à Washington D.C., division de la Californie en cinq États, – toutes mesures favorables aux démocrates), les républicains sont enfermés dans une minorité à perpétuité.

Les républicains se trouvent aujourd’hui sur la défensive, mais soudain avec la conscience de lutter pour leur survie, surtout s’ils perdent la masse populiste qui soutient Trump. Du coup, et en attendant que le sort de Trump soit fixé, ils se durcissent effectivement là où ils le peuvent, sur le terrain législatif au Sénat. D’où cette poussée sans précédent pour la confirmation de Barrett, dont ils comprennent aujourd’hui toute l’importance. Même éliminé temporairement du jeu, Trump continue à imposer sa marque à la marche de la politique washingtonienne, évidemment dans le sens de la radicalisation, – pour d’ici l’élection, pour après l’élection...

 

Mis en ligne le 4 septembre 2020 à 14H30

  • 4 octobre 2020 à 00:00

Larme de Dieu

Par info@dedefensa.org

Larme de Dieu

3 septembre 2020 – Le titre pourrait se lire “L’arme de Dieu”, et il serait aussi vrai, peut-être plus juste. (Je ne cesse de faire des titres à tiroir, à plusieurs significations,  jouer avec les mots... ) Qu’importe, ‘larme’ ou ‘l’arme’, Covid19 est sans aucun doute ‘de Dieu’, comme l’on est à son suzerain, tant il montre de brio et prouve à chaque instant, à chaque détour, à chaque nouvelle annonce, non seulement son utilité mais désormais sa nécessité.

Monsieur Alain Jakubowicz, ancien président de la LICRA, tweete, plein d’une grande espérance compassionnelle : « #DonaldJTrump testé positif au #COVID19. Et si Dieu existait ? » Si l’on est un peu soupçonneux, et si l’on croit être dans les petits papiers de Dieu, on conclura que ce message implique qu’il serait de bonne fortune que Trump trépassât, dans tous les cas que le Covid fût punition de Dieu à son encontre et démonstration de la vilénie trumpiste.

La drôlerie du propos, à propos d’une situation qui n’est pas nécessairement drôle mais plutôt étrange selon le deuxième sens du mot (la “drôle de guerre” n’a jamais fait rire personne), est que ce tweet est inséré dans un texte où la personne interrogée nous dit cet avantage paradoxal que la maladie de Trump, s’il ne s’ensuit pas un funeste développement, prive les démocrates de la stratégie d’attaque contre le susdit Trump ainsi transformé en personnage tragique, en ‘gentil’. On nous précise, pour que nul ne s’y trompe que « [l’]un des principaux axes de la campagne de Joe Biden était de taper sur le méchant Trump ; maintenant qu’il est malade, il devient difficile de l’attaquer car ce serait très mal perçu... »

Charlie Stone, ancien de la BBC, est assez d’accord, comme l’indique le titre de son texte (avec les sous-entendus que chacun peut y entendre résonner : « La campagne de Trump était à moitié morte. L’infection au Covid pourrait bien être le coup de pouce dont il [Trump] a besoin pour gagner l’élection ») ; et il nous rappelle que Boris J., qui était alors connu et dénoncé comme ‘anti-confinement’, et plutôt impopulaire à ce propos, comme Trump d’une certaine façon, a failli mourir de la maladie maudite mais a gagné une gloire immortelle, au moins pour quelques semaines sinon quelques mois : « Cela n’a pas fait de mal au Britannique Boris Johnson, n’est-ce pas ? Covid-19 a failli le tuer, mais le drame lui a permis renflouer décisivement sa popularité. Voilà pourquoi la même chose pourrait arriver à Trump. »

Peut-être que bien des gens, et pourquoi pas Trump lui-même, ont-ils pensé ou pensent-ils la même chose, dans la signification profonde avec ses suites de l’accident. Les temps sont si étranges, – drôle d’époque...

Quoi qu’il en soit, ceux qui attendaient une “October Surprise” sont servis : ils l’ont, et ils ne l’ont pas vue venir, véritable et fameuse surprise, bien au-delà de l’humain et sans que l’humain n’en sache rien. Moi le premier, ou le dernier, je n’aurais pu imaginer que cette campagne si furieuse, chaotique, supra-atmosphérique, pût prendre un tel fantastique tournant, un tournant de plus, encore comme rien moins qu’une brutale courbure de l’Espace-Temp, – toujours à cause de l’étrange, de l’infernale, – à cause de la drôle de bestiole. Sans le moindre doute, Covid19 est l’arme de Dieu, lorsqu’Il entend faire régner le désordre dans les affaires humaines.

Je ne pouvais envisager que, dans le dessein divin, fût introduit une manipulation tactique de la puissance imaginative, et de la capacité infinie de surprendre, telle que se révèlent ce Covid19 et sa pandémie. Il est assez révélateur qu’en même temps que l’on considère les conséquences de cette nouvelle éruption événementielle, s’accumulent, venue de partout, les suggestions de manipulations et de complots à l’avantage de l’un, ou bien au désavantage du même. Tout cela contribue à épaissir encore le ‘brouillard crisique’, – comme il serait de bon choix de qualifier ces événements du point de vue météorologique et de la crise climatique.

On parle à juste raison du ‘brouillard de la guerre’ (‘fog of the war’) ; mais c’est du passé, me semble-t-il. Voici l’événement qui compte désormais, la météorologie des événements et de leurs mythes, je veux parler du ‘brouillard de la crise’ (‘fog of the crisis’), ou plus prestement dit, – ‘brouillard crisique’ s’accumulant au gré des tempêtes et des ouragans, des tourbillons crisiques et des ouragans crisiques. Nous vivons dans une période de nouvelles formes et circonstances, où la matière première de l’Histoire, c’est-à-dire de la métahistoire se faisant directement, cette matière première et presque unique est la crise elle-même, comme une sorte de narrative-crisique. Le récit de notre monde est devenu celui d’une crise indomptable, insoluble, qui ne se résoudra jamais que selon ses propres termes et selon un sens qui nous est inconnu, sinon inimaginable.

En un sens, qui est celui de ce court message avec ce qu’il contient d’énigmatique y compris pour l’auteur, c’est comme si la crise USA-2020 de l’élection  présidentielle de l’année-folle en cours redémarrait, redynamisée. On ne repart pas à zéro, non, on stocke tout le précieux désordre qui s’est déjà signalé et affirmé, mais l’on passe un palier au-dessus et effectivement l’on redémarre. Certains y verront la promesse d’une résurrection en craignant d’ici là que Thanatos vienne réclamer son dû, qui serait chose indue ; d’autres jureront qu’il y a une curieuse occurrence, presque une justice, à voir une personne victime des mesures qu’elle a elle-même promulguées contre toute sagesse, et qu’il ne nous gênerait pas qu’elle en mourût ; d’autres encore, enfin, affirmeront qu’ils distinguent toutes les certitudes d’une machination, d’un côté ou de l’autre, pour tenter de s’approprier un processus qui revient de droit au peuple et à son icône démocratique. Chacun voit midi à sa botte, ce qui permet de s’y croire encore, comme ‘maître des horloges’ et manipulateur du temps et de l’espace.

Ce qui veut dire, me semble-t-il, cette évidence que rien n’est joué et que tout s’est passé comme si le croupier avait redistribué un nouveau jeu. Mais quelle impudence enfin ! Comparer Dieu à un croupier, est-ce bien raisonnable ? Pourquoi pas s’il ne s’agit que d’un déguisement et d’une disposition tactique... Avec cette sorte de cocos comme ceux que l’on voit s’agiter aujourd’hui, toutes les mesures de prudence sont bienvenues, et dissimuler Dieu derrière l’apparence d’un croupier est une idée pleine de sagesse.

D’ailleurs, l’Amérique, et le monde [le bloc-BAO] avec elle, tout cela n’est-il pas un immense casino où le diable joue un jeu d’enfer ? Dans ce cas, l’on comprend que Dieu y intervienne comme il fait.

  • 3 octobre 2020 à 00:00

T.C-94 : Covid métaphysique

Par info@dedefensa.org

T.C-94 : Covid métaphysique

2 septembre 2020 – Difficile de suivre le rythme de l’histoire heure par heure, lorsqu’elle a décidé de se mettre en mode métahistorique-turbo, et qu’elle tient ce rythme en nous informant directement, nous laissant tous ébahis et épuisés. Dans la matinée (à la première heure de ce vendredi dans la nuit), Trump a mis en ligne le tweet suivant :

« Tonight, @FLOTUS  [Melania Trump]  and I tested positive for COVID-19. We will begin our quarantine and recovery process immediately. We will get through this TOGETHER! »

Ce tweet est sans le moindre doute le plus diffusé de tous les tweets-Trump, et peut-être même de l’histoire du tweet en général. Je renonce à donner un chiffre, sinon que nous évoluons dans les millions. Paul Joseph Watson, sur son site Prison Planet, déroule un nombre impressionnant de tweets de réaction à l’annonce de la nouvelle. Il s’agit d’un reflet spontané du climat de folie régnant aux USA, notamment celui de la haine, avec ces tweets stupéfiants qui célèbrent l’événement, souhaitant une mort prompte et sans retour à Trump, etc. : « Les gauchistes célèbrent le diagnostic positif au Covid de Trump ». Nous marchons dans une exo-réalité, pour certains une réalité des enfers, pour d’autres une sur-réalité, – tout ce qu’on veut sauf la normalité, ; peut-être même les gauchistes sont-ils en train de prier, comme de bons croyants soudain devenus, pour la mort rapide et sans un pli de Satan...

Il va sans dire que c’est toute la direction du pouvoir aux USA qui est pour l’instant dans une sorte d’état de décapitation virtuelle puisqu’en nécessité d’être testée et peut-être assignés à une quarantaine, et de toutes les façons plongée dans un désordre extraordinaire. Il y a la chaîne des successeurs constitutionnels du président en cas de disparition, les principaux dirigeants, son vice-président et la Speaker Pelosi, son adversaire Joe Biden, etc. Toutes ces personnes ayant été en contact ou proches de Trump sont effectivement susceptibles de se voir assigné un temps de quarantaine.

J’essaie en vain de donner des indications précises, mais c’est une tâche absurde ; finalement, le désordre de mes indications est le meilleur reflet des effets de l’événement. Il y a quelque chose d’absolument métaphysique dans ces événements, et notamment dans cette infection au Covid, à 35 jours de l’élection. Le président, et un président si absolument furieux et producteur de chaos, qui se moquait du Covid en le défiant, va-t-il disparaître ? ...Ou bien, au contraire, revenir sur la scène et profiter d’un climat de sympathie que susciterait un tel rebondissement, – et alors Covid s’avèrant un allié complètement inattendu et fort généreux, pour celui qui le moquait autant ?

Chaque péripétie extraordinaire, effectivement métaphysique, nous fait encore plus nous persuader que nous vivons une séquence d’événements d’une sorte qui n’existe pas dans notre mémoire historique, qui jamais ne projeta l’Histoire du monde sur une terra incognita secouée de tant de fureurs sismiques. Ce qui me frappe avec une puissance inouïe, ce n’est pas tant le contenu de ces événements, ni leur signification, – ils sont trop rapides pour qu’on puisse y songer, – mais leur rythme sans égal, l’espèce de méthode surhumaine de l’art du contrepied : à peine avez-vous commencé à vous rétablir des effets de l’un, dans un sens, qu’un autre vous envoie sa secousse tellurique, – dans l’autre sens !

Je suis assis à ma machine et ressens un calme étrange, alors que défile la cacophonie des constats, des observations, des réactions hystériques, des fureurs et des angoisses ! Ajouter à cela que la perspective est une période de plusieurs jours de calme, le temps de voir progresser l’infection, pour savoir si elle s’efface ou s’enflamme ; ce calme imposé, comme dans l’œil du cyclone !

Je suis frappé comme par la foudre, – c’est une métaphore, n’est-ce pas, – par l’autonomie des événements dans l’ordonnancement des choses et de leur dynamique. Chaque événement peut être compris et expliqué rationnellement, par notre « superbe raison humiliée et suppliante » de et selon Blaise Pascal ; effectivement « humiliée et suppliante », car l’enchaînement et la dynamique, les rapports de cause à effet, la nécessité et la dérision des événements répondent à un ordre qui n’est pas le nôtre ; à une maîtrise qui nous dépasse et dont nous sommes les jouets.

 Que dire de plus ? J’entends ici et là, partout autour de nous, les machines furieuses de la communication, zombies en bandouillère, qui produisent et crachent leur prévisions, leurs hypothèses, entre quarantaine et 25ème amendement, fourrées au milieu d’une chaîne de successeurs constitutionnels dont les maillons sont autant de gérontes maquillés en gérontocrates, qui font paraître le PolitBuro des années 1980-1985 comme un rassemblement de boy-scouts, jusqu’au dernier possible successeur de la lignée, presque un de la famille puisque un nommé Grassley, un Charles Ernest de l’Iowa à 86 ans... Tout cela se fait et se dit, sur les chaînes d’info, dans une ambiance presque joyeuse et effarée, rigolarde et secouant la tête, dans le genre “On renonce à comprendre” et allons-y, ‘Embrassons-nous Folleville’, ayant décidément choisi le côté bouffe de la chose.

Que dire de plus ? m’interroge encore cette question... Je n’avais qu’à choisir de ne rien écrire, ce qui eût été montrer de la fidélité à la tradition et à la méthode dedefensa.org, et une marque de respect pour ‘notre’ métahistoire. Mais non, justement ! Ces gémissements ne sont pas de mise : si j’ai parlé très vite d’un événement de cette importance dynamique, par son rythme et la surprise qu’il porte, c’est bien entendu pour saluer cette métahistoire et nous rappeler combien nous dépendons d’elle, directement avec le Ciel pourrait-on dire, et combien peu de moyens d’influence, et encore moins d’action, nous pouvons avoir sur elle.

Voilà donc la conclusion : le fait de n’avoir rien à dire en cet instant, et le dire d’une façon si ouverte, c’est prendre la mesure de la dimension extraordinaire de la dynamique des événements qui accompagne l’effondrement du Système dans sa Grande Crise. Alors et compte tenu de ces conditions, le destin du ‘candidat du chaos’ balance entre les enfers où le jette ses ennemis, et la Résurrection où l’attendent ses partisans. En tout état de cause, nous ne pouvons que suivre le spectacle que les dieux ont décidé de monter pour nous.

  • 2 octobre 2020 à 00:00

Plus fort, plus vite, plus profond !

Par info@dedefensa.org

Plus fort, plus vite, plus profond !

C’est la saison des élections présidentielles aux États-Unis et je ressens donc le besoin pressant d’écrire un article symbolique à ce sujet. J’essaie généralement de rester en dehors de ce sujet parce que les États-Unis ne sont pas une démocratie et que peu importe qui est président. Gilens et Page l’ont prouvé dans leur étude historique de 2014, ce qui m’a évité d’avoir à surenchérir ici sur ce sujet.

À ce stade, certaines personnes aiment objecter que c’est comme cela devrait être parce que les États-Unis sont une république, pas une démocratie. Mais alors pourquoi s’embêter avec des élections ? Pour ceux qui aiment la démocratie, je suggère qu’ils étudient la Corée du Nord ; c’est une “République Populaire Démocratique”. Pour résoudre le problème de la démocratie, il faudrait obtenir la moyenne à l’examen, tandis que pour en faire une république populaire – au lieu d’une république oligarchique comme c’est le cas actuellement – il faudrait un gros effort supplémentaire.

J’ai assisté à un long défilé de laquais présidentiels, en commençant par Ford dit le “ramolli du bulbe”, jusqu’à Trump, dont les surnoms vont d’“homme orange” à “merde de macaque”. Bien que cela soit sans doute une perte de temps, je peux peut-être vous aider à vous rassurer. Beaucoup de gens sont actuellement surmenés par ce qui est un concours qui n’a pas de sens et je veux faire ce que je peux pour faire baisser leur tension artérielle et leur taux de cortisol et leur permettre de vivre plus longtemps, plus heureux et en meilleure santé.

Les mots “Les États-Unis ne sont pas une démocratie et peu importe qui est président” constituent un mantra utile, en quelque sorte. Répété suffisamment de fois avec conviction, il calme l’esprit et apaise l’âme. C’est ma première contribution à votre bien-être mental face à cette compétition présidentielle ; la seconde est l’idée de voter au hasard, en tirant à pile ou face. Étant donné que votre vote n’a aucun sens (voir pourquoi ci-dessus), c’est la façon la plus responsable et la plus patriotique de vous acquitter de votre responsabilité de participer. En prime, cela vous permet de prendre plaisir à regarder les têtes de ces politiciens sans scrupules exploser :

– Avez-vous l’intention de voter ?
– Bien sûr !
– Comment comptez-vous voter ?
– En jouant à pile ou face.
– Pourquoi ?
– Parce que les États-Unis ne sont pas une démocratie et que peu importe qui est président. (Citer l’étude ci-dessus.)
– Alors pourquoi voter ?
– Parce que c’est ma responsabilité en tant que citoyen.

Pour rendre cette discussion moins aride, laissez-moi vous brosser le tableau. Imaginez que les États-Unis sont une impasse négligée entre deux immeubles, jonchée d’ordures, de graffitis et infestée de rats. Imaginez maintenant que les présidents et les candidats à la présidence soient des matous qui rôdent dans cette ruelle, empestant régulièrement tous les objets verticaux et feulant les uns sur les autres périodiquement. Tous les quatre ans, les griffes sont sorties et la fourrure vole, puis c’est le retour des rôdeurs, des miaulements et de la puanteur. Vous espérez qu’un jour quelqu’un viendra ramasser les ordures, repeindre les graffitis et exterminer les rats, mais à ce stade, vous n’avez pas trop d’espoir dans l’idée que continuer à nourrir les matous fera en sorte que quelqu’un viendra.

Après avoir fixé cette image dans nos esprits, posons une question évidente : Quand avons-nous vu pour la dernière fois notre impasse habitée par des créatures de même trempe [que Trump] ? La réponse est évidente : en 1984. Le titulaire était Ronald Reagan. Sa devise était « It’s morning in America » (après une longue nuit noire de déclin industriel, de chocs pétroliers et de revers géopolitiques) ; le slogan était « Plus fier, Plus fort, bref Meilleur ! » L’ancien vice-président Walter Mondale, maladroit et peu impressionnant, a fait une chose sans précédent parmi les candidats à la présidence en choisissant une femme – Geraldine Ferraro – comme vice-présidente pour son ticket. Ils se sont crashés en flammes, ne remportant que le Minnesota, l’État natal de Mondale, et le district de Columbia.

Par la suite, une sorte de “Réveil en Amérique” a eu lieu, non pas à cause de ce que Reagan a fait, mais simplement parce que l’URSS s’est effondrée – en grande partie à cause de la trahison de Mikhaïl Gorbatchev, Boris Eltsine et de leurs cohortes de faux-communistes – ouvrant la voie à une période de 30 ans de pillage effronté de l’ensemble du bloc de l’Est par l’Occident. Mais au tournant du siècle, le butin s’est épuisé et l’Empire américain a recommencé à avoir faim. Et maintenant, il est vraiment affamé : la moitié du budget fédéral est désormais financée par l’impression d’argent et chaque année, le gouvernement américain emprunte le double de ce qu’il encaisse. Lorsque cette impression de monnaie engendrera inévitablement l’inflation, les États-Unis ne pourront pas la combattre, comme ils l’ont fait sous Reagan, en augmentant les taux d’intérêt, car cela déclencherait instantanément la faillite nationale à tous les niveaux.

Les États-Unis sont désormais un pur système pyramidal prêt à s’effondrer à tout moment. Théoriquement, ils pourraient gagner quelques années supplémentaires si la Chine s’effondrait politiquement, permettant aux États-Unis de la piller comme ils l’ont fait avec le bloc de l’Est lors de l’effondrement de l’URSS, mais une telle évolution semble extrêmement improbable. Lorsque les États-Unis s’effondreront, peu importe qu’ils aient été une démocratie ou qui ait été leur président. Et maintenant, revenons au spectacle secondaire de la fin de l’univers…

Cette année, nous avons Donald Trump comme titulaire. Sa devise est “Make America Great Again” – après une longue nuit noire de déclin industriel, de chocs pétroliers et de revers géopolitiques. Il n’a pas de slogan, et je voudrais donc suggérer “Plus fort, plus Vite, plus Profond !” Cela réjouirait en plus ses fidèles partisans parmi les mâles homophobes racistes et sexistes. En face, on a l’ancien vice-président Joe Biden, sénile et hésitant, qui a fait une chose sans précédent parmi les candidats à la présidence en choisissant une femme – Kamala Harris – comme vice-présidente. Pire encore, dans son brouillard mental, Joe Biden ne semble pas savoir lequel d’entre eux est le vice-président. Il serait probablement plus heureux dans son rôle habituel de vice-président – en faisant de longues siestes en milieu de journée et en assistant à des funérailles, y compris, finalement, les siennes.

On peut affirmer que le ticket Biden/Harris va s’envoler en fumée, tout comme le billet Mondale/Ferraro, qui était la deuxième plus mauvaise performance de tous les temps- le pire record de tous les temps à battre est la victoire de Franklin D. Roosevelt sur Alf Landon en 1936. Il y a aussi une raison pour laquelle un tel fiasco serait plus difficile à prévoir : en 1984, le politiquement correct n’avait pas encore fait florès et il était tout à fait concevable qu’un héros de la classe ouvrière se tenant dans un bar à péquenauds s’exclame bruyamment “Je ne voterai pas pour une femme arrogante à la présidence”, alors que de nos jours, de tels “Deplorables” retiennent leur souffle, craignant la désapprobation, et gardent leur préférence électorale secrète même pour leur propre famille. C’est probablement ce même effet qui a aveuglé la campagne d’Hillary Clinton en 2016.

Depuis lors, l’atmosphère politique aux États-Unis est devenue encore plus toxique, avec la suppression totale de la liberté d’expression par la censure des médias sociaux et des codes de conduite strictement appliqués sur le lieu de travail. Pendant ce temps, la rhétorique de BLM, Antifa, LGBTQ+ et des militants féministes est devenue de plus en plus stridente, le tout dirigé contre un seul ennemi : l’homme blanc hétérosexuel américain. Ce type de victimisation inverse portera tôt ou tard des fruits tout aussi toxiques. Si une personne, du fait qu’elle est un homme blanc hétérosexuel, est automatiquement étiquetée comme un homophobe sexiste raciste et forcée à avouer et à se repentir sous la contrainte, alors la victime de la victimisation inversée finira par s’exclamer quelque chose du genre “Très bien, si c’est ce que vous pensez que je suis, c’est comme ça que je vais la jouer. Retour au ghetto/à la réserve ! Retour à la cuisine/ au placard !” Et, pour être plus convaincant, il pourra armer son fusil. Ne serait-ce pas déplorable !

Je peux imaginer des foules énormes de ces “Deplorables” se dirigeant vers les bureaux de vote, se saluant avec cette réponse comme défi “Plus fort, plus vite !” – “Plus profond !” et … réélisant Donald Trump. Il s’ensuivra un chahut, au milieu duquel personne ne remarquera particulièrement l’effondrement de “tout le château de cartes”, comme l’a dit George W. Bush. Mais quoi qu’il arrive, vous devez vous rassurer, car les États-Unis ne sont pas une démocratie et peu importe qui est président, mais si vous voulez voter, alors faites-le en tirant à pile ou face.

 

Le 21 septembre 2020, Club Orlov – Traduction du Sakerfrancophone

  • 2 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Itinéraire de la folie

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Itinéraire de la folie

Notre appréciation est que le débat Biden-Trump, – dont on ne sait s’il sera suivi des deux autres, – a ouvert une vanne de plus au déferlement de la folie qui engloutit les USA et dévaste leurs structures à la vitesse d’un ouragan. Nous ne parlons pas de la substance du débat, dont le susdit fut d’ailleurs privé au profit d’une forme particulièrement vive d’échange d’insultes et du reste ; nous parlons de la perception qu’on eut de ce débat, et des réactions extrêmes qui suivent. Il faut observer que les deux côtés tendent à être d’ailleurs d’accord sur la tension et le caractère de fureur de cette rencontre, chacun se contentant comme d’habitude d’en attribuer la responsabilité à l’autre camp. En fait, on se trouve dans la situation décrite par James Howard Kunstler, dans une tribune prophétique (du 26 septembre), – mais sans grand risque puisqu’à propos de la folie qui défile à une si grande vitesse et ne cache plus rien de ce qu’elle est, la prévision hyper-superlative est nécessairement prophétique : « Le pays a maintenant perdu la raison... Comme un écho de la France de 1793... Plus comme une rime que comme une reprise à l’identique. »

Kunstler :

« L’Amérique a une nouvelle crise en cours de fabrication, ElectionGate, comme si toutes les autres qui s’accumulent comme des dépressions tropicales défilant sur les mers du mois de septembre ne suffisaient pas.
» L’Amérique a besoin d’une crise constitutionnelle comme d’un trou dans la tête, et c’est exactement ce que les gens intelligents des services juridiques du parti démocrate sont en train de nous concocter pour les fêtes de fin d’année. [...]
» L’orgie d’hystérie politique, de folie et de violence est une réaction psychotique à l’effondrement de l’économie techno-industrielle, – une caractéristique de celle-ci, en fait. »

Les signe de cette folie qui est désormais en état d’accélération-turbo et évidemment exponentielle se lisent et se décrivent partout, que ce soit dans les réactions du jour ou dans les réflexions venues d’un terme moins court. Tout le pays, l’immense superpuissance, semble pris dans un colossal incendie, un incendie californien par crise d’une infinie sècheresse, qui embrase les esprits. On doit avoir en mémoire, pour bien mesurer cet embrasement et les extraordinaire chevauchées des flammes de l’enfer, les considérations sur l’incendie de la folie des esprits, liée à la religion de la démocratie et à l’exaltation de la liberté jusqu’à l’intolérance totale et la fermeture à double tour des esprits par une clef nommée ‘exceptionnalisme américaniste’. Le visionnaire Dostoïevski fut convoqué manu militari, en passant par l’Irak, par GW Bush dans son discours de 2005 qui exhumait déjà cette folie, si bien décrite à l’époque par Raimondo, et que Martin Sieff transcrit de cette façon, rappelant Les Possédés de Dostoïevski :
« Et comme si cela ne suffisait pas, nous voyons maintenant la société américaine être déchiquetée en deux factions antagonistes, les ultra-libéraux et les conservateurs caricaturaux, qui se haïssent les uns les autres et refusent de même chercher un terrain d'entente. »

Il y a longtemps qu’on ne peut plus suivre une ligne clairement tracée dans ce chaos, bien que la perception selon laquelle il existe deux simulacres parallèles, deux réalités différentes où évoluent les deux camps, soit partagée par la plupart des observateurs. On veut dire simplement que, malgré ce verrouillage, des ‘dérapages’ se font, qui induisent des situations parfois plus bouffes que tragiques tant tout cela est parcouru par les éclairs de folie, et même les domaines les plus futiles rendent compte de cette évolution.

• Ainsi en est-il de cette curieuse anecdote exotique, où l’on voit le New York Times (NYT) suivre évidemment à coup de tweet le débat Biden-Trump, et s’emparer d’une affirmation de Biden pour la sanctionner d’un « It’s false », suivie d’une affirmation soutenant Trump sur cette question. RT.com, profitant de l’occasion comme on le comprend décidemment, en a fait un article structuré de tweets divers :

« Le tweet [du NYT] contient une capture d'écran de sa couverture de la vérification des faits, qui comprend une citation de Joe Biden démentie. “Nous avons laissé [à Trump] une économie en plein essor. Et il a causé la récession.” [...]
» La vérification des faits saisis sur l’écran se poursuit en détaillant comment l'économie n'était pas “en plein essor” pendant la dernière année de l'administration Obama, sous la surveillance de Biden en tant que vice-président. [Le NYT] va même jusqu’à défendre Trump, affirmant qu'il n'avait pas “causé” la récession pandémique... »

Suit une avalanche de tweets de lecteurs du NYT, dénonçant l’intervention du journal, sur un rythme et dans des termes impressionnants, accompagnés d’annonce de suppression d’abonnements au NYT :

« And THIS is the image you choose to include?!?!?!?!?Cancelling my subscription tomorrow. I'm done with you. This is ridiculous. Ludicrous. Shameful. » (John ’33 Days’ Wright)
« OK, after decades of being a subscriber I'm going to have to cancel my subscription. Because the NY Times continues to enable trump's fascism. » (Doris O)
« So glad I cancelled my subscription to your rag. Cannot believe you would choose a BIDEN quote after trump just lied for 90 minutes! » (KG)

• ... Car la folie touche aussi bien des affaires dérisoires que des structures considérables, voire des politiques aux niveaux les plus essentiels. Ainsi en est-il de cet autre cas, qui nous a arrêtés, qui dépasse très largement l’actualité mais qui, dans la circonstance, s’inscrit parfaitement dans la description que nous faisons ici. Il s’agit d’un extrait de l’article de Robert Bridge, ce 1er octobre 2020 sur RT.com à nouveau, permettant diverses réflexions sur les enjeux géopolitiques de la politique extérieure des USA...

« Grâce à la croyance inébranlable de l’Amérique dans son caractère ‘exceptionnel’, elle se considère comme l’arbitre des valeurs auxquelles le monde devrait être attaché, la démocratie dût-elle en périr. L’année dernière, par exemple, pour tenter de gagner les faveurs de la gauche radicale au sein du parti démocrate, Joe Biden, qui pourrait devenir le prochain président des États-Unis, a déclaré qu'il “réduirait l’aide étrangère aux pays” qui ne défendent pas les valeurs de la communauté LGBTQ, et ce, même si ces valeurs s’opposent aux traditions et croyances du pays en question. L’ancien vice-président aurait également déclaré qu’il établirait un bureau au département d’État, chargé de promouvoir les droits des LGBTQ dans le monde entier.
» Ce type de politique étrangère fondée sur la ‘diversité’ sexuelle n’est pas le fait du seul parti démocrate. En avril, Richard Grenell, l'ancien directeur intérimaire du renseignement national du gouvernement Trump, a déclaré que les États-Unis envisageraient la possibilité de ne pas partager leurs renseignements avec les pays qui discriminent les modes de vie des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Non seulement il s’agit d’une ingérence obscène dans les affaires des États étrangers qui frise le chantage, mais de plus cette mesure pourrait établir une règle potentiellement catastrophique dans le monde du renseignement. »

Bien entendu, il ne s’agit pas d’exposer, au travers de tel ou tel cas, d’ailleurs sans tenir compte des nécessités chronologiques, l’avancement d’une politique ou l’évolution d’une position, mais bien de rendre compte d’un climat, d’une humeur, d’une psychologie collective contrainte par le conformisme-PC mais de plus en plus déchaînée elle-même, finissant par accepter les contraintes de cette folie comme des avantages, sinon des vertus irrésistibles. C’est un phénomène étrange, qui devrait prendre de plus en plus d’importance, avec chacun des deux camps touchés par sa propre folie, dans sa bulle ou son simulacre, et les orientations des deux comptant de moins en moins dans les effets qu’on produit aussi bien que dans les jugements qu’on porte sur eux. (Voir dans C dans l’Air, citée par ailleurs, comment les connaisseurs français des USA, au départ tous antiTrump, raisonne aujourd’hui selon l’observation qu’il y a quelque chose de général, « des gens qui n’arrivent même plus à discuter, qui sont dans leur tunnel, qui ne parlent qu’à des gens qui les aiment [...] qui ne cherchent plus à convaincre les autres, chacun étant dans une bulle cognitive... » [Thomas Snegaroff, 03’45”].)

Loin de se combattre et de se détruire possiblement, ces deux fermetures à double tour qui ne se parlent plus et s’ignorent, se rejoignent paradoxalement et s’additionnent pour renforcer sans cesse la fantastique puissance de l’ouragan crisique qui est en train de déstructurer, de déconstruire, de ‘déconstructurer’ l’Amérique.

Dans ce contexte de la folie qui balaie l’Amérique, le débat Biden-Trump s’impose comme une borne signalisatrice et symbolique d’une formidable puissance. Le paradoxe est que ces gens, ces deux personnes fort âgées et hors de leurs gonds, qui s’insultent et désormais prétendent s’ignorer et ne se plus parler sinon pour s’insulter, en fait finissent par ‘aller très bien ensemble’, – comme dit la chanson « Marions-les, marions-les, ils vont très bien ensemble » [de Juliette Gréco, paix à son âme]. Ils vont ‘très bien ensemble’, finalement, pour déconstructurer l’Amérique avec une alacrité, avec un allant qui laissent bouche bée.

Quoi qu’il en soit et pour faire une chute, il faudra tout de même reconnaître une certaine graduation dans les mérites, et proposer, fermement cette fois, le Prix Nobel pour le président Donald Trump : Prix Nobel du Chaos. Philip Wegman de RealClearPolitics, repris par ZeroHedge.com, nous rappelle à qui nous devons ce surnom prophétique : « Donald Trump n’a jamais aimé ce surnom.  À l’époque où il était encore New-Yorkais et un candidat républicain fraîchement déclaré, et généralement considéré comme une curiosité exotico-politique, Jeb Bush l’avait baptisé en direct à la télévision. Selon l’ancien gouverneur de Floride, Trump était “le candidat du chaos”. »

 

Mis en ligne le 1er octobre 2020 à 18H45

  • 1 octobre 2020 à 00:00

La découverte de l’Amérique

Par info@dedefensa.org

La découverte de l’Amérique

1er octobre 2020 – ... Ou bien “la (re)découverte de l’Amérique” ? Finalement non. Ce n’est pas l’Amérique qui a changé et qu’on redécouvre, mais bien l’Amérique poussée à son extrême et qui nous apparaît telle qu’elle-même, en majesté, – ou plutôt et pour être plus justes, ‘en obscénité’ et ‘en barbarie’.

C’est cela et rien d’autre qu’ils ‘découvrent’, Christophe Colomb de la modernité, avec le supplément effrayant qu’il s’agit de notre modèle bien-aimé, que nous imitons depuis tant de temps, et que nous-mêmes, finalement, sommes de cette même sorte et de cette même eau... “Bloc-BAO”, Système, nous y sommes et nous en sommes ! Le compte y est, tout le monde est à bord du Titanic.

Je veux dire, plus simplement après cette introduction tonitruante, que le débat entre les deux brutes a révélé à tous les amis où en est l’Amérique en vérité. Toute notre classe des élitesSystème a pris en pleine figure, sans aucun ménagement et au rythme des insultes de Biden-Trump et des injures de Trump-Biden cette affreuse vérité ; le spectacle de l’horrible duel et du terrible affrontement leur révèle que non seulement la vérité-de-situation est catastrophique, mais qu’en plus elle s’effondre en cascade vers une catastrophe plus grande encore. Je prends à témoin une conversation de commentaire très parisien, qui fut exemplaire à cet égard, une émission du programme ‘C dans l’Air’  (celui du 30 septembre sur TV5) qui avait pour cette fois troqué le Covid pour un USA2020 pas piqué des vers.

Il y avait du beau monde dans le genre experts-hagiographe des USA, dont l’extrême du domaine avec l’impressionnante Nicole Bacharan, la plus titrée de nos américanoSystème, la référence inévitable pour tout ce qui concerne la Grande République, lorsqu’il s’agit d’y comprendre quelque chose dans le bon sens. Celle qui avait affirmé en 2015-2016 que Trump n’avait aucune chance, qui disait le 11 septembre à la RTBF « C’est l’Amérique ou Trump. Vous ne pouvez pas avoir les deux », celle-là est venue à cette émission pour nous présenter l’avis de décès, et des Etats-Unis et de la démocratie, – c’est-à-dire des deux ensemble, c’est-à-dire notre acte de décès, le vôtre et le mien...

Car Bacharan dit justement que l’effondrement de la démocratie américaniste qu’elle juge désormais inévitable, a de fortes (mal)chances d’emporter l’effondrement du reste, si ce n’est déjà en cours. En effet, l’événement considérable qui concerne le sort de la matrice et le bras armé du Système n’est qu’un avant-goût des effets terribles et très rapides qu’il entraînera dans le reste, selon l’enchaînement des fascinations défaites et humiliées affreusement, selon cette analyse que je partage notamment avec moi-même depuis quelques si longues lunes...

« Nous l'avons déjà écrit et nous le répétons avec force : il ne peut y avoir, aujourd’hui, d’événements plus important pour la situation du monde qu’une dynamique de dislocation des USA. [...]
» La fin de l’American Dream, qui interviendrait avec un processus de parcellisation de l’Amérique, constituerait un facteur décisif pour débloquer notre perception, à la fois des conditions de la crise, de la gravité ontologique de la crise et de la nécessité de tenter de chercher une autre voie pour la civilisation – ou, plus radicalement, une autre civilisation.
» L’alternative n’est pas une évolution des arrangements politiques, économique ou géostratégiques (par exemple, la Chine remplaçant les USA comme n°1, mais toujours dans le même système).  [...] L’alternative est une poursuite catastrophique de la crise vers des situations inconnues de désordre... »

Ainsi suis-je subrepticement conduit à penser, moi qui n’avais eu en vérité aucun intérêt particulier pour ce débat, ni aucune attente à cet égard, que ce débat est au contraire d’une réelle importance à la fois symbolique et de communication, en ceci qu’il les oblige, non seulement à voir avec leurs propres yeux mais bien plus, à regarder la vérité-de-situation du monde avec le regard intense qu’impose la fureur de la métahistoire déchaînée. Il est désormais très possible que ce “combat de chiens” (dogfight) les force à admettre qu’existe bien, et même fort bien, cette possibilité de l’effondrement de ‘notre-Amérique’ avec le reste suivant. Ils n’y comprendront rien pour autant ni n’acquerront la moindre lucidité pour le compte, cela ne les rendra nullement plus indépendants ni libres d’esprit. Je m’en tiens au choc souterrain, dissimulé, qu’essuie ainsi leur psychologie, mais je m’y tiens parce qu’en vérité c’est la chose essentielle dans cette circonstance. C’est notre psychologie elle-même, de l’intérieur de nous-mêmes, qui va être bouleversée, qui est déjà bouleversée sans que nous y prenions garde.

Ils ne le savent pas encore et d’ailleurs il importe peu qu’ils le sachent, mais pour eux rien ne sera plus jamais comme avant. Le dogfight Biden-Trump a commencé à éteindre les Lumières de la modernité. Bientôt, il fera sombre et l’ombre commencera à envahir la scène de ‘la société du spectacle’, cette société à irresponsabilité illimitée, où ils avaient l’habitude de se rassurer en voyant le show du fameux et infâme Buffalo Bill capturer au lasso son pote Sitting Bull  assis sur le dernier bison de cette triste aventure de pacotille...

Occupé à ses diversités racisés et à ses quotas genrés, Hollywood ne sait plus ce qu’est un Happy End.

  • 1 octobre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Shut Up , clowns !

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Shut Up , clowns !

Impressionnante unanimité chez CNN : ‘A Shit Show’ ; traduisons à peu près : ‘un débat de merde’. Autre terme de l’unanimité : ‘débat chaotique’. La sympathique et très-observatrice Caitline Johnstone a mis en ligne un article avec les photos des deux débatteurs, et ce titre : « La Russie ne pourrait jamais discréditer l’Empire aussi efficacement que ces deux types le font. » A la question tweeté « Qui a gagné ? », Scott Ritter répond par le même canal : « Certainement pas l’Amérique. »

D’un texte de commentaire plutôt amer et sans le moindre enthousiasme de ZeroHedge.com, à partir de citations et d’appréciations qui rendent souvent le même écho, on extraira ceci, plutôt symbole de la chose qu’une mesure ou une conclusion factuelle et politique :

« Il est certain que le débat a été un véritable gâchis, puisque 69% des personnes interrogées dans un sondage CBS ont déclaré qu'elles étaient irritées par l'événement, “qui comportait des jurons, des injures, des insultes et des cris qui rendaient difficile d'entendre ce qui était réellement dit”.
» Plus précisément, et comme nous avons demandé si le débat avait vraiment de l’importance, John Authers de Bloomberg écrit que le débat “semble avoir peu changé” les positions, à partir des échanges de commentaires d’internautes des dernières 24 heures, sur le réseau Predictit mesurant les chances d’un parti de gagner l’élection. Le volume était important pendant le débat, et pourtant il s'est traduit par une amélioration tout juste perceptible pour les démocrates, rien de plus.
 »

Voilà l’atmosphère de l’après-coup, avec un goût de cendre dans la bouche, un scénariste plus racoleur parlerait d’une ‘gueule de bois’. Le débat a donc constitué une soudaine mise en lumière de la réalité de cette élection, du vide conceptuel écrasant, de la réduction entropique de tout débat politique à sa forme de communication et rien d’autre, alors que les acteurs sont épuisés ou excessifs sans la moindre retenu et jusqu’à la pathologie, où les narrative et les FakeNews formés en simulacres sont balancées sans la moindre attention pour la vraisemblance, l’équilibre et l’harmonie de la vérité, rien que pour l’effet immédiat, le feu de paille de l’artifice de communication. On retiendra donc l’essentiel de cette soirée en ceci que Biden fut le plus salace, en qualifiant Trump de « clown » et en lui intimant l’ordre de se taire (« Tu vas la fermer, mec ! »)... La formule étant aussitôt et souplement reprise par l’équipe Biden pour faire fabriquer et sortir dans l’instant des t-shirts noirs à $30 l’unité, commande immédiate possible, avec en impression une tête de Trump et la formule effectivement (« Will you shut up, man !»)

Au milieu d’une tribune entièrement concentrée à ce qu’il estime être une tentative de coup d’État fasciste de Trump en s’appuyant essentiellement sur une intervention de la Cour Suprême face à un scrutin qui serait impossible à démêler, le site WSWS.org change brusquement de perspective pour décrire la véritable signification du débat. On y voit alors beaucoup plus la fin d’un système de l’américanisme totalement pourri, que l’arrangement d’une tentative de rupture politique qui rétablirait ce système selon des normes autoritaires et même policières, à l’avantage d’un ‘aventurier’ nommé Trump, face à des démocrates affaiblis et presque complices finalement, – alors qu’on sait qu’ils soutiennent et entretiennent depuis des mois le désordre dans les rues et les manœuvres d’une illégalité qui trouve sa justification dans l’illégalité proclamée de Trump...

« Ce qui s’est passé mardi soir n’était pas tant un débat. C'était un portrait de la dégénérescence politique. Ce qui se joue en temps réel, c'est l'effondrement de la démocratie américaine sous la putréfaction et la saleté du capitalisme américain.
» Les diatribes de Trump ont donné le ton à un événement dont le caractère dégradant a choqué même les médias.
» “C’était le pire débat que j’ai jamais vu”, a déclaré un commentateur de CNN. “Ce n'était même pas un débat. C'était une honte.” D’autres l’ont qualifié de “désastre complet sur tous les fronts”.
» Le caractère avilissant du spectacle de mardi soir était clair pour tout le monde, et très commenté. Mais ce qui est évité dans les médias, c'est l'importance politique évidente de ce qui se passe en réalité. Trump cherche à établir une dictature présidentielle, et la Maison Blanche est maintenant le centre névralgique politique d'une conspiration visant à réaliser un coup d'État.
» Une déclaration de Trump mardi soir s'avérera vraie : “Cela ne finira pas bien”. Non, certainement pas. Cette crise ne sera pas résolue le jour des élections, et ne sera pas résolue de manière conventionnelle. »

Comme on le lit dans ces dernières lignes, WSWS.org affirme que les médias ont raté cet aspect du débat de la mise en place d’un coup d’État à l’avantage d’“un ‘aventurier’ nommé Trump”, mais l’on peut lire cette considération répondant tant aux vœux secrets de la mystique trotskiste vieille de plus d’un siècle comme une auto-narrative interprétée par ces mêmes trotskistes de la narrative du débat. On peut aussi bien inverser le constat et se demander si en juger ainsi n’est pas accorder beaucoup trop d’importance, – un simulacre d’importance en un vain effort de ressusciter le passé révolutionnaire, – à des conceptions politiques et à une action politicienne, celles qui sont supposées de Trump, dont l’existence n’est nullement prouvée et dont la vraisemblance épuise l’esprit à force de solliciter l’art de l’interprétation intéressée.

Finalement, il s’agit bien de ceci : le débat nous montrait la pourriture en phase terminale du système de l’américanisme avec les deux principaux démonstrateurs de cette pourriture, – et l’un des deux (Trump), quasiment avec la complicité de l’autre (Biden), serait capable d’organiser la “régénération fasciste” de ce même système de l’américanisme ? C’est beaucoup espérer de la nature humaine et augurer de la prospective marxiste de l’avenir du monde.

Plutôt que la machination, le débat a d’abord montré, et montré quasi-exclusivement, le désordre et la bassesse de l’état de la politique américaniste. C’est là la préoccupation principale sinon exclusive de l’appréciation et c’est cela qui devrait être le véritable enseignement du débat. Il s’agit de l’effondrement d’un système, – du Système, certes, – s’effectuant à une vitesse peu ordinaire, au long de soubresauts et d’une désintégration très rapide de tout le tissu du système de la politique américaniste. Pour une fois, tous, y compris l’équipe CNN oubliant un instant ses consignes, ont été convoqués par l’évidence de l’événement désintégrant au long d’un instant, en guise d’avertissement pour la suite, les charmes agressivement faussaires et conformistes-Système de la narrative du simulacre.

 

Mis en ligne le 30 septembre 2020 à 15H45

  • 30 septembre 2020 à 00:00

RapSit-USA2020 : Shut Up, clowns !

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2020 : Shut Up, clowns !

Impressionnante unanimité chez CNN : ‘A Shit Show’ ; traduisons à peu près : ‘un débat de merde’. Autre terme de l’unanimité : ‘débat chaotique’. La sympathique et très-observatrice Caitline Johnstone a mis en ligne un article avec les photos des deux débatteurs, et ce titre : « La Russie ne pourrait jamais discréditer l’Empire aussi efficacement que ces deux types le font. » A la question tweeté « Qui a gagné ? », Scott Ritter répond par le même canal : « Certainement pas l’Amérique. »

D’un texte de commentaire plutôt amer et sans le moindre enthousiasme de ZeroHedge.com, à partir de citations et d’appréciations qui rendent souvent le même écho, on extraira ceci, plutôt symbole de la chose qu’une mesure ou une conclusion factuelle et politique :

« Il est certain que le débat a été un véritable gâchis, puisque 69% des personnes interrogées dans un sondage CBS ont déclaré qu'elles étaient irritées par l'événement, “qui comportait des jurons, des injures, des insultes et des cris qui rendaient difficile d'entendre ce qui était réellement dit”.
» Plus précisément, et comme nous avons demandé si le débat avait vraiment de l’importance, John Authers de Bloomberg écrit que le débat “semble avoir peu changé” les positions, à partir des échanges de commentaires d’internautes des dernières 24 heures, sur le réseau Predictit mesurant les chances d’un parti de gagner l’élection. Le volume était important pendant le débat, et pourtant il s'est traduit par une amélioration tout juste perceptible pour les démocrates, rien de plus.
 »

Voilà l’atmosphère de l’après-coup, avec un goût de cendre dans la bouche, un scénariste plus racoleur parlerait d’une ‘gueule de bois’. Le débat a donc constitué une soudaine mise en lumière de la réalité de cette élection, du vide conceptuel écrasant, de la réduction entropique de tout débat politique à sa forme de communication et rien d’autre, alors que les acteurs sont épuisés ou excessifs sans la moindre retenu et jusqu’à la pathologie, où les narrative et les FakeNews formés en simulacres sont balancées sans la moindre attention pour la vraisemblance, l’équilibre et l’harmonie de la vérité, rien que pour l’effet immédiat, le feu de paille de l’artifice de communication. On retiendra donc l’essentiel de cette soirée en ceci que Biden fut le plus salace, en qualifiant Trump de « clown » et en lui intimant l’ordre de se taire (« Tu vas la fermer, mec ! »)... La formule étant aussitôt et souplement reprise par l’équipe Biden pour faire fabriquer et sortir dans l’instant des t-shirts noirs à $30 l’unité, commande immédiate possible, avec en impression une tête de Trump et la formule effectivement (« Will you shut up, man !»)

Au milieu d’une tribune entièrement concentrée à ce qu’il estime être une tentative de coup d’État fasciste de Trump en s’appuyant essentiellement sur une intervention de la Cour Suprême face à un scrutin qui serait impossible à démêler, le site WSWS.org change brusquement de perspective pour décrire la véritable signification du débat. On y voit alors beaucoup plus la fin d’un système de l’américanisme totalement pourri, que l’arrangement d’une tentative de rupture politique qui rétablirait ce système selon des normes autoritaires et même policières, à l’avantage d’un ‘aventurier’ nommé Trump, face à des démocrates affaiblis et presque complices finalement, – alors qu’on sait qu’ils soutiennent et entretiennent depuis des mois le désordre dans les rues et les manœuvres d’une illégalité qui trouve sa justification dans l’illégalité proclamée de Trump...

« Ce qui s’est passé mardi soir n’était pas tant un débat. C'était un portrait de la dégénérescence politique. Ce qui se joue en temps réel, c'est l'effondrement de la démocratie américaine sous la putréfaction et la saleté du capitalisme américain.
» Les diatribes de Trump ont donné le ton à un événement dont le caractère dégradant a choqué même les médias.
» “C’était le pire débat que j’ai jamais vu”, a déclaré un commentateur de CNN. “Ce n'était même pas un débat. C'était une honte.” D’autres l’ont qualifié de “désastre complet sur tous les fronts”.
» Le caractère avilissant du spectacle de mardi soir était clair pour tout le monde, et très commenté. Mais ce qui est évité dans les médias, c'est l'importance politique évidente de ce qui se passe en réalité. Trump cherche à établir une dictature présidentielle, et la Maison Blanche est maintenant le centre névralgique politique d'une conspiration visant à réaliser un coup d'État.
» Une déclaration de Trump mardi soir s'avérera vraie : “Cela ne finira pas bien”. Non, certainement pas. Cette crise ne sera pas résolue le jour des élections, et ne sera pas résolue de manière conventionnelle. »

Comme on le lit dans ces dernières lignes, WSWS.org affirme que les médias ont raté cet aspect du débat de la mise en place d’un coup d’État à l’avantage d’“un ‘aventurier’ nommé Trump”, mais l’on peut lire cette considération répondant tant aux vœux secrets de la mystique trotskiste vieille de plus d’un siècle comme une auto-narrative interprétée par ces mêmes trotskistes de la narrative du débat. On peut aussi bien inverser le constat et se demander si en juger ainsi n’est pas accorder beaucoup trop d’importance, – un simulacre d’importance en un vain effort de ressusciter le passé révolutionnaire, – à des conceptions politiques et à une action politicienne, celles qui sont supposées de Trump, dont l’existence n’est nullement prouvée et dont la vraisemblance épuise l’esprit à force de solliciter l’art de l’interprétation intéressée.

Finalement, il s’agit bien de ceci : le débat nous montrait la pourriture en phase terminale du système de l’américanisme avec les deux principaux démonstrateurs de cette pourriture, – et l’un des deux (Trump), quasiment avec la complicité de l’autre (Biden), serait capable d’organiser la “régénération fasciste” de ce même système de l’américanisme ? C’est beaucoup espérer de la nature humaine et augurer de la prospective marxiste de l’avenir du monde.

Plutôt que la machination, le débat a d’abord montré, et montré quasi-exclusivement, le désordre et la bassesse de l’état de la politique américaniste. C’est là la préoccupation principale sinon exclusive de l’appréciation et c’est cela qui devrait être le véritable enseignement du débat. Il s’agit de l’effondrement d’un système, – du Système, certes, – s’effectuant à une vitesse peu ordinaire, au long de soubresauts et d’une désintégration très rapide de tout le tissu du système de la politique américaniste. Pour une fois, tous, y compris l’équipe CNN oubliant un instant ses consignes, ont été convoqués par l’évidence de l’événement désintégrant au long d’un instant, en guise d’avertissement pour la suite, les charmes agressivement faussaires et conformistes-Système de la narrative du simulacre.

 

Mis en ligne le 30 septembre 2020 à 15H45

  • 30 septembre 2020 à 00:00

L’odeur du mensonge et le bouquet du simulacre

Par info@dedefensa.org

L’odeur du mensonge et le bouquet du simulacre

29 septembre 2020 – On a remarqué que je préfère le mot plein de sophistication, d’élégance, presque de la légèreté d’une bulle ou d’un songe, de ‘simulacre’, au mot, infiniment plus grossier et vulgaire, de ‘mensonges’. Je trouve que c’est là, comme on dit dans les débats sur nos plateaux, un “vrai débat” de notre temps, au terme duquel on peut avancer des jugements sur notre temps, son étrangeté, sa radicalité, son exceptionnalité, – et finalement, au bout, badaboum, – sa chute.

Je mets les deux mots en balance, comme l’on dit dans un débat, alors que deux textes très récents viennent apporter beaucoup d’eau au moulin de notre souffrance, et à l’argument de votre désespérance. Le premier m’a été signalé par un mien ami qui veille sur le bon fonctionnement et l’entretien de ma santé approximativement intellectuelle tandis que le second m’est tombé sous la dent comme à l’habitude, lors de mes pérégrinations de sentinelle de nos esprits agressés par les termites de leur déconstruction et de nos âmes pressées par les docteurs de leur néantisation.

• Le premier texte à signaler est celui du chroniqueur anglais George Galloway, ancien parlementaire, dissident notoire du Système de Sa Majesté, dans RT.com évidemment, sur ‘The Fabric of Lies’, comme principale, sinon seule industrie du bloc-BAO encore parfaitement productive malgré Covid. Galloway prend plusieurs exemples (l’Irak, la Syrie, Navalny, etc.) ; ce qui le stupéfie est la construction étrange de cette architecture de mensonges, l’absence complète de la moindre vérité, alors qu’avant les mensonges courant de la politique cherchaient toujours à se structurer sur un facteur, un élément de vérité. Aujourd’hui, rien de cela et l’auteur s’en stupéfie : « Ce qui me stupéfie le plus, c’est la profonde infantilisation de notre propagande. » Galloway conclut :
« L’industrie du mensonge est peut-être le seul secteur des économies occidentales encore en pleine production. Il n’est pas nécessaire de lui accorder des prêts de secours ou de relance. Les machines à mensonges ne sont jamais à l’arrêt. On ne détecte généralement pas de fumée sortant des cheminées, mais à l’intérieur les machines brûlent à force de produire. »

• Le deuxième texte est celui d’un autre ‘dissident de gauche’, comme Galloway, c’est-à-dire un ‘dissident’ qui, dans sa dissidence, ne s’embarrasse nullement et en rien des conformismes de gauche pour attaquer le Système ; aussi bien ‘dissident’ appartenant à la gauche que ‘dissident’ de la gauche-Système officielle. (On comprend qu’il est difficile d’attaquer quelque chose [le Système] avec des arguments tirés d’un des principaux composants de cette cible [le conformisme-Système de gauche].) Il s’agit de l’Américain, nullement américaniste à mon sens, Eric Zuesse. Sa particularité est d’être minutieux et très détaillé dans l’argumentation de ses textes. Zuesse nous présente une analyse statistique de Gallup sur la “fermeture des esprits” aux Etats-Unis : refus de l’argument de l’autre, refus d’admettre que certains de ses propres arguments peuvent être contestables, manichéisme, absence d’esprit critique et du doute du jugement, condamnation haineuse du compromis, dénonciation de l’absence de condamnation par moraline, etc. La “fermeture des esprits” est évidemment productrice de toujours plus d’une implacable radicalité, puisque reposant sur le mensonge et le simulacre, avec ‘montée aux extrêmes’ permanente. Ce qui attriste Zuesse et qui doit nous apparaître comme extraordinaire pour une civilisation-turbo comme la nôtre, c’est qu’aux USA, plus les esprits sont éduqués plus ils sont fermés sur leurs certitudes absolument cadenassées, auto-certitudes si vous voulez ; c’est-à-dire, si l’on admet que l’éducation est faite pour ‘ouvrir l’esprit’, que ‘plus on a l’esprit ouvert, plus l’esprit est fermé à l’ouverture de l’esprit’... On mesure le labeur que les déconstructeurs de la French Theory ont accompli :
« Mais ce qui est encore plus déprimant, c'est que le système éducatif américain, et plus particulièrement ses collèges et universités, encouragent, au lieu de décourager, cette fermeture de l’esprit. Plus un Américain est instruit, plus son esprit est fermé, – comme le montre ce rapport Gallup du 11 septembre :
» “Alors que 52 % des Américains ayant un niveau d’études secondaires ou moins sont plus préoccupés par les préjugés dans les informations des autres que dans les leurs  [et 45 % de ce groupe peu éduqué pensent que les informations qu’ils lisent pourraient être biaisées], le chiffre est de 64 % parmi ceux qui ont fait des études universitaires et est encore plus élevé parmi les diplômés de l'enseignement supérieur (73 %) et ceux qui ont fait des études supérieures (77 %) [et seulement 22 % de ce groupe très éduqué pensent que les informations qu’ils lisent pourraient être biaisées]. Les Américains les plus instruits sont les plus manipulables (les plus fermés). »

On comprend maintenant pourquoi je préfère le mot ‘simulacre’, plus élégant, plus sophistiqué, qui dégage un bouquet pour nos narines frémissantes, au mot ‘mensonge’ qui fait vraiment vulgaire, poisseux, trop vite et mal trafiqué avec un peu de cette saloperie impossible qu’est la réalité, ou la vérité si vous voulez, et quelque Deplorable ici ou là. On s’adresse en priorité aux plus élevés dans la mesure de l’éducation, donc aux plus intelligents, assez pour avoir compris qu’il semble désormais n’y avoir rien de mieux que mettre cette intelligence au service de la bêtise. Ah ! Avoir son esprit ouvert par tous les diplômes du monde, pour mieux le fermer et le verrouiller face aux agressions de la réalité.

Nous accueillons avec délice ce constat ‘scientifique’ que nous signale Zuesse, sur les ‘élites’ US. (Mais bien entendu, la situation est très proche dans les autres pays du bloc-BAO,  dans tous les cas il y a au niveau des élites globalisation du bloc en bloc, uniformisation, homogénéisation, simulation coordonnée et automatique, etc.) C’est une idée constante que nous avons, dans les divers avatars de ce site, de considérer que les esprits officiellement ‘les plus hauts’ au sens du hachoir postmoderne de l’expression de nos sociétés, c’est-à-dire de notre Système et en conformité avec lui, sont les plus touchés, les plus affectés par les effets du Système, et notamment cette extraordinaire pathologie qui fait créer une réalité alternative en complète rupture et indifférence avec la réalité-qui-s’acharne-à-exister, et même en état de complète hostilité méprisante à son encontre, laissant bien entendre que celui qui y est sensible démontre une pathologie lourde...

(Voir par exemple notre Glossaire.dde du 30 mars 2015 reprenant un texte de janvier 2012, avec les remarques qui s’imposent, sur « La terrorisation de la psychologie ». On en reprend un extrait en note, ci-dessous [*].)

On comprend que, pour une telle ambition d’abrutissement, ou plutôt et d’abord d’auto-abrutissement, il faut soigner le décor, l’environnement, le monde qui vous entoure mais vous appartient ; ainsi fabrique-t-on un simulacre, de préférence à un spectacle peuplé de mensonges, dont on pourrait découvrir aisément qu’il s’agit de ‘spectacle’ et de ‘mensonges’. Nos élitesSystème ne veulent que du premier choix, du bouclé dont nul ne peut s’échapper ; une caverne évidemment platonicienne fermée à double tour, avec soleil artificiel et élaboration divine ; ainsi toute leur intelligence est-elle utilisée à structurer absolument ce temple du Faussaire et de la Bêtise que devient le simulacre, et dont elles savent bien, elles nos élitesSystème, qu’il s’agit du Nouveau-Monde, racisé, transgéré, transhumanisé et ainsi de suite.

Ainsi nos élitesSystème, les directionsSystème, nos zombieSystème comme vous voulez les nommer, ne sont ni des simulateurs, ni des manipulateurs, ni des comploteurs, etc. Tout ce qui est complexe et demande le sens de la nuance, de la mesure des choses, tout cela qui vient d’être énoncé les révulse et doit être excommunié. Pour cette raison, les élitesSystème ne peuvent réussir, car leur réussite se situe dans le champ sphérique de leur simulacre, où l’existence ni ne précède ni ne procède de l’essence, mais s’oppose absolument à l’essence. Mais plus encore : leur action , même juste si cela arrivait, n’ont strictement aucun rapport avec le réel. Par conséquent, non seulement les élitesSystème vont continuer à faire des sottises considérables, activant effondrement après effondrement en clamant ‘C’est si bien pensé, effondrons-nous encore plus, on reconstruira encore plus haut et encore plus stupide, pour que ça tombe à nouveau d’encore plus haut’ ; mais, de la façon qu’elles ont déjà largement commencé à faire, elles vont nous envoyer des choses de plus en plus folles... A ce stade, bien entendu, il y a longtemps que je me doute que les élitesSystème sont sous l’empire de quelque chose d’autre, de ‘plus’ qu’elles, et de ‘hors d’elles’, qu’elles ‘sont agies’ bien plus qu’elles n’agissent.

Tout cela nous promet non seulement de la collapsologie en masse, mais bien plus encore, bien différent en fait, de l’inattendu en masse. La collapsologie nous collapsologue effectivement, mais pas de la façon prévisible que nous attendons tous, que nous calculons et mesurons avec nos diverses raisons. Le Covid19 et les incroyables ravages que l’événement a provoqués et ne cesse d’activer constituent un exemple de ce domaine nouveau où la prévision et la prospective sont bannies. J’ai à cet égard une conviction qui ne cesse de grandir, de se renforcer, à ce point que lorsque j’entends ou vois l’annonce d’une affirmation ou d’une probabilité pour 2030 ou 2040, je me dis que tout se passe comme si nous nous trouvions dans un asile d’aliénés...  « Le monde est devenu complètement fou » écrit le Saker US dans un texte d’il y a 4 jours.

Ce week-end, l’avocat Leo Terrell (black, donc matters), qui a quitté récemment des affaires traitant de droits civiques pour les démocrates en pleine rage électorale, venaient dire sa furieuse consternation, à la ‘Judge’ Janine Perro, dans son émission sur Fox.News : « Ce sont des haineux. ... [Les démocrates]  passent leur temps à haïr. Quand ils n’ont pas d’argument, ils inventent un argument pour haïr... Je devais m’en aller, quitter cet asile de fou ! Vous voyez ç’a été comme une évasion ! »

 

Note

(*) Extrait du texte du Glossaire.dde du 30 mars 2015 reprenant un texte de janvier 2012 avec les remarques qui s’imposent, sur « La terrorisation de la psychologie ».

« Il est devenu évident que le monde central de notre contre-civilisation, ce que nous nommons le bloc américaniste-occidentaliste (ou “bloc BAO”) n’a plus aucune direction politique. Nous parlons d’une “direction politique” contrôlée, évaluée rationnellement, mesurée dans ses effets ; de ce côté, plus rien, sinon un déferlement de désordre et une perception hallucinée... L’emportement se situe essentiellement au niveau de la psychologie, selon une dynamique qui interdit toute perception critique de soi, par conséquent toute réalisation critique de cet état d’emportement. Cette crise générale se distingue d’une façon intuitive et instinctive à la fois, sinon anatomique, sur quelques visages, notamment sur le visage régulièrement halluciné d’Hillary Clinton, qui semble être l’une des plus sensibles, psychologiquement, à ce phénomène que nous décrivons.
» Il est assuré dans notre chef qu’il s’agit d’un phénomène central de notre crise générale, ou “crise haute”, un phénomène qui ne peut se décrire en termes politiques, ou économiques, ou géostratégiques, etc., mais essentiellement en termes psychologique et, complémentairement, en termes de communication. Il va de soi que ce phénomène renvoie, dans la nomenclature du Système, au système (sous-système) de la communication, et nullement au système (sous-système) du technologisme dont la dynamique surpuissance-autodestruction s’abîme de plus en plus dans la paralysie (celle de la technologie elle-même autant que des actions issues du technologisme, des conflits sans but et embourbés dans des évènements non-conclusifs et sans fin, images saisissantes de la paralysie de cette sorte d’action).
» Il est également évident que ce phénomène central affecte prioritairement, sinon exclusivement dans certains cas, les directions politiques en place, les milieux de la communication et les bureaucraties autour d’eux, des pays du bloc BAO, effectivement formant un bloc très homogène dans ce cas. Il s’agit d’une homogénéité entropique d’une telle puissance, d’une telle efficacité, qu’on peut avancer sans crainte d’exagération l’hypothèse d’une psychologie collective, ou d’une pathologie collective. Le phénomène implique que les différenciations courantes entre les différents éléments du bloc BAO (leadership US, pays soumis ou asservis d’Europe) sont de plus en plus déplacées et insignifiants. L’homogénéité entropique de la psychologie dont nous parlons affecte de plus en plus toutes ces directions, au point que l’on peut de plus en plus clairement parler d’une sorte d’“égalité” niveleuse entre ses composants, et l’homogénéisation ne permettant plus de distinguer les membres européanistes des membres américanistes. »

  • 29 septembre 2020 à 00:00
❌