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Aujourd’hui — 5 mars 2021Dedefensa.org

Reprise : Requiem pour Serge G.

Par info@dedefensa.org

Reprise : Requiem pour Serge G.

5 mars 2021 – Il y a quelques jours, on s’est un peu arrêté, ici et là, au souvenir de Serge Gainsbourg, 30 ans après sa mort, le 2 mars 1991. Il m’est venu à l’esprit l’idée de re-publier un texte écrit il y a un peu moins de 5 ans, suscité par un film revu alors qui a comme thème musical une chanson qu’il avait enregistrée au moment du tournage du film, suscité ou non par ce film je l’ignore ; le film et le thème musical lui-même étaient intéressants, et le personnage de Serge G. également.

Par ailleurs, il y a eu l’une ou l’autre manifestation de l’intérêt pour lui, à l’occasion de cet “anniversaire”. Dans l’émission de Pascal Praud sur C.News du même jour, son souvenir a été évoqué avec l’invitation de Bernard Pascuito, auteur d’un livre de très-récente et opportune, sinon simultanée publication, ‘La dernière vie de Serge Gainsbourg’. Praud y parla notamment d’une chanson de Gainsbourg avec sa fille Charlotte, ‘Lemon Incest’, dont nous eûmes quelques extraits.

Une participante habituelle de l’émission, Charlotte d’Ornelas, de ‘Valeurs Actuelles’ la jugea « atroce... d’une perversité hallucinante ». Je partage tout à fait ce sentiment, mais vraiment selon une réaction personnelle violente et absolument fondamentale en moi-même, sans la moindre dimension d’un jugement moral, simplement parce qu’en cette matière et dans l’instant cité je ne puis penser à la chose qu’en fonction de cette hypothèse portée à mon cas personnel (enfant de mes parents, parent de mes enfants), et la seule évocation pour moi et imaginée par moi de ce qui n’eut jamais lieu dans mon cas m’est insupportable, pure répulsion dont je ne dis pas une seconde qu’elle doit ou ne doit pas ordonner les mœurs des sociétés...

Par contre, je ne suivrai pas le jugement de d’Ornelas faisant de Gainsbourg un pervers essentiellement et ontologiquement, comme l’on dit d’un personnage qu’il est le Mal personnifié. A cet égard, sur ce point précis, je situe l’accusé exactement selon le jugement de Plotin si souvent cité par moi (pardonnez-moi de le citer et de le re-citer, mais il y a des textes qu’on peut lire dix fois, vingt fois, cent fois, sans jamais s’en lasser, et toujours en en sortant quelque chose de nouveau et de plus haut pour soi-même). On comprendra aisément sa pertinence de circonstance, en lisant le texte repris ci-dessous, de 23016, où je donne mon explication de ce que je crois être une dualité tragique présente chez Serge G. :

« Car on pourrait dès lors arriver à une notion du mal comme ce qui est non-mesure par rapport à la mesure, sans limite par rapport à la limite, absence de forme par rapport à ce qui produit la forme et déficience permanente par rapport à ce qui est suffisant en soi, toujours indéterminé, stable en aucun façon, affecté de toutes manières, insatiable, indigence totale. Et ces choses ne sont pas des accidents qui lui adviennent, mais elles constituent son essence en quelque sorte, et quelle que soit la partie de lui que tu pourrais voir, il est toutes ces choses. Mais les autres, ceux qui participeraient de lui et s’y assimileraient, deviennent mauvais [temporairement], n’étant pas mauvais en soi. »

Par ailleurs, Serge G. eut des gestes, des attitudes, des jugements, des positions fondamentales que j’estime d’une haute facture et d’un  bonheur inattendue. Qui ne se rappelle sa méchante querelle avec Guy Béard à l’émission de Bernard Pivot, où il parla des “arts majeurs” qu’on trouve à mon avis essentiellement dans le passé, et qui nécessitent selon lui (Serge G.) une initiation relevant de la tradition, contre les “arts mineurs” dont notre époque est encombrée, saturée, accablée, abaissée, massacrée, néantisée. Un auditeur du segment, Mr. David Webmestre, a récemment commenté (il y a deux mois) : « Dommage, il manque le final, quand Gainsbourg explique en jouant un très court extrait de classique, ce qu’est l’art majeur. Ça prenait alors tout son sens. »

... Qui ne se souvient de Serge G. brûlant un billet de 500  francs à la télévision, geste parfaitement illégal dans notre Système où l’argent est la fonction même du sacré ? Qui ne se souvient de sa nuit de guindaille passée avec les légionnaires du 2ème REP (Régiment Étranger de Parachutistes), à Calvi, en juillet 1982 ? Non non, aujourd’hui, on préfère se souvenir de l’histoire réarrangée au goût du jour, et du personnage d’hier dont l’image est mastiquée pour arranger et justifier les circonstances que l’on provoque aujourd’hui.

J’en prends un, commentaire de la plus hypocrite bienpensance, venu il y a quelques jours de l’hyper-wokeniste progressiste-sociétale France-Culture (la subversion du temps présent a sa matrice au plus haut, au cœur de toutes les institutions de l’État), où vous trouvez tous les poncifs d’aujourd’hui, de notre temps d’incroyable inculture ; y compris, je m’y arrête en passant, ce concept étrange de ce Serge G., “homme de droite devenu homme de gauche”... Et voici la gauche wokenisée d’aujourd’hui façon-Système, ainsi satisfaite et rassurée, et en plus l’appréciation collant si bien, chronologiquement, avec son affection pour la Légion :

« Et puis au centre du livre ce qui sera son plus gros succès commercial en 1979 : “Aux Armes etcaetera”. Le rapport de Gainsbourg à la France – comme le soulignait le film de Joann Sfar- venant d’un fils d'émigrés juifs russes, ligne pertinente pour lire l’œuvre de Serge Gainsbourg ? Autre paradoxe soulevé : comment Gainsbourg homme de droite, antibolchévique, qui aime la police et la légion étrangère, est devenu un héros de la gauche (qu’il a exaspéré pendant des années) par son rejet des convenances. »

... Mais je vous laisse, avec mes évocations du faux-temps passé à l’aune de notre temps présent. Je suis bien content d’avoir eu l’idée de ressortir de ses limbes confortables, ce texte-là sur Serge G. lorsqu’il était bel et bien Gainsbourg

_________________________

 

 

Re-quiem-pour-un-con

9 septembre 2016 – J’avoue, il m’a bien eu, ce Gainsbourg... J’ai lu plusieurs textes qui feraient bien l’affaire, je dirais même qu’il y a une foison à faire tourner la tête ; par exemple, lu hier de Peter Beinart ce texte de ‘The Atlantic’ (numéro d’octobre), où l’auteur ne comprend pas une minute, pas une seconde voyez-vous, encore moins s’il le faut, pourquoi l’élan populaire ne se fait pas vers Hillary, cet océan de vertu, cette cascades diluvienne de capacités politiques, ce caractère de bronze au service d'une seule cause, cette extension solaire du domaine de la loi qu’il s’agit de respecter, ce sens presque divin de la grandeur de notre destinée, bref elle qui a tout ce qu’il faut pour faire un “grand”, “un très-grand homme politique“, – sauf, mazette, – et tout s'éclaire, –qu’elle n’est pas un homme ! Eh oui, tout est là, toute l'équilibre de notre civilisation si sublime repose sur cette indignité populiste globalisée venue des veaux qui prétendent voter... Il est vrai, je l’avoue que, lisant ce texte-là comme je lisais tel autre ou tel autre sur le sujet ou tout ce qui est approchant, tant d’autres sur le temps présent de la bagarre USA-2016 qui enchaînent tant de sottises mensongères et hallucinées conformes à la narrative, lisant ce texte réduit à son premier paragraphe, la messe était dite... (« Except for her gender, Hillary Clinton is a highly conventional presidential candidate. She’s been in public life for decades. Her rhetoric is carefully calibrated. She tailors her views to reflect the mainstream within her party. ») ... Aussi n’ai-je eu finalement, qui m’est venu à l’esprit, ce mot décisif et sardonique, – et pourtant sans méchanceté de ma part (certains y distinguerait presque, très loin cachée, comme une tendre ironie devant les bêtises enfantines, car l’on comprend finalement le confort infini de la sottise courante, engoncée dans ses cousins voluptueux nommés “mensonge”, “conformisme”, “goût du privilège”, etc.), – ce mot décisif : « Pauvre con » qui rythme magnifiquement cette chanson, ‘Requiem-pour-un-con’.

Lisez les paroles de la chanson (**) et entendez le mot, claquer comme un étendard, comme le couperet d’une guillotine, comme le tonnerre de la Fin des Temps, et qui semble alors, tel que je l’entends aujourd’hui, pas loin d’un demi-siècle plus tard, s’adresser à sapiens-le-moderne, la bestiole, le zombieSystème qui croyait pouvoir refaire le monde, et son Dieu, à son image parfaitement satisfaite d’elle-même... Voici donc ce qu’il nous dit, et voici par conséquent ce que je perçois comme un requiem pour le “dernier homme” de notre temps :

 

Écoute les orgues 

Elles jouent pour toi 

Il est terrible cet air là 

J'espère que tu aimes 

C'est assez beau non 

C’est le requiem pour un con

 

Je l’ai composé spécialement pour toi 

A ta mémoire de scélérat 

C'est un joli thème 

Tu ne trouves pas 

Semblable à toi même 

Pauvre con [...]

 

Je l’ai composé spécialement pour toi 

A ta mémoire de scélérat 

Sur ta figure blême 

Aux murs des prisons 

J'inscrirai moi-même : “Pauvre con”

 

Alors, je remets les choses dans leur contexte avant d’en venir au propos prétendument décisif, et d’ailleurs le contexte lui-même faisant que le propos “prétendument décisif” l’est effectivement. J’ai revu récemment, la TV aidant, ce film de Georges Lautner, d’une production assez classique des années 1960, ‘Le Pacha’ de 1968. Je l’ai vu plus d’une fois, ce film, sans savoir vraiment pourquoi sinon l’occasion et peut-être plus, cette attirance étrange dont je vais m’expliquer. Bien qu’assez indifférent au genre et sans trouver à ce film les qualités de l’exception, avec notamment ce qu’il faut de retape dans cette sorte-là, celui-là je l’avoue me fascine toujours et encore aujourd’hui, alors que j’y trouve de quoi nourrir une pensée symbolique, lorsque l’intuition l’éclaire. Plusieurs remarques expliquent cette fascination, de mon fait, outre les habituels dialogues d’Audiard qui nous donnent ce qu’il faut de dérision pour nous rappeler à quel niveau l’on se trouve et de qui l’on parle...

(Savourez celle-là du très-très-mauvais garçon et membre de la bande-à-Audiard d’alors André Pousse, Quinquin dans le film, tueur absolument compulsif, jouant la détermination haineuse, la mine absolument, diaboliquement méprisante et minutée pour la tuerie documentée qu’il accomplit tout le long du film ; Pousse annonçant à Dany Carel, celle-là avec l’esprit de répartie aussi bien fait je vous assure que son corps somptueux, qu’ensuite [le gros coup réussi] il s’en ira très loin dans les îles enchanteresses où les femmes sont belles [et il laisse entendre cela comme on dégueule !] ; et elle, mi-ironique, mi-persifleuse et sans doute un instant surprise de croire distinguer chez l’autre quelque chose d’un sentiment humain, et par conséquent cédant au quiproquo : « Quoi, tu me demande de partir avec toi ? » ; et lui : « Dis pas de connerie, on n’emmène pas une saucisse quand on va à Francfort ! »)

La fascination pour ce film me vient fondamentalement de l’“ambiance” où l’action évolue : quelques-uns de ces jours de janvier, piquants, froids et éternellement brumeux, solitaires avec partout des traces de neige et quelques flocons incertains, la Place Vendôme vide ainsi que la Concorde désertée comme je me les rappelle certains jours de solitude glacée des hivers des années 1960 (*) ; les routes incertaines et solitaires hors des autoroutes encore si rares, bosselées par endroits d’un verglas traîtreux et invisible, avec l’action se déroulant initialement (au début) et finalement (à la fin) dans les mêmes plaines sans fin et sans attraits du Nord, vers Amiens et alentour ; là où l’uniformité de l’univers brumeux et froid est tranchée par instant par la silhouette d’une automobile circulant sur une route plate et droite qu’on ne distingue pas, ou par un de ces spectres surgis du passé stérile de l’ère industrielle qui se dresse dans sa vaniteuse prétention réduite à la néantisation ; l’une ou l’autre de ces usines abandonnées où l’on faisait de l’aguichante betterave du sucre industriel qui assurait les fortunes des bourgeois dans leurs hôtels particuliers parisiens, du temps d’après-Talleyrand, fantômes eux aussi d’une époque révolue et méprisable plongés dans une ère mini-glaciaire et à-moitié-sombre... Dieu, combien notre époque est-elle uniformément laide, même et surtout dans ses ruines et usines-monuments abandonnées ! Même dans sa nostalgie qui peut être un sentiment si haut et si beau ! Cette époque rabaisse tout ce qu’elle touche, elle transforme les toilettes des duchesses brillantes et froufroutantes en latrines-pisseuses de banlieue... La modernité pue au-delà de tout.

L’humeur générale du film est de cette sorte : une tragédie, certes, mais toute entière plongée dans la bassesse humaine, médiocre à mesure, d’une propreté douteuse et habillée de ce style sans-style si spécifique des années-1960, sans espoir autre pour notre propos que l’accomplissement de la vengeance inutile et désenchantée, pour une fidélité incertaine au souvenir du temps passé, du Commissaire Joss/Gabin qui veut, dans un dernier effort de sa carrière finissante, faire payer à la foule truandeuse l’assassinat de l’inspecteur Gouvion (l’incroyable tronche de Robert Dalban), celui “qui voulait avoir l’air et qu’a pas l’air du tout”, qui n’a cessé de l’accompagner de ses sottises et de ses impuissances tout au long de sa vie, – « l’empereur des cons... Mon pote ! »

Il y a dans le film un moment où Gabin/Joss vient cueillir un truand qui occupe la moitié de sa vie à jouer de la guitare, comme excellent accompagnateur. Le truand est en studio, où Gainsbourg enregistre justement la chanson dont le titre est celui de ce texte ; donc, rencontre à la fois de la fiction et de la réalité, puisque c’est effectivement en mars 1968 que sort ‘Requiem pour un con’, en même temps que le film, ‘Le Pacha’, donc sans nul doute avec une parenté et une coordination directes entre les deux, chanson écrite pour le film, inspirée par lui, le film influencé par la chanson en préparation, les deux liés par des occurrences mystérieuses, etc., choisissez l’hypothèse...  J’ai vu et revu ce passage, précisément pour ce texte que j’écris (8-10 secondes en tout, facile avec enregistrement/arrêt sur image/retour, etc.) ; cet instant où ils se croisent ; avec sa gueule éternellement stupéfaite et fataliste tout au long du film devant ce qu’il voit de son époque qui n’est plus la sienne (les hippies, le rock, les filles au sein nus et évidemment sublimes, la marie-jeanne et les pincées de LSD, et tout le reste), Gabin devant l’écran de contrôle attendant la fin de l’enregistrement ; puis pénétrant dans la pièce insonorisée pour rejoindre le guitariste exactement au moment où Gainsbourg en sort ; les deux se croisant exactement au tournant du couloir qui forme l’entrée dans la salle d’enregistrement ; d’abord face à face, sans doute yeux dans les yeux ; puis Gainsbourg frêle mais sans excès qui s’arrête une à deux secondes et s’efface un poil pour laisser passer Gabin massif mais sans excès : plutôt le respect du à l’âge et à l’expérience qu’à la carrure et au déplacement d’air … Dans cet instant Gabin ne regarde plus Gainsbourg et baisse la tête devant lui tandis que Gainsbourg, effectivement arrêté, tourne la tête pour suivre Gabin du regard... Ignorant s’ils se connaissaient seulement, s’ils avaient été présentés pour le film, s’ils en sont restés simplement à ce croisement, même avec l’hypothèse que c’était la vraie séance d’enregistrement du ‘Requiem pour un con’ ; pas l’ombre d’un sourire ni chez l’un ni chez l’autre, indifférence sévère-blasée chez Gabin, indifférence provocante-intriguée chez Gainsbourg, cela pour les personnages qu’ils étaient et jouaient nécessairement... Pour le vrai, je ne sais, peut-être y eut-il quelque chose entre une seconde et l’autre, comme entre deux représentants décalés et pareillement forcés d’une même modernité à deux différents moments, et qu’ils ne supportaient pas chacun à leur façon, car nul ne supporte la modernité au fond... Ainsi, j’imagine leur dialogue depuis le premier regard face-à-face :

— Alors c’est vous le vieux dont on nous rebat les oreilles depuis des années (question oreilles, je m’y connais) ? Déjà mon père, dans les années trente...

— Alors c’est toi le jeunot qui fait tourner tous ces brèles de connards de Parisiens ?

— Dites, comment c’était de votre temps, c’était mieux ?

— Te fatigue pas.. Note, on pourrait voir les choses comme ça mais la vérité, je crois bien, on y était déjà, on sentait venir... Salut mec.

— Salut le vieux...

C’est vrai, je verrais assez bien ce film, la chanson, l’humeur, la vanité et la fatalité de tout cela, s’adressant à sapiens, aujourd’hui pris dans l’enfer gluant et figé, ou bien aspiré dans le marécage puant et glacé, emporté dans la fatalité du destin de ce monde en décomposition qu’il a créé à la gloire de son hybris et qui se révèle comme la mesure de son effrayante prétention à s’instituer à la fois Être Suprême de l’histoire du monde et Grand Architecte de l’univers sorti du Kaos grâce à sa subtile “feuille de route” nommée modernité. Va jouer avec cette poussière, l’Apocalypse est là...

Dans quel esprit Gainsbourg a-t-il écrit cette chanson qui garde un ton si actuel, ou plutôt qui semble l’acquérir de façon encore plus appuyée, à la lumière des événements présents, si l’on a l’audace de prendre le texte qui semble accoucher de sa musique par obligation de rythme et de sens selon l’interprétation symbolique et métaphorique qui importe ? Pourquoi suis-je si frappé par cette musique étrange, cette syncope qui ressemble plus à la marche du destin qu’aux boîtes de nuit parisiennes jouant à l’exotisme, ces paroles à la fois méprisantes et tragiques, le tranchant des mots, même les plus communs et surtout le plus commun d’entre tous... ? Je me suis aventuré alors dans une perception selon laquelle Gainsbourg s’adresse à sapiens, comme je l’ai dit, au “dernier homme” enfanté par la modernité, à quelque président-poire qu’il devine, et même, finalement, comme une adresse à lui-même, de Gainsbourg à “Gainsbar” comme il disait sur le tard, lorsqu’il s’était définitivement dédoublé, se regardant longuement agoniser dans tous les vices soigneusement exercés.

... Ainsi me suis-je ménagé une transition pour la fin, pour en venir à Gainsbourg complètement et, vraisemblablement, Gainsbourg vis-à-vis de lui-même, lui qui savait si bien être double. Donc, pour clore, voici une correspondance par courriel que j’eus en 2011 avec un ami d’alors (DC, nous en resterons aux initiales) et qui concerne Gainsbourg et un autre film qui lui est consacré, et qu’il faut lire alors avec à l’esprit cette démarche qu’il fit de faire de ce ‘Requiem pour un con’, dans l’esprit où je l’ai décrit plus haut, ce qui pourrait être considéré comme une métaphore de la sorte...

PhG :« As-tu vu “Gainsbourg (vie héroïque)” ? Il y a un point étrange dans ce film...

» Je suis un peu un contemporain de Gainsbourg. J’ai souvent eu une perception ambivalent et ambiguë de ce personnage ; peu séduit par le côté provoc, le bouffon des milieux parisiens les plus branchés et les plus creux, du show-biz, etc., personnage absolument décadent ; et puis, percevant, au travers de telles ou telles déclarations, interviews, accrochages, qu’il y avait chez lui une réelle nostalgie de choses plus hautes qu'il aurait pu faire et qu’ils n’avaient pas faites, donc la sensation implicite d’avoir raté sa vie, ou plutôt son destin. (De même, cette vision double pour son œuvre. Il y a tout un répertoire de Gainsbourg qui m'exaspère, inutile de s'y attarder; il y a certaines chansons de lui que je ne peux entendre sans avoir les larmes aux yeux tant, malgré le sujet de l'amour qui s’y prête peu, elles ont une dimension absolument tragique.) Je n’avais pas envie de voir le film, craignant une apologie du bouffon qui aurait pu permettre une apologie implicite des élites et du show-biz parisiens, une des flèches avancées de la décadence et de la Chute. Je l’ai donc regardé d’un œil plutôt ronchonnant. Et pourtant...

» C’est écrit et tourné par un dessinateur de BD (Johan Sfar?), qui n’en a pas fait une biographie mais plutôt un conte allégorique tout en respectant la véracité approximative des épisodes abordés, les personnages, etc. Point étrange : dès le départ, Gainsbourg a un double, une créature mi montage-mi BD, qui est soi sa conscience, soit bien autre chose, son Diable, peut-être. La créature sort curieusement, au début du film, alors qu'on voit le petit Gainsbourg avec son étoile jaune passer devant une affiche antijuive sur un mur de Paris occupé, avec des caricatures grossières de juifs, type financier, cigare, nez crochu et tout le toutim... Et la caricature se détachant de l’affiche, pour se transformer et devenir ce personnage, à la fois double et Diable de Gainsbourg. Et Gainsbourg le retrouve de temps à autre, la créature intervient (qu’il est seul à voir, certes), interfère dans ses actes, lui donne des conseils, l’agace en général considérablement, comme quelque chose de lourd à porter, qui veut l’entraîner sur une voie qui lui déplaît... Jusqu’à un moment où, Gainsbourg étant en train de s’interroger sur la façon de percer à Paris et de connaître le succès, la créature double-Diable lui dit (en substance, malheureusement, je n’étais pas assez attentif, ou trop tard, mais la substance est là j’en suis sûr): “Pourquoi tu ne te transformerais pas en personnage bouffon, scandaleux et provocateur, avec les mœurs à mesure, affichés, qui va pervertir, pourrir et abaisser le milieu où tu vas évoluer, et tu en deviendras le roi, tu seras le facteur de la décadence et de la décomposition de ce milieu qui n'attend que ça, tu seras le roi de Paris...” Et Gainsbourg qui répond : “Après tout, pourquoi pas...”

» ...Ensuite, on a l'impression que Gainsbourg traîne cet engagement, ce choix, ce péché originel de sa vie d'adulte, dont il serait prisonnier, et l'on en vient à considérer que ses cigarettes, son alcoolisme, ses aventures diverses, sa provocation finalement épuisante elle-même, sont une forme de suicide pour se libérer, parce qu’il est prisonnier pour toute sa vie d'un pacte faustien. »

DC : « Ce que tu écris me fait en outre penser à l'article étonnant de Guénon “Folie apparente et sagesse cachée”, qui, toutes proportions gardées, semble se rapporter à des cas analogues existant dans certains contextes traditionnels. Il cite ainsi Vladimir Lossky qui rapporte que “l’hagiographie orientale connaît des voies de sanctification étranges ou insolites, comme celle des ‘fous en Christ’, commettant des actes extravagants pour cacher leur dons spirituels aux yeux de l'entourage sous l'apparence hideuse de la folie, ou plutôt pour se libérer des liens de ce monde dans leur expression la plus intime et la plus gênante pour l’esprit, celle de notre ‘moi social’”. Guénon, évoquant les dangers psychiques inhérents à de telles méthodes, ajoute le cas des ‘majâdhîb’ qui, en Islam, seraient les équivalent des ‘fous en Christ’, à ceci près “qu'il ne s'agit plus ici de simulation... La majdûb appartient normalement à une tarîkah, et, par conséquent, il a suivi une voie initiatique, au moins dans ses premiers stades... Mais, à un certain moment, il s’est exercé sur lui, du côté spirituel, une ‘attraction’ (jadhab) qui, faute d'une préparation adéquate et d'une attitude suffisamment ‘active’, a provoqué un déséquilibre et comme une ‘scission’, pourrait-on dire, entre les différents éléments de son être. La partie supérieure, au lieu d'entraîner avec elle la partie inférieure et de la faire participer dans la mesure du possible à son propre développement s’en détache au contraire et la laisse pour ainsi dire en arrière; et il ne peut résulter de là qu'une réalisation fragmentaire et plus ou moins désordonnée”. 

» Ces remarques (qui doivent évidemment faire écho chez toi) se rapportent évidemment bien plus à un Raspoutine ou un Sabbataï Tsevi (tous deux ayant suivi un véritable cheminement spirituel dont ils ont dévié) qu’à un Gainsbourg, mais je pense que le génie relatif de ce dernier (tout de même supérieur à celle de la moyenne des bouffons du show biz) et la déchéance profonde et authentique portent la marque des certaines “aspirations” qui, pour une raison ou une autre, n’ont pu être satisfaites. Un tel personnage est évidemment riche d’enseignements psychologiques et peut-être même spirituels. L’un des plus profonds adages médiévaux ne dit-il pas que (seule) la corruption du meilleur engendre le pire (corruptio optima pessima est) ? »

Finalement, ‘Requiem pour un con’ pourrait bien être une œuvre héroïque qui s’adresserait à notre époque, au “dernier homme”, au zombie qui peuple notre terrible univers, à l’homme trahi par lui-même... Question posée, sans précipitation, parce que notre époque nous y invite sans s’en cacher en rien : cette chanson et le film qui l'enchâsse, qui sortent en mars 1968, ne sont-ils plus significatifs que l'énorme Révolution-bouffe qui se prépare? Pour la signification haute, je préfère ‘Requiem pour un con’ et ‘Le Pacha’ à Mai-68.

 

Notes

(*) Note du temps présent (5 mars 2021) : telles que sont montrées et décrites la place Vendôme et la Concorde, cela paraît également une anticipation de Paris sous la botte ; celle du confinement veux-je dire.

(**) Effectivement de notre Wikipédia globalisé, qui n’a sans doute pas dû s’autocensurer-Système pour celle-là, cette explication complémentaire qui nous renvoie avec cette chanson, autre symbole, à la symphonie de Dvorak, dite du Nouveau Monde dont on sait le rôle fondamental joué vis-à-vis du Système et dans notre Crise Générale : « La mélodie de cette chanson reprend (de manière très personnelle et un peu ornée) un thème écrit par Antonin Dvorak comme premier motif du quatrième et dernier mouvement de sa Symphonie n° 9 en mi mineur , dite “du Nouveau Monde”, B. 178 (op. 95, 1893). Elle est notamment interprétée dans le film Le Pacha (1968), de Georges Lautner, dans lequel Serge Gainsbourg fait une apparition dans son propre rôle, en studio d'enregistrement. »

  • 5 mars 2021 à 00:00
Hier — 4 mars 2021Dedefensa.org

Vaccins, complots & désordre du monde

Par info@dedefensa.org

Vaccins, complots & désordre du monde

4 mars 2021 – Mettez ensemble la Covid et ses vaccins, les innombrables et extraordinaires complots autour, Louis Farrakhan et The Nation of Islam, le neveu du président Kennedy activant avec fureur sa croisade contre les vaccins, Gates & Melania, et le docteur Fauci, le racisme et l’antiracisme, la communauté africaine-américaine et l’idée d’une “nation africaine-américaine” formée à partir des USA et séparée des USA, etc., – secouez tout cela, soyez vous-mêmes secoués et reprenez un peu vos souffles divers.

... Car il y a un texte intéressant à cet égard, qui rend compte d’une réunion de cette organisation (The Nation of Islam) vieille de près d’un siècle (fondée en 1930) ; qui entretient depuis de nombreuses décennies une grande influence dans la communauté africaine-américaine ;  qui réussit même en 1995 une formidable manifestation de la communauté à Washington, de plus d’un million de personnes ; « The Million-Men March », dont le Wiki fait un compte-rendu historique tout de retenue, à mon avis cette retenue bien excessive marquant combien ils n’osent attaquer ce Farrakhan de front parce que tout ce qui est black est sacré et son influence sur les blacks à mesure, mais combien ils aimeraient bien le faire, l’attaquer décisivement et qu’on n’en parle plus...

(Malcolm X fit partie de The Nation of Islam et son assassinat en 1965, qui marqua un tournant important dans le mouvement des droits civiques, eut lieu à l’issue d’une querelle au sein de l’organisation, de son départ, de son opposition avec les dirigeants de The Nation, et notamment avec Farrakhan qui en avait paraît-il déduit qu’« il faut tuer cet homme ».)

Le texte est édité par The Daily Caller, un site fondé par Tucker Carlson, qui a une riche documentation concernant la situation politique de The Nation of Islam et les courants activistes au sein de la communauté africaine-américaine. Les diverses remarques, précisions, etc., montrent que la vérité-de-situation de cette nébuleuse, où il faut placer les effets des événements en cours au sein de notre structure crisique, est extrêmement loin d’être simple. La narrative officielles a beaucoup de difficultés à y évoluer, parfois rencontrant impasses et culs-de-sac, – par exemple, comme c’est le cas, lorsque des organisations si puissantes et influentes, africaines-américaines et donc proches d’être sacrées, prennent quelque attitude sacrilège vis-à-vis de certaines ‘valeurs’-Système fondamentales des affaires courantes. Cela est palpable, et même dit haut et fort dans le titre, qui souligne l’attitude de Big Tech devant la bestiole : « ‘Fiole de la mort’ : Louis Farrakhan met en avant les théories conspirationnistes anti-vaccins dans des vidéos publiées sur Facebook et Twitter. »

Voici donc le texte du 3 mars 2021, sur The Daily Caller. On notera l’attention très particulière de l’auteur Chuck Ross à accompagner chacune des affirmations sacrilèges venues de The Nation of Islam ou associés d’un qualificatif défavorable, voire d’une phrase négative ; on dirait que l’auteur est scandalisé par ces affirmations, mais je n’en suis pas sûr du tout ; qu’il veut s’en désolidariser ? Peut-être... Qu’il veut ne pas être pris en faute par une quelconque action censureuse ? Éventuellement ; qu’il voudrait s’en moquer en en rajoutant à la louche, si l’on fait dans le second degré ? Re-éventuellement...  A vous de voir, très-chers amis.
 

« Louis Farrakhan, le leader influent de The Nation of Islam, a poursuivi sa croisade contre les vaccins anti-coronavirus au cours du week-end, les qualifiant de ‘fiole de la mort’ lors des remarques faites à la convention du groupe extrémiste, où d’autres intervenants ont faussement affirmé que les vaccins avaient causé plus de 900 morts.
» Des vidéos de la convention, qui s’est tenue à l’occasion de la Journée annuelle des Sauveurs de The Nation of Islam, sont publiées sur les pages Twitter, Facebook et YouTube du groupe, malgré la politique des sociétés de médias sociaux contre la désinformation liée aux vaccins.
» “En se précipitant pour faire sortir quelque chose, en contournant les étapes normales du développement d’un vrai vaccin, ils vont amener Dieu à transformer votre vaccin en une ‘mort dans la précipitation’”, a déclaré Farrakhan à la fin d'une session plénière qui s’est tenue samedi.
» “C’est la mort elle-même que vous créez, en créant ce que vous appelez ‘Warp Speed’ [‘Vitesse de l’éclair’]”, a également déclaré Farrakhan, en faisant référence au nom donné au projet du gouvernement américain, l’opération ‘Warp Speed’, pour développer un vaccin contre le virus.
» Farrakhan a également visé le Dr Anthony Fauci, épidémiologiste dirigeant l’effort contre la Covid au sein du gouvernement américain, en disant qu'il a cherché à faire de l’argent avec le développement du vaccin, qualifié de “fiole de la mort”.
» Farrakhan, 87 ans, avait faussement accusé Fauci, l’année dernière, d'avoir comploté avec Bill Gates pour utiliser un vaccin contre les coronavirus afin de “dépeupler la Terre”.
» “Ils gagnent de l'argent maintenant, complotant pour vacciner sept milliards cinq cent millions de personnes. Dr. Fauci, Bill et Melinda Gates, – je vous accuse de vouloir dépeupler la Terre”, avait déclaré Farrakhan lors d’une convention organisée le 4 juillet [2020] par The Nation of Islam.
» Les dernières remarques anti-vaccins de Farrakhan ont eu lieu à la fin d'un programme de la Journée des Sauveurs intitulé “‘Covid-19’ : Le virus et le vaccin”.
» En ouverture de cette réunion, la ministre de The Nation of Islam Ava Muhammad, a suggéré que le gouvernement américain utilise les vaccins, – y compris ceux développés pour prévenir le coronavirus, – pour le contrôle de la population.
» Elle a également cité les statistiques d'un important groupe de conspirationnistes anti-vaccin qui prétend que les vaccins actuels ont causé des centaines de décès et de blessures graves.
» “L’objectif principal est de réduire la population de notre planète de 2 à 3 milliards d'habitants”, a déclaré Muhammad.
» “Pourquoi ?”, a-t-elle demandé rhétoriquement.
» “Parce que les blancs voient leur nombre diminuer, et le nombre d'indigènes, noirs, rouges et bruns, augmenter”, a-t-elle poursuivi. “Dans ce climat, que pouvons-nous attendre de ce vaccin, de différent de tout ce qui a été fabriqué auparavant ?”
» Muhammad a également affirmé, de façon douteuse, qu’une base de données gouvernementale appelée ‘Vaccine Adverse Event Reporting System’ a fait état de 929 décès et 3 126 maladies graves du fait des vaccins.
» “Cinquante-huit pour cent des décès sont dus au vaccin Pfizer ; 41% au vaccin Moderna”, a déclaré Muhammad, en référence à deux vaccins dont l'utilisation est autorisée aux États-Unis.
» Contrairement à ce que prétendent Muhammad et Farrakhan, les vaccins contre les coronavirus se sont révélés très efficaces pour prévenir les infections et les décès dus aux coronavirus. Le gouvernement n’a signalé aucun décès attribué à ces vaccins.
» Les données inexactes de Muhammad semblent provenir de deux groupes anti-vaccin importants, le National Vaccine Information Center (NVIC) et le Children’s Health Defense.
» Aucun des deux groupes n'a répondu aux demandes de commentaires.
» Robert Kennedy Jr, le neveu du président John Kennedy, a fondé le Children’s Health Defense (défense de la santé des enfants). The Nation of Islam a travaillé en étroite collaboration avec Kennedy ces dernières années sur l'activisme anti-vaccins.
» “Vous devez suivre Robert Kennedy”, a déclaré Farrakhan dans son commentaire.
» Lors d’un discours dimanche, Tony Muhammad, qui dirige les opérations de The Nation of Islam à Los Angeles, a vanté son travail avec Kennedy. La session plénière a inclus des extraits d’un documentaire du groupe de Kennedy qui défend l’idée non fondée que les vaccins sont liés à l’autisme.
» The Nation of Islam a publié des vidéos de son programme sur Facebook, Twitter et Youtube, qui ont tous adopté des politiques visant à bloquer la désinformation sur le coronavirus et les vaccins.
» Twitter a annoncé lundi qu'il mettait en place un système de suivi de la désinformation sur les vaccins et signalera les contenus qui prétendent que les vaccins COVID-19 font “partie d'une tentative délibérée ou intentionnelle de nuire ou de contrôler les populations”.
» Facebook a annoncé le 8 février qu'il supprimerait les messages qui contiennent plusieurs catégories de fausses allégations sur les coronavirus ou les vaccins. Le géant des médias sociaux a déclaré qu’il supprimerait les messages affirmant que les vaccins ne sont pas efficaces pour prévenir le virus, qu’il serait plus sûr de contracter le virus que le vaccin et que “les vaccins sont toxiques, dangereux ou causent l'autisme”.
» Aucune des deux sociétés n’a répondu aux demandes de commentaires.
» Bien que Farrakhan soit considéré par beaucoup comme un extrémiste en raison de son passé de remarques antisémites et anti-blancs, il exerce toujours une influence dans la communauté noire, ayant cultivé des relations avec [diverses personnalités politiques],  de nombreux athlètes, musiciens, célébrités et politiciens.
» On ne sait pas très bien quelle a été l'influence de ses critiques sur les vaccins, mais les responsables de la santé ont exprimé leur inquiétude face au scepticisme très grand à l’encontre des vaccins chez les Noirs américains.
» Jerome Adams, le chirurgien général du président Donald Trump, a reconnu le 14 janvier qu'il y avait “de réelles raisons historiques de s'inquiéter” de l’opposition au vaccin dans la communauté africaine-américaine.
» Adams a noté que l'histoire de l'expérimentation médicale sur les Noirs américains, ainsi que les tristement célèbres études de Tuskegee, ont alimenté le scepticisme de la communauté à l'égard de la vaccination et de l'industrie médicale en général.
» Dans son discours de la Journée des Sauveurs, Farrakhan a critiqué les célébrités noires qui ont participé aux campagnes de sensibilisation du public pour le vaccin, en disant qu'elles sont “achetées et payées” afin de contribuer à la “destruction de votre peuple”.
» “Certains d’entre vous sont utilisés sans le savoir”, a-t-il déclaré.
» “Votre renommée, votre célébrité, votre influence, votre argent, – maintenant, vous êtes achetés et payés pour la destruction de votre peuple”, a poursuivi Farrakhan. “C’est une autre forme de la grande trahison”. »


Faisons le compte des affirmations et des étranges rapprochements que cela suscite, implique, suppose, etc... Quelles surprises et quel désordre !

• D’abord je découvre, ou redécouvre dans des temps bien plus sensibles qu’aucun autre auparavant, la popularité et la longévité quasi-dictatoriale de Farrakhan (comparez l’allure de ses 87 ans à celle des 78 ans de Biden !) ; on parle fort peu de Farrakhan, – et pour cause ! diront les soupçonneux, – mais il continue à régner ;
• il y a sa quasi-impunité : antisémite comme on dirait “à la ramasse” , soutien tout aussi affiché aux Iraniens et aux Palestiniens ; complotiste sans complexe aucun, proclamateur enthousiaste des ‘complots’ les plus fascisto-haïs par la presseSystème, pourfendeur-dénonciateur des vaccins liquidateurs du genre humain par la bande des Gates-Fauci, dénonciateur des blancs en général... ;
• ... mais grand ami d’un des héritiers de la grande famille progressiste-catholique et fort blanche des Kennedy, le neveu de JFK, toujours progressiste mais ennemi acharné des vaccins que soutiennent tous les ténors progressistes-sociétaux, rassemblés autour du brillant Biden ;
• nombre de ses positions rapprochent donc Farrakhan des dissidents et autres populistes-Deplorables classés en général dans les enfers de la droite-extrême, que tout la gent wokeniste-BLM dénonce pour ces sacrilèges et leur “blanchitude” inacceptable ;
• pour autant, Farrakhan et son The Nation of Islam sont absolument une référence incontournable, vénérée et révérée de tant de personnalités africaines-américaines que l’on classe par un réflexe pavlovien au centre du militantisme wokeniste de la ‘Cancel Culture’ qui n’a en théorie pas de pire ennemi que la multitude populiste-blanchâtre ;
• ... et tout cela se faisant sur un fond musical jouant le thème entêtant d’une “nation noire” regroupée et détachée des USA, selon un réflexe qui ressemble parfois aux tentations sécessionnistes des ennemis populistes-blancs de Washington D.C. et du Système ;
• le plus sympathique, finalement, étant l’attitude des petites têtes de moineaux contrôlant les $milliards de Big Tech et les censeurs impitoyables de la pensée-Système ; lesquels, tremblant de trouille d’être pris pour cibles par la censureuse-bienpensance pour cause de racisme certes, laissent passer sans broncher ni censurer toutes ces terribles histoires de complots transhumanistes transitant par l’infamante escale du “vaccin-complot”, et tous ces complots destinés à liquider, qui les Noirs et leurs approchants du monde entier, qui les populistes-Deplorables qui persistent à résister, les uns et les autres encore une fois réunis ;
• ces derniers, les Big Tech trouillards, ce sont mes préférés, et tout de même il faut espérer qu’ils se reprendront et qu’enfin, un jour, ils oseront censurer Farrakhan !

Si je m’attarde à ce Farrakhan, – qui doit traîner un certain nombre de casseroles, notamment du temps de Malcolm X que je lui préférais, – c’est parce que ce qu’il est, ce qu’il fait et ce qu’on lui laisse faire, atteignent au cœur de la matrice du Système, c’est-à-dire au cœur de la matrice productrice des désordres fulgurants et époustouflants qu’enfantent les exigences du Système. Toutes les contradictions insupportables des narrative, les paradoxes épuisants de ces contradictions tournant en cercle concentriques, tout cela ânonné par les élites du type zombieSystème préposées à la bonne tenue des inversions et subversions déployées pour moraliser l’insaisissable légèreté de la bêtise, tout cela se trouve rassemblé autour de la personnalité doucereuse et ricanante, les faits & gestes libérés de toutes les entraves de l’Honorable Ministre (à-vie) de The Nation of Islam. J’ignore si tel ou tel de ses projets, l’une ou l’autre de ses ambitions réussiront ; en attendant, les choses qu’il active et les démonstrations absurdes qu’il fulgure constituent le plus beau commentaire qu’on puisse faire de la démence sénile et crétine de nos Derniers Temps.

Le plus remarquable de cette situation, bien entendu et pour notre belle satisfaction, c’est justement le réseau exceptionnellement dense et complexe des contradictions et des paradoxes mortifères dont on ne distingue ni la fin ni le commencement, – Deleuze serait extasié de croire y voir ses chers rhizomes, – ne cessant de proliférer et d’accélérer, de se heurter, de se surprendre, de se détacher avant de se revenir, de s’empiler et de s’éparpiller, de se mordre par la queue en s’entortillant, sans le moindre souci de cohésion et de cohérence, d’organisation et de coordination.

Dire tout et son contraire ne suffit pas, il faut encore se mal comprendre et s’entendre sans s’écouter une seconde, pour mieux s’y perdre et ne pas s’y retrouver. Au milieu de tout cela, le Farrakhan apparaît comme une sorte de diable ricanant en déréglant une circulation dont le but ne serait que de mettre en évidence l’absurdité de notre danse de Saint-Guy.

Si vous voulez, je crois que ce Farrakhan avec son The Nation of Islam est surtout, à part de ce qu’il prétend être et est effectivement dans les affaires courantes, une sorte d’agitateur métahistorique dont la tâche est de mettre en évidence combien le roi est nu dans ces temps de crise climatique extrême ; une sorte de “lanceur d’alerte” comme l’on dit, pour vous montrer l’état du monde, la démonstration par l’exemple si vous voulez.

Je le considère depuis le poste d’observation de mon inconnaissance, et je lui suis reconnaissant de nous démontrer qu’effectivement le désordre du monde règne sur le monde. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien à distinguer, rien à caractériser, rien à comprendre ni à expliquer dans ce désordre immense ; c’est d’abord qu’il faut accepter cette idée que tout est devenu aléatoire, absolument incertain, et qu’il faut essentiellement s’attacher à la Cause Première de cette immense vérité-de-situation.

Le désordre n’y est là que pour signaler la vanité de nos agitations dans ces temps où l’on croit encore qu’il suffit de bouger pour que le monde s’ébranle selon nos désirs. Le désordre est le signe que nous croyant libérés des embarras de ce que nous croyons être notre passé, et ainsi nous croyant libérés de ce que nous croyons être nos obsessions, nous avons libéré le monde de ses obligations pédagogiques à notre égard pour qu’enfin il saisisse à bras le corps le destin (et le nôtre par conséquent) pour l’orienter dans un sens très différent et qui ne manquera pas de nous surprendre autant que sa révélation nous prendra par surprise.

La seule énigme qui compte, et que l’inconnaissance vous permet d’attendre sans vous perdre dans les dédales des rhizomes, et guettant les signes de l’apparition de ce sens, est cet instant de création éclatante de lumière lorsque la vérité-de-situation se constituera en Vérité du Monde.

  • 4 mars 2021 à 00:00
À partir d’avant-hierDedefensa.org

RapSit-USA2021 : Covid sécessionniste

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : Covid sécessionniste

Il semble désormais qu’un mouvement de “libération” (le mot est employé) des contraintes liées à la Covid soit en route dans divers États de l’Union aux USA, à commencer par le Texas dont le gouverneur, Greg Abbott, a annoncé sa décision d’abandonner le port du masque et d’autoriser la reprise de toutes les activités sociales et professionnelles, sans aucune restriction dues à la Covid. C’est le premier État qui s’affranchit d’une façon aussi formelle et solennelle de toutes les obligations Covid édictées par des organismes fédéraux, principalement le CDC (l’organisme fédéral sanitaire, notamment chargé de la lutte contre la Covid).

Comme on le voit ci-dessous, dans le texte de ZeroHedge.com, la décision d’Abbott est aussi bien politique que sanitaire. Les mesures de contraintes et de confinement qu’il avait prises ont provoqué un effondrement de sa popularité et peut-être la fin de ses espoirs d’une candidature présidentielle en 2024, comme on a pu le voir à la Convention conservatrice (CPAC) des républicains ce week-end.

« Pour 30 millions de Texans, le cauchemar du confinement est terminé, du moins pour l’instant.
» Alors que le CDC s’efforce toujours de trouver un prétexte pour prolonger des mesures de confinement draconiennes et que la nouvelle directrice exhorte les États à ne pas assouplir les restrictions, le gouverneur du Texas Abbott a défié mardi l’organisation dont la politisation est devenue une cause d’humiliation [pour les États], et a annoncé que le deuxième plus grand État des USA lèvera l’obligation du masque et toutes les autres restrictions anti-pandémie, dans un contexte de baisse des hospitalisations et des taux d’infection.
» À compter du 10 mars, toutes les entreprises auront ouvert à 100 % de leur capacité, a déclaré Abbott lors d’un point de presse mardi. Son décret permet aux juges de comté de rétablir les règles anti-virus si les hospitalisations augmentent.
» “Trop de Texans ont été écartés des opportunités d'emploi ; trop de propriétaires de petites entreprises ont eu du mal à payer leurs factures”, a déclaré le gouverneur républicain. “Il est maintenant temps d’ouvrir le Texas à 100%”.
» ... Les mesures anti-pandémie d'Abbott avaient provoqué la colère de sa base électorale conservatrice, qui les considérait comme un interventionnisme public excessif, et ont peut-être étouffé les aspirations présidentielles qu’il nourrissait. Selon Bloomberg.News, Abbott a obtenu 0 % des voix lors d’un sondage présidentiel à la Conférence sur l’Action Politique des Conservateurs [CPAC] le week-end dernier.
» Les nouveaux cas Covid au Texas sont tombés à leur plus bas niveau depuis cinq mois, soit 1 637 cas lundi, selon les chiffres du ministère de la santé de l’État, tandis que les hospitalisations dues au virus ont atteint leur plus faible niveau depuis le 28 octobre. Selon Abbott, cela s’explique par le fait que le Texas administre plus d’un million de vaccins Covid-19 chaque semaine. »

Il n’y a pas de pays au monde où la crise Covid est plus politisée qu’aux USA. Cela est noté pour Abbott, qui a ordonné la “libération’” complète, pressé par sa chute de popularité démontrée à la CPAC du week-end. De l’autre côté, du côté des démocrates et du gouvernement, la politisation s’est encore accentuée depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration.

Une nouvelle direction du CDC a été mise en place. La doctoresse Rochelle Walinsky, nommée en décembre 2020 par Biden à la tête du CDC, assume cette nomination depuis le 20 janvier 2021. Walinsky se range du côté du “John Snow Memo”, qui représente au travers d’une déclaration signée par 6 000 docteurs la tendance “dure” du corps médical US, partisane d’une lutte décisive contre la Covid, – victoire par la “capitulation sans condition” du virus, par élimination complète, type “Covid zéro”, – cela avec des mesures adéquates, pouvant aller jusqu’au confinement complet ; c’est-à-dire, en termes politiques US, la tendance démocrate affirmée et idéologisée. Cela conduit ZeroHedge.com à conclure, dans cette occurrence pour le cas du Texas :

 « ...Si les Texans peuvent se réjouir désormais d’être le seul État où la liberté est revenue, ce n’est qu’une question de temps avant que le tristement célèbre graphique circulaire de la Covid ne fasse sa réapparition...
» ‘La Covid décline, les contraintes sont réduites jusqu’à être complètement éliminées’ –>  ‘L’économie est relancée’ –>  ‘Le virus revient’ –>  ‘Les hospitalisations et les décès augmentent, le confinement revient’.
» Et le pic de nouveaux cas (déterminés par le PCR et les diverses organisations du gouvernement) résultant de cet assouplissement actuel des restrictions, force l’État à se confiner une fois de plus. »

Mais il y a une disposition dans la décision de Abbott qui tempère cette prospective radicale qui impliquerait une soumission totale de l’État au pouvoir fédéral. Le gouverneur du Texas précise qu’une éventuelle décision de remettre en action des mesures restrictives, et le choix de ces mesures, reviennent aux juges de comté, donc à une autorité texane. En théorie cela pourrait revenir à écarter l’autorité du CDC à imposer directement à l’État de telles mesures.

D’autre part, il n’est pas précisé si le jugement sanitaire de la situation, notamment pour une aggravation, sera laissée au CDC, ou bien confié aux autorités sanitaires texanes. C’est là un point de grave tension possible, d’autant que le CDC est ouvertement accusé, désormais avec Walinsky à sa tête, d’être complètement “politisé” dans le sens idéologique des démocrates.

Justement à propos des démocrates : leur sentiment vis-à-vis de la décision d’Abbott est parfaitement résumé par la réaction du gouverneur de Californie Newsom. Il faut noter que Newsom est dans une position politique très délicate ; une pétition proche d’atteindre le million et demi de signatures nécessaires pour forcer à son exécution, exige un vote général de la population, de confiance ou de répudiation de Newsom par rapport à la situation californienne, donc pour se voir confirmé ou définitivement écarté de cette fonction :

« Peu après la décision du gouvernement Abbott de permettre aux habitants de son État d’être libres de juger à nouveau eux-mêmes de leur propre sécurité sanitaire, le gouverneur de la Californie Newsom, – cherchant toutes les occasions d’affirmer ce qu’il juge être sa propre responsabilité vertueuse alors qu’il se bat pour sa survie politique dans un contexte de vote de défiance demandé par pétition, – a commenté en deux mots cette décision texane : “Absolument irresponsable”. »

Par ailleurs, le Texas n’est pas seul, certes, parmi les États républicains, à s’engager dans cette voie.

• Dimanche, à la PCAC, le gouverneur de Floride DeSantis avait annoncé que son État est “ouvert au business”, tandis que le port du masque n’est plus obligatoire. Cela implique que la Floride est de facto dans la même position que celle du Texas.

• Le gouverneur du Mississipi Tate Reeves a décidé hier de prendre les mêmes mesures de “libération” que Abbott pour le Texas, selon semble-t-il une décision concertée.

Il y a là une tendance et c’est un événement important, d’autant qu’on y retrouve deux des États républicains les plus importants. Bien sûr, il faut attendre de voir si cette tendance va se généraliser à d’autres États républicains (27 sur les 50 de l’Union). On comprend où nous voulons en venir, nous qui sommes particulièrement attentifs à toute dynamique qui, aux États-Unis, puisse prendre l’allure d’un rassemblement d’États hostiles au pouvoir central, avec à l’esprit cette dynamique sécessionniste si présente aux USA.

En temps normal, les faits jusqu’ici relevés constitueraient un événement sans dramatisation nécessaire, avec possibilité sinon probabilité de règlements à l’amiable entre les pouvoirs d’État et le pouvoir central ; mais nous ne sommes pas, bien entendu, dans des “temps normaux”, et c’est justement un des facteurs de cette anormalité (la crise-Covid), déjà très fortement politisé et situé au cœur de l’affrontement entre les deux factions qui s’opposent, qui est l’objet des décisions de ces États. Qui plus est, comme l’a ressenti le gouverneur Abbott, il s’agit d’une question extrêmement chère à l’électorat républicain, chose à laquelle un gouverneur est bien entendu extrêmement attentif.

(Du côté démocrate, les mêmes facteurs doivent être pris en compte, cette fois pour observer les difficultés que rencontrent les États et leurs gouverneurs, à cause de la Covid et de tout ce qui accompagne cette crise. Les deux États démocrates les plus importants, et si importants pour les USA, sont la Californie et New York : les deux gouverneurs [Newsom le Californien comme on a vu plus haut et Cuomo pour New York, à cause de scandales sexuels] y sont dans des positions extrêmement délicates, tous deux menacés de perdre leurs fonctions en plein mandat. A cet égard, il existe une crise dans les États démocrates, au niveau des directions, exactement dans la mesure inverse où ces structures donnent au contraire l’essentiel de la puissance résiduelle du parti républicain après la défaite de son candidat.)

En raison de tous ces facteurs, et encore une fois de la politisation intense du cas, dans un état de pression et de tension nerveuse extrêmes, l’hypothèse selon laquelle un conflit à tendance sécessionniste pourrait naître entre les divers acteurs de l’affaire, avec une union de plus en plus marquée des États républicains, est très loin d’être inconcevable. On aurait alors une illustration opérationnelle très puissante de l’extraordinaire importance de la crise-Covid, et, en général, de ce que PhG identifie comme la “structure crisique” du Temps métahistorique qui domine de plus en plus le temps courant que tant de commentateurs persistent à prendre en compte et au sérieux à l’aide de narrative et de simulacres grotesques, et à analyser avec une gravité à mesure.

Dernière remarque enfin : l’épisode confirme s’il en était besoin le rôle sans cesse grandissant des gouverneurs, du côté républicain. On n’est pas sans ignorer que, depuis l’élection, les principales influences républicaines sont le fait de gouverneurs, et que le candidat potentiel le plus populaire pour l’élection de 2024, – hors-Trump, bien entendu, – est effectivement un gouverneur, Ron DeSantis, de Floride.

 

Mis en ligne le 4 mars 2021 à 13H55

  • 3 mars 2021 à 00:00

Structure crisique

Par info@dedefensa.org

Structure crisique

2 mars 2021 – Nous avons, vous peut-être et moi sans aucun doute, par instants qui ne sont pas si éloignés cette impression par moment de vide. Pour moi, c’est ‘rien à écrire’, rien qui soit d’un réel intérêt, ou bien qui découvre quelque interrogation, qui retienne l’intérêt d’une façon un peu différente des sottises dormitives et robotiquement mensongère de la presse Système ; alors qu’autour de vous, partout règne “la crise”, même si vous la percevez en plusieurs “crises”, ce qui est déjà la preuve d’une bonne lucidité. C’est un sentiment que j’ai plus d’une fois ressenti, ces derniers temps, depuis que “règne ‘la crise’”. Bien sûr, il y a les obsédantes comptabilité de confinement, les épisodes grotesques et fous de la crise de l’américanisme, mais tout cela se répète, de plus en plus indescriptible à force d’être répétitif. Et pourtant, se dit-on, quelle crise !

Dans une époque où triomphe absolument la communication, la perception subjective (la psychologie) joue absolument un rôle fondamental pour l’appréciation, sinon la compréhension de la démence crisique caractérisant absolument notre époque. Tant d’‘absolument’ dans cette phrase, – comme un signe des Temps n’est-il pas vrai ?...

Notre principal problème à cet égard est justement l’appréciation, sinon la compréhension du phénomène crisique. Il s’agit bien d’abord d’un exercice de définition, nécessaire pour aider notre perception et parvenir à une identité : nous ne vivons pas une crise, ou une succession de crises selon la définition classique du phénomène-“crise”.

(Je mets à part le concept de la Grande Crise d’Effondrement du Système, ou GCES, qui est certes un concept opérationnel mais qui ne définit pas ce qu’il est lui-même. On en vient ici, pour justifier ce malaise brièvement mentionné, à s’intéresser à la ‘substance même de la crise’ : qu’est-ce que c’est qu’une “crise” ? Ou plutôt, qu’est devenu ce “qu’est-ce que c’est qu’une ‘crise’ ?” à la lumière de l’hypothèse d’une évolution transmutante du concept de “crise” ? En effet, c’est la base même de cette réflexion comme c’est la base de cette “science” étrange qu’est la crisologie, fondée sur l’axiome fondateur que le concept de “crise” a changé de nature, sans aucun doute depuis l’attaque du 11 septembre 2001.)

Pour mieux me faire comprendre et nous comprendre, je dirais qu’il existe désormais un “phénomène crisique” qui a remplacé la crise, ou la succession de crises au sens classique. Nous sommes dans une “époque crisique”, où le “phénomène crisique” remplace, avec des caractères spécifiques nouveaux, “la crise, ou la succession de crises au sens classique”.

Cette question a pris toute sa consistance dans mon esprit à la suite d’une relecture récente du ‘chapô’ de présentation du site, en tête de la page d’accueil ;  je dirais de la relecture, “par le plus grand des hasards” selon un constant courant de curiosité justement hasardeuse (“humain, trop humain” ?), mais peut-être bien moi-même orienté vers cela par une intuition, ‘haute’ bien entendu, ou/et quelque force extérieure (on me connait, je me connais à cet égard). Si l’on relit le dernier paragraphe du ‘chapô’ par exemple, – ci-dessous, – on sent qu’il y a des orientations nouvelles pour la perception de la dynamique des événements mais on ne voit aucune précision dans le sens de leur définition ; un constat, rien d’autre, aucune exploration du contenu du constat.

(Notez bien que ce ‘chapô’ de présentation date de la mise en place de la nouvelle formule graphique et structurelle du site, en septembre 2015. J’accepterais volontiers l’idée qu’il soit prémonitoire, – mais inconsciemment, sans conscience de sa signification)

 « Pour ce qui concerne la situation présente du site, en fonction des plus récents évènements et de la façon dont ils sont appréhendés par nous, ce qui était en gestation depuis plusieurs années et s’est imposé par la pratique elle-même devient une évidence : dedefensa.org, ou dd&e (dedefensa & eurostratégie) est devenu un site dont la mission est clairement : “La crisologie de notre temps”.
» •  Nous estimons que la situation de la politique générale et des relations internationales, autant que celle des psychologies et des esprits, est devenue entièrement crisique.
» • La “crise” est aujourd’hui substance et essence même du monde, et c’est elle qui doit constituer l’objet de notre attention constante, de notre analyse et de notre intuition.
» • Dans l’esprit de la chose, elle doit figurer avec le nom du site, comme devise pour donner tout son sens à ce nom. »

Lorsque j’écris “on ne voit aucune précision dans le sens de leur définition ; un constat, rien d’autre, aucune exploration du contenu du constat”, – je découvre que je veux dire qu’il n’y a aucune “exploration” sérieuse, audacieuse, aventurière, ouverte à tous les possibles et même au-delà, et surtout au-delà de “tous les possibles”, – aucune exploration du concept “crise”, ce qu’est une “crise”, et surtout cette hypothèse qui vous fait de l’œil :
• ce qu’est devenu le concept opérationnel de “crise” dans une époque si torrentielle, qui en fait si grand usage que la crise est désormais au-delà d’elle-même en même temps qu’elle est devenue l’être même de cette “époque si torrentielle” ;
• ... ainsi, “la crise” devenue le Temps lui-même, bien au-delà et au-dessus de ce qu’on pourrait nommer (je suis sûr que cela a été fait dans l’une ou l’autre des chroniques du site), – un “temps crisique”.

Elle ne fait usage que de cela, de la crise, notre “époque si torrentielle”, puisque devenue “époque crisique”, qui n’est que crise. Dans une telle expansion de son domaine au-delà de toutes les frontières du temps et jusqu’à transmuter le temps lui-même en un Temps qui n’est fait que de crises, la “crise” classiquement conçue doit nécessairement avoir changé de nature ; je dirais même qu’elle a effectivement changé de nature et tiendrais cette hypothèse comme une évidence. C’est cette évidence-là qu’il faut étudier.

A cette lumière, je donne cette définition de la “crisologie” : la science intuitive du phénomène de la crise, c’est-à-dire l’acquisition d’une connaissance par l’intuition appuyée sur l’expérience pour le domaine de l’humain ; soutenue par un savoir d’origine ancestrale sinon éternel, extrahumain et au-dessus de l’humain, qui nous est donnée sans reconnaissance ni autorisation de notre conscience (“à l’insu de mon plein gré” comme dit l’autre), sans aucun savoir ni connaissance, – au-delà, dans l’inconnaissance pure.

Cette citation souvent faite, dont j’ai souvent dit le mystère qu’on ressent comme divin et le stupéfiant hermétisme qui suggèrent les plus hautes audaces dont la pensée pourrait être capable sans en rien savoir de rationnel bien sûr, cette sorte de sensation donné à l’esprit que notre non-compréhension est déjà, en soi, comme l’esquisse d’un au-delà de la compréhension, là où se trouvent l’inconnaissance nécessaire à toute tentative vers l’au-delà, – « ayant renoncé à tout savoir positif », et cela dit par qui l’on sait...

« C’est alors seulement que, dépassant le monde où l’on est vu et où l’on voit, Moïse pénètre dans la Ténèbre véritablement mystique de l’inconnaissance : c’est là qu’il fait taire tout savoir positif, qu’il échappe entièrement à toute saisie et à toute vision, car il appartient tout entier à Celui qui est au-delà de tout, car il ne s’appartient plus lui-même ni n’appartient à rien d’étranger, uni par le meilleur de lui-même à Celui qui échappe à toute inconnaissance, ayant renoncé à tout savoir positif, et grâce à cette inconnaissance même connaissant par-delà toute intelligence. » (Pseudo-Denys l’Aéropage)

Entretemps et dans le droit fil de cette réflexion qui s’étend sur le temps crisique, une expression s’est peu à peu imposée à moi ces derniers mois, ces dernières semaines, imposée par les caractères étranges et extraordinaires des Temps, avant de trouver enfin une représentation écrite : “structure crisique”. Cette expression, déjà vaguement réalisée par l’esprit, a trouvé son emploi pour la première fois dans un texte ce 19 février 2021, puis dans un texte de ce 1er mars 2021 où, en plus, sont proposés le rappel de l’origine maistrienne de cette sorte de concepts, ainsi que des étapes intermédiaires et formatives telles que le tourbillon crisique et la contraction du Temps  :

• « A cet égard, la crise-Covid est absolument sans précédent ni équivalent d’aucune sorte dans la mesure où elle impose ce que nous nommerions une ‘structure crisique... »
• « Ce fait en dit long : qu’un texte allemand, intéressant par rapport aux événements courants et concernant la situation européenne dans la structure crisique de la Covid... »
• « C’est bien dans cette combinaison d’événements que l’on trouve les signes de ce que nous décrivons très vaguement et en l’absence de références plus précises, comme une dynamique événementielle d’une dimension et d’une orientation qui dépasse les actes et les volontés humaines, et toutes les tentatives d’organisation (y compris, ô combien, les tentatives complotistes). Nous sommes dans un temps maistrien (de Maistre), où le Temps se contracte au gré du ‘tourbillon crisique’ qui acquiert désormais, depuis Trump-2016 pour commencer et depuis la Covid-2020 pour s’installer d’une façon absolument structurelle, jusqu’à former une structure crisique où nous évoluons. »

Nous avons déjà rencontré le problème, nous l’avons effleuré, nous avons tenté de l’identifier, tenté de le fixer, tenté de le définir, etc., toujours avec des expressions approchantes. Nous pensions deviner intuitivement sa composition, sa importance, son ontologie même ; tout cela, rappelant des tentatives structurelles, au moins à trois reprises entre 2011 et 2014 (mais plus rien après et jusqu’à nous...), ces effleurements accouchant des observations citées dans notre ‘chapô’ de présentation dont on a rappelé qu’il date de septembre 2015, c’est-à-dire d’après ces tentatives...

(Ce que nous voulons dire est que le concept était dans notre esprit, mais nous n’en mesurions ni l’importance, ni la profondeur dans sa haute fonction. Il nous manquait l’intuition qui vient de dehors de nous. L’emploi du passé dans ces remarques signifie que nous jugeons qu’avec les constats faits aujourd’hui, c’est “l’intuition venu du dehors” qui parle, – ou l’“intuition haute“, comme nous la nommons également. C’est une affirmation qui n’engage que nous, notre “pari pascalien” continué si l’on veut, –  car nous sommes dans  une époque sans-réalité, sans-vérité, sans-rien à cet égard, où c’est à chacun de mener une bataille pour ce que nous nommons la vérité-de-situation, – nous expliquant à ce propos dans notre Glossaire.dde qui constitue notre arsenal dialectique [*].)

On cite ici un passage du dernier texte de cette séquence (du 3 novembre 2014), qui cite lui-même les deux précédentes occurrences et l’expression vient sous notre plume (soit “infrastructure”, soit “structure” d’ailleurs) sans que nous nous y arrêtions plus que cela.

« Ce que nous voulons observer ici, c’est le rapport de ce phénomène structurellement nouveau d’un “bloc antiSystème” en cours d’institutionnalisation et d’affirmation en tant que tel avec ce que nous nommons l’“infrastructure crisique”, qui ne cesse de se renforcer. Pour ce dernier point, il s’agissait du constat que l’activisme constamment paroxystique du Système ne cesse de susciter des crises successives dont aucune ne s’apaise, ayant ainsi créé depuis plusieurs années (depuis 2008-2009 d’une façon systématique et paroxystique) que cette orientation est en marche, une “infrastructure crisique” qui finit par former non plus l’essentiel mais la seule caractérisation possible, conjoncturellement et surtout structurellement, des relations internationales.
» Nous identifiions ce phénomène dès le 14 juin 2011, en notant la modification radicale du concept de crise à cette occasion : “Notre époque a changé la définition de l’événement qu’est une “crise”, en allongeant indéfiniment un phénomène caractérisé initialement par sa brièveté, en l’“institutionnalisant” par la durée, en le structurant en une “structure crisique” qui caractérise la situation du monde.” Quant au concept d’“infrastructure crisique”, la première définition que nous en donnions date du 27 mars 2013 : “[...N]ous dirions que nous assistons à une sorte de “solidification” des crises, d’éléments instables et de courte durée qu’elles étaient en éléments stables et de très longue durée, finissant ainsi par devenir la substance même d’une base fondamentale de la situation générale. [...] Il n’y a donc plus addition de crises, enchaînement de crises, temps [nouveau] caractérisé par la crise, – il y a autre chose, il y a une substance absolument nouvelle, d’une très grande force d’influence qui fait que tout ce qui se passe ne peut être que crisique. Tout ce qui naît, tout ce qui s’installe, tout ce qui se développe dans cette infrastructure devient instantanément “crise”.»

Ce à quoi nous voulons aboutir pour cette esquisse de réflexion, qui trouvera sans aucun doute des prolongements et des approfondissement, c’est à une sorte de constat opérationnel. J’ai complètement conscience qu’il s’agit d’une tentative de conceptualiser une sensation sourde, indéfinie, insaisissable, mais par contre sensation très pressante et ressentie comme d’une très grande puissance. Cela fait croire à sa pérennité et non plus, non pas à un avatar de passage. Cette pérennisation me fait penser qu’il s’agit là d’une nouvelle formule de structuration du temps et des événements mêlés, qui permet de mieux appréhender et comprendre le phénomène général où nous évoluons, et qui évolue lui-même selon ses propres lois.

C’est dans ce cadre que je présente cette hypothèse d’une structure crisique, qui est à la fois la structure du temps et la structure des événements, les deux étant intimement mêlés jusqu’à être transmutés en une seule entité. De ce fait, la structure crisique modifie complètement la forme et l’opérationnalité de ce qu’on nomme “crise”, cela permettant de comprendre l’évolution présente. Bien entendu, la forme des crises en cours (Covid, système de l’américanisme notamment) ont nécessairement facilité et accélère cette transmutation, – sinon, pourquoi serait-elle là, sous la forme qu’elles prennent, – par leurs caractères très diversifiés, très imprévisibles, très longs, complètement insaisissable et hors de tout contrôle, affectant des domaines complètement inattendus. La disparition complète de toute référence pour établir la réalité, encore plus la vérité, avec le développement antagoniste et exponentiel de la communication offrant de multiples versions possibles de la réalité/de la vérité, avec narrative, simulacres, etc., complète ce dispositif en dissimulant la structure crisique pour ce qu’elle est, sa progression se faisant alors en mode dissimulé, derrière un mur opaque de bavardages échevelés, théories extraordinairement complexes et vaines, idéologies folles et vides, etc..

Dans ce cadre, la structure crisique prive “la crise” de tous ses caractères habituels, de développement très rapides et identifiables, de paroxysmes explosifs, d’apaisements libératoires qui suivent ces paroxysmes. Les crises sont, dans la structure crisique, désormais comme un habillage permanent, une intégration constante jusqu’à l’air que nous respirons, qui ne nous heurte pas avec brutalité et sur un sujet donné par instants explosifs mais exerce une constante pression sur nous.

Littéralement et pour reprendre cette analogique, la structure crisique nous oblige constamment, et produit cette conséquence que le fait de la ‘crise’ est devenu une fonction crisique que nous est aussi nécessaire que l’air que nous respirons, et que nous absorbons exactement comme nous absorbons l’air pour notre respiration. Nous ne respirons pas en répétant constamment la formule chimique de l’air ; nous n’absorbons pas la crise en répétant constamment sur quoi elle porte et comment elle se manifeste. En un mot, nous vivons de l’air du temps et de la structure crisique du Temps.

A côté de cela, bien entendu et comme déjà signalé plus haut, nous ne cessons de discuter des apparences disparates et futiles de cette structure crisique, d’en démêler les fils en les emmêlant, d’en désigner triomphalement les instigateurs là où il n’y a rien à instiguer. Comme on l’a dit, tout cela est vain pour ce qui est du but affiché. Ce n’est pas “comprendre ‘la crise’”, tout cela, mais c’est assurer la fonction essentielle d’exhaler, presque d’exsuder la tension extraordinaire à laquelle est silencieusement soumise notre psychologie, qui suit effectivement le rythme de cette structure crisique, et s’inscrit dans le cadre de ce que nous nommons la GCES, structure crisique ultime qui contient tout le reste.

Conclusion de culpabilité

Je l’avoue aisément et on le comprend sans doute, je suis moi-même soumis à ces diverses pressions, expressions et impressions, et donc me posant implicitement comme ‘sachant’ et bien entendu ne sachant rien du tout. Je ne sais même pas, non seulement si “je me suis bien fait comprendre” (certainement pas), mais si je comprends moi-même ce que je veux dire.

Je trouve simplement que l’époque que nous vivons mérite bien, au jour le jour, de telles tentatives. Alors, je vous livre celle-là.

 

Note

[*] Nous nous réjouissons grandement, et moi-même encore plus, de constater que les textes de cette rubrique Glossaire.dde, certainement les plus longs et les plus compliqués parce que les plus ambitieux sur ce site, sont certainement les plus consultés de toutes les rubriques. Notamment, le texte sur la “vérité-de situation” est sans doute l’un des plus “textes vus/lus”, avec 9395 “visions/lectures” à l’instant où sont écrits ces mots ; résultat d’autant plus remarquable que le texte est du 18 octobre 2015, donc n’ayant bénéficié d’aucun “effet d’annonce”, ni d’un emplacement de nouveauté en première page, puisque la comptabilité des visions n’est effective que depuis fin-2017.

  • 2 mars 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : Couronnement du décapité

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : Couronnement du décapité

Qui en juge d’une façon objective doit le reconnaître : on n’a jamais vu une telle situation, où le battu de l’élection présidentielle des États-Unis, qui plus est ayant subi deux procès en destitution, fait son ‘come back’ quarante jours après son départ sous les lazzis inspirés des plumitifs de la presseSystème de la Maison-Blanche ; et un triomphe, en plus, avec un discours-fleuve au congrès de son parti, lequel n’a cure de la défaite qu’il conteste absolument, dans un enthousiasme extraordinaire, comme si la défaite était une victoire, – ‘Make The-Donald Great Again’, si vous voulez, bien qu’il n’ait jamais cessé de l’être dans ce Fantasyland où Alice perdrait à la fois son latin et son sens de la désorientation.

En même temps, pour poursuivre la description de cette situation extraordinaire, le président-élu, c’est-à-dire l’homme de la victoire-tant-attendue et tant-espérée par toute la gent démocratique atlantico-européiste, en visite au Texas (suite au désastre de la vague de froid), passe quasiment inaperçu, – d’ailleurs volontairement, – sauf pour une intervention où on l’entend marmonner une liste d’élus texans en déformant les noms, jusqu’à remarquer lors de cette intervention, pour lui-même mais aussi pour le micro comme s’il était perdu dans une existence et un monde inconnus « What am I doing here ? » (disons, pour être un peu plus leste que le pauvre Biden : “Mais qu’est-ce que je fous ici ?”). La situation est extraordinaire, le contraste est saisissant.

Le sentiment de la bienpensance, du Politiquement-Correct, du conformisme-Système, tel qu’il était partout proclamé, était que la ‘victoire’ de Biden (guillemets autorisés, sauf par Tweeter) allait balayer à jamais, bannir de nos mémoires, désintégrer de notre souvenir le personnage odieux, rustre, illégal et évidemment fasciste. Le résultat est exactement contraire, jusqu’au point où certains médias de la presseSystème, ceux-là même qui suivaient évidemment ce sentiment et applaudissaient à la chute de l’Immonde, firent une place remarquée, considérable et largement détaillée au discours de Trump  à la convention républicaine (LCI, par exemple mais tant d’autres dans le même sens). Trump devait disparaître à jamais dans les poubelles de l’histoire, il est plus que jamais présent, en complète contradiction avec l’effacement constant de Biden, – d’ailleurs, essentiellement pour Biden, pour une raison dont il ne porte pas la responsabilité politique, qui fut jusqu’ici bannie de toute mention et hypothèse par la censure-Système, d’une santé extrêmement fragile (troubles cognitifs) en plus de l’âge avancé que l’on sait (78 ans) ... Mais qu’importe ce dernier point du Biden n’ayant pas la responsabilité de son effacement, il n’empêche que c’est le spectacle qu’il donne et donc ce qu’il nous paraît être, et seul cela importe.

C’est une bien étrange occurrence découlant d’un monde schizophrénique dans une série de simulacres parallèles produits en série, à la chaîne, ce monde entièrement animé par une communication hyperpuissante d’où toute tentative d’objectivité est bannie. Dans une telle perspective déformée par les radicalismes et l’absence de référence objective, Trump nous apparaît pour bien plus grand qu’il n’est, doté de qualité d’un grand rassembleur politique alors qu’on sait bien les défauts considérables de l’homme, la médiocrité sinon l’inexistence de ses conceptions politiques étrangères à tout projet conceptuel sérieux ; y compris cela, bien entendu, dans le champ du ‘fascisme’ dont il est affublé par des observateurs incultes, incompétents, déraisonnables, ignorant complètement la puissance et l’organisation structurelle et idéologique du véritable fascisme (même si c’est pour le dénoncer et le maudire) ; sans le moindre rapport, cela (bis), avec ce qu’on veut bien nommer ‘trumpisme’, ce qui suppose qu’on a le néologisme en ‘-isme’ bien facile.

La conclusion opérationnelle temporaire qu’on peut proposer à ce point est bien que Trump, qui fut en novembre 2016 le ‘Cocktail Molotov-humain’ (selon Michael Moore) envoyé par le peuple des ‘Deplorables’ sur l’establishment washingtonien, est à nouveau réarmé selon le même procédé, dans une nouvelle attaque contre ce même establishment, accusé par ces même ‘Deplorables’ d’avoir faussé l’élection de novembre 2020. Le parti républicain classique, les mandarins et caciques qui font partie de l’establishment eux aussi, qui espéreraient se débarrasser de Trump à cette occasion, sont obligés de le rallier dans une nouvelle épreuve, un nouveau calvaire, sous peine d’être méchamment purgés.

(Voir le cas de McConnell dont on avait fait un peu vite le Grand Sachem du retour des républicains dans la normes-Système. Nombre d’imbéciles de la presseSystème, dans une démonstration extraordinaire d’angélisme de l’aveuglement servile, se sont offusqués de le voir, en trois semaines, en arriver à dire exactement le contraire de ce qu’il avait dit lors de la deuxième destitution-bouffe, à propos de la terrifiante tentative de ‘coup d’État’ du 6 janvier, – autre montage de communication au regard de la réalité des faits, si grossier, si stupide, si enfantin enfin ! Il faut apprendre à mesurer la puissance des courants en jeu, portés par l’hyperpuissance communicationnelle avec son terrible effet-Janus, et se dire que pour être Grand Sachem on n’en est pas moins politicien-politicard soucieux de son avenir politique.)

Pourtant, les descriptions diverses ainsi déroulées, et notamment les descriptions ou allusions succinctes faites aux deux hommes que la situation oppose, Trump et Biden, dissimulent à peine que l’affrontement en cours dépasse les sapiens. Aussi, ce ne sera certainement, ni les personnalités, ni leurs buts et leurs ambitions, ni leurs organisations qui conduisent les événements et donnent cette sensation inédite d’un immense bouleversement en cours sans rien de commun avec les bouleversements qui nous sont connus, qui trouvent leurs références dans les grandes crises que nous avons connues dans l’Histoire.

Nous sommes à nouveau dans un épisode, – avec le départ de Trump et l’installation de Biden et des démocrates, – où l’on nous annonçait un ‘retour à ‘une’ normalité’ américaniste, celle de la gauche sociétale-progressiste (wokeniste) une fois débarrassé de la peste trumpiste. Mais tout cela nous paraît assez vain et assez court à la fois, bien trop faible pour justifier, encore moins expliquer le sentiment de puissant changement qui pèse sur nous.

L’on comprend bien que ce n’est pas la ‘peste trumpiste’ qui importe, ni l’extraordinaire faiblesse médiocre d’un président-élu qui est en plus irrémédiablement handicapé par son âge et des faiblesses sanitaires épouvantables. L’on comprend aussi bien qu’il n’y a, derrière tout cela, ni vaste dessein, ni grande organisation subversive ou autre, tant les événements, pourtant d’une extrême puissance et qui paraissent irrésistibles parce que formidablement structurés, ne parviennent en aucune façon à remettre en place un semblant de stabilité (structurée justement). Nous parlons aussi bien dans ce cas, sinon plus logiquement selon la chronologie des apparences d’événements décisifs, de l’échec de plus en plus évident à installer  la stabilité complètement structurée par la subversion et l’inversion subversive que recherchent les démocrates soutenus, poussés, manipulés par le courant wokeniste qu’ils reprennent à leur compte ; comme par exemple une censure décisivement efficace, plus des mesures anti-conservatrices décisives, qui rencontrent partout des obstacles, des ripostes, une parcellisation des centres de résistance qui interdit une victoire décisive.

Aux USA certainement, et comme ailleurs dans le bloc-BAO avec un peu moins d’effets immédiats, le contrecoup de la crise-Covid se fait également ressentir de plus en plus au niveau social et sociétal, dans le sens d’une modification des psychologies annonçant un bouleversement de fond des attitudes et des comportements. La chose est moins stridente aux USA où tout est fortement et immédiatement intégré à une tension politique extrême, mais elle est aussi puissante dans ses effets. Hors des USA, dans le bloc-BAO, les effets politiques du bouleversement-Covid sont logiquement moins visibles, mais là aussi, dans cet autre sens, ils seront très profonds.

C’est bien dans cette combinaison d’événements que l’on trouve les signes de ce que nous décrivons très vaguement et en l’absence de références plus précises, comme une dynamique événementielle d’une dimension et d’une orientation qui dépasse les actes et les volontés humaines, et toutes les tentatives d’organisation (y compris, ô combien, les tentatives complotistes). Nous sommes dans un temps maistrien (de Maistre), où le Temps se contracte au gré du ‘tourbillon crisique’ qui acquiert désormais, depuis Trump-2016 pour commencer et depuis la Covid-2020 pour s’installer d’une façon absolument structurelle, jusqu’à former une structure crisique où nous évoluons.

Ainsi la dynamique événementielle nous enveloppe, nous ‘désarme’ en quelque sorte en nous interdisant l’accès aux mécanismes qui font évoluer l’histoire vers la métaHistoire. Nous ne sommes plus que les spectateurs de notre destin ; et, au fond, Trump est un excellent ‘Monsieur Loyal’ de cet étrange spectacle dont nous ne tenons plus la clef, dont nous ne sommes plus les organisateurs, dont même nos vaines tentatives-simulacres (“Nous n’y comprenons rien, feignons d’en être les organisateurs”) se heurtent à notre scepticisme à propos de nous-mêmes.

  • 1 mars 2021 à 00:00

L’Islam, variable commode et leurre

Par info@dedefensa.org

L’Islam, variable commode et leurre

Parer à la catastrophe ? 

Dès septembre 2020, les communicants de Macron, sans doute cornaqués par McKinsey, ont pris comme ligne directrice de leur campagne l’Islam. L’Islam islamiste, l’Islam séparatiste, l’Islam islamique, l’Islam terroriste, l’Islam politique et récemment, ils leur ont fait enfourcher l’Islam gauchiste.

Il s’agissait d’une véritable inflexion dans la ligne publicitaire de la brand ‘ni droite ni gauche’ mais néanmoins ‘en même temps’ qui a porté au pouvoir un jeune homme ambitieux doué dans l’art des sophistes, la rhétorique qui donne du brillant aux discours les plus creux donc les plus enveloppants. Le quinquennat précédent a été secoué par l’adoption des Lois travail concoctées par le futur Président en gage d’ortho-idéologie donné à ceux qui le choisiront comme le champion des privatisations et de la casse du Droit du Travail. Mais il fut aussi durablement marqué par la réponse politique apportée par un François Hollande (élu par défaut) aux attentats commis par d’anciens délinquants convertis à un Islam nihiliste. Ces terroristes ont reçu leur déformation religieuse en dehors de tout héritage familial, elle a été acquise le plus souvent dans des filiales de sectes ramifiées dans les prisons. Etat d’urgence, état d’exception, perquisitions en masse, interpellations de milliers de citoyens signalés comme pratiquant un islam rigoureux, bref, la France était devenue aux yeux du monde un repaire de terroristes tapis derrière chaque barbe ou foulard couvrant les cheveux. L’homme au scooter, imprévoyant, n’avait pas mesuré les inévitables effets de cette réaction politique irrationnelle sur le commerce et la raréfaction des touristes. Personne ne l’a renseigné sur le fait que les opposants à la dictature de Moubarak, privés de tout autre espace d’expression, ont justement opéré de cette manière. Ils ont perpétré des attentats contre des touristes pour punir économiquement la classe des oligarques qui tiraient profit de la visite des pyramides.

Le futur Monarc 1er avait soigneusement évité la thématique du musulman français réfractaire aux ‘valeurs’ de la République. Il s’était concentré sur les fiches rédigées par la myriade de ses affidés au Ministère de l’économie pour affronter sur le ring des plateaux télévisuels celle à laquelle il fallait faire barrage. L’appauvrissement et la précarisation des classes populaires que plus aucun parti politique n’encadrait a fait surgir d’un long et morne silence les Gilets Jaunes et leurs samedis obstinément répétés.

Une réforme des retraites qui allait conduire à terme à un allongement du temps des cotisations et à leur privatisation a suscité un rejet d’une force inattendue, les syndicats depuis longtemps domestiqués ont été dépassés par leurs bases. Enfin, la gestion erratique et criminelle de l’épidémie du Sars-Cov2 a fini par exaspérer Billancourt, le Neuf trois et même au-delà.

Vite un leurre !

Le scrutin des communales en juin 2020 a sanctionné sans appel la République en marche d’un Président de plus en plus perçu pour ce qu’il est, arrogant, méprisant, bavard et surtout au service d’une oligarchie qui a mis tous ses moyens médiatiques pour le faire élire. L’épreuve locale est une épreuve de réalité, les candidats de la majorité présidentielle ont mordu partout la poussière. Sans conquête des municipalités, c’est-à-dire sans ancrage réel, l’échec aux prochaines élections présidentielles est assuré.

D’où le recours à la firme étasunienne en conseil stratégique qui a impulsé le seul ressort résiduel qu’elle a estimé possible pour agréger la foule des mécontents, les Sans Dents, réputés incultes, alcooliques et aisément manipulables, la Peur. Celle de l’envahissement par cet éternel Autre pourtant présent depuis longtemps parmi nous avec une religion barbare.

La violence des propos à l’encontre des musulmans tenus par le Sinistre de l’Intérieur a surpris et choqué la Représentante de la xénophobie en France, l’héritière du parti des nostalgiques des colonies françaises. Celle qui a inventé l’Occupation des quartiers par les prières des rues est mise hors jeu sur son terrain de prédilection car la tactique élaborée par les ingénieurs sociaux de la division lui échappe. 

L’islam est une variable. Il se révèle être d’une plasticité remarquable aux mains des fabricants de l’opinion. Son utilisation par les forces politiques varie selon les époques.

Un bon début

Il a d’abord servi comme contrepoids au communisme et au socialisme jusque dans les années quatre-vingt dans les pays musulmans gagnés par des mouvements qui revendiquaient la justice sociale et la fin de régimes inféodés à l’impérialisme occidental.  Petit à petit, les manuels éducatifs à destination des enfants édités par des Etats laïcs comme l’Irak furent remplacés par des ouvrages imprimés avec les subsides des Ibn Séoud.

Partout dans le monde refluaient la gauche et l’idéal révolutionnaire pendant que les pétrodollars perfusaient la guerre économique et idéologique. Le piège afghan concocté par les Usa est le point d’orgue d’une inlassable construction antisocialiste, plus subtile et plus efficace que le maccarthysme. Le Djihad des talibans est alors salué comme le triomphe de la Foi contre des Soviétiques athées et partageurs. Une véritable Internationale du Djihad à la mode afghane a irrigué les banlieues déshéritées encadrées par une catégorie d’intellectuels interdits d’accès à l’expression politique par des dictatures claniques kleptocrates qui ne se reconnaissant pas dans le socialisme, vu comme une importation d’Occident.

Cette version de l’Islam adaptée au lit de Procuste de l’impérialisme étasunien a été exploitée dans deux situations notoires encore. Des  membres de l’Internationale afghane, venus d’Alger, de Casablanca, de Ryad, du Caire et de Kandahar ont été recrutés lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Les ONG islamiques financées par les Ibn Séoud ont alors ‘réislamisé’ la Bosnie musulmane.

Les deux guerres de Tchétchénie ont vu proliférer des camps d’entraînement commandés par des membres de cette internationale informelle. Un certain commandant Khattab, d’origine saoudienne ou jordanienne, a formé à cette occasion nombre de combattants tchétchènes, daghestanais mais aussi algériens et français. Les ‘Afghans’ et les ‘Tchétchènes’, appellation générique de ces combattants forgés dans ces deux foyers vont essaimer jusqu’au Mali et au Niger actuellement en ayant fait pour certains un passage par les montagnes algériennes lors de la décennie noire.

Le Hamas

Eminemment souple aux mains des légions de think tank de l’impérialisme occidental, l’Islam va de nouveau servir dans une version enrichie, celle du terrorisme islamiste exercé non contre les intérêts de l’URSS défunte ou de la Fédération de Russie mais contre cette fois le territoire avancé de l’Occident dans l’Orient arabe, la colonie sioniste en Palestine occupée. La branche palestinienne des Frères Musulmans, confrérie née en Egypte pendant l’occupation britannique inspirée de l’Islam pour son credo et du léninisme ou du fascisme selon ses détracteurs pour son organisation hiérarchisée, a été discrètement encouragée par l’occupant pour concurrencer l’OLP, fédération d’organisations résistantes de toutes obédiences, non confessionnelles. Le Hamas, à vocation d’abord caritative, s’est bien implanté à Gaza en raison de la proximité géographique et historique avec l’Egypte et de la pauvreté de ses habitants, des réfugiés de 1948 et de 1967 pour leur majorité.

1994 est l’année qui a vu éclore les attentats suicide en Palestine occupée. Nous sommes juste dans l’après accords d’Oslo qui a institué une Autorité palestinienne comme force répressive supplétive de l’armée d’occupation. Les implantations de colonies qui signifient vols de terre et restrictions de déplacements et de vie pour les occupés se multiplient. L’attentat d’un fanatique juif originaire de New York qui a fait 29 morts et des centaines de blessés parmi les orants réunis pour la prière de l’aube à la mosquée d’el Khalil (Hébron) le  25 février 1994 a déclenché une décennie d’attentats suicides de Palestiniens issus de toutes les organisations mais surtout du Hamas et du Jihad islamique. 

Le terrorisme islamique qui fut opportun dans la lutte contre le communisme deviendra le nouveau problème posé à la ‘civilisation’ occidentale, celle-là même dont l’assise est faite de plusieurs génocides, celle des Amérindiens, de la traite des Africains et des massacres du colonialisme.

Les tours s’affaissent

Sont alors survenus à un moment tout à fait propice, une récession économique et des faillites en nombre dans les années 2000, les attentats qui ont détruit trois tours à Manhattan et une aile bourrée d’archives du Pentagone en septembre 2001. L’islam, autre nom pour le terrorisme aveugle et hideux, allait devenir le carburant d’une guerre sans fin décidée par les théoriciens néoconservateurs, le plus souvent d’anciens trotskystes reconditionnés en sionistes hostiles à toute solution négociée avec les Palestiniens.

L’articulation entre un Iran chiite réfractaire qui a essuyé une guerre d’attrition de 8 ans  infligée par l’Occident par l’entremise d’un Saddam Hussein, jouet aux mains de l’alliance des Séoud et de la CIA, et l’Internationale du terrorisme islamique wahhabite était périlleuse à faire mais elle fut cependant quelquefois invoquée en dépit d’une impossibilité historique. L’islamo-terrorisme fut développé et a imprégné durablement les esprits par des officines dont on peut retrouver aisément les traces.

Episodiquement, un attentat ‘islamiste’ fait des victimes en Occident et y fait flamber les médias autour de la nature intrinsèquement ‘violente’, intolérante, inhumaine, antidémocratique de l’Islam, bref l’islam est l’ennemi de ses ‘valeurs’. L’occupation de la Palestine va se trouver muée en un problème religieux, des fanatiques musulmans veulent en découdre avec la seule démocratie du Moyen Orient. Le Soudan va se faire désintégrer, les Musulmans du nord extermineraient des animistes et des chrétiens dans le Sud et au Darfour, pourtant musulman. La sécession du Sud, parrainée par l’Occident, va donner naissance à un nouvel Etat, le Sud-Soudan, en 2011 en proie à une guerre d’une rare cruauté depuis 2013, complètement absente des radars (l’Islam ne peut y être mis en cause). Une fois le Président Bachir éliminé par un coup d’Etat militaire, le Soudan amputé n’est plus considéré comme un Etat voyou depuis que la junte a normalisé ses relations avec l’entité sioniste.

Inemployés depuis quelque temps, les membres de l’Internationale terroriste wahhabite furent réinjectés en Irak où la gestion désastreuse de l’administration étasunienne une fois le régime baathiste renversé a réorganisé le pays autour d’une résistance shiite soutenue par l’Iran. l’Etat islamique d’Irak fondé en 2006 est relativement quiescent jusqu’en 2013.  Réactivé par des aides financières et logistique, il fera des avancées fulgurantes en Irak et en Syrie et devient Daesh acronyme en arabe pour Etat Islamique en Irak et au Cham. En décembre 2017, la guerre contre l’Etat islamique est gagnée en Irak. En 2019, le califat est éliminé en Syrie, mais des cellules clandestines persistent dans les villes et le désert, prêtes à relancer des coups de force.si elles sont sollicitées. 

Ad nauseam

Le paysage médiatique est pendant vingt années hanté par cet Islam-là, forgé par des guerres occidentales et pour cet unique usage. Il va être habilement  employé comme épouvantail auprès des populations occidentales, islamisme takfiri et islamophobie occidentaliste sont complémentaires et se répondent en miroir, le « clash des civilisations » a été choisi pour remplacer remplacer toute perspective révolutionnaire internationaliste. L’existence d’un réseau assez dense de fondations et d’organisations aux Usa dont l’activité est d’alimenter l’islamophobie est bien documentée. Par exemple, Donors Capital Fonds a contribué au financement de groupes promouvant l’islamophobie pour une hauteur de près de 27 millions de dollars entre 2005 et 2012. L’un des bénéficiaires est le Clarion Project qui s’est donné pour but explicite d’exposer les dangers de l’extrémisme de l’Islam. Middle East Forum, fondé en 1990 par Daniel Pipes, celui qui a conseillé à Flemming Rose d’introduire les caricatures du Prophète de l’Islam dans les pages culturelles du journal danois d’extrême droite Jyllands-Posten, tous deux militants sionistes notoires, a reçu 12 millions de dollars de 2001 à 2012 pour exécuter ses nombreux programmes islamophobes (Campus Watch, Islamist Watch, Legal Project).

Contrairement à ce que propagent certains « indigénistes », alliés objectifs (à leur insu sûrement) de ce mouvement d’ampleur mondiale, l’islamophobie n’est en rien l’héritage de du colonialisme du 19ème siècle, même s’il se présente volontiers sous ce déguisement. Dans sa forme actuelle, c’est une puissante construction transnationale qui trouve son origine dans l’objectif d’occuper– dans tous les sens de ce terme y compris celui de créer une diversion-  des terres arabes et/ou musulmanes. En 2012, a été révélé l’infiltration des étudiants musulmans dans 16 universités du Nord-Est des Usa par la police de New York. Il ne s’agissait pas d’une simple surveillance seulement, mais de préparation d’attentats sous faux drapeau. Sous cette forme, cette unité secrète de contre-insurrection créée en 2003 a été supprimée en 2014.

Annoncer le programme !

Monarc 1er en grande difficulté, incapable de formuler un quelconque programme politique (et comment le pourrait-il, lui qui n’est qu’un pur artefact, un simulacre ?) remet son sort électoral entre les mains une officine de mercenaires-experts qui sont aller allés piocher dans le Grand  Supermarché  de l’Opinion. Bazar où traînent des options à l’usage des politicailleurs qui vivent des généreux subsides que leur alloue la forme ‘démocratique’ représentative du capitalisme sénescent mais encore vaillant.

Les différences de revenus et de patrimoine ont érigé une séparation infranchissable entre le prolo du Neuf Trois, basané ou gaulois, et les élites du parc Monceau ou du Champ de Mars. Il  existe bien un séparatisme mais pas celui indiqué par les tribun(e)s du parti de Monarc 1er.

Au fond, le vrai scandale des Gilets Jaunes, c’est d’avoir empiété sur un domaine réservé à la bourgeoisie et aux touristes. Le temps d’un samedi, ils se sont appropriés « la plus belle avenue du monde », en ont fait leur lieu de rendez-vous hebdomadaire. Ils ont effacé une frontière, ont quitté leur banlieue-prison à habiter et leurs campagnes reculées pour une leur aire de jeux avec à une de ses extrémités un Arc de triomphe et leur mort inconnu. Leur cœur a palpité devant la vitrine éventrée du  Fouquet’s et sa moquette rouge de maison close estompée dans les fumées des gaz lacrymogènes. Ils ont démystifié un temple et dansé sur le cadavre de ses illusions. Les situationnistes n’ont pas rêvé mieux quand ils s’adonnaient au jeu de la géopsychologie à travers un Paris réinventé pour que vivent vraiment une vie pleine les plébéiens.

L’architecture est une des formes concrètes d’expression des rapports sociaux de production, on le sait, Hausmann a troué des boulevards pour que puissent les emprunter les canons pour mater d’éventuelles émeutes. Le prolo a été rejeté loin des centres urbains par l’industrie du bâtiment qui a multiplié des unités de petites cellules empilées, indiscernables pour que s’y entassent et se morfondent d’indifférenciation et d’indifférence les travailleurs et leurs familles. Cette conduite urbanistique est une politique de ségrégation sociale délibérée. Comment oser imputer à ceux qui subissent leur expulsion des centres urbains marqués historiquement, leur responsabilité d’être rejetés vers une périphérie aussi joyeuse qu’un camp de concentration ?

Quand Monarc 1er a l’outrecuidance de déclarer que l’Islam traverse une crise, on serait en droit de lui répondre qu’effectivement, toutes les crises culturelles que traversent les peuples dominés sont générées ou alimentées par ceux qui les dominent. Tous les repris de justice qui composent l’équipe dont il s’est entouré ont une sacrée gueule de crise. Ils puent sans panache et honteusement une décadence triste, qui avec son marchandage besogneux de logement contre une misérable prestation sexuelle, l’autre avec un investissement locatif d’apothicaire de province.

Toute cette classe de parasites, sans aucune science que celle primitive et dégoûtante de la prédation, est incapable de produire le moindre discours pour habiller leur malfaisante et unique tache qui apparaît pour ce qu’elle est, démanteler le service public et réduire la fonction de l’Etat à celle d’une police répressive au service  du capital. A ce stade tardif, il leur faut chercher les arguments de leur forfait au fond, chez des techniciens transnationaux éprouvés qui orchestrent la mondialisation. Au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit, vendre à la découpe la France vue comme une entreprise.

 Quelques antisèches

Qu’il cesse donc d’approvisionner les Nosra et autres surgeons d’al Qaïda, qu’il cesse de fournir les armes aux Ibn Séoud qui sacrifient le peuple yéménite depuis 2014, qu’il fasse cesser la flambée spéculative de l’immobilier en reprenant une programme volontaire de construction de logements de qualité, pas des cubes inhabitables faits pour que les ados tiennent les murs de leurs entrées et décarcassent les boîtes aux lettres. Qu’il alloue aux zones défavorisées (celle où résident les prolo et les sous-prolo émigrés) des moyens éducatifs qui produiront des citoyens alphabétisés et non des désirants d’objets spectaculairement convoités, inutiles et dégradants de vulgarité capitaliste.

Les  Musulmans citoyens français doivent refuser de servir de leurre. Ils l’ont déjà trop fait en empruntant leur rôle assigné de victimes.

Quand la Ministre de l’enseignement supérieur évoque un islamo-gauchisme fantasmé, ils doivent répondre par la réelle ‘loi de programmation de la recherche’ qui privatise l’Université et transforme les chercheurs en précaires, passée en force dans un contexte de crise sanitaire.  Quand le Sinistre de l’Intérieur se lance dans un concours de dépréciation des femmes portant un couvre-cheveux, ils doivent l’interroger sur l’inertie du gouvernement face aux 200 000 agressions sexuelles commises chaque année sur des femmes victimes des féminicides qui placent la France bien devant l’Italie et l’Espagne.

Quant à la ‘crise’, cela fait bientôt trois siècles que le monde occidental élargi à ses colonies puis ses ex-colonies connaît des crises économiques continues, c’est en effet le mode même d’existence de l’économie capitaliste. L’Islam n’implique ni l’exploitation de l’homme par l’homme ni une organisation en Eglises qui se réservent l’interprétation des Ecritures et en tirent pouvoir et profit. Il ne peut donc pas être saisi comme objet à analyser avec les instruments de la sociologie politique occidentale. Le Musulman où qu’il soit prie, jeûne, médite, observe la tempérance dans son comportement. S’il lui est recommandé d’accomplir ses prières en commun, ce n’est pas une nécessité impérieuse.

En revanche, les  guerres successives ininterrompues qui sont menées depuis plus d’un siècle contre les pays musulmans créent une situation critique subaigüe, et pas seulement pour les Musulmans qui en sont les victimes. Il leur revient de concourir à faire accoucher le monde prochain, raisonnablement arrivé à terme. Au-delà du devoir de charité que leur impose le dogme, ils sont tenus religieusement d’édifier une société où doit régner la justice. Dans les poitrines des plus sincères parmi eux est enserré le désir encore encagé d’un changement qui renversera les Pharaons et fera taire les scribes qui bavent à longueur de misérable copie sur leur religion.

  • 1 mars 2021 à 00:00

Nos dernières heures...

Par info@dedefensa.org

Nos dernières heures...

Nous sommes le 28 février 2021 au matin. Nous sommes à moins d’un jour de la fin de cette campagne mensuelle de donation et la barre de comptage de dedefenda.orgaffiche €2 237. Nous emploierons une formule courante dans ces messages, mais qui garde dans notre chef, – sans la moindre emphase ni quelque recherche d’effet que ce soit, –  toute sa fraîcheur et sa loyauté. Elle témoigne d’un sentiment qui ne s’est pas démenti, qui est la chaleur de notre reconnaissance pour ceux qui ont participé au soutien apporté au site durant les 27 premiers jours du mois.

Notre barre de donation affichant €2 237, nous ne sommes pas encore dans la zone où nous nous jugeons en sécurité par rapport à nos contraintes économiques. Vous connaissez nos besoins, résumés par cette citation que vous connaissez bien... “… les montants de €2.000 et €3.000,[...] constituent pour nous les sommes permettant respectivement un fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site et un fonctionnement plus aisé de ces fonctions”. Nos lecteurs savent évidemment que, depuis 2011, les conditions économiques ont évolué et que les sommes proposées doivent être définies différemment. Le seuil du “fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site” dépasse aujourd’hui très largement les €2.000 et se trouve quasiment au niveau des €3.000avec le reste à l’avenant... ».

Il reste ces quelques heures. Nous demandons à nos lecteurs d’intervenir jusqu’à la dernière heure de ce dernier jour du mois de février 2021 pour établir une situation d’équilibre, et aussi pour l’affirmation de cette solidarité si précieuse pour la poursuite de notre travail. Nous les en remercions par avance.

Mis en ligne le 28 février 2021 à 06H45

  • 28 février 2021 à 00:00

JSF et F-16 : Kafka in Pentagon

Par info@dedefensa.org

JSF et F-16 : Kafka in Pentagon

• Faut-il sauver la géniale entité-JSF, qui ne sert à rien de ce pour quoi elle a été conçue, qui coûte bien entendu la peau des autres, qui enserre comme une liane étouffante le Pentagone fou du plaisir de la complexité bureaucratique ? • Bref, on commence à discuter ferme pour déterminer ce qu’il faut faire maintenant qu’il est acquis que le F-35 est, selon le mot du précédent secrétaire à la défense, un « paquet de merde ». • Les projets fleurissent, les programmes sortent des tiroirs, les rapports se débitent ‘à la pelle’. • L’avion ne valant rien, la commande est maintenu à 1 763.

Il est vrai, que nous disions ceci dans un texte du 10 juin 2000 (bien en 2 000), notamment à propos de Richard Aboulafia, du Teal Group, et essentiellement à propos de ce qui était encore le JSF en transition vers l’appellation opérationnelle F-35 :

L’expert américain Richard Aboulafia, consultant du Teal Group, basé en Virginie, remarque (le 17 mai 2000 dans le New York Times) que “tout le monde voudrait assister à ses funérailles [du JSF] mais personne ne veut être l’assassin.” Il y a cinq mois (dansAviation Week & Space Technology’, le 1er janvier 2000), le même Aboulafia expliquait : “Le JSF pourrait faire à l’industrie européenne ce que le F-16 a presque réussi : la détruire. [...] Le JSF est au moins autant une stratégie nationale qu’un programme d’avion de combat.” »

Aujourd’hui, vingt-et-un an plus tard, le même Aboulafia, toujours vif, annonce : « Pour la première fois depuis des décennies [en fait, depuis que le programme F-35 a été lancé] des décisions difficiles [pour le F-35] se profilent à l'horizon »

C’est une des rares précisions compréhensibles sans effort, par la seule vertu des mots, dans un texte fourni de Breaking Defense, – sinon le titre peut-être, d’une prudence calculée et au sous-entendu significatif :

« Le F-35 à la croisée des chemins alors que l'état-major conjoint évalue la situation et les projets de l’aviation tactique pour le budget Biden.
» Pour l’instant, il n’est pas prévu de réduire les projets de l'armée de l'air d’acheter 1.763 F-35 Joint Strike Fighters, déclare Darlene Costello, responsable par intérim des acquisitions de l'armée de l'air. Mais... »

Dans la foulée des déclarations du chef d’état-major de l’USAF sur le F-35, le F-16 et les Ferrari, Breaking Defense a obtenu une copie d’un mémo interne de l’adjointe au secrétaire à la défense, Kathleen Hicks, annonçant une grande étude de révision des divers programmes et projets de l’aviation militaire tactique, dans laquelle se trouve bien entendu le F-35.(Cette étude doit être remis en avril à l’administration Biden, pour le projet révisé de budget de la défense FY2022.)

A partir de ce document et divers contacts et autres déclarations, Breaking Defense a élaboré un long texte sur le thème des projets de l’aviation tactique militaire US, avec comme sujet fondamental, bien entendu, le sort du programme F-35/JSF. Une phrase ou l’autre, de pur commentaire d’ambiance, mesure l’effervescence où se trouve la bureaucratie du Pentagone, et l’USAF en particulier, puisqu’il s’avère bel et bien que “la chasse au F-35” est ouverte (une phrase telle que, laissée à votre traduction personnelle, – toujours ce souci du vrai climat : « “The Air Force is all over the place on its fighter plans,” one analyst said, with a nearly audible eye roll. »)

Pour le reste, nous avouons notre frayeur, notre terreur même devant le cauchemar hyper-kafkaïen qui se dessine dans la démarche de redessiner entièrement l’aviation tactique US, tout en évoluant vers la liquidation du JSF, – si cette liquidation est possible... Quoi qu’il en soit nous avons hésité, puis abandonné l’idée de traduire ce texte, quasiment intraduisible selon nos normes intellectuelles et cognitives, et notre équilibre psychologique. (Et ce n’est certainement pas la faute de l’auteure, mais bien un reflet du super-‘Château’ kafkaïen qu’est le Pentagone.)

Nous reprenons certains passages du texte qui nous semblent compréhensibles et susceptibles de faire avancer la compréhension de la vérité-de-situation ; mais tout de même et d’abord, un passage qui nous restitue les diverses options ‘sur la table’, selon Aboulafia. (On précise pour une meilleure approche du texte, mais aussi comme mesure de l’ambiance, que le NGAD est l’acronyme désignant le chasseur de 6e génération, théoriquement prévu comme successeur du F-35, selon la vision théorique d’avant qui claironnait une bonne marche dans le ‘Wild Blkue Yonder’ de l’ex-JSF ; le ‘Loyal Wingman’ est, nous semble-t-il, un surnom choisi, comme concept à partir du véritable ‘Loyal Wingman’ pour désigner un drone de dimensions respectables et de performances incomparables, d’une catégorie dite ‘avion de combat sans pilote’ ; F-16V ou ‘fils de F-16’ [‘son of F-16’, pour rester polis], comme nouvelles versions du F-16.)

« Aboulafia a catégorisé le débat en cours [au sein de l’USAF] de cette façon :
» “Concepts arrivés à maturité contre technologies de pointe (centrées sur le débat plate-forme [pilotée] contre ‘Loyal Wingman’, etc.). Bien entendu, débat accéléré ou ralenti selon les préoccupations liées au calendrier des menaces.
» • “Les technologies héritées des générations précédentes, en service (F-15EX, F-16V, ‘fils de F-16’) contre le F-35, contre de toutes nouvelles technologies.
» “• Les capacités aériennes tactiques traditionnelles par rapport à une conception plus large, axée sur l’autonomie allongée et la charge utile renforcée (le NGAD conçu comme ‘fils de F-111’ [l’avion de pénétration profonde F-111 du début des années 1960]). L’attrait de ce dernier concept serait dicté par les préoccupations liées à la menace du Pacifique (en particulier à long terme) et les options de déploiement et de base du ‘Loyal Wingman’, et bien sûr la survivabilité des plates-formes de soutien, en particulier les avions ravitailleurs en vol”. »

• Lockheed Martin (LM) lutte contre ce qu’il perçoit comme une attaque décisive contre son JSF en argumentant sur le coût de fonctionnement. Les experts ‘indépendants’, évidemment généreusement arrosés par LM, plaident dans le même sens. Il s’agit de présenter les déboires du JSF comme étant ‘limités’ aux seuls coûts de fonctionnement ($36 000 par heure de vol !), en argumentant que si l’on fait voler le F-35 d’une façon plus intense, ou si l’on calcule mieux, le coût diminuera.

« Le coût actuel par heure de vol des F-35 est de $36 000, a déclaré Ken Merchant, responsable de l’entretien des F-35 à Lockheed Martin, aux journalistes mardi. Les responsables de Lockheed Martin soulignent toutefois que ces coûts tomberont en dessous de $25 000 dollars d’ici 2025 pour atteindre l’objectif de l’USAF, – bien que cette somme soit en dollars de 2012.
» “J’ai entendu dire que cette révision [du rôle du F-35] est motivée en grande partie par les opérations et les coûts de soutien des F-35”, a déclaré Bryan Clark, de l’Institut Hudson. “C’est une préoccupation de longue date, mais il y a quelques années, les responsables des services pensaient qu’avec plus de temps et de données, le coût par heure de vol diminuerait. Les coûts n’ont pas diminué autant qu’espéré, et la pénurie de pièces de rechange réduit la disponibilité opérationnelle. Le département de la défense et l’USAF cherchent donc des solutions alternatives pour mener la majorité des opérations de vol avec des avions moins coûteux, plus faciles à entretenir et offrant une plus grande disponibilité opérationnelle”. »

• Du point de vue semi-officiel et du point de vue officiel, langue de bois déjà travaillée et langue de bois standard, on tourne autour du concept de la réduction ou pas de la commande de F-35 (1 763 pour l’USAF), sans s’attarder au rapport de cause à effet du vulgum pecus (si le F-35 ne marche pas, pour telle ou telle raison, comment peut-on encore argumenter autour de la commande, sinon pour l’annuler ?). Pendant ce temps, l’US Navy et le Corps des Marines, les deux autres acheteurs US avec des commandes moins importantes que celle de l’USAF, suivent la bataille avec l’option, toujours ouverte (et comment ! Grande ouverte, certes), de commander des F-18 tandis que Boeing continue à travailler sur un F-18 NG (‘Nouvelle Génération’) :

« Lors de sa dernière conférence de presse le mois dernier, l’ancien responsable des acquisitions de l’USAF Will Roper avait déclaré aux journalistes qu'il voyait l’avion de combat de sixième génération issu du programme NGAD remplacer le F-35, – précisément parce que le coût exorbitant du cycle de vie de cet appareil signifie évidemment que l’USAF ne peut pas se permettre d’acheter autant d’avions qu'il lui faut pour combattre et gagner une guerre aujourd’hui, et encore moins demain.
» Roper n’avait pas directement répondu à la question de la réduction de la commande.  “Mais ce que je peux dire, c’est que nous n’avons pas abaissé suffisamment le niveau de prix d’entretien nécessaire pour une très grande flotte. Les prochaines années seront donc cruciales pour le programme F 35”.
»  [Deux officiels de haut rang de l’USAF], le général Richardson et Dareen Costello, qui succède à Roper, ont souligné qu’il n’est pas prévu de réduire l’achat de F-35A par l'USAF.
» “Nous sommes à une commande de 1.763 exemplaires au moment présent”, a déclaré Costello. »

Tout cela se dit et se fait au milieu d’une jungle de nouveaux concepts, de plans sophistiqués, de formules diverses et souvent semli-magiques, à partir de prévisions qui envisagent la méthode de travail qui a abouti au JSF, si possible en pire. (Le ‘jumeau numérique’ est une idée en pleine vogue, fournissant tout le travail de conception, de développement et de production en numérique ; il reste possible sinon même probable que l’avion, ou la ‘plateforme’, qui en sortira soit réel[le], qu’il s’agisse de la 6e ou de la 7e génération).

Si l’on comprend bien, ce qui est loin d’être assuré, on s’acheminerait vers une révolution complète de toute l’aviation tactique US, cela permettant éventuellement de liquider le JSF sans trop afficher le naufrage. Au reste, est-il acquis que le Pentagone puisse abandonner le programme F-35, notamment en réduisant d’une façon importante sa commande ? Il est possible qu’avec le F-35, dans le cas d’un programme si important (déjà 1 700 $milliards dépensés alors que le programme complet de 3 000 [US] + 3 000 [export] était fabuleusement estimé à 1 000 $milliards), qui met en jeu tant d’intérêts divers, d’une entité technologique et comptable si prégnante et puissante, – il est possible qu’on se trouve dans le cas du Pentagone prisonnier du JSF malgré l’effondrement du F-35.

Cette possibilité étant envisagée, l’autre point qui doit être retenu est l’extraordinaire indolence de l’USAF, derrière une agitation absolument pathologique. Au plus cette agitation s’étend et secoue le grand corps, au plus les initiatives, les projets, des programmes, etc., naissent et développent leurs propres logiques carnivores. Donc, au plus l’on s’agite, au plus l’on s’embourbe et l’on s’enlise dans des chemins de traverse qui s’avère grandement marécageux, au plus l’on traîne, au plus l’on s’enfonce dans du sur-place, alors que la situation opérationnelle de l’USAF est extrêmement urgente et que l’on fabrique toujours des F-35 si vivement critiqués.

Même la perspective de commander un ‘F-16V’ ou “son of the F-16’ nous paraît impossible à être mise en place et réalisée dans un terme court. Il suffirait pourtant de commander des F-16 Block 60 et 62 à peine améliorés, comme ceux qui ont été développés pour les Émirats Arabes Unis, pour disposer d’un excellent appareil de combat pour les missions envisagées, jugé équivalent au Rafale par les Français ; mais de cela, l’USAF ne veut rien savoir. Il faut également prendre en compte que l’USAF n’aime pas les avions légers (et donc bon marché) ; il faut se rappeler que le F-16 fut imposé à l’USAF en 1974-75, dans des circonstances politiques et commerciales très singulières et inhabituelles, qui prirent la bureaucratie du Pentagone complètement par surprise. C’est pour cette raison que l’USAF n’hésite pas à commander de nouveaux F-15, qui est son avion de prédilection à cause de son poids, de sa puissance (et de son coût), alors qu’elle piétine et rechigne devant le F-16.

D’une façon plus générale, il s’agit d’une situation extraordinaire et de type métahistorique. Avec cette question sacrilège du sort du F-35 mis à l’encan, et pourtant trop sacrilège pour qu’on accepte un tel sort, on assiste à un naufrage du système du technologisme. La sacralité du JSF tient à ses divers caractères extraordinaires qu’on connaît, même (et surtout) dans un sens négatif, mais aussi à son extraordinaire complexité technologique, à son accumulation du système et du système de systèmes, tendant vers une perfection indémêlable de la formule, et aboutissant à un complet cul-de-sac de la formule ainsi ligotée à jamais. Plus qu’un sparadrap (celui du capitaine Haddock) dont on n’arrive pas à se débarrasser, le JSF est comme une liane proliférant, venimeuse comme un serpent fatal, qui ne cesse de s’enrouler autour de ses créateurs, pour les étouffer, pour les faire mourir de plaisir, à $100 milliards la passe qui ouvre le chemin de la modernité. Le JSF est une sorte d’entité transgenre qui, résistant jusqu’à la transmutation, cherche à assurer le transhumanisme du technologisme.

 

Mis en ligne le 28 février 2021 à 16H15

  • 28 février 2021 à 00:00

Simulacre de ‘retour à la normale’

Par info@dedefensa.org

Simulacre de ‘retour à la normale’

• Articles du 27 février 2021. • Une frappe aérienne US en Syrie, la première depuis décembre 2019, contre des éléments du groupe Hachd al-Chaabi (FMP), identifié par le Pentagone comme un « groupe militant soutenu par l’Iran ». • Aussitôt, les interprétations foisonnent, prenant en compte différents points de vue et n’évitant pas les contradictions. • Il reste à mesurer la signification de l’acte dans le cadre général de la crise de l’américanisme, et par rapport à la tension conflictuelle régnant aux USA. • Contributions : dedefensa.org et Elijah J. Magnier.

L’attaque de F-15E de l’USAF en Syrie, contre un groupe des Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaire ou FMP), est appréciée par différentes sources comme un événement important. Il s’agit de la première frappe depuis celle ordonnée par Trump en décembre 2019, contre les mêmes groupes. Le Pentagone ne donne comme identification de l’objectif que la seule expression de « groupe militant soutenu par l’Iran ».

En deuxième partie ci-dessous, on trouve un texte de Elijah J. Magnier, de ce jour, présentant une analyse à partir de la situation au Moyen-Orient, essentiellement dans le cadre de l’hostilité entre les USA et l’Iran, et très largement du point de vue de l’Iran (ou de “l’axe de la Résistance”, selon l’identification employée par Magnier). L’idée générale de Magnier est condensée par son titre complet : « Le message de Biden à l’Iran en Irak et en Syrie : le champ de bataille est ouvert. » Magnier explique que l’Iran s’attendait à cette ‘reprise des hostilités’, qui continue la phase du début janvier 2020 (assassinat de Soleimani et riposte iranienne par des tirs de missiles contre des bases US en Irak), face à un Pentagone qui s’attend à des actions iraniennes, – et qui prétend ainsi les prévenir en frappant ‘le premier’.

Un autre point de vue est celui de WSWS.org, ce même 27 février, qui développe avec sa fureur revenue à la normale, c’est-à-dire un paroxysme ‘franc’ et très trotskiste, la thèse justement d’un ‘retour à la normale’ de l’agression impérialiste. L’ère Trump est passée, l’apprenti-dictateur fasciste est éliminé, l’agression impérialiste de tout l’establishment ressoudé peut reprendre son cours. Le texte fourmille de contradictions qui renvoient aux contorsions que les trotskistes se sont imposés, – nécessités doctrinales, – pendant la crise des élections présidentielles. Ils se sont placés dans une position hystérique d’opposition au ‘fasciste-Trump’, tout en cherchant fiévreusement à ne pas paraître faire cause commune avec les démocrates qui tenaient “une position hystérique d’opposition au ‘fasciste-Trump’”.

Cela conduit à des contradictions, certes, comme celle de laisser entendre que les républicains sont entrés dans une phase post-Trump (le texte les désigne pourtant comme des “fascistes”, ce qu’est Trump incontestablement sous l’impitoyable regard trotskiste). WSWS.org parle de Trump comme d’un président accommodant (‘soft’), qui n’a pas poursuivi une politique interventionniste. Il est pourtant l’ordonnateur, entre autres gâteries, de l’attaque de décembre 2019 et de l’assassinat de Soleimani. (Scott Ritter explique dans un texte sur RT.com, d’un point de vue très différent, que Biden fait la politique de Trump, qui a fait la politique d’Obama, qui a fait la politique de GW Bush, et ainsi de suite, – on connaît la musique : « The US airstrike on Syria: Meet the new boss, same as the old boss, and the boss before that. »)

Plus encore et encore mieux, si l’on veut une contradiction de plus, allant dans l’autre sens que celui indiqué par WSWS.org. Malgré toute leur vindicte anti-iranienne, les démocrates ne soutinrent pas les frappes de Trump, – la haine veille, – car, comme le déclara Jen Psaki (l’actuelle porte-parole de Biden), en 2017 lors de la première frappe en Syrie ordonnée par Trump : « Il est vrai qu’Assad est un horrible dictateur, mais la Syrie est un pays souverain. » De telles déclarations, avec l’évolution des esprits, transportent d’admiration.

WSWS.org parle in fine du pouvoir américaniste ‘reconstitué’, comme si les républicains s’étaient complètement débarrassés de Trump. Il n’y a rien de plus faux, et c’est là un travers regrettable du jugement généralement si strict des trotskistes : ils restent stricts, mais sur des bases complètement faussaires du fait d’eux-mêmes, avec un paroxysme dans la fausseté fondamentale qui répond au paroxysme de la situation, parce qu’ils aimeraient tant que toutes les choses se mettent en place selon la logique trotskiste...

Tous les républicains (voir Buchanan ou Ted Cruz, par exemple) indiquent que Trump est soutenu par une écrasante majorité de l’électorat républicaine, et que s’il veut être candidat en 2024, il sera désigné d’office comme candidat républicain. Même McConnell, le chef des républicains au Sénat qui avait eu des mauvaises pensées discoureuses contre Trump, devant le Sénat au moment de la seconde destitution-simulacre, ravale sa salive et son chapeau et le considère comme le seul sauveur possible du parti. Dans un tel cadre, on voit mal une retrouvaille des démocrates et des républicains, malgré toutes les bombes lancées au Moyen-Orient, – car la haine antiTrump veille et règne, plus vive que jamais.

Voici donc des extraits de l’exercice d’équilibriste de WSWS.org :

« La frappe ordonnée par Biden marque la fin d'une pause dun peu plus d’un an dans les frappes aériennes américaines en Syrie qui ont suivi l’assassinat de Soleimani. Cette année a été dominée par la politique criminelle américaine qui a fait plus d'un demi-million de morts au COVID-19, ainsi que par une lutte interne acharnée au sein de l'establishment politique au pouvoir aux États-Unis, qui a conduit à deux destitutions de Trump. Une grande partie de ce conflit était centrée sur des divergences de politique étrangère, les démocrates dénonçant Trump pour être trop ‘soft’ envers la Russie et la Chine, toutes deux puissances nucléaires.
» L'attaque en Syrie est largement et à juste titre considérée comme une dangereuse escalade de lagression américaine qui peut à nouveau menacer une conflagration régionale et même mondiale. Il sagit d’une manifestation concrète du changement de politique qui se développe sous la nouvelle administration démocrate. […]
» L’attaque contre la Syrie a reçu un large soutien au sein de la direction du Parti démocrate et a été saluée par [l’establishment] républicain. Michael McCaul, chef de la minorité républicaine de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants, a déclaré : Des réponses comme celle-ci sont un moyen de dissuasion nécessaire et rappellent à l’Iran, à ses mandataires et à nos adversaires dans le monde entier que les attaques contre les intérêts américains ne seront pas tolérées.
» L'attaque a montré clairement que laccord sur lescalade de l'agression militaire pour compenser le déclin de lhégémonie impérialiste mondiale des États-Unis servira de base à la poursuite par ladministration Biden d’une ‘unité bipartisane’ avec les éléments fascistes au sein du Parti républicain qui ont cherché à renverser son élection.
» L'escalade du militarisme américain est également motivée par un puissant motif de politique intérieure. Il s’agit de la nécessité de détourner vers l’extérieur les contradictions sociales immenses et insoutenables du capitalisme américain. »

Pour notre compte, nous avons nos propres remarques, qui mêlent d’une façon constante les situations intérieure (aux USA) et extérieure.

• D’abord, l’emploi est unanime, y compris chez Magnier : une attaque directement ordonnée par Biden, – « sur ordre direct du président Joe Biden. Il s’agit là de la première intervention militaire ordonnée par le nouveau président et sûrement pas la dernière ». Notre approche est de fortement mettre en doute la vérité-de-situation de cette observation, même si Biden a signé et a téléphoné dans le sens qu’on lui indiquait. Considérant sa position actuelle (le sénateur Graham, répondant le 24 février 2021 à une question de NewsMax.TV : « So, no, I don’t think Joe Biden’s in charge »), nous faisons fortement l’hypothèse que Biden n’est pas pour grand’chose dans cette attaque, comme il n’est pas pour grand’chose dans tout ce qui se fait. L’hypothèse naturelle est alors qu’il s’agit d’une action du Pentagone, qui entend prévenir des attaques iraniennes en montrant sa force, toujours avec le même sens de l’inopportunité et de l’incompréhension psychologique, avec la même lourdeur bombardière dans l’erreur et la même constance dans l’aveuglement.

• Cette attaque ne modifie en rien, pour l’instant et en s’en tenant aux seuls événements effectivement accomplis, la situation politique intérieure, et notamment l’antagonisme entre les deux camps et la poussée maximaliste progressiste sociétale (wokeniste) du parti démocrate. Les constances de la politique belliciste des USA n’ont jamais apaisé les tensions politiques intérieures de Washington D.C., surtout lorsqu’elles atteignent cette intensité. Au contraire les pressions s’accentuent pour imposer des contraintes radicales de censure et d’encadrement du discours public contre les conservateurs, dans une mesure qui effraie complètement un Timothy Turley, qui était entendu lors d’une audition à la Chambre des Représentants le 25 février :
« Le plus décevant est qu’aucun membre démocrate n’a profité de l’audition pour faire une déclaration simple et unificatrice : nous nous opposons aux efforts visant à retirer Fox News et  [les autres réseaux conservateurs concernés, NewsMax.TV et OANN] de la diffusion par câble. Pas un seul membre démocrate n’a fait cette déclaration, ce qui (à mon avis) devrait être évident pour quiconque croit en la liberté d’expression et en la liberté de la presse. Alors que tous les témoins (y compris une personne qui a perdu son père à cause de Covid-19) ont fait cette déclaration, aucun membre démocrate n’a voulu déclarer publiquement qu’il s’opposerait aux efforts visant à retirer Fox News de l’accès au câble. Ce fut un silence glacial  [ce dernier mot en français dans le texte]. »

• Pour ce qui concerne les interférences entre cette attaque et la ‘volonté’ affirmée de la nouvelle administration de revenir à l’accord JCPOA, il n’y a rien à craindre et les Européens peuvent se préparer à manger à leur tour leurs chapeaux. Les exigences US à cet égard (les Iraniens doivent remplir toutes les conditions émises par Trump pour justifier les sanctions) doivent être rencontrées avant que les USA ne se penchent sur la possibilité d’envisager de lever l’une ou l’autre sanction. La différence entre les deux administrations sur cette question rejoint les habituelles images bonnet-blanc et blanc-bonnet “du verre à moitié plein et du verre à moitié vide” (Trump disait : “Je sors de l’accord et je prends des sanctions parce que les Iraniens ne répondent pas à mes exigences” ; les Biden’s peoples disent : “Nous revenons dans l’accord après que l’Iran aura rencontré nos exigences, et nous verrons alors pour la levée des sanctions”). Là aussi, « Meet the new boss, same as the old boss »

Voici le texte de Elijah J. Magnier sur l’ouverture du champ de bataille

dedefensa.org

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Message de Biden : la bataille est ouverte

Plusieurs F-15 ont lancé une attaque frappant des cibles multiples à la frontière irako-syrienne contre les Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaire ou FMP), sur ordre direct du président Joe Biden. Il s’agit là de la première intervention militaire ordonnée par le nouveau président et sûrement pas la dernière. Jusqu’à présent, le président américain poursuit les mesures de son prédécesseur en continuant d’imposer ses sanctions à des pays et groupes étrangers. Une exception symbolique a été le retrait du groupe yéménite Ansar Allah de la liste des entités terroristes des USA, sans pour autant lever les lourdes sanctions sur l’approvisionnement en nourriture, en médicaments et en pétrole au Yémen. 

Ce n’est pas non plus réaliste de considérer le bombardement américain des positions des FMP, que le Pentagone décrit comme des « groupes militants soutenus par l’Iran », comme autre chose qu’un message direct adressé à l’Iran. En bombardant les forces de sécurité irakiennes, les USA indiquent que l’option militaire est envisagée et qu’ils y auront recours sans hésitation contre toute menace aux intérêts des USA au Moyen-Orient, en particulier si elle provient de groupes proches de l’Iran. C’est une mise au défi à laquelle s’attendait l’Iran, qui a promis d’expulser toutes les forces US de l’Asie occidentale à la suite de l’assassinat illégal de Soleimani. Le champ de bataille vient donc de s’ouvrir.

Il y a quelques jours, le président Biden a contacté le premier ministre irakien Mustafa al-Kahdimi à la suite des attaques à la roquette contre les bases US au Kurdistan-Irak au début du mois. Biden a dit à al-Kadhimi qu’il allait riposter à l’attaque à la roquette. Le premier ministre irakien s’est toutefois gardé d’informer le président des USA que le mandat de ses troupes ne leur permet pas de violer la souveraineté irakienne et de bombarder ses forces de sécurité déployées aux frontières pour empêcher les attaques des militants du groupe armé « État islamique » et couper leur ligne d’approvisionnement.

Tout comme son prédécesseur Donald Trump, Biden a ordonné le bombardement de la position qui est la plus cruciale pour l’Iran et ses alliés : le point de passage Albu Kamal – Al Qaem. Ce point de passage était tenu par Daech lorsque le brigadier général Qassem Soleimani du Corps des gardiens de la Révolution iranienne, assassiné depuis, a dirigé l’attaque pour le libérer après l’occupation, par les forces US, du point de passage d’al-Tanf entre la Syrie et l’Irak. Cette manœuvre rapide de l’Iran a provoqué la colère d’Israël et des USA, qui souhaitaient imposer un siège terrestre à la Syrie pour empêcher la circulation des marchandises en provenance d’Irak et couper le lien entre Téhéran, Bagdad, Damas et Beyrouth profitant à l’Axe de la Résistance. Les forces US occupent toujours le point de passage d’al-Tanf et n’ont aucune intention apparente d’en sortir.

L’Axe de la Résistance dispose bien sûr d’une ligne de ravitaillement via l’aéroport de Damas et le port de Tartous. Cependant, le passage par voie terrestre est vital pour maintenir le flux d’approvisionnement, d’autant plus que la Syrie est sous le coup des dures sanctions américaines imposées par Trump que Biden s’est bien gardé de lever. La « Loi César », l’occupation par les USA du nord-est de la Syrie (qui produit 80 % du pétrole et du gaz et 63 % de l’agriculture du pays) et le blocage du passage d’al-Tanf visent à créer du mécontentement dans la population pour qu’elle se retourne contre le gouvernement et le président. Cette « guerre douce » menée par l’administration américaine a pour effet d’affamer les populations sans pour autant parvenir à changer le moindre régime au Moyen-Orient. Jusqu’à présent, Biden tire avantage de toutes les sanctions imposées par Trump contre la Syrie et l’Iran.

La « République islamique » a toutefois augmenté son niveau d’enrichissement de l’uranium à 20 % et le guide suprême de la Révolution Sayyed Ali Khamenei a déclaré que son pays pourrait atteindre 60 % s’il le voulait. Le ministre iranien des Renseignements et de la Sécurité nationale Mahmoud Alavi a fait un pas de plus en disant que son pays pourrait chercher à se doter d’armes nucléaires si les sanctions persistent. Téhéran a également interrompu les visites inopinées de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et a réduit de 30 % les visites des inspecteurs. Le 26 mars, l’accès des inspecteurs de l’AIEA à tous les sites nucléaires de l’Iran devrait prendre fin et d’autres mesures seront prises pour s’éloigner davantage du respect intégral de l’accord sur le nucléaire iranien, ou Plan d’action global commun (PAGC). L’Iran demande aux USA de lever toutes les sanctions, de permettre aux pays de payer l’Iran pour son pétrole et de rendre possible la restitution des avoirs iraniens gelés dans de nombreux pays du monde.

Les USA considèrent le retrait progressif de l’Iran de l’accord sur le nucléaire comme une escalade, en particulier lorsque l’Iran a refusé de rencontrer un envoyé américain dans le cadre d’une réunion générale incluant la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Les représentants de ces pays ont signé le PAGC et la position iranienne repose sur le fait que les USA se sont retirés de l’accord en 2018, ce qui rend la présence des USA illégitime, à moins que Washington ne se conforme d’abord pleinement au PAGC. L’Iran n’aura pas d’objection à rencontrer un envoyé américain une fois que les USA se seront à nouveau conformés pleinement au PAGC.

Les USA restent passifs devant les mesures d’escalade de l’Iran, car c’est l’ancien président Donald Trump qui s’est retiré illégalement du PAGC, violant ainsi l’engagement des USA et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Téhéran considère cependant le bombardement américain à la frontière irako-syrienne comme un message belliciste de la part des USA.

Il ne fait aucun doute que l’Iran dispose de solides alliés en Irak, car l’Iran n’avait pas hésité à fournir des armes, un entraînement et des conseillers à Bagdad quand Daech occupait le tiers de l’Irak et que les USA refusaient de livrer au gouvernement irakien des armes qu’il avait déjà payées. L’Iran a armé les FMP et les a entraînées alors que Bagdad ne disposait pas d’armes pour arrêter Daech. Inévitablement, de nombreux Irakiens resteront fidèles à ceux qui ont empêché la chute de leur pays et exprimeront leur colère contre ceux qui sont restés en retrait, en observant Daech croître dans l’espoir de diviser l’Irak, comme l’avait prédit Biden lorsqu’il était vice-président sous Barack Obama. Les USA ont toutefois réussi à gagner de nombreux Irakiens à leur cause, notamment à Erbil, au Kurdistan, et dans d’autres régions du pays. Malgré cela, les USA rejettent tout partage du pouvoir en Irak et sont parvenus, avec l’aide des grands médias institutionnels occidentaux, à diaboliser l’Iran, les FMP et tout politicien ou groupe qui n’est pas loyal à Washington. L’Irak s’est ainsi transformé en un champ de bataille entre l’Iran et les USA.

Une nouvelle démonstration de force vient donc de commencer entre l’administration américaine et l’Iran, ce qui fait craindre de nouvelles violences sur tous les fronts. Le Pentagone a décrit l’attentat comme une « mesure de désescalade », apparemment sans s’apercevoir que ce sont les USA eux-mêmes qui ont instauré cette nouvelle escalade, en donnant le feu vert à la résistance irakienne pour ouvrir le feu à volonté contre les bases militaires US en Irak. Le bombardement par les USA des forces de sécurité irakiennes que sont les FMP constitue une autre violation de l’activité et du rôle que la nouvelle administration est censée jouer en Irak. Les Irakiens tireront profit de cette violation pour attaquer les forces US, ainsi que de la décision contraignante du Parlement exhortant toutes les troupes étrangères de quitter le pays. L’Iran est sans doute prêt à relever le défi des USA et y répondra en adoptant une approche réfléchie, mais tout de même déterminée à expulser toutes les forces US de l’Asie occidentale, comme l’a promis l’imam Sayyed Khamenei. Si les USA croient avoir giflé l’Iran sur la joue droite, qu’ils ne s’attendent pas à ce que la « République islamique » lui tende son autre joue.

Elijah J. Magnier

  • 27 février 2021 à 00:00

La dissuasion des zombies

Par info@dedefensa.org

La dissuasion des zombies

• Il n’est vraiment pas assuré, et l’on irait même jusqu’à penser le contraire, que la situation soit plus stable aux USA avec un Biden à la place de Trump. • Il y a la santé très déclinante de Biden, qui conduit assez fortement à penser qu’il ne tient aucunement son rôle de président ; même un parlementaire aussi expérimenté et mesuré que le républicain Lindsey Graham, sénateur souvent bien informé et peu suspect de sensationnalisme, répond le 24 février 2021 à une question de NewsMax.TV : « So, no, I don’t think Joe Biden’s in charge. » • C’est certainement et évidemment cette situation qui pousse une trentaine de députés démocrates de la Chambre à demander au président que la décision d’emploi du nucléaire ne dépende plus du seul président. • Par conséquent, c’est le désordre qui domine, pas la dissuasion... • Cela, au moment où la situation sur le flanc Nord-Est de l’OTAN, contre la frontière russe, se durcit du fait de la position antirusse hystérique de la Pologne et des trois pays baltes. • Un drôle d’endroit ‘rêvée’ pour savoir si l’on risque un conflit avec des armes nucléaires. • Alors, quelle situation ? La dissuasion ou les zombies au pouvoir ? 

26 février 2021 – On lit par ailleurs des précisions concernant l’initiative que des parlementaires démocrates de la Chambre des Représentants ont prise vis-à-vis de la question du contrôle de l’arme nucléaire. Ils demandent à Biden de modifier l’autorité chargée de ce contrôle en ne la confiant plus au seul président, mais à une autorité comprenant plusieurs personnes (dont le président). Dans le texte référencé, nous offrons quelques réflexions par rapport à la position de Biden, mais mentionnons l’idée que cette amorce d’évolution, susceptible de très vite se concrétiser dans le climat actuel, porte en elle une considérable charge déstructurante de la stratégie fondamentale autour de l’arme nucléaire. C’est la question que nous voulons traiter ici, justement à propos d’un cas opérationnel exemplaire qui se développe, sur le terrain d’une crise potentielle qui comporte des risques d’un considérable conflit.

Ainsi nous proposons-nous d’étudier en même temps deux aspects d’une question stratégique fondamentale : l’aspect opérationnel et l’aspect théorique. Cela permet de mieux apprécier les risques réciproques existant dans les deux domaines, qui s’ajoutent et se renforcent. Nous allons d’abord développer l’aspect opérationnel, qui nous est largement présenté dans un texte de Scott Ritter sur RT.com ; il concerne la situation sur la frontière russe, avec l’installation par l’OTAN de forces diverses dans quatre pays de cette organisation qui sont extrêmement hostiles à la Russie : la Pologne et les trois pays baltes.

Ritter parle à partir du constat établi lors d’un exercice de l’armée polonaise, ‘Winter-20’. Ritter en fait le rapport exhaustif et assez simple, tant le résultat est évident, – d’autant plus qu’il était, disoins pour être arrangeant, ‘implicitement’ recherché :
« A la fin du mois dernier, l'armée polonaise a mené un exercice simulant une guerre générale entre la Pologne et la Russie. Baptisé ‘Winter-20’, la simulation impliquait plusieurs milliers d’officiers polonais qui supervisaient la guerre virtuelle entre les deux nations, selon le site web polonais Interia. L’exercice incorporait toutes les armes les plus récentes de l’armée polonaise, y compris le chasseur F-35. Lorsque la simulation s'est terminée, après cinq jours de ‘conflit’, l'armée polonaise était totalement vaincue, ses unités de combat subissant entre 60 et 80 % de pertes, et l’armée russe se tenait sur les rives de la Vistule, prête à occuper Varsovie. »

Ritter reprend des commentaires divers autour de cet exercice, notamment ceux qui détaillent la prise en compte, du côté polonais, d’armements avancés US, non encore livrés, – notamment les F-35 et les ‘Patriot’ que les gentils Polonais ont fidèlement commandés aux USA. (Mais justement, l’introduction de ces nouveaux armements dans les équations de la manœuvre simulée, explique peut-être, disons ‘en partie’ par modestie, le désastre...).

Quoi qu’il en soit, on comprend que cet exercice était destiné à prouver à l’OTAN que la Pologne est en constant danger de défaite complète face à la Russie, ce dont personne n’a jamais douté. Il paraît même avéré que l’on se trouve en présence d’un montage, l’OTAN s’étant prêté à un enchaînement de circonstances calibrées dans ce but, destinée à justifier le fait (d’ailleurs d’ores et déjà programmé sinon en voie de réalisation, tout va vite) que l’Organisation doit renforcer la position de la Pologne en y déployant des forces d’autres pays-membres (avec les ‘usual suspects’, USA, Allemagne, France, UK, etc.). Le paradoxe de cette situation est en ceci que ces déploiements et ‘renforcements’ de l’OTAN en Pologne pour ‘sauver la Pologne’ n’ont guère de chance de provoquer l’effet attendu qui est de « décourager une agression russe », – ce qui est par ailleurs totalement irréaliste puisqu’il est évident à tout observateur indépendant que la Russie n’a ni intérêt à une attaque, ni le moindre intérêt pour cette sorte d’activité.

• En attendant, Ritter décrit la valeur des forces envisageables pour un renforcement de la Pologne par l’OTAN, ainsi que la mesure des forces militaires des principaux acteurs. Il permet ainsi de dresser un panorama intéressant et, surtout, de faire ressortir l’étrange attitude de l’OTAN vis-à-vis des agitations polonaises...

En vérité, ce que l’on comprend est bien que les forces de l’OTAN, même après ‘renforcement’, sont complètement surclassées par la Russie en cas de conflit, – et tout cela n’est en aucune façon une surprise :

« Les États-Unis peuvent à peine se permettre de maintenir une seule brigade blindée lourde sur le théâtre et ont du mal à générer une deuxième brigade capable de renforcer la région en s’appuyant sur des stocks d’équipement prépositionnés. L’Allemagne est incapable de générer une seule brigade blindée pour le service sur le terrain, ayant dû cannibaliser ses forces de garnison pour préparer l’unique groupement tactique de la taille d’un bataillon qu’elle a déployé dans les pays baltes. L’armée britannique est dans un triste état similaire, considérablement réduite en taille et, comme l’Allemagne, incapable de mobiliser une brigade blindée pour un déploiement en Pologne ou dans les pays baltes en temps voulu. Il en va de même pour l’armée française. [...]
» La revue annuelle de défense Global Firepower (GFP) pour 2021 évalue la puissance des forces militaires de 139 pays dans le monde, en se basant sur une multitude de facteurs liés à une campagne militaire offensive ou défensive prolongée. La Pologne est classée 23ème dans le monde, avec un indice de puissance de 0,4187 (0,0000 est considéré comme un score parfait.)
» À titre de comparaison, la France est classée 7e, avec un indice de 0,1691, les Britanniques 8e, avec un indice de 0,1997, et les Allemands 15e, avec un indice de 0,2519. La Russie est classée 2ème, avec un indice de 0,0791. Seuls les États-Unis, avec un indice de 0,0718, ont un indice de puissance supérieur. Mais la majeure partie de l'armée américaine est basée sur le continent américain, et il faudrait des mois pour la déployer en Europe. La Russie, en revanche, opère à partir de lignes de communication intérieures en utilisant des forces qui sont entraînées et équipées pour combattre et soutenir un conflit terrestre de grande envergure avec des exigences de mobilisation minimales. »

• La Russie a, de son côté, évolué en fonction de ce qu’elle perçoit comme une menace : la pressions des Polonais et des Baltes, les menaces d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN, la politique hyper agressive du bloc-BAO à son encontre, tant au niveau des menées subversives (type-‘révolution de couleur’ et soutien de divers opposants, type-Navalny) que de la politique des sanctions.

En conséquence, les forces militaires russes se sont puissamment renforcées sur cette partie de son territoire, en même temps qu’elles se sont restructurées en grandes unités (1ère Armée Blindée de la Garde, 20e Armée de Forces Combinées). Les forces russes effectuent régulièrement des manœuvres massives face à ce qu’elles considèrent comme une menace réelle d’offensive conventionnelle : l’OTAN et sa progéniture du Nord-Est.

• Il y a en fait un complet divorce des perceptions, dont on voudra bien comprendre, par le fait même de l’évidence, que l’OTAN et le bloc-BAO en portent complètement la responsabilité. Les experts et stratèges US et Otaniens, évoluant dans une bulle spatio-temporelle qui les renvoie en boucle dans des constrictions similaires du passé, ont recréé en Pologne le mythe du ‘Fulda Gap’ de la Guerre Froide, qui était un couloir géographique de circulation par où les forces soviétiques en RDA (GFSA, ou Groupe des Forces Soviétiques en Allemagne) étaient censées lancer une attaque-surprise en RFA contre l’OTAN, évidemment en position défensive et n’envisageant pas une seconde de pensée agressive à l’encontre de l’URSS. La même chose a donc été recréé en Pologne, avec le ‘Suwalki Gap’, qui est censé être la preuve (au moins géographique, ce qui vaut culpabilité) des intentions agressives de la Russie contre lesquelles l’OTAN déploie ses forces, héroïquement et désespérément...

« [L’armée US a créé] de toutes pièces la vulnérabilité du ‘Suwalki Gap’. Ce ‘Gap’, qui consiste en une étendue de territoire reliant la Pologne à la Lituanie, a été identifié par les stratèges de l’OTAN comme une ‘avenue’ probable [une percée géographique] d’attaque par les forces russes cherchant à isoler les pays baltes du reste de l’OTAN. La limite nord du ‘Suwalki Gap’ est définie par l'enclave russe de Kaliningrad, tandis que sa frontière sud est contiguë à la Biélorussie.
» Bien que l’OTAN puisse définir sa mission dans cette région comme étant de nature défensive, les manœuvres militaires requises pour envoyer des renforts dans le ‘Suwalki Gap’ sont identiques à celles qui seraient effectuées dans le cas où l'OTAN entreprendrait des opérations offensives contre Kaliningrad ou le Belarus. Pour la Russie, il n'y a pas de différence entre les deux. »

• Ritter estime que la situation actuelle de tension a été créée de toutes pièces, essentiellement par la tension entre les quatre pays-frontières de l’OTAN et la Russie, et le très fort antirussisme de ces quatre pays. La Pologne, notamment, a réussi à présenter « l’armée russe comme une simple version moderne de la Wehrmacht d'Hitler, prête à ravager une Pologne impuissante pour l'arrêter », et ce faisant les Polonais établissant « une norme artificielle servant à orienter la réponse de l’OTAN. »

Laquelle réponse de l’OTAN a été empressée, gobant l’hameçon polonais qu’elle avait préalablement largement contribué à fabriquer, et s’inventant ainsi une “raison du plus fourbe” (la Russie), les conduisant en toutes honnêteté et candeur politique à venir renforcer les Polonais ainsi menacés, avec conséquences évidentes pour la perception des Russes : « L’OTAN a mordu à l’hameçon, en envoyant des troupes et du matériel dans la région polono-baltique en nombre suffisant pour constituer à terme une capacité militaire offensive viable », – et ainsi conduire les Russes à devoir prendre au sérieux cette pression opérationnelle, renforcée par les diverses postures et pressions politico-sociétales qu'on a signalées.

• C’est un jeu étrange de ‘désordre ordonné’, où tous les acteurs suivent une perception, en général extrêmement entêtée (côtés US et polonais, sans aucun doute), et où un acteur (la Russie) se rapproche plus de la réalité opérationnelle que les autres. Mais cette ‘réalité opérationnelle’ risque fortement d’aboutir à des perspectives catastrophiques, selon la logique habituelle des situations conflictuelles du temps du nucléaire (nous arrivons à notre propos concernant le débat qui vient d’être ouvert à Washington D.C.).

« Les manœuvres ‘Winter-20’ représente le type de prophétie auto-réalisatrice que l'histoire enregistre souvent après coup, lorsqu’il est trop tard pour que les nations changent les événements sur le terrain. [...]
» Ces dernières années, la Russie a effectué des manœuvres militaires massives dans son district militaire occidental. Toutes sont basées sur une réponse à une agression de l’OTAN, que ce soit contre Kaliningrad ou contre le Belarus. Toutes impliquent la mise en œuvre d’une contre-attaque russe massive destinée à chasser les envahisseurs de l’OTAN du territoire russe ou du territoire de ses alliés. Ces contre-attaques impliquent des attaques en profondeur, du type de celles qui enveloppent les formations ennemies et s’emparent de vastes étendues de territoire.
» Le fait est que, dans l’état actuel des choses, les résultats de ‘Winter-20’ représentent la situation réelle : dans le cas d’une vaste guerre terrestre dans la région polono-baltique, la Russie détruirait complètement les unités de l'OTAN déployées à l’avant et atteindrait la Vistule en cinq jours. La seule façon pour l’OTAN de stopper les Russes serait d’utiliser des armes nucléaires comme l’ogive à faible rendement portée par les missiles balistiques lancés par les sous-marins américains. Si l’OTAN devait faire cela, la Russie répondrait très probablement par une attaque nucléaire massive contre les États-Unis et l’OTAN. Ce résultat qui donne à réfléchir devrait être pris en compte par ceux qui, au sein de l’état-major général polonais, contribuent à façonner de cette sorte d’événements pouvant, s’ils ne sont pas contrôlés, entraîner la fin du mandat en cours de la présence de l’homme sur terre. »

• ... Bien entendu, et pour clore ce sympathique exercice, c’est cette courte partie de phrase qui nous importe : « La seule façon pour l’OTAN [les USA] de stopper les Russes serait d'utiliser des armes nucléaires... »

... Cette phrase nous renvoie effectivement au débat lancé aux USA sur les pouvoirs (nucléaires) du président. L’argumentation et le champ des spéculations sont différents mais l’enjeu est similaire. L’intérêt de rapprocher ces deux sujets est bien qu’ils sont liés par la force simple mais imparable et implacable de la vérité-de-situation.

• Sur le champ polono-Otanien règne une ambiguïté accusatrice contre la Russie : celle selon laquelle la Russie est prête à utiliser du nucléaire, comme écrit National Interest cité par Ritter, « pour défendre le territoire qu’elle conquiert et contrôle », – ce qui est absolument contraire à la doctrine militaire russe. Il n’empêche, si National Interest écrit cela, c’est que le Pentagone y croit lui-même, ou bien veut qu’on y croit, ou bien qu’on le dise, etc. Cette narrative, – car c’en est bien une puisqu’il s’agit d’une FakeNews parfaitement calibrée, – permet d’instiller le sentiment va      gue mais persistant que les USA ne font que riposter, et même sont contraints à riposter en utilisant le nucléaire de faible puissance (mais nucléaire sans nul doute) sur le champ de bataille. Cette fausse-vague certitude ne doit pas dissimuler que les Russes réfutent absolument cette doctrine et ne considèrent qu’une chose : une attaque avec du nucléaire menaçant leur territoire, – ce qui serait le cas si le Pentagone suit sa narrative, – conduit à envisager une attaque de représailles massives de la Russie sur l’OTAN et les USA, la terrible ‘all-out nuclear strategic war’, avec riposte massive US, et la Fin de Tout. C’est vers ce genre d’extrémités que conduisent simulacres et narrative.

Si l’on se tourne vers Washington D.C. et la lettre des parlementaires au président Biden, et les pressions pour modifier l’autorité gérant la décision d’employer du nucléaire, se pose cette question : ce nucléaire de basse intensité, scrupuleusement décrit comme ‘non-dissuasif’ (ne faisant pas partie de la dissuasion) dépend-il pour son emploi de la plus haute autorité, – que ce soit le président-seul, ou une éventuelle formule rénovée, le président et d’autres autorités rassemblées en un groupe ? C’est à ce point, bien entendu, que les deux sujets abordés ici se trouvent irrésistiblement intégrés et confrontés.

La folie est-elle dissuasive ?

L’on comprend aisément qu’il y a plusieurs points à traiter dans ce cas, essentiellement à propos de la proposition faite à Biden de modifier l’autorité de l’autorisation du tir nucléaire à Washington D.C., par rapport à cette situation de l’OTAN vs la Russie à la limite stratégique de l’Europe du Nord-Est (si vous mettez la Russie hors de l’Europe stratégique, comme c’est le cas du fait de l’OTAN et des pays de l’UE) ; c’est-à-dire, là où se trouve actuellement le plus grand danger d’une possible confrontation montant à la situation tragique de l’emploi du nucléaire.

• D’abord, l’aspect opérationnel de la situation (Europe du Nord-Est) : qu’est-ce que signifie cette affirmation suggérée, plutôt que doctrinalement fixée, selon laquelle les armes nucléaire ‘de terrain’ et ‘à basse intensité’ n’entreraient pas dans la logique de la dissuasion ? (Curieuse affirmation : pour décider de ce qui est dissuasif ou qui ne l’est pas dans le jeu des armes nucléaires, il faut être deux, – les deux adversaires. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les Russes rejettent catégoriquement cette idée.) Cette affirmation signifie-t-elle que la décision d’emploi de ces armes nucléaires ne requiert pas, du côté US puisque c’est le seul acteur concerné, une approbation spécifique de la plus haute autorité, l’autorité suprême ? Pas de réponse, donc premier élément de désordre dans la chronologie de nos remarques.

• Question d’autant plus délicate si, à Washington, règne le flou quant à l’autorité suprême. Au flou de la situation opérationnelle de la signification de l’emploi de cette arme, s’ajoute le flou de cette autorité suprême : désordre poursuivi, désordre renforcé et multiplié.

• On voit par les circonstances diverses ainsi exposées combien cette poussée lancée par les députés démocrates pour une révision complète du processus de décision d’emploi de l’arme nucléaire par les États-Unis joue un rôle important dans la situation générale. Elle joue un rôle tout à fait important du fait que, selon nous, elle ne porte pas, comme suggéré, sur les précédents de certains présidents (dont Trump-le-démon, tout particulièrement), mais bien sur les capacités cognitives de Biden. Elle implique également une démarche tendant à priver le chef de l’exécutif d’une partie de ses moyens d’action et surtout de sa stature et de son autorité, aussi bien politiques que symboliques. Comme signalé plus haut, il ne fait pour nous aucun doute que la proposition porte sur Biden et non sur Trump, et d’une façon générale sur la concurrence des pouvoirs : la faiblesse considérable de Biden conduisant nombre de parlementaires à l’idée qu’il faut en profiter pour renforcer le pouvoir législatif en affaiblissant celui de l’exécutif, – d’où cette proposition que le choix du président seul pourrait être remplacé par un triumvirat où il y aurait, par exemple, le Speaker de la Chambre (POTUS, VP, Speaker).

• Bien entendu, cette proposition, bien dans le cadre de l’actuel climat washingtonien, rencontre ce que l’on a toujours défini comme proche d’une quasi-impossibilité totale. Il s’agit du fait, reconnu d’un point de vue classique, psychologique et de légitimité, que toute décision importante et à prendre très rapidement, engageant l’existence même d’une nation, ne peut dépendre que d’une seule autorité, qui est l’autorité suprême. Outre les aspects pratiques de réunir un nombre donné de personnes pour ce qui sera nécessairement un débat, dans une occurrence qui se compte en minutes, il y a tout le poids de la légitimité suprême de la seule personne censée représenter l’entièreté d’une nation, sinon son destin le plus haut. La proposition entre alors dans une jungle d’interrogations sans réponse satisfaisante ; comme celle-ci par exemple : que se passe-t-il si une des x-personnes participant au groupe décisionnaire n’est pas d’accord avec le reste ? Une personne (le POTUS en l’occurrence) dispose-t-il d’un droit de veto pour débloquer une situation (ce qui nous fait revenir à la case-départ du président-seul à choisir) ? Etc.

Dans cette situation générale, on peut envisager une réduction radicale du rôle de la dissuasion, par exemple si la Russie estime que son ‘partenaire’ américaniste est trop instable pour qu’on lui reconnaisse la capacité d’une position de raison et de sagesse dans la décision d’emploi ou non. Les Russes ont déjà largement expliqué que la situation aux USA les inquiétait, non pas essentiellement en raison de l’orientation politique, ou du président, ou de ce qu’on veut au niveau politique, mais essentiellement en raison de l’instabilité qui installe une totale imprévisibilité... Bref, “le désordre, encore le désordre, toujours le désordre”.

La folie annule-t-elle la dissuasion ?

La dissuasion, qui est un facteur qui a toujours existé dans les situations de rapport des forces, mais d’une façon souple et variable, est devenue, avec l’arme nucléaire, un facteur fondamental, extrêmement précis et structuré, avec des situations proches de l’instantanéité. Installée pendant la Guerre Froide, la dissuasion (‘nucléaire’ dans ce cas) était faite non pas pour assurer une supériorité mais pour éviter absolument un conflit nucléaire. Elle impliquait une entente tacite, voire une communication directe (le “téléphone rouge” à partir de 1963) entre les deux partenaires stratégiques nucléaires à l’échelle globale, les USA et l’URSS. D’une façon générale, on peut que dire qu’elle a effectivement fonctionné, essentiellement parce qu’existait réellement cette “entente tacite”.

On doit constater que ce n’est plus le cas. Le climat détestable existant entre la Russie et les USA (l’OTAN, le bloc-BAO), l’antirussisme exacerbé du bloc-BAO, ridiculisent l’argument d’une entente tacite sur le nucléaire, dans tous les cas envisageables. Considérée ‘rationnellement’, c’est une situation effrayante. Mais s’agit-il d’une situation qu’on peut juger ‘rationnellement’ ? Il y a aussi l’argument de la folie, ou ‘démence-désordre’, qui peut changer la donne et produire des situations inédites et très exotiques.

On a déjà vu des exemples du désordre très-grand régnant aux USA à cet égard, développé par la situation politique que l’on connaît, et qui ne fait que s’aggraver. A ce point, l’attitude des chefs militaires joue son rôle, dans le sens d’un emploi comme dans celui d’un non-emploi, et ce rôle serait sans doute compliqué s’il y avait une décision par plusieurs autorités devant se mettre d’accord, plutôt que par le seul président. Pour se convaincre de ce caractère, étrange pour ceux qui sont habitués à un certain ordre des choses, on peut rappeler l’audition le 17 novembre 2017 au Congrès du général Kehler, sortant à cette époque du commandement du Strategic Command qui est en charge de tous les armements nucléaires stratégiques des USA, à propos des menaces d’emploi du nucléaire lancées par Trump contre la Corée du Nord :
« Le Général Kehler a déclaré qu’en tant qu’officier général commandant SratCom, il aurait été prêt à refuser un ordre d’activer des missions stratégiques nucléaires s’il avait considéré cet ordre comme “illégal”. Il précise qu’il avait d’ailleurs, littéralement “sous la main”, des experts juridiques qui l’eussent aidé à déterminer l’illégalité de la chose ; là-dessus, il reconnaît l’extraordinaire difficulté de cette tâche de reconnaissance de “l’illégalité de l’ordre” puisque cet ordre viendrait par définition du seul homme qui dispose de la légitimité de donner un tel ordre (le président). »

Le tableau devient donc extrêmement complexe et quelque peu surréaliste, marqué par la quasi-démence du climat politique aux USA, les oppositions de personnes et d’idéologies, etc. Il est possible de penser, si l’on veut ne pas être trop abruptement catastrophiste, que ce désordre avec la multitude d’acteurs impliqués, devienne un frein à l’emploi du nucléaire, aussi efficace que la dissuasion. C’est une possibilité, comme il y a la possibilité inverse du désordre favorisant des décisions d’emploi d’autorités subalternes ; mais, après tout, même au temps de la rigide dissuasion de la Guerre Froide, cette possibilité a existé, d’après ce que l’on sait du rôle vis-à-vis des présidents successifs, surtout Kennedy, du Général LeMay, commandant le SAC puis chef d’état-major de l’USAF, décidé à tout faire pour tenter de déclencher une guerre d’anéantissement de l’URSS à lui seul.

  • 26 février 2021 à 00:00

dde.org vous dit : Formidable ! Continuez !

Par info@dedefensa.org

dde.org vous dit : Formidable ! Continuez !

Hier, nous vous disions toute notre inquiétude, avec un total de €773 sur notre barre de comptage. Aujourd’hui, nous sommes à €1 542 ! A quatre euros près, vous avez donné en un jour autant que durant les 25 jours qui ont précédé dans ce mois de février si redoutablement court. Puisque nous étions hier dans l’“historiquement le plus...” (bas pour notre comptage), il s’agit d’une donation quotidienne “historiquemement la plus” haute dans ces circonstances.

Alors c’est simple : chapeau bas. Cet effort de mobilisation, qui a dépassé toutes nos attentes, nous laisse à court de qualificatifs et d’exclamations. Vous devinez quels sont nos sentiments.

Vous avez toute notre reconnaissance pour la vigueur de cette intervention, et tous nos encouragements pour poursuivre et clore le mois, comme d’habitude avec vous, avec l’essentiel de nos besoins économiques couverts.

Quant à nous, nous poursuivons, une fois de plus rassurés et assurés du soutien de nos lecteurs. Il y a là un beau partage de fidélité et de confiance.
  

Mis en ligne le 26 février 2021 à 09H30

  • 26 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : Début du démontage de Joe Biden

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : Début du démontage de Joe Biden

L’état physique et mental du président Joe Biden entre désormais dans l’équation politique existant à Washington D.C.  Bien entendu, cette équation, utilisant des termes issus du chaos actuel, mène irrésistiblement à un chaos d’un cran au-dessus.

L’analyste Andrew Korybko définit la situation actuelle, après le départ tumultueux de Trump et l’arrivée du simulacre-Biden en ces termes : « En vérité, au moment où s’est refermée une guerre hybride aux  États-Unis, une autre ne fait que commencer. » Mais le fait, la nouvelle que nous développons ici, est un facteur extérieur, ou supplémentaire, à ceux que développe Korybko qui ne prend en compte que les données de l’affrontement entre les démocrates, cherchant à atteindre leur « grand objectif stratégique : imposer de facto un État avec un parti unique au reste du pays », et le “reste du pays”’ (notamment les électeurs de Trump) en état d’insurrection larvée. Ce “fait nouveau” était par ailleurs prévisible et confirme une situation latente et paradoxale d’intense faiblesse dans la position de puissance considérable des démocrates : la déliquescence complète de la direction mise en place, avec comme premier problème extrêmement pressant l’état du président, c’est-à-dire son incapacité grandissante à tenir son rôle et donc à constituer une véritable structure de direction.

(Même s’il est une ‘marionnette’ ou quelque bestiole du genre, comme c’est le cas de Biden, un président reste dans l’équation du pouvoir US une structure essentielle autour de laquelle fonctionne ce pouvoir. Un président impotent, physiquement et psychologiquement, et identifié comme tel aussi bien dans la communication que dans la coordination, est un facteur de chaos pour ce pouvoir dans le fait de la désintégration visible, ‘communicante’, de cette structure ; par conséquent, une situation immensément dangereuse.)

La foule des apparatchiks démocrates a décidé de traiter indirectement au problème, parce que leur narrative faisant de Biden l’homme providentiel capable de liquider le diabolique Trump leur interdit de s’en prendre directement à lui. Alors, on s’attaque à la fonction présidentielle pour limiter des pouvoirs que Biden ne peut pas assumer (du fait de la confiance limitée qu’on a dans les capacités de Biden). Cela se voudrait une mesure limitative de circonstance mais cela engage dans la voie catastrophique d’affaiblir encore plus l’exécutif d’un État qui prétend pourtant in fine se transformer en direction centralisée, totalitaire, s’appuyant sur un parti unique, – à l’imitation de l’URSS dont on connaît le destin glorieux.

Mike Miller, de RedState.com, nous donne une mise à jour de cette problématique. D’abord, l’exposé du problème avec des nouvelles de Biden qui sont sans véritable surprise...

« Dans un segment de l’émission australienne Sky News [le 19 février], le commentateur Cory Bernardi, réputé fort bien informé,  a dit ce que la moitié des Américains disent depuis que Biden est devenu le candidat démocrate.
» “Jamais auparavant le leader du monde libre n’a été aussi atteint sur le plan cognitif. Il est clair pour moi au moins que le président américain Joe Biden subit l’aggravation d’une une démence sénile et qu'il n'est manifestement pas à la hauteur de la tâche pour laquelle il a prêté serment.
» “Cela était évident pour beaucoup pendant la campagne électorale, mais la haine déployée par les grands médias [de la presseSystème] était telle qu’ils ont choisi de dissimuler tout ce qui aurait pu contrarier une victoire de Biden.
» “Tout cela est plutôt pathétique, mais même les gens intelligents sont généralement aveuglés par les absurdités diffusées par les grands médias. Ils croient à chaque dénonciation lancée contre Trump alors qu’ils voudraient canoniser Saint Joe.”
» C’est une brutale mise en cause de Biden, – mais chaque remarque de Bernardi est vraie. Sa qualification de l’émission du commentateur Anderson Cooper de CNN du diminutif de ‘Bidenista’ me semble parfaitement correspondre à la réalité.
» Pendant la campagne, les blagues n’ont cessé de s’accumuler en décrivant simplement la réalité. Biden ignorant systématiquement dans quel État il se trouvait, confondant sa femme avec sa sœur, désignant Dieu sous le label de “la chose”, et ma préférée lorsqu’il déclare passionnément que chaque citoyen américain a droit au système de santé “Badakathcare” [au lieu de ‘Obamacare’]. »

Comment le parti démocrate compte-t-il aborder et conduire la délicate mission dans le but de se débarrasser de Biden ? D’abord en privant sa fonction de certaines prérogatives ultra-sensibles, et il n’est pas d’autre qui soit plus sensible que l’autorité déléguée au seul président d’ordonner l’utilisation d’armes nucléaires, – le fameux ‘bouton rouge’ comme l’on disait du temps de la dissuasion de la Guerre Froide.

Ainsi, un nombre important de parlementaires démocrates de la Chambre (une trentaine) ont-ils signé la lettre de l’un d’entre eux, demandant au président Biden de réformer ce privilège du ‘bouton rouge’, pour le faire partager par plusieurs autorités.

 « Environ trois douzaines de démocrates de la Chambre ont envoyé une lettre à Joe Biden l’exhortant à renoncer au contrôle exclusif des codes de lancement nucléaire de la nation, citant des “risques réels”’ pouvant conduire à un tir provocateur ou à une guerre nucléaire accidentelle, selon les rapports. “Doter une personne de cette autorité comporte des risques réels”, lit-on dans la lettre suscitée par le député Jimmy Panetta (D-CA), obtenue par Politico.
» “D’anciens présidents ont menacé d’attaquer d’autres pays avec des armes nucléaires ou ont eu un comportement qui a amené d’autres responsables à s’inquiéter du jugement du président”, allusion évidente au président Donald Trump, mais le très-méchant homme orange est parti.
» Panetta a dit dans un tweet du 23 février : “Je demande à @POTUS d'installer des contrôles dans notre structure de commandement et de contrôle nucléaire.” Il y a aussi la question du “jugement”.
» La lettre dit encore :
» “Alors que tout président consulterait vraisemblablement des conseillers avant d'ordonner une attaque nucléaire, il n'y a aucune obligation de le faire. Les militaires sont obligés d'exécuter l'ordre s'ils estiment qu'il est légal en vertu des lois de la guerre. Dans la posture actuelle des forces nucléaires américaines, cette attaque se produirait en quelques minutes”.

Plusieurs remarques s’imposent autour de cette initiative, dont nul ne sait ce qu’elle donnera, si elle rencontre le soutien complet du parti, si elle rencontre également l’accord de Biden et/ou de son entourage rapproché, – selon ce que Biden peut encore décider ou non de lui-même.

• La première remarque conduit à une problématique qu’il faut traiter à part, qui dépasse le seul Biden. L’idée de faire passer la décision d’emploi du nucléaire d’une personne (le POTUS, commandant-en-chef) à un groupe de personnes, ou à une structure, etc., est extrêmement délicate et concerne l’entièreté d’une stratégie, dans un domaine qui est le sommet de cette stratégie. C’est un domaine d’une redoutable importance : effectivement, nous le traitons ou traiterons à part, mais on saura déjà qu’il s’agit bien entendu d’une accentuation du désordre.

• La seconde remarque concerne l’intervention et le rôle de Harris, la vice-présidente, qui deviendrait présidente en cas de retrait de Biden. On l’a vue déjà intervenir d’une façon qui va dans le sens de la nouvelle étudiée ici. Le problème qui apparaît, selon ce qu’on peut sentir de la situation du pouvoir, est que la vice-présidente ne semble pour l’instant pas particulièrement à son aise. Il faut une personnalité forte, compétente, dotée d’une autorité à la fois naturelle et reconnue, pour entreprendre une opération de cette sorte liquidation de Biden), et encore dans des conditions délicates demandant doigté et habileté puisque Biden, même dément, reste le ‘Saint-Joe’ qui a abattu le dragon-Trump. Il n’apparaît pas évident que Harris soit la personne adéquate à cet égard.

Le choix fait sur son nom lorsqu’elle devint candidate, avait recueilli tous les suffrages dans le climat de complet simulacre qui régnait, où la seule chose qui comptait était l’élimination de Trump ; le statut de femme de ‘couleurs mélangées’ d’Harris complétait le tableau dans le sens de l’extase. Aujourd’hui, on se trouve devant des réalités extrêmement lourdes, et c’est une toute autre affaire. Il y a la question de la compétence de Harris, on l’a vu ; il y a la question du soutien à Harris, chez les démocrates eux-mêmes, où les conditions qui se dessinent peuvent aiguiser les jalousies, les ambitions, les oppositions, dans un cadre où l’‘unité pour la victoire’ n’est plus nécessaire puisque la victoire est acquise (élimination de Trump, conquête de tous les pouvoirs), – et que, par conséquent, règne désormais le désordre..

• La troisième remarque est qu’à l’équation conflictuelle des totalitaristes démocrates & wokenistes partant en guerre contre les trumpistes et les conservateurs, il faut songer à ajouter l’équation de la possibilité de déchirements internes au parti démocrate, qui seraient beaucoup plus lourds de conséquence que des déchirements chez les conservateurs puisqu’il s’agirait de déchirements au sein du pouvoir. Nous serions sans aucun doute favorable à la considération de cette nouveauté. Tout ce qui se passe à Washington D.C. aujourd’hui va dans le sens de l’instabilité et du désordre : pour cette raison, nous pensons que le schéma de l’élimination en douceur d’un Biden devenu inopérant, qui semblait si aisé et si séduisant lorsqu’on la schématisait théoriquement, se révélera, dans la concrétude de la réalité, extrêmement difficile et productrice de désordre.

• La quatrième remarque est d’ordre plus général et concerne un jugement de complète exaspération : quand donc les bandes de génies-crétinisés qui constituent les élites européennes auront-elles le courage d’oser quitter les jugements qui leur sont impérativement imposés par le politiquement-correct ? Cette manière de continuer à cracher leurs inepties sur la situation américaniste, de ne rien pouvoir ni vouloir comprendre de la crise portée à un nouveau degré avec l’arrivée de Biden, de s’en tenir aux contines qu’ils nous servent sur le bonheur démocratique et retrouvé de Washington D.C. Un tel exercice de crétinerie assumée presque comme une jouissance professionnelle et morale va bien au-delà de la médiocrité qu’on rencontre dans les habituelles servilités rencontrées chez les serviteurs des États-Unis. Il nous épuise autant qu’il nous afflige ; néanmoins, et cela pour ramener un mouvement d’humeur à ce qu’il est, l’“exercice de crétinerie” ne change rien du tout à la force des choses, bien entendu.

 

Mis en ligne le 25 février 2021 à 10H25

  • 25 février 2021 à 00:00

Il faut sauver le site dedefensa.org

Par info@dedefensa.org

Il faut sauver le site dedefensa.org

Le mois de février est d’une durée redoutablement courte ; et nos donations sont, à trois jours de la fin de ce mois, à un niveau redoutablement bas ; voire, le niveau historiquement le plus bas dans l’existence de notre site, pour le délai qui nous est imparti.

C’est une donation-”furtive” (stealth), comme l’on dit selon une qualification bien connue, affectant l’infortuné JSF. Voudriez-vcous que dedefensa.org connût le sort du JSF ?

...Bien entendu, jamais la situation n’a été aussi tendue, aussi bien pour la crise du monde, évoluant à une vitesse stupéfiante ; et ainsi a-t-on plus que jamais besoin d’acteurs-observateurs comme dedefensa.org.

Vous connaissez les nombreux arguments que notre site, qui ne dispose d’aucun autre soutien que celui de ses lecteurs et notamment pas celui de la publicité, peut avancer pour solliciter votre intervention. Nous sommes dans des temps toujours plus cruciaux, toujours de plus en plus cruciaux, chaque mois plus crucial que le mois précédent. Dans ce chambardement métahistorique, qui se place dans le cadre de la Grande Crise Générale d’Effondrement du Système, aidez-nous à tenir notre position, vous savez combien nous avons besoin de vous. (*)

Plus que jamais, la nécessité de votre mobilisation pour le soutien de dedefensa.org.

Mis en ligne le 25 février 2021 à 08H35

 

Note

(*) Notre rappel habituel :  « “…les montants de €2.000 et €3.000 [...] constituent pour nous les sommes permettant respectivement un fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site et un fonctionnement plus aisé de ces fonctions”. Nos lecteurs savent évidemment que, depuis mars 2011, les conditions économiques ont évolué et que les sommes proposées doivent être définies différemment. Le seuil du “fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site” dépasse aujourd’hui très largement les €2 000 et se trouve quasiment au niveau des €3 000, avec le reste à l’avenant... »

  • 25 février 2021 à 00:00

« ...Sous nos yeux à tous. »

Par info@dedefensa.org

« ...Sous nos yeux à tous. »

24 février 2021 – « ... Nous sommes en train de devenir un État ... totalitaire sous nos yeux à tous »... La phrase paraîtra anodine aux esprits forts, ceux-là qui, inlassablement et chaque jour, nous dévoilent les mystères de ce monde en fusion, les entrelacs des conspirations et des manipulations dont ils connaissent tous les labyrinthes et entrelacs. Je laisse les esprits forts à leurs occupations.

Il y a, comme ça, des moments, des instants qui vous paraissent soudain emportés et haussés comme par une sorte de grâce ; nullement parce qu’ils vous enchantent ou vous séduisent comme par enchantement, nullement parce qu’ils vous prédisent que vos illusions n’en sont pas et que les lendemains chanteront, mais parce que vous distinguez en eux une profonde vérité . Je dis cela, même, et dans cette époque-là que nous vivons, – même et malgré que cette vérité découvre ce que vous deviniez implicitement sinon explicitement, un champ de désastre catastrophique où règnent les ruines ; tant il est une fulgurance de l’intuition qui dit que rencontrer un instant de vérité dans un univers désintégré par le chaos humain du simulacre, de la narrative , de l’acquiescement au mensonge général, même si cette vérité est terrible, cela conduit effectivement à une restauration complète de votre dignité. C’est cela, un moment de grâce, non pour ce qu’il est mais par ce qu’il vous donne, ce qu’il ranime en vous.

Qu’on me pardonne cette introduction qui paraîtra fort exaltée, voire disproportionnée sinon suspecte à certains, lorsqu’on en saura l’objet. Il faut s’abstraire des circonstances de rencontre, débarrasser les personnes et les mots des charges habituelles des analyses et des contingences politiques. Ce que j’ai à exposer ici est la force du sentiment que j’ai ressenti, après en avoir exposé les circonstances et les mots dans le détail, et je n’ignore pas que l’on pourrait en juger avec la plus grande suspicion, sinon le sarcasme de la raillerie.

... Et l’on verra combien, dans la discussion comme dans les commentaires qui l’accompagnent alors qu’il est au départ question de la façon dont est appréhendée la crise de la pandémie de la Covid, les appréciations qui viennent à l’esprit, les intuitions qui nous conduisent, disparaît bien vite la dimension sanitaire. Nous n’en sommes plus à discuter virus, hospitalisations, vaccination, quelque intérêt qu’on puisse trouver à ces sujets, même dans les plus virulentes polémiques. Rapidement, si rapidement, tout cela est transmuté non pas en termes politiques mais bel et bien, pour mon compte et selon ma perception sans aucun doute, en termes métahistoriques ; pour cette raison relevant de l’évidence, il est évidemment question de la Grande Crise.

Quoi qu’il en soit et pour faire un début, commençons effectivement par ce qu’il y a de plus commun : les circonstances elles-mêmes, passées au tamis des moyens de cette chose qui marque la modernité, la communication, et cela se passe aux États-Unis où gronde le plus intensément la fureur de cette immense crise qui nous frappe tous ; car si les États-Unis mènent le monde aujourd’hui comme on ne cesse de le psalmodier, c’est bien dans le domaine de la crise, – de la Grande Crise, veux-je dire !

L’un des deux personnages principaux se nomme Noami Wolf. C’est une auteure comme l’on dit aujourd’hui, et une activiste féministe, une intellectuelle de la haute bourgeoisie juive de l’élite dite ‘libérale’ au sens américaniste, de la côte Est et New-Yorkaise. Démocrate et progressiste, elle fut dans l’équipe qui permit à Bill Clinton d’être réélu en 1996. Son Wiki nous dit notamment ceci, pour fixer bien les idées :
« Avec la publication de ‘Quand la beauté fait mal, elle est devenue l'une des représentantes de ce qui sera décrit plus tard comme la ‘troisième vague féministe’. Elle reste une avocate des causes féministes et des politiques progressistes, insistant ces dernières années sur une dégradation des institutions démocratiques aux Etats-Unis. »

Lundi soir, elle passait, de façon bien inhabituelle pour elle puisque le réseau est de réputation conservateur, sur Fox.News. C’est d’abord sur ‘Epoch Times’ que j’ai eu la nouvelle, avec quelques détails qui se suffisent à eux-mêmes pour rendre compte de ses déclarations :

« L’ancienne officielle du parti démocrate Naomi Wolf, qui a aidé l’ancien président Clinton lors de sa réélection, a déclaré à Fox News lundi soir que la nation “se dirige vers une situation de coup d’État, vers un État policier” en raison des mesures de [restriction et de confinement dues à la pandémie-Covid].
» “Ce n’est pas une question partisane”, a déclaré Wolf lors de son interview. “Cela transcende tout ce sur quoi vous et moi pourrions être en désaccord ou en plein accord. Cela devrait rassembler la gauche et la droite pour protéger notre Constitution.”
» Ces derniers mois, Wolf a utilisé son compte Twitter pour mettre en garde contre les ordres de fermeture des gouverneurs ainsi que contre la volonté du président Joe Biden de mettre en place des fermetures supplémentaires en raison de la pandémie.
» “L’État a écrasé les entreprises, il nous empêche de nous réunir librement pour pratiquer notre culte comme le prévoit le Premier Amendement, il prend possession de nos corps ... ce qui est une violation du Quatrième Amendement, il restreint notre circulation, on nous inflige des amendes dans l’État de New York ... les violations se poursuivent”...
» Wolf a expliqué que l’autoritarisme est mis en place sous le couvert de la sûreté et de la sécurité.
» “Nous en sommes à une situation que je n’aurais jamais pensé voir de mon vivant ... C’est la dernière marche avant la suspension de l’État de droit, c’est là que vous commencez à être un État policier, et nous en sommes là. Et il n’y a aucun moyen de contourner cette marche”, a-t-elle poursuivi.
» “Ils s’en servent pour prendre des mesures d’urgence qui nous privent de nos droits : droits à la propriété, droits de réunion, droits de culte, tous les droits garantis par la Constitution”, a-t-elle déclaré, faisant valoir que “de telles mesures n’ont jamais été prises dans aucune circonstance, [y compris durant les périodes de guerre] et, en vérité, nous sommes en train de devenir un État ... totalitaire sous nos yeux à tous”. »

Ayant lu cela, j’ai suivi le lien de ce qui était indiqué comme “Fox.News”, sans autre précision. Je me disais que, vu l’horaire, la notoriété de l’invitée et la teneur de ses déclarations, ce pourrait être avec Tucker Carlson. C’est effectivement cas : Carlson, lundi soir, à son émission habituelle. Le lendemain (hier soir pour nous), on pouvait lire ce tweet, de Noami Wolf, témoignant du succès de vision du segment Carlson-Wolf :
« Merci d’avoir publié cette discussion sur la manière dont la gauche et la droite doivent s’unir pour lutter contre la tyrannie imposée à notre nation sous la dissimulation d’une crise médicale. 303 200 ‘vues’. Les gens me contactent pour exprimer leur appréciation pour cette conversation transpartisane et m’offrir leur soutien… »

Je m’arrête à cette improbable mais roborative rencontre, parce que je la trouve symbolique de beaucoup de vérités terribles que nous devons affronter. D’abord, il faut être bien conscient qu’il s’agit de deux stars qui, normalement, devraient être proches des insultes pour plaider leurs causes respectives, comme c’est l’usage devenu. Wolf est une féministe-progressiste, sérieuse, intellectuelle, pas une de ces folles qui voudraient faire guillotiner tous les « mâles blancs » (Ou les châtrer non ? C’est peut-être plus opportun, je veux dire plus humaniste) ; mais dans tous les cas diurais-je, une démocrate progressiste que l’on prend au sérieux. Carlson, on le connaît, vedette incontestée des conservateurs-populistes, éventuellement trumpistes, avec un abattage exceptionnel et dévastateur. Il est le « mâle blanc » que tout citoyen progressiste US plus ou moins wokeniste adore haïr absolument.

Pour débuter l’entretien qui fut effectivement chaleureux, Carlson dit qu’il n’aurait « jamais cru pouvoir [parler à Wolf] sinon sur des sujets sur lesquels nous sommes en complet désaccord », et de saluer son « courage » de venir à cet entretien qui pourrait lui coûter pas mal de critiques de certains de ses (faux-)amis. Le reste de l’entretien fut consacrée essentiellement à l’intervention de Wolf, dont on a lu quelques extraits, et pour lesquels Carlson ne pouvait qu’approuver, lui-même terminant en disant le plaisir qu’il avait eu à cette ‘conversation’, et constatant ainsi que deux personnalités si opposées sur tant de sujets, pouvaient trouver une entente commune sur l’essentiel ; lui-même, Carlson, partageant la même tristesse, le même désarroi, la même incompréhension qu’exprimait Wolf, devant le caractère extraordinaire de cette “situation d’urgence” sans précédent, pour ses abus de pouvoir, pour ses violations de la Constitution, sur une telle durée, alors qu’il y eut tant d’épisodes dans l’histoire (notamment d’autres pandémies, et de si graves) qui ne justifièrent jamais de telles mesures ; et ces mesures, tout cela, ayant pour effet effectivement de mettre en place un « État policier... un État... totalitaire sous nos yeux à tous ».

Maintenant, extrayons-nous du contexte américain/américaniste. Vous comprenez que c’est une ‘conversation’, entre adversaires idéologiques, qui aurait son sens et sa raison d’être dans n’importe lequel de nos pays du bloc-BAO, déchiré par les mêmes divisions et contraint par le même autoritarisme absurde et prisonnier de lui-même (pas besoin de complots, – bêtise, hybris et aveuglement suffisent à la besogne) ; pour en venir, clopin-clopant dans le tonnerre des imprécations et des narrative, à sacrifier les fondements d’une existence sociale et humaine acceptable et responsable. Ce qui me fait parler d’une “sorte de grâce” à propos de cette rencontre aussi courte et pourtant si exceptionnellement significative, c’est l’espèce de volonté d’amnistie, – cet acte si haut (*), – entre tous les partis et les engagements, y compris ceux qui s’opposent frontalement en général, dans ce cas pour faire face à un danger commun, venu d’en-dehors, qui menace toute la structure sociale et la structuration psychologique des êtres.

... C’est aussi une “sorte de grâce”, à écouter ces deux-là, dans l’observation que leur échange implique la réalisation d’un danger qui plane, qui rode et nous menace, et qui n’est pas vraiment de facture humaine. Tous les deux sont de partis opposés qui s’accusent en général l’un l’autre d’installer ce totalitarisme, et rien de cela ne transpire en aucune façon de leur échange ; ce qui doit nous conduire intuitivement à prendre le ‘pari pascalien’ de l’absence d’arrière-pensées et d’une innocence commune en la matière.

Cette “sorte de grâce” n’est pas nécessairement une promesse de bien-être comme on pourrait le croire lorsqu’on parle de “grâce”, mais l’instant du partage d’une vérité commune, enfin reconnue comme telle. A les entendre, effectivement, on croirait qu’ils écoutent d’une même oreille, celle de la sagesse que l’antique sentinelle de la nation indienne pose contre le sol pour écouter les grondements telluriques de la colère des dieux, autant que des manigances des démons. Que reconnaissent-ils ensemble, dans cette affreuse occurrence où des constructions humaines qui se glorifient d’avoir inventé la liberté du monde, travaillent d’arrache-pied à pulvériser cette liberté ? Est-ce le DeepState, la machinerie du Système devenu fou et qui emporte ses serviteurs les plus zélés, attachés à leur ultime croyance et inconscients des ravages que cet aveuglement cause à la structure du monde ?

Mon ‘pari pascalien’, effectivement comme une “sorte de grâce”, est qu’ils ont identifié de concert les mugissements de la Grande Crise de l’Effondrement du Système, qui emprunte les chemins tortueux et furieux de la déconstruction du monde, et que cette vérité perçue en commun les rapproche et les unit. On comprend leur sidération, on partage leur affliction commune, on n’ose leur dire qu’il faut en passer par là pour être quitte un jour qui n’est plus si loin des maléfices brutaux qui pèsent sur l’espèce. Au moins, ceux-là, dans cet instant, ont reconnu la terrible vérité de cette terrible époque de la Fin des Temps (la fin des temps du Système).

Si ce n’est une “sorte de grâce” ...
 

Note

(*) “Amnistie”, du grec “ἀμνηστία”, et signifiant “oubli” ; il s’agit d’« une notion de droit pénal qu’on peut définir comme “l’acte qui dispose que des fautes passées devront être oubliées, et qui interdit à quiconque de les rechercher ou de les évoquer sous peine de sanctions” ».

  • 24 février 2021 à 00:00

Plan à trois

Par info@dedefensa.org

Plan à trois

Il se joue en Méditerranée orientale depuis quelque années une importante partie à trois acteurs dont les règles et le fonctionnement excluent les pays de l’Union européenne. Ils ont sont un partenaire sans pouvoir de décision. Ils n’en sont pas bénéficiaires mais  ils en sont accessoirement les payeurs. L’enjeu est l’acquisition et la consolidation d’une zone d’influence dans cette région. Les substrats sont figurés par la Syrie, la Libye, deux pays passés sous régime de conflit perpétuel à partitionner et par des champs de gaz très en profondeur en offshore.

Les rivaux en sont la Russie, la Turquie et l’entité sioniste.

Le rivage des Syrtes

L’intervention de l’OTAN dès qu’elle eût arrachée à l’ONU la résolution 1789 au titre du devoir de protection des populations civiles (R2P) a fait basculer la Libye d’une situation prospère et stable dans un chaos sans fin depuis dix ans. Deux camps s’y affrontent. Mais ni l’un ni l’autre ne représente le peuple libyen. 

Le gouvernement d’accord national (GAN), reconnu par ‘la communauté internationale’ c’est-à-dire patronné par l’ONU jusqu’au secours apporté par le Sultan d’Ankara ne maîtrisait qu’un maigre territoire autour de Tripoli. Dirigé par Fawaz Assaraj, il incarne les intérêts de la Turquie et du Qatar. L’Allemagne et l’Italie lui apportent un appui d’appoint non négligeable.

L’autre gouvernement qui siège à Benghazi, dirigé par un ancien officier de Kadhafi (le maréchal Khalifa Haftar ) devenu américain après son exil aux Usa où il a été très proche de la CIA, est le champion de l’Égypte, de la Russie et des Emirats arabes Unis. Les Séoud et la France lui dispensent leur aide.

 En Libye, l’entité sioniste se place du côté de Khalifa Haftar pour l’armée duquel elle a formé les principaux officiers à des tactiques de guerre, à la collecte et l’analyse de renseignement. Le Mossad ‘gère’ la Libye en coopération étroite avec les renseignements de l’actuel président égyptien.

Les Turcs fournissent à Tripoli des drones Bayraktar TB2 qui lui ont donné un avantage certain dans les airs. Les Russes ont dû faire voler des Mig 29 sans marquage partis de la base de Hmeimim pour les contrer. L’entité sioniste a fourni à Haftar des systèmes de défense anti-aérienne d’une entreprise sioniste payés par les EAU.

L’Afrique est depuis 1948 un terrain  revêtant un intérêt géostratégique de Tel Aviv qui dès 1948 a entrepris de déstabiliser le Soudan en initiant les futurs séparatistes du Sud, au-delà du fait que le continent noir est une source de minerai. Elle est aussi un débouché pour ses mercenaires retraités de l’armée d’occupation qui ont fait merveille en Côte d’Ivoire et au Congo-Zaïre.

Russie et Turquie se disputent les hydrocarbures libyens et font de ce pays livré à des puissances étrangères et toutes sortes de mercenaires un point d’entrée pour un immense marché de plus d’un milliard d’habitants. Le continent avec ses points de croissance fait pâlir d’envie et saliver les vieux pays capitalistes occidentaux coincés dans une récession qui ne veut pas dire son nom depuis au moins 2008. Embusqué, sans tenue de camouflage, Tel Aviv compte les points.

La France responsable de la destruction de la Libye et de la déstabilisation de tout l’espace sub-sahélien qui a suivi l’assassinat de Kadhafi est alignée du côté des pétromonarchies et du criminel El Sissi tout en feignant être favorable au GAN. L‘élimination du dirigeant d’une société militaire privée française en mai 2011 et l’arrestation de quatre de ses cadres par le Conseil National de Transition démontre à l’évidence que Paris a été plus qu’ambigu avec un CNT dont il s’est prétendu le champion contre l’affreux dictateur qui aurait donné du Viagra à ses milices tchadiennes et soudanaises pour terroriser son peuple. La duplicité française est devenue impossible à dissimuler quand furent découvert des missiles français dans une cache d’armes de Haftar en 2019. 

Les Chemins de Damas

La Syrie, ainsi en avaient décidé les néoconservateurs étasuniens aux manettes à la Défense et aux Affaires Étrangères pouvoir depuis Bush le deuxième, devait être détruite au même titre que l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, l’Iran et le Yémen. Détruite et réduite à l’état de poussière. La tâche fut déléguée à la Turquie, membre de l’OTAN et alliée stratégique d’Israël. Elle s’en acquitta avec zèle, faisant transiter par son territoire des combattants venus des quatre coins de la ‘Musulmanie’ obscurantiste essentiellement wahhabite ou simplement attirés par un gain non négligeable. La montée au djihad se négociait dans les banlieues françaises autour d’un salaire mensuel minimal de 3000 euros. Elle a également servi de plateforme commerciale pour le pétrole volé à l’Irak et à la Syrie acheminé dans des caravanes de camions par les takfiristes de l’Etat islamiste. De tout cela, elle s’est acquittée avec fidélité et soin, aidée par la propagande occidentale qui mettait en scène des simulacres d’attentats à l’arme chimique qu’aurait perpétrés un Bachir el Assad irrationnel et assoiffé de sang, d’une qualité si piteuse et avec des comédiens si médiocres que le public même peu instruit s’est senti méprisé. 

Celui qui ‘ne méritait pas d’être sur terre’ a empêché l’engloutissement de la Syrie comme ce fut le cas pour l’Irak happé dans un trou noir avec toutes les infrastructures détruites. L’armée nationale, celle de la République arabe de Syrie et non celle de el Assad comme s’acharne à le dire l’Occident , continue de défendre l’intégrité du territoire, pied à pied contre toutes sortes de mercenaires et d’armées étrangères. Sans les renseignements collectés et fournis par l’armée d’occupation sioniste et la Palestine de 1948 comme repli, la longévité des groupes takfiristes aurait été écourtée. 

La Russie a répondu à l’appel à l’aide de Damas car l’implantation de bases  à Tartous et Hmeimim  en lui assurant un avant-poste dans cette partie de la Méditerranée protège son flanc Sud. La confrontation entre la Turquie qui se voit reprendre tout le sandjak de la Grande Syrie et la Russie se fait de manière mesurée, chacun semble savoir jusqu’où il peut mener l’hostilité sans provoquer une montée vers l’irréversible. La Russie a besoin de fragiliser la relation d’Ankara avec le reste de l’OTAN, la Turquie y voit une aubaine pour étendre ses prétentions sur les pays de l’ex Union soviétiques avec des populations turcophones.

Ces positions quasi- gelées exposent la Syrie à un conflit de basse intensité sans fin prévisible dans l’immédiat. Son ciel n’est pas inviolable puisque Tel Aviv y fait des incursions avec des drones que sa défense antiaérienne ne sait pas (encore) neutraliser. La Syrie offre un champ d’expérimentation de l’armement russe versus l’occidental particulièrement observé. Netanyahu dans cette configuration se fait rappeler à l’ordre par Moscou quand il dépasse un certain niveau d’agressivité.

Entre les trois rivaux, tout est dans le dosage de ce que chacun peut se permettre..

Les Européens sont absents quand se mènent des négociations. 

Émois en mer Égée

En Ukraine, Israël était venu en renfort du gouvernement néo-fasciste placé  au pouvoir à Kiev  par les Usa en 2014. Au cours du récent conflit dans le Haut Karabakh, une alliance entre la Turquie et Tel Aviv s’est formée pour assister l’Azerbaïdjan contre l’Arménie soutenue par la Russie.

La découverte de gisements au large du Liban, de la Palestine, de Chypre et de l’Égypte implique des réserves potentielles de l’ordre de 3500 milliards de mètres cubes. La moitié sont des réserves prouvées, 850 dans les zones d’exclusivité économique pour l’Égypte, 450 revendiqués par Israël et 140 pour Chypre. 

La Turquie a toujours contesté la minceur du ruban de ses eaux territoriales en Méditerranée que limite la poussière de minuscules îles grecques très proches de son littoral, parfois à 2 Km seulement. Elle n’a jamais admis les clauses des traités de Lausanne en 1923 et de Paris en 1947, qui les fixaient en faveur de la Grèce. La partition de Chypre en deux entités depuis 1974, l’une revendiquée par la Turquie au Nord, complique  la situation. 

La Turquie est dépendante de ses importations pour 80% de son énergie. La découverte très récente d’une réserve en mer Noir estimée à 400 milliards de mètres cubes qu’elle espère exploiter dès 2023 change la donne. Mais forte de ses 700 milliards de PIB, elle ne compte pas céder à la Grèce alliée pour l’occasion à Israël. 

De plus les Palestiniens, sans État à ce jour, privés de tout, sous blocus, contestent le pillage d’un gisements au large de Gaza, pompé depuis un forage plus au Nord installé par l’entité sioniste.

Plusieurs fois remis, le projet d’un pipeline qui relierait les gisements au large de la Palestine, à ceux de Chypre et de la Grèce et conduirait le gaz naturel  au Sud de l’Italie semble redevenu d’actualité. L’EastMed aurait une longueur de 2000 km dont les deux-tiers en offshore. Il traverserait la Zone d’économie exclusive de Gaza sans l’accord des concernés. Il acheminerait environ 10 milliards de m3 de gaz naturel par an vers l’Europe.

L’entité sioniste a fait avancer ses pions au sein de l’Union européenne dont le Parlement a voté en février 2020 en faveur de cet EastMed comme Projet d’Intérêt Commun. Cela fera bénéficier ce programme de procédures accélérées et de subsides européens en plus d’une aide immédiate de 2 millions d’euros versée sans contrepartie. 

Turquie et Russie se trouvent alors lésées. En effet, l’entité sioniste a plaidé en faveur de son projet qui rendrait l’Europe indépendante du gaz russe.

Ankara envoie ses bateaux d’exploration dans les eaux attribuées à la Grèce selon les puissances sorties triomphantes de la première guerre mondiale. Laquelle proteste et ‘dégaine sans tirer’. La France a fait une démonstration de force en mobilisant dans la zone une flotte qui acheminait de l’aide humanitaire au Liban.

 Ce nième projet de spoliation des Palestiniens fondé sur l’artifice géopolitique de priver la Russie d’un espace de commercialisation de son gaz, répondant à l’objectif étasunien d’isoler l’Europe de la Russie, serait une catastrophe écologique pour la Méditerranée orientale. Les ‘défenseurs de la Nature’ ont fort à faire en ce moment. Un protocole entre l’entité sioniste et les Émirats Arabes Unis prévoit le transbordement d’un volume démultiplié de pétrole dans le port de la cité balnéaire d’Eilat à l’extrémité nord de la mer Rouge. Les bancs de coraux situés à quelques centaines de mètres ne survivront pas aux inévitables pertes depuis les tankers. En ce moment, la presse est muette concernant l‘origine de la souillure du littoral en Méditerranée par du mazout qui endommage sans doute irréversiblement la faune marine. Il est peut-être très fun de se lamenter voire d’organiser des actions violentes pour défendre les tortues et les étoiles de mer ; il est moins héroïque de s’opposer à l’emprisonnement d’enfants palestiniens ou à l’assassinat par des colons de paysans dans leurs vergers d’oliviers. Pourtant, sacrifier le corail et coloniser la Palestine procèdent  tous deux de la même violence capitaliste portée par l’aiguillon du profit. Il s’agit de contourner le canal de Suez, l’Égypte n’est jamais à l’abri d’une nouvelle révolution, de shunter la Turquie, concurrente sérieuse, de saisir tout le territoire d’un peuple qu’on aura  brisé et convaincu de s’exiler.

La contestation attendue du Liban et des Palestiniens qui s’opposeront à un projet qui vole leurs ressources et viole le droit international accroîtra la tension dans la région. Nul doute que la Russie et la Turquie aideront à l’amplifier.

L’Union européenne, mise hors jeu diplomatiquement dans ses anciennes zones d’influence au Moyen Orient et en Afrique, vient d’offrir 15 millions d’euros à l’industrie de guerre israélienne, fort créative, dans le cadre du programme Horizon 2000. Elle s’apprête à devenir complice d’un nouvelle violation du droit international et de pillage. 

Israël a perdu l’appui des Juifs étasuniens de plus en plus libéraux, Trump en transférant l’ambassade des USA  à Jérusalem confortait sa base chrétienne sioniste (et antisémite).

Comment imaginer qu’une entité consubstantielle à des guerres permanentes menées contre ses voisins puisse avoir un quelconque avenir dans un environnement qu’elle concourt à rendre de plus en plus hostile. Biden, le vieillard sénile qui préside l’administration des Usa a appelé le chef du gouvernement à Tel Aviv avec un retard très remarqué, manière sans doute de signaler que Netanyahu, poursuivi pour de nombreuses affaires de corruption et de prise illégale d’intérêt, a fait son temps.

  • 24 février 2021 à 00:00

Affrontement métaphysique-bouffe

Par info@dedefensa.org

Affrontement métaphysique-bouffe

• La querelle est en train d’atteindre des hauteurs métaphysiques, où d’ailleurs elle n’est nullement déplacée. • Andrew Torba, le PDG de la plate-forme Gab qui se pose en adversaire direct des GAFAM/Big Tech, qui s’affirme de plus en plus comme un outil au service des chrétiens (aux USA mais aussi ailleurs) face aux autres communautés, attaque ces mêmes GAFAM/Big Tech sur le terrain du ‘remplacement de Dieu’. • Il détaille les extraordinaires ambitions des grands esprits de Silicon Valley, qui entendent changer l’humain selon un sympathique schéma : ils seraient les dieux et les autres, des esclaves-numériques surveillés par les robots. • Complot ? Science-fiction ? Tout ça, et en plus une vérité-de-situation incontestable, conduisant à apprécier l’époque comme sans exemple ni précédent, entre des possibilités affreusement effrayantes et des réalités absolument bouffonnes. • Ce débat n’est pas simplement théorique lorsqu’on voit l’ampleur que prend la querelle actuelle entre Facebook et des nations souveraines (Australie, Canada, d’autres bientôt). • La Grande Crise acquiert ses véritables dimensions.

23 février 2021 – Nous partons d’un entretien que Andrew Torba, le propriétaire de la plate-forme Gab, a eu le 20 février avec Steve Bannon, l’ancien conseiller en stratégie de Donald Trump. Le thème de l’entretien portait sur la puissance et les ambitions des Big Tech et il avait une très forte connotation métaphysique, – même s’il s’agit, disons d’une métaphysique rudimentaire parcourue évidemment de croyances religieuses. D’un certain point de vue, ces choses ont déjà été dites et répétées, de même que divers témoignages ont déjà rendu compte du climat surprenant, effectivement pavé de cette sorte d’intentions, qui règne à Silicon Valley.

On ne peut réduire l’entreprise de ces géants technologiques et financiers à une simple démarche capitalistique courante, d’amasser du capital, d’assurer des monopoles, de mettre en place un pouvoir agissant dans les domaines économique, sociaux, sinon politiques (et dans leur cas, pourtant, avec une dimension idéologique marquée par le biais d’une censure exercée comme une sorte de droit naturel). Il y a effectivement une composante quasi-mystique sinon religieuse, qu’on peut juger latente dans nombre d’épisodes et de domaine capitalistes, mais qui s’exprime ici quasi-ouvertement en agissant directement sur les comportements, les choses de l’esprit qui se trouvent dans la communication, et avec des outils technologiques directement destinés à agir dans ce sens.

Voici le passage où Torba s’attache à cette “composante quasi-mystique sinon religieuse”, dans des termes extrêmement crus et directs :


« Lors d’une rencontre samedi sur le réseau ‘War Room’ de Steve Bannon, ancien assistant du président Trump, Torba, chrétien convaincu, a affirmé que les ‘Big Tech’ cherchent à créer une “race posthumaine”.
» “Ils parlent d’une transformation biologique de la race humaine”, a déclaré Torba.
» “Ils parlent de puces dans votre cerveau ou de la modification de votre ADN, toutes ces sortes de choses qui impliquent l’application de la technologie à la biologie humaine pour l’amener, je pense que c’est dans leur esprit, au niveau supérieur, en faisant essentiellement d’eux des dieux et en nous ayant tous, le reste d’entre nous, sous leur contrôle. C’est fondamentalement détruire notre humanité en introduisant leur technologie dans notre corps et, selon eux, dans notre âme. Ils veulent vivre éternellement. Ils veulent être des dieux, ce que, bien sûr, Dieu ne va pas prendre à la légère et sur quoi il va porter un jugement”.
» Torba a insisté sur son souhait que les chrétiens doivent reconnaître que cela se passe.
» “Ce n’est pas une théorie de conspiration, ce n’est pas un film de science-fiction”, a expliqué Torba. “C’est l’avenir que ces types s'efforcent de mettre sur ses rails, c’est consolider leur pouvoir, consolider toutes les richesses pour eux, consolider toutes les données pour eux.”
» Lorsque Bannon a demandé si les puissances Big Tech cherchaient à créer une race post-homo-sapienne, Torba a répondu :“posthumaine c’est ça, et ils se font dieux avec cette technologie et ils asservissent le reste avec elle.”
» Il estime que les gens sont d’ores et déjà asservis dans une certaine mesure.
» “Ils nous ont asservis via ces appareils, via ce que nous mettons sur notre téléphone, où nous mettons nos données, où nous faisons confiance à nos communications privées”.
» “Nous l’ignorons, mais nous sommes asservis au numérique et nos esprits sont asservis à ces choses, que ce soit la télévision ou le téléphone, [dans ce domaine] les oligarques ont asservi notre esprit. Ce qu’ils veulent faire ensuite, c’est asservir notre biologie, ils veulent asservir nos corps en leur implantant des puces ou en modifiant notre ADN ou tout ce qu’ils doivent faire pour nous contrôler et nous rendre soumis tout en utilisant cette même technologie pour les élever au rang de dieux, les faire vivre éternellement, contrôler le reste d’entre nous comme autant d’esclaves numériques. C’est ce qui se passe en ce moment et les gens doivent en être conscients”.
» Le terme ‘transhumanisme’ a été discuté pendant des années à propos de la modification intentionnelle des êtres humains pour atteindre un niveau supérieur, surhumain. Torba souligne que les dirigeants de Big Tech se considèrent comme aussi puissants que des divinités.
» “Ces gens de la Silicon Valley, quand vous parlez de ce transhumanisme et de cette mentalité qu’ils ont, cela signifie qu’ils croient vraiment qu’ils sont Dieu”, a déclaré Torba.
» “Mark Zuckerberg croit qu’il est supérieur au reste d’entre nous et qu’il a la capacité de dire ce que quiconque a une voix sur internet est autorisé à dire, quels liens on peut partager. Je pense qu’aucune personne ne devrait avoir ce pouvoir”.
 

Il apparaît évident que Torba a un discours particulièrement offensif, notablement différent de celui qu’il pouvait tenir il y a encore un mois (un peu plus d’un mois), lorsqu’il donnait un nouvel élan à sa plate-forme. L’aspect religieux est également privilégié dans son argumentation, ce qui répond à l’angle qu’il choisit pour attaquer les Big Tech. Cela correspond d’ailleurs, très logiquement bien sûr, à l’évolution ultra-rapide de l’état d’esprit qu’il imprime à sa plate-forme sous l’impulsion de ses abonnés, comme nous le signalions le 20 février :
« Détail intéressant, à garder à l’esprit : les chrétiens US acceptant, choisissant même de se considérer comme une communauté comme les autres, et non plus comme le ‘socle’ des USA ; par conséquent, prenant beaucoup plus la liberté de s’engager dans le combat idéologique comme partisane et partie prenante pour ses propres intérêts et sa propre idéologie, et non plus comme contraints par sa fidélité quasiment ontologique aux USA qu’ils avaient coutume de représenter à ne pas trop s’affirmer contre les autres communautés... Ce temps-là est fini. »

Dans le même entretien avec Bannon, Torba développe une thèse qu’il a déjà abordée à plusieurs reprises dans diverses allusions, et qui se place dans la logique de l’évolution que sa plate-forme suit de constituer une organisation d’engagement communautariste chrétien. Cette fois, il s’agit d’une proposition concrète, développée et structurée, pour créer un ‘espace économique chrétien’ aux USA, qui permettrait à la communauté chrétienne de se ‘communautariser’ plus encore et de se dégager de sa position devenue très vulnérable et qui l’affaiblit par la responsabilité impliquée, de « fidélité quasiment ontologique aux USA ».

Comme on le comprend, il s’agit pour Torba de tenter de “sortir du système [américaniste]” cette communauté qu’il voudrait voir se former en tant que telle... Il s’agit de l’appel à une sorte de “séparatisme”, selon le terme employé par le gouvernement français pour sa fameuse loi, mais bien sûr dans un pays déjà en cours de décomposition, et beaucoup plus ouvert par conséquent à ce genre d’initiative ; il s’agit donc d’un prolongement naturel des événements de fracture et de dislocation en cours depuis cinq ans, et parvenus à un nouveau paroxysme depuis l’élection de novembre 2020.
 

« Torba a répété son appel aux chrétiens pour qu'ils “sortent du système” qui dirige actuellement le monde financier.
» “Vous serez banni de votre banque. Vous serez banni d'Internet”, a-t-il prévenu. “Ce que vous devez faire, c’est commencer à construire sur des plateformes alternatives comme Gab, ouvrir un autre compte bancaire dans une banque locale ou une coopérative de crédit chrétienne. Elles existent, vous devez les trouver et il faut en créer d’autres immédiatement”.
» “Analysez en profondeur les entreprises, les commerces, les services que vous soutenez et sortez de leur système. Si nous, en tant que chrétiens, sortons collectivement de ce système et commençons à construire le nôtre dès maintenant, le système tout entier en subira les conséquences et s’effondrera sur lui-même. Leur mauvais système s'effondrera en cendres. Nous n’aurons pas besoin de lever le petit doigt. Nous n’aurons pas besoin de devenir violents. Nous devons juste réaliser le pouvoir que nous avons avec nos capacités dans la vie qutidienne”.
» “La puissance en pouvoir d’achat, la grandeur du pouvoir que les chrétiens ont dans l’économie, surtout aux États-Unis, est énorme. Ma question aux chrétiens est donc la suivante : ‘Pourquoi donnez-vous votre argent, pourquoi donnez-vous votre temps, pourquoi donnez-vous vos données à ces gens qui vous détestent, qui veulent vous asservir?’”
» “Nous devons travailler ensemble dès maintenant et nous soutenir les uns les autres pour construire cette économie alternative qui soit libre de l’emprise de ces tyrans de la Silicon Valley et de ces tyrans de Washington et des oligarques en général.” »
 

Il est difficile d’apprécier les capacités de Torba à entreprendre avec des chances de succès un tel effort. Bien entendu, il est beaucoup mieux placé pour cela qu’un politicien ou un parti politique, toutes ces choises extrêmement déconsidérées aux USA ; une plate-forme telle que Gab, si elle développe au rythme actuel ses réseaux dont les abonnés sont tous dans l’état d’esprit qui importe, constitue un instrument parfaitement adapté à l’époque, à ses mœurs, à sa psychologie, et dans une situation socialo-sociétale et politique particulièrement propice.

Notre évaluation de Torba et de sa plate-forme Gab, quant à  ses chances d’émerger comme un pilier de la Résistance, adversaire des GAFAM/Big Tech et rassembleur des chrétiens US dans un sens de l’extrémisme qui est la seule forme de résistance capable de jouer un rôle aujourd’hui aux USA, – cette évaluation reste haute, telle qu’elle était déjà résumée dans une analyse du 15 janvier 2021. La caution mentionnée dans ce passage du jugement de Tom Luongo, commentateur solide et grand connaisseur du milieu, nous est précieuse à cet égard...

« La principale force de résistance à attendre, c’est une résistance du type-GJ (Gilets-Jaunes) à haute technologie, trouvant des structures pouvant devenir des structures de résistance, comme le réseau Gab dont on a parlé plus haut. Andrew Torba (le CEO de Gab) devra manger son chapeau, c’est-à-dire son adoration pour Trump, notamment en découvrant que le-dit Trump n’a rien à voir avec Jésus-Christ. Par contre, le caractère radical et ‘djihadiste’-chrétien (on parle en termes symboliques) de Torba est, dans ce cas, un avantage ; non pas pour qu’il devienne un leader, mais pour qu’il donne à la Résistance une allure de croisade contre la corruption hérétique et hypocrite de Washington D.C., comme Jésus dénonçait les Pharisiens...
» (Concernant Gab qui commence à bien tourner en gérant l’afflux considérable de nouvelles inscriptions, il faut lire l’article de Tom Luongo, qui est un expert du commentaire libertarien, qui suit ce site depuis quelques années et qui donne une appréciation claire sur la façon dont ce site a résisté aux attaques des GAFAM. Luongo voit un sacré coup de fouet en retour pour la sortie des GAFAM s’exposant en censeurs universels.) »

Les dieux-bouffe de Silicon Valley

Ces diverses présentations, axées sur Andrew Torba et sa plate-forme Gab pris comme exemplaires d’un temps crisique et de ses tourments, ne sont certainement pas développées ici, dans ce commentaire, pour porter un jugement sur Torba, ni sur la valeur de ses thèses ou de ses projets de communautarisation, ni bien entendu sur la forme sommaire et assez approximative, voire incantatoire, de ses appréciations des démarches ‘métaphysiques’ des GAFFAM et autres ‘Big Tech’. Elles sont là, à l’image de ce qu’elles sont, comme un événement exemplaire pour signaler la montée irrésistible des enjeux vers des domaines qui sont du champ de la métaphysique et portant sur les questions vitales qui caractérisent aujourd’hui les affrontements en cours au cœur de la Grande Crise.

(...Si les explications de Torba sont sommaires, les démarches des “GAFFAM et autres ‘Big Tech’” qu’elles décrivent le sont à mesure, sinon encore plus. Elles illustrent une situation postmoderne courante mais hypertrophiées dans ce cas des “GAFFAM et autres ‘Big Tech’”, avec des technologies de puissances diverses et extraordinaires et d’énormes puissances financières, les unes et les autres mises dans les mains d’individus qu’on peut décrire comme proches d’un état d’hébétude et de crétinerie par absence complète d’expérience et de culture, par leur manifestation d’arrogance et de certitude d’eux-mêmes... On a les ‘Masters of the Universe’ qu’on mérite, et leur métaphysique est, elle aussi, à mesure, – mais cela n’en reste pas moins des agitations et des complots grandioses dans le champ e la métaphysique.)

On comprend alors que, bien qu’il s’agisse des États-Unis, c’est de la crise de la [de notre] civilisation elle-même qu’il est question ; crise du Progrès, du technologisme et de son rôle inouï comme arme de remplacement de l’espèce humaine telle qu’elle existe, selon des projets qui peuvent sembler effectivement ‘conspirationniste’ ou du type de la science-fiction mais, peu importe, qui sont en cours d’opérationnalisation par les principales puissances techniques et financières de la communication en réseaux sociaux et d’influence. Il est connu depuis plusieurs années qu’il ne s’agit ni de ‘complot’ inventé, ni de constructions fictionnelles, mais bien de projets concrets et exposés à ciel ouvert, acclamés en général par les cohortes friquées de la ‘Davos crowd’. Torba les interprète selon une vision métaphysique et ‘spirituelle’ courante chez ce chrétien fervent, mais on peut être sûr qu’elle rend compte de l’esprit des GAFAM/‘Big Tech’ ; on peut être d’autant plus sûr que Torba, qui a travaillé à Silicon Valley avant de revenir dans sa région d’origine pour lancer Gab, en a recueilli bien des échos in vivo.

(Voir par exemple, dans un F&C du 7 juin 2013, des échos des projets de Google selon le CEO d’alors Eric Schmidt, exposés lors d’une conférence :
« Le thème [de l’intervention de Schmidt] était “How soon before Google Now passes the Turing test?”. Le ‘Turing test’, du nom du mathématicien britannique Turing, a été formulé dans les années 1950 et porte sur le délai où les machines intelligentes, ou “intelligence artificielle” [IA ou AI selon la langue], parviendront au niveau de l’intelligence humaine, dans la perspective bien entendu de la dépasser aussitôt, – c’est dans tous les cas notre analyse, qui se réfère à ce concept d’idéal de puissance animant l’évolution de ces divers facteurs selon une concurrence prédatrice systématique...  Schmidt a répondu dans son intervention [faite en 2013, répétons-le] que ce serait fait, selon les programmes en cours chez Google, d’ici cinq à dix ans »... On voit que Torba tombe à pic, tant dans ses explications que dans ses initiatives.)

Notre but n’est donc pas tant d’exposer ces projets et les ambitions des grands esprits philosophes sinon messianiques au sens religieux de GAFAM/‘Big Tech’, que de faire le constat que cette agitation ‘métaphysique’ est bien en train de prendre sa place sur le devant de la scène dans l’affrontement politique extrême en cours aux USA, avec retombées en Europe, notamment en France. Cela permet de mieux encore appréhender la dimension formidable de l’enjeu de toutes ces situations crisiques portées à tous les extrêmes, animées par des sentiments de haine portés à incandescence.

Cela est d’autant plus à considérer que le cas général des GAFAM/‘Big Tech’ est devenu mondial, comme on l’a vu déjà le 20 février, dans une situation générale qui ne cesse de s’aggraver, d’abord avec le ‘bras de fer’ entre Facebook et l’Australie, et désormais avec des perspectives impressionnantes :

« Ce thème de “tout le monde déteste Facebook” est en train de devenir une tendance. Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, s’est récemment entretenu avec des représentants de la Finlande, de la France et de l’Allemagne pour discuter de ce qu'il convient de faire au sujet de Facebook. Il a en outre indiqué que le nombre total de nations envisageant de rejoindre une telle alliance pourrait rapidement atteindre 15.
» C'est de cela que je parlais lorsque j’ai suggéré que Facebook pourrait en venir à regretter d'avoir commencé à s'en prendre à l’Australie. Les Australiens ne représentent probablement qu'un pourcentage assez faible de l'audience totale de Facebook et on peut dire la même chose du Canada. Mais s'ils commencent à perdre un nombre important de pays européens également, Mark Zuckerberg pourrait devoir retourner à la case départ et repenser sa stratégie. À un moment donné, la charrette va devenir trop lourde pour que l'âne puisse la tirer. » (de Jazz Shaw via HotAir.com, repris par ZeroHedge.com.)

Bien entendu, ces querelles ne portent pas sur les sujets abordés par Torba, et qui nous intéressent ici ; il s’agit de droits d’accès, d’amendes, d’abus commerciaux, de censures diverses ; mais il est toujours question de cette sorte de ‘volonté de puissance’ des avortons de Silicon Valley déguisés en Frédéric Nietzsche, et préparant l’ultime ‘Grand Remplacement’ à eux, avec eux-mêmes mis à la place de Dieu qui est « en réparation » (Céline), sinon mort tout simplement (Nietzsche). On comprend combien tout cela a un aspect à la fois grotesque et effrayant, si bien qu’à la tragédie-bouffe l’on pourrait bien faire correspondre la métaphysique-bouffe, sans parler des dieux-bouffe de Silicon Valley.

... Si bien que l’on en vient, fort logiquement, à se réjouir que la situation crisique tend de plus en plus à se transmuter en affrontement chargé des projets de bouleversements métaphysiques divers, parce qu’ainsi est posée ouvertement la question centrale de l’effondrement de notre civilisation, et pour l’accélérer décisivement. Alors, on peut être conduit à considérer que l’acteur central en est la crise totale par excès mortel de totalitarisme du technologisme, source à la fois d’une puissance énorme mais totalement illusoire, et recette superbe pour un effondrement catastrophique.

GAFAM’s boys, avortons croulant sous les $milliards, continuez les gamins ! L’extraordinaire distorsion entre leur puissance affirmée et leurs ambitions démesurées d’une part, leurs médiocrité pathétique et leur atrophie culturelle et spirituelle d’autre part, voilà la source claire et torrentueuse de l’achèvement de l’effondrement. Nous ne sous-estimons pas la puissance mais nous mesurons le ‘Rien’ de la pensée : on ne fait pas plus puissant et plus bête, donc surpuissance et autodestruction.

  • 23 février 2021 à 00:00

Votre solidarité et notre situation pressante

Par info@dedefensa.org

Votre solidarité et notre situation pressante

A l’heure où nous écrivons ce message, ce 22 février 2021, la barre de donation de dedefensa.orgpour le mois de février atteint €305. Nous tenons à remercier très sincèrement et chaleureusement ceux de nos lecteursqui, répondant à nos premiers appels, sont intervenus dans cette donation.

La somme jusqu’ici réunie est extrêmement éloignéedu montant qui nous est nécessaire pour continuer à fonctionner normalement. (Phrases sempiternelle, rajeunies en fonction des nécessités... « “… les montants de €2.000 et €3.000,[...] constituent pour nous les sommes permettant respectivement un fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site et un fonctionnement plus aisé de ces fonctions”. Nos lecteurs savent évidemment que, depuis 2011, les conditions économiques ont évolué et que les sommes proposées doivent être définies différemment. Le seuil du “fonctionnement minimum des fonctions essentielles du site” dépasse aujourd’hui très largement les €2.000 et se trouve quasiment au niveau des €3.000avec le reste à l’avenant... »)

Vous avez pu lire dans de nombreux messages, y compris dans ceux qui sont référencés dans le texte de présentation de la barre de comptage, les nombreux arguments que nous présentons pour justifier notre appel à votre solidarité. Nous sommes tous engagésdans un combat vertigineux et essentiel.

Nous rappelons notre demande pressante faite à nos lecteurs d’intervenir et d’affirmer leur soutien à notre site. Le mois de février est courtet nous avons besoin sans attendre de votre mobilisation.

Mis en ligne le 22 février 2021 à 02H30

  • 22 février 2021 à 00:00

Quand virus varie

Par info@dedefensa.org

Quand virus varie

Précautions

La précipitation du gouvernement et de l’Autorité de réglementation du médicament et des produits de santé (MHRA) britanniques à autoriser la vaccination dès le 1er décembre 2020 ne manque pas de surprendre. Le groupement Pfizer BioNTech venait juste par voie de presse de communiquer des résultats intermédiaires, en réalité préliminaires, de la phase qui permet de vérifier l’efficacité de la prévention du vaccin à ARNm. Celle-ci, démarrée début juillet, concernait 43 538 volontaires, parmi elles, 38 955 ont effectivement reçu deux doses à 3 semaines d’intervalle.

Les fabricants rechignent à conduire cette étape qui vérifie l’efficacité de médicaments et de dispositifs médicaux car elle est longue et donc coûteuse. De plus en plus, ils l’escamotent en invoquant l’urgence à autoriser leur produit de sorte qu’une fois mis sur la marché, ce sont les organismes de sécurité sociale qui en portent le poids financiers et les patients qui sont recrutés à leur insu pour expérimenter la nouvelle thérapeutique.

Pfizer a conclu à une efficacité de son vaccin à 95% le 9 novembre car, sur les 170 cas de Covid-19 symptomatiques, 8 avaient reçu effectivement les injections vaccinales et 162 n’avaient eu que le placebo. Il semble admis que les statistiques sont devenues la science des petits nombres.

Cette absence de précaution répond à une demande de la population britannique qui n’est pas vaccino-sceptique (20% d’anti-Vaxx contre plus de 45% en France) confrontée à un système de santé défaillant qui s’est montré encore moins adapté que ceux des pays du continent. Anticipant la rupture des liens avec l’Union européenne effective un mois plus tard, l’Autorité sanitaire britannique a affirmé sa souveraineté vis-à-vis de l’Agence européenne du médicament.

Au moment où furent lancées les procédures vaccinales et encore à ce jour, on ne savait rien de l’efficacité des vaccins sur plusieurs catégories de la population, les moins de 16 ans, les immunodéprimés, les patients atteints d’une maladie auto-immune et les sujets ayant fait une séroconversion par une Covid-19 apparente ou non. Les essais en phase 3 conduits par Astra-Zeneca pour son vaccin à base d’ADN en Afrique du Sud avaient en effet montré que 30% des volontaires étaient séropositifs pour le Sars-Cov2. Cette indication rend plausible que soit sous-estimée de part le monde la fraction déjà immunisée naturellement.

Il faut souligner que le retard pris par les Européens et surtout les Français a permis d’observer l’absence de déclenchement d’une réaction sous forme d’orage de cytokines comme ce fut le cas pour les essais de vaccins contre le Sars-Cov de 2002-2003 et du Mers-Cov de 2012.

La lenteur dans la hâte du Conseil scientifique français pourrait s’apprécier dans ce sens. En effet, une stimulation immunitaire n’est pas toujours bénéfique. Donc, constater la présence d’anticorps après une injection d’un candidat n’est pas gage de protection car outre des anticorps neutralisants,  il peut être suscité des anticorps facilitant l’infection. 

Par ailleurs, les dommages créés par les virus qui occasionnent des détresses respiratoires sont plus liés au désordre immunitaire qu’ils induisent, une sorte d’excès de réponse néfaste, qu’à un effet destructeur direct sur les cellules colonisées. Les essais tentés avec le virus Sars-Cov de 2002-2003 avaient été abandonnés dès les expérimentations sur l’animal car ils avaient montré que la prévention vaccinale donnait lieu à des effets adverses. En effet, quand ont été vaccinées des souris avec des virus inactivés ou une protéine spicule de synthèse, une fois infectées par voie nasale et sacrifiées 48 heures après, il a été constaté des infiltrats cellulaires dans le poumon des animaux témoignant d’une réaction immunitaire péjorative.

L’hypothèse que cette réaction hyper-immune serait plutôt déclenchée par les antigènes de la nucléocapside forts différents de ceux de la protéine spicule de surface, élue comme immunogène par tous les fabricants est actuellement admise. (*) 

Les scientifiques ne se sont pas inquiétés d’une éventuelle intégration du morceau d’ARNm simple brin dans le patrimoine génétique des cellules du receveur car elle est impossible. Pour être intégré à l’ADN nucléaire, il faudrait au préalable une transformation par un  équipement enzymatique (**) inexistant chez les mammifères enzymatique de l’ARN en ADN. une transcriptase inverse et des enzymes de coupure et d’insertion, des intégrases,. Ces enzymes ne peuvent pas non plus être produites par une séquence de rétrovirus fossiles. La vaccination par ARNm est encore moins une thérapie génique puisque celle-ci suppose le remplacement d’un gène défectueux par un gène fonctionnel que l’on introduit grâce à un certain nombre d’artifices assez complexes dans certaines cellules du receveur soit ex vivo soit in vivo. La durée de vie de l’ARNm injecté une fois parvenu dans le compartiment cytoplasmique où il est pris en charge par des ribosomes pour être traduit en protéine est de courte durée. Très vite, il se fait découper par des ribonucléases au point que certains fabricants (Imperial College of London, essais en cours) ont adjoint à la séquence codante pour la protéine spiculaire une enzyme ‘réplicase’, amplificatrice, afin d’optimiser le temps de la production protéique.

Une incertitude majeure dont ne s’exonère aucun laboratoire pharmaceutique concerne la durée de l’efficacité vaccinale, limitée on l’a compris, à réduire la gravité de la maladie virale. Il a été seulement constaté la persistance d’anticorps circulants reconnaissant la protéine spicule six mois après la deuxième injection. Remarque adjacente mais essentielle, seule  une exposition au virus n’entraînant pas de maladie vaut démonstration d’une protection.

Variations

Surtout, et c’est un requis exigible d’une prévention de masse, les sujets vaccinés sont-ils susceptibles de transmettre le virus ? Autrement dit, leur statut empêche-t-il la multiplication dans leur oropharynx et donc interdit la contamination d’individus vierges du contact avec le virus ? 

Cette question redouble celle qui inquiète les politiciens et les scientifiques à l’heure actuelle. L’apparition de ‘variants’, c’est-à-dire de groupes de virus sur des lignées qui pour certains seraient plus contagieux, pour d’autres plus pathogènes ou encore qui échapperaient au système immunitaire éduqué par la maladie conférée par la lignée dominante ou les vaccins actuellement disponibles. Certains variants peuvent accumuler les trois propriétés.

Il faut distinguer le taux de mutation d’un virus de son taux d’évolution. Tous les virus font des erreurs quand ils se répliquent, substitution, délétion ou répétition. Le Sars-Cov2 possède une enzyme de relecture qui les corrige, parfois quand le dispositif est dépassé par la vitesse de reproduction. Il a été recensé 80 000 génomes différents en août 2020 du Sars-Co2, en novembre pas moins de 180 000 ont été enregistrés dans une librairie publique. Elles ne sont significatives que si elles ne sont pas délétères pour le virus et qu’elle atteignent un niveau de stabilité suffisant pour générer un variant repérable par les pathologistes en raison de modifications de ses interactions avec l’hôte.

Les variants peuvent être figurés comme des grappes faisant issue sur des branches, les lignées, issues de l’ancêtre identifié à Wuhan en décembre 2019. La lignée qui a dominé en Europe et dans les Amériques est la lignée B1, repérée par 4 mutations dont la plus importante, notée D614G, concerne l’acide aminé 614 qui a échangé la glycine, neutre, contre l’acide aspartique (Les acides aminés sont désignés par convention par des lettres).

Les trois variants préoccupants actuellement viennent d’émerger dans trois pays, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud et le Brésil, ils ont acquis indépendamment les uns des autres une mutation commune, N501Y, qui modifie la polarité d’une région de la spicule, liant plus efficacement le virus au récepteur. Un quatrième vient d’être identifié en Californie. De manière non surprenante, ils se sont individualisés là où n’ont pas été appliquées avec rigueur les mesures sociales d’endiguement de l’épidémie, laissant le virus prospérer, condition de reproduction effrénée favorable à son évolution, sélectionnant des conformations plus transmissibles sinon plus pathogènes.

Les confinements, qui sont aussi ‘liberticides’ et destructeurs de l’économie, ont ralenti la propagation, réduit l’afflux des malades dans les services hospitaliers et les réanimations et limité aussi par là la sélection de souches plus agressives.

Le variant britannique, noté B.1.1.7, cumule 19 mutations dont 8 concernent la spicule. Il est crédité d’une capacité plus importante à être plus aisément transmis, de 30 à 50% selon les auteurs, liée soit à une plus grande affinité pour le récepteur cellulaire de la spicule, soit à un portage prolongé, voire les deux. B.1.1.7 va devenir dominant en France à partir de la mi-mars.

Le Sud-Africain, le B.1.351 (90% en Afrique du Sud), représente 4 à 5%  des contaminations en France avec des disparités régionales. Il a cumulé 18 mutations dont 8 sur la partie codant pour la protéine spiculaire. Il est comme le précédent et pour les mêmes raisons plus facilement transmissible mais surtout il a acquis une mutation (E484Y) sur l’acide aminé en position 484 sur la spicule qui a échangé une lysine basique contre l’acide glutamique. Il en résulte une modification de conformation qui le fait échapper à la protection acquise par la maladie naturelle ou celle conférée par les vaccins actuels.

Enfin, celui qui a été à l’origine de la deuxième vague catastrophique pour la population indigène à Manaus au Brésil, le B.1.1.248. Il a beaucoup de mutations communes avec le précédent, il est plus transmissible. Il a été montré à l’occasion des ravages qu’il a causés qu’une immunité collective solide contre la lignée d’origine B1 ne protège pas contre certaines versions mutées du virus. Cela montre ainsi les conséquences doublement criminelles du libéralisme de Johnson, Trump et Bolsonaro face à l’épidémie car d’avoir laissé mourir par milliers lors de la première vague n’a pas empêché les morts et les détresses respiratoires de la deuxième.

La restriction des libertés de circulation, confinements et couvre-feux, punissable en cas d’infraction de lourdes amendes, a été l’occasion pour le gouvernement français de limiter voire d’interdire l’expression syndicale. Sous la férule de Monarc 1er, les projets de cession des services publics vont bon train. Dans la RATP, les licenciements des travailleurs sous les anciens contrats ‘maison’ se multiplient en vue de la privatisation imminente des bus prévue pour 2022. Le projet Hercule pour EDF qui va scinder l’activité en trois entités fait pour complaire aux exigences de concurrence de l’Union européenne va démanteler une production intégrée d’électricité  au niveau national.

La petite bourgeoisie urbaine des pays occidentaux, semi-cultivée, empêchée dans son mode de vie, empêtrée dans des jugements souvent non fondés, s’est trouvé une vocation révolutionnaire. Elle a protesté contre la privation de ‘libertés’ quand lui furent imposés port de masque et distanciation physique. Cette réelle détresse exprime une réaction à l’entrave à sa consommation qui de toutes les façons est enfermée dans les faux choix du mode de production capitaliste. 

Une Hongroise chez les Turcs

Durant l’année écoulée, des indices nombreux avaient préparé les esprits à considérer qu’il fallait s’adapter à vivre avec ce virus, comme ce fut le cas à chaque fois que l’homme a rencontré des micro-organismes responsables de nouvelles maladies. Ce fut le cas à chaque fois qu’il a progressé dans la colonisation de la planète. Parmi les pathologies les plus anciennes, la fièvre des marais ou paludisme tue 500 000 personnes par an en raison d’une proximité de l’homme avec l’habitat d’insectes transmetteurs de parasites. La bilharziose, maladie parasitaire contractée sans hôte intermédiaire dans des eaux stagnantes, tue annuellement entre 20 000 et 200 000 dans des régions tropicales et subtropicales. Plus récemment, les épidémies mortelles dues au virus du Chikungunya et du virus Ebola témoignent de perturbations écologiques aux conséquences sanitaires souvent dramatiques.

La dispersion très facile de l’actuel coronavirus sur toute la planète en raison de sa capacité de survie dans le milieu extérieur, de sa transmission aisée par les voies aériennes en ont fait un problème rapidement planétaire en raison de la division internationale du travail et de l’intensité des échanges commerciaux. La solution ne peut s’envisager qu’à un niveau global.

L’attitude hautement criminelle de l’entité sioniste qui a délibérément privé le peuple palestinien de vaccination finira par se retourner contre elle. En effet, laisser croître des foyers épidémiques à proximité accroît la possibilité que surviennent des formes non sensibles aux efforts de prévention ciblant le “Peuple juif” exclusivement. Les travailleurs palestiniens dans la Palestine de 1948 sont exclus du programme de vaccination de l’entité qui a bloqué par ailleurs l’entrée des premières livraisons de vaccins aux deux millions de Gazaouis, toujours sous blocus depuis 2007.

Il conviendrait que soit pensée une stratégie vaccinale à l’échelle planétaire pour que soient couverts au plus vite plus de la moitié de la population mondiale dans des délais très brefs si l’on espère ne pas sélectionner des formes qui échapperaient à la vaccination conduite de façon anarchique et en tout les cas trop progressivement.

Pourquoi ne pas avoir lancé un vaste programme concerté avec une technologie éprouvée du virus inactivé. Certes, les épitopes sont en partie endommagés par le traitement chimique, certes, il faut adjoindre un adjuvant source très rarement d’effets secondaires, certes, cela impose de manipuler et de mettre en culture les virus avec les risques connus et mesurés que cela implique. Mais les chaines de fabrication sont aisées à réaliser car leur conception est maîtrisée, ce qui est un gain de temps. Les préparations vaccinales ne nécessitent pas des conditions de conservation et de transport très contraignantes.

En place et lieu d’une convergence résolue, le fractionnement des efforts a mis en compétition des fabricants privés soutenus massivement par des gouvernements occidentaux dominant le reste du monde grâce à leur monnaie imprimée selon leur besoin. Les bénéficiaires ont drainé à la fois les meilleures compétences disponibles et des ressources financières considérables, levée de capitaux sur les marchés financiers et commandes des Etats.

Il est vrai que la technologie de l’ARNm présente quelques avantages. Le virus n’est pas manipulé. Il n’est pas nécessaire d’adjoindre un adjuvant. Mais les chaines de production sont à concevoir avant d’être construites, la fragilité du matériel génétique est telle que beaucoup de fragments insignifiants contaminent un produit final à conserver dans des conditions de température drastiques et très coûteuses (-70°). Les retards constatés aux livraisons témoignent de la difficulté à assurer une qualité constante du produit final.

On estime que le prix de revient d’une dose injectée de Moderna ou de Pfizer s’élève à 15 euros contre 1,5 euro pour le vaccin d’Astra Zeneca, lui même assez sophistiqué puisqu’il s’agit, comme le vaccin russe Spoutnik V, d’une chimère que l’on sait produire en biologie moléculaire. On adjoint à un virus de chimpanzé non pathogène une instruction pour produire la protéine spiculaire.   

L’amplitude des effets secondaires est importante, inconnue avec les anciennes techniques. Elle a été estimée à près de 60% dans les deux études intermédiaires publiées par Pfizer et Moderna contre 20 à 30% chez les patients témoins. 

Les profits et le difficile cheminement d’une idée

 Le scandale financier de l’énergéticien Enron aux Usa au début des années 2000 nous a accoutumé à ce que ce soit la manne financière  récoltée par les actionnaires qui importe.  Les deux firmes qui ont été les premières, avec très peu de semaines d’avance, à présenter des résultats encourageants confiés secrètement aux responsables des gouvernements clients ont raflé la mise. On peut relever par contraste qu’Astra Zeneca a pris la peine de publier ses données dans une revue relue par des pairs, susceptibles en principe de comprendre et de critiquer les travaux qu’on leur confie. La commission européenne a tenu à ce que les contrats engagés avec les firmes soient tenus secrets aussi bien en terme de prix, de contraintes de livraison et de ‘respect’ du secret industriel. Cette opacité ne peut qu’accroître la méfiance des citoyens que ne convainquent plus les communications conseillées par la firme étasunienne d’ingénierie sociale, McKinsey. 

Il convient de souligner qu’il revient à une obscure chercheuse d’origine hongroise, Katelin Kariko, d’avoir obstinément cherché pendant des décennies à faire produire par des cellules de mammifères des médicaments en leur injectant l’ARNm codant pour ces molécules. Ses travaux, menés dans les pires difficultés, sans allocation de recherche, ont duré des années de 1990 à 2005.  Elle a fini par trouver au cours de sa collaboration avec l’immunologiste Drew Weissman à l’Université Penn de Philadelphie le moyen de feinter la vigilance du système immunitaire. Très rapidement, les brins d’ARNm synthétiques ayant une conformation reconnue immédiatement comme étrangère se font détruire, ils peuvent même mettre en danger le receveur en suscitant une violente réaction de rejet. Les nombreuses publications qui apportaient la preuve qu’un problème technique a pu être contourné n’ont pas reçu d’écho important. Les futurs fondateurs de BioNTech en Allemagne, le couple d’immunologistes turcs qui axaient leur recherche dans le domaine d’immuno-oncologie, ont compris qu’ils pouvaient tirer quelque profit de la manipulation d’ARN synthétique. Ils s’attellent à trouver des financeurs et créent leur entreprise en 2008.

Aux Usa, Derrick Rossi, un chercheur en post-doc à Stanford qui y a prêté attention, a  tenté de transformer des cellules adultes en cellules embryonnaires multi-potentes dans un but thérapeutique des maladies neuro-dégénératives. En 2009, il obtient quelques résultats. Il contacte un collègue de Harvard et, avec un professeur en ingénierie biomédicale, ils font appel à un entrepreneur qui avait déjà créé plusieurs start-up dans le domaine biomédical pour fonder Moderna en 2010. Un an plus tard, Moderna débauche le dirigeant de Biomérieux, le chimiste français Stéphane Bancel.

Les travaux pour faire avancer des thérapeutiques reposant sur l’injection de RNA synthétique se sont confrontés à une difficulté insurmontable. Le système immunitaire éduqué par la première injection rejette et détruit le matériel génétique injecté la seconde fois. Or, cette reconnaissance lors d’une prochaine exposition de l’intrus est le fondement de la conception d’une vaccination. 

Katelin Kariko avait été embauchée par BioNTech comme conseillère à la production en 2013.

Le séquençage du virus de Wuhan a été rendu public dès janvier par les virologues chinois. La connaissance accumulée des coronavirus de 2002-2003 et de 2012 a aidé à faire choisir la protéine spicule comme antigène cible. Les dirigeants des entreprises pharmaceutiques à l’affût de la bonne affaire ont vite compris, contrairement aux dirigeants politiques endormis par des conseillers indolents et sans doute incompétents, l’importance de l’épidémie à venir. Les deux équipes se sont immédiatement attelées à la tache, dès janvier-février 2020.

L’attention distraite par la presse dominante occidentale, on en oublierait presque qu’actuellement plus de cinquante vaccins candidats sont en cours de développement, dans leur deuxième ou troisième phase d’essais cliniques. En particulier, le Novavax, tout prêt à être finalisé et validé, offre la solution originale d’injecter la protéine spicule synthétisée dans des cellules bactériennes. Elle est produite dans sa conformation trimérique, encapsulée dans un réseau de tubules qui constitue son adjuvant. Très prometteur, il est pour l’instant le seul à avoir empêché l’arrivée du moindre virus Sars-Cov2 aux poumons du chimpanzé vacciné par cette technique. Il présente l’énorme avantage de ne pas nécessiter une chaîne de froid impossible à garantir pour la majorité de la population mondiale.

Cuba, la Chine et la Russie préparent également chacun un vaccin protéique.

Mais bien d’autres sont prêts à être employés. L’Occident a d’ores et déjà perdu la bataille sinon la guerre diplomatique sanitaire. La Russie et la Chine ont fourni près de 800 millions de doses vaccinales à 41 pays. La Russie vient d’offrir à l’Union africaine 300 millions de doses de Sputnik V quand avec une générosité d’un Harpagon condescendant, Monarc 1er va plaider pour que les pays du G7 transfèrent 3 à 5% de leur stock aux pays africains qu’ils ont contribués à appauvrir sans vergogne. Très investi dans la recherche biomédicale de pointe, Cuba est à la veille de lancer son programme de prévention de masse avec son propre vaccin, programme qu’il étendra aux touristes qui viendront visiter l’île sous blocus depuis 1962.

La guerre ou encore la course technologique dans cette pandémie n’est  pas de mise, elle se révèle péjorative dans son contrôle. 

Le système capitaliste basé sur la recherche du profit en exploitant un travail social qui est sa condition préalable tue plusieurs fois, même quand il prétend apporter des remèdes. La course (sans fin ?) à la vaccination des variants est désormais lancée.

Notes

(*) Le virus Sars-Cov-2 est constitué de son matériel génétique, une molécule d‘ARN simple brin enveloppée dans diverses structures. L’ARN avec sa protéine N de protection forme la nucléocapside. Cette structure est entourée par une enveloppe faite d’une protéine E et de protéine M (pour membrane). Dans cette enveloppe sont plantées les protéines spicule qui ont une partie interne à l’enveloppe mais dont l’essentiel est à sa face externe. Elles sont vues en microscopie électronique comme une couronne d’où le nom de cette famille de virus.  

La protéine S s’attache par une partie de sa surface appelée RBD à une structure, l’ACE2 qui est une enzyme présente à la surface de la majorité des cellules de l’organisme. L’ACE2 intervient physiologiquement en captant l’angiotensine I une protéine fondamentale, dans la régulation de la tension artérielle et de la perméabilité vasculaire pour contrebalancer les effets  d’autre  récepteur l’ACE. Indépendamment du fait que l’ACE2 est la porte d’entrée du virus dans les cellules de l’hôte, on ne sait pas si l’occupation virale de cette enzyme participe à la pathogénie du virus.

(**) Une transcriptase inverse qui transforme l’ARN en ADN et des enzymes de coupure et d’insertion, des intégrases. Il n’y a aucune possibilité qu’un morceau d’ARN s’insère spontanément dans le patrimoine génétique des cellules eucaryotes. Autant admettre alors que l’infection par elle-même, productrice de quantités considérable d’ARN par la cellule infectée, permet l’intégration de ce matériel étranger à l’espèce et au noyau  dans l’ADN.

  • 22 février 2021 à 00:00

“A quelle heure la fin du monde ?”

Par info@dedefensa.org

“A quelle heure la fin du monde ?”

22 février 2021 – On sait bien entendu que l’un des axes de la politique générale de l’administration Biden est une lutte intensive contre ce qu’il est coutume de désigner comme la ‘crise climatique’, marqué officiellement par l’Accord de Paris sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Vendredi, les USA ont à nouveau signé l’Accord, dont Trump avait retiré son pays. On sait bien entendu (suite) que l’administration Biden, qui réagit au quart de tour à tous les composants de la coalition progressiste-sociétale qui le soutient, répond ainsi au groupe des activistes climatiques très puissants au sein de cette gauche New Age regroupée dans le mouvement du wokenisme.

Ici, on s’attache plus particulièrement à des déclarations vendredi lors de l’émission de la CBS ‘This Morning’, de John Kerry, qui est en charge de la crise climatique dans l’administration Biden. Les déclarations de Kerry sont très alarmistes, ici reprises par WND via Breitbart News. Écoutons-le avant d’en discuter, – et, comme on verra, “discuter” plus de l’état d’esprit de Kerry que de la valeur intrinsèque de ses déclarations.

« Le monde n’a plus que neuf ans pour “éviter les pires conséquences” de la crise climatique, a averti le Conseiller Spécial pour le climat du président Biden, l’ancien sénateur et ancien secrétaire d'État John Kerry.
» [L]es scientifiques nous ont dit il y a trois ans que nous avions douze ans pour éviter les pires conséquences de la crise climatique. Trois ans se sont passées, il nous reste donc neuf ans”, a-t-il déclaré au journaliste de CBS et présentateur de l’émission ‘This Morning’, Ben Tracy, dans une interview diffusée vendredi et reprise par Breitbart News.
» “Il n'y a plus de place pour la complaisance et l’attentisme”, a déclaré Kerry. “Désormais, on ne peut plus faire semblant.”
» Les avertissements de Kerry concernant l'échéance de 2030 pour la planète sont basés sur les interprétations d'un rapport spécial en 2018 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies. Le journal ‘The Guardian’ avait titré son article sur le rapport “Nous avons 12 ans pour limiter la catastrophe du changement climatique, prévient l’ONU”. Mais même les partisans du rapport précisent que ce document ne dit pas cela. Le rapport conclut que si les gouvernements veulent limiter le réchauffement climatique à un degré Fahrenheit au-dessus des niveaux actuels, ils doivent réduire les émissions de gaz à effet de serre de moitié environ d’ici 2030 et les supprimer totalement vers le milieu du siècle.
» En 1992, lors du sommet de Rio sur le climat, les militants avaient déclaré que le monde n’avait que dix ans pour maîtriser le réchauffement climatique.
» Dans l’interview accordée à CBS, Kerry a déclaré que les conditions climatiques hivernales rigoureuses actuelles [aux USA, notamment au Texas], sont “directement liées au réchauffement climatique, même si un jugement sommaire vous pousse à dire ‘Attendez un peu, c’est une nouvelle ère glaciaire’”.
» “Ce n’est pas le cas” a affirmé Kerry. “Cela vient du réchauffement de la planète qui bouleverse tous les standards des modèles météorologiques”.
» Kerry a également déclaré que même si “nous faisions tout ce que nous avons dit que nous allons faire avec l’Accord de Paris, nous verrions la température de la Terre augmenter d'environ 3,7 degrés ou plus, ce qui est catastrophique”.
» Intervenant à la visioconférence sur la Sécurité de Munich, Biden a annoncé vendredi que les États-Unis ont officiellement adhéré de nouveau à l’Accord de Paris, sans ratification du Sénat, un mois après avoir signé une directive annulant la politique de l’administration Trump.
» Biden a déclaré que les États-Unis ne veulent “plus retarder au moins une action minimale pour lutter contre le changement climatique”.
» “Il s’agit d’une crise existentielle mondiale”, a déclaré M. Biden. “À partir d’aujourd’hui, les États-Unis sont officiellement de nouveau partie à l’accord de Paris, que nous avons contribué à mettre en place”. »

On laisse donc de côté la validité des déclarations de Kerry, non sans remarquer, bien entendu, qu’il noircit fortement et d’une manière faussaire le tableau par rapport à la source dont il se réclame, elle-même présentée d’une manière faussaire (« [L]es scientifiques nous ont dit il y a trois ans... », alors qu’il s’agit du GIEC de l’ONU, qui ne représente pas certainement ‘tous les scientifiques’ comme si l’on parlait de la Science). Comme on le lit dans le texte, on comprend que Kerry s’en tient quasi-modestement, sans préciser ni le jour ni l’heure, à l’annonce de fin du monde pour 2030 ; il suit en cela un titre d’un article du Guardian de l’époque (qui ne reflète pas le texte qu’il chapeaute), alors que le GIEC lui-même ne parle que de la nécessité d’une réduction considérable (50%) des émissions de CO2, suivie de 100% de réduction en 2050 pour limiter le réchauffement.

On distingue ce qu’il m’importe de signaler : l’extrême ‘amateurisme’ du propos, ou bien parlera-t-on des libertés complètes prises par rapport aux faits, même ceux qui sont contestés par les climatosceptiques, pour les besoins impératifs de la communication. On en vient finalement, sans trop de difficulté ni d’hésitation, à l’impression que ce qui importe dans la démarche de Kerry, c’est moins la véracité de la situation en perspective que la force spectaculaire de l’effet.

Là-dessus, on doit comprendre, finalement là aussi, qu’il ne m’importe en aucune façon de prendre part, sinon prendre position dans le débat sur ces faits/ces précisions, comme, d’une façon générale, sur toute l’argumentation des activistes-climatiques contre les climatosceptiques. Je laisse cela de côté, à l’inconnaissance, car nous sommes de toutes les façons en terra incognita du fait de l’abondance des acteurs, de leurs affirmations contradictoires, de leurs engagements idéologiques, de leur rage sinon de leur haine, et des deux côtés tout cela, et dans un environnement où il est évidemment impossible de saisir ce qui pourrait prétendre être une vérité-de-situation. Dans ce désordre chaotique, l’inconnaissance c’est la sagesse même.

(De même, je laisse de côté le reste du texte, consacré à une critique en règle de tous ces riches activistes-climatiques qui se baladent en jet privé, grevant très-très lourdement leur ‘empreinte-carbone’ ; il est question notamment de Kerry et de Bill Gates...)

Par contre, l’attitude de Kerry m’intéresse, d’autant que le bonhomme ne nous est pas inconnu dans le cours de son action publique. Comme nous tous qui veillons attentivement aux affaires du monde, j’ai été confronté aux nouvelles, aux commentaires, aux remarques, etc., sur son activité diplomatique entre 2013 et 2016, lui-même succédant à Hillary Clinton au département d’État.

Quelle différence de style ! Là où Hillary faisait des éclaboussures et des éclats divers sans grâce particulière, Kerry était feutré, arrangeant, élégant. Il s’entendait parfaitement bien avec les Russes, notamment avec son vis-à-vis Lavrov, – presque de la complicité entre les deux, dans une période d’intense confrontation, en Syrie principalement. Au contraire, on le vit beaucoup moins sur la question de l’Ukraine, où la confrontation USA-Russie était frontale dans ce cas et basée sur des éléments qui inaugurèrent le déterminisme-narrativiste dans sa forme la plus achevée. L’affaire fut laissée à la folie paranoïaque d’une Nuland ou aux airs de faux-dur pour une poignée de quelques centaines de milliers de dollars d’un Joe Biden [tiens tiens...] ; ou bien aux mulets utiles de l’OTAN ; ou bien aux Européens, fourre-tout également utiles dans la circonstance.

Kerry semblait être un homme soucieux d’éviter la confrontation avec l’essentiel (la Russie), et sur l’essentiel (l’Ukraine dans ce cas), pour se garder tout l’espace nécessaire, pour tenter de trouver des arrangements. J’en viendrais à penser que, dans le paysage chaotique des USA depuis 2001, c’est à peu près le seul homme qui retrouva les us & coutumes du temps où les USA avaient une diplomatie, pour tenter de rétablir une certaine ‘entente dans la mésentente’ au niveau des relations internationales. Bref, le portrait était celui d’un persionnage mesuré, de bon aloi et de bon sentiment, appliquant les avantages de la force des USA, plutôt attentif au gant de velours dès lors qu’il allait de soi que la main de fer était à sa place.

Alors voilà ! Je ne le retrouve plus.

Déjà, il avait accueilli sa nomination dans l’équipe Biden sur un ton bondissant et échevelé : « Nous allons vivre dans des temps excitants ! » (“exciting times”) ; et puis là, maintenant, nous annonçant la fin du monde, sans la moindre vergogne ni l’attention minimale même pour sa source qui est pourtant de son parti. Allons donc ! Avec des déclarations pareilles, allez reprocher aux commentateurs et aux blogueurs indépendants de tirer des prévisions apocalyptiques (dans d’autres sens et d’autres domaines) ; et étonnez-vous que les comploteurs du complotisme vous soupçonnent de complot catastrophiste, alors que vous, ministres officiels, parlez de la Fin des Temps exactement comme ferait un complotiste avide de capturer notre attention.

Encore une fois, pour ne pas perdre le fil, je répète que je me fiche bien, pour cette occurrence puisque mon choix est de n’en pas faire mon sujet, de la crise climatique et des prévisions catastrophiques qu’on peut faire ou dénoncer. Mon sujet, ce qui m’intéresse est de savoir comment le John Kerry de 2013-2016 en est arrivé là, comment l’homme de la mesure en arrive à la démesure. Eh bien, j’y vois un signe de plus de la folie qui a empoigné notre monde, et particulièrement les USA au temps de Trump et de la haine-de-Trump.

Je vous parle de l’humeur terrible, de la couleur violente de la psychologie, et pas des objets qui mettent en évidence l’évolution de ces choses sinon pour en signaler les causes. Je crois que ce John Kerry est victime, comme tant d’autres, d’un climat qui pèse sur les psychologies pour les emporter dans une tempête nécessairement collective qui est la marque du paroxysme de la Grande Crise. Que lui-même, qui fut si différent dans des temps où d’autres tensions existaient pourtant, en soit touché également, cela marque la puissance extraordinaire de la chose.

Car la Grande Crise, la vrai de vrai, est effectivement ‘climatique’, mais dans le sens où elle a installé un climat qui interfère directement sur les psychologies et les conduit où bon lui semble, c’est-à-dire dans les paroxysmes de nos extrêmes pas si loin des espaces des démences collectives.

Je dis cela pour lui (Kerry) parce que je suis frappé par son comportement, comme je pourrais le dire pour tant d’autres, de tous les partis, – car encore une fois, peu importe les sujets et les acteurs. Ce qui nous importe est bien entendu ce mystère extraordinaire qui nous emporte et se joue de nous, le spectacle du monde s’agitant comme s’il était pris de démence, mais en vérité pour provoquer chez nous ce qui semblerait être un élan de démence, qui serait en vérité comme un électrochoc nous forçant enfin à abdiquer nos prétentions, pour avoir l’esprit libre et tenter de revenir dans l’ordre, dans l’harmonie et dans l’équilibre du monde. Il faut parfois en passer par la démence hurlante d’une crise pour se débarrasser de la démence dissimulée du genre-Sapiens qui se croit maître du monde.

Tout cela n’empêcherait pas nécessairement, – je le note sur mon calepin, – qu’il y ait effectivement un événement type ‘Fin du Monde’ en 2030... D’ici là, vous verrez, tout peut arriver et jusqu’à ceci que les poules pourraient avoir des dents, au contraire de moi. ‘Exciting times, indeed’.

  • 22 février 2021 à 00:00

Le F-16, ou l'amour fou

Par info@dedefensa.org

Le F-16, ou l'amour fou

21 février 2021 – Voici le titre : « Le plan de l’USAF pour le remplacement du F-16 prend forme » (« The U.S. Air Force’s F-16 Replacement Plan Is Taking Shape ») ... Alors, vous comprenez, j’en ai le souffle coupé ! Parce que le remplacement du F-16, c’est une affaire réglée (‘a done deal’) depuis 1993 ! Et, peu à peu, en lisant le texte, je me suis dit avec angoisse que j’étais à court de raillerie, que je ne saurais commenter cette chose avec toute l’ardeur qu’elle mérite...

C’est-à-dire qu’il faut lire ce texte, n’est-ce pas, en n’oubliant tout de même pas que :

• le Pentagone lança en 1993 le programme Joint Strike Fighter (JSF, vous voyez ?) ;
• destiné à remplacer, au coût unitaire de 25-40 $millions selon la version, tous les avions de combat, – vous entendez, sonovobitches : ‘tous’ ! (F-15, F-16, F-18, AV-8A, A-10) – de l’USAF, de la Navy, du Marine Corps, pour le XXIe siècle au moins jusqu’en 2075, et idem pour les amis et les copains d’à-bord de l’OTAN et d’alentour, au grand galop, aussi pour les ‘bridés’ de la Corée du Sud au Japon, éventuellement les Russes de Eltsine avant que Poutine ne vienne, et puis deux ou trois clients extraterrestres (tiens, les Martiens, c’est d’actualité et vous comprenez alors ce que ‘Perseverance’ est allé faire sur la “planète rouge” comme on dit) ;
• comme ce site distingué (dedefensa.org) l’écrivait dans le deuxième texte sur les 756 référencés à la rubrique ‘JSF’, celui du 10 juin 2000, lorsqu’il semblait encore raisonnable d’abandonner ce programme qui s’annonçait comme catastrophique : « Le programme JSF existe certes mais il est également virtuel dans le sens où l’on a tenu pour acquises dès l’origine des données massives qui ont fait toute sa puissance quasiment fabuleuse (un programme qui atteindrait en finale $750-$1.000 milliards, qui imposerait un avion pour 50-75 ans, qui compterait 3.000 avions pour les forces armées américaines, 3.000 pour l’exportation, une trentaine de pays importateurs du JSF, quasiment déjà désignés, un peu comme on vous choisit arbitrairement pour avoir la chance de participer à une grande aventure qui vous dépasse). »
• et tout cela ferait le bonheur exemplaire de l’aviation de combat tout au long du XXIe siècle, et puis, pour clore le tout, – « Let’s Twist Again » comme dit le ‘lapin fou’ d’Alice !
• entretemps, et pour faire très-diablement sérieux comme il le méritait, le JSF fut baptisé F-35 ‘Lightning II’ ;
• ... C’est vous dire, – requiem in pace – que les funérailles du F-16 étaient prévus pour quatre-cinq années entre 2008 et 2013, et qu’on ne pleurerait pas cette relique du passé.

En attendant que ma bile s’étanche et s’épanche, on lit l’article de Caleb Larson, de RealClear Defense, relayant d’ailleurs ce jour un article de Breaking Defense (du 17 février 2021 d’ailleurs, – On n’me dit rien, on me cache tout !)

« Dans des commentaires donnés aux journalistes spécialisés du Defense Writers Group, le chef d’état-major de l’USAF, le Général Charles Q. Brown, a expliqué que l’USAF aimerait un nouveau chasseur ‘à partir de rien’ [NDlR : le moins cher possible en R&D et vite-fait] pour remplacer le F-16. Cela semblerait être un avion ayant des capacités ‘quelque part’ entre le F-16 et le F-35. “Je vous dirais aussi que je ne pense pas que tout le monde sera parfaitement d’accord avec ce que je dis”, a expliqué le Général Brown. “Mais j’énonce là une idée de départ, pour lancer un dialogue, une conversation”.
» Brown a précisé que le modèle serait provisoirement classé dans la catégorie des chasseurs de la génération “4 plus” [au moins ‘quatre et demie’] ou la génération “5 moins” [un peu plus que ‘quatre et demie’ quoique ‘moins que cinq’ ? ‘quatre trois-quarts’ par exemple ?], a indiqué Breaking Defense.
» Cette annonce fait suite à la récente acquisition par l'armée de l'air du nouveau F-15EX, la variante la plus avancée du F-15 à ce jour, pour remplacer les anciens F-15C de l’Air National Guard. Bien que la plate-forme F-15EX ne devrait pas survivre sur les champs de bataille modernes dans un espace aérien très conflictuel, cette plate-forme pourrait exceller dans les conflits sans menace sérieuse de défense aérienne, ou comme avion de défense aérienne de l’espace national.
» Au lieu de se contenter d’acheter des chasseurs F-16 plus récents et un peu plus performants, Brown a expliqué qu’il voulait que l’USAF puisse “développer quelque chose de nouveau et de différent. Ce n’est pas le F 16, – mais un nouvel avion avec les capacités du F-16 plus rapidement disponibles et utilisant une part de nos nouvelles capacités numériques”. Plus précisément, il serait important que le remplaçant du F-16 puisse réceptionner et mettre en place des mises à jour logicielles pendant qu’il est en vol afin de pouvoir offrir de plus grandes capacités, littéralement en plein combat.
» Bien que l’USAF se prépare dévoiler éventuellement un nouvel avion de combat de la 6e génération, elle a toujours besoin d'appareils capables d’exceller dans les combats à basse altitude, en partie pour préserver les heures de vol des chasseurs furtifs plus avancés comme le F-22 Raptor ou le F-35.
» L’âge moyen des chasseurs actuels en service dans l’USAF est de 28 ans, un âge avancé qui “augure mal d’une concurrence avec leurs adversaires”, a souligné le général Brown, d’où la nécessité d’un nouveau chasseur : “pour faire baisser la moyenne d’âge, pour avoir quelque chose de pertinent non seulement aujourd’hui, mais aussi largement dans le futur”.
» Au-delà des questions d’âge, le général Brown a également reconnu que le fait de s’appuyer sur le chasseur furtif F-35 a entraîné une usure excessive du moteur de la plate-forme. Bien que l’amélioration des programmes de maintenance puisse être une solution pour prolonger la durée de vie du moteur du F-35, une autre option pourrait simplement être de faire voler le F-35 moins souvent. “Je veux modérer l’utilisation de ces avions [F-35],” a expliqué le général Brown. “Vous ne conduisez pas votre Ferrari tous les jours pour aller au travail, vous ne la conduisez que le dimanche. C’est notre ‘haut de gamme’, nous voulons nous assurer de ne pas tout utiliser pour les combats bas de gamme... Nous ne voulons pas épuiser nos capacités maintenant alors que nous en aurons besoin demain”. »

D’abord, je vous dirais que l’USAF me semble un tantinet raciste ! Elle a attendu d’avoir deux ‘premières’ Africaines-Américaines pour vendre cette incroyable salade à pleurer de rire avant de mourir de honte du remplacement du F-16 par un pseudo-F-16 situé entre ‘encore un peu’ et ‘pas tout à fait plus du tout’ : le secrétaire à la défense Austin et le chef d’état-major de l’USAF Brown sont tous deux les premiers Africains-Américains, – mais oui, mais oui, – respectivement à ces postes. C’est un coup du ‘privilège blanc’, ça, et il en a fallu au général Brown pour prendre en charge ce fardeau, pour qu’il nous annonce cette incroyable bigarrure macédoine-bouillabaisse, en tentant de nous la faire prendre pour un délicieux caviar à-la-mode-de-Poutine, – c’est-à-dire capable de balayer toutes les prétentions aux armes technologiques des Russes.

Cela fait maintenant bien plus de dix ans que l’USAF hésite à ne pas dire qu’il faudrait peut-être des nouveaux zincs parce que les vieux vieillissent chaque année, les F-16 en tête, pendant que l’on fait parallèlement en sorte que les Ferrari modèle Monaco-F35 veuillent bien juste démarrer de trimestre en trimestre pour nous faire ‘pouêt-pouêt’ et puis ‘vroum-vroum’, avant de retourner sous hangar et sous cellophane ; et que ces nouveaux zincs ne pourraient être que de l’ancien (F-15 et F-16) retapé, relooké, maquillé, etc., éventuellement avec de nouvelles initiales (F-15EX), voire un nouveau nom (le F-16 transformé en F-36, avec peu de changement dans les chiffres et à peine un en plus du F-35, ce ne serait pas mal, non ?).

Quelle étrange aventure, les amis, juste du postmoderne déstructuré-restructuré, avec le JSF « camion à bombes » en 1996 (selon le chef d’état-major de l’USAF d’alors) devenant en 2021 Ferrari à ménager, uniquement pour les dimanches de non-confinement (selon le chef d’état-major d’ici et maintenant). Le pauvre général Brown obligé de jongler entre « génération “4 plus” » (mais beaucoup, beaucoup ‘plus’) et « génération “5 moins” » (mais vraiment à peine, à peine ‘moins’) en nous annonçant un successeur du F-16 qui sera un faux-vrai nouveau-F-16, ‘pas tout à fait le même, pas tout à fait un autre’, décrit avec minutie, comme si rien ne s’était passé, comme si la Ferrari acquise entretemps était évidemment, comme prévu, une chose d’exposition à n’utiliser qu’en cas d’inattendu-imprévu qui ne se produira pas, une chose d’un autre monde, “circulez y’a rien à voir”...

Le très pauvre-et-malheureux Général Brown, obligé de nous dire que l’usage des F-35 est décidément beaucoup trop intensif, surtout entre le hangar et l’aire de stationnement, et retour ; qu’il faut le laisser reposer entre les vols qu’il ne fait pas pour cause d’embouteillage avec lui-même, et ceux qu’il est obligé de ne pas faire pour ne pas s’embouteiller lui-même. Le JSF-F35 surutilisé ? Et le pauvre Général Brown nous cligne de l’œil en affirmant martialement « Je veux modérer l’utilisation de ces avions [F-35] » ... Black Lives Matter certes, mais le JSF pas davantage, lui aussi victime du privilège bureaucratique, de l’incroyable incurie des écuries d’Augias, surnom patenté du Pentagone...

C’est qu’il devient difficile, le grand écart entre le monde réel du JSF qui pête les boulons avec un moteur qu’il faut changer tous les quarts d’heure, et la narrative selon laquelle, finalement, le JSF c’est à prendre avec des archi-pincettes, il n’a été nommé F-35 que pour la frime, il est bien entendu destiné à ne pas servir vraiment, – “Bon Dieu, enfin ! Est-ce que ça vous viendrait à l’idée, à vous, de sortir votre Ferrari de son garage, en plein milieu de l’hiver qui gèle, au cœur du printemps qui pousse, en-dessous de l’été qui brûle, dans la nostalgie de l’automne qui glisse sur ‘les feuilles mortes [qui] se ramassent à la pelle’ ?”

Comprenez bien, le JSF, alias F-35, ce n’est pas un brol à mettre entre toutes les mains, surtout celles des pilotes militaires. C’est un brol de qualité supérieure, à garder, à conserver dans son écrin d’exposition, avec tous ses systèmes d’alarme si quelqu’un l’approche de trop près, à l’abri des regards indiscrets ; pour remplacer le F-16, mon bonhomme, il vaut mieux un vrai successeur-du-F16, un qui dit pas son vrai nom derrière son faux-nez, qui porte un masque, un simple F-16 vacciné contre la Covid fera l’affaire.

Et je songe à ces Européens épatants, malins comme des singes entre UE et OTAN, qui avaient choisi le JSF clef sur porte, histoire de se faire bien voir et d’être d’excellents auxiliaires de l’USAF... Il va falloir tout de même qu’eux, tous ces épatants Européens, qu'ils cherchent un successeur à leurs F-16 vieux de quarante ans... Un bon conseil, qu’ils attendent donc que l’USAF ait trouvé un successeur à ses F-16.

Cela fait du bien, comme ça, d’être au milieu de gens si intelligents, d’experts si brillants, de ‘soignants’ sachant vacciner les F-16 (et les Ferrari, j’espère aussi). On est vraiment tout à fait rassurés, le cœur plein d’allant. C’est vraiment une civilisation qui marche.

Bon, passons à autre chose en passant outre, comme ça, en passant...

  • 21 février 2021 à 00:00

Big Tech ou la tête (de moineau) ailleurs

Par info@dedefensa.org

Big Tech ou la tête (de moineau) ailleurs

20 février 2021 – Qui pourrait rêver, dans le maelstrom actuel des narrative et des radicalisation haineuses, de mettre ensemble, sur la même ligne, selon le même jugement, – l’Australie, le Canada, la Pologne et la Russie ? Qui pourrait rêver d’un cartel plus baroque, un patchwork de perceptions si différentes, parfois opposées, parfois marquées de fureurs antagonistes si imperméables à la mesure ? Eh bien, écoutez ceci : les Big Tech y sont parvenus ! Dans leur suffisance, leur arrogance, leur aveuglement et leur inculture, l’automaticité et l’immaturité des procédures dont ils se sont parés, les “Masters of the Universe” qui nous font trembler parviennent à susciter de telles unions Australie-Canada-Pologne-Russie ! Il faut reconnaître qu’il fallait le faire, et qu’ils l’ont fait.

Voici un compte-rendu assez baroque et assez détaillé pour être largement significatif de la situation à mettre en évidence, que j’emprunte au site WDIM (WhatDoesItMeans), à la réputation si baroque et souvent sulfureuse-complotiste dans le passé, devenu dans diverses occasions, à cause de l’évolution crisique, assez précieux pour les comptes-rendus qu’il nous donne. La traduction du passage est une véritable adaptation, pour s’accommoder du style assez étonnant que WMDI emploie en général. Il s’agit donc des performances censureuses des Big Tech dans la semaine qui vient de s’écouler, illustrant ce qui est désigné comme « Un niveau de censure de masse sans précédent en Amérique » :

« ... Le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, a chargé la Commission des affaires étrangères de cette assemblée d’exhorter les organisations internationales à examiner la situation de la liberté d’expression aux États-Unis. En commentaire de cette recommandation, le président Poutine a dénoncé la polarisation idéologique et la censure généralisée des géants technologiques [Big Tech] de gauche aux Etats-Unis. Il a fait des déclarations critiques à leur sujet : “Ces soi-disant plates-formes, [les géants de Big Tech], sont un sérieux défi non seulement pour nous... On voit ce qui s’est passé aux États-Unis... S’ils se comportent ainsi dans leur pays, comment vont-ils traiter les autres alors qu’ils se considèrent comme exceptionnels ?”
» ...Facebook, a [indirectement] presque immédiatement répondu à la question soulevée par Poutine, lorsqu’en bloquant toutes les informations publiées en Australie, il a “involontairement” censuré les organisations caritatives, les organismes de santé et les sites gouvernementaux de ce pays. Le Premier ministre australien, Scott Morrison a commenté : “Facebook a attaqué une nation souveraine, nous ne serons pas intimidés”. Le Canada s’est rangé du côté de l’Australie : “Nous ne serons pas intimidés si ce géant de la technologie cherchait à se venger de nous”. La Pologne a déclaré à son tour qu’elle infligerait une amende de $13,5 millions dans chaque cas où un de ces Big Tech de gauche déciderait de censurer un contenu idéologique : “La Pologne a passé 45 ans sous le communisme... Cela nous a appris la valeur de la liberté d'expression”.
» Les mesures de défense de la liberté d’expression prises par la Russie, l’Australie, le Canada et la Pologne arrivent au moment où les journalistes américains de gauche saluent l’Ukraine pour avoir ouvert un dossier criminel contre le populaire YouTuber Anatoly Shariy, l’accusant de “discréditer la politique de l’Ukraine”. Lorsque le journaliste d’investigation conservateur américain Paul Sperry a dénoncé cet acte, il a été censuré par Twitter. Sperry a répliqué : “S’ils peuvent harceler et censurer un journaliste professionnel, ils peuvent faire taire n’importe qui”. Cela s’est confirmé il y a quelques heures [le 19 février], lorsque Google a ordonné à son service vidéo YouTube de supprimer une interview par Newsmax du président Donald Trump saluant son ami Rush Limbaugh, [le très fameux commentateur-radio conservateur qui vient de mourir du cancer]. Le même YouTube a censuré dans le même temps des milliers de commentaires négatifs contre [la CEO de Disney] Kathleen Kennedy, qui venait de mettre en ligne une vidéo vantant l’ascension professionnelle des femmes quelques jours seulement après avoir licencié l’actrice conservatrice Gina Carano pour ses propos politiquement incorrects ; après quoi YouTube s’est révélé carrément orwellien en censurant toutes les vidéos d’une conférence universitaire sur les dangers de la censure. »

Aux États-Unis même, la fronde contre les Big Tech est largement engagée. Il y a actuellement au moins trente États de l’Union (sur 51), comme la Floride ou les Dakotas, qui ont adopté ou travaillent sur des législations de contrôle de Big Tech comprenant des impôts, des amendes et des interdictions en cas de censure. Le comportement des États (ceux qui sont conduits par des républicains, certes, mais aussi d’autres conduits pas des démocrates) contraste absolument avec le Congrès de Washington D.C., où la corruption des Big Tech et les groupes de pression wokenistes financés par le Corporate Power assure une certaine impunité aux susdits Big Tech.

Le discours et les écrits sur la liberté d’expression, la censure des Big Tech, leur monopole (ou ce qu’il en reste) sont aujourd’hui extrêmement nombreux, prolifiques, de plus en plus incisifs. Le sujet est désormais abordé comme une quasi-évidence, sans même qu’il soit fait référence d’une possible intervention de Washington D.C. (Congrès ou administration) : la critique est au niveau des pouvoirs locaux et extérieurs, de l’opinion publique dans ses expressions les plus diverses et les plus largement diffusées, – y compris dans les... réseaux sociaux.

En effet, un autre domaine où les Big Tech se trouvent confrontés à une sérieuse opposition et à une critique grandissante est celui du développement de réseaux alternatifs concurrents, et le plus souvent adversaires affirmés des Big Tech. C’est un phénomène absolument actuel et très nouveau, qui a explosé sur la fin de 2020 et au début de cette année...Tout cela va vraiment très-vite

La chose est mise en évidence dans un récent article de Valeurs Actuelles (du 15 février 2021) :

« C’est un chiffre record : 53 % de la population mondiale utilisent les réseaux sociaux, selon le Global Digital Report d’octobre 2020. Ce rapport publié par Hootsuite et We Are Social, qui s'attache à délivrer régulièrement un état des lieux de l'usage des réseaux sociaux n'a pu que constater l'augmentation constante d'utilisateurs, avec pas moins de 453 millions de nouveaux usagers enregistrés entre 2019 et 2020. Une preuve de l’influence toujours plus grandissante des entreprises telles que Facebook, Snapchat, Tik Tok ou Twitter, qui comptabilisent à elles-seules plus de quatre milliards d’utilisateurs à travers le monde. En vingt ans, le marché des réseaux sociaux s’est en effet développé à tel point qu’il devient impossible de ne pas percevoir les conséquences qu’il engendre sur nos sociétés. Lanceurs d’alerte et intellectuels s’évertuent depuis des années à interpeller médias et pouvoirs publics afin de susciter une prise de conscience des utilisateurs de ces réseaux sociaux concernant leurs libertés individuelles. Remise en question de la liberté d’expression, censure ou encore collecte de données personnelles... Toutes ces dérives se sont cristallisées au cours de l’année 2020 qui n’a fait qu’accélérer et révéler une suspicion légitime de la part des utilisateurs des réseaux sociaux. Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir franchi le pas, en préférant être “connectés” sur des réseaux alternatifs, moins populaires mais souvent plus respectueux des libertés... »

L’article présente, parmi d’autres, trois réseaux alternatifs aux destins divers : Signal, Parler, Gab. Tous ces réseaux sont d’ailleurs en constante évolution, comme on le voit notamment avec Gab, dont nous avons suivi l’explosion de la popularité depuis janvier et la censure de Trump sur Twitter. Depuis début janvier, d’ailleurs, on a pu voir Gab passer, selon mon appréciation, du statut de soutien inconditionnel de Trump à celui de représentant d’une communauté chrétienne extrêmement militante et combative, et bien entendu anti-wokeniste.

(Détail intéressant, à garder à l’esprit : les chrétiens US acceptant, choisissant même de se considérer comme une communauté comme les autres, et non plus comme le ‘socle’ des USA ; par conséquent, prenant beaucoup plus la liberté de s’engager dans le combat idéologique comme partisane et partie prenante pour ses propres intérêts et sa propre idéologie, et non plus comme contraints par sa fidélité quasiment ontologique aux USA qu’ils avaient coutume de représenter à ne pas trop s’affirmer contre les autres communautés... Ce temps-là est fini.)

Tout cela donne une impression d’extrême rapidité, de fluidité déferlante même, une évolution au jour le jour stupéfiante, et qui va absolument dans le sens de la mise en cause radicale du monopole de Big Tech. Selon ce constat, on pourrait revenir sur les textes publiés lors de l’‘énorme’ événement de la censure de Trump par Twitter, – le 11 janvier 2021 (« Leur 1789-délire : les GAFAM sortent du bois ») et le 12 janvier 2021 (« GAFAM : les limites de l’exercice »). Il y était question de quelques prédictions de ce brave et vénérable PhG, selon lesquelles Big Tech, en s’affirmant comme censeur du monde entier, à visage découvert et en tombant les masques, s’engageait dans une voie catastrophique pour lui, celle du ‘Roi est nu’ (‘le censeur est nu’), devenant à la fois cible privilégiée et épouvantail à abattre :

« Je crois que la partie ne fait que commencer et que les GAFAM vont la sentir passer, sévère et méchante. Ces crétins du capitalisme postmoderne et de la religion du Start-Up Ducon, n’ont pas compris qu’on ne peut être à la fois vertueux et abuser de la vertu sinon en s’en dissimulant, comme un bon vieux capitaliste bourgeois de la fin-XIXème, promenant discrètement ses fantasmes dans les bordels chics de la Belle Époque. Ils sont complètement indécrottables (je parle des GAFAM, pas du vieux bourgeois fin-XIXème) et, en plus ou en moins, sans expérience sérieuse car ce n’est pas du tout acquérir de l’expérience que d’empiler des $milliards.
» Elles sonnent de tous les côtés, les analyses et prédictions apocalyptiques et pandémiques de notre entrée dans l’univers carcéral de la dictature numérique cosmique saupoudrée de dictature sanitaire. Moi, je crois exactement, parfaitement le contraire. Les GAFAM, pour leur domaine mais avec un formidable effet d’entraînement sur la “nef des fous” des démocrates du Congrès et des wokenistes, ont mis en marche une terrifiante machine infernale, du type “le roi est nu” en mode nucléaire. L’épouvantail va s’avérer épouvantable, simulacre trop hâtivement recousu, le dictateur-bidon pointant son visage imberbe sous l’humaniste transhumaniste de la communication globale. Foutaise qu’un peu de sable efface, dans le formidable désordre des contradictions idéologiques de la Grande Crise. »

Vous comprenez que je ne retire pas un mot et que j’en rajouterais plutôt, et notamment en considérant le spectacle à peine un gros mois plus tard. Le crédit de Big Tech est en piqué abyssal, et le sport favori devient de taper sur le censeur-wokenisé-du-monde qu’il est devenu avec le coup de la censure de Trump, suivie d’actes incroyables comme la censure d’un pays entier comme l’Australie et la navigation dans les eaux orwelliennes ; alors qu’il était, auparavant, censeur-en-catimini que personne ne songeait vraiment à mettre en cause, tout le monde étant fasciné par les formules taillées par la communication américaniste qui vous met KO-debout par son caractère impératif. Les petits crétins arrogants gonflés de $milliards des Big Tech sont pris dans un tourbillon qui va les dépasser vite-fait, qui va les voir marris, qui leur coûtera la peau des fesses.

En attendant, voici le constat qui, à mon avis, s’impose irrésistiblement. Le monde des réseaux sociaux, qui est, qu’on le veuille ou non, la respiration ‘démocratique’ du monde-nouveau, ex-NouveauMonde, est passé d’un état de dictature-soft de Big Tech à une spirale inarrêtable de désordre où toutes les opinions, toutes les entreprises antagonistes, tous les complots et toutes les narrative vont tourner dans une Valse à mille-temps complètement échevelée.

Big Tech, tu ne sais pas y faire. La dictature, c’est un boulot sérieux, il demande qu’on soit au moins sevrés pour y réussir. Mais non, le désordre, le désordre, et des petites têtes de moineau à-la-Zuckerberg.

  • 20 février 2021 à 00:00

La Covid à l’arme blanche

Par info@dedefensa.org

La Covid à l’arme blanche

• Articles du 19 février 2021. • Peut-on envisager une structure d’opposition, de contestation radicale du Système, à l’occasion de la crise-Covid devenue ‘structure crisique’ (tension permanente) qui produit naturellement des réactions de plus en plus violentes dans le public ? • Un mouvement déjà organisé en Allemagne va dans ce sens. • Il inspire un texte exposant la logique de cette opposition radicale en l’inscrivant dans le but politique de la libération de l’hégémonie US sur l’Europe. • Contributions : dedefensa.org, Paul Craig Roberts et Klaus Madersbacher.

Voici un texte d’un, mouvement allemand contestataire, qui se désigne lui-même sous l’étiquette ‘Querdenken’ dont la traduction, avec adaptation selon les circonstances constatées, – tout cela dans la mesure de nos très faibles capacités, pour ne pas dire inexistantes, vis-à-vis de la langue allemande, – nous semblerait pouvoir être justement rendue par l’expression de “pensée non-conformiste” un peu selon la référence ‘opérationnelle’ des “anticonformistes” français des années 1930.

(Ce mouvement, définissait de manière informelle divers courant, aussi bien les personnalistes de Emmanuel Berl que les ‘non-conformistes’ de Aron (Robert)-Dandieu. Nous tenons prêts les sels pour les personnes sensibles qui pourraient perdre conscience sur le divan confortable de style Bobo-XXIe à la pensée de l’interprétation pavlovienne-fasciste, qui surgit inévitablement, comme une poussée d’urticaire. Les les ‘non-conformistes’ n’étaient pas des Hitler grimés en agneaux franchouillard puisqu’Hitler n’était pas encore ce qu’il fut ; c’étaient des intellectuels sérieux et originaux, comme il nous en manque tant, aujourd’hui où nous sommes coincés entre les élites-zombie récitant leur simulacre-Système et les opposants-complotistes appelant aux armes contre un adversaire-Système dont ils disent qu’il a déjà gagné. Si la gauche pacifiste n’avait pas été sensible au charme de l’ex-caporal de la Grande Guerre jusqu’en 1933-34, et le centre insaisissable et évidemment bourgeois et financier, au charme de le “vie intense” de l’américanisme, ultra-productiviste, tayloriste et de Wall Street, peut-être ces gens-là [les ‘non-conformistes’] auraient-ils pu produire l’une chose intéressante ou l’autre, comme celle d’une impulsion permettant d’éviter la Deuxième Guerre mondiale. Dans tous les cas, ils montraient déjà l’orientation qu’on retrouve chez ‘Querdenken’ : à la fois une opposition au Système et une opposition à l’américanisme [Voir ‘Le Cancer américain’ [*], de Aron-Dandieu, publié avant le phénomène du fascisme dans toute sa puissance d’influence, et donc libre de cette narrative qui permet depuis trois-quarts de siècle aux progressistes-sociétaux d’être les zélés employés du Système tout en sauvegardant leur vertu.])

Querdenken’ peut être présenté, selon une interprétation libre de toutes les étiquettes dont nous abreuve à dessein le Système, comme l’expression d’un besoin absolument vital d’alternative à l’actuel régime politique, exacerbé et tenu en état de constante tension avec des attaques tout aussi constantes contre les dogmes des libertés dites-‘démocratiques’ par la crise-Covid, ses hauts et ses bas, les atteintes concrètes justement aux libertés collectives et individuelles qu’elle implique, etc. A cet égard, la crise-Covid est absolument sans précédent ni équivalent d’aucune sorte dans la mesure où elle impose ce que nous nommerions une ‘structure crisique’ impliquant ce comportement des employés du Système, les dirigeants des pays du bloc-BAO, menaçant par confusion et impuissance, pour ‘lutter’ contre la Covid, la narrative-Système du simulacre ‘démocratique’. Point n’est besoin, à cet égard d’un tel comportement de ces employés que sont les dirigeants au service du Système, de déployer l’accusation d’une sorte de productivisme complotiste en prêtant au Système des complots sans nombre, foisonnant dans tous les sens, selon les visions des nihilistes qui se font vertu d’une opposition radicale, insurrectionnelle et sans espoir, – du type : “combattons tous et par tous les moyens le Système qui, de toutes les façons, est plus fort que nous et a déjà gagné la partie” ; difficile de faire plus nihiliste, et donc hystériques utiles du Système.

Le Wikipédia sur le type de mouvement qu’est Querdenken, notamment sous la rubrique « Protests over COVID-19 policies in Germany », donne beaucoup d’indications factuelles avec des commentaires à partir de réactions qui restent finalement assez nuancées, malgré la récurrence de la tentation de l’étiquetage ‘extrême-droite’. Il est vrai que l’opposition à la campagne anti-Covid est d’abord un mouvement du public en général, toutes étiquettes idéologiques confondues ou sans nécessité d’étiquettes idéologiques. Il est difficile de le qualifier aussitôt de fasciste, et alors l'on dira que les temps sont durs pour les faiseurs de narrative.

L’originalité de ‘Querdenken’ est qu’il se place dans un courant de contestation qui se manifeste par une structure opérationnelle active, et qui se met en correspondance avec des mouvements similaires en Hollande et au Danemark notamment. On appréciera, surtout du côté français qui se targue si complaisamment d’une tradition révolutionnaire et contestatrice par opposition aux ‘pays du Nord’ de l’UE si alignés sur la narrative-Système, de constater que les mouvements sérieux d’opposition et de contestation contre le Système au travers de la structure crisique Covid, se trouve essentiellement dans les ‘pays du Nord’. La France préfère le grand exercice de masturbation du Grand Remplacement,  à propos de l’‘islamo-gauchisme’, de l’identité, de la souveraineté, des retournements de veste de Mélenchon, de “l’horreur” d’un deuxième tour Macron-Le Pen, etc. ; tout cela, au moment où l’on cherche en vain, comme Diogène de Simone cherchait “un homme”, de quelle identité et de quelle souveraineté il s’agit en France, après un quart de siècle de la potion hypermagique et médiatique du docteur Chirac-Sarkozy-Hollande-Macron. Il est vrai que la France est raisonneuse, et entend, en même temps qu’elle disserte et nous avertit contre la Grande Crise, raison garder et honorer la si-française Raison qui se déploie contre la Covid

Le texte, en allemand au départ sur le site Antikrieg.com, a été repris en anglais par Paul Craig Roberts. Nous reprenons ainsi la présentation de PCG, suivi du texte d’Antikrieg.com, qui nous revient ainsi en français par les soins d’une traduction d’anglais en français. Ce fait en dit long : qu’un texte allemand, intéressant par rapport aux événements courants et concernant la situation européenne dans la structure crisique de la Covid, passe par une traduction et une publication aux USA, avant de venir en France, mère de toutes les révolutions-contestations en Europe... Triste France, donc. (Et triste nous-mêmes, obligés d’aller pêcher cela chez PCG, indifférents aux événements de contestation européens qui éveillent si peu d’échos dans le “douce France” où l’on ne cesse de débattre pour savoir s’il ne faudrait pas, un jour ou l’autre, songer à la révolte.)

Mais quoi ! Nous savons tous que la France est dans un état de coma-cataleptique sauf pour le débat incessant et bourdonnant des soignants, des sachants, et éventuellement des Olivier-Duhamel, à côté des agitations sur l’‘islamo-gauchisme’ et sans pouvoir, ni même tenter de lier l’un à l’autre. Ce n’est pas vraiment lui faire grief que d’énoncer toutes ces vérités : l’absence totale de la France en position de contestatrice en Europe, dans une situation générale pourtant insupportable, est peut-être un stratagème des forces du dehors et d’en-dessus pour décider des pays d’habitude si calmes et moutonniers à s’engager devant le constat inconscient que la France, qui se chargeait d’habitude de la besogne jusqu’à ses Gilets-Jaunes, ne fait plus rien du tout.

On fait trois remarques concernant ce texte ci-dessous :

• Pour ce qui concerne l’actuelle situation, le texte de Klaus Madersbacher, du site Antikrieg.com qui soutient et oriente ce mouvement, ne s’embarrasse pas de diverses accusations et mises en cause concernant les intentions et manigances du Système en connexion avec la Covid. Il mentionne l’un ou l’autre facteur, évoque le ‘Great Reset’ sans s’y attarder. Il préfère considérer la politique autour du coronavirus dans ses aspects pratiques et proposer une alternative au travers de diverses mesures extrêmement concrètes, sans s’attarder au débat autour du virus sinon pour instituer, dans un cadre nouveau et avec des autorités différentes, « les mesures raisonnables à prendre pour protéger la population de la Covid ».

• Un aspect original est que ce texte place l’essentiel de son argumentaire dans la recherche systématique de lutte contre l’hégémonie des USA sur l’Europe (au profit d’un rapprochement avec la Russie et la Chine) ; cela place la structure crisique-Covid sous une lumière nouvelle. En cela, l'argument renvoie aux ‘anticonformistes’ français vus plus haut avec Robert Aron-Dandieu, du début des années 1930, alors que le principal danger hérité des années 1920 était une lutte féroce contre l’américanisation de l’Europe. La différence est que la situation aux USA a évolué, qu’on identifie désormais les forces du Système (parti démocrate, wokenisme, bellicistes type-neocon et assimilés), tandis qu’il existe une partie considérable de la population US qui a pris conscience qu’elle est dans une position agressée (par le Système) comme les populations européennes, et donc objectivement alliées de ces populations.

• Il y a aussi, autre originalité, une forte référence faite à l’Iran de 1978-1979, avec la liquidation du Shah comme allié fondamental des USA dans la région, et la libération du pays par une ‘révolution’. Qu’elle soit islamiste, – mais chiite, c’est-à-dire opposée à l’islamisme djihadiste, – n’a qu’une importance mineure dans l’approche du texte. Ce qui compte est que le mouvement iranien est présenté comme révolutionnaire, alors qu’il est en général traité, dans les salons chics et globalistes des capitales du bloc-BAO comme ‘arriéré’, ‘rétrograde’, ‘réactionnaire’, etc. Cette interprétation a l’avantage, en rejoignant l’argument précédent, de nous dégager de la pseudo-solidarité-bidon du bloc-BAO (donc l’Europe avec les USA de Washington) contre le terrorisme djihadiste, que les mêmes USA, avec leurs amis du Golfe, entretiennent depuis des décennies à grands frais, missiles divers et conteneurs de dollars.

Le texte ci-dessous comprend une introduction de Paul Craig Roberts et le texte de Klaus Madersbacher sur le mouvement Querdenken.
 

(*) Publié en 1931 chez Rieder, puis longtemps introuvable ; re-publié en 2008 chez L’Âge d’homme.
 

dedefensa.org

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Révolution en Europe ?

Les médias américains donnent peu de nouvelles de l'Europe.  Ce qui est fourni est strictement de la narrative conforme.  Par conséquent, les Américains ne sont pas au courant de ce qui semble être un soulèvement populaire spontané, sans chef, contre les fermetures et les masques obligatoires. Il y a de grandes manifestations en Allemagne, et elles se sont étendues à Vienne et à Copenhague.  Le peuple a plus de bon sens que les pouvoirs publics et rejette les mesures anti-Covid.

Aux Pays-Bas, la Cour de La Haye a décidé que le couvre-feu Covid n'a pas de base légale et “constitue une violation de grande envergure du droit à la liberté de mouvement et à la vie privée et limite, entre autres, le droit à la liberté de réunion et de manifestation”. 

Klaus Madersbacher, propriétaire du site Antikrieg.com, pense que les dirigeants allemands associent la campagne basée sur la peur qui affirme les nouveaux contrôles gouvernementaux sur la vie et les activités des gens avec un programme hégémonique américain. Il estime qu'il s'agit d’un mouvement de masse révolutionnaire qui devrait maintenant s’organiser avec une direction conséquente afin d’obtenir l'indépendance des pays et de leurs peuples. 

On peut se demander si les Américains insouciants sont capables d'un tel projet révolutionnaire ou si les seules ‘protestations’ que produiront les Américains sont les émeutes Antifa et BLM financées par l'establishment qui pillent et brûlent des entreprises privées.

Paul Craig Roberts`

 

 

Un mouvement révolutionnaire de masse

Le QUERDENKEN est un mouvement de masse révolutionnaire dirigé contre le régime allemand contrôlé par les États-Unis, similaire en essence à la révolution du peuple iranien en 1978 contre la dictature du Shah en Iran dirigée par les États-Unis. Il convient de souligner que la révolution iranienne était une révolution pacifique au cours de laquelle les forces de sécurité iraniennes ont refusé de lutter contre leur propre peuple. Le même type de mouvement révolutionnaire semble émerger dans les pays sous la domination des Etats-Unis d'Amérique.

Au lieu de servir leur propre peuple, les régimes européens servent les intérêts de Washington, qui semble vouloir obtenir la suprématie sur le monde pour des raisons matérielles et aussi comme moyen de sortir de la crise économique dans laquelle ils se trouvent.

Le théâtre avec et autour du coronavirus est mis en scène dans l'intention explicite de distraire et de créer la peur et un climat d'insécurité générale qui conduit à des mesures de contrôle permettant un pouvoir hégémonique, menant éventuellement à un ‘Global Reset’ servant les intérêts de quelques-uns au détriment du plus grand nombre.  C'est contre ces mesures que les Allemands et les nations voisines se dressent dans une volonté sans précédent et imprévue de se défendre en tant que peuple et société. J’ai interprété les protestations de ces derniers mois comme des expressions claires que le peuple allemand n'est plus prêt à se soumettre à des gouvernements fantoches qui ne représentent pas les intérêts du peuple.

Les Allemands et les Européens sont utilisés comme soutien à la poussée de Washington/OTAN contre la Russie et l'Asie, ce qui est clairement contraire aux intérêts européens. Si une coopération spontanée s'instaure entre les peuples européens, les aspirations de Washington sont vaincues et des gouvernements représentatifs se formeront à la place des États fantoches de Washington. 

Comme les gouvernements européens au pouvoir ne sont ni désireux ni capables de représenter les intérêts de leurs peuples, ils ont perdu la confiance de ces derniers et ont perdu le droit de rester au pouvoir. Les mesures prescrites par la Constitution peuvent être suivies dans la mesure du possible pour les démettre de leurs fonctions.

Premières étapes/mesures

Dans un premier temps, un conseil révolutionnaire composé de deux ou trois membres par État fédéral devrait être élu.

Le conseil révolutionnaire n'acceptera aucune directive de l'UE, de Washington, ni aucun accord limitant l'exercice de la souveraineté nationale.

Les institutions gouvernementales et financières existantes continueront à fonctionner, mais le conseil révolutionnaire rétablira toutes les libertés civiles, telles que la liberté de circulation, la liberté de revenu, la liberté d’expression, la liberté de réunion et la liberté de voyager. La structure institutionnelle du gouvernement sera ensuite reconstruite de manière réfléchie pour être en accord avec les droits de l'homme et le bien-être national.

Les mesures de contrôle Covid seront abrogées.

La campagne de peur sera arrêtée et un débat public ouvert par des experts médicaux et scientifiques indépendants sera utilisé pour déterminer les mesures raisonnables à prendre pour protéger la population de la Covid.

Les mises à pied, les licenciements et les reprises de possession résultant des ordonnances sur les Covid seront annulés.

Les amendes et pénalités perçues en vertu des ordonnances Covid seront remboursées et les décisions de justice prises à l'encontre des citoyens en vertu des ordonnances Covid seront annulées.

La révolution iranienne contre le Shah montre que les mouvements de masse révolutionnaires peuvent être pacifiques. Pour reconstruire l'État au service du peuple, il faut une exigence constitutionnelle qui permette de ne pas adopter de loi dont on ne peut pas prouver qu'elle sert le peuple plutôt que des intérêts organisés.  Pour protéger l'intérêt du peuple, l'école sera utilisée pour soutenir l'éthique selon laquelle l'honneur, et non les intérêts matériels ou le service de l'ambition, est la base du service de l'État.

Ces objectifs idéalistes ne seront jamais pleinement atteints, mais leur culture consciente peut préserver la liberté des peuples européens.

Klaus Madersbacher

  • 19 février 2021 à 00:00

Shakespeare & Molière, en un Acte métaphysique

Par info@dedefensa.org

Shakespeare & Molière, en un Acte métaphysique

18 février 2021 – Je vais tenter de faire un parallèle analogique entre deux auteurs de deux nations différentes, mais toutes les deux chargées de gloire dans ‘nôtre’ Histoire commune, toutes deux ainsi que les deux auteurs constituant des événements à la fois symboliques, archétypiques, métaphoriques, mais aussi du domaine du mythe et du logos autant que de la métaphysique selon une approche que j’affectionne de l’histoire perçue et grandie en de la métaphysique de l’Histoire.

En écartant toute idée et suggestion de concurrence, d’évaluations comparées, du ‘suprémacisme’ (mot bienvenu pour l’un et pour l’autre) de l’un ou de l’autre par rapport à l’un ou l’autre, de susceptibilités nationales, etc. Mon jugement est d’ordre culturel dans le sens le plus large du verbe avec une très-forte dimension psychologique et intuitive, jusqu’à une approche logocratique, à la fois dans le sens civilisationnel et, à nouveau, métaphysique de l’Histoire ; et sans nul parti-pris de ma part entre les deux, bien entendu.

... Car c’est une occasion rêvée, et peut-être, et même sans aucun doute, que ces deux-là, ces deux grandes gloires de la culture et des arts, et de la pensée, se signalent dans un même moment, dans des circonstances complètement liées à l’actualité la plus brûlante, la plus pressante ; dans des conditions dont tout être digne de lui-même devrait avoir honte au nom de lui-même et des autres si les autres se taisent... Dans un temps marqué par une démence au-delà de toute mesure ; par un désir effréné de tuer tout ce qu’il y a dans le passé qui pourrait servir d’enseignement et d’exemple pour ce qui suit, et particulièrement pour notre temps ; par une crétinerie, une sottise, un ébahissement complet de la pensée... Enfin, vous voyez, n’est-ce pas, de quoi, de qui je veux parler...

Alors, je vais essayer de définir ce qui les rapproche jusqu’à en faire des frères quasiment jumeaux d’une civilisation qui aurait pu être (et qui ne le fut pas) un acte métaphysique décisif pour cette portion du cycle historique, le moment où cette portion du cycle déjà brutalement ébranlée, semble se donner quelques dernières chances, dont celle-ci, de se sauvegarder et de se hausser métaphysiquement et spirituellement avant la Chute... Au contraire comme l’on sait, l’on bascula dans la Chute grimée en modernité savante eyt en progrès aguicheur.

Bref, je ne les oppose en aucune façon, je ne les compare pas, je ne les classe pas ; j’apprécie le même symbole et le même mythe qu’ils représentent ; je les prends, les deux en un.. Et voici ce qu’il fait qu’ils sont “les deux en un”.

• Shakespeare et Molière représentent symboliquement (même si l’on en discute sans fin par ailleurs) ce qu’il y a de plus haut dans la langue de deux des plus grandes nations d’Europe, véhiculant les deux langues les plus importantes à différentes époques et occurrences, et représentant chacune un génie renvoyant à la civilisation dont chacune d'elle est l'émanation. Ne dit-on pas d’une façon imagée, pour l’anglais et le français, « dans la langue de Shakespeare » et « dans la langue de Molière ». (Je parle là en logocrate, pour lequel le langage a cette importance originelle, et gardant dans tous les temps cette opérationnalité. Je le suis absolument, logocrate. Je tiens que l’on peut être fascinés, emportés, inspirés, en écoutant du Shakespeare ou du Molière, sans rien entendre de l’anglais ni du français, par la simple beauté du verbe, la profondeur devinée des mots, le rythme et la musique que véhiculent ces mots. [*])

• Tous les deux, ils ont une personnalité mystérieuse et intrigante, éventuellement multiple ou prête-noms dissimulés, ce qui nous dispense de renvoyer à l’individualisme stupide et trompeur du génie personnel dont on nous accable tant pour les grands auteurs, pour au contraire nourrir l’idée infiniment plus féconde d’un génie collectif. Ils s’agit donc de Shakespeare et de Molière, mais qui sont précisément Shakespeare et Molière ? On sait que le mystère et la polémique entourent la personnalité de l’Anglais Shakespeare ; je signale ce texte pour l’illustration, il y en a tant d’autres, – et tant de noms cités derrière Shakespeare, – Francis Bacon, Christopher Marlowe, John Florio, etc., qui pourraient être la véritable plume de Shakespeare. Quant à Molière, même si la polémique est plus simple, elle est néanmoins extrêmement documentée : depuis un article de l’écrivain exotique Pierre Louÿs en 1921, elle reste très vivace comme le montre un documentaire très récent de Franck Ferrand dans la série ‘L’ombre d’un doute’ (chaîne Histoire). On, y suit une discussion particulièrement sérieuse, où se trouve fort bien soutenue et argumentée la thèse selon laquelle nombre de pièces de Molière parmi les plus grandes (‘Le Misanthrope’ notamment) ont été écrites par Pierre Corneille. C’était le temps où l’œuvre d’art était œuvre collective et donc propriété d’une culture plus que d’une personne.

• Tous deux, l’auteur-Shakespeare et l’auteur-Molière, se situent comme des phares culturels fondamentaux dans deux des plus grandes périodes, sinon les plus grandes, de ces deux grands pays européens, pour la plus grande gloire de la civilisation européenne selon l’idée, étrange aujourd’hui, qu’on en avait alors. L’auteur-Shakespeare est la gloire elle-même qui éclaire toute la période élisabéthaine (Élisabeth Ière) ; l’auteur-Molière est ce qu’il est pour le temps du plus grand Roi du Monde (Louis XIV).

• Ah oui, j’oubliais : ils étaient tous deux, morbleu, des « mâles blancs ».

C’est en même temps à peu près qu’on les passe à la trappe, la tête au bout d’une pique ; cela, au milieu d’un déluges extraordinaires de ce que je nommerais, qu’on me pardonne mon audace d’apparence néologiste, ‘un déluge guillotineur” ; parce que je trouve, qu’on me pardonne mes images douteuses, que les statues déboulonnées, les arguments développés, les anathèmes comme autant de papiers-toilette un peu usagés, ont tous le goût et l’odeur de la guillotine... Un bruit sec, la lame qui siffle, et ‘basta !’, – explications inutiles, évidences indiscutables.

C’est bien pour le symbole et pour la métaphore, et donc pour la signification de la chose, que nos wokenistes aient songé à liquider en même temps les deux types-« mâles blancs » dont je parle. Pour enrichir encore leurs dossiers à charge et agacer un peu plus ceux qui trouve que je fais trop long, voici l’une et l’autre précisions ou illustrations, pour situer l’environnement et l’esprit de mon propos, et montrer combien ce débat est extraordinairement actuel malgré qu’il s’agisse de « mâles blancs » vieux de trois et quatre siècles au moins...

Dans une sorte de simultanéité chronologique qui m’inspire beaucoup, on trouve beaucoup, en ce même moment, de cette sorte de textes où nos chers guillotineurs voudraient, – maintenant, soyons sérieux, hein !, – effacer (‘to cancel’) Shakespeare et Molière, d’une façon ou l’autre. (Pour Molière, c’est plus distingué, plus sympa, on parle de réécrire, l’original étant destiné à faire du papelard à usage multiple j’imagine, – débat cornélien certes mais on arrivera bien à l’élimination pour préserver l’environnement et les arbres qu’on abat pour faire du papier. Peu importe, l’intention y est parce que ces vieilles bardes.ses [au cas où ils seraient transgenres, Shakespeare et Molière] nous gonflent.)

• Pour définir Shakespeare, qu’on trouvait dans les environs romantiques de la campagne anglaise de Stratford-upon-Avon, j’ai choisi un extrait d’un texte (RT.com) de Frank Furedi, auteur et commentateur, auteur de ce livre qui en dit tant sur nos aujourd’hui : « How Fear Works: The Culture of Fear in the 21st Century ». Dans sa chronique sur le sujet que vous devinez, il évoque ainsi la tragédie-bouffe et néanmoins shakespearienne qui occupe nos esprits, et combien cela est absolument actuel, lors d’une promenade champêtre dans la somptueuse campagne deu Kent :

« Au fil des ans, je me suis habitué à ce que les gens m'informent que tel ou tel village ou ville de province qu’ils ont visité est si ‘blanc’. Je n’y pensais pas beaucoup jusqu’à ce qu’un collègue américain vienne me rendre visite dans mon ancienne maison du petit village de Throwley, dans le Kent. Après notre promenade, il m’a dit que bien que la campagne soit belle, le village était “trop blanc”. J’ai essayé de lui expliquer qu'il y a beaucoup de petits villages dans le monde qui sont ethniquement homogènes. Il a été stupéfait par ma réponse et a suggéré que Throwley était par définition une communauté culturellement et moralement inférieure à Londres et à d’autres endroits divers.
» Notre conversation s’est terminée lorsque j’ai fait remarquer à mon collègue américain que lorsque j’ai mené mes recherches de doctorat dans de petits villages de la vallée du Rift au Kenya, je n’ai jamais pensé qu’il était remarquable [et déplorable] que tous les membres de ces communautés soient manifestement noirs. Il ne m’est jamais venu à l'esprit que ces villages étaient “trop noirs”. À ses yeux, mon refus d’être d’accord avec sa déclaration selon laquelle Throwley était trop blanc indiquait que j’étais ir-ré-cu-pé-rable. »

• Pour Molière, je fais plus direct, mais en observant avec minutie ce caractère qui m’importe de voir dans ces événements considérable un phénomène complètement d’actualité et de notre temps. Là aussi, comme pour Shakespeare, je vais dans le sens catastrophique de citer des remarques qui, directement ou indirectement, prennent la voie complètement démente d’une certaine mise en cause de la démarche complètement accordée à son temps, nécessaire à nôtre temps, dont nous avons un si urgent besoin. Dans ce texte (‘Figaro-Vox’) d’Olivier Babeau, il est effet plaidé que l’un des bons usages de Molière serait de rechercher une critique de notre temps et prêter quelque utilité référentielle au passé. C’est dire...

« Réécrire Molière, serait baisser le niveau d’exigence et ne servirait qu’à augmenter encore un peu plus les inégalités. [...] Il ne s’agit que d’un prétexte pour masquer l’échec du système scolaire, et une tentative idéologique d’effacer une partie du passé à l’aune des critères moraux actuels... [...]
» Rester fidèle, autant que possible, au texte original, c’est permettre à nos élèves de prendre une utile distance critique vis-à-vis de leur propre époque et de les ouvrir aux réalités de l’histoire de notre civilisation. »

Tout cela semblerait relever d’une polémique déplorable, – déplorable parce que l’évidence nous en suggère tellement le sens. Je voudrais relever un peu la chose, sans me perdre à argumenter pour faire triompher ce qui serait mon point de vue sur leur catastrophique et exceptionnelle créatinémie, d’ailleurs parce que j’estime que dans cette sorte de polémique il n’y a pas de débat, donc pas de point de vue, parce que ce serait risquer de me charger de quelque poussière malséante que d’en faire valoir un ; parce que cela serait vraiment leur faire trop d’honneur et leur prêter trop d’attention, et une perte de mon temps précieux, que de leur opposer le moindre argument. Cela est parce que cela est, « les choses étant ce qu’elles sont » ; leur crétinerie est partie prenante de ce domaine

Par contre, il m’intéresse que les deux, si proches selon des rangements inhabituels, tels que je les ai détaillés plus haut, tombent sous les sabots de leur horde au même moment. Je crois alors que les hordes wokenistes ont désormais atteint leur ‘Point Omega inverti’, en s’attaquant à ces deux figures qui rassemblent tant de symboles jusqu’à être des mythes qui renvoient à l’habillage métaphysique de notre civilisation devenant contre-civilisation. Ils sont à la fois, Shakespeare et Molière, le dernier espoir de notre civilisation, et le premier regret de notre contre-civilisation ; une sorte de ‘dernière chance’ que le Ciel, au travers de leur expression transcrivant des intuitions primordiales, entendait nous offrir. Ils figurent ainsi assez bien les prémisses de la Chute et les premiers roulements de la Chute, en nous avertissant : “Voici la Chute” !

Je dois préciser à nouveau qu’il ne s’agit pas d’une interprétation chronologique, que Shakespeare-Molière indiqueraient un moment spécifique de l’Histoire où la Chute s’amorce, ou bien serait évitée selon ce que nous ferions de notre civilisation. Dans le grand courant de nos Derniers Temps, plusieurs occurrences de cette sorte peuvent apparaître dans le déroulement du Destin, à partir du moment où nous commençons à dévier (à partir du Temps des Cathédrales pour mon compte, voir ‘La Grâce’, Tome-II) ; et le moment où la Chute engagée est devenue irrésistible, irréversible. Je crois bien que dans ce décompte, l’occurrence Shakespeare-Molière présentée comme symbole et mythe à la fois, mais aussi comme métaphore pour cette occurrence, constituent l’une des dernières, voire la dernière possibilité d’interférer et de modifier l’élan de la Chute, ou de tenter de le faire. Dès le XVIIIe, tout est perdu tandis que se “déchaîne la Matière”.

Bien entendu, cette observation doit être comprise effectivement comme une métaphore pour nous ouvrir une perspective intuitive sur les événements courants. Lorsque l’on parle de deux grands esprits et grands initiés vieux de trois-quatre siècles, et des manigances présentes à leur encontre, on parle du destin de notre situation présente et immédiate et la métaphore demande à être entendue dans ce sens, selon cette situation chronologique historique. Lorsque ce sont ceux-là que la démence courante et néanmoins exceptionnaliste attaque comme de formidables démolisseurs agissant en surpuissance pour l’autodestruction, on doit y voir le signe que cette démence, comme le serpent qui forme cercle en se mordant la queue, atteint elle-même le moment où elle devient Chute elle-même. Je dirais volontiers, là-dessus, qu’il ne m’étonnerait nullement qu’il y ait, dans les yeux de Shakespeare & Molière, « mâles blancs » de trois-quatre siècles ressuscités pour être mieux soi-disant abaissés par les crétins, une dose non négligeable de goguenardise devant ce destin fort-déplorable.

Bien sûr, faire cette hypothèse et la développer comme je le fais, sans vergogne sur le domaine de la métaphysique, c’est peut-être audacieux ; certains trouveront cela audacieux, d’autres farfelue ; les uns et les autres se rencontreront pour y ajouter une solide dérision, eux qui ont le jugement sérieux et la perception rationnalisée. Je leur demande, à ceux-là, ce qu’il trouve de “sérieux” et de “rationnalisé” dans les événements que nous suivons dans nos Derniers Temps qui courent la chamade, notamment avec les hordes wokenistes. Je leur demande, aux mêmes, qu’est-ce qu’il trouve de “sérieux” et de “rationnel”, sinon selon quelque référence satanique et diabolique qui a toute sa place, dans cette fantastique entreprise de déconstructuration, de constante référence au Mal, de destructions, de dissolution et de néantisation.

Quand on se trouve dans des eaux si tourmentés, avec les foules des zombies-élites portant beaux leurs entonnoirs du dernier cri d’une mode que rien n’arrête, par ailleurs porte chef de rigueur lorsqu’on obtient une permission spéciale de sortie pour le week-end de l’asile, – c’est alors qu’il faut avoir de l’audace dans la pensée (et dans les hypothèses, et dans les incursions métaphysiques par conséquent).

Un de nos lecteurs (‘J.C.’) aime à citer la phrase-emblème, le fanion de notre action et de notre destin, – « Aujourd’hui, la sagesse c’est l’audace de la pensée. » Je crois que nous faisons preuve, ma pensée et moi, d’une certaine audace.

Note

(*) Je me rappelle les mémoires de Jouvet, en tournée en Amérique du Sud, jouant Alceste plusieurs jours de suite dans la même capitale, repérant le même spectateur tous les jours à la même place, le retrouvant lors d’un cocktail d’adieu au théâtre, allant vers lui pour lui dire quelques mots : l’autre ne parlait ni ne comprenait le français, il venait là pour la pure beauté de la langue

  • 18 février 2021 à 00:00

RepStit-USA2021 : “Président(e) Harris, I suppose ?”

Par info@dedefensa.org

RepStit-USA2021 : “Président(e) Harris, I suppose ?”

Cette fois, ce sont les premières indications assurées, quasiment officielles, de l’incapacité de Joe Biden d’assumer ses fonctions d’une façon satisfaisante, et donc de la nécessité que la vice-présidente en prenne une partie en charge. Il s’agit du coup de téléphonie de Harris à Macron, de la sorte que les chefs d’État échangent entre eux couramment, pour passer en revue l’état des relations bilatérales.

Cette sorte de travail, important dans la routine du pouvoir (ici, d’autant plus qu’il s’agit d’un partenaire important, la France), ne demande pas un effort physique surhumain mais par contre un certain état de normalité intellectuelle et psychologique. La circonstance indique clairement qu’il existe aujourd’hui des limites très sérieuses aux capacités d’action du président Biden, – qu’elles soient, physiques, psychologiques ou intellectuelles, qu’elles soient au niveau d’une pathologie ou d’un simple état de sénescence... D’autre part, on peut également, et en même temps (sans que cette interprétation annule l’autre, au contraire), considérer cette intervention de Harris, complètement néophyte en matière de politique internationale, comme une activité d’apprentissage de sa fonction présidentielle de facto selon l’état de Biden ; là aussi, une indication d’aggravation de la situation personnelle du président.

Voici un compte-rendu de RT.com (USA) sur cet événement. Il rend compte d’une « une tournure quelque peu inhabituelle du fonctionnement du pouvoir » dans le chef de la présidence, surtout au début d’un mandat où le président doit entendre assumer la plénitude des contacts internationaux pour asseoir sa position vis-à-vis de ses interlocuteurs internationaux tandis que le VP est traditionnellement, dans cette circonstance, complètement laissé dans l’ombre. (Nous sommes beaucoup plus affirmatifs à cet égard que le texte de RT.com, qui rend compte surtout de la version de la Maison-Blanche, qui est pure communication.)

Nous ignorons également si la précision de Biden qui prend un peu de repos à Camp David (résidence secondaire principale des présidents), notamment pour « jouer aux jeux vidéos avec ses petits enfants », est une précision officielle ou pas, voire même une sorte de plaisanterie ; si c’est une réaction venue de la communication de la Maison-Blanche, on reste un peu interdit devant une telle sorte de ‘précision’ dont l’effet est plutôt catastrophique.

Dans tous les cas, la précision enchaîne sur des interventions de la presseSystème soucieuse de faire un portrait touchant de Biden en ‘gentil grand’père’. C’est un peu léger comme attitude ‘journalistique‘ dans cette sorte d’occurrence et pour les débuts d’une présidence si controversée et si fragile. Cela confirme évidemment le rôle totalement pervers d’une presseSystème assumant avec entrain le rôle de presse-Pravda (ou ‘presstitute’ selon Paul Craig Roberts) ; rôle d’une totale dévotion, presque de forme religieuse et dans tous les cas pavlovienne, à la narrative complètement faussaire, par tous les moyens du bord, y compris les plus malsains et les plus contre-productifs, pour donner l’illusion d’une présidence ‘qui marche’. La pourriture est, à cet égard, dans un état très avancé, qui rend l’odeur difficilement supportable.

« Alors que le président américain Joe Biden faisait une pause à Camp David pour jouer aux jeux vidéo avec ses petits-enfants, son vice-président Kamala Harris a téléphoné au président français pour discuter des relations bilatérales, selon une tournure quelque peu inhabituelle du fonctionnement du pouvoir.
» Selon le compte-rendu de la Maison Blanche de l'appel de lundi, Harris et le président français Emmanuel Macron “se sont mis d'accord sur la nécessité d’une coopération bilatérale et multilatérale étroite pour affronter COVID-19, le changement climatique, et soutenir la démocratie chez nous et dans le monde” ainsi que les défis régionaux tels que ceux du Moyen-Orient et de l'Afrique “et la nécessité de les affronter ensemble”.
» Harris a également remercié Macron “pour son leadership sur la question de l'égalité des sexes”.
» S'il est assez normal que les vice-présidents participent aux appels que les présidents américains adressent aux autres dirigeants du monde, il est inhabituel qu’ils fassent ces appels seuls. C’est au moins la deuxième fois que Harris le fait jusqu’à présent. Le 1er février, elle a téléphoné au premier ministre canadien Justin Trudeau pour évoquer ses années de lycée à Montréal, mais aussi pour parler de “la diversité, de la crise du Covid-19, du changement climatique et d'autres questions”.
» Techniquement, Harris n’a fait que donner suite aux appels de Biden, – l’un de ses premiers appels après l’inauguration était destiné à Trudeau, et il a appelé Macron le 24 janvier, – mais cette pratique inhabituelle, associée aux inquiétudes existantes concernant l'âge avancé de Biden, a fait réagir les critiques de l'actuelle administration démocrate.
» “Ses séances de tutorat avec le secrétaire d'État doivent fonctionner rapidement”, a tweeté Richard Grenell, ancien directeur intérimaire du renseignement national et envoyé de Trump en Allemagne et dans les Balkans.
» Si Pence avait passé les appels à la place de Trump, tous les médias auraient consulté des médecins qui auraient diagnostiqué une incapacité physique et mentale, a tweeté le spécialiste Kambree Koa, rappelant la frénésie qui régnait sur la façon dont Trump descendait une rampe raide à West Point.
» Au lieu de cela, les principaux médias américains ont publié des articles sur la façon dont Biden se reposait à la retraite présidentielle de Camp David pendant le long week-end de la Journée des présidents, battant sa petite-fille au jeu de course Mario Kart, – ou des profils sur la façon exacte dont il aime la cheminée du Bureau ovale, passant soudainement et tout à fait hors de propos à des considérations sur des préoccupations liées à la crise du changement climatique.
» Biden, 78 ans, est la plus vieille personne à avoir prêté serment en tant que président des États-Unis. Harris, 56 ans, est largement considéré comme attendant dans les coulisses le poste le plus élevé. Le président lui-même a dit qu'il était un “candidat de transition”, il a nommé la présidence “l’administration Biden-Harris” et a même plaisanté, – peut-être   –en disant que s'il était en désaccord fondamental avec elle sur un principe moral, il “prétexterait une maladie et annoncerait sa volonté de démissionner”.
» Harris a été le favori des médias lors des primaires démocrates en 2019, mais elle s’est effondré avec les premiers débats, abandonnant les primaires. Biden était également à la traîne dans les premières primaires, jusqu'à ce que sa victoire en Caroline du Sud en février ait vu la plupart des autres candidats s'aligner rapidement. Harris a été annoncé comme son colistier en août, et les démocrates l’ont présentée comme étant la première femme et “personne de couleur” (elle est d’origine indienne et afro-caribéenne) à être proche du cœur de la présidence américaine. »

Rien à dire de fondamental, sinon qu’on voit peu à peu les principales critiques contre la candidature Biden durant la campagne, dénoncées comme autant de ‘FakeNews’ et de complots d’obédience trumpiste, se confirmer par des faits désormais impossibles à dissimuler. Le travesti bouffon et catastrophique  que monte la presseSystème, décidément totalement invertie, n’y peut plus grand’chose sinon accentuer confusion, désordre et improvisation catastrophique.

On arrive au point où l’état personnel de Biden se fait plus pressant, et plus pressante parallèlement la nécessité de mettre Harris dans le courant de la fonction présidentielle. Il n’est pas difficile de nourrir l’hypothèse que la situation générale se fait par conséquent très pressante elle-même et qu’il est de plus en plus probable que Biden ne terminera pas son mandat, et cela peut-être très rapidement.

Quant à l’hypothèse d’une très rapide future ‘présidente Harris’, on voit bien que le penchant de la dame est et sera fortement marquée par les questions sociétales typiques du wokenisme, allant de pair probablement avec une extrême sensibilité de Harris à toutes les influences effectivement wokenistes, venant de la gauche extrême. Il semble pour l’instant assez difficile, en fonction de ce qu’on sait et de ce qu’on a vu de Harris, d’avancer l’hypothèse qu’elle se révélerait comme une future présidente prenant en main d’une façon sérieuse et avec autorité quelque question et orientation personnelle que ce soit, à partir de ses propres jugements. Rien ne montre qu’elle puisse avoir ses “propres jugements”, et tout concorde à conclure qu’elle se laissera plutôt aller à accepter les influences des courants et des influences les plus fortes dans sa position et selon son parcours de politicienne extrêmement démagogue et sans aucune autorité naturelle.

Même si ce n’était pas le cas et si elle se découvrait une attitude de jugement personnel, elle serait dans une position très difficile pour renverser le courant sociétal-révolutionnaire du wokenisme qui submerge tout aujourd’hui chez les démocrates ; tandis que, dans le domaine de la politique internationale traditionnelle, les centres de pouvoir belliciste auraient, sinon ont déjà tout l’espace devant eux pour imposer leurs vues et, par conséquent, des situation de facto d’affrontements impossibles à débrouiller.

C’est donc la perspective sans surprise que la situation crisique d’affrontement aux USA même, et dans la politique extérieure pour suivre et prolonger, doit se poursuivre, s’accentuer, se dynamiser encore plus qu’elle n’a fait jusqu’ici. La désintégration se poursuit, presque comme pour suivre une ‘feuille de route’.

 

Mis en ligne le 17 février 2021 à 07H25

  • 17 février 2021 à 00:00

‘Great Reaset’, pacte suicidaire

Par info@dedefensa.org

Great Reaset’, pacte suicidaire

La récente rencontre virtuelle des plus riches du monde à Davos a fait beaucoup de bruit. En prélude à cette rencontre, l’éternel coureur des jupons ploutocratiques, Klaus Schwab a publié un très court livre sur ce qu’il appelle le ‘Great Reaset’. Il a donné naissance à des slogans accrocheurs tels que “Tu ne posséderas rien… et tu en seras heureux”. L’une des personnes invitées à prendre la parole lors de cette réunion était Vladimir Poutine. Ce qu’il a dit a mis ces gens en état de choc. “Mais qu’en est-il de l’Europe ? !” s’est mis à crier Schwab dès que Poutine eut fini de parler. “M. Poutine, la Russie sauvera-t-elle l’Europe ? !” – “Peut-être”, dit Poutine. Parmi les dignitaires réunis, 80 d’entre eux se sont immédiatement inscrits à une conférence privée avec Poutine, cherchant comment être parmi les invités. Après avoir pris tout cela en considération et l’avoir laissé mijoter dans ma tête pendant quelques semaines, je crois que je comprends maintenant ce qu’est le ‘Great Reaset’ : c’est un pacte pour un suicide de l’oligarchie. Permettez-moi de vous expliquer…

Dans son disours, Poutine a exposé quelques nouvelles idées audacieuses. Je ne sais pas si Schwab a compris que Poutine lui a dit très poliment d’aller au coin et de sucer son pouce, mais en tant qu’homme à idées, Schwab est un désastre. Sa pensée est un mélange de platitudes pompeuses, de vœux pieux et d’incessantes contradictions, le tout servi par une ferveur révolutionnaire sénile digne de Léon Trotsky qui, à 141 ans maintenant, serait en effet assez sénile. Les dirigeants occidentaux semblent avoir accepté le concept du ‘Great Reaset’ de Schwab et abusent d’un autre slogan accrocheur : « Reconstruire en mieux ! »

Schwab pense que le coronavirus offre une grande opportunité pour son « Grand Reset ». En effet, cet horrible fléau a déjà tué plus d’un tiers de la population mondiale et le monde ne sera plus jamais le même. Oh, attendez, c’est à la ‘Grande Peste’ que je pensais, pas au ‘Great Reaset’ – je confonds toujours les deux…

D’après les derniers chiffres officiels, le coronavirus n’a tué que 0,02821% de la population mondiale, dont 73,6% de retraités, la plupart des autres étant déjà gravement malades. Beaucoup d’entre eux sont en fait morts du rhume ou de la grippe ou d’une infection bactérienne ou fongique et n’ont été testés positifs au coronavirus que par un test PCR, toujours aussi peu fiable, mais nous ne saurons jamais combien. Le coronavirus a tué un nombre d’enfants qui apparaît à peine dans l’épaisseur du trait et moins de 0,001% de personnes en bonne santé dans leurs années de vie active (18 à 45 ans). Cela représente moins d’une personne sur un million.

Le nombre de décès dus à l’introduction d’objets étrangers dangereux, tels que des ampoules électriques, dans l’anus est nettement inférieur, même si l’on peut se demander dans quelle mesure. Dans cette optique – jeu de mot assumé – la position du gouverneur de New York , selon laquelle « aucune mesure, aussi draconienne soit-elle, ne peut être considérée comme imprudente si elle sauve ne serait-ce qu’une seule vie », incite à interdire toutes les ampoules et à rester assis dans le noir en toute sécurité. La sécurité parfaite est impossible et si c’était le cas, ce serait une mauvaise idée : nous serions dans le collimateur pour être lauréat du prix Darwin. La sécurité parfaite ne devrait pas exister. Les idiots sont produits naturellement et nous rendent tous un grand service en mourant le plus tôt possible.

Une autre chose qui ne devrait pas exister est le SARS-COV-2 de la Covid-19. Comme vous l’avez peut-être déjà supposé, il s’agit d’un coronavirus. Les coronavirus sont très communs dans toutes sortes d’espèces ; il y en a au moins une douzaine chez l’homme qui ne provoquent pas de maladie particulièrement grave. Un fait communément admis concernant les coronavirus – et la plupart des autres virus, à l’exception spécifique du lyssavirus qui provoque la rage – est qu’ils sont spécifiques à une espèce. Il existe un coronavirus pour chien qui leur donne la diarrhée, un coronavirus pour chat qui les tue, et aucune proximité de chats, de chiens et d’humains au cours de milliers d’années n’a fait sauter ces coronavirus d’une espèce à l’autre.

Et puis on s’attend à ce que nous croyions qu’un virus de chauve-souris a sauté sur l’homme. L’analyse du génome du virus a montré qu’il a simultanément emprunté une protéine de pointe à un coronavirus humain lui permettant de pénétrer dans les cellules humaines et le mécanisme de réplication du VIH – qui cause le SIDA – lui permettant de se répliquer dans les cellules humaines. Bien sûr, tout est possible, mais ce qui est plus probable, c’est que quelqu’un a fabriqué ce virus.

Est-ce que ce genre de choses arrive ? On pourrait penser qu’une personne qui veut rendre les virus plus mortels a sa place dans une camisole de force dans une cellule capitonnée, mais apparemment certains d’entre eux se sont échappés et sont allés travailler pour le gouvernement américain. Selon la revue Nature, « les chercheurs qui étudient les virus en laboratoire les rendent parfois délibérément plus dangereux pour aider à préparer de meilleures réponses aux épidémies qui pourraient survenir naturellement ». Et parfois, ce qui se passe dans le laboratoire ne reste pas dans celui-ci.

Non seulement ce virus est susceptible d’avoir été concocté en laboratoire, mais il semble qu’il ait été concocté de manière incompétente. C’est un virus minable qui ne se réplique pas bien : au lieu de fabriquer des particules virales fonctionnelles et bien formées, il fabrique toutes sortes de déchets moléculaires qui provoquent ensuite de graves réactions allergiques. Vous avez probablement entendu parler des tempêtes de cytokines ? La libération de cytokines est essentielle à presque tous les stades de la réponse immunitaire aux allergènes. Les enfants sont immunisés grâce à un organe appelé thymus qui est « le plus grand et le plus actif pendant les périodes néonatale et préadolescente ».

Là encore, tout est possible, mais certaines choses sont plus probables que d’autres. Un coronavirus passant spontanément de la chauve-souris à l’homme est extrêmement improbable. Un projet de recherche financé par le gouvernement américain, super effrayant et maléfique, qui tournerait horriblement mal semble non seulement beaucoup plus probable, mais il a aussi une certaine dose d’inévitabilité. Étant donné la dégradation actuelle des États-Unis, à ce stade, presque tout ce que font les États-Unis tend à se transformer en boomerang. Jusqu’à présent, il y a eu 2,31 millions de décès dus au coronavirus dans le monde et 463 000 aux États-Unis, ce qui est huit fois pire par habitant que la moyenne du reste du monde. Bien joué, les intrépides fabricants de boomerangs de gain de fonction, financés par le gouvernement américain !

Ce qui est un désastre pour la plupart est une opportunité pour quelques-uns, et Klaus Schwab, pour sa part, semble penser que si la vie vous donne une boîte de boomerangs, alors vous devriez vous dépêcher de les utiliser pour vous assommer. Le point de vue de Schwab est que nous n’aurons pas le coronavirus pour toujours, donc nous devrions vraiment nous dépêcher avec le ‘Great Reaset’ ou nous allons manquer la chance de nous tenir tous par la main et de sauter par ce qu’il appelle “la fenêtre d’opportunité” et le monde ne sera plus jamais, le même parce que vous ne pouvez pas vous baigner deux fois dans la même eau d’une rivière, ou inventer votre propre idée stupide car je ne me soucie pas beaucoup de ces absurdités. Schwab ressemble vraiment à une caricature pour le dysfonctionnement cognitif occidental, alors laissons-le dans son coin à sniffer de la colle et retournons à Poutine.

Poutine a dit que le système libéral occidental est mort et que la Russie ne plongera pas dans ces absurdités de ‘Great Reaset’. Au lieu de cela, il a exposé ses propres principes pour ce qu’on appelle en Russie “État social” : un État qui fonctionne bien et qui sert les intérêts de ses citoyens. L’Occident peut suivre ce programme ou non. Mais si ce n’est pas le cas, un désastre humanitaire de l’ampleur de la Seconde Guerre mondiale semble très probable. Vous pouvez lire l’intégralité de son discours sur le site du Kremlin. Vous pouvez également comparer son discours à celui du Chinois Xi. Xi n’a pas non plus gobé ces absurdités de ‘Great Reaset’, et son grand plan semble étrangement bien harmonisé avec celui de Poutine.

La bonne façon de faire avancer le monde est un sujet énorme que je réserve pour un autre jour. Ici, je veux juste répondre à la question “Qu’est-ce que le ‘Great Reaset’, vraiment ?” Réinitialiser quelque chose, c’est le remettre dans son état initial. Quel était l’état initial de votre compte bancaire lorsque vous l’avez ouvert pour la première fois ? Zéro, exactement ! Et que contrôle un conclave des super-riches du monde ? Les finances, bien sûr ! Je pense qu’il serait plus juste de l’appeler la Grande Annulation. Mais comment les super-riches vont-ils déterminer qui sera annulé et qui ne le sera pas ?

Puisque les pauvres, par définition, n’ont rien à annuler et que la classe moyenne n’existe plus qu’en tant que dépositaire d’une dette qui s’annule progressivement, les super-riches n’ont qu’eux-même à annuler. Et comment, je vous prie, vont-ils décider qui sera annulé et qui ne le sera pas ? Lanceront-ils les dés ? Se livreront-ils à des duels ? Laisseront-ils un robot à base d’IA décider ? Toutes ces propositions semblent farfelues ; après tout, nous parlons des bâtards les plus avides du monde qui sont sur le point de tout perdre. Aimeriez-vous que tous vos comptes bancaires soient annulés alors que votre voisin est épargné ? Vous voyez ce que je veux dire ? Non, il n’y a qu’un seul moyen pour qu’ils acceptent tous de partir : sauter de la falaise tous ensemble, en se tenant la main. Dans ce contexte, “Reconstruire en mieux” est un rêve de vie après la mort : le vaisseau spatial de sauvetage d’un futur qui ne viendra jamais.

Ce qu’ils appellent ‘Great Reaset’ est un pacte suicidaire. S’ils se précipitent pour en finir alors que la pandémie de coronavirus, si mortelle soit-elle, fait toujours rage, c’est pour que leur suicide collectif paraisse moins ridicule. Après tout, si la fausse pandémie passe et que le système financier occidental n’implose qu’à ce moment-là, ce sera comme si tous les grands oligarques sortaient simultanément sur leurs balcons, dans leurs temples, installaient des peaux de bananes, soigneusement positionnées sur le parapet du balcon,  et dansaient de manière synchrone en tombant sur les piques des hallebardes décorant la clôture du lieu. La moitié de la planète verrait cela et mourrait aussi de … rire. La pire des morts est une mort ridicule, et l’effondrement financier de l’Occident doit donc se produire pour que l’on puisse dire que “le coronavirus l’a fait !” de manière plausible comme excuse ; d’où la ruée.

Le 8 février 2021, Club Orlov – Traduction du Sakerfrancophone

  • 17 février 2021 à 00:00

MAGA-Biden : réouverture du front ukrainien

Par info@dedefensa.org

MAGA-Biden : réouverture du front ukrainien

• Pendant que nous écoutions l’absence de Trump transformer le Sénat en un tir aux pigeons des grandes ‘valeurs’ de la démocratie américaniste, pendant que nous nous vaccinions, le fringant Secrétaire Général de l’OTAN recevait le premier ministre d’Ukraine. • Quel menu pour cette visite ? • Hypothèse récurrente : l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. • Sans aucun doute, cette séduisante perspective a plus de poids avec Biden qu’avec Trump : ce serait sa version du ‘Make America Great Again’ (MAGA). • Biden et le fiston Hunter aiment bien l’Ukraine...

 

Le bloc-BAO regroupé au sein de l’OTAN a depuis des années un penchant particulier pour l’Ukraine. Il est vrai que le coup d’État de Kiev de février 2014, bien mis en scène par l’équipe département d’État-CIA, nous laisse un goût d’inachevé : retour de la Crimée à la Russie, le Donbass en sécession larvée, tout cela fait désordre. Va-t-on vers un rangement ? Victoria Nuland, qui avait joué un rôle remarqué en février 2014, s’est morfondue pendant les années-Trump, mais elle est de retour avec l’administration Biden et un président-élu (et fort bien) particulièrement arrangeant. On connaît d’ores et déjà la tendance de Biden à déléguer ses pouvoirs aux divers composants de sécurité nationale et autres, ce qui est par ailleurs la condition sine qua non aux arrangements divers et aux aménagements électoraux qui ont conduit à son élection.

On sait d’autre part :
• que son administration est infestée de fauteurs de guerre et neocons divers à l’exemple de Nuland ;
• qu’une politique dite ‘de fermeté’ est requise pour refaire une virginité à la très-grande puissance de l’américanisme (le ‘Make America Great Again’ [MAGA] type-Biden, infiniment plus sérieux que le dépositaire-Trump de la formule) ;
• que Biden, s’il a un mot à dire, sera un mot favorable à l’Ukraine où il a, avec son fils Hunter Biden, des attendrissements constants, sonnants et trébuchants, pour la direction ukrainienne ;
• qu’à ‘D.C.-la-folle’ on est chez les fous, et quelques bonnes petites initiatives tonitruantes y feraient bon effet, en plus de la stratégie mille fois réaffirmée (et d’ailleurs complètement faussaire, c’est ce qui fait son charme) selon laquelle une ‘bonne petite guerre’ est un bon petit moyen de calmer les troubles intérieurs, – dans ce cas, il nous semble que ce pourrait être exactement le contraire ;
• qu’un élargissement de l’OTAN (à l’Ukraine, mais aussi à la Géorgie) serait ainsi vécu comme un triomphe, le rétablissement de l’empire américaniste sur le monde, le triomphe de l’intelligence occidentale et ainsi de suite...

Tous ces arguments éculés et stupides tournent en boucle autour de la visite du premier ministre ukrainien à l’OTAN la semaine dernière. StrategicCulture.org fait une présentation de cette visite, et surtout du dossier de l’hypothèse de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN.

«  [La semaine dernière], le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a reçu le premier ministre ukrainien, Denys Shymhal, au siège de l'organisation à Bruxelles. Lors d’une conférence de presse commune, les deux hommes se sont montrés optimistes quant à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Stoltenberg a reconnu que l’ancienne République soviétique était considérée activement pour une éventuelle adhésion à l'alliance depuis 2008, un calendrier qui met en perspective les conflits plus récents des sept dernières années. Il a également confirmé que les forces de l'OTAN ont renforcé leur présence dans la mer Noire en coordination avec leurs homologues ukrainiens. Ces dernières semaines, trois navires de guerre américains se sont entraînés avec des navires ukrainiens afin de contrer ce que Stoltenberg appelle “l’agression russe”.
» Officiellement, l’Ukraine est cataloguée comme un ‘Partenaires pour les Opportunités Renforcées’ par l’OTAN. On s’interroge pour savoir de quelle ‘Opportunité’ il s’agit.
» L’Ukraine est déjà virtuellement membre de l’OTAN. Elle a participé à des opérations militaires conjointes à l’étranger et elle reçoit une aide militaire, une formation et un soutien logistique.
» Mais si l’Ukraine devait être officiellement admise dans l’alliance de l’OTAN, cela ouvrirait une voie légalisée et inévitable vers la guerre. Selon les règles de l’organisation, tout membre de l’Alliance est autorisé à invoquer une clause de défense générale demandant aux autres membres de le soutenir militairement. Comme les autorités de Kiev prétendent continuellement que la Russie est un agresseur, – un point de vue partagé par l'OTAN, – le risque d’une guerre généralisée avec la Russie est bien réel si l’Ukraine devait officiellement rejoindre l’alliance.
» Les dirigeants de l’OTAN sont conscients de cette catastrophe potentielle et sont également bien conscients des profondes inquiétudes de la Russie. Cela explique une certaine prudence vis-à-vis de l’admission de l’Ukraine jusqu’ici. L’Allemagne et la France, en particulier, sont hostiles à l’entrée de ce pays dans l’OTAN par crainte de provoquer la Russie.
[...]
» Les prétendues règles de l'OTAN interdisent à l’organisation d’admettre des pays qui sont impliqués dans des litiges frontaliers ou des conflits internes. Cela devrait clairement interdire l’Ukraine et la Géorgie. Pourtant, l’OTAN dirigée par les États-Unis ferme les yeux sur ses propres règles, déformant ses interventions dans ces pays comme des actions de défense contre “l’agression russe”.
» Ce serait ridicule si ce n’était tragique. L’OTAN “justifie” l’expansion à l'Ukraine et à la Géorgie du fait de la “présence” de forces russes dans la mer Noire et la mer de Barents. Ces régions font partie de la zone de souveraineté de la Russie. Les États-Unis, à plus de 6 000 kilomètres de distance, stationnent pour la première fois des bombardiers stratégiques B-1B en Norvège et envoient un nombre croissant de navires de guerre en mer Noire, en violation des traités maritimes. Quelle est la prochaine étape ? La Russie sera-t-elle accusée d’occuper Moscou ?
» Les précédents et le schéma historique montrent que la courroie de transmission de l’impérialisme US connue officiellement sous le nom d’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, est incapable de raisonner et de dialoguer intelligemment. C’est une mécanique à produire de la confrontation. La Russie pourrait donc devoir envisager d'utiliser une autre forme de langage pour exprimer ses préoccupations tout à fait légitimes en matière de sécurité. »

Bien, on sait jusqu’à plus-soif comment se sont déroulés les événements de Kiev-février2014, avec une intervention absolument évidente et plusieurs fois réaffirmée des USA comme un des principaux instigateurs du putsch de Maidan. Depuis, les USA contrôlent complètement l’Ukraine, où l’on sait que le fils de ‘Ol’White Joe’ a reçu dès 2015 des avantages financiers d’une participation frauduleuse à une société spécialisée dans l’énergie, tout cela soutenu par son père alors vice-président, puis toutes ces affaires poursuivies par d’autres occurrences. C’est de la vieille histoire à l’origine mais toujours en cours ; par conséquent on peut admettre qu’il existe des liens structurels personnels entre les Biden et l’Ukraine, comme entre ‘les Organes’ (mot soviétique pour désigner les structures de sécurité) des USA et la même Ukraine obéissant au doigt et à l’œil au Pentagone et à la CIA.

Cela implique-t-il qu’il se prépare quelque chose du côté de l’OTAN, parce que les USA under-Biden en auraient décidé ainsi ? L’article dont on a cité quelques passages, donne également celui-ci :

« Il est intéressant de se demander pourquoi Stoltenberg, – ancien premier ministre norvégien et chef civil nominal de l'OTAN, –  a semblé cette semaine donner un nouvel élan aux ambitions de l'Ukraine. Cela pourrait-il être lié au changement d’administration aux États-Unis ? Des membres de haut rang de l’administration Biden ont publiquement déclaré, lors des auditions du Sénat, leur volonté d'accroître le soutien militaire au gouvernement de Kiev dans son conflit avec les séparatistes pro-russes en Ukraine orientale. Les envoyés américains et européens au Conseil de sécurité de l'ONU ont réitéré cette semaine des accusations stridentes contre la Russie, affirmant que Moscou était responsable de la prolongation du conflit en Ukraine. L’envoyé de la Russie, Vassily Nebenzia, a rétorqué que c'était le régime de Kiev et ses alliés occidentaux qui n’avaient pas mis en œuvre l’accord de paix de Minsk signé en 2015. »

Notre petit doigt nous a chuchotés que les Ukrainiens ne visiteraient pas l’OTAN aujourd’hui, quittée l’ère-Trump et commencée l’ère-Biden, sans l’accord-exprès des USA, sinon l’accord personnel explicite de Biden qui, dans ce cas, a un rôle à jouer à cause de ses implications diplomatiques, familiaux et intéressés. Même si notre petit doigt est un bavard impénitent dont il faut se méfier, ce qu’il nous dit dans ce cas est par contre quasiment du domaine de l’évidence, y compris l’implication de Biden.

L’Ukraine est un domaine où Biden, tant diminué et disposant de si peu d’autorité par ailleurs, peut par contre prétendre jouer un rôle personnel à cause de ses accointances personnelles. Il est tout à fait logique, sinon pressant, d’admettre que le président ukrainien a déjà pris contact avec Biden et qu’il a fait faire cette visite à son premier ministre avec le soutien affirmé de la Maison-Blanche. D’autre part, la diminution des capacités cognitives de Biden, ajoutée à son caractère impulsif, peuvent sans doute pousser ce joyeux président à approuver, et à faire avancer très spécialement et à bonne vitesse le dossier de l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN tout en dénonçant les inacceptables ‘agressions russes’. On pourrait même percevoir une sorte de concurrence entre l’Ukraine et la Géorgie (‘Qui sera le premier à y entrer ?’).

La situation se présente donc bien avec une Nuland bien positionnée auprès du secrétaire d’État Blinken ; lequel Blinken a déjà déclaré son intérêt pour des entrées dans l’OTAN (il a parlé de la Géorgie, mais aussi de l’Ukraine) ; Blinken est déjà à fond dans le bain, selon le principe qu’au contraire de ce qu’on croit et qu’on dit d’une façon assez irresponsable, l’entrée dans l’OTAN de ce pays (la Géorgie), mais aussi selon la même logique, de l’Ukraine, « découragerait l’agression de la Russie [contre ces pays] » plutôt qu’augmenter les risques de guerre. Cela est tellement fou et tellement bête qu’ils devraient tous y croire d’une seule pensée commune, au garde-à-vous.

(Qu’importe l’évidence puisque, comme l’écrit Alastair Crooke, ‘ils’ [les élites, et dans ce cas Biden et les wokenistes, y compris les fauteurs de guerre de l’appareil de sécurité nationale] croient à leur propre narrative [dans ce cas, celle de l’« agression de la Russie » contre la Géorgie et l’Ukraine] bien plus que ceux à qui ils veulent en faire accroire :
« Leur “Big Weakness” ? Les élites en viennent à croire leurs propres récits, – oubliant que le récit a été conçu comme une illusion, parmi d'autres, créée pour capter l’imagination au sein de leur société (et non celle des autres).
» Elles perdent la capacité de se distinguer et de se voir elles-mêmes, comme les autres les voient. Elles sont si ravies par la vertu de leur vision du monde qu’elles perdent toute capacité d’empathie ou d’acceptation des vérités des autres. Elles ne voient plus les signaux. Alors, dans ce temps où l’on parle (sans écouter) à d’autres États, les motifs et les intentions de ces derniers sont mal interprétés, parfois de façon tragique. »)

Les autres acteurs du bloc-BAO comprennent l’OTAN, qui serait absolument enchantée de reprendre de l’importance en montant au front ukrainien et/ou géorgien, pour se débarrasser des derniers restes de ses trouilles de l’époque Trump. Les pays européens de l’OTAN, surtout les gros malins type-Allemagne et type-France, peuvent commencer à se faire du souci (‘Vous avez détesté Trump ? Vous allez adorer Biden’).

En face, les Russes. Pour eux, rien à faire : une entrée de l’Ukraine (et/ou de la Géorgie) dans l’OTAN est quasiment un casus belli. Poutine pourra vraiment très-difficilement, peut-être au risque de sa position du fait de l’armée et autres, revenir sur cette appréciation ; alors, on mesure combien le corridor menant à la possibilité très forte d’un affrontement se raccourcit vertigineusement. Qui cela étonnerait-il, en vérité ? L’Ukraine (la Géorgie) est un vrai classique de l’affrontement USA-Russie, et si l’exceptionnel Navalny ne parvient pas à faire chuter Poutine, y compris de sa prison, il serait temps que la civilisation intervienne. Les uns et les autres, à l’Ouest, dans le bloc-BAO, chez les civilisateurs, nous ont suffisamment montré leur adhésion à la ‘doctrine Audiard’ (« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît »).

 

Mis en ligne le 16 février 2021 à 11H15

  • 16 février 2021 à 00:00

L’Art Contemporain (AC) de l’autodestruction

Par info@dedefensa.org

L’Art Contemporain (AC) de l’autodestruction

• Articles du 16 février 2021. • Une démonstration éblouissante et parfaitement constitutionnaliste de la façon dont les démocrates de la Chambre des Représentants ont piraté et désintégré les principes fondamentaux de la Grande République dans la seconde mise en accusation de Trump. • Pour l’auteur, un des meilleurs constitutionnalistes de l’architecture de l’État de Droit que prétendent être les USA, les démocrates ont pulvérisé le Droit d’une façon si radicale et si partisane qu’on peut parler d’autodestruction. • Contributions : dedefensa.org et Jonathan Turley.

C’est une démonstration éblouissante que fait Jonathan Turley dans sa dernière chronique où il fait de la crétinerie courante de la postmodernité une œuvre majeure de l’A.C. (Art-Contemporain). Il décortique la démarche pseudo-légaliste, en fait illégaliste absolument, du procès en destitution de l’ex-président Trump avec un brio exceptionnel, atteignant ainsi au cœur d’un processus qui détruit l’entièreté de l’esprit de la chose, – l’illégalité totalitaire de l’action des sociétaux-progressistes crétins du parti démocrate pris de démence haineuse.

L’extrémisme du sentiment des démocrates, leur haine absolument extraordinaire de Trump, constitue un cas tout aussi extraordinaire d’autodestruction puisqu’elle détruit l’architecture légaliste fondamentale du système de l’américanisme en réduisant le droit de cet État de Droit à une caricature barbare et invertie de lui-même. En authentifiant avec une puissance extraordinaire (surpuissance de leur ‘haine extraordinaire’) cette architecture vitale pour ce pays et ce système, ils atteignent à sa destruction complète (et donc autodestruction).

(Équation constante de notre appréciation de l’Effondrement du Système [GCES] : surpuissance = autodestruction.)

Turley trouve ainsi une image parlante, une analogie cinématographique (hollywoodisme) qui renvoie au style le plus crépusculaire et le plus pessimiste (mais ô combien réaliste) du cinéma hollywoodien dans une de ses échappée hors du simulacre pour toucher au réalisme de la tragédie (hors-bouffe pour ce cas) de l’américanisme ; une citation de dialogue qui, selon lui, synthétise « les mêmes caractères de l’‘innocence perdue’, du ‘cynisme exacerbé’ et du ‘désir désespéré’ [de] ce genre de film » qui caractérise le film ‘noir’

(Nous mettons entre guillemets et en italique ce terme parce qu’il est utilisé en français par le langage cinématographique hollywoodien [à partir des ‘romans noirs’ et des ‘films noirs’ français]. Il reflète à merveille le sentiment désespéré et profondément pessimiste de la période des années 1930 et de la Grande Dépression. D’abord littéraire avec des  écrivains comme Hammet et Chandler, le style noir s’imposa à partir de 1944 et 1945 avec des films comme ‘Le Faucon Maltais’ et ‘Le grand sommeil’, des réalisateurs comme Hawks et Huston, et le célébrissime couple Bacall-Bogart. Il perdure aujourd’hui [L.A. Confidential d’après Ellroy, qualifié de neo-noir] et constitue un constant rappel de la face sombre de l’américanisme, qui est en fait sa vérité profonde illustrée par la tragédie de la Grande Dépression, jamais dissipée. La référence est donc totalement, plus que jamais et à jamais, d’actualité.)

La citation que propose Turley est parfaitement illustrative de la situation US actuelle, du fait de la folie wokeniste des démocrates, et complètement accordée à notre équation surpuissance-autodestruction. Cette citation est une réplique de Rita Hayworth dans ‘Gilda’, de 1946 : « Regardant son ancien amant, elle lui dit : « “Je te hais tellement que je me détruirais moi-même pour t’emporter dans ma chute”. » Regardant Trump et le traitement que les démocrates ont fait à Trump dans cette deuxième procédure de destitution, c’est parfaitement la réplique d’Hayworth qui vient à l’esprit ; et si la procédure de destitution est ratée (une deuxième fois), c’est tout à fait logique parce que la haine n’a jamais prétendu être un sentiment positif et victorieux ; c’est bien un sentiment de mort, et c’est bien d’autodestruction qu’il s’agit…

Sans perdre un instant sa position personnelle, Turley va jusqu’au fond de la plaie fatale, il la gratte jusqu’à l’os, dans une démonstration éblouissante qui caractérise le sort de l’Amérique aujourd’hui. S’il ne dit pas ce constat (analogie du “sort de l’Amérique aujourd’hui”), il nous semble assuré qu’il le pense avec une force considérable. Son constat est également assuré, devant la faute catastrophique (au sens complet et mythique de la catastrophe). Il est résumé froidement et irréversiblement par ce propos où il nous dit qu’il ne peut se concevoir, sinon à vouloir sa propre mort (autodestruction), de sacrifier un édifice fondamental de valeurs qui font office de principes structurants (pirouette américaniste, autre débat souvent conduit ici) d’une société qui s’estime être ‘de Droit’, à un sentiment de haine aussi catastrophique lui-même :

« …J’ai voté contre lui [Trump] lors de deux élections et j’ai régulièrement dénoncé ses actions et sa rhétorique, y compris son discours du 6 janvier. Cependant, je chéris nos valeurs plus que je ne le déteste. […] [Eux, comme] ‘Gilda’, ils sont prêts à détruire leurs valeurs pour détruire Trump. »

Turley passe en revue toutes les fautes, tous les abus, toute l’indolence extraordinaire de l’attitude des démocrates, – atonie, aboulie, apathie du caractère au profit du déchaînement de l’affectivisme résultant d’une absence complète de jugement et d’une perception faussée par l’affect de la démence, accouchant une haine extraordinaire qui conduit à l’autodestruction de la non-politique du style ‘noir’. La légèreté incroyable avec laquelle les parlementaires démocrates traitent les ‘valeurs’ fondamentales sur lesquelles s’appuie le système de l’américanisme dont ils dépendent, font effectivement douter de leur santé mentale, et justifier l’analyse selon laquelle leur perception se trouve sous le joug d’une influence maligne, sinon satanique, la force de la haine menant nécessairement à l’autodestruction.

(Notre propos ici, sans remonter au fond du débat, est bien qu’il s’agit de ‘valeurs’ puisqu’il s’agit du système de l’américanisme, c’est-à-dire du Système ; il ne s’agit pas de principes, mais notre tentation de parler de principe est dans la volonté de donner la mesure de la force des ‘valeurs’ au nom desquelles Turley parle. La puissance du verbe de Turley dans la conduite de sa critique fait parfois penser que ces ‘valeurs’ ont la force des principes, même si elles sont en fin de compte la trahison de leurs fondements. Cela, dans tous les cas, nous fait regretter que Turley n’ait pas été un juriste du temps de l’empire de Rome : il eût été l’un des plus grands, et là parfaitement à l’aise avec de réels principes.)

Il y a dans cette superbe diatribe de Turley, et malgré qu’il soit paradoxalement du parti qu’il dénonce, un immense chagrin à côté de la force remarquable de la critique. Turley ne dit rien de moins que « Pleure, ô mon pays bien-aimé ». Il s’adresse là à tous les crétins, à tous les souffreteux du caractère, à toutes les âmes frelatées et gorgées de drogues diverses, tous.tes ceux.elles – comme l’on dit inclusivement chers postmodernes fascinés par votre propre crétinerie d’entonnoir psychiatrique, – qui ne peuvent faire autre chose que s’aligner sur les consignes affectivistes d’un Satan qui mène le bal à un rythme endiablé. C'est une sorte de « Java du Diable » mise au goût du jour, jusqu'à la mort.

Turley, à sa grande peine mais en respectant son devoir et les termes de son contrat intellectuel, ne fait rien d’autre que de nous dévoiler les voies et moyens, non pas de la crise du système de l’américanisme car nous sommes au-delà du bruit et de la fureur qui caractérisent les crises, mais de son effritement accéléré, comme la matière corrompue par la pourriture se désagrège, se désintègre et se dissout. Les nouvelles à attendre de l’Amérique, – tous les crétins d’Occident, du secrétaire général de l’OTAN à la présidence française sont aux aguets, polissant leur posture d’asservissement, – sont catastrophe pure, sottise achevée, esprits fermés et âmes corrompues, – et surtout, la haine, encore la haine et toujours la haine. Il s’agit d’ailleurs bien d’autodestruction car, comme ‘Gilda’ au fond d’elle-même, nous savons bien que leur haine d’une intensité si grande, va à eux-mêmes, ce qu’ils sont devenus, les destructions qu’ils ont accomplies, la corruption qu’ils ont semée ; ils se haïssent eux-mêmes en ressentant inconsciemment leur emprisonnement satanique, et ainsi leur désir d’autodestruction se comprend-il...

Dans cette affaire, le Diable-Orange, The-Donald, n’était qu’un paratonnerre après avoir été un « cocktail-Molotov humain ». Ils l’ont liquidé de la place centrale qu’il occupait, il n’y a plus de paratonnerre. Trump, bouffon hyperactif à mille-fonctionnalités au service de l’Effondrement (GCES), va investir dans la production d’éclairs et de tonnerre (une multi-$milliards ‘Thunder-Lightning Trump Tower’) ; la voie est décivement tracée par la destruction incontrôlée du paratonnerre. (‘Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font’ : mais le Seigneur, à l’instar du Diable, se marre, c’est-à-dire qu’il en rit déjà.)

Le titre du texte du Turley (du 15 février 2021) disait ceci : « Mutual Destruction: How Trump’s Trial Became A Tale Of Constitutional Noir ». Nous nous sommes permis de le modifier en nous référant à la fameuse doctrine de la Guerre Froide, développée par le secrétaire à la défense McNamara, doctrine extraordinairement bien nommée selon l’acronyme MAD (‘fou’ en anglais) : Mutual Assured Destruction. Nous y sommes : “MAD is the name of the game’.

dedefensa.org

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Destruction Mutuelle Assurée

Vous trouverez ci-dessous ma chronique dans The Hill sur le second procès Trump et sur la façon dont les valeurs fondamentales sont rapidement devenues un facteur élément étranger à l’objectif de ce processus constitutionnel.  Le chaos final déclenché par le député Jaime Raskin (D., Md) n'a fait que mettre en évidence les irrégularités procédurales et juridiques d'un procès qui semble de plus en plus détaché des valeurs comme le droit à un procès équitable.

Voici la chronique :

Dans le film ‘Gilda’ de 1946, Rita Hayworth a prononcé ce qui est sans doute la meilleure synthèse du film ‘noir’. Regardant son ancien amant, elle lui dit : « Je te hais tellement que je me détruirais moi-même pour t’emporter dans ma chute ». Ainsi, Hayworth rendait l’autodestruction positivement séduisante. Cette phrase m’est venue à l'esprit alors que je regardais les ‘managers’  [NdlR : députés démocrates chargés de présenter la mise en accusation de la Chambre] et les sénateurs démocrates écarter systématiquement les valeurs fondamentales qui définissaient autrefois les procès équitables, – et les valeurs américaines, – selon la Constitution.

Lorsque l’avocat de la défense de Donald Trump a objecté que son client n’avait pas bénéficié d'un procès équitable à la Chambre, les ‘managers’ ont haussé les épaules et déclaré que le procès équitable n'était pas nécessaire. Lorsque la défense a objecté que le discours de Trump du 6 janvier était protégé par le Premier amendement, la Chambre a raillé l’argument en affirmant que la liberté d'expression est non seulement inapplicable mais aussi « frivole » dans une mise en accusation. Rien, semble-t-il, n’est si sacré qu’il ne puisse être écarté lorsqu’il s’agit de Trump. À maintes reprises, il est clairement apparu que son procès portait sur le verdict et non sur nos valeurs constitutionnelles.

Même lorsque l’acquittement était pratiquement assuré, aucune place n’était faite aux bagatelles constitutionnelles telles que la liberté d'expression ou le droit à un procès équitable. Il n'y avait qu'une seule question, – celle qui a guidé nos médias et notre politique pendant quatre ans : Trump. Pendant tout ce temps, certains d'entre nous ont objecté que les interprétations juridiques extrêmes et la couverture biaisée détruisaient nos valeurs juridiques et journalistiques. Cela ne répondait en rien à un engagement pour Trump : j’ai voté contre lui lors de deux élections et j’ai régulièrement dénoncé ses actions et sa rhétorique, y compris son discours du 6 janvier. Cependant, je chéris nos valeurs plus que je ne le déteste.

C'est pourquoi le deuxième procès de mise en accusation de Trump s'est déroulé sous la forme d’un film ‘noir’, présentant les mêmes caractères de l’‘innocence perdue’, du ‘cynisme exacerbé’ et du ‘désir désespéré’ que ce genre de film, surtout lorsque les ‘managers’ de la Chambre ont rejeté toute procédure régulière habituelle dans la mise en accusation. Indiscutablement, la Chambre aurait pu tenir au moins deux jours d’audiences et mettre Trump en accusation avant qu’il ne quitte ses fonctions. Elle savait que le Sénat ne tiendrait pas de procès avant la fin de son mandat, et elle avait donc jusqu’au 20 janvier pour le mettre en accusation. Elle l’a fait le 13 janvier.

Une audience aurait donné à Trump une occasion formelle de répondre à l'accusation portée contre lui ; personne n'a jamais été mis en accusation sans une telle possibilité. Elle aurait permis de convoquer des témoins (dont beaucoup s’exprimaient déjà en public), afin de créer un dossier, même minimal, pour le procès. Pourtant, la Chambre a refusé, puis a refusé pendant plus de quatre semaines d’appeler une douzaine de témoins avec des preuves directes pour créer un dossier, même après sa mise en accusation pour une destitution-surprise.

La Chambre aurait donc pu suivre une procédure régulière de base, mais elle a choisi de ne pas le faire simplement parce qu’elle n’y était pas spécifiquement obligée. Lorsqu’il a été interrogé à ce sujet au Sénat, un ‘manager’ de la Chambre a tourné en dérision l’idée que Trump devrait bénéficier d’une procédure plus régulière. Le député Ted Lieu a déclaré : « Trump bénéficie de toutes les procédures qui lui sont dues ». Une réponse effarante puisque Trump n’en a bénéficié d’aucune à la Chambre. Il fut un temps où refuser une procédure régulière aurait été horrible. Même si vous pensez qu’une procédure régulière n’est pas nécessaire dans une mise en accusation, elle est légalement prévue. Nous n’accordons pas une procédure régulière aux gens seulement lorsque nous le devons.

C’est comme la décence, la civilité et d’autres valeurs de cette sorte. Elles ne sont pas respectées parce qu’elles sont obligatoires, mais parce qu’elles sont justes. Il s’agit d’une valeur qui nous définit et définit nos actions. En outre, il s’agit d’un processus qui conforte la Constitution. Nier une valeur constitutionnelle fondamentale pour la défendre revient à brûler une maison pour vérifier sa sécurité en cas d’incendie. Qu’importe, la position de la Chambre fut qu’un président peut être mis en accusation et jugé sans qu’il y ait de procès-verbal ni d’audience, ni d’enquête ni de témoins.

Puis il y a la question de la liberté d’expression. La défense de Trump a fait valoir qu’il est intrinsèquement mauvais de mettre en accusation un président pour un discours qui est protégé par le premier amendement. Les responsables de la Chambre ont cité une lettre de professeurs de droit jugeant l’argument « frivole », même si certains de ces professeurs pensent tout de même que le discours de Trump peut effectivement bénéficier de la jurisprudence de cas tels que ‘Brandenburg vs. Ohio’.

Admettre la mesure où ce langage serait considéré comme protégé par les tribunaux est tout à fait adéquat pour déterminer s’il doit être traité comme une violation constitutionnelle aux fins de mise en accusation. Tout comme les tribunaux mettent en balance les effets des poursuites pénales contre les conséquences sur le principe de la liberté d'expression, le Sénat doit trouver un  équilibre similaire dans un procès de destitution. Même si vous pensez que le premier amendement [liberté d’expression] ne s’applique pas dans un cas d’incitation, vous devez d’abord déterminer s’il s’agit d’une incitation ou d’un exercice de la liberté d’expression. Pourtant, dans leur lettre qui suit une logique circulaire, les professeurs ont déclaré que « le premier amendement n’est pas considéré » dans les procédures de mise en accusation. Du moins, pas dans un procès de Trump.

On a demandé aux ‘managers’ de la Chambre des Représentants pourquoi ils n'avaient pas présenté un cas avec des éléments d'incitation spécifiques énoncés par la Cour suprême. Jamie Raskin, le chef des ‘managers’, a déclaré que cette affaire et Trump constituent un cas unique d’« incitation présidentielle », concept défini par des spécificités très mal définies. En d’autres termes, il n’est pas nécessaire de prendre en compte la définition de l’incitation. Dans une telle logique, la Chambre aurait pu mettre en accusation Trump pour violation de la loi sur les espèces en danger et dire qu’il n’est pas nécessaire que cette accusation concerne une espèce en danger.

Ce procès en destitution reflète notre âge d’enragement. Pendant quatre ans, des personnes ont revendiqué une totale impunité malgré qu’elles aient ignoré les normes juridiques ou journalistiques. Elles ont affirmé que les attaques contre la liberté d’expression, contre le droit à un procès équitable ou contre l’objectivité des médias sont une démarche digne d’éloges puisque c’était contre Trump. On peut être désormais adulé pour avoir écarté de telles valeurs dans le but d’avoir sa tête. Il y a quelques années, un tel procès aurait été considéré comme faussé du fait de l’absence de preuves directes, d’une procédure régulière ou de normes claires. Mais il s’agit il s’agit du procès de Trump, et il est alors permis à beaucoup de considérer que c’est Trump qui le définit et non pas leurs valeurs. Comme ‘Gilda’, ils sont prêts à détruire leurs valeurs pour détruire Trump.

Jonathan Turley

  • 16 février 2021 à 00:00

Notes sur la liquidation de Platon-Aristote

Par info@dedefensa.org

Notes sur la liquidation de Platon-Aristote

• Autrement dit : “‘Cancel’ Platon & Aristote !”, mot d’ordre chronologiquement extrême du wokenisme. • Nous ne cesserons pas d’affirmer que ce que nous nommons ‘wokenisme’ constitue la plus puissante entreprise de déconstruction de tout l’univers social et culturel de la civilisation ayant abouti au bloc-BAO, – des USA d'abord, de la France ensuite et immédiatement après dans l'ordre d'importance. • Les Français commencent péniblement à en prendre conscience, car leurs élitesSystème si piètres, si hystériques en faveur de l’‘ouverture aux autres’, du globalisme, de la dénonciation du ‘repli sur soi’, ont une peine considérable à sortir de la prégnance provincialiste-parisienne pour appréhender comme tel cet évènement à dimension universelle. • Le wokenisme, en complément quasi-fraternel avec la crise-Covid, forme avec elle l’essentiel de la Grande Crise GCES. • Nous luttons tactiquement contre lui pour aiguiser les esprits et protéger les âmes  contre l'aveuglement, mais il doit stratégiquement aller à son terme pour achever l’autodestruction du Système. • L’essentiel est de distinguer la dimension universelle et l’ultimité de ces crises.

15 février 2021 – Vous pouvez aller voir sur le site d’Alexander Adams de quelle sorte d’homme il s’agit, selon un jugement que recommanderait une vision humaniste : érudit, critique d’art et auteur, dans l’état d’esprit que l’on aurait hérité de l’“honnête homme” au sens du XVIIe siècle, quels que soient les concessions de survie de sa culture qu’il fasse à un temps qui nous menacent tous dans l’intégrité de rien moins que notre âme. Cette rapide introduction, pour identifier à quelle mesure et dans quel climat d’une haute culture assiégée et martyrisée, se fait le commentaire d’Adams, dans RT.com ce 10 février 2021.

Nous donnons quelques extraits significatifs du texte d’Adams, dominé par le constat que les intellectuels du wokenisme en sont désormais à l’identification des artisans originels de la peste de la ‘blanchitude’ et du postcolonialisme (avec le colonialisme entretemps mais comme s’il l’avait précédé, car le postcolonialisme explique tout, est la source de tout). Ces satanistes-originels, comploteurs blanchisés avant le complotisme, on les trouve dans la bande, le gang Platon-Aristote-Plotin, absolument racistes-précolonialistes et ainsi de suite...

(Tout cela doit être clairement acté dans nos esprits un peu lents, en attendant que se poursuive l’enquête sur l’exploration du temps passé. Nous remonterons certainement aux Sapiens qui laissent percer certains signes de blanchitude, déjà imposteurs des véritables sapiens de couleur et LGTBQ, – sans parler du Dieu-Kaos originel, sans doute la base de départ de l’infamie, dont on ne vous dit rien de la couleur de peau, – mais entre nous vous savez bien car vous devriez savoir sous peine d’enquête--cancel...) :

Adams, donc : « ...Dan-el Padilla Peralta, un universitaire noir, affirme que la civilisation occidentale est basée sur des conceptions de la ‘blanchité’ [ou ‘blanchitude’] provenant de l’interprétations des sages de l’Antiquité. Récemment, des classicistes ont dénoncé les liens de leur propre discipline au suprémacisme, pour tenter de la disculper d’un prétendu racisme.
» Padilla va plus loin et affirme que les départements des classiques sont hostiles aux minorités. “Si l’on voulait concevoir une discipline dont les organes institutionnels et les protocoles de contrôle visent explicitement à désavouer le statut légitime des universitaires de couleur”, a-t-il déclaré au New York Times, “on ne pourrait pas faire mieux que ce qu’ont fait les classiques”.
» Il a ajouté que “les classiques sont si enchevêtrés dans le suprémacisme blanc qu’ils en sont inséparables... la production de la blanchité doit être soumise à un examen plus approfondi qui détermine que cette blanchité réside dans l’être même [l’essence] des classiques”.
» Padilla a négligé le fait qu’il est professeur de lettres classiques à l'université de Princeton, invité à publier et à intervenir dans des conférences. Beaucoup pourraient souhaiter une délégitimation aussi gratifiante que la sienne. On lui conseillerait de relire Platon pour se remettre à la logique inductive.
» Les anciens avaient beaucoup à dire sur la tolérance, l’équité, la logique et l’empathie, et ils ont exposé les vertus de la démocratie et de la liberté d’expression. Les philosophes stoïciens ont donné des conseils sur l’autonomie, exact opposé et antidote de la culture de la victimisation. En tant que tels, ils sont un obstacle tenace aux idéaux progressistes, – c’est pourquoi Padilla et d’autres ont décidé qu’ils doivent être liquidés-annulés [‘cancelled’].
» Toute faculté acceptant de telles absurdités trahit tout engagement envers la vérité empirique, le rationalisme et la recherche de la connaissance. Pourquoi alors une faculté en viendrait-elle à tout de même l’envisager ?
» Une autre excellente défense des classiques par Rich Lowry dans la National Review contient pourtant une affirmation contestable : “Il est rare de trouver d’autres exemples d’universitaires tellement absorbés par la haine de leur propre discipline qu’ils en viennent à littéralement chercher à les détruire de l’intérieur.” Au contraire, les départements universitaires sont remplis d’universitaires accablés de culpabilité [réelle ou feinte], croyant que leur enseignement est rongé par le sexisme, le racisme et l'homophobie. Ils seraient tout à fait prêts à détruire leurs propres facultés afin d’affirmer leur vertu. Nous avons vu cela dans d’autres domaines. »

La filière France-USA

Ce texte est significatif de la guerre culturelle totale en cours, qui nous fait considérer que le mouvement que nous avons qualifié de ‘wokenisme’ constitue un phénomène d’une puissance fondamentale et l’un des acteurs principaux et totalitaires de cette guerre totale. Il a pris une forme tellement radicale, tellement outrancière et impudente dans tous ses extraordinaires travers et sa culture fiévreuse de la démence et du culte du ‘Rien’, qu’il est très largement identifié par une partie de plus en plus importante du monde intellectuel et de la communication qui tend à sortir de sa sidération pour envisager de s’affirmer contre lui. (Pour autant, cela ne signifie pas qu’on ait aussitôt, totalement compris l’ampleur et la puissance du défi.)

Cela vaut certes pour les USA mais aussi pour le reste, notamment pour la France, qui, dans la bassesse où elle se trouve amenée, a pourtant un rôle spécifique et remarquable. Les interventions officielles sur le “séparatisme”, pris en France comme un élément du débat intérieur sur l’immigration et la communautarisation de l’Islam, sont beaucoup plus largement interprétées (aux USA et dans les pays anglo-saxons) comme des affirmations sans nuances contre le wokenisme considéré comme une doctrine pseudo-idéologique à vocation internationaliste. Cela est certes prêter beaucoup d’intentions et de capacités intellectuelles aux dirigeants français qui en sont absolument dépourvus, mais cela est prendre en compte une résilience française dépassant les médiocrités de circonstance, et imposant à toutes les interventions humaines des discours dont l’interprétation la plus haute les dépasse complètement, jusqu’à en invertir totalement le sens [inversion vertueuse quoique totalement involontaire dans ce cas].

... Par exemple, ce texte du 10 février de Brandon Morse, dans RedState.com :

« La culture [wokeniste] de l’extrême gauche est une maladie qui a infecté notre pays et les responsables français tirent maintenant la sonnette d'alarme pour dire qu’elle ne doit pas infecter la France elle-même.
» La culture wokeniste est une idéologie qui brise toute interaction avec quoi que ce soit, jusqu’à l’identité de la personne qui interagit avec elle. Par exemple, elle a donné naissance au Projet 1619 [développé par le New York Times], qui réduit l’Amérique à son seul péché d’esclavage et affirme que le caractère fondateur des USA a été institué par l’arrivée du premier esclave en 1619, et non lors du texte fondateur de 1776. Comme le nazisme l’a fait avec les juifs, le wokenisme enseigne que les blancs sont responsables de tous les problèmes qui se posent à l’humanité et que, pour obtenir une véritable égalité, ils doivent être désavantagés de diverses manières tandis que les autres races doivent bénéficier d’un traitement et d’avantages particuliers.
» Selon le Daily Mail, les responsables français voient ce qui se passe en Amérique et font clairement savoir qu’ils doivent s’y opposer sur le plan idéologique :
» “Dans un discours prononcé en octobre sur la ‘lutte contre le séparatisme’, Macron a estimé qu’il ne faut pas laisser ‘le débat intellectuel à d'autres’. Il a mis en garde contre ‘des théories sociologiques entièrement importées des USA.”
» Son ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, a également mis en garde en octobre contre une “bataille à mener contre la matrice intellectuelle des universités américaines”. »

Ambiguités et contradictions France-USA

Nombre de critique US ne manquent pas au reste de rappeler que cette doctrine internationaliste de déconstruction est originellement de provenance française, ce qui est mettre en évidence la contradiction fondamentale du destin français faisant côtoyer tout au long de l’histoire du pays le pire et le meilleur... dans ce cas, avec les USA, l’origine du wokenisme se trouvant chez les philosophes déconstructeurs français (Derrida, Foucault, etc.) essaimant dans le monde universitaire aux US dans les années 1970 : « Vous voulez connaître un bon canari de la mine de charbon que menacent les ‘Prozis’ (surnom des socialistes progressistes) ?  Un bon point de départ est l’utopie [sociétale] progressiste de la France.  Le pays qui a été le premier exemple de ce que la gauche radicale veut pour l’Amérique, vient d’envoyer un avertissement à ses plus affirmés zélateurs : Votre wokenisme est une menace existentielle pour la France... »,

Sur ce thème, on reprend ici une critique de Luc Ferry, qui a effectivement l’avantage de mettre en évidence le caractère transnational de ce mouvement et l’un (il y en a d’autres) des fondements de son origine réelle venue des États-Unis par le biais de sa rampe de lancement qui se nomme ‘Politiquement-Correct’ (PC). Cette identification n’est pas toujours faite alors qu’elle est fondamentale pour comprendre combien cette ‘guerre culturelle totale’ transcende les frontières et les anciennes lignes de séparation politique.

 «  [Pierre Nora] a fait observer qu’un militantisme haineux et agressif avait désormais pris la place du débat argumenté s’agissant de ces sujets qu’on pourrait dire “radioactifs”. Plus question d’adosser les raisonnements à une connaissance solide de l’histoire, des sciences exactes ou de la philosophie. Il suffit de disqualifier l’adversaire en le traitant d’islamophobe, de raciste, de misogyne ou tout simplement de “mâle blanc. Que ce soit sur la 5G, l’histoire de l’esclavage, le féminisme ou l’islamisme, la terreur plane sur les esprits au point que les meilleurs d’entre eux finissent par se garder de toute intervention publique de crainte d’être victimes d’injures, voire d’une fatwa assortie sur les réseaux sociaux de menaces de mort, ce qui, on me l’accordera, ne facilite pas la discussion sereine et argumentée. [...]
« Paradoxe suprême: sans s’en rendre compte, tous ces militants, pourtant anticapitalistes et antiaméricains, ne font que singer servilement ce qui se trame depuis quarante ans dans les universités outre-Atlantique avec la calamiteuse mode du politiquement correct qui vit naître l’écologie décoloniale et de l’écoféminisme dont Greta Thunberg est aujourd’hui la porte-parole. Ils se bornent à mimer cette grotesque américanisation de la France qui emprunte à Derrida l’idée de “déconstruction” et à Trump celle de “vérité alternative”. Consternant ! »

Ferry fait à notre sens une confusion qu’il est bon de mettre en évidence. Lorsqu’il met en parallèle le déconstructivisme de Derrida (et des autres de la French Theory : Foucault, Deleuze) et la “vérité alternative” de Trump, il pousse un peu loin le bouchon. La parole de Trump est celle d’un charlatan-bateleur qui ne fait pas mystère de l’‘engagement’ de son langage, et par conséquent de la manipulation qu’il lui fait subir, grossièrement, sans prendre de gants, avec des approximations qu’on jugera mensongères ou légères selon ce qu’on en a, mais aussi pour répondre à des offensives très longues et sans pitié d’un DeepState mentant plus vite que son ombre, simulant comme un entonnoir psychiatrique,  manipulant comme un gigolo, souteneur complètement en ménage avec le wokenisme et sa réinterprétation totale des événements. En quelque sorte, Trump lutte contre le wokenisme-déconstructiviste en lui opposant sa propre déconstruction de forban des tour bardés de $millards. Le premier (wokenisme-déconstructiviste) à tout à voir avec “l’américanisation de la France”, le second (déconstruction de forban) rien du tout.

Alors, on en vient à observer une critique virulente de l’Europe, – et surtout, essentiellement voire exclusivement, et dans tous les cas paradoxalement, de la France, – soudain identifiées comme sources des influences principales à la base du wokenisme qui a embrasé le parti démocrate. Cette fois, l’on ne parle plus de la lointaine French Theory mais des très récents événements, et l’accusateur, qui dénonce une “européanisation de l’Amérique” (et même une “francisation de l’Amérique”) n’est autre que l’honorable Jonathan Turley (cité dans le texte sur « L’européanisation de l’Amérique ») dont on connaît la haute tenue et la recherche du maintien de l’objectivité intellectuelle dans ce chaudron bouillonnant de démences diverses :
 « Le fait le plus effrayant est que le contrôle [la censure] de l’expression à l’européenne est devenu une valeur fondamentale du parti démocrate. Autrefois parti qui luttait pour la liberté d’expression, il est devenu le parti qui exige des lois sur la censure d’internet et la chasse au discours de haine. Le président élu Joe Biden a appelé à un contrôle de la liberté d’expression et a récemment nommé responsable de sa transition pour les questions relatives aux médias l’une des figures les plus affirmées de la lutte contre la liberté d'expression aux États-Unis. C’est une tendance qui trouve désormais un soutien dans les médias, qui ont célébré le discours du président français Emmanuel Macron devant le Congrès où il a appelé les États-Unis à suivre le modèle de l’Europe en matière de lutte contre les discours haineux. »

Une définition du wokenisme

Pour compléter ce rapide coup d’œil sur un phénomène pseudo-idéologique (‘simulo-idéologique’ pour ajouter le sens de ‘simulacre’ ?), il nous semble utile de rappeler notre définition de ses composants. Il faut bien mettre en évidence combien le wokenisme est enfant de son temps, avec sa puissance totalement construite sur la communication, avec sa séduction exercée au niveau des affects les plus sommaires, voire des instincts les plus bas, – bien plus bas que les instincts du monde animal, – enfin avec sa complicité avec le Politiquement-Correct qui règne essentiellement, sinon exclusivement dans les élites absolument asservies au Système. Le wokenisme ne représente rien, sauf ‘le Rien’ qui est le but complètement assumé sinon affiché du Système ; il est nécessairement destiné à servir le Système, dont il constitue l’un des principaux moyens de déstructuration culturelle, sociale et psychologique.

Ainsi est-il absolument logique que son attaque contre le passé, qui est la principale structure d’une civilisation, soit d’une virulence extrême et qu’elle vienne des représentants les plus significatifs des élites, là aussi sans la moindre surprise. Si en France, nous avons notre bonne vieille tradition de corruption des élites actualisée par le casq d'un Olivier Duhamel, aux USA ils ont le professeur africain-américain Dan-el Padilla Peralta qui nous signale, via évidemment l’incontournable référence du New York Times, ceci :
“les classiques sont si enchevêtrés dans le suprémacisme blanc qu’ils en sont inséparables... la production de la blanchité doit être soumise à un examen plus approfondi qui détermine que cette blanchité réside dans l’être même [l’essence] des classiques”. (Pour ‘classiques’, l’on doit lire les ‘Anciens’, ces odieux simulacres de la blanchité que sont Platon-Aristote-Plotin & toute la bande. Il est dommage qu’ils ne soient plus là pour tenter de réparer leur faute ontologique, conformément à la feuille de route wokeniste.)

Ainsi et quoi qu’il en soit, on rappellera ces extraits de texte qui tentent de donner une définition absolument trompeuse, outrancière, complètement infectée de blanchité, du wokenisme, – la nôtre, certes...

• Du point de vue de ce qu’on pourrait nommer ‘dynamique chronologique’, on proposera cet extrait des premières appréciations du wokenisme, quand il était encore ‘Wokenisme’ en majesté...
« Cette dynamique époustouflante de force déstructurante qui stupéfierait Derrida, Deleuze, Foucault & Cie eux-mêmes, continue à se développer, entre les encouragement à brûler les livres non-conformes, style-nazi, et le travail sur les listes à constituer des partisans et collaborateurs de Trump qu’il faudra s’employer à envoyer dans des camps, style-goulag, quand le temps des lendemains chantera avec l’arrivée du bon vieux Joe. Anticipant les événements en cours, sans lui-même en prendre l’exacte mesure car cela était impossible (c’est à peine possible aujourd’hui) mais tout en détaillant les aspects conceptuels qui soutiennent aujourd’hui le ‘Wokenisme’, Roger Scruton écrivait en janvier 2015 (version française, ‘L’erreur et l’orgueil’, publiée en mai 2019) : « Nombre de ceux qui ont été désignés comme les gardiens de la culture occidentale reprendront tout argument, même imparfait, et toute source d’érudition, même hypocrite, afin de dénigrer leur patrimoine culturel. Nous sommes entrés dans une période de suicide culturel... ». (Scruton poursuit : « ...comparable à celui que connut l’islam après l’ossification de l’Empire ottoman » ; c’est bien au-delà dans l’abîme qu’il faut se situer, et bien sûr Scruton ne pouvait le prévoir, du fait de l’ébouriffante rapidité des événements.)
» Bien évidemment, on ne fait pas assez mention de cette dynamique, on n’insiste pas suffisamment sur sa prodigieuse diffusion, sa vitesse d’influence et de conviction semblable à celle d’un immense incendie par grand-mistral. Il ne faut aucun doute pour nous qu’il s’agit là de l’élément central des évènements de l’année 2021, et dans ce cas quel que soit le président pour USA2021. Un signe de l’importance du ‘Wokenisme’ est tout le mal qu’on a eu, et qu’on a encore, sans compter ceux qui en, ignorent tout, pour le prendre au sérieux. »

• Du point de vue du jugement qualitatif qu’on peut porter sur le wokenisme, on peut aisément reprendre ce jugement largement partagé par les intellectuels regroupés dans la résistance à ce mouvement :
« La sottise, l’ignorance, l’inculture, la médiocrité de la forme même de l’intelligence (quelle que soit son intensité, il s’agit d’une forme d’intelligence actant et tirant vers le bas, le encore-plus-bas, donc renforçant directement la bêtise en l’armant d’arguments, en la structurant littéralement), voilà leur lot... Tous ces travers avérés constituent les principaux caractères des thèses indigénistes et plus généralement wokenistes, pour ce mouvement que nous avons baptisé du néologisme de ‘wokenisme’ – pour notre propos et pour la facilité du propos, en France et aux USA. Cela est si incontestable, si évidemment mis en lumière par la réflexion, la mémoire, l’équilibre et l’harmonie du caractère comme moyen d’observation, qu’il n’y a nul besoin de démonstration, ni aucune possibilité de dialogue, – et d’ailleurs, pour quoi faire, pour quoi dire ? »

• Au niveau quantitatif de la principale force de notre époque, qui est la communication,
le wokenisme « a une fantastiques présence au niveau médiatique, une capacité d’influence et de fascination quasiment satanique, relayée d’une façon pavlovienne et souvent extatique par des élitesSystème (ZZ ou ZélitesZombie) totalement satisfaites de cette ‘servilité volontaire’ absolument assumée (c’est chez elles, chez ces Zélites, que s’exerce massivement, sans aucune pudeur, comme attiré par le fumet de la servilité, ce phénomène identifié par La Boétie, et nullement dans les populations) ... »

Complémentarité ultime wokenisme-Covid 

Nous ferons enfin quelques observations de conclusion que nous inspirent la puissance du courant wokeniste autant que la profondeur abyssale de la néantisation qu’il propose comme fin. Il est essentiel d’en saisir les implications crisiques universelles, autant que son caractère d’ultimité suggérant une dynamique d’effondrement. Il nous apparaît évident que ce mouvement d’une ampleur si extraordinaire, et entraînant les deux pays qui occupent traditionnellement les deux pôles culturels et intellectuels de l’ensemble américaniste-occidentaliste (bloc-BAO), est de nature à constituer une dynamique de dislocation de la civilisation (de la contre-civilisation) qui s’est emparée de cet ensemble depuis la charnière XVIIIe-XIXe siècles (le “déchaînement de la Matière” pour nous, marquant l’élan de la modernité). Cela marque l’ambiguïté de la position qu’on doit avoir vis-à-vis du wokenisme, humainement et tactiquement insupportable, ‘Systémiquement’ [vis-à-vis du Système] et stratégiquement, absolument nécessaire

Dans cette guerre de l’ultimité des destins collectifs, à nulle autre pareille en raison des moyens employées et des cibles visées (les âmes des gens), cette dynamique du wokenisme est d’ordre culturel et social (sociétal), mais aussi d’ordre psychologique. Ses domaines d’influence, qui ne sont politiques qu’indirectement et donc dégagés des cadres conformistes des jugements de ce domaine (droite-gauche, fascisme-démocratie-socialisme, etc.), rencontrent sans aucun doute les terrains d’action de la crise de la crise-Covid, autre facteur crisique  constitutif de l’ultimité dépassant si décisivement le stade sanitaire d’une simple pandémie pour constituer elle aussi un élément d’action de la dynamique de dislocation intra-civilisationnelle.

Une structuration de l’agressivité crisique complètement incontrôlable, au point qu’on pourrait la comparer à une activité sismique, caractérise la crise du wokenisme, comme celle de la Covid. Les deux crises sont classées dans des domaines évidemment de natures apparemment différentes, – dont les commentateurs et les élitesSystème surtout, et le public en partie, jugent instinctivement qu’ils n’ont rien de commun, – mais il s’agit du jugement d’un instant, et d’un temps largement dépassé où il existait un certain rangement cohérent.

Ce rangement est aujourd’hui remplacé par un extrémisme paroxystique qui se garde absolument de la moindre cohérence, qui fait même vertu de cette incohérence. Les deux crises s’interpénètrent dans leur nihilisme (wokenisme) ou leur absence apparente de sens politique (Covid), dans la seul mesure qui importe, qui est celle du renforcement et de l’enfièvrement réciproques de leurs dynamiques respectives tendant continuellement à fusionner pour entretenir et amplifier l’étape de la ‘masse critique’, en marche vers la ‘masse vertueuse’ de l’achèvement de l’effondrement du Système (GCES).

De ce point de vue de la proximité crisique des deux crises, il est temps également et évidemment, – il est temps d’enfoncer les portes qui devraient être largement ouvertes, –de prendre conscience de cette proximité. Le champ de la bataille est essentiellement, proche d’être exclusivement du fait de la communication, dans cette époque étrange où les affrontements des représentations de la réalité sont les premières armes utilisées contre les psychologies individuelles et collectives. C’est avec ce constat à l’esprit qu’il faut poursuivre cette bataille. Ce qu’il reste de haute culture du courant civilisationnel de la Tradition qui a cheminé depuis l’origine entre les aléas de l’Histoire, doit se trouver des places fortifiées d’où l’on peut poursuivre le combat. Après tout, Adams, qu’on a cité longuement au début de cette analyse, publie régulièrement sur RT.com.

Pour ce cas, c’est chez les Russes, que notre conscience dynamique ne manque jamais de dénoncer avec une haine rarement vue et de la même eau que celle que dénonce Adams, que les restes de cette haute culture peut trouver un refuge d’où elle peut dénoncer le traitement totalitaire, déconstructionniste et entropique, dominé par une sidérante bêtise déployée avec une profonde intelligence, dont elle est l’objet. (On rappelle par ailleurs, – cas de Patrick Buchanan, –  la dimension traditionnelle que certains, qui leur sont en général étrangers ou hostiles, peuvent trouver chez les Russes.) Pour d’autres cas, certains refuges dans la presse alternative et indépendante jouent également un rôle vital qui doit être exploité. Il s’agit d’évoluer avec souplesse, pour constamment suivre et identifier les nouvelles positions antiSystème tactiquement utilisables et qu’on découvre souvent stratégiquement proches.

Il s’agit d’établir une défense agressive, suscitant la dynamique de la contre-attaque, prenant continuellement en compte l’aspect universel de la dynamique déstructurante à l’œuvre par le biais de la fusion des dynamiques du wokenisme et de la Covid. En même temps, il s’agit de ne pas du tout négliger ce qui peut être retiré d’absolument antiSystème et utilisable avec profit, dans ces dynamiques crisiques qu’il est pourtant nécessaire de combattre. Là aussi, souplesse et adaptabilité sont requises. Leur efficacité dépendent sans aucun doute de la prise de conscience et du choix d’en faire une inspiration à mesure, de l’aspect universel, embrassant l’ensemble de la crise civilisationnel que nous décrivons : ni le wokenisme, ni la Covid ne sont des phénomènes réduits à eux-mêmes, mais d’abord des manifestations de l’ultimité de notre Grande Crise.

  • 15 février 2021 à 00:00

Échangerais Trump contre Navalny

Par info@dedefensa.org

Échangerais Trump contre Navalny

14 février 2021 – Il en a été dit, des choses, après cette farce bouffonne du second procès de Trump visant, celui-là, à sa destitution d’une fonction qu’il n’occupe plus. L’image la plus frappante du point de vue du simuleur-simulé, fut celle du sénateur Schumer, chef de la majorité démocrate au Sénat, qui parla pour caractériser la décision d’acquittement de Trump d’un « vote of infamy ». Nos lecteurs informés ont deviné que Schumer, habile rhétoricien quoique d’une certaine lourdeur, paraphrase le discours fameux, le “Infamy Speech” de Roosevelt du 8 décembre 1941 devant le Congrès, par conséquent allant jusqu’au bout de la grotesquerie de son analogie puisqu’il avait comparé l’‘attaque’ du Capitole du 6 janvier 2021 à l’attaque de Pearl Harbor. Toutes ces mignardises dialectiques mesurent le degré de bouffonnerie extra-stratosphérique (‘On a marché sur la Lune’) où se complet aujourd’hui Washington D.C. devenue définitivement ‘D.C.-la-folle’.

(Phrase complète de Schumer, pour les archives de l’Histoire, en original pour garder tout le poids de cette expression ‘will live in infamy’ : « January 6 will live as a day of infamy in the history of the United States of America. The failure to convict Donald Trump will live as a vote of infamy in the history of the United States Senate.. »)

Plus intéressante après tout, et cela à mon estime et en prenant toutes les respectueuses précautions du monde à l’endroit de cette majestueuse institution qu’est le Sénat des Etats-Unis comme résurgence superbe de la Grande Vertu républicaine (pardon, démocrate) Romaine, est cette possibilité d’une rencontre inédite entre un président en fonction et actif, et un président hors de ses fonctions et certainement désormais très-actif. Il s’agit de la possibilité d’une rencontre entre Poutine et Trump, annoncée, – avec tous les conditionnels qui vont bien, – par le site NewsMax.com, – dans ces termes :

« Que ce soit pour discuter affaires ou discuter politique, des experts politiques disent qu’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine pourrait se profiler à l'horizon. Non seulement cette rencontre déclencherait une frénésie médiatique, mais elle rendrait l’administration Biden folle tout en renforçant le fait que Trump possède toujours un énorme pouvoir politique. »

“Frénésie médiatique” et “l’administration Biden [devenue] folle”, sans aucun doute, d’autant que c’est déjà le cas pour les deux occurrences. Cela observé, il faut convenir que ce serait un beau coup et un coup audacieux ; encore faudrait-il que les deux présumés-coupables surmontent les obstacles des conseils de retenue, et ceux de leurs propres caractères et de leurs conceptions stratégiques.

Voyons du côté de Trump. L’ancien président est sortie victorieux et resplendissant de cet incroyable cadeau que les démocrates, absolument aveuglés par leur haine-de-Trump, lui ont offert sur un plateau de transcendance communicationnelle. Il faut effectivement, comme dit Alastair Crooke, que les élites (les démocrates infectés par leur virus de la haine-de-Trump) aient complètement perdu le sens du réel, – dans ce cas, l’inéluctable et mathématique défaite de leur seconde attaque ‘destitutionnelle’, – pour avoir lancé cette initiative qui joue si parfaitement son rôle de réhabilitation d’un président que leur simulacre avait transformé en chef de l’‘insurrection’. (« Les élites en viennent à croire leurs propres récits [...] Elles perdent la capacité de se distinguer et de se voir elles-mêmes, comme les autres les voient. Elles sont si ravies par la vertu de leur vision du monde qu’elles perdent toute capacité d’empathie ou d’acceptation des vérités des autres. »).

En bonne logique stratégique, Trump devrait donc aimer cette initiative originale. Il rencontrerait néanmoins bien des obstacles et des freins pour l’en dissuader si le cas existe, chez les prudents, les antirussistes qui abondent chez ses conseillers, les complotistes qui continuent à croire aux dégâts causés par les complots type-simulacre (type-Russiagate) des démocrates, bref les élites, présentes aussi dans son camp, qui « en viennent à croire leurs propres récits [des autres] ». Il faudrait donc à Trump beaucoup d’audace transgressive pour pousser à un coup aussi audacieux.

Du côté de Poutine, il y a la prudence immémoriale du président russe, très souvent habile et justifiée, parfois paralysante et inféconde. Malgré les rebuffades, les sanctions, les torrents de montages menaçants et de simulacres injurieux déferlant sur lui depuis quinze ans, Poutine peine à agir avec une complète fermeté et une égale conviction contre les haineux aveugles du clan-BAO. Il a pourtant une fantastique occasion de faire un coup royal sur le Grand Échiquier qui fonctionne aujourd’hui à l’huile de la communication, de quoi se faire retourner Brzezinski dans sa tombe.

...Qui, en effet, ne reconnaîtrait là une possibilité de croisement des diagonales des fous, entre le simulacre et le coup d’audace ? Le bloc-BAO a relancé le nième montage d’une opposition-fantôme chargé de nous jouer la rythmique de la ‘révolution de couleur’ à Moscou, avec le même pion de si médiocre stature qu’est le Navalny, cru-2020 prolongé-2021. Poutine, en invitant Trump (on pense évidemment que cela ne pourrait se passer que dans ce sens) a l’occasion de présenter au monde un Navalny-US, d’une stature incomparablement meilleure, chef d’une opposition bien réelle, superbement chargé d’une légitimité incomparable, – le médiocre-simulacre balayé par la vraie-audace. Les deux hommes, en cette circonstance, en fonction de ce qu'ils sont, seraient deux complices parfaits...

(Trop parfaits pour être vrais diraient les sceptiques, qui ont souvent raison ?)

“Vous avez Navalny ? Moi, j’ai Trump !” Il serait temps que Buchanan, qui est du camp de Trump, se rappelle et rappelle à Trump ce que lui-même pensait de Poutine, il n’y a pas si longtemps. Ce sont des phrases encore plus pertinentes aujourd’hui, dans ce temps qui est nôtre, où la polarisation que lui-même (Buchanan) définissait pour mieux décrire Poutine s’est dramatiquement affirmée...

« Is Putin One of Us ? » interrogeait Buchanan en décembre 2013. Il remarquait :
« Nous sommes deux pays désormais », parlant de l’Amérique coupée en deux, avec les traditionnalistes-conservatrices en position naturelle d’affrontement contre les progressistes-sociétaux (les futurs wokenistes) ; puis, poursuivant aussitôt :
« Poutine dit que sa mère le fit baptiser secrètement quand il était bébé et qu’elle répondait de sa foi chrétienne. Et ce dont il parle ici est ambitieux, voire audacieux. Il cherche à redéfinir le futur conflit mondial du “Nous contre Eux” comme un conflit dans lequel les conservateurs, les traditionalistes et les nationalistes de tous les continents et pays s’opposent à l’impérialisme culturel et idéologique de ce qu’il considère comme un Occident décadent... »

  • 14 février 2021 à 00:00

La Kanaky, c’est Nickel

Par info@dedefensa.org

La Kanaky, c’est Nickel

Alors que se dessinent les prémices de l’indépendance de la Nouvelle Calédonie, les indépendantistes kanak ont manqué de gagner le référendum d’octobre de moins de 10 000 voix, l’Etat français parraine la vente de la filière Nickel de Goro, complexe fait d’un port, d’une centrale électrique, d’un gisement de Nickel et de cobalt et d’une usine de traitement,  à un consortium prédateur.

L’enjeu est considérable et la manipulation d’importance.

Séquence 1 : Petite histoire, qui est le vendeur ?

Le géant minier Brésilien Vale avait acquis l’exploitation du site en 2006 en rachetant le groupe canadien Inco Ld. Ces années-là étaient marquées par une activité frénétique de fusions-acquisitions ‘Fusac’ pour les banquiers. Les conseillers financiers encourageaient les concentrations de capitaux car ils ramassaient des commissions énormes quand ils veillaient aux transactions. Ce secteur bancaire est particulièrement parasite et s’est révélé dangereux car il conduit à des situations monopolistiques. L’actuel Président de la République française y a excellé dans le groupe Rothschild car il ne requiert aucune compétence économique particulière en dehors de l’art de la persuasion donc de la séduction qui facilite la négociation.

Le repreneur

Le groupe Vale est issu d’une entreprise publique privatisée en 1997 sous les auspices d’un gouvernement brésilien de tendance social-démocrate qui a privatisé pas moins de 71 entreprises. La Companhia Vale di Rio Doce (CRVD) créée en 1942 a été cédée pour une bouchée de pain. Ses biens publics accumulés (26 millions d’hectares de terres, 167 hôpitaux, 68 universités, etc..) ont été transférés au privé pour la somme ridicule de 3 milliards d’euros alors qu’aucun inventaire de son patrimoine n’avait été préalablement dressé.  Le coup d’Etat institutionnel qui a abouti au renversement du gouvernement travailliste a fait changer l’orientation resserrée vers une production pour la sphère nationale en faveur d’un fort endettement pour plus d’investissements alors que le marché mondial s’essoufflait. En 2015, la dette s’élevait à plus de 25 milliards et les pertes à 40 milliards. La rupture d’un barrage sous le poids des boues effluentes de la mine de Germano dans l’Etat de Minas Gerais, prévisible depuis 2009 car il a été construit sur des rejets de la mine, a dévasté le village Bento Rodrigues. Le fleuve Rio Doce source principale de captation d’eau du bassin a été contaminé. 12 millions de M3 de résidus miniers toxiques empoisonnent la zone. Lorsque les victimes demandent réparation, la multinationale essaie de trouver un arrangement pour échapper à 50 milliards d’indemnisations.

En janvier 2019, la rupture d’un autre barrage minier dans le même Etat a fait des centaines de morts, la plupart employés de la firme. Cette nouvelle catastrophe fait plonger la cotation boursière de Vale et repose la question du coût environnemental jamais considéré dans l’exploitation.

L’acheteur initial

Le groupe minier canadien Inco Ld avait acheté en 1992 la concession minière pour le site de Goro au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (le BRGM, donc l’Etat français) soit une réserve de 165 millions de tonnes titrant à 1,6% pour une bouchée de pain. Inco Ld a gelé son (faible) investissement pendant des années avant de lancer une usine pilote pour vérifier l’efficacité d’une nouvelle technologie hydrométallurgique adaptée au minerai de faible teneur. Au terme d’une série d’opérations, en expropriant le producteur français Eramet au profit d’un autre groupe canadien Falconbridge, l’Etat français s’était désengagé du nickel calédonien et l’a quasiment offert à Inco qui a payé en tout et pour tout quelques 20 millions d’euros et en a reçu plus d’un milliard d’euros en subventions. En 2004, Inco Ld lance la construction de l’usine de Goro. La Société de Participation Minière du Sud Calédonien, détenue pour moitié par la province Sud, et au quart par chacune des provinces du Nord et des îles participe pour 10% à l’actionnariat de l’usine Goro Nickel. 

Les autochtones pour leur environnement

Des luttes autochtones et environnementalistes ont rectifié à l’aide de contre-expertises scientifiques les tracés des implantations. En 2006, le Tribunal administratif annule l’autorisation d’exploitation de Goro nickel eu égard aux risques trop importants de pollution chimique dans un site à la biodiversité ‘fragile’. 

Le Conseil Consultatif Coutumier et un observatoire de l’environnement dénommé l’Oeil surveillent le respect du pacte de développement durable du Grand Sud signé par Vale qui  avait opté pour le mode d’extraction de la lixiviation par l’acide sulfurique. Des fuites d’acides ont lieu en 2009 dans le creek de la Baie Nord, d’autres plus importantes encore ont déversé 100 000 litres d’effluents dans la même baie.

En décembre 2019, Antonin Beurrier annonce que Vale souhaite se retirer et céder ses parts, alléguant les dettes cumulées, la raffinerie n’ayant jamais produit à plein rendement.  

C’est dans un contexte aggravé par la récession mondiale, les besoins en acier de la Chine sont en baisse, que Vale va vouloir se séparer de son exploitation du Nickel à Goro en Nouvelle Calédonie.

L’une des raisons non avouées de la cession de Goro Nickel se trouve peut-être dans le grand risque de rupture du barrage KO2 qui stocke les résidus toxiques de l’usine : 25 millions de m3 contenus par un barrage sis dans une région à haut risque sismique à propos duquel beaucoup d’anomalies ont été constatées d’autant que la membrane qui tapisse le fond du barrage n’est pas étanche. Par ailleurs, le barrage aura atteint sa capacité autorisée fin 2023.

Séquence 2 : Pour qui le profit ?

Les tours de passe-passe

Depuis que le géant minier brésilien Vale a annoncé son retrait du complexe industriel et minier du Sud qu’il exploitait depuis 2010 pour la fin de l’année 2020, tour à tour, deux repreneurs ont renoncé à lui succéder. L’australien New Century Resources (NCZ) s’est désengagé d’un investissement jugé à risque. Un collectif coutumier s’est opposé à ce rachat car NCZ aurait délocalisé le traitement du minerai, ce qui aurait été moins avantageux pour le pays. Cette contestation a été rejointe par le FLNKS, le MNSK et l’USTKE. 

Vale avait privilégié ce repreneur en lui réservant l’exclusivité à l’accès à sa documentation technique et financière. Vale a ce faisant défavorisé les autres candidats dans le montage de leur dossier financier. NCZ ne dispose de plus d’aucune expérience en hydrométallurgie et perd de l’argent chaque année depuis sa création.

Le Pdg de Vale Nouvelle Calédonie Antonin Beurrier avait exclu de la négociation les conseils coutumiers qui demandaient que soient garanties les conditions du Pacte de développement durable du Grand Sud.

En particulier, la candidature d’un consortium fait de partenariat du coréen Korea Zinc avec la société Sofinor, groupe néo-calédonien appartenant à la province Nord a été rejetée par Vale. La solution Koréa Zinc-Sofinor offrait de nombreux avantages pour le peuple kanak.

Par ce montage voulu par les Kanak, Sofinor qui est le bras minier de la province Nord détient 56% du capital  et, majoritaire, il peut imposer un mode d’exploitation conforme aux intérêts autochtones et non aux appétits des multinationales.

Korea Zinc a de plus une grande expertise, elle est leader dans son secteur.

Vale a invoqué les aléas liés à la crise de la Covid-19 pour balayer définitivement l’offre du consortium.

Nombre d’actions ont été menées par l’ICAN, l’Instance Coutumière Autochtone de Négociation depuis juin 2020 pour que le pays reste maître de ses ressources. Le prétexte de la préservation de 3000 emplois ne pèse pas face à l’expropriation des richesses et à la destruction irréversible de la terre, de la mer, des fleuves, de la faune, de la flore et des  réserves halieutiques.

Le consortium Prony

Enfin, apparaît le véritable acteur voulu par Vale, il sort du chapeau d’Antonin Beurrier qui ne respecte pas les règles élémentaires d’appel d’offre. L’offre de reprise par Prony Ressources obtient l’exclusivité en novembre 2020.

Il est détenu à 25% par Trafigura, un courtier en pétrole et un affréteur de minerais.

Ce groupe fondé par des Français est célèbre dans les préfinancements des hydrocarbures africains, moyen formidable pour voler les peuples en sous-payant du brut revendu plusieurs fois sur le marché. Une fois le pétrole arrivé chez le dernier acheteur, les comptes se « débouclent ». Trafigura prend les bénéfices sans avoir rien avancé et redistribue une petite part aux dirigeants politiques corrompus installés par l’Occident à la tête des néo-colonies. 

L’histoire de Trafigura est une succession de crimes écologiques, d’emplois de sociétés-écrans pour dissimuler des activités illégales.

25% du consortium vont à une société d’investissement.

On cite des « intérêts calédoniens » à hauteur des 50% restants, composition hétéroclite de salariés (il faut avoir les moyens d’acheter des actions en nombre, ce qui va être réservé aux très hauts cadres), de la province du Sud, acquise aux liens d’appartenance à la France métropolitaine et la société civile calédonienne. L’Etat français soutient cette offre qui privilégie des fonds spéculatifs et prive la Kanaky de ses ressources essentielles, un peu à la manière d’une Algérie devenue indépendante sans la liberté de disposer de son pétrole.

Il s’agit bien d’une rétorsion politique et économique préventive car la Kanaky ne manquera pas de voter pour son indépendance lors du prochain référendum, le troisième, décidé en 1998 lors des accords de Nouméa.

Extorsion de profit contre l’intérêt des autochtones

Un coup de force est réalisé le 9 décembre 2020, Vale vend l’usine au consortium Prony.

Le site Goro Nickel est constitué de quatre éléments, l’usine de transformation, les gisements de minerais, une centrale électrique et le port. Lorsque les experts de Bercy rédigent une note sur l’absence de chiffrage précis de Korea Zinc-Sofinor en recommandant d’écarter la solution recommandée par les instances coutumières, ils font œuvre de prédation en faveur de spéculateurs apatrides.

L’ICAN et le sénat coutumier ont insisté sur deux points préalables dans leurs propositions.

Que soient chiffrées toutes les aides apportées par l’Etat français à Inco Ld puis à Vale NC.

Que soit établi un état des lieux précis de la situation écologique actuelle du site et de son entourage. Le protocole Lucy de transformer les boues toxiques et traiter les déchets qui sera financé à hauteur de 90 millions par Bercy n’est pas acceptable pour les autochtones.

Bien sûr ni Le Ministère d’Outre Mer ni Vale n’ont répondu à ces prérequis.

Le cours du Nickel, composant indispensable des aciers inoxydables et matériau de base pour les batteries des voitures électriques, est en train de se redresser. Il serait temps d’investir dans une centrale électrique de nouvelle génération, ce qui rendrait l’énergie moins onéreuse et le traitement du minerai d’un coût comparable à celui de la concurrence. 

 Soit l’usine reste au pays et qu’elle se conforme à des normes environnementales décentes, soit rien !

Nous ne pouvons qu’être aux côtés de ceux qui revendiquent leur autonomie et leur indépendance. Nous ne pouvons que rejoindre ceux qui luttent contre les gains rapides, illusoires aux dépens de l’indépendance et au mépris de l’environnement.

  • 14 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : The-Donald est-il leur Covid ?

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : The-Donald est-il leur Covid ?

... “Oui” naturellement, que voulez-vous répondre d’autre ?

Le procès en destitution, procès absolument rocambolesque sinon honteux et indigne, et finalement d’une crétinerie confondante, se poursuit cahin-caha vers une issue que tout le monde connaît d’avance. Au moins nous a-t-il permis d’entendre un des avocats de Trump expliquer à la tribune aux dignes sénateurs & Cie l’absurdité de la description de l’‘attaque’ du 6 janvier, par quelques sots peinturlurés en Indiens démoniaques contre des flics se demandant s’il fallait les arrêter là ou bien leur faire visiter les superbes corridors du Congrès. Me Castor a en effet expliqué aux élus de la nation que ce ne fut pas une ‘insurrection’ ; il leur a expliqué ce qu’il fallait entendre par “insurrection”, “coup d’État”, etc. (et peut-être aurait-il pu ajouter l’un ou l’autre conseil, – aller voir ‘Octobre’ de Eisenstein, ou lire ‘Technique du coup d’État’, de Curzio Malaparte) :

« Castor a qualifié Trump de “président le plus pro-policier et hostile au désordre” de l’histoire des Etats-Unis, – suggérant que les législateurs démocrates ont par contraste fermé les yeux sur les désordres des BLM [et les ont même encouragés]. Il a également déclaré que l'attaque du Capitole n'était en aucun cas une “insurrection”.
» “L'insurrection est un terme générique. Il est défini par la loi”, a soutenu Castor. “L’insurrection implique de prendre le contrôle d’un pays, d’avoir un gouvernement alternatif, de s’emparer [des centres d’information] et des chaînes de télévision et d’avoir un plan sur ce que vous allez faire quand vous prendrez enfin le pouvoir. Il est clair que ce n’est rien de cela”. »

Mais cette mise au point n’intéresse manifestement pas les parlementaires, essentiellement les démocrates. Leur chef au Sénat est, au contraire, toutes voiles dehors et à grand coups de louche pleine de FakeNews pour tenter de faire destituer le président-qui-n’est-plus-institué, et même de préparer la suite au cas où cette ‘destitution’ ne serait pas votée, – car le sénateur Schumer, le chef de la majorité démocrate et grand complice de Pelosi, envisage tout de même de ne pas avoir les 67 voix, dont 17 voix républicaines en renforcement pour faire les 2/3 de l’assemblée, nécessaires à la ‘destitution’ de Trump. (Par contre, on se demande ce que Schumer fait de ses contradictions, puisque les 67 voix nécessaires pour la destitution, le sont également pour voter les projets ‘pour suivre’ qu’il nous présente ci-dessous.)

« Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, a laissé entendre que le Parti démocrate pourrait envisager de se prévaloir du 14e amendement pour empêcher l'ancien président Donald Trump d'exercer des fonctions électives à l’avenir si le Sénat ne vote pas sa condamnation.
» “Nous allons d'abord terminer le procès de destitution puis les parlementaires démocrates vont se réunir et décider de la suite des événements”, a déclaré M. Schumer lorsque les journalistes lui ont demandé jeudi si les démocrates envisageraient de faire appliquer cet amandement.
» Le 14e amendement de la  Constitution autorise le Congrès à interdire à une personne qui s’est “engagée dans une insurrection ou une rébellion” d’exercer une fonction publique.
» L'amendement souligne que le Congrès “aura le pouvoir de faire appliquer, par une législation appropriée, les dispositions du présent article”. […]
» Les remarques de Schumer font suite à la déclaration du sénateur démocrate Chris Coons, qui a mentionné que son collègue Tim Kaine menait la campagne en faveur du 14e amendement parmi les démocrates depuis la fin janvier.
» “Ce dont parle le sénateur Kaine est une résolution de censure qui inclurait aussi spécifiquement les éléments du 14ème amendement qui conduisent à la disqualification de futures fonctions. Cela m’intrigue et je suis prêt à examiner l’essentiel, c’est-à-dire que nous devons faire rendre des comptes concernant les événements du 6 janvier”, a déclaré M. Coons.
» Les démocrates auront besoin de 17 membres républicains pour se joindre à l'affaire afin de condamner Trump, un scénario qui est considéré par certains comme quelque chose qui n'arrivera jamais. »

L’acharnement quasi-thérapeutique des démocrates contre Trump est un phénomène complètement remarquable, sinon surréaliste. Nous avons souvent avancé le sentiment de la haine, pour expliquer cette hostilité, beaucoup plus qu’une politique contestée, ou qu’un supposé ‘fascisme’ de Trump qui constitue une accusation abracadabrantesque. Il y a aussi la nécessité d’expliquer les comportements généraux qui conduisent à l’extrême polarisation des démocrates sur Trump (comme sur d’autres sujets pour d’autres gouvernements non-US, mais dépendant de la sphère US). Les explications concernent ici le fait de la polarisation qui, en général, interdit de déplacer son attention vers d’autres problèmes qui le mériteraient.

Dans son dernier article du 12 février, Alastair Crooke développe une explication à laquelle nous souscrivons totalement, puisque nous l’avons nous-mêmes souvent présentée sous forme d’hypothèse. Dans un article plus éloigné, Crooke abordait déjà cette question de la création d’une ‘autre réalité’ avec l’explication envisagée, et nous commentions son propos dans ce sens :
« Crooke ne pense pas une seconde que Poutine soit arrivé à convaincre ses ‘partenaires’, et nous non plus, – et Poutine, certainement, pas davantage. Le point de la vérité-de-situation à cet égard doit être trouvé, selon nous, dans ceci que les premiers infectés chronologiquement et irrémédiablement par cette distorsion brutale des réalités de la crise, ce sont les dirigeants-Systèmes eux-mêmes ; par conséquent, certes et comme dit plus haut, ils ne veulent ni ne peuvent... Ils concèdent volontiers qu’il y a un accident qu’on pourrait nommer ‘crise’, et ils peuvent parler en dialecte covidien à cet égard ; mais l’accident, c’est bien connu par définition, n’affecte en rien les fondements systémiques de la crise, et qui, plus est il est causé par les ‘dissidents’ ; donc, le Système producteur de la crise reste intact et se renforce la ‘chasse aux dissidents’. »

Dans le cas envisagé ici, Alastair Crooke détaille la situation du système de l’américanisme, pour ce cas après le départ de Trump, c’est-à-dire une fois l’anomalie temporelle par rapport au simulacre effacée de la réalité. Effectivement, tout se passe comme si rien ne s’était passé entre le départ d’Obama et l’arrivée de Biden, ou si l’on veut, comme si Biden succédait à Obama. Dans cet intervalle, une seule chose comptait pour les USA : effacer l’anomalie qui faisait tâche, et même grosse tâche orange, le plus vite possible et le plus définitivement possible ; ce qui conduit à leur ‘Big Weakness’, sorte de version dynamique du ‘Big ReSet’.

 « [Les moyens d’un ‘coup épistémique’ transformant la réalité par la communication] représentent clairement une toute autre ampleur de “contrôle”, – et lorsqu’ils sont alliés aux techniques anti-insurrectionnelles occidentales de perturbation de la narrative “terroriste” mises au point pendant la “Grande Guerre contre la terreur”, ils constituent un outil formidable pour freiner la dissidence au niveau national, ainsi qu’à l’extérieur.
» Il présente cependant une faiblesse fondamentale.
» Tout simplement, le fait d'être si investi, si immergé, dans une “réalité” spécifique fabriquée amène à ce que les “réalités” des autres ne seront pas, – ne pourront pas être entendues.  Elles ne trônent pas fièrement, bien visibles au-dessus du marécage sans fond du discours consensuel. Elles ne peuvent pas pénétrer la coquille durcie d’une bulle narrative dominante, ni prétendre à attirer l’attention d’élites si investies dans la gestion de leur propre version de la réalité.
» Leur “Big Weakness” ? Les élites en viennent à croire leurs propres récits, – oubliant que le récit a été conçu comme une illusion, parmi d'autres, créée pour capter l’imagination au sein de leur société (et non celle des autres).
» Elles perdent la capacité de se distinguer et de se voir elles-mêmes, comme les autres les voient. Elles sont si ravies par la vertu de leur vision du monde qu’elles perdent toute capacité d’empathie ou d’acceptation des vérités des autres. Elles ne voient plus les signaux. Alors, dans ce temps où l’on parle (sans écouter) à d’autres États, les motifs et les intentions de ces derniers sont mal interprétés, parfois de façon tragique.
» Les exemples sont légion. La perception de l’administration Biden selon laquelle le temps a été gelé à partir du moment où Obama a quitté son poste, et en quelque sorte dégelé le 20 janvier, permettant à Biden de reprendre cette époque antérieure (comme si le temps n’avait pas été interrompu), constitue un exemple de croyance en son propre récit. [...]
» L’expression “L’Amérique est de retour” pour “diriger et fixer les règles du jeu” pour le reste du monde peut être destinée à faire rayonner la force des États-Unis, mais elle suggère plutôt une faible compréhension des réalités auxquelles les États-Unis sont confrontés. [...]
» Pourquoi alors les États-Unis sont-ils si systématiquement dans le déni à ce sujet ?
» D'une part, après sept décennies de primauté mondiale, il existe inévitablement une certaine inertie qui empêcherait toute puissance dominante d’enregistrer et d’assimiler les changements importants du passé récent. D’autre part, pour les États-Unis, un autre facteur contribue à expliquer ce complet autisme : il s’agit de la fixation de l'establishment au sens large sur le but d’empêcher l'élection présidentielle de 2020 de valider les résultats de la précédente. Cela a vraiment pris le pas sur tout le reste.  Rien d’autre n’a eu d’importance.  L’attention était si intense qu’elle cachait l'évolution du monde, – juste là, sous leurs yeux... »

Il est bon que l’analyse concerne seulement accessoirement le comportement qui explique, – c’est là le sujet principal de l’article, – le profond décalage des USA vis-à-vis de la situation du monde extérieur. On voit alors l’ampleur formidable, cataclysmique, catastrophique, de l’affrontement interne, de la haine des démocrates pour Trump, de leur excès allant jusqu’à la fabrication d’une réalité qui supprime le temps réel pour lui substituer un simulacre accumulant les monstruosités soi-disant fabriquées par Trump, pour accuser Trump d’être un Trump-Frankenstein ; et cela accouchant de l’absolue nécessité absolument démocratique, de le liquider de toutes les façons possible, de le destituer une fois, deux fois, de le priver de tous ses droits de solliciter une fonction élective, de le faire disparaître de leurs regards horrifiés, de le désintégrer, et qu’il n’existe plus, et qu’il n’ait jamais existé enfin !

Ainsi Biden put-il s’approcher à petits pas comptés d’Obama-Saint et recueillir des mains fines et racées du Grand Homme le sceptre de l’exceptionnalisme, 46e POTUS succédant au 44e, parce que désormais, dans la succession des Jupiters du Capitole, 46 succède directement à 44, – puisque 45 n’existe pas et n’a jamais existé....

Mais cela n’est pas fini, comme on l’a vu avec Schumer et ses projets de 14e amendement, et il faut aménager le simulacre. Les démocrates repartiront sur une nouvelle piste, après avoir essuyé une deuxième veste ‘destitutionnelle’. Rien ne les arrête, tant que Trump pourra encore se manifester, même, – tant que Trump existera, – et même encore, tant qu’il aura existé car il faudrait effacer à jamais des nécessités du devoir de mémoire l’existence de Trump et des années 2016-2020. On pourrait en parler aux hordes wokenistes, si fameuses dans la sympathique et démocratique activité de la réécriture de l’Histoire.

Pourtant, notre sentiment intuitif est qu’ils n’arriveront pas à l’escale ultime de leur grande quête de satisfaire leurs psychologies enfiévrées, emportées dans l’emphase des vertus démocratiques ultimes. On ne quitte pas l’hôpital psychiatrique aussi aisément : faire disparaître Trump de l’Histoire, c’est une tâche herculéenne tant le personnage est vicieux, vulgaire, littéralement comme un virus ; ce serait comme parvenir à éliminer la Covid, littéralement jusqu’à la liquidation du dernier guerrier-virus en service.

Notre religion est faite :
1). Ils ne seront jamais quittes de Trump ; et
2). Trump est le pendant du Coronavirus dans le cadre de la GCES, et comme le virus il jouera son rôle jusqu’au bout.

 

Mis en ligne le 13 février 2021 à 15H50

  • 13 février 2021 à 00:00

Covid  forever

Par info@dedefensa.org

Covid  forever

13 février 2021– Cette perspective qui m’est revenue plusieurs fois, comme une interrogation terrible et semblant impensable : et si le virus ne disparaissait pas ? Curieux et sarcastique : ce ne serait après tout rien de moins que pour d’autres virus, qui n’ont jamais disparu, qui continuent à circuler, qui se signalent ici et là par une petite poussée et quelques dizaines-centaines de morts, – mais que l’on contient aisément, parce qu’on a trouvé de quoi le traiter, – vaccin, immunité ou bien traitements appropriés, etc., ou bien encore tour de magie d’un marabout ou d’un danseur vaudou ...Voyez : il y a à la fois quelque chose de terrible, de technologiquement et postmodernement ‘unthinkable’ selon l’esprit-covidien, et d’autre part quelque chose de complètement naturel, remontant à la nuit des temps, avec ses surprises et ses traditions...

Quoi qu’il en soit, lisez donc ce que nous dit madame Ammon :

« Les personnes lasses d’une pandémie qui a duré plus longtemps que ce qui avait été annoncé pourraient devoir se préparer à une perspective troublante, comme l’a averti la directrice de l'agence européenne de la santé ECDC, qui a déclaré que le Covid-19 resterait probablement en place pour toujours.
» “Il semble très bien adapté aux humains, nous devons donc nous préparer à ce qu’il reste avec nous”, a déclaré hier à l’AFP Andrea Ammon, directeur du Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies basé à Stockholm.
» En fait, Madame Ammon a déclaré qu'il semble plus probable que le virus continue de circuler indéfiniment que de disparaître. “Ce ne serait pas le premier virus qui serait avec nous pour toujours, ce n'est donc pas une caractéristique inhabituelle pour un virus”, a-t-elle ajouté. »

On dira que c’est l’évidence, soit médicale soit de bon sens. Le problème est qu’il s’agit d’un constat d’un temps pré-covidien, et que, depuis, la donne, ou disons plutôt la perception a complètement changé. Tout se passe comme s’il y avait aujourd’hui une affaire personnelle à régler entre la Covid et nous ; ou plutôt, entre fucking-Covid et les élites sanitaires.

J’en reviens toujours à cette ouverture de crise, et même à la décision du premier ‘confinement’ qui, s’il m’en souvient (“Je parle sous votre contrôle, preofesseur”), n’était faite que pour freiner l’épidémie parce qu’il y avait grande crainte d’un tragique engorgement des hôpitaux par carence de de lits de réanimation, et nullement pour vaincre le virus, l’acculer à la capitulation sans conditions et à l’éradication complète. Madame Amon nous dit qu’il est fort probable que ce virus, qui se trouve assez bien parmi nous comme d’autres, ne se laissera pas éradiquer.

Il y a toujours dans ma mémoire le souvenir des deux épidémies (grippes asiatique [1957] et de Hong Kong [1969]), qui se développèrent puis passèrent comme toutes les épidémies sans qu’il soit question de faire capituler jusqu’à éradication complète les virus coupables. (Peut-être se baladent-ils encore, variant ou sous-variant, et que Covid a des liens de parenté...) Il y a cette phrase déjà reproduite, d’une sommité sanitaire, qui n’indique nullement un désir de dictature sanitaire mais exprime la force d’un hybris sanitaire nourri au système du technologisme, – Hippocrate bien loin dans la poussière... « Nous avons été pris lors de la grippe de Hong-Kong alors que nous pouvions riposter avec notre technologie déjà disponible ; cela ne se reproduira plus. »

Puis, dans le même texte : « Effectivement, cette épidémie de 1969 fut considérée plus tard (en 2003 comme on voit ci-dessous) comme un grave échec qui demandait réparation. Les petites plumes laborieuses du “Service CheckNews” de ‘Libération’ ont fait un beau dossier là-dessus, d’où j’extrais ce paragraphe qui justifie cette impression du “Nous ne nous ferons plus avoir”, entraînant la réaction colossale face à Covid19 :
» “Il faudra attendre 2003, et les recherches de l’épidémiologiste Antoine Flahault dans les fichiers de l’Inserm pour obtenir un bilan de la grippe de Hong Kong. 31 226 morts au total, en deux mois. Aujourd’hui, les données concernant cette grippe, sont encore difficiles à trouver loin d’être mises en évidence. “Il y a une volonté d’oublier un grand raté collectif : les politiques, les médias, les médecins. Et un bilan catastrophique : 31 000 morts en deux mois. Personne n’est bien fier de tout cela”, conclut Patrice Bourdelais.” »

“Cela ne se reproduira plus”, c’est-à-dire : “cette fois, nous aurons la peau du virus” ? Et si madame Amon a raison ? Quel homme politique aura l’audace de dire : “Eh bien, écoutez, nous avons surmonté cette épidémie ; certes, il y a encore quelques cas, et le virus traîne toujours, et nous aurons encore des alertes, des poussées, mais cela suffit : nous abandonnons notre dispositif de guerre et décrétons, sinon la victoire, dans tous les cas le cessez-le-feu et la démobilisation. Vous pouvez retourner à nos occupations habituelles sans plus de restriction.”

Trump, assez fou dire ça, étant liquidé par la vertu-contagieuse, je n’en vois pas un seul de notre superbe bloc-BAO qui, dans notre contexte actuel d’emprisonnement de la communication, après avoir tant lutté dans la guerre covidienne pour se faire croire à soi-même qu’on est indispensable et qu’on tient là la recette d’une autorité perdue et retrouvée, puisse décréter une telle décision et s’y tenir jusqu’à rétablir un esprit collectif de confiance. Je parle dans tous les cas, je me répète avec une précaution de Sioux, pour ces pays du bloc-BAO, essentiellement l’Europe, avec des écarts et des aléas, mais en fait sacrifiant à la même référence, à l’ontologie (?) même de la fonction politique telle qu’elle s’est constituée ; car la pandémie, donc la référence du degré zéro de risque au nom de la pathologie du principe de précaution, donc l’alerte permanente, sont devenues une partie intégrante de la structure même de la fonction politique des dirigeants, une sorte de ‘valeur’ suprême de notre idéologie.

Je pense qu’ils sont pris dans un piège dont ils n’auront ni l’audace, ni l’imagination, ni la volonté de se sortir. Ce faisant, avec tous les complots du monde mis à part et dont je n’ai que faire parce qu’ils n’ont pas la moindre résilience par comparaison avec la force des événements, il s’agit du constat que notre système, – donc, le Système, – est pris à la gorge de ses propres nécessités ; prisonnier d’une instabilité permanente, en position constante de vulnérabilité à tout événement inattendue, à toute tension supplémentaire, à quelque caprice que ce soit du virus qui se balade parmi nous. Nous nous sommes fragilisés à mort (je parle du Système) en nous enchaînant à la nécessité de la mort du virus sacrilège.

Pour rompre cette situation insupportable, il faut que le Système se rompe. C’est en cela que la Covid est une drogue-miracle : non par la pandémie qui reste un épisode tragique et inévitable de nature, comme toutes les pandémies ; mais par l’emprisonnement et la tension qui sont rupturielles, où il a forcé le Système à s’installer.

  • 13 février 2021 à 00:00

Narrative du Kaos shakespearien-bouffe

Par info@dedefensa.org

Narrative du Kaos  shakespearien-bouffe

11 février 2021 – La procédure devant le Sénat des États-Unis constitué en tribunal du cas de la seconde destitution d’un homme-POTUS qui n’est plus institué, selon l’acte d’accusation basé sur une narrative, laquelle est basée sur quelques affirmations du type-“l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme”, évoluant dans son environnement favori du chaos postmoderne de la narrative, – eh bien, cette procédure sombre effectivement dans cet environnement chaotique comme dans un marais de boues putrides et puantes. Ce n’est pas le Titanic parce que ces gens, parodie d’une grandeur-simulacre, n’ont aucun sens de la tragédie ; mais l’Histoire, si elle survit, jugera que ce fut le Titanic d’un simulacre incroyable et horrible.

Le cas de la seconde destitution de Trump est une espèce rare de la tragédie-bouffe, comme l’exceptionnalisme de l’américanisme-wokeniste y invite : une tragédie shakespearienne-bouffe. Nous assistons donc à la destitution de cette sorte de solennité romaine des institutions des États-Unis d’Amérique, – et le Sénat (le Congrès) certes en premier, à égalité avec la Cour Suprême ; et cette destitution valant, à mon avis, comme acte gravissime devant l’Histoire de la délégitimation brutale de l’accusateur.

(De même, je pense que la Cour, la SCOTUS, s’est délégitimée en se défilant dans un cas, refusé pour défaut de ‘standing’ [vice de forme ?], alors qu’il était d’une importance au moins symbolique considérable, sinon tragique, – Texas versus Géorgie, Michigan, Pennsylvanie et Wisconsin.)

Ainsi soit-il : Don’t Cry For You, America, tu l’as bien cherché...

J’aurais pu laisser cette narrative à la rubrique ‘RepSit-USA2021’ mais je pense que l’aventure est suffisamment importante, et surtout dans sa dimension de symbole d’une civilisation toute entière, pour valoir un cadre qui dépasse la seule Grande République pour affecter cette infâme entité que nous avions nommé ‘bloc-BAO’. C’est toute la solennité, la prétention et l’arrogance-hybris de la contre-civilisation occidentale qui sombre dans la dérision. Glou-glou-glou.

Nous allons nous appuyer sur le commentaire d’une plume dont je me suis déjà fait l’écho, celle de Jonathan Turley, éminent constitutionnaliste qui assiste et commente, impuissant et tout de dérision contenue, ce dérisoire naufrage. Souvent, bien souvent, les symboles fondamentaux de la marche métahistorique de l’Histoire, sont signalés par la dérisoire sottise des acteurs de la chose.

D’abord, Turley nous rapporte les détails dans un premier texte, introduit par ce titre cinglant : « “Fair Is Foul and Foul Is Fair”: The Trump Trial Turns Into Shakespearean Tragedy ». (La traduction de la citation « Fair Is Foul and Foul Is Fair » est très largement discutée, comme nombre de formules du langage shakespearien, qui va au plus profond d’une langue anglaise éblouissante d’images et de formules tragiques ; je propose ceci, qui en vaut d’autres, et qui fait bonne référence à l’inversion qui, skakespeariennement-parlant, précédait ainsi son essence postmoderne : « L’immonde est beau, et le beau est immonde » ; mais, en se référant au texte de Turley qui joue sur les sens, une formulation différente est requise...[« Le juste est mauvais, et le mauvais est juste »])

D’abord, un échange de tweets ouvre le bal. De cette tragédie-bouffe jouée au Sénat, le sénateur républicain Tom Cruz tweete en observant qu’elle rappelait Shakespeare, en ceci qu’elle « “...est pleine de bruit et de fureur, et ne signifiant rien”. Andrea Mitchell, présentatrice de MSNBC, a raté complètement le script en tweetant triomphalement que Cruz avait tort et se moquant de sa soi-disant inculture : “@SenTedCruz dit que l’ #ImpeachmentTrial est comme Shakespeare, plein de bruit et de fureur, et ne signifiant rien. Non, c’est Faulkner”. La chroniqueuse du Washington Post, Jennifer Rubin, a soutenu Mitchell. À notre époque de rage, il semble que “Le juste est mauvais, et le mauvais est juste”... et Shakespeare est Faulkner et Faulkner est Shakespeare ». En effet, ont tweeté plusieurs guerriers des réseaux sociaux, le titre du livre de Faulkner ‘The Sound and the Fury’ est directement emprunté, comme l’indique Faulkner lui-même bien entendu, a la phrase si fameuse du monologue d’Hamlet (on peut l’entendre même sans comprendre la langue, tant est grande la force des mots, et rythmé puissamment le style de la phrase, – pure tragédie en vérité) :

« Life’s but a walking shadow, a poor player 
That struts and frets his hour upon the stage, 
And then is heard no more. It is a tale 
Told by an idiot, full of sound and fury, 
Signifying nothing
. »

Mitchell a reconnu son erreur et, sportivement, a conclu l’échange par un « Touché ! », en français dans le tweet et destiné à Cruz.

Turley suggère-t-il que l’on puisse dire cela du procès en destitution du POTUS-qui-n’était-plus-institué ? Il semble que oui. En effet, parallèlement à cet échange service-volée, l’on apprend qu’en séance même, Shakespeare fut appelé à l’aide. Le “rapporteur” de l’acte d’accusation de la Chambre (« House manager »), le député démocrate David Cicciline, qui lit le texte, signale à un moment que le sénateur républicain Mike Lee, qui se trouvait au Sénat, a eu au téléphone le président Trump (alors ‘institué’) dans l’après-midi du 6 janvier, au moment de l’épique ‘attaque’ du Capitole.

• L’argument de l’acte d’accusation de la Chambre lu mercredi au Sénat est que Trump savait ce qui se passait au Capitole (au Sénat) et qu’il demandait au sénateur Lee de retarder la séance portant sur les “objections” de certains républicains sur des résultats du vote dans certains États pour permettre à l’insurrection de se développer.
• Entendant cela, Lee, bien entendu présent, s’est levé et a bruyamment protesté : il n’avait pas dit cela mais, au contraire, et d’ailleurs selon la citation d’un texte du site Deseret.com (on a ses ‘sources’) repris dans l’acte d’accusation, « il avait eu l’impression que Trump ne savait rien [à cet instant] du chaos qui régnait au Sénat »
• Plus encore, quelques minutes après ce coup de téléphone, et sans doute informé, Trump tweetait à l’intention des manifestants (les insurrectionnistes), le 6 janvier à 14H30 : « S’il vous plaît, soutenez la police du Capitole dans sa mission de faire-respecter la loi. Ils sont vraiment du côté de notre pays. Restez pacifiques ! »
• Le chef de la majorité démocrate à la Chambre est intervenu après l’intervention de Lee et a annoncé qu’on retirerait ce passage, et que c’était « Beaucoup de bruit pour rien » (le « Much Ado About Nothing » de Shakespeare).

“Beaucoup de bruit pour rien” ? Turley bondit avec calme et élégance pour constater que c’est tout le contraire, puisque ce témoignage tend au contraire à montrer que Trump ne soutenait absolument pas le mouvement dit d’‘insurrection’, que c’était même le contraire. (Que de contrariétés...) Détaillant divers autres aspects chronologiques de l’acte d’accusation, Turley note à propos des détails apportés autour de l’intervention : « Si tout cela est vrai, l’argument chronologique de [l’acte d’accusation de] la Chambre perd sa cohérence, sinon s’effondre complètement. »

Turley conclut son article sur cette séance du premier jour du “procès” en destitution :

« Au lieu [de convoquer des auditions de témoins], les responsables de la Chambre ont fait référence aux rapports des médias sur ce que les témoins ont dit, y compris des “sources de haut niveau” non identifiées. Pour ce premier jour du procès, on a répété que Trump était enchanté par les scènes d'émeutes, tandis que des responsables comme Cicilline ont omis de déclarer dans ces articles que Trump n’était peut-être pas pleinement conscient de la situation jusqu’à peu de temps avant son tweet de 14h30 disant aux gens de rester pacifiques et d’obéir à la police.
» En réalité, la plupart d'entre nous n'ont pas la moindre idée de ce que Trump savait ou de la façon dont il réagissait à ces moments critiques. De telles preuves sont essentielles pour l’affaire dont le Sénat est saisi. Trump n'a pas été mis en accusation pour négligence. Il a été mis en accusation pour avoir incité à une véritable insurrection ou rébellion contre les États-Unis. Pourtant, la Chambre semble non seulement désintéressée mais aussi délibérément aveugle à l’existence de témoins qui pourraient fournir ces preuves. Si Trump retardait activement le déploiement des troupes de la Garde nationale ou célébrait l'émeute, cela aurait une incidence directe sur l’affaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les responsables de la Chambre ne cessent de faire référence à des reportages dont les scènes lui ont semblé agréables. Pourtant, il aurait pu confirmer ces rapports en appelant ces témoins plutôt que s’appuyer sur des sources anonymes dans les reportages des médias.
» L’intervention de Lee n’a pas été préjudiciable [à l’accusation] parce qu’elle a forcé les responsables de la Chambre à retirer les propos de Cicilline. Elle a été dommageable parce qu’elle met en évidence ce qui n'est pas dans le dossier de la Chambre. Cela fait “beaucoup de bruit” contre la crédibilité de l’acte de la Chambre. Les sénateurs pourraient conclure que la décision de s’appuyer sur les rapports des médias plutôt que sur des témoins laisse l’affaire non instruite et spéculative sur l’état d’esprit ou l’objectif de Trump. Nous connaissons le dossier public contre Trump, mais nous ne savons pas si un procès pouvait être intenté contre lui. Ou, pour paraphraser Shakespeare, “nous savons ce qu’est [l’affaire], mais ne savons pas ce que pouvait être [l’affaire]” avec des preuves directes. »


Bref, ils ont tout salopé : le processus et sa forme, l’argument, l’institution, la légitimité, l’événement, la vérité-de-situation, – parce que, finalement, comme dirait le chef de la majorité démocrate à la Chambre, “Notre saloperie, c’est beaucoup de bruit pour rien”. Effectivement, ils en sont là, à un point où il font apparaître un personnage de la vulgarité et de la petitesse de Trump, comme un Saint & Martyr de la tyrannie d’une démocratie engluée dans sa caricature d’elle-même, allant pêcher ses arguments d’une procédure de cette sorte dans les écrits divers de sites incertains et néanmoins citoyens.

On sait alors ce qu’il faut penser de l’‘insurrection’ du 6 janvier : même cela, ils ne savent plus faire, perdus dans leur bouffonnerie ; car un Pearl Harbor, et même un 11-septembre (précédents évoqués), cela se mérite. La grandeur d’une nation se mesure à la force de l’attaque que ses adversaires portent contre elle. Eux qui ne sont même pas une nation, ils ont eu le 6 janvier, une mascarade, une bouffonnerie, un montage d’eux-mêmes contre eux-mêmes pour abattre un bouffon déjà en pleine dégringolade, – et ils osent citer Shakespeare. Je crois que Turley, en son for intérieur, doit étouffer d’une rage-sainte et fort bien contenue ; il sait, lui, ce qu’il reste de la foi en l’Amérique dans ce Congrès-croupion.

A propos de ‘Macbeth’, Kierkegaard affirme dans son ‘Traité du désespoir’ (cité ici) : « Son moi, tout égoïsme, culmine en ambition. Le voici roi et, cependant, en désespérant de son péché et de la réalité du repentir, c'est-à-dire de la grâce, il vient de perdre son moi ; incapable même pour lui-même de le soutenir, il est exactement aussi loin d’en pouvoir jouir dans l’ambition que de saisir la grâce ».

L’Amérique, Macbeth postmoderne, fut donc une tragédie shakespearienne-bouffe, et avec elle toute notre contre-civilisation parce que ce jugement sur l’absence de grâce et la perte de la foi vaut pour tous nos dirigeants, toutes nos élites, tous ces acteurs et bâtisseurs de simulacre et de ses narrative. Ils ont tellement cochonné le tragique du destin qu’ils en ont fait une tragédie-bouffe. Même Shakespeare, que j’entends souffler d’exaspération et hausser des épaules dans sa tombe, n’a pas échappé à leur vilénie.

On attend désormais qu’ils dé-statufient le Grand Will, car vraiment, ils ne le méritent pas. Les Woken’s boys & girls, & Trans, armés de leur culture, s’en chargeront.

  • 11 février 2021 à 00:00

Un si beau plan

Par info@dedefensa.org

Un si beau plan

Sur le papier, c’était un plan parfait. Faites asseoir Joe Biden au bureau ovale, faites imprimer par Janet Yellen beaucoup plus de milliers de milliards de dollars, gonflez la “Bulle de Tout” jusqu’à des proportions astronomiques et ensuite… faites-la éclater, bien sûr, mais d’une manière délicatement chorégraphiée pour que ceux qui sont bien connectés et au courant se dirigent d’abord vers les sorties et fassent un massacre pendant que tous les autres finissent par dormir dans des boîtes en carton sur des bandes médianes sous des viaducs d’autoroute. Que pensiez-vous qu’ils allaient faire, rendre l’Amérique Grande à Nouveau ? Cette petite démagogie populiste était un peu trop transparente, même pour The Donald. Il voulait juste vendre quelques casquettes.

En tout cas, revenons en au plan. C’était un plan magnifique, et il aurait pu fonctionner à merveille pour Biden, le cercueil présidentiel, et tous ceux qui naviguent avec lui, à l’exception d’un petit problème…

C’était trop évident ! Toute personne ayant une compréhension, même rudimentaire, des mathématiques transcendantes (c’est le genre de choses qui contiennent des nombres transcendantaux tels que π) sait que ce pigeon va se faire descendre. On ne peut pas continuer à imprimer de plus en plus d’argent tout le temps et pour toujours. On finit par actionner un déclic. Tenter de chronométrer l’événement est un exercice inutile, mais une masse critique de personnes est désormais convaincue que quelque chose peut se briser à tout moment.

Il ne serait pas inutile de tenter de provoquer un effondrement financier pour en tirer profit si celui qui le provoque était la seule personne intelligente au monde. Mais ce n’est pas le cas. Ainsi, suffisamment de gens savent maintenant que ce pigeon va s’effondrer et, ne voulant pas suivre le plan qui consiste à les faire s’installer dans un carton sous un pont d’autoroute, ils ont commencé à faire des vagues. Le fait que les actions de Gamestop se négocient à 1000% de leur capitalisation en 5 jours n’est qu’un symptôme du chaos qui s’ensuivra et qui rendra impossible d’orchestrer une démolition contrôlée de la “Bulle de Tout”.

Oui, un effondrement financier se produira et oui, ce sera chaotique, comme les effondrements ont généralement tendance à l’être. Pour toutes sortes de raisons étranges, les États-Unis ont choisi de s’effondrer à l’envers par rapport à la progression canonique de l’effondrement. Cela a commencé par un effondrement culturel et social, qui a maintenant largement suivi son cours. Elle s’est poursuivie par un effondrement politique : quatre années de présidence contestée culminant par une élection qui a transformé le terme “démocratie américaine” en un oxymore pour la planète entière. L’effondrement commercial a suivi, avec une vague massive de fermetures d’entreprises et de faillites. Et maintenant, le décor est planté pour la mère de tous les effondrements financiers.

Si vous pensez que les Américains ont de sérieux problèmes de santé mentale mais que la situation est encore gérable, il vous suffit d’attendre car ce qui va se passer après l’effondrement financier est… le Götterdämmerung.

Voici un extrait de mon livre Les cinq étapes de l’effondrement :

Il y a des gens qui pensent vraiment que ce qu’ils valent en tant qu’individus peut être défini comme leur “valeur nette”, qui est un nombre écrit sur un morceau de papier, libellé en dollars américains ou en euros. C’est comme si la seule chose qui était réelle pour eux était l’argent. Pour ces personnes, l’effondrement financier entraîne une perte radicale de sens, comme si tous les mots de la seule langue qu’elles parlent ne renvoyaient plus à rien de ce qu’elles peuvent identifier dans leur environnement. Chez ces personnes, l’effondrement financier produit un dangereux sentiment d’irréalité, une anomie.

Le terme, utilisé par le père de la sociologie Émile Durkheim dans son livre Le Suicide de 1897, indique une perte des normes et des limites sociales, une rupture des liens qui unissent un individu à la communauté et une incapacité à réguler ou contrôler son propre comportement. Les personnes qui ont vécu auparavant des vies relativement humbles dans des limites financières et sociales rigides perdent simultanément leur appétit (ne sachant pas ce que leur nouveau statut détermine ce qu’il leur convient de désirer) et deviennent insatiables (ne sachant pas dans quelle mesure leur nouveau statut détermine ce qu’il convient de répartir par rapport à ceux qui ont un statut plus élevé ou moins élevé). Chez certaines de ces personnes, une fois qu’elles sont coupées du système d’incitations et de contraintes financières auquel elles avaient été conditionnées auparavant et qui avait régulé leur comportement social, ce sentiment d’irréalité se résout en une pulsion masochiste – un désir de mort freudien – de se dissoudre dans un tourbillon d’abstractions financières frauduleuses. Si la crise financière de 2008 est considérée comme une tentative de suicide bâclée par l’élite financière, il semble probable qu’elle le tentera à nouveau.

Considérée comme un culte religieux, la finance moderne tourne autour du miracle de la génération spontanée d’argent dans un ensemble de rituels pratiqués par les grands prêtres des banques centrales. Les gens s’accrochent à chaque mot des grands prêtres, essayant de deviner le sens secret de leurs paroles cryptiques. Leurs interventions devant la divinité inconnaissable de la finance mondiale leur assurent une reprise économique et une prospérité continue, tout comme la danse de la pluie d’un chaman garantit la pluie ou un sacrifice rituel au sommet d’une pyramide maya promettait autrefois une abondante récolte de maïs. Tous ces rituels tirent leur efficacité d’une condition essentielle : que la chose qu’ils promettent se produise de toute façon, et ce assez régulièrement pour que l’échec des oracles à tenir leur promesse devienne l’exception plutôt que la règle.

Mais lorsque la mousson échoue, année après année, lorsque le Nil n’inonde pas et n’irrigue pas les champs, lorsque la terre est desséchée et les cultures flétries et lorsque, malgré les actions de la Réserve fédérale, de la Banque centrale européenne et du FMI, l’économie va de mal en pis, le résultat est le Crépuscule des Dieux. C’est le nom de Der Ring des Nibelungen de Richard Wagner, une suite de quatre très longs opéras. Selon l’ancienne mythologie nordique, le Götterdämmerung est une époque où les dieux s’affrontent jusqu’à la mort tandis que le monde est (presque) détruit par une inondation (permettant peut-être une renaissance plus tard). De nombreuses cultures ont des mythes apocalyptiques similaires. L’intrigue est toujours la même : les gens ont fait confiance à leurs dieux ; leurs dieux les ont abandonnés ; tout le monde périt.

Le 30 janvier 2021, Club Orlov, – Traduction du Sakerfrancohone

  • 11 février 2021 à 00:00

RepSit-USA2021 : Covid démasque DeSantis

Par info@dedefensa.org

RepSit-USA2021 : Covid démasque DeSantis

Voici un exemple parfait de la durabilité de l’hystérie crisique dans les crises en cours, et de l’interférence directe entre la crise de la Covid et celle du système de l’américanisme, cette crise entrée dans une nouvelle phase avec l’installation de Biden à la présidence. Il s’agit de l’attitude de la nouvelle administration vis-à-vis de la Floride, et surtout de son gouverneur, le républicain Ron DeSantis. (On a déjà parlé du gouverneur de Floride, et on a pu apprécier son abattage et ses réparties à la dynamique, face à une presseSystème totalement engluée dans ses simulacres.)

Grâce à la communication agrandissant outrageusement, jusqu’à la caricature, les moindres faits et les nombreux gestes que les selfies immortalisent au-delà même des espérances des transhumanistes, il nous a été montré une image du gouverneur de Floride visage dé-masqué, assistant avec l’enthousiasme que l’on imagine à la victoire des Tampa Bay’s Buccaneers dans le Super Bowl. Aujourd’hui, montrer une image d’une célébrité politicienne sans masque au milieu des foules enthousiastes qui respirent les unes sur les autres, c’est comme monter l’image d’une célébrité hollywoodienne sans maillot de bain sur une plage encombrée de personnes dégenrées et potentiellement traumatisables (racisme, LGTBQisme, transgenrisme et autres compétitions olympiques du traumatisme).

Donc, DeSantis était sans masque dans l’assistance. Cela provoque bien des interrogations et une algarade entre DeSantis et ses amis journalistes bienpensants, – à qui le gouverneur remonta quelques bretelles.

Là-dessus, n’apprend-on pas que, estimant qu’il y a une soudaine attaque de la Covid dans l’État, cela risquant de mettre à mal de contamination le reste de l’Union, le président pourrait avoir envisagé, ou aurait envisagé dans une quinte de toux, d’isoler ‘sanitairement’ la Floride du reste de L’Union. De là à penser que le président et ses partisans-inspirateurs entendraient remonter les bretelles du gouverneur, il n’y a qu’un paragraphe, – même pas d’ailleurs, le sujet vient aussitôt à l’esprit de ‘Bonchie’, de RedState.com, qui s’en réjouit aussitôt. Et ainsi parle-t-on de Ron DeSentis pour 2024 bien que le conditionnel reste de rigueur pour ce qui concerne le confinement de la Floride. Il n’empêche que l’alerte est donnée.

« L’hystérie irrationnelle qui baigne la Floride se poursuit, à gauche et chez les wokenistes bien entendu, et l’administration Biden ne fait pas exception. Alors qu’ils n’ont cessé de faire l'éloge de la gestion désastreuse de l’État de New York par Andrew Cuomo pendant le Covid, leur colère se reporte sur DeSantis, bien qu'il ait fait beaucoup mieux sur tous les plans.
» Aujourd'hui, dans une démarche probablement illégale, l'administration Biden envisagerait d’interdire les voyages intérieurs, en ciblant spécifiquement la Floride.
» Pour être juste, aucune décision n’a encore été prise, bien que le fait que cette mesure soit envisagée paraisse aussitôt ridicule. Si Biden veut interdire les voyages intérieurs afin de ralentir la propagation de la Covid et de tout nouveau variant éventuel, il devrait se tourner vers les épicentres actuels comme la Californie, et non vers un État qui a vu le nombre de cas diminuer de 50 % ces dernières semaines. La Floride a fait un excellent travail d’équilibre entre les préoccupations sanitaires et économiques au cours de l'année dernière. Il n’y a aucun argument sérieux pour soutenir que cet État représente un danger exceptionnel pour le pays. Bien au contraire, en fait.
» Quoi qu'il en soit, l’inconstitutionnalité de cette éventuelle mesure ne peut être ignorée. Depuis quand le gouvernement fédéral a-t-il le pouvoir de mettre fin aux déplacements intérieurs entre les États ? Il ne fait aucun doute que cette mesure serait prise en vertu des pouvoirs d'urgence, mais il est probable qu’elle ne devrait pas survivre, et sans doute ne survivrait pas à une contestation judiciaire. Si un président peut littéralement vous dire que vous ne pouvez pas vous rendre dans un autre État, c’est qu’il n’y a littéralement aucune limite au pouvoir de l’exécutif. Sans trop s’attarder au sujet, cela me semble à première vue illégal.  Ce serait également une manœuvre manifestement partisane de la part d'un président profondément sénile qui ne peut probablement même pas vous dire quel ordre il signerait si celui-ci lui arrivait sur son bureau.
» Enfin, pour des raisons politiques, il s'agit également d'un geste vraiment stupide. DeSantis ne laisserait pas cela se produire. Il irait à la bataille et en ressortirait grandi. Si l’objectif de la gauche est d'arrêter DeSantis avant qu’il ne prenne de l’élan pour les présidentielles de 2024, c’est le contraire de ce qu’ils devraient faire. Finalement, je suis tout à fait d'accord pour qu’ils fassent tout foirer et qu’ils catapultent un excellent gouverneur sous les feux de la rampe. J’espère sincèrement qu’ils iront trop loin et qu’ils en paieront le prix. »

Effectivement, la possibilité d’une prochaine élection présidentielle en 2024, si les États-Unis d’Amérique existent toujours, devrait d’ores et déjà animer les prévisionnistes et autres devins de la politique ; tant il semble bien que la présidence Biden n’est bien, d’ores et déjà, que “de transition” et même commençant à s’user... (Comme Biden lui-même l’avait définie il y a quelques mois : “Je serai un président de transition et je ne me représenterai pas”.)

Pour autant, l’épisode est révélateur de plusieurs tendances qui se poursuivent et ne cessent de s’affirmer, qui vont dans le sens de confirmer que nous sommes plus que jamais dans une instabilité que l’on ne parvient pas à écarter, – pour ceux qui essaient, s’il y en a qui essaient, – toujours au cœur de la crise du système de l’américanisme, comme prisonniers bien bien plus que d’en avoir réchappé comme l’espéraiuentn ces étranges commentateurs qui décopuivrirent ‘Ol’White Joe’ comme le Messie... Nous observons ainsi, à partir d’une information ou d’une rumeur venues du Miami Herald :

• que Biden continue à agir, ou à laisser croire et dire qu’il va agir, d’une manière brutale et déterminée, sans souci ni d’une concertation préalable, ni des conséquences possibles. Dans ce cas, et alors qu’on n’a aucune précision sur la nouvelle, – confirmation ou démenti de la Maison-Blanche, – l’idée même constitue un acte extrêmement provocant, dans une circonstance de tension extrême avec les républicains, alors que la Floride est un des États (républicains) les plus en pointe contre Biden et les plus puissants ; s’il y avait vraiment un désir d’unité et de réconciliation, la nouvelle se serait révélée fausse et aurait été aussitôt démentie ;
• cette brutalité est par ailleurs confirmé par des prises de position très abruptes de l’administration Biden dans nombre de sujets sociétaux, comme par exemple ce décret ordonnant de lancer une campagne pour l’avortement dans divers pays africains, contre des protestations venues d’organisations africaines, mais en accord avec le programme des hordes LGTBQ dominant le jeu à Washington D.C. grâce à leurs lobbies et leurs soutiens (le clan Obama) ;
• considérant que cette brutalité n’est pas dans les habitudes ni dans le style de l’homme, du politicien Joe Biden qui fut souvent, comme sénateur pendant plus de 40 ans, au milieu de manœuvres d’arrangements, de compromis (et de corruption), on se voit autorisé à penser qu’effectivement Biden ne dirige rien et se contente de signer, et que la clique dont il est la marionnette est effectivement très brutale ;
• ...“très brutale”, mais pas vraiment habile, car effectivement de telles intentions, provocatrices ou réelles, à l’encontre de la Floride, renforcent un des républicains (DeSentis) de plus en plus ‘le plus en vue’, personnalité affirmée, constamment sur l’offensive comme gouverneur de cet État, au contraire des parlementaires républicains à Washington, et renforçant également l’antagonisme centrifuge en cours aux USA :
« D’abord, le constat que le véritable affrontement se situe effectivement, toujours et de plus en plus selon une logique sécessionniste : les États contre le “centre’, dès lors que le ‘centre’ est complètement investi par le gauchisme wokeniste qui pratique l’entrisme pour orienter les politiques d’un ‘pouvoir’ réduit à la sélénite inconsciente de Biden. Le contraste est saisissant entre l’attitude extrêmement offensive de DeSentis (et de quelques autres gouverneurs républicains, notamment Abbot du Texas et Kristi Noem du Dakota du Sud) d’une part ; et d’autre part, la position de la représentation républicaine à Washington, qui peut être extrêmement ferme (Rand Paul) mais qui est le plus souvent capitularde (McConnell), et qui est de toutes les façons sur la défensive. »

Si ces diverses remarques sont fondées, on observera d’une façon plus générale que l’on se trouve, dans le chef du centre de direction (wokeniste, sociétal-progressiste, etc.), dans un état de complet déni de la réalité, selon la conviction que la puissance du courant qui a eu raison de Trump est telle que ce courant n’a plus besoin de se dissimuler pour agir. Cela poursuit en partie l’interprétation de l’ébouriffant article de Time, qui n’a toujours provoqué aucun remous chez les adeptes de la télé-vérité qui clament que les élections ont été impeccables :
« Tout cela revient à dire que l’extrême gauche est devenue trop arrogante pour son propre intérêt, écrivait Jeff Charles le 8 février. Nous avons déjà vu leur excès de confiance se manifester dans leur volonté d'obtenir une seconde mise en accusation [de Trump] qui se soldera certainement par un échec total. [...] Maintenant qu'ils contrôlent la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès, les démocrates et leurs proches amis et alliés dans les médias militants semblent croire qu’ils sont désormais intouchables. »

... Et plus que jamais, nous complétons cette interprétation par l’hypothèse que cette “arrogance” n’est pas le vice d’une action de revanche et de parti-pris, mais la vertu d’un exceptionnalisme du système de l’américanisme rétabli à l’avantage de ceux dont la “destinée manifeste” est de servir et d’opérationnaliser ce systyème-là. Dans ce cas, une attaque contre DeSantis, aussitôt identifié comme un des plus redoutables imposteurs-conspirationnistes voulant reprendre la misérable entreprise de Trump, se justifie absolument et n’a nul besoin d’être dissimulée.

On attendra pour voir si les événements vont dans le sens de cette interprétation ; si c’est le cas il ne fait guère de doute qu’un affrontement entre au moins De Sentis, avec peut-être plusieurs autres gouverneurs républicains avec lui, et le ‘centre’ washingtonien, devient une possibilité très solide, et avec elle la possibilité d’un conflit suivant la ligne classique pour les USA de la crise centrifuge et sécessionniste.

 

Mis en ligne le 11 février 2021 à 20H20

  • 11 février 2021 à 00:00

Salut au poète

Par info@dedefensa.org

Salut au poète

10 février 2021 – Je ne suis pas un critique poétique, comme l’on dit d’un critique littéraire (que je ne suis pas également), et d’ailleurs au fond comme l’on dit d’un ‘critique’ en général... Au reste, il semble bien que je ne sois pas un ‘critique’ considéré institutionnellement. Dire cela pour ce propos-là, celui de ce jour et de cette page, c’est dire une fois de plus que je suis sans étiquette, hors du rangement courant, sans identification sociale, – ni même géographique dans ce que la terre natale a d’humain, puisque d’un pays disparu et dénoncé (l’“Algérie française”), c’est-à-dire émigré sans pays d’accueil ni terre de retour. Ces diverses remarques me conduisent à observer que si ma position peut paraître ‘vertueuse’ comme l’est l’absence de liens qui contraignent, elle est aussi horriblement difficile et lourde à porter parce que cela signifie l’absence de racines.

Pourquoi dire tout cela alors que je ne veux parler que de poésie en cet instant ? Simplement, je crois, pour revendiquer la vertu, – pour le coup c’en est une, à mon sens, – de l’inconnaissance ; et m’autoriser à parler de poésie sans l’autorisation de quelque magistère du genre, et d’une façon qui marque le caractère d’universalité des domaines qu’aborde la poésie.

Aucune connaissance structurée et acceptable, certes, mais de ma part une considération indirecte et absolument fascinée pour la poésie, comme quelque chose de précieux et de haut, offertoire de secrets millénaires. Ce n’est pas pour rien si, d’indistinct sinon d’intuition, j’ai choisi l’image de l’« âme poétique » comme référence et définition de mes ambitions les plus hautes en matière d’écrit, notamment comme source et cascade même de l’intuition.

Je crois pouvoir exposer mon sentiment qu’on ne peut exciper aujourd’hui, je veux dire dans cette époque monstrueuse et tragique qui ne dispose d’aucun précédent pour se faire pardonner, d’une quelconque grandeur dans la poésie qu’en parlant soit de la chute, soit de l’envol, – soit du désespoir, soit de la quête. Notre temps, qui est des Derniers Temps, s’exprime effectivement dans ces deux extrêmes parce que l’alternative dont il est comptable est celle de l’Épreuve ultime. Et là-dessus, je suis dans l’esprit de croire, hors de toute connaissance, que la poésie, celle de la forme même, celle de l’âme qu’on peut trouver également dans des textes qui n’ont pas la forme poétique, celle de l’intuition, est seule capable de nous ouvrir des portes invisibles et indicibles, qu’elles promettent le vertige du Néant ou l’élan du Ciel.

Tout cela, enfin, pour exposer qu’il m’est bien difficile de me faire comprendre en une matière que je juge essentielle, unique, vitale pour toute pensée, sinon entendre comme l’on ressens et l’on devine. L’intuition à laquelle je me réfère tant et pour traiter tant de sujets qui paraissent au premier coup d’œil superficiel, à mille lieues de la poésie, est pour moi complètement de la poésie, puisque porteuse de l’émotion sacrée et lavée de tout cet affectivisme. (L’affectivisme, ce  geignement de l’être en dissolution, qui s’abaisse pour mesurer sa dignité sous le joug du règne de la quantité, cette époque de la doléance chevrotante et de l’irresponsable repentance.) L’intuition qui est poésie, comme la poésie elle-même, se jouent de la raison comme l’on passe outre et elles jouent de la métaphore comme l’on joue de la viole de gambe, en virtuose d’autres époques des Temps Sacrés.

(L’érudit que je ne suis pas puisque je vais chercher le maigre secours du Wiki, qu’on me pardonnera j’espère, sait donc que « la “poésie” et ses dérivés “poète”, “poème” viennent du grec ancien ποίησις (poiesis), le verbe ποιεῖν (poiein) signifiant “faire, créer” : le poète est donc un créateur, un inventeur de formes expressives... » ; voilà qui me convient, sans aucun doute.)

Cet exercice de définition, justement, me permettant de passer à l’essentiel, qui est de vous dire quelques mots du livre d’un poète (*), que j’ai reçu personnellement, selon la justification de la découverte et de la lecture de dedefensa.org. Si je connais fort peu de chose des règles et critères de la poésie, je reconnais et ressens aussitôt l’émotion que fait naître en moi son exercice lorsqu’il est celui qui convient. Mario Pelletier, un ami du Québec, est assidûment sur notre site « depuis près de sept ans maintenant ; depuis l’infâme coup d’Etat de Kiev ». Il est vrai que c’est une intense satisfaction, à la lumière des lignes qui précèdent, de recevoir un tel témoignage de fraternité, sous la forme de ces poèmes, à partir d’une circonstance purement et essentiellement politique, dans un de ces aléas des traquenards et des trahisons qui semblent constituer la respiration et le souffle de ce siècle.

De même, dirais-je, et pour citer l’une ou l’autre pièce, mon intérêt et mon penchant principaux sont allés à des thèmes, à des évocations, à des prières essentiellement spirituelles, avec de lointains échos théosophiques et ésotériques ; bien sûr, ce ‘Matines – III’ évoque, dans sa brièveté et sa fulgurance, justement dans le registre inhabituel que j’ai dit, l’un des aspects de la quête caractérisant ce que le site dedefensa.org pourrait estimer être sa mission, qui est d’aider dans la mesure de ses moyens à ce que soit la lumière...


Quand le jour se lèvera
quand le plein jour reviendra
s’éclipseront les ombres manteaux du crime
tomberont les masques de la nuit
fondront comme suite de cauchemar
les grimages de sabbats maléfiques
sur la face renouvelée du monde

le faux le hideux et l’atroce
pulvérisés par la lumière ressuscitée


Et ensuite, et enfin, qui ne reconnaîtrait dans ce choix du ‘Un autre temps’ mon penchant pour les références du passé, pour les images resurgies de la mémoire et de l’“âme poétique”, les constructions sublimes de ma chère nostalgie, les rencontres avec des épopées et des souvenirs qu’on dit trop vite disparus, tout cela rassemblé en ce qui serait une sorte de “passerelle vers l’éternité”. Gustave Thibon, ce philosophe catholique de choc et d’estoc qui entretint des rapports si singuliers avec Simone Weil, avant la mort de la jeune femme, et qui fit de la poésie l’arc-boutant de sa forme et de sa conception de la foi et de la métaphysique, disait que « la contemplation du passé..  nous ouvre immédiatement un horizon d’éternité » ; et ceci encore : « la mémoire anticipe sur le ciel ; l’homme qui se souvient annonce le Dieu qui ressuscite ».

Place au poète.
 

En d’autres temps
en d’autres lieux
tellement je t’aurai cherché
et tant de fois cru te trouver
dans des cryptes nébuleuses de psyché éperdue
dans les arbres d’hiver dépouillés d’espérance
dans des brousses d’été incendiées de désir
sur des radeaux de désir immémorial

en d’autres temps
en d’autres lieux
ardemment je t’aurai cherchée
dans des flashes de vies antérieures
galaxie de souvenirs à des années-lumières enfuies
quand je tachais de rattraper l’illusion temporelle
par grandes foulées de métaphores
marathon sans fin du verbe qui s’essouffle
langue pendue dans la déroute
pieds dès-ailés dans le soir qui tombe
tous les morceaux du puzzle de soi éparpillés

oui
tant t’aurai-je cherchée
et cru te trouver un jour
en ce matin lumineux de Florence
réveillé au tintement de Santa Mariac Novela
encore étreint par un être angélique
qui me caressait de mots inouïs en aucune langue

je te sentais là me retenant
à la fin d’une longue convalescence
quelque part au Quattrocento
toi qui m’écoutais chanter sur l’Arno
dans les vêpres écarlates du crépuscule
ou le suivais comme une ombre à Montecatini
dans ce château-fort haut perché des Médicis

et toi encore à Rome
le long des millénaires remontés à pied
dans les ors qui éclataient au-dessus du Colisée
nostalgie pénétrante tombant du ciel
flammes de pourpre sur les forums impériaux
toi ressuscitant nos amours antiques
dans le soir qui embrasait le Tibre

toi venue me saisir
comme la fée Viviane
rapt ineffable
en grands vertige d’envol
dans la forêt de Brocéliande
près du tombeau de Merlin

et toi toujours et encore
surgie en vierge aztèque
de la neige éternelle tombée
un soir de mai sur Mexico
telle l’encens de Moctezuma

ou tzigane chevauchant des vents hurleurs
dans les toundras de Sibérie
où se répercuteraient les cris des loups
sous des lunes rouge sang
empourprant la neige
et ce palais de glace
où tu étincelais
éternelle

 

Note

(*) Le recueil de poèmes de Mario Pelleti, ‘Chants de nuit pour un jour à venir’, est paru en 2020 chez l’éditeur Écrits des Forges, à Trois-Rivières (Québec).  

  • 10 février 2021 à 00:00

Promenade d'un antimoderne dans les ‘F-15’s Follies’

Par info@dedefensa.org

Promenade d'un antimoderne dans les ‘F-15’s Follies

10 février 2021 – Je ne saurais trop vous avertir de nouer votre mouchoir car vous aurez bientôt la gorge nouée à la nouvelle sensationnelle du premier vol du F-15EX pour l’U.S. Air Force. Cela a ranimé dans ma mémoire quelques souvenirs émouvants, du temps où j’étais encore, dans ma belle candeur, un admirateur de la puissance militaire des Etats-Unis, – je parle des années 1975-1977, alors j’étais un habitué des visites à l’OTAN et à l’USAF. J’ai consenti plus tard, dans ma grande générosité et dans ce temps nouveau où j’avais versé dans un antiaméricanisme primaire, il y a de cela quatre ans et demi, à évoquer ce souvenir pour le site dedefensa.org.

(Voir « Disneyland à Ramstein Air Force Base », le 11 juin 2016 : « Cette occurrence d’il y a quarante ans est particulièrement remarquable et concerne USAFE (US Air Force in Europe), ce qui permet d’avoir un point de comparaison précis avec les circonstances actuelles, qui concernent également USAFE. Elle porte sur le déploiement de l’avion de combat F-15 Eagle, dont le développement (programme F-X) commença en 1967, dont le premier exemplaire de présérie vola en 1972, dont le premier exemplaire de série vola en 1975 et montra rapidement ses exceptionnelles qualité faisant de lui l’avion de combat le plus puissant du monde, et dont la première unité opérationnelle fut formée en 1976. PhG put suivre ce processus jusqu’à la cérémonie de déploiement du premier escadron de F-15 à Bitburg, en avril 1977... »)

Bien... Tout cela rapidement évoqué, j’en viens au thème central de cette page, l’exploit du jour, le premier vol du premier Boeing F-15EX : Boeing a annoncé la chose hier, précisant que ce vol de 90 minutes avait été « réussi », ce qui nous comble d’aise. Le pilote d’essai en chef de Boeing Matt Giese nous a confié que ce “nouvel” avion de combat de l’USAF dispose, mais oui, de « systèmes et logiciels avancés ».

Traduction rapide de quelques paragraphes étiques de ZeroHedge.com sur l’événement :

« “Le vol réussi d’aujourd’hui prouve que l'avion est sûr et prêt à rejoindre la flotte de chasse de notre pays”, a déclaré Prat Kumar, vice-président de Boeing et responsable du programme F-15. “Notre personnel est enthousiaste à l’idée de construire un avion de chasse moderne pour l'US Air Force”.
» Le F-15 modernisé “est capable d'intégrer les derniers systèmes de gestion de combat, les capteurs et les armes les plus avancés grâce à la conception numérique de la cellule de l’avion et à l’architecture ouverte des systèmes de mission”, a déclaré M. Kumar.
» L’USAF devrait recevoir huit F-15EX cette année et prévoit un total d’au moins 144 exemplaires d’ici 2025.
» Même si l'administration Trump a dépensé des dizaines de $milliards pour des F-35 de cinquième génération, l’USAF, pour une raison quelconque, veut toujours déployer ce chasseur de quatrième génération de 45 ans.
» La raison de cette décision pourrait être due au fait que les soutes à bombes internes du F-35 ne sont pas assez grandes pour transporter des missiles hypersoniques.
» La force aérienne devrait acheter le F-15EX sans réduire la flotte de 1.763 F-35 qu’elle a depuis longtemps prévue. »

La rédaction de ce texte très court est joliment embarrassé et ressemble à l’aventure héroïque de la poule trouvant un couteau : que faire et que dire de cette nouvelle ? Je ne résiste pas au plaisir de mettre en évidence un des paragraphes, en langue originale, en soulignant l’expression qui met elle-même en évidence cet embarras, – avec ce commentaire un peu trop sérieux que je proposerais, qui montre cet aspect un peu trop sarcastique et un peu trop vite informé-dilettante de cette page : faut-il en rire ou en pleurer ? Ecce le paragraphe incertain qui renvoie à l’incertitude des Derniers Temps et aux lendemains qui chantonnent du système du technologisme :

« Even though the Trump administration has spent tens of billions on F-35 fifth-generation fighters, the Air Force, for some reason, still wants to obtain a 45-year-old fourth-generation fighter. »

… Il s’agit en effet de la superpuissance américaniste, superpuissance militaire notamment ; il s’agit de la commande en série d’« un avion de chasse moderne pour l'US Air Force » dont la conception date d’un gros demi-siècle (le F-X de 1967) et les premiers déploiements des premiers avions de série de 46 ans (1975). Quant aux balbutiements d’une version hyper-super-modernisée du Eagle, ils remontent à 2009, lorsqu’on parlait du Silent Eagle. Depuis, l’USAF tourne autour, comme un petit garçon autour du pot de confiture, se demandant si elle oserait un jour commander à nouveau des F-15.

Le pas a donc été franchi (depuis 2019) et ce premier vol symbolise avec éclat la catastrophe sans précédent que constitue la 5ème génération d’avions de combat (F-22 et F-35) pour l’USAF, ainsi que l’inutilité chronique, technologique et opérationnelle du JSF/F-35. C’est la raison pour laquelle, bien entendu, l’USAF maintient sa commande de F-35 de 1763 (à l’exemplaire près) et presse ses alliés de continuer à commander la chose, en masse et hors-confinement ; ils s’exécutent (les alliés).

Mais essayons d’être sérieux et d’un peu moins parler de quincaillerie et de mes souvenirs. Il est vrai que ces circonstances du premier vol du F-15EX sont extraordinairement significatives, en même temps que symboliques,  du non moins extraordinaire et symbolique effondrement de la capacité technologique ‘utile’ (comme on dit ‘charge utile’) de la puissance militaire US. Encore ne vous dit-on trop rien de l’argument avancé par ZeroHedge.com, clairement égaré dans cette nouvelle : soutes trop petites du F-35 pour les missiles hypersoniques, donc commande du F-15EX pour porter les missiles hypersoniques. Mais cette allégorie d’une telle catégorie de missiles, où les Russes ont une avance considérable, semble elle aussi souffrir des impasses et culs-de-sac technologiques constatés aux Etats-Unis dans le domaine. En ce sens, les hypersoniques auraient bien correspondu au F-35.

Reste alors la narrative technicienne et documentaire, pour les ‘fanas’ et fervents de l’imagerie de l’aviation, qu’on nomme aussi ‘spotter’ et pour lesquels comptent aussi bien l’allure, le style, le décorum des choses de l’aviation de guerre, jusqu’à l’esthétique de bazar et la peinture des camouflages, dont l’exercice des communication fait ses ses choux gras de ces choux maigres avec le jonglement des chiffres théoriques (vitesse, altitude, capacité d’emport, missions, etc.) constituant d’irrésistibles vertus d’affichage. On trouve aussi bien cette sorte de personnage chez un collectionneur du ‘Fanatique de l’aviation’ (où je publiai de nombreux articles pas du tout spotter dans les années 1970, ayant une grande complicité avec le rédacteur-en-chef Michel Marrand, admirateur des Sudistes et paradoxal ennemi des spotters qui formaient son public) ; chez un général d’une aviation européenne qui a pour principale vertu d’entendre son drapeau claquer dans le parterre d’accueil de l’OTAN, type-Norvège ou Luxembourg ; chez un prince saoudien frappé par la modernité de l’élégante et puissante silhouette du Eagle, et lecteur du ‘Fana’ au bar du Ritz...

Avec toute cette fourbitude, on oublie ce qu’est le F-15 par rapport à son temps et par rapport à notre temps, pour n’en garder que l’image prestigieuse d’une imagerie de la puissance US réduite aux acquêts de la communication. (On ne le dira jamais assez, le spotter est un précieux auxiliaire inconscient mais enthousiaste-scout des services de la communication, essentiellement de Boeing, de Lockheed-Martin, de de Northrop-Grumman. Ainsi est-il un des acteurs de la puissance-de-l’Empire.)

On appelle cette démarche tactique de la spotterisation des grands experts et décideurs du domaine, du ‘saucissonnage’. Je définis ainsi la chose, tout en allant, on peut me faire confiance, au plus haut possible du concept (extrait du Tome-III de ‘La Grâce de l’Histoire’ :

« La méthode que recouvre cette réaction sans finalité ni coordination spirituelle (technique, uniquement) gagnerait à être connue sous le nom grossier mais parfaitement descriptif de ‘saucissonnage’ ; l’on est poussé à y croire sans y rien comprendre parce que cette méthode est éprouvée, qu’elle est universelle dans les rapports politiques et sociaux, autant que dans les rapports individuels ; cela dans cette pauvre époque inconsciente de n’être qu’un avatar de la Fin des Temps, qui est en cours. On cloisonne les divers symptômes à traiter par une espèce de réflexe pavlovien en espérant vaguement que la chose, la crise, se résorbera d’elle-même. On pourrait croire, si l’on en était avisé, que l’on agit contre le phénomène de l’eschatologisation, instinctivement perçu comme catastrophique et infiniment dangereux pour le Système, et en vérité on ne fait que l’accélérer et le renforcer irrésistiblement ; car, agissant ainsi, on en perd la trace, on s’imagine qu’il n’existe plus, qu’on l’a vaincu grâce au savoir ‘saucissonné’ mais infiniment puissant dans son domaine d’activité de chacun des intervenants.
» Tout se passe comme si l’on mettait des œillères ; comme si nous transformions aussitôt le paysage ainsi tronçonné et réduit à une portion réduite de ce qu’est le monde, et proclamions par conséquent que nous dominons le monde. (Voir Toynbee en 1948, cité déjà dans notre Tome-II, de cette façon [où il faudrait, pour préciser mieux la vérité-de-situation historique, remplacer “occidental” par “anglo-saxon” en impliquant que “anglo-saxon“ recouvre l’ensemble des ‘populaces’ occidentales transmutées pour cette séquence contemporaine que nous vivons en ‘anglo-saxons’] ; Toynbee parlant du « regard déformé d’un contemporain occidental [anglo-saxon] dont “l’horizon historique s’est largement étendu, à la fois dans les deux dimensions de l’espace et du temps”, et dont la vision historique “s’est rapidement réduite au champ étroit de ce qu’un cheval voit entre ses œillères, ou de ce qu’un commandant de sous-marin aperçoit dans son périscope”... »). »

Restent les habituels constats d’une crise qu’on nommerait ‘épopée crisique’, affectant l’USAF, et notamment le F-15 qui est son  cheval de bataille, son percheron de haut de gamme en crise constante depuis deux décennies avec l’USAF crisique elle-même (quelques références de cet honorable site : le 11 novembre 2007 et le 29 décembre 2007, le 12 décembre 2008, le 16 février 2011, le 10 novembre 2015, le 26 janvier 2019...). Le F-15 et ses nouvelles commandes ont été comme l’objet des observations vigilantes de Sœur Anne, et donc définies parallèlement et sans souci de cohérence :

• tantôt et même constamment, comme complément des F-22, dont la production est passée d’une intention de commande de 750 à une commande effective de 182 ;
• tantôt et même constamment, comme ‘protecteur’ de supériorité aérienne d’une combinaison pourtant invincibler F-35/F-22 où les précieux F-22 seraient laissés en arrière pour ne pas risquer des pertes, comme il y en à la guerre (“Maman, bobo”), comme directeurs et contrôleurs des F-35 par le derrière ;
• comme remplacement des F-15 disons ‘première génération’ encore en service mais à bout de souffle, et chargés des missions précédentes, aussi bien pour la supériorité aérienne que pour la pénétration profonde ;
• dans tous les cas, il nous est garanti que le F-15EX est une excellente affaire budgétaire : $1 200 millions pour les huit premiers exemplaires, soit $150 millions l’exemplaire pour un avion, dont la conception décisive et structurée, tout de même inconnue de Leonard de Vinci, remonte à 1967. Je parie qu’en bout de piste, on arrivera à au moins $500 millions l’exemplaire, ce qui est bon prix pour un avion de 1967 super-super-super -modernisée

Ainsi, le F-15EX, qui bénéficie sous et dans la rubrique générale F-15 d’une présentation prestigieuse, et à la fois ‘spoterrisée’ et ‘saucissonnée’ dans le Wikipédia adepte du genre, constitue-t-il le dernier épisode en date de la longue marche d’un calvaire sans fin, celui de l’effondrement de la puissance aérienne US. Il ne faut pas s’y tromper, le statut des avions de combat dit beaucoup, énormément, considérablement, du niveau technologique d’un pays, à la fois du seul point de vue du domaine (technologie), à la fois symbolique, à la fois politique, à la fois gestionnaire.

Il n’en reste pas moins que le F-15 est un grand avion de combat, qu’il fut plus que tout autre lorsqu’il apparut dans les effectifs de l’USAF en 1975, et une machine d’une puissance considérable. Il est la marque d’un sommet, – non ‘du sommet’ de la puissance du système de l’américanisme dans cette époque de la Guerre froide la fleur au fusil, donc la marque d’une époque révolue.

Par contre, au niveau de la communication, les affaires vont bien, la puissance impériale est maîtrisée et le poli de l’image est absolument assurée par des tirages à grains affinés et des communiqués à répétition. C’est simple : alors qu’on commande encore du F-15 super-hyper-modernisée, on vous chuchote que tout se passe au niveau de la 6ème génération, – ou bien est-ce le 6,5ème, ou bien les prémisses de la 7ème génération, – avec d’ores et déjà un nouveau démonstrateur, dont on connaît, – c’est l’essentiel, – l’acronyme : le NGAD, ou Next Generation Air Dominance ; qui vole, mais oui !  qui est développé sous les auspices nombreux de la technique du ‘jumeau numérique’, ou la mise à jour puissamment révolutionnée et quasiment transcendante, de la technique originelle du JSF, sans nécessité-de-prototype, cette méthode qui a démontré toute sa vitalité dans l’inversion catastrophique, toute sa juvénile simulation, simulacre de simulacre poussé à son terme...

  • 10 février 2021 à 00:00

La propagande US aide la propagande russe

Par info@dedefensa.org

La propagande US aide la propagande russe

Quel type de propagande préférez-vous, la version russe ou la version américaine ? Étant donné que ni l’une ni l’autre ne peut être considérée comme la vérité impartiale réelle (le terme “propagande” est une tarte à la crème) et qu’il semble important pour vous de connaître la vérité impartiale réelle (dites-moi pourquoi), vous pouvez ne préférer ni l’une ni l’autre. Mais c’est l’une de ces situations où vous devez choisir parce que dire la vérité réelle non vernie d’une manière suffisamment détaillée et factuelle vous endormirait sûrement. J’ai maintenant appris comment garder un public éveillé, en racontant une histoire – un récit, si vous voulez. Et une histoire, pour être intéressante, doit avoir un protagoniste principal et un ou plusieurs antagonistes. C’est comme ça que notre cerveau de singe est câblé, alors ne m’en voulez pas !

En parlant de cerveau, la propagande américaine semble un peu en état de mort cérébrale : elle est sédative, somnifère, somnolente et stupéfiante (c’est un dispositif poétique appelé allitération, d’ailleurs). Il suffit de regarder ces titres idiots (légèrement modifiés pour obtenir un effet) :

1). « Le dictateur russe diabolique empoisonne le principal candidat de l’opposition russe avec une arme chimique »

2). « Un dictateur russe diabolique arrête le principal candidat de l’opposition russe »

3). « Des millions de Russes protestent contre l’arrestation du principal candidat de l’opposition russe »

4). « Les Américains sont prêts à imposer davantage de sanctions à la Russie pour l’empoisonnement et l’arrestation du principal candidat de l’opposition russe afin d’empêcher un consortium germano-russe d’achever un gazoduc économiquement nécessaire vers l’Allemagne »

Oups ! cherchez l’intrus !

Permettez-moi de vous expliquer pourquoi cette attaque de propagande américaine a l’effet inverse de celui escompté.

Tout d’abord, notez le principal dispositif rhétorique utilisé ici : la répétition. Des phrases clés, telles que « Poutine, le méchant dictateur russe » et « le principal candidat de l’opposition russe » apparaissent sans cesse. Selon le grand propagandiste nazi Joseph Goebbels, « si vous dites un gros mensonge et que vous le répétez sans cesse, les gens finiront par le croire ». Si vous croyez que Poutine est un dictateur malfaisant ou qu’Alexei Navalny est un des principaux candidats de l’opposition russe, alors Goebbels avait raison. Mais vous pouvez également prouver que Goebbels a tort en montrant que la cote de popularité de Poutine de 60% (en juillet 2020, selon le Centre Levada, pro-occidental, une structure enregistrée comme agent étranger opérant en Russie) le rend plus populaire que n’importe quel leader dans le monde. Ce petit fait à lui seul devrait servir d’antidote contre Goebbels.

Il y a un autre signe révélateur que vous êtes soumis à de la propagande : l’utilisation d’un autre dispositif rhétorique appelé antonomase. C’est un bon truc à retenir. Il s’agit d’utiliser une épithète, généralement artificielle, à la place d’un signifiant factuel. Un signifiant factuel serait « Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie ». L’épithète antonomique est « dictateur russe diabolique ». Un signifiant factuel est « Alexei Navalny, criminel condamné et agent des services de renseignement étrangers ». L’épithète antonyme est « principal candidat de l’opposition russe ». Vous voyez la différence ?

En lisant ou en regardant les informations aux États-Unis (propagande américaine), vous pourriez supposer que « Alexei Navalny, le principal candidat de l’opposition russe » est un prisonnier politique alors qu’en fait, « Alexei Navalny, criminel condamné et agent des services de renseignement étrangers » a été arrêté pour violation des conditions de sa libération conditionnelle simultanément à deux condamnations pénales pour détournement de fonds et fraude. A-t-il été piégé, peut-être, ou victime des circonstances ?

L’une des condamnations pénales de Navalny concerne l’achat frauduleux de bois d’œuvre auprès d’une entreprise publique à des prix artificiellement bas et sa revente au prix du marché, en empochant la différence. Son autre condamnation pénale concerne son frère et lui, qui travaillait à l’époque pour le service postal du gouvernement russe, qui a convaincu la société Yves Rocher de payer une prime et d’utiliser son service d’expédition spécial à la place des services postaux du gouvernement russe, créant ainsi une entreprise frauduleuse pour mettre des enveloppes dans d’autres enveloppes et empochant la différence.

De nombreuses autres accusations civiles et pénales sont également en cours d’instruction contre lui, allant de la diffamation envers un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale à l’incitation de mineurs à commettre des actes illégaux, en passant par le détournement de plus de 365 millions de roubles (plus de 5 millions de dollars). Il a également tiré à plusieurs reprises sur un homme non armé dans un élan de jalousie, en visant la tête, mais l’affaire a été annulée, probablement grâce à l’utilisation des relations politiques de la femme en question. Cela soulève quelques questions : Pourquoi a-t-il été autorisé à bénéficier d’une libération conditionnelle non pas pour une, mais pour deux condamnations différentes ? Pourquoi a-t-il été autorisé à quitter le pays alors qu’il était en liberté conditionnelle ? Pourquoi le gouvernement tarde-t-il à le poursuivre pour les autres motifs ?

Plus important encore, Navalny peut-il être considéré comme un candidat de l’opposition ? Les criminels condamnés ne peuvent pas se présenter aux élections en Russie, alors comment peut-il être candidat ? De plus, la plupart de ses partisans sont mineurs, ayant été amenés à participer à des manifestations contre sa détention en regardant des vidéos sur TikTok et YouTube qui les ciblaient spécifiquement en fonction de leur âge défini dans leur profil d’utilisateur. Ces partisans mineurs ne peuvent pas voter parce qu’ils ne sont pas assez âgés. Comment une personne qui ne peut pas se présenter aux élections et qui est soutenue par un nombre insignifiant de non-votants peut-elle être considérée comme un candidat de premier plan ? Insignifiant dites-vous ? Malgré les efforts des organisateurs, seuls quelques milliers de personnes se sont présentées à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Pour des villes aussi gigantesques, ces chiffres sont arrondis à zéro en pourcentage.

Comment Navalny a-t-il pu être empoisonné avec du Novichok ? Le Novichok est une arme chimique de qualité militaire, conçue pour tuer rapidement tout le monde dans un large rayon. C’est un poison binaire, un gaz créé par le mélange de deux produits chimiques, qui se dissipe rapidement. Si Navalny avait été empoisonné à son hôtel, il y aurait eu un hôtel plein de cadavres. S’il avait été empoisonné en route pour l’aéroport, la voiture dans laquelle il se trouvait aurait été retrouvée pleine de cadavres. S’il avait été empoisonné à bord de l’avion où il est tombé malade, l’avion se serait écrasé car tous les passagers et les pilotes seraient morts. L’absence de cadavres à chaque étapes de ses différents déplacements prouve qu’il n’a pas été empoisonné avec du Novichok. Plus important encore, si l’idée était de le tuer, pourquoi est-il encore en vie ? Doit-on supposer que ce gaz toxique peut être administré à une dose homéopathique suffisamment faible pour éviter de tuer une seule personne ? Si oui, dans quel but ?

La réponse à toutes ces questions est que Navalny n’est pas seulement un outil de la propagande américaine. Il est aussi un outil de la propagande russe. En tant que criminel condamné, il ne peut être candidat à aucune fonction. En tant qu’homme politique, il est un castrato avec un beau falsetto. En tant qu’instrument des services spéciaux étrangers (plus précisément américains) et de la propagande américaine, ses services sont gratuits pour la Russie. Son utilisation des médias sociaux étrangers pour corrompre la jeunesse russe en incitant les enfants à sortir et à manifester – illégalement – en pleine pandémie a incité la lourde bureaucratie russe à régenter les sociétés de médias sociaux détenues par des étrangers. Si la législation actuellement en cours d’élaboration est adoptée, ils perdront désormais 10 % de leurs revenus s’ils persistent à pécher de cette manière à nouveau. Il est également probable qu’ils seront carrément interdits en Russie, comme cela s’est déjà produit en Chine et en Inde. Ce ne serait pas un problème : La Russie dispose de ses propres services de médias sociaux qui sont tout aussi bons.

Plus important encore, en tant que personnage fortement promu (à l’aide de fonds étrangers) mais totalement faux et dégoûtant, Navalny a fait des ravages dans les rangs des forces d’opposition plus légitimes, détruisant largement tout mouvement d’opposition russe. Cela est utile, car la Russie n’a pas besoin d’opposition politique et tend naturellement vers l’horizon soviétique défini par le slogan « Le peuple et le Parti ne font qu’un ! » Les États-Unis tendent également vers un régime à parti unique, avec les Démocrates de l’État profond qui contrôlent totalement la situation et les Républicains qui baissent leur culotte par crainte d’être poursuivis en tant que terroristes nationaux. C’est probablement ce qui devrait se passer, car une crise mondiale existentielle exige une unité de vues et n’est pas un bon moment pour l’opposition et l’indécision.

Enfin, Navalny offre une victoire passive à la propagande russe. Les Américains pensent que, grâce à Navalny, ils détiennent 4 as et un joker (Navalny étant le joker) alors que leur vraie main est une paire de 2 sans valeur. Il n’y a qu’un seul danger qui guette dans tout cela : lorsque les Américains réaliseront que Navalny ne vaut rien pour eux mais qu’il est précieux pour la Russie, ils pourraient essayer de le tuer (pour de bon cette fois). Par conséquent, l’endroit le plus sûr pour le garder en vie est une prison russe. Heureusement, le nombre de crimes qu’il a commis rend cette hypothèse parfaitement légitime. Si tout va bien pour lui, il restera dans les limbes permanentes, servant de mise en garde à tous ces criminels payés par des étrangers, les fameux « principaux candidats de l’opposition ».

Par souci d’exhaustivité, que devrions-nous faire des menaces américaines d’imposer des sanctions supplémentaires à la Russie parce que Navalny a violé les conditions de sa mise à l’épreuve ? La position russe standard sur les sanctions est “Encore plus de sanctions, s’il vous plaît !” Plus il y a de sanctions, mieux c’est pour la Russie, car elles donnent l’impulsion pour remplacer des importations. Dans ce domaine, la Russie a fait des progrès ces dernières années, en se rendant beaucoup moins dépendante d’importations critiques. La prochaine frontière est celle du remplacement des exportations : remplacer les exportations de matières premières par des produits à valeur ajoutée faits pour le marché intérieur. Même le Trésor américain a admis que de nouvelles sanctions contre la Russie sont, au mieux, inutiles.

En ce qui concerne les efforts concertés des États-Unis pour contrecarrer l’achèvement du gazoduc NordStream 2, nous devrions demander aux Allemands : Comment comptent-ils rester une puissance industrielle sans charbon (parce que c’est sale), sans nucléaire (parce que Fukushima), avec beaucoup de vent mais un soleil intermittent donc peu fiable et sans le gaz naturel russe bon marché pour aplanir les fluctuations du vent et du soleil et empêcher la défaillance du réseau électrique ? Peut-être que ce n’est pas possible. Et peut-être ont-ils réalisé que les “molécules de liberté” américaines promises n’existent pas vraiment. Mais c’est un sujet pour un autre jour.

 

Le 28 janvier 2021, Club Orlov, – Traduction du Sakerfrancophone

  • 10 février 2021 à 00:00

Le complot de la vertu

Par info@dedefensa.org

Le complot de la vertu

• Un article de l’hebdomadaire Time s’impose comme sensationnel, même s’il ne fait pas sensation dans une époque où l’on a appris à faire silence sur les situations qui peuvent susciter des questions embarrassantes. • Sous le titre « L’histoire de la campagne clandestine qui sauva l’élection de 2020 », l’article décrit dans le plus menu détail ce qui est qualifié sans aucune hésitation comme  « une conspiration qui se déroulait dans les coulisses [de l’élection] ». • C’est-à-dire qu’il est ainsi confirmé, d’une source absolument ‘honorable’ dans la presseSystème et le système de l’américanisme, qu’il y a bien eu un complot contre Trump dont l’enjeu était le kidnapping de l’élection, et qui fut une opération tout à fait réussie. • Nous sommes absolument assurés, par expérience et connaissance des caractères qui prédominent dans notre époque, que l’article ne changera rien, absolument rien, dans notre jugement sur les USA et sur les présidentielles USA2020. • Peu importe, tout cela fait partie de l’immense simulacre en cours, dont l’issue ne peut être que catastrophique pour les opérateurs.

9 février 2021 – Ce n’est pas un événement sensationnel, ce n’est pas un événement crisique de plus, ce n’est pas un complot maléfique (même si les moyens y laissent penser), c’est tout simplement une promenade tranquille et assurée dans un univers parallèle. S’ils ne sont pas fous, alors nous le sommes, – “Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous”... Par ailleurs, un dément avec un entonnoir sur la tête peut fort bien faire “une promenade tranquille et assurée” dans les superbes allées d’un jardin paisible qui aurait la forme aisément reconnaissable d’“un univers parallèle”, tout autour d’un hôpital psychiatrique déguisé en maison de repos si richement aménagée et grandiose qu’on dirait d’elle qu’elle a la fort belle allure du château de la Belle au Bois Dormant.

Et puis il y a, pour nous indiquer le chemin, le fameux ‘Lapin blanc’, qui croise le chemin de la petite fille, « portant un gilet bleu et une montre à gousset, et en répétant “en retard, toujours en retard”. Alice le poursuit jusqu’à tomber dans un terrier qui l'emmène au pays des Merveilles. »

... Et puis non, enfin ! Il s’agit tout simplement d’un article de Time Magazine daté du 4 février 2021, de Molly Ball : « The Secret History of the Shadow Campaign That Saved the 2020 Election » ; autrement diut : « L’histoire de la campagne clandestine qui sauva l’élection de 2020 ».

C’est donc l’histoire, détaillée d’une façon très convaincante, depuis ses perspectives les plus lointaines, de la “conspiration” qui permit à l’élection présidentielle de 2020 de donner le résultat qu’elle a donné. Le mot “conspiration” est effectivement employé, sans la moindre hésitation ni retenue, et encore moins, sans le moindre remord ni soucis des parentés avec les affreuses choses telles que ‘complotisme’ et le reste... Ceux qui l’ont montée, produite, opérationnalisée et menée à bien n’éprouvent strictement aucun besoin de s’en cacher. Ils n’ont rien de ‘complotiste’ (celui qui voit des complots partout, comme un obsédé compulsif) puisqu’ils sont les maîtres d’œuvre de ceci : « There was a conspiracy unfolding behind the scenes… »

Nous allons simplement communiquer ici l’introduction générale, mais pourtant déraillée, de l’article de Molly Ball. Les détails, c’est plutôt de l’intendance, d’ailleurs fort bien faite, – mais comme l’on sait et l’on dit, “l’intendance suivra”. Voici donc la description de plus beau ‘Coup’ (dans le sens de ‘coup d’État’) jamais réalisé, une ‘révolution de couleur’ de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel LGTBQ.

« Une chose étrange s’est produite juste après l’élection du 3 novembre : rien.
» La nation était prête pour le chaos. Des groupes libéraux [progressistes] avaient juré de descendre dans la rue, planifiant des centaines de manifestations dans tout le pays. Les milices de droite se préparaient à la bataille. Dans un sondage effectué avant le jour des élections, 75% des Américains avaient exprimé leur inquiétude face à la violence.
» Au lieu de cela, un calme sinistre s’est installé. Le président Trump ayant refusé de concéder [sa défaite], la réponse n’a pas été une action de masse, mais quelques stridulations. Le 7 novembre, lorsque les médias ont annoncé la victoire de Joe Biden, la jubilation a éclaté. Les gens ont envahi les villes américaines pour célébrer le processus démocratique qui avait abouti à l’éviction de Trump.
» Une deuxième chose étrange s’est produite au milieu des tentatives de Trump pour inverser le résultat : le Corporate Power américain s’est retouyrné contre lui. Des centaines de grands chefs d’entreprise, dont beaucoup avaient soutenu la candidature de Trump et appuyé ses politiques, l’ont appelé à concéder. Pour le président, quelque chose n’allait pas. “Tout cela était très, très étrange”, confia M. Trump [à son équipe] le 2 décembre, “quelques jours après l’élection, nous avons assisté à un effort orchestré pour acclamer le vainqueur, alors même que de nombreux États clés étaient encore en pleine comptabilité des résultats.”.
» D’une certaine manière, Trump avait raison.
» Il y avait une conspiration qui se déroulait dans les coulisses, une conspiration qui a à la fois réduit les protestations et coordonné la résistance des PDG. Ces deux surprises étaient le résultat d’une alliance informelle entre les activistes gauchistes et les titans du Corporate Power. Le pacte a été officialisé dans une déclaration conjointe laconique et peu remarquée de la Chambre de commerce américaine et de la centrale des syndicats AFL-CIO, publiée le jour des élections. Les deux parties en sont venues à le considérer comme une sorte de marché implicite, – inspiré par les protestations massives, parfois destructrices, de l’été en matière de justice raciale, – dans lequel les forces du travail se sont unies aux forces du capital pour maintenir la paix et s’opposer à l’attaque de Trump contre la démocratie.
» Le marché entre le Corporate Power et les syndicats n’était qu’un élément d’une vaste campagne multipartite visant à protéger l’élection, – un extraordinaire effort [clandestin] destiné non pas à gagner le vote mais à s’assurer qu’il soit libre et équitable, crédible et non corrompu. Pendant plus d’un an [avant l’élection], une coalition peu structurée d’acteurs divers s’était efforcée de consolider les institutions américaines alors qu’elles subissaient les attaques simultanées d’une pandémie impitoyable et d’un président à tendance autocratique. Bien qu’une grande partie de cette activité se soit déroulée à gauche, elle était distincte de la campagne Biden et a dépassé les lignes idéologiques, avec des contributions cruciales d’acteurs non partisans et conservateurs. Le scénario que les militants de l’ombre voulaient désespérément arrêter n’était pas une victoire de Trump. Il s’agissait d'une élection si calamiteuse qu’aucun résultat n’aurait pu être dégagé, conduisant à un échec de l'acte central d’auto-gouvernance démocratique qui est la marque de fabrique de l’Amérique depuis sa fondation.
» Leur travail a touché tous les aspects de l’élection. Ils ont amené les États à modifier les systèmes et les lois électorales et ont contribué à obtenir des centaines de millions de dollars de financement public et privé. Ils ont repoussé des procès pour suppression d’électeurs [contestés], recruté des armées de travailleurs électoraux et obtenu que des millions de personnes votent par correspondance pour la première fois. Ils ont réussi à enrôler [Big Tech] dans leur croisade en adoptant une ligne plus dure contre la désinformation et en utilisant des tactiques basées sur les données de leurs utilisateurs pour lutter les campagnes de rumeurs. Ils ont mené des campagnes nationales de sensibilisation du public qui ont aidé les Américains à comprendre comment le décompte des votes se déroulerait sur plusieurs jours ou semaines, empêchant ainsi les théories de conspiration de Trump et les fausses déclarations de victoire de prendre de l’ampleur. Après le jour de l’élection, ils ont surveillé chaque point de pression pour s'assurer que Trump ne puisse pas renverser le résultat. “L’histoire inconnue de l’élection est celle des milliers de personnes des deux partis qui ont permis le triomphe de la démocratie américaine dans son fondement” a déclaré Norm Eisen, un éminent avocat et ancien fonctionnaire de l’administration Obama qui a recruté des républicains et des démocrates au conseil d'administration du Voter Protection Program. »

Devant cette avalanche d’affirmations jusqu’ici considérée comme étant de type complotiste, et donc indicible, on reste soit interloqué, soit incertain. Tous les ‘complotistes’, les trumpistes et conservateurs considérés comme tels lorsqu’ils dénonçaient les manipulations de l’élection USA2020,  restent sans voix que l’on puisse ainsi dérouler cette avalanche, – et encore en avons-nous interrompu le cours dans notre traduction-adaptation,– sans la moindre hésitation, sans la moindre interrogation, comme si cela allait de soi. « Wow ! » titre le TheGatewayPundit.com ; « Ils n’ont pas truqué l’élection, ils l’ont fortifiée, estime Time Magazine », selon Epoch Times.

(D’ailleurs, cet article a paru sans vraiment soulever de poussières d’une protestation intelligible du côté de la presseSystème, qui l’a apprécié comme l’on suce une très bonne pastille pour la toux, – et contre la Covid, d’ailleurs. Bref, l’article, le récit et la conspiration allaient d’eux-mêmes.)

Alors, s’interrogent les ‘complotistes’ (les proTrump), à quoi cela correspond-il de nous désigner comme ‘complotistes’ ? Et plus encore, une fois remis de leurs émotion : pourquoi Time, qui fait partie de la presseSystème, donc du Système, a-t-il fait cela, justement avec l’approbation de facto du Système ? Voyons ce que nous en dit Jeff Charles, un Africain-Américain proTrump, animateur du ‘Red + Black Show’, dans sa chronique du site RedStates.com du 6 février 2021

 « Selon l’article, plusieurs acteurs et organisations différents étaient impliqués dans la conspiration. Des agents politiques progressistes, des activistes des médias se faisant passer pour des journalistes objectifs, des politiciens démocrates, de grandes entreprises, des brigades de censure de Big Tech et bien d’autres encore ont travaillé ensemble pour assurer la victoire de Biden. Après des années à se moquer des conservateurs et des républicains pour avoir souligné le rôle que ces diverses institutions jouent continuellement dans la promotion de l’agenda de gauche, le TIME Magazine a décidé de faire enfin la lumière sur cette affaire.
» Comme je l’ai dit dans la plus récente émission du “Red + Black Show”, l’article n’a rien révélé que les conservateurs ne savaient déjà. Après tout, nous avons vu tout cela se dérouler sous nos yeux, n'est-ce pas ? Mais l’article a fourni plus de contexte, de perspective et de détails, et il prive maintenant l’extrême gauche de tout semblant de déni plausible.
» Mais la question à laquelle personne ne répond, c’est “pourquoi” ? Pour quelle raison TIME a-t-il décxidé de jeter le masque pour montrer  que le coup de baguette du Magicien d’Oz progressiste ne fut rien d’autre qu’une fraude de masse ? La publication n’est pas vraiment connue pour son honnêteté sur ces questions. Quel bénéfice pourraient-ils tirer d’une telle décision ?
» Nous supposons peut-être à tort qu’ils croient qu’ils en tireraient profit alors que la véritable réponse est sous nos yeux. S’il est impossible de lire dans les esprits, il est possible de lire dans les actes, et le raisonnement de la décision du magazine TIME de dévoiler la conspiration est plus simple que ce que la plupart des gens pensent.
» Tout cela revient à dire que l’extrême gauche est devenue trop arrogante pour son propre intérêt. Nous avons déjà vu leur excès de confiance se manifester dans leur volonté d'obtenir une seconde mise en accusation [de Trump] qui se soldera certainement par un échec total. Dans leur arrogance, ils ne voient pas comment le fait d'essayer, – et d’échouer, – de destituer un président qui est déjà hors fonction les fait apparaître aux yeux d’un public qui veut simplement aller de l’avant à partir de 2020.
» Les démocrates de la Chambre des représentants viennent de voter pour dépouiller une députée du GOP [Marjorie Taylor-Green] de sa position au sein des commissions alors que traditionnellement, c’est aux républicains qu’il revient d’effectuer ce type d’action. Leur orgueil les rend aveugles à l’éventualité que cela puisse, – et reviendra, – les hanter une fois que les républicains auront repris le contrôle de la Chambre.
» Maintenant qu'ils contrôlent la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès, les démocrates et leurs proches amis et alliés dans les médias militants semblent croire qu’ils sont désormais intouchables. Par conséquent, il n’importe plus que nous, les plébéiens, connaissions enfin la vérité sur leurs machinations pas si secrètes. C'est un peu comme si un super-vilain faisait un monologue vantard une fois qu’il croit avoir vaincu son ennemi. Pour faire simple, ils disent : “Oui, nous avons mis en place une conspiration de masse pour virer votre homme du bureau ovale, et alors ? Qu’allez-vous faire contre ça ?” »

Enfin, en parallèle à ces considérations sur lesquelles nous revenons plus loin, on doit rappeler un caractère essentiel de notre époque, dont nous parlons souvent et qui pourrait s’opérationnaliser dans le gouvernement de l’administration Biden sauveur de la démocratie aux USA, avec un ‘tsar de la Réalité’, façon-Orwell et son ministère de la Vérité. Il ne s’agit pas ici d’une chicanerie sarcastique ou d’une mésinterprétation d’un jaloux, mais d’une proposition du solennel et imposant simulacre de référence, le New York Times...

On rappelle ici la considération qu’en fait Alastair Crooke, avec une nouvelle définition de cette démarche correspondant aux agitations présentes de notre civilisation, et à la démence qui caractérise son comportement, qu’on retrouve dans ce cas toujours aussi vigoureuse. Cela figure dans son plus récent article (de Crooke), et nous croyons volontiers que la démarche de Time Magazine s’apparente à cela :

« Étant incapables de traiter directement les preuves de défaillances systématiques et de ‘truquage’ économique (sujet bien trop sensible), les dirigeants occidentaux s’efforcent plutôt de modifier la perception de la réalité.  Lorsque vous essayez d’étendre une économie imaginaire en imprimant de plus en plus de dettes, malgré l’échec historique de la méthode, il n’est pas étonnant que vous deviez faire taire les dissidents.
» Ceux qui n’adhèrent pas à la propagande que les grandes entreprises technologiques [Big Tech] et les médias [de la presseSystème] diffusent sans relâche doivent être mis hors d’état de nuire (‘déplateformé’) et repoussés en marge de la société.  Dans un écho-miroir  frappant de cette époque italienne de tensions psychiques du XVème siècle, le New York Times demande maintenant que l’administration Biden nomme un “Tsar de la Réalité” qui sera habilité à s’occuper de la “désinformation” et de “l'extrémisme” (fantômes de l’Inquisition) ? »

Êtes-vous “autogouvernant démocratique” ?

On nous permettra de revenir sur quelques aspects remarquables de l’extrait introductif de l’article de Time, déroulées dans un ordre différent pour tenter de donner un sens à cette démarche extraordinaire du magazine. (Comme l’écrit Jeff Charles : « Mais la question à laquelle personne ne répond, c’est “pourquoi” ? Pour quelle raison le TIME déciderait-il de jeter le masque... ? »)

• Que s’est-il passé ? Il fallait garantir la paix contre le désordre autocratique de Trump, inspirés en cela (les ‘faiseurs de paix’) par l’exemple pacifique des protestations “massives, parfois destructrices”, de l’été, – d’ailleurs organisées et soutenues par les mêmes ‘faiseurs de paix’ se justifiant ainsi de l’argument du désordre qu’eux-mêmes organisaient pour établir la paix... Ouf, le labyrinthe de l’argument est bien aussi remarquable que l’article lui-même, et l’adage en est transformé : “Si tu veux la paix, fais la guerre toi-même et arrête-la pour rétablir la paix”..
« Les deux parties en sont venues à le considérer comme une sorte de marché implicite, – inspiré par les protestations massives, parfois destructrices, de l’été en matière de justice raciale, – dans lequel les forces du travail se sont unies aux forces du capital pour maintenir la paix et s’opposer à l’attaque de Trump contre la démocratie. »

• Les institutions de la démocratie américaine étaient mises en périls, et il importait dès lors de les consolider. Quoi qu’il en soit, il importe de bien apprécier qu’il n’y avait là-dedans aucun aspect partisan (anti-Trump), malgré ce qu’on dit par ailleurs, mais le simple constat d’une attaque, laquelle venait non pas d’un, nommé Trump mais d’“un président à tendance autocratique”, et encore, comme l’on dit, “mais pas que...” :
il s’agissait d’« un extraordinaire effort [clandestin] destiné non pas à gagner le vote mais à s’assurer qu’il soit libre et équitable, crédible et non corrompu », il s’agissait de « consolider les institutions américaines alors qu’elles subissaient les attaques simultanées d’une pandémie impitoyable et d’un président à tendance autocratique ».
Ne pourrait-on aller jusqu’à argumenter que c’est à cause de la Covid, dont il a été effectivement infecté, que Trump avait sa tendance autocratique, et donc que lutter contre Trump c’était lutter contre la Covid ?

• Si l’on avait laissé faire, les institutions auraient été effectivement en péril mortel à cause de cette “élection calamiteuse” : « Le scénario que les militants de l’ombre voulaient désespérément arrêter n’était pas une victoire de Trump. Il s’agissait d’une élection si calamiteuse qu’aucun résultat n’aurait pu être dégagé, conduisant à un échec de l’acte central d’autogouvernance démocratique qui est la marque de fabrique de l’Amérique depuis sa fondation. »
...Il s’agit surtout d’une remarque énigmatique, ne nous disant pas en quoi cette élection “calamiteuse” n’aurait pu dégager “aucun résultat”. Est-ce à dire qu’une victoire de Trump, qui est l’autre terme de l’alternative comme dans toute élection, n’eût pas été un résultat ? Ou bien est-ce que les adversaires de Trump eussent effectivement considéré sa victoire comme inacceptable, donc comme un non-résultat, ou bien, comme un non-résultat parce qu’inacceptable ?

• Mais la réponse est sous nos yeux, renforcée par une autre remarque un peu plus loin : d’abord écarter la menace contre l’« l’acte central d’autogouvernance démocratique qui est la marque de fabrique de l’Amérique depuis sa fondation » ; ensuite, on a la remarque de Eisen, homme d’Obama, saluant ces « milliers de personnes des deux partis qui ont permis le triomphe de la démocratie américaine dans son fondement ».
Est-ce à nouveau énigmatique ? Il n’y a pas de vainqueur, en vérité, Biden pas plus que Trump : c’est l’“acte central d’autogouvernance démocratique”, ou encore “la démocratie américaine dans son fondement”, – voilà le vrai et seul vainqueur. La messe est dite.

A partir de ces remarques qui ne craignent en aucune façon, ni le paradoxe contradictoire, ni l’inversion, ni la contrefaçon, nous en venons à proposer une autre explication à la publication de cet extraordinaire article. Certes, on acceptera qu’il y a chez les gauchistes, wokenistes, etc., une réelle arrogance qui vient de la certitude d’être juste et de représenter la ‘réalité réelle’ dont nous parle Crooke. De même dit-on aujourd’hui que le wokenisme est d’une telle puissance dans sa certitude de soi et d’une telle sottise dans la conscience de soi qu’il ne craint plus d’appliquer une censure systématique, sans se percevoir comme un censeur, ou sans percevoir cette censure-là comme indigne, anti-démocratique, liberticide, etc. La démence qui les caractérise leur offre à cet égard un cocon protecteur et une cuirasse impénétrable contre lesquels viennent s’abîmer les stupides vérité-de-situation.

Les arguments sont nombreux à cet égard, disons dans la dialectique de cette position telle qu’elle est évoquée dans l’article. Mais il y a au départ une conviction réelle, qui est vécue comme une vertu : les antiTrump ne sont plus en l’occurrence caractérisée par leur haine contre Trump, qui semble comme évaporée, devenue presque comme inexistante ; ils sont les messagers de quelque chose de supérieur, qui les assure évidemment de la justice et de la vérité, et qui semble être opérationnalisé par une sorte de machinerie évidemment produite par le système de l’américanisme, et le Système lui-même : l’ « auto-gouvernance démocratique », ou « la démocratie américaine dans son fondement », – qui semble pouvoir se passer de l’être-président (sans doute est-ce la raison de l’élection de Biden, comme de son choix comme candidat).

Ainsi serions-nous conduits à penser que l’arrogance et l’orgueil dont parle Charles, – ou l’hybris si l’on veut, qui nous semble préférable, – n’est pas un trait de leur psychologie collective, mais un produit de leur conviction. C’est cette conviction qui produit l’hybris plus qu’elle n’est produite par l’hybris, et il n’y a plus rien en eux de partisan ni de parti-pris. Ils sont l’exceptionnalisme de l’américanisme, comme l’on est d’essence divine, et par conséquent essentiellement divins, cela autorisant d’ailleurs le port de l’entonnoir sans aucune restriction. Il est ainsi assuré, selon notre perception et notre conviction :

• qu’ils ne céderont sur rien ni en rien, assurés d’être les acteurs d’une ontologie qui les renvoie, selon notre rangement, au Système lui-même : ils sont acteurs du Système, ils sont en l’occurrence le Système lui-même, et s’ils sont évidemment déments jusqu’à refaire la réalité c’est encore mieux ;
• puisqu’assurés d’être le Système, assurés d’être à la fois justice et progrès sociaux, et sans aucun vice ni corruption même s’ils sont absolument vice et corruption ; et donc exempts des nécessités humaines et des compromis d’une vie politique qui n’existe que par eux et pour eux ;
• enfin, ennemis mortels des ‘autres’, appelez-les ‘trumpistes’, ‘populistes’, ‘Deplorables’, comme il vous plaira, avec lesquels aucun arrangement n’est concevable ni même souhaitable...

Tous ces constats sont faits sans souci des variations politiques et politiciennes, de corruption, de trahison, de haine, etc., qui continueront à caractériser le comportement courant de tous ces gens, entre eux et avec les ‘autres’, à Washington D.C. ou à ‘D.C.-la-folle’. Ce qui nous importe ici, c’est le constat que le simulacre qui embrase leur psychologie conformément à leur démence, et les conduit à élaborer une autre ‘réalité’ à partir des contraintes qu’ils appliquent à leur perception, a désormais pris la première place dans la détermination de leur position. On n’échappe pas à un tel emprisonnement, à moins d’une catastrophe dans le sens du grec ancien (“bouleversement” et “fin, dénouement”), qui peut être aussi apocalyptique. Quoi qu’il en soit, nous sommes désormais, aux USA, dans un domaine politique qui échappe complètement aux lois humaines du genre.

  • 9 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : La révolte des Dakotas

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : La révolte des Dakotas

Ce sont les deux États du Dakota, celui du Sud et celui du Nord, qui vont peut-être adopter des lois dont la logique devrait être révolutionnaires pour l’Union. Nous sommes là dans un registre délicat, qui concerne :
• d’une part la situation constitutionnelle des USA, extrêmement complexe et nullement tranchée dans nombre de ses aspects ;
• et, d’autre part, à l’intérieur de cette “ situation constitutionnelle [...] extrêmement complexe ”, la situation des relations entre les États et le “centre” directeur de l’Union, situation qui n’a jamais été tranchée mais forcée dans un sens par le fer, le sang et le feu de la Guerre de Sécession, ce qui ne représente en aucun cas une jurisprudence légale.

Aujourd’hui, toutes ces incertitudes reviennent au premier plan dans la mesure où s’est installé un pouvoir représenté par le parti démocrate qui se développe sous une poussée extrémiste de gauche (le wokenisme), avec des décisions et des mesures, souvent prises par ‘décrets’ (Executive Order [EO] sans consultation ni débat d’aucune assemblée représentative comme le Congrès). Le sens de cette politique se fait vers un extrémisme que refusent nombre d’États de l’Union, notamment parmi ceux qui sont aux mains des républicains (27 des 51 États).

On a déjà eu des échos de cette situation en constante évolution, notamment dans le chef de deux grands États à majorité républicaine, le Texas et la Floride. Les domaines où s’exercent directement ou indirectement ces oppositions, d’ailleurs partagées par d’autres États, concernent la décision d’arrêt de la fabrication de l’oléoduc Keystone entre le Canada et le Texas, et le comportement de censure des Big Tech (GAFAM & autres).

Les deux Dakotas travaillent actuellement sur des lois dont le but serait de chercher à contrecarrer, sinon à annuler des EO décidés par le pouvoir fédéral (Biden). Voici le texte mis en ligne par NationalFile.com, axé essentiellement sur les données constitutionnelles, les intentions, etc., des deux  Dakotas (le parti républicain y occupe une position majoritaire écrasante).

« Les législateurs républicains du Dakota du Nord prennent des mesures proactives - et constitutionnelles, – pour faire face aux décrets [EO] anticonstitutionnels émanant de l'administration Biden, et ils le font avec la Constitution de leur côté.
» Un nouveau projet de loi présenté à la législature de l’État du Dakota du Nord (House Bill [HB]1164), donnerait instruction au procureur général (AG) de l’État de contrôler la constitutionnalité de chacun des décrets émis par Joe Biden.
» En vertu de la loi proposée, si le procureur général du Dakota du Nord estime qu’un EO est illégal, – ou inconstitutionnel, – le EO serait annulé[‘canceled’, selon le terme favori du wokenisme] : il serait interdit à tout État, comté ou agence locale, ou à toute organisation financée par lÉtat de l’appliquer.
» La proposition de loi a été présentée par le représentant de l’État Tom Kading et huit autres républicains à la Chambre du Dakota du Nord.
» Plus précisément, la proposition HB1164 énumère les points suivants pour l’annulation :
» • pandémies ou autres urgences sanitaires ;
» • réglementation des ressources naturelles, y compris le charbon et le pétrole ;
» • réglementation de l’industrie agricole ;
» • utilisation des terres ;
» • réglementation du secteur financier en ce qui concerne les normes environnementales, sociales ou de gouvernance ;
» • réglementation du droit constitutionnel de détenir et de porter des armes.
» En outre, le représentant de l'État Sebastian Ertelt a introduit une législation réservant le même sort à la législation anticonstitutionnelle émanant du pouvoir législatif fédéral [le Congrès des Ettats-Unis].
» La loi HB1282 d’Ertelt créerait un Comité de neutralisation des lois fédérales.
» Ce comité, composé des dirigeants législatifs des États et de leurs représentants, examinerait la constitutionnalité d’une loi ou d’un règlement fédéral donné. Si le comité concluait qu’une loi ou un règlement est inconstitutionnel, la législature du Dakota du Nord adopterait une résolution concomitante sur l’annulation de la loi ou du décret en question.
» Après la recommandation de la commission, et jusqu’à ce que la résolution soit adoptée, les agences de l’État, des comtés et des administrations locales se verront interdire d’appliquer la loi ou le règlement.
» Ces propositions de loi sont en bonne position pour être adoptées. Les républicains du Dakota du Nord contrôlent le Sénat 40 à 7, et la Chambre 80 à 14.
» Le Dakota du Sud dispose d’une législation similaire à celle du Dakota du Nord, la House Bill 1164, qui vise le pouvoir législatif exécutif de Biden.
» Le HB1194 du Dakota du Sud met en place un conseil exécutif chargé d’examiner la constitutionnalité de tous les décrets présidentiels. Il énumère également les six points énoncés dans la législation du Dakota du Nord.
» La législature du Dakota du Sud, – comme celle du Dakota du Nord, – est dominée par les républicains ; 32 contre 3 au Sénat, et 62 contre 8 à la Chambre.
» La clause de suprématie de la Constitution des États-Unis enjoint à chaque État de suivre les lois qui sont constitutionnellement saines et uniquement sur les questions que la Constitution a donné au gouvernement fédéral le pouvoir de décider.
» Si le gouvernement fédéral, – qu’il s’agisse du pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire, – agit de manière anticonstitutionnelle, les États individuels ont le droit d’ignorer le décret transgressant la Constitution. Cette notion a été défendue par nul autre que le grand champion d’un gouvernement central fort, Alexander Hamilton, dans le n°33 des cahiers ‘The Federalist [publication produisant un débat constant sur la fondation des USA avant l’adoption de la Constitution.] ».

Un autre texte sur ce sujet (sur WorldNetDaily [WND]), reprenant certains éléments de NationalFile.com, ajoute que d’autres dispositions en préparation existent dans les deux Dakotas contre la censure des Big Tech (par exemple, pour le Dakota du Nord « la House Bill 1144 permettrait “des plaintes au civil contre des actions de censure des sites de réseau social” ») et l’obligation faite aux médecins d’accepter de pratiquer des opérations de ‘changements de sexe’

Bien évidemment, les deux Dakotas ne sont pas les seuls à travailler sur de telles lois, même si l’on sait que la gouverneure du Dakota du Sud Kristi Noem est une des plus activistes parmi les gouverneurs républicains. Il est donc inutile d’en juger par rapport à l’importance des deux Dakotas dans l’Union, où ces deux États tiennent une place minime et que certains pourraient juger peu représentative.

Ce travail législatif extrêmement important se fait dans la plus grande discrétion imposée et dans nombre d’États, à un rythme différent selon les agendas et les structures légales et procédurières, mais le plus souvent en étroite coopération. Ainsi est-on conduit à observer que se forme, dans la plus grande discrétion toujours, une sorte de “Ligue des États républicains”, ou dans tous les cas des “États anti-Biden”. Cela explique que l’on voit apparaître cette sorte de nouvelles dispositions de façon inattendue, et sans que les commentateurs courants qui travaillent au travers de la presseSystème ne soient au courant de rien et n’apprécient en rien l’importance qu’on doit accorder au phénomène.

Les Gilets-Jaunes du Wyoming

Nous insistons ci-dessus sur la discrétion du processus : “dans la plus grande discrétion imposée”, “dans la plus grande discrétion toujours”, et nous devons l’expliciter. Il s’agit d’une attitude courante des médias nationaux de la presseSystème, dont l’arme principale face aux nouvelles qui déplaisent mais qui sont néanmoins officiellement actées, est la censure par le silence. Les mouvements qu’on a décrits ne bénéficient d’aucune publicité, et les médias locaux qui les suivent ne sont absolument pas repris. Il faut un cheminement complexe et le plus souvent bien long pour faire circuler l’information, notamment par les médias sociaux ou la presse de résistance.

(L’article de NationalFile.com date du 3 février, celui de WND du 6 février, et cette affaire des Dakotas reste néanmoins complètement ignorée malgré les efforts de dedefensa.org.)

Peu importe et même, tant mieux peut-être puisqu’ainsi aucune interférence majeure ne vient se mettre dans le cheminement des choses. On voit bien que tout cela, toute cette censure et ce déni d’existence au profit des absurdes et catastrophiques narrative de la communication postmoderne n’empêchent pas ces processus d’avoir lieu et ils sont tenus par ceux qui nous en informent, exactement pour ce qu’ils sont : des actes de résistance. (Titre du texte de NationalFile.com : « THE RESISTANCE: North Dakota Legislators Plan To Nullify Biden’s Executive Orders At State Level »)

Cette sorte d’interprétation est importante dans la mesure où elle institue de facto l’idée de sécession en arrière-plan (ou arrière-pensée) de toutes les réactions contre une administration et une direction démocrate qui ne cessent de se gauchiser sans que quiconque ait le moindre autorité, sans même parler de légitimité certes, d’orienter et de contrôler ce mouvement de déconstruction des USA.

Il est bon de rappeler sans cesse la confusion et l’imprécision peu ordinaires de la constitution US, essentiellement sur cette question, brûlante dès l’origine, du droit des États. C’est là-dessus que tablent les gouverneurs ‘révoltés’ selon des manœuvres législatives qui mettent en échec l’autorité centrale dans ‘certains’ (?) domaines, selon le principe bien général et tant sujet à interprétation qu’il faut « suivre les lois [fédérales] qui sont constitutionnellement saines et uniquement sur les questions que la Constitution a donné au gouvernement fédéral le pouvoir de décider. » Cette mise en échec de l’autorité centrale par des manœuvres qui pourraient être apparentées à l’action des termites, mine effectivement la structure centripète du système de l’américanisme.

Quoi qu’on dise et fasse, et selon une situation et un antagonisme idéologique et sociétal qui ne devraient pas cesser de se détériorer et de s’aggraver, il nous semble évident que cette antagonisme centrifuge devrait lui aussi ne cesser de s’aggraver et de détériorer les relations internes aux USA. La menace de la sécession avec l’affirmation des États est une orientation trop tentante parce qu’elle permet aux adversaires des démocrates et d’une façon générale, par logique antagoniste, de l’extrémisme postmoderniste et wokeniste, de trouver un point d’appui où ils disposent à la fois d’une autorité et d’un soutien populaires.

Cet antagonisme sécessionniste, – qui redouble ‘en miroir’ les antagonismes qu’on trouve en France entre Paris et “le désert français” avec son superbe patrimoine et ses Gilets-Jaunes, – se retrouve même à l’intérieur du parti républicain, entre Washington et les États. Ainsi, Liz Cheney, fille de son père, et l’une des dix députés républicains qui ont voté pour la mise en accusation (seconde du nom) du président Trump, pour le destituer alors qu’il n’est plus du tout ‘institué’, a été sauvée de l’exclusion du parti par ses pairs républicains de la Chambre, à Washington. Au contraire, elle se trouve absolument mise à l’index dans son État du Wyoming :

« Liz Cheney, députée républicaine et présidente du GOP [parti républicain] du Wyoming, a été censurée dans son État d’origine, le Wyoming, parce qu’elle a voté pour la destitution du président Trump en janvier.
» La motion, adoptée samedi, demande à Cheney de “démissionner immédiatement de son poste” et de “rembourse immédiatement les dons” faits à sa campagne par le parti républicain du Wyoming. Le parti lui refusera tout futur don politique. Selon ‘Forbes’, la motion a été votée par 56 voix pour et 8 contre, bien qu'aucun décompte officiel n'ait été fait. »

... On ajoutera que les neuf autres députés qui ont voté la mise en accusation de Trump, sont également et fort naturellement eux aussi mis à l’index dans le GOP de leurs États. Cette situation est complètement paradoxale, dans la mesure où des partisans de Trump adoptent dans cette querelle une posture centrifuge et un activisme sécessionniste jusqu’au sein même de leur parti, alors que Trump lui-même, – capitaliste, nabab new-yorkais nécessairement partisan d’un ‘centre’ fort, représentant des Deplorables (Gilets-Jaunes & populistes) comme dans la télé-réalité, – est effectivement adversaire de la sécession qui est essentiellement une idée anticapitaliste quoi qu’en disent les universitaires progressistes-sociétaux, et wokenisés.

Qu’importe le paradoxe, et même au contraire... L’on doit avoir à l’esprit que le paradoxe est aujourd’hui, aux USA, la véritable substance de la bataille en cours. La sécession, dont tout le monde repousse l’idée avec horreur, deviendra rapidement, – est en train de devenir très-rapidement la seule voie de sortie de l’imbroglio haineux et sans retour de la crise du système de l’américanisme.

 

Mis en ligne le 8 février 2021 à 15H05

  • 8 février 2021 à 00:00

L’hypothèse de l’anéantissement...

Par info@dedefensa.org

L’hypothèse de l’anéantissement...

• Dans son très important discours de Davos-virtuel, Poutine avait, au milieu de ses alarmes nombreuses et fondées, introduit un “je l’espère” bien significatif : « Bien sûr, un conflit mondial d’une telle intensité est impossible en principe, dans tous les cas je l’espère. C’est sur cette impossibilité théorique que je fonde mes espoirs, car ce serait la fin de l’humanité. » • Or, il existe des mots et des phrases, du côté des USA, que l’on peut trouver bien menaçants pour les espérances théoriques et les espoirs de Poutine (lesquels nous paraissent de toutes les façons plutôt de pure forme, le président russe sachant parfaitement à quoi s’en tenir). • ... Car l’arrivée de Biden unanimement saluée par tous les démocrates politiquement-correct du monde (du bloc-BAO), pourrait bien recéler de très amers et angoissants lendemains, vraiment très proches. • On serait tenté de leur dire, histoire d’ironiser malgré l'aspect affreusement macabre du sujet, – parce qu'il importe de ne jamais manquer d’ironiser héroïquement face à la démence : “Vous avez détesté Trump ? Vous allez apprendre à le regretter...”.

7 février 2021 – Il est intéressant de réaliser le sérieux, l’importance et la progression d’une tension au travers d’une chronologie de l’annonce puis du commentaire de cette tension, par rapport à différents médias, et à partir notamment d’une seule information, publiée puis reprise, puis amplifiée selon en enchaînement qu’il s’agit de décrypter. C’est donc d’une véritable enquête qu’il s’agit,  à partir d’une progression complexe de la communication, sans qu’il n’y ait rien de fondamentalement nouveau depuis l’annonce de départ.

Par complet contraste avec les époques classiques précédentes, nous n’évoluons pas tant dans un univers où paraissent des informations nouvelles pour faire la communication, mais dans un univers où la communication se fait essentiellement à partir des multitudes de présentations différentes et de commentaires variés de chaque information nouvelle. Il se trouve alors que c’est bien ce processus complexe et désintégrateur d’une réalité stable qui crée la tension puis, au-delà, la possibilité de crise, avec la potentialité d’événements graves. Il s’agit là du caractère extraordinaire et sans précédent d’un monde politique où la communication dans cette nouvelle forme d’opérationnalisation, et non le contenu informationnel de la communication, règle tout.

Nous prenons donc cette information de départ, qui n’a rien de secret, rien de brutal, rien de sensationnel dans le sens de la technique de la communication. PhG a défriché pour notre compte le terrain dans une page du Journal-dde.crisis d’avant-hier, reprenant déjà une très courte information de la veille, qui ne faisait que reprendre à son tour, – reprises multiples, – un très court extrait, une simple affirmation, extraite d’un article paru dans la revue de l’US Navy ‘Proceeding’, de l’amiral Richard, chef du Strategic Command (STRATCOM) réunissant les forces nucléaires stratégiques des trois armes des forces armées US. Connaissant les procédures et la minutie de rédaction de ce type de texte venus d’un si haut niveau, nous pouvons faire l’hypothèse que cet article a été rédigé, relu, soupesé, communiqué en lecture  vers d’autres directions stratégiques et des forces, donc qu’il est issu d’une rédaction initiale dans les un à deux mois précédant sa mise en page dans la revue, vers le 20-25 janvier, donc sans rapport formel avec les événements politiques à Washington (l’arrivée de la nouvelle administration Biden). Ce sont les chefs des forces au Pentagone qui parlent, point final.

Donc, première intervention (de PhG) : « Là-dessus, je reviens sur un autre article déjà cité dans notre même texte, de l’exotique site WDIM (WhatDoesItMeans)... [...]
« ... [...D]e graves préoccupations concernant un avertissement du chef du US Strategic Command, l’amiral Charles Richard, qui met en garde contre “la possibilité très réelle” que les États-Unis “puissent avoir besoin d’utiliser des armes nucléaires contre la Chine et la Russie” ; [avertissement suivi d’effets] avec l’autorisation du leader socialiste Joe Biden de déployer des bombardiers B-1B à capacité nucléaire en Norvège, une première historique [pour une capacité nucléaire]... »
 [...]
« Tout le monde sait qu’un tel affrontement monterait aussitôt au nucléaire, mais nul ne doit le dire dans le langage des confrontations des forces dans la communication ; et surtout, nul ne doit explicitement afficher son intention d’user du nucléaire comme une simple étape dans un conflit... Si c’est le cas, c’est la fin de tous les conflits possibles du monde ! [par annihilation réciproque] »

Il faut bien savoir que la remarque initiale, l’acte de sortir de l’article de l’amiral Richard la phrase qui compte, vient de ce site (WhatDoesItMeans – WDIM) qui n’est en général pas (officiellement) pris au sérieux, – et peut-être faudrait-il sérieusement songer, au cas par cas, à modifier cette attitude et notre propre jugement... Quoi qu’il en soit, c’est en mettant assez longuement l’information développée et assortie de commentaires notables en exergue (en première place dans sa colonne des quatre premières nouvelles de sa première page d’accueil toute la matinée de samedi) que le site RT.com reprend la nouvelle. (Aucune citation de WDIM, bien entendu [nous ne parlons pas de dedefensa.org, sans valeur de références pour cette sorte de circuit de la communication, – pour le meilleur ou pour le pire !]). Voici donc la situation : une information sortie d’une référence absolument incontestable est signalée le 3 février du site officiellement très-très moyennement ‘sérieux’ WDIM et présentée de manière spectaculaire le 6 février par RT.com, – site très-sérieux par contre, et représentant assez souvent, surtout pour ce genre de domaines, une position stratégique russe, – voire, dans certains cas d’importance, une position officielle qui rassemble les plus vastes soutiens.

(Ceux qui veulent voir des connexions entre les deux médias peuvent le faire. Nous n’avons jamais tranché selon les jugements de la moraline postmoderniste en ce qui concerne les horreurs et délices des complicités et des complotismes, y compris dans ce domaine et avec de telles acteurs. Aucun intérêt pour ce qui nous importe parce que nous n’avons aucun goût pour le jugement moral des actes de communication dans une époque où les flics officieux de la morale sont à la fois faussaires, zombies et crétins achevés... Mais tout cela, certes, sur un plan réaliste politique et stratégique, car s’il y a effectivement collusion, et coordination entre WDIM et RT.com, cela confirmerait alors l’importance de l’information du point de vue des Russes et de la situation stratégique avec les USA, – point essentiel, certes, mais où la morale des ‘chasseurs de complotistes’ n’a que l’importance d’un papier toilette de qualité moyenne.)

Passons maintenant au texte de RT.com. On verra qu’il est conséquent, et encore ne prenons-nous pour l’instant que les écrits de l’amiral Richard. Des précisions très intéressantes sont citées, ainsi que des commentaires qui ne le sont pas moins. Par ailleurs l’ensemble des citations de Richard, qui démarrent sur l’affirmation que les Russe set les Chinois, placées en mauvaise posture conventionnelle, pourraient décider de passer au nucléaire, est suivi d’une série de commentaires et remarques qui, au contraire, laissent à penser que ce sont plutôt les USA qui pourraient se trouver dans la position de devoir utiliser du nucléaire. Cette singulière contradiction était d’ores et déjà expliquée dans le texte de PhG d’hier, déjà référencé :
« ...mais [les militaires US] sont dans une posture psychologique incroyablement délicate. Ils sont persuadés d’être les meilleurs du monde, ce qui est bien une assurance folle et en chute abyssale, témoignant d’une suffisance profonde qui tient au simulacre qu’ils se sont faits eux-mêmes d’eux-mêmes ; d’autre part, ils reconnaissent maintenant sans réticence ni sarcasme que les Russes ont complètement refait leurs forces, qu’ils ont développé des systèmes très avancés, dont certains dépassent très largement les équivalents US (voyez les missiles hypersoniques notamment), bref que leur certitude-arrogante d’être les meilleurs est méchamment contredite par ces réalités sur leur infériorité opérationnelle et technologique qui ne cesse de gagner ... »

C’est donc cette idée de la contradiction qu’il faut admettre, en bonne et saine schizophrénie, dans les extraits du texte de RT.com que nous donnons ci-dessous :

 « “Il existe une réelle possibilité qu'une crise régionale avec la Russie ou la Chine puisse rapidement dégénérer en un conflit impliquant des armes nucléaires, s’ils [la Russie ou la Chine] perçoivent qu’une défaite conventionnelle menacerait le régime ou l'État”, a écrit le chef et vice-amiral de STRATCOM, Charles Richard, dans le numéro de février du magazine mensuel de l'Institut naval américain.
» STRATCOM, qui supervise l'arsenal nucléaire américain, considère que la probabilité d'une guerre nucléaire est faible. Mais avec la Russie et la Chine qui renforcent leurs capacités et continuent à “s’affirmer au niveau mondial”, Richard a déclaré que STRATCOM doit comprendre ce à quoi elle est confrontée. [...]
» Richard a même affirmé que les puissances rivales profitent de la pandémie de Covid-19 pour faire avancer leurs programmes. “Nous devons rivaliser activement pour contenir leur agression”, a-t-il déclaré, ajoutant que si nous ne le faisons pas, la Russie et la Chine seront encore plus enhardis et les alliés penseront que les États-Unis ne peuvent ou ne veulent pas “diriger”.
» Ce type de sabotage s'est intensifié ces dernières années, en particulier entre Washington et Moscou. La Russie a modifié sa doctrine nucléaire en 2018 pour permettre l'utilisation de telles armes en réponse à une attaque nucléaire ou à une attaque conventionnelle qui menace l'existence de la nation. Un fonctionnaire du Pentagone a déclaré en 2019 que les États-Unis conserveraient leur droit de procéder à une première frappe nucléaire en réponse à une attaque conventionnelle, en faisant remarquer que les alliés ne se croiraient pas protégés autrement.

» [Phrase importante, essentielle, vertigineuse de Richard :] “Nous devons commencer par admettre que notre hypothèse  fondamentale, – que la dissuasion stratégique fonctionnera même en cas de crise et de conflit, – va être mise à rude épreuve, comme jamais auparavant.”

» En conclusion, Richard déclare que l'armée américaine doit changer de position et ne plus supposer qu’une guerre nucléaire n’aura pas lieu, mais travailler pour faire face à la possibilité réelle d’un tel conflit et le décourager, – ou alors “risquer de subir de graves difficultés, – ou peut-être pire, – face à nos adversaires”.

RT.com termine son texte par un commentaire d’un de ses collaborateurs réguliers, Scott Ritter, que le réseau russe a contacté par téléphone. Cet avis est bien venu, pour éclairer l’aspect extrêmement préoccupant et singulièrement complexe de ces diverses déclarations et écrits, alors que Scott Ritter est un spécialiste reconnu des questions diverses, notamment stratégiques, liées aux armes nucléaires. Ritter se montre très pessimiste sur le caractère inquiétant de ces déclarations.

« Les déclarations belliqueuses sur la guerre nucléaire sont plus dangereuses qu’il n’y paraît, a déclaré à la RT l’ancien inspecteur en désarmement des Nations unies, Scott Ritter. Les Ettats-Unis n'ont pas constitué leurs forces militaires conventionnelles au point de pouvoir garantir la victoire sur la Russie ou la Chine, de sorte que Washington déploierait probablement des armes nucléaires dans une guerre [en théorie conventionnelle] avec l’un ou l’autre de ces pays, a fait valoir Ritter. La Russie n’aurait pas d’autre choix que de répondre à une telle attaque avec le même armement [nucléaire], a-t-il dit.
» “C’est ce qui rend les déclarations de l'amiral sur la préparation d'une guerre nucléaire si dangereuses car il n’y a aucun moyen de dissuader un tel conflit”, a déclaré Ritter.
» S’il y a une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie, ce sera une guerre nucléaire générale, ce qui signifie que non seulement les deux nations seront anéanties, mais que le monde tel que nous le connaissons actuellement sera également détruit. »

Pour en revenir aux considérations de communication et journalistiques de l’entame de ce texte, par rapport aux diverses sources consultées, nous dirions que la publication de ce texte de RT.com comme on l’a vu, dans les conditions chronologiques et techniques signalées, avec les références mentionnées, montre une organisation de la communication qui tend à nous dire que la Russie officielle, le Kremlin et Poutine, prennent très au sérieux cette nouvelle comme le signe d’un extrême durcissement des USA. Il s’agit certes des militaires, mais aussi de la poupée de son du bureau ovale qui a fait un discours très agressif, très antirusse, à partir du département d’État où il a parlé de politiquer étrangère. Il a réclamé des choses outrancières et folles en faveur de Navalny, annoncé que plus rien de tous les simulacres antirusses montés par le DeepState ne serait passé aux Russes.

(Curieuse posture autorisée par la manufacture du simulacre de réalité fabriquée à l’intérieur du simulacre qu’est la ‘politique’ des USA [du bloc-BAO] : on fabrique des choses pendables que les Russes auraient faites aux USA, et on affirme qu’on ne leur laissera plus faire ce qu’ils n’ont jamais fait, et que l’on ripostera à mesure contre toutes ces vilaines choses qu’ils n’ont jamais faites, et que le New York Times, le Washington Post et la CIA ont si bien détaillées.)

Regretter Trump ?

Donc, parlant du département d’État, ‘Ol’White Joe’ a été particulièrement sévère avec la Russie avec toutes les habituelles gâteries : « Les jours où les États-Unis n’ont pas riposté à la Russie, à son action agressive, à ses interférences dans nos élections, à ses cyberattaques, à l'empoisonnement de ses propres citoyens sont révolus... Nous n'hésiterons pas à le faire payer encore plus cher à la Russie et à défendre nos intérêts vitaux et notre peuple ». Il a fièrement annoncé qu’il avait ordonné la semaine dernière que trente vols de reconnaissance électronique aient lieu pendant ce laps de temps le long de la frontière russe, ce que les généraux de European Command (EUROCOM) ont accueilli avec une satisfaction ironique puisque ces vols avaient d’ores et déjà été décidés (par les militaires, sans consultation nécessaire du président).

(Vis-à-vis de la Chine, Biden répète les habituelles complaintes et exigences mais il met surtout en évidence la volonté US de coopérer avec la Chine quand c’est de l’intérêt des USA. Ses sponsors et speechwriters savent bien que si l’on veut laisser ce président en place pour mieux manœuvrer sans l’entrave d’une autorité suprême, il faut prendre garde à ne pas être trop sévère avec la Chine.)

Ces remarques étaient simplement faites pour déblayer le terrain et assigner au président Biden le rôle qui est le sien : « Après avoir décrit divers initiatives et incidents de ces derniers jours, de la part de l’administration Biden, Joe Cunningham, de RedState.com, note ceci (ce 2 février 2021), et très justement à mon avis : “Biden lui-même est probablement largement en dehors de tout ça, et les gens qu’on a mis en place dirigent ces différentes démonstrations de folie. Biden n’est là que pour signer les décrets.” »...

Pour être juste, on dira qu’en plus de signer, Biden a le rôle de porte-voix des divers groupes qui entendent que leur politique reçoivent le sceau officiel de politique officielle des États-Unis. Ce que nous avions vu plus haut et ce que nous voyons faire par Biden, rendent compte des intentions des militaires US. Dans ce cadre, les déclarations de l’amiral Richard, qui sont soigneusement mesurées, prennent effectivement une coloration dramatique. Laissons tous les plans des diverses mouches du coche, think tanks, etc., et venons-en à l’hypothèse principale en acceptant l’essentiel des remarques de Scott Ritter. Il doit être envisagé que les militaires estiment de plus en plus précisément que la Russie doit être réduite, sinon éliminée en tant que puissance militaire majeure, avant d’envisager un arrangement de contrainte avec une Chine privée de son allié stratégique.

Pour la cause d’une telle résolution qui nous semble pourtant tout à fait concevable, on mettra en évidence tout simplement la prise de conscience de plus en plus forte chez les militaires que les Russes ont pris une avance considérable et même irrattrapable dans ce qu’on nommait auparavant ‘course aux armements’. Le constat est surtout fortement accepté à STRACOM, d’où sont venues les premières estimations selon lesquelles les Russes avaient en effet réussi une percée considérable dans les hypersoniques. Là-dessus, il y a le constat tragique pour les militaires US que l’usure, la corruption, le gaspillage sinon l’inversion technologique du système du Pentagone ne permettent plus d’espérer rattraper, encore moins de reprendre l’avantage sur les Russes ; peuvent-ils accepter de perdre quasi définitivement, dans tous les cas pour le futur prévisible, leur supériorité stratégique ? Non, bien sûr, perspective encore plus ‘unthinkable’ qu’une guerre nucléaire.

Avec Biden, ils ont un président absolument manipulable, à 120%. A cause des influences dominantes sur lui, il n’est intéressé que par la wokenisation de l’armée parce que cela constitue un si bon thème de discours puisqu’aligné sur la tendance du Politiquement-Correct à laquelle invite l’Inquisition (Big Tech et le Système). On fait déjà des textes de satire là-dessus, sur l’armée-Woke, qui ne sont pas loin de la réalité. Dans de telles conditions, qui ne sont pas loin d’être idéales du point de vue de leur liberté d’action, les militaires peuvent tenter une manœuvre désespérée en entraînant la Russie dans un conflit, géographiquement contre la Russie elle-même, qu’ils estimeraient devoir être un conflit nucléaire limité à cause de leurs faibles capacités conventionnelles. C’est cela que leur susurre STRATCOM dans son article.

On parle paradoxalement et contradictoirement de “manœuvre désespérée” que l’on présente pourtant de facto comme un “coup d’audace” implicitement marqué d’un incroyable optimisme tactique, à la fois sur les capacités US que les militaires US jugent supérieures à tout le reste par une sorte d’essence divine tout en admettant leur propre infériorité inacceptable ; à la fois sur les faiblesses russes qui les donnent vaincus d’avance alors qu’on craint tant leur supériorité désormais reconnue. On doit admettre comme irrésistible, selon nous, l’hypothèse que l’évolution des esprits suit chez les militaires US les voies dystopiques de la folle schizophrénie de ‘D.C.-la-folle’. (Une preuve indirecte de cette faiblesse psychologique en est la façon dont ils acceptent le wokenisme qui va contre toutes leurs traditions.)

Un tel “coup d’audace” permettrait, estimeraient-ils selon notre hypothèse, d’emporter une victoire voulue comme limitée sur la Russie (pour éviter l’anéantissement complet et réciproque de la théologie du nucléaire), avec chute de Poutine et conditions draconiennes d’armistice ou de capitulation, dans le domaine d’un désarmement radical. Ils ont l’atout, qu’ils jugent énorme, de leur position d’encerclement au plus près, sur les frontières de la Russie et l’’avantage’ (!) intellectuel, – il en faut pour caresser un tel projet démentiel, – de tout ignorer de la détermination et de la résilience des Russes.

Tout cela semblerait pouvoir être complétée bientôt par l’investissement otanien de la Géorgie, qui plaît tant au secrétaire d’Etat Blinken, avec le langage inverti et orwellien qu’il faut pour cette affaire :
« M. Blinken a déclaré au Sénat que le fait d'offrir à la Géorgie de devenir membre de l'OTAN ne déclencherait pas nécessairement une guerre entre l'OTAN et la Russie. “Je pense en fait tout le contraire”, a déclaré M. Blinken, notant que l’adhésion de la Géorgie pourrait décourager l’‘agression’ de la Russie”. »

Il suffit alors d’inverser l’affirmation de Blinken, facilitée par l’affirmation russe qu’une adhésion de la Géorgie à l’OTAN serait un casus belli, et de préparer avec l’affaire géorgienne un piège où se jetterait la Russie pour offrir à EUROCOM/OTAN une victoire certaine sur un plateau, assorti de deux ou trois champignons tactiques (pour aider les forces conventionnelles otaniennes complètement inférieures). Cela implique, dystopie schizophrénique aidant, qu’on serait décidément assuré, au Pentagone, que les Russes, sans détermination ni résilience, n’oseraient pas en faire usage dans de telles conditions :

On admettra, dans de telles conditions hypothétiques, qu’on peut commencer à regretter Trump qui faisait grand usage de menaces d’emploi du nucléaire pour ne pas avoir à s’en servir, usant sans le réaliser de la grande tradition de la dialectique de la dissuasion. Jusqu’alors, depuis la crise ukrainienne (2014) où l’on put effectivement envisager un conflit direct et catastrophique (nucléaire) des USA avec la Russie, les militaires US étaient essentiellement préoccupés du phénomène Trump et de la nécessité affirmée (mais jamais fondée comme on l’a vu) de freiner Trump, jusqu’à l’insubordination, pour toutes possibilité de conflit débouchant sur le nucléaire. Si l’on veut, les nécessités de la démence interne aux USA les forçait à rester plus que jamais l’acteur modérateur de la pièce. De son côté, Poutine jugeait que ces furieuses conditions intérieures à Washington D.C. devenue ‘D.C.-la-folle’ en mode-turbo impliquaient justement que les militaires exerçassent une pression modératrice constante, et son alarme à propos d’une agression US restait tempérée et réduite à la possibilité d’un ‘accident’.

Désormais, ces deux freins n’agissent plus. Les militaires pensent qu’ils sont devant le cas de leur survie : d’une part parce qu’ils n’ont plus la supériorité stratégique, d’autre part parce qu’ils sont subrepticement infectés par le virus de l’intérieur, par le wokenisme qu’ils sont obligés d’accepter. De son côté, Poutine, qui est un fin limier, a compris cela, alors qu’il sait parfaitement que le Pentagone ne peut pas accepter sa supériorité stratégique et que lui-même ne peut transiger sur ce point parce qu’il est question de la survie de la Russie... Survie contre survie, mauvaise et sinistre équation.

Certes, il ne s’agit que d’hypothèses, dans une  époque où les occasions des hypothèses et du démenti des hypothèses par plus folles qu’elles ne manquent pas. Quoi qu’il en soit, il pourrait bien sembler qu’à nouveau le centre de gravité d’un possible conflit redevienne l’Europe et la Russie, malgré la superpuissance chinoise (et les ‘affections’ touchantes de ‘Ol’White Joe’) ; comme une sorte de revenez-y de la crise ukrainienne à son paroxysme, mais en infiniment plus grave à cause de la détermination désespérée des militaires US et de la résistance inflexible de Poutine.

Le grand facteur modérateur est, comme toujours, l’aspect intérieur US, ou la poursuite du grand bordel par d’autres voies que le trumpisme. La lèpre du wokenisme s’attaque directement à l’armée et elle peut effectivement conduire à des prolongements inattendus, à des écroulements imprévus, à des ruptures de tradition, par exemple (mais il y a d’autres possibilités) lorsque nous verrons arriver dans des postes de responsabilité (cela peut aller très vite) des généraux ‘wokenisés’. Après tout, les BLM ont fait toute une saison d’insurrection (qualifiées de ‘manifestations pacifiques’) sur le slogan “Defund the police”. Selon les circonstances, ils pourraient passer à un autre slogan du type “Defund the Pentagon” ; ajoutez-y un zeste de sécessionnisme type-Texas, et vous avez des occasions toutes trouvées pour déchaîner les angoisses obsessionnelles des généraux.

On a vu plus haut le rôle qu’a joué Trump durant les années de son mandat partout jugées catastrophiques. De la même façon qu’il avait mobilisé l’attention temporairement modératrice des militaires, Trump, qui était plus un symptôme qu’une cause, agissait au fond comme un paratonnerre, attirant sur lui toutes les foudres de ces temps crisiques. Il n’y a plus de Trump, reste un paysage dévasté, une Grande Crise plus grande que jamais, un champ ouvert aux obsessions et aux démences des uns et des autres.

... Effectivement, nous serions au point où l’on pourrait faire usage de l’ironie catastrophique, s’adressant à tout le chœur des bienpensants de ces dernières années : “Vous avez détesté Trump ? Vous allez apprendre à le regretter...”

  • 7 février 2021 à 00:00

Démence hystérique et collective

Par info@dedefensa.org

Démence hystérique et collective

• Textes du 5 février 2021. • A Davos, avec un discours que certains comparent à celui qu’il fit à Munich en 2007, Poutine a tendu un miroir aux Occidentaux : “Voyez ce que vous êtes devenu. Contemplez-vous et soyez inquiets”. • Il a tracé une description de la crise profonde où se débat l’Occident (bloc-BAO), donc le Système. • En appendice, il n’a pas manqué de décrire une sorte de “crise de la crise” : puisque la crise persiste, changeons la perception de la réalité et imposons une “réalité” sans crise. • Contribution : dedefensa.org et Alastair Crooke.

Nous avons déjà dit quelques mots du discours prononcé en virtuel par Poutine, lors d’une réunion spéciale d’un petit comité de la ‘Davos Crowd’ qui a été privée en ce début d’année de son grand raout habituel. (La remise à juillet, à Singapour, est désormais elle-même remise en question.) Nous citons, pour rappel, un extrait du Journal-dde.crisis du jour, où éclate l’enthousiasme de certains pour ce discours :

» Voyez l’enthousiasme de Pépé Escobar, relayant celui de Rostislav Ishchenko, avec un sens inné de la guerre de communication de nos Derniers Temps, qui atteint désormais, démence hystérique en plus, l’intensité de la Deuxième Guerre mondiale (voir notre rarissime emploi du caractère gras) :  “La meilleure analyse approfondie de l’extraordinaire discours de Poutine, d’une source absolument fiable, a été fournie par Rostislav Ishchenko, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Moscou en 2018.
» “Ishchenko souligne comment, ‘en termes d’échelle et d’impact sur les processus historiques, [ce discours] est d’une plus grande force que les batailles de Stalingrad et de Koursk réunies’. Le discours, ajoute-t-il, était totalement inattendu, tout comme l'intervention stupéfiante de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en 2007, ‘l’écrasante défaite’ infligée à la Géorgie en 2008, et le retour de la Crimée en 2014.” »

Dans son texte ci-dessous, Alastair Crooke nous donne une analyse magistrale du discours de Poutine. Une fois de plus, le président russe avertit les Occidentaux, et cette fois c’est en les plaçant devant leur réalité catastrophique, comme on tend un miroir : « Voyez ce que vous êtes devenus. Contemplez-vous et soyez inquiets. » Il ne fait guère de doute qu’il ne sera pas entendu, puisqu’il n’est de pire sourd que celui qui ne veut ni ne peut entendre ; car il ne fait guère de doute pour nous que le bloc-BAO, non seulement ne veut pas voir la crise, mais pire encore, il ne peut plus la voir parce que les fondements de cette crise le dépasse. Le constat de Crooke, fort juste pour notre compte on s’en doute, est en quelque sorte qu’il y a deux crises :

• Ce que nous nommons la Grande Crise, dont les éléments sont connus, aggravés irrésistiblement et portés à incandescence avec la Covid ;
• ... et une sorte de “crise de la crise”, c’est-à-dire la fabrication d’une autre réalité que celle de la crise, en ‘travaillant’ sur la perception de la réalité, distordue au moyen d’un ‘soft-totalitarisme technologique’, notamment par le moyen de Big Tech (GAFAM & Cie) et d’une répression totalitaire dirigée théoriquement contre les ‘dissidents’ qui persistent à voir ce qui doit être vu.

(A cet égard, Crooke montre bien dans ses nuances, sans nécessité de le dire aussi platement que nous, qu’aujourd’hui, dans nos démocraties pseudo-libérales,  la censure est devenue un des droits fondamentaux de l’homme. On surveille et contraint sévèrement la liberté pour nous conserver notre liberté, – la liberté est un acquis sublime, bien trop précieux pour qu’en use trop, – à trop en user, il faut craindre de l’user prématurément, – et ainsi de suite va la logique du simulacre.)

Si l’on veut, on dirait que rien n’a vraiment changé dans le chef des déconstructeurs-Système depuis la fameuse remarque de Karl Rove, chef de la communication de GW Bush, disant à Ron Suskind à l’été 2002 : « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, – judicieusement, si vous voulez, – nous agirons de nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c’est ainsi que continuerons les choses. Nous sommes [les créateurs] de l’histoire... Et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous avons [créé]. »

... Rien n’a vraiment changé dans les intentions et les illusions, certes, mais les moyens se sont réduits comme peau de chagrin, la crise en apparence contrôlable en 2002 a morphé en une Grande Crise [GCES] parfaitement hors de tout contrôle ; la volonté de “[créer] notre propre réalité » s’est transformée en une démence hystérique ; la pseudo-création de cette autre réalité est devenue une monstrueuse camisole de force de la perception proche d’être totalement insupportable, même pour les plus doux des agneaux, à moins de choisir pour eux aussi la voie de la démence.

(Cela revient à cette situation surprenante, par rapport à la conception classique du troupeau de moutons : il n’y a plus de moutons consentants, il y a des moutons révoltés et des moutons devenus fous ; dans tous les cas, instabilité assurée et aggravation de la crise...)

Le président russe analyse cette extraordinaire situation devant ses ‘partenaires’ occidentaux médusés, et sous le sourire amusé et complice de son compère Xi-le-Chinois, dans des termes simples et frappants, comme l’on déroule une sorte de tapis roulant à contre sens sur lequel les figurants font semblent de marcher en faisant concrètement du sur-place, et en rythmant par des “marchons, marchons”. Nous en sommes à l’équivalent du chapitre brejnévien de l’histoire du ‘train du Socialisme’ qu’on se racontait dans les cocktails des ambassades soviétiques, entre petits fours et petits verres de vodka, dans les premières années 1980, en attendant Gorbatchev :

“Le ‘train du socialisme’ sous la direction du Camarade Staline tombe en panne. Staline fait descendre les passagers du train, qui tentent de faire redémarrer la chose. Le train persiste, Staline fait fusiller tout ce petit monde.
”Même chose avec Krouchtchev. Le train persiste toujours, Krouchtchev fait distribuer des bouquets de fleurs aux travailleurs improvisés et publier les prévisions des plans quinquennaux pour dans vingt ans.
”Même chose avec Brejnev. Le Premier Secrétaire s’adresse alors aux passagers du ‘train du Socialisme’ : ‘Camarades, fermez les rideaux de vos fenêtres et faites avec moi, et en cadence : tchouck-tchouck, tchouck-tchouck...’”

Crooke ne pense pas une seconde que Poutine soit arrivé à convaincre ses ‘partenaires’, et nous non plus, – et Poutine, certainement, pas davantage. Le point de la vérité-de-situation à cet égard doit être trouvé, selon nous, dans ceci que les premiers infectés chronologiquemernt et irrémédiablement par cette distorsion brutale des réalités de la crise, ce sont les dirigeants-Systèmes eux-mêmes ; par conséquent, certes et comme dit plus haut, ils ne veulent ni ne peuvent... Ils concèdent volontiers qu’il y a un accident qu’on pourrait nommer ‘crise’, et ils peuvent parler en dialecte covidien à cet égard ; mais l’accident, c’est bien connu par définition, n’affecte en rien les fondements systémiques de la crise, et qui, plus est il est causé par les ‘dissidents’ ; donc, le Système producteur de la crise reste intact et se renforce la ‘chasse aux dissidents’.

Il faut admirer le sang-froid, le calme et la persévérance de Poutine dans l’exercice de tenter d’éclairer le regard fou de tous ses dirigeants-Système aveuglés par leur fascination pour le Système qui les tient ainsi prisonniers. Ce n’est certes pas la première fois qu’il s’y essaie, et il a ainsi pu mesurer la dégradation de la situation tandis que ses dirigeants poursuivaient leur chemin vers les voies de l’abysse dont on sait bien qu’elles sont “impénétrables”. La question qu’on peut alors se poser est de savoir si cela sera la dernière fois alors que nous sommes si proches des abysses...

Il n’empêche, il l’a fait et l’on voit l’appréciation admirative qu’éprouvent certains à son endroit ; non seulement pour le contenu du discours, mais surtout, à notre estime, parce qu’il le dit ici (Davos, même virtuel) et maintenant (après l’arrivée de Biden). Cela signifie que Poutine a compris très rapidement, – parce qu’il s’y préparait sinon en était déjà convaincu, parce que les choses vont vite, – que les facteurs fondamentaux de la crise subsistaient et même allaient s’accroître, notamment avec une crise du pouvoir US qui va encore empirer avec la nouvelle équipe, entraînant le bloc-BAO comme un troupeau de moutons vers les espaces des abysses extrêmement et même décisivement dangereux jusqu’au terme de la chute.

Ainsi verrions-nous ce discours plutôt comme un requiem, se terminant effectivement par le rituel : “Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas avertis”.

dedefensa.org

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Hystérie collective

Les dirigeants occidentaux bossent pour changer la réalité

En 2007, à la conférence de Munich, le président Poutine avait défié l’Occident : “Nous ne l’avons pas fait. Vous l’avez fait. Vous attaquez continuellement la Russie mais nous ne plierons pas”.  L’assistance avait ricané. En 2021, s’exprimant à un Davos virtuel le mois dernier après une absence de douze ans de ce forum, le président Poutine a présenté un miroir aux principales ‘personnes d’influence’ de l’Occident : “Voyez ce que vous êtes devenus entre-temps. Contemplez-vous et soyez inquiets”.

Il ne s'agissait pas tant d’une gifle préfaçant un duel par “armes-de-votre-choix”, que d’une mise en garde sérieuse. Dominant le reste, la mise en garde concerne la dynamique socio-économique du taux d’intérêt nul et de la dette suscitée par le ‘modèle occidental’. Ce phénomène n’a pas seulement écrasé sous le poids d’une dictature économique des pans entiers de la société occidentale, il a surtout suscité l’extension de cette catastrophe socio-économique interne sur les ‘autres’ acteurs extérieurs.  C’est-à-dire qu’il a projeté à l’extérieur la pandémie psychologique d’un désir de combattre des démons imaginaires.

L'Italie du XVe siècle avait connu des tensions psychologiques quelque peu similaires à celles d'aujourd’hui, – les “mythes” anciens et les liens culturels hérités du passé pour assurer la cohésion sociale étant livrés à la tempête montante de la Réforme et des Lumières de la science moderniste.  Les nouveaux dirigeants décidèrent de soumettre les anciennes valeurs et l’éthique de la ‘continuité’ au bûcher de l’auto-da-fé de la brillante nouvelle culture du rationalisme sceptique. Il n'y avait alors pas de Chine à blâmer, mais l’hystérie des sorcières et de Satan de cette époque, – une hystérie collective de masse, – fit l’affaire en ‘annulant’ quelque dix mille Européens : ils furent brûlés vifs pour avoir voulu rester fidèles à des méthodes de l’ancien temps (jugées comme étant des négations de la ‘Vérité’). On arrangea tout cela en instituant l’Inquisition chargée de condamner et de punir l'hérésie.

La semaine dernière, le président Poutine a noté à Davos :

Cette [crise des modèles économiques], à son tour, provoque aujourd’hui une forte polarisation des opinions publiques, entraînant la croissance du populisme, du radicalisme de droite et de gauche et d'autres extrêmes ... Tout cela affecte inévitablement la nature des relations internationales, et ne les rend pas plus stables ou prévisibles. Les institutions internationales s’affaiblissent, des conflits régionaux apparaissent les uns après les autres et le système de sécurité mondiale se détériore... les différences conduisent à une spirale d’écroulement”.

La situation pourrait prendre une tournure inattendue et incontrôlable, – à moins que nous ne fassions quelque chose pour l’empêcher. Il y a la possibilité que nous soyons confrontés à un formidable effondrement du développement mondial, qui sera mené comme une guerre de tous, contre tous ... Et les tentatives de gérer les contradictions en désignant des ennemis internes et externes [comme boucs émissaires] des conséquences démographiques négatives de la crise sociale actuelle et de la crise des valeurs, pourraient avoir pour conséquence que l’humanité perde des continents civilisationnels et culturels entiers.

Le modèle existant, a expliqué Poutine, semble avoir inversé “les moyens et les fins”. Les moyens (par exemple, l’accent mis par la Great Reset sur l'instrumentation technologique, – voire transhumaniste, – de l’économie) semblent avoir pris le pas sur l’acteur humain comme Fin Dernière.

Oui, la globalisation a sans doute permis de sortir des milliards de personnes de la pauvreté, mais comme le souligne Poutine, “elle a entraîné d'importants déséquilibres dans le développement socio-économique mondial, et ces déséquilibres sont le résultat direct de la politique menée dans les années 1980, qui était souvent vulgaire ou dogmatique”. La globalisation a rendu “la stimulation économique par les méthodes traditionnelles, par une augmentation des prêts privés, pratiquement impossible. La méthode dite ‘quantitaive easing’ ne fait qu’accroître la bulle de la valeur des actifs financiers et qu’approfondir la fracture sociale. Le fossé qui se creuse entre l’économie réelle et l’économie virtuelle ... représente une menace absolument indiscutable, grosse de chocs graves et imprévisibles...”.

Les espoirs de pouvoir redémarrer l'ancien modèle de croissance sont liés à la rapidité du développement technologique. En effet, au cours des 20 dernières années, nous avons créé les bases de ce que l'on appelle la quatrième révolution industrielle, fondée sur une large utilisation de l'intelligence artificielle, de l'automatisation et de la robotique. Toutefois, ce processus entraîne de nouveaux changements structurels, je pense en particulier au marché du travail. Cela signifie que de très nombreuses personnes pourraient perdre leur emploi si l'État ne prend pas de mesures efficaces pour empêcher ce phénomène. La plupart de ces personnes sont issues de la classe dite moyenne, qui est la base de toute société moderne”.

Poutine souligne que ces défauts, inhérents au modèle de croissance occidental, et le ‘virage’ vers Big Tech comme planche de salut, n’ont pas été spécifiquement causés par la pandémie. Cette dernière a néanmoins fait tomber le masque flatteur du modèle économique, en exacerbant les symptômes de sa nocivité économique :

La pandémie de coronavirus ... qui est devenue un sérieux défi pour l'humanité, n’a fait que stimuler et accélérer les changements structurels dont les conditions avaient été créées il y a longtemps. Il va sans dire qu'il n'existe aucun parallèle direct dans l'histoire. Cependant, certains experts, – et je respecte leur opinion, – comparent la situation actuelle à celle des années 1930 [la Grande Dépression]”.

Poutine laisse entendre, mais ne dit pas explicitement, que la pandémie, en aggravant le stress socio-économique, a précisément contribué à l'hystérie générale (et à la polarisation), – et à la chasse à l’ennemi extérieur (comme le “virus CCP” [le “virus chinois”]).

Poutine note un autre facteur important :

Les géants technologiques modernes, en particulier les entreprises numériques, ont commencé à jouer un rôle croissant dans la vie de la société. On en parle beaucoup aujourd'hui, notamment en ce qui concerne les événements qui ont eu lieu pendant la campagne électorale aux États-Unis. Il ne s'agit pas seulement de quelques géants économiques. Dans certains domaines, ils sont de facto en concurrence avec les États. Leur public se compose de milliards d'utilisateurs qui passent une partie considérable de leur vie dans ces écosystèmes. Ces entreprises estiment que leur monopole est optimal pour l’organisation des processus technologiques et commerciaux. Peut-être, – mais la société se demande si ce monopole répond aux intérêts publics”.

Poutine fait ici allusion à quelque chose de plus préoccupant  : l'incapacité de ce modèle de système, de tenir la promesse de prospérité et d'opportunités “pour tous”, et plus particulièrement pour les moins favorisés de la société. Ne pourrait-on dire que ce défaut est directement lié à la montée du soft-totalitarisme technologique ? Puisque la nature systémique de l’échec ne peut être acceptable [dans le jugement que le système porte sur lui-même], est-il si surprenant qu’il y ait une tendance de Big Tech à fabriquer et à présenter leur version plus favorable de la réalité (c’est-à-dire une version qui insiste sur le fait que les échecs systémiques découlent tous plutôt du racisme et des injustices historiques, et qu’aucune déviation de cette narrative ne sera tolérée) ?

L'idée centrale ici, – la réponse à la colère civique et socio-économique, – est qu'une combinaison d'injection monétaire sans précédent, de discrimination positive radicale donnant la priorité aux identités non blanches, enfin l’accès à l’expertise technologique oligarchique de l’élite résoudront la plupart des problèmes de la société.  Il s’agit là de pure idéologie. Étant incapables de traiter directement les preuves de défaillances systématiques et de ‘truquage’ économique (sujet bien trop sensible), les dirigeants occidentaux s'efforcent plutôt de modifier la perception de la réalité.  Lorsque vous essayez d’étendre une économie imaginaire en imprimant de plus en plus de dettes, malgré l’échec historique de la méthode, il n’est pas étonnant que vous deviez faire taire les dissidents.

Ceux qui n'adhèrent pas à la propagande que les grandes entreprises technologiques et les médias [de la presseSystème] diffusent sans relâche doivent être mis hors d’état de nuire (‘déplateformé’) et repoussés en marge de la société.  Dans un écho-miroir  frappant de cette époque italienne de tensions psychiques du XVème siècle, le New York Times demande maintenant que l’administration Biden nomme un “Tsar de la Réalité” qui sera habilité à s’occuper de la “désinformation” et de “l'extrémisme” (fantômes de l’Inquisition) ?

Le discours de Poutine était une déconstruction (polie et très mesurée) de notre position, – avec les causes de cette position. Son public a-t-il entendu ? Et l’appel du président Poutine à un retour au modèle économique ‘classique’, à l’économie réelle, à la création d'emplois, à un niveau de vie confortable et à une éducation offrant des possibilités aux jeunes, aura-t-il un effet ?

Probablement pas, malheureusement.  Il suffit de constater l’‘hystérie’ européenne pour un retour rapide à la “normale” absolue, – à ce que tout soit “comme avant”, – surtout “nos vacances d'été”.  Poutine y fait encore allusion sans l’exprimer ouvertement : la pandémie a mis à nu la fragilité, la friabilité de la société européenne. Elle rend les difficultés impossibles à supporter (même pour ceux qui sont bien isolés des vraies difficultés, qui ont été réelles mais seulement pour certains : “Pire que la Seconde Guerre mondiale, cette pandémie”, m’a dit un vétéran ce matin !).  L’espace pour de véritables (et urgentes) réformes structurelles est de plus en plus restreint.

L'avenir des économies occidentales est évident : il suffit d'observer le retour de Janet Yellen (ancienne directrice de la Fed) au Trésor américain, de Christine Lagarde (ancienne directrice du FMI) à la BCE et de Mario Draghi (ancien directeur de la BCE) en tant que Premier ministre italien, pour comprendre qu’une véritable “dynamique de la relance” est en cours d’élaboration.

Et quant à la mise en garde de Poutine concernant “les tentatives de gérer les contradictions en désignant des ennemis internes et externes [comme boucs émissaires] des conséquences démographiques négatives de la crise sociale actuelle”, elle ne semble pas plus prometteuse que la scène financière.

Récemment, un ancien fonctionnaire anonyme du gouvernement américain a rédigé un document de recommandations politiques sur la Chine. Atlantic Council et Politico ont tous deux publié leurs versions du document et ils ont pris garde de garder secrète l’identité de l'auteur pour des raisons qu'ils sont seuls à connaître. Atlantic Council affirme que l'anonymat était nécessaire en raison de “l'importance extraordinaire des idées et des recommandations de l'auteur”. On ignore pour quelles raisons on juge ces idées et recommandations si extraordinaires ; le document est simplement un plan conforme de plus pour le sempiternel un coup du ‘regime change’ (dans ce cas, coup d'État contre le PCC chinois).

Il est fort possible que l’éventuelle ‘fenêtre d’opportunité’ d’une résolution pacifique des tensions entre les États-Unis et la Chine soit déjà fermée. L’intention de la Chine a toujours été de réabsorber pacifiquement Taïwan dans l’ensemble chinois, par le biais de l’intégration économique. Elle s’y est engagée. Mais il semble, d’après les déclarations de l’administration Biden, que cette administration soit déterminée à exacerber suffisamment la question de l’autonomie de Taïwan pour que Pékin n’ait d’autre choix que d'annexer Taïwan par la force (le dernier recours pour Pékin).  Dans les pages des principaux médias américains, les experts le regrettent ostensiblement, mais concluent néanmoins que l’Amérique sera à nouveau “obligée” d'intervenir, afin d'empêcher “un État agresseur” d'occuper un allié démocratique des États-Unis.

Toujours dans le contexte des tensions internes aux États-Unis, il s'agit davantage de la fragilité de la psyché américaine à un moment d’angoisse potentielle à-la-Thucydide, que de la Chine qui représenterait une menace réelle pour l'Amérique.  La Chine dépassera les États-Unis sur le plan économique, à un moment donné. Les dirigeants américains cherchent à suggérer que l'Amérique a toujours le pouvoir de modifier la “réalité” pour l'adapter à son propre mythe exceptionnaliste.

Le président Poutine, bien sûr, sait tout cela ; mais au moins personne ne peut se plaindre désormais que “Nous n’avons pas été prévenus”.

Alastair Crooke

  • 5 février 2021 à 00:00

Poutine à Davos-2021, vue sur le Pentagone

Par info@dedefensa.org

Poutine à Davos-2021, vue sur le Pentagone

5 février 2021 – Comme vous l’observez, Poutine est de retour, comme si le départ de Trump l’avait replongé dans ses angoisses existentielles (plutôt qu’à des espérances inespérées, je crois) à propos du comportement des États-Unis. Je me demande si la conversation téléphonique qu’il a eue avec “Ol’White Joe” n’est pas pour beaucoup dans ce changement de posture ; je parle du vide, de l’absence, de la sénilité qu’on peut ressentir à discuter avec le vieux nouveau-président ; peur du désordre du pouvoir, de l’absence de contrôle, etc.

Il y a beaucoup de belles casquettes qui font grand cas du discours que Poutine a donné à la réunion restreinte et virtuelle de quelques têtes couronnées, dans la plus stricte intimité, que l’on tenait à Davos, à la fin janvier. Poutine, qui n’est plus venu à cette fiesta depuis 12 ans, était là, en communication virtuelle avec la ‘Davos Crowd’, au côté de son grand ‘pote stratégique’, le Chinois Xi.

Voyez l’enthousiasme de Pépé Escobar, relayant celui de Rostislav Ishchenko, avec un sens inné de la guerre de communication de nos Derniers Temps, qui atteint désormais, démence hystérique en plus, l’intensité de la Deuxième Guerre mondiale (voir notre rarissime emploi du caractère gras) :  « La meilleure analyse approfondie de l’extraordinaire discours de Poutine, d’une source absolument fiable, a été fournie par Rostislav Ishchenko, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Moscou en 2018.
» Ishchenko souligne comment, “en termes d’échelle et d’impact sur les processus historiques,[ce discours] est d’une plus grande force que les batailles de Stalingrad et de Koursk réunies”. Le discours, ajoute-t-il, était totalement inattendu, tout comme l'intervention stupéfiante de Poutine à la conférence de Munich sur la sécurité en 2007, “l’écrasante défaite” infligée à la Géorgie en 2008, et le retour de la Crimée en 2014.
» Ishchenko révèle également quelque chose qui ne sera jamais reconnu à l'Ouest : “80 personnes parmi les plus influentes de la planète n’ont pas ri au nez de Poutine, comme l’on avait fait en 2007 à Munich ; sans bruit, immédiatement après son discours dit publiquement, on passa à la vitesse de l’éclair en séance à huis-clos pour s’entretenir avec lui”. »

Vous vous rappelez certainement, du moins “je l’espère en théorie”, de ce discours de février 2007 à Munich, et qu’on a commenté ici même en son temps ? Pensez-y... Il apparaît à la fois effronté, excellemment  documenté, extrêmement précis pour sa prospective, dénué de toute passion trompeuse et intolérante, confiant dans le bon sens et la structure de l’analyse, et lorsqu’on observe ce qui a suivi absolument juste et nullement dénué de certaines espérances (d’un point de vue objectif, dirais-je, c’est-à-dire pour nous promettre autre chose qu’une catastrophe), – en général déçues, ces espérances, mais nullement réduites en poussière jusqu’à produire leur contraire catastrophique. 

Je pense, ou disons que je ressens intuitivement que celui-ci, de Davos-2021, est d’une tonalité bien plus sombre, peut-être catastrophique, peut-être apocalyptique, malgré les propositions qu’il (Poutine) fait pour éviter le pire, – et qui n’ont à mon avis, et sans doute secrètement du sien, aucune chance d’être suivies...

On en a vu quelques échos dans un autre texte de ce jour, sur ce site distingué, et je reprends les remarques (extrêmement laudatives pour Xi-Poutine) venues d’un texte, du Canadien assez-dissident Matthew Ehret sur cette réunion de Davos :
« ...Ici, [à ce point de son discours], Poutine a averti les experts : “Comparez la situation actuelle à celle des années 1930... Comme vous le savez, l'incapacité et la réticence à trouver des solutions de fond à des problèmes comme celui que nous affrontons ont conduit à la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, un conflit mondial d’une telle intensité est impossible en principe, dans tous les cas je l’espère. C’est sur cette impossibilité théorique que je fonde mes espoirs, car ce serait la fin de l’humanité. Cependant, comme je l’ai dit, la situation pourrait prendre une tournure inattendue et incontrôlable, – à moins que nous ne fassions quelque chose pour l’empêcher. Nous risquons d’être confrontés à un formidable effondrement du développement mondial, qui se traduira par une guerre de tous contre tous et par des tentatives de gérer les contradictions par la dénonciation d’‘ennemis intérieurs’ et externes et la destruction non seulement des valeurs traditionnelles telles que la famille, qui nous est chère en Russie, mais aussi des libertés fondamentales telles que le droit de choisir et la vie privée”. »

Là-dessus, je reviens sur un autre article déjà cité dans notre même texte, de l’exotique site WDIM (WhatDoesItMeans), qu’il m’arrive effectivement de citer un peu plus aisément ces derniers temps (d’ailleurs, ces cinq dernières années, avec son orientation sur la crise du système de l’américanisme) ; WDIM porte son attention, par une remarque sur laquelle il n’élabore pas, en début de texte, selon son introduction classique qui n’est qu’une convention de tournure (« Un nouveau rapport approfondi du Conseil de sécurité (CS), qui circule aujourd'hui au Kremlin... »), pour passer au principal :

« ...exprime de graves préoccupations concernant un avertissement du chef du US Strategic Command, l’amiral Charles Richard, qui met en garde contre “la possibilité très réelle” que les États-Unis “puissent avoir besoin d’utiliser des armes nucléaires contre la Chine et la Russie” , [avertissement suivi d’effets] avec l’autorisation du leader socialiste Joe Biden de déployer des bombardiers B-1B à capacité nucléaire en Norvège, une première historique [pour une capacité nucléaire] ; ce déploiement placera ces bombardiers près des énormes bases navales de la Russie, ce qui a conduit l’ambassade russe en Norvège à déclarer que cette décision à caractère belliciste “ne contribue pas à la stabilité globale de la région”, et confronte les dirigeants norvégiens au constat qu’“une escalade de l'activité américaine sur le sol norvégien n'est pas dans l'intérêt de ce pays”. »

Le déploiement des B-1B, qui seront sans doute quatre, devrait être temporaire et durer plus ou moins un mois ; leurs capacités nucléaires ne sont pas leur première caractéristique (le B-1B est surtout utilisé pour l’appui tactique avec bombes conventionnelles), mais elle existe tout de même et ce fait acquiert une importance réelle à la lumière de la phrase de l’amiral Richard dans son article publié dans la revue de l’US. Navy ‘Proceedings’. Ces bombardiers, qui sont affectés au Strategic Command que dirige l’amiral Richard, seront très proche effectivement du complexe des bases de Zapadnaïa Litsa constituant le port d’attache de la Flotte du Nord de la marine russe, et un relais de Flotte de la Baltique, tout cela sur la presque-île de Kola...

(Les Russes ont tout de même une chance, puisque les B-1B de l’USAF seront ‘protégés’ par de très-intelligents F-35 de la Force Aérienne Norvégienne, non moins intelligente dans ses choix d’aéronefs-miracles... Il devient de plus en plus difficile d’ironiser à propos des monstruosités des Frankenstein technologiques US, tant l’objet de l’ironie précède ce traitement, tant il finit par sa démence incontrôlable par ironiser sarcastiquement sur lui-même.)

Il est évident que ces diverses caractéristiques, notamment la proximité des bases navales russes qui sont d’une importance stratégique équivalente sinon supérieure à celle de Sébastopol, font de ce déploiement, outre l’aspect opérationnel, un acte de symbolisme stratégique important. Si on le met dans la perspective du discours de Poutine, on comprend le pessimisme que je me suis permis d’évoquer, et faisant l’hypothèse que c’est aussi son cas ; il est en effet assez probable, que les trois événements sont coordonnés dans un sens (réponse du Pentagone au discours de Poutine) ou dans l’autre (renforcement de l’inquiétude de Poutine devant la provocation absurde et dérisoire en raison du rapport des forces, si les Russes étaient au courant des projets US).

Il paraît assez improbable, bien entendu, que cette sorte d’activisme vienne directement de Biden. Dans ce cas comme dans quasiment tous les autres, Biden ne fait qu’approuver formellement ou pas, si même on lui soumet la demande directement, – ce qui m’étonnerait grandement, vu l’état de la bestiole. Après avoir décrit divers initiatives et incidents de ces derniers jours, de la part de l’administration Biden, Joe Cunningham, de RedState.com, note ceci (ce 2 février 2021), et très justement à mon avis : « Biden lui-même est probablement largement en dehors de tout ça, et les gens qu’on a mis en place dirigent ces différentes démonstrations de folie. Biden n’est là que pour signer les décrets. »

Il est logique d’avancer l’hypothèse que le Pentagone, ce bloc énorme de puissance brute, cadenassé, cuirassé, engoncé, navigue selon ses analyses et ses décisions propres, encore plus, bien plus que les autres services et ministères. Les militaires ont largement pris cette habitude sous Trump, et ils la perpétuent, la renforcent même sous Biden et au-dessus de sa tête ; et cela d’autant que le secrétaire à la défense appartient à la boutique (le général Austin, ex-chef du Central Command, glorieusement pur premier Africain-Américain à cette fonction).

Les militaires du Pentagone, juge-t-on souvent, ont la mesure et le contrôle des choses que leur donne leur expérience de la guerre, dans tous les cas par tradition. Si l’on veut, on peut encore l’espérer ; mais ils sont dans une posture psychologique incroyablement délicate. Ils sont persuadés d’être les meilleurs du monde, ce qui est bien une assurance folle et en chute abyssale, témoignant d’une suffisance profonde qui tient au simulacre qu’ils se sont faits eux-mêmes d’eux-mêmes ; d’autre part, ils reconnaissent maintenant sans réticence ni sarcasme que les Russes ont complètement refait leurs forces, qu’ils ont développé des systèmes très avancés, dont certains dépassent très largement les équivalents US (voyez les missiles hypersoniques notamment), bref que leur certitude-arrogante d’être les meilleurs est méchamment contredite par ces réalités sur leur infériorité opérationnelle et technologique qui ne cesse de gagner. Cette contradiction terrible les rend nerveux ; et je dirais bien droitement que l’affirmation de l’amiral Richard (« ...besoin d’utiliser des armes nucléaires contre la Chine et la Russie ») ressort plus d’une inquiétude parfois colorée de panique que de la suffisance.

Il y a en effet comme un grand courant d’inquiétude dans ce grand corps bardé d’études et d’analyses, de technologies et de gaspillage, de bases par centaines enfermées dans des quadrillages barbelés de trouille défensive. Richard avait-il besoin de dire qu’il faudrait éventuellement utiliser du nucléaire pour... Pour quoi, au fait ? Pour battre Russes et Chinois et se faire hara-kiri par le fait même, quasi-instantanément et hypersoniquement ?

Tout le monde sait qu’un tel affrontement monterait aussitôt au nucléaire, mais nul ne doit le dire dans le langage des confrontations des forces dans la communication ; et surtout, nul ne doit explicitement afficher son intention d’user du nucléaire comme une simple étape dans un conflit... Si c’est le cas, c’est la fin de tous les conflits possibles du monde ! Je me demande si la distance que les militaires ont pris du pouvoir civil, de leur propre chef, parce qu’ils n’ont plus confiance dans ce pouvoir civil dont ils mesurent la démence, si cette distance est assez grande et si elle a été assez rapidement établie pour empêcher l’infection de faire son office au sein du Pentagone, celle du virus Covid21, de la démence américaniste...

Paradoxe des ambiguïtés et ambiguïté des paradoxes, en même temps que cette frayeur le glace et lui fait envisager le pire de l’abysse du nucléaire, l’énorme mastodonte pentagonesque s’ébroue comme une fille en chaleur et en chasse, dans les délicesLGTBQistes, wokenistes, transgenriste et ainsi de suite, et tout cela dans un paradoxal climat de puritanisme censureur selon les lois de la déconstruction, concurrençant les inquisitions tatillonnes de la Sainte-Inquisition... La doctrine du Pentagone est celle du ‘Politiquement-Correct’ au garde-à-vous dans tous ses excès de démence, – jusques et y compris dans la gigantesque pièce de la Covid, puisque officiellement les B-1B déployés en Norvège avec un soutien logistique de 200 hommes (une paille, pour 4 avions !) s’y trouve également pour tester la vulnérabilité de ses dispositifs à la pandémie, dans des zones non-conformes au Made In USA. Même indépendant, même autonome, c’est donc qu’il est bien infecté le Pentagone, plus qu’il ne fut jamais ; comme dit un peu lestement un officier de rang inférieur qui a préféré garder l’anonymat, « Le Pentagone a le virus dans le cul, et sacrément profond ma foi. » (Il parle du ‘virus’ du ‘Politiquement-Correct’, me semble-t-il, plus que spécifiquement de la Covid.)

Et là, même s’il est de la boutique, Austin, en tant qu’Africain-Américain éduqué aux mœurs du système de l’américanisme et par conséquent bon citoyen du wokenisme-bidenesque, fait de cette Réforme Sociétale un point fondamental de sa ‘doctrine’. Il a viré un peu plus de 40 conseillers extérieurs du Pentagone, nommés en vitesse par un Trump sur le départ, pour lutter contre le fascisme-trumpiste inspiré du nazisme évidemment, et il est en train de les remplacer en considérant leurs ‘positionnements’ culturels, sur la diversité, sur la modernité idéologique, sur la pureté progressiste-sociétale, éventuellement sur la juste-couleur de leur peau. Leurs capacités de réflexion stratégique et d’analyse géopolitique ? Rien à battre... De même, l’on mène au sein des forces des tests de ‘pureté idéologique’ qui permettra de chasser ‘les extrémistes’ ; à côté de cela, les purges anti-cathos dans l’armée française du début du XXe siècle font un peu maigrichonnes. S’il y a une chose que l’américanisme a gardé de ses racines, Les Sorcières de Salem encore plus que l’esclavage, c’est le goût et la méthode de la purge idéologique et de l’Inquisition puritaine, – même si le puritanisme conduit paradoxalement à une sorte de “du cul, encore du cul, toujours du cul”, – mais justement, ce sera du cul-puritanisé, pasteurisé en quelque sorte, même si le lait fait tout de même un peu trop blanc....

Cela est pour dire, sans que je prenne position sur le fond du problème sinon le constat que la bêtise n’a pas de frontière culturelle ni raciale, qu’il y a dans ce développement un ‘cancer intérieur’ qui ronge le cœur de la puissance militaire du système de l’américanisme. Je pense que, dans des situations de tension diverses, dans un état de quasi-autonomie du pouvoir militaire qui se diffuse aussi bien à l’intérieur de l’appareil militaire (il n’est pas sûr qu’un général se sentie lié par l’autorité à son ministre s’il perçoit que son ministre ne se sent guère lié par l’autorité à un président-zombie), les effets de ces bouleversements internes, de cette déconstruction de la cohésion des forces, peuvent être extrêmement divers, anodins ou catastrophiques, ou bien catastrophiquement anodins.

Parce qu’on est ébloui par les lanternes magiques de l’hollywoodisme faisant office de communication de l’américanisme, on se trompe soi-même de penser à l’outil militaire US comme à une force quasi-parfaite de cohésion et de structuration de la puissance. Au contraire, dirais-je, et à bien des égards c’est une force infiniment fragile et vulnérable, beaucoup plus proche des tensions de désintégration sociale qui parcourent en permanence l’ensemble social disparate des USA .

Je conseille au lecteur de jeter un œil sur le Glossaire.dde consacré au « Trou noir du XXème siècle », sur cet extraordinaire événement dissimulé, chassé de l’histoire officielle par notre ‘servilité fascinée’ pour le soi-disant exceptionnalisme des USA, que fut la désintégration de la plus puissante armée du monde, celle des USA, entre juin-septembre 1945 et décembre 1945 ; on peut mentionner également la désintégration de ces mêmes forces reconstituées pour la Guerre froide, lors des années 1968-1972 au Vietnam. Il m’apparaît évident que nous sommes dans des conditions générales latentes, intérieures et extérieures, bien pires que dans ces deux épisodes.

Je me rappelle avec nostalgie de mon ami disparu, cet excellent homme que fut l’ambassadeur Jan Adriaenssens, lorsqu’il me rapportait son expérience de jeune diplomate attendant une affectation, et invité pour une visite en règle des structures et des têtes pensantes de la Flotte du Pacifique, trois mois passés d’île en île, de base en base, de QG en QG, avec les amiraux de l’US Navy, à la fin des années 1950 :

« Il y a vraiment quelque chose à part chez ces amiraux de l’US Navy, qui tient de la culture, de la tradition, et aussi d’une grande connaissance de la politique la plus haute. Ils sont très conscients que leur immense puissance a au moins un but intérieur aussi important que le but extérieur de la sécurité nationale. Ils croient que l’Amérique est intérieurement très fragile et qu’elle a besoin de structures institutionnelles très fortes. Ils pensent que des armées puissantes, et particulièrement la Flotte, avec sa force symbolique et traditionnelle, constituent un ciment qui n’est pas inutile à cet égard. D’une façon générale, ils ne sont pas très optimistes, certes non, pas du tout optimistes sur le sort futur de l’Amérique, particulièrement sa cohésion, son unité »

Le pompier garant de la stabilité du monde qu’il protège devenu l’incendiaire qui participe de l’instabilité démente dont il est lui-même la victime... Qu’on mesure et compare ces paroles d’ambassadeur avec la situation actuelle, où la fragilité structurelle de l’Amérique exprimée dans sa crise de démence actuelle touche ces structures mêmes qui étaient censées la maintenir en ordre, et en bon ordre.

Tout cela répand une ombre immense sur la situation internationale où ces forces tiennent une place considérable, et donne bien du crédit aux craintes Russes devant une entité si puissante, minée par ses inquiétudes extérieures et son désordre intérieur, peut-être tentée un jour par une aventure pour ne pas se désintégrer de l’intérieur, ou bien se désintégrant de l’intérieur et saisissant l’aventure comme une bouée de survie...

Le Pentagone a beau dire que ses quatre B-1B sont en Norvège pour contrecarrer les ‘ambitions arctiques’ de la Russie, il est difficile d’en penser moins et d’accepter ce piètre lieu commun stratégique. On comprend ce que Poutine veut dire.

  • 5 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : Poutine & le gouverneur

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : Poutine & le gouverneur

Parmi les gouverneurs d’État qui jouent désormais un rôle grandissant face à un ‘centre’ (Washington D.C.) dont le pouvoir est de plus en plus insaisissable autour d’un président réduit à un rôle de figuration sans aucune intelligence, les gouverneurs républicains jouent désormais leur rôle puissant d’une opposition de plus en plus ouverte au système mis en place par l’aile gauche extrême des démocrates ; et parmi ces ‘gouverneurs républicains’, une des voix les plus puissantes est celle du gouverneur de la Floride Ron DeSantis. Son cheval de bataille est une opposition affirmée à l’influence gauchiste de ce qu’on nomme le Big Tech, ou encore les GAFAM de Silicon Valley. DeSantis a fait une conférence de presse particulièrement tonitruante le 2 février, comme le montre cette vidéo d’un des moments les plus tendus ; il y annonçait les décisions prises par la Floride contre le Big Tech.

Sister Toldjah, sur le site RedState.com, rapporte l’épisode, et d’autres qui ont précédé, pour préciser l’attitude extrêmement offensive de cette personnalité qui commence à émerger comme un des leaders de l’opposition radicale au nouveau pouvoir (voir également ce texte, également du 2 février, ici consacré à sa politique de lutte contre la Covid). On reprend ci-après le compte-rendu de Toldjah (un autre texte détaille les mesures proposées à la Floride pour lutter contre les GAFAM).

« Comme nous l'avons signalé le mois dernier à la suite des émeutes au Capitole et de la répression de Big Tech contre les comptes et les plateformes républicains, le gouvernement de Floride, Ron DeSantis, a clairement fait savoir qu’il n’allait pas rester les bras croisés et accepter les sanctions que les géants des médias sociaux comme Facebook et Twitter infligent aux conservateurs pour le simple fait d’être des conservateurs.
» Dans un discours prononcé au Texas un peu plus d'une semaine après l’attaque du Capitole du 6 janvier, DeSantis avait déclaré que “la question législative la plus importante” pour l’État de Floride en 2021 était de contrecarrer la censure des contenus conservateurs par les grandes sociétés du Big Tech.
» “Nous devons vraiment réfléchir sur le fond, sur la question de savoir si nous acceptons d’être traités en une classe défavorisée à cause de nos principes, de nos opinions conservatrices, de notre foi chrétienne, bref de tout ce que vous pouvez dire qui n’est pas du goût de Silicon Valley. Je pense que c’est la question législative la plus importante pour cette année et l’année prochaine".
» Aujourd'hui [2 février], DeSantis a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé une proposition législative qui, si elle est adoptée, imposera notamment des amendes importantes aux sociétés de médias sociaux pour avoir déplateformé des candidats politiques, ainsi que la protection du droit à la vie privée des Floridiens.
» Pendant la conférence de presse, les journalistes ont été fidèles aux habituelles et agressives questions-pièges idéologiques [de la presseSystème]. [...]
» Le gouverneur s’est rudement accroché avec un journaliste qui lui demandait s’il était d’accord avec l’affirmation de Trump selon laquelle l’élection de 2020 avait été “volée”. Il a contre-attaqué en rappelant que les démocrates, y compris la Speaker de la Chambre Nancy Pelosi, avaient fait des affirmations similaires sur l’élection de 2016 sans aucune réaction de la part de Big Tech.
» “Combien de personnes ont tweeté en 2016 ... que la Russie avait volé les élections pour Trump ? Cela s’est fait chaque jour, des milliers de fois par jour. Pelosi a dit : ‘Les élections nous ont été volées par la Russie’. Est-ce que certains de ces gens ont été déplateformés ? Je ne me souviens pas que quelqu'un ait même demandé qu’ils soient déplateformés.”
» À un autre moment, un autre journaliste a signalé à DeSantis que certains comptes rendus avaient été déplateformés parce qu'ils avaient soi-disant tweeté quelque chose qui avait “suscité” l’attention de la plateforme pour la déplorer.
» DeSantis n’a rien accepté de toutes ces remarques :
» Donnant un exemple d’intervention de Big Tech pour bloquer des informations qui lui déplaisent, DeSantis a rappelé l’article du New York Post d’octobre 2020 sur les transactions étrangères [avec la Chine] de Hunter Biden bloquées par Twitter.
» “L’histoire de Hunter Biden est vraie. [La presseSystème] a choisi de l’ignorer. Elle voulait la peau de Trump”, a-t-il déclaré, ajoutant que le reportage sur le fils de Biden “n’a pas pu avoir l’effet qu’il méritait” dans la campagne des présidentielles.
» Il a ajouté que les journalistes n’auraient pas hésité à s'en prendre à lui s’il était le sujet de la même histoire.
» “Vous essayez de me dire que s’il y avait des informations fuitées qui pourraient me nuire, vous ne les imprimeriez pas ? Lâchez-moi un peu !”, s’est-il exclamé. “Vous l'imprimeriez tous les jours si vous le pouviez. Et Big Tech permettrait de proliférer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.”
» Voyez la vidéo :
» DeSantis n’était manifestement pas d’humeur à jouer le jeu convenu, en s’engageant dans le piège du Politiquement-Correct [des journalistes-Système]. »
» DeSantis a bien noté que certaines formes de discours dépassaient incontestablement les limites (comme la menace de dommages physiques), mais il a également soulevé une question importante derrière les discussions sur la censure de Big Tech :
» “Dites-moi, qui prend ces décisions [sur ce qui constitue de la ‘désinformation’] ?”
» DeSantis a soulevé un point capital : qui exactement décide ? »

On observera la vigueur et l’intensité de cette intervention, la force de la tension existant entre les deux extrêmes du spectre politique du système de l’américanisme et des États-Unis tout court ; et l’on comprend bien que ces deux ‘extrêmes’ sont en fait les deux seuls composants du spectre, que le ‘spectre politique’ aux USA est composé désormais et uniquement de ses deux extrêmes formant les deux partis antagonistes, sans séparation graduée et ‘modérée’. Le ‘parler-vrai’ (!) du gouverneur DeSantis, qui possède une puissance dialectique incontestable, permet à la partie d’habitude en accusation dans le tribunal du wokenisme de retourner l’attaque contre les accusateurs, cela montrant et démontrant que la communication bien maniée démolit complètement la prétention à l’objectivité de ces accusateurs. L’on se retrouve alors dans un antagonisme irréconciliable, reflet exact de la situation.

DeSantis conduit là une opérationnalisation de deux phénomènes très importants :

• D’abord, le constat que le véritable affrontement se situe effectivement, toujours et de plus en plus selon une logique sécessionniste : les États contre le “centre’, dès lors que le ‘centre’ est complètement investi par le gauchisme wokeniste qui pratique l’entrisme pour orienter les politiques d’un ‘pouvoir’ réduit à la sélénite inconsciente de Biden. Le contraste est saisissant entre l’attitude extrêmement offensive de DeSentis (et de quelques autres gouverneurs républicains, notamment Abbot du Texas et Kristi Noem du Dakota du Sud) d’une part ; et d’autre part, la position de la représentation républicaine à Washington, qui peut être extrêmement ferme (Rand Paul) mais qui est le plus souvent capitularde (McConnell), et qui est de toutes les façons sur la défensive. Cela s’explique aisément : à Washington, les républicains n’ont plus aucun pouvoir, par contre dans chaque État le gouverneur est maître chez lui. Cette simple évidence, dans un affrontement si extrême et sans possibilité de compromis, explique que la bataille est dans une logique sécessionniste.

• DeSantis montre que les États de l’Union sont capables de faire contre Big Tech (GAFAM et toute la clique) ce qu’aucun pays européen en tant que tel, – pour prendre l’exemple le plus significatif, – n’est capable de faire : s’opposer frontalement à ce Big Tech au nom de la défense, non seulement d’un principe politique (la liberté de parole contre la censure), mais plus précisément au nom de la défense des valeurs et principes conservateurs. Deux pays de l’UE tentent plus ou moins de suivre une telle ligne, mais sans soutien de l’UE évidemment : la Hongrie et la Pologne, et ils le font moins pour défendre un principe (liberté de parole) que pour défendre le conservatisme, sinon le traditionalisme (Pologne). Ces deux pays n’agissent donc pas au nom des ‘valeurs’ européennes, anesthésiant habituel du bloc-BAO. Les ‘valeurs’ européennes constituent l’habituelle pâte mollassonne des démocraties dites-libérales, qui sont quasiment prises dans un piège à double mâchoire : piège de leur couardise inhérente à leur état d’une part ; piège de l’utilisation contre elles et à front-renversé de leurs valeurs prises en otage par les gauchistes wokenistes au nom du Politiquement-Correct. On comprend bien que ce n’est pas demain l’avant-veille qu’un Charles Michel parlera à des journalistes comme un DeSantis le fait avec une incroyable vigueur.

... Mais peut-être Poutine le ferait-il, lui ?

Poutine contre Big Tech

En effet, on lit dans le plus récent article (3 février) du site WhatDoesItMean (voir la référence notre), ce passage :

« En constatant que les géants américains de la technologie de gauche aident Biden et ses forces socialistes, le président Poutine fait cette observation : “Ces plates-formes sont, bien sûr, avant tout des entreprises... Et quelle est la préoccupation première d'une entreprise ?.. Faire des bénéfices... Ils se moquent de savoir si ce contenu-ci ou ce contenu-là cause un préjudice aux personnes auxquelles il est destiné... Après tout, ces sociétés informatiques modernes commencent de plus en plus à contrôler la conscience des gens... Nous devons y réfléchir et y réagir... Mais nous ne devons pas prendre de décisions qui limiteraient les libertés humaines, – la liberté de choix et la liberté d'expression”.
» Après avoir fait ces observations sur le danger que ces géants technologiques de gauche représentent, il est remarquable de constater que le président Poutine est sur la même ligne que l’un des leaders du parti républicain, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qui a déclaré hier [le 2 février] la guerre à ces géants technologiques en les poursuivant massivement en justice, avant de laminer littéralement en conférence de presse les journalistes de gauche qui essayaient de l’entraîner dans le piège du ‘Politiquement-Correct’. »

Il est de fait que Poutine se manifeste beaucoup à propos des excès des GAFAM, de leur posture absolument hors de tout contrôle. Ainsi est-il intervenu le 27 janvier à Davos, lors de la ‘session spéciale’ assez informelle et en petit comité, où l’on devait effectivement refaire le monde (Great Reset ou ‘plat du jour’). Poutine est intervenu en appui du discours du Chinois Xi, introduisant effectivement sa préoccupation de la puissance des GAFAM :

« Après avoir exprimé un intérêt de pure forme pour [le plan de Reset de] Schwab et applaudi à l'extension du traité START avec les États-Unis, Poutine a souligné dans son discours de Davos du 27 janvier que la dynamique générale sous Biden continue à être dégénérative, nous conduisant vers une guerre mondiale avec des parallèles frappants avec les années 1930. […]
» Poutine a amplifié les remarques précédentes de Xi, en définissant trois domaines de réforme, à commencer par 1) le développement économique pour tous, 2) la prévention de la prise de contrôle de la politique mondiale par les géants de la technologie [GAFAM & Big Tech] en disant “ils sont de facto en concurrence avec les États”, et 3) une réforme vers des relations internationales gagnant-gagnant... »

Ces remarques viennent d’un texte de Matthew Ehret sur cette réunion de Davos, qui n’a nullement consisté en un couronnement du Great Reset prenant toute la civilisation dans ses mâchoires orwelliennes. Tout au contraire, on y a vu une mise en évidence d’une formidable puissance (à la mesure du choc de la Covid) de la persistance sinon de l’accroissement des divisions d’une part ; de l’énormité des ambiguïté et des paradoxes des deux grands courants qui s’affrontent, et même objectivement pour ambiguïté et paradoxes, d’autre part.

(Il s’agit de la contradiction stratégie-tactique pour chacun, donc de l’extrême difficulté de définir sa propre position, et sa constante fluctuation, par rapport à la problématique du Système et de l’activisme antiSystème.)

Néanmoins, si l’on veut surmonter cette “extrême difficulté” de se définir soi-même dans un flux constant des ambiguïté et des paradoxes, on constatera que l’une des rares références disponibles pour se définir reste la contradiction entre le courant traditionnel au sens culturel le plus haut de la Tradition (venue de la Tradition Primordiale) d’une part ; et la modernité d’autre part. Il se fait que c’est par rapport à cette constante-là, dans ce domaine très précisément fixé, que l’on retrouve, côte-à-côte, Poutine et le gouverneur DeSantis.

Il n’est pas nécessaire de singer la surprise ou d’ironiser... C’est une proximité qui n’est pas nouvelle, si l’on mesure la force de la tradition russe dans la perception poutinienne, dans le cadre très précisément fixé au seul domaine culturel (avec une tangente religieuse, certes) ; et la force pas loin d’être aussi grande des valeurs traditionnelles chez les républicains soit populistes, soit ‘paléoconservateurs’. Nous nous faisions l’écho, en décembre 2013, de l’interrogation du républicain Patrick Buchanan :

« Is Putin One of Us? – Is Vladimir Putin a paleoconservative? » Poser la question, c’est y répondre.

 

Mis en ligne le 4 février 2021 à 11H15

  • 4 février 2021 à 00:00

Les voix d’outre-tombe de Microsoft

Par info@dedefensa.org

Les voix d’outre-tombe de Microsoft

 

J’ai écrit dans mon livre de 2016, Shrinking the Technosphere :

« …[Un] mouvement va se développer pour virtualiser les gens dans leur intégralité, y compris leur tête, en les remplaçant par des simulations informatiques. Dans un premier temps, cela sera fait pour que vos proches restent apparemment en vie après leur décès, mais plus tard, les personnes en âge de procréer décideront qu’avoir des enfants virtuels et simulés est beaucoup moins gênant que d’en avoir des physiques, avec tous les frais que cela implique de leur donner des implants neuronaux et plus tard de faire amputer leur corps. Les personnes en âge avancé, craignant l’apparition de la démence, choisiront de faire numériser leur cerveau à l’avance pour éviter de se mettre dans l’embarras sur les médias sociaux.

» Et cela déclenchera la tendance finale et inexorable qui consistera à remplacer les êtres humains physiques par des simulations informatiques. D’ici là, la puissance de calcul aura progressé au point que les simulations ressembleront étrangement à l’original supposé, pouvant envoyer des textes tels que « Oh mon dieu ! » et « Mort de rire ! » et échanger des selfies de leurs visages de canards simulés devant des lieux touristiques simulés, tout comme le faisaient les originaux autrefois.

» Pour des raisons d’efficacité, les humains simulés ne fonctionneront que pour le bénéfice des quelques humains non simulés restants. Et lorsque le dernier humain restant sera remplacé par une simulation, il sera enfin possible d’éteindre le tout. La technosphère gagne ; la partie est terminée. »

Ce n’était qu’une expérience de pensée futuriste, de simulation d’horreur et d’anti-utopisme. Mais apparemment, ce n’est pas ainsi que lers gens de Microsoft l’a compris ; ils l’a pris comme un encoragement à agir dans ce sens... Pour preuve :

« Microsoft a obtenu un brevet qui lui permettrait de faire un “chatbot”, un robot logiciel de communication en ligne en utilisant les informations personnelles de personnes décédées.

» Le brevet décrit la création d’un robot basé sur “des images, des données vocales, des messages sur les médias sociaux, des messages électroniques” et d’autres informations personnelles. »

Le vieil adage disait : “Sur Internet, personne ne sait si vous êtes un chien”. Le nouveau nous dit ceci : “Sur Internet, personne ne sait si vous êtes un chatbot”. Et ce n’est plus une blague. Si vous ne trouvez pas ce développement incroyablement effrayant, alors expliquez-moi ce que vous entendez par le mot “effrayant” !

 

Le 22 janvier 2021, Club Orlov, – traduction du Sakerfrancophone

  • 3 février 2021 à 00:00

“Un vaccin, ça n’a pas de passeport”

Par info@dedefensa.org

“Un vaccin, ça n’a pas de passeport”

3 février 2021 – On se rappelle de cette fameuse apostrophe sur l’air d’une des plus fameuses fables retrouvées de notre bon La Fontaine national, quoique sans passeport : “Le vaccin et le passeport”. J’ajouterais, au registre de la rime des lieux communs, qu’“un vaccin se fiche bien des frontières”. Il s’agissait de quelques-uns des points forts de la feuille de route européiste et surtout américaniste (bloc-BAO), globaliste et macroniste, – dans l’ordre et dans le désordre, – au départ de cette aventure, lorsque nous apprîmes tout de même que c’était la guerre... Pas de passeport, pas de frontière, mais tout de même la guerre !

Là-dessus, sans que cela fut dit expressément, il était entendu que les Russes, avec leur poussif et vieillot Spoutnik-V qui apparaissait brusquement comme un simulacre de l’ère soviétique du temps du ‘bip-bip’ de 1956, étaient complètement des juniors-barbares comparés à la technologie occidentale. Là-dessus (suite), je veux dire pour en rajouter dans le sens de cette interprétation, les partenaires du bloc-BAO s’entendaient comme larrons en foire et il ne fut jamais question, jusqu’à ces dernières semaines et passées les brillantes premières et triomphales chevauchées de nos vaccins, de seulement reconnaître l’existence de la Russie sur la planète sanitaire. “Un vaccin, ça n’a pas de passeport”, certes dans le monde globalisé, mais “ça a une nationalité” lorsqu’il s’agit des Russes...

Je le dis et le redis, car ressenti de cette façon sans qu’il soit besoin d’en écrire des tonnes là-dessus. Il était implicitement entendu entre compères, sur rythme Africain-Américain battu depuis Washington (‘Black Lives Matter’, Russie raciste !), qu’on ferait front commun contre la perception même de l’ontologie russe en matière de vaccin. D’autant plus, cela, expliquait-on aux récalcitrants lorsqu’on insistait d’une manière fort impolie, que le ‘V’ de Spoutnik-V faisait débat, comme une sorte de code du KGB or something, terriblement sinistre et menaçant.

...Au reste, notez bien, vous les récalcitrants de l’autre bord qui, aujourd’hui, s’opposeraient à la soudaine ouverture au vaccin russe, notez bien pour vos arguments que le code n’est toujours pas brisé. L’on pourrait dire ‘V’ pour ‘5’ en souvenir du Spoutnik-1 de 1956 ; et l’on pourrait dire ‘V’ pour ‘Victoire’, accessoirement pour nous faire croire que la Russie serait pour quelque chose dans la défaite du nazisme ; et l’on pourrait même dire ‘V’ pour ‘Vaccin’, aussi bête que cela, comme l’affirme le
« Centre national d’épidémiologie et de microbiologie Gamaleya, l’institut de recherche russe, fondé en 1891 en tant que laboratoire privé et qui depuis 1949 porte le nom de Nikolai Gamaleya, pionnier des études russes en microbiologie. »

(Tiens, les barbares ont des références ? Le KGB travaille bien.)

Car soudain, tout change et le ciel se dégage, puisque l’intraitable et super-référence de la chose, The Lancet, à qui il arrive tout de même de faire de bonnes grosses bêtises bien anglo-saxonnes, vient d’ouvrir les vannes des bonnes manières et du politiquement-correct. Spoutnik-V est adoubé et les Russes triomphent discrètement ; et l’on ne parle plus guère pour les heures courantes de Navalny dont on faisait hier soir un casus belli.

C’est vrai, cela : lisant hier ce site ici-même qui sonnait l’alarme (me serais-je laissé prendre à mes instincts guerriers ? Ou bien ai-je trop pris au sérieux le bordel washingtonien que je dénonce à qui-mieux-mieux ?), – on frissonnait à la possibilité d’un conflit concernant l’héroïque résistant Navalny. Aujourd’hui, à Bruxelles, à Paris, à Berlin, l’on embrasserait presque Poutine ; dans tous les cas, voilà bien une situation française, comme si en France “on n’a pas de vaccin mais on a une diplomatie”. Bref, Macron lui-même, et les siamois-ennemis Le Pen-Mélenchon, applaudissent à la venue des vaccins venus de l’Est et de l’ex-monde communiste (Cuba compris).

Il faut dire, RT-France boit discrètement du petit lait des bonnes vieilles laitières Charolaises :

« Après les résultats d'une étude de The Lancet faisant état d’une efficacité à 91,6% du vaccin russe Spoutnik V contre les formes symptomatiques du Covid-19, Emmanuel Macron a fait savoir au micro du 20 heures de TF1 le 2 février qu’il pourrait être homologué en Europe, en cas d’accord des autorités compétentes. “Il y a plusieurs semaines, j’ai pris l’initiative d’envoyer une mission scientifique en Russie pour échanger avec les équipes [...], les échanges ont été tout à fait positifs”, puis précisant :
» “Mais nous ne pouvons pas le distribuer en France tant que le producteur russe n’a pas soumis une demande d’autorisation de mise sur le marché à nos autorités.”
» Les deux figures de l’opposition Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont toutes deux salué ces avancées, par le biais de publications sur Twitter. La présidente du Rassemblement national s'est réjouie : “Maintenant que l’efficacité du vaccin russe Spoutnik V ne fait désormais plus de doute, il peut être un renfort contre la pandémie. Travaillons en bonne intelligence avec la Russie et ne laissons pas l’idéologie antirusse ruiner nos capacités à vacciner nos compatriotes !”
» Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part raillé ses contempteurs : “Vaccin russe : donc j’avais raison. Où sont les moqueurs ? Le pire pour eux va arriver : un vaccin cubain en licence libre !»
» Et pour cause, début janvier, dans un article sur son blog, le député avait fait connaître sa préférence pour les “vaccins traditionnels” plutôt que pour les nouveaux vaccins à ARN (comme celui de Pfizer et BioNTech). Il avait alors appelé à “acheter les vaccins de cette sorte au pays qui en produisent”, notamment la Russie, Cuba ou encore la Chine.
» Le 1er février, avant la publication des résultats du Lancet, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal déclarait pour sa part : “Un vaccin, on ne regarde pas sa nationalité [...] ce qu’on veut, c’est qu’il soit sûr et efficace. Je crois que c’est le cas pour le vaccin russe et donc il va être examiné comme tous les vaccins ont été examinés. Si l'Agence européenne du médicament considère qu’il est sûr et efficace, la Haute Autorité de santé française procèdera à la même évaluation et il pourrait évidemment être proposé aux citoyens français, si c’était le cas.”
» Au sein de l’Union européenne, c’est la Hongrie qui est devenue le premier pays à autoriser le vaccin Spoutnik V, rejoignant l'Algérie, les Émirats arabes unis, l'Argentine, la Bolivie ou encore la Serbie. Selon les données communiquées par le Fonds Russe d’Investissements Directs (RFPI), qui finance le développement de ce vaccin, plus de 1,5 million de personnes ont d'ores et déjà été vaccinées dans le monde avec Spoutnik V, qui démontre une efficacité de “plus de 90%, avec une protection totale contre les cas graves de Covid-19”. »

Le brave petit Attal a beau dire, mais oui, dans ce monde dur et cruel où rôdent les loups illibéraux et démocraturesques, “Un vaccin, on regarde sa nationalité”, – et comment... C’est bien sûr parce qu’il est russe que le vaccin russe, jusqu’ici, n’a pas existé (non plus que le cubain). Désormais il existe parce que nos merveilles à nous ont des ratés, que ce soit de production ou de répercussions. C’est une première idée mais elle n’est que secondaire dans l’ordre des causes.

Plus encore en effet, car j’ai ma petite idée (intuition, intuition, quand tu nous tiens !) et que j’en use pour me rapprocher de l’événement et lui donner la lumière qu’il mérite. Il s’avère simplement que, dans les inconscients de nos éminences européistes habituées au service de l’Empereur, cette idée fait son chemin : l’Empereur va mourir, l’Empereur se meurt. Dans cette période étrange où les choses vont à une vitesse de l’ordre de l’hypersonique, les grandes nouvelles souterraines et telluriques nous viennent vite, elles baignent l’inconscient avant que d’être réalisées.

Il faut le savoir, vous autres : l’administration Biden est un fantastique foutoir, il n’a fallu que quelques jours et l’un ou l’autre épisode significatif pour s’en apercevoir. A part “éliminer Trump”, ils n’avaient et n’ont aucun programme, là-bas à ‘D.C.-la-folle’ ! Comme il est écrit en bon anglais après la description de quelques ratés de poids, – et je vous le laisse tel quel :
« Biden himself is probably largely out of the loop on this stuff, and the people he’s put in charge are running these various shows. Biden’s just there to sign executive orders. »

On l’attendait tant, cette lanterne magique, qu’elle se nommât Biden ou Tartempion jusqu’à se croire le FDR du XXIe siècle, pour fermer la parenthèse et reprendre la barre d’une main de fer. Ce n’était pas une parenthèse et, à l’imitation de ce qu’on a dit parfois, je m’autorise à vous révéler et à vous répéter que “Trump n’était pas une cause, il était un symptôme”, – et la maladie de la démence washingtonienne se poursuit et enfle encore plus après son départ.

Je vous le dis : dans leurs inconscients, à ces Européens hyper-démocrates et si prompts à embrasser la soumission, le bruit terrible court qu’il n’y a plus personne à qui se soumettre. Du coup, l’on fait au mieux, et l’on sera tourne vers la Russie puisque vaccin russe désormais il y a. Croyez-vous une seule seconde qu’ils auraient osé s’il y avait eu quelqu’un à la barre à Washington, pour remplacer le président-bouffe qui leur faisait si peur ?

Je ne dirais absolument pas, pas une seconde, que “les souris dansent”, parce qu’elles ont tant aimé le chat toutes griffes dehors, tant affectionné cette servitude si-absolument volontaire. Mais le temps presse et il se fait tard. Dans le salon ovale, ‘Ol’White Joe’ tousse péniblement et signe le quatre-vingt-dixième ou le cent vingtième Executive Order, – il ne sait plus très bien sauf qu’il va vite aller se coucher et dissiper les effluves de ce mauvais rêve. Non seulement il ne les lit pas, ses décrets, mais encore il n’arrive plus à les compter.

On appelle ça : l’usure du pouvoir.

  • 3 février 2021 à 00:00

Biden & Navalny : un ReSet de quoi ?

Par info@dedefensa.org

Biden & Navalny : un ReSet de quoi ? 

• Articles du 2 février 2021. • Navalny vient d’être condamné à trois ans et demi de prison ferme (sursis d’une peine de 2014 transformée en prison ferme). • Mobilisation général des pays du bloc-BAO “exigeant” sa libération immédiate, pour lancer le mécanisme de ce qui semble se profiler comme une crise-simulacre du type que ces pays affectionnent particulièrement. • Dans l’attente de la suite, qui devrait suivre rapidement, on s’attache à l’observation minutieuse de la journée de “protestation”, dimanche en Russie. • Contributions : dedefensa.org et Karine Bechet-Golovko.

Peut-être certains auront-ils remarqué qu’il existe une certaine ressemblance, nous dirions de la sorte de la psychologie accordée à l’allure physique, entre Navalny et  Guaino (*) Guaido. La perception qu’on a de ces deux-là est celle de deux marionnettes de circonstances des USA entraînant le troupeau des moutons européens ; le premier, dont il est question ici, l’est pour la Russie, le second pour le Venezuela. Il y a chez les deux hommes une sorte de commune fausseté dans l’absence de regard, une espèce de mollesse dans l’allure qui se voudrait martiale et autoritaire et qui sont du type à ‘se-la-ramener’ sans la moindre conviction. Le simulacre d’enthousiasme pour l’héroïsme et la démocratie fait d’eux des copies-conformes du coup d’État postmoderne, sans élan réel, sans intelligence stratégique ni brio tactique ; des exécutants médiocres d’une politique bureaucratique grossière, où la déloyauté, l’illégalité et la corruption sont les armes favorites et l’inversion le sens aussitôt trouvé.

(Par ailleurs, peut-être cette fière allure invertie des deux gaillards est-il dû, justement, à leur position de ‘servitude volontaire’ des USA, qui est par excellence une situation dissolvante de votre personnalité, sinon de votre identité.)

Cela dit pour l’exercice de la ‘révolution de couleur’, et bien entendu pour Navalny, condamné ce soir à Moscou à trois ans et demi de prison et désormais centre d’une crise entre le bloc-BAO et la Russie. Guaino (*) Guaido , lui, a perdu un peu de son lustre et l’on ne sait plus très bien ce qu’il fait, pour tenter de raviver l’intérêt de la bureaucratie washingtonienne, avec les dollars qui vont avec. Peut-être pourrait-il essayer le transgenre ?

Navalny est donc dans une toute autre position, dans une circonstance crisique désormais extrêmement active. Il entre probablement dans les plans du Washington de la bande à Biden. Quelles que soient les piètres idées du président-nouveau qui n’importent guère, il est manifeste que son équipe sera très Russie-orientée et pathologiquement russophobe à gerber dans sa vindicte ; il s’agit d’une résurrection du clan Obama avec son goût des révolutions de couleur, avec les conseils amicaux de BHO, avec les idées lumineuses de Victoria Jeanne Nuland célèbre pour sa distribution de hamburgers aux foules révolutionnaires et subventionnées de Kiev et pour avoir envoyé l’UE “se faire foutre”. Par conséquent, Navalny, déjà manipulé ces derniers mois dans une resucée d’Alice in Wonderland, avec l’omniprésent poison KGBiste qu’on sait bien, est redevenue une carte importante à jouer, – désormais presque un atout-maître avec sa condamnation. Alors que des manifestations manquant d’ampleur ont été organisées en Russie grâce aux plans de l’ambassade US et à des prises de vue panoramiques des journalistes occidentaux qui grossissent un peu l’objectif, on a annoncé ces derniers jours l’entrée en Mer Noire d’une troisième unité de la VIème Flotte US, bien entendu au nom de l’OTAN unanime. En même temps, on peut être asuré que le MI6 britannique continue à pousser à la charrue, en bons alliés extrêmement fidèles.

Autrement dit, Karine Bechet-Golovko n’a pas tort de nous présenter l’actuelle poussée “de couleur” en Russie comme un événement de peu d’importance et complètement fabriqué, mais soutenue par des forces qu’on connaît bien, dans une demie-pénombre, qui peuvent susciter des prolongements extrêmement dangereux. Certes, « Ca n’a pas marché en Biélorussie, ça ne marchera pas plus en Russie. Sans trahison intérieure, un système ne s’écroule pas tout seul, parce que des gens “se promènent”, autrement dit parce que des gens manifestent » ; certes, Navalny est, selon Medvedev, un « imbécile politique » et un « aventurier », mais « les forces qui se tiennent derrière sont réelles et non négligeables » et « il ne faut pas confondre l'acteur avec l'auteur de la pièce ».

Il s’agit d’une resucée du ‘modèle biélorusse’, et l’on dirait, si l’on jugeait selon des événements politiques maîtrisés, qu’elle se terminera comme son modèle, et d’ailleurs comme un certain nombre de ‘révolution de couleur’ dont le pourcentage de succès est assez bas. Sans doute Poutine et son équipe observent-ils les événements avec cette pensée à l’esprit, non sans montrer une certaine fermeté à l’égard des petits commissionnaires qui les harcèlent, comme par exemple l’UE qui voudrait avant tout rencontrer Navalny dans sa prison pour lui dire toute sa tendresse, avant d’exiger ce soir sa “libération, immédiate”. Les Russes ont répondu qu’il s’agissait là d’une “imbécillité” puis, pour la dernière demande, d’une ingérence qu’on juge en général “inacceptable”. (« “Il n'y a aucune raison de s'ingérer dans les affaires d'un Etat souverain. Nous recommandons que chacun s'occupe de ses propres problèmes”, a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères Maria Zakharova, lors d'une interview au média RBK. »)

Avant d’en venir aux injures, aux sanctions puis à la croisade, les Européens sont plongés dans une intense réflexion, puis dans une mobilisation citoyenne et globaliste. La France, dont la diplomatie est aujourd’hui une lumière dans la nuit de la Covid, a développé l’idée effectivement lumineuse qu’il faut bien fermement admettre, et bien évidemment, qu’il serait absurde de mener à terme l’oléoduc NordStream-2 avec un régime si déplorable, quasiment terroriste. Heureux hasard des balades conceptuelles dont notre roi-président est le maître, la conception française rencontre miraculeusement la feuille de route de Washington.

On reste, il est vrai, un peu interdit devant tant d’énergie déployée pour faire plus bête, encore plus bête, toujours plus bête. Mais tout cela est finalement un fidèle reflet de la situation, et de la civilisation occidentale, et du bloc-BAO, dont la politique est une reductio ad absurdum, toujours plus satisfaite de nous prouver qu’elle est faussaire, stupide, nihiliste et sans but de rien. Démonstration convaincante.

Les Russes le savent, – mais le savent-ils assez ? Jusqu’ici, ils ont dompté l’espèce de bête qui s’agite devant eux. Mais il y avait encore, chez cette bête, des restes de réflexe de mesure et de calcul ; aujourd’hui, entre Covid et ‘D.C.-la-folle’, tous les deux passés en régime-turbo, la situation intérieure des pays du bloc-BAO et surtout des USA est dans une situation absolument pathétique. Nous ne parlons même pas d’un calcul pour détourner l’attention du public qui ne prête même plus attention à ses dirigeants et suppute plutôt des idées de sécession. Nous parlons plutôt de l’entrée dans un trou noir dont nul ne sait ce qu’on y trouvera, et dont tout le monde se fiche de savoir ce qu’on y trouvera.

Dans de telles circonstances, une entreprise aussi foireuse que ce qu’on voit en Russie, avec comme pion un personnage aussi falot que Navalny, forment une équation quasiment à somme nulle qui, à cause de cela justement, pourrait entraîner ce qu’il reste de dynamique dans les pays du bloc-BAO pour frôler, voir risquer ce qui pourrait conduire à une déflagration majeure. Une fois de plus pour Poutine ? – comme ce fut le cas en 2014-2015 avec l’Ukraine, mais aujourd’hui en infiniment plus grave paradoxalement à cause de l’affaiblissement d’un adversaire (le bloc-BAO) toujours persuadé de sa puissance et de son exceptionnalité.

... Une fois de plus le prudent Poutine pourrait se trouver devant un dilemme dont l’un des termes serait la possibilité pour lui de devoir s’opposer avec le fer et le feu à un danger mortel pour la Russie, jusqu’à envisager de prendre l’initiative dans ce sens, – et nous parlons là, parce qu’il n’y a plus aucun espace stratégique de protection et de repli pour la Russie, d’une initiative militaire. Cela est d’autant plus envisageable que désormais l’affrontement se fait au cœur des affaires intérieures de la Russie, concernant un sujet certes futile, mais où tout le monde est ou va être conduit à des positions extrêmes, radicales et compagnie, parce qu’on ne peut songer à perdre la face dans de telles circonstances, parce qu’il y a des fous sans frein (sans camisoles) dans les protagonistes. (On devine lesquels ?). Vieille habitude, vieille rengaine depuis 9/11, cette radicalisation, mais chaque fois plus resserrée sur une perspective très-délicate.

On pourrait également signaler, comme le fait Scott Ritter, qu’on a déjà, à Washington, mis un nouveau fer au feu pour l’affrontement dans cette zone. Le nouveau secrétaire d’État Blinken a été longuement interrogé par les sénateurs à propos de l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN, laquelle Géorgie proclame y être complètement prête, rêvant de reprendre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à propos desquels elle reçut une sévère correction russe en 2008. La Russie a déjà averti qu’une telle décision provoquerait un conflit, ce qui est exactement l’inverse du sentiment de Blinken.

Quelques lignes de Ritter :

« Un autre point chaud potentiel que Biden n'a pas abordé dans son entretien avec Poutine est la Géorgie, qui présente peut-être le plus grand potentiel de conflit militaire à grande échelle entre les deux puissances. La République de Géorgie, ancien membre de l'Union soviétique, cherche à adhérer à l'OTAN depuis 2005. Ces efforts ont été compliqués par la guerre russo-géorgienne d'août 2008. Des forces géorgiennes avaient alors été dépêchées sur le territoire géorgien d'Ossétie du Sud pour “rétablir l'ordre constitutionnel”, mais elles ont été repoussées par les forces russes. La victoire de la Russie sur la Géorgie en 2008 et le contrôle de facto des territoires géorgiens d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie qui a suivi ont déclenché un débat au sein de l'OTAN sur l'importance de l’exigence faite aux postulants à l’entrée dans l’Organisation du règlement préalable de leurs différends territoriaux.
» La position officielle de l'OTAN est que la Géorgie doit remplir ce critère d'adhésion avant qu'une invitation puisse être officiellement lancée. Le secrétaire d'État Blinken y a fait allusion lors de sa récente audition de confirmation au Sénat où il a noté que l'OTAN devrait garder ses portes ouvertes pour le moment où la Géorgie remplira les conditions d'adhésion. Lors de son audition de confirmation, M. Blinken a déclaré au Sénat que le fait d'offrir à la Géorgie de devenir membre de l'OTAN ne déclencherait pas nécessairement une guerre entre l'OTAN et la Russie. “Je pense en fait tout le contraire”, a déclaré M. Blinken, notant que l'adhésion de la Géorgie pourrait décourager l'“agression” de la Russie.
» La déclaration de M. Blinken semble cependant être en décalage avec la pensée de la Géorgie elle-même. Dans des déclarations faites l'année dernière à l'occasion de l'anniversaire de la guerre de 2008 avec la Russie, le Premier ministre géorgien Giorgi Gakharia a déclaré que “aujourd'hui, la Géorgie est tout à fait prête pour l'adhésion à l'OTAN”, notant que l'intégration de la Géorgie dans l’OTAN était nécessaire pour restaurer son intégrité territoriale, ce qui implique qu'une fois que la Géorgie aura le soutien garanti de l'OTAN, elle tentera de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. »

Pour autant et par ailleurs, ceci pour animer le jeu :

1) pourrait-on imaginer qu’on accélère cette affaire avec l’adhésion de la Géorgie comme riposte au sort infâme du malheureux Navalny, et sans doute serait-on effectivement, comme dit Blinken, tellement plus éloignés d’un conflit qu’on ne l’était auparavant (que ce qui ont compris ne lèvent pas la main) ;
2) pourrait-on envisager que, cette fois, Poutine ait décidé selon la ligne de l'exclamation en forme de provernbe, – ‘assez c'est assez’, – et qu'il faut désormais opposer une extrême fermeté à l'asile psychiatrique ;
et 3) quel serait alors le sentiment du prisonnier Navalny, dont on dit qu’il a des opinions et qu’il s’agit d’opinions très-nationalistes, s’il se trouvait entre son opposition à Poutine soutenue par les USA/l’OTAN d’une part ; et d’autre part avec la Russie confrontée à l’OTAN absorbant un des anciens territoires de l’URSS ? Poutine lui offrirait-il de commander une division pour se battre contre une OTAN prise du vertige du Jugement Dernier ?

Situation à suivre, dirait Candide, homme-sage par excellence…

Le texte ci-dessous, de Karine Bechet-Golovko, a été publié sur son site RussiePolitics le 1er février 2021, sous le titre « Russie : des manifestations pro-Navalny sur le modèle biélorusse ».

dedefensa.org


Note (post-mortem)

(*) Oups, lecteur, lapsus daedalus kafkaïkus...

_________________________

 

 

Les manifs pro-Navalny sur le modèle biélorusse

Ce dimanche, des manifestations surfant sur la vague Navalny ont été organisées dans plusieurs villes de Russie ce 31 janvier, mais tournées contre le pouvoir en Russie. « Pour le nouveau Tsar, un nouveau 1917 », c'est bien d'un appel à renverser le régime constitutionnel dont il s'agit - et en effet, un février en appelle un autre, une nouvelle tentative d'offrir le pays. Si la présence était réelle, l'on est loin, très loin, d'un soulèvement populaire. A Moscou, dans une ville de plus de 15 millions d'habitants, l'on compte de 2 à 8 000 manifestants. Ce qui est en revanche remarquable, c'est l'importation de la technologie développée pour la Biélorussie et une condamnation internationale de la Russie, qui n'accepte pas de s'écraser, mais défend sa souveraineté. Le combat entre dans une phase décisive.

Nous avions déjà parlé de l'ingénierie occidentale derrière les manifestations du 23 janvier, organisées sous le slogan de la libération de Navalny (voir notre texte ici). Pour ces nouvelles manifestations du 31, le scénario biélorusse a directement été implanté.

Le groupe Navalny conduisant les manifestants grâce à leur canal sur Telegram, comme Nexta pour la Biélorussie. A Moscou, comme alors à Minsk, les instructions changeaient au fur et à mesure de la journée, conduisant les manifestants, regroupés en plusieurs groupes, dans les rues de la ville, rendant difficilement effectif le dispositif des forces de l'ordre, qui lui aussi suivaient le mouvement, – plus qu'il ne pouvait le prévoir, alors que tout le centre avait été préventivement bloqué. Comme Tikanovskaya, certains leaders appellent les Etats-Unis à adopter des sanctions contre les "amis" de Poutine. Du gaz de couleur orange a été lancé, des bouteille en plastiques pleines ont volé contre les forces de l'ordre. Evidemment, des coordinateurs ont été aperçus dans la foule, pour guider les groupes dans la bonne direction. Et l'on a retrouvé la chanson du chanteur de rock Tsoï, ‘Peremen’ (Changements), symbolique de la fin des années 80 et des manifestations à Minsk.

Selon les paroles d’une manifestante :

« Tous nos amis veulent sortir pacifiquement se promener tous les week-ends comme en Biélorussie. Ca va bientôt devenir un réflexe et comme ça, on fera tomber le régime. »

La presse d'opposition et la presse étrangère reprennent tous en choeur les données diffusées par l'ONG OVD-Info, qui supporte l'opposition russe et qui est elle-même supportée par des instances intéressantes, puisque l'on trouve parmi ses sponsors la Commission européenne, l'ambassade de France en Russie ou encore la FIDH. Cela s'appelle donc un retour sur investissement.

Et en effet, environ 5 000 personnes auraient été interpellées en Russie, une grande partie relâchée. De 2 à 8 000 personnes ont manifesté dans les rues de Moscou, au milieu des passants, ça fait du monde, mais ce n'est pas le soulèvement populaire. 550 personnes à Omsk, 30 personnes à Petropavlovsk-Kamtchatka, Iekaterinbourg 2 300 personnes, Novossibirsk de 1 300 à 5 000, etc. La Russie n'a pas mis à genoux ses policiers devant les "manifestants pacifiques" comme en Ukraine, elle reste maître du jeu. Le Procureur général appelle à transformer le sursis de Navalny en peine réelle, une nouvelle manifestation est donc prévue pour le 2 février.

La pression internationale continue à monter, toutes les chancelleries condamnent les interpellations, oubliant que si chacun a le droit de manifester, justement parce qu'il est un être humain, il doit répondre de ses actes - la responsabilité est l'envers de la liberté - puisque ces manifestations n'ont pas été autorisées. Ces mêmes chancelleries, qui se taisent devant les arrestations de Gilets jaunes, de manifestants en Europe contre les mesures liberticides liées au Covid, des manifestants aux Etats-Unis contre le Capitole. Une indignation très sélective.

Et les menaces se précisent. Par exemple, la France appelle l'Allemagne à définitivement interrompre le projet North Stream 2 :

« La France a appelé ce lundi 1er février l'Allemagne à abandonner le projet de gazoduc Nord Stream 2 avec la Russie en réaction au sort qui est réservé à l'opposant russe Alexeï Navalny dans son pays. « Nous avons toujours dit que nous avions les plus grands doutes sur ce projet dans ce contexte », a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune sur la radio France Inter. La France est-elle favorable à un abandon ? « On l'a déjà dit, en effet », a-t-il répondu. »

Quel est le rapport entre l’affaire Navalny et un projet stratégique énergétique, dont l'Europe a besoin ? Aucun, sauf que l'on ne fait pas des affaires avec “l’ennemi”. Or, la Russie est de plus en plus enfermée dans l'image de l'ennemi. 

Ca n'a pas marché en Biélorussie, ça ne marchera pas plus en Russie. Sans trahison intérieure, un système ne s'écroule pas tout seul, parce que des gens “se promènent”, autrement dit parce que des gens manifestent. Tant que le pouvoir ne lâche pas les forces de l'ordre, ne joue pas le jeu ukrainien des vilains sadiques violents contre les pôv' petits enfants qui se promenaient, les risques sont limités.

Pour autant, il serait dangereux de prendre à la légère la capacité de nuisance, non pas de Navalny, mais de ceux qu'il représente, de ceux qui dirigent le jeu. Si Navalny peut être qualifié, comme le fait Medvedev, “d’imbécile politique” ou “d’aventurier” et de nous ressortir l'épouvantail confortable du Covid et de la conscience sanitaire globale pour ne pas manifester, les forces qui se tiennent derrière sont réelles et non négligeables. Il ne faut pas confondre l'acteur avec l'auteur de la pièce.

D'ailleurs, le ministère russe des affaires étrangères condamne l'organisation de ces manifestations illégales et la diffusion de fakes, soulignant que les Etats-Unis semblent revenir aux idées développées par la Rand Corporation pour déstabiliser la Russie dans son rapport “Overextending and Unbalancing Russia”.

Il est vrai que la période est propice à un mouvement de déstabilisation de l'Etat en Russie. Suite à la gestion globale du Covid, les revenus réels de la population ont baissé, les prix augmentent, si le pays s'ouvre lentement, chacun se demande pour combien de temps, la méfiance est la règle. Des décisions politiques impopulaires ont laissé des traces. Bref, il existe un mécontentement réel, que certaines forces veulent instrumentaliser. Ce qui ne veut pas dire que les Russes aient envie de détruire leur pays, comme les Ukrainiens l'ont fait. Pour autant, c'est le moment ou jamais de réduire l'espace idéologique grandissant entre les élites (néolibérales) et la population (conservatrice). La bêtise fanatique des globalistes peut favorablement y aider.

Karine Bechet-Golovko

  • 2 février 2021 à 00:00

Mr. Deplorables Goes To Wall Street

Par info@dedefensa.org

Mr. Deplorables Goes To Wall Street

2 février 2021 – Cela fait maintenant une quasi-décade que les murs de Wall Street, – dite ‘La Rue du Mur’, – résonnent des terribles incursions des divers petits ‘Deplorables’ dissimulés au cœur d’un monstre nommé WallStreetBets. Comme chacun sait (je ne suis pas en avance sur le coup), il s’agit d’une monstrueuse petite machinerie permettant de regrouper des petits, tout-petits investisseurs pour se lancer à l’assaut des murs de ‘La Rue du Mur’.

(D’autres disent que ce n’est pas ça du tout, que c’est du capitalisme déguisé, on verra plus loin, nos habituels-WSWS.org, désormais passés maîtres dans l’art du complotisme, selon les consignes du vieux Léon.)

D’après ce que je peux en juger, moi qui ai vraiment une très faible culture des questions boursières & Co, on consultera ceci (Sakerfrancophone/MoA) ou ceci (Eléments) pour avoir assez bonne vision de l’affaire, et de l’appréciation qu’on en peut avoir. Tout y est original, dans cette machination certainement complotiste et dans tous les cas étrangère à ‘nos valeurs’, comme on n’a pas manqué de le remarquer.

... Quant aux réactions diverses (devant les mesures prises par le Système, notamment via @RobinhoodApp, popu contrer cette incroyable audace d’user du marché libre comme s’il était libre), certaines sont pittoresques, comme le cas où l’on voit la démocrate  AOC, la gauchiste du Squad, et le sénateur Ted Cruz, le républicain un peu populiste de pas mal à droite que AOC a accusé d’avoir voulu l’assassiner le 6 janvier dernier au Capitole, – eh bien, les deux faisant page commune sinon, comme l’on dit, ‘strange bedfellows’ :

« Alexandria Ocasio-Cortez @AOC - 16:36 UTC · 28 Janvier 2021
C'est inacceptable.
Nous devons maintenant en savoir plus sur la décision de @RobinhoodApp d’empêcher les investisseurs particuliers d’acheter des actions alors que les fonds spéculatifs sont libres de négocier les actions comme ils l’entendent.
En tant que membre de la Commission des services financiers, je serais favorable à une audition, si nécessaire
. »

« Ted Cruz @tedcruz - 16:47 UTC - Jan 28, 2021
» Retweeting @AOC
Je suis tout à fait d'accord. »

Quant aux motifs des attaquants-déplorables, l’on dit volontiers qu’ils sont plus vertueux que l’on pourrait penser si l’on en restait au point de vue de Wall Street. Ils sont du vent de la colère populiste dont on nous parle si souvent, et notamment de la colère populiste-trumpiste (même si je mets en garde tout le monde, PhG en premier, surtout de ne pas réduire les populistes à Trump, ni Trump aux populistes, pas du tout ; mais tactiquement, on peut accepter l’approximation)...

Bref, comme l’écrit Bloomberg.News :

« Plutôt que l'avidité, cette dernière vague de spéculation, et surtout l'extraordinaire excitation qui régnait autour de GameStop, avait un moteur émotionnel différent : la colère. Les investisseurs d’aujourd’hui sont animés par une colère justifiée, contre l’injustice qui touche toute une génération, contre ce qu’ils considèrent comme de la corruption et de l’injustice en voyant la façon dont les banques ont été renflouées en 2008 sans avoir à payer de pénalités plus tard, et contre la pauvreté et l’inégalité. C’est ce qui le rend différent de toutes les spéculations et divers crashs boursiers spéculatifs qui l’ont précédé. »

Pour faire œuvre d’originalité, et montre d’un peu de travail personnel, je me suis reporté à un texte de Revolver.News du 1er février 2021 que j’ai tenté de traduire et d’adapter, pour présenter une vue globale de cette odyssée qui a certainement le charme de la nouveauté...

« Des millions de personnes dans le monde entier ont été séduites par la saga WallStreetBets. Quelques petits investisseurs en ligne [du type ‘Deplorables’] ont découvert qu’un fonds spéculatif avait massivement surenchéri sur le prix du détaillant de jeux vidéo GameStop ; ils ont initié une courte et forte pression qui a transformé quelques investisseurs en millionnaires tout en envoyant dans les choux et au bord de la faillite un chouchou de Wall Street. La réaction de la presse, de Wall Street et même de la Maison Blanche de Biden a été une stupéfaction indignée. Quelques mini-traders gagnant de l’argent aux dépens d’un hedge fund milliardaire, cela n’est rien de moins qu’un scandale national.
» La riposte répressive contre les WallStreetBets, qui a lieu une semaine seulement après l’entrée en fonction de Joe Biden, montre les tactiques que le nouveau régime compte utiliser pour maintenir les masses dans le droit chemin. Bien que ce soit superficiellement une affaire financière, WallStreetBets est en fait traité comme un soulèvement populiste. Ceux qui sont au pouvoir, terrifiés et enragés de voir leur statut menacé, réagissent de manière excessive et rejettent toutes les règles qu’ils ont eux-mêmes édictées dans une tentative maladroite de garder les choses sous contrôle. »

Leur désespoir, continue le texte, est si évident, si déchirant, qu’il a même été montré à la ‘télé’, à des millions de téléspectateurs, malgré leur grande pudeur d’héroïques grands-fauves blessés par cette vilenie. C’est Mr. Leon Cooperman, qui porte la difficile responsabilité d’être milliardaire because Wall Street, dans l’héroïque besogne du hedge-funder, qui est venu absolument gémir, geindre, pleurnicher, avec toute cette discrétion caractéristique et toute cette fureur discrète qui caractérisent les gens de sa sorte, les 0,001% qui conduisent l’avenir culturel de notre civilisation :

« It’s a bullshit concept... It’s a way of attacking wealthy people. » (Traduction-adaptation ? “C’est conceptuellement une véritable Bullshit, ces déplorables sonovobitches, ils attaquent les pauvres riches!”)

Revolver.news, poursuivant sans souci des souffrances d’autrui, poursuit sans la moindre décence, sans la plus humaine compassion : « Non, le délit ici est que cette fois, un fond spéculatif a été victime d’une manœuvre financier agressive, plutôt qu’en être l’instigateur selon son habitude, et que les gagnants ont montré toute leur jubilation en le faisant. Les prétendus champions du marché libre sont scandalisés par le fait que le marché libre a réellement fonctionné. »

Certes, on notera par souci d’équité et de bonne foi qu’il a été question chez certains observateurs au regard perçant de l’inévitable ingérence russe, car il y aurait une bien grande injustice et une louche inclinaison du regard, vers la gauche et vers l’Est, ou bien qui sait vers l’extrême-droite et verts l’Est, à ne pas rappeler cette évidence-là

Et puis enfin, il y a les plus malins, les Dupont-Dupond de l’analogie métahistorique, comme l’est la charmante et pétulante madame Laura Unger, qui occupa de très importantes et bombastiques fonctions à la SEC, organisme s’occupant de la parfaite honnêteté de la marche des simulacres faussaires de la Rue du Mur, – c’est dire le peu de travail qu’elle eut dans ces fonctions, – mais aujourd’hui elle déborde de fureur, absolument et sacrebleu ! Je vous laisse la présentation en anglais dans le texte pour montrer que je n’invente rien, pour ne rien enlever de la hauteur incroyable du travail de déduction de Laura :

« “It puts a lot of question about the integrity of the market”… Former SEC Commissioner Laura Unger compares short squeeze to January 6th at the Capitol. »

Je vous passe le reste : la Liberty Bell de Philadelphie qui sonna le 8 juillet 1776 (quatre jours de retard) pour saluer la déclaration d’Indépendance du propriétaire d’esclaves Jefferson (et d’autres) a retenti, cette fois pour proclamer que cette même Liberté chérie était en danger. Les mesures d’urgence, toutes choses pour défendre la Liberté, ont été prises : censure, accès dénié aux souscripteurs, réseaux coupés, suspendus, – outragés ! brisés ! martyrisés ! Mais Wall Street libéré !

Effectivement, le souvenir du si terrible 6 janvier 2021, lorsque des hordes de Goths-Wisighots-ProudBoys investirent le Capitole de cette même Liberté... Mais enfin ! On se demande pourquoi Hollywood s’acharne à faire des scripts alors que tout est là, dans le marbre meurtri du Capitole de la Liberté et dans les murs agressés de la Rue du Mur. L’analogie est si stupéfiante que l’on croirait, tenez-vous bien, que j’irais jusqu’à croire à un complot...

 « ...[la plateforme] Discord a censuré la page de discussion de WallStreetBets, prétendant hypocritement que l’interdiction était une coïncidence due à un “discours de haine” et à la “diffusion de fausses informations” [‘FakeNews’ en français]... [...]
» Personne n’est dupe. Les WallStreetBets comptent plus de 200 000 membres. L’idée de punir collectivement un groupe plus important que la ville de Baton Rouge, en Louisiane, à cause de quelques messages offensants est ridicule. [...]
» Les similitudes entre WallStreetBets et la répression plus large des conservateurs après l'émeute du Capitole sont frappantes. Dans les deux cas, les autorités ont réécrit de façon flagrante les règles à la volée pour s'en servir à leur avantage. Dans les deux cas, il est clair que ces règles nouvellement réécrites ne s’appliquent que de manière sélective, et ne seront jamais utilisées contre ceux qui jouissent de la faveur des puissants. L’Amérique n’a pas eu de mur à la frontière parce que “les murs ne fonctionnent pas” [selon Joe], mais le Congrès en aura un pour se protéger. L'Antifa est “juste une idée” [d’après Joe], mais même ceux qui ont monté trois marches des escaliers du Capitole [deux jours avant ou trois jours après] les émeutes [du 6 janvier] doivent être pris et considérés comme ‘insurrectionnistes’ potentiels et donc confirmés. Avec WallStreetBets et le Capitole, la réaction n’est que partiellement liée à l’événement lui-même. Il s’agit aussi d’envoyer un message : “Ce que nous pouvons leur faire, nous pourrons le faire aussi”... Ils utiliseront les mêmes méthodes encore et encore...
» Quel est leur objectif final ? Il est probable qu’il n’y en a pas. La classe dirigeante corrompue de l'Empire américain globaliste est devenue si fragile et dégradée que la planification à long terme la dépasse pratiquement. Tout est fragilité émotionnelle, vulnérabilité et réaction excessive aux événements immédiats. Mais même sans plan, le résultat obtenue dans le cours des choses est facile à prévoir : une société où personne n’ose parler ou agir, publiquement ou anonymement, sans une parfaite adhésion idéologique. Un pays où les paysans [disons les ‘Deplorables’] doivent être maintenus dans les rangs.
» Et nous sommes à peine plus d’une semaine dans l’administration Biden. Bouclez vos ceintures, ça va secouer. »

Mais tout cela, hein, c’est du grand n’importe quoi ! Oubliez tout ce que vous venez de lire, car les chevaliers de la situation-de-vérité-à-Léon arrivent au grand galop. Les trotskistes de WSWS.org, depuis qu’ils ont enfourché le cheval fougueux et diabolique du ‘fascisme trumpiste’ n’ont de cesse de vidanger la moindre cuvette, le plus petit crachat qui oseraient s’intituler ‘populiste’. Tout ce qui est pour le peuple, par le peuple et dans le peuple, ne peut être que trotskiste, ou en-attente d’être trotskiste. Ainsi a-t-on une version diablement expurgée de cette fausse-vraie attaque-simulacre, toutes complicités assumées, complotisation extrême des complotistes sordides facho-capitalistes, – pour expliquer la Semaine Sanglante de la Rue du Mur.

On vous laisse lire la péroraison d’un texte d’analyse de WSWS.org en date du 28 janvier 2021.

« Le principal point à réfuter est l'opinion, souvent exprimée par les utilisateurs de WallStreetBets, selon laquelle en spéculant sur un titre sans valeur, et en forçant potentiellement les entreprises de Wall Street à subir des pertes, elles protestent en quelque sorte de manière progressiste contre le système capitaliste.
» Il ne fait aucun doute que beaucoup de personnes qui ont acheté des actions de GameStop voulaient faire croire à leur position d’opposition au système financier et boursier, pour favoriser leurs propres intérêts indépendants dans un système général dominé par l'injustice et l'inégalité sociale. En vérité, ils voulaient simplement faire avancer leurs pions dans un ordre social qui condamne des millions de personnes au désespoir économique.
» Mais l’idée qu’en s’associant avec des gens comme Elon Musk, Donald Trump Jr et Ted Cruz [qui ont tous trois soutenu WallStreetBets] pour prendre le train en marche d’un épisode maniaque de spéculation, on obtiendra une sorte de résultat social progressiste, cette idée est absurde.
» La spéculation des consommateurs surendettés a précédé tous les grands désastres financiers de l'histoire. Avant le krach de Wall Street en 1929, des centaines de milliers de petits investisseurs se sont entassés sur le marché boursier, beaucoup d'entre eux contractant de vastes emprunts sur les conseils de colporteurs prétendant que le marché boursier continuerait inévitablement à monter. En 2008, ce fut la même chose, mais avec des habitations : chacun fut invité à acheter une maison qui était au-dessus de ses moyens, enrichissant ainsi massivement Wall Street.
» Comme pour les investissements massifs à effet de levier effectués par les petits actionnaires dans le passé, cela va probablement se terminer par un désastre pour les petits actionnaires. Si les petits investisseurs réussissent à imposer des pertes aux fonds spéculatifs, quel en sera le résultat ? Une petite fraction de la population deviendrait plus riche, – des sections de la classe moyenne ayant reçu une éducation primaire [NDLR : non-troskiste]. La pandémie continuerait à faire rage, les guerres subsisteraient et la grande majorité de la classe ouvrière continuerait à peiner dans la pauvreté et l’oppression... »
» Le site internet du Parti Socialiste Mondial ne propose pas de conseils financiers à nos lecteurs. Mais nous offrons un conseil politique : mettez votre énergie à lutter pour les intérêts sociaux de la classe ouvrière. Une pandémie fait rage, plus de 400 000 personnes sont mortes et 10 millions de personnes sont sans travail rien qu’en Amérique. Ces problèmes ne seront pas résolus par des actions individuelles, et encore moins par l'achat d’actions de premier ordre, ils le seront par la lutte collective de la classe ouvrière pour le socialisme. »

L’évolution des trotskistes n’étonnera historiquement personne, pour qui se réfère à leur saint-Léon, mais elle apparaît curieusement pathétique dans ce cas, d’ailleurs suivant la ‘ligne’ qu’on a signalée plus haut. Manifestement, les trotskistes n’ont jamais voulu entendre parler de la thèse de l’“ennemi principal’ de Ho Chi-minh, lorsqu’il passa un accord d’une sorte d’entente temporaire avec les Français en 1946 pour pouvoir mieux contenir la Chine qui le menaçait au Nord. C’est tout à fait caractéristique, à la fois de notre époque et de la situation des États-Unis, cette absence abrupte de tout compromis, de quelque côté qu’on se tourne, et le refus de prendre en compte les accidents tactiques qui surviennent, quelle que soit le but stratégique que l’on poursuit.

On laissera donc les trotskistes de WSWS.org avec leurs explications dogmatiques clef-en-main, dont le modèle remonte à la fin des années 1920. Je leur préfère dans cette époque où tout dépend de la communication la puissance des images et la force des symboles, surtout lorsque les employés du Système s’empressent de vous donner leur clef-en-main à eux, qui est tout à fait d’actualité et d’un modèle au fonctionnement parfait.

Quel que soit le but poursuivi par les gens de WallStreetBets, reste qu’ils sont apparus comme les acteurs d’une attaque des ‘Deplorables’ contre le Temple du capitalisme triomphant : après le Capitole, le Temple !

Il reste en effet, pour notre joie commune, que cette interprétation, qui a de bonnes chances d’être une vérité-de-situation, inaugure quoi qu’il en soit une nouvelle forme d’attaque complètement inédite, une sorte d’hybridité nouvelle dans la guerre hybride déjà terriblement hybridée que la tellurique menace de l’antiSystème fait peser de tout son poids sur le Système. L’angoisse les étreint alors, une fois de plus : que vont-ils encore inventer, ces ‘Deplorables’-là ? Quelle nouvelle sorte de censure allons-nous devoir inventer pour défendre notre Bullshit  Liberté ?

Bien entendu, l’on peut une fois de plus s’abîmer dans des plaintes et des dénonciations des mesures arbitraires et illégales qui ont été prises une fois que l’attaque des ‘Deplorables’ eût été réalisée pour ce qu’elle fut. On peut une fois de plus décrire la puissance et l’imposture de cet énorme Système qui nous oppresse... Bref, on peut faire comme si l’on ne le savait pas, comme si l’on ignorait depuis cinq ans, depuis dix ans, depuis 50 ans, de quoi est fait ce système de l’américanisme.

Ce n’est pas mon cas : là-dessus, je sais depuis longtemps à quoi m’en tenir. Ce qui m’étonne par contre, et avec quel délice, c’est de voir, toujours plus flagrante et fringante, l’extrême fragilité du Système, « si fragile et dégradée [...] [où tout] est fragilité émotionnelle, vulnérabilité et réaction excessive aux événements immédiats... La façon presqu’émouvante dont il ne voit rien venir et dont, ensuite, il grossit démesurément l’adversaire, lui donnant une puissance qu’on n’imaginait pas ; la façon dont il est sûr de voir tout et dont il ne voit rien... Le Système : « Toi, le venin », – mais le serpent est myope, ma parole.

By Jove, se faire avoir de la sorte par les ‘Deplorables’, c’est déplorable...

  • 2 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : Quête de liberté des États

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : Quête de liberté des États

Le texte que nous publions ci-dessous (dans BigLeaguePolitics.com le 27 janvier 2021), même s’il n’est pas d’une grande source institutionnalisée de la presseSystème, – ou plutôt parce qu’il ne vient pas de cette presseSystème, – a, à nos yeux, une assez grande importance documentaire, et même politique. Il nous donne des détails concrets sur un mouvement qui s’est déjà développé, qui a le soutien d’autorités (les directions de certains comtés), et de personnalités appartenant à un parti politique institué, le parti républicain. Bien entendu, l’argument est : comment échapper à la politique radicale de gauche du parti démocrate, de plus en plus perçue comme une menace de dictature gauchiste.

L’impression que l’on retire, d’une façon générale, de cette analyse est de plusieurs ordres :

• elle est d’abord générale (justement) dans le sens où elle concerne divers États et des opérations dont quelques-unes ont déjà une certaine durée (ce qui écarte le phénomène d’initiatives quasiment individuelles, plutôt de type folklorique, et sangs durée) ; elle implique, ou plutôt confirme que l’idée de sécession est vraiment une voie centrale, tout à fait concevable pour réagir structurellement à la crise existentielle des États-Unis d’Amérique, même si (et surtout si ?) cela conduit à une désintégration par parcellisation des États-Unis d’Amérique ;
• cette idée de sécession semble (enfin) pénétrer les esprits de personnes qui n’agissent pas réactions émotionnelles, idéologiques ou utopiques ; c’est-à-dire qu’elles apparaissent comme des décisions rationnelles, du type “réflexion faite, il n’y a désormais que cela qui puisse débloquer une situation catastrophique” ; enfin, une idée qui touche non plus des individualités isolées, parfois (souvent) exotiques, mais bien souvent des membres des législatures républicaines des États (ou des comtés) concernés ;
• elle montre, selon les exemples qui sont développés, que l’idée de sécession est multiple dans son application, et qu’elle ne concerne pas seulement les États mais bien les entités composant les États, c’est-à-dire les comtés ; cela permet à certains comtés d’États qui ont en eux-mêmes des tendances politiques irréconciliables d’ailleurs en pleine évolution (cas du Colorado, dont l’orientation politique change à très grande vitesse à cause d’une migration de Californiens qui viennent s’y installer, à cause des conditions de vie en Californie, mais qui apportent avec eux des convictions gauchistes qui ont la vie dure), d’envisager une solution de rupture, de sécession malgré tout, pour les en libérer ;
• elle montre encore son sérieux par la durée également : par exemple, l’idée déjà vieille et qui date de plusieurs mois dans la séquence actuelle, d’un ‘Greater Indiana’ par la sécession, avec le détachement d’un comté de l’Oregon (État super-gauchiste avec le Washington) pour un rattachement à l’Indiana (républicain et conservateur), dans occurrence où l’Indiana a déjà réagi l’été dernier d’une façon très favorable à l’idée ;
• Il est possible que cette procédure ‘par comtés’ se fasse d’une façon assez apaisée, c’est-à-dire sans intervention nécessaire du ‘centre’ washingtonien, ce qui éviterait des querelles pouvant conduire à des affrontements de guerre civile dans les cas les plus graves ; nous n’avons à cet égard aucune connaissance précise, mais nous ajouterions, vu le flou et la plasticité de la Constitution et la réticence des autorités constitutionnelles, Cour Suprême en premier, à intervenir dans ce climat politique survolté, qu’il nous paraîtrait bien possible que de telles opérations ne soient pas encadrées de trop près de façon à éviter des heurts ; on a déjà eu des exemples dans la situation actuelle où les autorités constitutionnelles préfèrent ne pas réagir, simplement en ‘faisant le mort’-‘comme si rien ne se passait’, à des initiatives où il pourrait y avoir la possibilité de conflits constitutionnels ;
• la possibilité de telles mesures, en raison du climat actuel de bipolarisation haineuse existant aux USA, nous semble devoir être considérée très sérieusement, dans la mesure où ces comtés à vocation sécessionniste, regroupant des populations très conservatrices, des populations pour lesquelles la possibilité de vivre sous le régime démocrate qu’adopterait leur État initial devient de plus en plus impensable ; on découvre même que le processus de sécession, qui se décline à différents niveau (ici, les comtés) n’est pas nécessairement synonyme automatique d’un embrasement de type guerre civile.

Pourtant et Finalement, car c’est le dernier enseignement pour notre compte, que nous mettrions en exergue et le séparerions de la suite de réflexions spécifiques, – reprenant et développant la dernière de ces réflexions, mais considérant l’ensemble de l’hypothèse considérée, la formule qui apparait à première vue pacifique ne supprime pas du tout complètement l’hypothèse de la sécession majeure, montant cette fois la mésentente au niveau constitutionnel central avec risques d’affrontements civils très graves.

En effet, ces transferts de comtés n’empêcheront pas 1) l’hostilité de la gauche radicale pour les États conservateurs, éventuellement renforcés par les comptés ; et 2) l’hostilité jusqu’à l’affrontement d’États conservateurs (éventuellement renforcés par des comtés) hostiles à la politique radicale gauchiste de Washington, tout cela conduisant conduisant à des conflits sécessionnistes cette fois au plus haut niveau.

(Il est à noter que du côté des zones gauchistes radicales, un processus semblable n’est jusqu’ici pas envisagé, d’une part parce que les zones radicales gauchistes occupent des places de fortes concentrations urbaines, impliquant que les États où elles se trouvent ont une politique radicale gauchiste qui leur convient là où elles se trouvent ; d’autre part, les gauchistes sont directement en accord avec le ‘centre’ washingtonien démocrate, qui est favorable bien entendu au maintien des USA dans leur forme actuelle, avec une forte centralisation idéologique et de sécurité nationale, quitte à imposer des conditions de coercition extrêmement dures aux citoyens récalcitrants.)

Nous avons fait une place importantes à cette situation théorique parce qu’elle nous semble correspondre à une possibilité bien réelle, en même temps qu’elle rencontre la tendance politique des ‘sécessionnistes’ (on les trouve surtout chez les conservateurs et les libertariens), qui cherchent à se regrouper et à agir en communautés limitées, qui montrent une extrême hostilité au principe d’un gouvernement central.

Ce qu’on constate ici, c’est qu’un activisme moins bruyant que le brouhaha médiatique et de ‘D.C.-la-folle’ est en plein développement, et qu’il risque d’aller loin. C’est la marque de la profondeur abyssale de la crise des USA, qui est absolument et totalement une crise du modèle actuel des organisations politiques (avec la rupture complète citoyens-dirigeants), qui se déroulent donc à tous les niveaux, des plus visibles aux plus discrètement régionaux. Il ne fait aucun doute, pour notre compte, que cette évolution doit servir de modèle à d’autres ensembles, dans une situation générale de rupture désespérante entre les citoyens et leurs directions. Par exemple, une telle évolution constituerait un parfait miroir déformant jusqu’à l’inversion pour l’EU, qui a été conçue dès l’origine par quelques génies qui avaient la vue longue (Monnet, Schuman, de Gasperi, la CIA).

« Les Américains libres veulent un divorce national

» Avec la prise de contrôle de la Maison-Blanche par le président Joe Biden après une vaste opération de dissimulation des allégations de fraude électorale, les États commencent à prendre au sérieux l'idée de la sécession comme moyen de s'isoler de la corruption de gauche.

» Des militants patriotes du comté de Weld, dans le Colorado, s'organisent pour être réincorporés dans le Wyoming. Le Colorado est un État qui a viré au bleu [démocrates]  ces dernières années en raison d'un afflux de libéraux-progressistes californiens [démocrates] qui ont apporté avec eux leur politique d'extrême gauche. Cette sorte de transfuges-migrants [qu’on trouve avec d’autres Etats] espèrent faire de la sécession des États bleus (démocrates) un nouveau mouvement national.

» “Denver et Boulder ont déclaré la guerre non seulement au comté de Weld, mais au bon sens même face à des réglementations destinées à tuer les emplois dans le secteur de l'énergie”, a déclaré dans un communiqué la commission politique du comté de Weld qui veut l’incorporation dans le Wyoming. Ils espèrent que cette mesure deviendra une proposition sur le bulletin de vote des les élections de novembre 2021 [partielles pour le Colorado]...

» “Ils veulent mettre les militants radicaux des droits des animaux en position de pouvoir sur l'industrie de l'élevage, deux des principaux moteurs économiques de Weld. Ils sont également en guerre contre les petites entreprises. Les personnes qui ont des valeurs traditionnelles sont vilipendées comme des bigots racistes, homophobes, misogynes”, ont-ils ajouté.

» Cette situation duplique les efforts des habitants des zones rurales de l'Oregon pour faire sécession de leur État et rejoindre une nouvelle entité qui serait baptisée sous le nom de ‘Greater Idaho’, par incorporation dans l’État de l’Idaho:

» Le mouvement ‘Big League Politicsa rapporté en début de semaine que des États tels que le Texas et le Wyoming envisageaient de faire sécession pour former leurs propres pays indépendants :

» Le représentant de l'État du Texas, Kyle Biedermann, un républicain, a présenté un projet de loi qui offrirait la proposition de la sécession à la population.

» La législation, le projet House Bill 1359 de la Chambre des Représentants, prévoit un référendum non contraignant pour les électeurs du Texas avec la question suivante : “La législature de l'État du Texas devrait-elle soumettre un plan pour quitter les États-Unis d’Amérique et établir une république indépendante ?”

» Pour étayer son idée de sécession, Biedermann affirme qu'il y a “des indications que la République du Texas ne se contenterait pas de survivre, mais qu’elle prospérerait en tant que nation indépendante”.

» “Les électeurs du Texas, toutes tendances politiques confondues, peuvent s’entendre sur une chose, Washington D.C. a été et est brisée [en tant que cette de pouvoir]”, a déclaré Biedermann dans un communiqué de presse.

» “Notre gouvernement fédéral laisse continuellement tomber nos familles de travailleurs, les personnes âgées, les contribuables, les vétérans et les propriétaires de petites entreprises. Depuis des décennies, les promesses de l’Amérique et nos libertés individuelles s’érodent”, a-t-il poursuivi.

» ”Il est maintenant temps que les habitants du Texas aient le droit de décider de leur propre avenir. Il ne s'agit pas d'une question politique de gauche ou de droite. Que les Texans votent !” Biedermann s'est exclamé...

» Les efforts de Biedermann commencent à s’étendre à d’autres États dont les dirigeants commencent à douter de la légitimité du gouvernement fédéral. Le président du parti républicain du Wyoming, Frank Eathorne, a parlé en termes positifs du mouvement de sécession naissant de Biedermann au Texas.

» “Nous devons nous concentrer sur les fondamentaux. Nous sommes ouverts sur la scène mondiale mais nous sommes également concentrés sur notre propre pays. Beaucoup de ces États occidentaux ont la capacité d'être autonomes, et nous gardons un œil sur le Texas aussi, et sur leur considération d'une éventuelle sécession. Ils ont une constitution différente de la nôtre en ce qui concerne la formulation, mais nous y prêtons tous attention”, a déclaré M. Eathorne.

» Les Américains méritent un divorce avec le gouvernement fédéral avant que leur nation et leur civilisation ne s'effondrent. La sécession peut être la solution pour sauver ce qui reste de liberté en Amérique. »

 

Mis en ligne le 1er février 2021 à 16H05

  • 1 février 2021 à 00:00

RapSit-USA2021 : le Saint-Martyr de Mar-a-Lago

Par info@dedefensa.org

RapSit-USA2021 : le Saint-Martyr de Mar-a-Lago

Qui a peur du Grand-Méchant Trump ? Personne parmi les amateurs de contines, parce qu’il ne montre absolument aucune méchanceté, se taisant avec obstination sinon fin-calcul. Mais pour les autres ! Pour une partie d’entre eux, il est Saint & Martyr ; pour l’autre partie, il est une sorte d’Incarnation-Haute de la Terreur et du Mal de l’Enfer ; ces deux perceptions, selon la position où l’on se met, dans une Amérique conduit par une flambée extraordinaire d’affrontements et de paroxysmes pathologiques extrêmement durables au contraire de leurs définitions courantes (“flambée” et “paroxysme”, quoique violentes, sont en général très rapides).

Il est vrai qu’à ce jeu-là dont il n’est même pas l’initiateur ni le provocateur, Trump qui était il y a quinze jours le bouffon de la Maison-Blanche ou l’inspirateur de l’Insurrection-du-siècle, devient, dans son silence, comme un acteur tout en retenue dont la stature ne cesse de grandir alors que la place est prise par un déchaînement de communication de terreur, de menaces, de peur-panique, d’adoration sans mesure, – le concernant directement, lui le rentier-retraité sur son green de l’Olympe.

Tout le monde, d’une façon ou l’autre, a les yeux braqués sur Mar-a-Longo, sa résidence de Floride, alors que tout se passe dans les psychologies exacerbées et dérangées de ces millions de spectateurs. Une brave journaliste de Politico, impeccable média en ligne de la gauche progressiste et wokeniste, est allée tremper avec prudence et discrétion son doigt de pied dans l’eau brûlante du Wyoming, et elle en est revenue abasourdie et fortement ébranlée. Ce n’est qu’une brave journaliste, mais l’exemple est bon, parce que pris sur le vif, par des personnages secondaires qui n’ont pas à trop surjouer leur rôle dans le simulacre.

Voici le témoignage de la gentille Tara Palmeri, entre tweets et entretiens télévisés, qui était partie pour recueillir les échos de la gloire de Liz Cheney, la fille de son père et la députée du GOP (parti républicain) la plus haute placée dans la législature du Wyoming, sur ses terres... Le résultat est rapportée d’une manière un peu sarcastique qui ne surprendra pas de la part de RedState.com :

« Tara Palmeri, de Politico, a déclaré vendredi à Nicolle Wallace de MSNBC qu'une croisade est maintenant menée au nom de Trump dans des endroits comme le Wyoming, comme le rapporte Fox News, où lancien président est bien plus populaire que la députée Liz Cheney, qui est l’objet d’un feu nourri à cause de son vente en faveur de la mise en accusation de Trump.
» Les gens ne veulent rien entendre contre Trump. En fait, plus il reste à l’écart des médias, plus il devient ce martyr, cette figure transcendante flottant au-dessus du GOP.
» Palmeri a dit à Wallace qu'elle était arrivée à sa conclusion sur la popularité de Trump dans le Wyoming après avoir parlé avec les gens du vote de Cheney pour mettre Trump en accusation, alors qu’elle était dans l’Etat pour couvrir un rassemblement anti-Cheney mené par le député républicain de Floride Matt Gaetz.
» La journaliste de Politico, visiblement désemparée, a déclaré à Wallace qu'elle avait fait tout son possible pour trouver des gens qui défendraient Cheney, la députée du GOP le plus importante au Congrès du Wyoming.
» Je me suis donné un mal fou pour trouver quelqu'un qui la défendrait et je nai trouvé personne. Son nom, qui est très connu en raison de son père, ne lui donne aucun avantage. Je suis entrée dans une quincaillerie et j’ai dit son nom, et cela a amené instantanément une menace contre elle.
» Bien que ddésillusionnée, Palmeri a dit à Wallace qu'elle ne regrettait pas d’avoir été dans le Wyoming.
» Je ne pense pas que nous puissions ignorer ça, [...] cet énorme fossé entre Washington et le reste du pays.
» [...Et] le Wyoming nest pas un ‘Loup Solitaire’ du soutien à Trump. Le spécialiste des sondages de l’équipe Trump, John McLaughlin, a déclaré à Greg Kelly, de Newsmax TV, que les efforts pour annuler Trump [“to cancel Trump” selon la “cancel culture”] se retournent contre leurs initiateurs. […]
» Ça leur revient en pleine poire. Ce qu’ils font avec la destitution, les gens l’interprètent comme injuste, inconstitutionnel, comme une vengeance personnelle contre le président...” »

Maintenant, voici le témoignage de l’immensément populaire commentateur-radio (populiste, certes, et partisan de Trump), Rush Limbaugh. Lui, il est plus intéressant du point de vue indirect que du point de vue des effets de tout cela sur la position de Trump. L’intérêt, pour notre compte, c’est qu’il montre l’intensité extraordinaire, là aussi, de la haine contre Trump, – autre sentiment qui aurait dû disparaître, ou au moins diminuer, une fois la bestiole liquidée, – mais non, pas du tout ! Là aussi, le paroxysme, par définition très court, dure, dure, dure...

Ils sont tous prisonniers de cette haine, et non seulement les démocrates, mais aussi les républicains les plus proches de l’establishment-DeepState, dont on découvre (oh, sans surprise hein) qu’ils entretiennent la même haine contre Trump et son foutu MAGA (‘Make America Great Again’) que lorsque, en 2016, il s’est imposé comme leur candidat. C’est un bien étrange comportement, chez ces gens-là, hormis l’explication psychiatrique : on dirait qu’ils veulent faire de Trump un monument extraordinaire, – peut-être bien pour justifier leur haine ? Effectivement, il est question de psychiatrie...

La parole à Rush Limbaugh, par ailleurs homme courageux puisqu’en pleine bagarre politique alors qu’il a un cancer en phase terminale, mais qui tient à régler ses comptes jusqu’au bout, particulièrement avec les mandarins corrompus de l’establishment républicain (modèle McConnell) :

« La but du jeu est la destruction de l'ensemble du mouvement MAGA, même si le parti républicain doit sombrer dans l’oubli et dans une traversée du désert pendant 30 ans. Nous allons nous débarrasser de MAGA [disent-ils], cela naura rien à voir avec lavenir du parti républicain. Cest la bataille au sein du parti républicain. Le parti républicain a sa propre faction de l’establishment. Ils ont des membres qui sont aussi favorables au DeepState que les démocrates, a-t-il déclaré à ses auditeurs vendredi... »

Limbaugh cite le précédent de Bush-père succédant à Reagan en 1989, où il voit la même trahison qui est en train de se faire contre Trump :

« “Le parti républicain a immédiatement commencé à éliminer tout ce que Reagan avait à voir avec la politique”, a-t-il dit. “George H. W. Bush s’est présenté aux élections en prétendant être le troisième mandat de Reagan. Et il a été élu sur cette base. Mais il a commencé à augmenter les impôts. Il a fait tout le contraire de ce que Reagan avait fait, il a conclu des accords avec les démocrates. Et la raison en était que l’establishment républicain de l’époque n’avait aucune affinité avec les conservateurs, aucune affinité avec nous, aucune affinité avec le conservatisme.”
» Limbaugh a dit que c’est encore bien pire aujourd’hui, après l'impact de Trump sur la nation pendant quatre ans.
» La haine pour Trump dans l’establishment de Washington, qu’ils soient des républicains ou des démocrates, est si virulente, si puissante, si dévorante qu’elle prend le dessus sur tout le reste’”, a-t-il expliqué. C’est un signe de lefficacité de Trump. Cest un exemple de sa qualité, de son efficacité. Ils ont encore peur de lui, après quil ait battu en retraite et qu’il se soit replié à Mar-a-Lago [en Floride] où ils pensent qu’il organise un centre de résistance, ils ont encore peur de lui. C’est pourquoi ils veulent le ‘destituer’ [alors qu’il n’est plus en fonction]. C’est pourquoi ils courent dans tous les coins en clamant qu’il ne pourra plus jamais se présenter aux élections. Tout ce qu’ils font à Trump est inconstitutionnel, mais ils s'en foutent. S’ils peuvent le faire, ils le feront.
» Il a souligné que près de 75 millions de personnes ont voté pour Trump.
» “C’est un parti politique,  ça, les gars. Et il faut l’organiser. Si vous faites partie de l’establishment de Washington, vous ne pouvez pas laisser aller les 75 millions de personnes qui ont voté pour MAGA, qui ont voté pour Trump. Donc, non seulement il veulent éliminer Trump, mais il faut aussi détruire son programme en même temps. Vous ne pouvez pas laisser quelqu’un d’autre prendre le relais", a-t-il déclaré. »

Nous, nous ne nous attarderons pas trop, ni sur cette idée d’un parti trumpiste, ni sur le sort de MAGA, ni sur Trump lui-même. Les perspectives politiques pour Trump sont encore à envisager, et il n’est pas assuré du tout, ni que les événements attendent son retour, ni qu’il soit la personne adéquat pour quoi que ce soit. Ce sont les événements qui sont les maîtres du Temps, pas nous. On s’attachera plutôt à leur ‘haine extraordinaire’, et par conséquent à la ‘fureur extraordinaire’ que cela provoque chez les 70 millions et quelques qui ont voté pour Trump. C’est au nom de cette haine, et croyant ainsi éteindre par la force cette fureur, qu’est conduite cette absurde procédure de la destitution de l’homme-qui-n’était-plus-institué.

Notre grand pote Jonathan Turley, tout de majesté et de qualification constitutionnalistes paré, adversaire affirmé de Trump, juge impartial des procédures ayant tout de même un faible contre Trump, se trouve dans ce cas en train de poursuivre un tir de barrage à boulets rouges contre les crétins du Congrès, particulièrement de la Chambre, particulièrement du parti démocrate dont il est proche. Il s’arrache les cheveux d’un beau gris plein de sagesse, devant l’extraordinaire (un de plus) saccage des procédures constitutionnelles que constitue cette destitution, – laquelle, bien entendu et sans guère de douter, ne sera pas votée, – tout ça pour ça... Oui, mais “tout ça” pour l’extraordinaire (repetitat) coup de fouet en retour que cette procédure provoquera en hyper-paroxysant (là on peut tenter le néologisme un peu leste) le paroxysme anti-establishment des électeurs de Trump, et d’un certain nombre d’autres devant la crétinerie de la haine regnante.

D’une des récentes (29 janvier 2021) leçon de chose de Turley :

« Au lieu de soumettre un dossier insuffisant, elle [la Chambre, c’est-à-dire Nancy Pelosi] n’a soumis aucun dossier lors d’une seconde mise en accusation du même président. Pour les institutionnalistes du Sénat, cela apparaît comme une provocation. Même une seule audition à la Chambre aurait pu fournir des preuves sur l'intention de Trump pour les émeutes au Capitole. Les témoins auraient pu indiquer si le déploiement de la Garde nationale avait été proposée au Congrès à lavance ou si Trump avait fait obstruction à cette assistance. Des réponses auraient pu être exigées de la Maison Blanche. Par exemple, le ministre de la défense par intérim Christopher Miller a donné des interviews sur des discussions qu’il a eues dans le Bureau ovale à ce sujet mais na pas été appelé à témoigner.
» Je n’ai aucun problème avec la destitution d’un président le dernier jour de son mandat, car la mise en accusation joue un rôle important dans la condamnation des actions illégales. Mais il doit y avoir un compte-rendu et pas seulement une déclaration concluante dans une mise en accusation rapide. Comme la question du seuil constitutionnel, la question du seuil prudentiel relève du Congrès et non de l’accusé. Il ne s’agit pas de ce que Trump a fait, mais de ce que la Chambre na pas fait en envoyant un simple article au Sénat, auquel on a effectivement demandé de porter le fardeau pour les deux chambres. Avec un acquittement maintenant probable, ces préoccupations importantes du seuil prudentiel seront amplifiées pour les institutionnalistes du Sénat à l’avenir. »

Quelle étrange situation : faire de Trump une stature de Commandeur, une icône, un Martyr chrétien, sans qu’il en souffre de la moindre des façons, confortablement barricadé dans sa forteresse de luxe de Mar-al-Lago, sans que sa popularité en soit affectée bien au contraire, et tout cela d’abord et prioritairement dans l’ordre chronologique et dans l’ordre du feu qui les brule, – pour justifier leur haine. Ils n’ont pas agi autrement le 6 janvier, en montant cette formidable tragédie-bouffe de l’‘attaque’ du Capitole par les hordes des Marx-Brothers, mais au moins cela avait un sens tactique. Dans le cas de Trump, de sa stature, de tout le bénéfice qu’il peut retirer d’une destitution-bidon ratée, contre leur attente et leurs besoins pressants, ce n’est que pour justifier leur sensibilité de fillette, leur affectivisme wokeniste... Mais bon, on est LGTBQistes, après tout.

Il lui font subir un traitement de choc sans aucun choc, sans lui procurer le moindre souci dans sa vie courante et dorée et en lui faisant faire l’économie d’un très coûteux service de relations publiques pour rétablir et magnifier son image en le faisant passer du stade épouvantable du président-félon à la statue de Saint-Martyr de la Grande République. Les sénateurs républicains, dont un nombre non négligeable le haïssent et veulent sa mort au moins politique, vont même se trouver obligés de voter pour l’acquitter et lui permettre d’affirmer sa stature politique, parce qu’ils ne peuvent pas complètement se saborder aux yeux de leurs électeurs après tout. Nous dirions même que cette attitude des républicains fait qu’il va devoir continuer à se taire et nous verrons grandir encore cette stature de Saint-Martyr, parce qu’il semble bien qu’il devra le faire au moins jusqu’au vote sur sa destitution courant mars simplement parce qu’il ne veut pas compromettre ce vote. (C’est même, paradoxe des paradoxes, – sur les conseils de Turley, que son équipe a consulté, que Trump ne se rendra sans doute pas à son procès.)

Tout cela laisse donc de un à deux mois pour continuer à poursuivre le comportement de la démence crétiniste en cours, qui contribue à toujours hisser plus haut la stature et la statue du Commandeur. Qu’on songe donc à cette interrogation, suggérée plus haut : “ C’est un bien étrange comportement, chez ces gens-là, hormis l’explication psychiatrique : on dirait qu’ils veulent faire de Trump un monument extraordinaire, – peut-être bien pour justifier leur haine ? Effectivement, il est question de psychiatrie...”

Pour être complet, il faut mettre en évidence une deuxième face de cette étrange évolution de la situation de politique intérieure aux USA. D’une part, nous avons, depuis des années dans un remue-ménage mi-complotiste mi-excommunication, une constante action de diabolisation de tout ce qui n’est pas le Système, selon l’appréciation abrupte et un peu courte que Trump représente l’antiSystème. Depuis l’élection du 3 novembre 2020, le brouhaha s’est structuré et est devenu programmatique, sous la forme d’innombrables suggestions, de plus en plus radicales, de plus en plus grotesques, de toutes les mesures à prendre contre tous ceux qui font partie, soit de la ‘Dissidence’, soit de la ‘Résistance’ (depuis que ce mot jusque-là antitrumpiste est abandonnée puisque cette ‘résistance’ initiale l’a emporté), bref de tous ceux qui sont de la sorte trumpiste. Menaces de votes, de décrets, de purges, de listes noires, jusqu’à l’embastillement, la ‘goulagisation’, et enfin, pour ces 70 millions et quelques des réfractaires, la ‘reprogrammation’ (lavage de cerveau style-Corée du Nord années cinquante + nouveau disque dur avec un téléchargement automatique de l’Évangile selon Marx-Dorsey).

Cette idée est présente, par exemple, dans un film comme 'Skin’, qui est ainsi présenté, comme s’il venait à point (programmé le 30 janvier 2021) (*), pour nous donner le ‘Reset’ d’un plat succulent permettant de reprogrammer 70 et quelques millions de Deplorables Américains :

« Peut-on se débarrasser de ses idées extrémistes quand on est un suprémaciste blanc ayant grandi dans la haine et la violence ? C’est en tout cas le vrai parcours de Bryon Widner qui est évoqué dans ce biopic interprété par un époustouflant Jamie Bell faisant corps avec son personnage et son parcours de rédemption. Un portrait percutant dressé avec sobriété. » (*)

Tout cela attend d’être mis en place selon le scénario ainsi développé, dans un pays dont on nous avait dit pourtant qu’il était devenu un État policier imperméable à tous les terrorismes et à tous les citoyens rétifs depuis le Patriot Act de l’automne 2001, accouché par l’administration GW Bush. Le bouillonnement est là aussi extraordinaire mais essentiellement de type communicationnel ; les effets semblent de plus en plus ceux de la confusion et d’un désordre de plus tandis que le parti des Jacobins au pouvoir semble voué à se fractionner de plus en plus, entre groupes et conceptions différentes, tandis que le pouvoir se noie lui-même au gré de son impuissance et de sa production zélée d’une répression bureaucratique qui a autant de chance de bien fonctionner qu’un JSF devenu opérationnel, et qui est aussi attachée que lui à la dimension du simulacre communicationnel.

Autrement dit, tout reste à faire tandis que la destruction du système de l’américanisme retoqué en bolcho-américanisme se poursuit à un bon rythme. Ainsi soit-il et, désormais, on peut constater que le seul résultat tangible obtenu jusqu’ici est bien d’avoir suscité une radicalisation extrême des Deplorables, comme l’a constaté mademoiselle Palmeri, de Politico, ou, comme l’écrit Jim Quinn :
« Leur classification et leur traitement de 75 millions d’Américains [ceux qui ont voté pour Trump] en soi-disant ennemis [transforment] ces citoyens en véritables ennemis. »

 

Note

(*) Nous n’avons pas vu le film, – certainement excellent, vive le cinéma !, – nous ne vous dirons pas d’où nous tirons cette présentation, nous en tenant simplement à l’occasion d’un texte de présentation sur un médias passe-partout qui sait se saisir de l’occasion de la bienpensance multiplié par la repentance d’un Blanc douteux. Nous constatons simplement que l’idée de ‘reprogrammation’, – ou « rédemption » pour les amis, – est dans l’air, qu’elle est chérie depuis bien longtemps, et qu’elle peuple les rêves de la modernité-tardive pour préparer l’étape ultime du transhumanisme.

 

Mis en ligne le 31 janvier 2021 à 16H15

  • 31 janvier 2021 à 00:00
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