Aujourd'hui, je tiens à vous présenter cette extension navigateur qui colle le nom du propriétaire à côté des résultats Google dont le média est référencé, aussi bien dans la recherche Web que dans l'onglet Actualités. Ça s'appelle "Qui possède ?" et sa base de référence contient 584 médias français.
Une fois le propriétaire identifié, le badge reste affiché quand vous arrivez sur le site du média.
Au survol du badge, la chaîne de détention se déroule alors en entier, du média jusqu'au propriétaire final, avec la source de l'info. Les données viennent de l'open data d'Acrimed et du Monde diplomatique + les propres recherches de l'auteur de l'extension. Ensuite, les propriétaires sont répartis dans 7 catégories : milliardaire, famille ou propriétaire privé, groupe de presse, banque ou fonds, public, religieux, et indépendant.
Bien sûr, Korben.info est dedans, chez les indépendants, avec moi comme seul propriétaire ^^.
La base est embarquée dans l'extension, disponible sur Chrome, Firefox et Firefox Android et les permissions de celle-ci se limitent au stockage local, à 6 domaines Google et aux sites des médias référencés. Aucun serveur tiers n'est donc appelé et en plus c'est gratuit.
Et s'il manque un média, un bouton apparaîtra même dans les résultats pour le proposer. Bref, installez-la sur Chrome ou Firefox , et signalez les médias qui manquent.
Merci REDMAMBA l'auteur de l'extension pour le partage !
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Une salle de contrôle satellite, celle qu'on imagine avec des grands écrans et des ingénieurs en blouse, Clément Igonet en a monté une version perso qui tient sur un seul serveur. Son projet Overwatch affiche 23 satellites qui défilent en temps réel sur un globe. Vous cliquez sur n'importe lequel pour lire, en direct, sa tension de batterie, ses températures et ses courants. Le tout à partir de données 100% ouvertes.
Et il y a deux trucs vraiment sympas à regarder ! D'abord, la batterie de chaque satellite monte et descend selon qu'il passe au soleil ou dans l'ombre de la Terre, et ça se voit direct sur le graphe. Ensuite, pour chaque engin, une carte montre quelles stations au sol l'ont capté : tel satellite entendu depuis Kitakyushu, Buenos Aires et un jardin en Bavière. C'est une vraie photo vivante du réseau de radioamateurs qui écoutent le ciel !
Les positions des engins viennent de CelesTrak, la télémétrie de SatNOGS, le réseau mondial de stations tenues par des radioamateurs bénévoles, et le fond de carte, c'est de l'imagerie Sentinel-2 de Copernicus. C'est un peu comme ce globe temps réel qui agrège avions, navires et radios , sauf qu'ici on écoute des satellites.
Un truc qui m'a surpris, d'ailleurs c'est que sur environ 1700 satellites encore vivants, seulement 23 émettent en clair ET sont vraiment entendus par une antenne. C'est ça l'état réel de la télémétrie satellite ouverte aujourd'hui. J'avais déjà parlé d'un radioamateur qui décode le signal d'une sonde chinoise , et ici c'est la même idée, mais servie sur un joli globe.
Le tout est open source sous licence AGPL, auto-hébergé en Europe, dans la même logique que la stack privacy européenne dont je vous parlais .
La démo est juste ici , amusez-vous bien à cliquer sur tous ces satellites !
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Vous avez déjà tous joué avec Flightradar pour pister un vol, ou cliqué au pif sur un globe terrestre pour écouter une radio FM brésilienne . Hé bien Pocket World , c'est un peu tout ça en même temps, plus la météo, les séismes, les bases militaires, les câbles sous-marins, les volcans en éruption, les indices boursiers et la qualité de l'air. Tout ça, accessible sur un seul globe 3D dans votre navigateur !
Vous chargez la page (C'est du Three.js et Globe.gl pour les curieux) et vous atterrissez sur la Terre. Une barre vous liste les couches activables : avions civils, cargos, militaires, navires en mer ou en rivière, satellites (le catalogue en affiche plus de 17 000), foudre en direct via Blitzortung, séismes via l'USGS, fusées qui partent dans la semaine.
Flight Radar gratuit
La force du truc, c'est que l'agrégation est super propre. Les vols viennent d'OpenSky Network et d'ADSB.lol, les navires d'AISStream et d'AIShub, la météo d'Open-Meteo, les satellites de CelesTrak, les radios de Radio Browser, la télé d'IPTV-org. Bref, que des sources publiques bien connues des bidouilleurs, sans scraping crado ni API obscure.
Côté espace, vous suivez l'ISS, les passages Starlink au-dessus de votre tête, les lancements à venir via Launch Library 2, et même les alertes éruptions solaires du NOAA SWPC.
Il y a 55 milliardaires en France
Et il y a des couches franchement originales pour un simple globe trackeur comme les ressources minières par pays (lithium, terres rares, uranium, cobalt), les pipelines et terminaux GNL, les data centers, les zones de sanctions, les navires sous pavillon piraté, ou la dette publique en pourcentage du PIB.
Maintenant, j'ai aucune idée de qui est derrière puisqu'il n'y a pas de page "team", ni de GitHub mais sachez que si ça vous plait, le site accepte les donations en Bitcoin, Ethereum, USDT et TON.
Les lancements de fusées
Bref, à garder en favoris pour la prochaine pause-café où vous voulez regarder ce qui se passe sur la planète.
Et merci j0j0b4rj0 pour le lien !
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Cette semaine c’est l’Open Access Week. Pour marquer l’occasion, de nombreuses ressources sont publiées (#teasing : reviendez demain pour une nouveauté de et par Pierre-Carl
).
Parmi ces ressources, figshare a édité une compilation d’articles traitant des données ouvertes dans le domaine de la recherche scientifique. Pour rappel, figshare est la première plate-forme au monde à proposer la publication de jeux de données issus d’expérimentation scientifique ainsi que des figures et autres supports n’ayant pas trouvé de place dans un article scientifique « officiel ». Séquence émotion pour votre serviteure qui était en thèse au même moment que Mark, le fondateur de figshare, avec qui on avait organisé une compétition de blogs scientifiques et co-écrit la toute première FAQ de figshare.
Mais revenons à nos moutons. Le rapport de figshare, intitulé The State of Open Data, est une sélection de divers papiers de recherche écrits par des scientifiques de différentes universités, de représentants associatifs et d’experts du secteur privé. Le sujet est assez vaste et parle des données ouvertes en général, même si les données de la recherche y ont une place notable. N’y cherchez pas par contre de participation française…
Deux articles présentent les conclusions du questionnaire adressé à la communauté scientifique par figshare. Le questionnaire a recueilli les réponses d’environ 2 000 personnes. Les données brutes anonymisées sont disponibles sur figshare. J’en ai utilisé pour illustrer certains points de la discussion.
Deux grandes dimensions ressortent des réponses : les défis structurels et ceux liés à la culture de l’ouverture de la recherche. Cette dernière englobe les questions « classiques » du genre « mais pourquoi devrais-je ouvrir mes données alors que mes collègues n’en font rien ? », « est-ce que mes concurrents vont utiliser mes données pour me devancer dans la publication et donc, avoir les financements pour lesquels je rempile ? » ou encore « peut-on se rendre compte que j’ai un peu exagéré les résultats obtenus ? ». La question de la reconnaissance des efforts individuels d’ouverture des données revient à différents endroits dans le rapport et notamment dans l’article de David Groenewegen (directeur de recherche à l’université Monash, Australie ; pp. 34-36). Ces questionnements sont « humains », pour reprendre le qualificatif des auteurs, mais je ne m’y attarderai pas.
La dimension structurelle qui émerge de ce questionnaire est discutée en de plus amples détails. Elle englobe des questionnements plus pratiques tels que « qu’est-ce que je dois faire pour ouvrir mes données ? », « quel(s) est(sont) le(s) bon(s) format(s) ? », « ai-je la permission de mon agence de financement de partager les données de mes recherches ? » ou encore « partager OK, mais n’est-ce pas du travail supplémentaire pour moi et qui ne reçoit aucune reconnaissance ? ».
Les réponses recueillies permettent de dresser un état des lieux de la connaissance et l’utilisation des données ouvertes en recherche. Bien évidemment, la méthodo peut être critiquée, mais les observations que l’on peut faire ont un intérêt qualitatif et méritent d’être soulignées.




Et parlant de recherche et d’obtention de financements, le monstre des citations s’impose. Les réponses sont assez intéressantes ici :

De manière assez surprenante quand même, les interrogés avouent ne pas toujours bien savoir comment citer les jeux de données réutilisés.
Au-delà des observations autour des pratiques, on peut également tirer quelques conclusions supplémentaires également intéressantes :


La question des licences est loin d’être anodine. Je vous recommande vivement la lecture de cette brève “twitterstorm” de John Wilbanks, anciennement à l’origine de Science Commons (l’initiative liée à la science chez Creative Commons) et aujourd’hui, l’un des piliers de Sagebio. Il souligne la complexité inhérente de la notion de propriété intellectuelle et son rapport peu amène avec l’objet “données” :
Ces observations font donc ressortir l’importance de trois éléments structurels du processus par lequel on rend publiques des données issues de la recherche scientifique :
Dr Sabina Leonelli (University of Exeter, Royaume-Uni, pp. 7-12) met l’accent sur l’impact des données ouvertes sur l’économie et la politique de la recherche tel que l’on peut le penser à partir des conceptions que l’on a des données scientifiques :
Que la recherche soit mue par des données plutôt que par des théories, des hypothèses, des modèles ou des changements de politiques publiques reste un sujet de débat. Ce qui est clair [cependant], c’est que les données sont de plus en plus conceptualisées comme des produits dont la valeur est inhérente à la recherche scientifique, plutôt que comme des composantes du processus de recherche qui n’ont pas de valeur propre.
Elle ajoute que les réutilisations que l’on peut faire de ces données ne ressemblent pas toujours celles que l’on fait traditionnellement des publications scientifiques. Ainsi, il est important de bien analyser pourquoi le mouvement en faveur des données ouvertes est devenu aussi populaire dans le discours scientifique et politique contemporain. Pour ce faire, elle propose d’articuler la réflexion autour des quatre dimensions suivantes :
Pour rebondir sur les considérations sociétales et culturelles et la valeur des données de recherche, l’article de Prof. Daniel Paul O’Donnell (université Lethbridge, Canada ; pp.38-40) sur les changements induits par les données ouvertes dans les sciences humaines est intéressant. Il y élabore le changement de pratique et la redéfinition des objets d’étude en SHS, dans une veine sensiblement épistémologique. En effet, la tradition veut que les chercheurs en SHS travaillent sur des détails provenant d’un corpus réduit lesquels permettent de construire une argumentation plus générale et généralisable. Comme il le remarque avec un certain amusement, « à l’ère de l’open data, on peut être tenté de voir cette démarche comme une analyse d’un petit échantillon sans puissance statistique ». Mais une telle critique constituerait « une sorte d’erreur catégorielle », comme il dit. En effet, la recherche SHS diffère de celle dans les sciences dites « dures » par sa finalité : les premières visent à l’interprétation alors que les dernières cherchent des solutions. Ainsi, conclut-il :
[l]e véritable défi pour les sciences humaines à l’ère des données ouvertes numériques est de reconnaître la valeur des deux types de sources, à savoir le matériau que nous pouvons générer avec des algorithmes à des échelles autrefois impensables et la valeur toujours actuelle du passage originel.
Enfin, diverses participations proposent des approches permettant d’accélérer les activités de plaidoirie et de sensibilisation autour de l’ouverture des données de recherche. Je vous laisse les découvrir et, qui sait, vous en inspirer !