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À partir d’avant-hierInformatique & geek

Il a entièrement recodé 8 vieux OS en HTML + un VB6 qui sort des .exe.

Par : Korben ✨

Wiesław Šoltés , un développeur open source spécialiste de .NET et d'Avalonia, a publié d'un coup sur son Github, plusieurs reconstitutions de Windows 3.1, 95, 98, Me, 2000, XP, Vista et même Mac OS 9 directement utilisables dans le navigateur ! Vous cliquez sur le lien, la page se charge en moins de deux secondes, et hop, vous voilà devant le Program Manager, le menu Démarrer ou le Finder.

Les huit bureaux au démarrage : Windows 3.1, 95, 98 et Me en haut, 2000, XP, Vista et Mac OS 9 en bas

Et ce ne sont pas des coquilles vides comme on le voit parfois mais de vrais OS complets. Le Windows 3.1 compte 28 applications rangées dans les groupes d'origine du Program Manager, XP en a 56, et Windows Me monte à 60 app en comptant les panneaux de configuration. Donc si vous n'avez jamais connu ces machines en vrai parce que vous êtes un.e petit.e jeune, c'est l'occasion de tripoter vous-même ce que vos aînés vous racontent depuis des années.

Le Démineur de Windows 3.1, ouvert par-dessus les groupes du Program Manager

Toutes les applis d'un même bureau partagent en plus un disque virtuel. Ainsi, sous Windows 95, un document enregistré dans Notepad apparaîtra dans l'Explorer tout comme dans l'invite MS-DOS, et l'interpréteur de commandes gère les redirections et les jokers (les *) sans soucis.

Voici par exemple le début d'une petite séquence que propose le README, à taper dans une invite de commande MS-DOS pour créer un fichier :

CD "C:\My Documents"
ECHO Hello from DOS>hello.txt
TYPE hello.txt
DIR /B *.txt

L'invite MS-DOS de Windows 95 après la séquence ci-dessus : hello.txt est créé, lu puis listé

Côté jeux, XP propose le Spider Solitaire, une Dame de pique contre trois adversaires pilotés par l'ordinateur et un flipper dont le tableau original, s'inspire de Space Cadet. Vista, quant à lui, ressort Chess Titans, Mahjong Titans, Purble Place et InkBall avec ses gadgets sur le côté, et Mac OS 9 a son Finder spatial, ses 33 tableaux de bord et sa Graphing Calculator.

Le flipper de Windows XP, une table originale inspirée de Space Cadet

Chess Titans sous Vista, avec l'horloge, le diaporama et le calendrier en gadgets

Mac OS 9 et sa Graphing Calculator, qui trace ici y = sin(x)

Maintenant, ce qui m'a intrigué, c'est comment ça peut démarrer aussi vite ???

Eh bien tout simplement parce que rien n'est émulé ! Par exemple, un émulateur comme v86 , dont je vous parlais en 2022, traduit à la volée le code machine x86 en WebAssembly pour faire tourner Windows lui-même dans le browser. Mais ici, il n'y a ni noyau Windows ni processeur virtuel, car chaque fenêtre, chaque menu et chaque application ont été réécrits en HTML, CSS et modules JavaScript. Les fenêtres sont donc des éléments de page web ordinaires, que le navigateur affiche comme n'importe quel site.

Le code, lui, est volontairement dépouillé, avec par exemple Windows 3.1 qui n'a besoin d'aucun framework ni d'aucun bundler, ou encore le bureau de Windows 95 qui s'affiche via un simple python3 -m http.server.

Seuls le fond d'écran, les économiseurs et certaines opérations de dessin passent par le GPU en WebGPU, avec un repli sur WebGL2 puis sur Canvas 2D si votre machine ne suit pas. Et sur Windows 3.1 comme sur Mac OS 9, l'image ne se redessine que quand quelque chose change, donc un bureau au repos ne relance aucun rendu au niveau GPU.

Pour le poids, pareil, c'est super léger. Cache désactivé, chaque "OS" charge très peu de data : 183 Ko pour Windows 95, 180 Ko pour Mac OS 9 et 306 Ko pour Windows 2000. Et XP et Vista montent à 4,5 et 2,5 Mo. À titre de comparaison, DrawingSpace , un éditeur de diagrammes façon Visio du même auteur, écrit en C# et compilé en WebAssembly avec Uno Platform, en réclame 17 Mo.

DrawingSpace, l'éditeur de diagrammes du même auteur, écrit en C# et compilé en WebAssembly

Le revers de la médaille, vous l'aurez compris, c'est que vous n'avez pas Windows sous la main, mais sa reconstitution. Aucun programme d'origine ne s'exécute, et l'équivalence au pixel près n'a pas été établie. Pour montrer à quoi ressemblait un bureau à quelqu'un qui ne l'a pas connu, ou pour choper un peu de code afin de développer votre propre bureau Windows HTML pour y mettre votre site web, c'est parfait. Mais pour relancer un logiciel d'époque tel qu'il était, faudra passer par v86, par Infinite Mac pour Mac OS 9, ou encore par RetroTick , qui exécute les vrais .exe Windows et DOS.

Mais le plus beau morceau de tout ce que le garçon nous a sorti, c'est je trouve, VB6 Studio Web , publié le même jour. C'est un Visual Basic 6 dans un onglet, avec sa boîte à outils, sa fenêtre Properties, son concepteur de formulaires et un débogueur pas à pas. Vous appuyez sur F5 et le projet d'exemple (une saisie de commandes shopping) se lance aussitôt. Et le code VB n'est pas confié à un eval JavaScript, mais réellement exécuté par un compilateur et une machine virtuelle maison, avec 37 types de contrôles différents dispos.

VB6 Studio Web après un F5 : le projet d'exemple Order Entry tourne dans l'IDE

Ouvrez ensuite l'exemple Calculator par File, New Project..., puis lancez File, Make Calculator.html, et votre programme deviendra une page HTML unique qui embarquera son propre runtime. Sur l'exemple Calculator, ça m'a donné un fichier de 1,9 Mo qui s'ouvre directement depuis le disque, sans l'IDE, et qui répond bien 42 quand je lui demande de faire un 6x7 (ouais, six-seven, on soutient la cause lycéenne ici !).

Pour ceux qui ont des archives, il peut aussi ouvrir les projets .vbp et .vbg d'époque, depuis des fichiers, un dossier ou un ZIP, et il embarque même un agent de code qui pilote l'IDE avec votre propre clé OpenAI, Anthropic ou Gemini.

L'entrée voisine, "Make Calculator.exe" (Win32 AOT), va encore plus loin puisqu'un éditeur de liens PE32 et un générateur de code x86 écrits en JavaScript y fabriquent un exécutable Windows natif, sans quitter le navigateur.

Chez moi, après compilation, j'ai obtenu un fichier de 34 ko que la commande file identifie comme un véritable exécutable PE32 pour Windows. Je ne l'ai pas lancé sous un vrai Windows, mais ça devrait normalement se lancer vu que c'est assez basique comme code.

Le projet Calculator après Make Calculator.exe : la barre d'état annonce 34304 octets, code x86, contrôles natifs et GDI, sans extraction

La même calculatrice exportée en un seul fichier HTML, ouverte hors de l'IDE : 7 × 6 = 42

Bref, le mec a fait des trucs de zinzin, à se demander comment un développeur peut-il sortir autant de choses à lui tout seul ?

Probablement grâce à l'IA, puisque les projets contiennent pour la plupart un fichier .openai/hosting.json mais peu importe, même si c'est vibe codé, c'est quand même un gros boulot et la qualité est au rendez-vous.

Voilà, si vous voulez tester, tout se lance sans rien installer, depuis les dépôts Windows 3.1 , 95 , 98 , Me , 2000 , XP , Vista et Mac OS 9

Vos fichiers créés dans ces "OS" resteront bien sûr dans le navigateur dans un IndexedDB, donc si vous videz les données du site ou si vous changez de navigateur, votre ordinateur virtuel repartira de zéro...

Sous Windows 95, l'outil Backup exportera le disque en JSON donc il y a quand même moyen de faire un petit export si ça vous amuse et bonne nouvelle, son VB6 Studio Web est sous licence MIT, donc si vous avez encore un vieux projet VB6 qui dort sur un disque dur, vous savez maintenant où aller pour tenter de le rouvrir !

Trynix - Testez des classiques Linux sans rien installer

Par : Korben ✨

Vous voulez vérifier un truc dans une vieille version de Python, du genre celle de 2017, histoire de voir si le bug que vous traquez vient de là. Normalement ça veut dire chercher une image Docker ou un vieux binaire de python, pour faire vos tests. Mais avec trynix, vous cliquez un lien et hop, vous avez un shell avec votre outil.

Ce site est signé Farid Zakaria, qui bricole autour de Nix depuis des années et appelle ça son "magnum opus". En gros, une machine Linux x86_64 démarre dans votre onglet, avec le paquet demandé déjà accessible dans le PATH. Rien à installer et pas de compte à se créer, ça marche direct dans le browser.

J'ai essayé ce matin avec python3 en version 3.6.2 . Le navigateur va chercher les chemins du store, vérifie leurs signatures, et au bout d'une trentaine de secondes le prompt s'affiche. Je tape alors python3 --version, il me répond Python 3.6.2, avec la glibc 2.25 et l'OpenSSL 1.0.2l de l'époque livré avec. Et voilà comment je me retrouve avec un Python de 2017 dans un Chrome de 2026, sans rien toucher à ma machine.

Le terminal de la machine virtuelle, dans l'onglet : Python 3.6.2 répond, et les seize chemins du store sont vérifiés juste au-dessus.

Et ce ne sont pas trois démos préparées à l'avance puisque l'index recense les 310 000 et quelques versions que nixpkgs a livrées en treize ans. Toutes ne démarrent pas, attention, il n'y en a que 274 729 avec un binaire x86_64 dans le cache, et le reste est non libre, cassé, ou hors du lot.

Ce qui rend la chose possible, c'est en fait une simple ligne d'en-tête HTTP. Le cache binaire de Nix sert un access-control-allow-origin: *, donc votre navigateur a le droit d'aller y piocher tout seul. Et le plus drôle, c'est que Zakaria avait lui-même réclamé cet en-tête en 2021, pour un tout autre projet. Et 5 ans plus tard, il s'en sert pour démarrer des machines virtuelles... Qui aurait pu prédire comme dirait l'autre !

Pour l'émulation, après il n'a rien réinventé. Il a tout simplement repris prend qemu-wasm , le QEMU compilé en WebAssembly de ktock, et la machine virtuelle ne boote même pas vraiment, mais reprend un instantané figé à l'avance. En tout cas, c'est bien pensé et très pratique.

Du Linux dans un navigateur, je vous avais d'ailleurs déjà montré ça ici avec cette machine virtuelle x86 . Sauf que ces trucs-là chargent une image figée à l'avance, alors qu'ici, on choisit vraiment son contenu en 1 clic.

Niveau vitesse, le projet annonce un lancement en 3 secondes, mais c'est le temps d'obtenir le shell quand tout est déjà dans le cache du navigateur. Chez moi, lors de mes tests, au premier passage, il a fallu 30 secondes, puis 7,5 secondes au suivant. Et une fois dedans ça reste poussif, parce que chaque binaire est traduit du x86 vers le WebAssembly à son premier lancement, ce qui peut faire monter le chargement à deux minutes sur les gros binaires.

Et il y a aussi un plafond puisque tout doit tenir dans la mémoire de l'onglet, soit environ 1,5 Go. Et c'est une console série, donc vous ne pourrez rien lancer de graphique, pas de fenêtre, pas de souris... Bref, que les outils en ligne de commande et rien d'autre ! Mais bon, vous êtes de vrais barbus qui n'ont peur de rien à part du déo, donc je ne suis pas inquiet ^^.

Ce qui est vraiment cool avec Trynix surtout, c'est l'action GitHub que son dev a sortie dans la foulée. Si votre intégration continue pousse déjà ses compilations dans un cache, un bot colle un lien sous la pull request et le relecteur lance le code au lieu de le lire. Comme ça, fini le clone, la compilation et le "*ça marche chez moi pourtant *" invérifiable. Même topo pour faire essayer un truc à quelqu'un qui n'a ni Nix ni Docker... Suffit de lui envoyer le lien.

Un petit point sécu quand même que je tiens à vous signaler : L'URL transporte à la fois les caches supplémentaires et les clés qui les valident, du coup la signature vous prouve bien que le binaire vient du cache annoncé... mais pas qu'il vient de quelqu'un de fiable. En effet, cliquer sur un lien trynix inconnu, ça revient à lancer le programme d'un inconnu, et même si ça se passe dans la sandbox de l'onglet du navigateur (ce qui limite les dégâts), c'est quand même mieux d'en avoir conscience !

Bref, voilà encore un chouette projet sous licence MIT et si ça vous chauffe, ça se passe sur trynix.dev .

Source : Simon Willison

reVCDOS - Vice City en entier dans un onglet

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de GTA Vice City ?

Non ? C'est normal, c'est un petit jeu qui est passé relativement inaperçu ^^. Dans ce jeu, on est plongé dans le Miami des années 80, avec ses chemises à fleurs, Tommy Vercetti et la radio à fond dans une décapotable volée.

Eh bien bonne nouvelle pour les fans, le jeu tourne aujourd'hui en entier dans un onglet de votre navigateur, sans rien avoir à installer, et ça s'appelle reVCDOS.

Derrière, c'est reVC, on retrouve la décompilation du moteur du jeu dont je vous ai déjà parlé, recompilée en WebAssembly par l'équipe de DOS.Zone. Autrement dit, ce n'est pas de l'émulation mais le vrai moteur d'origine qui tourne direct dans un browser.

Et ça se joue comme vous voulez, au clavier et à la souris, à la manette, ou carrément du bout de votre doigt tout gras sur un téléphone en portrait comme en paysage.

Les codes de triche marchent aussi, tapés au clavier comme à l'époque, et vous pouvez charger vos propres mods dans le navigateur avec des fichiers dff et txt qui sont supportés tels quels, sans conversion.

Si vous êtes chaud, pour jouer, ça se passe sur la page du projet . Le jeu a besoin des données de Vice City, et le site vous propose cinq façons de les lui donner : Il y en a 2 qui les téléchargent pour vous, dont un torrent, et 3 qui vous laissent envoyer les vôtres, en dossier, en fichiers ou en zip. Je vous conseille la deuxième méthode, car la première, c'est du piratage, et le piratage, c'est maaaal ! Et ouais, il faut bien financer les petits studios comme Rockstar.

Bref, il vous faut les fichiers du jeu d'origine mais bonne nouvelle : sur Steam, on trouve encore aujourd'hui la Definitive Edition, à 59,99 €. Franchement, pour un jeu sorti y'a 24 ans, c'est vraiment donné, non ? Ah bah oui, je vous l'ai dit, il faut financer les petits studios.

Et si vous préférez héberger le bidule vous-même, sachez que le dépôt Github du projet publie les binaires et une image Docker qui convertit vos fichiers au format attendu ! Comptez une cinquantaine de mégas au démarrage, le reste arrive en cours de partie.

Un truc à savoir avant de vous lancer, parce que ça pique : les sauvegardes locales sont pétées depuis des mois, et l'auteur a fini par lâcher sur son forum que "les sauvegardes ne sont disponibles qu'avec un abonnement". Donc si vous vous lancez dans une partie, il faudra jouer jusqu'au bout. Ou alors, vous vous démerdez pour débuguer votre install.

Et profitez-en tant que c'est là, parce que Take-Two a déjà fait tomber ce portage à coups de DMCA l'an dernier. Bref, un tour à Vice City ce soir, ça ne se refuse pas.

Source : Tom's Hardware

Votre vieux Morrowind se relance dans le navigateur

Par : Korben ✨

Si vous êtes fan de The Elder Scrolls III: Morrowind, j'ai une bonne nouvelle pour vous : vous allez pouvoir y jouer directement dans un onglet de navigateur ! En effet, c'est ce que nous propose openmw-web , signé Virtastic et sorti il y a quelques jours !

openmw-web fait donc tourner Morrowind dans un browser en recompilant OpenMW vers WebAssembly avec Emscripten. OpenMW, c'est le moteur libre qui réimplémente de zéro celui du jeu, et l'avoir en WebAssembly, ça permet de le faire tourner localement sur votre machine dans le navigateur.

Si vous voulez tester, il y a deux façons de vous lancer. Soit via le monde de démo livré avec OpenMW qui est jouable direct avec un petit village, ses PNJ, ses gardes et des créatures qui rôdent autour.

Ou alors vous pointez le navigateur vers le dossier Data Files de votre propre installation. Les fichiers sont alors lus en streaming depuis le disque via la File System Access API, rien n'est uploadé nulle part, et Tribunal, Bloodmoon et vos mods en .esp, .esm ou .bsa sont détectés tout seuls.

Dans ce mode, les sauvegardes atterrissent ensuite sous la forme de vrais fichiers dans un sous-dossier openmw-web-saves, donc vider le cache du navigateur ne les effacera pas. Alors que sur le monde de démo, elles resteront dans le stockage du navigateur, et là si vous videz votre cache en mode bourrin, vous perdrez votre avancement.

J'ai lancé la démo, et je dois dire que ça tourne plutôt bien.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Virtastic est une boîte dont c'est le métier de recompiler des logiciels desktop en applis web. Ils vendent la prestation de conversion, la maintenance et l'hébergement, et licencient leur bibliothèque de dépendances déjà cross-compilées vers WebAssembly, genre Qt, CPython, OpenCASCADE ou FFmpeg.

Donc Morrowind c'est leur vitrine, avec FreeCAD et Jagged Alliance 2 en preview et Blender annoncé. Ça explique la finition du truc, car le gros du travail était surtout dans la chaîne de dépendances, et pas forcément dans le jeu.

Notez que de ce que j'ai lu dans la doc, sous Windows, visiblement le navigateur refuse d'ouvrir un dossier situé dans Program Files, là où Steam installe par défaut. Il faut donc copier Data Files sur le Bureau ou dans Documents avant de le sélectionner.

Le développeur a évoqué également un mode multijoueur parmi les fonctions à venir, ce que le jeu n'a jamais eu d'origine. Et sur le dépôt, il tient sa roadmap sous forme de tickets qu'il s'ouvre à lui-même.

Je vous parlais d'OpenMW en 2012 , quand c'était encore un moteur prometteur en cours d'écriture et nous voilà 14 ans plus tard, et ce même moteur tourne dans un Chrome OKLM. C'est beau non ? Dans le genre vieux logiciel qui déménage dans le navigateur, y'a aussi ce émulateur x86 en WebAssembly qui reste mon autre chouchou.

Amusez-vous bien !

Source

Firefox en WebAssembly - Gecko s'embarque dans vos pages web

Par : Korben ✨

Vous avez une TV connectée qui vous crache de la pub, un navigateur intégré dedans qui n'accepte aucune extension, et surtout aucun moyen d'installer quoi que ce soit dessus ? Bonne nouvelle les amis, l'équipe de Puter vient de compiler Firefox en WebAssembly, ce qui fait que ce mur commence sérieusement à se fissurer...

On avait déjà de vieux OS et des émulateurs x86 qui tournaient dans une page web , et là on passe carrément au navigateur au complet. La démo est en ligne si vous voulez tester tout de suite.

L'idée, la voilà... vous ouvrez un onglet dans votre navigateur, et dans cet onglet, c'est un Firefox complet qui tourne, avec son propre moteur d'affichage. Curieux de savoir ce que ça pesait, j'ai récupéré les fichiers, et une fois tout déballé, on arrive à 233 Mo. C'est exactement le même Firefox que sur votre machine, sauf qu'il vit à 100% sur une page web.

Le plus marrant là-dedans, c'est toutes les possibilités que ça ouvre... Par exemple, il y a un gars sur Hacker News qui vient de récupérer une TV sous VIDAA, ce système où tout s'affiche en pages web et où le navigateur maison refuse le moindre bloqueur de pub. Et maintenant son programme du week-end c'est de démarrer Firefox dans le navigateur de la télé, puis d'y glisser uBlock Origin . Et ça vaut pour tout ce qui est cadenassé, la borne d'accueil, le Chromebook du collège, le poste du boulot où l'informatique vous a tout bloqué sauf le navigateur.

La deuxième, c'est de pouvoir vérifier un site dans Firefox quand vous n'avez pas de Firefox sous la main. Vous êtes sur iPhone, ou coincé sur le Chrome tout naze de votre boîte sans les droits admin ? Bah vous ouvrez un onglet et vous avez un vrai moteur Mozilla sous la main pour vérifier que votre page ne part pas en vrille.

La troisième possibilité s'adresse aux développeurs. Pour fabriquer une miniature de page ou prévisualiser du HTML, il faut d'habitude un navigateur qui tourne sur un serveur, avec la machine à payer derrière. Là, le rendu peut se faire directement chez le visiteur, grâce à un peu de code :

import { Gecko } from 'gecko.js';

const gecko = new Gecko({ canvas: document.querySelector('canvas')! });
await gecko.init();
await gecko.load('data:text/html,# hello from Gecko

');

Maintenant, la limite de la démo actuellement en ligne, c'est que tout le trafic passe par les serveurs de Puter, sans quoi ça ne pourrait pas fonctionner du tout. Le HTTPS reste bien chiffré de bout en bout, mais évitez quand même d'y taper vos mots de passe. Ah et ça rame aussi un peu, et sur mobile c'est mort pour le moment. En tout cas, c'est pas un truc que je vous conseille d'utiliser au quotidien parce que bien employé par un cybercriminel, ça pourrait permettre s'il y a une faille dans le moteur de rendu évidemment de lire par exemple vos cookies.

Donc si vous l'utilisez, pensez bien à faire tourner chaque site que vous visitez avec ça, dans une instance séparée

Ce chantier a été entrepris avec l'aide de Claude d'Anthropic. Il a englouti une trentaine de milliards de tokens, soit dans les 25 000 $ au tarif normal. Mais heureusement, l'équipe de Puter avait un abonnement Max et s'en est tirée "que" pour une centaine de dollars. Voilà, c'est de la bidouille, avec les défauts qui vont avec mais avouez que c'est beau ^^.

Le code est ici sous licence MPL, et y'a aussi WebkitWasm qui fait la même chose avec WebKit.

Source : Simon Willison

Half-Life 2 dans le navigateur - Le hack d'un lycéen

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez lancé Half-Life 2 et que vous avez attrapé une caisse avec le gravity gun ? Eh bien un lycéen qui se fait appeler slqnt vient de remettre tout ça dans votre navigateur, gratuitement, sans avoir à installer Steam ni à télécharger le moindre gros paquet. Ça se passe sur hl2.slqnt.dev , c'est en ligne depuis hier, et le jeu tourne tout en fluidité, largement au-dessus des 60 images par seconde directement sous Chrome.

Sur mobile par contre, il vous faudra un clavier branché parce que les contrôles tactiles sont quasi inexistants pour l'instant, mais sur un PC, vous lancez la page et vous voilà à Black Mesa East.

Maintenant, le plus intéressant c'est comment il s'y est pris, parce que porter un jeu bâti sur le moteur Source de Valve (le même que celui de 2004, successeur de GoldSrc) dans un onglet, ça ne se fait pas en claquant des doigts.

Et slqnt n'est pas parti de zéro puisque c'est un copain qui lui a montré un portage de Portal fait par un autre dev nommé weliveinhell. Ce projet open source était d'ailleurs lui-même un fork de nillerusr/source-engine , c'est-à-dire une version modifiée de la fuite du code du moteur Source de Team Fortress 2 qui a circulé en 2020. Voilà pour la base du truc qui n'est ni plus ni moins que le moteur leaké patiemment retapé par la communauté.

L'astuce de ce portage tient dans un mode de rendu appelé ToGLES. En gros le moteur sait parler OpenGLES, le truc qu'on utilise d'habitude pour les applis Android, sauf qu'Emscripten sait traduire ces appels en WebGL2 dans le navigateur. Résultat, slqnt n'a eu quasiment aucun travail à faire côté affichage, le plus dur étant déjà fait.

Le casse-tête par contre, ça a été d'abord les assets, parce que cette version du moteur date d'avant la réédition anniversaire de HL2 et ne supportait pas ses fichiers. Il a donc fallu basculer sur la branche steam_legacy de Steam, puis dépaqueter tous les VPK du jeu et les redécouper en fichiers .data, un par carte, pour que le navigateur les charge au fur et à mesure.

Et puis il y a eu les animations faciales. C'était l'une des grandes fiertés techniques de HL2 à sa sortie, la façon dont les visages bougeaient en parlant. Sauf que ça faisait tellement planter le portage que slqnt a fini par désactiver complètement le système pour avoir quelque chose de stable.

Du coup le G-Man vous fait son monologue d'intro avec un visage figé, mais au moins ça tourne. Le reste de son journal de bord est également une jolie liste de galères de bidouilleur, vu de l'intérieur avec au hasard, les sauvegardes à recâbler sur le système de fichiers d'Emscripten, les batteries et medkits qui ne fonctionnaient pas, le gravity gun qu'Alyx vous tend mais qui n'arrivait jamais dans l'inventaire, les PNJ qui s'effondraient et mouraient au hasard, les headcrabs qui ne faisaient aucun dégât, l'eau toute noire et j'en passe...

Petit détail qui parle à quiconque a déjà bidouillé un jeu, il a dû remapper l'accroupissement sur la touche C, parce que CTRL déclenchait des raccourcis du navigateur qui pourrissent la partie.

Reste maintenant la question que tout le monde se pose : Est-ce que Valve est au courant ? Parce qu'un portage qui repose sur du code moteur leaké et sur les assets du jeu, légalement, c'est une zone grise bien grise qui tire vers le noir.

Valve a toujours été plutôt cool avec sa communauté de moddeurs, mais ça pourrait disparaître du jour au lendemain. Après si l'idée d'un jeu Source qui tourne dans un onglet vous fait marrer, c'est exactement le même esprit que ce Portal 2 transformé en serveur web , ou que ce Doom qui tourne avec juste du CSS . Mettre les vieux FPS dans le navigateur, c'est presque devenu un sport, je vous en parlais déjà avec Wolfenstein 3D .

Bref, foncez essayer tant que c'est en ligne. Et si vous y arrivez sur mobile sans clavier, écrivez vite un bouquin pour raconter comment vous avez fait !

Source

Clash of Clans 2012 - La version disparue est rejouable en ligne

Par : Korben ✨

C'est triste mais la toute première version de Clash of Clans, celle de 2012, n'était plus jouable nulle part depuis longtemps. En effet, les serveurs officiels rejettent ses vieilles connexions depuis des années, et donc plus personne ne pouvait y remettre les pieds.

Mais c'était sans compter sur Mike, le dev derrière Atrasis Retro et fidèle lecteur de Korben.info, qui vient de ressusciter l'app ! Et, oh magie de l'internet, vous pouvez y rejouer direct depuis votre navigateur, maintenant là tout de suite, sans rien avoir à télécharger.

Vous cliquez ici et hop, vous voilà dans le village originel tel qu'il était il y a maintenant plus de dix ans. Bien sûr, tout cela représente un boulot de dingue puisque Mike est parti d'un seul artefact, un binaire iOS de 4 Mo compilé en ARMv7 32 bits en 2012. Il l'a décompilé à coups d'IDA, traduit instruction par instruction en C++ au moment de la compilation (et pas à l'exécution, pour avoir zéro perte de perf), réimplémenté tout l'environnement iOS autour (UIKit, OpenGL ES, les sockets...etc.), puis recompilé le tout en WebAssembly pour que ça tienne dans un seul onglet.

Le mec est fou !

Et comme les serveurs officiels de Supercell envoient bouler les vieilles connexions en v1.70, il a carrément reconstruit un serveur compatible de zéro lui aussi, en C#, qui parle le même protocole réseau d'origine (c'est du RC4 sur TCP) et qui rejoue la même synchronisation déterministe que le jeu de l'époque. Résultat, vous vous retrouvez avec le jeu de 2012 dans son jus, avec les classements et les batailles multijoueur. Que du bonheur quoi !

Pour moi, c'est dans le même esprit que le port natif de Twilight Princess dont je vous parlais, que ce Zelda 64 recompilé , ou que l'outil de recompilation de ROMs que je suis en train de faire. Prendre un vieux binaire et le faire revivre par la recompilation plutôt que par l'émulation, moi j'adore !! Puis pour une fois, c'est pas un classique de Nintendo vu et revu mais quand même l'un des plus gros hits mobiles de l'histoire du smartphone. C'est une vraie capsule temporelle pour tous les anciens jeunes que vous êtes, loool. (Moi je suis toujours jeune, me faites pas chier ^^)

Maintenant, faut quand même que je précise un truc, et Mike est le premier à le dire... Son portage embarque évidemment les ressources du jeu de Supercell. On n'est donc pas du tout sur du "juridiquement" blindé. De plus, Supercell interdit noir sur blanc les serveurs privés dans sa fan content policy , et la boîte a déjà dégainé des DMCA contre des projets qui touchaient à son code. Donc autant en profiter tant que ça tourne en eau de boudin...

Ou alors Supercell se dit que son jeu a bien vécu et que ce portage leur fait une jolie pub gratuite et n'est aucunement une nuisance pour eux. Bah quoi, ce serait bien qu'un jour, les ayants droits aient un peu de souplesse sur ce genre de projets faits par des fans.

Bref, voilà, si vous avez connu Clash of Clans à ses débuts, allez y faire un tour, c'est gratuit et surtout, savourez l'instant car on ne sait jamais combien de temps ça va rester en ligne.

DirPlayer - L'émulateur qui ressuscite Shockwave

Par : Korben ✨

Flash à sa grande époque c'était quand même tout un truc, mais est-ce que vous vous souvenez de Shockwave ? Le grand frère de Flash (techniquement c'était une autre techno bâtie sur Director mais bref...), qui était capable de faire tourner des trucs bien plus complexes que les vieux .swf ?

Et ben l'équipe derrière DirPlayer s'est tapé tout le reverse-engineering du moteur Director from scratch pour le ressusciter grâce à Rust et le rendre à nouveau fonctionnel dans nos navigateurs modernes !

Faut savoir qu'Adobe a débranché Shockwave Player en avril 2019 et Flash un peu plus tard, et avec eux c'est un pan entier du web rétro qui s'est retrouvé inaccessible du jour au lendemain. Du genre tous ces jeux qui tournaient sur Shockwave.com ou les vieux portails de mini-jeux des années 2000, paf, d'un coup plus moyen d'y rejouer.

Alors heureusement, pour Flash, y'a déjà Ruffle qui fait tourner les bons vieux .swf. Hé bien ici c'est le même principe avec DirPlayer pour les .dcr Shockwave.

L'outil se décline sous 3 formes. D'abord une extension Chrome qui détecte automatiquement les balises Shockwave qui traînent encore sur les vieux sites web, ce qui peut être sympa pour redécouvrir des sites des années 2000.

Y'a aussi une version standalone construite avec Electron qui embarque carrément un debugger Lingo (le langage de scripting de Director, super pratique si vous voulez bidouiller du contenu existant). Et enfin un polyfill JS auto-contenu qui réécrit les et directement sur votre site web.

Perso, pour vous faire une idée, je vous invite surtout à jeter un oeil à la démo web pour tester rapidement parce qu'il n'y a rien à installer. Mais dès que vous voudrez analyser ou debugger un vieux jeu en profondeur, faudra plutôt opter pour la version standalone.

Notez que DirPlayer utilise Ruffle en submodule Git donc les 2 projets sont liés et bonus côté sécurité, le tout tourne en WebAssembly avec le sandboxing du navigateur, donc y'aura plus toutes ces failles qu'on pouvait retrouver à l'époque sur l'ancien plugin Shockwave Player.

Pour les sites qui hébergent encore des applis ou des jeux Shockwave (genre archive.org, avec des musées interactifs ou des jeux des années 2000), c'est une nouvelle corde à leur arc. Et si vous avez de vieux .dcr planqués sur un disque dur, la démo web devrait pouvoir les avaler aussi (faudra tester quoi...).

Bref, grâce à Ruffle pour Flash et DirPlayer pour Shockwave, le web des années 90-2000 n'est pas encore tout à fait mort ! Un peu comme moi finalement ^^

Slint - Un toolkit GUI pour Rust, C++, JS et Python

Par : Korben ✨

Vous avez déjà voulu créer une appli desktop qui tourne sur Linux, Mac et Windows en même temps ? En Rust, c'était un peu compliqué jusqu'ici. Heureusement, Slint , créé par la société allemande SixtyFPS GmbH, propose une solution sympa !

L'idée, c'est de décrire votre interface dans des petits fichiers .slint (un genre de mini HTML/CSS pour appli native), et de brancher ça à du Rust, du C++, du JavaScript ou du Python. Comme ça, vous codez le visuel d'un côté, la logique de l'autre.

Et ce qui est encore plus cool c'est que leur runtime tient dans 300 KiB de RAM. A titre de comparaison, une appli Electron type Discord en bouffe plusieurs centaines de mégaoctets. Slint tourne donc aussi bien sur un Raspberry Pi, un microcontrôleur STM32, ou directement dans un navigateur via WebAssembly.

Par exemple, SK Signet, un fabricant sud-coréen leader sur le marché américain des bornes de recharge électrique, anime ses écrans tactiles 15 à 32 pouces avec. OTIV fait tourner ses trains autonomes dessus. WesAudio l'utilise également pour son plugin audio pro.

Donc c'est du sérieux et si vous voulez tester sans rien installer, direction SlintPad . Vous tapez du code, et le rendu apparaît dans le navigateur. Ensuite pour débuter un projet Slint en local, faudra faire un cargo install slint-lsp puis utiliser le template slint-rust-template dispo sur GitHub. 2 minutes de compilation plus tard et hop, vous avez votre première fenêtre.

Côté tarif, Slint est gratuit pour les projets open source et gratuit aussi pour les applis desktop, mobile ou web même propriétaires. Seul l'embarqué propriétaire est payant. Donc pour la majorité des gens, c'est gratos.

Le revers de la médaille c'est qu'il faudra apprendre un nouveau langage de description, et la bibliothèque de boutons et menus prêts à l'emploi est moins fournie qu'un Qt qui a 30 ans d'avance derrière lui. Mais ça vaut le coup d'essayer puis vu que tout le monde vibe code de toute façon, ça ne devrait pas vous poser trop de soucis.

Voilà, si vous bricolez vos propres outils sur Raspberry Pi ou que vous voulez juste une appli desktop ultra-légère sans embarquer un navigateur entier avec, c'est à regarder.

Merci Chrltc pour le lien !

Source : github.com/slint-ui/slint

tar-vfs-index - Monter du .tar.gz dans le browser sans l'extraire

Par : Korben ✨

Distribuer des paquets binaires en WebAssembly, c'est galère. Vous téléchargez le .tar.gz, vous le gunzippez, vous l'extrayez en mémoire... et ça rame sévèrement !! Mais youpi, Jeroen Ooms (qui contribue à webR et bosse chez ROpenSci) vient de publier tar-vfs-index , un petit npm package qui casse cette malédiction des enfers en sautant carrément l'étape extraction.

L'astuce est toute bête ! Au lieu d'extraire l'archive, on génère un fichier d'index qui liste la taille et l'offset de chaque fichier dans le tar. Du coup le navigateur n'a plus qu'à monter le blob du tar comme un système de fichiers virtuel, et chaque lecture devient alors un simple slice du blob à la bonne position. Pas d'extraction donc, mais juste du slicing à la demande !

Sous le capot, ça repose sur 3 propriétés alignées. 1/ le format tar est un layout plat : une suite de headers de 512 octets suivis des données du fichier, le tout contigu et adressable à l'octet près. 2/ Emscripten propose un backend filesystem appelé WORKERFS, prévu pour servir les lectures d'un Blob sans le copier dans le heap WASM. Et 3/ les navigateurs ont une API native, DecompressionStream , qui gunzippe efficacement pendant le téléchargement.

Concrètement, vous installez le truc avec npm install tar-vfs-index (y'a aucune dépendance externe) puis vous lancez npx tar-vfs-index archive.tar.gz. Et hop, le package vous sort un JSON dans ce genre :

{
 "files": [
 { "filename": "mypackage/DESCRIPTION", "start": 512, "end": 548 },
 { "filename": "mypackage/R/code.R", "start": 1536, "end": 1563 }
 ],
 "remote_package_size": 3072
}

Les valeurs start et end sont tout simplement les offsets dans les données tar décompressées, et remote_package_size indique la taille totale (pour que WORKERFS sache combien préallouer). Ensuite, côté navigateur, ça donne du JavaScript du genre :

const [metaRes, dataRes] = await Promise.all([
 fetch('archive.tar.gz.json'),
 fetch('archive.tar.gz'),
]);
const metadata = await metaRes.json();
const blob = await new Response(
 dataRes.body.pipeThrough(new DecompressionStream('gzip'))
).blob();
FS.mkdir('/pkg');
FS.mount(WORKERFS, { packages: [{ metadata, blob }] }, '/pkg');

Le cas d'usage qui a motivé tout ça, c'est webR , le portage du langage R en WebAssembly. Les paquets R sont distribués en .tar.gz et avant cette astuce, charger un paquet voulait dire copier des trucs partout. Maintenant le temps et la mémoire de chargement reviennent à peu près au coût du téléchargement et du gunzip, ce qui est nettement plus léger qu'une extraction complète en RAM. Et ça marche pour n'importe quel bundle distribué en tar.gz : assets de jeu, datasets pour du machine learning, runtimes Python via Pyodide, bref tout ce qui ressemble à une archive lourde côté navigateur !

Y'a également un mode --append qui colle l'index directement à la fin du tarball (le format tar autorise ce genre de bidouille). Ça donne donc un .tar.gz autonome qu'un loader peut monter sans aller chercher un fichier de métadonnées séparé !

Bref, c'est plutôt joli comme façon de faire et ça vaut le coup d'œil si vous trimballez du tar.gz dans du WebAssembly.

Source

Iron Wolf - Wolfenstein 3D recréé en Rust et jouable en ligne

Par : Korben

Wolfenstein 3D, pour ceux qui n'étaient pas nés en 1992, c'est le FPS qui a tout lancé. Le jeu de Carmack et sa bande chez id Software, qui a directement mené à DOOM l'année suivante.

Eh bien un dev Rust vient de le recréer de zéro, et c'est 100% jouable dans le navigateur.

Iron Wolf , c'est donc le projet de Michael Bohn, un allemand, qui bosse sur ce truc depuis mai 2021, soit près de cinq ans. On n'est donc pas sur un portage vibe codé à l'arrache. C'est vraiment une réécriture complète.

La version web d'Iron Wolf tournant dans le navigateur

Le bonhomme a carrément créé ses propres crates Rust pour émuler la carte VGA et la puce sonore OPL. J'ai d'abord cru qu'il réutilisait une lib existante, mais non, il a tout écrit from scratch en Rust. Bah ouais, développer ses propres librairies d'émulation hardware juste pour un side-project, what else ?? Je trouve que ça force le respect !

Le truc cool, c'est que la version shareware du jeu est incluse directement dans le dossier testdata/ du repo. Du coup sur macOS, Linux ou Windows, un git clone + just run-sdl-shareware et hop, vous voilà dans les couloirs du château. Attention sur Ubuntu 22.04, faut avoir libsdl2-dev d'installé avec apt install libsdl2-dev, sinon la compilation plante avec une erreur cryptique. Par contre, si vous êtes sur la version Ubuntu 24.04, là ça passe direct. Et si vous avez les fichiers WAD du jeu complet qui traînent sur un vieux CD-ROM quelque part, ce sera encore mieux car la version web permet de les uploader pour jouer à l'intégrale.

Ça tourne donc en WebAssembly sur wolf.ironmule.dev , sans plugin, juste Chrome ou Firefox récent. Voilà, si vous vous demandiez si on peut encore jouer au classique en 2026... la réponse est carrément oui !

Pour les curieux, le raycasting, cette technique de rendu qu'utilisait Wolfenstein 3D, est réimplémenté très fidèlement puisque le moteur de Michael dessine les murs comme le code de Carmack le faisait à l'époque... sauf que là ça tourne dans un onglet de navigateur. Vos fichiers de jeu sont également stockés localement via IndexedDB et un service worker gère le mode hors-ligne ce qui est très pratique pour jouer en avion ou quand on est chez Free (je décoooonnnne, humour humour).

Le projet en est à sa version 0.9.0, sous licence GPL-3.0 et si les classiques d'id Software recréés par des passionnés vous branchent, sachez que DOOM aussi a ses portages bien sympas.

Bref, si la nostalgie du raycasting vous titille, allez faire un tour sur wolf.ironmule.dev.

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