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This week Garmin's screenless Cirqa smart band received a firmware update that fixes one of its most obvious gaps: the lack of alerts from your phone. With Version 4.20, you can now set up your smart band to buzz your wrist for texts, calls, and other smart notifications from your phone. The addition is listed on Garmin's forums as "Support vibration for smart notifications/incoming calls." Reaction has been upbeat, too—users on the Garmin subreddit have been glad to see the feature arrive.
Amusingly, Garmin's own FAQ still states that the Cirqa does not vibrate for text messages, phone calls, or other smartphone notifications. Clearly that page is now out of date, so Garmin will want to correct it. Since Garmin doesn't yet have step-by-step instructions, I tested the text-message vibrations myself. Here's how you can set up your Cirqa smart band to vibrate for calls and texts, in addition to a number of other promising updates to check out.
To receive these alerts, your band must be running firmware 4.20 or later. Here is how to get everything configured.
Update the firmware. Open your Garmin Connect app and sync your Cirqa, so the app can check for and install version 4.20 or newer.
Grant the necessary phone permissions. In your phone's settings, make sure Garmin Connect has permission to access SMS, Contacts, and Phone.
Configure notifications in Garmin Connect. Back in Garmin Connect, tap the Menu (or More) tab. Select Garmin Devices, then choose your Cirqa Smart Band. Go to Notifications & Alerts (or Smart Notifications) and turn on text and call alerts.
Troubleshooting tip: If alerts aren't coming through, check that Do Not Disturb, Sleep Mode, and any aggressive Battery Saver settings are turned off on both your phone and the band.
For most a lot of Cirqa fans, the phone alerts are the headline, but the 4.20 update carries a solid list of other improvements and bug fixes:
Trail Run: Run/Walk detection is now available for Trail Run activities.
Timestamp fix: Resolved a problem where an activity's recorded time didn't match the time on your phone.
Distance calibration: You can now calibrate distance for Treadmill Run, Indoor Rowing, and Indoor Cycling before saving the activity on the device.
Duration alerts: Duration time alerts for speaking out now accumulate.
Stress alerts: Stress alerts are now blocked while Auto Activity Detection is recording.
Bedtime reminders: Fixed an issue where the bedtime approaching notification sometimes failed to trigger.
Live Activity: Heart rate now appears on the Live Activity screen before recording begins.
Pinned activity bug: Fixed an issue where the pinned activity reverted to Timed Activity after changing the phone's language.
Workout editing: Fixed a problem that prevented editing reps during a workout.
Stability: General system stability improvements.
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Garmin users are taking to the company's support forums with a common grievance: The newly introduced "OK Garmin" hands-free voice feature appears to be eating through battery life. The feature arrived through Garmin’s September software updates, bringing hands-free voice activation to the Fenix 8, Forerunner 570 and 970, Venu 4, and several other models. Here's how to make sure Garmin's new updates aren't slashing your watch's battery life.
Last month's updates for select watches also brought all-day fall detection, a set of new Quick Workouts and Garmin Run Coach plans, as well as that "OK Garmin" hands-free voice command feature. It's exactly what it sounds like: Instead of pressing a button, users can simply say “OK Garmin” to activate voice commands. However, it looks like "OK Garmin" in particular is what causes some watch's projected runtimes to drastically drop, allegedly by roughly 35% to 50% in some cases.
Garmin does acknowledge that enabling these settings shortens battery life, though it doesn't say by how much. The tradeoff makes sense, since the watch has to listen constantly for its wake phrase. Even so, giving up several days of runtime is a steep price for a feature that many people may seldom use. Luckily, the fix is simple: Turning off "OK Garmin" should restore your battery life estimates right away.
If your watch has been draining faster since the update, go to Settings > System > Voice and disable "OK Garmin." If needed, you can also switch off the Phone Assistant wake word from the same area. The good news is that turning this feature off won't even take voice commands away—you can still trigger them manually using the watch's physical controls.
Keep in mind that these numbers are battery estimates rather than independently tested, real-world runtimes. Some of the battery complaints that surfaced after the update may also stem from unrelated issues. Still, trading away as much as half your battery life just to avoid pressing a button is a difficult bargain to defend.
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Les champs et les collines verdoyantes ont donné à l'Irlande son surnom d'« île d'Émeraude ». Néanmoins, avec près de 3 200 kilomètres de côtes, de rivières et de lacs, l'État insulaire est également inondé de bleu. Cette nature encore préservée s’accompagne d'anciens châteaux, de villages historiques et de pubs animés par la musique traditionnelle. Voici la meilleure façon de découvrir ce coin coloré de l'Europe.
Sur un peu moins de 2 600 kilomètres, la Wild Atlantic Way est une route qui longe la côte ouest et serpente entre divers sites préhistoriques, phares et criques. La péninsule de Dingle est l'un des meilleurs endroits pour s'imprégner de la beauté sauvage de la région, en particulier depuis l'océan.
Les excursions en petits groupes dans des embarcations pneumatiques organisées par Dingle Sea Safari permettent d'observer de près la faune marine, non loin des îles Blasket, un archipel inhabité depuis 1953 et connu pour ses « Cathedral Rocks », de gigantesques rochers. À proximité, les baies de Brandon et de Tralee, séparées par la flèche de sable de Maharees, sont propices à la plongée, tandis que la forte houle de Castlegregory attire les surfeurs, expérimentés ou non.
Les criques rocheuses du sud-ouest regorgent d’algues qui révèlent un pan méconnu de l'histoire irlandaise. « Pendant le Carême, lorsque les gens ne pouvaient pas manger de viande, ils descendaient sur ces côtes pour se procurer du nori, ou sleabhac, car il est riche en protéines », explique Kerryann O'Farrell d’Atlantic Irish Seaweed, dont les guides organisent des promenades éducatives sur les algues comestibles au port de Derrynane. Dans le comté de Kerry, Sneem Seaweed Baths soutient les prétendus bienfaits thérapeutiques des plantes marines et propose des bains chauffés dans un tonneau de whisky en bois avec vue sur la baie de Kenmare.
(À lire : les algues sont-elles l’aliment de demain ?)
Dans les années 1800, Dublin était le premier producteur mondial d'« eau de vie », ou uisce beatha en irlandais. Celle-ci fait depuis peu son grand retour avec cinq nouvelles distilleries dans la ville, dont Roe and Co, où des dégustations permettent aux visiteurs de goûter différents whiskys, d'apprendre comment ils sont fabriqués et de s'essayer à la préparation de cocktails.
Au Musée du whisky irlandais, découvrez l'histoire de ce spiritueux. Puis, rendez-vous au Whiskey Palace, situé à l'intérieur du Palace Bar. Ouverte en 1823, cette institution de Fleet Street était la préférée d'écrivains comme Flann O'Brien. Aujourd'hui, on y sert plus de 400 whiskys, et le Palace Bar a même sa propre marque.
Située à un peu plus de 12 kilomètres au large de la côte sud, Cape Clear Island (Oileán Chléire) fait partie des Gaeltacht, régions où l’on parle en majorité le gaélique irlandais, que l'on trouve dans sept comtés et sur certaines îles. Il est possible d’y accéder grâce aux Cape Clear ferries, qui partent de Baltimore et passent devant le phare du Fastnet Rock, haut de près de 53 mètres, construit au sommet d'un minuscule rocher en mer.
À Cape Clear Island, l'ancienne école de filles abrite aujourd'hui l’Heritage Centre qui présente des expositions sur l'histoire et la culture maritimes de l'île. Et ne passez pas à côté de la crème glacée au lait de chèvre de chez Cléire Goats.
La rivière Suir était autrefois l'une des principales voies de transport du comté de Tipperary. Aujourd'hui, la Suir Blueway, longue de 53 kilomètres, est l'une des trois « blueways » homologuées d'Irlande, c’est-à-dire des voies navigables dédiées à l'exploration. Vous pouvez participer à une excursion et naviguer le long de châteaux et sous des ponts de pierre, de Cahir à Carrick-on-Suir.
Vous pourrez également emprunter le chemin de halage restauré, long d’un peu moins de 21 kilomètres, qui s'étend de Clonmel à Carrick-on-Suir et passe par des cabanes de pêcheurs, des berges couvertes de fleurs sauvages et les vergers de pommes de Bulmers Cider, également connu sous le nom de Magners. À proximité, à Cashel, passez la nuit à l’hôtel historique Cashel Palace et visitez l’Apple Farm de Cahir, une exploitation familiale depuis 1968, où vous pourrez acheter des tartes et des chips fabriquées à partir de la variété locale Elstar.
Si Shop Street et Eyre Square attirent les foules, le quartier de Westend, de l'autre côté de la rivière Corrib, est l'âme de la ville. Imprégnez-vous de l'ambiance bohème dans des endroits comme Bell Book and Candle, une mine d’or de livres et de vinyles neufs et d'occasion ; le Flea Style Market, un marché aux puces mensuel à l'intérieur du Galway Arts Centre ; et le Crane Bar, qui accueille certains des meilleurs joueurs de violon et de bodhrán traditionnels de la ville.
Des visites guidées réalisées par des habitants vous révèleront l'histoire des origines de la bague de Claddagh. La balade gourmande de deux heures et demie vous permettra de découvrir les points forts de cette destination gastronomique émergente, où des restaurants innovants comme Kai proposent du crabe d'Aran servi avec du chou-rave et des œufs de poisson.
L'Irlande regorge de lieux de premier choix pour faire du kayak, mais une balade nocturne peut montrer la nature sous un jour unique, déclare Jim Kennedy, d’Atlantic Sea Kayaking, qui emmène de petits groupes dans la baie de Castlehaven, dans le comté de Cork. Là, les kayakistes éteignent leurs lampes de poche et contemplent les étoiles par nuit claire ou, parfois, la bioluminescence de la baie.
Les sons de la nature se font plus intenses, du hululement de la chouette effraie au bavardage de la loutre. « Nous utilisons les kayaks comme un moyen d’entrer en contact avec la nature », explique Jim Kennedy. « Il se passe tellement de choses avec les cieux et l'obscurité. »
(À lire : Finlande, un week-end idéal à Punkaharju, au cœur de la région des lacs)
Les galeries de Marble Arch , situées dans les comtés de Fermanagh et de Cavan, constituent le plus long réseau de grottes connu d'Irlande du Nord et font partie des Géoparcs mondiaux UNESCO. Pendant quelque 360 millions d'années, l'eau a sculpté ces grottes de calcaire, ce qui en fait une attraction touristique très prisée depuis le 19e siècle. Aujourd'hui, un cours de yoga d'une heure, dispensé à près de 50 mètres sous terre, permet de découvrir en toute intimité les paysages et les sons souterrains.
Ensuite, explorez les lacs Upper et Lower Lough Erne, parsemés de nombreuses îles, où vous pourrez monter à bord d'un bateau jusqu'à l’île de Devenish, un site monastique et un ancien grand port, dont les ruines remontent au 12e siècle.
Ouvert au public en 1902, le circuit de randonnée Les Gobbins d'Islandmagee, long de presque 5 kilomètres, est accroché à des falaises spectaculaires et emprunte des ponts édouardiens au-dessus de vagues déferlantes. Une visite guidée de quatre heures avec Islandmagee SUP permet d'explorer les grottes des falaises Seven Sisters et d’observer la nidification des macareux qui a lieu de mai à septembre. Ensuite, vous pourrez reprendre des forces à Kings Road, situé à Whitehead, avec du thé en vrac et des kombuchas signature de Craft Tea Brew Co. de Belfast, accompagnés d’un petit-déjeuner anglais.
Great Lighthouses of Ireland propose un guide des phares les plus remarquables du pays. Celui de Saint John's Point, l'un des plus éloignés, se dresse à l'extrémité d'une étroite péninsule dans le comté de Donegal, avec vue sur la baie et le comté de Sligo. Passez la nuit à Clipper ou Schooner, les anciennes résidences des gardiens de phare et faites l'expérience de la solitude en veillant sur le phare. Naturellement, le lieu ne dispose pas de Wi-Fi, alors détendez-vous et lisez un livre au coin du feu, ou explorez le cap au lever du soleil.
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ChatGPT's capabilities continue to expand apace, and the latest feature is a fully capable slideshow creator. Announced a few weeks ago, ChatGPT Slides lets you create PowerPoint-style decks from inside your conversations, and it's now appearing for those on the Pro tier and above (meaning right now, you need to spend at least $100 a month to get it).
If you're on the free ChatGPT plan or the $20-a-month Plus tier, you can still get ChatGPT to generate downloadable PowerPoint files from the content of your conversations. However, they'll be more basic than those made in the full version of ChatGPT Slides, and there are no collaboration or native edit options.
ChatGPT Slides is part of OpenAI's push to give users a complete office suite inside the ChatGPT apps. Pages (the word processor) is already available for Pro tiers and above, while a spreadsheet app is on the way—the idea being that you will soon be able to get all your work done without any help from Google or Microsoft.
While Chatgpt Slides is only available on pricey plans right now, it's likely to come to lower subscription tiers in the future. But for now, how does the tool compare to what's available in the free and Plus tiers, not to mention what you can do with Gemini inside Google Slides? I've taken a detailed look.
When it comes to testing out AI tools, it helps to focus on something you're already knowledgeable about so you can spot any mistakes. To test this, I decided to see what ChatGPT could hoover up from the web about the new iPhone Duo. If you're on the free or Plus plans, you can start a conversation, then ask for a slideshow or PowerPoint about it.
Plus accounts also have access to a specific Presentations add-on, available via the + (plus) menu in the prompt box, though I get the impression this feature is in a state of flux since ChatGPT Slides arrived. In any case, you can begin asking about the iPhone Duo specs and early online reactions, and then say "build me a slideshow on the key features and reviews so far".
What I got back on the $20 Plus account was a fairly competent slideshow on Apple's foldable, with accurate information as far as I could see, and a simple series of layouts. It looked like something you might whip up from a template if you were in a rush and didn't have time to properly align all the bullet points or be very selective about which details you included and which you left out. One neat touch is that ChatGPT was able to drop in an official photo of the iPhone Duo at the start of the slideshow, but I had to specifically ask for one.
You can go back and make specific edits to the slideshow, but you have to describe them in the general prompt box—you can't select individual slide elements and make more precise changes. Still, if all you want to do is occasionally convert your ChatGPT conversations into a rough and ready slideshow, there's no real need to upgrade from the free or Plus accounts for now.
Switching to a Pro account, I gave a similar task to ChatGPT Slides hoping for something more comprehensive. To begin with, Slides gets its own dedicated area in the app, so you can start up a blank presentation from scratch—there are some basic image and text features, but the idea is to use prompts to build your slide deck. It's like a really basic Google Slides, with a prompt box.
Creating a slideshow this way feels rather tedious: Typing out what you want to say and then waiting for ChatGPT to do it isn't as intuitive as just throwing in some graphics and text yourself, as you might do in PowerPoint. It also seems to be a bit buggy, at least during the time I spent testing it, with some requests not properly completing.
Starting a standard conversation with ChatGPT and then turning all the information into a deck is much more useful from my perspective. My iPhone Duo slideshow was longer, laid out better, and more informative than the one I created on the Plus plan—there were even charts of battery life and official photos this time.
However, whether I used the free, Plus, or Pro tools, my presentations didn't come across as particularly well thought through. They don't really flow smoothly, either across individual slides or the slideshow as a whole—it feels very much like an algorithm, rather than a person, has decided what information to include and where on the slides to stick it.
Whether you create presentations in chats or through the ChatGPT Slides space, you're able to click on individual elements and do some basic manual resizing and repositioning. You can also request edits via prompts: "Drop in an image of a cat", "make this pop more", "center all of this information", or whatever it is.
ChatGPT Slides does offer collaborative tools, which I wasn't able to test, and I can see that being useful for teams heavily invested in ChatGPT's ecosystem. I can also imagine ChatGPT Slides coming in handy when you've got a lot of information you need to quickly dump into a slideshow that looks vaguely presentable.
In general though, I think I'd much rather stick to the traditional way of making slideshows for now. These old methods are more precise and more manageable, and give you full control over what's shown and where—even if they do take a bit longer. What's more, modern-day presentation tools come with so many templates and other layout aids that it's not difficult to put together something that's easy on the eyes while including all of the information you think is most critical.
Google is, of course, also all the way in on AI (and then some), and if you pay for Google AI Pro ($19.99 a month) or above, you can have Gemini pop up right inside Google Slides to give you some assistance with your presentation-making. To compare the tools, I gave it the same task as I did ChatGPT, asking for a slide deck on the new iPhone Duo.
Gemini actually asked some questions along the way: about wht visual style to use, the audience to aim the slideshow at, and the details to highlight. Though it's always possible to put this sort of information manually into a prompt, this would be a helpful additional to ChatGPT Slides.
What Gemini and Google Slides produced was impressive in terms of the layout and overall vibe of the presentation: It felt much more like a human being had put together the slide deck compared to what ChatGPT had produced, in terms of the information chosen, the way the slides were laid out, and the color picks.
However, Google's result had its faults too: The presentation got the facts on the maximum brightness of the iPhone Duo screen wrong, and produced an "iPhone Duo" graphic that looked like two iPhones from around 2021 stuck together. ChatGPT Slides at least managed to pull official imagery from the Apple website.
You can't attach individual edit prompts to specific parts of your presentation in Google Slides as you can in ChatGPT Slides—you have to mention them in the general prompt box. That said, Google Slides is obviously a much more mature and established slideshow tool compared to the OpenAI equivalent, in terms of its features and layout options (it has been around for a decade, after all).
Given that extra software structure and the lower cost of entry, Gemini and Google Slides is the better option for AI-assisted slideshow making at the moment—though I wouldn't bet against OpenAI catching up. For now, ChatGPT Slides is something that's good to have available if you're already paying a lot for ChatGPT every month, but not a feature that makes it worth your while to swap your AI allegiance.
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If you have even the tiniest inkling that you might want to get in shape in the new year—or anytime really—don’t wait until January. This isn't a "winter arc" self-improvement pitch; it's just facts. The best time to start a gym habit is before the holiday season. Heck, in December, you’ll even have the place mostly to yourself.
Sure, technically “right now” is always the best time to start exercising, but the holiday season is special. If you wait until January, gyms will be packed. The first two weeks of the year, everybody thinks they’re at the start of an amazing new fitness habit...and by February, most of them have forgotten all about it. Don’t make life harder for yourself by starting during the big rush. Classes will fill up, you’ll have to fight people for the squat rack, and it will be hard to have any real fun. So start now.
In October and November, gyms and classes are at more or less their normal capacities. This is a good time to feel out the vibe of a new place. But it gets better: Once December rolls around, the fair-weather gymgoers will be off shopping for gifts after work and attending holiday parties on the weekends. They won’t feel like getting out of their warm beds in the morning, either. When you arrive, the squat rack will be free. You’ll have your choice of treadmills. The gym will be your oyster.
If you start now, you'll have about two months to get up to speed before the rush starts in January. And that is a perfect little time frame to set a small goal and keep it. Vow to hit the gym three times a week, and you’ll be able to get in 24 workouts before Christmas, even if you take a few days off for festivities. You can get a lot stronger in 24 workouts. Or run, if that's the fitness journey you're most excited about. If you start a couch-to-5k running plan now, you’ll be routinely running 30 minutes at a stretch by the time we get to January.
Yes, the holiday season can be busy and stressful, but remember that working out tends to help our brains manage stress. Mark workouts on your calendar, and keep those appointments with yourself.
Don’t worry about missing out on deals. Any gym or studio that offers a January special probably offers sales year-round anyway. And ultimately, if you get into the habit of actually using the gym, you're getting a lot more value for your money than somebody who joins in January and quickly stops showing up.
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Quand Luigi Frizzo a loué la propriété dans laquelle il a établi sa librairie, on l’a averti que la zone pourrait être sujette aux inondations à cause de sa proximité avec l’eau, et la montée du niveau de la mer à Venise, en Italie. C’est de là qu’il a tiré son inspiration pour le nom de son établissement : Acqua Alta, marée haute en italien.
En plus de ce nom original, Luigi Frizzo s’est également montré proactif pour protéger ses plus de 400 000 livres, dont des premières éditions publiées il y a plus d’un siècle, et a créé une infrastructure résistante aux inondations. Il a décidé de stocker des centaines d’ouvrages dans des baignoires et des gondoles, moyens de transport à travers les étroits canaux vénitiens depuis le 11e siècle.
Si vous l’ignoriez, Acqua Alta se trouve à près d’un kilomètre et demi de la place Saint-Marc, la place publique principale de Venise. Étant l’une des zones les plus basses de Venise, elle est facilement inondée mais seule une marche de neuf minutes sépare Saint-Marc de la fameuse librairie. Les visiteurs arrivent en passant par Calle Lunga Santa Maria Formosa, dans le quartier de Castello, une rue étroite où un panneau élève la Libreria Acqua Alta au rang de « plus belle librairie du monde ».
Les visiteurs de la librairie auront le loisir d’observer les évolutions en matière d’infrastructures apportées après l’inondation de 2019, l’une des pires de l’histoire de Venise. L’eau a dépassé de presque deux mètres le niveau de la mer.
Aujourd’hui, des gondoles et des baignoires ont été posées sur de grandes tables en bois afin de protéger les biens les plus précieux de la menace que pose la montée des eaux. Bien qu’elles soient à l’origine là en tant que mesure préventive, les gondoles sont vite devenues des figures emblématiques pour des millions de personnes et ont participé à faire connaître la Libreria Acqua Alta à travers le monde. Ses escaliers sont, par exemple, l’un des lieux les plus photographiés de tout Venise.
« J’ai d’abord créé l’escalier comme moyen de stocker mes encyclopédies. J’avais déjà mis des livres dans la cour, où les deux grandes fenêtres ne pouvaient pas être ouvertes et j’ai commencé à déplacer les encyclopédies dans le jardin pour créer ce qui aller devenir l’escalier », explique Luigi Frizzo. Le propriétaire de quatre-vingt-deux ans est originaire de Trissino, petit village de la région de Vento, au nord de l’Italie.
Il ajoute : « je n’aurais jamais imaginé que ce que je considérais uniquement comme une solution pratique connaîtrait un tel succès. »
En 2002, la Libreria Acqua Alta a ouvert, un lieu pour que les locaux puissent se réunir et profiter d’une sélection éclectique de livres, de l’art vénitien à l’histoire de la république de Venise, en passant par des romans et des bandes-dessinées dans lesquels Venise a une place centrale.
La librairie abrite également des livres de seconde main et des livres anciens, comme une première édition de Le Fiale, un recueil de poèmes écrit par le poète italien Corrado Govoni. Cette rare trouvaille, loin des yeux des clients, a été publiée à Florence en 1903 et est aujourd’hui estimée à 1 500 euros.
Comme beaucoup de villes européennes, Venise n'échappe pas au surtourisme, et sa popularité va croissant sur les réseaux sociaux, comme Instagram et TikTok. La librairie a surfé sur la vague de ce phénomène et on retrouve désormais des milliers de vidéos sur TikTok ainsi que des hashtags sous des plus de 50 000 publications Instagram.
À l’entrée de la librairie, sous le signe proclamant que la Libreria Acqua Alta est la plus belle librairie du monde, les touristes font la queue et progressent lentement vers l’entrée. La file les entraîne près d’une gondole qui se trouve au cœur du bâtiment, puis des baignoires abandonnées pleines de magazines, de piles de livres rares et vieux. Leur chemin croise également celui de Dominique, la chatte de la librairie.
C’est un pèlerinage de dizaines de touristes vers la librairie, avec comme destination finale sa terrasse, où, après une attente pour monter l’escalier de livres, ils ont l’occasion de photographier la rivière Tetta. L’endroit est très prisé sur les réseaux sociaux.
Si Venise tente de pallier le surtourisme et de taxer les voyageurs qui ne dorment pas sur place, la librairie continue d’accueillir les foules. Elle a, selon Diana Zanda, responsable de la librairie depuis 2023, adopté des règles pour organiser le trafic.
« Nous demandons au groupe de dix personnes ou plus de nous appeler en avance », dit-elle. « Quant à l’escalier, nous avons dû demander à un employé de la librairie de dire aux visiteurs de ne pas rester plus de quelques minutes s'ils souhaitent simplement prendre une photo. Cela aide à faire avancer la queue plus rapidement. » Diana Zanda explique que la librairie reçoit chaque jour entre 2 000 et 5 000 visiteurs.
« La plupart sont des touristes qui viennent parce qu’ils ont vu quelque chose sur Instagram ou bien une vidéo de notre librairie sur TikTok », ajoute la responsable. Une cliente se joint à la conversation : « Oui, je vous ai vus sur TikTok ! »
Jorge Carrión est l’auteur de Librairies – Itinéraires d’une passion, un livre qui explore l’importance des librairies en tant qu’espaces culturels et intellectuels, ainsi que leur rôle au sein des communautés. Jorge Carrión croit que, depuis 2013, des lieux tels que la Libreria Acqua Alta ne sont plus de simples librairies mais ont évolué et sont devenus des attractions touristiques populaires.
« Le tourisme culturel, comme tous les tourismes, a commencé à changer en 2010, avec l’émergence d’Instagram. À cette époque, un nouveau type d’attraction touristique a fait son apparition. Un tourisme qui est vite devenu viral et qui encourageait la circulation des selfies. Et TikTok n’a fait qu’amplifier cette mode », explique l’auteur.
Il poursuit : « Jusqu’à il y a quinze ans, les librairies ne faisaient pas partie de ce jeu et elles sont à présent au nombre de quatre : El Ateneo Grand Splendid à Buenos Aires, Lello à Potto, Shakespeare and Company à Paris et la Libreria Acqua Alta. Ce ne sont pas les meilleures, mais ce sont les plus photogéniques. »
Mais alors, comment Acqua Alta reste-t-elle à flots dans une ère où les visiteurs sont plus intéressés par les selfies que par les livres uniques que proposent les boutiques ?
Ils sont nombreux à acheter des marque-pages, des cartes postales, des calendriers, des magnets et autres souvenirs mais ce sont aussi les ventes de livres de seconde-main, des éditions qui ne sont plus imprimées et d’autres trouvailles rares qui aident cette librairie à survivre.
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« Si vous demandez aux gens à quoi servent les yeux des animaux, ils vous répondront : à la même chose que chez les humains. Mais c’est faux. Totalement faux. » Dans son laboratoire de l’université de Lund (Suède), Dan-Eric Nilsson contemple les yeux d’une cuboméduse. Lui en a deux, bleu clair, dirigés vers l’avant. La cuboméduse en a vingt-quatre, marron foncé, regroupés en quatre structures – les rhopalies. Nilsson me montre un modèle de rhopalie : on dirait une balle de golf où des tumeurs auraient poussé. Une tige la relie à la méduse. « La première fois que j’en ai vu, je n’en croyais pas mes yeux, dit Nilsson. Elles avaient l’air vraiment bizarre. »
Quatre des six yeux de chaque rhopalie sont de simples fentes ouvrant sur un puits pour détecter la lumière. Mais les deux autres sont très complexes : comme les yeux de Nilsson, ils possèdent un cristallin qui concentre la lumière et forme des images, quoiqu’à basse résolution. La cuboméduse figure parmi les animaux les plus frustes : une masse gélatineuse et palpitante, avec quatre faisceaux de tentacules urticants et un simple anneau nerveux en guise de cerveau.
De quelles informations peut-elle avoir besoin ? À quoi peuvent lui servir ses yeux ? En 2007, Nilsson et son équipe ont démontré que la cuboméduse Tripedalia cystophora utilise ses yeux à lentilles inférieurs pour repérer des obstacles – les racines de la mangrove où elle nage, par exemple. Il leur a encore fallu quatre ans pour découvrir le rôle des yeux à lentilles supérieurs. Premier indice : grâce à un poids flottant situé à la base de la rhopalie, l’œil supérieur regarde toujours vers le haut. S’il détecte des taches foncées, la méduse sent qu’elle nage sous le couvert de la mangrove (où elle peut trouver les petits crustacés à manger). Si la lumière est plus vive, cela signifie qu’elle s’est éloignée au large, et risque de mourir de faim.
Le règne animal compte une variété d’yeux quasi infinie : certains ne voient qu’en noir et blanc, d’autres distinguent la totalité de l’arc-en-ciel (et même des formes de lumière indiscernables pour l’œil humain) ; certains ne perçoivent pas la provenance de la lumière, d’autres détectent une proie qui court à des kilomètres de distance. Les plus minuscules, sur la tête d’une micro-guêpe, sont aussi petits qu’une amibe ; les plus gros, chez des calmars géants, ont la taille d’une grande assiette. L’œil du calmar, comme le nôtre, fonctionne à la façon d’un appareil photo. Un seul cristallin y concentre la lumière sur une seule rétine. Et la rétine est tapissée de photorécepteurs (des cellules qui absorbent les photons et changent leur énergie en signal électrique). En revanche, l’œil de la mouche est un œil composé – ou « à facettes ». Il répartit la lumière sur des milliers d’unités indépendantes, dont chacune a sa propre lentille et ses propres photorécepteurs.
Les yeux humains, comme ceux de la mouche et du calmar, sont fixés par paire sur la tête. Mais la coquille Saint-Jacques a des rangées d’yeux le long de son manteau ; l’étoile de mer en a au bout des bras ; et le corps de l’oursin pourpre fait office d’unique gros œil. Il y a des yeux dotés de lentilles bifocales, d’autres pourvus de miroirs, et même des yeux capables de regarder simultanément en haut, en bas et sur le côté.
Une telle diversité a de quoi déconcerter. Tous les yeux détectent la lumière, et la lumière se comporte de manière prévisible. Mais elle a de multiples usages. Elle traduit l’avancée du jour, la profondeur de l’eau, la présence d’ombre. Elle se réfléchit sur les ennemis, les partenaires et les abris. La cuboméduse s’en sert pour trouver des pâturages sans danger. Nous, humains, l’utilisons pour scruter un paysage, interpréter les expressions faciales et lire ces phrases. La diversité des tâches dévolues aux yeux n’a d’autre limite que la générosité de la nature. Pour comprendre comment ils ont évolué, les scientifiques doivent donc examiner leurs structures, mais aussi comment les animaux les utilisent.
Il y a environ 540 millions d’années, la vie s’est brusquement diversifiée sur la Terre. C’est ce qu’on appelle l’explosion cambrienne. Les ancêtres de la plupart des classes d’animaux modernes sont apparus à ce moment-là. Et nombre de ces précurseurs ont laissé des traces fossiles. En passant certaines empreintes très
bien conservées au microscope électronique à balayage, des scientifiques ont pu reconstituer leur anatomie intérieure, yeux compris, et restituer la façon dont ils voyaient le monde.
« J’étais stupéfaite, se souvient Brigitte Schoenemann, de l’université de Cologne. Nous pouvons même calculer le nombre de photons qu’ils pouvaient capturer. »
Ces créatures disposaient déjà d’yeux complexes. Nous n’avons aucune trace de leurs précurseurs, plus simples. L’étude des fossiles ne nous dit pas comment des animaux aveugles ont soudain pu voir leur environnement. Voilà un mystère qui troublait Charles Darwin.
« Supposer que l’œil, avec tous ses dispositifs inimitables [...], pourrait avoir été formé par sélection naturelle, semble, je l’avoue sans mal, absurde au plus haut degré », écrit-il dans L’Origine des espèces (traduction de Thierry Hoquet, Seuil, 2013). Mais il fournit la solution dès la phrase suivante : « Cependant, la raison me dit que si l’on peut montrer qu’il existe de nombreuses gradations depuis un œil parfait et complexe jusqu’à un œil très imparfait et simple, chaque degré étant utile à son possesseur ; si, de plus, l’œil varie tant soit peu et que les variations sont héritées, ce qui est certainement le cas, et si toute variation ou modification dans l’organe peut éventuellement être utile à un animal sous des conditions changeantes de vie, alors notre difficulté à croire qu’un œil parfait et complexe peut être formé par sélection naturelle, bien qu’insurmontable pour notre imagination, ne peut plus être considérée comme réelle. »
De fait, des animaux actuels illustrent chaque étape intermédiaire possible entre les taches photosensibles primitives du ver de terre et les yeux perçants de l’aigle. Nilsson a même montré que les premières pouvaient devenir les seconds. Le zoologiste a réalisé une simulation en laboratoire. Elle commence par une petite plaque de cellules vivantes photosensibles pigmentées. À chaque génération d’une année, la plaque épaissit. Elle s’arrondit lentement, passant d’une forme de feuille à une forme de coupe. Puis elle acquiert un cristallin grossier, qui s’améliore peu à peu. Même avec les hypothèses les plus pessimistes, en comptant que l’œil ne progresse que de 0,005 % par génération, il ne faudrait que 364 000 ans à la simple plaque pour devenir un organe pleinement fonctionnel, comparable à un appareil photo. Un clin d’œil, en termes d’évolution.
Toutefois, les yeux simples ne sont pas qu’une étape. Ils répondent aux besoins des utilisateurs. Chaque bras de l’étoile de mer est doté d’un œil, qui ne perçoit ni les couleurs, ni les détails, ni les objets rapides. Mais elle ne chasse pas des lapins en pleine course. Elle a besoin de repérer les récifs coralliens pour rentrer tranquillement chez elle. Ses yeux en sont capables. Pas besoin d’élaborer de mécanisme plus performant. « Au cours de l’évolution, les yeux ne sont
pas passés de la médiocrité à la perfection, souligne Nilsson. Ils sont passés de l’exécution parfaite de quelques tâches simples à l’exécution excellente d’un grand nombre de tâches complexes. » Le zoologue suédois a intégré ce concept dans un modèle qui retrace l’évolution de l’œil en quatre étapes. Chaque stade se définit, non par ses structures physiques, mais par ce qu’il permet aux animaux de faire.
Première étape : mesurer l’intensité de la lumière ambiante, pour évaluer le moment de la journée ou la profondeur où se situe l’animal dans l’eau. Un unique photorécepteur y suffit. L’hydre, une cousine de la méduse, ne possède pas d’yeux. Mais son corps est équipé de photorécepteurs qui commandent ses cellules urticantes, peut-être pour réagir aux ombres créées par le passage de victimes potentielles.
Deuxième étape : les photorécepteurs gagnent une protection (en général, un pigment foncé). Ce pigment bloque la lumière issue de certaines directions. Les animaux savent ainsi d’où elle vient. Cette représentation à un seul pixel n’est pas encore une véritable vision. Elle suffit toutefois à s’approcher d’une source lumineuse ou de s’en éloigner afin de gagner un refuge sombre.
Troisième étape : dorénavant dotés d’un bouclier, les photorécepteurs forment des groupes, et chaque groupe s’oriente de façon légèrement différente. L’animal peut alors assimiler des informations sur la lumière venue de plusieurs directions et se forger une image de son environnement. À cette étape, la détection de lumière devient réellement la vision, et les faisceaux de photorécepteurs deviennent de véritables yeux. De quoi trouver un habitat adapté (pour l’étoile de mer) ou éviter les obstacles (cuboméduse).
Quatrième étape : c’est ici que l’évolution des yeux – et de leurs porteurs – décolle vraiment. Le cristallin apparaît : cette lentille concentre la lumière. La vision devient nette et détaillée. « Quand on arrive à la quatrième étape, la liste de tâches est infinie », souligne Nilsson. Cette flexibilité fut peut-être l’une des étincelles
qui provoquèrent l’explosion cambrienne. Tout à coup, les confrontations entre prédateurs et proies (jusqu’alors limitées à renifler, goûter et toucher de très près) purent se dérouler à distance. Une sorte de course aux armements s’engagea : les animaux se mirent à grossir, à devenir plus mobiles, à développer des coquilles défensives, des épines dorsales, des cuirasses. Les animaux et leurs yeux ont évolué en parallèle. Toutes les structures élémentaires de la vision qui existent aujourd’hui étaient déjà présentes au Cambrien. Mais leur élaboration a suivi des chemins extraordinairement variés, et toujours pour réaliser des tâches spécialisées.
Le mâle de l’éphémère semble avoir un énorme œil composé, collé au-dessus d’un plus petit : le oremier sert à repérer dans le ciel les silhouettes des femelles en vol. Le quatre-yeux, un poisson, a scindé ses deux yeux : une moitié demeure au-dessus de la surface, scrutant le ciel, l’autre guette proies et menaces dans l’eau. Et l’œil humain ? Il est plutôt rapide, décèle bien les contrastes, et seuls les rapaces bénéficient d’une meilleure résolution. Bref, un bon œil multitâche pour l’animal le plus polyvalent.
Les yeux ont-ils évolué en une seule fois ou à de nombreuses reprises ? Ernst Mayr, biologiste de l’évolution allemand, affirmait que les yeux avaient entre quarante et soixante-cinq origines indépendantes. Il s’appuyait sur leur grande diversité de formes. Walter Gehring, biologiste du développement suisse, penchait pour une évolution unique. Il avait découvert qu’un même gène, Pax6, commande le développement de l’œil chez presque toutes les créatures.
Les deux hommes avaient raison. Les yeux véritables de la troisième étape ont effectivement évolué en plusieurs fois à partir de leurs précurseurs plus simples de la deuxième étape.
Par exemple, la cuboméduse a développé les siens indépendamment des mollusques, des vertébrés et des arthropodes. Mais les systèmes optiques de tous ces organismes sont des développements des mêmes détecteurs de lumière rudimentaires de la première étape. Tous les yeux de tous les êtres vivants utilisent les mêmes éléments de base : les opsines (des protéines qui constituent la base moléculaire de tous les yeux) et les chromophores (des molécules capables d’absorber l’énergie d’un photon). Les opsines travaillent toujours en association avec un chromophore.
Comment ? Un photon arrive. Le chromophore en absorbe l’énergie et, rapidement, se déforme en conséquence. L’opsine qui lui est associée est alors obligée de se déformer à son tour. Cette transformation engendre toute une série de réactions chimiques, qui se termine par un signal électrique.
Il existe des milliers d’opsines différentes, mais toutes appartiennent à la même famille. Il y a quelques années, Megan Porter, aujourd’hui à l’université de Hawaii à Manoa, a comparé les séquences de presque 900 gènes qui codent ces protéines dans l’ensemble du règne animal. Conclusion : toutes les opsines sont nées d’un ancêtre commun, puis se sont diversifiées en un gigantesque arbre généalogique.
La mère de toutes les opsines n’a pas surgi du néant. L’évolution a improvisé les premières opsines à partir de protéines qui fonctionnaient moins comme un capteur de lumière que comme une horloge. Ces protéines se fixaient à la mélatonine, une hormone qui régule l’horloge biologique de vingt-quatre heures chez beaucoup d’organismes. Puisque la mélatonine est détruite par la lumière, s’il n’y en a plus, c’est peut-être que les premiers rayons de l’aube arrivent. Bien sûr, on ne peut recourir qu’une seule fois à cet indicateur. Une créature qui sent l’aube arriver grâce à la mélatonine doit en recréer sans cesse. Les chromophores couplés aux opsines ne posent pas ce problème. S’ils changent de forme en absorbant la lumière, ils peuvent facilement revenir en arrière. Résultat, quand les protéines liées à la mélatonine (les ancêtres des opsines) ont muté, elles sont soudain devenues des capteurs de lumière réutilisables. Les premières opsines étaient nées. Elles étaient si efficaces que l’évolution n’a jamais rien trouvé de mieux.
Par la suite, elle s’est contentée de créer des variations sur ce même thème. Les choses sont différentes pour les autres composants de l’œil. Prenez le cristallin. Il est presque toujours composé de cristallines, des protéines qui améliorent la vision en concentrant la lumière sur les photorécepteurs. Au contraire des opsines, les cristallines n’ont en commun que le nom. Des groupes d’animaux différents ont développé leur propre type de cristallines de façon indépendante, en récupérant des protéines ayant des rôles très divers, sans rapport avec la vision. Mais toutes étaient stables, faciles à stocker et capables de fléchir la lumière – l’idéal pour former le cristallin.
Les lentilles les plus étranges de la nature n’ont pas du tout de cristallines. Ce sont celles du chiton (ci-dessus), un mollusque marin à la coquille ovale, formée de plaques articulées. Ces plaques sont parsemées de centaines de petits yeux de la troisième étape, avec chacun sa propre lentille. Les lentilles sont composées d’un minéral, l’aragonite, que les chitons assemblent à partir de molécules de calcium et de carbonate présentes dans l’eau de mer. Autrement dit, cet animal a élaboré un moyen d’affiner sa vision en regardant à travers une roche. Quand leurs lentilles minérales s’érodent, les chitons en fabriquent tout simplement de nouvelles.
Les opsines, le cristallin et tous les autres composants de l’œil témoignent du bricolage improvisé de l’évolution. Celle-ci invente sans cesse de nouvelles fonctions pour des matériaux déjà existants, et fabrique des structures complexes à partir de structures simples. Mais l’évolution ne prévoit rien. Quand elle
s’engage sur une voie, elle ne peut plus repartir à zéro. C’est pourquoi ses œuvres sont toujours entachées d’imperfections. Dan-Eric Nilsson n’est guère impressionné par les yeux à facettes.
Leur structure, composée de nombreuses unités répétitives, limite inéluctablement la résolution visuelle. Pour qu’une mouche voie avec la même résolution qu’un humain, son œil devrait mesurer 1 m de diamètre. « Les insectes et les crustacés ont prospéré malgré leurs yeux composés, et non pas grâce à eux, remarque Dan-Eric Nilsson. Ils se seraient bien mieux débrouillés avec des yeux de type appareil photo. Mais l’évolution ne l’a pas compris. L’évolution n’est pas intelligente. »
« Les yeux des insectes ont une résolution temporelle beaucoup plus rapide, nuance Eric Warrant, également de l’université de Lund. Deux mouches peuvent se pourchasser à une vitesse phénoménale, et voir jusqu’à trois cents éclairs lumineux par seconde. Nous, nous avons de la chance si nous en voyons cinquante ! » L’œil de la libellule lui offre un champ visuel à quasiment 360°. Quant au grand sphinx de la vigne (ci-dessus), ses yeux sont si sensibles qu’il perçoit encore les couleurs à la seule lumière des étoiles. « À certains égards, notre vision est meilleure, mais, à maints égards, elle est moins bonne, estime Eric Warrant. Aucun œil n’est plus performant sur tous les plans. »
Les yeux humains, qui marchent comme un appareil photo, ont leurs propres problèmes. Exemple : notre rétine est conçue à l’envers. Les photorécepteurs se situent derrière un lacis de neurones, comme si on plaçait les fils électriques d’un appareil photo devant l’objectif. Le faisceau de fibres nerveuses doit aussi passer à travers un trou dans la couche des photorécepteurs pour gagner le cerveau. C’est pourquoi nous avons un point aveugle. Ces défauts n’ont aucun avantage : ce ne sont que des bizarreries de l’histoire de notre évolution.
Nous avons élaboré des moyens de contourner les problèmes. Notre rétine recèle de longues cellules qui jouent le rôle de fibres optiques, en canalisant la lumière
à travers les neurones, vers les photorécepteurs. Et notre cerveau est capable de compléter les détails manquants du point aveugle.
Mais il y a des problèmes que nous ne savons pas éviter. Par exemple, il arrive que notre rétine se décolle du tissu sous-jacent, entraînant la cécité. Cela n’arriverait pas si les neurones se trouvaient derrière les photorécepteurs et les maintenaient en place. Comme chez la pieuvre et le calmar. L’évolution ne suit pas de projet. Elle improvise au fur et à mesure. Et elle fait parfois demi-tour. La complexité des yeux s’accorde aux besoins : si ces besoins régressent, les yeux aussi. La plupart des oiseaux et des reptiles voient la couleur grâce à quatre types de photorécepteurs en cônes, dont chacun possède une opsine sensible à une couleur différente. Mais les mammifères descendent d’un ancêtre nocturne qui avait perdu deux de ces cônes (sans doute parce que la vision des couleurs est moins importante la nuit, et parce que les cônes sont plus efficaces en plein jour).
La plupart des mammifères continuent à voir le monde à travers une palette limitée. Les chiens ne possèdent que deux cônes – l’un sensible au bleu, et l’autre, au rouge. Mais des primates ont en partie compensé cette perte en développant un nouveau cône sensible au rouge. C’est ainsi qu’un monde de rouges et d’oranges auparavant invisible s’est ouvert à nos ancêtres, qui ont alors peut-être pu distinguer les fruits mûrs des fruits verts. Les mammifères marins, eux, ont délaissé le cône bleu en devenant aquatiques. Nombre de baleines ont aussi perdu le cône rouge. Elles n’ont que des photorécepteurs en bâtonnets, excellents pour percer les ténèbres des grands fonds, mais inutiles pour voir la couleur. Si les avantages de la vue se réduisent à zéro, certains animaux perdent les yeux, comme le tétra aveugle, un petit poisson d’eau douce. Au Pléistocène, quelques-uns nagèrent dans des grottes profondes, où les yeux étaient inutiles.
Leurs descendants cavernicoles devinrent aveugles, et l’ancien emplacement des yeux s’est recouvert de peau. Ces dégénérescences se sont produites parce que l’élaboration et la conservation des yeux nécessitent beaucoup d’énergie. Voilà pourquoi les animaux n’ont pas d’yeux supérieurs à leurs besoins, et les perdent facilement s’ils n’en ont plus l’usage. Gaspiller de l’énergie sur un système sensoriel inutile mène droit à l’extinction. Les yeux témoignent à la fois de la créativité infinie de l’évolution et de son sens implacable de l’économie. À l’université du Maryland, Tom Cronin scrute un aquarium où le fixent deux yeux composés évoquant des muffins montés sur tiges. « M.Exorbité », comme l’appelle Cronin, est une crevette-mante à la robe kaléidoscopique – pêche, blanc, vert et rouge sang. Ses bras se terminent par des marteaux impressionnants, qui se déploient à une telle vitesse et avec une telle force qu’ils sont capables de briser des coquillages ou la vitre d’un aquarium.
Les yeux de la crevette-mante sont chacun divisés en trois sections distinctes, mais qui se concentrent sur le même espace étroit. Cela permet à un seul œil de percevoir la profondeur. Il distingue également les ultraviolets (invisibles pour nous) et la lumière polarisée. Tom Cronin a aussi découvert que la crevette-mante possède douze types de récepteurs de couleur (l’humain en a trois), chacun sensible à une teinte. Pendant des années, les scientifiques ont donc supposé que la crevette-mante détectait des différences infimes entre les couleurs. Mais, en 2013, Hanne Thoen (université du Queensland, Australie) a présenté à des crevettes-mantes des fibres optiques affichant des teintes différentes, et les récompensait par de la nourriture si elles en attaquaient une en particulier. Puis elle a rapproché les couleurs jusqu’à ce que les animaux ne puissent plus les distinguer. Conclusion : les crevettes ne distinguent même pas des différences évidentes pour nous.
Alors, à quoi servent tous ces récepteurs ? Hanne Thoen pense qu’ils s’apparentent à l’adresse du boxeur. Notre rétine traite beaucoup d’informations visuelles, ajoute et soustrait des données transmises par les cônes avant de les envoyer au cerveau. Il est possible que la crevette-mante, elle, transmette les réponses de ses douze récepteurs de couleurs directement à son cerveau. Celui-ci comparerait alors les données brutes avec une sorte de grille de correspondance des diverses couleurs.
La crevette-mante n’est pas douée pour différencier des couleurs entre elles, mais sait peut-être très bien les reconnaître individuellement. Ce qui pourrait l’aider à prendre les décisions rapides indispensables à ses attaques éclair. Cette hypothèse laisse Tom Cronin sceptique. De retour dans son laboratoire, il trempe une
pipette dans une boîte de Petri renfermant une crevette-mante plus petite, qui ne mesure que quelques centimètres de long. Elle suit l’objet intrus des yeux, puis riposte. Le coup est assez puissant pour produire un craquement audible, comme un claquement de doigt. « La bestiole a réfléchi longtemps avant de frapper. Ce n’est pas une décision qu’elle prend comme ça, souligne Tom Cronin en claquant des doigts. Reste la question : à quoi tout cela sert-il ? »
Cette question, Dan-Eric Nilsson se la pose encore, lui aussi. Il ne suffit pas de connaître la structure des yeux de la crevette-mante, les gènes impliqués, ou les signaux neuraux envoyés au cerveau. En fin de compte, pour comprendre pourquoi ces yeux sont tels qu’ils sont, nous devons savoir à quoi ils servent. À communiquer ? À attraper rapidement des proies ? À mieux percevoir la profusion de couleurs des récifs coralliens ? Voici la vérité sur les yeux des animaux : nous ne pouvons comprendre leur évolution qu’en apprenant à voir le monde extérieur à travers eux.
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Le mois d’avril marque le grand retour des trains Freciarossa de la compagnie ferroviaire italienne Trenitalia, qui relient Paris et Milan. Les trains ne circulaient plus depuis un glissement de terrain dans les Alpes françaises survenu en 2023. Les locomotives « flèches rouges » transportent les passagers entre les deux capitales de la mode en un peu moins de 6h30. Il n’y a cependant aucune raison de ne pas prévoir un plus long trajet, en s’arrêtant entre les deux villes. La ligne de train passe à travers des paysages montagneux à couper le souffle et marque l’arrêt dans certaines villes aux portes des Alpes ainsi que dans deux villes parmi les plus sous-estimées d’Europe. Le prix de départ d’un billet aller est de 35 €.
Des nouveautés arrivent dans le 19e arrondissement. Le cinéma La Géode, nouvellement rénové, permet de profiter d’une séance de film en IMAX au sein d’une gigantesque boule à facettes. Des musiciens viennent jouer de la musique à l’espace de restauration, le Boom Boom Villette, qui se situe à proximité.
La capitale gastronomique de la France, magnifiquement située à la confluence de deux grands fleuves, abrite une pléthore d’expériences culinaires délicieuses. L’Astral, un nouveau restaurant, propose des menus de haute cuisine, tandis que le restaurant conceptuel 220 BPM emmène ses petits groupes d’hôtes à des festins d’anthologie dans un endroit tenu secret, au cœur d’une forêt. Vous pouvez également vous essayer au « tour apéritif » avec les spécialistes locaux Praline et Rosette.
Auparavant la capitale du royaume d’Italie, cette ville souvent négligée n’a rien perdu de son élégance atemporelle, grâce à son abondance de palazzos et de porticos sur fond d’Alpes italiennes. Pour une température agréable, la meilleure saison est le printemps, vous pourrez en plus profiter de la Nuit européenne des musées, le 17 mai. Cette nuit-là, bon nombre d’institutions culturelles ouvrent gratuitement leurs portes pour des visites nocturnes de leurs collections.
La ville bat son plein durant la Design Week de Milan, du 8 au 13 avril. Des quartiers, comme Brera et Zona, se transforment en galeries en plein air. Ne manquez pas de visiter la Pinacothèque de Brera, qui a rouvert ses portes après cinquante ans. Après cela, le quartier de Citta Studi vous accueillera à bras ouverts, avec ses nombreux cafés et bars. Ou bien prenez la voie des eaux à De Montel, qui sera bientôt le plus grand parc thermal urbain d’Italie, à son ouverture en avril.
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En 2009, le journaliste américain Christopher McDougall publie Né pour courir, où il retrace l’histoire de Micah True, un Américain ayant vécu près de vingt ans aux côtés des Tarahumaras. En 2003, ce passionné fonde l'Ultramarathon Caballo Blanco (Cheval Blanc), en référence à son surnom, réunissant cette communauté et plusieurs des meilleurs ultramarathoniens américains. L’ouvrage contribue largement à forger la légende de ce peuple amérindien, notamment auprès des coureurs de fond du monde entier.
Originaires de l’actuel État de Chihuahua, les Tarahumaras se sont réfugiés au 16ᵉ siècle dans les Barrancas del Cobre, au cœur de la Sierra Madre occidentale, pour échapper à la conquête espagnole et préserver leur culture. Le territoire qu’ils occupent aujourd’hui, connu sous le nom de Sierra Tarahumara, est formé de canyons escarpés et difficilement accessibles, dont les altitudes peuvent atteindre 2 500 mètres. Ils vivent d’une agriculture de subsistance, cultivant principalement le maïs et les haricots rouges, et complètent leurs ressources par l’élevage de chèvres, de vaches et de moutons. Les estimations varient, mais certaines sources évaluent leur population à un peu plus de 100 000 personnes, faisant des Tarahumaras l’un des plus grands peuples autochtones du Mexique mais aussi l’un des plus pauvres.
Leur nom, attribué par les premiers missionnaires espagnols, est une déformation de Rarámuri, le terme par lequel ils se désignent dans leur propre langue, issue de la famille uto-aztèque. Selon certains ethnologues, ce mot signifierait « ceux qui ont les pieds légers ». Réputés pour leur agilité et leur endurance, les Tarahumaras sont en effet capables de parcourir d’incroyables distances d’une seule traite, parfois plusieurs centaines de kilomètres.
Chez eux, la course revêt une dimension spirituelle. Bien que partiellement convertis au catholicisme, ils ont conservé certaines traditions précolombiennes, comme des jeux d’endurance : le rarájipari, où les hommes poursuivent une balle de bois sur des dizaines de kilomètres, et l’ariweta, où les femmes font de même avec un cerceau lancé et rattrapé à l’aide d’une canne. La course répond aussi à une nécessité : dans cette région isolée, à l’habitat dispersé, elle demeure un mode de transport et de communication essentiel.
Avocat de formation, Jean-François Tantin a pratiqué la course à pied toute sa vie. Mais, avec le temps, les marathons ne lui ont plus suffi. Il s’est alors tourné vers les longues distances, celles qui vous poussent à vous surpasser sur des centaines de kilomètres. Son goût de l’aventure et de l’effort l’a mené aux quatre coins du monde et sur tous types de terrains : des déserts sablonneux aux montagnes enneigées, en passant par les forêts tropicales. Il y a une dizaine d’années, au moment de prendre sa retraite, alors que beaucoup en profitent pour se reposer ou voyager, l’ancien homme de loi fait un tout autre choix : il décide d’organiser ses propres courses extrêmes.
C’est par l’intermédiaire d’un organisateur de trekking dans les Barrancas del Cobre que Jean-François Tantin découvre l’existence des Tarahumaras et leur endurance hors du commun. « Perdus dans ces canyons, [les Tarahumaras] se sont au fur et à mesure adaptés à leur environnement. En fait, ils se sont mis à marcher et également à courir pour aller d’un endroit à l’autre, et ils sont devenus ainsi, sans le savoir, des coureurs extrêmement endurants, capables de courir plusieurs centaines de kilomètres en s’arrêtant très peu », souligne-t-il.
Pour Véronique Billat, physiologiste, spécialiste de la performance et de l’entraînement sportif, « l’endurance exceptionnelle des Tarahumaras s’explique par une combinaison d’adaptations physiologiques, d’habitudes de vie et de facteurs culturels : activité physique dès l’enfance, déplacement quotidien à pied, entraînement en altitude, faible masse grasse, musculature adaptée au terrain et processus d’économie d’énergie lors de la course ».
La chercheuse souligne particulièrement le rôle de l’entraînement en altitude et en terrain montagneux, qui favorise « une meilleure oxygénation (augmentation de l’hémoglobine), une plus grande efficacité cardiovasculaire, une capacité de tolérance à l’hypoxie et une endurance accrue sur les plans musculaire et ventilatoire ».
En 2016, Jean-François Tantin crée l’Ultra Run Rarámuri, un parcours de 190 km cumulant plus de 10 000 mètres de dénivelé positif à travers les canyons rarámuri. Après un premier repérage, il parvient à réunir de manière confidentielle une dizaine de coureurs français et belges de bon niveau, désireux de se confronter aux célèbres Tarahumaras. « Les coureurs rarámuri ne sont absolument pas des sportifs au sens où on l’entend. Pour eux, la course à pied est un moyen de déplacement. Ils se sont donc adaptés, d’une certaine manière, à notre demande, car pour eux courir n’a rien à voir avec l’esprit de compétition : c’est simplement un mode de vie. [Cette course] ne représentait donc pas grand-chose pour eux, et ne les inquiétait pas du tout », explique l’organisateur.
« Dès le début de la course, on s’est rendu compte qu’ils étaient nettement supérieurs à nos coureurs. […] Tous les coureurs rarámuri sont arrivés largement avant les nôtres. […] Le premier a gagné avec quinze heures d’avance sur le meilleur Français ». Au-delà de leur performance sportive, Jean-François Tantin a été frappé par le minimalisme de leur matériel. « Ils courent sans aucun équipement, sans eau ni sac. Ils n’ont pas de chaussures, seulement des sandales : les huaraches. Une sorte de spartiate qui s’attache autour du mollet, dont la semelle est [fabriquée à partir] de pneus de récupération », précise-t-il.
La physiologiste Véronique Billat souligne plusieurs effets bénéfiques de la course en sandales. En plus de réduire le temps d’appui au sol et de renforcer la musculature intrinsèque du pied, « [elle] favorise une attaque médio ou avant-pied, augmente la fréquence de la foulée, limite les chocs articulaires et permet une meilleure restitution de l’énergie élastique stockée dans le tendon d’Achille ». Cette technique réduit ainsi le coût énergétique de la course et préviendrait certaines blessures liées à l’amorti excessif des chaussures modernes, surtout sur terrains variés.
« Mais leur secret va plus loin », souligne la spécialiste. « Les Tarahumaras adaptent leur allure en fonction de leur ressenti, sans se fier à une vitesse imposée. Cette écoute du corps permet d’optimiser l’effort, d’éviter le surrégime et de mieux gérer la fatigue sur la durée ». La chercheuse ajoute que cette variation naturelle de la vitesse « favorise la récupération partielle, stimule différents systèmes énergétiques et prolonge le temps passé à des intensités élevées sans épuisement brutal ».
Chez les Tarahumaras, « l’économie d’énergie ainsi obtenue, associée à une écoute fine des sensations et à la variabilité du geste, permet de repousser les limites de l’endurance humaine, illustrant parfaitement les principes modernes de l’entraînement », conclut Véronique Billat. Selon elle, « leur exemple inspire la recherche d’une approche plus instinctive et globale de l’ultra-endurance, [tout en restant] indissociable de leur culture ».
Au total, Jean-François Tantin a organisé quatre éditions de l’Ultra Run Rarámuri : en 2016, 2017, 2018 et 2022. Pour cette dernière édition, il a décidé de réserver la course à des coureurs européens et canadiens d’élite. Mais lorsque les Rarámuri se présentent sur la ligne de départ entièrement équipés, le Français comprend que quelque chose a changé. « Voyant que les Rarámuri devenaient de plus en plus exposés et connus, certains Mexicains peu scrupuleux se sont dit qu’ils allaient tenter de devenir un peu les agents de ces coureurs. Et pour les rendre encore plus performants, ils ont voulu leur appliquer les standards européens, en les équipant comme les coureurs [occidentaux] », observe-t-il, au détriment de leurs particularités culturelles.
« Lors de cette course, il s’est avéré que porter des chaussures était pour eux presque un supplice », relève l’organisateur. Cette année-là, le Français Julien Chorier remporte l’épreuve, « avec une heure et demie d’avance sur les deux meilleurs coureurs rarámuri », mettant ainsi fin au mythe. L’édition 2022 sera la dernière pour Jean-François Tantin. « J’ai décidé d’arrêter d’organiser des courses au Mexique, car nous avons constaté que la médiatisation avait un impact réellement nocif sur ces coureurs, leur faisant en quelque sorte perdre leur identité », explique-t-il. L'ancien avocat observe d’ailleurs que les Rarámuri apparaissent désormais plus souvent sur les courses internationales, à l’image de María Lorena Ramírez.
Aujourd’hui, dans la Sierra Tarahumara, si le développement des routes facilite l’accès à l’éducation et aux soins, il expose aussi la région à de nouvelles menaces, comme la déforestation et le trafic de drogues. « Là-bas, les cartels de drogue ont trouvé quelque chose de très intéressant pour eux. Comme ce sont des endroits complètement inaccessibles, […] ils ont soudoyé [certains Rarámuri] pour qu’ils abandonnent leur culture traditionnelle du maïs au profit du pavot. […] On a été très étonnés, en plein repérage, de tomber au milieu de nulle part sur des champs de pavot », constate Jean-François Tantin.
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These are Sony's entry-level over-ear headphones, and the company mostly made cuts in the design and build. When you hold them, they might feel hollow and light, but they're still comfortable since the earcups are well-cushioned, as noted in CNET's review. However, Sony did not make as many sacrifices in the audio or ANC department, which, at the end of the day, is what's most important.
These headphones use the same Sony Sound Connect app as the flagship models and share some of the same features, like multipoint technology to connect to up to two devices. They also come with Google Fast Pair and Find My Device support, nice features to have for convenience, especially if you misplace them. You can get 35 hours of battery life with ANC on and 50 hours with ANC off, and the charging is quick, with three minutes giving you three hours of juice.
The ANC is not as good as the latest XM6, but it works great for under $100, according to Mashable's review, and it will block most ambient noise outdoors or indoors. Transparency mode is also great, allowing you to have conversations and hear bikes or cars passing by. The adjustable EQ in the app means you can tweak the crisp and vibrant sound of the WH-CH720N to your liking.
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Zone 2 training is still having a moment—even if no one can agree on what it actually means. Legend has it that your easy, conversational-pace cardio—aka your Zone 2 heart rate—is the secret to unlocking everything from a bigger aerobic engine, to faster race times, and even to a longer life.
Whether Zone 2 deserves quite this much hype is debatable, but still, there are plenty of good reasons to master heart rate training more broadly. To train by heart rate, you aim to keep your heart rate in the "zone" that gives you your desired workout. Even if you believe every word of the Zone 2 gospel, it's completely pointless if your watch has the wrong idea of what your Zone 2 is. If you train with a Garmin watch, here’s how—and why—you should reset your heart rate zones now (and periodically).
When you first set up your Garmin, it asked for your age, weight, and a few other details. From there it generated heart rate zones, often using a default formula based on a maximum heart rate estimated from your age (typically some version of 220 minus your age). But these formulas are often wrong, since they give a single number for everybody at the same age, while real maximum heart rates vary from person to person.
Plus, there isn’t one universally agreed-upon heart rate zone system. So if your watch assumed a max of 180 and yours is actually 195, every zone it gave you is shifted. Your "Zone 2" might really, for you, be Zone 1 (AKA a pace so easy it barely feels like a workout). Or your "Zone 2" might actually be a moderate-to-hard effort that's digging you into a hole, while you think you're taking it easy. At every step of the way, there’s a different formula and definition that determines what heart rate zone shows up on your watchface.
To complicate things further, Garmin gives multiple options to set up your zones:
Percent of max heart rate. This is the simplest approach. You enter (or let the watch estimate) your max, and each zone is a slice of that number. It's only as good as your max heart rate figure, which, as noted above, is often a guess.
Percent of heart rate reserve (HRR). This method factors in both your max and your resting heart rate, so zones are based on the range your heart works across rather than just the top of it. It tends to produce more personalized zones, but it means your resting heart rate needs to be current, too.
Percent of lactate threshold heart rate (LTHR). Here, your zones are anchored to the effort level where your body starts producing lactate faster than it can clear it, a point that's closely tied to how you actually perform. Many coaches consider this the most meaningful anchor, because it reflects your real physiology rather than a formula.
That third option raises its own question: Where does your lactate threshold number come from?
In the past, getting a lactate threshold estimate from a Garmin meant wearing a compatible chest strap and doing a guided test, which involved a structured, hard run on your part. On newer models, however, that's no longer the case. Garmin has been rolling out an updated lactate threshold detection that works from the wrist's optical heart rate sensor, with no chest strap and no dedicated test. Instead, the watch estimates your threshold automatically from regular outdoor runs. This feature is typically on by default and generally requires a baseline VO2 max estimate and a run or trail run recorded with heart rate. If you'd rather not leave it up to the algorithm, you can turn auto-detection off and enter your own lactate threshold heart rate manually in the heart rate zone settings. Which watches have this varies by model, so check your specific device.
Even if you set your zones carefully once, they don't stay accurate forever. Several things change over time:
Your fitness changes. As you get fitter, your resting heart rate often drops, and your lactate threshold heart rate can shift. Zones based on where you were a year or two ago may not reflect where you are now.
You age. Your maximum heart rate tends to decline gradually over the years.
You change sports. Running, cycling, and swimming each have different heart rate behavior, and Garmin lets you set sport-specific zones for exactly this reason. If you've never touched them, you may be using running-based numbers on the bike, or vice versa.
You switched watches or imported old data. Zones can carry over from a previous device or a profile you set up years ago.
Your resting heart rate has changed. An outdated resting number could be throwing things off.
None of these have dramatic consequences, but if you’re focused on heart rate training, it’s worth trying to be as accurate and up-to-date as possible. If your zones are set too high, you may not be getting the aerobic stimulus you think you are. You'll also underestimate how hard your harder sessions really are, and your training load and recovery metrics can end up skewed.
On the flip side, if your zones are set too low, your "easy" runs could actually become the classic trap of training in the gray zone: too hard to recover from well, too easy to drive big gains. And because Garmin's training status, recovery time, and load features lean on your heart rate data, bad zones can quietly nudge those numbers off as well.
The good news is that fixing all this should take less than 10 minutes. First, decide whether you want zones based on max heart rate, heart rate reserve, or lactate threshold. There’s a good chance you can trust the lactate threshold your watch gives you, or you can find your actual max heart rate.
The informal way is to just notice what number you see on your watch when you can no longer speak comfortably; the more formal way is this treadmill test. You can also look through your recent hard efforts, like races, hill repeats, or all-out intervals, and see the highest sustained heart rate you've recorded. If you want a more deliberate test, a coach or a structured max-effort protocol can help, but only attempt hard testing if you're healthy and your doctor is comfortable with it. Also keep in mind that reading from a wrist-based sensor can also spike unreliably, so a chest strap gives more trustworthy numbers when accuracy matters.
Next, check your recent average resting heart rate in Garmin Connect and make sure the number your zones are using is current.
In your watch's user profile or in Garmin Connect, find the heart rate zone settings. From there you can adjust your max, change how zones are calculated, and set different zones for different sports.
Finally, put these new zones to the test. Go for an easy run or ride at what your watch calls Zone 2. Can you hold a conversation, breathing comfortably in full sentences? Does it feel sustainable for a long time? If it feels either laughably easy or surprisingly taxing, your zones probably need another look.
Maybe Zone 2 is the cornerstone of your training, or maybe you think it's completely overrated. Either way, the principle is the same: You should be able to train by feel, and your watch can only help you do that if the numbers behind it are right.
Garmin gives you more ways to set your zones than most brands do. Spend 10 minutes figuring out which method your zones are using, confirming the number behind it is current, and updating it in your settings. It’ll make every easy run, hard interval, and recovery metric on your wrist more useful.
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Bone conduction headphones are ideal for activities where it is vital to be able to hear your surroundings. That's because they use a technology that sends audio vibrations through to the inner ear while leaving your ear canals open. Shokz is one of, if not the best brand making bone conduction headphones right now. At the high end of Shokz's offerings sit the OpenRun Pro 2s, which impressed me when I tested them out for review, but they are a bit pricey at $180. But right now, the older but still capable OpenRun Pros are discounted to $109.95 (originally $179.99), the second-lowest price they've reached according to price-tracking tools.
If you've never used bone conduction headphones, they're worth a try, and the Shokz OpenPro are a great introduction to the technology. Previously, bone conduction headsets tended to suffer from poor bass compared to in-ear models. The OpenRun Pros are designed to compensate for some of that—you won't get the same thumpy bass you'd get from regular headphones, but it'll be the best you can get from any other bone conduction headphones.
As the name implies, these are meant to be used on outdoor runs. They have an IP55 rating for dust- and water-resistance, are lightweight and comfortable, and can be worn with bicycle helmets and sunglasses. You can use them as everyday headphones too; they can take calls, but you'll need to be mindful of the fact that they don't block any competing sound. Personally, I wear my Shokz all the time around the house and sometimes forget I even have them on (that's how comfortable they are).
In recent weeks, Google has been automatically connecting Android users' phone numbers to every Google account they are signed into on their devices—without requesting consent to do so. This means that if you are logged into personal, work, and disposable accounts on your Android phone, Google may have silently verified and linked your number with all of them even if you've deliberately kept them separate. If you that's not something you want, there's a way to fix it.
As Android Authority reports, some Android users have recently received confirmation emails from an official Google address stating that their phone number has been verified. Google has required occasional phone number re-verification but appears to have updated its support documentation about a year ago to make this feature opt-out by default. As part of this process, Google also adds your phone number to all Google Accounts that are signed in on the device, including current accounts and phone numbers and any that are added or updated in the future.
If you have an Android device, you can disable automatic phone number verification, which should prevent Google from linking sign-in accounts together. You can find this toggle in your Settings app under Google or Google services and preferences > All Services > Privacy & Security > Phone number verification. (Note that the exact path may differ by device.) You should periodically check to ensure this toggle remains off.
Updating this setting does not disconnect phone numbers and Google accounts that have already been linked. You can find out which are which via your Google Account Personal Info page. Select your profile picture in the upper-right corner to go through each signed-in account and open the Phone section to select and delete any numbers you don't want associated.
Finally, Malwarebytes advises scrolling down to the Usage section on the Phone page to view which services are listed as well as reviewing your Security & sign-in settings. If you added your phone number for two-step verification or to a separate app like Google Pay, deleting it from the Phone page won't remove it entirely from your account, and you'll need to update those settings separately. Automatic phone verification shouldn't be the culprit here, but it's useful to audit what your number is being used for and on which accounts if you want to keep things separate.