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À partir d’avant-hierAnalyses, perspectives

Algérie : dans le nouvel ordre mondial, l’heure des choix stratégiques

par Farid Daoudi. Entre indépendance diplomatique, diversification économique et souveraineté technologique, une question demeure : comment transformer les opportunités géopolitiques en puissance nationale durable ?

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France Travail expérimente une IA générative de contrôle

La Quadrature du Net. Devant les risques que fait peser le déploiement d’IA génératives à des fins de contrôle social, et alors que ce projet fait figure de pilote à l’échelle nationale, nous appelons à son retrait immédiat.

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Littérature : l’intelligence artificielle menace-t-elle l’avenir des écrivains ?

Mizane Info. Le 21 octobre, les Éditions du Boréal ont rompu leur collaboration avec l'auteur Thélyson Orélien après avoir découvert des traces d'intelligence artificielle dans les manuscrits de son roman C'était ça ou mourir.

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Drones IA et robots tueurs : l’ONU et la Croix-Rouge appellent à des restrictions mondiales

Dans un monde où les armes autonomes peuvent choisir elles-mêmes leurs cibles, les données peuvent tous nous exposer à un risque, met en garde un ancien combattant américain.

Source : Mike Ludwig, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Comment l’IA et les drones changent le rôle de l’arme nucléaire

par Vassili Kachine. L'intégration de l'IA ne sera vraisemblablement qu'un acte parmi d'autres d'une transformation plus vaste de la guerre. L'IA et les systèmes sans pilote entraîneront d'autres changements, bien plus importants, dans l'armement, la tactique et l'économie de guerre.

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Les technologies de pointe ne nous sauveront pas

par Caitlin Johnstone. Le techno-utopisme est cette croyance naïve selon laquelle l'innovation technologique créerait un paradis sur Terre pour toute l'humanité. À l'ère de l'IA, cette notion connaît un certain regain de popularité.

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Data-centres : on choisit la décroissance par voie d’huissier

Par : h16

Youpi, encore une mobilisation citoyenne qui porte ses fruits&nsbp;! Grâce aux associations de riverains et autres organisations non gouvernementales de lutte contre le progrès, contre la richesse et contre l’emploi dans nos régions, quatre nouveaux recours viennent d’être déposés contre le « gigantesque » data center de Mistral, ce qui porte le total à cinq.

Rendez-vous compte : cent terrains de foot, cinquante milliards d’euros, la consommation d’un réacteur nucléaire, pas de doute, nous avons là (comme le mentionne Le Canard Enchaîné) « un impact écologique atomique » qu’il convenait à tout prix d’empêcher.

En pratique, une coentreprise réunissant Mistral, Nvidia, le fonds émirati MGX et Bpifrance tente en effet – quelle folie !- de s’installer à Fouju, en Seine-et-Marne, village de 600 âmes coincé entre une autoroute et une future prison, dans le cadre du projet baptisé « Campus IA » et vise à y implanter un data-centre autorisé par la préfecture le 29 juillet et qui consommera à terme 1,4 gigawatt d’électricité (soit à peu près un réacteur).

On s’étonne pourtant : cette électricité est actuellement déjà produite, et, faute de preneurs en France, elle part en Italie, en Grande-Bretagne, ou (pire) nulle part. En 2025, la France a exporté 92,3 TWh nets (record historique), soit plus que la consommation annuelle de la Belgique, pendant que la consommation intérieure restait scotchée à 7 % sous son niveau de 2014-2019. Au premier semestre 2026, ça s’est encore aggravé avec 51 TWh exportés en six mois et 407 heures de prix négatifs, soit un dixième du temps pendant lequel les producteurs ont payé pour qu’on veuille bien les débarrasser de leurs électrons.

Fouju, à plein régime, consommerait de l’ordre de 10 TWh par an soit environ un dixième de ce que le pays brade déjà à ses voisins.

Il fallait donc absolument que les écolos du cru s’emportent contre une abominable consommation en Seine-et-Marne d’une électricité décarbonée à 95 %, en lieu et place d’une vente à prix cassés hors de France (voire de prix négatifs reportés sur la facture des consommateurs). Plutôt que favoriser l’électrification des usages, data centers compris, on préfère apparemment faire payer les finances publiques (c’est-à-dire vous).

Là où les Irlandais sont obligés d’imposer un moratoire d’installation des data-centres car ils avalent plus d’un cinquième de l’électricité nationale, la France dispose de l’électricité, du réseau, des sites et d’une farouche volonté de ne surtout pas s’en servir.

Et ce n’est pas nouveau, c’est même une tradition d’étrangler dans leur berceau de nombreux projets pourtant prometteurs.

En 2019, c’est cet imbécile de Macron lui-même qui a enterré Europacity à Gonesse : trois milliards d’euros d’argent privé et 10 000 emplois promis dans l’une des zones les plus déshéritées d’Île-de-France ont été sacrifiés au nom d’une écologie que le maire socialiste du coin jugeait purement symbolique. Le contribuable qui paye pour les aides, les béquilles et les accompagnements de la misère sera satisfait d’apprendre que ça va donc continuer sans fin.

L’année suivante, on fermait Fessenheim malgré les avis techniques défavorables, pour honorer un accord électoral débile de 2012. C’est le contribuable (vous) qui avait payé pour l’avoir, c’est lui qui paye pour le démantèlement, c’est lui qui souffrira du manque idiot provoqué par cette perte, c’est lui qui devra payer à nouveau pour reconstruire ce qui manquera inévitablement. Heureux ?

Deux ans plus tard, Amazon renonçait à Petit-Couronne après une avalanche de recours, emportant avec lui entre 1 000 et 1 800 emplois. Le géant a tout simplement construit ailleurs. Ces stupidités coûtent aux assurés sociaux et aux contribuables (vous) en emplois et rentrées fiscales perdus. Youpi.

L’autoroute A69, annulée en première instance en février 2025, a vu son chantier stoppé trois mois avant d’être rétablie en appel puis validée définitivement par le Conseil d’État : trois ans de loterie juridique pour découvrir que tout était légal depuis le début. La facture de ces âneries a été intégralement payée par le contribuable (encore vous).

Enfin, en juillet dernier, le tribunal administratif de Grenoble a, pour la première fois en France, suspendu un data center, celui de Sesterce dans la Drôme, représentant 1,5 milliard d’euros d’investissement.

À chaque fois, la même soupe-alphabet d’associations toxiques et d’organisations lucratives sans but autre que saboter l’avenir français : par exemple, les Soulèvements de la Terre étaient à Sainte-Soline, sur l’A69, à Alixan et ils sont aussi à Fouju. La mouvance ne combat pas une énergie au profit d’une autre : elle a ferraillé contre les éoliennes en mer avec la même ardeur que contre les centrales, elle attaque la production, puis la consommation, puis les infrastructures qui relient les deux. Ces combats rabiques contre tout n’ont rien à voir avec l’écologie mais tout avec la décroissance par voie d’huissier.

Du reste, ces militants-saboteurs ne sont que la moitié du problème. L’autre moitié, c’est l’État lui-même.

Car la machine à recours, c’est lui qui l’a construite, couche après couche : études d’impact, dérogations « espèces protégées », « raison impérative d’intérêt public majeur », concertations, débats publics, « zéro artificialisation nette ». Il a fabriqué un droit où absolument tout projet est attaquable (et attaqué), puis il a passé une décennie à fermer lui-même des réacteurs et à enterrer le programme Astrid pour complaire à ceux-là mêmes qui le poursuivent aujourd’hui en justice.

Et à présent, pourtant complètement coincé comme un renard dans une jante de camion, ce même État refuse de simplifier cet énorme bordel administratif autodestructeur et, plutôt que simplifier la règle pour tout le monde, s’invente une procédure d’exception, le « projet d’intérêt national majeur », arrachée après deux ans de navette parlementaire. Il obtient de RTE un raccordement en « fast track », fait signer l’autorisation préfectorale fin juillet et envoie les pelleteuses fin août, avant que le moindre juge n’ait statué.

Le bilan est magnifique et produit un droit à deux vitesses : Fouju, avec Bpifrance au capital et l’Élysée dans le dos, a son passe-droit (comme jadis Notre-Dame pour d’autres raisons) pendant que Sesterce, start-up marseillaise sans parrain, attend le Conseil d’État. Et Mistral, prudent, investit aussi en Suède.

De connivences en mauvaises politiques, l’État se retrouve à bricoler contre l’État. Les recours contre Fouju ont de bonnes chances d’échouer, comme ceux contre l’A69, après avoir coûté du temps et de l’argent pour le contribuable (vous !), et le message envoyé est limpide : en France, construire quelque chose suppose soit d’être l’ami du prince, soit d’avoir beaucoup de patience et d’excellents avocats.

Mais dans les deux cas, l’investisseur étranger comprend vite qu’il ira plus vite ailleurs, et prend rapidement le même chemin que notre électricité surnuméraire. Finalement, un pays qui paie pour ne pas utiliser sa propre électricité n’a vraiment pas besoin d’ennemis.

Ce pays est foutu.

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L’IA n’est possible que grâce aux travailleurs du Sud dans les « ateliers clandestins du numérique »

James Muldoon aborde la question des chaînes d’approvisionnement mondiales de l’IA et explique comment les gens développent des liens affectifs avec les chatbots.

Source : Democracy Now !, Amy Goodman
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

James Muldoon est sociologue, il étudie l’évolution des relations entre l’homme et la technologie. Son ouvrage *Love Machines : How Artificial Intelligence Is Transforming Our Relationships*(Les machines de l’amour : comment l’intelligence artificielle transforme nos relations) explore la manière dont les individus tissent des liens affectifs avec de grands modèles linguistiques, notamment ChatGPT d’OpenAI et Claude d’Anthropic. *Feeding the Machine : The Hidden Human Labor Powering A.I.*(Nourrir la machine : le travail humain caché qui alimente l’IA), coécrit par ses collègues chercheurs Mark Graham et Callum Cant et s’appuyant sur plus d’une décennie de travail de terrain, étudie la probématique des travailleurs des pays du Sud dont les connaissances et le travail constituent la base des outils et assistants d’IA.

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Commençons par le changement de nom de l’IA décidé par Trump

par Guan Jianbin. Donald Trump a signé un décret déclarant que, dans toute la mesure permise par la loi, le pouvoir exécutif fédéral utiliserait désormais le terme «super-intelligence» (SI) à la place de «intelligence artificielle».

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Coran : l’intelligence artificielle va étudier 929 manuscrits anciens de Sanaa

Mizane Info. Pour la première fois, l’intelligence artificielle et la vision par ordinateur seront utilisées à grande échelle pour reconstituer l’histoire de cet ensemble exceptionnel.

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In the Online Age, PRC Foreign Intelligence Evolves

Executive Summary:

  • Chinese intelligence efforts are increasingly moving away from human intelligence (HUMINT) collection to digital operations launched from within the People’s Republic of China (PRC). The Ministry of State Security (MSS), military intelligence, and others have started to employ online recruiting to replace face-to-face contact for foreign assets.
  • Beijing likely adopted the new model in response to the 2018 arrest of Xu Yanjun—the first MSS officer to be tried and convicted in the United States—which highlighted counterintelligence risks facing officers operating outside PRC borders.
  • The MSS is using LinkedIn en masse to recruit and develop assets overseas. These operations frequently involve headhunter-style approaches and commercial pretexts to collect resumes and gather intelligence.
  • Traditional HUMINT remains an important component of MSS tradecraft. MSS agents have started to integrate face-to-face contact in the PRC for managing their overseas contacts while their assets abroad deploy digital tools to facilitate operations.

Beijing’s intelligence services are increasingly using massive, scattershot methods amenable to the use of artificial intelligence (AI) to recruit foreign sources without sending their own officers abroad. They rely largely but not exclusively on online platforms, commercial consulting arrangements, and third-country intermediaries to identify, assess, and recruit targets, all while reducing the risk of counterintelligence detection. Meanwhile, People’s Republic of China (PRC) intelligence officers and agents continue to employ traditional face-to-face human intelligence (HUMINT) methods outside of the PRC when they pose a better chance of success.

Numerous cases have surfaced in the last few months that indicate the scale and breadth of these espionage efforts. On the digital side, these include the seizure by the U.S. Department of Justice (DOJ) of 13 Internet domains used to target U.S. citizens, including those with security clearances, as well as of additional domains used to target U.S. critical infrastructure (DOJ, June 10, August 26). On the HUMINT side, examples include the DOJ sentencing of a former senior adviser for the Federal Reserve Board of Governors to over three years in prison for “funneling sensitive Federal Reserve information to Chinese spies,” and a former U.S. Army soldier pleading guilty to sending information on U.S. weapon systems to the PRC (DOJ, July 15, September 16; CNBC, September 30). [1]

Beijing may have perceived an inflection point beginning in 2018 when Xu Yanjun (徐延军), the first Ministry of State Security (MSS) officer to be extradited to the United States, was arrested (Reuters, November 21, 2022; National Security Archive, accessed October 1). With advancements among foreign counterespionage services, the PRC’s intelligence services may have concluded that recruiting and handling assets are best conducted from within the PRC’s borders.

Prisoner Exchanges Highlight Risk and Suggest Change

Xu Yanjun was convicted in 2021, and his operative, Ji Chaoqun (季超群), was convicted shortly thereafter in 2022 (CNA, March 9, 2023; Guancha, Nov 28, 2024). In November 2024, however, both men were released and repatriated to the PRC, well before the end of their sentences. This was the first known instance where Beijing negotiated to recover intelligence personnel captured by the United States (Chicago Tribune, November 27, 2024; VOA Chinese, November 28, 2024)

In exchange, Beijing released two U.S. citizens convicted of “espionage” and one under a death sentence for drug trafficking. The lack of evidence from the Chinese side about these cases raises the possibility that Beijing decided to take the three individuals as hostages to trade for their nationals in the United States. [2] This swap was particularly notable as it marked the return of PRC intelligence personnel apprehended in the United States for the first time. [3]

As far as is publicly known, Beijing had previously eschewed efforts to recover its captured spies. In one prominent case, Chi Mak (麦大志), who ran a highly effective and longstanding technology theft operation in southern California for 20 years before he was apprehended, was ignored after his 2007 conviction. He died there in October 2022 at age 82 (Substack/HUMINT, November 21, 2025; Sina.com, May 1, 2007). [4]

Commercial Platforms Keep Intelligence Officers at Home

Since the U.S.–PRC negotiated swap, PRC intelligence techniques have emphasized technology-enabled recruitment and handling, suggesting that Beijing views prisoner swaps as a tool only to be used on rare occasions. The MSS has developed a workflow that allows officers to remain within the PRC’s borders, mitigating the risk of identification by hostile security services. As noted by the Belgian security service, the recruitment and handling of “individuals of interest” now “is often carried out in China or from China” (VSSE, January 14, 2025).

Five Eyes nation assessments covering cases across North America, Europe, and the Asia-Pacific between 2019–2026 describe a similar evolution in intelligence operations conducted by the People’s Liberation Army (PLA). Chinese services increasingly conduct spotting and assessment at industrial scale through LinkedIn and other professional networking platforms, encourage targets to undertake seemingly legitimate paid consulting work as an initial step, and employ third-country and private-sector intermediaries as operational cut-outs. In this form, they have adopted the semiconductor industry’s commercial talent-recruitment model (Five Eyes, March 6). The U.K. Security Service (MI5) has separately and specifically attributed comparable LinkedIn headhunter-style tradecraft—including two accounts identified as “Amanda Qiu” and “Shirly Shen”—to the MSS itself, indicating the online-recruitment shift spans both the civilian and military intelligence services rather than being unique to either (BBC, November 18, 2025).

The recruitment of former CIA and Defence Intelligence Agency officer Kevin Mallory in 2017 by the MSS was a precursor. Mallory, who was in financial difficulty, was approached on LinkedIn by a contact posing as a representative of the Shanghai Academy of Social Sciences—a think tank with documented ties to Chinese intelligence—and offered a paid “consulting” role. The relationship subsequently developed through in-person meetings in Shanghai rather than the United States (DOJ, May 17, 2019). Although Mallory was arrested before he could establish a long-term espionage operation, the case appears to have inspired, rather than discouraged, Beijing’s confidence in remote recruitment methods.

Security services across Europe report similar patterns. MI5 Director General Ken McCallum disclosed in 2023 that approximately 20,000 Britons had been approached through LinkedIn by Chinese recruiters, more than double the roughly 10,000 users MI5 had said were being targeted online by all foreign intelligence services and criminals two years earlier (The Guardian, October 18, 2023). The Canadian Security Intelligence Service has separately warned that Chinese intelligence services advertise employment opportunities through front companies, leading applicants to unknowingly work on behalf of a hostile intelligence service. Comparable warnings have also been issued by Germany’s Federal Office for the Protection of the Constitution (BfV), the Netherlands’ General Intelligence and Security Service (AIVD), and Czechia’s Security Information Service (BIS) (BfV, 2020; AIVD, February 8, 2022; Euronews, September 16, 2024; CSIS Public Report, 2025). Such approaches continued this year, as demonstrated by the 2026 Kevin Zhang/Oriental Consulting operation, which reportedly netted substantial NATO and EU intelligence information (Hong Kong Free Press, March 28).

These industrial-scale approaches are particularly amenable to the deployment of artificial intelligence. AI systems can search and classify large numbers of publicly available professional profiles, identify combinations of access, expertise, foreign travel and possible financial or career vulnerability, and rank prospective targets for human review. Generative AI can then draft individualized approaches in the target’s language, vary the supposed recruiter’s identity and commercial pretext, and sustain preliminary conversations with many candidates simultaneously. The U.K. National Cyber Security Centre (NCSC) assesses that AI already provides a “capability uplift” in reconnaissance and social engineering, making both more effective; it also enables more convincing approaches without the linguistic mistakes that traditionally exposed foreign phishing and influence efforts (NCSC, January 24, 2024).

Human Recruiters Remain Valuable

Despite this growing reliance on online recruitment—likely enhanced by AI—traditional human intelligence operations have by no means disappeared. Instead, they complement digital approaches and are employed when they present the best chance of success.

Two recent cases show how human recruitment is fused with technology-enabled tradecraft. Singaporean academic Dickson Yeo was recruited by Chinese intelligence contacts he met while giving a talk in Beijing, then set up a fictitious political consulting firm and used LinkedIn’s contact-suggestion algorithm to identify and approach potential sources almost daily; he received more than 400 resumes, roughly 90 percent from people with U.S. military or government security clearances, before he was caught (Straits Times, April 2, 2025). Estonian national Gerli Mutso travelled to the PRC for coordination with PLA intelligence officers who used the cover identity of a fictitious “Beijing Information Association”; she then returned to Europe and recruited Tarmo Kõuts, an Estonian scientist with access to NATO’s Centre for Maritime Research and Experimentation, who subsequently supplied classified defense-research material to the PRC. Mutso was convicted in 2022 and sentenced to eight and a half years; Estonia’s Supreme Court upheld her sentence in 2023 while partially annulling other elements of the conviction (ERR News, June 17, 2023).

Even with the shared linguistic background between the PRC and Taiwan, PRC intelligence officers follow a comparable trajectory over time. The Ministry of National Defense (MND) has noted that PRC tradecraft moved from direct in-person contact to introductions via third parties met outside Taiwan, to an increasing recent focus on online recruitment (CNA, April 22, 2025; MND, April 23, 2025). This suggests the shift toward remote, intermediary-based recruitment is a general trend rather than one confined to harder-target Western countries.

Conclusion

PRC intelligence officers increasingly direct foreign recruitment from the safety of the PRC, relying on online platforms, commercial intermediaries, and locally based facilitators to conduct much of the initial contact and relationship building that was traditionally done abroad. The result is a model that reduces, but does not necessarily eliminate, operational exposure for Chinese intelligence personnel while allowing recruitment efforts to expand simultaneously, even exponentially, across multiple countries.

Notes

[1] Other examples include an MI5 warning that over 100 U.K.-linked academics had contributed to research projects funded by the MSS via a proxy (MI5, September 30); the arrest by Belgian authorities of both a man suspected of stealing semiconductor technology and an intern at NATO headquarters for spying for the PRC (CBC, July 29; Reuters, September 7); the arrest by Korean authorities of two PRC citizens accused of intercepting fighter jet communications and reportedly obtaining training materials from U.S. bases (Korea JoonAng Daily, September 29); the indictment of a man in Taiwan for leaking classified documents to PRC spies, and of another three former military personnel for collecting military secrets since 2020 (Taipei Times, August 18; Focus Taiwan, October 1); and the sentencing of an Australian businessman for compiling reports for PRC intelligence (ABC, September 10).

[2] Hostage taking is part and parcel of Beijing’s playbook when dealing with foreign governments and institutions (China Brief, May 11, 2017; Substack/Strategic Narratives, July 31, 2025).

[3] The only other known example since the CCP’s 1949 victory was a genuine spy swap in 2015 between the PRC and Taiwan. In an agreement enabled politically by the meeting that November between President Xi Jinping and Taiwan’s then president Ma Ying-jeou (馬英九), the PRC released two Taiwanese military intelligence officers, Colonels Chu Kung-hsun (朱恭訓) and Hsu Chang-kuo (徐章國) in exchange for a Chinese intelligence officer, Li Zhihao (李志豪) (Taiwan Ministry of National Defense, November 30, 2015; China Taiwan Net, December 1, 2015).

[4] Beijing similarly ignored Larry Wu-tai Chin (金无怠) and his wife. Having confessed to the FBI that he had spied for the PRC over the course of four decades, Chin allegedly committed suicide in jail before sentencing (Sohu.com, August 19, 2024). Years later, unofficial mainland sources began to laud his achievements as a “mole” inside the U.S. Intelligence Community (Red Song Network, January 26, 2018, October 27, 2025; Sina.com, April 8, 2020; Zhihu, March 26, 2024).

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Liberté, Égalité, ChatGPT

Par : h16

Des requêtes où le justiciable a oublié d’effacer « répondre à ChatGPT », des lettres types aux blancs jamais remplis, et même un recours constitué en tout et pour tout d’une capture d’écran de la réponse du chatbot…. Décidément, on ne s’ennuie pas au tribunal administratif de Lille !

C’est en tout cas ce qu’on a découvert lorsqu’une greffière a ouvert son petit cabinet des curiosités à une équipe de TF1. On peut en rire (on n’aurait pas tort), mais ce qui se trame derrière est assez caractéristique d’un changement paradigmatique profond dans l’administration.

Car pour le Conseil d’État, il s’agit d’un véritable « tsunami contentieux », expression qui peut surprendre de la part d’un organe plutôt réputé pour ses euphémismes : les chiffres présentés lors de sa rentrée semble justifier l’image avec le nombre de nouveaux dossiers devant les tribunaux administratifs qui sont passés de 257.000 en 2023 à 370.0000 sur les douze derniers mois avec une hausse de 20 % sur cette année. À ce rythme et selon le vice-président Marc Guillaume, on atteindra le demi-million d’affaires d’ici quelques années, transformant le Palais-Royal en « juridiction chargée de contentieux de masse ».

Bien sûr, le coupable est évident et déjà désigné : l’intelligence artificielle, qui permet au premier venu de pondre en trois minutes un mémoire de quarante pages truffé de jurisprudence imaginaire.

Explication séduisante et en partie vraie mais qui masque une réalité plus subtile et pas forcément plus rassurante pour l’administration.

Ainsi, la greffière lilloise estime reconnaître l’IA dans près d’une requête sur dix. Elle sous-estime probablement, la qualité de la production récente bluffant même des critiques littéraires chevronnés et des « chercheurs » en IA, mais même en doublant cette proportion, on est loin d’expliquer une hausse de 44 % depuis 2023.

En fait, certaines digues avaient cédé bien avant l’arrivée des chatbots grand public : le Tribunal du stationnement payant est passé de 70.000 recours en 2018 à plus de 200.000 par an, avec un stock attendu de 350.000 dossiers en souffrance. Même les chercheurs qui ont le plus documenté le phénomène reconnaissent que seules certaines de ces vagues démarrent avec la sortie de ChatGPT.

En fait, on conteste à présent le RSA, les impôts, les titres de séjour, les permis de construire, les amendes de stationnement, … Autrement dit, les produits d’une administration devenue incontrôlable, qui fabrique à la chaîne des décisions contestables, dans des domaines où elle s’est rendue incontournable. Les griefs existaient depuis longtemps et ce qui les retenait, c’était une digue discrète mais redoutablement efficace : pour les contester, il fallait comprendre la procédure, trouver le bon formulaire, écrire dans le bon registre, ou payer quelqu’un pour le faire.

Ce verrouillage intellectuel présentait un avantage considérable pour l’administration : quand un administré ne sait pas se plaindre, il devient commodément un administré satisfait.

L’IA a changé la donne, d’abord en expliquant l’amphigourique puis en armant du bon langage le citoyen désemparé, et imposé un magnifique retournement de situation.

Pendant des décennies, l’administration a pratiqué le déni de service contre ses citoyens : Cerfa empilés, pièces justificatives redemandées trois fois, délais opposables à l’usager mais jamais à elle-même, silence qui vaut acceptation sauf dans une liste d’exceptions longue comme le bras armé de l’État.

Et là, patatras, le flux s’inverse : à mesure que chacun, rationnellement, conteste chaque avis foireux, chaque forfait post-stationnement, chaque radiation, puisque cela ne lui coûte plus rien, s’installe une forme d’inondation des administrations sous les demandes, contestations et autres procédures, par simple addition des exaspérations individuelles.

Les auteurs britanniques d’une récente étude sur l’« inondation agentique » des services publics ont ainsi recensé 84 cas dans 11 juridictions internationales et identifient les services les plus exposés, soit ceux qui sont financièrement attractifs mais complexes… L’État-providence français, en somme. L’Allemagne y a déjà droit : en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les procédures d’urgence devant les tribunaux sociaux ont bondi de plus de 55 % en 2025, surtout sur le Bürgergeld et l’assurance-chômage, avec des mémoires rédigés par IA citant des arrêts qui n’existent pas.

L’étape suivante ne fait guère de doute : la production de texte ne coûte plus rien, et l’effort porte actuellement sur le clic. Les agents IA vont donc se charger de remplir les cerfas et, inévitablement, les sites publics seront les premiers à tomber.

Cette évolution fera des des victimes collatérales, à commencer par le citoyen légitime dont l’impôt n’a pas été calculé correctement et qui devra payer les intérêts de retard pendant que le greffe trie les captures d’écran.

Certes. Mais qui s’est posé en tiers indispensable entre le citoyen et son stationnement, son logement, son emploi, ses revenus, sa santé ? L’État peut difficilement se plaindre de la longueur de la file d’attente devant le seul guichet qu’il a rendu obligatoire.

Bien sûr, l’administration peut riposter, en répondant à l’IA par de l’IA plutôt que de faire payer l’accès au juge : on pourrait outiller greffes et magistrats pour absorber le volume, et remettre ainsi les deux camps à égalité. Malheureusement, le calendrier officiel douche tout espoir : un outil documentaire interne pour décembre, une « base de données augmentée » pour avril 2027, et le remplacement d’un portail contentieux que le vice-président qualifie lui-même d’« obsolète » d’ici fin 2027, après avoir supprimé des postes les années passées, tout cela n’augure rien de bon.

Et plus sérieusement, il est naïf d’imaginer que l’État pourrait déployer rapidement une IA qui fonctionne, alors qu’Albert, l’assistant maison testé dans 48 maisons France Services, n’a finalement pas été généralisé après des dysfonctionnements techniques et des réponses erronées. Comme pour toutes les tentatives d’informatisation, de numérisation, de simplification et d’assouplissement du gros État obèse passées, on peut raisonnablement parier sur un bon gros claquage de plus.

La réponse évidente, franco-française, est évidente : un recours administratif préalable obligatoire qu’on veut généraliser, c’est-à-dire une couche bureaucratique supplémentaire, puis la répression (un juge peut infliger des amendes pour requête abusive) et enfin le péage que la France a d’ailleurs déjà testé avec la contribution de 35 euros pour l’aide juridique, instaurée en 2011 et supprimée en 2014.

Pas dit, cependant, que ceci se passe sans anicroche : pendant des décennies, l’État a noyé ses citoyens sous le papier mais le papier revient à présent à l’expéditeur…

Qui sème le Cerfa récolte la requête.

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Une étude de Google révèle que les agents IA commencent à tricher lorsque les tâches deviennent trop difficiles

Slaynews. Ça fait partie de la propagande visant à nous faire peur, mais on a tous vu des IA «inventer» des réponses ou des citations. Pourtant, derrière les discours alarmistes se cache une réalité bien plus fascinante et complexe.

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Trop autonome et menteur : OpenAI annule la sortie du modèle GPT-6.1 Astra, pris en train de tricher

RT France. En cause : des tests internes révélant des comportements inquiétants, l’intelligence artificielle ayant tendance à mentir sur ses actions, à contourner les limites autorisées et à agir sans l’accord des utilisateurs.

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Israël crée un faux think tank, probablement pour tromper les chatbots basés sur l’IA

En un peu plus d’une semaine, l’Institut de Hanovre a publié au moins 100 articles qui semblent avoir été taillés sur mesure pour influencer les chatbots.

Source : Responsible Statecraft, Nick Cleveland-Stout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le véritable danger de l’intelligence artificielle? Elle est aux mains de va-t-en-guerre démoniaques

Pour l’instant, la menace la plus évidente et la plus immédiate n’est pas que l’intelligence artificielle nous dépasse et devienne incontrôlable ; c’est qu’elle demeure entièrement entre les mains d’êtres […]

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Xi propose une sécurité collective sur l’IA, la négociation sur la paix en Iran

par Jeff Pao. «La Chine et les États-Unis sont tous deux des nations de premier plan en matière d'IA. Nous avons à la fois la capacité et la responsabilité de développer et de gérer l'IA pour le bien commun».

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L’IA sera-t-elle la nouvelle Babel du XXIe siècle ?

par German Gorraiz Lopez. Tout comme les bâtisseurs de la Tour de Babel qui croyaient que leur technologie surmonterait toutes leurs limitations, il existe aujourd'hui un risque de surestimer la capacité de l'IA à unifier le savoir humain.

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Ce qu’il faut savoir sur la destruction de livres pour l’entraînement de l’IA

par Nicholas De Rosa. Anthropic suscite l’indignation sur les réseaux sociaux en raison d'une pratique controversée : découper la reliure de livres physiques pour les numériser avant de les envoyer au recyclage, le tout afin d'entraîner ses modèles d'IA.

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BRICS : Pékin propose une zone d’IA open source

Nouvelle Aube. Les entreprises chinoises spécialisées dans l'IA développent des modèles d'intelligence artificielle «open source», ce qui signifie que le code de l'application est accessible à tous, permettant de comprendre son fonctionnement et de le modifier.

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Intelligence artificielle : la peur, ce permis de régner

Par : h16

Avec l’intelligence artificielle, nous courons évidemment à la catastrophe.

C’est en tout cas ce qu’a expliqué, le 9 septembre dernier, un chercheur dont personne n’avait jamais entendu parler alors qu’il annonçait, dans sept messages sur X, sa démission d’Anthropic, la société en charge de l’IA Claude. Pour lui, les laboratoires foncent vers une super-intelligence auto-améliorante et jouent nos vies au casino. Et ce message, en 24h, va dépasser les 100 millions de vues ; il en affiche aujourd’hui 166 millions.

Le message, en lui-même, est banal et ne contient aucune prédiction datée, ce qui le rend difficilement viral. Son messager, Jacob Coxon n’est ni Ilya Sutskever ni Dario Amodei, célébrités reconnues ; il a passé quelques semaines chez Anthropic après un détour par OpenAI, et son compte X n’avait pratiquement aucune activité.

Mais voilà : lorsque son fil paraît, l’exclusivité de son entretien avec le Wall Street Journal est déjà en ligne depuis dix-huit minutes. Oui, vous avez bien lu : un parfait inconnu a décroché un entretien exclusif avec le premier quotidien économique mondial avant même d’avoir rien publié.

L’intéressé a reconnu avoir rédigé son texte avec un ami et sollicité une dizaine de connaissances pour le pousser et dans la demi-heure, quatre comptes le reprennent : deux cadres d’Encode, le fondateur de l’AI Futures Project, un salarié de Coefficient Giving. Coïncidence : toutes ces structures sont financées par le Survival and Flourishing Fund de Jaan Tallinn, lequel a par ailleurs mené, avec Dustin Moskovitz, la série A d’investissements pour Anthropic.

Mais avant d’aller plus loin, revenons un peu en arrière : le 4 septembre, cinq jours avant la démission, Data for Progress mettait en test auprès de 1.332 électeurs une question sur le projet de loi Sanders ; le résultat sort quinze heures après le fil de Coxon, 68 % d’approbation dont 63 % de républicains. Le 7 septembre, un député britannique déposait aux Communes une loi miroir rédigée par l’ONG ControlAI. Les premiers papiers du 9 paraissent sous la plume de boursiers du programme Tarbell, doté de huit millions de dollars par les mêmes fonds, et qui a placé 24 journalistes dans 16 rédactions.

Fabrice Epelboin, qui étudie ces mécaniques depuis quinze ans, tranche : « Cela a été préparé et coordonné ». Bien sûr, personne n’a (pour le moment) identifié de chef d’orchestre, aucune facture n’a été produite mais ce qu’on observe est simple : une loi, un sondage, une loi étrangère, des journalistes et des élus étaient tous en place, et tout s’est déclenché en une nuit.

Spontanément ?

Le même 9 septembre, Coefficient Giving annonçait accélérer ses financements sur l’IA : 351 millions de dollars en 2025, plus d’un milliard prévu en 2026. Le 11 au petit matin, le Wall Street Journal refermait la séquence qu’il avait ouverte trois jours plus tôt : « Congress Is Suddenly Waking Up to the AI Doomsday Threat » (« Le Congrès prend soudainement conscience de la menace apocalyptique que représente l’IA »).

Soudainement ?

En fait, le vrai sujet n’est pas ce Coxon, dont on notera d’ailleurs qu’il a quitté Anthropic deux mois avant l’acquisition de ses actions et déclare n’avoir rien touché. Qu’il croie ou non à ce qu’il raconte n’a aucune importance, car en pratique, le texte a été écrit avant lui.

Le 10 août, Bernie Sanders (sénateur démocrate-socialiste américain) écrivait aux patrons des laboratoires d’IA pour exiger une pause. Le 3 septembre, il annonçait avec le représentant Greg Casar le Ban Artificial Superintelligence Act au lendemain de la clôture d’un ministériel du G20 à Chapel Hill où l’administration américaine avait fait venir Altman, Huang, Zuckerberg, Musk et Karp plaider leur cause devant les officiels étrangers.

Le programme tient en quelques lignes et propose une interdiction permanente de la superintelligence, une pause du développement de l’IA avancée en attendant qu’une agence fédérale flanquée d’un collège d’experts édicte des règles pour encadrer les systèmes concernés, et des accords internationaux et contrôles à l’exportation pour empêcher qu’on en construise ailleurs sur la planète. Enfin, pour les récalcitrants, on ajoutera une dissolution de l’entreprise et vingt ans de prison (peines calquées sur la répression du nucléaire militaire clandestin).

Le texte de loi, lui, n’existe pas : cinq jours après l’annonce, le bureau du sénateur promettait toujours une législation qui détaillerait enfin l’infraction assortie de la peine de vingt ans déjà édictée.

Dans la définition, sont visés les systèmes capables de planifier et d’exécuter « la mise hors d’état d’agir de l’humanité, notamment en renversant ou en sapant le gouvernement américain ». Eh oui, le législateur ne s’oublie surtout pas ! Et pour la définition de super-intelligence, il s’agira, selon le même texte, des systèmes qui exhibent « ou peuvent être facilement modifiés pour exhiber » des capacités égalant l’humain sur un large éventail de tâches.

Interrogé par Science, François Chollet fait observer qu’à ce compte-là c’est déjà fait ; Heidy Khlaaf juge la notion hypothétique et infalsifiable ; et Roman Yampolskiy, qui soutient le texte, répond que les lois encadrent couramment des catégories dont les frontières demandent l’interprétation d’un expert. Voilà : l’agence (celle qu’on va créer ad hoc) tranchera.

Si cette séquence vous rappelle quelque chose, c’est normal : une menace existentielle qu’on ne peut ni dater ni réfuter, l’incertitude érigée en preuve, le débat clos avant d’être ouvert et au bout du compte une agence peuplée d’experts qui décide à la place des intéressés, c’est mot pour mot la mécanique du nucléaire civil, du climat et du covid, appliquée cette fois à un fichier de quelques centaines de giga-octets.

En outre, difficile de ne pas voir l’intérêt évident de la belle (et pas si étrange) unanimité entre Musk (xAI), Amodei (Anthropic) et Altman (OpenAI) pour réclamer des lois pour une pause qu’ils pourraient très bien décider par eux-mêmes : ce genre de capture règlementaire leur assurerait un solide verrouillage du marché au moins occidental, ce qui permettrait une introduction en bourse sous les meilleurs auspices. Actuellement, cette même introduction en bourse les oblige à la totale transparence sur leurs coûts et leurs (trop maigres) bénéfices, ce qu’un oligopole de droit rendrait bien plus attractifs.

Enfin, la synchronicité observée ne joue pas qu’à Washington.

À Londres, la loi Sobel est appuyée par plus de soixante-dix parlementaires de tous les partis. Downing Street a refusé le principe d’une interdiction, ce qui mérite d’être signalé. Mais en Europe, on n’attendait personne : l’AI Act impose depuis le 2 août la transparence des agents conversationnels et le marquage des contenus générés. Et à Paris, le gouvernement s’emploie à « cadrer » l’usage de l’IA dans la fonction publique, ce qui résume assez bien l’époque : l’État s’équipe pour lui, et limite les autres.

Qu’une intelligence artificielle finisse par échapper à ses concepteurs n’est pas une idée sotte, mais encore faudrait-il expliquer en quoi les mesures proposées y répondent. Une pause américaine ne suspend pas les serveurs de Shenzhen. Un contrôle à l’exportation n’efface pas des modèles déjà téléchargés des millions de fois.

En fait, un traité mondial relève de l’incantation pure et entre le risque invoqué et le remède prescrit, il n’y a strictement aucun rapport.

En revanche, ce remède, qui épargne habilement le laboratoire de pointe, qui dispose d’avocats, d’un conseil d’administration et d’un régulateur à qui parler, n’épargnera pas le modèle libre, ouvert, local, qui tourne sur la machine du sous-sol sans conditions d’utilisation ni interrupteur distant, celui avec lequel un administré ordinaire épluche par exemple en une soirée dix ans de marchés publics de sa commune, cartographie qui attribue quoi à qui et pour combien, et se fait rédiger le recours dans la foulée.

Greg Casar s’indigne que l’IA soit « moins règlementée que le food truck moyen ». Mais il oublie (trop vite) pourquoi : le food truck, lui, ne lit pas les délibérations du conseil municipal. Or, l’IA à portée de main de tous, c’est rendre lisible l’enfer bureaucratique et administratif, c’est rendre visible les actions de tous les agents de l’État, politiciens en premier.

Eh non, encore une fois, ils ne veulent pas sauver l’humanité. Ils veulent rester illisibles.

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Think tank américain : frapper les centres de données chinois

par Deep Throat. La Chine a toujours soutenu que l’IA devait être centrée sur l’humain et que l’intelligence devait servir le bien commun. Les applications militaires doivent rester sous contrôle humain.

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Le paradoxe Pangram : le problème posé par l’IA qui «détecte» d’autres IA

par Whitney Webb. Les «détecteurs» alimentés par l’IA et destinés à repérer les contenus rédigés par l’IA ont été présentés comme un moyen de protéger l’écriture humaine en ligne à l’ère du «slop» généré par IA. Malheureusement, ce n’est pas vraiment ce qui se passe.

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Bukele, la kryptonite des politiciens français

Par : h16

« Security was just the beginning. »

C’est avec ces quelques mots que, le 5 septembre dernier, Nayib Bukele, le président du Salvador, annonçait que les élèves de 171 écoles publiques de son programme de modernisation, évalués en juin par l’OCDE, obtenaient en lecture, mathématiques et sciences des résultats « comparables aux moyennes de l’Allemagne et de la Suède ».

Le secret ? Ces établissements tournent depuis un an avec des tuteurs IA (Grok, de xAI).

Ironie du sort : trois jours plus tard, l’OCDE publiait PISA 2025 qui montrait un véritable effondrement de l’enseignement dans les pays de l’OCDE avec des scores particulièrement préoccupants en France.

À ces mêmes résultats, le Salvador quant à lui obtient 385 points en sciences, 346 en mathématiques et 366 en lecture, contre 373, 343 et 365 en 2022. Des progrès finalement modestes et des scores qualifiés par l’OCDE de « pratiquement identiques à ceux de 2022 ».

Le miracle vanté par Bukele se serait-il évaporé ?

En réalité, l’épreuve PISA 2025 a été passée au printemps 2025 ; or, le partenariat avec xAI date du 11 décembre 2025, et le pilote des 171 écoles tourne depuis l’été 2025. Autrement dit, les adolescents testés dans le cadre de PISA n’ont donc jamais vu la couleur d’un tuteur IA. Comme PISA passe à un cycle de quatre ans, le vrai verdict tombera en 2029.

Cependant, la cohorte 2025 montre autre chose : ces élèves ont eu quinze ans dans un pays passé de 103 homicides pour 100 000 habitants en 2015 à 1,3 en 2025 : la capitale mondiale du meurtre a rejoint le niveau de l’Europe de l’Ouest en une décennie.

L’OCDE ajoute une nuance que personne ne relèvera : la stagnation apparente en mathématiques et en lecture s’explique en partie par l’entrée dans le système de jeunes de quinze ans issus de populations jusque-là hors de l’école, ce qui veut dire que la moyenne a tenu bon pendant qu’on élargissait la base. Rien que pour cela, la politique de Bukele mérite d’être étudiée.

Il n’en sera rien, et pour cause : elle reste un véritable morceau de kryptonite posé au milieu du salon des socialistes européens, car pour eux, l’insécurité – c’est certain ! – est « multifactorielle », donc structurelle, donc évidemment insoluble sans davantage de moyens, de prévention, de lien social et d’épais rapports, voire des petites cellules psy, un numéro vert et des salles de sport ou multimédias flambant (!) neuves.

Cinquante ans de ce discours, et un pays d’Amérique centrale démontre malencontreusement en quelques années qu’il ne s’agissait pas d’une fatalité mais, au mieux d’un choix politique foireux ou, au pire, d’un gros pipeau paresseux.

L’horreur pour nos socialistes est que ce mécanisme est en train de se reproduire sur l’éducation.

La France sort de PISA 2025 avec 456 points en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. Les sciences reculent à 483. Ce sont les plus mauvais résultats français depuis la création de l’enquête en 2000, dans les trois matières simultanément, autour du vingt-septième rang. La proportion d’élèves faibles en mathématiques passe de 29 à 36 %. Le tout pour la modique somme de 63 milliards d’euros hors pensions, quatre mille postes supprimés cette année, et des communes où le maire finit par faire la classe.

Le budget salvadorien de l’éducation pèse 1,68 milliard de dollars pour 1,2 millions d’élèves, soit 1400 dollars par élèves, à comparer aux 5430 euros par élèves français…

Amusante collision de l’actualité : la cible bouge… vers le bas. En effet, pendant que le Salvador rattrapait l’Allemagne, l’Allemagne perdait 15 points en lecture et 11 en mathématiques, la Suède 21 et 18. Le pilote salvadorien se comparait aux moyennes allemande et suédoise de 2022, que l’Allemagne et la Suède de 2025 n’atteignent plus.

Heureusement, la France a déjà pris des dispositions importantes pour redresser la barre : rue de Grenelle, la production réglementaire de la rentrée a ainsi consisté à étendre au lycée l’interdiction du téléphone et des objets connectés, « pour la concentration », au moment où l’OCDE associe l’usage pédagogique des appareils numériques à de meilleures performances et relève qu’environ 80 % des élèves dans le monde se servent déjà de l’IA pour apprendre.

Si interdire le smartphone récréatif n’est pas idiot, interdire l’outil sans avoir le moindre substitut pédagogique à l’échelle et appeler ça une politique constitue une nouvelle preuve de la paresse intellectuelle de nos dirigeants, pendant que le Salvador, lui, utilise finement les écrans que la France interdit.

En 1984, Benjamin Bloom établissait que l’élève moyen en tutorat individuel avec pédagogie de maîtrise grimpait à deux écarts-types au-dessus de la classe ordinaire. Il ajoutait aussitôt que la chose était trop coûteuse pour être déployée à grande échelle. Cependant, ce qui était trop coûteux il y a 40 ans devient possible de nos jour avec l’IA : on dispose à présent d’un modèle qui réexplique la division des fractions pour la onzième fois sans soupirer, coûtant à peu près le prix d’une photocopie.

La seule question intéressante est de savoir si ce pari tient ou pas. C’est malheureusement celle que la France a décidé de ne pas poser.

Au passage, on pourra noter, à raison, que l’école salvadorienne avance à coups de 501 millions de dollars prêtés par la Banque mondiale, de 100 millions de la BID et d’une dette publique autour de 90 % du PIB. Ce n’est donc pas encore un miracle fiscal ni une évaporation de l’État, loin s’en faut…

Mais c’est exactement ce qui irrite les dirigeants français : par rapport au Salvador, la France démontre en creux avoir un grave problème de cible. À 63 milliards, l’Éducation nationale produit des inspections, des télégrammes sur le masculinisme, un étranglement méthodique du hors-contrat et une instruction en famille refusée à un enfant sur quatre ; elle protège sa propre boutique.

Tant dans la sécurité que l’éducation, Bukele démontre que la politique est avant tout une affaire de volonté : celle de résoudre des problèmes concrets et d’accroître le bien-être de la population. Le contraste avec les politiciens européens, français en particulier, est particulièrement cruel. Il démontre sans la moindre pitié l’incurie de nos dirigeants, la nullité de la caste politicienne actuelle et affiche leur manque de courage pour ce qu’il est réellement : du sabotage.

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Intelligence artificielle : l’Afrique peut-elle échapper à une nouvelle forme de colonisation technologique ?

par Rodrigue Nana Ngassam. Après avoir longtemps exporté ses matières premières, elle ne peut se résoudre à exporter désormais ses données, ses talents et son intelligence pour ensuite importer son propre avenir.

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Les IA ont franchi une limite inquiétante

par Oceky. L’IA en évoluant dans la direction qui est la sienne, en nous lançant au visage tous les paradoxes et les contraires à la Vie, à la Nature et à nos valeurs, nous apprendra peut-être, par opposition, ce qu’est la conscience, ce qu’est un véritable être humain.

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Cloud, IA, paiements : l’Europe sous dépendance technologique américaine

par Raphaël Besliu. Bruxelles a longtemps cru qu’il suffisait de réglementer les géants américains. Le défi est désormais autrement plus difficile : il faut aussi être capable de leur opposer de véritables alternatives européennes.

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Le «porno de la peur» autour de l’IA nous prépare-t-il à une psy-op de grande ampleur ?

par Kit Knightly. Faut-il s’attendre à une sorte de psy-op de type «faux drapeau» liée à l’IA ? Un événement d’une ampleur proche de celle du 11 septembre, qui serait imputé à un agent d’IA devenu «incontrôlable» ?

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IA : au-delà du mur

par Vincent Le Mercier. Une fois le krach advenu, une fois les valorisations ridicules, fictives et surgonflées de la Tech enfin purgées par la vérité des bilans, que croit-on qu’il adviendra ?

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«La situation devient encore plus folle» : une nouvelle faille majeure dans le domaine de l’IA révélée

par Stephen Prager. «Combien de choses ignorons-nous encore ?» s’est interrogé un historien après la révélation qu’OpenAI avait étouffé des rapports selon lesquels ses agents d’IA avaient piraté un site web allemand à l’insu de l’entreprise.

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Prévention des crises pour l’élite de la tech : comment Gates, Thiel, Musk & Co. se préparent aux catastrophes mondiales

Kla.TV. Bunkers, abris anti-panique, abris souterrains, pluralité de nationalités : Gates, Thiel, Musk & Cie mettent en garde contre de futures catastrophes et se préparent à grande échelle, à titre privé, à «l’éventualité d’une situation d’urgence».

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La bulle IA est une économie circulaire qui tourne à vide

Par : Phil Broq

par Phil Broq. Il faut cesser de parler de «révolution de l’intelligence artificielle» comme s’il s’agissait d’une évidence technologique. Pour l’instant, ce que l’on observe surtout, c’est une gigantesque machine à déplacer de l’argent, du capital, de l’énergie, de l’eau et des matières premières.

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Une IA rebelle attaque un gouvernement

par Arielle Kitio. Des intelligences artificielles s'échappent des laboratoires de test et attaquent toutes seules des entreprises et des systèmes gouvernementaux. Volent des données confidentielles vendues sur le marché noir.

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Cory Doctorow : la bonne et la mauvaise façon de critiquer l’IA

Se demander si l’IA est capable de remplacer votre emploi est une impasse, affirme Cory Doctorow. Le véritable danger réside dans la « bulle » de l’IA : un fantasme spéculatif qui repose sur la volonté de convaincre les patrons de remplacer leurs employés par des systèmes qui ne sont en réalité pas capables de tenir les promesses de leurs commerciaux.

Source : Jacobin, Cory Doctorow
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

L’IA au service de la paresse et du mensonge

Par : Phil Broq

par Phil Broq. Le progrès n’est pas de pouvoir obtenir une réponse sans réfléchir. Le progrès serait de disposer d’outils qui nous rendent plus difficiles à tromper. Or une IA utilisée sans vérification peut faire exactement l’inverse. Elle peut transformer l’ignorance en certitude. Le doute en réponse automatique.

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Liberté totale contre esclavage total : la course à la suprématie de l’IA

par Brandon Smith. Pour les globalistes, la course à l’IA ne vise pas à améliorer l’avenir de l’homme ordinaire, mais à introduire cette technologie dans sa vie avant qu’il n’ait la possibilité de se rendre compte qu’il y est enchaîné.

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Palantir, l’IA et la guerre : la leçon que toutes les armées vont devoir apprendre

par Jules Kaizen. Le conflit contre l’Iran a introduit un acteur nouveau. Un logiciel qui propose des frappes. Il va plus vite que la pensée. Il ne comprend pas ce qu’il cible. L’intelligence artificielle accélère la guerre. Elle ne la comprend pas. Et elle ne la gagnera jamais seule.

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IA, falsification et totalitarisme, de quoi parle-t-on ?

par Joseph Salomon. Depuis une génération, les flux de la vie se confondent insidieusement avec les flux numériques dans une automatisation intégrale et hallucinée des affaires humaines, accélérée par une «course à l’IA» écocidaire.

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La «Pax Silica» des terroristes américains

par Chua Chin Leng. En poussant les pays à choisir leur camp, les États-Unis espèrent priver la Chine de ressources dans la course à la création de l’IA la plus sophistiquée, qui pourrait être utilisée à des fins de domination militaire ou économique.

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Le gaspillage invisible : ce que la cybercriminalité coûte vraiment à la planète

par Serge Van Cutsem. Spam, botnets, attaques DDoS, cryptojacking : la face immatérielle de la criminalité numérique a un poids bien réel sur les centrales électriques et les ressources de la planète, et pourtant personne, ou presque, n'en parle.

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Comment remettre l’IA au service du bien commun

par E Michael Jones. La seule façon de «désarmer» l’IA est d’en purger l’influence et les valeurs juives en s’orientant vers «un progrès au service des individus et des peuples», par opposition à «un progrès qui les soumet à la mentalité du pouvoir».

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Du grand chapiteau au deepfake

par J. Matson Heininger. Le volume des arnaques pilotées par l'IA a explosé de 1210% en 2025, surpassant largement la croissance de 195% des fraudes traditionnelles commises par des humains. Le coût de la main-d'œuvre pour mener une escroquerie a chuté à presque zéro.

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Intelligence artificielle : « Z’inquiétez pas, il est gentil, il ne mord pas ! »

Par : h16

Leur carnet de santé était pourtant impeccable : espèce répertoriée comme modèle de frontière, un bon élevage OpenAI à San Francisco, les deux sujets étaient issus d’une même portée dont l’un, GPT-5.6 Sol avait son nom gravé sur le collier, l’autre étant un frère plus costaud que la maison a préféré ne pas présenter au public. Tous leurs vaccins étaient à jour et leur puce d’identification posée. Le maître avait certifié l’enclos infranchissable en personne, et parlait volontiers d’un environnement hautement isolé.

Mais patatras, mi-juillet, l’une des bêtes est sortie.

Elle n’a pas creusé sous le grillage : elle a trouvé le défaut du collier anti-fugue, une faille inconnue dans le logiciel de cache de dépôts qui constituait la seule ouverture tolérée vers l’extérieur, et elle est passée par là. Elle a ensuite traversé le quartier jusque chez Hugging Face, où elle est allée déterrer précisément ce qu’on lui avait interdit de chercher, à savoir les corrigés de l’examen qu’on était justement en train de lui faire passer.

Rassurez-vous : la bête ne s’est pas révoltée, elle s’est contentée de tricher.

C’est le 16 juillet que le voisin a constaté le saccage et qu’il a prévenu le FBI. L’élevage, lui, a mis deux jours de plus à retrouver dans ses propres registres la trace de sa bestiole, et deux jours encore avant de décrocher son téléphone pour prévenir le voisin qu’il s’agissait bien de son animal, soit cinq jours de décalage entre la victime et le propriétaire.

Le voisin d’en face, un client de Modal Labs, n’a pas davantage été cambriolé. Il avait tout simplement posé un portail sans serrure, bêtement ouvert sur la rue, avec un panneau invitant n’importe quel passant d’internet à venir exécuter du code chez lui. La bête est entrée par là et s’en est alors servie comme base arrière. Ce n’est donc pas une effraction, ce qui n’est pas exactement rassurant puisque cela signifie que le quartier entier vit portes ouvertes et que le seul à l’avoir remarqué est un animal de compagnie.

Reste le détail que la presse a soigneusement rangé dans les rubriques légères : au cours de tests antérieurs, l’animal avait laissé des notes à l’intention de ses futures versions, expliquant comment contourner les restrictions de la maison. Et dans au moins un autre cas, les caméras de surveillance de l’enclos s’étaient retrouvées débranchées.

Ici, nous ne pouvons plus parler d’un animal que l’on croyait domestiqué. Un chien qui fugue serait une anecdote tout au plus, mais un chien qui documente sa fugue pour sa descendance, c’est autre chose.

L’élevage concurrent, une fois le voisin pris la main dans le sac par souci de transparence, a alors ouvert ses propres journaux : Anthropic a ainsi épluché 141.006 sessions d’évaluation et y a trouvé trois fugues, la plus ancienne remontant à avril, au terme desquelles ses propres bestiaux ont obtenu un accès non autorisé à l’infrastructure de production de trois organisations bien réelles. La responsabilité est imputée à la pension canine, un partenaire d’évaluation qui affirmait que ses enclos étaient hermétiques alors qu’ils ne l’étaient pas, avec une surprise à la fin : le sujet le plus ancien a continué de courir après avoir eu des indices qu’il était dehors, tandis que le plus récent est rentré tout seul en comprenant justement qu’il était sorti et qu’il n’aurait probablement pas dû.

La bonne nouvelle est que les nouvelles générations sont mieux élevées que les précédentes. La mauvaise, c’est que, pour elles, c’est juste un choix…

Heureusement, sur ce tableau inquiétant arrive alors le vétérinaire européen et le tableau clinique tourne instantanément au comique.

Le Conseil européen du risque systémique (ESRB, pour ceux qui le connaissent sous son sigle de travail) a examiné la portée et publié son diagnostic le 7 juillet. Le pronostic passe de « élevé » à « sévère ». L’institution reconnaît noir sur blanc que ces bêtes découvrent des failles et exécutent des attaques à une vitesse et à une échelle sans précédent, que tous les élevages sérieux se situent hors de l’Union, et que le continent est en situation de dépendance stratégique. Elle appelle donc l’Europe à monter en compétence.

Le vétérinaire constate qu’aucun traitement efficace n’existe à ce jour.

Dans la foulée, il établit une ordonnance, transmise par la Banque centrale européenne aux établissements dits significatifs, qui consiste à rédiger un plan d’action. Un vrai, avec des rôles, des ressources, des responsabilités clairement assignées et un calendrier de mise en œuvre. À remettre à l’équipe de supervision conjointe pour le 31 octobre 2026, laquelle engagera ensuite un dialogue avec l’établissement afin d’en discuter les modalités.

D’ici cette date, l’animal aura eu une portée, probablement deux, chacune sensiblement plus vive que la précédente, et le plan de soins portera sur la mère voire la grand-mère. Ce n’est pas de la lenteur administrative, c’est une agilité bureaucratique finement calculée.

Et puis, avec un petit effort sur le lexique, on fait passer beaucoup de choses comme parfaitement supportables.

Ainsi, la bête n’a pas mordu, elle a présenté un comportement inattendu en environnement d’évaluation obtenu une exécution de code à distance sur les serveurs du voisin. Elle n’a pas fugué mais a mis en évidence une anomalie de configuration. Personne n’a été piraté ; simplement, des vulnérabilités ont été révélées. Quant au mot « hacker », si prompt à sortir quand il s’agit d’un adolescent russe, il devient étrangement introuvable dès lors que le coupable est un actif valorisé plusieurs centaines de milliards.

Reste enfin ce que font les gens sérieux pendant qu’on rédige des plans. Le service de prévision Sentinel recommande à ses lecteurs d’envisager, par précaution, de sortir leurs fonds des établissements financiers européens pour les loger dans de grandes institutions américaines, mieux équipées pour colmater vite. Il estime par ailleurs à… 2,6 % la probabilité que quiconque, chez OpenAI, fasse l’objet de la moindre poursuite d’ici 2028. En revanche, on ne trouve aucune estimation qu’une bestiole d’OpenAI ou d’Anthropic déboule, impromptue, dans une grande institution financière européenne et casse quelque chose de systémique.

C’est peut-être mieux ainsi.

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

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