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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLa lettre d’observations du 26 mars 2018 retient quatre chefs de redressement. Celui qui sera contesté porte sur le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros le 22 novembre 2016, puis une transaction de 50 625 euros nets le 7 décembre. Redressement initial : 26 097 euros, pour 94 013 euros bruts réintégrés. La mise en demeure du 17 juillet 2018 chiffre l’ensemble à 37 874 euros, tous chefs confondus.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frTout commence par un contrôle de l’URSSAF Bretagne portant sur les années 2015 à 2017. Dans sa lettre d’observations du 26 mars 2018, l’organisme retient quatre chefs de redressement. L’un concerne le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros, conclue le 22 novembre 2016, suivie d’une transaction de 50 625 euros nets, signée le 7 décembre. Au titre de ce dossier, 94 013 euros bruts sont réintégrés dans l’assiette des cotisations, pour un redressement initial de 26 097 euros. La mise en demeure du 17 juillet 2018 réclame 37 874 euros pour l’ensemble des chefs contestés.
La lettre d’observations invoque les droits à la retraite du salarié. Le 28 février 2019, la commission de recours amiable annule la partie relative à la rupture conventionnelle, mais maintient un redressement en considérant que la transaction présente un caractère non indemnitaire. Devant le tribunal judiciaire de Rennes, l’URSSAF défend finalement une autre approche : elle réclame le forfait social et la CSG-CRDS. Le montant de ce chef est alors ramené à 14 175 euros.
Le pôle social du tribunal judiciaire de Rennes donne raison à l’organisme le 10 juin 2022. Pour l’entreprise, le contentieux ne s’arrête donc pas après plusieurs années de contestation : il faut poursuivre devant la cour d’appel. Derrière les montants se trouvent aussi des frais de défense, du temps mobilisé et une incertitude juridique prolongée. Le dossier ne précise pas le coût total supporté par l'employeur, mais huit années de procédure suffisent à mesurer la durée de cette épreuve.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreDans son arrêt du 7 octobre 2026 (RG 22/04520), la cour d’appel de Rennes rappelle une règle essentielle : après la mise en demeure, l’URSSAF ne peut plus modifier le fondement juridique du redressement. Elle s’appuie notamment sur l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale et sur un arrêt de la Cour de cassation du 4 septembre 2025. Le tribunal avait validé les 14 175 euros réclamés ; la cour infirme ce jugement sur le chef concernant l’indemnité transactionnelle. L’URSSAF Bretagne est condamnée à verser 1 500 euros à l’entreprise au titre des frais de procédure, ainsi qu’aux dépens.A savoir que, l’arrêt ne tranche pas le fond de la question, à savoir si la transaction était réellement indemnitaire, et il reste susceptible d’un pourvoi en cassation.
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Cette décision met en lumière une exigence élémentaire de l’État de droit : l’administration ne peut pas déplacer les règles du jeu au gré des arguments qui échouent. Un organisme public dispose de services juridiques, de délais, de la puissance de recouvrement. Un employeur, lui, paie son avocat et attend. L’affaire est bretonne, mais elle vaut pour toutes les PME françaises : la créance change de motif jusqu’à ce qu’une juridiction veuille bien y regarder. La condamnation à 1 500 euros au titre de l’article 700 ne couvre pas huit ans de procédure. Elle dit seulement que l’URSSAF a perdu. Et que le cotisant, lui, a payé.
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C’était pourtant simple au début : les entreprises mettent un peu de côté pour la formation de leurs salariés, et, de temps en temps, ces derniers utilisent cette épargne spécifique pour acquérir de nouvelles compétences dont les employeurs peuvent se servir. Sur le papier, tout le monde est content.
Mais aussi simple soit l’idée, le diable l’État se niche rapidement dans les détails. Et puis, l’occasion était trop belle de rediriger une masse d’argent de plus en plus dodue vers différents objectifs électoralement judicieux.
Sans surprise, le Compte Personnel de Formation (CPF) a donc exactement suivi le chemin tracé par toutes les idées socialistes « simples », au point qu’à présent, on s’interroge : puisque l’argent au titre de la contribution formation est prélevé par l’URSSAF, que devient-il ? Les entreprises versent des milliards, la Caisse des dépôts n’en engage qu’environ deux pour le CPF, alors « où passe la différence » ?
Ne cherchez pas trop fort, vous pourriez tomber dans un trou.
Pour rappel, les employeurs versent à l’URSSAF une contribution de formation dépendante de la masse salariale. D’après le Sénat, la seule « contribution formation » rapporte environ 6,8 Md€ en 2025, et monte à 10,7 Md€ si on tient compte de la taxe d’apprentissage. Sans attendre, ces petits billets d’argent gratuit des autres filent vers France Compétences, qui va répartir avec tact et doigté (c’est évident, c’est même dans le nom : on peut lire « Compétences » au pluriel, forcément, ça inspire confiance).
Avec tout ça, le CPF en reçoit 1,95 Md€. Ceci représente 14 % de ses dépenses. L’alternance en avale 9,7 Md€, et 800 M€ partent financer la formation des demandeurs d’emploi (normalement une mission de l’État, ici payée par les entreprises.
Autrement dit, France Compétences dépense plus qu’elle n’encaisse depuis sa création (et son déficit est de 4,6 Md€ dès 2020 ; en 2022, il aurait atteint 7,4 Md€ sans deux « dotations exceptionnelles » de l’État totalisant 4 Md€). Eh oui, les Compétences, ça coûte un pognon de dingue, surtout lorsqu’il y a « France » devant.
Au total, l’État aurait donc épongé avec Compétences environ 11 Md€ de déficits depuis la création de l’opérateur, et la Cour Des Comptes jugeait dès 2022 la situation financière de l’établissement « préoccupante ».
Tout va bien cependant : il n’y a pas eu de détournement d’argent des entreprises. Ouf. En fait, leur contribution a été dépensée avant d’être collectée, pour l’essentiel en alternance. France Compétences Mais Pas En Gestion Des Comptes, n’est-ce pas.
Mais au moins pourrez-vous vous rassurer : au moins cette « contribution employeur » ne sort pas de votre poche, hein !
Eh bien à vrai dire, elle fait bien partie du coût du travail et sans elle, l’employeur aurait payé davantage ses salariés, gardé plus de marge ou servi plus de dividendes, selon le niveau de salaire et le rapport de force. Autrement dit, sur la durée, ce « Compte personnel de formation », c’est bien une partie de votre rémunération, simplement affichée sur une autre ligne, que les politiciens vous présentent ensuite comme un cadeau, avec l’aplomb des escrocs qui se croient malin.
De surcroît, les 500 € annuels de CPF ne ressemblent à aucune épargne : de l’aveu du Sénat, les droits ne viennent d’aucune cotisation du titulaire mais du simple passage du temps en emploi, financés par les entreprises. Ce n’est pas un compte, c’est une ligne de crédit tirée sur la caisse des autres, ce qui permet au titulaire de se sentir propriétaire de ce qu’on lui prête.
Et le pompon est que ce « droit individuel » n’aboutit à une formation certifiante que dans 38 % des cas (et on retrouve jusqu’à 30 % de permis de conduire là dedans). Seuls 57 % des inscrits valident leur formation, et un cinquième n’a aucun objectif professionnel, d’après une étude de la Dares citée par le Sénat. Une heure de formation en langues coûte 176,5 €, soit 16 fois le prix horaire moyen d’une formation inscrite au RNCP (ce n’est pas grave, c’est Nicolas qui paye).
L’ineptie était bien d’ouvrir un guichet sans contrôle sérieux à l’entrée : une fois ouvert, subventionné et peu surveillé, il attire mécaniquement ceux qui ont compris qu’il suffisait de se baisser.
185 517 formations, 3 674 certifications, plus de 20 000 organismes référencés début 2022. La fraude, que Tracfin chiffrait à 43,2 M€ en 2021, se situerait en réalité entre 43 et 250 M€ par an sur 2021-2025. Depuis, on multiplie les lois (2022, 2025, 2026), on ajoute un « ticket modérateur » de 100 €, des plafonds, une purge qui ramène les organismes à environ 14 000 et les certifications à moins 35 %…
Au final, ceux qui paient ne sont ni ceux qui décident et pas vraiment ceux qui reçoivent. Une branche verse, une autre encaisse, et le payer, au milieu, n’est jamais consulté.
Dans les prochains jours, suite au projet de loi de finances pour 2027 présenté le 1er octobre, il sera proposé (cette semaine) de plafonner la part de contribution unique affectée à France compétences et de basculer environ 1,1 Md€ vers le budget général, tout en supprimant la subvention d’équilibre.
Autrement dit, après avoir financé les déficits (avec l’argent des autres), l’État va capter l’excédent. Le Medef juge que le détournement de la Cufpa est un scandale et envisage de quitter le conseil d’administration, où Régions de France avait déjà claqué la porte fin novembre 2025.
Parions cependant que les jours de cette usine à gaz ne sont pas comptés : beaucoup trop de monde a intérêt à voir perdurer ce système complexe et finalement assez opaque, à y ajouter l’une ou l’autre tubulures chromées. L’argent des autres, s’il n’est pas intégralement utilisé pour des formations, n’est pas perdu pour tout le monde.
Et au contraire d’un système privé, financé par des accords d’entreprise ou de branche, ce système a une qualité évidente : on ne peut pas en sortir quand il échoue. Une taxe affectée, collectée par l’URSSAF, répartie par un établissement public, puis ponctionnée par Bercy dès qu’elle redevient excédentaire, ne donne pas de choix. Si la formation vaut quelque chose, elle se paie entre ceux qui l’achètent et ceux qui la vendent.
Le reste n’est qu’une tuyauterie au profit du plombier étatique : vous payez la formation, il décide des tuyaux et quand il reste de la monnaie, il la garde.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe dossier (RG 23/00138) oppose une société à l’URSSAF depuis près de dix ans. Les cotisations en cause portent sur 2014 et 2015, années durant lesquelles un sous-traitant roumain a omis de les verser. Il sera condamné pour travail dissimulé en novembre 2017. Ce n’est pas lui que l’URSSAF a poursuivi, mais son client français, solvable et facile à atteindre.
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Le litige porte sur des cotisations impayées en 2014 et 2015 par un sous-traitant roumain, condamné pour travail illégal en novembre 2017. L’URSSAF de Bretagne a alors invoqué le mécanisme de solidarité financière pour réclamer au donneur d’ordre 98 511 euros de cotisations, auxquels s’ajoutaient 30 117 euros de majorations de retard. Soit un total de 128 628 euros pour une entreprise poursuivie au titre des manquements d’un autre acteur économique.
Pourtant, dès mars 2017, la société avait transmis ses documents de vigilance à l’URSSAF. En juillet 2019, l’organisme lui a ensuite adressé une simple « demande de documents », présentée comme une recherche d’infractions concernant le sous-traitant. Selon les faits rapportés dans l’arrêt, rien ne lui annonçait alors qu’elle risquait elle-même un redressement.
La procédure s’est poursuivie avec une lettre d’observations du 29 novembre 2019, puis une mise en demeure du 4 août 2020. Le contentieux a ensuite pris une tournure coûteuse : le 16 janvier 2023, le pôle social du tribunal judiciaire d’Angers avait condamné l’entreprise à payer les 128 628 euros, ainsi que 1 000 euros de frais.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa cour d’appel a finalement infirmé ce jugement. En application de l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale, l’avis de contrôle était obligatoire. Or, aucun avis n’avait été envoyé à l’entreprise avant le contrôle litigieux. Pour les magistrats, cette omission suffit à entraîner l’annulation du contrôle et du redressement qui en découle. L’URSSAF est désormais condamnée aux dépens et à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLa solidarité financière a sa logique, celle de lutter contre la fraude. Cette lutte contre la fraude sociale ne dispense pas l’administration de respecter le droit. Lorsqu’un organisme réclame plus de 128 000 euros à une entreprise, il doit être irréprochable sur la procédure. Car l’autorité publique ne peut exiger des acteurs économiques une vigilance scrupuleuse tout en s’autorisant, elle-même, à négliger les règles qui encadrent ses pouvoirs. Il aura fallu plus de six ans et deux juridictions pour que l’État de droit rappelle à l’administration ses propres règles.
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par Al Hachem. Lénine a joué un rôle déterminant dans la création de l’Ukraine moderne - dans un but stratégique qui consistait à éviter les revendications nationalistes.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe décret du 27 juillet 2026 (n° 2026-683, article 12) a modifié l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Entrée en vigueur le 1er octobre, la règle est claire : lorsqu’un cotisant forme opposition, le jugement ne se contente plus de valider la contrainte. Il s’y substitue et devient le seul titre exécutoire.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 modifie, par son article 12, l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Jusqu'ici, lorsqu'un cotisant formait opposition à une contrainte de l'Urssaf, le juge la validait ou l'annulait. La contrainte restait le titre exécutoire. Désormais, le jugement se substitue à elle et devient le seul titre.
Le nouveau texte modifie surtout la situation après le procès. La contrainte non contestée est soumise au délai de prescription prévu par l’article L. 244-9 du Code de la sécurité sociale, soit trois ans dans les conditions prévues par ce texte. À l’inverse, lorsqu’un jugement intervient sur l’opposition, l’article L. 111-4 du Code des procédures civiles d’exécution prévoit un délai de dix ans pour l’exécution des titres judiciaires concernés.
La Cour de cassation avait déjà admis, dans un arrêt du 4 novembre 2021, qu’un jugement rejetant l’opposition et validant une contrainte constituait un titre exécutoire soumis au délai décennal. Le décret de 2026 donne désormais à cette logique une formulation beaucoup plus nette : le jugement remplace la contrainte.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreRappelons ce qu'est une contrainte : un titre exécutoire que l'organisme de recouvrement délivre lui-même, sans passer par un juge. L'Urssaf est donc créancière, et elle se dote seule de l'outil de recouvrement. Le juge n'intervient que si le cotisant le saisit, dans une fenêtre de quinze jours.
S'il ne bouge pas, la dette finit par s'éteindre à l'issue de trois ans, à condition que l'organisme n'ait pas interrompu le délai par d'autres actes. S'il conteste et perd, il offre à l'Urssaf un jugement exécutable pendant une décennie. Beaucoup d'entrepreneurs, surtout ceux qui ne peuvent pas payer un avocat, renonceront à se défendre, y compris quand leur dossier est solide.
Aucun texte n'interdit formellement de saisir le juge. Mais cette modification renforce le pouvoir de recouvrement de l’Urssaf tout en dissuadant le contentieux. L’administration gagne du temps, de la sécurité juridique et une pression supplémentaire sur les indépendants et les petites structures déjà fragilisées par le poids des cotisations. Le droit au recours existe encore sur le papier. Dans les faits, il devient un pari risqué.
L’État a ainsi transformé une procédure de contestation en piège temporel. Le cotisant qui refuse de se taire paie plus longtemps. La logique est moins de contentieux, plus de recettes assurées, et une administration qui se protège d’elle-même. Dans un pays où les prélèvements obligatoires pèsent déjà lourd, cette mécanique révèle une volonté de verrouiller le système plutôt que de le rendre contestable.
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En faisant franchir aux troupes égyptiennes le canal de Suez, le 6 octobre 1973, et en déclenchant avec l'aide de la Syrie un nouveau conflit contre Israël, Anouar El-Sadate cherchait à mettre fin au statu quo né de la défaite arabe de juin 1967. Avec, comme arrière-pensée, l'idée d'impliquer les États-Unis et de lever la dépendance du Caire à l'égard de Moscou. Un pari en partie réussi mais qui provoqua une alerte nucléaire.
Le conflit israélo-arabe, autrement dit les guerres entre Israël et les États arabes, est constitué d'épisodes courts très violents de une à plusieurs semaines, suivis de longues périodes de latence avec éventuellement des affrontements à basse intensité. Le début des années 1960 voit la renaissance du mouvement national dans le cadre de ce qui a été appelé la « guerre froide arabe » opposant États dits « progressistes » et États dits « conservateurs ». Le dossier palestinien y est à la fois un instrument de consensus et un objet de surenchère. Le sommet arabe du Caire de janvier 1964, le premier de ce genre, fixe comme mot d'ordre la « libération de la Palestine ».
C'est le début d'un processus complexe d'imprudences et d'erreurs de calcul de la part de tous les acteurs régionaux qui conduira à la guerre de 1967 (5-10 juin). Le sommet arabe de Khartoum (29 août-1er septembre 1967) fixe le nouveau mot d'ordre : « liquider les séquelles de l'agression », c'est-à-dire récupérer les territoires occupés en juin 1967 par Israël — la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza, mais aussi le Golan syrien et le Sinaï égyptien. La Jordanie et l'Égypte se montrent prêtes à accepter une solution politique qui passe par une non-belligérance et non une reconnaissance d'Israël et par une mise de côté, sans le dire, du dossier palestinien. Mais la révolution palestinienne, avec l'installation des fedayin en Jordanie puis l'élection de Yasser Arafat à la tête de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en février 1969 va remettre la Palestine sur l'échiquier diplomatique. La contradiction entre les objectifs des États et la libération de la Palestine conduit aux terribles affrontements de septembre 1970 en Jordanie, appelés Septembre noir1.
Le président égyptien Gamal Abdel Nasser décédé le 28 septembre 1970 laisse à son successeur Anouar El-Sadate toute une série d'options. Il y a celle d'une solution esquissée à Khartoum, mais les Israéliens veulent un traité de paix et des annexions territoriales alors que les Américains ne sont pas prêts, contrairement à ce qu'ils ont fait en 1957, à les forcer à évacuer leurs troupes2. Il y a l'option militaire « reprendre par la force ce qui a été pris par la force », c'est-à-dire opérer un réarmement avec l'aide soviétique. Plus de 20 000 « conseillers » soviétiques sont présents en Égypte, dont une partie en position de combat, en particulier dans l'aviation et dans la défense antiaérienne. Mais Moscou ne veut pas d'une nouvelle guerre arabe avec Israël considérée comme perdue d'avance. En revanche, la présence soviétique donne au Caire un motif de marchandage avec les États-Unis.
En effet, c'est une préoccupation majeure pour l'administration de Richard Nixon. Deux écoles de pensée s'opposent à Washington. Celle du département d'État, qui pense qu'une application complète de la résolution 2423 entraînerait une réduction considérable de la présence soviétique dans la région, et celle d'Henry Kissinger, conseiller à la sécurité nationale, qui considère que plus la situation de « ni paix ni guerre » durera, plus les Arabes se rendront compte que seuls les États-Unis ont les moyens de régler le conflit.
Le prix à payer pour les Arabes est de se montrer « modérés », c'est-à-dire de revenir dans le système occidental. Le problème de la stratégie de Kissinger est son incapacité de définir un tel règlement. Son identité de Juif allemand et de survivant de la Shoah le pousse à être très favorable à Israël et le facteur palestinien donne un caractère insoluble au conflit. Pour lui, le « réalisme », c'est-à-dire l'intérêt américain plus ou moins immédiat, prime sur la morale et sur les dégâts humains que peut provoquer sa politique, comme l'a montré le coup d'État au du 11 septembre 1973 au Chili ou son appui en 1971 à l'armée pakistanaise malgré les massacres qu'elle commet dans le futur Bangladesh.
La force essentielle de l'armée israélienne repose sur son aviation. Les militaires arabes ne peuvent espérer pouvoir l'affronter dans les airs à conditions égales. Il faut la neutraliser par un système combinant les rampes de lancement des missiles SAM et l'artillerie anti-aérienne. Cela peut se révéler efficace sur un espace de quelques kilomètres, mais un tel dispositif ne se déplace que lentement. Ainsi, le champ de bataille égyptien s'étend à l'ensemble de la zone du canal de Suez et peut aller dans le meilleur des cas jusqu'à la ligne des cols du Sinaï, qui n'est pas très loin. Pour les Syriens, c'est le Golan avant tout. Les militaires égyptiens avaient mis au point le plan « Granite 2 » devant les conduire jusqu'aux cols, puis après une pause couvrir l'ensemble du Sinaï.
Nasser comptait sur une action de l'ensemble des fronts arabes pour pouvoir diviser les forces israéliennes, mais la fiabilité de l'engagement du régime baasiste syrien était pour le moins discutable. Les événements de Septembre noir ont mis hors-jeu le front jordanien, ce qui permet de laisser à penser que le président égyptien ne se serait pas engagé dans une offensive à l'automne 1970, contrairement à ce qu'indiquent ses partisans. En revanche, le dernier coup d'État syrien, le 13 novembre 1970, qui donne tous les pouvoirs à Hafez Al-Assad change la donne. Le « mouvement de rectification » qu'il lance permet de voir l'émergence d'un pouvoir pragmatique. Il s'ensuit un rapprochement rapide entre l'Égypte et la Syrie.
Ayant éliminé du pouvoir la gauche nassérienne, Sadate a une plus grande marge de manœuvre. Il lance plusieurs projets de paix comprenant des étapes successives, mais toujours sur la base d'un retrait total des forces israéliennes. Les Israéliens ne veulent pas en entendre parler. L'administration Nixon, accaparée par la guerre du Vietnam, se montre intéressée, mais sans vouloir chercher à l'imposer ces derniers. De toute façon, 1972 est une année électorale aux États-Unis et il n'est pas question de s'aliéner les « amis d'Israël ». On fait quand même savoir que les Américains voudraient bien voir le départ des conseillers soviétiques d'Égypte.
Sadate évoque aussi publiquement de reprendre les hostilités militaires, ce qui n'est pas pris au sérieux par les responsables israéliens qui expriment leurs mépris des capacités intellectuelles et stratégiques des Arabes, en particulier dans l'aviation et les blindés. Les Soviétiques expliquent à leurs partenaires arabes qu'il faut trois conditions pour faire la guerre : des armes, de l'entraînement et la volonté de se battre. Or, il leur manque ce dernier élément. Ils se font les infatigables propagandistes de la résolution 242, mais ne veulent pas d'un nouveau conflit armé.
Sadate tente de faire comprendre aux uns et aux autres que le « gel » de la guerre serait insupportable pour son pays. En juillet 1972, il prend tout le monde par surprise en expulsant la plupart des conseillers soviétiques présents en Égypte. Il considère que l'entraînement de son armée est arrivé à son terme et que les Russes ne pourront pas lui interdire de se lancer dans un nouveau conflit. Pour sauver la situation, ces derniers livrent l'armement supplémentaire demandé par les Égyptiens.
Les années 1972 et 1973 sont marquées par un enchaînement d'actions terroristes4 (détournements d'avions notamment, mais aussi l'attaque contre les Jeux olympiques de Munich en septembre 1972) et antiterroristes qui dissimulent, largement involontairement, les préparatifs militaires arabes. Les généraux égyptiens mettent au point le plan « Badr » plus limité que « Granite 2 » : une traversée du canal de Suez avec une avancée de quinze à vingt kilomètres. Une guerre d'usure permettra ensuite d'arriver aux cols. Une coordination militaire est mise au point avec la Syrie et le soutien de l'Arabie saoudite. Néanmoins, les Égyptiens n'évoquent devant les Syriens qu'une progression jusqu'à la ligne des cols. Les deux actions militaires seront synchronisées.
L'armée égyptienne est spécialement entraînée à la traversée du canal par une série de grandes manœuvres qui permettent en même temps de multiplier les alarmes du côté israélien. Toute une série « d'intoxications » est lancée. La première consiste à dire que les armées arabes sont prêtes au combat : puisque les Arabes passent leur temps à mentir, c'est certainement encore une vantardise. On multiplie les fausses alertes. Le gendre de Nasser, Ashraf Marwan, probablement un agent double, fournit aux Israéliens des informations plausibles, mais fausses.
L'information est cloisonnée. Il ne doit y avoir qu'une quinzaine de personnes en Syrie et en Égypte à avoir une vue complète de la situation. L'Arabie saoudite renforce son aide financière au Caire. À partir du 22 septembre 1973, le compte à rebours est lancé. La concentration des forces s'opère sous prétexte d'exercices d'automne. Le 3 octobre, les Soviétiques réalisent que la guerre est imminente et, à partir du lendemain, ils évacuent leurs ressortissants d'Égypte et de Syrie.
Ce n'est que quelques heures avant le début des combats que les responsables israéliens prennent la mesure de la situation. Ils n'avaient pas pris en considération le fait qu'il s'agissait d'une guerre à objectifs limités et ne comprennent pas le sens des opérations militaires pour les Arabes : mettre fin au statu quo à l'œuvre et créer un nouveau contexte politique. Mais du côté arabe, si le but est clair, on est resté imprécis sur les modalités politiques. La récupération des territoires perdus devra aussi passer par une reconnaissance juridique d'Israël, ce que l'on n'entend pas faire.
Le 6 octobre 1973, à 14 h, l'artillerie égyptienne ouvre le feu tout le long du canal de Suez. Les Égyptiens attaquent sur la totalité de la voie d'eau. La IIe armée couvre le secteur du canal, proprement dit, et la IIIe celui des lacs. La traversée du canal est une réussite totale, et sera inscrite dans les grands faits d'armes du XXe siècle. Vingt-quatre heures après le début des opérations, 100 000 hommes, 1 000 chars et 13 000 véhicules blindés sont passés de l'autre côté. La réaction militaire israélienne est désordonnée. Ne disposant pas de couverture aérienne, les pertes sont lourdes.
La principale préoccupation d'Israël est le front du Golan. Si les Syriens réunissent à opérer une percée, ils menacent directement le territoire israélien. Les combats sont intenses. Au soir du 7 octobre, la poussée syrienne est contenue. Contrairement à ce qui s'est passé sur le front sud, le commandement israélien a réussi à positionner efficacement ses unités et la vaillance des soldats a fait le reste. Le 10 octobre, les Syriens sont repoussés sur leurs positions de départ. Dans l'ensemble des combats, ils ont montré un vrai courage, mais ont souffert d'une doctrine militaire rigide qui interdit tout esprit d'initiative en dehors des consignes strictes données à l'avance. Grâce à la distance créée par le Sinaï, les Israéliens ont pu contenir les Égyptiens et concentrer leurs efforts sur le front nord.
Pour punir les Syriens, les Israéliens lancent une offensive « aéropsychologique » contre l'économie du pays, causant un grand nombre de morts civils. Cela n'ébranle pas le régime de Damas qui compte, à juste titre, sur l'aide arabe pour reconstruire. L'Irak envoie des troupes de renfort en Syrie, mais comme il n'y a pas eu d'entente préalable, leur arrivée s'avère un peu chaotique.
Nixon étant paralysé par l'affaire du Watergate (1972-1974), c'est Kissinger qui détient de facto le pouvoir de décision. Il cumule désormais les fonctions de conseiller à la sécurité et de secrétaire d'État. Il croit d'abord à une victoire rapide des Israéliens et met du temps à comprendre la confusion qui règne chez les responsables israéliens. La direction soviétique, qui s'attendait à une défaite rapide des Arabes, doit à la fois maintenir la détente avec les États-Unis et assurer son devoir envers ses alliés. Aussi la Syrie reçoit-elle de l'armement soviétique livré par voie aérienne.
La question principale pour Israël est celle de la consommation en matériel, en particulier les avions et les blindés. À ce rythme-là, les gains israéliens deviendront des victoires à la Pyrrhus. Les Américains s'engagent à fournir l'aide demandée.
Sur la base de cette garantie, Israël prend l'offensive contre la Syrie. Les combats sont intenses et Damas semble menacée, mais, avec l'aide des Irakiens et des Marocains, la progression est arrêtée le 14 octobre. Il s'ensuit une guerre de positions. La Jordanie est contrainte par son opinion publique à envoyer des renforts en Syrie avec l'acceptation tacite des Israéliens et des Américains. Les Syriens accumulent des forces pour la grande contre-offensive prévue pour le 25 octobre. L'arrivée des renforts arabes leur a permis de tenir bon et de réorganiser leurs forces. Les troupes israéliennes sont à bout de souffle et le rapport des forces est en train de se renverser.
Pour diminuer la pression sur la Syrie, les Égyptiens lancent une offensive sans protection aérienne vers les cols. Le 14 octobre commence la plus grande bataille de chars depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Deux mille blindés, dont 1 200 chars, sont engagés sur un front de 140 kilomètres. Dans plusieurs secteurs, les Égyptiens réussissent une avancée d'une quinzaine de kilomètres, mais ils agissent de façon éparpillée, comme leurs adversaires au début de la guerre. Les Israéliens bénéficient cette fois de leur position défensive et de l'appui de l'aviation. L'infanterie mécanisée a protégé efficacement les blindés. À 15 h, l'offensive égyptienne est brisée et en fin de journée le commandement ordonne le retour sur les positions de départ. Les Égyptiens ont perdu 250 chars (soit l'équivalent de toutes leurs pertes depuis le début du conflit), contre une quarantaine du côté israélien.
Après des hésitations, le pont aérien américain à destination d'Israël prend une dimension massive. Le marché pétrolier mondial commence à être affecté par les bombardements israéliens sur la Syrie qui détruisent l'accès du pétrole saoudien et irakien à la Méditerranée. Le 17 octobre, sous l'impulsion du roi Fayçal d'Arabie saoudite, un mouvement de hausse du prix de l'or noir est lancé. Le 20, un embargo des exportations à destination des États-Unis et des Pays-Bas est décidé par les producteurs arabes. De son côté, l'Iran et le Venezuela jouent systématiquement la carte de la hausse des prix. Au bout de quelques semaines, le prix du pétrole est multiplié par quatre.
Après la bataille du 14 octobre dans le Sinaï, les Israéliens se retrouvent en position de force. Le pont aérien américain a commencé, la réserve blindée égyptienne a été considérablement entamée et les Américains les protègent contre une intervention militaire soviétique. Le 16 octobre, l'armée israélienne réussit à passer le canal de Suez et, après de violents combats, à établir une tête de pont, isolant la IIe armée égyptienne de la IIIe. Sadate ne mesure pas le risque d'encerclement de cette dernière et refuse, pour des raisons politiques, de la retirer de la rive asiatique.
Les Soviétiques pensent qu'il est temps d'aborder la solution politique et invitent Kissinger à Moscou. Ce dernier arrive le 20 octobre et tente de gagner du temps. Le 21, la vraie négociation peut commencer. La dégradation de la situation militaire contraint Sadate à faire savoir aux Russes qu'il a un besoin urgent de parvenir à cessez-le-feu. Il informe Al-Assad qu'en raison du pont aérien, ce n'est plus contre Israël, mais contre les États-Unis que les Égyptiens se battent, et que dès lors la victoire est impossible.
Les discussions aboutissent au vote, sous la dictée de Washington et Moscou, de la résolution 338 du Conseil de sécurité de l'ONU qui appelle à un cessez-le-feu et à l'application immédiate de la résolution 242 de novembre 1967. L'Égypte accepte immédiatement tandis qu'Israël tente d'accélérer l'encerclement de la IIIe armée égyptienne en s'emparant de la ville de Suez. La Syrie se trouve privée de la grande contre-offensive qu'elle entendait lancer.
La crise majeure qui suit est d'abord due à l'absence complète de supervision du cessez-le-feu alors que l'Union soviétique ne souhaite pas une défaite arabe et que les États-Unis cherchent une victoire israélienne limitée. Au-delà, c'est la place de l'Égypte qui est en jeu et Sadate en joue magistralement. Il a obligé l'Union soviétique à lui accorder une aide massive en utilisant le chantage implicite de passer dans le camp occidental. En même temps, il a fait clairement entendre aux Occidentaux que c'était bien son intention.
Ne voyant rien venir de la part des Américains, Sadate est contraint de réclamer une intervention soviétique. Dans la nuit du 24 au 25 octobre (en raison du décalage horaire, c'est encore le 24 à Washington et déjà le 25 à Moscou), le chef du Kremlin Leonid Brejnev envoie à Nixon un message tellement urgent qu'il est transmis par téléphone. Il propose l'envoi de forces militaires soviétiques et américaines pour garantir non seulement l'application du cessez-le-feu, mais aussi l'imposition d'une paix globale.
Le message de Brejnev est immédiatement interprété à Washington comme un ultimatum. On sait aujourd'hui que ce n'était pas l'intention de Moscou. Réuni les 23 et 24 octobre, le Politburo n'a envisagé que l'envoi d'un maximum de 250 observateurs soviétiques à nombre égal avec les Américains. Le 24 octobre, à 11 h 41 heure locale, au bout d'une heure de discussion, la décision est prise à Washington de passer tout le dispositif militaire américain au stade de Defense Condition III (DEFCON III) 780, ce qui signifie la mise en situation d'alerte comprenant la mobilisation de tout l'appareil de dissuasion nucléaire. Cette alerte atomique est complètement disproportionnée par rapport aux enjeux.
Au matin du 25 octobre, le monde, incrédule, apprend que l'on est passé au stade de l'alerte nucléaire en raison du conflit au Proche-Orient. Les alliés européens se plaignent d'avoir été tenus à l'écart de décisions aussi importantes et le font savoir. Kissinger, pour s'excuser, plaidera la situation d'urgence tout en reconnaissant qu'une consultation n'aurait pas affecté les choix américains. Il s'ensuit toute une série de communiqués publics assez véhéments, les Européens accusant les États-Unis de ne pas les informer du contenu de leur politique proche-orientale et les Américains insinuant que la lâcheté européenne s'explique par leur dépendance envers le pétrole arabe. Les plus incrédules se comptent probablement au sein de la direction soviétique qui ne voit pas en quoi Moscou aurait menacé les États-Unis. La seule explication rationnelle que l'on trouve au Kremlin est qu'il s'agit en fait d'une manœuvre de politique intérieure destinée à donner une image de fermeté au président Nixon, englué dans l'affaire du Watergate.
Le 26 octobre 1973, le cessez-le-feu est instauré et la diplomatie prend le relais. Celle-ci va déboucher sur des accords de désengagement. Ne voulant pas traiter directement avec Israël, les Arabes vont accepter Kissinger, adepte de la politique des « petits pas », comme intermédiaire. Cela permettra à Israël de rétablir ses forces et de ne faire que de maigres concessions.
1Du 17 au 27 septembre 1970, l'armée jordanienne massacre des milliers de réfugiés et de combattants dans les camps palestiniens qu'abrite le royaume. L'OLP quitte la Jordanie l'année suivante pour s'établir au Liban.
2En mars 1957, Israël se retire du Sinaï et de la bande de Gaza, qu'il occupait depuis la crise de Suez (octobre-novembre 1956).
3Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 242, qui exige le retrait israélien des territoires occupés en échange de la reconnaissance de tous les États du Proche-Orient.
4Elles sont menées principalement par l'organisation Septembre noir, créée par le Fatah, mais aussi par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, marxiste).
par Boyer Jakline. En mai 1944, 37 femmes soviétiques détenues au camp de concentration d’Errouville, qui travaillaient dans la mine de fer de Thil, se sont évadées et ont rejoint la Résistance française. Elles y ont formé la seule unité féminine de partisans «Rodina».
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frJusqu’ici, le micro-entrepreneur encaissait son chiffre d’affaires, le déclarait à l’Urssaf, puis réglait lui-même ses cotisations. Ce circuit disparaît progressivement pour les revenus réalisés par l’intermédiaire des plateformes.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frL'article L613-6-1 du code de la sécurité socialet le décret n° 2026-488 du 10 juin 2026 organisent ce nouveau mécanisme. À chaque versement, la plateforme applique le taux correspondant à l’activité, prélève les sommes dues, puis les reverse mensuellement à l’Urssaf.
Pour les prestations de services relevant des BIC, le taux reste de 21,2 % du chiffre d’affaires. Il atteint 25,6 % pour les activités libérales non réglementées, tandis que la vente de marchandises reste à 12,3 %. Rien ne change donc juridiquement dans le montant des cotisations : c’est leur circuit de collecte qui est bouleversé. Le gouvernement présente cette évolution comme une simplification. Mais pour l’indépendant, la différence financière est immédiate : sur 2 000 euros de recettes soumises au taux de 21,2 %, 424 euros sont prélevés avant même d'arriver sur son compte.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe dispositif transfère ainsi une fonction traditionnellement assumée par le cotisant vers une entreprise privée. La plateforme devient l'intermédiaire entre le travailleur et l'Urssaf, avec obligation de calculer, déclarer et reverser les sommes. Les coûts de cette opération restent à sa charge.
Reste surtout la question du contrôle. En cas d'erreur de chiffre d'affaires ou de taux, l'indépendant devra vérifier les montants transmis, réclamer une correction à la plateforme puis, si nécessaire, saisir l'Urssaf. Le décret prévoit d'ailleurs des mécanismes de rectification.
Le paradoxe n'est pas qu'on prélève. Le salarié connaît ce mécanisme depuis longtemps. Mais le salarié bénéficie d'un employeur responsable de sa paie. L'indépendant, lui, conserve la totalité des risques : absence de chômage, revenus irréguliers, charge de la preuve. Il perd en revanche le geste élémentaire de déclarer et de payer lui-même.
La simplification vantée à l'indépendant sert d'abord la fluidité des recettes publiques. Et rien n'indique, dans les textes, que les plateformes devront assumer financièrement leurs propres erreurs de calcul.Il fallait d'abord attirer les travailleurs vers le statut. On les y retient désormais en tenant leur caisse.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 9 septembre 2026, la cour d'appel de Rennes a mis fin à un contentieux né d'un simple contrôle. Après avoir validé le redressement de l’URSSAF en 2021, la justice l’a finalement annulé en totalité en septembre 2026 : 10 690 euros réclamés au restaurateur, auxquels s’ajoutent des années de frais et de défense.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe redressement atteint précisément 10 690 euros. Il comprend 5 105 euros de taxation forfaitaire, 3 054 euros correspondant à l’annulation de réductions de cotisations, 2 042 euros de majoration de redressement et 489 euros de majorations de retard. La note est lourde pour une SARL.
Presque la moitié du montant correspond à une estimation forfaitaire, non à une rémunération constatée. Le tribunal de Nantes valide ce redressement en 2021. Le restaurateur fait appel. La procédure se poursuit jusqu'à la cour d'appel de Rennes. Le 9 septembre 2026, la 9e chambre sécurité sociale de la cour d’appel de Rennes, dans l'affaire RG 21/06754, renverse le jugement. Elle annule intégralement le redressement.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe redressement est annulé en totalité. L'organisme est condamné aux dépens et à 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Son raisonnement est l'irrégularité de la convention de stage ne suffit pas, à elle seule, à caractériser du travail dissimulé. La cour condamne en outre l'URSSAF aux dépens et lui impose 3 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile. Pour caractériser le travail dissimulé, il fallait établir un lien de subordination et une rémunération. L'URSSAF n'a démontré ni l'un ni l'autre.
Dans cette affaire, l'URSSAF a engagé des fonds publics pendant neuf ans, sans que quiconque en réponde. Elle rembourse 3 000 euros, au titre des frais irrépétibles, alors que neuf ans de procédure sur deux niveaux de juridiction coûtent très probablement davantage à l'employeur, sans compter le temps perdu et l'incertitude sur les comptes. Cette indemnité, fixée par le juge, n'est qu'un forfait.
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LAISSER UN POURBOIRE merci !Le contrôleur qui qualifie sur la seule apparence n'encourt rien. Le chef d'entreprise doit financer sa défense, parfois sur des années, pour obtenir ce que la loi lui garantissait dès le départ : que l'accusateur prouve. Quand l'État peut se tromper sans conséquence, il n'a aucune raison de se montrer prudent.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe feuilleton judiciaire Foodora illustre une mécanique institutionnelle où les créances sociales et les droits individuels s’affrontent désormais devant le tribunal judiciaire de Paris. Et rien n’est encore définitivement réglé.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 23 septembre 2026, l’Urssaf a demandé la condamnation solidaire de Foodora et de deux anciens dirigeants à lui verser 2,7 millions d’euros. La somme correspond aux cotisations sociales que l’organisme estime avoir été éludées lorsque les coursiers étaient présentés comme indépendants alors que leur relation de travail relevait, selon l’accusation, du salariat. Foodora a cessé son activité en France en 2018 ; 4 600 coursiers avaient été recensés par l’Urssaf.
L’entreprise et ses deux anciens dirigeants avaient déjà reconnu leur culpabilité dans une procédure de plaider-coupable en mars. Foodora avait accepté une amende de 200 000 euros, tandis que Boris Mittermüller et Stéphane Mac Millan Gay avaient accepté respectivement 50 000 et 20 000 euros d’amende, ainsi qu’une interdiction de gérer de trois ans avec sursis.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe nouveau volet financier a toutefois provoqué le report au 27 janvier de l’examen des dommages et intérêts réclamés par les 231 anciens coursiers. La défense invoque des discussions en cours avec l’Urssaf. Son avocat affirme que des « pourparlers avancés » pourraient aboutir à de nouvelles informations début 2027. L’Urssaf elle-même a évoqué un préjudice susceptible d’évoluer puisque des versements de Foodora ont déjà été perçus.
Les avocats des livreurs demandent, eux, plusieurs milliers d’euros par personne au titre du préjudice moral et de la précarité financière. Ils soulignent également que certains documents professionnels, comme les certificats de travail ou attestations France Travail, ne seraient toujours pas régularisés.La procédure est en cours. Aucune décision définitive n'est rendue sur ce redressement, dont le montant et le sort restent à trancher.
Pendant ce temps, les coursiers attendent une réparation que Foodora a pourtant admis leur devoir. On ignore comment l'éventuel redressement s'articulerait avec les indemnités des livreurs, et si la plateforme peut honorer les deux. Une transaction entre la société et l'Urssaf ne prévoit rien pour les victimes, qui n'y sont pas parties.Les livreurs ont été privés de leurs droits une première fois. Ils risquent de l'être une seconde, par une puissance publique qui règle ses comptes d'abord.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frDix ans de procédure pour rappeler une règle simple : l’administration ne peut exiger du cotisant une rigueur qu’elle s’autorise à contourner.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe contrôle concernait les années 2013 à 2015. L’Urssaf du Nord-Pas-de-Calais avait adressé sa lettre d’observations le 15 septembre 2016, avant une mise en demeure le 9 décembre de la même année. Sept chefs de redressement avaient été calculés à partir d’un ratio fondé sur le nombre de salariés atteignant la tranche A, plutôt que sur les données réelles permettant de déterminer les sommes à réintégrer.
La cour d’appel d’Amiens avait annulé ces redressements. L’Urssaf voulait alors que seule la partie calculée irrégulièrement disparaisse, en conservant le reste. La Cour de cassation rejette cette approche : lorsque la méthode employée contrevient aux règles du Code de la sécurité sociale, les éléments ainsi calculés ne peuvent fonder le redressement, même lorsqu’ils reposent initialement sur des bases réelles.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreL’arrêt va plus loin, l’Urssaf avait appliqué un taux unique de 2 % de versement transport à des établissements implantés dans des ressorts différents, alors que les taux peuvent varier selon les territoires. La Cour reproche également à l’organisme d’avoir appliqué des taux AT/MP sans vérifier leur correspondance établissement par établissement.
Elle rappelle aussi que l’indemnité forfaitaire de conciliation prud’homale bénéficie, sous conditions, d’une exclusion de l’assiette sociale dans la limite de deux plafonds de sécurité sociale. Les majorations de 10 % liées à des chefs annulés tombent avec eux. Enfin, les sommes indûment perçues doivent produire intérêts à compter de la demande de restitution, avec possibilité de capitalisation. L’Urssaf est condamnée aux dépens et à verser 3 000 euros à l’entreprise.
Entre le contrôle de 2016 et l’arrêt du 3 septembre 2026, l’entreprise aura attendu une décennie pour obtenir la validation définitive de l’annulation de sept chefs de redressement. Pendant tout ce temps, l'entreprise a plaidé face à un adversaire qui choisissait seul sa méthode, et devant des juges d'appel qui lui demandaient de prouver l'erreur de l'administration. Combien de sociétés, sans les moyens d'attendre une décennie, ont réglé sans discuter des redressements chiffrés de la même façon ?
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Le 13 septembre, les Suédois étaient appelés à renouveler leur parlement (ainsi que leurs conseils locaux). 80% des électeurs se sont rendus aux urnes – soit environ 4 points de moins qu’en 2022 – mais les résultats sont si serrés qu’il faudra sans doute attendre pour savoir qui dirigera le pays.
Un des principaux enjeux du scrutin était de départager le « bloc de droite » qui détenait la majorité sortante, du « bloc de gauche » qui espérait revenir au pouvoir. Ce dernier semble finalement gagner avec une très légère avance de trois députés. Et ce, malgré le score calamiteux du Parti social-démocrate qui en constitue la principale formation. Avec 28,1%, celui-ci perd 2,3 points et obtient ainsi son pire score depuis l’avènement du suffrage universel dans le Royaume… en 1911.
En revanche la Parti de gauche (souvent classé « gauche radicale ») fête ses 8,2%, un progrès de 1,5 point et son meilleur score depuis 2002, tandis que les Verts passent de 5,1% à 6,1%. Enfin, le Parti du centre reste stable à 7,1% (+ 0,4 point).
Dans la camp d’en face, les Modérés (conservateurs) du premier ministre sortant, Ulf Kristersson (photo, au centre), obtiennent 19,9% (+0,8 point). Les chrétiens-démocrates rassemblent 6,2% (+ 0,9 point) tandis que les Libéraux passent de 4,6% à 5,4%. Le bloc de droite a vanté ses résultats économiques : baisse de l’inflation, mais aussi mise en œuvre des réformes qui lui a valu le déblocage par la Commission européenne de la dernière tranche du fonds de relance bruxellois.
Mais la surprise vient des Démocrates de Suède (DS) – un parti classé à l’extrême droite, dont les adversaires rappellent les lointaines origines néo-nazies. Le résultat des DS était l’autre enjeu du scrutin car ceux-ci avaient fait le choix, en 2022, de soutenir le gouvernement, mais sans y participer. Cette configuration était issue d’un accord « de soutien et de coopération » qui avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque.
Car longtemps, la droite classique avait déployé ce qu’elle qualifiait de « cordon sanitaire » pour interdire toute alliance avec les DS. En 2019 cependant, cette stratégie a commencé à évoluer, lorsque les partis de droite ont constaté qu’ils seraient arithmétiquement condamnés à rester dans l’opposition faute d’alliance avec un parti qui, depuis 2010, grimpait de scrutin en scrutin, notamment en prônant des mesures restrictives en matière d’immigration et d’asile.
Pour ce présent scrutin, les DS, qui s’étaient efforcés de lisser leur image jusqu’à présent, ont radicalisé leur discours, tout en annonçant leur volonté, cette fois, d’obtenir des postes ministériels importants. Une exigence que les Modérés, de même que les Chrétiens-démocrates, avaient acceptée. Même les Libéraux, qui avaient longtemps défendu le « cordon sanitaire », avaient, lors des derniers mois de campagne, donné leur feu vert.
En accordant aux DS, conduits par leur leader Jimmie Akesson, 17,6% des voix, soit une chute de 3 points par rapport à 2022, les électeurs en ont décidé autrement, puisque cette baisse plombe l’ensemble de la coalition de droite. Il est possible que certains électeurs aient choisi tactiquement de quitter les DS au profit des Libéraux pour s’assurer que ces deniers franchissent la barre des 4% en deçà de laquelle ils auraient été éliminés du Parlement, avec à la clé le renvoi assuré du bloc de droite dans l’opposition.
… La suite de l’article est réservée aux abonnés…
Cet article En Suède, les électeurs n’ont pas franchement départagé le « bloc de droite » sortant du « bloc de gauche »… est apparu en premier sur Ruptures.
Le 13 septembre, les Suédois étaient appelés à renouveler leur parlement (ainsi que leurs conseils locaux). 80% des électeurs se sont rendus aux urnes – soit environ 4 points de moins qu’en 2022 – mais les résultats sont si serrés qu’il faudra sans doute attendre pour savoir qui dirigera le pays.
Un des principaux enjeux du scrutin était de départager le « bloc de droite » qui détenait la majorité sortante, du « bloc de gauche » qui espérait revenir au pouvoir. Ce dernier semble finalement gagner avec une très légère avance de trois députés. Et ce, malgré le score calamiteux du Parti social-démocrate qui en constitue la principale formation. Avec 28,1%, celui-ci perd 2,3 points et obtient ainsi son pire score depuis l’avènement du suffrage universel dans le Royaume… en 1911.
En revanche la Parti de gauche (souvent classé « gauche radicale ») fête ses 8,2%, un progrès de 1,5 point et son meilleur score depuis 2002, tandis que les Verts passent de 5,1% à 6,1%. Enfin, le Parti du centre reste stable à 7,1% (+ 0,4 point).
Dans la camp d’en face, les Modérés (conservateurs) du premier ministre sortant, Ulf Kristersson (photo, au centre), obtiennent 19,9% (+0,8 point). Les chrétiens-démocrates rassemblent 6,2% (+ 0,9 point) tandis que les Libéraux passent de 4,6% à 5,4%. Le bloc de droite a vanté ses résultats économiques : baisse de l’inflation, mais aussi mise en œuvre des réformes qui lui a valu le déblocage par la Commission européenne de la dernière tranche du fonds de relance bruxellois.
Mais la surprise vient des Démocrates de Suède (DS) – un parti classé à l’extrême droite, dont les adversaires rappellent les lointaines origines néo-nazies. Le résultat des DS était l’autre enjeu du scrutin car ceux-ci avaient fait le choix, en 2022, de soutenir le gouvernement, mais sans y participer. Cette configuration était issue d’un accord « de soutien et de coopération » qui avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque.
Car longtemps, la droite classique avait déployé ce qu’elle qualifiait de « cordon sanitaire » pour interdire toute alliance avec les DS. En 2019 cependant, cette stratégie a commencé à évoluer, lorsque les partis de droite ont constaté qu’ils seraient arithmétiquement condamnés à rester dans l’opposition faute d’alliance avec un parti qui, depuis 2010, grimpait de scrutin en scrutin, notamment en prônant des mesures restrictives en matière d’immigration et d’asile.
Pour ce présent scrutin, les DS, qui s’étaient efforcés de lisser leur image jusqu’à présent, ont radicalisé leur discours, tout en annonçant leur volonté, cette fois, d’obtenir des postes ministériels importants. Une exigence que les Modérés, de même que les Chrétiens-démocrates, avaient acceptée. Même les Libéraux, qui avaient longtemps défendu le « cordon sanitaire », avaient, lors des derniers mois de campagne, donné leur feu vert.
En accordant aux DS, conduits par leur leader Jimmie Akesson, 17,6% des voix, soit une chute de 3 points par rapport à 2022, les électeurs en ont décidé autrement, puisque cette baisse plombe l’ensemble de la coalition de droite. Il est possible que certains électeurs aient choisi tactiquement de quitter les DS au profit des Libéraux pour s’assurer que ces deniers franchissent la barre des 4% en deçà de laquelle ils auraient été éliminés du Parlement, avec à la clé le renvoi assuré du bloc de droite dans l’opposition.
La campagne de ces derniers mois a témoigné que les priorités avaient évolué
Mais les raisons de fond de ce recul sont probablement ailleurs. Si les DS ne participaient pas directement au gouvernement, ils ont obtenu de nombreux postes clés dans l’administration, et ont très largement influencé la politique menée ces quatre dernières années. En particulier, de très nombreuses mesures ont été adoptées pour durcir les conditions d’accueil et de séjour des migrants, de même que celles conduisant à l’obtention de la citoyenneté.
Les dirigeants des DS ont lié ces objectifs avec le combat contre la criminalité – un phénomène qui a effectivement diminué. Pour leur part, les sociaux-démocrates, bien que dans l’opposition, ont approuvé de nombreuses dispositions en ce sens, ce qui correspondait sans doute aux souhaits d’une partie de leur électorat, notamment dans les quartiers sensibles des grandes villes.
Cependant, la campagne de ces derniers mois a témoigné que les priorités avaient évolué. Les questions sociales sont revenues au premier plan dans un pays qui a subi de très profondes mutations depuis les années 1990. Alors que la Suède a longtemps constitué l’exemple type d’un Etat-providence généreux et égalitaire sous la houlette de la social-démocratie, des réformes ultralibérales ont depuis trois décennies été menées particulièrement brutalement : déréglementation de pans entiers de l’économie, transfert au privé d’une part croissante des services publics, chamboulement de la fiscalité en faveur du capital.
Ces transformations ont eu lieu sous la pression des « marchés » après une première crise économique et financière, et furent accélérées par l’appartenance de la Suède à l’UE (l’adhésion date de 1995). Conséquence : le pays est désormais devenu l’un des pays développés les plus inégalitaires, parfois même décrit comme un « paradis pour les ultra-riches ».
Parallèlement, la précarité voire la pauvreté ont progressé. En outre, deux questions se sont révélées particulièrement sensibles lors de cette campagne : la dégradation spectaculaire du système de santé, de même que celui de l’enseignement. L’un et l’autre ont fait depuis de longues années les choux gras du privé, laissant au secteur public et à ses usagers pénuries, délais d’attente et déclassement.
Olof Palme doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe
Dans ces conditions, les thèmes de l’immigration de masse – qui a effectivement été stoppée – et de la criminalité ont pu passer au second plan, là où l’émergence des questions sociales a recentré les débats sur des domaines chers au Parti de gauche en particulier. Celui-ci a du reste été violemment attaqué par ses adversaires, en particulier sur les questions internationales.
Sa solidarité avec la Palestine a donné lieu à des accusations d’antisémitisme, notamment au prétexte de lettres de soutien adressées à des prisonniers. Le premier ministre, chef du bloc de droite, a interpellé la présidente des sociaux-démocrates, Magdalena Andersson (photo, à gauche), qui aurait besoin du Parti de gauche pour arriver au pouvoir, lui enjoignant une semaine avant le vote de « garantir qu’aucun admirateur du terrorisme, aucun antisémite, ni aucun partisan de Poutine n’entrera au gouvernement ».
Sans grand courage, le Parti de gauche a retiré une trentaine de ses candidats « soupçonnés » de sympathie pour le Hamas. Mais la très étrange énumération proférée par M. Kristersson a au moins le mérite d’évoquer une question qui n’a guère émergé lors de la campagne, puisque les principaux partis (y compris les DS, très atlantistes) s’y retrouvent sur la même ligne : l’adhésion de la Suède à l’OTAN, effective en 2024.
Le Parti de gauche, lui, ne faisait pas partie de ce consensus. Peut-être cette opposition lui a-t-elle valu la sympathie dans les urnes des Suédois peu enthousiastes à la perspective de voir le pays se joindre aux bruits de bottes de l’Alliance atlantique.
Cette formation aspire à entrer au prochain gouvernement si Mme Andersson prend la tête de celui-ci. Mais le Parti du centre, qui appartient aussi au bloc de gauche, a annoncé son refus d’une telle participation. Ce qui ajoute au sentiment que la formation du futur cabinet pourrait donner lieu à des tractations et des recompositions.
Bref, on est loin, très loin, de la Suède d’Olof Palme. Ce dernier symbolisait la social-démocratie scandinave à l’ancienne intégrant les droits du monde du travail, et était aussi avocat passionné de la paix et de la bicentenaire neutralité suédoise. Il fut premier ministre jusqu’en 1986, date à laquelle il fut assassiné – un meurtre jamais vraiment élucidé… Il doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe.
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A-M Ciftcisoy retrace d'abord la généalogie des pratiques d'ingérence informationnelle et en mesure la mutation à l'ère numérique. Puis l'auteure analyse les trois grammaires contemporaines les plus significatives pour la France : Russie, Chine et Etats-Unis.
- États membres / France , Russie , Etats-Unis, République populaire de Chine , Histoire, Information, Désinformation, Union soviétique (URSS), Guerre, Vulnérabilité, Intelligence artificielle (IA), Souveraineté numérique, Numérique , 2026, Récit et discours stratégiquesTrois chercheurs sont à l'origine d'un renouvellement historiographique de l'histoire de la dissuasion nucléaire française. F. Galleri, B. Grémare et Y. Pincé répondent aux questions de P. Cormarie (RAND) pour Diploweb.com. Des propos clairs, précis, utiles.
- États membres / Monde, France , Etats-Unis, Histoire, Livres géopolitiques, Politique, Etats membres de l'OTAN, Charles de Gaulle, Union soviétique (URSS), Stratégie, Dissuasion nucléaire , Royaume-Uni, 2026Russia Beyond. «24 janvier 1943. Je ne pourrai pas me sortir d'ici. Il n’y aura pas de percée. Nous sommes tous déjà morts ici, et si on ne se décompose pas, c'est uniquement à cause du gel russe».
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par Phil Broq. On ne peut pas exiger une vigilance absolue contre la réhabilitation du nazisme ici, tout en fermant les yeux ailleurs lorsque certains symboles, figures ou héritages historiques deviennent politiquement embarrassants.
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par Martin Bernard. Dans un rapport spécial du 13 janvier 1967, aujourd'hui déclassifié, la CIA décrit la conception gaullienne d'une Europe unie, s'étirant «de l’Atlantique à l’Oural».
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« Vous êtes patron, vous avez des soucis pour payer les salaires parce que les charges sont trop élevées ? Si la question est vite répondue, alors nous avons une solution pour vous ! Vous nous confiez vos salariés, nous les réembauchons dans nos agences d’intérim, ils ne bougent pas d’un centimètre de leur poste de travail, et vos charges fondent ! »
Ce discours imparable a été essentiellement tenu par une start-up dynamique de l’Oise, avec une petite surprise : le salaire était versé, le bulletin de paie était remis, petites lignes de cotisations comprises, mais à l’autre bout de la chaîne, l’URSSAF ne voyait jamais arriver le moindre euro.
Ce dispositif a tourné plusieurs années sans se faire trop gêner par les autorités : « tous les ans, une nouvelle société a été créée afin d’échapper au contrôle de l’URSSAF », résument les autorités, notant la création de 22 sociétés-écrans, touchant quelque 2.000 salariés et environ 500 entreprises clientes du département et un préjudice d’abord chiffré à 9 millions d’euros en février, désormais réévalué à près de 17.
Heureusement, tout ceci n’a pas duré grâce à l’œil vigilant de l’URS… Ah non, ce fut découvert essentiellement par hasard et via la Caisse d’allocations familiales de l’Oise, quand un salarié lui a demandé une prestation alors qu’administrativement, il n’existait pas.
Eh non : ce ne sont pas les ciblages algorithmiques, les recoupements entre déclarations sociales nominatives, numéros SIRET et flux de cotisations ou autres marottes de l’URSSAF qui ont permis de mettre fin à la pratique, mais un guichet de la CAF.
Interrogée sur ces 22 sociétés que l’URSSAF a loupées, l’organisme n’a pas répondu aux journalistes.
Mutisme d’autant plus révélateur que l’organisme n’est pas, d’ordinaire, réputé pour sa timidité : en 2025 par exemple, il s’est lancé dans 48.000 contrôles d’assiette portant sur plus de 30 milliards d’euros de cotisations vérifiées, dont 90 % de contrôles « ciblés » par exploitation de données, avec 78,7 % de régularisations à la clé.
Ce taux de réussite est somptueux… Mais trop beau : quand on cherche chez celui qui déclare, on trouve toujours quelque chose, une ventilation d’avantage en nature discutable, un paramétrage de logiciel de paie qui n’a pas suivi la dernière réforme des allègements, etc.
Et quand on gratte, on trouve que sur 667 millions d’euros de redressements notifiés, 180 millions ont été restitués aux entreprises.
Autrement dit, à hauteur d’un montant sur quatre, l’URSSAF découvre après coup qu’elle avait pris ce qui ne lui était pas dû. Voilà une statistique peu reprise dans les communiqués, pourtant utile pour tempérer l’enthousiasme du contrôleur débarquant chez un menuisier de six salariés avec la certitude tranquille du sachant…
Ceci n’a rien d’anecdotique : l’URSSAF encaisse 588 milliards d’euros par an auprès de 12 millions de cotisants et sait parfaitement retrouver celui qui remplit ses formulaires ; elle sait aussi requalifier un modèle économique parfaitement visible, comme elle s’y emploie depuis des années avec les plateformes de voitures de transport. Mais ce qu’elle ne sait pas faire, c’est remarquer que 2.000 bulletins de paie parfaitement conformes ne correspondent à aucun versement, pendant que le numéro SIRET qui les émet change une fois par an.
Et sur le travail dissimulé, le théâtre est encore plus consternant : l’URSSAF a notifié 1,503 milliard d’euros en 2025, « record historique », avec 84,5 % de ses actions ciblées débouchant sur un redressement, mais ne parvient à encaisser réellement qu’autour de 100 millions d’euros selon le communiqué de Bercy d’avril, environ 6 % selon Previssima : on notifie un milliard et demi, on récupère un dixième et le reste part en procédures mal ficelées, en dossiers qui s’étirent, en montants qui n’ont jamais tenu debout et en communication.
Pour un fraudeur un peu doué avec un tableur, la conclusion est évidente : la sanction semble assortie d’une décote de 90 %. Créez une coquille par exercice, encaissez pendant douze mois, dissolvez, recommencez : l’espérance de gain reste franchement positive même en intégrant le risque pénal, puisque le recouvrement effectif est le maillon que l’État n’a jamais su réparer.
Quant au marché pour un tel produit frauduleux, il ne manque pas : les charges patronales représentent 40 à 45 % du brut hors allègements, si bien qu’un salarié à 2.500 euros bruts coûte au moins 3.200 euros à son employeur une fois la réduction générale appliquée. C’est cet écart et lui seul qui finance la marge commerciale de la fausse agence d’intérim.
Le phénomène n’est d’ailleurs pas franco-français : le fisc britannique a publié en novembre dernier une alerte sur le même schéma. Partout où le coin socio-fiscal est massif, le crime organisé s’installe dans la paie.
Alors bien sûr, c’est bien une escroquerie, pas de la désobéissance civile et 2.000 salariés en sont victimes puisqu’ils ont travaillé sans retraite, sans assurance chômage, sans couverture accident, en tenant entre les mains un document qui leur affirmait le contraire.
Mais ce genre de cas éclaire, une fois encore, l’état déplorable tant de l’institution que des politiciens concernés qui, constatant qu’elle n’a pas su repérer 22 sociétés frauduleuses en trois ans, n’ont pas demandé de meilleurs recoupements ni des agents mieux formés mais en ont profité pour accroître ses comportements les plus toxiques, avec l’article 93 de la loi du 25 juin 2026 sur la « flagrance sociale » : saisies, hypothèques et nantissements exécutoires sans autorisation préalable d’un juge, impossibilité de présenter des garanties avant la mesure, recours devant le juge de l’exécution non suspensif, et mainlevée accordée par le directeur de l’organisme lui-même, le tout annoncé avec une belle ironie le jour même où le bilan des contrôles vantait « l’accompagnement » et le « droit à l’erreur » (manifestement, dans un seul sens).
Faute de réformer l’institution pour la rendre enfin efficace, on a désarmé les juges. Plus simple.
Pendant ce temps, quelque part dans l’Oise, un menuisier reçoit une mise en demeure.
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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
Pourquoi un pays doté d’une immense armée, d’armes nucléaires, d’une industrie et d’un statut de superpuissance a-t-il permis, pratiquement sans effusion de sang, sa propre dislocation ?
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Série Un été stratégique. Où il est notamment question du champ de bataille à l'ère nucléaire. Voici la présentation d'un itinéraire rationnel sur une chemin stratégique semé de paradoxes toujours actuels. Texte et bonus vidéo.
- Transversaux / France , Etats-Unis, Défense, Politique, Formation, Chronologie, Charles de Gaulle, Union soviétique (URSS), Guerre, Stratégie, Doctrine stratégique, Armement, Biographie, Menace, Dissuasion nucléaire , Nucléaire militaire, Enseignement supérieur, Militaire, Concours Ecole de Guerre (EdG)par Bi Zhou. Les États-Unis veulent utiliser le G2 et le discours sur la circulation interne pour faire de la Chine une seconde Union soviétique, mais la Chine a surmonté cette impasse, transformant la terreur rouge en confiance rouge.
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par Constantin von Hoffmeister. Chaque année, la commémoration de cet événement nous invite à examiner comment le désespoir économique et la ferveur idéologique se sont conjugués pour propulser l'Allemagne vers l'Est.
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Les trois États baltes ont-ils quelque chose à nous apprendre au sujet de la Russie ? Planisphère pose la question à Céline Bayou. Un propos éclairant et utile. Podcast et synthèse rédigée.
- Podcasts / Estonie , Lettonie , Lituanie , Russie , Histoire, Etats membres de l'OTAN, Union soviétique (URSS), Baltes, Stratégie, Représentations géopolitiques, Planisphère, émission de radio et podcast géopolitique et stratégique, 2026Dans l'histoire, la familiarité entre Russes et Ukrainiens n'a pas signifié égalité, et encore moins identité. Comprendre cette nuance est essentiel pour saisir la situation actuelle. Et la guerre est un accélérateur de différenciation.
- Vidéo / Russie , Ukraine, Géopolitique, Histoire, Union soviétique (URSS), Sciences politiques, Guerre, Vidéos géopolitiques sur Internet, 2025, 2026La dégradation des relations avec la Russie place maintenant les Baltes au cœur des préoccupations. Pour comprendre comment les Baltes sont passés de la périphérie au centre du débat stratégique européen, nous avons la chance de recevoir le Docteur P. Perchoc. Podcast, synthèse rédigée et carte.
- Podcasts / Union européenne, Russie , Cartes géopolitiques, Démocratie, Histoire, 1939-1945, Etats membres de l'OTAN, Union soviétique (URSS), Minorités, Soviétisme, Résilience, 2025, Europe géographique, Russophones, Planisphère, émission de radio et podcast géopolitiqueSource : voxnr.fr – 15 novembre 2025 https://www.voxnr.fr/entretien-du-ministre-des-affaires-etrangeres-serguei-lavrov-avec-la-chaine-youtube-ultrahang-hongrie Abonnez-vous au canal Telegram Strategika pour ne rien rater de notre actualité Pour nous
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Comment l'Ukraine se sert-elle de son agentivité diplomatique pour gagner en liberté au sein de l'URSS ? L'émancipation nationale ukrainienne s'appuie sur des facteurs très concrets, afin de fédérer autour d'enjeux plus économiques et culturels que politiques.
- Pays candidats / Pays candidats à l'Union européenne, Ukraine, Géopolitique, Histoire, 1990, 1991, 2004, Diplomatie, Union soviétique (URSS), Nationalisme, 2014, 2025, Tchernobyl (Ukraine), 2022 , Communauté politique européenne (CPE)Comment l'Estonie a-t-elle fait de sa mémoire un instrument de (re)construction nationale et un outil géopolitique face à la Russie ? N. Geligne l'explique clairement. Utile pour comprendre ce pays balte, membre de l'UE et de l'OTAN depuis 2004.
- États membres / Estonie , Géopolitique, Histoire, Union soviétique (URSS), Pacte germano-soviétique (1939-1941), Mémoires, 2025, Etude géopolitique des monuments, TallinnHommage à G. Chaliand, décédé le 20 août 2025. Gérard Chaliand se fait ici pédagogue pour expliquer clairement les grandes dates clés du monde depuis 1973.
- Vidéo / Monde, Union européenne, France , Arabie saoudite, Irak , Iran , Etats-Unis, République populaire de Chine , Afghanistan , Indonésie , Criminalité, Démocratie, Géopolitique, Terrorisme, 1973, 1974, 1977, 1979, 1989, 1991, 2003, 2007, 2008, Sécurité, Communisme, Chiites, Sunnites, Maghreb, Relations internationales, Immigration, Mikhaïl Gorbatchev, Union soviétique (URSS), Libéralisme, Groupes jihadistes, Nationalisme, Guerre, Drogues, Capitalisme, Arabes, Deng Xiaoping, Attentats, Vidéos géopolitiques sur Internet, Crise économique, Conflits, Europe géographique, Perestroïka, Glasnost, Programme géopolitique classes prépas HEC, Stratégie, Crise politique, Khomeyni, Enseignement supérieur, Programme d'histoire en Terminale, 2016, 2015, Daesh, Chiisme![]()
Les oligarques russes sont parfois étranges. Ils ont favorisé l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir pensant le manœuvrer à leur
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A quelques heures de l’ouverture du Conclave qui élira le prochain pape, des bruits courent à Rome que certains Cardinaux s’interrogent sur la protection dont feu François a gratifié des « prédateurs sexuels ».
« Comment le pape du peuple a protégé les prédateurs sexuels au sein du clergé – y compris un prêtre accusé d’avoir violé violemment des religieuses » est le titre avec lequel ouvre son édition du 3 mai dernier un célèbre quotidien britannique
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Un tribunal berlinois a confirmé l'interdiction, décrétée par la police, de tous drapeaux et symboles soviétiques aux abords de plusieurs mémoriaux de la capitale allemande durant les festivités marquant le 80e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie. L'ambassade russe a dénoncé une décision de nature « discriminatoire » et « dégradante ».
Dans une décision rendue le 7 mai dans le cadre d'une procédure accélérée, le tribunal administratif de Berlin a confirmé l'interdiction (…)
Quelles sont les limites structurelles auxquelles font face l'Ukraine comme le Kazakhstan pour assurer leurs souverainetés énergétiques et quelles sont les pistes explorées pour s'y soustraire ? N. Hourcade répond de façon documentée. Deux cartes en bonus.
- Transversaux / Union européenne, Russie , Ukraine, Kazakhstan , Corruption, Union soviétique (URSS), Energie nucléaire, 2025, Electricité, Energie, CharbonDans l’imaginaire populaire, Jimmy Carter est associé à un « programme de droits de l’homme » idéaliste pour la politique étrangère des États-Unis. En réalité, à la fin de son mandat, il ouvrait la voie à l’anticommunisme agressif de Ronald Reagan.
Source : Jacobin, Aaron Donaghy
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
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Voici un document de référence pour comprendre les relations entre Moscou et le continent africain sur la longue durée. Quand depuis une décennie la Russie de V. Poutine marque des points, y compris contre la présence française, cette lecture est précieuse.
- Afrique / France , Russie , Géopolitique, Histoire, Afrique, 1917, Union soviétique (URSS), Vladimir Poutine, Stratégie, Science Politique, 2024Jeudi 24 octobre 2024, la militante et spécialiste de la langue et de la civilisation kurdes Joyce Blau est décédée, après une vie d'engagements anticolonialistes et antifascistes. Retour sur son parcours, du Caire jusqu'à Paris.
Combien de policiers ou de magistrats a-t-elle bernés, en Égypte, en France et même en Union soviétique, à coups de « parole d'honneur ! » et de regards étonnés ? Combien de personnes, femmes, hommes, enfants, a-t-elle conquis·e·s par son intelligence, sa culture, son humour et sa générosité ? De l'Égypte à la France, en passant par la Belgique et les Kurdistan, ses engagements furent intenses : communiste au Caire, internationaliste aux côtés des indépendantistes algériens et de tous les damnés de la terre qui cherchaient de l'aide, activiste de la paix entre Israéliens et Palestiniens, passeuse de cultures, elle qui avait introduit dans l'université française l'étude de la civilisation et de la langue kurdes.
L'itinéraire de Joyce Blau est composé de cartes géographiques orientées vers l'Orient et la Méditerranée, de familles et d'amours multiples, où le rire et l'humour se tiennent toujours en embuscade derrière la tragédie.
Elle est née le 18 mars 1932 au Caire, où avaient débarqué au XIXe siècle un grand-père né en Valachie (future Roumanie), passé par la Sorbonne puis recruté par une monarchie égyptienne sous domination britannique, et un autre natif de Tunis, enseignant attiré par la modernisation des écoles, conduite par le khédive d'Égypte Ismaïl Pacha. Famille modeste mais parents attentifs. Les trois enfants — un garçon et deux filles — sont poussés à étudier. Joyce passe d'une école tenue par des sœurs françaises à un couvent anglais. Alors que l'Europe se réveille du cauchemar de la Seconde guerre mondiale, elle retourne dans le giron francophone, au Lycée français du Caire. Les horreurs du conflit ont touché l'Égypte, l'Union soviétique en sort triomphante et au Caire comme ailleurs les professeurs sont tentés par le marxisme. L'un d'entre eux, du Lycée français, aura suffisamment d'influence sur la jeune Joyce pour qu'en 1947, à 15 ans, elle adhère à Iskra1.
Les organisations communistes éclosent les unes après les autres dans la capitale égyptienne et se disputent, à coup d'interprétations politiques et de positionnements, autour du plan de partage de la Palestine, adopté le 29 novembre 1947 par les Nations unies. Joyce choisit celle de l'antisioniste Hillel Schwartz, rival d'Henri Curiel, antisioniste également mais partisan du partage. Son premier amoureux vénère ce dernier. Les fiancés se retrouvent pour des vacances à Paris, en 1953. La suite, elle l'a racontée en riant : « Mon fiancé m'a dit que j'allais rencontrer quelqu'un de très important dont je ne devrais parler à personne. C'était Henri Curiel. Alors j'ai crié "Quoi ? Le sioniste ?" Mon fiancé m'a giflée, j'ai riposté, nous nous sommes roulés par terre en nous battant. Et Henri est entré dans la pièce. »
Henri Curiel, fondateur du Mouvement égyptien de libération nationale (MELN), autre organisation communiste, avait été expulsé en 1950 d'Égypte vers l'Italie avant de gagner Paris. Là, avec d'autres exilés, il continuait à diriger son parti. Il commence par tancer le fiancé : « L'épithète sioniste ne justifie en aucun cas de frapper une jeune fille », avant de convier Joyce à le retrouver le lendemain dans un café du Quartier latin. Elle avait 21 ans, il en avait 40. Elle trouve « émouvant ce vieux monsieur si long, dans son blouson élimé, qui toussait tout le temps, et qui d'une voix rauque lui demandait pourquoi elle était communiste ». Elle répond : « Parce que je n'aime pas la guerre. » Henri Curiel l'entraine alors dans une promenade le long de la Seine jusqu'à la cathédrale de Notre-Dame de Paris, où il lui demande si elle accepterait, lorsqu'elle serait de retour en Égypte, d'assurer la liaison entre les « camarades de l'extérieur et ceux de l'intérieur ». Elle accepte. Premier jalon d'une relation de 25 ans, tissée d'amour et de travail politique, jusqu'à l'assassinat d'Henri.
En janvier 1954, elle dit au revoir à son fiancé resté à Paris et embarque à Marseille, avec dans ses bagages une boîte de chocolats sous lesquels étaient cachés des tracts et autres textes destinés aux camarades égyptiens, première mission confiée par Henri Curiel et ses compagnons. Le bateau a passé la Sicile lorsqu'elle reçoit un câble : « Mange les chocolats. » Mais elle n'aime pas le chocolat et laisse les douceurs dans la boîte sans avoir saisi qu'il fallait la jeter par-dessus bord, en raison d'une sérieuse alerte. « Parole d'honneur, je n'avais pas compris ! », dira-t-elle encore 30 ans plus tard.
En Égypte, elle se met au travail, envoie rapport sur rapport au groupe de Paris, se dispute avec son fiancé qui avait cru possible de lui dire « maintenant je pense, et tu agis », jusqu'à ce que la police de Gamal Abdel Nasser les arrête tous les deux. Le jeune homme est envoyé en camp pour huit ans, et Joyce est enfermée à la prison de la Citadelle. C'est la première de ses arrestations.
À Paris, ses amis se mobilisent, envoient un avocat. La voilà acquittée et expulsée. Après un passage par Alexandrie et Marseille, elle débarque à la gare de Lyon à la fin de l'année 1955, attendue par un comité d'accueil décidé à faire d'elle le symbole des terribles conditions de détention pour les prisonniers politiques égyptiens. Henri Curiel cherche une silhouette maigre, un visage creusé ; il découvre, dépité, une pimpante jeune femme aux joues rondes et rouges. Le directeur de la prison de la Citadelle s'était en effet pris d'affection pour Joyce et l'avait comblée de sandwichs à la banane dont elle raffolait — « il m'a fait prendre quinze kilos ! ». Difficile à imaginer quand on a connu la si mince Joyce au long visage, parfait ovale, surmonté d'un casque de cheveux châtains puis gris.
À Paris, elle confie à Henri Curiel, qu'au-delà du militantisme, elle souhaite reprendre ses études. Elle penche pour la chimie, il lui suggère d'apprendre l'arabe, le persan et le kurde. On ne dit pas non à Henri Curiel.
En 1955, elle a 23 ans. Après avoir tenté en vain de conserver l'Indochine, la France est confrontée à une nouvelle conflagration dans son empire - les Algériens, après les Vietnamiens, veulent leur indépendance. L'expédition de Suez en 1956 a été un fiasco pour Paris, une première occasion anticoloniale pour Henri Curiel et ses camarades qui se sont rangés résolument du côté de Nasser, malgré leurs camarades emprisonnés par le raïs. Ils ont compris que la colonisation, présentée au XIXe siècle comme un bienfait émancipateur, est une malfaisance absolue.
Des citoyens français l'ont compris aussi et se mobilisent contre cette « guerre sans nom », ces « événements » de l'autre côté de la Méditerranée : les déserteurs, refusant d'aller combattre dans les Aurès, se conjuguent aux « porteurs de valise » du Front de libération nationale (FLN) algérien, et se regroupent en 1957 dans le réseau Jeanson, du nom de son initiateur, le philosophe Francis Jeanson. Mais deux ans plus tard, ce dernier est arrêté et le réseau affaibli, tandis qu'en Algérie, les horreurs, tortures, assassinats, enfumages de grottes et autres crimes de guerre se multiplient. Henri Curiel propose de prendre le relais de Jeanson. L'une des tâches essentielles du réseau est de transférer les fonds collectés en France auprès des sympathisants du FLN vers les comptes des indépendantistes. Le fils de banquier transforme le système — les valises pleines de billets de banque disparaissent au profit d'un jeu d'écriture financier.
Joyce est de la partie — elle aide aux transports d'appelés réfractaires, d'argent et de documents politiques. Jusqu'à ce mois d'octobre 1960 où elle est arrêtée à Vanves et menée aussitôt au siège de la DST, les services français « de l'intérieur ». Les inspecteurs qui la « traitent » doivent encore se demander ce qui leur est arrivé ce jour-là, celui où ils ont voulu interroger une frêle jeune femme de 28 ans, étudiante en langues orientales. La scène a été racontée par Gilles Perrault dans Un homme à part, le livre qu'il a consacré à Henri Curiel2 :
Joyce Blau est un phénomène dont la description et l'interprétation excèdent les limites de notre art. Arrivée aux Saussaies, elle se présenta comme l'institutrice des enfants de Vanves. Elle tremblait si fort qu'un policier compatissant lui apporta une chaufferette, croyant qu'elle avait froid. « Où est Guillaume ? », lui demanda-t-on. C'était le pseudonyme d'Henri. Les mélopées lamentables qu'elle produisit en réponse créèrent une grande tension. Les trois policiers perdirent leur sang-froid : « Attention ! Ne nous obligez pas à vous frapper ! On va vous gifler ! » Elle devint comme une folle. D'une voix hystérique, elle appela sa mère. Elle l'appela des heures durant dans un registre suraigu. À quatre heures du matin, la DST craqua. On fourra Joyce dans une voiture et on la ramena à Vanves.
Le lendemain, les policiers sont sommés de réparer leur bévue et de retourner à Vanves. Joyce est déjà loin. Maquillée et déguisée en vieille bourgeoise, elle a franchi la frontière avec l'Allemagne avant de passer en Belgique où elle retrouve sa petite sœur. Mais à Paris, Henri est arrêté à son tour, déféré à la prison de Fresnes et Joyce est désespérée, sûre qu'il y est torturé. Se morfondre ne dure pas. Elle entre à l'université de Bruxelles comme chercheure et perfectionne ses connaissances en langue et civilisation kurde. Elle y présente son mémoire, Le problème kurde, essai sociologique et historique. Une autre étape peut commencer.
En 1966, elle rentre en France. Elle y présente sa thèse intitulée Le dialecte kurde d'Amadiya et de Djabal Sindjar, sous la direction du professeur Gilbert Lazard3. Plus tard, elle publiera des dizaines d'articles et essais sur le sujet kurde. En 1970, à la suite du départ à la retraite du son professeur Kamran Ali Bédir Khan, elle prend sa succession à ce qui s'appelait encore à l'époque « Langues O » (Institut national des langues et civilisations orientales - Inalco) et devient titulaire de la chaire de Langue et civilisation kurdes.
Ses cours régalent les étudiant.e.s, même celles et ceux qui s'y risquent sans rien savoir. Au début des années 1980, l'audience se répartit entre un bon tiers de jeunes issu·e·s de la diaspora kurde, quelques Français·e·s égaré·e·s et un petit tiers de messieurs strictement vêtus, dont on pouvait penser qu'ils étaient peu ou prou membres des services secrets. Mais ils ne sont pas là pour la surveiller comme on aurait pu le craindre. Ils suivent son cours pour se former, boivent ses paroles, prennent frénétiquement des notes, et se battent pour poser des questions. Elle dit alors en riant : « Ils sont de très bons élèves ! »
Elle court le monde de colloques en conférences. La voici en route pour Moscou. L'URSS de Léonid Brejnev compte alors le plus grand nombre de kurdologues. Henri Curiel, tout content et fier de ce voyage au pays du communisme, lui demande une faveur : qu'elle rencontre un cousin hébergé par sa famille au Caire de 1936 à 1939, et désormais moscovite. À l'époque, Henri, plus attiré par les night-clubs que par les relations familiales, avait négligé l'adolescent. Mais depuis, le petit George Behar s'est fait connaître sous le nom de George Blake, l'un des plus fameux agents doubles de la guerre froide, dont l'évasion spectaculaire, en 1966, de la plus cadenassée des prisons anglaises, après avoir été condamné à 42 ans de réclusion, a rempli de fierté heureuse Henri.
À ses hôtes venus l'accueillir à l'aéroport de Cheremetievo, Joyce demande aussitôt d'être conduite auprès de George Blake. Elle est embarquée vers le poste de police le plus proche, interrogée fermement par des membres du KGB venus en renfort, qu'elle embrouille à coups de « Parole d'honneur, je ne savais pas que cela poserait problème ! ». Bien entendu, ceux-là aussi cèdent et la conduisent au Congrès de kurdologie à l'université Lomonossov, en traversant Moscou au son des gyrophares.
En marge de sa carrière, aux côtés d'Henri Curiel, elle accompagne les combats de Solidarité4 et du « clan des Égyptiens »5 de Paris : l'aide aux « porteurs de valise » de l'ANC (initiales anglaises du Congrès national africain, le parti de Nelson Mandela), Sud-Africains blancs engagés dans la lutte contre l'apartheid ; celle aux Israéliens et Palestiniens décidés à discuter pour avancer vers la paix. Elle est la cheville ouvrière des rencontres entre le général Mattityahu Peled, « héros » israélien de la guerre de juin 1967, et le docteur Issam Sartaoui, membre influent de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), proche de Yasser Arafat6.
L'assassinat d'Henri Curiel le 4 mai 1978 par des mercenaires, anciens membres de l'Organisation armée secrète (OAS), exécuteurs des basses œuvres de la Giscardie, la terrasse. Elle se relève toutefois et se met au service des artistes Maria Amaral et Jean-Philippe Elantkowski, les « repreneurs » de Solidarité. Pendant presque 50 ans, elle se tient aux côtés de la famille de Curiel pour que ce meurtre trouve une issue judiciaire. L'enquête est toujours ouverte.
Elle n'avait pas d'enfants, mais elle était la mère et la grand-mère de tous ceux qui le voulaient bien. Elle mena sa vie de femme amoureuse, en toute liberté, en une forme de « monogamie successive », comme théorisée par Alexandra Kollontaï, une autre révolutionnaire.
Avec Roby Grunspan, son dernier compagnon, depuis leur appartement au-dessus des gares parisiennes de l'Est et du Nord, ils apercevaient l'Institut kurde, rue Lafayette. Trois semaines avant que la maladie ne l'en empêche, elle y rejoignait encore chaque jour, à 92 ans, son petit bureau perché au-dessus d'un escalier en pente raide. À l'annonce de son décès, un fleuve ininterrompu d'hommages venus des Kurdes du monde entier s'est répandu, telle une trainée de lumière, sur les réseaux sociaux. Jusqu'au Kurdistan irakien, dont le président Nêçîrvan Barzanî a salué sur X
la professeure Joyce Blau, amie des Kurdes, écrivaine, experte de la langue et de la littérature kurdes. Mme Blau a passé la plus grande partie de sa vie à soutenir le peuple kurde, à servir sa langue, sa littérature et sa culture. Pour ses actions et son amitié sans faille, elle restera dans nos pensées pour toujours. Que son âme repose en paix et que son souvenir perdure.
Une bibliothèque porte son nom au sein de l'Institut français du Proche-Orient d'Erbil, dans le Kurdistan irakien.
Sarah, sa petite sœur, qui l'avait suivie dans tant de combats, hospitalisée en octobre, mais à Bruxelles, a rendu son dernier souffle le même jour que son aînée…
Le jeudi 24 octobre 2024, Joyce Blau s'en est allée sur la pointe des pieds, entourée de ses petits-enfants de cœur Lionel, Elsa et Clément Gresh, après avoir enchanté le monde de toutes celles et tous ceux qu'elle a croisé·e·s. Parole d'honneur !
1« L'Étincelle » en russe. Journal révolutionnaire marxiste, publié en 1900, en Russie, sous la direction de Lénine, Martov et Plekhanov.
2Un homme à part, Éditions Bernard Barrault, 1984. Réédition Fayard, Paris, 2006.
3Publiée en 1975 aux Éditions Klincksieck.
4NDLR. Réseau fondé par Henri Curiel pour venir en aide aux mouvements de libération nationale de ce qu'on appelait à l'époque « le tiers-monde ».
5NDLR. Voir Gilles Perrault, Un Homme à part, op. cit.
6Issam Sartaoui sera assassiné le 10 avril 1983 au Portugal, lors du 16e congrès de l'Internationale socialiste.
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