LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frJeudi 22 octobre, Bitchat a pris la première place de la catégorie Réseaux sociaux de l'App Store français, devant Telegram et Signal. Elle y était encore vendredi. Personne n'en avait entendu parler en France une semaine plus tôt.
La séquence qui l'y a portée tient en trois dates. Le 19 octobre, deux jours après les pillages du 17, Gabriel Attal propose sur RTL un « blocage temporaire ciblé » des réseaux sociaux dans les zones touchées. Le 21, Laurent Nuñez évoque devant les parlementaires une suspension des réseaux en cas de nouveaux pillages, en rappelant que le Conseil d'État ne l'interdit pas dans des circonstances exceptionnelles. Le même jour, une panne nationale d'Orange prive une partie de ses abonnés de réseau mobile pendant près de dix heures. C'est une panne technique, sans rapport avec le maintien de l'ordre. Mais elle montre à chacun, pendant une journée, ce qu'est un téléphone qui ne capte plus.
À ce jour, aucune coupure n'a été décidée. Le marché, lui, n'a pas attendu.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frBitchat a été lancée en juillet 2025 par Jack Dorsey, le fondateur de Twitter. Le principe est ancien, l'exécution est soignée.
Chaque téléphone sur lequel l'application est installée sert à la fois d'émetteur et de relais, par Bluetooth basse consommation, le protocole qui relie vos écouteurs à votre téléphone. Un message part de mon téléphone vers le plus proche, qui le passe au suivant, et ainsi de suite. Cela forme ce qu'on appelle un réseau maillé (mesh) : pas d'antenne, pas d'opérateur, pas de serveur central. Il n'y a pas non plus de compte, ni de numéro de téléphone, ni d'adresse électronique. Les messages privés sont chiffrés de bout en bout. Trois pressions sur le logo effacent tout. Quand Internet revient, l'application bascule sur Nostr, un protocole décentralisé fait de centaines de relais indépendants.
Ce n'est pas une première. FireChat et Bridgefy faisaient la même chose à Hong Kong en 2014 et en 2019. La différence est l'ampleur. Pendant les manifestations de Madagascar, en septembre 2025, environ 70 000 téléchargements en une semaine. Au Népal, près de 50 000 en une seule journée, pendant l'interdiction des réseaux sociaux. En janvier 2026, en Ouganda et en Iran, pendant les coupures d'Internet.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreSur le point que promet le titre, la réponse est oui. Un gouvernement qui coupe le réseau mobile, ou qui bloque les grandes plateformes, ne touche pas Bitchat. Il n'y a rien à couper : ni serveur à saisir, ni opérateur à réquisitionner, ni entreprise à qui envoyer une injonction. Deux téléphones à portée l'un de l'autre se parlent, et c'est tout.
Les États l'ont compris. En avril 2026, Apple a retiré l'application de son magasin chinois à la demande du régulateur. En juillet, New Delhi a ordonné à GitHub de rendre le code source inaccessible en Inde, sous trois heures. C'était, selon les défenseurs des libertés numériques, la première tentative connue de géobloquer un logiciel libre. Le résultat est instructif. Le code avait déjà été copié sur des plateformes décentralisées. L'ordre, rendu public par Dorsey, a fait connaître l'application : 430 000 utilisateurs actifs par jour en Inde le 26 juillet, et 74 % des téléchargements mondiaux de la semaine.
En Inde, l'ordre de blocage a fait plus pour Bitchat que n'importe quelle campagne de lancement.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !C'est ici qu'il faut ralentir, parce que la plupart des articles enthousiastes s'arrêtent là.
Bitchat ne remplace pas Internet. Le Bluetooth porte à quelques dizaines de mètres, une centaine dans de bonnes conditions. Jack Dorsey annonce jusqu'à 300 mètres en passant de relais en relais. Le réseau n'existe donc que là où il y a beaucoup de téléphones serrés : un festival, un cortège, une place occupée. Dans une rue vide, il ne se passe rien. L'institut britannique BISI, qui a étudié l'application, le dit sobrement : utile pour de courtes distances dans des lieux denses, pas une solution autonome aux coupures.
Autre limite, plus triviale : on ne télécharge pas une application quand le réseau est coupé. C'est précisément ce que les gens font cette semaine.
C'est la confusion la plus dangereuse, et je la vois partout depuis lundi.
Le canal public de Bitchat, celui où tout le monde parle à tout le monde, est lisible par n'importe qui à portée avec l'application installée. Cela inclut un policier en civil. Les messages privés sont chiffrés, mais le chiffrement protège le contenu, pasle reste. Qui parle à qui, quand, depuis où : ces métadonnées restent observables. Le professeur Alan Woodward, cryptographe à l'université du Surrey, rappelle qu'elles suffisent souvent à repérer les organisateurs d'un rassemblement. Le BISI ajoute deux faiblesses techniques : une authentification des contacts encore fragile, qui permet de se faire passer pour quelqu'un d'autre, et des clés de chiffrement qui ne changent pas au cours d'une session. En juillet 2025, quelques jours après la sortie de la version d'essai, un chercheur avait montré qu'on pouvait usurper l'identité d'un contact favori. Des correctifs ont suivi, mais l'outil a beaucoup moins de recul que Signal.
Un dernier piège concerne ceux qui chercheront l'application après une coupure. Ils l'installeront depuis des sources non officielles, et rien ne garantira qu'ils récupèrent la vraie.
En somme, Bitchat permet de parler quand on vous a retiré l'antenne. Elle ne vous rend pas invisible. Ce sont deux promesses différentes, et seule la première est tenue.
Reste la question que le titre pose en creux : à quoi servirait une coupure, en France, maintenant que cet outil circule ?
Le cadre existe. Le Conseil d'État, le 1er avril 2025, statuant sur le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie, a jugé qu'un Premier ministre pouvait suspendre un réseau social sans loi spécifique, à trois conditions. Il faut des circonstances exceptionnelles qui rendent la mesure « indispensable ». Elle ne peut durer que tant qu'aucune solution moins intrusive n'est techniquement disponible. Et elle doit être limitée dans le temps. Le blocage calédonien a été jugé illégal faute de date de fin.
Le mot qui compte est « indispensable ». Une mesure est indispensable si elle atteint son but et si rien d'autre ne l'atteint. Or le but invoqué par Gabriel Attal est d'empêcher des pillards de se coordonner dans une zone précise. C'est-à-dire, techniquement, des gens rassemblés au même endroit, à quelques dizaines de mètres les uns des autres. C'est exactement la situation où un réseau maillé fonctionne le mieux.
Une coupure ciblée gênerait donc surtout ceux qui ne sont pas dans la foule : le riverain qui veut savoir si sa rue est sûre, le commerçant qui appelle son assurance, la famille qui cherche un proche. La foule, elle, continuerait de se parler.
Je n'ai pas d'avis tranché sur ce que l'État doit faire un soir de pillage. Mais sur la question technique, la réponse est établie : contre une foule équipée, la coupure ciblée échoue précisément là où elle prétend agir. Un juge qui appliquera la grille du 1er avril 2025 devra en tenir compte.
Bitchat ne rend pas le black-out impossible. Elle le rend inutile contre ceux qu'il vise.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frJeudi, la France a emprunté à dix ans à 5,14 %. C'est son taux le plus élevé depuis 2002. L'Allemagne emprunte autour de 3,5 %. L'Italie, que l'on présente depuis quinze ans comme le malade de l'Europe, paie aujourd'hui moins cher que nous.
Samedi, les syndicats défilent de nouveau. Ce soir, l'agence Moody's dit si la France garde sa note. Les économistes interrogés s'attendent presque tous à une baisse.
La question posée en titre, des lecteurs me la posent depuis lundi. Ma réponse est oui, c'est possible. Mais si une crise de la dette arrive, la journée de samedi n'en sera pas la cause. La cause sera la façon dont le gouvernement l'achètera. Les prêteurs ne sanctionnent pas la colère d'un pays. Ils sanctionnent ce que l'État promet de payer pour la calmer, quand il n'a plus de quoi le payer.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe mot fait peur, il faut donc le définir. Une crise de la dette, ce n'est pas un État
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 2 octobre, alors que les lycées se bloquaient les uns après les autres, j'écrivais ici que la stratégie du tout sécuritaire était dangereuse. Trois semaines plus tard, on a eu le 17 octobre : 550 000 manifestants, l'hôtel de ville de Limoges incendié, celui de Marseille forcé, des centaines de commerces pillés, plus de 6 800 gardes à vue. On pourrait croire que l'exécutif en aurait tiré une leçon. Il en a tiré un dispositif. Pour samedi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, annonce vouloir « monter en gamme », et le Premier ministre a fixé la doctrine en une phrase : « Le retour à l'ordre est le préalable de tout ».
Le préalable de tout. Autrement dit : rien d'autre avant. Pas de réponse sur les salaires, pas de réponse sur l'école, pas de réponse sur la vie chère qui a fait descendre les gens dans la rue. D'abord les blindés, ensuite on verra. Je maintiens ce que j'écrivais le 2 octobre, et je l'aggrave : ce vide politique est confondant, et il est dangereux.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frMercredi 21 octobre, Sébastien Lecornu a reçu les cinq confédérations syndicales à Matignon, flanqué du ministre de l'Intérieur. Le choix du ministre qui l'accompagnait disait déjà l'ordre du jour. Les syndicats venaient parler de pouvoir d'achat et de coût de l'énergie. Ils sont repartis, selon Sophie Binet, avec « aucune mesure ». Le Premier ministre a confié au ministre du Travail le soin de « travailler » avec eux dans les semaines à venir. Résultat : la quasi-totalité des syndicats appelle à la grève le 5 novembre, et la CGT parle déjà de faire succéder les grèves aux manifestations.
Les lycéens et les étudiants, qui sont pourtant à l'origine du mouvement, n'étaient même pas invités. On les renvoie au ministre de l'Éducation lundi prochain. Depuis début octobre, leurs revendications sont connues, et la fin de Parcoursup en fait partie. J'ai consacré deux papiers, les 7 et 9 octobre, à expliquer pourquoi cette revendication n'était pas un caprice d'adolescents mais la critique fondée d'un algorithme qui décide à 17 ans de l'avenir d'un élève sur la base d'une présomption. Le gouvernement n'y a opposé, depuis trois semaines, que le silence. Le 2 octobre, 564 établissements étaient perturbés et l'exécutif « cherchait une sortie de crise ». Il la cherche encore.
Le pays entend donc ceci : vous avez des problèmes de fin de mois, vos enfants ont des problèmes d'orientation, et nous avons des hélicoptères. Il ne faut pas s'étonner que se répande le sentiment d'un régime sourd et arrogant. Ce sentiment n'est pas une manipulation de l'ultragauche. Il est fabriqué, jour après jour, à Matignon.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibrePendant que rien ne bouge sur le fond, tout bouge sur les libertés. Et dans un seul sens.
Jeudi 22 octobre, à l'issue d'un conseil de sécurité, Emmanuel Macron a énoncé une nouvelle « doctrine » : « La recommandation générale, c'est pas de manifestations dans les jours à venir ». Seules seront autorisées les manifestations organisées à la demande des syndicats. Celles demandées « par des gens qui n'ont aucune légitimité pour le faire » seront interdites par les préfets.
Les préfets ont suivi. Dans les Bouches-du-Rhône, toutes les manifestations sont interdites samedi, « y compris celles portant sur d'autres sujets que le pouvoir d'achat », déclarées ou non, et les transports publics de l'agglomération marseillaise seront suspendus vingt-quatre heures. À Lyon, toute manifestation dans la ville est interdite. À Lille, à Nice, à Toulon, au Havre, à Rouen, les centres-villes sont fermés aux cortèges. À Paris, la préfecture de police autorise le cortège de la CGT entre Bastille et Nation et interdit celui des étudiants et des gilets jaunes entre Bastille et Opéra. À Metz, même un rassemblement de l'Unef est interdit.
Mesurons ce qui vient d'être dit. La liberté de manifester n'est pas un privilège accordé aux organisations représentatives. C'est une liberté individuelle, que le Conseil constitutionnel rattache à la liberté d'expression collective des idées et des opinions, et que chaque citoyen détient sans avoir à présenter une carte syndicale. Le président de la République vient d'inventer une liberté sous licence : vous pouvez descendre dans la rue si une confédération vous y emmène. Un lycéen de Marseille, un artisan gilet jaune de Lille, une mère de famille de Lyon n'ont plus « aucune légitimité » pour dire publiquement qu'ils ne bouclent plus leurs fins de mois.
Les juges ne s'y trompent pas tous. Jeudi, le tribunal administratif de Paris a annulé l'interdiction d'un rassemblement étudiant, et un recours a été déposé devant le Conseil d'État contre la doctrine présidentielle elle-même. Mais l'essentiel est fait : le message est passé que la rue appartient désormais à ceux que l'État agrée.
Et pendant ce temps, l'équipement monte. Le 17 octobre, Laurent Nuñez avait prévenu que grenades et LBD « pourront être utilisés ». Pour samedi, on ajoute les blindés, les lanceurs d'eau, les unités d'élite et l'armée devant les bâtiments publics. Le Premier ministre juge le maintien de l'ordre « trop statique et pas assez mobile ». Il veut plus mobile. On imagine ce que cela signifie dans des rues interdites.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !J'en viens au cœur du danger. Cette stratégie ne produit pas l'ordre. Elle produit l'inverse.
Une manifestation déclarée a un parcours, un service d'ordre, des organisateurs que la préfecture connaît et qui ont intérêt à ce que la journée se passe bien. C'est ce qui permet de séparer la foule des casseurs. Interdire, c'est supprimer tout cela d'un coup. Ceux qui veulent manifester ne restent pas chez eux pour autant, parce que leur colère n'a pas été traitée. Ils se retrouvent sans parcours, sans service d'ordre, sans interlocuteur, dans des rassemblements que plus personne n'encadre. La préfecture d'Ille-et-Vilaine a déjà dû interdire à Rennes un rassemblement non déclaré, appelé « sur les réseaux sociaux ». Franceinfo raconte comment la journée de samedi se prépare sur des serveurs Discord. C'est
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe chef du service d'action sociale territoriale de Parthenay, dans les Deux-Sèvres, s'est donné la mort en avril 2007. L'un des éducateurs de son service, placé sous son autorité, a été poursuivi pour harcèlement moral. Il lui était reproché d'avoir, pendant plusieurs années, dévalorisé le travail de son chef, diffusé auprès des collègues l'image d'un responsable incompétent, adopté à son égard un comportement méprisant, organisé des refus d'appliquer ses instructions et adressé un courriel obscène.
Le tribunal correctionnel de Bressuire a condamné le prévenu le 9 juin 2009. La cour d'appel de Poitiers l'a relaxé le 11 mars 2010. Elle a notamment estimé qu'un subordonné ne disposait pas des moyens de compromettre la carrière de son supérieur, et que l'atteinte à la santé de la victime n'était pas démontrée.
La chambre criminelle de la Cour de cassation a cassé cet arrêt le 6 décembre 2011 (n° 10-82.266). Elle a jugé, d'une part, que le délit n'exige pas la preuve d'une atteinte effective : la simple possibilité d'une dégradation des conditions de travail suffit ; d'autre part, que la qualité de subordonné du prévenu est indifférente. L'affaire a été renvoyée devant la cour d'appel d'Angers.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa solution découle du texte lui-même. L'article L. 1152-1 du code du travail dispose qu'« aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». L'article 222-33-2 du code pénal punit le harcèlement moral de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Aucun des deux textes ne mentionne de lien hiérarchique. Un manager est un salarié comme un autre au regard de cette protection.
Trois conséquences en découlent.
L'intention de nuire n'est pas requise. Le harcèlement peut être constitué par ses seuls effets, indépendamment de l'intention de son auteur, comme la
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frUn particulier qui refuse d’exécuter un jugement s’expose aux procédures de recouvrement et aux mesures d’exécution forcée. Lorsqu’une commune tarde à appliquer les décisions de justice, les conséquences ne sont pas les mêmes : six jugements de provisions n’ont pas été intégralement mandatés dans le délai légal de deux mois. La chambre du contentieux de la Cour des comptes a sanctionné cette situation, mais la question demeure : pourquoi faut-il en arriver à une condamnation financière pour rappeler à une collectivité qu’elle doit respecter les décisions de justice ?
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe22 octobre 2026, la commune de Capesterre-Belle-Eau a été condamnée à six reprises par le tribunal administratif de la Guadeloupe à verser des provisions. Or, les sommes fixées par ces jugements n’ont pas été mandatées en totalité dans le délai de deux mois prévu par la loi.
C’est ce manquement qui a conduit à la sanction du maire, Jean-Philippe Courtois, à hauteur de 10 000 euros, et de la directrice générale des services, à hauteur de 2 000 euros. Les montants dus aux créanciers ne sont pas précisés dans les informations disponibles. Impossible, donc, de mesurer le poids exact des impayés ou de comparer les sommes en jeu aux amendes prononcées.
Un second grief concerne le maire personnellement. Le 16 juin 2020, le tribunal administratif lui avait ordonné de délivrer un certificat de non-opposition en matière d’urbanisme. Il n’a signé, le 7 septembre 2021, qu’un certificat assorti de réserves. Le 15 décembre 2022, un nouveau jugement a prononcé une astreinte contre la commune. La justice a fixé des obligations, mais leur exécution n’a pas suivi comme elle aurait dû.
Jean-Philippe Courtois conteste la décision et annonce son intention de faire appel : « Je ferai appel de cette décision plus que contestable. » Il souligne que le dossier d’urbanisme remonte à 2018, avant son élection, et invoque également le déficit de la commune : « vous étiez en déficit mais la loi dit que vous deviez payer en 2 mois. » Une phrase qui, dans sa bouche, sonne comme un aveu : la loi est la loi, sauf lorsqu’elle contraint une mairie.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !La chambre régionale des comptes a certes validé, à l’été 2025, un retour à l’équilibre du budget primitif, après des années de déficit et un plan de redressement soutenu par une subvention COROM portée à 900 000 euros. Autrement dit, la commune n’était pas sans ressources ; elle a simplement choisi, pendant des années, de ne pas honorer des décisions de justice. Et son maire refuse d’avoir fait supporter la facture aux habitants : « ce ne sont pas les Capesterriens qui auraient dû porter le préjudice de la mauvaise gestion du passé ». Soit. Mais les fournisseurs, eux, ont porté ce préjudice, sans avoir voix au chapitre budgétaire.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Reste une exigence élémentaire de l’État de droit : une administration ne peut réclamer aux administrés le respect des règles tout en traitant les décisions de justice qui la concernent comme de simples contraintes négociables. L’affaire de Capesterre-Belle-Eau rappelle que l’autorité publique ne devrait pas bénéficier d’une indulgence de principe lorsqu’elle manque à ses obligations. La justice ne peut être impérative pour le citoyen et facultative pour la commune.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frOn pensait la soupe sans danger pour l’ordre public. Elle ne l’est pas, semble-t-il, quand elle se sert le même jour qu’une mobilisation nationale. Le festival devait se tenir les 23 et 24 octobre. La préfecture en a retranché le samedi, la veille de l’ouverture.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frSelon ICI Occitanie, l’arrêté préfectoral vise la journée du samedi, dans un contexte national jugé sensible. Rien, dans les informations rendues publiques à ce stade, ne permet toutefois d’établir que le Festival de la soupe lui-même préparait un rassemblement non déclaré ou présentait une menace particulière.
L’association Les Gens de la Soupe conteste une décision qu’elle juge « disproportionnée et incompréhensible ». Sur son site, elle annonce qu’elle va saisir le juge par un référé-liberté, dans l’espoir d’obtenir une issue favorable. Cette procédure d’urgence permet notamment de demander la protection d’une liberté fondamentale lorsque les conditions légales sont réunies.
Les organisateurs ont tenté de sauver ce qui pouvait l’être. La soirée d’ouverture et les festivités du vendredi sont maintenues, une partie des spectacles initialement prévus samedi ayant été déplacée. Le lendemain sera consacré au rangement. Pour les artistes, les compagnies, les bénévoles et les associations partenaires, les préparatifs, eux, ont déjà mobilisé du temps et de l’argent.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLes Gens de la Soupe affirment que cette interdiction « met en péril l'association d'un point de vue financier ». Aucun montant public ne permet, à ce stade, de mesurer les pertes ni d’évaluer les conséquences exactes sur sa trésorerie. Mais le calendrier est particulièrement défavorable : à deux jours de l’événement, les engagements envers les artistes et les compagnies, les frais d’organisation et les moyens déjà mobilisés peuvent laisser une facture que les bénévoles devront assumer.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Certes, face à un risque pour l’ordre public, l’administration dispose de pouvoirs de police ; encore faut-il que les mesures prises soient justifiées et adaptées aux circonstances. Interdire une journée entière d’un festival culturel en raison de mobilisations possibles ailleurs exige une motivation suffisamment précise pour que la décision puisse être comprise et contestée. L’épisode soulève une interrogation politique élémentaire : jusqu’où peut-on restreindre une manifestation locale au nom d’un risque national qui ne lui est pas directement imputé dans les éléments publics disponibles ?
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !La liberté de réunion ne devrait pas devenir une permission révocable à la veille d’une fête. Et lorsqu’une autorité administrative décide d'interdire l'événement, le coût ne se limite pas à un samedi perdu : il retombe sur ceux qui ont investi leur énergie, leurs ressources et leur temps pour faire vivre un territoire. À Florac, l’État invoque la prévention des troubles ; l’association, elle, doit désormais défendre sa survie.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de PACA (réf. PAR2025-0939) porte sur la commune de Marseille, exercices 2018 et suivants. Ce n’est pas une procédure pénale, mais un contrôle de gestion. Et il dit une chose simple : la loi anticorruption de 2016, applicable depuis le 1er juin 2017, n’est toujours pas appliquée dans la deuxième ville de France.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa chambre régionale des comptes (CRC) de Provence-Alpes-Côte d’Azur a examiné la gestion municipale depuis 2018. Son constat est sévère : la commune « ne respecte toujours pas les exigences de la loi Sapin II », faute de s’être dotée d’un dispositif anticorruption complet. Les initiatives récentes sont qualifiées de « modestes », malgré un risque d’atteinte à la probité décrit comme « élevé et connu ».
Les magistrats financiers évoquent de « graves et anciennes lacunes » dans le contrôle interne et la prévention des atteintes à la probité, particulièrement dans les mairies de secteur. Ils soulignent également la nécessité d’éviter les interférences entre responsabilités politiques et fonctions administratives. Sept recommandations ont été formulées.
Ces observations ne constituent ni une condamnation pénale ni l’affirmation qu’une infraction aurait été commise, mais posent une question de gestion élémentaire : comment une grande collectivité peut-elle justifier l’absence prolongée d’un dispositif complet de prévention alors que le risque est identifié ? La loi ne date ni d’hier ni de la veille du contrôle. Elle est applicable depuis juin 2017.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreSelon les chiffres rapportés par Presse Agence , les produits de gestion de la ville ont progressé de plus de 286 millions d’euros depuis 2018. Les effectifs municipaux sont passés de 14 426 à 16 188 agents, tandis que l’absentéisme demeure supérieur de 43 % à la moyenne nationale sans avoir été pleinement diagnostiqué. Depuis 2018, l’administration a connu quatre réorganisations et cinq directeurs généraux des services. La CRC relève aussi une situation financière fragile, malgré une baisse de 22 % de la dette entre 2018 et 2024, et un autofinancement faible.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Face à ces observations, Benoît Payan a déclaré en conseil municipal : « Je n’accepterai jamais qu’un magistrat préconise à notre place des politiques publiques. » Il a également imputé une partie des critiques à un manque de moyens de la chambre. Le maire a mis en avant le passage de 28 à 7 recommandations, chiffre qu’il avance lui-même, et s’est engagé à appliquer les sept recommandations définitives. Mais la réduction du nombre de recommandations ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que les carences relevées ont été corrigées.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !La question n’est pas de savoir si les magistrats doivent gouverner Marseille : ce n’est pas leur rôle. Leur mission est de contrôler la gestion et de signaler les insuffisances. Les contribuables marseillais financent une administration de plus de 16 000 agents et des services dont la gestion doit pouvoir être évaluée avec rigueur. La probité ne saurait être une exigence réservée aux citoyens, aux entreprises et aux associations qui doivent respecter les règles : elle doit également guider ceux qui administrent l’argent public. À Marseille, neuf ans après l’entrée en vigueur de Sapin II, c’est précisément cette exigence qui reste à traduire en actes.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr« Enfant, tu dois aimer la France parce que la nature l'a faite belle, et parce que son histoire l'a faite grande. » La phrase figure en tête du Petit Lavisse, le manuel d'histoire qu'Ernest Lavisse publie en 1884 et que des millions d'écoliers ont appris jusqu'en 1950. C'est un ordre, donné à un enfant, par un professeur de la Sorbonne, au nom de l'État.
Deux ans plus tôt, dans la même Sorbonne, un autre Ernest avait tenu un langage opposé. Le 11 mars 1882, Ernest Renan prononce une conférence intitulée « Qu'est-ce qu'une nation ? ». L'Alsace et la Moselle ont été annexées onze ans plus tôt par l'Empire allemand, au nom de la langue et de la race de leurs habitants. Renan répond que ni la langue, ni la race, ni la religion, ni les montagnes ne font une nation. Une nation, dit-il, existe parce que des gens veulent continuer à vivre ensemble, et elle doit être voulue tous les jours.
Ces deux textes de la Troisième République posent la question qui nous occupe. Le peuple français existe-t-il ? Deux réponses dominent aujourd'hui le débat, et toutes deux disent oui. La première fait du peuple une chose, un héritage clos qu'il faut garder sous cloche. La seconde en fait un saint, naturellement bon, trahi par ses élites. Je crois que ces deux réponses se trompent de la même façon, et que la bonne se trouve chez Renan, prolongée par deux auteurs qu'on n'associe jamais à la question nationale : un médecin hollandais installé à Londres au début du XVIIIe siècle, Bernard Mandeville, et un économiste autrichien, Friedrich Hayek. C'est aussi, sous une autre forme, la thèse de mon Traité pour le monde d'après : ce qui tient une société n'est pas l'ordre qu'on lui impose d'en haut, c'est celui qu'elle produit elle-même.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 16 septembre 2018, sur le plateau des Terriens du dimanche, Éric Zemmour s'adresse à la chroniqueuse Hapsatou Sy. Dans la séquence coupée au montage, puis révélée par Quotidien, il lui dit : « Votre prénom est une insulte à la France », et ajoute : « Vous devriez vous appeler Corinne, ça vous irait bien. » Il s'appuie sur la loi du 11 germinal an XI, qui encadrait le choix des prénoms et qui a été abrogée en 1993.
Ce n'était pas un écart de plateau. En mars 2022, candidat à l'élection présidentielle, il inscrit dans son programme un référendum pour « rétablir la loi sur les prénoms pour les futures naissances » : le prénom d'un enfant devrait être pris dans les calendriers français ou régionaux, dans l'Antiquité ou dans la Bible. Sur CNews, il précise qu'il veut obliger les immigrés à donner des prénoms français, car « il n'y a aucune raison pour que les musulmans ne le fassent pas ». Le même programme prévoit « un grand ministère de la remigration ». Et en 2025, il publie chez Fayard La messe n'est pas dite. Pour un sursaut judéo-chrétien, dont la question centrale est, selon la recension de La Nef : « voulons-nous défendre notre civilisation chrétienne ? » Le christianisme y vaut moins comme foi que comme identité et comme culture, seule capable, selon l'auteur, de résister à l'islamisation de l'Europe.
Mettons ces pièces bout à bout. Le peuple français, dans cette vision, est un contenu déjà rempli : une religion devenue frontière, un calendrier de prénoms, une histoire achevée. On peut y entrer, et c'est la version la plus forte de la thèse, celle qu'il faut prendre au sérieux : Zemmour ne se dit pas racialiste, il se dit assimilationniste. La porte est ouverte. Mais elle donne sur une maison dont le
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frOn parlait de vitrines. Le plateau de LCI débattait, ce lundi 19 octobre, des pillages du 17 et du 18. Quelqu'un évoque les drapeaux algériens aperçus dans les cortèges. Une étudiante proche de La France insoumise saisit la balle et pose sa question au maire de Cannes, candidat à l'élection présidentielle : « Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s'est passé le 17 octobre 1961 ? »
🇫🇷🇩🇿 Une étudiante à David Lisnard : "Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 ?", en référence aux Algériens noyés dans la Seine à Paris.
— AlertesInfos (@AlertesInfos) October 19, 2026
- David Lisnard : "Je m’en fous (...) J’en ai rien à cirer". pic.twitter.com/Ysh6Qy9dtv
Le 17 octobre. Soixante-cinq ans d'écart, même date. À Paris, on ressort les dates comme les nappes de famille : pour les grandes occasions, sans plus regarder les taches.
La réponse de David Lisnard tient en quelques phrases, et il faut les citer en entier, parce que la vidéo qui circule les coupe. « C'est très grave, c'est dramatique, mais c'était en 61 ». Puis : « Non mais je m'en fous madame, j'en ai rien à foutre, j'en ai rien à cirer. » Puis : « J'étais pas né, depuis il y a eu l'indépendance de l'Algérie. » Puis : « J'ai des potes algériens, heureusement mes potes d'origine algérienne ils ont bien compris. » Et pour finir : « Votre rhétorique ne m'intéresse pas ! »
J'ai des potes algériens. Amai. Cette phrase a fait une longue carrière en Europe, dans toutes les langues et sous toutes les variantes. Elle n'a jamais sauvé personne d'un mauvais débat.
Deux jours plus tard, le publicitaire Frank Tapiro, qui épaule Lisnard dans sa campagne, résume l'affaire pour ceux qui n'avaient pas compris : « La prise d'otage mémorielle, c'est fini. Cette repentance permanente ne peut tout justifier. Le travail de mémoire n'est pas un devoir de culpabilité. Vivement @davidlisnard ». On reconnaît le métier. Trois phrases, un slogan, et la marque en bas à droite.
La prise d’otage mémorielle, c’est fini. Cette repentance permanente ne peut tout justifier. Le travail de mémoire n’est pas un devoir de culpabilité.
— Frank Tapiro (@ftapiro) October 21, 2026
Vivement @davidlisnard pic.twitter.com/0c9LtJjy4K
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frOuvrons-la avant de compter les marchands, mes amis du Pays-des-Cartésiens. Ce n'est pas long, et personne, sur ce plateau, n'a pris le temps de le faire.
Le 5 octobre 1961, le préfet de police de Paris, Maurice Papon, impose un couvre-feu aux « Français musulmans d'Algérie ». Pas aux Parisiens : à une catégorie de Parisiens, définie par leur origine et leur religion. Le 17 octobre, le FLN organise une manifestation pacifique contre ce couvre-feu. La police arrête environ 12 000 personnes. Les historiens comptent les morts entre une trentaine et deux cents. Des corps sont repêchés dans la Seine. Le bilan officiel de l'époque tient sur les doigts d'une main.
Maurice Papon reste préfet de police jusqu'en 1967. Il devient ministre du Budget de 1978 à 1981. En 1998, il est condamné pour complicité de crimes contre l'humanité, pour la déportation des Juifs de Gironde pendant l'Occupation. Pour la Seine, il n'a jamais été jugé. Pour le reste, la République l'avait fait ministre.
Ensuite viennent les cérémonies. En 2012, François Hollande déclare que la République reconnaît avec lucidité ces faits. En 2021, Emmanuel Macron les qualifie de crimes inexcusables pour la République. Le 28 mars 2024, l'Assemblée nationale adopte une résolution qui condamne le massacre et demande une journée de commémoration : 67 voix contre 11, sur 577 députés. Le texte n'a aucune valeur contraignante.
Dans le même débat, un député du Rassemblement national dénonce une repentance à outrance ; un député insoumis réclame qu'on parle de crime d'État. En 2024 comme en 2026, les deux rayons du magasin étaient déjà installés.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibrePosée là, la question ne relevait plus de l'histoire. Au milieu d'un débat sur des magasins pillés, demander à un candidat de réciter un événement de 1961 revient à poser deux images côte à côte : les noyés de la Seine et les cortèges du 17 octobre 2026. Le message est dans le montage. Les uns seraient les héritiers des autres, et l'indignation contre les seconds deviendrait une insulte aux premiers.
Le procédé est vieux comme la propagande. Il fait défiler les morts d'une manifestation pacifique derrière les pillards de 2026. Les noyés de 1961 n'ont pas pris de vitrine. On leur en prête une.
David Lisnard avait une réponse simple à faire. Il suffisait de dire ce qui s'est passé, en deux phrases, puis de dire que cela n'avait rien à voir avec les pillages de samedi. Il a préféré le juron. Cinq millions sept cent mille vues plus tard, on comprend que le juron n'était pas une perte.
Sa campagne s'est faite connaître, ce mois-ci, par un slogan né sur les réseaux, « Il se passe quelque chose », et par des images générées par intelligence artificielle. Le « je m'en fous » s'est ajouté au catalogue. Frank Tapiro l'a emballé. Le refus de la repentance est devenu une ligne de produits, avec son public, ses vues et son slogan.
Il y a pourtant une ironie que ni le candidat ni son publicitaire n'ont vue. David Lisnard parle volontiers de réduire l'État. Or la nuit du 17 octobre 1961 est un cas d'école de ce que fait un État quand rien ne l'arrête : un préfet, un arrêté qui vise une catégorie de citoyens, une police qui frappe, une administration qui ment sur le bilan, puis une carrière qui continue jusqu'au ministère. Un candidat qui veut un État plus léger aurait dû être le premier à s'en souvenir. C'est le meilleur argument de son programme, et il a répondu qu'il s'en foutait.
Cette semaine, à Lille, Douai, Denain et Wattignies, la préfecture du Nord interdit aux mineurs non accompagnés de circuler dans certains secteurs, de 20 heures à 6 heures. Rien de comparable dans les conséquences. La technique, elle, a gardé sa forme : un préfet, un arrêté, une catégorie de la population.
Car il y a un troisième gagnant, et c'est le plus discret. L'État a commis le crime de 1961. Il en est devenu le notaire. C'est lui qui décide, par déclaration présidentielle ou par résolution, de ce qui sera reconnu, à quelle date, avec quels mots. Reconnaître ne coûte rien : pas de nom à part celui de Papon, pas de responsable vivant, pas de réparation, une cérémonie par décennie. C'est la dépense publique la moins chère du pays.
Et les deux marchands travaillent pour lui. Le premier réclame une journée nationale de plus ; le second exige qu'on n'en parle plus. Tous deux demandent à l'État de trancher, c'est-à-dire de rester propriétaire de la mémoire, et donc de son propre dossier.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Il reste une question que ni David Lisnard ni Frank Tapiro ne se sont posée, et c'est la plus sérieuse de l'affaire. Leur argument tient en deux pièces : j'étais pas né, et la fin de la repentance permanente. Appliquons-le ailleurs que sur les quais de la Seine.
Le 16 juillet 1995, devant le square des Martyrs du Vel d'Hiv, Jacques Chirac déclare : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français », et ajoute que ce jour-là la France « accomplissait l'irréparable ». Il fait exactement ce que Frank Tapiro appelle repentance : reconnaître, au nom de l'État, un crime commis cinquante-trois ans plus tôt par des hommes que la plupart des Français vivants n'avaient jamais connus. Un an plus tôt, François Mitterrand refusait encore : « Je ne ferai pas d'excuses au nom de la France. » En 1998, Maurice Papon est condamné pour des faits de 1942, cinquante-six ans après. Personne n'aurait accepté qu'on réponde aux familles des déportés de Gironde : c'était en 42, j'étais pas né.
Or le principe du « j'étais pas né » ne distingue pas entre 1942 et 1961. Si la date suffit à congédier un crime d'État, elle congédie aussi le Vel d'Hiv, et plus vite, puisqu'il est plus ancien. La « prise d'otage mémorielle » ne précise pas non plus quelles mémoires elle libère. Un slogan ne fait pas d'exception ; c'est à cela qu'on le reconnaît. Le 9 avril 2017, Marine Le Pen déclarait : « Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv. » Sans le savoir, et sans doute sans le vouloir, le candidat de Cannes et son publicitaire ont rouvert la porte de ce débat-là. Leur formule, prise à la lettre, met en cause la reconnaissance de 1995 au même titre que celle de 2012.
Plaident-ils pour l'oubli ? Pas pour celui-là, j'en suis sûre. Mais leur formule, oui, et une formule ne choisit pas ses dates.
Et pourtant, le discours de 1995 contenait la réponse à toute cette querelle. Jacques Chirac n'a pas demandé aux Français de se sentir coupables. Il a dit que l'État français, avec sa police et son administration, avait prêté la main au crime. La responsabilité était celle d'une institution, pas celle d'un peuple. C'est la seule ligne qui tienne pour un libertarien, et elle vaut pour 1942 comme pour 1961 : pas de culpabilité collective des citoyens, mais une responsabilité entière de l'État pour ce que ses fonctionnaires ont fait en son nom. Maurice Papon, d'ailleurs, est le même homme dans les deux dossiers. Frank Tapiro a raison sur un point : le travail de mémoire n'est pas un devoir de culpabilité. Mais refuser la culpabilité des citoyens ne dispense pas de nommer la responsabilité de l'État. Sinon, ce n'est plus refuser la repentance : c'est amnistier l'État.
Je ne donnerai pas de leçon depuis la Belgique. Nous avons notre propre boîte, et elle est bien remplie.
En juin 2020, le roi Philippe a exprimé au président de la République démocratique du Congo ses profonds regrets pour la colonisation. Le mot « excuses » n'y figurait pas. En juin 2022, la Belgique a remis à la famille de Patrice Lumumba, assassiné en 1961, la seule chose qui restait de lui : une dent, dans un coffret. Ceci n'est pas une repentance ; c'est une dent. À la fin de 2022, la commission parlementaire chargée de notre passé colonial s'est séparée après deux ans de travaux sans parvenir à recommander des excuses officielles : une partie des commissaires craignait que les excuses n'ouvrent la porte aux réparations. Chez nous aussi, la mémoire a un prix, et on le négocie.
En Flandre, l'amnistie des collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale a été pendant des décennies une revendication du nationalisme flamand. La mémoire, là aussi, a fait vivre des partis.
Mais Malines a aussi la caserne Dossin. Entre 1942 et 1944, 25 484 Juifs et 352 Roms et Sintis y ont été rassemblés avant d'être déportés. Le 9 septembre 2012, à Malines, le Premier ministre Elio Di Rupo a reconnu « une participation constante des autorités belges » à la persécution des Juifs ; le mois précédent, le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens, avait présenté des excuses pour la complicité des autorités de sa ville. Soixante-dix ans après les faits. Personne, en Flandre, n'a parlé de prise d'otage. Depuis décembre 2012, un musée se tient dans la caserne. On y voit des noms, des visages, des listes de convois. Personne n'y demande au visiteur de se repentir de ce qu'il n'a pas fait. Personne n'y dit non plus qu'il s'en fout. On y apprend ce qui s'est passé, qui l'a fait, avec quels papiers et quels trains. C'est tout, et c'est beaucoup.
Alors, qui gagnera à ouvrir la boîte ? Les deux marchands, déjà. Celui qui vend la culpabilité y gagne une émotion à brandir contre ses adversaires. Celui qui vend le refus y gagne des vues et un public. L'État y gagne de rester l'arbitre de ses propres crimes, y compris des plus anciens, que la formule de Cannes remet en jeu sans l'avoir voulu. Les morts, eux, y perdent : on les fait monter sur des tréteaux qui ne sont pas les leurs. Et les vivants qui voudraient seulement savoir ce qui s'est passé y perdent aussi, parce qu'entre le juron et la réquisition, il ne reste plus de place pour les faits.
La légende dit qu'au fond de la boîte de Pandore, une fois tous les maux échappés, il restait l'espérance. Au fond de celle-ci, il reste les historiens, qui comptent encore les morts de la Seine entre trente et deux cents. On les invite moins souvent que les publicitaires.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 16 octobre, en visite au poste de commandement de ses troupes, Vladimir Poutine a donné trois chiffres. Depuis le 1er janvier, l'armée russe aurait pris 6 500 kilomètres carrés et 310 localités. La région de Louhansk serait entièrement conquise. Dans celle de Donetsk, l'Ukraine ne tiendrait plus qu'environ 10 % du territoire ; dans celle de Zaporijia, 16,5 %. C'est l'agence russe Sputnik qui rapporte ces chiffres.
Ce papier ne s'appuie que sur des sources russes, chinoises et indiennes. Il ne les discute pas. Il les prend au mot. Et, pris au mot, elles racontent autre chose que la victoire qu'elles annoncent.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frTrois lieux commandent l'affaire. Le Donbass d'abord, c'est-à-dire les deux régions de Louhansk et de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, frontalières de la Russie : leur conquête est l'objectif officiel de Moscou depuis février 2022. Kramatorsk ensuite, grande ville de la région de Donetsk restée aux mains de Kiev, que l'armée russe cherche à atteindre. Zaporijia enfin, au sud, région dont le chef-lieu, sur le Dniepr, est toujours ukrainien.
Quatre hommes parlent. Vladimir Poutine, qui conduit la guerre. Volodymyr Zelensky, qui la subit et cherche à l'arrêter sans perdre davantage. Steve Witkoff, promoteur immobilier new-yorkais devenu l'envoyé spécial de Donald Trump pour l'Ukraine, qui fait la navette entre les deux. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Poutine, qui rend compte au public russe de ce qui se dit dans les salons du Kremlin.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreSix mille cinq cents kilomètres carrés en 289 jours, cela fait 22 kilomètres carrés par jour. C'est un peu plus de 1 % du territoire ukrainien en dix mois. C'est, pour un lecteur parisien, la surface de Paris intra-muros tous les cinq jours. Ce n'est pas rien. Ce n'est pas une percée.
Les 310 localités sont, pour l'essentiel, des villages. Le ministère russe de la
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frAnnoncée le 21 octobre, cette mesure illustre une dégradation préoccupante du service public : faute de soignants, les urgences et du SMUR sur le site de Mamers ferment, sans qu'aucune solution immédiate soit proposée aux habitants. Deux jours entre l'annonce et la fermeture : voilà le délai accordé aux habitants pour s'adapter à la disparition temporaire d'un service essentiel.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frDans son communiqué, la direction du CHICAM évoque un « manque critique de personnel médical et paramédical ». Elle reconnaît que l'organisation actuelle « ne permet plus de garantir la continuité des services d'urgences sur deux sites simultanément ». Les urgences d'Alençon restent ouvertes, mais celles de Mamers fermeront demain à 8 heures pour ne rouvrir que le lundi 23 novembre à 10 heures.
La pénurie ne concerne pas uniquement les médecins. Dans les semaines à venir, l'établissement ne dispose pas non plus de personnel pour couvrir 12 journées de garde infirmière et 8 journées d'aide-soignant. La direction entend profiter de cette suspension pour « définir une nouvelle organisation stable ». Pour les habitants, la consigne est simple : appeler le 15 en cas de besoin urgent. Un dispositif permettra également de joindre un professionnel de santé aux personnes qui se présenteraient malgré tout à l'hôpital.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreCette fermeture n'est pas un épisode inédit. On a déjà rapporté d'autres interruptions d'activité à Mamers, liées aux difficultés de recrutement médical. Il ne s’agit pas d’un problème de budget, des postes sont ouverts mais cet établissement n’attire pas les médecins. La répétition de ces suspensions pose une question que les communiqués hospitaliers ne peuvent éluder : comment un établissement public en vient-il à ne plus pouvoir assurer durablement une mission aussi fondamentale que les urgences ? Cette fermeture révèle une défaillance d'organisation dont les conséquences retombent directement sur la population. L'hôpital doit arbitrer entre deux sites faute de disposer des effectifs nécessaires ; les habitants, eux, doivent composer avec les distances et les délais supplémentaires que cette réorganisation peut entraîner.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !C'est là que se situe le scandale institutionnel : la direction décide, l’ARS n’apparaît pas, les élus locaux ne sont pas mentionnés. Ce qui frappe, c’est l’absence de responsable. L’hôpital public vit sous la tutelle d’une administration qui fixe les budgets et les effectifs, mais ne répond jamais de leurs effets. Quand les médecins manquent, la direction ferme et l’État reste muet. Les élus s’inquiètent, mais ne tranchent pas.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frL'article 6 réserve le régime fiscal de l'assurance-vie aux contrats qui remplissent trois conditions à la fois.
Première condition : les primes sont versées en numéraire. Un apport de titres fait sortir le contrat du régime pour les versements effectués à compter du 1er octobre 2026.
Deuxième condition : les supports, y compris dans un contrat souscrit à l'étranger, présentent des caractéristiques similaires à ceux de la liste de l'article R. 131-1 du Code des assurances, la liste des actifs admis pour un assureur français.
Troisième condition : un fonds dédié, c'est-à-dire un fonds construit pour un seul souscripteur, ne peut pas détenir d'actifs émis, garantis ou dus par le souscripteur, l'assuré, un bénéficiaire, leur famille proche ou une société qu'ils contrôlent. Un décret fixera le seuil de détention indirecte.
Le montage visé est décrit en clair dans l'évaluation préalable : un dirigeant loge les titres de sa holding patrimoniale dans un contrat étranger. Les dividendes y sont capitalisés au lieu d'être imposés à 31,4 %, et le patrimoine sort de la succession. L'administration écrit qu'« un tel montage n'est pas permis en France ».
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLa lettre d’observations du 26 mars 2018 retient quatre chefs de redressement. Celui qui sera contesté porte sur le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros le 22 novembre 2016, puis une transaction de 50 625 euros nets le 7 décembre. Redressement initial : 26 097 euros, pour 94 013 euros bruts réintégrés. La mise en demeure du 17 juillet 2018 chiffre l’ensemble à 37 874 euros, tous chefs confondus.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frTout commence par un contrôle de l’URSSAF Bretagne portant sur les années 2015 à 2017. Dans sa lettre d’observations du 26 mars 2018, l’organisme retient quatre chefs de redressement. L’un concerne le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros, conclue le 22 novembre 2016, suivie d’une transaction de 50 625 euros nets, signée le 7 décembre. Au titre de ce dossier, 94 013 euros bruts sont réintégrés dans l’assiette des cotisations, pour un redressement initial de 26 097 euros. La mise en demeure du 17 juillet 2018 réclame 37 874 euros pour l’ensemble des chefs contestés.
La lettre d’observations invoque les droits à la retraite du salarié. Le 28 février 2019, la commission de recours amiable annule la partie relative à la rupture conventionnelle, mais maintient un redressement en considérant que la transaction présente un caractère non indemnitaire. Devant le tribunal judiciaire de Rennes, l’URSSAF défend finalement une autre approche : elle réclame le forfait social et la CSG-CRDS. Le montant de ce chef est alors ramené à 14 175 euros.
Le pôle social du tribunal judiciaire de Rennes donne raison à l’organisme le 10 juin 2022. Pour l’entreprise, le contentieux ne s’arrête donc pas après plusieurs années de contestation : il faut poursuivre devant la cour d’appel. Derrière les montants se trouvent aussi des frais de défense, du temps mobilisé et une incertitude juridique prolongée. Le dossier ne précise pas le coût total supporté par l'employeur, mais huit années de procédure suffisent à mesurer la durée de cette épreuve.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreDans son arrêt du 7 octobre 2026 (RG 22/04520), la cour d’appel de Rennes rappelle une règle essentielle : après la mise en demeure, l’URSSAF ne peut plus modifier le fondement juridique du redressement. Elle s’appuie notamment sur l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale et sur un arrêt de la Cour de cassation du 4 septembre 2025. Le tribunal avait validé les 14 175 euros réclamés ; la cour infirme ce jugement sur le chef concernant l’indemnité transactionnelle. L’URSSAF Bretagne est condamnée à verser 1 500 euros à l’entreprise au titre des frais de procédure, ainsi qu’aux dépens.A savoir que, l’arrêt ne tranche pas le fond de la question, à savoir si la transaction était réellement indemnitaire, et il reste susceptible d’un pourvoi en cassation.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Cette décision met en lumière une exigence élémentaire de l’État de droit : l’administration ne peut pas déplacer les règles du jeu au gré des arguments qui échouent. Un organisme public dispose de services juridiques, de délais, de la puissance de recouvrement. Un employeur, lui, paie son avocat et attend. L’affaire est bretonne, mais elle vaut pour toutes les PME françaises : la créance change de motif jusqu’à ce qu’une juridiction veuille bien y regarder. La condamnation à 1 500 euros au titre de l’article 700 ne couvre pas huit ans de procédure. Elle dit seulement que l’URSSAF a perdu. Et que le cotisant, lui, a payé.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe dossier n’est pas celui d’un usager innocent face à une erreur de calcul. C’est celui d’une administration qui exige une somme considérable sans mettre l’intéressé en état de la vérifier. Il faut un juge, et deux ans et demi, pour obtenir ce que toute décision administrative devrait fournir d’emblée : un motif.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frTout commence par un contrôle de sa situation. Les enquêteurs découvrent plusieurs anomalies : des séjours répétés hors de France non déclarés, le départ de son fils à l’étranger en juillet 2021 et des sommes reçues de son frère absentes de ses déclarations trimestrielles.
L’homme, qui dispose d’une adresse au Maroc, explique que certains déplacements étaient liés à des impératifs familiaux, notamment au décès de son père. Il affirme n’avoir jamais voulu abandonner sa résidence en France. La décision du 15 décembre 2023 tient pourtant en une ligne de comptabilité : 19 476,39 euros, regroupés sous l’appellation « prestations familiales ». Pas de fondement juridique. Aucun détail suffisant ne permettait d'identifier les prestations visées, leurs montants respectifs, les périodes de récupération ou les fondements juridiques de la créance.
Or, une administration ne peut pas se contenter d'annoncer un montant et d'exiger son paiement. L’obligation de motiver les décisions défavorables n’a rien d’une subtilité de procédure. Elle figure dans le code des relations entre le public et l’administration depuis la loi de 1979. Elle sert à une chose très concrète : permettre à l’administré de vérifier le calcul, de repérer une erreur, de contester à bon escient. Une créance dont on ne connaît ni l’origine ni la période est invérifiable, donc incontestable, sauf à plaider pendant des années. C’est exactement ce qui s’est produit. Dans son jugement du 5 août 2026, le tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision pour insuffisance de motivation.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreL’histoire ne s’arrête pas à cette annulation. Les juges retiennent des omissions déclaratives délibérées : séjours à l’étranger non signalés, changement de résidence du fils. Ils maintiennent l’amende administrative de 3 246 euros prononcée par le département de la Drôme et confirment la récupération de 228,67 euros correspondant à la prime exceptionnelle de fin d'année 2022. La CAF peut reprendre la procédure, cette fois correctement motivée, sous réserve des délais de prescription. Autrement dit : la forme a été sanctionnée, pas la dette. L’allocataire n’est pas blanchi ; il a seulement obtenu le droit de savoir ce qu’on lui réclame.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
La somme en jeu, près de 20 000 euros, n'a rien d'anodin pour un ménage. Pourtant, il aura fallu une procédure devant la juridiction administrative pour rappeler à la caisse qu'une créance ne se justifie pas par la seule autorité de celui qui l'émet. La décision judiciaire ne tranche pas définitivement le fond de l'ensemble de la dette : elle impose à la CAF de faire correctement son travail si elle entend poursuivre le recouvrement. Le tribunal de Grenoble rappelle une règle élémentaire : une créance opposée sans motif vérifiable n’est pas une décision administrative, c’est une somme réclamée. Cette leçon vaut pour toutes les caisses, dans tous les départements.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe prévenu libéré mardi n'a pas été jugé innocent. Il n'a pas été jugé du tout. Le président de chambre a constaté que le délai entre la fin de sa garde à vue et sa comparution dépassait vingt heures, que l'homme était donc retenu sans titre, et qu'aucun tribunal ne pouvait le juger dans ces conditions. Dans une autre salle, des avocats n'avaient toujours pas pu parler à leurs clients, enfermés dans les geôles du palais, pendant que les magistrats attendaient, faute de dossier prêt. Ailleurs, un réquisitoire a été écourté pour ne pas laisser expirer le délai du dossier suivant.
C'est la Justice française à l'heure de pointe. Et l'heure de pointe a duré un week-end.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frOn parle des émeutes en chiffres d'interpellations. Le ministère de l'Intérieur en annonce près de 2 400 pour la seule journée du 17. Le chiffre impressionne, et il trompe : une interpellation ne coûte presque rien. C'est ce qui vient ensuite qui coûte.
Chaque personne interpellée appelle un officier de police judiciaire pour la garde à vue, quarante-huit heures au plus. Puis un substitut du procureur pour décider de l'orientation. Puis une place au dépôt, vingt heures au plus. Puis un avocat, qu'il faut trouver, déplacer, laisser lire le dossier. Puis un greffier, sans qui aucune audience n'existe. Puis une escorte, une salle, un interprète le cas échéant, et trois magistrats si l'audience est collégiale. Et si le tribunal ne peut pas siéger le jour même, un juge des libertés qui place le prévenu en détention, à charge de le faire comparaître au plus tard le troisième jour ouvrable. Sinon, il sort.
Six métiers au moins, chacun avec son délai, chacun déjà au maximum un mardi ordinaire. La France compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre 17,6 en médiane européenne. Pour les procureurs, le rapport tombe à 3 contre 11,2. Il n'existe pas de réserve opérationnelle de greffiers qu'on rappellerait un samedi soir.
On m'opposera que la machine a déjà encaissé pire. Après la mort de Nahel, entre le 27 juin et le 13 juillet 2023, la Justice a rendu 1 278 jugements, avec 95 % de condamnations, 742 peines de prison ferme et près de 600 incarcérations. Le garde des Sceaux de l'époque avait présenté ces chiffres comme la preuve que l'institution répondait.
Elle avait répondu, en effet, mais sur seize jours et non sur trois. Pendant que les chambres de comparution immédiate tournaient, j'imagine que les autres audiences attendaient, sans que personne en tienne le compte. Et cela se passait avec des maisons d'arrêt dont l'occupation, selon les organisations de magistrats elles-mêmes, frôlait alors 145 %.
Trois ans plus tard, les prisons françaises comptent 90 020 détenus au 1er septembre, un record. En février, l'occupation moyenne atteignait déjà 137 %. Les prévenus vont en maison d'arrêt, là où la surpopulation est la plus forte. Chaque mandat de dépôt prononcé après le 17 octobre, c'est un matelas au sol de plus.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe projet de loi de finances porte la mission Justice à 11 milliards d'euros. Il crée 287 postes de magistrats, 334 postes de greffiers et 326 places de prison nettes pour toute l'année 2027.
Posons ces chiffres à côté de ceux des émeutes. Près de 600 incarcérations en 2023, c'est près de deux années de places nouvelles au rythme de 2027, consommées en seize jours. Les 287 magistrats seront répartis sur tout le territoire et sur toutes les matières, du divorce au contentieux de l'Urssaf, et ils ne seront pas en poste avant d'avoir été formés.
À Paris, sur une trentaine de condamnations analysées par Europe 1, huit seulement sont des peines de prison ferme. On peut y voir de la mollesse. J'y vois surtout, peut-être, des juges qui savent combien il reste de places en maison d'arrêt.
Faut dire que la tentation de la loi d'exception viendra vite. On parlera d'insurrection, d'état d'urgence, d'allonger les gardes à vue. Aucun de ces textes ne fournit un greffier. L'état d'urgence donne des couvre-feux, pas des salles d'audience. Et même une dérogation à la Convention européenne des droits de l'homme, comme celle que la France a notifiée en novembre 2015, ne permet pas de toucher à l'interdiction des traitements dégradants : la France a déjà été condamnée par la Cour de Strasbourg en janvier 2020, dans l'arrêt J.M.B. c. France, pour l'état de ses prisons.
Le lecteur qui réclame, comme le garde des Sceaux de 2023, une réponse « ferme, rapide, systématique » réclame donc, sans le dire, des milliers de magistrats, de greffiers et de places de prison. Il les réclame à un État endetté à 119 % du PIB, au moment même où l'Assemblée supprime de son budget la seule ligne qui fixait le déficit.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Au prochain épisode, il y aura plus d'interpellations que de places au dépôt, et plus de dossiers que de greffiers pour les audiencer. Le premier prévenu libéré faute de délai fera la une. Le dixième ne la fera plus.
Le 20 octobre, à Paris, ce n'est pas un juge laxiste qui a relâché un prévenu du 17 octobre. C'est la vingt et unième heure.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLundi 19 octobre, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a été interrogée sur une proposition américaine. Elle a répondu en une phrase : « Notre position reste inchangée. » Ursula von der Leyen, a-t-elle ajouté, ne lèvera aucune restriction contre la Russie « tant que la guerre ne sera pas complètement terminée ». La phrase est nette. Elle a le mérite de la constance. Elle a aussi un prix, que la porte-parole n'a pas mentionné.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa proposition vient de Steve Witkoff et de Jared Kushner, les deux envoyés spéciaux que Donald Trump a chargés de négocier la fin de la guerre en Ukraine. Selon le New York Times du 17 octobre, repris par Meduza, ils ont soumis aux Européens deux idées liées : que l'Union recommence à acheter du gaz russe en quantité, et que l'Ukraine rouvre le transit par ses gazoducs, fermé depuis 2025. Kiev y retrouverait environ un milliard de dollars de droits de passage par an. Moscou y trouverait une raison de cesser le feu. Et les gouvernements européens, observent les deux émissaires, y gagneraient des électeurs moins exaspérés par leurs factures.
Ce n'est pas un geste isolé. Le 16 octobre, Donald Trump a suspendu une série de sanctions énergétiques contre la Russie quelques jours avant leur entrée en vigueur. Le Trésor américain avait déjà autorisé jusqu'en avril 2027 la vente de gazole russe. Washington a changé de pied ; il demande à l'Europe de le suivre.
En face, la Commission, qui propose les sanctions que les États votent, tient la ligne fixée au début de la guerre. À Berlin, un conseiller du chancelier Merz a répliqué que le gaz russe reste russe, même quand il passe par des
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe statut de ce qui a été voté dépend de ce vote. Si la première partie est adoptée, les amendements votés en séance sont transmis au Sénat. Si elle est rejetée, le Sénat examine le texte du gouvernement et les amendements adoptés par l'Assemblée tombent. En cas de recours à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, le gouvernement choisit les amendements qu'il retient.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frBarème de l'impôt sur le revenu. L'article 2 indexe le barème et la grille du prélèvement à la source sur l'inflation, soit 2,1 %. Il a été adopté le 15 octobre par 96 voix contre 0. Selon le gouvernement, la mesure évite une hausse d'impôt d'environ 4 milliards d'euros pour près de 20 millions de foyers, d'après Légifiscal.
Indemnités journalières. Le texte initial imposait à 50 % les indemnités journalières versées au titre d'une affection de longue durée et mettait fin à l'exonération partielle de celles versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Un amendement adopté par 109 voix contre 37, déposé notamment par les groupes socialiste, écologiste et GDR, a supprimé ces deux dispositions.
Indemnités de rupture. Le texte initial plafonnait leur exonération d'impôt sur le revenu au plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 euros en 2026. Des amendements des groupes Droite républicaine et EPR, adoptés en séance selon Légifiscal, excluent de ce plafond les indemnités de licenciement. Un autre amendement réserve le nouveau régime aux indemnités versées à compter du 1er janvier 2027.
Abattement de 10 % sur les pensions. L'article 3 abaissait de 4 439 à 3 000
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frMercredi, la direction de SOS Santé a réuni le personnel et les élus pour leur annoncer que la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin cesserait de faire naître des enfants avant le 31 décembre. Elle deviendra un « centre périnatal de proximité ». Le motif est sobre : impossible de constituer une équipe médicale stable. Le seul médecin titulaire s’en va et ne sera pas remplacé. L’Agence régionale de santé confirme les difficultés persistantes de recrutement, le départ annoncé du seul gynécologue-obstétricien titulaire et les échanges avec l’établissement et les élus pour organiser la continuité des soins.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe motif avancé par la direction tient en une phrase : impossible de constituer une équipe médicale. Le seul médecin titulaire doit partir et aucun remplaçant n’a été trouvé. Sans personnel médical suffisant pour garantir la sécurité des accouchements, la poursuite de l’activité n’est plus envisageable dans les conditions actuelles.
Les chiffres racontent aussi le déclassement progressif de cette maternité. Elle réalisait plus de 600 accouchements en 2019, contre environ 300 aujourd’hui. La baisse de fréquentation fragilise son activité, mais le départ du dernier médecin titulaire transforme cette fragilité en fermeture annoncée. Une vingtaine de postes sur 34 sont désormais menacés, parmi les sages-femmes, les auxiliaires de puériculture et les aides-soignantes. Par ailleurs, les IVG (interruptions volontaires de grossesse) médicamenteuses resteront possibles, rapporte la direction.
Comment un établissement peut-il perdre progressivement sa capacité d’accueillir les naissances sans qu’une solution pérenne soit trouvée pour maintenir une offre de proximité ? La fermeture apparaît comme l’aboutissement d’une pénurie, alors que ses conséquences humaines, professionnelles et territoriales sont, elles, parfaitement prévisibles.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibrePour les habitantes du nord de la Meurthe-et-Moselle, la carte se réduit à trois maternités dans le secteur : Thionville à 45 minutes en voiture, Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, et Arlon, en Belgique, toutes deux à 30 minutes. Autrement dit, la maternité étrangère est plus proche que celle de son propre pays. Un État qui ne peut plus garantir qu’un enfant naisse sur son sol à moins de trois quarts d’heure de route de ses parents devrait s’interroger sur ce qu’il appelle encore sa souveraineté. Le Luxembourg et la Belgique, eux, recueilleront ces naissances sans que Paris ait eu à y consentir, ni même à en discuter.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Cette fermeture pose enfin une question de responsabilité publique. Le groupe gestionnaire doit assurer la sécurité des soins ; les autorités sanitaires ont un rôle dans l’organisation territoriale de l’offre ; les pouvoirs publics doivent, eux, répondre des conséquences de leurs choix et de leurs arbitrages. Pourtant, pour les habitants, le résultat risque d’être le même que celui d’une décision politique explicite : un service disparaît, des emplois sont menacés et les familles doivent s’adapter.
Ce que révèle ce dossier, c’est la manière dont se replie aujourd’hui le service public : par attrition, par non-renouvellement, par constat de pénurie, jamais par une décision dont quelqu’un devrait rendre compte devant les électeurs. Quand plus personne ne décide, plus personne n’a rien à justifier. Et ce sont les mères du bassin de Longwy qui paient la facture.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLa loi « séparatisme » de 2021 n’a pas interdit l’école à la maison. La réforme de l’instruction en famille (IEF) a-t-elle sacrifié une liberté séculaire sans atteindre ses objectifs ? C’est la conclusion du rapport publié le 7 octobre par les députés Josiane Corneloup (LR) et Vincent Trébuchet (UDR). Ils demandent l’abandon du régime instauré par la loi du 24 août 2021, dite « loi séparatisme »
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe rapport d’information n° 3276 de l’Assemblée nationale, présenté par Josiane Corneloup, députée de la Droite républicaine, et Vincent Trébuchet, député UDR, met en évidence une chute spectaculaire. En 2021-2022, dernière année sous le régime déclaratif, 72 369 enfants étaient concernés. Ils n’étaient plus que 33 665 en 2024-2025, puis 28 810 autorisations ont été recensées pour 2025-2026. La baisse dépasse donc 60 %. Ces chiffres ne démontrent pas que toutes les familles ayant renoncé l’ont fait sous la contrainte administrative. Ils montrent néanmoins l’ampleur du recul intervenu depuis le changement de régime.
La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a substitué une autorisation préalable à la simple déclaration. Les familles doivent désormais entrer dans les catégories prévues par la loi et justifier leur demande. L’administration ne se contente plus de vérifier que l’instruction est assurée : elle intervient en amont pour décider si les parents peuvent exercer ce choix. Une liberté qui s’exerçait sous réserve des contrôles prévus par la loi devient conditionnée à l’accord préalable du pouvoir administratif.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe rapport relève qu’en 2024-2025, le taux de refus après recours administratif atteignait 24 %. Les décisions ne sont pas uniformes sur le territoire. Plus troublant encore, 37 % des refus sont motivés par la « situation propre à l’enfant », une catégorie qui laisse une place importante à l’appréciation des dossiers.
Entre l’été 2022 et la fin de l’année scolaire 2022-2023, 283 ordonnances de référé ont été rendues dans des contentieux liés à ces décisions. Dans 75 % des cas, les juges ont donné raison à l’administration. Ce résultat ne signifie pas que chaque refus était justifié sur le fond, mais il illustre les difficultés rencontrées par les familles qui cherchent à contester rapidement une décision.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Les deux députés formulent 21 préconisations, dont le retour à un régime déclaratif. Leur démarche pose une question essentielle : jusqu’où l’État peut-il soumettre une liberté fondamentale à des critères administratifs dont l’application varie selon les territoires ? C’est la leçon de cette affaire : une liberté peut disparaître sans être abolie, par la seule création d’une procédure qui peut dire non. Reste à savoir si le Parlement acceptera de corriger ce recul des libertés ou s’il préférera maintenir une autorisation préalable dont les effets sont désormais chiffrés.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frL’affaire résume une inquiétante contradiction française : l’État réclame davantage de munitions pour ses armées, mais découvre, au détour d’un arrêté préfectoral, la fragilité de l’un de ses maillons industriels les plus sensibles.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 9 juillet 2026, une inspection des Forges de Tarbes a relevé quatorze équipements sous pression dont la requalification périodique était en retard. L’entreprise a invoqué les difficultés à trouver un prestataire capable d’effectuer les interventions et leur coût. Trois mois plus tard, le 9 octobre, la préfète des Hautes-Pyrénées a signé un arrêté de mise en demeure.
Le calendrier est désormais fixé : l’ensemble des équipements concernés doit être remis en conformité avant le 31 décembre 2026. Ceux qui ne satisferont pas à cette exigence devront être arrêtés. Des sanctions administratives sont également possibles. La préfecture ne fait donc pas qu’adresser un rappel à l’ordre : elle impose une échéance susceptible d'affecter le fonctionnement du site si les opérations nécessaires ne sont pas réalisées à temps.
La sécurité industrielle n’est pas une formalité que l’on peut écarter au nom du réarmement. Les équipements sous pression sont soumis à des contrôles réglementaires précisément parce que leur défaillance peut présenter des risques. Mais, dans une industrie de défense où la continuité de production compte, l’enjeu est aussi de savoir pourquoi une entreprise stratégique en est arrivée à accumuler ces retards, et si elle dispose des moyens financiers et opérationnels pour y remédier.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe 15 octobre, devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, a annoncé avoir saisi la procureure de la République. Il a évoqué « des décisions de gestion récentes de l'entreprise qui ont précipité la dégradation ». Cette déclaration donne à l’affaire une portée qui dépasse les seules obligations de sécurité : l’État s’interroge désormais sur les choix de gestion d’un groupe privé auquel il a confié, de fait, une fonction industrielle stratégique.
Depuis 2021, les Forges de Tarbes appartiennent à Europlasma. Or le site est le seul en France à produire les corps d’obus des canons Caesar. Lorsque l’outil de production vacille, ce n’est pas seulement une entreprise qui est fragilisée, mais un maillon de la chaîne d’approvisionnement des armées françaises. La saisine de la justice ne constitue pas une condamnation et ne permet pas, à elle seule, de conclure à une infraction. Elle révèle néanmoins que les autorités estiment nécessaire d’examiner les décisions prises par la direction.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Le calendrier est particulièrement embarrassant. D’un côté, la préfecture exige la régularisation des équipements avant le 31 décembre, sous peine d’arrêt et de sanctions. De l’autre, le responsable de l’armement signale au parquet une dégradation qu’il relie à des décisions de gestion.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
C’est précisément ce que l’État doit éclaircir. Depuis trois ans, le discours du réarmement promet une remontée en puissance industrielle. Mais annoncer des commandes ne suffit pas : encore faut-il disposer d’usines opérationnelles, d’équipements conformes et d’actionnaires capables d’assurer la continuité de l’activité. Si la sécurité impose l’arrêt d’équipements, la préfecture ne peut fermer les yeux. Si la gestion d’un propriétaire compromet les capacités de production, le ministère de la Défense ne peut se contenter de le constater après coup. Entre impératifs réglementaires et souveraineté militaire, la France doit désormais répondre à une question élémentaire : qui s’assure qu’elle pourra produire les obus dont son réarmement dépend ?
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe Courrier des Stratèges publie depuis le 12 octobre une carte qui place une trentaine de partis et de personnalités sur deux axes. L’axe horizontal mesure le lieu où se prend la décision, de Bruxelles à Paris. L’axe vertical mesure ce que chacun attend de l’État, de la planification (+5) à l’ordre spontané (−5). La journée du 17 octobre et ses suites ont produit, en trois jours, plus de déclarations sur le rôle de l’État que les trois mois précédents. La carte a été recalculée sur cette base. Seul l’axe vertical a bougé.

Les déclarations retenues sont datées du 17 au 20 octobre et rapportées par la presse ou publiées par leurs auteurs. Elles ont été classées en trois catégories.
La première regroupe les mesures d’exception qui suspendent des libertés : état d’urgence, blocage des réseaux sociaux, recours à l’armée pour le maintien de l’ordre, interdiction générale de manifester, internement préventif, report d’une élection. Chacune déplace l’acteur d’un demi-point vers le haut.
La deuxième regroupe des mesures plus limitées : couvre-feu, dissolution d’associations, sanction par les prestations sociales, prix fixé par l’État. Chacune compte pour un quart de point. La troisième regroupe les réserves explicites sur ces mesures au nom des libertés publiques : un quart de point vers le bas.
Le reste est tenu pour neutre. La fermeté pénale, la demande de moyens policiers supplémentaires ou la mise en cause du ministre de l’Intérieur relèvent des fonctions régaliennes de l’État, que personne ne conteste. Un candidat qui réclame des condamnations rapides ne demande pas plus d’État ; il demande que l’État fasse ce qui lui revient. La variation est plafonnée à un point par acteur.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frBruno Retailleau a demandé le 18 octobre la réunion du Conseil des ministres « sans délai » pour déclarer l’état d’urgence, « comme cela a été fait en 2005 » (Les Surligneurs). Il a ensuite proposé de modifier les dates de l’élection présidentielle et la déchéance de nationalité des binationaux auteurs de pillages (Europe 1). Il passe de +4 à +5, la note la plus haute de l’échelle.
Gabriel Attal a proposé sur RTL un blocage des réseaux sociaux « temporaire, ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes » (Public Sénat), puis le recours « temporaire » aux forces armées. Il passe de +2,8 à +3,8. C’est la plus forte progression du bloc central.
À Nice, Éric Ciotti a instauré avec le préfet un couvre-feu pour les mineurs jusqu’au 26 octobre et demandé la dissolution d’associations ainsi que la suspension des aides des parents des auteurs (Nice Premium). L’UDR passe de +2,6 à +3,6. Les Républicains, dont le secrétaire général a réclamé l’état d’urgence, passent de +3 à +3,5.
Les autres déplacements sont plus modestes. Emmanuel Macron, qui a annoncé que les préfets pourraient « aller jusqu’à interdire » certains rassemblements tout en écartant l’état d’urgence (Élysée), gagne un quart de point. Jordan Bardella aussi, pour la suspension des allocations familiales des familles de récidivistes. Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France gagnent un quart de point pour une baisse administrée de 50 % du prix de l’électricité.
David Lisnard occupait jusqu’ici, à −2, la position la plus basse de la droite. Sur TF1, il a déclaré que « l’État est devenu une fiction » et que « moins l’État est capable de punir ceux qui cassent, plus il entrave nos libertés » (21 News). Dans la même intervention, il a demandé l’interdiction des manifestations prévues les 24 et 31 octobre, jugé l’état d’urgence utile pour les perquisitions administratives, et refusé un couvre-feu à Cannes faute de besoin constaté. Le solde le fait passer de −2 à −1,5. Avec Sarah Knafo, il reste l’un des deux seuls acteurs de droite sous la ligne médiane. Ses propos ne sont rapportés que par des sources secondaires.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreÀ gauche, Fabien Roussel a qualifié les couvre-feux d’« aveu d’échec », Marine Tondelier a jugé qu’ils frappent des habitants « qui n’ont participé à aucune violence », Olivier Faure a demandé une « désescalade » (BFMTV via Yahoo ; LCP). Le PCF, le PS, les Écologistes et Marine Tondelier perdent chacun un quart de point. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon ne bougent pas : leur refus de l’état d’urgence et des couvre-feux est compensé par la demande d’un blocage des prix.
Plusieurs acteurs ont tenu des propos d’une grande fermeté sans proposer de mesure d’exception. Sarah Knafo réclame que les casseurs soient « enfermés » et les étrangers « expulsés » ; Raphaël Glucksmann demande d’agir « de manière extrêmement ferme » ; François Hollande et Édouard Philippe mettent en cause les moyens et le renseignement. Selon la règle retenue, ces positions relèvent du régalien et ne modifient pas les notes. Marine Le Pen et le Rassemblement national n’ont pris position, dans les sources consultées, ni sur l’état d’urgence ni sur les couvre-feux. Aucune déclaration datée n’a été trouvée pour Dominique de Villepin, François Bayrou, François Ruffin, François Asselineau ou Florian Philippot.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !La règle est un choix éditorial. Une autre pondération donnerait d’autres chiffres, et les déclarations d’une semaine de crise ne disent pas tout d’un programme. Plusieurs sources n’ont pu être lues qu’indirectement : franceinfo, France 24 et les réseaux sociaux bloquent la consultation automatique. Le déplacement de Marion Maréchal, de +1,5 à +2, repose sur une source unique et reste à confirmer. Les propos à caractère identitaire tenus pendant la période n’entrent pas dans le calcul, qui ne mesure que le rôle attribué à l’État.
La carte recalculée est disponible avec le tableau complet des justifications. Elle sera de nouveau mise à jour après la journée du 24 octobre.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frMa thèse : pour un cadre qui envisage de partir, la seule décision qui compte cette année est le mode de rupture, et elle doit être signée au plus tard le 16 novembre. Le reste est de l’habillage.
Hypothèses, que chacun adaptera : cadre célibataire, 100 000 euros bruts par an, 15 ans d’ancienneté, indemnité légale de licenciement de 34 700 euros (un quart de mois par année jusqu’à dix ans, un tiers au-delà), revenu net imposable hors indemnité d’environ 70 000 euros, indemnité totale négociée de 150 000 euros. Cotisations calculées à environ 11 % côté salarié et 42 % côté employeur sur la part assujettie, taux usuels au-dessus du plafond pour un cadre. Barème de l’impôt 2026.
Aujourd’hui. L’exonération d’impôt couvre le plus élevé de trois montants : l’indemnité légale, deux fois le salaire annuel (200 000 euros), la moitié de l’indemnité. Les 150 000 euros sont donc entièrement exonérés d’impôt. Les cotisations ne s’appliquent qu’au-delà de deux PASS, soit sur 53 880 euros : environ 6 100 euros pour le salarié. La CSG-CRDS (9,7 %) frappe tout ce qui dépasse l’indemnité légale, soit 115 300 euros : 11 200 euros. Net : environ 132 700 euros.
En 2027, texte du gouvernement. Tout ce qui dépasse 48 060 euros, soit 101 940 euros, devient imposable et soumis aux cotisations comme à la CSG-CRDS. La CSG baisse légèrement (9 900 euros), les cotisations salariales doublent presque (11 500 euros), et l’impôt sur le revenu apparaît : environ 32 700 euros, ramenés à 28 200 euros avec le système du quotient. Net : entre 100 400 et 104 900 euros.
En 2027, texte voté en séance. Les députés ont adopté deux amendements (I-1300 et I-1591, LégiFiscal) qui sortent les indemnités de licenciement du plafond fiscal. Si cette version survit au Sénat, un licenciement resterait exonéré d’impôt, et seul le volet social durcirait. Net : environ 128 600 euros, soit 4 100 euros de moins qu’en 2026. La rupture conventionnelle, elle, resterait plafonnée : environ 100 400 euros nets.
Côté employeur, la rupture conventionnelle porte en plus une contribution patronale de 40 %. Elle représente aujourd’hui 38 400 euros sur notre cas, et environ 19 200 euros en 2027, parce que son assiette serait réduite à un PASS. Les cotisations patronales passeraient d’environ 22 600 à 42 800 euros. Le coût total d’une rupture conventionnelle pour l’employeur reste donc à peu près stable entre 2026 et 2027, autour de 61 000 à 62 000 euros au-delà de l’indemnité. Un licenciement lui coûterait 38 000 euros de moins en 2026, et 19 000 de moins en 2027.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe bilan de la journée du 17 octobre est connu : près de 2 400 interpellations selon le ministère de l’Intérieur, l’hôtel de ville de Limoges en partie détruit, des pillages dans plusieurs grandes villes (AP). Le 19 octobre, le président de la République a reconnu des défaillances dans l’anticipation et le renseignement, et refusé la démission de Laurent Nuñez (Boursorama/AFP). Le gouvernement met en cause des groupes organisés de casseurs et de militants d’ultragauche ; une partie de l’opposition et des élus locaux mettent en cause l’organisation du maintien de l’ordre. La grille de Molinari conduit à une troisième lecture.
Gustave de Molinari (1819-1912) est un économiste né à Liège, établi à Paris à partir des années 1840. Il appartient à l’école libérale française. Il a dirigé le Journal des économistes de 1881 à 1909. Le terme de libertarien n’existait pas de son vivant ; il lui est appliqué rétrospectivement, notamment par des auteurs américains du XXᵉ siècle qui le tiennent pour un précurseur. Son texte le plus discuté, De la production de la sécurité, paraît dans le Journal des économistes en février 1849. Il en reprend l’argument la même année dans la onzième des Soirées de la rue Saint-Lazare.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa thèse est la suivante. La sécurité des personnes et des biens est un service, que des producteurs fournissent à des consommateurs. Comme tout service, elle est mieux produite et moins chère lorsque les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur. Lorsqu’un producteur unique en détient le monopole, le service tend à devenir plus coûteux et de moindre qualité, et le producteur tend à servir ses propres intérêts avant ceux des consommateurs. Molinari en déduit que la production de sécurité devrait être ouverte à la concurrence. Cette conclusion n’a été reprise par aucun État et reste contestée, y compris parmi les économistes libéraux.
Appliquée aux événements du 17 octobre, cette grille conduit à quatre observations.
La première porte sur la sanction de l’échec. Le président de la République reconnaît une défaillance et maintient le ministre en fonctions. Dans la lecture de Molinari, l’absence de conséquence pour le producteur découle de l’absence d’alternative pour le consommateur : une commune ou un commerçant ne peut pas changer de fournisseur de sécurité publique. L’Élysée justifie au contraire le maintien de Laurent Nuñez par la nécessité de maintenir la continuité du commandement des forces de l’ordre dans le contexte actuel, et lui demande la transparence complète sur les défaillances constatées.
La deuxième porte sur le coût. Les commerçants touchés financent la sécurité publique par l’impôt. Ils supportent en outre les franchises d’assurance, les pertes
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frFaute de pouvoir compter sur la seule présence humaine pour faire respecter la propreté, la municipalité de Roanne envisage de recourir à la génétique pour identifier les propriétaires de chiens laissant leurs déjections sur la voie publique. Le dispositif, inspiré de Béziers, arrive quand les services publics de proximité se raréfient.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frPrélever l’ADN des chiens, constituer une base de référence, puis analyser les déjections abandonnées sur la voie publique pour tenter d’identifier l’animal et, par conséquent, son propriétaire. Une fois la correspondance établie, une sanction pourrait être prononcée.
L’idée n’est pas nouvelle, la municipalité s’inspire de l’expérience menée à Béziers, tandis que d’autres collectivités cherchent également à sanctionner les propriétaires négligents. À Flesselles, dans la Somme, un arrêté prévoit une amende de 135 euros pour les déjections canines non ramassées. Ce montant concerne Flesselles, et non Roanne, où ni le coût du dispositif ni celui de la sanction envisagée n’ont été publiquement chiffrés dans les informations disponibles.
Reste une série de questions pratiques : combien coûteront les prélèvements, les analyses en laboratoire, la constitution du fichier et son actualisation ? Comment seront établies les correspondances génétiques et contestés les résultats litigieux ? L’efficacité du dispositif dépendra autant de sa fiabilité que de son coût pour les contribuables.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa propreté des rues relève d’abord de règles élémentaires, de contrôles de proximité et d’une présence humaine capable de prévenir les incivilités. Avec le traçage génétique, la commune envisage une chaîne technique plus complexe, mobilisant données biologiques, prestataires spécialisés et procédures de verbalisation.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Le risque est celui d’une fuite en avant bureaucratique : à chaque incivilité, son fichier, son analyse et son dispositif de sanction. Avant de transformer les chiens en suspects génétiques, la mairie devra démontrer que cette technologie est juridiquement encadrée, proportionnée et économiquement justifiée.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Cette gestion à distance séduit les édiles parce qu’elle est visible, sanctionnable et rentable en communication. Elle laisse surtout entière la question que personne ne pose à Roanne : combien cela coûtera-t-il, et à qui profitera le marché ?
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frHuit jours. C’était, en 1800, le temps qu’il fallait à un député de la Haute-Garonne pour rentrer chez lui. En 1870, le train avait ramené le voyage à vingt heures. Dans ces conditions, demander à un élu de consulter ses électeurs avant chaque vote relevait de la plaisanterie, et la démocratie représentative n’était pas une confiscation : c’était une contrainte de transport, habillée en principe.
Le transport a changé. Le principe est resté. Un sondage sur Telegram réunit des dizaines de milliers de réponses dans la matinée ; une banque authentifie un virement en deux secondes ; la métropole se traverse en moins de deux heures d’avion. Et nous continuons de remettre, tous les cinq ans, la totalité de notre part de souveraineté à un homme ou à une femme que nous n’avons souvent pas choisi, mais seulement préféré à pire.
Ce journal défend depuis des années une autre organisation : la démocratie liquide. J’en ai posé les premiers jalons dans Faut-il quitter la France ? en 2012, je l’ai reprise ici même en juin 2022, et j’en ai tenté une théorie d’ensemble dans le deuxième chapitre du Traité pour le monde d’après. On me demande souvent, à raison, de dire concrètement ce que le mot recouvre. Voici.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frCommençons par ce qui ne marche plus, et par le chiffre qui le résume le mieux. En 1980, le recueil annuel des lois publié par l’Assemblée nationale comptait 632 pages. En 2004, il en comptait 2 556 — quatre fois plus, selon le décompte que la revue Pouvoirs publiait en 2005. Ces pages sont votées par quelques centaines de personnes, absorbées par leur carrière, qui doivent avoir un avis éclairé le lundi sur la fiscalité des holdings, le mardi sur la programmation militaire et le jeudi sur le remboursement des prothèses dentaires.
Personne ne peut tenir ce rythme, et personne ne le tient. Dans le même temps, l’élévation générale du niveau de formation a créé, dans le pays, des réserves de compétence qui dépassent de très loin celles du Parlement. Sur l’énergie, la finance ou la santé, des milliers d’ingénieurs, de praticiens et de cadres connaissent mieux le dossier que le rapporteur. La représentation les écarte par construction : elle opère une soustraction de l’intelligence là où une société instruite pourrait la multiplier.
Faut dire que les partis ont fait le reste. Le multipartisme devait garantir la pluralité des opinions ; il fonctionne, en pratique, comme un filtre qui élimine les profils les moins contrôlables et produit, à chaque scrutin, le plus petit dénominateur commun. Le second tour de 2022 l’a montré jusqu’à la caricature : moins de 19 millions de voix pour le vainqueur sur près de 49 millions d’inscrits, et un nombre considérable d’électeurs venus voter contre quelqu’un plutôt que pour quelqu’un. Avec moins de 40 % des inscrits, on obtient pourtant les pleins pouvoirs pour cinq ans.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLa réponse spontanée à ce constat est connue : rendre la parole au peuple, voter sur tout, tout le temps. C’est la voie la plus dangereuse, et je veux le dire avant de proposer quoi que ce soit.
Le Comité de salut public ne procédait pas du peuple directement, mais il obéissait à une conviction que la démocratie directe partage : la loi peut tout. Les soviets prétendaient, eux, exprimer la volonté populaire sans intermédiaire, et décidaient de tout au mépris de l’ordre traditionnel de la société russe. Leur échec n’a pas attendu Staline : il était inscrit dans l’idée même d’une assemblée sans bornes. Une majorité qui vote sur tout finit par voter contre quelqu’un, et elle le fait avec une bonne conscience qu’aucune caste n’a jamais eue — car la caste, au moins, sait qu’elle est minoritaire, et ses lois sont contestées comme telles.
Le vrai problème n’est donc pas qui fait la loi. C’est ce que la loi a le droit de décider. Toute réforme démocratique qui ne commence pas par borner le champ de la loi prépare une tyrannie plus efficace que la précédente, parce qu’elle sera plus légitime.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !L’ordre compte. Les deux premiers piliers limitent le pouvoir ; les trois suivants l’organisent. Les inverser, c’est retomber dans le piège précédent.
Une charte des droits naturels, que nulle loi ne peut toucher. Liberté de penser, de croire, de s’exprimer, d’aller et venir, inviolabilité de la personne : rien de neuf depuis l’habeas corpus, mais tout est à réaffirmer contre des menaces que 1789 ne pouvait pas imaginer. Le consentement libre et éclairé aux soins, qui a si peu pesé pendant la crise sanitaire. La protection contre toute discrimination fondée sur l’appréciation politique du comportement — ce que la Chine appelle crédit social et que nous avons commencé de pratiquer sans le nommer. Et la vie privée, à défendre contre l’attelage de la reconnaissance faciale, de l’identité numérique et d’une monnaie numérique capable de tracer chaque dépense. Cette charte pourrait être, tout simplement, le premier amendement à la Déclaration de 1789.
La subsidiarité stricte de la loi. La collectivité ne légifère que si les personnes, les familles, les entreprises, les branches, les communes ne peuvent pas régler le problème elles-mêmes. Le droit pénal et le droit fiscal relèvent naturellement de la loi. Le droit du travail, en revanche, est confié aux négociations collectives dans la plupart des pays voisins et reste chez nous une prérogative d’État ; les programmes scolaires, la politique culturelle ou l’assurance-chômage n’ont rien à faire dans un hémicycle. L’État garde la police, la justice, l’impôt et la défense, et il les tient mieux qu’aujourd’hui ; il quitte la salle de classe, la scène de théâtre et la caisse de chômage.
Le référendum d’initiative citoyenne, à sa juste place. Il existe en Suisse sous la forme de la votation, et il est devenu, depuis les gilets jaunes, une sorte de Graal. Je le défends, mais je ne le sacralise pas. En France, le seul outil approchant, le référendum d’initiative partagée, n’a jamais abouti : la tentative sur Aéroports de Paris a réuni environ un million de soutiens quand il en fallait près de cinq. Mais un RIC sans charte des droits pourrait aussi bien mettre aux voix une obligation vaccinale ou une confiscation de la propriété privée. Et un RIC sans garde-fou devient le jouet des « réunionites » : les thèmes sont imposés par ceux qui ont le temps de se réunir, c’est-à-dire rarement l’artisan, la mère de trois enfants ou le chef d’entreprise.
Le mandat transitif. C’est le cœur technique du dispositif, et c’est aussi le point où je tiens le moins à avoir raison seul. Le constat, lui, ne se discute guère : notre système confond deux opérations, préparer la loi et l’adopter. Préparer un texte fiscal ou un code des marchés exige un savoir que personne ne possède sur tous les sujets à la fois ; l’adopter relève du corps électoral tout entier. La manière de séparer les deux opérations, en revanche, reste ouverte, et je vois au moins trois pistes, qu’il faudra comparer, combiner peut-être, et éprouver à petite échelle avant d’en retenir une.
La première, que j’ai développée dans le Traité, est un bicamérisme d’un genre nouveau. Une chambre généraliste, resserrée, élue sur une base partisane. Et une chambre spécialisée aux sièges stables, mais dont les occupants changent à chaque texte : des citoyens élus pour un seul projet de loi, sur leur compétence, avec un mandat impératif, et qui rentrent chez eux une fois le texte rédigé. Comme pour les jurés d’assises, une liste annuelle recenserait les volontaires par domaine ; le Conseil économique, social et environnemental pourrait fournir la charpente de cette chambre, à condition de cesser d’être une maison de retraite pour syndicalistes. Le texte préparé serait ensuite soumis à tous. Sa faiblesse est connue : un expert élu pour un texte peut se révéler le lobbyiste de sa propre branche.
La deuxième piste déplace la souplesse vers le vote lui-même. Chacun vote lui-même, ou prête sa voix à qui il veut — un voisin, un médecin, un ingénieur qu’il estime —, sujet par sujet, et la reprend d’un geste le lendemain. Une délégation qui se retire à vue cesse d’être un dépôt à fonds perdus et redevient un prêt. Son risque à elle est la concentration : quelques influenceurs pourraient rassembler des millions de voix déléguées par paresse. Une concentration révocable chaque matin n’a certes ni la durée ni la sécurité d’un siège de député, et c’est la durée qui nourrit la cooptation ; mais je ne prétends pas que l’argument suffise à clore la question.
La troisième confierait la préparation des textes à des jurys tirés au sort, sur le modèle des conventions citoyennes, à condition qu’elles ne soient plus pilotées par ceux qui en fixent la question et en choisissent les experts. Elle donne à chacun la même chance d’être désigné ; elle bute sur la technicité d’un texte fiscal, que le juré tiré au sort découvre le premier matin.
Les trois pistes partagent un même danger, le fichier : un vote en ligne, mal conçu, produit la base de données politique dont rêve tout pouvoir. Quelle que soit la formule retenue, la charte des droits doit précéder le logiciel, et le secret du vote primer sur sa commodité.
La fin du scrutin majoritaire. Une législative se joue régulièrement à moins de cent voix, et le perdant à 49,9 % se retrouve sans aucune part au pouvoir. Le vote unique transférable pratiqué en Irlande, où l’électeur classe les candidats par ordre de préférence, écarte mécaniquement les candidats les plus clivants. Le panachage en est une variante que nos petites communes connaissaient bien. Rien n’interdit de combiner les modes de scrutin selon les assemblées — proportionnelle départementale ici, vote préférentiel là. Ce qui doit disparaître, c’est le duel binaire qui oblige à choisir entre deux personnes que l’on n’a pas désignées.
Reste la question qui passionne ce pays d’essence bonapartiste : comment choisir le chef de l’État. À partir de 1268, et pendant plus de cinq siècles, Venise désigna ses doges par une cascade de tirages au sort et d’élections, onze étapes au bout desquelles quarante et un électeurs choisissaient le doge. L’intuition vénitienne est la bonne, et elle renverse nos idées reçues : le tirage au sort ne sert pas à désigner le gouvernant, il sert à désigner ceux qui le désigneront.
Transposons. Deux ou trois tirages successifs constituent un collège de mille électeurs. Ces mille citoyens soumettent chaque candidat à un grand oral public, retransmis en direct, avec des questions obligatoires sur la trajectoire des finances publiques et des libertés. Le scrutin final, préférentiel, désigne celui qui déplaît le moins plutôt que celui qui divise le mieux. L’effet le plus immédiat serait financier : une campagne présidentielle coûte aujourd’hui d’un demi-million d’euros pour les plus modestes à près de vingt millions pour les plus lourdes, et aucun vainqueur n’a dépensé moins de dix millions. Convaincre mille personnes réunies coûte infiniment moins cher que d’occuper l’écran de quarante-neuf millions d’inscrits, et oblige le candidat à répondre aux questions plutôt qu’à les contourner.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Faut-il, au-delà de la charte, une constitution ? Moins qu’on ne croit. L’épaisseur d’un texte constitutionnel mesure presque toujours l’ambition d’encadrement de l’État qui l’a écrit. Le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne compte 358 articles, et seule une administration abondante est capable de le faire fonctionner. Un régime proche de l’ordre spontané se contente de la charte des droits et de quelques règles de procédure : dissolution, veto, révocation, amendement, articulation des deux chambres.
On m’objectera que tout cela est une utopie de plus. Je me demande plutôt si l’utopie n’est pas de croire que le régime actuel durera. La démocratie liquide n’exige aucun grand soir : elle s’expérimente dans une association, une copropriété, une commune, une fédération professionnelle, avant d’être portée à l’échelle d’un pays. Les logiciels existent ; LiquidFeedback a été utilisé par des partis européens dès 2010.
Aucun professionnel de la représentation ne défendra un dispositif qui le rend inutile, et il ne faut pas attendre de candidat qu’il le porte. Il faut aussi admettre ce que ce régime nous coûterait à nous : lire les textes, choisir sérieusement ceux qui les préparent ou ceux à qui l’on confie sa voix, et se déjuger quand on s’est trompé. Le bulletin quinquennal a ce confort qu’il nous dispense de tout cela pendant cinq ans. Nous l’avons préféré, élection après élection, et c’est bien nous qui l’avons glissé dans l’urne.
Le dernier référendum national date du 29 mai 2005. Ses résultats ont été contournés trois ans plus tard par le traité de Lisbonne. Un électeur qui avait dix-huit ans ce jour-là en a trente-neuf aujourd’hui, et n’a jamais été consulté sur autre chose que sur des noms.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frComment des associations chargées d’une mission sociale ont-elles pu fonctionner avec de telles anomalies sans que les contrôles ne les empêchent ? Le rapport définitif des magistrats financiers, publié le 2 octobre 2026, documente les défaillances de gestion. L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nîmes suit son cours.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frDans son rapport d’observations définitives référencé OCR2026-46 publié le 2 octobre, la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie a examiné trois associations du réseau Soliha, spécialisées notamment dans l’accompagnement au logement des ménages modestes. Entre 2020 et 2024, leurs financements provenaient de fonds publics à hauteur, respectivement, de 76 %, 58 % et 52 %. Autrement dit, leur fonctionnement dépendait largement de l’argent des contribuables, versé par l’État et les collectivités.
C’est dans ce contexte que les magistrats ont recensé, sur la seule carte bancaire de Soliha Méditerranée, 1 655 dépenses totalisant 158 217 euros. Le relevé comprend 49 089 euros de restaurants, 18 576 euros d’ameublement et 17 007 euros de bricolage. En 2024, 400 repas ont été pris en charge pour 227 jours ouvrés. L’association a également réglé dix-huit amendes routières, pour un montant de 1 595 euros. À Toulouse, une facture de 406 euros pour un hôtel-spa a été associée à une « journée commerciale » à laquelle personne n’a participé.
Le détail le plus saisissant tient en une facture de 197 euros : enregistrée comme du « petit mobilier pour le dispositif Ukraine », elle provenait en réalité d’un coiffeur. À cela s’ajoutent cinq chèques totalisant 10 880 euros à l’ordre du directeur, sans service fait selon les constats rapportés. Pris isolément, chaque montant appelle une vérification ; réunis, ces éléments posent une question autrement plus sérieuse sur la discipline comptable et le contrôle des dépenses.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe plus révoltant est peut-être ailleurs que dans les tickets de caisse. Fin 2025, les dettes envers les propriétaires bailleurs approchaient 900 000 euros pour les deux associations depuis placées en liquidation judiciaire en juillet 2026. Selon l’enquête de Mediacités publiée le 12 octobre, des locataires avaient pourtant payé leurs loyers sans que les sommes correspondantes soient reversées aux bailleurs. D’autres attendaient des allocations logement ou des aides promises. Les défaillances de gestion ont ainsi frappé les deux extrémités de la chaîne : les ménages fragiles et les propriétaires qui leur louaient un toit. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire sur l’emploi des fonds ; aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce stade.
Comment des structures financées majoritairement par des fonds publics ont-elles pu accumuler de telles défaillances sans intervention suffisamment précoce pour protéger leurs bénéficiaires et leurs créanciers ? Le dossier a fini par s’inviter dans l’arène politique, le 15 octobre, au conseil de Toulouse Métropole. Le député LFI François Piquemal a interpellé le maire, Jean-Luc Moudenc, sur cette « dilapidation de l’argent public », citant la dette de 4,7 millions d’euros de Soliha Méditerranée et l’« écosystème » mis en place autour du directeur. La réponse du maire, rapportée par Mediacités, a consisté à déclarer le dossier « étranger à la métropole »
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Quand la ressource est publique, que le contrôle est tardif et que les pertes retombent sur les plus fragiles, l'économie de la subvention ressemble moins à la solidarité qu'à du capitalisme de connivence en miniature. La question est combien d'associations du même type, financées de la même manière, n'ont pas encore reçu la visite de la chambre régionale des comptes ?
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frD’un côté, douze professionnels qui accompagnaient des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, dans des situations de vulnérabilité extrême. De l’autre, deux personnes morales :le conseil départemental des Deux-Sèvres et la société Tandem Educadis, maison mère de Tandem 79 qui, à chaque audience de conciliation, ont opposé la même fin de non-recevoir : « Pas moi. » La conciliation du 12 octobre 2026 a échoué ; le juge des référés a rendu son ordonnance quatre jours plus tard, le 16 octobre. Huit mois sans fiche de paie, c’est long pour n’importe quel foyer. Cela l’est plus encore pour des professionnels qui, nuit et jour, s’occupaient d’enfants que la puissance publique avait jugé nécessaire de retirer à leur famille.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frDepuis février 2026, les douze salariés de Tandem 79 ne perçoivent plus leur rémunération, tandis que le Département et la société s’opposent sur la question de savoir qui doit reprendre leurs contrats de travail. Ces professionnels intervenaient auprès d’enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, dans des situations de grande vulnérabilité.
La tentative de conciliation organisée devant le conseil de prud’hommes de Niort a échoué le 12 octobre. Quatre jours plus tard, le 16 octobre, la juridiction a ordonné le versement d’une provision de 6 000 euros à chacun des douze salariés, soit 72 000 euros au total. Cette somme constitue une avance, et non le règlement définitif du litige. La décision ne désigne pas davantage, à ce stade, l’employeur qui devra finalement assumer les obligations contestées.
Cette distinction juridique est essentielle : la provision apporte un premier secours financier aux salariés, mais elle ne met pas fin au conflit. Elle ne répond pas non plus à la question la plus urgente pour les intéressés : quand retrouveront-ils une rémunération régulière ?
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibrePour comprendre ce conflit, il faut revenir à la dégradation de la situation de Tandem 79. Dans un communiqué du 15 janvier 2026, le Département des Deux-Sèvres expliquait avoir constaté, lors de contrôles menés entre septembre 2024 et août 2025, des manquements nécessitant une intervention. Une administration provisoire avait été prononcée par arrêté du 12 septembre 2025 pour six mois. La collectivité évoquait notamment des difficultés de trésorerie, une perspective d’un plan de licenciement au sein de Tandem Educadis et l’absence de réponses satisfaisantes du siège sur la continuité des fonctions administratives, comptables et des procédures de ressources humaines.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Le Département a alors décidé de créer sa propre maison d’enfants à caractère social (MECS) de transition, d’une capacité de 26 places, dont deux destinées à l’accueil d’urgence. Cette nouvelle structure devait permettre de poursuivre la prise en charge des enfants après la fin de la collaboration avec Tandem 79. La collectivité avait donc identifié les risques pesant sur la continuité du service et engagé une réorganisation. Mais le sort des salariés chargés de cette mission n’a pas été réglé au même rythme que celui des enfants accueillis. La collectivité entend assurer la continuité de la protection de l’enfance, tandis que le différend sur la reprise des contrats laisse douze travailleurs sans salaire. Pour le Département, la question de la responsabilité contractuelle reste à clarifier, en mars 2027, le conseil des prud’hommes de Niort devra trancher sur le fond de l’affaire et dire qui est responsable d’eux.
En somme, la décision du 16 octobre n’est pas une victoire, c’est un constat de carence institutionnelle. Une collectivité qui confie des enfants à un prestataire privé pendant trois ans, qui découvre que des condamnés pour proxénétisme et violences sur enfant y travaillent encore, qui reprend l’activité en urgence, puis qui laisse les éducateurs de ce prestataire sans salaire pendant que les avocats s’échangent des conclusions sur la validité d’un contrat : cette séquence dit quelque chose de la manière dont la puissance publique traite ceux qu’elle emploie indirectement à protéger les plus fragiles. Le juge des référés a juste accordé une avance, il n’a pas restauré la responsabilité.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frJ'ai passé mon après-midi de lundi dans la salle où l'on juge Rima Hassan. L'eurodéputée LFI est poursuivie pour apologie du terrorisme à cause d'un tweet du 26 mars, supprimé depuis, qui citait le Japonais Kozo Okamoto : « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne », et « tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ». Okamoto est l'un des trois hommes de l'Armée rouge japonaise qui, le 30 mai 1972, ont ouvert le feu dans le hall de l'aéroport de Lod, près de Tel-Aviv : vingt-six morts, dont dix-sept pèlerins portoricains. Condamné à perpétuité en Israël, libéré en 1985 dans un échange de prisonniers, réfugié au Liban, il est mort à Beyrouth le 23 juillet, à 78 ans. Signalement du ministère de l'Intérieur, puis de l'Organisation juive européenne et de la Licra. Peine encourue, parce que c'était en ligne : sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.
La prévenue a choisi de se taire. Elle a fait citer un témoin, Alexis Deswaef, avocat bruxellois, élu il y a un an président de la FIDH, qui plaide aussi devant la Cour pénale internationale. Il a dit la chose la plus simple de la journée. Le terrorisme, a-t-il expliqué à la barre, n'est pas une notion de droit international. Ce qui s'est passé à Lod en 1972 n'est pas un « attentat » : c'est un crime de guerre, commis dans un conflit armé contre des civils, et un crime de guerre est plus grave qu'un attentat. Je suppose que les parties civiles n'ont pas aimé le mot « guerre » : il suppose deux camps, là où elles veulent un assassin et des victimes. Le témoin, lui, parlait d'un texte qui n'existe pas.
Chaque semaine, je document le génocide de Gaza sur Substack, avec rigueur et exactitude, sans fioriture : c'est le Journal de Jérusalem
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frAu passage, il a même dit moins que la vérité. Le droit international n'ignore pas le terrorisme : il en cherche la définition depuis 1972, précisément. Quatre mois après Lod, trois jours après la prise d'otages de Munich, le secrétaire général Kurt Waldheim inscrit le terrorisme à l'ordre du jour de l'Assemblée générale. Le 18 décembre 1972, la résolution 3034 crée un comité spécial de trente-cinq membres chargé de définir le terrorisme — et, dans le même texte, « réaffirme le droit inaliénable à l'autodétermination » des peuples sous régime colonial et « la légitimité de leur lutte, en particulier celle des mouvements de libération nationale ». Soixante-seize voix pour, trente-cinq contre, dix-sept abstentions. Le comité s'est réuni jusqu'en 1979. Il n'a jamais rendu de définition.
En 1996, l'Inde a relancé le chantier : une convention générale sur le terrorisme international, que la Sixième Commission de l'ONU négocie depuis trente ans. Elle bute toujours sur le même article 18 : faut-il exclure du champ de la convention les armées des États, et les peuples qui luttent contre une « occupation étrangère » ? Les pays de l'Organisation de la coopération islamique disent oui, les Occidentaux disent non, et en octobre 2025 l'Inde parlait encore de « divergences étroites ». Cinquante-quatre ans après Lod, 193 États, pas une ligne.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLe tribunal correctionnel de Paris, lui, n'a pas ce problème. Le Code pénal français a sa définition à lui depuis 1986 : est terroriste tout crime ordinaire — meurtre,
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe texte a été publié le vendredi 16 octobre par Contre-Attaque, un site d'information de la mouvance autonome. Il recommandait de ne pas défiler en bloc, de multiplier les cortèges, de les rendre « incontrôlés et inventifs ». Il reprenait le mot d'ordre des manifestants de Hong Kong en 2019, emprunté à Bruce Lee : sois comme l'eau. Le lendemain, de petits groupes très mobiles ont couru d'une rue à l'autre, de Limoges à Marseille, et les policiers ont décrit eux-mêmes un débordement « rarement vécu ».
Depuis, deux récits s'affrontent. Le ministre de l'Intérieur évoque un désordre semé « de manière concertée ». D'autres y voient un ordre spontané, une foule sans tête qui se serait organisée seule. Il faut regarder les pièces avant de choisir. Elles ne confirment ni l'un ni l'autre.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frL'appel est né sur les réseaux sociaux début septembre, à l'initiative de figures issues des Gilets jaunes, sans chef désigné ni organisation déclarante. Une coalition s'y est agrégée en un mois, dont Euronews dressait la liste la veille : la CGT et Solidaires, l'intersyndicale des chauffeurs VTC, la Confédération paysanne, La France insoumise et le Parti communiste, les syndicats lycéens et étudiants, les organisateurs des marches pour le climat, les collectifs de « Bloquons tout », le mouvement de blocage né en septembre 2025. Les revendications allaient de la vie chère au budget, de l'école à la police.
Une carte collaborative en ligne recensait plus de 1 300 actions. Le ministère en comptait 250. Personne, ni d'un côté ni de l'autre, n'avait la vue d'ensemble.
À côté de cette foule déclarée se tenaient deux autres populations. Des noyaux militants rompus à l'affrontement, que les syndicats de police désignent sous le
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLes indemnités de rupture du contrat de travail ont représenté environ 9 milliards d'euros en 2024, versés à plus de 800 000 salariés, selon le rapport IGAS-IGF publié le 22 mai 2026. Les inspections chiffrent leurs exonérations à 1,9 milliard : 0,4 pour l'impôt sur le revenu, 1,5 pour le volet social. L'article 6 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, dont la discussion s'ouvre demain en séance, ramène l'exonération de cotisations et de CSG à un plafond unique d'un plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 48 060 euros, contre deux aujourd'hui. Rendement attendu : 0,3 milliard d'euros.
Le gouvernement présente la mesure comme une simplification, et ajoute qu'elle ne concerne que « 5 % des salariés les mieux rémunérés », les 95 % restants demeurant intégralement exonérés.
Ma thèse : ce plafond ne vise pas les hauts salaires. Il vise l'ancienneté. Il frappe d'abord des salariés ordinaires licenciés après cinquante ans, pour 300 millions d'euros, soit 2,4 % du déficit prévu de la Sécurité sociale.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe seuil d'un PASS s'applique au montant de l'indemnité, pas au salaire. Or le montant d'une indemnité dépend d'abord de l'ancienneté. L'avocat Xavier Berjot, dans son analyse du texte, prend un salarié payé 3 000 euros brut par mois, licencié après trente ans de maison. C'est moins que le salaire brut moyen du privé, 3 602 euros en 2024 selon l'Insee. Le barème des prud'hommes lui accorde au plus vingt mois de salaire, soit 60 000 euros. Il dépasse le plafond de 11 940 euros, qui
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe contribuable marseillais a donc payé. Et cette hausse quasi intégrale a été absorbée par des charges de gestion en forte augmentation, dont la progression des effectifs est « la cause principale » selon les magistrats financiers.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frEntre 2018 et 2024, les effectifs municipaux sont passés de 14 426 à 16 188 agents. La hausse représente 1 762 personnes, soit environ 1 800, et 968 équivalents temps plein. Mais la répartition de ces renforts retient particulièrement l’attention . Dans son rapport, selon la chambre, 765 équivalents temps plein servent à compenser l’absentéisme, contre 142 consacrés au renforcement de certains services. L’absentéisme municipal dépasse de 43 % le taux national. Certes, il a reculé de deux points en 2023 et 2024, mais les magistrats financiers estiment qu’il n’est toujours « pas pleinement diagnostiqué ». Aucun plan d’action global n’a été élaboré pour en réduire les causes. La municipalité recrute donc pour maintenir ses services en fonctionnement, sans avoir suffisamment établi pourquoi tant d’agents sont absents. Ce mécanisme entretient une spirale coûteuse : les absences appellent des remplacements, lesquels alourdissent les dépenses de personnel sans faire disparaître les causes initiales.
Depuis 2018, les produits de gestion de la commune ont progressé de plus de 286 millions d’euros, principalement grâce à la fiscalité locale. Or, cette hausse a été presque intégralement absorbée par les charges. Pour les contribuables, la question est simple : quels bénéfices tangibles les dépenses supplémentaires ont-elles permis d’obtenir ? La réponse ne peut se limiter au nombre d’agents recrutés ou aux crédits mobilisés. La chambre relève également une stratégie financière peu lisible, une programmation pluriannuelle insuffisamment claire et une fiabilité des comptes jugée nettement insuffisante. Elle pointe enfin le manque de coordination entre les huit mairies de secteur et les services centraux, qui complique le pilotage de l’administration municipale. Le rapport couvre plusieurs mandatures : les responsabilités ne sauraient donc être imputées indistinctement à la seule équipe actuelle.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLa chambre formule sept recommandations. La première est sans ambiguïté : « réaliser une cartographie des risques à laquelle adosser un plan d’action de prévention de la corruption comportant un volet dédié à la formation des agents ». Dans sa synthèse, les magistrats constatent que « la commune n’est pas pourvue d’un dispositif anticorruption complet, et contrevient par conséquent, encore, aux exigences de la loi Sapin II, pourtant entrée en vigueur le 1er juin 2017 ». La ville a bien mis en place un « dispositif d’alerte éthique » en 2021, mais celui-ci ne couvre pas l’ensemble des obligations légales, notamment la cartographie des risques et le plan d’action structuré. Des travaux ont été « engagés » par l’Inspection générale des services, mais « interrompus au motif d’un sous-effectif de ce service ». L’ironie administrative est là: le service chargé de contrôler l’usage des deniers publics est lui-même victime de la pénurie qu’il est censé surveiller.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Benoît Payan (DVG), élu en 2020 puis reconduit en 2026 à la tête de la deuxième ville de France (873.000 habitants), conteste la lecture des magistrats financiers. Lors du conseil municipal des 15 et 16 octobre, le maire a regretté que le rapport « ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 ». Il invoque notamment les investissements dans la rénovation des écoles et la remise à niveau des moyens de sécurité, ainsi que les sommes que la ville estime ne pas recevoir de la métropole et du département. Ces arguments méritent examen, mais ils ne dispensent pas la municipalité de justifier ses choix de gestion.
La CRC note d’ailleurs que « la politique de renforcement des effectifs est menée sans lignes directrices de gestion en matière de stratégie de recrutement et sans anticipation des conséquences structurelles de l’évolution du nombre d’agents sur les charges générales ». En clair : on embauche, on paie, on remplace, mais on ne pilote pas. Le rapport sera débattu au conseil municipal, et l’opposition y trouvera matière. Mais l’enjeu dépasse la querelle entre majorité et opposition : quand les recettes augmentent et que les charges les absorbent presque entièrement, les élus doivent démontrer que chaque euro supplémentaire améliore effectivement le service rendu. À défaut, le contribuable marseillais risque de financer une administration qui mobilise toujours plus de moyens pour compenser ses propres dysfonctionnements, sans fournir la preuve qu’elle s’attaque à leurs causes.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe Reform Party, formation d’opposition, a lancé le 12 octobre une opération intitulée « 50 000 milliards de wons à retrouver ». Elle court jusqu’au 25 octobre. Le principe tient en une phrase : la base des marchés publics est ouverte à tous, et chacun peut l’éplucher.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frDu 12 au 25 octobre 2026, le Reform Party, parti d’opposition sud-coréen, organise une campagne baptisée « 50 000 milliards de wons à retrouver », soit environ 33 milliards d’euros. L'objectif est de permettre aux citoyens d’analyser KONEPS, la plateforme nationale des marchés publics, à la recherche de prix anormalement élevés. Dix millions de wons, environ 6 700 euros, doivent être répartis entre les participants selon la valeur de leurs découvertes validées.
Au 18 octobre à 16 heures, les recherches avaient fait ressortir plus de 18 860 contrats conclus au-dessus des prix du marché, pour un montant cumulé de 1 141,8 milliards de wons, soit près de 760 millions d’euros. Parmi les exemples cités, un téléphone filaire vendu moins de 50 000 wons dans le commerce aurait été acheté 182 000 wons, environ 121 euros. Une multiprise estimée à 50 000 wons aurait coûté près de 200 000 wons, soit 133 euros. Certains produits disponibles autour de 10 000 wons auraient été payés au moins trente fois leur prix courant.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreL’initiative revient à Lee Jun-seok. Il affirme avoir passé en revue 1,05 million d’articles, 2,8 millions de demandes de livraison et environ 130 000 milliards de wons de contrats, soit près de 75 milliards d’euros. Son verdict : 562,8 milliards de wons gaspillés, environ 330 millions d’euros. Les internautes, eux, ont déjà doublé ce chiffre en quelques jours. Ces surcoûts restent à valider au cas par cas, mais l’ordre de grandeur interroge. Ces écarts de prix n’ont pas été détectés par l’administration acheteuse, qui disposait pourtant des mêmes données et de bien plus de moyens. Il a suffi de les exposer à des regards extérieurs, motivés par un prix modeste, pour que la facture apparaisse.
Reste la question que le lecteur français se posera de lui-même. Chez nous, qui a le droit de consulter, d’exploiter et de croiser les données de la commande publique ? Et qui a intérêt à ce que l’on n’y regarde pas de trop près ? L’Union des groupements d’achats publics (UGAP) a ainsi refusé de communiquer des informations sur l’identité des acheteurs et le lien avec les commandes passées, couverts par ce secret. Un tribunal administratif a même dû ordonner à l’UGAP de transmettre certains documents, jugeant son refus illégal.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Plus largement, Transparency International France dénonce la onzième hausse des seuils de publicité préalable depuis 2008, qui fait basculer toujours plus de marchés publics dans l’opacité et alimente les risques de corruption. L’argent public n’appartient ni aux administrations ni aux fournisseurs : il provient des contribuables. Lui rendre des comptes ne devrait pas être une faveur accordée aux citoyens, mais une obligation permanente. Le contribuable paie, mais n’a pas le droit de regarder. Le contribuable coréen, lui, a au moins le droit de chercher.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frSi vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
L'affaire est simple. Samedi, des mairies ont été saccagées, à Marseille, à Lille, à Bordeaux, et l'hôtel de ville de Limoges a brûlé. L'Association des maires de France appelle donc élus, conseils municipaux et forces vives à se tenir sur le parvis de leur mairie. C'est un geste très ancien : on se tient devant sa maison quand quelqu'un y a mis le feu.
Seulement voilà. Un rassemblement sur la voie publique est une manifestation, et une manifestation se déclare, trois jours francs à l'avance. Dans une commune sans police d'État, la déclaration se dépose à la mairie, qui la transmet au préfet.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frRécapitulons. Qui déclare ? Le maire. Où ? À la mairie. Qui reçoit ? Le maire. Qui peut interdire ? Le maire. Et s'il ne le fait pas ? Le préfet. Et le délai ? L'appel est parti dimanche pour lundi midi. Trois jours francs, cela fait jeudi dernier. Le maire est donc, à midi une, l'organisateur d'une manifestation n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration dans les conditions fixées par la loi. Tarif théorique : six mois de prison et 7 500 euros d'amende. Pour avoir défendu sa mairie, devant sa mairie, avec son écharpe.
L'écharpe, parlons-en. Le maire la porte. L'adjoint la porte s'il le remplace ou le représente. Le conseiller municipal, seulement s'il le remplace. Trois rangs, trois règles, sur un parvis de quinze mètres. Et la banderole ? Elle doit respecter la neutralité du service public. « Non aux violences » passe. « Non à la vie chère » peut être retirée. Par qui ? Par le maire, toujours lui.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreMiljaardedju, mes amis du Pays-des-Cartésiens, vous avez inventé l'homme qui se dépose une demande, se l'instruit, se la transmet, et se surveille lui-même pendant qu'il manifeste. Breughel en aurait fait un tableau grouillant. Votre administration l'a écrite en un seul article.
Ajoutez la touche finale, apportée dimanche à 20 heures. Le président a annoncé que les préfets, en lien avec les maires, pourraient aller jusqu'à interdire certains rassemblements afin de protéger les bâtiments publics. Le rassemblement qui protège un bâtiment public est un rassemblement. Il est donc, en bonne logique, interdisable pour protéger le bâtiment qu'il protège.
Le plus beau reste l'asymétrie. Samedi, des émeutiers sont entrés dans des mairies sans rien déclarer à personne. Lundi, ceux qui veulent seulement se tenir devant doivent remplir un formulaire.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Une dernière question, mes chers lecteurs sans tableur. Le maire de Limoges veut lui aussi se rassembler devant son hôtel de ville. Limoges est en zone de police d'État : sa déclaration ira donc à la préfecture. Heureusement. Le guichet de sa mairie sent encore la fumée.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLa route corse est un réseau de près de 5 000 kilomètres, avec 2 635 ponts et six tunnels, et le premier poste d’investissement de la Collectivité. Le rapport publié début octobre 2026 par la chambre régionale des comptes décrit une gestion insuffisamment pilotée, qu’on ne savait pas dans quel état était le réseau qu’on prétendait entretenir.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLa Collectivité de Corse gère près de 5 000 kilomètres de routes, 2 635 ponts et six tunnels. Ce patrimoine exige des dépenses régulières, particulièrement dans une île où le relief, la géologie et les risques naturels compliquent les travaux. Cela n’exonère toutefois pas le gestionnaire public de ses obligations de suivi et de programmation.
Dans un rapport consacré aux investissements routiers de la Collectivité de Corse depuis 2018, les constats sont préoccupants. Parmi les longueurs de chaussée auscultées, 51 % présentent un état mauvais ou très mauvais. Pour les ponts examinés, 15 % nécessitent des travaux urgents. La modernisation du réseau ne suit pas davantage le rythme attendu : au bout de huit ans, moins de la moitié des opérations sont achevées, tandis que près d’une sur cinq n’a jamais commencé.
Le rapport relève que l’entretien a été programmé « de manière empirique et au fil de l’eau », faute de connaître suffisamment l’état du réseau. Il souligne également « l’absence d’un suivi consolidé des opérations ». Autrement dit, l’administration dépense des sommes considérables sans disposer, selon les constats des magistrats, d’une vision suffisamment structurée pour hiérarchiser ses interventions et rendre compte de leur avancement. Pour une collectivité qui consacre plus de 82 millions d’euros annuels à son réseau routier, cette faiblesse de pilotage n’a rien d’anecdotique.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreAdopté en juillet 2025, le plan routier 2026-2030 prévoit 50 millions d’euros par an. La chambre régionale des comptes le juge « très ambitieux ». L’enjeu ne tient pas seulement aux montants annoncés : encore faut-il que les opérations soient programmées, engagées puis achevées dans des délais raisonnables. Les retards déjà constatés invitent à examiner les capacités réelles d’exécution avant de promettre de nouveaux investissements.
Le président de l’exécutif, Gilles Giovannangeli, oppose à ces critiques le contexte institutionnel. Selon lui, la période 2018-2025 a été consacrée à la construction d’une administration nouvelle, issue de la fusion de trois collectivités. Il met également en avant les difficultés propres à la Corse : relief accidenté, contraintes géologiques, risques naturels, transport maritime des matériaux et exigences environnementales. Ces facteurs sont réels et peuvent renchérir les chantiers comme allonger leur durée. Ils ne suffisent cependant pas à expliquer, à eux seuls, l’absence de suivi consolidé relevée par les magistrats financiers.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Au-delà de la Corse, le rapport pose une question que les contribuables de toute la France peuvent se poser : qui rend des comptes quand l’argent public est voté, dépensé, puis introuvable dans les résultats ? Les élus votent des budgets, les services les consomment, et personne ne mesure. Les automobilistes, eux, mesurent chaque jour, au fond des nids-de-poule.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frDimanche, 20 heures. Au lendemain d'une journée où l'hôtel de ville de Limoges a brûlé, où la résidence de la préfète de Bordeaux a été saccagée, où des magasins ont été pillés à Paris et à Marseille, Emmanuel Macron parle aux Français. Il promet que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont cassé doivent rembourser ». Il annonce une cellule de crise pour les victimes, promet la « transparence » sur le dispositif de samedi, demande au ministre de l'Intérieur de tirer les leçons en matière de renseignement et d'anticipation. Pas un mot sur les effectifs. Pas un mot sur les moyens. Au même moment, CNews signale des pillages en cours au Châtelet, forces de l'ordre en route.
Deuxième soir. Même scène.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives des manifestations, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frPlusieurs sources internes à la police nationale, interrogées par le Courrier, décrivent la même chose : des alarmes lancées en interne depuis des mois sur
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frDimanche 18 octobre, place de la République, milieu d’après-midi : plusieurs centaines de personnes face à la CRS 8, des projectiles, des grenades, des pillages. La veille, entre 550 000 et 800 000 manifestants, plus de 2 000 interpellations et 1 500 commerces touchés, plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés, et, d’un syndicat de police, une phrase inédite : « on n’a pas réussi à tenir les centres-villes ».
Vendredi, j’écrivais ici que le pouvoir avait pris ses précautions et que ses auxiliaires avaient pris les leurs. Les précautions ont tenu jusqu’à la place de la République : le cortège déclaré s’y est dispersé dans les rues sans pouvoir rejoindre la place. Derrière lui, la ville brûlait. Je retire la précaution. Je garde le verdict, en trois manques.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frIl manque d’abord un fauteuil occupé. L’Hôtel de ville de Limoges est parti en fumée ; à Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants sont entrés dans les mairies ou les préfectures pour les saccager. Chez nous, en 1830, en 1848, en 1870, on prend l’Hôtel de Ville, on monte au balcon, on y proclame un gouvernement. Samedi, on y a mis le feu et on est reparti. Les policiers décrivent eux-mêmes ce qui les a submergés : de petits groupes très mobiles, courant d’une rue à l’autre. Lundi matin, le maire de Limoges retrouvera ses murs noircis. Personne n’y a installé quoi que ce soit.
Il manque ensuite une défection. Les forces de l’ordre ont été, de leur propre aveu, complètement débordées ; François Hollande constate que l’État n’a pas été capable d’assurer partout l’ordre public ; les maires de Paris, Lyon et Marseille réclament des moyens et un rendez-vous à Matignon. Tout cela est vrai. Rien de cela n’est une défection. Six cents blessés, et pas un bouclier posé. Un syndicat qui se plaint du sous-nombre demande plus de force, pas moins. Aucun préfet n’a démissionné, aucun commissaire n’a refusé d’engager. La force publique a flanché quelques heures, dans quelques centres-villes, et personne ne s’est baissé pour la ramasser.
Faut dire que la foule qui aurait pu la ramasser était rentrée chez elle. Samedi, j’ai marché dans un cortège qui avait un nom à crier, et ce n’était ni Parcoursup ni le gazole : c’était celui du président, devenu, jusque sur un oreiller brandi place de la République, le symbole de ce qui bloque. Cette foule-là est rentrée à la nuit tombée. Ceux qui sont restés, et ceux qui sont revenus dimanche, voulaient casser du flic et vider des vitrines, et je ne leur prête rien d’autre. Dimanche, plus de pavés que samedi, et plus un seul nom crié.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreIl manque enfin un nom et une date. Le mot, à le bien regarder, n’a été prononcé que d’un côté. Le Parisien titre « Scènes d’insurrection » et son éditorialiste attribue dans la foulée ce climat « quasi-insurrectionnel » à une minorité qui n’a rien à voir avec les manifestants ; Laurent Nuñez parle d’un désordre semé « de manière concertée » ; Sébastien Lecornu met en garde ceux qui voudraient faire de ces violences un « tour de chauffe » avant la présidentielle. Dans le même temps, le parquet de Paris place en garde à vue pour recel de vol, groupement en vue de commettre des violences et dégradations — l’échelle de l’émeute, pas l’article 412-3 du Code pénal et son « mouvement insurrectionnel ». La CRS 8 engagée à République est l’unité spécialisée dans les violences urbaines : la grammaire de 2023.
Le droit français n’écrit pourtant le mot qu’à deux endroits. Dans cet article 412-3, que personne ne vise. Et à l’article L2121-1 du code de la défense, qui réserve l’état de siège de l’article 36 de la Constitution au péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une « insurrection armée ». L’état d’urgence, lui, relève de la loi du 3 avril 1955 et vise les « atteintes graves à l’ordre public » : le texte de novembre 2005. Le président va s’adresser aux Français. Je suppose qu’il dira le mot et qu’il signera la loi de 1955. Insurrection à la télévision, émeute au Journal officiel : l’État aura qualifié lui-même, contre son propre vocabulaire.
Et vous, qui réclamez depuis samedi soir de l’ordre à n’importe quel prix ? Vous demandez à l’État de finir par décret ce que les casseurs n’ont pas réussi dans la rue : faire disparaître les 800 000 personnes du samedi après-midi derrière les 2 000 interpellés de la nuit.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Un samedi de vacances scolaires a montré une vacance. Pendant quelques heures, dans quelques villes, la force publique n’appartenait plus à personne. Ni la CGT, dont la prochaine date est fixée au 5 novembre depuis le 6 octobre, ni La France insoumise, qui préfère l’urne de 2027 à un fauteuil de mairie, ni les casseurs, qui ne veulent pas de fauteuil, ne se sont présentés pour l’occuper.
Ce qui manque, donc : quelqu’un assis à Limoges, un préfet qui refuse, un appel à une journée de semaine signé d’un nom. Rien de tout cela n’est là ce soir. Ce qui est là, en revanche, c’est un président qui va parler. Le seul candidat au fauteuil vide, ce soir, c’est lui.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frCe serait une erreur (largement commise par les conservateurs et réactionnaires de tous poils) de réduire ce mouvement à des violences urbaines. Je l'ai souligné hier : le mouvement est beaucoup plus "nombreux" que la police, et même les organisateurs, l'ont soutenu hier. Le cortège parisien, s'il avait pu se tenir comme prévu, aurait largement dépassé les 100.000 personnes. Et ces personnes n'avaient rien à voir avec des meutes islamistes. Il y avait des jeunes, des quadragénaires, des vieux, des riches, des pauvres, des moyens, des gens de gauche et de droite. L'influence du mouvement dépasse largement le simple fait d'une émeute urbaine.
Voici quelques images offertes par Paris aujourd'hui :









![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe PLF 2027, texte n° 3210, et le PLFSS 2027, texte n° 3211, ont été déposés le 1er octobre. La commission des finances a rejeté la partie recettes du premier le 9 octobre au soir, par 31 voix contre 3 et 2 abstentions. La commission des affaires sociales a examiné 1 610 amendements sur le second du 12 au 16 octobre, et l'a rejeté. Mardi 20 octobre, l'Assemblée votera solennellement la première partie du PLF, puis ouvrira la discussion du PLFSS dans la foulée. Je reprends la mécanique, puis ce qu'elle vous coûte.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 20 octobre, vote solennel sur la partie recettes du PLF et ouverture du PLFSS en séance. Le 27 octobre, vote solennel sur l'ensemble du PLFSS : c'est le dernier jour des vingt jours dont dispose l'Assemblée au titre de l'article 47-1 de la Constitution. Le 17 novembre, vote solennel sur l'ensemble du PLF, qui clôt les quarante jours de première lecture de l'article 47. Puis le Sénat, quinze jours sur la Sécu, vingt sur le budget. Les deux butoirs constitutionnels tombent le 26 novembre pour le PLFSS, cinquante jours, et le 17 décembre pour le PLF, soixante-dix jours. Je préconise de retenir trois dates seulement : le 20 octobre, le 27 octobre, le 17 novembre. Les autres sont des échéances pour le gouvernement, pas pour vous.
En séance, l'Assemblée ne discute pas le texte de la commission : elle repart du texte du gouvernement. L'article 3 du PLF, qui abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, avait été supprimé en commission le 7 octobre ; il est revenu intact le 13, et il a fallu le supprimer une seconde fois, le 15, par 116 voix contre 30. Le même sort attend le PLFSS : rejeté en commission vendredi, il arrivera mardi dans sa version initiale, article 12 compris — cette contribution de 2,05 % sur les cotisations des complémentaires santé que les députés venaient d'effacer le 16. Conséquence pratique : aucune mesure n'est acquise avant la lecture définitive. Je préconise de construire votre année 2027 sur le texte du gouvernement, pas sur les votes de séance, et de ne traiter une suppression comme définitive qu'après la promulgation.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !La première est le 49.3 : adoption sans vote, sous réserve d'une motion de censure. Huit motions ont été mises aux voix en 2026, aucune n'a atteint la majorité absolue. La deuxième est l'ordonnance : passé le 26 novembre pour la Sécu et le 17 décembre pour le budget, le gouvernement peut mettre les textes en vigueur par ce moyen. La troisième est la loi spéciale, utilisée en décembre 2025 : un texte minimal qui autorise à lever l'impôt, à emprunter et à payer les fonctionnaires, sans financer certaines aides. Il n'existe pas d'équivalent propre à la Sécurité sociale. Notez la dissymétrie : dans la loi spéciale comme dans l'ordonnance, le prélèvement continue et l'arbitrage disparaît. Aucune de ces trois voies ne suspend une cotisation.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Je commence par ce qui va dans votre sens, parce que le texte le contient aussi : le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 2,1 %, ce qui protège environ vingt millions de ménages d'une hausse mécanique et maintient quelque 500 000 foyers hors de l'impôt.
Ensuite viennent les ponctions.
L'article 2 plafonne l'exonération des indemnités de rupture au plafond annuel de
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 15 octobre, l'Assemblée nationale a supprimé l'article 3 du projet de loi de finances pour 2027 par 116 voix contre 30. Le 16 octobre, elle a adopté l'amendement I-3898, qui supprime le sursis d'imposition lors d'une conversion de cryptoactif en stablecoin. L'Insee a confirmé le 15 octobre l'inflation de septembre à 3,1 % sur un an, au plus haut depuis janvier 2024. Et l'once d'or cotait 4 200,10 dollars le 16 octobre, soit 3 717,80 euros, en repli de 0,8 % sur la semaine en euros. Je reprends ces dossiers un par un.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 20 octobre à minuit, date limite de paiement en ligne de la taxe foncière, prélèvement le 26 ; au-delà de 300 euros le paiement dématérialisé est obligatoire, et le retard coûte 10 % du montant restant dû. Le 31 octobre, dernier jour pour adhérer au prélèvement à l'échéance de l'impôt sur la fortune immobilière, payable le 16 novembre. Je préconise le paiement en ligne le 20 au soir plutôt que le chèque échu le 15 : à montant identique, vous conservez onze jours de trésorerie.
Budget 2027 : le vote solennel de mardi ferme la première partie.
Le vote solennel sur la partie recettes est fixé au mardi 20 octobre ; le Sénat prend le texte du 20 novembre au 9 décembre. La suppression de l'article 3, le 15 octobre, maintient le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions à 4 439 euros par foyer au lieu des 3 000 prévus, soit 1,4 milliard d'euros de recette abandonnée. Le 16 octobre, toutes les hausses du prélèvement forfaitaire unique ont été écartées — 15,8 %, 17,8 %, 22,8 %, 33 % au total —, l'amendement I-1084 rejeté par 66 voix contre 29. Le taux reste à 31,4 %. Je préconise de n'arbitrer aucune ligne avant la sortie du Sénat le 9 décembre : un vote de première partie n'est pas une loi.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
La réduction d'impôt pour souscription au capital de PME passe de 18 % à 25 % (I-3864 et I-3868, adoptés le 15 octobre par 83 voix contre 32), sous réserve de l'accord de Bruxelles. L'article 4, adopté le 16 octobre par 66 voix contre 25, crée pour les donations du 1er janvier au 30 juin 2027 un taux unique de 6 % sur les
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frSi vous voulez voir les vidéos exclusives de reportage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Premier point, essentiel : je tiens la manifestation d'aujourd'hui pour une insurrection, ou une première étape vers une insurrection contre l'ordre établi. Beaucoup aiment à y voir des violences urbaines, ou des pillages. Bien sûr, il y a eu des pillages, il y a eu des violences. Mais ce serait, de mon point de vue, passer à côté de la nature du mouvement que de ne pas voir l'événement dans son ensemble : une jeunesse en dehors du "système" , accompagnée de radicaux, a parcouru Paris pour défier et contester l'ordre en place, ce qui n'exclut, pour certains, le pillage de magasins en bonne et due forme.
Deuxième point, tout aussi essentiel : la Préfecture de Police n'est pas parvenue à imposer un trajet clair aux manifestants, de telle sorte que très vite la mobilisation s'est éparpillée en une multitude de cortèges sauvages, dont l'un semble ce soir vouloir prendre l'Élysée. Nous ne sommes donc pas face à une manifestation classique, mais face à une sorte de guérilla urbaine.

Troisième point, encore plus essentiel : les forces de l'ordre étaient manifestement trop peu nombreuses à Paris (reste à comprendre pour quoi) et manifestement mal équipées. Selon les informations recueillies sur place, à 15h30, des compagnies entières étaient en rupture de munition, et ne disposaient plus que de matraques pour repousser des manifestants ou des émeutiers bien plus nombreux et bien plus déterminés.

Dans ce contexte, comme on dit au football, les manifestants ont clairement dominé le match.
Enfin, et surtout, le mouvement a attiré des gens de tous horizons et de tous âges, pour l'essentiel tout à fait pacifiques et venus simplement exprimer leur grogne. Ce point est capital, car la manifestation n'a pas attiré que des lycéens ou des étudiants, ni des casseurs. Elle était massivement faite de gens ordinaires qui voulaient s'exprimer sans violence.




ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frReste que de nombreuses questions seront à poser sur cette journée. Au premier chef sur la stratégie policière, qui n'a pas manqué d'étonner.
Dès 12h, des troubles ont éclaté entre les premiers participants, dont des Gilets Jaunes historiques comme Jérôme Rodriguez, et la police, place de la République. Immédiatement, la place a été nassée par la police, et ceux qui se trouvaient dans la nasse ont entamé une tournante de charges : tantôt, les manifestants chargeaient la police et s'essuyaient du gaz lacrymogène, tantôt la police les chargeaient et les repoussaient de l'autre côté de la place.
Dans le même temps, la police interdisait l'accès à la place pour ceux qui n'étaient pas arrivés assez tôt (la manifestation devait débuter à 14h). Les gens affluaient en masse de toutes les rues convergents vers la place. Empêchés d'accéder à la République, ces manifestants se sont répandus dans Paris, souvent dans des cortèges sauvages. Certains prenaient la route de la Bastille, d'autres du Marais, d'autres encore... de l'Élysée.


C'est ainsi que la stratégie policière a produit le désordre : au lieu de les canaliser dans une manifestation mobile, elle les a dispersés et livrés à eux-mêmes.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreCette stratégie de dispersion des manifestants a conduit à de rapides désordres. Partout, des petits groupes de casseurs et de provocateurs profitaient de l'absence de la police pour dresser des barricades et incendier le matériel urbain qu'ils trouvaient à proximité. Ce fut notamment vrai dans le Marais totalement abandonné par la police.




La police est restée cantonnée place de la République, où des émeutiers semaient la terreur et le chaos, et a laissé les "quartiers" adjacents aux insurgés, souvent à la recherche d'un but pour manifester.
Dans cet étrange contexte, les rues comptaient encore des manifestants sincères et pacifiques, mais il devenait évident que les perturbateurs prenaient le dessus.
Vers 17 heures, une police épuisée, manquant de munitions, et déforcée car de nombreuses unités étaient parties à l'Élysée pour protéger le Palais menacé par des manifestants déterminés à en découdre, faisait péniblement face à des nuées de voyous place de la République et alentour.
Là, le spectacle du chaos faisait peine à voir :















Dans tous les cas, le pouvoir a donné le sentiment d'être sur la défensive, et désormais alourdi pour un corps préfectoral incapable de faire respecter l'ordre le plus élémentaire.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frSi vous voulez voir les vidéos exclusives de la manifestation du 17 octobre, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Le jeudi 1er octobre, quelques heures avant la présentation du budget 2027 en Conseil des ministres, le taux de l’emprunt d’État français à dix ans a touché 4,96 %. C’est son plus haut niveau depuis 2002. Le même jour, l’écart avec le taux allemand, ce que les marchés appellent le spread, a atteint 133 points de base, soit 1,33 point de pourcentage. On n’avait pas vu cela depuis mai 2012. Mai 2012 : le mois où la Grèce votait deux fois en six semaines, faute de majorité pour appliquer le plan de ses créanciers.
Cinq jours plus tard, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, parle de mouvements « graves et préoccupants ». La France, dit-il, risque d’être « progressivement étranglée par la hausse des taux ». Puis il ajoute, pour rassurer : « La France n’est pas la Grèce de la crise de la zone euro. »
Quand un gouverneur prend la peine de dire que son pays n’est pas la Grèce, la question est posée. Le 23 octobre, Moody’s rendra son avis sur la note française, aujourd’hui Aa3 avec perspective négative. Le 12 octobre, Fitch a prévenu qu’elle pourrait abaisser la sienne si la dette continuait de monter, en citant « la fragmentation politique persistante ».
Répondons donc à la question, avec les chiffres d’Athènes en 2010 et ceux de Paris en 2026. La réponse tient en deux phrases. La France ne vit pas une crise grecque. Elle en prend le chemin politique, pas le chemin financier, et c’est le chemin politique qui a coûté le plus cher aux Grecs.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frIl faut se rappeler l’ordre des faits, car on l’a oublié. En octobre 2009, le nouveau gouvernement grec de Georges Papandréou annonce que ses prédécesseurs ont maquillé les comptes. Le déficit prévu à 6 % du PIB passe à 12,7 %, puis, après révisions, dépasse 15,4 %. La dette atteint 128,5 % du PIB. Les marchés découvrent qu’on leur a menti. Ils ne prêtent plus.
Le 23 avril 2010, Athènes reconnaît qu’elle ne peut plus payer et demande l’aide internationale. Un premier plan de 110 milliards d’euros arrive, financé par le FMI et les États de la zone euro. Un deuxième suit en octobre 2011, de 130 milliards. En 2012, les créanciers privés acceptent d’effacer 107 milliards d’euros de créances : c’est la plus grande restructuration de dette d’un État de l’histoire moderne. En mars 2012, le taux grec à dix ans culmine vers 37 %, soit un écart d’environ 3 500 points de base avec l’Allemagne, d’après la Banque de France. Le 11 août 2015, un troisième plan d’au moins 82 milliards est conclu.
Le prix payé par les Grecs se lit en deux chiffres. Le PIB recule d’environ un quart entre 2009 et 2015. Le chômage atteint 27,9 % en juin 2013, selon l’institut statistique grec.
Mais le chiffre ne dit pas l’essentiel. Pendant huit ans, le budget grec ne s’est plus écrit à Athènes. Il s’écrivait avec la « troïka », le trio formé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI, qui versait l’argent par tranches et vérifiait, à chaque tranche, que les réformes demandées avaient été votées. Les retraites, la TVA des îles, les privatisations de ports : tout passait par cette vérification. Un peuple votait ; un autre que lui disait si son vote était recevable. J’ai vu, à Bruxelles, des délégations arriver le soir avec un budget et repartir au matin avec un autre.
Voilà ce qu’on appelle une « crise grecque » : non pas seulement un déficit, mais un État qui perd le droit d’arbitrer ses propres dépenses.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreLa première est la durée. La Grèce n’est pas tombée en 2010 ; elle y est arrivée après des années de déficits que personne ne voulait regarder. La France n’a pas voté un budget en équilibre depuis 1974, et elle prévoit un déficit de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 5,0 % en 2027. La dette passera de 119,3 % à 121,7 % du PIB. Elle n’est plus qu’à neuf points du niveau grec de 2009.
La deuxième est le poids des intérêts. En 2027, la charge de la dette devrait atteindre 91 milliards d’euros, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure. C’est plus que l’Éducation nationale (63 milliards) et que la Défense (53 milliards). Le Haut Conseil des finances publiques note que la hausse des intérêts, 12 milliards de plus en un an, absorbe une large part de l’effort annoncé. C’est le mécanisme grec en petit : on économise, et l’économie part en intérêts.
La troisième est la dépendance à l’étranger. Fin juin 2026, les non-résidents détenaient 58,4 % des titres de dette publique français, contre 55,9 % trois mois plus tôt. Un créancier étranger n’a ni bulletin de vote ni patience particulière. S’il doute, il vend, et l’État réemprunte plus cher. En 2027, la France prévoit d’émettre un record de 340 milliards d’euros de dette à moyen et long terme : il faudra trouver des acheteurs pour chaque euro.
La quatrième est politique, et c’est la plus grave. Athènes, en 2011 et 2012, n’arrivait plus à former une majorité qui vote les plans. Paris n’en a plus depuis la dissolution de juin 2024. Le budget 2027 est le dernier avant l’élection présidentielle d’avril, et il est présenté par un gouvernement sortant devant une Assemblée sans majorité. C’est exactement ce que Fitch désigne par « fragmentation politique persistante ». Une dette se rembourse avec des impôts et des économies, et ces deux choses se votent. Quand on ne peut plus les voter, la dette cesse d’être une affaire de chiffres.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr« Bien sûr que je suis inquiète pour la journée de demain. Je suis inquiète pour les vitrines des commerçants, pour les bâtiments publics, pour les gens qui y seront. » La phrase a été prononcée ce vendredi sur Franceinfo par Laure Lavalette, porte-parole du Rassemblement national. Le même jour, sur CNEWS, Jordan Bardella expliquait que la mobilisation du 17 octobre était « un prétexte pour tous les groupuscules d'extrême gauche de perpétrer des débordements ».
Un parti qui fait campagne depuis dix ans sur la colère des Français trouve, la veille du jour où ils descendent dans la rue, ses premiers mots pour les vitrines. Laure Lavalette a ensuite réclamé une TVA à 5,5 % sur l'énergie, c'est vrai. Mais les vitrines sont venues d'abord. Le RN n'est pas le seul. Toute la droite conservatrice et souverainiste a fait la même chose cette semaine, avec des nuances de ton et une remarquable unité de fond : entre la colère et l'ordre, elle a choisi l'ordre. Celui de Laurent Nuñez.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frReprenons le carnet de notes. Le 8 octobre, Éric Zemmour demandait que les lycéens bloqueurs, qu'il appelle des « émeutiers », soient « sévèrement sanctionnés » et que leurs parents paient les dégâts, « quitte à les prélever sur leurs allocations sociales ». Le 2 octobre, Nicolas Dupont-Aignan dénonçait les violences des cortèges lycéens et demandait « jusqu'où va-t-on laisser cette violence se banaliser ? ». Le 14, Marion Maréchal rassurait tout le monde : « 97 % des lycéens et étudiants ne se mobilisent pas ».
Ce sont les hostiles. Viennent ensuite les silencieux, plus nombreux qu'on ne croit. Sur leurs comptes X, depuis un mois, je n'ai trouvé aucun appel au 17 octobre chez Philippe Murer, aucun chez Pierre-Yves Rougeyron. François Asselineau fait exception à moitié : il a salué le 6 octobre une manifestation de jeunes réclamant la démission d'Emmanuel Macron, mais il n'a pas relayé l'appel du 17. Florian Philippot, lui, s'est demandé le 14 septembre « qu'en penser vraiment ? », a jugé qu'« un peuple debout est toujours préférable à l'inaction », puis a appelé quatre jours plus tard à sa propre manifestation, le 3 octobre, place du Palais-Royal. Un défilé à soi, plutôt que la colère des autres.
En face, la gauche, socialistes compris, appelle à descendre dans la rue. On peut trouver cela opportuniste, et ça l'est. Mais il faut regarder le résultat : la seule colère populaire de l'automne est abandonnée par ceux qui prétendent parler au nom du peuple, et ramassée par la CGT et La France insoumise.
Ce n'est pas nouveau, c'est très français. Le 30 mai 1968, la droite a eu son grand jour dans la rue, et c'était pour défiler sur les Champs-Élysées derrière le général de Gaulle, contre la grève. Depuis, elle ne descend en masse dans la rue que pour défendre une institution : l'école libre en 1984, la famille en 2013. Contre l'impôt ou contre la police, presque jamais.
On me dira qu'il y a des casseurs, et c'est vrai : le ministère attend 50 à 100 black blocs dans des villes comme Nantes ou Lyon, et personne de sensé ne défend une vitrine brisée. Mais la vitrine n'est pas la question. La question est de savoir de quel côté l'on se tient quand des lycées manquent de professeurs, que le gazole ne redescend pas et que le budget taxe ce qui reste. La droite conservatrice et souverainiste a répondu : du côté du préfet.
Je suppose qu'il y entre du calcul. Un parti qui se voit à l'Élysée en 2027 n'a pas envie d'hériter d'un pays qui a pris l'habitude de la rue, et il veut que les retraités et les commerçants qui votent pour lui le voient en gardien. C'est compréhensible. C'est aussi exactement ce que faisait Emmanuel Macron en 2018.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreIl y a pourtant une confusion au cœur de cette préférence, et elle n'a rien de tactique. Le conservateur français confond l'ordre de la société avec l'ordre de l'État. Il croit défendre la France quand il défend la préfecture. Or l'État qu'il protège samedi est celui qui a voté les ZFE, qui fiscalise la transmission des entreprises et qui laisse filer la dette vers 3 810 milliards d'euros. Ce n'est pas la civilisation que gardent les CRS boulevard Voltaire. C'est un guichet.
On objectera que l'insurrection n'est pas une politique. Je suis d'accord : je ne crois pas au Grand soir, et je ne l'appelle pas. Mais entre l'émeute et le soutien au ministre de l'Intérieur, il existe toute une gamme de positions, dont la plus simple : dire que la colère est juste et que l'État en est la cause. Personne, à droite, ne l'a dite cette semaine.
Et vous, lecteur conservateur, qui avez soupiré en voyant les images des lycées bloqués ? Vous aviez peut-être raison sur la méthode. Mais posez-vous la question qu'ils ne se posent pas : si la colère ne vient plus jamais de chez vous, qui la portera, et contre qui ?
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Samedi, les supplétifs ne seront pas dans la rue. Ils seront sur les plateaux, à compter les vitrines avec le ministre. Le 18 au matin, ils dénonceront de nouveau le « système », et Laurent Nuñez pourra les remercier d'avoir tenu, la veille, exactement les mêmes propos que lui.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frÀ Limoges, la continuité des soins se joue désormais au-delà des murs de l’hôpital. Quand un service spécialisé ne peut plus accueillir certains patients, ce sont les familles et les établissements voisins qui doivent absorber les conséquences.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frDepuis le jeudi 8 octobre, l’Hôpital de la femme, de la mère et de l’enfant du CHU de Limoges fonctionne partiellement. Les sept médecins du service de réanimation néonatale, soit la totalité de l’effectif médical concerné, sont en arrêt maladie. La maternité ne peut donc plus conserver les nouveau-nés nécessitant une hospitalisation en réanimation.
Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, sept enfants et quatre femmes enceintes présentant des grossesses à risque ont été transférés vers d’autres établissements en cinq jours, notamment à Bordeaux, Poitiers ou Clermont-Ferrand. La direction du CHU affirme, dans un communiqué, mettre « tout en œuvre pour garantir la continuité des prises en charge des patientes et des nouveaux nés ». Le dispositif d’urgence doit être maintenu, tandis que des professionnels d’autres services sont appelés en renfort. La CGT évoque, de son côté, le déclenchement d’un « plan rose », destiné à gérer cette situation exceptionnelle.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreComment un service aussi sensible peut-il se retrouver sans aucun de ses sept médecins réanimateurs ? La question mérite une réponse, sans transformer des arrêts maladie individuels en mouvement de grève ni présumer de leurs causes. Les médecins concernés n’ont pas souhaité s’exprimer auprès des médias.
Le représentant CGT Christophe Zégadi décrit un été « très très compliqué » pour les pédiatres et le personnel, qui auraient effectué « énormément d’heures ». La syndicaliste Florence Metge évoque, elle aussi, des difficultés d’organisation. Selon les hypothèses rapportées par France 3 Nouvelle-Aquitaine, un épuisement professionnel ou des dysfonctionnements internes pourraient expliquer le contexte. Ces pistes restent à établir.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreAu 16 octobre, les informations publiées indiquent que les arrêts devaient courir jusqu’au dimanche 18 octobre, sans confirmation d’une prolongation au-delà de cette date dans les sources consultées. Rappelons que le CHU de Limoges, premier employeur du Limousin, affiche un budget de 700 millions d'euros. Il manquait 60 infirmiers et 40 aides-soignants en 2022. La rénovation de l'hôpital Dupuytren est estimée à plus de 500 millions d'euros, que l'État ne finance pas.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe dossier soulève une question qui dépasse le seul établissement hospitalier : que vaut la reconnaissance écrite d’une erreur médicale lorsque la justice décide de ne pas poursuivre, sans même avertir les proches de la victime ?
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe 24 janvier 2024, vers 5 heures du matin, Salah Hamidi, chauffeur chez Veolia depuis une vingtaine d’années, signale aux pompiers des douleurs thoraciques, une gêne respiratoire et des engourdissements dans les bras. Pris en charge à 5 h 26 au Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan-Étampes, il subit une prise de sang et deux électrocardiogrammes.
Vers 8 h 10, il quitte l’établissement à pied, muni d’une ordonnance et conseillé de consulter un cardiologue. Sa voiture se trouve à près de trois kilomètres. Il prévient une collègue qu’il ne travaillera pas et demande à son frère jumeau de le retrouver à la pharmacie. Il ne quittera finalement jamais le parking de l’hôpital.
Après 9 h 23, son téléphone ne répond plus. Sa sœur, Karima Hamidi, le retrouve allongé côté passager dans son véhicule. Malgré une quarantaine de minutes de réanimation, son décès est constaté à 12 h 55.
Saisie par la famille, l’ARS répond moins d’un mois plus tard. Son courrier indique que les anomalies du second électrocardiogramme étaient compatibles avec un syndrome coronarien aigu. L’établissement reconnaît alors « l'entière responsabilité » d'une erreur d'interprétation. Cette reconnaissance porte sur la lecture de l’examen, mais ne constitue pas, à elle seule, une décision judiciaire sur l’ensemble des responsabilités.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreDès le 25 janvier 2024, la famille dépose plainte. Le 10 juillet 2025, le procureur d’Évry classe l’affaire sans suite, invoquant des témoignages et des examens selon lesquels Salah Hamidi « se portait bien » à sa sortie. Selon les informations rapportées, la famille n’est pas informée de cette décision au moment où elle intervient.
Fin juillet 2026, les proches déposent une plainte avec constitution de partie civile afin d’obtenir un examen judiciaire de l’affaire. Leur avocat, Jean-Christophe Coubris, conteste la cohérence du classement. Le 15 octobre 2026, BFMTV rapporte également une nouvelle plainte de Karima Hamidi visant l’établissement. Les sources disponibles ne précisent pas comment ces deux démarches s’articulent. L’hôpital indique, de son côté, avoir tenté à plusieurs reprises de joindre Karima Hamidi.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !À ce jour, aucune procédure n’a abouti à un jugement ou à une condamnation. Dans un service public financé par la collectivité, la confiance ne repose pas seulement sur la qualité des soins : elle exige aussi que les erreurs soient examinées avec rigueur et que les familles puissent comprendre les décisions prises. Une reconnaissance écrite ne remplace pas un procès ; un classement sans suite ne dissipe pas les questions qu’elle soulève.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frCe vendredi matin, la préfecture de police a voulu trancher : le cortège parisien partirait de la place de la République et s'arrêterait place de la Nation. Il aura fallu trois jours pour en arriver là. Jeudi, le préfet Patrice Faure avait interdit le parcours déclaré par les étudiants de l'Interfac, de République à la Concorde, au nom de « risques sérieux de troubles à l'ordre public ». Il avait refusé dans la foulée celui des Gilets jaunes et des syndicats, de l'Opéra à la Bastille, et proposé à la place un détour par Clichy, Pigalle et Barbès, que personne ne voulait.
Le mouvement, lui, n'a ni chef ni bureau. Il est né sur les réseaux, contre le prix du gazole et la vie chère, et il s'est grossi en route des lycéens, des étudiants, puis des syndicats. Une carte collaborative recense plus de mille actions ; une source proche du ministère de l'Intérieur en compte 200 à 300, dont une soixantaine de manifestations. À Paris, les autorités attendent entre 20 000 et 40 000 personnes.
Le pouvoir a peur, et il ne s'en cache pas. Laurent Nuñez a réuni cette semaine les chefs de la police, de la gendarmerie et du renseignement ; il a briefé les préfets par visioconférence ; il annonce 50 à 100 black blocs dans des villes comme Nantes, Rennes ou Lyon, et promet « une intervention ferme et immédiate » contre tout blocage durable. Sébastien Lecornu, qui parlait déjà le 1er octobre de « violences urbaines » à propos des lycées, n'a pas changé de vocabulaire.
Qu'est-ce qui fait trembler un ministre de l'Intérieur à la veille d'un samedi d'automne ? Pas les vitrines, il en a vu d'autres. C'est un mot, que la gauche française se transmet comme un bijou de famille depuis cent cinquante ans : la convergence des luttes. L'idée que les colères, en se rejoignant dans la rue, finiront par faire tomber le pouvoir d'un coup, un soir, comme un fruit trop mûr. Le Grand soir.
Ce Grand soir est-il possible le 17 octobre ? Personne n'a de boule de cristal. Mais on peut regarder comment la machine est montée, et la machine dit déjà beaucoup.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frCommençons par concéder ce qui est vrai : la colère existe, et elle est profonde. Le pouvoir d'achat arrive en tête des préoccupations des Français dans l'enquête Toluna-Harris d'octobre. Plus d'un millier de lycées ont été touchés par les blocages depuis la fin septembre, pour des professeurs absents et jamais remplacés. Les chefs d'entreprise voient arriver un budget qui taxe la transmission de leur société, les automobilistes un gazole qui ne redescend pas, les étudiants un Parcoursup qu'ils détestent, et les fonctionnaires une grève programmée pour le 5 novembre.
Seulement, cette colère est émiettée. Chacun la porte dans son coin, avec sa revendication, son vocabulaire et son calendrier. Le lycéen de Créteil ne demande pas la même chose que l'artisan de la Somme, qui ne demande pas la même chose que l'agent des finances publiques. Ce sont des braises éparses, pas un incendie.
Le pouvoir le sait, et c'est précisément ce qui l'inquiète : des braises éparses peuvent se rejoindre. La fusion de ces colères produirait une réaction chimique dont personne ne connaît la formule, et c'est cette inconnue, plus que le nombre, qui tient éveillés les préfets.
Reste à savoir si les Grands soirs existent vraiment. C'est l'une des images les plus chères à l'imaginaire français, et l'une des moins démontrables. Le 14 juillet 1789, on prend la Bastille, et l'on en fait l'acte de naissance de la Révolution. Mais les États généraux siégeaient depuis le 5 mai, les députés du tiers s'étaient proclamés Assemblée nationale le 17 juin et avaient juré au Jeu de paume le 20 de ne pas se séparer. Personne ne peut prouver que la Révolution n'aurait pas eu lieu sans la prise d'une forteresse qui ne gardait plus que sept prisonniers. Faut dire que le soir fait une meilleure gravure que le mois de procédure qui l'a précédé.
Je soupçonne donc le Grand soir d'être un récit après coup plus qu'un mécanisme. Mais le simple fait que le ministère de l'Intérieur passe sa semaine à le redouter prouve une chose : beaucoup, au sommet de l'État, le croient possible. Laurent Nuñez ne réunit pas tous les préfets en visioconférence pour un défilé.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreFace à cette peur, le système ne réfléchit pas, il réagit, et il réagit plutôt bien. Il n'a besoin ni de complot ni de chef d'orchestre : il a des réflexes, polis par des décennies de cortèges.
Le premier réflexe appartient à la préfecture. Fixer un parcours la veille au matin, ce n'est pas de l'indécision, c'est une technique. Un trajet connu trop tôt attire des cars de province, des groupes organisés, des rendez-vous ; un trajet connu trop tard décourage les arrivées massives et laisse aux seuls Parisiens le soin de remplir les boulevards. Le parcours République–Nation, par le boulevard Voltaire, est celui de tant de manifestations syndicales depuis un demi-siècle : large, droit, facile à fermer aux deux bouts. On ne marche pas sur l'Élysée en descendant vers la Nation.
Mais la préfecture ne fait que la moitié du travail. L'autre moitié, la plus délicate, elle ne peut pas la faire elle-même. Elle revient à la gauche installée, et d'abord à la CGT.
Le 13 octobre, la confédération a annoncé qu'elle rejoindrait les manifestations de samedi, pour faire barrage, dit-elle, aux « tentatives de détournement » de l'extrême droite. Le 15, Matignon citait La France insoumise, le NPA et la CGT parmi ceux qui déclaraient des cortèges. Avec eux arrivent un service d'ordre, des chasubles, un camion sono, et surtout des revendications. À Dijon, le communiqué de Solidaires réclame l'indexation des salaires et la taxation des superprofits ; le prix du gazole n'y figure plus. Et l'étape suivante est déjà fixée : la grève du 5 novembre, décidée par cinq confédérations avant même que la rue ne bouge.
Je ne dis pas que la CGT travaille pour Matignon. Je dis qu'elle fait samedi exactement ce que Matignon ne peut pas faire : donner à une colère sans adresse un parcours, un ordre du jour et une date de rendez-vous. Dans une armée, on appelle cela des auxiliaires.
Ce n'est pas nouveau, c'est très français. En mai 1968, pendant que les étudiants dépavaient le Quartier latin, la CGT de Georges Séguy se méfiait d'eux comme de la peste, et c'est avec elle que Georges Pompidou négocia, rue de Grenelle, jusqu'au 27 mai, une hausse de 35 % du salaire minimum. Le Grand soir s'est conclu par un accord salarial, puis, un mois plus tard, par une Chambre introuvable de droite. On peut y voir une trahison. J'y vois plutôt un savoir-faire.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Mettons bout à bout ce que nous avons sous les yeux. Un trajet défini et déclaré. Un service d'ordre. Des organisations responsables, qui ont un siège, un bureau et des interlocuteurs en préfecture. En une semaine, le 17 octobre est passé du collectif insaisissable, que personne ne pouvait convoquer ni disperser, à un mouvement structuré. Hybridé, pour être exact.
Le politologue néerlandais Cas Mudde a donné l'outil le plus utile pour comprendre ce qui se passe. Dans un article de 2004 devenu classique, « The Populist Zeitgeist », publié par la revue Government and Opposition, il définit le populisme comme une idéologie qui sépare la société en deux groupes homogènes et antagonistes, « le peuple pur » et « l'élite corrompue », et qui veut que la politique exprime la volonté générale du peuple. Il ajoute surtout que c'est une idéologie « mince » : elle dit contre qui l'on se bat, pas ce que l'on veut construire. Pour durer, elle doit donc s'attacher à une idéologie « épaisse », une idéologie hôte, le nationalisme à droite, le socialisme à gauche, qui lui fournit un programme, des cadres et une doctrine.
Les Gilets jaunes de 2018 étaient le cas d'école d'un populisme mince à l'état pur : « eux » contre « nous », le référendum d'initiative citoyenne, et rien d'autre. C'est ce qui les rendait insaisissables, et c'est aussi ce qui les a fait mourir, faute d'hôte. Ceux de 2026 en ont trouvé un en trois jours. La CGT, Solidaires et La France insoumise leur apportent l'épaisseur : l'indexation, les superprofits, le barrage. Ils y gagnent un service d'ordre et une date au 5 novembre. Ils y perdent le rond-point.
Et vous, qui attendez peut-être de ce samedi qu'il fasse ce que vous n'osez pas faire vous-même ? Le Grand soir a cette commodité qu'il dispense de tous les petits matins. On le délègue à la rue comme on délègue tout le reste, et quand la rue le délègue à son tour à un syndicat, on s'étonne qu'il ait fini rue de Grenelle.
Samedi soir, il y aura peut-être beaucoup de monde place de la Nation, et l'on parlera d'un succès. Je le souhaite à ceux qui défilent, dont beaucoup ont d'excellentes raisons d'être là.
Mais un cortège qui part de République à l'heure dite, sous chasuble CGT, avec un rendez-vous fixé au 5 novembre, ne prend pas de Bastille. Il arrive à la Nation, il se disperse, et il rentre en RER. Il y a peu de risques que le 17 octobre se transforme en insurrection : le pouvoir a pris ses précautions, et ses auxiliaires ont pris les leurs.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 12 octobre au matin, en réponse à un internaute, il écrit : « Il y a par cette victoire un rempart - du moins pour l'instant. Plus Glucksmann le martèle plus la France est protégée - pour l'instant. » Le rempart désigne, dans le même message, la défaite des « alliés ouverts de LFI ».
Le 14 octobre, il publie une mise au point. Il y qualifie d'« idée parfaitement imbécile » l'affirmation selon laquelle il soutiendrait Raphaël Glucksmann. Il écrit s'être réjoui que « la ligne de M. Faure de soumission immédiate à LFI ait perdu à gauche », dans « un scrutin qui est ce qu'il est ». Il ajoute que « à peu près toutes les idées » du candidat ont, à ses yeux, « détruit, avec une rare constance, notre société. Notre économie. Notre puissance. » Il rappelle son engagement pour un référendum d'initiative citoyenne.
Le 15 octobre, il précise : « Même si je combat cet homme, je préfère qu'il y ait une gauche non LFI. » Le 16 octobre, il écrit que « pour l'instant tout ce qui peut affaiblir LFI est bon pour la France ».
Un premier message, antérieur à ces textes, est cité par un internaute le 12 octobre à la mi-journée. Selon cette citation, il comportait les formules « Je suis fier », « Il est porteur d'une idée digne de la gauche sociale-démocrate » et « Ce soir, la France est moins sale ». Ce message n'apparaît plus sur le compte d'Alexandre Jardin le 16 octobre. Son contenu exact n'a pas pu être vérifié à la source.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frL'association Les Gueux s'est constituée en 2025 contre les zones à faibles émissions, qui restreignent la circulation des véhicules les plus anciens dans les grandes agglomérations. Alexandre Jardin y voit une forme de ségrégation sociale, selon un entretien accordé à Causeur en mai 2025. Le 17 mars 2025, il avait interpellé Raphaël Glucksmann sur X, en lui demandant si la social-démocratie rejoindrait la mobilisation des Gueux.
Le 8 octobre 2026, l'Assemblée nationale a examiné la proposition de loi de Pierre Meurin (RN) abrogeant les ZFE. Un amendement de suppression de l'article unique a été rejeté par 164 voix contre 49. Les débats se sont interrompus à minuit, sans vote sur l'ensemble du texte. Selon le relevé de NosParlementaires, le groupe socialiste a voté pour les amendements de suppression, comme Renaissance et les écologistes ; le RN, LFI, le groupe UDR et la Droite républicaine ont voté contre. Le groupe socialiste compte parmi ses membres les deux députés de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann.
Le 15 octobre, Alexandre Jardin a dénoncé « l'obstruction de tous les partis » favorables au maintien des ZFE, « officiellement Renaissance, PS, Verts », et « le mépris de la pauvreté derrière ce comportement ». Les deux prises de position, celle du 12 et celle du 15, sont publiées à trois jours d'intervalle.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreDans les milieux qui avaient soutenu le mouvement des Gueux, la réaction a été rapide. Le compte qui cite le premier message parle de « rétropédalage » et signe « nous, les gueux » ; son message a été vu plus de 19 000 fois. D'autres internautes évoquent une « félonie », en rappelant les votes sur les ZFE ; une vidéo publiée sur YouTube s'intitule « la trahison des gueux ? ».
Le 15 octobre, sur CNEWS, Christine Kelly a interrogé Alexandre Jardin : « Comment avez-vous fricoté avec Raphaël Glucksmann ? » L'extrait, diffusé sur X
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frJe distinguais une correction boursière d'une purge, au sens autrichien : la liquidation des investissements engagés parce que le crédit était trop bon marché pour refléter le vrai coût du temps. Et je désignais le déclencheur. Ce ne serait pas la Bourse, ce serait le crédit. Une bulle d'investissement ne meurt pas quand les actions baissent. Elle meurt le jour où sa dette ne se refinance plus au prix prévu.
Trois faits, dans cet ordre.
Premièrement, la dette des plus fragiles est entrée en zone de détresse. Les obligations de CoreWeave se traitent sous 80 cents pour un dollar de valeur nominale, niveau qui signale un doute sérieux sur le remboursement. Sur la semaine, l'action a perdu 17 % et celle de Nebius, son concurrent, 18 %, selon la reprise de l'article du FT par KuCoin.
Deuxièmement, la défiance remonte vers les signatures solides. Les obligations émises par Meta, Nvidia et Oracle pour financer leurs centres de données passent sous le pair, c'est-à-dire sous leur prix d'émission. Ce ne sont pas des emprunteurs en difficulté. C'est le prix de l'argent qui a changé sous leurs pieds.
Troisièmement, ce prix de l'argent monte. Les prix à la production américains ont augmenté de 6,3 % sur un an en septembre, contre 5,5 % attendus, et le rendement du Trésor américain à 10 ans s'établissait à 5,085 % le 15 octobre, selon TheStreet. Une nouvelle hausse de la Fed est désormais jugée possible dès la fin du mois.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frGartner estime que les propriétaires de centres de données devraient générer 8 500 milliards de dollars de revenus d'ici fin 2030 pour couvrir leur coût du capital. La dépense totale en services d'IA plafonnerait à 3 600 milliards. Le cabinet ajoute
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frÀ Guémené-sur-Scorff, dans le Morbihan, il ne reste que trois producteurs artisanaux de cette spécialité fumée au bois de hêtre. Leur savoir-faire, attesté depuis au moins le XVIIIe siècle, pourrait-il être fragilisé par une méthode de contrôle devenue plus contraignante ? L’affaire mérite mieux qu’une réponse servie froide au nom de la réglementation.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frL’andouille de Guémené est fabriquée à partir de chaudins de porc fumés, puis séchés pendant deux à trois semaines. Le fumage dépose sur la peau des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des substances issues notamment de la combustion, dont certaines présentent des risques sanitaires. Le benzo[a]pyrène, l’un des HAP surveillés, est notamment classé génotoxique : il peut endommager le matériel génétique des cellules.
La réglementation européenne, durcie en 2011 et applicable depuis le 1er septembre 2014, fixe pour les viandes fumées des plafonds de 12 microgrammes par kilogramme pour la somme de quatre HAP et de 2 microgrammes par kilogramme pour le benzo[a]pyrène. Un régime dérogatoire destiné à certains produits traditionnels permet respectivement 30 et 5 microgrammes par kilogramme.
L’Irlande, la Pologne, l’Espagne, le Portugal, la Croatie et Chypre en bénéficient. Pas la France, qui n’a jamais sollicité ce dispositif. Selon les producteurs, la méthode d’analyse a également changé : jusqu’en 2016, les contrôles s’effectuaient sans la peau ; depuis, celle-ci est intégrée lorsque le boyau est considéré comme comestible. Aucune instruction administrative publiée n’est toutefois citée pour documenter ce changement.
Benoît Rivalan, de la Maison Rivalan-Quidu et président de la Maison de l’andouille, rapporte des résultats d’environ 150 µg/kg peau comprise, contre 10 à 15 µg/kg lorsqu’une gaine textile est utilisée avant fumage. Ces chiffres sont ceux du producteur, et non ceux d’une série d’analyses publiques. Il affirme avoir dépensé environ 5 000 euros en analyses sur un seul mois.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreDébut septembre 2026, la Maison de l’andouille a temporairement suspendu ses ventes. Une pétition a recueilli près de 20 000 signatures. Le député du Morbihan Jean-Michel Jacques réclame des seuils dérogatoires adaptés aux fabrications traditionnelles ou le retour à l’ancien protocole, accompagné d’une mention sur l’emballage déconseillant la consommation de la peau.
Trois groupes politiques ont porté un vœu examiné au Conseil régional de Bretagne le 15 octobre. La veille, la préfecture du Morbihan annonçait qu’une solution était « en passe d’être finalisée ». Dès le lendemain, la question gagnait la Normandie, où l’andouille de Vire est également concernée. Ni la DGAL, ni la direction départementale du Morbihan, ni la Commission européenne ne sont citées dans les sources disponibles comme ayant répondu aux interrogations soulevées. L’andouille de Guémené ne bénéficie par ailleurs ni d’une AOP ni d’une IGP : sa protection ne repose donc pas sur ces labels européens.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Protéger les consommateurs est légitime ; expliquer pourquoi certains pays ont obtenu des aménagements quand Paris n’a pas engagé la démarche l’est tout autant.L’accusation de fabrication non conforme est savoureuse : elle est servie chaude par des administrations qui n’ont pas demandé la dérogation, ne répondent pas et laissent trois artisans payer pour une peau que personne ne mange. Si quelqu’un andouille le consommateur dans cette histoire, ce n’est pas le charcutier de Guémené.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 29 juin 2015, à Athènes, les distributeurs de billets ne donnaient plus que soixante euros par jour et par carte. Les banques sont restées fermées trois semaines, jusqu'au 20 juillet. Entre la fin de 2014 et la fin de juin, les Grecs avaient retiré 42 milliards d'euros de leurs comptes, le quart de leurs dépôts. Ils n'avaient pas attendu de voir le gouvernement d'Alexis Tsipras à l'œuvre : dès décembre 2014, le mois où des élections anticipées furent convoquées, 2,5 milliards étaient déjà sortis. Le 13 juillet, après dix-sept heures de négociation, Tsipras signait un plan plus dur que celui que son peuple venait de rejeter par référendum.
Je pense à ces soixante euros en regardant les sondages français. Le dernier, réalisé par l'Ifop du 12 au 14 octobre, donne Marine Le Pen à 32 % et Jean-Luc Mélenchon à 16 % au premier tour. Le second tour Le Pen-Mélenchon n'est plus une hypothèse d'école.
Il faut donc répondre à la question que pose le titre, et je vais y répondre : Mélenchon effondrerait la France plus vite. En quelques semaines, par la peur, sur le modèle grec. Marine Le Pen l'effondrerait plus lentement, en un budget, par la déception. Les deux arriveraient au même endroit, et notre carte dit pourquoi.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe Courrier a publié cette semaine une carte libertarienne de trente-quatre forces politiques, placées sur deux axes : la distance à laquelle se prend la décision, et le sens dans lequel elle circule, du décret vers le citoyen ou du contrat entre citoyens. Marine Le Pen y figure à +4,3 sur la souveraineté et +4,2 sur l'État. Jean-Luc Mélenchon à +2 et +5. Sur l'axe qui compte pour un budget, celui de l'État, ils sont l'un à côté de l'autre, tout en haut.
Cela veut dire une chose simple. Ni l'un ni l'autre ne propose de réduire le périmètre de l'État. L'une promet de le faire payer par d'autres, l'autre de le faire payer par plus d'impôts. Le premier à dire au retraité, au fonctionnaire ou à l'allocataire qu'il recevra moins n'est pas encore candidat.
Le terrain sur lequel l'un ou l'autre arriverait est connu. La dette publique approche 3 640 milliards d'euros, près de 120 % du PIB. Le Trésor doit lever 340 milliards sur les marchés en 2027. L'État emprunte à dix ans à 4,87 %, et plus cher que l'Italie. Et 57,5 % de sa dette négociable est détenue par des non-résidents, qui n'ont aucune raison sentimentale de rester.
Le 14 octobre, Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel ont présenté leur budget : 106,4 milliards de recettes nouvelles, 81,7 milliards de dépenses nouvelles, un impôt sur les héritages qui rapporterait 20 milliards de plus, une taxe sur les patrimoines au-delà de 100 millions, la suppression de la flat tax, 100 milliards d'épargne « mobilisés » chaque année, l'assurance-vie rendue « moins intéressante ». Et l'annulation, ou le gel, de la dette française détenue par la Banque centrale européenne, quelque 640 milliards. Vincent Clairmont en a fait les comptes ici même : 106 milliards de prélèvements en plus pour viser le même déficit que le gouvernement Lecornu.
La crise ne viendrait pas de l'application de ce programme. Elle viendrait de son annonce. Un épargnant n'attend pas qu'on taxe son héritage pour déplacer son argent, et un fonds de pension de Singapour n'attend pas qu'on gèle la créance de la BCE pour vendre ses titres français. Il lui suffit de comprendre qu'un gouvernement est prêt à ne pas rembourser l'un de ses créanciers.
On m'opposera Allende, et on aura raison d'y penser. Au Chili, l'inflation est passée de 22 % en 1971 à 163 % en 1972, puis à plus de 500 % en 1973 ; les rayons des magasins se sont vidés, le riz et la farine se vendaient au marché noir, et l'État n'avait plus de réserves de change. Mais il a fallu trois ans. Allende disposait d'une monnaie nationale : il imprimait, et la crise passait par les prix, lentement.
Mélenchon n'aurait pas de planche à billets. Il aurait l'euro, comme Tsipras. Dans une monnaie qu'on ne contrôle pas, la crise ne passe pas par les prix, elle passe par les comptes. Faut dire qu'un Français inquiet n'a pas besoin de cacher des billets sous son carrelage : il lui suffit d'ouvrir un compte dans une banque allemande ou néerlandaise, en dix minutes, depuis son téléphone. C'est la variante grecque, et elle va plus vite que la chilienne.
On répondra que la France n'est pas la Grèce : deuxième économie de la zone euro, trop grosse pour qu'on la laisse tomber, et la BCE dispose depuis juillet 2022 d'un instrument pour acheter la dette d'un pays attaqué. C'est vrai, et c'est précisément là que le piège se referme. Cet instrument, la BCE ne l'accorde qu'à des conditions écrites : le respect des règles budgétaires européennes, une dette jugée soutenable, le suivi des recommandations de la Commission. La France est sous procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024. Un gouvernement qui ajouterait 82 milliards de dépenses et proposerait d'annuler la créance de la BCE ne remplirait aucune de ces conditions. On aiderait sans doute la France, oui. Comme on a aidé la Grèce le 13 juillet 2015, contre un mémorandum.
Je suppose que Mélenchon le sait. Il a vu Tsipras. Mais un candidat qui promet de ne pas plier ne peut pas annoncer, entre les deux tours, qu'il pliera.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreAvec Marine Le Pen, le marché ne paniquerait pas le premier soir. Il l'a montré le 7 octobre : le jour où elle a présenté son plan de 140 milliards d'économies, le taux à dix ans a reflué à 4,75 %. Les investisseurs connaissent le précédent italien. Giorgia Meloni, venue de la droite souverainiste, gouverne depuis 2022, et l'écart de taux de l'Italie avec l'Allemagne était tombé fin 2025 à 72 points de base, au plus bas depuis 2010, parce que son budget s'est révélé plus prudent que ses discours.
Le marché ferait donc à Marine Le Pen crédit de ses renoncements futurs. C'est là que commence son problème.
Thibault de Varenne l'a décrit dans ces colonnes le 22 septembre : le Rassemblement national a différé pendant des années tous ses arbitrages internes, sur le voile, sur la Russie, sur les retraites, et il les voit remonter ensemble. Le programme du 7 octobre ne tranche aucun d'eux. Il additionne. Près de la moitié de l'effort repose sur trois payeurs qui ne votent pas en France : 32,5 milliards demandés aux fraudeurs, 19,5 à Bruxelles, 29 aux étrangers privés de prestations. La retraite revient à 62 ans, ce que l'Institut Montaigne chiffre jusqu'à 34 milliards par an, et le même plan inscrit 15 à 20 milliards d'économies sur les retraites. Enfin, la candidate veut inscrire dans la Constitution une règle d'or qui plafonnerait le déficit 2027 à 2,4 %, quand sa propre trajectoire affiche 4,9 %.
Rien de cela ne déclenche une crise un soir d'élection. Tout cela déclenche une crise le jour où il faut écrire le premier projet de loi de finances, à l'automne 2027. Ce jour-là, il n'y a que deux chemins. Le premier est celui de Meloni : tenir les comptes, donc renoncer à la retraite à 62 ans telle qu'elle a été promise, et découvrir que la fraude recouvrée ne fait que 600 millions par an. L'électorat populaire qui a porté le RN au pouvoir apprend alors qu'il paiera. Le second est de tenir les promesses : le déficit dépasse les engagements, Bruxelles constate que la France ne corrige pas son déficit excessif, l'instrument de la BCE se ferme, et l'on retrouve l'horloge du marché avec six mois de retard.
Dans le premier cas, la crise est sociale. Dans le second, elle est financière. Dans les deux, elle arrive avec le premier budget.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Il serait confortable d'en rester là, et de compter les points entre deux candidats. Mais une fuite de capitaux n'est pas l'œuvre d'une poignée de spéculateurs. À Athènes, les 42 milliards ne sont pas sortis des coffres de fonds anglo-saxons : ils sont sortis des comptes de retraités, de commerçants, d'épargnants ordinaires qui ont pris peur avant les autres.
En France, ce sera pareil. Le premier à vendre ne sera pas forcément un fonds de Singapour. Ce sera peut-être vous, le lundi qui suit le second tour, en déplaçant votre assurance-vie ou votre livret avant que le voisin ne le fasse. Et ce sera aussi vous, si Marine Le Pen est élue, qui descendrez dans la rue à l'automne quand on vous annoncera que les 62 ans attendront. Ensemble, ces deux candidats réunissent 48 % des intentions de vote au premier tour. Ces 48 %, ce ne sont pas eux qui les ont écrits : ce sont des électeurs qui veulent l'État protecteur sans la facture.
Je réponds donc à la question posée. Mélenchon irait plus vite : de l'ordre de quelques semaines entre son élection et le premier contrôle des capitaux, parce qu'il annonce qu'un créancier ne sera pas remboursé, dans une monnaie qu'il ne contrôle pas, avec 57,5 % de la dette entre des mains étrangères. Marine Le Pen irait moins vite : un budget, celui de l'automne 2027, parce qu'elle a promis en même temps la retraite à 62 ans et une règle d'or à 2,4 %.
Sur notre carte, l'une est à +4,2, l'autre à +5. La différence de vitesse ne vient pas de l'écart entre ces deux chiffres. Elle vient de ce que l'un des deux programmes annonce un créancier non remboursé. La destination, elle, est la même : un État dont les dépenses atteignent 57,2 % du PIB, et que ni l'une ni l'autre ne propose de réduire d'un euro.
À Athènes, il a fallu six mois entre l'annonce des élections et les soixante euros au distributeur. À Paris, avec Mélenchon, je ne parierais pas sur six mois. Avec Marine Le Pen, je parierais sur octobre 2027.
![]()
LA NEWSLETTER · GRATUITE
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe 13 octobre, j'écrivais ici que trois choses rapprochaient l'Europe d'une guerre chaude avec la Russie : une date de guerre répétée à toutes les tribunes, un plan de riposte qui frapperait le sol russe, et l'absence de tout traité. J'ajoutais qu'ensemble, elles permettaient qu'un incident de frontière déclenche la guerre sans que personne l'ait décidée. Depuis ce matin, cet incident est devenu plus probable. Il faut dire pourquoi, et à qui revient l'allumette.
ABONNEMENT
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frLe Financial Times rapporte la version de Zelensky. Pendant la pause, les alertes américaines qui signalent le départ des missiles balistiques russes ont cessé d'arriver. Le réseau Starlink, par lequel communiquent une grande partie des unités ukrainiennes, a été ralenti dans tout le pays. Des militaires américains auraient prévenu : « Si vous n'arrêtez pas, nous bloquerons le renseignement. » On a parlé ensuite à Kiev d'une panne technique. « Ce n'était pas un problème technique, c'était une volonté », répond Zelensky.
La Maison-Blanche dément avoir coupé quoi que ce soit. Elon Musk, propriétaire de Starlink, a fait observer que le réseau militaire Starshield appartient au gouvernement américain, qui en fixe le débit. Chacun tirera de cette précision ce qu'il voudra. Le service a été depuis partiellement rétabli, selon les autorités ukrainiennes.
Retenons le fait, qui ne dépend d'aucune version : l'Ukraine reprend ses frappes à longue portée au moment où elle voit moins bien, communique moins bien, et ne sait plus si les yeux qu'on lui prêtait resteront ouverts demain.
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreIl faut maintenant regarder une carte. Les cibles les plus rentables de Kiev sont les ports pétroliers russes de la Baltique, Ust-Luga et Primorsk, à l'ouest de Saint-Pétersbourg. Ils sont à quelques dizaines de kilomètres de l'Estonie et de la Finlande. Pour les atteindre, les drones partis d'Ukraine passent à proximité de la frontière de l'Alliance atlantique.
Ce printemps, l'Ukraine les a frappés à répétition. Entre le 23 mars et le 8 juin, on a compté une quinzaine d'incidents où des drones ukrainiens égarés sont tombés en territoire allié. Le 25 mars, l'un d'eux a touché la cheminée de la centrale électrique d'Auvere, en Estonie. Le 30 mars, un autre s'est écrasé près de Kouvola, en Finlande, avec une charge qui n'avait pas explosé. Le 7 mai, un troisième a explosé sur un dépôt pétrolier de Rēzekne, en Lettonie ; des écoles ont fermé, et le ministre letton de la Défense a démissionné. Le 19 mai, un F-16 roumain a abattu un drone au-dessus de l'Estonie. Le 8 juin, c'est un Rafale français qui en a détruit un au-dessus de la Lettonie. Kiev s'est excusé auprès d'Helsinki et a mis en cause le brouillage russe. Le 31 mars, le Kremlin avait menacé de riposter contre tout pays qui « prêterait » son espace aérien à ces frappes.
Un pilote français a donc déjà tiré, cette année, sur un engin entré dans le ciel de l'OTAN. Personne ne s'en souvient. C'est ainsi que les choses commencent.
TIPS · SANS ABONNEMENT
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !Le 24 septembre, le renseignement militaire danois décrivait les formes que pourrait prendre une attaque russe limitée contre un pays de l'OTAN. L'une d'elles est une attaque sous faux drapeau avec des drones de fabrication ukrainienne. L'hypothèse est précise, et elle est terrible. Le jour où un drone tombera sur une
![]()