Communiqué de presse du Collectif Citoyen « Sortie de Banque »
Le collectif « Sortie de Banque » est un regroupement citoyen pacifiste, non partisan, composé de bénévoles déterminés à agir face à la crise économique actuelle et aux dérives successives des gouvernements. Notre démarche est légale et nous nous adressons à toutes les forces politiques prêtes à écouter. Nous proposons une solution nationale et libre pour répondre aux enjeux de l’inflation, cesser le financement des conflits et, pour la première fois, permettre à tous de vivre sans banque, en seulement 2 heures.
À court terme, les espèces semblent une bonne alternative pour conserver une part de contrôle sur nos échanges financiers. Cependant, vous remarquerez que seules des petites coupures sortent désormais des distributeurs (50€ max, comparé à 500€ initialement) et que la gestion des espèces est sous le contrôle de la BCE et de la BdF (Banque de France) sans possibilité de contrôle direct par les citoyens. Cela fait des espèces une solution non souveraine, et une impasse face à la montée de l’inflation.
C’est pourquoi nous proposons une autre voie.
Parmi les solutions long terme existantes, l’une des plus viables est la combinaison de Bitcoin (traçable) et Monero (intraçable comme les espèces). Ces cryptomonnaies, bien que non reconnues comme des monnaies au sens de l’UE, constituent des moyens d’échange légaux et libres. Elles permettent de reprendre le contrôle sur nos transactions tout en restant dans un cadre éthique, responsable et conforme aux législations en vigueur (conformément à l’article L561-1 du CMF en France et règlement 2018/1672 en UE). L’UE s’étant justement construite sur l’idée fondamentale d’une libre circulation des biens et marchandises.
En seulement 2 heures, chacun a désormais une alternative crédible face au projet d’€-numérique CBDC : aujourd’hui, des centaines de commerces français locaux et en ligne acceptent déjà Bitcoin/Monero.
Nous incitons bien entendu à déclarer ce qui doit l’être selon la loi, tout en affirmant que la confidentialité financière est un droit inaliénable et millénaire.
Bloquez la date du 26 octobre 2024, à partir de 19h !
Partout en France, les groupes locaux se réuniront pour un événement inédit qui marquera une étape décisive dans la mise en oeuvre de notre alternative. Rejoignez dès à présent votre groupe local via ce lien sur le Forum.
Matériel à prévoir svp : 1 à 2 imprimantes par groupe local, un ordinateur portable lié (câble USB, driver), une rallonge électrique, des cartouches d’encre et du papier A4. Bonus : du papier autocollant A4 blanc.
=> forum.nowhere.moe/t/rejoindre-les-groupes-locaux-sdb-france/81
Et en commentaire de https://t.me/SortieDeBanque/214
Toute tentative de discréditer notre démarche légale, pacifique et éthique ne fera que renforcer notre audience par effet boomerang. Les codes sources sont libres, stockés à l’international et désormais inarrêtables. De même, nos cagnottes sont désormais incensurables.
La confidentialité financière est un droit. Bientôt, nous publierons une charte de bonne conduite pour un usage éthique de Bitcoin et Monero, de l’achat/stockage à la dépense.
Collectif Sortie de Banque
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Un article de Henry Bonner
La banque BNP Paribas lance une acquisition des activités de gestion de fonds d’AXA – la société d’assurances et de finance – pour un peu plus de 5 milliards d’euros.
Les Echos rapportent ainsi :
“Après des années de valse-hésitation sur l’avenir de sa gestion d’actifs, AXA saute le pas. Le deuxième assureur européen a annoncé jeudi soir être entré en négociations exclusives avec BNP Paribas pour lui céder sa filiale AXA Investment Managers (IM).
“BNP Paribas Cardif, la compagnie d’assurances de BNP Paribas, va débourser 5,1 milliards d’euros en numéraire pour cette acquisition d’envergure, dont la finalisation est attendue à l’été 2025, précise la première banque de la zone euro.”
AXA gère, via son offre de fonds, 844 milliards d’euros pour des clients, avec des trackers sur les indices, des hedge funds, la gestion d’actifs pour des assurances, et du conseil en gestion de patrimoine.
Le montant de l’acquisition reflète une valorisation en proportion des actifs sous gestion :
“La gestion d’actifs [d’AXA IM] est valorisée à 0,6 % des encours sous gestion, soit environ la même valeur que les gestionnaires cotés Amundi (0,6 %) et DWS (0,7 %).”
Les banques de détail en France, comme BNP Paribas, font face à des problèmes de marges… en raison des coûts de personnel – malgré la fermeture de branches – et le coût des hausses de rendements sur le Livret A et d’autres produits d’épargne.
Avec le rachat des activités dans la gestion de fonds, BNP Paribas cherche des sources de revenus via des frais de gestion… sans les coûts et difficultés de la banque de détail. Elle conclut ainsi une transaction avec l’assureur AXA pour l’achat des activités de gestion de fonds du groupe, la branche AXA IM (Investment Managers).
La transaction a lieu en réaction à la pression sur les marges dans la banque de détail en France. L’un des problèmes des banques de détail provient des hausses de rendement sur les comptes de clients, en particulier dans les Livrets A.
D’autre part, la baisse de demande pour les crédits réduit les sources de bénéfices.
Les chiffres de la Banque Postale donnent un exemple des dégâts.
Les Echos rapportent :
“Touchée comme ses concurrents, La Banque Postale voit son résultat net baisser de 11,3 % sur le premier semestre, à 515 millions d’euros. Et la chute de 11,9 % de la production de crédits dans la banque de détail a contribué à ce recul. Sur les seuls prêts immobiliers, la baisse atteint 32,8 %.”
La société d’analyse Kearney fournit plus de détails sur la perte de rentabilité des banques en France.
Les banques de détail subissent, depuis les confinements, des hausses de coûts – dont les intérêts sur les comptes d’épargne – et une baisse de revenus en raison du manque de demande pour des crédits, en particulier dans l’immobilier.
Le rapport de Kearny explique :
“Si les revenus de la banque de détail française sont stables depuis 2016 – autour de 60 milliards d’euros – ils ont néanmoins baissé de 3,5 milliards depuis 2021, créant un effet ciseau négatif avec des coûts, eux, en augmentation de 6 % sur la même période. Et ce, dans un contexte de baisse des marges d’intérêts (-11% en 2023 par rapport à 2022) et de chute de la production des crédits (-40%).
“En conséquence, le coefficient d’exploitation [les coûts d’opération, en ratio des revenus] a atteint en 2023 un niveau record de 73%, difficilement tenable dans la durée…”
En plus des taux d’intérêt, Kearney cite “une réelle maîtrise des coûts mais insuffisante face à la dégradation du modèle économique.”
En somme, malgré les fermetures d’agences, les banques ont encore trop de personnel.
Ils continuent :
“Ainsi, si les banques françaises ont accéléré les fermetures d’agences (en baisse de 18% pour atteindre le nombre de 29 000 en 2023), les effectifs globaux n’ont, eux, que très faiblement baissé depuis 2016 (-2%) malgré des opportunités de départs naturels significatives (plus de 40 000 départs en retraite et 120 000 départs liés au turnover sur la période).”
Les banques du pays ont plus de problèmes de coûts, par rapport à l’étranger – un signe des coûts des licenciements en France.
Le rapport affirme ainsi :
“Les efforts de restructuration des réseaux [en Espagne ou en Allemagne] ont également été beaucoup plus importants qu’en France, le nombre d’agences européennes ayant baissé de 33% – l’Espagne étant l’exemple le plus significatif avec une réduction de moitié. La France compte donc désormais plus du double du nombre d’agences (avec un établissement pour 2 380 habitants) que l’Allemagne et l’Espagne notamment.”
Face aux problèmes de rentabilité de la banque de détail, BNP Paribas cherche plus de marges – via la gestion de patrimoine. Elle requiert moins de personnel et entraîne moins de coûts.
Fitch Ratings, le groupe d’analyse du crédit d’entreprise, explique dans une note :
“L’acquisition [d’AXA IM] permettrait à BNP d’atteindre des effets d’échelle dans la gestion de fonds, en doublant la quantité de fonds sous gestion, à plus de 1.500 milliards d’euros (avec sa succursale d’assurances Cardif, qui serait l’acquéreur d’AXA IM), selon les chiffres de fin 2023.”
BNP Paribas espère plus de revenus, sans beaucoup plus de coûts – un avantage par rapport à la banque de détail :
“Atteindre une grande échelle est un élément critique dans la gestion de fonds, avec une transition vers les trackers d’indices, ce qui tend à peser sur les marges, et entraîner la disparition de certains acteurs. L’acquisition de Crédit Suisse par UBS, en 2023, crée une société de gestion de taille similaire à la combinaison de BNP et d’AXA IM.”
Fitch en conclut :
“Nous estimons que les revenus nets de BNP, sur la gestion de fonds, devraient augmenter de plus de 10 %, permettant de remplacer une partie de l’activité de commerce de détail de BNP en France, qui génère peu de marge…”
BNP Paribas espère ainsi une source de bénéfices, sans les problèmes de coûts de la banque de détail.
Dans mon blog sur l’investissement, je publie plus d’analyses de ce genre. Suivez-moi gratuitement pour des idées d’investissement à contre-courant. Je vous enverrai gratuitement une poignée de nos idées de placements pour vous protéger – voire – profiter des déboires de la devise, et la dégradation de l’économie par les dirigeants.
Laissez simplement votre adresse mail ici pour ces informations, totalement gratuites.
Un texte de Henry Bonner
Imaginez : vous êtes un PDG de banque, vous gagnez un salaire de plusieurs millions de dollars par an, vous pouvez faire partie des meilleurs “country clubs” de Californie et envoyer vos enfants dans les meilleures écoles. De façon soudaine, votre banque commence à perdre des clients, des dizaines de milliards de dollars quittent les comptes à vue car les gens ne croient pas en votre capacité à honorer les dépôts. De plus, votre cours en Bourse se met à plonger, ce qui élimine votre capacité à émettre des titres pour renflouer vos caisses.
Voilà que votre banque fait faillite : vous devez accepter un rachat par un concurrent qui bénéficie d’un soutien clair de la Réserve fédérale.
Maintenant, de nouveaux choix se présentent à vous : soit tenter de tirer les leçons de l’échec, de manière à éviter de subir un autre du même genre si vous êtes à nouveau à la tête d’une banque (ou autre groupe qui gère des dépôts à l’avenir), soit trouver des boucs-émissaires à poursuivre en justice, afin de donner l’impression que votre échec n’a rien à voir avec vos propres décisions.
Si vous faites attentions aux journaux, les banques américaines Silicon Valley Bank, First Republic Bank, et Signature ont heurté cet écueil en mars. Et sans surprise, trois petits cochons sont arrivés à Washington cette semaine pour plaider leur cause devant le Sénat américain et pour les ex-directeurs des banques en faillite, c’est évident : ils n’ont pas causé leur échec. Eh non : en fait, ces faillites ont été causées par le laxisme du gouvernement vis-à-vis des marchés et des plateformes de communication (Twitter, Facebook, etc.) !
Pourtant, l’indice des banques américaines est en dépression depuis mars. Et les dernières faillites n’ont pas assaini la situation.
Ainsi, une autre banque, Pacific Western, révèle récemment avoir perdu 10 % des dépôts (des milliards de dollars) en une semaine. Malgré un regain de confiance en avril, les banques chutent à nouveau en Bourse.
Devant cette débâcle, les élus américains pourraient prendre au sérieux les propos d’une bande de banquiers pourtant responsables de l’effondrement des institutions sous leur contrôle. Le raisonnement des banquiers déchus consiste à expliquer qu’ils ont subi les manipulations de spéculateurs, armés de comptes Facebook et Twitter pour disséminer des désinformations au sujet des banques.
Quelle ironie : ces banquiers répètent le point de vue que tentent de populariser des défenseurs du système bancaire – via les réseaux sociaux ! Par exemple, Bob Elliott, le gérant d’un fonds en obligations, écrit à son audience de 90.000 personnes sur Twitter :
“La ‘crise’ des banques régionales, n’est plus un cas des pertes de dépôts qui mènent à des chutes des cours, mais de spéculateurs qui créent des chutes en Bourse afin de générer la fuite des dépôts.
Cette nouvelle phase n’a rien à voir avec les fondamentaux, et crée une crise qui se métastase, ce qui rémunère ceux qui spéculent…
Depuis la semaine dernière, il existe une pression baissière importante sur des banques régionales, dont PacWest et Western Alliance Bancorp.Pourquoi les baisses ont-elles lieu ? En raison des ventes à découvert…
En pratique, il n’en faut pas beaucoup pour créer des mouvements importants sur les cours, étant donné que les valorisations des banques ne sont que de 1 ou 2 milliards de dollars. Soit de minuscules entreprises relatives à leur impact au niveau macro en ce moment …
On dirait que les spéculateurs essaient de créer une panique.”
Voyez : les gens comme M. Elliott, qui détiennent des fonds en obligations, ou les ex-patrons des banques qui se présentent au Sénat cette semaine, profitent des déformations de marché par la Fed. Les rachats d’obligations ou les sauvetages de banques tendent à soutenir leurs portefeuilles. Ils les approuvent donc sans hésitation !
Ils n’ont rien non plus contre les déclarations de la Fed sur ses futures mesures de soutien, qui reviennent à encourager le marché à payer plus cher les obligations.
En revanche, des gens qui partagent une opinion négative sur Twitter ou Facebook sont des acteurs dangereux, qui manipulent le marché.
Fox News rapporte :
“Les ex-PDGs de trois banques qui ont subi d’importants retraits de dépôts dans les derniers mois disent que les réseaux sociaux ont joué un rôle important pour créer la ‘panique’ qui a poussé les dépositaires à retirer les fonds.”
Un élu du Sénat américain leur a demandé si les réseaux sociaux pouvaient “avoir le genre d’effet susceptible de créer un impact ou une crise” dans le système bancaire. L’ex-dirigeant de la Silicon Valley Bank, M. Becker, leur a répondu que “nous en voyons en effet des indices, et je pense que c’est quelque chose sur lequel il faut se pencher pour voir par quel moyen s’en protéger.”
L’Association bancaire américaine a pris le même point de vue que les banquiers tels que M. Becker : elle a rédigé une lettre aux représentants, sans craindre l’hypocrisie, et y félicite le gouvernement d’être intervenu pour pousser le marché à remonter, affirmant qu’il a “réussi en grande partie à regagner la confiance des marchés.” Tout en demandant bien sûr des lois et des poursuites contre les gens à l’origine – selon eux – de la baisse !
“Nous souhaitons que la SEC s’interroge sur les outils ou mesures qui pourraient réduire le recours aux spéculations abusives, afin de redonner confiance aux investisseurs,” explique la lettre.
Les Banques Centrales déforment les marchés beaucoup plus que n’importe qui intervenant sur Facebook… Mais les patrons n’acceptent pas de faire partie des perdants dans le cycle de destruction créatrice. Ils ont l’impression qu’ils méritent, en dépit de tout, de faire partie des country clubs coûteux, d’être admirés, et d’envoyer leurs enfants aux écoles privées les plus chères. Pour cela, ils en appellent à la Fed et au Sénat américains pour rectifier la situation, leur permettant de conserver leur statut et leur crédibilité, tout en créant des lois et des restrictions contre des millions d’autres gens.
Et apparemment, le contingent de mauvais chefs d’entreprise qui voient une injustice à leurs échecs va croître d’autant que les problèmes, en particulier pour les banques, ne sont toujours pas résolus.
Le graphique ci-dessous montre l’écart entre les taux sur la dette américaine à 10 ans de maturité, et la dette à 3 mois de maturité. En général, le taux sur un prêt augmente avec la durée, le risque augmentant avec la durée de maturité. Cependant, vous constaterez ci-dessous que cet écart vire de temps à autres au négatif, c’est-à-dire que les obligations de courte durée paient alors plus d’intérêts que les obligations à longue durée.
Cette “inversion des taux” semble toujours signaler une récession. Vous noterez, ci-dessous, un écart négatif juste avant les récessions de 1981, 1992, de 2000, et de 2008 (les parties grisées du graphique). De plus, vous noterez que depuis au moins 1980, l’inversion n’a jamais été aussi importante.
Les taux sur la dette de longue durée restent faibles, ce qui semble indiquer que les marchés prévoient un fort déclin de l’inflation – ce qui peut arriver en cas de dépression.
Le graphique suivant montre les attentes pour le niveau moyen de l’inflation sur 5 ans aux États-Unis, déduit des marchés pour les créances. Après un pic au mois de mars de l’année dernière, les attentes de l’inflation reviennent presque aux niveaux de 2018.
Les attentes sur l’inflation moyenne des 5 prochaines années sont de 2,16 % aujourd’hui, soit moins de la moitié de l’inflation actuelle aux États-Unis. Les marchés prévoient donc un plongeon de l’inflation vers des niveaux bien en-dessous de cette moyenne au cours des 5 prochaines années.
Le second signal de crise, aussi à un niveau inédit depuis des décennies, est le rythme de la création d’argent (via l’émission de crédits) aux États-Unis. Dans le graphique suivant, on peut constater un plongeon sous les 0 % en ce moment. Il faut remonter aux années 30 pour observer un rythme de création de crédit aussi négatif !
Bien sûr, l’avenir peut réserver des surprises. Mais ces indicateurs, et les problèmes des banques en ce moment, pointent vers un danger de récession – peut-être d’une sévérité importante – à l’horizon.
Dans mes écrits, j’informe mes lecteurs de moyens de se protéger – et tenter d’en profiter.
Par exemple, j’ai acheté en septembre dernier une option contre l’action cotée d’une société surendettée et vouée à l’échec (d’après mes collaborateurs)… une société de médias nommée iHeartMedia. J’ai fait d’autres paris. Tous n’ont pas marché. Mais dans le cas de iHeartMedia, l’action a dévissé de 75 %. Dans mon compte personnel, cela a généré un retour de 182 % à ce jour (j’y ai placé uniquement une petite somme pour présenter le concept à mes lecteurs).
Je continue d’explorer les manières de profiter et de se protéger des déboires d’autres acteurs que nous pensons voués à l’échec. Si ce genre de stratégie vous intéresse, rejoignez ma lettre quotidienne gratuite, dans laquelle j’en parlerai prochainement.
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L’année commence avec un gros bruit de casseroles pour Bitcoin et ses descendants : les cours des principales cryptomonnaies ont largement dévissé alors que l’année 2021 avait été remplie de plus hauts historiques et de mouvements violents, parfois propulsés par les déclarations plus ou moins intelligentes de l’un ou l’autre gourou industriel, et la médiatisation rapide des Non Fungible Tokens (NFT ou jetons non fongibles) a largement ajouté à la fébrilité du marché très spécial des cryptomonnaies.
Cependant et comme j’en faisais alors mention en mars dernier dans un billet à ce sujet, cette médiatisation et ces mouvements violents (dans les deux sens, à la hausse et à la baisse) masquent en partie plusieurs phénomènes de fond que certains commencent à percevoir.
D’une part, les cryptomonnaies sont bel et bien là pour rester, et les douleurs de naissance ne changent rien à la donne ; si Bitcoin et la plupart de ses descendants sérieux avaient dû mourir, ils l’auraient fait depuis un moment.
D’autre part, aussi incroyable que cela puisse paraître, si ces cryptomonnaies persistent à exister malgré tout et, mieux encore, à s’apprécier de plus en plus solidement au fil du temps, c’est bien qu’elles remplissent un besoin et couvrent des fonctions que les concurrents qui existaient auparavant remplissent mal ou pas du tout.
À ce titre, on pourra sourire des arguments qu’on qualifiera généreusement d’amusants des contempteurs des NFT qui, opaques au concept, ne comprennent pas l’engouement dont ils font l’objet : même si l’on peut aisément accepter que certains prix de ces jetons et la spéculation qui les entoure participent d’une folie de masse clairement disproportionnée bien qu’habituelle maintenant dans le monde des cryptomonnaies, il n’en reste pas moins que l’idée de base (qui, pour résumer rapidement, permet de créer enfin des biens rivaux dans le monde numérique).
Or, ceci représente, tout comme la comptabilité en partie triple qu’introduisent les technologies de la DeFi (finance décentralisée), de vraies révolutions majeures qui, progressivement et au contact du marché réel, acquièrent valeur et cherchent maintenant un prix. Cela prendra probablement encore des années, mais le processus est, indéniablement, lancé.
Cependant, de telles révolutions dans le domaine de la gestion des droits de propriété privée, de finance et de création monétaires ne peuvent avoir lieu sans qu’elles soient dûment remarquées et évaluées par les autorités financières actuelles, dont le pouvoir est, au final, intrinsèquement basé sur la monnaie et la gestion de la propriété privée.
Eh oui, le monde physique, notamment celui des Banques centrales et de la monnaie fiat, regarde attentivement ce qui se passe du côté des monnaies numériques… Et pas forcément d’un bon œil.
Ici, j’en veux pour preuve les éléments rassemblés par Sam Callahan dans un intéressant fil Twitter dans lequel il a résumé les tendances qu’il observe à ce sujet. Comme c’est un fil en anglais, en voici un résumé synthétique, avec les liens qu’il fournit, pour vous faire votre propre opinion.
Pour Callahan (et je tends à rejoindre sa position), tout indique que ces Banques centrales et surtout, derrière elles, la Banque des Règlements Internationaux (BIS), feront absolument tout pour sinon mettre en pièces (!), au moins règlementer (à mort) les cryptomonnaies indépendantes pour ne laisser survivre que celles qu’elles auront choisies ou, plus simplement, directement émises sous leur férule.
C’est ainsi que dans leur récent rapport annuel 2021, la BIS plaide pour (je vous le donne en mille) un système d’identité numérique mondial, ce qui nous rappelle au passage une antienne du Grand Reset, et cette volonté obstinée de coller chaque individu derrière un code barre.
C’est donc sans surprise que cette institution financière se prononce pour la vaccination généralisée (au prétexte qu’elle seule permettra une reprise économique) et pour la mise en place rapide des CBCD, ces monnaies numériques de banque centrales qui viendront en remplacement pur et simple des euros (et des autres dollars ou livres) que vous manipuliez jusqu’à présent.
Jouant bien évidemment sur les fadaises habituelles qui voient Bitcoin comme une monnaie pratique pour le blanchiment, le terrorisme et, air du temps, une menace pour l’environnement car trop consommatrice d’énergie (ce qui est une énorme bêtise, au passage), l’institution estime donc qu’il faut tout faire pour combattre cette abomination dont elle n’aurait pas le contrôle.
Dans leur idée, le remplacement de Bitcoin passe par l’utilisation des bonnes idées que les cryptomonnaies ont mis en œuvre, mais sous l’exclusive responsabilité des banques centrales. Dans ce schéma, chaque citoyen dispose d’un compte directement émis auprès de sa banque centrale (sans aucun autre intermédiaire bancaire) et chaque transaction est alors directement effectuée sur ces comptes.
Schéma intellectuellement séduisant pour ces banquiers puisqu’alors, la moindre transaction monétaire, partout dans le monde et pour chaque individu, chaque commerce, chaque entreprise, peut être décortiquée et analysée ; dans un monde de « Big Data » (dont se servent très largement les Banques centrales), voilà qui donne des possibilités particulièrement croustillantes de prévisions économiques. Mieux encore, après l’analyse vient la politique qui peut, à tout moment, décider qu’une transaction est valide ou non, « flécher » des dépenses, en interdire certaines en fonction de politiques spécifiques (environnementales par exemple au hasard), ou appliquer des taux (d’inflation par exemple) sur les comptes bancaires de millions d’individus d’une seule commande.
Soyons clair : une fois mis en place, ce système leur accorde immédiatement l’intégralité du pouvoir de vie ou de mort (sociale puis physique) sur chaque individu, pris seul ou en groupe, en fonction de critères plus ou moins arbitraires.
Le fil twitter va plus loin puisque le courageux analyste des pensées profondes de ces banquiers a identifié quelques autres éléments qui laissent plus que songeur sur l’avenir que nous réserve cette coterie : notant l’augmentation (dans un rapport 6) des outils de surveillances lors de la crise Covid, ils en profitent pour pousser toujours plus les régulations et la surveillance des plateformes crypto-monétaires, et ne se cachent même pas d’admirer les efforts entrepris… par le régime communiste chinois pour surveiller sa population.
Soyons clair : tout indique que les banques centrales sont de plus en plus chaudes à l’idée de s’associer pour former un système mondial d’identification numérique et de CBDC.
Dans ce tableau, Bitcoin, les cryptomonnaies en général, la finance décentralisée et les NFT apparaissent comme un incroyable caillou dans les chaussures de ces autocrates non élus, la voie d’une échappatoire possible pour les individus en dehors d’un système financier proprement hallucinant dans lequel le citoyen lambda n’est plus qu’une variable d’ajustement, éliminable à l’appui d’un bouton.
Il faut se rendre à l’évidence : si les cauchemars d’Orwell et de Huxley se mettent en place, ils ne le seront pas avec l’usage de la force, par la guerre et la violence directe, mais tout simplement avec l’usage détourné de la monnaie qui permettra un asservissement de chaque individu comme jamais auparavant.
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