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À partir d’avant-hierHashtable

Macron prépare la guerre… contre le bon sens

Par : h16

Émoi dans les médias de grand chemin et vives réactions sur les réseaux sociaux : pas de doute, le récent discours du Chef d’état-major des armées n’a laissé personne indifférent.

Il faut dire que, au cours de son allocution donnée dans le cadre du 107ème Congrès de l’Association des Maires de France, le bougre n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour lui, nous sommes en danger et pour « dissuader le régime de Moscou », il va lui falloir accepter de « perdre nos enfants ».

Car pour le général Fabien Mandon, au-delà des platitudes géopolitiques de circonstance (le constat qu’en 2027, la Chine pourrait bien être aussi puissante que les Américains, ou que l’Europe doit se préparer militairement, ce qui – compte-tenu de l’état lamentable de ses armées – n’est pas une nouveauté), il n’y a aucun doute : la Russie attaquera un pays de l’OTAN d’ici 2030, et dès lors, quoi de mieux pour y répondre que de mobiliser les jeunes générations ?

Sans surprise, beaucoup se sont émus de cette prise de position, officiellement cornaquée par l’Élysée dont on rappellera – c’est commode – que les locataires n’ont pas d’enfants. Devant le tollé, la porte-parole du gouvernement s’est fendue d’une mise au point peu convaincante.

En réalité, une fois encore, Macron et sa clique tentent de gouverner par la peur ou la stupéfaction. C’est aussi évident que grossier, mais cela marche très bien puisque la polémique qui a suivi a permis, bonus appréciable, aux uns d’accuser certains Français de n’être pas assez patriotes et aux autres d’accuser les premiers de bellicisme rabique.

Cependant, peu ont rappelé que les projections à 2030 sont aussi solides que celle du GIEC sur le climat : absolument personne ne sait ce qui va se passer ni ne peut garantir que Poutine sera encore en poste ou qu’il tentera une aventure à l’Ouest.

Personne ne semble noter que ce sont les mêmes qui, les yeux exorbités, brandissent à la fois la menace russe et à la fois expliquent que l’économie russe est aux abois et que l’armée russe a mis 3 ans pour grignoter un petit morceau d’Ukraine. Elle est donc en même temps à nos portes et en même temps incapable de dépasser le Dniepr. C’est grotesque.

De façon plus profonde, ce discours et les réactions de part et d’autre passent à côté d’une évidence pourtant inquiétante : les dirigeants français veulent absolument mobiliser les esprits sur des sacrifices futurs portés essentiellement par les jeunes générations, là où tout devrait être fait pour mobiliser le pays à créer un futur enviable et réjouissant pour ces mêmes générations.

Or, bien au-delà des petits émois médiatiques ou sociaux, avec ce genre de communication aussi maladroite que retentissante, on fait fuir les investisseurs et les entrepreneurs sur le sol français. À l’exception peut-être des marchands et fabricants d’armes (et encore), qui peut encore vouloir investir dans un pays – et à plus forte raison sur un continent – où l’on se prépare à une guerre totale dans quatre ans ?

Si, médiatiquement, cela occupe les esprits et cadre parfaitement avec les pitreries habituelles du clan macroniste, infoutu de concrétiser la moindre politique économique et sociale capable de sortir la France de l’ornière, en revanche, force est de constater que sur le moyen ou long terme, c’est complètement idiot.

En effet, un tel discours ne peut que pousser les jeunes, précisément cette génération que ces pignoufs approximatifs entendent mobiliser, à émigrer bien vite d’ici 2030. Bien joué.

En outre, difficile de ne pas dresser un parallèle entre ce discours de peur avec celui que Macron nous avait fourni en 2020 pour la soi-disant « guerre contre le Covid » : dans les deux cas, on agite des peurs obsidionales sans fondement afin d’obtenir l’assentiment du peuple sur des mesures de plus en plus folles, on pointe une menace globale et extérieure, particulièrement dangereuse, pour laquelle il va falloir faire plein de sacrifices.

Sacrifices qui justifient, à eux seuls, les difficultés économiques que l’on va rencontrer et interdisent tout débat sur l’incompétence des dirigeants à planifier et organiser quoi que ce soit. Pratique, non ? C’est tout sauf un hasard.

En réalité, pour pousser de telles gesticulations, c’est que le régime de Macron est aux abois.

Et c’est d’autant plus visible lorsqu’on regarde la communication qui a directement suivi les grandiloquences calculées de Fabien Mandon : et voilà qu’on nous reparle avec gourmandise du « guide de résilience » et de son indispensable « kit de survie » attaché.

Quoi de mieux synchronisé qu’un général en costume officiel qui nous explique en substance que la guerre est à nos portes, avec une communication gouvernementale aux petits oignons pour nous préparer au pire ?

Comment ne pas voir l’absurdité des empilements de contradictions dans la propagande informationnelle tenue jusqu’à présent, et présente jusque dans les éléments du kit de survie ? Comment ne pas voir l’ironie d’accoler ainsi « survie » et « gouvernement » dans la même foulée ?

Voilà en effet qu’il doit contenir une de ces trousses d’urgence qu’on va devoir payer le prix fort, taxe sur les petits colis chinois oblige. Ou des médicaments, ceux-là même qui sont régulièrement en rupture de stock suite aux décisions calamiteuses enfilées avec obstination par nos politiciens sur les dernières décennies. Ou cette bouteille d’eau dont la TVA va exploser. Ou même de l’argent liquide alors que, dans le même temps, ces clowns font absolument tout pour l’abolir.

Non, tout ceci n’a rien de sérieux. Nous sommes en plein théâtre que Macron n’a jamais dépassé depuis ses années de lycées fatidiques.

Derrière ces bruits de bottes fantômes et ces kits de survie vides, on découvre un pouvoir qui passe le plus clair de son temps à faire semblant de préparer sa population à la catastrophe croyant que la résilience se décrète et qui, sans vision, préfère terroriser son peuple faute de pouvoir lui offrir un avenir prospère.

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Europe : les giroflées à cinq pétales de JD Vance

Par : h16

Saperlipopette, la semaine passée a marqué un véritable tournant en matière de géopolitique, avec crissements de pneus, gyrophares et pétarades motorisées particulièrement bruyantes.

Il suffit pour s’en convaincre de récolter les réactions des uns et des autres dans une presse à la limite de l’apoplexie depuis le dernier discours du vice-président américain Vance et l’appel téléphonique de Trump à Poutine : l’étendue des dégâts idéologiques est assurément grande, et l’onde de choc n’a pas encore fini de se déplacer dans les différents milieux politiques et diplomatiques européens.

En première analyse, on se doit de noter que les dirigeants européens réagissent quasi-unanimement aux changements géopolitiques introduit par l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche : ils sont, à peu de chose près, livides et outrés qu’on puisse ainsi leur tenir un discours aussi franc, simple et clair, en pleine face, sans filtre et, pire que tout, sans animosité. Non seulement l’Américain nous donne quelques conseils de bon sens (le malotru !) mais en plus, il se montre même amical en le faisant (insulte suprême).

Eh oui : le discours de Vance, qu’on pourra regarder ci-dessous, n’est un camouflet que pour une certaine tranche d’Européens. C’est peut-être une gifle, mais seulement pour ces dirigeants qui se sont directement sentis concernés par les rappels de bon sens du vice-président, bon sens dont ils se sentent à raison complètement dépourvus. Un étranger vient de leur montrer qu’ils se baladaient tout nu, eux qui étaient persuadés d’être richement habillés ! Insupportable affront !

Les peuples européens qui ont écouté le discours sont globalement en accord avec ce dernier, et pour cause : rappelant que les valeurs américaines sont essentiellement les mêmes que les valeurs européennes, à savoir la démocratie et la liberté d’expression fondement même de celle-là, Vance explique très simplement que les dirigeants européens doivent revenir à ces fondamentaux qui ont permis le succès de la civilisation occidentale. Dans son discours, le vice-président américain explique que les États-Unis attendent de l’Europe qu’elle se reprenne en main, tant sur le plan économique que sur le plan militaire et diplomatique.

Il va sans dire que ce discours ne peut que choquer des dirigeants qui ont systématiquement utilisé leurs budgets de défense comme variable d’ajustement de leurs politiques budgétaires, la souveraineté de leur pays comme un paillasson encombrant dans leur désir de tout déléguer à une autorité européenne supérieure, et la démocratie comme un pur produit marketing pour justifier tout et n’importe quoi et surtout une diminution minutieuse de la liberté des peuples.

Parallèlement, il apparaît de plus en plus évident que les peuples occidentaux tiennent à leur souveraineté, qu’ils n’ont décidément pas les mêmes vues que leurs dirigeants tant sur les équilibres budgétaires que sur la démocratie, et qu’ils ne sont plus du tout d’accord pour une immigration incontrôlée, pas plus aux États-Unis qu’en Europe.

Ces peuples semblent trouver les délires écologiques maintenant trop coûteux et veulent clairement y mettre un frein, ne serait-ce que pour la raison pragmatique mais évidente que l’énergie bio-syntonisée à base de prout de licornes raffinés coûte beaucoup trop cher, que la dépendance énergétique à la Russie et aux États-Unis devient plus que pesante financièrement et géopolitiquement parlant, et que ces coûts sont en train d’emmener l’industrie européenne et toute son économie dans le gouffre.

Les peuples européens ne semblent pas non plus prêts à entrer en guerre avec la Russie. Certes, les opinions vis-à-vis de Poutine sont très diverses, allant de l’admiration à la haine la plus farouche, mais il est clair que la vaste majorité populaire, lucide, est très opposée à une entrée en guerre contre la Russie.

Pourtant, les dirigeants européens ne semblent tenir compte d’absolument aucune de ces aspirations pourtant raisonnables : il suffit de voir les réactions de Macron, Scholz, Von Der Leyen ou des avortons habituels de la politique européenne (Breton, Barrot, Kallas) face au discours de Vance, puis à la suite de l’échange téléphonique entre Trump et Poutine, pour comprendre le décalage – qu’on peut qualifier maintenant de mortifère – entre ces dirigeants et leurs peuples qu’ils ne représentent plus du tout.

Ainsi, les mêmes qui ont multiplié les mesures pour limiter la liberté d’expression (tant pendant la pandémie qu’ensuite) prennent d’assaut les plateaux télé pour clamer haut et fort que Vance délire, que la liberté d’expression ne s’est jamais si bien portée qu’en Europe et que s’il continue à raconter n’importe quoi comme ça, on va couper les réseaux sociaux pour empêcher qu’une telle désinformation se répande, non mais !

Ainsi, les mêmes qui voulaient s’aligner coûte que coûte avec les Américains il y a encore trois mois se retrouvent à réclamer maintenant avec véhémence une indépendance totale à l’Oncle Sam, et « on va faire nos propres armes, nos propres munitions, nos propres armées, vous allez voir », oubliant les décennies d’abandon progressif de tout le complexe militaro-industriel européen aux mieux-disant américain (pour le plus grand profit de certains dirigeants européens habilement placés).

Ainsi, alors que des négociations de paix semblent se mettre en place, ces mêmes dirigeants (qui ont consciencieusement miné la liberté d’expression et l’économie européenne) montent à présent au créneau pour tenter de les saboter en multipliant les prétextes les plus invraisemblables qui aboutissent à des prises de position véritablement ubuesques.

Ces gesticulations grotesques et cette panique complète qui s’est emparée de l’intelligentsia européenne démontrent sans ambiguïté l’absence totale de toute vision à long terme pour l’Europe et pour chacun des pays qui la compose, ainsi que l’impéritie décontractée dans laquelle ces dirigeants (et Macron pas le dernier) ont laissé leurs pays s’enferrer.

Du reste, le fait que leurs réactions surviennent alors que l’outil de propagande et d’influence américaine (USAID) est en train de se faire démonter outre-Atlantique n’est pas un hasard.

D’une part, il est évident que sans ces canaux habituels leur dictant la marche à suivre, les dirigeants européens doivent, pour la première fois de leur existence, prendre des décisions basées sur ce qu’ils croient être leurs opinions. Compte-tenu de la lavasse qui forme cette « opinion », la panique est logique.

D’autre part, ils sont manifestement captifs d’hypernormalisation, ce principe selon lequel tout le monde comprend (consciemment ou non) que l’ordre mondial est en train de radicalement changer, que les objectifs ne peuvent rester les mêmes, mais qu’en faisant semblant, en s’obstinant à nier ces changements, on va pouvoir faire perdurer la situation antérieure…

En fait, les dirigeants européens se sont tellement auto-intoxiqués avec la croyance en un monde bâti selon leurs désirs que ces changements leurs sont tout bonnement impossibles à conceptualiser. Ils se retrouvent comme des poulets sans tête à se raccrocher aux mantras et directions prises il y a des décennies, bille en tête, sans remise en question et sans montrer la moindre capacité d’adaptation à une donne qui a pourtant changé de façon assez radicale en quelques mois.

Les pays européens doivent impérativement revenir à une gestion saine et surtout indépendante de leurs relations internationales. Leurs dirigeants doivent impérativement obtenir un mandat clair de leur peuple. Pour cela, ils doivent garantir des débats libres et une vraie expression démocratique.

Ils font exactement le contraire et s’obstinent. Au milieu de cette troupe d’autocrates perdus, Macron tente de prendre la tête d’une coalition européenne qui va donc faire l’exact opposé de ce qu’il faudrait, au plus mauvais moment.

Cela va très bien se passer.

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La France met de la rébellion dans sa rébellion

Par : h16

Les semaines qui viennent de s’écouler en France ont été agitées, et il devient indispensable de faire un point d’étape. Ce billet y sera consacré, en notant tout d’abord, et il faut que cela soit dit une fois pour toutes, que les Français sont de gros rebelles.

Il y en a même certains qui ont la climatisation, poussée à fond, parfois même au delà de sept degrés Celsius d’écart avec l’extérieur, comme recommandé par les experts. Certains, d’obédience punk, osent même détacher le bouchon de leur bouteille d’eau minérale – gazeuse chez les plus excités – menaçant de plonger le pays dans la canicule, l’effondrement écologique et les cartes météos cramoisies, car chacun sait que détacher son bouchon en plastique revient à accroître sa facture carbone et donc dérégler le climat ce qui provoque canicules, incendies et hausse des taxes, d’après les experts.

Ces Français ont la culture des résistants, les vrais, les durs, ceux qui ont des poils aux pattes, ceux qui, à l’époque de l’Invasion Des Microbes, ont mis leur petit masque et ont bien pris soin de détailler leurs motivations de sortie à une Police Des Museaux exemptée de picouze, et ont résisté comme des héros à la Toux et aux théories du complot. Certains microbes ont même été réélus.

C’est probablement pour cette raison que le coup d’État, que dis-je, l’insurrection brutale opérée par le Rassemblement National ces dernières semaines a été combattue avec brio et efficacité par les Forces Vives de la Gauche, toujours présentes dans notre beau pays, qui d’une bassine agricole à un câble SNCF ou une connexion internet, résistent encore et toujours à l’envahisseur, comme il est mentionné dans les bons livres d’Histoire de Uderzo et Goscinny.

Pas dupes de la propagande incessante de Bernard Arnault et Bruno Le Maire pour les transformer en capitalistes racistes partouzeurs de droite, ils ont récemment repris de la potion magique et sont partis à l’assaut des lignes TGV, puis de l’internet pour libérer les Français de l’insupportable joug des Jeux Olympiques, épouvantable et inacceptable symbole autoritaire de l’élitisme implacable de Macron et de son gouvernement d’experts ultra-qualifiés.

En guise d’experts ultra-qualifiés, ceux des plateaux télés ont rapidement réagit et proposé leur analyse : il s’agissait à l’évidence de Vladimir, Le Boucher de Kyiiyiv, l’Empaleur du Donbass, qui, rendu fou de rage par ses multiples défaites aux mains des Légions Françaises d’Ukraine, aurait déclenché l’Opération Macronski et activé ses brigades secrètes en France pour pourrir l’ambiance des Jeux Translympiques de Paris.

C’était clair, disait le Renseignement Français oui madame et même que le gars qui en parlait dans la télé était un ex-ambassadeur, c’est vous dire le niveau du professionnel de l’expertise. Et puis là, patatras, c’est le drame : on découvre par hasard que l’action vient en fait d’une bande de gauchistes divers, du même côté que le Front de Gauche, le camp des Castors Juniors, celui des barrages à La Haine et des roulottes à saucisses lors des grèves SNCF des grands départs en vacances.

Récapitulons donc l’action parce que c’est allé très vite.

Les Français ont voté si massivement pour le Rassemblement National que fut requis l’établissement en urgence d’un pipeau de qualité supérieure pour empêcher ce parti d’accéder au pouvoir, pipeau constitué principalement d’une coalition hétéroclite de gens d’opinions différentes, voire diamétralement opposées, mais aussi d’une bonne dose de comportements Rebelles anti-démocratiques voire carrément terroristes, sous une complaisance médiatique qui rendrait Goebbels fier d’être Français.

Une fois de plus, force est de constater que nous sommes chanceux d’être autant prévenus par ces héros du danger qu’il y aurait à laisser le RN contrôler le pays, et prévenus à coup d’action terroristes s’il le faut (car qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas ?). Et tant pis si personne, même pas chez les Rebelles, même pas leur chef Astérix, ne sait pourquoi les Français ont voté RN ; c’est un mystère total, du même acabit que ce mystère des vols au Village Olympique. C’est vous dire.

En tant qu’expert et journaliste d’invectivation, j’ai donc fait mon travail et creusé dans l’information disponible (j’ai tous les Astérix et tous les Tintin). Las, rien ne me vint et je fus obligé de contacter mon ami hacker breton et aussi partouzeur d’extrême-droite, qui m’aiguilla rapidement sur des sites complotistes haineux du microcosme raciste tels que Le Figaro et Le Monde.

Chez ces derniers, je tombai rapidement sur le récit déchirant contant la mésaventure d’un jeune conducteur qu’une simple rencontre fortuite avec la Police Des Museaux fit basculer tragiquement dans le monde des Plus Du Tout Vivants, ou bien encore, sur le récit d’une bande d’enfants agressant un migrant confus qui finit par en suriner quelques uns.

Je ne voyais pas le rapport.

Mon ami hacker breton me soutenant qu’il s’agissait des raisons du vote RN, je pris mon courage à une main, mon ordinateur de l’autre et allai rechercher la vraie source de ces innommables théories du complot sécuritaire. L’ami hacker m’ayant conseillé de travailler sur Tor et avec des oignons, j’opérai ma recherche en compagnie de Mamie Gaëlle de Plogonnec qui pela les oignons en question pendant que je bricolais mes cyber-recherches.

Tous deux en larmes, elle tapant son sabot en chantant la bourrée de Genaoueg-en-Retz et moi pédalant en rythme le rouet de la dynamo de l’ordinateur, nous finîmes par découvrir l’innommable vérité : toutes les sources de ces articles pathétiques avaient la même origine à savoir VladimirPoutineNews.Ru, et une fois de plus, comme soupçonné, se dessinait la sinistre silhouette du Fléau de Kharkov, le Psychopathe de Koursk : Donald Trump.

Saperlipopette, encore de la désinformation !

À l’évidence, les influences racistes et nationaliste françaises sont complètement artificielles, venues de l’extérieur, ce qui me conforte dans l’idée que ce pays est foutu.

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Petits sabotages entre amis d’extrême-gauche

Par : h16

Même si l’effervescence olympique aura fait passer les petites nouvelles locales franco-françaises en arrière-plan, il semble difficile d’oublier complètement les événements de vendredi dernier qui ont vu une bonne partie du trafic ferroviaire grande vitesse largement interrompu à la suite d’un sabotage d’ampleur.

C’est ainsi que tôt vendredi matin, suite à des incendies volontaires sur ses équipements, la SNCF a été obligée d’interrompre les départs de train depuis la gare Montparnasse à Paris, puis de faire de même sur la ligne Est et Nord alors que d’autres incendies étaient signalés. En tout, quatre sabotages ont été tentés et un déjoué par des agents de la SNCF qui ont aperçu une camionnette en fuite.

Et bing le train !

Le trafic interrompu a rapidement conduit à la congestion des gares parisiennes. À la mi-journée et alors qu’un grand nombre de Français et de touristes tentaient de rejoindre la capitale, et pendant que les équipes sur le terrain faisaient le maximum pour réparer les installations détruites, les responsables politiques montaient au créneau pour lever des boucliers et tirer la sonnette d’alarme devant ce qui apparaît alors comme une exaction lamentable sans revendication.

C’est ainsi que la Miss Marple de la politique française, Valérie Pécresse, la présidente de la Région Ile-de-France, exprimera une certitude au micro de BFMTV ; pour elle, c’est certain, ce sabotage à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques n’est «pas une coïncidence».

C’est aussi à l’occasion du même événement qu’Oudéa-Castéra, l’actuelle ministricule en charge du Sport, nous gratifiera d’une bordée de petites phrases au contenu ultra-concentré en niaiseries communicationnelles pour aboutir au leitmotiv gouvernemental n°18, poids et taille standard, livré par palettes en hall A entrée 7, à savoir “je condamne fermement” – ce qui permet de récupérer la moyenne auprès du jury – tout en tentant une figure improvisée additionnelle – pour les points du public, je présume – avec un “jouer contre les jeux c’est jouer contre la France, c’est jouer contre son camp, contre son pays” au lyrisme délicat d’abribus RATP. Le mélo d’Amélie contraste avec la bonne humeur joviale avec laquelle elle avait minimisé les incidents lors du match Maroc-Argentine : là, saboter le matériel SNCF, c’est nettement moins “bon enfant”.

Du côté de l’Exécutif, l’exercice est connu, les messages rodés et la force de l’habitude permet d’aller assez vite : Macron condamne sans ambiguïté, Attal promet de traquer et de punir fermement les auteurs, Darmanin évoque d’aller sur place ou quelque chose comme ça et tout le monde est sur le pont pour communiquer.

Décidément, pour des Jeux qui devaient permettre à la France de rayonner et de montrer sa capacité d’accueil chaleureux, c’est quelque peu raté.

Rapidement, les accusations fusent.

Pour les uns, c’est forcément Israël l’Iran qui serait derrière cette attaque contre l’entreprise ferroviaire nationale.

Pour d’autres, il ne saurait s’agir d’un autre responsable que Poutine qui est aux manettes. On remarquera tout de même qu’il s’agit ici d’actes physiques directement sur du matériel ferroviaire, et non des cyberattaques dont la Russie serait plus friande. Le doute s’installe fortement.

Pour ceux qui n’ont pas perdu toute lucidité, le plus logique reste cependant la piste de l’extrême-gauche ou la piste interne à la SNCF (ce qui revient au même, tant on peut douter que l’action interne à la SNCF soit le fruit d’un groupe d’extrême-droite infiltré dans cette entreprise).

Cela ne peut (feindre de) surprendre que l’extrême-gauche elle-même, qui pourtant abreuvait les réseaux sociaux de messages en ce sens depuis des semaines, montrant une volonté assez claire d’emmerder les Français, tant avec des grèves et préavis qui s’enchaînent depuis des mois qu’avec des actions ciblées sur le refrain “Pas de gouvernement de gauche, pas de JO”…

En outre, il apparaît que ces actes de sabotages, particulièrement ciblés et précis dans leur exécution et dans l’impact important qu’ils auront eu, démontrent une nécessaire connaissance de l’opérationnel du réseau ferroviaire SNCF.

Enfin, le passé récent (et moins récent) montre que ce mode opératoire a déjà été utilisé par l’extrême-gauche. Ainsi, en juin 2021, des câbles de signalisation avaient été incendiés dans la Drôme sur la ligne à grande vitesse Méditerranée provoquant d’importants retards. En janvier 2023, un incendie volontaire avait touché en pleine nuit un poste d’aiguillage, paralysant le trafic à la Gare de l’Est à Paris pendant deux jours, le tout en pleine période de contestation contre la réforme des retraites. Dans ces deux cas, les enquêtes furent couronnées d’un échec mou et discret.

Plus récemment encore, une antenne-relais a été incendiée par un groupuscule anarchiste pas franchement macroniste.

Le week-end fut d’ailleurs l’occasion de confirmer cette piste avec une revendication typique de ce genre d’actions : l’extrême-gauche a, une fois encore, réussi à fusiller les déplacements (et les vacances) de centaines de milliers de Français et mettre un bazar mémorable dans une organisation qui n’en avait pas besoin de beaucoup plus.

Du reste, même si la presse fera, on peut raisonnablement l’imaginer, ce qu’il faut pour minimiser l’importance de l’implication de la gauche dans ces actes de sabotage, ces incidents démontrent une nouvelle fois l’ampleur du danger que constitue cette mentalité dans le paysage politique et social français.

Or, actuellement, il est évident que la classe jacassante (des médias et des politiciens) non seulement ne fait rien pour tempérer les ardeurs des groupuscules de gauche dans leurs velléités à foutre un maximum de bordel, mais en plus elle fait – au moins pour une partie d’entre elle – absolument tout pour l’exciter encore un peu plus et garantir que ces types d’exactions gauchistes prospéreront encore.

Pire, cette classe nous abreuve d’articles, de tribunes et de discours nous expliquant sans rire que les fascistes de l’hyperdroâte au ventre fécond rôdent partout en France, qu’on entend sans arrêt le bruit de leurs bottes, et qu’ils sont prêts à en découdre avec les rares migrants apeurés passés au travers des mailles du filet sécuritaire hyper-serré que tisse le régime autoritaire de Macron, ou que sais-je encore comme baliverne du même acabit.

Ces médias et ces politiciens ne semblent pas comprendre que, ce faisant, ils se tirent une balle dans le pied, l’aboutissement de ces comportements délétères ne pouvant être que des mouvements violents, voire révolutionnaires, qui les passeront le moment venu par pertes & profits avec le reste, eux les premiers.

En tout cas, peu importe les résultats de l’enquête : si l’extrême-gauche ne peut pas être clairement identifiée (entre une magistrature toute acquise aux idéaux marxistes et le fort piteux précédent de Tarnac, cela n’a rien d’impossible), Poutine prendra le blâme et les investigations s’arrêteront dans un petit pschitt faible. Dans le cas contraire, Macron et ses affidés feront absolument tout ce qui leur sera possible pour en tirer un profit politique maximal.

Et dans tous les cas, on peut raisonnablement parier que ces mésaventures ferroviaires ouvriront la voie à de nouvelles lois coercitives et invasives pour tous les citoyens, surtout ceux qui n’ont rien à se reprocher.

La France n’est pas (encore, tout à fait) une dictature communiste, mais on peut parier que ces derniers incidents vont lui faire avancer de plusieurs cases dans la mauvaise direction.

Ce pays est foutu.

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Faites attention, les Russes (et les supporters anglais) sont partout !

Par : h16

Au moins les choses sont claires tant elles sont expliquées partout, aux tribunes de nos parlements, sur nos plateaux télés et aux gros micros mous de nos plus belles radios : la République est menacée de toute part et par nuls autres que les Russes.

Les offices de renseignement français ont travaillé d’arrache pied et sont d’ailleurs arrivés à la même conclusion qu’on soupçonnait tous depuis plusieurs semaines : l’influence des réseaux russes, russophiles ou carrément poutinistes n’est plus à démontrer.

Les exemples s’accumulent : la véritable psychose qui s’était emparée du pays en fin d’année dernière devant une véritable invasion de punaises de lit – selon les mots précis de l’inénarrable Jean-Noël Barrot – aurait été amplifiée par les réseaux sociaux par des comptes “d’inspiration ou d’origine russe”, poussant ainsi à faire croire aux Français que ces parasites auraient été apportés par les Ukrainiens et non par l’inexistante déferlante migratoire qui est, elle, totalement maîtrisée par les autorités.

On l’apprend ensuite : ces punaises bien réelles sont de plus doublées de punaises numériques ! Après une enquête menée de haute lutte, fouillant les interstices les plus fins des internets les plus interlopes, nos valeureux services de renseignements numériques français ont découvert – avec un timing qui frôle la perfection cinématographique hollywoodienne – qu’un vaste réseau russe de sites de désinformation avait été mis en place pour influencer tout le pays !

Et même si “leur audience semble toutefois limitée” (notamment parce que ces sites semblent bien désaffectés, un peu pourris et pas franchement pertinents), nul doute que cette belle prise par nos fines agences de contre-espionnage permettra de lutter efficacement contre les immenses efforts actuellement menés par toute la Russie poutiniste pour saper l’image de la France.

Car oui, à l’évidence, sans ces sites, sans ces punaises, sans ces influences occultes et ces réseaux propagandistes, la France pourrait à nouveau briller de mille feux : il semble clair que de trop nombreux agents étrangers sapent l’image du pays et il est plus que temps que s’y attelle notre fière Assemblée, elle qui a si fort défendu nos droits, nos libertés et notre prestige jusqu’à présent !

Tout cela est fort revigorant, mais cependant, un doute s’installe : dans quelle mesure tout ceci est-il crédible ?

S’il semble en effet évident que oui, des réseaux d’influence existent dans le pays (russes et autres, ça ne manque pas), peut-on réellement croire dans les dernières affirmations tonitruantes du gouvernement et des parlementaires alors qu’objectivement, ces derniers n’ont pas arrêté de mentir de façon toujours plus éhontée, les dernières années marquant même une sorte d’apothéose en matière de turbo-pipotron ?

Cette fois-ci, ce serait la bonne, celle où tout est exact, vrai, factuel, vérifié ?

Pourtant, médias, politiciens et parlementaires nous ont assuré d’un côté que ces mêmes Russes pillaient les machines-à-laver pour leurs composants, tout en expliquant ensuite et sans sourciller qu’ils étaient malgré tout capables de satelliser des armes nucléaires de l’enfer.

Sacrés débrouillards et quelque peu paradoxaux : capables de tout et évidemment du pire, ils sont à la fois démunis et ridicules, et à la fois diaboliquement ingénieux et audacieux.

Ou alors – hypothèse un peu hardie mais qui, au regard des années passées, n’est pas totalement à écarter – peut-être se fait-on généreusement baratiner ?

Après tout, on nous avait vendu une Ukraine autonome, démocratique et vibrante de liberté alors qu’on découvre maintenant qu’elle était infestée de laboratoire immédiatement qualifiés de complotistes (bien que confirmés par nulle autre que Victoria Nuland).

Bien sûr, on comprend que ces institutions ne fabriquent aucune arme biologique : c’est marqué dessus, pardi et supposer qu’il puisse y avoir des dérapages est non seulement complotiste mais serait faire preuve d’une imagination débordante. Ce serait comme imaginer que Justin Trudeau, l’actuel premier ministre canadien, aurait fait financer des laboratoires de bricolages biologiques ultra-dangereux sans que les règles élémentaires de sécurité y soient respectés et aurait même facilité les fuites de tels laboratoire. C’est impossible, voyons.

Dès lors, penser qu’il puisse y en avoir en Ukraine relève de la même imagination délirante ; l’étape suivante, ce serait d’imaginer des bases opérationnelles de la CIA en plein milieu de ce pays à la frontière de la Russie. Comme si les américains étaient assez stupides pour aller chatouiller l’ours russe.

Tout ceci serait ennuyeux, puisque cela reviendrait à constater, éléments sourcés à l’appui, que les historiettes amusantes fournies par nos journaux, par les médias en général et nos autorités en particulier, sont trop régulièrement entamées par les faits quelques semaines, quelques mois ou quelques années plus tard. Avec un côté systématique qui devient un peu douloureux, ce qui tient pour rumeur honteuse à un instant T finit par se retrouver validé quelques semaines plus tard, donnant toujours plus de crédit aux sales “complotistes” (généralement d’extrême-droite, antivax, bien évidemment pro-Poutine et anti-tout fort méprisables) et dégradant toujours plus la confiance qu’on peut avoir dans nos autorités pourtant toujours dignes de confiance.

Dès lors, on s’interroge : les méchants Russes ont-ils vraiment besoin de forcer la dose, d’infiltrer, de propagandiser à tout va pour que la confiance des Français envers leur gouvernement et leurs médias s’effrite ? Ne suffirait-il pas de laisser s’exprimer les Mickeys effervescents comme Attal ou Séjourné pour que le doute s’immisce inexorablement ?

Oh bien sûr, on trouvera toujours un internaute joliment diplômé ou un pisse-copie solidement subventionné dans les médias de grand chemin pour venir distribuer son fact-checking comme d’autres les aboiements qui cornaquent le troupeau vers la bergerie. Mais à mesure que leur historique général révèle l’ampleur de leurs erreurs, de leurs mensonges ou de leur niaiserie, leurs aboiements se font plus lointains, plus risibles.

Eh oui, le réel est brutal.

Les Russes sont peut-être partout mais la réalité de ce qui se passe en France, au jour le jour, semble montrer que ce ne sont pas les Russes ou les supporters anglais qui posent le plus de problèmes.

De là à imaginer ensuite que les gesticulations gouvernementales et les explications fournies actuellement ne sont qu’un cache misère pour l’effondrement de tout l’appareil d’État français, de son réseau de renseignement et de contre-espionnage, de sa dimoplassie diplaumassie dyplomatie diplomatie, de tout son régalien, il n’y a qu’un petit pas que seuls les plus parfaits conformistes, ces diplômés, ces adoubés du fact-checking et ceux qu’on appelle parfois “normies”, refuseront d’envisager.

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Carlson interroge Poutine : le désespoir des médias traditionnels

Par : h16

Petit vent de panique dans les médias et les réseaux sociaux : Tucker Carlson a réalisé un entretien avec Vladimir Poutine, ce qui ne manque pas d’attiser de nombreux commentaires, pas tous indispensables.

Pour ceux (rares sans doute) qui n’auraient pas compris le sujet ou trouvé l’entretien en question, son intégralité est disponible ici sur X : en deux heures, Carlson pose quelques questions à l’actuel président russe, couvrant ses motivations dans l’invasion ukrainienne, son avis sur les tendances globales du monde et notamment la perte d’influence des États-Unis sur la scène internationale, l’affaiblissement du dollar et différents aspects géopolitiques imposés par les événements actuels.

On pourrait disserter sur les réponses de Poutine, mais le brouhaha des commentaires de la presse et des réseaux sociaux suffit amplement.

En revanche, on pourra noter quelques aspects périphériques que ce brouhaha ne couvre presque pas et qui n’en constituent pas moins des informations très éclairantes de l’état actuel, réel et palpable du monde, de plus en plus éloigné de l’image qu’en retransmettent fébrilement les médias occidentaux.

Rien que la mise en place de l’entretien constitue en lui-même un message que peu de journalistes de la presse politiquement autorisée peuvent se permettre de relayer sans froisser de très vocales susceptibilités : par contraste, on se rappellera des réceptions par le même Poutine de dirigeants occidentaux comme Scholz ou Macron qui eurent amplement la place de gesticuler, au contraire d’un Tucker Carlson fort rapproché du président russe.

Nul doute que cela pourra être interprété par les uns comme un désir pour Poutine de paraître chaleureux, pour d’autre de confirmer que Carlson est évidemment stipendié par le FSB. Charge pour Macron ou Scholz d’en tirer, peut-être, un enseignement diplomatique.

Et tant qu’à parler de contraste, on ne pourra s’empêcher d’en noter d’autres : au contraire des performances télévisuelles de Macron qui débite ses phrases creuses avec un aplomb que seuls les cuistres possèdent, Poutine expose clairement un point de vue qui s’embarrasse assez peu du “en-même temps” invertébré de Macron. Certes, ce point de vue peut amplement être vu comme un mensonge ou de la propagande, mais au moins peut-il se targuer d’une substance et d’une constance dont le président français n’a jamais pu faire preuve : s’il ment, Poutine le fait de façon cohérente et contraste fort avec la girouette Macron dont les petites phrases, au mieux grandiloquentes, au pire insultantes, n’ont que très rarement eu de portée au delà du périphérique parisien.

Contraste aussi important lorsqu’on compare les deux heures d’entretien d’un dirigeant que des rumeurs occidentales insistantes voulaient mourant ou en proie à quelques cancers carabinés, et les quelques minutes de conférence de presse de son équivalent américain pendant lesquelles l’actuel locataire de la Maison-Blanche évoque le président allemand Mitterrand ou le président mexicain Sissi, dans un brouillard mémoriel quelque peu préoccupant.

On notera au passage que pour certains, le commentaire historique de Poutine (trop long, il est vrai) serait sans intérêt ou carrément hors-sujet pour justifier ou contextualiser l’actuel conflit russo-ukrainien, mais que les mêmes s’empresseront d’en appeler à l’histoire concernant Israël sur les cinq mille dernières années dans un Deux-Poids, Deux Mesures décontracté qui n’étonnera que l’observateur extérieur réellement neutre. Du reste, cette partie de l’entretien est, sur le plan de la communication, assez désastreux : la plupart des auditeurs n’ont plus, depuis des lustres, l’habitude de ce genre de réponses longues, les réponses courtes permettant une bien meilleure viralité…

Mais en réalité, on peut s’interroger sur le but réel poursuivi par Poutine avec cet entretien : beaucoup d’Occidentaux le commentent en partant du principe (peut-être faux) que le dirigeant russe essaie de leur faire passer un message, voire de les séduire.

C’est sans doute en partie vrai et on ne peut écarter l’influence de ce genre d’opération sur les opinions publiques en général. Cependant, c’est aussi probablement une erreur d’oublier que Poutine, en donnant ce genre d’entretien, s’adresse aussi au reste du monde et que ce dernier continue de grandir en importance géopolitique (actuellement au détriment de l’Occident, d’ailleurs). Ainsi, de nombreuses déclarations de Poutine sont rapidement virales en Chine, générant des centaines de millions, voire des milliards de vues sur des sites tels que Weibo, soit des engagements bien plus importants que la population entière de la plupart des pays occidentaux.

En outre, il ne fait aucun doute que l’entretien sera aussi disséqué et analysé par l’ensemble des alliés de la Russie et de ses partenaires commerciaux ; dans ce contexte, on comprend mieux la réaction ulcérée de la presse occidentale avant que l’entretien ne paraisse, ou les appels quelque peu consternants de certains politiciens à sanctionner Tucker Carlson en Union Européenne. Apparemment, le journaliste américain a touché une corde sensible que d’autres, avant lui, n’avaient pas même frôlée : le narratif occidental serait-il si fragile et si menacé par un tel entretien ?

En tout cas, à plus de 170 millions de vues, on comprend surtout que la puissance de frappe des médias occidentaux n’est plus ce qu’elle a été, nonobstant le ban plus ou moins ferme de certaines plateformes et de certains médias.

Dans un monde où Macron rêverait sans doute réaliser un dixième de cette audience, l’entretien réalisé par Tucker Carlson montre surtout que les médias traditionnels, politiquement corrects et officiellement sanctionnés, n’ont plus du tout la cote auprès du public : il apparaît clair que la presse traditionnelle, bâtie sur un contrôle fin des contenus et des canaux de diffusion, généralement subventionnée (ou au moins autorisée) par les États, lourdement “sponsorisée” par des intérêts et un capitalisme de connivences, a perdu de son pouvoir de pénétration des esprits : à l’exception sans doute des générations les plus âgées qui restent cantonnées à la radio et à la télévision traditionnelles, les canaux d’information sont maintenant tous sur internet et les labels “agréé ou subventionné par l’État” voire “avec des vrais bouts de fact-checking dedans” apparaissent de plus en plus comme des repoussoirs, tant et si bien que l’audience de ces médias s’effondre.

En définitive, les réactions à l’entretien en disent beaucoup plus long sur ceux qui réagissent que sur Poutine ou Carlson, et ce d’autant plus lorsque les réactions sont virulentes et font appel à l’émotion plutôt qu’à la raison.

La multiplication des adjectifs péjoratifs voire des insultes (tant envers Poutine qu’envers Carlson), les cris d’outrage, les appels au boycott voire à la censure ou, encore plus éclairant, à ouvertement lancer des rumeurs ou de la désinformation pour contrer l’influence supposée de cet entretien indiquent sans le moindre doute que, le calme et la pondération s’étant totalement évaporés, leurs auteurs ont pris – même confusément – conscience d’une réalité pour eux insupportable : ils ne contrôlent plus l’information, l’opinion publique va devoir se former sur des sources multiples y compris contradictoires mais surtout, sans eux.

C’est la panique : ils ont peur.

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