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À partir d’avant-hierHashtable

Le vrai ennemi de Nicolas

Par : h16

À mesure que Nicolas, 30 ans, se fait connaître sur les réseaux sociaux, les médias grand public s’intéressent à ce nouveau « mème » social et relatent, avec tous leurs biais, ce qu’ils voient derrière le personnage fictif subissant un contrat social qu’il n’a pas demandé et qui devient de plus en plus coûteux.

Sans surprise, leur représentation médiatique est souvent caricaturale et c’est donc aussi sans grand étonnement que, lorsque la politicaillerie française s’empare du sujet, elle ne trouve guère mieux à faire qu’à polariser les Français sur les questions pourtant légitimes que ce personnage soulève.

Ainsi, pour les politiciens classés sur la gauche, il est évident que Nicolas est détestable puisque – regardez bien ! – c’est un raciste ou au moins un xénophobe : dans les yeux de cette gauche, le « Karim » archétypal du contrat social que Nicolas subit représente absolument tous les immigrés et leurs descendants. C’est honteux !

Et pour les politiciens classés à droite, il semble assez clair que Nicolas est un ingrat, voire un séditieux saboteur : dans les yeux de cette droite, les « Bernard et Chantal » que Nicolas subit représentent absolument tous les retraités. C’est honteux !

Enfin, pour ceux du centre, ce « Nicolas » représente un danger mortel puisqu’il vide de substance les discours de la majorité présidentielle : interdisant le « en-même temps » et surtout la distribution généreuse de l’argent des autres (puisque les autres, c’est lui, précisément), il coupe l’herbe sous le pied de tout l’extrême-centre qui n’a que ces gesticulations politiques inutiles à proposer pour prétendre résoudre les problèmes français. Ceci explique pourquoi les partis du PS aux LR en passant par le parti présidentiel et le croupion ministériel du Modem ne voient en Nicolas qu’un fasciste qu’il faut faire taire d’une façon ou d’une autre.

Oh, bien sûr, il existe bien un portrait type de ce Karim, de ce Bernard et de cette Chantal, des archétypes de la minorité bruyante, qui ont en commun de vivre du travail de Nicolas tout en le traitant ouvertement de raciste ou d’ingrat.

Derrière le « Karim », on retrouve essentiellement la racaille revancharde et violente, dénuée d’empathie et de tous remords qui émaillent un peu trop les faits divers qui s’accumulent tous les jours dans les journaux locaux. C’est une icône, une caricature certes brossée à gros traits mais néanmoins représentative de cette frange de population rapidement devenue ingérable, jouant constamment de la victimisation, c’est lui qui encombre les tribunaux, les prisons et certains halls d’immeubles et font vivre un véritable enfer aux Nicolas locaux qui ne peuvent compter ni sur les politiciens, ni sur la police, ni sur la justice pour restreindre leurs accès de violence.

Qu’il soit représenté comme provenant de l’immigration (ici, maghrébine) n’est, bien évidemment, qu’un raccourci, mais c’est le même raccourci que celui qu’offrent les statistiques sur la délinquance ou le crime en France, ou celles qui évaluent la contribution économique de l’immigration dans le pays. Ici, l’image mémétique est donc aussi « raciste » que le sont les statistiques, les données chiffrées et la réalité observable.

De façon similaire, derrière les « Bernard & Chantal », on retrouve essentiellement l’idée de cette génération qui a traversé avec aisance la deuxième moitié du XXe siècle et ce d’autant plus facilement que les conditions économiques étaient très favorables au pays : croissance marquée, fiscalité nettement plus faible, démographie avantageuse, tous les éléments étaient réunis pour que ce couple puisse partir en retraite dans d’excellentes conditions.

Brossée à gros traits, la caricature renvoie à cette image du couple de jeunes retraités très souvent en voyages, et ce d’autant plus facilement qu’ils n’ont pas de petits enfants à garder car ils n’ont pas eu d’enfants pour payer leur pension dont le montant tourne tout de même autour de 1500€ net en moyenne par personne et par mois, soit à peu près deux fois ce qu’ils ont cotisé.

De façon statistique, c’est aussi la génération qui, ayant voté Mitterrand au pouvoir en 1981, aura systématiquement favorisé toutes les politiques conduisant à l’accroissement de l’État dans toutes les strates de la société, de la fiscalité attenante, de l’immigration, l’augmentation des congés et la diminution du temps de travail, tout en refusant de façon constante les réformes de fond du système social à commencer par celui des retraites.

Bien évidemment – et c’est tout le jeu malsain des politiciens – se focaliser sur « les immigrés » et sur « les retraités » revient, en essentialisant à la grosse louche des millions de personnes, à écrabouiller les parcours individuels qui sont complexes et contraints par le paysage économique, politique et culturel du pays sur ces 50 dernières années ; c’est oublier (volontairement ?) les millions de retraités qui ont subi un système de cotisations dont ils ne voulaient pas (car comprenant son inévitable faillite), c’est passer au bleu les millions d’immigrants intégrés, travailleurs et respectueux des us, coutumes et cultures du pays.

Autrement dit, les stéréotypes véhiculés par ce Nicolas mémétique ne sont que ça : des caricatures. Mais elle servent un but : imposer enfin dans le débat public deux thèmes jusqu’ici soigneusement évités par la caste jacassante (les médias et les politiciens).

Le premier est celui du système actuel de retraite par répartition, clairement voué à la faillite. Or, tout système alternatif (notamment par capitalisation) est actuellement farouchement combattu par cette caste jacassante.

Le second est celui de l’immigration, dont on peut à présent voir le bilan globalement négatif, avec une intégration difficile, une augmentation de l’insécurité liée à l’aspect multiculturel imposé, et un appauvrissement des Français.

En somme, alors que dans les années 80, le projet était clairement d’importer des migrants pour payer les retraites, le pays se retrouve maintenant confronté à d’impérieux besoins de réforme des retraites pour pouvoir nourrir ces migrants. C’est un échec complet et le « Nicolas », en arrivant dans le débat, impose d’en discuter.

Malheureusement, l’absence de débat (imposé par le socialisme mental présent tant à gauche qu’à droite, et sa capacité à lancer des anathèmes – raciste, égoïste, fasciste, etc.) rend les prises de position puis de becs de plus en plus extrêmes et polarisées.

Ici, le vrai ennemi de Nicolas, c’est bien cette caste jacassante, et plus précisément l’État dont les prébendes et privilèges irriguent cette caste.

En utilisant l’État et la propagande d’État, cette caste a verrouillé tout débat possible sur les retraites, la démographie, l’immigration. En appliquant soigneusement le socialisme, cette caste a une nouvelle fois démontré que cette doctrine n’aboutit qu’à la guerre de tous contre tous. Elle a polarisé les pauvres contre les riches, les ouvriers contre les cadres, les jeunes contre les vieux, les musulmans contre les catholiques puis contre tous les autres, les villes contre les campagnes.

Elle a divisé le pays en usant du communautarisme, en mettant en avant des minorités par opposition à l’ensemble, en faisant tout pour cacher, mépriser et interdire la plus petite des minorités, l’individu.

Avec Nicolas, vient à présent le moment de la facture. Impayable, elle pourrait bien se transformer en fracture.

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Nicolas, 35 ans, clashe du boomer

Par : h16

Un article à 4 mains écrit par h16 & Citronne

Ah, voilà que se présente un week-end agréable pour Nicolas, 35 ans, marié et deux enfants (de 8 et 5 ans) : ses parents viennent lui rendre visite dans la maison nouvellement acquise !

C’est un samedi matin qui s’annonce guilleret mais alors que Nicolas est en route pour aller chercher ses parents à la gare de Nantes, il croise des troupeaux de plus en plus nombreux de jeunes aux cheveux multicolores, tenant quelques bout de cartons sous le bras et affublés de t-shirts gribouillés d’inscriptions manuscrites.

Un soupir s’échappe malgré lui lorsqu’il comprend que cette agitation signifie de nouvelles manifestations. Eh oui : la circulation le week-end peut s’avérer parfois aussi périlleuse qu’en heure de pointe en semaine dans la capitale de la région, depuis que les manifestations se multiplient pour toutes les raisons possibles et imaginables.

“Choc des savoirs”, “lutte pour les droits des femmes”, “contre les rétentions d’eau”, “stop au racisme”, …  Si Nicolas devait faire le décompte, il arriverait sans doute à plus d’une manifestation par semaine dans la cité des Ducs.

Zigzagant péniblement au milieu de toute cette populace remuante, Nicolas atteint finalement la gare. Sapristi : malgré les retards importants du train de ses parents – dont ils l’avaient informé au cours de leur voyage – ses parents l’attendaient déjà au niveau du dépose-minute : le trafic nantais était vraiment gluant…

Les retrouvailles sont aussi chaleureuses que rapides (il ne faut pas traîner sur zone, une prune est vite arrivée) et la voiture repart vers le domicile de Nicolas, avec une escale très rapide à l’hôtel des parents qu’ils ont choisi cossu et dans le centre.

Le reste du trajet est l’occasion d’aborder les sujets habituels comme la météo, le jardinage et les petits travaux dans la maison. Mais rapidement, alors que son père lui assure qu’ils n’ont pas attendu plus de 5 minutes devant la gare, Nicolas l’interroge sur les 45 minutes de retard du train.

Son père, apparemment résigné, répond qu’en gare de départ, il a semble-t-il fallu effectuer un “changement de matériel”, et “En plus, ils te préviennent à la dernière minute, comme si ce n’était pas prévisible ! Ah mais tu comprends ! Ce n’était pas comme ça avant, cette génération ne sait plus travailler !”

Nicolas sent ses sourcils se froncer. Il n’aime pas trop cette remarque, sentant que “cette génération” l’inclut certainement. Il a d’autant plus de mal qu’il n’a pas le privilège de travailler à la SNCF et ne bénéficie donc pas de leurs conditions très avantageuses de travail, ni même de celles de la fonction publique en général.

Heureusement, le trajet se termine, et Nicolas peut enfin respirer. Sa femme accueille avec un sourire chaleureux ses beaux-parents et son mari avec un regard compréhensif lorsqu’elle voit son air renfrogné marquant un léger agacement. Qui ne durera pas : le déjeuner est bientôt prêt, le poulet doré et on commence tranquillement par un apéritif détendu.

Joyeux, les parents de Nicolas détaillent les diverses journées “chargées” de leur retraite. Tai-Chi et activisme écologique pour Sylvie, qui adore s’allonger sur la route les lundi matins quand il ne fait pas trop froid avec les copines du groupe « Féminisons Le Vert ! » qui lutte contre l’automobile fasciste ; jardinage communal et randonnée verte pour Philippe, qui s’émerveille de tout le temps libre à sa disposition pour changer le monde.

D’ailleurs, la semaine dernière, ils ont même participé à une manifestation anti-Tesla avec les copains de son association de randonnée. Le visage de Philippe prend un air sérieux et il déclare avec gravité : “Ce Lon Musk est vraiment effrayant ! Tu as vu son salut nazi à la télé ? C’est quand même incroyable !”

Laura arque un sourcil perplexe : ne leur avaient-ils pas annoncé au téléphone il y a de cela quelques mois qu’ils s’étaient justement acheté une Tesla ? Nicolas est aussi confus et ne peut s’empêcher d’interroger son père :
“Mais, … mais tu ne viens pas d’acheter une Tesla ?
– Bien sûr, Nicolas ! C’était une bonne décision car il y a un bonus écologique jusqu’à six mille euros et une prime à la conversion, avec en plus exonération de la taxe sur la carte grise, et un coût d’entretien réduit ! Et puis, ça me changeait de la Nissan. »

Nicolas n’insiste pas plus ; ce n’est pas la première fois qu’il note des contradictions dans le comportement de son père. De toute façon, à ce moment-là, Léo déboule en trombe de l’étage où il s’occupait. Il adore passer du temps avec son grand-père et jouer avec ses maquettes lorsqu’ils viennent en week-end chez eux.

Philippe, ravi de revoir son petit-fils, le prend sur ses genoux : “C’est quand même bien de profiter des petits-enfants sans avoir les contraintes.”

Nicolas sourit. L’ironie de la situation ne lui échappe pas puisqu’il compte justement demander à ses parents de garder les deux rejetons pendant une semaine en automne, sa femme et lui ayant bien besoin de se retrouver. Cependant, lorsqu’il s’en ouvre, il reçoit une fin de non-recevoir : Sylvie lui explique qu’ils viennent tout juste de prendre leurs billets pour une éco-croisière en Mauritanie exactement à cette période :

“C’est ballot, tu devrais savoir que nous partons régulièrement à cette période-là, enfin, Nicolas !”

Intérieurement, Nicolas encaisse amèrement la nouvelle : c’est bien la quatrième fois qu’il demande à ses parents, en pure perte, de garder les enfants une petite semaine afin de pouvoir souffler. La dernière fois – lors du déménagement – n’avait pas non plus été possible : ce week-end là, Philippe avait justement un stage de salsa ! La fois précédente, Sylvie voulait se reposer et avait expliqué platement ne pas vouloir “subir la corvée de s’occuper des petits-enfants”. Petit à petit sa patience s’amenuise. Mais restons positif : nous n’en sommes après tout qu’à l’apéritif et le repas qui commence promet d’apaiser ces petites tensions.

Pour cela, Nicolas relate les péripéties de son achat immobilier, les visites multiples, les nombreuses déconvenues dues au DPE, au taux d’emprunt. Ce dernier fait réagir Philippe : “Tout de même, 3,4% pour le prêt, c’est une bonne affaire ! De notre temps, c’était facilement 9% !”

Nicolas manque de faire une fausse route avec ses légumes. Regardant son père avec un air mi-agacé, mi-consterné, il ne peut s’empêcher de remarquer tout haut qu’avec une inflation plus élevée et des salaires en hausse, les perspectives étaient franchement différentes…

Son père, reprenant avec entrain des petites patates sautées, enchaîne sans broncher : “Bien sûr, au lieu d’économiser pour avoir un bon apport, les jeunes préfèrent payer leur café 5€ dans un fast-food américain, manger des avocats sur toast ou s’acheter le téléphone dernier cri. Avant c’était un téléphone pour toute la famille et les poules étaient bien gardées !”

Décidément, Nicolas constate bien que son père est bourré de clichés sur sa génération. La moutarde lui monte doucement au nez mais Laura lui lance un regard apaisant. Elle n’en pense pas moins mais préfère calmer le jeu : après tout, les personnes âgées sont rarement réalistes sur les soucis de la nouvelle génération.

Malheureusement, la salve suivante de Philippe, verre de rouge à la main, n’améliore pas la situation, puisqu’il ajoute : “Et puis, on n’a pas passé notre vie à trimer pour continuer à se défoncer après 60 ans ! C’est grâce à notre travail et nos négociations, parfois à la dure, que vous avez tous ces avantages aujourd’hui hein !”

Nicolas pose sa fourchette sur la table et avale prudemment sa bouchée. Il ne veut pas tousser pour ce qu’il a à dire. Regardant son père droit dans les yeux, il sort d’un trait : “Avantages ? Mais de quoi tu parles ? Notre salaire est amputé de moitié pour payer votre retraite et une sécurité sociale toute pourrie ! Notre retraite, on n’y aura pas droit sans la bâtir nous même, j’ai même fait le calcul ! On paye des impôts et des taxes de tous les côtés, et en face on a des services de plus en plus pourris et une administration qui nous crache à la figure. Mes gamins se font bourrer le mou avec une écologie de plus en plus délirante qui les rend anxieux et qui va m’obliger à changer de voiture, et va rendre la barraque impossible à louer dans 3 ans. En plus, quand tu avais 35 ans, ton job ne risquait pas de se faire remplacer par l’IA ou par le premier bénéficiaire de quota ou celui qui permettra à la boîte de toucher les meilleures subventions ! Et quand tu sortais du cinéma, tu ne risquais pas de te prendre un coup de couteau par un malade mental ou par un terroriste auquel tu aurais refusé une cigarette… Oh et puis ça va, la génération du Baby Boom. Vous avez bien profité des 30 Glorieuses, et vous avez voté pour toutes les politiques qui ont favorisé une retraite payée par la génération suivante, et une dette monstrueuse ! Depuis quand demande-t-on aux enfants de payer pour les parents hein ? Toi, tu es parti à la retraite à 60 ans ! Moi je vais devoir trimer jusqu’à 68 ans et encore, ça, c’est probablement le meilleur des cas ! Vous êtes bien gonflés de râler dès qu’on vous demande un service alors que vous êtes complètement dépendant des autres dès qu’il s’agit de toucher votre pension ! L’essor de la France c’était les années 80-90 mais clairement pas aujourd’hui. Donc tes réflexions tu peux te les garder pour toi !”

Pendant toute la tirade, Philippe est resté coi, éberlué. Il n’avait pas vu venir cet accès soudain de colère. Brusquement, Nicolas se lève de la table et jette sa serviette.

“Allez on remballe. Je vous ramène à votre hôtel pour que vous soyez tranquille, puisque voir vos enfants et petits enfants est ‘trop contraignant’. Prenez vos affaires.”

L’assemblée ébahie met un certain temps à réagir. Laura, les yeux écarquillés et agréablement surprise par la réaction de son mari, esquisse un petit sourire en coin ; elle le remerciera de cette tirade plus tard dans leur intimité. Cependant, Philippe sort de sa transe et toussote : “Oui heu bon… Ça va quand même, pas la peine d’en faire des caisses non plus… C’est pas trop mal aujourd’hui pour vous j’espère… Tu as une belle maison non ? Allez Nicolas… Sois pas mauvais bougre.”

Nicolas pousse un gros soupir et semble se calmer. Son père n’est pas méchant mais il ne réfléchit pas toujours à ce qu’il dit. Parfois, il faut dire les termes et parler vrai. Regardant le repas à moitié fini, la figure contrite de son père et sa mère qui semble intensément regarder les restes de son poulet dans son assiette, Nicolas se rassoit.

Et alors qu’il se demande si sa réaction ne fut pas un peu trop vive, Sylvie finit par admettre : “Nicolas, si tu veux, on va se réorganiser pour vos vacances à Laure et toi. Nous pourrons garder les enfants.”

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Nicolas, 35 ans, ne touchera jamais sa retraite

Par : h16

Un article rédigé à 4 mains par Citronne et h16

Avec le mois qui se termine, Nicolas, 35 ans, marié avec deux enfants de 5 et 8 ans, examine sa feuille de paie. Les petites lignes se multiplient mais un montant le rassure : celui que lui et son patron ont cotisé pour sa retraite.

Nicolas imagine son avenir : il se voit couler bien tranquillement des jours heureux, dans une petite maison à la campagne ou pourquoi pas au bord de la mer. Fier d’avoir obtenu son diplôme d’ingénieur à 23 ans, en suivant la ligne toute tracée des “études supérieures” comme tous ses professeurs le lui avaient conseillé à l’école, il savait que s’il commençait à travailler une fois le diplôme obtenu, il pourrait s’en sortir pour partir vers 63 ans, comme ses parents avant lui, aujourd’hui heureux retraités de l’époque bénie des trente glorieuses.

Avec son salaire médian, Nicolas est ainsi prélevé de 290€ pendant que son patron verse quant à lui 430€. Avec 720€ tous les mois, Nicolas, qui doit encore travailler une trentaine d’années, se demande combien il va toucher.

Dans l’esprit simple de Nicolas, le calcul est simple : puisqu’on lui prélève autant tous les mois, il s’attend à retrouver ses 43 annuités soit, pour 43 années de 12 mois à 720€, 371 520 euros. Si la somme le laisse un peu songeur, c’est parce qu’elle paraît un peu courte.

Décidé à tirer toute la question au clair, Nicolas se lance fougueusement sur les intertubes.

Après quelques minutes de recherche, il comprend rapidement son erreur : c’est évident (et rassurant), il lui faut bien sûr tenir compte d’un rendement de toutes ces cotisations placées, pardi !

Pour Nicolas, qui a toujours bien écouté les informations pertinentes et suivi tous les conseils précieux que lui prodiguent les médias et son gouvernement, il ne fait pas le moindre doute que les retraites sont gérées au millimètre près par nos administrations au taquet et nos politiciens prévoyants.

Nicolas fait donc un calcul rapide, ou plutôt, utilise l’un de ces nombreux outils de simulations sur internet : avec une durée de cotisation de 43 ans, un versement mensuel de l’ordre de 720€ (c’est marqué sur sa feuille de paie), Nicolas opte pour un rendement de 4%. Ce chiffre n’est pas complètement hasardeux : il a utilisé les calculs du brillantissime économiste socialiste Thomas Piketty dans son “Capital au XXIe siècle” lorsqu’il explique dans un calcul qui n’a pas été remis en question depuis que le rendement pur du capital a, entre le XVIIIème et le XXIème siècle, « oscillé autour d’une valeur centrale de l’ordre de 4 à 5 % par an ».

Et ceci donne un capital de sortie de l’ordre de 950.000 euros : voilà qui est nettement plus confortable, et, cerise sur le gâteau, 4% d’intérêts sur cette somme donnent, tous les ans, un revenu qui remplace largement son salaire actuel. Vivement la retraite !

Malheureusement, la discussion enjouée qu’il aura à ce sujet avec sa femme quelques minutes plus tard tournera au vinaigre : la voilà qui lui soutient mordicus que ses précieuses cotisations ne sont pas du tout versées sur un solide petit compte épargne-retraite que l’État gèrerait bien comme il faut. Pis encore, elle lui explique que contre toute attente, il ne pourra certainement pas prendre sa retraite aussi tôt qu’il le souhaiterait ! En effet, l’époque bénie dont ont joui leurs parents respectif, eux qui ont pu prendre leur retraite à 61 ans, ni trop vieux, ni trop jeune, était possible est bel et bien terminée.

Nicolas retourne donc sur internet et tente d’y voir plus clair. Les clics s’enchaînent et la figure soucieuse du trentenaire fait place à une mine carrément déconfite : sapristi, sa femme a raison !

Non seulement, Nicolas ne cotise pas du tout pour sa retraite, mais en plus absolument rien n’indique qu’il aura le droit à quelque chose lorsque son heure sera venue. Oh, il y a bien sûr tout un paquet de « partenaires sociaux » prêts à jurer-cracher que dans 30 ans, l’État fera le nécessaire : c’est d’autant plus facile pour ces partenaires que, vu leur âge déjà bien avancés, ils seront tous largement enterrés dans ce laps de temps.

Réalisant que ces promesses n’engagent que ceux qui y croient, et qu’il y croit de moins en moins, Nicolas commence à paniquer.

Nerveux, il se lance dans un premier calcul pour vérifier son âge de départ à la retraite. En ayant commencé à travailler à 23 ans, il fait un premier décompte. Il aurait cotisé 48 trimestres. Bien, après un rapide coup d’œil sur le site officiel de la retraite, il constate qu’au vu de son année de naissance, il est nécessaire de cotiser 172 trimestres. Le calcul est rapide, et il n’est pas bon, Nicolas ! 172 – 48 = 124 trimestres, soit l’équivalent de 31 ans et un départ en retraite à 66 ans. Ceci, en admettant de continuer à travailler de manière continue et sans interruption.

Les promesses sont dures et Nicolas y croit de moins en moins.

Lisant rapidement les explications souvent confuses fournies par différents sites, il comprend néanmoins que les sommes considérables qui lui sont prélevées ne sont absolument pas abondées pour lui-même, mais aussitôt claquées pour éponger les retraites actuelles et que même ainsi, ça ne permet pas de couvrir tous les besoins, d’autant plus que Nicolas apprend, au détour d’un clic hasardeux, que les pensionnés actuels touchent beaucoup plus que ce qu’ils ont cotisé.

Pire : en parcourant d’autres sites qui détaillent différentes simulations, il lui apparaît clair que sa future retraite ne sera qu’une portion de plus en plus congrue (en pratique, à peu près la moitié) de son salaire actuel, et ce dans le meilleur des cas où il y a encore un système en place. L’hypothèse qu’il doive se passer complètement de toute retraite n’est même plus à écarter vu la gestion sous-optimale du bazar.

Pour Nicolas, c’est la douche froide : s’il ne compte que sur la pension officielle, il va au devant d’une jolie déconfiture.

Il va lui falloir trouver un moyen de compenser ce que l’État semble maintenant incapable de faire, c’est-à-dire s’occuper lui-même de sa propre retraite.

Autrement dit, en plus des 720€ qui sont prélevés et qui ne lui donneront le droit à rien de vraiment tangible ou d’assuré dans 30 ans, le trentenaire va devoir consacrer une partie de son épargne pour constituer sa retraite.

Nicolas sait qu’il peut mettre environ 400 euros par mois à cette fin en espérant qu’aucun accident majeur ne survienne. En retournant sur le simulateur, Nicolas se rend compte qu’il devrait parvenir, au bout de 30 ans et en tablant hardiment sur un rendement moyen de 7% (pas trop farfelu, le rendement moyen du CAC40, dividendes réinvestis, sur les dernières décennies tournant entre 8,8% et 9,9% selon le calcul) à rassembler un capital de 450.000 euros qui lui permettront tout juste d’assurer un niveau de revenu moyen.

Bien évidemment, s’il avait constitué son épargne intégralement pour lui-même, Nicolas s’en serait nettement mieux sorti et beaucoup plus sereinement.

En tripotant le simulateur, Nicolas se rend d’ailleurs compte que même pour un ouvrier qui resterait toute sa vie au SMIC, la capitalisation serait largement préférable à l’actuelle répartition : en tablant sur les 159 euros que représentent les charges réelles de retraites ponctionnées sur le salaire brut employeur de 1881 €, le modeste épargnant disposera, toujours en considérant le rendement moyen de 7% évoqué précédemment, d’un capital de 472.000 euros à la fin des 43 annuités. Autrement dit, l’ouvrier hypothétique de Nicolas aurait une meilleure retraite et pourrait même léguer son capital à ses enfants à son décès, ce que bien évidemment la répartition ne permet pas du tout.

Ce dimanche, un peu trop rempli en émotions financières, a épuisé Nicolas qui va devoir vraiment changer sa façon d’épargner. Il a compris que sa retraite de base, il peut faire une croix dessus…

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La France se met (quasiment) en ordre de bataille pour reconquérir le monde.

Par : h16

La première semaine de Trump au pouvoir n’a laissé aucun doute sur la rapidité avec laquelle le nouveau patron de la Maison Blanche voulait agir : ordres exécutifs à gogo, déclarations tranchantes, mise en route immédiate de certains de ses programmes, à commencer par les reconduites à la frontières des illégaux dangereux… Bref, le bulldozer Trump est en marche.

Pendant ce temps, la France prend toute la mesure du défi que représente la façon dont l’Amérique de Trump est en train de pivoter vers une ferme reprise en main de son développement industriel et technologique, bien au-delà de ce qu’on a vu jusqu’à présent (intelligence artificielle, fusées réutilisables, réseau satellitaire, etc.) : les États-Unis entendent redevenir indépendants énergétiquement (« drill, baby drill » n’est pas autre chose) et imposer leur domination économique aussi rapidement que possible avant que le concurrent chinois n’emporte définitivement la course.

Les élites européennes ne semblent pas vraiment remises de ce qui a constitué (croyez-le ou non) une surprise pour elles, à savoir la réélection d’un candidat que toutes, complètement auto-intoxiquées par leur propre propagande, donnaient perdant devant Kamala Harris. Prises de court, elles n’ont eu qu’à peine deux mois pour se remettre de leur émotion initiale et peinent encore à comprendre que les « douces années Biden » viennent de brutalement s’achever.

Devant ce constat, tant bien que mal, la France doit mobiliser ses talents, et rapidement si possible.

Rassurez-vous, tant l’Élysée, conseillé par McKinsey et leurs vaillantes troupes, que Matignon, cornaqué par la pointure Bayrou, ou que le Palais Bourbon avec ce que la République compte de députés les plus affûtés, tous ont compris les enjeux, les risques et les opportunités que ce changement drastique à la tête de l’État américain offrait à l’Hexagone.

C’est bien sûr pour cela que notre frétillant président, Emmanuel Macron, n’a pas hésité à mettre la main à la pâte et le smartphone au péage. Relayant (sans les vérifier) les propos confus d’un influenceur qu’on découvrira un peu plus tard comme tendrement intéressé par l’islamisme le plus radical, le président français s’est donc fait fort de garantir que la France allait rapidement autoriser le paiement par ce truchement aux péages autoroutiers.

Enfin, il était temps !

Ne nous attardons pas sur le fait que ce que l’influenceur racontait pourrait fort bien avoir été intégralement inventé, c’est sans importance dans notre contexte : la France prend des décisions, pivote vers de nouvelles opportunités et le Chef de l’État n’est pas le dernier artisan de ce changement drastique d’orientation.

L’intelligence artificielle se développe de plus en plus vite ?

La France, berceau de la vitesse, de technologies de pointes et d’une vie culturelle frémissante, ne sera pas en reste : ainsi, des utilisations de plus en plus créatives de cette technologie apparaissent et les Français se montrent friands d’applications originales, comme par exemple la production industrielle de commentaires élogieux pour un navet cinématographique :

Et quand l’intelligence artificielle n’est pas utilisée en France pour remplir les commentaires de revues de film, elle est sérieusement envisagée pour… aider à combler le déficit de financement des retraites : on découvre ainsi, avec la joie qui s’empare des vrais patriotes voyant leur pays se relever fièrement devant les défis d’un monde nouveau à bâtir, que de solides chefs d’entreprises proposent enfin (ENFIN !) des idées d’avant-garde pour financer les retraites en taxant ces technologies qui viennent prendre le pain de la bouche de nos ouvriers. Pour Michel-Édouard Leclerc, pas de doute, il faut taxer le digital, la robotique et l’intelligence artificielle :

« Le travail est concurrencé par la robotique, concurrencé par le digital, par les produits importés à bas coût. (…) Il faut faire payer la robotique, le digital, l’intelligence artificielle . (…) Il y a de l’argent pour financer les prestations sociales »

Taxer les robots, taxer les chatbots, taxer les agents d’intelligence artificielle, même combat ! Les retraites des Français seront sauvées, car tout le monde sait que lorsqu’on taxe le lait, la vache vient déposer son chèque au Trésor Public le plus proche à chaque fin de mois.

Eh oui, une nouvelle taxe, une nouvelle façon de ponctionner sur un nouveau domaine spécifique, c’est original et ça nous change des solutions proposées habituellement, vous ne trouvez pas ?

D’ailleurs, à propos de taxe et de nouvelles technologies, comment oublier le succès retentissant du service « Gérer mes biens immobiliers », lancé par Bercy en 2023 pour recueillir des informations sur les occupants effectifs des locaux d’habitation ? L’outil judicieusement conçu et destiné à mieux calibrer les taxes qui vont s’abattre en fine pluie rafraîchissante sur les contribuables a déjà permis de réaliser de solides dérapages budgétaires puisqu’on estime à plus d’1,3 milliards d’euros la facture du véritable fiasco de son installation à Bercy : coût qui a quadruplé, des remboursements à gogo dont une bonne partie coincée dans les tubulures multiples des administrations locales et nationales, mauvais calculs et disparition d’un million d’assujettis, voilà qui donne une nouvelle illustration de l’excellence des développements informatiques menés par l’État.

On attend avec gourmandise les résultats foudroyants de Lucie, la nouvelle intelligence artificielle que le monde de l’éducation français nous réserve. Disponible depuis quelques jours, elle offre déjà d’intéressants débats et des réalisations hardies :

Comme on peut le lire ci-dessus, l’avenir de nos enfants est entre de bonnes mains numériques. L’Amérique n’a qu’à bien se tenir !

On le comprend : la France a compris ce qui se passait dans le monde, et comment les changements, outre-Atlantique, allaient très vraisemblablement durablement modifier la donne pour notre avenir gépolitique, économique et social. Les forces vives de la Nation sont au taquet, et aucune opportunité ne sera laissée au hasard. Nos députés sont évidemment aux premières loges et font déjà les efforts qui s’imposent pour, eux aussi, aider le pays dans les bouleversements qui l’attendent : ils ont ainsi récemment approuvé une proposition de loi véritablement audacieuse pour lutter contre les pannes d’ascenseur.

Les Américains sont possiblement au début d’un nouveau cycle politique. Les Français, eux, sont plus probablement à la fin. L’État américain veut donc des résultats, alors que l’État français, lui, ne désire plus que du contrôle.

Ce pays est donc joyeusement foutu.

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Dette française : l’épineux problème des retraites

Par : h16

Michel Barnier vient d’arriver et avec tout le brio d’un teckel neurasthénique, forme son nouveau gouvernement qui saura, on n’en doute pas, relever les défis qui l’attendent. Parmi ceux-là, l’établissement d’un budget vaguement crédible.

Eh oui, il va falloir trouver “un pognon de fou”.

Bien sûr, la voie choisie consistera à augmenter les impôts (parce que pourquoi pas, après tout, ces cochons de riches – lire “classes moyennes” – pourront bien payer et l’intendance suivra, hein). L’alternative, bien trop libérale au goût d’un Barnier résolument socialoïde, consisterait pourtant à couper dans les dépenses les plus lourdes de l’État.

Une idée évidente consisterait en l’arrêt de la distribution de pognon gratuit des autres sous forme de subventions (à toutes les associations, à toutes les entreprises, tous les bidules que l’État encourage en pure perte), en accompagnant cet arrêt de saupoudrage par l’arrêt des ponctions correspondantes : l’argent distribué n’ayant jamais été que prélevé ailleurs auparavant, la disparition complète du prélèvement et de la distribution ferait économiser des sommes folles à l’État rien qu’en frais de fonctionnement, et ferait réapparaître des dizaines de milliards dans les poches des Français et des entreprises précédemment ponctionnées.

Pour donner un ordre d’idée, les subventions aux entreprises se montent (selon différents calculs) entre 92 et 260 milliards d’euros, le chiffre de 140 milliards étant généralement utilisé. Pour les associations de tout crin, on parle d’un montant oscillant autour de 23 milliards d’euros. Au total, ce serait donc au moins 160 milliards qui resteraient dans les poches des Français.

Le coup de fouet économique engendré serait biblique, mais il est absolument garanti que cette solution est politiquement impraticable dans la France actuelle.

Par ailleurs, les dettes publiques étant des promesses auprès du reste du monde qu’il serait particulièrement hasardeux de répudier, l’autre volant de réduction possible serait aménageable dans les redistributions sociales dont la promesse n’est, elle, que politique et qui n’engage que ceux qui y croient.

Après tout, la société française pourrait fort bien décider (au travers de politiciens courageux – ne cherchez pas, ça n’existe plus malheureusement) de réajuster le train de vie que l’État octroie à certaines populations avec les moyens financiers réels de la nation, et non plus en se basant sur un transfert vers les générations futures au travers de la dette… Autrement dit, arrêter de transformer des promesses politiques (généralement creuses ou pleines de filouteries) en promesses financières qui ne provoquent pas les mêmes problèmes en cas de dédit.

Très concrètement, cela revient à baisser la redistribution des retraites dont le financement actuel est justement sujet à ce genre de transfert : comme il devient difficile (pour ne pas dire impossible) de boucler les budgets gouvernementaux compte tenu du niveau actuel des pensions versées, l’État crée de la dette qui devra être remboursée par les générations futures. En fait, ces dernières auront mathématiquement une retraite plus lointaine et moins cossue afin de garantir les promesses politiques basées sur des modèles et des espérances de croissances de plus en plus fantaisistes.

La mesure, bien que d’autant plus impopulaire qu’elle constitue un motif pavlovien de grève et de manifestation de tout ce que le pays comprend de gauchistes, est pourtant à la fois la plus efficace et la plus réaliste pour retrouver des marges de manœuvre budgétaires : même avec des changements modestes dans les versements de ces pensions, les impacts seraient modérés sur les individus mais importants sur les finances publiques.

Cette dernière affirmation n’est pas gratuite.

Elle est en réalité étayée par la plupart des éléments économiques et financiers dont on dispose assez largement et dont, sans surprise, la presse ne fait qu’assez peu de cas tant il est devenu tabou d’expliquer que les générations salariées actuelles payent pour les pensions un tribut maintenant trop lourd. Oui, la génération des boomers coûte maintenant trop cher et on arrive actuellement au bout de ce qu’il est possible de faire supporter aux générations suivantes.

D’une part, la population concernée est de 17 millions d’individus et ne cesse de croître à un rythme plus marqué que celui des cotisants comme le montre assez clairement le graphique suivant (de l’INSEE) :

D’autre part, et comme le détaille les rapports de la DREES, les personnes retraitées sont sous-représentées parmi les Français ayant le niveau de vie le plus bas. Ainsi, le taux de pauvreté des retraités est nettement plus faible que celui de l’ensemble de la population à 8,7 % contre 14,6 % en 2019.

En 2019, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux de l’Insee, le niveau de vie médian des retraités vivant en France métropolitaine dans un logement ordinaire (hors institution) s’élève à 1900 euros par mois et est supérieur de 3,3% au niveau de vie médian de l’ensemble de la population, qui est de 1840 euros par mois. En outre, si l’on tient compte du fait que beaucoup de retraités sont propriétaires de leur logement, leur niveau de vie médian s’élève alors à 2 310 euros par mois. Il est supérieur de 9,5% au niveau de vie médian de l’ensemble de la population qui est de 2110 euros par mois (toujours en tenant compte du fait d’être propriétaire).

Par décile, la répartition des niveaux de vie est fort intéressante et permet de bien visualiser comment se répartissent les retraités. On note ainsi que les déciles à partir du quatrième (D4) offrent tous un niveau de vie moyen supérieur ou égal au niveau de vie moyen de la population générale (1837€).

À titre d’illustration, une baisse de 10% des pensions versées dans les déciles de 4 à 10 (soit les 9,7 millions de retraités les plus aisés) permet d’économiser plus de 30 milliards d’euros par an ; de la même façon, une baisse de 20% sur les pensions versées dans les déciles de 6 à 10 (soit les 6,4 millions de retraités les plus aisés) permettrait d’économiser plus de 47 milliards d’euros par an…

Bien évidemment, entre de nouvelles ponctions fiscales – difficile alors que le pays est perclus d’impôts comme jamais et que les Français le savent – et la diminution des prestations sociales (dont les retraites font partie et ne constituent qu’une des pistes possibles), le choix du gouvernement sera cornélien qui devra équilibrer le nombre d’individus impactés et la pénibilité (réelle et ressentie) de l’action.

Certes, les électeurs de Macron sont largement puisés dans le réservoir des retraités, mais d’une part, le mur de dettes est maintenant impossible à éviter et d’autre part, Macron ne peut espérer un troisième mandat ce qui rend ce stock d’électeurs sans intérêt pour lui. La douloureuse facture pourrait donc s’abattre sur ces derniers avec d’autant plus de désinvolture qu’en réalité, le pouvoir en place n’a cure ni de ces retraités, ni des autres Français à partir du moment où son avenir personnel est menacé.

Enfin, ce billet ne pourrait être complet sans rappeler que ces calculs, arguties et prises de têtes sur la retraite (et les pistes d’économies possibles) ainsi que l’espèce ce guerre intergénérationnelle qu’ils entraînent ne se seraient jamais produits si le système de répartition avait été convenablement remplacé par un système de retraite par capitalisation individuel qui est toujours bien meilleur que l’actuel, véritable vol pur et simple des classes les plus modestes.

Cependant, ne nous leurrons pas : les coupes nécessaires n’auront pas lieu, ni dans les retraites, ni ailleurs.

Et plutôt que d’augmenter la richesse en diminuant l’intervention de l’État, on peut parier que ses représentants choisiront l’accroissement de cette intervention afin de garantir l’égale répartition de la misère, bien plus politiquement vendable.

Et c’est exactement ce que nous aurons.

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Le broyage des jeunes générations

Par : h16

Tu es jeune, tu es Français et tu es plein d’énergie, d’optimisme et de détermination ? Tant mieux, il t’en faudra vraiment beaucoup car grâce au gouvernement actuel, tu seras consciencieusement broyé !

Comment, tu trouves le constat abrupt ? Tu penses que tout ceci est très exagéré ?

Cependant, force est de constater que, si tu rentres dans la vie active, tu vas devoir composer avec quelques petites difficultés qui sont bien franco-françaises.

Ainsi, tu es dans le pays le plus décarboné du monde, et celui dont l’électricité est, normalement, l’une des moins chères car produite en grande partie par une infrastructure nucléaire qui a amplement démontré sa productivité et sa fiabilité. Mais malgré cela, tu devras payer ton électricité (et toutes tes énergies) fort cher : taxes à gogo, distorsions massives du marché de l’électricité au profit de margoulins, de capitalistes de connivence et d’autres pays européens, choix géopolitiques débiles, tout a été fait pour que soit hors de prix cette énergie dont tu as tant besoin pour te lancer dans tes nombreux projets et pour alimenter tes idées.

Oh, bien sûr, il y a bien quelques tentatives timides du gouvernement actuel pour endiguer le problème mais après plusieurs années de n’importe quoi et d’atermoiements, on comprend qu’il ne s’agit que de théâtre et qu’il n’y aura rien de concret avant des mois, des années peut-être.

Ainsi, tu es dans un pays riche de son patrimoine immobilier, de ses villes aux réseaux d’électricité, d’égouts, de voirie bien agencées. Las : pendant que les mairies socialistes, écologistes ou simplement idiotes se battent pour saboter ces infrastructures, la quantité de biens disponibles à la location s’évapore à coup de législations de plus en plus délirantes. À Rennes par exemple, l’offre de location s’effondre de 42%, et de plus de 36% à Paris. Il faut dire que le gouvernement a tout fait pour aboutir à ce flamboyant résultat avec sa lutte imbécile contre les passoires thermiques.

Oh, bien sûr, il tente maintenant un piteux rétropédalage mais, engoncé qu’il est dans son dogme écolo-hystérique, il va lui falloir du temps – beaucoup trop – pour effectivement annuler complètement ses lois destructrices et ses décrets de crétins.

Ainsi, tu bénéficies d’un pays qui dispose de nombreuses écoles, de nombreuses universités, d’un bataillon conséquent d’enseignants et d’une culture riche et reconnue de par le monde. Mais de choix éducatifs désastreux (méthodes de lectures idiotes, dogmes éducatifs dépassés) en abandon des masses enseignantes à des syndicats collectivistes arc-boutés sur un immobilisme de mammouth formolisé, en passant par la manie nécrosante d’un centralisme totalitaire, tu as bien du mal à lire, écrire et compter correctement.

Oh, bien sûr, le gouvernement niera purement et simplement ces problèmes et te filera, entre des cours de poterie et de macramé, quelques notions d’empathie et pourquoi pas, une visite à un atelier “Godes en plasticine” dans le cadre de la nouvelle éducation sexuelle. Pour les matières solides, qui débouchent sur du concret et de l’opérationnel, tu devras te débrouiller autrement.

Ainsi et si tu parviens à l’université entre deux cours de pâte-à-sel inclusive et d’éco-sensibilisation au tri des déchets, tu pourras goûter à la joie d’une université à portée de bourse, mais compte-tenu du coût de la vie (celle qui t’attend et que 3000 milliards de dettes vont légèrement alourdir), tu devras probablement improviser quelque peu pour tes contingences quotidiennes : profitant des effets de bords de tout socialisme lorsqu’il se déploie, tu goûteras à la joie des queues interminables et du temps perdu pour des médicaments, ou pour des repas.

Mais comme tu es plein d’énergie, d’une farouche volonté d’affronter les petites difficultés de la vie, d’un courage d’airain et d’une solide formation, rien de tout cela ne t’effraiera.

Oh, bien sûr, la désindustrialisation galopante du pays (avec l’explosion du chômage chez les chefs d’entreprise) te donnera un peu de fil à retordre, d’autant qu’avec les efforts subtils du gouvernement pour pousser l’économie verte à coup d’argent gratuit des autres, certains effets de bords commencent à devenir gênants. Si, comme on te l’avait lourdement conseillé pendant tout ton enseignement, tu as tout misé sur les renouvelables, les miroirs magiques et le moulins à vent, tu auras peut-être une reconversion rapide à envisager, alors que les hausses d’intérêts entraînent une chute de 20% de ce secteur et que les projets d’implantation suscitent de plus en plus rejets. Pour le coup, il aurait peut-être mieux valu être Chinois.

Mais moyennant une implication de tous les jours, une abnégation complète et de solides efforts (qui n’en ferait pas pour un si beau pays plein d’avenir ?), toi aussi tu auras droit à quelques joies de vivre – les petites vicissitudes de la vie seront de toutes façon couvertes (ou presque) par cette sécurité sociale que le monde nous envie – et à la fin, tu auras droit à une bonne retraite, bâtie sur les solides entrées d’argent que le gouvernement voudra bien laisser aux organismes paritaires obligatoires.

Magie de la retraite par répartition assise sur des naissances qui s’effondrent, tu bénéficieras alors d’une pension minuscule pour les efforts croissants de toute une vie et ce, même si en réalité, tu es largement favorable à la capitalisation (qui t’aurait de toute façon largement rapporté beaucoup plus, mais c’est interdit dans un pays socialiste, alors oublie).

Bref, ce sera le bonheur…

Ah, finalement, tout bien considéré, qu’il fait bon être jeune en France !

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Quand le méchant capitalisme enrichit les salariés

Par : h16

Décidément, il ne fait pas bon en France être salarié de grandes entreprises capitalistes : comme tous les syndicalistes, les collectivistes et les fines épées de la NUPES le répètent, ces groupes ne sont que les repaires de patrons exploiteurs et y travailler revient à s’asservir à des cadences infernales pour des salaires de misère. L’horreur, quasiment la lutte des classes !

Et puis dans le monde réel, on apprend que certaines entreprises distribuent des primes exceptionnelles à leurs salariés : c’est en tout cas ce que va faire Hermès, l’entreprise de luxe française, qui accorde ainsi – toute honte bue – une prime de 4000 euros à tous ses salariés suite à une année 2022 particulièrement bonne.

Ici, on doit clairement soupçonner une manœuvre particulièrement méchante du patronat pour faire croire qu’une entreprise qui engrange des bénéfices pourrait en distribuer une partie à ses salariés, ce qui est évidemment un mensonge antimarxiste éhonté et qui doit donc être combattu avec la plus grande fermeté. Nous attendrons donc que les fact-checkers fassent leur travail de débusquage de l’évidente combine louche que cache cette distribution d’argent qui ne peut être honnête puisqu’elle ne vient pas de l’État, enfin voyons !

Cependant, il y a pire : et comme dans ce monde il n’y a pas de coïncidences mais seulement des complots ourdis de mains de maître, on doit immédiatement considérer que le cartel des Capitalistes à Haut de Forme Mangeurs d’Enfants Communistes a encore frappé puisqu’on apprend aussi, éberlué, que les salariés de la Redoute vont eux aussi encaisser un très solide chèque cette année.

Pas de doute, ces salauds de capitalistes veulent semer la richesse et la confusion dans les rangs du salariat ! C’est immonde !

En effet, en 2014 et alors que l’entreprise de distribution montrait de grandes difficultés à surmonter la crise qui s’emparait alors de ce secteur, un millier de ses salariés avaient accepté d’investir dans la relance de leur entreprise, au moment de la vente par son propriétaire d’alors, Kering, à deux de ses dirigeants (Éric Courteille et Nathalie Balla). L’investissement minimum de l’époque était de l’ordre d’une centaine d’euros, mais avec le capital ainsi levé auprès des salariés, l’entreprise a pu se redresser au point que sa valeur actuelle dépasse maintenant le milliard d’euros : à présent rachetée par les Galeries Lafayette en décembre dernier, c’est une jolie culbute financière qui attend ceux qui ont participé à la première levée de fonds puisqu’ils vont se partager 100 millions d’euros, soit autour de 100.000 euros chacun en moyenne en fonction de la mise de départ.

Pour une mise modeste, voilà qui est réjouissant un enrichissement scandaleux d’actionnaire sur le dos des salariés et qui mérite immédiatement une nouvelle loi ou, au moins, une furieuse taxe pour calmer tout ce petit monde de capitalistes débridés, ne trouvez-vous pas ?

En pratique, ces deux petites nouvelles réconfortantes montrent plusieurs choses.

D’une part, lorsque les individus sont directement confrontés à des choix d’investissement dans des domaines où ils participent directement, leurs choix ne sont pas forcément les moins éclairés : eh oui, si, de façon évidente, tout le monde ne peut pas s’improviser gestionnaire de fonds, tout le monde peut, de temps en temps, mettre une petite somme d’argent (ici, on parle de 100€) dans l’une ou l’autre entreprise dont on connaît les performances, la structure, les perspectives et les produits.

On s’étonne que ce qui semble assez pratique et simple dans ce cas là soit refusé, poings fermés, par une grande partie des salariés lorsqu’il s’agit de se constituer un patrimoine de retraite et ce malgré les évidences déjà rappelées dans ces colonnes : la capitalisation bat systématiquement la répartition et permet de partir en retraite ou plus tôt, ou avec une meilleure pension, ou les deux que ce que permet un système par répartition à bout de souffle et sujet au petit théâtre pathétique parlementaire, à toutes les bidouilles gouvernementales et à tous les jeux de pouvoirs malsains auxquels on assiste actuellement.

Ceci montre aussi l’absolue nécessité de la création de richesse, qu’elle soit au travers de chaînes de distribution comme la Redoute ou par le luxe comme Hermès, et dans tant d’autres domaines : cette richesse aboutit effectivement à de la redistribution quantifiable au niveau des salariés, c’est-à-dire tout l’inverse de la redistribution étatique faite de coupons, de tickets et autres chèques-bidules et aides-machins dont l’aspect symbolique n’échappe plus qu’aux élites complètement coupées de la réalité. L’État, incapable de créer de la richesse, ne redistribue jamais que l’argent pillé à droite ou à gauche, ce qui se traduit surtout par une égale répartition de la misère.

Plus à propos, cela montre surtout que sans cette création richesse, il n’y a tout simplement rien à redistribuer ensuite. C’est bête d’évidence mais l’écrire et le répéter semble nécessaire tant les gouvernements qui se succèdent ne distribuent essentiellement que de la dette, accumulée maintenant à hauteur de 3000 milliards d’euros, un chiffre tellement énorme qu’il n’a plus aucune signification pour un individu lambda autre que l’assurance maintenant inévitable d’une ruine future de tout ce système.

Malgré ces constats, l’État s’acharne pourtant à piller les entreprises, au travers de taxes et de lois toujours plus stupides votées par des parlementaires à l’idéologie calcifiée depuis plus d’un siècle sur des notions dépassées et inopérantes.

Ces deux exemples sont pratiques car saillants mais il en existe des paquets d’autres, dans ces milliers de PME qui reproduisent les mêmes mécanismes, à leur échelle et plus discrètement, en dépit des monceaux de barrières et de lois toxiques que l’État s’emploie à pondre à rythme toujours plus soutenu.

Heureusement, aucun de ces exemples, saillants ou non, ne sera utilisé par un parlementaire afin d’améliorer le sort des entreprises et des salariés français, au contraire même.

C’est d’ailleurs pour cela que ce pays est foutu.

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La discrète et coûteuse quasi-nationalisation d’Orpea

Par : h16

La nouvelle ne surprendra que les plus naïfs : la Caisse des Dépôts et Consignations va devenir l’actionnaire majoritaire du groupe Orpea, qui s’occupe de maisons de retraite et connaît d’importantes difficultés financières depuis plus d’un an. Sapristi ! Une quasi-nationalisation discrète, et personne ne semble ni s’en émouvoir, ni s’en féliciter…

Pourtant, les montants qu’on évoque ne sont pas anodins : une dette de 9,5 milliards d’euros, un effacement de 3,5 milliards et une injection de capitaux à hauteur de 1,55 milliards, voilà qui commence à faire des montants dodus qui pourraient faire jaser.

Malgré cela, l’opération semble n’intéresser personne et le sort final du leader mondial des EHPAD (72 000 salariés, 255 000 patients et résidents dans ses établissements) ne déclenche guère que quelques articles dans une presse tournée vers d’autres préoccupations, depuis les mésaventures des cyclopathes français jusqu’aux prix des péages inévitablement en hausse (la guerre contre les automobilistes continuant de faire rage).

Orpea, c’est ce groupe qui avait fait parler de lui il y a tout juste un an, à la sortie du livre “Les Fossoyeurs” de Victor Castanet, consacré à la gestion de ce groupe et aux traitements légèrement sous-optimaux des résidents : les révélations qu’on pouvait y lire avaient mis en avant de gros problèmes institutionnels qui avaient entraînés des procédures judiciaires de l’État. Le groupe est maintenant en pleine restructuration et s’approche dangereusement d’une faillite retentissante, alors que la hausse des coûts alimentaires et énergétiques pousse un manque de liquidités au premier trimestre 2023.

L’annonce de l’intervention massive de la CDC permet ici de sauver les meubles, au moins dans l’immédiat. La nouvelle équipe dirigeante se félicite au passage de l’arrivée de la “puissance publique” dans ce groupe, ce qui “réduira les exigences de rentabilité du groupe”. Réduire la rentabilité du groupe, voilà qui laisse augurer du meilleur pour la dette restante.

Autrement dit, tout se passe comme d’habitude au pays du miel en retraite et du lait pensionné : en lieu et place d’une solide faillite avec à la clé quelques incarcérations de dirigeants incompétents qui auraient rappelé à tous les concernés leur responsabilité dans cette déroute, l’exfiltration des responsables s’est faite dans la plus grande discrétion et l’État intervient pour corriger tout cela dans la dentelle et le silence ouaté des folliculaires officiels… Et avec le pognon du contribuable, ne l’oublions pas.

Chose intéressante : les Français vont donc payer pour rétablir la bonne santé financière de ces établissements dans lesquels la plupart d’entre eux ne pourront même pas aller une fois leur heure venue, l’actuelle retraite étant destinée au même type de déroute que ces établissements. Sauf que l’État n’y pourra plus rien faire à ce moment.

De façon plus symptomatique, ces établissements profitent directement des retraites versées à leur pensionnaires, qui ne suffisent semble-t-il pas à couvrir leurs frais (d’où l’hippopodette accumulée). Or, coquin de sort, c’est le même État, sauveur du groupe, qui est aussi responsable de la gestion de ces retraites, de plus en plus compliquées à verser sans faire pleurer les cotisants. Intéressante perspective qui n’est pas prête de s’améliorer quand on voit le monde dans la rue pour conserver le système tel quel, aussi pourri soit-il.

Autrement dit, les mêmes causes produisant résolument les mêmes effets, il est raisonnable d’imaginer que la situation d’Orpea va suivre celle des retraites par répartition en France, pour des raisons globalement similaire de gestion à la Va Comme Je Te Pousse Mémé Dans Les Orties, C’est Là Qu’elle Coûte Le Moins Cher.

L’état général de ces établissements, les frémissements sociaux actuels et les gesticulations grotesques du gouvernement se rejoignent admirablement à ce sujet pour nous garantir une fin misérable à base d’Inspecteur Derrick en boucle, de nouilles froides au dîner à 18h30 et d’extinction des feux obligatoire à 20:45 après l’homélie de Claire Chazal.

Eh oui : les Français, abrutis par des années de socialisme et de syndicalisme marxiste, d’éducation au rabais qui ne permet plus au citoyen lambda de faire une règle de trois (et encore moins de comprendre le principe pourtant fondamental des intérêts composés), ne saisissent pas toute l’arnaque que constitue l’actuel schéma de Ponzi des retraites par répartition et s’accrochent donc à ce système en refusant d’envisager la capitalisation, pourtant seul moyen réellement fiable d’assurer de vieux jours confortables, quelque soit le profil socio-professionnel.

Tentant obstinément de faire rentrer de gros parallélépipèdes collectivistes dans de petits trous circulaires de l’âpre réalité, ils ne comprennent donc pas comment triturer taille et durée des cotisations, âge de départ et montant des pensions versées pour parvenir à distribuer à tous des retraites vaguement décentes dans un avenir proche.

Et ce, alors même que la base de ceux qui payent s’amenuise d’années en années.

Manque de bol, les gains de productivité – sur lesquels les néo-communistes et autres turbo-socialistes d’opérette harpent à longueur de débat – ont été largement engloutis dans les fromages de la République, toujours plus nombreux et dans l’arrosage massif d’argent public dans l’aide sociale, mais pas dans les retraites.

À la question “où sont parties les cotisations ?”, peu de Français comprennent que la réponse est à chercher dans la multiplication des strates administratives, des personnels bureaucratiques, des errements de l’État dans tous ses milliers de plans grotesques (vous reprendrez bien une éolienne ou deux, non ?) et autres subventions directes, indirectes et cachées, dans le sauvetage de tous les canards boiteux dans lesquels copains et coquins se sont vautrés, ainsi que dans le maintien d’une paix sociale de plus en plus exorbitante.

Paix sociale tellement exorbitante que le différentiel (colossal) avec ces gains de productivité alimente une dette de 3000 milliards d’euros maintenant. Le moindre incident de parcours, et – pouf ! – cette paix va voler en éclats petits et pointus…

Or, vu la conjoncture, la démographie, les cadors au pouvoir et dans les “oppositions” en carton, le problème n’ira qu’en augmentant.

Avec des Français qui passent déjà 25 années à la retraite, l’avalanche de mauvaises nouvelles (augmentation des cotisations ET rallongement du temps de cotisation ET baisse des retraites) n’a pas fini.

À côté, rappelons que grâce à la puissance des intérêts composés, une capitalisation de 300€ par mois pendant 42 ans à 5% (ce qui est peu quand on se rappelle des volumes dont il est question ici sur les marchés financiers mondiaux), cela permet d’aboutir à 500.000€ en fin de carrière qui peuvent ensuite en rapporter 25.000 par an (soit 2000€/mois) sans toucher au capital.

Et comme le prouvent de nombreuses études (et ce livre, par exemple, où les auteurs montrent comment et pourquoi un travailleur moyen peut, par la capitalisation, disposer pendant sa retraite d’une pension supérieure à son dernier salaire), non, les aléas de la bourse n’y changent rien : même en cas de grosses crises, même en cas de guerres, la capitalisation reste un bien meilleur système que la répartition, vol pur et simple sur le dos des générations futures.

Mais voilà : il n’y aura pas de remise en question, ni des principes de la retraite, ni de ceux qui permettent à des établissements, en toute intégration avec le système actuel, de profiter sans vergogne de ces pensions, ni même du fait que l’État puisse devenir ainsi actionnaire d’un groupe en quasi-faillite.

Depuis ceux qui sortent dans la rue jusqu’à ceux qui gesticulent dans les couloirs républicains, tout le monde réclame que tout ceci perdure.

Ceci perdurera donc.

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Réforme des retraites ou rafistolage de circonstances ?

Par : h16

Mais puisqu’on vous dit que Macron, c’est Le Grand Réformateur ! Puisqu’on vous dit qu’il n’a pas arrêté de réformer, d’affûter avec habileté la France pour la prochaine décennie ! Les petits dérapages budgétaires n’y changeront rien : les réformes sont sur des rails, elles passeront. Quoi qu’il en coûte.

C’est sans doute dans cet esprit que l’actuel gouvernement planche à nouveau sur la réforme des retraites qui avait été subrepticement mise en pause suite à la déclaration de guerre (non, pas contre Poutine, contre le virus il y a deux ans, suivez un peu) et dont tout indique qu’elle est loin de faire l’unanimité chez les différents partenaires (caisses, syndicats, retraités actuels et à venir, …).

Pour le Président, peu importe finalement qu’il n’ait qu’une majorité relative au Parlement, peu importe que sa réforme tombe au moment où grandit une grogne sociale directement corrélée aux températures extérieures et au prix du baril, et peu importe qu’il n’ait pour porter cette réforme que des tromblons ministériels approximatifs et des députés dont l’intelligence moyenne est clairement ouverte à débat : il va falloir faire cette réforme, scrogneugneu, et puis c’est tout.

Et tant pis s’il faut pour cela pousser des quasi-cavaliers législatifs afin de reporter l’âge de départ à la retraite à 64 ou 65 ans par un amendement dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale : comme d’habitude, Macron veut surtout montrer qu’il fait preuve de ce courage en carton qui met directement sa majorité, ses ministres et ses députés en position délicate et lui pas du tout, le déni, le mensonge et la pirouette rhétorique étant devenus son mode opératoire habituel dès son premier quinquennat.

On est en droit de se demander ce que cache cette fermeté, pour ne pas dire cette obstination voire cet acharnement du chef de l’État à vouloir à tout prix passer en force son projet de réforme et ce alors que d’autres pistes n’ont été que peu mentionnées ou explorées (le cumul emploi-retraite pourrait en faire partie, par exemple).

C’est ici que s’impose un petit rappel sur l’état des retraites actuelles, leur mode de fonctionnement et leur financement. Et ça tombe bien, l’Institut Molinari a récemment produit une étude détaillée sur la question qui permet de rappeler quelques éléments essentiels du débat, qui éclairent assez bien les raisons de l’empressement de Macron à pousser ses idées, “quoi qu’il en coûte” ou à peu près.

Premier constat, d’évidence pour ceux qui suivent même vaguement la question : s’il y avait quatre cotisants pour un pensionné dans les années 60, on peine à trouver un cotisant et demi pour le même pensionné actuellement, et la tendance nous amènera à un unique cotisant par pensionné dans les prochaines années. Entre l’explosion du nombre de pensionnés, l’augmentation bien moins rapide du nombre de cotisants, l’augmentation drastique de l’espérance de vie (10 ans gagnés depuis les années 70), le constat est sans appel : le mode actuel de financement des retraites ne peut plus fonctionner.

Second constat de l’analyse, nettement plus gênant : on découvre que le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) persiste depuis 20 ans à présenter des chiffres beaucoup plus roses qu’ils ne le sont en réalité, oubliant commodément 33 milliards d’euros de déficits. Ces derniers, provenant du mode de financement (particulièrement généreux et assez peu équitable) des retraites de fonctionnaires, ne sont pas intégrés dans les calculs du COR au motif qu’en tenir compte “stigmatiserait” ces cotisants. Il faut dire que les pensions des anciens fonctionnaires représentent aujourd’hui 15% du budget général et pèsent donc très lourdement sur les ministères ayant une forte masse salariale qui représente, par exemple, 28% des dépenses de l’Education nationale.

Une fois corrigés, le déficit des retraites est en moyenne de 1,5% du PIB depuis 2002, soit huit fois plus que le déficit calculé par le COR, fort loin du “quasi-équilibre” des retraites mis en avant par certains et qui justifieraient un statu quo.

Autrement dit, l’État, dans son impéritie habituelle, n’a pas été capable de provisionner un tant soit peu d’argent pour financer les retraites de ses propres employés, qui ne doivent le versement de leurs pensions qu’aux efforts de plus en plus importants consentis par les salariés du privés, et qui se traduisent notamment par des tensions aux versements de plus en plus visibles.

Tout compte fait, la situation actuelle des retraites ne tient qu’à l’empilement de dettes, et ce alors que l’État, sous la direction fébrile d’un Macron de plus en plus nerveux, n’a pas arrêté d’en générer comme jamais, passant de 98% avant l’arrivée au pouvoir du Mozart de la Finance à plus de 116% à présent. En fait de symphonie budgétaire, le Mozart en question nous joue une véritable charge atonale cacophonique avec un emballement très inquiétant, et ces questions de retraites s’y ajoutent donc avec force.

Il apparaît alors clairement que l’acharnement de Macron à pousser cette réforme des retraites et dans ces termes ne tient encore une fois qu’à sa volonté de ménager le personnel de l’État à commencer, probablement, par celui qui gravite autour de lui et qui pourrait, à tout moment, se retourner vertement contre lui avec tout ce que cela peut supposer de mains moites pour l’actuel occupant de l’Élysée.

Macron ne veut pas sauver les retraites : tout comme “la santé des Français” dont les deux dernières années ont prouvé qu’il n’avait absolument rien à carrer, tout comme “la sécurité des Français” dont l’état général d’insécurité dans le pays montre qu’il n’y prête, là aussi, absolument aucune attention, tout comme “le bien-être des Français” dont l’actuelle crise énergétique montre qu’il s’en fiche éperdument, les retraites des Français lui “en touchent une sans bouger l’autre”.

Ce que veut Macron, c’est garantir que l’État et ses agents continueront de travailler encore un peu, quelques années tout au plus, pour lui assurer une fin de mandat pas trop bousculée, ni plus ni moins.

Et s’il faut, pour cela, reculer l’âge de la retraite de ces pourceaux de salariés du privé, qu’il en soit ainsi.

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Macron achète à nouveau les élections

Par : h16

Et c’est avec de fort jolis mouvements de jarrets vifs et musclés que l’inflation continue de grimper fermement notamment dans la zone euro, pendant que l’INSEE continue d’afficher des chiffres de plus en plus insolents et décalés avec la réalité vécue par les Français.

Les 5% crânement affichés jusqu’à présent vont rapidement se muer en 8% et on peut même tabler sur un joli petit 12% d’ici à la fin de l’année en zone euro alors que l’inflation des coûts à la production continuent de grimper de façon jugée « dramatique » par tous les spécialistes…

Assez logiquement, une partie croissante du pays commence à ressentir de grosses difficultés à faire face aux dépenses du quotidien. Une baisse de la consommation est déjà notée (0.4% en avril après une baisse de 1.4% en mars), ainsi qu’une hausse d’indicateurs divers de précarité (le nombre de repas à 1€ distribués augmente encore, par exemple). Le transitoire dure, les mines s’allongent et les ceintures se serrent.

En bref, l’impact de cette inflation commence à se faire clairement sentir et l’enrobage de novlangue et de pipeautage politicien ne suffit plus à apaiser les fins de mois douloureuses.

Si la situation paraît bien sombre, rassurez-vous : il n’existe pas de meilleur gouvernement que celui d’Emmanuel Macron, Élisabeth Borne et Bruno Le Maire pour la transformer en véritable catastrophe.

C’est sans doute ce qui les pousse à promettre de distribuer, dès cette rentrée, des tickets de rationnements, sobrement renommés « indemnités », aux ménages les plus modestes, ce qui permet de laisser les différents instituts et autres directions générales des administrations pléthoriques de la République du Bisounoursland se chamailler sur la définition de « modeste ».

C’est aussi ce qui a récemment poussé Borne à expliquer qu’une revalorisation des retraites est à l’ordre du jour : avec 4% d’augmentation des pensions à partir du mois de juillet, voilà qui redonnera un peu de marge de manœuvre aux retraités. Et puis ça tombe bien : on annonce avant les élections une promesse à tenir après. Malin.

Quant aux fonctionnaires, la même Borne a aussi proposé que soit relevé le point d’indice qui permet incidemment de calculer les versements des indemnités auxquelles ils ont droit. On ne sait pas encore quel sera la teneur de cette augmentation mais on conservera à l’esprit que pour chaque pourcent d’augmentation, 2 milliards d’argent gratuit des autres est alors mobilisé. Nonobstant, on notera que cette proposition tombe bien : Borne annonce ainsi avant les élections une promesse à tenir après. Malin une fois de plus.

Au passage, ceci permet de façon pratique de bien comprendre quelles catégories de populations votent obstinément pour Macron, ce même Macron qui, avec son gouvernement de bras cassés et de clowns pathétiques (les précédents comme le courant), est directement responsable de la situation actuelle.

En somme, on relève le point d’indice de l’administration, c’est-à-dire l’Occupant Intérieur qui ponctionne le plus les Français, et on va offrir une augmentation qui sera directement payée par les actifs du privé. On augmente les retraites, c’est-à-dire qu’on offre ainsi un petit bonus à la population qui est la moins mal lotie en France sur le dos de la population active qui est actuellement celle qui s’en prend plein la musette. Et sans surprise, ces deux catégories de bénéficiaires sont ceux qui votent le plus pour l’actuelle majorité…

Eh oui : comme Macron l’avait fait avant sa propre réélection en promettant monts et merveilles et en distribuant généreusement l’argent des autres alors même que l’inflation commençait déjà à fortement picoter, il remet donc le couvert pour ces législatives. Si ceci ressemble à l’achat pur et simple d’électeurs, c’est normal : c’est exactement de cela qu’il s’agit.

Certains, chafouins, pourraient trouver que combattre l’inflation en augmentant salaires et redistribution reviendrait un peu à mettre de l’huile sur un feu de cuisine. La presse est cependant au taquet pour ne surtout pas le mentionner. Les journalistes ne s’en ouvrent pas auprès des représentants politiques. La question de la pertinence de ces mesures n’est pas et ne sera jamais posée. Les conséquences n’intéresseront personne (tout comme les causes, du reste). Politiciens comme médias, tout le pays est tendu comme un seul homme vers la nouvelle étape de la vie politique. Comment ça, « politiciens et médias, ce n’est pas tout le pays, que diable » ? Les fonctionnaires seront calmés, les retraités seront apaisés et tout ce petit monde va voter comme il faut, c’est donc tout ce qui compte et voilà tout.

Comme, en outre, Bruno le Maire a déclaré qu’il n’y aurait pas de hausses d’impôts malgré ces largesses et cette inflation, on peut raisonnablement en conclure que les ponctions vont non seulement continuer à pleuvoir, mais que les services de Bercy vont s’acharner sur la bête mourante.

Au précédent billet, je mentionnais qu’il fallait se préparer pour les pénuries à venir : électricité, services publics essentiels (police, hôpitaux, école), et peut-être même nourriture, la France va devoir se serrer la ceinture comme jamais.

Avec la belle assurance de Bruno Le Rigolo, au moins peut-on déjà se rassurer en se disant qu’il n’y aura pas pénuries de taxes et de ponctions.

Les prochains mois seront décisifs et quel que soit le parlement issu de la parodie démocratique qu’on va nous jouer, vous pouvez être sûr que nous allons tous avoir un hiver difficile. Les efforts entrepris actuellement par la caste au pouvoir nous garantissent quasi-mécaniquement que nous allons avoir froid et faim, que tous les services publics vont continuer à se détériorer comme jamais mais au moins, les impôts tourneront à plein régime.

Vous ne posséderez plus rien et les survivants seront obligés d’être heureux.

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