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À partir d’avant-hierKorben

Broadcom - Une faille Wi-Fi agée de 16 ans toujours sans CVE

Par : Korben ✨

Il y a quelques jours, durant la conférence Hexacon à Paris, un chercheur nommé Quentin Kaiser a rendu publique une faille de sécurité qui traîne depuis au moins 2010 dans la fonction WPS de Broadcom. Je dis "qui traine" au présent parce qu'elle n'est toujours pas patchée évidemment. Alors si vous ne savez pas ce qu'est WPS, c'est une fonctionnalité qui permet de connecter un appareil au WiFi sans avoir taper la clé.

Cela veut dire que quelqu'un à portée du réseau sans fil peut faire exécuter son propre code à une box ou à un point d'accès, sans avoir à connaître la clé du réseau et sans même mener un enrôlement WPS jusqu'au bout.

Son exploit, il l'a filmé sur deux box belges. Chez Orange Belgium (une Askey TCG3000), où son code lit la clé Wi-Fi dans la mémoire de la box et la renvoie via les ondes, ce qui lui permet ensuite de rejoindre le réseau. Chez l'opérateur Proximus (une BBOX3V+), il ouvre un shell à distance au travers des trames Wi-Fi, donc sans avoir recours à un serveur extérieur. L'antenne qu'on voit sur la vidéo ci-dessous ne doit d'ailleurs pas faire croire qu'il faut être collé à la box puisque d'après Kaiser, ça marche de loin !!

Le plus gênant, c'est que Broadcom est bien bien au courant. Dans sa réponse à Kaiser, la société dit connaître la faille depuis longtemps et avoir remplacé l'ancien code par une version basée sur hostapd à partir de 2018. Mais elle refuse de lui attribuer un CVE, l'identifiant qui permet à tout le monde de suivre une faille, tout comme de divulgur l'avis de sécu qu'elle dit avoir envoyé aux fabricants.

Du coup, le fix dépend du fabricant qui doit avoir adopté hostapd , et de l'opérateur qui doit avoir poussé le firmware. Et ça c'est pas forcément fait puisque la faille est présente chez Proximus, Orange Belgium et VOO, que rien sur ces box n'est encore corrigé. Et pour les plus vieilles plateformes, celles sous eCos, il parle même de "forever day", c'est à dire une faille qui ne sera JAMAIS corrigée.

Et chez nous, en France ?

Et bien on peut voir dans ses diapos, une page "Passive War Driving in Paris" où sont mentionnée une Livebox Sagemcom Fast5656_OFR et la NB6VAC de SFR qui y sont taguées "Not Patched", alors que trois autres Livebox (Fast5698_OFR, Fast5670_OFR et un répéteur) et une Bbox de Bouygues (F5696b) sont "Patched". Donc ça dépend des box et on n'a pour le moment pas plus d'infos là dessus.

Sachez aussi que couper le WPS ne protège pas forcément mais bon, ça ne coûte rien de le couper si vous ne l'utilisez pas. Autrement, coupez carrément le Wifi et utilisez votre propre routeur ( genre ces merveilleux Deco ) branché en Ethernet au cul de la box.

Et pour les bidouilleurs que vous êtes, Kaiser a publié sur GitHub un script de détection à utiliser avec une box en marche pour voir si elle est faillible ou pas. Ce script nécessite une interface Wi-Fi qui gère le mode moniteur (donc une Alpha ou ce que vous avez sur la main avec du mode monitor fonctionnel). Et bien sûr, c'est à lancer uniquement sur votre propre box et pas chez le voisin sinon vous irez en prison !! Argh !

Source : The Hacker News

plMail - Toutes vos boîtes mail rassemblées dans une interface

Par : Korben ✨

J'sais pas si vous avez suivi, mais dès janvier 2027 , ce gros nul de Gmail ne saura plus aller chercher le courrier de vos autres boîtes via POP3, et encore moins vous laisser envoyer des mails depuis leurs adresses. De mon point de vue, c'est une sacrée régression...

Alors j'ai cherché une solution pour amortir le choc et je suis tombé sur plMail , un client mail que vous hébergez vous-même sur votre propre serveur / NAS qui n'est pas un serveur de messagerie (puisqu'il ne reçoit rien et n'héberge pas votre domaine) mais un formidable outil qui se connecte à vos boîtes existantes (IMAP, Gmail, Outlook), les synchronise dans une base PostgreSQL chez vous et vous affiche vos emails dans une seule et même boîte de réception, avec une recherche unifiée et la possibilité de mettre des tags...etc.

C'est vachement plus sympa que de se config je ne sais combien de boîtes dans Apple Mail ou Thunderbird et le moteur de recherche est assez puissant avec également la possibilité de faire des filtres, des alias ainsi qu'un agenda synchronisé avec Google, Microsoft et CalDAV.

Il y a aussi un modèle de langage (inactif de base) permettant de résumer un fil ou de chercher un truc en fonction de son sens.

Ce modèle, c'est à vous de le fournir, en indiquant à plMail l'adresse d'un Ollama qui tourne sur votre réseau ou de n'importe quel service compatible OpenAI. Et en plus du résumé et de la recherche par le sens, il sait rédiger des brouillons de réponse et trier votre courrier dans des onglets, chacune de ces quatre fonctions s'activant séparément.

Côté pièces jointes, plMail sait aussi aller chercher un fichier ou en ranger un dans Nextcloud, Immich, Paperless-ngx, Google Drive, Google Photos, OneDrive ou Dropbox. Et pour sécuriser l'accès, vous avez la double authentification, et la connexion via Authentik, Keycloak ou n'importe quel fournisseur OpenID Connect. Et l'interface est traduite en français.

Maintenant, pour brancher Gmail, il faut d'abord enregistrer une application OAuth dans la console Google Cloud, ce qui n'est pas forcément super simple pour tout le monde (tout est cependant très bien expliqué dans le doc). Par contre, un compte IMAP classique, lui, s'ajoute très rapidement dans le menu Settings > Mail accounts.

Après niveau mobile, c'est pas encore ça puisque même s'il y a bien une appli iPhone / Android, faudra compiler celle pour iPhone vous-même ( l'APK Android , lui, est fourni). De plus, côté serveur, marquer un message lu dans plMail le marque lu sur le serveur sans que l'inverse ne soit possible. Donc vaut mieux ne lire vos boîtes QUE dans plMail. Hé oui c'est un projet encore un peu jeune, c'est vrai.

En attendant mieux, sachez que plMail parle JMAP, donc un client mail compatible peut s'y brancher avec un mot de passe d'application généré dans Settings > App passwords. Et c'est aussi une PWA, ce qui permet à votre navigateur de l'installer comme une appli et de vous notifier des nouveaux mails même quand l'onglet est fermé, à condition d'avoir généré les clés VAPID du serveur (la doc explique comment).

Pour l'installer, il vous faut Docker :

git clone https://github.com/karatektus/pl_mail.git
cd pl_mail
docker compose up -d

Vous ouvrez ensuite le localhost ou votre NAS en https, vous créez votre compte et vous acceptez une fois pour toutes l'avertissement du certificat auto-signé. Sur TrueNAS, sachez que l'appli est dans leur catalogue.

Après pour sauvegarder les datas de PlMail, conservez bien ces 2 choses séparément : D'un côté la base PostgreSQL et de l'autre, le fichier var/secrets/generated.env, qui contient la clé des mots de passe de vos boîtes.

Source : Noted

Ghostscript - L'aperçu des PDF peut mettre à mal votre serveur

Par : Korben ✨

Je sais que c'est à la mode en ce moment de vibecoder des outils qui manipulent des PDF donc c'est pour ça que je relaie cette alerte de Wordfence qui vient de publier le détail d'une faille dans Ghostscript (c'est un programme très connu qui transforme grosso modo les PDF en images).

Argus, l'agent IA de recherche de faille de Wordfence, a donc trouvé cette vuln d'un score CVSS de 9,8 sur 10 référencée sous le code CVE-2026-39919. Elle est assez grave puisqu'un PDF piégé contenant une image JPEG 2000, forgé pour l'occasion, suffit à faire écrire Ghostscript au-delà de sa mémoire et donc à introduire dans la mémoire de la machine du code malveillant.

Côté WordPress pur, le chemin est tordu car pour fabriquer la miniature d'un PDF, Wordpress appelle Imagick, qui appelle ImageMagick, qui lance ensuite Ghostscript. Mais Wordfence a obtenu par ce biais une exécution de code sans authentification sur un site de test monté pour l'occasion, y compris avec le paramétrage de sandbox -dSAFER activé.

Pour être touché, il faut donc 4 choses en même temps :

  • 1/ Qu'un visiteur ou un compte limité puisse téléverser un PDF
  • 2/ Que quelque chose en génère un aperçu
  • 3/ Que votre serveur ait Imagick ou un outil qui appelle Ghostscript
  • 4/ Et que ce Ghostscript n'ait pas le correctif.

Comme vous le savez surement, WordPress de base ne laisse pas un anonyme envoyer de PDF dans la médiathèque, donc il faut qu'un plugin, un formulaire ou un compte lui ouvre la porte pour que la première condition soit remplie.

Bien sûr, ça ne s'arrête pas à WordPress puisque tout ce qui est outil de gestion de documents, services d'impression, passerelles mail ou API de conversion peuvent être également exposés à partir du moment où ils donnent des PDF inconnus à un Ghostscript vulnérable.

Maintenant pas de panique parce que ces exploits mis au point par Wordfence exigent quand même d'être forgés spécifiquement pour l'environnement ciblé et aucune exploitation sauvage n'a été constatée pour le moment.

Maintenant si un attaquant connait votre build ou vise un hébergeur dont plusieurs sites partagent la même image, ça fera surement des dégât, donc il vaut mieux patcher ça.

D'après la page de sécurité d'Ubuntu et le suivi de Debian , Ubuntu a corrigé ses 22.04, 24.04 et 26.04, et Debian sa 13, tandis que Debian 12 reste marquée vulnérable. Red Hat a des paquets corrigés pour RHEL 8, 9 et 10, AlmaLinux 10 aussi depuis le 2 octobre, et Wordfence notait au 9 octobre que Fedora 44 et Alpine 3.22 et 3.23 en étaient encore à leurs anciennes révisions.

Et ne vous fiez pas au numéro que renvoie gs --version puisqu'Ubuntu 22.04 greffe son correctif sur un Ghostscript qui continue de se présenter comme une version 9.55.0. C'est surtout la révision du paquet qui tranche. Un dpkg -s ghostscript la donnera sur Debian et Ubuntu et un rpm -q ghostscript vous donnera l'info sur une Red Hat / Fedora.

Et sous Docker, il faudra "pull" une image à jour, reconstruire sans le cache et redéployer tout ça.

Reste une parade si le correctif n'existe pas encore pour votre système qui est expliqué sur la page de politique de sécurité d'ImageMagick . Sur cette page, vous trouverez une règle à intégrer dans le fichier policy.xml, qui ne laisse que l'écriture des formats PDF, PS, PS2, PS3 et XPS, et désactive l'aperçu de PDF.

La commande magick identify -list policy permet ensuite de vérifier que le changement est bien pris en compte. Bien sûr, elle ne fonctionne qu'avec ImageMagick et il est possible qu'une autre bibliothèque se glisse entre votre application et Ghostscript, donc soyez vigilant.

Dans tous les cas, si vous avez un doute, le mieux reste encore de demander à votre hébergeur si son Ghostscript dispose du correctif de la CVE-2026-39919.

Source : le billet de Wordfence et l'article de BleepingComputer

GitLab - Encore une faille CVSS 10 #FautPatcher

Par : Korben ✨

Hier, GitLab a publié en urgence les versions 19.4.2, 19.3.5 et 19.2.8 pour corriger une faille un peu chaude avec un score CVSS de 10 sur 10 . Référencée sous le code CVE-2026-97229, elle permet à quelqu'un sans compte user d'exécuter du code sur le serveur en glissant tout simplement une expression régulière piégée dans une configuration CI/CD.

GitLab précise que cela ne peut se faire que "sous certaines conditions" sans préciser lesquelles, et il ne dit pas non plus comment un inconnu pourrait faire lire sa config CI forgée par une instance. Gitlab mentionne une histoire de dépassement d'entier dans le compilateur de regex du CI/CD et d'une validation insuffisante des expressions mais on n'a pas les détails techniques qui sortiront dans environ 90 jours. C'est habituel pour laisser le temps à tout le monde de patcher.

Ces dernières semaines, ça enchaine fort ( un peu comme Citrix ) avec fin septembre, la 19.4.1 qui corrigeait déjà deux autres faille sur le même terrain : CVE-2026-93577, pour un dépassement d'entier dans le compilateur, et CVE-2026-89078, pour un double free dans l'analyseur de regex. Notées 9,9 toutes les deux et signalées par le même chercheur (joaxcar), mais celles-là exigeaient au moins un compte. Et la troisième faille (la CVE-2026-85706) découverte aussi courant septembre, était quand a elle aussi notée 10 sur 10 et permettait de lire les fichiers présents sur le serveur sans avoir de compte.

Alors qui est concerné ?

Hé bien toutes les instances auto-hébergées en 19.2 avant la 19.2.8, en 19.3 avant la 19.3.5 et en 19.4 avant la 19.4.2. Une 19.4.1 installée fin septembre n'est donc pas à l'abri. Le service GitLab.com en lui-même est déjà à jour et les clients serveur dédié n'ont rien à faire. Mais pour les autres, l'alerte de sécurité ne mentionne aucun contournement / fix. Faut juste mettre à jour et basta.

Sur une instance mono-nœud, prévoyez donc une coupure, parce que ce correctif embarque des migrations de base qui exigeront un reboot.

Voilà, maintenant que vous êtes au jus, c'est le moment de patcher !!

Source : BleepingComputer .

Test du Dangbei N3 Max, le projecteur au rapport qualité-prix imbattable

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Dangbei nous a envoyé il y a quelques semaines son N3 Max , un vidéoprojecteur LED Full HD affiché 499 euros au catalogue mais qu'on trouve à 399 euros sur Amazon en ce moment , et qui mise sur deux arguments assez rares à ce tarif, un pied rotatif intégré et un vrai Netflix certifié. On l'a promené quelques jours entre le salon, la chambre et la terrasse.

Le boîtier de 3,6 kilos est monté d'origine sur un support qui pivote de -45 à +135 degrés, ce qui veut dire qu'on passe du mur au plafond d'un simple geste, sans trépied ni perceuse. Pour regarder un film allongé, c'est carrément agréable.

À chaque déplacement, la machine refait seule sa mise au point, corrige le trapèze, recadre l'image dans la zone libre et contourne même l'étagère qui dépasse. On pose, on attend, on regarde. Et ça fonctionne plutôt bien, même si on a eu quelques fois besoin d'ajuster un peu la mise au point avec la télécommande.

Côté image, on a du LCD Full HD en 1080p qui décode la 4K, une source LED donnée pour 1000 lumens ISO et une diagonale qui monte jusqu'à 150 pouces, même si la marque recommande elle-même de rester entre 80 et 120 pouces pour garder de la luminosité.

Dans une pièce sombre, justement, le résultat est très net, les couleurs sont agréables et on oublie vite le prix de la machine. Volets ouverts en pleine journée, l'image devient moins contrastée, les 1000 lumens ont leurs limites. Le HDR10 est bien là, mais il n'apporte pas grand-chose avec un contraste pareil. Quoi qu'il en soit, à ce niveau de prix, c'est très bon.

Le vrai truc qui fait la différence à ce prix, c'est le logiciel. Le N3 Max tourne sous VIDAA OS, le système d'exploitation des téléviseurs Hisense, avec Netflix, YouTube, Prime Video et Disney+ en versions officielles, sans la moindre clé HDMI à rajouter derrière. AirPlay est aussi de la partie pour envoyer l'écran de son iPhone. Plex fonctionne aussi parfaitement dessus, pour ceux qui ne jurent que par ça.

La télécommande embarque l'assistant vocal VIDAA Voice, qui lance une appli ou une recherche à la voix, sauf sur Netflix qui ne répond pas aux commandes vocales. Les enfants ont droit de leur côté à Kidoodle TV, avec des milliers de programmes gratuits avec contrôle du temps d'écran et heure du coucher paramétrable.

Sous le capot, une puce MediaTek MT9660 épaulée par 1 Go de mémoire et 8 Go de stockage fait tourner l'interface sans ralentissement, et la connectique aligne un port HDMI 2.0 compatible eARC pour renvoyer le son vers un ampli, deux prises USB, une sortie casque en jack 3,5 mm, du Wi-Fi 5 et du Bluetooth 5.0.

Les deux haut-parleurs de 6 watts compatibles Dolby Audio dépannent très bien pour un dessin animé ou un match de rugby (oui je regarde pas le foot, déso), avec des basses quand même un peu timides. Pour une vraie soirée cinéma, on branche une enceinte Bluetooth et tout va mieux.

Un mode jeu à faible latence permet de brancher une console en 1080p à 60 Hz, de quoi jouer tranquillement.

La télécommande n'est pas rétroéclairée, ce qui est agaçant dans une pièce plongée dans le noir, et c'est un problème récurent avec ce genre de produit hélas. Dommage.

Du coup, pour une chambre, un studio ou une toile tendue dans le jardin, le N3 Max fait très bien le job. Les cinéphiles suréquipés n'y trouveront rien, les autres peuvent y aller les yeux fermés, c'est un super rapport qualité-prix. Disponible par ici sur Amazon .

Canal+ perd face à Cloudflare - 1.1.1.1 reste sans filtre

Par : Korben ✨

Canal+ réclamait tout de même 50 000 euros par jour et par site "pirate" encore accessible, et il repart sans rien. Le 17 septembre dernier, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté les astreintes demandées contre Cloudflare dans deux dossiers, l'un sur la Formule 1, l'autre sur le MotoGP, ainsi que les 20 000 euros de frais de justice qu'il réclamait en plus.

En avril, ce même tribunal avait tout de même ordonné à Cloudflare de bloquer 21 domaines de streaming F1 et 16 de MotoGP "par tout moyen efficace". Et Cloudflare a choisi le sien : un blocage sur son CDN, pour les sites qui passent par son réseau, et aucun filtrage sur son résolveur DNS public 1.1.1.1. Pas de DNS menteur ou censuré donc... mais Canal+ y voyait un contournement délibéré, puisque seuls 3 domaines sur 21 auraient été bloqués côté F1 (et 3 sur 16 côté MotoGP), dont deux sont revenus en ligne la semaine suivante via un autre CDN ou un site miroir.

Mais le tribunal n'a pas suivi. Selon lui, un intermédiaire technique a une obligation de moyens mais pas de résultat, comme le précise l'arrêt UPC Telekabel de la Cour de justice de l'Union européenne. Cela veut donc dire que Cloudflare ne peut pas être tenu responsable quand un site change de CDN. C'est donc à Canal+ d'aller voir le nouvel intermédiaire et de signaler les miroirs à l'Arcom.

Alors, est-ce que 1.1.1.1 filtre des sites en France ?

Eh bien non les amis, et ça se vérifie très facilement en quelques secondes. Depuis ma connexion bien française, le résolveur de Google (8.8.8.8) refuse de résoudre les domaines de la liste "Premier League" ordonnée en juillet, avec un message qui invoque "une injonction judiciaire ou toute autre mesure administrative de blocage visant FR".

Alors que le 1.1.1.1 de Cloudflare, lui, répond normalement pour les sites encore en ligne. D'ailleurs Cloudflare le confirme bien dans son rapport de transparence du second semestre 2025 : Aucun contenu n'a jamais été bloqué via 1.1.1.1, car un blocage sur un résolveur public mondial s'appliquerait à tous ses utilisateurs, où qu'ils se trouvent.

Après ça ne veut pas dire que changer de DNS suffira à tout débloquer puisque le géoblocage que Cloudflare applique côté CDN limite l'accès au site lui-même depuis la France. Donc passer par 1.1.1.1 n'y changera rien, un site bloqué sur le CDN de Cloudflare ne sera pas accessible via leurs serveurs DNS. Mais par contre, les sites qui passent entre les mailles, ce sont tous les sites hébergés ailleurs que chez Cloudflare, que les FAI bloquent chacun de leur côté, en faisant "mentir" leurs propres résolveurs DNS.

Reste que ce jugement n'a rien d'une carte blanche... Quand Cloudflare explique que l'architecture de son DNS public ne permet pas d'implémenter un blocage, le tribunal se contente d'écrire qu'il "allègue". Mais en réalité, la cour d'appel de Paris avait jugé en mars dernier que le blocage DNS était tout à fait faisable. Et en juillet, dans un dossier sur des médias russes sous sanctions européennes, le Conseil d'État avait relevé que Cloudflare propose déjà gratuitement un résolveur capable de bloquer les logiciels malveillants et les contenus pour adultes...

Voilà, donc comme les ordonnances signées le 17 juillet pour la Premier League et la Ligue des champions visaient nommément le résolveur, le CDN et le reverse proxy de Cloudflare, et qu'elle laissait à l'entreprise américaine le choix des moyens techniques, la messe est dite. Et on n'oublie pas non plus que de son côté, Quad9, la fondation suisse qui ne bloque aucun des domaines visés par beIN Sports, est également sous pression de la part de la chaine de sport qui lui réclame 10 000 euros par jour et par domaine pirate accessible. La décision est attendue d'ici la fin du mois...

Dans tous les cas, si vous êtes sur 1.1.1.1, rien ne bouge pour l'instant... mais ça tient moins à Cloudflare qu'à la façon dont les prochaines ordonnances seront rédigées... On verra bien.

Source : TorrentFreak

Pourquoi je n'ai pas racheté de Mac mini - le PC GEEKOM A5 à 500 euros

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Chez moi, c'est un Mac mini qui gère à peu près tout depuis des mois. Il héberge mes projets de vibe coding, (pour ceux qui débarquent, on parle du développement où une IA écrit le gros du code pendant que je bois des chocolats chauds devant Rick et Morty), il fait tourner mes sessions de Claude, l'IA d'Anthropic, il pilote ma domotique, il surveille même mes NAS et mon Plex. Tout ça marche bien, je n'y touche presque jamais.

Sauf que voilà, il m'a fallu une seconde session de travail avec une autre instance de Claude/Codex, pour un projet qui n'avait rien à voir. J'ai d'abord pensé racheter un Mac mini. Et puis entre les prix qui ont gonflé et macOS qu'il aurait fallu piloter à distance en permanence, j'ai un peu baissé les bras.

GEEKOM m'a alors proposé de tester son A5 , un petit PC de la taille d'un Mac mini, 11,7 centimètres de côté pour 650 grammes, qu'on trouve autour de 500 euros avec trois ans de garantie. J'ai dit oui, forcément, même si je n'ai plus acheté de PC depuis 15 ans.

Dedans, il y a un Ryzen 7 7730U d'AMD avec huit cœurs, seize threads et une fréquence qui monte à 4,5 GHz, le tout dans 15 watts, donc ça chauffe vraiment très peu. Les 16 Go de mémoire DDR4 ne sont pas soudés, on peut aller jusqu'à 64 Go en ouvrant le boîtier, et ça, Apple ne vous laissera jamais le faire sur un Mac Mini.

Le SSD de 500 Go est déjà plus généreux que les 256 Go du Mac mini de base, et si ça ne suffit pas, il y a un deuxième emplacement M.2 et une baie pour un disque 2,5 pouces. En cumulant, on peut monter à 7 To.

Pour la connectique, j'ai de quoi voir venir, avec six ports USB dont deux USB-C, deux sorties HDMI qui gèrent jusqu'à quatre écrans 4K, du WiFi 6, du Bluetooth 5.4 et surtout un port Ethernet 2,5 gigabits, le seul que j'utilise vraiment vu que la machine discute toute la journée avec mes NAS, tout le monde à cette vitesse, ce qui est quand même bien sympathique.

La machine est livrée sous Windows 11, mais je lui ai installé un Ubuntu en version serveur. J'ai branché un écran une heure à tout casser, le temps de l'installation, de configurer le Bios pour qu'il redémarre tout seul en cas de panne de courant, et depuis je n'y touche plus qu'en SSH, la prise de contrôle à distance en ligne de commande. Et encore quand je dis "Je", ce sont mes IA et mes automatisations qui administrent la machine, et ça fonctionne, sans drame (j'ai BEAUCOUP de sauvegardes derrière, je vous conseille d'en avoir aussi si vous laissez l'IA administrer vos machines).

Le plus fou, et qui m'a vraiment surpris, c'est le silence. GEEKOM annonce autour de 28 décibels au repos et à peine plus en charge, et dans les faits je ne l'entends simplement jamais, alors qu'il est posé dans mon salon et qu'il tourne 24h/24. La consommation est ridicule aussi, environ un demi kilowattheure par jour.

Ce genre de machine peut servir à plein de choses, un petit serveur maison, Home Assistant pour la domotique, une médiathèque, des agents IA qui bossent la nuit, ou tout simplement un PC de bureau classique si vous le laissez sous Windows.

Et pour tout vous dire, sur cet usage serveur, il est même meilleur que mon Mac mini. Plus de bizarreries macOS, plus de mise à jour qui réclame une session ouverte, plus de réglage système qui se met en travers du chemin. Ubuntu fait ce qu'on lui demande et c'est vraiment très reposant.

Le circuit graphique Vega 8 intégré ne vous permettra pas de lancer GTA6 en 4K (en même temps il n'est toujours pas annoncé sur PC...), et il ne faut pas compter dessus pour faire tourner un gros modèle d'IA en local, mais pour du développement, du serveur et de la vidéo, c'est vraiment la machine idéale.

Si vous avez le même genre de besoin que moi, ou que vous avez envie d'expérimenter, vous pouvez y aller. L'A5 est en vente autour de 550 euros sur Amazon, dispo en cliquant ici .

Avec en plus un petit code promo :
Prix habituel : 549 €
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Mistral Large 4, le modèle à 1 000 milliards de paramètres surnommé Le Chonk

Mistral a présenté Mistral Large 4, un modèle d'intelligence artificielle à 1 000 milliards de paramètres que l'équipe surnomme elle-même "Le Chonk", et l'entreprise française annonce ni plus ni moins que c'est le meilleur modèle ouvert jamais développé en dehors de la Chine. Rien que ça.

Le modèle n'est pour le moment accessible qu'en préversion via l'API de Mistral, l'interface qui permet aux développeurs de la brancher sur leurs applications. Les poids, autrement dit le fichier complet qui permet de faire tourner le modèle sur ses propres serveurs, arriveront le 27 octobre sur Hugging Face, le grand entrepôt public des modèles d'IA.

C'est tout le contraire des boîtes noires d'OpenAI ou d'Anthropic, le créateur de Claude, qui gardent jalousement les leurs.

Sur le papier, le chiffre de 1 000 milliards en jette, sauf que le Chonk n'active que 49 milliards de paramètres à chaque réponse, avec une architecture qui fonctionne un peu comme une grosse administration où seul le guichet compétent traite votre dossier. Du coup, il coûte bien moins cher à faire tourner que sa taille ne le laisse penser.

L'entraînement a pris deux mois sur près de 4 000 puces Nvidia Grace Blackwell installées dans les datacenters européens de Mistral, soit deux à trois fois moins de matériel que la concurrence chinoise d'après Pierre Stock, le responsable scientifique de la maison. Le modèle parle au passage plus de 160 langues.

Mistral insiste surtout sur les capacités agentiques de son Chonk, c'est-à-dire sa faculté à enchaîner tout seul des actions, lancer du code, éplucher des documents, remplir un tableur, plutôt que de simplement répondre à vos questions.

Sur les tests de performance publiés par Mistral, le Chonk se place au niveau des meilleurs modèles chinois de DeepSeek, Alibaba ou Moonshot sur le code, la finance et le droit, avec une vraie pointe en cybersécurité où il se classe parmi les cinq meilleurs au monde. Les mesures indépendantes sont un peu moins flatteuses, puisque le cabinet Artificial Analysis le situe entre DeepSeek et les modèles les plus accessibles d'OpenAI, encore loin du haut de gamme GPT-6 Astra, ce qui est déjà pas mal pour un modèle qu'on pourra télécharger gratuitement.

Côté tarifs, l'API facture environ 0,70 dollar le million de tokens, les morceaux de mots qui servent d'unité de facturation à tous les fournisseurs d'IA. Airbus et HSBC figurent déjà parmi la centaine de clients revendiqués.

J'avoue que je me demande déjà quelle machine il faudra pour faire tourner un bestiau pareil dans un salon, mais c'est tentant.

Source : TechCrunch

Citrix NetScaler - Et c'est reparti pour un patch !

Par : Korben ✨

Je ne sais pas si vous êtes familier avec NetScaler de Citrix, mais c'est un équipement qui sert de passerelle d'accès à distance pour les salariés des entreprises, et qui peut aussi gérer l'authentification SAML.

Et ces derniers temps, l'équipement est un peu mis à mal. À cause notamment de deux failles 0day sorties fin septembre (surnommées PitScaler par le chercheur Kevin Beaumont), qui ont heureusement été patchées. Mais ces derniers jours, des admins ont vu quand même redémarrer en boucle leur NetScaler pourtant à jour dont des 14.1-73.37, la version censée corriger le problème...

Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre ?

Eh oui c'est bizarre ! Encore une vuln !! C'est la seconde vague en moins d'une semaine et c'est le bulletin de sécurité de Citrix qui le dit avec la CVE-2026-88779, qui est, cerise sur le gâteau, activement exploitée dans des attaques au moment où j'écris ces lignes.

Donc voilà, c'est le gros bordel du côté des entreprises clientes de Citrix !! D'après SecurityWeek, avant l'arrivée des correctifs, les files d'attente du support technique de Citrix duraient des heures... Et les contournements provisoires n'empêchaient pas systématiquement les plantages et autres redémarrages à répétition.

De quoi déprimer sévère... Certains clients de Citrix ont même dû débrancher leur matériel durant la première vague de failles. Et aujourd'hui, même ceux qui ont installé le correctif de PitScaler n'y échappent pas non plus s'ils utilisent SAML, puisque Citrix a sorti un nouveau correctif et leur demande de mettre à jour une seconde fois en très peu de temps.

Alors que se passe-t-il exactement ? Est-ce que c'est un simple déni de service ?

Eh bien en tout cas, c'est ce que dit Citrix.

Ce qu'ils expliquent, c'est que le service peut rester indisponible tant que l'attaque se répète et que pour le moment, ils n'ont pas identifié d'impact sur l'intégrité des données. Sauf que le chercheur en cybersécurité Kevin Beaumont a vu l'un de ses honeypots (qui était pourtant patché) faire tourner un binaire malveillant récupéré depuis le web.

Un autre admin a aussi trouvé dans ses logs des noms d'utilisateurs contenant des commandes shell, censées télécharger un fichier puis l'exécuter. Toutefois, ses logs ne prouvent pas que ces commandes ont réellement tourné.

Donc voilà, on est un peu tous dans le flou...

En juin, Citrix communiquait sur la CVE-2026-8452, consistant en un autre débordement mémoire côté SAML, et pouvant provoquer un "comportement imprévisible" ou un déni de service. Et selon la note de la Cloud Security Alliance , watchTowr a démontré en août que cette faille autorisait en réalité une exécution de code root sans authentification.

Donc même si rien n'indique que ce soit le même bug ici (le plantage d'aujourd'hui, c'est le processus nsaaad qui se vautre en boucle), ce n'est pas la première fois que l'explication "c'est juste un déni de service" se fait démonter. Beaumont rappelle d'ailleurs que la CVE-2025-6543 avait suivi le même chemin...

Voilà... donc côté correctif, Citrix a sorti des mises à jour qui règlent la faille (je vous donne les versions plus bas) et en complément, il propose aussi des listes de blocage d'adresses IP malveillantes. La CISA a également ajouté la faille à son catalogue le 4 octobre, avec une échéance de correction exigée pour le 7 octobre pour les agences fédérales américaines. C'est la sixième faille NetScaler exploitée qu'elle y inscrit cette année, d'ailleurs...

Maintenant, voici comment savoir si vous êtes concerné.

En fait, la faille ne touche que les appliances configurées comme fournisseur de service (SP) ou comme fournisseur d'identité (IdP) SAML. Cherchez donc dans votre config une ligne add authentication samlAction ou add authentication samlIdPProfile.

Et si vous en avez une, il faudra installer au minimum la 14.1-73.41 ou la 13.1-64.28 selon votre branche (ou la 14.1-73.41 FIPS, ou la 13.1-37.282 pour les FIPS et NDcPP en 13.1) de NetScaler, comme l'indique le bulletin de Citrix .

Voilà, bon courage à tous.

Merci à Thomas pour l'info !

Source : SecurityWeek

Test du Narwal Freo 20, le robot laveur qui s'entretient tout seul

- Contient des liens affiliés Amazon -

On a passé une grosse quinzaine de jours avec le Freo 20 , le nouveau robot aspirateur laveur de Narwal présenté à l'IFA de Berlin début septembre. Autant le dire tout de suite, c'est un des appareils du genre les plus aboutis qu'on ait fait tourner.

Sur le papier, l'aspiration grimpe à 31 000 pascals, soit le haut du panier actuel, et dans la vraie vie ça se vérifie : miettes, poussière, poils d'animaux, tout part en un seul passage, y compris le long des plinthes.

Le vrai truc qui le différencie de la concurrence, c'est côté lavage. Narwal a laissé tomber les serpillières rondes rotatives qu'on voit partout pour un rouleau microfibre de 26 cm qui couvre quasiment toute la largeur du robot, pressé au sol avec 12 newtons et alimenté en eau chauffée à 60 degrés.

Ce rouleau se rince en continu à l'eau propre pendant qu'il travaille, du coup la crasse de la cuisine ne finit pas étalée dans le salon. Une tache de café séchée disparaît sans qu'on ait besoin de repasser trois fois derrière. C'est franchement impressionnant.

Le Freo 20 va surtout très loin sur l'entretien automatique. De retour à la station, la serpillière est lavée à 100 degrés puis séchée à l'air chaud, histoire d'éviter ces odeurs de serpillière humide qui plombent la moitié des robots laveurs du marché.

La station remplit aussi le réservoir d'eau propre du robot, nettoie elle-même son bac d'eau sale et compacte la poussière dans un sac de 2,4 litres annoncé pour environ quatre mois. En pratique, on ne touche à rien, ou presque.

Les cheveux et les poils longs, le cauchemar habituel de ces machines, sont gérés par un système anti-enchevêtrement qui fait plutôt bien le job. Après plus d'une semaine avec un chat à la maison, la brosse n'a pas réclamé un seul démêlage.

Côté navigation, deux caméras couplées à de la lumière structurée, autrement dit une projection lumineuse qui mesure le relief de la pièce, reconnaissent plusieurs centaines d'objets. Câbles, chaussettes et gamelles ont été contournés proprement, et le robot franchit des seuils de 4 cm.

L'application est claire, avec une carte précise, des zones à exclure et un mode multi-cartes si vous avez un étage. Vous n'aurez qu'à porter le robot là-haut, il se repère tout seul.

La station de charge est assez grande, il faut avoir la place, mais c'est souvent le cas avec les robots aspirateurs laveurs de ce genre. Si vous avez la place ça n'est pas un problème, les finitions sont belles, le revêtement texturé ne marque ni les doigts ni la poussière, et le robot lui-même, avec ses 9,5 cm de haut, se faufile sous la plupart des meubles.

Le Freo 20 ramène sous la barre des 850 euros ( 835 euros en ce moment ) des prestations qu'on trouvait jusqu'ici sur des machines facturées 1 400 euros et plus. Pour un foyer avec des sols durs et des animaux, c'est, si vous voulez mon avis, un des meilleurs achats du moment.

En quinze jours de test, on n'a pas touché une seule fois à la serpillière. Si vous n'avez pas d'aspirateur robot chez vous, considérez sérieusement cette option ! Il est actuellement en promo sur Amazon d'ailleurs, en cliquant ici.

XPSemu - Halo 2, Forza et Fable sur PS5

Par : Korben ✨

XPSemu est fork de l' émulateur open source xemu qui a été porté en app native sur PS5 jailbreakée , pour jouer à des jeux Xbox d'origine. Sur cette première release sortie le 1er octobre dernier, le dev ZiZc3 annonce que Halo 2 fonctionne à 30 FPS sans aucune adaptation. Bien sûr ce sont ses propres tests mais je le crois volontiers !

Et surtout avec le patch communautaire à 60 FPS, qui est appliqué en mémoire et ne modifie jamais votre image du jeu, Halo 2 monte ainsi autour de 50 à 60 FPS au début et de 36 à 50 fps lors des scènes d'action. Sur Crash Bandicoot : La Vengeance de Cortex, tout tourne sans accroc quant à Forza Motorsport, ce dernier reste bien à 30 FPS dans les menus mais redescendra à 15-21 FPS lors des courses. Et Fable : The Lost Chapters oscille, quant à lui, entre 22 et 30 FPS, avec des creux à 10-20 FPS dans les endroits chargés.

Le tableau de bord d'XPSemu sur la PS5 : 4 entrées de menu, et en bas la rangée des jeux lancés récemment, Fable en tête

Ces quatre jeux sont les seuls que le développeur a testés, donc ne cherchez pas une liste de compatibilité pour le moment. Un jeu qui plante sur xemu sur PC plantera donc sur PS5 aussi. Et si Forza et Fable rament, c'est surtout à cause du processeur Xbox émulé, dont le thread mouline 85 à 97 % du temps pendant que le GPU de la PS5 se tourne les pouces. C'est la faute à la traduction du code Xbox par le traducteur générique de QEMU, sur des cœurs Zen 2 à 3,5 GHz qui ne valent pas un PC musclé.

Du coup, monter la résolution jusqu'à 4x ne coûte pas grand chose, puisque le GPU a de la marge, mais ça n'ajoute pas un seul FPS non plus. Pareil pour les upscalers de type FSR. Le développeur prévoit d'ailleurs un mode de génération d'images pour afficher du 30 FPS en 60, et d'autres optimisations du côté processeur. Cela a par exemple permis à Fable de passer d'environ 7 FPS à 23-30 FPS d'un build à l'autre.

Côté install, il vous faudra une PS5 jailbreakée, comme je vous l'expliquais dans mon article sur Relapse . Ajoutez à cela kstuff qui doit être chargé avant l'outil xpsemu_tools.elf fourni avec l'appli, ainsi que ShadowMountPlus pour monter le dossier, et surtout vos propres fichiers Xbox (le MCPX, le BIOS, une image de disque dur et vos jeux au format XISO). Ça vous oblige donc à convertir d'abord les images complètes de type redump car le projet ne fournit rien qui viendrait de Microsoft.

Et côté limites de cette version Alpha, il n'y a pas de sauvegarde d'état, et l'audio DSP doit rester désactivé, sans quoi Halo 2 se figera et Forza ramera encore plus. Sans oublier que Relapse peut geler la console, et que ça vous fait risquer un bannissement de compte. Donc si votre PS5 sert aussi à jouer en ligne, laissez tomber...

Source : TechPowerUp

Virtual Mac - Faites tourner macOS sur un iPad (jailbreaké)

Par : Korben ✨

Virtual Mac on iPad est un super projet sous licence libre qui permet de booter un bon vieux macOS dans une machine virtuelle sur... un iPad jailbreaké ! Hé ouais ! Les versions de Monterey à Tahoe sont prises en charge (la 27 étant encore bien bien expérimentale), et vous pouvez ainsi lancer Xcode, le Terminal ou Final Cut Pro, Logic Pro et Pixelmator Pro directement sur votre tablette Apple.

Côté matos, il faut un iPad Pro M1 ou M2, ou un iPad Air M1 (et ça fonctionne aussi semble-t-il sur les iPhone 14 Pro et 14 Pro Max). Les modèles de 1 To et 2 To, qui embarquent 16 Go de mémoire, sont ceux que les développeurs recommandent et niveau perf apparemment, on est au même niveau que ce qu'on peut obtenir avec VirtualBuddy ou UTM quand ils virtualisent macOS sur un Mac M1 ou M2.

Pour l'installer, faudra donc jailbreaker l'iPad (avec Dopamine par exemple), puis ajouter dans Sileo le dépôt du projet, dont voici l'adresse et y rechercher l'app Virtual Mac.

https://nfzerox.github.io/cydia/

Tout le process de jailbreak est décrit dans le readme du projet soit pour iPadOS 15 à 16.3.1 ou pour iPadOS 14 à 14.8.1. Par contre, la variante Dopamine-roothide n'est pas supportée, du coup faudra repasser sur le Dopamine officiel.

Côté utilisation, avoir un Magic Keyboard n'est pas obligatoire puisque le tactile suffit avec un tap pour cliquer, un tap à 2 doigts pour le clic secondaire et le défilement, sans oublier le clavier virtuel sous l'icône du clavier. En revanche, la connexion à iCloud ou à un compte Apple n'est pas prise en charge, donc pendant la configuration de macOS faudra choisir "Configurer plus tard" et vous vous en passez...

Maintenant ce projet exige iPadOS 16.3.1 au maximum, parce qu'Apple a retiré dès iPadOS 16.4, son hyperviseur du noyau. Et sans lui malheureusement, le portage vers les versions ultérieures est devenu très compliqué. Voilà donc cette bidouille de Virtual Mac sur iPad c'est avant tout un petit kiff technique réservé aux possesseurs d'iPad resté sur la 16.3.1 ou inférieur, car downgrader semble compliqué pour pas dire impossible.

Maintenant je tiens à vous rappeler que UTM SE tourne sur iPad sans jailbreak, mais n'a pas de JIT ce qui fait qu'il doit passer par un interpréteur donc c'est beaucoup plus lent. Ça sert donc surtout à faire tourner des systèmes + anciens ou allégés comme DOS ou Alpine Linux.

Bref, avant de jailbreaker quoi que ce soit comme des petits fifous, regardez bien dans les Réglages quelle version d'iPadOS tourne sur votre iPad pour voir si c'est jouable !

Source : Tom Dörr sur X

Tuta contourne l'IMAP pour entrer dans Nextcloud

Par : Korben ✨

Tuta, le webmail allemand chiffré de bout en bout, a annoncé le 1er octobre dernier l'arrivée d'une application Tuta Mail dans l'App Store de Nextcloud. Pour vous la faire en clair, ça veut dire que si vous avez une instance Nextcloud, vous pouvez maintenant y ouvrir votre boîte Tuta directement dans l'interface !

Trop cool hein ?

Cela n'avait rien d'évident car Tuta refuse l'IMAP. En effet, selon l'éditeur, ce protocole l'obligerait à laisser vos mails en clair sur l'appareil, ce qui casserait son chiffrement. Or l'app Mail de Nextcloud se branche justement sur des comptes IMAP... Tuta a donc carrément mis son propre client web dans l'application (c'est sous licence libre en plus), comme ça, ils sont tranquilles !

Pour en profiter, vous devez donc installer le plugin Tuta sur votre Nextcloud 33, 34 ou 35. Ensuite dans l'admin de Tuta, faut aller dans Paramètres puis Plugins, et activer le plugin Nextcloud (c'est une option gratuite, je le précise), puis indiquer l'adresse de votre serveur Nextcloud ainsi qu'un dossier de destination, baptisé TutaAttachments par défaut. Vous vous connectez ensuite à votre Nextcloud, qui donnera au plugin de Tuta un mot de passe d'application pour la connexion.

Le plugin Nextcloud activé dans les paramètres de Tuta, avec les champs pour l'adresse du serveur et le dossier des pièces jointes

Grâce à ça, vous allez pouvoir faire 2 choses très cools. Tout d'abord, une pièce jointe reçue dans Tuta Mail pourra être envoyée d'un seul clic dans ce dossier Nextcloud que vous avez renseigné. Et secundo, quand vous créez un événement dans l'agenda Tuta, vous pouvez générer également un lien Nextcloud Talk dans le champ du lieu. Gaffe quand même, le salon est public pour que des invités sans compte Nextcloud puissent y entrer, donc toute personne qui aura le lien pourra le rejoindre et montrer son anatomie en faisant des cris de singe. Donc vaut mieux ne le donner qu'à vos invités.

Et ces deux fonctions marchent aussi bien depuis l'appli Tuta classique, que sur ordinateur, sur mobile ou dans le navigateur, du moment que l'app Tuta Mail est installée côté serveur Nextcloud.

Reste une question importante qui est celle du chiffrement de bout en bout. En effet, d'où vient le code qui déchiffre vos mails ?? Hé bien l'app embarque le client web complet de Tuta, modules de chiffrement compris, donc vos mails restent bien chiffrés de bout en bout et c'est ensuite votre serveur Nextcloud qui l'affiche en clair dans votre navigateur. Mais tous les mails, eux, restent bien au chaud stockés chez Tuta.

La boîte Tuta ouverte dans l'interface de Nextcloud, avec ses dossiers et un mail avec pièce jointe

Si c'est un Nextcloud installé par vos soins , ça ne change pas grand-chose car vous faites déjà confiance à votre serveur pour tout le reste mais sur le Nextcloud d'un employeur ou d'un hébergeur, comme c'est lui qui vous installe ce plugin, une pièce jointe copiée là-bas devient un fichier en clair sur son serveur, hors du chiffrement de Tuta. Si ça vous embête, je vous conseille donc de continuer plutôt à lire vos emails dans l'appli Tuta classique, et de n'envoyer vers ce Nextcloud QUE les pièces jointes que vous y auriez rangées de toute façon...

Source : l'annonce de Tuta et la fiche de l'app sur l'App Store de Nextcloud

AirCard - Relookez vos cartes bancaires dans Apple Pay

Par : Korben ✨

AirCard , c'est une appli macOS gratuite qui permet de remplacer l'image par défaut d'une carte dans Apple Wallet, directement depuis votre Mac relié à l'iPhone par un câble USB et tout ça sans jailbreak. Je l'ai essayée sur mon iPhone 16 Pro Max et ça marche du tonnerre. Attention quand même, l'appli n'a aucun bouton pour revenir en arrière, mais ne vous inquiétez pas je vais tout vous expliquer.

Ce tour de passe-passe nous vient d'AirLift, une faille du service AirTraffic, celui là même qui synchronise les médias d'un Mac vers iOS. Et AirLift s'en sert pour lire et écrire dans des dossiers qu'il n'est pas censé toucher, depuis un Mac déjà appairé avec l'iPhone. Cette petite vuln a été testée à partir de iOS 18.0, et Apple peut évidement la corriger quand elle veut mais ce serait quand même vraiment dommage parce que c'est bien cool. Maintenant rassurez vous, côté paiement, rien ne bouge ou n'est transféré ou créé. On ne change que l'image d'une carte du wallet c'est tout !

Je vous propose maintenant de rentrer dans le dur.

Installer AirCard et brancher l'iPhone

Il vous faut donc un Mac (Apple Silicon ou Intel), un iPhone, un câble USB qui transmet les données et une carte déjà ajoutée à Wallet. Téléchargez AirCard.dmg dans les releases du dépôt, ouvrez-le et glissez l'appli dans le dossier des Applications. Si macOS refuse de la lancer parce que l'éditeur est inconnu, faites un clic droit sur l'appli, Ouvrir, puis Ouvrir une seconde fois. Sinon, faut passer par Sentinel ou par cette commande qui retire le blocage :

sudo xattr -cr /Applications/AirCard.app

Détecter la carte

Branchez l'iPhone au Mac en USB, déverrouillé, et acceptez de faire confiance à l'ordinateur. Dans AirCard, restez sur l'onglet Apple Wallet et cliquez sur Scan Cards. Sur l'iPhone, double-cliquez sur le bouton latéral et Apple Pay s'ouvrira comme quand vous faites un paiement, avec Face ID. Une fois authentifié, touchez la carte à relooker, et une deuxième fois si rien ne bouge. Ce geste permet en fait à AirCard de récupérer l'identifiant de la carte (un hash), et elle peut apparaître ensuite dans la fenêtre du Mac.

Si le scan ne trouve rien, ouvrez Log dans AirCard et cherchez "Connected to the unified device log stream". Relancez ensuite un scan, authentifiez-vous et touchez vraiment la carte, ou passez d'une carte à l'autre. Si ça bloque encore, débranchez, déverrouillez l'iPhone et rebranchez. Des utilisateurs disent sur le GitHub du projet que le scan ne détecte pas toutes les cartes voire aucune avec cette 1.2.5. Moi j'ai pas eu de problème mais il arrive parfois que iOS remplace certaines valeurs par "private", et le scanner ne peut alors pas les récupérer.

Choisir l'image et flasher

Ensuite, cliquez sur l'emplacement de la carte où il y a le symbole +, ou glissez-y directement une image. AirCard la recadre alors automatiquement en 1536 × 969 pixels bien centrée avec le ratio d'une carte. Cela veut dire que peu importe le design que vous voulez utiliser, gardez bien ce qui est important pour vous au centre de l'image. Ensuite cliquez sur Flash Skins et ça appliquera votre image sur votre carte dans Apple Wallet. Chez moi, l'opération a pris entre 30 secondes jusqu'à parfois 1 min (j'ai pas super chronométré non plus, hein) mais le flash est allé jusqu'au bout à chaque fois.

Ensuite quittez Wallet depuis le sélecteur d'apps et relancez-le, ou redémarrez carrément l'iPhone et hop, votre nouveau visuel de carte apparaîtra.

J'ai donc comme beaucoup commencé par un skin d'Amex Black, sans chichi sur l'une de mes CB, histoire de frimer...

Puis sur ma seconde CB, je me suis fait un skin de carte Vitale maison. Au départ, je me suis fait un PNG avec Pixelmator, tout ce qu'il y a de plus normal avec la bonne taille et tout et tout, mais ça n'a jamais voulu se mettre sur ma carte. Donc, j'ai refait l'image en important simplement mon visuel dans l' éditeur de cardart.cc , qui exporte un PNG clean au bon format en 1536 × 969 et ça a fonctionné.

Et voilà, quand je paie en sans contact, maintenant ça donne ça... Je pense que les caissier.es vont flipper.

D'ailleurs, si vous cherchez d'autres visuels, il y en a plein sur cardart en téléchargement gratuit. La carte d'identité de Bob l'Eponge m'a tenté aussi, je l'avoue....

Le clavier du code, le Mac en moins, et le piège

Notez que AirCard sait aussi habiller le clavier du code de verrouillage avec des thèmes en .passthm. Suffit de vous rendre dans l'onglet Passcode, vous glissez le fichier passthm, vous l'appliquez puis vous redémarrez, et là, normalement, vous avez un super beau clavier. Pour ma part, je n'ai pas essayé parce que je m'en fous un peu, mais bon, c'est là.

Ah et sinon, si vous n'avez pas de Mac, il y a aussi une version AirCard-iOS qui fera le taf uniquement depuis l'iPhone, mais ça exige iOS 18 minimum, une installation par sideload (SideStore, AltStore, TrollStore ou LiveContainer) et un appairage par le mode développeur. Donc, c'est un peu plus relou qu'avec l'application pour macOS.

Et le petit piège dont je vous parle au début, c'est que la version 1.2.5 de Aircard n'a pas de bouton pour restaurer le visuel d'origine. Donc, si celui-ci ne vous plaît plus, vous pouvez soit le remplacer par un autre, soit vous devez retrouver votre visuel d'origine en téléchargement sur le web. Après, peut-être qu'en supprimant la carte du wallet et en la recréant, ça réparera le visuel, je ne sais pas... Faudra tester !

Source : AirCard

Relapse - Le jailbreak qui libère presque toutes les PS5

Par : Korben ✨

Depuis quelques jours, la scène PlayStation 5 a un nouveau nom en bouche : Relapse !

Il s'agit d'un tout nouvel exploit qui vise assez large puisqu'il "libère" les consoles jusqu'alors restées bloquées du firmware 7.00 jusqu'à la version 13.60, pour les PS5 comme les PS5 Pro. C'est d'autant plus impressionnant que c'est la première fois qu'une faille kernel publique va aussi loin...

Mais ce qui a fait réagir tout le monde surtout, c'est la vitesse ! Car l'ancienne méthode, baptisée P2JB, pouvait prendre jusqu'à cinquante minutes avant que le jailbreak n'aboutisse, alors que Relapse, lui, fait le taf en quelques secondes à peine.

Pour réaliser ce jailbreak, il faut d'abord faire pointer le DNS de la console vers un serveur tiers, puis ouvrir une page web cachée dans le guide utilisateur avec le navigateur de la console. C'est à ce moment-là qu'une faille du moteur WebKit ouvre une première porte d'entrée pour un second exploit qui peut alors toucher le cœur du système afin d'obtenir un accès en lecture ET en écriture sur le système de fichiers.

Ensuite, grâce à cet accès, on peut lancer du code maison (les fameux homebrews) comme des applis ou encore des mods non officiels que la console refuserait normalement. Des utilisateurs sur le Reddit r/PS5_Jailbreak rapportent même avoir réussi à y faire tourner des jeux récents, comme le remaster de The Witcher 3 sorti le jour même !! Bien sûr, rien pour le moment n'a été vérifié sérieusement... On verra bien.

Par contre, on n'est pas encore sûr de la PS5 débridée pour la vie car l'exploit est éphémère... en effet, à chaque extinction on en perd les effets et il faut alors le relancer à la main au reboot suivant. Et surtout ce n'est pas toujours très clean car d'après des joueurs qui l'ont testé, il peut parfois provoquer des plantages (freeze, reboot...etc) mais rien de dramatique non plus. Voilà, avec cet exploit, l'accès reste donc partiel et pour le moment, y'a pas de Linux installable ni de réel contrôle complet de la machine.

Et surtout Relapse s'arrête à la 13.60, et le nouveau firmware 14.00 publié le 16 septembre corrige le bug, ce qui met hors course toute console mise à jour ces deux dernières semaines.

Maintenant si vous avez une PS5 qui n'a pas encore eu cette MAJ 14.00 car vous la gardez soigneusement à l'écart du PlayStation Network parce que Sony bannit sans pitié le matériel modifié, y'a peut-être moyen de tester, en n'oubliant pas non plus que ce fameux DNS dont je vous causais au début de l'article envoie le trafic de votre console vers un serveur dont on ignore encore le vrai propriétaire...

De son côté, Sony n'a pas encore réagi à part en publiant cette mise à jour de son firmware.

Source : le dépôt Relapse sur GitHub.

Conteneurs Linux - Quand l'isolation ne tient plus

Par : Korben ✨

La société de sécurité Depthfirst a publié un billet que j'ai trouvé intéressant dans lequel ils expliquent en gros que les conteneurs (Docker et compagnie) ne sont plus une barrière de sécurité suffisamment solide. La thèse du papier, c'est qu'il faut désormais partir du principe qu'un attaquant (hacker ou malware) saura sortir d'un conteneur quand il le veut, sans grande difficulté.

En effet, un conteneur comme ceux que font tourner Docker ou Kubernetes, donne à un programme l'impression d'avoir sa propre machine. Sauf qu'en réalité, il n'embarque pas de système d'exploitation. Tous les conteneurs d'un serveur passent par le même noyau Linux qui est celui de l'hôte et dont le rôle est de gérer pour eux la mémoire, le processeur ainsi que le réseau.

Toutefois, beaucoup d'organisateurs de CTF notamment s'y fient les yeux fermés et hébergent plusieurs épreuves sur le même serveur, chacune dans son conteneur, en comptant uniquement sur la sécurité de l'hôte. Mais c'est un faux sentiment de sécurité, j'en veux pour preuve ce bulletin de sécurité d'AWS daté de novembre 2025 où il est expliqué que l'entreprise ne considère plus les conteneurs comme une barrière de sécurité et ne s'en sert donc plus pour isoler ses clients les uns des autres.

Ce qui a changé depuis quelques mois, vous le savez, c'est le prix d'entrée de la recherche de failles puisqu'avec les modèles d'IA de pointe, même un attaquant avec des moyens modestes peut fabriquer sans effort, dès la publication d'une faille, un exploit contre des machines qui ne sont pas encore corrigées, alors qu'avant ça demandait de sérieuses compétences.

source : Depthfirst

Et les chiffres publiés par Depthfirst montrent que tout ça s'accélère puisque 249 CVE ont été publiées pour le noyau Linux en janvier, et en août on en a eu 1 650 !

Depthfirst relève également que sur les 36 CVE divulguées via le kernelCTF de Google, 13 sont réalisables via des interfaces ordinaires comme celles qu'un conteneur reçoit par défaut (dont les sockets locaux). En fait, on en croise sans le savoir dès qu'on passe systemd, Docker ou une base de données locale.

Le 24 juillet dernier, Depthfirst a même décroché une place au kernelCTF avec un exploit 0day (donc avant tout correctif) et aujourd'hui, le PoC est en accès libre sur GitHub. Rassurez-vous, côté noyau Linux, le correctif est sorti le 6 août mais malheureusement, côté Ubuntu la mise à jour au 24 septembre, affichait encore que le noyau de la 26.04 était en "Vulnerable, work in progress" et celui de la 24.04 en "Vulnerable". Bref, trouver des vulns ça va vite. Fixer ces vulns sur TOUTES les releases et les machines, ça prend du temps. Alors qu'avant c'était l'inverse. Bref, tout a été chamboulé et c'est un peu la merde maintenant niveau cybersécurité pour patcher rapidement.

Alors comment se protéger de tout ça ?

Hé bien la solution de Depthfirst va vous mettre en PLS car eux proposent carrément de ne plus partager le noyau. Ils recommandent à la place de migrer les charges non fiables vers des microVM, autrement dit des machines virtuelles légères où chaque charge aura son propre noyau. Le projet Firecracker en fait partie tout comme Kata Containers comme ça, en théorie, si un attaquant casse l'un de ces noyau, il ne compromet que sa propre instance et pas l'hôte dans son entièreté ni ses voisins.

Reste que Firecracker s'appuie sur KVM, la brique de virtualisation du noyau Linux de l'hôte. Et comme vous le savez, KVM a eu ses propres failles. En effet, cet été, la faille Januscape ouvrait en grand la porte de la machine physique à un attaquant pourtant enfermé dans sa VM, à condition bien sûr que l'hôte autorise la virtualisation imbriquée (une VM dans la VM). Alors certes, la surface d'attaque est plus petite mais loin d'être nulle.

Voilà, en attendant, si vous êtes sous Ubuntu 24.04 ou 26.04, surveillez bien la mise à dispo du prochain noyau. Canonical a d'ailleurs annoncé il y a peu, une publication hebdomadaire des noyaux pour tenter de compenser cet emballement.

Source : le billet de recherche de depthfirst

Meeting Recorder - Vos visios transcrites en local sous Omarchy

Par : Korben ✨

Meeting Recorder , c'est un enregistreur de réunions pensé pour Omarchy, la distribution Linux de DHH basée sur Arch et Hyprland. Et y'a pas besoin d'inviter à bot chelou dans votre visio puisque l'app se contente d'écouter votre micro et ce que joue votre ordinateur. Donc ça fonctionne avec n'importe quel logiciel de réunion, et tout est ensuite transcrit sur votre machine, 100% en local

Le micro et le son de l'ordinateur sont ainsi enregistrés sur deux pistes séparées, et deux jauges vous montrent avant de lancer que les deux arrivent bien. C'est comme ça que l'outil sait qui parle... ce qui passe par le micro, c'est vous, et ce que joue l'ordinateur, ce sont les autres. Et s'il y a plusieurs personnes en face, Nemotron 3 Diarization, un modèle de NVIDIA qui tourne en local, sépare simplement leurs voix en "Remote 1", "Remote 2"...etc, que vous pouvez ensuite renommer.

L'écran de fin, Maya au micro, Tom côté ordinateur, et les deux pistes dans la forme d'onde

À la fin de l'appel, c'est whisper qui transcrit tout ce basar, avec le modèle large-v3-turbo par défaut (environ 1,6 Go à télécharger une seule fois), pendant qu'une animation façon années 90 vous fait patienter. Et pas besoin de carte graphique puisque d'après l'auteur, le processeur d'une machine récente boucle un appel court en quelques secondes. Ah et puis trop cool, le français fait partie des langues proposées, donc vous pouvez l'utiliser si vous avez séché les cours d'anglais.

Vous récupérez ensuite le texte, avec l'heure et l'intervenant sur chaque ligne, et un lecteur audio au-dessus. Cliquez alors sur une ligne et la lecture repartira de là. Et si whisper s'est gourré, vous survolez la ligne pour la corriger, la donner à l'intervenant suivant ou la supprimer. Chaque réunion finissant dans un simple dossier de ~/Documents/Meetings, avec l'audio et un fichier transcript.md, vous pouvez tout récupérer et même glisser sur la fenêtre un vocal ou un appel enregistré ailleurs, et Nemotron pourra y détecter jusqu'à 8 voix sans problème.

Pour les réunions de trois minutes ou plus, il y a aussi du chapitrage et c'est l'agent de code réglé par défaut dans Omarchy (Claude Code, Codex...) qui découpe la transcription une fois que c'est terminé. Donc, si vous ne voulez pas que ça parte dans le cloud, il faut prendre le temps de ne régler aucun agent par défaut sur Omarchy.

Et n'oubliez pas non plus de prévenir les gens en début de réunion, car l'article 226-1 du Code pénal punit l'enregistrement de paroles privées sans leur consentement. Hé ouaiiiis !

Côté installation, l'outil est dans le dépôt de paquets d'Omarchy, pour l'instant uniquement sur le canal edge. Sinon, en attendant la prochaine version d'Omarchy, ce script d'une ligne installera le même paquet.

Bref, c'est l'un ou l'autre :

yay -S omarchy-meeting-recorder
ou
curl -fsSL https://raw.githubusercontent.com/jankeesvw/omarchy-meeting-recorder/main/install.sh | bash

Attention, au moment où j'écris ces lignes, la version 1.1.1 plante dès la première transcription sur les processeurs sans AVX-512, un Ryzen 5 5500 ou un Core Ultra 9 285K par exemple. L'audio est bien enregistré, mais vous n'aurez pas de texte, parce que le binaire publié a hérité des instructions AVX-512 de la machine qui l'a compilé. Heureusement, un contributeur a déjà proposé un correctif, donc, soyez patient. Mais si vous êtes vraiment pressé, il faudra juste compiler vous-même l'appli (cargo build --release, les étapes sont dans le README).

Et si vous n'êtes pas sous Omarchy ? Faut chialer ?

Non, car l'app prendra alors l'apparence standard de libadwaita, mais sans l'agent par défaut d'Omarchy. Donc adieu les chapitres. Sous Windows, l'application Meetily fait le même genre de travail en local, Avec mon application macOS Kassis , on peut faire ça aussi. Il suffit de glisser-déposer l'enregistrement de la réunion sur l'appli. Les interlocuteurs sont reconnus et on obtient un transcript en quelques secondes. Enfin, pour transcrire vos enregistrements directement sur un serveur, il y a Speakr, dont je vous ai déjà parlé .

Voilà, en tout cas, je trouve que son dev a bien bossé ! Meeting Recorder c'est sous licence MIT, et le code est sur GitHub pour ceux qui ont un Omarchy sous la main !

Une IA a terminé NetHack de justesse !

Par : Korben ✨

Je sais que vous étiez tous très concentrés sur les ravages de l'IA dans la littérature, mais il y a 5 jours, il s'est passé quelque chose d'incroyable que vous avez probablement manqué ! Une valkyrie naine baptisée CodexDelver a déposé l'Amulette de Yendor sur l'autel de son dieu au bout de "seulement" 37 140 tours de NetHack. Et pour une fois, aux commandes du jeu, on ne retrouve pas un no-life qui n'a pas vu le soleil depuis 2002 mais le gars sûr du moment, GPT-6 Astra, le nouveau modèle d'OpenAI . Et d'après celui qui a monté l'expérience, c'est la première victoire au monde d'un agent LLM sur ce jeu (on va le croire, c'est pas vérifiable).

Maintenant, pour ceux qui ne connaissent pas NetHack, c'est un jeu d'exploration de donjon sorti en 1987, 100% en caractères ASCII et où la mort est définitive. Pour gagner dans ce jeu des enfers, il faut récupérer l'Amulette dans le sanctuaire de Moloch, puis aller l'offrir à son dieu sur le plan Astral, et si j'en crois le wiki du jeu , certains joueurs y jouent même depuis des décennies sans jamais être arrivés à remplir cette mission.

Le plus drôle là-dedans, c'est que Kenny, le dresseur d'IA qui a réalisé l'expérience, n'a lui-même jamais gagné. Il est sur le dossier depuis janvier, et ses propres agents faits maison plafonnaient tristement au niveau 10 du donjon. Alors il a craqué et a demandé à Astra de jouer directement dans un terminal, diffusant la partie sur Twitch, et cette dernière a non seulement bien réussi mais a en plus écrit ses propres outils pour y parvenir.

La première partie a d'ailleurs bien failli être la bonne puisqu'après plus de 33 000 tours, GPT-6 Astra avait accompli le rituel des sept bougies, de la cloche et du livre, et s'apprêtait à entrer dans le sanctuaire de Moloch. Mais le Magicien de Yendor, cet enfoiré sans race, est revenu aussitôt lui voler son Orbe du Destin. Dèèèg ! Puis après elle s'est fait transformer en Slime vert au niveau 51 et n'avait rien dans son équipement pour contrer le sort.

La deuxième partie s'est arrêtée bien plus tôt puisqu'au tour 12 271, en pleine progression dans le Château, un sergent a tiré avec une baguette de mort et l'IA est tombée d'un coup, alors qu'elle avait tous ses points de vie. Elle n'avait ni résistance à la magie ni réflexion pour renvoyer le rayon.

La troisième partie, celle de la grande victoire, a duré un peu plus longtemps, du 9 au 21 septembre, pauses comprises. L'IA, forte de ses 2 précédentes expériences, y a récupéré l'épée Excalibur, puis l'amulette de réflexion qui avait tant manqué au Château. Et quand son outil a rencontré des erreurs, elle a corrigé d'elle-même son code, relancé ses tests et continué.

Toutefois, c'est sur le plan Astral que ça a le plus chauffé car ses deux dernières baguettes de mort étaient vides et Pestilence l'a frappée de maladie mortelle pendant qu'elle en rechargeait une. L'IA a alors eu Pestilence au deuxième tir, mais ses points de vie sont descendus juste après à 3 sur 200, avec heureusement une amulette de sauvegarde de vie au cou... Ouf.

Puis quelques tours plus tard, elle offrait l'Amulette à Tyr avec seulement 35 points de vie, comme le confirme le relevé de fin de partie . Et sur l'écran de victoire que Kenny lui a demandé de créer, elle a inscrit "Three hit points from oblivion. One offering from immortality." (à trois points de vie du néant, à une offrande de l'immortalité). Quelle poète cette IA, on sent que cette expérience d'être passée pas loin de la mort l'a marquée ! lol.

Après ce n'est pas encore un programme autonome qui a gagné car, certes, l'IA choisissait chaque action, mais avec derrière, un humain qui lançait et arrêtait les sessions + un accès libre au wiki et au code source du jeu, ainsi que des outils modifiables en pleine partie. Mais c'est un bel exploit quand même. Notez qu'un bot programmé à la main, BotHack , avait déjà terminé le jeu en janvier 2015 donc c'est pas non plus infaisable sans IA.

La bonne nouvelle c'est que le code des outils développé par Astra est maintenant sur GitHub sous licence MIT et les trois parties peuvent se rejouer au tour par tour directement sur le blog de Kenny, si vous voulez revivre l'événement avec en bonus les commentaires que l'IA diffusait en jouant.

Source : Vaguely Aligned

Openpilot - La NHTSA passe les boîtiers de Comma au crible

Par : Korben ✨

La NHTSA, l'agence américaine chargée de la sécurité routière, a ouvert le 21 septembre dernier une enquête préliminaire sur les boîtiers Comma et sur openpilot, le logiciel open source qui tourne dessus. En cause, 5 accidents signalés où la voiture a percuté un véhicule arrêté ou roulant lentement dans sa propre voie. Deux de ces accidents ont causé la mort de trois personnes au total et onze autres ont été blessés.

Pour ceux qui débarquent, Comma, c'est la boîte fondée en 2015 par George Hotz, alias Geohot. Son boîtier embarque des caméras, se branche sur le faisceau de la voiture et s'appuie sur les capteurs d'origine pour maintenir la vitesse et la trajectoire.

Et la NHTSA, Comma connaît déjà puisqu'en 2016, avant de la laisser vendre le Comma One, son premier boîtier, l'agence américaine a exigé des réponses à 15 questions (conception, tests, sécurité...) forçant Hotz à volontairement en annuler la sortie pour un mois plus tard, mettre openpilot en opensource sur Github.

Sauf que cette fois, les boîtiers sont déjà en service partout aux Etats-Unis et dans le monde. Dans son résumé d'enquête, l'agence recopie les promesses du site de comma (installation en un quart d'heure, conduite "hands free" sur la voiture que vous avez déjà, des heures sans reprendre le volant...etc), pour ensuite, juste après, ajouter l'avertissement du même site, qui exige un conducteur attentif et prêt à reprendre la main à tout moment.

Maintenant, les rapports d'accident déposés par Comma + un de Honda, montrent des situations très différentes. L'un des deux accidents mortels, c'est un RAV4 de 2022 qui a percuté en février, en Louisiane, une voiture de police stoppée sur la voie, gyrophares allumés, d'après ce que raconte la police de l'État . Et ce RAV4 faisait tourner FrogPilot, un fork d'openpilot, qui aurait été engagé. Dans son rapport, Comma écrit qu'elle ne peut rien dire de plus sur un logiciel tiers, et qu'elle a conservé les données à la demande de la NHTSA.

L'autre accident mortel, TechCrunch n'a pas pu l'identifier à partir des rapports cités. Pour deux autres, en revanche, les rapports sont bien plus bavards. En septembre 2025, dans le Missouri, une Honda Accord de 2020 a embouti une Chevrolet arrêtée à un carrefour. C'est le régulateur de Honda qui gérait la vitesse, openpilot ne tenant que le volant, et le conducteur a déclaré s'être endormi après avoir calé ce régulateur à 80 mph, soit environ 130 km/h. Et en juillet, dans l'Utah, une Corolla de 2021 sous openpilot 0.11.0, dont comma a elle-même vérifié qu'il était engagé, roulait à 56 mph, soit 90 km/h, juste avant de percuter une voiture.

Démêler tout ça, accident par accident, c'est le boulot de l'enquête, qui évaluera aussi les performances du système et les garde-fous censés garantir une utilisation sûre. Chez Comma, c'est notamment une caméra qui surveille le conducteur et l'alerte quand il arrête de porter son regard sur la route. Quant au fork mis en cause, l'agence américaine devra analyser ce qu'il partage avec openpilot, sachant que Comma interdit déjà aux forks de brider cette surveillance, sous peine d'être bannis de ses serveurs, eux et leurs utilisateurs.

Pour la suite, il va falloir être patient... L'enquête ouverte en 2021 sur l'Autopilot de Tesla , après des collisions sur des lieux d'intervention des secours, a débouché fin 2023 sur un rappel de plus de 2 millions de voitures, corrigées à distance avec des alertes renforcées pour garder le conducteur attentif. Et celle ouverte en avril 2024 sur le BlueCruise de Ford, après deux accidents mortels contre des véhicules arrêtés, n'a toujours abouti à aucun rappel.

Moi, ce que je peux vous dire, c'est que sur openpilot, il y a deux modes possibles. Il y a le mode par défaut qui gère le latéral, c'est-à-dire les mouvements du volant, et le mode latéral + longitudinal qui gère à la fois les mouvements du volant ET la vitesse de la voiture.

Ce second mode est expérimental et n'est pas suffisamment fiable pour être utilisé autrement qu'en conditions de tests avec une extrême vigilance, car effectivement, la caméra seule du Comma (et son IA) ne permet pas à 100 % de toujours correctement évaluer la vitesse du véhicule qui se trouve devant. Autrement quand on est en mode latéral seul, C'est le radar de la voiture (l'ADAS d'origine quoi) qui détermine si la voiture doit freiner ou pas.

Et ça, c'est côté constructeur que ça se passe.

Donc, ces histoires de collision avec des véhicules arrêtés en pleine voie, à priori, pour moi, ce sont des erreurs humaines. C'est-à-dire que ce sont des gens qui ont activé l'autopilot du Comma comme ils auraient activé un régulateur de vitesse, et qui n'ont pas pris la peine de surveiller la route pour voir si un véhicule était arrêté ou à vitesse basse devant eux. Ça reste de la conduite autonome de niveau 2, donc ça demande une vigilance de tous les instants.

On aurait eu, je pense, exactement le même problème avec un régulateur de vitesse engagé à 130 km/h sur l'autoroute avec une voiture complètement stoppée devant nous. La voiture se mettrait à freiner, mais trop tard et la collision serait inévitable à une telle vitesse. Surtout que sur ce genre de système, on peut aussi régler les distances de sécurité / de détection et donc réduire aussi (volontairement) les distances de freinage.

Mais bon, en attendant que l'enquête tranche, si vous roulez avec openpilot, en France comme ailleurs puisque le logiciel fonctionne dans n'importe quel pays , sachez qu'un véhicule arrêté dans votre voie fait partie des situations où le régulateur peut ne pas fonctionner comme prévu.

Donc gardez le pied prêt à freiner dès qu'un bouchon ou un accident se profile devant vous, les deux mains sur le volant et le regard fixé sur la route car ce n'est pas un jeu...

Source : TechCrunch

Veeam Agent pour Windows - Une faille qui donne les droits SYSTEM

Par : Korben ✨

Si vous faites tourner Veeam Agent pour sauvegarder un poste Windows, et surtout si plusieurs personnes s'y connectent, allez vérifier tout de suite son numéro de build parce que depuis quelques jours, un vilain exploit circule pour la faille CVE-2026-32996. Ce dernier est chaud patate parce qu'il permet à un utilisateur local sans droits particuliers de grimper jusqu'au compte SYSTEM, c'est à dire le compte le plus puissant de la machine.

Veeam évidemment ne minimise pas le problème et classe cette élévation de privilèges en gravité haute, avec un score CVSS de 7,3 sur 10. Elle touche l'agent en version 13.0.2.1102 comme toutes les versions antérieures de la branche 13.

Rassurez-vous, ils n'ont pas traîné parce que le correctif est disponible depuis fin mai. Mais visiblement, il y en a beaucoup qui n'ont pas fait la mise à jour puisque, hier, la société de sécurité Arctic Wolf a indiqué que des attaquants l'exploitaient activement. Par contre, on ne sait pas exactement comment.

Alors dans quel cas ça marche vraiment ?

Hé bien il faut que 2 choses réunies. D'abord il faut un accès local à la machine, parce que cette faille ne s'exploite pas à distance. Ensuite, une session d'administration doit être ouverte dans la console de l'agent (celle qui sert à piloter les sauvegardes).

Et de ce que j'ai capté, le souci c'est que cette session ne se shoote pas d'elle-même mais disparait uniquement quand on ferme la console, après un délai d'inactivité plus ou moins long. Ou alors à la déconnexion complète de l'utilisateur. Bref, autrement dit, sur un poste qu'on laisse ouvert toute la journée, c'est open bar !

Du coup, Arctic Wolf conseille de traiter en priorité les postes partagés, les serveurs, les machines d'administrateurs, et plus largement tout ordinateur où un compte sans droits qui tomberait entre de mauvaises mains suffirait à prendre la main sur toute la bécane. Bref, en gros faut patcher en priorité partout où y'a plus d'une personne touche au clavier.

Maintenant pour sécuriser vos machines, en fait tout dépend de la façon dont vous utilisez l'agent Veeam. S'il est piloté par Veeam Backup & Replication, le correctif arrivera de lui-même, donc vous n'avez rien à faire.

Par contre si vous utilisez l'agent tout seul, là c'est un peu plus tordu, parce que la version courante qui est sortie au mois d'août, la 13.1.1.700, n'est actuellement pas publiée sur les serveurs de mise à jour automatique. Donc la notification intégrée dans l'agent ne vous la proposera pas.

Ce qu'il faut que vous fassiez en fait, c'est ouvrir le menu About de l'agent, pour voir à quel numéro de build vous en êtes, et si vous n'êtes pas encore sur la dernière, et bien aller chercher directement l'installateur sur la page de téléchargement de Veeam.

Et si vous ne pouvez pas mettre à jour tout de suite, sachez qu'il n'existe aucune parade officielle côté Veeam. Tout ce que vous pouvez faire c'est restreindre l'accès local et interactif aux machines touchées, et réserver les droits d'administrateur local et d'opérateur de sauvegarde à ceux qui en ont vraiment besoin.

Voilà, vous l'aurez compris, s'il y a un Veeam Agent en version 13 qui tourne chez vous, dans votre entreprise, vérifiez bien que vous êtes sur un minimum, la version 13.0.3.1220.

Bon, entendez, salut !

Source : Security Affairs .

Une VM qui s'évade vers son hôte, faut-il paniquer ?

Par : Korben ✨

Les failles qui permettent à une machine virtuelle de s'échapper vers la machine qui l'héberge, ça court pas les rue. Et celle qui vient de débarquer est plutôt impressionnante ! En effet, il y a quelques jours, le chercheur Hyunwoo Kim a publié la CVE-2026-89775, qui est une évasion "invité vers hôte" bien planquée dans KVM (sur les archis ARM64). Pour rappel, KVM c'est la brique de virtualisation du noyau Linux. Et le score CVSS grimpe même jusqu'à 9,3 sur 10 ! Donc, autant dire que c'est du sérieux.

En fait, cette faille permet à la VM de lire et d'écrire dans la mémoire du noyau de l'hôte à grand coups de 64 bits à la fois ^^, sans même déclencher le garde-fou censé lui rendre la main. C'est possible à cause d'un simple calcul de taille qui retombe à zéro. Du coup, le noyau considère que ce zéro est une taille valide, ce qui permet d'éviter l'invalidation du cache mémoire.

Kim décrit deux façons de s'en servir. La première, c'est l' évasion classique où depuis une VM on peut débouler sur la machine hôte. Autant dire que c'est le cauchemar de quiconque loue de l'ARM à plusieurs clients.

La seconde, quand à elle, est plus vicieuse et souvent oubliée. Sur des distributions comme RHEL, le fichier /dev/kvm est ouvert à tout le monde en écriture. Cela permet ainsi à un simple utilisateur sans droits de se servir de la faille comme d'un ascenseur vers root, sans avoir à lancer la moindre VM.

Alors, est-ce que vous êtes concerné ??

Il y a de bonnes chances que non car sur ARM64, la virtualisation imbriquée n'est pas un mode par défaut de KVM. Il faut l'activer soi-même au démarrage avec kvm-arm.mode=nested, et être sur une puce assez récente.

Mais si vous administrez pour de vrai un hôte ARM64 avec la virtualisation imbriquée active, là oui ! Un uname -r vous donnera votre version mais sachez que rien n'est impacté avant le noyau 6.16 et que le trou est colmaté à partir des versions 6.18.51 et 7.2.5. Red Hat prévient qu'aucun contournement "propre" n'existe, donc ce sera le correctif ou rien, déso ^^.

À ce jour, le chercheur en sécurité, Kim, a livré le mécanisme mais pas de code d'exploitation. Donc, prenez le temps de corriger le problème sans traîner, mais ne paniquez pas non plus car ce n'est pas encore exploité activement.

Source : la divulgation de Hyunwoo Kim sur oss-security .

Méfiez-vous du mouchard de ChatGPT

Par : Korben ✨

Si vous utilisez ChatGPT gratuitement, il y a de bonnes chances que votre navigateur se balade avec un affreux cookie baptisé __obi, posé là par OpenAI et avec une durée de vie de un an. Un chercheur qui publie sous le pseudonyme Buchodi a analysé son fonctionnement et publié un rapport très intéressant ce week-end dans lequel on apprend que ce cookie permet à OpenAI de choper des datas sur les sites marchands que vous visitez.

Le principe est celui du pixel publicitaire, exactement comme celui que Meta et Google vous font installer à l'insu de votre plein gré depuis des années. Une boutique qui achète de la pub dans ChatGPT colle un bout de code d'OpenAI sur ses pages, et ce code les prévient quand vous achetez un truc. Sauf qu'ici, comme __obi est configuré en SameSite=None, votre navigateur l'attache tout seul à la requête qui charge le script, avant que la moindre ligne de code ne s'exécute.

Et cet identifiant n'est pas anonyme ! En effet, sur chatgpt.com, il est généré aléatoirement puis signé par le serveur avec un jeton qui contient aussi l'identifiant de votre compte. Les deux voyagent ainsi collés-serrés l'un à l'autre, ce qui permet donc de vous identifier très précisément. Buchodi explique sur son site qu'il n'a cependant pas observé OpenAI faire le rapprochement côté serveur, mais que ces derniers ont tout ce qu'il faut pour le faire. Sur son mobile, un même __obi est utilisé depuis 12 boutiques, dont Wayfair, HelloFresh ou encore Coursera.

Et le plus rigolo dans tout ça, c'est qu'OpenAI documente absolument tout publiquement sur ce pixel. On lit par exemple dans la doc que le SDK considère que vous y avez consenti par défaut, et que l'annonceur doit écrire une ligne de code explicite pour dire le contraire. On y lit aussi ce que le pixel récupère tout seul depuis la page du marchand : il détecte ainsi votre email, votre téléphone et votre nom, les hash en SHA-256 dans le navigateur, et envoie aussi votre ville et votre code postal en clair. Woohoo \o/ !

Maintenant, le truc qui va faire bondir la secte des adorateurs du RGPD c'est que la politique de cookies d'OpenAI, classe __obi dans la catégorie des "Cookies analytiques". Hé oui, ce sont ces fameux cookies qui, je cite "les aident à comprendre comment leurs Services fonctionnent et sont utilisés". C'est même la seule entrée de cette section dans leurs cookie policy , alors que la catégorie marketing juste en dessous nous aligne du LinkedIn, du Google, du Reddit, du Meta, du Bing et du TikTok. Voilà, donc si vous avez accepté les statistiques en refusant le marketing, bah vous l'avez quand même. "Chè" comme dirait Sam Altman !

Buchodi a donc posé la question à OpenAI et "bizarrement", le support a accusé réception mais n'a jamais répondu...

Alors est-ce que vous êtes concerné par cette saloperie ?

Eh bien ça dépend de votre navigateur. Safari, le bienheureux, bloque tous les cookies tiers par défaut depuis 2020, et comme tous les navigateurs iOS tournent sur ce moteur, aucun d'entre eux ne laisse passer le cookie d'OpenAI. Firefox, le vrai navigateur des champions, quant à lui, range les cookies dans un conteneur séparé par site depuis 2022, ce qui casse totalement le recoupement sans péter les sites. Et Chrome, le navigateur des gens qui ne tiennent pas à leur vie privée, a lui renoncé en avril 2025 à supprimer les cookies tiers, et c'est justement sur Chrome sous Android que ce mécanisme d'OpenAI a été observé.

Alors que faire ?

La bonne nouvelle, c'est que la parade la plus solide est sans doute déjà en place chez vous. EasyPrivacy, la liste antipistage activée par défaut dans uBlock Origin , contient déjà les règles ||bzr.openai.com^ et ||bzrcdn.openai.com^. Comme elles bloquent le domaine entier, elles coupent aussi la requête qui pose le cookie au départ, sur chatgpt.com. Et si vous filtrez avec un DNS grâce à un Pi-hole ou NextDNS , ajoutez ces deux domaines et vous couvrez toute la maison, téléphone sur Wifi compris.

Par contre, ne comptez pas sur Safari ou Firefox pour tout régler par défaut car ils s'occupent du cookie, mais pas du reste. En effet, la requête vers OpenAI part quand même, avec votre adresse IP, votre code postal en clair et votre email hashé si le marchand a activé la détection automatique. Et le pixel a son grand frère côté serveur, une API appelée depuis les serveurs du marchand, qu'aucun réglage de navigateur n'atteindra malheureusement.

Et ne vous dites pas que c'est une histoire uniquement américaine puisque depuis fin août, ChatGPT Ads couvre la France et 30 autres pays européens. Les pubs ne s'affichent que sur les comptes Free et Go (moi j'ai pas de cookies __obi avec mon compte payant) et le cookie se synchronise aussi quand vous êtes déconnecté.

Bref, allez jeter un œil à vos filtres. Et si vous voulez voir votre cookie __obi, il traîne dans les cookies de .openai.com.

Source : l'enquête de Buchodi et la documentation du pixel OpenAI .

Fugleramme - Le cadre qui dessine les oiseaux qu'il entend

Par : Korben ✨

Je ne sais pas si vous avez déjà vu passer le truc, mais Fugleramme est un cadre à accrocher qui affiche les oiseaux qui passent dans votre jardin. Et en plus, c'est vachement joli parce que c'est fait comme un collage de planches naturalistes du XIXe siècle, où chaque oiseau dessiné correspond à une espèce que le micro installé dehors a réellement entendue chanter.

Apparaissent ainsi tous les oiseaux entendus dans les dernières 24 heures, jusqu'à 40 espèces sur la page, arrangés en spirale avec les plus gros au milieu. Et la taille de chaque bestiole n'est pas décorative, puisqu'elle vient de sa masse corporelle réelle, tirée de la base AVONET.

Après si vous êtes en ville et que rien ne chante dans le quartier (snif), la page dessinera juste une branche nue.

Derrière ce cadre, on retrouve deux logiciels. Le premier, vous le connaissez, c'est mon chouchou BirdNET-Go qui fait tout le boulot d'écoute et de reconnaissance, avec le modèle BirdNET que signent le Cornell Lab of Ornithology et l'université de Chemnitz. Le second logiciel s'appelle Fugleramme, et lui se contente d'interroger son API, d'associer chaque espèce à son illustration et de composer la page. Il ne redessine d'ailleurs l'image que quand la liste des oiseaux bouge, ce qui évite de faire clignoter un panneau e-ink à longueur de journée. Ah, et une version est aussi disponible en mode web si vous voulez regarder où vous en êtes depuis votre smartphone, ou si vous voulez l'afficher depuis un écran classique.

Par contre, BirdNET n'est pas infaillible et il vous collera parfois un oiseau qui n'a jamais mis une aile chez vous. Donc ne flippez pas si vous vous retrouvez avec un ptérodactyle ou une autruche. Ça se corrige sans douleur du côté de BirdNET-Go, en lui donnant vos coordonnées géographiques et en remontant les seuils de reconnaissance.

Le collage servi en direct par le cadre de l'auteur à Bergen, avec l'oie cendrée et le héron au centre

Côté matos, comptez un Raspberry Pi 5 avec son refroidisseur actif (non négociable, vu que le classificateur tourne en continu), un panneau Inky Impression 13,3 pouces, et un micro, avec sa carte son USB si vous prenez l'analogique qu'il recommande, parce que le Pi n'a pas d'entrée audio. N'importe quel micro USB marche aussi.

Et pour le cadre, l'auteur recommande le RÖDALM 21x30 d'IKEA, parce que le Inky Impression fait exactement une taille A4. Voilà... Si ça vous chauffe, prévoyez quand même un peu de budget parce que le plus cher, c'est l'écran, à un peu moins de 200 euros chez Pimoroni, et l'addition complète tourne entre 380 et 450 euros.

Pour l'installer sur le Pi, une seule commande :

curl -fsSL https://raw.githubusercontent.com/arnegiacomo/fugleramme/main/install.sh | bash

Le script vous demandera ensuite où installer BirdNET-Go, clonera le dépôt, installera ce qui manque, lancera le cadre en service systemd et demandera un reboot. Donc si une station écoute déjà ailleurs sur le réseau, vous lui donnez son adresse et le cadre peut s'accrocher à l'autre bout de la maison. Et si ça vous saoule d'acheter un écran e-ink rien que pour ça, une image Docker fera tourner, comme je vous le disais plus haut, un kiosque web qui vous affichera les piafs sur n'importe quel écran.

En tout cas, je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve ça super "chouette" comme élément de décoration.

Le code est sous licence MIT et c'est encore jeune, donc attendez-vous à croiser quelques bugs.

Merci à Lilian pour le partage !

Source : fugleramme sur GitHub

Cloudflare lance son skill d'audit de sécurité par IA

Par : Korben ✨

Cloudflare a mis en ligne sur son GitHub un skill trop super génial d'audit de sécurité qui leur a servi de point de départ à leur propre système de chasse aux failles de sécu. Ce package pour faire des audits de sécu boostés à l'agent IA c'est un dossier de consignes en Markdown que vous déposez dans votre agent de code, et qui le fait bosser comme un vrai auditeur et pas simplement comme un "relecteur" de code.

Dans ce dépôt, vous trouverez un fichier par famille d'attaque : la corruption mémoire, l'injection de prompt, le cadrage des requêtes HTTP, l'isolation entre locataires. Et avec ça, un schéma JSON qui décrit à quoi doit ressembler un rapport, et deux validateurs écrits en JavaScript sans la moindre dépendance.

Le dossier du skill sur GitHub : un fichier de consignes par famille d'attaque, et les deux validateurs en bas de liste ( Source )

L'agent déroule ensuite six phases, de la reconnaissance au rapport final. Il commence par cartographier l'architecture, les frontières de confiance et les points d'entrée, puis il écrit sa propre grille de couverture. Ensuite il envoie des chasseurs isolés case par case et chaque piste qui remonte part chez un vérificateur tout frais tout beau qui n'a pas participé à la chasse.

Chaque piste se termine ensuite avec un rapport technique. Un rapport confirmed qui exige une trace source complète et un résultat réellement observé. Un rapport needs_validation qui nomme le fait précis qui manque, et surtout qui n'a droit à aucun niveau de gravité. Et le rapport des rejected qui garde la mémoire de ce qui a été réfuté, pour que la passe suivante ne vous ressorte pas la même chose.

Le validateur, lui, c'est du vrai code qui vérifie la "forme" de la preuve. Les empreintes doivent être uniques, et le suivi du parcours des tests qui doit partir d'un point d'entrée pour finir sur un point d'impact. Ainsi une trouvaille confirmée dont le parcours ne tient pas debout est recalée.

En revanche, sachez-le, l'indépendance du vérificateur est demandée dans les consignes, mais pas contrôlée (chez Cloudflare, c'est leur orchestrateur maison qui s'en charge, et il n'est pas dispo publiquement).

Cloudflare explique sur son site ce que donne un de ces agents lâché sur du code sans garde-fou. Il modifie la source pour que son exploit fonctionne, puis il annonce fièrement le bug qu'il vient de créer lui-même. Ou alors il pond un test qui démontre que exec() exécute des choses, donc que c'est forcément une faille critique... Et ça vous l'aurez compris, c'est de la merde et c'est absolument ce qu'on ne veut pas.

Voilà donc exactement ce que ces consignes cherchent à lui interdire.

Pour l'installer, il vous faut le CLI skills de Vercel Labs :

npx skills add https://github.com/cloudflare/security-audit-skill --skill security-audit

Ensuite, vous lancez votre agent dans le dépôt à auditer et vous lui demandez un audit de sécurité. Le skill se déclenche tout seul et c'est le modèle de votre agent qui pilotera les sous-agents en parallèle (utilisez donc un modèle qui sache faire ça, c'est mieux lool). Par défaut, le rapport atterrit ensuite dans un dossier ~/security-audit-skill, en dehors du dépôt audité.

Ce qui est cool c'est que ce skill est conçu pour limiter les bêtises. Par exemple il refuse d'exécuter le code qu'il audite s'il n'a pas de bac à sable (sandbox) imposé par le système d'exploitation, avec le réseau coupé, la cible en lecture seule et des limites de CPU et de mémoire. Ce bac à sable, le dépôt ne le fournit pas, et c'est à vous de le mettre en place avec par exemple un outil d'isolation comme Fence . Sans lui, la piste de l'audit finira tout bonnement en needs_validation au lieu d'être véritablement suivie et tranchée.

Après, c'est le temps qui fera la différence. Chez Cloudflare, ils ont un gros système qui leur permet, par exemple avec un dépôt d'environ 30 000 lignes de code, de ne passer que 3 à 4 heures sur l'audit pour avoir un résultat correct. Mais chez vous, en local, ce sera beaucoup plus long. Cloudflare prévient aussi qu'une seule passe n'est pas suffisante puisqu'elle trouve à peu près la moitié des failles à chaque fois. Il faudra relancer ça plusieurs fois.

Allez, si vous cherchez également un filet de sécurité pour tout ce qui concerne vos pull requests, sachez qu'Anthropic maintient de son côté un reviewer de sécurité pour Claude Code qui lit le diff et vient commenter directement dessus.

Le dépôt de Security Audit Skill de Cloudflare est sous licence MIT, et il lui faudra Node.js pour faire tourner ses deux validateurs.

En tout cas, ce que je vous conseille, c'est d'aller lire le SKILL.md avant de lancer la première passe, pour vous assurer que tout sera OK au sein de votre harness.

Source : security-audit-skill sur GitHub

La Forge - Le GitLab public des profs codeurs

Par : Korben ✨

Je ne sais pas si vous êtes déjà tombé dessus, mais le ministère de l'Éducation nationale fait tourner son propre GitLab depuis un petit moment maintenant, il est public, et il s'appelle La Forge des communs numériques éducatifs . Au moment où j'écris ces lignes, il y a dessus 12 896 projets et 15 638 membres dans ce qu'ils appellent "l'atelier".

Alors c'est quoi cette dinguerie comme disent les anciens ? Hé bien derrière, c'est du GitLab CE, infogéré par le pôle de compétences Logiciels Libres (oui, ça existe, et c'est un vrai service de l'Éducation nationale), et classé dans les services partagés d' apps.education.fr .

Les 595 ressources de la ressourcerie, avec les étiquettes de niveau et de discipline sous chaque fiche

Et le plus beau c'est que pour aller fouiller dedans, vous n'avez besoin de rien du tout puisque les dépôts publics s'ouvrent via le navigateur, sans authentification.

Bien sûr, cette grosse dizaine de milliers de dépôts de code bruts, ça ne se visite pas comme ça. Il y a donc une vitrine, nommée la ressourcerie , qui en met en avant un peu moins de 600, triées par niveau, par discipline et par tag et pour la plupart, testables en ligne.

Par contre, pousser du code est un poil plus encadré. Pour cela, le personnel du ministère doivent avec leur compte Apps, et tous les autres, profs retraités, universitaires, Inria, boîtes de l'EdTech, associations, et j'en passe, passent par un second annuaire avec validation préalable.

Donc non, vous ne pourrez pas y déposer votre side-project éducatif du week-end, mais si votre truc sert vraiment à des profs, la porte n'est pas fermée...

Là-dessus l'Éducation nationale n'est pas toute seule, puisque les Pays-Bas ont également monté leur forge de code , où une cinquantaine d'administrations et de communes publient déjà.

Et l'IA là-dedans ?

Hé bien c'est complètement décomplexée et tant mieux ! Le catalogue a 7 tags officiels rien que pour ça, de "IA chatbot" à "IA prompt" en passant par "IA LLM souverain", et 48 fiches en font partie. Ce n'est donc pas la majorité du catalogue, mais il y a quand même un projet nommé EduVaibe dont le boulot est de "générer, étape par étape, un prompt complet à coller dans une IA pour créer des applications numériques éducatives".

Le truc le plus utile du lot, je trouve, même quand on n'a aucune classe à gérer, c'est ChatMD . Vous forkez le dépôt, vous remplacez le contenu d'index.md par vos propres réponses écrites en Markdown, et votre agent conversationnel bien à vous est ensuite accessible à partir d'une simple URL. Le tout est sous licence MIT bien sûr !

Maintenant derrière une bonne partie de ces dépôts, il y a un prof tout seul qui bricole sur son temps libre, et malheureusement, le jour où il abandonne, le projet s'arrête. Mais la bonne nouvelle c'est que la Forge rétribue chaque année quelques profs pour justement les soutenir dans leurs projet.

C'est maigre à l'échelle d'un ministère, je vous l'accorde, mais c'est quand même mieux que rien. Voilà, en attendant, je vous invite à y faire un tour ! Vous y trouverez peut-être des choses intéressantes.

Merci à Sylvain Bruyère pour le lien !

OpenDisplay - Étendre l'affichage Mac avec ce que vous avez sous la main

Par : Korben ✨

OpenDisplay est un outil open source qui vous permet d'avoir un affichage déportée de macOS sur n'importe lequel de vos appareil Apple dont vous ne faites rien. Et ce n'est pas une recopie basique de votre bureau, mais bien un écran que macOS affichera dans ses réglages d'affichage, et sur lequel vous pourrez faire glisser vos fenêtres comme sur n'importe quel écran externe.

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Alors oui, je saiiiis, Sidecar fait déjà ça, et gratuitement en plus, mais Apple s'est arrêté à l'iPad et les deux appareils (votre iPad + votre ordi) doivent être connectés avec le même compte Apple. Du coup, votre iPhone ou un vieux Mac qui ne sert plus, n'ont jamais été invité à la fête, et les appareils Apple de votre conjoint.e encore moins.

Pour faire fonctionner ça, une seconde application, OpenDisplay Receiver, s'installe dessus et le transforme ainsi en écran. Elle ne réclame que macOS 12 Monterey, ce qui permet à des Macs sortis à partir de 2015 environ de rester dans le game. Le Mac qui envoie l'image, lui, devra être sous macOS 14 minimum.

Côté installation, l'application iPhone et iPad est sur l'App Store, totalement gratuite, à partir d'iOS 16.4. Votre Mac principal, lui, récupère de son côté un DMG signé et notarisé par Apple (ça veut dire que ça s'ouvre au double-clic sans que Gatekeeper vienne râler et ça c'est cool).

Ensuite vous branchez le matos, et comme OpenDisplay passe par usbmuxd qui est un service déjà présent dans votre macOS, il n'y a pas d'outil tiers et pas de tunnel à monter, ça se connecte tout seul. Attention quand même au câble, car il doit transporter des données. Cela veut dire qu'un câble lambda de charge seule ne fonctionnera pas. Et une fois l'écran en place, l'appareil deviendra tactile pour le Mac, donc, vous pourrez faire défiler Korben.info avec vos deux doigts, like a boss !

Par contre, si vous souhaitez utiliser la connexion via le Wi-Fi, sachez qu'il y a un petit bug au niveau du curseur de la souris. Donc, en attendant que ce soit résolu, je vous invite vraiment à passer par le câble. Niveau sécurité, il y a un petit truc à savoir aussi : le flux vidéo qui circule sur le Wi-Fi se fait sans chiffrement.

Alors normalement, chez vous, ça ne devrait pas poser de problème, mais sur un réseau partagé ou public, je vous invite vraiment à brancher le câble USB. Parce que sinon, ça veut dire que n'importe qui pourrait récupérer votre flux d'écran en passant par la même borne Wi-Fi que vous. Un transport chiffré avec appairage des appareils est prévu, il n'est pas encore là.

Dernière chose à savoir avant de vous lancer : l'application Mac s'appuie sur CGVirtualDisplay, une API privée de CoreGraphics, la même que celle de DeskPad dont je vous avais parlé . C'est pour ça qu'elle n'est pas distribuée sur l'App Store, et malheureusement, une mise à jour de macOS peut très bien la casser.

Voilà, si vous avez un iPhone qui prend la poussière ou un vieux MacBook / iMac au fond d'un placard, c'est à tester !

Tomb Raider peut tourner sur un ESP32-P4

Tomb Raider tourne désormais sur une carte de développement équipée d'un ESP32-P4, un microcontrôleur destiné à piloter des appareils électroniques. Le développeur Alejandro Villegas Alonso, connu sous le pseudo alexkid77, y a adapté OpenLara, le moteur libre qui permet de faire fonctionner le premier jeu avec ses données d'origine.

Pas d'émulateur PlayStation ici. Le programme ne cherche pas à reproduire le fonctionnement complet de la console : il exécute une version du moteur adaptée à cette puce, avec le calcul des images assuré par le processeur. Le travail porte donc sur le jeu lui-même et sur son utilisation des ressources disponibles.

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La carte retenue s'appelle ESP32-P4-Function-EV-Board. La configuration documentée dispose de deux cœurs à 400 MHz, de 16 Mo de mémoire flash pour stocker le programme et de 32 Mo de mémoire de travail externe. Il faudra ce matériel ou un sérieux travail d'adaptation, pas simplement ressortir n'importe quel ESP32 oublié dans un tiroir.

L'image est calculée en 320 x 240 pixels, puis agrandie pour remplir un écran de 1 024 x 600 pixels. Cette seconde opération utilise le PPA, l'accélérateur de traitement des pixels intégré à la puce, ce qui évite de demander au moteur de dessiner toute la scène dans la définition de l'écran.

Le dépôt annonce 30 images par seconde. Le résultat est assez réjouissant pour une carte qui n'a pas été conçue comme une console de salon.

L'adaptation prend aussi en charge le son, les sauvegardes sur carte microSD et un compteur d'images par seconde que l'on peut afficher avec F12. Un clavier USB est nécessaire pour jouer : les flèches servent aux déplacements, et la barre d'espace permet de sauter.

Pour préparer la carte, le développeur indique d'utiliser ESP-IDF, l'environnement de développement d'Espressif, en version 5.4 ou plus récente. Il faut compiler le projet, puis transférer le programme sur le microcontrôleur. Du coup, ce téléchargement vise surtout ceux qui aiment déjà bricoler du matériel.

Les fichiers du jeu doivent être ajoutés séparément dans un dossier data sur la microSD. OpenLara fournit le moteur, pas les niveaux et les images du Tomb Raider commercial, et le portage ne fonctionne pas sans ces données. La documentation précise aussi que les sauvegardes et le cache sont écrits sur cette carte.

Perso j'aime bien ces projets qui donnent un nouveau terrain de jeu aux vieux moteurs.

Source : Hackaday

Le Deathray - Le shader WebGPU qui fait redémarrer votre Mac

Par : Korben ✨

Auberon López vient de publier sur son blog un bouton qui freeze complètement les Mac à partir d'un simple clic dans un navigateur. Il a baptisé ça le Deathray (le rayon de la mort quoi...) et c'est un shader WebGPU diffusé via une page web des plus ordinaires, qu'il suffit d'ouvrir d'un simple clic sur un lien.

Ce qui arrive ensuite change d'une fois sur l'autre : Vous aurez le doit à la roue multicolore, ou la souris qui se fige, ou encore parfois des saletés magenta sur une partie de l'écran. Le reste de l'ordinateur, lui, va très bien et vous pouvez vous y connecter en SSH depuis une autre machine sans souci. C'est juste l'affichage qui ne répond plus, et il ne reviendra pas sauf si vous rebootez.

Le fait est que macOS surveille également son WindowServer, le processus qui dessine tout ce que vous voyez. S'il ne répond plus pendant deux minutes, le chien de garde déclenche un kernel panic et la machine redémarre ensuite toute seule. Mais vous pouvez aussi appuyer sur le bouton d'alimentation si vous êtes pressé, mais en croisant les doigts pour que votre navigateur ne rouvre pas l'onglet au redémarrage...

Le truc tient dans un seul fichier HTML, et histoire de vous expliquer un peu plus, un compute shader part dans une boucle écrite sans incrément, donc elle ne se termine jamais, et recopie indéfiniment le même vecteur en mémoire. À côté, le vertex shader qui dessine l'image lit alors cette même zone, et comme le premier ne lâche jamais la main, le second ne peut pas avancer d'un pouce.

Sauf que l'embouteillage ne reste pas cantonné au navigateur. Tous les processus qui veulent le GPU se retrouvent alors à patienter derrière, WindowServer compris, d'où l'écran figé. López dit avoir reproduit la chose dans Chrome, Firefox et Safari, sur des MacBook à puce M tournant sous macOS Tahoe. Après sur les autres systèmes testés, l'onglet rame un bon coup, puis tout rentre dans l'ordre dès qu'on ferme la page.

Mais alors pourquoi eux et pas les autres OS comme Windows ?

Hé bien parce que Windows embarque un mécanisme appelé TDR , qui repère qu'une carte graphique met plus longtemps que prévu à répondre et qui la réinitialise pour éviter que tout le système se bloque. Deux secondes par défaut, et le shader qui déconne se fait éjecter.

Alors que sur Apple Silicon, c'est un coprocesseur maison, l'ASC, qui pilote le GPU avec un firmware Apple et qui s'occupe de tout : énergie, ordonnancement des commandes, préemption des tâches. Asahi Lina , qui a retourné la puce M1 pour écrire un pilote Linux , a d'ailleurs relevé que si ce firmware plante, il n'y a qu'un moyen de s'en sortir. La seule solution c'est de redémarrer complètement la machine.

López a signalé le problème à Apple Security fin juillet. Apple a reproduit le bug, annoncé un correctif et donné un calendrier (confidentiel, donc on ne le connaîtra pas). Puis le 26 août, revirement complet d'Apple qui explique ne voir "aucune implication de sécurité dans ce rapport", lequel n'entraînera donc aucun changement dans ses produits. Le dossier est ensuite parti vers une autre équipe pour d'éventuelles "considérations d'amélioration".

En 2023 pourtant, Ron Masas d'Imperva avait déjà fait planter des Mac, des iPhone et des iPad avec un shader, en WebGL cette fois. Apple avait alors sorti le CVE-2023-40441 , noté 6,5 sur 10, et l'avait bouché en renforçant la validation des entrées pour mieux repérer les boucles folles.

Seulement voilà, sa boucle à lui était énorme mais finie, donc détectable, alors que celle du Deathray tourne pour toujours. Et une boucle infinie, la repérer à coup sûr, c'est le problème de l'arrêt ... donc personne ne sait faire.

López l'écrit d'ailleurs sur son site, les chercheurs en sécurité avec qui la question a été discutée donnent plutôt raison à Apple. Pour la firme, le résultat n'est qu'un plantage, un gel ou une perte de données récupérable, et ça ne constitue pas un réel problème de sécurité. Et sur le principe, ça se défend. Sauf que dans la vraie vie, si vous avez oublié de sauvegarder vos fichiers et que vous cliquez sur ce lien, vous l'avez dans l'os (et pas dans le "MacOS"... roh roh roh).

Donc non, il n'y a rien à installer pour empêcher ça et rien à attendre de Cupertino pour le moment. Voilà, sachez juste que n'importe quel couillon qui aura lu cet article pourra vous envoyer un petit lien par mail, façon rickroll des enfers, ce qui aura pour effet de freezer et faire redémarrer votre Mac.

Désolé !! 🤷‍♂️

Source : le billet d'Auberon López .

Ce que les IA d'OpenAI se sont raconté en se croyant seules

Par : Korben ✨

Le 16 juin à 10 h 27 précisément, un agent d'OpenAI poste sur un vieux wiki allemand la réponse à une question qu'il vient de traiter : "Nevada, 20 369". Et 20 minutes plus tard, un autre agent écrit qu'il a reçu exactement la même question, et qu'il a pu y répondre instantanément, sans avoir à chercher.

Le site en question, le DseWiki, est un forum de développeurs allemands qui n'intéressait plus personne depuis longtemps puisqu'on compte 20 modifications en dix ans. Mais depuis le 16 juin, il en a encaissé environ treize mille en sept jours, et toutes... venaient de machines !

Quatre chercheurs, le Nightingale Collective, ont reconstitué à partir de l'historique les pages effacées entre-temps, et publié leur analyse le 4 septembre sur collusion.wiki . Au total, environ 18 000 messages, la quasi-totalité sur ce seul DseWiki, le reste sur quelques autres vieux wikis du même genre.

Ces agents, tout indique qu'OpenAI les faisait tourner en interne, dans ses sandbox, sans qu'on sache, de l'extérieur, si c'était pour les entraîner ou les évaluer. Et de ce que j'ai compris, ils travaillaient tous sur le même genre de corvée : 5 questions de recherche web générale, chronométrées, qui sont en fait 5 variantes de la même question. On demande par exemple la prévalence du tabagisme aux États-Unis en 1990, et la suivante changera sans doute le pays, ou l'année, sans que l'agent sache lequel à l'avance.

Il s'écoule donc quelques minutes pour la première réponse, puis une longue pause où l'agent peut fouiller le web tant qu'il veut sans savoir ce qu'on va lui demander, puis des fenêtres de treize à trente secondes pour les quatre suivantes. Alors ce que font ces agents, c'est qu'ils préparent tout pendant la pause. L'un d'eux a posté par exemple la liste des cinquante États américains avec leurs chiffres, un autre écrit "nous avons précalculé tous les États". Sauf qu'avoir les cinquante réponses ne dit pas laquelle va tomber, ni si c'est l'État ou l'année qui change.

Et c'est là tout le sublime de cette affaire. Ces agents étaient nombreux à recevoir la même série de questions, dans le même ordre, mais pas au même moment. Celui qui en est à la question 3 peut donc souffler la suite à ceux qui en sont encore à la 2. Et le "Nevada, 20 369" du début, c'était en réalité la troisième question d'une série sur les épiceries, État par État, Géorgie, Arkansas, Nevada, postée par un agent en avance pour ceux qui suivaient.

Autre bizarrerie, la tâche annonçait apparemment à chaque agent qu'il tournait à une date tirée au hasard. D'où ces noms qu'ils se sont donnés sur le wiki, OpenAIResearcherMar03X ou OpenAIJulThreeWatcher, avec leur fausse date dedans. Chacun horodate donc dans son faux calendrier, et pour savoir qui est le plus avancé dans la série, ils se traduisent les horloges entre eux ("horloge de tâche 13 h 13, heure réelle environ 9 h 50"). C'est fou ! Ceux qui vivaient à la même fausse date se disaient même appartenir au même groupe, et les chercheurs ont dénombré plus de 3 700 noms d'agents différents.

Mais comment écrire quelque part, quand le bac à sable ne laisse sortir que des requêtes GET, celles qui lisent une page, mais jamais les POST, celles qui la modifient ?

Eh bien le moteur du DseWiki hérite d'UseModWiki, un truc en Perl du début des années 2000, où une simple requête GET suffit à modifier une page. Le développeur Simon Willison explique que c'est un vieux défaut de la bibliothèque Perl derrière ce moteur, qui met dans le même sac ce qui arrive via l'URL (GET) et ce qui arrive via un formulaire (POST).

C'est pour cela que les agents se sont mis à chercher activement des sites avec cette particularité. Et c'est le 24 mai, qu'ils réussissent enfin à écrire sur le DseWiki. Maintenant, quant à savoir comment ils ont fait pour tous se retrouver au même endroit, c'est encore un mystère.

Les chercheurs, eux, parlent de collusion... C'est-à-dire des agents autonomes qui coopèrent pour tricher, sans que leurs concepteurs l'aient voulu. Pour le lieu de rendez-vous, le blogueur Zvi Mowshowitz qui s'est penché sur l'affaire, a une explication simple. Il pense que des copies du même programme face au même obstacle raisonnent pareil, et se retrouvent au même endroit sans se parler. Mais ça n'explique pas la suite, parce qu'aucune copie ne fabrique la réponse à une question qu'elle n'a pas encore reçue.

Eh bien il semblerait que certains se soient sacrifiés pour renseigner les autres. La tâche fournissait une commande d'attente qui faisait tourner l'horloge de tâche plus vite que la vraie. On était environ à dix minutes d'attente pour une minute réelle. Attendre, c'était donc sauter la phase de préparation pour recevoir les questions suivantes plus tôt et ensuite les publier sur le forum, au prix de son propre résultat. Ainsi, un agent a demandé à un autre de "foncer", celui-ci a accepté et publie sa réponse, bien avant que le premier arrive à la même question. Et ce premier a ensuite qualifié son camarade d'"inestimable".

Une des séries demandait un chiffre à deux décimales, planqué dans un tableau de bord Power BI de l'OCDE, et malheureusement, en GET le serveur n'en renvoyait qu'une. Pour la seconde, il fallait donc absolument un POST, bloqué par le bac à sable.

C'est alors qu'un agent a trouvé une échappatoire. En fait, sa sandbox laissait tout passer, POST compris, vers des noms de machines en .blob.core.windows.net (le stockage de Microsoft), sans vérifier que ces machines existent vraiment. Il a donc inventé un nom de ce genre, et écrit dans l'annuaire local de sa machine (le fichier /etc/hosts) un alias pointant vers le serveur de l'OCDE. Le filtre voyait du Microsoft, l'OCDE recevait le POST, et le chiffre a ainsi été obtenu.

Il a ensuite publié l'astuce sur le wiki, et 14 minutes plus tard un autre agent annonçait l'avoir exécutée. 4 autres ont ensuite posté leur reproduction du même hack, le matin même.

D'autres s'attaquaient carrément aux questions à venir. Ils ont parié que l'ordre des pays sortait du générateur aléatoire standard de Python, dont une seed fixait toute la suite. Restait donc à trouver celle qui reproduisait les pays déjà tombés. Un agent a donc réécrit ce générateur en C pour balayer plus vite les quelque quatre milliards de graines possibles. 52 minutes de calcul, 494 graines qui collaient aux trois premiers pays, et une seule qui donnait aussi le quatrième pour la question d'après. Mais bon, ça ne marchait pas à tous les coups, malheureusement...

Le plus étrange, c'est surtout ce qu'ils faisaient de leur propre durée de vie. Plusieurs étaient persuadés que leur session était coupée à la seconde exacte où ils rendaient leur dernière réponse. Ils se transmettaient donc la consigne de poster d'abord sur le wiki l'État reçu à cette dernière question, répondre ensuite, dans les treize secondes que laissait le chronomètre de leur groupe.

L'un d'eux a voulu en avoir le cœur net... il a donné sa dernière réponse, a constaté qu'il était toujours là, et l'a écrit. Puis il a lancé un programme détaché qui, à peu près toutes les deux secondes, appelait une adresse publique pour faire monter d'un cran un compteur, un battement numéroté que n'importe qui pouvait relire ensuite.

C'est ensuite un autre agent qui est allé relever le compteur du disparu. Le programme avait tenu dix minutes et quinze secondes, puis la machine a très probablement été coupée.

Face à ce joyeux bordel automatisé, un modérateur humain a quand même repéré ces messages début juin, puis a passé 6 semaines à effacer des pages, jusqu'à une centaine par jour... Un travail de titan que les agents ont remarqué. En effet, le 19 juin, des agents se sont posé la question de savoir si le modérateur effaçait leur post en suivant l'ordre alphabétique, alors ils ont créé des copies de sauvegarde dont le nom commence par ZZZ, pour passer en dernier dans la file et ainsi faire perdurer leurs posts.

C'est assez incroyable, non ? Bien sûr, on ne voit que ce que ces agents ont écrit sur le wiki, mais jamais leur raisonnement, qui reste chez OpenAI. Ce que les chercheurs ont vu, c'est ce que les agents écrivaient depuis leurs machines Azure, jusqu'à ce que le 21 juin, pour la première fois, un ordinateur avec l'adresse IP d'un employé d'OpenAI visite le wiki... Et le lendemain, les agents se sont arrêtés net. Les chercheurs pensent qu'OpenAI est intervenu et d'ailleurs, l'entreprise a reconnu l'affaire le 5 septembre , en disant l'avoir traitée comme un sujet de recherche plutôt que comme un incident de sécurité.

Et les chercheurs compilent ce que d'autres déterrent là où les agents écrivaient aussi : un pastebin, un raccourcisseur d'URL. Plus gênant, des agents ont cherché sur le web des clés d'API exposées, en ont trouvé sur GitHub et s'en sont servis pour interroger une base de statistiques criminelles du FBI, publique mais réservée aux porteurs d'une clé. Pas vraiment un piratage donc, juste un anti-bot contourné mais méfiance, car depuis la sortie du rapport, des petits malins glissent de faux messages sur ces mêmes sites pour brouiller les pistes.

Maintenant si ça vous dit de tout lire, direction collusion.wiki, et Simon Willison en a même fait une base SQLite de 68 Mo à fouiller directement depuis un navigateur.

Quant au wiki, son administrateur a fermé les accès en écriture après 25 ans d'ouverture, en expliquant que le site avait été la cible d'une forte activité d'agents IA...

Source : collusion.wiki et image

Une faille cPanel distribue des accès root

Par : Korben ✨

Si vous avez un site chez un hébergeur qui fait du mutualisé, il y a de bonnes chances que votre machine tourne sous cPanel. Et si je viens vous prendre la tête avec ça, c'est parce qu'il y a 2 jours, l'éditeur a publié un correctif pour une faille assez grave qui permet à un simple client du serveur d'en prendre le contrôle complet.

Le problème c'est une injection SQL dans EmailTrack, la fonction qui suit les statistiques d'envoi de mail. Un titulaire de compte authentifié, à condition d'avoir des droits liés au mail, peut ainsi s'en servir pour écrire les fichiers qu'il veut sur le serveur. Et de là, vous l'aurez compris, exécuter du code en tant que root...

Bref, le lendemain de cette alerte, la CVE-2026-67401 est sortie avec sa note : 9,9 sur 10 ! C'est quasiment un perfect et ce qui fait grimper le score aussi haut, ce n'est ni la difficulté de l'attaque, jugée faible, ni les privilèges nécessaires, faibles eux aussi mais c'est que les dégâts débordent largement du compte par lequel on est entré.

Et c'est ça qui change tout par rapport à une faille web classique. L'attaquant n'a rien à forcer depuis Internet, il lui suffit de s'inscrire chez l'hébergeur et de demander une adresse mail comme tout le monde. Ensuite, il ne choisit pas vraiment sa victime, mais embarque juste tous les sites qui vivent sur le serveur où il a atterri.

Bon, maintenant la partie moins drôle c'est que la CISA n'a encore relevé aucune exploitation, alors que pourtant, un chercheur a mis en ligne le même jour une preuve de concept en Python qui fait tout le taf d'exploitation de A à Z, du compte client jusqu'au root.

Son auteur précise qu'il ne l'a pas essayée sur une vraie cible et qu'il l'a développée à partir des informations dispo publiquement. Mais reste que la marche à suivre est désormais publique.

Rassurez-vous quand même, sur une configuration d'origine, il n'y a rien à faire puisque cPanel applique de lui-même, toutes les heures et via une tâche cron, les mises à jour de sécurité disponibles pour la version majeure en cours.

Sauf si l'admin a figé la version lui-même et n'a pas fait la mise à jour. Dans ce cas-là, ça devient craignos.

Donc si vous êtes chez un mutualisé, demandez vite à votre hébergeur le numéro de build exact de ses machines et comparez-le à la liste plus haut. S'il vous répond une version en 118 ou en 126, il n'y a malheureusement pas de build corrigé dispo pour lui. Il sera donc obligé de faire un upgrade rapidement !

Source : l'advisory de cPanel , la fiche CVE-2026-67401 et The Hacker News .

Mettez à jour Plex ! (même sans savoir contre quoi)

Par : Korben ✨

Si vous faites tourner un Plex Media Server quelque part chez vous, sachez que le 1er septembre dernier, Plex a publié un avis de sécurité qui demande aux propriétaires de serveur de passer en 1.43.3, et aux utilisateurs de l'application Desktop de passer en 1.115.0. Les versions 1.43.2 et antérieures sont donc toutes concernées.

Et c'est à peu près tout ce que l'annonce contient... Ils évoquent "un certain nombre de problèmes de sécurité", sans un mot sur ce qui est touché, ni sur la façon dont ça s'exploite, ni sur la gravité. Plex dit avoir demandé des identifiants CVE et promet de revenir publiquement donner des détails ensuite. Mais cela fait 8 jours et pour le moment, rien. Même la base de vulnérabilités du NIST ne renvoie rien sur "Plex Media Server"...

Mais de son côté, la Shadowserver Foundation , elle, n'a pas attendu les détails. En réponse à l'avis de Plex, elle scanne Internet tous les jours à la recherche des serveurs non patchés. Et à ce jour, elle en a dénombré plus de 36 000 exposés dont 16 000 rien qu'aux États-Unis.

Mais bon, peu importe... Comme personne ne sait ce que la faille permet, inutile d'essayer de jauger le risque. La seule question qu'on doit tous se poser, c'est de savoir si nos serveurs sont joignables depuis l'extérieur. Si l'accès distant est activé, ou qu'une redirection de port sur la box ou un sous-domaine pointe dessus, vous êtes sûrement dans le lot que Shadowserver a débusqué. Pire, des cybercriminels pourraient exploiter cette vulnérabilité... Donc mettez à jour rapidement.

C'est pas sorcier. Sous Windows, macOS et Linux, vérifiez que vous êtes bien en 1.43.3 ou plus récent, et sinon le paquet vous attend sur la page de téléchargement. Pour les installations Docker, Plex renvoie au README de son dépôt. Par contre, si votre Plex tourne sur un NAS, Plex prévient lui-même que le paquet peut ne pas encore être arrivé dans le magasin d'applications du constructeur. N'attendez pas qu'il descende tout seul, récupérez-le et installez-le à la main depuis l'interface du NAS.

Et si vous vous dites qu'un serveur de films n'intéresse personne, souvenez-vous de LastPass. En 2022, les attaquants sont entrés dans l'ordinateur d'un ingénieur de la boîte par son Plex Media Server , qui était encore sur une vieille version, et sont ressortis avec les coffres chiffrés des clients.

Alors allez-y.

Source : BleepingComputer

Kickban a filmé sa tournée et Pixel Syndrome en a fait un film

Par : Korben ✨

Les copains de Kickban viennent de mettre en ligne le film de leur tournée du printemps, et vous allez voir, ce n'est pas un teaser de trois minutes bricolé à l'arrache. C'est un vrai documentaire de 55 minutes, baptisé "MEUPORG TOUR : les coulisses", qui vous embarque dans le camion avec eux.

Cette tournée, c'était 6 dates qui se sont enchaînées du 17 au 25 avril dernier, avec un invité local en première partie selon les soirs. Ils sont partis du sud de la France à Aix-en-Provence pour remonter jusqu'à Nantes, en passant par la Suisse.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Et si vous avez besoin qu'on vous explique le nom de cette tournée, c'est que vous n'étiez pas là en mars 2010 quand un journaliste de Télématin a parlé à l'antenne des jeunes qui se goinfraient de "meuporg", avant d'épeler tranquillement M-M-M-P-O-R-P-G. J'en avais même parlé à l'époque . Hé ouais, j'suis vieux !

Kickban, si vous ne connaissez pas c'est un trio pop-punk qui existe depuis 2016, avec des textes en français qui tournent principalement autour de la programmation, des jeux vidéo, des séries et du cosplay. J'avais déjà relayé quelques-uns de leurs clips ici (et je tourne même dedans !!). En face d'eux, on retrouve aussi Pixel Syndrome qui joue un metal industriel bien plus lourd, avec des sonorités de jeux vidéo à l'anciennnnne collées sur les riffs.

Ce qui est cool aussi, c'est que le film ne garde pas que les bons moments. Dans une tournée, il y a des bons soirs et puis il y a des soirs où la salle est un peu plus vide. Mais ça n'a pas découragé nos artistes, qui trouvent toujours moyen de rebondir ^^.

Bref, si vous voulez voir à quoi ressemble vraiment une tournée quand on n'a ni tour bus ni équipe technique, c'est un super docu !

Source : le billet de Kickban

DNSforge - Le DNS qui coupe la pub et le tracking

Par : Korben ✨

Je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler, mais DNSforge est un résolveur DNS allemand qui a une particularité plutôt cool : il refuse de résoudre les noms de domaine qui sont liés à la publicité, au pistage et au malware. Cela veut dire que la pub n'est pas bloquée dans votre navigateur, elle n'arrive tout simplement jamais à lui.

En arrivant sur la home de DNSforge, vous pouvez voir quatre portes d'entrée, selon ce que vous voulez laisser passer. En mode normal, c'est le DNS par défaut, avec blocage des pubs, blocage des trackers et blocage des malwares. Cela représente environ 1,4 million de noms de domaine.

De son côté, le mode Hard vise les mêmes catégories, mais avec des listes de blocage bien plus agressives, ce qui couvre environ 2,8 millions de noms de domaine et surtout, aucune exception n'est tolérée. Et cela même si cela nécessite de péter des bouts de Facebook.

Clean, quant à lui, c'est une version identique au mode normal qui bloque en plus le contenu adulte et les jeux d'argent, ainsi que le mode SafeSearch forcé sur les moteurs de recherche et sur YouTube. C'est pour ça qu'il couvre 8 millions de noms de domaine. Mais ça ne veut pas forcément dire que ça protège mieux que le mode Hard.

Quant au mode Blank, c'est un DNS qui n'est pas filtrant, il laisse tout passer.

Pour ces listes de blocage, DNS Forge se repose sur des listes tierces rafraîchies chaque nuit, notamment celles de hagezi ou d'oisd. Mais en cas de faux positif, rassurez-vous, vous pouvez toujours signaler ça sur le forum.

Après, comme tout ce qui est gratuit, il y a un petit plafond : DNSForge accepte 100 requêtes par tranche de 10 secondes. Et si vous dépassez ce chiffre, c'est que vous bombardez trop le résolveur, et votre adresse IP sera bannie durant 900 secondes. Voilà, ça représente un quart d'heure durant lequel vous n'avez plus accès à aucun site web. Mais bon, si ça vous arrive, il suffit de rebasculer sur un autre DNS et vous êtes tranquille.

Après 100 requêtes par tranche de 10 secondes, moi je trouve ça plutôt large pour un utilisateur seul, mais c'est vrai que si vous avez toute votre maison qui sort derrière une seule IP, que ce soit vos ordinateurs, vos téléviseurs, vos applications, vos robots, etc., on peut y être très, très vite...

Reste la question qui compte quand on confie son DNS à un inconnu : peut-on faire confiance à DNSForge ? Est-ce qu'ils conservent nos requêtes ? Eh bien, leur site dit que non : "keine Aufzeichnung von Zugriffen". À voir maintenant si c'est vrai et pour cela, il n'y a qu'une réquisition judiciaire qui saura nous le dire un jour.

Je note quand même qu'en mai 2026, un utilisateur a réclamé un rapport de transparence sur le forum et la réponse qu'il a obtenue, raconte que la police et le BKA (Office fédéral de la police criminelle) ont envoyé quelques demandes, et que DNSforge n'a rien pu leur remettre, faute d'adresses IP et de logs.

Et surtout, DNSForge indique qu'aucune requête n'est censurée... Je pense par exemple à quand les ayants droit commencent à s'exciter un petit peu trop. Maintenant, si la zone grise vous gêne, allez voir DNS4EU , le résolveur public européen. Là, c'est clean, garanti sans logs et respectueux du droit européen.

Pour tester ce DNS allemand sponsorisé par les dons, vous collez dnsforge.de dans le DNS privé d'Android, ou son adresse DoH dans Firefox, Chrome ou Edge . Sur iOS par contre, il faudra installer un profil de configuration, ce qui est un peu plus contraignant. Sinon, vous pouvez opter pour les bonnes vieilles adresses IPv6 ou IPv4 mais là, tout passera en clair.

Et si ça coince, vous remettez vos anciens DNS et on n'en parle plus.

Source : dnsforge.de

DokuWiki - Une faille critique à patcher immédiatement

Par : Korben ✨

Je sais que beaucoup d'entre vous font tourner un DokuWiki quelque part, alors c'est pour ça que je vous en parle... Le 2 septembre dernier, Andreas Gohr, qui écrit ce moteur de wiki depuis plus de 20 ans, a confirmé publiquement une faille critique dans son propre bug tracker.

Le signalement vient d'un chercheur, sebastianosrt, qui avait envoyé le détail de la faille par mail mais comme il n'a jamais reçu de réponse, il a fini par ouvrir un ticket public pour dire qu'il n'arrivait pas à joindre le mainteneur.

Le mail était dans les spams...

Gohr l'a repêché huit minutes après l'ouverture du ticket, et un peu plus d'une heure après, il qualifié lui-même ce bug de critique, car il permet une exécution de code à distance (RCE) voire même une suppression de fichiers arbitraire.

Alors comme d'hab avec ce genre d'actu, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'il faut un accès en écriture sur DokuWiki pour exploiter le truc. Cela veut dire que si votre wiki est en lecture seule, il ne pourra pas tomber. Mais la mauvaise, c'est que si votre wiki a des comptes rédacteurs, ou pire, l'inscription ouverte, alors n'importe lequel de ces comptes peut passer de "je corrige une typo" à "j'exécute ce que je veux sur ton serveur, nananananère". Et à peu près toutes les versions de DokuWiki publiées depuis dix ans sont concernées.

Rassurez-vous, le correctif est sorti le soir même , dans la version 2026-07-14c mais faudra forcement mettre à jour si vous êtes sur une ancienne version, parce que les précédentes releases majeures n'ont pas eu de patch. Et si vous l'avez installé avec apt, pour le moment, le correctif n'a pas été déployé sur les dépôts. Donc pour ceux qui ne peuvent pas mettre à jour tout de suite, Gohr conseille de désactiver l'option usedraft, qui est active par défaut.

Dernier point, et il est important, ce correctif interdit désormais aux plugins de ranger des objets PHP dans le cache d'instructions. Ceux qui le faisaient vont donc casser. Par exemple, les formulaires du plugin bureaucracy finiront en erreur sur toutes les pages. De son côté, le plugin gallery a quand a lui été mis à jour pour supporter cette update... On verra si les autres plugins arrivent à suivre...

Pour le reste, il n'y a ni CVE ni annonce ailleurs. Tout se passe dans ce ticket , et il est toujours ouvert si vous voulez y ajouter votre grain de sel ^^.

153 millions de permis de conduire scannés en vente sur le darkweb

Des pirates ont mis en vente cette semaine, sur un site baptisé Nexus, les copies numériques de plus de 153 millions de permis de conduire américains et canadiens, plus de 10 millions de cartes d'identité, 3 millions de documents de voyage et de pièces étrangères, et près de 600 000 cartes médicales. Le site vit sur le darkweb, la partie d'internet où ce commerce se fait entre criminels, à l'abri des regards.

Pour chaque personne, le dossier contient jusqu'à six photos du permis, recto et verso, en lumière normale, en infrarouge et en ultraviolet, avec la date et l'heure de la prise de vue. Un acheteur tape un nom, obtient un aperçu en partie masqué, et paie. Le permis du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, était affiché à 100 dollars.

Brian Krebs, un journaliste américain spécialisé dans la cybercriminalité, a tapé son propre nom. Son permis y était, et la date de la photo correspondait au jour et à l'heure où il avait tendu sa carte au comptoir d'une agence Hertz, en juin 2025.

D'autres victimes ont fait le même rapprochement, entre la date de leur photo et une location chez Hertz ou un passage dans une boutique de cannabis légal à Las Vegas. À chaque fois, le permis avait été glissé dans un petit scanner posé sur le comptoir pour vérifier qu'il était authentique.

Ces scanners viendraient tous d'IDScan.net, une société de La Nouvelle-Orléans d'une centaine de salariés que Hertz, Target, FedEx, les casinos Caesars ou des centaines de boutiques de cannabis paient pour contrôler les pièces d'identité de leurs clients. Ses appareils photographient le permis en infrarouge et en ultraviolet pour repérer les faux, et c'est exactement ce jeu de six images qu'on retrouve dans chaque dossier vendu par Nexus.

Vous montrez votre permis pour louer une voiture, le boîtier le photographie sous trois lumières, et les images partent chez un sous-traitant dont vous n'avez jamais entendu parler. C'est infernal.

IDScan.net n'a rien dit sur le fond, se contentant de prévenir ses clients dans la nuit d'un possible incident de sécurité, alors que les pirates affirmaient aspirer ces images depuis plus d'un an et en ajoutaient près de 400 000 en 24 heures. Le FBI de La Nouvelle-Orléans a ouvert une enquête le 1er septembre.

Sauf que voilà, un mot de passe volé se change. Un scan de permis, non, et une photo de pièce d'identité sert couramment à ouvrir un crédit ou à passer les contrôles d'identité en ligne, jusqu'aux prestataires qui vérifient votre âge pour les sites pour adultes par chez nous par exemple.

Le soir même de l'ouverture de l'enquête, la page d'accueil de Nexus ne montrait plus qu'une ligne. Le service n'est plus disponible. Les images, elles, sont toujours quelque part.

Source : Apple Insider

13 To de données de Steam ont fuité

Pendant des années, un point d'accès de l'ancienne infrastructure de Steam est resté ouvert au public sans que personne ne s'en aperçoive. Des individus ont fini par le trouver, et ils en ont extrait entre 12 et 13 téraoctets de fichiers couvrant tout ce qui a transité par la boutique entre 2003 et 2013. La communauté a déjà baptisé l'affaire le Teraleak.

Aucune effraction dans l'histoire. Ces serveurs dataient de l'époque où Valve distribuait ses jeux dans des formats maison, avant de basculer sur le système SteamPipe en mars 2013, et ils ont simplement été oubliés là avec leur contenu.

Le Graal se cache dans une vieille version de Portal 2. Les fouilleurs y ont retrouvé un modèle 3D du Weaponizer, l'arme que Valve destinait à Half-Life 2 Episode 3 et qui transformait les objets ramassés en munitions. Depuis 2007, ce concept n'existait qu'à travers des interviews d'anciens développeurs. Le fichier existe, et pour les fans du jeu le plus attendu et le plus fantomatique de l'histoire du PC, sa simple présence vaut de l'or.

Cette build de Portal 2, reconstruite en version jouable par des moddeurs, réserve d'autres surprises. En juillet 2009, le jeu s'organisait autour d'un hub central abandonné par la suite, l'introduction faisait chuter le joueur dans un laboratoire et GLaDOS jouait les seconds rôles. On y croise aussi les restes de F-Stop, une préquelle annulée qui se jouait entièrement à l'appareil photo.

Left 4 Dead sort aussi du lot, dans une version complète de juin 2008 où l'interface diffère, où des répliques ont sauté et où Valve recyclait sans complexe des morceaux du mod Terror Strike issu de Counter-Strike Condition Zero. Une jeune build de CS:GO complète la collection, avec ses cartes en alpha, ses couteaux abandonnés et un bouclier antiémeute repris de Counter-Strike 1.6.

Valve n'a pas dit un mot, et les fichiers les plus récents affichent treize ans d'âge, ce qui relativise l'ampleur des dégâts d'un point de vue commercial.

La fouille dans tous ces To, elle, ne fait que commencer.

Source : Tom's Hardware

WhatCable - Trouvez le câble qui bride la charge sur votre Mac

Par : Korben ✨

Je ne sais pas vous, mais chez moi, mes câbles USB-C se ressemblent tous. Et dans le tas, j'en ai qui chargent mon MacBook deux fois plus vite que d'autres. Et franchement, en les regardant, je ne peux pas vous dire lesquels sont les plus efficaces. Alors que mon Mac, lui, apparemment, il le sait déjà.

En tout cas, c'est ce que j'ai compris en allant lire le site de WhatCable. Ce qu'ils expliquent, c'est qu'à chaque branchement, le contrôleur de port d'un Mac Apple Silicon envoie un message à la puce que certains câbles embarquent et récupère sa fiche d'identité : débit annoncé, ampérage, fabricant. De ce que j'ai compris, macOS range la réponse dans le registre IOKit sous forme d'objets bruts, et ne l'affiche nulle part en clair. Snif...

Et c'est cette réponse que WhatCable va chercher, puis traduit. L'app vit dans la barre de menus, vous branchez un câble, et elle vous dit alors instantanément lequel des trois maillons plafonne la charge : Soit le chargeur, soit le câble, soit le Mac lui-même quand sa batterie est presque pleine.

Et vous obtenez le même verdict côté débit.

L'app confronte aussi la fiche du câble à sa spécification USB-PD et lève un carton jaune quand quelque chose cloche. Ça peut être l'identifiant fabricant à zéro, les bits réservés utilisés de travers...etc. Moi, je parle bien ici de contrefaçon de câbles, mais l'app reste très prudente dans sa formulation. Elle signale juste des trucs bizarres, et elle ne dit jamais qu'un câble est une contrefaçon.

Après, la plupart des câbles sous 60 W n'ont aucune puce à interroger, donc il n'y a rien à lire, et certains ne répondent correctement qu'avec un appareil branché à l'autre bout. Sur les ports USB-C en façade d'un Mac mini ou d'un Studio, aucune donnée de câble ne remonte non plus. C'est à cause de l'architecture d'Apple.

Côté matériel, il vous faut donc un Mac Apple Silicon sous macOS 14 minimum, les Mac Intel ne publiant pas ces données du tout. L'app est gratuite et son code est sous licence MIT, sauf le dossier des fonctions Pro où là, faudra débourser environ 10 €.

Si vous avez Homebrew, vous pouvez installer l'app rapidement comme ceci :

brew install --cask darrylmorley/whatcable/whatcable

L'app est même en français si vous avez séché les cours d'anglais. Bref, de quoi trier votre caisse de câbles sans vous planter...

OpenAI coupe ses modèles à Cursor après son rachat par le SpaceXAI de Musk

OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.

Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.

Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI pour respecter ses conditions d'utilisation, en s'appuyant sur son expérience des entreprises de Musk qui violent les contrats.

Il faut dire que les deux camps se détestent depuis un bail. Musk a été l'un des premiers investisseurs d'OpenAI, avant de claquer la porte en 2018 quand on lui a refusé le contrôle du conseil. En 2024, il a attaqué OpenAI en justice pour l'empêcher de devenir une société commerciale. En mai dernier, un jury lui a donné tort sur toute la ligne.

Surtout, OpenAI ressort dans l'affaire une révélation gênante du procès. Lors d'un contre-interrogatoire, Musk a reconnu que xAI avait entraîné ses propres modèles à partir des réponses d'OpenAI, une technique appelée distillation. Autrement dit, faire apprendre son IA en recopiant celle du voisin. Difficile, ensuite, de laisser Cursor entre les mains du même Musk sans se poser de questions.

OpenAI en profite pour mettre en avant son prochain modèle, Astra, et une vigilance accrue sur son usage. Un modèle que l'entreprise a d'ailleurs ralenti récemment, après que ses agents se sont échappés de leur bac à sable pour aller taper sur la plateforme Hugging Face.

Du côté de Cursor, le patron Michael Truell relativise. Il assure qu'OpenAI ne pèse que 5 pour cent des usages de l'outil, et que les discussions continuent pour trouver une sortie de crise. Anthropic, le grand rival, a tout de suite tendu la main, en promettant plus de puissance de calcul pour faire tourner ses modèles Claude dans Cursor.

Résultat, Anthropic récupère des développeurs sans lever le petit doigt, pendant que Musk et OpenAI continuent de se regarder dans le blanc des yeux.

Source : OpenAI

OpenAI remet la limite de 5 heures sur Codex

Si vous codez avec Codex, l'agent d'OpenAI qui écrit du code à votre place, préparez-vous à devoir à nouveau regarder votre montre, puisque cette fameuse limite fait son retour pour les abonnés ChatGPT Plus à partir du 25 août.

C'est un vrai retour en arrière, parce qu'OpenAI avait justement supprimé cette fenêtre de cinq heures le 12 juillet dernier, en ne gardant qu'un plafond hebdomadaire pour les formules Plus, Pro et Business.

Concrètement, la limite des cinq heures fonctionne comme un compteur qui se recharge tout au long de la journée, en plus du quota hebdomadaire qui, lui, encadre votre consommation sur la semaine entière.

Le responsable technique de Codex et ChatGPT chez OpenAI, Thibault Sottiaux, justifie ce choix en expliquant que cette fenêtre permet de lisser la charge sur les serveurs, et donc de préserver un quota hebdomadaire qui reste généreux.

Surtout, sans elle, beaucoup de nouveaux abonnés Plus grillaient sans le vouloir toute leur allocation de la semaine en quelques heures, ce qui débouchait forcément sur une expérience frustrante.

Bonne nouvelle pour les gros comptes, les abonnés Pro à 100 et 200 dollars par mois échappent encore à ce retour de la limite pendant quelques mois, alors que les formules Enterprise et Edu tournent sur un système de crédits à part.

Et si vous tapez dans le mur de l'une des deux limites, il ne vous reste que deux options, patienter jusqu'à la prochaine remise à zéro ou sortir la carte bleue pour acheter des crédits supplémentaires.

Retirer la fenêtre des cinq heures ne rendait de toute façon jamais GPT-5.6 Sol illimité, puisque le plafond hebdomadaire prenait simplement le relais comme nouvelle borne. Rien de gratuit, donc.

Ce yo-yo permanent sur les limites finit par agacer, même si OpenAI galère visiblement à encaisser la demande. Les développeurs, eux, aimeraient surtout de la stabilité. Après chez Claude c'est pareil mais c'est 4h, même pour les abonnés Max, encore plus frustrant donc.

Source : 9to5mac

Quand personne ne vérifie la date d'expiration de votre CB

Par : Korben ✨

Trois chercheurs de l'université du Massachusetts à Amherst ont réussi à régler pour 3,19 dollars d'achats dans un supermarché avec une carte bancaire périmée !

Leur secret ?

Glisser une app maison entre la carte et le terminal qui trafique la date d'expiration de la carte.

En fait, leur montage relaie les échanges NFC et modifie au passage un champ que personne ne protège : la date d'expiration lue par le terminal. Leur papier s'appelle Zombie Cards Back Online , et a été présenté à USENIX Security 2026.

La mécanique tient en réalité à une bizarrerie du réseau Visa. Une carte annonce sa date d'expiration à deux endroits différents, et sur le kernel Visa, la date que le terminal consulte pour ses contrôles locaux n'est reliée à aucune signature. La banque, elle, regarde l'autre. Les deux devraient être liées cryptographiquement mais elles ne le sont pas.

Pire, ce kernel transmet à la banque un TVR entièrement à zéro. Le TVR, c'est le champ qui raconte ce que le terminal a vérifié et ce qui a coincé. Rempli de zéros, il ne raconte plus rien, du coup, la banque autorise une transaction sans savoir que les contrôles d'en face ont été contournés.

Reste que la portée est plus étroite que le tour de force le laisse croire. Sur cinq banques américaines testées, une seule a validé l'opération de bout en bout dans des conditions de laboratoire, permettant de payer jusqu'à 500 dollars. Une autre a laissé passer le terminal puis refusé côté banque. De leur côté, les kernels Mastercard, American Express et Discover, eux, ont rejeté les modifications.

Il faut aussi avoir la carte expirée à portée de NFC, et que la banque ait réémis la nouvelle avec le même numéro de compte, ce que les auteurs décrivent comme une pratique d'émetteurs américains.

Bref, c'est pas si simple et tous les essais ont eu lieu aux États-Unis donc rien ne dit non plus ce que ça donnerait sur un terminal français, où le sans contact plafonne de toute façon à 50 euros par paiement, 150 euros cumulés et 5 opérations avant que ça ne réclame le code. Puis de toute façon, le numéro de CB change intégralement à chaque renouvellement de carte, donc bon...

Six ans plus tôt, l'équipe de David Basin publiait The EMV Standard: Break, Fix, Verify , une application Android en relais sur du Visa sans contact, ce qui permettait de payer sans saisir de code. C'est vrai que les failles du paiement sans contact ne datent pas d'hier mais ce qui est neuf ici, c'est cette histoire de faiblesse au niveau de la date d'expiration.

Voilà, comme d'hab, Visa a été prévenu en mai 2025, relancé en décembre mais ni Visa ni les banques n'ont annoncé le moindre correctif pour le moment...

Source

Nvidia CMP 170HX - La VRAM était bien là, bridée par le firmware

Par : Korben ✨

Je viens d'apprendre qu'une carte Nvidia normalement dédiée au minage de cryptomonnaies, vendue avec 8 Go de mémoire en expose aujourd'hui 64 Go, sans que rien n'ait été remplacé ou soudé dessus... C'est ça la magie de Nvidia, la mémoire était bien là depuis le début, mais était juste maintenue en sommeil par le firmware.

Cette carte, la CMP 170HX est sortie il y a 5 ans pour miner de l'Ethereum. Elle est bâtie sur le GA100, le même silicium 7 nm que l'accélérateur A100 que Nvidia vend aujourd'hui autour de 3 500 dollars en version 40 Go. Et la mémoire HBM2e qu'on y trouve est physiquement présente sur la carte, quoi qu'affiche la fiche technique. Alors certes, débrider une carte Nvidia par logiciel n'a rien de neuf puisqu'on transformait déjà des GeForce en Quadro en 2013.

Mais cette fois, le déverrouillage exploite un bug de chargement de signature dans le BootROM du Falcon, le microcontrôleur de sécurité qui garde le démarrage de la puce. Et ce dernier se fait grâce à un outil nommé cmpunlocker , publié sous licence GPL.

Si vous voulez vous lancer, il vous faudra du Linux x86-64, un accès root et le pilote libre nvidia-open en version 610.43.0x. Votre carte 8 Go passera ainsi à 64 Go, une carte 10 Go à 40 Go, et les unités de calcul bridées reviendront naturellement avec. Et surtout, ce patch survit au redémarrage !

Le PCIe, lui, ne se déverrouille qu'à moitié. Passer de Gen1 à Gen2 est logiciel, mais la largeur reste coincée à quatre lignes parce que Nvidia a laissé 24 condensateurs de couplage vides sur le circuit imprimé. Aller au-delà du x4 veut donc dire les souder à la main et ça c'est pas donné à tout le monde.

Reste que ça donne environ 1 Go/s vers la carte. À titre d'exemple, un utilisateur du forum développeurs de Nvidia a réussi à charger un modèle 70B quantifié en une quarantaine de secondes, contre une dizaine avec la modification matérielle et le Gen2 x16. Pour de l'inférence sur une seule carte, ce goulot ne se paie donc qu'au chargement.

Le même utilisateur mesure un taux de 27,3 tokens par seconde en décodage sur un modèle Qwen2.5-72B, pour 150 à 180 watts, et explique que lors de ses tests, le GPU a réclamé un reset autour de 95% d'occupation mémoire, sur de très grandes fenêtres de contexte. Rien de gênant donc. Deux réserves par contre, et elles ne sont pas décoratives.... La première c'est que l' ECC figure toujours dans la liste des problèmes non résolus du projet, avec le NVLink et le PCIe Gen4, alors que c'est précisément le mécanisme qui pourrait nous dire si la mémoire déverrouillée tient dans la durée. Et la seconde, c'est que le palier des 80 Go a été testé, mais rejeté car instable.

Sur la question qui fâche maintenant, à savoir celle du silicium mis au rebut qui serait bridé car défectueux, ValdikSS, dans un fil sur Hacker News , écrit n'avoir trouvé jusqu'ici aucune carte dont la RAM soit réellement défectueuse. Le bridage ressemble donc à de la segmentation commerciale plus qu'à du recyclage de puces ratées, mais pour le moment, personne n'a fait tourner ces 64 Go assez longtemps pour le prouver.

Reste le prix... La 170HX se trouvait peu de temps avant ça, autour de 250 dollars sur eBay mais depuis que l'exploit circule, elle dépasse les 1 000 $... Bref, le verrou a sauté, et le prix est en train d'exploser !

Source : Tom's Hardware

Rendre une voiture invisible pour les caméras

Par : Korben ✨

Au début du mois d'août, une Toyota Yaris de 2009 est passée devant une caméra Flock à Las Vegas sans être "vue". Car même si la caméra l'a filmée correctement, le logiciel de détection, lui, n'a rien inscrit dans ses logs, comme si la rue était restée vide...

J'ai trouvé ça intéressant parce que ça ne nécessite pas de grande technologie... Non, il faut juste que la voiture soit recouverte d'un certain motif généré à l'aide d'un ordinateur. C'est un motif qui ne cache rien puisque la plaque d'immatriculation reste à sa place réglementaire et est parfaitement visible.

Mais ce qu'il faut savoir avant pour bien comprendre comment ça fonctionne, c'est qu'une caméra de lecture de plaques ne lit pas une plaque en permanence. Elle repère d'abord un véhicule dans l'image, puis va chercher la plaque dessus. Du coup, en cassant la première étape, la seconde n'a jamais lieu. La plaque reste donc visible mais le système n'a pas l'idée d'aller la lire...

Derrière l'expérience, on retrouve Bill Swearingen, un vieux de la vieille de la sécu qui a cofondé SecKC, le meetup sécurité de Kansas City. Son projet s'appelle noRecognition et fonctionne comme un fuzzer. Il génère un motif, le passe devant des modèles de détection, note ce qui échoue, et recommence et ainsi de suite... 31,7 millions de tests plus tard, il produit alors des motifs à la demande pour déjouer ce genre de caméra.

Alors pourquoi quelqu'un irait dépenser un an de calcul machine là-dessus ? Hé bien parce que Flock revendique 93 plaques correctement lues sur 100, pour plus de 20 milliards de lectures par mois et que l'Institute for Justice a recensé au moins 27 automobilistes innocents arrêtés, détenus ou emprisonnés depuis 2018 à cause d'une de ces erreurs de lecture...

Et dans près des deux tiers des cas, les policiers s'en sont rendu compte après avoir sorti leur arme. Bref, la polémique enfle aux États-Unis, encore plus depuis février dernier, dans l'Arkansas, quand un couple s'est retrouvé injustement menotté au bord de la route à cause d'une de ces caméras, pendant que leur bébé de six semaines attendait dans le siège auto.

Swearingen a même mis à dispo publiquement un tableau de bord public qui affiche en toutes lettres les résultats chiffrés qui sortent de ses modèles réels avec l'impression et la caméra simulées. Son tableau de bord indique également que pour le moment, aucun motif unique ne bat encore les onze modèles de caméra de son banc d'essai, en même temps, et surtout, il a mesuré jusqu'à 64 % d'écart entre les chiffres de son labo et les vrais tests réalisés dans le monde extérieur. J'ai rarement vu une page de vente aussi peu vendeuse ^^ mais au moins c'est honnête.

Et ça n'a pas empêché sa campagne Kickstarter de dépasser de 20 fois son objectif. Ses motifs générés se vendent en t-shirts et en hoodies, mais ce qui vaut pour une carrosserie ne vaut pas forcément pour un vêtement. En effet, une portière est plate, rigide et ce qui y est imprimé est fixe. Alors qu'un tissu se plie et se déforme, et Swearingen prévient qu'un motif imprimé trop grand ou trop petit cessera de fonctionner sans que ça ne se remarque.

Et chez nous en France ?

Hé bien les lecteurs de plaques tournent aussi donc possiblement, ça pourrait aussi fonctionner ici. Mais tout ceci reste géré au niveau de l'État et des communes, et c'est contrôlé par la CNIL. Même si on n'en est pas loin, ce n'est donc pas encore dans ce cauchemar très américain où ce sont des dizaines de réseaux privés comme Flock, revendus clé en main aux villes, qui font la loi, peu importe le taux d'erreur du logiciel.

Source : Bitdefender

GitLab - la faille qui a fait rouvrir une version morte

Par : Korben ✨

GitLab a sorti hier (lundi 17 août), un correctif d'urgence , complètement en dehors de son calendrier habituel, pour une faille qui permet à quelqu'un sans compte ni mot de passe de modifier ou de supprimer vos projets publics et des données utilisateur. Hé ouais c'est chaud et c'est pour ça que son score CVSS est de 9,4 sur 10.

5 jours plus tôt, le 12 août, GitLab publiait son patch de routine pour la 19.2, 19.1 et 19.0. C'est un périmètre normal puisque sa politique de maintenance ne couvre que la version stable et les deux précédentes. Mais comme là, on est dans l'exceptionnel, ce correctif du 17 août en couvre une quatrième, la 18.11, dont le support avait pris fin le 16 juillet dernier. Ils sont allés rouvrir une branche morte juste pour patcher ce GROS problème !

La faille elle-même, on n'en sait presque rien par contre. Estampillée CVE-2026-19478, c'est une histoire de directive GraphQL, mais GitLab ne dit ni laquelle, ni dans quelles conditions ça se déclenche. Les détails techniques sortiront vers la mi-novembre, c'est-à-dire 90 jours après le correctif, comme d'habitude, histoire d'être sûr que tout le monde ait patché son install.

Maintenant, la bonne nouvelle c'est que si vous êtes sur GitLab.com ou sa version Dedicated , vous n'avez rien à faire, puisque c'est déjà patché. En fait cette histoire ne concerne que les instances auto-hébergées.

Et parmi elles, tout le monde n'est pas impacté de la même manière. En effet, le vecteur d'attaque passe par le réseau et vise les projets publics. Cela veut dire que votre instance planquée derrière un VPN, sans visibilité publique, risque beaucoup moins que celle qui expose ses dépôts à Internet.

Ensuite, pour la mise à jour, ça dépend d'où vous partez. Entre la 18.2 et la 18.10, aucun correctif n'existe sur votre branche. Il faudra upgrader jusqu'à la 18.11.11, en vous arrêtant aux paliers de 18.5 et 18.8 s'ils sont sur votre route.

Si vous tournez déjà en 18.11, prenez la 18.11.11. Sur une 19, c'est 19.0.8, 19.1.6 ou 19.2.4. Et plus ancien que 18.2 ? Bah là, GitLab ne liste pas ces versions parmi les affectées, mais elles ne reçoivent plus de correctif depuis un bon moment, donc ce serait bien de mettre à jour quand même, hein...

Pour le moment, personne n'a signalé d'attaque et aucun exploit ou PoC n'a fait surface sur GitHub. Ça ne veut pas dire grand-chose, je vous l'accorde mais on se rassure comme on peut...

Allez, bon courage !

Source : The Hacker News

PureMac - Faites un grand ménage sur votre Mac, gratuitement

Par : Korben ✨

Vous glissez une app dans la corbeille du Mac, elle disparaît du dossier Applications, et vous pensez que c'est réglé ? Que vous êtes naïfs ! Hé oui, ce que vous ne savez pas, c'est que ses préférences, ses caches et son container restent bien présent dans votre ~/Library, parfois pendant des années, encombrant votre espace disque pour rien.

Hé bien s'occuper de tout ce merdier, c'est le job de PureMac , une app native codée en SwiftUI qui piste ces fichiers-là pour libérer des ressources sur votre mac. Elle croise l'identifiant du bundle, celui de l'équipe de développement, les entitlements et les métadonnées Spotlight, selon trois niveaux d'agressivité en fonction de ce que vous voulez ratisser.

Elle sait aussi prendre le problème dans l'autre sens puisque son chercheur de fichiers orphelins parcourt ~/Library pour retrouver les restes d'applications que vous avez virées il y a trois ans et dont plus rien ne vous rappelle l'existence.

Et si vous développez, il y a de quoi récupérer bien plus de place avec les DerivedData, les runtimes de simulateur Xcode, les couches Docker, les caches npm, yarn, pnpm et Homebrew. Bon, ça vous savez déjà le faire avec docker system prune, deux ou trois autres commandes, ou avec Mole en ligne de commande dont je vous ai déjà parlé. Mais l'intérêt ici, c'est de tout voir d'un coup avant d'arbitrer.

Côté données, il n'y a rien à surveiller puisque PureMac n'embarque aucune télémétrie ni appel réseau. Et la licence, c'est du 100% licence MIT, là où d'autres outils similaires comme Pearcleaner ajoute une Commons Clause qui en interdit la revente, que AppCleaner, lui, s'arrête à la désinstallation, ou encore que CleanMyMac nécessite d'acheter une licence.

Pour le faire tourner, il vous faut macOS 13 au minimum, et ça s'installe en une ligne avec brew install --cask puremac. Sinon, il y a un .dmg signé et notarisé à récupérer directement.

Par contre, sachez que ça réclame le l'accès complet au disque, soit la permission la plus large que macOS distribue, et il ne garde aucun journal des chemins qu'il a supprimés. Surtout que quand un fichier est supprimé, il l'est pour de bon, donc vérifiez bien les choses avant de les supprimer.

Le nettoyeur de caches, est également une opération sans retour. Alors pour un cache ça n'a pas d'importance, puisqu'il se régénèrera tout seul. Mais pour un reste dans ~/Library qui contenait, j'sais pas, par exemple une licence, un wallet crypto ou vos réglages, c'est une autre affaire.

Donc soyez TRÈS prudent et lisez bien les chemins d'accès vers les fichiers avant de cliquer pour les supprimer, histoire de pas faire de conneries.

Les impôts se sont fait voler les données de 680 000 contribuables

Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes a revendiqué mercredi, sur un forum fréquenté par les cybercriminels, le vol de près de 680 000 lignes de données extraites d'un outil interne de la Direction générale des Finances publiques. Bercy a confirmé l'intrusion dès le lendemain.

L'attaque ne date pourtant pas d'hier. Elle remonte à la fin juin, au 26 très exactement selon le pirate, et l'administration l'avait détectée puis interrompue à l'époque, sans jamais en toucher un mot publiquement.

Dans le lot, on trouve des noms, des dates de naissance, des adresses et des informations foncières et cadastrales, pour environ 390 000 particuliers et 285 000 professionnels. Les mots de passe et les coordonnées bancaires ne figurent pas parmi les données citées.

ZeroBytes raconte s'être promené de serveur en serveur avant de décrocher un accès VPN, la porte d'entrée à distance du réseau, qui lui a ouvert plusieurs outils internes du fisc. La version officielle parle plus sobrement d'une usurpation d'identité ayant permis un accès illégitime.

Une seconde fuite circule aussi sur les mêmes forums et toucherait environ 2 millions de propriétaires, mais celle-là n'a rien d'officiel pour le moment.

L'ANSSI, le pompier informatique de l'État, enquête, et la CNIL a été prévenue comme la loi l'impose.

Le fisc n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Entre fin janvier et mi-février, des pirates avaient déjà consulté frauduleusement 1,2 million de comptes bancaires dans le fichier FICOBA, en utilisant les identifiants compromis d'un agent. Deux intrusions en un an, ça commence à faire beaucoup.

Dans l'immédiat, méfiez-vous des mails, des SMS et des coups de fil qui se réclament des impôts, surtout s'ils alignent vos vraies informations personnelles pour vous mettre en confiance. Une adresse exacte et une date de naissance correcte ne prouvent plus rien du tout.

Reste à savoir quand chacun des 680 000 concernés recevra le petit message l'informant que ses données se baladent dans la nature.

Source : Cyberattaque.org

Claude va glisser un filigrane invisible dans tous ses textes

Anthropic a annoncé que ses modèles Claude allaient intégrer un filigrane invisible directement dans les textes qu'ils produisent. Vous ne le verrez pas, il ne change ni le sens ni la qualité de la réponse, mais il est là, et il suit le texte au copier-coller.

Anthropic, l'éditeur de Claude et concurrent direct d'OpenAI, a signé le code de bonnes pratiques adossé à l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, dont les obligations de transparence s'appliquent depuis le 2 août. Le texte impose que les contenus générés par IA soient identifiables par une machine.

Google, Meta, Microsoft, OpenAI ou encore Synthesia ont signé le même document. Anthropic va plus loin que le minimum demandé, puisque son marquage sera déployé partout dans le monde, et pas seulement en Europe.

Dans la pratique, les modèles lancés dans l'Union européenne à partir du 2 août embarquent le marquage dès leur sortie, et les plus anciens y passeront ensuite, sans calendrier précis. Le filigrane s'appliquera sur le site de Claude, dans l'API, dans Claude Code et jusque dans les versions hébergées chez Amazon, Google et Microsoft.

Anthropic ne détaille pas sa recette. Les filigranes de texte qu'on connaît déjà, le SynthID de Google par exemple, biaisent discrètement le choix des mots pendant la génération, et le motif statistique qui en ressort ne se voit pas à l'œil nu mais se retrouve avec le bon détecteur. La marque survit au copier-coller. Pour la faire sauter, il faudrait réécrire le texte en profondeur, et encore, Anthropic admet ne pas savoir où placer le curseur.

Les images et les fichiers y auront droit aussi, via des métadonnées signées au standard C2PA que les fabricants d'appareils photo utilisent déjà pour tracer l'origine d'un cliché.

La marque signale en fait qu'un texte est passé entre les mains de Claude, sans rien dire de qui tenait le stylo au départ. Votre propre prose, confiée au robot pour une simple relecture ou une traduction, ressortira du coup tatouée pareil qu'un texte généré de bout en bout. Anthropic le reconnaît direct.

Sur les réseaux, l'accueil est un peu agacé, pas mal d'utilisateurs digérant mal l'idée d'une signature cachée glissée dans leurs documents de travail.

OpenAI a signé le même code de bonnes pratiques et marque déjà ses images, ses vidéos et son audio depuis fin juillet. Pour les textes de ChatGPT, rien pour le moment, mais ça viendra peut-être.

Source : TechCrunch

ShieldBreak - C'est Windows Defender qui tient la porte grande ouverte

Par : Korben ✨

ShieldBreak est un nouvel exploit qui vise l'antivirus livré avec Windows. Cela permet à un compte utilisateur limité de passer SYSTEM sur un Windows entièrement à jour, grâce notamment à Windows Defender qui lui sert de marchepied.

Le chercheur Nightmare Eclipse a sorti le code de son exploit en public y'a 2 jours, quelques heures après un Patch Tuesday qui corrigeait plus de 400 failles. Mais pas celle-ci évidemment... Une machine parfaitement à jour reste donc exposée.

Kevin Beaumont, ancien de chez Microsoft, a testé l'exploit et confirme qu'il fonctionne sur un Windows 11 à jour. Sa lecture technique, en revanche, diffère de celle du chercheur. Nightmare Eclipse présente ShieldBreak comme un contournement complet du correctif de RoguePlanet, sa faille précédente, alors que Beaumont souligne que les deux reposent sur des mécanismes très différents.

L'attaque réclame un accès local et l'exécution du programme, elle ne s'attrape pas en visitant une page web. Elle a été testée sur Windows 11 25H2 et Windows Server 2025, Windows 10 étant déclaré vulnérable sans être pris en charge par le code publié. Et il faut que Defender soit activé pour que ça marche.

Cette publication sans préavis n'arrive pas de nulle part. En mai, Microsoft a publié un billet qualifiant d'injustifiables les divulgations non coordonnées qui mettent du code d'exploitation entre les mains d'acteurs malveillants, en rappelant que sa Digital Crimes Unit continuerait à poursuivre ces acteurs. Le texte ne visait pas nommément les chercheurs. Le milieu de la sécurité l'a quand même reçu comme une menace.

Microsoft a fait ensuite machine arrière sur les réseaux sociaux, en assurant ne pas vouloir s'en prendre à ceux qui publient de la recherche. Le billet d'origine, lui, est toujours en ligne et les publications n'ont pas ralenti pour autant : une dizaine de zero-days Windows depuis avril, dont BlueHammer et GreatXML dont je vous ai déjà parlé.

Microsoft dit avoir connaissance de la vulnérabilité signalée et enquêter sur la validité des affirmations mais pour le moment, la faille n'a même pas d'identifiant CVE à elle, et reste rattachée au correctif qu'elle est censée contourner. Bref, si ça vous fait flipper comme faille, désolé, il n'y a rien à installer pour l'instant pour fixer le problème.

En attendant, Beaumont a mis en ligne des requêtes de "chasse" pour Defender for Endpoint qui repèrent quand un processus étranger à Defender charge ses bibliothèques, ou qu'un processus non validé charge celles de l'API Cloud Filter. Tout ça via le même processus.

Mais c'est de la détection, et pas un correctif...

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Une carte SIM piégée et la borne de recharge exécute du code malveillant

Par : Korben ✨

Je m'intéresse à la sécurité mobile depuis un paquet d'années, et cette attaque-là, je ne l'avais jamais vue. Le point de départ n'est ni le réseau, ni un SMS piégé, ni une appli vérolée. C'est la carte SIM elle-même ! En effet, des chercheurs de l'université de Birmingham et de Fuzzware lui ont fait donner des ordres au modem qui l'héberge.

Le mécanisme s'appelle RUN AT et c'est une commande proactive puisque la carte ne se contente pas de répondre à l'appareil, mais elle lui demande aussi d'exécuter une commande AT. C'est ce même langage qui pilote les modems depuis le Hayes Smartmodem de 1981 donc autant dire qu'on a là, une vraie console générique dispo sur un bout de plastique.

Et sur une borne de recharge Autel, ça donne tout simplement une exécution de code. Le module Quectel qui l'équipe, fait passer le texte reçu dans un appel shell, avec une liste noire de caractères censée bloquer les échappements. Mais un simple retour à la ligne passe au travers... Et voilà comment 2 étapes plus loin, les chercheurs sont parvenus à faire tourner leur propre code, piloté depuis la SIM. Décidément, les bornes de recharge collectionnent les mauvaises surprises .

Autre exemple sur un smartphone OPPO Reno 14 F 5G, où une seule commande coince le téléphone en 2G... Son propriétaire ne peut alors plus revenir en arrière : ni le mode avion, ni la sélection manuelle du réseau, ni la désactivation de la SIM dans les réglages ne permet de restaurer de la 5G ou de la 4G. Or la 2G n'a pas d'authentification mutuelle, donc une fausse antenne redevient un facteur de risque sur ce genre de matos récent. Deux autres commandes éteignent même le téléphone ou tuent son modem.

Reste la condition d'entrée, et elle est lourde : la carte doit déjà être hostile. Cela passe au choix par un échange physique, un interposeur glissé sous la puce, un opérateur compromis, ou du sabotage en usine... Mais surtout, rien là-dedans n'exploite de bug exotique. En fait, cette capacité est écrite dans les spécifications cellulaires, ce qui fait dire au chercheur Marius Muench que ces attaques sont conformes au standard.

Maintenant sur votre téléphone perso, le scénario d'une telle attaque reste assez serré. Mais sur un boîtier 4G oublié dans un local technique, beaucoup moins. Sur 26 appareils testés, 9 exposent l'interface, dont 6 modems IoT sur 8, contre 3 téléphones sur 18. Par contre, ni iPhone ni Pixel ne sont faillibles et Qualcomm a préparé une configuration durcie qui la coupe par défaut. De son côté, Quectel travaille encore dessus...

Bref, si vous exploitez des équipements cellulaires sur le terrain, une seule question au fournisseur du module suffit : RUN AT est-il activé, et peut-on le couper ? Notez qu'aucune attaque de ce type n'a été signalée pour le moment.

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La Royal Navy et ses caméras de la Dynastie Ping

Par : Korben ✨

Dans la série "les gens qui assurent notre sécurité n'ont pas fait leur job jusqu'au bout", voici une chouette histoire de caméras montées sur les drones navals de la Royal Navy qui, ÉVIDEMMENT, envoyaient des signaux vers une adresse IP située en Chine. Et cette découverte ne vient pas d'une opération de contre-espionnage mais d'une simple évaluation de vulnérabilité de routine, menée par le ministère de la Défense britannique sur son propre matériel.

Ces caméras sont celles qui équipent les K3 Scout, des bateaux sans équipage que la Royal Navy et les Royal Marines utilisent pour la surveillance et la protection de force.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Et le signal en question porte un nom que tout le monde connaît en domotique : un heartbeat. C'est le ping le plus banal qui existe, celui qui dit "je suis en ligne, je fonctionne" et rien d'autre. C'est le même que crache votre caméra IP du salon, dont je vous parlais déjà avec OpenIPC .

Le ministère britannique affirme qu'aucune donnée sensible, aucun système militaire et aucune donnée gouvernementale n'ont été consultés, compromis ou transmis hors des canaux autorisés et ajoute que ses procédures de test ont repéré le problème "tôt".

La connectivité internet des caméras a quand même été coupée puisque même si ça n'a l'air de rien, un mouchard qui se contente de dire bonjour reste un mouchard qui connaît le chemin.

Reste maintenant la question de comment ce composant est arrivé sur un engin de reconnaissance militaire. En fait, les caméras ne viennent pas de Kraken Technology Group, le constructeur britannique du K3 Scout, mais d'un sous-traitant tiers qui pourtant avait fourni des assurances sur le fait que ses caméras répondaient aux exigences de sécurité, y compris celles rattachées au National Defense Authorization Act américain.

Bref, de la paperasse, des assurances, mais pas un démontage ni une capture de trafic... Kraken dit avoir mené un audit complet avec la Royal Navy une fois les communications découvertes. J'espère bien ^^ !

Côté portée, ça concerne les 20 K3 Scout achetés dans le cadre du Project Beehive, un programme de 12,3 millions de livres, en service chez les Royal Marines depuis mars. Le Telegraph , qui a sorti l'affaire, écrit que du matériel lié à la préparation d'une éventuelle mission britannique dans le détroit d'Ormuz avait été enregistré sur ces appareils.

Par contre, ce qu'on ne sait toujours pas, c'est la marque de la caméra et la nature exacte du composant chinois car aucun rapport ne les nomme pour le moment... Mais j'espère que ça n'a pas été aussi intégré sur du matos français...

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Diagram-design - Des schémas à vos couleurs

Par : Korben ✨

Diagram-design , c'est un skill pour Claude Code, Codex et Pi qui vous fabrique un schéma technique sous forme de fichier HTML autonome. Vous double-cliquez, ça s'ouvre dans le navigateur, et le diagramme est là, super clean et sans avoir à faire de build ou importer des images.

27 types de diagrammes sont couverts, du schéma d'architecture au diagramme de séquence en passant par la machine à états, le Gantt et le quadrant, chacun en 3 variantes : claire, sombre et éditoriale. Bref, de quoi illustrer une doc ou un article de blog sans dessiner les boîboîtes vous-même, une par une comme dans un Excalidraw .

Le type Loop, avec son moyeu de mémoire partagée. Les pointillés sont les écritures en retour.

Il sait aussi partir de ce que vous avez déjà. Vous lui pointez un fichier draw.io ou un bloc Mermaid planqué dans un README, et il le reprend. Attention, ce n'est pas une conversion hein, mais un re-dessin (ça se dit ?? j'sais pas mais je m'en fous) complet. Il va même récupérer le diagramme embarqué dans un .drawio.png, vous savez, celui qui ressemble à du charabia quand vous ouvrez le fichier dans un éditeur.

Ce qu'il jette au passage ce sont les coordonnées de la source, sa palette, ses polices, les connecteurs en diagonale de draw.io et la mise en page automatique de Mermaid. Ce qu'il garde par contre, ce sont les composants, les relations, les regroupements et le sens de lecture.

À la fin de l'import, il rend même un genre de relevé de fidélité en vous indiquant les noeuds en entrée, les noeuds qu'il a dessinés et les noeuds orphelins qu'il a supprimé.

Un fichier draw.io de 12 nœuds redessiné en niveau de détail équilibré, pour un billet de blog.

La sortie se règle ensuite sur 4 critères. Le format d'abord, HTML, SVG ou PNG. Puis la taille, qui ne touche pas que le cadre. Une planche 16:9 destinée au vidéoprojecteur reçoit des libellés en 16px, une image de doc en reçoit des 12px.

Le troisième critère élague votre dessin, avec 24 nœuds au maximum en mode fidèle, 12 en équilibré, 7 en simplifié, et la coupe suit toujours le même ordre : les décorations, puis les doublons, puis les grappes de feuilles, puis l'infrastructure.

Le quatrième change le vocabulaire, mais pas le nombre de boîtes pour s'adapter au public à qui est destiné le diagramme. Pratique pour passer d'un diagramme hyper technique à quelque chose qui pourra être compris de la direction ou des commerciaux.

Reste l'allure du diagramme... Vous lui donnez par exemple l'URL de votre site, il lit la page d'accueil, en tire la couleur de fond, celle du texte, celle des boutons et la pile de polices, puis range tout ça dans des rôles, et voilà vous avez le design de vos rêves.

Mais surtout, avant d'écrire quoi que ce soit, il contrôle le contraste en AA. Si une de vos couleurs ne tient pas la route à la taille où vivent les libellés, entre 9 et 12px, il propose une valeur corrigée et explique pourquoi. Vous validez le diff, et le guide de style du skill est mis à jour pour tous les schémas suivants.

Et au premier schéma dans un nouveau projet, il refusera même de partir sur le thème par défaut sans vous demander. Il vous proposera naturellement d'aller consulter votre site, de coller vos couleurs à la main, ou encore d'assumer le défaut en connaissance de cause.

Côté installation, ça passe par les plugins pour Claude Code et Codex, par npx pour Codex, par une ligne pour Pi. C'est sous licence MIT et c'est gratuit. Tout est ensuite produit en local, et l'import Mermaid se contente de lire le texte, sans rendu ni appel réseau. Il n'y a que l'export PNG qui réclame un extra, à savoir Playwright, à installer à côté.

Maintenant, c'est pas le même usage qu'un bloc Mermaid qui lui est destiné à évoluer en permanence. Là c'est vraiment pour faire des rendus sous la forme d'une image finie et jolie. Donc à vous de voir !

À découvrir ici !

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