Cabel Sasser, le boss de Panic Inc. (les gars derrière Coda, Nova et la fameuse Playdate ), vient de tomber sur un easter egg complètement génial dans LEGO Batman: Legacy of the Dark Knight, le jeu sorti fin mai 2026.
Et ce qu'il a découvert, c'est un petit programme Commodore 64 en BASIC affiché à l'écran sur l'ordi de Batman. Du vrai BASIC qui s'exécute vraiment si vous le retapez sur la vieille bécane de 1982, celle qui a été vendue, je le rappelle, à 17 millions d'unités, avec son CPU MOS 6510 cadencé à 1 MHz et ses 64 ko de RAM. Le programme, une fois lancé, dessine un sprite Batman qui rebondit aux quatre coins de l'écran, façon économiseur d'écran DVD des années 2000 (vous voyez le délire, le petit logo qui galère à taper pile dans le coin ?).
Et voici le code retranscrit ligne par ligne par Andy Baio de Waxy :
10 V=53248:POKE V+21,0:X=120:Y=120:POKE V+4,X:POKE V+5,Y:POKE V+21,4
11 POKE 2042,13:POKE 53277,15:POKE 53289,7
20 FOR N=0 TO 62:READ Q:POKE 832+N,Q:NEXT:DX=7:DY=3
30 X=X+DX:IF X>255 THEN X=255:DX=-DX
31 IF X<65 THEN X=65:DX=-DX
35 Y=Y+DY:IF Y>200 THEN Y=200:DY=-DY
36 IF Y<65 THEN Y=65:DY=-DY
40 POKE V+4,X:POKE V+5,Y:GOTO 30
200 DATA 0,0,0, 0,0,0, 12,68,96, 56,108,56, 120,124,60, 120,124,60
207 DATA 252,124,126, 255,255,254, 255,255,254, 255,255,254
211 DATA 143,255,226, 7,255,192, 3,255,128, 2,124,128
215 DATA 0,56,0, 0,56,0, 0,16,0, 0,16,0, 0,0,0, 0,0,0, 0,0,0
RUN
Pour ceux qui n'ont pas touché à un C64 depuis +40 ans, V=53248, c'est l'adresse du registre VIC-II (le chip graphique du Commodore, voisin direct du fameux chip son SID 6581 qui faisait pleurer les fans de Rob Hubbard), POKE 2042,13 ça pointe vers les données sprite, et les lignes 200-215 contiennent les 63 octets qui dessinent la silhouette du chevalier noir.
Ensuite, le reste, c'est juste de la physique d'arcade hyper basique : tu déplaces, tu rebondis aux bords, GOTO 30, et ça boucle. Douze lignes, et ça fait le job. Bon, à comparer avec les dizaines de mégaoctets que pèse le moindre runtime Unity d'aujourd'hui, ça dénote un peu. Puis c'est pas du vibe codé ça ma bonne dame... (quoique ?)
Après si vous voulez essayer, faudra taper le code à la main parce que le copier-coller n'existait pas en BASIC d'époque, donc n'oubliez pas qu'une seule virgule de travers dans les lignes DATA aura pour effet de transformer Batman en bouillie de pixels.
Et si vous voulez tester sans aller déterrer votre vieux C64 au grenier (ou sans le réveiller à coup d'alim USB-C moderne ), Krisztián Tóth a sorti un émulateur Commodore 64 qui tourne directement dans le navigateur , ça s'appelle ty64. J'ai préféré le tester là dessus plutôt que de réinstaller VICE, parce que c'est plus rapide et que ça évite de polluer la machine. Vous recopiez le code, vous tapez RUN, et Batman se met à rebondir sur votre écran comme si vous étiez en 1982.
Les animateurs Lego qui glissent du vrai BASIC dans un blockbuster en 2026 plutôt qu'une simple texture qui imite l'écran, j'adoooore ce niveau de détail. C'est totalement dans la même veine que Valve qui a planqué un Wilhelm Scream dans le Steam Controller .
![]()
L'alimentation d'origine du Commodore 64 a une fâcheuse réputation : elle a tendance à mourir en cuisant lentement ses propres composants.
Le régulateur, noyé dans la résine, ne dissipe pas la chaleur, surchauffe, et finit par cramer en emportant parfois la machine au passage. Pour un ordinateur de 1982 qui tient encore debout aujourd'hui, c'est un vrai problème.
Du coup, le collectif Side Projects Lab a sorti le PD-64, une alimentation pensée pour ressusciter les C64 sans la peur du toaster. Le truc tient dans la taille du port d'alimentation de la machine, donc franchement minuscule, et fonctionne avec n'importe quel chargeur USB Power Delivery du commerce (la norme qui équipe presque tous les chargeurs USB-C modernes). Vous lui demandez du 12 V via la négociation USB-PD, et le module en tire ce qu'il faut pour alimenter la machine.
À l'intérieur, c'est plus malin qu'il n'y paraît. Le PD-64 sort du 5 V via un convertisseur abaisseur classique (un buck converter, c'est juste un montage qui transforme une tension élevée en une plus basse sans gaspiller en chaleur), ce qui règle le problème historique du régulateur grillé. Mais le C64 a aussi besoin de 9 V en alternatif, ce qui est moins courant sur les alimentations modernes. Pour ça, le module utilise un amplificateur en classe D pour générer un signal alternatif propre.
Le projet est ouvert. Les fichiers source (FreeCAD pour la conception et STL pour l'impression 3D) sont publiés sous licence Creative Commons sur le GitHub de Side Projects Lab. Vous pouvez fabriquer votre propre carte si vous avez l'équipement, ou commander directement une version finie chez eux pour ceux qui n'ont pas envie de se lancer dans la gravure de circuit imprimé.
Le truc qui fait plaisir, au-delà du gadget, c'est de voir des gens se mobiliser pour préserver le matériel vintage. Le C64 reste l'ordinateur le plus vendu de tous les temps avec ses 17 millions d'unités écoulées, et il en traîne encore beaucoup dans les greniers ou en collection. Sauf que voilà, sans alim qui tient, ces machines partent à la benne ou prennent la poussière. Avec ce genre de projet, on prolonge leur durée de vie de plusieurs décennies sans sacrifier l'expérience d'origine.
Au passage, ça pose une vraie question pour le matériel rétro en général : combien de machines des années 80 et 90 sont sauvables avec une simple alim moderne ? Beaucoup, probablement. La communauté rétro fabrique aujourd'hui des remplacements pour les Amiga, les Atari, les vieux Macs.
Source : Hackaday
![]()
Je viens de tomber sur un projet qui va vous renvoyer direct dans les années 80 !! Ça vous dirait que votre vieux Commodore 64 puisse balancer un prompt façon Unix, avec login, éditeur de texte et 30 commandes ? Hé bien c'est exactement ce que propose C64UX , codé en assembleur pur, sans patch ROM ni rien.
L'auteur, Anthony Scarola a sorti sa dernière version en février 2026, avec une bannière de démarrage qui balance fièrement des [ OK ] à chaque étape de la séquence de boot, exactement comme un vrai système Linux un peu trop fier de lui !
En gros sur votre
Commodore 64
, vous bootez normalement sous BASIC puis vous lancez le programme c64ux.prg (un simple LOAD et RUN), vous tapez votre username et votre mot de passe, et hop, vous atterrissez dans un shell qui propose 30 commandes :
LS, CAT, NANO, RM, CP, MV, SAVE, LOAD, THEME, UPTIME, DRIVE, STAT, WRITE, ECHO, SAVEREU, LOADREU, WIPEREU, PASSWD, MEM, DATE, TIME, PWD, RESET, UNAME, VERSION, WHOAMI, CLEAR, DOS, EXIT et HELP.
Et la commande EXIT vous ramène à BASIC.
La config initiale de C64UX : création du compte, date et heure, avant de tomber sur le prompt
Sous le capot de C64UX, c'est de l'assembleur 6502 brut de décoffrage. Et surtout, le projet n'utilise que les routines standard du C64, sans aucune ROM modifiée, ni aucune cartouche spéciale. Du coup ça tourne aussi bien sur un vrai C64 d'époque que sur un Ultimate 64 moderne ou dans l' émulateur VICE .
Mais le vrai morceau de bravoure dans ce projet c'est la persistence REU. Car votre shell avec ses fichiers, vous pouvez le dumper dans l'extension mémoire de l'époque via SAVEREU puis tout restaurer après coup avec LOADREU. Très pratique pour ne pas perdre vos précieux textes à chaque reset ! Par contre, sans extension REU branchée, tout s'efface au redémarrage, faudra donc penser à taper la commande SAVE à la main pour écrire sur disquette.
La sortie de la commande HELP, avec la liste des commandes disponibles
L'éditeur baptisé NANO (inspiré du vrai mais en mode super minimaliste) fait bien le taf aussi. Et les themes changent la couleur de bordure, le fond et le texte d'un coup, entre NORMAL (le bleu royal classique), DARK, ou GREEN pour se la jouer Matrix.
Création d'un fichier avec WRITE, lecture avec CAT, puis STAT et LS pour voir les métadonnées
Sur le forum Lemon64, Scarola balance une nouvelle version à peu près toutes les semaines et reconnaît lui-même être un petit nouveau en assembleur. Mais gros respect pour avoir déjà sorti 10 releases en un peu plus d'un mois quand même ! Notez que comme tout bon développeur qui sait vivre avec son temps (#troll), il s'aide d'un peu d'IA (Claude Code en l'occurrence) pour l'écriture du code.
Voilà, si vous avez un Commodore 64 qui traîne ou juste un émulateur VICE sous la main, foncez tester, c'est sympa !
![]()