Je viens d'apprendre qu'une carte Nvidia normalement dédiée au minage de cryptomonnaies, vendue avec 8 Go de mémoire en expose aujourd'hui 64 Go, sans que rien n'ait été remplacé ou soudé dessus... C'est ça la magie de Nvidia, la mémoire était bien là depuis le début, mais était juste maintenue en sommeil par le firmware.
Cette carte, la CMP 170HX est sortie il y a 5 ans pour miner de l'Ethereum. Elle est bâtie sur le GA100, le même silicium 7 nm que l'accélérateur A100 que Nvidia vend aujourd'hui autour de 3 500 dollars en version 40 Go. Et la mémoire HBM2e qu'on y trouve est physiquement présente sur la carte, quoi qu'affiche la fiche technique. Alors certes, débrider une carte Nvidia par logiciel n'a rien de neuf puisqu'on transformait déjà des GeForce en Quadro en 2013.
Mais cette fois, le déverrouillage exploite un bug de chargement de signature dans le BootROM du Falcon, le microcontrôleur de sécurité qui garde le démarrage de la puce. Et ce dernier se fait grâce à un outil nommé cmpunlocker , publié sous licence GPL.
Si vous voulez vous lancer, il vous faudra du Linux x86-64, un accès root et le pilote libre nvidia-open en version 610.43.0x. Votre carte 8 Go passera ainsi à 64 Go, une carte 10 Go à 40 Go, et les unités de calcul bridées reviendront naturellement avec. Et surtout, ce patch survit au redémarrage !
Le PCIe, lui, ne se déverrouille qu'à moitié. Passer de Gen1 à Gen2 est logiciel, mais la largeur reste coincée à quatre lignes parce que Nvidia a laissé 24 condensateurs de couplage vides sur le circuit imprimé. Aller au-delà du x4 veut donc dire les souder à la main et ça c'est pas donné à tout le monde.
Reste que ça donne environ 1 Go/s vers la carte. À titre d'exemple, un utilisateur du forum développeurs de Nvidia a réussi à charger un modèle 70B quantifié en une quarantaine de secondes, contre une dizaine avec la modification matérielle et le Gen2 x16. Pour de l'inférence sur une seule carte, ce goulot ne se paie donc qu'au chargement.
Le même utilisateur mesure un taux de 27,3 tokens par seconde en décodage sur un modèle Qwen2.5-72B, pour 150 à 180 watts, et explique que lors de ses tests, le GPU a réclamé un reset autour de 95% d'occupation mémoire, sur de très grandes fenêtres de contexte. Rien de gênant donc. Deux réserves par contre, et elles ne sont pas décoratives.... La première c'est que l' ECC figure toujours dans la liste des problèmes non résolus du projet, avec le NVLink et le PCIe Gen4, alors que c'est précisément le mécanisme qui pourrait nous dire si la mémoire déverrouillée tient dans la durée. Et la seconde, c'est que le palier des 80 Go a été testé, mais rejeté car instable.
Sur la question qui fâche maintenant, à savoir celle du silicium mis au rebut qui serait bridé car défectueux, ValdikSS, dans un fil sur Hacker News , écrit n'avoir trouvé jusqu'ici aucune carte dont la RAM soit réellement défectueuse. Le bridage ressemble donc à de la segmentation commerciale plus qu'à du recyclage de puces ratées, mais pour le moment, personne n'a fait tourner ces 64 Go assez longtemps pour le prouver.
Reste le prix... La 170HX se trouvait peu de temps avant ça, autour de 250 dollars sur eBay mais depuis que l'exploit circule, elle dépasse les 1 000 $... Bref, le verrou a sauté, et le prix est en train d'exploser !
Source : Tom's Hardware
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Le 30 juillet, un attaquant a vidé 1 196 adresses Bitcoin en 41 minutes. Un peu plus de 1 082 bitcoins, environ 70 millions de dollars. Aucune des victimes n'avait cliqué sur quoi que ce soit.
Elles avaient acheté un Coldcard, le portefeuille matériel de la société canadienne Coinkite, l'appareil que les puristes du bitcoin recommandent depuis des années précisément parce qu'il ne se connecte jamais à Internet.
Un portefeuille matériel fabrique une seed, la suite de mots dont dérivent toutes vos clés. Toute la sécurité repose sur un seul point : que cette suite soit réellement imprévisible. La puce embarque pour ça un générateur d'aléatoire physique.
En mars 2021, le firmware 4.0.0 a introduit une erreur d'intégration. Coldcard voulait désactiver le générateur intégré de MicroPython pour utiliser le sien, et a donc défini le paramètre MICROPY_HW_ENABLE_RNG à zéro. Sauf que la bibliothèque libngu vérifiait seulement si ce paramètre existait, pas la valeur qu'il portait. Il existait. Le test passait.
Pendant cinq ans, chaque tirage est donc passé par Yasmarang, un générateur pseudo-aléatoire non cryptographique dont l'état de départ venait de trois choses : l'identifiant 32 bits de la puce, un registre de minuterie et l'horloge interne. Rien de secret là-dedans, et plus la moindre entropie fraîche ensuite.
Les Mk3 se retrouvaient avec une quarantaine de bits d'imprévisibilité au lieu des 128 promis, les Mk4, Mk5 et Q avec 72. Pour ces derniers, l'ensemble des clés que l'appareil pouvait produire tombait à quelques milliards de combinaisons.
À ce niveau, il n'y a plus rien à pirater. L'attaquant génère les seeds candidates sur sa propre machine, calcule les adresses que chacune produirait, et les compare à la blockchain, publique par construction. Quand une adresse contient des fonds, il tient la clé. Aucun appareil n'a jamais été touché.
Coinkite a publié un firmware d'urgence le 31 juillet pour tous les modèles concernés. Attention au contresens qui coûte cher : la mise à jour ne répare pas une seed déjà créée. Il faut en générer une nouvelle et y déplacer les fonds. Les configurations multisignature, où le Coldcard n'est qu'une clé parmi plusieurs, sont largement épargnées.
Rodolfo Novak, le patron de Coinkite, a écrit qu'il était désolé et dévasté, et assume. Il avance aussi que l'attaquant a peut-être déniché la faille avec une IA, sans en apporter la preuve, tout en reconnaissant que sa propre revue de code assistée par IA était passée à côté.
Cinq ans qu'un zéro traînait dans un fichier de configuration, sur l'appareil vendu comme le plus sûr du marché. Le pire endroit possible pour ce genre d'oubli.
Source : The Hacker News
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Anthropic, le concurrent direct d'OpenAI sur les modèles d'IA, a publié hier un billet de recherche qui a fait pas mal de bruit : son modèle Claude Mythos Preview a trouvé en 60 heures une faiblesse dans HAWK, un schéma de signature post-quantique que deux ans de relecture humaine n'avaient pas repérée.
La cryptographie post-quantique, ce sont ces nouveaux algorithmes conçus pour résister aux futurs ordinateurs quantiques, qui pourraient un jour casser une partie du chiffrement actuel. Le NIST, l'organisme américain qui normalise ces standards, organise depuis des années un concours public, et HAWK y concourt au troisième tour pour les signatures numériques, ce mécanisme qui prouve qu'un message vient bien de vous.
Sauf que voilà, ce que l'IA a réellement cassé, c'est HAWK-256, un paramètre de défi mis à disposition des chercheurs pour être attaqué, pas les versions HAWK-512 et HAWK-1024 pensées pour un usage réel. L'attaque fait passer le coût d'une récupération de clé de 2 puissance 64 à 2 puissance 38 opérations, de quoi diviser par deux la taille de clé effective sur un schéma qui n'est déployé nulle part.
Deuxième résultat mis en avant : une attaque 200 à 800 fois plus rapide que la meilleure méthode connue contre AES-128 réduit à 7 tours. AES, c'est le chiffrement le plus utilisé au monde, celui qui protège votre navigateur, vos sauvegardes ou votre disque dur.
Un tour, c'est une passe de brouillage des données, et AES-128 en enchaîne dix. Les cryptographes attaquent depuis toujours des versions volontairement raccourcies pour jauger la marge de sécurité du vrai chiffre, du coup 7 tours, c'est un exercice académique, rien de plus.
Même sur cette version affaiblie, l'attaque suppose de faire chiffrer environ 2 puissance 105 messages choisis par l'attaquant, une quantité de données que personne ne réunira jamais. Anthropic l'écrit noir sur blanc : aucun système en production n'est touché.
Le sujet est ailleurs. La technique contre AES, que le modèle a baptisée le pont de Möbius, est sortie de trois jours de travail quasi autonome pour environ 100 000 dollars de calcul, avant plusieurs centaines d'heures de vérification par des chercheurs humains, seuls capables de confirmer que l'attaque tient debout.
Anthropic a d'ailleurs prévenu les auteurs de HAWK dès juin et coordonné sa publication avec le NIST. Chez Keyfactor, une société spécialisée dans la gestion du chiffrement, on y voit la preuve que le processus d'évaluation fait son travail : mieux vaut découvrir ces faiblesses maintenant qu'une fois le standard déployé partout.
Une IA qui trouve toute seule des failles dans du chiffrement, c'est franchement impressionnant. Les titres qui enterrent déjà le chiffrement mondial, beaucoup moins.
Source : Anthropic
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Vous voyez le principe du wallet crypto au format carte bancaire ?
Ça se compose d'une puce, d'un code, et de vos précieuses clés privées cryptos planquées dedans. Et bah figurez-vous que Baptistin Boilot, un chercheur de chez Ledger Donjon, vient de montrer qu'avec un laser, un scalpel et une sacrée dose de patience, on peut imposer un nouveau code à une carte Tangem sans jamais connaître l'ancien. C'est en tout cas la démonstration que vient de publier son labo, et le plus dingue, c'est que ça se joue sur un secure element Samsung certifié EAL6+, autrement dit le très haut du panier en matière de puces sécurisées.
Un petit pulse laser d'une nanoseconde envoyé pile au bon endroit, et le taux de réussite pour remettre à zéro le code secret de la carte monte à 100 % !!
Alors oui, Ledger Donjon c'est le laboratoire de sécurité de Ledger, concurrent frontal de Tangem, et Tangem n'a évidemment pas manqué de le rappeler. Sauf que la faille a été divulguée à la marque en février 2026, bien avant publication, donc tout a été fait dans les règles de l'art. Et puis Ledger n'a pas vraiment de leçons à donner niveau boulettes (rappelez-vous la fuite de sa base client ), donc on va juger le boulot technique plutôt que la rivalité commerciale.
Leur cible, c'est l'instruction SetPin, celle qui gère le code protégeant vos fonds. Quelque part là-dedans, la puce se pose une question toute bête, du genre "cette carte est-elle en mode récupération ?". Et le tir laser vient fausser ce test à l'instant exact où il s'exécute. Il ne grille rien du tout hein, il fausse juste le résultat une fraction de seconde, ce qui permet à la puce d'accepter un nouveau code sans jamais vérifier le vôtre.
Après, y'a quand même un sacré ticket d'entrée car pour en arriver là, les chercheurs ont ouvert la carte au scalpel, retiré le blindage métallique, dessoudé la puce, recâblé le tout sur une carte maison, et remplacé l'antenne NFC par une alimentation filaire pour piloter chaque signal. Un vrai travail d'orfèvre ! Ajoutez environ 250 000 dollars de matériel entre le laser, l'oscilloscope et la sonde électromagnétique et puis beaucoup de temps : 1 heure de balayage laser pour la première réussite, puis 2 heures par carte ensuite, sans parler de toute la R&D en amont.
La puce se défend, en plus. Elle tient un compteur de fautes en mémoire flash et se verrouille pour de bon au bout de quelques centaines de ratés. Sauf que les chercheurs ont trouvé la parade qui est de couper l'alimentation au moment précis où la puce s'apprête à noter l'incident. Du coup le compteur ne grimpe quasiment plus, et une carte qui aurait dû se bloquer très vite a encaissé plus d'une journée de tirs laser !
Alors, la question que vous vous posez forcément c'est : est-ce que votre Tangem est toujours fiable ? Pour vous, au quotidien, oui car il faut un accès physique à la carte. Puis l'opération laisse des dégâts parfaitement visibles (une carte charcutée au scalpel, ça se remarque), et je pense que personne ne va monter un labo à un quart de million pour siphonner votre wallet.
Maintenant, c'est vrai que cette faille ne sera jamais corrigée, car les cartes Tangem n'embarquent aucun mécanisme de mise à jour du firmware. Ça peut vous sembler absurde, mais en fait c'est pas si con que ça parce que qui dit pas de mise à jour dit pas de mise à jour vérolée. Hé hé.
Mais maintenant que le trou existe, et qu'aucun patch n'est possible, cela veut dire que toutes les cartes en circulation, dont la vôtre peut-être, restent vulnérables à vie. Et celle que vous achèteriez aujourd'hui ? Bah vulnérable tout pareil, tant que Tangem ne revoit pas son design.
Alors oui, l'attaquant ne lit pas vos secrets, il prend juste le contrôle du wallet en lui imposant son propre code, un peu comme une carte à puce sécurisée qu'on déverrouillerait de force sans en lire le contenu. C'est pourquoi Tangem estime que le risque est quasi inexistant, en rappelant au passage que n'importe quel secure element finira au bout d'un moment par céder si on y consacre assez de temps et d'argent.
Bref, si vous avez une Tangem au fond d'un tiroir, pas de panique, gardez-la juste bien à vous, parce que côté correctif, vous pourrez attendre longtemps, il n'y en aura jamais.
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Si vous êtes une grosse feignasse et que votre seul plan pour gratter un peu de thunes, c'est pas juste de bosser, mais de vous faire adopter par un vieux en espérant qu'il y passe très vite, cet article ne va pas vous intéresser, désolé.
Par contre, si vous économisez, que vous avez mis un petit peu d'argent en bourse, si vous avez investi dans les cryptos ou que sais-je encore, je pense que cet outil va vous être utile.
Wealthfolio, imaginé par afadil, c'est une application de bureau open source qui range tout ça au même endroit : vos comptes d'investissement, votre patrimoine, vos dépenses, et même des simulations pour vos vieux jours. Le parti pris est radical puisque tout reste en local sur votre machine. C'est donc juste une base SQLite posée sur votre disque là où un Finary par exemple, agrège tout sur ses serveurs.
Une fois installé, vous balancez tout dedans. Compte courant, épargne, actions, ETF, crypto, le cash qui dort et l'application vous recrache votre patrimoine net ainsi que la vue d'ensemble que vous n'avez peut-être jamais eue (Surtout si votre banque c'est la Caisse d'Epargne... loool).
Même votre appartement / maison, la voiture, les métaux précieux, et compagnie ça rentre dedans aussi. Ah et vos dettes surtout, parce que le vrai chiffre inclut aussi ce qui fâche, et pas seulement la colonne qui fait plaisir.
Maintenant concernant les dépenses, ça fait à peu près ce qu'on peut retrouver sur des banques en ligne, c'est-à-dire que ça catégorise toutes vos transactions et ensuite ça vous monte des budgets un peu comme ce que propose ReSubs mais élargi à toute votre thune et pas seulement à vos abonnements.
À vous ensuite de définir une allocation cible comme ça quand votre portefeuille s'en écartera, et bien Wealthfolio vous pondra un joli plan de rebalancing qui vous aidera à rentrer dans le rang fissa et ainsi éviter de finir interdit bancaire.
Ajoutez à ça un chouette tableau de bord avec les performances de vos investissements et de vos comptes. Et si vous menez bien votre barque, vous verrez aussi vos dividendes au même endroit.
Ah et puis le truc qui va finir de vous convaincre, c'est le simulateur de retraite inclus. En gros, vous lui donnez tout votre portefeuille et lui il le projette année par année avec des simulations qu'on appelle Monte Carlo . Et là ensuite, eh bien ce sera soit la douche froide, soit la bouteille de champagne, car vous saurez immédiatement si votre plan FIRE tient debout ou si vous vous racontiez des histoires depuis le début.
C'est une capture d'écran que j'ai prise sur le site, donc venez pas me cambrioler, hein ^^
Et puis comme en 2026, un outil sans IA n'est pas un vrai outil (lol) sachez qu'il y a également un assistant IA à qui vous pourrez demander en langage naturel d'interroger votre portefeuille. Par exemple vous pourrez lui dire, "Hey assistant, combien est-ce que j'ai gagné avec mes ETF cette année ?". Et rassurez-vous, les accros à la vie privée, ça peut tourner avec un modèle local via Ollama.
Wealthfolio propose également un outil d'import CSV mais vous pouvez aussi tout saisir manuellement. Aaah l'époque a changé depuis Microsoft Budget surtout que là, vous avez même de la synchro automatique via l'offre payante, si vous voulez brancher ça avec les systèmes de vos courtiers.
Si le concept vous rappelle Maybe Finance , c'est logique, c'est la même famille open source. Sauf que Maybe est une appli web que vous devez auto-héberger vous-même avec Docker, là où Wealthfolio est une vraie application de bureau que vous installez comme n'importe quel logiciel. C'est dispo sous macOS, Windows et Linux, et il y a même une version iOS et Android qui devraient arriver très bientôt. Quant aux plus tordus qui tiennent absolument à leur version web, ça s'auto-héberge en Docker.
Un truc à savoir quand même avant de foncer, la partie fiscale vise les Américains et les Canadiens donc pas de PEA ni d'assurance-vie française là-dedans. Du coup pour coller au fisc hexagonal vous devrez ruser et faire vos trucs à la main ou développer vos propres plugins. Après en ce qui concerne le cœur du bazar, c'est-à-dire suivre son portefeuille et son patrimoine, ça fera bien le taf pour tout le monde.
Le tout sous licence AGPL, code ouvert et forkable, directement sur GitHub et l'app se télécharge sur wealthfolio.app .
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Vous branchez une clé USB sur un PC, vous démarrez dessus, et le temps de vous servir un petit café, hop, tout le contenu de la mémoire vive est recopié sur la clé. Le rêve pour les gens qui font du forensic, car dans la RAM on trouve des mots de passe, des clés de chiffrement et tout ce qui traîne. De quoi choper de sérieux indices !
Parce que oui, si vous pensiez être bien tranquille avec votre disque chiffré grâce à BitLocker, FileVault ou LUKS, sachez que la clé de déchiffrement se balade en clair dans la RAM. Pas la peine de casser de la crypto quand il suffit d'aller cueillir la clé là où elle traîne. C'est cet angle mort qu' ElcomSoft exploitait déjà en 2012 pour cracker TrueCrypt et BitLocker .
Sauf que pour aller cueillir cette clé, encore faut-il que la machine soit allumée, non ?
Eh bien pas forcément car contrairement à ce qu'on croit, la RAM ne s'efface pas d'un coup quand on coupe le courant.
Hé oui, les données restent lisibles plusieurs secondes, voire une minute, ce qui est largement suffisant pour récupérer des infos importantes. Et si vous refroidissez les barrettes (par exemple jusqu'à -60°C avec de l'azote liquide), le contenu peut tenir plusieurs heures !!
Ce phénomène n'a rien de neuf. On appelle ça une cold boot attack, et ce sont des chercheurs de Princeton qui l'ont mise en lumière dès 2008, en révélant un truc totalement contre-intuitif : une mémoire vive censée se vider dès qu'on l'éteint, garde en réalité ses secrets bien après.
Alors on va me dire que tout ça, c'est mitigé depuis des lustres : Le scrubbing mémoire au boot, où le firmware écrase la RAM au démarrage, les clés planquées dans les registres du CPU façon TRESOR, le chiffrement mémoire chez Intel et AMD, les barrettes carrément soudées à la carte mère... les parades existent, c'est vrai. Sauf qu'en 2018, deux chercheurs de F-Secure ont remis une pièce dans la machine en montrant comment désactiver ce fameux scrubbing sur quasiment tous les ordi portables modernes, Dell, Lenovo et même les Mac.
Et c'est là qu'arrive BareMetal RAM Dumper, un outil signé pIat0n qui rejoue justement cette vieille attaque de 2008. Le truc tient dans 5 Ko d'assembleur x86 et démarre directement sur le BIOS en mode legacy, avant de basculer en unreal mode pour aller taper dans toute la mémoire au-dessus de 1 Mo.
La récupération totale ne dépassera pas 4 Go par contre, car l'unreal mode ne grimpe pas plus haut, mais en général c'est bien suffisant pour repêcher quelques clés d'accès. Et surtout, ça fait gagner un temps fou aux gens qui font du forensic : plus besoin d'un labo dédié, une clé USB et le tour est joué. Ça rejoint donc la longue liste des façons d'ouvrir un disque soi-disant blindé, comme BitPixie qui déverrouille BitLocker en cinq minutes .
Bref, c'est aussi une bonne piqûre de rappel qu'un chiffrement ne protège vraiment vos données que quand la machine est éteinte pour de bon. Le code est sur GitHub sous licence AGPL !
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Si vous êtes développeur en Iran, à Cuba ou en Corée du Nord, vous venez officiellement de perdre l'accès à Let's Encrypt !
En effet, la version 1.7 du Subscriber Agreement publiée par l'ISRG (Internet Security Research Group), l'organisation derrière le service, est malheureusement entrée en vigueur le 4 juin dernier. Et sur les 8 pages du document, il n'y a qu'un seul ajout, mais il pèse trèèès lourd : section 3.1, un nouveau bullet point oblige maintenant chaque utilisateur à garantir qu'il "n'est pas localisé, organisé sous les lois de, ou résident dans un pays cible de sanctions américaines complètes".
En pratique, la liste OFAC des juridictions sous sanctions globales actuelles couvre Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, et les zones occupées de Crimée, Donetsk et Lougansk (la Syrie en a été retirée fin 2025 ce qui montre bien à quel point ce périmètre peut évoluer rapidement).
Et le couperet ne tombe pas que sur des États-paria abstraits puisque ONG d'aide humanitaire, journalistes, universités, et tout le monde qui travaille ou vit dans ces zones perd le service. Du coup, pour récupérer un certificat HTTPS gratuit, vous devez maintenant signer une clause d'embargo. Plusieurs utilisateurs rapportent également que des certificats de sites russes auraient déjà été révoqués au cours des derniers mois, sans préavis officiel de l'ISRG...
Le piège, c'est la section 2.2 du contrat, intacte depuis longtemps mais qui prend un sens tout neuf : l'agrément reste en vigueur tant que vous possédez un seul certificat valide. Cela veut dire qu'une violation potentielle sur UN certificat peut donc, en théorie, déclencher une révocation en cascade de TOUS les autres, un peu comme un crédit immobilier où une mensualité ratée rendrait tout le contrat caduque...
Je vous laisse imaginer la tronche d'un hébergeur qui gère mille sites le jour où ça tombe et qui crée des certificats Let's Encrypt pour ses clients... La section 4.2 énumère onze motifs de révocation activables "à la seule discrétion" de l'ISRG, dont la violation de l'agrément et un joli fourre-tout "d'autres motifs raisonnables et légaux".
Notez que l'ISRG est domiciliée à San Jose, en Californie et que tous les CA américains (DigiCert, Sectigo, GlobalSign US) sont déjà soumis aux mêmes obligations OFAC depuis toujours, donc c'est pas vraiment non plus une surprise... Mais ça tombe toujours mal ce genre de conneries.
Maintenant, côté alternatives, si vous voulez sortir de la juridiction US, y'a pas grand chose... Je me souviens de ZeroSSL qui ressemblait à une option européenne mais qui a été racheté début 2024 par HID Global (filiale du suédois Assa Abloy, basée au Texas... donc aux Etats-Unis), donc soumis aux mêmes obligations OFAC à terme. Après vous avez peut-être des services à me recommander ? Sinon il faudra passer par des certificats payants.
Bref, le HTTPS gratuit a toujours eu un drapeau, mais on faisait juste semblant de l'oublier...
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Un chercheur en sécurité, Taylor Hornby, a lâché Claude Opus 4.8 sur le code de Zcash et 24 heures plus tard, le modèle lui a déniché une faille bien planquée là depuis 4 ans qui avait échappé aux auditeurs !
Et ce qu'elle permet de faire pique un peu (ouille ouille ^^) ! Car je vous rappelle que Zcash, c'est la cryptomonnaie taillée pour l'anonymat, où les transactions sont chiffrées et validées par des preuves mathématiques (le fameux "zero-knowledge" dont je vous ai déjà parlé). Sauf que dans son pool de confidentialité le plus récent, baptisé Orchard, une vérification censée s'assurer que les transactions étaient légitimes... ne vérifiait en fait rien du tout ! En clair, vous pouviez fabriquer du ZEC à partir de rien.
C'était une vraie planche à billets planquée dans le code, sauf que les faux billets étaient totalement impossibles à distinguer des vrais, et que le système les estampillait comme parfaitement authentiques.
Le plus dingue dans l'histoire, c'est que toute la faille tenait dans à peine deux lignes de code. Deux pauvres lignes, perdues quelque part dans le circuit cryptographique, qui laissaient passer de fausses valeurs sans broncher. Hornby a même écrit un exploit complet qui marchait pour de vrai, dans un environnement de test, histoire de prouver que ce n'était pas juste de la théorie sur un tableau blanc. Heureusement pour vous mes petits crypto-bro, l'équipe de Zcash a colmaté en urgence le 1er juin, et le cours du ZEC a dévissé de près de 40% dans la foulée.
Maintenant, le hic est ailleurs car Orchard est un pool privé, donc personne ne peut prouver mathématiquement si quelqu'un a exploité cette faille durant ces 4 dernières années. J'sais pas si vous saisissez le niveau d'ironie du truc mais LA confidentialité, c'est-à-dire l'argument de vente numéro un de Zcash, est exactement ce qui empêche aujourd'hui de savoir si les utilisateurs et investisseurs de cette crypto se sont fait pigeonner. L'équipe estime que c'est "peu probable", mais elle le dit elle-même : "Ne vous fiez pas à notre évaluation". Je vais traduire ça en français : "On n'en sait rien, et on ne le saura jamais". Oups !
Maintenant, ça ne veut pas dire que Zcash est mort ni que vos cryptos vont s'évaporer du jour au lendemain. Le trou est bouché, et l'équipe planche déjà sur un moyen de repérer une éventuelle fausse monnaie qui aurait été créée grâce à cette faille, mais faut savoir que ce genre de bugs planqués, il y en aura toujours.
Et ce qui est compliqué, c'est qu'on peut aujourd'hui les découvrir assez facilement et rapidement avec des modèles IA grand public. Et ce qui s'est passé avec Zcash n'est même pas un cas isolé puisque ces derniers mois, une IA a débusqué huit des neuf failles trouvées dans le serveur X.Org , et une autre a sorti du placard une faille vieille de 18 ans dans nginx .
Et bien sûr, Hornby ne compte pas s'arrêter à Zcash, puisqu'il a déjà annoncé qu'il menait le même genre d'analyse sur Monero, l'autre grosse crypto anonyme. Le XMR a perdu 10% rien qu'à l'annonce, par anticipation... lol.
Maintenant, si un modèle public déniche ça en 24h, je me demande vraiment ce que les modèles les plus costauds, ceux qui restent bien au chaud en privé, ont déjà trouvé sans que personne ne le sache ?
Bref, la faille sur Zcash est colmatée mais on a une fois de plus la preuve que "audité par des experts" ne pèse plus très lourd face à une IA un peu motivée.
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Vous installez CrystalDiskInfo pour surveiller l'état de vos disques, FurMark pour pousser votre carte graphique dans ses retranchements, HWMonitor pour garder un œil sur les températures... Attention !
Sauf que depuis quelques semaines, certains de ces téléchargements sont piégés. Les équipes Microsoft Defender Experts ont repéré, depuis le mois de mars, plus de 150 faux sites qui se font passer pour ces utilitaires et installent en douce un mineur de cryptomonnaie.
Le choix des logiciels copiés n'a rien du hasard. À cette liste s'ajoutent Display Driver Uninstaller, l'outil qui nettoie en profondeur les pilotes graphiques, le K-Lite Codec Pack ou encore PDFgear. Ce sont exactement les programmes qu'installe quelqu'un qui possède une grosse carte graphique dédiée, justement le composant qui rend le minage rentable.
Le but, c'est de faire tourner cette carte à votre insu pour fabriquer de la cryptomonnaie au profit des pirates, ce qu'on appelle le cryptojacking. Reste à attirer les victimes. Les attaquants trafiquent le référencement, pour propulser leurs faux sites tout en haut des résultats de recherche.
Et depuis avril, ils ont ajouté un canal : les chatbots IA. Quand un utilisateur demande à un assistant où récupérer tel logiciel, la réponse générée peut très bien pointer vers un domaine contrôlé par les pirates, présenté avec le même aplomb qu'un lien parfaitement sain.
Le piège, lui, est bien construit. Dans le ZIP, le vrai logiciel s'ouvre normalement. Mais à côté dort autorun.dll, une bibliothèque piégée que l'exécutable charge tout seul, sans la moindre alerte, par une technique de détournement appelée DLL sideloading. Le code malveillant passe pour un composant attendu, et Windows ne bronche pas.
Ensuite tout s'enchaîne. msiexec, l'installateur intégré à Windows, dépose un second fichier, vcredist_x64.dll. Le nom singe le Visual C++ Redistributable, un composant Microsoft qu'on croise partout. Sauf que c'est un faux. Dessous se cache ScreenConnect, un vrai outil d'administration à distance, qui ouvre aux pirates une porte permanente sur votre PC.
Et le minage démarre. lolMiner, gminer, SRBMiner-MULTI : des mineurs GPU connus se mettent à faire tourner votre carte pour fabriquer de la crypto. Le plus vicieux, c'est leur patience, parce qu'ils attendent que la machine soit au repos pour bosser et se figent à la seconde où vous lancez un jeu ou une grosse application. Vous ne voyez rien.
Pendant ce temps, votre carte chauffe et s'use pour enrichir un parfait inconnu. Et votre facture d'électricité grimpe, sans la moindre contrepartie.
La parade est toute bête. Pour installer un utilitaire, ne cliquez pas sur le premier lien d'un moteur de recherche ou d'un chatbot. Passez par le site officiel de l'éditeur, ou par le Microsoft Store.
Bref, le point faible n'est plus le téléchargement louche au fond du web, mais le réflexe de cliquer sur le premier lien venu, suggestion d'IA comprise.
Source : Microsoft
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Je me baladais sur les réseaux sociaux (ouais, c'est pas bien, je sais) quand je suis tombé sur un post X en reco avec un tuto Youtube où un mec explique comment gagner un petit peu d'ethers chaque jour. Évidemment, je flaire l'arnaque parce que dans la vie y'a que 3 façons de devenir riche : 1/ Monter sa boite 2/ Être né dans une famille déjà fortunée 3/ Ou se faire adopter par un vieux riche sans enfant afin de faire une magnifique captation d'héritage.
Mais ce que je voulais surtout c'est comprendre comment cette arnaque fonctionnait. Alors j'ai épluché un peut tout ça et j'en profite pour vous expliquer.
La vidéo, je vous la résume parce que franchement elle ne mérite pas un clic. Un type qui se fait appeler Josh Alex, sourire ultra-bright, vous vend l'idée qu'un "outil IA" peut sortir 1700 à 2000 dollars par jour en mode pilote automatique.
Le pitch, c'est qu'il a demandé à ChatGPT de lui pondre le code d'un bot de "sniping" sur Ethereum (c'est de l'arbitrage... en gros, passer devant les autres au bon moment pour gratter quelques dollars sur le mouvement du cours de la cryptomonnaie). Vous copiez ce code dans Remix (un vrai éditeur de smart contracts, parfaitement légitime, et c'est tout le problème), vous compilez en Solidity, vous déployez avec MetaMask, et hop, vous "financez le contrat" avec vos propres ethers.
Et plus vous mettez, plus vous gagnez, qu'il nous explique... Faut savoir que dans ce type d'arnaques, on réclame souvent un demi-ether minimum, genre 1500 - 2000 balles selon le cours du moment, soi-disant pour couvrir les frais de gas. Vous lancez ensuite le bot, vous attendez 3 heures, et magie magie : +30% de profit affiché. Vous cliquez alors sur Withdraw pour retirer les sous et l'argent vous revient avec le bénéf. Ensuite, la vidéo se termine sur deux phrases qui puent l'arnaque, je trouve : "je vais bientôt supprimer cette vidéo, c'est une chaîne privée" et "contactez-moi sur Telegram".
Et voilà...
Mais alors du coup, qu'est-ce qui se passe réellement ?
Hé bien cette combine porte un nom, elle est documentée, et elle a fait très mal. Les chercheurs de SentinelLABS ont disséqué toute une famille de ces "drainers Ethereum" qui se font passer pour des bots d'arbitrage (les vrais bots MEV existent et sont légitime, justement ce qui rend l'arnaque crédible).
Par exemple, une autre vidéo de la même série, intitulée "How to Create Passive Income MEV Bot on Ethereum" (pas exactement celle que j'ai vue, mais le même mécanisme au détail près), a aspiré près de 245 ethers à des victimes. Au cours de l'époque, ça représentait environ 900 000 dollars. Pas mal hein, pour un "tuto gratuit" sur YouTube ! D'autres campagnes du même genre ont siphonné 7 ETH par-ci, 4 ETH par-là et ces vidéos sont souvent générée par IA, avec la voix robotique à 2 balles, les expressions faciales saccadées, les lèvres désynchronisées et j'en passe...
Maintenant, le cœur de cette arnaque c'est que le code que vous collez dans Remix contient en fait une adresse de portefeuille cachée / obfusquée, qui est celle de l'escroc. Elle n'est pas écrite en clair, sinon n'importe qui la verrait mais est reconstituée lors de l'exécution du code, soit en faisant un XOR entre deux constantes anodines (souvent nommées un truc rassurant genre DexRouter et factory), soit en recollant des morceaux de texte, soit en tronquant un énorme nombre. En clair, l'adresse du voleur est coupée en deux bouts d'apparence inoffensive, planqués à deux endroits différents du code, et recollée seulement au moment où le contrat tourne.
Alors quand le mec dans la vidéo vous dit "regardez les lignes 13 et 14, ce sont vos adresses pour recevoir les tokens WETH", c'est de la diversion pure. Il vous donne tout simplement un os à ronger pour que vous vous sentiez rassuré, pendant que la vraie adresse est planquée ailleurs dans le code.
Et là, le piège se referme car au moment où vous financez le contrat et cliquez sur Start, vos ethers partent directement dans le portefeuille de l'escroc. Pire, SentinelLABS a également relevé un mécanisme de secours qui permet à l'attaquant de vider le contrat même si vous ne cliquez jamais sur Start.
Le "+30% de profit" que vous voyez à l'écran ? Bah c'est du flan... de la poudre de perlimpinpin comme dirait l'autre.... Au mieux c'est un faux solde renvoyé par le contrat, au pire c'est carrément du montage vidéo. D'ailleurs, un contrat déployé tout seul ne peut même pas "sniper" la mempool donc techniquement, ça tient pas car ce genre de chose demande un bot externe qui surveille les transactions en attente. Le contrat seul ne fait rien d'autre que transférer votre argent en fait... C'est juste un siphon avec une jolie interface, rien de plus !
Ce qui rend ce truc redoutable, c'est la psychologie derrière. Remix est un outil réputé, donc votre cerveau associe "outil sérieux" à "code sérieux". Et comme vous déployez le contrat vous-même, il vous semble être le vôtre.
On vous donne aussi cette mini-tâche de "vérification" bidon pour endormir votre méfiance et surtout on vous répète "pas besoin de savoir coder", ce qui veut dire en réalité "surtout ne lisez pas ce que vous collez".
C'est ce genre de phrase-là qui devrait déclencher l'alerte rouge dans votre cerveau ! Sans oublier que le tout est saupoudré de hype IA pour faire moderne... Bref, c'est du grand n'importe quoi, mais ça marche à fond la caisse. Si vous voulez voir comment des malwares se cachent carrément dans la blockchain elle-même, j'avais aussi décortiqué ce que fait la Corée du Nord avec la blockchain . Le mécanisme est différent, mais c'est le même esprit à savoir détourner une techno légitime pour piéger les gens.
Voilà, alors retenez les règles de base, parce qu'elles valent pour cette arnaque comme pour les mille autres qui sortiront demain. Argent facile et passif : si c'est automatique, sans effort et garanti, c'est une arnaque dans la totalité des cas. Et surtout, la vraie question à se poser est toujours la même : Si ce bot rapportait vraiment 2000 dollars par jour, pourquoi un inconnu vous le filerait gratuitement au lieu de s'enrichir tranquillement dans son coin ? Personne n'offre une machine à billets sans contrepartie !
Puis y'a l'urgence : "je supprime la vidéo bientôt", "offre gratuite aujourd'hui", "dépêchez-vous". Ce compte à rebours vise à court-circuiter votre sens critique pour vous empêcher de réfléchir ou de vérifier. C'est un peu ce que font aussi les escrocs au téléphone quand ils vous disent que votre compte bancaire va être bloqué dans 10 min et que vous allez tout perdre...
Et puis filer de l'argent avant de toucher le moindre gain c'est louche aussi ! Sans oublier le fait qu'on vous pousse vers Telegram ou des DM privés, histoire de laisser le moins de traces et de recours possible.
Quand au fameux "Pas besoin de coder", sur un truc qui touche à votre argent, c'est le drapeau rouge ultime !!! Ne déployez jamais, jamais, jamais du code financier sans le comprendre parfaitement ou le faire auditer par quelqu'un de confiance.
Et si vous vous êtes déjà fait avoir ?
À vrai dire, une fois la transaction confirmée sur la blockchain, récupérer l'argent est en pratique quasi impossible, sauf gel rapide côté plateforme ou intervention judiciaire. Mais bon, c'est pas une raison non plus pour rester les bras croisés.
Par exemple, si vous avez signé des autorisations (avec Metamask par exemple) que vous ne compreniez pas, considérez le portefeuille comme grillé et transférez rapidement ce qu'il vous reste vers un portefeuille tout neuf. Vérifiez et révoquez les approbations de tokens accordées au contrat (avec un outil de type revoke.cash), en sachant évidemment que ça ne récupèrera pas les ethers déjà partis. Ça coupe juste une éventuelle ponction qui arriverait plus tard.
Et surtout, gardez les preuves comme les hash de transaction et les adresses, signalez la chaîne YouTube et le compte Telegram, puis déposez un signalement sur cybermalveillance.gouv.fr ou Pharos. Et prévenez les gens autour de vous... c'est exactement le même réflexe à avoir que face à l'arnaque au QR code piégé , une fois le mécanisme compris, on devient beaucoup plus dur à berner.
Bref, ce genre d'escroquerie ne meurt jamais vraiment... elle change juste de costume. Hier l'arbitrage secret, aujourd'hui c'est l'IA qui va vous rendre riche... Le plus important c'est de garder votre cerveau allumé... ça c'est gratuit et ça rapporte vraiment.
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Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l'Université de Toronto, viennent de boucler le déchiffrement complet d'une lettre que personne n'avait jamais réussi à lire en entier depuis sa redécouverte en 1860. C'est Bruce Schneier qui relaye l'info sur son blog , et c'est pil poil une histoire qui prouve que l'infosec ne date pas d'hier.
La lettre fait 11 pages, elle a été écrite à Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tolède en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.
Pour empêcher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffré une partie du texte avec un système de symboles maison où, vice ultime du gars, plusieurs symboles différents pouvaient représenter la même lettre.
Première page de la lettre
Par conséquent, la table de fréquences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphabétiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voilà pourquoi la chose a tenu 165 ans face à des historiens qui s'y cassaient les dents les uns après les autres.
Mais notre petite équipe de Toronto a fini par reconstruire la clé entière, symbole par symbole, et a publié la transcription complète dans Renaissance Studies en libre accès.
Et faut dire qu'une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail !
En effet, Pedro de Ayala fait à ses souverains un brief politique cash sur l'état de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d'Écosse, il balance que le mec parle latin, français, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement gaélique, qu'il décrit comme « une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume ». Charmant.
Sur les Écossaises, c'est encore mieux : « Les femmes sont très courtoises à l'extrême. Je dis cela parce qu'elles sont très audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons. »
Et sur Henri VII d'Angleterre, l'envoyé espagnol ne mâche pas ses mots : « Il n'est pas aimé du tout, la reine en revanche est beaucoup aimée parce qu'elle peut faire peu. ». Avec ce qu'il balance, je comprends que ce diplomate ait bien bossé son chiffrement.
Pedro, à fond dans le chiffrement !
Le bonus historique, c'est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l'année précédente, avec une remarque assez piquante adressée à Ferdinand et Isabelle : « ce qu'ils ont trouvé ou cherchent est ce que Vos Altesses possèdent. » Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pré carré américain.
La lettre originale, numérisée, est consultable directement dans les archives espagnoles si vous voulez voir à quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe siècle.
Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c'est de réaliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d'utiliser plusieurs symboles pour la même lettre afin d'aplatir la fréquence d'apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont été pensées plus tard les machines comme Enigma.
Pedro de Ayala, en 1498, faisait déjà sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 siècles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n'aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine.
Trop fort Pedro !!
Source : Medievalists.net
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Tapez $TSLA ou $BTC dans un post sur X, et maintenant ça vous affiche un cours en temps réel, un graphique interactif et un fil de discussion lié à l'actif. C'est disponible depuis le 14 avril sur iPhone. Pour Android et le site web, ça sera pour plus tard.
Le principe est assez simple. Un $ticker dans un post déclenche la suggestion automatique de l'actif correspondant. Le graphique couvre de 1 jour à 1 an, le prix est actualisé en continu, et le fil agrège les posts qui mentionnent cet actif. Côté crypto, les adresses de contrats sur Solana et Base sont aussi prises en charge, ce qui veut dire que les memecoins sont de la partie. Forcément.
Au Canada, X va plus loin. Un partenariat avec Wealthsimple permet d'acheter ou vendre directement depuis la timeline. Un bouton "trade" apparaît sur chaque page Cashtag et route l'ordre vers Wealthsimple, actions comme crypto. C'est la première intégration courtier sur X, et probablement un ballon d'essai avant de pousser ça ailleurs.
Elon Musk parle depuis des années de transformer X en "app à tout faire". Nikita Bier, responsable produit, avait teasé les Cashtags en janvier, et la livraison a été plutôt rapide. Le volet financier de X n'est plus juste un slide de keynote, il commence à exister dans l'app.
Sauf que voilà, mélanger discussions crypto et exécution d'ordres dans une timeline où circulent du pump-and-dump, du shilling payé et des faux comptes, c'est un cocktail que les régulateurs vont scruter de très près. La SEC n'a rien dit pour l'instant. Mais Cashtags + trading intégré + memecoins + algorithme de viralité, ça coche quand même pas mal de cases potentiellement problématiques.
Pour les utilisateurs français, la fonction est visible mais pas encore utilisable avec un courtier local. Le trading reste cantonné à Wealthsimple au Canada. Si X veut ouvrir ça en Europe, il faudra passer par les agréments MiFID, et ce n'est pas gagné pour le moment.
Bref, X se rapproche du super-app financier que Musk promet depuis le rachat. Le régulateur, lui, se rapproche de X.
Source : Forbes
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