Je ne sais pas si vous êtes déjà tombé dessus, mais le ministère de l'Éducation nationale fait tourner son propre GitLab depuis un petit moment maintenant, il est public, et il s'appelle La Forge des communs numériques éducatifs . Au moment où j'écris ces lignes, il y a dessus 12 896 projets et 15 638 membres dans ce qu'ils appellent "l'atelier".
Alors c'est quoi cette dinguerie comme disent les anciens ? Hé bien derrière, c'est du GitLab CE, infogéré par le pôle de compétences Logiciels Libres (oui, ça existe, et c'est un vrai service de l'Éducation nationale), et classé dans les services partagés d' apps.education.fr .
Les 595 ressources de la ressourcerie, avec les étiquettes de niveau et de discipline sous chaque fiche
Et le plus beau c'est que pour aller fouiller dedans, vous n'avez besoin de rien du tout puisque les dépôts publics s'ouvrent via le navigateur, sans authentification.
Bien sûr, cette grosse dizaine de milliers de dépôts de code bruts, ça ne se visite pas comme ça. Il y a donc une vitrine, nommée la ressourcerie , qui en met en avant un peu moins de 600, triées par niveau, par discipline et par tag et pour la plupart, testables en ligne.
Par contre, pousser du code est un poil plus encadré. Pour cela, le personnel du ministère doivent avec leur compte Apps, et tous les autres, profs retraités, universitaires, Inria, boîtes de l'EdTech, associations, et j'en passe, passent par un second annuaire avec validation préalable.
Donc non, vous ne pourrez pas y déposer votre side-project éducatif du week-end, mais si votre truc sert vraiment à des profs, la porte n'est pas fermée...
Là-dessus l'Éducation nationale n'est pas toute seule, puisque les Pays-Bas ont également monté leur forge de code , où une cinquantaine d'administrations et de communes publient déjà.
Et l'IA là-dedans ?
Hé bien c'est complètement décomplexée et tant mieux ! Le catalogue a 7 tags officiels rien que pour ça, de "IA chatbot" à "IA prompt" en passant par "IA LLM souverain", et 48 fiches en font partie. Ce n'est donc pas la majorité du catalogue, mais il y a quand même un projet nommé EduVaibe dont le boulot est de "générer, étape par étape, un prompt complet à coller dans une IA pour créer des applications numériques éducatives".
Le truc le plus utile du lot, je trouve, même quand on n'a aucune classe à gérer, c'est ChatMD . Vous forkez le dépôt, vous remplacez le contenu d'index.md par vos propres réponses écrites en Markdown, et votre agent conversationnel bien à vous est ensuite accessible à partir d'une simple URL. Le tout est sous licence MIT bien sûr !
Maintenant derrière une bonne partie de ces dépôts, il y a un prof tout seul qui bricole sur son temps libre, et malheureusement, le jour où il abandonne, le projet s'arrête. Mais la bonne nouvelle c'est que la Forge rétribue chaque année quelques profs pour justement les soutenir dans leurs projet.
C'est maigre à l'échelle d'un ministère, je vous l'accorde, mais c'est quand même mieux que rien. Voilà, en attendant, je vous invite à y faire un tour ! Vous y trouverez peut-être des choses intéressantes.
Merci à Sylvain Bruyère pour le lien !
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Je ne lis pas les médias d'actu, et je ne vais quasiment plus sur les réseaux sociaux. Pas par flemme, mais parce qu'à force, je ne voyais plus le monde QUE par le prisme des mauvaises nouvelles et de la négativité (sans parler de la connerie humaine omniprésente mais ça c'est un autre sujet... lol).
Et il se trouve qu'un psychologue de l'université Wilfrid Laurier, Ali Jasemi, vient justement de mettre un peu de science sur ce ras-le-bol que je ressens depuis longtemps. Car si je sature, c'est pas uniquement à cause des drames relayés par BFM ou France Info.
Il y a aussi toutes ces anecdotes sans intérêt mais négatives au possible, ces vidéos d'agression, ces grosses ou petites injustices, cette haine, ces attaques et tout ce qu'on voit à longueur de journée sur nos réseaux sociaux et qui est imaginé, fabriqué et poussé pour nous faire réagir, nous indigner et faire du clic. Et j'avoue qu'au-delà d'un certain stade, ça devient trèèès compliqué à gérer émotionnellement.
Je suis aussi convaincu qu'au bout d'un moment, soit on s'écroule, soit on se retrouve totalement immunisée à la souffrance des autres ou de la nature.
En me coupant de toute cette merde, j'ai surtout remarqué qu'une information vraiment importante finira toujours par arriver jusqu'à moi. Et si personne autour de moi n'en parle, c'est probablement que ce n'était que du bruit. Comme ça, j'évite la quasi-totalité des faits divers, et bizarrement je me porte plutôt bien.
Et d'après ce qu'explique Jasemi, je ne suis apparemment pas le seul à pratiquer ça puisque les nouvelles générations se débranchent également de plus en plus de l'actualité. Dans son analyse paru sur The Conversation , il explique que la fatigue informationnelle, ce n'est ni de la paresse, ni de la faiblesse, et encore moins un désintérêt des nouvelles générations. C'est, je cite, "la réaction prévisible d'un cerveau humain confronté à un environnement pour lequel il n'a jamais été conçu".
Car le truc, c'est que notre cerveau est précisément câblé pour ça. Pendant des centaines de milliers d'années, le cerveau qui prêtait attention aux menaces, c'était celui qui survivait. Un prédateur planqué dans les fourrés comptait davantage qu'un joli coucher de soleil, sauf qu'aujourd'hui, ce vieux réflexe se fait exploiter à la chaîne par les pro de l'économie de l'attention.
Une étude parue dans Nature Human Behaviour a passé au crible plus de 105 000 titres d'articles, et le résultat est sans appel puisque chaque mot négatif ajouté dans un titre fait grimper le taux de clic d'environ 2,3%. Et les mots positifs, eux, font l'inverse, ils font fuir le lecteur. Donc autant vous dire que tout ce flux de news génère pas mal de "plaisir" pour nos cerveaux déjà bien ramollis et torturés, et qu'on glisse très vite dans cette espèce de transe du scroll infini de la mauvaise nouvelle.
Aujourd'hui, c'est 40% des gens dans le monde qui évitent activement les infos, au moins de temps en temps, contre moins de 30% à la fin des années 2010. Chez les plus accros, ceux que les chercheurs classent en consommation problématique, ce qui représente 16,5% des adultes américains quand même, 61% déclarent se sentir physiquement mal, contre 6% chez les autres.
Et ce n'est pas la première fois que les études tirent la sonnette d'alarme sur notre rapport aux écrans. Il y a vraiment un côté fascination pour les contenus de merde, les contenus violents, dégradants et j'en passe. C'est un problème, même si c'est profondément humain. Et comme pour toutes les addictions, il y a un moment où ça bascule, où c'est elle qui prend les commandes et où vous n'êtes plus celui qui décide.
Après, je ne vais pas vous mentir, se couper totalement de l'info et des sources fiables, ça a un revers chez certaines personnes. En effet, ça peut laisser le champ libre à la désinformation si on ne prend pas soin de choisir ses sources et surtout de les croiser. Les escrocs de la fake news sont nombreux et il est facile de se faire berner quand on n'a pas l'habitude.
C'est humain, et il faut lutter contre ça, même si j'ai un peu l'impression qu'il n'y a pas grand monde qui lutte en ce moment...
Alors si vous saturez vous aussi, sachez que vous n'êtes ni faible ni paresseux. Coupez le robinet, gardez deux ou trois sources que vous avez choisies, et faites confiance au reste... L'important finira toujours par vous trouver.
Source : ScienceDaily
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Vous le savez, il y a un algorithme dans votre téléphone qui décide ce que vous allez lire aujourd'hui et il s'appelle Google Discover.
Google Discover, c'est le flux d'articles qui apparaît quand vous ouvrez l'appli Google sur Android ou iOS, ou que vous swippez à gauche depuis la home de votre smartphone Android et Chrome mobile aussi. Et pas besoin d'avoir cherché quoi que ce soit puisque Google analyse votre historique, connaît vos centres d'intérêt, et vous sert ainsi des articles « adaptés » en continu.
Sauf que l'algo confond souvent « ce que vous voulez lire » avec « ce qui génère le plus de clics ». Et là, ça part en couille sévère...
Du coup vous vous retrouvez avec des articles qui expliquent que le cash va être interdit dans deux mois, que les conducteurs avec une moustache vont devoir repasser le permis, ou que l'Union Européenne s'apprête à requalifier la pizza comme « sandwich plat » pour l'assujettir à une nouvelle taxe.
Et pendant ce temps, les vraies actus tech que vous aimez tant, elles, se noient quelque part entre deux horoscopes et une pub déguisée en article. Et c'est d'ailleurs ça le gros défaut de tous les flux algorithmiques : ils optimisent l'engagement mais pas l'exactitude. On est tous humain, alors forcément un titre alarmiste battra toujours un article de qualité sobre et bien sourcé. L'algo se contrefout royalement de respecter les 3 neurones qui vous restent... ^^
Mais Discover a quand même un truc pas con ! En fait depuis fin de l'année dernière, Google permet de suivre directement des éditeurs sur le réseau, un peu comme un flux RSS mais sans lecteur à installer ni boîte mail à gérer. Suffit de cliquer sur un bouton et hop, les articles de vos sources préférées remontent en priorité dans votre feed Google Discover !
Par exemple, si vous voulez voir les articles de Korben.info apparaître dans votre flux (de la vraie tech, sourcée, sans moustaches ni taxes pizza), c'est par là, il suffit d'aller sur mon profil Google Discover et de cliquer sur le bouton "Suivre sur Google".
Et comme ça, une fois abonné, mes publications remonteront directement dans votre Discover. Perso, je trouve ça pas mal du tout comme système.
Bref, si vous ne voulez pas que votre téléphone vous apprenne demain que les chats seront bientôt recensés comme « animaux de surveillance passive » par un nouveau décret gouvernemental, pensez à bien choisir vos sources !
Et pour trouver les liens de vos médias préférés, vous pouvez passer par cet outil de Julien .
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