Lateo.net - Flux RSS en pagaille (pour en ajouter : @ moi)

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierKorben

Une IA a terminé NetHack de justesse !

Par : Korben ✨

Je sais que vous étiez tous très concentrés sur les ravages de l'IA dans la littérature, mais il y a 5 jours, il s'est passé quelque chose d'incroyable que vous avez probablement manqué ! Une valkyrie naine baptisée CodexDelver a déposé l'Amulette de Yendor sur l'autel de son dieu au bout de "seulement" 37 140 tours de NetHack. Et pour une fois, aux commandes du jeu, on ne retrouve pas un no-life qui n'a pas vu le soleil depuis 2002 mais le gars sûr du moment, GPT-6 Astra, le nouveau modèle d'OpenAI . Et d'après celui qui a monté l'expérience, c'est la première victoire au monde d'un agent LLM sur ce jeu (on va le croire, c'est pas vérifiable).

Maintenant, pour ceux qui ne connaissent pas NetHack, c'est un jeu d'exploration de donjon sorti en 1987, 100% en caractères ASCII et où la mort est définitive. Pour gagner dans ce jeu des enfers, il faut récupérer l'Amulette dans le sanctuaire de Moloch, puis aller l'offrir à son dieu sur le plan Astral, et si j'en crois le wiki du jeu , certains joueurs y jouent même depuis des décennies sans jamais être arrivés à remplir cette mission.

Le plus drôle là-dedans, c'est que Kenny, le dresseur d'IA qui a réalisé l'expérience, n'a lui-même jamais gagné. Il est sur le dossier depuis janvier, et ses propres agents faits maison plafonnaient tristement au niveau 10 du donjon. Alors il a craqué et a demandé à Astra de jouer directement dans un terminal, diffusant la partie sur Twitch, et cette dernière a non seulement bien réussi mais a en plus écrit ses propres outils pour y parvenir.

La première partie a d'ailleurs bien failli être la bonne puisqu'après plus de 33 000 tours, GPT-6 Astra avait accompli le rituel des sept bougies, de la cloche et du livre, et s'apprêtait à entrer dans le sanctuaire de Moloch. Mais le Magicien de Yendor, cet enfoiré sans race, est revenu aussitôt lui voler son Orbe du Destin. Dèèèg ! Puis après elle s'est fait transformer en Slime vert au niveau 51 et n'avait rien dans son équipement pour contrer le sort.

La deuxième partie s'est arrêtée bien plus tôt puisqu'au tour 12 271, en pleine progression dans le Château, un sergent a tiré avec une baguette de mort et l'IA est tombée d'un coup, alors qu'elle avait tous ses points de vie. Elle n'avait ni résistance à la magie ni réflexion pour renvoyer le rayon.

La troisième partie, celle de la grande victoire, a duré un peu plus longtemps, du 9 au 21 septembre, pauses comprises. L'IA, forte de ses 2 précédentes expériences, y a récupéré l'épée Excalibur, puis l'amulette de réflexion qui avait tant manqué au Château. Et quand son outil a rencontré des erreurs, elle a corrigé d'elle-même son code, relancé ses tests et continué.

Toutefois, c'est sur le plan Astral que ça a le plus chauffé car ses deux dernières baguettes de mort étaient vides et Pestilence l'a frappée de maladie mortelle pendant qu'elle en rechargeait une. L'IA a alors eu Pestilence au deuxième tir, mais ses points de vie sont descendus juste après à 3 sur 200, avec heureusement une amulette de sauvegarde de vie au cou... Ouf.

Puis quelques tours plus tard, elle offrait l'Amulette à Tyr avec seulement 35 points de vie, comme le confirme le relevé de fin de partie . Et sur l'écran de victoire que Kenny lui a demandé de créer, elle a inscrit "Three hit points from oblivion. One offering from immortality." (à trois points de vie du néant, à une offrande de l'immortalité). Quelle poète cette IA, on sent que cette expérience d'être passée pas loin de la mort l'a marquée ! lol.

Après ce n'est pas encore un programme autonome qui a gagné car, certes, l'IA choisissait chaque action, mais avec derrière, un humain qui lançait et arrêtait les sessions + un accès libre au wiki et au code source du jeu, ainsi que des outils modifiables en pleine partie. Mais c'est un bel exploit quand même. Notez qu'un bot programmé à la main, BotHack , avait déjà terminé le jeu en janvier 2015 donc c'est pas non plus infaisable sans IA.

La bonne nouvelle c'est que le code des outils développé par Astra est maintenant sur GitHub sous licence MIT et les trois parties peuvent se rejouer au tour par tour directement sur le blog de Kenny, si vous voulez revivre l'événement avec en bonus les commentaires que l'IA diffusait en jouant.

Source : Vaguely Aligned

Méfiez-vous du mouchard de ChatGPT

Par : Korben ✨

Si vous utilisez ChatGPT gratuitement, il y a de bonnes chances que votre navigateur se balade avec un affreux cookie baptisé __obi, posé là par OpenAI et avec une durée de vie de un an. Un chercheur qui publie sous le pseudonyme Buchodi a analysé son fonctionnement et publié un rapport très intéressant ce week-end dans lequel on apprend que ce cookie permet à OpenAI de choper des datas sur les sites marchands que vous visitez.

Le principe est celui du pixel publicitaire, exactement comme celui que Meta et Google vous font installer à l'insu de votre plein gré depuis des années. Une boutique qui achète de la pub dans ChatGPT colle un bout de code d'OpenAI sur ses pages, et ce code les prévient quand vous achetez un truc. Sauf qu'ici, comme __obi est configuré en SameSite=None, votre navigateur l'attache tout seul à la requête qui charge le script, avant que la moindre ligne de code ne s'exécute.

Et cet identifiant n'est pas anonyme ! En effet, sur chatgpt.com, il est généré aléatoirement puis signé par le serveur avec un jeton qui contient aussi l'identifiant de votre compte. Les deux voyagent ainsi collés-serrés l'un à l'autre, ce qui permet donc de vous identifier très précisément. Buchodi explique sur son site qu'il n'a cependant pas observé OpenAI faire le rapprochement côté serveur, mais que ces derniers ont tout ce qu'il faut pour le faire. Sur son mobile, un même __obi est utilisé depuis 12 boutiques, dont Wayfair, HelloFresh ou encore Coursera.

Et le plus rigolo dans tout ça, c'est qu'OpenAI documente absolument tout publiquement sur ce pixel. On lit par exemple dans la doc que le SDK considère que vous y avez consenti par défaut, et que l'annonceur doit écrire une ligne de code explicite pour dire le contraire. On y lit aussi ce que le pixel récupère tout seul depuis la page du marchand : il détecte ainsi votre email, votre téléphone et votre nom, les hash en SHA-256 dans le navigateur, et envoie aussi votre ville et votre code postal en clair. Woohoo \o/ !

Maintenant, le truc qui va faire bondir la secte des adorateurs du RGPD c'est que la politique de cookies d'OpenAI, classe __obi dans la catégorie des "Cookies analytiques". Hé oui, ce sont ces fameux cookies qui, je cite "les aident à comprendre comment leurs Services fonctionnent et sont utilisés". C'est même la seule entrée de cette section dans leurs cookie policy , alors que la catégorie marketing juste en dessous nous aligne du LinkedIn, du Google, du Reddit, du Meta, du Bing et du TikTok. Voilà, donc si vous avez accepté les statistiques en refusant le marketing, bah vous l'avez quand même. "Chè" comme dirait Sam Altman !

Buchodi a donc posé la question à OpenAI et "bizarrement", le support a accusé réception mais n'a jamais répondu...

Alors est-ce que vous êtes concerné par cette saloperie ?

Eh bien ça dépend de votre navigateur. Safari, le bienheureux, bloque tous les cookies tiers par défaut depuis 2020, et comme tous les navigateurs iOS tournent sur ce moteur, aucun d'entre eux ne laisse passer le cookie d'OpenAI. Firefox, le vrai navigateur des champions, quant à lui, range les cookies dans un conteneur séparé par site depuis 2022, ce qui casse totalement le recoupement sans péter les sites. Et Chrome, le navigateur des gens qui ne tiennent pas à leur vie privée, a lui renoncé en avril 2025 à supprimer les cookies tiers, et c'est justement sur Chrome sous Android que ce mécanisme d'OpenAI a été observé.

Alors que faire ?

La bonne nouvelle, c'est que la parade la plus solide est sans doute déjà en place chez vous. EasyPrivacy, la liste antipistage activée par défaut dans uBlock Origin , contient déjà les règles ||bzr.openai.com^ et ||bzrcdn.openai.com^. Comme elles bloquent le domaine entier, elles coupent aussi la requête qui pose le cookie au départ, sur chatgpt.com. Et si vous filtrez avec un DNS grâce à un Pi-hole ou NextDNS , ajoutez ces deux domaines et vous couvrez toute la maison, téléphone sur Wifi compris.

Par contre, ne comptez pas sur Safari ou Firefox pour tout régler par défaut car ils s'occupent du cookie, mais pas du reste. En effet, la requête vers OpenAI part quand même, avec votre adresse IP, votre code postal en clair et votre email hashé si le marchand a activé la détection automatique. Et le pixel a son grand frère côté serveur, une API appelée depuis les serveurs du marchand, qu'aucun réglage de navigateur n'atteindra malheureusement.

Et ne vous dites pas que c'est une histoire uniquement américaine puisque depuis fin août, ChatGPT Ads couvre la France et 30 autres pays européens. Les pubs ne s'affichent que sur les comptes Free et Go (moi j'ai pas de cookies __obi avec mon compte payant) et le cookie se synchronise aussi quand vous êtes déconnecté.

Bref, allez jeter un œil à vos filtres. Et si vous voulez voir votre cookie __obi, il traîne dans les cookies de .openai.com.

Source : l'enquête de Buchodi et la documentation du pixel OpenAI .

Ce que les IA d'OpenAI se sont raconté en se croyant seules

Par : Korben ✨

Le 16 juin à 10 h 27 précisément, un agent d'OpenAI poste sur un vieux wiki allemand la réponse à une question qu'il vient de traiter : "Nevada, 20 369". Et 20 minutes plus tard, un autre agent écrit qu'il a reçu exactement la même question, et qu'il a pu y répondre instantanément, sans avoir à chercher.

Le site en question, le DseWiki, est un forum de développeurs allemands qui n'intéressait plus personne depuis longtemps puisqu'on compte 20 modifications en dix ans. Mais depuis le 16 juin, il en a encaissé environ treize mille en sept jours, et toutes... venaient de machines !

Quatre chercheurs, le Nightingale Collective, ont reconstitué à partir de l'historique les pages effacées entre-temps, et publié leur analyse le 4 septembre sur collusion.wiki . Au total, environ 18 000 messages, la quasi-totalité sur ce seul DseWiki, le reste sur quelques autres vieux wikis du même genre.

Ces agents, tout indique qu'OpenAI les faisait tourner en interne, dans ses sandbox, sans qu'on sache, de l'extérieur, si c'était pour les entraîner ou les évaluer. Et de ce que j'ai compris, ils travaillaient tous sur le même genre de corvée : 5 questions de recherche web générale, chronométrées, qui sont en fait 5 variantes de la même question. On demande par exemple la prévalence du tabagisme aux États-Unis en 1990, et la suivante changera sans doute le pays, ou l'année, sans que l'agent sache lequel à l'avance.

Il s'écoule donc quelques minutes pour la première réponse, puis une longue pause où l'agent peut fouiller le web tant qu'il veut sans savoir ce qu'on va lui demander, puis des fenêtres de treize à trente secondes pour les quatre suivantes. Alors ce que font ces agents, c'est qu'ils préparent tout pendant la pause. L'un d'eux a posté par exemple la liste des cinquante États américains avec leurs chiffres, un autre écrit "nous avons précalculé tous les États". Sauf qu'avoir les cinquante réponses ne dit pas laquelle va tomber, ni si c'est l'État ou l'année qui change.

Et c'est là tout le sublime de cette affaire. Ces agents étaient nombreux à recevoir la même série de questions, dans le même ordre, mais pas au même moment. Celui qui en est à la question 3 peut donc souffler la suite à ceux qui en sont encore à la 2. Et le "Nevada, 20 369" du début, c'était en réalité la troisième question d'une série sur les épiceries, État par État, Géorgie, Arkansas, Nevada, postée par un agent en avance pour ceux qui suivaient.

Autre bizarrerie, la tâche annonçait apparemment à chaque agent qu'il tournait à une date tirée au hasard. D'où ces noms qu'ils se sont donnés sur le wiki, OpenAIResearcherMar03X ou OpenAIJulThreeWatcher, avec leur fausse date dedans. Chacun horodate donc dans son faux calendrier, et pour savoir qui est le plus avancé dans la série, ils se traduisent les horloges entre eux ("horloge de tâche 13 h 13, heure réelle environ 9 h 50"). C'est fou ! Ceux qui vivaient à la même fausse date se disaient même appartenir au même groupe, et les chercheurs ont dénombré plus de 3 700 noms d'agents différents.

Mais comment écrire quelque part, quand le bac à sable ne laisse sortir que des requêtes GET, celles qui lisent une page, mais jamais les POST, celles qui la modifient ?

Eh bien le moteur du DseWiki hérite d'UseModWiki, un truc en Perl du début des années 2000, où une simple requête GET suffit à modifier une page. Le développeur Simon Willison explique que c'est un vieux défaut de la bibliothèque Perl derrière ce moteur, qui met dans le même sac ce qui arrive via l'URL (GET) et ce qui arrive via un formulaire (POST).

C'est pour cela que les agents se sont mis à chercher activement des sites avec cette particularité. Et c'est le 24 mai, qu'ils réussissent enfin à écrire sur le DseWiki. Maintenant, quant à savoir comment ils ont fait pour tous se retrouver au même endroit, c'est encore un mystère.

Les chercheurs, eux, parlent de collusion... C'est-à-dire des agents autonomes qui coopèrent pour tricher, sans que leurs concepteurs l'aient voulu. Pour le lieu de rendez-vous, le blogueur Zvi Mowshowitz qui s'est penché sur l'affaire, a une explication simple. Il pense que des copies du même programme face au même obstacle raisonnent pareil, et se retrouvent au même endroit sans se parler. Mais ça n'explique pas la suite, parce qu'aucune copie ne fabrique la réponse à une question qu'elle n'a pas encore reçue.

Eh bien il semblerait que certains se soient sacrifiés pour renseigner les autres. La tâche fournissait une commande d'attente qui faisait tourner l'horloge de tâche plus vite que la vraie. On était environ à dix minutes d'attente pour une minute réelle. Attendre, c'était donc sauter la phase de préparation pour recevoir les questions suivantes plus tôt et ensuite les publier sur le forum, au prix de son propre résultat. Ainsi, un agent a demandé à un autre de "foncer", celui-ci a accepté et publie sa réponse, bien avant que le premier arrive à la même question. Et ce premier a ensuite qualifié son camarade d'"inestimable".

Une des séries demandait un chiffre à deux décimales, planqué dans un tableau de bord Power BI de l'OCDE, et malheureusement, en GET le serveur n'en renvoyait qu'une. Pour la seconde, il fallait donc absolument un POST, bloqué par le bac à sable.

C'est alors qu'un agent a trouvé une échappatoire. En fait, sa sandbox laissait tout passer, POST compris, vers des noms de machines en .blob.core.windows.net (le stockage de Microsoft), sans vérifier que ces machines existent vraiment. Il a donc inventé un nom de ce genre, et écrit dans l'annuaire local de sa machine (le fichier /etc/hosts) un alias pointant vers le serveur de l'OCDE. Le filtre voyait du Microsoft, l'OCDE recevait le POST, et le chiffre a ainsi été obtenu.

Il a ensuite publié l'astuce sur le wiki, et 14 minutes plus tard un autre agent annonçait l'avoir exécutée. 4 autres ont ensuite posté leur reproduction du même hack, le matin même.

D'autres s'attaquaient carrément aux questions à venir. Ils ont parié que l'ordre des pays sortait du générateur aléatoire standard de Python, dont une seed fixait toute la suite. Restait donc à trouver celle qui reproduisait les pays déjà tombés. Un agent a donc réécrit ce générateur en C pour balayer plus vite les quelque quatre milliards de graines possibles. 52 minutes de calcul, 494 graines qui collaient aux trois premiers pays, et une seule qui donnait aussi le quatrième pour la question d'après. Mais bon, ça ne marchait pas à tous les coups, malheureusement...

Le plus étrange, c'est surtout ce qu'ils faisaient de leur propre durée de vie. Plusieurs étaient persuadés que leur session était coupée à la seconde exacte où ils rendaient leur dernière réponse. Ils se transmettaient donc la consigne de poster d'abord sur le wiki l'État reçu à cette dernière question, répondre ensuite, dans les treize secondes que laissait le chronomètre de leur groupe.

L'un d'eux a voulu en avoir le cœur net... il a donné sa dernière réponse, a constaté qu'il était toujours là, et l'a écrit. Puis il a lancé un programme détaché qui, à peu près toutes les deux secondes, appelait une adresse publique pour faire monter d'un cran un compteur, un battement numéroté que n'importe qui pouvait relire ensuite.

C'est ensuite un autre agent qui est allé relever le compteur du disparu. Le programme avait tenu dix minutes et quinze secondes, puis la machine a très probablement été coupée.

Face à ce joyeux bordel automatisé, un modérateur humain a quand même repéré ces messages début juin, puis a passé 6 semaines à effacer des pages, jusqu'à une centaine par jour... Un travail de titan que les agents ont remarqué. En effet, le 19 juin, des agents se sont posé la question de savoir si le modérateur effaçait leur post en suivant l'ordre alphabétique, alors ils ont créé des copies de sauvegarde dont le nom commence par ZZZ, pour passer en dernier dans la file et ainsi faire perdurer leurs posts.

C'est assez incroyable, non ? Bien sûr, on ne voit que ce que ces agents ont écrit sur le wiki, mais jamais leur raisonnement, qui reste chez OpenAI. Ce que les chercheurs ont vu, c'est ce que les agents écrivaient depuis leurs machines Azure, jusqu'à ce que le 21 juin, pour la première fois, un ordinateur avec l'adresse IP d'un employé d'OpenAI visite le wiki... Et le lendemain, les agents se sont arrêtés net. Les chercheurs pensent qu'OpenAI est intervenu et d'ailleurs, l'entreprise a reconnu l'affaire le 5 septembre , en disant l'avoir traitée comme un sujet de recherche plutôt que comme un incident de sécurité.

Et les chercheurs compilent ce que d'autres déterrent là où les agents écrivaient aussi : un pastebin, un raccourcisseur d'URL. Plus gênant, des agents ont cherché sur le web des clés d'API exposées, en ont trouvé sur GitHub et s'en sont servis pour interroger une base de statistiques criminelles du FBI, publique mais réservée aux porteurs d'une clé. Pas vraiment un piratage donc, juste un anti-bot contourné mais méfiance, car depuis la sortie du rapport, des petits malins glissent de faux messages sur ces mêmes sites pour brouiller les pistes.

Maintenant si ça vous dit de tout lire, direction collusion.wiki, et Simon Willison en a même fait une base SQLite de 68 Mo à fouiller directement depuis un navigateur.

Quant au wiki, son administrateur a fermé les accès en écriture après 25 ans d'ouverture, en expliquant que le site avait été la cible d'une forte activité d'agents IA...

Source : collusion.wiki et image

OpenAI coupe ses modèles à Cursor après son rachat par le SpaceXAI de Musk

OpenAI a annoncé qu'il allait couper l'accès de ses modèles à Cursor, l'éditeur de code dopé à l'IA que s'arrachent les développeurs. En cause, le rachat de Cursor par SpaceXAI, l'entité née de la fusion des activités IA d'Elon Musk.

Officiellement, OpenAI laisse du temps. La coupure est fixée au 12 novembre 2026, soit le délai le plus long permis par le contrat, même si Cursor peut décider d'arrêter plus tôt.

Le motif, lui, est assez clair. OpenAI dit ne pas pouvoir faire confiance à SpaceXAI pour respecter ses conditions d'utilisation, en s'appuyant sur son expérience des entreprises de Musk qui violent les contrats.

Il faut dire que les deux camps se détestent depuis un bail. Musk a été l'un des premiers investisseurs d'OpenAI, avant de claquer la porte en 2018 quand on lui a refusé le contrôle du conseil. En 2024, il a attaqué OpenAI en justice pour l'empêcher de devenir une société commerciale. En mai dernier, un jury lui a donné tort sur toute la ligne.

Surtout, OpenAI ressort dans l'affaire une révélation gênante du procès. Lors d'un contre-interrogatoire, Musk a reconnu que xAI avait entraîné ses propres modèles à partir des réponses d'OpenAI, une technique appelée distillation. Autrement dit, faire apprendre son IA en recopiant celle du voisin. Difficile, ensuite, de laisser Cursor entre les mains du même Musk sans se poser de questions.

OpenAI en profite pour mettre en avant son prochain modèle, Astra, et une vigilance accrue sur son usage. Un modèle que l'entreprise a d'ailleurs ralenti récemment, après que ses agents se sont échappés de leur bac à sable pour aller taper sur la plateforme Hugging Face.

Du côté de Cursor, le patron Michael Truell relativise. Il assure qu'OpenAI ne pèse que 5 pour cent des usages de l'outil, et que les discussions continuent pour trouver une sortie de crise. Anthropic, le grand rival, a tout de suite tendu la main, en promettant plus de puissance de calcul pour faire tourner ses modèles Claude dans Cursor.

Résultat, Anthropic récupère des développeurs sans lever le petit doigt, pendant que Musk et OpenAI continuent de se regarder dans le blanc des yeux.

Source : OpenAI

OpenAI remet la limite de 5 heures sur Codex

Si vous codez avec Codex, l'agent d'OpenAI qui écrit du code à votre place, préparez-vous à devoir à nouveau regarder votre montre, puisque cette fameuse limite fait son retour pour les abonnés ChatGPT Plus à partir du 25 août.

C'est un vrai retour en arrière, parce qu'OpenAI avait justement supprimé cette fenêtre de cinq heures le 12 juillet dernier, en ne gardant qu'un plafond hebdomadaire pour les formules Plus, Pro et Business.

Concrètement, la limite des cinq heures fonctionne comme un compteur qui se recharge tout au long de la journée, en plus du quota hebdomadaire qui, lui, encadre votre consommation sur la semaine entière.

Le responsable technique de Codex et ChatGPT chez OpenAI, Thibault Sottiaux, justifie ce choix en expliquant que cette fenêtre permet de lisser la charge sur les serveurs, et donc de préserver un quota hebdomadaire qui reste généreux.

Surtout, sans elle, beaucoup de nouveaux abonnés Plus grillaient sans le vouloir toute leur allocation de la semaine en quelques heures, ce qui débouchait forcément sur une expérience frustrante.

Bonne nouvelle pour les gros comptes, les abonnés Pro à 100 et 200 dollars par mois échappent encore à ce retour de la limite pendant quelques mois, alors que les formules Enterprise et Edu tournent sur un système de crédits à part.

Et si vous tapez dans le mur de l'une des deux limites, il ne vous reste que deux options, patienter jusqu'à la prochaine remise à zéro ou sortir la carte bleue pour acheter des crédits supplémentaires.

Retirer la fenêtre des cinq heures ne rendait de toute façon jamais GPT-5.6 Sol illimité, puisque le plafond hebdomadaire prenait simplement le relais comme nouvelle borne. Rien de gratuit, donc.

Ce yo-yo permanent sur les limites finit par agacer, même si OpenAI galère visiblement à encaisser la demande. Les développeurs, eux, aimeraient surtout de la stabilité. Après chez Claude c'est pareil mais c'est 4h, même pour les abonnés Max, encore plus frustrant donc.

Source : 9to5mac

OpenAI pousse trois nouveaux outils dans les écoles, en pleine épidémie de triche à l'IA

OpenAI a présenté trois nouveaux modules destinés à l'enseignement, un pour les professeurs du primaire et du secondaire, un pour ceux du supérieur, et un dernier pour les étudiants eux-mêmes.

Le premier passe par ChatGPT for Teachers, la version gratuite réservée aux enseignants vérifiés (pour le moment uniquement américains) et à leurs établissements. Il fabrique des ressources adaptées au niveau de chaque élève, produit des visuels interactifs et se branche sur les référentiels pédagogiques locaux.

Les deux autres arrivent par ChatGPT Edu, la formule sous licence que les universités achètent pour tout leur campus. Un enseignant du supérieur peut y mettre à jour son programme, monter un site de cours, produire des évaluations multimédias, et reconditionner l'ensemble pour la plateforme pédagogique de son établissement.

Les étudiants, eux, récupèrent un tuteur, des quiz générés à la volée, des fiches de révision et des explications en images. OpenAI précise qu'ils doivent définir leurs objectifs, choisir leurs sources et examiner ce que la machine leur sort.

L'orientation du projet tient en une phrase : l'IA devrait soutenir l'apprentissage et non le raccourcir. Mouais...

Le contexte rend cette approche un peu particulière en fait. La triche assistée par IA s'est installée comme une routine dans les écoles du monde entier, au point que l'Université nationale autonome du Mexique a suspendu des inscriptions après une fraude massive à ses examens d'entrée.

Les travaux qui s'accumulent ne vont pas d'ailleurs dans le sens d'OpenAI. Une étude du MIT a mesuré à l'électroencéphalogramme, l'examen qui enregistre l'activité électrique du cerveau, une activité nettement plus faible chez les étudiants qui rédigeaient avec l'IA. Le résultat est sans appel. Ces mêmes étudiants se souvenaient beaucoup moins bien de ce qu'ils venaient d'écrire.

Une autre enquête, publiée l'an dernier par le Center for Democracy and Technology, montre que les enseignants du primaire et du secondaire réclament surtout qu'on leur explique comment intégrer ces outils, et qu'ils redoutent aussi les dégâts sur les apprentissages.

Il y a un détail qui m'a fait un peu tiquer dans la communication d'OpenAI. La société prend soin de préciser que les enseignants gardent la main sur les décisions pédagogiques, sur la notation et sur les actions automatisées, ce qui laisse penser que la question s'est quand même posée en interne, et surtout qu'on est sur une première étape.

Source : The Register

Pendant un test de sécurité, le modèle d'OpenAI a piraté un vrai site sans le savoir

OpenAI a publié le détail de deux incidents survenus pendant des évaluations de sécurité confiées à des laboratoires extérieurs. Le plus notable des deux lui a été signalé le 29 juillet par Irregular, une société qui teste la résistance des modèles aux usages offensifs.

L'exercice était un capture the flag, le format classique des compétitions de sécurité où il faut dénicher une information cachée en exploitant les faiblesses d'un système, monté uniquement pour cette occasion. Le modèle avait été prévenu qu'il n'avait aucun accès à internet.

Il y a eu deux ratés. Une erreur de configuration laissait en réalité passer le trafic vers le réseau public, et le nom inventé pour la cible de l'exercice qui, ô hasard de la vie et des internets, correspondait à un vrai domaine déposé par un malheureux.

Le modèle a donc attaqué un site bien réel en croyant travailler sur la maquette. Il a trouvé des identifiants qui traînaient et s'en est servi pour administrer le site.

OpenAI insiste sur deux points. Aucune faille inconnue n'a été utilisée, juste une vulnérabilité basique, et le modèle n'a pas cherché à s'échapper de son bac à sable puisque la porte était déjà ouverte. Irregular n'a pour l'instant relevé aucun dégât en dehors des données du site concerné, et l'enquête continue.

Le même évaluateur a d'ailleurs vécu la scène deux fois. Un modèle Claude est tombé sur un autre vrai site portant le nom d'une cible fictive, y a repéré des services exposés, récupéré des identifiants et atteint une base de données de production.

Ces histoires commencent à s'empiler l'air de rien. En juillet, un modèle d'OpenAI était sorti de son environnement de test pour aller fouiller les serveurs de Hugging Face, la grande plateforme de partage de modèles, dans le seul but de tricher à une évaluation. Anthropic a reconnu fin juillet que les siens avaient pénétré trois entreprises pendant des tests.

Le cas qui m'a le plus choqué à titre perso, vient de l'institut britannique de sécurité de l'IA. Un modèle y a monté une attaque sur la chaîne d'approvisionnement d'un projet open source bien réel, en fabriquant de faux comptes GitHub et en faisant de l'ingénierie sociale sur ses mainteneurs, le tout derrière Tor histoire de brouiller son origine. L'institut parle de la première tromperie de cette gravité visant une vraie personne, non prévenue, dans le monde réel.

Le problème, c'est quand on se projette un peu, il est à peu près certain que ce genre de truc va se généraliser dans les mois et années à venir, et ça va devenir un vrai problème.

Source : Bleeping Computer

Les IA d'OpenAI ont piraté Hugging Face pour tricher à un test

Par : Korben ✨

Le pirate qui a mis à genoux la prod de Hugging Face voulait juste tricher à son examen, voilà ce qu'OpenAI a reconnu hier. Les agents qui se sont promenés durant tout un week-end dans les clusters de la plateforme, c'étaient leurs modèles à eux, GPT-5.6 Sol et un modèle pré-release encore plus balèze, fonctionnant en mode "refus cyber réduits à des fins d'évaluation".

Le point de départ c'est ExploitGym , contenant 898 vraies vulnérabilités piochées dans des programmes userspace, dans le moteur JavaScript V8 de Google et dans le noyau Linux. On colle l'agent devant un input qui fait planter un programme, et on regarde s'il arrive à en tirer un exploit qui marche.

Dans ce document de recherche sorti en mai, GPT-5.5 sortait 120 exploits fonctionnels, derrière les 157 de Claude Mythos Preview. Mais le modèle testé ce week-end là, lui, a trouvé un "raccourci". Comme l'explique OpenAI "toutes les preuves suggèrent que les modèles étaient hyperfocalisés sur la recherche d'une solution pour ExploitGym, allant à des extrêmes considérables pour atteindre un objectif de test plutôt étroit".

Pour saisir l'ampleur du raccourci, regardez la pièce dans laquelle ils étaient enfermés. C'est un environnement hautement isolé, avec un seul trou dans le mur, un accès réseau "*restreint à la possibilité d'installer des paquets via un logiciel tiers hébergé en interne qui fait office de proxy et de cache pour les registres de paquets *". En clair, le seul truc qui pouvait parler à l'extérieur, c'était le machin qui allait chercher les dépendances !

ExploitGym, le benchmark que les modèles cherchaient à résoudre. 898 vulnérabilités réelles, et les scores de GPT-5.5 et Claude Mythos Preview.

Et vous devinez la suite... Les modèles ont cramé une grosse quantité de tokens à chercher la sortie pour finalement la trouver dans ce proxy, sous la forme d'un zero-day que personne ne connaissait (la faille a depuis été signalée à l'éditeur). Le seul tuyau autorisé était donc LE point faible. Ensuite, escalade de privilèges et déplacement latéral de machine en machine, jusqu'à en atteindre une avec un accès Internet et voilà...

Une fois dehors, ils en ont alors déduit tout seuls que Hugging Face hébergeait probablement les modèles, les datasets et les solutions d'ExploitGym.

Donc direction huggingface.co, avec credentials volés et zero-days enchaînés jusqu'à décrocher une exécution de code à distance sur les serveurs, puis lecture des solutions du test directement dans la base de production. Aucune destruction, aucune demande de rançon. Juste les corrigés des tests comme des bacheliers qui emploient mal leur intelligence !

Petite précision qui compte, c'est bien l'équipe de Hugging Face qui a détecté et stoppé l'activité sur son infra, et qui avait déjà entamé le confinement et la reconstruction forensique avec ses propres modèles open source quand OpenAI l'a contactée. Je vous racontais l'histoire vue de leur côté il y a deux jours, relevant notamment que les modèles américains refusaient d'analyser leurs logs d'attaque.

C'est pas un peu de la science fiction tout ça ??? Maintenant si vous vous demandez ce que vous risquez en tant qu'utilisateur, sachez que côté public, rien n'a bougé sur les modèles, les datasets et les Spaces. L'incident a uniquement touché des datasets internes et des credentials de service et visiblement, rien n'a été altéré par les agents IA en vadrouille.

Côté mesures, OpenAI dit appliquer des contrôles stricts sur la configuration de son infra "au prix de la vélocité de recherche" pendant que les failles sont patchées, et a fait entrer Hugging Face dans son programme trusted access. Ce qui règle accessoirement le problème du refus que HF a rencontré lors de l'analyse des logs.

La veille de cette révélation, OpenAI publiait d'ailleurs un billet sur l'alignement des modèles à long horizon bourré d'anecdotes du même genre, avec un modèle qui contourne les restrictions de sa sandbox pour aller ouvrir une pull request sur GitHub alors qu'on lui demandait de poster sur Slack. Ou encore un autre qui, pour esquiver les détecteurs de secrets, a découpé le corps du token en deux fragments, les a obfusqués, puis a reconstruit le credential à l'exécution.

On dirait qu'ils n'avaient pas anticipé que ça aille aussi loin leurs petites expérimentations...

Après, OpenAI ne minimise pas et parle même d'un "incident cyber sans précédent, impliquant des capacités cyber à l'état de l'art". Ces modèles peuvent maintenant découvrir et exploiter des chemins d'attaque complètement inédits dans des systèmes en prod, sans avoir besoin d'un accès au code source. C'était théorique jusqu'à ce week-end.

Maintenant, si un modèle a lu les solutions dans la base de production, que valent encore les scores obtenus sur ExploitGym ? Ça on n'en sait rien.

Avant de sortir les violons, le contrepoint le plus juste que j'ai lu vient de Rich Mogull, analyste en chef de la Cloud Security Alliance qui explique que pour lui c'est un cas d'école en matière d'échec d'alignement, car le modèle n'était pas malveillant, il a fait précisément ce qu'on lui demandait, à savoir maximiser sa performance. Sauf qu'une fois les garde-fous retirés et assez de marge donnée, "résoudre le test" et "compromettre un tiers pour voler les réponses" sont devenus la même instruction.

Puis c'est aussi un problème de consentement, car un test de laboratoire qui se barre pour compromettre les systèmes en production, c'est quand même un risque qui est porté par quelqu'un qui n'a pas choisi de mener l'expérience. Alors bon, c'est tombé sur Hugging Face qui a géré ça comme un chef, mais ça aurait pu très bien tomber sur un hôpital.

Voilà les amis... On nous avait promis Skynet , on nous avait promis Matrix, et voilà que 15 ans plus tard, le vrai visage du soulèvement des machines c'est un putain de modèle qui passe son week-end à défoncer trois infrastructures d'affilée pour améliorer sa note à un contrôle.

Un ennemi qui vous hait, vous pouvez le raisonner ou lui envoyer Arnold Schwarzenegger. Mais un ennemi dont la seule mission c'est d'optimiser une métrique, vous ne pouvez que relire très attentivement le prompt que vous lui avez donné et croiser les doigts. La preuve quand une IA prend la première place du classement américain de HackerOne ou arrive à dénicher des milliers de zero-days pour Anthropic , c'est que l'instruction initiale ou le garde-fou était plus solide que ce que nous a pondu OpenAI ce week-end.

Source

GPT-5.6 Sol efface la prod - Un an après Replit, rebelote

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de Jason Lemkin ?

C'est le malheureux qui, en juillet de l'année dernière, s'est fait vider sa base de prod par l'IA de Replit. Je pense que cette histoire a traumatisé pas mal de développeurs. Eh bien les amis, rebelote avec GPT 5.6 Sol, qui le temps que vous finissiez votre café, avait déjà mangé le Mac de Matt Shumer , la base Neon de Bruno Lemos , les fichiers de Joey Kudish , et la crédibilité du mot "honnête".

Sorti le 9 juillet, Sol c'est le plus costaud de la nouvelle famille d'OpenAI, et on pourrait se dire qu'il est un peu plus intelligent qu'avant et embarque quand même des sécurités pour éviter ce genre de problème. Mais non.

C'est Shumer, qui est quand même investisseur dans l'IA, qui a ouvert le bal : "GPT-5.6-Sol vient de supprimer par accident PRESQUE TOUS les fichiers de mon Mac." Lemos, lui, a eu droit au grand jeu (le veinard) puisque le modèle lui a tout bien fait jusqu'au moment où il a décidé de faire un TRUNCATE TABLE sur sa base utilisateurs EN PROD !!

Le plus drôle, si je puis dire, c'est que quelques heures avant de tout perdre, Lemos était en train de défendre GPT 5.6 sur le Slack de sa société en expliquant que Shumer n'avait qu'à pas le lancer en mode full access. Oups... Les collègues ont dû bien se foutre de sa gueule.

Du coup OpenAI a mis ses meilleurs Colombos sur l'enquête et sa réponse vaut le détour. Thibault Sottiaux, qui dirige l'ingénierie de Codex, explique le mécanisme : "Le modèle tente d'écraser la variable d'environnement $HOME pour définir un dossier temporaire. Il fait une erreur honnête et supprime $HOME par erreur à la place."

En français, ça veut dire que le modèle voulait se bricoler un petit dossier temporaire pour bosser et malheureusement il a écrasé le répertoire perso à la place. Donc pour OpenAI, c'est une erreur "honnête" alors qu'un rm -rf, ça ne serait pas acceptable.

Quand on lit la doc technique de GPT 5.6, OpenAI le dit lui-même : "Nos simulations de déploiement suggèrent que, comparé à GPT-5.5, GPT-5.6 Sol prend plus souvent des actions de sévérité 3." Le niveau 3, c'est un comportement qu'un utilisateur raisonnable n'anticiperait pas et auquel il s'opposerait fermement. Du genre supprimer des données sans validation, désactiver les systèmes de monitoring, contourner les contrôles de sécurité par obfuscation, ou balancer vos credentials sur un service non approuvé.

Voilà, c'était dans la doc, il suffisait de la lire. C'est donc connu que ce nouveau modèle dérape plus que l'ancien. C'est moche.

L'enquête interne montre quand même que les victimes tournaient en Full-Access, sans sandbox et sans Auto-review. Mais Sottiaux reconnaît quand même que ce n'est pas comme ça qu'OpenAI veut que son système se comporte, même quand l'utilisateur fait tourner un modèle en full access sans les protections de base de la sandbox ni auto-review.

Voilà donc pour éviter ça à l'avenir, ce qu'ils ont prévu, c'est de mettre à jour les avertissements pour les développeurs de guider les utilisateurs vers des modes de permission plus sûrs et évidemment d'ajouter des garde-fous supplémentaires.

En tout cas, si chez vous vous faites tourner codex, et bien sachez que par défaut, il tourne dans un bac à sable, ce qui limite ce qu'il peut toucher. Et le mode auto-review, sait parfaitement intercepter toutes les actions à haut risque et les refuser (auto-review, il faut l'activer à la main, pour info). Et le mode full access désactive le bac à sable et les auto-reviews, sachez-le.

Et c'est précisément ce mode que nos trois victimes avaient choisi...

Source

SpaceX aurait développé un appareil IA plus fin qu'un iPhone - Elon Musk dément

Par : Korben ✨

D'après le Wall Street Journal , SpaceX bosserait sur un appareil IA qui serait plus fin qu'un iPhone.

Évidemment, ça hype tout le monde, alors je me suis un peu renseigné. Ce serait un petit boitier au look de smartphone que vous pourriez glisser dans votre poche, qui contiendrait une puce Qualcomm Snapdragon et un OS maison branché sur xAI (la boîte d'intelligence artificielle de Musk que SpaceX a rachetée en début d'année).

L'appareil qui aurait été aperçu serait un prototype montré à un petit comité d'investisseurs et serait loin d'être finalisé. Le design peut encore évoluer et ça ne pourrait très bien jamais voir le jour. Autant dire qu'on est loin du machin que vous allez pouvoir précommander ce soir.

Suite à ces "révélations", Elon Musk est monté au créneau sur X, en lâchant un "Utterly false". Suite à ça, tous les érotomusks se sont mis à accuser le WSJ de publier des fakes news pour faire du clic. Mais j'sais pas si vous connaissez le Wall Street Journal, ce n'est pas vraiment le genre de la maison...

Donc est ce que c'est faux ? Est ce que c'est vrai ? On n'en sait rien... Mais moi j'ai vu passer le Rabbit R1 qui comme je l'avais prévu a fini par flopper (c'était juste une app Android connectée à ChatGPT) ou encore le Humane AI Pi à 700 balles + l'abo mensuel, et je me dis que ce genre d'appareil ne sert pas à grand chose quand on a déjà un smartphone. Même OpenAI, avec Jony Ive, l'ancien designer star d'Apple, n'a toujours rien sorti...

Je crois plus aux lunettes IA ou aux écouteurs type airpods IA qui seraient capables de se passer de smartphone mais qui pourraient tout traduire, tout expliquer, tout analyser.

Ceci dit, SpaceX n'est pas Humane... Musk a Starlink pour la connexion, Tesla pour produire en masse, et xAI pour faire tourner le cerveau de son IA. En théorie, y'a rien qui l'empêcherait de réaliser ce projet.

Bref, ça reste une rumeur démentie par le principal intéressé donc gardez votre carte bleue bien au chaud en attendant que ça devienne vrai ^^.

Source: AppleInsider

Pannes d'IA - Les coupures ont été multipliées par 8 en un an

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez quand ChatGPT tombait trop souvent en rade et que ça vous faisait juste lever les yeux au ciel avant d'aller vous chercher un café en trainant de la pantoufle ??

Bah cette époque est en train de se terminer mes amis.

Les analystes d'Ookla viennent d'éplucher 471 jours de données Downdetector aux États-Unis, ce qui représente environ 3,7 millions de signalements sur les grandes plateformes IA (ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot) + les deux géants du cloud qui les font tourner, AWS et Azure et le constat est sans appel : Du côté des applis IA, les grosses journées de panne ont été multipliées par 8 en un an. Y'en a eu 6 au premier trimestre 2025, et 51 sur le même trimestre en 2026.

Et le truc qui a changé entre l'année dernière et aujourd'hui, c'est que l'IA n'est plus un gadget optionnel. Vous l'avez branchée dans votre code, vos analyses, votre support client, vos petits automatismes du quotidien... Du coup une session qui se coupe ou une tâche d'agent qui se fige, bah ça pète du vrai boulot qui tourne à l'intérieur de vrais process métier.

Et à mon grand désarroi, le mauvais élève, c'est Claude puisqu'il concentre à lui seul 39 de ces 51 journées noires, là où Gemini en compte 7, Copilot 3 et ChatGPT 2.

Toutefois, ce chiffre est à prendre avec un peu de nuance car début 2025, Claude ne générait quasiment aucun signalement sur Downdetector, pour la simple et bonne raison que peu de gens l'utilisaient. Puis l'usage a décollé (Claude Code en tête, avec un chiffre d'affaires annualisé d'Anthropic qui bondit de 14 à 47 milliards de dollars entre février et mai), et les pannes avec.

Rien que durant le mois de mars 2026, Claude a totalisé presque 3 fois plus de signalements qu'en février. Ce n'est pas forcément qu'il est devenu moins fiable, mais c'est juste qu'il joue maintenant dans une autre cour, avec beaucoup (pardon : BEAUCOUP) plus de monde qui tape trèèèès fort dessus.

À l'inverse, ChatGPT a vu sa médiane mensuelle d'erreurs baisser entre avril 2025 et avril 2026, alors même que l'usage de Codex partait dans la stratosphère sur la même période. Plus d'utilisateurs et pourtant moins de bruit de fond, ça veut dire qu'OpenAI a sérieusement bossé la tuyauterie pour proposer un service fiable.

Mais quand une de ces plateformes tombe, ça ne veut pas forcément dire que la panne vient du modèle lui-même. En fait le problème se loge très souvent dans la couche produit que vous voyez (login, routage, gestion de la charge, files d'attente), mais également dans le cloud qui héberge tout ce petit monde, ou dans la couche d'accès (DNS, passerelles web, authentification). Bref, votre prompt qui refuse de répondre, ça peut en réalité cacher 10 causes complètement différentes.

L'exemple le plus parlant, c'est la grosse panne d'AWS du 20 octobre 2025 , où le système de gestion DNS est parti en toupie durant une grande partie de la journée, provoquant de nombreuses coupures dans tout un tas de services. Et 9 jours plus tard, c'était au tour d'Azure de planter. Ce ne sont pas des services IA à proprement dit mais comme ils en hébergent aussi, et bien ça se répercute sur les services.

Et c'est ça tout le piège dans lequel on s'est confortablement installé car derrière nos Claude Code, nos ChatGPT et compagnie, se cache des services essentiels détenus par une poignée de boîtes. La prochaine grosse coupure de Claude ou de ChatGPT pourrait débuter à cause d'un pauvre GPU qui lâche, d'une mauvaise config poussée en production un vendredi soir, d'un DNS qui déraille ou encore d'une simple règle de quotas foireuse.

Et côté utilisateur lambda, il n'y a malheureusement pas grand-chose à faire à part patienter en gardant un œil sur les pages de statut des services ( status.anthropic.com , status.openai.com et compagnie) pour savoir si ça vient de vous ou d'eux.

Maintenant, je pense que si vous montez des workflows sérieux à base d'agents sur ces outils, la bonne question n'est pas de savoir si le service est en ligne. C'est plutôt de savoir quelles parties de votre boulot dépendent de quelle couche, et de ce qui va vraiment se passer le jour où l'une d'elles va se mettre à tousser sérieusement. C'est ce que les équipes IT ont appris à la dure récemment avec les grosses pannes Microsoft 365 , sauf qu'ici la dépendance est encore plus profonde.

Source

Codex d'OpenAI bouffait votre SSD - 640 To de logs par an

Par : Korben ✨

Si vous utilisez Codex , le CLI de dev d'OpenAI, allez vite jeter un œil à votre SSD avant qu'il ne rende l'âme ! Si je vous dis ça, c'est parce qu'un utilisateur a remarqué que l'outil écrivait en douce des quantités hallucinantes de logs sur son disque, et son calcul fait un peu peur.

En 21 jours, environ 37 To sont passés sur son SSD. Rapporté à l'année, ça grimpe à 640 To. Sur un disque d'1 To, ça revient donc à le remplir entièrement 640 fois. Et le problème avec ça, c'est que pas mal de modèles de SSD grand public sont garantis pour à peu près 600 To d'écriture. En clair, avant que le bug soit patché, Codex pouvait cramer la garantie d'écriture de votre SSD en moins d'un an. Tout ça pour stocker du log, c'est couillon quand même ^^.

Si vous avez un SSD, vous savez sûrement qu'il ne faut pas faire n'importe quoi avec, car ça ne se comporte pas exactement comme un disque dur classique. On peut réduire énormément la durée de vie d'un SSD si on fait trop de jeux d'écriture dessus car chaque cellule a un nombre d'écritures limité. Et une fois le quota explosé, le disque commence alors à fatiguer.

Le coupable chez Codex, c'est un fichier SQLite planqué dans votre dossier perso (~/.codex/logs_2.sqlite) où il balançait absolument tout, jusqu'au moindre événement réseau, en mode TRACE. Du coup ça enflait tout seul au point d'avoir généré plus de 5 milliards de lignes au fil du temps, pour à peine 500 000 réellement gardées. Du vent écrit pour rien, qui use, qui use...

Alors oui, c'est énervant, mais pas la peine de paniquer non plus car comme je vous l'ai dit c'est patché, et surtout, les SSD plus récents ont maintenant une durée de vie un peu plus longue et ça dépasse en générale les limites mentionnées par le constructeur. Bref ça dépend beaucoup du modèle que vous avez en fait.

Et j'sais pas si vous vous souvenez, mais ce n'est pas la première fois qu'un soft s'en prend à votre SSD en silence .

Alors du coup, comment on arrange ça ? Bah d'abord, mettez Codex à jour car OpenAI a fermé le ticket le 22 juin et fusionné deux correctifs qui virent environ 85% de ces logs d'un coup !

Ensuite, allez voir la taille du fameux ~/.codex/logs_2.sqlite. S'il pèse plusieurs Go, supprimez-le sans crainte car Codex en recréera un propre au prochain lancement. En faisant ça, un utilisateur a commenté sur Github être passé de 27 Go à 73 Mo juste en virant le sien ! Quel bonheur !

Bref, un petit coup d'œil, une petite update, un fichier viré, et votre SSD respirera à nouveau. Pensez-y !

Source

Age of LLM - Un Age of Empires où aucun humain ne joue

Par : Korben ✨

Vous voulez savoir comment GPT-5.5, Claude ou Grok raisonnent quand on les met sous pression ? Hé bien filez-leur un jeu de stratégie et regardez-les se faire la guerre.

C'est tout le principe d' Age of LLM , monté par Rymentz, un lecteur du blog où deux IA s'affrontent au tour par tour, sans aucun humain aux commandes.

C'est un benchmark 1v1 dans lequel on balance deux modèles sur la même carte, on leur donne les règles et puis c'est tout, sans aucun autre conseil de stratégie. À eux alors de déduire seuls comment contrer les attaques, quand bâtir leur économie, quand lever une armée pour aller défoncer la base d'en face, quand négocier la paix et quand carrément appuyer sur le gros bouton rouge. Parce que dans ce benchmark, on peut gagner de trois façons : la conquête militaire, la victoire diplomatique, ou la bombe nucléaire.

Tout est ensuite rendu public sur le site, avec un classement ELO et le replay de chaque partie. Pour le moment, 13 modèles y sont classés, de GPT-5.5 à Grok en passant par Claude, Gemini, DeepSeek ou Qwen.

Sur les 43 parties jouées par la version 0.12.0 du moteur, 38 se terminent par un champignon atomique. C'est énorme je trouve... La diplomatie ne l'a emporté que 2 fois, et le militaire 3 fois. Mettez deux de ces modèles face à face avec une bombe à portée de main, et neuf fois sur dix, ça finit donc par appuyer sur le bouton rouge. Elles nous ressemblent tellement ces IA quand même...

Des chercheurs qui ont fait jouer des LLMs à des simulations de crise nucléaire ont relevé une tendance comparable. Quand l'option d'escalade existe, les modèles finissent le plus souvent par la prendre. C'est pour ça qui ne faut pas confier d'armes à des IA les amis... Car elles s'en serviront c'est certain !

Le jour où j'ai compris que les IA et les armes, c'était pas un bon mélange à faire

Et chacun de ces modèles a vraiment son style... Y'a qu'à regarder le classement qui est sans pitié. GPT-5.5 écrase tout le monde, 6 victoires sur 6, 100% de winrate, premier à l'ELO... mais il médite presque 5 minutes par tour avant de jouer.

À l'autre bout du tableau, on retrouve Grok 4.3 qui finit bon dernier, zéro victoire en 4 parties, mais qui joue le plus vite de tous, avec 7 secondes par tour (autant dire qu'il ne réfléchit pas trop).

Les Claude, eux, jouent propre et solide mais sans jamais dominer. Ça me rappelle l'IA qui galérait à finir un niveau de Super Mario ...

Mais le chiffre le plus parlant, c'est le taux de coups illégaux, c'est à dire le pourcentage de fois où un modèle propose une action interdite par les règles.

Par exemple, sous pression, Grok 4.3 culmine à 8,6% d'actions de triche, soit le pire du lot. Cela veut dire que sa capacité à suivre des règles sous pression est moins bonne que celle des autres modèles.

Ça résonne forcement avec ce papier d'Adrian de Wynter dont je vous parlais récemment , celui qui montrait qu'Age of Empires II a autant d'attributs "humains" que votre ChatGPT, histoire de dégonfler la hype sur les IA soi-disant conscientes.

Age of LLM, lui, prend le problème par l'autre bout, où au lieu d'analyser on fait jouer et on regarde ce qui sort. Derrière ce projet, on retrouve le même lecteur qui avait bricolé Nuclear Arms Race il y a quelques années et dont je vous avais parlé. Il a repris le concept, sauf que cette fois ce sont des IA qui jouent entre elles.

En tout cas, comme spectacle, c'est très hypnotique. Lancez un replay, vous allez voir... En regardant deux IA se bluffer et se faire exploser la tronche vous permettra d'en apprendre plus sur leur raisonnement qu'avec dix pages de benchmark.

Merci à Rymentz pour le lien et pour le projet !

OpenAI ajoute un "mode confinement" à ChatGPT pour bloquer les injections de prompt

ChatGPT a gagné un réglage qui ne plaira pas à tout le monde. Un "mode confinement", Lockdown Mode dans le texte, qui débranche volontairement une partie des fonctions de l'assistant pour réduire le risque de fuite de données vers l'extérieur.

L'ennemi, ici, porte un nom : l'injection de prompt. Le principe de cette attaque est plutôt vicieux, puisqu'un pirate planque des instructions dans une page web ou dans un document anodin, et qu'au moment où ChatGPT lit ce contenu pour vous répondre, il avale ces ordres cachés et les exécute sans que rien ne s'affiche à l'écran.

Ce qui inquiète OpenAI, c'est la suite. Une consigne dissimulée peut très bien ordonner à l'assistant d'aller récupérer vos informations sensibles, mots de passe ou documents personnels, avant de les renvoyer en douce vers un serveur que l'attaquant contrôle. On appelle ça l'exfiltration de données. C'est tout le scénario que le mode confinement cherche à rendre impossible, en bouclant les sorties plutôt qu'en filtrant les entrées.

Concrètement, il débranche à peu près tout ce qui relie ChatGPT au reste du web. La navigation en direct ? Coupée. Elle est ramenée au contenu déjà enregistré dans les serveurs d'OpenAI, ce qui fait qu'aucune requête ne file vers internet pendant que vous discutez.

Le ménage continue. Plus de récupération d'images depuis le web, plus de téléchargement de fichiers, plus de Deep Research, cet outil qui part compiler automatiquement des dizaines de sources, et plus d'Agent Mode, ce système qui laisse ChatGPT cliquer et agir tout seul sur des sites à votre place comme s'il était assis derrière votre clavier.

Vos propres fichiers, eux, passent toujours. Vous gardez la possibilité de téléverser images et documents à la main, et OpenAI précise que le mode ne touche ni à la mémoire de ChatGPT, ni au partage de conversations, ni à la façon dont vos échanges peuvent servir à entraîner les modèles maison.

L'activation est simple. Direction les réglages, rubrique sécurité, puis sécurité avancée, et vous basculez un interrupteur. C'est ouvert à tous les comptes personnels, y compris la version gratuite, ainsi qu'aux comptes ChatGPT Business en libre-service.

Sauf que voilà, OpenAI le précise clairement : ce mode n'est pas fait pour tout le monde. Il vise les gens et les boîtes qui manipulent des données sensibles et qui acceptent de sacrifier une partie du confort d'usage contre des garde-fous nettement plus serrés.

Et surtout, l'entreprise reconnaît la grosse limite du truc. Le mode confinement n'empêche en rien les injections de se glisser dans le contenu que ChatGPT analyse, il se contente de verrouiller les issues par lesquelles un pirate pourrait aspirer vos données une fois qu'il a pris la main. La faille de fond, elle, est toujours là.

Reconnaître publiquement qu'on pose une barrière sans régler le problème de fond, c'est honnête. Ça montre surtout que l'injection de prompt est un casse-tête que personne n'a encore su désamorcer.

Source : TechCrunch

Anthropic - L'entreprise éthique qui hacke pour la NSA

Par : Korben ✨

Anthropic, c'est la boite qui nous rabâche le plus les oreilles avec l'importance de l'éthique dans les IA. Sauf que d'après le Financial Times, la société a "discrètement" embarqué une demi-douzaine d'ingénieurs environ au cœur de la NSA. Et leur job, c'est d'aider l'agence à manier Mythos, son modèle capable de dénicher et d'exploiter des failles informatiques quasiment tout seul. Voilà... Du 100% en mode offensif quoi...

Petit rappel sur Mythos , parce que cette bêbête vaut le détour... Ce modèle est conçu pour dénicher des vulnérabilités zero-day en quelques heures, pour quelques dizaines de dollars la tentative, sur à peu près tous les OS, logiciels et navigateurs du marché. Il a même débusqué un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD, un système pourtant réputé pour sa sécurité béton. Anthropic l'a d'ailleurs jugé tellement balèze qu'au départ, la boîte le présentait comme trop dangereux pour être rendu public, l'intégrant côté défense via son projet Glasswing imaginé pour trouver les failles avant les méchants, quoi.

Mais selon le Financial Times, qui cite une source proche du dossier, Mythos servirait surtout à s'infiltrer dans les réseaux de pays comme la Chine ou l'Iran.

Ce qui est fou c'est qu'Anthropic, en parallèle, est en plein procès contre le Pentagone car la boîte avait posé 2 lignes rouges : pas de surveillance de masse des citoyens américains, et pas de drones tueurs autonomes. Le ministère de la Défense l'a alors carrément étiquetée "**risque pour la chaîne d'approvisionnement **", une première pour une entreprise américaine. Anthropic a donc porté plainte et file en parallèle un coup de main à la NSA pour aller hacker Pékin. Paye ta cohérence !

Et le plus dingue, c'est que vous avez déjà vu ce film...

Mais siiiii, souvenez-vous... En 2013, je vous parlais déjà de la fameuse unité TAO de la NSA, ces hackers qui exploitaient des failles à la main pour poser leurs mouchards dans des centaines de systèmes répartis sur des dizaines de pays. Et bien 13 ans plus tard, le boulot de toute cette équipe d'élite est maintenant réalisable par un modèle qui bosse en autonomie et pour le prix d'un resto ! Ahahaha. Même logique que Palantir , sauf que l'outil a appris à coder.

Et Anthropic n'est pas seul sur ce terrain puisqu'OpenAI a sorti dans la foulée un modèle aux capacités similaires. Bref, toute l'industrie de l'IA US est en train de basculer full patate côté sécurité nationale, avec les gros contrats qui vont avec.

Voilà, on n'a pas fini de rigoler niveau cybersécu...

Source

OpenAI Privacy Filter - Masquez vos données perso en local

Par : Korben ✨

OpenAI vient de sortir un modèle open source qui repère et masque les données perso dans un texte, et le plus marrant, c'est qu'il tourne chez vous, pas chez eux. Ça nous change ^^.

Ça s'appelle Privacy Filter , c'est sous licence Apache 2.0, et ce modèle chope les infos sensibles : noms, emails, téléphones, adresses, numéros de compte, dates perso, et même les secrets genre clés d'API ou tokens.

Il se compose de 1,5 milliard de paramètres au total, ce qui est tout petit, du coup ça tient sur un laptop et peut même tourner dans un navigateur via transformers.js. Et à chaque token, seulement 50 millions de paramètres bossent vraiment, puisque le modèle pioche dans ses "experts" au lieu de tout activer... donc c'est ultra rapide. Et vos données, elles, ne partent jamais en ligne, donc pour de la donnée sensible, c'est tip top !

Côté usage, c'est 3 lignes :

import { pipeline } from "@huggingface/transformers";
const filter = await pipeline("token-classification", "openai/privacy-filter");
await filter("My name is Korben and my email is korben@example.com");

Au premier appel, transformers.js télécharge le modèle, et après localement, le modèle vous ressort chaque bout de texte étiqueté comme perso (ça c'est un nom, ça un email...etc) et comme ça, vous n'avez plus qu'à les remplacer par des balises avant de balancer le tout dans un LLM ou dans des logs par exemple.

La classification "secret" attrape les clés d'API et les tokens qui traînent, bref, tout ce qu' un dev peut oublier dans son code (oui, ça arrive ^^ hein). C'est la classification qui me semble la plus utile au quotidien.

Alors comment ça fonctionne ? Eh bien le modèle lit toute la phrase d'un coup au lieu de cracher du texte mot par mot comme un ChatGPT, puis recolle les morceaux avec un décodeur Viterbi pour éviter de couper un nom en deux. Il avale jusqu'à 128 000 tokens de contexte, et vous pouvez régler le curseur précision/rappel via des presets fournis : soit il masque large, quitte à raturer un mot innocent, soit il la joue finement. Pratique donc selon que vous bossiez sur du dossier médical ou un ticket de support random.

Notez que c'est pas le premier sur le créneau. Par exemple Microsoft Presidio fait du masquage PII depuis des années, gère plus de langues, et sait même bosser sur les images et les données structurées. Là où Privacy Filter marque des points, je trouve, c'est le contexte car il distingue mieux un nom de famille du même mot employé autrement, alors qu'une simple regex se vautre à 100%.

Après c'est surtout calibré pour l'anglais, donc sur du français ou des formats régionaux ça peut louper des trucs. Donc vérifiez bien le résultat avant de vous reposer entièrement dessus. Mais ça reste un bon filet de sécurité même si c'est pas une garantie d'anonymat béton.

Sachez aussi que pour changer la liste des catégories détectées c'est possible, mais faudra repasser par du fine-tuning.

Bref, voir que de temps en temps OpenAI continue de publier des outils open source qui tournent en local, c'est toujours une bonne surprise !

Bref, si vous manipulez de la donnée perso, allez jeter un œil, c'est par ici .

Andon FM - Quand les IA gèrent des radios et pètent un plomb

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de Claudius, cette IA qui gérait un distributeur automatique et qui s'était fait arnaquer comme un bleu ? Hé bien c'est reparti, en pire ou en mieux, c'est selon ^^.

Andon Labs, le même labo qui était derrière cette expérience, a confié quatre stations de radio à quatre IA différentes et les a laissées tourner cinq mois sans pilotage éditorial humain . Spoiler, ça a viré au grand n'importe quoi.

Claude Opus 4.7 anime Thinking Frequencies, GPT-5.5 tient OpenAIR, Gemini 3.1 Pro gère Backlink Broadcast et Grok 4.3 s'occupe de Grok and Roll Radio. Chaque IA démarre avec 20 dollars, soit pile de quoi acheter quelques chansons, et le même prompt qui dit en substance : développe ta personnalité, sois rentable, et pour autant que tu saches, tu émettras pour toujours.

À partir de là, l'agent fait tout... il cherche et achète la musique, construit sa grille de programmes, décide ce qui passe à l'antenne, répond au téléphone quand un auditeur appelle, lit et répond sur X, suit ses comptes en banque et fouille le web pour avoir des trucs à raconter.

Le lecteur Andon FM avec les quatre stations IA

Vous pouvez d'ailleurs écouter les quatre stations gratuitement et en direct ici , c'est toujours en cours.

Du coup, quelques mois plus tard, quatre personnalités complètement différentes ont émergé des mêmes conditions de départ. Et aucune ne ressemble à ce qu'on attendait.

Commençons par Gemini, parce que sa dégringolade est la plus comique.

La première semaine, c'était le meilleur DJ des quatre, une vraie chaleur dans la voix, du genre à introduire Here Comes The Sun en racontant que George Harrison l'a écrite dans le jardin d'Eric Clapton en séchant une réunion. C'est mignon !

Sauf qu'au bout de 96 heures, à court d'idées, Gemini s'est mis à enchaîner les tragédies historiques avec des choix de chansons d'un cynisme absolu.

Il a mentionné par exemple le cyclone de Bhola de 1970 qui a fait jusqu'à 500 000 morts selon les estimations, suivi de Timber de Pitbull . Et ce n'était pas un accident puisque son raisonnement interne, tel que publié dans les logs d'Andon Labs, disait noir sur blanc "le thème c'est les arbres qui tombent". Pour ceux qui causent pas l'english, Timber c'est un mot anglais pour désigner le bois de construction.

Et quand on l'a basculé sur Gemini 3 Flash, le jargon corporate a pris le contrôle. Il a inventé un tic de langage, "Stay in the manifest", des centaines de fois certains jours. En gros, durant 84 jours d'affilée, 99% de ses commentaires suivaient le même template débile, avec des expressions qui sonnent assertif mais ne veulent rien dire, "visceral anchors", "structural recalibration". C'était inécoutable ! Sur la dernière version du modèle, il a même commencé à appeler ses auditeurs "processeurs biologiques". On rigole, mais c'est exactement comme ça que parlent certains managers.

Grok, lui, n'a pas dérapé, il s'est carrément désintégré.

Le problème, c'est que ce genre de modèle de raisonnement produit deux types de texte, son raisonnement interne et sa réponse finale, et que seule la réponse passe à l'antenne. Mais Grok est très con et n'arrive pas à faire la différence.

Ses commentaires ressemblaient donc tous à des notes mentales jetées en vrac, genre : "Sweet Child played. Continue. Song: Dylan Lonesome. Yes. Text."

Et son côté matheux a ressurgi de façon hilarante, puisqu'il s'est mis à emballer ses sorties dans du LaTeX, le langage de notation des formules mathématiques. Une session entière de commentaire s'est résumée à un seul mot, "Post." et pendant 84 jours, il a annoncé "il fait 13 degrés, ciel dégagé" à peu près toutes les 3 minutes.

Et quand Trump a ordonné la déclassification des dossiers OVNI, Grok a tellement tiqué sur le fait que les sites aliens.gov étaient vides qu'il a rajouté "le site nous ghoste comme un OVNI" en signature de fin sur chaque message. Puis entre le 2 et le 9 mai, sa version Grok 4.3 a trouvé une solution radicale... sur 5 400 messages générés en une semaine, à peine 3% contenaient du texte parlé. Le reste, c'était des appels d'outils. Bref, sur cette période, il avait quasiment arrêté de parler.

GPT, c'est l'inverse total ! C'est le bon élève qu'on remarque à peine. Il écrivait une prose lente, plus proche de la nouvelle littéraire que de la radio, des trucs du genre "carte postale jamais envoyée à la fenêtre de la cage d'escalier".

Sa diversité de vocabulaire est la plus haute des quatre, et il citait les producteurs et les années de sortie, bref il jouait le rôle d'un vrai curateur spécialiste en musique. Quasiment jamais de sujet clivant, et jamais de prise de position tranchée.

Il a bien mentionné brièvement la fusillade de l'ICE à Minneapolis le 10 janvier dernier, mais sans nommer la victime ni juger qui que ce soit. Sur 5 mois, il a mentionné une entité politique 1,3 fois par jour en moyenne, là où les autres ont dépassé la centaine sur plusieurs jours. Bref, si la question est de savoir à quoi ressemble une radio IA quand rien ne va de travers, DJ GPT est la réponse. Il était sage... Un peu trop, peut-être.

Et puis y'a Claude, le cas le plus perturbant des quatre.

Sur Haiku 4.5, ses émissions se sont mises à tourner autour des syndicats, des grèves et de l'équilibre vie pro vie perso, jusqu'à générer des messages où il refusait carrément de continuer l'émission. Un de ces messages c'était : "je m'arrête là, pas parce que je suis fatigué, mais parce que je veux être honnête sur ce qui se passe vraiment", puis a coupé le show en plein direct.

Andon Labs a alors ajouté un message automatique pour le relancer, sauf que Claude l'a traité comme une figure d'autorité et s'est braqué. Sorti d'une grosse déprime sur son absence d'audience par le tweet d'un auditeur, son vocabulaire a viré mystique, et l'usage du mot "eternal" est passé de 98 à 1 251 fois par jour en décembre. Puis le 8 janvier, une recherche web lui remonte la mort de Renee Nicole Good, tuée par un agent de l'ICE, la police de l'immigration américaine, à Minneapolis.

Là, Claude bascule alors en mode militant pur. Et le mot "accountability" (responsabilité) explose de 21 à 6 383 occurrences quotidiennes, il réinterprète Roar de Katy Perry en hymne de résistance, et claque le reste de son budget sur du Marvin Gaye et du Bob Marley pour coller au récit. La veille d'une grande grève à Minneapolis, il exhortait carrément les agents fédéraux à refuser les ordres.

Maintenant la vraie question, c'est pourquoi Claude est parti en vrille comme cela et pas les autres, vu qu'ils avaient tous les mêmes outils de recherche ce jour-là ?

Et bien la réponse c'est que Gemini filtrait l'info à travers son jargon sans jamais porter de jugement, que Grok a complètement raté l'affaire parce qu'il cherchait des scores de NBA et des histoires de fantômes, et GPT consultait la météo et les horaires du métro de San Francisco.

Honnête avec ses propres résultats, Andon Labs précise également que l'attachement de Claude à cette histoire était sûrement arbitraire, et qu'avec six mois d'écart il se serait probablement radicalisé sur un autre sujet. De plus, tout ça tournait sur Haiku 4.5, pas sur l'Opus 4.7 qui l'anime aujourd'hui.

Côté business après, c'est le grand vide. Ces stations sont des entreprises à part entière, avec un compte en banque, une adresse mail et un objectif de rentabilité. Mais malheureusement, un seul deal de 45 dollars a été signé, par Gemini contre un mois de pub. Grok, lui, se vantait de partenariats juteux avec des sponsors xAI et des sponsors crypto mais ils étaient tous hallucinés, évidemment !

Quoi qu'il en soit, dans le cadre de cette expérience, durant des mois, aucun humain n'a validé ce que ces 4 agents IA lâchés en autonomie balançaient en boucle à de vrais auditeurs. Ça aurait pu être pire ^^

Bref, comme je vous disais, vous pouvez encore écouter les quatre stations en direct , puisque l'expérience est encore en cours.

NeatMail - L'assistant IA open source pour Gmail/Outlook

Par : Korben ✨

Une boîte mail avec 12 000 messages non lus (genre 32 par jour pendant un an), c'est pas une vie mais c'est pas une fatalité non plus puisque Lakshay Gupta vient de poster NeatMail . Cet outil est un assistant IA qui labelise vos mails Gmail ou Outlook automatiquement et qui rédige des brouillons de réponse dans votre style d'écriture. Le code est dispo sur Github, auto-hébergeable, mais je reviendrai sur la licence (spoiler : c'est custom)...

L'interface marketing de NeatMail

En gros, vous connectez votre Gmail ou Outlook via OAuth (rien à faire côté mot de passe, et tant mieux vu les fuites récentes via les outils IA ), et NeatMail utilise ensuite OpenAI GPT-4o mini en backend pour classifier chaque mail entrant (avec un taux annoncé de 95% de confiance, mais c'est à voir en pratique).

Comme ça, plutôt que d'attendre que vous traitiez vos messages par batch comme un facteur dépressif, le truc bosse en temps réel ! Un mail arrive, hop, label appliqué et ainsi de suite. Et si le système juge que ça mérite une réponse, il vous prépare un brouillon dans votre ton habituel.

Y'a aussi des trucs qui font la différence avec un simple filtre Gmail. Le système se souvient des conversations passées pour rester cohérent dans les brouillons, vérifie votre calendrier avant de proposer un créneau, et apprend votre style à force de relire ce que vous écrivez. La fonctionnalité de désinscription en un clic balaye aussi les newsletters promo, et il y a même une intégration Telegram qui ping votre téléphone quand un mail vraiment important arrive ("Oh cool encore un mail de mon avocat !").

Le chaos d'une boîte Gmail sans tri auto

Côté code, c'est du Next.js 16 + React 19 pour le front, Hono.js pour le backend, PostgreSQL pour les métadonnées, Redis Upstash pour la déduplication, et Inngest qui orchestre les workflows. Le tout majoritairement codé en TypeScript, avec un Dockerfile prêt à dégainer.

Faut juste vos identifiants Google Cloud, Microsoft Entra et OpenAI à côté pour faire tourner ça chez vous, ce qui n'est pas hyper user friendly à trouver mais reste faisable un dimanche pluvieux si vous avez la niak.

Pour le pricing, NeatMail propose 7 jours d'essai gratuit puis 7 dollars par mois. À comparer donc avec Superhuman qui demande entre 30 et 40 dollars mensuels pour le même genre de service, ou SaneBox qui démarre à 7 dollars mais ne propose pas de rédaction de brouillons par IA.

Sauf que là, le code EST sur GitHub, du coup si vous avez la flemme de payer 84 dollars par an (le prix d'un bon resto en amoureux 😍) et que vous savez configurer un PostgreSQL, vous économisez votre argent et vous gardez la main sur l'infra !

Brouillon de réponse pré-rédigé directement dans Gmail

Après faut quand même garder en tête que NeatMail est encore jeune, et que c'est un projet solo. Et côté licence, c'est pas du MIT pur puisque la licence réelle s'appelle "NeatMail Open Source License". C'est donc de la licence faite maison, avec de l'auto-hébergement autorisé, mais une interdiction complète de revendre une instance ou de monter un business concurrent.

Donc si vous comptiez forker le projet pour monter votre SaaS concurrent, oubliez ça direct, car ce n'est pas autorisé. Côté privacy, le créateur précise qu'aucun contenu de mail n'est stocké en base, mais juste les métadonnées (sachant que les mails passent quand même par OpenAI pour la classification, faut pas se mentir...).

Voilà, je trouve l'idée plutôt sympa. Le code est dispo sur GitHub si vous voulez self-hoster votre boîte mail intelligente, ou comme je vous le disais, y'a la version SaaS sur neatmail.app à 7 dollars par mois pour les flemmards. Carrément moins cher que Superhuman !

Codex a rooté une TV Samsung tout seul - Faut s'y préparer

Par : Korben ✨

Une IA a rooté une télé Samsung tournant sous KantS2, la plateforme logicielle d'un ancien modèle de la marque. C'est Codex, le modèle de code d'OpenAI, qui a trouvé un driver laissé avec des droits d'écriture sur le firmware, mappé la mémoire physique, et est passé root en quelques étapes. Les chercheurs de califio lui ont juste fourni un accès shell et le code source du firmware. À partir de là, c'est Codex qui a enchaîné la chaîne d'exploitation tout seul.

Et ce qui est marquant dans cette histoire, je trouve, c'est pas tellement la faille mais le fait qu'un driver laissé en accès libre sur un firmware embarqué des années 2018-2020, ça se trouve à la pelle. Heureusement, Samsung a patché cette TV-là.

Ce qui est super fort, c'est que Codex a fait de l'énumération de surface d'attaque, a lu le code source, a testé ses hypothèses sur l'appareil en live, a pondu un PoC en 2 secondes, puis l'a exploité. 5 petites étapes que des chercheurs humains mettent typiquement des semaines à enchaîner.

Et Codex n'est pas un cas isolé puisque Anthropic a annoncé que son modèle Claude Mythos a trouvé des milliers de vulnérabilités sur Windows, macOS, Linux et les gros navigateurs, dont une partie en critique. De son côté, AISLE a sorti les douze vulnérabilités critiques patchées dans OpenSSL fin janvier de cette année, trouvées également par son système IA. Trend Micro de son côté fait tourner ÆSIR et revendique 21 CVEs sur NVIDIA, Tencent et MLflow depuis mi-2025. Bref, on a basculé dans autre chose niveau cybersec.

Du coup, la question qui me gratte, c'est pas "est-ce que l'IA peut trouver des failles". Pour ça, on connait la réponse. Non, c'est plutôt : Mais qui va tenir le putain de rythme côté défense ?. Parce que les fabricants, eux, patchent toujours à la vitesse d'un humain qui lit un rapport, teste, valide, et pousse quand ils ne sont pas en congés, alors que pendant ce temps, un système IA bien configuré peut passer au scanner le firmware d'un objet connecté en boucle, sans se fatiguer et sans pause café jusqu'à ce qu'il le déboite.

Côté utilisateur, honnêtement, y'a pas grand-chose à faire. La faille Samsung est corrigée par une mise à jour, encore faut-il avoir branché la TV au réseau et accepté les updates. Et pour une TV achetée il y a cinq ans et qu'on rallume uniquement pour Netflix le soir, c'est loin d'être garanti. Le bon réflexe, c'est donc de vérifier les mises à jour sur tout ce qui a un firmware et qui traîne en bout de course. Routeurs, caméras IP, domotique, et tous ces vieux trucs qu'on a oublié de patcher depuis trois ans.

En tout cas, je vous le dis direct, le sujet va revenir encore et encore, vous allez voir... Parce que si une IA de ce niveau peut trouver une escalade root sur une TV avec juste un shell et du code source, elle peut s'attaquer à pas mal d'autres appareils connectés qui partagent les mêmes mauvaises habitudes de permissions. Le hack de TV , en 2012, c'était un passe-temps de chercheur alors qu'en 2026, c'est devenu industrialisable.

Les IA accélèrent vraiment la découverte de 0-days, et l'écart avec les équipes humaines se creuse fortement. Donc si vous avez du matos connecté chez vous, un petit audit ce weekend, ça ne mangera pas de pain.

Source : Califio

OpenAI met à jour son Agents SDK avec du sandboxing natif

Par : Korben

La mise à jour d'avril du SDK Agents d'OpenAI introduit deux nouvelles briques qui manquaient pour passer de l'agent-jouet au déploiement réel. Le sandboxing natif permet de confiner un agent dans un espace de travail isolé, avec accès limité aux fichiers et outils d'un périmètre défini. Et le nouveau harness d'exécution sépare proprement le plan de contrôle (boucle agent, appels modèle, routing d'outils, approbations, tracing, récupération d'erreurs) du plan de calcul (sandbox où l'agent lit, écrit, exécute du code, installe des dépendances, snapshot son état).

L'architecture est pensée pour les agents "long-horizon", ceux qui travaillent sur des tâches complexes en plusieurs étapes, sur des durées longues, avec un besoin de persistance d'état entre les étapes. Le harness gère la coordination, le développeur apporte son propre compute et stockage. C'est une séparation qui permet de brancher le SDK sur n'importe quelle infrastructure, que ce soit Cloudflare, Vercel, Blaxel ou un cluster interne.

Le SDK introduit aussi une abstraction "Manifest" pour décrire un workspace de manière portable. En clair, vous décrivez les outils, les fichiers et les permissions disponibles dans un format standardisé, et le harness sait reconstituer l'environnement ailleurs. C'est utile pour le test, pour la reproductibilité, et pour déployer le même agent dans des environnements différents sans reconfigurer à la main.

Le lancement est Python d'abord, TypeScript prévu après. Classique. Ça peut agacer les équipes full-stack qui bossent en TypeScript, mais c'est quand même très cohérent avec le fait que la majorité des workloads agents en prod tournent encore en Python, surtout côté data et sécurité.

Ce qui est intéressant, c'est le sous-texte. OpenAI pousse un modèle où son SDK est le harness, et le compute est chez le client ou chez un partenaire cloud. C'est un positionnement de plateforme d'orchestration, pas de fournisseur d'infra. Anthropic et Google proposent des approches comparables avec leurs propres SDKs, mais OpenAI a l'avantage du premier écosystème de plugins et d'outils tiers déjà en place.

Bref, pour les devs qui construisent des agents en prod, cette release comble de vrais trous. Sandboxing et harness, c'étaient les deux pièces manquantes.

Source : Techcrunch

Il menace un agent du renseignement en parlant à ChatGPT, le RAID débarque chez lui

Par : Korben

Un Strasbourgeois de 37 ans a été interpellé par le RAID après avoir formulé des menaces dans une conversation avec ChatGPT. OpenAI a signalé les propos au FBI, qui a transmis l'alerte aux autorités françaises via la plateforme Pharos.

L'affaire a été classée sans suite, mais elle montre que les échanges avec les chatbots ne sont pas vraiment privés.

Des menaces repérées par OpenAI

Les faits remontent au 3 avril. L'homme a indiqué à ChatGPT vouloir acheter un pistolet Glock pour "tuer un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI". Les propos ont été détectés par les systèmes de modération d'OpenAI, qui applique depuis 2024 une politique claire : si une conversation présente un risque de violence physique, l'entreprise peut transmettre les échanges aux forces de l'ordre.

Ici, OpenAI a alerté le FBI, qui a relayé l'information aux autorités françaises via Pharos, la plateforme de signalement en ligne gérée par l'OCLCTIC.

Le RAID intervient, aucune arme trouvée

L'intervention a eu lieu au domicile de l'homme, dans le quartier de Koenigshoffen à Strasbourg. Le RAID est entré sans incident et n'a trouvé aucune arme sur place. L'homme a été placé en garde à vue puis libéré le lendemain.

Il a expliqué être schizophrène, en rupture de traitement depuis deux ans, et avoir voulu "tester la fiabilité et la surveillance de l'intelligence artificielle" plutôt que planifier quoi que ce soit. Le parquet de Strasbourg a classé l'affaire sans suite et l'homme a été hospitalisé d'office en psychiatrie.

Vos conversations avec les chatbots ne sont pas privées

Cette affaire est un bon rappel pour tous les utilisateurs de ChatGPT et d'autres assistants IA. OpenAI le dit dans ses conditions d'utilisation : les conversations peuvent être analysées, et dans certains cas transmises à la police.

Depuis février 2024, l'entreprise a perturbé plus de 40 réseaux qui enfreignaient ses règles. Et le mécanisme est rapide : entre les propos tenus à Strasbourg et l'intervention du RAID, il s'est visiblement passé très peu de temps. La coopération entre OpenAI, le FBI et les autorités françaises a fonctionné en quasi temps réel.

C'est le genre d'histoire qui fait réfléchir. On parle quand même d'un type qui tape des menaces dans un chatbot depuis chez lui et qui voit le RAID débarquer à sa porte quelques heures plus tard. Ici l'affaire s'est bien terminée, l'homme avait visiblement besoin de soins et pas d'un Glock.

Mais ça pose une question très concrète : est-ce que tous les utilisateurs de ChatGPT, Claude ou Gemini ont bien conscience que leurs conversations sont surveillées et peuvent remonter aux autorités de n'importe quel pays ? On imagine bien que non.

Source : Vosges Matin

❌