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Aller en manif avec son téléphone - Les bons réflexes

Par : Korben ✨

Depuis quelques semaines, il y a un peu de remue-ménage dans notre belle France grâce notamment aux lycéens et étudiants qui sont gavés de leurs conditions de merde pour étudier. Du coup, ils protestent de manière tout à fait légitime, un peu comme avant eux, les soignants, les pompiers, les agriculteurs et j'en passe... Comment leur en vouloir puisqu'à part quelques bandeurs de fascisme et autres agents du chaos à la petite semaine, y'a pas grand monde de très satisfait de ses conditions de vie et de travail en ce moment dans notre chouette pays.

Tout ce qui se passe en ce moment, me parait donc on ne peut plus "naturel", un peu comme quand on a de la fièvre à cause d'un méchant virus.

Mais trêve de blabla, cette révolte de la jeunesse en termes d'organisation est très intéressante à observer puisque les lycéens se coordonnent de manière parfaitement fluide à l'aide de groupes Snapchat / Instagram , sur des groupes WhatsApp ou encore grâce à TikTok qui sert essentiellement à faire tourner les infos. De leur côté, les gilets jaunes quant à eux appellent à manifester le 17 octobre et s'organisent essentiellement via Telegram.

Or quand on lit certains "guides du manifestant" qu'on peut trouver en ligne, ils ne conseillent pas tous la même chose niveau tech. Par exemple, le wiki d'Extinction Rebellion demande d'"éviter au maximum" de venir en manif avec son téléphone, tout comme le guide de la LDH qui recommande de le laisser chez soi ou de prendre un téléphone basique . Alors que la CGT , dans son guide écrit au contraire de "Filmer la scène" quand quelqu'un se fait interpeller, tout comme l' Union étudiante qui pousse à filmer les blocus, en floutant évidemment les personnes présentes.

C'est vrai qu'en cas d'interpellation par ceux qui redeviendront un jour, je l'espère, des "gardiens de la paix", un téléphone resté à la maison ne racontera rien à personne. Et si vous n'avez pas prévu de filmer, c'est encore la meilleure option c'est vrai. Mais si vous venez quand même avec votre smartphone en manif (Rappel : manifester est un droit et c'est légal malgré ce que laissent penser les apparences), voici les 11 trucs à installer ou à configurer avant de sortir de chez vous.

Signal

C'est LA messagerie chiffrée de bout en bout que recommandent Amnesty et l' EFF , sur iOS comme sur Android. Depuis 2024, vous pouvez même y créer un nom d'utilisateur pour ne plus distribuer votre numéro à tout le cortège, même s'il faut toujours un numéro de tel pour s'y inscrire. Par contre, inutile de rêver d'y faire migrer tout votre lycée, car un groupe Signal est plafonné à 1 000 personnes.

Attention, Signal n'est pas invisible pour autant. Dans les réquisitions qu'il publie, il n'a jamais fourni que la date de création d'un compte et sa dernière connexion (aucune IP, mais aucune demande française n'y figure non plus). Il reconnaît par contre que son "Sealed Sender" ne cache ni les horaires ni l'IP, et une étude du NDSS montre qu'un serveur qui observe ces horaires pourrait relier deux interlocuteurs en 5 messages. Et comme aucune messagerie ne protège un téléphone déverrouillé, le vrai risque en manif reste le téléphone lui-même, d'où le code long et le verrouillage express plus bas.

La durée de vie des messages éphémères

Dans Signal, les messages peuvent s'effacer tout seuls après un certain délai que vous déterminez qui peut aller jusqu'à 4 semaines. Et ce qui est cool c'est que vous pouvez fixer un délai par défaut pour toutes les nouvelles discussions plutôt que de faire ça conversation par conversation. Pour régler ça, ça se passe dans Paramètres puis Confidentialité. Signal prévient quand même que celui qui reçoit un message peut toujours en faire une capture écran avant qu'il ne disparaisse mais bon, c'est pas si mal. Pensez également à faire le ménage avant de partir de chez vous, en supprimant les conversations et en quittant vos anciens groupes.

Savoir ce que protègent WhatsApp et Telegram

Bonne nouvelle pour les groupes de lycéens, WhatsApp envoie tous ses messages, discussions de groupe comprises, avec le même protocole que Signal, si on en croit son livre blanc sorti en février 2024. Telegram par contre, c'est une autre histoire puisque seuls ses "chats secrets" sont chiffrés de bout en bout, et ils ne se font qu'entre vous et votre destinataire. Le reste est stocké sur leurs serveurs et leur politique de confidentialité prévoit que sur une décision judiciaire valide visant un suspect, Telegram peut transmettre alors votre adresse IP et votre numéro de téléphone. Donc comme canal pour passer des appels, ça passe mais pour vous organiser dans le cadre d'une manif, je vous conseille de prendre autre chose.

Une phrase de passe à la place de votre visage

Amnesty conseille un code d'au moins six chiffres minimum mais le mieux selon moi c'est de mettre sur votre tel un vrai mot de passe / phrase de passe bien long. Car votre empreinte digitale ou la reconnaissance faciale peuvent servir très facilement à déverrouiller votre téléphone de force. Ils arrivent à obtenir des choses formidables avec des clés de bras autour du cou visiblement... Et l'EFF dit pareil.

Le choix du verrouillage sur Android, à gauche, et le choix du type de code sur iPhone, à droite, jusqu'au code alphanumérique personnalisé (capture EFF, licence CC BY)

Attention quand même, ce code ne vous donne pas le droit de dire "non" puisque, de ce que j'ai compris, l'article 434-15-2 du Code pénal punit de 3 ans de prison et 270 000 € d'amende le refus de remettre "une convention secrète de déchiffrement" sur réquisition. Et la Cour de cassation a jugé le 7 novembre 2022 que le code d'un téléphone peut en être une s'il est équipé d'un moyen de "cryptologie" comme ils disent. Son guide de la LDH détaille les conditions qui doivent être remplies pour que vous soyez légalement obligé de lâcher votre mot de passe. Il faut que ce soit une vraie réquisition et pas un simple "débloque ton téléphone p'tit con" devant le lycée. Le code empêche donc qu'on ouvre votre téléphone sans rien vous demander, et pour le reste, ça se discutera avec votre avocat s'il y a garde à vue.

Le verrouillage express

Si vous conservez néanmoins le déverrouillage par empreinte au quotidien, apprenez à minima le geste qui la coupe. Sur Android , activez d'abord "Afficher l'option de blocage" dans les réglages d'affichage de l'écran de verrouillage, puis un appui simultané sur Marche et Volume-haut fera apparaître "Mode Blocage", qui désactivera le déverrouillage par empreinte ou par visage jusqu'au prochain déverrouillage avec le code.

Sur iPhone , maintenez un bouton de volume et le bouton latéral durant 2 secondes, puis relâchez, et le code redeviendra obligatoire.

Après, le mieux c'est carrément d'éteindre votre téléphone dès que vous croisez des personnes susceptibles d'abuser de leur autorité sur vous.

Le mode avion et la localisation coupés

L'EFF comme Amnesty conseillent également de passer en mode avion quand vous n'avez personne à appeler, ce qui empêche les transmissions et limite le pistage, avec en prime de la batterie économisée pour la journée. Pensez aussi à couper le Wi-Fi et le Bluetooth, ainsi que le service de localisation dans les réglages.

CoMaps, pour la carte

Une fois en mode avion, il vous faut de toute évidence une carte qui marche sans réseau. CoMaps c'est l'idéal pour ça, puisque c'est un projet communautaire né d'Organic Maps et de Maps.Me, qui cherche et calcule ses itinéraires hors ligne, avec uniquement le GPS et sans avoir recours aux données mobiles. Vous pouvez donc consulter la carte localisation coupée, et ne la rallumer que le temps de vous repérer. L'appli est gratuite, dispo sur iOS et Android, et elle assure ne collecter aucune information.

Le floutage de Signal, pour les photos

Sachez aussi que filmer reste votre droit puisque d'après le Défenseur des droits , hors des lieux privés, un policier ou un gendarme ne peut pas s'opposer à ce qu'on l'enregistre. Mais avant de publier quoi que ce soit sur les réseaux, il faut flouter ! Signal propose donc depuis 2020 un outil de floutage dans son éditeur d'images, dont le traitement se fait entièrement sur votre téléphone. Signal reconnaît toutefois qu'il ne détecte pas tous les visages à coup sûr, d'où la présence d'un outil "pinceau" pour flouter à la main ce qu'il aurait raté. Vérifiez donc bien chaque photo avant de l'envoyer dans un de vos groupes, ou passez-la dans un outil gratuit d'anonymisation comme celui dont je vous ai déjà parlé.

Des photos sans leur position GPS

Sur iPhone, au moment de partager depuis l'app Photos, touchez Options et désactivez la Localisation. La mention "Lieu non inclus" s'affichera alors. Et pour ne plus enregistrer la position du tout, ça se trouve dans les Réglages, Confidentialité et sécurité, Service de localisation, Appareil photo, puis "Jamais". Sur Android, l'app Scrambled Exif retirera les métadonnées des images que vous partagerez. Attention quand même à ne pas trop compter sur cette suppression EXIF qui parfois n'est pas exhaustive selon les applis que vous utilisez.

Et les autres messageries ?

Des lecteurs m'ont aussi parlé de SimpleX et de Session. SimpleX n'a ni numéro ni identifiant de profil, et il a été audité par Trail of Bits en 2022 et 2024. Par contre, ses serveurs par défaut sont tenus par deux opérateurs seulement, et sa politique de confidentialité admet qu'ils peuvent partager des données sur décision de justice. Les notifications Android arrivent parfois en retard, et il faut que tout votre groupe l'installe (480 000 utilisateurs par mois, d'après lui). Bref, c'est sérieux, mais pour un lycée entier, Signal reste plus réaliste.

Session, je vous le déconseille. Pas de "forward secrecy", un protocole v2 censé corriger ça mis en pause en août 2026, et un dernier audit qui date de 2021.

Cette messagerie passe de téléphone en téléphone par Bluetooth, sans compte ni numéro, et l'Inde s'en est beaucoup servie quand leur gouvernement a coupé le net il y a quelques mois. Sauf que le BISI a noté que Bitchat avait une authentification faible qui permet d'usurper un contact, et des clés qui ne changent pas à chaque message. Donc c'est pas le pied. Quant à Briar , ça ne tourne que sur Android et ne reçoit plus de vraies MàJ... Pour moi, tant que le réseau internet est dispo, Signal fait mieux que ces 2 apps.

Un stylo

Un autre truc important à avoir sur vous, c'est un stylo. En effet, le guide de la LDH conseille d'écrire le nom et le numéro de votre avocat sur votre bras, et d'apprendre par cœur les numéros à appeler, puisque votre téléphone vous sera confisqué en cas de garde à vue. La CGT précise cependant que le nom de l'avocat et son barreau sont suffisants car la police est obligée de le contacter.

Et si vous êtes mineur, la déclaration des droits du ministère de la Justice est claire comme de l'eau de roche : Vous devez être assisté d'un avocat dès le début de votre garde à vue.

Voilà, bonnes manifs à tous, ne lâchez rien et prenez soin de vous car les tirs sont souvent tendus, malheureusement !

Comment la douane allemande arrive à lire les messages Signal, Whatsapp et Telegram

Par : Korben ✨

Le Zollkriminalamt, l'office d'enquête de la douane allemande, est capable de lire des conversations WhatsApp, Signal ou Telegram sans utiliser aucun logiciel espion ! On vient de l'apprendre grâce au média Netzpolitik qui a publié le 2 septembre dernier une note interne classée du Zollkriminalamt expliquant que depuis fin 2023, la méthode était testée pour finalement devenir un outil permanent pour les enquêteurs (surtout pour les enquêtes sur la criminalité organisée) depuis un peu plus d'un an.

Le principe est celui de WhatsApp Web ou de Signal Desktop... en fait, quand vous liez un ordinateur à votre compte en scannant un QR code depuis votre téléphone, cet ordinateur peut ensuite recevoir vos messages en même temps que le téléphone. Les enquêteurs configurent donc l'un de leur ordi, au poste de la douane en tant qu'appareil lié, ce qui fait que le chiffrement de bout en bout n'est plus un problème puisque l'appareil fait partie intégrante du compte.

Mais bon, pour que ça fonctionne, il faut réussir à faire valider la liaison de l'appareil par la cible. Pour faire ça, il faut donc ruser par exemple en convoquant les gens comme témoins et en les incitant à leur confier leurs téléphones pour faire des captures écran sur un sujet qui n'a rien à voir. Cela leur permet d'activer à leur insu la liaison WhatsApp Web ou autre. Ils peuvent également mettre en place une campagne de phishing dans la lignée des hackers russes qui piégeaient des fonctionnaires que je vous racontais en mars. Ou encore, quand c'est Telegram, avec son SMS de validation, le code de connexion peut être récupéré via une interception téléphonique classique.

Ils ont fait ça sur des dizaines de comptes. En 2022, un trafiquant de produits dopants de Basse-Saxe s'est même rendu compte que la douane se connectait à son compte. Il a alors coupé l'accès quelques heures plus tard... mais trop tard, ses échanges sur les 6 derniers mois étaient déjà copiés.

Car oui, c'est surtout ça qui donne de la valeur à la manœuvre puisque l'appareil lié récupère tout l'historique dès que la liaison est effective. La plupart des clients web reçoivent l'archive complète, et Signal propose de transférer les conversations ainsi que 45 jours de médias au moment de lier les appareils. Le BfV et le BSI ajoutent dans leur rapport que la cible met, en général, un peu de temps avant de remarquer que quelqu'un est en train de lire ses conversations, et aussi que la douane allemande peut écrire à sa place.

Alors, maintenant est-ce que c'est légal ?

Hé bien le 20 janvier dernier, la Cour fédérale de justice allemande a tranché sur le cas de Telegram. Ils ont validé le fait que se connecter en secret à un compte, c'était de la surveillance à la source, et que seuls les messages postérieurs à l'ordonnance du juge pouvaient être lus. Dans cette affaire de dopage, les messages antérieurs à l'ordonnance sont donc inutilisables au procès, faute d'infraction assez grave pour justifier une perquisition en ligne.

De son côté, le professeur Christian Rückert, spécialiste du droit pénal informatique à Bayreuth, juge la méthode "problematisch" parce que l'appli permet d'écrire au nom de la cible, alors que la loi exige de ne pas pouvoir en faire plus que de récupérer les messages. Mais bon, comme d'hab, avec la police et la justice, leur propre tambouille ne les concerne jamais vraiment hein...

Maintenant, si la douane ou la police peut le faire, n'importe quel script kiddie peut le faire aussi... Donc je vous invite vraiment à contrôler régulièrement la liste des appareils liés de vos applis. Si vous tombez sur des appareils que vous ne reconnaissez pas, virez-les immédiatement. Et dans la mesure du possible, pensez toujours à activer une vérification en deux étapes avec une application de double authentification et surtout pas un code SMS.

Source : Netzpolitik , repéré grâce au billet de Bruce Schneier .

Nvidia CMP 170HX - La VRAM était bien là, bridée par le firmware

Par : Korben ✨

Je viens d'apprendre qu'une carte Nvidia normalement dédiée au minage de cryptomonnaies, vendue avec 8 Go de mémoire en expose aujourd'hui 64 Go, sans que rien n'ait été remplacé ou soudé dessus... C'est ça la magie de Nvidia, la mémoire était bien là depuis le début, mais était juste maintenue en sommeil par le firmware.

Cette carte, la CMP 170HX est sortie il y a 5 ans pour miner de l'Ethereum. Elle est bâtie sur le GA100, le même silicium 7 nm que l'accélérateur A100 que Nvidia vend aujourd'hui autour de 3 500 dollars en version 40 Go. Et la mémoire HBM2e qu'on y trouve est physiquement présente sur la carte, quoi qu'affiche la fiche technique. Alors certes, débrider une carte Nvidia par logiciel n'a rien de neuf puisqu'on transformait déjà des GeForce en Quadro en 2013.

Mais cette fois, le déverrouillage exploite un bug de chargement de signature dans le BootROM du Falcon, le microcontrôleur de sécurité qui garde le démarrage de la puce. Et ce dernier se fait grâce à un outil nommé cmpunlocker , publié sous licence GPL.

Si vous voulez vous lancer, il vous faudra du Linux x86-64, un accès root et le pilote libre nvidia-open en version 610.43.0x. Votre carte 8 Go passera ainsi à 64 Go, une carte 10 Go à 40 Go, et les unités de calcul bridées reviendront naturellement avec. Et surtout, ce patch survit au redémarrage !

Le PCIe, lui, ne se déverrouille qu'à moitié. Passer de Gen1 à Gen2 est logiciel, mais la largeur reste coincée à quatre lignes parce que Nvidia a laissé 24 condensateurs de couplage vides sur le circuit imprimé. Aller au-delà du x4 veut donc dire les souder à la main et ça c'est pas donné à tout le monde.

Reste que ça donne environ 1 Go/s vers la carte. À titre d'exemple, un utilisateur du forum développeurs de Nvidia a réussi à charger un modèle 70B quantifié en une quarantaine de secondes, contre une dizaine avec la modification matérielle et le Gen2 x16. Pour de l'inférence sur une seule carte, ce goulot ne se paie donc qu'au chargement.

Le même utilisateur mesure un taux de 27,3 tokens par seconde en décodage sur un modèle Qwen2.5-72B, pour 150 à 180 watts, et explique que lors de ses tests, le GPU a réclamé un reset autour de 95% d'occupation mémoire, sur de très grandes fenêtres de contexte. Rien de gênant donc. Deux réserves par contre, et elles ne sont pas décoratives.... La première c'est que l' ECC figure toujours dans la liste des problèmes non résolus du projet, avec le NVLink et le PCIe Gen4, alors que c'est précisément le mécanisme qui pourrait nous dire si la mémoire déverrouillée tient dans la durée. Et la seconde, c'est que le palier des 80 Go a été testé, mais rejeté car instable.

Sur la question qui fâche maintenant, à savoir celle du silicium mis au rebut qui serait bridé car défectueux, ValdikSS, dans un fil sur Hacker News , écrit n'avoir trouvé jusqu'ici aucune carte dont la RAM soit réellement défectueuse. Le bridage ressemble donc à de la segmentation commerciale plus qu'à du recyclage de puces ratées, mais pour le moment, personne n'a fait tourner ces 64 Go assez longtemps pour le prouver.

Reste le prix... La 170HX se trouvait peu de temps avant ça, autour de 250 dollars sur eBay mais depuis que l'exploit circule, elle dépasse les 1 000 $... Bref, le verrou a sauté, et le prix est en train d'exploser !

Source : Tom's Hardware

Un atelier japonais double la VRAM des RTX 2080 Ti pour pas cher

Dans la préfecture de Saitama, au Japon, une petite boutique s'est fait une spécialité qui tombe à pic en pleine flambée des prix de la mémoire, celle de faire passer une vieille GeForce RTX 2080 Ti de 11 à 22 Go de VRAM pour environ 45 000 yens, soit 282 dollars ou un peu moins de 250 euros.

Le procédé n'a rien d'un tour de passe-passe logiciel et repose entièrement sur une vraie dextérité au fer à souder, puisqu'il faut dessouder les onze puces GDDR6 de 1 Go montées d'origine, les remplacer par onze modules Samsung de 2 Go, ajuster quelques résistances sur le circuit imprimé que tous les modèles n'acceptent pas, puis flasher un VBIOS adapté pour que la carte reconnaisse ses nouveaux 22 Go.

La 2080 Ti se prête bien à l'exercice grâce à sa configuration mémoire un peu bâtarde de 11 Go, qui se double proprement là où d'autres cartes coincent.

Autant le dire tout de suite, ce gain ne rapporte strictement rien en jeu, le bus mémoire restant bloqué à 352 bits, la bande passante à 616 Go/s et la puissance de calcul du processeur graphique ne bougeant pas d'un pouce.

L'intérêt se trouve entièrement du côté des modèles d'intelligence artificielle que l'on fait tourner chez soi, là où c'est la quantité de mémoire disponible, et elle seule, qui détermine si un modèle parvient à se charger ou non.

En passant de 11 à 22 Go, on débloque toute une série de modèles de langage quantifiés qui refusaient jusque-là de tenir, et surtout on les garde entièrement en mémoire vidéo au lieu de déborder sur la mémoire système, ce qui change complètement la fluidité de l'ensemble.

Le calcul financier finit de rendre l'idée séduisante, avec une modification facturée 282 dollars, des cartes déjà transformées vendues à partir de 430 dollars et un ensemble complet qui tourne autour de 500 dollars une fois cumulé avec une 2080 Ti d'occasion, quand les GPU récents taillés pour l'IA et dotés d'autant de mémoire réclament facilement plus de 1 000 dollars.

Il reste quand même deux réserves de taille, à commencer par l'architecture Turing de cette carte qui remonte à 2018 et commence à accuser son âge sans profiter des optimisations des générations récentes, et surtout par la disponibilité, l'atelier n'ayant reçu que 200 puces Samsung, de quoi transformer une petite vingtaine de cartes avant de devoir se réapprovisionner.

Bref, c'est rigolo mais ça ne va pas tout de suite changer le monde.

Source : Tom's Hardware , xingyao74043

Diagram-design - Des schémas à vos couleurs

Par : Korben ✨

Diagram-design , c'est un skill pour Claude Code, Codex et Pi qui vous fabrique un schéma technique sous forme de fichier HTML autonome. Vous double-cliquez, ça s'ouvre dans le navigateur, et le diagramme est là, super clean et sans avoir à faire de build ou importer des images.

27 types de diagrammes sont couverts, du schéma d'architecture au diagramme de séquence en passant par la machine à états, le Gantt et le quadrant, chacun en 3 variantes : claire, sombre et éditoriale. Bref, de quoi illustrer une doc ou un article de blog sans dessiner les boîboîtes vous-même, une par une comme dans un Excalidraw .

Le type Loop, avec son moyeu de mémoire partagée. Les pointillés sont les écritures en retour.

Il sait aussi partir de ce que vous avez déjà. Vous lui pointez un fichier draw.io ou un bloc Mermaid planqué dans un README, et il le reprend. Attention, ce n'est pas une conversion hein, mais un re-dessin (ça se dit ?? j'sais pas mais je m'en fous) complet. Il va même récupérer le diagramme embarqué dans un .drawio.png, vous savez, celui qui ressemble à du charabia quand vous ouvrez le fichier dans un éditeur.

Ce qu'il jette au passage ce sont les coordonnées de la source, sa palette, ses polices, les connecteurs en diagonale de draw.io et la mise en page automatique de Mermaid. Ce qu'il garde par contre, ce sont les composants, les relations, les regroupements et le sens de lecture.

À la fin de l'import, il rend même un genre de relevé de fidélité en vous indiquant les noeuds en entrée, les noeuds qu'il a dessinés et les noeuds orphelins qu'il a supprimé.

Un fichier draw.io de 12 nœuds redessiné en niveau de détail équilibré, pour un billet de blog.

La sortie se règle ensuite sur 4 critères. Le format d'abord, HTML, SVG ou PNG. Puis la taille, qui ne touche pas que le cadre. Une planche 16:9 destinée au vidéoprojecteur reçoit des libellés en 16px, une image de doc en reçoit des 12px.

Le troisième critère élague votre dessin, avec 24 nœuds au maximum en mode fidèle, 12 en équilibré, 7 en simplifié, et la coupe suit toujours le même ordre : les décorations, puis les doublons, puis les grappes de feuilles, puis l'infrastructure.

Le quatrième change le vocabulaire, mais pas le nombre de boîtes pour s'adapter au public à qui est destiné le diagramme. Pratique pour passer d'un diagramme hyper technique à quelque chose qui pourra être compris de la direction ou des commerciaux.

Reste l'allure du diagramme... Vous lui donnez par exemple l'URL de votre site, il lit la page d'accueil, en tire la couleur de fond, celle du texte, celle des boutons et la pile de polices, puis range tout ça dans des rôles, et voilà vous avez le design de vos rêves.

Mais surtout, avant d'écrire quoi que ce soit, il contrôle le contraste en AA. Si une de vos couleurs ne tient pas la route à la taille où vivent les libellés, entre 9 et 12px, il propose une valeur corrigée et explique pourquoi. Vous validez le diff, et le guide de style du skill est mis à jour pour tous les schémas suivants.

Et au premier schéma dans un nouveau projet, il refusera même de partir sur le thème par défaut sans vous demander. Il vous proposera naturellement d'aller consulter votre site, de coller vos couleurs à la main, ou encore d'assumer le défaut en connaissance de cause.

Côté installation, ça passe par les plugins pour Claude Code et Codex, par npx pour Codex, par une ligne pour Pi. C'est sous licence MIT et c'est gratuit. Tout est ensuite produit en local, et l'import Mermaid se contente de lire le texte, sans rendu ni appel réseau. Il n'y a que l'export PNG qui réclame un extra, à savoir Playwright, à installer à côté.

Maintenant, c'est pas le même usage qu'un bloc Mermaid qui lui est destiné à évoluer en permanence. Là c'est vraiment pour faire des rendus sous la forme d'une image finie et jolie. Donc à vous de voir !

À découvrir ici !

Votre cerveau en mode pilote automatique - Bruxelles accuse Meta

Par : Korben ✨

Il est 1h12 du mat', vous êtes allongé dans le canap, le téléphone à 20 cm du museau, et votre pouce swipe encore et encore dans un automatisme le plus complet... Un reel de chat, une recette de lasagnes, un type qui répare une tondeuse. Vous aviez ouvert Instagram pour répondre à un message d'un pote il y a 40 minutes, et vous en êtes là. Ah bah bravo ! Mais ne vous blâmez pas trop car en sortir est à peu près aussi facile que de quitter un repas de famille avant le café.

Et c'est d'ailleurs pour ça que Bruxelles vient de mettre un nom là-dessus : "le mode pilote automatique".

L'expression est écrite noir sur blanc dans le communiqué que la Commission européenne a publié ce matin et vous l'aurez deviné, on parle bien de ce foutu scroll infini, mais également de l'autoplay, des notifications push et des reels qui je cite, "nourrissent l'envie de continuer à scroller" et "contribuent à des habitudes malsaines et à un usage compulsif". Conclusion, Instagram et Facebook enfreignent le Digital Services Act ! Ah !

Et attention, pas à cause du contenu qui circule dessus. Non, c'est vraiment à cause du design des app en lui-même.

Ce qu'on reproche à Meta, c'est de n'avoir jamais sérieusement évalué ce que ce design fait à votre bien-être physique et mental, mineurs et adultes vulnérables compris, alors qu'elle avait les données sous les yeux. Notamment sur le temps que vos ados passent sur ses applis la nuit.

Et les garde-fous maison prennent cher au passage car les outils de gestion du temps proposés par Meta, même activés par défaut pour les ados, se contournent trop facilement et ne réduisent en rien l'usage. Sans parler des contrôles parentaux qui ne fonctionnent, écrit la Commission, que si vous avez "une expertise technique adéquate" et du temps à y consacrer. Pffff !

Alors Bruxelles sort sa liste de courses : Couper l'autoplay et le scroll infini par défaut, vous imposer de vraies pauses d'écran , et rendre les recommandations moins obsédées par votre engagement. Notre régulateur préféré demande à Meta d'éteindre par défaut le moteur à attention qui fait rentrer le pognon ^^.

Sauf que rien n'est joué. Ce ne sont là que des conclusions préliminaires, et pas une condamnation.

Meta doit encore répondre par écrit, le Comité européen des services numériques donnera ensuite son avis, et seulement après tombera, ou pas, une décision de non-conformité. Au bout du chemin, une amende qui pourrait grimper jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial (environ 201 milliards de dollars en 2025, sortez la calculette).

Meta monte déjà au créneau, et rétorque que ces conclusions du régulateur "*ne prennent pas correctement en compte les mesures significatives que nous avons prises pour protéger les ados *". Évidemment !

Tout ceci ne date pas d'hier puisque la procédure est ouverte depuis mai 2024 mais Bruxelles tape sur plusieurs fronts. Le volet vérification d'âge des moins de 13 ans a déjà eu ses conclusions, celui sur les effets "rabbit hole" des recommandations tourne encore, et TikTok avait déjà goûté à la fessée avec sa version rémunérée .

Perso, je ne crois pas une seconde que Meta coupe le scroll infini par défaut sans se battre durant des années mais je suis quand même content de voir que ça bouge un peu sur ce qu'on appelle l'économie de l'attention dont on est tous victimes.

Bref, la prochaine fois que vous vous réveillez à 1h du mat' à regarder une critique ciné chiante ou un gars qui vous parle de ses montres de luxe alors que vous n'avez pas un rond, dites-vous que l'Europe viendra bientôt vous sauver !

Source

Chat Control - 314 contre, 112 absents, et le texte passe

Par : Korben ✨

314 députés européens ont voté jeudi pour enterrer Chat Control et 276 ont voté pour le garder.

Et c'est quand même passé OKLM.

Et oui, pas la peine de vous frotter les yeux, je vais vous expliquer tout ça. En seconde lecture, le Parlement a besoin d'une majorité absolue de ses membres pour rejeter un texte du Conseil, soit 360 voix. Et cette "majorité", c'est pas une majorité des présents dans l'hémicycle, mais une majorité d'élus, absents compris.

Du coup les 314 sont tombés à 46 voix du compte, 17 députés se sont abstenus, et 112 qui n'ont pas pris part au vote ont terminé le boulot à leur place puisque leur chaise vide valait pour un oui.

Je rappelle quand même que ces 112 là touchent 359 euros d'indemnité journalière, et qu'il leur suffit de signer un registre le matin pour encaisser leur thune. Je pense que si ces feignasses d'absentéistes faisaient correctement leur boulot en étant là, au moins pour les choses importantes, on n'aurait pas des problèmes comme ça qui impactent tous les citoyens européens. Ils ne méritent vraiment ni leur poste, ni leurs indemnités de merde.

Maintenant que ça c'est dit, je vous propose qu'on fasse une petite séance de cohérence cardiaque tous ensemble pour se détendre, car y'a quand même un peu de positif dans cette seconde lecture.

Le texte voté, c'est Chat Control 1.0, c'est à dire la dérogation qui autorise les plateformes à scanner volontairement les messages de leurs utilisateurs. Ce n'est donc pas un scan obligatoire, ni des ordres de détection, ni de la vérification d'âge qui vous ferait montrer vos papiers pour ouvrir un compte sur une messagerie. Tout ça, c'est prévu dans Chat Control 2.0, un règlement séparé, qui n'est toujours pas adopté, mais qui revient à l'automne !!

L'autre bonne nouvelle dans notre malheur, c'est que les députés (ceux qui bossent hein, pas les autres paresseux) ont arraché un amendement qui exclut du texte tout ce qui est chiffré de bout en bout. Donc Signal, WhatsApp, iMessage, et les salons Matrix que vous avez pris soin de chiffrer vont passer entre les mailles du filet de Big Brother.

Restent quand même Gmail , Outlook, Discord, Snapchat, iCloud Mail, les publications et les groupes Facebook, et tout ce qui transite en clair sur des serveurs... C'est-à-dire là où vous comme moi, écrivons la plupart de nos trucs.

Cette dérogation "temporaire", Chat Control 1.0, est née en 2021 et a expiré le 3 avril dernier, quand le Parlement avait refusé de la prolonger. Alors le Conseil l'a renvoyée au Parlement et ils veulent maintenant qu'elle coure jusqu'au 3 avril 2028. Ça c'est du bon gros provisoire reconduit à coups de 2 ans... Ce genre de provisoire, moi j'appelle ça du permanent mais bon, bref...

Et le pire, les amis, c'est que ce scan qu'on vous vend comme une protection contre tous les criminels et autres pédophiles nazis terroristes NE FONCTIONNE PAS. Et c'est pas moi qui le dis !

En effet 807 chercheurs et cryptographes dans 37 pays ont signé une lettre ouverte, la quatrième depuis 2023, où ils écrivent qu'il est "tout simplement impossible de détecter, avec un niveau de précision acceptable, les contenus pédopornographiques connus et nouveaux pour des centaines de millions d'utilisateurs.".

C'est donc simplement pas faisable à cette échelle, avec une suffisance de précision. Et les chiffres leur donnent raison puisque quand l'Irish Council for Civil Liberties a épluché les signalements automatiques atterris chez la police irlandaise, à peine 20 % étaient réellement des contenus pédocriminels, et moins de 10 % étaient exploitables par un enquêteur.

Le reste, bah c'est du bruit... Ce sont vos photos de vacances, vos consultations médicales, vos ados qui s'écrivent entre eux. Et chaque faux positif, c'est un inconnu payé pour regarder vos photos à la plage ou vos sextapes. Sans parler des erreurs humaines ou IA qui viendront se glisser là-dedans et qui vous enverront en zonzon pour pédocriminalité pour une photo de Sphinx (les chats sans poil, vous savez) ou autre...

Quatorze pointures de la crypto, dont Ron Rivest, Whitfield Diffie et Bruce Schneier, ont posé le diagnostic dans un document, Bugs in our Pockets où ils expliquent que le scan côté client "ne garantit pas une prévention efficace de la criminalité et n'empêche pas la surveillance".

Et c'est à nous de payer toutes ces conneries avec notre vie privée.

Puis j'sais pas si vous vous souvenez, mais Apple s'y est cassé les dents en public. Ils avaient annoncé un système de détection en août 2021, et des chercheurs ont conçu dans la foulée, des collisions de hash (deux images différentes, même empreinte), qui a poussé Apple à enterrer le projet en décembre 2022 parce qu'ils se sont rendu compte que ce n'était pas suffisamment fiable et efficace.

Reste la question qui nous intéresse tous : Comment se protéger de ce viol de notre vie privée ?

D'abord, débarrassez-vous de deux illusions. Votre VPN ne sert à rien contre ce truc, parce qu'il chiffre le tuyau, mais pas votre message au moment où vos doigts le tapent. Et votre navigation privée non plus.

Le scan côté client en fait, c'est un mouchard qui lit sur votre appareil, avant le chiffrement et ni le VPN ni le chiffrement de bout en bout ne peuvent faire quoi que ce soit si l'application ou le système d'exploitation coopère. Et une app dont vous ne pouvez pas lire le code, bah vous n'avez aucun moyen de savoir ce qu'elle regarde avant d'envoyer.

Ce qui marche vraiment par contre, c'est de foutre le camp des services que ce texte vise, c'est à dire ceux qui ne chiffrent pas de bout en bout. J'avais fait le tour des messageries sécurisées il y a un moment, et où on en est en 2026.

  • Messageries : Signal (AGPL, mais l'inscription réclame toujours un numéro de téléphone, les usernames introduits en 2024 servent juste à ne pas le filer à vos contacts), SimpleX Chat (aucun identifiant utilisateur, ni numéro ni email, c'est le seul), Molly (un Signal durci pour Android, sans les services Google), Briar (pas de serveur du tout, ça passe par Tor, le Wi-Fi local ou le Bluetooth).
  • Mail : Tuta chiffre le corps, le sujet et le nom de l'expéditeur. Mais pas les adresses ni la date (le protocole ne le permet pas). Proton Mail chiffre le sujet et les adresses au repos, sans aller jusqu'au bout en bout, une limite héritée de PGP. Les deux savent quand même envoyer un vrai message chiffré à quelqu'un qui n'est pas chez eux, par mot de passe partagé ou avec PGP. Dans les deux cas vous quittez Gmail, c'est déjà l'essentiel.
  • Chiffrer avant d'envoyer : Cryptomator , age ou GnuPG. Votre fichier part déjà illisible, l'app qui le transporte n'a plus rien à lire. Hop, problème réglé, quelle que soit votre messagerie.
  • Le téléphone : GrapheneOS , uniquement sur Pixel. Le bac à sable durci et les Storage Scopes limitent ce qu'une app peut fouiller. Honnêtement, ça ne bloque rien si c'est l'app elle-même qui scanne. Mais ça réduit la surface.

Tout ceci est parfaitement légal, et non, vous n'avez pas à vous cacher pour le faire. L'article 30 de la LCEN le dit noir sur blanc depuis 2004 : "L'utilisation des moyens de cryptologie est libre."

Sachez seulement que dans une procédure judiciaire, l'article 434-15-2 du code pénal punit le refus de remettre une clé de déchiffrement aux autorités. Vous avez donc le droit de chiffrer, mais pas de mentir au juge.

Le site exitchatcontrol.org recense tout ça et beaucoup plus, service par service, avec les alternatives testées et l'argumentaire qui va avec. Allez y faire un tour, c'est du bon boulot ! Et si vous voulez écrire à votre eurodéputé, fightchatcontrol.eu vous prépare le mail.

exitchatcontrol.org existe en français, avec son encart daté du 9 juillet

Ensuite, pour les recours, je vais être franc avec vous, attaquer le texte devant la Cour de justice de l'UE, ça va être compliqué car depuis l'arrêt Plaumann de 1963, un particulier doit prouver qu'un règlement le touche "individuellement", ce que vous ne pourrez jamais démontrer face à une surveillance de masse qui vise tout le monde pareil.

La vraie porte de sortie est ailleurs je pense. Elle se trouve dans la question préjudicielle, quand une juridiction nationale interroge la Cour. C'est en tout cas comme ça que La Quadrature du Net a fait tomber la conservation généralisée des données en 2020.

Et la Cour européenne des droits de l'homme a déjà tranché sur le chiffrement, dans Podchasov contre la Russie en février 2024 : affaiblir le chiffrement "permettrait apparemment, d'un point de vue technique, de mener une surveillance systématique, générale et sans distinction".

Voilà, maintenant le VRAI rendez-vous, c'est septembre. Le texte de jeudi repart au Conseil, qui a 3 mois pour avaler l'exclusion du chiffrement ou la recracher, auquel cas tout le monde part en conciliation. Et surtout, Chat Control 2.0 reprend à l'automne sous présidence irlandaise, avec le scan obligatoire, la vérification d'âge et la fin de l'anonymat dans le paquet. Devant le même Parlement, avec j'imagine les mêmes branles couilles absents, ceux-là mêmes qui, quand l'Allemagne avait dit non , s'étaient bien gardés de dire quoi que ce soit.

Alors oui, Big Brother a avancé ses pions ce jeudi mais moi ce que je retiens aussi c'est qu'un texte rejeté par la majorité des votants est passé grâce à des chaises vides et ça recommencera en septembre si vous n'allez pas secouer vos députés européens. Trois ans de débats pour en arriver là, avec un truc médiocre qui marche pas et qui met nos démocraties en danger, je trouve ça tellement triste...

Bref, n'oubliez pas, ACTA aussi c'était plié d'avance, jusqu'à ce que tout le monde s'y mette.

Rendez-vous en septembre !

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Votre prochaine barrette de RAM sera-t-elle un champignon ?

Par : Korben ✨

Un champignon shiitake qui fait office de mémoire informatique genre RAM, c'est la trouvaille d'une équipe de l'Ohio State University. Et l'idée a l'air bien plus sérieuse qu'elle n'en a l'air...

John LaRocco et Qudsia Tahmina ont pris du mycélium de shiitake, l'ont cultivé sur des graines de farro, du germe de blé et du foin, puis l'ont déshydraté. Après une brève réhydratation, ils ont ensuite branché le tout à un oscilloscope et un microcontrôleur Arduino et là, le champignon s'est mis à fonctionner comme un memristor , c'est-à-dire un composant capable de se souvenir de son dernier état électrique.

Utilisé comme RAM, leur champignon magique a tenu jusqu'à 5 850 Hz avec une précision de 90 %, et ça grimpe à 95 % en basse fréquence. La performance chute donc quand on monte en fréquence, sauf que les chercheurs ont trouvé la parade. Il suffit en réalité de connecter plusieurs champignons ensemble sur le circuit, un peu comme des groupes de neurones qui bossent en équipe dans votre cerveau.

Alors vous allez me dire quel est l'intérêt de ce truc ?

Eh bien un memristor-champignon, c'est biodégradable, ça résiste aux radiations, ça encaisse la déshydratation, et ça coûte une misère à fabriquer et à alimenter. Et surtout, avoir des puces biologiques qui imitent l'activité neuronale réelle, ça veut dire qu'on n'a plus besoin d'une tonne d'énergie quand la machine tourne au ralenti ou ne sert pas. De quoi intéresser l'informatique embarquée, l'aérospatial, les wearables ou tout ce qui doit calculer des trucs sans grosse batterie. Détail rigolo, une partie des travaux est financée par le Honda Research Institute !

Maintenant, accrochez-vous, parce qu'un paquet de médias vous ont vendu ce champignon comme LA solution à la pénurie mondiale de RAM mais faut se calmer ! L'étude publiée dans PLOS ONE ne parle jamais de pénurie, et encore moins de Samsung, SK Hynix ou Micron et ce rapprochement n'a pas été fait par les chercheurs, mais par les journalistes.

Donc non, ce champignon n'est pas pour le moment une option afin de contrer la pénurie de RAM. Parce que soyons clairs, 5 850 Hz c'est mignon, mais votre DDR5 tourne dans les gigahertz ! On n'est pas du tout sur le même ordre de grandeur, ce qui fait que ce bon vieux shiitake ne remplacera pas votre barrette. Il vise plutôt tout ce qui est calcul neuromorphique basse conso, et pas du tout le marché du gaming, hein ^^.

La pénurie de RAM de cette année n'a rien de fongique. En fait, les trois géants qui pèsent près de 90 % de la production mondiale ont réorienté leurs usines vers la HBM, une mémoire ultra-rapide que s'arrachent les accélérateurs IA. Résultat, les prix de la DRAM ont bondi d'environ 90 % au premier trimestre, Micron a carrément lâché le marché grand public, et une class action déposée en Californie soupçonne les fabricants de s'être entendus sur les tarifs. On est donc loin des champignons du potager. Maintenant, si le sujet du silicium fait maison vous parle, jetez quand même un œil à ce type qui fabrique de la RAM dans sa cabane .

Mais bon, quoi qu'il en soit, faire de l'informatique avec du vivant, c'est possible depuis un petit moment. On a déjà vu des neurones artificiels en bactéries discuter avec nos cellules, et c'est probablement une piste pour la décroissance forcée qui va bientôt nous arriver dans la gueule.

Bref, ce champignon ne remplacera pas votre DDR5 de sitôt mais un composant biodégradable qui fait des calculs tout en résistant aux radiations, cultivé sur du foin et financé par Honda, perso je trouve que c'est cool ^^.

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Lire la puce de sa carte d'identité en Python sous Linux

Par : Korben ✨

Hubert, fidèle lecteur de Korben.info m'a envoyé un mail pour me dire qu'il avait reçu sa nouvelle carte d'identité. Vous savez celle en petit format avec la puce dedans qu'on peut scanner avec l'app France Identité. Et il en est bien content !

Voilà, l'histoire s'arrête là !

Mais non, je plaisante ! En fait, Hubert s'est posé LA question que personne ne se pose à l'heure de l' identité numérique européenne : Y'a quoi là dedans ?

Et plutôt que d'attendre qu'un employé de mairie expert en technologie ne lui explique (j'rigole, ça n'existe pas), il a passé son week-end à coder cnie-python-tools , un projet codé en python (vous aviez deviné je pense) capable de lire la puce de la CNI et de vous ressortir les infos y compris la photo d'identité.

Le tout sous Linux, évidemment, sans smartphone ni app officielle.

Pour l'utiliser, vous devez brancher un lecteur de carte à contact (un ACR38U , un Omnikey (liens affiliés), ce genre de bestiole compatible PC/SC), vous lancez uv run cnie-dump, et vous tapez le CAN, c'est-à-dire les 6 chiffres imprimés au recto de votre carte.

Photo envoyée par Hubert, je me suis permis d'enlever ses données personnelles #RGPD-way-of-life ^^

Y'a besoin de cette clé car c'est elle qui permet de déverrouiller la puce via un protocole qui s'appelle PACE. C'est ce mécanisme précis qu'utilise la carte France Identité quand elle lit votre carte en NFC sauf que là c'est direct sur votre PC. Son script permet alors de récupérer toutes les data dans des fichiers bruts + un summary.json qui liste tout ce que la carte a bien voulu cracher.

Et c'est qu'elle est bavarde cette coquine, puisqu'avec ce simple script, elle vous sort votre état civil complet (nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité), votre adresse, votre taille, la MRZ (la fameuse bande de caractères qu'on retrouve aussi sur les passeports), mais aussi la photo qui est dessus au format JPEG 2000, un format parfois un peu pénible à ouvrir.

Bref, de quoi remplir un formulaire administratif sans avoir à tout retaper.

Maintenant rassurez-vous, il y a quand même des données qu'on ne peut pas extraire. Sur la CNIe française, la donnée biométrique sensible, ce sont vos deux empreintes digitales (DG3), et celles-là restent bouclées à double tour derrière l'EAC, une couche de sécurité réservée aux terminaux officiels de l'État. Quand le script tape à cette porte, la carte répond aussi sèchement qu'un agent assermenté sans clim, avec le code 6982, ce qui veut dire "security status not satisfied", cause toujours.

Si ça vous dit d'essayer bien sûr, c'est à utiliser uniquement avec votre propre carte. Et si le lecteur sur la photo ci-dessus vous parle, c'est normal. Plutôt que d'acheter un lecteur de carte tout neuf, Hubert a simplement réalisé ses tests avec le lecteur fourni par les TCL (le réseau de transport Lyonnais) qui visiblement est dans le tur-fu en ce qui concerne la recharge des abonnements de métro ^^.

Merci Hubert pour le partage !!

cnie-python-tools

Un développeur a fait tourner Swift sur un Apple II de 1977

Swift, le langage maison qu'Apple a sorti en 2014 pour remplacer le vieillissant Objective-C, vient de débarquer sur une machine qui a quarante-neuf ans de plus que lui. Yeo Kheng Meng, un bidouilleur basé à Singapour, a restauré un Apple II Plus puis s'est demandé jusqu'où il pouvait pousser ce vieux tromblon, ce qui a donné SwiftII, un petit environnement Swift qui tourne aussi bien sur l'Apple II d'origine de 1977 que sur les IIe qui ont suivi.

Le défi donne le vertige quand on connaît la bête. L'Apple II carburait à un processeur 6502 cadencé à 1 MHz avec 4 Ko de mémoire à sa sortie, là où Swift a été pensé pour des machines des milliards de fois plus puissantes, et il a fallu pousser la RAM à 48 Ko pour espérer y faire tenir quoi que ce soit.

Plutôt que de traduire directement le code en instructions 6502, Yeo a repris une idée qu'Apple avait déjà eue en 1979 avec son Apple Pascal, qui consistait à compiler le programme en bytecode, c'est-à-dire un code intermédiaire générique, avant de l'exécuter dans une machine virtuelle, une sorte de processeur simulé en logiciel par-dessus le vrai. Presque un demi-siècle d'écart, et la même astuce pour contourner les limites du 6502.

Le pipeline reste volontairement minimaliste pour grappiller chaque octet, puisque le code source passe dans un analyseur, puis un parser qui crache directement le bytecode sans construire d'arbre intermédiaire, le tout avalé par une petite machine virtuelle à pile largement inspirée du livre Crafting Interpreters de Robert Nystrom.

Forcément, ce Swift-là est une version croupion. Il n'existe qu'un seul type de nombre, l'entier signé sur 16 bits, donc rien au-delà de -32 768 à 32 767, et surtout aucun nombre à virgule vu que le 6502 n'a pas de quoi calculer ça. Les chaînes de caractères sont du pur ASCII, les noms de variables plafonnent à onze caractères, et exit les closures, dictionnaires, gestion d'erreurs et autres async/await.

Côté ce qui marche quand même, on récupère les let et var avec inférence de type, les conditions, les boucles, les fonctions, les optionnels, les tableaux et même l'interpolation de chaînes, de quoi écrire de vrais petits programmes. Le projet embarque d'ailleurs un jeu de motos lumineuses et quelques démos graphiques qui tournent pour de bon sur le matériel d'époque.

La contrainte la plus délicate reste la mémoire, parce qu'une fois ProDOS chargé il ne reste qu'environ 40 000 octets pour votre programme, et comme le 6502 ne sait pas adresser davantage, il faut jongler avec des banques de mémoire commutées comme à la grande époque.

Le tout est écrit en C90, compilé avec cc65, et distribué en neuf images disque différentes selon les machines visées. Détail savoureux, Yeo a bouclé ce chantier en deux mois avec l'aide de Claude Opus 4.8 et de Codex, là où il estime que seul, ça lui aurait coûté deux à trois ans de travail.

Du coup, on a un langage de 2014 qui cause à une puce de 1977 grâce à une recette de 1979. C'est parfaitement inutile, et c'est exactement pour ça que c'est chouette.

Source : Hackaday

IoToS - Le prof qui a codé un OS de zéro pour ses élèves

Par : Korben ✨

Jean-Marc Biechy est prof d'électronique et d'informatique à l'Institution Saint-Jean de Colmar et il vient de m'envoyer un truc qui m'a scotché. Avec ses élèves, il bidouille des projets Arduino, et plutôt que d'empiler des bouts de code à chaque nouveau montage, il a fait un choix un peu fou : écrire son propre système d'exploitation en partant de zéro pour un microcontrôleur.

Ça s'appelle IoToS, pour Internet of Things micro Operating System, et ça transforme un Arduino UNO R4 ou un ESP32/8266 en vrai petit nœud réseau avec un accès en ligne de commande qui ressemble vachement à du bon vieux terminal Linux.

Vous branchez la carte, vous ouvrez un terminal série (ou un Telnet sur le port 23), et là vous tapez des commandes comme ping, tracert, netstat, dir, ip ou dhcp on tout ça directement sur Arduino.

Ce qui est chouette avec son approche c'est qu'elle est pédagogique car un Arduino tout nu, c'est un automate avec un setup() qui s'exécute une fois, une loop() qui tourne en boucle à l'infini, et basta.

Et à l'autre bout du spectre, vous avez de vrais OS temps réel (RTOS), souvent trop gros ou trop austères pour intéresser un élève de Bac Pro. Et entre les deux, y'avait rien qui faisait vraiment le pont entre l'automate et un vrai petit OS avec sa ligne de commande.

Jean-Marc a donc créé ce chaînon manquant en découpant son code exactement comme un OS. Un Boot Firmware avant le setup, un Load Driver qui gère la connexion réseau et l'écran, un Kernel qui n'est autre que la loop(), un CLI dans un fichier shell_Cmdline.h, et des applis par-dessus.

La bestiole embarque donc un serveur web AJAX qui sert des pages HTML depuis une carte MicroSD, un serveur FTP pour balader les fichiers via FileZilla, une synchro NTP et un datalogger CSV horodaté. Le tout sur un noyau coopératif, sans RTOS, le code métier de votre projet étant compilé dans le même firmware.

Et c'est là qu'on mesure le boulot d'orfèvre puisque ce firmware complet tient dans 142 Ko, soit 54% de la flash de l'UNO R4, et il reste près de 19 Ko de RAM libre sur les 32. Caser un shell réseau, un serveur web et du FTP là-dedans sans tout faire planter, c'est pas donné à tout le monde, le mec est doué !

Et avec cette base, ses élèves montent des prises IP commandables au navigateur, une caméra de surveillance sur LilyGo déclenchée par un détecteur de mouvement, une station météo consultable en ligne, une alarme PIR qui envoie un mail, de la gestion de chauffage à distance, ou du pilotage de LED RVB et de projecteurs DMX par Ethernet.

La prise IP sert d'ailleurs de système minimal de référence, et le reste, vous pouvez l'étendre en ajoutant vos propres commandes CLI et vos pages web dans les fichiers .h prévus pour.

Jean-Marc raconte y avoir passé environ 2000 heures de code et de tests, juste pour voir si c'était possible d'en écrire un tout seul. Il est parti de bibliothèques existantes (LittleFS, ping, FTP, dir) qu'il a patiemment fait discuter ensemble... Faut dire que recoder un OS de zéro pour le plaisir d'apprendre , c'est un sport à part entière et malheureusement, trop peu de gens d'y essayent.

Son code source est commenté et distribué librement sous licence GNU LGPL v2.1, donc réutilisable y compris pour un usage commercial. Tout est à télécharger sur le site du projet , avec la doc PDF, les vidéos de démo et la liste complète des commandes.

Si vous avez un Arduino R4 qui prend la poussière, vous savez maintenant quoi en faire ! Bravo Jean-Marc !!

RAMwavDroid - Et si on écoutait les malwares Android ?

Par : Korben ✨

Si vous faites un peu de reverse engineering sous Android, vous savez que les malwares modernes font absolument tout ce qu'ils peuvent pour planquer leurs mauvaises intentions, un peu comme vos parents toxiques... Code obfusqué, chargement dynamique, packing...etc, etc.

Mais c'était sans compter sur une équipe de chercheurs italiens menée par Giorgio Giacinto ont carrément changé de stratégie avec RAMwavDroid qui au lieu de désassembler le code , permet de le transformer en son et ensuite, laissent une IA l'écouter. Et cela permet d'obtenir un niveau de 98% de détection des malwares.

J'vous explique la sorcellerie de ce truc...

En effet, d'habitude, pour analyser une appli Android, on décompile l'APK et on récupère le code, notamment des fichiers smali, un équivalent lisible par un humain du code bas niveau Dalvik.

Mais avec leur RAMwavDroid, vous prenez le fichier, et chaque octet, qui vaut une valeur entre 0 et 255, devient directement une amplitude sonore. Pas de normalisation, ni de désassemblage mais simplement une forme d'onde, stockée dans un vrai fichier WAV ou MP3 + des réseaux de neurones qui apprennent à reconnaître la texture sonore d'un malware.

Le transformer utilisé, c'est Wav2Vec2, qui était même à la base entraîné sur de la voix humaine.

Comment RAMwavDroid transforme les octets d'une appli en forme d'onde

Mais alors pourquoi passer par le son ?

Hé bien parce que les antivirus classiques s'appuient sur le "sens" du programme, ses permissions, ses appels API, la structure de son code...etc. Or c'est exactement ça que les vrais malwares un peu filous brouillent pour passer entre les mailles. Alors que la texture brute des octets, elle, reste la même, peu importe l'habillage que son concepteur a donné à son malware.

Et ça, une oreille artificielle finit par le repérer.

Mais le vrai coup de génie c'est que plutôt que d'analyser le fichier au repos, RAMwavDroid lance l'appli dans un émulateur et prend un instantané de sa mémoire vive juste après le démarrage. Ça permet de parcourir les fichiers chargés en mémoire, les processus, et surtout le code que le packing a déjà déchiffré pour pouvoir s'exécuter. Cette analyse forensique de la mémoire fait alors grimper la précision de près de 94% en statique à jusqu'à 98% en dynamique.

Le spectrogramme d'une appli malveillante, vu comme un son

Sur un extrait de dataset de malwares utilisé pour leurs tests, composé de 600 applis (moitié saines moitié vérolées), RAMwavDroid tape jusqu'à 98% de bonnes réponses, avec dans sa meilleure configuration quasiment aucun faux positif.

Un faux positif, c'est quand il n'y a pas de malware, mais que l'antivirus clignote quand même en rouge, donc ça montre bien l'efficacité de leur technologie. On est au même niveau que VirusTotal qui fait bosser des dizaines de moteurs de détection en parallèle.

Bien sûr, c'est un résultat de laboratoire sur un échantillon limité d'apps, et le code source n'est pas encore disponible publiquement, donc on ne peut que les croire sur parole. Surtout que leur système fonctionne uniquement dans un émulateur (pour accéder à la RAM) et ça c'est un truc typique que les malwares sont capables de détecter... Donc bon, à voir...

En plus ce système se fait avoir par les applis bourrées de gros SDK légitimes qui noient également le signal, et par les malwares minimalistes trop simples pour faire du bruit. Bref, la robustesse face à l'obfuscation avancée, ce sera pour plus tard mais j'ai trouvé cette façon de faire plutôt originale.

Peut-être qu'à terme, les créateurs de malware mixeront leur binaire avec un MP3 de Jul ou Gims pour tromper ces futurs détecteurs audio ^^.

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Git 2.55 active Rust par défaut, et la fin du tout-C est déjà programmée

Vingt et un ans après sa création par Linus Torvalds, Git amorce pour de bon son changement de langage. La première version de test de Git 2.55, publiée hier, active par défaut le code Rust dans le gestionnaire de versions le plus utilisé au monde, celui qui héberge l'historique d'à peu près tous les projets logiciels de la planète.

Jusqu'ici, il fallait réclamer explicitement le Rust au moment de compiler le logiciel, c'est-à-dire de le fabriquer à partir de son code source, via une option baptisée WITH_RUST ou via le système de build Meson. Git 2.55 inverse la logique : le Rust est désormais supposé présent, et c'est pour s'en passer qu'il faut lever la main, avec une nouvelle option NO_RUST.

Pour situer, Rust est un langage de programmation conçu pour éliminer toute une famille de bugs mémoire, ceux-là mêmes qui font le bonheur des pirates depuis quarante ans. Git, lui, est écrit en C depuis 2005, un langage qui laisse au développeur l'entière responsabilité de ne pas se tirer une balle dans le pied.

Le chantier ne date pas d'hier. L'an dernier, Patrick Steinhardt, un des mainteneurs du projet, proposait d'introduire Rust dans le cœur de Git et d'en faire à terme une dépendance obligatoire pour fabriquer l'outil.

Git 2.52 avait franchi le premier pas fin 2025 en convertissant un petit module, varint.c, chargé de décoder des entiers à taille variable. Du code volontairement modeste : l'idée était de roder la chaîne de compilation, pas de réécrire Git.

Avec la 2.55, le rythme change. L'équipe prépare d'ailleurs le portage de xdiff, le moteur qui calcule les différences entre deux versions d'un fichier, autrement dit le cœur du métier de Git.

Et le calendrier est déjà là : à partir de Git 3.0, Rust sera obligatoire, sans aucune possibilité de le désactiver. Aucune échappatoire. L'option NO_RUST de la 2.55 n'est donc qu'un sursis.

Pour vous, rien ne change : les binaires fournis par votre distribution Linux, par Apple ou par GitHub arrivent déjà compilés. Ce sont les empaqueteurs et les plateformes un peu spéciales qui vont devoir installer la chaîne d'outils Rust.

Sauf que voilà, tout le monde n'a pas un compilateur Rust sous la main. La proposition de Steinhardt avait déclenché de longs débats autour des plateformes exotiques, comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust ne tourne tout simplement pas aujourd'hui. Le projet compte sur les progrès de gccrs, le support Rust en cours d'intégration dans GCC, le compilateur historique du monde libre, pour boucher ces trous avant l'échéance.

Le reste de la version est plus classique, avec des optimisations, des corrections de bugs et de petites améliorations sur différentes sous-commandes, détaillées dans l'annonce de Junio Hamano, le mainteneur en chef du projet.

Voir Git, monument du C, basculer sur Rust par défaut, c'est le signe le plus clair que le vieux langage perd du terrain.

Source : Phoronix

L'IOCCC 2025 couronne le code C le plus illisible du monde

Faire tourner Tetris sur un émulateur Game Boy dont le code source tient dans moins de 5 ko de C volontairement incompréhensible, voilà le genre de prouesse que célèbre l'IOCCC, le concours international de code C obfusqué, dont le palmarès 2025 mérite vraiment le détour.

Le principe de ce concours créé en 1984 n'a pas bougé : écrire un programme en C (un des plus vieux langages de programmation encore massivement utilisés) qui fonctionne parfaitement, mais dont le code est si tordu que personne ne comprend comment. L'obfuscation, c'est exactement ça : rendre un code illisible. Ici, on le fait exprès, pour la beauté du geste.

Les règles posent quand même un cadre strict : 4993 octets de code source maximum, du C conforme au standard C11, un Makefile au format GNU (le fichier qui explique comment compiler le programme), et une consigne officielle qui interdit de transformer l'ordinateur des juges en brasier.

Après une pause entamée en 2020, cette 29e édition a battu des records de participation. Les juges ont retenu 23 programmes gagnants, dévoilés lors d'une cérémonie diffusée en direct pendant plus de quatre heures, avec au passage un premier lauréat venu de Taïwan, une grande première pour le concours.

Trois participants signent un triplé, avec trois programmes primés chacun : Yusuke Endoh, Don Yang et Nick Craig-Wood. Ce dernier, qui est aussi l'auteur de rclone (l'outil de synchronisation de fichiers bien connu des bidouilleurs), repart avec le prix du meilleur émulateur réel pour sa Game Boy logicielle réduite à l'os, un programme qui imite la console de Nintendo au point de faire tourner les fichiers des vraies cartouches, Tetris compris, sans le son ni la moindre fioriture.

Yusuke Endoh décroche de son côté le prix du programme "le plus susceptible de choquer", jeu de mots électrique assumé : son code dessine dans le terminal des figures de Lichtenberg, ces arborescences que trace une décharge électrique dans un matériau, uniquement avec des caractères de texte. Le résultat est superbe.

Le reste du palmarès part dans tous les sens. On y trouve une machine virtuelle qui émule un processeur imaginaire à une seule instruction, une carte perforée façon trou noir, un quasi-rogue-like (ces jeux d'exploration de donjons générés aléatoirement) et un quine, ce programme dont la sortie est son propre code source.

Petit détail d'histoire pour finir : obfusquer du code a longtemps servi à distribuer des logiciels propriétaires sur les systèmes UNIX sans en livrer les secrets. C'est devenu depuis un art à part entière.

Tout le palmarès est consultable sur ioccc.org , code source compris. Vous pouvez d'ailleurs récupérer les programmes et les compiler chez vous, histoire de vérifier que ces horreurs fonctionnent vraiment.

Bref, pendant que la planète entière demande à des IA de pondre du code propre, eux s'acharnent à écrire l'inverse à la main. J'adore.

Source : Hackaday

Le compilateur JIT de Python est menacé, et pas pour une raison technique

Le conseil de pilotage de Python, l'instance qui tranche les grandes décisions du langage, a demandé le 5 juin la suspension de tout nouveau développement sur son compilateur JIT.

Un JIT (just-in-time), c'est un compilateur à la volée : au lieu d'interpréter votre code ligne par ligne, il traduit les portions les plus sollicitées en instructions machine pendant l'exécution, histoire de gagner en vitesse. Python en a un, expérimental, depuis la version 3.13 sortie début 2024.

Le problème n'est pas le code. Il est dans la procédure.

Ce JIT est arrivé dans la branche principale de CPython, l'implémentation de référence du langage, sans passer par le circuit de décision habituel. Chez Python, toute évolution majeure doit faire l'objet d'un PEP, un document formel que la communauté discute puis valide. Celui qui couvre le JIT, le PEP 744 signé Brandt Bucher et Savannah Ostrowski, n'est qu'informatif et laisse plusieurs questions en suspens : la maintenance future, la compatibilité avec l'outillage existant, les critères de réussite mesurables.

Le conseil l'a reconnu noir sur blanc : il n'a pas été "aussi strict sur le respect du processus qu'un changement de cette ampleur le méritait". Responsabilité partagée, donc.

En pratique, plus aucune nouvelle fonctionnalité JIT ne peut atterrir sur la branche principale tant qu'un PEP en bonne et due forme n'est pas accepté. Les corrections de bugs et de sécurité, elles, continuent. Le conseil laisse une fenêtre de six mois pour soumettre et faire valider ce document. Passé ce délai, faute d'accord, le code du JIT sera purement et simplement retiré.

Le timing est mauvais. Le JIT amélioré était l'une des nouveautés mises en avant de Python 3.15, dont les fonctionnalités sont déjà gelées et dont la sortie est attendue en octobre. Sur du x86-64 sous Linux, il promet un gain de 8 à 9% en moyenne, même s'il reste désactivé par défaut et consomme 10 à 20% de mémoire en plus.

Mark Shannon, un des principaux contributeurs, n'a pas caché son agacement. Pour lui, tout arrêter d'un coup fait perdre l'élan et risque de faire fuir les nouveaux venus, alors il réclame une période de grâce pour avancer pendant que le PEP se construit. Barry Warsaw, lui, a demandé pourquoi le travail ne pourrait pas se poursuivre dans un dépôt séparé le temps des discussions.

La réponse du conseil tient en une idée : mettre le développement en pause évite que le JIT devienne une cible mouvante pendant qu'on débat de son sort.

Du coup, on se retrouve avec une techno qui fonctionne, déjà embarquée dans le langage, suspendue à un document qui n'existe pas encore.

Geler une techno qui marche pour une procédure oubliée, c'est agaçant sur le moment. Mais sur un langage utilisé par des millions de gens, c'est probablement plus prudent.

Source : The Register

Un clone de DOOM en COBOL ça vous dit ?

Un développeur connu sous le pseudonyme icitry s'est posé une question que personne de sensé ne formule jamais, peut-on coder un jeu de tir à la première personne en COBOL ? La réponse, contre toute attente, est oui, et le résultat est même tout à fait jouable.

Pour ceux que ce nom laisse de marbre, COBOL, pour Common Business Oriented Language, est un langage né en 1959 qui fait encore tourner aujourd'hui une partie des mainframes chargés de vos virements bancaires et de la paie. C'est l'outil de la gestion et des relevés de compte, à peu près l'inverse de ce qu'on imagine pour un jeu vidéo.

Le moteur du jeu repose sur le raycasting, cette technique qui a propulsé Wolfenstein 3D au début des années 90. Le programme projette une rangée de rayons depuis le point de vue du joueur, regarde où chacun vient percuter un mur, et en déduit colonne par colonne la hauteur à dessiner. De la fausse 3D reconstruite à partir d'un simple plan vu de dessus.

Le vrai casse-tête, c'est que COBOL n'embarque aucune bibliothèque graphique, pas la moindre fonction pour allumer un pixel ou ouvrir une fenêtre. La parade est astucieuse. Le programme calcule lui-même chaque image, en recrache les pixels bruts sur la sortie standard du terminal, puis laisse un petit utilitaire nommé ffplay récupérer ce flux pour l'afficher comme une vidéo animée.

Même esprit de débrouille pour les commandes. Le terminal bascule en mode brut afin d'intercepter chaque touche sans attendre que vous validiez, pendant que le programme lit en continu ce qui arrive sur son entrée standard.

Et le rendu ne se limite pas à trois murs gris qui clignotent. On y trouve des sprites, des ennemis qui se baladent et vous tirent dessus, et même des secteurs de hauteur variable qui rapprochent l'ensemble du DOOM de 1993 plutôt que de son aîné Wolfenstein.

Le code complet est publié sur GitHub sous licence Apache, libre à chacun d'aller en fouiller les coulisses. Un internaute a d'ailleurs relevé que GnuCOBOL, le compilateur libre utilisé ici, sait parfaitement appeler du code écrit en langage C, ce qui ouvrirait l'accès à tout son arsenal de bibliothèques.

Toute la démonstration sert à rappeler que COBOL est Turing-complet, c'est-à-dire capable en théorie de calculer exactement la même chose que n'importe quel langage moderne, et à le prouver sur le terrain le plus hostile qu'on puisse lui opposer.

Bref, c'est rigoureusement inutile, et c'est très exactement pour ça que c'est cool.

Source : Hackaday

Des circuits électroniques cuits dans de l'argile, et ça marche vraiment

Emily Velasco , bricoleuse et artiste américaine, a fabriqué une carte électronique fonctionnelle à partir d'un simple disque d'argile tourné à la main, sans la moindre plaque de fibre de verre ni le moindre bain d'acide qu'on associe d'habitude à ce genre d'objet.

L'idée vient d'ailleurs. Elle raconte avoir été inspirée par un collectif de hackeuses européennes qui fabriquait ses propres circuits à partir d'argile creusée dans le sol et cuite dans un feu de camp, et comme elle développait déjà depuis un moment ses propres émaux au cuivre pour la poterie, elle a décidé de pousser l'expérience un cran plus loin.

Une carte de circuit imprimé classique, ce rectangle vert qu'on trouve dans à peu près tous nos appareils, c'est en général du FR4, un sandwich de fibre de verre et de résine époxy sur lequel on grave des pistes de cuivre à l'acide pour relier les composants entre eux. Velasco a tout remplacé par de la terre et de l'émail.

Son procédé tient en quelques gestes. Elle a fabriqué un tampon qu'elle presse dans l'argile encore molle pour y imprimer le dessin du circuit en creux, puis elle remplit ces sillons d'un mélange de poudre de cuivre et d'émaux de poterie tout ce qu'il y a de plus ordinaires, du transparent et du céladon vert, le genre de produits qui traînent dans n'importe quel atelier (il existe aussi des émaux au cuivre qu'on utilise dans la cuisson raku, cette technique de poterie d'origine japonaise). Passage au four de potier, et l'ensemble fusionne.

Le résultat est marrant. C'est un multivibrateur astable, autrement dit le petit circuit tout bête qui fait clignoter deux LED en alternance, et il est intégralement cuit dans la céramique.

Le plus surprenant, c'est que ça conduit pour de vrai. Les pistes en émail au cuivre affichent une résistance électrique étonnamment basse une fois sorties du four, ce qui n'avait rien d'évident sur le papier.

Tout n'a pas été simple pour autant. L'émail vitrifié refusait catégoriquement de prendre la soudure, même avec du flux de plomberie, et Velasco a dû gratter la surface à la brosse métallique montée sur une Dremel avant que l'étain veuille bien accrocher. Son verdict sur le rendu, elle l'assume : "C'est moche, mais ça marche."

Le solarpunk, du coup. Derrière ce terme un peu fourre-tout se cache un courant qui rêve d'un futur écolo et optimiste, où la débrouille et le fait-maison prennent le pas sur l'industrie lourde et polluante. Une carte façonnée avec de la terre, un four et de la poudre de métal, sans résine pétrochimique ni bain chimique, tout ceci est improbable.

Il faut quand même garder les pieds sur terre. On est à des années-lumière des céramiques techniques industrielles, ce fameux LTCC qu'on retrouve dans l'aérospatial ou les hyperfréquences, avec leurs propriétés électriques quasi parfaites et leur conduction de la chaleur exemplaire. Ici, on fait clignoter deux LED sur un bout de poterie ratée. Mais c'est justement tout l'intérêt.

Honnêtement ? Voir un circuit qui marche sortir d'un four à céramique, c'est franchement réjouissant. D'ailleurs souvenez-vous, ce genre d'expérience avait déjà faite avec de l'argile, et c'est à lire ici : Comment fabriquer des circuits imprimés en argile !

Source : Hackster , Hackaday

Instagram - Le chatbot de Meta donnait les clés des comptes

Par : Korben ✨

Le support de Meta, quand vous contactez Instagram pour un souci de compte, c'est 100% IA maintenant. Je l'ai fait y'a pas longtemps et c'est assez surprenant, même s'il faut le reconnaître, ça fonctionne bien. Et si je vous parle de ça ce matin, c'est que pendant des semaines, ce chatbot a refilé l'accès à des comptes à qui savait lui raconter la bonne histoire.

Et c'est pas un exploit de génie ni une faille bien planquée mais juste un bot de support trop serviable à qui on explique qu'on s'est fait pirater, et qui envoie le code de réinitialisation... sur l'adresse mail de l'attaquant. Oui, il est aussi précautionneux de vos accès que votre gardien d'immeuble ^^.

En gros l'attaquant écrit au support IA, prétend être le proprio d'un compte "piraté", demande à recevoir les codes sur son email et l'IA accepte l'adresse sans sourciller. Hop, un petit lien de reset, un nouveau mot de passe, et le vrai propriétaire ne voit rien venir !

Bon, ce n'était pas magique non plus, mais une fois le bot embobiné, il lâchait l'accès.

Le truc à retenir surtout, c'est que la double authentification , elle, a bien fait barrage. Les comptes qui l'avaient activée n'ont pas été pris, donc si vous traînez sur Insta sans, allez l'activer tout de suite !

Parce que les dégâts ont été bien réels. Des comptes à grosse visibilité y sont passés, dont le compte dormant @obamawhitehouse et ses millions d'abonnés, qui s'est remis à publier n'importe quoi avant d'être nettoyé.

Des groupes Telegram s'étaient montés autour de ces prises de contrôle, des chercheurs comme ZachXBT ont suivi le mouvement, et les pseudos courts comme @hey valant une petite fortune se sont retrouvés sur le marché noir. En gros, un vrai business du vol de compte a été monté sur le dos du chatbot !

Y'a 10 ans, c'était déjà la récupération de compte qui faisait tomber des comptes Facebook encore aujourd'hui le maillon faible n'a pas changé...

Meta a corrigé le problème en urgence et dit avoir sécurisé les comptes touchés.

Si vous pensez être victime, direction "Mot de passe oublié" puis "Mon compte a été piraté", et une fois récupéré, vérifiez bien que l'email et le numéro liés au compte sont les vôtres (l'attaquant a pu les remplacer) avant de dégager les sessions inconnues. Pour le reste, un petit tour par les bons réflexes de sécurité ne fait jamais de mal.

Bref, activez la double authentification et j'espère qu'un jour, les grosses boites arrêteront d'utiliser l'IA pour garder leurs clés.

Source

SixBack - Ressusciter une Bose SoundTouch avec un ESP32

Par : Korben ✨

Si comme moi, vous avez une enceinte Bose SoundTouch , vous savez que ses boutons de radio internet ont cessé de fonctionner début mai. En effet, Bose a coupé le cloud qui tournait derrière, et les six boutons de présélections sont devenus de jolis boutons inutiles. Mais un dev nommé Tostmann, lui, a refusé cette fatalité et a sorti SixBack, un firmware ESP32 qui ramène tout ça à la vie.

L'idée, c'est de faire croire à l'enceinte que rien n'a changé puisque l'ESP32 se fait passer pour les serveurs Bose disparus et répond à sa place, sans toucher au firmware d'origine de l'enceinte. Pour réussir cela, il a réimplémenté 22 des 30 points d'accès du service, de l'enregistrement du compte au streaming en passant par les vérifs de mise à jour et voilà comment pour la SoundTouch, c'est comme si le cloud n'était jamais parti !

D'habitude, ce genre de résurrection passe par une redirection DNS bricolée au niveau du routeur, un truc bien lourd et bien casse-gueule, mais Tostmann, lui, exploite un shell de diagnostic ouvert sur le port 17000, accessible en Telnet sans le moindre mot de passe et à partir de là, il réécrit directement les adresses des serveurs vers son ESP32 via ces quelques lignes de commande :

sys configuration bmxRegistryUrl http://IP_ESP32:8000/bmx/registry/v1/services
sys reboot

Côté installation, pas besoin de sortir le fer à souder rassurez-vous ! Vous branchez simplement un ESP32-S3 (comptez une dizaine d'euros) en USB, vous ouvrez sixback.io dans Chrome, Edge, ou maintenant Firefox vous cliquez sur Connect et le navigateur flashera tout seul le firmware de l'ESP32, l'interface et la config WiFi. Et voilà, votre enceinte se mettra à revivre !!

Et comme rien ne touche au firmware de l'enceinte, c'est réversible, suffit de remettre les adresses d'origine via le même shell.

Après, je le reconnais c'est un hack de niche qui ne va peut-être intéresser que 3 personnes parmi vous, mais c'est pas grave parce que moi ça m'intéresse fortement ^^. Notez quand même que ça ne marche que sur les SoundTouch 10, 20 et 30, et uniquement sous les firmwares 27.0.3 et 27.0.6, et rien d'autre.

L'interface pour régler les paramètres de votre enceinte

Côté carte, prenez donc plutôt un ESP32-S3 que les petits C6, qui décrochent parfois du réseau et exigent un reset à la main. Et comme la licence de son code est non-commerciale, sachez que personne ne vendra de boîtier clé en main pour faire ça, donc ce sera du système D ou rien ! Mais je suis certain que vous y arriverez !!

ESP32-S3

Comme je vous le disais, j'en ai une à la maison, que je ne fais tourner qu'en AirPlay, donc les fameux presets, je m'en passe très bien mais je suis content que ce SixBack existe.

C'est quand même dommage à chaque fois de voir un appareil parfaitement fonctionnel transformé en presse-papier parce qu'un fabricant a décidé d'éteindre un serveur... Heureusement que des gens comme Tostmann existent pour s'énerver un peu !

SixBack est dispo sur GitHub .

Source

NVIDIA CUDA 13.3 fait passer Python en stable et amène un nouveau modèle de programmation pour C++

Avec la sortie de CUDA 13.3, NVIDIA renforce son écosystème GPU sur deux fronts importants. La version Python passe officiellement en 1.0 (donc considérée comme stable et utilisable en production), et CUDA Tile arrive nativement pour les développeurs C++.

Petit rappel pour les non-initiés : CUDA, c'est l'outil que tout le monde utilise pour faire tourner du calcul sur les cartes graphiques NVIDIA, principalement pour l'IA et le calcul scientifique. 

Historiquement, c'est du C/C++ à 99%. NVIDIA pousse depuis quelques années pour rendre tout ça accessible en Python, et ce passage en 1.0 marque une étape importante. À partir de maintenant, l'API ne changera plus brutalement entre les versions mineures.

En pratique, les développeurs peuvent désormais compter dessus pour leurs projets long terme. La version 1.0 ajoute aussi le support des "green contexts" (un système pour réserver une partie de la GPU à des tâches isolées) et du checkpointing CUDA (la possibilité de sauvegarder l'état d'une exécution GPU pour la reprendre plus tard).

L'autre gros morceau, c'est CUDA Tile pour C++. Le modèle de programmation "tile" consiste à découper un calcul en blocs uniformes traités en parallèle, plutôt que de gérer chaque fil d'exécution individuellement (la GPU en fait tourner des milliers en même temps).

Il était déjà disponible en Python via des bibliothèques comme Triton. Il arrive maintenant en C++. L'idée est de monter d'un cran en abstraction : vous décrivez ce que vous voulez faire au niveau du bloc, et le compilateur s'occupe de mapper ça sur les threads. Le support couvre les GPU Hopper (l'architecture haut de gamme de NVIDIA pour les datacenters IA) et toutes les architectures plus récentes.

En bonus, NVIDIA introduit CompileIQ, un framework d'auto-tuning du compilateur qui promet jusqu'à 15% de gain sur des opérations critiques comme la multiplication de matrices ou les mécanismes d'attention utilisés dans les modèles d'IA. Le support du C++23 dans les compilateurs NVCC et NVRTC est aussi de la partie.

Pour les développeurs IA, c'est une nouvelle version importante. La programmation GPU est toujours un domaine très technique, mais NVIDIA réduit progressivement la barrière d'entrée, surtout côté Python. AMD a du boulot pour rattraper son retard avec ROCm, leur équivalent maison qui peine encore à convaincre la communauté.

Source : Phoronix

Apprendre Prolog avec des Pokémon, c’est possible

Alexander Petros, qui tient le blog Unplanned Obsolescence , a publié un tutoriel d'environ 3 500 mots qui explique les bases de Prolog, un langage de programmation logique des années 70 très différent des langages courants comme Python ou JavaScript, en utilisant les combats Pokémon comme support pédagogique. C'est étonnamment efficace.

Pour ceux qui n'ont jamais touché Prolog, la grosse différence avec un langage classique style Python ou JavaScript, c'est qu'au lieu de dire à l'ordinateur comment résoudre un problème étape par étape, vous lui décrivez les règles du jeu et vous le laissez chercher les réponses tout seul.

Vous écrivez des faits ("Bulbizarre est un Pokémon", "Bulbizarre est de type plante"), des règles ("un Pokémon vulnérable à X subit le double de dégâts d'une attaque de type X"), et vous posez ensuite des questions au système. Il fait le reste..

L'angle Pokémon est plutôt malin. Les combats Pokémon, c'est en fait un moteur de règles assez tordu : types, faiblesses, talents passifs, priorités d'attaques, statuts.

Bref, exactement le genre de domaine où Prolog brille et où un langage impératif transpire. Petros part de requêtes très simples ("est-ce que Carapuce est un Pokémon ?") et finit avec des filtres complexes qui sélectionnent les équipes en fonction de leur composition. À chaque étape, l'équivalent en SQL serait dix fois plus lourd.

Le passage le plus parlant, c'est quand il ajoute le support du talent Farceur, qui donne une priorité supérieure aux attaques de statut. Implémenter cette règle a pris trois minutes : il a ajouté une seule clause logique au programme.

Faites le même boulot dans un tableur ou une base SQL, et vous repartez pour des heures. C'est exactement le genre de cas où on comprend pourquoi Prolog a une niche stable, même si personne ne s'en sert au quotidien dans l'industrie.

Côté pédagogie, le choix est bon. La plupart des tutoriels Prolog vous balancent des relations familiales du style "Marie est la fille de Pierre, qui est le mari de...", ce qui marche mais reste relativement abstrait. Là, vous lisez le code et vous voyez immédiatement à quoi ça sert : à modéliser un combat Pokémon. Du coup les concepts d'unification, de prédicats et de négation passent presque tout seuls.

Si vous avez toujours voulu vous mettre à Prolog mais que les tutoriels classiques vous tombaient des mains, l'article de Petros est le point de départ qu'il vous faut.

Source : Hackaday

L'histoire géniale du programmeur qui a tout effacé en 1981 à cause d'une astérisque

Sur The Register, un témoignage improbable d'un lecteur qui raconte la fois où il a effacé toutes les données et tout le code de son entreprise. Voilà qui date pas mal, puisque c,'était en 1981, il avait 21 ans, et il développait tout seul un script de nettoyage pour un mainframe IBM. Le genre de mission qu'on ne devrait pas trop confier à un dev junior sans relecture. C'est précisément ce qui a été fait, et la suite est exactement ce que vous pouvez imaginer.

Le système gérait des machines virtuelles pour les utilisateurs, chacune avec son disque attaché et une lettre attribuée de A à Z. À la fin de la journée, le script de Miller, notre héros, faisait trois choses simples : il rattachait tous les disques, les sauvegardait sur un disque temporaire, puis effaçait les originaux. Le problème, c'est que le disque temporaire recevait une lettre dynamique, pas prédictible à l'avance. Donc Miller avait écrit du code pour récupérer cette lettre au moment où elle était attribuée.

Sauf que voilà. Un jour, l'entreprise ajoute un nouveau compte utilisateur. Et là, les 26 lettres de l'alphabet sont toutes occupées. Le système ne peut plus attribuer de lettre au disque temporaire. 

La fonction censée renvoyer la lettre ne renvoie pas une erreur, mais une astérisque. Sauf que dans la plupart des langages de scripting shell, l'astérisque est un caractère joker qui veut dire "tout ce que tu trouves". Quand la commande de suppression s'exécute avec un astérisque à la place d'une lettre précise, elle ne supprime pas un disque. Elle supprime tout. Chaque fichier, toutes les données, tout le code de l'entreprise.

Une journée complète a été nécessaire pour restaurer ce qui pouvait l'être. Une vingtaine de collègues sont restés à se tourner les pouces pendant la restauration. Miller, lui, a appris ce jour-là pourquoi le contrôle de code par un pair existe. Plus de quarante ans plus tard, il dit que la leçon ne l'a jamais quitté.

L'histoire date de 1981, mais elle reste actuelle à un détail près. Aujourd'hui, on a les revues de code, les sauvegardes incrémentales, les snapshots, les outils de récupération, et on confie quand même des scripts shell critiques à des assistants IA qui n'ont pas toujours conscience de ces pièges . L'astérisque parasite n'a pas disparu, elle a juste changé de support. Méfiance donc !

Source : The Register

Slint - Un toolkit GUI pour Rust, C++, JS et Python

Par : Korben ✨

Vous avez déjà voulu créer une appli desktop qui tourne sur Linux, Mac et Windows en même temps ? En Rust, c'était un peu compliqué jusqu'ici. Heureusement, Slint , créé par la société allemande SixtyFPS GmbH, propose une solution sympa !

L'idée, c'est de décrire votre interface dans des petits fichiers .slint (un genre de mini HTML/CSS pour appli native), et de brancher ça à du Rust, du C++, du JavaScript ou du Python. Comme ça, vous codez le visuel d'un côté, la logique de l'autre.

Et ce qui est encore plus cool c'est que leur runtime tient dans 300 KiB de RAM. A titre de comparaison, une appli Electron type Discord en bouffe plusieurs centaines de mégaoctets. Slint tourne donc aussi bien sur un Raspberry Pi, un microcontrôleur STM32, ou directement dans un navigateur via WebAssembly.

Par exemple, SK Signet, un fabricant sud-coréen leader sur le marché américain des bornes de recharge électrique, anime ses écrans tactiles 15 à 32 pouces avec. OTIV fait tourner ses trains autonomes dessus. WesAudio l'utilise également pour son plugin audio pro.

Donc c'est du sérieux et si vous voulez tester sans rien installer, direction SlintPad . Vous tapez du code, et le rendu apparaît dans le navigateur. Ensuite pour débuter un projet Slint en local, faudra faire un cargo install slint-lsp puis utiliser le template slint-rust-template dispo sur GitHub. 2 minutes de compilation plus tard et hop, vous avez votre première fenêtre.

Côté tarif, Slint est gratuit pour les projets open source et gratuit aussi pour les applis desktop, mobile ou web même propriétaires. Seul l'embarqué propriétaire est payant. Donc pour la majorité des gens, c'est gratos.

Le revers de la médaille c'est qu'il faudra apprendre un nouveau langage de description, et la bibliothèque de boutons et menus prêts à l'emploi est moins fournie qu'un Qt qui a 30 ans d'avance derrière lui. Mais ça vaut le coup d'essayer puis vu que tout le monde vibe code de toute façon, ça ne devrait pas vous poser trop de soucis.

Voilà, si vous bricolez vos propres outils sur Raspberry Pi ou que vous voulez juste une appli desktop ultra-légère sans embarquer un navigateur entier avec, c'est à regarder.

Merci Chrltc pour le lien !

Source : github.com/slint-ui/slint

Scrapling - Le scraper Python qui se répare tout seul

Par : Korben ✨

Le scraping web, c'est un combat permanent contre les sites qui changent leur HTML toutes les deux semaines. Vous vous emmerdez à coder vos sélecteurs CSS, ça marche pendant un mois, puis le site refait son design et hop, votre script s'eteint en silence. C'est pourquoi Karim Shoair (alias D4Vinci sur GitHub) a sorti Scrapling, un framework Python qui s'adapte tout seul quand le DOM bouge.

La clé c'est adaptive=True sur n'importe quel sélecteur. Vous lui dites "je cherchais .product", Scrapling sauvegarde alors la signature de l'élément (texte, attributs, position dans l'arbre), et la prochaine fois que le site a renommé sa classe, il retrouve l'élément via similarité.

Concrètement ça donne ça :

from scrapling.fetchers import StealthyFetcher
StealthyFetcher.adaptive = True
page = StealthyFetcher.fetch('https://example.com', headless=True)
product = page.css_first('.product', adaptive=True) # Retrouve l'élément même si la classe a changé

Le truc marche grâce à un algo de similarité maison qui compare la structure DOM autour de l'élément. L'auteur lui-même a écrit un long post Medium intitulé " Creating self-healing spiders with Scrapling in Python without AI ", et ça résume bien la philosophie : pas de modèle IA mais juste des heuristiques solides !

La doc précise que adaptive=True ne sauvegarde que le premier élément de la sélection. Du coup si vous récupérez 50 produits d'un coup avec .css('.product'), seul le premier sera adapté. Faudra donc soit utiliser css_first comme dans l'exemple, soit boucler manuellement et appeler adaptive sur chaque élément. C'est bon à savoir...

Y'a également 3 fetchers selon le besoin. Fetcher pour les requêtes HTTP rapides avec spoofing TLS, StealthyFetcher qui passe Cloudflare Turnstile via un navigateur furtif (Camoufox sous le capot), et DynamicFetcher qui lance un Chromium ou un Chrome via Playwright pour les sites lourds en JS. Du coup vous pouvez démarrer léger en HTTP et basculer vers un navigateur uniquement quand un site bloque, sans réécrire votre code.

Côté perfs, le README annonce du lourd : 2 ms pour extraire 5000 éléments contre 1584 ms pour BeautifulSoup avec lxml. Sauf que Parsel et Scrapy font aussi 2 ms. Donc le gain vient du moteur lxml utilisé en direct, ce qui veut dire que si vous étiez déjà sur Scrapy, vous ne gagnerez pas en vitesse brute. Mais si vous traînez encore du BS4 partout, le saut sera énorme !

Sur le terrain anti-bot, ça se compare bien à Botasaurus dont je vous avais parlé. La différence c'est que Scrapling embarque un ProxyRotator natif et propose un blocage d'ads/trackers (~3500 domaines) activable via block_ads=True ou automatique en mode MCP, ce qui simplifie la vie quand vous tournez sur un serveur (où les IPs des datacenter se font régulièrement filtrer). Botasaurus, lui, vous laisse gérer la rotation à la main.

Détail sympa pour les bidouilleurs : y'a également un serveur MCP est intégré (pip install "scrapling[ai]"). Du coup Claude ou Cursor peuvent piloter Scrapling directement pour extraire des données, en réduisant la consommation de tokens car l'IA ne voit pas tout le HTML brut, juste ce qui est extrait. Pour les agents qui scrappent en boucle, c'est cool.

Notez que les sponsors Platinum du projet sont tous des fournisseurs de proxies (DataImpulse, BirdProxies, Evomi, etc.). C'est logique vu l'usage du framework, mais gardez en tête que pour bypasser un Cloudflare sérieux à grande échelle, vous aurez besoin de proxies résidentiels payants, donc d'eux. L'outil est gratuit, mais le contournement industriel ne l'est pas.

Pour installer, c'est pip install "scrapling[fetchers]" puis scrapling install pour récupérer les binaires navigateur. Une image Docker existe aussi (pyd4vinci/scrapling) et y'a même un shell interactif (scrapling shell) pour debugger vos sélecteurs en live.

Bref, c'est carrément pas mal pour ceux qui scrapent régulièrement. Alors si BS4 vous fait pleurer, allez voir par ici .

Et merci à Letsar pour le lien !

Il fabrique de la RAM dans sa cabane

Par : Korben ✨

Imaginez qu'à cause de cette putain de pénurie, vous vous mettiez à fabriquer votre propre RAM à la main dans votre cabane de jardin façon Heisenberg ? Hé bien c'est exactement ce que Dr. Semiconductor vient de réussir, et les 20 premières cellules DRAM de ce fou furieux fonctionnent ! Alors forcément, ça m'intéresse !

Le bonhomme a posté sa vidéo le 20 avril dernier et ça prend clairement une tournure virale dans le monde du hardware car ça donne de l'espoir et des idées à pas mal de makers. Il avait d'ailleurs déjà publié en mars une vidéo entière sur la construction de la cleanroom elle-même, donc ce n'est pas un coup d'éclat one-shot, mais une vraie série documentaire dans laquelle il s'est lancé.

En gros, il a transformé un abri de jardin en salle blanche de classe 100, construit l'essentiel de ses outils de fabrication à partir de rien, et gravé un array de 5 × 4 cellules de RAM avec des transistors de moins d'un micron de long. Du jamais vu à cette échelle chez un particulier !

La cabane de jardin reconvertie en cleanroom class 100

Alors pourquoi c'est dingue, cette histoire ?

Hé bien parce que la RAM, c'est dominé par trois entreprises qui pèsent des dizaines de milliards, à savoir Micron, Samsung et SK Hynix. Construire une usine moderne, ça coûte autour de 20 milliards de dollars et ça prend facile 4 à 5 ans. Du coup, quand l'IA se met à bouffer une grosse partie de la production disponible, les prix explosent ! Nombreux sont ceux qui ont renoncé à en acheter vu les tarifs actuels.

Mais qui sait, peut-être que maintenant qu'on sait que fabriquer sa propre RAM dans son garage, c'est possible, y'a des choses qui vont peut-être changer ?

Côté process, c'est du semi-conducteur comme à l'usine mais version DIY. Il part d'un wafer de silicium classique, le passe au four à 1100°C pour former une couche d'oxyde, applique de la résine photosensible et expose aux UV à travers des masques maison pour dessiner le motif, puis dope le silicium au phosphore (merci à Projects in Flight pour la technique), et finit par une couche d'aluminium pulvérisée au plasma pour les connexions. Un vrai process industriel miniaturisé, sauf que tout se passe à la maison.

Et ça donne quoi à la mesure ?

Hé bien son capaciteur affiche 12,3 picofarads, pile dans la fourchette qu'il avait calculée. Le transistor charge le capa à 3 volts en quelques centaines de nanosecondes, donc autant dire que c'est propre et net. Par contre, la rétention de charge c'est là où ça coince, avec environ 2 millisecondes avant que la cellule ne perde sa donnée, contre plus de 64 ms pour de la DRAM commerciale. Du coup faut rafraîchir plus souvent, mais ça tient bien.

Le CV plotter affiche 12,3 pF, pile dans la fourchette théorique

Comme le précise Dr. Semiconductor dans sa vidéo, pour l'instant on ne peut pas faire tourner Doom dessus. Avec 20 cellules vous stockez 20 bits, soit de quoi sauver deux octets et demi, donc bon, c'est pas foufou. Mais la preuve est faite qu'un particulier depuis chez lui, peut graver du silicium fonctionnel, et le plan maintenant c'est de combiner plusieurs arrays pour augmenter la capacité, et de connecter ça à un PC.

Perso, c'est le genre de démonstration technique qui se respecte ! Intel qui se passe de TSMC pour ses gammes basses, un fan qui ressuscite un Nokia N900 avec des supercondensateurs , et maintenant ce YouTubeur DIY qui fabrique de la RAM dans son abri de jardin alors que pendant ce temps, les géants de la mémoire nous vendent leurs puces au prix de l'or parce qu'ils ont le monopole... Ça bouge vite et à sa manière, Dr. Semiconductor ridiculise les géants , en montrant que le mur technologique est moins haut qu'on le croyait.

Voilà vous voulez voir les manips en vrai, les amis, je vous mets sa vidéo complète ça vaut vraiment le coup ! Faites chauffer le gros pouce bleu, il a un Patreon et ça reste un taf de dingue financé par ses abonnés.

A voir maintenant s'il arrive à relier correctement ses cellules pour faire tourner un truc dessus. A surveiller de près !

Hotfix - Quand l'astreinte au boulot devient un jeu

Par : Korben ✨

Un dev français, Romain Laurent, vient de sortir un jeu qui transforme en divertissement TOUT ce que tous les devs fuient, à savoir l'astreinte de nuit, le téléphone qui sonne à 3h du matin, et le hotfix qu'il faut pondre vite fait avec une prod qui fume. Ça s'appelle Hotfix , ça tourne dans votre navigateur, et ça se prend au sérieux juste comme il faut, vous allez voir.

Dans ce jeu, vous enchaînez des micro-crises à résoudre le plus rapidement possible, sans filet. Vous commencez comme "Junior" à 0 points, parce qu'évidemment votre carrière de pompier recommence de zéro comme tout le monde puis ensuite ça monte en puissance. Il y a même un leaderboard, histoire que votre souffrance soit bien partagée à l'échelle mondiale. Le reste, c'est mieux que je ne le spoile pas, lancez une partie et découvrez ça vous-même !

En tout cas, Hotfix parle à une catégorie très précise de techos... Ça parle à ceux qui ont déjà reçu un ping PagerDuty pendant un apéro, à ceux qui ont tapé git push --force sur leur prod à 2h du matin ou encore à ceux qui ont commit "fix" sans savoir précisément ce qu'ils avaient fixé. Les autres joueront aussi, mais ils ne riront pas nerveusement de la même manière.

Bref, c'est à tester entre deux tickets ! Et classez-vous dans le leaderboard pour que je sois fier de ma commu ^^ (Ouais, je parle comme Tibo maintenant)

Ruby Central en péril financier après le clash des mainteneurs RubyGems

Par : Korben

Ruby Central, l'association qui gère l'écosystème Ruby (RubyGems, Bundler, les conférences RubyConf et RailsConf), est en "vrai péril financier".

Le conseil d'administration l'a annoncé en se séparant de sa directrice exécutive, Shan Cureton, dans le cadre d'un plan de réduction des coûts. Les finances de l'organisation dépendaient trop "du timing optimiste de la réception des fonds par rapport aux dates fixes de nos dépenses", selon les administrateurs.

Le contexte, c'est un conflit qui dure depuis des mois. Fin 2025, Ruby Central a retiré plusieurs mainteneurs historiques de RubyGems et Bundler sans les prévenir.

Les mainteneurs concernés ont visiblement mal pris ce move, et ont lancé un fork rival appelé Gem Cooperative (gem.coop). Dans la foulée, ils ont publiquement accusé Ruby Central de prise de contrôle autoritaire. L'ancienne directrice avait en fait justifié les retraits par des demandes de sponsors et d'entreprises dépendantes de Ruby, inquiètes de problèmes de supply chain et de gestion des accès.

Le résultat, c'est un écosystème fracturé. D'un côté, Ruby Central avec le registre officiel RubyGems.org et les conférences. De l'autre, des mainteneurs expérimentés partis avec leur savoir-faire et une partie de la communauté. Et entre les deux, des sponsors qui hésitent à mettre de l'argent dans une organisation en crise de gouvernance.

Le conseil a voté en avril la transition vers un "working board" bénévole, ce qui veut dire moins de salariés et plus de travail non rémunéré. C'est le genre de restructuration qui peut effectivement sauver les finances à court terme, mais qui fatigue forcément les contributeurs au bout d'un moment.

Pour les développeurs Ruby, c'est quand même préoccupant. RubyGems est l'équivalent de npm pour JavaScript ou pip pour Python, c'est l'infra de base sur laquelle tournent des milliers de projets en production. Une association gestionnaire en péril financier et en conflit avec ses propres mainteneurs, ça fragilise clairement toute la chaîne.

Bref, Ruby Central doit trouver un modèle viable sans ses mainteneurs historiques et sans directrice. Pas simple.

Source : The Register

Iron Wolf - Wolfenstein 3D recréé en Rust et jouable en ligne

Par : Korben

Wolfenstein 3D, pour ceux qui n'étaient pas nés en 1992, c'est le FPS qui a tout lancé. Le jeu de Carmack et sa bande chez id Software, qui a directement mené à DOOM l'année suivante.

Eh bien un dev Rust vient de le recréer de zéro, et c'est 100% jouable dans le navigateur.

Iron Wolf , c'est donc le projet de Michael Bohn, un allemand, qui bosse sur ce truc depuis mai 2021, soit près de cinq ans. On n'est donc pas sur un portage vibe codé à l'arrache. C'est vraiment une réécriture complète.

La version web d'Iron Wolf tournant dans le navigateur

Le bonhomme a carrément créé ses propres crates Rust pour émuler la carte VGA et la puce sonore OPL. J'ai d'abord cru qu'il réutilisait une lib existante, mais non, il a tout écrit from scratch en Rust. Bah ouais, développer ses propres librairies d'émulation hardware juste pour un side-project, what else ?? Je trouve que ça force le respect !

Le truc cool, c'est que la version shareware du jeu est incluse directement dans le dossier testdata/ du repo. Du coup sur macOS, Linux ou Windows, un git clone + just run-sdl-shareware et hop, vous voilà dans les couloirs du château. Attention sur Ubuntu 22.04, faut avoir libsdl2-dev d'installé avec apt install libsdl2-dev, sinon la compilation plante avec une erreur cryptique. Par contre, si vous êtes sur la version Ubuntu 24.04, là ça passe direct. Et si vous avez les fichiers WAD du jeu complet qui traînent sur un vieux CD-ROM quelque part, ce sera encore mieux car la version web permet de les uploader pour jouer à l'intégrale.

Ça tourne donc en WebAssembly sur wolf.ironmule.dev , sans plugin, juste Chrome ou Firefox récent. Voilà, si vous vous demandiez si on peut encore jouer au classique en 2026... la réponse est carrément oui !

Pour les curieux, le raycasting, cette technique de rendu qu'utilisait Wolfenstein 3D, est réimplémenté très fidèlement puisque le moteur de Michael dessine les murs comme le code de Carmack le faisait à l'époque... sauf que là ça tourne dans un onglet de navigateur. Vos fichiers de jeu sont également stockés localement via IndexedDB et un service worker gère le mode hors-ligne ce qui est très pratique pour jouer en avion ou quand on est chez Free (je décoooonnnne, humour humour).

Le projet en est à sa version 0.9.0, sous licence GPL-3.0 et si les classiques d'id Software recréés par des passionnés vous branchent, sachez que DOOM aussi a ses portages bien sympas.

Bref, si la nostalgie du raycasting vous titille, allez faire un tour sur wolf.ironmule.dev.

Raspberry Pi 4 : un nouveau modèle 3 Go de RAM, et des hausses de prix qui piquent

Par : Korben

La fondation Raspberry Pi vient d'annoncer une nouvelle version du Pi 4 avec 3 Go de RAM, vendue 83,75 dollars (environ 100 euros). Mais derrière cette annonce se cache une mauvaise nouvelle : les prix de toute la gamme augmentent à cause de la flambée de la mémoire.

Un modèle 3 Go pour limiter la casse

Annoncé un 1er avril, ce nouveau Raspberry Pi 4 n'est pas une blague. Le modèle embarque deux puces LPDDR4 de 1,5 Go chacune, une configuration qui permet de réduire les coûts de production par rapport aux puces 2 Go classiques.

Le prix de la mémoire LPDDR4 a été multiplié par sept en un an, et c'est cette explosion qui a poussé la fondation à trouver une alternative. Le Pi 4 3 Go se positionne entre le modèle 2 Go et le 4 Go, avec un tarif de 83,75 dollars, soit environ 100 euros et 15% de moins que le nouveau prix du 4 Go.

Des hausses de prix qui font mal en Europe

La fondation a relevé les prix de l'ensemble de sa gamme pour les versions 4 Go et plus. En France, la douche est froide : le Raspberry Pi 4 4 Go est passé de 65 euros à 120 euros TTC chez Kubii, le principal revendeur agréé. Le Pi 5 16 Go grimpe de 212 à 353 euros. Seul le Pi 4 2 Go reste stable à environ 63 euros.

La cause est la même pour tout le monde : la demande en mémoire des centres de données, tirée par l'intelligence artificielle, fait grimper les prix des puces LPDDR4 et LPDDR5 sur l'ensemble du marché. Côté disponibilité du nouveau modèle 3 Go, c'est encore très limité par chez nous.

Cette situation inquiète pas mal de monde dans la communauté. Jeff Geerling, créateur de contenu bien connu dans l'univers Raspberry Pi, estime que ces hausses de prix risquent d'exclure une partie des bidouilleurs. Certains commencent d'ailleurs à se tourner vers des alternatives à base de microcontrôleurs comme les ESP32, qui restent abordables. Les anciens modèles de Raspberry Pi (Zero, 2, 3), qui utilisent de la mémoire LPDDR2, sont pour le moment moins touchés par la hausse.

C'est un peu le monde à l'envers : un Raspberry Pi, c'est censé être un petit ordinateur pas cher, et là on se retrouve avec un Pi 4 4 Go à 120 euros en France. La crise de la mémoire liée à l'IA touche tout le monde, même les petites cartes de bricolage.

Bon au moins, le modèle 3 Go montre que la fondation cherche des solutions pour garder des prix un minimum accessibles, et c'est quand même rassurant de voir qu'ils ne se contentent pas de répercuter les hausses sans réagir.

Source : Hackaday

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