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À partir d’avant-hierKorben

Openpilot - La NHTSA passe les boîtiers de Comma au crible

Par : Korben ✨

La NHTSA, l'agence américaine chargée de la sécurité routière, a ouvert le 21 septembre dernier une enquête préliminaire sur les boîtiers Comma et sur openpilot, le logiciel open source qui tourne dessus. En cause, 5 accidents signalés où la voiture a percuté un véhicule arrêté ou roulant lentement dans sa propre voie. Deux de ces accidents ont causé la mort de trois personnes au total et onze autres ont été blessés.

Pour ceux qui débarquent, Comma, c'est la boîte fondée en 2015 par George Hotz, alias Geohot. Son boîtier embarque des caméras, se branche sur le faisceau de la voiture et s'appuie sur les capteurs d'origine pour maintenir la vitesse et la trajectoire.

Et la NHTSA, Comma connaît déjà puisqu'en 2016, avant de la laisser vendre le Comma One, son premier boîtier, l'agence américaine a exigé des réponses à 15 questions (conception, tests, sécurité...) forçant Hotz à volontairement en annuler la sortie pour un mois plus tard, mettre openpilot en opensource sur Github.

Sauf que cette fois, les boîtiers sont déjà en service partout aux Etats-Unis et dans le monde. Dans son résumé d'enquête, l'agence recopie les promesses du site de comma (installation en un quart d'heure, conduite "hands free" sur la voiture que vous avez déjà, des heures sans reprendre le volant...etc), pour ensuite, juste après, ajouter l'avertissement du même site, qui exige un conducteur attentif et prêt à reprendre la main à tout moment.

Maintenant, les rapports d'accident déposés par Comma + un de Honda, montrent des situations très différentes. L'un des deux accidents mortels, c'est un RAV4 de 2022 qui a percuté en février, en Louisiane, une voiture de police stoppée sur la voie, gyrophares allumés, d'après ce que raconte la police de l'État . Et ce RAV4 faisait tourner FrogPilot, un fork d'openpilot, qui aurait été engagé. Dans son rapport, Comma écrit qu'elle ne peut rien dire de plus sur un logiciel tiers, et qu'elle a conservé les données à la demande de la NHTSA.

L'autre accident mortel, TechCrunch n'a pas pu l'identifier à partir des rapports cités. Pour deux autres, en revanche, les rapports sont bien plus bavards. En septembre 2025, dans le Missouri, une Honda Accord de 2020 a embouti une Chevrolet arrêtée à un carrefour. C'est le régulateur de Honda qui gérait la vitesse, openpilot ne tenant que le volant, et le conducteur a déclaré s'être endormi après avoir calé ce régulateur à 80 mph, soit environ 130 km/h. Et en juillet, dans l'Utah, une Corolla de 2021 sous openpilot 0.11.0, dont comma a elle-même vérifié qu'il était engagé, roulait à 56 mph, soit 90 km/h, juste avant de percuter une voiture.

Démêler tout ça, accident par accident, c'est le boulot de l'enquête, qui évaluera aussi les performances du système et les garde-fous censés garantir une utilisation sûre. Chez Comma, c'est notamment une caméra qui surveille le conducteur et l'alerte quand il arrête de porter son regard sur la route. Quant au fork mis en cause, l'agence américaine devra analyser ce qu'il partage avec openpilot, sachant que Comma interdit déjà aux forks de brider cette surveillance, sous peine d'être bannis de ses serveurs, eux et leurs utilisateurs.

Pour la suite, il va falloir être patient... L'enquête ouverte en 2021 sur l'Autopilot de Tesla , après des collisions sur des lieux d'intervention des secours, a débouché fin 2023 sur un rappel de plus de 2 millions de voitures, corrigées à distance avec des alertes renforcées pour garder le conducteur attentif. Et celle ouverte en avril 2024 sur le BlueCruise de Ford, après deux accidents mortels contre des véhicules arrêtés, n'a toujours abouti à aucun rappel.

Moi, ce que je peux vous dire, c'est que sur openpilot, il y a deux modes possibles. Il y a le mode par défaut qui gère le latéral, c'est-à-dire les mouvements du volant, et le mode latéral + longitudinal qui gère à la fois les mouvements du volant ET la vitesse de la voiture.

Ce second mode est expérimental et n'est pas suffisamment fiable pour être utilisé autrement qu'en conditions de tests avec une extrême vigilance, car effectivement, la caméra seule du Comma (et son IA) ne permet pas à 100 % de toujours correctement évaluer la vitesse du véhicule qui se trouve devant. Autrement quand on est en mode latéral seul, C'est le radar de la voiture (l'ADAS d'origine quoi) qui détermine si la voiture doit freiner ou pas.

Et ça, c'est côté constructeur que ça se passe.

Donc, ces histoires de collision avec des véhicules arrêtés en pleine voie, à priori, pour moi, ce sont des erreurs humaines. C'est-à-dire que ce sont des gens qui ont activé l'autopilot du Comma comme ils auraient activé un régulateur de vitesse, et qui n'ont pas pris la peine de surveiller la route pour voir si un véhicule était arrêté ou à vitesse basse devant eux. Ça reste de la conduite autonome de niveau 2, donc ça demande une vigilance de tous les instants.

On aurait eu, je pense, exactement le même problème avec un régulateur de vitesse engagé à 130 km/h sur l'autoroute avec une voiture complètement stoppée devant nous. La voiture se mettrait à freiner, mais trop tard et la collision serait inévitable à une telle vitesse. Surtout que sur ce genre de système, on peut aussi régler les distances de sécurité / de détection et donc réduire aussi (volontairement) les distances de freinage.

Mais bon, en attendant que l'enquête tranche, si vous roulez avec openpilot, en France comme ailleurs puisque le logiciel fonctionne dans n'importe quel pays , sachez qu'un véhicule arrêté dans votre voie fait partie des situations où le régulateur peut ne pas fonctionner comme prévu.

Donc gardez le pied prêt à freiner dès qu'un bouchon ou un accident se profile devant vous, les deux mains sur le volant et le regard fixé sur la route car ce n'est pas un jeu...

Source : TechCrunch

Unitree - Le firmware que personne ne signe

Par : Korben ✨

Le 26 février dernier, lors d'une réunion d'Austin Hackers Anonymous au Texas, le chercheur Andreas Makris a fait la démo d'un outil qui permet de générer de faux firmwares Unitree, que le robot avale sans broncher comme s'ils sortaient de l'usine de Hangzhou...

Car oui, Mesdames et Messieurs, les robots Unitree ne sont pas capables de déterminer si le firmware avec lequel ils se mettent à jour a été créé par Unitree ou par quelqu'un d'autre.

C'est ouf, non ? Le problème en fait, c'est que les paquets de mise à jour d'Unitree, c'est-à-dire les fichiers .upk qu'un Go2 ou un G1 télécharge tout seul, sont chiffrés avec TEA, un algo hyper minimaliste sorti de Cambridge en 1994.

La clé de chiffrement issue de cet algorithme se calcule ensuite à partir de trois constantes planquées dans le binaire du robot, + une graine aléatoire qui est stockée dans le paquet lui-même. Hop, comme ça vous avez la clé... Tout le monde a la clé, en fait !

Les trois constantes, en clair dans la doc de l'outil.

Et comme TEA est un algo symétrique, la clé qui déchiffre est aussi celle qui chiffre. Unitree s'en sert pour cacher le contenu de ses mises à jour, sauf que le robot, lui, comme il a été programmé avec les pieds, il en déduit que le paquet est légitime. C'est con, hein ? Une vraie signature, avec une clé privée gardée au chaud chez le fabricant, rendrait la contrefaçon impossible même en connaissant tout le reste.

Alors avant que vous ne débranchiez votre robot, je tiens à préciser un truc que Makris dit lui-même dans son dépôt : il n'existe pas de moyen public de livrer un firmware maison au robot. En effet, le canal de mise à jour passe par MQTT et n'accepte pas les paquets persos.

Cette faille a une belle note de 7,8 sur 10 mais exige un accès local et une action du propriétaire. Donc rassurez-vous, personne ne va reflasher votre chien robot qui fait des petits tours dans votre usine depuis un van garé sur le parking.

Le scénario réaliste, c'est plutôt le firmware véreux qu'on vous refile via un prestataire qui "met à jour" votre flotte, ou la clé USB d'un labo partenaire. Vous l'installez, votre robot le valide et vous n'avez aucun moyen de vérifier qu'il sort bien de chez Unitree. Bref, pour du matériel qu'on retrouve dans des labos de recherche et sur des sites industriels, c'est pas terrible !

Les firmwares décortiqués couvrent les gammes Go2 et G1, du Go2 Air au G1 Edu+, plus les modules moteur. Le NVD (National Vulnerability Database), lui, considère que toute l'offre actuelle du constructeur est concernée et surtout gag, y'a pas de correctif !!

On est quand même près de 5 mois après la publication, et y'a toujours rien. Je pense quand même qu'Unitree devrait revoir ses priorités et surtout revoir complètement la façon dont ils protègent leurs mises à jour.

De son côté, Makris n'a pas prévenu le fabricant. C'est pas un oubli, mais un choix car comme il l'explique dans son avis de publication , Unitree a montré une certaine hostilité face aux communications de divulgation. Donc, autant dire que le divorce est acté entre les chercheurs et l'entreprise chinoise.

Du coup ça nous fait quand même un quatrième épisode sur tout ce bordel. Le hack Bluetooth en 1 minute dont je vous parlais en décembre , les deux CVE sur le Go2 que je vous ai remis en mars , le backdoor vers un cloud chinois que Benn Jordan a popularisé en mai, et maintenant les mises à jour.

À l'époque, je me souviens que Benn Jordan conseillait carrément de ne plus jamais toucher au firmware pour garder l'accès root et surveiller ce que le robot envoie, sauf qu'on sait maintenant qu'une mise à jour officielle ne prouve rien, et que chacun peut forger la sienne. Breeeeef... pour du matos vendu à des labos et des industriels, je trouve ça vraiment pas sérieux.

Merci à Sammy pour le tuyau !

Source

Unitree - Le robot au modèle IA invisible

Par : Korben ✨

Un coussin qui traîne par terre, des boîtes de médicaments à compter dans un tiroir, du linge à balancer dans le panier, des assiettes à caler dans le lave-vaisselle et un lit médicalisé à remonter de quelques crans. Voilà le programme du robot G1 dans la vidéo qu'Unitree a mise en ligne lundi matin . Deux minutes quinze, en 4K, et ça a fait un million de vues en deux jours.

Et rassurez-vous, si vous lui dites d'arrêter en plein réglage du lit parce que ça vous pince la peau des fesses, il s'arrêtera net.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Le truc qui pilote tout ça s'appelle UnifoLM-OminiA-0.3. Unitree le décrit comme "un modèle unique qui prend en charge des tâches variées de soins à domicile et de bien-être, avec une compréhension interactive omni-modale, une exécution totalement autonome, stable et résistante aux perturbations".

En clair, un seul cerveau pour les oreilles, les yeux, les bras et les jambes, là où il fallait avant trois ou quatre systèmes qui se refilaient le bébé. Sauf que ce cerveau, vous ne pouvez pas y jeter un œil.

Les deux modèles précédents de la maison, vous pouviez les récupérer quand vous vouliez car unifolm-world-model-action et unifolm-vla sont sur GitHub avec le code d'entraînement, et les poids sont posés sur HuggingFace . Alors que celui-là, non.

Donc à l'heure où j'écris ces lignes, vous ne trouverez ni dépôt, ni checkpoint, ni fiche technique. Juste la vidéo ci-dessus que vous venez de regarder. Après on n'en sait rien, ça sortira peut-être la semaine prochaine, mais pour l'instant celui-ci reste au chaud chez Unitree.

Et on ne sait pas non plus combien d'essais il a fallu pour attraper la bonne boîte sur l'étagère, le taux de réussite sur le tri du linge ou combien de temps il a fallu pour remplir votre lave-vaisselle.

Mais même sans métrique, c'est quand même une belle vidéo démo. Après on connaît les chinois... Le mois dernier je m'énervais déjà parce qu' un G1 avait collé un coup de pied dans le ventre d'un gamin pendant une démo d'arts martiaux au jardin botanique d'Urumqi, et je trouve ça dommage qu'on doive continuer à juger ces bestioles sur des montages YouTube plutôt qu'à partir de vraies métriques.

Côté prix, comptez 13 500 dollars minimum pour le G1 sur le site d'Unitree , taxes et livraison en plus. Le tarif d'une petite citadine d'occasion, quoi ! En janvier je vous avais épluché les prix de tous les humanoïdes réellement commandables , et c'est bien Unitree qui casse le marché.

Sauf que la main à 3 doigts qui attrape les boîtes de médicaments dans la démo, c'est en option et vous vous en doutez, on ne connaît pas non plus son prix.

Par contre, avant d'acheter ce truc et de le mettre dans votre entreprise, sachez quand même que le 8 juin dernier, le Pentagone a ajouté Unitree à sa liste des entreprises militaires chinoises, sous son nom officiel de Hangzhou Yushu Technology et sur la même liste, vous trouverez aussi BYD, Alibaba et TP-Link. Ils ont fait cela car 5 jours plus tôt, trois représentants américains déposaient le GUARD Act, un texte qui obligerait les agences fédérales à passer au crible tous les robots humanoïdes et quadrupèdes chinois avant leur vente aux États-Unis, et visiblement ils ont trouvé des trucs.

Par contre, chez nous, c'est la fête du slip, il n'y a rien de tout ça. Aucune liste, aucun audit obligatoire ! Vous commandez la bestiole en ligne, et la seule doc publique sur son cerveau, c'est ce clip de 2 minutes.

Alors vous vous dites peut-être que j'exagère sauf qu'en mai, je vous racontais comment un robot-chien Unitree utilisé par la police se faisait pirater en une minute et renvoyait ses vidéos vers un cloud chinois . Du coup, quand la même entreprise sort un robot qui filme des chambres d'hosto, moi, ça me donne envie d'aller voir le code.

Bref, la démo est bluffante mais j'attends le dépôt GitHub pour voir si c'est du sérieux.

Source

Bornes de recharge - Un SSH root au bout du câble CCS2

Par : Korben ✨

Le gros câble que vous branchez sur votre voiture électrique, celui qu'il faut soulever à deux mains et qui pèse le poids d'un âne mort, dispose de 2 choses : Du courant, et un réseau. Lionel Richard Saposnik, chercheur chez SaiFlow, a eu la curiosité d'aller voir ce qui traîne sur ce réseau-là et vous allez voir, c'est pas triste...

Quand vous clipsez le pistolet dans la trappe, votre bagnole et la borne montent une liaison IPv6 entre elles, par courant porteur, sur deux broches du connecteur CCS2. Elles se causent en respectant la norme ISO 15118 pour négocier vos ampères, votre tension, le prix de votre kWh.

Le simulateur de véhicule se branche sur la prise et atteint la carte de la borne. Schéma SaiFlow.

Lors de ses tests, sur une borne rapide XCharge C6, il a trouvé un service SSH (Dropbear) qui écoute sur le port 22 et un Telnet (BusyBox) sur le port 23. Et sans surprise, le login c'est root et le mot de passe... bah c'est "root" aussi !! Mdrrrr ! Donc vous branchez votre voiture, vous vous connectez en SSH et vous êtes root !!

La raison c'est que les services d'administration de la borne écoutent sur 0.0.0.0, autrement dit sur toutes les interfaces réseau de la machine. Sauf que parmi ces interfaces, y'a can0 pour le bus CAN interne, eth0 pour le réseau de management... et surtout qca0 et qca1, les deux modems courant porteur des deux pistolets de charge. Écouter partout, ça veut donc dire aussi écouter du côté de votre voiture.

SSH et Telnet à l'écoute sur toutes les interfaces, celles du câble comprises. Capture SaiFlow.

Pour aller taper dessus, il lui a donc fallu seulement 130 $ de matos. De quoi tirer le Control Pilot à 9 V (5 à 10 $) pour faire croire à la borne qu'une voiture est connectée, un modem HomePlug Green PHY genre QCA7000 ou QCA7005 à 70 $, un Raspberry Pi à 50 $, et deux fils à mettre en contact avec le connecteur.

Et hop, avec tout ça, n'importe qui peut se retrouver sur le réseau interne de la borne. Et là, avec l'accès root, un attaquant peut faire tout un tas de choses comme voler le certificat SECC pour se faire passer pour la borne au moment où votre voiture s'authentifie en Plug & Charge, trafiquer le comptage de l'énergie, poser une backdoor dans un cron, rebondir vers le réseau de l'opérateur par le VPN de la borne, ou couper le refroidissement et la protection contre les surintensités.

Ça craint hein ?

Je vous avais raconté comment Charlie Miller a pris le contrôle d'une Jeep sur l'autoroute , ou encore comment une faille d'API permettait d'en déverrouiller à distance mais l'idée que la prise cause du réseau n'est pas neuve puisqu'en 2022 déjà, des chercheurs d'Oxford et d'Armasuisse avaient monté Brokenwire, une attaque qui coupait les charges à distance en brouillant ce même canal courant porteur, avec une radio logicielle LimeSDR et un ampli de 1 W. Ils ont tué des sessions jusqu'à 47 mètres, sur 8 voitures et 20 bornes rapides.

Ce qui change ici, c'est pas le canal, c'est ce qu'on trouve à écouter dessus car personne n'avait pensé à scanner la prise comme vous scanneriez un réseau d'entreprise.

L'avis publié par la CISA à ce sujet liste bien 3 failles sur la borne C6, mais une seule est notée 9,8 sur 10, et c'est celle du firmware qui s'installe sans vérification de signature. Les deux autres qui concernent la prise sont à 7,6, avec accès physique obligatoire. Je tiens à le préciser parce que j'ai vu passer des actus qui annoncent 3 failles à 9,8 partout et je n'y comprenais plus rien.

En tout cas, c'est corrigé. XCharge a poussé la mise à jour sur toutes les bornes concernées, et la CISA n'a constaté aucune exploitation dans la nature. Rassurez-vous donc, votre prochaine charge sur l'autoroute ne va pas transformer votre voiture en bagnole zombie explosive !

La France compte près de 200 000 points de recharge ouverts au public, et XCharge revendique une équipe sur place et plus de 2500 bornes rapides posées en Europe. C'est donc un modèle qui est touché mondialement et surtout, SaiFlow pense que le motif de cette faille se retrouve probablement chez d'autres fabricants, toutefois sans l'avoir démontré.

Bref, la prochaine fois qu'on vous dit qu'une borne c'est "juste" de la grosse électricité, vous saurez maintenant que c'est surtout un ordinateur avec une prise réseau dehors.

Merci à DjeDje pour l'info !

Source

Ce drone tourne si vite sur lui-même qu'il devient presque invisible

Des ingénieurs de l'université Northwestern, près de Chicago, ont construit un petit drone qui disparaît presque à l'œil nu. Pas grâce à un camouflage, mais parce qu'il tourne sur lui-même à toute vitesse.

Le principe s'appelle le flou de mouvement. C'est ce qui fait qu'on ne voit plus les pales d'un ventilateur quand il tourne vite. L'œil n'arrive plus à suivre, alors il mélange l'objet avec ce qu'il y a derrière.

Le drone s'appelle Phantom Twist. Il tourne sur lui-même entre 15 et 25 fois par seconde. À pleine vitesse, on ne voit plus qu'une légère brume, une sorte d'ombre floue posée dans l'air.

Son corps est déjà presque transparent. Les quelques pièces opaques qui restent, le moteur ou la batterie, se noient dans le décor dès que la rotation démarre.

La forme n'a rien à voir avec un drone habituel. Un quadricoptère porte quatre hélices. Là, il y a un seul moteur et une seule hélice. L'hélice tourne d'un côté, tout le reste du drone tourne de l'autre.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Faire voler un truc pareil sans qu'il parte en vrille n'a rien d'évident. L'équipe a donc laissé un ordinateur imaginer près de 20 000 versions du drone, puis a utilisé des algorithmes et de l'IA pour ranger chaque pièce au bon endroit, du circuit imprimé au petit contrepoids qui équilibre l'ensemble.

Au bout du compte, les chercheurs le donnent pour dix fois plus difficile à repérer qu'un quadricoptère classique. Le but est d'observer des animaux, de surveiller des marais ou de contrôler des ponts et des lignes électriques sans faire fuir ce qu'on veut filmer.

Il y a encore des trous dans la raquette. Le prototype a besoin d'un système de caméras installé tout autour pour se repérer. Ses fils et ses tiges de support restent visibles. Et surtout, l'hélice fait du bruit.

Un drone qu'on ne voit pas mais qu'on entend arriver, ça limite quand même sérieusement l'effet de surprise.

Le travail a été montré à Sydney, lors d'une grande conférence de robotique. L'équipe veut maintenant des matériaux plus transparents et une hélice plus silencieuse.

Se cacher en tournant sur soi plutôt qu'en se peignant, l'idée est maligne. Mais tant que l'engin vrombit comme un ventilateur, l'invisibilité reste à moitié ratée.

Source : Techspot

Il détourne un chien robot Unitree pour aider son père

Par : Korben ✨

Prenez un chien robot d'Unitree, du genre qui patrouille dans les usines, ajoutez-y un siège baquet, un harnais et pas mal de code et vous obtiendrez un nouveau genre de jambes bioniques du futur ! Jake Laser a réalisé ça pour son père, en fauteuil roulant depuis une dizaine d'années à cause d'une sclérose en plaques et le résultat est bien délire.

La machine de départ est donc un quadrupède industriel Unitree à roues motorisées et pattes articulées qui sur sol lisse, roule comme un véhicule à roues mais qui sur terrain accidenté, peut déplier ses gambettes, grimper des escaliers, enjamber les obstacles et traverser des paysages rocheux sans broncher.

Rien à voir cela dit avec le Unitree Go2 grand public que vous connaissez qui est plus un jouet. Là c'est la version B2-W pour les entreprises vendue autour de 100 000 dollars, qui sert d'habitude à inspecter des entrepôts ou des sites dangereux. Pour info, Unitree, c'est la même boîte qui vend aussi un mecha à 500 000 dollars , histoire de vous situer le niveau de matériel.

Le transformer en engin sur lequel on peut monter, ça a demandé du vrai boulot d'ingénierie. Après avoir testé plusieurs positions d'assise, Jake a fixé un siège baquet de course directement sur la colonne du robot, les jambes du passager vers l'avant pour que les pattes robotisées puissent bouger librement en dessous.

Il a ajouté un harnais bien costaud et surtout, il a dû recalibrer tout le logiciel de balance du robot pour compenser le poids d'un humain qui se déplace en permanence. Un B2-W sait s'équilibrer avec une charge fixe, mais beaucoup moins avec quelqu'un qui bouge dessus, se penche et change le centre de gravité à chaque seconde.

Mais une fois le code ajusté, les capteurs et les moteurs gardent l'équilibre même en marchant sur un terrain pourri. Le pilotage passe ensuite par un joystick double sans fil qui gère tout : avancer, tourner, se déplacer en crabe, et ajuster la hauteur du robot pour monter et descendre plus facilement.

Et le plus fou, c'est qu'un B2-W ne devrait porter qu'une quarantaine de kilos quand il marche alors que là il trimballe un adulte plus son siège, soit largement le double. Vous l'aurez compris, c'est pas homologué hein ^^.

Capture : JLaservideo (YouTube)

Jake voulait aussi que son père soit fier de son engin alors il s'est inspiré des Bugatti des années 40 pour l'habiller avec une carrosserie galbée, de la fibre de carbone, des phares chromés + éclairage LED sous le châssis et enjoliveurs custom. On est à mi-chemin entre le robot de combat et la voiture de collection ^^.

Bien sûr, avant d'y installer son père, Jake a fait subir à son robot plein de tests d'efforts et de sécurité. Il lui a fait grimper des rebords super hauts, traverser des échelles, monter des tonnes d'escaliers bien tordus et franchir des lits de rivière rocheux, le tout sans jamais perdre l'équilibre. C'est seulement une fois la fiabilité prouvée que son père est monté à bord. Et après des années coincé dans un fauteuil classique, il a pu retourner sur des sentiers et dans des endroits qui étaient devenus, pour lui, des souvenirs lointains.

Bien sûr, c'est un exemplaire unique, et pas un dispositif médical que vous pourrez commander, mais je trouve que l'idée de détourner de la robotique industrielle pour redonner de l'autonomie à quelqu'un c'est vraiment chouette. On a déjà vu des robots japonais faire ça pour des personnes en situation de handicap , et ce genre de bidouille prouve que la techno existe déjà, et qu'il ne manque que des gens motivés pour la détourner dans le bon sens.

Bref, matez la vidéo, vous allez kiffer la partie où le père de Jake capte qu'il peut de nouveau aller où il veut (dans la limite de l'autonomie disponible)

Source : Yanko Design

Test du MOVA ViAX 500 : cette tondeuse a converti un jardinier qui ne voulait pas de robot dans son jardin

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J'ai reçu en test ce robot tondeuse d'une gamme grand public accessible pour le tester en conditions réelles. J'ai moi-même un petit jardin, mais pour le tester, j'ai préféré apporter l'objet chez une personne de mon entourage qui avait un jardin plus grand, plus compliqué, meilleur terrain de test.

Sauf que voilà, le propriétaire du jardin ne voulait pas de cette machine, il me l'a dit assez clairement, et il a fallu exactement trois jours de tonte automatique pour qu'il révise complètement son jugement, ce qui en dit beaucoup sur ce que le MOVA ViAX 500 fait réellement une fois posé sur une pelouse.

Aucun câble périphérique à enterrer, aucune antenne RTK à planter en vue dégagée du ciel, ce boîtier de correction satellite que la plupart des tondeuses dites sans fil imposent pourtant encore aujourd'hui. Vous branchez la station de charge près d'une prise, et c'est tout, ça fonctionne, dans le silence.

La cartographie de votre jardin se fait au téléphone, en pilotant le robot comme une voiture télécommandée pour lui faire faire le tour du terrain, pendant qu'il regarde et mémorise, ce qui a pris dans notre cas une petite vingtaine de minutes, et est franchement ludique.

Screenshot

MOVA a équipé son robot de ce que la marque appelle l'UltraEyes 2.0, un assemblage de deux caméras à haute plage dynamique et d'un LiDAR 360°, ce télémètre laser rotatif qui balaie les alentours en continu pour mesurer les distances, avec une reconnaissance annoncée de plus de 300 types d'obstacles.

Sur les 270 m² du jardin d'essai, en pente par endroits, encombrés de plusieurs voitures garées à l'arrache et des jouets qu'un brave toutou sème un peu partout, la machine n'a absolument rien écrasé ou percuté. Zéro accroc. Ni le chien, qui n'a même pas tiqué à la vue du robot, ni ses jouets.

Le disque de 20 cm et ses trois lames rasoir pivotantes coupent quelques millimètres à chaque passage et redéposent l'herbe broyée au sol, où elle se décompose en engrais. Du coup, aucun sac de tonte ne nécessite des aller-retours pénibles à la déchetterie. Le niveau sonore est quasi inaudible, le voisinage du dimanche ne s'en apercevra même pas si vous passez le robot à des heures "interdites".

C'est quand même une bascule philosophique, cette histoire : soit vous gardez la main sur votre gazon et sur sa pousse, soit vous déléguez tout ça à un robot. Le débat de l'aspirateur robot, transposé dehors. Si vous voulez mon avis, un transat et un bouquin valent mieux qu'un après-midi derrière une tondeuse thermique.

La hauteur de coupe se règle à la main sur la machine entre 2 et 6 cm, ce qui ne pose aucun problème, il suffit de le régler une fois pour toutes selon vos préférences. Après il faut être honnête, les 40% de pente annoncés sont un peu optimistes, deviennent plutôt 25 % quand on veut rouler serein. Pour le reste, tout est vraiment ok, ce qui est une bonne surprise pour un produit de cette gamme, quand même franchement accessible.

MOVA affiche 749 € en prix conseillé, mais le ViAX 500 se trouve régulièrement autour de 599 € sur Amazon. C'est vraiment un super produit si vous avez un jardin de taille raisonnable à entretenir, et que vous ne voulez pas vous prendre la tête avec ça.

Vous pouvez commander la bête ici sur Amazon !

Un cafard cyborg en combinaison de plongée

Par : Korben ✨

Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.

L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.

À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?

La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.

Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.

"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.

Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??

Hé bien la réponse c'est le sauvetage.

Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.

Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.

Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.

Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.

Source : NTU Singapore & TomsHardware

oomwoo - Le robot aspirateur open source à monter soi-même

Par : Korben ✨

La société Maker's Pet vient de lancer oomwoo , un robot aspirateur open source que vous construisez vous-même ! C'est fait à base de Raspberry Pi 5, LiDAR 2D, ROS 2, châssis imprimé en 3D, et le tout fonctionne en local.

Sauf qu'il y a un détail rigolo, pour l'instant il fait à peu près tout... sauf aspirer ^^.

Je m'explique... Votre Roborock ou votre iRobot, vous ne le savez pas mais vous ne le possédez pas vraiment. Il se balade partout, cartographie votre apart ou votre maison, envoie tout sur des serveurs distants et surtout, le jour où le fabricant ferme boutique, bah votre robot il termine à la casse.

Alors c'est vrai, des bidouilleurs libèrent déjà ces engins du cloud en leur greffant un firmware ouvert. Mais oomwoo prend le problème à l'envers, puisqu'au lieu de libérer un robot fermé, vous en montez un qui soit libre dès la première vis !

Côté matos, vous allez avoir besoin, comme je vous le disais, d'un Raspberry Pi 5 (ou d'un Pi 4), d'un petit LiDAR 2D, de quelques moteurs et d'un châssis que vous sortirez de votre imprimante 3D. Son cerveau, lui, tourne sous ROS 2 avec Nav2 pour la navigation, et vous pouvez tout tester virtuellement dans une simulation Gazebo avant même de visser quoi que ce soit.

Côté maison connectée, ça se branche direct sur Home Assistant et toutes les datas restent chez vous en local. Le LiDAR c'est vraiment le cœur du projet puisque c'est ce capteur qui donne la vue en relief aux petits robots . Avant ça coûtait une petite fortune, mais aujourd'hui, ça peut se trouver pour une trentaine d'euros comme ce LDS02RR qui équipe notamment les Roborock.

Et pour orchestrer toute cette joyeuse bande hardware, le projet utilise un micro-contrôleur à quelques euros qui gère toutes les entrées et les sorties, pendant que le RPi se tape le gros des calculs.

oomwoo en est à sa toute première version, en mode RFC (request for comments), autrement dit le truc se conçoit en public au grand jour et leur objectif premier, c'est donc d'avoir un robot qui cartographie votre appart au LiDAR et se balade tout seul avant même de penser à aspirer.

Alors oui, pour le moment, c'est uniquement de la simulation et aucun proto n'a été assemblé mais ça ne saurait tarder. Quoiqu'il en soit, vous pouvez suivre toutes les étapes du projet en live sur GitHub et intervenir si vous voulez aider .

Après, un aspi robot qui n'aspire pas, ça ne vous inspire peut-être pas (jeux de moooots) mais c'est surtout un projet en train de naitre, qui si vous l'attrapez en route, vous permettra d'apprendre de nouveaux concepts en robotique comme le SLAM, la navigation autonome ou ROS 2 sans avoir à lâcher un billet dans du matos hors de prix (ils visent 200 dollars de matos au max).

Bref, c'est moins un aspirateur qu'un cours de robotique déguisé mais ça vaut le coup d'oeil. Le code vous attend sur GitHub .

Isaac 1 - Un Baymax à 8000$ qui plie votre linge

Par : Korben ✨

Isaac 1, c'est le nouveau robot domestique de Weave Robotics , et sa spécialité c'est de plier le linge, faire les lits et ranger le bazar qui traîne chez vous. Il a l'air rigolo, il est mignon, il a des grands bras et me fait penser un peu à ce robot de dessin animé qui s'appelle Baymax.

La bête se déplace sur une base motorisée, se replie à 90cm pour se faire oublier dans un coin et se déploie jusqu'à 1,75 m quand il faut bosser, avec ses grands bras terminés par des pinces à 2 doigts.

Au programme chez vous : vos t-shirts pliés, votre lit fait, vos coussins redressés et le bazar du salon rangé à la demande.

La démo en vidéo vaut le coup d'œil !

Ranger le bazar, redresser les coussins, faire le lit : le programme d'Isaac 1

Toutefois, ce robot n'est pas encore 100% autonome. En effet, il peut nécessiter l'intervention d'un opérateur humain quand il galère sur un truc. Mais l'objectif à terme pour Weave Robotics, c'est clairement la full autonomie.

Replié à 90 cm, caméras physiquement coupées

La première version, Isaac 0 ressemblait à ça d'ailleurs :

Alors ça vous plait ?

Bah si vous en voulez un, faudra revendre la caravane et le chien parce que ça coûte 8000 $ ou 449 $ d'abonnement par mois (avec caution à 250$, faut pas déconner).

Les livraisons démarrent en Californie à l'automne, avant le reste des États-Unis, et pour l'Europe y'a aucune date pour le moment.

Après 8000$ c'est pas donné quand même pour un robot qui fait que ça.

Le pliage de linge, c'est de toute façon le cimetière des startups robotiques. Je suis désolé, mais Laundroid a coulé en 2019 avec environ 20 millions de dollars de dettes, FoldiMate a fermé en 2021 sans jamais rien livrer, et le Memo de Sunday Robotics est arrivé sur le même créneau l'an dernier.

Même les humanoïdes généralistes s'y mettent, comme Figure 02 avec sa lessive , et si vous voulez quand même comparer les tarifs du secteur, j'ai déjà fait le tour de ce que coûte un robot humanoïde chez soi .

Maintenant, il y a 2 types de personnes dans le monde : ceux qui ont ce genre de truc, et ceux qui comme moi s'habillent en allant chercher directement leurs fringues dans le tas de linge propre qui traîne par terre dans la chambre.

Allez, si ça vous tente, les précommandes sont ouvertes . Moi je vous laisse, j'ai du linge à ne surtout pas replier.

Source

Reflect v1.0 - Programmer un humanoïde en une phrase

Par : Korben ✨

Un humanoïde qui traverse un immeuble, appelle l'ascenseur, ouvre un colis avec un outil et range les courses dans un tiroir, tout seul, et sur une seule consigne qui lui est donnée en langage naturel, ce n'est pas de la sorcellerie ! Non, c'est la démo qu'a sortie Flexion Robotics , une startup suisse, qui lance Reflect v1.0, son nouveau "cerveau" IA pour robots.

Car Flexion ne fabrique pas de robots. Cette spin-off zurichoise, fondée en 2024 par d'anciens chercheurs Nvidia, vend du logiciel, une couche d'intelligence qui se pose sur un humanoïde existant et le pilote de bout en bout.

Là où Alibaba donne un corps à son IA avec une suite logicielle complète, Flexion ne vise que le cerveau. Vous écrivez ce que vous voulez en langage naturel, et le robot part faire sa vie pour vous satisfaire au mieux. Vous pouvez même changer la consigne en plein vol, du genre "non, reviens par ici" et il abandonnera tout pour revenir dans vos bras.

En général, en robotique (comme avec les LLMs finalement...), l'autonomie longue sur les tâches, c'est l'enfer. Une mission de 16 étapes, des erreurs qui s'enchaînent et paf, tout s'écroule. Alors pour encaisser ça, ils ont entraîné leur propre modèle de vision-langage, un chef d'orchestre qui surveille, raisonne et replanifie en direct. Et ils ont misé sur l'apprentissage par renforcement à tous les étages, du mouvement fin jusqu'à la décision. Et voilà comment (en labo), ils passent de 38 % à 90 % de réussite sur ce genre de missions longues.

Ensuite côté capacités, c'est du costaud puisqu'on a un robot qui manipule des colis de 100 g à 3,5 kg, repositionne les cartons, appuie sur les boutons d'ascenseur au centimètre près, utilise des outils, enchaîne les escaliers et slalome entre les obstacles avec sa charge. Et quand il rate une prise, s'pas grââve, il retente ou replanifie sa route grâce à ses caméras.

En ce moment, les annonces d'humanoïdes pleuvent en Chine... On a eu par exemple Agibot qui affiche 99 % de succès sur une démo usine de six jours, ShengShu qui présente Motubrain , son cerveau unifié, et ça ne risque pas de s'arrêter, sans parler des robots chinois un peu plus bas de gamme, revendus en marque blanche qui commencent à pulluler comme les aspi robots ou les tondeuses autonomes...

À voir maintenant si l'un d'eux ira un peu trop loin en milieu ouvert... En attendant, Flexion est très honnête puisque la société explique que Reflect v1.0 reste limité à des tâches bien définies, et qu'ils ne sont pas encore prêts pour l'autonomie universelle... pour l'instant.

Source : Interesting Engineering

Tesladeaths - Le compteur des morts de l'Autopilot TESLA (FSD)

Par : Korben ✨

Vendredi soir à Katy, au Texas, une Tesla Model 3 a défoncé la façade d'une maison et tué Martha Avila, 76 ans, installée devant la Coupe du Monde. Evidemment, comme d'hab, le constructeur et le conducteur se renvoient déjà la faute mais on se pose tous cette question : Combien de gens sont morts comme ça bêtement, dans un crash où l'Autopilot était actif ?

Pour le savoir, oubliez Tesla et son service de presse dissous en 2020 (lol), et filez sur tesladeaths.com , un compteur tenu par la communauté TSLAQ, le cashtag des sceptiques de Tesla en bourse, qui recensent les morts que personne chez le constructeur n'a envie de compter.

Sur ce crash précis, Tesla affirme sur X que le conducteur a appuyé sur l'accélérateur jusqu'à 117 km/h et appuyait encore après le choc, quand le gars, lui, jure aux shérifs qu'il était en mode assistance (le FSD). 2 versions opposées, une enquête en cours, et surtout au milieu une morte de plus...

Au dernier décompte, fin 2025, la base recensait plus de 770 décès depuis 2013 dans des accidents impliquant une Tesla, dont 65 où l'Autopilot ou le Full Self-Death, euuuh pardon Driving était activé.

Et le truc vraiment bien avec ce site, c'est que tout est ouvert. Les données sont stockées dans un Google Sheet public accessible depuis la page d'accueil du site, exportable en CSV ou Markdown, avec même un miroir sur le GitHub du projet . Chaque ligne a sa date, son pays, son modèle, son nombre de morts, et ces deux colonnes : "Autopilot claimed" et "Verified Autopilot Death" qui permettent en gros, de séparer ce qui est revendiqué de ce qui est confirmé, en croisant la base SGO de la NHTSA, la presse et les dossiers judiciaires.

Vous pouvez donc vérifier vous-même, ligne par ligne, au lieu de gober un chiffre balancé au hasard sur un plateau télé ou par un lover ou un hater d'Elon sur X. Y'a même un site jumeau, Tesla Fire , pour les incendies de batterie. Ouais, les mecs s'éclatent !

Après le truc qui m'énerve c'est le wording de Tesla parce que "Autopilot", "Full Self-Driving"... et compagnie, ça sonne comme une bagnole qui se conduit toute seule... Sauf que légalement, ces options sont encore rangées en niveau 2. Ça reste donc de la simple assistance, juste un cran au-dessus du régulateur de vitesse. Le conducteur reste responsable à 100%, tout le temps.

La Californie s'est d'ailleurs attaquée à ce nommage trompeur dès 2022, ce qui a obligé Tesla à accoler "(Supervised)" derrière son "Full Self-Driving".

Surtout que côté capteurs, le fossé est aussi large puisqu'une Waymo de niveau 4 se balade avec une vingtaine de caméras, plus des radars et des lidars tout autour, alors qu'une Tesla grand public bien chipou, c'est de la caméra et point barre !

Musk a toujours refusé le lidar, au motif que les humains "ne tirent pas des lasers avec leurs yeux" et qu'un capteur laser serait une "béquille" hors de prix. Du coup, la nuit ou dans le brouillard, une caméra ne voit que ce que la lumière lui montre, alors qu'un lidar mesure les distances au laser sans dépendre de la luminosité. Par exemple, moi je préfère le système de Comma.ai qui lui aussi est du niveau 2+, qui certes fonctionne avec une caméra, mais se repose également sur le lidar embarqué par le constructeur dans la voiture...

Bref, ces histoires d'accidents et de données que Tesla garde sous le coude , j'en avais déjà causé, mais maintenant ce qui serait bien de savoir à un moment, c'est s'il y a eu ou non une défaillance technique qui aurait empêché le conducteur de reprendre la main sur le FSD...

Bref, gardez tesladeaths.com dans un coin de bookmarks comme ça la prochaine fois qu'un crash "automatisé" fera la une, vous aurez les vrais chiffres sous la main.

Source

Relay attack - Ils volent une voiture avec un babyphone

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez du streamer Twitch qui s'était fait piquer sa caisse en plein live, à cause d'un boîtier bizarre posé contre sa porte d'entrée ?

Tout le monde a crié au fake évidemment, sauf que dans une certaine mesure, c'était vrai ! Et le voleur, c'était Mark Rober en personne, l'ex-ingénieur de la NASA devenu YouTubeur, qui a inventé toute cette mise en scène pour démontrer une bonne fois pour toutes comment on vole une voiture récente sans même toucher à la serrure.

La méthode s'appelle la relay attack, l'attaque par relais, et le principe est tellement simple que c'en est gênant. En effet, les voitures passent leur vie à chuchoter, quatre fois par seconde environ, des petits "hé psst, t'es là, ma clé ?". Et quand la clé est assez proche pour entendre ce murmure, elle hurle en retour le mot de passe secret qui déverrouille les portes et permet de démarrer le véhicule. Sauf que ce chuchotement, une équipe de voleurs peut le capter depuis votre voiture, l'amplifier, et le balancer jusqu'à votre clé restée sur le meuble de l'entrée ou dans la poche de votre veste. La clé croit alors que la voiture est juste là, elle répond, et hop, la caisse s'ouvre. Ça prend 30 secondes chrono, ça ne déclenche aucune alarme, et surtout y'a aucune effraction, ce qui arrange bien ces inutiles d'assureurs.

Alors pour bien comprendre comment tout ceci fonctionne, Rober a voulu s'équiper comme un vrai voleur. Direction le dark web, où un certain Dimitri (un russe... Bah quoi les clichés ?) lui a vendu un boîtier de vol clé en main pour 12 000 dollars en Bitcoin. L'appareil arrive, il le passe au CT Scan pour voir ce qu'il y a dedans sans le faire péter, et le verdict tombe : il s'est fait escroquer comme un débutant.

En fait, tous les composants hors de prix de ce machin pouvaient être remplacés par la même chose que ce qu'on trouve dans un babyphone vidéo de 2004.

Le babyphone de 2004 dont les entrailles remplacent un boitier dark web a 12 000 dollars.

La caméra du babyphone capte un signal, l'antenne le transmet à l'écran déporté et il suffit de couper deux fils au bon endroit pour transformer ça en relais radio . Son clone maison lui est donc revenu à quelques centaines de dollars de matos au lieu des douze mille que Dimitri a empochés. Et surtout il fonctionnait mieux que l'original. Breeeef...

Avant ce genre d'attaque, voler une bagnole demandait quand même un peu de doigté. Le slim jim, une tige métallique qu'on glissait dans la portière, a été tué dans les années 90 par les constructeurs qui ont blindé les mécanismes de serrure. Le démarrage en pontant les fils façon Mac Gyver est devenu inutile le jour où un calculateur ECU a pris le contrôle du moteur. Et plus récemment, vous avez peut-être entendu parler des Kia Boys , ces ados qui ont fait le tour de TikTok en démarrant des Kia et Hyundai d'avant 2022 avec un simple câble USB enfoncé dans le contact.

C'était couillon, mais ces modèles n'avaient pas d'antidémarrage électronique... une économie de bout de chandelle des constructeurs qui leur a quand même coûté 8,3 millions de véhicules à patcher en urgence. Comme quoi, la sécurité par l'obscurité, ça finit toujours par se payer un jour ou l'autre...

Et est-ce que vous saviez ce que deviennent ces voitures une fois envolées ??

Eh bien, même si l'essentiel des vols est l'œuvre d'abrutis d'ados qui font joyride pour Instagram , le reste est récupéré par une filière criminelle très organisée, démonté en pièces détachées dans un atelier en moins d'une heure ou encore expédié en conteneur à l'autre bout du monde.

Maintenant, pour bloquer les attaques relais et toutes ses déclinaisons, il suffit d'empêcher votre clé d'entendre ce "chuchotement" de la voiture. La première règle, qui est aussi la plus bête, est donc de ne JAMAIS poser vos clés près de la porte d'entrée... Éloignez-les au maximum, à l'autre bout de votre logement si vous le pouvez

Et la deuxième règle, c'est d'empêcher la clé de capter quoi que ce soit... Une boîte à biscuits en métal fait par exemple parfaitement l'affaire. Ou alors un bout de papier alu pour l'emballer...

Une simple boite a biscuits en métal suffit a rendre la clé sourde.

C'est ce qu'on appelle une cage de Faraday dans laquelle le signal radio préfère filer dans le métal conducteur plutôt que de traverser. Les pochettes anti-RFID vendues une dizaine d'euros font pareil et sont quand même plus classe, mais testez-les avant de leur faire réellement confiance.

Ah et sinon, sur certains modèles comme ma Ioniq 5 , vous pouvez aussi désactiver l'ouverture automatique "à distance via la clé et "sans les mains" et exiger une pression sur le bouton de la clé. C'est plus safe même si c'est moins fun ^^.

Un grand merci à Lilian pour le partage.

Robots humanoïdes - On attend vraiment qu'il y ait un mort ?

Par : Korben ✨

Je sais pas si vous vous intéressez un petit peu à la robotique, mais cette semaine il y a eu deux vidéos qui sont sorties et je voudrais réagir par rapport à ça.

La première, c'est lors d'une démonstration dans la rue d'un robot qui a un moment lève la jambe et éclate le ventre d'un enfant qui se trouvait à côté. Et la seconde c'est à Vivatech lors d'une chorégraphie débile où deux robots ont arraché des télés.

Et ça fait marrer tout le monde... Au passage, ces deux robots, c'est le même modèle : l'Unitree G1, le petit humanoïde chinois qu'on voit partout tellement il est dropshippé et rebrandé.

Et Unitree, ça devrait normalement vous parler, parce que je vous ai déjà raconté ici que n'importe qui pouvait en prendre le contrôle avec un smartphone , et qu'ils balançaient vos données vers un cloud chinois , référencée dans le MITRE depuis plus d'un an et toujours pas bouchée.

Et donc on lâche au milieu du public, gamins compris, ces machines douteuses qui effectuent toutes sortes de mouvements rapides. Et le problème, c'est que ces robots de service comme ce G1 ou d'autres équivalents humanoïdes débarquent partout... Robot serveur au resto, robot d'accueil dans les halls d'entreprises, robots livreurs qui se baladent sur le trottoir... etc. La France l'a même déjà testé sur un site nucléaire.

Alors pourquoi pas, mais en voyant ces "incidents" et tous les abrutis que ça fait marrer, je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec l'automobile. En effet, dans le secteur automobile, il existe différentes normes qui imposent des limites strictes dont une sur la rapidité avec laquelle un véhicule effectue une action. Il faut que ce soit lent pour que le conducteur ait le temps de percuter et de reprendre la main si la voiture fait une connerie. Ce sont notamment ces principes que Comma respecte pour ses boitiers .

La voiture n'a pas le droit de changer de trajectoire plus vite que ce que le conducteur peut encaisser, et lui doit toujours pouvoir reprendre la main d'un simple coup de frein. Le véhicule doit prendre 0,9 seconde minimum pour un déport d'un mètre. C'est plutôt sain comme réglementation, je trouve. Alors pourquoi une bagnole qui braque trop sec, c'est interdit alors qu'un robot qui balance un kick de ninja dans un gosse, ça passe crème ?

Évidemment, sur un robot à la con comme ceux qu'on voit sur les vidéos, "reprendre la main" c'est pas vraiment possible car il n'y a aucun intérêt à piloter un robot. Ce sont des appareils qui doivent pouvoir fonctionner sans qu'un humain les opère... Sinon, ce serait juste des jouets télécommandés.

Mais par contre, la vitesse à laquelle ils agissent, c'est un facteur qu'il serait bon de maitriser car à la place des télés, il y aurait pu avoir les visages de spectateurs par exemple.

En fait, le problème que j'ai avec ces démos, c'est la proximité entre le public et des robots qu'on laisse faire des gestes rapides, des danses de ninjas, des tas de mouvements qui pourraient infliger des blessures graves à des adultes comme à des enfants.

Dans les usines, les robots qui bossent au contact d'humains suivent des normes (ISO 10218 et ISO/TS 15066) avec deux principes tout bêtes. Un, la surveillance vitesse-distance est surveillé à l'aide d'un scanner qui repère l'humain qui entre dans la zone et qui ordonne au robot de ralentir ou de s'arrêter tout seul avant le contact. Deux, la limitation de force où même si ça touche, la machine ne tapera jamais assez fort pour blesser quelqu'un. Bref, le périmètre de sécurité et la douceur dont je parle, l'industrie les applique depuis des années mais ailleurs, notamment dans des événements avec du public à proximité, ces règles ne me semblent plus respectées.

Je pense que comme pour n'importe quelle machine, si celle-ci est amenée à effectuer des mouvements rapides sans contrôle humain, il faut absolument un périmètre de sécurité autour. Une zone suffisamment grande pour qu'un opérateur ou un système de sécurité puisse tout arrêter si le robot sort de cette zone.

Et si le robot doit évoluer dans un périmètre avec des humains, il doit être suffisamment "doux", suffisamment lent pour qu'on puisse esquiver un geste malencontreux ou que l'accrochage avec une personne n'ai pas de grandes conséquence.

Autrement, un jour il y aura un mort à cause de ça.

Chez Figure , un ancien responsable sécurité affirme notamment dans une plainte que la main de leur humanoïde frappe avec une force qui dépasse le double de ce qu'il faut pour fracturer un crâne. Et chez Unitree, on a aussi vu partir complètement en vrille leur robot H1 à côté d'un technicien qui a eu chaud. A chaque fois, on a eu de la chance mais un jour, on n'en aura pas.

Bref, une fois encore, le problème c'est pas la machine mais les débilos aux commandes...

Qwen-Robot Suite - Alibaba donne un corps à son IA

Par : Korben ✨

Voici une news concernant l'intelligence artificielle, qui je pense devrait vous plaire si vous vous intéressez à la robotique. Alibaba qu'on ne présente plus, vient de sortir sa Qwen-Robot Suite, 3 modèles IA signés Tongyi Lab (les gens derrière Qwen ) imaginé pour donner un corps à l'IA. Parce qu'une machine capable de décrire votre cuisine au millimètre près mais complétement infoutue d'y attraper une tasse, voilà un peu ce qu'on a en robotique en ce moment...

Car "comprendre" le monde, ça les modèles savent faire. Mais agir dedans, c'est une autre paire de manches. Cette Qwen-Robot Suite découpe donc ça en trois briques, RobotNav pour se déplacer, RobotManip pour saisir des objets, et RobotWorld qui joue les boules de cristal en prédisant ce qui va se passer avant même que le robot ne bouge. Et si vous voulez expérimenter tout ça tout de suite, sans mettre les mains dans le cambouis, y'a même une démo Chat2Robot , où vous tapez une instruction dans votre navigateur et un bras robotique l'exécute en direct !

Mais le plus parlant dans leurs démos, c'est ce chien-robot Unitree Go2 ( bourré de failles de sécu, qui balance toutes vos données en chine ) qui, une fois lâché chez vous avec sa seule petite caméra bas de gamme, peut se balader dans toute la maison pour vous rendre tout un tas de services. Sauf qu'ici il opère dans des lieux qu'il n'a jamais vus, en suivant vos consignes vocales de pièce en pièce, et il peut même refaire tout le trajet à l'envers sur commande. C'est en tout cas, assez cool de voir ces world models enfin capables d'apprendre à résoudre des problèmes auxquels il n'a encore jamais été confronté.

L'astuce, c'est d'entraîner un seul modèle sur les données de plein de robots différents d'un coup, au lieu de repartir de zéro pour chaque machine. Du coup un geste appris sur un bras X se transfère direct sur un autre bras Y, et chaque robot profite ainsi, en quelque sorte, de l'expérience accumulée par tous les congénères du lot. Et tout ça a été nourri avec plus de 38 000 heures de données, uniquement en l'open-source, dont des vidéos de gens filmés en train de faire des trucs, et adapté pour que la machine puisse apprendre en regardant faire des humains .

Et niveau perfs, ça tape fort apparemment !

Sur les benchmarks de manipulation, RobotManip passe devant π0.5, un modèle de Physical Intelligence dont je vous avais déjà parlé, avec quand même 7 points d'avance, sur un benchmark de manipulation standard. Il finit aussi premier sur RoboChallenge, le classement généraliste du secteur. Bon, ce sont des chiffres de labo bien sûr, mais le saut par rapport à la concurrence fait mal ^^.

Ce que Qwen veut faire surtout, c'est de tout passer par le langage naturel comme ça une commande de bras, un virage de voiture, un point de navigation et compagnie... tout devient une simple phrase. Cela permet aux modèles Qwen classiques d'appeler ces briques comme des outils, et de brancher l'intelligence artificielle classique (les LLMs) directement sur l'action physique (les World Model). La presse parle déjà d'un "moment Android" pour la robotique, autrement dit un cerveau logiciel que n'importe quel fabricant de bras ou de roues pourrait embarquer sans avoir à fabriquer la quincaillerie. Ce serait fou !

Après, Chat2Robot tourne sur 50 tâches seulement et n'est pas parfait. Le tout est en test pilote chez quelques clients d'Alibaba Cloud, donc c'est pas encore pour votre robot aspirateur... Mais si le concept de robot à la maison vous intéresse, c'est une approche intéressante je trouve. Entre Physical Intelligence, Gemini Robotics chez Google et GR00T chez NVIDIA, tout le monde semble chercher le même Graal, à savoir une IA généraliste capable de piloter n'importe quel corps mécanique. Bref, Alibaba ne vend pas de robot, mais le cerveau qui va dedans, et le fait que ce soit entièrement open-source et orienté langage me fait dire qu'on risque de voir plein de projets cools et surtout accessibles se monter autour de ça.

D'ailleurs, à force de voir ces robots de service débarquer partout, je me demande quand on va leur imposer un minimum de sécurité face au public.

Source

Un essaim de Waymo s'est mis à tourner en boucle dans une rue résidentielle

Vous vous levez à 6h du matin, et là, surprise : une cinquantaine de SUV autonomes Waymo s'engouffrent l'un après l'autre dans votre impasse, font demi-tour au rond-point, et repartent dans le même sens. C'est ce qui s'est passé sur Battleview Drive, une rue calme du quartier de Buckhead à Atlanta.

Un riverain a filmé la scène et publié la vidéo, qui ressemble franchement à une séquence de Stephen King : des robotaxis vides qui glissent silencieusement dans le rond-point, sans personne au volant, et qui repassent toutes les 46 secondes en moyenne.

Pour la petite histoire, Waymo fait rouler des Jaguar I-PACE électriques modifiées en mode autonome dans plusieurs villes américaines. Le problème ici venait d'un bug de routage dans le logiciel qui pilote la flotte. Les voitures pensaient devoir passer par cette rue pour se rendre quelque part... sauf qu'elle ne mène nulle part. Du coup, elles entraient, faisaient demi-tour, ressortaient, et la voiture suivante recommençait l'exercice. Une vidéo a comptabilisé 13 Waymo en 10 minutes. Multipliez par les heures où ça a duré, vous voyez le tableau.

Les résidents ont signalé le problème pendant deux mois sans réponse. Mais bon. Excédés, ils ont fini par bricoler un panneau d'enfant pour bloquer la rue, ce qui a déclenché un embouteillage monumental de robotaxis confus.

C'est seulement quand la vidéo a tourné sur les réseaux que Waymo a réagi, présenté ses excuses, et corrigé le bug de routage avec son partenaire de flotte. La société rappelle au passage qu'elle effectue plus de 500 000 trajets par semaine aux États-Unis.

Waymo dit "prendre les retours communautaires au sérieux" et travaille avec ses partenaires pour que ça ne se reproduise pas. Bref, ce genre de bug rappelle que la conduite autonome à grande échelle est un vrai casse-tête, et qu'un mauvais point GPS peut transformer une rue tranquille en circuit Mario Kart.

Source : Independent.co.uk

Asimov - Le robot humanoïde open source jusqu'à la dernière vis

Par : Korben ✨

"Free the robot" !!!

C'est le slogan de Menlo Research, et pour une fois c'est pas du flan. En effet, leur Asimov v1 est un humanoïde de 1,20 m et 35 kg, entièrement open source ! Tout est fourni gratuitement donc, les plans de la mécanique, les schémas électriques, le modèle de simulation, ainsi que le code embarqué.

Vous avez donc la CAO complète, la nomenclature des pièces, le modèle MuJoCo pour simuler avant même de souder, et le firmware. Ensuite, y'a 2 façons de l'avoir : Soit le kit DIY (499 dollars d'acompte, puis environ 15 000 dollars au final, livré cet été), soit vous sortez la nomenclature complète et le manuel d'assemblage, et vous sourcez chaque pièce à la main. Ça peut faire un beau projet si vous avez un peu de blé mais surtout des compétences en électronique et du temps !

C'est vrai qu'en général, 1 robot "open source" sur 10, c'est un README qui se la raconte avec 3 STL et rien d'autre derrière, mais là je vous promets, c'est du solide. En janvier dernier, Asimov c'était juste une paire de jambes avec 12 degrés de liberté et basta. Et nous voilà quelques mois plus tard avec un humanoïde complet composé de 25 actionneurs (plus deux orteils passifs sur ressort pour le contact au sol), des bras qui lèvent 15 kg chacun, une tête avec caméra et micros, et un haut-parleur dans le torse pour causer.

Asimov v1, le robot humanoïde open source de Menlo Research

Et côté tripes, c'est du sérieux également avec 2 cerveaux à bord, un Raspberry Pi 5 pour le réseau et le média, et un Radxa CM5 pour le contrôle moteur en temps réel. Des bus CAN charrient ensuite les ordres dans tout le squelette. Niveau matériaux, c'est de l'alu 7075 pour les pièces qui encaissent, du nylon PA12 fritté pour le reste. Et la licence matérielle c'est du CERN-OHL-S-2.0 (je ne la connaissais pas celle-là), et de la GPL-2.0 pour le soft. Donc on est sur du vrai open hardware copyleft !

Maintenant, Menlo a baptisé son kit " Here Be Dragons ". Pour ceux qui n'auraient pas la ref, c'est la mention qu'on collait sur les vieilles cartes médiévales pour dire "ici, terrain inconnu, c'est à vos risques et périls".

Et c'est pas un hasard puisque vous devrez compter 50 à 100 heures rien que pour passer du carton de pièces à un robot qui s'allume proprement et sans danger. Attendez, pas pour le faire marcher, hein, juste pour l'allumage. Et utiliser votre imprimante 3D du dimanche pour les pièces porteuses, oubliez. Faudra passer par de l'alu usiné.

En effet, le plastique risque d'avoir du jeu et foutra en l'air les calculs du contrôleur, donc au mieux le robot marchera mal, au pire il viendra vous buter dans votre sommeil. Ensuite, le reste s'imprime, mais en nylon industriel. Et je vous passe la prise de tête avec le câblage des bus CAN et autres petites surprises... Un bidouilleur prévenu en vaut deux !

Du coup, entre lâcher 15 000 balles pour le kit clé en main et tout sourcer soi-même, perso si j'avais la thune (et l'usage d'un robot), j'opterais pour le kit. Mais si vous avez un atelier, une fraiseuse CNC et la patience d'un moine, la version DIY revient sans doute moins cher. Bref, chacun son délire.

Reste la vraie question que vous vous posez surement (ou pas) : Ça vaut quoi face à la concurrence ?

Hé bien un Unitree G1 tourne autour de 16 000 dollars, soit à peu près le même tarif. Sauf que chez Unitree, les plans du bestiau restent propriétaires et je vous parle pas du soft qui balance tout chez nos amis Chinois.

Alors qu'avec Asimov, vous êtes le propriétaire du robot jusqu'à la dernière vis. L'idée de Menlo c'est d'accélérer l'itération en ouvrant complètement leur robot afin que tout ça s'améliore dans un espèce de cercle vertueux. Et surtout les labos et les geeks de tout poil pourront avoir leur robot bien à eux. Sans ça, sur le marché ce sera uniquement Robot Apple, Robot Google, Robot Tesla ou NoName Chinois et voilà... Ce serait dommage quand même, je trouve.

Et si l'idée vous titille, jetez un œil à YOR, un autre robot open source à monter soi-même , ou à ce que coûte vraiment un humanoïde à la maison en 2026 .

Bref, si vous avez 15 000 balles, 100 heures devant vous et l'âme d'un bidouilleur, le bipède vous attend sur GitHub. Et les autres comme moi, regarderont ce dépôt en bavant... ce qui est déjà pas mal ^^.

Merci à philobois pour le lien !

Un capteur LiDAR matriciel pour donner la vue en relief à un petit robot

Le LiDAR, c'est cette techno qui mesure des distances en envoyant des impulsions laser et en chronométrant leur retour, un peu comme un sonar, mais avec de la lumière. On en entend parler surtout pour les voitures autonomes ou les robots aspirateurs.

Mellow Labs , une chaîne qui bidouille du hardware, s'est procuré un capteur LiDAR un peu particulier : un modèle matriciel. C'est-à-dire un capteur qui ne mesure pas une seule distance droit devant lui, mais toute une grille de points d'un coup.

Concrètement, ce capteur fonctionne comme une grille de 64 capteurs (8 sur 8) qui sort une carte des distances comprises entre 2 cm et 3,5 m. Au lieu de savoir juste "il y a un obstacle à un mètre", le robot récupère une vraie image en relief de ce qu'il a devant lui.

La différence est énorme : un capteur classique vous dit qu'il y a quelque chose, un capteur matriciel vous dit quoi, où, et à quelle hauteur. C'est tout de suite plus exploitable pour un engin qui doit se débrouiller seul, parce qu'il peut distinguer un mur d'une marche, ou un obstacle au sol d'un truc suspendu.

Mellow Labs a greffé ce capteur sur Zippy, son petit robot à chenilles imprimé en 3D et piloté par un ESP32, la puce bon marché qu'on retrouve dans la moitié des projets de bricolage électronique de la planète. L'objectif : faire passer Zippy du mode télécommandé à un vrai mode autonome. Avec sa grille de points, le robot peut enfin voir le sol devant lui et décider tout seul où aller. Enfin, en théorie.

Sauf que voilà, ça ne s'est pas fait en claquant des doigts. Premier souci, la moitié des données du capteur ne servait à rien, parce que la grille captait aussi le sol juste sous le robot. Du coup il a fallu trier, ne garder que la partie utile, et réduire encore le volume de données à traiter.

Mellow Labs a fait plusieurs allers-retours, avec, comme souvent désormais, un coup de main d'un modèle d'IA pour générer le code, avant que l'ensemble tourne enfin correctement !

Source : Hackaday

Unitree lance son robot mecha à 500 000 dollars

500 000 dollars. C'est le prix d'entrée annoncé pour le GD01 d'Unitree, un robot mecha de 2,7 mètres de haut que vous pouvez littéralement piloter depuis son torse, façon Pacific Rim version chinoise. Unitree, le fabricant chinois déjà connu pour ses chiens-robots quadrupèdes, passe au stade de la production en série pour son engin transformable.

Le robot pèse 500 kilos avec son pilote à bord, soit clairement plus qu'un quad de loisir. Sa particularité, et c'est là qu'on bascule dans le délire science-fiction, c'est qu'il peut passer de la marche bipède à un mode quadrupède pour les terrains plus accidentés.

La vidéo de démonstration montre le patron Wang Xingxing en train de piloter l'engin, qui défonce un mur de briques d'un coup de poing métallique. Voilà voilà.

Côté chinois, ce n'est pas vraiment une surprise. Les fabricants locaux pèsent déjà environ 90% des ventes mondiales de robots humanoïdes en 2025, et Unitree fait partie des leaders du secteur. La boîte a même déposé son dossier d'introduction en bourse à Shanghai en mars dernier, avec 4,2 milliards de yuans à lever (environ 530 millions d'euros), dont 85% fléchés vers la recherche et développement. Le business des robots commence à devenir sérieux.

Au passage, ça marque une vraie différence d'approche avec les humanoïdes plus classiques, type Optimus chez Tesla ou Atlas chez Boston Dynamics (le fabricant américain de robots quadrupèdes et humanoïdes).

Eux visent un robot de taille humaine, autonome, destiné à assister ou remplacer des tâches du quotidien. Unitree, à l'inverse, propose un engin que vous habitez de l'intérieur, plus proche d'un exosquelette géant que d'un assistant compagnon. Pas le même produit, pas le même marché.

Unitree positionne le GD01 sur des usages assez spécifiques : parcs d'attractions, tournages de films, opérations de sauvetage en milieu hostile, expériences immersives. Pas franchement le genre de robot que vous garez dans le garage en rentrant du boulot. Le constructeur prévient d'ailleurs que le prix est "préliminaire" et qu'il bougera selon les optimisations à venir.

Bon, avant de rêver à votre propre mecha, quelques bémols quand même. Les experts pointent des soucis assez basiques : c'est galère d'entrer et de sortir du cockpit, l'autonomie batterie est limitée, le confort est minimal, et personne ne sait encore comment encadrer ce genre d'engin côté réglementation. Sans parler de la maintenance d'une bête mécanique de 500 kilos. Alors, vous sortez la carte bleue ?

Source : Gagadget

Robots chiens Unitree - La backdoor que personne ne corrige

Par : Korben ✨

Si vous croisez un robot-chien Unitree dans un hall d'HLM, sur un parking, un chantier, ou en train de patrouiller dans votre ville, faut que vous sachiez 2 trucs quand même :

Un, n'importe qui peut le rooter en moins d'une minute avec son téléphone. Et de deux, le robot lui-même envoie en continu un flux chiffré vers un tunnel cloud opéré depuis la Chine. C'est en tout cas ce que Benn Jordan, musicien indépendant et chercheur amateur, vient de démontrer hier dans une enquête de 24 minutes qui fait, comme il le dit lui-même, un meilleur boulot que toute l'infrastructure cybersécurité du gouvernement américain.

Pour le hacker, suffit donc de se connecter au robot en Bluetooth, puis d'injecter une commande curl à la fin du mot de passe Wi-Fi, on éteint le toutou, on le rallume, et au reboot le robot exécute votre commande quand il active le Wi-Fi. C'est tout et c'est vraiment magique !! Pas besoin d'accès root physique donc mais juste un bon vieux téléphone et un Bluetooth pourri !

Le boss !

Alors vous pensez peut-être que ce n'est pas très grave parce que ces robots sont des gadgets mais c'est faux puisque les robots-chiens Unitree sont actuellement utilisés par les services de police de Pullman (Washington), Port St. Lucie (Floride) et Topeka (Kansas) et un peu partout ailleurs dans le monde.

Les Marines américains les déploient en test, certains armés de lance-roquettes, les forces chinoises leur sanglent diverses armes sur le dos depuis un moment et l'Ukraine s'en sert pour repérer des munitions non-explosées. Et dans le civil, ces robots circulent même dans des HLM d'Atlanta pour le compte de sociétés de surveillance privée...

En France, le tableau est un peu différent. Pas de déploiement confirmé par les forces de l'ordre ou l'armée pour l'instant. Chez nous, c'est Boston Dynamics Spot et l' E-Doggy d'Evotech (robot 100% français, utilisé au déminage pendant les JO 2024) qui tiennent ces marchés-là. Les Unitree restent encore dans les labos tels que l' INRIA Paris et le labo HUCEBOT de Nancy qui utilisent le Go2 pour leurs recherches en locomotion robotique.

En dehors de la recherche, le cas le plus avancé est celui d'Orano, qui a testé fin 2025 le G1 humanoïde d'Unitree sur son site nucléaire de Marcoule en partenariat avec Capgemini (c'est un humanoïde, pas un quadrupède, mais même fabricant, même firmware, mêmes questions). Côté distribution, INNOV8 Power est également partenaire officiel Unitree depuis VivaTech 2025 et INGEN Geosciences distribue la marque depuis 2020. Le réseau pour vendre ces robots à des boîtes de sécurité privées françaises est donc déjà bien en place.

Du coup quand un mec démontre qu'on peut en prendre le contrôle complet rapidement, ça mérite qu'on regarde ça d'un peu plus près...

Et quand je dis contrôle complet, c'est pas un excès de langage. Avec cet accès root, Benn Jordan a réussi à enregistrer, télécharger et live streamer l'audio et la vidéo captés par le robot. Sans authentification donc ni même sans passer par l'app officielle. C'est assez dingue... On peut même contrôler les mouvements du robot. Une belle merde donc !

Cette faille n'est d'ailleurs pas une nouveauté absolue puisque j'avais déjà couvert le hack BLE des humanoïdes Unitree en décembre dernier. Et ensuite rebelote en mars dernier avec deux nouvelles CVE sur le Go2, partiellement patchées. La répétition des conneries devient un peu lourdingue chez Unitree...

La deuxième partie de l'enquête, elle, atteint un autre niveau puisque Benn Jordan a entendu parler de rapports affirmant que d'autres robots Unitree contenaient une backdoor envoyant des données à des serveurs étrangers. Il a donc voulu vérifier ça lui-même.

Il a donc transformé un Raspberry Pi sous Linux en routeur avec le mode moniteur activé, et lancé BetterCap pour analyser chaque paquet sortant.

Et là, surprise, le robot refuse purement et simplement de s'authentifier. Le hic, c'est que quelque chose côté serveur cloud détecte que le routeur est anormal et bloque la connexion. En analysant un peu plus finement la connexion, il a remarqué que la première IP chopée au sniff pointait vers Odessa, en Ukraine... Vu qu'aucune doc fabricant ne mentionne ce point d'accès, le truc devient alors officiellement louche... Le robot semble savoir quand il est "analysé" et cette détection d'environnement anormal est précisément le truc qui transforme une affaire de faille classique en problème de sécurité nationale.

Benn Jordan a donc ensuite contourné ça avec un routeur de voyage standard avant de sniffer derrière les paquets, et il a fini par confirmer ce qu'on appelle officiellement la CVE-2025-2894 . Il s'agit d'un tunnel P2P préinstallé sur le Go1 qui se connecte automatiquement au démarrage à une plateforme appelée CloudSail, opérée par une boîte chinoise nommée Zhexi Technology.

Le truc est référencé dans MITRE depuis le printemps 2025, soit environ un an. En 2025, les chercheurs Andreas Makris et Kevin Finisterre ont même chopé la clé API de CloudSail et identifié près de 2000 robots vulnérables sur ce réseau, dont des unités installées au MIT, à Princeton, à Carnegie Mellon et à l'université de Waterloo.

Côté américain, la seule action gouvernementale connue suite à ça, a été une mise en garde des Marines US concernant l'usage de produits Unitree en opérations militaires. Rien d'autre.

Et là on arrive à un point de blocage assez brutal. Les failles démontrées par Benn (le hack Bluetooth, la prise de contrôle complète) et la backdoor CloudSail ne peuvent pas être corrigées en même temps, parce que les solutions se neutralisent mutuellement.

Pour boucher les failles de Benn, il faut passer par une mise à jour firmware officielle d'Unitree. Mais cette mise à jour ferme aussi l'accès root au système. Sans accès root, impossible de détecter ou bloquer le tunnel CloudSail de l'intérieur. Du coup, on a un robot sécurisé contre les hackers, mais des données qui filent quand même vers la Chine.

À l'inverse, si vous gardez le firmware actuel pour maintenir l'accès root (et donc la capacité de surveiller et bloquer CloudSail), les failles restent béantes. N'importe quel inconnu avec un téléphone peut alors prendre le contrôle complet de votre flotte de robots clébards. Bien sûr, couper Internet sur le robot évite les deux problèmes à la fois, mais le rend inutilisable dans la plupart des déploiements opérationnels.

Si vous avez un Unitree à la maison ou en entreprise, voilà la recommandation perso de Benn Jordan. Selon lui, plutôt que d'installer la dernière mise à jour, mieux vaut ne plus jamais mettre à jour le firmware (gardez en tête que c'est son avis radical, pas une bonne pratique standard). Parce qu'à la prochaine mise à jour, vous risquez de perdre la capacité de rooter votre propre robot, et avec elle la capacité de détecter, bloquer ou rediriger la backdoor.

Vous perdrez aussi la possibilité d'écrire manuellement des services qui empêchent les hackers d'exploiter les autres failles. En clair, sa meilleure défense contre Unitree, c'est de figer le firmware actuel.

Un Flipper Zero suffisait déjà à neutraliser un robot-chien de la concurrence, mais ici "couper" le robot de son fabricant pour s'en protéger, c'est un autre délire...

Source

myAudi permettaient de localiser un véhicule à partir de son code VIN

Par : Korben ✨

Le numéro VIN de votre voiture est visible sur le bas du pare-brise et récupérable par n'importe qui qui passe à côté. Et croyez le ou non, mais c'est pourtant sur ce numéro, visible de tous, que repose en partie le modèle de sécurité de myAudi, l'application connectée pour contrôler son véhicule Audi à distance.

Un chercheur qui se présente sous le pseudo Decoder a décidé de regarder ça de plus près. Son setup c'est un émulateur Android Pixel 7, Burp Suite en proxy pour intercepter le trafic réseau ainsi que Frida Server et Objection pour contourner le certificate pinning de l'app. Des outils et du boulot classique de pentest mobile, pas particulièrement sophistiqué donc...

Et ce qu'il a découvert grâce à ça, c'est que n'importe quel utilisateur myAudi peut ajouter le véhicule de quelqu'un d'autre à son compte en entrant simplement le VIN. Le rôle attribué est "GUEST_USER" donc au premier abord, ça peut sembler anodin mais ça donne quels accès, au juste ? Hé bien on va voir ça car c'est pas si simple.

Tout d'abord, l'introspection GraphQL est activée en production sur l'API de myAudi, ce qui revient à laisser un plan d'architecte en libre accès dans le hall d'entrée d'une banque. N'importe qui peut donc cartographier l'intégralité des fonctionnalités exposées.

Plus sérieux et toujours pas patché à l'heure de la publication, via l'API msg.audi.de, un utilisateur avec le rôle GUEST_USER peut aussi récupérer l'IMEI et l'ICCID de la carte SIM embarquée dans le véhicule. Ces identifiants permettent alors potentiellement de tracer la carte SIM sur les réseaux mobiles.

Et là, la faille qui a été corrigée depuis, ce sont celles concernant les "requêtes en attente" d'un véhicule qui étaient lisibles par n'importe quel "invité". Parmi elles, les commandes "honk & flash" (klaxon + appels de phares) qui contenaient la position GPS de la voiture. Du coup, avec juste un VIN, on pouvait savoir physiquement où se trouvait la voiture... Ça rappelle un peu comment les données Strava avaient suffi à localiser le porte-avions Charles-de-Gaulle en pleine mission.

Et derrière tout ça, il y a CARIAD, la filiale "software" du groupe Volkswagen dont j'avais déjà évoqué les difficultés l'an dernier, et qui gère les services numériques pour VW, Audi, Seat et Skoda.

CARIAD a donc patché la faille GPS mais pour le reste, c'est encore "under evaluation". Je rappelle que c'est la même filiale qui, en décembre 2024, avait exposé les données de 800 000 véhicules électriques via une mauvaise configuration AWS, avec des coordonnées GPS précises à 10 centimètres près pour les modèles VW et Seat. Le Chaos Computer Club l'avait découvert, et des politiciens, des chefs d'entreprise et des forces de l'ordre se trouvaient dans le lot des données exposées...

Donc bon, y'a encore un peu de taf pour sécuriser ces voitures un peu trop connectées... En tout cas, l'analyse de Decoder est disponible sur son blog si ça vous dit. De son côté, il précise continuer à creuser l'architecture CARIAD car y'a sûrement d'autres trucs rigolo à trouver.

On verra bien...

Il démonte une caméra gimbal de drone Shahed-136 récupéré en Ukraine

Un chercheur du nom de Michel a mis la main sur une caméra de surveillance issue d'un drone Shahed-136 abattu en Ukraine, et il en a fait un démontage très complet.

Le Shahed-136, ce drone iranien que la Russie a adopté massivement et qu'elle modifie au fil des mois avec des charges utiles supplémentaires, embarque ici une caméra thermique pour les missions de nuit, montée sur un gimbal motorisé, le tout dans un boîtier qui tient dans la main.

Ce qui frappe quand on regarde l'intérieur, c'est l'origine des pièces. Vous avez deux cartes basées sur un FPGA Artix-7, plus un SoC Hi3519 qui s'occupe du flux vidéo. Le Hi3519, c'est un composant chinois qu'on trouve sans peine sur AliExpress et qui équipe une bonne partie des caméras IP grand public.

Ajoutez à ça une carte d'alimentation commerciale, une carte relais classique, un télémètre, et vous avez un assemblage qui ressemble plus à un projet maker qu'à du matériel militaire.

Côté gimbal, le constat est encore plus parlant : la majorité des composants sont occidentaux. Les marquages laser ont été soigneusement grattés ou poncés pour effacer la traçabilité, mais les pièces restent identifiables au format.

C'est cohérent avec ce qu'on voit depuis le début du conflit, avec ces drones russes bourrés de puces Texas Instruments, Analog Devices, STMicroelectronics ou Infineon censées ne jamais finir dans une arme.

Ce qui est fou dans cette histoire, c'est le contraste avec les missiles russes plus haut de gamme, où les ingénieurs partent de circuits sur mesure et de composants militarisés. Ici c'est plus simple. Du dev board reconverti et du off-the-shelf, sans doute parce que produire un Shahed à 50 000 dollars la pièce ça oblige à raboter partout, et que personne ne va concevoir une carte custom pour un drone qui se crashe par définition.

Source : Hackaday

Un robot qui construit des maisons en argile

Par : Korben ✨

Vous connaissez ICON, qui imprime des maisons en béton avec ses grosses machines ? Hé bien Terran Robotics fait en fait pareil, mais avec de la terre, ou plutôt avec l'argile extraite directement du terrain. Du coup ça revient carrément moins cher.

Leur techno consiste en un robot suspendu par des câbles entre quatre tourelles dressées aux coins du chantier qui crache de l'argile. Zach Dwiel (CEO, ex-Intel) et Danny Weddle (CDO, architecte) ont développé ce système depuis 2019 et leur premier chantier est actuellement en cours.

D'abord la pince robotisée ramasse l'argile sur place. Ensuite elle la dépose couche par couche sur les murs en construction. Un outil de compactage tasse chaque dépôt, et des caméras couplées à du machine learning évaluent la qualité de la paroi en continu.

Le matériau c'est ce qu'on appelle de l'adobe . Rien à voir avec Photoshop, hein... De l'adobe c'est un mélange entre de l'argile, de la terre, de l'eau et de la paille. L'avantage c'est que tout est sourcé directement sur le terrain.

Bon, ça suppose que la terre soit suffisamment argileuse, ce qui n'est pas garanti partout, mais dans la plupart des cas ça passe. D'après l'un des inventeurs : "C'est le matériau le moins cher pour construire. Notre but c'est le logement abordable." L'adobe offre en prime une bonne inertie thermique et régule naturellement l'humidité et le son.

Source : Terran Robotics

Par contre, je vais rien leur dire mais de ce que je connais au BTP, c'est quand même pas l'idée du siècle de construire SUR un terrain argileux à cause du gonflement et de la rétractation de l'argile en période de pluie / sécheresse... Breeeef, j'suis pas sûr que j'opterai pour ça moi... Après si l'argile est récupérée plus loin, pourquoi pas...

Quoi qu'il en soit, la première maison sort au Texas, sur le campus Proto-Town, un terrain de 485 hectares près de Lockhart financé par Josh Kushner, Bill Ackman et Fred Ehrsam (co-fondateur de Coinbase).

Ce 1er chantier a 2 murs en adobe et 2 en bois seulement pour tester... Mais la prochaine maison sera réalisée 100% en terre et ils visent la construction de 20 maisons cette année. La portabilité c'est l'argument fort de cette techno car au lieu de déplacer un gros engin qui mobilise une logistique complète, tout tient dans un petit camion. Ainsi, un opérateur peut gérer plusieurs chantiers simultanément.

Comparé à de l'impression 3D béton à la ICON, le fait d'utiliser directement ce qui se trouve sur le terrain, c'est moins de capital de départ, moins de matière transportée, et surtout c'est déployable n'importe où. C'est le principe des robots à câbles parallèles (CDPR) appliqué au bâtiment... dans l'esprit des projets robotiques open source mais à l'échelle d'une maison entière !

Bref, construire avec de l'argile je trouve ça chouette car c'est quand même une méthode qui a fait ses preuves et que l'humain emploie depuis des millénaires. Mais construire sur de l'argile, j'suis moins fan. Quoi qu'il en soit, c'est une chouette invention je trouve !

Source : KXAN / Terran Robotics / Proto-Town

Japan Airlines teste des robots humanoïdes pour charger les bagages

Japan Airlines va confier la manutention des bagages à des robots humanoïdes sur les pistes de l'aéroport Haneda. Le test démarre en mai 2026, dure deux ans, et implique pour commencer deux machines posées au milieu des bagagistes humains.

L'opération est pilotée par JAL Ground Service avec GMO AI & Robotics. Les robots viennent de Chine : un Unitree G1 d'environ 1m30 et un Walker E d'UBTECH.

Le programme est découpé en plusieurs étapes (cartographie du site, simulations en environnement reconstitué, puis tarmac réel), avec à terme l'idée de leur faire transporter les containers de fret, manipuler les leviers de verrouillage et même nettoyer les cabines une fois les avions vides. L'autonomie annoncée est de 2 à 3 heures, avant qu'il ne faille recharger la machine.

Sauf que la première démo publique a calmé tout le monde. Le G1 a tapoté un colis sur le tapis roulant et fait coucou à un humain, mais personne ne l'a vu soulever quoi que ce soit.

La presse anglo-saxonne a gentiment moqué la chose : démarche hésitante, gestes cosmétiques, et surtout aucune preuve de capacité à porter une valise standard.

Le Japon n'a pas le choix. Population vieillissante, faible immigration, et tourisme record qui sature les infrastructures : les aéroports japonais galèrent à recruter des bagagistes, et la situation ne va pas s'arranger dans les prochaines années.

Du coup, plutôt que d'investir dans des bras articulés industriels qui demandent de repenser tout le poste de travail, JAL parie sur des humanoïdes capables de s'intégrer dans un poste conçu pour des humains. 

En pratique, on est encore loin du compte. Une valise standard pèse entre 20 et 30 kg. Un humanoïde d'environ 35 kg sur deux jambes qui tient à peine debout, ce n'est pas vraiment l'outil idéal pour balancer du Samsonite à la chaîne pendant huit heures. JAL le sait.

D'où les deux ans de test prévus avant tout déploiement réel, et l'envie d'observer ce qui marche, ce qui casse, et ce qui finira aux oubliettes. Les deux fournisseurs choisis ne sont d'ailleurs pas des inconnus : Unitree et UBTECH se positionnent comme les gros chinois de l'humanoïde, face à un Tesla Optimus encore largement scénarisé.

Vous l'avez compris  on est plus dans la com' que sur de l'efficacité pure. Faire coucou à un bagage, ça ne le met toujours pas en soute.

Source : ARS Technica

UGV Beast - Robot chenillé tout-terrain pour Raspberry Pi 4 et 5

Par : Korben ✨

Et si vous pouviez lâcher un petit char d'assaut bardé d'IA dans votre jardin pour aller cartographier les monticules des taupes ? Hé bien bonne nouvelle puisque ça va être possible grâce à Waveshare qui vient de sortir le UGV Beast , un robot mobile à chenilles propulsé par Raspberry Pi 4 ou 5 qui promet de tenir la route là où les robots à roues s'enlisent connement.

L'engin pèse 2 kilos et des poussières (2,35 kg avec la caméra pan-tilt), soit à peu près le poids d'un gros chat. Il mesure 232 × 197 mm, soit la taille d'une boîte à chaussures, et avance à 0,35 m/s en vitesse de pointe... soit 1,26 km/h. Autant dire une marche de grand-père avec un genou en moins. C'est pas une Formule 1 donc si vous cherchez un robot qui va faire des courses de vitesse, passez votre chemin. Mais vu qu'il peut tourner sur lui même comme mon tracteur tondeuse, grâce à ses deux chenilles de 40 mm, il passe partout où un robot à roulettes viendrait se vautrer bêtement.

Sous le capot, même philosophie que le RaspRover dont je vous parlais déjà , mais en plus costaud. D'un côté y'a le Raspberry Pi qui gère l'IA haut niveau (vision, stratégie, interface web), et de l'autre un ESP32 qui s'occupe des moteurs et des capteurs en temps réel. Du coup, chaque ordre est précis parce que personne ne court après deux lièvres à la fois.

Côté perception, on retrouve une caméra grand angle 5 MP à 160° de champ de vision, un IMU 9 axes pour la stabilisation, et des connecteurs pour brancher un lidar (USB ou UART), un micro stéréo et un ampli audio. Bref, y'a de quoi bidouiller.

Si vous prenez la version pan-tilt, le servomoteur balance 30 kg par cm de couple, tourne à 360° en horizontal plus 120° en vertical, avec une LED haute luminosité pour filmer dans le noir. Moi je verrais bien ça en caméra mobile de surveillance dans mon garage, ou en robot qui suit mon chat sans le stresser (enfin, en théorie... parce qu'avec un chat, y'a jamais de garantie).

Le truc qui fait la différence, c'est surtout que le UGV Beast carbure à ROS2 Humble sur Raspberry Pi OS Bookworm, avec OpenCV et MediaPipe préinstallés. Reconnaissance de couleurs, détection de visages, contrôle par gestes, suivi de lignes, le tout en Python via JupyterLab pour apprendre sans prise de tête.

Le pilotage passe ensuite par une appli web Flask avec streaming WebRTC basse latence, donc vous pilotez depuis un navigateur (smartphone, tablette, PC) sans installer d'appli dédiée. L'alimentation se fait sur trois batteries avec module UPS intégré et même un petit capteur pour surveiller la tension.

Le châssis est en alu 2 mm, une suspension en inox, et le GPIO 40 broches reste facilement accessible pour la bidouille. Vous pouvez même lui coller un module 4G LTE ou 5G pour le piloter depuis l'autre bout du monde. Sauf que, à 1,26 km/h, il faudra être patient... Et évidemment, si y'a des marches dans votre terrain, y'aura pas de miracle... le UGV Beast les passera pas.

Niveau tarifs, comptez environ 265 dollars pour le châssis seul sur la boutique Waveshare, 500 euros pour le kit complet avec caméra et Raspberry Pi 4, et jusqu'à 1200 € pour la version Jetson Orin Nano 4GB si vous voulez taper dans le haut du panier. Sur AliExpress ou Amazon, les prix grimpent un peu (370 à 900 dollars selon la config) mais la livraison est plus rapide. Perso, à ce prix-là je préfère carrément la version avec caméra, parce que le châssis nu sans vision, ça sert pas à grand-chose je trouve.

Le Wiki officiel explique pas à pas comment monter l'engin, flasher l'OS et coder vos propres comportements. Bref, c'est un bon gros projet sur lequel vous mettre si vous aimez bidouiller et que vous avez un peu de temps libre.

Reste à voir si votre chat appréciera le nouveau colocataire.

Source : CNX Software

Hyundai Ioniq 5 - Mon retour 1 an après

Par : Korben

Ma Hyundai Ioniq 5 est belle.

Elle est confortable, spacieuse, l'autonomie tient la route, la recharge rapide envoie vraiment du lourd, et la conduite au quotidien est chill.

Bref, sur le papier, j'aurais dû être ce client conquis pour 10 ans.

Sauf qu'en vrai, cette voiture me stresse. Et ce n'est pas juste une impression puisqu'après 1 an d'utilisation, c'est un enchaînement de bugs, de pannes et de comportements routiers douteux qui m'a fait regretter carrément ma Toyota. Voici donc un retour honnête sur ce modèle 2025, après 1 an et bientôt 30 000 kilomètres au compteur.

Le plus flippant d'abord, c'est le contrôle de stabilité (l'ESP) qui décide de ralentir une seule roue arrière à bonne vitesse sur autoroute sans que je comprenne pourquoi... Et quand ça arrive, l'arrière de la voiture se met à chasser... La première fois que ça m'est arrivé, j'ai super flippé... j'ai coupé le régulateur, j'ai ralenti, et ça a recommencé au bout de quelques centaines de mètres. Ça m'est arrivé plusieurs fois à différents moment et pour régler le problème, il faut s'arrêter, rebooter, et prier pour que ça ne recommence pas avant d'arriver à la maison. Heureusement, ce n'est pas très fréquent mais sur une voiture de presque deux tonnes lancée à 110, c'est moyennement rassurant, j'avoue.

Le tableau de bord lui me fait autre chose. De temps en temps, de manière aléatoire, il s'éteint totalement puis se rallume et s'éteint...etc. Plus d'indicateur de vitesse, plus de niveau de batterie, plus rien. Juste un écran noir, voire parfois un message en rouge disant : "NO DISPLAY". Là encore, la solution c'est le reboot.

J'ai l'impression de conduire une bêta permanente.

Le moindre de mes problèmes mais un problème quand même, c'est également le niveau de liquide de lave-glace est toujours affiché comme bas, alors que le réservoir est plein à ras bord.

Et puis il y a les craquements. Dès que je passe sur une route un peu cabossée, ma Ioniq 5 fait un bruit de vieux plancher en bois. Ce sont les jointures métalliques ou les plastiques autour du coffre qui travaillent et qui craquent. Pour un véhicule électrique à ce prix, qui est censé être d'un silence monacal, c'est assez pénible je dois dire. J'ai presque envie de mettre la musique plus fort juste pour ne pas l'entendre.

Enfin, le bouquet final de y'a à peine 2 semaines c'est la panne sèche. Un matin, en emmenant les enfants à l'école, en redémarrant dans un rond point, d'un coup, plus aucune puissance. Dépanneuse, remorquage, direction le garage agréé. Verdict officiel : Les batteries sont OK mais tout s'est réinitialisé de lui-même. C'est ce qu'on m'a expliqué.

Ils ont reflashé, remis à jour, fait des trucs comme ça, puis repassé le diagnostic complet. Aucun souci détecté selon eux. Et pour le tableau de bord qui s'éteint ? Ils n'ont pas trouvé non plus. Quand à l'ESP qui fait valser l'arrière, on m'a dit d'attendre une mise à jour et j'attends toujours.

Bref, je dois dire que c'est pas des petits problèmes, et c'est assez stressant au quotidien.

Maintenant, pour être honnête la Ioniq 5 a de vraies qualités. La motorisation est une réussite technique complète. La recharge rapide en 15-20 minutes sur borne CCS est toujours un moment de plaisir, surtout comparé à la concurrence. L'autonomie annoncée est à peu près conforme à la réalité si on respecte les limitations. Le petit coffre à l'avant où je range les câbles de recharge + l'habitacle spacieux et modulable, les finitions plutôt chouettes, le confort général : tout ça est au rendez-vous. Et la conduite est effectivement chill, à condition d'accepter que la voiture décide parfois de prendre des initiatives cheloues.

Mais bon tout ça, ça ne suffit pas à compenser le stress parce que conduire, ce n'est pas juste rouler. C'est avoir confiance dans sa voiture, et là clairement, on n'y est pas. Surtout que d'un point de vue analyse au garage, y'a rien d'étrange qui ressort...

Bref, ma Ioniq 5 ne me rassure pas, et c'est peut-être le pire reproche que je puisse faire à un véhicule.

Je regrette carrément ma Toyota. Pas pour la techno, qui était plus simple, mais pour la fiabilité silencieuse. Pour cette impression qu'une voiture doit juste faire son boulot. Hyundai a clairement les compétences techniques sur l'électrique, mais tant que la partie "automobile" + "soft" autour de la batterie ne sera pas au même niveau, la promesse ne sera pas tenue.

Bref, je suis encore coincé avec un petit moment malheureusement. J'espère que des mises à jour viendront régler ces soucis.

Merci à Jacques qui m'a suggéré de faire un retour.

YOR - Le robot open source à 10 000 dollars à monter soi-même

Par : Korben

Quand je vois tout le taf que j'ai à la maison, je vous avoue que je rêve d'un robot qui vide le lave-vaisselle, arrose les plantes et ramasse le linge pendant que moi je glandouille sur le canapé (ou que je bosse parce que je glandouille jamais en fait...Argh...). Hé bien bonne nouvelle, une équipe de chercheurs de NYU vient de publier les plans complets pour en construire un et tout ça en open source pour environ 9 200 dollars !

YOR, pour " Your Own Robot ", c'est un robot mobile avec deux bras articulés, une base sur roues qui se déplace dans tous les sens, et un lift télescopique qui est tout simplement... un vérin de bureau debout. Du coup le robot peut descendre à 60 cm du sol pour ramasser vos chaussettes et monter à 1,24 m pour atteindre un placard en hauteur. Et le vérin se verrouille tout seul en cas de coupure de courant (comme ça, pas de bras qui s'écrasent au sol...).

Le coût total des composants revient comme je vous le disais à environ 9 200 dollars. Les deux bras représentent à eux seuls plus de la moitié du budget (5 000 dollars), la base roulante un bon quart (2 700 dollars). Le reste, c'est de l'électronique grand public et des profilés alu et le cerveau, c'est un Raspberry Pi 5 avec 16 Go de RAM. Quand on sait qu'un Mobile ALOHA (le robot de Stanford) revient à environ 32 000 dollars et que les plateformes commerciales dépassent les 100 000... y'a pas photo !

YOR et ses deux bras articulés sur base omnidirectionnelle

Un truc original dans ce robot, ce sont les pinces. L'équipe a d'ailleurs conçu des grippers custom capables de manipuler des objets délicats ou de serrer fort ce qui est bien utile et y'a aussi une caméra stéréo sur la tête pour que le robot cartographie son environnement et se repère tout seul dans une pièce.

Pour le piloter, pas besoin de matériel exotique puisque des manettes Meta Quest 3 suffisent. Vous restez debout derrière le robot et vous contrôlez tout, les bras, la base, la hauteur. Et le truc cool, c'est que quand vous déplacez la base, les pinces restent stables sur l'objet qu'elles tiennent. Cela lui permet par exemple d'attraper une assiette et de se déplacer vers le lave-vaisselle sans tout faire valdinguer.

YOR en action : lave-vaisselle, arrosage et ramassage

Côté recherche, l'équipe est même allée encore plus loin. En pilotant le robot à la main une centaine de fois (avec des iPhones fixés sur les pinces comme caméras supplémentaires), ils ont entraîné une IA capable de reproduire les gestes toute seule. Résultat, 9 réussites sur 10 dans un test de tri des déchets en autonomie (la poubelle JAUNE !!!!), du genre donc attraper un carton avec les deux bras, le soulever, contourner un obstacle, le déposer dans la poubelle de tri... et tout ça sans intervention humaine. Et bien sûr, si vous voulez tester vos propres algos avant de risquer du vrai matos, y'a un simulateur pour ça.

L'empreinte au sol de cette bestiole fait 43 × 34,5 cm. En gros, la taille d'un carton à pizza. Le projet est porté par une équipe de NYU et UC Berkeley et parmi les auteurs, on retrouve Soumith Chintala (NYU), le co-créateur de PyTorch. Toute la doc de construction est dispo sur build.yourownrobot.ai , avec la liste complète des composants en Google Sheets, les modèles CAD et le code Python sous licence MIT sur GitHub .

YOR face à la concurrence : petit, pas cher, open source

J'ai rarement vu un projet aussi bien documenté pour ce niveau de complexité mais attention quand même, ça reste un projet de recherche, et pas un kit Lego. Faut savoir souder, câbler des batteries, et être à l'aise avec Python et Git. C'est donc un sacré projet de plusieurs week-ends (comptez plutôt des mois si vous débutez). Mais c'est aussi ça qui est cool, puisque vous construisez VOTRE robot, et pas celui d'un constructeur chinois que vous avez payé une couille en dropshipping.

Si les robots open source vous branchent, le ToddlerBot à 4 300 dollars propose également une approche bipède imprimable en 3D, et si vous voulez voir ce que la coordination bimanuelle donne à l'échelle industrielle ... y'a du choix.

Bref, 9 200 dollars, licence MIT, la liste complète des composants, ça fait grave envie !! En tout cas, c'est le genre de projet à suivre de prêt...

Pour la partie impression 3D du châssis, si vous n'avez pas encore d'imprimante, une Creality Ender-3 V3 fera l'affaire pour les pièces structurelles, et un Raspberry Pi 5 est au cœur du projet. (liens affiliés)

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