Quand on déménage, il y a ce moment bizarre où la maison est encore à vous mais où vous n'y êtes plus. L'alarme doit continuer de tourner, les caméras aussi, sauf que la ligne Internet, elle, s'en va avec le reste. Et c'est exactement ce petit souci que ce routeur est venu arranger chez moi.
Le Deco BE25-5G (lien affilié) est un routeur mesh Wi-Fi 7 avec un modem cellulaire dans le ventre. Je l'ai posé dans mon ancienne maison, branché sur un onduleur, avec une carte SIM dedans... et c'est tout. Comme ça j'ai pas eu besoin de garder mon abonnement fibre ouvert pendant des mois pour trois caméras et ma centrale d'alarme.
La nano SIM Bouygues engagée sous le boîtier, numéro de série et QR code masqués
Pour la mise en route, y'a rien à raconter, et c'est un compliment. On glisse la nano SIM dans la fente sous l'appareil, on lance l'app Deco, on suit le process d'install et c'est plié. Et si vous avez déjà des Deco, c'est encore plus rapide puisque celui-ci se marie très bien avec tous les modèles de la gamme.
Du coup, j'ai ressorti certains de mes vieux Deco pour les mettre en satellite et pousser le signal jusqu'au fond du terrain, là où une caméra ne captait pas grand-chose. Ça a très bien fonctionné !
Le dos de l'emballage, avec le détail des ports et du tiroir nano SIM
Côté connectique, on y trouve deux ports 2,5 Gbps et un port 1 Gbps qui basculent entre WAN et LAN tout seuls, plus un port USB dont je n'ai rien fait mais sur lequel j'aurais pu brancher une clé ou un disque pour avoir un peu de stockage partagé. Ensuite, dedans, on trouve pas moins de 8 antennes 5G/4G/3G et trois antennes Wi-Fi. Hé oui, tout ça rentre dans le cylindre blanc de 118 × 118 × 198 mm et ne consomme que 25 W au maximum.
Le constructeur, lui, annonce 4,67 Gbit/s en descendant côté cellulaire, et 2 882 Mbit/s sur le 5 GHz plus 688 Mbit/s sur le 2,4 GHz côté Wi-Fi. Alors comme d'habitude, ces chiffres-là sont des plafonds de classe de modem et personne ne les verra jamais sur son écran. Mais ce que j'ai constaté, moi, c'est que ça a tenu durant tout mon déménagement, que les vidéos en live des caméras étaient clean et que je n'ai donc pas eu besoin d'y retourner en urgence.
TP-Link annonce quand même une connexion combinée, sans fil + filaire en même temps pour mutualiser la 5G et la fibre chez vous... sauf que la fonction n'est pas encore prise en charge par la version actuelle du firmware, donc faudra attendre encore un peu.
Le boîtier a aussi deux prises d'antenne externe à l'arrière, du coup si votre maison est dans un creux et que la 5G y arrive à peine, vous pourrez lui adjoindre des antennes en plus ! Ils ont vraiment pensé à tout !
Un mot encore pour ceux qui voudraient monter le même bricolage de surveillance alarme + caméra en remote. Derrière une SIM mobile, vous n'avez pas d'adresse IP publique, donc oubliez la redirection de port vers un enregistreur local. Mes caméras passaient donc par le cloud de leur constructeur et c'est pour ça que ça a fonctionné. Surveillez aussi votre forfait, parce que des caméras qui poussent de la vidéo en continu, ça peut avaler des gigas bien plus vite qu'on ne croit.
Reste le prix... 399,99 € sur la boutique officielle (lien affilié), en promotion donc (le prix d'origine étant de 429,99 €). C'est cher pour un routeur, c'est vrai mais nettement moins que le BE65-5G que j'avais testé , et si vous avez une maison à garder connectée parce que la fibre ne passe pas ou parce que vous n'en aviez pas spécialement besoin, c'est un super boîtier avec les dernières techno Wi-Fi, des tas de paramètres super cools (contrôle parental, QoS, portail captif, VPN local...etc) sur lequel tous les appareils de la maison pourront se connecter en totale transparence.
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Un vieux routeur DD-WRT qui prend la poussière et que vous n'avez pas mis à jour depuis des lustres, c'est pile poil ce que recherche C0XMO. C'est un nouveau botnet repéré par les chercheurs de Fortinet qui enrôle les machines via une faille de 2021 que beaucoup n'ont jamais bouchée. Et une fois dedans, il dégage les autres malwares déjà présents pour rester seul maître à bord.
La faille, c'est la CVE-2021-27137, un débordement de tampon planqué dans le service UPnP de DD-WRT. En clair, le composant qui gère les requêtes UPnP encaisse mal certains paquets envoyés sur le port UDP 1900, et ça suffit à un attaquant distant pour balancer son code sans même avoir besoin d'un mot de passe.
Bref, tout ça pour dire que toutes les builds antérieures au change set 45723 sont vulnérables, et les routeurs Buffalo livrés d'origine avec DD-WRT sont concernés aussi. Donc le réflexe immédiat si vous avez un de ces engins c'est de mettre à jour le firmware vers une build plus récente, et couper l'UPnP si vous ne vous en servez pas.
Cette faille a beau dater de 2021, elle reste grande ouverte sur tous les routeurs que personne n'a retouchés depuis, et je sais que des vieux routeurs flashés un week-end pour leur donner une seconde vie, vous êtes nombreux à en avoir. Par exemple mon bon vieux WRT54GL ressuscité qui fait point d'accès au fond du garage, ou encore la box recyclée en répéteur Wi-Fi... Tant qu'ils tournent sur un firmware figé, ce sont des cibles parfaites. C'est pile ce qu'un botnet adore à savoir du matériel branché en permanence, que plus personne ne surveille.
Ce qui rend C0XMO un peu particulier pour un dérivé de Gafgyt , c'est sa hargne à éliminer la concurrence. Car comme je vous le disais, une fois installé, il scanne les processus en cours pour repérer les clients d'autres botnets, supprime leurs binaires et démonte tout ce qui les fait persister : tâches cron, scripts d'init, services système, profils shell. En gros, c'est un squatteur qui change les serrures en s'installant. C'est pourquoi les chercheurs y voient un niveau de sophistication plus élevé que le Gafgyt habituel. Lui-même se réinstalle via une tâche cron toutes les 15 minutes, histoire de ne pas se faire déloger à son tour.
Et tout ça pour faire quoi me direz-vous ??
**Hé bien du DDoS, pardi !! **
C0XMO embarque 19 méthodes d'attaque, des classiques floods UDP, TCP, SYN et ICMP aux amplifications NTP et Memcached, jusqu'à des floods qui visent les serveurs vocaux Discord. Ça reste un dérivé de Gafgyt qui cogne plutôt dans les gigabits, mais c'est suffisant pour alimenter l'écosystème DDoS où les records se comptent maintenant en térabits par seconde . Et le botnet ne s'arrête d'ailleurs pas aux routeurs, puisqu'il vise aussi des DVR, des plateformes de gestion vidéo et des appareils Android, sur à peu près toutes les architectures qui existent (ARM, MIPS, PowerPC, SuperH, x86).
Ces failles UPnP qui transforment des appareils oubliés en chair à botnet, c'est une vieille histoire faut dire... Je me souviens de mon article d'il y a plus de 10 ans, où je vous parlais déjà de dizaines de millions d'appareils vulnérables à cause d'UPnP. Et comme le matériel, ne disparaît pas vraiment mais finit recyclé, revendu, ou planqué derrière un meuble en marche H24, c'est un vrai running gag.
Voilà, donc si vous avez du DD-WRT en service, prenez cinq minutes pour mettre à jour et couper l'UPnP si vous ne vous en servez pas et surtout, dites vous qu'un boîtier que vous ne touchez plus jamais, à un moment faut trancher : **soit vous le maintenez vraiment à jour, DD-WRT ou OpenWRT peu importe, soit c'est direction la poubelle (euh pardon la déchetterie). **
Le garder branché en mode mort-vivant, ni mis à jour, ni débranché, c'est le pire que vous pouvez faire... Un routeur qu'on a sauvé de la poubelle mérite quand même mieux que de finir zombie dans une armée de cybercriminels à faire du DDoS.
Source + Photo par Jonathan Zander , CC BY-SA 3.0
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