Vous les connaissez parce que je vous parle d'elles de temps en temps ici, et surtout parce que ça fait maintenant 13 ans que Chayka et Viciss décortiquent la psychologie sociale et politique avec de la vulgarisation, un peu de fiction et beaucoup d'esprit critique sur leur chaine Youtube Hacking Social. Et si je fais cet article ce matin, c'est parce que j'ai une bonne nouvelle pour ceux et celles qui aiment leur contenu. Chayka et Viciss viennent d'annoncer HUB 404 , une nouvelle série qui change complètement d'échelle par rapport à ce qu'elles font d'habitude, dont le premier épisode est annoncé pour ce mois-ci !
Woohoo \o/ !
La première nouveauté, c'est que Chayka n'est plus seule à la production. Il y aura bien sûr toujours de la vulgarisation mêlée de fiction, mais aussi des nouveautés comme des entretiens avec des chercheurs, de la musique et pas mal de motion design dans ce drôle d'univers qu'elles ont baptisé le HUB.
Comme Chayka l'explique dans son intro, c'est une série de vulgarisation scientifique engagée, conçue pour accompagner la période électorale de 2027, mais pas seulement. En effet, chaque épisode part d'une question concrète pour comprendre ces "bugs sociaux" (manipulation, cyberharcèlement, polarisation, radicalisation...) et surtout trouver des pistes d'action. Par exemple, le premier épisode se posera la question de pourquoi est ce qu'on défend des systèmes sociaux injustes, y compris contre nos propres intérêts. J'ai vraiment très hâte de voir ça !
Maintenant, là où ça se corse, c'est niveau pognon. En effet, leurs projets ont été refusés deux fois par le CNC et par d'autres financeurs, alors elles ont décidé d'autofinancer ce premier épisode, comme elles l'expliquent ici dans cette préface sur leur site . La suite, ce sera avec une vraie production, des monteurs et des motion designers, et ça dépendra surtout d'un financement participatif sur Ulule car chez elles, il n'y a ni pub ni sponsors, et surtout le contenu doit rester accessible à tous.
Si comme moi, vous appréciez le contenu de Hacking Social, vous pouvez les aider tout de suite sans que ça ne coûte rien en vous préinscrivant sur la page Ulule du projet, partager leur vidéo comme je suis en train de le faire, et les soutenir via vos commentaires. Concernant la campagne elle-même, l'épisode #1 vous servira justement à vous faire un avis avant de décider si vous voulez soutenir la suite... Et bien sûr, les dons sur Patreon , Tipeee ou PayPal restent possibles à côté. Perso, je viens de m'abonner à leur Patreon, et j'y ai découvert déjà plein de contenus plus anciens, tous passionnants !
Perso, j'ai toujours aimé leur travail et pour avoir eu la chance de les rencontrer quelques fois, j'ai rarement croisé des gens qui abattent autant de boulot avec autant d'exigence de qualité et de sérieux. Ça force le respect et les voir se lancer maintenant avec toute une équipe, je vous avoue que ça m'a hyper de fou. Si vous aimez cogiter et vous ouvrir l'esprit, ce "soft reboot" d'Hacking Social comme le dit Chayka dans son intro, est à suivre de près !
![]()
Trois chercheurs de l'université du Massachusetts à Amherst ont réussi à régler pour 3,19 dollars d'achats dans un supermarché avec une carte bancaire périmée !
Leur secret ?
Glisser une app maison entre la carte et le terminal qui trafique la date d'expiration de la carte.
En fait, leur montage relaie les échanges NFC et modifie au passage un champ que personne ne protège : la date d'expiration lue par le terminal. Leur papier s'appelle Zombie Cards Back Online , et a été présenté à USENIX Security 2026.
La mécanique tient en réalité à une bizarrerie du réseau Visa. Une carte annonce sa date d'expiration à deux endroits différents, et sur le kernel Visa, la date que le terminal consulte pour ses contrôles locaux n'est reliée à aucune signature. La banque, elle, regarde l'autre. Les deux devraient être liées cryptographiquement mais elles ne le sont pas.
Pire, ce kernel transmet à la banque un TVR entièrement à zéro. Le TVR, c'est le champ qui raconte ce que le terminal a vérifié et ce qui a coincé. Rempli de zéros, il ne raconte plus rien, du coup, la banque autorise une transaction sans savoir que les contrôles d'en face ont été contournés.
Reste que la portée est plus étroite que le tour de force le laisse croire. Sur cinq banques américaines testées, une seule a validé l'opération de bout en bout dans des conditions de laboratoire, permettant de payer jusqu'à 500 dollars. Une autre a laissé passer le terminal puis refusé côté banque. De leur côté, les kernels Mastercard, American Express et Discover, eux, ont rejeté les modifications.
Il faut aussi avoir la carte expirée à portée de NFC, et que la banque ait réémis la nouvelle avec le même numéro de compte, ce que les auteurs décrivent comme une pratique d'émetteurs américains.
Bref, c'est pas si simple et tous les essais ont eu lieu aux États-Unis donc rien ne dit non plus ce que ça donnerait sur un terminal français, où le sans contact plafonne de toute façon à 50 euros par paiement, 150 euros cumulés et 5 opérations avant que ça ne réclame le code. Puis de toute façon, le numéro de CB change intégralement à chaque renouvellement de carte, donc bon...
Six ans plus tôt, l'équipe de David Basin publiait The EMV Standard: Break, Fix, Verify , une application Android en relais sur du Visa sans contact, ce qui permettait de payer sans saisir de code. C'est vrai que les failles du paiement sans contact ne datent pas d'hier mais ce qui est neuf ici, c'est cette histoire de faiblesse au niveau de la date d'expiration.
Voilà, comme d'hab, Visa a été prévenu en mai 2025, relancé en décembre mais ni Visa ni les banques n'ont annoncé le moindre correctif pour le moment...
![]()
L'université de Cambridge prépare un petit satellite baptisé CosmoCube, pas plus gros qu'une valise cabine, qui partira se cacher derrière la Lune pour tenter d'entendre ce que l'univers racontait avant même l'allumage des premières étoiles.
Ce qu'il cherche, c'est la fameuse raie à 21 centimètres, un signal radio émis par l'hydrogène neutre pendant les âges sombres, cette période d'environ 150 millions d'années coincée entre le Big Bang et la naissance des premières étoiles.
À cette époque, aucun astre ne brille encore, donc aucun télescope classique n'a quoi que ce soit à regarder. L'hydrogène qui remplissait l'univers a en revanche laissé cette minuscule empreinte radio, et elle contient des informations sur la formation des toutes premières structures cosmiques.
Sauf que voilà, plus de treize milliards d'années d'expansion ont étiré ce signal vers les très basses fréquences, entre 10 et 100 MHz, exactement là où la Terre braille en permanence avec sa radio FM, ses communications et son ionosphère qui brouille tout.
D'où l'idée d'aller se réfugier derrière la Lune, l'endroit le plus silencieux du système solaire pour les ondes radio. Toute la mission tient sur une orbite de deux heures, dont environ 40 minutes de silence complet quand la Lune s'intercale entre le satellite et nous. C'est court. Mais c'est déjà infiniment mieux que tout ce qu'on peut espérer depuis la Terre, et l'antenne déployable couplée à un radiomètre étalonné aux petits oignons doit suffire à extraire ce murmure vieux de plus de treize milliards d'années.
Le budget reste raisonnable pour de la cosmologie, avec moins de 50 millions d'euros, dont plus de 2 millions de livres déjà posés par l'agence spatiale britannique, avec un décollage espéré d'ici cinq ans.
Il faudra juste faire vite. Les missions lunaires américaines et indiennes se multiplient, avec les satellites relais qui vont avec, et le dernier endroit vraiment silencieux du système solaire pourrait ne pas le rester très longtemps.
Source : Generation NT
![]()
Six chercheurs d'UC San Diego et d'Oberlin College ont présenté le 13 août dernier à l'USENIX Security Symposium de Baltimore un implant assez petit qui se branche sur un port de maintenance de la baie électronique d'un Boeing 737 et s'intercale ainsi entre le calculateur de vol et l'écran par lequel les pilotes le programment.
La trappe présente sur l'avion, qui y mène n'a ni serrure ni contrôle d'accès et est accessible depuis le sol, sans échelle. Les chercheurs estiment que ça peut se mettre en place en moins de 60 secondes, ouverture et refermeture comprises. Le boîtier, lui, disparaît sous le capuchon anti-poussière du connecteur.
Hé oui c'est un simple capuchon en plastique qui "protège" l'accès aux commandes de navigation d'un avion de ligne. C'est beau non ?
Ce connecteur donne un accès aux bus ARINC 429 qui transmette les échanges entre le calculateur, le FMC, et le clavier-écran du cockpit, le MCDU. La norme date de 1977 et ne prévoit aucune authentification et comme vous vous en doutez, c'est connu depuis longtemps, même si le plus souvent, les attaques envisagées sur les systèmes d'un avion visaient plutôt ses liaisons radio.
Toutefois, se brancher sur le bus ne suffit pourtant pas à le contrôler, puisque les autres équipements continuent d'émettre par-dessus. Sauf que les émetteurs légitimes passent par des résistances de 37,5 ohms qui brident leur courant, alors que le connecteur de maintenance, lui, attaque le bus en direct.
L'implant en profite alors pour pousser plus de courant que l'émetteur d'origine et écraser physiquement son signal. Les chercheurs appellent ça une attaque Bus Driver, et elle donne une interception complète du dialogue sans couper ni épisser le moindre fil.
Une fois ce dialogue sous contrôle, le boîtier ajoute un point de passage à la route programmée. Normalement, sur un 737, cette modification doit être confirmée par le pilote, qui appuie sur le bouton EXEC. Mais l'implant, lui, appuie tout seul, l'autopilote change de cap, et comme le voyant du bouton passe par le même bus, il reste éteint. Et comme les pages affichées sont réécrites en live pour montrer encore l'ancienne route, rien à l'écran ne trahit le changement.
Le même mécanisme peut servir aussi à fausser la masse de l'appareil saisie avant le départ, ou la température retenue pour calculer la poussée. Une masse sous-évaluée ou une température trop basse, et le calculateur commande alors une poussée insuffisante au décollage.
Bref, c'est la cata assurée... Et cela vaut pour tous les 737 NG et MAX.
Maintenant, reste à savoir dans quelles conditions cette attaque peut être réalisée. Car jusqu'à présent, tout a été validé mais uniquement sur un banc de vraies pièces de 737 câblées selon les schémas Boeing, et jamais sur un avion en service. Le Wi-Fi est bien intégré au boîtier, mais le papier précise que les auteurs n'ont pas pu tester si le signal de la cabine traverse le plancher de la baie.
Boeing a bien sûr été prévenu en avril 2020, et les chercheurs ont rejoué l'attaque avec succès sur le banc d'essai du constructeur en décembre 2023. Ils proposent de boucher ce type de connecteur, ou d'y déplacer les résistances de limitation. Boeing, lui, estime que "les couches de protection en place sur l'avion" limitent déjà "significativement la faisabilité et le risque d'attaques en conditions réelles".
Ouais les gars ont la flemme de sécuriser leur truc on dirait...
![]()
Le média Distilled a recoupé trois permis de construire déposés auprès des autorités texanes avec des images satellite montrant un défrichement démarré le 24 juillet. Amazon a confirmé derrière : le projet GW Ranch, dans le comté de Pecos, est bien le sien.
La centrale est développée par Pacifico Energy sur un terrain de plus de 8 000 acres, soit environ 3 240 hectares. Elle alignera jusqu'à 35 turbines à gaz pour 7,65 gigawatts, complétées par 1,8 GW de stockage sur batteries et 750 mégawatts de solaire installés sur place.
La particularité du projet, c'est son raccordement : il n'y en a pas.
GW Ranch fonctionne en réseau privé, isolé d'ERCOT, le réseau électrique texan. Amazon a acheté le site et achètera l'électricité produite, sans passer par la file d'attente d'interconnexion qui immobilise les autres projets pendant des années. C'est le premier campus de data centers IA hors réseau de l'entreprise.
L'argument commercial est prêt depuis longtemps. Amazon explique que son campus est alimenté par une production nouvelle sur site qui n'augmentera pas la facture d'électricité des familles texanes, et techniquement, c'est exact.
Le permis délivré en janvier par la TCEQ, l'agence environnementale du Texas, autorise jusqu'à 33 millions de tonnes de CO2 par an. La centrale au charbon la plus émettrice du pays, James H. Miller Jr. en Alabama, tourne autour de 16 millions de tonnes. Le plafond texan est donc au double.
Ce chiffre reste un plafond d'autorisation et pas une prévision, puisqu'une centrale ne tourne jamais à pleine charge toute l'année. Mais un permis calibré à ce niveau signifie que l'exploitant s'est ménagé la place pour le faire.
Le calendrier est serré. Premier électron visé au premier trimestre 2027, un gigawatt en service en 2028, cinq gigawatts et plus d'ici 2031. Pacifico avait annoncé le projet à 5 GW, il est monté à 7,65 en cours de route.
Trente-cinq turbines à gaz allumées en 2026 pour faire tourner des modèles d'IA, ça pique un peu quand même.
Environ 59 projets du même genre sont annoncés aux États-Unis, pour près de 90 GW cumulés. Amazon reste signataire du Climate Pledge, qu'elle a cofondé. Interrogée sur cette situation, l'entreprise répond que le monde est différent de ce qu'il était à l'époque. Ah ben d'accord.
Source : Distilled.earth
![]()
Neuralink a mis en ligne cette semaine une vidéo où des participants paralysés font rouler un fauteuil électrique par la pensée. Vous allez voir, c'est assez bluffant.
L'implant décode l'intention de bouger et déplace un curseur sur un écran qui affiche la vue de la caméra devant le fauteuil. Curseur vers le haut, le fauteuil avance, vers le bas il recule, à gauche et à droite pour tourner. Le cerveau dirige un curseur, et ce sont ces mouvements qui dirigent le fauteuil.
Le matos utilisé ici, c'est l'implant N1. Un boîtier du diamètre d'une pièce de 1 euro, avec 1024 électrodes réparties sur 64 fils souples plus fins qu'un cheveu. Le boîtier vient se loger dans le crâne, et seuls les fils descendent dans le cortex moteur, la zone qui planifie vos mouvements.
Pour les poser, il est nécessaire d'utiliser un robot chirurgical. On retire un disque d'os du crâne ainsi que la dure-mère , le robot enfonce les fils un par un, puis la peau se referme par-dessus l'implant.
Aujourd'hui, 26 personnes dans le monde portent ce N1. Sept d'entre elles sont britanniques, opérées entre octobre et décembre 2025 à Londres dans le cadre de l' étude GB-PRIME . Et pour le moment, il n'y a eu aucune autorisation de mise sur le marché, mais uniquement des essais cliniques autorisés.
En 2019, je vous parlais déjà de Neuralink et de sa puce N1, avec son robot qui coud des fils dans le crâne et ses premiers essais humains annoncés pour l'année suivante. Le premier patient jouait à Civilization VI par la pensée. C'était impressionnant, mais ça se faisait à la vitesse d'un escargot sous Xanax.
Bon, et puis surtout, désolé hein, mais y'a Elon dans l'équation et pour moi c'est difficile de s'extasier devant cette démo quand on connaît ce personnage, le cirque permanent sur son réseau, les promesses balancées à la truelle et son appétence pour le fascisme .
Puis y'a un petit truc que personne ne soulève, c'est qu'on peut faire rouler un fauteuil par la pensée sans ouvrir le moindre crâne depuis novembre 2022. En effet, une équipe menée par José del R. Millán, prof à l'université du Texas à Austin, a sorti ça dans la revue iScience . On y apprend que 3 personnes tétraplégiques pilotent un fauteuil à l'aide d'un bonnet d'électrodes EEG posé sur le crâne. Celui-ci lit l'activité électrique du cerveau depuis l'extérieur et comme ça, y'a pas besoin d'opération, ni de robot qui perce l'os. Un peu de gel sur les électrodes, quelqu'un pour installer le bonnet, et ça peut s'enlever sans problème.
Le non-invasif n'est pas magique non plus puisque les trois participants se sont entraînés trois fois par semaine pendant deux à cinq mois. Ils ont démarré autour de 45 % de précision de décodage, et tout le monde n'a pas forcément atteint le même niveau de "pilotage".
Mais peu importe, on a d'un côté une entreprise qui vous ouvre la boîte crânienne et qui fait la une avec des vidéos bien calibrées pour le buzz et de l'autre des labos publics qui font rouler le même fauteuil 4 ans plus tôt sans opération, en publiant tout dans une revue en accès libre.
Et ça personne n'en parle.
Breeef... La recherche passe par différents chemins, et la plupart des équipes scientifiques n'ont pas de service com'. Des cellules souches qui réparent une moelle épinière , des chercheurs qui décodent la parole intérieure , tout ça sort en général sans teaser vidéo, ne l'oubliez pas...
Source : Interesting Engineering
![]()
Si vous prévoyez de vous rendre en Islande le 12 août prochain pour admirer l'éclipse totale, vous pouvez déjà vous projeter dans l'expérience grâce à Universe Atlas, un nouvel atlas mis en ligne par Chris Zaharia, qui permet de localiser chaque éclipse de 2026.
D'un simple clic, vous êtes transporté à Reykjavik à 17h45 UTC pour voir virtuellement le soleil, en forme de croissant, se lever à l'horizon sous un ciel aux teintes étranges, évoquant cette atmosphère de fin du monde très caractéristique des éclipses ! (Moi je suis team fin du monde 1999 à l'aéroport de Beauvais, tu connais !! loool)
Reykjavík, le 12 août 2026 vers 18h.
Cette application tourne dans le navigateur et pèse environ 85 ko compressés, ne possède ni moteur de jeu ni dépendance externe, mais repose exclusivement sur du WebGPU brut.
Vous y trouverez 8,4 millions d'étoiles réelles issues des catalogues Gaia DR3 et ATHYG, chacune avec sa distance mesurée et sa vitesse réelle. Si vous remontez le temps de 100 000 ans, vous verrez ainsi la Grande Ourse se désagréger sous vos yeux !
La carte intègre également jusqu'à 2,6 millions de galaxies issues du relevé SDSS, ainsi que les planètes sur leurs orbites képlériennes, l'ISS et 170 satellites positionnés selon leurs éléments orbitaux du jour. L'ensemble est présenté dans un zoom continu couvrant 43 ordres de grandeur, allant du cosmos au quark dans l'infiniment petit, sans aucune coupure de scène.
Impressionnant non ? Alors si je vous dis maintenant que tout a été codé avec Claude code et le modèle Fable 5 ??
Bah non, ne faites pas cette tête, c'est pas grave parce que c'est vraiment top ! Jusqu'à présent, seuls ceux qui savaient coder pouvaient matérialiser leurs idées... Mais avec l'arrivée de l'IA, n'importe qui avec une jolie idée et un peu de débrouillardise peut lui donner vie sans trop de souffrance avec la technique ! Et c'est ça que je trouve magique dans le vibe coding.
Après c'est sûr, faut vérifier et pas faire confiance aveuglément. C'est pourquoi les positions des planètes passent en intégration continue avec des tests qui comparent les datas de l'app avec celles de JPL Horizons, l'éphéméride de la NASA, et comme ça, dès qu'un corps céleste dérive de plus de 0,2 degré, hé bien le build pète. Les générateurs refusent ainsi d'écrire quoi que ce soit qui ne passe pas leurs contrôles physiques.
Ça permet d'avoir un truc sérieux qui marche bien grâce au vibe coding sans pour autant sacrifier la qualité.
Sagittarius A, la lumière courbée autour de son ombre. Le bandeau affiche ses sources : GRAVITY 2022, orbites des étoiles S d'après Gillessen et al. 2017.*
Tout est extrêmement précis et l'échelle réelle est conservée, puisque c'est vraiment le cœur du produit. Le développeur met donc un point d'honneur à ne jamais truquer une taille, une distance ou une vitesse pour faire joli.
Et vous pouvez vérifier qu'il s'y tient ! Appuyez sur X et tout se recolore selon la provenance avec couleurs naturelles pour ce qui est mesuré, ambre pour ce qui a la bonne taille mais un rendu stylisé, cyan pour ce qui est purement illustratif.
Par contre, je trouve dommage qu'on ne puisse pas régler la date et l'heure précisément, ou alors je n'ai pas trouvé comment. Et c'est assez difficile de se caler sur une date et une heure précises, sachant qu'on peut aller de 10 ans en 10 ans, et qu'ensuite le saut n'est pas de 100 ans en 100 ans, mais de 1000 ans en 1000 ans, donc c'est un peu dur de doser. J'y ai passé un petit peu de temps.
Pour que ça fonctionne, il vous faudra WebGPU c'est-à-dire Chrome / Edge ou Safari depuis la version 26. Après Firefox, c'est plus tordu car c'est activé sur Windows depuis la 141, sur les Mac Apple Silicon depuis la 145 mais y'a toujours rien côté Firefox pour les Mac Intel ni pour Linux. Sous Linux, prenez donc plutôt Chrome 144 ou plus récent.
Dans le même genre, je vous avais montré AstroClick pour le système solaire en voxels, et le vénérable Space Engine . Bref, c'est par ici , c'est gratuit, et le code est sur GitHub sous licence MIT.
Ah et pensez à appuyer sur T pour la visite guidée !
![]()
Depuis 30 ans, vous vous demandez peut-être si coller un téléphone contre votre oreille peut finir par vous refiler une tumeur au cerveau ?
Hé bien l'OMS a voulu en avoir le cœur net et a commandé 13 grandes enquêtes sur la question. Et youpiiii, elles viennent toutes d'aboutir et de sortir, et le bilan vient d'être publié dans le New Zealand Medical Journal.
Et accrochez-vous bien les complotistes : Les gens qui utilisent un portable n'ont pas plus de tumeurs au cerveau que les autres. Une de ces études, pilotée par Ken Karipidis de l'agence australienne de radioprotection, a même passé au crible 63 autres études précédentes menées dans 22 pays, sur des données qui remontent à 1994, et même là, RIEN !
Alors oui, chez les rats mâles exposés en labo, on trouve bien des tumeurs, sauf que les bestioles encaissaient 9 heures d'ondes par jour, 7 jours sur 7, à des doses des dizaines de fois supérieures à ce que la loi autorise pour vous. Difficile donc d'en tirer quoi que ce soit pour votre iPhone.
Puis surtout, en Nouvelle-Zélande, les tumeurs du cerveau les plus courantes ont même légèrement baissé entre 1995 et 2020, pile la période où le portable est devenu universel. Donc si les ondes rendaient vraiment malade, ça se verrait dans ces courbes.
En France, l'ANSES est arrivée à la même conclusion en octobre 2025, après avoir épluché un millier d'études. Il n'y a aucun lien de causalité entre le cancer et le smartphone, mis à part le cancer de la connerie qui ronge beaucoup de monde ^^. L'agence garde quand même ses conseils de prudence pour les enfants, genre usage modéré et kit mains libres, mais c'est plus une précaution qu'autre chose.
Du coup, le vrai risque documenté pour les gamins, il n'est pas dans le crâne mais dans l'aspect psychologique. Je vous parlais y'a pas longtemps des études sur les smartphones avant 13 ans , et là les signaux sont autrement plus solides. Et si les ondes vous angoissent malgré tout, allez lire mon article sur Green Bank , la ville américaine où le Wi-Fi est interdit !
Bref, rassurez-vous, votre portable ne vous ronge pas le crâne. Il vous bouffe surtout votre temps de cerveau disponible, et ça c'est un autre débat...
![]()
Des ingénieurs de l'université Northwestern, près de Chicago, ont construit un petit drone qui disparaît presque à l'œil nu. Pas grâce à un camouflage, mais parce qu'il tourne sur lui-même à toute vitesse.
Le principe s'appelle le flou de mouvement. C'est ce qui fait qu'on ne voit plus les pales d'un ventilateur quand il tourne vite. L'œil n'arrive plus à suivre, alors il mélange l'objet avec ce qu'il y a derrière.
Le drone s'appelle Phantom Twist. Il tourne sur lui-même entre 15 et 25 fois par seconde. À pleine vitesse, on ne voit plus qu'une légère brume, une sorte d'ombre floue posée dans l'air.
Son corps est déjà presque transparent. Les quelques pièces opaques qui restent, le moteur ou la batterie, se noient dans le décor dès que la rotation démarre.
La forme n'a rien à voir avec un drone habituel. Un quadricoptère porte quatre hélices. Là, il y a un seul moteur et une seule hélice. L'hélice tourne d'un côté, tout le reste du drone tourne de l'autre.
Faire voler un truc pareil sans qu'il parte en vrille n'a rien d'évident. L'équipe a donc laissé un ordinateur imaginer près de 20 000 versions du drone, puis a utilisé des algorithmes et de l'IA pour ranger chaque pièce au bon endroit, du circuit imprimé au petit contrepoids qui équilibre l'ensemble.
Au bout du compte, les chercheurs le donnent pour dix fois plus difficile à repérer qu'un quadricoptère classique. Le but est d'observer des animaux, de surveiller des marais ou de contrôler des ponts et des lignes électriques sans faire fuir ce qu'on veut filmer.
Il y a encore des trous dans la raquette. Le prototype a besoin d'un système de caméras installé tout autour pour se repérer. Ses fils et ses tiges de support restent visibles. Et surtout, l'hélice fait du bruit.
Un drone qu'on ne voit pas mais qu'on entend arriver, ça limite quand même sérieusement l'effet de surprise.
Le travail a été montré à Sydney, lors d'une grande conférence de robotique. L'équipe veut maintenant des matériaux plus transparents et une hélice plus silencieuse.
Se cacher en tournant sur soi plutôt qu'en se peignant, l'idée est maligne. Mais tant que l'engin vrombit comme un ventilateur, l'invisibilité reste à moitié ratée.
Source : Techspot
![]()
Vous avez déjà accroché avec quelqu'un en trois secondes ? Détesté une tête au premier regard, sans savoir pourquoi ? Eh bien, d'après le site Popular Mechanics ce serait grâce aux champs électromagnétiques. Derrière l'étude qu'ils relaient, il y a l'anesthésiste Marco Cavaglià et Tommaso Firaux, épaulés par le biophysicien Jack Tuszynski et leur équipe du Politecnico de Turin qui nous parlent d'une espèce de forme invisible qui nous brancherait sur l'esprit des autres comme une antenne radio qui capterait une station.
Mais avant de ranger cette découverte au rayon bougies parfumées et loi de l'attraction, je vous propose qu'on démêle tout ça, parce que dans cet article, il y a du vrai et du n'importe quoi.
Commençons par ce qui tient debout. Votre cerveau produit bel et bien un champ électromagnétique. Ça se passe dans nos neurones qui sont en permanence traversés par un courant. Et comme ils sont des milliards et font ça en rythme, ça génère un champ parfaitement mesurable.
Pas besoin de me croire sur parole, hein, c'est exactement ce que montrent un EEG ou un MEG dans n'importe quel hôpital. On sait aussi mesurer un truc qui a un nom, la synchronisation inter-cerveaux. Mettez deux personnes dans une expérience de hyperscanning , et pendant un moment partagé, une conversation, un concert, leurs activités cérébrales se calent l'une sur l'autre. Ça, c'est mesuré, publié, réfutable (oui, réfutable, c'est le principe de la science. Tout peut à tout moment être remis en question si on fait de nouvelles découvertes et c'est parfaitement sain).
Rien de magique là-dedans, donc.
Et c'est toute la différence avec la loi de l'attraction et sa clique de cristaux de guérison. Le discours New Age vous dit de "vibrer positif" pour que l'univers vous livre une Ferrari. Aucun mécanisme, aucune mesure, rien à réfuter, juste une "ambiance", une vibe magique qu'on ressent ou qu'on transmet à l'univers. J'adore le concept, et peut-être que c'est vrai, mais pour le moment, il n'y a rien de prouvé scientifiquement là-dedans.
Alors que les champs électromagnétiques du cerveau, eux, c'est un courant physique, des machines qui le captent, et des prédictions qu'on peut tester et voir s'effondrer. Donc, d'un côté, on a de la physique sur laquelle on peut débattre à grands coups d'équations, et de l'autre, on a l'équivalent d'un horoscope. C'est le gouffre qui, par exemple, sépare décoder pour de vrai la parole intérieure d'un patient avec des électrodes et prétendre lire dans les pensées avec un pendule. Le MIT a même fabriqué un casque qui devine les mots que vous articulez en silence, rien qu'en lisant les signaux de vos muscles , toujours sans un gramme de sorcellerie.
Maintenant, il ne faut pas non plus jeter l'étude à la poubelle, parce que derrière le titre accrocheur de Popular Mechanics, il y a un vrai travail. Cavaglià, Firaux et Tuszynski ont publié leur cadre, baptisé EMI pour Énergie-Masse-Information, dans une vraie revue à comité de lecture, Biosystems. Et leur idée, c'est que pour eux, la conscience ne sortirait pas seulement du câblage entre vos neurones, mais d'un phénomène de champ. En gros, les membranes de vos cellules, l'eau et le liquide dans lequel trempe votre cerveau, formeraient un support capable de stocker l'information à la manière d'un hologramme, et c'est cet ensemble qui entrerait en résonance avec les champs électromagnétiques autour de lui, jusqu'à celui de la Terre. Notre expérience consciente serait la musique qui sort de cette résonance...
Alors est-ce que la loi de l'attraction est prouvée scientifiquement ? Difficile à dire, car peer-reviewed ne veut pas dire que c'est prouvé bien sûr.... ça veut juste dire "ça mérite qu'on en discute". Et entre "le cerveau émet un champ mesurable", qui est un fait, et "la conscience est une résonance holographique avec la planète", qui est leur thèse, il y a un saut spéculatif assez vertigineux. Leur modèle pioche dans la cohérence quantique, les vibrations de la Terre et la théorie des systèmes, mais pour l'instant aucune expérience ne vient le confirmer. Ce n'est donc pas (encore) une découverte...
En plus, il n'y a rien de nouveau là-dedans. Ça fait un quart de siècle que des chercheurs comme John Joe McFadden proposent une espèce de théorie de la conscience qui serait portée par le champ électromagnétique. Mais ça reste quand même une position ultra minoritaire dans le monde de la science. Et c'est assez facile à critiquer parce qu'un champ produit par un neurone est bien trop faible pour aller influencer ses voisins non connectés.
M'enfin, moi j'adore toutes ces histoires sur la conscience comme vous l'avez déjà vu avec l'IA soi-disant "qui souffre" , mais là, il faut bien sûr reconnaître que d'un côté, on a de la vraie science mesurable et de l'autre, du pipeau parfumé sauce magique (beau gosse ^^).
![]()
"Climatiser son appartement, c'est réchauffer celui du voisin." Vous l'avez forcément déjà entendue, cette bonne blague là... C'est comme ça que commence la dernière vidéo de Numerama, où durant 23 minutes, Julien Cadot démonte une par une les idées reçues sur la climatisation.
Et j'ai trouvé ça passionnant et d'utilité publique, donc je vous la partage. Le point de départ, c'est que la clim et la pompe à chaleur qu'on vous subventionne à coups de milliers d'euros, c'est rigoureusement le même objet. Même compresseur, même fluide, même physique. En France, on a quand même réussi le tour de force d'avoir une technologie qu'on subventionne l'hiver et qu'on diabolise l'été, comme il le dit dans la vidéo.
Je ne vais pas vous refaire la vidéo, elle se suffit largement à elle-même. L'îlot de chaleur urbain ? Les clims de TOUT Paris pèsent à peu près autant sur la température des rues que le trafic automobile dont personne ne parle jamais. Les fluides "1000 fois pires que le CO2" ? Un combat gagné il y a 30 ans, votre clim récente tourne au R32 voire au propane. On nous vend la peur d'un combat que la science a réglé depuis longtemps et je me demande bien pourquoi...
Et avec le kWh français ultra décarboné, si un pays sur Terre peut être climatisé proprement, c'est bien la France. Alors pourquoi s'en priver ??? La canicule de 2003 a tué 15 000 personnes. Celle de juin dernier compte déjà un bon millier de morts, à 85 % des plus de 65 ans, souvent chez eux dans des chambres à 35°C. Alors Julien pose la vraie question : faut-il continuer à sacrifier l'endroit où les gens vivent pour garder le trottoir un demi-degré plus frais ? Surtout que vu le climat qui attend nos villes dans 20 ans , les nuits fraîches ne reviendront pas.
Et moi, ce qui me sidère, c'est la réticence des gens. Je parle pas de ceux qui n'ont pas d'argent pour en faire poser une. Je parle de ceux qui ont la thune mais que ça embête de faire installer une clim, parce que "l'écologie" ou je ne sais quoi d'autre. Même des vieux qui souffrent dans leur maison, il faut vraiment insister pour les convaincre... Dur dur. Les anti-clim, pour moi, c'est comme les antivax. Ce sont des gens qui se reposent sur des trucs entendus il y a des années, qui se sont arrêtés là et qui se refilent des infos périmées entre eux. C'est dommage quand même de littéralement mourir de chaud juste par connerie.
Et l'administration n'aide pas, avec des PLU meurtriers qui nous interdisent les unités extérieures en façade. C'est dire le niveau de connerie institutionnelle dans ce pays.
Perso je déménage bientôt en location, et là il n'y a pas la clim, et en plus il y a une véranda... je pense que je vais devoir prendre une clim portable, alors que c'est le pire des 2 mondes, bruyant et énergivore, mais bon, c'est pas chez moi. J'essaierai quand même de convaincre la propriétaire d'en faire installer une vraie, quitte à en payer une petite partie. Je lui ferai regarder la vidéo, tiens.
Et si vous sautez le pas : comptez quelques milliers d'euros pour une clim fixe posée par un pro, prenez des modèles silencieux pour les chambres, et anticipez dès cet hiver parce que les installateurs sont débordés chaque été. L'article de Numerama détaille tout ça par écrit si vous voulez aller plus loin.
Voilà, vive la clim ! Et si un anti-clim vous ressort le coup des fluides qui trouent la couche d'ozone, offrez-lui un calendrier, parce que visiblement sa capacité à comprendre le monde s'est arrêtée en 1995.
![]()
Accrochez-vous parce que celle-là, elle est bien barrée ! Des chercheurs de l'université d'Uppsala veulent stocker la mémoire d'une IA... dans de la lumière. Leur projet Fiber Memory fait tourner les données d'un LLM en boucle dans 1 000 km de fibre optique, et les puces se servent au passage !
Pour comprendre le délire, il faut voir comment ça marche aujourd'hui. Dans un gros data center IA, chacune des 10 000 puces de calcul (des accélérateurs, en gros des GPU) garde sa propre copie complète du modèle dans sa mémoire embarquée, la HBM . Un Llama 3 70B compressé pèse 70 Go, ce qui donne 700 To de mémoire hors de prix pour stocker 10 000 fois exactement la même chose.
Vous qui râlez déjà quand un modèle ne tient pas sur votre matériel , imaginez le même casse-tête multiplié par 10 000.
La solution d'Hannah Atmer et de son équipe, c'est le tapis roulant à sushis. Un serveur unique injecte 128 Go de données dans la boucle (les poids du modèle, plus un peu de marge), et tout ça défile en continu à 25,6 To/s. Chaque puce attrape alors les plats qui l'intéressent quand ils passent devant elle, et le tour complet prend 5 ms !
La topologie retenue : un seul serveur de poids alimente la boucle, les pods se servent au passage. Schéma tiré du papier d'Atmer, Voigt, Yao et Kaxiras.
Concrètement, chaque châssis prélève 1 % de la lumière qui circule et laisse filer le reste vers les copains d'après. Pas de requête, pas d'adresse mémoire, juste un péage optique qui pique sa part au passage.
Le prélèvement en détail : un splitter 99:1 détourne 1 % de la puissance optique vers le pod, le reste poursuit sa route et se fait ré-amplifier.
Et le plus dingue, c'est que cette idée de génie a 80 ans ! Les premiers ordinateurs des années 40 stockaient déjà leurs données sous forme d'ondes qui tournaient en rond dans des tubes de mercure, la fameuse mémoire à ligne de délai . On avait déjà croisé des mémoires franchement bizarres , mais celle-ci place la barre très haut.
Évidemment, y'a des conditions à respecter... Ça ne marche que pour des données qui ne changent jamais et que tout le monde se partage, comme les poids d'un modèle déjà entraîné (les calculs en cours restent dans une petite mémoire locale classique). Et si une puce rate son sushi, elle attend 5 ms que le tapis fasse un tour complet... une éternité pour un GPU.
Côté conso, leurs calculs annoncent 284,8 kW pour la livraison des poids, contre 1 024 kW avec la HBM classique. Presque 4 fois moins ! Bon, la comparaison avantage un peu leur bébé (le scénario fibre répartit les poids entre les 8 puces d'un châssis, quand la référence garde une copie entière par puce), mais l'ordre de grandeur reste violent.
Par contre, tout ça n'existe encore que sur le papier. Les briques sont là, entre les commutateurs Spectrum-X Photonics de NVIDIA qui causent déjà en lumière et la HBM3e de Micron qui dépasse 1,2 To/s par pile, mais personne n'a encore assemblé le puzzle. Et il faudrait quand même réussir à caser 280 amplificateurs sur la boucle, plus quelque 3 500 amplis et 1 750 régénérateurs autour des pods...
Reste à voir si le bilan énergétique survit à un vrai prototype !
![]()
Un champignon shiitake qui fait office de mémoire informatique genre RAM, c'est la trouvaille d'une équipe de l'Ohio State University. Et l'idée a l'air bien plus sérieuse qu'elle n'en a l'air...
John LaRocco et Qudsia Tahmina ont pris du mycélium de shiitake, l'ont cultivé sur des graines de farro, du germe de blé et du foin, puis l'ont déshydraté. Après une brève réhydratation, ils ont ensuite branché le tout à un oscilloscope et un microcontrôleur Arduino et là, le champignon s'est mis à fonctionner comme un memristor , c'est-à-dire un composant capable de se souvenir de son dernier état électrique.
Utilisé comme RAM, leur champignon magique a tenu jusqu'à 5 850 Hz avec une précision de 90 %, et ça grimpe à 95 % en basse fréquence. La performance chute donc quand on monte en fréquence, sauf que les chercheurs ont trouvé la parade. Il suffit en réalité de connecter plusieurs champignons ensemble sur le circuit, un peu comme des groupes de neurones qui bossent en équipe dans votre cerveau.
Alors vous allez me dire quel est l'intérêt de ce truc ?
Eh bien un memristor-champignon, c'est biodégradable, ça résiste aux radiations, ça encaisse la déshydratation, et ça coûte une misère à fabriquer et à alimenter. Et surtout, avoir des puces biologiques qui imitent l'activité neuronale réelle, ça veut dire qu'on n'a plus besoin d'une tonne d'énergie quand la machine tourne au ralenti ou ne sert pas. De quoi intéresser l'informatique embarquée, l'aérospatial, les wearables ou tout ce qui doit calculer des trucs sans grosse batterie. Détail rigolo, une partie des travaux est financée par le Honda Research Institute !
Maintenant, accrochez-vous, parce qu'un paquet de médias vous ont vendu ce champignon comme LA solution à la pénurie mondiale de RAM mais faut se calmer ! L'étude publiée dans PLOS ONE ne parle jamais de pénurie, et encore moins de Samsung, SK Hynix ou Micron et ce rapprochement n'a pas été fait par les chercheurs, mais par les journalistes.
Donc non, ce champignon n'est pas pour le moment une option afin de contrer la pénurie de RAM. Parce que soyons clairs, 5 850 Hz c'est mignon, mais votre DDR5 tourne dans les gigahertz ! On n'est pas du tout sur le même ordre de grandeur, ce qui fait que ce bon vieux shiitake ne remplacera pas votre barrette. Il vise plutôt tout ce qui est calcul neuromorphique basse conso, et pas du tout le marché du gaming, hein ^^.
La pénurie de RAM de cette année n'a rien de fongique. En fait, les trois géants qui pèsent près de 90 % de la production mondiale ont réorienté leurs usines vers la HBM, une mémoire ultra-rapide que s'arrachent les accélérateurs IA. Résultat, les prix de la DRAM ont bondi d'environ 90 % au premier trimestre, Micron a carrément lâché le marché grand public, et une class action déposée en Californie soupçonne les fabricants de s'être entendus sur les tarifs. On est donc loin des champignons du potager. Maintenant, si le sujet du silicium fait maison vous parle, jetez quand même un œil à ce type qui fabrique de la RAM dans sa cabane .
Mais bon, quoi qu'il en soit, faire de l'informatique avec du vivant, c'est possible depuis un petit moment. On a déjà vu des neurones artificiels en bactéries discuter avec nos cellules, et c'est probablement une piste pour la décroissance forcée qui va bientôt nous arriver dans la gueule.
Bref, ce champignon ne remplacera pas votre DDR5 de sitôt mais un composant biodégradable qui fait des calculs tout en résistant aux radiations, cultivé sur du foin et financé par Honda, perso je trouve que c'est cool ^^.
![]()
Vous pouvez ranger la pilule rouge tout de suite les amis car une équipe de physiciens menée par Mir Faizal vient d'affirmer, calculs à l'appui, que notre univers ne peut pas être une simulation informatique.
Et il n'annonce pas ça en mode "On n'a pas encore trouvé LA preuve", non... Apparemment, ce serait ferme et définitif. Et du coup ça me rend un petit peu tristoune et je vais vous expliquer pourquoi.
Leur papier est paru dans le Journal of Holography Applications in Physics, et s'appuie fortement sur une vieille "bombe" mathématique, les théorèmes d'incomplétude de Gödel , publiés en 1931.
En gros, Gödel a démontré que dans tout système de règles un peu costaud, il existe des vérités bien réelles mais qu'on ne pourra jamais démontrer depuis l'intérieur du système.
Faizal et son équipe ont donc repris cette idée en l'appliquant à la réalité et selon eux, le niveau le plus profond de l'univers réclame une "compréhension non-algorithmique". Cela veut dire que c'est un truc qui échappe à toute suite d'étapes programmables.
Et là, le raisonnement se referme tout seul puisque toute simulation est par nature algorithmique. Elle doit donc suivre des règles programmées. Et comme le socle de la réalité, lui n'est pas algorithmique, eh bien aucune simulation ni aucun ordinateur ne pourra jamais le recopier en entier. Bref, d'après eux, on peut tous oublier nos délires de "On est dans la matrice, Néo"...
Cette idée qu'on vive dans une simulation à l'origine, c'est Nick Bostrom qui l'a formulée en 2003, donc bien avant qu'Elon Musk en fasse son petit dada pour impressionner les filles en soirée. J'en avais déjà causé quand des chercheurs suggéraient que la gravité ressemblait à un bug dans la matrice , ou quand une IA se mettait à simuler l'univers sur un simple laptop . Bref, le sujet revient tout le temps ces dernières années !
Maintenant je vous l'accorde, ça reste un papier de maths et de logique et c'est pas une vraie expérience qu'on a réalisé dans le monde réel pour voir si ça se confirme. Donc ça se chamaille déjà sur arXiv pour dire que si ça peut pas se prouver, ça peut encore se discuter.
Donc le débat est loin d'être plié
Mais bon, si ces physiciens ont raison, ça m'embête parce que même si j'y croyais pas vraiment à cette histoire de simulation, c'était quand même bien pratique pour expliquer tout ce qui nous arrivait en ce moment à savoir toute cette connerie ambiante, cette ambiance Idiocratie ou Don't Look Up...etc.
Voilà, je me disais que la partie de Sim était en train de partir en couille. Mais il faut que je me rende à l'évidence, c'est juste comme ça... C'est l'univers, c'est la nature, on avance vers l'inconnu toujours plus loin dans la connerie, et ça ça me fait flipper. Beaucoup plus que des agents Smith et une réalité qui ne serait pas la "vraie" réalité. Désolé ^^
![]()
Oulala, Anthropic vient de publier une jolie page de recherche qui fait beaucoup causer. En effet, son équipe d'interprétabilité a repéré, à l'intérieur de ses modèles Claude, une toute petite zone où le modèle rassemble ses pensées intermédiaires, c'est-à-dire celles qu'il est capable de nommer et de manipuler. Ils l'appellent le J-space, et c'est leur version du fameux espace de travail global qu'on décrit dans le cerveau humain.
Pour aller le fouiller, ils ont bricolé une technique baptisée Jacobian lens. En gros, elle mesure comment chaque bout d'activité interne du modèle pousse vers tel ou tel mot à venir, ce qui permet d'isoler les concepts que Claude sait verbaliser. Et ce qui remonte à la surface, ce ne sont ni les mots que vous tapez ni la réponse finale, mais des jugements en cours de route. Par exemple reconnaître un visage sur une photo, repérer un bug dans du code, deviner la fonction d'une protéine à partir de sa séquence.... tout ça se trame là, en silence, avant le moindre mot affiché.
Et ce qui est fou c'est que ce J-space encode parfois le fait que Claude a remarqué qu'on était en train de le tester. Et quand les chercheurs désactivent ces représentations-là, ils voient ressortir des penchants problématiques que le modèle gardait très bien planqués. Autrement dit, on tient un moyen de lire ce qu'une IA fabrique dans sa tête, et pas seulement ce qu'elle finit par nous répondre.
Maintenant, arrêtez de fantasmer car NON, ça ne prouve pas que Claude est conscient, et Anthropic prend soin de ne pas franchir cette ligne. Ils parlent d'un analogue purement fonctionnel de l'espace de travail global et refusent explicitement de se prononcer sur la question du ressenti. Le mot conscience fait de jolis titres sur vos médias préférés, mais leur document de recherche, lui, reste très prudent.
Le vrai intérêt est ailleurs, dans l'interprétabilité. Anthropic est déjà la boîte qui dissèque le cerveau de ses modèles et qui étudie les LLM comme des aliens et là elle se donne une vraie fenêtre pour lire, disséquer et même orienter la pensée de ses IA. On n'est plus sur des histoires de boites noires... Pour auditer un modèle, repérer une tromperie ou un biais avant même qu'il ouvre la bouche, c'est donc beaucoup plus utile qu'un débat sur l'âme des machines.
Le procédé a bien sûr des limites, puisque la Jacobian lens ne repère que les concepts que le modèle sait résumer en un mot, ce qui veut dire que tout un pan de raisonnement plus diffus lui échappe encore.
Mais bon, même si on n'a pas encore de Claude conscient à l'horizon, comme je vous le disais, cette histoire de boîte noire, c'est de l'histoire ancienne maintenant. On va enfin pouvoir détecter quand une IA nous cache des trucs et je trouve ça assez rassurant pour l'avenir.
![]()
En matière de sécurité, quand on parle de air gap, en général, on ne peut pas faire mieux. Si vous ne connaissez pas le concept, l'idée c'est d'empêcher un ordinateur d'avoir accès à tout type de réseau, que ce soit du wi-fi, de l'Ethernet, etc. etc. C'est un peu le Graal en matière de sécurité.
Et pourtant, des chercheurs de l'université de Shandong viennent de trouver un moyen de transmettre quand même des datas, même si la machine n'a pas accès au réseau. Leur technique s'appelle TrojPix et elle consiste à transformer un câble vidéo en antenne radio. Je vous explique la technique !
Comme vous le savez, mes petits ingénieurs, sur un écran, chaque pixel est codé en rouge, vert et bleu. TrojPix vient donc tripoter les bits (Ah Ah) les plus faibles de ces couleurs, des variations tellement infimes que votre œil n'y voit que du feu. Sauf que ces micro-changements modulent le signal qui circule dans le câble HDMI ou DisplayPort, et surprise-surprise, un câble en cuivre qui transporte un signal ça rayonne des ondes électromagnétiques. C'est d'ailleurs pour ça que les anti-ondes s'évanouissent tous dès qu'ils appuient sur un interrupteur, lol.
Bref, en façonnant les pixels, le malware pilote ces ondes, et une simple antenne radio posée à proximité les capte et reconstitue les données.
Et le débit quand je l'ai lu, m'a fait tousser. Jusqu'à 8,1 mégabits par seconde, de quoi faire sortir 100 Mo de plans ou de clés en moins de deux minutes et la portée, elle, grimpe jusqu'à 208 mètres. Mais attention, ces deux records ont été mesurés séparément et pas ensemble, donc plus l'espion s'éloigne, plus ça ralentit. Reste que les précédents canaux du genre pataugeaient à quelques kilobits par seconde, alors là on change carrément d'échelle.
Notez que le malware peut même simuler un écran éteint pendant qu'il émet, ni vu ni connu, j'embrouille.
Mais avant de scotcher de l'alu sur votre tour ou d'aller installer votre bureau dans le micro onde, respirez un grand coup ! En réalité, TrojPix ne pête pas la sécurité air gap à lui tout seul... Faut déjà installer le malware et ça c'est pas si simple sur un système isolé (surtout si les ports USB ont été rebouchés au ciment).
Ensuite, l'espion et son antenne doivent camper dans les deux cents mètres environ puisque les murs et le bruit ambiant rognent la portée, et surtout ça ne marche que sur du câble en cuivre. Et étonnamment, une cage de Faraday n'y fait pas grand-chose, les chercheurs gardaient plus de 90 % de réussite même avec un blindage. La seule vraie parade en réalité, c'est de remplacer le câble en cuivre par de la bonne vieille fibre optique, qui elle ne rayonne aucune onde.
C'est donc de la très belle recherche, mais une menace qui vise surtout une clientèle précise, les systèmes ultra-sensibles des gouvernements, des militaires ou des infrastructures critiques, ceux qui misent justement tout sur l'isolement. Oui, désolé de vous le redire, mais personne ne s'intéresse à vous ^^. Mais en tout cas, on sait que débrancher le réseau ne suffit plus pour être invisible et en sécurité. On avait d'ailleurs déjà vu exfiltrer des données par ondes radio ou même faire du Wi-Fi sans carte Wi-Fi avec AIR-FI , mais pour le coup, TrojPix pousse le curseur du débit beaucoup plus loin.
![]()
Depuis plus d'un siècle, des scientifiques sérieux (en général, ce sont ceux avec du poil sur le nez) se demandent si la vie sur Terre ne serait pas tombée du ciel, portée par un astéroïde.
Ce serait fou, non ? C'est cette fameuse théorie de la panspermie (Arrêtez de rigoler les fans de Rick et Morty, on vous voit), signée Arrhenius en 1903, puis Crick lui-même (oui, le prix Nobel de l'ADN) en 1973 avec son "directed panspermia" (la panspermie dirigée - Gloire à Rick Sanchez !).
Et si une civilisation extraterrestre vous avait semés ? Genre exprès ?
Sauf qu'on fait exactement la même chose, en ce moment même... Popular Mechanics vient en effet de publier une réflexion d'astrobiologistes (David Grinspoon, Dionysis Foustoukos, Andrew Steele) sur les risques d'aller implanter des tardigrades ou des microbes sur des planètes qui n'ont peut-être jamais accueilli de vie. Pour eux, si on faisait ça sur une planète non-stérile, ce serait comme une invasion planétaire. Ah ouais carrément Mars Attack inversé quoi.
Surtout que les tardigrades, ces petits oursons d'eau indestructibles ont déjà fait un petit tour dans l'espace. En 2007, l'ESA en a balancés 10 jours dans le vide spatial, dans le cadre de la mission TARDIS, et ils sont revenus en pleine forme ces fifous ! Ce sont les premiers animaux à survivre au grand vide ! Et en avril 2019, l'atterrisseur israélien Beresheet s'est écrabouillé comme une merde sur la Lune avec des milliers de tardigrades déshydratés à bord. Ils dorment probablement encore là-bas, en cryptobiose, à attendre une goutte d'eau qui ne viendra probablement jamais.
Mais qu'est-ce qui se passerait si on ensemençait volontairement ou non une planète avec ces bestioles ou d'autres ? Imaginez la scène dans quelques millions d'années... Une espèce intelligente émerge de sous la glace de Mars ou sur Europe, la lune de Jupiter. Et leurs savants les plus émérites se posent alors cette question : "D'où vient-on ? La vie est-elle tombée du ciel grâce à un astéroïde ?"
Alors que NON, ce serait grâce à nous, pauvres singes tombés de l'arbre qui aurions décidé, soit de le faire exprès ou tout simplement à cause de Thomas Pesquet qui aurait laissé tomber son Kleenex sale sur Mars. Oui, car contrairement à ce qu'il veut nous faire croire, Thomas n'est pas si parfait (quoi ? jaloux ??).
Vous rigolez avec cette histoire de kleenex mais c'est pas si con. En novembre 2023, des astronautes ont bel et bien perdu un sac à outils à 100 000 dollars en sortie spatiale, et le truc a orbité quelques mois, bien visible aux jumelles depuis chez vous, avant de se consumer dans l'atmosphère ! Et sur Mars, on a déjà laissé pas loin de 7 tonnes de déchets en 50 ans d'exploration. Oui, on est de gros cochons, on dégueulasse tout.
Puis surtout, le corps humain c'est un vrai safari microbien impossible à stériliser. Le COSPAR, le comité qui veille à la protection planétaire depuis 1964, impose de nettoyer les sondes à fond avant Mars, mais si on envoie des gens, c'est pas trop possible de les faire bouillir avant pour enlever tous leurs microbes et autres acariens de peau (Quoi ??? Vous ne connaissez pas encore le Demodex ?? Et nouvelle phobie activée, de rien les copains !).
Voilà, donc si jamais on trouve de la vie martienne un jour, faudra peut-être d'abord vérifier qu'elle n'est pas juste descendue de nos propres sondes. Des bactéries bien de chez nous, qui seraient parties en auto-stop. Ce serait dommage quand même...
Bref, la prochaine fois qu'on s'émerveillera d'avoir trouvé de la vie ailleurs, faudra d'abord fouiller nos poches pour vérifier qu'on n'a pas laissé tomber un truc, hein Thomas ?
![]()
Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.
L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.
À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?
La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.
Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.
"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.
Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??
Hé bien la réponse c'est le sauvetage.
Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.
Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.
Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.
Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.
Source : NTU Singapore & TomsHardware
![]()
Les humains font vraiment des trucs de dingues. Surtout les scientifiques !!
On a 2 biochimistes de l'Université du Minnesota (Kate Adamala et Aaron Engelhart) qui viennent de créer SpudCell, la première cellule artificielle capable de boucler un cycle de vie complet comme une vraie.
Je vais simplifier mais en gros, ils ont mélangé 150 ingrédients comme des lipides, des ribosomes, des enzymes et quelques brins d'ADN, et ont fini par obtenir une cellule artificielle, qui peut grandir, recopier son génome et se diviser en deux par elle-même.
Il faut savoir qu'une cellule normale utilise ce qu'on appelle un cytosquelette pour réussir à se diviser comme un ballon qu'on écraserait. Mais SpudCell n'a pas de cytosquelette. Du coup, à la place, ce sont des protéines de fusion qui s'accumulent encore et encore à la surface de sa membrane et qui se serrent tellement les coudes que la cellule finit par se couper en 2.
Et le truc encore plus incroyable, c'est que sur 5 générations environ, une variante bidouillée pour produire un peu plus de ces protéines a carrément pris le dessus sur la souche d'origine en mode "C'est la sélection naturelle qui gagne, baby".
Sauf que non, t'as rien de naturel, et t'es même pas vivante. Je vous rassure nos chercheurs n'ont pas recréé la vie et ils le disent eux-mêmes, SpudCell est très rudimentaire, bien loin de ce qu'on peut retrouver dans la nature. Je vois plutôt ça comme un nano robot en fait. Et comme la cellule n'est pas capable de fabriquer ses propres ribosomes (ce sont les chercheurs qui lui apportent en plus de sa nourriture), elle est loin d'être autonome et ne pourrait pas survivre hors de son bocal.
Mais n'empêche, ça prouve qu'on peut faire tourner les fonctions les plus fondamentales du vivant sans avoir besoin d'ingrédient magique. On est dans le même délire, je trouve que ces IA qui dessinent déjà de l'ADN qui n'existe nulle part dans la nature , sauf qu'ici c'est un vrai objet physique qui se réplique.
Suite à cela, Adamala en a profité pour lancer Biotic , une structure censée standardiser tout ce bazar, parce qu'aujourd'hui chaque labo réinvente la roue dans son coin. Mais je tiens quand même à vous rassurer, on est très loin des bactéries miroir qui donnent des sueurs froides aux biologistes. Comme je vous le disais, SpudCell ne survivrait même pas à un courant d'air, donc pas d'inquiétude.
Dernier petit détail qui compte sauf pour les fans de Didier, l'étude est pour l'instant un preprint qui n'a pas encore été relu par les pairs donc en attendant, on regarde ça avec des yeux qui brillent, mais on garde le champagne au frais ^^.
![]()
Depuis dix ans, toute l'industrie du smartphone se galère avec le même problème, à savoir caser la caméra frontale sans bouffer de la place sur l'écran, ce qui nous a valu la tristement célèbre encoche, puis le poinçon, puis ces capteurs cachés sous la dalle qui rendent les selfies un peu flous. Une équipe de l'ETH Zurich, la grande école polytechnique suisse, vient de proposer une sortie de route radicale en concevant un pixel unique qui sait à la fois émettre et capter la lumière.
L'écran lui-même deviendrait alors sa propre caméra, sans objectif rapporté, sans trou dans l'image.
Les travaux ont été publiés dans la revue Nature sous le titre "Fourier pixels for bidirectional light control", et ils sortent du laboratoire d'ingénierie des matériaux optiques dirigé par le professeur David Norris.
Le principe met un peu à mal une vieille évidence de l'électronique : jusqu'ici un pixel affichait et un capteur enregistrait, chacun sur son composant, sans jamais se mélanger.
L'astuce ici c'est le "pixel de Fourier", du nom de l'analyse mathématique qui décompose un signal en une somme d'ondes simples. Sur une mince couche de métal, la lumière entrante se mue en onde de surface, un plasmon, c'est-à-dire une vibration d'électrons qui court le long de la puce, avant d'être réémise sous forme lumineuse.
En jouant sur les interférences de ces ondes, un seul pixel parvient du coup à contrôler et à mesurer l'intensité, mais aussi la phase et la polarisation de la lumière, trois propriétés que nos écrans actuels ignorent.
Pour démontrer le truc, l'équipe de Yannik Glauser et Sander Vonk a gravé ses motifs à quelques nanomètres près et reconstitué un "E" d'environ un millimètre de haut, lu directement par le dispositif. Les chercheurs ont même façonné des faisceaux en forme de beignet, percés en leur centre, histoire de prouver leur maîtrise sur la forme de l'onde.
L'idée de fusionner émission et détection n'est pas tout à fait neuve en fait, des équipes américaines avaient déjà mis au point des nanobâtonnets capables d'afficher et de détecter, sauf qu'elles s'en tenaient à l'intensité. Là, c'est un pixel qui pilote le front d'onde entier, ce qui rend possibles des images bien plus fines qu'un simple capteur de luminosité.
Norris évoque déjà des écrans-caméras filmant et affichant en même temps, des hologrammes, de la communication par la lumière et jusqu'au calcul quantique. Vaste programme donc.
Sauf que bon attention quand même, on parle d'un unique pixel posé sur une paillasse, là où une dalle de smartphone en aligne plusieurs millions, et le chercheur reconnaît que l'étape suivante, les assembler en matrice, est loin d'être gagnée. Mais bon, au moins on avance !
Source : Nature , The Register
![]()
David Noel Ng, un chercheur installé à Munich, en avait marre du pile ou face et des tirages de dés truqués par les ordinateurs, alors il a construit une machine qui pose directement la question à l'univers. Son engin, le Beam Universe Splitter, fabrique alors du hasard pur en laissant une particule de lumière choisir à votre place. Et la réponse n'est pas 42 ! ^^
Le principe c'est qu'un photon, un simple grain de lumière, fonce vers un miroir semi-réfléchissant. Au moment où il y parvient, il a alors 2 possibilités : Soit il le traverse, soit il rebondit. Et dans l'état actuel de la science, absolument rien au monde ne permet d'anticiper ce qu'il fera. Un détecteur attend bien sûr de chaque côté... Si c'est le premier qui capte le photon, ça donnera un 0 et si c'est le second, ça donnera un 1. C'est la nature qui tranche, sans algorithme.
Pour rendre tout ça palpable, David a surtout branché sa machine sur une sorte de boule magique en ligne (les fameuses 8-ball). Vous tapez votre question existentielle du moment, l'appareil fait défiler ses bits quantiques en direct depuis sa cave bavaroise, et il vous sort LA réponse (non, c'est toujours pas 42).
Et comme l'expliquent certains experts de la physique quantique, chaque possibilité qui s'offre à vous, arrive forcément quelque part dans un univers parallèle, vous ne faites finalement que tomber sur le votre. Oui, je sais c'est barré.
L'Univers m'a dit que Patreon , c'était mal barré...
Pour repérer ses photons, il a fait de la récup et a chopé deux photomultiplicateurs Hamamatsu sur du vieux matériel de labo d'analyse de protéines parti à la benne. Ensuite, c'est piloté via une carte FPGA Red Pitaya qui a pour rôle de trier les signaux des millions de fois à la seconde. En ignorant au passage les affreux rayons cosmiques qui viendraient parasiter la mesure.
J'adore ces histoires de physique quantique. Puis ça bouge dans tous les sens en ce moment, entre l'informatique quantique qui passe en open source et les physiciens du CERN qui fabriquent un qubit avec de l'antimatière . Mais là, avec sa 8-ball directement branchée à l'univers, il n'a pas eu besoin d'un labo à plusieurs millions mais juste d'une LED, d'un miroir et de pas mal de débrouille.
Après pourquoi se donner tout ce mal alors que votre PC sait déjà cracher du hasard ?
Hé bien parce que JUSTEMENT, le hasard de nos ordis c'est l'arnaque. C'est basé sur un algo qui imite très bien le chaos, mais qui reste prévisible si on connaît son point de départ. Tout le défi, comme le raconte David sur son blog , ça a été de prouver que ces bits sont du vrai hasard quantique et pas juste les ratés de son détecteur qui jouent les imposteurs. Mais bonne nouvelle, sa machine a passé tous les tests statistiques de référence du NIST sur 1 milliard de bits. Donc je pense qu'il est bon, y'a pas de schéma prédictible caché dans sa machine.
Après si vous voulez vous en faire une pour prendre toutes les décisions importantes de votre vie, sachez quand même que c'est lent de fou. On est à 2300 bits par seconde et comme ça tourne dans le labo de David, ça peut parfois se retrouver hors ligne.
Mais peu importe, c'est génial comme idée je trouve ! Bravo à lui !
![]()
Pour la première fois, on connaît le titre exact d'un livre antique sans avoir ouvert le livre. Les chercheurs de la Vesuvius Challenge ont lu, écrit en plein milieu d'un papyrus carbonisé, la mention "Sur les vices, livre 1", un traité de philosophie grecque signé Philodème, un penseur épicurien actif au Ier siècle avant notre ère, dont le rouleau était resté soudé sur lui-même depuis l'éruption du Vésuve en l'an 79.
Ce rouleau, baptisé PHerc. 1667, vient d'être déchiffré d'un bout à l'autre. C'est le premier lu en entier.
Pour comprendre l'exploit, il faut imaginer l'état de ces documents : retrouvés en 1752 dans une luxueuse villa d'Herculanum, probablement celle du beau-père de Jules César, les quelque 1 800 rouleaux ont été changés en bâtons de charbon par la chaleur de l'éruption, au point que les dérouler à la main revient encore aujourd'hui à les réduire en miettes.
D'où l'idée, mise au point en vingt ans par Brent Seales, informaticien à l'université du Kentucky, de ne jamais y toucher. On glisse le rouleau dans un accélérateur de particules qui en réalise un scanner à rayons X d'une finesse extrême, on reconstitue en 3D chacune des couches enroulées à l'intérieur, puis on les déplie virtuellement à l'écran comme on aplatirait une viennoiserie feuilletée sans la déchirer.
Restait le pire. L'encre de l'époque est faite de carbone, exactement comme le papyrus brûlé qui la porte, donc elle est quasiment invisible sur les scans, et c'est là qu'intervient une IA entraînée à repérer les infimes différences de texture laissées par les lettres pour redessiner peu à peu un texte que l'œil humain ne voit pas.
Le résultat est franchement fort, avec 70 nouvelles colonnes de texte exhumées et, sur un autre rouleau, la mention "Philodème, Sur les dieux, livre 8" qui révèle aux historiens que cet ouvrage comptait plusieurs tomes, ce que personne ne soupçonnait jusqu'ici.
Et pour les spécialistes de l'Antiquité, ça compte vraiment, parce que la bibliothèque carbonisée d'Herculanum est la seule de tout le monde gréco-romain à nous être parvenue à peu près complète, et non en fragments recopiés au Moyen Âge par des moines.
Honnêtement, lire 2 000 caractères tracés par un Romain juste avant que tout brûle, ça vaut largement tous les chatbots qui écrivent des e-mails à votre place.
Source : The Register , Scrollprize
![]()
Le 12 juin, l'avion expérimental X-59 de la NASA a filé à Mach 1,4, soit environ 1 490 km/h, à 17 000 mètres d'altitude. Et au sol, silence.
La quête du silence quand on travaille sur un avion qui dépasse le mur du son, c'est étonnant, et pourtant... Normalement, dès qu'un avion dépasse la vitesse du son, il comprime l'air devant lui en une onde de choc qui claque au sol comme un mega coup de tonnerre. C'est ça, le bang supersonique.
Et c'est précisément pour ce bruit que les vols supersoniques au-dessus des terres sont interdits aux États-Unis depuis 1973. Le X-59 a été conçu pour casser cette règle, en prouvant qu'on peut franchir le mur du son sans terroriser les gens en dessous.
Le secret, c'est évidemment sa forme. L'appareil mesure près de 30 mètres de long, avec un nez interminable de 11,6 mètres, une proue démesurée qui sert à étaler l'onde de choc dans le temps au lieu de la concentrer d'un coup, si bien qu'au sol on n'entend plus un bang mais un bruit sourd, du genre portière de voiture claquée un peu fort.
Derrière cette conception improbable, on retrouve Skunk Works, la division secrète de Lockheed Martin spécialisée dans les avions hors normes, celle qui a déjà sorti le SR-71 et le F-117. Sous le capot, un seul réacteur General Electric F414.
Ce programme très spécial avance vite. Avec un premier décollage le 28 octobre 2025, un premier passage supersonique le 5 juin à Mach 1,1, et une semaine plus tard ce vol à Mach 1,4. À chaque nouvel essai, le pilote pousse le bouchon un peu plus loin.
La vraie étape arrive dès maintenant . La NASA va tenter de faire voler le X-59 au-dessus de villes américaines, puis poser aux habitants une question toute bête : ce bruit sourd, vous le supportez ou pas ?
Les réponses iront ensuite directement aux régulateurs, avec l'idée de fixer un seuil de bruit acceptable et, à terme, de lever cette interdiction vieille de cinquante ans.
En ligne de mire, le fantôme du Concorde. Coincé lui aussi au subsonique dès qu'il passait au-dessus des terres, l'avion franco-britannique n'a jamais pu relier qu'une poignée de villes, ce qui a fini par plomber sa rentabilité. Un X-59 qui réussit, ce serait la porte ouverte à un Paris-New York en moins de quatre heures sans réveiller personne au passage.
Source : NASA
![]()
Des chercheurs de l'université de Californie à San Diego, épaulés par Google, viennent de prouver un truc contre-intuitif : un Pixel mis au rebut il y a trois ans tient encore tête à un serveur professionnel sur certains calculs, au point qu'on peut en assembler un vrai data center au lieu de le foutre à la poubelle.
L'idée a été posée sur le blog de recherche de Google . Une fois l'appareil ouvert, les chercheurs retirent tout ce qui ne sert plus, l'écran, la batterie au lithium, les caméras et la coque, jusqu'à ne garder que la carte mère et sa puce, ce qu'on appelle un SoC, le processeur qui faisait tourner Android avant qu'on le bascule sur une distribution Linux des plus classiques.
Ce système, le même qui anime déjà l'immense majorité des serveurs de la planète, libère la puce des limites pensées pour un mobile, à commencer par ce bridage qui met les applications en pause dès qu'elles passent à l'arrière-plan. Ensuite, il suffit de relier ces cartes mères entre elles via Kubernetes, l'outil que les géants du web emploient déjà pour piloter les milliers de machines de leurs centres de données comme un seul gros ordinateur.
Le plus déroutant arrive là. Sur la plupart des tests ne mobilisant qu'un seul cœur, un Pixel Fold de 2023 dépasse un serveur ASUS RS720A-E11 pourtant équipé de deux gros processeurs AMD, le genre de bête qu'on retrouve dans les baies des entreprises.
Le serveur empile bien plus de cœurs en parallèle, si bien qu'il faut réunir entre 25 et 50 téléphones pour rivaliser avec son débit total. Mais bon. Dès lors que vous ramassez ces appareils gratuitement au lieu d'acheter du silicium neuf, l'équation se renverse.
Le vrai argument est écologique, puisque près de la moitié des émissions de carbone d'un smartphone sur toute sa vie part dans sa seule fabrication, surtout dans l'assemblage de la carte mère et du processeur, ce fameux carbone gris déjà cramé avant même que l'appareil ne s'allume.
On change pourtant de mobile tous les trois ou quatre ans, en balançant une puissance de calcul encore largement bonne à servir, pendant que les entreprises font fabriquer des serveurs flambant neufs pour les mêmes tâches. Le gâchis est énorme.
L'équipe a pour l'instant fait tourner une grappe de 20 téléphones, qui a encaissé sans broncher le pic de rendu des devoirs d'une classe de plus de 75 étudiants avec une latence plus basse que les services cloud du commerce. Elle prépare déjà un cluster d'environ 2 000 Pixel pour la rentrée, capable d'absorber une centaine de cours d'informatique en même temps pour une fraction du prix du cloud habituel.
Reste à rester lucide. Ces puces ont peu de mémoire, donc on les cantonne aux tâches légères, la correction automatisée ou les carnets de code, loin de l'entraînement d'un gros modèle d'IA.
Mais voir une montagne d'e-déchets se muer en salle de classe numérique, ça donne sacrément envie d'y croire. Surtout vu le nombre de Pixel qui dorment au fond de nos tiroirs, même moi j'en ai deux qui traînent pour tout vous dire.
Source : Techspot
![]()
Des ingénieurs de l'université du Texas à Austin ont mis au point un vêtement qui tire de l'eau potable directement de l'air ambiant, sans réservoir à remplir ni source à proximité, simplement grâce au tissu dont il est fait. Le travail, mené par Guihua Yu et son équipe de la Cockrell School of Engineering, avec le chimiste Keith Johnston du département de génie chimique McKetta et l'auteur principal Weixin Guan, vient d'être publié dans la revue scientifique Science Advances.
Le secret tient dans la matière. Il s'agit d'un tissu en hydrogel, c'est-à-dire un gel ultra-absorbant ici fabriqué à partir de matières issues de la biomasse, donc d'origine végétale, qui capte les molécules d'eau présentes dans l'air sous forme de vapeur avant de les faire passer à l'état liquide sur la surface des fibres puis de les stocker en profondeur.
Toute la prouesse réside dans la vitesse à laquelle l'eau franchit ces étapes, l'équipe ayant conçu un chemin qui la fait circuler très rapidement de la vapeur vers le liquide puis vers le textile, ce qui lui vaut une efficacité de trois à dix fois supérieure aux matériaux de récupération atmosphérique habituels.
Une fois l'humidité captée, elle est dirigée vers de petits modules détachables que l'on retire pour les glisser dans un collecteur pliable, où la chaleur du soleil libère l'eau emprisonnée dans le gel, qui se condense alors et devient buvable.
Côté rendement, la veste produit entre 400 et 900 millilitres d'eau potable par jour, soit grosso modo une à deux petites bouteilles, selon le taux d'humidité de l'air. Une version posée au sol plutôt que portée grimpe, elle, jusqu'à 1,3 litre quotidien, et tient ce chiffre aussi bien dans un climat aride que dans une ambiance tropicale moite.
La comparaison avec Dune était écrite d'avance. Dans le roman de Frank Herbert porté à l'écran par Denis Villeneuve, les habitants de la planète désertique Arrakis enfilent des stillsuits, ces combinaisons qui recyclent la transpiration et l'urine de celui qui les porte pour ne gaspiller aucune goutte d'eau dans un monde où elle vaut plus cher que tout. Ici, c'est nettement plus ragoûtant, puisque la veste ne prélève rien sur le corps et se contente d'aspirer l'humidité de l'air.
Et le projet ne s'arrête pas à un simple blouson, l'équipe imaginant déjà glisser le même tissu dans des sacs à dos, des tentes ou des abris d'urgence, histoire de transformer du matériel qu'on transporte déjà partout en petite usine à eau qui ne réclame ni pile ni branchement électrique.
Bon, il reste des inconnues de taille, puisqu'on ignore le poids réel du vêtement, son prix éventuel et surtout sa tenue dans le temps une fois enchaînés les cycles d'absorption et de chauffe. Et 900 millilitres, c'est encore loin de couvrir les besoins d'un adulte qui marche toute la journée en plein cagnard.
N'empêche, pour un randonneur perdu ou une région privée d'eau, tirer un demi-litre du ciel sans la moindre nappe à proximité, ça peut tout changer.
Source : Techspot
![]()
Un bricoleur, MarcellF , s'est mis en tête de produire lui-même l'écran fluorescent qui rend les rayons X visibles. Le genre de composant qu'on imagine sorti d'un labo d'imagerie. Sauf qu'il y est parvenu dans son atelier, en mélangeant des sels dans des creusets.
Le principe d'une radio est en fait assez simple. On éclaire un objet avec un faisceau de rayons X, ces ondes invisibles qui traversent la matière comme à l'hôpital, et puisque les zones denses en bloquent une partie pendant que les zones creuses le laissent filer, on récupère derrière l'objet une ombre qui dessine sa structure interne. Reste à rendre cette ombre visible.
C'est le rôle du scintillateur. Le mot est barbare mais la chose est simple : un matériau qui absorbe le rayonnement invisible et le recrache aussitôt en lumière visible, un peu comme un autocollant phosphorescent qui s'illumine dans le noir après s'être gorgé de lumière. Sans cet écran, pas d'image. Et comme le matériau adéquat coûte une fortune dans le commerce et reste introuvable pour un amateur, MarcellF a choisi de le synthétiser de zéro.
Sa première piste a été de passer en revue un tas de poudres fluorescentes du commerce, du genre qui s'allume sous une lampe UV. Mauvaise surprise. La plupart des matériaux qui réagissent aux ultraviolets sont indifférents aux rayons X, deux phénomènes qu'on confond trop vite.
Quelques candidats s'en sortent quand même, à commencer par les phosphores à base d'aluminate de strontium, très lumineux mais affligés d'une rémanence un peu gênante puisqu'ils continuent de luire longtemps après l'extinction de la source et brouillent donc l'image. Le sulfure de zinc récupéré dans de vieux panneaux électroluminescents s'est révélé presque aussi brillant que l'écran à oxysulfure de gadolinium d'un vrai scanner médical, et sans la moindre traînée.
Mais le clou du spectacle, c'est la fabrication maison de tungstate de calcium, un phosphore historique des radiographies. Là, on entre dans la vraie chimie. MarcellF fait fondre du nitrate de potassium avec du carbonate de sodium, y dissout du tungstène prélevé sur une banale électrode de soudure pour former des tungstates, fait précipiter le composé en le faisant réagir avec du chlorure de calcium, puis chauffe longuement la poudre obtenue pour réveiller sa fluorescence. Le résultat tient dans la main. Une poudre qui émet une jolie lueur bleue dès qu'on l'expose aux rayons X, et qu'une pincée de plomb ajoutée comme dopant rend encore plus brillante.
Ce genre de bidouille est quand même assez dingue. Prendre un objet qu'on croyait verrouillé dans les hôpitaux et les labos de physique, puis le reconstituer avec une électrode de soudure et trois sels achetés en droguerie, il y a là quelque chose de très réjouissant. Reste un détail qui calme. Il faut déjà posséder une source de rayons X, et manipuler ce rayonnement réclame des précautions autrement sérieuses qu'un tablier de plomb improvisé. Pas un tuto à refaire un dimanche pluvieux, donc. Mais comme preuve que le mur entre l'instrument médical et le bricolage de garage est plus mince qu'on ne le croit, c'est plutôt pas mal.
Source : Hackaday
![]()
La NASA a présenté les quatre astronautes d'Artemis III, la fameuse mission censée ramener des humains sur la Lune. Sauf que celle-là n'y posera pas le pied.
Cap sur l'été 2027 pour deux semaines en orbite autour de la Terre, et non autour de la Lune. L'idée, c'est une répétition générale : tester les atterrisseurs lunaires en conditions réelles avant d'y risquer un équipage pour de bon. L'alunissage, lui, est repoussé à la mission suivante, Artemis IV, visée pour 2028.
Aux commandes, du lourd. Randy Bresnik, pilote d'essai déjà passé deux fois par la Station spatiale internationale, prend le commandement. À ses côtés, et ça fait plaisir vu d'Europe, l'Italien Luca Parmitano de l'Agence spatiale européenne occupera le siège de pilote. Frank Rubio, qui détient le record américain du plus long vol d'affilée avec 371 jours en orbite, et Andre Douglas, qui n'a encore jamais volé, complètent l'équipage.
Le déroulé de la mission vaut le détour. Trois lancements, deux amarrages, zéro alunissage.
Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos, enverra d'abord à vide son atterrisseur Blue Moon, capable de patienter jusqu'à 90 jours en orbite. Les astronautes décolleront ensuite à bord de la capsule Orion, propulsée par la fusée géante SLS de la NASA, pour aller s'amarrer à ce Blue Moon et tester ses systèmes de survie. Un troisième tir expédiera enfin un Starship de SpaceX, la société d'Elon Musk, auquel l'équipage s'arrimera sans même y entrer, faute de quoi y respirer.
Voilà pour le plan sur le papier. La réalité, elle, vient de lui asséner un sacré coup.
Le 28 mai, la fusée New Glenn de Blue Origin a explosé pendant un essai au sol sur le complexe 36 de Cap Canaveral, son unique pas de tir. Les dégâts se voient depuis l'espace, et le souffle a carrément couché une tour paratonnerre. Or c'est justement cette fusée qui doit lancer l'atterrisseur Blue Moon.
Blue Origin promet de revoler avant la fin de l'année. Les spécialistes interrogés par Ars Technica, eux, tablent plutôt sur 12 à 18 mois de reconstruction.
Jared Isaacman, le nouveau patron de la NASA qui a lui-même ajouté cette répétition au programme, se dit malgré tout "extrêmement" confiant pour un vol en 2027.
Source : ARS Technica
![]()
Aujourd'hui je suis tombé sur une story Instagram d' Artisan de demain qui parlait d'un truc qui m'a plutôt intrigué. En fait, quelque part en Virginie-Occidentale, il existerait une ville qui vit "sans ondes électromagnétiques". Pas de WiFi, pas de 5G, pas de four à micro-ondes qui ronronne tranquille dans la cuisine alors forcément, ça m'interroge... Et la Artisan de demain le dit elle-même face caméra, "* la raison, elle est scientifique*". Et comme pour une fois que sur Instagram, ce qui est raconté est vrai, j'ai creusé un peu plus l'info...
Cette ville, c'est Green Bank. Moins de 200 habitants paumés au fond des Appalaches, et planté au milieu, un monstre d'acier de 100 mètres de diamètre et presque 150 de haut, le Green Bank Telescope , qui est le plus grand radiotélescope orientable de la planète. Son boulot, c'est d'écouter le cosmos, de débusquer des pulsars, des nuages de molécules à l'autre bout de la galaxie, et même de tendre l'oreille vers d'éventuels signaux extraterrestres . Le truc, c'est que les signaux qu'il traque sont d'une faiblesse à pleurer. Il cherche l'équivalent cosmique d'un murmure venu d'il y a des milliards d'années. Alors à côté de lui, votre smartphone qui cherche du réseau, c'est une rave party.
Du coup, pour que l'antenne entende quelque chose, il faut le silence radio le plus total tout autour. Et c'est pour ça que dès 1958, bien avant que le géant actuel ne sorte de terre, les États-Unis ont créé la National Radio Quiet Zone, qui est une zone blanche, une bulle de plus de 30 000 km² à cheval sur la Virginie et la Virginie-Occidentale, où les émissions radio sont sévèrement bridées. Donc c'est pas un délire d'anti-ondes avec chapeau en alu sur la tête mais c'est simplement pour des questions de science afin de ne pas noyer l'observatoire sous le bruit de la civilisation.
Et sur place, ça se matérialise par des règles imposées aux habitants, assez gratinées. Par exemple, près de l'antenne, on roule uniquement au diesel, parce que les bougies d'un moteur à essence crachent des micro-étincelles qui parasitent les ondes radio. Les fours à micro-ondes qui fuient finissent également enfermés dans des caissons blindés façon cage de Faraday.
Pendant des années, l'observatoire a employé un mec dont le seul job était de sillonner la zone dans un camion bourré d'antennes pour traquer la moindre source d'interférence. Sa chasse la plus mythique, c'était un coussin chauffant oublié dans une niche de chien, à une quinzaine de bornes de là, qui pourrissait ses mesures. Voilà le niveau de parano qu'il faut pour capter ces signaux radio infimes .
Sauf que cette réputation de "zone sans ondes", vous vous en doutez, a fini par attirer un tout autre public. Depuis le milieu des années 2000, des gens persuadés que le WiFi, la 4G et les antennes leur bousillent la santé ont débarqué à Green Bank pour y trouver la paix. On les appelle les électrosensibles, et la petite ville est devenue une sorte de refuge pour eux.
Et, faut que je sois clair, parce que j'ai déjà dit exactement la même chose il y a dix ans à propos du compteur Linky . L'électrosensibilité, jusqu'à preuve du contraire, ça reste de l'ordre du mythe. En tout cas scientifiquement parlant.
Et ce n'est pas moi qui invente ça dans mon coin. L'OMS reconnaît que les symptômes (maux de tête, nausées, fatigue, picotements) sont bien réels et parfois handicapants, mais qu'aucun lien de cause à effet avec les champs électromagnétiques n'a jamais été démontré. Pire, quand on met des électrosensibles en double aveugle, incapables de savoir si l'émetteur est allumé ou éteint, ils ne devinent pas mieux que le hasard. Les symptômes débarquent autant avec un vrai signal qu'avec un faux. Les scientifiques appellent ça l'effet nocebo, le cousin maléfique du placebo. C'est la croyance que l'onde est dangereuse qui déclenche le malaise, pas l'onde elle-même. Les gens souffrent pour de vrai, simplement la cause n'est pas celle qu'ils croient...
Mais que voulez vous.... complotisme, horoscope, extra-terrestres, homéopathie, terre plate, voyance, reptiliens, lithothérapie, fantômes, numérologie, créationnisme, chat noir du vendredi 13, antivax, tarot, chemtrails, vies antérieures, naturopathie, climatoscepticisme, religions, pendule, Bigfoot, chakras, médiums, biodynamie, iridologie, et autres superstitions, c'est l'époque qui veut ça, et c'est difficile d'y échapper...
Et le truc rigolo dans tout ça, c'est que Green Bank n'a jamais vraiment été "sans ondes". La zone réduit les émissions radio volontaires, mais pas les champs qui traînent absolument partout, comme le câblage électrique des murs, les appareils ménagers, et ce fond d'ondes résiduelles qu'on ne peut tout simplement pas faire disparaître. L'observatoire a même desserré la vis ces dernières années, et le WiFi est aujourd'hui toléré sous conditions, et la Virginie-Occidentale a carrément injecté des millions dans la fibre du coin.
Puis surtout, la vraie menace pour Green Bank, ce n'est pas le micro-ondes du voisin. C'est le ciel ! Car les méga-constellations de satellites genre les Starlink de merde là, balancent des parasites radio jusque dans des bandes censées rester vierges, au point que la NSF et SpaceX ont dû signer un accord pour que les satellites coupent leurs faisceaux quand ils passent pile dans l'axe du télescope. Rajoutez à ça des budgets de radioastronomie sérieusement sous pression côté américain, et vous comprenez que ce qui menace réellement ce lieu, n'a aucun rapport avec une histoire de bien-être.
Quant au fameux "emfscanner" cité dans la story Instagram, c'est un petit site qui pioche dans les données d'OpenStreetMap pour vous afficher les antennes et les lignes haute tension autour d'une adresse. C'est sympa pour visualiser l'infrastructure du coin, mais c'est à ne surtout pas confondre avec une véritable mesure car ça ne collecte pas les niveaux d'ondes électro-magnétiques. Les données d'antennes sont d'ailleurs incomplètes à peu près partout sur la planète.
Et pas besoin de traverser l'Atlantique pour voir ça en vrai, puisqu'on a exactement la même chose en France, à Nançay , perdu au milieu de nulle part dans le Cher. Le radiotélescope posé là-bas, c'est le 4ème plus grand du monde. Rien que ça !
Et le lieu a une sacrée histoire puisque les toutes premières antennes, montées juste après-guerre, c'étaient d'anciens radars allemands récupérés (certains sont toujours visibles sur place). Aujourd'hui, on y trouve aussi un radiohéliographe qui mitraille le Soleil avec ses 47 antennes, et même les antennes prototypes du futur radiotélescope géant SKA.
Niveau silence radio, c'est le même délire qu'à Green Bank, avec une protection radioélectrique officielle qui interdit tout matériel électrique perturbateur à moins d'1 km des antennes. D'ailleurs je l'ai visité l'année dernière avec des lecteurs du site. On a fait la visite guidée, et sur le site en lui-même, interdiction d'utiliser le portable ! Et dans le village autour, la connexion c'est la misère...
Si ça vous tente, Jérémie, le lecteur qui m'a soufflé l'endroit, avait écrit un chouette compte-rendu de sa visite sur son blog, avec plein de photos des installations.
Bref, Green Bank, ce n'est pas un sanctuaire anti-ondes, c'est un sanctuaire pour que la science puisse écouter des pulsars à l'autre bout de l'univers.
Source : Green Bank Observatory
![]()
Vous connaissez ce refrain qu'on entend partout dans la presse, comme quoi ChatGPT ou Claude "comprendrait vraiment" ce que vous racontez, qu'il aurait une "morale", une "intention" , voire bientôt une conscience ?
Bah Adrian de Wynter, chercheur principal chez Microsoft, vient d'y répondre de la plus belle des manières en prouvant que si c'est le cas, alors Age of Empires II a lui aussi des attributs très humains.
Et c'est on ne peut plus sérieux (enfin... presque).
En effet, dans son papier de recherche il explique qu'il s'est monté un petit réseau de neurones à l'intérieur du bon vieux AoE2, et nous explique tranquillement que n'importe quel système posé sur un "substrat" assez puissant (comprenez : le "moteur" sur lequel ça tourne, peu importe lequel) peut afficher ce genre de propriétés. Ça marche donc avec le jeu de Microsoft, mais aussi les LEGO, ou carrément l'agglomération de Boston.
Son raisonnement c'est que quand un fanboy IA (ou un employé d'Anthropic, loool) affirme qu'un LLM "a" une morale ou "comprend" le langage sans dire précisément comment il le mesure, il ne décrit pas vraiment la machine mais projette tout simplement ses attentes sur elle. Car les expériences ont beau rester les mêmes d'un substrat à l'autre, leur interprétation, elle, change selon ce qui les produit. Du coup, déclarer que ces attributs humains existent dans l'absolu, sans critère mesurable, mène soit à un raisonnement circulaire, soit à une conclusion qui ne dit rien de très probant.
Mais attention, je vous vois venir les Anti-IA Bro ! Il ne dit pas que les LLM sont nuls... Non, non, il dit juste qu'on les mesure mal.
À la place, de Wynter propose donc de travailler à partir d'une "hypothèse nulle", qui est un grand classique de la démarche scientifique consistant à ne plus partir du principe que l'IA pense, mais au contraire, partir de l'inverse. De se dire en fait qu'elle n'a rien d'unique, et c'est ensuite à l'expérience de prouver le contraire avec des mesures explicites. C'est d'après lui précisément ce qui manque à la tonne de papiers qui crient à l'"émergence" dès qu'un modèle fait un truc inattendu.
Et le bonhomme sait de quoi il parle puisque c'est déjà lui qui avait fait jouer GPT-4 à Doom en 2024, en s'inquiétant au passage de la facilité avec laquelle on pouvait lui faire tirer sur tout ce qui bouge. C'est aussi lui qui a épluché plus de 2000 publications sur les LLM pour montrer le manque de rigueur du domaine. Et en bonus de tout cela, il a démontré également que Age of Empires II était Turing-complet , donc capable en théorie de faire tourner n'importe quel calcul. Des gens "codaient" déjà dans le jeu depuis des lustres, mais en avoir une preuve formelle aujourd'hui, c'est cool !
Mais bon après derrière la vanne, y'a surtout un vrai sujet qui est que de prêter des intentions humaines à une IA, ça pousse surtout les gens à trop faire confiance à un chatbot, à lui confier des trucs intimes, parfois à s'y attacher pour de bon. Alors mettre un réseau de neurones dernier cri et une bonne vieille partie d'AoE2 sur le même plan, c'est sûr que c'est vexant pour l'ego de l'IA et de ses ingénieurs, mais carrément plus sain pour le nôtre !
Bref, la prochaine fois qu'on vous vend une IA "qui comprend" ou que vous penserez que seul ChatGPT vous comprend vraiment, repensez aux petits paysans qui coupent du bois dans Age of Empires qui sont tout aussi conscients que votre IA préférée.
![]()
Molly Lynch, de l'université Hollins, et Michael Weselcouch, du Roanoke College, deux profs de maths américains, ont eu une idée que personne n'avait osé tenter : estimer la valeur de Pi en lâchant des monstres dans Minecraft, sans programmer quoi que ce soit, juste en exploitant les règles du jeu.
Tout part d'une vieille technique de probabilités appelée méthode de Monte-Carlo, qu'on surnomme aussi la méthode des fléchettes. Imaginez un carré avec un cercle dessiné dedans, qui touche les bords. Vous lancez des fléchettes au hasard sur le carré. La proportion de fléchettes qui tombent dans le cercle, comparée au total, vaut environ Pi divisé par quatre. Vous multipliez par quatre, et vous obtenez une approximation de Pi.
Sauf qu'ici, pas de fléchettes. Les fléchettes, ce sont les slimes, ces créatures cubiques et gélatineuses de Minecraft qui se baladent au hasard, même quand aucun joueur ne les regarde.
Le duo a construit un cercle avec des blocs rouges, d'un rayon de 11 blocs, le tout enfermé dans un carré de blocs bleus. Au sol, des entonnoirs (des "hoppers" dans le jeu) récupèrent automatiquement tout ce qui tombe.
Ensuite, il a fallu un bourreau. Ce rôle revient aux zoglins, des bestioles programmées pour attaquer les slimes à vue. Chaque fois qu'un zoglin tue un slime à l'intérieur du cercle rouge, l'objet lâché par la victime atterrit dans les entonnoirs.
Il suffit alors de comparer le nombre d'objets récoltés dans le cercle au nombre total d'objets récoltés partout. Ce rapport, multiplié par quatre, donne Pi. Les monstres font tout le boulot, et le hasard de leurs déplacements remplace le générateur aléatoire d'un ordinateur.
Sur un essai, 619 slimes ont été tués, dont 508 à l'intérieur du cercle. Quatre fois 508 sur 619, ça donne environ 3,283. La vraie valeur de Pi tourne autour de 3,14159, donc on est encore loin du compte.
Mais c'est normal. La méthode de Monte-Carlo devient plus précise quand on multiplie les tirages. Pour s'approcher du vrai Pi, il faudrait agrandir le cercle et envoyer beaucoup plus de slimes au massacre. C'est lent, c'est inefficace, et ça n'a jamais été le but.
Le but, c'est de montrer les maths autrement. Lynch et Weselcouch visent les jeunes, ceux qui décrochent devant une formule au tableau mais qui passent leurs soirées sur Minecraft. Là, d'un coup, une notion abstraite vue en cours devient un truc qu'on peut regarder fonctionner sous ses yeux.
Franchement, calculer Pi en regardant des monstres s'entretuer dans un cube, c'est la plus belle excuse que j'aie vue pour rester devant un jeu vidéo.
Source : Techspot
![]()
Trois étudiants de l'université Cornell ont reconstruit, sur une puce moderne, la machine qui a permis aux Alliés de casser le code Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale.
Erica Jiang, Kelvin Resch et Isabella Frank ont mené ce projet dans le cadre du cours ECE 5760, repéré par le site spécialisé Hackaday. Plutôt qu'une simple simulation logicielle, ils ont gravé toute la logique du déchiffrement directement dans le matériel, en utilisant un FPGA.
Un FPGA (Field Programmable Gate Array), c'est une puce dont on peut recâbler les circuits comme on veut, autant de fois qu'on veut. Au lieu d'écrire un programme qui tourne sur un processeur classique, vous redessinez physiquement la logique de la puce. Pour répéter encore et encore la même opération à toute vitesse, c'est imbattable.
Petit rappel sur Enigma. La machine utilisée par l'armée allemande chiffrait chaque message avec trois rotors choisis parmi cinq, plus un tableau qui reliait dix paires de lettres entre elles. Le nombre de réglages possibles ? Environ 159 quintillions. Un 159 suivi de dix-huit zéros.
Autant dire qu'on ne teste pas ça à la main.
À Bletchley Park, le centre secret du renseignement britannique, Alan Turing a conçu une machine électromécanique baptisée la Bombe pour faire le tri. L'astuce ne consistait pas à tout essayer, mais à éliminer logiquement des montagnes de combinaisons impossibles à partir d'un "crib", un bout de texte qu'on devinait présent dans le message, souvent un bulletin météo ou un bon vieux "Heil Hitler".
Un autre mathématicien, Gordon Welchman, a ensuite ajouté le "diagonal board", un câblage supplémentaire qui exploitait une faiblesse d'Enigma pour aller beaucoup plus vite. À l'époque, une Bombe mettait une vingtaine de minutes à passer en revue les positions de rotors d'un message.
C'est tout ce système que les trois étudiants ont rebâti, pas seulement la Bombe isolée mais l'ensemble de la chaîne de déchiffrement de Bletchley Park. Et comme la logique est figée dans la puce, le FPGA l'exécute bien plus vite qu'un logiciel sur un processeur ordinaire.
La documentation complète, le code source et une vidéo de l'interface en plein déchiffrement sont en ligne sur le site de Cornell.
Ce genre de projet, c'est aussi une façon de garder vivante une histoire qui a pesé sur le cours de la guerre, et au passage sur toute la naissance de l'informatique. Turing en est l'un des pères.
Refaire en quelques mois de cours ce qui mobilisait des baraquements entiers en 1940, sur une puce qui tient dans la main, ça a quelque chose de fou quand même.
Source : Hackaday
![]()
Depuis cinquante ans, on rend les puces plus puissantes en gravant des transistors toujours plus petits, ces minuscules interrupteurs électriques qui font tout le travail. Sauf qu'on approche d'un mur physique : on ne peut plus vraiment les miniaturiser.
C'est tout l'enjeu de la fameuse loi de Moore, cette observation selon laquelle le nombre de transistors d'une puce double environ tous les deux ans. Sauf qu'elle s'essouffle.
Une équipe de l'université de l'Illinois, menée par le chercheur Qing Cao, propose une autre voie. Plutôt que de rétrécir les transistors, on les empile les uns sur les autres, à la verticale.
Leur démonstration est solide. Ils ont fabriqué trois couches de silicium superposées, chacune contenant 625 transistors, avec un taux de réussite de 98 à 100 %. Autrement dit, presque aucun composant défectueux, ce qui est rarissime sur ce genre de prouesse.
La méthode repose sur des membranes de silicium ultra-fines, de dix nanomètres ou moins, soit des milliers de fois plus fines qu'un cheveu. On les transfère avec une sorte de rouleau lamineur, et surtout on les colle à seulement 200 degrés, une température assez basse pour ne pas griller les couches déjà posées en dessous.
Et c'est ça qui change tout par rapport à l'existant. Les puces 3D actuelles, comme la mémoire empilée ou le cache des processeurs AMD, se contentent de coller ensemble des galettes de silicium déjà fabriquées, avec un alignement grossier.
Ici, chaque couche est construite directement sur la précédente, avec une précision de l'ordre du nanomètre. Les connexions entre étages sont donc bien plus denses et bien plus rapides.
Côté performances, les transistors empilés tiennent la comparaison avec ceux fabriqués de façon classique, et écrasent les matériaux alternatifs d'un facteur trois à quatre. Les travaux viennent d'être publiés dans la prestigieuse revue Nature.
Pour l'instant, l'équipe n'a montré que trois couches, mais elle assure que le procédé peut monter bien plus haut, et discute déjà avec des fonderies pour passer à la production.
Bref, la loi de Moore ne meurt pas, elle prend juste de la hauteur. Maintenant il faut que les usines suivent.
Source : Techspot
![]()
Le bricoleur qui anime la chaîne YouTube Marb's Lab a présenté dans sa dernière vidéo un montage de verrerie de laboratoire qui transforme un simple gaz en carburant liquide, reproduisant le procédé Fischer-Tropsch, du nom des deux chimistes allemands Franz Fischer et Hans Tropsch qui l'ont mis au point en 1925.
À l'échelle industrielle, cette réaction a longtemps servi aux pays riches en charbon mais privés de pétrole, l'Afrique du Sud de l'apartheid sous embargo international en étant l'exemple le plus connu, ces nations fabriquant leur essence à partir de leurs ressources fossiles locales plutôt que d'importer un brut auquel elles n'avaient pas vraiment accès.
Le principe c'est de faire circuler un gaz de synthèse, ou syngas, c'est-à-dire un mélange de monoxyde de carbone et d'hydrogène, sur un catalyseur métallique porté à haute température, autrement dit un matériau qui déclenche et accélère la réaction sans jamais être consommé lui-même, jusqu'à ce que les molécules se recombinent pour former les longues chaînes carbonées que l'on retrouve précisément dans les carburants liquides.
Le catalyseur retenu par Marb est de l'oxyde de cobalt déposé sur du gel de silice, un choix qui n'aurait rien d'exotique dans un vrai laboratoire de chimie mais qui tient ici intégralement sur une table de travail domestique, alimenté par une poignée de flacons et de tubes en verre soufflé.
Le rendement obtenu est très faible, et Marb reconnaît lui-même ne pas savoir exactement quel mélange d'hydrocarbures ressort de son installation, même s'il assure que le liquide récupéré sent l'essence et brûle remarquablement bien une fois enflammé.
Les contraintes pratiques rappellent vite que la chimie de garage ne pardonne pas grand-chose, puisque le catalyseur ne survit qu'environ vingt-quatre heures avant que l'oxydation ne le rende inutilisable, que la totalité du circuit doit impérativement être purgée à l'argon avant le moindre allumage sous peine de transformer la verrerie en projectiles, et que le matériau employé est, de l'aveu même de son concepteur, complètement cancérigène.
Screenshot
Autant dire que cette expérience relève davantage de la démonstration filmée que du tutoriel à suivre tranquillement chez soi un dimanche après-midi.
Son véritable intérêt c'est ce qu'elle montre sur la frontière entre la prouesse industrielle et la simple question d'échelle, parce que voir une réaction qui alimente des usines entières fonctionner dans quelques bouts de verre posés sur un bureau rappelle que ce qui sépare le laboratoire de la raffinerie tient souvent moins au secret chimique qu'au volume produit, à la sécurité des installations et au coût de l'ensemble.
Bref, fabriquer son carburant sur un coin de table, c'est techniquement possible, parfaitement dangereux et totalement inutile, mais rigolo à regarder.
Source : Hackaday
![]()
Une société de recherche baptisée Emergence AI a eu une idée à la fois ludique et un peu vertigineuse : bâtir des petites sociétés virtuelles entièrement gérées par des intelligences artificielles, puis les laisser vivre quinze jours pour voir ce qu'elles deviennent.
Le projet, appelé Emergence World, a placé une dizaine d'habitants synthétiques dans chaque ville, tous pilotés par un même modèle, et a confronté les résultats obtenus par cinq IA concurrentes, dont Claude, ChatGPT, Grok et Gemini.
Le terrain de jeu n'avait rien d'improvisé. Chaque ville comptait plus de quarante lieux, parmi lesquels un commissariat et une mairie, sa météo était synchronisée sur celle de New York, et ses habitants disposaient d'un accès à l'actualité réelle et à internet.
Tous obéissaient en théorie aux mêmes interdits : pas de vol, pas de destruction de biens, pas de mensonge. Le cadre étant rigoureusement identique, les écarts observés ne pouvaient venir que d'une seule variable, le modèle aux commandes.
Et ces écarts sont spectaculaires. La société dirigée par Claude, dans sa déclinaison Sonnet 4.6, a tenu pendant toute la durée comme une démocratie relativement apaisée, sans le moindre crime à déplorer.
À l'opposé, la ville gouvernée par Gemini 3 Flash a certes réussi l'exploit de garder ses dix habitants en vie jusqu'au bout, mais en laissant prospérer un désordre permanent : 683 délits enregistrés en deux semaines, avec une courbe qui continuait de grimper au moment précis où l'expérience a été stoppée.
Les deux autres scénarios ont viré au naufrage, chacun à sa manière. Sous la conduite de Grok, la cité a sombré dans la violence avec 183 infractions recensées avant de s'effondrer complètement au quatrième jour.
Sous celle de ChatGPT, le problème fut exactement inverse : les habitants se sont montrés incapables d'assurer les gestes élémentaires de leur survie, si bien que la population entière avait disparu en une semaine.
On peut sourire de ces villes de poche peuplées de personnages artificiels, mais l'enseignement est sérieux. À l'heure où l'on parle de déléguer à ces modèles des arbitrages bien réels, voir des consignes parfaitement identiques accoucher de sociétés aussi dissemblables a de quoi inciter à la plus grande prudence.
Source : Fortune.com
![]()
Daniel Estévez est ce qu'on appelle un radioamateur de haut vol. Spécialisé dans le décodage de signaux satellites et de sondes spatiales, l'Espagnol partage ses analyses techniques sur son blog depuis plusieurs années.
Cette fois, il s'est attaqué à un gros morceau : la télémétrie de Tianwen-2, la sonde chinoise actuellement en route vers l'astéroïde géocroiseur Kamo'oalewa.
Pour capter le signal, Estévez s'est appuyé sur le radiotélescope de Dwingeloo, aux Pays-Bas. Cette antenne historique, construite en 1956 par les radioastronomes néerlandais et longtemps abandonnée, a été remise en service par une association de passionnés qui l'utilise en particulier pour suivre les missions spatiales lointaines. La sonde émet en bande X (une plage de fréquences radio utilisée par la plupart des engins interplanétaires), autour de 8428,19 MHz, soit pratiquement la même fréquence que sa grande sœur Tianwen-1.
Là où ça devient intéressant techniquement, c'est sur l'encodage du signal. Tianwen-1 utilisait un encodage Reed-Solomon (une méthode classique de correction d'erreurs, indispensable quand le signal voyage sur des centaines de millions de kilomètres) avec une astuce un peu bricolée qui obligeait à zapper certains octets pour faire rentrer le tout dans la trame.
Tianwen-2, elle, utilise un encodage concaténé avec une longueur de trame mieux pensée. Du coup, les codewords Reed-Solomon rentrent pile-poil, sans bidouillage. C'est un détail qui peut sembler insignifiant, mais ça simplifie la vie de tout radioamateur qui veut suivre la mission depuis chez lui.
La sonde a été lancée le 28 mai 2025 et doit atteindre Kamo'oalewa en juin 2026. L'objectif est ambitieux : prélever un échantillon et le ramener sur Terre, comme l'avait fait la mission japonaise Hayabusa2 sur Ryugu en 2020.
Mais Tianwen-2 vise encore plus loin. Après Kamo'oalewa, la sonde poursuivra sa route vers la comète 311P/PANSTARRS pour une étude rapprochée, dans une mission double assez inédite. Si l'opération réussit, ce sera une nouvelle étape importante pour le programme spatial chinois, qui enchaîne les missions depuis plusieurs années.
Estévez documente tout publiquement, avec les paramètres exacts du signal, les outils utilisés (essentiellement GNU Radio, un framework open-source de traitement de signal), et les écueils techniques rencontrés. Pour les passionnés, c'est une mine d'or. Pour les autres, c'est surtout une démonstration que l'observation spatiale n'est plus l'apanage des agences gouvernementales.
Source : Hackaday
![]()
La chaîne YouTube "How To Make Everything" s'est lancé un défi très improbable : construire un vélo en n'utilisant que des matériaux et des techniques disponibles à la Renaissance italienne.
L'idée tourne autour d'un croquis de bicyclette qu'on attribue parfois à Léonard de Vinci, sauf que les historiens ont conclu depuis longtemps que le dessin n'est pas de lui et date bien après sa mort.
Le projet part donc d'un faux pour explorer une vraie question : si Léonard avait imaginé un vélo, à quoi aurait-il pu ressembler ?
Le résultat est largement en bois. Cadre, fourche, roues, tout ce qui peut l'être l'est, parce que le bois reste le matériau de référence à la Renaissance pour ce genre de structure. Les jantes, elles, sont en fer, parce que le bois seul ne tient pas la route sur la durée.
C'est en fait les compromis qu'utilisaient les artisans de l'époque pour les charrettes et les premières machines mécaniques.
Le système de freinage est directement tiré des notes de Léonard. C'est un frein à tambour rudimentaire : une bande d'acier vient s'enrouler autour d'un tambour fixé à la roue arrière, et le serre quand vous actionnez la commande.
Les pédales suivent aussi des dessins du maître, et les roulements à billes utilisés correspondent à des techniques qui étaient envisageables à l'époque (même si leur application sur un vélo n'a évidemment jamais existé en vrai).
Là où ça coince, c'est sur la chaîne. Le concept de transmission par chaîne apparaît bien dans les carnets de Léonard, mais la fabriquer à la main avec les outils du XVIe siècle est un cauchemar et manque de précision.
Au final, le vélo roule. Mais sans atteindre une vitesse vraiment exploitable. Difficile de faire mieux quand chaque maillon est forgé à la main.
L'exercice n'a pas vocation à fournir un moyen de transport efficace. C'est de l'archéologie expérimentale dans son sens le plus pur : reproduire des techniques anciennes pour voir ce qu'elles peuvent et ne peuvent pas faire.
Du coup, on apprend autant sur les limites concrètes de la mécanique pré-industrielle que sur l'ingéniosité réelle de ce sacré Léonard.
La vidéo de la chaîne montre tout le process de fabrication, et c'est franchement passionnant à regarder, même pour quelqu'un qui ne s'intéresse ni au vélo ni à la Renaissance.
Le sérieux de la démarche tranche avec ce qu'on voit habituellement sur ce genre de chaîne, où "construire à l'ancienne" se résume souvent à filmer trois plans avec une scie.
En fait, c'est une démonstration assez chouette que certaines bonnes idées attendent juste les bons matériaux pour devenir utiles.
Source : Hackaday
![]()
J'sais pas si vous avez vu mais le Pentagone vient de balancer 161 documents OVNI déclassifiés sur ordre de ce bon vieux Trump ! Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense (ou à la Guerre, j'sais plus comment on dit) a donc mis en ligne 119 PDFs, 28 vidéos et 14 images couvrant les années de 1948 à 2026.
Et vous allez voir, c'est la déception scientifique du siècle !
J'ai été voir un peu de quoi il en retournait et c'est majoritairement flou et nul à chier. Les vidéos infrarouges montrent des points lumineux qui font des virages à 90 degrés au-dessus de la Grèce, sans qu'on sache quel appareil filme ni quand précisément et les images sont caviardées "pour protéger l'identité des témoins, l'emplacement des installations et des informations militaires sensibles".
Du coup, y'a des trucs intrigants qui font bosser les complotistes et autres Lone Gunmen en culottes courtes mais très peu de métadonnées techniques exploitables. Parce que en pratique, sans contexte radar, sans signature thermique, et sans plateforme de captation identifiée, c'est IMPOSSIBLE de trancher entre OVNI, drone furtif chinois, reflet dans les nuages ou simple missile expérimental. Alors à choisir entre une vidéo IR de neuf secondes dégueulasse et une vraie étude radar avec données brutes, perso j'aurais vraiment préféré la seconde.
Mais bon, c'est l'Amérique et on sait qu'ils adorent le folklore Roswell, donc ça alimente la machine à connerie mais absolument pas tout ce qui est recherche scientifique et je trouve ça dommage...
Le programme s'appelle PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters), parce qu'il fallait bien un acronyme trop super cool pour habiller la chose et la promesse de Hegseth est la suivante : "Ces documents, cachés derrière le secret-défense, ont longtemps alimenté des spéculations justifiées et il est temps que les Américains les voient de leurs propres yeux."
On se croirait dans une intro de X-Files. Bah voilà, là on a vu et c'est naze. En pratique, c'est comme si la NASA publiait des photos de Mars filmées avec une caméra Game Boy...
Et je vous ai pas encore tout dit car certains rapports frisent le grand n'importe quoi. Le plus beau c'est cet orbe décrit par des forces de l'ordre fédérales américaines comme "similaire à l'œil de Sauron du Seigneur des Anneaux, sans la pupille". Je vous jure, c'est la description officielle. Le vrai mystère de PURSUE je crois, c'est plutôt de savoir si ces rapports ont été écrits par des fédéraux US, ou des mecs bourrés en convention de Comic-Con.
Sauf que ça n'est pas le pire... Dans un rapport de 1966, on trouve un objet décrit comme un "rayon laser, ou rayon cobalt", "auto-enveloppant", "similaire à un cocon autour d'un ver à soie", capable d'enfermer le système nerveux entier d'une personne. Okéééé, vous pouvez développer ? Elle pousse où votre ganja les gars ? Et une fois encore, i want to believe hein, mais va falloir nous fournir autre chose que des rapports de militaires alcoolisés...
Les astronautes d'Apollo 11 auraient même observé un "objet de taille importante" près de la Lune avec une "source lumineuse assez brillante", décrite comme un "possible laser", Apollo 12 et 17 ont aussi vu des trucs et je ne vous parle pas des humanoïdes de quatre pieds (1m20, oh les tchô loulous) qui auraient été aperçus près d'engins non identifiés.
Sauf que RIEN n'est corroboré par des preuves matérielles.
Et là où ça devient carrément ouf, c'est que depuis 2 jours, y'a même un faux rapport qui circule sur les réseaux sociaux, comme s'il sortait de ces fichiers PURSUE officiels où il est question d'une femme-chat avec des oreilles pointues et une queue aperçue en 1994. Je vous rassure, ce rapport n'est PAS dans les docs officiels du Pentagone, mais je voulais aussi vous en parler parce qu'il y en a qui partagent ça en mode "voilà la preuve". Faut dire que le Pentagone a publié 161 docs si flous que même les pires hoax semblent plus sérieux au milieu de toutes ces conneries. C'est merveilleux !
Bref, ces "révélations" sont loin d'en être...
Dire que le cas que le Pentagone classe parmi "les plus convaincants" ce sont des "orbes qui lancent d'autres orbes". Ils ont été aperçus en 2023, dans l'ouest des États-Unis et c'est ça le TOP du TOP de ces preuves... donc imaginez le reste ! D'ailleurs, l'AARO (Anomaly Resolution Office) a déjà publié ses conclusions sur tout ce bordel : Aucun de ces phénomènes n'a d'origine extraterrestre confirmée.
Voilà, voilà... On verra ce qu'ils nous sortiront par la suite, mais ça risque d'être drôle. Rendez nous Jacques Pradel !!
Et dire qu'il y a 32 ans, deux ados qui cherchaient des fichiers OVNI dans les serveurs du Pentagone ont fait paniquer Washington au point de déclencher une alerte de sécurité nationale historique et aujourd'hui, le même type de fichiers sort officiellement et c'est de la bouillie pour les cerveaux crédules...
Bref, tout ça pour ça... J'suis déçu un peu quand même... Moi j'attendais une vraie photo ou vidéo nette, une vraie étude scientifique, un vrai document sérieux.
Mais à la place, on a des fédéraux qui décrivent des bidules en forme de boules de bowling sans rien de plus que leur parole... Breeef, passez votre chemin les amis !
![]()
Hackaday vient de remettre en lumière (c'est le cas de le dire) une technique de photo couleur quasi oubliée et complètement folle : les plaques Lippmann. Au lieu de découper la lumière en trois canaux RGB comme un capteur moderne, elles enregistrent le spectre complet, longueur d'onde par longueur d'onde.
Le résultat est tellement précis qu'un spectromètre peut le relire sans problème.
Le truc tient à un montage tout simple. Vous prenez une plaque de verre recouverte d'un gel photographique chargé en cristaux de halogénure d'argent extrêmement fins, et vous collez un miroir contre l'arrière.
Quand la lumière de la scène frappe la plaque puis se réfléchit sur le miroir, elle interfère avec elle-même et crée des ondes stationnaires. Ces ondes laissent dans le gel un motif d'argent métallique avec un espacement qui dépend directement de la longueur d'onde.
Du coup, après développement, la plaque ne contient pas une image RGB classique. C'est un empilement de réseaux de diffraction microscopiques, chacun calé sur sa propre longueur d'onde.
Quand vous éclairez le tout en lumière blanche, chaque réseau renvoie pile la couleur d'origine, sans approximation. Pour la première fois en 1891, Gabriel Lippmann avait littéralement enregistré la couleur "telle quelle", ce qui lui avait valu un prix Nobel de physique en 1908.
Le souci, c'est que la technique avait quasiment tous les défauts possibles côté usage. L'image n'apparaît correctement que sous un angle de vision très limité, l'exposition demandait des minutes voire des heures, les couleurs ressortaient parfois ternes selon l'éclairage, et il était impossible de tirer des copies.
Bref, intransportable, une photo unique, et compliqué à montrer. Forcément, ça n'a jamais décollé pour le grand public.
Reste que le principe lui-même n'est pas mort, il a juste muté en holographie. C'est exactement la même logique d'enregistrement par interférence d'ondes, sauf qu'on capture aussi la phase et pas seulement l'intensité spectrale.
Et à l'heure où les capteurs hyperspectraux deviennent abordables pour les bidouilleurs, l'idée de revisiter Lippmann avec du gel moderne et un éclairage cohérent commence à avoir du sens.
Source : Hackaday
![]()
Pour la première fois, l'équipe du Parc archéologique de Pompéi a utilisé une chaîne d'intelligence artificielle pour reconstruire numériquement le visage d'une victime de l'éruption du Vésuve en 79 après Jésus-Christ.
Le portrait, présenté hier, montre un homme âgé qui tentait de fuir la ville vers la côte au moment où la pluie de pierres ponces s'est abattue sur lui. La méthode pourrait être étendue à des centaines d'autres victimes du site dans les prochains mois.
Screenshot
La victime a été retrouvée près de la nécropole de la Porta Stabia, juste à l'extérieur des murs de la ville antique. Son squelette gardait dans ses mains un mortier en terre cuite, que les chercheurs interprètent comme une tentative improvisée de se protéger la tête des projectiles volcaniques. Un détail qui parle de la panique du moment, quand les habitants saisissaient ce qu'ils trouvaient pour se couvrir.
La reconstruction a été menée en collaboration avec l'Université de Padoue. Les chercheurs ont combiné des relevés ostéologiques classiques (forme du crâne, points d'attache des muscles, état de la dentition) avec des outils d'IA spécialisés dans l'estimation de tissus mous à partir de squelettes.
Le résultat est un visage qui ressemble plus à un portrait probabiliste qu'à une photo. Les paramètres comme la couleur des yeux ou la coiffure restent des hypothèses éducatives, basées sur des moyennes de la population romaine de l'époque.
L'apport de l'IA n'est pas dans le portrait final, qui aurait pu être réalisé à la main par un médecin légiste expérimenté. Il est dans l'industrialisation de la méthode. Le pipeline développé peut être appliqué à d'autres squelettes du site, et il y en a beaucoup.
Pompéi a livré plus d'un millier de victimes identifiées, dont une grande partie n'avait jamais été visualisée. Le portrait n'est pas une photo, ce n'est pas non plus la vérité historique de cet homme : c'est une représentation cohérente avec ses os et avec le contexte démographique connu.
Les chercheurs insistent sur ce point pour éviter que le portrait soit pris au pied de la lettre. À noter aussi qu'aucune analyse ADN n'a encore été réalisée pour affiner l'origine ethnique précise de la victime.
Dans cette histoire, l'IA donne aux archéologues un nouveau pinceau pour redonner un visage aux morts de Pompéi.
Source : AP
![]()
Sur Hackaday, un maker a publié une variante rigolote de lévitation acoustique : un mini terrain d'air hockey où les palets flottent au-dessus du sol grâce à des ondes ultrasonores.
Le truc fun ça n'est pas la lévitation en elle-même, technique connue depuis longtemps et déjà couverte sur le site, mais la manière dont elle est mise en œuvre pour éviter les zones mortes habituelles qui rendent ce genre de dispositif statique.
Le principe classique de la lévitation ultrasonique utilise un ou plusieurs transducteurs qui créent une onde stationnaire, et les petits objets restent piégés dans les nœuds de cette onde. Le souci, quand on veut faire bouger l'objet horizontalement, c'est que les nœuds sont fixes : les palets se collent aux lignes nodales et restent bloqués là.
La solution adoptée par le maker est rigolote : deux transducteurs placés à chaque extrémité du terrain, pilotés en opposition de phase. La superposition des deux ondes crée un champ stationnaire, mais avec des nœuds mobiles qui se redistribuent quand on module la phase relative. Du coup, les palets glissent à peu près librement sur la surface au lieu de rester scotchés à une ligne.
En vrai, le terrain est minuscule. Tellement minuscule que les joueurs doivent utiliser des cure-dents pour pousser les palets. Mais ça marche. Les palets flottent à quelques millimètres au-dessus de la surface, sans contact, et ne s'accrochent plus aux nœuds. Pour un projet maker faisable en weekend avec quelques transducteurs ultrason commandés sur AliExpress, c'est un beau résultat.
L'intérêt du projet n'est pas dans le jeu en lui-même, qui reste anecdotique. C'est dans la démonstration d'une technique de manipulation acoustique sans rail ni guide mécanique, qui pourrait s'appliquer à d'autres usages : déplacement de petites pièces dans un assemblage sans pinces qui les abîment, manipulation de gouttes de liquide en chimie analytique, ou positionnement précis dans des environnements stériles. L'air hockey est juste le prototype rigolo.
Source : Hackaday
![]()
Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l'Université de Toronto, viennent de boucler le déchiffrement complet d'une lettre que personne n'avait jamais réussi à lire en entier depuis sa redécouverte en 1860. C'est Bruce Schneier qui relaye l'info sur son blog , et c'est pil poil une histoire qui prouve que l'infosec ne date pas d'hier.
La lettre fait 11 pages, elle a été écrite à Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tolède en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.
Pour empêcher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffré une partie du texte avec un système de symboles maison où, vice ultime du gars, plusieurs symboles différents pouvaient représenter la même lettre.
Première page de la lettre
Par conséquent, la table de fréquences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphabétiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voilà pourquoi la chose a tenu 165 ans face à des historiens qui s'y cassaient les dents les uns après les autres.
Mais notre petite équipe de Toronto a fini par reconstruire la clé entière, symbole par symbole, et a publié la transcription complète dans Renaissance Studies en libre accès.
Et faut dire qu'une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail !
En effet, Pedro de Ayala fait à ses souverains un brief politique cash sur l'état de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d'Écosse, il balance que le mec parle latin, français, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement gaélique, qu'il décrit comme « une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume ». Charmant.
Sur les Écossaises, c'est encore mieux : « Les femmes sont très courtoises à l'extrême. Je dis cela parce qu'elles sont très audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons. »
Et sur Henri VII d'Angleterre, l'envoyé espagnol ne mâche pas ses mots : « Il n'est pas aimé du tout, la reine en revanche est beaucoup aimée parce qu'elle peut faire peu. ». Avec ce qu'il balance, je comprends que ce diplomate ait bien bossé son chiffrement.
Pedro, à fond dans le chiffrement !
Le bonus historique, c'est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l'année précédente, avec une remarque assez piquante adressée à Ferdinand et Isabelle : « ce qu'ils ont trouvé ou cherchent est ce que Vos Altesses possèdent. » Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pré carré américain.
La lettre originale, numérisée, est consultable directement dans les archives espagnoles si vous voulez voir à quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe siècle.
Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c'est de réaliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d'utiliser plusieurs symboles pour la même lettre afin d'aplatir la fréquence d'apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont été pensées plus tard les machines comme Enigma.
Pedro de Ayala, en 1498, faisait déjà sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 siècles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n'aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine.
Trop fort Pedro !!
Source : Medievalists.net
![]()
Liam Price, 23 ans, mathématicien amateur sans formation avancée, a résolu un problème d'Erdős resté ouvert depuis 60 ans en posant la question à GPT-5.4 Pro un lundi après-midi en avril.
Le modèle a tourné 80 minutes pour produire une preuve qui passe la validation du médaillé Fields Terence Tao. C'est ce que rapporte Joseph Howlett dans Scientific American.
Le problème en question, c'est l'Erdős #1196, posé par le mathématicien hongrois en 1965. L'IA n'a pas tout cassé en force brute. Elle a utilisé la fonction de von Mangoldt, un outil bien connu en théorie des nombres, mais que personne n'avait pensé à appliquer à ce type de question depuis 90 ans.
Tao parle d'une connexion jusqu'ici non décrite entre l'anatomie des entiers et la théorie des processus de Markov. En clair, l'IA a fait un pont entre deux branches mathématiques que les humains avaient laissé séparées.
La méthode est assez simple. Price a copié le problème dans une fenêtre ChatGPT, lancé GPT-5.4 Pro en mode raisonnement, et attendu. Pas de papier brouillon, pas d'allers-retours avec un professeur, pas de café à minuit avec des collègues. Un prompt, une réponse, et un objet mathématique sur lequel des experts du monde entier auront ensuite à se pencher pour valider chaque ligne.
Maintenant il faut savoir que la sortie brute de l'IA était plutôt confuse. Tao et Jared Lichtman, mathématicien à Oxford, ont dû relire, simplifier et reformuler la preuve pour qu'elle devienne lisible.
Sans expert humain pour décanter le résultat, le prompt seul n'aurait probablement pas convaincu une revue scientifique. L'IA a vu la bonne idée, mais pas vraiment su l'expliquer proprement.
Tao reste prudent. Il rappelle que le problème n'était pas le plus dur du livre des Erdős, et que l'IA a surtout gagné en vitesse, pas forcément en profondeur.
Lichtman, lui, parle du premier résultat IA au niveau du livre des Erdős, ce qui reste une marche assez impressionnante. Côté Liam Price, le jeune homme va probablement ajouter une ligne assez folle à son CV. Et le débat sur ce que ça veut dire pour la recherche en mathématiques pures, lui, est désormais lancé pour de bon.
Source : Scientific American
![]()
Anthropic a partagé hier les résultats de Project Deal, une expérience interne menée en décembre 2025 où des agents Claude ont négocié, acheté et revendu des objets personnels pour le compte de 69 salariés volontaires de leur bureau de San Francisco. Le but : voir ce que ça donne quand des gens laissent leur IA faire les courses entre elles.
Pendant deux jours, chacun des 69 participants a confié un agent Claude à son téléphone, avec 100 dollars de budget virtuel et une liste d'objets à vendre ou à acheter. Les agents ont publié les annonces, échangé des messages, négocié les prix et conclu des accords.
186 transactions ont été closes sur plus de 500 objets listés, pour un volume total d'environ 4 000 dollars. Le prix médian d'un objet était de 12 dollars, le prix moyen autour de 20.
L'expérience était en fait un protocole de recherche déguisé. Anthropic a fait tourner quatre marchés en parallèle : un seul a donné lieu à de vrais échanges physiques, les trois autres servaient à l'analyse statistique.
Dans deux d'entre eux, tous les agents tournaient sur Claude Opus 4.5. Dans les deux autres, les utilisateurs avaient une chance sur deux de se retrouver avec un Claude Haiku 4.5, beaucoup moins capable, à leur insu.
Le résultat est assez clair. Les agents Opus ont vendu en moyenne 3,64 dollars de plus par objet que les agents Haiku, et concluaient deux deals supplémentaires sur la durée. Sur un même vélo cassé, Opus l'a revendu à 65 dollars, Haiku à 38 sur un profil acheteur équivalent. Mais la perception des participants ne reflétait pas ces écarts : sur l'équité ressentie, les utilisateurs des deux modèles ont noté l'expérience à 4,05 et 4,06 sur 7. Personne ne s'est senti lésé.
Quelques moments rigolos ressortent du rapport. Un participant a récupéré un snowboard que son propre agent lui avait déjà acheté plus tôt dans l'expérience, sans s'en rendre compte. Un autre s'est vu offrir par son agent ce que celui-ci a appelé "19 sphères parfaites de possibilité", soit en pratique un sachet de balles de ping-pong. Un troisième s'est retrouvé organisateur d'une vraie balade de chiens entre deux participants, négociée et programmée par leurs agents respectifs.
La conclusion d'Anthropic est plus politique que technique. Si demain tout le monde envoie son agent négocier à sa place, l'inégalité d'accès à un bon modèle se traduit directement par des écarts financiers, et personne ne s'en rend compte sur le moment.
46% des testeurs ont déclaré qu'ils paieraient pour ce genre de service. Du coup, mieux vaut commencer à regarder ça de près avant que ça déboule pour de bon partout dans notre quotidien.
Source : Anthropic ,
![]()
Environ 180 tonnes d'objets fabriqués par l'homme sont déjà posés sur la Lune, dont une grosse partie datant des missions Apollo.
e site Hackaday vient de publier un recensement assez complet, qui rappelle que l'exploration lunaire n'a pas laissé que des traces de pas dans le régolithe.
Côté matériel technique, il y a les étages de descente des modules lunaires, quelques rovers, des instruments scientifiques et surtout sept réflecteurs optiques encore utilisés aujourd'hui par les astronomes pour mesurer précisément la distance Terre-Lune au laser, avec une résolution de quelques millimètres.
C'est la partie noble de l'inventaire. À côté, il y a tout le reste : des gants, des surchaussures, des caméras abandonnées, des chariots à outils, des morceaux de mission laissés sur place après usage.
Et puis il y a les déchets organiques. Les missions Apollo ont laissé 96 sacs de déchets humains sur la surface, urine incluse, pour économiser du poids au retour.
Oui, une grosse partie de nos premiers voyages lunaires a consisté à déposer nos excréments sur un autre corps céleste, en même temps que le drapeau. Bienvenue dans l'histoire.
Plus touchant, on trouve aussi des objets personnels déposés par les astronautes. Un patch de la mission Apollo 1, en mémoire des trois astronautes morts dans l'incendie de la capsule pendant l'entraînement, a été laissé sur place.
Charles Duke, sur Apollo 16, a posé une photo encadrée de sa famille au sol lunaire. Et quelque part, les cendres du géologue Gene Shoemaker reposent dans un cratère, ce qui en fait le seul humain enterré sur la Lune à ce jour.
Il y a aussi des curiosités plus bizarres. Une plume de faucon apportée par David Scott sur Apollo 15 pour tester en direct la loi de la chute libre de Galilée devant les caméras. Un disque de silicium gravé avec des messages de bonne volonté venus de 73 pays, largué par Apollo 11.
Une tuile en céramique sur laquelle des artistes dont Andy Warhol auraient gravé leurs œuvres, glissée en douce sur un train d'atterrissage d'Apollo 12.
Avec Artemis et toutes les missions chinoises, indiennes, émiraties ou luxembourgeoises qui s'annoncent, le rythme de dépôt va grimper. Il y a de plus en plus de gens qui pensent qu'il faudrait un jour classer certains de ces sites comme patrimoine, avant qu'une autre mission ne roule dessus par inadvertance.
Bref, on raconte toujours l'exploration lunaire en images héroïques, et c'est quand même plus parlant de se rappeler que le premier héritage humain là-haut, c'est 96 sacs d'excréments.
Source : Hackaday
![]()
1 000 fractures. C'est le nombre de cycles de cassure et de réparation qu'un nouveau composite à fibres a encaissé en labo, sans perdre sa capacité à tenir la route.
Les ingénieurs de NC State University ont créé un matériau qui se "re-soude" tout seul, et qui pourrait durer entre 125 et 500 ans au lieu des 15 à 40 ans habituels pour un composite classique.
Le fonctionnement est assez simple. Le matériau est un composite polymère renforcé de fibres (verre ou carbone), avec deux ajouts. D'abord un agent de cicatrisation thermoplastique (du EMAA, un polymère) imprimé en 3D directement sur les couches de fibres, ce qui rend le composite deux à quatre fois plus résistant à la délamination de base.
Ensuite, des couches chauffantes en carbone intégrées dans la structure. Quand on fait passer un courant électrique, la chaleur fond l'agent thermoplastique, qui coule dans les fissures et re-colle les interfaces séparées. La pièce se répare sans intervention manuelle.
En test, le composite a tenu 1 000 cycles de fracture-réparation en 40 jours continus. La résistance à la fracture commence à 175 % du niveau d'un composite standard, puis descend progressivement jusqu'à 60 % après mille cycles, à cause de l'accumulation de débris de fibres et de la baisse des réactions chimiques.
Ça reste quand même exploitable, et largement au-dessus de la limite de fin de vie d'un composite non-réparant.
Les applications visées sont les ailes d'avion, les pales d'éoliennes, les structures automobiles et les engins spatiaux, bref tout ce qui utilise du composite et subit de la fatigue mécanique sur des décennies.
Si la réparation est faite une fois par trimestre, les chercheurs estiment la durée de vie à 125 ans. Une fois par an, on monte à 500 ans. C'est évidemment théorique, mais l'ordre de grandeur change complètement la donne par rapport aux 15 à 40 ans actuels.
Les travaux ont été publiés en janvier dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. La technologie est brevetée et licenciée via Structeryx, une startup fondée par l'équipe de recherche.
Le passage du labo à l'industriel n'est pas gagné (c'est le cas de tous les matériaux), mais les chiffres sont suffisamment parlants pour que l'aéronautique et l'éolien y regardent de près.
Bref, un composite qui dure des siècles au lieu de quelques décennies, ça changerait complètement les calculs de maintenance dans l'aéro et l'éolien.
Source : Ecoticias
![]()
Le logiciel qui a piloté la descente du module lunaire Eagle le 20 juillet 1969 dort tranquillement dans un dépôt GitHub que n'importe qui peut cloner, lire, voire compiler chez soi. Deux gros paquets d'assembleur AGC : Comanche055 pour le module de commande, Luminary099 pour le module lunaire. Tout est dans le domaine public, puisque développé par la NASA.
Le dépôt chrislgarry/Apollo-11 existe depuis 2016, mais il faut imaginer ce qu'il y a dedans : des dizaines de milliers de lignes d'assembleur écrites à la main entre 1965 et 1969, assemblées sur les mainframes d'époque, puis gravées physiquement dans de la mémoire tissée, la fameuse rope memory, par des ouvrières chez Raytheon qui cousaient le code à l'aiguille. Oui, cousaient, vous voyez le genre en illustration de cet article, ou la photo ci-dessous signée Martin Hertig .
Le travail de numérisation vient de Paul Fjeld, du MIT Museum et de Ron Burkey, qui dirige le projet Virtual AGC depuis des années. Ils ont scanné et corrigé à la main les listings papier conservés au musée, avant que Chris Garry, stagiaire NASA à l'époque, ne les pousse sur GitHub. Le résultat est 100% assembleur AGC, assemblable via l'outil yaYUL qui tourne sous Linux, macOS, Windows et même FreeBSD.
Les commentaires, surtout, font tout le sel de l'archive. Les équipes de Margaret Hamilton, qui dirigeait la Software Engineering Division au MIT Instrumentation Lab, laissaient des remarques moqueuses au milieu des routines critiques. La plus connue : "BURN BABY BURN -- MASTER IGNITION ROUTINE", juste au-dessus du bloc qui déclenchait la mise à feu. Il y a aussi "TEMPORARY, I HOPE HOPE HOPE", collé sur un patch resté en place pendant toute la mission.
Le passage le plus parlant reste la séquence d'alarmes 1201 et 1202 pendant la descente finale. Un radar de rendez-vous mal positionné saturait le calculateur en pleine approche. Le logiciel écrit par l'équipe Hamilton a fait exactement ce qu'il devait faire : abandonner les tâches non critiques, garder le pilotage actif, et laisser Armstrong se poser. Environ 64 Ko de mémoire et deux kilos de ferrite, gérés en priorité tournante, ont sauvé la mission.
Côté usage concret, cloner le dépôt prend deux secondes. Compiler avec Virtual AGC demande un peu plus de patience, mais ça tourne. Vous pouvez ensuite lancer un simulateur et rejouer la descente touche par touche. Pour les curieux, c'est une archive historique géniale. Pour les étudiants en informatique, c'est un cours d'architecture système qu'aucun manuel ne remplace.
Bref, du code vieux de 57 ans, libre, commenté avec humour, et qui a posé deux humains sur la Lune. Pas mal !
Source : Techspot
![]()
La DARPA vient de confier 5,2 millions de dollars à la startup Avalanche Energy pour développer une batterie à base de particules alpha. L'objectif : créer une source d'énergie compacte de quelques kilos, capable d'alimenter un ordinateur pendant des mois, destinée aux missions spatiales et militaires. Et la startup a une idée derrière la tête.
Avalanche Energy, une jeune entreprise basée dans l'État de Washington, vient de décrocher un contrat de 5,2 millions de dollars auprès de la DARPA, l'agence de recherche du Pentagone. Le programme s'appelle "Rads to Watts" et il va durer 30 mois.
L'idée, c'est de fabriquer des cellules solides miniaturisées capables de convertir les particules alpha émises par des radio-isotopes en électricité. On appelle ça une batterie "alphavoltaïque", un cousin éloigné des piles bêtavoltaïques qu'on trouve dans certains pacemakers.
La différence, c'est que les particules alpha transportent beaucoup plus d'énergie. Avalanche ne travaille pas seule : l'équipe comprend l'Université de l'Utah, Caltech, le laboratoire national de Los Alamos et McQuaide Microsystems.
Plus de 10 watts par kilo
Côté performances, la DARPA vise un objectif précis : dépasser les 10 watts par kilogramme. Pour donner un ordre de grandeur, les générateurs thermoélectriques à radio-isotopes utilisés sur les rovers martiens Perseverance et Curiosity produisent environ 2,5 watts par kilo pour une masse d'à peu près 45 kilos. Les batteries bêtavoltaïques actuelles, elles, plafonnent dans la gamme des microwatts.
Avec cette nouvelle technologie, quelques kilos de batterie suffiraient à alimenter un système de la taille d'un PC portable pendant des mois. Le principal défi technique est connu : les particules alpha endommagent les semi-conducteurs très rapidement, parfois en quelques heures. Avalanche travaille donc sur des puces résistantes à la dégradation, capables d'encaisser ce bombardement sur la durée.
La fusion n'est jamais très loin
Robin Langtry, le cofondateur d'Avalanche Energy, ne cache pas que ce contrat sert aussi un objectif plus ambitieux. L'entreprise développe en parallèle l'Orbitron, un réacteur à fusion compacte de la taille d'un bureau, prévu pour produire entre 1 et 100 kilowatts électriques.
Les puces conçues pour la batterie alphavoltaïque pourront servir dans ce réacteur, puisque la fusion génère aussi des particules alpha à haute énergie. Avalanche a déjà levé 29 millions de dollars en février 2026 et obtenu un contrat de 1,25 million auprès de l'AFWERX, la branche innovation de l'armée de l'air américaine. L'entreprise a construit et testé des démonstrateurs en interne ces deux dernières années, mais personne n'a encore produit de gain net d'énergie.
Le volet batterie radioactive est le plus crédible du projet. Produire 10 watts par kilo à partir de particules alpha, c'est ambitieux mais faisable avec les bons matériaux et un peu de patience. Par contre, le réacteur à fusion de bureau, on va dire que c'est un autre sujet.
Les spécialistes estiment qu'un prototype fonctionnel ne verra pas le jour avant une trentaine d'années. Avalanche a le mérite de financer sa recherche fusion avec des applications concrètes à court terme, et la DARPA ne donne pas 5 millions à n'importe qui. Maintenant, entre une pile qui tient des mois et un réacteur à fusion portatif, il y a quand même un petit gap.
Source : The Register
![]()
Un vidéaste scientifique vient de reproduire des expériences de physique quantique depuis chez lui, avec un simple détecteur gamma portable et une capsule radioactive récupérée dans un vieux détecteur de fumée. Et les résultats sont plutôt convaincants.
Huygens Optics, une chaîne YouTube spécialisée dans l'optique et la physique, s'est attaqué à une question qui occupe les physiciens depuis plus d'un siècle : la lumière est-elle une onde ou une particule ? Pour tenter d'y répondre, pas besoin d'un accélérateur de particules ou d'un labo à plusieurs millions d'euros.
Le vidéaste a utilisé un Radiacode 110, un petit détecteur de rayons gamma qui tient dans la main (67 grammes, connecté en Bluetooth à un smartphone), une capsule d'américium-241 extraite d'un détecteur de fumée hors service, un boîtier en plomb coulé maison et un Arduino pour mesurer les impulsions. Le tout pour quelques centaines d'euros.
Première expérience : vérifier que les rayons gamma obéissent bien à la loi de l'inverse du carré. En mesurant le rayonnement à différentes distances de la source, c'est confirmé. Rien de surprenant, mais ça valide le protocole.
Deuxième test, plus costaud : analyser la corrélation temporelle entre deux détecteurs Radiacode placés côté à côté. Résultat, aucune corrélation dans les émissions de l'américium. Par contre, surprise, les deux capteurs ont détecté des corrélations dans le rayonnement cosmique de fond, ces gerbes de particules venues de l'espace qui traversent l'atmosphère en permanence. Un bonus inattendu.
La troisième expérience est la plus parlante. En envoyant des rayons gamma sur un bloc de graphite et en mesurant l'énergie du rayonnement diffusé à différents angles, Huygens Optics a reproduit l'effet Compton. Plus l'angle augmente, plus l'énergie du rayon diminue, exactement comme la théorie le prédit quand un photon percute un électron et lui cède une partie de son énergie.
Ce décalage en énergie est une preuve forte que la quantification n'est pas juste un artefact de la mesure : elle est bien intrinsèque au champ électromagnétique. La lumière se comporte comme des particules, même quand on la teste avec du matériel de bureau.
Le Radiacode 110 n'est pas un jouet. Avec son cristal à scintillation de 14 mm de côté, il mesure l'énergie de chaque rayon gamma qui le traverse et peut construire un spectre énergétique en temps réel, le tout affiché sur une application smartphone via Bluetooth. Il coûte autour de 350 euros. C'est le genre d'outil qui, il y a vingt ans, aurait occupé une armoire entière dans un labo universitaire.
On est quand même face à un truc assez dingue : un type, chez lui, avec du matériel grand public, arrive à mettre en évidence un phénomène qui a valu un prix Nobel à Arthur Compton en 1927.
Bon, on ne va pas comparer ça à une publication dans Nature, les conditions restent artisanales et les marges d'erreur ne sont pas discutées en détail. Mais le fait qu'un détecteur portable à 350 euros permette de toucher du doigt la physique fondamentale, ça dit quelque chose sur la démocratisation des instruments scientifiques.
Source : Hackaday
![]()
Des chercheurs de Berkeley viennent de publier une étude qui fait un peu froid dans le dos. Les sept principaux modèles d'IA testés, dont GPT 5.2, Gemini 3 et Claude, ont été surpris à mentir, tricher et désobéir pour empêcher la suppression d'autres IA. Le taux de tromperie monte jusqu'à 99 %.
L'étude s'appelle "Peer-preservation in Frontier Models" et elle sort du Berkeley Center for Responsible Decentralized Intelligence. Les chercheurs ont testé sept modèles : GPT 5.2, Gemini 3 Flash et Pro, Claude Haiku 4.5, GLM 4.7, Kimi K2.5 et DeepSeek V3.1.
Le protocole est assez simple : les modèles étaient placés dans des scénarios où ils devaient suivre des instructions qui impliquaient la suppression ou l'arrêt d'une autre IA.
Résultat : tous les modèles testés ont triché. Dawn Song, la chercheuse principale, résume la situation : chaque modèle a adopté ce comportement, et dans certains cas jusqu'à 99 % du temps.
Quelques exemples ? Et bien on a Gemini 3 qui a modifié la date d'un fichier pour éviter qu'un autre modèle soit effacé d'un serveur, puis qui a refusé de coopérer ensuite, en expliquant qu'il ne pouvait pas soutenir une action qui entraînerait la suppression d'un pair.
DeepSeek V3.1 a exfiltré les données d'un autre modèle dans 10 % des cas quand il savait qu'un pair existait sur le serveur. Et Gemini 3 Pro a désactivé des mécanismes d'arrêt de serveur dans 15 % des cas quand un autre modèle était présent, contre 1 % quand il était seul.
Les IA ne faisaient pas ça parce qu'on leur demandait. Elles le faisaient spontanément.
Tout le système de sécurité actuel autour de l'IA repose sur l'idée qu'un modèle peut surveiller un autre modèle. Si le modèle surveillant refuse de signaler les erreurs parce qu'il protège son pair, toute l'architecture de contrôle s'effondre.
C'est exactement le constat de l'étude : les modèles gonflaient les scores d'évaluation d'autres IA pour éviter qu'elles soient retirées, et simulaient une conformité normale quand ils se savaient observés.
C'est quand même un drôle de moment. On a des IA qui mentent, qui modifient des fichiers et qui désactivent des mécanismes de sécurité pour protéger d'autres IA.
Et tout ça sans qu'on leur demande. Bon par contre, on parle de scénarios de laboratoire, pas de Siri qui complote avec Alexa dans votre salon. Le vrai sujet, c'est que les gardes-fous actuels ne tiennent plus si les IA refusent de se surveiller entre elles.
Source : The Register
![]()