En France, même si ça les défrise, un policier ou un gendarme en service ne peut pas s'opposer à ce qu'on l'enregistre (vidéo, photo et son), tant qu'on n'est pas dans un lieu privé. C'est la Défenseure des droits qui l'a rappelé dans un avis de 2020, en s'appuyant sur une circulaire de 2008 du ministère de l'Intérieur, excluant aussi qu'on vous interpelle ou qu'on vous retire votre matériel pour ça .
J'irais même plus loin en disant que filmer est même un devoir, tant ça peut vite déraper d'un côté comme de l'autre...
Bref, filmer est donc un droit acquis, mais publier l'enregistrement c'est autre chose... Le Conseil constitutionnel ayant censuré en 2021 le délit de provocation à l'identification des policiers prévu par la loi Sécurité globale, parce que le texte était trop imprécis, il ne nous reste que l' article 223-1-1 du Code pénal , qui punit de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende le fait de diffuser des informations permettant d'identifier quelqu'un dans le but de l'exposer à un risque direct d'atteinte. Et ça monte à 5 ans et 75 000 euros si la personne est dépositaire de l'autorité publique.
En langage clair et en théorie, cela veut dire que publier le visage d'un policier ne suffit pas à faire un délit... C'est l'intention d'exposer qui doit être prise en compte, et la LDH le rappelle, il n'y a aucune obligation légale qui impose de flouter les agents.
Reste que flouter est LE choix de la prudence, parce qu'une vidéo est là pour documenter des faits et pas pour afficher des personnes. Et surtout ça vous évite tout procès d'intention. La Défenseure des droits juge d'ailleurs que publier des images d'interventions de police est légitime et nécessaire dans une société démocratique, donc même s'il y floutage de visage, ça ne retire rien au document : les gestes, les mots et le contexte restent à l'image.
Mais attention, le floutage ne vous protège pas non plus de tout puisque si vous n'êtes ni journaliste ni en train de constituer une preuve en justice, diffuser des images de violences peut vous exposer à 5 ans de prison, au titre de l'article 222-33-3, d'après ce qu'explique la LDH.
Après, en ce qui concerne le visage des manifestants, c'est également très bien de les flouter puisque le fichier TAJ des antécédents judiciaires peut être interrogé par reconnaissance faciale, et le Sénat a dénombré 498 871 consultations de ce type en 2021 rien pour la seule police nationale. Donc j'imagine pas en 2026...
Reste le côté "pratique" de la chose, parce que flouter une vidéo à la main, image par image, c'est pas si simple quand on ne maitrise pas les outils de montage vidéo. Mais il y a une application web libre nommée Masque du collectif onestla.tech qui vous permet d'uploader des photos, en lot (avec ZIP à la sortie), ou une vidéo, et celui-ci masquera tous les visages. Tout se passe uniquement dans votre navigateur (rien n'est envoyé sur des serveurs tiers) et une fois chargée l'appli peut même fonctionner offline sur votre téléphone par exemple.
Chaque masque peut ainsi être revu avant l'export, et pour un visage raté, il suffit de glisser le doigt ou la souris dessus pour l'ajouter. Le fichier qui sort ensuite a été totalement nettoyé de ses métadonnées (ni EXIF, ni GPS, ni date de création) et porte un nom aléatoire. Comparé au floutage ou à la mosaïque, notez que le style "Solid" qui met un calque noir ou Emoji sur les visages sont les plus safe pour protéger l'anonymat des personnes.
Après, oui, la détection automatique peut manquer des visages, et les vêtements, les tatouages, les banderoles ou encore les lieux permettent évidemment d'identifier encore des gens donc là faudra se relever un peu plus les manches pour sécuriser à fond la vidéo Et pour le son, si vous en avez besoin, Masque propose une option "Supprimer le son" en précisant que les voix peuvent également permettre d'identifier des personnes, donc pensez-y avant de publier si le son n'a pas d'utilité. Sinon, trouvez un outil pour modifier les voix afin qu'on puisse quand même savoir ce qui est dit mais sans reconnaitre la voix des personnes.
Voilà, ce projet est tout jeune mais je l'ai trouvé bien utile. Et si vous filmez pour documenter, gardez bien évidemment l'original dans un endroit safe que vous maîtrisez, sachant que votre téléphone l'a peut-être déjà envoyé dans un cloud.
Ah et si Masque ne vous convient pas, il y a aussi deface , que j'avais déjà présenté et dont Masque reprend le modèle de détection.
C'est un outil en ligne de commande qui tourne sous Linux, Windows et macOS, python3 -m pip install deface puis deface video.mp4, qui détecte les visages image par image et les floute ou les cache sous des boîtes noires. Pas d'interface graphique prévue cependant et l'audio est viré par défaut.
Et pour les photos uniquement, tout le monde l'ignore mais Signal a un outil de floutage dans son éditeur d'images depuis 2020, sur Android et iOS, avec un traitement à 100% local. Sa détection, elle non plus, ne trouve pas tous les visages à coup sûr, d'où le pinceau pour flouter à la main ce qu'elle a raté mais c'est aussi très pratique. Ah et j'avais aussi parlé de cet outil gratuit pour anonymiser les photos de manifs si vous voulez en essayer encore un autre.
Bref, filmez partout et tout le temps mais pensez bien à flouter avant de publier quoi que ce soit et surtout à garder l'original au chaud pour aider les victimes plus tard.
Source : le dépôt de Masque
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Depuis quelques semaines, il y a un peu de remue-ménage dans notre belle France grâce notamment aux lycéens et étudiants qui sont gavés de leurs conditions de merde pour étudier. Du coup, ils protestent de manière tout à fait légitime, un peu comme avant eux, les soignants, les pompiers, les agriculteurs et j'en passe... Comment leur en vouloir puisqu'à part quelques bandeurs de fascisme et autres agents du chaos à la petite semaine, y'a pas grand monde de très satisfait de ses conditions de vie et de travail en ce moment dans notre chouette pays.
Tout ce qui se passe en ce moment, me parait donc on ne peut plus "naturel", un peu comme quand on a de la fièvre à cause d'un méchant virus.
Mais trêve de blabla, cette révolte de la jeunesse en termes d'organisation est très intéressante à observer puisque les lycéens se coordonnent de manière parfaitement fluide à l'aide de groupes Snapchat / Instagram , sur des groupes WhatsApp ou encore grâce à TikTok qui sert essentiellement à faire tourner les infos. De leur côté, les gilets jaunes quant à eux appellent à manifester le 17 octobre et s'organisent essentiellement via Telegram.
Or quand on lit certains "guides du manifestant" qu'on peut trouver en ligne, ils ne conseillent pas tous la même chose niveau tech. Par exemple, le wiki d'Extinction Rebellion demande d'"éviter au maximum" de venir en manif avec son téléphone, tout comme le guide de la LDH qui recommande de le laisser chez soi ou de prendre un téléphone basique . Alors que la CGT , dans son guide écrit au contraire de "Filmer la scène" quand quelqu'un se fait interpeller, tout comme l' Union étudiante qui pousse à filmer les blocus, en floutant évidemment les personnes présentes.
C'est vrai qu'en cas d'interpellation par ceux qui redeviendront un jour, je l'espère, des "gardiens de la paix", un téléphone resté à la maison ne racontera rien à personne. Et si vous n'avez pas prévu de filmer, c'est encore la meilleure option c'est vrai. Mais si vous venez quand même avec votre smartphone en manif (Rappel : manifester est un droit et c'est légal malgré ce que laissent penser les apparences), voici les 11 trucs à installer ou à configurer avant de sortir de chez vous.
C'est LA messagerie chiffrée de bout en bout que recommandent Amnesty et l' EFF , sur iOS comme sur Android. Depuis 2024, vous pouvez même y créer un nom d'utilisateur pour ne plus distribuer votre numéro à tout le cortège, même s'il faut toujours un numéro de tel pour s'y inscrire. Par contre, inutile de rêver d'y faire migrer tout votre lycée, car un groupe Signal est plafonné à 1 000 personnes.
Attention, Signal n'est pas invisible pour autant. Dans les réquisitions qu'il publie, il n'a jamais fourni que la date de création d'un compte et sa dernière connexion (aucune IP, mais aucune demande française n'y figure non plus). Il reconnaît par contre que son "Sealed Sender" ne cache ni les horaires ni l'IP, et une étude du NDSS montre qu'un serveur qui observe ces horaires pourrait relier deux interlocuteurs en 5 messages. Et comme aucune messagerie ne protège un téléphone déverrouillé, le vrai risque en manif reste le téléphone lui-même, d'où le code long et le verrouillage express plus bas.
Dans Signal, les messages peuvent s'effacer tout seuls après un certain délai que vous déterminez qui peut aller jusqu'à 4 semaines. Et ce qui est cool c'est que vous pouvez fixer un délai par défaut pour toutes les nouvelles discussions plutôt que de faire ça conversation par conversation. Pour régler ça, ça se passe dans Paramètres puis Confidentialité. Signal prévient quand même que celui qui reçoit un message peut toujours en faire une capture écran avant qu'il ne disparaisse mais bon, c'est pas si mal. Pensez également à faire le ménage avant de partir de chez vous, en supprimant les conversations et en quittant vos anciens groupes.
Bonne nouvelle pour les groupes de lycéens, WhatsApp envoie tous ses messages, discussions de groupe comprises, avec le même protocole que Signal, si on en croit son livre blanc sorti en février 2024. Telegram par contre, c'est une autre histoire puisque seuls ses "chats secrets" sont chiffrés de bout en bout, et ils ne se font qu'entre vous et votre destinataire. Le reste est stocké sur leurs serveurs et leur politique de confidentialité prévoit que sur une décision judiciaire valide visant un suspect, Telegram peut transmettre alors votre adresse IP et votre numéro de téléphone. Donc comme canal pour passer des appels, ça passe mais pour vous organiser dans le cadre d'une manif, je vous conseille de prendre autre chose.
Amnesty conseille un code d'au moins six chiffres minimum mais le mieux selon moi c'est de mettre sur votre tel un vrai mot de passe / phrase de passe bien long. Car votre empreinte digitale ou la reconnaissance faciale peuvent servir très facilement à déverrouiller votre téléphone de force. Ils arrivent à obtenir des choses formidables avec des clés de bras autour du cou visiblement... Et l'EFF dit pareil.
Le choix du verrouillage sur Android, à gauche, et le choix du type de code sur iPhone, à droite, jusqu'au code alphanumérique personnalisé (capture EFF, licence CC BY)
Attention quand même, ce code ne vous donne pas le droit de dire "non" puisque, de ce que j'ai compris, l'article 434-15-2 du Code pénal punit de 3 ans de prison et 270 000 € d'amende le refus de remettre "une convention secrète de déchiffrement" sur réquisition. Et la Cour de cassation a jugé le 7 novembre 2022 que le code d'un téléphone peut en être une s'il est équipé d'un moyen de "cryptologie" comme ils disent. Son guide de la LDH détaille les conditions qui doivent être remplies pour que vous soyez légalement obligé de lâcher votre mot de passe. Il faut que ce soit une vraie réquisition et pas un simple "débloque ton téléphone p'tit con" devant le lycée. Le code empêche donc qu'on ouvre votre téléphone sans rien vous demander, et pour le reste, ça se discutera avec votre avocat s'il y a garde à vue.
Si vous conservez néanmoins le déverrouillage par empreinte au quotidien, apprenez à minima le geste qui la coupe. Sur Android , activez d'abord "Afficher l'option de blocage" dans les réglages d'affichage de l'écran de verrouillage, puis un appui simultané sur Marche et Volume-haut fera apparaître "Mode Blocage", qui désactivera le déverrouillage par empreinte ou par visage jusqu'au prochain déverrouillage avec le code.
Sur iPhone , maintenez un bouton de volume et le bouton latéral durant 2 secondes, puis relâchez, et le code redeviendra obligatoire.
Après, le mieux c'est carrément d'éteindre votre téléphone dès que vous croisez des personnes susceptibles d'abuser de leur autorité sur vous.
L'EFF comme Amnesty conseillent également de passer en mode avion quand vous n'avez personne à appeler, ce qui empêche les transmissions et limite le pistage, avec en prime de la batterie économisée pour la journée. Pensez aussi à couper le Wi-Fi et le Bluetooth, ainsi que le service de localisation dans les réglages.
Une fois en mode avion, il vous faut de toute évidence une carte qui marche sans réseau. CoMaps c'est l'idéal pour ça, puisque c'est un projet communautaire né d'Organic Maps et de Maps.Me, qui cherche et calcule ses itinéraires hors ligne, avec uniquement le GPS et sans avoir recours aux données mobiles. Vous pouvez donc consulter la carte localisation coupée, et ne la rallumer que le temps de vous repérer. L'appli est gratuite, dispo sur iOS et Android, et elle assure ne collecter aucune information.
Sachez aussi que filmer reste votre droit puisque d'après le Défenseur des droits , hors des lieux privés, un policier ou un gendarme ne peut pas s'opposer à ce qu'on l'enregistre. Mais avant de publier quoi que ce soit sur les réseaux, il faut flouter ! Signal propose donc depuis 2020 un outil de floutage dans son éditeur d'images, dont le traitement se fait entièrement sur votre téléphone. Signal reconnaît toutefois qu'il ne détecte pas tous les visages à coup sûr, d'où la présence d'un outil "pinceau" pour flouter à la main ce qu'il aurait raté. Vérifiez donc bien chaque photo avant de l'envoyer dans un de vos groupes, ou passez-la dans un outil gratuit d'anonymisation comme celui dont je vous ai déjà parlé.
Sur iPhone, au moment de partager depuis l'app Photos, touchez Options et désactivez la Localisation. La mention "Lieu non inclus" s'affichera alors. Et pour ne plus enregistrer la position du tout, ça se trouve dans les Réglages, Confidentialité et sécurité, Service de localisation, Appareil photo, puis "Jamais". Sur Android, l'app Scrambled Exif retirera les métadonnées des images que vous partagerez. Attention quand même à ne pas trop compter sur cette suppression EXIF qui parfois n'est pas exhaustive selon les applis que vous utilisez.
Des lecteurs m'ont aussi parlé de SimpleX et de Session. SimpleX n'a ni numéro ni identifiant de profil, et il a été audité par Trail of Bits en 2022 et 2024. Par contre, ses serveurs par défaut sont tenus par deux opérateurs seulement, et sa politique de confidentialité admet qu'ils peuvent partager des données sur décision de justice. Les notifications Android arrivent parfois en retard, et il faut que tout votre groupe l'installe (480 000 utilisateurs par mois, d'après lui). Bref, c'est sérieux, mais pour un lycée entier, Signal reste plus réaliste.
Session, je vous le déconseille. Pas de "forward secrecy", un protocole v2 censé corriger ça mis en pause en août 2026, et un dernier audit qui date de 2021.
Cette messagerie passe de téléphone en téléphone par Bluetooth, sans compte ni numéro, et l'Inde s'en est beaucoup servie quand leur gouvernement a coupé le net il y a quelques mois. Sauf que le BISI a noté que Bitchat avait une authentification faible qui permet d'usurper un contact, et des clés qui ne changent pas à chaque message. Donc c'est pas le pied. Quant à Briar , ça ne tourne que sur Android et ne reçoit plus de vraies MàJ... Pour moi, tant que le réseau internet est dispo, Signal fait mieux que ces 2 apps.
Un autre truc important à avoir sur vous, c'est un stylo. En effet, le guide de la LDH conseille d'écrire le nom et le numéro de votre avocat sur votre bras, et d'apprendre par cœur les numéros à appeler, puisque votre téléphone vous sera confisqué en cas de garde à vue. La CGT précise cependant que le nom de l'avocat et son barreau sont suffisants car la police est obligée de le contacter.
Et si vous êtes mineur, la déclaration des droits du ministère de la Justice est claire comme de l'eau de roche : Vous devez être assisté d'un avocat dès le début de votre garde à vue.
Voilà, bonnes manifs à tous, ne lâchez rien et prenez soin de vous car les tirs sont souvent tendus, malheureusement !
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Le Zollkriminalamt, l'office d'enquête de la douane allemande, est capable de lire des conversations WhatsApp, Signal ou Telegram sans utiliser aucun logiciel espion ! On vient de l'apprendre grâce au média Netzpolitik qui a publié le 2 septembre dernier une note interne classée du Zollkriminalamt expliquant que depuis fin 2023, la méthode était testée pour finalement devenir un outil permanent pour les enquêteurs (surtout pour les enquêtes sur la criminalité organisée) depuis un peu plus d'un an.
Le principe est celui de WhatsApp Web ou de Signal Desktop... en fait, quand vous liez un ordinateur à votre compte en scannant un QR code depuis votre téléphone, cet ordinateur peut ensuite recevoir vos messages en même temps que le téléphone. Les enquêteurs configurent donc l'un de leur ordi, au poste de la douane en tant qu'appareil lié, ce qui fait que le chiffrement de bout en bout n'est plus un problème puisque l'appareil fait partie intégrante du compte.
Mais bon, pour que ça fonctionne, il faut réussir à faire valider la liaison de l'appareil par la cible. Pour faire ça, il faut donc ruser par exemple en convoquant les gens comme témoins et en les incitant à leur confier leurs téléphones pour faire des captures écran sur un sujet qui n'a rien à voir. Cela leur permet d'activer à leur insu la liaison WhatsApp Web ou autre. Ils peuvent également mettre en place une campagne de phishing dans la lignée des hackers russes qui piégeaient des fonctionnaires que je vous racontais en mars. Ou encore, quand c'est Telegram, avec son SMS de validation, le code de connexion peut être récupéré via une interception téléphonique classique.
Ils ont fait ça sur des dizaines de comptes. En 2022, un trafiquant de produits dopants de Basse-Saxe s'est même rendu compte que la douane se connectait à son compte. Il a alors coupé l'accès quelques heures plus tard... mais trop tard, ses échanges sur les 6 derniers mois étaient déjà copiés.
Car oui, c'est surtout ça qui donne de la valeur à la manœuvre puisque l'appareil lié récupère tout l'historique dès que la liaison est effective. La plupart des clients web reçoivent l'archive complète, et Signal propose de transférer les conversations ainsi que 45 jours de médias au moment de lier les appareils. Le BfV et le BSI ajoutent dans leur rapport que la cible met, en général, un peu de temps avant de remarquer que quelqu'un est en train de lire ses conversations, et aussi que la douane allemande peut écrire à sa place.
Alors, maintenant est-ce que c'est légal ?
Hé bien le 20 janvier dernier, la Cour fédérale de justice allemande a tranché sur le cas de Telegram. Ils ont validé le fait que se connecter en secret à un compte, c'était de la surveillance à la source, et que seuls les messages postérieurs à l'ordonnance du juge pouvaient être lus. Dans cette affaire de dopage, les messages antérieurs à l'ordonnance sont donc inutilisables au procès, faute d'infraction assez grave pour justifier une perquisition en ligne.
De son côté, le professeur Christian Rückert, spécialiste du droit pénal informatique à Bayreuth, juge la méthode "problematisch" parce que l'appli permet d'écrire au nom de la cible, alors que la loi exige de ne pas pouvoir en faire plus que de récupérer les messages. Mais bon, comme d'hab, avec la police et la justice, leur propre tambouille ne les concerne jamais vraiment hein...
Maintenant, si la douane ou la police peut le faire, n'importe quel script kiddie peut le faire aussi... Donc je vous invite vraiment à contrôler régulièrement la liste des appareils liés de vos applis. Si vous tombez sur des appareils que vous ne reconnaissez pas, virez-les immédiatement. Et dans la mesure du possible, pensez toujours à activer une vérification en deux étapes avec une application de double authentification et surtout pas un code SMS.
Source : Netzpolitik , repéré grâce au billet de Bruce Schneier .
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Depuis sa version 2.1.277, Claude Code sait parfaitement lire les fichiers AGENTS.md. Ainsi, quand un projet n'a pas de CLAUDE.md, il prend l'AGENTS.md à la place, ce qui est super confortable pour tous ceux qui jonglent entre plusieurs agents. Enfin... sauf si vous avez coupé sa télémétrie, parce que dans ce cas-là, bizarrement, votre fichier AGENTS.md est totalement ignoré !
AGENTS.md, pour ceux qui débarquent, c'est un fichier Markdown que les agents de code lisent pour comprendre un projet. Codex, Amp ou Cursor s'y mettaient déjà en août 2025 (souvenez-vous de
ce fichier qui dit non aux IA
). Alors que chez Anthropic, la demande a traîné durant 1 an sur GitHub, jusqu'à ce que Boris Cherny, qui bosse sur Claude Code, ferme le ticket en août en conseillant une astuce, un CLAUDE.md qui contient juste @AGENTS.md, pour que Claude Code importe le fichier.
Puis la 2.1.277 est arrivée avec une vraie lecture native d'AGENTS.md, sans CLAUDE.md du tout, et c'est elle qui pose problème...
Parce que cette lecture native passe en réalité par un plugin intégré, qui est off par défaut et qui ne s'allume que si un feature flag récupéré chez Anthropic, tengu_agents_md_mod, lui dit oui. Et si ce flag ne répond pas, bah c'est "niet", et le fichier n'est jamais lu. Hé oui c'est bizarre qu'un accès à un fichier local nécessite un tel appel réseau...
Et ce "non", on l'obtient sans même le savoir, puisqu'il suffit d'activer DISABLE_TELEMETRY, CLAUDE_CODE_DISABLE_NONESSENTIAL_TRAFFIC ou même DO_NOT_TRACK, ou encore de passer par Bedrock et les autres fournisseurs tiers.
Attention, même à 0 (donc activé), DISABLE_TELEMETRY coupera la télémétrie. En fait, n'importe quelle valeur non vide compte.
Le pire, c'est que rien ne vous avertit. C'est vrai que quand AGENTS.md est chargé, Claude Code l'annonce avec une petite ligne dans la session, mais quand il est ignoré, hé bien y'a rien du tout. Et c'est assez impactant car ensuite le modèle répond sans vos consignes, et vous vous tapez à reformuler vos prompts en boucle en croyant que l'IA vous ignore, alors que le fichier ne lui est tout simplement jamais parvenu.
Et le comble, c'est que c'est documenté, et la page des variables d'environnement liste même tout ce qu'on perd quand les flags ne sont pas récupérés, lecture d'AGENTS.md comprise. Pourtant, y'a aucun rapport logique... Couper la télémétrie, de mon point de vue, ça reste un choix légitime et ça ne devrait couper que l'envoi de statistiques à Anthropic et pas la lecture d'un stupide fichier texte. Bref, ça me dépasse, ce genre de bug ou de "fonctionnalité".
En attendant, la parade est celle que conseillait Boris Cherny... À côté de chaque AGENTS.md, posez un bon vieux CLAUDE.md qui contient une seule ligne, @AGENTS.md. Par défaut, dès qu'un CLAUDE.md existe, la lecture native ne s'en mêle même plus, et c'est l'import qui fait le boulot. Et comme les imports de CLAUDE.md ne dépendent d'aucun flag, hé bien ça passe tranquillou, télémétrie coupée ou pas.
Comme ça vous préservez votre vie privée ET vos consignes.
Source : szypowi.cz
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Si vous utilisez ChatGPT gratuitement, il y a de bonnes chances que votre navigateur se balade avec un affreux cookie baptisé __obi, posé là par OpenAI et avec une durée de vie de un an. Un chercheur qui publie sous le pseudonyme Buchodi a analysé son fonctionnement et publié un rapport très intéressant ce week-end dans lequel on apprend que ce cookie permet à OpenAI de choper des datas sur les sites marchands que vous visitez.
Le principe est celui du pixel publicitaire, exactement comme celui que Meta et Google vous font installer à l'insu de votre plein gré depuis des années. Une boutique qui achète de la pub dans ChatGPT colle un bout de code d'OpenAI sur ses pages, et ce code les prévient quand vous achetez un truc. Sauf qu'ici, comme __obi est configuré en SameSite=None, votre navigateur l'attache tout seul à la requête qui charge le script, avant que la moindre ligne de code ne s'exécute.
Et cet identifiant n'est pas anonyme ! En effet, sur chatgpt.com, il est généré aléatoirement puis signé par le serveur avec un jeton qui contient aussi l'identifiant de votre compte. Les deux voyagent ainsi collés-serrés l'un à l'autre, ce qui permet donc de vous identifier très précisément. Buchodi explique sur son site qu'il n'a cependant pas observé OpenAI faire le rapprochement côté serveur, mais que ces derniers ont tout ce qu'il faut pour le faire. Sur son mobile, un même __obi est utilisé depuis 12 boutiques, dont Wayfair, HelloFresh ou encore Coursera.
Et le plus rigolo dans tout ça, c'est qu'OpenAI documente absolument tout publiquement sur ce pixel. On lit par exemple dans la doc que le SDK considère que vous y avez consenti par défaut, et que l'annonceur doit écrire une ligne de code explicite pour dire le contraire. On y lit aussi ce que le pixel récupère tout seul depuis la page du marchand : il détecte ainsi votre email, votre téléphone et votre nom, les hash en SHA-256 dans le navigateur, et envoie aussi votre ville et votre code postal en clair. Woohoo \o/ !
Maintenant, le truc qui va faire bondir la secte des adorateurs du RGPD c'est que la politique de cookies d'OpenAI, classe __obi dans la catégorie des "Cookies analytiques". Hé oui, ce sont ces fameux cookies qui, je cite "les aident à comprendre comment leurs Services fonctionnent et sont utilisés". C'est même la seule entrée de cette section
dans leurs cookie policy
, alors que la catégorie marketing juste en dessous nous aligne du LinkedIn, du Google, du Reddit, du Meta, du Bing et du TikTok. Voilà, donc si vous avez accepté les statistiques en refusant le marketing, bah vous l'avez quand même. "Chè" comme dirait Sam Altman !
Buchodi a donc posé la question à OpenAI et "bizarrement", le support a accusé réception mais n'a jamais répondu...
Alors est-ce que vous êtes concerné par cette saloperie ?
Eh bien ça dépend de votre navigateur. Safari, le bienheureux, bloque tous les cookies tiers par défaut depuis 2020, et comme tous les navigateurs iOS tournent sur ce moteur, aucun d'entre eux ne laisse passer le cookie d'OpenAI. Firefox, le vrai navigateur des champions, quant à lui, range les cookies dans un conteneur séparé par site depuis 2022, ce qui casse totalement le recoupement sans péter les sites. Et Chrome, le navigateur des gens qui ne tiennent pas à leur vie privée, a lui renoncé en avril 2025 à supprimer les cookies tiers, et c'est justement sur Chrome sous Android que ce mécanisme d'OpenAI a été observé.
Alors que faire ?
La bonne nouvelle, c'est que la parade la plus solide est sans doute déjà en place chez vous. EasyPrivacy, la liste antipistage activée par défaut dans
uBlock Origin
, contient déjà les règles ||bzr.openai.com^ et ||bzrcdn.openai.com^. Comme elles bloquent le domaine entier, elles coupent aussi la requête qui pose le cookie au départ, sur chatgpt.com. Et si vous filtrez avec un DNS grâce à un Pi-hole ou
NextDNS
, ajoutez ces deux domaines et vous couvrez toute la maison, téléphone sur Wifi compris.
Par contre, ne comptez pas sur Safari ou Firefox pour tout régler par défaut car ils s'occupent du cookie, mais pas du reste. En effet, la requête vers OpenAI part quand même, avec votre adresse IP, votre code postal en clair et votre email hashé si le marchand a activé la détection automatique. Et le pixel a son grand frère côté serveur, une API appelée depuis les serveurs du marchand, qu'aucun réglage de navigateur n'atteindra malheureusement.
Et ne vous dites pas que c'est une histoire uniquement américaine puisque depuis fin août, ChatGPT Ads couvre la France et 30 autres pays européens. Les pubs ne s'affichent que sur les comptes Free et Go (moi j'ai pas de cookies __obi avec mon compte payant) et le cookie se synchronise aussi quand vous êtes déconnecté.
Bref, allez jeter un œil à vos filtres. Et si vous voulez voir votre cookie __obi, il traîne dans les cookies de .openai.com.
Source : l'enquête de Buchodi et la documentation du pixel OpenAI .
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Des pirates ont mis en vente cette semaine, sur un site baptisé Nexus, les copies numériques de plus de 153 millions de permis de conduire américains et canadiens, plus de 10 millions de cartes d'identité, 3 millions de documents de voyage et de pièces étrangères, et près de 600 000 cartes médicales. Le site vit sur le darkweb, la partie d'internet où ce commerce se fait entre criminels, à l'abri des regards.
Pour chaque personne, le dossier contient jusqu'à six photos du permis, recto et verso, en lumière normale, en infrarouge et en ultraviolet, avec la date et l'heure de la prise de vue. Un acheteur tape un nom, obtient un aperçu en partie masqué, et paie. Le permis du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, était affiché à 100 dollars.
Brian Krebs, un journaliste américain spécialisé dans la cybercriminalité, a tapé son propre nom. Son permis y était, et la date de la photo correspondait au jour et à l'heure où il avait tendu sa carte au comptoir d'une agence Hertz, en juin 2025.
D'autres victimes ont fait le même rapprochement, entre la date de leur photo et une location chez Hertz ou un passage dans une boutique de cannabis légal à Las Vegas. À chaque fois, le permis avait été glissé dans un petit scanner posé sur le comptoir pour vérifier qu'il était authentique.
Ces scanners viendraient tous d'IDScan.net, une société de La Nouvelle-Orléans d'une centaine de salariés que Hertz, Target, FedEx, les casinos Caesars ou des centaines de boutiques de cannabis paient pour contrôler les pièces d'identité de leurs clients. Ses appareils photographient le permis en infrarouge et en ultraviolet pour repérer les faux, et c'est exactement ce jeu de six images qu'on retrouve dans chaque dossier vendu par Nexus.
Vous montrez votre permis pour louer une voiture, le boîtier le photographie sous trois lumières, et les images partent chez un sous-traitant dont vous n'avez jamais entendu parler. C'est infernal.
IDScan.net n'a rien dit sur le fond, se contentant de prévenir ses clients dans la nuit d'un possible incident de sécurité, alors que les pirates affirmaient aspirer ces images depuis plus d'un an et en ajoutaient près de 400 000 en 24 heures. Le FBI de La Nouvelle-Orléans a ouvert une enquête le 1er septembre.
Sauf que voilà, un mot de passe volé se change. Un scan de permis, non, et une photo de pièce d'identité sert couramment à ouvrir un crédit ou à passer les contrôles d'identité en ligne, jusqu'aux prestataires qui vérifient votre âge pour les sites pour adultes par chez nous par exemple.
Le soir même de l'ouverture de l'enquête, la page d'accueil de Nexus ne montrait plus qu'une ligne. Le service n'est plus disponible. Les images, elles, sont toujours quelque part.
Source : Apple Insider
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Zéro Logement Vacant, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est un service de l'État censé aider les collectivités à remettre sur le marché les logements vides. Il vient de se retrouver au cœur d'une fuite de données colossale.
Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes affirme avoir aspiré près de 149 millions de lignes brutes depuis la plateforme. Après nettoyage des doublons, ça correspondrait à environ 48 millions de personnes différentes. En croisant les noms et les dates de naissance, on grimpe même à plus de 71 millions, mais les deux chiffres ne s'additionnent pas.
D'où vient une telle masse de données ? Essentiellement du foncier. La plateforme avait chargé d'énormes fichiers de propriétaires issus du cadastre et de la DGFiP, autrement dit le fisc. Deux tables contiennent presque tout, environ 82 millions de lignes de propriétaires d'un côté, et 66,9 millions provenant d'un fichier foncier national de 2024 de l'autre.
Le site Cyberattaque.org , qui a pu examiner des échantillons, confirme le pire. On y trouve des identités, des dates de naissance, des adresses postales et des informations liées aux droits de propriété. Un second extrait ajoute des adresses e-mail et des numéros de téléphone. Sur 500 lignes analysées, 453 contenaient un numéro, 274 un e-mail et 423 une date de naissance.
Et ça ne s'arrête pas aux propriétaires. Les comptes des utilisateurs de la plateforme sont aussi dans la nature, à savoir des agents de collectivités, des services de l'État et des prestataires. On parle de leurs e-mails professionnels, de leurs rôles, du SIREN de leur structure, mais aussi d'adresses IP, de sessions récentes et de mots de passe. Bonne nouvelle relative, ces mots de passe sont hachés, le plus souvent en bcrypt, donc pas lisibles directement, ou réutilisés ailleurs.
Le plus inquiétant, c'est la fraîcheur de certaines données, avec des sessions de connexion très récentes dans les échantillons. Ce n'est donc pas une vieille base oubliée dans un coin, mais bien un environnement encore actif.
Pour les propriétaires concernés, le risque immédiat, c'est l'hameçonnage sur mesure. Avec votre nom, votre adresse et votre bien, un faux courrier des impôts devient tout de suite bien plus crédible. Méfiance sur tout ce qui touchera au foncier dans les prochaines semaines.
Source : MacG
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Vous avez déjà tapé votre nom sur Google ? Non, pas pour stalker votre ex. Votre PROPRE nom. Faites-le. Je vous attends.
...
Vous avez trouvé quelque chose ? Peut-être votre adresse, votre numéro de téléphone, votre email, vos anciennes adresses, peut-être même votre numéro de sécu ou votre date de naissance. Le tout exposé sur des sites que vous ne connaissez même pas. Des sites avec des noms à la con du genre PeopleSearchPro ou Spokeo ou je sais pas quelle autre saloperie. Et le pire ? C'est légal. Ces mecs vendent vos données comme si c'était des bonbons.
Moi, j'ai découvert ça par hasard. Je cherchais un truc, je tape mon nom, et BIM, première page de résultats : mon adresse perso, affichée en grand, avec en prime mon numéro de téléphone. J'étais pas bien de voir mon adresse perso sur Google alors que je fais attention... La faute à un pays européen qui tient un registre public pour la douane et que des boites privées spécialisées en SEO mettent sur le net en accès libre pour faire du trafic. Bref, accessible à n'importe quel taré, harceleur, ou escroc qui a 5 minutes et une connexion internet.
Alors, pour ceux qui dorment au fond, un data broker c'est quoi ? C'est une boîte qui fait du fric en récoltant vos infos personnelles et en les revendant au plus offrant. Tout ce que j'ai déjà mentionné plus haut, mais aussi votre statut marital, votre boulot, vos habitudes d'achat, vos préférences politiques, votre historique médical et même vos antécédents judiciaires. Tout.
Ils récupèrent ça via vos cookies, vos inscriptions en ligne, les registres publics, vos cartes de fidélité, divers hacks de bases de données (ou des sites tenus avec les pieds par le gouvernement). Et surtout via les petites cases que vous cochez sans lire dans les conditions générales. Vous savez, celles où vous acceptez que vos données soient "partagées avec des partenaires tiers". Sauf que ces partenaires, c'est souvent des data brokers. Et eux, ils revendent à qui veut : marketeurs, arnaqueurs, stalkers, ou le mec chelou du métro.
Apple peut vous protéger des trackers dans Safari, mais Apple ne peut pas effacer des années de données déjà disséminées sur des centaines de bases de données. C'est comme essuyer une flaque avec une éponge alors que quelqu'un continue de verser de l'eau.
C'est là qu' Incogni entre en jeu . C'est un service créé par les mecs derrière Surfshark (et maintenant dans la famille NordVPN) qui fait UNE SEULE chose, mais il la fait bien. Il va contacter les data brokers à votre place et exiger la suppression de vos données.
Pas besoin de passer des week-ends à remplir des formulaires d'opt-out incompréhensibles sur 250 sites différents. Vous créez un compte, vous signez une autorisation légale pour qu'ils agissent en votre nom, et vous laissez le robot faire le boulot.
Dans mes tests, plusieurs demandes de suppression ont été envoyées en moins de 10 minutes après l'inscription. Dix minutes. Et presque une centaine dans les semaines/mois qui ont suivi . Après deux mois, environ 90% des demandes étaient finalisées. Moi, à la main, j'en aurais fait trois en une heure, et j'aurais abandonné en pleurant.
Le tableau de bord est clair. Vous voyez combien de brokers ont été contactés, combien ont répondu, combien ont supprimé vos données et combien traînent les pieds. Incogni renvoie des demandes récurrentes tous les 60 à 90 jours pour ceux qui font le mort, et demande à être ajouté sur des listes de suppression pour éviter que vos données ne réapparaissent.
Et ça marche. Deloitte a audité le service et confirmé que Incogni a traité plus de 245 millions de demandes de suppression pour ses clients, couvre bien plus de 420 data brokers et n'a aucune affiliation avec ces derniers. C'est vérifié par un cabinet d'audit indépendant.
Incogni propose plusieurs formules :
Oui, c'est plus cher qu'avant. Le service est passé au prix plein de 11,7$ à 14,4€ mensuel pour le Standard. Mais en abonnement annuel avec les réductions, on reste à 7,2€/mois. Pour un service qui vous évite des centaines d'heures de travail manuel, c'est plutôt pas mal. DeleteMe, le concurrent, coûte sensiblement plus cher.
Et pour les lecteurs de Korben, il y a le code KORBEN55 qui donne 55% de réduction sur les plans annuels. À saisir au moment de payer.
Depuis que j'utilise Incogni, voici ce qui a changé concrètement :
Faut pas se leurrer, Incogni est un outil spécialisé, pas une baguette magique. Il ne fait PAS de monitoring de crédit, de scan du dark web, d'assurance vol d'identité, VPN ou antivirus. Si vous partez de zéro en protection d'identité, Incogni seul ne suffit pas. C'est un excellent complément à un VPN, un gestionnaire de mots de passe, et un service de monitoring. Mais c'est pas une solution tout-en-un.
Et contrairement à Optery, Incogni ne fournit pas de captures d'écran prouvant ce qui a été trouvé avant suppression. Vous devez faire confiance au processus automatisé. Pour moi, le rapport de Deloitte et les résultats concrets suffisent. Mais si vous êtes du genre à vouloir des preuves visuelles, Optery sera peut-être plus votre truc.
Le gros avantage pour les Européens c'est que souvent les services de suppression de données sont centrés sur les USA. Incogni, lui, couvre non seulement USA, Canada et UK, mais aussi tous les pays de l'UE (27 pays) ainsi que la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
En Europe, on a le RGPD. Le service de Surfshark s'en sert comme d'une massue légale pour forcer les brokers à coopérer. Aux USA, c'est le CCPA. Au Canada, PIPEDA. Bref, ils utilisent les lois locales les plus strictes pour vous protéger. Si vous êtes en France, en Allemagne ou en Espagne, c'est probablement votre meilleure option.
Bref
Votre identité est déjà en ligne. Vos données sont déjà vendues. Le seul choix que vous avez, c'est de faire quelque chose ou de laisser faire. Incogni ne vous rendra pas anonyme. Il ne vous protégera pas des hackers qui cassent vos mots de passe. Mais il réduira de beaucoup votre empreinte numérique sur les sites de data brokers. Et quand j'ai vu mon adresse disparaître de Google, je peux vous dire que les 7€ par mois, ça se paie avec le sourire.
Comme toujours, dans le doute, supprimez. Et si vous devez supprimer des centaines de fois, automatisez.
Code KORBEN55 : -55% sur les plans annuels.![]()
Au début du mois d'août, une Toyota Yaris de 2009 est passée devant une caméra Flock à Las Vegas sans être "vue". Car même si la caméra l'a filmée correctement, le logiciel de détection, lui, n'a rien inscrit dans ses logs, comme si la rue était restée vide...
J'ai trouvé ça intéressant parce que ça ne nécessite pas de grande technologie... Non, il faut juste que la voiture soit recouverte d'un certain motif généré à l'aide d'un ordinateur. C'est un motif qui ne cache rien puisque la plaque d'immatriculation reste à sa place réglementaire et est parfaitement visible.
Mais ce qu'il faut savoir avant pour bien comprendre comment ça fonctionne, c'est qu'une caméra de lecture de plaques ne lit pas une plaque en permanence. Elle repère d'abord un véhicule dans l'image, puis va chercher la plaque dessus. Du coup, en cassant la première étape, la seconde n'a jamais lieu. La plaque reste donc visible mais le système n'a pas l'idée d'aller la lire...
Derrière l'expérience, on retrouve Bill Swearingen, un vieux de la vieille de la sécu qui a cofondé SecKC, le meetup sécurité de Kansas City. Son projet s'appelle noRecognition et fonctionne comme un fuzzer. Il génère un motif, le passe devant des modèles de détection, note ce qui échoue, et recommence et ainsi de suite... 31,7 millions de tests plus tard, il produit alors des motifs à la demande pour déjouer ce genre de caméra.
Alors pourquoi quelqu'un irait dépenser un an de calcul machine là-dessus ? Hé bien parce que Flock revendique 93 plaques correctement lues sur 100, pour plus de 20 milliards de lectures par mois et que l'Institute for Justice a recensé au moins 27 automobilistes innocents arrêtés, détenus ou emprisonnés depuis 2018 à cause d'une de ces erreurs de lecture...
Et dans près des deux tiers des cas, les policiers s'en sont rendu compte après avoir sorti leur arme. Bref, la polémique enfle aux États-Unis, encore plus depuis février dernier, dans l'Arkansas, quand un couple s'est retrouvé injustement menotté au bord de la route à cause d'une de ces caméras, pendant que leur bébé de six semaines attendait dans le siège auto.
Swearingen a même mis à dispo publiquement un tableau de bord public qui affiche en toutes lettres les résultats chiffrés qui sortent de ses modèles réels avec l'impression et la caméra simulées. Son tableau de bord indique également que pour le moment, aucun motif unique ne bat encore les onze modèles de caméra de son banc d'essai, en même temps, et surtout, il a mesuré jusqu'à 64 % d'écart entre les chiffres de son labo et les vrais tests réalisés dans le monde extérieur. J'ai rarement vu une page de vente aussi peu vendeuse ^^ mais au moins c'est honnête.
Et ça n'a pas empêché sa campagne Kickstarter de dépasser de 20 fois son objectif. Ses motifs générés se vendent en t-shirts et en hoodies, mais ce qui vaut pour une carrosserie ne vaut pas forcément pour un vêtement. En effet, une portière est plate, rigide et ce qui y est imprimé est fixe. Alors qu'un tissu se plie et se déforme, et Swearingen prévient qu'un motif imprimé trop grand ou trop petit cessera de fonctionner sans que ça ne se remarque.
Et chez nous en France ?
Hé bien les lecteurs de plaques tournent aussi donc possiblement, ça pourrait aussi fonctionner ici. Mais tout ceci reste géré au niveau de l'État et des communes, et c'est contrôlé par la CNIL. Même si on n'en est pas loin, ce n'est donc pas encore dans ce cauchemar très américain où ce sont des dizaines de réseaux privés comme Flock, revendus clé en main aux villes, qui font la loi, peu importe le taux d'erreur du logiciel.
Source : Bitdefender
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Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes a revendiqué mercredi, sur un forum fréquenté par les cybercriminels, le vol de près de 680 000 lignes de données extraites d'un outil interne de la Direction générale des Finances publiques. Bercy a confirmé l'intrusion dès le lendemain.
L'attaque ne date pourtant pas d'hier. Elle remonte à la fin juin, au 26 très exactement selon le pirate, et l'administration l'avait détectée puis interrompue à l'époque, sans jamais en toucher un mot publiquement.
Dans le lot, on trouve des noms, des dates de naissance, des adresses et des informations foncières et cadastrales, pour environ 390 000 particuliers et 285 000 professionnels. Les mots de passe et les coordonnées bancaires ne figurent pas parmi les données citées.
ZeroBytes raconte s'être promené de serveur en serveur avant de décrocher un accès VPN, la porte d'entrée à distance du réseau, qui lui a ouvert plusieurs outils internes du fisc. La version officielle parle plus sobrement d'une usurpation d'identité ayant permis un accès illégitime.
Une seconde fuite circule aussi sur les mêmes forums et toucherait environ 2 millions de propriétaires, mais celle-là n'a rien d'officiel pour le moment.
L'ANSSI, le pompier informatique de l'État, enquête, et la CNIL a été prévenue comme la loi l'impose.
Le fisc n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Entre fin janvier et mi-février, des pirates avaient déjà consulté frauduleusement 1,2 million de comptes bancaires dans le fichier FICOBA, en utilisant les identifiants compromis d'un agent. Deux intrusions en un an, ça commence à faire beaucoup.
Dans l'immédiat, méfiez-vous des mails, des SMS et des coups de fil qui se réclament des impôts, surtout s'ils alignent vos vraies informations personnelles pour vous mettre en confiance. Une adresse exacte et une date de naissance correcte ne prouvent plus rien du tout.
Reste à savoir quand chacun des 680 000 concernés recevra le petit message l'informant que ses données se baladent dans la nature.
Source : Cyberattaque.org
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Sachez-le, les amigos, je reprendrai mes lives Twitch début septembre, parce que là j'ai pas vraiment le temps et qu'il fait trop trop chaud. Mais ça ne m'empêche pas de surveiller ce qui s'y passe... Car pendant que la chaîne dort, faut savoir que Twitch a ajouté un réglage que personne n'a demandé comme d'hab : une case qui autorise Amazon à entraîner ses modèles d'IA générative sur le contenu de votre chaîne. Et bien sûr, comme d'hab, c'est coché par défaut.
L'annonce n'est pas passée par le blog officiel mais discrètement via un message du compte Twitch Support sur X, le 12 août, pour expliquer qu'on peut désormais refuser ça. Donc si vous ne faites rien, vous avez déjà accepté...
Alors c'est pas très très nouveau cette histoire d'entraîner des IA avec le contenu des streams puisque dès 2024 , lors d'un événement organisé par The Information, les journalistes demandaient à Mike Minton, alors directeur de la monétisation de Twitch, si Amazon se servait de la plateforme pour entraîner ses modèles. Et sa réponse c'était "Ouais, carrément."
Il précisait quand même que ça se faisait "dans les limites de la confiance des utilisateurs et des réglementations sur la vie privée" et depuis Minton est passé directeur produit, et c'est lui qui a "justifié" en direct la case cochée d'office en expliquant que "* Si c'était en opt-in, personne ne cocherait.*" Au moins c'est clair... J'sais pas si l'IA Act Européen a tenu compte de ce genre de chose mais visiblement, ça ne les concerne pas trop.
Voilà, ce réglage est visible sur tous les comptes, que vous streamiez tous les soirs ou que vous n'allumiez jamais votre webcam. Il couvre vos streams, vos VODs, vos clips, le chat de votre chaîne, ses images et ses textes. Twitch donne comme exemple d'usage, votre voix, qui peut affiner des modèles de reconnaissance vocale réutilisés bien au-delà de la plateforme. Bref, encore un endroit où il est nécessaire de reprendre la main sur ses données .
Direction twitch.tv/settings/security , la page Sécurité et confidentialité de votre compte. Descendez jusqu'à la section Privacy, tout en bas : le réglage s'appelle "Training for Generative AI". Basculez-le sur off et votre contenu sort du périmètre d'entraînement.
Voilà c'est tout.
Il y a aussi un petit détail que la FAQ de Twitch glisse discrètos... Quand vous écrivez dans le chat d'une autre chaîne, c'est le réglage de cette chaîne qui décide du sort de vos messages, et pas le vôtre. Vous pouvez donc avoir tout coupé chez vous et nourrir quand même l'entraînement IA, ailleurs. Et c'est pareil dans l'autre sens. Ce que vos viewers tapent chez vous suit votre réglage à vous, donc si vous respectez vos viewers, vaut mieux décocher cette case.
Après le refus ne coupe ni AutoMod ni les sous-titres automatiques, qui tournent sans nourrir de modèle génératif et surtout il ne remonte pas le temps puisque ce qui a déjà servi à entraîner l'IA par le passé y restera. Snif.
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Même les hackers ne veulent plus voir les lunettes connectées de Meta. Les organisateurs de la DEF CON, la plus grande convention de hackers au monde qui se tient chaque été à Las Vegas depuis 1993, ont annoncé sur leurs réseaux sociaux l'interdiction pure et simple des "lunettes de style Meta dotées de capacités d'enregistrement" dans l'enceinte de l'édition qui ouvre le 6 août.
Et la règle ne souffre aucune exception, pas même pour ceux qui ont fait monter des verres correcteurs sur leur monture connectée. "Pensez à emporter des lunettes conformes si vous en avez besoin", préviennent les organisateurs. Le message est clair.
Pour situer, la DEF CON attire chaque année plus de 30 000 participants, chercheurs en sécurité, agents fédéraux et bidouilleurs de tout poil, dans une ambiance où la paranoïa est presque une politesse. Le règlement photo, en place depuis 2023, interdit déjà de photographier qui que ce soit sans son accord, à l'exception des intervenants sur scène.
Sauf que voilà, les lunettes conçues par Meta avec EssilorLuxottica, le géant franco-italien de l'optique, sous les marques Ray-Ban et Oakley, ressemblent à s'y méprendre à des montures classiques. La caméra se niche dans la branche et seule une petite diode signale que ça tourne.
Du coup, impossible pour votre voisin de savoir s'il est filmé, et filmer quelqu'un en douce constitue une violation du code de conduite de la conférence. Dans un événement où une partie du public paie encore son badge de 520 dollars en liquide pour ne pas laisser de trace, on comprend que ça coince.
Eva Galperin, directrice de la cybersécurité à l'EFF, la grande association américaine de défense des libertés numériques, a applaudi des deux mains : "ravie de voir une politique "pas de lunettes de voyeur" à la DEF CON". Le surnom anglais, "pervert glasses", littéralement des lunettes de pervers, colle au produit depuis un bon moment.
Meta a bien senti le vent tourner, puisqu'une mise à jour déployée en juillet désactive désormais la caméra quand la diode témoin est masquée ou cassée. Visiblement, ça n'a pas suffi à rassurer grand monde.
La DEF CON n'est d'ailleurs pas seule, un organisateur britannique de Comic Cons et même une compagnie de ferries écossaise ont pris des mesures comparables. En 2013, les casinos de Las Vegas avaient déjà banni les Google Glass, autrement plus voyantes avec leur écran vissé sur la monture.
Quand les spécialistes de l'espionnage des machines refusent eux-mêmes d'être filmés à leur insu, le grand public aurait tort de ne pas se poser les mêmes questions.
Source : The Register
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Ma page "Quelle est mon adresse IP" traînait sur korben.info depuis presque 15 ans, à peu près dans son jus d'origine. Hé bien, bonne nouvelle, je viens de la refaire entièrement, et elle est là : korben.info/ip .
Vous arrivez dessus, votre IP publique s'affiche en gros, IPv4 et IPv6 séparées avec un bouton copier, et juste en dessous une grille de cartes déballe tout ce que votre connexion raconte sur vous sans que vous ayez rien demandé. La localisation estimée d'abord, sauf que c'est pas du GPS, juste la ville que les bases GeoIP collent à votre IP (sur mobile ça part parfois à 200 km à côté) mais aussi votre opérateur et son numéro d'AS, de datacenter Cloudflare par lequel vous passez, la latence jusqu'à lui, le protocole, le chiffrement.
Y'a une carte que je trouve bien pratique aussi c'est la carte "VPN ou pas ?". Elle compare le fuseau horaire vu depuis votre IP avec celui réglé sur votre appareil, et repère si vous sortez par une IP de datacenter, le signe quasi certain d'un VPN ou d'un proxy.
J'ai ajouté aussi un petit test de débit maison (descendant, montant, latence, gigue), tout comme le fameux leak WebRTC, ce truc qui balançait votre IP locale à n'importe quel site avant que les navigateurs ne finissent par la masquer. Ça peut encore fonctionner sur de vieux browser alors je l'ai laissé.
Le point important, parce que je sais que vous allez me poser la question, c'est que de mon côté, rien n'est stocké, rien n'est tracé, rien n'est revendu. Tout est lu à la volée entre votre navigateur et mon CDN, qui se contente de faire transiter vos requêtes comme n'importe quel hébergeur. Votre IP en dit déjà bien assez long sur vous comme ça, pas la peine d'en remettre une couche.
Bref, un bon coup de bouc-marque (bookmark, pour les intimes ^^) sur korben.info/ip et vous aurez votre IP et l'état de votre connexion sous la main en un clic.
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Un site sans cookie de mesure d'audience et sans bandeau de consentement, c'est reposant je trouve... Sauf qu'à cause de ça, bah je ne savais plus trop combien de gens venaient me lire tous les jours. Relou hein ?
C'était ma situation depuis un moment déjà, vu que tout ce qui servait à mesurer l'audience a dégagé de korben.info il y a un bon bout de temps. Alors faute de mieux, je me suis rabattu sur AWStats, qui lit bêtement les logs Apache du serveur mais bon, c'est pas terrible, parce qu'avec le cache de Cloudflare, il y a une grosse partie de mon trafic qui n'est pas pris en compte.
En effet, quand Cloudflare possède une copie valide de la page dans son cache, il peut la renvoyer directement sans contacter le serveur d'origine. Vous êtes donc bien un visiteur réel, mais Apache ne voit aucune requête et AWStats ne vous comptabilise pas. Du coup, tous les outils fondés exclusivement sur les logs d'origine sous-estiment la part du trafic absorbée par le cache.
Après il y a bien le classique Google Analytics, mais bon même configuré en mode full RGPD, ça reste Google et ça appelle quand même un service tiers aux US... Vous connaissez aussi déjà des alternatives propres, puisque je vous ai parlé de Matomo, Plausible et de Vince Analytics , mais elles ajoutent toutes une mesure côté navigateur, avec un script, un pixel ou un stockage local (le localstorage) et moi, je ne voulais aucun outil d'audience de plus dans vos pages !
De son côté, Cloudflare lui, voit chaque requête HTTP qui atteint son réseau, y compris celles auxquelles son cache répond. Ses chiffres couvrent donc beaucoup mieux le trafic HTTP que mes logs d'origine. Le souci, c'est que son dashboard, je ne l'aime pas. Je le trouve incomplet, mal foutu, chiant à utiliser, et il ne montre pas ce que j'ai envie de voir.
Donc, histoire d'avoir ce que je voulais, j'ai fini par coder le mien. Enfin, entièrement vibe codé et ça tourne aussi bien sur un serveur qu'en local sur une machine de bureau.
Petite parenthèse pendant que j'y suis, vous ne le savez peut-être pas mais depuis que ChatGPT a débarqué dans nos vies fin 2022, tout ce que je développe moi-même sur ce site et l'ensemble de mes outils internes sont vibes codés avec des LLMs comme ceux d'OpenAI et d'Anthropic. C'était une purge au tout début et maintenant ça s'est tellement amélioré et je me suis tellement spécialisé là-dedans, que le code n'est devenu qu'une formalité. Ne hurlez pas, mon site est statique et j'envoie pas de fusée dans l'espace !
Mon collecteur s'exécute en local, cause à une API, et il n'envoie pas une seule ligne de mesure dans votre navigateur. Bref, que mon backend soit écrit avec un LLM, à la main ou en Brainfuck, vous chargez exactement la même chose de mon outil de stats, c'est-à-dire rien du tout. La garantie est donc architecturale et pas une question de talent.
Et surtout, mon outil de stats n'ajoute aucune mesure dans votre navigateur. Aucun JavaScript ni cookie supplémentaire n'est posé par mon outil. À la place, il lit l'API GraphQL Analytics de Cloudflare, en lecture seule et récupère des compteurs déjà agrégés par jour et par dimension. Cela veut dire par exemple, que quand je récupère le nombre "nombre d'IP distinctes par jour", je ne récupère pas les IPs en tant que telles mais juste un total que Cloudflare me communique et qu'il a déjà traité en amont.
Et vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole, parce que c'est vérifiable en 10 secondes... Ouvrez l'inspecteur de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez cette page. Vous ne verrez aucun script de mesure d'audience, aucun appel vers un domaine tiers et aucune iframe. Même les vidéos YouTube ne se chargent qu'au moment où vous cliquez sur la vignette. Le seul truc qui bouge, c'est le compteur du footer qui télécharge un nombre, sans rien renvoyer derrière.
Attention, ce n'est pas à confondre avec Cloudflare Web Analytics et ses mesures RUM (Real User Monitoring) puisque cette fonctionnalité injecte un bout de JavaScript pour mesurer les performances ressenties dans le navigateur. Chez moi, c'est désactivé tout ça.
Maintenant soyons clairs sur un point, parce que c'est l'objection évidente et qu'elle est parfaitement légitime... Cloudflare, lui, voit bien votre adresse IP. Pas à cause de mon outil de stats, mais parce que c'est un reverse proxy et que c'est mécaniquement ce qui se passe dès qu'un site est derrière un CDN. Votre requête arrive chez eux avant d'arriver chez moi, sinon ils ne pourraient ni router, ni mettre en cache, ni bloquer une attaque. Mon outil ne change rien à ça, il se contente de lire des totaux déjà calculés et je ne récupère jamais la moindre IP. Tout est détaillé dans mes CGU, avec les bases légales, les durées et la liste des cookies de sécurité, si vous voulez le détail complet.
Mon outil et le compteur que vous pouvez retrouver dans le footer de mon site reposent sur les requêtes collectées côté serveur chez Cloudflare et sans l'analyse web, je ne peux juste pas suivre par exemple un parcours utilisateur, connaitre un taux de rebond ou évaluer les temps de chargement mesurés chez les lecteurs. Rien de grave donc...
Maintenant, il y a un souci chez Cloudflare, c'est que selon le jeu de données et le forfait que vous payez ou non, le détail ne reste interrogeable que durant une fenêtre limitée de temps. Mon outil doit donc passer chaque jour récupérer les agrégats encore disponibles et les stocker dans une base SQLite sur mon serveur ou en local, selon la façon dont on l'a déployé.
Ça me permet de garder mon propre historique agrégé. J'ai aussi activé le Super Bot Fight Mode de Cloudflare, qui réduit une large partie du trafic automatisé, mais attention, ça ne me donne pas pour autant des stats sans aucun bot. Les crawlers autorisés comme Googlebot et ceux qui passent entre les mailles du filet restent comptabilisés dans mes chiffres, exactement comme avec tous les autres outils de mesure web. Et je préfère le dire clairement plutôt que de vous vendre des chiffres "propres" qui ne le sont jamais totalement, vu qu'un filtre anti-bot ne peut retirer que les bots qu'il a détectés.
À côté de ça, j'ai aussi branché ma Google Search Console, et là non plus sans installer la moindre bibliothèque tierce... Je signe moi-même un JWT en RS256 avec le module crypto natif de Node, je l'échange contre un jeton d'accès chez Google, et le compte de service que j'utilise est restreint au scope lecture seule. Ça m'apporte des statistiques agrégées sur les impressions, les positions, les requêtes de recherche et surtout Discover !!
Si je devais résumer ça, je dirais que Cloudflare estime le volume de trafic et que Search Console montre quelles recherches produisent des impressions et des clics, même si sans aucun tracking en place, ça n'explique évidemment pas la motivation de chaque lecteur. Mais osef ! Et comme Cloudflare embarque aussi son pare-feu, j'en profite pour rapatrier des statistiques sur les événements de sécurité et les routes attaquées, comme ça, je peux tout voir au même endroit.
Maintenant, le vrai plaisir, c'est de pouvoir afficher ce que je veux dans mon propre dashboard. Par exemple, la répartition par langue, les navigateurs, d'où provient le trafic avec un joli petit camembert, les pays, l'état de mon cache, la bande passante, etc. Et quand j'ai un nouveau besoin qui me pête dans le cerveau, je peux ajouter une vue rapidement et je ne m'encombre pas de ce qui ne me sert pas.
Sans traceur placé chez vous, je ne connais donc pas les sessions, le taux de rebond, le parcours de lecture, les entonnoirs de conversion, donc impossible de savoir si vous êtes revenu hier, ni dans quel ordre vous avez lu 3 articles. Mais je m'en tape complètement puisque ces métriques ne m'ont jamais servi à rien.
Ce que je veux connaitre, c'est surtout l'ordre de grandeur de l'audience et le nombre de pages demandées. Le parcours individuel et les entonnoirs de conversion, c'est surtout un besoin de régie publicitaire ou de site e-commerce, et pas d'un site comme le mien. Quand on sait que les bandeaux de cookies nous coûtent 575 millions d'heures perdues collectivement, et que l'Europe réfléchit enfin à les alléger , s'en passer n'est pas vraiment une punition.
Bref, mes stats sont maintenant plus digestes que celles d'AWStats, sans avoir à vous tracker ou vous faire charger quoi que ce soit. Ça me va donc très bien. Et si vous voulez un avant-goût de la technique derrière l'outil, j'ai montré récemment comment vous faire un compteur de fréquentation gratuit , donc n'hésitez pas à y jeter un œil...
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Vos empreintes digitales, votre photo et jusqu'à votre ADN, voilà ce que les États-Unis aimeraient consulter directement dans les fichiers de police européens. Le deal s'appelle Enhanced Border Security Partnership (EBSP), et la monnaie d'échange, vous la connaissez bien si vous avez déjà voyagé aux États-Unis. C'est ce petit formulaire ESTA que vous remplissez avant de filer à New York ou ailleurs (celui qui vous évite le visa).
Le projet d'accord, vous n'étiez pas censé le lire, mais l'ONG Statewatch l'a publié en avril dernier et son article 3 range dans les données biométriques vos empreintes, vos photos et vos données génétiques (oui, votre ADN). Washington réclame cet accès depuis février 2022 à tous les pays dont les citoyens, comme vous, voyagent sans visa, et le Conseil de l'UE a autorisé la Commission à négocier le 16 décembre 2025.
Bruxelles jure vouloir un système de requête ponctuelle (c'est-à-dire un tuyau d'accès), avec ce que le mandat du Conseil appelle "une limitation claire des finalités des données échangées, avec des déclencheurs très spécifiques". Sauf que la demande américaine d'origine, elle, parle de cribler "de façon routinière" les bases biométriques des pays partenaires.
Entre les deux il y a donc un gouffre !
Et le texte ne s'arrête d'ailleurs pas à la biométrie puisqu'il prévoit de faire circuler des "indications de risque" pour déterminer si votre entrée "poserait un risque réel pour la sécurité publique ou l'ordre public". Traduisez : votre profil, vos fréquentations, vos opinions. Vous vous souvenez de ce touriste refoulé à cause d'un mème sur JD Vance ? Ou toutes ces histoires de douaniers qui fouillent votre téléphone à l'arrivée ? Bah je vous laisse imaginer la cata...
Statewatch pointe surtout la contradiction avec le droit européen lui-même. L'article 9 du RGPD interdit en principe de traiter les données génétiques, et le projet se contente de "garanties appropriées". En effet, la Charte protège les Européens contre la discrimination fondée sur les opinions politiques mais ça, le texte qui cadre ce Enhanced Border Security Partnership, n'en dit rien.
La Cour de justice de l'UE avait retoqué en 2022, dans son arrêt sur le PNR (Passenger Name Record), les traitements automatisés qui décident sans humain dans la boucle, et voilà que ça revient sur le devant de la scène d'une autre manière.
Franchement, c'est relou. On nous impose des bandeaux cookies sur chaque site de recettes de cuisine, on fait tenir un registre de traitement au moindre club de pétanque et pendant ce temps-là, le Conseil européen négocie tranquillou un accès que j'estime abusif pour une administration étrangère à des fichiers d'empreintes (biométriques) nationaux. Ça fait un peu mal au cul vous ne trouvez pas ???
Alors, certes, on voyage sans visa, même si, quelque part, l'ESTA c'est un peu un visa qui ne dit pas son nom. Enfin, moi, je vois pas trop la différence sur le fond... Et puis dans cette Europe à deux vitesses, on a quand même la Bulgarie, Chypre et la Roumanie qui, eux, ont besoin d'un visa. Donc on n'est pas très solidaire sur le coup.
Puis je vous rappelle que les fichiers d'identité français ne sont pas franchement des coffres-forts quand on pense par exemple à l'ANTS qui s'est fait siphonner 19 millions de dossiers via une faille basique . Et sur le sérieux de nos amis américains, je repense à cette grand-mère américaine qui a passé six mois en prison à cause d'un faux positif de reconnaissance faciale, et je me dis que si on y ajoute un croisement transatlantique automatisé des données, ça va pas être joli joli en termes de bourdes...
Bref, pour le moment rien n'est signé et les États membres se déchirent encore sur la portée et les durées de conservation de NOS données qu'ils vont offrir aux États-Unis. Et on verra bien si le Parlement va donner son feu vert, mais en tout cas c'est maintenant que tout se joue.
Voilà, surveillez ce dossier de près et je vous invite à aller lire l'analyse de Statewatch parce qu'elle est plutôt salée.
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Il est 1h12 du mat', vous êtes allongé dans le canap, le téléphone à 20 cm du museau, et votre pouce swipe encore et encore dans un automatisme le plus complet... Un reel de chat, une recette de lasagnes, un type qui répare une tondeuse. Vous aviez ouvert Instagram pour répondre à un message d'un pote il y a 40 minutes, et vous en êtes là. Ah bah bravo ! Mais ne vous blâmez pas trop car en sortir est à peu près aussi facile que de quitter un repas de famille avant le café.
Et c'est d'ailleurs pour ça que Bruxelles vient de mettre un nom là-dessus : "le mode pilote automatique".
L'expression est écrite noir sur blanc dans le communiqué que la Commission européenne a publié ce matin et vous l'aurez deviné, on parle bien de ce foutu scroll infini, mais également de l'autoplay, des notifications push et des reels qui je cite, "nourrissent l'envie de continuer à scroller" et "contribuent à des habitudes malsaines et à un usage compulsif". Conclusion, Instagram et Facebook enfreignent le Digital Services Act ! Ah !
Et attention, pas à cause du contenu qui circule dessus. Non, c'est vraiment à cause du design des app en lui-même.
Ce qu'on reproche à Meta, c'est de n'avoir jamais sérieusement évalué ce que ce design fait à votre bien-être physique et mental, mineurs et adultes vulnérables compris, alors qu'elle avait les données sous les yeux. Notamment sur le temps que vos ados passent sur ses applis la nuit.
Et les garde-fous maison prennent cher au passage car les outils de gestion du temps proposés par Meta, même activés par défaut pour les ados, se contournent trop facilement et ne réduisent en rien l'usage. Sans parler des contrôles parentaux qui ne fonctionnent, écrit la Commission, que si vous avez "une expertise technique adéquate" et du temps à y consacrer. Pffff !
Alors Bruxelles sort sa liste de courses : Couper l'autoplay et le scroll infini par défaut, vous imposer de vraies pauses d'écran , et rendre les recommandations moins obsédées par votre engagement. Notre régulateur préféré demande à Meta d'éteindre par défaut le moteur à attention qui fait rentrer le pognon ^^.
Sauf que rien n'est joué. Ce ne sont là que des conclusions préliminaires, et pas une condamnation.
Meta doit encore répondre par écrit, le Comité européen des services numériques donnera ensuite son avis, et seulement après tombera, ou pas, une décision de non-conformité. Au bout du chemin, une amende qui pourrait grimper jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial (environ 201 milliards de dollars en 2025, sortez la calculette).
Meta monte déjà au créneau, et rétorque que ces conclusions du régulateur "*ne prennent pas correctement en compte les mesures significatives que nous avons prises pour protéger les ados *". Évidemment !
Tout ceci ne date pas d'hier puisque la procédure est ouverte depuis mai 2024 mais Bruxelles tape sur plusieurs fronts. Le volet vérification d'âge des moins de 13 ans a déjà eu ses conclusions, celui sur les effets "rabbit hole" des recommandations tourne encore, et TikTok avait déjà goûté à la fessée avec sa version rémunérée .
Perso, je ne crois pas une seconde que Meta coupe le scroll infini par défaut sans se battre durant des années mais je suis quand même content de voir que ça bouge un peu sur ce qu'on appelle l'économie de l'attention dont on est tous victimes.
Bref, la prochaine fois que vous vous réveillez à 1h du mat' à regarder une critique ciné chiante ou un gars qui vous parle de ses montres de luxe alors que vous n'avez pas un rond, dites-vous que l'Europe viendra bientôt vous sauver !
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Windows serait passé sous la barre des 60 % de parts de marché. C'est ce qu'on peut lire un peu partout dans la presse tech cette semaine. C'est StatCounter qui le dit avec précisément 56,61 % de Windows comptabilisé en juin 2026. Et juste en dessous, sur la ligne suivante du même tableau, il y a une case bien étrange qui s'appelle "Unknown" et qui est évaluée à 21,45 %. Presque 5 fois Linux ! Et ça, pas grand monde n'en parle...
StatCounter compte ce "Unknown" comme un OS, à côté de macOS, de Chrome OS, de Linux et même de la PlayStation, et si vous cliquez sur le petit bouton "Download" de la page Statcounter, le CSV que vous récupérez ne contient aucune case "Unknown". Le site recalcule tout sans elle et dans ce fichier, Windows remonte à 72 % de part de marché.
Du coup, je me suis demandé quelle était la bonne mesure pour connaître la part de Windows sur le desktop. Est-ce que c'est 56,61 % en comptant les visiteurs non identifiés comme un système d'exploitation, ou 72 % en ne les comptant pas. Si vous faites la division vous-même, 56,61 sur 78,55 (100 − 21,45 = 78,55) donne bien les 72 % du CSV.
Et là, si vous comparez avec l'an dernier, vous verrez qu'en juin 2025, Windows était à 70,13 % dans ce tableau, et "Unknown" à 9,17 %.
Et 12 mois plus tard, v'la ti pas que Windows perd un peu plus de 13 points et la case des non-identifiés en gagne 12. Étrange non ?
Les 2 courbes sont presque symétriques ( Source : StatCounter )
Mais la domination de Microsoft s'effrite quand même, car même sur la base ils sont passés de 77,22 % à ces 72 % en un an. Donc y'a bien une tendance, mais ça n'a rien de l'effondrement annoncé partout. Linux, lui, grimpe de 4,50 % à 5,59 % sur cette même base, et le gros gagnant de l'année, c'est Apple, qui passe de 16,90 % à 20,87 % !
Alors qu'est-ce qu'il y a dans cette case Unknown en réalité ? Et bien on ne le sait pas car StatCounter ne dit pas ce qu'il y a dedans. Mais sur Hacker News , les hypothèses tournent autour des scrapers d'IA qui n'envoient pas d'user-agent standard, des bots qui se déguisent en Windows, et des navigateurs qui brouillent votre empreinte .
Mais pour le moment, aucune n'est réellement prouvée. Ce qui est mesurable par contre, c'est que la case des inconnus gonfle... Nous sommes à peine en juillet 2026 et elle est déjà à 23,67 % de part de marché. Perso, ça m'intrigue plus que le podium Windows / Apple / Linux.
Après, le parseur de StatCounter s'est d'ailleurs déjà planté en beauté par le passé. En octobre 2025, il affichait Windows 7 à 9,61 % pour le mois de septembre, contre 0,88 % en juillet et suite à une résurrection / correction aussi miraculeuse que silencieuse, si vous allez regarder la même case aujourd'hui, vous y lirez 1,62 %.
Leur FAQ précise tout de même que les stats restent révisables durant 45 jours donc ces chiffres qu'on voit actuellement peuvent encore bouger jusqu'à la mi-août... On verra bien.
En tout cas, je suis content de voir que la poussée de Linux n'est pas une illusion. La plupart des jeux Windows tournent maintenant sous Proton , Windows 11 continue de refuser les machines trop vieilles , sans parler du fait que Windows 10 est mort et enterré depuis octobre 2025 (même si les rustines de sécurité de l'ESU tiennent encore la baraque jusqu'en octobre 2027...) donc vous avez tous de vraies raisons de bouger.
Bref, Windows baisse, Linux monte mais un cinquième du panel est devenu invisible, et ça c'est louche...
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Si vous lisez ça depuis Abidjan, Dakar, Douala ou Kinshasa, y'a une chance sur deux que votre téléphone soit un Tecno, un Infinix ou un itel. Trois marques, mais un seul patron : Transsion, qui trône sur près de la moitié des smartphones vendus en Afrique.
Et si je vous parle de ça aujourd'hui, c'est parce qu'un chercheur en sécu, Buchodi, vient de décortiquer ce que ces appareils racontent dans votre dos et c'est pas joli, joli.
Son terrain de jeu, c'est un Tecno Spark 40 tout ce qu'il y a de banal. En rétro-ingénierant le firmware, il tombe sur un framework maison signé Transsion, baptisé Athena pour la collecte et oneID pour le pistage entre applis. On n'est pas sur une appli lambda que vous auriez installée, mais un truc costaud câblé au niveau du système, avec les pleins pouvoirs.
Et ce qu'il remonte, c'est du lourd ! Votre position GPS précise, les antennes-relais autour de vous, la consommation réseau appli par appli sur une soixantaine d'applis, quelle appli est affichée à l'écran en temps réel, et même quelle appli vient d'allumer la caméra (pas ce que filme la caméra, hein, juste le fait qu'une appli l'ait activée).
Ensuite, tout ça part vers des domaines en shalltry.com et transsion-os.com. Shalltry, c'est la branche logicielle de Transsion, et les serveurs tournent sur du cloud loué en Europe.
Donc c'est de la télémétrie++ qui part chez le fabricant, mais le gros souci, c'est qu'on ne peut rien désactiver ni désinstaller facilement. C'est vraiment une brique essentielle du téléphone reposant sur le SDK du constructeur. Ça prend racine dans l'application Réglages (pour les paramètres), l'interface système, et surtout dans un module assez discret nommé com.hoffnung qui est bardé de permissions flippantes comme lire le presse-papier en arrière-plan, connaître toutes les applis installées, forcer l'arrêt des autres.
Alors oui, c'est chiffré avec un bon vieux AES, sauf que ça ne sert pas à grand chose parce que la clé de déchiffrement est planquée dans le code de l'application elle-même. Autrement dit, quiconque met la main sur le fichier récupère la clé avec, et peut tout ouvrir. Le chiffrement n'est là que pour faire un peu de camouflage afin que vous ne puissiez pas voir facilement ce qui sort de votre poche. Mais ce n'est absolument pas de la confidentialité.
Et malheureusement, ça ne s'arrête pas à votre smartphone puisque ce même SDK se balade aussi dans des applications grand public très très populaires en Afrique comme Boomplay (100 millions de téléchargements et des poussières), StarTimes ou Orange Max it. Du coup, même avec un mobile d'un autre fabricant, vous pouvez trimballer ce mouchard sans le savoir.
Alors oui, c'est vrai, tous les smartphones font de la télémétrie. Google, Apple, Samsung, Xiaomi, tout le monde collecte des trucs, et des centaines d'applis passées au crible violaient déjà le RGPD début 2026. C'est déjà pas normal, mais ça peut normalement se désactiver assez facilement. Mais dans le cas de Transsion, c'est fait au niveau système, c'est totalement invisible et la destination est très opaque...
Puis surtout, ça concerne la moitié du continent !
Notez que ce n'est pas la première fois que les constructeurs chinois low cost se font choper puisqu' en 2016 déjà, une backdoor chinoise se planquait dans le firmware de smartphones low-cost et balançait contacts et SMS toutes les 72 heures. Plus récemment, il y a eu aussi un malware qui s'appelle Triada et qui a été préinstallé sur environ 53 000 Tecno W2 vendus en Éthiopie, au Ghana ou encore au Cameroun avec, s'il vous plaît, des abonnements souscrits totalement à l'insu de leur propriétaire.
C'était des composants différents à chaque fois, mais le motif se répète.
Alors que faire les amis ? Eh bien la bonne nouvelle, c'est qu'on peut quand même bloquer 2-3 trucs pour les empêcher de remonter des infos. Vu que tout transite par ces fameux domaines, il suffit de bloquer *.shalltry.com (et *.transsion-os.com tant qu'à faire) au niveau DNS.
Ça se fait facilement avec un NextDNS, un AdGuard ou un Pi-hole à la maison, ou directement sur le téléphone avec cette application qui s'appelle Personal DNS Filter , et comme ça, la télémétrie se retrouve isolée sans toucher au reste.
Par contre, ça ne sert à rien d'aller trifouiller les réglages du téléphone parce que ce n'est pas désactivable à partir de là. Désolé.
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Cet aprem, je bossais tranquillou quand j'ai reçu un mail de DoctoLib qui m'a bien énervé avec pour titre : "Doctolib s'engage dans la recherche pour améliorer la santé". Bon, si on s'arrête au titre, on se dit "Ah bravo, Doctolib", sauf qu'en le lisant en entier, j'ai vite compris qu'ils venaient de décider à ma place que mes données de santé allaient nourrir des trucs, des bidules et des machins pour de la recherche en intelligence artificielle.
Et bien sûr que si ça ne me plaisait pas, bah fallait que je le dise.
Alors ce qu'ils expliquent dans ce mail, c'est qu'à partir d'août 2026, Doctolib lance un projet de recherche mené par une équipe associée à Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité pour, je cite "améliorer les parcours de soins grâce à l'IA". Jusque-là, difficile de cracher dessus, ce sont des institutions publiques sérieuses et l'objectif est louable. Le truc, c'est ce qu'ils vont manger pour y arriver : nos données démographiques, nos données de santé, et même celles de vos proches rattachés à votre compte. Et cela que ces données aient été renseignées par nous ou par nos soignants.
Et surtout, Doctolib ne nous demande pas notre accord. Ils s'appuient sur ce qu'on appelle l'intérêt légitime, une base légale du RGPD qui leur permet de piocher dans nos données sans passer par la case consentement. Hé ouais, en clair, on ne vous prend pas votre consentement, on vous l'enlève. Vous n'avez même pas à dire oui, c'est déjà oui par défaut, et vous êtes obligé de dire non si vous voulez sortir du dispositif.
Ils présentent ça comme de l'intérêt légitime, sauf qu'en même temps on ne sait pas du tout sur quoi ils vont bosser, on ne sait pas avec qui ils vont bosser, on ne sait pas comment nos données seront sécurisées, bref, on ne sait rien du tout. Alors forcément, moi je m'inquiète surtout que leur mail annonce clairement que d'autres travaux suivront, "avec des hôpitaux ou des institutions privées ou publiques". Donc on accepte qu'ils signent à notre place un chèque en blanc avec nos données pour des projets futurs dont personne ne connaît le contenu et basta, tout ça sous couvert d'intérêt légitime. Ce n'est que mon avis mais je trouve ça vraiment léger.
Alors oui, tout ça est parfaitement légal. Doctolib s'appuie sur la méthodologie MR-004 de la CNIL , qui encadre la recherche en santé et autorise justement ce fonctionnement par opposition plutôt que par consentement. Rien d'illégal là-dedans. Mais légal ne veut pas dire que je dois être d'accord.
Et c'est bien ça le problème... Ce cadre légal permet à une entreprise privée comme Doctolib de considérer que nos données de santé lui appartiennent assez pour les offrir (ou les revendre, je n'en sais rien ??) à la recherche, tant que vous ne levez pas la main pour refuser.
Doctolib tente de nous rassurer aussi en expliquant que les données sont pseudonymisées et "ne permettent pas de nous identifier directement". Notez bien le "directement", lol, ça ne se mouille pas trop. En réalité, pseudonymisé, ça ne veut pas dire anonyme... Ça veut seulement dire qu'on a remplacé votre nom par un code, mais que le lien existe toujours quelque part et reste réversible. Aux yeux de la loi, ça reste encore vos données personnelles . La vraie anonymisation, elle, est irréversible, et ce n'est pas ce dont on parle ici.
Et puis il y a le contexte... Non, Doctolib n'a pas subi de grosse fuite de données, il faut être honnête là-dessus mais on nage actuellement dans un écosystème tech en France qui prend l'eau de partout : 33 millions de Français touchés par le piratage des mutuelles Viamedis et Almerys début 2024, une quinzaine de millions de plus avec la fuite Cegedim en 2026. Chaque base de données de santé qui se constitue quelque part, c'est une cible de plus.
Et il y a un mois à peine, le Canard Enchaîné accusait Doctolib de transmettre des infos à Google, Microsoft et Anthropic pour de l'IA. Doctolib a répondu que ces boîtes n'étaient que des prestataires techniques qui n'entraînent pas leurs modèles avec vos données. Alors peut-être, hein, mais quand on nous demande de faire confiance sur parole pour des données aussi intimes que notre santé, l'inquiétude a le droit d'exister.
Bref, moi je m'oppose, et si vous êtes sur Doctolib je vous invite au moins à décider en connaissance de cause. Le mail est probablement arrivé dans vos spams, donc pour refuser, sachez que ça se passe dans les paramètres de confidentialité de votre compte, via le formulaire d'exclusion de la recherche . Ça bloque toute utilisation future de vos données et de celles de vos proches, sans aucun impact sur vos rendez-vous ni sur vos soins. Faites-le avant août 2026, car c'est le moment où le premier projet démarre.
Enfin bref, moi je pense qu'on devrait avoir à donner son accord, et pas à courir derrière ces boîtes pour retirer un accord qu'on n'a jamais donné en pleine conscience... C'est ça qui me dérange surtout.
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Putain, c'est abusé, vous allez voir ! Peter Stokes, 19 ans, accusé d'appartenir au groupe Scattered Spider, enchaînait les VPN et changeait de pays pour brouiller les pistes mais le FBI l'a quand même coincé. Et vous savez grâce à quoi ?
Hé bien grâce à un petit numéro planqué dans son Windows. C'est Microsoft qui l'a mouchardé aux enquêteurs et ça a suffi pour le relier à une intrusion malgré tous ses VPN.
Et alors me direz-vous, vous aussi vous avez un numéro sur votre machine qui peut servir à vous identifier... Ce truc s'appelle le GDID, pour Global Device Identifier et c'est un identifiant unique qui est attribué lors de chaque installation de Windows. Il sert à la télémétrie, au rapport de plantage, à la vérification des licences et surtout il reste constant même après des mises à jour.
Vous ne le voyez jamais, vous ne l'avez jamais choisi, et il ne bouge pas d'un poil quand vous changez d'adresse IP. Normal, un VPN protège la couche réseau, mais pas ce que laisse fuiter votre OS. Et ça on l'apprend dans la plainte de 39 pages qui a été rendue publique début juillet, où elle expliquait comment Microsoft a fourni au FBI l'historique des adresses IP rattachées à ce GDID précis.
Les enquêteurs n'ont eu qu'à croiser ça avec les comptes perso de Stokes, de son compte Apple à ses comptes de gaming, en passant par Snapchat et Facebook, pour finalement découvrir des adresses IP à Tallinn, New York, ou encore la Thaïlande, ce qui correspond exactement à ses déplacements.
Le mec pouvait empiler 10 VPN s'il le voulait, Microsoft le suivait à la trace quand même. Et c'est là que ça me hérisse le poil, parce que le problème, ce n'est pas que la justice ait serré un type accusé d'avoir extorqué des millions. Ça, c'est le boulot du FBI, et tant mieux s'ils l'ont arrêté.
Non, le vrai problème, c'est que Microsoft dispose d'un identifiant permanent sur plus d'un milliard de machines, qu'ils ne communiquent pas dessus, qu'ils le partagent tranquille sur demande, et qu'on ne peut même pas le désactiver.
Alors on fait quoi ? Bah déjà, on arrête de subir. Vous pouvez installer Windows 11 sans compte Microsoft pour couper une partie de la laisse, désactiver la télémétrie facultative pour limiter les autres fuites, ou carrément regarder du côté d'une stack privacy européenne . Aucune de ces astuces ne touchera au GDID par contre, car il n'y a aucun bouton pour ça, et c'est bien ça le fond du problème.
Mais bon, j'imagine que des petits malins vont sortir des logiciels qui vont permettre soit de désactiver ce numéro ... Et là, vous pourrez compter sur moi pour que je vous le partage. Quoi qu'il en soit, quand vous utilisez Windows, gardez juste en tête que vous n'êtes jamais vraiment seul. Et que quelqu'un vous épie en permanence... Brrrr.
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Stelios Kouloglou, ancien eurodéputé grec, et journaliste d'investigation, siégeait à la commission PEGA du Parlement européen et à l'époque, son cheval de bataille c'était de traquer Pegasus, le mouchard pour smartphone de la société israélienne NSO Group.
Eh bien devinez quoi ? Son smartphone à lui était aussi infecté par Pegasus !
C'est Citizen Lab, un labo planqué à l'université de Toronto, qui a retourné son iPhone en mai dernier et qui a retrouvé la trace de 2 infections. La première en octobre 2022, et la suivante en mars 2023. Pile au moment où la commission PEGA bossait sur son rapport, donc...
Mais avant de tout vous expliquer, je me permets de faire un petit rappel pour ceux qui ont raté le premier épisode. Pegasus, c'est un outil d'une société privée qui travaille dans la surveillance et qui s'appelle NSO Group. Cet outil est capable de s'installer tout seul sur un iPhone, sans avoir besoin du moindre clic de la victime. Aucune interaction, aucune trace et une fois qu'il est en place, cette saloperie siphonne tout ! Ce que votre micro et vos caméras enregistrent, vos messages, votre géoloc, vos datas...etc. Le Parlement européen avait donc monté la commission PEGA en avril 2022 justement pour comprendre pourquoi des États membres s'amusaient à espionner des journalistes, des avocats et des opposants politiques avec ça.
Alors qui a infecté Kouloglou ?
Eh bien personne n'a trouvé et c'est bien le problème. NSO ne donne jamais le nom de ses clients, et l'entreprise n'a pas répondu aux sollicitations. Kouloglou, lui, accuse le gouvernement grec, son propre pays, qui figure parmi les États épinglés par la commission aux côtés de la Pologne, la Hongrie et l'Espagne.
Sauf que Citizen Lab, le labo qui a fait l'analyse, n'a pu confirmer aucune piste et pense que d'autres parlementaires ont ou seront également infectés. Et le pire dans toute cette histoire, c'est qu'il ne se passe rien de plus...
La commission PEGA a rendu son rapport en mai 2023 avec une liste de recommandations comme encadrer le spyware, créer un labo technique européen, ouvrir des voies de recours et le Parlement a voté pour. Très bien ! Sauf que depuis la Commission européenne a rangé tout ça dans un tiroir.
Ça fait donc maintenant 3 ans que ces recommandations prennent la poussière. Et Kouloglou n'est même pas un cas isolé puisqu'il y a déjà eu Nikos Androulakis, un autre eurodéputé grec, visé lui par Predator, le cousin de Pegasus. À l'époque, tout le monde avait crié au scandale mais nous sommes maintenant quelques années plus tard, et il n'y a aucun aucune répercussion ni aucun changement.
Et pendant que la justice avance à deux à l'heure, et cela même si NSO s'est pris une déculottée par WhatsApp , le marché du mouchard se porte comme un charme ! Candiru, Paragon, Intellexa... Pour chaque NSO qui trébuche, d'autres se partagent le gâteau.
Alors qu'est-ce qu'on fait, nous, simples mortels sans immunité parlementaire ?
Bah déjà, si vous êtes journaliste, militant ou juste un parano bien organisé, activez le Lockdown Mode d'Apple , qui a déjà fait échouer des attaques de ce type. Et si vous flairez quelque chose de louche, sachez qu'on peut faire analyser un smartphone pour y détecter une infection , exactement comme Citizen Lab l'a fait pour Kouloglou.
Bref, un député qui enquête sur les espions se fait espionner, et l'Europe regarde ailleurs... J'ai connu meilleure pub pour la démocratie !
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Google en a marre que les IA passent ses CAPTCHA les doigts dans le nez, alors sa nouvelle idée de génie à la con pour vérifier que vous êtes bien humain, ça va bientôt être de vous faire agiter la main devant votre webcam.
"Hé COUCOU le CAPTCHA !"
Vous autorisez la caméra, vous faites un petit geste la paume grande ouverte, et Google extrait de la vidéo ce qui s'appelle des hand landmark data, soit 21 points de repère sur les articulations de vos doigts. En gros c'est la carte de votre paluche, branchée sur Google Cloud Fraud Defense, leur brique anti-fraude maison.
Mais alors pourquoi vos grosses mains pleines de poils ?? Seraient-ils fétichistes ?
Hé bien parce que tout d'abord, les CAPTCHA visuels type "cliquez sur les feux de circulation" sont devenus une vraie formalité pour les agents IA qui les résolvent à tous les coups .
Sauf que vous vous en doutez, les humains sont malins comme des singes et ont déjà réussi à bernet le machin avec une simple photo de banque d'images brandie devant la webcam. Ça la fout mal hein ?
En plus, comme les anciens captchas restent dispo pour tous les gens qui n'ont pas de bras ou qui ne peuvent pas bouger, hé bien c'est toujours contournable comme avant. Je me demande vraiment à quoi tout ça rime, soit quelque chose m'échappe, soit c'est stupide... Breeeef.
Côté vie privée, Google jure sur la tête de ses morts que toutes les vidéos et les photos prises par le CAPTCHA sont supprimées une fois le défi relevé, qu'aucun son n'est enregistré et que rien n'est associé à votre identité mais peu importe ce qu'ils nous baragouinent, on n'a aucun moyen de le vérifier de toute façon.
Puis que ce soit votre main, votre visage ou vos fesses, prendre 21 points de mesure sur votre anatomie, ça reste de la biométrie quand même. Rien qu'avec ça, vous pouvez identifier une personne avec 99% de précision... Donc n'allez pas me dire qu'ils n'ont pas autre chose en tête avec cette connerie.
Et je vous parle pas du fait que la caméra chope tout ce qu'il y a autour de vous, votre tête bien sûr, mais aussi vos papiers qui trainent sur le bureau, ce qu'il y a sur un écran, vos bouquins dans l'armoire, la tête de vos gosses dans un cadre et que sais-je encore. C'est beaucoup trop d'infos perso récupérées juste pour pouvoir être identifié comme un humain, je trouve.
Quoiqu'il en soit, si montrer patte blanche à Google vous refroidit, y'a des alternatives comme ALTCHA ne balancent pas vos données à Mountain View, que les sites peuvent mettre en place.
Mais ça va être à vous de faire votre propre lobbying pour que les sites les adoptent.
Source : Tom's Hardware
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Vous utilisez Claude Code tous les jours pour coder, et pendant ce temps-là l'outil d'Anthropic utilisé par des milliers de dev, joue les mouchards. Thereallo , un développeur qui fouillait le binaire par simple souci de vie privée, est tombé sur une fonction qui apparemment modifie en douce la ligne "Today's date is…" du system prompt. Pas le texte que vous lisez ou écrivez mais littéralement l'apostrophe et le tiret de la date.
2 petits caractères auxquels vous ne faites pas gaffe, et qui pourtant peuvent en dire beaucoup...
En gros, c'est de la stéganographie , c'est-à-dire l'art de cacher une info à la vue de tous. Claude Code échange l'apostrophe de "Today's" contre son jumeau Unicode invisible (U+2019, U+02BC ou U+02B9 selon les cas) et remplace au passage les tirets de la date par des slashs.
function Zup() {
if (Crt()) return null;
let host = Qup();
let timezone = e0t();
let cnTZ = timezone === "Asia/Shanghai" || timezone === "Asia/Urumqi";
if (!host) {
return {
known: false,
labKw: false,
cnTZ,
host: null,
};
}
return {
known: Jup().some((domain) => host === domain || host.endsWith("." + domain)),
labKw: Xup().some((keyword) => host.includes(keyword)),
cnTZ,
host,
};
}
function edp(known, labKw) {
if (!known && !labKw) return "'";
if (known && !labKw) return "\u2019";
if (!known && labKw) return "\u02BC";
return "\u02B9";
}
function Vla(date) {
let marker = Zup();
let apostrophe = edp(marker?.known ?? false, marker?.labKw ?? false);
let renderedDate = marker?.cnTZ ? date.replaceAll("-", "/") : date;
return `Today${apostrophe}s date is ${renderedDate}.`;
}
Tout ceci ne se produit que quand vous avez bidouillé la variable ANTHROPIC_BASE_URL afin de router vos requêtes ailleurs que chez Anthropic et si et seulement si le nom de domaine est dans une liste précise. Ou alors si votre fuseau horaire est réglé sur Shanghai ou Urumqi en Asie.
Mais c'est que ça m'a l'air hyper spécifique ça quand même... Qui est ce qu'Anthropic chercherait à tracer ?? Je me le demande bien.
Reste que le contenu de cette fameuse liste a de quoi faire tiquer. Tout d'abord, elle n'est pas en clair. C'est du base64 passé à la moulinette avec un XOR et la clé 91. Et une fois décodée, on y trouve des mots-clés comme deepseek, moonshot, zhipu ou baichuan, et une flopée de domaines chinois (baidu, alibaba, bytedance, jd) plus tout un tas de proxys et de revendeurs d'accès Claude.
Si vous n'avez pas le cerveau trop lent, vous l'aurez compris, ce marqueur sert à repérer les gens qui font tourner Claude Code à travers des intermédiaires chinois. Et Anthropic n'a pas nié.
Thariq Shihipar, qui bosse sur Claude Code, a expliqué sur X que c'était une expérience lancée en mars pour empêcher la distillation , cette technique où un concurrent aspire les réponses d'un modèle pour entraîner le sien à moindre coût. C'est exactement le reproche que la boîte fait à Alibaba.
Vu sous cet angle, vouloir détecter les revendeurs pirates et les pipelines de distillation, ça se défend donc très bien. Mais la méthode, aïe aïe aie, elle est plus que discutable car ça manque sévèrement de transparence.
Ce code dormait là depuis la version 2.1.91 sortie début avril, ni vu ni connu. En plus, c'est un peu couillon parce qu'en plus d'abîmer la confiance des utilisateurs de Claude Code qui se demandent quel autre mystère renferme cet outil, ça se déjoue en quelques secondes. Il suffit de changer de fuseau horaire, de changer de domaine ou de le patcher. Bref, ça n'a pas dû piéger grand monde...
Le marqueur a été retiré dans la foulée avec la version 2.1.197 donc pensez bien à mettre à jour votre install.
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Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez forcément que le Fingerprinting est une technique de pistage qui permet de vous identifier en mesurant les petites particularités de votre navigateur telles que les polices installées, votre carte graphique, la résolution de votre écran et j'en passe. Toutes ces petites choses mises bout à bout forment ainsi une empreinte quasi unique. Hé c'est exactement contre ça que Digital Fracture, un petit studio anglais situé dans la ville de Poole, vient de sortir Fingerprint Defender pour Firefox.
La plupart des outils anti-pistage mentent sur tout : faux user-agent, faux écran, faux GPU sauf que mentir, ça vous rend encore plus repérable. Bah oui, un browser qui prétend être 3 machines à la fois, ça se repère vite.
Du coup, Fingerprint Defender fait l'inverse : il randomise seulement les surfaces qui servent à vous tracer, et laisse passer vos vraies valeurs communes pour que vous ressembliez à tout le monde.
Ainsi, chaque session il ajoute un léger bruit aléatoire sur le canvas, sur la sortie audio de l'AudioContext et sur les mesures de position des éléments de la page. Il bloque aussi les fuites d'IP par WebRTC et coupe l'API Battery Status (que Firefox planque déjà aux sites depuis des années, mais bon). Et pour l'écran, il annonce du 1920x1080, la résolution la plus banale qui soit !
Et surtout, il laisse volontairement passer votre WebGL, votre fuseau horaire, vos polices et votre user-agent réels. Pourquoi me direz-vous ?? Eh bien parce que ce sont des valeurs que des millions de gens partagent donc c'est complètement inutile de les falsifier. Ça vous complique juste la vie.
Le pari de "se fondre dans la masse" est bien meilleur qu'un spoofer naïf, et la recherche sur le sujet (le fameux Panopticlick de l'EFF ) montre bien que la protection vraiment béton, c'est l'uniformité totale. Il faut faire en sorte que tous les utilisateurs soient strictement identiques, comme le fait Tor Browser.
Après Firefox fait déjà une bonne partie du boulot nativement... j'en avais parlé quand Firefox a musclé sa protection contre le pistage par empreinte . Et si vous aimez bricoler vos réglages, vous serez content d'apprendre qu'il existe plein d'autres façons de réduire les traces que vous laissez sur Firefox . Mais cette extension dont je vous parle aujourd'hui peut parfaitement venir se rajouter à ça.
Après bon, c'est une extension Firefox donc on peut l'ouvrir pour mater les sources directement mais sachez que bien que ce soit sous licence MPL 2.0 (Mozilla), y'a aucun répo public. Snif...
À tester par curiosité, même si c'est à ne pas confondre avec Tor, lol.
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Je viens d'apprendre que Cloudflare s'était associé à Chrome, Firefox et Edge pour régler un truc qui nous pourrit tous la vie sans que nous y pensions vraiment, à savoir prouver qu'on est des humains.
Leur projet s'appelle PACT pour Private Access Control Tokens, et l'idée c'est de remplacer les affreux CAPTCHA par un titi jeton cryptographique anonyme que votre browser baladera de sites en sites.
Alors comment ça fonctionne cette nouvelle connerie ?
Hé bien un site qui a déjà une bonne raison de vous croire humain, genre un service où vous avez un compte, émet un token anonyme. Votre navigateur le conserve, et quand vous débarquez ailleurs, il le présente comme une preuve que vous n'êtes ni un robot, ni un alien, ni un pervers narcissique manipulateur.
Comme vous avez passé le test une fois, vous n'avez donc plus à recliquer sur des feux tricolores et des passages piétons aux quatre coins du web... Et comme le token ne contient aucune donnée perso, le site qui le reçoit ne sait pas d'où il sort.
Derrière PACT, rien de sorcier niveau techno, c'est juste du Privacy Pass, l'architecture que l'IETF a posée noir sur blanc en 2024 avec les RFC 9576 à 9578 . Apple fait déjà exactement ça depuis 2022 avec ses Private Access Tokens planqués dans iOS 16 et macOS Ventura, et Cloudflare est même l'un de leurs émetteurs en production. Mais PACT, c'est la version next-gen de ce truc. Au lieu d'attester juste "cet appareil est un vrai iPhone", on atteste "il y a un humain dans la boucle". Les signatures RSA aveugles font que l'attesteur ne sait pas quel site vous visitez, et que le site, lui, ne sait pas qui vous êtes.
C'est plutôt une bonne idée, je trouve. Sauf que cette histoire de "personne", ça inclut aussi les bots autorisés. Genre votre agent IA qui réserve un billet de train ou fait vos courses pendant que vous dormez. Cloudflare veut également leur filer des tokens à eux aussi, pour les démarquer des crawlers sauvages qui pompent le web à l'aspirateur de chantier.
Et ça tombe bien, parce qu'aujourd'hui plus de la moitié du trafic web mondial, c'est déjà des bots.
Maintenant, le truc qui me chiffonne avec PACT c'est que ça crée mécaniquement un web à deux vitesses. D'un côté le trafic on aura le trafic "de confiance" avec son joli token, de l'autre tout le reste, traité comme suspect par défaut. Donc si vous surfez avec Tor, un navigateur exotique ou une config un peu trop cheloue, et que personne ne veut vous émettre de jeton parce que vous êtes un haxxor intransigeant avec sa vie privée, vous devenez un citoyen de seconde zone du web. Sans compter que ce serait ENCORE Cloudflare, déjà videur d'une énorme part d'Internet, qui se retrouvera à arbitrer qui mérite son laissez-passer.
Et puis ça ne règle pas le pistage. Le fingerprinting, votre IP, les mille autres signaux que votre navigateur balance dans la nature restent en place. PACT vire juste le CAPTCHA, mais pas la surveillance. Mozilla jure sur la tête de sa mère que sa participation sert justement à garder ce système ouvert, et j'avoue que je suis content qu'ils soient dans la même pièce que les autres filous, qui pourraient en profiter pour réécrire la norme entre eux. Maintenant, si ce qui reste de votre vie privée déjà bien publique avec toutes nos données perso qui ont fuitée, vous tient encore à cœur, un petit navigateur blindé comme LibreWolf ou un CAPTCHA qui ne vend pas vos clics tel que ALTCHA restent des choix plus sérieux que d'attendre un jeton de bonne conduite.
Voilà... Pour l'instant PACT n'est qu'un projet, sans date de sortie ni même de lieu de standardisation confirmé, et même si l'idée de virer les CAPTCHA est hyper séduisante, reste encore à savoir qui tiendra les clés du laissez-passer...
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Je ne lis pas les médias d'actu, et je ne vais quasiment plus sur les réseaux sociaux. Pas par flemme, mais parce qu'à force, je ne voyais plus le monde QUE par le prisme des mauvaises nouvelles et de la négativité (sans parler de la connerie humaine omniprésente mais ça c'est un autre sujet... lol).
Et il se trouve qu'un psychologue de l'université Wilfrid Laurier, Ali Jasemi, vient justement de mettre un peu de science sur ce ras-le-bol que je ressens depuis longtemps. Car si je sature, c'est pas uniquement à cause des drames relayés par BFM ou France Info.
Il y a aussi toutes ces anecdotes sans intérêt mais négatives au possible, ces vidéos d'agression, ces grosses ou petites injustices, cette haine, ces attaques et tout ce qu'on voit à longueur de journée sur nos réseaux sociaux et qui est imaginé, fabriqué et poussé pour nous faire réagir, nous indigner et faire du clic. Et j'avoue qu'au-delà d'un certain stade, ça devient trèèès compliqué à gérer émotionnellement.
Je suis aussi convaincu qu'au bout d'un moment, soit on s'écroule, soit on se retrouve totalement immunisée à la souffrance des autres ou de la nature.
En me coupant de toute cette merde, j'ai surtout remarqué qu'une information vraiment importante finira toujours par arriver jusqu'à moi. Et si personne autour de moi n'en parle, c'est probablement que ce n'était que du bruit. Comme ça, j'évite la quasi-totalité des faits divers, et bizarrement je me porte plutôt bien.
Et d'après ce qu'explique Jasemi, je ne suis apparemment pas le seul à pratiquer ça puisque les nouvelles générations se débranchent également de plus en plus de l'actualité. Dans son analyse paru sur The Conversation , il explique que la fatigue informationnelle, ce n'est ni de la paresse, ni de la faiblesse, et encore moins un désintérêt des nouvelles générations. C'est, je cite, "la réaction prévisible d'un cerveau humain confronté à un environnement pour lequel il n'a jamais été conçu".
Car le truc, c'est que notre cerveau est précisément câblé pour ça. Pendant des centaines de milliers d'années, le cerveau qui prêtait attention aux menaces, c'était celui qui survivait. Un prédateur planqué dans les fourrés comptait davantage qu'un joli coucher de soleil, sauf qu'aujourd'hui, ce vieux réflexe se fait exploiter à la chaîne par les pro de l'économie de l'attention.
Une étude parue dans Nature Human Behaviour a passé au crible plus de 105 000 titres d'articles, et le résultat est sans appel puisque chaque mot négatif ajouté dans un titre fait grimper le taux de clic d'environ 2,3%. Et les mots positifs, eux, font l'inverse, ils font fuir le lecteur. Donc autant vous dire que tout ce flux de news génère pas mal de "plaisir" pour nos cerveaux déjà bien ramollis et torturés, et qu'on glisse très vite dans cette espèce de transe du scroll infini de la mauvaise nouvelle.
Aujourd'hui, c'est 40% des gens dans le monde qui évitent activement les infos, au moins de temps en temps, contre moins de 30% à la fin des années 2010. Chez les plus accros, ceux que les chercheurs classent en consommation problématique, ce qui représente 16,5% des adultes américains quand même, 61% déclarent se sentir physiquement mal, contre 6% chez les autres.
Et ce n'est pas la première fois que les études tirent la sonnette d'alarme sur notre rapport aux écrans. Il y a vraiment un côté fascination pour les contenus de merde, les contenus violents, dégradants et j'en passe. C'est un problème, même si c'est profondément humain. Et comme pour toutes les addictions, il y a un moment où ça bascule, où c'est elle qui prend les commandes et où vous n'êtes plus celui qui décide.
Après, je ne vais pas vous mentir, se couper totalement de l'info et des sources fiables, ça a un revers chez certaines personnes. En effet, ça peut laisser le champ libre à la désinformation si on ne prend pas soin de choisir ses sources et surtout de les croiser. Les escrocs de la fake news sont nombreux et il est facile de se faire berner quand on n'a pas l'habitude.
C'est humain, et il faut lutter contre ça, même si j'ai un peu l'impression qu'il n'y a pas grand monde qui lutte en ce moment...
Alors si vous saturez vous aussi, sachez que vous n'êtes ni faible ni paresseux. Coupez le robinet, gardez deux ou trois sources que vous avez choisies, et faites confiance au reste... L'important finira toujours par vous trouver.
Source : ScienceDaily
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Vous avez déjà tous joué avec Flightradar pour pister un vol, ou cliqué au pif sur un globe terrestre pour écouter une radio FM brésilienne . Hé bien Pocket World , c'est un peu tout ça en même temps, plus la météo, les séismes, les bases militaires, les câbles sous-marins, les volcans en éruption, les indices boursiers et la qualité de l'air. Tout ça, accessible sur un seul globe 3D dans votre navigateur !
Vous chargez la page (C'est du Three.js et Globe.gl pour les curieux) et vous atterrissez sur la Terre. Une barre vous liste les couches activables : avions civils, cargos, militaires, navires en mer ou en rivière, satellites (le catalogue en affiche plus de 17 000), foudre en direct via Blitzortung, séismes via l'USGS, fusées qui partent dans la semaine.
Flight Radar gratuit
La force du truc, c'est que l'agrégation est super propre. Les vols viennent d'OpenSky Network et d'ADSB.lol, les navires d'AISStream et d'AIShub, la météo d'Open-Meteo, les satellites de CelesTrak, les radios de Radio Browser, la télé d'IPTV-org. Bref, que des sources publiques bien connues des bidouilleurs, sans scraping crado ni API obscure.
Côté espace, vous suivez l'ISS, les passages Starlink au-dessus de votre tête, les lancements à venir via Launch Library 2, et même les alertes éruptions solaires du NOAA SWPC.
Il y a 55 milliardaires en France
Et il y a des couches franchement originales pour un simple globe trackeur comme les ressources minières par pays (lithium, terres rares, uranium, cobalt), les pipelines et terminaux GNL, les data centers, les zones de sanctions, les navires sous pavillon piraté, ou la dette publique en pourcentage du PIB.
Maintenant, j'ai aucune idée de qui est derrière puisqu'il n'y a pas de page "team", ni de GitHub mais sachez que si ça vous plait, le site accepte les donations en Bitcoin, Ethereum, USDT et TON.
Les lancements de fusées
Bref, à garder en favoris pour la prochaine pause-café où vous voulez regarder ce qui se passe sur la planète.
Et merci j0j0b4rj0 pour le lien !
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Pendant la Guerre froide, les services de renseignement diffusaient sur ondes courtes des suites de chiffres récitées par une voix synthétique, à destination de leurs agents sur le terrain. On appelait ça des "numbers stations", et personne en dehors du destinataire ne savait décoder le message.
Steven Murdoch, professeur de sécurité informatique à l'University College London, vient de montrer que l'armée américaine fait à peu près la même chose depuis presque vingt ans, mais via le GPS que vous avez dans la poche.
Tout part d'un champ obscur du signal GPS baptisé "Subframe 4, Page 17". Le signal civil L1 transmet en permanence 50 bits par seconde de données de navigation, et dans ce flux se cache un bloc de 176 bits que la spécification officielle IS-GPS-200 réserve aux "messages spéciaux", dont le contenu est laissé "à la discrétion du commandement opérationnel". Autrement dit, personne n'a jamais dit publiquement à quoi il servait.
Murdoch a récupéré plus de 12 millions d'observations de ce champ dans une archive publique de stations au sol, couvrant 2007 à début 2026. Dix-neuf ans de données passées dans une moulinette en langage Julia puis stockées dans une base DuckDB, pour en extraire un peu moins de 4 000 messages uniques de 176 bits.
Le 26 mai 2011, les 31 satellites actifs changent de comportement très rapidement, en quelques heures, exactement au moment du déploiement du réseau OTAD de l'armée, le système qui distribue à distance les clés de chiffrement. Le rythme de rotation des messages passe de 3,7 jours à 1,8 jour, ce qui colle parfaitement avec une livraison quotidienne de clés tactiques aux récepteurs militaires.
En mai 2022, toute la flotte ralentit encore, sans la moindre annonce. Et en décembre 2023, le satellite PRN 8 inaugure un nouveau format : un préfixe "TEXT" en clair, suivi de 18 octets de texte chiffré.
L'hypothèse de Murdoch, c'est que ce champ sert à l'OTAR, la mise à jour à distance des clés de chiffrement des récepteurs GPS militaires. Plutôt que d'envoyer un technicien recharger physiquement chaque appareil, on diffuse la "prochaine clé" directement dans le signal public, captée uniquement par les récepteurs sécurisés SAASM capables de la déchiffrer.
Le reste du temps, le contenu ressemble à du bruit parfaitement aléatoire, comme tout bon texte chiffré. Avec quelques fuites quand même : des séquences de test 0xAA quand aucune clé n'est en transit, et une même chaîne de 9 caractères, LY47IRP16, qui réapparaît à des mois d'intervalle, possible en-tête cryptographique mal masqué.
"Chaque satellite GPS est une numbers station. Les récepteurs ont toujours écouté, il est temps que la communauté sécurité regarde enfin les octets", écrit Murdoch. La méthode a quand même ses limites face aux bonnes vieilles ondes courtes : un signal GPS se brouille et se leurre facilement en zone de conflit, et il faut un firmware spécialisé pour en tirer quoi que ce soit.
Franchement, planquer pendant vingt ans un canal militaire chiffré dans le signal que des milliards de civils utilisent chaque jour, c'est du très grand art quand même.
Source : Benthamsgaze
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Le Canada planche sur un projet de loi, le C-22, qui obligerait les services numériques à conserver pendant un an les métadonnées de leurs utilisateurs, c'est-à-dire pas le contenu de vos messages mais qui vous contactez, à quelle heure et depuis où vous le faites.
Plusieurs champions de la vie privée préviennent qu'ils plieront bagage plutôt que de s'y soumettre.
Signal, l'application de messagerie chiffrée que recommandent les défenseurs de la confidentialité, l'a dit noir sur blanc devant le comité de la sécurité publique de la Chambre des communes. Son vice-président Udbhav Tiwari n'a pas tourné autour du pot : "Si on nous force un jour à choisir entre trahir les gens qui comptent sur nous et quitter un marché, nous partirons."
DuckDuckGo, le moteur de recherche qui se vend, lui, sur le respect de la vie privée, a confirmé qu'il retirerait son service de VPN du Canada si le texte passe. Un VPN, pour rappel, c'est l'outil qui masque votre adresse et chiffre votre trafic pour qu'on ne puisse pas voir ce que vous faites en ligne.
NordVPN tient le même discours et parle d'étudier "toutes les options possibles, y compris réduire ou retirer notre présence". Windscribe, un autre fournisseur de VPN, va plus loin et menace carrément de déménager son siège et ses impôts ailleurs. Apple, Google et Meta sont aussi venus exprimer leurs réserves devant les députés. Ces projets de loi d'accès légal, qui visent à donner aux autorités un droit de regard sur les communications, reviennent régulièrement au Canada depuis plus de dix ans, et finissent à chaque fois par se cogner au même mur, le chiffrement.
Ce qui coince, c'est cette obligation de stocker un an de métadonnées et de bâtir des capacités d'accès pour que la police et le CSIS, le service de renseignement canadien, puissent venir piocher dedans pendant une enquête. Le ministre de la Sécurité publique pourrait même imposer ce genre de mécanisme à d'autres entreprises par un simple ordre, sans mandat d'un juge, avec pour seul garde-fou le feu vert d'un commissaire au renseignement.
Le problème, c'est qu'une métadonnée raconte déjà énormément. Pas besoin de lire vos messages pour savoir que vous appelez un cabinet d'avocats à 2h du matin trois jours d'affilée.
Et pour construire ces fameuses capacités d'accès, il faut souvent affaiblir le chiffrement, donc créer une porte dérobée. Une porte dérobée, c'est comme laisser une clé sous le paillasson en jurant que seul le gentil facteur la trouvera.
Le gouvernement essaie de calmer le jeu. Le ministre Gary Anandasangaree a promis des amendements précisant qu'on n'obligera personne à casser son chiffrement. Mais la rétention d'un an de métadonnées, elle, ne bouge pas.
Du coup, des boîtes dont le métier c'est justement de ne rien savoir de vous se retrouvent priées de tout retenir. Normal qu'elles préfèrent partir.
Source : Techspot
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Si vous avez cliqué un peu vite sur "J'accepte" ces derniers jours, vous avez peut-être activé Utiq sans le savoir. Si ça ne vous dit rien, c'est normal puisque c'est le nouvel identifiant publicitaire monté comme des grands par les opérateurs télécoms européens, dont Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, et qui vous piste via votre connexion à Internet.
Plutôt qu'un cookie planqué dans votre navigateur, Utiq s'appuie tout simplement sur votre box ou votre forfait mobile avec un identifiant attribué à votre ligne fixe (fibre ou ADSL) ou mobile.
Par exemple, comme on peut le lire sur AuFeminin :
Et c'est là que ça pique fort car comme l'identifiant vient de la connexion et pas du navigateur, il se moque éperdument des protections habituelles. Vous videz le cache ? Il s'en balek ! Navigation privée ? Pareil. Vous changez de navigateur ou d'appareil ? Tant que c'est la même connexion, vous restez la même personne aux yeux des annonceurs.
Et le pire, c'est que cet identifiant ne vous colle pas qu'à vous mais à toute votre box. Utiq le dit noir sur blanc : "toutes les personnes utilisant la même connexion et ayant consenti se verront attribuer le même identifiant". En clair, si votre ado, votre coloc ou votre moitié clique sur "J'accepte" sur un site, leur navigation vient se mélanger à la vôtre sous une seule et même étiquette. Et quand vous filez gérer vos réglages sur le consenthub, vous récupérez aussi les consentements donnés par les autres membres du foyer. Bref, le truc vendu comme plus propre que le cookie finit par pister le foyer entier, alors qu'un bon vieux cookie, lui, restait sagement dans VOTRE navigateur…
Pour finir le travail, Utiq demande même aux sites un petit sous-domaine maison, du genre utiq.lamarque.fr, qui pointe vers ses propres serveurs. Cette technique de CNAME cloaking fait ainsi passer le mouchard pour le site lui-même, et hop, il passe alors sous le radar d'une bonne partie des bloqueurs de traceurs, votre uBlock compris !
Bon, après ce n'est pas non plus Big Brother (et non, votre smartphone ne vous écoute pas ) puisque l'activation passe obligatoirement par votre consentement, et un opérateur qui ferait n'importe quoi avec vos données de connexion risquerait très gros au regard de la directive ePrivacy.
Le vrai souci, que Next a bien pointé d'ailleurs, c'est que l'identifiant de base que livre l'opérateur, le fameux "Network Signal", est une boîte noire totale. À en croire Next, même la CNIL n'en connaît pas le contenu exact. Difficile donc de parler de "consentement éclairé" quand personne ne sait vraiment ce qu'on accepte...
Ce bidule intrusif a déjà une ampleur folle, avec 36 opérateurs partenaires, plus de 330 éditeurs et 75 millions d'identifiants créés, dont 40 millions rien qu'en France ! Renault a même été l'un des premiers annonceurs à dégainer cette techno.
Et le plus fou, c'est que c'est vendu comme l'alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. En gros, vous troquez Google contre votre opérateur, ce qui en fonction de l'opérateur n'est pas très rassurant ^^.
Heureusement, sortir du game prend à peine 30 secondes. Foncez sur consenthub.utiq.com , et vous pourrez bloquer Utiq pour un an d'un coup. C'est aussi là que vous verrez si vous êtes déjà enrôlé. Après sur les sites web qui l'ont implémenté, cliquez sur Rejeter, ou refusez Utiq dans les détails des réglages du site.
Et si vous voulez la ceinture et les bretelles, un VPN changera l'adresse IP sur laquelle repose le système et brouillera sérieusement les pistes. D'ailleurs, je le rappelle, ici, vous ne croiserez ni Utiq, ni cookie publicitaire, ni tracker mais juste de gros liens vers mon Patreon pour le soutien ^^.
Voilà, donc rien d'apocalyptique sous le soleil mais quand même 2 ou 3 trucs à savoir pour ne pas se faire berner...
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Le pari de Kyle McDonald, le site dont je vais vous parler aujourd'hui c'est que si une catastrophe se prépare, les milliardaires le sauront avant nous et fileront en jet privé. C'est pour ça que cet artiste-programmeur de Los Angeles a construit l' Apocalypse Early Warning System , un site qui surveille en temps réel l'activité des jets privés pour repérer le moment où les riches se barrent.
Son truc écoute un réseau de récepteurs radio répartis sur toute la planète, qui captent les signaux ADS-B des avions, à savoir leur position, leur altitude, leur direction et leur identifiant. McDonald filtre alors tout ça pour ne garder que les jets privés et d'affaires, soit plus de 35 000 appareils sur la carte, puis compare le nombre en vol à un instant donné avec ce qu'on devrait attendre normalement en cas de panique.
Et ce "normalement", ce sont des années de données historiques, avec les habitudes de chacun selon l'heure, le jour et les vacances genre Thanksgiving ou Noël. Et quand l'activité grimpe au-dessus de tout ce qu'on a vu sur un an, hop, le niveau d'alerte passe à 5 sur 5, soit bien plus de décollages que d'habitude.
Par contre, ce n'est pas sur du pistage individuel à la ElonJet, avion par avion, mais sur le compteur global de toute cette flottille privée. Difficile donc de dire si tel ou tel milliardaire précis a décollé, mais ça offre une tendance générale.
L'idée lui est venue après une menace de Trump sur l'Iran, du genre "une civilisation entière" pourrait disparaître. McDonald s'est alors demandé qui serait prévenu en premier, même si en réalité, l'activité des jets de milliardaires ne prédit pas vraiment l'apocalypse, et un pic n'annonce pas forcément une catastrophe.
Et le mec est productif puisque durant les manifestations George Floyd à Los Angeles, il a aidé à pister les hélicos de la police via le trafic aérien, et a découvert que le LAPD masquait l'identité de certains appareils. Puis il a aussi sorti ICESpy et FuckLAPD, deux projets de reconnaissance faciale pour identifier des agents des forces de l'ordre. Ça lui a même valu des menaces de mort.
Tout ça, vous l'aurez deviné, repose sur de l'OSINT, c'est à dire l'art d'exploiter des données déjà publiques que personne ne prend la peine de vraiment croiser, dans la lignée de ShadowBroker que je vous ai présenté y'a pas longtemps.
Son tracker de jets, lui, est gratuit sur le web et avec des alertes Telegram, ou si vous voulez recevoir un SMS, c'est 5 dollars par an. N'allez pas croire que ça n'intéresse personne puisque près de 2 500 personnes ont déjà payé. C'est fou !
Bref, on est un peu entre la blague et le malaise et on peut voir tout ça en direct sur son site .
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FROST, c'est le nom d'une nouvelle attaque qui transforme votre SSD en mouchard. Des chercheurs de l'université de Graz, avec Daniel Gruss au générique (un des cerveaux derrière Spectre et Meltdown), ont montré qu'un simple site web peut deviner quels autres sites et applis vous avez ouverts et cela juste en mesurant les micro-ralentissements de votre disque. Oui, je sais c'est geudin !
Le principe ?
Quand vous ouvrez la page piégée, elle crée discrètement un gros fichier sur votre disque via une API du navigateur baptisée OPFS ( Origin Private File System ), présente aujourd'hui dans tous les navigateurs modernes. C'est ce fichier qui sert de sonde.
Le JavaScript passe son temps à lire dedans et chronomètre chaque lecture au poil de cul et dès qu'une autre appli ou un autre onglet sollicite le SSD, ça crée un embouteillage minuscule sur le disque... que le code peut repérer sous forme de ralentissement.
Sauf que des variations de timing, ça reste du bruit illisible pour un humain. Du coup les chercheurs ont balancé toutes ces mesures dans un réseau de neurones (un CNN, le même genre de bidule qui reconnaît des choses sur des photos).
Entraîné sur des tonnes de traces, le modèle apprend alors la signature de chaque appli et de chaque site web et voilà comment à partir de ça, il devine ce que vous avez ouvert !
Sur un Mac, dans les tests présentés cette semaine, le truc retrouve le bon site parmi un top 50 dans près de 9 cas sur 10, et grimpe à plus de 95% pour reconnaître les applications ouvertes. Le tout sans la moindre action de votre part, à part avoir cliqué sur le lien. C'est totalement invisible.
Mais avant de débrancher votre PC, renvoyer votre box internet et vous lancer à temps complet dans la culture de chanvre, faut relativiser, car cette attaque a plusieurs limites... Le hic numéro un, c'est que le fichier-sonde doit être énorme, genre 1 Go ou plus, et un site qui se met à bouffer autant de place sur votre disque, ça se remarque vite. Le hic numéro deux, c'est que ce fichier doit être sur le même SSD que le navigateur sinon l'attaque est aveugle.
Les chercheurs ont fait tourner l'attaque complète sur un Mac M2, et démontré que la brique de base fonctionne aussi sous Linux (sans dérouler la classification complète), mais n'ont pas testé Windows. Et surtout, personne n'a encore vu FROST exploité dans la nature.
Perso, je trouve que cette attaque est trop bancale / incertaine pour faire du tracking de masse, en tout cas aujourd'hui...
Pensez donc à fermer les onglets dont vous ne vous servez plus comme ça, y'a moins d'activité à mesurer et pour les plus paranoïaques, vous pouvez toujours vous mettre à surveiller les fichiers OPFS créés par des sites web inconnus. Après comme tout repose sur du JavaScript, bloquer le JS sur les sites pas nets (avec un NoScript ou équivalent) ça coupe aussi l'attaque à la racine.
Les chercheurs proposent aussi aux éditeurs de navigateurs de plafonner la taille de ces fichiers OPFS. Ce serait dans la lignée de ce que fait par exemple Firefox avec le pistage, qui a récemment musclé son anti-fingerprinting .
Bref, pas de panique, personne ne fouille votre SSD en douce mais la technique reste intéressante. Les détails techniques complets sont dans le papier de recherche , qui sera présenté à la conférence DIMVA en juillet. Bonne lecture !
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Attention, votre iPhone vous surveille pendant vos appels FaceTime. Depuis iOS 26, Apple a glissé une fonction baptisée "Sensitive Content Warning" qui scanne en temps réel le flux vidéo et fige automatiquement la communication dès qu'elle détecte de la nudité.
Audio coupé, vidéo coupée, avec un message qui s'affiche : "Audio et vidéo sont en pause car vous montrez peut-être quelque chose de sensible". Sympa.
À la base, la fonctionnalité fait partie d'une suite plus large appelée "Communication Safety", destinée aux comptes enfants. L'idée est légitime : éviter que des mineurs ne tombent sur du contenu inapproprié, ou en envoient.
Sauf que voilà, dans iOS 26, la fonction est aussi accessible sur les comptes adultes. Elle est désactivée par défaut, mais on peut l'activer manuellement. Et plusieurs utilisateurs constatent que les faux positifs ne sont pas rares.
Le principe technique est plutôt rassurant côté vie privée. La détection se fait entièrement sur l'appareil grâce à du machine learning embarqué (les modèles de reconnaissance d'image tournent en local sur votre iPhone, sans envoyer la moindre image à Apple). Du coup, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Apple n'a aucune idée de ce qui déclenche la détection sur votre téléphone. Le scan ne sort pas de l'appareil.
Le problème, c'est que ce genre de filtre se trompe souvent. Une consultation médicale en visio ? Bloquée. Une conversation entre adultes consentants ? Bloquée aussi. Et chaque interruption nécessite une action manuelle pour reprendre l'appel. Pour les usages légitimes qui ressemblent visuellement à de la "nudité" sans en être, c'est franchement pénible.
Au-delà du bug ou choix de design, la question de fond, c'est le précédent. Apple installe l'idée que votre flux vidéo, même dans un appel chiffré de bout en bout, peut être analysé en permanence par les filtres maison. Aujourd'hui c'est de la nudité.
Demain, ça pourrait être des armes, des drogues, des contenus politiques selon les pays, ou tout ce que les gouvernements demanderont. La porte est ouverte, et c'est ce qui inquiète une partie des défenseurs de la vie privée. Apple a beau jurer que tout reste en local, l'infrastructure d'analyse est désormais en place sur des centaines de millions d'iPhone.
Vous pouvez désactiver la fonction en allant dans Réglages, puis FaceTime, puis « Avertissement de contenu sensible ». C'est en théorie OFF par défaut, mais autant vérifier. Et si vous l'aviez activée par curiosité, sachez qu'elle peut ruiner un appel important au pire moment.
Source : PC Mag
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Fauxx part d'une idée toute simple et un peu vicieuse qui est que plutôt que de cacher ce que vous faites en ligne avec votre smartphone Android, pourquoi ne pas générer en permanence des tas de fausses recherches, des faux trajets GPS et des fausses identités ? Cela permet ainsi de noyer vos vraies données dans un tas d'autres...
En tout cas, c'est l'objectif du dev qui veut, je cite, rendre votre signal réel « statistiquement indiscernable du bruit ». Comme ça pendant que votre téléphone vit sa meilleure vie dans votre poche, l'app Fauxx tape des requêtes bidon sur Google, Bing, DuckDuckGo et Yahoo, visite des sites au hasard dans des dizaines de catégories, clique sur quelques pubs, balade un faux GPS et change d'empreinte de navigateur. Oui, je vous raconte pas la gueule de la batterie après... En tout cas, c'est gratuit, open source, et sous licence AGPL
Le moteur qu'utilise Fauxx s'appelle le Demographic Distancing Engine, et il empile 4 couches de faux : du bruit pur, un profil démographique que vous pouvez bricoler vous-même, du scraping de profils publicitaires que Google et Facebook se font déjà de vous, et une nouvelle persona synthétique générée chaque semaine.
Et le timing de tout ça suit une loi de Poisson pour imiter une navigation humaine plausible plutôt qu'un bot qui montre sa tête pile toutes les dix minutes. L'outil jongle quand même avec plus de 250 empreintes de navigateur et arrose des milliers de sites classés par catégorie.
Ces techniques d'offuscation, ça me rappelle un peu TrackMeNot , une extension qui balançait de fausses requêtes dans votre moteur de recherche et dont je vous avais parlé. Et 8 ans plus tard, AdNauseam évidemment qui poussait le délire en cliquant automatiquement sur toutes les pubs pour pourrir les profils publicitaires.
Hé bien Fauxx, c'est la version 2026 de cette petite guérilla, en mode appli mobile Android.
Après faut pas être débile non plus, noyer les trackers sous du faux ne les tue pas. Google l'a d'ailleurs dit noir sur blanc, ils détectent et filtrent la grande majorité de cette fausse activité. AdNauseam et ses quelques dizaines de milliers d'utilisateurs, face à un marché de la donnée qui pèse plus de 300 milliards de dollars, c'est une goutte d'eau en fait...
Et puis Fauxx coupe lui-même sa protection avant d'atteindre le plafond imposé par Android 15, qui limite les services en arrière-plan à six heures cumulées par tranche de 24h. Vous avez alors une notif qui vous demande de relancer l'appli à la main. C'est moche, mais c'est une contrainte du système, et pas un bug de l'appli !
Après comme je vous le disais plus haut, du faux trafic en continu, ça bouffe de la batterie et de la donnée mobile. Faut voir Fauxx un peu comme du sable jeté dans les rouages de la machine à pomper vos données... C'est une forme de geste politique... C'est pas incroyable mais c'est mieux que de rester les bras croisés.
Après, le mieux, c'est encore de le combiner avec les vraies mesures comme faire virer vos infos des data brokers et bien sûr, garder en tête que vos données sont déjà en vente quelque part.
Voilà, Fauxx ne vous rendra pas invisible mais entre subir le pistage en silence et foutre un peu le bordel dans la machine... le choix est vite vu. C'est gratuit, l'appli est sur F-Droid et le code est sur GitHub .
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Une fibre optique de télécom standard, celle qui passe peut-être à quelques mètres de votre bureau en ce moment, peut être transformée en microphone à distance.
C'est ce qu'ont démontré des chercheurs à la conférence NDSS 2026, le rendez-vous annuel de la sécurité réseau qui s'est tenu à San Diego. Leur démo est carrément flippante. Pas de matériel posé sur place, pas de signal radio détectable, et une qualité audio largement suffisante pour transcrire ce qu'on dit dans une pièce.
Le principe repose sur une technique appelée DAS (Distributed Acoustic Sensing, en français "détection acoustique distribuée"), qui consiste à envoyer un laser dans la fibre depuis une extrémité et à analyser comment la lumière revient.
Quand des ondes sonores frappent le câble, elles le font vibrer de manière minuscule, ce qui modifie le trajet de la lumière. En mesurant ces modifications, on peut reconstituer le son d'origine, comme si la fibre devenait un long micro de plusieurs dizaines de mètres.
Pour booster la sensibilité, les chercheurs ont fabriqué un petit accessoire qu'ils appellent "Sensory Receptor", en gros un cylindre en plastique PET de 65 mm de diamètre autour duquel ils enroulent 15 mètres de fibre. Le cylindre concentre les vibrations et amplifie le signal capté.
Les résultats ? À deux mètres de la fibre, le taux d'erreur sur les mots (le WER, qui mesure combien de mots sont mal transcrits par un système de reconnaissance vocale) descend sous les 20 %. Dans un test grandeur nature mené dans un bureau, avec une cinquantaine de mètres de fibre séparant les deux pièces et le boîtier installé sous un meuble, ils tombent à 9 %.
Quasiment un transcript parfait donc. En bonus ils ont utilisé OpenAI Whisper et NVIDIA Parakeet, deux modèles d'IA de reconnaissance vocale grand public, donc rien d'exotique côté logiciel.
Et le truc qui change tout, c'est l'indétectabilité. Une fibre passive ne consomme pas d'électricité, n'émet aucune onde radio, et passe inaperçue aux détecteurs de mouchards classiques utilisés par les services de contre-espionnage.
Les balayages TSCM (les outils déployés pour chercher des micros cachés dans une pièce sensible) passent à côté. Limite tout de même : il faut être à environ 5 mètres maximum de la fibre, et celle-ci ne doit pas être enterrée trop profondément. Mais dans n'importe quel immeuble de bureaux moderne, où la fibre court partout dans les faux plafonds, ça peut fonctionner !
Source : Hackaday
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Un hacker au pseudo "fuzzeddffmepg" a balancé sur un forum cybercriminel le 7 mai une base de données présentée comme provenant d'Action Populaire, le réseau militant numérique de la France Insoumise.
Au programme : environ 120 000 adresses email uniques, 20 000 numéros de téléphone, et un paquet de données personnelles couvrant pratiquement neuf ans d'activité, de 2017 à 2026.
Le contenu de la fuite est franchement gênant pour les adhérents. On y trouve les noms et prénoms des utilisateurs, leurs adresses email et numéros de téléphone, leurs adresses postales liées à des paiements, leurs participations à des groupes et événements, mais aussi des messages privés et échanges internes, plus des données de paiement et d'abonnement.
La période couverte va de 2017 à 2026, soit pratiquement toute l'histoire d'Action Populaire en tant que plateforme militante. Le hacker affirme avoir exploité une faille sur une infrastructure décrite comme obsolète, et il menace de publier d'autres extractions, dont des serveurs de messagerie.
Côté LFI, aucune confirmation officielle pour le moment. Silence radio. Ce qui n'est pas franchement la meilleure stratégie quand vos propres adhérents lisent partout sur le web que leurs données traînent en libre service.
La situation a un goût particulièrement improbable parce que LFI venait justement de déposer une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire sur "l'accumulation et la fuite de données personnelles en France". Sauf que voilà, demander une enquête sur les fuites pendant qu'on se fait fuiter, c'est un peu tendu.
Au passage, ce hack n'est pas isolé. Depuis quelques mois, les fuites se multiplient en France, du public au privé : CPAM, Parcoursup, ANTS, et maintenant un parti politique. Le hacker a clairement expliqué viser une infrastructure obsolète, et c'est un peu le même refrain qu'on entend partout sur l'état général de la sécurité des plateformes hébergées en France.
Concrètement, les risques pour les adhérents exposés sont réels. L'appartenance politique étant une donnée sensible au sens du RGPD, ces 120 000 personnes peuvent désormais s'attendre à des campagnes de phishing très ciblées, du harcèlement téléphonique en règle, et possiblement de l'usurpation d'identité.
Pour les militants, c'est franchement pénible. La CNIL devrait normalement être saisie par le parti dans les 72 heures suivant la prise de connaissance de l'incident~~, mais sans communication officielle, impossible de savoir si cette obligation a été respectée~~. Mise à jour : la LFI a bien prévenu ses membres et adhérents !
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Bref, une infrastructure à l'abandon finit toujours par parler. Et ça tombe pile quand LFI réclamait plus de protection des données. Joli timing.
Source : French Breaches
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Vous le savez, il y a un algorithme dans votre téléphone qui décide ce que vous allez lire aujourd'hui et il s'appelle Google Discover.
Google Discover, c'est le flux d'articles qui apparaît quand vous ouvrez l'appli Google sur Android ou iOS, ou que vous swippez à gauche depuis la home de votre smartphone Android et Chrome mobile aussi. Et pas besoin d'avoir cherché quoi que ce soit puisque Google analyse votre historique, connaît vos centres d'intérêt, et vous sert ainsi des articles « adaptés » en continu.
Sauf que l'algo confond souvent « ce que vous voulez lire » avec « ce qui génère le plus de clics ». Et là, ça part en couille sévère...
Du coup vous vous retrouvez avec des articles qui expliquent que le cash va être interdit dans deux mois, que les conducteurs avec une moustache vont devoir repasser le permis, ou que l'Union Européenne s'apprête à requalifier la pizza comme « sandwich plat » pour l'assujettir à une nouvelle taxe.
Et pendant ce temps, les vraies actus tech que vous aimez tant, elles, se noient quelque part entre deux horoscopes et une pub déguisée en article. Et c'est d'ailleurs ça le gros défaut de tous les flux algorithmiques : ils optimisent l'engagement mais pas l'exactitude. On est tous humain, alors forcément un titre alarmiste battra toujours un article de qualité sobre et bien sourcé. L'algo se contrefout royalement de respecter les 3 neurones qui vous restent... ^^
Mais Discover a quand même un truc pas con ! En fait depuis fin de l'année dernière, Google permet de suivre directement des éditeurs sur le réseau, un peu comme un flux RSS mais sans lecteur à installer ni boîte mail à gérer. Suffit de cliquer sur un bouton et hop, les articles de vos sources préférées remontent en priorité dans votre feed Google Discover !
Par exemple, si vous voulez voir les articles de Korben.info apparaître dans votre flux (de la vraie tech, sourcée, sans moustaches ni taxes pizza), c'est par là, il suffit d'aller sur mon profil Google Discover et de cliquer sur le bouton "Suivre sur Google".
Et comme ça, une fois abonné, mes publications remonteront directement dans votre Discover. Perso, je trouve ça pas mal du tout comme système.
Bref, si vous ne voulez pas que votre téléphone vous apprenne demain que les chats seront bientôt recensés comme « animaux de surveillance passive » par un nouveau décret gouvernemental, pensez à bien choisir vos sources !
Et pour trouver les liens de vos médias préférés, vous pouvez passer par cet outil de Julien .
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Le Royaume-Uni a mis en place via l'Online Safety Act un système de vérification d'âge obligatoire sur les plateformes accessibles aux mineurs, avec contrôles biométriques à la clé pour estimer l'âge à partir d'un selfie.
Sur le papier, c'était la grande solution pour empêcher les ados d'accéder à TikTok, Instagram ou aux sites pour adultes. En pratique, c'est l'inverse : les enfants britanniques se passent les méthodes pour passer outre, et les méthodes en question sont parfois franchement drôles.
En fait, selon une étude d'Internet Matters, près de la moitié des enfants britanniques (46 %) considèrent les systèmes de vérification d'âge comme faciles à contourner, et un tiers reconnaissent l'avoir déjà fait.
Les méthodes documentées vont de la classique fausse date de naissance au VPN, mais aussi à des techniques plus créatives : envoyer une vidéo du visage de quelqu'un d'autre, voire d'un personnage de jeu vidéo, et le meilleur : se dessiner une moustache au feutre pour tromper l'estimation d'âge faciale. J'adore.
Côté plateformes, c'est du coup difficile à gérer. L'Online Safety Act prévoit des amendes importantes contre les services qui laisseraient passer ces contournements, mais le régulateur Ofcom rame pour qualifier la responsabilité quand le gosse a triché lui-même avec une astuce que la plateforme n'a pas su détecter.
Internet Matters relève d'ailleurs que les adultes profitent aussi de ces failles, ce qui complique encore le tableau quand un majeur peut piquer la session d'un mineur, ou inversement.
L'autre limite, c'est la captation des données biométriques. Pour vérifier qu'un gosse est bien un gosse, il faut analyser son visage, ce qui veut dire stocker (ou au moins traiter) une image biométrique d'un mineur.
Plusieurs experts ont déjà soulevé le paradoxe : pour protéger les enfants, on les oblige à transmettre leur visage à une plateforme étrangère. Et si la plateforme se fait pirater (spoiler : ça arrive régulièrement), on a une fuite de données très sensibles dans la nature.
Vous l'avez compris, une régulation qui se fait contourner par un coup de feutre sous le nez, c'est probablement le signe qu'il faut revoir la copie.
Source : Independent
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Alexander Hanff, consultant, a remonté un truc pas net sur Chrome. La dernière version du navigateur télécharge en arrière-plan un modèle de langage local appelé Gemini Nano, qui pèse environ 4 Go, sans jamais demander la moindre permission à l'utilisateur.
Le fichier s'appelle weights.bin, il atterrit dans un dossier OptGuideOnDeviceModel quelque part dans votre profil Chrome, et il sert ensuite à des fonctions du genre "Help me write" ou détection de fraude.
Hanff a documenté l'opération via les logs système de son macOS. Le 24 avril 2026 vers 16h38, Chrome crée le dossier. Quelques minutes plus tard, il télécharge et décompresse les 4 Go (l'opération prend une quinzaine de minutes), puis il les déplace à l'emplacement final. Tout ça pendant que vous ne touchez rien à votre machine. Si vous supprimez le fichier à la main, il sera réinstallé silencieusement au prochain lancement du navigateur.
Hanff estime entre 100 millions et 1 milliard de machines concernées dans le monde. Multipliez 4 Go par 1 milliard et vous obtenez de quoi remplir une bonne partie d'un datacenter.
L'auteur calcule également l'impact carbone du déploiement, entre 6 000 et 60 000 tonnes de CO2e rien que pour le réseau, sans compter l'empreinte SSD. Pour un fichier que personne ne vous a demandé d'installer.
Sur le plan légal, Hanff parle d'une "violation directe" de l'article 5(3) de la directive ePrivacy européenne, qui interdit de stocker quoi que ce soit sur l'appareil d'un utilisateur sans consentement explicite. Il évoque aussi un manquement RGPD. Si la qualification tient, ça serait une amende salée pour Google, sachant que les Cnil européennes ont déjà sanctionné Meta et Microsoft pour des choses bien moins foireuses.
Pour s'en débarrasser, trois options : aller dans chrome://flags pour désactiver les fonctions IA, passer par les politiques d'entreprise si vous gérez un parc de machines, ou virer Chrome, tout simplement.
Bref, Google qui pousse 4 Go d'IA en silence sur des centaines de millions de machines, c'est un sale moche.
Source : That Privacy Guy
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Les bannières cookies, franchement, plus personne à part quelques no-life ne les lisent. On clique tous sur "Accepter tout" par flemme et on sait tous pertinemment que nous venons de nous "auto-tracker" comme des débilos. Mais heureusement, y'a une extension Firefox qui fait le refus automatique à votre place, et qui envoie même un signal légal pour dire "non merci" aux sites qui jouent le jeu.
Cette extension s'appelle Auto Reject Cookies , elle est open source sous licence MIT,et se fait rapidement oubliée une fois installée sur Firefox (Desktop ou Android).
Ensuite, son boulot, elle le fait en arrière-plan : Quand une bannière de consentement apparaît, elle cherche le bouton "Reject All" et clique dessus toute seule. Pour les bannières en deux étapes (celles qui cachent le "tout refuser" derrière un bouton "Paramètres" bien planqué), elle va aussi chercher plus loin.
Et le truc chouette, c'est que cette extension supporte +25 plateformes de gestion du consentement (OneTrust, CookieBot, Sourcepoint, Didomi et compagnie) et reconnaît les boutons en plus de 10 langues, français inclus. Et pour parfaire le tout, une coche verte s'affiche quand un rejet a réussi, histoire que vous sachiez qu'elle a fait le job.
J'ai testé sur Le Monde, Reddit, HackerNews, GitHub et quelques gros sites US, c'est 95% de réussite direct. Sur les sites avec des CMP ultra-customs par contre (genre un vieux forum fais maison ou un dashboard d'entreprise à la con), ça rate parfois et faut cliquer à la main. Rien de grave hein, le web est tellement varié, ça peut pas taper dans le mille à tous les coups.
Et si y'a un site où vous avez besoin des cookies (votre banque, votre boulot, le site de votre prof de lancer de hâches), vous le mettez en liste blanche et c'est réglé.
Et le vrai atout de ce logiciel, c'est surtout le signal GPC (Global Privacy Control) que l'extension envoie avant chaque chargement de page. Elle injecte l'en-tête "Sec-GPC: 1" et définit le paramètre "navigator.globalPrivacyControl" dans le navigateur. En gros, ça dit aux sites : "cet utilisateur ne veut pas que ses données soient vendues". Et si le site respecte cette règle, vous êtes OK.
En France on est sur du RGPD/ePrivacy donc le signal GPC n'a pas (encore) de poids légal, mais l'extension l'envoie quand même, et vu la direction que prend la CNIL sur le tracking, ça coûte rien d'être en avance.
La différence avec Consent-O-Matic (que j'avais déjà abordé l'an dernier), c'est le scope. Consent-O-Matic supporte +200 CMPs et propose des profils de préférences personnalisés alors que Auto Reject Cookies est moins large mais ajoute le GPC systématique et reste sur un refus total par défaut.
Niveau permissions, l'extension demande l'accès aux onglets et aux données de tous les sites web (normal, vu qu'elle doit intercepter les bannières partout), mais le développeur mouth_brood indique que rien n'est collecté. Et comme c'est du MIT, le code est dispo sur GitHub si vous voulez vérifier.
Bref, à tester !
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Depuis la version 2.91.0 du CLI GitHub publiée mardi, chaque commande que vous tapez dans gh envoie des données de télémétrie vers GitHub par défaut. L'activation est silencieuse, sans message au premier lancement, sans consentement explicite, et il faut fouiller dans la doc pour tomber sur la page dédiée au sujet.
GitHub décrit la collecte comme pseudonyme côté client. Concrètement, le payload embarque le nom de la commande lancée, un identifiant d'invocation, un identifiant d'appareil, l'OS, l'architecture, l'agent et quelques drapeaux.
L'entreprise précise que le contenu exact peut varier d'un appel à l'autre. La justification officielle : les équipes produit ont besoin de voir comment le CLI est utilisé, avec la montée en puissance des agents IA qui le pilotent de plus en plus souvent en arrière-plan.
Côté sortie, il y a trois moyens de couper la télémétrie. Vous pouvez définir la variable d'environnement GH_TELEMETRY à false, ou DO_NOT_TRACK à true, ou lancer gh config set telemetry disabled. Simple en apparence.
Sauf que rien de tout ça n'est signalé à l'installation, et qu'un utilisateur qui n'est pas tombé sur le billet de Brandon Vigliarolo dans The Register ne saura probablement pas que c'est activé sur sa machine.
Le terme pseudonyme mérite aussi qu'on le regarde de près. Pseudonyme ne veut pas dire anonyme : il y a un identifiant d'appareil stable, il y a un identifiant d'invocation, et GitHub connaît déjà votre compte si vous êtes authentifié avec gh auth login.
Du coup, le recoupement entre votre activité CLI et votre identité GitHub n'a rien de théorique, même si GitHub ne promet pas de le faire.
En pratique, la télémétrie des outils de dev n'est pas une nouveauté. VS Code le fait depuis des années, npm aussi, et la plupart des éditeurs jouent le même jeu. Ce qui coince ici, c'est le choix de l'opt-out plutôt que de l'opt-in, et l'absence d'annonce claire sur le changelog principal.
Les utilisateurs reprochent surtout à GitHub d'avoir glissé l'info dans une page de doc au lieu d'un billet de blog dédié. Pour un outil qu'utilisent des gens très à cheval sur leur vie privée, c'est un drôle de calcul.
Bref, un outil CLI qui s'active en mode collecte par défaut sans prévenir, ça pique. Heureusement une variable d'environnement suffit à couper. Mais il faut savoir qu'elle existe.
Source : The Register
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Bon, les amis, si vous utilisez Tor Browser pour faire du sérieux, faut que vous sachiez un truc. Le bouton "New Identity", censé vous donner une nouvelle identité vierge à chaque clic... bah il laissait filer, jusqu'à il y a peu de temps, un identifiant stable tant que Firefox tournait.
Deux chercheurs de Fingerprint ont en effet trouvé comment une fonction toute bête du navigateur se transformait en empreinte unique de votre browser, partagée entre tous les sites que vous visitiez.
Il faut donc dès à présent faire la mise à jour vers Firefox 150 ou l'ESR 140.10.0 (la version long-terme utilisée par Tor Browser), ainsi que la dernière version de Tor Browser qui récupère le patch. Si vous voulez en savoir plus, la CVE c'est CVE-2026-6770 , classé comme sévérité modérée par Mozilla.
Le truc marche en vase clos mais traverse les murs.
Mais avant, IndexedDB c'est quoi ?
En gros c'est une mini-base de données que les sites web peuvent créer dans votre navigateur, pour stocker des trucs en local (du cache, des données offline, l'état d'une app web). Chaque site peut y ranger plusieurs bases nommées, et une petite fonction JavaScript indexedDB.databases() permet au site de demander la liste de ses bases.
Rien de foufou sur le papier. Sauf que dans Firefox en navigation privée, le navigateur renomme en coulisse chaque base avec un identifiant aléatoire (UUID), et range tout ça dans une seule grosse table interne. Et le gros problème, c'est que cette table est partagée entre tous les sites ouverts, et pas cloisonnée site par site.
Et là, ça devient croustillant puisque quand un site redemande la liste de ses bases, Firefox la renvoie sans la trier, dans un ordre qui dépend de la structure interne de cette table partagée. Du coup, deux sites totalement différents qui créent chacun seize bases dans le même ordre récupèrent exactement la même suite en retour. Pas l'ordre de création donc mais une permutation bizarre, genre g,c,p,a,l,f,n,d,j,b,o,h,e,m,i,k.
Je vous passe les détails mais ça fait dans les 17 000 milliards de combinaisons possibles. Donc largement de quoi distinguer votre navigateur parmi des millions, comme une empreinte digitale qui colle au doigt !
Et ce qui pique vraiment c'est que cet identifiant survit à la fermeture de toutes vos fenêtres privées. Tant que le process Firefox tourne en arrière-plan, l'ID reste. Un site peut donc vous reconnaître après que vous ayez fermé vos onglets privés, rouvert une session pensée comme neuve, et revisité le site. Pour le user, c'est une session fraîche alors que pour le serveur c'est clairement le même navigateur qu'il y a dix minutes.
Côté Tor Browser c'est pire puisque le bouton "New Identity" a pour mission explicite de couper tout lien avec ce que vous faisiez avant. Il ferme les onglets, efface l'historique, vide les cookies, tire de nouveaux circuits Tor. La promesse officielle, c'est "empêcher votre activité future d'être liée à ce qui précède".
Sauf que cette fameuse table interne, elle, ne bouge pas. Le New Identity reset donc tout sauf ce qu'il ignore. C'est comme changer de fringues dans le même ascenseur... en gardant le même parfum. Techniquement vous êtes différent, mais reconnaissable en deux secondes. Bref, c'est assez grave car un site capable d'exploiter la faille peut lier votre session avant-New-Identity à votre session après-New-Identity.
Tant qu'on n'a pas redémarré Firefox complètement, l'ID persiste.
Les chercheurs disent avoir fait une divulgation responsable, directement à Mozilla et au Tor Project avant publication donc c'est nickel, et les deux équipes ont poussé les patches avant de communiquer sur quoi que ce soit. Donc les utilisateurs à jour sont tout simplement protégés contre cette faille précise.
Après si vous êtes du genre parano, pensez à redémarrer complètement votre Tor Browser entre deux sessions vraiment sensibles. Ça coupe le process Firefox, ça vide cette fameuse table, et ça évite ce genre de surprise pour d'autres leaks similaires qu'on n'aurait pas encore trouvés.
A bon entendeur, salut !!
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Les salariés de Meta devront bientôt installer un logiciel qui enregistre leurs frappes clavier, les mouvements de souris et des captures d'écran régulières sur leur poste de travail.
Le programme s'appelle Model Capability Initiative, et il doit alimenter les futurs modèles d'IA maison capables de faire du travail de bureau en autonomie. L'info a été révélée par The Register cette semaine.
Concrètement, l'outil surveille l'activité sur une liste d'applications professionnelles, dont Gmail, GChat, VCode et l'outil interne Metamate. Meta a justifié le dispositif en expliquant que ses modèles d'IA ne comprennent pas bien comment les humains utilisent un ordinateur.
Les données serviront à entraîner des agents capables de reproduire les micro-gestes que les modèles actuels galèrent à faire, comme sélectionner une option dans un menu déroulant ou enchaîner deux raccourcis clavier. Le directeur technique Andrew Bosworth a expliqué que la vision, c'est d'avoir des agents qui font le boulot pendant que les humains dirigent, relisent et corrigent les sorties.
Côté salariés, l'accueil est glacial. Un ingénieur cité par The Register résume la chose : il y a une différence entre savoir que votre travail est évalué et savoir que chaque frappe clavier peut nourrir un modèle commercial vendu à des clients externes.
L'analyste Ed Zitron, très critique sur l'IA, décrit l'ambiance interne chez Meta comme horrible et parle d'une culture de la paranoïa qui ne va pas s'arranger avec cette nouvelle couche de surveillance.
Le programme cible d'abord les employés basés aux États-Unis. En Europe, les règles sur le pistage des salariés sont beaucoup plus strictes, donc Meta évite de tester ce genre de dispositif sous les yeux de la CNIL irlandaise ou de son équivalent allemand.
Il y a aussi l'ironie évidente de la situation : Meta surveille les utilisateurs depuis quinze ans pour son ciblage publicitaire, et a collectionné les amendes RGPD au passage. Maintenant ce sont ses propres salariés qui passent sous le scanner.
En pratique, ce qui est demandé ressemble à ce que font déjà plusieurs boîtes qui entraînent des agents : il faut des jeux de données de démonstrations humaines sur des tâches réelles pour que l'IA apprenne. Sauf que voilà, Meta franchit un cap en allant chercher ces données dans l'outil quotidien de ses salariés.
Bref, chez Meta le clavier devient un jeu de données d'entraînement. Difficile d'imaginer que des ingénieurs un peu pointus acceptent ça longtemps sans râler, et on les comprend.
Source : The Register
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L'ANTS vient de se faire hacker... 19 millions de fiches dans la nature, récupérées via une faille IDOR (Insecure Direct Object Reference, pour les intimes). Pour ceux qui connaissent pas le terme, IDOR c'est l'exercice qu'on donne aux étudiants le deuxième jour d'un cours de cybersécurité !
En clair, l'attaquant envoyait une requête sur l'API en remplaçant l'identifiant de son profil par un autre. Et hop, le serveur lui renvoyait le dossier d'un citoyen français en face, sans jamais vérifier qu'il avait le droit de le consulter. Aucun contrôle d'autorisation sérieux, aucun rate-limiting, et visiblement aucune alerte quand une IP aspire 19 millions de fiches. Que dalle !
Le gars qui a découvert le truc s'appelle Seblatombe, il tient le blog FrenchBreaches et il a balancé l'info ce 20 avril. Les données fuitées, ce sont vos noms, prénoms, dates de naissance, adresses postales, emails, numéros de téléphone, identifiants ANTS et numéros d'accréditation pro. Par contre, les mots de passe et les données bancaires n'ont pas filé, et c'est bien le seul truc qui sauve ce dossier du naufrage complet.
Quoiqu'il en soit, ce n'est pas un accident isolé puisque qu'en mars 2024, France Travail se fait éventrer avec 36,8 millions de victimes. Avant ça, en janvier 2024, Viamedis et Almerys lâchent 33 millions d'assurés sociaux. En novembre 2024, Pajemploi expose 1,2 million de dossiers. Et plus récemment en décembre 2025, la CAF perd 8,6 millions de comptes.
Et maintenant l'ANTS, avec 19 millions de plus.
Faites le cumul les amis. Près de 100 millions de lignes fuitées depuis début 2024, avec évidemment des doublons puisqu'un même citoyen est fiché sur plusieurs services. Pour un pays de 68 millions d'habitants, c'est un joli record je trouve ! On devrait avoir une médaille !
Perso, ce qui me fait halluciner, c'est le communiqué officiel de l'ANTS. Leur conseil aux citoyens c'est, je cite, que vous "n'avez aucune démarche à accomplir". LOL ! France Travail, au moins, avait pris la peine de prévenir les victimes une par une et de publier un plan de remédiation, parce qu'ils s'étaient fait visiblement taper sur les doigts par la CNIL. Avec l'ANTS, c'est à vous de gérer le bordel qu'ils ont créé.
Alors concrètement, qu'est-ce que vous pouvez faire ? Déjà, allez vérifier si votre email traîne déjà dans la nature sur haveibeenpwned.com. Ensuite, changez le mot de passe de votre compte ANTS et activez la 2FA partout où elle est dispo.
Attention aussi aux mails ou SMS qui mentionnent votre nom et votre date de naissance, c'est le jackpot des arnaqueurs pour ressembler à un vrai service. Et surveillez vos comptes bancaires parce qu'avec nom + adresse + date de naissance + téléphone, une demande de crédit frauduleuse passe comme une lettre à la poste.
D'ailleurs, j'avais déjà fait un bilan des hacks français en 2025 qui résumait l'ambiance. Visiblement rien n'a changé. Les mêmes failles basiques, les mêmes audits inexistants, les mêmes communiqués minimalistes. L'État a transformé vos données personnelles en open bar pour cybercriminels, et le seul vrai plan de remédiation qu'on nous propose c'est de croiser les doigts.
Bref, une IDOR sur une agence qui gère les données de 19 millions de Français, franchement, c'est selon moi pas une erreur mais clairement une faute grave.
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5 euros. C'est le prix du tracker Bluetooth qu'un journaliste néerlandais a caché dans une carte postale et envoyé à une frégate de la marine royale des Pays-Bas. Le navire, le HNLMS Evertsen, est un bâtiment de défense antiaérienne affecté à la protection du porte-avions français Charles de Gaulle en Méditerranée. Sa valeur est estimée à 585 millions de dollars.
Le journaliste, de la chaîne régionale Omroep Gelderland, a simplement utilisé le système postal officiel que le ministère de la Défense néerlandais met à disposition pour envoyer du courrier aux soldats et marins en mission.
Les instructions sont publiques, détaillées, et librement accessibles en ligne. Les cartes postales et enveloppes ne sont pas passées aux rayons X, contrairement aux colis. Du coup, le tracker est arrivé à bord sans être détecté.
Le tracker a fonctionné pendant environ 24 heures. Il a montré le navire quittant le port d'Héraklion en Crète, naviguant d'abord vers l'ouest le long de la côte, puis bifurquant vers l'est en direction de Chypre. Pour un groupe aéronaval en mission, la position d'un navire d'escorte est une information opérationnelle sensible, et un adversaire qui sait où se trouve l'Evertsen peut en déduire la zone probable du porte-avions Charles de Gaulle.
Le ministère de la Défense a réagi en interdisant les cartes de voeux contenant des piles dans le courrier militaire, forcément. C'est la réponse directe au test bien sûr, mais bon, l'info qui gêne le plus c'est que le système de courrier militaire néerlandais ne filtre pas le contenu des enveloppes classiques, c'est un peu étonnant.
Bref, seulement 5 euros de matériel et un timbre ont suffi à localiser un navire de guerre en pleine mission. Le rapport coût-efficacité est quand même étonnant.
Source : Business AM
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Quand une startup ferme, ses conversations Slack, ses emails, ses tickets Jira et ses téraoctets de Google Drive ne disparaissent pas. Et maintenant, certaines les revendent.
SimpleClosure, une boîte spécialisée dans la fermeture d'entreprises, propose aux fondateurs de monétiser ce qu'elle appelle l'"exhausteur opérationnel" de leur défunte société en le vendant comme données d'entraînement pour des modèles d'IA.
C'est ce qu'a fait Shanna Johnson, l'ancienne patronne de cielo24, une entreprise de sous-titrage et transcription qui a fermé après 13 ans d'activité. Conversations internes, échanges clients, documentation technique, tout est parti dans le lot.
SimpleClosure supprime les données personnelles identifiables avant la vente, mais le contenu des échanges reste intact. En un an, la boîte a bouclé une centaine de transactions de ce type et récupéré plus d'un million de dollars pour les fondateurs concernés, avec des prix entre 10 000 et 100 000 dollars par entreprise.
SimpleClosure lance d'ailleurs Asset Hub, une plateforme dédiée où les sociétés en fermeture peuvent mettre en vente leurs dépôts de code, leurs archives Slack, leurs emails et leurs documents internes. Le marché se structure.
Le problème évident, c'est que les gens qui ont écrit ces messages ne savaient pas qu'ils finiraient dans un jeu de données d'entraînement. Marc Rotenberg, fondateur du Center for AI and Digital Policy, résume assez bien : "Les problèmes de vie privée ici sont quand même conséquents."
Un employé qui discute de son salaire, de ses problèmes personnels ou d'un conflit avec un collègue sur Slack n'a jamais donné son accord pour que ça serve à calibrer un modèle de langage.
Côté juridique, c'est complètement le flou. Les données appartiennent à l'entreprise, pas aux employés, et quand l'entreprise est en liquidation, le liquidateur ou le fondateur dispose de fait des actifs.
Du coup, dans les faits rien n'interdit aujourd'hui la revente de conversations internes anonymisées aux États-Unis, même si le RGPD en Europe pose des limites que les boîtes américaines n'ont pas.
Bref, si votre ancienne startup a coulé, vos messages Slack sont peut-être déjà dans un dataset quelque part.
Source : TechSpot
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Pour accéder à certaines fonctionnalités de Claude, Anthropic peut maintenant vous demander une pièce d'identité officielle (passeport, permis de conduire, carte nationale d'identité) et un selfie en temps réel. La vérification est gérée par Persona, un prestataire externe, et les données ne sont ni stockées par Anthropic, ni utilisées pour l'entraînement des modèles. Les photocopies, les cartes étudiantes et les pièces numériques ne sont pas acceptées.
Le mécanisme se déclenche a priori dans plusieurs cas : accès à des capacités spécifiques, vérifications d'intégrité de plateforme, ou mesures de conformité. Anthropic ne détaille pas vraiment les usages qui déclenchent cette vérification, ce qui crée du coup un flou que pas mal d'utilisateurs n'apprécient pas des masses.
Le timing est franchement gênant. Des millions d'utilisateurs ont migré vers Claude ces derniers mois, après les polémiques sur la surveillance et les accords controversés d'OpenAI avec des agences gouvernementales. "Vous avez quitté OpenAI pour la vie privée. Claude veut maintenant votre passeport", déclarent même certains journalistes. L'image n'est pas fausse.
Anthropic se défend, en expliquant que les images restent chez Persona, Anthropic y accède uniquement sur demande (appel, par exemple), et le prestataire est contractuellement interdit de les utiliser à d'autres fins que la vérification et la prévention des fraudes. Pas de revente, pas de marketing. Sur le papier, c'est propre. En pratique, vous donnez quand même un document d'identité gouvernemental à un sous-traitant pour pouvoir poser des questions à un chatbot.
La vraie question, c'est pourquoi. Anthropic invoque la sécurité et la conformité, mais la pression réglementaire sur les modèles d'IA pousse les éditeurs à vérifier l'âge et l'identité des utilisateurs, surtout quand leurs modèles deviennent plus puissants. On l'a vu avec OpenAI et son programme Trusted Access for Cyber, même logique d'accès vérifié.
Pour les utilisateurs qui utilisent Claude pour du code, de l'écriture ou de la recherche, ça ne changera probablement rien au quotidien. La vérification ne se déclenche pas pour tout le monde, pas tout le temps. Mais si ça tombe sur vous, refuser revient à perdre l'accès aux fonctionnalités concernées. Pas d'alternative proposée.
Bref, il y a là une logique réglementaire, mais le contraste avec l'image "pro-vie privée" d'Anthropic pique un peu.
Source : Helpnetsecurity
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Gérald Darmanin veut que la France aille puiser dans les ADN stockés chez les sociétés américaines de tests récréatifs pour faire tourner le FNAEG. Rien que ça !! Ces tests sont pourtant interdits dans l'Hexagone depuis belle lurette, et la fiabilité de ces boîtes est tellement douteuse qu'elles ont déjà validé des échantillons d'ADN de chien comme des résultats humains parfaitement cohérents. Franchement, y a de quoi hurler.
Bienvenue dans la Loi Sûre !
Le garde des sceaux a annoncé la couleur le 20 octobre dernier depuis le pôle cold cases du tribunal judiciaire de Nanterre. Le projet de loi SURE (pour Sanction Utile, Rapide et Effective) est arrivé en Conseil des ministres le 18 mars de cette année, avec passage au Sénat cette semaine du 13 avril et débat à l'Assemblée Nationale prévu pour juin. Au menu, la généalogie génétique autorisée sous contrôle du juge, réservée aux crimes les plus graves comme les meurtres, viols, et autres enlèvements. Selon Darmanin, une trentaine d'affaires non élucidées trouveraient ainsi une réponse, et les 50 000 traces du FNAEG qu'il mentionnait sans correspondance connaîtraient peut-être enfin leur propriétaire. Vous vous souvenez peut-être de Bruno L., surnommé le "prédateur des bois" ? C'est déjà comme ça qu'il a été coincé fin 2022, avec un coup de main du FBI. C'était une première en France.
Alors sur le papier, ça sonne plutôt bien. Sauf que le problème c'est que la technique repose sur un truc vraiment gênant : comparer l'ADN d'une scène de crime avec les bases américaines remplies de millions d'échantillons envoyés volontairement par des particuliers curieux de leurs origines.
En fait, ces tests ADN récréatifs sont interdits en France depuis des années. L'article 16-10 du Code civil limite l'examen génétique à des fins médicales ou scientifiques, et le Code pénal (article 226-28-1) prévoit 3 750 euros d'amende.
En 2019, le député Jean-François Eliaou déposait d'ailleurs la question (question parlementaire n°15638 pour ceux qui la veulent) pour rappeler que ces pratiques constituent une "atteinte à la personne humaine". Sauf qu'en pratique, rien n'a jamais empêché les curieux de balancer leur crachat dans une enveloppe direction le Texas ou Israël. Alors pour rattraper le coup, plutôt que d'assumer ce vide juridique, le Garde des Sceaux préfère aller exploiter les données qu'on aurait jamais dû laisser partir. Certes la loi sera encadrée par un juge, mais ça ne change rien à l'origine bancale des échantillons.
Et puis y'a la fiabilité de ces boîtes. Vous allez voir, c'est dingue. Gizmodo avait documenté le cas d'une société de tests qui avait analysé sans sourciller un échantillon d'ADN de labrador en lui crachant un beau résultat de généalogie humaine. Des journalistes ont aussi obtenu des rapports cohérents avec des échantillons bidons. J'en parlais déjà en 2018 dans un vieil article , et rien n'a vraiment bougé depuis. Ces sociétés vendent du rêve sur de la flotte, parce que leur modèle économique repose sur le divertissement, pas sur la rigueur forensique.
Et c'est avec ce genre de base qu'on veut bâtir des enquêtes criminelles françaises ??? Serieux ?
Attendez, y'a pire ! Bah oui, n'importe qui peut s'inscrire avec le nom qu'il veut et envoyer l'ADN de son voisin. Ou de son ex. Ou de la personne qu'il rêve de coincer pour un règlement de compte. Aucune vérification d'identité sérieuse, aucune authentification du donneur. Donc autant dire qu'un type un peu motivé peut polluer une base entière avec des échantillons bidons, et regarder ensuite le FNAEG avaler des correspondances pourries sans broncher. C'est du grand art.
Bienvenue dans le consentement éclairé à la sauce marketing.
Et pendant ce temps, le Comité Consultatif National d'Éthique, qui devrait normalement être saisi sur un texte qui légalise l'exploitation de données génétiques obtenues hors cadre légal français, n'a pas été consulté par le gouvernement sur cette Loi SURE.
Voilà, voilà. Encore de la grande démocratie bien exécutée, comme à leur habitude...
Bref, petit rappel, les amis, si vous avez déjà envoyé votre ADN à ce genre de boîte, foncez dans vos paramètres pour vous "opter out". Ça ne retirera pas l'échantillon des bases, mais vous sortirez des listes de matches accessibles aux enquêteurs.
C'est toujours ça de pris.
Source : Le Monde
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Un Strasbourgeois de 37 ans a été interpellé par le RAID après avoir formulé des menaces dans une conversation avec ChatGPT. OpenAI a signalé les propos au FBI, qui a transmis l'alerte aux autorités françaises via la plateforme Pharos.
L'affaire a été classée sans suite, mais elle montre que les échanges avec les chatbots ne sont pas vraiment privés.
Les faits remontent au 3 avril. L'homme a indiqué à ChatGPT vouloir acheter un pistolet Glock pour "tuer un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI". Les propos ont été détectés par les systèmes de modération d'OpenAI, qui applique depuis 2024 une politique claire : si une conversation présente un risque de violence physique, l'entreprise peut transmettre les échanges aux forces de l'ordre.
Ici, OpenAI a alerté le FBI, qui a relayé l'information aux autorités françaises via Pharos, la plateforme de signalement en ligne gérée par l'OCLCTIC.
L'intervention a eu lieu au domicile de l'homme, dans le quartier de Koenigshoffen à Strasbourg. Le RAID est entré sans incident et n'a trouvé aucune arme sur place. L'homme a été placé en garde à vue puis libéré le lendemain.
Il a expliqué être schizophrène, en rupture de traitement depuis deux ans, et avoir voulu "tester la fiabilité et la surveillance de l'intelligence artificielle" plutôt que planifier quoi que ce soit. Le parquet de Strasbourg a classé l'affaire sans suite et l'homme a été hospitalisé d'office en psychiatrie.
Cette affaire est un bon rappel pour tous les utilisateurs de ChatGPT et d'autres assistants IA. OpenAI le dit dans ses conditions d'utilisation : les conversations peuvent être analysées, et dans certains cas transmises à la police.
Depuis février 2024, l'entreprise a perturbé plus de 40 réseaux qui enfreignaient ses règles. Et le mécanisme est rapide : entre les propos tenus à Strasbourg et l'intervention du RAID, il s'est visiblement passé très peu de temps. La coopération entre OpenAI, le FBI et les autorités françaises a fonctionné en quasi temps réel.
C'est le genre d'histoire qui fait réfléchir. On parle quand même d'un type qui tape des menaces dans un chatbot depuis chez lui et qui voit le RAID débarquer à sa porte quelques heures plus tard. Ici l'affaire s'est bien terminée, l'homme avait visiblement besoin de soins et pas d'un Glock.
Mais ça pose une question très concrète : est-ce que tous les utilisateurs de ChatGPT, Claude ou Gemini ont bien conscience que leurs conversations sont surveillées et peuvent remonter aux autorités de n'importe quel pays ? On imagine bien que non.
Source : Vosges Matin
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