Si comme moi, vous êtes un jeune entrepreneur plein de talent, vous avez sûrement déjà signé des tas de contrats, de NDA et autres documents relatifs à votre société. Et pour cela, en général, nos interlocuteurs et autres avocats ne se font pas chier : ils nous envoient des liens vers des plateformes comme Yousign ou DocuSign,
Car oui, faire signer un contrat à trois personnes passe en général par un service en ligne qui compte le nombre de documents et facture au volume. Snif... Mais c'était sans compter sur le projet DocuSeal qui fait exactement le même travail depuis un conteneur Docker tout simplement posé sur votre serveur. C'est l'avantage d'avoir une solution open source, et surtout, ça permet de tout garder chez vous et de ne rien envoyer sur des serveurs tiers.
Vous chargez un PDF, vous posez les champs à la souris dans un éditeur visuel, et vous envoyez ça à vos interlocuteurs. Il y a 10 types de champs côté version libre, notamment case à cocher, image, date et sélection multiple. Plusieurs signataires se succèdent ensuite dans l'ordre que vous fixez, chacun ne recevant le document qu'une fois que le précédent est passé, et les invitations partent via votre propre serveur SMTP.
Les documents signés restent ensuite sur le disque de la machine, à moins que vous ne préfériez les envoyer vers votre S3, votre Google Storage ou votre Azure.
L'API REST et les webhooks sont également dispo dans la version open source, Mais attention, toutes les fonctionnalités proposées par la version SaaS qu'il propose en mode payant ne se retrouvent pas forcément dans la version open source. Par exemple, on n'a pas la possibilité de créer des modèles différents pour générer des documents sur mesure par client.
Et là où l'auto-hébergement se paie vraiment, c'est sur le certificat car le cloud de DocuSeal signe avec un certificat reconnu par Adobe, alors que votre instance génère le sien par défaut. Donc, il faudra faire avec, surtout que le nombre de documents gérables est limité. Ou alors, modifiez vous-même le code source pour vous faire votre propre version custom.
Pour l'installer avec Docker afin de tester, c'est simple :
sudo docker run --name docuseal -p 3000:3000 -v.:/data docuseal/docuseal
Côté juridique, ce que vous récupérez est une signature électronique simple au sens du règlement eIDAS. C'est le niveau d'entrée, parfaitement valable pour un devis ou un accord interne. Par contre, ça ne supporte pas la signature qualifiée, qui est la seule à valoir juridiquement une signature manuscrite dans toute l'Union européenne.
Ce n'est d'ailleurs pas une faiblesse de l'open source car chez DocuSign aussi, la signature qualifiée se vend en module complémentaire des forfaits classiques. Chez DocuSeal, elle passe par un prestataire de confiance partenaire et se facture aujourd'hui 2 à 4 dollars pièce. Ensuite, le logo maison, le SSO, les relances et l'envoi en masse demanderont la licence Pro. Si vous choisissez de passer par leur version payante, faites attention à bien vous mettre sur l'instance européenne pour que vos documents soient conformes au RGPD et ne partent pas dans les mains des Américains.
Par exemple, comme je vous disais, le code est sous AGPL. Donc, vous pouvez faire un peu ce que vous voulez dedans tant que vous gardez l'attribution DocuSeal dans l'interface.
Et si vous n'avez pas le temps et que ça vous saoule d'auto-héberger votre propre, certificateur de documents, il existe aussi Goodflag Community , un service gratuit pour les particuliers, indépendants et associations dont vous n'êtes pas le produit (lol), qui vous permettra de faire tout pareil sans débourser un centime et avec de la signature qualifiée (Merci à Karefil pour l'info).
Source : DocuSeal sur GitHub
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Logitech Options+, vous connaissez ce délire, je pense... Pour régler 3 boutons de souris, on vous pousse à créer un compte, à partager vos data, et à laisser une usine à gaz tourner H24 en tâche de fond. Le dev AprilNEA en a eu marre, du coup il a écrit OpenLogi en Rust et son truc fait le même boulot côté réglages, mais sans rien envoyer chez Logitech.
Si vous me lisez régulièrement, ça devrait vous rappeler Mouser , dont je vous parlais en mars dernier. C'est la même philosophie, sauf que Mouser restait coincé, à l'époque, sur la MX Master 3S en Bluetooth uniquement, sans SmartShift et sans Linux. OpenLogi reprend donc le flambeau et va beaucoup plus loin.
Alors, qu'est-ce que vous pouvez faire avec ?
Hé bien d'abord remapper vos boutons (41 actions prêtes à l'emploi, quand même), régler le DPI, activer le SmartShift, ce fameux défilement en roue libre. Vous pouvez aussi créer des profils qui basculent tout seuls selon l'appli active. Et tout ça cause directement avec le protocole HID++ de Logitech à votre MX Master , sans jamais lancer le pilote maison.
Peu importe comment la bête est branchée d'ailleurs, récepteur Bolt, clé Unifying, Bluetooth ou un bon vieux câble, les quatre passent ! Toute votre config ensuite se trouve dans un simple fichier TOML posé en local, que vous pouvez versionner dans un Git si ça vous chante. L'outil dispose d'une interface graphique, mais vous pouvez également l'utiliser en ligne de commande.
Pour l'installer sous macOS, c'est facile, il suffit de faire un brew install --cask openlogi et voilà ! Quant à Linux, vous avez des paquets .deb et .rpm. Notez que ça tourne aussi sous Windows, mais uniquement en beta.
OpenLogi est compatible avec les MX Master 4, 3S et 3, MX Anywhere 3, Signature M650, Ergo M575 et le code est libre sous double licence Apache 2.0 et MIT au choix.
Voilà, si Options+ vous gonfle de fou, OpenLogi mérite sans doute un petit test de votre part. C'est par ici , et le code est sur GitHub .
Vous m'en direz des nouvelles !
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Si vous avez un Mac avec une puce Silicon et que vous en avez marre de raquer pour des tokens à chaque requête API à un LLM à la con, y'a un projet qui mérite, je trouve, le détour. Ça s'appelle vLLM-MLX , et c'est un serveur d'inférence local qui transforme votre Mac en machine à générer du texte, à analyser des images et vidéos, et même capable de gérer de l'audio... et tout ça sans que l'inférence ne passe par le cloud des zaméricains.
Pour installer le bouzin, ça se fait avec :
uv tool install vllm-mlx
Puis vous lancez suivi du nom d'un modèle et hop, vous obtenez un endpoint API compatible OpenAI qui tourne en local sur votre machine :
vllm-mlx serve %MODEL%
Au début je pensais que j'étais parti pour une séance de configuration qui aller durer des heures mais en fait non. Par exemple moi j'ai lancé ça :
vllm-mlx serve mlx-community/GLM-4.7-Flash-4bit
Vous pouvez aussi opter pour un modèle plus petit :
vllm-mlx serve mlx-community/Qwen2.5-Coder-3B-Instruct-4bit
Du coup, si vos scripts causent déjà avec l'API d'OpenAI, basculer sur ça en local rien qu'en changeant l'URL de base, c'est un jeu d'enfant !
Côté perfs, et là je reprends les benchmarks officiels du repo (M4 Max 128 Go, mono-requête), on tourne autour de 418 tok/s sur un petit Qwen3-0.6B en 8-bit. Ensuite, ça tombe à environ 206 tok/s sur du Llama-3.2-3B et 128 tok/s sur un gros Qwen3-30B-A3B.
Le débit grimpe aussi quand plusieurs requêtes tapent en même temps à la porte... Donc sur les petits modèles ça file vite, mais par contre, sur les gros, faudra pas s'attendre à la même vitesse, hein... Et un Qwen3-30B vous bouffera dans les 18 Go de RAM unifiée, donc sur un Mac à 8 ou 16 Go vous pouvez oublier les gros modèles (Mais qui n'a pas encore un Mac Studio 128 Go ?? hein ? Quiiii ?).
Et c'est pas juste un serveur de texte comme je vous le disais, puisque le projet gère les modèles de vision type Gemma 3, Qwen3-VL, Pixtral, pour analyser images et les vidéos, et côté audio y'a du TTS natif (avec Kokoro, Chatterbox et compagnie) + de la transcription Whisper qui monte jusqu'à 197x le temps réel avec whisper-tiny, ou 55x avec le modèle turbo.
Attention par contre, il vous faudra la version avec l'extra audio (espeak-ng et un modèle spaCy), car c'est pas inclus dans la commande de base. Mais une fois en place, y a de quoi se monter un vrai assistant vocal 100% local et causer synthèse vocale sans louer un GPU chez Azure ou AWS.
Même le endpoint /v1/messages est compatible Anthropic, ce qui permet de brancher Claude Code ou OpenCode directement sur votre serveur
comme je vous l'expliquais ici
. Suffit d'utiliser ces variables d'environnement et votre éditeur IA ira taper sur votre propre machine plutôt que sur des serveurs distants.
unset ANTHROPIC_API_KEY
export ANTHROPIC_BASE_URL="http://127.0.0.1:8000"
export ANTHROPIC_AUTH_TOKEN="dummy"
claude --model mlx-community/GLM-4.7-Flash-4bit
ou :
claude --model mlx-community/Qwen2.5-Coder-3B-Instruct-4bit
Avouez que c'est trop cool hein ? Vous pouvez trouver tous les modèles pour MLX ici sur HugginFace si vous cherchez un truc plus spécifique.
Y'a aussi un endpoint d'embeddings pour faire du RAG en local, de l'appel d'outils externe via MCP avec une douzaine de parsers et le support des modèles de raisonnement qui extraient proprement le processus de réflexion entre les balises <think> pour Qwen3 et DeepSeek-R1.
J'adore !
Côté bidouille si vous vous lancer, sachez qu'il y a 2 ou 3 flags vachement utiles à connaitre.
Par exemple, le --warm-prompts (couplé au continuous batching) précharge les préfixes populaires au démarrage et, dans le bon scénario, vous gagne entre 1,3 et 2,25x sur le temps de première réponse.
Sur les gros modèles MoE genre Qwen3-30B-A3B, le --moe-top-k réduit aussi le nombre d'experts activés pour gratter 7 à 16% de débit. Le hic, c'est que vous y perdez un poil de qualité.
Et pour les agents qui brassent des contextes énormes, le --ssd-cache-dir déverse le cache de préfixes sur SSD pour soulager la RAM, au prix d'un peu de latence quand ça tape sur le disque.
Bref, si vous cherchez une alternative à Ollama qui tape direct dans le GPU de votre Mac avec du batching et du multimodal, le tout avec une compatibilité API aux petits oignons, foncez les amis ! C'est open source (Apache 2.0), ça dépote et ça s'installe en deux commandes !
Et si vous êtes sur PC plutôt que sur Mac, j'ai écrit la suite sur Lemonade SDK , l'équivalent côté AMD qui tape dans le NPU Ryzen AI.
Merci à Christian pour la découverte !
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Vous avez déjà voulu créer une appli desktop qui tourne sur Linux, Mac et Windows en même temps ? En Rust, c'était un peu compliqué jusqu'ici. Heureusement, Slint , créé par la société allemande SixtyFPS GmbH, propose une solution sympa !
L'idée, c'est de décrire votre interface dans des petits fichiers .slint (un genre de mini HTML/CSS pour appli native), et de brancher ça à du Rust, du C++, du JavaScript ou du Python. Comme ça, vous codez le visuel d'un côté, la logique de l'autre.
Et ce qui est encore plus cool c'est que leur runtime tient dans 300 KiB de RAM. A titre de comparaison, une appli Electron type Discord en bouffe plusieurs centaines de mégaoctets. Slint tourne donc aussi bien sur un Raspberry Pi, un microcontrôleur STM32, ou directement dans un navigateur via WebAssembly.
Par exemple, SK Signet, un fabricant sud-coréen leader sur le marché américain des bornes de recharge électrique, anime ses écrans tactiles 15 à 32 pouces avec. OTIV fait tourner ses trains autonomes dessus. WesAudio l'utilise également pour son plugin audio pro.
Donc c'est du sérieux et si vous voulez tester sans rien installer, direction
SlintPad
. Vous tapez du code, et le rendu apparaît dans le navigateur. Ensuite pour débuter un projet Slint en local, faudra faire un cargo install slint-lsp puis utiliser le template slint-rust-template dispo sur GitHub. 2 minutes de compilation plus tard et hop, vous avez votre première fenêtre.
Côté tarif, Slint est gratuit pour les projets open source et gratuit aussi pour les applis desktop, mobile ou web même propriétaires. Seul l'embarqué propriétaire est payant. Donc pour la majorité des gens, c'est gratos.
Le revers de la médaille c'est qu'il faudra apprendre un nouveau langage de description, et la bibliothèque de boutons et menus prêts à l'emploi est moins fournie qu'un Qt qui a 30 ans d'avance derrière lui. Mais ça vaut le coup d'essayer puis vu que tout le monde vibe code de toute façon, ça ne devrait pas vous poser trop de soucis.
Voilà, si vous bricolez vos propres outils sur Raspberry Pi ou que vous voulez juste une appli desktop ultra-légère sans embarquer un navigateur entier avec, c'est à regarder.
Merci Chrltc pour le lien !
Source : github.com/slint-ui/slint
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Un éditeur vidéo qui redimensionne, compresse et coupe vos clips... sans rien uploader nulle part, ça vous dit ???
Ça tombe bien puisque VidStudio fait tourner FFmpeg directement dans votre navigateur ! Vous allez sur vidstudio.app, vous déposez votre vidéo, et tout le traitement se fait ensuite côté client. Les fichiers ne quittent jamais votre machine, ce qui fait que niveau vie privée, ça nous change clairement des éditeurs cloud type Clipchamp ou Canva où une partie du traitement passe par leurs serveurs avec toutes les joyeusetés que ça implique côté données.
Sous le capot, le truc tient debout grâce à trois briques. Il y a WebCodecs qui s'occupe du décodage frame par frame pour la timeline, en utilisant les décodeurs hardware du navigateur quand ils sont dispos. FFmpeg compilé en WebAssembly prend ensuite le relais pour l'encodage final et les conversions de format. Et pour le rendu, c'est Pixi.js sur une canvas WebGL, avec un fallback logiciel quand la carte graphique ne suit pas.
Les projets sont sauvegardés dans IndexedDB, du coup vous pouvez fermer l'onglet et revenir plus tard, car tout est conservé et les traitements lourds tournent dans des Web Workers, ce qui évite de geler l'interface quand vous compressez un fichier de 2 Go déjà bien lourd.
Ensuite, côté outils, y'a de quoi faire avec un éditeur multi-piste avec source monitor et la possibilité de parcourir la vidéo à la frame près. Il y a également de quoi redimensionner pour YouTube ou TikTok, un mode batch pour convertir plusieurs vidéos d'un coup, un compresseur avec cible de taille exacte, un extracteur audio, un générateur de thumbnails et storyboards, et un système de watermarks avec positionnement et timing. Les sous-titres sont également gérés, avec possibilité de les incruster dans la vidéo ou de les sortir séparément.
Niveau problèmes que vous pourriez rencontrer avec cet outil, ce sera surtout à cause des codecs HEVC qui galèrent sur Firefox. De plus, les vidéos 10-bit ne passent pas toujours sur Windows, et certains WEBM avec des codecs audio exotiques refusent de charger. Bon après c'est pas grand chose de dramatique pour du contenu classique filmé avec un smartphone ou un appareil photo, mais si vous bossez avec du matos pro en 10-bit, allez plutôt voir ailleurs.
Après si vous aimez ce genre d'outils, dans la famille "traitement vidéo dans le navigateur", VidStudio rejoint Cutia qui mise sur l'open source, et MediaBunny qui propose une bibliothèque bas niveau pour les devs et dont je vous ai déjà parlé. Cependant, je préfère VidStudio qui se positionne plutôt sur du grand public, avec une interface qui ressemble à un vrai logiciel de montage.
Ça tourne d'ailleurs sur smartphone, ce qui est franchement impressionnant. Donc si vous avez juste une vidéo à retoucher vite fait sans passer par une usine à gaz type Adobe Premiere ou Final Cut, ça fera bien le job, et vos fichiers restent sagement au chaud chez vous !
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