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À partir d’avant-hierKorben

Omarchy, non merci

Par : Korben ✨

Ces derniers temps, il y a beaucoup de hype sur la distribution Linux Omarchy.

C'est sûr qu'elle présente de nombreux avantages comme une installation en moins de 2 minutes sur la plupart des machines, un bureau en mosaïque pilotable au clavier et des thèmes qui changent réellement l'habillage de tout le système mais elle est aussi vivement critiquée par les puristes du libre parce que, pour certains, elle ne serait qu'une Arch Linux avec les dotfiles de son créateur DHH (David Heinemeier Hansson). Pour Matthew Garrett , fervent défenseur du libre, elle est même, je cite "fondamentalement incompatible avec les objectifs du logiciel libre".

Bon, moi vous me connaissez, ces guerres de clochers techniques, ça ne me passionne pas... Et pourtant, aujourd'hui, Omarchy vient clairement de changer de visage. En effet, suite à mon article d'hier sur un projet en lien justement avec Omarchy, un lecteur de Korben.info m'a averti que DHH, le créateur d'Omarchy, diffusait actuellement de "drôles" d'idées sur son blog , où il publie depuis plus d'un an, des billets notamment sur l'immigration en Europe.

Je vous cite quelques extraits que j'ai traduits en dessous :

"Unwilling to resign the rest of the country to the kind of demographic replacement that befell London over the last two decades."

"Refusant de se résigner à voir le reste du pays subir le genre de remplacement démographique qui a frappé Londres ces vingt dernières années."

"As I remember London", septembre 2025

"Like an immigration policy designed to rival America's cherry-picking of the world's best, rather than mass immigration from low-average-IQ regions of net-negative contributors to the economy (and society)."

"Par exemple une politique d'immigration conçue pour rivaliser avec la manière dont l'Amérique va chercher les meilleurs du monde, plutôt qu'une immigration de masse venue de régions au QI moyen bas, faite de contributeurs nets négatifs pour l'économie (et la société)."

"Europe is weak and delusional (but not doomed)", 9 décembre 2025

"You can't save the continent's declining birth rate, growing retiree burden, or even economy as a whole by importing millions of people from a culturally incompatible third world."

"On ne sauvera ni la natalité en baisse du continent, ni le poids croissant des retraités, ni même son économie, en important des millions de personnes d'un tiers-monde culturellement incompatible."

"Three sacred cows that must die so Europe can live", 16 juillet 2026

"Because the sacred cow here is not just that mass migration must stop going forward. It's also that millions who are already in Europe must go."

"Parce que la vache sacrée ici n'est pas seulement qu'il faut arrêter l'immigration de masse pour l'avenir. C'est aussi que des millions de personnes qui sont déjà en Europe doivent partir."

"Three sacred cows that must die so Europe can live", 16 juillet 2026

"When wolves get out of control, you shoot them. When gypsies take over public spaces, you deport them."

"Quand les loups deviennent incontrôlables, on les abat. Quand des gypsies s'emparent de l'espace public, on les expulse."

"Wolves, sheep, and gypsies", 21 juillet 2026 ("gypsies" est son mot, je ne l'ai pas traduit)

Alors oui, je sais, les idées de merde ont le vent en poupe en ce moment, et je vais encore tendre des strings avec cet article mais bon, comme toujours je m'en tape parce que c'est impossible pour moi d'ignorer ça.

Je sais que certains vont encore venir me dire que je n'ai pas à faire de "politique", mais sachez que de mon point de vue, ça n'en est pas. La xénophobie et les idées anti-démocratiques n'ont pas leur place sur l'échiquier politique. C'est un cancer qui n'a d'autre but que d'anéantir la démocratie, et je trouve aberrant que l'organisme vivant "démocratie" accueille cette maladie mortelle à bras ouverts. Mais bref...

Ce genre d'idées que diffuse DHH et d'autres, si on peut appeler ça des idées, en plus d'être faciles à penser, totalement pré-machées, ce sont des idées mortifères à la fois pour les humains et pour la démocratie. Ce sont des idées dont nos parents et grands-parents ont été victimes durant la seconde guerre mondiale et l'occupation, et dont beaucoup de monde sont encore victimes tous les jours ( dernier exemple en date qui m'a choqué ).

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Bref, avec Omarchy, ce n'est pas possible pour moi de dissocier l'homme de l'artiste ou devrais-je dire, dissocier le développeur de ses idées racistes. La xénophobie est un "choix" quasi primitif en terme de logique, j'en conviens. Ça ne demande pas trop d'effort et ça permet de rendre responsable "les autres" de tous ses problèmes, ce qui évite aux gens d'endosser leurs responsabilités, de se prendre en main, ou d'être solidaires comme le feraient des adultes. C'est clairement un désir de confort qui s'adosse à la haine, mais ça n'a jamais été une solution.

Et Omarchy étant très fortement incarnée par DHH, qui adore mettre son nom partout sur le site web de cette distrib, c'est difficile d'ignorer la situation. Bien sûr, je sais qu'il y a, à ses côtés de nombreux contributeurs qui ne connaissent pas et ne partagent pas ses idées et c'est pareil avec les utilisateurs de cette distrib.

Mais maintenant qu'on est tous au courant, je pense qu'il est temps d'être cohérent avec nos valeurs qu'elles soient libristes, humanistes ou démocratiques pour ne pas faire par exemple comme 1Password et 37signals qui s'engagent à financer ce projet à hauteur de 100 000 dollars par an chacun, tout en affirmant, comme l'a fait le PDG de 1Password, que, hey, l'entreprise n'approuve pas les opinions de DHH, donc que c'est bon, y'a totem d'immunité.

Bah non, moi je trouve ça trop facile.

Donc voilà, vous faites ce que vous voulez mais maintenant que je sais quelles sont les idées de celui sur qui repose Omarchy, ne comptez plus sur moi pour utiliser et promouvoir cette distrib.

Meeting Recorder - Vos visios transcrites en local sous Omarchy

Par : Korben ✨

Meeting Recorder , c'est un enregistreur de réunions pensé pour Omarchy, la distribution Linux de DHH basée sur Arch et Hyprland. Et y'a pas besoin d'inviter à bot chelou dans votre visio puisque l'app se contente d'écouter votre micro et ce que joue votre ordinateur. Donc ça fonctionne avec n'importe quel logiciel de réunion, et tout est ensuite transcrit sur votre machine, 100% en local

Le micro et le son de l'ordinateur sont ainsi enregistrés sur deux pistes séparées, et deux jauges vous montrent avant de lancer que les deux arrivent bien. C'est comme ça que l'outil sait qui parle... ce qui passe par le micro, c'est vous, et ce que joue l'ordinateur, ce sont les autres. Et s'il y a plusieurs personnes en face, Nemotron 3 Diarization, un modèle de NVIDIA qui tourne en local, sépare simplement leurs voix en "Remote 1", "Remote 2"...etc, que vous pouvez ensuite renommer.

L'écran de fin, Maya au micro, Tom côté ordinateur, et les deux pistes dans la forme d'onde

À la fin de l'appel, c'est whisper qui transcrit tout ce basar, avec le modèle large-v3-turbo par défaut (environ 1,6 Go à télécharger une seule fois), pendant qu'une animation façon années 90 vous fait patienter. Et pas besoin de carte graphique puisque d'après l'auteur, le processeur d'une machine récente boucle un appel court en quelques secondes. Ah et puis trop cool, le français fait partie des langues proposées, donc vous pouvez l'utiliser si vous avez séché les cours d'anglais.

Vous récupérez ensuite le texte, avec l'heure et l'intervenant sur chaque ligne, et un lecteur audio au-dessus. Cliquez alors sur une ligne et la lecture repartira de là. Et si whisper s'est gourré, vous survolez la ligne pour la corriger, la donner à l'intervenant suivant ou la supprimer. Chaque réunion finissant dans un simple dossier de ~/Documents/Meetings, avec l'audio et un fichier transcript.md, vous pouvez tout récupérer et même glisser sur la fenêtre un vocal ou un appel enregistré ailleurs, et Nemotron pourra y détecter jusqu'à 8 voix sans problème.

Pour les réunions de trois minutes ou plus, il y a aussi du chapitrage et c'est l'agent de code réglé par défaut dans Omarchy (Claude Code, Codex...) qui découpe la transcription une fois que c'est terminé. Donc, si vous ne voulez pas que ça parte dans le cloud, il faut prendre le temps de ne régler aucun agent par défaut sur Omarchy.

Et n'oubliez pas non plus de prévenir les gens en début de réunion, car l'article 226-1 du Code pénal punit l'enregistrement de paroles privées sans leur consentement. Hé ouaiiiis !

Côté installation, l'outil est dans le dépôt de paquets d'Omarchy, pour l'instant uniquement sur le canal edge. Sinon, en attendant la prochaine version d'Omarchy, ce script d'une ligne installera le même paquet.

Bref, c'est l'un ou l'autre :

yay -S omarchy-meeting-recorder
ou
curl -fsSL https://raw.githubusercontent.com/jankeesvw/omarchy-meeting-recorder/main/install.sh | bash

Attention, au moment où j'écris ces lignes, la version 1.1.1 plante dès la première transcription sur les processeurs sans AVX-512, un Ryzen 5 5500 ou un Core Ultra 9 285K par exemple. L'audio est bien enregistré, mais vous n'aurez pas de texte, parce que le binaire publié a hérité des instructions AVX-512 de la machine qui l'a compilé. Heureusement, un contributeur a déjà proposé un correctif, donc, soyez patient. Mais si vous êtes vraiment pressé, il faudra juste compiler vous-même l'appli (cargo build --release, les étapes sont dans le README).

Et si vous n'êtes pas sous Omarchy ? Faut chialer ?

Non, car l'app prendra alors l'apparence standard de libadwaita, mais sans l'agent par défaut d'Omarchy. Donc adieu les chapitres. Sous Windows, l'application Meetily fait le même genre de travail en local, Avec mon application macOS Kassis , on peut faire ça aussi. Il suffit de glisser-déposer l'enregistrement de la réunion sur l'appli. Les interlocuteurs sont reconnus et on obtient un transcript en quelques secondes. Enfin, pour transcrire vos enregistrements directement sur un serveur, il y a Speakr, dont je vous ai déjà parlé .

Voilà, en tout cas, je trouve que son dev a bien bossé ! Meeting Recorder c'est sous licence MIT, et le code est sur GitHub pour ceux qui ont un Omarchy sous la main !

Le Schleswig-Holstein vire (presque) Windows de sa chancellerie

Par : Korben ✨

Sur la photo officielle que j'ai mise en illustration de cet article, Dirk Schrödter, ministre du Numérique et chef de la chancellerie du Land allemand du Schleswig-Holstein, pose assis dans un escalier avec un Tux en peluche. Et il a le smile puisque plus de 200 agents de sa chancellerie bossent maintenant uniquement sous Linux, exactement comme il l'a annoncé aux 24e Open-Source-und-Linux-Tage de Kiel.

Alors attention, on n'est pas à 100 % parce qu'il reste quand même une vingtaine de postes sous Windows à la chancellerie qui sont nécessaires pour cause de dépendance technique à des logiciels métiers purement Windows.

Mais le ministre assure dans l'annonce officielle du Land que ses équipes planchent aussi là-dessus. Mais voilà, globalement, pour tout le reste, la bascule s'est bien terminée, même si on ne sait pas sur quelle distrib ils tournent exactement.

Pour réussir cet exploit, Dirk Schrödter a commencé tout doucement depuis plusieurs années en mettant d'abord en place LibreOffice sur des postes hors administration fiscale et en passant également la messagerie sur Open-Xchange et tout ce qui était VisioConf sur OpenTalk.

Puis cela continue de s'étendre lentement avec Nextcloud pour généraliser le travail collaboratif, un annuaire qui s'appelle Nubus , conçu pour remplacer Active Directory de Microsoft. Sans oublier la téléphonie, qui doit encore passer sur OSKAR, une solution totalement libre.

Alors bien sûr, comme ils disent chez Microsoft, Linux n'est gratuit que si votre temps ne vaut rien. Mais côté porte-monnaie, d'après le bilan du Land, ça fait déjà plus de 15 millions d'euros de licences économisées, face à 9 millions d'investissements ponctuels prévus en 2026 pour la migration et le développement des outils libres. Pas mal, hein ?

Et si vous vous demandez comment on fait passer toute une chancellerie sous Linux, hé bien sachez que les agents ont eu droit à de nombreuses réunions d'information en présentiel ET en ligne, à des vidéos de formation, à des experts présents sur place pour les aider et à des forums Linux. On ne les a pas balancés comme ça devant un poste Linux en mode "démerdez-vous".

Et pour la maintenance, c'est Gonicus, une entreprise allemande spécialisée en open source, qui va assurer le support technique de Linux avec Dataport, le prestataire informatique du Land.

Alors, est-ce que Windows c'est terminé pour de bon en Allemagne ?

Hé bien pas vraiment, parce que ça ne représente qu'environ 200 agents, ce qui reste une goutte d'eau face aux quelques 30 000 agents que compte l'administration du Land. Les autres ministères et administrations devraient cependant suivre "progressivement" le mouvement, et la planification du déploiement "tourne à plein régime" d'après le ministre. Mais bon pour l'instant, il n'a donné aucune date...

Comme je vous le disais au début de mon article, le gros morceau, ce sont surtout les logiciels métier. Le Land explique qu'une grande partie de ceux hébergés chez Dataport ne tournent que sous Windows, ou ne sont supportés que sous Windows par leur éditeur. La parade prévue c'est donc de les remplacer par d'autres produits, ou de les rendre utilisables à distance !

Sans compter qu'une bascule de cette taille peut aussi mal tourner. En effet, quand le ministère de l'Intérieur a migré sa messagerie vers Open-Xchange et Thunderbird durant l'été 2025, le syndicat de police GdP a parlé de "chaos total", avec des milliers de mails retrouvés dans des services qui n'avaient rien à voir. Bref, c'était le bordel.

Le syndicat reconnaît quand même que le libre est utilisable, mais que c'est quand même assez loin du confort des anciens logiciels. Voilà, donc ça marche, mais le changement demande quand même des efforts d'adaptation à des interfaces plus austères / complexes...

M'enfin, voilà ça avance... Comme quoi, un autre monde est possible ^^.

Source : Hardwareluxx

Linux tourne enfin sur les Mac M3 (sauf la carte graphique)

Par : Korben ✨

Le projet Asahi Linux vient enfin de fusionner le support des Mac M3 dans son installateur. En clair, ça veut dire que si vous avez un MacBook Air, un MacBook Pro ou un iMac équipé d'un M3, d'un M3 Pro ou d'un M3 Max, vous pouvez y installer Linux dès maintenant.

Et la liste de ce qui fonctionne est plus longue que ce que je pouvais craindre. La webcam, les micros internes, le WiFi, le Bluetooth, l'USB 3 jusqu'aux 10 Gb/s permis par la machine, et le décodage vidéo accéléré, AV1 compris.

Le Thunderbolt aussi, est même arrivé cet été. Apple avait troqué, sur les M3 Pro et M3 Max, son vieux contrôleur de ports USB contre une puce ACE3 posée sur un bus SPMI au lieu de l'I2C. Il a donc fallu reverse tout ce petit monde afin que l'USB 3 et le Thunderbolt marchent sur l'ensemble de la gamme M3.

Si vous voulez vous lancer, l'installation doit encore passer par le mode Expert de l'installeur, parce que c'est encore tout frais. Mais quand la bêta de Fedora Linux 45, sera implémentée d'ici quelques semaines, ça devrait fonctionner en install normale.

Après le gros manque, c'est la 3D. N'attendez ni performances, ni accélération 3D économe en énergie puisque tout est géré par la partie CPU du M3. Et ce n'est pas de la mauvaise volonté de la part des dev puisque le GPU du M3 s'écarte nettement de celui des M1 et M2 : ray tracing matériel, mesh shaders, et le Dynamic Caching maison d'Apple. Il y a donc énormément à refaire et même si le chantier a commencé, pour le moment, on n'a pas de date.

Les autres limites ont l'air nettement moins définitives comme pour la mise en veille qui ne fonctionne pas et le port HDMI des MacBook qui est coupé. Cela s'explique par le fait que le composant DCP qui gère ces 2 aspects là c'est pas encore piloté par Asahi, mais ça ne devrait pas tarder.

Le Mac Studio, lui, reste à la rue. Le M3 Ultra n'est pas supporté, et les M4 et M5 en sont au tout début, avec le stockage, le PCIe et le démarrage multicœur qui tournent mais pas grand-chose d'autre. Donc plus votre machine est récente, plus il va falloir être patient...

Perso, j'avais un iMac M3 et franchement, j'ai été très déçu par cette machine. Pour de la bureautique ça allait très bien, mais dès qu'on bidouille un peu fort, ça pédale dans la semoule. Je suis donc passé au Mac Studio depuis et je ne le regrette pas une seconde.

En tout cas, je sais que si je veux recycler ce "vieil" iMac M3, je peux maintenant lui installer Linux... ça vaut peut-être le coup, à condition d'assumer un desktop sans la moindre accélération 3D ^^.

Source : le billet d'annonce d'Asahi Linux et Neowin .

La meilleure distribution Linux n'existe pas - Voici la vôtre

Par : Korben ✨

Bonne nouvelle les amis, je viens de vous mettre en ligne un sélecteur de distribution Linux !! 35 distributions dans la balance, vingt questions max et à l'arrivée, le nom du Linux qu'il vous faut !

Parce que oui, la "meilleure" distribution Linux n'existe pas dans l'absolu. En fait, le bon choix dépend de votre machine, de votre usage et du temps que vous acceptez d'y passer. Posez la question à deux personnes, l'une répondra Linux Mint, l'autre CachyOS, et les deux auront raison !

L'outil vous demande vos usages et ce que vous avez sous la main... L'âge de la machine, la RAM, la carte graphique, un Windows à garder à côté, et ce que vous comptez en faire, jouer compris.

Le questionnaire se raccourcit ensuite selon ce que vous avez déjà répondu et au final, vous repartez avec une distribution, sa fiche technique et 2 alternatives si celle-là ne vous branche pas.

J'ai remarqué que ce qui manquait à la plupart des classements de ce type, c'était le "pourquoi pas cette distrib ?". C'est pour cela que mon sélecteur affiche aussi les distributions écartées avec la raison de leur élimination, et celles qui ne démarreront même pas chez vous. Hé oui, un vieux PC en 32 bits n'a plus grand monde à se mettre sous la dent depuis que Debian 13 a supprimé son noyau i386.

Et quand Linux n'est pas la réponse à votre besoin, il vous prévient. Par exemple, si votre travail dépend de la suite Adobe ou d'un jeu avec un système anti-triche, l'outil ne fera pas semblant du contraire.

Et bien sûr, tout cela tourne exclusivement dans votre navigateur, et rien ne part ailleurs dans le cloud. En plus c'est gratuit ! 35 distributions ne font évidemment pas tout l'écosystème Linux, et j'ai dû faire des choix mais ça vous donne déjà un nom précis sur lequel vous lancer en toute sérénité.

Et si vous voulez découvrir les autres services Korben c'est par ici .

Linux 7.2 - L'IA relit le code du noyau et Torvalds trouve la note salée

Par : Korben ✨

La dernière release candidate de Linux 7.2 est bien plus "grosse" qu'elle ne devrait l'être à ce stade du cycle, mais cela n'a pas empêché Linus Torvalds de la publier dimanche en attribuant ce trop-plein aux outils IA qui relisent le code du noyau.

"Je ne peux pas dire que la taille de tout ça m'enthousiasme, mais c'est comme ça : la nouvelle normalité, avec beaucoup de correctifs, dont beaucoup viennent de la revue par divers outils IA."

Rien ne lui paraît effrayant pour autant, et il ne voit aucune raison de retarder la 7.2. Une grosse taille pour ce noyau, ça veut dire plus de 400 correctifs, signés par plus de 230 personnes alors que dans une Release Candidate en général, c'est le moment où le noyau est censé se calmer avant la sortie. Alors que là, ça ressemble plutôt à un nouveau début de cycle.

Et ça tape de partout : Pilotes graphiques, son, réseau, systèmes de fichiers, code d'architecture. Les plus gros blocs viennent de s390 et zcrypt, de btrfs qui remet en place une infrastructure interne, et de correctifs netfilter ipset.

Mais attention au contresens, parce que je l'ai vu passer sur certains tweets d'anti-IA. Torvalds parle de revue de code par des outils IA, et pas d'une IA qui écrirait le noyau à sa place. Sa position de fond, Vincent nous la racontait en juillet quand il envoyait les anti-IA forker le noyau. Ici, ça ne concerne que des outils qui relisent du code existant et signalent des trucs douteux. Après derrière, ce sont des humains qui trient.

À titre d'exemple, l'un des correctifs de cette rc7 traite un use-after-free dans ptdump, l'interface qui affiche les tables de pages du noyau en clair pour repérer les problèmes de mémoire. C'est ce type de bug qui se transforme en faille et il était là depuis mars 2018 (depuis Linux 4.16).

C'est Syzbot , le robot qui bombarde le noyau d'entrées tordues en continu, qui a levé le lièvre en juin dernier. David Carlier a écrit un premier correctif en s'aidant de Claude Opus 4.8 pour remonter la piste, et Lorenzo Stoakes, mainteneur de la gestion mémoire, l'a retravaillé avant qu'il parte dans la rc7. Il devrait ensuite être rétroporté vers les noyaux stables, donc vers les machines qui tournent aujourd'hui.

Autre exemple, Greg Kroah-Hartman, qui traque déjà des bugs du noyau avec une IA locale , vient de faire retirer le pilote Moxa Intellio, soit près de 2200 lignes écrites en 1999 qui supporte certaines cartes série multiports. Alors pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? Eh bien il écrit dans son patch que : "C'est un très vieux pilote, aucun matériel connu ne circule encore pour lui, et la société dit ne plus en avoir besoin, alors retirons-le puisque les LLM commencent à venir le titiller et à y trouver des choses "intéressantes" qui vont juste faire perdre du temps à tout le monde, vu qu'il ne sert plus...".

Voilà donc un autre effet de l'analyse de code par IA. Elle oblige les mainteneurs de projet à tailler dans le gras pour virer du code obsolète que des modèles de langage viendraient renifler d'un peu trop près. Ça ne peut pas faire de mal.

Pour moi, le vrai risque de ces outils sur un projet ouvert tient au volume. Un flot de signalements produits par des gens qui ne relisent pas ce qu'ils envoient, où plus personne ne distingue l'hallucination du vrai bug, et là ça partirait en eau de boudin. Mais comme le noyau, lui, garde des mainteneurs qui comprennent les tenants et les aboutissants de ce qu'ils lisent, ça se passe très bien. Même si la quantité de problèmes remontés surprend Linus.

Voilà, si cette nouvelle version du noyau vous intéresse, sachez qu'elle devrait normalement sortir la semaine prochaine en version finale.

Source

Midscroll - Le clic-molette de Windows débarque sous Linux

Par : Korben ✨

Si vous ne connaissez pas Linux, il faut savoir que sur ce système d'exploitation, le clic milieu colle la sélection. Moi, c'est un truc que j'aime bien, mais c'est surtout un héritage de X11 qui se marche complètement dessus avec l'autoscroll . Du coup Firefox désactive le sien par défaut sur Linux, et Chromium ne l'active nativement que sous Windows. Mais c'était sans compter sur Grant Hendricks qui a décidé de faire autrement avec midscroll .

Midscroll ne s'accroche à aucun toolkit, et se branche sur l'entrée du noyau. Ensuite, il capte chaque souris en evdev , la re-émet dans un clone uinput , et glisse ses événements de molette au passage. Rien au-dessus n'a donc besoin de coopérer, donc Wayland et X11 s'en fichent, et vos applis Qt, GTK ou Electron ne voient qu'une molette ordinaire.

Les gens sous Windows qui utilisent l'autoscroll savent que la vitesse dépend de l'écart. Un centimètre sous le point d'appui et la page descend au ralenti, la moitié de l'écran ou plus bas et elle défile à toute berzingue. Et tant que la molette reste enfoncée, ça scroll sans s'arrêter. C'est super pratique quand on est face à des pages web ultra longues.

Alors pour Midscroll, la courbe d'accélération qu'a mise au point Grant, n'a pas été bricolée au feeling. En fait, c'est la même courbe que celle de Chromium, reprise telle quelle : 0,000008 × distance^2,2 en pixels par milliseconde, avec une zone morte de 15 px histoire de ne pas déclencher sur un clic simple...

Et comme le middle-drag, ça sert déjà dans un logiciel de CAO ou dans Minecraft, il y a une liste d'exclusion pour FreeCAD, OrcaSlicer et Minecraft dedans. Comme ça, tant que ces fenêtres sont au premier plan, midscroll se retire en silence.

Et si tenir le bouton vous gonfle parce que vous êtes trop faible, le mode toggle inverse la logique : le pointeur circule librement une fois le défilement lancé d'un clic, et le premier clic venu remet tout à l'arrêt. C'est le fonctionnement de l'explorateur Windows ET de Firefox, et c'est une fonctionnalité qui a été beaucoup réclamée, même si on perd la faculté de coller du texte qui a été surligné.

Bien sûr, toutes les valeurs sont paramétrables. On peut régler la vitesse à laquelle ça part, la cadence des événements et dans quel sens ça défile.

Côté installation, des paquets pour Arch, Debian/Ubuntu et Fedora sont dispo, plus un install.sh pour le reste. Le flatpak, lui, est hors jeu car son bac à sable ferme totalement l'accès à uinput.

Le projet est hyper jeune, donc traitez-le comme tel et n'hésitez pas à contribuer pour soutenir le dev. Dans le registre confort Windows sous Linux, j'avais parlé de Wubuntu qui va beaucoup plus loin dans le mimétisme, et côté Wayland je vous avais montré niri et son défilement infini de fenêtres.

À tester et si ça vous gonfle, un sudo systemctl stop midscroll et on n'en parle plus.

Ubuntu 26.04 planque ses mises à jour (et c'est fait exprès)

Par : Korben ✨

Ubuntu 26.04 LTS est disponible depuis avril, et si vous l'avez installée, vous avez peut-être remarqué un truc : **Plus aucune notification de mise à jour !**L'icône qui vous prévenait dans la barre du haut a disparu, les pop-ups aussi. Rassurez-vous, ce n'est pas un bug mais un choix de design assumé par Canonical.

La clé show-updates-status-icon du paquet update-notifier est passée à false par défaut, du coup, votre système ne vous signale plus rien quand des paquets attendent d'être installés. Pour le savoir, il faut ouvrir un terminal ou lancer l'App Center à la main.

Je précise quand même un truc avant que tout le monde s'énerve, parce que beaucoup de Linuxiens n'aiment pas le changement ^^. Sachez que cette icône de notification est toute récente et n'existait pas sur Ubuntu 24.04, elle est arrivée avec la 25.10 pour remplacer le vieux pop-up intrusif du Software Updater. Donc cette 26.04 ne supprime pas une fonction historique, mais achève juste un machin qui avait à peine un an.

Donc avant de changer de distro en panique, non, votre sécurité n'est pas en jeu. Ubuntu garde unattended-upgrades, le service qui installe les correctifs de sécurité tout seul en arrière-plan, actif par défaut. Les failles critiques continuent donc d'être colmatées, c'est juste que vous n'êtes plus au courant quand ça se produit.

Sauf qu'il y a un petit bémol bien réel : LTS. Une version LTS, c'est celle qu'on garde 5 ans, souvent installée sur le PC de quelqu'un qui n'ouvrira jamais un terminal (coucou l'ordi de vos parents). Et unattended-upgrades ne gère par défaut que la sécurité, et pas les mises à jour applicatives. Vos applis en Snap comme Firefox continuent donc bien de se mettre à jour toutes seules dans leur coin, mais vos paquets .deb non critiques, eux, vont s'empiler sans que personne ne vous prévienne. C'est la seule vraie critique à faire à Canonical sur ce coup. Après c'est un éditeur coutumier des choix qui divisent , donc on commence à avoir l'habitude, mais bon voilà, il faudra penser à faire les mises à jour non critiques.

Le plus gênant, c'est qu'il n'y a pas non plus de bouton dans les réglages pour réactiver cette icône. La seule voie passe donc par gsettings, et la valeur par défaut, elle, reste sur off.

Donc voici comment faire si l'idée de piloter vos mises à jour à l'aveugle vous refroidit. Une ligne de commande et l'icône revient :

gsettings set com.ubuntu.update-notifier show-updates-status-icon true

Voilà, voilà, vous retrouvez vos notifications comme avant sans avoir besoin de réinstaller quoi que ce soit.

Bref, rien de dramatique, mais un défaut trèèèès discutable notamment sur les versions LTS qu'on garde des années.

Source

BMASS - Bootez direct votre PC sur une IA locale

Par : Korben ✨

Balaji Bikshandi avait un rêve ! Il voulait booter sa machine directement sur un LLM sans avoir à passer par le moindre environnement de bureau ! Et il y est parvenu avec son outil BMASS , qui s'installe sur une clé USB de 8 Go, et qui embarque Alpine Linux, llama.cpp et un modèle Qwen3 0.6B évidemment quantisé.

Vous allumez l'ordi portable, Alpine démarre depuis la clé et vous tombez sur un prompt BMASS>. Et voilà à partir de là, vous pouvez causer à votre ordinateur en langage naturel. Ensuite, quand vous demandez à BMASS de faire des trucs, celui-ci injecte la commande qui va bien dans une balise et le runtime l'exécute pour de vrai sous un compte Linux non privilégié. Et ensuite, le LLM récupère la sortie brute, pour répondre, à partir de cette "preuve".

Operator: Which operating system is this?
Assistant: <shell>cat /etc/os-release</shell>

Tout le code de BMASS tient en 399 lignes de Python, et nécessite de faire tourner un llama-server en background sur le port 8080 avec 2048 tokens de contexte et 2 threads. Et ensuite lui fait le pont entre le modèle et le shell. Y'a rien de sorcier donc mais comme ça tourne sur du CPU, que c'est hors-ligne, et que ça peut se mettre sur des vieilles machines, c'est plutôt cool...

Voilà je vous laisse avec la vidéo que Balaji a filmée, ça montre le démarrage complet de son IA bootable :

Voir cette vidéo sur YouTube

Ah et petite subtilité qui va vous plaire, le code de BMASS contient une regex baptisée FALSE_EXECUTION_CLAIM dont le boulot est de détecter quand le modèle prétend avoir exécuté une commande alors qu'il n'a rien lancé du tout. Le runtime lui renvoie alors une correction pour lui dire qu'aucune commande n'a été exécutée lors de ce tour. Faut dire que la 0.6B de Qwen hallucine tellement parfois, qu'il lui fallait obligatoirement un garde-fou.

Donc, voilà, côté sécu c'est super léger... y'a juste une regex qui bloque les sudo, doas, pkexec et autres su, mais c'est tout. Pas de conteneur, encore moins de namespace et surtout pas de liste blanche, donc si vous vous lancez, ce sera à déployer uniquement pour rigoler sur une vieille machine sans importance, parce que si demain, le modèle décide de lancer un rm -rf, faudra pas venir chialer ^^.

Petit service au passage si vous voulez tester, la doc d'installation vous fait copier le prompt système dans /opt/bmass/config/system-prompt.txt, sauf que le launcher le cherche dans /opt/bmass/system-prompt.txt.

Dans le genre modèle local qui tient dans presque rien, j'en ai parlé avec Llamafile qui fait tourner un LLM depuis un fichier unique. Et si les bidouilles minimalistes vous amusent, il y a aussi ce mini-PC Linux piloté entièrement en morse .

Perso, je doute que ça serve à grand-chose. Mais le concept est marrant !

Torvalds aux opposants à l'IA dans Linux : forkez le noyau, ou passez votre chemin

On ne présente plus Linus Torvalds, le père du noyau Linux, aussi connu pour son génie technique que pour un franc-parler. Cette fois, c'est le débat sur l'usage de l'IA dans le développement du noyau qui l'a fait sortir du bois.

Sur la fameuse mailing list où se décide l'avenir de Linux, il a coupé court à la polémique en posant noir sur blanc que son projet n'était pas, et ne serait jamais, un truc anti-IA.

Sa sortie a de quoi rester dans les annales, puisqu'à ceux que ça agace, il conseille de faire ce que l'open source autorise justement, forker le noyau, autrement dit en copier tout le code pour bâtir leur propre version dans leur coin, ou alors juste s'en aller.

Ce qui est étonnant, c'est le revirement, parce qu'il y a deux ans à peine, ce même Torvalds envoyait balader l'IA en la réduisant à du 90 % de hype. Aujourd'hui, il la décrit comme un outil clairement utile dont plus grand monde ne discute vraiment l'intérêt.

Ça ne l'empêche pas de reconnaître les ratés, puisqu'il admet que ces outils peuvent charger un peu plus la barque des mainteneurs et faire remonter des bugs bien embarrassants, mais pour lui la parade tient en deux mots, de meilleurs outils, surtout pas la fuite.

Le passage le plus tranchant arrive quand il refuse de transformer le noyau en champ de bataille idéologique, en rappelant que ça n'a jamais été un projet de justiciers sociaux et que ça ne le sera jamais.

Dans sa communauté, martèle-t-il, on fait de l'open source parce que ça donne de meilleures technos, pas pour des motifs quasi religieux, et les choix se tranchent au mérite technique, jamais par peur d'une nouveauté.

Il n'est d'ailleurs pas seul sur cette ligne, puisque Greg Kroah-Hartman, l'un des mainteneurs les plus haut placés du noyau juste derrière lui, a confirmé de son côté que les rapports de bugs pondus par des IA étaient devenus franchement précieux.

Voir le créateur de Linux balancer un forkez ou barrez-vous à la figure des anti-IA, c'est du Torvalds pur jus, brutal mais au moins parfaitement limpide.

Source : ARS Technica

Claude Desktop - L'appli officielle débarque enfin sur Linux

Par : Korben ✨

Amis linuxiens, je viens vous quérir d'une charmante nouvelle qui va faire frisoter votre barbe. Anthropic vient de sortir son application Claude Desktop pour Linux, et cette fois c'est une beta officielle, qui plus est, installable directement depuis un dépôt apt maison. Vous y retrouvez donc les mêmes onglets Chat, Cowork et Code que sur macOS et Windows : sessions parallèles , revue visuelle des diffs, terminal et éditeur intégrés, et preview de l'app en direct.

C'est le même Claude Code que d'habitude, mais dans une vraie fenêtre de bureau au lieu de votre terminal.

Pour l'installer, il vous faudra Ubuntu 22.04 ou plus récent, ou Debian 12 ou plus, en x86_64 ou arm64. Vous ajoutez la clé de signature et le dépôt d'Anthropic, et vous laissez apt bosser :

sudo curl -fsSLo /usr/share/keyrings/claude-desktop-archive-keyring.asc https://downloads.claude.ai/claude-desktop/key.asc
echo "deb [arch=amd64,arm64 signed-by=/usr/share/keyrings/claude-desktop-archive-keyring.asc] https://downloads.claude.ai/claude-desktop/apt/stable stable main" | sudo tee /etc/apt/sources.list.d/claude-desktop.list
sudo apt update && sudo apt install claude-desktop

Et voilà !

L'intérêt de passer par le dépôt plutôt que par un fichier, c'est que les mises à jour arrivent avec vos apt upgrade habituels, sans rien re-télécharger à la main.

Y'a bien un .deb à récupérer sur claude.com/download si vous ne pouvez pas utiliser le dépôt, mais celui-là ne se mettra jamais à jour tout seul.

Alors cette news pourrait vous étonner mais jusqu'ici, pour avoir Claude Desktop sur Linux, fallait passer par des projets communautaires pas toujours très bien maintenus. Le plus costaud et le plus connu, c'était aaddrick/claude-desktop-debian qui pourtant n'était pas magique puisqu'il téléchargeait l'installeur Windows, en extrayait l'app Electron (le fameux app.asar), virait les modules natifs Windows-only pour les remplacer par des stubs Linux, recompilait node-pty, patchait les verrous de plateforme et repackageait tout ça en .deb.

Vous faisiez donc tourner le JavaScript prévu pour Windows, avec une bonne dose de bricolage et bizarrement ça marchait bien. Mais bon ça restait un repack par-dessus un binaire qui n'était pas conçu pour le manchot...

Toutefois, une beta restant une beta, le Computer Use (le contrôle de votre écran et de vos applis) n'est pas dispo ni la dictée vocale. Faudra passer par le CLI pour ça.

Et surtout, Anthropic ne couvre pour le moment que les distributions basées sur Debian. Pas de Fedora, RHEL, Arch ou Nix, alors que le projet communautaire balançait des .rpm, des AppImage, un paquet AUR et un flake Nix. Snif...

Donc oui, l'app officielle débarque, mais elle boite un peu. Maintenant, j'sais pas vous mais je préfère quand même largement le CLI Claude Code à cette app et elle a le mérite de très bien fonctionner sur bien plus de distributions.

En attendant, si vous êtes sur Debian ou Ubuntu, l'install prend deux minutes et la doc complète est par ici .

PS : Et au moment où je finalise cet article, je vois qu' Anthropic a sorti Claude Science qui promet d'accompagner la recherche scientifique... Je vous laisse aller voir ça, moi je crois que j'ai assez parlé d'eux pour auj. ^^

AUR Arch Linux - 400 paquets vérolés, êtes-vous touché ?

Par : Korben ✨

MÀJ du 12 juin : quand j'ai publié cet article, on en était à 400 paquets vérolés. Sauf que le chiffre n'a pas arrêté de grimper dans la journée. Quelques heures plus tard on parlait de 900, puis en fin de journée la liste recensait déjà 1579 paquets touchés, et les devs d'Arch précisent eux-mêmes que cette liste contient "beaucoup, mais pas tous" les paquets concernés. Bref, le décompte bouge en permanence, et il a même été suivi d'une seconde vague d'attaque encore plus sophistiquée. Donc si vous voyez circuler 400, 1500 ou 2000, c'est juste que chacun a pris la photo à un instant différent. La bonne nouvelle, c'est que les développeurs d'Arch ont depuis supprimé tous les commits malveillants qu'ils ont identifiés et estiment l'incident sous contrôle.

Si vous tournez sous Arch Linux et que vous piochez vos paquets dans l'AUR, lâchez ce que vous faites 2 minutes et lisez mon article. Car plus de 400 paquets de l'Arch User Repository ont été vérolés ce 11 juin, et le truc qu'ils embarquent ne rigole pas du tout. En effet, des chercheurs de Sonatype ont repéré une campagne baptisée Atomic Arch où un seul attaquant a réussi à glisser un stealer (un voleur d'identifiants quoi) dans des centaines de paquets d'un coup.

Mais bonne nouvelle avant de paniquer quand même, les dépôts officiels d'Arch (core, extra, multilib) ne sont pas concernés. C'est l'AUR, et uniquement l'AUR.

Si vous avez installé ou mis à jour un paquet AUR ces derniers jours, vous devez donc vérifier si vous n'êtes pas infecté. Des noms comme alvr, gnome-randr-rust ou ipfs-desktop-bin font partie de la liste, et elle est sacrément longue. Le signe qui doit vous mettre la puce à l'oreille, c'est par exemple un paquet qui n'a rien à voir avec du JavaScript et qui se mettrait pourtant à lancer un npm install durant son installation.

Pour sortir la liste de tout ce qui vient de l'AUR sur votre machine, un petit pacman -Qm fera le job, et le forum de CachyOS propose également un script qui compare vos paquets à la liste des vérolés connus. Méfiez-vous quand même, car ce script repère juste les noms de paquets piégés, et ne vérifie pas l'intégrité de votre système. Un résultat propre veut dire qu'aucun paquet connu n'est installé chez vous, mais pas que vous êtes tiré d'affaire, alors on reste concentré.

Alors comment ce malware s'est retrouvé dans autant de paquets ?

Eh bien l'attaquant n'a même pas eu besoin de pirater quoi que ce soit puisque l'AUR permet à n'importe qui "d'adopter" les paquets orphelins, c'est-à-dire ceux que leur mainteneur d'origine a laissés tomber. Il a donc récupéré la propriété de centaines de ces paquets abandonnés via la procédure normale, puis modifié leur PKGBUILD pour qu'à l'installation, un hook télécharge en douce un paquet npm piégé du genre atomic-lockfile. Ce paquet déploie ensuite un binaire baptisé deps, et ce deps, c'est une vraie saloperie.

Parce que ce deps, comme je vous le disais, c'est un voleur d'identifiants mais vraiment taillé pour cibler les développeurs. Dans le dos de la victime, il récupère vos clés SSH privées, vos tokens GitHub, vos identifiants npm, Docker et Podman, vos tokens HashiCorp Vault, les cookies et mots de passe de vos navigateurs, vos sessions Slack, Discord ou Telegram, vos configs VPN et même tout votre historique de commandes shell. En clair, toutes les clés de votre vie de dev qui, une fois dans la nature, ouvrent grand la porte vers d'autres systèmes.

Et si vous avez lancé le paquet en root, il installe en prime un rootkit eBPF qui se planque carrément dans le noyau pour masquer ses processus. Le fonctionnement même de ce truc fait alors qu'il est quasi impossible de détecter à l'œil nu si on est infecté ou pas. On est sur la même logique que le ver Shai-Hulud planqué dans des paquets , sauf qu'ici l'échelle a pris une autre dimension.

Alors que faire pour se protéger ?

Eh bien si vous avez le moindre doute, partez du principe que la machine est compromise, surtout si le paquet a tourné avec les droits root. Et supprimer le paquet ne suffira pas car le rootkit, lui, reste planté.

Donc on fait comme d'hab, on régénère tous ses secrets, nouvelles clés SSH, révocation et régénération des tokens GitHub, npm, Docker et Vault, changement des mots de passe stockés dans le navigateur et compagnie... Et pour la suite, comme d'hab, faites attention à ce que vous installez et prenez l'habitude de lire les PKGBUILD avant de valider, parce qu'un script post-install qui fait autre chose qu'un simple echo, ça doit vous faire tiquer direct.

Quoi qu'il en soit, l'AUR n'a jamais été audité, c'est même l'un des principes du truc et tout le monde le sait... mais des centaines voire plus d'un millier de paquets piégés d'un coup avec un rootkit qui vise vos accès, ça change fortement l'échelle du problème.

Bref, vérifiez vos paquets et faites tourner vos secrets aussi bien que vous faites tourner les serviettes quand c'est le jour du beaujolais au taf !

Et un grand merci à Maximilien pour le lien !

Source

La beta de macOS 27 fait disparaître Asahi Linux des Mac

Mauvaise surprise pour les utilisateurs d'Asahi Linux, le projet qui fait tourner Linux nativement sur les Mac équipés de puces Apple Silicon (les fameuses M1, M2 et suivantes). La première beta développeur de macOS 27, alias "Golden Gate", distribuée le 8 juin juste après la keynote de la WWDC (la grande conférence annuelle d'Apple), fait disparaître leur partition Linux du menu de démarrage.

Le coupable est un changement dans la façon dont le boot picker (l'écran qui permet de choisir sur quel système démarrer à l'allumage du Mac) et l'application Disque de démarrage détectent les volumes jugés valides. Avec macOS 27, la partition Asahi, c'est à dire la zone du disque où Linux est installé, n'est plus reconnue comme un système amorçable.

Elle est toujours là, intacte, avec toutes vos données. Sauf que voilà. Impossible de démarrer dessus.

L'équipe du projet a publié un avertissement très clair sur Mastodon : ne mettez PAS à jour vers macOS 27 si vous utilisez Asahi. Et pour éviter les accidents, l'installateur a été modifié pour refuser de s'exécuter sur une machine déjà passée sous la nouvelle beta. Ceux qui passent outre sont prévenus, il n'y aura pas de support.

Personne ne crie au complot pour autant. L'équipe Asahi penche pour une modification accidentelle plutôt que pour une volonté délibérée d'Apple de chasser Linux de ses machines, et un rapport de bug a été déposé sous la référence FB22994760.

D'autant que la régression dépasse le seul cas de Linux : des testeurs qui gardent une ancienne version de macOS sur une partition séparée se retrouvent avec le même sélecteur amnésique. C'est donc toute la mécanique du multi-boot qui semble cassée dans cette première beta, pas une attaque ciblée contre Linux.

Une parade existe d'ailleurs pour les plus téméraires. Si une copie de macOS 26 traîne sur un second volume, il suffit de la définir comme disque de démarrage par défaut : le sélecteur se lance alors depuis cette partition, où la logique de détection fonctionne encore, et Asahi réapparaît comme par magie.

Pour rappel, Asahi Linux est né d'un travail de rétro-ingénierie assez dingue. Apple ne documente ni la séquence de démarrage de ses machines, ni le fonctionnement de ses puces graphiques, et l'équipe a tout reconstruit à la main pour aboutir à Fedora Asahi Remix, la distribution de référence quand on veut du Linux sur un Mac récent. Le projet a traversé une année 2025 agitée, avec le départ de son fondateur Hector Martin, mais c'est toujours la meilleure option pour faire vivre Linux sur ces machines.

La version finale de macOS 27 n'arrivera qu'à l'automne, ce qui laisse plusieurs mois à Apple pour corriger le tir. Le bug est signalé, la balle est dans le camp de Cupertino.

Bref, dépendre d'un sélecteur de démarrage qu'Apple peut casser à chaque beta, c'est toute la fragilité du Linux sur Mac résumée en une mise à jour.

Source : The Register

Linux va enfin faire tourner le GA100 de NVIDIA avec un pilote 100% libre

Petite victoire pour le logiciel libre. Avec la prochaine version du noyau Linux, la 7.2, le pilote Nouveau va enfin prendre en charge le GA100 de NVIDIA.

Pour situer, Nouveau, c'est le pilote graphique libre développé par la communauté pour faire fonctionner les cartes NVIDIA sans dépendre du pilote propriétaire maison.

Le GA100, lui, n'est pas une carte de gamer. C'est la puce qui anime l'A100, l'accélérateur que NVIDIA vend par camions entiers aux data centers pour entraîner les IA et faire tourner du calcul scientifique. Une bête taillée uniquement pour le calcul, sans même de sortie vidéo.

Et c'est justement ce qui posait problème. Nouveau gérait déjà les autres cartes de la génération Ampere grâce au GSP, un petit processeur embarqué sur la carte qui sert d'intermédiaire pour la piloter.

Sauf que le GA100, étant une puce entièrement dédiée au calcul, faisait bande à part et réclamait un traitement particulier, en réutilisant au passage des bouts de code prévus pour la génération précédente. NVIDIA a fini par publier les correctifs nécessaires en février, et ils arrivent donc maintenant dans le noyau.

Attention quand même à ne pas crier victoire trop vite. Le pilote côté noyau est prêt, d'accord, mais la partie logicielle qui permet réellement d'exploiter la carte pour faire du calcul n'est pas encore au point côté libre.

Les outils comme Mesa ou les pilotes OpenCL ne savent toujours pas gérer une carte NVIDIA dépourvue de moteur 3D. Il reste du boulot avant d'avoir une chaîne entièrement open source du début à la fin.

Source : Phoronix

Le firmware Linux manquant des laptops HP Panther Lake vient enfin d'arriver

Si vous venez d'acheter un portable HP équipé d'un Intel Core Ultra Series 3 (nom de code Panther Lake) et que vous y faites tourner Linux, vous allez accueillir cette nouvelle avec une certaine satisfaction. Intel et HP ont enfin poussé le firmware nécessaire à l'activation du fameux Integrated Sensor Hub dans linux-firmware.git, le dépôt officiel utilisé par à peu près toutes les distributions Linux du marché.

Petite mise en contexte quand même... Vous le savez, le firmware, c'est le tout petit logiciel bas niveau qui permet à un composant matériel de fonctionner. Et l'Integrated Sensor Hub (l'ISH pour les intimes), c'est un co-processeur intégré dans les puces Intel récentes.

Son job est de gérer les capteurs du laptop (orientation de l'écran, accéléromètre, gyroscope, capteurs de lumière, etc.) sans déranger les gros cœurs du CPU principal. Ça permet en fait à la machine de capter ce qu'il se passe autour d'elle même quand elle est en veille, sans vider la batterie.

Le problème, c'est que ce petit co-processeur a besoin d'un firmware spécifique pour fonctionner. Et sans ce firmware, l'ISH était muet sur Linux. Résultat : des fonctions comme la rotation automatique de l'écran sur un PC convertible, l'allumage à la détection de présence ou les économies d'énergie liées aux capteurs ne fonctionnent tout simplement pas, ou alors franchement mal.

Le pilote était déjà dans le noyau Linux depuis longtemps. C'est la pièce manquante, le firmware lui-même, qui était à la bourre. Sans lui, il faut bidouiller, copier des fichiers à la main depuis Windows, ou faire une croix sur certaines fonctions. C'est le genre de situation qui fait fuir les utilisateurs vers Windows ou macOS sur du matos neuf.

De la part d'HP, c'est plutôt un bon rattrapage. Le constructeur historique pousse régulièrement des laptops pré-installés avec Linux à destination des développeurs et des entreprises (la gamme ZBook sous Ubuntu, par exemple, qui existe depuis quelques années). Avoir un bon support dès la sortie du carton, ça compte vraiment pour ce public-là, qui ne veut pas passer une heure à chasser les firmwares disparus pour faire marcher son trackpad ou son lecteur d'empreintes.

Intel, de son côté, a fait pas mal d'efforts ces derniers temps pour simplifier sa licence de firmware et accélérer la mise à dispo de ces fichiers binaires pour Linux. On a d'ailleurs vu la même histoire avec le firmware NPU (la puce dédiée à l'intelligence artificielle) qui a été publié juste avant pour Panther Lake.

Bref, pour qui voulait passer à un laptop HP Panther Lake sous Linux dès maintenant, le timing est devenu nettement meilleur.

Source : Phoronix

niri - Le compositor Wayland qui scrolle vos fenêtres à l'infini

Par : Korben ✨

niri , c'est un compositor Wayland écrit en Rust par Ivan Molodetskikh, et il a un drôle de kink qui est de ne jamais redimensionner vos fenêtres dans votre dos. Jamais !!

Ainsi, quand vous ouvrez une nouvelle appli, elle vient se coller à droite de la précédente sur une bande horizontale qui s'étend à l'infini. Pas de grille rigide, pas d'empilement façon Tetris, vous scrollez simplement vers la droite pour balader votre regard sur vos fenêtres, comme on fait défiler une pellicule photo.

Ce concept vient de PaperWM, une extension GNOME que pas mal de gens vénèrent sauf que Molodetskikh a préféré tout réécrire de zéro en Rust car PaperWM galérait fort à isoler les espaces de travail par écran. Grâce à ça, maintenant chaque écran a sa propre bande de fenêtres, totalement indépendante des autres.

Pour l'installer, y'a des paquets pour la plupart des distros (Fedora, Arch, NixOS), ou vous compilez avec cargo si vous aimez vivre dangereusement. Comptez 10 minutes de mise en place pour un truc fonctionnel et comme niri est juste un compositor, il vous faudra aussi une barre et un lanceur par-dessus, genre DankMaterialShell ou Noctalia.

Avec niri, Les espaces de travail s'empilent verticalement à la GNOME, y'a une vue d'ensemble qui dézoome pour voir tout votre bazar d'un coup, des fenêtres flottantes, le scaling fractionnaire au pixel près, et même les gestes sur le touchpad. Puis la config se recharge à chaud, donc vous bidouillez votre fichier comme vous voulez, sans avoir à relancer quoi que ce soit.

Et contrairement à pas mal de compositors Wayland qui font la gueule dès qu'ils croisent une carte NVIDIA, niri tourne nickel dessus. Il s'en sort même très bien sur un Eee PC 900 de 2008 (Je dois encore avoir le mien quelque part...).

Maintenant, ce genre de scroll infini ça ne plait pas à tout le monde car comme vos fenêtres partent hors écran à droite, vous ne savez pas toujours s'il vous reste 2 fenêtres ouvertes ou 50. On se perd un peu au début, juste le temps de prendre le réflexe d'ouvrir la vue d'ensemble mais après c'est du bonheur !

Côté compatibilité, les vieilles applis X11 passent via xwayland-satellite et si toute cette histoire de X11 contre Wayland vous parle, j'avais causé aussi y'a un moment de Wayback qui fait le pont dans l'autre sens. Et puis si c'est juste le tiling qui vous tente mais que vous êtes coincé sous Windows, jetez un œil à Seelen .

Bref, si vous en avez marre de réorganiser vos fenêtres à la main et que l'idée de scroller votre bureau vous botte, niri vaut le coup, en plus c'est gratuit et sous licence libre.

Merci à François pour le lien !

Linux 7.2 saura enfin gérer les consoles OneXPlayer

Derek Clark, développeur chez Valve, a fait remonter dans le noyau Linux un nouveau pilote baptisé hid-oxp. Sa fonction : permettre au système de configurer correctement les consoles portables de la marque OneXPlayer, un constructeur chinois qui fabrique des petites consoles PC un peu dans l'esprit du Steam Deck mais livrées sous Windows par défaut.

Le code est mis en file dans la branche de développement de Linux 7.2, dont la fenêtre de merge doit s'ouvrir en juin.

En pratique, le pilote prend en charge trois choses chez ces machines : l'éclairage RGB des boutons et joysticks (luminosité, effets, on/off, vitesse), la gestion de l'intensité des vibrations, et un mécanisme de mapping matériel des boutons.

Trois éléments qui, sans pilote dédié, sont inaccessibles ou demandent des bidouilles Windows-only. Pour celui qui veut faire tourner une distribution Linux ou un SteamOS-like sur sa OneXPlayer, c'est désormais beaucoup plus simple.

Le code est sous licence GPLv2+ et copyrighté Valve Corporation. C'est donc le studio derrière Steam qui finance ce travail, comme il l'a déjà fait pour le Steam Deck et plus récemment pour les ROG Ally d'Asus.

Valve a un intérêt évident à élargir le catalogue de machines capables de faire tourner SteamOS sans douleur, vu que la version 3 du système commence à devenir une vraie alternative à Windows pour les consoles portables.

Derek Clark a poussé le pilote dans la branche hid.git for-7.2/oxp, qui sera mergée dans le noyau principal au prochain cycle. Linux 7.2 devrait sortir vers la fin de l'été, ce qui veut dire que les distributions Linux ayant un noyau récent l'auront automatiquement quelques semaines plus tard.

Ce qui est rigolo dans tout ça, c'est de voir Valve travailler patiemment, pilote par pilote, à transformer toutes les consoles portables PC chinoises en machines compatibles SteamOS. Asus, OneXPlayer, demain probablement Ayaneo et GPD.

Du coup, à terme, on aura peut-être un écosystème où la question Windows ou SteamOS se pose vraiment, alors qu'aujourd'hui c'est surtout SteamOS qui doit prouver qu'il sait faire tourner les jeux.

Source : Phoronix

Greg Kroah-Hartman continue de trouver des bugs dans le noyau Linux avec son IA locale

Greg Kroah-Hartman, le numéro 2 du développement du noyau Linux après Linus Torvalds en personne, s'est offert un nouveau jouet en avril dernier : un assistant IA tournant en local sur son ordinateur, qu'il a appelé gkh_clanker_t1000 en clin d'œil au Terminator.

Le but, c'est de faire du fuzzing, c'est-à-dire balancer plein d'entrées bizarres sur du code pour voir ce qui casse. Et clanker, c'est l'argot anglais légèrement méprisant pour désigner les IA. C'est plutôt rigolo.

Le matériel, c'est un Framework Desktop, un mini PC modulaire et réparable, équipé du Ryzen AI Max+ "Strix Halo" d'AMD, avec ses seize cœurs et jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée. Le tout fait tourner un grand modèle de langage en local, sans cloud, sans dépendance externe. Greg KH lui balance des bouts du noyau Linux à analyser, l'IA repère les fragments suspects, et lui, avec ses décennies d'expérience, regarde si c'est un vrai bug ou du bruit. Quand c'est un vrai bug, il écrit le patch lui-même.

Depuis avril, près de 24 patches issus de ce process ont été mergés dans la branche principale du noyau Linux. Ils touchent des sous-systèmes très variés : USB, HID, audio ALSA, partage de fichiers SMB, IO_uring, le pilote graphique Nouveau, et plein d'autres.

Tous portent une étiquette spéciale dans Git, "Assisted-by: gregkh_clanker_t1000", pour signaler à la communauté que l'IA a participé à leur découverte. C'est une transparence que pas mal d'autres projets feraient bien de copier.

Et la suite est déjà là. Greg KH travaille sur une version successeur baptisée gkh_clanker_2000, qui poursuit la même logique avec quelques évolutions de méthodologie. L'idée n'est pas que l'IA écrive du code à la place du mainteneur, mais qu'elle agisse comme un assistant qui débroussaille et signale, pendant qu'un humain expérimenté garde la responsabilité finale.

Le détail qui change tout, c'est que tout ça tourne en local. Pas d'API cloud, pas de fuite de bouts de noyau chez un fournisseur tiers. Pour un projet aussi sensible que le noyau Linux, ce n'est pas un détail. Et ça démontre qu'on n'a pas besoin de GPT-5 ou Claude Opus dans le cloud pour faire du travail sérieux d'analyse de code, un bon modèle local sur un bon PC suffit.

Source : Phoronix

AlmaLinux 10.2 Beta réintroduit le support 32-bit, à contre-courant

La distribution AlmaLinux a publié sa version 10.2 Beta nommée "Lavender Lion", et elle fait un truc que la plupart des distros récentes refusent de faire : remettre du support 32-bit dans le système. 

Pas un retour total, on s'entend, mais des packages userspace i686 pour faire tourner du logiciel ancien, des pipelines de CI un peu datées et des conteneurs qui dépendent encore de bibliothèques 32-bit. Pas d'ISO d'install i686, ça reste enterré pour de bon. Mais bon, vos vieux binaires repartent sur un x86_64 propre.

C'est intéressant parce que Red Hat a clairement tranché de l'autre côté avec RHEL. Plus de support 32-bit, plus de x86-64-v2 sur la version 10, c'est marche ou crève. AlmaLinux, qui se positionne comme rebuild compatible RHEL, prend un chemin un peu différent en disant : on garde la compat mais on rajoute des trucs qui rendent la vie plus simple aux entreprises avec du legacy à maintenir. Y'en a beaucoup.

Côté nouveautés plus classiques, vous récupérez Python 3.14, PostgreSQL 18, MariaDB 11.8, Ruby 4.0 et PHP 8.4 dans les packages, plus SDL3, libkrun et le tooling FIDO Device Onboard. La beta intègre aussi déjà le patch pour la vulnérabilité Copy Fail (CVE-2026-31431), ce qui veut dire que les équipes d'AlmaLinux suivent vraiment de près les correctifs amont, sans attendre la stable pour les pousser.

Le truc à retenir, c'est qu'AlmaLinux est en train de devenir le RHEL "raisonnable" pour les boîtes qui ont du parc informatique vieillissant. 

Pendant que Red Hat optimise pour ses futurs gros clients cloud, AlmaLinux ramasse tous les autres : ceux qui ont encore une appli métier en 32-bit, ceux dont les serveurs ne valident pas x86-64-v3, ceux qui veulent juste que ça marche sans réécrire la moitié de leur stack.

Bref, choisir AlmaLinux plutôt que RHEL ressemble de plus en plus à une décision pragmatique.

Source : Phoronix

Canonical va foutre de l'IA partout dans Ubuntu

Par : Korben ✨

Jon Seager, VP Engineering chez Canonical, vient de poser sur le Discourse Ubuntu le plan IA de la distrib pour les 12 prochains mois. Et ça va saupoudrer partout, du speech-to-text amélioré aux workflows agentic, en passant par l'analyse automatisée des logs serveur. Le timing est limpide, et à peine Ubuntu 26.04 LTS est sortie que Canonical aligne déjà sa "next big thing".

Concrètement, vous tapez snap install nemotron-3-nano et tadaa, vous récupérez un modèle local pré-optimisé pour votre silicium (genre 2 à 4 Go selon la quantization), avec un endpoint API compatible OpenAI servi sur localhost. C'est ça, leurs fameuses Inference Snaps.

La liste tourne autour de Gemma 4 (Google DeepMind), Qwen-3.6-35B-A3B, Nemotron-3-nano, DeepSeek et Llama, et perso je trouve le choix plutôt cohérent vu qu'il colle aux modèles open weight les plus chauds du moment. Bien sûr, l'inférence est locale par défaut plutôt que cloud, l'idée étant d'éviter d'envoyer vos prompts chez un tiers chaque fois que vous demandez un résumé de log.

Côté technique, tout passe par la sandbox Snap pour gérer les permissions, ce qui change pas mal la donne par rapport à un binaire qui pourrait taper partout sur le disque.

Ubuntu 26.04 LTS embarque déjà la "prompting capability" qui permet d'autoriser ou refuser l'accès aux modèles app par app et les fonctionnalités attendues couvrent les ajustements caméra et micro (réduction de bruit, flou d'arrière-plan), l'accessibilité écran, l'automatisation du troubleshooting, et côté serveur, l'aide à l'interprétation des incidents pour les équipes SRE.

Pour ceux qui bossent sur des fermes de serveurs, à vrai dire c'est ce dernier point qui sera vraiment utile, parce que pour parser des logs à la main quand ça part en cacahuète, ça vaut le coup d'avoir une IA qui dégrossit.

Le hic dans ce thread Discourse, c'est l'absence de killswitch IA global comme le propose Firefox. Plusieurs utilisateurs demandent un opt-in clair plutôt qu'un opt-out diffus, et un alignement explicite avec la définition Open Source AI de l'OSI. La position de Canonical, c'est que désinstaller les Snaps IA = killswitch de fait, vu que toutes les features IA passeront par là. Pas de gros bouton rouge "désactive-moi tout ça" global, donc, mais un contrôle granulaire au niveau Snap, avec Ubuntu 26.10 qui arrive en mode preview "strictly opt-in" et un setup wizard à partir de 27.04 qui demandera à l'install si vous voulez ces features ou pas. Comme les LLMs sont trop gros pour rentrer dans l'ISO, ils sont téléchargés après coup, ce qui rend l'opt-in assez naturel à implémenter techniquement.

La réponse de Seager sur le débat est nette, "some features will use AI, and if you use those features, you'll be using some sort of AI model", mais il tempère quand même avec "not to force AI into every Desktop indiscriminately, but rather to enhance certain features where it makes sense". Bref, comme d'hab, ça en calmera certains, mais vu comment certains ont littéralement fondu un plomb quand Firefox a adopté ses fonctionnalités IA (locales et désactivables, je le rappelle), j'imagine que Ubuntu va se prendre sa petite shitstorm de "j'suis tout rouge et pas content" dans pas longtemps...

Cette ambiguïté fait d'ailleurs déjà grincer des dents sur certaines chaînes YouTube de barbus, où le terme "Microsoft 2.0" ressort déjà dans plusieurs vidéos critiques. Ahaha, c'est toujours le même gag ! Mais Canonical jure ses grands morts que ce sera différent... Tenez la citation officielle "Ubuntu is not becoming an AI product, but it can become stronger with thoughtful AI integration".

Et l'autre point qui va faire grincer des dents, c'est que Canonical confirme aussi accepter dans Ubuntu du code co-écrit avec une IA, en s'alignant sur la politique récente du kernel Linux qui a déjà ouvert la porte à ce type de contributions. À voir comment les puristes vont digérer ça, mais c'est en train de devenir la norme dans l'écosystème open source, alors autant que Canonical le dise franchement plutôt que de le faire en douce.

Maintenant pour les sceptiques qui veulent tester sans s'engager, la bidouille est simple. D'abord, vous laissez les Inference Snaps non installés (ils ne sont pas dans le seed par défaut). Ensuite, vous bloquez les capabilities IA dans snap connections. Et comme ça vous gardez la main sur ce qui tourne en local.

Après si vous voulez expérimenter, l'API OpenAI-compatible permet de faire pointer n'importe quelle app dessus avec deux lignes de config, ce qui est vraiment pratique pour comparer un modèle 3B local face à GPT-4 cloud sur des tâches précises. Sauf si votre machine n'a pas assez de VRAM, et là le modèle 3B va ramer comme un veau et vous reviendrez vite vers le cloud... pas glop.

Il reste quand même la vraie question, qui est celle de la transparence des datasets de training. Là dessus, Canonical n'a pas encore donné de réponse claire, et c'est probablement là que se jouera la confiance long terme.

Promettre l'open weight déjà c'est bien, mais expliquer comment les modèles ont été entraînés ça serait franchement mieux.

Bref, à surveiller dès Ubuntu 26.10 en octobre 2026 pour la preview opt-in, et plus largement à partir de 27.04 quand le setup wizard intégrera la question. Pour l'instant, la roadmap c'est surtout beaucoup d'intentions louables, mais bon, on en reparlera dans six mois.

Source : Phoronix

Linux 7.1-rc1 sort avec un nouveau pilote NTFS deux fois plus rapide

La première release candidate de Linux 7.1 est sortie, avec un tout nouveau pilote NTFS écrit pour le noyau, qui annonce des écritures multi-thread deux fois plus rapides et un montage de disque jusqu'à quatre fois plus véloce que l'ancien.

La sortie stable est prévue pour la mi-juin selon le calendrier de Linus Torvalds. Au total, la fenêtre de merge a vu passer plus de 13 000 commits, ce qui en fait une release plutôt costaude.

Le pilote NTFS dans Linux a une longue histoire compliquée. Pendant des années, le kernel a embarqué deux pilotes : ntfs en lecture seule maintenu par Anton Altaparmakov, et ntfs3 contribué par Paragon Software puis pratiquement abandonné depuis 2024.

La version qui débarque dans 7.1 est une réécriture complète, optimisée pour les usages dual-boot et les disques externes formatés en NTFS, qui restent monnaie courante quand on échange des fichiers avec Windows.

L'autre nouveauté, c'est l'activation par défaut de FRED, le mécanisme Flexible Return and Event Delivery développé par Intel pour remplacer le vieux système d'IDT et d'interruptions hérité du x86. Cette activation doit simplifier la gestion des exceptions et des appels système, avec moins de cycles perdus à chaque commutation de contexte. Sur les puces Intel récentes qui le supportent, c'est un petit gain de performance qu'on récupère sans rien faire.

Côté ménage, on vous en a déjà parlé , Linux 7.1 retire le support du i486, processeur sorti en 1989, et abandonne plusieurs vieux pilotes réseau et SoC qui n'avaient plus d'utilisateurs réels. Personne ne regrettera. Le kernel garde son équilibre entre support legacy et code moderne, en évacuant les morceaux qui coûtent en maintenance pour zéro retour visible.

Pour les utilisateurs de tous les jours, le gros impact ça sera cette faire d'NTFS. Avoir un pilote rapide, fiable et maintenu directement dans le kernel mainline change la vie de tous ceux qui jonglent entre Linux et Windows sur la même machine. Plus besoin de dépendre de ntfs-3g en userspace ou de monter en lecture seule pour éviter les corruptions, ce qui était le quotidien de pas mal de gens depuis bien trop longtemps.

C'est aussi un bon indicateur pour l'écosystème : du code propre, écrit en interne, sans dépendre d'un éditeur tiers qui peut se désengager du jour au lendemain.

Linux 7.1 fait donc un gros ménage et règle un problème bien relou. Pour ceux qui galèrent avec leurs disques NTFS depuis bien longtemps, c'est une libération.

Source : Phoronix

Pack2theRoot - 12 ans d'accès root offert dans PackageKit

Par : Korben ✨

Si vous tournez sur Ubuntu, Debian, Fedora ou RockyLinux, sachez que votre démon PackageKit a passé presque 12 ans à laisser une porte ouverte vers votre compte root. La Deutsche Telekom Red Team vient en effet de publier Pack2theRoot (CVE-2026-41651), une faille notée 8.8/10 qui permet à n'importe quel utilisateur local de devenir root sans mot de passe.

Pour corriger le soucis, mettez à jour vers PackageKit 1.3.5 ou le backport de votre distro. Pour vérifier votre version, c'est dpkg -l | grep -i packagekit sous Debian/Ubuntu, ou rpm -qa | grep -i packagekit côté Fedora et Rocky. Si vous êtes en 1.3.4 ou en dessous, considérez la machine comme exploitable.

Le bug est une race condition classique. En fait PackageKit vérifie vos droits, valide la transaction, mais utilise des données qui ont eu le temps de changer entre les deux. Un appel pkcon install bien chronométré et n'importe quel paquet s'installe en root, sans prompt Polkit . La liste des distros confirmées vulnérables couvre Ubuntu 18.04 à 26.04, Debian Trixie, RockyLinux 10.1, Fedora 43 et tout RHEL avec Cockpit.

Le détail marrant encore une fois c'est la méthode de découverte. La Telekom Red Team a tout simplement dirigé Claude Opus d' Anthropic vers la base de code de PackageKit, et c'est cette session d'audit assistée par IA qui a sorti la vuln. Les LLM commencent donc à trouver des bugs subtils que les audits humains ont laissé passer pendant plus d'une décennie. Tant mieux, ça va faire grimper le niveau de sécurité de nombreux projets !

Cette faille ancienne me rappelle BitPixie et son contournement de BitLocker resté en sommeil durant 20 ans. Le pattern est toujours le même, à savoir un composant système installé partout, qui cache un bug tout bête depuis siiii longtemps que plus personne ne l'audite avec un œil neuf.

Bref, merci Claude ^^

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Linux commence à retirer le support des processeurs russes Baikal

Par : Korben

Le noyau Linux est en train de retirer le support matériel des processeurs Baikal, fabriqués par Baikal Electronics en Russie. Pas juste les mainteneurs cette fois, le code lui-même. Les drivers et le support de la plateforme MIPS Baikal-T1 sont en cours de suppression dans les sources du noyau, après des années de tensions autour des sanctions internationales.

Pour remettre en contexte, le support du Baikal-T1 (un CPU MIPS double coeur P5600 cadencé à 1,2 GHz) et du SoC BE-T1000 avait été intégré au noyau Linux à partir de la branche 5.8. Baikal Electronics travaille sur des processeurs domestiques russes, en MIPS et en ARM, pensés pour réduire la dépendance de la Russie aux puces étrangères.

Le problème, c'est que l'entreprise est directement sanctionnée par les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays, avec le soupçon que ses puces puissent finir dans du matériel militaire.

En octobre 2024, une première étape avait été franchie. Onze mainteneurs russes avaient été retirés du fichier MAINTAINERS du noyau, dont Serge Semin, responsable du driver Baikal-T1 PVT et de la plateforme MIPS Baikal-T1.

Linus Torvalds avait tranché clairement : "C'est parfaitement clair pourquoi le changement a été fait, il ne sera pas annulé." Greg Kroah-Hartman, de son côté, avait invoqué des "exigences de conformité" liées aux sanctions américaines OFAC.

Mais à l'époque, le code restait. Les mainteneurs partaient, les drivers non. Du coup, un développeur de chez Baikal pouvait toujours soumettre un patch, même si trouver quelqu'un pour le merger devenait compliqué.

Jakub Kicinski, mainteneur du sous-système réseau du noyau, avait d'ailleurs refusé publiquement d'accepter des patches venant d'employés de Baikal Electronics, en invoquant un malaise personnel face à la situation.

L'étape en cours va plus loin. C'est le support matériel lui-même qui est en train d'être retiré. Concrètement, ça veut dire que les futures versions du noyau ne compileront plus pour cette plateforme, et que les distributions qui montent en version perdront le support natif de ces puces.

Pour les quelques machines qui tournent sur du Baikal-T1 en dehors de Russie (il y en a très peu), ça implique de rester sur un noyau ancien ou de maintenir un fork.

Côté Russie, Baikal Electronics maintient son propre fork du noyau Linux sur GitHub. Le projet n'est pas mort, il est juste découplé de l'upstream. Ça pose quand même une vraie question sur la viabilité long terme d'un fork désormais très isolé, sans les contributions de la communauté internationale.

Bref, Linux tranche dans le dur cette fois. Plus de mainteneurs, et bientôt plus de code non plus.

Source : Phoronix

Linux 7.0 débarque avec un XFS qui se répare tout seul

Par : Korben

Linus Torvalds a officialisé Linux 7.0 le 12 avril, et le passage à la version 7 a d'ailleurs été expliquée. Torvalds a dit dans son mail de release qu'il préférait simplement incrémenter le numéro majeur quand les mineures dépassaient la dizaine, histoire de ne pas se retrouver avec un Linux 6.23. Pas de révolution philosophique, juste du bon sens de mainteneur donc.

Derrière cette numérotation, le noyau embarque quand même un paquet de nouveautés qui vont directement impacter les utilisateurs AMD, Intel et ARM64, sans parler d'une petite révolution côté système de fichiers XFS.

La grosse annonce, c'est surtout le nouveau daemon xfs_healer, géré par systemd, qui surveille en temps réel les erreurs de métadonnées et les I/O fautifs. Quand il détecte un problème, il déclenche automatiquement la réparation pendant que la partition reste montée et utilisée, ce qui évite de démonter, de booter sur un live USB ou de croiser les doigts pendant un xfs_repair manuel.

Pour un serveur en prod, c'est énorme. XFS rattrape (et dépasse) ce que Btrfs et ZFS proposaient depuis des années sur ce terrain.

Côté Intel, les TSX (Transactional Synchronization Extensions) sont activées par défaut. Sur un CPU 10e génération ou plus récent, ça donne un léger boost sur les charges multithread. Le support de Nova Lake progresse aussi, et le noyau intègre les premiers bouts de Crescent Island, l'accélérateur IA maison d'Intel qui vise les datacenters.

AMD n'est pas oublié, avec de nouveaux blocs IP graphiques activés pour les futures Radeon. Côté ARM64, le kernel gère désormais les chargements et stockages atomiques de 64 octets, un ajout bas niveau qui profitera aux workloads concurrents. Et pour les amateurs de cartes ARM, le décodage vidéo matériel arrive sur toute une série de single-board computers Rockchip.

Ubuntu 26.04 LTS tournera sur Linux 7.0, donc tous les réglages de performance et de stabilité apportés par ce noyau seront directement exploités dans la prochaine LTS. Du coup, choisir Ubuntu cette année a du sens si vous avez du matos récent.

Dans son message de release, Linus évoque aussi la place grandissante de l'IA dans l'écriture de patches noyau. Il ne tranche pas, il observe. On sent qu'il y réfléchit sans vouloir se mouiller pour l'instant.

Bref, pas de révolution, mais le XFS auto-réparant justifie l'upgrade à lui seul pour qui tient vraiment à ses données.

Source : Techspot

Redox OS, le système d'exploitation écrit en Rust, interdit le code généré par IA

Par : Korben

Redox OS vient de publier son dernier rapport d'avancement et il y a du nouveau. En plus des progrès sur les pilotes graphiques et le bureau COSMIC, le projet open source a adopté une politique stricte : toute contribution générée par une intelligence artificielle sera refusée et son auteur banni. Carrément.

Du code IA ? Dehors.

Redox OS ne veut pas de code écrit par ChatGPT, Copilot ou tout autre modèle de langage. La règle est inscrite dans les directives de contribution du projet : toute soumission identifiée comme générée par un LLM (issues, merge requests, descriptions) sera immédiatement fermée. Et quiconque tente de contourner la règle se fait bannir du projet. Le tout est présenté comme non négociable.

Redox OS rejoint d'autres projets open source qui ont pris la même direction ces derniers mois, comme Fedora, Gentoo, le projet Rust lui-même ou LLVM, qui ont tous eu à gérer des vagues de contributions de mauvaise qualité générées par IA.

COSMIC, GPU et nouveau scheduler

En parallèle, le mois de mars a été productif côté technique. La démo libcosmic tourne désormais dans le compositeur COSMIC sur Redox, ce qui veut dire qu'on se rapproche d'un vrai bureau utilisable. Les pilotes graphiques ont aussi avancé : support du mapping mémoire GPU sur le pilote Intel, mise en place de shadow buffers pour améliorer les performances, et du travail sur l'API DRM.

Le noyau a aussi reçu un nouveau planificateur de tâches (Deficit Weighted Round Robin) et une meilleure détection des deadlocks. Côté paquets, CPython, PHP, Nano et Vim ont été mis à jour avec le support Unicode via ncursesw.

Un OS ecrit en Rust, pour quoi faire ?

Pour ceux qui ne connaissent pas, Redox OS est un système d'exploitation open source entièrement écrit en Rust, avec une architecture microkernel. Le projet existe depuis 2015 et cherche à proposer une alternative à Linux et BSD, avec la sécurité mémoire de Rust comme argument principal.

Il est porté par Jeremy Soller, qui travaille aussi chez System76 sur Pop!_OS. Redox n'est pas encore prêt pour un usage quotidien, mais chaque mois le rapproche un peu plus d'un système fonctionnel, et l'arrivée du bureau COSMIC est un gros morceau.

Interdire le code IA dans un projet open source en 2026, c'est quand même une prise de position forte. On peut comprendre la démarche : quand on construit un noyau de système d'exploitation, la qualité du code compte, et les contributions générées par IA ont tendance à créer plus de travail qu'elles n'en économisent pour les mainteneurs.

Mais bon, la politique reconnaît elle-même qu'il est impossible de détecter du code IA non étiqueté, ce qui pose la question de l'efficacité réelle de la mesure. Côté technique, voir COSMIC tourner sur Redox est une bonne nouvelle pour tous ceux qui suivent le projet de près. Après dix ans de développement, l'OS en Rust commence à ressembler à quelque chose.

Source : Phoronix

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