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À partir d’avant-hierKorben

Montez votre premier cyberdeck à l'aide de ce PDF gratuit

Par : Korben ✨

Je suis trop content, le numéro d'août du magazine officiel Raspberry Pi est sorti avec un dossier spécial cyberdeck en couverture, et ses 132 pages sont téléchargeables gratuitement en PDF.

Un cyberdeck, si ça ne vous dit rien, c'est un ordinateur portable bricolé à la main. Petit écran, clavier physique, look cyberpunk assumé. On fabrique la machine que le commerce ne vend pas, pour un usage qui n'appartient qu'à soi. J'en ai déjà montré un y'a pas longtemps, même si faut encore voir ce que ça donne une fois posé sur un bureau.

Le dossier de Raspberry Pi Magazine en aligne une dizaine. Un Amstrad PPC 640 de 1987 vidé de ses entrailles pour loger un Raspberry Pi 3 et une appli de narration qui se déclenche à l'insertion d'une disquette. Une machine à écrire Smith Corona de 1989 refaite à neuf autour d'un Raspberry Pi 4. Un sac à dos qui trimballe un labo mobile, radio logicielle et outils Kali Linux...etc. Y'a de quoi faire !

On y croise aussi un Hackberry Pi monté en outil de pentest, une pochette rose façon clutch avec un Pi Model A+, et le PiDex Doomsday Companion, caisse étanche à panneau solaire qui embarque Wikipedia sur clé USB.

Vient ensuite le montage pas à pas. Brian Corteil y déroule la construction d'une machine logée dans une valise étanche de type Pelican (lien affilié), avec un Raspberry Pi 5, un écran tactile 7 pouces, un clavier Bluetooth, une carte son USB et une batterie LiPo protégée par un fusible.

Et rassurez-vous, le tuto ne se contente pas d'aligner des références à commander sur Amazon... Non, il détaille même le calcul d'alimentation à faire à la main, I = P/V, soit 28 W et environ 5,6 A pour un Pi 5 et son écran à pleine luminosité. Il conseille également de prototyper en carton votre cyberdeck avant de vous lancer dans la CAO, et préfère un power bank au LiPo pour ceux qui ne veulent pas jouer avec les batteries (BOUM !).

Pour récupérer le fichier PDF du magazine, le lien passe d'abord par une page de don. Si vous êtes un gros radin, le bouton No thanks, take me to the free PDF déclenchera quand même le téléchargement sans compte ni adresse mail. C'est en anglais bien sûr et pour ceux qui aiment le toucher du papier, l'édition physique coûte 7,99 livres.

Ah et le contenu est sous licence Creative Commons BY-NC-SA 3.0, sauf mention contraire. Amusez-vous bien !!

Sa boîte à goûter fait tourner un LLM en local

Par : Korben ✨

Si vous avez eu une boîte à goûter M.A.S.K. dans les années 80 pour transporter vos BN, alors celle de RadioactiveArtist va vous plaire. Dans sa boite à goûter, pas de Princes ni de Balisto... lui, il embarque un Raspberry Pi 5, un écran tactile de 7 pouces et une IA qui tourne sans internet.

Le clin d'œil est calculé puisque M.A.S.K., c'était ce dessin animé de 85-86 dont les objets du quotidien planquaient tous une seconde vie. Fermé, l'engin reste donc une boîte à goûter d'époque. Mais ouverte, elle devient un cyberdeck complet, avec clavier et enceintes noyés dans la partie basse + un écran qui se redresse sur sa propre charnière.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Un cyberdeck, pour ceux qui débarquent des âges farouches (vous l'avez ?), c'est un ordinateur portable assemblé à la main dans un boîtier détourné, fait pour être réparé et modifié plutôt qu'acheté.

Dedans, y'a donc un Pi 5 avec 16 Go de RAM et une microSD de 128 Go. L'alimentation passe par un HAT UPS Geekworm, la carte d'onduleur qui se clipse sur le Pi, nourrie par 4 accus 18650. En façade, des lecteurs de cartes, des ports USB 3 et un jack casque, plus un hub audio USB Waveshare qui pilote les enceintes. Par contre, on ne sait rien de son autonomie...

L'Ethernet a été une vraie plaie apparemment puisqu'aucun adaptateur du marché ne rentrait dans l'espace disponible. Il a donc poncé à fond un connecteur RJ45 nu jusqu'à ce qu'il clipse dans le port. Les charnières, elles, se sont révélées bien plus dures que prévu, et les pattes du circuit imprimé de l'écran n'étaient pas faites pour encaisser cette tension. Une plaque ABS récupérée sur une vieille caisse de transport a réglé le problème.

Et la boîte ressort intacte !

Puis je sais pas si vous avez vu dans la vidéo, mais il y a aussi un LLM là-dedans. Un modèle de 3 milliards de paramètres via Ollama, qui répond sans la moindre connexion. L'écran de boot, l'écran de login et les icônes maison, eux, ont été codés avec Claude Code, qu'il a installé sur la machine le temps de la configuration.

Si le format vous parle, le Hackberry Pi CM5 dont je vous ai parlé joue dans la même cour, et les cyberdecks faits maison ont droit à leur guide sur le site.

Bref, à moitié jouet, à moitié machine de terrain, et zéro trou dans la boîte ça, c'est du respect pour l'objet !!

Source

Inky Bird Frame - Les piafs du jardin en planches naturalistes

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de BirdNet-Pi ? Ce montage dont je vous avais parlé, qui collait un micro sur un Raspberry Pi pour reconnaître les piafs du jardin à l'oreille ? Et bien Henry Sowell, un maker qui signe sous le pseudo de veteranbv, vient de pousser le délire un cran plus loin avec Inky Bird Frame. Il s'agit d'un cadre e-ink accroché au mur qui affiche les oiseaux repérés autour de chez vous, façon planches naturalistes de carnet de terrain du 19e siècle.

Dans le cadre, un écran Pimoroni Inky Impression de 13,3 pouces, du e-paper 6 couleurs en 1600x1200, avec un Raspberry Pi Zero 2 W planqué derrière qui se contente d'afficher l'image. Mais le vrai boulot se fait ailleurs, sur un contrôleur (un Pi 4, ou n'importe quel Mac ou Linux qui traîne chez vous) qui surveille les observations publiques d'oiseaux dans un rayon configurable autour de votre maison.

Le cadre en situation, avec sa planche Eastern Bluebird ( Source )

Pour les données, vous prenez ce qui vous arrange. iNaturalist par défaut, eBird si vous préférez (avec un plafond à 50 km et 30 jours), ou même votre propre station BirdWeather si vous en avez déjà une qui écoute le jardin. Et grâce à àa, dès que vos micros captent une fauvette, hop, elle s'affiche sur votre mur.

C'est chouette hein ? (vous l'avez ?)

Aussi, quand une espèce jamais croisée dans votre coin pointe le bout de son bec, et que sa planche n'existe pas encore, hé bien le contrôleur la fabrique alors avec Codex, le CLI d'OpenAI, que le projet fait tourner via un simple abonnement ChatGPT, en s'appuyant sur des photos de référence sous licence et une fiche documentée sur l'oiseau.

Et pour éviter l'effet slop IA, chaque planche passe ensuite devant une seconde IA qui joue les contrôleuses qualité, en la comparant avec des photos de référence (plumage, proportions, forme du bec), en la vérifiant avec 2 sources d'autorité minimum et les noms scientifiques exacts.

Le catalogue commun compte déjà 71 espèces approuvées via des pull requests validées par la CI, c'est vraiment joli en plus, regardez :

Une planche du catalogue, générée puis validée par le pipeline ( Source )

Bon, maintenant le tarif. Comptez environ 360 dollars pour le cadre seul, dont 275 dollars juste pour l'écran (l'e-paper couleur en 13 pouces, ça douille !), et si vous ajoutez le Raspberry Pi 4, la facture montera à 350$.

Autre point qui pique un peu, le catalogue actuel est bourré d'oiseaux nord-américains, Eastern Bluebird, Northern Cardinal et toute la clique. Vos mésanges charbonnières et vos rouges-gorges, il faudra donc les générer vous-même, ce qui rend l'abonnement ChatGPT quasi obligatoire pour un utilisateur français.

Après pour le reste, j'ai l'impression que c'est assez complet. Ça fait une rotation des planches en séquentiel, aléatoire ou pondérée selon le nombre d'observations. Vous recevez des notifications pushover. Ça peut se brancher sur Discord, Slack ou Home Assistant via Apprise. Et toute l'intelligence reste bien sûr du côté du contrôleur.

Voilà, si ça peut vous intéresser, c'est sous licence MIT sur GitHub Avec le guide de montage, la liste des courses et bien sûr les photos de la construction.

Et si vous aimez les piafs, mais que monter d'oras péripi, c'est pas trop votre truc., Merlin Bird ID jetez un oeil aussi à ce projet qui est beaucoup plus simple d'accès puisqu'il tourne directement sur votre smartphone.

Voilà, je parle souvent de petits bricolages dans ce style, et c'est assez rare que j'ai envie de me lancer moi-même dedans, mais là, celui-là me plaît vraiment bien. Je ne sais pas si j'aurai le temps, mais je me dis que c'est un projet cool que je ferais bien un jour.

Le retour de Movie Maker montre la lourdeur de Clipchamp

Par : Korben ✨

Vous vous souvenez de Windows Movie Maker ? Mais siiii, ce petit logiciel de montage livré avec les Windows depuis l'époque de Windows ME ? C'est celui sur lequel vous avez bricolé vos premiers diaporamas de vacances avec des transitions en forme d'étoile. Aaah, ça vous parle maintenant, hein ?

Eh bien, ces gros méchants de Microsoft l'ont laissé mourir en janvier 2017. Mais heureusement, SkylerDaGirl vient de le remettre au goût du jour et vous pouvez maintenant télécharger un installer fonctionnel sur Internet Archive qui va vous permettre d'installer la V6.0.

Le site Windows Latest l'a testé et apparemment c'est incroyable parce que Movie Maker s'est contenté d'une vingtaine de Mo de RAM alors que son remplaçant officiel, Clipchamp, lui, en réclamait près de 800 Mo pour faire globalement la même chose. D'après les captures d'écran du testeur, ça fait à peu près 97% de mémoire en moins pour l'ancêtre. Une fois encore, ça prouve que les logiciels modernes sont comme nous, ils grossissent au fil des années...

Maintenant, si vous cherchez plutôt du léger côté navigateur, il y a d'ailleurs des alternatives modernes comme Cutia ou Pikimov qui tournent sans installer une usine à gaz.

Après, je ne vous conseille pas non plus de passer sur Windows Movie Maker, parce que déjà, ce n'est pas un logiciel supporté officiellement par Microsoft. Ces derniers n'ont absolument rien ressuscité. Et puis ces fameux 97%, c'est une mesure qui a été réalisée par un seul testeur et pas vraiment un benchmark qu'on peut reproduire. Donc bon, vous pouvez essayer, mais il n'y a aucune promesse.

Et surtout, gros panneau ACHTUNG ACHTUNG côté sécurité puisque ce build n'est plus supporté par Microsoft depuis neuf ans, donc zéro correctif, zéro garantie sur ce que contient réellement l'installeur.

M'enfin, ceux qui aiment gratter la nostalgie apprécieront ce portage et également l'effet VHS de ntsc-rs pour donner à vos exports ce grain d'époque qui va bien avec l'esthétique Movie Maker ^^.

Source

Un boîtier Wi-Fi qui détecte les gens à travers les murs

Par : Korben ✨

Ce serait marrant de détecter quelqu'un dans une pièce voisine, sans utiliser de caméra ou de capteur infrarouge. En fait, c'est possible avec juste du Wifi et c'est ce que nous prouve Talking Sasquach qui vient de se bricoler un petit boitier capable de faire ça.

Je vous rassure, l'idée n'a rien de neuf. Notre corps est plein d'eau, et l'eau ça renvoie et ça absorbe les ondes radio. Du coup, dès que vous bougez un peu votre popotin, bah ça perturbe les signaux Wi-Fi qui traversent la pièce.

Et si vous êtes trop gros, PAF vous passez en zone blanche ! (et pas en sauce blanche !)

Non, ça je l'ai inventé, vous pouvez vous détendre. Mais pour le reste, j'en parlais déjà en 2009 , avec des chercheurs de l'Utah qui reconstituaient carrément une image des gens de l'autre côté du mur, ondes radio à l'appui.

Sauf que là, plus besoin d'un labo puisque tout tient dans la main. Le cœur de l'engin est un M5Stack Cardputer ADV (c'est un ESP32-S3 avec un mini-écran, un clavier et une batterie intégrés) auquel il a collé un second écran TFT dans un boîtier imprimé en 3D. Ça donne un petit look cyberdeck bi-écran à l'appareil et tout ça pour une cinquantaine de dollars!

Sur les 2 coeurs de l'ESP32, y'a un qui gère l'affichage animé du radar tandis que l'autre mouline en continu les données captées par le Wifi. En fait le boitier lit ce qui s'appelle le CSI (Channel State Information) qui est un genre de signature de la façon dont le signal wifi rebondit partout autour de vous. Il surveille alors les variations d'amplitude et de phase sur des dizaines de trames et quand ça dépasse, BOOM, un blip vient s'allumer sur l'écran du radar, comme dans "À la poursuite d'Octobre rouge" ^^.

Après, contrairement à d'autres projets fake que j'ai pu voir passer, vous ne verrez personne à poil avec ça. C'est juste une interférence qui est pointée et pas une silhouette qui est dessinée finement et encore moins une triangulation de votre position.

Le seul garde-fou que Talking Sasquach a mis en place sur son radar, c'est qu'il faut d'abord se connecter au réseau wifi pour capter des choses. Mais en réalité, il n'y était pas obligé et ça peut fonctionner sans avoir à demander un accès à une box internet.

Le code est dispo sur GitHub sous licence MIT, et c'est écrit avec le framework Arduino si vous voulez reproduire le bidule.

Source

Un bateau à ballon à imprimer en 3D

Par : Korben ✨

Alors cette imprimante 3D ? Vous en êtes content ?

Non, ne me mentez pas ! Je sais que comme 90% des gens qui en ont une, elle prend grave la poussière !! Mais voici que voilà de quoi la remettre au boulot pour les vacances !

En effet, le designer jp.studio a partagé sur MakerWorld un petit modèle gratuit baptisé Balloon Boat, un bateau-jouet qui se propulse tout seul avec, tout simplement, un ballon de baudruche.

Le modèle Balloon Boat de jp.studio en cours d'impression

On gonfle le ballon, on le fixe à l'arrière du bateau, et l'air qui s'échappe en se dégonflant pousse la coque sur l'eau. Oui c'est vieux comme le monde mais c'est trop rigolo ! Les enfants vont adorer !

Les gens d'Adafruit l'ont imprimé pour leur série hebdo #3DThursday, sur Bambu X1C avec du PLA PolyMaker, et il faut compter à peine deux heures et une quarantaine de grammes de filament.

Par contre, s'il vous plait faites moi plaisir : Ne laissez jamais le ballon finir sa vie dans un ruisseau, un étang ou la mer. Un ballon en latex ou un bout de plastique coloré qui flotte, c'est un appât mortel pour un poisson, un oiseau ou une tortue marine. Ce plastique mettra des dizaines d'années à disparaître donc récupérez moi tout ça, séchez-le et rangez-le, vous le réutiliserez la prochaine fois et tout le monde sera content !

Ce modèle est en téléchargement libre sur la page MakerWorld de jp.studio. Et si vous cherchez d'autres idées pour votre imprimante, j'ai un top des sites où trouver des modèles 3D à imprimer, ainsi qu'un outil pour ajouter de la texture à vos impressions .

BumpMesh - Pour ajouter de la texture à vos impressions 3D

Par : Korben ✨

Stefan Hermann, le mec derrière la chaîne YouTube CNC Kitchen , vient de nous pondre un super outil web baptisé BumpMesh qui permet d'ajouter des textures de " displacement " à vos modèles STL, OBJ et 3MF... directement depuis votre navigateur. Vous balancez votre fichier, vous choisissez une texture dans la bibliothèque (ou vous uploadez votre propre image), vous réglez l'amplitude et le mapping, et hop, vous exportez un STL avec une texture de bois ou de béton ou que sais-je encore, prêt à être imprimé.

Avant pour mettre un motif sur une pièce imprimée en 3D, fallait passer forcement par Blender ou un soft de CAO, et surtout comprendre ce concept de displacement map, gérer les UV, bidouiller pendant des heures..etc etc. Et là avec cet outil, c'est juste quelques étapes et basta ! En plus, le code source est sur GitHub sous le nom stlTexturizer.

Côté fonctionnalités, y'a tout ce qu'il faut pour pas se planter. L'outil détecte automatiquement les surfaces planes orientées vers le bas et les laisse lisses (sinon votre pièce décolle du plateau pendant l'impression), et vous pouvez aussi peindre au pinceau les zones que vous voulez garder vierges de toute texture.

Il protège également les parties en surplomb (les fameux overhangs, ces angles déjà casse-pieds à imprimer proprement sans qu'on aille leur coller des reliefs en plus), garde le dessous bien plat avec le "smooth bottom", et propose un mode d'application cylindrique pour enrouler la texture autour des pièces rondes type vase ou tasse sans déformation aux jointures.

Y'a aussi une poignée 3D pour pivoter le modèle dans tous les sens, les raccourcis clavier classiques pour annuler/refaire, une sauvegarde de projet au format .bumpmesh, et une fonction "Bake Textures" en bêta qui fige la texture actuelle sur le maillage pour que vous puissiez en empiler une deuxième par-dessus.

L'interface est dispo en français mais aussi en italien, espagnol, portugais, japonais, coréen sans oublier l'anglais évidemment...

Bref, pour ajouter une texture peau de banane sur un vase, des écailles sur une figurine, du motif hexagonal sur une coque, c'est top moumoute ! Et en plus c'est gratuit !

À tester sur bumpmesh.com .

Merci à B0t_Ox pour la découverte !

Muxcard - Un ordinateur fin comme une carte bancaire

Par : Korben ✨

L'expert en électronique connu sous le pseudo de Krauseler s'est mis en tête un truc que la plupart des ingénieurs auraient lâché au bout d'une semaine, à savoir fabriquer un vrai ordinateur qui tient dans le format exact d'une carte bancaire.

Et pas "à peu près la taille d'une carte" comme on dit tous pour un Raspberry Pi, non, non, la vraie norme ISO 7810, 85 mm sur 54, et surtout l'épaisseur, soit moins d'un millimètre. Sa Muxcard, il l'a sortie tout seul, chez lui, après des mois de bidouille, et le résultat est très impressionnant !

Alors déjà, "ordinateur", c'est lui-même qui le met entre guillemets. En réalité sous la fine couche de Kapton se cache un ESP32-C3, le microcontrôleur que tous les makers connaissent bien, avec du WiFi, du Bluetooth et une intégration Arduino aux petits oignons.

Donc pas de Windows ni de Linux là-dessus, ne rêvez pas, mais ça tourne sur du firmware maison flashé directement sur la puce, façon Arduino. C'est donc surtout ça qui fait râler les experts en expertise de Reddit, mais j'suis désolé, un machin qui calcule et exécute du code, ça reste un ordinateur. Et sinon, oui, avant que vous posiez la question, ça fait tourner DOOM... À 0,7 image par seconde, certes, mais ça tourne !

Mais le plus dingue, ce n'est pas d'avoir réussi à caser tous les composants car malgré ce qu'on pourrait croire, trouver des pièces assez fines, c'était la partie facile. Le vrai cauchemar, c'est la mécanique car à cette épaisseur, tout devient fragile. Le moindre pli, la moindre pression localisée, et paf, les soudures lâchent.

Krauseler a donc conçu des "îlots" rigides autour des puces et des zones de souplesse calculées ailleurs, pour que la carte plie sans jamais forcer sur les points sensibles.

Et la partie qui va parler aux bidouilleurs, c'est le circuit imprimé. Plutôt que d'attendre 3 semaines une commande de flexPCB chez un fabricant à l'autre bout du monde et de prier pour que ça marche, il a tout simplement gravé le sien à la maison.

Du ruban Kapton avec une feuille de cuivre laminée, une couche de photorésine, et une imprimante 3D détournée en machine de photolithographie pour insoler les pistes.... Ajoutez à cela le pochoir pour la pâte à souder, qu'il a fabriqué en empilant du film photorésine à usage unique, et voilà.

Si vous avez déjà tenté de fabriquer un circuit au marqueur , c'est le même principe, mais poussé à un niveau de dingue.

Le moment le plus douloureux, de ce que j'ai compris, ça a été le branchement de l'écran. Les connecteurs étaient trop épais, alors il a soudé chaque fil à la main en retenant sa respiration tellement c'est petit.

Maintenant, le point faible c'est la batterie. Un accu LiPo aussi fin, ça n'aime ni la chaleur, ni les chocs, ni qu'on s'assoie dessus avec le portefeuille dans la poche arrière. Une mini perforation et hop ça part en fumée, au sens propre.

Krauseler le reconnaît sans détour, et c'est sa plus grosse contrainte. Mais rassurez-vous, il bosse déjà sur des feuilles d'acier inox pour blinder l'accu contre la pression. Pas simple quand on sait que chaque solution crée un nouveau problème...

Bon, et qu'est-ce qu'on en fait au juste de cette Muxcard ?

Hé bien pour l'instant le proto affiche surtout des trucs sur son écran e-paper et joue les cartes de visite qui claquent. Mais pour moi, son potentiel qui fait rêver, ce serait d'imaginer qu'avec le NFC en lecture-écriture et l'ESP32, vous avez là de quoi bricoler un générateur de codes 2FA, un gestionnaire de mots de passe hors ligne, un portefeuille de QR codes pour vos billets de transport et autres, un portefeuille crypto, voire un petit outil de pentesting dans l'esprit du Flipper Zero .

Le tout dans un objet qui se glisse dans votre portefeuille sans que personne ne remarque la différence. En fait, le seul vrai frein, c'est qu'il faut savoir coder son propre firmware Arduino pour en tirer quoi que ce soit.

Maintenant, est-ce qu'on peut le refaire chez soi ?

Bien sûr, Krauseler a mis les schémas, le layout et un firmware d'exemple sur son GitHub mais attention quand même, c'est sous licence CC-BY-NC-SA, donc vous avez le droit de vous amuser à le reproduire mais pas de le vendre.

Maintenant, je pense que vous l'avez compris, reproduire ce truc relève de l'exploit. Il faut l'équipement de photolithographie, une soudure de précision de chirurgien, et surtout une batterie de moins d'un millimètre d'épaisseur que lui-même galère à sourcer. Et sur le coût total de tout ça, on n'a pas l'info ! Dommage, j'aurais bien aimé savoir combien ça coûte.

Bref, c'est moins un produit qu'une démonstration de force. Et c'est surtout une preuve de plus qu'un passionné seul peut encore repousser des limites que l'industrie jugerait pas assez rentable pour s'y coller...

Source

Ce petit gadget DIY vous prédit l'avenir quand vous le secouez

Le maker connu sous le pseudo gokux a fabriqué un objet aussi inutile que mignon : un fortune cookie électronique. Vous le secouez, et il affiche une prédiction sur son petit écran. Voilà, c'est tout. Et c'est très bien comme ça.

Sous le capot, c'est un condensé de composants accessibles. Le cerveau, c'est un Seeed Xiao ESP32-S3 Plus, un microcontrôleur minuscule, autrement dit une puce programmable qui fait tourner le tout.

L'affichage passe par un écran e-paper, le même type d'écran que sur une liseuse, qui ne consomme du courant que pour changer d'image. Pour détecter quand vous secouez l'objet, gokux a ajouté un accéléromètre MPU-6050, le capteur de mouvement qu'on trouve dans les manettes et les téléphones.

Et une petite batterie Li-Po alimente l'ensemble. Rien d'introuvable, tout se commande en ligne pour une poignée d'euros.

Le bon point, c'est que tout est embarqué. Le gadget stocke plus de 3 000 prédictions et fonctionne entièrement hors ligne, donc pas besoin de connexion, pas de serveur, pas d'appli.

Votre oracle de poche marche même au fond d'une cave. L'écran e-paper apporte un vrai plus ici : une fois la prédiction affichée, elle reste lisible même batterie vide, comme une vraie page de papier. Et gokux n'a pas oublié de glisser deux modes bonus, accessibles via les boutons sur le côté : un lanceur de dés et un tirage à pile ou face. De quoi régler vos petits dilemmes du quotidien sans même sortir le téléphone.

Le projet est entièrement documenté sur Instructables , vous y trouvez la liste des pièces, le câblage, les fichiers à imprimer en 3D, le code et même les instructions pour ajouter vos propres prédictions. Comptez quelques dizaines d'euros de composants et une soirée de montage, pas plus. C'est le projet idéal à offrir, ou à bricoler avec un ado curieux d'électronique.

Et comme le code est ouvert, rien ne vous empêche de remplacer les 3 000 messages d'origine par vos propres blagues, citations ou vannes pour vos collègues. C'est exactement le genre de projet parfait pour débuter, assez simple pour ne pas décourager, assez complet pour apprendre à manipuler un ESP32 et un écran e-paper en même temps.

Bref, ça ne sert objectivement à rien, et c'est précisément pour ça qu'on a envie d'en monter un.

Source : Hackaday

Rocky - Le pote alien de Projet Dernière Chance débarque sur Raspberry Pi

Par : Korben ✨

J'sais pas si vous avez vu le film ou lu le livre mais Rocky, c'est l'araignée de roche extraterrestre de Projet Dernière Chance (Project Hail Mary) qui communique en chantant. Et Lahiru Maramba, un dev Firebase en poste chez Google, vient de le recréer en vrai avec un Raspberry Pi Zero 2W et un LLM local. Et voilà comme avoir un vrai pote Eridien posé sur votre bureau, qui vous répond en accords polyphoniques au lieu de parler.

L'architecture c'est ce que son concepteur appelle du "Voice Box & Brain". Le Pi Zero 2W tout seul est bien trop faiblard pour faire tourner un modèle de langage, du coup le Pi gère juste le hardware (micro, écran LCD, LED RGB, synthèse des accords) et balance l'audio brut à un Mac qui fait le gros du calcul. Le Mac transcrit ce que vous racontez avec mlx-whisper (un modèle Whisper-Tiny optimisé Apple Silicon), passe le texte à LM Studio qui fait tourner un Gemma 4 quantifié en local, et renvoie la réponse au Pi qui la joue en musique. Latence totale annoncée sur le repo, environ 2 secondes, soit, selon son propre benchmark, le même temps que via l'API Gemini dans le cloud, sauf que là, tout en local !

Le langage Eridien, lui, est fidèle au bouquin d'Andy Weir puisque chaque réponse est synthétisée en accords. Certains mots sont mappés sur des accords émotionnels précis, par exemple "amaze" sort en Mi majeur bien lumineux. Et pour les mots inconnus, ils sont hashés mathématiquement vers une signature de 3 fréquences, déterministe et permanente. Autrement dit, le même mot bizarre produira toujours exactement le même accord, comme un vrai vocabulaire qui se construit. C'est ce genre de petit détail qui fait la diff...

Côté matériel, il faut un Raspberry Pi Zero 2W et un PiSugar Whisplay HAT, un module tout-en-un qui apporte l'écran LCD, le bouton, la LED RGB et l'audio. De son côté, le repo propose 2 chemins d'install : la méthode "It Just Works" avec les drivers système précompilés (apt-get et c'est parti), ou la méthode isolée avec uv pour ceux qui veulent un environnement propre. Côté Mac, vous lancez LM Studio avec le modèle 4-bit quantifié sur le port 1234 et Y'a même un mode cloud avec une clé API Gemini si vous n'avez pas de Mac sous la main, ainsi qu'une fonctionnalité expérimentale planquée avec un générateur de sons façon R2-D2.

Pour la petite histoire, le film Projet Dernière Chance réalisé par Phil Lord et Christopher Miller est sorti en mars, avec Ryan Gosling en Ryland Grace et pour donner une voix à Rocky, les sound designers d'Hollywood ont tout simplement bossé avec un ocarina pour les aigus, une jarre pour les graves, et des chants de baleine, après avoir consulté Andy Weir sur l'anatomie du bestiau.

Je l'ai vu, et franchement, j'ai bien aimé. Je suis bien rentré dedans, même si j'aurais préféré que ce soit un peu plus "hard science" et un peu plus bidouille DIY comme l'était "Seul Sur Mars"... mais bon, il en faut pour tous les goûts.

Après si l'idée d'un compagnon IA DIY vous branche mais que vous voulez un truc plus généraliste et pas un Eridien qui chante, jetez un œil à Adeus , l'assistant IA personnel open source que j'avais couvert.

Quoiqu'il en soit, voici la vidéo complète où Lahiru montre tout le process, du câblage à Rocky qui prend vie :

Bref, c'est gratuit, c'est sous licence MIT, et le repo est juste ici .

Amusez-vous bien à construire votre petit pote Eridien !

L'IA qui conçoit votre prochain produit DIY

Par : Korben ✨

Ce matin, j'ai demandé à une IA de me concevoir un baladeur qui lit du FLAC. L'outil m'a alors posé quelques questions puis il m'a sorti le design électronique complet en quelques secondes. Blueprint.am , c'est le service de 3E8 Robotics qui transforme une simple phrase en bidule hardware DIY : schéma de cablage, liste de pièces avec liens Amazon, vues 3D, instructions de montage étape par étape...etc.

Vous tapez votre idée bien délirante dans un champ texte, l'outil balance un plan pour décrire l'archi générale ainsi qu'un "wiring diagram" (je pense qu'on peut traduire ça par plan de câblage) avec les connexions GPIO/SPI/I2S qui vont bien + la liste des pièces / composants et une suite d'instructions de fabrication regroupées par étapes.

Pour mon baladeur FLAC, ça m'a sorti un ESP32-WROOM-32E couplé à un DAC PCM5102A, un ampli casque TPA6120A2, un écran 2.4 pouces SPI TFT, une batterie Li-Po 1000mAh avec chargeur TP4056 et boost converter XL6009. 30 pièces au total soit 13 composants électroniques et 17 pièces à imprimer en 3D pour le boîtier pour un coup total d'environ 282 $.

Le truc qui me plait bien, c'est pas que ça génère de la conception hardware (Ce bon vieux Claude Code fait déjà ça depuis un moment), mais c'est surtout la cohérence des choix. L'outil semble avoir piqué les bonnes pratiques de la communauté maker et me sort pas juste des composants au pif.

Avant ce genre d'outil, fallait sortir KiCad pour le schéma, Octopart pour vérifier les composants disponibles, Fusion 360 ou OnShape pour modéliser le boîtier, et un gros tableur des familles pour calculer le coût total de votre délire.

Là c'est un seul prompt et 30 secondes à patienter. La liste des composants a même des liens Amazon donc vous cliquez et vous commandez.

Comme vous pouvez le voir sur mes captures, la 3D générée, c'est un wireframe d'enclosure et pas un design final, donc faudra repasser dans un soft de modélisation pour arrondir les angles et caler les vis. Y'a pas non plus de firmware auto-généré, donc une fois le hardware monté, faudra flasher l'ESP32 vous-même via Arduino IDE ou PlatformIO avec votre propre code. Et faudra savoir souder, disposer d'une imprimante 3D, d'un multimètre...etc. Bref, l'outil réfléchit, mais c'est quand même encore à vous de bosser.

Si ça vous branche, vous avez un quota gratuit pour tester sans compte mais après faudra vous en créer un pour débloquer plus de générations et éventuellement acheter des crédits. L'outil a aussi un onglet documentation auto-générée, donc même si vous foirez le montage, vous pouvez relire la procédure pas-à-pas pour comprendre où ça n'a pas fonctionné.

Dans son test, le reviewer FabScene (alias Ryuta Kobayashi, qui bosse sur des robots dans l'automobile japonaise, donc pas vraiment un newbie) a conçu un accessoire LED avec boutons et a sorti un prototype fonctionnel en 2 heures de bout en bout (conception, impression, assemblage). Comptez un peu plus si vous débutez à la soudure, mais ça reste utilisable pour de vrai.

Ça remplacera pas un ingénieur senior, mais pour du proto de week-end, franchement, c'est une vraie bouffée d'air pour les makers.

Il fabrique de la RAM dans sa cabane

Par : Korben ✨

Imaginez qu'à cause de cette putain de pénurie, vous vous mettiez à fabriquer votre propre RAM à la main dans votre cabane de jardin façon Heisenberg ? Hé bien c'est exactement ce que Dr. Semiconductor vient de réussir, et les 20 premières cellules DRAM de ce fou furieux fonctionnent ! Alors forcément, ça m'intéresse !

Le bonhomme a posté sa vidéo le 20 avril dernier et ça prend clairement une tournure virale dans le monde du hardware car ça donne de l'espoir et des idées à pas mal de makers. Il avait d'ailleurs déjà publié en mars une vidéo entière sur la construction de la cleanroom elle-même, donc ce n'est pas un coup d'éclat one-shot, mais une vraie série documentaire dans laquelle il s'est lancé.

En gros, il a transformé un abri de jardin en salle blanche de classe 100, construit l'essentiel de ses outils de fabrication à partir de rien, et gravé un array de 5 × 4 cellules de RAM avec des transistors de moins d'un micron de long. Du jamais vu à cette échelle chez un particulier !

La cabane de jardin reconvertie en cleanroom class 100

Alors pourquoi c'est dingue, cette histoire ?

Hé bien parce que la RAM, c'est dominé par trois entreprises qui pèsent des dizaines de milliards, à savoir Micron, Samsung et SK Hynix. Construire une usine moderne, ça coûte autour de 20 milliards de dollars et ça prend facile 4 à 5 ans. Du coup, quand l'IA se met à bouffer une grosse partie de la production disponible, les prix explosent ! Nombreux sont ceux qui ont renoncé à en acheter vu les tarifs actuels.

Mais qui sait, peut-être que maintenant qu'on sait que fabriquer sa propre RAM dans son garage, c'est possible, y'a des choses qui vont peut-être changer ?

Côté process, c'est du semi-conducteur comme à l'usine mais version DIY. Il part d'un wafer de silicium classique, le passe au four à 1100°C pour former une couche d'oxyde, applique de la résine photosensible et expose aux UV à travers des masques maison pour dessiner le motif, puis dope le silicium au phosphore (merci à Projects in Flight pour la technique), et finit par une couche d'aluminium pulvérisée au plasma pour les connexions. Un vrai process industriel miniaturisé, sauf que tout se passe à la maison.

Et ça donne quoi à la mesure ?

Hé bien son capaciteur affiche 12,3 picofarads, pile dans la fourchette qu'il avait calculée. Le transistor charge le capa à 3 volts en quelques centaines de nanosecondes, donc autant dire que c'est propre et net. Par contre, la rétention de charge c'est là où ça coince, avec environ 2 millisecondes avant que la cellule ne perde sa donnée, contre plus de 64 ms pour de la DRAM commerciale. Du coup faut rafraîchir plus souvent, mais ça tient bien.

Le CV plotter affiche 12,3 pF, pile dans la fourchette théorique

Comme le précise Dr. Semiconductor dans sa vidéo, pour l'instant on ne peut pas faire tourner Doom dessus. Avec 20 cellules vous stockez 20 bits, soit de quoi sauver deux octets et demi, donc bon, c'est pas foufou. Mais la preuve est faite qu'un particulier depuis chez lui, peut graver du silicium fonctionnel, et le plan maintenant c'est de combiner plusieurs arrays pour augmenter la capacité, et de connecter ça à un PC.

Perso, c'est le genre de démonstration technique qui se respecte ! Intel qui se passe de TSMC pour ses gammes basses, un fan qui ressuscite un Nokia N900 avec des supercondensateurs , et maintenant ce YouTubeur DIY qui fabrique de la RAM dans son abri de jardin alors que pendant ce temps, les géants de la mémoire nous vendent leurs puces au prix de l'or parce qu'ils ont le monopole... Ça bouge vite et à sa manière, Dr. Semiconductor ridiculise les géants , en montrant que le mur technologique est moins haut qu'on le croyait.

Voilà vous voulez voir les manips en vrai, les amis, je vous mets sa vidéo complète ça vaut vraiment le coup ! Faites chauffer le gros pouce bleu, il a un Patreon et ça reste un taf de dingue financé par ses abonnés.

A voir maintenant s'il arrive à relier correctement ses cellules pour faire tourner un truc dessus. A surveiller de près !

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