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LE MONDE DE DEMAIN

Il en va dans la vie des peuples comme dans celle des hommes : des événements apparemment sans beaucoup d’importance sonnent le glas d’un monde. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui, me semble-t-il, au Proche-Orient.

Le 11 février dernier, lors d’une réunion au sommet, Netanyahou réussit à vendre à Trump une idée qui caressait de longue date : faire une guerre d’anéantissement visant l’Iran. L’occasion était favorable puisque le 28 février, une réunion devait se tenir, réunion à laquelle assisteraient le guide suprême iranien et une cinquantaine de responsables militaires. C’était là une occasion en or puisqu’à l’époque se déroulaient des négociations américano-iraniennes, ce qui permettait d’endormir la vigilance de Téhéran. À entendre le boucher de Gaza, cette guerre serait courte, fraîche et joyeuse. Or, deux mois sont passés et elle dure toujours, compromettant les élections de « mid-term » de Trump aux États-Unis. Elle met surtout à nu les faiblesses du camp américano-sioniste, tenu en échec par un pays affaibli par le blocus sans pitié organisé contre lui depuis près de cinquante ans.

Aujourd’hui, et c’est normal, les gens s’intéressent aux conséquences que les crimes américano-sionistes vont avoir sur le niveau de vie : hausse de l’essence, diminution des rendements agricoles… Mais de quoi parle-t-on exactement ? Il faut savoir qu’il y a près de 80 variétés de pétrole qui servent à fournir de l’énergie, mais aussi pour la biochimie, ce qui était le cas du pétrole lourd des pays du Golfe. Ce pétrole contient du soufre indispensable dans l’industrie.

En outre, le Qatar était un gros producteur de gaz nécessaire dans beaucoup de domaines, en particulier dans la fabrication de l’hélium, qui est indispensable à l’industrie électronique et pour fabriquer des batteries électriques.

Comme on l’a dit, cela va impacter au premier chef l’agriculture. En effet, faute d’engrais, les rendements de blé et de riz vont s’effondrer, spécialement dans les pays du Sud-Est asiatique, comme le Sri Lanka ou le Vietnam. Le prix de certains de ces engrais a déjà doublé. Résultat : le riz va manquer dès cet été dans ces pays. Aux États-Unis, les prix agricoles vont atteindre un pic en automne, tandis qu’en Europe, la poussée inflationniste durera jusqu’à la veille de l’hiver. Bref, tout cela nous réserve de bonnes surprises. Merci, monsieur Netanyahou, merci, monsieur Trump. Les Israéliens ont été poussés par la haine des goyim et de la nature. Trump, lui, a été tenté par son hostilité envers la Chine, mais celle-ci, qui sait parfaitement que cette guerre absurde est dirigée aussi contre elle, a bloqué les exportations de soufre, or le soufre est indispensable dans la fabrication des métaux. Ce pays dispose aussi de terres rares. C’est dire que la stratégie de Trump risque fort de se retourner contre lui.

L’intérêt de l’Europe lui commande de se réconcilier avec la Russie, encore faudrait-il avoir une politique un tant soit peu indépendante, mais c’est évidemment trop demandé à un continent qui vit dans le mensonge et dans l’esclavage depuis plus de quatre-vingts ans. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les réactions devant le génocide de Gaza. Ils se sont couchés devant les génocidaires au nom du « plus jamais ça ». Les pays du Sud ont compris ce que valaient les « grands principes » que nous leur avons vendus pendant des décennies.

Il est donc évident que nous sommes en train de passer d’un monde à un autre. Nous étions jusqu’ici dans un univers dominé par les Américains. Après avoir perdu au Vietnam, en Irak et en Afghanistan, les Américains, non seulement sont tenus en échec par Téhéran, mais ils se sont révélés incapables de protéger les pays du Golfe ainsi que l’Arabie saoudite. Voilà ce qui est en train de ruiner leur crédit dans tous les sens du terme, au plan militaire et politique évidemment, mais aussi dans le domaine monétaire, car on est en droit de se poser la question de savoir combien de temps encore le dollar va-t-il rester la monnaie dominante ? Le jour où il aura perdu son statut privilégié, ce jour-là les États-Unis redeviendront un pays comme les autres. Ils seront obligés de respecter le droit international, par exemple.

Mais il y a aussi un autre pays qui verra son statut privilégié remis en cause : Israël. S’en sera fini pour les entités de peuplement génocidaires en toute tranquillité ; les autres peuples, avec la complicité des pays occidentaux. Ce jour-là, le Proche-Orient retrouvera peut-être un peu la paix que la « déclaration Balfour » lui a fait perdre depuis plus d’un siècle.

PHILIPPE PRÉVOST

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Le recul du français en Algérie : une occasion d’arrêter la délivrance de visas

Contre toute logique, l’Algérie vient de décider de rétrograder la langue française au rang de deuxième langue étrangère enseignée dans le pays, alors qu’elle n’a jamais été autant parlée dans le monde et que l’espace francophone vient de dépasser les 600 millions d’habitants. La volonté du régime algérien de sortir le pays de la grande famille francophone est donc désormais incontestable. Si l’Algérie est un pays souverain, libre de mener les politiques qu’il souhaite, la France est également un pays souverain, libre de décider par lui-même, notamment sur les questions migratoires. L’attitude algérienne rend désormais plus que jamais légitime la mise sur la table de la question de l’interdiction des visas aux ressortissants algériens, ainsi que celle de la remigration, au moins partielle, des populations algériennes de France.

Le ministre algérien de l’Éducation nationale a annoncé, le 25 juillet dernier, la décision de remplacer le français par l’anglais en tant que première langue étrangère enseignée dans le pays à partir de la prochaine rentrée scolaire. L’anglais serait ainsi appris à compter de la troisième année de l’enseignement primaire, alors que le français le serait à partir de l’année suivante. Cette décision historique (qui pourrait bientôt permettre au pays, à en croire les arguments présentés, de produire ordinateurs, voitures et avions, comme le Nigeria, le Zimbabwe, l’Égypte ou encore l’Arabie Saoudite…) démontre de manière désormais incontestable que la volonté du régime militaire algérien n’est pas seulement de généraliser l’enseignement de l’anglais au primaire, comme le font déjà intelligemment ses voisins marocains et tunisiens (et même depuis des décennies pour la Tunisie), mais surtout de sortir carrément le pays de la grande famille francophone et de faire donc de l’Algérie, à terme, un pays anglophone (ou plus précisément un pays arabo-berbéro-anglophone). 

Une décision irrationnelle et contre-productive

Cette décision est pourtant contraire à toute logique économique ou géopolitique, notamment car l’Algérie est frontalière ou proche de nombreux pays francophones, dont elle se coupera progressivement, et que la langue française n’a jamais été autant parlée dans le monde. À titre d’exemple, le monde francophone, à lui seul et dans sa définition la plus stricte (ne tenant pas compte des pays simplement francophonophiles comme le Liban ou la Roumanie, ou encore des territoires flamands et anglophones de Belgique et du Canada, respectivement), vient de dépasser la barre des 600 millions d’habitants, notamment grâce à la vaste Afrique francophone, voisine de l’Algérie. Signe de cette montée en puissance, l’Angola, grand pays pétrolier de 40 millions d’habitants et sans aucun lien historique avec la France ou la Belgique, vient de rendre obligatoire l’enseignement du français, et ce dès le primaire. 

L’Afrique francophone représente d’ailleurs quasi constamment la partie économiquement la plus dynamique du continent africain, la plus industrialisée, la mieux gérée, la moins touchée par l’inflation, la moins endettée, la moins corrompue et la plus stable du continent. Pour rappel, l’Afrique francophone subsaharienne a réalisé en 2025 le niveau de croissance économique le plus élevé du continent pour la 12e année consécutive, affichant un taux de croissance annuel moyen de 4,1 % sur la période 2014-2025, contre seulement 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Occasion de rappeler que de nombreuses populations d’Afrique francophone doivent aujourd’hui leur existence à la colonisation française, qui les sauva des horreurs et monstruosités commises pendant plus de mille ans par les Algériens, qui firent d’innombrables pillages, destructions, massacres et déportations, et pratiquèrent la castration à grande échelle des hommes noirs réduits en esclavage afin de les empêcher d’avoir une descendance.  

Par ailleurs, toutes les études démontrent clairement la supériorité économique et sociale des pays arabo-francophones par rapport aux pays arabo-anglophones, en dehors des monarchies pétrolières du Golfe. De plus, et chose pouvant surprendre lorsqu’on ne fait pas partie des véritables experts en éducation, les classements internationaux en matière de maîtrise de la langue anglaise démontrent également la supériorité des pays francophones du Maghreb, dont l’Algérie, sur le reste du monde arabe, même en incluant les monarchies du Golfe… 

La question des visas, pour une France elle aussi souveraine

Certes, l’Algérie est un pays pleinement souverain. À ce titre, elle a parfaitement le droit de mener les politiques économique, sociale, culturelle et étrangère qu’elle souhaite. Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que la France est également un pays souverain, qui a donc lui aussi le droit de mener les politiques qu’il entend, et notamment sur les questions migratoires. À partir du moment que l’Algérie a décidé de sortir de la grande famille francophone mondiale, rien n’oblige donc désormais, y compris d’un point de vue moral, la France à continuer à octroyer naïvement des visas aux ressortissants de ce pays. Il est donc désormais plus que jamais légitime de mettre sur la table la question de l’interdiction des visas à l’égard des Algériens, que cela concerne les étudiants, les travailleurs, le regroupement familial ou les visas de court séjour. En vertu du principe fondamental et sacré de la souveraineté des États, aucune loi internationale n’interdit à un État de décider de qui a le droit de s’établir sur son territoire, n’en déplaise à ceux qui prétendent le contraire.

Les Algériens devront donc demander des visas auprès des pays anglo-saxons, et en particulier l’Angleterre et les États-Unis. Toutefois, ils devront s’attendre à essuyer un nombre incroyablement élevé de refus, compte tenu de l’aversion historique de ces pays pour l’immigration arabe, à laquelle ils ont toujours préféré l’immigration asiatique. À titre d’exemple, il est intéressant de noter que les personnes originaires de pays arabes ne représentent qu’environ 10 % – soit le dixième ! – de la communauté musulmane du Royaume-Uni, alors que celui-ci avait colonisé près des trois quarts du monde arabe, démographiquement parlant. Quant au mépris des États-Unis pour l’immigration arabe, celui-ci n’est plus à démontrer… De plus, les rares heureux élus algériens qui auront le droit d’aller étudier en terre anglo-saxonne devront débourser des dizaines de milliers d’euros afin de financer leurs études. Ils devront alors s’endetter massivement, souvent cumuler plusieurs emplois (chose très courante aux États-Unis pour pouvoir vivre « décemment » dans ce pays où le rêve américain n’est qu’une chimère pour plus de 90 % des habitants), voire, pour les moins chanceux d’entre eux, rembourser leurs dettes étouffantes jusqu’au dixième ou quinzième anniversaire de leurs enfants.

Par ailleurs, il est nécessaire de noter que l’anglicisation de l’Algérie entraînera progressivement une explosion du port du niqab dans le pays, où le nombre de femmes concernées triplera, quadruplera voire décuplera d’ici une vingtaine d’années. En effet, l’Algérie s’alignera progressivement, lentement mais sûrement, sur les codes culturels et les mentalités des pays arabes anglophones du Moyen-Orient, qu’affectionnent tant les islamistes algériens, qui sont justement les plus farouches défenseurs de l’anglicisation. Déjà en retard sur ses voisines tunisienne et marocaine, dont les gouvernants ont toujours été guidés par l’intelligence et la sagesse depuis les indépendances, la société algérienne entrera donc dans un processus de régression, qui la conduira à faire bientôt partie des sociétés considérées comme arriérées par le reste du monde… Raison de plus pour mettre un terme à la délivrance de visa aux ressortissants algériens.

La question de la remigration, plus que jamais légitime

Enfin, la décision de l’Algérie de quitter la grande famille francophone rend également plus que jamais légitime d’étudier sérieusement la question de la remigration, au moins partielle, des populations algériennes de France. Là encore, aucune loi internationale ne conteste le droit fondamental et sacré de tout État de décider des personnes étrangères qui ont le droit de s’installer et de vivre sur son territoire, quelle que soit l’ancienneté de leur présence, et son caractère légal ou illégal. Ainsi, et sur les dix dernières années, l’Arabie saoudite a procédé à la remigration de quelques millions d’étrangers présents dans le pays. De leur côté, les États-Unis viennent de faire partir, de gré ou de force, plus de 500 000 personnes en seulement une année. 

Quant à l’Algérie, il est utile de rappeler qu’elle n’est nullement en reste en la matière. Celle-ci a en effet déjà procédé à deux remigrations depuis son indépendance : celles des Européens en 1962-1963 (qui avaient construit en quelques dizaines d’années seulement ce que les Algériens avaient été incapables de construire depuis le départ des Romains bâtisseurs), et celle moins connue des Marocains, brutalement expulsés en décembre 1975. En quelques jours seulement, l’Algérie avait ainsi raflé et transféré plusieurs dizaines de milliers de personnes, considérées comme étant marocaines (mais dont certaines étaient présentes depuis plusieurs générations), sans même leur donner la possibilité de prendre leurs affaires et de vendre leurs biens.

Le cas des relations algéro-marocaines est d’ailleurs fort intéressant, puisqu’il se caractérise notamment par la fermeture totale des frontières, sur décision purement algérienne. Ainsi, plus aucune liaison terrestre, maritime, ou aérienne n’est permise entre les deux pays depuis 1994, soit depuis plus de 30 ans. De la même manière que l’Algérie a pris cette décision concernant le Maroc, la France peut également et parfaitement décider, du jour au lendemain, d’interdire toute liaison aérienne et maritime avec l’Algérie. Les ressortissants algériens encore présents sur son sol devront alors, tout simplement, passer par d’autres pays européens ou par la Tunisie pour se rendre en Algérie, tout comme le font déjà les Algériens souhaitant se rendre au Maroc. 

Par ailleurs, il convient de ne pas oublier que la France n’a que de très faibles intérêts économiques en Algérie, qui constitue un partenaire quasi insignifiant pour l’Hexagone, pour lequel elle ne représente que 1 % du commerce extérieur. Même au niveau des hydrocarbures, qui constituent une part importante de ces maigres échanges, la part de l’Algérie dans les importations françaises est désormais marginale (10 % seulement), la France ayant largement diversifié ses fournisseurs, aux quatre coins de la planète, tout en ayant massivement investi dans le nucléaire pour réduire sa dépendance en la matière. L’Algérie est donc très loin d’avoir la même importance pour la France que pour l’Italie, par exemple. Des réalités qu’il convient de rappeler systématiquement à ceux qui présentent l’Algérie comme un partenaire économique important et bénéfique à l’économie française…

Ilyes Zouari

Président du CERMF (Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone)

www.cermf.org

info@cermf.org 

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Formation : l’homme, animal social et politique

En tant qu’animal social, l’homme a besoin des autres, et donc de la société pour vivre. Son comportement social n’est pas inscrit dans son patrimoine génétique, comme c’est le cas pour les abeilles. Il n’a que des facultés, des potentialités, que l’éducation reçue lui permettra d’exploiter au mieux. L’homme ne naît pas avec des chaussures, des vêtements et une formation professionnelle. Tout cela s’acquiert en société. L’état social de l’homme est un état naturel, contrairement à ce que déclarent les penseurs modernes, et les hommes n’ont pas fait une belle assemblée générale un jour pour voir si la société n’était pas une bonne idée à tenter. Charles Maurras a fort bien illustré cela :

« Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir. Peu de chose lui manque pour crier : “Je suis libre”… Mais le petit homme ? Au petit homme, il manque tout. Bien avant de courir, il a besoin d’être tiré de sa mère, lavé, couvert, nourri. Avant d’être instruit des premiers pas, des premiers mots, il doit être gardé des risques mortels. Le peu qu’il a d’instinct est impuissant à lui procurer les soins nécessaires, il faut qu’il les reçoive, tout ordonnés, d’autrui. Il est né. Sa volonté n’est pas née, ni son action proprement dite. Il n’a pas dit Je ni Moi, et il en est fort loin, qu’un cercle de rapides actions prévenantes s’est dessiné autour de lui. Le petit homme, presque inerte, qui périrait s’il affrontait la nature brute, est reçu dans l’enceinte d’une autre nature, empressée, clémente et humaine : il ne vit que parce qu’il en est le petit citoyen. Son existence a commencé par cet afflux de services extérieurs gratuits. Son compte s’ouvre par des libéralités dont il a le profit sans avoir pu les mériter, ni même y aider par une prière : il n’en a rien pu demander ni désirer (…). Cependant, à la première minute du premier jour, quand toute vie personnelle est fort étrangère à son corps, qui ressemble à celui d’une petite bête, il attire et concentre les fatigues d’un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu’il était enfermé dans son sein. »

Voici l’illustration de la base de la réflexion politique. Tout homme est, dès sa naissance et jusqu’à sa mort, endetté, sans possibilité de rembourser la société dans laquelle il vit. De quoi mettre à mal les chantres du libéralisme, pour qui il n’y a qu’opportunités à saisir et voisins à écraser.

Il n’est pas possible pour l’homme de vivre seul. Cependant, les penseurs modernes nous ont inventé le mythe individualiste, comme si l’homme, au plan politique, était avant tout un individu. La pensée antilibérale affirme, au contraire, la priorité de la nature politique de l’homme sur sa réalisation personnelle et individuelle. Nous l’avons vu, l’homme a une nature sociale et politique, et ce ne sont pas les imprécations individualistes qui vont la supprimer. Mais, sans supprimer cette nature, ils peuvent la défigurer, en faisant en sorte que chacun agisse comme s’il était seul. Ce qu’il reste d’organisation politique est alors confisqué au profit de quelques individus, qui font croire à l’individu noyé dans la masse d’égoïstes qu’il est libre, alors qu’il est dans une nouvelle forme d’esclavage.

En inventant le concept d’état de nature et d’état social, des théoriciens, dès le XVIᵉ siècle, ont tenté de renforcer ces chaînes, en nous laissant croire que, sans le fameux contrat social, tout le monde s’entretuerait, et qu’il était normal d’abdiquer des droits au nom d’un tout qui nous dépasse. Le problème n’est pas dans l’intégration des individus dans une communauté, ni dans le fait qu’ils fassent primer le bien commun sur leur bien propre, cela est une évidence. Le drame, la rupture politique, est d’avoir fondé ce bien commun dans le contrat, dans la majorité, dans le subjectivisme des gouvernants. Le drame, c’est que ce bien commun et cette communauté n’ont plus de transcendance, mais sont autocentrés. Quel que soit le mode de désignation des dirigeants, mettre leur légitimité dans la majorité et non dans un ordre qui s’impose à nous est la source de tous nos maux. S’il n’y a plus de Bien, de Vrai, de Bon qui transcendent nos existences, chaque nouvelle majorité peut réécrire l’histoire et la morale.

Il est donc important de se souvenir que l’état de nature est nécessairement social, comme le petit poussin nous le rappelle. Il est, par ailleurs, difficile d’imaginer cette fameuse réunion des Mowglis décidant, d’un commun accord et selon une procédure inventée pour l’occasion, de se ranger sous l’ordre social et de créer une société ex nihilo, quittant l’état de nature pour le contrat social. Ce doux rêve libéral, qui ramène toutes les interactions humaines à des contrats et des intérêts, doit être oublié pour construire une politique sur une base anthropologiquement saine.

                                        L’Action Française

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La République et ses valeurs

Faut-il accepter les valeurs de la République dont on nous rebat les oreilles, ou les refuser en bloc au risque de s’isoler de la société actuelle ? La question peut choquer certains lecteurs qui n’ont pas Marianne en sympathie. Pourtant, il convient, afin de nous positionner en face des gouvernements républicains que nous subissons, de nous demander dans quelle mesure ces « valeurs » auxquelles ils se réfèrent peuvent être admises par les citoyens ou les chrétiens de ce pays.

Il est tout d’abord assez difficile de cerner ces « valeurs de la République ». L’on a dit qu’elles étaient des « valeurs chrétiennes devenues folles », ce qui est sans doute partiellement vrai. Elles sont à géométrie variable et peuvent s’étendre jusqu’à la vaccination ou au « droit » à l’avortement… Il est évident que, dans ces prolongements, qu’ils soient liberticides ou libertaires, il n’y a rien de commun avec notre pensée et que le rejet pur et simple s’impose.

Cependant, si l’on veut discuter le fond du sujet, il faut rechercher des valeurs plus classiques et généralement revendiquées par les partisans du régime. L’on peut, par exemple, prendre comme point de départ la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Dans quelle mesure est-elle acceptable ? Il y a quelques années, Jean-Marie Le Pen avait répondu à un contradicteur que le fait d’honorer ces valeurs n’empêchait pas de rendre également hommage au Travail, à la Famille et à la Patrie (ou l’inverse). C’est peut-être une clé de la réflexion : pour rendre les valeurs républicaines recevables, il faudrait, au lieu d’en faire des absolus inconditionnels, les pondérer, les équilibrer… Il est évident, par exemple, que la liberté est agréable à vivre : nous apprécions tous d’aller où nous voulons et de pouvoir dire ce que nous pensons (de moins en moins d’ailleurs). Mais une liberté totale, qui permettrait de tuer ou de voler, ou, à l’inverse, un contrôle absolu à la manière des Khmers rouges (qui a tenté la République macronienne et covidienne) seraient également insupportables (quoique non impensables, hélas). Il est paradoxal d’entendre les partisans du confinement et de la vaccination obligatoire oser encore parler de liberté, et affligeant de voir les personnes qu’ils ont apeurées se plier aux plus humiliantes obligations indues. Les libertés républicaines sont un peu comme le thermomètre : s’il fait trop chaud ou trop froid, l’on souffre ou l’on meurt ; l’on ne se trouve bien qu’au milieu. Donc pas de liberté sans règles et pas d’abus des règles… Il faudra nous résoudre à juger au coup par coup.

Précisons encore un peu : au nom de la liberté avec une majuscule, bien des crimes ont été commis par la Révolution, au temps du règne de la guillotine. Il faut aussi souligner que l’existence de larges libertés publiques n’est pas liée (certains diront : bien au contraire) à la République. C’est pourquoi nous préférons les libertés concrètes (liberté de la vie familiale et religieuse, liberté communale, liberté du travail…) à l’affirmation abstraite et générale. Ces libertés sont d’ailleurs tous les jours plus menacées par l’administration tentaculaire et les nouveautés techniques telles que le contrôle facial. Et nous rappellerons aussi que, dans la conception chrétienne, la liberté, c’est le droit de choisir les moyens de bien faire : il n’y a pas de liberté du mal, et la tolérance éventuelle de celui-ci n’est permise que si elle est nécessaire par rapport aux exigences du bien commun (par exemple la tolérance encadrée d’une fausse religion pour empêcher une guerre civile).

L’égalité a un aspect légitime, mais tombe facilement dans l’abus. Certes, selon la philosophie, tous les hommes ont la même nature, ce qui se traduit par une égalité de base. Néanmoins, les nécessités de la vie les hiérarchisent dès le début : il y a inégalité entre les parents et les enfants. Maurras parlait d’ailleurs d’« l’inégalité protectrice ». Et de même, dans la société, tous n’ont pas les mêmes dons et certains doivent être guidés par d’autres. Bossuet a dit que Dieu a fait les grands pour protéger les petits… L’égalité est juste lorsqu’il s’agit d’une égalité de traitement entre personnes qui sont dans la même situation : par exemple, pour un examen, il est normal que tous les candidats soient mis dans des conditions semblables. En revanche, si l’égalité tombe dans l’égalitarisme, c’est-à-dire si l’on essaie d’avantager ceux qui ont moins de mérite pour leur donner ce que les autres ont conquis durement, elle est injuste. Un exemple détestable est la discrimination positive, qui donne des avantages indus à certains.

Reste le troisième terme du triptyque, la fraternité. Elle n’a rejoint les deux autres qu’en 1848. Il est vrai que, pendant la Grande Révolution, l’ombre du couperet lui faisait obstacle (et l’on ne sache pas que les républicains comme M. Mélenchon aient fait repentance !). Fraternité vient de frère : tous les hommes sont frères en Adam, mais le progressisme évolutionniste risque de briser ce lien. Par ailleurs, il est bon que dans une société un climat de bienveillance domine. Cependant, il ne faut pas oublier que qui dit fraternité dit père et mère : c’est parce que nous avons un Père dans les cieux que nous pouvons nous considérer comme frères des autres hommes. C’est pourquoi ceux qui veulent supprimer la paternité divine nous paraissent compromettre la fraternité humaine et perdre le droit de s’en réclamer. Au demeurant, fraternité ne veut pas dire laxisme. Il existe aussi la correction fraternelle pour empêcher les débordements…

Il faut peut-être rajouter à la liste de ces fameuses valeurs la laïcité de l’État, officiellement proclamée en 1905 et constitutionnalisée depuis. Nous ne pouvons qu’y être défavorables et la rejeter tant au nom de la tradition catholique de notre pays qu’en raison de sa propension à se transformer en laïcisme intolérant et de sa totale inefficacité face à l’islam conquérant. Et, en Europe, beaucoup de pays qui ne proclament pas la laïcité connaissent une situation religieuse apaisée.

Notre analyse pourrait s’étendre aux Droits de l’Homme (même s’ils ont été proclamés au temps de la monarchie constitutionnelle et non de la République). La Déclaration de 1789, née dans un climat révolutionnaire, comporte à la fois de vraies valeurs et de graves erreurs. Elle oublie les devoirs envers Dieu. Elle dit que toute autorité vient du peuple, ce qui est faux. Même si la démocratie peut être légitime dans certains pays et dans certains cas — nous pensons à nos amis suisses ou à nos communes — elle n’est pas partout et toujours un droit et une panacée. Et, selon la doctrine catholique, la démocratie, là où elle existe légitimement, a pour objet de désigner les titulaires du pouvoir ; elle ne crée jamais ce pouvoir lui-même.

Au terme de notre inventaire, l’on a pu constater que les valeurs républicaines sont des valeurs faussées et déformées, comme la fausse monnaie qui ressemble à la vraie. Rien de ce qu’elles gardent de positif n’est spécifiquement républicain. En revanche, l’on ne peut que condamner la liberté de mal faire, l’égalitarisme destructeur et la fausse fraternité recouvrant la haine de soi et l’amour du différent ou du n’importe quoi. Et le Décalogue est une source d’action beaucoup plus sûre que n’importe quelle morale laïque. Il faut donc revenir aux valeurs communes de notre civilisation, aux valeurs de nos pères, notamment chrétiennes, et n’accepter de subir les « valeurs de la République », voire de s’en servir dans la vie courante, notamment politique, que par opportunité et dans la mesure où elles sont compatibles avec les vraies (par exemple nous pouvons profiter de la liberté d’association, mais nous contestons celle d’édifier librement des mosquées…). Et il ne faut jamais oublier que, comme le disait Maurras, la première contre-révolution est celle du langage.

Franck Bouscau

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TRUMP ET POUTINE, IDIOTS UTILES DE L’ARC-EN-CIEL MONDIALISTE

Le temps et les actes des chefs politiques dissipent les illusions qu’on a pu nourrir à leur endroit. Ainsi Donald Trump et Wladimir Poutine ont-ils pu plaire un temps à ceux qui défendent la nation, la France chrétienne et le droit naturel. Ils ont dénoncé l’un et l’autre quelques impostures, en matière de climat, de genre, etc. Je n’ai pu moi-même me défendre de mouvements de sympathie devant certains de leurs coups de patte, et leurs ennemis étaient souvent les nôtres. Cependant, je ne suis pas mécontent d’avoir reconnu leurs limites et leurs défauts dès 2019 dans mon premier livre sur la révolution arc-en-ciel. Il faut rappeler, pour comprendre le rôle réel d’un Poutine et d’un Trump, que celle-ci est une entreprise de subversion de la planète qui, par le triple moyen du mythe du réchauffement du climat par l’homme, de l’existentialisme de genre et de la négation des ethnies et des civilisations, promeut une révolution globale panthéiste anti-chrétienne où seront interdites toutes les frontières, entre races, nations, religions, sexes, espèces même.

Dans ce cadre, le froid bon sens d’un Poutine, les coups de boutoir de Trump contre l’accord de Paris, l’OMS ou les transgenres dans le sport ont capté notre approbation, mais pour quoi faire ? Concrètement, hélas, pour assurer leur pouvoir. Et de ce pouvoir, qu’ont-ils fait ? Ils ont, tout en tâchant de préserver le maximum de pouvoir et de richesse pour eux-mêmes, contribué à la révolution arc-en-ciel qu’ils donnaient l’impression de vouloir combattre.

Sans doute Poutine ne souhaite-t-il pas que cette révolution arc-en-ciel soit menée sous la direction des États-Unis. C’est pourquoi il fricote avec la Chine, l’Inde, les BRICS. Mais son multilatéralisme souhaite simplement une part de direction dans l’empire mondial à venir. Quant à l’idéologie qui l’anime, sa politique musulmane et d’immigration en Russie, sa position sur l’avortement, son acceptation d’un libre-échange d’inspiration socialiste, redistributeur des richesses du Nord au profit du Sud, demeurent en plein dans l’orthodoxie arc-en-ciel. Plus, la guerre qu’il a lancée en Ukraine a ranimé deux instruments utiles à l’arc-en-ciel, l’OTAN et l’Union européenne, qui étaient subclaquants en 2022.

Quant à Trump, il est assez ferme sur la question du climat et du genre, et on le sent décidé à défendre les intérêts des pétroliers américains. Mais il est moins ferme sur la question de la vie (avortement, euthanasie, etc.), et surtout, sa politique étrangère est catastrophique.

D’abord parce qu’elle reproduit les erreurs ordinaires de l’Amérique : à cet égard, le personnage est dépassé par son rôle. Ou, si l’on préfère, ses convictions, s’il en a, cèdent devant la situation qu’il occupe. L’homme, avec ses foucades, ses éruptions, ses caprices, n’est pas plus désagréable qu’un autre, mais toute son agitation démontre son peu de poids : c’est le bouchon du pêcheur qui se prend pour le maître de la rivière. Il amuse le tapis pendant que l’eau coule.

L’affaire du Proche-Orient est éclairante. Le récit qu’on nous en fait est abracadabrant. Nul ne peut croire que le Pentagone, occupé par les Houtis de Bab el-Mandeb depuis des années, ait oublié que le détroit d’Ormuz, dont l’Iran domine une rive, est un goulet par où passe un quart du pétrole mondial. Les services de renseignement israéliens et américains ont peut-être mal évalué la résistance iranienne, mais ne pouvaient s’attendre à un effondrement immédiat. Le développement de la guerre était donc au moins partiellement prévu. Donc la crise internationale. Que les Israéliens y trouvent leur intérêt au Liban et les pétroliers US à Ormuz, c’est clair. Mais les marches et contre-marches de Trump servent à terme un tout autre programme : il discrédite et déshonore définitivement le nationalisme qu’il prétend incarner par sa façon d’être, et il promeut le mondialisme par ses actes.

Désormais, même l’ONU semble préférable à cet histrion fantasque. Tant contre l’opération illégale, illégitime, de Trump fermant le détroit d’Ormuz, que contre la prétention ahurissante de l’Iran de faire payer un péage sous contrainte militaire, comme un vulgaire seigneur pillard du haut Moyen Âge, on finira par regretter le droit international ! D’une part, les détroits ont un statut spécial ; d’autre part, celui d’Ormuz est d’une largeur telle qu’un chenal existe qui se trouve hors des eaux territoriales de l’Iran et des États arabes qui le bordent.

De même que la politique de la SNCF mène à préférer la voiture, de même celle de Trump conduit-elle à tenir pour un moindre mal le multilatéralisme et l’approche mondiale de résolution des crises, voie royale vers le gouvernement mondial. Comme son pendant Poutine, Trump aura été, avec l’approbation de beaucoup de nationalistes, l’idiot utile du mondialisme.

                                                   Martin Peltier 

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Il était une fois la Révolution

On ne comprend rien à nos problèmes moraux d’aujourd’hui si on ne les regarde pas du point de vue de la révolution. Celle que j’appelle arc-en-ciel, comme un Saint-Jean-Baptiste radoteur, et qui est avant tout spirituelle.

Un monde mental est né, pour faire gros, dans la chienlit fondatrice de 1968. Il était interdit d’interdire, et l’intellectuel en profitait pour se faire toucher le zizi par des fillettes de cinq ans ou mettait dans son lit un garçonnet de huit ans, aux applaudissements du Tout-Paris. Il s’agissait de dissoudre la morale que l’on disait alors bourgeoise et qu’on a requalifiée ensuite en judéo-chrétienne. Puis sont advenues toutes les conséquences de cette gigantesque inclusion, et la nouvelle morale s’est peu à peu coagulée. Ce fut la grande fusion des hypocrisies et des sottises : puritanisme communiste, islam, féminisme. Résultat : le grand écart moral et social, tournantes de banlieue et tristes partouzes libertines déjantées d’une part, soupçon généralisé dès qu’on effleure la main d’une jeune fille de l’autre. Cette vieille ganache de Serge July, jadis directeur de Libération, y publiait des orgies coprophiles avec des post-nourrissons ; il a dénoncé plus tard les « lupanars pédophiles de l’Église ». L’indécence dépasse l’affliction. Mais ni l’hypocrisie ni la folie ne sont l’important ; l’important est ce qui donne la raison du processus : les contradictions morales apparentes sont le fruit d’une même volonté et d’une même stratégie révolutionnaire. La chienlit puis le nouvel ordre moral ont tous deux contribué à détruire la morale et la société chrétienne ; l’acharnement contre le patriarcat et la famille le dit assez.

C’est dans cette perspective qu’il faut regarder les affaires Weinstein, Lang, Epstein, Miller, Strauss-Kahn, Depardieu, Pélicot, Jacot, Duhamel et quelques autres. Aujourd’hui, seul Epstein apporte quelque chose à notre réflexion.

Cet homme est mort en prison, et les anomalies autour de sa surveillance sont si nombreuses, graves et concordantes qu’il y a lieu de le présumer innocent de son suicide et d’en inculper des gens haut placés dans le système américain. Epstein, on le voit maintenant avec l’affaire qui « empoisonne » le monde entier, comme le relève Le Monde, gênait tout le monde, pour la bonne raison qu’il avait fréquenté tout le monde.

C’était le grand entremetteur des gens qui sont quelque chose, l’ami de ceux qui ne sont pas des sans-dents, le familier de tous les puissants, par là même plus puissant qu’eux par moments, le favori, le bouffon, le proxénète universel. La figure même de l’entre-soi des élites révolutionnaires mondialistes.

Pour ceux qui aiment le cinéma italien, c’est un peu le personnage central du film de Pasolini, sorti en 1968, Théorème, que l’Office catholique du cinéma, complètement déboussolé par la révolution, prima. Ce personnage a pour nom « visiteur » (est-ce un ange ?), et couche avec toute la famille, même le chien, si ma mémoire est bonne. Il la fait exploser, et avec elle les conventions et illusions « bourgeoises ».

Notre nouvel ordre moral insiste lourdement sur le sexe dans l’affaire Epstein ; il serine : « prédateur », « pédocriminel », etc. C’est une escroquerie. Le sexe n’est qu’un moyen de corruption, parmi d’autres : l’argent, l’art, la grande vie. Epstein traitait chaque ami, chaque pigeon, chaque dossier, selon sa faiblesse, avec le moyen de corruption qui lui convenait. C’était un super-agent de corruption, l’art de corrompre en personne, comme tel infiniment séduisant ; les descriptions qu’en donnent le ministre de la Culture naguère tout-puissant Jack Lang et le vice-Premier ministre norvégien ne laissent aucun doute en la matière. Comme d’un Don Juan, on pourra dire qu’il les a tous eus, jusqu’aux têtes mal couronnées qui hantent aujourd’hui des palais sans honneur, Mette-Marit de Norvège ou Andrew Windsor. Sa chute, au fond, ne nous apprend rien. Il rappelle que le péché foisonne et qu’il est très bête ; ce n’est quand même pas nouveau. Il ne servira probablement pas à grand-chose. Olivier Duhamel vit tranquillement ; Gérard Miller, quoique sous obligation de ne pas quitter le territoire de la République, a été autorisé par la « Justice » à visiter la Sérénissime en octobre dernier.

On finira par préférer Dominique Strauss-Kahn ; lui, au moins, ne couvrait pas sa nudité de grands mots frelatés.

Quand les percussions formidables du nouvel ordre moral se seront calmées, croyez-vous qu’on aura fait un pas vers la protection des plus faibles et la justice à laquelle ils ont droit ? Vous plaisantez, j’espère !

MeToo, qui prétendait libérer la parole, a surtout libéré le mensonge.

Le phénomène se répétera. Pendant qu’on parle à tort et à travers de pédophilie, et qu’on prétend préserver la fleur fragile du « consentement », des adultes perchés imposent leurs maladies à des enfants et, sous couleur de liberté, les conduisent vers la mutilation : ce n’est pas autre chose, la transition de genre offerte aux mineurs. On les laisse libres d’entrer dans la négation de soi et la mort progressive. Telle est l’atroce loi de la révolution existentialiste : vous serez ce que vous voulez, vous serez comme des dieux. Cela, c’est l’avant-dernier stade. Yuval Harari, qui fut le bras droit de Klaus Schwab au Forum de Davos, écrivit alors une justification de l’arc-en-ciel, Homo Deus.

Il vient de déclarer cette année à Davos : « L’intelligence artificielle va prendre la maîtrise de toutes les religions », et il imagine « une religion dont le livre saint serait écrit par une IA ». Fin de partie, bout de la piste, conclusion du théorème : l’extrême licence aboutit à l’asservissement sans aucun jeu. La révolution prétendument libertaire finit en esclavage.

Martin Peltier

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La France et le Liban

La relation entre la France et le Liban ne date pas d’hier. Les Phéniciens, ancêtres des Libanais, se sont installés jusqu’à Massilia, aujourd’hui Marseille. Louis IX reconnaissait la nation libanaise comme partie de la nation française, affirmation reprise par les rois successifs. Sous François Ier, la France devenait la protectrice des chrétiens d’Orient. Après la Première Guerre mondiale, elle contribuait à restaurer le Liban dans ses contours historiques, hérités notamment du prince Fakhreddine II. Cette continuité n’a rien d’un mythe : elle fonde une alliance naturelle, au sens où l’entendait Jacques Bainville.

Et pourtant, cette alliance est aujourd’hui sacrifiée. Une partie de la droite nationale française, dans une dérive aussi opportuniste que désinvolte, a tourné le dos au Liban pour se rallier à Israël, cédant à une « israélomania » ambiante. Le calcul est transparent : gagner en respectabilité, s’assurer une visibilité médiatique, se « dédiaboliser ». À ce jeu-là, la France oublie ses intérêts, son histoire et ses fidélités.

Même Charles de Gaulle, dans son discours de novembre 1967, avait su trancher : face aux tensions régionales, il avait choisi de soutenir le Liban et de refuser l’alignement sur Israël. Une ligne de souveraineté que beaucoup feraient bien de relire aujourd’hui. Car depuis 1948, Israël n’a cessé d’attaquer le Liban. Raymond Eddé, dirigeant du Bloc national libanais, proche ami de la famille de France, le rappelait avec constance depuis 1977 dans le journal de l’AF, Aspects de la France : le projet sioniste vise notamment le Sud-Liban, ses ressources, en particulier le Litani, et la destruction du modèle libanais de coexistence multiconfessionnelle, seul capable de contredire la logique de l’ethnocratie sioniste.

Aujourd’hui, la politique menée par Benjamin Netanyahou s’inscrit clairement dans une perspective de « Grand Israël ». Prétendre que cette guerre ne viserait que le Hezbollah relève de la fiction. Ce mouvement n’apparaît qu’en 1983, dans le contexte de l’occupation israélienne du Liban, notamment après l’invasion de 1982. Il s’inscrit alors dans une logique de résistance nationale et a rassemblé, au-delà de son socle initial, des soutiens de différentes confessions, à l’image de l’ancien président du Liban, le général Michel Aoun, ou de combattants chrétiens (des Arméniens sont tombés sur le champ de bataille). La déclaration de Youmna Gemayel, fille de Bachir Gemayel, soutenant tous ceux qui défendent les 10 452 km² du Liban, en est une illustration claire. Au Liban, il y a une résistance nationale qui combat l’occupant et refuse la capitulation.

Dans ce contexte, l’alignement d’une partie de la classe politique française sur Israël n’est pas seulement une faute morale : c’est une erreur stratégique majeure. La France n’a aucun intérêt à se montrer docile vis-à-vis d’Israël ou des États-Unis en sacrifiant le Liban. Le pays du Cèdre demeure, qu’on le veuille ou non, le pont naturel de la France vers l’Orient. L’oublier, c’est se condamner à l’effacement.

                                                 La rédaction

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Le drapeau de l’Union européenne : fausse icône

Le drapeau européen venait à peine d’être arraché des frontons de nos mairies que Marion Maréchal, déjà, volait au secours du symbole bleu aux douze étoiles. 

Dans une tribune publiée sur X le 30 mars 2026, la députée européenne a affirmé : 

« Ceux qui retirent le drapeau européen de leur bâtiment public le font en signe d’une protestation symbolique (et légitime) contre l’étouffement bureaucratique, progressiste et, bien souvent, anti-national de Bruxelles.

Mais il ne faut pas se tromper de levier de contestation : le drapeau européen est l’une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne. Créé par le Français Arsène Heitz – fervent catholique -, ce drapeau s’inspire de la médaille miraculeuse et des 12 étoiles de la couronne de la Vierge Marie. Il renvoie à ce que devrait être, avant tout, l’Union européenne : le cadre politique d’une civilisation.

Mélenchon lui-même ne s’y était pas trompé, lorsqu’en 2017, apercevant un drapeau européen à l’Assemblée nationale, il s’était esclaffé : « On est obligé de supporter ça ? (…) C’est la République française ici, c’est pas… la Vierge Marie. »

Notre tâche doit être de redonner une dimension identitaire au projet européen : le drapeau européen n’est donc pas un symbole à supprimer, mais à revendiquer face à l’absence d’âme de l’UE technocratique. »

Ce syncrétisme théologico-politique est symptomatique de la dérive profonde d’une certaine droite nationale qui, à force de vouloir christianiser les barreaux de sa prison, finit par accepter la cage mondialiste elle-même. Cette posture trahit une incapacité absolue à transmettre l’essence de la tradition française, réduite à un bricolage symbolique où la Nation s’efface devant une Europe fantasmée.

L’argument de Marion Maréchal est affligeant de naïveté. Qu’Arsène Heitz, créateur du drapeau, ait eu des dévotions mariales personnelles est une anecdote sans portée. La vérité institutionnelle est inscrite noir sur blanc sur le site du Conseil de l’Europe :

 « Sur le fond bleu du ciel, les étoiles forment un cercle en signe d’union. Elles sont au nombre invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude, qui évoque aussi bien les apôtres que les fils de Jacob, les travaux d’Hercule, les mois de l’année. »

Le drapeau de l’Union européenne est le symbole d’un universalisme appliqué en politique. Il met sur le même plan les apôtres du Christ, les fils de Jacob, les mythes païens et le calendrier laïc. Cette énumération hétéroclite n’honore pas le Christ. C’est au contraire le symbole parfait d’une Europe qui ne veut ni âme, ni racines, ni frontières, mais un marché ouvert à tous les vents, à tous les flux, à tous les métissages.

Prétendre que ce drapeau incarne « notre civilisation » est une faute politique majeure qui confine à une posture d’impuissance : une tentative sans cesse châtrée de réformer le système de l’intérieur. 

Cette faute n’est pas vénielle : elle sert de levain pour gonfler la pâte du camp national avec l’air européiste du temps.

L’européisme est un agent contaminateur qui tente de rapprocher les positions du camp national vers celles des identitaires pro-UE, tels que Julien Rochedy, qui appelle de ses vœux un « déplacement du cadre de la nation vers la civilisation ».

Ce déplacement constitue pourtant le premier glissement qu’induit la tentation cosmopolite, idéologie responsable du déclin de l’Europe. Car l’Europe n’est civilisationnelle que parce qu’Europe des nations.

Pour lui, la question nationale ne se pense qu’à l’aune d’une solidarité civilisationnelle européenne, quitte à composer avec les institutions de l’UE. 

Cette stratégie urgentiste du « continent d’abord » est une impasse. Elle dilue les volontés nationales dans des alliances de circonstance et finit par produire des gouvernements qui, une fois au pouvoir, s’alignent sur les diktats bruxellois. Le « modèle Meloni » en est la preuve.

Élue en 2022 sur un programme souverainiste, Giorgia Meloni devait être l’appartement-témoin du nationalisme européen. Trois ans plus tard, le bilan est sans appel : le point focal des identitaires, qui justifie sous couvert d’urgence toutes les agitations, est resté intact : les arrivées de migrants en Italie ont augmenté sous son mandat, le Pacte asile et migrations de l’UE a été assimilé, et la confrontation avec Bruxelles n’a pas eu lieu.

Le modèle Meloni est la preuve qu’on ne réforme pas l’UE de l’intérieur. Il démontre surtout que l’on perd un temps précieux, puisque l’urgence démographique et migratoire, sans cesse dénoncée par les identitaires, est bien réelle à se refuser à la construction d’un Front nationaliste capable de reprendre notre nation.

Au-delà de son erreur politique, Marion Maréchal s’illustre par sa médiocrité de transmettrice. Dans l’ordre naturel et traditionnel, la femme est celle qui incarne et perpétue la mémoire du peuple, celle qui transmet aux générations futures la substance de la tradition. Or, une femme qui prétend incarner la droite nationale devrait savoir que la tradition française ne se réduit pas à un syncrétisme de symboles détournés.

En défendant le drapeau européen au nom de la Vierge Marie, Marion Maréchal montre qu’elle a perdu le sens de la hiérarchie des fidélités. Elle sacrifie la défense de l’État-nation sur l’autel de la chimère de l’Europe politiquement universaliste, c’est-à-dire cosmopolite. 

Elle ne transmet pas une vision claire, mais un compromis fumeux où la nation devient un détail dans une « civilisation européenne » abstraite, et, en fait, toute soumise au mondialisme et au cosmopolitisme.

La tradition ne se transmet pas par des accommodements symboliques, mais par la clarté du combat. On ne transmet pas une civilisation en la diluant dans l’universel. On ne reconquiert pas un peuple en lui proposant des drapeaux étrangers déguisés en icônes.

La rupture est la seule voie.

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À bas la guerre !

Il y a un siècle, une action mémorable de Charles Maurras a contribué à éviter la guerre.

Nous nous souvenons cette année du 90e anniversaire de la « loi Maurras ». Contrairement à l’usage d’appeler une loi du nom de celui qui l’a proposée, cette dernière a été désignée du nom de celui qu’elle visait : le directeur de L’Action française, Charles Maurras. Publiée le 10 janvier 1936, la nouvelle loi, qui réprimait la menace de mort, valut à l’écrivain une condamnation à plusieurs mois de prison le 21 mars suivant. Pourtant, selon les partisans de Maurras, les faits auraient plutôt justifié l’attribution du prix Nobel de la paix.

Que l’on en juge ! En 1935, l’Italie fasciste a engagé une guerre contre l’Éthiopie, nation africaine avec laquelle elle avait eu maille à partir depuis le XIXe siècle. L’Italie, tardivement unifiée, rêvait de se tailler un empire colonial, ce qui correspondait aux idées « civilisatrices » de l’époque, et la France et l’Angleterre, qui dominaient des empires considérables en étendue, étaient assez mal venues à s’en offusquer. Or, cent quarante parlementaires français, maçons et/ou de gauche, publièrent un manifeste appelant la Société des Nations à prendre des sanctions contre l’Italie et, partant, à déclencher une guerre avec cette puissance. Circonstance aggravante, cette initiative avait lieu à l’époque de la montée en puissance de l’Allemagne de Hitler, dont la dangerosité aurait dû accaparer en priorité l’attention des responsables politiques français. En conséquence, dans le quotidien L’Action française, Maurras publia les noms de ces parlementaires en les traitant d’« assassins de la paix » et d’« assassins de la France », et conclut en s’adressant à eux : « En l’absence d’un pouvoir national capable d’arrêter le cours de vos entreprises de trahison, il importe que les suprêmes mesures soient ordonnées, il faut que votre sang soit versé le premier. » (AF du 22 septembre 1935).

Le journal poursuivit sa campagne au cours des semaines suivantes, et Maurras la renforça même par une expression qui fit fortune (AF du 13 octobre 1935) : « Ceux qui poussent à la guerre doivent avoir le cou coupé. Comme la guillotine n’est pas à disposition des bons citoyens… vous avez quelque part un pistolet automatique, un revolver ou même un couteau de cuisine. Cette arme, quelle qu’elle soit, devra servir contre les assassins de la paix… » C’est à la suite de cet appel qu’a été promulguée la « loi Maurras » et que le polémiste, qui avait persisté, fut condamné à la prison ferme et vit même sa peine allongée du fait d’autres menaces visant Léon Blum. Toujours est-il que la guerre projetée par certains contre l’Italie n’eut pas lieu, et Maurras put se sentir satisfait, en proférant une menace sous condition, d’avoir contribué à éviter une guerre que les Français n’avaient aucun intérêt à faire. L’on observera néanmoins que, si la paix européenne fut sauvegardée dans l’immédiat, les politiciens n’en profitèrent guère pour préparer la France à parer à la menace allemande. L’on peut d’ailleurs penser que l’initiative des cent quarante nuisibles a contribué à jeter le Duce dans les bras du Führer, c’est-à-dire à accroître le péril national.

C’est un fait historique que les républicains ont la fâcheuse habitude de jeter le pays dans des aventures guerrières « quoi qu’il en coûte », sans même se demander si ces guerres sont utiles à l’intérêt national ni si elles peuvent être gagnées. Ce fut le cas en 1792, avec le déclenchement d’un quart de siècle de conflit européen par les révolutionnaires, et une défaite à la clé. Ce fut encore le cas avec l’inutile prolongation de la guerre de 70, et encore avec le déclenchement de la guerre de 1940, puis le refus de l’armistice sauveur.

Fidèle à sa ligne de maintien de la paix et de défense exclusive de l’intérêt national, lors de la crise de Munich, en 1938, l’AF paraphrasa un couplet de L’Internationale, initialement dirigé contre les généraux :

« S’ils s’obstinent, ces cannibales,

à faire de nous des héros,

il faut que nos premières balles

soient pour Mandel, Blum et Reynaud. »

Ces combats politiques sont-ils l’écho d’un temps révolu ? L’on peut en douter, du fait de l’analogie avec notre époque troublée, où des dirigeants annoncent froidement aux Français, qui, pour la plupart, ignorent jusqu’à l’existence du Donbass (et ne s’en portent pas plus mal), qu’il faut qu’ils se préparent à voir leur jeunesse mourir pour Kiev. Et, compte tenu du précédent historique, il y aurait peut-être lieu de redouter que le président Macron et son chef d’état-major, en raison de leurs déclarations bellicistes et matamoresques en faveur de la guerre qu’ils souhaitent, ne finissent par trouver quelque jour leur Maurras et ne s’entendent sommer d’assumer personnellement les conséquences de leurs actes, au nom du principe suivant lequel « la vie des tyrans appartient à ceux qui n’ont pas peur de mourir ».

    Franck Bouscau

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C’est le front républicain qui a tué Quentin

Les éléments de langage et postures successifs des médias et des hommes politiques depuis le meurtre de Quentin mentent et empêchent de comprendre ce meurtre.

Écartons d’abord les tentatives piteuses de Mélenchon d’inverser la réalité : « on nous agresse, c’est l’extrême droite qui tue, patati ». On aimerait qu’il fournisse ses statistiques. Le Pen, en son temps, avait publié un livre noir des attaques des sicaires d’extrême gauche, c’était assez croquignolet.

Passons aux choses sérieuses.

Le Canard enchaîné croit découvrir qu’aux « bas-du-front » de l’extrême droite répondent des bas-du-front de l’extrême gauche, suggérant que le meurtre est le fait des bas-du-front. C’est faux. Tuer en politique n’est pas leur fait. Ni Brutus ni Marat ni Robespierre n’étaient bas-du-front, et le plus grand criminel politique de l’histoire, peut-être, Trotski, était tout sauf bas-du-front. Ravachol, Pol Pot ni Mao n’étaient bas-du-front.

Plus commune encore a été la phrase : « nul ne doit mourir pour ses idées », ou « aucune idéologie ne vaut qu’on tue, bla bla ». Or c’est précisément une idéologie qui a tué. Laquelle ?

Un confrère subventionné, journaliste à l’Humanité, nous a renseignés en traitant Quentin de « nazillon ». Il ne faisait qu’exprimer avec ses moufles communistes ce que Le Monde, La Croix, et d’autres disent avec leurs mots doucereux et obliques : passé par l’Action française puis Academia Christiana, il était forcément d’extrême droite. Autrement dit, le diable. Marqué du signe de la bête et, comme tel, abattable sans sommation. No limit contre les fachos. Céléméchants, comme dirait le politologue ricanant Viktorovitch. Comme ils sont une menace permanente, on a droit à « l’autodéfense » contre eux, légitime.

Un membre de la famille Villiers a dit, je crois, que le mot antifa est un mensonge, les antifas sont des fascistes. Non. Grave erreur, qu’on traîne depuis 80 ans. Il y a eu des fascistes, qui ont commis certaines violences en réponse aux crimes communistes. Les fascistes ont disparu en 1945. Les communistes et leurs neveux commettent toujours leurs crimes. Mais depuis 1945, parce que l’Union soviétique était dans le camp des vainqueurs, l’Europe pratique ce que j’appelle la préférence communiste, la préférence pour l’extrême gauche : ce que les bolchos et les gauchos font n’est pas toujours très bien, mais toujours moins pire que la bête immonde d’extrême droite. Et pour ça, on les laisse faire, on s’en sert et on s’allie avec eux. C’est ce qui a justifié le front républicain. C’est pour ça que Gabriel Attal, François Hollande et Laurent Wauquiez ont fait élire le Nouveau Front populaire et qu’ils ont été élus eux-mêmes. La chose est profondément ancrée dans les réflexes politiques français : quand on choisit la bête immonde, on se met ipso facto hors de l’humanité fréquentable et, ma foi, tant pis. Peut-être le meurtre de Quentin changera-t-il cela. Alors il ne sera pas mort pour rien.

Une dernière variation a été lancée par l’ancien ministre Malhuret : « L’extrémisme tue ». Et l’omelette coupée aux deux bouts, radicale, MRP, SFIO, est ressuscitée. La République n’a pas trente-six recettes, elle sert toujours la même pour se partager le gâteau, on se croirait revenu en 1950 avec l’exclusion des gaullistes et des cocos. Avec en prime une fausse symétrie entre la victime et le bourreau, qui donne licence à celui-ci de tuer celle-là, et bonne conscience au lâche qui commente. Les antifas sont de sales bêtes imbéciles, mais le cerveau qui a causé l’assassinat, c’est vraiment le front républicain.

Martin Peltier 

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L’ancien ministre ukrainien de l’Énergie Halouchtchenko inculpé pour blanchiment d’argent

L’ancien ministre ukrainien de l’Énergie, Herman Halouchtchenko, a été inculpé pour blanchiment d’argent, a annoncé le Bureau national anti-corruption. «

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La Banque de Russie continue d’abaisser son taux directeur, à 15,5%

Lors de sa réunion du 13 février, le Conseil d’administration de la Banque de Russie a décidé d’abaisser son taux

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La crise du carburant menace le tourisme à Cuba

L’industrie touristique cubaine est confrontée à sa plus grave crise depuis le début de la pandémie de COVID-19. En raison

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La Russie a localisé la production de la plupart des composants pour ses drones

Fin 2025, les fabricants russes de composants pour systèmes d’aéronefs sans pilote étaient parvenus à localiser une part importante de

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Sobianine présente le bilan des progrès récents de Moscou à Poutine

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a informé le président Vladimir Poutine, lors d’une réunion au Kremlin, des progrès réalisés

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Un conseiller de Macron aurait effectué une visite discrète à Moscou

Le conseiller du président français, Emmanuel Bonne, a effectué une visite discrète à Moscou, en marge des pourparlers trilatéraux entre

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Le fils de Kadhafi assassiné

Le fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, a été tué mardi 3 février

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Macroneries à la française contre les fonctions régaliennes

Commentant le traitement que le système politico-médiatique actuel a réservé à la réunion tenue dernièrement dans une ville chinoise par les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (O.C.S.), Régis de Castelnau le considère comme « l’expression d’un mélange d’ignorance crasse, de mensonges, de bêtise arrogante », et il s’interroge sur ce qu’on peut finalement attendre « d’un Occident terminal dirigé par des abrutis qui ne comprennent rien à ce qui se passe, et ne voient que dans des rodomontades bellicistes le moyen de se rassurer et de continuer à se mentir ».

Notre rationalité d’Action française nous fait adhérer pleinement au jugement de l’ancien avocat. Et pour nous, les délires de cette République, et singulièrement l’infantilisme prétentieux et moralisateur de l’ère macronarde qui, au niveau international, se fait passer pour de la diplomatie, sont une raison suffisante pour nous interroger sur ce que, en France, quelque deux siècles de régime démocratique ont fait de la politique. Ars magna de nos anciens, puisque c’est par la politique, et seulement par la politique, que peuvent se réaliser en plénitude et se déployer les conditions du « Bien commun » temporel !

Autrement dit, lorsque l’État est un État normal (ce qui veut dire un État légitime), c’est dans ce cadre que s’effectue la mise en œuvre de ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. Ces fonctions vitales sont au nombre de quatre : la politique extérieure, l’ordre intérieur ou sécurité publique, la justice, les finances. Tout le reste, dont l’État moderne, l’État anormal, le Léviathan totalitaire se gorge jusqu’à en crever, n’est qu’usurpation tyrannique, entraînant à terme la destruction de l’ordre social. Contre les incompréhensions persistantes de toute origine, redisons inlassablement que telle est la base de notre « Politique d’abord ».

Au premier rang de ces fonctions éminentes se trouve donc évidemment la politique extérieure, puisque c’est d’elle, et de son extension naturelle, la question militaire dont elle est inséparable, que dépend la défense des remparts de la Cité, condition sine qua non de l’exercice des autres fonctions. C’est bien, en effet, sous la protection de la sécurité préalablement assurée vis-à-vis des éventuelles menaces venues du dehors, qu’ordre intérieur, justice et finances pourront converger efficacement à la réalisation du seul véritable droit de l’homme, qui est de vivre en paix.

Selon Carl Schmitt, qu’il faut suivre sur ce point, en effet, l’un des trois présupposés du politique est « la différenciation de l’ami et de l’ennemi », différenciation spécifique – dit-il – « à laquelle se ramènent les actes et les motivations politiques ». Et ce phénomène de l’altérité, essentiel à la compréhension du monde, entraîne des conséquences absolument infrangibles. C’est pourquoi l’importance de cette première fonction est telle que nous en traiterons à part, à la fin de ce propos.

D’abord, donc, le principe général, le principe élémentaire fondateur grâce auquel la société civile peut mettre en œuvre les autres fonctions régaliennes, et en particulier celle qui concerne l’ordre intérieur, est que le pouvoir de décision doit se trouver au plus près des intérêts en cause ; c’est pourquoi, dans la logique de ces fonctions que l’État est le seul à pouvoir exercer directement, ce n’est pas de lui que relève le domaine privé, beaucoup plus étendu même que nous avons aujourd’hui l’habitude de le concevoir.

Ne relèvent évidemment pas davantage de lui ni l’exercice des métiers, ni les responsabilités des divisions territoriales superposées qui constituent le cadre naturel de la vie des hommes, provinces, communes, etc. C’est pourquoi, normalement, la vie de famille, sous l’autorité du père et de la mère, doit lui échapper.

L’AF citait cette déclaration du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV : « Le souverain, quoique juge de tous ses sujets, ne doit point ériger, pour ainsi dire, son tribunal jusque dans les foyers » ; 

et aussi : « Quoique l’Évangile fasse la loi en France (…) il n’est pas cependant de la compétence du magistrat de rechercher ceux qui en négligent les devoirs dans le particulier ou même qui iraient à les mépriser. » 

Voilà une véritable déclaration d’une véritable liberté, tout au rebours du flicage général contemporain !

La Royauté est un gouvernement, et ne prétend pas être autre chose ! La République, elle, est une Église, qui prétend, selon les principes de Jean-Jacques Rousseau, prendre l’homme dans la totalité de sa nature. Son dessein n’est pas de rendre la France plus forte, plus riche, plus paisible, d’assurer aux hommes, comme on le veut depuis Aristote, le plus de bien possible dans les conditions terrestres, mais de promouvoir les idéologies qui lui permettent de dominer.

Mais cela veut-il dire que l’État (nous parlons toujours de l’État normal) doive rester étranger aussi bien à la vie des familles qu’à l’exercice des professions, ou à la gestion des provinces et des communes ? Évidemment pas, puisque, gardien de l’ordre, il doit être attentif à ce que règne entre les habitants du pays cette union, aussi complète que possible, qui assure la paix, sans laquelle la recherche du « Bien commun » est illusoire.

Et c’est donc en complément ou suppléance des autorités inférieures, souveraines et libres de leurs décisions dans leur domaine propre, mais qui peuvent faillir, déroger, qu’il peut lui-même intervenir en cas de besoin, et a le devoir de le faire, au nom du principe de subsidiarité.

C’est pourquoi l’État qui, nous l’avons dit, ne s’occupe que des intérêts les plus élevés, ceux qui concernent le gouvernement proprement dit, n’a pas, en situation normale, à considérer les personnes. S’il peut être amené à le faire, c’est seulement en vue de l’intérêt de tous, à titre exceptionnel, pour rendre à chacun selon ses œuvres, c’est-à-dire soit pour récompenser ceux qui servent l’unité au service du Bien commun, soit, au contraire, pour punir ceux qui, violant de quelque façon l’implicite pacte social, rompent l’unité collective et rendent plus difficile l’exercice des droits de chacun ; c’est pourquoi seuls le scandale public, ou toute autre mise en cause factuelle de la paix publique, peuvent justifier des interventions à ce niveau. C’est seulement à ce titre de sauvegarde du pacte social que s’exerce la fonction de justice, dont le rôle n’est que de sanctionner les manquements aux conditions externes du Bien commun.

Ainsi, l’exercice par l’État de toutes les fonctions régaliennes s’inscrit dans une rigoureuse logique de liberté des personnes. Notre formule, à l’Action française, a toujours été : « Libertés à la base, autorité au sommet ! » 

Autorité, c’est-à-dire pouvoir absolu, à ce niveau de décision qui ne concerne pas les personnes privées.

Contrairement à l’amalgame pervers actuellement en vigueur, l’économie, comme son nom l’indique, relève de l’ordre privé, et chacun, homme ou institution légale, est le maître de ses propres œuvres. La seule et unique fonction légitime de l’État dans ce domaine, restant sauf évidemment le principe de subsidiarité, est d’ordre purement financier, ce qui veut dire qu’il doit absolument s’assurer la maîtrise de la monnaie, élément essentiel de la souveraineté, sans laquelle il n’y a pas de pouvoir politique digne de ce nom.

Aujourd’hui, c’est à un dévoiement total de la puissance publique que se livre l’État totalitaire que nous subissons, auto-institué, auto-proclamé, contre toutes les libertés personnelles ou collectives, maître à penser, directeur de conscience, médecin et pharmacien, instituteur et professeur de gymnastique, etc., détournant même au profit de ses affidés, de son propre appareil ou de ses idéologies les fonctions les plus normales de finance, de police et de justice.

                                      Philippe Champion

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L’arc-en-ciel d’État fait bloc

C’est devenu la mode, notamment sur CNews, de déplorer que, le corps électoral penchant de plus en plus à droite, les institutions non élues de la République soient dirigées par des gens de gauche. La constatation est juste, mais incomplète, et le vocabulaire employé montre une erreur d’analyse grave qui fausse la perception du phénomène du tout au tout.

C’est vrai, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances et ancien commissaire européen, est socialiste. C’est vrai, le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale, est un macroniste tendance de gauche. Mais le président du Conseil d’État et celui de la Cour de cassation, plus hautes juridictions administrative et pénale, ne font officiellement partie d’aucun parti. Il convient donc de réserver le mot « gauche » pour la suite de cet article, comme on réserve un fond de sauce sur un coin de fourneau en attendant de s’en servir.

Le mot « gauche », et la chose, ont été inventés sous la Révolution française, quand certains députés, qui s’opposaient au veto royal, se sont rangés à gauche du président de l’Assemblée. D’une manière générale, les novateurs se plaçaient à gauche, tandis que les monarchistes, puis les constitutionnels, se plaçaient à droite et les modérés au centre. Depuis, la partie gauche s’est prévalue de ce placement et s’est donnée pour le progrès, les Lumières, la raison, le social, bref, le Bien avec un grand B. Aujourd’hui, le bien est l’inclusion, le monde ouvert, immigrationniste et internationaliste. Cette forme moderne du progressisme touche aussi bien les gens qui se disent de gauche que d’autres qui se disent de droite. Ainsi, Chirac a-t-il pratiqué une politique inspirée de l’idéologie progressiste, avec à peine quelques bémols en matière économique. Notre constatation de départ doit donc être ainsi modifiée : les « progressistes », quelle que soit leur couleur politique, collectionnent les places, quand le peuple, lui, est conservateur.

D’autre part, ce monopole des places ne se borne pas aux postes non élus. Le premier magistrat de la République, Macron, quelle que soit l’étiquette qu’on lui colle, est un progressiste arc-en-ciel de la plus belle eau ; sa constitutionnalisation de l’avortement et ses enterrements au Panthéon (Manouchian, Badinter) le crient. Il en va de même de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, troisième personnage de l’État, qui vient de partir en guerre, en bonne communiste de cœur, gavée de bons sentiments, contre l’héritage. Participant à la même idéologie molle, morale, parisienne et mondiale, Gérard Larcher, président du Sénat, deuxième personnage de l’État, est de la même humeur. Il vient de le signifier en recréant pour lui tout seul un mini front républicain contre le Rassemblement national : « L’union des droites, a-t-il dit, est une illusion : l’alliance de la droite et du centre est la seule en mesure de porter des mesures sérieuses pour répondre aux attentes des Français et redresser le pays. »

Cette déclaration est un modèle de vérités partielles au service d’un mensonge global. Oui, l’union des droites est une illusion, pour la raison que l’on vient de développer : la question aujourd’hui n’est pas l’opposition entre droite et gauche, mais entre les progressistes arc-en-ciel, partisans d’un monde sans frontières, et les défenseurs de la nation. À cet égard, ce qui peut faire avancer le schmilblick, c’est l’union des non-gauches, des non-progressistes, des anti-arc-en-ciel. Cela implique que « l’alliance de la droite et du centre » chère à Larcher, qui a organisé l’invasion du pays, ruiné sa prospérité, mis en péril sa sécurité et permis, par lâcheté ou complicité, toutes les dérives morales de la société, n’est pas « en mesure de porter des mesures sérieuses » ni pour satisfaire les Français, ni pour redresser le pays. Larcher est le représentant typique d’élites républicaines déconnectées à la fois du peuple et de la tradition française, inefficaces et traîtresses par nature.

Le système entier qui régit l’État républicain — les trois pouvoirs, judiciaire (de toutes juridictions), législatif et exécutif — se raidit et fait bloc contre le vent de liberté qui souffle en Europe et pourrait amener un véritable redressement. Comme la République, l’arc-en-ciel gouverne mal mais se défend bien. Il fait flèche de tout bois, même de ses ennemis apparents. C’est ainsi qu’Éric Zemmour, ancien rubricard devenu chroniqueur avec quelque bonheur, s’applique à saboter depuis cinq ans l’éclosion d’une grande force nationale. À la présidentielle de 2022, il s’en est fallu d’un rien qu’il ne propulse Mélenchon au deuxième tour. Et aujourd’hui, il exclut toute alliance avec le RN, quand sa concubine (ou ex, on s’y perd) Sarah Knafo la demande, sous le prétexte que ce parti serait socialisant. C’est grave : outre qu’il fut lui-même assez dirigiste en la matière et qu’il demeure d’esprit assez marxiste, ce refus postule que le plus important en politique est l’économie, non la défense de la nation, de son corps et de son esprit. Cet économisme pesant est de la même nature que la posture de Gérard Larcher. Tout leur est bon pour refuser une union nationale.

Martin Peltier

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